Archive for the ‘Transport’ Category

Migrants : et si des assises africaines s’imposaient ?

novembre 24, 2022

TRIBUNE. Pour stopper l’hémorragie migratoire, institutions et sociétés civiles africaines doivent se mobiliser contre les vraies causes du désespoir des jeunes.

Le nombre croissant de migrants qui veulent quitter le continent est un defi aux institutions et a la societe civile africaine. Celles-ci doivent faire leur introspection pour essayer de dissoudre les causes de ces migrations mortiferes.
Le nombre croissant de migrants qui veulent quitter le continent est un défi aux institutions et à la société civile africaine. Celles-ci doivent faire leur introspection pour essayer de dissoudre les causes de ces migrations mortifères.© VINCENZO CIRCOSTA / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP

L’Océan Viking, un navire humanitaire avec à son bord 230 migrants rescapés, a défrayé la chronique avec son errance de quelques semaines dans les eaux méditerranéennes. Cette situation fut à l’origine d’un bras de fer diplomatique entre la France et l’Italie, qui a refusé catégoriquement d’accueillir le navire humanitaire. Ce genre de crise pourrait devenir fréquent et constituer une menace sérieuse pour la stabilité de l’Union européenne. La gestion des flux migratoires devient de plus en plus une source de discorde entre les États aux portes d’entrée de l’espace Schengen et les autres. Du reste, l’accueil de ces migrants par la France continue à secouer la classe politique.

Une indignation inaudible

Les rangs des prétendants africains à l’immigration clandestine en Europe n’ont cessé de se garnir depuis le fameux Barça ou Barsakh (Barcelone ou la mort) initié par de jeunes Sénégalais dans les années 1990. Sans relâche, de jeunes Africains meurent en mer et dans le désert du Sahara. Ils tentent tous de fuir l’Afrique et leur quotidien obscurci par la misère et les urgences de survie qui vont avec. Ainsi, l’Afrique est amputée de son avenir, vidée de ses jeunes et de sa force vive. Rares sont les pays d’Afrique subsaharienne épargnés par cet exode d’un nouveau genre. Les côtes sénégalaises restent des lieux de ralliement assez prisés pour le départ vers l’eldorado européen. Notons quand même que ces contingents ne sont pas constitués que de Sénégalais. À l’image des tirailleurs sénégalais, ils sont souvent englobés dans cette appellation, mais beaucoup viennent des autres pays de l’Afrique subsaharienne.

Pour Cécile Thiakane, observatrice et actrice du développement social autant au Sénégal qu’en France, des assises afrricaines s’imposent pour prendre à bras-le-corps les causes des migrations hors du continent. © DR

Bien que l’issue de ce voyage soit incertaine, les candidats portés par l’espoir d’une vie meilleure n’ont cessé de croître et l’échec de beaucoup ne semble pas les décourager. Cela fait plus de deux décennies que les cadavres rejetés par la mer sur les plages des Canaries, de Lampedusa ou Ceuta et Melilla, deux enclaves espagnoles situées au Maroc, nous montrent l’étendue du fiasco. Cette désastreuse situation s’enlise, hélas ! Les migrants n’ont eu de cesse d’imaginer des passerelles pour rallier l’Eldorado européen au risque de leur vie. Parmi eux, combien vont réaliser leur rêve ? Combien vont échouer et se retrouver dans les travers de la vie de migrants sombrant dans la grande précarité en Europe ? Et combien ont péri en mer ou dans le désert du Sahara ? Quel sacrifice pour ces jeunes « martyrs » ? Bien qu’ils prennent des risques qui dépassent, hélas, tout entendement, aucun d’entre eux n’est candidat au suicide. Ils sont juste déterminés par l’espoir d’une vie améliorée.

Des liens de causalités évidents

L’état d’esprit de ces jeunes est la résultante d’une multitude de causes qui, directement ou indirectement, impactent leur trajectoire et motivation. On peut citer :

1) La crise alimentaire due à une diminution des terres cultivables, l’infertilité des sols, les changements climatiques, le déficit de stockage et de transformation des produits agricoles, le secteur de l’élevage sinistré ou encore une raréfaction des poissons pour la pêche artisanale ;

2) La crise climatique qui a sinistré bon nombre de régions sahéliennes qui constitue une menace sérieuse pour la survie des couches de population les plus précaires ;

3) La crise démographique qui entraîne un chômage endémique des jeunes dans les zones urbaines et périurbaines du continent africain où d’ailleurs on compte aujourd’hui le plus de jeunes au monde ;

4) La crise éducative et morale des jeunes n’ayant pas pris un bon départ dans la vie pour certains, déscolarisés pour d’autres, mettant ainsi à mal à la fois leur acquisition des compétences et des outils nécessaires pour une insertion dans le tissu économique, et leur réarmement moral ;

5) La crise sécuritaire due en partie à l’instabilité politique et sociale, des terreaux fertiles à une radicalisation pouvant mener à un extrémisme violent sur fond d’intégrisme qui fragilisent toutes les régions concernées.

Ne pas agir n’est plus acceptable, il est nécessaire de stopper cette hémorragie migratoire. Autrement dit, le coût historique, politique, moral et socio-économique déjà lourd risque d’être démentiel, d’autant que l’Afrique ne sera pas seule à payer, car nous sommes tous complices. Peut-être que comme pour les COP, cette situation appelle à des Assises africaines pour discuter et trouver des solutions viables avec des fonds pour adresser cet épineux problème. L’Union africaine pourrait se charger d’organiser ces assises africaines pour stopper l’hémorragie migratoire, mais en attendant, quelques solutions peuvent déjà améliorer la situation.

Des initiatives à résultats rapides

Les bases d’un plan d’urgence, non dicté par des puissances étrangères, mais bel et bien conçu par et pour les populations du continent africain, sont posées.

