Crash de l’A320 : Andreas Lubitz voulait que «tout le monde» connaisse son nom

Andreas Lubitz lors d'un marathon en 2009. Crédits photo : FOTO TEAM MUELLER/AFP

Andreas Lubitz lors d’un marathon en 2009. Crédits photo : FOTO TEAM MUELLER/AFP

INFOGRAPHIE – Après les révélations sur la dépression du jeune homme et la découverte à son domicile d’un arrêt maladie pour le jour du crash, son ancienne petite amie affirme que le pilote lui avait confié vouloir «faire quelque chose qui va changer tout le système».

Au fur et à mesure, on en apprend davantage sur l’état de santé et la personnalité d’Andreas Lubitz, soupçonné d’avoir fait crasher l’A320 de la Germanwings mardi matin. Vendredi, on a ainsi découvert qu’il avait traversé une phase de dépression et qu’il avait caché à son employeur qu’il était en arrêt maladie le jour du drame. Samedi, son ancienne petite amie témoigne dans le quotidien allemand Bild, évoquant un jeune homme «gentil et ouvert» qui avait «un problème».

• «Tout le monde connaîtra mon nom»

Maria W., une hôtesse de l’air de 26 ans présentée par Bild comme une ancienne petite amie d’Andreas Lubitz, indique que lorsqu’elle a entendu parler du crash, une phrase du copilote lui est «revenue en mémoire: “Un jour, je vais faire quelque chose qui va changer tout le système, et tout le monde connaîtra mon nom et s’en souviendra”». Selon Bild, la jeune femme, qui se dit «très choquée», a volé cinq mois l’an passé avec Andreas Lubitz sur des vols européens, mais leur relation, qui semble avoir duré le temps de leur travail en commun, n’a jamais été officielle. Elle évoque un jeune homme «gentil et ouvert» pendant les vols, «très doux» en privé, «quelqu’un qui avait besoin d’amour».

Si Andreas Lubitz «a fait ça», «c’est parce qu’il a compris qu’à cause de ses problèmes de santé, son grand rêve d’un emploi à la Lufthansa, comme capitaine et comme pilote de long courrier était pratiquement impossible», affirme la jeune femme. Elle explique s’être séparée d’Andreas Lubitz «parce qu’il devenait de plus en plus clair qu’il avait un problème. Pendant les discussions, il craquait et me criait dessus (…) La nuit, il se réveillait et criait “Nous tombons”», en proie à des cauchemars. «Nous avons toujours beaucoup parlé du travail, et là, il devenait quelqu’un d’autre, il s’énervait à propos des conditions de travail. Pas assez d’argent, peur pour le contrat (de travail), trop de pression», affirme-t-elle. «Il était capable de cacher aux autres ce qui se passait vraiment en lui», estime-t-elle, expliquant qu’il «ne parlait pas beaucoup de sa maladie, seulement qu’il suivait un traitement psychiatrique à cause de cela».

• Le copilote connaissait le lieu du crash

Le constat fait par les membres du club d’aviation de Montabaur, ville d’origine du copilote où il s’entraînait, est troublant: Andreas Lubitz connaissait le secteur des Alpes où l’A320 de la Germanwings s’est crashé. Passionné de planeur, il effectuait régulièrement des stages dans le club d’aviation de Sisteron, à quelques minutes de vol du lieu du crash. «Andreas a participé à un de ces stages dans les Alpes-de-Haute-Provence (…) Il était passionné des Alpes et même obsédé. Je suis certain qu’il connaissait le secteur du crash car il l’avait survolé en planeur», affirme au Parisien Dieter Wagner, un membre du club. Pour autant, l’idée qu’Andreas Lubitz ait pu prévoir le lieu du crash lui paraît invraisemblable. «Je ne crois pas qu’il ait délibérément choisi cet endroit. Comment pouvait-il savoir que le commandant de bord allait sortir du cockpit à ce moment-là? Ça fait trop de coïncidences», a-t-il affirmé à France 2.

• L’arrêt maladie caché

Au cours de leurs persquisitions aux deux domiciles de Lubitz, les enquêteurs ont découvert qu’il faisait l’objet d’un arrêt maladie le jour du drame. Selon le parquet de Düsseldorf, en charge d’un pan de l’enquête, il a été retrouvé plusieurs arrêts maladie «détaillés» et «déchirés», qui concernaient notamment le jour des faits. Selon des informations de M6, l’arrêt de travail «pour dépression» irait du 16 au 29 mars. Des antidépresseurs auraient même été retrouvés dans un de ses domiciles, ajoute la chaîne qui ne cite pas ses sources. Et d’après le quotidien Süddeutsche Zeitung, qui ne cite pas non plus sa source, les arrêts seraient «apparemment» signés d’un «neurologue et psychiatre». Joint par Le Figaro, le parquet de Marseille n’a pas souhaité commenter ces informations mais l’hypothèse d’une maladie psychiatrique commence à prendre forme.

Ces documents retrouvés (les arrêts maladies. nldr) viennent «appuyer la thèse» selon laquelle Andreas Lubitz «a caché sa maladie à son employeur (la compagnie aérienne Germanwings) et à son environnement professionnel», affirme le parquet.

• Un passage en clinique en février et mars 2015

Vendredi après-midi, le quotidien allemand Tagesspiegel a révélé qu’Andreas Lubitz avait séjourné dans une clinique de Düsseldorf pour dépression. Une information que l’établissement en question a partiellement confirmé. Dans un communiqué, la clinique a indiqué que le copilote était venu passer des examens médicaux en février, puis le 10 mars 2015 exactement, mais pas pour «dépression». Au nom du secret médical, elle n’a pas souhaité en dire davantage.

• Une grave dépression en 2009

Vendredi, la presse allemande a révélé que le copilote, présenté comme sportif et «très compétent» par ses proches, avait souffert d’une dépression durant sa formation de pilote, il y a six ans. Il avait d’ailleurs interrompu son apprentissage «durant un certain temps», avait indiqué jeudi le patron de la Lufthansa (maison-mère de Germanwings), Carsten Spohr. Ce dernier avait précisé jeudi ne pas avoir le droit de révéler les raisons de cette interruption. Mais, à en croire Bild, Andreas Lubitz souffrait «de dépressions et de crises d’angoisse».

Il aurait alors fait l’objet d’un suivi psychiatrique sur une durée totale de dix-huit mois. Il avait finalement repris sa formation après avoir repassé tous les tests d’aptitude nécessaires et bouclé avec succès sa formation, selon la Lufthansa. Andreas Lubitz a finalement décroché son diplôme, mais sur son dossier figurait la mention «Sic», inscrite pour les pilotes qui doivent faire l’objet de contrôles médicaux réguliers. En 2013, il est devenu copilote sur les appareils Airbus A320.

Lefigaro.fr par Caroline Piquet

Étiquettes : , , ,

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :