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Grande-Bretagne: Boris Johnson défend son poste malgré le polémique « partygate »

janvier 26, 2022

Le gouvernement britannique est pendu aux conclusions d’une enquête interne de la haute fonctionnaire Sue Gray sur les différentes garden-parties.

Boris Johnson devant le parlement britannique, le mardi 25 janvier 2022.
Boris Johnson devant le parlement britannique, le mardi 25 janvier 2022.© JESSICA TAYLOR / AFP

Boris Johnson n’a pas fini d’entendre parler du « partygate ». Le Premier ministre britannique, dans la tourmente à cause de fêtes organisées à Downing Street quand le pays était soumis à de lourdes restrictions (notamment une interdiction de rassemblement), fait tout pour défendre son poste. Mercredi 26 janvier, il a fait face aux critiques de l’opposition, alors que sa place de Premier ministre était suspendue à la publication d’un rapport potentiellement explosif sur ces fameuses fêtes qui ont eu lieu pendant les confinements.

Westminster est en proie à une véritable guerre des nerfs en attendant les conclusions d’une enquête interne de la haute fonctionnaire Sue Gray sur différentes garden-parties, pots de départ ou fêtes d’anniversaire dans les cercles du pouvoir. Ces rassemblements ont choqué les Britanniques, contraints par la loi, à l’époque, de restreindre drastiquement leurs contacts.

Après une journée de spéculations et informations contradictoires sur le moment où sera publié ce rapport, la presse britannique estime que cela pourrait arriver dès mercredi ou jeudi, sans aucune assurance.

Boris Johnson traité de « menteur »

Accusé de mensonges et appelé à la démission lors de sa séance hebdomadaire d’explications devant les députés, le dirigeant conservateur de 57 ans a refusé de commenter l’enquête en cours et a rejeté tout départ. Il a assuré se concentrer sur la reprise économique ou encore la crise en Ukraine, haussant la voix dans une ambiance houleuse.

Le leader du Labour, Keir Starmer, l’a accusé de « mépriser » le pays et le président de la Chambre des communes, Lindsay Hoyle, a dû intervenir à plusieurs reprises pour maintenir le calme, réprimandant au passage un député travailliste qui avait qualifié Boris Johnson de « menteur ».

Ajoutant à la tension, la police s’est aussi saisie de l’affaire, annonçant mardi enquêter sur plusieurs « événements » afin d’établir s’il y a eu des « violations potentielles des règles liées au Covid-19 », passibles d’amendes. Même au sein de la majorité conservatrice de Boris Johnson, la colère gronde. S’il a jusqu’à présent échappé à un vote de défiance, qui peut être déclenché à la demande de 54 (sur 359) députés de son camp, Boris Johnson reste en position très délicate.

Certains ont déjà demandé publiquement son départ. D’autres frondeurs attendent la publication du rapport de Sue Gray pour décider de tenter ou non d’évincer leur leader. Reste à savoir s’il sera publié en totalité, photos, messages et témoignages à la clé, ou dans une version allégée.

« Erreurs commises »

Devant les députés, Boris Johnson a salué mardi l’ouverture de l’enquête policière espérant qu’elle « donnera au public la clarté dont il a besoin et aidera à mettre ces questions derrière nous ». Selon son porte-parole, il « coopérera pleinement » à ces investigations. Elles le plongent dans une tourmente jamais vue depuis son accession triomphale au pouvoir à l’été 2019, avec une popularité en chute libre et des députés de sa majorité ouvertement hostiles. Espérant rebondir, le Premier ministre a annoncé la levée des dernières restrictions liées au Covid à partir de jeudi, espérant regagner la faveur de l’opinion dans un pays soumis à de longs confinements et fortement endeuillé par la pandémie, qui y a fait plus de 154 000 morts.

Mais régulièrement, de nouvelles révélations viennent accabler le dirigeant. Dernière en date : une fête organisée par sa future épouse Carrie dans la salle du conseil des ministres à l’occasion de son anniversaire le 19 juin 2020 après-midi, lors du premier confinement. Selon ITV, jusqu’à 30 personnes y auraient participé. Une nouvelle difficile à digérer pour les Britanniques, qui s’étaient pliés aux règles. La reine Elizabeth II elle-même avait fêté son 94e anniversaire dans la discrétion, le 21 avril 2020, sans sa famille. « Le Premier ministre a présenté ses excuses pour ce qui s’est passé. Il a dit que des erreurs avaient été commises », l’a défendu mercredi sur SkyNews sa ministre des Affaires étrangères, Liz Truss. La cheffe de la diplomatie a ajouté qu’il ne faudrait plus attendre longtemps pour connaître les conclusions du rapport de Sue Gray.

Par Le Point avec AFP

Canada-Le Québec se redéconfine : « Il faut y aller mollo », prévient Legault

janvier 25, 2022

Le premier ministre annonce des allègements en deux phases pour le 31 janvier et le 7 février.

Le premier ministre Legault en conférence de presse.

Le premier ministre François Legault a annoncé mardi certains allègements des mesures sanitaires, même si l’état du réseau de la santé demeure précaire. Photo : La Presse Canadienne/Grahams Hughes

Encouragé par une baisse légère, mais constante, des hospitalisations, le gouvernement du Québec permettra à nouveau à ses citoyens de se réunir en dehors de leurs bulles familiales respectives à compter de lundi prochain, dans les maisons et dans les restaurants, entre autres assouplissements des mesures sanitaires.

Le premier ministre François Legault a fait savoir mardi que les rassemblements dans les résidences privées seront permis à partir de la semaine prochaine. Mais attention : seules les réunions de quatre personnes (ou deux bulles familiales) seront autorisées.

La limite sera la même dans les restaurants, qui poussent un soupir de soulagement. Quatre personnes (ou deux bulles familiales) pourront s’asseoir à la même table. Les salles à manger seront également limitées à 50 % de leur capacité; le service sera interrompu à 23 h; et les clients devront avoir en main leur passeport vaccinal.

M. Legault a procédé à cette annonce lors d’une conférence de presse, mardi après-midi. Il était pour l’occasion accompagné du ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, et du directeur national de santé publique par intérim, le Dr Luc Boileau.

L’idée, c’est d’y aller graduellement, prudemment, a fait valoir le premier ministre, qui demeure inquiet de l’état précaire du réseau de la santé. Comme on dit en québécois, il faut y aller mollo, a-t-il soutenu.

« Je comprends que les gens sont tannés. Mais en même temps, il faut être prudents. Il faut penser chaque jour au personnel qui est au front depuis longtemps dans nos hôpitaux. Donc c’est pour ça qu’il faut y aller mollo. »— Une citation de  François Legault, premier ministre du Québec

Des allègements ont aussi été annoncés mardi dans les milieux de vie pour personnes âgées. Le nombre de visiteurs pourra augmenter à deux par jour pour les résidents des centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) et à quatre dans les résidences privées pour aînés (RPA) à partir de lundi.

M. Legault a également rappelé aux gestionnaires de milieux de vie qu’un maximum de quatre personnes pouvaient déjà s’asseoir autour d’une même table pour partager un repas dans ces établissements, et a déploré que certains d’entre eux obligent leurs résidents à manger dans leur chambre.

La pratique des sports parascolaires et civils pour les jeunes âgés de moins de 18 ans pourra en outre reprendre lundi. Toutefois, les groupes seront limités à 25 personnes et toute forme de compétition sera interdite; seuls les entraînements seront tolérés.

Cette autorisation sera également valide pour les activités parascolaires comme le théâtre ou les jeux d’échecs, a illustré le premier ministre.

Autres précisions : les concessions alimentaires des centres de ski pourront rouvrir dès lundi en fonction des mêmes modalités que celles imposées aux restaurants, et certains lieux intérieurs comme le Biodôme, le Planétarium, les aquariums, les insectariums et les jardins zoologiques pourront rouvrir à 50 % de leur capacité.

Une deuxième phase le 7 février

Quant aux salles de spectacles, aux cinémas, aux amphithéâtres et aux lieux de culte, ils devront patienter jusqu’au lundi 7 février, a indiqué François Legault, qui affirme vouloir procéder par étapes et avec prudence.

La capacité d’accueil de ces établissements sera également limitée à 50 %, avec un maximum de 500 spectateurs dans les lieux culturels et de 250 fidèles dans les lieux de culte. Le passeport vaccinal sera également exigé, sauf pour les funérailles, qui seront limitées à 50 personnes.

En ce qui concerne les gyms, les bars, les tavernes et les casinos, par contre, il est encore trop tôt pour évoquer leur réouverture.

On est sortis du tunnel, a déclaré M. Legault. Par contre, le train de la santé est magané, et il est magané depuis plusieurs années, a-t-il ajouté, réitérant l’intention de son gouvernement de présenter un vaste plan de refondation du système de santé axé sur la formation du personnel et des incitatifs au recrutement.

Ledit plan sera exposé le mois prochain, a précisé le premier ministre.Le Dr Luc Boileau en conférence de presse.

Le Dr Luc Boileau a été nommé directeur de santé publique par intérim à la suite de la démission surprise du Dr Horacio Arruda, plus tôt ce mois-ci. Photo : La Presse Canadienne/Grahams Hughes

Les mesures d’assouplissement présentées mardi constituent un premier pas, mais il ne s’agit pas de la séquence de déconfinement de la santé publique, sur laquelle le Dr Boileau travaille toujours.

« Il faut donner un espace pour permettre de vivre différemment et de continuer à vivre dans cette dimension avec le virus, tout en étant prudent. […] Je pense que c’est un calcul correct du risque de la charge hospitalière qui veut se stabiliser et du besoin pour les gens de socialiser. »— Une citation de  Dr Luc Boileau, directeur national de santé publique par intérim

Le Dr Boileau a par ailleurs annoncé mardi qu’il y aura sous peu des points de presse distincts de la santé publique par rapport au gouvernement – une demande de longue date des partis d’opposition.

Selon le bureau du premier ministre, toutefois, ces points de presse ne seront pas systématiques, et le gouvernement continuera au besoin à inviter le Dr Boileau à ses événements.Un masque médical dans la neige.

« On est tous conscients que beaucoup de Québécois sont tannés des consignes », a déclaré mardi le premier ministre François Legault.

PHOTO : RADIO-CANADA / JEAN-CLAUDE TALIANA

Pour justifier les allègements annoncés mardi, François Legault a notamment évoqué la nécessité de préserver la santé mentale des Québécois.

Cela dit, il manque toujours 12 341 travailleurs de la santé dans le réseau, dont 5719 à Montréal, et l’on compte toujours près de 3300 patients hospitalisés dans les hôpitaux de la province.

Dans son bilan de mardi, le ministère de la Santé et des Services sociaux a annoncé une légère baisse des hospitalisations (-21), mais 85 décès de plus dus à la COVID-19.

Cette tendance devrait se poursuivre, a indiqué M. Legault, qui a rencontré lundi soir des experts de l’Institut national de santé publique du Québec INSPQ, de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux INESSS et de la santé publique avec Christian Dubé. Mais il y a encore beaucoup d’incertitude, a-t-il prévenu.

Avec Radio-Canada par

Jérôme Labbé

Jérôme Labbé

Omicron : l’Occident raciste envers les scientifiques sud-africains ?

janvier 25, 2022
Damien Glez © Damien Glez

Des chercheurs d’Afrique du Sud se disent victimes de discrimination de la part des pays du Nord qui ne prennent pas leurs publications au sérieux. La preuve par le dernier variant…

Les politiques et scientifiques du Nord « multiplient-ils par zéro » l’expertise médicale quand celle-ci vient des pays du Sud, singulièrement d’Afrique ? Pour le professeur Shabir Madhi interrogé par la BBC, les pays « à revenu élevé » seraient plus prompts à « absorber les mauvaises nouvelles qui viennent de pays comme l’Afrique du Sud » que les informations encourageantes. En cause, selon l’expert en vaccins de l’université de Witwatersrand de Johannesburg : la phobie de la situation sanitaire du continent et le mépris pour le niveau académique de scientifiques africains pourtant bardés de diplômes et pétris d’expérience.

« Alerte racisme ! », semble confirmer le professeur Salim Karim, ancien chef du comité consultatif Covid du gouvernement sud-africain et vice-président du Conseil international des sciences. L’épisode du variant Omicron du Covid-19 – d’abord détecté en Afrique australe – permettrait d’étayer leur thèse.

Scepticisme et mésestime

Si les scientifiques du cru, singulièrement sud-africains, ont rapidement constaté que le nombre inhabituel de mutations du variant le rendait préoccupant du point de vue de la transmissibilité – quatre fois plus infectieux –, ils ont aussi annoncé, en moins de deux semaines, que celui-ci était « dramatiquement plus bénin » que les variants responsables des précédentes vagues de la pandémie. Autrement dit :  le risque de contracter une forme grave était moins important qu’avec les autres formes du Covid-19.

Comme si les travaux sud-africains n’étaient pas dignes de foi, le monde entier les aurait ignorés, plongeant la tête la première dans une psychose, il est vrai, source de mesures de sécurité toujours bonnes à prendre. Shabir Madhi s’étonne que l’Occident semble refuser de « croire la science parce qu’elle vient d’Afrique », perclus de scepticisme quand les nouvelles venues du continent sont bonnes. Les recherches sud-africaines étant formellement rigoureuses sur le plan scientifique, la mésestime du Sud par le Nord relèverait du racisme.

Certes, « crier au loup » est un peu la vocation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ne serait-ce qu’en respect du principe de précaution, il paraissait légitime que l’institution onusienne mette en garde contre le fait de qualifier Omicron de « bénin », craignant que le « tsunami » de contagion ne déstabilise les systèmes de santé.

De toute façon, l’OMS a l’habitude, depuis le début de la pandémie, d’être taxée d’alarmiste, en particulier en ce qui concerne le continent africain… Le scepticisme de l’Occident pourrait-il se justifier par l’âge moyen de sa population bien supérieur à celui des Sud-Africains ? Pour les scientifiques de Johannesburg, l’optimisme peut tout de même être décliné dans le Nord, l’atout de la jeunesse africaine étant contrebalancé par la prévalence plus élevée, en Afrique, d’autres comorbidités.

En Afrique du Sud, la vague Omicron devrait durer deux fois moins longtemps que les précédentes et pourrait être déclarée terminée dans les prochains jours, en dépit de la crainte suscitée par les contagions en période de réouverture des écoles.

Damien Glez

Avec Jeune Afrique par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Locales au Sénégal : Barthélémy Dias provoque un raz-de-marée à Dakar

janvier 25, 2022
Barthélémy Dias à Dakar. © Sylvain Cherkaoui pour Jeune Afrique

Comme à son habitude, la capitale sénégalaise, volontiers frondeuse, échappe au pouvoir. Les résultats provisoires donnent le candidat de la coalition Yewwi Askan Wi largement vainqueur.

C’est sur le hit Magic in the air du groupe ivoirien Magic System que Barthélémy Dias, entouré de ses partisans, a célébré sa victoire dans la nuit du 23 janvier. Ou du moins sa large avance sur Abdoulaye Diouf Sarr, le candidat du pouvoir, en attendant la publication des résultats définitifs. « Je dédie cette victoire à Khalifa Sall parce que Dieu est avec les justes », a-t-il lancé depuis la commune de Grand-Yoff.

Dès le dimanche soir, Benno Bokk Yakaar (BBY), la coalition au pouvoir, a reconnu sa défaite à Dakar. « Dans l’ensemble, les tendances nationales donnent notre coalition largement gagnante dans plusieurs capitales régionales et départementales. Toutefois, notre volonté de conquérir Dakar et Ziguinchor en particulier n’a pas été concluante », indique BBY dans un communiqué. Le revers est d’autant plus cinglant pour Abdoulaye Diouf Sarr, le ministre de la Santé, qu’il aurait été battu dans son propre fief, à Yoff, commune dont il est pourtant le maire.

Yewwi Askan Wi remporte la mise

La capitale sénégalaise faisait l’objet de toutes les attentions. Elle échappe au pouvoir depuis 2009 et la gagner était donc crucial pour la majorité. Mais, tout comme à Ziguinchor, c’est Yewwi Askan Wi qui a remporté la mise. Outre la mairie centrale, l’opposition s’impose dans les principales communes de la banlieue dakaroise et dans les villes importantes de la région éponyme : Yoff, Patte-d’Oie, Fann-Point E-Amitié, Parcelles-Assainies, Guédiawaye, Sangalkam, Golfe-Sud, Yeumbeul-Sud et Rufisque.

Des figures importantes de la majorité ont ainsi été battues dans leur fief, comme Aliou Sall, maire sortant de Guédiawaye et frère de Macky Sall, ou encore Moussa Sy, un ancien proche de Khalifa Sall dont c’était le deuxième mandat à la tête des Parcelles-Assainies.

SOHAME EL WARDINI A ÉCHOUÉ DANS SON PROPRE BUREAU DE VOTE, MERMOZ-SACRÉ-COEUR

Doudou Wade, le candidat de Wallu Sénégal, l’autre coalition de l’opposition construite autour du Parti démocratique sénégalais (PDS) d’Abdoulaye Wade, a également adressé ses « félicitations » à Barthélémy Dias. Lequel devrait donc reprendre le fauteuil occupé par Soham El Wardini, maire de Dakar depuis 2018. Pour elle, la défaite est cruelle : selon les résultats provisoires, elle a échoué dans son propre bureau de vote, Mermoz-Sacré-Cœur.

Plus de 6,6 millions de Sénégalais, sur une population de 17 millions, étaient appelés à départager 3 200 listes dans plus de 500 mairies et plus de 40 départements. La conquête de Dakar était l’un des grands enjeux de ce scrutin qui a valeur de test pour l’opposition et le pouvoir avant les législatives de juillet prochain et la présidentielle en 2024.

Avec Jeune Afrique par Mawunyo Hermann Boko

Burkina : le président Kaboré écarté, le lieutenant-colonel Damiba prend le pouvoir

janvier 24, 2022
Roch Marc Christian Kaboré, en octobre 2019. © Mikhail Metzel/TASS/Sipa USA/SIPA

Selon un communiqué lu par les militaires sur les ondes de la radio-télévision nationale, le chef de l’État a été destitué, ce lundi 24 janvier. Un « Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration » annonce prendre la tête du pays.

Les militaires putschistes ont confirmé, aux environs de 17h30 TU, le renversement du président Roch Marc Christian Kaboré. La déclaration, signée du lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, « président du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration[MPSR] » a été lue à la Radiodiffusion télévision du Burkina (RTB).

