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Littérature : « Humilité et gloire », un roman d’Emmanuel Ebolo-Iyendza

mars 1, 2021

Le récit de cet ouvrage relate le farouche destin de Ngomba face aux coutumes et traditions ancestrales de sa contrée.

La couverture du livre/DR

Roman édité par L’Harmattan Congo-Brazzaville en décembre dernier, « Humilité et gloire » soulève la problématique de l’influence des traditions sur nos sociétés en perpétuelle évolution. Au regard de l’histoire de Ngomba, personnage principal de l’œuvre, l’auteur appelle à une évolution des traditions pour ne pas qu’elles portent préjudices aux populations sur qui elles doivent s’appliquer.

Ngomba, la trentaine pile, est un jeune homme humble et respectueux. A la mort de son père et au gré des circonstances, les sages du village et la famille le désignent comme héritier par excellence. A sa charge désormais, l’épouse laissée par son père, ainsi que ses six frères et sœurs. C’est donc comme cela que le jeune homme devint marié et tuteur d’une famille nombreuse. Lui qui n’avait pas encore eu le temps de se choisir une épouse. Le temps passait et Ngomba remplissait sa tâche sans relâche. Il y avait toujours du gibier en abondance à la maison et la famille ne manquait de rien.

Croyant qu’il ne devait partager le reste de ses jours qu’avec sa belle-mère en tant qu’épouse, Ngomba se retrouve marié à deux autres épouses de ses proches décédés, à savoir son oncle et son meilleur ami. Ces situations inattendues ayant fait de lui l’objet de moqueries dans le village, déplaisent fortement à sa sœur aînée, qui lui propose alors d’épouser une nouvelle femme. Celle-ci n’étant autre que l’amante de son propre fils, ce dernier se révélant être le véritable géniteur de la progéniture qu’elle donnerait à Ngomba. Heureusement, un évènement inattendu vient changer le cours de sa vie et le laver de ce déshonneur.

Dans ce roman de 118 pages, l’adultère demeure le thème phare, car de nos jours, le phénomène est toujours d’actualité. Et ce, en dépit de nombreux dégâts causés au sein des familles.

« Humilité et gloire » est particulièrement une leçon sur les variantes de l’existence. Dans un langage simple, un ton humoristique et une trame accrochante, le roman enseigne au lectorat que la vie est faite de surprises et d’événements inattendus dont on ne peut maîtriser ni empêcher la réalisation. Toutefois, savoir s’adapter semble être la meilleure option. Et le cas de Ngomba montre combien l’humilité est une vertu noble que tout homme devrait posséder.

Natif de Fort-Rousset, actuel Owando en République du Congo, Emmanuel Ebolo-Iyendza est diplômé d’économie, des sciences de gestion et des sciences et techniques de la communication. Il est actuellement consul général de la République du Congo à Guangzhou, en République populaire de Chine.

Avec Adiac-Congo par Merveille Atipo

Congo-Présidentielle 2021 : Mathias Dzon dénonce une campagne électorale anticipée

février 27, 2021

Candidat au scrutin présidentiel du 21 mars prochain, Mathias Dzon a, au cours d’une conférence de presse animée le 27 février à Brazzaville, dénoncé les conditions d’organisation et « la campagne électorale anticipée » du candidat de la majorité présidentielle.

Mathias Dzon/Adiac

Selon lui, le président de la République, Denis Sassou N’Guesso, candidat à sa propre succession, est en campagne électorale depuis deux mois.  Mathias Dzon a également indexé le président du Conseil supérieur de la liberté de communication, Philippe Mvouo, qui assiste, d’après le candidat de l’Alliance pour la République et la démocratie (ARD), « impuissant au déferlement de la campagne électorale anticipée et illégale du candidat du pouvoir dans les médias. »

Il a également déploré la non-prise en compte de ses représentants dans la composition des organes dirigeants de la Commission nationale électorale indépendante (CNEI) et dans les commissions locales d’organisation des élections (Colels). « Cette exclusion de l’opposition réelle des instances d’organisation de l’élection de mars 2021 augure de mauvais présages. Comme cela a été le cas pour les commissions de révision des listes électorales, à ce jour, aucun représentant du candidat Mathias Dzon ne figure ni dans les instances dirigeantes de la CNEI, ni dans les Colels », a dénoncé le porte-parole du candidat, Elo Dacy, invitant le ministère de l’Intérieur à corriger cette « injustice flagrante ».

Mathias Dzon et son équipe de campagne ont aussi exigé l’annulation pure et simple du principe du vote par anticipation des militaires. Selon eux, le fait que les noms des électeurs militaires n’ont pas été retirés de la liste électorale générale laisse libre cours au vote multiple des militaires indélicats. « Nous demandons qu’on annule le vote militaire. S’il n’est pas annulé, nous n’en reconnaitrons pas les résultats », a annoncé Mathias Dzon.

Il a, par ailleurs, exigé la fermeture « immédiate de tous les centres occultes » de délivrance des cartes d’identité et la reprise des activités des services d’état civil officiels sur l’ensemble du territoire national. Parlant du temps imparti, Mathias Dzon a souligné la nécessité d’organiser la Conférence des candidats ou à défaut de leurs représentants, dans les meilleurs délais. Le but étant de « lever les nombreux obstacles qui jonchent encore le chemin d’une élection libre, transparente, apaisée, équitable et honnête en mars 2021. Dans cette perspective, nous invitons instamment le président de la République à bien vouloir convoquer cette assise de la dernière chance », a-t-il souhaité, sans envisager un probable boycott du scrutin.

Notons que cette conférence de presse a été marquée par l’annonce du soutien de Bertin Pandi-Ngouari au candidat Mathias Dzon. Candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2009, Bertin Pandi-Ngouari a soutenu le général Jean-Marie Michel Mokoko en 2016. L’autre temps fort a été la publication des listes des membres de la direction nationale et des directions départementales de campagne du candidat de l’ARD. La direction nationale est présidée par Henri Boukoulou, secondé par Elo Dacy, en sa qualité de directeur national adjoint, porte-parole du candidat.

Avec Adiac-Congo par Parfait Wilfried Douniama

Congo/Présidentielle 2021 : le RDD signe un accord de gouvernement avec l’UDH-Yuki

février 27, 2021

Le président du Rassemblement pour la démocratie et le développement (RDD), Jean-Jacques Serge Yhombi-Opango, a signé le 27 février à Brazzaville un accord de gouvernement avec le président de l’Union des démocrates humanistes (UDH- Yuki), Guy Brice Parfait Kolélas.

Photo : Guy Brice Parfait Kolélas et Jean-Jacques Serge Yhombi-Opango signant l’accord

« Nous avons discuté ensemble sur différentes questions avant de signer cet accord. Notre alliance actuelle s’inscrit logiquement dans ce registre, celui du combat pour l’alternance démocratique, libre, transparente et apaisée », a déclaré Jean-Jacques Serge Yhombi-Opango.

Il faut rappeler que la veille de cette signature, le bureau exécutif national du RDD s’est réuni en session ordinaire sur la question du choix du candidat à soutenir.

Dans un communiqué remis à la presse, celui-ci souligne « qu’après une analyse profonde de la situation politique du pays, et bien que ne présentant pas de candidat à l’élection présidentielle de mars 2021, le bureau exécutif national a estimé irresponsable de ne pas soutenir un candidat de notre plateforme politique ».

Selon le même document, en fonction des contacts établis avec certains candidats, le bureau exécutif national du RDD a retenu le candidat Guy Brice Parfait Kolélas et validé le projet d’accord de gouvernement entre l’UDH-Yuki et le RDD. Aussi le secrétariat du bureau exécutif national du RDD a été instruit de créer des conditions idoines pour la réalisation dudit accord.

La signature de cet accord a coïncidé avec la rencontre citoyenne du président de l’UDH-Yuki Guy Brice Parfait Kolélas avec les militants de son parti. « Je les ai rencontrés aujourd’hui pour leur dire ce qu’ils doivent faire pour la sécurisation des résultats bureau de vote par bureau de vote », a-t-il indiqué.

Dans un document intitulé « Cahier sur la sécurisation des bureaux de vote et le canevas de la campagne électorale de l’UDH-Yuki » distribué aux militants de ce parti, le candidat Guy Brice Parfait a expliqué la manière dont il va s’y prendre pour sauver le pays.

Avec Adiac-Congo par Jean Jacques Koubemba

Mémorial Pierre Savorgnan de Brazza : la société pétrolière ENI Congo déterminée à accompagner le temple d’arts

février 20, 2021

La société pétrolière ENI s’est engagée à accompagner le Mémorial Pierre Savorgnan de Brazza. L’annonce  a été faite par le nouveau directeur général de cette société pétrolière italienne au Congo, Mirko Araldi, lors de sa visite au Mémorial

Photo : le DG de la société ENI Congo et la DG du Mémorial (crédit photo/ DR)

A quelques jours de l’inauguration du second module du Mémorial Pierre Savorgnan de Brazza, le nouveau directeur général (DG) de la société pétrolière ENI Congo, Mirko Araldi, a pris contact avec la directrice générale de cette institution, Bélinda Ayessa.

Mirko Araldi a profité de l’occasion pour s’incliner devant la sépulture de l’illustre explorateur franco-italien, Pierre Savorgnan de Brazza, et de sa famille, de même qu’il a visité le second module qui n’attend plus que son inauguration. Mirko Araldi pense qu’il est important pour sa société d’accompagner les efforts de cette institution dans la pérennisation des traces de la mémoire collective.

Témoignant la grandeur de Pierre Savorgnan de Brazza après s’être incliné devant sa sépulture, le DG de la société ENI Congo, a exprimé son émotion : « L’émotion est grande. C’est un peu dans l’atmosphère très solennelle que l’on a rapproché la tombe qui donne la cessation de la grandeur de la personne qui repose là-dedans. Je pense que tout a été bien étudié et organisé pour donner la juste solennité qu’il faut pour se rapprocher d’un personnage aussi important, Pierre Savorgnan de Brazza. »

Quant au second module abritant le complexe culturel du Congo qui sera incessamment inauguré, le DG de la société ENI Congo pense qu’il propose un cadre d’éducation et de promotion culturelle aux Congolais et autres personnes qui le côtoieront. « On a partagé et discuté avec la directrice générale du Mémorial Pierre Savorgnan de Brazza sur l’importance de ce complexe. Il y aura beaucoup d’événements qui vont développer la culture de tous les peuples dans l’esprit de De Brazza. C’est important que ce complexe devienne un centre où nous allons développer la culture de n’importe quel pays dans l’esprit de la coopération. Le complexe culturel du Congo apportera donc une prévalue dans la connaissance de l’histoire et des cultures africaines et celles d’ailleurs. »

L’ambassadeur d’Espagne rend hommage au fondateur de Brazzaville

Le nouvel ambassadeur d’Espagne au Congo avec pour résidence Kinshasa, Carlos Robbes Fragga, qui a foulé pour la première fois le sol brazzavillois, s’est rendu au Mémorial Pierre Savorgnan de Brazza où, il s’est incliné devant la tombe de l’explorateur franco-italien, qu’il considère comme un homme vertueux. Cette visite au mémorial s’explique aussi par le fait que le diplomate espagnol a tenu à apprendre l’histoire de la capitale et à revisiter le parcours atypique de son fondateur. Une histoire qu’il a apprise à travers une entrevue avec Bélinda Ayessa.

Le diplomate espagnol, après avoir compris la philosophie de la non-violence qui caractérisait l’explorateur franco-italien, à chacune de ses explorations en Afrique, a livré ses impressions. « C’est pour la première fois que je suis à Brazzaville et j’ai eu à cette occasion le plaisir et l’honneur d’être ici à la tombe de son fondateur. Je suis très content et c’est pour moi un honneur. Car, c’est un homme qui, évidemment, a fait une histoire importante dans la vie africaine. »

Pour Carlos Robbes Fragga, De Brazza a su trouver une voie de pacification nécessaire à la consolidation des rapports en tous les hommes appelés à vivre en communauté. « C’est une réflexion qui s’applique aussi à mon pays. Il faut faire tous les efforts pour qu’il y ait de la paix et de la stabilité qui aident tout le monde. Je pense que la vie de l’explorateur franco-italien est un bel exemple. La directrice générale m’a remis un très bon livre : L’épopée de De Brazza, pour me permettre la connaissance plus large et plus profonde de Pierre Savorgnan de Brazza, surtout que je suis un fervent lecteur », a souligné le diplomate espagnol.

Avec Adiac-Congo par Bruno Okokana

Congo-Hommage : Alex Ramel nous a quittés

février 10, 2021

Alex Michel Ramel, titulaire de la pharmacie Mavré, est décédé à l’âge de 66 ans le dimanche 31 janvier à Grenoble, en France, des suites d’une longue maladie qu’il aura combattue de toutes ses forces. Cette force singulière, il la tenait de ses parents, François Ramel et Marie Baudey cultivateurs à Mieussy, village des terres de Savoie où Alex repose désormais.

À 11 ans, il prit sa valise pour ses études en pensionnat. Baccalauréat, faculté de médecine à Grenoble, pharmacie à Bordeaux puis, après son service militaire à Berlin, il part travailler aux Antilles.

À 46 ans, vient le grand départ pour Brazzaville, une aventure de 20 ans, marquée par la disponibilité envers les autres de celui qui apporta une aide constante et sans faille auprès des personnes malades ou en difficulté. Alex Ramel reprit la pharmacie Mavré où sa réputation d’homme généreux et bienveillant se forgea d’années en années en fournissant gratuitement des médicaments aux personnes sans ressources et aux femmes enceintes. Entreprenant, il fit un grand nombre d’actions caritatives et humanitaires en collaboration avec l’Ordre de Malte dont il avait été fait officier du Mérite, et qui le nomma ambassadeur de l’Ordre souverain de Malte près de la République du Congo.

Puis, en 2002, s’instaura une relation unique entre sa majesté le Makoko Gaston Nguayoulou et le Docteur Alex Ramel. Celui-ci, ayant appris les aides que ce dernier avait apportées à certains de ses sujets malades, le fit venir dans son Royaume à Mbé. Marquant sa sympathie, il mettait à sa disposition les terres d’Issala, d’une surface de 30 000 hectares pour la réalisation d’un projet de développement. Avec une âme d’entrepreneur, Alex Ramel eut alors le désir de cultiver ces terres pour la production d’huiles essentielles, avec la collaboration de parfumeurs français. Il s’entoura alors d’une équipe armée de compétence d’organisation, de connaissances scientifiques de grande qualité et d’expérience.

Bénéficiant de la confiance répétée du successeur du roi Gaston Nguayoulou, le roi Auguste Ngempio accorda son soutien à Alex Ramel. Considérant l’enjeu, et soucieux de parrainer ce projet dans le plus grand respect de la tradition Téké, le roi a voulu de manière solennelle, le 13 janvier 2018, avec les douze grands dignitaires de la cour au complet, offrir sa bénédiction, une bénédiction des terres, des protecteurs et des auteurs du projet Arômes du Congo.

Aujourd’hui, plus que jamais, l’équipe et ses partenaires se consacreront à la réalisation de ce projet tant rêvé et souhaité par son initiateur Alex ramel.

Bienveillant, entreprenant, généreux, tolérant, tels sont les mots prononcés lors des hommages rendus solennellement à Mieussy, à celui qui aurait voulu « poser sa valise » dans son pays d’adoption, le Congo.

Avec Adiac-Congo par Alex Ramel

Election présidentielle: Mabio Mavoungou-Zinga renonce à se présenter au scrutin de mars 2021

février 8, 2021

Le président du  parti Alliance,  Mabio Mavoungou-Zinga, ne sera  pas candidat à l’élection présidentielle de 2021. L’annonce a été faite le 7 février à Pointe-Noire par son directeur de campagne, Godefroy Dibakissa.

Photo: Mabio Mavoungou-Zinga crédit photo »DR »

Le bureau politique de l’Alliance s’est réuni le week-end dernier  en session extraordinaire sous la direction de Godefroy Dibakissa.  Un seul point était à l’ordre du jour, l’annonce de la non-participation de Mabio Mavoungou-Zinga à l’élection présidentielle de 2021.

Alors qu’il y a près d’un mois, plus précisément le 16 janvier, les cadres et les militants de ce parti étaient réunis en conférence militante, décidant ainsi à l’unanimité de la participation de l’Alliance au processus électoral de mars prochain.

Tous les conférenciers avaient, à cet effet, souligné que la règle, la norme, le principe, le désir, la vocation, le souci impérieux de tout un parti politique est de participer régulièrement et assidument à tous les processus électoraux. Ces derniers avaient également  souligné que  c’est en participant aux élections qu’un parti politique se forge, se  fait une place dans le microcosme et se positionne comme une force politique réelle.

En vue de cela, Mabio Mavoungou-Zinga  a été désigné à l’unanimité candidat de l’Alliance à l’élection présidentielle de mars 2021. Il avait également pris acte et accepté spontanément avec humilité et responsabilité d’être candidat à cette élection.

Malheureusement, à quelques jours de la clôture des dépôts de candidature, le président de l’Alliance a levé la certitude sur sa candidature au scrutin de 2021 au terme d’une allocution solennelle prononcée par son suppléant, qu’il ne se représenterait pas à l’élection présidentielle.  « Aucune consigne de vote ne sera donnée aux militants et sympathisants de l’Alliance », a dit  Godefroy Dibakissa.

Notons que Alliance est un nouveau parti politique qui a fait sa sortie officielle il y a quelques mois dans la ville de Pointe-Noire.

Avec Adiac-Congo par Hugues Prosper Mabonzo

Diplomatie/RCA-Congo: la doyenne Marie Charlotte Fayanga a tiré sa révérence

février 8, 2021

L’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République centrafricaine en République du Congo, doyenne du corps diplomatique, Marie Charlotte Fayanga, est décédée, le 5 février, à La Rochelle, en France. Elle était âgée de 75 ans.

Marie Charlotte Fayanga/Adiac

Très fatiguée et malade, l’ambassadeur Marie Charlotte Fayanga a été évacuée d’urgence en France, le 31 janvier 2021, pour y bénéficier des soins intensifs. La nouvelle de sa disparition qui circulait déjà sur les réseaux sociaux a finalement été officialisée, le 7 février, par l’ambassade de la Centrafrique à Brazzaville.

En poste à Brazzaville depuis le 25 mars 2005, Marie Charlotte Fayanga était devenue quelques années après la doyenne du corps diplomatique au Congo. Avant sa nomination comme ambassadeur, cet administrateur civil de formation était inspecteur de Transports de surface dans son pays.

Ressortissante de l’École nationale d’administration et d’Institut international d’administration publique de Paris, Marie Charlotte Fayanga a occupé de hautes fonctions politiques et administratives. Elle était secrétaire d’État sous l’empereur Jean-Bedel Bokassa en 1975 puis 1977 ; contrôleur d’État entre 1972 et 1974 ; directrice générale de la Caisse de stabilisation en 1976 ; directrice du contrôle des prix en 1982…       

Marie Charlotte Fayanga était également connue pour avoir été au premier rang au côté des hommes politiques qui ont milité pour l’avènement du multipartisme en République centrafricaine au début des années 90. Elle fut plusieurs fois arrêtée et emprisonnée.

Née le 23 janvier 1946 à Bangui, elle était mère de sept enfants, de dix-sept petits-fils et de neuf arrière-petits-fils.      

Avec Adiac-Congo par Fiacre Kombo

Congo : le journaliste Raymond Malonga arrêté à l’hôpital en dehors de toute procédure légale

février 6, 2021

Poursuivi pour de simples faits présumés de diffamation, un directeur de publication a été arrêté alors qu’il était hospitalisé. Reporters sans frontières (RSF) dénonce des méthodes iniques, une détention illégale, et demande sa libération immédiate.

Difficile d’y voir autre chose qu’une mesure de représailles ciblées. Raymond Malonga, dessinateur de presse bien connu au Congo et directeur de publication de Sel-Piment, un journal satirique très critique du pouvoir, a été arrêté par des hommes en civil sur son lit d’hôpital, mardi 2 février.

Selon les informations obtenues par RSF, le journaliste était hospitalisé pour une crise de paludisme dans une clinique située près de son domicile de Brazzaville lorsque des agents de la Centrale d’intelligence et de documentation (CID, ex-DGST), ont débarqué pour l’interpeller. Il est actuellement détenu dans un espace dédié aux personnes placées en quarantaine en raison de l’épidémie de Covid-19 à la maison d’arrêt de la capitale du pays. Cette arrestation ferait suite à des convocations que le journaliste n’aurait pas honorées.

A l’origine de cette affaire, la reproduction, par le journaliste dans l’édition du 18 janvier de Sel-Piment, d’un article du site Sacer Infos Congo qui relatait des accusations de détournements de fonds de la part de Georgette Okemba, la femme de Jean-Dominique Okemba, dit “JDO”. Ce dernier est le neveu du président Denis Sassou Nguesso, qui cumule 36 années au pouvoir et qui est en lice pour un nouveau mandat à l’occasion de l’élection présidentielle prévue le 21 mars. Très puissant de par sa proximité avec le chef de l’Etat, il dirige le Conseil national de sécurité du Congo, qui coiffe l’ensemble de services civils et militaires du pays.

“Faire arrêter un journaliste sur son lit d’hôpital par des services de renseignements pour de simples faits présumés de diffamation comme s’il s’agissait d’un dangereux terroriste témoigne clairement du caractère politique et punitif de cette décision, dénonce le responsable du bureau Afrique de RSF, Arnaud Froger. Les textes au Congo sont très clairs : ils n’autorisent pas la détention de journalistes pour de simples faits de diffamation lorsque ces derniers n’ont pas déjà fait l’objet d’une condamnation définitive. A quelques semaines de la présidentielle, cette arrestation envoie un signal très négatif et confirme la grande fragilité de l’environnement dans lequel évoluent les journalistes congolais. RSF demande la libération de ce journaliste dans le respect des textes en vigueur.”

RSF a également appris, auprès de plusieurs sources, que Sel-Piment a fait l’objet d’une mesure conservatoire de la part du Conseil supérieur de la liberté de communication (CSLC). Contacté à plusieurs reprises, l’organe de régulation des médias n’a pas répondu aux sollicitations de notre organisation concernant cette décision et l’arrestation de Raymond Malonga.

Si les détentions de journalistes restent relativement peu fréquentes au Congo, elles prennent parfois une coloration très politique et reflètent l’hostilité très forte du régime contre les journalistes les plus acerbes du pays. Les circonstances de l’arrestation de Raymond Malonga rappellent tristement celles du directeur de l’hebdomadaire indépendant Talassa Ghys Fortuné Bemba dont la publication avait été suspendue à la veille de son arrestation par les services de renseignement le 11 janvier 2017. Le journaliste avait été libéré après 18 mois de détention au terme d’une intense campagne de mobilisation, notamment menée par  RSF.  A sa sortie de prison, il avait dû quitter son pays pour des raisons de sécurité. Dans son livre De l’enfer à la liberté publié en 2019, il témoignait des conditions déplorables dans lesquelles il avait été détenu : placement à l’isolement complet sans possibilité de parler avec les gardiens, absence de toilettes, d’eau et d’électricité dans sa cellule, privation de nourriture…

Le Congo occupe la 118e place sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi en 2020 par RSF.

Par RSF avec Congo-liberty

Congo: Agression crapuleuse contre le neveu de Monseigneur Abagna, évêque d’Owando, monsieur Séverin Abagna Olando

février 6, 2021

La chasse aux évêques est ouverte pour les hommes de main du régime autocratique de Brazzaville. Après le lancement de la campagne de haine en ligne contre les évêques Abagna et Mizonzo, le passage à l’agression physique contre les proches n’a pas tardé. C’est la consécration du tryptique : manipulation, complot, violence !

Photo de BrazzaNews.

Severin Abagna Olando, neveu de Monseigneur Abagna a été victime d’une agression à son domicile mercredi 3 février dernier. Ce dernier a eu la vie sauve grâce à l’intervention des voisins mais dans l’attaque, un voisin a été malheureusement mortellement blessé. Il est courant de voir les auxiliaires de Jean-Francois Ndenguet déguisés en délinquant s’autoriser ce type d’opération crapuleuse facile ensuite à démentir pour le pouvoir. On blâmera ensuite l’insécurité galopante. Cette agression a fait deux morts et un blessé.

L’intimidation par agression des membres de la famille est une pratique criminelle courante quand le pouvoir veut faire taire quelqu’un.

Nous considérons le pouvoir responsable de ce qui pourrait arriver à Monseigneur Abagna et ses parents.

Dans ce pays où le PCT a enterré vivant un cardinal, nous condamnons cette violence gratuite contre la famille de Monseigneur Abagna Mossa.

Avec Brazzanews par Guy M .

Congo/Centenaire de l’église kimbanguiste : la fanfare de Brazzaville organise une soirée culturelle

février 6, 2021

6 avril 1921- 6 avril 2021, l’église kimbanguiste totalise ses cent ans d’existence. Prélude à cet évènement, la fanfare kimbanguiste a organisé le 5 février une soirée culturelle au centre d’accueil de Brazzaville.

Photo 1 : L’une des chorales de l’église kimbanguiste lors du lancement des festivités du centenaire (crédit

L’animation culturelle a débuté par le chant d’ensemble « Nsilu’a Nzambi », suivi du mot de circonstance de Raymond Menga Poaty, Dr en histoire, enseignant à l’université Marien Ngouabi notamment à la faculté des lettres, arts et sciences humaines, qui a fait un bref aperçu historique de l’église de Jésus Christ sur la terre par son envoyé spécial Simon Kimbangu (EJCSK).

Cette commémoration, dit-il, n’a rien d’offensant. C’est un moment d’intense communion fraternelle. Cette soirée constitue une impulsion du centenaire de cette église au Congo-Brazzaville. Centenaire qui les permet de revisiter l’histoire précoloniale, coloniale et post-coloniale de l’église.

Pour Raymond Menga Poaty, le message de Simon Kimbangu tenu à Mbanza Nsanda le 10 septembre illustre bien le substrat de toute sa philosophie. Pour y arriver pousruit-il, il a fallu passer par : la naissance de Simon Kimbangu (12 septembre 1887, le début du ministère de Simon Kimbangu (6 avril 1921), la renaissance officielle de l’église (24 décembre 1959), l’universalisation de l’église (1969 : admission au Conseil œcuménique des églises au niveau mondial ; 1974, admission à la conférence de toutes les églises d’Afrique), la réhabilitation politique de Simon Kimbangu (12 septembre 1991), …

Les kimbanguistes, a signifié Raymond Menga Poaty, vont célébrer le centenaire dans la paix, la concorde et l’amour du prochain et surtout dans la trilogie : l’amour, le commandement et le travail.

Ouvrant les festivités, le président délégué par intérim du collège exécutif national, Michel Nzondo, est revenu sur la date du 6 avril 1921 à Kamba où commence la rédemption de l’homme noir par le prophète Simon Kimbangu. Les paralytiques ont marché, les aveugles ont vu, les muets ont parlé et les morts ont été ressuscités, mais personne n’a voulu croire en ce mouvement naissant, dit-il. Déportation, assassinats, violences en tout genre, tel est le quotidien des kimbanguistes de la première heure, soit cent cinquante mille martyrs.

Plusieurs réalisations en cent ans

Photo/ADIAC) Photo 2 : La parade démonstrative du MSSK (crédit photo/ADIAC)

Pour Michel Nzondo, les prophéties du 10 septembre 1921 se sont accomplies en partie. L’homme noir deviendra blanc et vice versa. Aujourd’hui, l’Afrique noire est indépendante depuis plus de soixante ans. L’église kimbanguiste avec plus de sept millions de fidèles est présente sur les cinq continents. « Nous avons, en cent ans, construit des lieux de culte, des écoles, des universités, des hôpitaux, des unités de production. Cela veut dire que la civilisation kimbangu est en marche. Le mouvement kimbanguiste est présent au Congo-Brazzaville dès le mois d’avril 1921. C’est seulement le 2 septembre 1962 qu’est érigé le premier collège au Congo-Brazzaville dirigé par le patriarche Samuel Matouba », a-t-il précisé.

Avant d’ajouter : « 6 avril 1921- 6 avril 2021, cent ans déjà, mais ce n’est que le commencement. Béni papa Simon Kimbangu Kiangani qui nous mène dans l’accomplissement de toutes les prophéties. Au nom de sa divinité papa Simon Kimbangu Kiangani, représentant légal et chef spirituel, je déclare ouvertes les festivités du centenaire de l’église kimbanguiste en République du Congo. »

Notons que le premier collège dirigeant de l’église kimbanguiste en République du Congo a été mis en place par le chef spirituel, son éminence Joseph Diangienda le 2 septembre 1962. Il se composait comme suit : Samuel Matuba, représentant légal ; David Mfouka, représentant légal premier suppléant ; Paul Obambi, représentant légal premier suppléant à titre honorifique (avec résidence à Kounzoulou) ; David Nsomi, représentant légal premier suppléant ; Jean Bahonda, représentant légal deuxième suppléant ; Paul Samba, représentant légal premier suppléant ; Simon Mpoundza, président-inspecteur ; Jean Ekema, président-inspecteur ; Paul Mampouya, président-inspecteur (avec résidence à Kimpanzou) ; Edouard Ntoto, secrétaire général.

Avec Adiac-Congo par Bruno Okokana