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Zimbabwe : Robert Mugabe sera enterré en début de semaine prochaine dans son village, annonce sa famille

septembre 12, 2019

La dépouille de Robert Mugabe dans sa résidence principale d’Harare, le 11 septembre 2019. © Ben Curtis/AP/SIPA

Un hommage national de plusieurs jours a débuté jeudi 12 septembre au Zimbabwe, alors que les autorités n’ont pas encore confirmé les déclarations de la famille de l’ex-président, qui a annoncé que ce dernier sera enterré dans son village en début de semaine prochaine.

En provenance de Singapour, l’avion spécial transportant le corps du défunt chef de l’État s’est posé mercredi 11 septembre après-midi à l’aéroport de la capitale, Harare, qui porte son nom. Recouvert du drapeau or, rouge, vert et noir zimbabwéen, le cercueil a été extrait de l’appareil et porté par des soldats jusqu’à une tribune ou siégeaient le successeur de Robert Mugabe, Emmerson Mnangagwa, et sa veuve Grace Mugabe, toute de noir vêtue.

Devant les proches du disparu, le gouvernement et quelques milliers de personnes regroupées sur le tarmac, Emmerson Mnangagwa a rendu hommage au « père fondateur de la nation ». « La lumière qui nous a conduits à l’indépendance n’est plus mais son œuvre, ses idées continueront à guider cette Nation », a-t-il dit.

Débat sur le lieu de l’enterrement

Le lieu de l’enterrement du défunt dirigeant fait l’objet, selon des indiscrétions, d’un bras de fer entre la famille et les autorités. La famille de l’ex-président a affirmé jeudi que Robert Mugabe sera enterré en début de semaine prochaine dans son village, et non pas au monument dédié aux « héros de la Nation » ainsi que le souhaitait le gouvernement.

« Son corps sera exposé à Kutama (son village) dimanche soir et il sera enterré dans l’intimité lundi ou mardi. Il n’ira pas au Champ national des héros », a annoncé à l’AFP l’un des neveux du défunt, Leo Mugabe. Avant d’ajouter : « c’est la décision prise par la famille ».

Après l’arrivée de sa dépouille, le cercueil de l’ancien chef de l’État a été transporté jusqu’à sa fameuse et luxueuse résidence du « Toit bleu », ouverte exceptionnellement au public pour un premier hommage.

Hommage national

La dépouille de Robert Mugabe doit être exposée au stade Rufaro à partir de ce jeudi, dans la banlieue de Harare, pour permettre à la population de tout le pays de rendre hommage à l’illustre héros de la guerre de libération », selon la ministre de l’Information, Monica Mutsvangwa. C’est dans ce stade que Robert Mugabe avait, le 18 avril 1980, pris les rênes de l’ancienne Rhodésie sous domination blanche des mains de son ancien dirigeant blanc, Ian Smith.

Puis jeudi après-midi, le corps doit être conduit dans le village de Zvimba, à une centaine de kilomètres de la capitale, où l’ex-président possédait une maison.

Le début des funérailles officielles de celui qui, dès sa mort, a été proclamé « héros national » par Emmerson Mnangagwa auront lieu samedi matin dans l’immense stade national des sports de Harare, qui peut accueillir 60 000 personnes.

De nombreux chefs d’État attendus

Le gratin des chefs d’État africains, en fonction ou à la retraite, devait se presser à cette cérémonie, ainsi que les dirigeants de grands pays « amis » tels que la Chine ou Cuba. En tête des personnalités attendues, figurent le président chinois Xi Jinping, l’ex-président cubain Raul Castro, les présidents sud-africain Cyril Ramaphosa, nigérian Mohammadu Buhari ou de la RDC, Félix Tshisekedi.

Par son statut de « héros national », Robert Mugabe devrait être inhumé au cœur du « Champ des héros de la Nation », un monument construit en lisière de la capitale pour accueillir les « combattants de la guerre de libération » les plus illustres. Mais l’entourage de Robert Mugabe et les chefs traditionnels s’y opposaient, arguant que le défunt avait exprimé le vœu d’être inhumé dans le village de Zvimba, où il possédait une maison.

