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Élections au Zimbabwe: Robert Mugabe souhaite la défaite de souhaite de son ancien parti

juillet 29, 2018

L’ex-président zimbabwéen Robert Mugabe s’adresse à la presse à Harare le 29 juillet 2018, à la veille de l’élection présidentiellen / © AFP / Jekesai NJIKIZANA

L’ex-président zimbabwéen Robert Mugabe s’est invité dans la campagne électorale dimanche, à la veille de scrutins historiques, pour appeler les électeurs à faire tomber son ancien parti, qui l’a poussé vers la sortie en novembre après trente-sept ans de règne.

Les Zimbabwéens doivent élire lundi leurs président, députés, conseillers municipaux à l’occasion des premiers scrutins depuis la chute de M. Mugabe.

L’ancien homme fort du pays, âgé de 94 ans, est sorti du silence qu’il respectait depuis le début de la campagne électorale, en tenant sa première conférence de presse en direct depuis sa démission forcée.

« J’espère que le vote de demain va faire tomber la forme militaire de gouvernement » actuel, a lancé M. Mugabe dans cette intervention surprise depuis sa luxueuse résidence de Blue Roof à Harare, où il passe une retraite dorée.

« Je ne peux pas voter pour ceux qui m’ont mal traité », a-t-il poursuivi avant de sous-entendre qu’il donnerait sa voix au candidat du principal parti d’opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), Nelson Chamisa, dont il a toujours combattu la formation.

« Je ne peux pas voter pour la Zanu-PF », le parti au pouvoir depuis l’indépendance du Zimbabwe en 1980, a expliqué l’ex-chef de l’Etat et ancien président de la Zanu-PF. « Qui reste-t-il ? Chamisa », a-t-il lancé, provoquant quelques rires parmi les journalistes.

Office dans l’église Saint Peter Claver à la veille des élections au Zimbabwe, district de Mbare, 29 juillet 2018 / © AFP / MARCO LONGARI

Le plus vieux dirigeant en exercice de la planète avait dû renoncer au pouvoir en novembre, sous la pression de l’armée et de la Zanu-PF.

L’armée était intervenue pour empêcher, le moment venu, l’ambitieuse Première dame Grace Mugabe de remplacer son mari nonagénaire.

Il a finalement été remplacé par Emmerson Mnangagwa, qu’il avait démis deux semaines plus tôt de ses fonctions de vice-président.

Ce fut « un véritable coup d’Etat », a lancé dimanche M. Mugabe, jugeant par ailleurs « totalement ridicule » l’idée qu’il ait voulu faire de son épouse Grace, âgée de 53 ans, son successeur.

Assis dans un fauteuil de cuir vert, l’ancien président, en lunettes de soleil et costume cravate impeccable, est apparu en forme pendant les deux heures de son intervention qu’il a terminée en posant aux côtés de son épouse.

Partisans du président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa, candidat à l’élection de lundi, 28 juillet 2018 / © AFP / Jekesai NJIKIZANA

– Chamisa embarrassé –

Lors d’une intervention à la radio d’Etat, le président Mnangagwa a indirectement répondu à son prédécesseur en affirmant qu' »après des années d’immobilisme, les événements de novembre 2017 avaient donné au Zimbabwe l’occasion de rêver de nouveau ».

Il s’est félicité du climat « de paix » pendant la campagne électorale, contrairement aux précédentes élections sous l’ère Mugabe, entachées de nombreuses violences.

« Demain vous déciderez de l’avenir du Zimbabwe », a-t-il lancé aux électeurs, les exhortant « d’utiliser avec discernement » leur pouvoir pour cette élection, « la plus contestée de toute notre histoire ».

M. Mnangagwa, patron de la Zanu-PF, est donné favori du scrutin, devant M. Chamisa, propulsé récemment à la tête du MDC, à la suite du décès de son leader historique Morgan Tsvangirai, le rival de longue date de M. Mugabe.

Mugabe: ZANU-PF party he founded regard him ‘as an enemy’ / © AFP / Maryke Vermaak

Mais l’écart entre les deux principaux candidats à la présidentielle s’est récemment réduit. Le président sortant est crédité de 40% des suffrages, contre 37% pour son principal adversaire, selon un sondage publié il y a dix jours par le groupe Afrobarometer.

Si aucun candidat n’obtient la majorité absolue lundi, un deuxième tour sera organisé le 8 septembre.

M. Chamisa, qui veut incarner le changement et la rupture avec l’ancien régime, a accueilli avec prudence et embarras dimanche les propos de l’ancien président Mugabe.

« Si quelqu’un dit + vous êtes mon candidat préféré+. Qui suis-je pour refuser cette voix ? », a réagi le patron du MDC.

« Ce n’est pas mon devoir en tant que candidat de choisir les électeurs », a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse à Harare. « Ma principale tâche est d’unir le pays », a-t-il ajouté, avant d’accuser une nouvelle fois la commission électorale de partialité dans la préparation de ces scrutins historiques.

Lors de sa campagne, M. Mnangagwa, 75 ans, a garanti des élections « libres, justes et transparentes », en rupture avec les violences et fraudes qui ont caractérisé les derniers scrutins organisés pendant la présidence Mugabe.

Il a aussi promis l’apogée d’une « nouvelle démocratie » et des milliards de dollars d’investissement pour remettre sur pied une économie ruinée par les réformes catastrophiques de son prédécesseur.

Romandie.com avec(©AFP / 29 juillet 2018 16h52)

Zimbabwe: l’auteur du coup de force nommé vice-président du parti au pouvoir

décembre 23, 2017

L’ancien chef de l’armée zimbabwéenne Constantino Chiwenga, lors d’une cérémonie officielle à Harare, le 24 novembre 2017 / © AFP/Archives / Zinyange AUNTONY

L’ancien chef de l’armée zimbabwéenne qui a dirigé le coup de force ayant mis fin en novembre au long règne de Robert Mugabe a été nommé à la vice-présidence du parti au pouvoir, a annoncé samedi la présidence.

Le général à la retraite Constantino Chiwenga a été nommé « avec effet immédiat » pour seconder le nouveau président du pays Emmerson Mnangagwa à la direction de la ZANU-PF, a déclaré dans un communiqué le secrétaire à la presse de la présidence, George Charamba. L’ex- ministre de la Sécurité intérieure longtemps en poste sous Mugabe, Kembo Mohadi, a également été nommé vice-président du parti.

Romandie.com avec(©AFP / 23 décembre 2017 14h01)                

Zimbabwe: les anciens combattants, fer de lance de la chute de Mugabe

novembre 25, 2017

Christopher Mutsvangwa (C), le dirigeant des anciens combattants, salue la décision de la Zanu-PF de démettre Robert Mugabe de ses fonctions à la tête du parti, le 19 novembre 2017 / © AFP/Archives / Jekesai NJIKIZANA

Ils ont longtemps effectué les basses besognes du président Robert Mugabe. Après des décennies de loyauté absolue, les anciens combattants de la guerre d’indépendance du Zimbabwe ont lâché leur héros et largement contribué à sa chute.

Le régime de Robert Mugabe, qui a démissionné mardi après un règne de trente-sept ans, reposait sur trois piliers: le parti présidentiel de la Zanu-PF, l’armée et les anciens combattants, qui l’ont longtemps vénéré comme un demi-dieu.

Pendant la guerre dite de « libération » de 1972 à 1979, Robert Mugabe a joué un rôle clé en dirigeant le mouvement depuis le Mozambique voisin.

Mais depuis plus d’un an, le vent a clairement tourné et ses anciens compagnons de guérilla ont commencé à le lâcher.

En juillet 2016, ils ont publiquement dénoncé les « tendances dictatoriales » du président, au pouvoir depuis l’indépendance en 1980, et annoncé qu’ils ne le soutiendraient pas – une première – à l’élection présidentielle prévue en 2018.

Leur déclaration a fait l’effet d’une bombe.

Selon Takavafira Zhou, professeur de sciences politiques à l’université d’Etat de Masvingo (Zimbabwe), elle a marqué le « début de la fin » des liens entre le « camarade Bob » et ses hommes.

La semaine dernière, l’armée avait à peine pris le contrôle du pays que les anciens combattants appelaient à manifester pour soutenir les militaires et faire tomber leur chef devenu paria.

Le 18 novembre, ils ont mobilisé, avec l’appui de l’opposition et de la société civile, des dizaines de milliers de personnes et démontré qu’ils restaient des acteurs influents et respectés de la vie politique, près de quatre décennies après l’indépendance.

