Archive for the ‘Opinion’ Category

Canada: Ottawa fournira 39 blindés légers à l’Ukraine

juin 30, 2022
Un blindé léger dans un garage.

Un blindé léger construit par General Dynamics, photographié dans l’usine de l’entreprise, le 16 août 2019. Photo : La Presse Canadienne/Geoff Robins

Ottawa fournira 39 blindés légers et 6 caméras militaires pour drones à l’Ukraine, a annoncé jeudi le premier ministre Justin Trudeau au terme du sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), à Madrid, en Espagne.

Les blindés légers proviendront de l’usine de General Dynamic, à London, en Ontario. Des pièces nécessaires pour les réparations et l’entretien seront envoyées par la même occasion. Les caméras militaires pour drones viendront pour leur part de Burlington, en Ontario.

Les blindés légers étaient initialement destinés aux Forces armées canadiennes, qui recevront tout de même leur commande ultérieurement, aussi rapidement que possible, a précisé le premier ministre. Il en ira de même pour les autres équipements expédiés aux Ukrainiens, comme les obusiers et les fusils.

« [Les Ukrainiens] nous ont souligné à quel point ces caméras dans les drones sont essentielles pour le travail qu’ils font […]. Ils ont besoin de véhicules blindés pour aider avec le transport de troupes. »— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Justin Trudeau, entouré d'Anita Anand et de Mélanie Joly, sur un podium.

Le premier ministre canadien Justin Trudeau était accompagné de ses ministres de la Défense et des Affaires étrangères, Anita Anand (à gauche) et Mélanie Joly, lors de sa conférence de presse au terme du sommet de l’OTAN. Photo : La Presse Canadienne/AP/Manu Fernandez

La facture totale de ce matériel reste à déterminer, a indiqué une source gouvernementale à Radio-Canada, mais elle pourrait dépasser les 300 millions de dollars. Elle sera financée avec l’enveloppe de 500 millions de dollars pour le soutien à l’Ukraine annoncée dans le dernier budget fédéral.

La même source assure que l’annonce du gouvernement est plus que symbolique et que le matériel expédié à Kiev aura un effet réel sur le terrain.

« Vladimir Poutine voulait affaiblir l’OTAN, mais je peux vous dire que ce que j’ai vu cette semaine, c’est que nous sommes unis et déterminés à rendre notre alliance défensive encore plus forte, maintenant et pour le futur. »— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada.

Prenant la parole après M. Trudeau, le président américain Joe Biden a quant à lui annoncé que les États-Unis offriront une nouvelle aide militaire d’une valeur de plus de 800 millions de dollars au cours des prochains jours.

Le gouvernement britannique avait annoncé mercredi une aide supplémentaire d’un milliard de livres (1,55 G$ CA) à l’Ukraine, qui comprend notamment des systèmes de défense anti-aérienne et des drones.

Un centre de l’OTAN à Montréal

Le premier ministre canadien a également indiqué que le Canada a l’intention d’accueillir le bureau régional pour l’Amérique du Nord de l’accélérateur d’innovation de défense pour l’Atlantique Nord de l’OTAN.

Il s’agit de l’un des 10 accélérateurs que l’OTAN veut mettre sur pied dans les pays de l’Alliance pour s’assurer d’une avance technologique sur ses rivaux, notamment en matière d’intelligence artificielle et de technologies quantiques.

M. Trudeau a en outre confirmé que le comité militaire de l’OTAN a approuvé l’installation à Montréal du Centre d’excellence de l’OTAN pour le changement climatique et la sécurité, chargé d’étudier et de prévenir les défis stratégiques et militaires causés par des phénomènes météorologiques extrêmes.

Il a aussi rappelé que le groupement tactique de l’OTAN que le Canada dirige en Lettonie sera considérablement renforcé de manière à devenir apte au combat, et que davantage de soldats canadiens rejoindront ses rangs. Leur nombre reste toutefois à être déterminé.

« Nous serons là aussi longtemps que nécessaire pour s’assurer que la Russie ne gagne pas en Ukraine, et que les démocraties et la règle de droit prévaudront.  »— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Le Canada participera au G20 de Bali

M. Trudeau a par ailleurs indiqué que le Canada participera au sommet du G20 qui aura lieu en novembre à Bali, en Indonésie, même si le président russe Vladimir Poutine devait y participer. Le printemps dernier, M. Trudeau avait plutôt plaidé que la Russie devrait être exclue du groupe.

C’est une conversation trop importante sur l’économie mondiale pour s’en priver, a expliqué le premier ministre en conférence de presse, plaidant la nécessité de contrecarrer la voix et les mensonges que la Russie mettra peut-être de l’avant.

Il est toutefois clair que l’ordre du jour sera dominé par des enjeux comme l’insécurité alimentaire et la hausse des prix du carburant, qui sont une conséquence directe de la décision du Kremlin de déclencher une guerre illégitime et injustifiable, a-t-il ajouté.

Radio-Canada par François Messier avec les informations de Christian Noël

La Russie convoque l’ambassadrice britannique après les propos de Johnson

juin 30, 2022

Moscou a décidé de répliquer après des propos considérés comme « ouvertement grossiers » du Premier ministre britannique envers Vladimir Poutine.

Les propos de Boris Johnson sur Vladimir Poutine ne sont pas passes a Moscou.
Les propos de Boris Johnson sur Vladimir Poutine ne sont pas passés à Moscou.© MIKHAIL KLIMENTYEV / Sputnik / Sputnik via AFP

La réponse de la Russie n’a pas tardé. L’ambassadrice du Royaume-Uni à Moscou, Deborah Bronnert, a été convoquée, jeudi 30 juin, au ministère russe des Affaires étrangères. La raison ? Les propos jugés « grossiers » du Premier ministre Boris Johnson sur le président Vladimir Poutine. Cette décision de la diplomatie russe vise à protester « fermement » contre « les propos ouvertement grossiers des autorités britanniques à l’égard de la Russie, de son dirigeant, de ses responsables, ainsi que du peuple russe », indique le Kremlin.

« Dans une société polie, il est de coutume de s’excuser pour des propos de ce genre », a souligné la diplomatie russe en dénonçant une « rhétorique insultante inacceptable ».

Poutine, un « exemple parfait de toxicité masculine »

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a déclaré mardi soir à la chaîne de télévision allemande ZDF que Vladimir Poutine n’aurait pas déclenché l’offensive en Ukraine s’il avait été une femme. Il a ensuite dénoncé cette opération militaire russe comme « un exemple parfait de toxicité masculine », en clôture du sommet du G7 en Allemagne.

Pour sa part, Ben Wallace, ministre britannique de la Défense, a déclaré mercredi soir à LBC Radio que « la vision que le président Poutine a de lui-même et du monde est un syndrome du petit homme, une vision macho ». Ben Wallace s’est également emporté contre la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, en l’accusant de « menacer tout le monde avec des armes nucléaires » chaque semaine.

En convoquant l’ambassadrice britannique, le ministère russe des Affaires étrangères a également souligné qu’il était « inacceptable » pour les responsables britanniques de « faire la propagande des informations délibérément fausses, notamment sur les menaces présumées de la partie russe de recourir aux armes nucléaires », selon le communiqué de la diplomatie russe.

Par Le Point avec AFP

Algérie-France : un député français nostalgique de la colonisation crée la polémique

juin 29, 2022

Lors de la session inaugurale de la nouvelle législature française, le député du Rassemblement national José Gonzalez a tenu sur l’Algérie des propos qui font polémique.

Le député RN José Gonzalez, à l’Assemblée nationale française, le 28 juin 2022. © ARTHUR NICHOLAS ORCHARD/Hans Lucas via AFP

Pour l’opposition de gauche, « la dédiabolisation du Rassemblement national (RN) a pris fin dès la première séance ».

Ce 28 juin se tenait la séance inaugurale de la nouvelle Assemblée nationale française issue des urnes. Comme le veut le règlement, c’est le doyen de l’hémicycle qui a présidé la première séance avant que les députés ne procèdent à l’élection du président de l’Assemblée. Cette tâche a échu à José Gonzalez, un député RN de 79 ans.

Son discours inaugural, qui n’a pourtant duré que cinq minutes, n’est pas passé inaperçu. Plusieurs propos tenus par ce pied-noir né à Oran en 1943 ont créé la polémique.

Arrivé à Marseille en 1962 à l’âge de 19 ans, José Gonzalez a notamment expliqué avoir été « arraché à sa terre natale » : « J’y ai laissé une partie de ma France et beaucoup d’amis. […] Mon âme est à jamais meurtrie. »

La politique mémorielle de Macron ? Une « erreur monumentale »

À sa sortie de l’hémicycle, face aux micros et aux caméras, cet ancien retraité et contrôleur d’exploration à l’aéroport de Marseille en a remis une couche. Interrogé plus en détail sur son rapport à l’Algérie, il a affirmé qu’il n’était « pas là pour juger si l’OAS a commis des crimes ou non », invoquant au passage « des crimes d’un côté comme de l’autre ».

« Venez avec moi en Algérie dans le Djebel, je vais vous trouver beaucoup d’Algériens qui vont vous demander “quand est-ce que les Français reviennent ?” », a-t-il déclaré.

Et d’ajouter : « J’ai applaudi de Gaulle en 1958 quand il a clamé “vive l’Algérie Française !” » J’ai compris après qu’il ne fallait plus applaudir. »

Le député nouvellement élu a ensuite directement mis en cause la politique mémorielle d’Emmanuel Macron à l’égard de l’Algérie, qu’il a qualifiée d’« erreur monumentale ».

« En expliquant à nos jeunes issus d’Afrique du Nord qu’on a commis des crimes contre l’humanité contre leurs parents, comment voulez-vous qu’ils se comportent avec nous et nous respectent ? », a-t-il déploré.

Au sein de l’opposition, les réactions n’ont pas tardé à pleuvoir. La présidente du groupe La France Insoumise (LFI), Mathilde Panot, a qualifié cette déclaration d’« apologie de l’Algérie française et des crimes de la colonisation ». Le chef du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, a affirmé avoir été « assez gêné » par la tonalité de cette intervention.

Jean-Marie Le Pen a apprécié

En réponse, José Gonzalez a déclaré avoir fait preuve de prudence et s’être contenté d’« évoquer son cas personnel ».

Pour Louis Alliot, maire RN de Perpignan et cadre du parti, « le discours de Monsieur Gonzalez faisait référence à sa vie en Algérie, qui était sa terre natale, et où il a enterré ses grands-parents ».

Selon Lorrain de Saint Affrique, ancien attaché de presse du président français Valéry Giscard d’Estaing et ex-conseiller de Jean-Marie Le Pen, ce dernier a particulièrement apprécié le discours du doyen de l’Assemblée, et compte bien appeler José Gonzalez pour le féliciter et éventuellement le rencontrer. Lorrain de Saint Affrique, récemment rallié au parti Reconquête ! d’Éric Zemmour, a salué un discours « d’un équilibre et d’une finesse remarquables ».

Militant de longue date du Front national, auquel il a adhéré en 1978 sous la présidence de Jean-Marie Le Pen, José Gonzalez a été élu député de la 10e circonscription des Bouches-du-Rhône en récoltant 60 % des voix au second tour face à une candidate de gauche.

Auparavant, il a exercé plusieurs mandats locaux dans la commune d’Allauch (Bouches-du-Rhône), et a été un temps gestionnaire d’auto-école.

Avec Jeune Afrique par Soufiane Khabbachi

La Chine réduit de moitié la quarantaine pour les arrivées de l’étranger

juin 28, 2022
La Chine reduit de moitie la quarantaine pour les arrivees de l'etranger
La Chine réduit de moitié la quarantaine pour les arrivées de l’étranger© AFP/Archives/Leo RAMIREZ

La Chine a réduit mardi de moitié la durée de la quarantaine obligatoire pour les voyageurs arrivant en Chine, un assouplissement majeur des restrictions d’entrée imposées par ce pays qui suit depuis le début de la pandémie une stricte politique sanitaire, que Pékin a toutefois minimisé en évoquant un simple « ajustement ».

Première touchée par le Covid-19, la Chine a fermé dès mars 2020 ses frontières aux voyageurs étrangers pour se prémunir contre de nouvelles infections, au moment où le virus se propageait dans le reste du monde. La Chine avait parallèlement fortement réduit le nombre de vols en provenance de l’étranger.

Pour décourager le retour de ses ressortissants, Pékin imposait depuis plus de deux ans une quarantaine longue et coûteuse à l’hôtel ou dans un centre dédié.

En vertu d’une nouvelle directive dévoilée mardi, la quarantaine à l’arrivée en Chine est réduite à 10 jours, contre 21 initialement.

Les passagers arrivant en Chine devront rester sept jours à l’hôtel puis respecter trois jours d’observation à domicile, a précisé le ministère de la Santé.

Il ne s’agit « absolument pas d’un assouplissement » de la politique sanitaire dite de zéro Covid mais d’un « ajustement », a averti un responsable, Lei Zhenglong.

Fermement défendue par le président chinois Xi Jinping, la stratégie zéro Covid consiste en des confinements, des quarantaines à l’arrivée sur le territoire, l’isolement des personnes contaminées et à la quasi-fermeture des frontières.

Assouplissement très progressif

Les nouvelles mesures ont été perçues par les marchés comme un signal positif pour une économie éprouvée par les mesures sanitaires qui pénalise échanges humains et chaîne d’approvisionnement.

Les Bourses de Hong Kong et Shanghai ont terminé mardi en hausse de près de 1 %.

Les autorités sanitaires locales de Pékin et Canton ont toutefois indiqué à l’AFP n’avoir reçu pour l’heure aucune instruction pour réduire la durée des quarantaines pour les vols internationaux.

Depuis avril, un nombre croissant de villes pilotes avait déjà réduit à dix jours la quarantaine pour les arrivées de l’étranger.

« De longues quarantaines ne sont plus nécessaires », la période d’incubation pour la souche Omicron du coronavirus étant plus courte, relève Yanzhong Huang, spécialiste de santé publique au Council on Foreign Relations, un cercle de réflexion américain.

L’essentiel des retours en Chine concerne des ressortissants chinois.

Mais ces derniers mois, le pays autorise de nouveau au compte-goutte un certain nombre d’étrangers à revenir en Chine, à l’exception notable des touristes.

Les étudiants en provenance de plusieurs pays, dont l’Inde et le Pakistan, peuvent ainsi prétendre à un visa pour la première fois depuis le début de la pandémie.

Crainte d’un rebond

Mais les vols internationaux restent rares, très onéreux et sont fréquemment annulés, Pékin appliquant des pénalités lorsqu’un certain nombre de passagers sont testés positifs sur des liaisons.

Vendredi, l’aviation civile chinoise a indiqué être en discussion avec un certain nombre de pays pour augmenter progressivement les liaisons avec la Chine.

La plupart des analystes doutent cependant que des changements majeurs surviennent à court terme.

En fin d’année doit en effet se tenir en Chine le 20e Congrès du Parti communiste chinois (PCC), au cours duquel le président Xi Jinping devrait obtenir un troisième mandat à la tête du pays.

A l’approche de cet événement considéré comme sensible pour le pouvoir, les autorités veulent éviter tout regain épidémique.

Pour prévenir tout risque, la Chine a déjà fortement restreint les départs à l’étranger de ses ressortissants. Les voyages non essentiels ne sont pas autorisés et la plupart des renouvellements de passeport pour les Chinois ont été suspendus.

Alors que des voix plaident ces derniers mois pour un assouplissement des restrictions sanitaires, le président Xi Jinping insiste pour poursuivre la politique zéro Covid.

Par Le Point avec AFP

Justin Trudeau à l’OTAN : des fissures dans l’Alliance atlantique

juin 28, 2022

L’adhésion éventuelle de la Suède et de la Finlande ainsi que l’avenir de l’opération militaire en Ukraine divisent les pays membres de l’OTAN.

Portrait du premier ministre Justin Trudeau, songeur.

Le principal dilemme auquel font face les dirigeants de l’OTAN : est-il suffisant d’aider l’Ukraine à ne pas perdre la guerre ou faut-il avoir un plan pour aider les Ukrainiens à la gagner? Photo : La Presse Canadienne/Sean Kilpatrick

La force de l’OTAN repose surtout sur son unité et sur sa puissance de dissuasion. L’une et l’autre sont mises à rude épreuve, quatre mois après le début de la guerre en Ukraine.

À l’ouverture du sommet de Madrid, les pays membres ne sont pas à l’unisson sur plusieurs questions fondamentales. Leur principal dilemme : est-il suffisant d’aider l’Ukraine à ne pas perdre la guerre ou faut-il avoir un plan pour aider les Ukrainiens à la gagner?

Au sein de l’OTAN, les différends existent et leurs conséquences sont réelles, estime Frédéric Mérand, professeur de science politique à l’Université de Montréal.

« Le danger, c’est que les nuances de position entre les pays soient exploitées par Moscou et finissent par devenir un facteur de paralysie pour l’OTAN. »— Une citation de  Frédéric Mérand, professeur à l’Université de Montréal

Parmi les décisions qui doivent être prises au sommet :

  • Quel genre d’armement supplémentaire sera acheminé au front?
  • Combien de troupes voudra-t-on envoyer dans les pays baltes, à la frontière de l’Ukraine, comme force de dissuasion contre la Russie?
  • Comment persuader la Turquie de ne pas bloquer l’adhésion de deux nouveaux membres, la Suède et la Finlande, à l’OTAN?
  • Comment préparer la reconstruction de l’Ukraine?

Il est vital que l’OTAN dégage un consensus sur ces enjeux, selon Stéfanie von Hlatky, professeure d’études politiques à l’Université Queen’s.

« Montrer que l’OTAN est unie envoie un message politique et diplomatique beaucoup plus convaincant envers la Russie, au-delà des capacités militaires de ses 30 États membres. »— Une citation de  Stéfanie von Hlatky, professeure à l’Université Queen’s

L’avenir de l’opération

Certains dirigeants, comme le président français Emmanuel Macron, croient qu’il faut laisser une porte de sortie à Vladimir Poutine afin qu’il ne perde pas la face. Cette option signifierait probablement une entente avec l’Ukraine pour céder une partie de son territoire dans l’est du pays.

Une idée à laquelle le président ukrainien Volodymyr Zelensky oppose une fin de non-recevoir, avec l’appui du Canada et des États-Unis.

Pour le Canada, une victoire de l’Ukraine se concrétisera par un retrait total des forces russes du territoire ukrainien, affirme le professeur Frédéric Mérand. Alors que pour la France, l’Italie et l’Allemagne, l’Ukraine devra probablement accepter d’avoir perdu une partie de sa souveraineté pour, un jour, signer un traité avec la Russie.

La position commune qui se dégagera sur cet enjeu dictera en partie les prochaines étapes de l’OTAN dans son soutien à l’Ukraine.

Plus de troupes dans les pays baltes?

Le Canada pourrait être appelé à augmenter sa présence militaire ou ses missions de formation en Lettonie. L’OTAN souhaite augmenter sa présence militaire dans les pays baltes pour consolider sa position défensive et avoir un effet dissuasif sur la Russie.

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, fait pression pour que les pays membres s’engagent à hausser leur contribution en Lettonie, en Lituanie et en Estonie. Et il annonce qu’il veut tripler la taille de sa force d’intervention rapide, pour atteindre 300 000 soldats.

C’est sûr que le Canada pourrait toujours en faire plus, estime Stéfanie von Hlatky. Surtout que les dépenses militaires du pays n’ont toujours pas atteint la cible de 2 % de son PIB, contrairement à d’autres alliés comme l’Allemagne. Ça met plus de pression sur le Canada, croit Mme von Hlatky.

L’adhésion de la Suède et de la Finlande

Justin Trudeau apporte déjà son soutien sans équivoque à l’adhésion de la Suède et de la Finlande, un sujet chaud qui sera discuté au sommet de Madrid.

Si la Suède et la Finlande étaient acceptées au sein de l’OTAN, l’Alliance atlantique étendrait son influence jusqu’aux frontières de la Russie.

Ce serait un signe d’échec pour Vladimir Poutine, selon le professeur Frédéric Mérand. Avant la guerre en Ukraine, la Russie luttait contre l’influence accrue de l’OTAN dans la région. Maintenant, l’OTAN pourrait être à la porte de la Russie, dit M. Mérand.

Mais ce n’est pas chose faite. L’OTAN doit accepter les nouveaux membres à l’unanimité. Or, la Turquie s’oppose à l’adhésion de la Suède et de la Finlande, notamment parce qu’elle les accuse (surtout la Suède) de ne pas adopter la ligne dure envers des éléments extrémistes kurdes considérés comme terroristes.

L’objection de la Turquie est surtout un prétexte, croit cependant Stéfanie von Hlatky, dans le but de soutirer des concessions sur d’autres enjeux, notamment l’achat d’avions de chasse américains.

La Turquie est toujours un fauteur de troubles au sein de l’Alliance, explique Frédéric Mérand, surtout parce qu’elle entretient des liens étroits avec la Russie, entre autres pour l’achat d’énergie et d’armement.

Pour Stéfanie von Hlatky, l’adhésion des deux pays est une question de temps. La Suède et la Finlande ont décidé de présenter leur demande ensemble. Le message que ça envoie, c’est que ce ne sera pas une sans l’autre. Ça met un peu plus de pression sur l’OTAN.

De plus, pour la première fois, les premiers ministres du Japon, de l’Australie et de la Corée du Sud ont été invités à l’OTAN. Devant l’agressivité de la Russie et, aussi, la montée en force de la Chine, l’Alliance atlantique se cherche de nouveaux alliés.

Avec Radio-Canada par Christian Noël

France: La forte consommation de cuisses de grenouille met les amphibiens en péril

juin 28, 2022

Les ONG Pro Wildlife et Robin des Bois pointent du doigt le risque d’extinction de certaines espèces de grenouilles, dont raffolent les Européens.

La disparition des grenouilles serait en marche (photo d'illustration).
La disparition des grenouilles serait en marche (photo d’illustration).© BENOIT PERSONNAZ / Biosphoto / Biosphoto via AFP

Le coassement des grenouilles pourrait venir à manquer si les humains poursuivent leurs habitudes de consommation. Dans leur dernier rapport, relayé par Courrier International lundi 27 juin, les ONG Pro Wildlife et Robin des Bois tirent la sonnette d’alarme à propos des amphibiens. À force de finir dans les assiettes, principalement celles des Européens, certaines espèces de quadrupèdes pourraient être amenées à disparaître. « L’Union européenne est responsable de l’extinction en cascade des populations de grenouilles » en Europe de l’Est et dans certains territoires d’Asie, fustigent les deux organisations. Ainsi, la grenouille des marais d’Anatolie (Turquie), surexploitée, pourrait s’éteindre d’ici 2032.

Jusqu’alors, aucune restriction n’a été ordonnée par les Vingt-Sept quant à ce commerce. Les chiffres officiels évoquent une importation annuelle d’environ 4 070 tonnes de cuisses de grenouille à travers le continent. L’équivalent de 81 à 200 millions d’anoures. En Europe, les pays friands de ce mets raffiné se renvoient la balle. The Telegraph, média britannique, affirme que « les coupables sont les Allemands », mais son confrère The Guardian désigne plutôt comme coupable« l’appétit pour les cuisses de grenouille en France et en Belgique ».

Sans grenouilles, la fragilisation des écosystèmes

« La faim de viande de grenouille semble plus grande en Belgique, destinataire de 70 % des importations, mais, selon l’organisation Pro Wildlife, la plus grande partie est ensuite envoyée en France, qui en importe directement 16,7 % », argue The Guardian dans ses colonnes. En 2020, l’Allemagne « a déboursé 73 millions de livres (près de 85 millions d’euros) pour ce plat, contre une addition de 33 millions de livres (38 millions d’euros) côté français », renchérit The Telegraph.

Au-delà de ces accusations pouvant prêter à sourire, une menace réelle plane sur les grenouilles et les différents écosystèmes dont elles font partie à travers le globe. Un seul déséquilibre peut y avoir des conséquences multiples.

Par Le Point

Canada: Des Québécois se ruent vers Fredericton dans l’espoir d’obtenir un passeport

juin 27, 2022

File d'attente.

Les gens attendaient depuis longtemps devant l’édifice de la rue Regent à Fredericton. Photo : Radio-Canada/Mikaël Mayer

Des dizaines de personnes, surtout des Québécois, faisaient la queue lundi matin devant les bureaux de Service Canada à Fredericton dans l’espoir d’obtenir leur passeport.

Plusieurs voyageurs se sont installés dimanche soir dans l’espoir d’être les premiers à être servis.

Martin Labrosse, qui est originaire de la région des Laurentides, au Québec, est arrivé vers 2 h.

Martin Labrosse.

Martin Labrosse trouve la situation plus facile qu’à Laval, où se trouve le bureau le plus près de chez lui. Photo : Radio-Canada/Mikaël Mayer

« À Laval ça fait 48 h qu’ils attendent, alors on est pas pire. »— Une citation de  Martin Labrosse

Certaines personnes avaient entendu parler des péripéties de François Gamache, un Montréalais qui, après avoir attendu 30 heures en vain dans un bureau de Chicoutimi, avait obtenu son passeport au bureau néo-brunswickois en moins de 3 heures.

Il faudra voir si tous les demandeurs pourront obtenir leurs documents aussi rapidement.

Selon des témoins, dimanche soir il y avait déjà une vingtaine de personnes qui attendaient, mais la file d’attente a rapidement encerclé l’édifice aux premières heures du matin. On pouvait voir dans le stationnement de nombreuses plaques d’immatriculation de la Belle Province.

Des gens assis sur des chaises de camping.

Des voyageurs espèrent mettre la main sur leur passeport rapidement. Photo : Radio-Canada/Mikaël Mayer

J’ai avancé d’un coup, mais là j’attends. Mais c’est beaucoup plus calme qu’à Montréal, où c’est plus stressant, indique Louis, qui a préféré ne pas dire son nom de famille.

Sur le site web de Service Canada, on indique que le temps d’attente lundi est de 6 heures.

Un constat d’échec

Partout au pays, mais particulièrement au Québec, la délivrance des passeports connaît d’importants délais. Des voyageurs ont indiqué avoir dû annuler leur voyage devant l’impossibilité d’obtenir leurs documents.

Ottawa a créé un groupe d’intervention pour s’attaquer aux délais, autant dans les bureaux des passeports que dans les aéroports.

Le coprésident du groupe, le ministre des Relations Couronne-Autochtones, Marc Miller, a admis que la situation actuelle est un constat d’échec.

Malgré tout, les voyageurs présents à Fredericton lundi gardent espoir. Selon des personnes présentes, le service était courtois et une employée est venue répondre aux questions de tous ceux qui en avaient besoin

Avec Radio-Canada

Sénégal : Macky Sall visé par Olivier Faure, le chef du PS français

juin 27, 2022

En évoquant le sort de certains opposants incarcérés au Sénégal, Olivier Faure a suscité des réactions « anticoloniaslistes » du parti présidentiel sénégalais.

© Damien Glez

Spécialiste, depuis le début de sa carrière, des questions d’opinion politique franco-française, l’actuel premier secrétaire du Parti socialiste n’a sans doute pas mesuré les vagues d’indignation suscitées, ces derniers mois, par les analyses hexagonales abruptes des situations nationales africaines. De fait, devant Twitter, samedi soir, Olivier Faure n’y est pas allé avec le dos de la cuillère, lorsqu’il a entrepris de commenter la situation sénégalaise

« La démocratie sénégalaise est piétinée » : sur le réseau de la concision et du buzz, le politicien français ne mâche pas ses mots, précisant que « la liberté de manifester est entravée » et « la justice instrumentalisée » au pays de la Teranga. L’objet de son courroux est la détention, notamment pour rassemblement illicite, des députés Déthié Fall, Mame Diarra Fam, Bara Dolly Mbacké et du maire Ameth Aïdara qui, selon les termes catégoriques de son tweet, « doivent être libérés ». Cerise sur le gâteau de l’ingérence, il conclut son post par un #Stop_Macky_Sall.

Réflexes paternalistes ?

Dès dimanche, des responsables de la majorité sénégalaise réagissent, embouchant évidemment la trompette anticolonialiste qui sied d’habitude aux socialistes. Pour le ministre de l’Eau et de l’Assainissement, Serigne Mbaye Thiam, Olivier Faure a cédé aux « réflexes paternalistes de donneurs de leçons », qui surgissent inéluctablement lorsqu’il s’agit de commenter la situation « d’un pays anciennement colonisé ». Le porte-parole de la coalition présidentielle Benno Book Yaakar, Papa Mahaw Diouf, enfonce le clou en évoquant un « néocolonialisme mental ». Le président du groupe parlementaire de la majorité, Aymerou Gningue, entend quant à lui saisir le groupe parlementaire d’amitié France-Sénégal.

Certes, Olivier Faure a besoin de se distraire avec de l’actualité internationale. Depuis son adhésion au Parti socialiste français, le score du PS à l’élection présidentielle a été divisé par 30 –1,75% des voix pour Anne Hidalgo en 2022 contre 51,76 % pour François Mitterrand en 1981– et le nombre des députés par 10 – 28 actuellement contre 285 au début des années 80. Le premier secrétaire a donc tenté une envolée lyrique digne de l’époque de l’Internationale socialiste conquérante. Même s’il est le fils d’un membre du Parti socialiste sénégalais, le président Macky Sall fait plutôt figure de libéral bon teint, ce qui permet à Olivier Faure de supposer ses opposants dans le camp idéologique de gauche…

La convocation exclusive du néocolonialisme dans les réactions de la majorité sénégalaise, après le tweet de samedi, constitue-t-elle une réponse un peu courte, voire un écran de fumée ? En n’entrant pas dans le fond du dossier évoqué, les membres de l’exécutif sénégalais auront beau jeu d’invoquer la séparation des pouvoirs. Et Olivier Faure de lire quelques tweets sénégalais chaleureux en réponse au sien comme : « merci de parler de ce qui se passe au Sénégal. Sous la protection de Macron, Macky « Sale » se croit tout puissant »…

Avec Jeune Afrique

Damien Glez

Par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

La Russie interdit l’accès à son territoire à 43 Canadiens de plus

juin 27, 2022
Justin Trudeau et Suzanne Cowan (au centre)

La présidente du Parti libéral Suzanne Cowan (au centre) fait partie des personnalités interdites d’entrer en Russie. Photo : The Canadian Press/Adrian Wyld

La Russie a interdit l’entrée à son territoire à 43 Canadiens, une mesure prise en réponse aux sanctions occidentales imposées contre Moscou.

La liste, publiée par le ministère des Affaires étrangères, comprend notamment la présidente du Parti libéral au pouvoir au Canada, Suzanne Cowan, et l’ancien gouverneur de la Banque du Canada et de la Banque d’Angleterre, Mark Carney.

Des hauts fonctionnaires, des conseillers politiques et des membres de la société civile ont également été sanctionnés.

La diplomatie russe a dénoncé la russophobie belliqueuse du gouvernement de M. Trudeau et a précisé qu’il s’agissait d’une mesure de représailles contre l’introduction en mai par Ottawa de nouvelles sanctions contre des dirigeants d’entreprises russes et les membres de leurs familles.

En comptant la dernière liste, plus de 700 Canadiens ont été interdits d’entrée en Russie depuis le début de son offensive en Ukraine.

Le 19 mai, Moscou avait annoncé fermer le bureau dans la capitale russe de la radio-télévision canadienne CBC/Radio-Canada et annuler les accréditations et les visas de ses journalistes, en réponse à l’interdiction de diffusion de chaînes du groupe russe RT au Canada, décidée mi-mars.

Ottawa a pour sa part imposé des sanctions à plus de 1000 personnes et entités de la Russie, de l’Ukraine et du Bélarus.

En avril, Moscou avait sanctionné 61 responsables canadiens et journalistes. Il a interdit des dizaines d’autres politiciens occidentaux, journalistes et hommes d’affaires d’entrer en Russie.

Par Radio-Canada avec les informations de Reuters et Agence France-Presse

États-Unis: Premier État à avoir criminalisé l’avortement, le Missouri entre la fierté et le choc

juin 27, 2022
L'oratoire St. Francis de Sales, à St. Louis, au Missouri.

Le Missouri est le premier État à avoir interdit l’avortement. Photo: Radio-Canada

Le procureur général du Missouri Eric Schmitt était prêt. La loi était écrite depuis quelques semaines déjà et lorsque la décision de la Cour suprême est tombée, il n’a eu qu’à apposer sa signature pour que l’avortement devienne illégal au Missouri. L’État est ainsi devenu le premier à légiférer contre l’avortement après le jugement du plus haut tribunal américain.

Ils écoutent la messe.

Des centaines de fidèles se réunissent chaque semaine à l’oratoire St. Francis de Sales de Saint Louis. Photo : Radio-Canada

À l’oratoire St. Francis de Sales dans la ville de Saint Louis, la décision de criminaliser l’avortement fait l’unanimité. L’église accueille tous les dimanches la communauté de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre, une société de la mouvance catholique traditionaliste. La messe y est célébrée en latin et des centaines de fidèles y assistent chaque semaine.

Originaire de la France, Pierre Dumain est vicaire depuis quatre ans dans cette paroisse du sud de la ville. Il partage et enseigne ses valeurs pro-vie avec les jeunes de sa communauté. Et ses convictions, dit-il, vont au-delà de la tradition religieuse. Il y a le cinquième commandement : « Tu ne tueras pas », mais ce n’est pas parce que je suis catholique que je ne tue pas. Un athée ne tue pas un être humain. Un embryon est un être humain, donc on ne le tue pas explique-t-il.

« Tuer un enfant sans défense, c’est le plus grand crime. »— Une citation de  Pierre Dumain, vicaire, oratoire St. Francis de Sales

Pierre Dumain en entrevue

Pierre Dumain est vicaire depuis quatre ans à Saint Louis. Photo : Radio-Canada

Dans la communauté, les familles sont nombreuses. Au sous-sol de l’église où les fidèles se rassemblent après la messe, il n’est pas rare de croiser des familles de 6, 7 ou même 12 enfants. L’avortement, pour eux, n’est pas une option même en cas de viol.

Confronté à cette question, Pierre Dumain répond que ce n’est pas grâce à l’avortement que l’on peut combattre la culture du viol. La question d’abord, c’est pourquoi il y a des viols? Pourquoi il y a ce manque de respect pour la femme? soutient-il.

Elle est entourée d'une clôture.

Planned Parenthood était la seule clinique d’avortement de tout le Missouri. Photo : Radio-Canada

À quelques kilomètres de l’oratoire se trouve la seule clinique d’avortement de tout le Missouri. À Planned Parenthood, depuis vendredi, quiconque y pratique une interruption volontaire de grossesse s’expose à une peine de 5 à 15 ans de prison. L’avortement est devenu un crime passible de la même peine qu’un homicide volontaire.

Dorénavant, les avortements sont autorisés seulement dans les cas où la vie de la mère est en danger. La loi vise à punir les médecins qui pratiquent des avortements et non leurs patientes.

C’est un choc, lance Tania Thomas. J’avais entendu que c’était en discussion, mais je n’avais jamais pensé qu’ils prendraient les droits aux femmes, poursuit cette Québécoise qui habite la banlieue de Saint Louis depuis plus de 25 ans.

Elle craint maintenant que les élus républicains aillent plus loin. Ils pourraient très bien décider de s’en prendre ensuite au mariage entre deux personnes du même sexe ou bien les autres droits à la contraception, dit la mère de famille.

Jade et Tania Thomas

Jade et Tania Thomas, mère et fille s’inquiètent des impacts de la criminalisation de l’avortement au Missouri Photo : Radio-Canada

Sa fille, Jade, s’inquiète également. La jeune femme de 25 ans est anthropologue et termine un doctorat en médecine à l’Université Washington de Saint Louis. Ses études l’ont menée à travailler dans une clinique venant en aide à des femmes victimes de violence conjugale, et la criminalisation de l’avortement maintiendra les femmes prisonnières du cercle de la violence.

Dans des foyers où il y a de la violence conjugale, la grossesse est en quelque sorte une façon de garder les femmes prisonnières de ce modèle et plus rien ne pourra plus arrêter ça, déplore-t-elle.

« Je sens que notre futur est menacé. »— Une citation de  Jade Thomas

De retour à l’oratoire St. Francis de Sales, Pierre Dumain, lui, croit plutôt que cette décision aura un effet positif dans les États qui suivront l’exemple du Missouri. On va voir les résultats dans quelques années dans les États qui l’ont interdit et ceux qui l’autorisent. On verra que des États, où l’avortement demeurera légal, vont s’effondrer […] Sans enfant, la perte des valeurs familiales va détruire le tissu social, croit-il.

Pour l’instant, force est d’admettre que c’est le débat autour de cette loi qui menace le tissu social du Missouri.

Avec Radio-Canada par Valérie Gamache