Archive for the ‘Transport’ Category

Guerre commerciale: la Californie va souffrir si la crise dure

juillet 11, 2018

Des conteneurs sont chargés dans le port de Long Beach en Californie (ouest) le 6 juillet 2018 / © AFP / Frederic J. BROWN

Des automobiles aux puces électroniques, en passant pas les noisettes et le vin, l’économie de la Californie va beaucoup souffrir si la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine s’aggrave.

Des milliards de dollars et des centaines de milliers d’emplois sont en jeu dans l’Etat américain le plus riche et le plus peuplé, principal bastion de l’opposition à Donald Trump.

« S’il y a une région aux États-Unis qui sera la plus atteinte par la guerre commerciale, ce sera Los Angeles », explique Stephen Cheung, ancien directeur du commerce international au port de la mégapole californienne.

« La Chine est notre premier partenaire économique », dit-il à l’AFP, soulignant qu’en 2017, les transactions entre l’empire du Milieu et les ports de la région ont dépassé 170 milliards de dollars.

Mais il craint aussi que le cycle de représailles engagé depuis la mise en place de mesures protectionnistes américaines sur les produits chinois la semaine dernière menace toute l’économie internationale.

« Nous craignons que ce cycle continue au point de provoquer une dépression », dit M. Cheung, désormais patron de l’ONG World Trade Center Los Angeles.

– « Très inquiets » –

Avec 40 millions d’habitants, la Californie accueille les géants technologiques de la Silicon Valley, les industries du cinéma et de la télévision.

L’Etat exporte des voitures électriques, des moteurs, des pièces automobiles et de l’aluminium, en plus d’être le verger de l’Amérique.

Justement, les représailles chinoises visent les pistaches, les amandes, les noix, les oranges, les citrons et les fraises du « Golden State ».

Des ouvriers agricoles mexicains récoltent des salades dans un champ de Brawley, en Californie (ouest), le 31 janvier 2017 / © AFP/Archives / Sandy Huffaker

« Même si nous ne connaissons pas les ramifications exactes que ces taxes auront sur nos productions, nous pressentons que la perte du marché chinois va bénéficier à d’autres exportateurs étrangers, provoquant la perte d’opportunités de vente à long terme pour nos agriculteurs », commente Sara Neagu-Reed, de la Fédération des agriculteurs de Californie.

La Chine était en 2016 le troisième marché pour les produits agricoles californiens, derrière le Canada et l’Union européenne, avec 2 milliards de dollars d’exportations.

« Nous sommes très inquiets », dit plus prosaïquement Holly King, patronne des producteurs d’amandes de l’Etat. Le secteur, qui a exporté pour 518 millions de dollars en 2016, est désormais frappé de droits de douane de 50%.

Pour les pistaches, qui pesaient 530 millions de dollars cette même année, les taxes sont de 45%.

Casey Creamer, vice-président de la Mutuelle des producteurs d’agrumes de Californie qui représente 2.500 professionnels, assure toutefois que l’organisation soutient l’administration face aux pratiques commerciales chinoises qui « ont fait beaucoup de mal à notre industrie ».

Depuis le début de l’année, Donald Trump a multiplié les mesures protectionnistes à l’encontre de ses partenaires commerciaux, accusés de profiter des largesses des Etats-Unis.

De nombreux professionnels reconnaissent que la Chine use de pratiques commerciales déloyales, mais « au lieu d’utiliser des tarifs douaniers comme une tactique », estime M. Cheung, l’administration Trump devrait négocier un accord bénéficiaire aux deux parties.

– « Frustrant » –

Le vin, autre produit phare de la Californie, a été frappé de tarifs douaniers de 35%.

Un ouvrier agricole participe aux vendanges à Kenwood, en Californie (ouest), le 25 octobre 2017 / © GETTY IMAGES/AFP / JUSTIN SULLIVAN

« On a commencé à exporter en Chine il y a dix ans, on a construit un bon réseau, mais tout s’est brusquement arrêté », déplore à l’AFP Michael Honig, un viticulteur de la Napa Valley au nord de San Francisco.

Son partenaire asiatique a suspendu toutes ses commandes en attendant de voir comment évolue la situation.

« C’est frustrant », commente le vigneron.

Mario Cordero, responsable du port de Long Beach, qui avec Los Angeles a vu passer 7,5 millions de conteneurs en 2017, dit ne pas avoir jusqu’ici entendu parler de cargaisons bloquées. Il faudra selon lui six mois pour avoir un meilleur aperçu des effets des taxes.

