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[Série]-Afrique-Sauve qui peut : quand les hommes de pouvoir prennent leurs jambes à leur cou !

novembre 29, 2021
« Jeune Afrique » © JA

Bozizé et Patassé, Mobutu, Bédié, Amadou Toumani Touré, Mnangagwa, Atangana Kouna… Tous ces hommes qui ont un jour été puissants, et qui parfois le sont redevenus, ont un point commun : ils ont été contraints de quitter leur pays. Toute la semaine, « Jeune Afrique » vous fait le récit de ces fuite inattendues, et parfois rocambolesques.

Il y a quelque chose de fascinant dans la fragilité du pouvoir. Un jour, on est tout-puissant et le lendemain, on n’est plus rien. Il faut fuir pour sa vie ou pour sa liberté. Le téléphone ne sonne plus, les privilèges se réduisent à peau de chagrin, parfois même on s’ennuie.

À quoi cela tient-il ? Quand des erreurs ont-elles été commises ? À quel moment le rapport de force s’est-il inversé ? Ce sont quelques-unes de ces histoires que Jeune Afrique a décidé de vous raconter tout au long de cette semaine.

Il y a ce jour de 2012 où le président malien Amadou Toumani Touré n’a eu d’autre choix que de dévaler à pied, le genou douloureux, la colline de Koulouba pour échapper aux putschistes qui tiraient sur le palais présidentiel. Preuve, s’il en fallait, que quand il s’agit de sauver sa peau, beaucoup sont prêts à tout et rivalisent d’ingéniosité.

EN 2017, EMMERSON MNANGAGWA REDEVIENT LE JEUNE MAQUISARD QU’IL FUT, MARCHANT ET RAMPANT DANS LES MARAIS

En témoigne l’histoire du Centrafricain Ange-Félix Patassé qui, en 1982, n’hésite pas à enfiler un boubou pour échapper aux hommes de Kolingba, tandis que son complice, François Bozizé, trouve son salut dans un faux plafond. En 2017, Emmerson Mnangagwa, exclu du pouvoir par Robert (et Grace !) Mugabe, redevient le jeune maquisard qu’il fut, marchant et rampant dans les marais pour parvenir à quitter le Zimbabwe. Quant à l’ancien ministre camerounais Basile Atangana Kouna, il fut contraint de fuir en voiture, nuitamment et par la route, pour être finalement rattrapé dans un hôtel au Nigeria. Il croupit depuis en prison.

Symbole

Il y a aussi ces présidents, le Congolais Mobutu Sese Seko en berline, l’Ivoirien Henri Konan Bédié en hélicoptère, devenus aveugles aux signaux et sourds aux alertes, qui durent quitter leur pays en riches et vilipendés fuyards.

Cette série ne prétend absolument pas à l’exhaustivité. Nous aurions pu faire le récit de la fuite en pirogue de l’Ivoirien Guillaume Soro travesti lors du coup d’État manqué de 2002, de celle du président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali, en 2011, ou plus récemment, en juin dernier, de celle du conseiller de Joseph Kabila, Kikaya Bin Karubi, qui se cacha dans un bateau et puis dans un avion pour quitter la RDC.

Mais les récits que nous vous livrerons chaque jour de la semaine ont sans doute valeur de symbole – et peut-être de morale. Certains de nos fugitifs ont mis des années à revenir au pays, d’autres y sont devenus plus puissants encore que quand ils en étaient parti

Avec Jeune Afrique

Tunisie : que devient Ben Ali et son clan ?

janvier 14, 2017

Ben Ali rêverait de revenir à Tunis. © Hassene Dridi/AP/SIPA

Depuis la chute et la fuite de l’ex-président Zine el-Abidine Ben Ali, il y a six ans maintenant, la nouvelle vie de sa famille, ainsi que de sa belle-famille, les Trabelsi, intrigue et captive toujours autant. À l’approche de la date historique du 14 janvier, certaines de ces personnalités en ont profité pour (re)sortir de l’ombre.

