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Le président fondateur de la Zambie, Kenneth Kaunda, est décédé à l’âge de 97 ans

juin 18, 2021

LUSAKA, 17 juin (Reuters) – Kenneth Kaunda, président fondateur de la Zambie qui a dirigé son pays pendant 27 ans et défendu les luttes de l’Afrique contre l’apartheid et le VIH/sida, est décédé à l’âge de 97 ans.

« KK », comme on l’appelait populairement, était soigné pour une pneumonie au Maina Soko Medical Center, un hôpital militaire de Lusaka.

« Au nom de toute la nation et en mon nom personnel, je prie pour que toute la famille Kaunda soit réconfortée alors que nous pleurons notre premier président et véritable icône africaine », a déclaré le président Edgar Lungu dans un message sur sa page Facebook.

Les autorités ont déclaré 21 jours de deuil pour le héros de la libération qui a régné de 1964, après que la nation d’Afrique australe a obtenu son indépendance de la Grande-Bretagne, jusqu’en 1991.

Bien que l’économie basée sur le cuivre de la Zambie s’en soit mal tirée sous sa longue gérance, on se souviendra davantage de Kaunda pour son rôle de combattant anticolonial qui a résisté à l’Afrique du Sud dirigée par la minorité blanche.

Il a partagé une perte vécue par d’innombrables familles en Afrique lorsque son fils Masuzyo est décédé du sida en 1986, et il a commencé une croisade personnelle contre la maladie.

« C’est le plus grand défi pour l’Afrique. Nous devons lutter contre le sida et nous devons le faire maintenant », a-t-il déclaré à Reuters en 2002.

« Nous avons combattu le colonialisme. Nous devons maintenant utiliser le même zèle pour lutter contre le sida, qui menace d’anéantir l’Afrique. »Report ad

En tant que leader du premier pays de la région à rompre avec ses colonisateurs européens, Kaunda a travaillé dur pour entraîner d’autres anciennes colonies dans le sillage de la Zambie vers la règle de la majorité.

En 1991, il a été contraint de tenir les premières élections multipartites depuis 23 ans, qu’il a perdues face à un ennemi de longue date, le syndicaliste Frederick Chiluba.

Bien qu’il soit largement admiré en tant qu’homme chaleureux et émotif, les électeurs ont estimé qu’il avait dépassé son accueil au pouvoir et qu’il avait mal géré l’économie.

L’INATTENDU

Kenneth David Kaunda est né le 28 avril 1924, le plus jeune des huit enfants d’un pasteur de l’Église d’Écosse à la mission de Lubwa dans le nord reculé du pays.

Connu aussi sous son nom africain de « Buchizya » – l’inattendu – il a fait des travaux subalternes pour gagner des frais de scolarité après la mort de son père. Il a travaillé comme enseignant et agent de protection des mines et est entré en politique en 1949 en tant que membre fondateur du Congrès national africain de la Rhodésie du Nord.

Dans ses premiers jours d’agitation anticoloniale, il a fait du vélo de village en village en prêchant la règle de la majorité.

Une victoire écrasante de 1963 pour l’UNIP, qui s’était séparé de l’ANC cinq ans plus tôt, a conduit Kaunda à devenir premier ministre de la Rhodésie du Nord. À l’indépendance en 1964, il devient président de la nouvelle Zambie.

Au moment où il a perdu le pouvoir, la popularité de Kaunda s’était effondrée et les difficultés s’étaient emparées de la plupart de ses 11 millions d’habitants alors que le prix du cuivre, la principale exportation du pays, s’effondrait.

  L'ancien président zambien Kenneth Kaunda (au centre) marche avec des enfants dans le village de Ganze .  REUTERS/Joseph Okanga/Photo d'archive
L'ancien président de la Zambie, Kenneth Kaunda, s'exprime lors des funérailles de l'ancien président sud-africain Nelson Mandela à Qunu, le 15 décembre 2013. REUTERS/Odd Andersen/Pool/File Photo
L'ancien président de la Zambie Kenneth Kaunda assiste au 40e anniversaire de l'indépendance à Lusaka le 24 octobre 2004, après que le gouvernement s'est excusé publiquement de l'avoir arrêté et emprisonné sur des accusations forgées de toutes pièces en 1997. Connue sous le nom de Rhodésie du Nord sous la domination britannique, la Zambie a obtenu son indépendance de la Grande-Bretagne après négociations fructueuses avec les combattants de la liberté dirigées par Kenneth Kaunda, le président fondateur.  REUTERS/Salim Henry RSS/GB/Fichier Photo