« Ca sent le roussi. Tu as fait ton temps », a encore lancé mardi à Robert Mugabe leur dirigeant, Christopher Mutsvangwa, en menaçant de faire redescendre la foule dans les rues.

Quelques heures plus tard, le président jetait l’éponge.

– ‘Divorce’ –

« Notre relation avec Mugabe est irrémédiablement brisée », a déclaré à l’AFP le secrétaire général de l’association des anciens combattants, Victor Matemadanda.

« Nous étions mariés, mais les problèmes ont commencé et on a décidé de divorcer », résume-t-il.

Les relations entre Robert Mugabe et les vétérans ont commencé à se détériorer dès lors que la Première dame a affiché son ambition de succéder, le moment venu, à son époux.

Dans sa course au pouvoir, Grace Mugabe, soutenue au sein de la Zanu-PF par le « G40 », pour « génération des moins de 40 ans », a commis l’erreur d’éliminer les anciens combattants du jeu.

Soudain relégués au second plan, ils n’ont plus bénéficié des largesses du président.

Les vétérans reprochent aujourd’hui à Robert Mugabe et son épouse d’avoir trahi l’esprit de la lutte mais aussi de mener grand train, alors que nombre d’anciens soldats survivent aujourd’hui difficilement, victimes comme le reste de la population de l’effondrement de l’économie du pays.

« Gucci Grace », un de ses nombreux surnoms, a choqué par son goût du luxe et ses extravagances. Le couple présidentiel s’est fait construite une villa extravagante dans la banlieue d’Harare, « Blue Roof » (Toit Bleu). Et l’un des fils de Mme Mugabe roule en Rolls Royce quand l’Etat peine à payer les fonctionnaires.

« L’attitude du couple présidentiel a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », a expliqué Victor Matemadanda.

– ‘Forces de frappe’ –

Pendant de nombreuses années toutefois, les anciens combattants ont été le bras armé du régime. Ce fut le cas lors des violences électorales de 2008 ou, quelques années plus tôt, lors de la funeste réforme agraire qui a vu les fermiers de la minorité blanche brutalement expulsés de leurs terres.

Parfois ivres ou sous l’effet de drogues, des armées d’anciens combattants – auxquels se sont joints de nombreux jeunes – ont alors chassé à grands coups de machettes ou de haches les agriculteurs de leurs propriétés, avec la bénédiction du président.

Pour l’analyste indépendant Alois Masepe, les anciens combattants ont récemment « réalisé qu’ils avaient été utilisés comme des forces de frappe politiques de Mugabe et de la Zanu-PF ».

« Leur rôle était d’être du côté du peuple et d’être aussi neutres que possible. J’espère que cette prise de conscience persistera avec le nouveau dirigeant », ajoute-t-il.

Le successeur de Robert Mugabe, Emmerson Mnangagwa, encore un ancien de la guérilla, bénéficie de l’appui des vétérans. Il tire d’ailleurs son surnom le « crocodile » de ses années de lutte.

Vendredi, il a pris soin de les saluer lors de son discours d’investiture.

Victor Matemadanda l’assure: « nous voulons continuer à jouer le rôle de protecteurs de la révolution et être du côté du peuple ».

Romandie.com avec(©AFP / 25 novembre 2017 10h16)                

Zimbabwe: le Znanu-PF veut engager dès mardi la procédure de destitution de Mugabe

novembre 20, 2017

Harare – Le parti au pouvoir au Zimbabwe veut engager dès mardi la procédure de destitution du président Robert Mugabe, qui a jusqu’ici ignoré les appels à la démission formulées par sa propre formation politique, a annoncé un député de la Zanu-PF.

« Nous espérons une session des deux chambres du Parlement demain (…) Nous espérons que la motion (lançant la procédure) passera demain » mardi, a dit devant la presse Paul Mangwana, un haut responsable de la Zanu-PF, avant une réunion d’urgence des députés et sénateurs du parti.

« Nous voulons nous débarrasser de cet animal appelé Mugabe, il doit partir », a renchéri auprès de l’AFP le député Vongai Mupereri, en assurant que le parti dispose des « voix suffisantes » pour le faire.

La Zanu-PF avait retiré dimanche à son chef historique toutes fonctions dans le parti et avait menacé de le destituer s’il ne démissionnait pas avant lundi midi.