En 2016, l’ancien président déchu exilé en Arabie saoudite avec sa femme Leïla et ses enfants Mohamed (bientôt 12 ans) et Halima (24 ans) aura encore brillé par son absence. Ce qui n’a pas empêché le nom de Ben Ali de faire plusieurs fois la une de l’actualité tunisienne.

Un nom qui résonne encore

En juin, la chaîne Attessia TV – coutumière du buzz – avait ébranlé le pays dès le teasing de son canular spécial ramadan « Allô Jeddah ». La caméra cachée, pour laquelle l’imitateur Wassim Harissi (alias Migalo) s’était fait passer pour Zine el-Abidine Ben Ali, avait en effet plus prêté à controverses qu’à sourire.

L’histoire ne s’était pas arrêtée à la blague de potache. L’avocat tunisien de Ben Ali, Mounir Ben Salha, dont la crédibilité ne fait pas l’unanimité, avait ensuite brandi une supposée plainte du président déchu à l’encontre de la chaîne pour « diffamation » et « usurpation d’identité ».

Quelques mois plus tard, après les premières audiences publiques de l’Instance vérité et dignité (IVD), un nouveau document relayé par l’agence TAP jette un pavé dans la mare. Il s’agit d’un prétendu mea culpa de Ben Ali, reconnaissant que son régime a “commis des erreurs, des abus et des violations” durant sa présidence. Le communiqué, dont la véracité est aussi sérieusement mise en doute, dénonce néanmoins une « dissimulation des vérités » et un risque de « division des Tunisiens » via la tenue de ces audiences.

Vraies ou fausses interventions ? Le doute est permis. D’autant que la discrétion et l’absence d’actions contre la Tunisie faisaient partie des conditions imposée à la famille de Ben Ali par l’Arabie saoudite, en échange d’un soutien financier et d’une confortable villa à Djeddah. Une seule chose est sûre : le nom de celui qui a dirigé le pays pendant 23 années fait encore trembler les Tunisiens, de colère, de peur, parfois même d’excitation pour les plus nostalgiques…

En « bonne santé »

En attendant, le gel de ses avoirs vient d’être prolongé d’un an par la Suisse. Il cumule aujourd’hui près de 25 millions d’euros d’amendes, presque autant d’années de prisons que de bougies soufflées (80) – en plus d’une condamnation à perpétuité pour la répression sanglante de manifestations lors de la révolution de 2011-, mais Ben Ali reste malgré tout « en bonne santé », avait assuré l’année dernière un autre de ses avocats, le Libanais Akram Azoury, pour faire taire les rumeurs de décès et de coma.

Père de six enfants, l’ex-président serait néanmoins très préoccupé par la santé de sa fille Dorsaf, malade et prétendument interdite de passeport par les autorités tunisiennes. Mais ce sont finalement ces gendres, Slim Chiboub et Sakher Materi, ainsi que son beau-frère Belhassen Trabelsi qui ont fait le plus parler d’eux ces derniers temps…

 

 

Jeuneafrique.com par Rebecca Chaouch

L’ancien avion A340 de Ben Ali vendu à Turkish Airlines (Tunisair)

décembre 4, 2016

TUNIS (awp/afp) – Un Airbus 340 initialement destiné au président tunisien Zine El Abidine Ben Ali a été vendu à la compagnie Turkish Airlines, après être resté cloué au sol pendant des années en France, a annoncé dimanche Tunisair.

Stationné à Bordeaux (sud-ouest de la France), l’A340 a été cédé à la compagnie turque pour un montant de 181 millions de dinars (73 millions d’euros), a déclaré à l’AFP la directrice des relations extérieures de Tunisair Amal Bourguiba, confirmant une information de l’hebdomadaire Réalités.

La date de la transaction n’est pas connue. L’avion était en vente depuis cinq ans et les négociations avec les acheteurs potentiels faisaient l’objet d’une clause de confidentialité, a-t-elle précisé.