L’ancien président de la Zambie, Kenneth Kaunda, s’exprime lors des funérailles de l’ancien président sud-africain Nelson Mandela à Qunu, le 15 décembre 2013. REUTERS/Odd Andersen/Pool/File PhotoLire la suite

Après 27 ans à enseigner à ses compatriotes africains comment construire une nation indépendante, il a été confronté à la misère dans son propre jardin et à la colère de son peuple généralement facile à vivre.

En juin 1990, le doublement du prix de la farine de maïs, l’aliment de base de la plupart des Zambiens, a déclenché une émeute de trois jours au cours de laquelle 27 personnes ont été tuées, 150 blessées et des centaines arrêtées lors de l’arrivée de l’armée.

Le même mois, un lieutenant de l’armée s’est introduit de force dans un studio de radio d’État et a annoncé que Kaunda avait été renversé, envoyant les gens se précipiter dans les rues de Lusaka pour applaudir.

Le coup d’État s’est avéré être une fiction et le lieutenant a été arrêté, mais la réaction du public avait montré à quel point la popularité de Kaunda était tombée.

PLEURER EN PUBLIC

Kaunda n’avait pas honte de pleurer en public et avait un style de parole unique, mettant l’accent sur les pensées clés en répétant des phrases entières, son mouchoir blanc caractéristique dans sa main gauche.

Il a épousé une idéologie d’« humanisme » mêlant éthique chrétienne, valeurs traditionnelles africaines et principes socialistes.

Dans les affaires étrangères, Kaunda était une figure de premier plan parmi les sept États d’Afrique australe qui ont mené la lutte contre l’apartheid, et il a laissé le Congrès national africain (ANC) de Nelson Mandela s’installer en exil à Lusaka pendant les trois décennies où il a été interdit. en Afrique du sud.

Kaunda a également joué un rôle majeur dans les pourparlers d’indépendance du Mozambique en 1975, du Zimbabwe en 1980 et de la Namibie en 1990.

Malgré les accusations de corruption contre son parti UNIP, il a obtenu le mérite d’avoir cédé aux vents du changement politique et de préférer une transition pacifique à une confrontation violente.

Il était philosophe sur sa défaite en 1991. Appelant à l’unité et à la paix, il a déclaré dans une émission : « Ceux qui entrent dans l’opposition sont toujours un catalyseur actif pour un bon gouvernement, en fait une partie intégrante d’un bon gouvernement. »

En 1996, Kaunda a tenté de faire un retour politique, mais il a été bloqué lorsque Chiluba a imposé des amendements constitutionnels qui ont déclaré l’ancien « père de la nation » un étranger parce que ses parents venaient du Malawi.

Il a été arrêté en décembre 1997 et inculpé de trahison à la suite d’une tentative de coup d’État par des officiers subalternes de l’armée deux mois plus tôt. Il a été détenu dans une prison à sécurité maximale, mais plus tard placé en résidence surveillée jusqu’à ce que l’État abandonne les charges.

Après l’assassinat de son fils et héritier politique Wezi Kaunda en octobre 1999, Kaunda a annoncé son retrait de la politique intérieure pour se concentrer sur l’arrêt de la propagation du sida par le biais de sa Fondation Kenneth Kaunda Children of Africa.

Outre Masuzyo et Wezi, Kaunda et sa femme Betty ont eu six autres enfants – quatre garçons et deux filles.

Dans ses dernières années, il mena une vie tranquille, restant la plupart du temps à la maison et n’apparaissant qu’occasionnellement à des fonctions d’État.

Lors d’une rare apparition publique en septembre 2019, à l’âge de 95 ans, il s’était élevé contre une vague d’attentats en Afrique du Sud contre des étrangers en provenance d’autres pays africains.

« Nos frères et sœurs d’Afrique du Sud devraient se rappeler que ces mêmes personnes qu’ils traitent avec cruauté sont les mêmes qui étaient des compagnons d’armes dans la lutte contre le régime brutal d’apartheid », a déclaré Kaunda.