Il s’agit :

1) d’agir en amont pour informer, sensibiliser et conscientiser les populations sur les dangers de ce choix d’immigration et faire émerger des alternatives faciles à déployer pour entrer dans une dynamique de cercles vertueux permettant de sortir de l’impasse en mettant à contribution le cercle familial et communautaire ou les chefs traditionnels ;

2) d’initier des caravanes citoyennes ;

3) de démanteler les réseaux mafieux et toutes leurs ramifications qui profitent de la misère et du désespoir de ces jeunes pour s’enrichir ;

4) d’accentuer la surveillance des côtes pour jouer les garde-fous et d’assurer une meilleure gouvernance des richesses et des ressources. Ceci passera par des fondations d’une coopération gagnant-gagnant aux fins de s’extraire de ce cercle vicieux de l’assistanat des pays occidentaux.

Les conséquences du Covid-19, et plus récemment de la guerre en Ukraine, ont encore démontré l’urgence pour l’Afrique d’assurer a minima ses besoins vitaux. Pour ce faire, elle gagnerait à mettre en œuvre des actions spécifiques pour adresser différents défis :

1) S’inscrire dans une agriculture responsable et durable afin d’atteindre l’autosuffisance alimentaire tout en préservant l’environnement,

2) Repenser sa politique d’urbanisation et aussi son développement des territoires ruraux,

3) Former du capital humain pour réussir sa transformation numérique,

4) Aborder avec succès sa transition énergétique,

5) S’industrialiser autrement en mettant en œuvre des innovations de rupture pour se sortir du mimétisme mais aussi des modèles obsolètes pour enfin tracer sa voie et inverser la courbe de ses échanges commerciaux, surtout sur les produits à consommation courante et sans forte valeur ajoutée qui la rendent trop dépendante de l’extérieur.

Lesdites actions spécifiques d’envergure auront pour visée à rendre plus attractifs et plus productifs les territoires pour cette jeune population en perdition ; de remettre l’agriculture et l’élevage au cœur de la vie des territoires locaux en dynamisant les zones rurales ; d’éduquer et former les jeunes Africains afin d’en faire un capital humain de qualité à même d’accompagner l’essor économique et le bien-être des populations de façon concomitante. Stratégiquement, il conviendra de choisir en amont des filières où les pays gagneraient à se spécialiser pour être compétitifs dans ce contexte de mondialisation. Cette démarche s’inscrira dans la dynamique des États relative au déficit entrepreneurial, aux enjeux de l’innovation et à celui de la carence des financements relatifs. Finalement, il faudra répondre à cette question : « À quand une réponse endogène pour éviter durablement que les projets et l’espoir portés par ces jeunes ne se perdent dans les tiroirs de leurs seuls rêves ou engloutis dans les flots de l’océan ? »

Avec Le Point par Cécile Thiakane*

* Actrice du développement social entre le Sénégal et la France

Canada-Vaccination obligatoire : des voyageurs font appel de la décision de la Cour fédérale

novembre 22, 2022

Le tribunal avait refusé d’entendre leur recours constitutionnel, parce qu’il est devenu obsolète et aurait été « un gaspillage ».

Une femme assise dans un aéroport vérifie son passeport de vaccination de la COVID-19 sur son téléphone, tout en tenant un masque et une carte d'embarquement.

Une voyageuse dans un aéroport vérifie son passeport vaccinal sur son téléphone, tout en tenant un masque et une carte d’embarquement. Photo : Getty Images/Istockphoto/Ridofranz

Le Centre juridique pour les libertés constitutionnelles confirme mardi qu’il interjette l’appel de la décision de la Cour fédérale qui a donné raison au gouvernement Trudeau en annulant son recours judiciaire sur la constitutionnalité des anciennes mesures vaccinales obligatoires contre la COVID-19 au départ du Canada ou à l’entrée au pays.

Le gouvernement fédéral prétendait lors des audiences en septembre 2022 que la cause était devenue obsolète, puisque toutes les mesures entourant l’obligation vaccinale dans les transports ont été abandonnées au début de l’été.

La Cour fédérale était du même avis, si bien qu’elle eût accepté la requête en radiation du gouvernement pour faire annuler le recours judiciaire du Centre juridique pour les libertés constitutionnelles.

Outre des voyageurs au pays, l’ex-premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Brian Peckford et le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, étaient au nombre des plaignants.

Le recours constitutionnel devait être entendu durant la semaine du 31 octobre 2022.

Omar Alghabra vêtu d'un gilet de sécurité répond aux journalistes sur le tarmac de l'aéroport Pearson.

Le ministre fédéral des Transports, Omar Alghabra, au moment où il avait présenté à l’été 2021 sur le tarmac de l’aéroport Pearson la politique de vaccination obligatoire dans les transports aérien et ferroviaire. Photo : Radio-Canada

La Cour fédérale avait notamment précisé que les arguments des plaignants n’étaient pas suffisants pour consacrer davantage de ressources à cette cause, qui était devenue caduque lorsque toutes les mesures entourant l’obligation vaccinale dans les transports ont été abandonnées au début de l’été 2022.

Dans ses raisons, la juge Jocelyne Gagné avait précisé que l’utilisation des ressources judiciaires pour une audience de 5 jours était plus importante que l’intérêt public que revêtait l’audition de l’affaire sur le fond.

Dans un communiqué, le Centre juridique explique qu’il a déposé une requête d’appel devant la Cour d’appel fédérale pour lui demander de casser le jugement du tribunal inférieur.

Il y est écrit que des millions de Canadiens ont subi une grave injustice de se voir refuser un jugement sur la légalité de l’interdiction du gouvernement fédéral de voyager au pays par train ou par avion.

Une voyageuse assise avec ses valises à l'aéroport et des avions d'Air Canada sur le tarmac.

Il n’est plus nécessaire de se faire vacciner au Canada depuis le début de l’été pour prendre un vol intérieur. Photo: CBC/Laura Pedersen

Le Centre estime que la juge a omis de manière déraisonnable d’exercer son pouvoir discrétionnaire d’entendre la cause et de trancher la contestation constitutionnelle sur l’obligation vaccinale dans les transports.

La magistrate a en outre commis une erreur, selon lui, en concluant que les considérations d’économie judiciaire l’emportaient sur l’important intérêt public et l’incertitude entourant la loi fédérale.