Destiné à Ben Ali, l’A340 était arrivé à l’automne 2010 à Bordeaux-Mérignac afin d’être aménagé par la société de maintenance aéronautique Sabena Technics.

Le dictateur avait toutefois dû quitter le pouvoir quelques semaines plus tard, emporté par la révolution tunisienne, point de départ du Printemps arabe.

Selon le quotidien français Sud-Ouest, l’ancien président tunisien avait effectué un seul vol sur l’avion, pour le tester en vue de son aménagement.

Tunisair avait remis l’A340 en vente en janvier 2012. La compagnie avait alors précisé qu’il avait fait l’objet d’un réaménagement classique « de jet pour les convenances de déplacement d’un chef d’Etat », « sans rien de particulier » (salon, chambre à coucher, sièges de type business…).

Presque six après son départ de Tunisie, Ben Ali vit toujours en exil à Jeddah, en Arabie saoudite.

Un autre A340 ayant appartenu à un chef d’Etat déchu lors du Printemps arabe reste cloué au sol dans le sud de la France, à Perpignan: celui, luxueusement aménagé, de l’ancien dictateur libyen Mouammar Kadhafi.

Un temps convoité par une société koweïtienne, il reste théoriquement la propriété de la Libye, pays en proie au chaos politique et sécuritaire depuis la chute et la mort de Kadhafi en 2011.

Romandie.com avec (AWP / 04.12.2016 15h23)             

Tunisie : un gendre de Ben Ali condamné par la justice suisse

novembre 21, 2016

Des Tunisiens manifestent le 23 mars 2011 devant l’ambassade suisse à Tunis pour réclamer le retour en Tunisie des biens mal acquis du clan Ben Ali. © Hassene Dridi/AP/SIPA

Un des gendres du président tunisien déchu Zine el-Abidine Ben Ali a été condamné en Suisse à une amende avec sursis pour complicité de corruption active en Libye.

Condamné par le Ministère public de la Confédération (MPC), il écope d’une peine pécuniaire de 375 000 francs suisses avec sursis – soit 150 jours-amende à 2 500 francs, suspendus à une mise à l’épreuve de deux ans -, a appris le 20 novembre l’agence suisse ATS. Des fonds ont également été confisqués.

Si l’ordonnance pénale est anonymisée, les recherches du journal Zentralschweiz am Sonntag révèlent qu’il s’agit de Slim Chiboub, homme d’affaires et ancien président du club de football l’Espérance sportive de Tunis. Il aurait également lui-même confirmé lundi 21 novembre à une correspondante de la RTS faire l’objet de cette condamnation.

Rôle d’intermédiaire 

L’homme visé par la justice suisse est donc reconnu coupable de complicité de corruption active d’agents publics étrangers. D’après l’ordonnance pénale, dont l’ATS détient une copie, il aurait agi en tant qu’intermédiaire dans une affaire de corruption en Libye impliquant le groupe d’ingénierie canadien SNC-Lavalin et un des fils de Mouammar Kadhafi. Une intervention pour laquelle il aurait été rémunéré.

Au-delà de la procédure nationale, une procédure d’entraide avec la Tunisie est également en cours, précise l’agence de presse, qui ajoute qu’une somme de 425 000 francs a été confisquée au profit de la Confédération. Le MPC est ainsi en contact avec ses homologues tunisiens.

Face à la justice transitionnelle

En 2011, Slim Chiboub, 57 ans, avait aussi été visé par une autre enquête du Ministère public de la Confédération, concernant l’obtention de pots-de-vin versés par une filiale de la société Alstom. Il aurait en effet perçu 14 millions de dollars afin que la Société tunisienne d’électricité et du gaz ne relève pas les défaillances techniques ayant entaché les travaux de la troisième tranche de la centrale électrique de Radès. Il aurait également permis au groupe canadien SNC-Lavalin de remporter le contrat de construction d’une centrale thermoélectrique à Sousse contre la somme de 5,9 millions de dollars réglés à la société Brunet, qu’il détient.