Avec Reuters par Reportage de Chris Mfula ; Écriture de Tim Cocks; Montage par Alison Williams

RDC-Zambie: l’armée zambienne sommée de quitter le territoire congolais

juillet 27, 2020

 

L’échéance de la communauté de développement d’Afrique australe (Sadc) court jusqu’au 1er août 2020.

La récente descente sur le terrain des experts de la Sadc s’est avérée concluante pour la République démocratique du Congo dont le conflit frontalier avec la Zambie n’a cessé de faire couler beaucoup d’encre. Les réactions de satisfaction enregistrées notamment dans les provinces de l’ex-Katanga sont éloquentes quant aux attentes des politiques et des communautés directement concernées par l’occupation des localités de Kibanga et Kalubamba.

La réaction de la Sadc est consécutive au rapport de sa délégation envoyée dans la province du Tanganyika en date du 22 juillet après avoir été saisie par la RDC du litige frontalier qui l’opposait à la Zambie. Après examen du contentieux frontalier, la Sadc a décidé que les localités de Kibanga et de Kalubamba font partie de la RDC et a exigé le retrait des troupes zambiennes du territoire congolais.

Le gouvernement provincial du Tanganyika s’est réjoui de la tournure heureuse des événements et a rappelé l’harmonie qui a toujours caractérisée les relations entre la RDC et le Zambie. Le porte-parole du gouvernement provincial affirme, par ailleurs, ne pas comprendre les raisons de l’agression de l’armée zambienne. « Ce fut une véritable agression que notre pays a semblé minimiser car, depuis plusieurs décennies, la RDC et la Zambie vivent dans une parfaite harmonie coopérative », a-t-il déclaré.

Selon des sources concordantes, les armées de la RDC et de la Zambie s’étaient affrontées dans le village de Kibanga, dans le territoire de Moba, en mars dernier. Les militaires zambiens, appuyés par leur aviation, avaient même investi depuis le 15 mars ce village et y avaient hissé leur drapeau après avoir descendu celui de la RDC. Cependant, les autorités congolaises et zambiennes avaient opté pour une solution pacifique.

Avec Adiac-Congo par Jules Tambwe Itagali

Crise au sein du FCC-Cach en RDC : Félix Tshisekedi appelle au calme

juillet 17, 2020

Félix Tshisekedi, lors d'une visite officielle à Brazzaville, le 16 juillet 2020.

Félix Tshisekedi, lors d’une visite officielle à Brazzaville, le 16 juillet 2020. © DR / Présidence congolaise

 

Alors que les dissensions au sein de l’alliance politique entre ses partisans et ceux de Joseph Kabila ne cessent de s’accentuer, Félix Tshisekedi a lancé jeudi un appel « au calme et au rassemblement ».

« La démarche du président que je suis est celle d’appeler toujours au calme et au rassemblement (…). Nous n’allons pas vers une rupture de la coalition », a déclaré jeudi le président Tshisekedi, lors d’une conférence de presse à Brazzaville où il a effectué une brève visite.

« Nous allons trouver une solution »

Interrogé sur les tensions qui agitent la coalition au pouvoir à Kinshasa, entre le Cap pour le changement (Cach, pro-Tshisekedi) et le Front commun pour le Congo (FCC, fidèle à l’ancien président Joseph Kabila), il a assuré qu’il y a en ce moment « des délégués des deux camps qui se voient et qui discutent. (…) Donc nous allons trouver une solution ».

Les partisans de Tshisekedi et Kabila s’affrontent notamment sur une réforme de la magistrature, et sur la désignation de Ronsard Malonda comme nouveau président de la Commission électorale.

Conflit avec la Zambie

Lors de cette conférence de presse, Félix Tshisekedi a également évoqué le conflit frontalier entre son pays et la Zambie. « Nous n’avons jamais compris l’attitude de la Zambie avec qui nous avons eu d’ailleurs plusieurs explications », a affirmé le président Tshisekedi.

Denis Sassou Nguesso accompagne les deux pays « par ses conseils » et « ses appels à la retenue »

Au Tanganyika, à l’extrême sud-est de la RDC, l’armée congolaise a été placée en « état d’alerte » face aux forces zambiennes accusées d’occuper quelques villages. « On va dire que la situation est calme en attendant que la SADC (Communauté des États de l’Afrique australe) nous aide à retracer les frontières qui datent de l’époque coloniale et à nous débarrasser définitivement de ce problème », a-t-il ajouté.