Côté emplois, l’ONG California Budget and Policy Center estime que 285.000 salariés sont affectés par cette guerre commerciale.

Pour Stephen Cheung, les consommateurs verront une hausse des prix d’ici quelques semaines, ce qui devrait rendre les importateurs plus réticents à passer commande.

La Californie pourrait aussi perdre les investisseurs chinois, ajoute-t-il.

« L’économie subit déjà » les conséquences de la guerre commerciale et si elle dure, « il faudra du temps pour revenir à un fonctionnement normal », prédit M. Cheung.

Romandie.com avec(©AFP / 11 juillet 2018 18h00)

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Dix morts, 73 blessés dans le déraillement d’un train en Turquie

juillet 8, 2018

Plus de 100 ambulances et des hélicoptères de l’armée ont été envoyées pour transporter les blessés de l’accident de train en Turquie le 8 juillet 2018. / © DHA/AFP / DHA

Dix personnes ont été tuées et 73 blessées dimanche dans le déraillement d’un train de passagers dans la région de Tekirdag, dans le nord-ouest de la Turquie, a annoncé le ministère de la Santé.

Le train transportant 360 passagers provenait de Kapikule, à la frontière bulgare, et se rendait à Istanbul quand six de ses voitures ont déraillé, à proximité du village de Sarilar.

« L’accident s’est produit en raison de mauvaises conditions climatiques », a expliqué le gouverneur de la région Mehmet Ceylan.

Le ministère des Transports a confirmé, dans un communiqué, que le sol s’était dérobé sous les rails en raison d’abondantes pluies récentes, provoquant le déraillement.

Plus de 100 ambulances ont été dépêchées sur les lieux, selon un responsable du ministère de la Santé, Eyup Gumus, s’exprimant sur la télévision publique TRT Haber.

Turquie / © AFP /

L’armée turque a de son côté indiqué dans un communiqué avoir envoyé plusieurs hélicoptères sur le site de l’accident.

Les images télévisées montraient plusieurs voitures couchées sur le côté et des victimes emmenées sur des brancards.

Le président Recep Tayyip Erdogan, qui entame lundi un nouveau mandat de cinq ans avec des pouvoirs élargis, a fait part de ses condoléances aux victimes et annoncé qu’une enquête serait menée sur « cet accident tragique ».

Plus tard, l’autorité du Haut-conseil turc de la radio et de la télévision (RTÜK)a annoncé que le Premier ministre avait décrété une interdiction temporaire de diffusion.

Six voitures du train ont déraillé dans la province turque de Tekirdag, faisant 10 morts et 73 blessés le 8 juillet 2018. / © DHA/AFP / DHA

La Turquie a entrepris ces dernières années de moderniser son réseau ferroviaire, construisant plusieurs lignes à grande vitesse pour ramener vers le rail des voyageurs préférant l’avion ou le transport par autocar.

Le train accidenté semblait circuler sur une des vieilles lignes ferroviaires à voie unique.

Plusieurs accidents mortels se sont produits sur le réseau ferré turc ces dernières années.

En janvier 2008, neuf personnes sont mortes dans un déraillement provoqué par des rails défectueux dans la région de Kutaha, au sud d’Istanbul.

En juillet 2004, 41 personnes avaient été tuées et 80 blessées dans le déraillement d’un train à grande vitesse dans la province de Sakarya, dans le nord-ouest du pays.

Romandie.com avec(©AFP / 08 juillet 2018 21h41)

Thaïlande: une vingtaine de disparus dans un naufrage au large de Phuket

juillet 5, 2018

Bangkok – Une vingtaine de personnes sont portées disparues après qu’un bateau de plongée avec 90 personnes à bord a chaviré au large de l’île touristique de Phuket en Thaïlande, ont annoncé jeudi les services de secours.

Le bateau a chaviré dans une mer agitée et « l’opération de sauvetage se poursuit », a annoncé un responsable des services de secours, basés à Bangkok.

Le bateau allait de Koh Racha à Phuket, dans le sud de la Thaïlande.

On ignorait dans un premier temps si les victimes étaient des touristes, mais Phuket attire de nombreux visiteurs étrangers.

Dans un autre accident, un yacht, appelé le Senerita, transportant 39 personnes a chaviré jeudi dans la même région, a annoncé le responsable.