L’ultimatum ayant expiré, le parti s’apprête à en tirer les conséquences.

Selon la Constitution zimbabwéenne, l’Assemblée nationale et le Sénat peuvent engager à la majorité simple une procédure de révocation du président pour « faute grave », « manquement à la Constitution », « violation délibérée de la Constitution » ou « incapacité ».

Une commission d’enquête conjointe est alors formée pour formuler une résolution de destitution, qui doit ensuite être approuvée à la majorité des deux tiers.

La Zanu-PF veut accuser Robert Mugabe « d’avoir autorisé sa femme à usurper des pouvoirs » et de « ne plus être en capacité physique d’assurer son rôle compte tenu de son grand âge », a précisé le député Mangwana.

Le plus vieux dirigeant en exercice au monde, 93 ans dont 37 à la tête du Zimbabwe, est accusé d’avoir favorisé sa femme Grace Mugabe dans la course pour sa succession, au détriment de l’ancien vice-président Emmerson Mnangagwa.

Le limogeage de ce dernier il y a deux semaines a entraîné un coup de force de l’armée, qui a pris le contrôle du pays dans la nuit de mardi à mercredi.

Romandie.com avec(©AFP / 20 novembre 2017 16h31)                                            

Zimbabwe: Robert Mugabe a jusqu’à lundi pour quitter le pouvoir, parle ce soir à la nation

novembre 19, 2017

 

Zimbabwe : Robert Mugabe a jusqu'à lundi midi pour quitter le pouvoir

Robert Mugabe, le 17 novembre dernier. Depuis mercredi, le président du Zimbabwe est retranché en résidence surveillée avec son épouse Grace Mugabe. PHILIMON BULAWAYO/REUTERS

Dimanche, Robert Mugabe a été démis de ses fonctions de président du parti au pouvoir et sommé de quitter le pouvoir.

• Mugabe sommé de démissionner

L’autoritaire Robert Mugabe, au pouvoir au Zimbabwe depuis 1980, a été désavoué dimanche par son parti qui l’a menacé de destitution s’il ne quittait pas d’ici lundi midi la présidence du pays. Encore impensable il y a quelques jours, la Zanu-PF a lancé un ultimatum au «camarade Bob», qui, à 93 ans, s’accroche au pouvoir malgré son assignation à résidence depuis mercredi. «Il doit démissionner de la présidence du Zimbabwe et s’il ne l’a pas fait d’ici lundi midi (…), le président du Parlement enclenchera la procédure de destitution», a déclaré, sous les vivats, le porte-parole de la Zanu-PF, Simon Khaye Moyo, à l’issue d’une réunion d’urgence du parti.

 

 Le président zimbabwéen Robert Mugabe s'est entretenu dimanche avec l'armée. Ici, un soldat de l'armée lors de la journée de mobilisation anti-Mugabe, qui s'est déroulée samedi à Harare.
Le président zimbabwéen Robert Mugabe s’est entretenu dimanche avec l’armée. Ici, un soldat de l’armée lors de la journée de mobilisation anti-Mugabe, qui s’est déroulée samedi à Harare. PHILIMON BULAWAYO/REUTERS

Cet ultimatum est considéré comme une tentative de donner une fin sans heurts à un règne de 37 années après l’intervention de l’armée qui a écarté le vieux chef d’Etat de 93 ans dans la nuit de mardi à mercredi. Mugabe a rencontré une nouvelle fois les chefs de l’armée, dimanche, indique le journal The Herald. Les négociations visent à l’inciter à quitter le pouvoir de lui-même.

• Emmerson Mnangagwa remplace le président au sein du parti

Robert Mugabe a en outre été démis de ses fonctions à la tête de la Zanu-PF, le parti au pouvoir, lors d’une réunion extraordinaire de son comité central dimanche, a annoncé Chris Mutsvangwa, chef de file des anciens combattants de la guerre d’indépendance, qui a joué un rôle clé dans l’éviction du chef de l’État. L’ex-vice-président Emmerson Mnangagwa, dont le limogeage la semaine dernière a précipité l’intervention de l’armée, le remplace et sera le candidat du parti au pouvoir à l’élection présidentielle de 2018, a annoncé un porte-parole du parti. Grace Mugabe, l’épouse du président, a été remplacée à la tête de la Ligue féminine du parti, a poursuivi Chris Mutsvangwa. «Nous irons jusqu’au bout», a-t-il assuré, interrogé par Reuters alors qu’il se rendait à la réunion du comité central, estimant que Robert Mugabe n’avait plus qu’à démissionner et à quitter le pays. «Il essaye de marchander pour s’en tirer dignement, mais il devra s’y faire», a-t-il ajouté.

• Une journée «historique» de manifestations

L’ultimatum posé par le parti à Robert Mugabe fait suite à l’une des plus grandes manifestations jamais organisées depuis l’indépendance et l’arrivée au pouvoir du président en 1980. Des dizaines de milliers de Zimbabwéens se sont rassemblés samedi dans la capitale et la deuxième ville du pays, Bulawayo (sud-ouest) pour exiger son départ. «Un jour historique», a résumé samedi soir, avec une voix émue, la présentatrice du journal de la ZBC, la télévision d’État. «Trop c’est trop, Mugabe doit partir», «Repose en paix Mugabe», «Non à la dynastie Mugabe», «Au revoir grand-père», proclamaient des affiches brandies par des manifestants euphoriques dans un concert de klaxons et de vuvuzelas.

Des manifestants samedi 18 novembre brandissent une banderole dont le slogan signifie «Trop c'est trop, Mugabe doit partir».

Des manifestants samedi 18 novembre brandissent une banderole dont le slogan signifie «Trop c’est trop, Mugabe doit partir». -/AFP

Tout la journée de samedi, les manifestants, issus de tout bord politique, ont salué l’intervention de l’armée qui a pris le contrôle du pays dans la nuit de mardi à mercredi et assigné à résidence Robert Mugabe. À Harare, l’armée, qui a officiellement apporté son soutien à cette journée anti-Mugabe, a stoppé en début d’après-midi des milliers de personnes qui se dirigeaient vers le palais présidentiel, provoquant l’incompréhension des manifestants. La foule s’est finalement dispersée dans le calme, sous l’œil de militaires masqués et lourdement armés.

• Mugabe parle ce soir à la nation

Le chef d’Etat zimbabwéen Robert Mugabe, pressé par son parti, l’armée et la rue de démissionner après trente-sept ans au pouvoir, s’adressera dimanche soir à la télévision, a annoncé le groupe audiovisuel public ZBC. « Le président RG (Robert Gabriel) Mugabe s’adressera à la nation en direct depuis le palais présidentiel ce soir. Restez connectés », a indiqué la ZBC dans un bandeau défilant en bas d’écran.

• Un sommet de l’Afrique australe mardi

La communauté de développement d’Afrique australe (CDAA) discutera de la crise politique au Zimbabwe mardi lors d’un sommet qui se tiendra à Luanda, la capitale angolaise.

Le figaro.fr avec AFP, Reuters Agences

Zimbabwe: Mugabe poussé vers la sortie par son parti

novembre 19, 2017

Un soldat contrôle des délégués à leur arrivée à une réunion cruciale du parti au pouvoir dimanche à Harare alors que le président Mugabe est lâché par ses principaux soutiens / © AFP / Jekesai NJIKIZANA

Le règne du président du Zimbabwe Robert Mugabe, au pouvoir depuis 1980, ne semblait plus dimanche tenir qu’à un fil, après la décision humiliante de son parti de le limoger de la direction de la Zanu-PF, au lendemain de manifestations monstres exigeant son départ.

Dimanche, la Zanu-PF a évincé Robert Mugabe de la présidence de sa propre formation, qu’il contrôlait d’une main de fer depuis des décennies.

Il a été immédiatement remplacé par Emmerson Mnangagwa, le vice-président qu’il avait démis de ses fonctions le 6 novembre, a indiqué à l’AFP un membre de la Zanu-PF qui participait à une réunon en urgence du parti.

Ces décisions sont le point d’orgue d’une semaine où le président a perdu un à un tous ses soutiens: l’armée d’abord, qui a pris le contrôle du pays dans la nuit de mardi à mercredi; le peuple qui, toutes tendances politiques confondues, est descendu en masse dans la rue samedi; et ensuite la Zanu-PF, qui jusqu’à présent avait fait preuve d’une loyauté à toute épreuve vis-à-vis du « camarade Bob ».

L’éviction de Robert Mugabe de la présidence du parti a été saluée par des chants et des danses au quartier général de la Zanu-PF à Harare.