Depuis la chute de Robert Mugabe, les relations de l’ex-président et de sa famille avec son successeur, Emmerson Mnangagwa, qu’il a qualifié de « traître », sont notoirement mauvaises. En novembre 2017, l’armée l’avait poussé vers la sortie après sa décision de limoger Emmerson Mnangagwa sur l’insistance de son épouse, Grace, qui convoitait alors de plus en plus ouvertement la succession de son époux.

Par Jeuneafrique.com avec AFP

Robert Mugabe, un président en noir et blanc

septembre 6, 2019

Le prince Charles (droite), le Premier ministre Robert Mugabe (gauche) et le gouverneur britannique Christopher Soames à Salisbury, le 17 avril 1980. © AP/SIPA

De la lutte héroïque pour l’indépendance à ses dernières années au pouvoir, passablement pathétiques, retour sur le parcours en dents de scie de Robert Mugabe, l’enfant de Kutuma devenu président.

Robert Mugabe n’était pas Nelson Mandela. Il a mal fini, s’accrochant au pouvoir bien au-delà de sa propre date de péremption. De ses dernières années au pouvoir, passablement pathétiques, et de la trahison de ses proches qui aujourd’hui versent sur sa dépouille des larmes de crocodile après l’avoir renversé, JA vous a tout dit ou presque, comme le démontre le dossier que nous publions ce 6 septembre.

Tout comme nous nous sommes efforcés, tout au long de ses trois décennies de règne quasi absolu, d’expliquer et d’analyser pourquoi l’enfant de Kutuma, élevé par une mère célibataire et éduqué par les jésuites, était devenu, comme il le dira un jour par défi, un « diplômé en violence ».

Lutte de libération

Avant d’être un autocrate pétrifié dans ses certitudes, Mugabe fut un héros panafricain, et à l’heure de sa mort, dans un hôpital aseptisé de Singapour où il était alité depuis près de cinq mois, c’est de cela aussi qu’il convient de se rappeler. La chimurenga, la lutte de libération qu’il mena contre le régime raciste de Ian Smith de 1966 à 1979 – et dont il paya personnellement le prix par dix ans d’emprisonnement – fut une guerre de guérilla et de contre-insurrection féroce, ponctuée de massacres de civils, de disparitions, de tortures, d’attentats et de bombardements au napalm.

Une lutte juste et exemplaire, comme le furent toutes celles qui, du Cap à Alger, délivrèrent l’Afrique de ses chaînes coloniales, et que Jeune Afrique a soutenues et accompagnées avec constance et vigilance depuis sa fondation.

Dictature autiste

L’Histoire, un jour, fera la part des choses. Elle dira la faute qui revient à Robert Mugabe dans le lent glissement de son régime sur la pente d’une dictature autiste, mais aussi la responsabilité de l’ancienne puissance britannique, qui ne respecta jamais les engagements souscrits lors des accords de Lancaster House, celle aussi d’une communauté blanche ancrée dans ses privilèges d’ex-Rhodésiens, acharnée dès le lendemain de l’indépendance à saboter l’expérience d’un État biracial.

Elle dira aussi que la réforme agraire violente et chaotique des année 2000, qui valut à Mugabe l’opprobre de la communauté internationale et des grands bailleurs de fonds, fut dans le fond – si ce n’est dans la forme – une nécessité absolue pour les centaines de milliers de petits paysans confinés dans les bantoustans agraires des Tribal Trust Land.

Et qu’elle ne fut pas toujours et partout un échec.

Révolver russe

Le Mugabe Premier ministre que j’ai rencontré un jour d’avril 1980 dans un petit bureau de ce qui ne s’appelait pas encore Harare mais Salisbury, avec sa secrétaire blanche servant le thé, ses livres de droit et d’économie marxiste empilés sur une chaise et son revolver russe posé au bord d’une cheminée décorative, était un mélange fascinant de missionnaire british et de révolutionnaire vietnamien.

C’est cette image que désormais je garderai de lui. Et tant pis si elle est en noir et blanc.

Par François Soudan, directeur de la rédaction de Jeune Afrique.

Zimbabwe: Décès de Robert Mugabe

septembre 6, 2019

Décès de l’ex Président Zimbabwéen, Robert MUGABE, il est mort au Singapore à l’âge de 95 ans !

 

Photo de BrazzaNews.
Avec Brazzanews.fr

Zimbabwe: un responsable de l’opposition arrêté après des manifestations interdites

août 23, 2019

 

Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), le principal parti d’opposition au Zimbabwe, a annoncé ce vendredi qu’un de ses responsables avait été arrêté pour ne pas avoir empêché une manifestation interdite par les autorités.

Amos Chibaya, secrétaire chargé de l’organisation, a été arrêté jeudi. Il doit comparaître lundi devant un juge qui décidera de son éventuelle remise en liberté sous caution. «Le maintien en détention de Chibaya témoigne d’un programme brutal de persécution que poursuit le régime», a condamné le MDC sur Twitter.

La police a précisé que cette arrestation était liée aux manifestations du 16 août à Harare. La police anti-émeutes avait violemment dispersé des sympathisants de l’opposition descendus dans les rues d’Harare contre la dégradation de la situation économique, en dépit d’une interdiction de manifester. Une centaine de personnes avaient été arrêtées. Par ailleurs, neuf membres d’un syndicat d’enseignants et leur avocat ont été arrêtés vendredi à Harare pour avoir manifesté pour une hausse de leur salaire et une amélioration de leurs conditions de travail, selon le MDC.

Le président Mnangagwa, qui a succédé fin 2017 à Robert Mugabe, aux commandes du pays pendant trente-sept ans, s’est engagé à relancer l’économie, jusqu’à présent en vain. Le Zimbabwe est confronté à des pénuries régulières de denrées de première nécessité, comme la farine, le pain, l’huile, mais aussi les carburants. Les Zimbabwéens sont aussi soumis à de très longues coupures d’électricité.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Au Zimbabwe, un nouveau gouvernement pour relancer l’économie

septembre 7, 2018

Harare – Le président du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa a présenté vendredi un nouveau gouvernement largement remanié de vingt ministres auxquels il a assigné la mission essentielle de « développer et moderniser » l’économie en faillite du pays.

Principale figure de la nouvelle équipe, l’économiste Mthuli Ncube, professeur à la prestigieuse université britannique d’Oxford et ex-patron de la Banque africaine de développement (BAD), a été nommé au portefeuille stratégique des Finances.

L’économie zimbabwéenne est sortie exsangue des trente-sept ans du règne autoritaire de Robert Mugabe, contraint en novembre à la démission par l’armée et le parti au pouvoir.

Le chômage y frappe plus de 90% de la population active et l’Etat peine chaque mois à payer ses fonctionnaires faute de liquidités.

Son successeur Emmerson Mnangagwa, vainqueur des élections du 30 juillet, a promis de relancer la machine en faisant revenir les investisseurs internationaux et en luttant contre la corruption.

« Nous voulons développer, moderniser et mécaniser notre économie », a répété vendredi le chef de l’Etat devant la presse en présentant son nouveau cabinet. « Dans les cinq prochaines années, nous devons réussir à faire passer un bon nombre nos concitoyens défavorisés dans la classe moyenne ».

M. Mnangagwa a par ailleurs procédé à des changements aux ministères-clé de la Défense et des Affaires intérieures, mais confirmé deux généraux à la retraite aux portefeuilles des Affaires étrangères et aux Affaires foncières.

Il a également nommé aux Sports l’ancienne championne de natation Kirsty Coventry, double médaillée d’or aux Jeux olympiques d’Athènes (2004) et Pékin (2008).

« J’ai nommé un gouvernement varié, dynamique, jeune et resserré avec les compétences et l’expérience requises pour réaliser nos objectifs », a souligné le président sur Twitter.

La présentation de sa nouvelle équipe a été accueillie plutôt favorablement par les analystes.

« C’est une liste intéressante (…) le ministère des Finances est entre de bonnes mains », a déclaré à l’AFP l’économiste Godfrey Kanyenze, de l’Institut de recherche pour le développement économique et social de Harare.

« Il (le président) a été assez audacieux pour écarter des gens qui étaient connus pour être corrompus », a-t-il ajouté.

Parmi ces exclus figurent l’ancien ministre des Finances Patrick Chinamasa, son ex-collègue de l’Information Supa Mandiwanzira et celui des Affaires intérieures Obert Mpofu.

« Ca ressemble à un bon départ », a renchéri son collègue indépendant John Robertson, « tout va dépendre maintenant de l’autonomie qu’il (le chef de l’Etat) va accorder à ses ministres ».

Romandie.com avec(©AFP / 07 septembre 2018 15h31)                                                        

Emmerson Mnangagwa investi président d’un « nouveau  » Zimbabwe

août 26, 2018

Le président du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa (à gauche) prête serment à Harare le 26 août 2018 à Harare / © AFP / Jekesai NJIKIZANA

Le président du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa a prêté serment dimanche en appelant ses compatriotes à tourner la page des élections, jugées frauduleuses par l’opposition, et à se mettre au travail pour redresser tous ensemble son économie en ruines.

En signe d’apaisement, le nouveau maître du pays a profité de son discours d’investiture pour annoncer une enquête sur la répression meurtrière, à ses yeux « inacceptable », de la manifestation post-électorale du 1er août, qui a fait 6 morts.

« Voici le nouveau Zimbabwe, l’aube d’une 2e république du Zimbabwe », a lancé M. Mnangagwa devant plusieurs milliers de ses partisans enthousiastes et une brochette de chefs d’Etat africains réunis dans un stade de la capitale Harare.

Emmerson Mnangagwa, 75 ans, a pris la tête du Zimbabwe en novembre dernier après la démission de Robert Mugabe, lâché par l’armée et son parti au pouvoir, la Zanu-PF, au terme d’un règne autoritaire de trente-sept ans.

Candidat de la Zanu-PF, l’ancien vice-président a été proclamé vainqueur de l’élection présidentielle du 30 juillet, crédité de 50,8% des suffrages contre 44,3% à son rival du Mouvement pour un changement démocratique (MDC), Nelson Chamisa.

Arguant de nombreuses fraudes, le MDC a contesté ces résultats devant la Cour constitutionnelle.

Un soldat et sa famille passent devant une banderole félicitant le président du Zimbabwe Emmerson Mnangwga avant sa prestation de serment le 26 août 2018 à Hararen / © AFP / Jekesai NJIKIZANA

Mais la plus haute instance judiciaire du pays a validé finalement le scrutin vendredi, estimant que l’opposition n’avait pas fait la preuve de ces irrégularités.

Dans son premier discours de président élu, celui qui a été surnommé le « Crocodile », pour son caractère dur et intransigeant, a lancé un appel à l’unité du pays.

– ‘Création d’emplois’ –

« Nous sommes tous zimbabwéens, ce qui nous unit est plus fort que ce qui pourra jamais nous séparer », a-t-il lancé, « maintenant que les élections sont derrière nous, nous devons maintenant nous concentrer sur les défis économiques de notre nation ».

Sorti exsangue de l’ère Mugabe, le Zimbabwe connaît une crise économique et financière catastrophique, avec un taux de chômage estimé à plus de 90% de la population.

Des femmes font la queue pour assister à la cérémonie d’investiture du président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa, le 26 août 2018 à Harare / © AFP / Jekesai NJIKIZANA

« Nous allons lancer des mesures pour attirer les investissements nationaux et étrangers (…), la créations d’emplois sera au coeur de nos efforts », a-t-il lancé devant la foule.

« Mnangagwa est l’homme qu’il nous faut pour mener le Zimbabwe à la prospérité », s’est réjoui un de ses partisans, Blessing Muvirimi, assis au milieu des banderoles « célébrons un nouveau Zimbabwe » ou « tolérance zéro pour la corruption » déployées dans le stade.

« Nous, nous voulons que le peuple s’unisse et travaille main dans la main », a renchéri un autre, Malvern Makoni.

L’opposition a déjà opposé aux appels à l’union du vainqueur une sèche fin de non-recevoir.

« Je me considère légitimement comme le dirigeant du Zimbabwe (…) nous avons remporté une nette majorité », avait déclaré samedi devant la presse Nelson Chamisa, qui a délibérément boudé la cérémonie d’investiture.

Le président du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa arrive avec son épouse Auxilia pour prêter serment le 26 août 2018 à Hararen / © AFP / Jekesai NJIKIZANA

« La voie juridique n’est pas la seule vers la liberté, la Constitution nous donne le droit de manifester pacifiquement », a-t-il dit.

– ‘Inacceptable’ –

La campagne pour les élections générales est apparue plus ouverte que lors des scrutins précédents, systématiquement entachés des violences du pouvoir contre ses adversaires.

Mais les fraudes alléguées par l’opposition et, surtout, la sanglante répression par l’armée de la manifestation du 1er août ont ravivé le spectre du passé. Plusieurs dizaines de partisans de l’opposition ont également été arrêtés ces derniers jours, a accusé le MDC.

M. Mnangagwa a regretté dimanche la répression du rassemblement du 1er août. « L’incident violent isolé et malheureux du 1er août était regrettable et totalement inacceptable », a-t-il dit, « j’annoncerai bientôt la nomination d’une commission d’enquête ».

Le président de Republique démocratique du Congo Joseph Kabila (au centre) arrive à la cérémonie de prestation de serment de son homologue zimbawéen Emmerson Mnangagwa le 26 août 2018 à Harare / © AFP / Jekesai NJIKIZANA

Les observateurs internationaux ont pour la plupart accordé leur onction au déroulement du scrutin.

L’Union européenne (UE) a exprimé des réserves, notamment sur le libre accès aux médias publics. Plus sévère, une mission américaine a conclu que le Zimbabwe ne disposait « pas encore de la culture démocratique et tolérante » requise.

De nombreux chefs d’Etat africains ont apporté par leur présence dimanche à l’investiture de M. Mnangagwa leur onction au scrutin.

Parmi eux figurent le Sud-Africain Cyril Ramaphosa, le Zambien Edgar Lungu, le Rwandais Paul Kagame et le président de la République démocratique du Congo Joseph Kabila.

L’ex-président Robert Mugabe s’est excusé et s’est fait représenter par sa fille Bona. Celui qui avait traité son successeur de « traître » après sa chute lui a toutefois envoyé ses « chaleureuses félicitations », selon un message lu par… M. Mnangagwa.

Romandie.com avec(©AFP / (26 août 2018 16h57)

Zimbabwe/présidentielle: l’opposition à la Cour constitutionnelle pour déposer son recours

août 10, 2018

Harare – Les avocats de l’opposition étaient vendredi à 15H30 à la Cour constitutionnelle à Harare pour déposer un recours contestant les résultats de l’élection présidentielle du 30 juillet remportée par le sortant Emmerson Mnangagwa, a constaté un journaliste de l’AFP.

Plusieurs hommes en costume dont des membres de l’opposition sont entrés dans les locaux de la Cour constitutionnelle peu après 15H (13H00 GMT). Jameson Timba, ancien député, membre de la délégation, a confirmé à l’AFP qu’ils étaient là pour le recours.

La délégation a été suivie quelques instants plus tard par d’autres hommes en costume portant des boîtes en plastique et des dossiers.

Selon les résultats officiels, M. Mnangagwa, ancien bras droit de Robert Mugabe resté 37 ans pouvoir, a obtenu 50,8% des voix contre 44,3% pour Nelson Chamisa du Mouvement pour le changement démocratique (MDC).

L’opposition avait jusqu’à minuit pour contester les résultats du scrutin. Une fois saisie, la Cour constitutionnelle a 14 jours pour trancher.

« Toutes les preuves (de fraude) dont nous avons besoin sont disponibles. Il n’y aura aucun doute pour tous les citoyens. Il y a eu une triche et une fraude de +mammouth+ », avait affirmé mercredi Thabani Mpofu, avocat du MDC.

De son côté, le président Mnangagwa se montre confiant, répétant que l’élection a été « juste et transparente ». Son camp accuse les opposants d’être « mauvais joueurs ».

Romandie.com avec(©AFP / 10 août 2018 14h06)

Zimbabwe: arrestation du haut responsable de l’opposition Tendai Biti

août 8, 2018

Harare – Un haut responsable de l’opposition zimbabwéenne Tendai Biti a été arrêté mercredi à la frontière zambienne alors que son parti conteste les résultats de l’élection présidentielle remportée par le sortant Emmerson Mnangagwa, a affirmé à l’AFP son avocat.

« Il a été arrêté à la frontière zambienne », a affirmé Me Nqobizitha Millo, précisant par sms que l’ancien ministre cherchait « l’asile » chez le voisin zambien.

Figure de l’opposition, ancien ministre des Finances du gouvernement d’union nationale (2009-2013), M. Biti est recherché par la justice, accusé d’incitation à la violence, selon le journal pro-gouvernemental The Chronicle.

M. Biti avait annoncé avant l’annonce officielle des résultats par la commission électorale que Nelson Chamisa, le candidat de son parti le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) avait remporté l’élection « au-delà de tout doute raisonnable » , tout en défiant la commission électorale d’annoncer un résultat différent.

La commission électorale a donné M. Mnangagwa, ancien bras droit de Robert Mugabe, poussé vers la sortie par l’armée en novembre après 37 ans au pouvoir, vainqueur avec 50,8%.

La répression des manifestations contestant le résultats s’est soldée par la mort d’au moins six personnes.

Romandie.com avec(©AFP / 08 août 2018 08h05)                                                        

Zimbabwe: l’opposition va contester en justice les résultats de la présidentielle

août 8, 2018

Harare – L’opposition zimbabwéenne a confirmé mercredi qu’elle allait contester devant la justice les résultats de l’élection présidentielle du 30 juillet remportée par le sortant Emmerson Mnangagwa, a annoncé Thabani Mpofu, avocat du Mouvement pour le changement démocratique (MDC).

« Les résultats annoncés par la commission électorale vont être contestés » devant la justice, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Harare sans vouloir préciser quand il déposerait le dossier devant la Cour constitutionnelle. L’opposition a jusqu’à vendredi pour déposer son recours.

« Toutes les preuves dont nous avons besoin sont disponibles. Il n’y aura aucun doute pour tous les citoyens », a-t-il assuré.

Le recours permettra de « montrer au monde ce qui s’est réellement passé », a-t-il ajouté.

« Nous n’avons pas peur (…) Si cela veut dire plaider devant la Cour constitutionnelle depuis nos lits de mort nous le ferons avec plaisir », a-t-il conclu, assurant ne pas être « intimidé » par la répression.

Romandie.com avec(©AFP / 08 août 2018 10h05)                                                        

Zimbabwe: des opposants devant la justice, le président élu appelle à l’apaisement

août 4, 2018

L’opposant et perdant de la présidentielle au Zimbabwe, Nelson Chamisa, Harare, 3 août 2018 / © AFP / Jekesai NJIKIZANA

Une vingtaine d’opposants arrêtés au siège de leur parti comparaissaient devant la justice samedi à Harare, après la victoire contestée du président sortant Emmerson Mnangagwa, qui a appelé à l’apaisement dans l’espoir de tourner la page de l’ère Mugabe.

M. Mnangagwa a obtenu de justesse la majorité (50,8%) des voix lors de l’élection présidentielle de lundi, la première depuis la chute du président Robert Mugabe, tombé en novembre après près de quatre décennies au pouvoir. Il appartient, comme M. Mugabe, au parti de la Zanu-PF, aux commandes du pays depuis l’indépendance en 1980.

Après un vote dans le calme, la situation a dégénéré mercredi quand la police et l’armée ont maté une manifestation de l’opposition, faisant au moins six morts.

Le lendemain, la police a perquisitionné les locaux du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition). 21 personnes ont été arrêtées et inculpées de violences sur la voie publique, selon l’association des Avocats du Zimbabwe pour les droits de l’Homme. 22 personnes dont huit femmes comparaissaient samedi devant le tribunal.

La situation était calme dans la capitale mais restait tendue, notamment dans la banlieue. A Chitungwiza (sud Harare), « des gens ont été battus par des soldats hier soir », rapporte Christine, commerçante, témoin des événements. « Je ne sais pas pourquoi ils les frappaient. Ils n’avaient rien fait. Les soldats sont encore là, on a peur de sortir ».

Plusieurs des victimes de la répression devaient être enterrées dans la journée.

La veille, Emmerson Mnangagwa, 75 ans, a joué la carte de l’apaisement. L’élection marque « un nouveau départ » pour « construire un nouveau Zimbabwe pour tous », a-t-il déclaré.

Il a promis une enquête indépendante sur les violences et dénoncé l’intervention de policiers qui ont retardé vendredi une conférence de presse de l’opposition. Ce genre de comportement « n’a pas de place dans notre société », a-t-il assuré.

Le président élu Emmerson Mnangagwa lors d’une conférence de presse, le 3 août 2018 à Harare, au Zimbabwe / © AFP / MARCO LONGARI

Il a aussi défendu la légitimité de son élection, assurant qu’elle avait été « libre, juste et crédible ».

Sans convaincre Nelson Chamisa, le jeune chef de l’opposition de 40 ans, qui a de nouveau dénoncé samedi des fraudes. « Nous avons gagné, mais ils ont déclaré le contraire. Vous avez voté et ils ont triché », a-t-il lancé sur son compte Twitter.

Le MDC a promis de saisir la justice, assurant avoir des « preuves » des fraudes.

Une fois saisie, la justice a 14 jours pour se prononcer. Le vainqueur sera alors investi président dans les 48 heures.

« L’opposition n’a eu aucun résultat et je pense que la pilule est dure à avaler après 37 ans de gouvernance par un seul parti sous Mugabe. Il est temps pour un nouveau départ, et cela ne se produit pas. Donc je m’attends à quelques troubles sociaux » notamment en province, estime Anthoni Van Nieuwkerk, professeur de relations internationales à la Wits School of Governance.

– ‘les gens ont faim’ –

« Mnangagwa et son parti comprennent que le pays n’a aucune économie et a besoin de la bonne volonté de la communauté internationale. S’ils déploient les soldats, au-delà de la décence, et si d’autres personnes sont tuées, ça n’annoncera rien de bon pour lui », précise-t-il.

« Le véritable défi ce n’est pas la représentation politique mais la relance de l’économie. Les gens n’ont pas de travail, ils ont littéralement faim… Ce défi ne peut être surmonté, que si le vainqueur et le second travaillent ensemble », conclut-il

Washington a déploré les violences mais « encouragé » vendredi « tous les responsables politiques à montrer de la magnanimité dans la victoire et de la courtoisie dans la défaite ».

Arrivé à la présidence en novembre après un coup de force de l’armée qui a renversé Robert Mugabe, Mnangagwa a légitimé son pouvoir avec ce double scrutin, confortant même sa position à l’Assemblée: son parti a raflé les deux-tiers des sièges lors des législatives.

L’ex-bras droit de Robert Mugabe, soucieux de se démarquer de l’ancien président autocrate, s’était engagé à organiser des élections libres. Sous Mugabe, les scrutins étaient marqués par fraudes et violences. En 2008, plus de 200 partisans de l’opposition avaient été tués.

Dans leurs rapports préliminaires, les observateurs internationaux ont salué le déroulement du vote. Mais l’Union européenne a dénoncé l' »inégalité des chances », rappelant que M. Mnangagwa dispose du soutien de l’armée et contrôle les médias d’Etat.

Amnesty International s’est inquiétée de « l’arrestation arbitraire d’au moins 60 personnes ». Elle a appelé le président à « tenir ses promesses » en « ordonnant aux forces de sécurité de mettre fin à leur campagne brutale de torture, d’intimidation et de suppression de voix dissidentes ».

Emmerson Mnangagwa traîne une réputation sulfureuse. En tant que chef de la sécurité nationale sous Mugabe, il a dirigé en 1983 la brutale répression dans les provinces dissidentes du Matabeleland (ouest) et des Midlands (centre), qui ont fait environ 20.000 morts.

Romandie.com avec(©AFP / 04 août 2018 14h32)