Ses fonds sont bloqués par le gouvernement helvétique depuis début 2011, au même titre que les près de soixante millions de francs appartenant aux proches de Ben Ali.

Impliqué dans « douze affaires », d’après ses propres termes, il est le seul membre de la famille de Ben Ali à avoir accepté de se soumettre au processus de justice transitionnelle en Tunisie, géré par l’Instance vérité et dignité. Rentré en 2014 au pays après un exil aux Émirats arabes unis, il a été incarcéré pour port d’armes sans autorisation jusqu’en janvier 2016 – avant d’obtenir un non-lieu – ainsi que pour deux affaires de trafic d’influence et de pots-de-vin reçus sous couvert de missions de consulting.

La loi sur la justice transitionnelle prévoit un abandon des poursuites contre les personnes incriminées à conditions qu’elles reconnaissent leurs crimes, qu’elles s’en excusent et qu’elles restituent les sommes indûment perçues dans les cas de corruption financière.

Jeuneafrique.com

L’autoritarisme a vécu en Tunisie, affirme son président élu

décembre 23, 2014

L'autoritarisme a vécu en Tunisie, affirme son président élu
L’autoritarisme a vécu en Tunisie, affirme son président élu © AFP

Le président élu de la Tunisie Béji Caïd Essebsi a promis que « la page » de l’autoritarisme était tournée, alors que de nombreux défis attendent le berceau du « Printemps arabe » qui espère parachever sa transition vers la démocratie.

« L’hégémonie est une illusion (. . . ) Il n’y aura pas de retour à cela », a assuré M. Caïd Essebsi, un ancien cadre des régimes autoritaires de Habib Bourguiba et Zine El Abidine Ben Ali, en excluant un retour aux vieilles méthodes.

« Je suis pour qu’on tourne complètement la page du passé » et « regarder vers le futur », a ajouté le futur président de 88 ans dans un entretien diffusé tard lundi par la télévision nationale.

Son élection avec 55,68% des voix marque la fin d’un cycle électoral destiné à doter enfin la Tunisie d’institutions pérennes quatre ans après la révolution de janvier 2011 et une transition chaotique marqué par l’essor de groupes jihadistes ainsi que de profonds problèmes socio-économiques.

Les observateurs électoraux de l’Union européenne doivent rendre mardi leur verdict sur le caractère libre ou non du scrutin de dimanche. Mais la communauté internationale a déjà souligné les avancées de la Tunisie, une exception parmi les pays du « Printemps arabe » qui ont pour la plupart basculé dans le chaos, la violence et la répression.

Pour éviter tout retour en arrière, la nouvelle Constitution, adoptée en début d’année, limite d’ailleurs les prérogatives du chef de l’Etat, l’essentiel du pouvoir exécutif reposant sur le gouvernement responsable devant le Parlement.

Le concurrent malheureux du second tour, le président Moncef Marzouki a reconnu sa défaite, après une campagne acrimonieuse, et appelé ses partisans au calme.

Des affrontements se sont produits dimanche soir et lundi dans le sud, où M. Marzouki est arrivé largement en tête, entre policiers et manifestants qui protestaient contre les résultats de la présidentielle. Deux postes de police ont ainsi été incendiés à El Hamma et Nidaa Tounès, le parti de M. Caïd Essebsi, a indiqué que des protestataires avaient tenté d’incendier son local à Tataouine.

– Former un gouvernement –

Si la date de l’entrée en fonction du nouveau président n’a pas été fixée, M. Caïd Essebsi va devoir dès à présent s’atteler à former un gouvernement stable et bâtir une coalition, son parti ayant remporté les législatives mais ne disposant pas de majorité absolue avec 86 sièges sur 217.

Il devra pour cela notamment composer tant bien que mal avec les islamistes d’Ennahda (69 députés), deuxième parti du Parlement, et contre qui il a fait campagne avec virulence.

Les 62 autres sièges reviennent à une multitude de partis allant de l’extrême-gauche au centre-droit.