« Cette réunion historique marque le début d’une nouvelle ère », a lancé un cadre du parti, Obert Mpofu, qui présidait les débats.

Un scénario encore impensable il y a quelques jours.

Le président, désormais aux abois, devait rencontrer dimanche les militaires aux commandes du pays, qui tentent de lui arracher une reddition en douceur.

Les premières négociations jeudi avaient échoué: le chef de l’Etat âgé de 93 ans avait catégoriquement refusé de quitter la présidence.

« Il cherche à trouver une sortie digne », a avancé dimanche Chris Mutsvangwa, leader des anciens combattants de la guerre d’indépendance, un des anciens piliers du régime.

Cette organisation a lancé au vieil homme un ultimatum sans équivoque dimanche. « Il ferait mieux de renoncer », a prévenu Chris Mutsvangwa, « s’il ne le fait pas, l’armée doit en finir avec lui aujourd’hui ».

– ‘Repose en paix’ –

La pression n’a jamais été aussi forte sur Robert Mugabe.

Samedi, le Zimbabwe a connu l’une des plus grandes manifestations jamais organisées depuis son indépendance en 1980.

Des dizaines de milliers de personnes – des partisans de la Zanu-PF comme de l’opposition – ont déferlé dans les rues d’Harare pour appuyer l’intervention de l’armée et demander au vieux dirigeant de partir.

« Repose en paix Mugabe », « Non à la dynastie Mugabe », « L’armée du Zimbabwe, voix du peuple », proclamaient des affiches brandies par des manifestants euphoriques.

L’armée est intervenue dans la nuit de mardi à mercredi après la destitution le 6 novembre du vice-président Emmerson Mnangagwa, ennemi juré de la Première dame.

Les militaires n’ont pas accepté la perspective que Grace Mugabe se retrouve en position de favorite pour succéder, le moment venu, à son mari, le plus vieux dirigeant en exercice au monde.

« Il est fâcheux que le président lui ait permis d’usurper son autorité, détruisant ainsi le parti et le gouvernement », a déploré dimanche la ligue des jeunes de la Zanu-PF qui a demandé l’éviction « à tout jamais » de Grace Mugabe du parti.

« Elle et ses proches associés ont profité ces cinq dernières années de la santé fragile » du président pour « usurper le pouvoir et piller les ressources de l’Etat », a renchéri Obert Mpofu, salutant le « joli travail » des militaires.

Emmerson Mnangagwa est désormais pressenti pour prendre la tête d’une éventuelle transition politique. A 75 ans, cet ancien fidèle du président Mugabe n’a pas été vu en public depuis son éviction.

Mais ses portraits ont été acclamés samedi dans les rues de la capitale, où des manifestants arboraient fièrement tout objet en forme de crocodile, le surnom de l’ancien vice-président, un homme connu pour son caractère impitoyable.

Jusqu’à présent, l’armée tente de négocier à l’amiable le départ du président Mugabe. Elle l’a même laissé se rendre vendredi à une cérémonie de remise de diplômes universitaires à Harare.

L’armée tente de « le traiter avec respect et dignité », selon Anthoni van Nieuwkerk de l’université de Witwatersrand à Johannesburg, afin de mettre au plus vite un terme à ce coup de force militaire.

L’affaire n’est pas cependant aisée. Le président Mugabe a la réputation d’être coriace et un fin tacticien. Avant la crise, il avait déjà annoncé son intention de briguer un nouveau mandat lors de l’élection présidentielle en 2018.

Il a plongé le pays dans une crise économique abyssale. Le pays manque cruellement de liquidités, obligeant les citoyens à faire la queue pendant de longues heures devant les banques, et affiche un taux de chômage d’environ 90%.

Romandie.com avec(©AFP / 19 novembre 2017 14h16)                

Zimbabwe: réunion dimanche du parti pour discuter du départ de Mugabe (sources Zanu-PF)

novembre 18, 2017

Harare – Le parti au pouvoir au Zimbabwe, la Zanu-PF, se réunira dimanche pour discuter du départ du président Robert Mugabe, assigné à résidence par l’armée, a-t-on appris samedi de sources concordantes auprès de la formation politique.