Selon de premières informations, tous les passagers sont sains et saufs, mais le responsable n’a pu donner plus d’informations.

La Thaïlande est l’objet de l’attention des médias internationaux pour le sauvetage spectaculaire de douze enfants et de leur entraîneur de football piégés depuis 12 jours dans une grotte inondée dans le nord.

Romandie.com avec(©AFP / 05 juillet 2018 14h22)                                                        

Naufrage d’un ferry en Indonésie: au moins 34 morts

juillet 4, 2018

Photo fournie par l’Agence nationale indonésienne de gestion des catastrophes Indonesia’s Badan Nasional Penanggulangan Bencana montrant le naufrage d’un ferry dans les eaux de l’île des Célèbes (Sulawesi), en Indonésie, le 3 juillet 2018 / © BADAN NASIONAL PENANGGULANGAN BENCANA/AFP / Handout

Au moins 34 personnes parmi lesquelles des enfants ont péri dans le naufrage d’un ferry au large des côtes indonésiennes, ont indiqué mercredi les autorités locales, au lendemain de ce nouvel accident de bateau.

Le KM Lestari transportait apparemment près de 190 personnes — soit bien plus que la liste de 134 passagers — au moment du drame.

Outre les 34 morts, 155 personnes ont été secourues, a indiqué l’agence nationale de gestion des catastrophes, ne faisant mention d’aucun disparu dans son dernier bilan.

Le bateau de 48 mètres reliait l’île des Célèbes (Sulawesi) à l’île voisine de Selayar lorsqu’il a été surpris par des vents violents et de hautes vagues. Des images du naufrage ont montré des passagers s’accrochant sur un côté du ferry en train de couler, alors des vagues déferlaient sur des camions et autres véhicules sur le bateau à environ 300 mètres des côtes des Célèbes.

Cet accident s’est produit le même jour que l’annonce de la fin de recherches de 164 personnes disparues après qu’un autre ferry a coulé la semaine dernière sur l’île de Sumatra, dans le lac Toba, plan d’eau touristique et l’un des plus profonds au monde. Seule la mort de trois passagers a été confirmée, tandis que 21 ont survécu.

Concernant le naufrage survenu mardi, une flotte de petits bateaux a tenté de sauver les passagers car les intempéries empêchaient des bâtiments plus importants de s’approcher, a indiqué le ministère des Transports.

Photo fournie par l’Agence nationale indonésienne de gestion des catastrophes Indonesia’s Badan Nasional Penanggulangan Bencana montrant le naufrage d’un ferry dans les eaux de l’île des Célèbes (Sulawesi), en Indonésie, le 3 juillet 2018 / © BADAN NASIONAL PENANGGULANGAN BENCANA/AFP / Handout

« Les derniers passagers à bord ont été évacués vers 00H05 », dans la nuit de mardi à mercredi, a déclaré un responsable du ministère, Agus H. Purnomo, dans un communiqué.

« Le capitaine et le propriétaire du bateau étaient les derniers à quitter le ferry », a-t-il précisé.

Le transport par bateau est très répandu pour relier les 17.000 îles et îlots de l’Indonésie, pays d’Asie du Sud-Est où les accidents mortels sont fréquents en raison de faibles mesures de sécurité et d’embarcations souvent surchargées.

En 2009, plus de 300 personnes auraient péri quand un ferry reliant l’île des Célèbres à celle de la partie indonésienne de Bornéo à coulé.

Romandie.com avec(©AFP / 04 juillet 2018 13h34)

Libye: trois bébés morts, une centaine de disparus dans un naufrage

juin 29, 2018

Des migrants emmenés dans une base navale à Tripoli après avoir été secourus en mer au large de la Libye, le 24 juin 2018 / © AFP / MAHMUD TURKIA

Les corps de trois bébés ont été repêchés et une centaine de personnes sont portées disparues après le naufrage vendredi d’une embarcation de migrants au large de la Libye, ont indiqué des rescapés et des garde-côtes.

Quelque 120 migrants, en majorité africains, étaient à bord d’un canot pneumatique au moment du naufrage survenu à six kilomètres des côtes libyennes, ont indiqué à l’AFP des rescapés conduits dans la région d’Al-Hmidiya, à 25 km à l’est de la capitale Tripoli.

Au total, 16 migrants ont été secourus et sont tous de jeunes hommes, a constaté le correspondant de l’AFP.

L’embarcation avait quitté avant l’aube la ville côtière libyenne de Garaboulli, à quelque 50 km à l’est de Tripoli, ont raconté des rescapés à l’AFP.

Quelques heures plus tard, une explosion s’est produite à bord du canot et le moteur a pris feu. L’embarcation a commencé à prendre l’eau et les migrants ont tenté de s’agripper à une partie de l’embarcation ou à des bidons de carburant tombés à l’eau.

Selon les garde-côtes, ils ont été aperçus par des pêcheurs qui ont alerté la marine.

D’après les témoignages, de nombreuses familles marocaines étaient à bord, ainsi que des Yéménites. Parmi les disparus figurent deux bébés et trois enfants de 4 à 12 ans, ainsi que 10 à 15 femmes.

La marine libyenne a secouru des centaines de migrants depuis un peu plus de dix jours.

Le 18 juin, cinq corps de migrants ont été récupérés et plus d’une centaine de personnes secourues après le naufrage de leur embarcation au large de la Libye.

Et le 24 juin, près de 1.000 migrants, qui étaient en difficulté à bord de canots pneumatiques, ont été secourus au large de la Libye alors qu’ils tentaient de traverser la Méditerranée pour atteindre l’Europe.

La Libye est un pays de destination et de transit vers les côtes européennes pour des milliers de migrants africains.

Des centaines d’entre eux meurent tous les ans en traversant dans des conditions extrêmes la Méditerranée vers l’Italie, depuis les côtes libyennes, profitant de l’instabilité politique de ce pays.

Romandie.com avec(©AFP / 29 juin 2018 15h31)

Migrants: le Lifeline n’ira pas en Italie, confirme Matteo Salvini

juin 25, 2018

Rome – Le ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini a confirmé lundi lors d’une conférence de presse que le navire humanitaire Lifeline, avec 234 migrants à son bord, ne serait pas autorisé à entrer dans un port italien.

Ce navire, affrété par l’ONG allemande du même nom, se trouvait lundi en Méditerranée, à environ 30 milles nautiques des côtes maltaises, où il attendait une indication sur le port où il pourrait enfin débarquer ses migrants.

« Voyons si l’Europe se rappelle si elle existe parce qu’il y a encore un bateau chargé de migrants dans les eaux maltaises qui attend d’être accueilli, et nous réaffirmons qu’il sera accueilli dans un port qui ne sera pas italien », a-t-il dit devant la presse au retour d’une visite éclair à Tripoli en Libye.

M. Salvini, parti en guerre contre les ONG qui viennent en aide aux migrants au large des côtes libyennes, a jugé lundi qu’elles étaient « consciemment ou inconsciemment les complices » des trafiquants d’êtres humains en Libye.

Le Lifeline, qui bat pavillon néerlandais, s’est vu refuser l’autorisation d’accoster dans un port italien par les autorités italiennes qui lui ont demandé de s’adresser à la Libye.

Interrogé sur sa proposition d’ouvrir des centres d’accueil de migrants à la frontière sud de la Libye, M. Salvini a indiqué qu’il y aurait « cette semaine une mission technique avec la participation de l’Italie impliquant le Niger, le Mali, le Tchad, le Soudan ».

« Il faut impliquer ces pays et pour les impliquer il faut une action forte de l’UE », a-t-il ajouté.

Romandie.com avec(©AFP / 25 juin 2018 16h38)                                                        

Un porte-conteneurs Maersk bloqué au large de la Sicile avec une centaines de migrants

juin 25, 2018

Photo prise le 22 juin 2018 au large des côtes libyennes et fournie par l’ONG Mission Lifeline montrant des migrants secourus embarquant à bord du porte-conteneurs Maersk / © Mission Lifeline e. V./AFP / Danilo CAMPAILLA

L’armateur danois Maersk Line a annoncé lundi qu’un de ses porte-conteneurs, avec à bord 108 migrants secourus en Méditerranée, restait bloqué au large de la Sicile dans l’attente d’une réponse des autorités italiennes.

« Le port le plus près est Pozallo en Sicile », a indiqué à l’AFP Mikkel Elbek Linnet, porte-parole de Maersk Line, précisant que le bateau n’étant pas amarré en port.

« Le navire reçoit un soutien opportun du Centre de coordination des secours maritimes, qui a permis samedi soir à cinq personnes, majoritairement des enfants et une femme enceinte de débarquer », a ajouté M. Linnet.

L’équipage attend désormais « des instructions des autorités », a dit le porte-parole.

« Je m’attends à ce que le gouvernement italien mette en place (une solution) pour que les migrants ne restent pas sur le bateau », a pour sa part affirmé la ministre danoise à l’Immigration et l’intégration, Inger Støjberg, à l’agence locale Ritzau.

« Ce sont des migrants qui se dirigeaient vers l’Italie, et bien sûr, c’est aussi à l’Italie de les accepter », a-t-elle martelé.

Le porte-conteneurs, baptisé Alexander Maersk, a changé de cap après avoir reçu un signal de détresse tôt vendredi matin, à 04h30 (02h30 GMT), alors qu’il était en route de la Libye vers Malte.

Après avoir secouru 113 migrants en mer, il a été dirigé vers la Sicile, a expliqué Maersk Line. Il est arrivé au large de Pozallo vendredi en fin d’après-midi.

Bateaux de migrants / © AFP / Simon MALFATTO

Le Centre de coordination des secours maritimes « a livré des provisions au navire, notamment des couvertures et de la nourriture », a indiqué l’armateur.

Le nouveau gouvernement populiste italien, au pouvoir depuis trois semaines, veut réduire les arrivées de migrants sur ses côtes en refusant d’ouvrir ses ports aux navires des ONG qui vont les chercher en mer.

Après l’Aquarius, affrété par Médecins sans Frontières (MSF) et SOS Méditerranée, qui a dû amener jusqu’en Espagne les migrants qu’il avait secourus, un autre bateau le Lifeline attend dans les eaux maltaises une solution diplomatique pour plus de 200 migrants à son bord.

L’Italie accuse l’ONG allemande Mission Lifeline qui l’a affrété d’avoir agi en contravention du droit international en prenant à son bord les migrants alors que les garde-côtes libyens étaient en train d’intervenir.

Depuis 2015, le Alexander Maersk a participé à sept opérations de sauvetage et a accueilli des personnes à bord à trois reprises.

Romandie.com avec(©AFP / 25 juin 2018 15h10)

Grande-Bretagne: Uber devant la justice pour pouvoir continuer à travailler à Londres

juin 25, 2018

Londres – La société de réservation de voitures avec chauffeur Uber a assuré lundi avoir « changé » en matière de procédure de sécurité, défendant devant un tribunal son droit à continuer ses activités à Londres, une ville stratégique pour son activité.

L’autorité des Transports de Londres (TfL) avait décidé fin septembre de ne pas renouveler la licence de la compagnie américaine, lui reprochant en particulier son laxisme dans la dénonciation de crimes et des failles dans les contrôles des casiers judiciaires de ses conducteurs.

Uber avait fait appel de cette interdiction, ce qui lui a permis de poursuivre ses activités dans la capitale britannique, où elle dit compter 3,6 millions d’utilisateurs réguliers et 45.000 chauffeurs.

Lundi, lors du début du procès en appel devant le tribunal londonien de Westminster, l’avocat d’Uber, Thomas de La Mare, a déclaré qu’Uber avait « accepté » la décision prise en septembre par TfL, et assuré que celle-ci avait conduit la compagnie à opérer des « changements profonds ». Cité comme témoin, le directeur général d’Uber au Royaume-Uni, Tom Elvidge, a assuré que sa compagnie « travaille en étroite collaboration avec la police », sur les questions de sécurité.

Uber « a pris des mesures », a déclaré pour sa part l’avocat de TfL, Martin Chamberlain, mais l’autorité des Transports « a toujours des questions ». Il a plaidé pour que des « conditions strictes » s’appliquent à Uber si une licence devait lui être accordée.

S’interrogeant sur la portée des changements opérés par Uber, l’avocat a souligné que certaines des personnes aux commandes de la branche britannique de la compagnie au moment où sa licence n’avait pas été renouvelée étaient toujours en poste aujourd’hui.

Certes? a reconnu Tom Elvidge, mais « la culture (d’entreprise) a énormément changé ».

« Il y a eu une série d’évènements en 2017 qui ont forcé la compagnie à examiner de long en large la manière dont elle opère », a-t-il assuré, alors qu’en février, le groupe avait dévoilé des mesures visant à renforcer la sécurité de ses clients au Royaume-Uni.

Me Chamberlain s’en est également pris aux méthode de contrôle des chauffeurs Uber, soulignant que les examens oculaires de certains d’entre eux étaient effectués en ligne.

« C’était une mauvaise idée », a admis Tom Elvidge, assurant là encore que la compagnie avait engagé un travail de réforme.

La juge Emma Arbuthnot, qui doit déterminer si Uber est apte à continuer ses activités, a estimé qu’une licence accordée pour 18 mois serait « trop longue ».

Uber a subi plusieurs revers au Royaume-Uni ces derniers mois, avec la perte de la licence à York (nord-est de l’Angleterre) et à Brighton (sud), même si comme à Londres la compagnie continue à avoir des activités dans les deux villes en attendant un appel.

Le procès en appel doit durer trois jours et son issue devrait intéresser tout particulièrement les investisseurs au moment où le groupe se prépare à une entrée en Bourse en 2019.

Romandie.com avec(©AFP / 25 juin 2018 16h25)                                                        

Arabie saoudite: après la fin de l’interdiction des femmes au volant

juin 23, 2018

La Saoudienne Samar Al-Moqren conduit sa voiture dans les rues de Ryad le 24 juin 2018, à minuit, au moment où est levée l’interdiction aux femmes de conduire / © AFP / FAYEZ NURELDINE

L’interdiction aux femmes de conduire qui était en vigueur depuis des décennies en Arabie saoudite a été levée dimanche, et des conductrices ont aussitôt commencé à circuler dans les rues de Ryad.

Mettant fin à une interdiction unique au monde, l’Arabie saoudite autorise les femmes à conduire depuis dimanche 00h00 heure locale, une réforme historique pour le royaume ultraconservateur.

Aussitôt après l’expiration de l’interdiction, des femmes ont commencé dans la nuit à sillonner au volant les avenues brillamment éclairées de la capitale Ryad et d’autres villes du royaume. Certaines avaient mis à fond la stéréo de leur véhicule.

« C’est un événement historique pour chaque femme saoudienne », a déclaré Sabika al-Dosari, une présentatrice de la télévision saoudienne, avant de traverser la frontière avec le Bahrein à bord d’une berline.

« C’est une grande réussite », a dit un prince saoudien, le milliardaire Al-Walid ben Talal, dans une vidéo où l’on voit sa fille Reem en train de conduire un 4×4 tandis que ses petites-filles applaudissent sur la banquette arrière.

« Maintenant les femmes ont leur liberté », a déclaré le prince dans cette vidéo diffusée sur Twitter.

Annoncé en septembre 2017, ce changement historique inspiré par le prince héritier Mohammed ben Salmane fait partie d’un vaste plan de modernisation du riche pays pétrolier. L’interdiction de conduire était devenue le symbole du statut inférieur des Saoudiennes, décrié à travers le monde.

On s’attendait à ce que des milliers de conductrices prennent le volant dès dimanche, une journée attendue depuis longtemps par les Saoudiennes et qui, pour beaucoup, pourrait faire entrer dans une nouvelle ère la société de ce royaume régi par une version rigoriste de l’islam.

Une Saoudienne filme et apporte son soutien à Samar Al-Moqren (G) au volant de sa voiture à Ryad le 24 juin 2018, jour de la levée de l’interdiction aux femmes de conduire / © AFP / FAYEZ NURELDINE

« C’est un pas important et une étape essentielle pour la mobilité des femmes », a commenté Hana al-Khamri, auteure d’un livre à paraître sur les femmes dans le journalisme en Arabie saoudite.

« Les femmes en Arabie saoudite vivent dans un système patriarcal. Leur donner le volant aidera à défier les normes sociales et de genre qui entravent la mobilité, l’autonomie et l’indépendance », estime-t-elle.

Pour beaucoup de femmes, saoudiennes ou expatriées, cette mesure permettra de réduire leur dépendance à l’égard des chauffeurs privés ou des hommes de leurs famille, entraînant du même coup des économies financières.

« C’est un soulagement », a déclaré à l’AFP Najah al-Otaibi, analyste au centre de réflexion pro-saoudien Arabia Foundation.

« Les Saoudiennes éprouvent un sentiment de justice. Pendant longtemps, elles se sont vu refuser un droit fondamental qui les a maintenues confinées et dépendantes des hommes, rendant impossible l’exercice d’une vie normale », explique-t-elle.