« Au regard de la dégradation de la situation sécuritaire et de l’incapacité manifeste du pouvoir de Roch Marc Christian Kaboré à unir les Burkinabè pour faire face efficacement à la situation et suite à l’exaspération des différentes couches sociales de la nation, le Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration a décidé d’assumer ses responsabilités devant l’Histoire, a lu le capitaine Sidaoré Kader Ouédraogo, coiffé d’un béret bleu. Le mouvement, qui regroupe toutes les composantes de forces de défense et de sécurité, a ainsi décidé de mettre fin au pouvoir de Roch Marc Christian Kaboré  ce 24 janvier 2022. »

« Tournant décisif »

Capture d’écran des militaires burkinabè lisant la déclaration annonçant la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée nationale, le lundi 24 janvier 2022.
Capture d’écran des militaires burkinabè lisant la déclaration annonçant la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée nationale, le lundi 24 janvier 2022. © DR / RTB

Il a dans la foulée annoncé la suspension de la Constitution, la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée nationale ainsi que la fermeture des frontières terrestres et aériennes du Burkina Faso. Il a également précisé que le coup d’État avait eu lieu « sans effusion de sang et sans aucune violence physique à l’encontre des personnes arrêtées ». Il a promis que le MPSR présenterait « un calendrier de retour à l’ordre constitutionnel ». Il s’agit, a-t-il conclu, d’un « tournant décisif » pour le Burkina Faso.

« Le président Kaboré a voulu éviter un bain de sang », avait confié un membre de son proche entourage, joint par Jeune Afrique peu de temps avant la lecture du communiqué, laissant entendre qu’il s’était résolu à démissionner.

Jusqu’au bout, Roch Marc Christian Kaboré aura tenté de trouver une issue pour rester au pouvoir. « Il pensait encore pouvoir trouver une solution pour que toutes les forces armées ne rallient pas les putschistes », glisse l’un de ses intimes qui l’a eu au téléphone hier. Mais le chef de l’État savait sa marge de manœuvre réduite d’autant que, derrière les mutineries qui ont éclaté hier dans plusieurs camps et casernes du pays, se dessinait le scénario d’une action concertée.

À Emmanuel Macron, Alassane Ouattara ou encore Macky Sall, avec lesquels il a échangé dans l’après-midi de ce dimanche, le président burkinabè a répété la même chose : « Nous essayons de gérer la situation. Nous avons entamé des discussions avec les mutins et nous espérons un dénouement favorable. »

SELON LE MPP, LE CHEF DE L’ÉTAT A ÉCHAPPÉ À UNE TENTATIVE D’ASSASSINAT

Le dénouement surviendra, mais il ne lui sera pas favorable. Dès dimanche soir, une fois la parenthèse de la victoire des Étalons en huitièmes de finale de la CAN refermée, les événements se précipitent. Des mutins prennent d’assaut sa résidence personnelle, dans le quartier de la Patte-d’Oie. Deux véhicules de sa garde rapprochée sont criblés de balles. Leurs sièges, filmés par la foule le lendemain, sont maculés de taches de sang. Quatre membres de sa sécurité sont blessés.

Ses proches affirment qu’il a été exfiltré et placé en « lieu sûr » par les gendarmes qui composent sa garde. Son parti, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), affirme même que le chef de l’État a échappé à une tentative d’assassinat.

Tout au long de ce lundi, plusieurs de ses collaborateurs affirment qu’il est en sécurité et qu’ils échangent avec lui. Une version contredite par d’autres sources, selon lesquelles il est au contraire entre les mains des putschistes. La confusion règne, mais une chose est sûre : alors que les heures passent, le chef de l’État, invisible et introuvable, voit le pouvoir lui échapper. Les putschistes contrôlent les abords de la présidence et de sa résidence, ainsi que la télévision nationale.

En coulisses, les tractations entre militaires progressent. L’ensemble de l’armée, y compris la gendarmerie, réputée fidèle à Kaboré, semble se rallier aux putschistes. Malgré les pressions politiques et diplomatiques pour maintenir le président en place, l’affaire semble entendue. Difficile, dès lors, de voir comment le rapport de force pouvait s’inverser. Contrairement à ce qu’il espérait il y a encore quelques heures, Roch Kaboré n’y est pas parvenu. Il rejoint désormais la liste – qui ne cesse de s’allonger – des chefs d’État ouest-africains renversés par un putsch.

Par Jeune Afrique

Congo/Vie des partis : la Commission nationale d’investiture de l’UDH-Yuki annule l’acte n° 32 du premier vice-président

janvier 24, 2022

Dans une déclaration rendue publique le 24 janvier à Brazzaville, la Commission nationale d’investiture (CNI) de l’Union des démocrates humanistes (UDH-Yuki) a annulé l’acte n° 32, relatif au chronogramme de validation des candidatures aux élections couplées aux locales de 2022 pris le 14 décembre 2021 par le premier vice-président, Pascal Ngouanou.

Réhodule Batina lisant la déclaration, à gauche

La Commission a dénoncé la forfaiture commise par le premier vice-président, Pascal Ngouanou, tout en relevant son incompétence en matière d’ouverture de dépôt et de validation des candidatures au sein du parti. Ella a, en même temps, décrié l’abus de pouvoir en général et la violation en particulier de l’article 64 des statuts. Cet acte, en effet,  stipule : « La Commission nationale d’investiture a pour attributions de définir et proposer au bureau exécutif national, en temps opportun pour chaque cas, des modalités de désignation des candidats de l’UDH-Yuki aux élections locales, sénatoriales, législatives et présidentielle ».

L’acte poursuit :  » Centraliser, exploiter et traiter des déclarations des candidatures des membres à ces élections et en dresser un rapport devant être transmis au président du parti dans les délais impartis pour publication de la liste des candidats retenus aux différentes élections par acte pris en réunion du bureau exécutif national ».

Cette procédure, selon le président de la Commission, Réhodule Batina, n’a pas été suivie. Au regard des dispositions de l’article 64 des statuts du parti, la compétence en matière d’ouverture, de dépôt, de traitement et de validation en matière d’élection est exclusivement dévolue à la CNI. 

Ainsi, à compter du 24 janvier, toutes les dispositions relatives au dépôt et à la validation des candidatures aux élections de cette année seront soumises, dans les meilleurs délais, par la CNI, conformément aux textes réglementaires du parti et au calendrier électoral qui sera publié par le gouvernement, a conclu Réhodule Batina.

Avec Adiac-Congo par Jean Jacques Koubemba

CAN – Patrick Mboma : « Les Lions indomptables font plaisir à voir »

janvier 24, 2022
Vincent Aboubakar célèbre le premier but de son équipe lors du match contre le Cap Vert, au stade d’Olembé, à Yaoundé, le 17 janvier 2022 © KENZO TRIBOUILLARD/AFP

Les performances de l’équipe camerounaise sont suivies de près par leur ancien capitaine, vainqueur de la CAN en 2000 et 2002. À quelques heures des 8e de finale contre les Comores, il se montre confiant mais prudent.