L’obligation vaccinale dans les transports représente l’une des violations les plus flagrantes des droits et de la liberté de mouvement des Canadiens dans l’histoire du Canada, conclut l’avocate Allison Pejovic.

Avec Radio-Canada par Jean-Philippe Nadeau

En Sicile, des migrants désespérant de pouvoir débarquer se jettent à l’eau

novembre 7, 2022
En Sicile, des migrants desesperant de pouvoir debarquer se jettent a l'eau
En Sicile, des migrants désespérant de pouvoir débarquer se jettent à l’eau© AFP/VINCENZO CIRCOSTA

Au bout de leur tragique odyssée, des migrants bloqués dans le port de Catane à bord de l’un des navires humanitaires autorisés à accoster en Sicile par le gouvernement d’extrême droite de Giorgia Meloni se sont jetés à l’eau lundi, désespérant de pouvoir débarquer.

Mme Meloni, la cheffe du parti post-fasciste Fratelli d’Italia, s’est engagée à « défendre les frontières » de l’Italie en empêchant les navires des ONG opérant en Méditerranée d’entrer dans les ports italiens pour y débarquer les milliers de migrants qu’ils secourent chaque année.

Dimanche, son gouvernement a finalement autorisé le débarquement des seuls mineurs et personnes souffrant de problèmes médicaux. Deux bateaux ont pu accoster à Catane, deux autres ont été refusés, transportant au total un millier de personnes.

Pris au piège du face-à-face entre les ONG et le nouvel exécutif italien, trois migrants ont sauté lundi du Geo Barents, un navire géré par Médecins Sans Frontières (MSF) qui était à quai.

Les trois hommes ont été rapidement récupérés, selon MSF.

Peu de temps après, une douzaine d’autres migrants sur le pont du bateau ont scandé « Aidez-nous », a constaté un journaliste de l’AFP.

Simultanément, plus de 500 personnes, signalées plus tôt en perdition par l’ONG Alarm Phone, ont été secourues par les autorités italiennes et débarquées en Sicile, a déclaré à l’AFP la préfète de Syracuse. « Elles font d’abord l’objet d’une visite médicale, puis elles sont identifiées par la police avant d’être réparties dans des structures d’accueil », a expliqué Giuseppa Scaduto.

D’après le ministère italien de l’Intérieur, plus de 88.000 personnes sont arrivées depuis les côtes africaines depuis le 1er janvier.

Le sénateur démocrate Antonio Nicita, qui s’est rendu sur les navires humanitaires mouillant au large du port de Catane, estime que « la situation est tendue » à bord.

« Sur les navires, la nervosité règne, les humanitaires calment les esprits. Beaucoup de migrants se sont déshabillés face à nous pour nous montrer des infections sur les parties intimes », a-t-il témoigné, évoquant des cas de gale.

Le Geo Barents a accosté dimanche soir et les autorités italiennes ont autorisé 357 personnes à débarquer, dont des enfants, tout en refusant l’entrée à 215 autres.

L’un des migrants a ensuite été évacué par ambulance après s’être plaint de douleurs abdominales aiguës, a indiqué MSF lundi, soulignant que les autres étaient de plus en plus vulnérables.

« Leur situation, leur niveau de stress psychologique est très, très élevé », estime Riccardo Gatti, chef de recherche et de sauvetage à MSF.

« Situation d’urgence »

« Le navire a ses limites en termes d’assistance médicale », a-t-il dit.

Dans le port se trouve le bateau sous pavillon allemand Humanity 1, opéré par l’organisation caritative SOS Humanity, qui a débarqué 144 personnes dimanche. A son bord demeurent toujours 35 migrants adultes de sexe masculin.

Un décret du gouvernement italien publié vendredi stipule que le navire n’a été autorisé à accoster que le temps nécessaire pour identifier les passagers en « situation d’urgence ».

Le capitaine du navire, Joachim Ebeling, a défié l’ordre de quitter le port, insistant lundi sur le fait que « toute personne secourue a le droit de débarquer dans un port sûr ». « Je ne vais nulle part avec ces gens à bord », a-t-il dit aux journalistes.

Le nouveau gouvernement italien, le plus à droite depuis la Seconde Guerre mondiale, s’est engagé à observer une ligne dure vis-à-vis des migrants. Et le ministre de l’Intérieur Matteo Piantedosi a estimé que les migrants secourus en mer étaient de la responsabilité de l’Etat sous le drapeau duquel les bateaux naviguent – en l’espèce norvégiens et allemands.

Matteo Salvini, l’ex-ministre de l’Intérieur dont le parti, la Ligue, fait partie de la coalition au pouvoir, a souligné que les arrivées devaient être « stoppées ».

« Ce sont des voyages organisés, de plus en plus dangereux, qui financent les armes et la drogue », a affirmé sur Twitter M. Salvini, actuel vice-Premier ministre.

Des recours ont été déposés devant les tribunaux de Rome et de Catane lundi, a indiqué SOS Humanity.

Amnesty International estime de son côté que l’Italie « enfreint ses obligations internationales ».

Dans un communiqué, l’agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) « continuent d’exhorter les gouvernements européens à offrir rapidement un lieu sûr et autoriser le débarquement immédiat de près de 600 personnes restant sur les navires des ONG ».

Par Le Point avec AFP

Tanzanie : 19 morts après le crash d’un avion dans le lac Victoria

novembre 6, 2022

Un avion de la compagnie Precision Air s’est abîmé dans le lac Victoria, en Tanzanie, dimanche 6 novembre. Il y avait 43 personnes à son bord.

Un avion de ligne, qui se trouvait en phase d’atterrissage, s’est abîmé dans le lac Victoria, en Tanzanie, dimanche 6 novembre, à cause de la mauvaise météo. Le dernier bilan faisait état de 19 morts, sur les 43 passagers de l’appareil de type ATR 42-500 de la compagnie privée locale Precision Air. L’avion « s’est écrasé dans l’eau à environ 100 mètres de l’aéroport », a déclaré le commandant de la police régionale William Mwampaghale aux journalistes à l’aéroport de Bukoba.

Le commissaire régional Albert Chalamila a précisé que 43 personnes, dont 39 passagers, les deux pilotes et deux membres d’équipage, étaient à bord du vol parti de Dar es-Salaam, la capitale économique, jusqu’à Bukoba, une ville située au bord du lac, le plus grand en Afrique et celui où le Nil prend sa source.

« À l’heure où nous parlons, nous avons réussi à sauver 26 personnes qui ont été évacuées vers un hôpital », avait indiqué, plus tôt dans la journée, Albert Chalamila. Mais Precision Air a indiqué dans un communiqué que 24 personnes avaient survécu à l’accident, survenu peu avant 6 heures GMT. Une source au sein de la compagnie a quant à elle précisé à l’AFP que deux autres personnes hospitalisées n’étaient pas à bord de l’avion parti de Dar es-Salaam. « Il y a deux personnes qui ont été blessées lors des opérations de sauvetage qui ont été comptées parmi les survivants, mais elles n’étaient pas des passagers », a indiqué cette source sous le couvert de l’anonymat.

Des vidéos diffusées sur les médias locaux montrent l’avion en grande partie submergé alors que les sauveteurs à l’eau essaient de récupérer des survivants. Les secouristes tentent de soulever l’avion hors de l’eau à l’aide de câbles et de grues.

«Gardons notre calme »

La présidente, Samia Suluhu Hassan, a exprimé ses condoléances aux personnes touchées par l’accident. « Gardons notre calme pendant que les opérations de sauvetage se poursuivent et prions afin que Dieu nous vienne en aide », a-t-elle déclaré sur Twitter.

Le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, a également adressé ses condoléances, tout comme le secrétaire général du bloc régional de la Communauté de l’Afrique de l’Est, Peter Mathuki. « Nos cœurs et nos prières sont tournés vers les familles des passagers […] et nous sommes solidaires envers le gouvernement et le peuple de Tanzanie », a-t-il déclaré sur Twitter.

Precision Air, qui est la plus grande compagnie aérienne privée de Tanzanie, a publié une brève déclaration confirmant l’accident. La compagnie, qui appartient en partie à Kenya Airways, a été fondée en 1993 et exploite des vols intérieurs et régionaux ainsi que des charters privés vers des destinations touristiques populaires, telles que le parc national du Serengeti et l’archipel de Zanzibar. Sa flotte est constituée de neuf avions, dont 3 ATR 42-500, 1 ATR 42-600 et 5 ATR 72-500. On ignore lequel des ATR 42 s’est écrasé. L’ATR-42 est fabriqué par la société franco-italienne ATR et assemblé à Toulouse, dans le sud de la France.

L’accident survient cinq ans après la mort de 11 personnes lorsqu’un avion appartenant à une société de safari s’était écrasé dans le nord de la Tanzanie. En mars 2019, un vol d’Ethiopian Airlines d’Addis-Abeba à Nairobi s’est écrasé six minutes après le décollage dans un champ au sud-est de la capitale éthiopienne, tuant les 157 personnes à son bord. En 2007, un vol de la Kenya Airways entre la ville ivoirienne d’Abidjan et de Nairobi, la capitale du Kenya, s’est écrasé dans un marais après le décollage, tuant ses 114 passagers. En 2000, un autre vol de la Kenya Airways d’Abidjan à Nairobi s’est écrasé dans l’océan Atlantique quelques minutes après le décollage, tuant 169 personnes tandis que 10 autres ont survécu.

Par Le Point avec AFP

Migrants : L’Italie autorise uniquement le débarquement de mineurs ou malades

novembre 6, 2022
Migrants : L'Italie autorise uniquement le debarquement de mineurs ou malades
Migrants : L’Italie autorise uniquement le débarquement de mineurs ou malades© SOS HUMANITY/AFP/Max CAVALLARI

Le nouveau gouvernement d’extrême droite italien a autorisé dimanche le débarquement de mineurs et d’autres migrants souffrant de problèmes médicaux, mais entend, selon des sources gouvernementales, en renvoyer d’autres à bord de navires d’ONG humanitaires.

Trois mineures et un bébé ont été les premiers à débarquer à l’aube du bateau Humanité 1, suivis des garçons mineurs et des hommes adultes ayant des problèmes médicaux, a déclaré à l’AFP Petra Krischok, attachée de presse de SOS Humanité.

Au total, 144 personnes ont débarqué du Humanity 1, navire sous drapeau allemand, au port de Catane mais 35 sont restés à bord, selon cette source.

Ils « sont extrêmement déprimés », a-t-elle ajouté auprès de l’AFP. « Pour l’instant, nous restons ici et nous attendons », a-t-elle affirmé, sans savoir si les autorités avaient décidé de donner l’ordre au bateau de partir.

Le ministre de l’Intérieur Matteo Piantedosi avait déclaré samedi que le gouvernement ne ferait pas marche arrière quant à ses obligations humanitaires mais que ceux qui ne sont pas « qualifiés » devraient être pris en charge par l’Etat du pavillon du navire.

Trois autres navires, qui transportent au total 900 migrants, ont demandé, en vain, de pouvoir accoster : le Rise Above, de l’ONG Mission Lifetime, également sous pavillon allemand, ainsi que l’Ocean Viking de SOS Méditerranée et le Geo Barents de Médecins sans Frontières, enregistrés eux en Norvège.

Le Geo Barents a affirmé avoir été contacté par les autorités italiennes qui entendent « évaluer les cas vulnérables » parmi les 572 personnes secourues à bord.

« Comme des objets »

« Ceux qui restent dans le navire recevront l’assistance nécessaire pour quitter les eaux territoriales » italiennes, ont affirmé dimanche des sources proches du ministre des Transports et dirigeant populiste de la Ligue antimigrants Matteo Salvini, dont dépendent les ports.

Le nouveau gouvernement d’extrême droite italien, qui a prêté serment le mois dernier, s’est engagé à sévir contre les migrants par bateau venant d’Afrique du Nord vers l’Europe.

Plus de 87.000 personnes ont débarqué en Italie cette année, selon le ministère de l’Intérieur, dont 14 % ont été secourues par des navires humanitaires.