Médiateur régional, le président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso accompagne les deux pays « par ses conseils » et « ses appels à la retenue », a ajouté Félix Tshisekedi après sa rencontre avec son homologue.

Les deux Chefs d’Etat ont en outre abordé la pandémie du Covid-19, appelant « au renforcement de la solidarité internationale » et insistant sur la nécessité « qu’un futur vaccin contre le nouveau coronavirus soit un bien public mondial », selon le communiqué final de leur rencontre.

Avec Jeune Afrique avec AFP

Différend RDC-Zambie : un haut diplomate zimbabwéen choisi comme médiateur

juillet 4, 2020

 

L’ambassadeur James Manzou, secrétaire des Affaires étrangères du Zimbabwe, dirigera le processus de médiation conduit par la Communauté de développement d’Afrique australe (Sadc)  dans le différend frontalier entre la République démocratique du Congo et la Zambie, indique le site southerntimesafrica.com.

 

James Manzou

L’ambassadeur Manzou a été le plus haut représentant du Zimbabwe auprès de l’Union européenne. Le président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, préside l’organe de la Sadc sur la coopération politique, de défense et de sécurité. Le porte-parole du président Mnangagwa, M. George Charamba, a déclaré au Southern Times que le président zimbabwéen a désigné l’ambassadeur Manzou pour traiter le différend frontalier entre la RDC et la Zambie. « Je crois comprendre qu’il fait des efforts pour gérer le conflit avec diligence. Ils se sont réunis lundi de cette semaine et je peux vous dire que des progrès importants ont été accomplis jusqu’à présent en termes de recherche d’une solution à l’amiable au différend », a déclaré le porte-parole.

La RDC et la Zambie se disputent le contrôle d’un terrain de treize kilomètres carrés à leur frontière, dans les provinces du Tanganyika et du Haut-Katanga. Depuis plus de deux mois, les soldats zambiens ont fait irruption sur le sol congolais. Tout en mobilisant les Fardc, Kinshasa disait privilégier dans un premier temps la voie diplomatique pour obtenir leur retrait. Mais la RDC a renforcé sa présence militaire dans la région, provoquant des affrontements entre les soldats des deux pays.

Le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires a déclaré que les affrontements avaient entraîné le déplacement de centaines de personnes à Moba. Le 11 mai, le président de la RDC, Felix Tshisekedi, a envoyé à Harare la ministre des Affaires étrangères de la RDC, Marie Nzeza, pour demander à Emmerson Mnangagwa, président de l’organe de la Sadc sur la coopération politique, de défense et de sécurité, d’intervenir dans le différend. Et ce dernier a présenté la question à ses homologues de la région.

En juin dernier, la Sadc avait présidé une réunion des états-majors des armées de la RDC et de la Zambie afin de d’obtenir le retrait des troupes zambiennes du sol congolais. «Les deux pays reconnaissent qu’ils sont membres de la Sadc et qu’ils doivent coexister pacifiquement. Des différends surgiront toujours autour des frontières, mais l’essentiel est toujours de trouver des moyens pacifiques de les résoudre. Dans cet environnement Covid-19, le moins que nous puissions nous permettre  est une accentuation de la crise en important un autre problème de nature militaire. La bonne chose est que les deux pays sont prêts à parler », a déclaré George Charamba au Southern Times.

Une tentative de régler le problème a eu lieu en 1989 lorsqu’un traité a été signé entre les présidents de l’époque, le zambien Kenneth Kaunda et le Congolais Mobutu Sese Seko, et des balises ont été placées le long de la frontière comme marqueurs.Cependant, les affrontements frontaliers se sont poursuivis et les deux pays doivent encore trouver une solution durable au différend, rappelle le média.

De tels différends frontaliers sont courants en Afrique : Botswana/ Namibie, Nigéria/ Cameroun, et le Malawi/Tanzanie, etc. Cela est dû aux ambiguïtés créées par des frontières arbitrairement dessinées au moment de la partition de l’Afrique. Le Botswana et la Namibie se sont déjà disputés l’île de Kasikili / Sedudu sur la rivière Chobe qui borde les deux pays. La  médiation de ce différend avait également été assurée par le Zimbabwe et l’affaire a été réglée par la Cour internationale de justice en 1999 lorsqu’il a été décidé que l’île appartenait au Botswana.

 

Patrick Ndungidi

Diplomatie : tension persistante à la frontière entre la Zambie et la RDC

mai 23, 2020

 

La brouille est localisée plus vers les provinces de Tanganyika et du Haut-Katanga où les troupes zambiennes manifestent des velléités d’annexion d’une partie du territoire congolais en mettant, d’ores et déjà, plusieurs localités sous leur coupe.

 

Des informations en provenance des provinces du Tanganyika et du Haut-Katanga ne sont guère rassurantes. Il est, en effet, fait état depuis quelques jours de la présence de l’armée zambienne dans quelques localités congolaises situées dans la zone frontalière. Il s’agit précisément des villages de Kibanga et Kalubamba où les troupes zambiennes se pavanent encore aujourd’hui comme en territoires conquis. Nonobstant les appels de détresse des communautés locales, l’intervention des forces loyalistes se fait toujours désirer dans cette partie du pays au grand désarroi de la population livrée à son triste sort. Plusieurs habitants, tétanisés par cette présence militaire zambienne, ont rejoint la forêt. Difficile pour eux de continuer à demeurer dans des villages envahis par des soldats étrangers non coopératifs et à la gâchette facile. C’est dans ce contexte de panique générale exacerbée par la présence des chars de combat et le survol régulier des hélicoptères de l’armée zambienne qui a déjà dans son giron 15 km du territoire congolais que Kinshasa tente de négocier une voie de sortie.

Des éléments des Fardc

Malgré l’avancée des troupes zambienne sur le sol congolais – les territoires de Moba et de Pweto constituent la prochaine étape -, l’exécutif national négocie une voie de sortie diplomatique à ce différend frontalier. Il est entendu, en effet, que la Zambie nourrit des velléités annexionnistes sur quelques localités congolaises. Ceci est un secret de polichinelle que la Zambie revendique une partie du territoire congolais qu’elle voudrait s’approprier de grès ou de force. Côté congolais, l’on continue à jouer la carte de la tempérance en privilégiant les contacts diplomatiques déjà fort avancés plutôt que l’option militaire. Bien que les Fardc soient d’ores et déjà en alerte maximale, le gouvernement envisage saisir l’Union africaine et la Sadec dont la commission chargée de la sécurité au niveau de la région s’occupe de la surveillance aux frontières. La médiation de ces deux institutions permettra d’examiner les revendications zambiennes de sorte à trouver un modus vivendi entre les deux parties.

En attendant, la population locale dans les localités concernées sont en proie à l’insécurité. Elles développent un sentiment d’abandon car elles ne voient rien venir en termes d’assistance. Et pourtant, les éléments des Fardc sont bel et bien présents dans la région et tergiversent pour lancer l’offensive contre les assaillants. « Oui, il y a suffisamment des militaires congolais, mais ils disent toujours qu’ils attendent le mot d’ordre, ils attendent des négociations et, entre-temps, c’est la population qui souffre », allègue un membre de la société civile de Tanganyika.  Face aux atermoiements du gouvernement congolais peu enclin à régler rapidement ce différend, l’armée zambienne continue à renforcer ses positions dans les territoires occupés, sans crainte d’y être délogée.

 

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

La Zambie souhaite le départ de l’ambassadeur américain après ses propos pro-gays

décembre 16, 2019

 

Daniel Foote

Le président zambien Edgar Lungu a estimé que l’ambassadeur des Etats-Unis dans son pays n‘était plus le bienvenu après ses récents propos dénonçant la condamnation à quinze ans de prison d’un couple d’homosexuels.

Le mois dernier, le diplomate américain Daniel Foote s‘était publiquement dit “horrifié” de la décision de justice visant des homosexuels, suscitant des réactions extrêmement vives dans la très conservatrice Zambie.

Dénoncé par ses opposants pour ses pratiques autoritaires, M. Lungu a vivement critiqué les propos de l’ambassadeur dimanche, lors d’une allocution devant une congrégation religieuse de Choma, dans le sud de la Zambie.