Sur le papier, le 8e de finale de ce lundi 24 janvier au stade d’Olembé est le plus déséquilibré de la Coupe d’Afrique des nations (CAN). D’un côté, le Cameroun, cinq fois vainqueur de la compétition, qui a déjà bouclé le premier tour avec sept points. De l’autre, les Comores, qui participent pour la première fois à la phase finale et qui sont fortement affectés par le Covid-19.

Les Lions indomptables seront évidemment les grands favoris et se voient déjà rencontrer le 29 janvier le vainqueur du match Guinée-Gambie. Mais leur ancien capitaine, Patrick Mboma (56 sélections, 33 buts) incite ses compatriotes à une certaine prudence, tout en saluant leurs premières performances et surtout leur esprit d’équipe.

Patrick Mboma, à Abidjan en 2016.
Patrick Mboma, à Abidjan en 2016. © SIA KAMBOU/AFP

Jeune Afrique : Le Cameroun a terminé le premier tour invaincu. Que retenez-vous des trois matchs de votre ancienne équipe ?

Cette sélection a rempli sa mission en se qualifiant logiquement. Elle n’est pas enthousiasmante, mais elle fait plaisir à voir. Je ne me suis pas ennuyé, et ce qu’elle a montré lors du premier tour est très encourageant. Il émane de cette sélection beaucoup d’envie et de détermination, et une vraie cohésion. Lors des deux premiers matchs, contre le Burkina Faso (2-1) et l’Éthiopie (4-1), l’équipe a été rapidement menée au score mais elle ne s’est jamais affolée. On sent que les joueurs aiment évoluer ensemble, qu’ils ont un objectif commun : aller le plus loin possible. Grâce à ce comportement, ils bénéficient de l’appui du public, qui croit en eux.

Vous ressentez beaucoup d’engouement autour des Lions ?       

Les Camerounais apprécient ce qu’ils voient depuis le début de la CAN. La qualification pour le dernier tour des éliminatoires de la Coupe du Monde, en novembre dernier après la victoire face à la Côte d’Ivoire (1-0), avait déjà eu beaucoup d’impact. Les gens savent que le Cameroun n’est pas forcément la meilleure équipe du tournoi, mais qu’elle peut rivaliser avec les autres favoris que sont le Nigeria, la Côte d’Ivoire, le Sénégal ou le Maroc.

Pourtant, il y a encore quelques jours, beaucoup de Camerounais disaient ne pas croire aux chances de victoire de leur équipe…

Oui, c’est le Cameroun dans toute sa splendeur ! Souvent, avant un tournoi, les Camerounais disent que leur équipe n’a aucune chance. Mais quand la compétition débute, ils vous répètent qu’elle va gagner !

DANS L’HISTOIRE DE LA CAN, PEU DE JOUEURS ONT ÉTÉ AUSSI PERFORMANTS QUE VINCENT ABOUBAKAR

Il y avait une sorte de défiance avant la CAN, car les prestations n’étaient pas toujours convaincantes. Le sélectionneur, le Portugais Toni Conceicao, était critiqué, car on ne comprenait pas toujours son système de jeu. On ne le comprend d’ailleurs pas toujours et certains disent qu’il n’a pas beaucoup de charisme, mais pour le moment, les résultats sont là, et c’est l’essentiel. Il a l’intelligence d’impliquer beaucoup de joueurs, en faisant les changements qu’il faut. Et pour aller loin dans une grande compétition, il faut que tous les joueurs soient concernés, car il peut y avoir des blessures, des suspensions, des cas de Covid, de la fatigue. Si tout n’a pas été parfait depuis qu’il a été nommé, fin 2019, le bilan est positif.

On dit souvent que, pour aller loin dans un tournoi, il faut un bon gardien et un vrai buteur…

Et c’est le cas du Cameroun ! André Onana, notre gardien, a certes commis une erreur lors du premier match, qui nous a coûté un but, mais depuis, il est très performant. Quant à Vincent Aboubakar, il en est déjà à 5 buts en trois matches, et je pense que peu de joueurs, dans l’histoire de la CAN, ont réussi une telle performance. C’est un véritable atout que d’avoir un buteur si performant.

Il y a d’autres joueurs qui ont montré des choses intéressantes, comme le défenseur Nouhou Tolo. J’attends plus d’André Zambo Anguissa au milieu, car il a un gros potentiel, et il peut apporter davantage.

LES COMORIENS N’AURONT RIEN À PERDRE, AUCUNE PRESSION

Le Cameroun sera favori face aux Comores lundi. Est-ce le 8e de finale idéal, au moins sur le papier ?

Les Comoriens n’auront rien à perdre, aucune pression. Ils ont déjà réussi leur CAN en battant le Ghana (3-2) et en se qualifiant pour la phase finale. Tout ce qui peut intervenir après ne sera que du bonus. Ce n’est pas l’équipe qui a fait la meilleure impression au premier tour, mais ce n’est pas ce qu’on attendait d’elle. Les joueurs font bien ce qu’ils savent faire, leur parcours est respectable. Il faudra prendre cette équipe au sérieux, la respecter. Les Lions auraient pu tomber sur un adversaire plus fort, mais il faudra confirmer leur statut de favori.

Avec Jeune Afrique par Alexis Billebault

Passeport vaccinal dans les grandes surfaces au Québec : le décret est publié

janvier 24, 2022
L'intérieur d'un grand magasin

La mesure s’applique aux commerces dont la superficie est supérieure à 1500 mètres carrés, à l’exception des épiceries et des pharmacies. Photo: Radio-Canada/Jonathan Lamothe

Le passeport vaccinal sera obligatoire à compter de lundi dans certains magasins à grande surface. Toutefois, les pharmacies des grands magasins sont exemptées si les personnes non vaccinées sont accompagnées par un employé. Les stations-service n’auront pas non plus à vérifier le statut vaccinal de leurs clients.

Ce décret qui détaille les contours juridiques de la mesure a été publié dimanche en soirée(Nouvelle fenêtre).

Cette mesure s’applique aux commerces dont la superficie est supérieure à 1500 mètres carrés (16 000 pieds carrés), à l’exception des épiceries et des pharmacies, qui offrent des services jugés essentiels.

Les stations-service et les aires communes des centres commerciaux sont toutefois exemptées, de même que les pharmacies situées dans ces magasins à grande surface, mais à plusieurs conditions.

Dans ces pharmacies, une personne non vaccinée devra être accompagnée en tout temps lors de ses déplacements par un employé de ce commerce, de cette pharmacie ou de toute autre personne mandatée par eux à cet effet et ne pourra pas y acheter d’autres produits que ceux liés au service, précise le décret.

Des pharmaciens propriétaires intégrés à des chaînes de magasins à grande surface telles que Walmart ou Costco craignaient de ne plus pouvoir contribuer à la vaccination des Québécois ou de recevoir des clients non vaccinés, notamment les toxicomanes qui y reçoivent un traitement de substitution aux opiacés.

Pour toutes ces raisons, nous vous demandons de vous assurer d’exclure nos pharmacies, comme l’ensemble de celles de nos confrères, des mesures d’exigence de la preuve vaccinale dans les grandes surfaces, demandaient-ils dans une lettre écrite au gouvernement et dont Radio-Canada a obtenu copie.Quelqu'un tient un téléphone intelligent. On aperçoit la preuve vaccinale sur l'écran.

La preuve vaccinale de COVID-19 du gouvernement du Québec, sous forme de code QR Photo: Radio-Canada/Olivia Laperrière-Roy

Pas d’exemptions dans les quincailleries

L’annonce faite il y a 10 jours par le gouvernement avait provoqué des réactions, notamment auprès de certaines enseignes et de l’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction (AQMAT), qui espérait que les entrepreneurs en construction en soient exemptés.

Ce ne sera visiblement pas le cas.

Est-ce qu’on est en train d’enquiquiner 92 % de la population pour quelques-uns qui ne sont pas en phase avec les mesures et qui pourront continuer de faire leurs achats comme si de rien n’était, puisque 80 % des commerces ne sont pas concernés par les mesures? se demandait en matinée Richard Darveau, président de l’AQMAT.

Plus globalement, M. Darveau se questionne sur l’utilité de ces mesures de contrôle qui vont occuper une partie des employés dans un contexte de pénurie de personnel.Richard Darveau en entrevue avec Patrice Roy

Richard Darveau, président de l’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction Photo : Radio-Canada

Soutien de la rue avec quelques bémols

La majorité des gens interrogés dimanche ont dit approuver l’imposition du passeport vaccinal dans certains magasins à grande surface. Il faut enrayer la pandémie et aider ceux qui sont au front dans les hôpitaux, a notamment mentionné une cliente à la sortie d’un grand magasin.

Des personnes vaccinées ont cependant manifesté une certaine forme de soutien aux personnes non vaccinées et ont exprimé des questionnements quant à l’utilité de cette mesure. Le variant Omicron est moins fort, alors ce n’est peut-être pas plus mal si les gens l’attrapent et s’immunisent ainsi naturellement, a lancé un père de famille adéquatement vacciné, mais irrité par les nombreuses fermetures.

Si le gouvernement durcit les règles d’un côté, il les allège toutefois de l’autre. En effet, c’est dimanche qu’a pris fin l’obligation pour les commerces de fermer le dimanche. Afin de contribuer à limiter la hausse fulgurante du nombre d’hospitalisations liées à la COVID-19, ils avaient dû fermer leurs portes les dimanches 2, 9 et 16 janvier.

Par Radio-Canada avec Gabrielle Proulx, Thomas Gerbet, Colin Côté-Paulette et La Presse canadienne

Congo: Firmin Ayessa satisfait de l’inhumation du concurrent du dictateur Sassou-Nguesso

janvier 24, 2022
Firmin Ayessa et son beau fils Sassou Dénis

J’interpelle monsieur Firmin Ayessa vice-premier ministre de venir dire sur la place publique ce qu’il sait du décès de l’opposant Brice Parfait Kolélas.

Le peuple congolais a entendu ses propos qu’il a proférés, ses menaces, ses intimidations à l’égard du Président de Yuki dont le « crime » fut de se présenter contre le petit tyran Sassou à l’occasion des présidentielles. Guy Brice Parlait Kolélas est mort la veille du scrutin. Comme par hasard. Officiellement de la Covid 19.

Firmin Ayessa tint publiquement les propos suivants : Avec tout le bien qu’on t’a fait, on t’avait dit de ne pas t’engager aux présidentielles. Tu nous tournes le dos. Mais tu verras ce qui t’arrivera. Tu boiras de l’eau avec une fourchette.

Ces menaces se sont réalisées, Brice Parfait Kolélas est mort à la suite prétendument de pandémie. Ce qui n’a pas été démontré. Vos propos délibérés d’humilier Parfait Kolélas, le léser, blesser, opprimer, envoyer dans la tombe ont eu leurs effets sur le terrain. Tout montre à voir qu’il y a eu « passage à l’acte. »

Guy Brice Parfait Kolélas est décédé quelque mois après vos menaces, monsieur le proche collaborateur de Sassou, de plus son beau-père. Vous êtes donc co-responsable des crimes commis par le tyran congolais depuis son arrivée par effraction au sommet de l’Etat.

De la chronique d’une mort annoncée de Guy Brice Parfait Kolélas, en saviez-vous quelque chose ? Si, animal politique, vous êtes courageux, venez sur la place publique donner votre version. Regrettiez-vous ou non le décès de Guy Brice Parfait Kolélas ? Il est vrai qu’on ne vous a pas vu à ses obsèques vendredi 21 janvier 2022. Mais avez-vous résisté à la volonté d’y envoyer vos espions ? L’assassin rôde toujours sur la scène du crime.

Peu de temps avant, Dominique Okemba, votre frère, se frottait les mains. C’était après les bombardement dans le Pool. Il a dit au cours d’une causerie (c’est-à-dire sur la place publique) : « Le ciel n’est pas tombé ». Autrement dit il ne court aucun châtiment. En fait, l’impunité totale est la sanction de ceux sur qui aucune sanction ne tombe du fait que le pouvoir de juger est entre leurs mains.

Ayessa et Okemba vivent dans l’insouciance quand les autres sont dans la douleur. Sachez que l’horloge judiciaire viendra. L’histoire les reconnaîtra comme étant des coupables. Quel que soit le temps que met le châtiment, il finit par arriver. Les Romains parlaient à juste titre de la « punition au pied boiteux. »

Continuez de faire vos révisions constitutionnelles pour vous pérenniser au pouvoir, viendra un jour où, la sanction vous atteindra, quand bien elle marche en claudicant.

Je vous informe, Monsieur AYESSA, que cette infraction d’intimidation est prévue à l’article 423 du Code criminel – une personne sera coupable d’intimidation si, … sans motif légitime, use de violence ou de menaces de violence…

Les preuves ? Oui, les preuves seront rassemblées, soyez-en sûrs. Vous serez susceptible d’une peine de prison d’un maximum de 2 ans au moins et 1 jour ou de 5 ans. La République vous a à l’œil.

Avec Congo-liberty par Philippe Youlou, avocat au Barreau de Nice

Canada-Québec/Des militaires au centre de vaccination : les « jokers » du système de santé

janvier 23, 2022

Après l’appel aux retraités, c’était le dernier recours : demander l’assistance de l’Armée canadienne. Dans un système de santé qui manque cruellement de main d’œuvre, les militaires, tels les jokers d’un jeu de cartes, peuvent jouer n’importe quel rôle qu’on a besoin de leur attribuer.

Trois militaires discutent.

La présence de soldats réservistes permet aux membres du personnel de la santé de se concentrer sur leurs tâches médicales. Photo: Radio-Canada/Myriam Fimbry

Depuis le début de janvier, des soldats réservistes de l’armée canadienne travaillent dans plusieurs sites de vaccination au Québec. Ils ont quitté leurs études ou leur emploi au civil, sur une base volontaire, pour « prêter main-forte », une expression souvent entendue depuis deux ans de pandémie.

Ils permettent aux infirmières ou aux médecins de se concentrer sur leurs fonctions. Leur présence est fort appréciée pour soulager le personnel, même si elle signifie, aussi, que notre système de santé souffre en ce moment d’un terrible manque de ressources.

Ils ne font pas de piqûres, mais ils contribuent à maintenir la cadence. Leurs tâches sont logistiques et administratives, très répétitives, comme c’est souvent le cas dans un centre de vaccination. Il faut entrer 20 fois, 30 fois par heure le même type d’information dans la base de données de Clic Santé, poser les mêmes questions. Il faut désinfecter 20 fois la même chaise. Tendre un nouveau masque à l’entrée, dire c’est par icisuivez cette ligne-là.

Mais pour eux, c’est une mission comme une autre, même s’il n’y a pas de chars blindés à conduire, de sacs de sable à soulever ou d’enfants à sortir d’une maison inondée.

Ils ont déjà retroussé leurs manches pour le déluge du Saguenay de 1996, la crise du verglas de 1998, les inondations de 2017 et de 2019, la crise dans les Centre d’hébergement et de soins de longue duréeCHSLD de 2020, au début de la pandémie… Ils rappellent que c’est leur mandat premier : protéger la population civile canadienne.

Portrait de quelques-uns d’entre eux, rencontrés dans un centre de vaccination de Trois-Rivières.

Écoutez le reportage de Myriam Fimbry à ce sujet à l’émission Désautels le dimanche du 23 janvier 2022, à 10 h.

Cavalier Ève Gauvreau, étudiante en techniques policières

Portrait d'Ève Gauvreau.

Le cavalier Ève Gauvreau est âgée de 21 ans. Photo: Radio-Canada/Myriam Fimbry

C’est sa toute première opération sur le terrain. En tenue de camouflage kaki, avec un petit drapeau canadien sur le bras, Ève Gauvreau est une nouvelle réserviste de la division blindée de Trois-Rivières.

Cavalier, c’est son grade, qui n’a d’ailleurs rien à voir avec un cheval. Elle conduit plutôt des véhicules blindés lors de ses entraînements. Originaire de Joliette, elle étudie à Nicolet en techniques policières. Quand les Forces armées canadiennes ont cherché des volontaires pour aider les équipes de vaccination, elle a levé la main : Tout de suite, j’ai donné mon nom. J’espérais être choisie.

Tout le monde y donne du cœur et travaille vraiment fort, insiste-t-elle. Je trouvais ça poche un peu de ne pas pouvoir participer. De pouvoir enfin aider, je suis contente.

Assise à une table d’inscription, elle demande la carte d’assurance maladie et vérifie les données dans Clic Santé. Elle règle l’aspect administratif du rendez-vous, pendant que l’infirmière à ses côtés pose les questions d’ordre médical. En deux ou trois minutes, elles passent au suivant. Les gens défilent sans arrêt.Ève Gauvreau travaille sur un ordinateur à côté d'une infirmière.

Les militaires et les travailleurs de la santé travaillent en étroite collaboration. Photo : Radio-Canada/Myriam Fimbry

Comme tous ses collègues de l’armée ici présents, elle peut aussi désinfecter des tables et des chaises. Ce n’est pas comme conduire un char blindé, mais la volonté de se dévouer à une tâche l’emporte. Tout le monde ici a le même objectif : c’est de faire une différence, souligne Ève Gauvreau. Peu importe le travail. Tsé, tout le monde est ici volontiers et arrive à avoir du fun. L’ambiance est vraiment bonne.

Le cavalier Gauvreau (les grades de l’Armée canadienne sont encore toujours masculins) est là depuis une semaine. Elle reconnaît que ce travail administratif répétitif peut sembler bien éloigné de l’esprit d’aventure et de bravoure qui incite parfois les jeunes à revêtir l’uniforme de soldat.

Non, c’est pas comme conduire un véhicule blindé, convient-elle, mais on va être là. Si tout le monde se tannait après une semaine, il n’y aurait plus personne. Puis ça prend du monde tout le temps pour faire ce travail-là.

Arrivée depuis une semaine au site de vaccination de Trois-Rivières, elle est déjà chargée de former une collègue : Marie-Andrée Robitaille, une réserviste de Québec.

Caporal Marie-Andrée Robitaille, musicienne

Portrait de Marie-Andrée Robitaille.

Le caporal Marie-Andrée Robitaille est dans l’Armée canadienne près de 20 ans. Photo: Radio-Canada/Myriam Fimbry

Diplômée du conservatoire de musique de Québec, Marie-Andrée Robitaille joue de la clarinette. Je suis rentrée dans les Forces armées par la musique. Une audition nationale à Ottawa pour un travail d’été, puis un cours de recrue.

Alors qu’elle ne pensait pas rester dans l’armée très longtemps, elle s’y trouve depuis maintenant près de 20 ans, au sein des Voltigeurs de Québec. Les valeurs militaires de travail d’équipe, d’entraide, d’engagement et de loyauté l’ont séduite. J’ai vraiment développé un grand sentiment d’appartenance avec mon unité, qui est le premier régiment canadien-français.

Elle a participé à des parades, à des concerts, à des tattoos, ces grands rassemblements de musiciens militaires venus de partout au Canada.