Le patron du Parti démocrate (PD, principale formation de gauche) Enrico Letta a accusé le gouvernement sur Twitter de violer les traités internationaux. Le PD a affirmé que Matteo Piantedosi devrait s’expliquer devant le parlement.

Le député de l’opposition Aboubakar Soumahoro, qui était présent lors du débarquement de l’Humanity 1, a critiqué la « sélection des migrants naufragés », qui, selon lui, viole le droit international.

Pour lui, le gouvernement traite « les naufragés, déjà épuisés par le froid, la fatigue, les traumatismes et la torture comme des objets ».

« Si les naufragés restants sont rejetés, nous contesterons cette décision devant toutes les instances appropriées », a-t-il déclaré sur Twitter.

Le ministère norvégien des Affaires étrangères a déclaré jeudi qu’il n’assumait « aucune responsabilité » pour les personnes secourues par des navires privés battant pavillon norvégien en Méditerranée.

L’Allemagne a insisté, dans une « note » diplomatique adressée à l’Italie, sur le fait que les organisations caritatives « apportaient une contribution importante au sauvetage de vies humaines » et a demandé à Rome « de les aider dès que possible ».

Par Le Point avec AFP

Au moins 60 personnes meurent dans l’effondrement d’un pont suspendu en Inde

octobre 30, 2022
Une vue du pont en partie effondré. Des gens dans l'eau sont secourus par des personnes en bateau.

Les câbles du pont suspendu ont lâché. Photo : Reuters

Au moins 60 personnes sont mortes dimanche soir en Inde quand un pont suspendu enjambant une rivière s’est effondré dans l’État du Gujarat, a indiqué un membre du gouvernement local.

Soixante personnes sont mortes. Plus de 82 ont été secourues, a déclaré ce responsable, Brijesh Merja, à l’Agence France-Presse.

Le pont sur la rivière Machchhu, situé à Morbi, à environ 200 kilomètres à l’ouest d’Ahmedabad, la principale ville du Gujarat, datait de l’époque coloniale britannique et venait de rouvrir au public après des mois de travaux.

Les autorités ont estimé que 500 personnes, y compris des femmes et des enfants, se trouvaient sur le pont et aux alentours lorsque les câbles qui le soutenaient ont cédé.

Selon des responsables locaux cités par des médias, les personnes qui se trouvaient sur le pont se livraient à des rituels dans le cadre d’un festival religieux.

Plus de 100 personnes étaient toujours recherchées, selon des médias locaux qui ont montré des vidéos de gens se rattrapant à des débris de la structure du pont dans l’obscurité.

Une opération de sauvetage a été lancée, impliquant des plongeurs.

Le premier ministre Narendra Modi, qui se trouvait au Gujarat, dont il est originaire, a demandé la mobilisation urgente d’équipes de secours et la mise à disposition d’aides pour toutes les victimes, a tweeté son cabinet.

Des infrastructures mal entretenues

Les accidents sur des infrastructures anciennes et mal entretenues sont fréquents en Inde, notamment sur des ponts.

En 2016, la rupture d’une passerelle au-dessus d’une rue animée dans la ville de Kolkata avait causé la mort d’au moins 26 personnes.

En 2011, au moins 32 personnes avaient perdu la vie dans l’effondrement d’un pont sur lequel se trouvaient une foule de participants d’un festival dans le nord-est de l’Inde, à environ 30 kilomètres de la ville de Darjeeling.

Moins d’une semaine après, environ 30 personnes trouvaient la mort dans la rupture d’une passerelle franchissant une rivière dans l’État de l’Arunachal Pradesh.

En 2006, quelque 34 personnes avaient été tuées au moment de l’effondrement d’un pont vieux de 150 ans sur un train de passagers dans une gare de l’Etat du Bihar.

Avec Radio-Canada

Air Canada s’excuse auprès d’une femme aveugle après avoir refusé son chien-guide

octobre 27, 2022
Un avion d'Air Canada décolle.

Air Canada affirme que les passagers ayant un chien-guide doivent l’inscrire au moins 48 heures avant l’embarquement, selon sa politique. Photo : La Presse Canadienne/Graham Hughes

Dena Wainwright, qui est complètement aveugle, affirme qu’elle ne « voyagera plus jamais avec Air Canada ». Le transporteur a refusé de la laisser monter à bord avec son chien-guide la semaine dernière pour un vol entre Toronto et Minneapolis.

La Canadienne de 49 ans, qui travaille aux États-Unis pour la firme Fidelity Investments, était venue à Toronto pour célébrer sa fête avec sa fille.

Elle raconte qu’elle avait voyagé avec Air Canada sans problème de Minneapolis à Toronto.

Lors de l’enregistrement dans la ville américaine, on lui a demandé si elle avait aussi rempli un formulaire pour son animal, Milo. Elle a répondu que non et l’employé lui a simplement souhaité un bon vol, sans lui causer de tracas, dit-elle.

Au retour, toutefois, Mme Wainwright raconte que les employés d’Air Canada à l’aéroport Pearson ne voulaient pas la laisser embarquer dans l’appareil avec son labrador de 5 ans, parce qu’il n’avait pas été enregistré au préalable. On lui a offert de le mettre en soute, mais elle a refusé.

Elle ajoute que le personnel lui a dit qu’elle pourrait avoir son chien-guide avec elle si elle pouvait « prouver » qu’elle était aveugle en présentant une carte de l’Institut national canadien pour les aveugles (INCA). Toutefois, elle n’avait pas une telle pièce d’identité étant donné qu’elle habite aux États-Unis.

« C’était humiliant, dégradant. »— Une citation de  Dena Wainwright, personne aveugle

Dena Wainwright tient la laisse du labrador noir.

Dena Wainwright avec son chien-guide PHOTO : FOURNIE PAR DENA WAINWRIGHT

Elle accuse Air Canada de l’avoir traitée comme une criminelle et affirme que les employés du transporteur à l’aéroport Pearson s’adressaient à sa fille plutôt qu’à elle comme si j’étais handicapée mentalement.