« Il y a une réunion du comité central demain (dimanche) pour endosser les résolutions prises hier (vendredi) par les provinces », a déclaré à l’AFP un député de la Zanu-PF, qui a requis l’anonymat. Il faisait référence à l’appel lancé par l’écrasante majorité des sections régionales de la Zanu-PF de voir Robert Mugabe démissionner de son poste de chef de l’Etat.

« Oui, nous nous réunissons (dimanche) pour endosser les décisions des neuf (des dix) provinces » du pays, a confirmé à l’AFP un haut responsable du parti. « Nous le rappelons en tant que président et premier secrétaire du parti », a-t-il ajouté sous couvert d’anonymat.

Depuis son arrivée au pouvoir en 1980, Robert Mugabe, aujourd’hui âgé de 93 ans, ne s’est jamais retrouvé dans une position politique aussi délicate.

L’armée, son alliée traditionnelle, a pris le contrôle du pays dans la nuit de mardi à mercredi et l’a assigné à résidence. Les anciens combattants, acteurs incontournables de la scène politique zimbabwéenne, l’ont lâché. Et samedi des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans le pays, avec le blanc-seing des militaires, pour réclamer son départ.

Romandie.com avec(©AFP / 18 novembre 2017 18h58)

Zimbabwe: Mugabe investi par son parti pour la présidentielle de 2018

décembre 17, 2016

Masvingo (Zimbabwe) – Le président zimbabwéen Robert Mugabe, âgé de 92 ans et au pouvoir depuis 36 ans, a été investi samedi candidat à l’élection présidentielle de 2018 par le parti au pouvoir, la ZANU-PF.

M. Mugabe a été désigné sans surprise par le congrès annuel de son parti réuni à Masvingo, à 300 km au sud-est de la capitale zimbabwéenne Harare.

Les délégués ont fait part de leur soutien au président et premier secrétaire, le camarade Robert Mugabe, comme candidat unique pour les prochaines élections de 2018, a déclaré la vice-secrétaire de la ZANU-PF Eunice Sandi Moyo.

Président, vous êtes le principal acteur et tant que vous serez en vie, vous resterez l’acteur majeur de l’histoire du Zimbabwe, a ajouté le chef de la branche des jeunes du parti, Kudzai Chipanga.

L’investiture du vieux leader au pouvoir depuis l’indépendance de l’ancienne colonie britannique en 1980 a été saluée par les applaudissements de milliers de ses partisans scandant en langue shona tongai, tongai baba, dirige-nous, dirige-nous, père.

Le dirigeant zimbabwéen en dépit de son âge et de faiblesses de santé n’a pas désigné de successeur ni indiqué de date de départ de la présidence qu’il exerce d’une main de fer.

Il a même un jour affirmé sur le ton de la plaisanterie qu’il resterait au pouvoir jusqu’à ses 100 ans.

L’absence d’un successeur désigné s’est traduit par des luttes intestines au sein du parti au pouvoir et un mouvement de contestation qui a gagné jusqu’à d’anciens combattants de la guerre d’indépendance.

Ceux-ci ont publiquement manifesté leur défiance l’été dernier, en pleine vague de manifestations sociales anti-Mugabe, accusant le dirigeant de comportement dictatorial et avertissant qu’ils ne soutiendraient pas une nouvelle candidature à la présidence du chef de l’Etat.

La répression de toute forme d’opposition a jusque-là réussi à éteindre la contestation. Mais la grave crise économique que traverse le Zimbabwe, où 90% de la population est au chômage, maintient une pression sur le régime.

Pour pallier le manque de liquidités qui asphyxie l’économie, le gouvernement a lancé le mois dernier une nouvelle monnaie, des billets d’obligation indexés sur le dollar, ravivant dans la population les craintes de l’hyperinflation des années 2000.

Romandie.com avec(©AFP / 17 décembre 2016 15h38)             

Au festin de ses 92 ans, Mugabe dénonce les divisions de son parti

février 27, 2016

Le président zimbabwéen Robert Mugabe a accusé samedi des ingérences étrangères d’être à l’origine des luttes intestines et de succession qui divisent son parti. C’était à l’occasion d’un festin pour célébrer le 92e anniversaire du doyen des chefs d’Etat en exercice.

« Les divisions n’ont aucune place dans notre parti, » a déclaré M. Mugabe devant un parterre de milliers d’invités, dont les cadres du parti, des ministres, des diplomates étrangers et des représentants des partis au pouvoir d’Angola, du Botswana, d’Afrique du Sud, de Namibie et de Tanzanie.