L’actuel gouvernement zambien veut que les diplomates étrangers soient dociles, avec un portefeuille grand ouvert et la bouche fermée

“Vous devez savoir que nous avons formellement protesté auprès du gouvernement américain”, a déclaré le chef de l’Etat, cité lundi par la radio nationale.

“Nous attendons leur réponse car nous ne voulons pas de personnes comme ça parmi nous”, a-t-il ajouté, déplorant que le diplomate promeuve des valeurs anti-chrétiennes.

Dimanche soir, un porte-parole de la présidence, Isaac Chipampe, a fait savoir que les propos de M. Lungu ne préfiguraient pas une expulsion de M. Foote.

“La présidence souhaite préciser que le président ne faisait référence à aucune autre démarche que celle initiée par le ministère des Affaires étrangères”, a écrit M. Chipampe.

Lors de sa sortie devant la presse, l’ambassadeur américain avaient qualifiées de “pourries” les relations entre Washington et Lusaka. “L’actuel gouvernement zambien veut que les diplomates étrangers soient dociles, avec un portefeuille grand ouvert et la bouche fermée”, avait-il ajouté.

Les Etats-Unis accordent chaque année une aide de 500 millions de dollars à la Zambie.

Réélu en 2016, le président Edgar Lungu s’est fait remarquer à plusieurs reprises ces dernières années par ses diatribes contre les homosexuels, en dépit des invites insistantes à la tolérance de certains pays donateurs.

Sacer-infos.com par Stany Franck avec AFP

Télécommunications: WhatsApp, Skype et Twitter bientôt taxés en Zambie

août 22, 2018

 

Le président zambien Edgar Lungu à Paris, le 8 février 2016. © Philippe Wojazer/AP/SIPA

Après l’annonce d’une nouvelle taxe sur les communications passées depuis des plateformes internet – WhatsApp, Skype ou Viber -, le gouvernement zambien met en avant sa volonté de préserver les opérateurs et les emplois locaux. Des organisations de la société civile dénoncent quant à elles une entrave à la liberté d’expression.

Un mois après les premières déclarations du ministre zambien de la Communication, Brian Mushimba, sur la nécessité de réguler internet et les réseaux sociaux, accusés de favoriser la « déliquescence des normes culturelles de la société », les autorités zambiennes viennent de rendre publique leur intention d’introduire une taxe quotidienne de 30 ngwee (3 centimes d’euro) sur les appels téléphoniques passés via des plateformes internet, dont les plus connues sont Skype, WhatsApp et Viber.

Une décision qui suit de près celle du président ougandais  Yoweri Museveni : depuis le 1er juillet, les Ougandais doivent en effet payer une taxe quotidienne de 200 schillings (4 cts d’euro) pour utiliser les réseaux sociaux. Mais si Kampala évoque clairement une nécessité d’ »éviter les bavardages et les commérages », le gouvernement zambien, lui, met en avant des arguments économiques

Les services de téléphonie en ligne « menacent l’industrie des télécommunications et l’emploi dans des compagnies telles que Zamtel, Airtel et MTN », a ainsi expliqué lundi 20 août la porte-parole du gouvernement, Dora Siliya. Cette contribution sera collectée par les opérateurs téléphoniques et les fournisseurs d’accès à internet, ont précisé les autorités zambiennes.

Dérive autoritaire

« Nous ne croyons pas à la répression des médias, nous croyons à la liberté d »expression. Cette décision n’est qu’économique car nous perdons de l’argent. Si Skype et WhatsApp gagnent de l’argent, pourquoi pas nous ? », a déclaré Brian Mushimba, interrogé par l’AFP.

« C’est une attaque délibérée contre la liberté d’expression et d’association », déplore le responsable de l’ONG Bloggers de Zambie, Richard Mulonga. « Ces gens continuent à restreindre nos libertés »,  abonde le militant des droits de l’homme Brebner Changala.

Depuis sa réélection en 2016, le président Edgar Lungu est régulièrement accusé par ses adversaires politiques de dérive autoritaire. Il a essuyé de vives critiques l’an dernier en faisant emprisonner son principal rival, Hakainde Hichilema.

En Tanzanie aussi, le gouvernement a durci sa politique à l’égard du net en imposant mi-mars un enregistrement obligatoire à tous les blogs sites d’information et sites de streaming, moyennant une somme de 2 100 000 shillings, soit 750 euros.

Jeuneafrique.com avec AFP

RDC: l’opposant Katumbi de nouveau bloqué à la frontière de la RDC

août 4, 2018

Lubumbashi (RD Congo) – L’opposant congolais en exil Moïse Katumbi a de nouveau été bloqué samedi à la frontière zambienne de la République démocratique du Congo, où il voulait rentrer pour déposer sa candidature à l’élection présidentielle avant la date-butoir du 8 août, ont rapporté ses proches.

« Nous sommes en train de quitter Kasumbalesa », a déclaré à l’AFP son directeur de cabinet et porte-parole Olivier Katimatu, qui avait annoncé en fin d’après-midi que M. Katumbi venait de revenir dans cette ville frontalière entre la Zambie et la RDC.

« Le gouvernement zambien vient de signifier officiellement (à Moïse Katumbi) le refus des autorités de Kinshasa de le laisser franchir la frontière pour rentrer dans son pays », a ajouté dans un tweet M. Kamitatu. « Mensonge et manipulation », a répondu le porte-parole du gouvernement congolais Lambert Mende.

Vendredi, M. Katumbi, menacé d’arrestation s’il rentre en RDC, s’était présenté une première fois au poste frontière congolais qu’il affirme avoir trouvé fermé. Des forces de sécurité étaient déployées côté congolais.

« A-t-on jamais vu un gouvernement interdire à un soit-disant fugitif de se rendre? », a ironisé M. Kamitatu.

Une foule de plusieurs centaines de partisans l’a accueilli vendredi des deux côtés de la frontière. Côté congolais la police affirme avoir tiré en l’air pour riposter aux manifestants qui lançaient des pierres. Un chauffeur tanzanien a été blessé.

Un jeune garçon aurait trouvé la mort en touchant un câble électrique alors qu’il était en train de courir, a indiqué la radio onusienne Okapi en citant la police. Une femme serait morte en recevant un projectile dont la provenance n’est pas connue, selon cette même source.

La presse et des partisans de M. Katumbi avaient tenté de rejoindre Kasumbalesa mais se sont heurtés à un barrage à la sortie de Lubumbashi.

« Moïse Katumbi a le droit de revenir dans son pays. L’empêcher, lui et sa délégation, de revenir pacifiquement dans leur pays est une violation flagrante de leurs droits humains garantis dans la Constitution de la RDC », a écrit dans un communiqué la branche d’Afrique de l’Est d’Amnesty International.

Son avocat parisien Eric Dupond-Moretti a annoncé vendredi son intention de saisir « le comité des droits de l’homme des Nations unies pour constater cette nouvelle violation des droits fondamentaux de Moïse Katumbi et cette violation du processus démocratique ».

Un collectif d’associations congolaises a également dénoncé « la fermeture du poste frontalier de Kasumbalesa dans le seul but d’empêcher M. Moïse Katumbi de rentrer dans son pays ».

Passé en 2015 à l’opposition, M. Katumbi a quitté la RDC en mai 2016 pour des raisons médicales en plein démêlés judiciaires.

Il a été condamné en son absence à trois ans de prison dans une affaire immobilière dont il conteste tout fondement. Il est également poursuivi dans une affaire de recrutement de mercenaires, renvoyée au 10 octobre par la Cour suprême.

Romandie.com avec(©AFP / 04 août 2018 17h47)                                                        

RDC: Moïse Katumbi est arrivé au poste frontière de Kasumbalesa

août 3, 2018

 

Capture d’écran d’une vidéo montrant Moïse Katumbi, entouré de ses partisans, avançant vers le poste frontière de Kasumbalesa, dans l’est de la RDC, le 3 août 2018. ©

 

L’opposant Moïse Katumbi, qui est toujours du côté zambien du poste-frontière de Kasumbalesa, accuse le régime de tenter de l’empêcher de se rendre en RDC. Plus tôt dans la journée, l’équipe de l’opposant avait indiqué qu’il avait finalement renoncé à atterrir à Lubumbashi, suite au refus des autorités.