Mme Wainwright a finalement décidé de prendre un train avec son chien jusqu’à Windsor pour ensuite traverser la frontière en taxi et prendre un vol entre Détroit et Minneapolis, ce qui lui a coûté 2000 $, dit-elle.

Air Canada s’explique

Selon Air Canada, le propriétaire d’un chien-guide doit l’enregistrer au moins 48 heures avant le vol.

Un porte-parole du transporteur qualifie toutefois ce qui est arrivé à Mme Wainwright de « regrettable » et affirme qu’Air Canada lui a parlé pour lui présenter des excuses.

« Chaque année, Air Canada transporte avec succès des dizaines de milliers de clients ayant un handicap, mais dans ce cas-ci, nous n’avons pas été à la hauteur de nos normes habituelles en matière de service à la clientèle.  »— Une citation de  Air Canada (déclaration)

Le transporteur dit enquêter à l’interne afin de déterminer pourquoi Mme Wainwright a pu prendre le vol entre Minneapolis et Toronto avec son chien-guide sans avoir rempli le formulaire requis.

Larissa Proctor, de l’Institut national canadien pour les aveugles, affirme que les chiens-guides ne devraient pas aller en soute, mais elle recommande aux voyageurs de s’informer à l’avance auprès de leur transporteur pour connaître leur politique.

Elle invite aussi les employés des transporteurs à traiter une personne aveugle comme tout autre passager. La plupart du temps, si vous parlez à quelqu’un qui est aveugle ou mal voyant, on veut [que l’employé] nous parle directement comme pour les autres clients, note-t-elle.

Avec Radio-Canada d’après des renseignements fournis par Trevor Dunn, de CBC

Crash d’avion en Russie : le bilan passe à 15 morts, condoléances de Poutine

octobre 18, 2022
Crash d'avion en Russie : le bilan passe a 15 morts, condoleances de Poutine
Crash d’avion en Russie : le bilan passe à 15 morts, condoléances de Poutine© AFP/STRINGER

Quinze personnes ont perdu la vie à la suite du crash d’un avion militaire russe à Ieïsk, une ville du sud-ouest de la Russie, et Vladimir Poutine a présenté mardi ses condoléances aux familles endeuillées.

Les enquêteurs ont dit privilégier la piste d’un « défaut technique » sur l’appareil, un Soukhoï 34, pour expliquer l’accident survenu la veille dans cette cité de 90.000 habitants située en face du port ukrainien de Marioupol, dévasté par les forces russes au début du conflit.

« Une victime est décédée de ses brûlures », a indiqué sur Telegram Anna Minkova, vice-gouverneure de la région russe de Krasnodar, faisant passer le bilan de cette catastrophe à 15 morts.

Elle a précisé que le nombre de blessés s’élevait au total à 43 personnes dont 9 enfants. Parmi cette quarantaine de personnes, 25 se trouvent encore à l’hôpital, dont trois dans un état critique.

Vladimir Poutine « présente ses plus sincères condoléances aux familles qui ont perdu leurs proches dans cette catastrophe », a dit à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

L’accident a eu lieu lundi soir, quand le Soukhoï 34 s’est écrasé pendant un vol d’entraînement en plein milieu de barres d’immeubles.

L’avion, rempli de carburant, a rapidement pris feu, embrasant au passage, selon le ministère des Situations d’urgence, cinq niveaux d’un immeuble, couvrant quelque 2.000 m2.

Le Comité d’enquête russe a souligné que le pilote, qui a réussi à s’éjecter avant le drame, était interrogé par ses services.

Des enregistreurs de vol ont été récupérés sur le site de la catastrophe et des échantillons de carburant ont été prélevés à l’aérodrome d’où a décollé le bombardier, a poursuivi cet organisme chargé des principales investigations en Russie.

« En deuil »

L’avion est tombé sur un immeuble d’habitation comptant 600 résidents.

Vladimir Poutine avait rapidement dépêché sur place les ministres de la Santé Mikhaïl Mourachko et des Situations d’urgence Alexandre Kourenkov, selon un communiqué du Kremlin.

Le gouverneur Véniamin Kondratiev a, de son côté, décrété mardi une période de deuil dans sa région.

Les images de l’explosion et des flammes enveloppant toute la façade du bâtiment ont provoqué de vives réactions en Russie.

Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montrait des habitants d’Ieïsk retrouvant le pilote à proximité de l’immeuble. Interrogé sur le fait de savoir si son appareil avait été abattu par un missile, encore hagard, il répond simplement : « Non ».

Mardi, des Russes ont déposé des fleurs et des jouets, à la mémoire des enfants tués dans la tragédie, devant l’immeuble avec une pancarte : « Ieïsk. 17/10/2022. Nous nous souviendrons. Nous sommes en deuil ».

Interrogée à la télévision russe, Natalia Kouch, une habitante du bâtiment touché a dit « avoir entendu une terrible explosion. J’ai regardé dehors et j’ai vu le pilote voler juste à côté de moi », a-t-elle raconté.

Sur des images des débris, on voit l’avion coupé en deux, le logo de l’armée russe sur l’une de ses ailes, avec des câbles dépassant du moteur.

Au moins cinq étages de l’immeuble ont été carbonisés, avec un balcon qui s’est effondré et des voitures détruites à proximité.

Par Le Point avec AFP

Poutine accuse Kiev de « terrorisme » après l’explosion au pont de la Crimée

octobre 9, 2022
Les ruines d'un bâtiment bombardé.

Les frappes russes ont touché des maisons et des immeubles d’habitation de plusieurs étages à Zaporijia. Photo : AP/Leo Correa

Le président russe Vladimir Poutine a accusé dimanche Kiev d’avoir commis un « acte terroriste » en organisant l’explosion qui a partiellement détruit samedi le pont de Crimée reliant la Russie à la péninsule annexée, suivie dans la nuit par des frappes russes meurtrières contre une ville ukrainienne.

Les auteurs, les exécutants et les commanditaires sont les services secrets ukrainiens, a résumé M. Poutine à l’issue d’une réunion avec le chef du Comité d’enquête russe, selon une vidéo diffusée par le Kremlin.