Les nouvelles autorités tunisiennes sont très attendues sur le terrain de l’économie, le chômage et la misère à l’origine de la révolution restant endémiques. Elles devront aussi répondre à la menace jihadiste, alors que des dizaines de militaires et deux figures politiques anti-islamistes ont été tués depuis 2011.

« On mesure le poids des contraintes auxquelles le président fera face: une dette massive, une croissance faible, un chômage élevé, une compétitivité dégradée et une sécurité hautement menacée », résume le quotidien La Presse.

Le quotidien Le Temps, qui salue la sortie « victorieuse d’une épreuve harassante et pénible », souligne pour sa part que M. Caïd Essebsi n’a pas « reçu un chèque en blanc » des Tunisiens.

« Aucun parti n’est en mesure de prétendre résoudre à lui seul les problèmes du pays », relève le journal.

Jeuneafrique.com avec AFP

Tunisie: un gendre de Ben Ali, condamné à la prison, rentre se défendre

novembre 18, 2014

Tunisie: un gendre de Ben Ali, condamné à la prison, rentre se défendre
Tunisie: un gendre de Ben Ali, condamné à la prison, rentre se défendre © AFP

Un gendre du président tunisien déchu Zine El Abidine Ben Ali, Slim Chiboub, condamné à de la prison ferme dans son pays, est rentré mardi à Tunis et va contester son jugement, a annoncé son avocat à l’AFP.

M. Chiboub, un homme d’affaires, était installé aux Emirats arabes unis depuis janvier 2011 et la fuite de son beau-père à la suite d’un soulèvement populaire. Il avait été condamné par contumace en Tunisie à cinq ans de prison pour détention illégale d’arme à feu.

« Il est arrivé à l’aéroport d’Enfidha », au sud de Tunis, a affirmé Me Wissem Saïdi. « Il va directement au tribunal à Tunis pour contester (le jugement). Nous allons bien sûr demander un non-lieu et sa libération », a-t-il ajouté.

M. Chiboub s’est rendu en milieu de matinée au Palais de justice à Tunis, selon un journaliste de l’AFP sur place.

L’ex-président du club omnisports de l’Espérance sportive de Tunis (EST), dont l’équipe de football est l’une des plus populaires du pays, avait annoncé son prochain retour dans une interview publiée la semaine dernière dans l’hebdomadaire Jeune Afrique.

« Je vais essayer de tourner la page du passé pour vivre sereinement avec ma famille, dans ma société. J’ai des dossiers à clôturer avec la justice et encore une fois j’ai confiance. J’accepterai les décisions de la justice démocratique tunisienne », avait-il dit.

Le retour de M. Chiboub en Tunisie intervient au moment où d’anciens responsables sous Ben Ali font un retour en force sur la scène politique à la faveur des élections législatives du 26 octobre, remportées par le parti anti-islamiste Nidaa Tounès, qui compte de nombreux proches de l’ancien régime, et de la présidentielle du 23 novembre.

A ceux qui s’interrogent sur le moment choisi pour son retour, M. Chiboub a répondu lundi sur la chaîne France 24 qu' »aujourd’hui nous avons une justice indépendante. Voilà ma garantie ».

Jeuneafriaue.com avec AFP

Tunisie: 27 candidats en lice pour la présidentielle du 23 novembre

septembre 30, 2014

 

Tunisie: 27 candidats en lice pour la présidentielle du 23 novembre
Tunisie: 27 candidats en lice pour la présidentielle du 23 novembre © AFP

Vingt-sept candidats, dont une femme et des responsables de l’ancien régime de Ben Ali, sont en lice pour l’élection présidentielle du 23 novembre en Tunisie, a annoncé mardi l’instance chargée d’organiser le scrutin, l’ISIE.

Pas moins de 70 personnes avaient déposé un dossier de candidature auprès de l’instance pour cette première élection présidentielle depuis la révolution de janvier 2011, qui avait contraint Zine El Abidine Ben Ali à la fuite.