Exilé en Europe depuis plus de deux ans, Moïse Katumbi est arrivé, ce vendredi en début d’après-midi, au poste-frontière de Kasumbalesa, où une foule importante est venue l’acclamer. Aux alentours de 17h (heure locale et heure de Paris), l’ancien gouverneur du Katanga se trouvait toujours du côté zambien de la frontière. Il affirme que les autorités congolaises l’empêchent de se rendre sur le territoire de la RDC.

« Le régime interdit mon atterrissage et barricade la frontière, a dénoncé Moïse Katumbi sur son compte Twitter. Mon crime ? Vouloir entrer dans mon pays et déposer  ma candidature. En tentant de me bloquer, on veut retirer aux Congolais leur droit à de vraies élections. Je me battrai ! »

Moïse Katumbi entend rentrer en République démocratique du Congo pour déposer sa candidature à l’élection présidentielle prévue en décembre prochain. Il pourrait néanmoins tomber sous le coup d’un mandat d’arrêt s’il parvient à franchir la frontière. Ce qu’a confirmé à Jeune Afrique Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement congolais : « Il y a bel et bien un mandat à son encontre, suite à sa condamnation dans l’affaire des mercenaires ».

Les partisans de Moïse Katumbi ont diffusé de nombreuses vidéos sur les réseaux sociaux, le montrant en train de parcourir à pied le poste-frontière. À 15h (heure locale et heure de Paris), une source de Jeune Afrique présente au poste-frontière a déclaré que « la foule monte vers la douane en masse ».

Du côté congolais de la frontière, les forces de l’ordre ont tiré des coups de feu sporadiques pour disperser la foule, selon un témoin présent sur place. Des pneus ont été brûlés le long de la route qui mène au poste-frontière.

La même source rapporte également la présence d’un tank et de deux jeeps de la Monusco. « Nous n’avons aucun militaire, ni unité de police dans cette zone, dément une source onusienne. Nous avons simplement un bureau à Lubumbashi, qui fait du monitoring sur la situation dans la ville. »

Dans la matinée, le leader « d’Ensemble » et son équipe avaient finalement renoncé à atterrir à Lubumbashi. En cause d’après eux : le refus des autorités de délivrer une autorisation de survol et d’atterrissage. Ce que le ministre des Transports et des Communications, José Makila Sumanda, a démenti, en affirmant jeudi à Jeune Afrique n’avoir jamais reçu une telle demande.

Jeuneafrique.com

Zambie: le chef de l’opposition inculpé de « trahison » (police)

avril 12, 2017

Lusaka – Le chef de l’opposition zambienne, Hakainde Hichilema, qui refuse toujours de reconnaître sa défaite à la présidentielle d’août 2016, a été inculpé mercredi de « trahison » pour avoir tenté de bloquer le convoi du chef de l’Etat Edgar Lungu.

« Nous avons inculpé Hichilema ainsi que cinq autres personnes de trahison », a annoncé à la presse le chef de la police zambienne Kakoma Kanganja.

Le chef du Parti uni pour le développement national (UPND) a été arrêté mardi matin à son domicile de Lusaka au terme de plusieurs heures d’un véritable siège qui a mobilisé une centaine de policiers.

Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène et pris d’assaut son domicile, avant de le conduire dans un camp d’entraînement de la police pour y être interrogé.

Selon son avocat, Jack Mwiimbu, M. Hichilema est officiellement accusé d’avoir voulu bloquer le convoi du président Lungu, dimanche à l’occasion d’un déplacement dans l’ouest.

Mais selon l’opposition, il paie son refus de reconnaître la victoire d’Edgar Lungu à l’élection présidentielle d’août dernier.

Candidat pour la cinquième fois, celui qui est surnommé « HH » avait alors été devancé d’à peine 100.000 voix (2,5% des suffrages) par M. Lungu, au pouvoir depuis 2015.

Il avait contesté les résultats pour fraude mais la Cour constitutionnelle avait validé la réélection de M. Lungu. Il a depuis déposé d’autres recours devant les tribunaux.

La qualification de trahison, qui ne permet pas de libération sous caution en Zambie, est passible d’un minimum de quinze ans de prison et dans le pire des cas de la peine de mort.

Ce n’est pas la première fois qu’Hakainde Hichilema est interpellé. En octobre dernier, il avait passé une nuit en détention, accusé d’incitation à l’insurrection et de rassemblement interdit.

Romandie.com avec(©AFP / 12 avril 2017 13h38)