– Impact économique –

En juin, le royaume a délivré les premiers permis de conduire à des femmes. Certaines ont échangé leur permis étranger contre un permis saoudien après avoir passé un test.

Des Saoudiennes participent à un atelier de conduite à Ryad, le 21 juin 2018 / © AFP / FAYEZ NURELDINE

Quelque trois millions de femmes pourraient se voir attribuer un permis et commencer à conduire d’ici 2020, selon le cabinet de consultants PricewaterhouseCoopers.

Des auto-écoles pour femmes ont vu le jour dans des villes comme Ryad et Djeddah. Certains Saoudiennes apprennent même à dompter des motos Harley Davidson, dans des scènes inimaginables il y a encore un an.

Beaucoup de Saoudiennes ont partagé sur les réseaux sociaux leurs projets pour dimanche, annonçant qu’elles accompagneraient leur mère boire un café ou manger une glace, une expérience à priori banale ailleurs dans le monde mais qui paraît exceptionnelle pour le pays.

Pendant des décennies, les conservateurs se sont servis d’interprétations rigoristes de l’islam pour justifier l’interdiction de conduire, certains allant même jusqu’à dire que les femmes ne sont pas assez intelligentes pour être au volant.

Sur le plan économique, les retombées peuvent être bénéfiques, selon des experts. La levée de l’interdiction devrait stimuler l’emploi des femmes, et, selon une estimation de Bloomberg, ajouter 90 milliards de dollars à l’économie d’ici à 2030.

Mais nombre de femmes craignent de rester la cible des conservateurs dans un pays où les hommes gardent le statut de « tuteurs » et décident à leur place.

En effet, les Saoudiennes doivent sortir voilées et restent soumises à de strictes restrictions: elles ne peuvent ni voyager, ni étudier, ni travailler sans l’autorisation de leur mari ou d’un homme de leur famille, ni manger seules dans un restaurant.

Une palestinienne vivant à Ryad s’entraîne sur un simulateur de conduite le 24 juin 2018, jour de la levée de l’interdiction de conduire des femmes / © AFP / FAYEZ NURELDINE

Le gouvernement a récemment pris des mesures contre les abus masculins en punissant le harcèlement sexuel de cinq ans d’emprisonnement et d’une amende de 300.000 rials (69.000 euros).

– Répression –

Sous l’impulsion du prince Mohammed, devenu héritier du trône il y a un an, le pays a aussi autorisé l’ouverture des salles de cinéma et les concerts mixtes, signe de son intention de revenir à un « islam modéré ».

Mais l’enthousiasme créé par l’annonce des réformes semble entaché par une répression contre les militantes qui se sont entre autres longtemps opposées à l’interdiction de conduire.

Selon les autorités, sur 17 personnes dernièrement arrêtées, neuf sont toujours en prison. Elles sont accusées d’avoir porté atteinte à la sécurité du royaume et d’avoir aidé les « ennemis » de l’Etat saoudien.

Des journaux progouvernementaux ont publié à la Une des photos de certaines de ces personnes, accompagnées du mot « Traîtres ».

Human Rights Watch (HRW) a indiqué cette semaine que deux autres militantes, Nouf Abdelaziz et Maya al-Zahrani, avaient été arrêtées, dénonçant « une vague incessante de répression ».

Romandie.com avec(©AFP / 24 juin 2018 05h05)

Euphorie en Arabie Saoudite avant l’autorisation de conduire pour les femmes

juin 22, 2018

Une Palestinienne résidant en Arabie saoudite utilise un simulateur de conduite dans la capitale Ryad, le 21 juin 2018 / © AFP / FAYEZ NURELDINE

Casque de réalité virtuelle sur la tête, Aziza s’installe au volant d’un simulateur de course et appuie sur l’accélérateur: 110 km/h, 130, 140 … Cette Saoudienne pourra enfin conduire dans son propre pays dimanche, dès la levée d’une interdiction en vigueur depuis plusieurs décennies.

L’Arabie saoudite autorisera à partir du 24 juin les femmes à conduire, une réforme historique pour le royaume ultraconservateur qui met fin à une interdiction unique au monde.

« Ce sera un grand jour pour nous », s’enthousiasme Aziza, 22 ans et étudiante en psychologie. « Nous avons attendu longtemps », affirme-t-elle en se concentrant sur la simulation, les mains sur le volant et les pieds sur le frein et l’embrayage.

L’euphorie se mêle à la nervosité au Riyadh Park, un parc d’attraction où les autorités ont organisé un évènement pour permettre aux femmes de s’essayer au volant avant la levée de l’interdiction.

Des dizaines de femmes se sont installées dans des voitures de karting, d’autres dans des simulateurs, aidées de monitrices couvertes d’un long niqab qui leur expliquent le code de la route.

Un peu plus loin, pour sensibiliser au port de la ceinture de sécurité, un responsable du département de la circulation routière fait une démonstration dans une voiture en simulant un retournement.

Cet atelier, également organisé dans les villes de Dammam, Jeddah et Tabouk, illustre l’ampleur et le caractère inédit de l’évènement. Pour beaucoup, ce dernier fera entrer dans une nouvelle ère cette pétromonarchie du Golfe que le puissant prince héritier Mohammed ben Salmane cherche à moderniser.

Des auto-écoles ont vu le jour dans les grandes villes pour apprendre aux femmes la conduite des voitures mais aussi des motocycles, inimaginable il y a encore un an.

– « Plus besoin d’un homme » –

Des Saoudiennes participent à un atelier de conduite destiné aux femmes dans la capitale Ryad, le 21 juin 2018 / © AFP / FAYEZ NURELDINE

La levée de l’interdiction, devenue symbole du statut inférieur des femmes en Arabie saoudite décrié à travers le monde, permettra de réduire leur dépendance à l’égard des chauffeurs privés ou des hommes de leurs famille.

« On va désormais pouvoir aller seules partout –hôpital, hôtel, restaurant. Nous n’avons plus besoin d’un homme », se réjouit Hatoun ben Dakhil, étudiante en pharmacie de 21 ans.

« Le temps où on devait attendre un chauffeur est révolu », affirme-t-elle à l’AFP.

Quelque trois millions de femmes pourraient se voir attribuer un permis et commencer à conduire d’ici 2020, selon le cabinet de consultants PricewaterhouseCoopers.

Mais dans un pays déchiré entre tradition et modernité, la réforme suscite aussi des remous. Pour les ultraconservateurs, la conduite des femmes est un péché qui favoriserait la promiscuité.

Certaines craignent le harcèlement de rue et les comportements sexistes: deux Saoudiennes titulaires d’un permis international ont ainsi déclaré à l’AFP qu’elles préféraient « attendre et voir » pendant quelques mois avant de penser à conduire.

Le gouvernement a récemment pris des mesures contre le harcèlement sexuel, avec des peines pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et une amende de 300.000 rials (69.000 euros).

Malgré l’ouverture d’auto-écoles, beaucoup de femmes se plaignent du manque d’instructrices et du coût élevé des cours.

Une Saoudienne prend un selfie au volant d’une voiture de karting lors d’un atelier de conduite pour les femmes dans la capitale Ryad, le 21 juin 2018 / © AFP / FAYEZ NURELDINE

Au cours de ce mois de juin, les autorités ont délivré les premiers permis de conduire à des femmes. Après avoir passé un test, certaines ont échangé leur permis étranger contre un permis saoudien.

– Répression –

Pour tenter de dissuader la conduite sans permis, les autorités ont annoncé une amende de 900 rials (205 euros) pour celles qui se risqueraient à prendre le volant sans autorisation dimanche, ont rapporté les médias.

Des représentantes des compagnies d’assurances s’apprêtent également à traiter les accidents impliquant des femmes.

Mais l’enthousiasme suscité par ces réformes semble être entaché par une vague de répression visant les militantes qui se sont entre autres opposées à l’interdiction de conduire.

Selon les autorités, neuf de plus d’une dizaine de personnes -dont des femmes- arrêtées sont toujours en prison. Elles sont accusées d’atteinte à la sécurité du royaume et d’avoir aidé les « ennemis » de l’Etat.

Des ONG ont identifié certaines d’entre elles comme des militantes ayant fait campagne contre le système de tutelle permettant aux hommes de décider à la place des femmes.

Les autorités ont néanmoins assuré que les Saoudiennes n’auront pas besoin de la permission d’un tuteur pour demander un permis de conduire.

« J’encourage pleinement ma femme à conduire », confie Naief Abdelrahmane, à Riyadh Park. « Quiconque peut élever des enfants et s’occuper de son mari est parfaitement capable d’utiliser une voiture. »

Romandie.com avec(©AFP / 22 juin 2018 20h56)