« Les Britanniques et les Américains, par leurs ruses, comme toujours, ont utilisé ces occasions pour offrir de grosses sommes d’argent à des individus du parti et de l’extérieur du parti, provoquant des divisions, » a-t-il affirmé lors de la fête qui se tient à Masvingo (sud).

Le président a lâché dans les airs 92 ballons devant ses invités. Les organisateurs avaient annoncé attendre 50’000 partisans de la Zanu-PF, le parti au pouvoir.

Des gâteaux imposants étaient exposés, dont l’un en forme d’Afrique et l’un de 92 kilos répliquant le lieu des festivités: le monument national du Grand Zimbabwe, un ensemble de ruines du XIIIe siècle, classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

Pas de successeur
Mais les réjouissances n’ont pas réussi à camoufler les querelles qui divisent depuis un an le parti au pouvoir au sujet de la succession du président – au pouvoir depuis 36 ans -, qui n’a toujours pas nommé de successeur malgré son grand âge et des rumeurs sur son état de santé.

Le 21 février, jour de son anniversaire, les médias nationaux ont couvert de compliments celui qui dirige d’une main de fer le Zimbabwe depuis l’indépendance du pays en 1980 et qui assure pouvoir gouverner jusqu’à 100 ans.

Le vice-président Emmerson Mnangagwa est considéré comme le favori pour succéder à Mugabe, mais il a récemment été critiqué par la femme du président Grace, avec laquelle la rivalité est croissante.

Insécurité alimentaire
Du bétail et du gibier devaient être abattus pour un événement dont le coût total est estimé à 800’000 dollars par la presse locale, alors qu’un quart de la population est en état d’insécurité alimentaire et que le gouvernement a déclaré l’état de catastrophe naturelle dans plusieurs régions en raison de la sécheresse.

Selon les médias, des militants auraient ordonné à des villageois des districts autour de Masvingo de donner entre un et cinq dollars pour financer une partie des festivités.

Romandie.com

Zimbabwe: Mugabe déclaré vainqueur de la présidentielle avec 61 %

août 3, 2013

Le président zimbabwéen Robert Mugabe, au pouvoir depuis l’indépendance dans son pays en 1980, a été déclaré samedi vainqueur de l’élection présidentielle avec 61 % des voix dès le premier tour. L’opposiition a annoncé qu’elle contesterait en justice les résultats et l’UE s’est dite « préoccupée ».

« Je déclare que M. Robert Gabriel Mugabe de la ZANU-PF a obtenu plus de la moitié des suffrages à l’élection présidentielle et est donc dûment élu président de la République du Zimbabwe à compter de ce jour », a dit la présidente de la commission électorale Rita Makarau. Il a obtenu 61 % face à son rival et Premier ministre Morgan Tsvangirai, battu avec 34 % des voix.

210 sièges

La commission, qui a repris dans l’après-midi l’annonce du résultat des législatives, a elle proclamé la ZANU-PF vainqueur dans treize puis dix-sept puis 22 circonscriptions supplémentaires, alors que le décompte final se poursuivait. Un responsable a précisé à l’AFP que la ZANU-PF totalisait 158 sièges.

Héros de l’indépendance avant de conduire son pays à la ruine et au ban des nations, M. Mugabe, 89 ans, est assuré d’avoir les deux-tiers des sièges sur 210 dans l’hémicycle, le plaçant en position d’amender la Constitution plus libérale promulguée il y a moins de trois mois.

« Manque de transparence »

Le vote a toutefois été entaché d’irrégularités, dénoncées par M. Tsvangirai et son parti du MDC et suffisamment sérieuses pour justifier qu’un membre de la commission électorale claque la porte samedi. M. Tsvangirai a dit que sa formation épuiserait « tous les moyens légaux » pour contester ces résultats. Le MDC ne participera à aucun gouvernement issu de ce qu’il a appelé une « élection frauduleuse, a-t-il encore ajouté.

Le plus important groupe zimbabwéen d’observateurs a également estimé que le scrutin avait été « sérieusement compromis ». L’Union européenne s’est elle inquiétée des « irrégularités présumées » et du « manque de transparence » dans le cadre des élections, a dit la cheffe de la diplomatie de l’UE, Catherine Ashton.

Romandie.com