La voici en formation une journée à Trois-Rivières dans un cubicule de vérification des rendez-vous, en jumelage avec Ève Gauvreau. Beaucoup de choses à apprendre, mais ça se fait très bien.

Partie de Québec à 6 h du matin, la femme de 40 ans rentrera ce soir chez elle, avant de connaître son affectation des prochains jours.

« C’est un travail très répétitif. Je suis vraiment en admiration devant les gens qui font ça depuis des mois. On est vraiment contents de pouvoir libérer un peu ces gens-là. »— Une citation de  Caporal Marie-Andrée RobitailleDes militaires à Trois-Rivières.

L’armée est arrivée en renfort à Trois-Rivières au début du mois. Photo : Radio-Canada/François Genest

Elle voit défiler beaucoup de monde en une journée, sans arrêt. Je me sens très utile, affirme-t-elle. Je suis vraiment contente d’être là, à voir tous les gens qui sont vaccinés ici.

Sa vie civile est bien remplie, notamment en tant que mère d’un garçon de deux ans et demi. Elle s’est proposé de venir en renfort, parce que la vaccination est une cause qui lui tient particulièrement à cœur. En tant que musicienne et en tant que mère. Idéalement, on espère un retour à la vie normale, que les activités culturelles puissent recommencer.

À cause de la pandémie, elle envoie très peu son garçon à la garderie, pour ne pas risquer d’attraper la COVID, mais ça le coupe de la vie sociale, importante à son âge pour son développement. J’ai hâte de pouvoir socialiser mon jeune garçon davantage.

L’opération VECTOR

  • Quelque 250 militaires contribuent présentement à l’effort de vaccination au Québec;
  • Ils sont répartis dans les régions de Montréal, Mauricie–Centre-du-Québec, Estrie, Chaudière-Appalaches et Côte-Nord, dans un total de 14 centres de vaccination;
  • L’opération a été lancée le 3 janvier pour une durée de 30 jours, mais les besoins sont réévalués constamment.

Caporal-chef Pierrick Rouat, avocat en droit international

Portrait de Pierrick Rouat.

C’est le caporal-chef Pierrick Rouat qui a comparé le rôle variable des militaires à celui des jokers d’un jeu de cartes. Photo: Radio-Canada/Myriam Fimbry

Pierrick Rouat a un nom breton; son père est originaire de Brest. Il est réserviste à Trois-Rivières au sein du 12e Régiment blindé du Canada.

D’habitude, dans la vie civile, il est avocat en droit international. Il a longtemps travaillé pour une organisation non gouvernementale, Avocats sans frontières Canada. C’est ainsi qu’il a passé un an au Mali (en 2018-2019) comme conseiller juridique volontaire au sein de la Commission vérité, justice et réconciliation, pour appuyer des enquêtes sur les crimes de guerre et la défense des droits de la personne.

Comme réserviste, l’homme de 28 ans travaille une fin de semaine par mois minimum pour les Forces armées. Il participe à des entraînements pour se maintenir à niveau et à des cours à temps plein pour élargir ses compétences et passer au prochain grade. Même quand on pense qu’on sait, on a encore des choses à apprendre. C’est des défis en continu.

Tous les jeunes militaires rêvent d’être un jour déployés outre-mer. Pierrick Rouat revient justement d’une mission de six mois en Lettonie, dans le cadre de l’opération Réassurance de l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN en Europe centrale et en Europe de l’Est. Il était chargé de la coopération civilomilitaire. Un peu comme ici, sur le site de vaccination de Trois-Rivières.

« Je fais de la coordination entre les autorités civiles et l’armée. La mission qu’on a, d’accélérer la campagne de vaccination pour mieux protéger la population, je vais m’y dévouer totalement. »— Une citation de  Caporal-chef Pierrick RouatDes militaires des Forces armées canadiennes, la plupart portant un masque.

Des centaines de militaires avaient déjà été déployés dans des CHSLD de la région de Montréal au printemps 2020. Photo: Radio-Canada/Ivanoh Demers

C’est la première fois qu’il travaille pour le système de santé du Québec et il ne s’ennuie pas depuis son arrivée, il y a une semaine.

J’ai appris à gérer une équipe sur le plancher de 10 personnes, préparer des horaires, des congés, note-t-il. C’est de la résolution de problèmes personnels et professionnels. J’ai appris à faire la liaison avec les autorités civiles, pour déplacer les membres de mon équipe en fonction des priorités. J’ai appris à utiliser les logiciels d’enregistrement de Clic Santé. J’apprends tous les jours!

Selon lui, l’atout des militaires, c’est d’être capables de faire n’importe quelle tâche, avec le sourire, tout simplement parce que c’est ce qu’on leur demande de faire. Les gestionnaires de la santé apprécient cette flexibilité.

« Dans un jeu de cartes, on est comme les jokers : on peut faire toutes les tâches! Évidemment, toutes les tâches dans le cadre de notre mandat. »— Une citation de  Caporal-chef Pierrick Rouat

L’accueil de la population est excellent, assure Pierrick Rouat. Les gens sont reconnaissants. Ils nous remercient régulièrement. Quand ils ont le temps, ils nous posent des questions.

Par exemple, certains demandent des explications sur les divers symboles cousus sur l’uniforme, sur les grades… Ça fait drôle de voir l’armée, admet un monsieur. On n’est pas habitués. Mais ils sont là pour nous aider.

Caporal-chef Samuel Plamondon, réserviste à temps plein

Portrait de Samuel Plamondon.

Âgé de 22 ans, le caporal-chef Samuel Plamondon rêve d’être envoyé en mission à l’étranger. Photo: Radio-Canada/Myriam Fimbry

Samuel Plamondon ajuste son béret. C’est comme une famille. Je veux montrer à quelle famille j’appartiens, quel régiment. Je suis fier de le montrer. On peut lire sur son béret que cette famille, c’est le 12e Régiment blindé du Canada.

Basé à Trois-Rivières, où il est réserviste à temps plein, il a participé à l’intervention de l’armée lors des inondations de l’été 2019. Il emmenait en char blindé léger les premiers répondants vers des zones difficiles d’accès, ce qui permettait aux pompiers, ambulanciers et policiers d’apporter de la nourriture et des soins. Les populations civiles étaient très heureuses de nous accueillir, se souvient-il avec fierté.

Après ces deux missions en sol canadien, il aimerait bien un jour participer à un déploiement avec les Forces canadiennes à l’étranger : C’est comme un petit rêve d’enfant!

Par Radio-Canada