« Sur les 70 dossiers, 27 ayant respecté toutes les conditions ont été acceptés et 41 rejetés », a déclaré lors d’une conférence de presse Chafik Sarsar, le président de l’ISIE, en faisant état du retrait de deux candidats.

Parmi les candidats retenus figurent le président sortant, Moncef Marzouki, l’ancien Premier ministre Béji Caïd Essebsi et le président de l’Assemblée nationale constituante Mustapha Ben Jaafar.

D’anciens ministres de Ben Ali, comme Kamel Morjane et Mondher Zenaïdi, sont aussi en lice, tout comme une magistrate, Kalthoum Kannou, l’ex-gouverneur de la Banque centrale Mustapha Kamel Ennabli ainsi que des chefs de partis et des hommes d’affaires.

Le président de l’ISIE a indiqué que l’instance avait demandé au ministère public l’ouverture d’une enquête sur de possibles fraudes dans les parrainages d’électeurs présentés par un certain nombre de candidats à la présidentielle.

« Nous ne pouvons pas donner de noms et nous n’avons pas de preuves concrètes sur ces fraudes. Ce sera au tribunal de vérifier cette affaire », a dit M. Sarsar.

L’ISIE a précisé par ailleurs que 1. 327 listes étaient en lice pour les législatives du 26 octobre, 1. 230 en Tunisie et 97 à l’étranger.

C’est la première fois que les Tunisiens sont convoqués aux urnes pour élire leur chef d’Etat depuis la révolution de décembre 2010-janvier 2011. M. Marzouki avait été élu fin 2011 par les députés de la Constituante à la faveur d’un accord de coalition passé avec le parti islamiste Ennahda.

Ennahda a indiqué avoir décidé de ne pas présenter de candidat mais de soutenir une personnalité « consensuelle ».

Les scrutins d’octobre et de novembre doivent enfin doter la Tunisie d’institutions pérennes, près de quatre ans après la révolution.

Jeuneafrique.com avec AFP

Tunisie: décès en détention de Moncef Trabelsi, beau-frère de Ben Ali

avril 5, 2013
Tunisie: décès en détention de Moncef Trabelsi, beau-frère de Ben Ali Tunisie: décès en détention de Moncef Trabelsi, beau-frère de Ben Ali © AFP

Moncef Trabelsi, un frère de l’épouse du président tunisien déchu Zine El Abidine Ben Ali, est mort des suites d’une tumeur au cerveau dans un hôpital où il avait été transféré en mars depuis sa prison, a indiqué vendredi le directeur des services pénitentiaires tunisiens.

« Il est mort à l’hôpital neurologique où il avait été hospitalisé le 18 mars. Il avait subi des opérations à cause d’une tumeur au cerveau », a indiqué à l’AFP le directeur général, Habib Sboui.

Selon la même source, Moncef Trabelsi, 69 ans, que l’on savait très malade, était inconscient depuis « quatre ou cinq jours ».

Le défunt, emprisonné peu après la révolution du 14 janvier 2011, avait été condamné pour escroquerie. Frère de Leïla Trabelsi, seconde épouse de M. Ben Ali, il n’était cependant pas une figure de proue de ce clan familiale accusé d’avoir placé la Tunisie sous coupe réglée.

Les grandes figures ont pu quitter le pays et prendre la fuite dans la foulée de la révolution, à l’instar de M. Ben Ali et de son épouse qui vivent en Arabie Saoudite ou de Belhassen, un autre frère de l’ex-première dame, qui vit au Canada.

Jeuneafrique.com avec AFP

Mystère sur le transfert des lingots de Ben Ali

février 18, 2013
Un lingot d'or d'un kilo peut valoir jusqu'à 45.000 €. (Image d'illustration)
Un lingot d’or d’un kilo peut valoir jusqu’à 45.000 €. (Image d’illustration) Crédits photo : PAUL J. RICHARDS/AFP
 

Selon Nice-Matin, quelque 1800 lingots ont été transférés depuis la Tunisie vers la France, via les aéroports de Nice, Marseille, Orly et Roissy. «Il n’y a rien d’illégal si l’or a été déclaré», commente-t-on aux douanes.

Un colossal stock d’or amassé par la famille de l’ex-dictateur tunisien Zine el-Abidine Ben Ali aurait fait l’objet d’un trafic afin d’être transféré en toute discrétion vers la France, via des passeurs. Selon Nice-Matin , plus de 1800 lingots d’or seraient sortis «illégalement» de Tunisie avant de transiter par les aéroports de Nice, Marseille, Orly et Roissy.Le trafic, amorcé il y a un an et demi et qui aurait duré jusqu’en à avril dernier, porterait sur une montagne de métal précieux dont la valeur marchande est estimée à 72 millions d’euros. Au total, 1,5 tonne d’or aurait été détournée des réserves de la banque centrale tunisienne par Leila Trabelsi, la «reine de Carthage» et épouse du président déchu.

Selon un douanier cité par Nice-Matin sous couvert d’anonymat, «la troisième fois qu’un Tunisien est venu spontanément nous dire qu’il était porteur de 10, 20 voire 40 kilos en lingots, on s’est dit qu’il devait y avoir un petit problème. Quand on a su que c’était pareil à Marseille et Paris, on a fait remonter l’info. Il ne nous a jamais été demandé d’intervenir.»

«Au sein de l’UE, le transfert d’or n’est pas illégal»

Interrogée par Le Figaro, la direction générale des douanes rappelle que «le transfert d’or au sein de l’Union européenne n’a rien d’illégal, à partir du moment où cela fait l’objet d’une déclaration». En fait, dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme ou encore la fraude fiscale, tout transfert d’argent d’un montant supérieur ou égal à 10.000 euros doit faire l’objet d’une déclaration quand il s’agit de transport de billets de banque, de pièces de monnaie, de chèques au porteur ou encore de chèques de voyage.

En revanche, comme le prévoit une modification du règlement communautaire remontant à 2005 et mise en application depuis juin 2007, «les transferts de lingots d’or, pièces d’or et d’argent cotés sur un marché officiel ne font plus l’objet de déclaration au titre de cette réglementation…» L’argent détourné, selon Nice-Matin, aurait ensuite disparu au Moyen-Orient.

Lefigaro.fr par Christophe Cornevin

L’ex-président tunisien prêt à laisser à son pays ses « avoirs » en Suisse

juillet 16, 2012
L'ex-président tunisien prêt à laisser à son pays ses 'avoirs' en Suisse L’ex-président tunisien prêt à laisser à son pays ses « avoirs » en Suisse © AFP

L’ancien président tunisien Ben Ali serait prêt à renoncer, au profit de son pays, à tous ses avoirs qui pourraient se trouver en Suisse, a affirmé son avocat libanais Me Akram Azoury.

« Je vous prie de prendre note que mon client se désiste en faveur de l’Etat tunisien de tous prétendus avoirs ou ressources économiques qui se trouveraient sur le territoire suisse et revenant à l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali », écrit-il dans un projet de lettre dont il a transmis une copie à l’AFP.

Dans cette lettre qu’il entend adresser au ministère suisse des Affaires étrangères, Me Azoury ajoute: « Vous êtes par conséquent irrévocablement autorisés à transférer ces prétendus avoirs et ressources à l’Etat tunisien sans qu’il soit nécessaire de suivre aucune formalité judiciaire et extra-judiciaire et sans même en référer à mon client ».

Fin juin, une délégation d’experts tunisiens avait rencontré à Berne et à Lausanne des responsables suisses en charge du dossier de la restitution d’avoirs gelés, avait indiqué le gouvernement helvétique.

Pour les autorités suisses, « l’objectif de cette collaboration renforcée est de parvenir aussi rapidement que possible à la restitution des avoirs d’origine illicite détenus par l’entourage de l’ancien régime du président Ben Ali ».

En octobre dernier, Berne avait indiqué avoir bloqué pour 60 millions de francs suisses (48,7 millions d’euros) d’avoirs tunisiens.

Jeuneafrique.com avec AFP