« Il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’un acte terroriste visant à détruire une infrastructure civile russe d’importance critique. »— Une citation de  Vladimir Poutine

C’était la première réaction de Vladimir Poutine à l’explosion survenue samedi au petit matin, et qui constitue un nouveau revers majeur pour la Russie, au moment où ses forces sont en difficulté en Ukraine.

Le Kremlin a indiqué que le président russe convoquait le Conseil de sécurité lundi.

L’armée ukrainienne et les services spéciaux (SBU) de Kiev n’ont ni confirmé ni démenti leur implication, et le président Volodymyr Zelensky s’est contenté d’ironiser dans une vidéo sur le temps nuageux qu’il faisait samedi en Crimée – une allusion probable à la fumée de l’incendie – bien qu’il y faisait également chaud.

Au moins 12 morts à Zaporijjia

Le président Zelensky a qualifié dimanche les militaires russes de terroristes, après des frappes sur des immeubles d’habitation de Zaporijjia, ville du sud de l’Ukraine, qui ont fait entre 12 et 17 morts selon les bilans, trois jours après de précédents bombardements qui y avaient fait 17 morts.

Un dernier bilan de l’administration régionale de Zaporijjia faisait état de 13 morts et 60 blessés, dont des femmes et des enfants.

« Aucun sens. Le mal absolu. Des terroristes et des sauvages. Depuis celui qui a donné cet ordre jusqu’à celui qui l’a exécuté. Tous ont une responsabilité. Devant la loi et devant le peuple. »— Une citation de  le président Zelensky sur son compte Telegram

Cette frappe russe a détruit des appartements privés, où des gens vivaient, dormaient sans attaquer personne, a-t-il ajouté.

Des camions de pompiers.

Les services d’urgence sont intervenus sur les lieux d’un bombardement qui a fait plusieurs morts et de nombreux blessés. Photo: AP/Leo Correa

L’armée de l’air ukrainienne a indiqué que quatre missiles de croisière, deux missiles tirés depuis des avions de chasse et d’autres missiles de type antiaérien avaient été utilisés contre la ville.

L’armée russe a affirmé dimanche avoir mené des frappes avec des armes de haute précision contre des unités de mercenaires étrangers près de Zaporijia.

Non loin de là, la centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d’Europe, a été reconnectée au réseau électrique dimanche.

Réouverture du pont entre la Crimée et la Russie

Au lendemain de l’énorme explosion sur le pont de Crimée, des plongeurs devaient examiner l’ouvrage dimanche pour évaluer les dégâts structurels, a annoncé le vice-premier ministre russe Marat Khousnoulline, avec de premiers résultats attendus dans la journée.

Le trafic automobile et ferroviaire avait repris partiellement dès samedi, quelques heures après la déflagration qui avait fait s’effondrer sur plusieurs travées une des voies de ce pont construit à grands frais et inauguré par Vladimir Poutine en 2018.

Les poids lourds avaient cependant été renvoyés vers des traversiers dans un premier temps.

Un convoi ferroviaire de wagons-citernes de carburant avait en outre pris feu sur le pont.

Le ministère russe des Transports a toutefois affirmé dimanche que les trains de passagers de la Crimée vers la Russie roulaient selon l’horaire habituel.

Un camion de propriété russe

Les autorités russes ont attribué l’explosion à un camion piégé dont le propriétaire est un habitant de la région russe de Krasnodar.

De la fumée noire s'échappe d'un incendie sur le pont de Crimée.

Le pont de Crimée, aussi appelé pont de Kertch, est le seul lien terrestre de la Russie avec la Crimée annexée. Photo : Getty Images/AFP

Kiev avait toutefois menacé à plusieurs reprises de frapper ce pont, symbole de l’annexion de la Crimée en 2014, qui sert aussi à l’approvisionnement des troupes russes en Ukraine.

Des images de vidéosurveillance diffusées sur les réseaux sociaux ont montré une puissante explosion au moment où plusieurs véhicules circulaient sur le pont, notamment un camion que les autorités russes soupçonnent d’être à l’origine de la déflagration.

Sur d’autres clichés, on peut voir un convoi de wagons-citernes en flammes sur la partie ferroviaire du pont ainsi que deux travées d’une des deux voies routières effondrées.

Selon les enquêteurs, l’attaque survenue samedi au petit matin a fait trois morts : le conducteur du camion ainsi qu’un homme et une femme qui circulaient en voiture à proximité de la déflagration, dont les corps ont été retirés des eaux.

Des revers pour l’armée russe

L’armée russe, en difficulté sur le front de Kherson, dans le sud de l’Ukraine, a assuré samedi que l’approvisionnement de ses troupes n’était pas menacé.

Depuis le début de septembre, les forces russes ont été obligées de reculer sur de nombreux points du front. Elles ont notamment dû se retirer de la région de Kharkiv et reculer dans celle de Kherson.

Un soldat de l'armée ukrainienne passe devant un convoi russe détruit.

Un membre de l’armée ukrainienne passe devant un convoi russe dans la ville de Lyman, ville récemment reprise dans la région de Donetsk. Photo : Getty Images/Yasuyoshi Chiba

Face à une armée ukrainienne galvanisée et forte des approvisionnements en armes occidentales, M. Poutine a décrété, fin septembre, la mobilisation de centaines de milliers de réservistes et l’annexion de quatre régions ukrainiennes, bien que Moscou ne les contrôle que partiellement.

Les services de sécurité russes (FSB) ont par ailleurs dénoncé dimanche une augmentation considérable des tirs ukrainiens visant des territoires russes frontaliers de l’Ukraine, dans lesquels selon eux une personne a été tuée et cinq ont été blessées au cours de la semaine écoulée.

Signe du mécontentement en haut lieu quant à la conduite des opérations, Moscou a annoncé samedi avoir nommé un nouvel homme à la tête de son opération militaire spéciale en Ukraine, le général Sergueï Sourovikine, 55 ans.

Par Canada avec Agence France-Presse

Ukraine : Au moins trois morts dans l’explosion sur le pont de Crimée

octobre 8, 2022
De la fumée noire s'échappe d'un incendie sur le pont.

Le pont de Kertch est le seul lien terrestre de la Russie avec la Crimée annexée. Photo: Getty Images/AFP

Au moins trois personnes ont été tuées dans l’explosion qui a endommagé le pont de Crimée reliant la Russie à cette péninsule ukrainienne annexée, ont annoncé les enquêteurs russes, qui affirment avoir identifié le propriétaire du camion piégé.

Selon les données préliminaires, trois personnes ont été tuées à la suite de l’accident. Il s’agit probablement des passagers d’une voiture qui se trouvait près du camion quand il a explosé, a indiqué le Comité d’enquête russe dans un communiqué.

Selon cette source, les corps de deux victimes, un homme et une femme, ont déjà été sortis de l’eau.

Le Comité d’enquête, organe responsable des principales investigations criminelles en Russie, a également affirmé avoir établi l’identité du camion et de son propriétaire soupçonnés d’être à l’origine de l’explosion.

Il s’agirait d’un habitant de la région de Krasnodar, dans le sud de la Russie. Une enquête a été ouverte sur son lieu de résidence. L’itinéraire du camion et les documents pertinents sont en cours d’étude, ont ajouté les enquêteurs.

L’explosion de ce camion a provoqué un vaste incendie et des dégâts samedi sur cette infrastructure routière et ferroviaire clé pour l’approvisionnement de la Crimée, péninsule annexée en 2014 par la Russie.

Il s’agit aussi d’un projet symboliquement fort reliant la Crimée à la Russie continentale, qui avait été construit à grands frais et inauguré en 2018 par Vladimir Poutine en personne.

Ce pont sert essentiellement au transport des personnes et des marchandises vers la péninsule, mais aussi aux troupes déployées en Ukraine.

L’Ukraine n’a pas officiellement revendiqué de responsabilité dans cette attaque.

Des images du pont, circulant en ligne, montrent la voie ferrée en flammes sur des dizaines de mètres et un tronçon routier effondré.

Si l’Ukraine était à l’origine de l’incendie et de l’explosion sur le pont de Crimée, le fait qu’une infrastructure aussi cruciale et aussi loin du front puisse être endommagée par les forces ukrainiennes serait un camouflet pour Moscou.

D’autant que la Russie enchaîne les revers militaires depuis le début du mois de septembre, ses troupes étant forcées de reculer aussi bien au nord-est que dans le sud du pays, notamment dans la région de Kherson, frontalière de la Crimée, dont M. Poutine revendique l’annexion.

Selon le Comité antiterroriste, deux voies routières sont endommagées, mais l’arche du pont n’est pas touchée.

Un hélicoptère déverse de l'eau sur les wagons pour tenter d'éteindre le feu.

Un hélicoptère déverse de l’eau sur les wagons pour tenter d’éteindre le feu. Photo : Getty Images/ AFP

Des vandales ukrainiens

Le chef de l’assemblée de Crimée, le Parlement régional installé par la Russie, Vladimir Konstantinov a dénoncé un coup des vandales ukrainiens.

L’Ukraine n’a fait aucun commentaire, mais le chef du cabinet de la présidence ukrainienne Andriï Iermak a publié sur Twitter une binette montrant un pont dans des nuages de fumée.

Tout ce qui est illégal doit être détruit, tout ce qui a été volé doit être rendu à l’Ukraine, a commenté sur Twitter Mikhaïlo Podoliak, un autre conseiller du président Volodymyr Zelensky.

Kirill Stremooussov, un responsable de l’occupation russe dans la région ukrainienne de Kherson, voisine de la Crimée, a publié sur son compte Telegram une vidéosurveillance du pont montrant une violente explosion. Selon lui, les réparations pourraient prendre deux mois.

Le président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky.

Le président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky Photo : Reuters

Un attentat terroriste

La Russie a toujours affirmé que le pont ne risquait rien en dépit des combats en Ukraine, mais elle a menacé par le passé Kiev de représailles si les forces ukrainiennes devaient attaquer cette infrastructure ou d’autres en Crimée.

Le député russe Oleg Morozov, cité par l’agence Ria Novosti, a réclamé samedi une réplique adéquateSinon, ce type d’attentats terroristes va se multiplier, a-t-il dit.

Plusieurs explosions ont eu lieu ces derniers mois sur des installations militaires russes dans la péninsule, résultat probable d’opérations ukrainiennes, comme lorsque la base militaire de Djankoï a été ravagée en août par la déflagration d’un dépôt de munitions, provoquant un exode de touristes de la région.

Les autorités russes ont été toujours avares d’explications concernant Djankoï et d’autres incidents similaires sur des dépôts d’armements ailleurs en Russie, mais proches de la frontière ukrainienne.

À Djankoï, Moscou avait admis finalement un « sabotage », et l’armée ukrainienne avait reconnu des semaines plus tard sa responsabilité.

Un revers de plus pour la Russie

Depuis début septembre, les forces russes ont été obligées de reculer sur de nombreux points du front. Elles ont notamment été forcées de fuir la région de Kharkiv (nord-est) et de reculer dans celle de Kherson (sud).

Le président russe Vladimir Poutine.

Le président russe Vladimir Poutine Photo : Getty Images/Gavriil Grigorov

Devant ces revers face à une armée ukrainienne galvanisée et forte des approvisionnements en armes occidentales, le président Poutine a décrété fin septembre la mobilisation de centaines de milliers de réservistes, des civils donc, pour inverser la tendance.

Il a aussi décrété l’annexion de quatre régions ukrainiennes, bien que Moscou ne les contrôle que partiellement.

L’Ukraine a quant à elle revendiqué la reprise de milliers de kilomètres carrés depuis début septembre et le lancement de sa contre-offensive en plusieurs points du front.

Le seul champ de bataille où Moscou a actuellement l’avantage se trouve aux abords de la ville de Bakhmout, dans la région de Donetsk (est), que les forces russes essaient de prendre depuis le mois d’août.

Les échecs des dernières semaines sont tels que, même dans les médias d’État, l’armée et son commandement sont la cible de critiques de personnalités en vue.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse