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Etats-Unis : Décès du financier déchu Bernard Madoff

avril 14, 2021

Le financier Bernard Madoff, à l’origine de la plus grande fraude pyramidale de l’histoire, est décédé dans une prison fédérale américaine, ont confirmé mercredi les autorités pénitentiaires.

Bernard Madoff, vu ici en mars 2009, avait récemment demandé une libération en raison de son état de santé précaire.

© Stephen Chernin/Getty Images Bernard Madoff, vu ici en mars 2009, avait récemment demandé une libération en raison de son état de santé précaire.

Selon des sources carcérales citées par l’Associated press, Bernard Madoff serait mort de causes naturelles à l’âge de 82 ans au Federal Medical Center de Butner, en Caroline du Nord.

L’année dernière, les avocats du financier ont déposé des documents judiciaires pour tenter d’obtenir sa libération dans le cadre de la pandémie de COVID-19, affirmant qu’il souffrait d’une maladie rénale en phase terminale et d’autres problèmes médicaux chroniques. La demande avait été rejetée.

Bernard Madoff a été condamné en juin 2009 à 150 ans de prison après avoir plaidé coupable à 11 chefs d’accusation de fraude et blanchiment d’argent. Il a escroqué des milliers de ses clients et investisseurs qu’il a floués de plusieurs milliards de dollars au fil des années en falsifiant notamment les relevés de leurs placements.

Un administrateur judiciaire nommé par le tribunal a réussi à récupérer plus de 13 milliards de dollars sur les 17,5 milliards que les investisseurs avaient placés dans l’entreprise de Bernard Madoff.

Au moment de son arrestation, de faux relevés de compte indiquaient aux clients que leurs avoirs valaient 60 milliards de dollars.

Bernard Madoff, une figure bien en vue de Wall Street qui fut président du Nasdaq au début des années 1990, utilisait un «montage de Ponzi» pour orchestrer cette fraude à partir de sa société de conseil en investissements.

Un «montage Ponzi» est une structure pyramidale où les investisseurs arrivés en premier sont rémunérés avec l’argent versé par les investisseurs les plus récents, avec promesse de rendements anormalement élevés. C’est ce qu’on appelle dans le langage courant une «pyramide». Connue depuis des décennies, cette pratique est illégale et condamnée par la justice.

Bernard Madoff a grandi dans une famille juive modeste de New York où il a fondé une société de courtage à la fin des années 1950.

Après avoir connu du succès en capitalisant sur le développement de l’informatique, Bernard Madoff a commencé à offrir des services de courtage qui a connu à son tour beaucoup de succès.

Attirés par des promesses de rendements élevés et stables dans un univers boursier par définition volatile et imprévisible, de grandes institutions financières et des particuliers fortunés lui ont confié des milliards de dollars que Madoff utilisait ensuite pour gonfler artificiellement les rendements.

En incluant les faux profits déclarés aux clients, les pertes financières totales liées à cette affaire sont estimées à plus de 65 milliards de dollars.

Avec  CBC/Radio-Canada

Covid-19 : un mort et une personne dans un état critique aux États-Unis après avoir reçu le vaccin Johnson & Johnson

avril 13, 2021

Une personne est morte d’une thrombose sanguine et une autre se trouve dans un état critique aux Etats-Unis après avoir reçu le vaccin Johnson & Johnson contre le Covid-19, a annoncé mardi 13 avril un responsable de l’Agence américaine des médicaments (FDA).

Au total, six personnes âgées de 18 à 48 ans ont présenté, 6 à 13 jours après l’injection, des symptômes de thrombose cérébrale, conjugués avec une chute de leur niveau de plaquettes sanguines. «Un cas s’est révélé mortel et un patient se trouve dans un état critique», a déclaré Peter Marks, de la FDA.

Il a comparé ces cas avec les caillots sanguins répertoriés comme un effet secondaire «très rare» du vaccin AstraZeneca contre le Covid-19. Selon les experts, les caillots sanguins pourraient être provoqués par une très rare réponse immunitaire à ces deux vaccins.

Selon Anne Schuchat, une responsable des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), principale agence fédérale de santé publique américaine, le risque est très faible pour les personnes ayant reçu le vaccin Johnson & Johnson il y a un mois ou davantage.

Par Le Figaro avec AFP

A la veille des élections, le Pérou enregistre un nombre record de décès dus au COVID-19

avril 11, 2021

A LA VEILLE DES ÉLECTIONS, LE PÉROU ENREGISTRE UN NOMBRE RECORD DE DÉCÈS DUS AU COVID-19

© Reuters/SEBASTIAN CASTANEDA

LIMA (Reuters) – À la veille de la tenue des élections présidentielles et législatives, le Pérou a enregistré samedi un deuxième record quotidien de décès dus à la pandémie de coronavirus qui sévit à nouveau dans le pays.

    Le ministère de la santé a déclaré que 384 décès avaient été enregistrés, portant le nombre total de morts à 54.669, alors que les travailleurs de la santé luttent contre la pénurie d’oxygène médical et la saturation des hôpitaux, et que le gouvernement s’efforce d’assurer un approvisionnement suffisant en vaccins. Mercredi, le Pérou a enregistré son premier record de morts – 314 – le pire depuis que la pandémie a frappé le pays.

    Dimanche, des millions de Péruviens sont appelés à aller voter pour choisir leur prochain président et leurs représentants au Congrès. Le vote est obligatoire, sous peine d’une amende de 25 dollars. Le nombre de bureaux de vote a été augmenté pour faciliter la distanciation sociale et les électeurs ont été invités à apporter leurs propres stylos et à porter des masques.

    La nation andine, qui compte quelque 33 millions d’habitants, a reçu jusqu’à présent un peu plus de 1,5 million de doses de vaccins de Sinopharm et de Pfizer/BioNTech, un chiffre inférieur à celui de ses voisins d’Amérique latine.

avec Reuters par (Marco Aquino, version française Camille Raynaud)

RDC: La dépouille de l’Archevêque de Lubumbashi inhumée dans la crypte de la Cathédrale

avril 9, 2021

Lubumbashi, 09 avril 2021 (ACP).- La dépouille de l’Archevêque Métropolitain de Lubumbashi, Mgr. Jean-Pierre Tafunga Mbayo décédé le 31 mars 2021 à Pretoria en Afrique du Sud, a été inhumée vendredi dans la crypte de la Cathédrale Saints Pierre et Paul du centre-ville de Lubumbashi en présence du Cardinal Fridolin Ambongo Besungu et de plusieurs autorités tant nationales que provinciales.

L’inhumation a été précédée par le recueillement, le dépôt des gerbes des fleurs suivi d’une messe de requiem dite par le président de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), Mgr Marcel Utembi Tapa, sur le parvis de la Cathédrale Saints Pierre et Paul. Mgr. Marcel Utembi Tapa a indiqué que par la mort de l’Archevêque Métropolitain de Lubumbashi, Dieu montre à chacun le mystère de la mort et de la résurrection.

Il a indiqué que la mort est une étape de la vie qui ne doit pas être une période de souffrance ni de chagrin, mais plutôt un moment de méditation pour l’édification de la foi conduisant vers la vie éternelle. Il a rappelé que feu Mgr. Tafunga Mbayo, qui a quitté la terre des hommes la veille du Tridium Pascal, était un bon berger, un pasteur aimant. Il a demandé aux chrétiens de continuer à prier pour leur père dans la foi et à pérenniser sa devise Episcopale : « Amor et Misericodia », qui veut dire (Amour et Miséricorde).

Vibrant hommage de la CENCO

Au cours de cette messe, la CENCO à travers son président, a rendu un vibrant hommage à Feu Mgr Jean-Pierre Tafunga dont le ministère Episcopal a été marqué par des très riches étapes dans le diocèse de Kilwa-Kasenga, à Uvira et dans l’Archidiocèse de Lubumbashi.

L’Episcopat de la RD Congo a reconnu la modestie, la simplicité de ce vrai disciple de Saint Jean Bosco. Le secrétaire de la CENCO, l’Abbé Donatien Nshole, a, dans la lecture du discours  du Saint Siège, relevé que le Pape François s’unit à la communauté de Kilwa-Kasenga, d’Uvira, de Lubumbashi frappée par la disparition de Mgr. Tafunga Mbayo.  Le chargé de communication de la province ecclésiastique de Lubumbashi, l’Abbé Richard Kazadi Kamba, pour sa part, a lu le message des condoléances du Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo et du Premier ministre, Sama Lukonde, adressé à l’Eglise Famille de Dieu de Lubumbashi.

Mgr. Jean-Pierre Tafunga, un pèlerin infatigable

Le Cardinal Fridolin Ambongo Besungu, quant à lui, a déclaré que Mgr. Jean-Pierre Tafunga était un pèlerin, un prêtre qui a pu bien accompagner ses brebis en leurs montrant le chemin de maintenir la joie et la paix du peuple de Dieu.

Il a précisé que l’illustre disparu a passé solennellement ces derniers moments comme Archevêque de Lubumbashi, lors de sa visite pastorale au mois de février dernier dans les diocèses de Sakania-Kipushi et de Kilwa-Kasenga. L’évêque de Kolwezi, Mgr. Nestor Ngoie Katawa, a salué la mémoire d’un pasteur soucieux de la croissance spirituelle et doctrinale des brebis à travers les visites dans les paroisses et des lettres pastorales pour les temps forts de l’Avent et de Carême.

Remerciements de l’Archidiocèse de Lubumbashi

L’administrateur diocésain de l’Archidiocèse de Lubumbahi, Mgr. Dénis Moto, a remercié le Président de la République, pour son accompagnement dans cette dure épreuve. Il a dit sa reconnaissance au gouvernement provincial du Haut-Katanga pour sa disponibilité à soutenir financièrement l’archidiocèse de Lubumbashi dans différents domaines.

Il a exprimé sa gratitude à Dieu pour l’amour manifesté à l’endroit de Mgr. Jean-Pierre Tafunga Mbayo, qui laissé un héritage humain, pastoral et spirituel imposant. Feu Mgr. Jean-Pierre Tafunga Mbayo est né à Likasi le 29 juillet 1942 et a été ordonné prêtre le 16 septembre 1972 par feu Mgr. Eugène Kabanga Songa Songa.  Il devint le premier supérieur provincial Africain de l’Afrique Centrale du 15 Août 1990 à janvier 1993. Il fut nommé évêque de Kilwa-Kasenga le 04 octobre 1992 par le Pape Jean-Paul II et ordonné évêque dudit diocèse le 31 janvier 1993 par Mgr. Eugène Kabanga.

Le 10 juin 2002 il fut transféré évêque d’Uvira par le Pape Jean-Paul II, puis nommé Archevêque coadjuteur de Lubumbashi par le Pape Benoit XVI avec droit de succession le 31 juillet 2008. Il succéda ainsi à Mgr Floribert Songasonga Mwitwa le 01 décembre 2010 et pris la possession dudit archidiocèse le 30 janvier 2011.  Feu Mgr. Jean-Pierre Tafunga Mbayo est le quatrième Archevêque de Lubumbashi à reposer dans la crypte de la Cathédrale Saints Pierre et Paul après Mgrs Jean Felix De Hemptine, Eugène Kabanga Songa Songa et Floribert Songasonga Mwitwa.

Avec ACP/Kayu/NiG/JFM

Royaume-Uni: Le prince Philippe, partenaire indéfectible de la reine Élisabeth II, n’est plus

avril 9, 2021

Le prince Philippe, duc d’Édimbourg, s’est éteint à l’âge de 99 ans, a annoncé vendredi le palais de Buckingham. Il aura été aux côtés de la reine Élisabeth II pendant 73 ans.

Le prince Philippe a rendu son dernier souffle vendredi matin, au château de Windsor.

© Samir Hussein/ Samir Hussein/WireImage/Getty Images Le prince Philippe a rendu son dernier souffle vendredi matin, au château de Windsor.

«C’est avec un profond chagrin que Sa Majesté la reine annonce le décès de son mari bien-aimé, Son Altesse Royale le Prince Philippe, le duc d’Édimbourg», peut-on lire sur le site du palais de Buckingham.

Le prince a rendu son dernier souffle vendredi matin, au château de Windsor. Il est «décédé paisiblement» indique-t-on encore.

«Nous sommes en deuil avec Sa Majesté la reine et nous lui présentons nos condoléances, à elle et sa famille», a réagi le premier ministre britannique, Boris Johnson, depuis Downing Street.

Le prince aura « gagné l’affectation de plusieurs générations, au Royaume-Uni, au sein du Commonwealth comme dans le reste du monde », a-t-il ajouté.

Pour souligner le départ du duc, le palais de Buckingham a mis en berne son drapeau britannique.

Plus tôt cette année, il avait passé un long séjour d’un mois à l’hôpital pour une infection. L’annonce de son transfert pour traiter des problèmes cardiaques avait ensuite instillé la crainte que son état de santé ne se détériore davantage. Il avait toutefois obtenu son congé de l’hôpital à la mi-mars.

Partenaire de tous les instants de la reine, le prince Philippe aurait célébré en juin prochain son 100e anniversaire; le mois de novembre aurait marqué ses 74 ans de mariage avec Élisabeth II.

Une note annonçant le décès du duc d'Édimbourg a été affichée sur les grilles du palais de Buckingham.

© Matt Dunham/Associated Press Une note annonçant le décès du duc d’Édimbourg a été affichée sur les grilles du palais de Buckingham.

Grandir dans une famille dispersée

Le mari de la reine Élisabeth II est né prince Philippe de Grèce et de Danemark, le 10 juin 1921, sur l’île de Corfou, en Grèce. Sa famille en sera expulsée l’année suivante avec le renversement de la monarchie et de son oncle, le roi Constantin 1er.

Exilée, la famille de Philippe s’installe d’abord en France, en banlieue de Paris. Sa mère, souffrant de dépression, est internée. Son père s’établit dans le sud de la France et garde peu de liens avec son fils. Les quatre sœurs aînées de Philippe épousent des nobles et s’installent en Allemagne.

Le prince Philippe (en haut à gauche), à l’école MacJannet American School à Saint-Cloud, en France.

© – Le prince Philippe (en haut à gauche), à l’école MacJannet American School à Saint-Cloud, en France.

Philippe est envoyé au Royaume-Uni, où il est pris en charge par la famille de sa mère. Il fréquente des pensionnats britanniques, où il est reconnu comme un « leader né ». Il passe une courte période dans une école allemande.

Il est ensuite formé, comme le veut la tradition, dans la Marine royale britannique, où il sert pendant la Seconde Guerre mondiale. Il participe notamment au débarquement des Alliés en Sicile, en 1943.

Épouser une future reine

Après la guerre, Il épouse la princesse Élisabeth – sa cousine au troisième degré –, qu’il a rencontrée alors qu’elle avait 13 ans et avec qui il correspond depuis plusieurs années. Selon les médias britanniques, le prince a séduit la princesse par son attitude indépendante, sa noble prestance et son visage de jeune premier.

La princesse Élisabeth et le prince Philippe, le jour de leur mariage, en 1947.

© /AFP La princesse Élisabeth et le prince Philippe, le jour de leur mariage, en 1947.

Pour pouvoir épouser Élisabeth, il renonce à ses titres royaux grec et danois, obtient la naturalisation britannique, passe d’orthodoxe grec à anglican, et adopte le nom de famille Mountbatten, celui de ses grands-parents maternels (Battenberg) en version anglicisée.

Le couple se marie en 1947 à l’abbaye de Westminster. Philippe reçoit alors les titres de duc d’Édimbourg, comte de Merioneth et baron de Greenwich.

La princesse Élisabeth et le prince Philippe pendant leur lune de miel, en 1947, au Hampshire.

© /AFP La princesse Élisabeth et le prince Philippe pendant leur lune de miel, en 1947, au Hampshire.

Élisabeth tombe rapidement enceinte. Leur premier enfant, le prince Charles, naît le 14 novembre 1948, suivi de la princesse Anne, le 15 août 1950, du prince Andrew, le 19 février 1960, et du prince Edouard, le 10 mars 1964.

Après le mariage, Philippe poursuit sa carrière navale. Le couple s’installe à Malte, où Philippe vient d’être muté. Cependant, l’état de santé du roi George VI se détériore, et il se décharge de plus en plus de ses obligations sur Élisabeth et son mari. Les engagements royaux et les tournées se multipliant, Philippe décide en 1951 de quitter temporairement ses activités militaires.

La mort de George VI, le 6 février 1952, change Élisabeth en reine. Philippe se voit obligé d’abandonner sa carrière navale pour adopter celle de prince consort, un rôle qui consiste à rester en retrait, bien qu’à deux pas derrière la souveraine.

La reine Élisabeth et le prince Philippe saluent la foule du balcon du palais de Buckingham, tout de suite après le couronnement de la reine, qui a eu lieu à l'abbaye de Westminster, le 2 juin 1953.

© Leslie Priest/AP Photo/La Presse canadienne La reine Élisabeth et le prince Philippe saluent la foule du balcon du palais de Buckingham, tout de suite après le couronnement de la reine, qui a eu lieu à l’abbaye de Westminster, le 2 juin 1953.

De nouvelles responsabilités

Devenu prince de Grande-Bretagne, Philippe prend en main la gestion des propriétés royales, telles que Sandringham et Balmoral.

En plus de suivre la reine dans ses déplacements, il participe à des engagements royaux indépendants, tant au Royaume-Uni qu’ailleurs dans le monde.

Le couple royal en visite au Canada, en 1978.

© /La Presse canadienne Le couple royal en visite au Canada, en 1978.

Il se consacre également à des activités de mécène et de philanthrope, et parraine plus de 800 organismes à travers le monde. Une quarantaine sont situés au Canada, dont l’Institut aéronautique et spatial du Canada et l’Association canadienne de curling.

Ses engagements témoignent généralement de ses champs d’intérêt, soit le bien-être des jeunes, l’environnement, les sports, le domaine militaire et la technologie.

La plus célèbre de ses œuvres philanthropiques est la création du programme du Prix du Duc d’Édimbourg. Créé en 1956, son but est d’encourager les jeunes de 14 à 24 ans à mettre sur pied des initiatives leur permettant de se dépasser et de prendre part à la vie de leur collectivité. Il est implanté dans plus de 140 pays.

La reine Élisabeth et le prince Philippe regardent le lancement du relais du bâton de la reine des Jeux du Commonwealth, au palais de Buckingham, le 9 octobre 2013.

© Lefteris Pitarakis/pool/Reuters La reine Élisabeth et le prince Philippe regardent le lancement du relais du bâton de la reine des Jeux du Commonwealth, au palais de Buckingham, le 9 octobre 2013.

Un prince moderne au langage peu protocolaire

Dès le début du règne d’Élisabeth II, Philippe se forge une réputation de moderniste. Sa volonté de tenir les médias au courant des activités royales afin qu’elles aient plus de visibilité y contribue. Il regrettera plus tard d’avoir trop laissé la presse entrer dans la vie de la famille royale.

Lui-même a plus d’une fois retenu l’attention des médias britanniques et internationaux, en raison de son tempérament fougueux et de ses gaffes.

Ses commentaires lui vaudront parfois des critiques, comme lorsqu’il demande en 2002 à des aborigènes australiens s’ils se lancent encore des flèches, ou lorsqu’il prévient un groupe de Britanniques qui visitent la Chine en 1986 qu’ils risquent de « développer des yeux bridés » s’ils restent trop longtemps dans ce pays.

Selon la BBC, le prince Philippe n’a jamais véritablement conquis le peuple britannique, étant trop « brusque » et « intransigeant ». Mais il a néanmoins gagné leur respect en faisant son devoir de prince consort pendant près de 70 ans.

Un agenda moins rempli depuis peu

Ces dernières années, le duc d’Édimbourg avait ralenti le rythme de ses obligations, qui étaient encore de 300 événements par année en 2005. Il en a délégué plusieurs à la duchesse de Cambridge, Kate Middleton, épouse de son petit-fils William.

Néanmoins, Philippe a participé aux célébrations entourant le jubilé de diamant de la reine en 2012, qui a marqué le 60e anniversaire de l’accession au trône d’Élisabeth II.

Le prince Philipe donne des indications à son petit-fils, le prince Harry, lors du Jubilé de la reine, en 2012.

© John Stillwell/AFP Le prince Philipe donne des indications à son petit-fils, le prince Harry, lors du Jubilé de la reine, en 2012.

Il est celui qui a occupé le plus longtemps le rôle de prince consort au Royaume-Uni et il est le conjoint le plus longtemps marié à un monarque britannique régnant.

D’ailleurs, la reine Élisabeth II a elle-même plus d’une fois témoigné du soutien et de la loyauté dont il a toujours fait preuve dans l’exercice de ses fonctions.

La reine Élizabeth accompagnée de son mari prononce un discours lors de l'ouverture du Parlement, à Londres, le 18 mai 2016.

© Justin Tallis/Pool via AP/La Presse canadienne La reine Élizabeth accompagnée de son mari prononce un discours lors de l’ouverture du Parlement, à Londres, le 18 mai 2016.

Avec CBC/Radio-Canada

EXCLUSIF. Affaire PAKO : où sont passés les résultats de l’autopsie ? Me William Bourdon s’est constitué pour défendre la famille Kolelas

avril 3, 2021

La mort de l’opposant congolais Guy Brice Parfait Kolelas dans des circonstances troubles pour ses proches malgré la thèse du Covid-19 avancée par les autorités sanitaires congolaises prend une tournure politico-judiciaire jusque là redoutée par le pouvoir de Brazzaville.

Chronique d’une mort annoncée ?

Guy Brice Parfait Kolelas, candidat à l’élection présidentielle du 21 mars 2021 au Congo est tombé subitement malade alors qu’il était en pleine campagne électorale. Tout commence à Pointe-Noire la capitale économique du Congo, lors d’un meeting, il avait accusé une fatigue soudaine, avant que ses proches ne constatent des signes plus inquiétants lors du meeting qu’il a tenu quelques jours plus tard à Owando avec son allié du RDD, Jean-Jacques Yhomby Opango.

Rentré à Brazzaville, Guy Brice Parfait Kolelas n’a pu être présent à son dernier meeting au stade marchand le vendredi 19 mars. Son épouse Nathalie avait rassuré ses militants qu’il était victime d’un paludisme sévère, rien de plus inquiétant. Le samedi 20 mars, la situation sanitaire de PAKO se dégrade brutalement, il sera évacué en France le lendemain dimanche 21 mars jour du vote dans l’après-midi. Le président de l’UDH YUKI, est déclaré mort à 1H40 du matin dans la nuit du dimanche au lundi 22 mars, cinq minutes après que l’avion médicalisé qui le transportait ait atterri sur le tarmac de l’aéroport de Paris Bourget. Pour ses militants, PAKO était déjà mort à Brazzaville, le pouvoir aurait envoyé sa dépouille à Paris pour se débarrasser d’un cadavre encombrant qui allait mettre fin au processus électoral en cours.

Covid-19 ou empoisonnement ?

La mort de Guy Brice Parfait Kolelas fait l’objet de spéculations dans les rues de Brazzaville. La thèse de l’empoissonnement a envahi les réseaux sociaux, balayant d’un revers de main celle de la Covid-19 avancée par les autorités sanitaires. Sur le tarmac de l’aéroport du Bourget, la famille a bataillé dur avec les autorités françaises afin que la dépouille de PAKO soit déposée à l’Institut Médico Légal de Paris pour une autopsie. Or, selon les médecins que nous avons pu consulter, « le protocole sanitaire en France interdit une autopsie sur un cadavre déclaré mort du Covid-19. En acceptant qu’une autopsie soit réalisée sur la dépouille de PAKO, la France a indubitablement acté le doute persistant des proches du proches du défunt et remis en question la thèse de mort par Covid-19 soutenue par Brazzaville.

Enquête judiciaire et requêtes diplomatiques

Au lendemain de l’annonce de la mort de PAKO, le Parquet de Bobigny ouvrait une enquête par auto saisine. Cette procédure judiciaire devrait permettre à la famille de connaître toute la vérité sur la mort du leader politique congolais. Alors que selon les informations des proches de PAKO l’autopsie avait été réalisée entre le 23 et le 24 mars, à ce jour, ni l’Institut Médico Légal, ni le parquet de Bobigny n’a fourni les résultats attendus à la famille. Il y a quelques jours, la veuve de PAKO a saisi par courrier le parquet de Bobigny et l’Institut Médico Légal leur enjoignant de lui fournir les résultats de l’autopsie. « C’est une rétention que nous ne comprenons pas. On a vu une partie de la presse évoquer le Covid-19 sur la base d’un faux communiqué du parquet de Bobigny, alors que la famille n’a aucune information jusqu’à maintenant sur les résultats de cette autopsie » s’indigne un membre de la famille. Les responsables de l’Institut Médico Légal de Paris ont déjà transmis les résultats de l’autopsie au parquet de Bobigny nous a t-on assuré.

Afin de défendre ses droits, la famille Kolelas a fait se constituer deux avocats dont le très médiatique William Boudon, bien connu dans les affaires des Biens mal acquis, impliquant DSN et sa famille. Il faut redouter que la constitution de Me Bourdon va donner à l’affaire PAKO une tournure médiatique et diplomatique qui va avoir un impact sur les relations entre Paris et Brazza.

En effet, c’est à Paris que la mort de PAKO prend une réelle tournure politique. La manifestation de la diaspora congolaise le samedi 27 mars à Paris a attiré l’attention des autorités françaises qui s’inquiètent des actions de certains activistes incontrôlés. Au Quai d’Orsay, la situation est suivie avec une attention particulière.

Du côté de Brazzaville, c’est une observation active de la situation qui est en cours. Les membres de la famille Kolelas proches du pouvoir sont mis à contribution afin de calmer les velléités de ceux qui veulent voir en la mort de PAKO, un coup politique de DSN. Dans les milieux autorisés à Brazzaville, on ne conçoit pas que DSN puisse prêter serment alors que « son fils » PAKO n’est pas encore enterré. Les obsèques de PAKO devront avoir lieu en France dans les prochains jours.

Avec AfricaWebNews par Vouda NGANOU

Décès de Christian Tumi, premier cardinal camerounais

avril 3, 2021
Le cardinal Christian Tumi, à Douala, au Cameroun, le 21 juin 2019.

Hospitalisé dans une clinique privée, le cardinal et archevêque honoraire de Douala est décédé dans la nuit de vendredi à samedi.

La nouvelle de la mort de Christian Tumi a circulé dès les premières heures du jour, samedi 3 avril, avant d’être confirmée par l’archevêque de Douala au cours d’une messe à la Cathédrale Saint-Pierre-et-Paul. « Le diocèse de Douala a le regret d’annoncer le décès du cardinal Christian Wiyghan Tumi à l’âge de 91 ans des suites de maladies », a écrit Monseigneur Samuel Kleda dans le communiqué qui a été lu aux fidèles présents.

Une vague d’émotion et de consternation s’est immédiatement emparée de la sphère publique camerounaise qui pleure le départ d’une personnalité respectée. L’avocat Agbor Balla a ainsi salué la mémoire d’un « ardent défenseur d’une société juste, un défenseur des droits des opprimés, réprimés et marginalisés ».

Engagé pour la paix

Au cours des dernières années de sa vie, le cardinal Christian Tumi s’était pleinement engagé dans la résolution du conflit dans les régions anglophones du Cameroun. Réputé pour sa liberté de ton et ses positions tranchées, le gouvernement comme les groupes sécessionnistes le soupçonnaient mutuellement de défendre les intérêts du camp adverse.

La All Anglophone Conference (Conférence nationale des anglophones) qu’il souhaitait organiser n’a jamais prospéré, faute de soutien du régime. L’objectif était de désigner les personnalités anglophones qui engageraient des pourparlers avec le pouvoir de Yaoundé.

Le 5 novembre 2020, le cardinal avait fait l’objet d’un enlèvement revendiqué par les groupes sécessionnistes. Retenu captif dans une ferme située sur l’axe Bamenda- Kumbo, il avait alors fermement rappelé aux soldats armés son opposition à la fermeture des écoles et son souhait de voir les différents protagonistes autour d’une table de négociations. Sa libération était intervenue 24 heures après.

TOUT CE QUE JE VEUX, C’EST QUE LES ARMES SE TAISENT

Dans son dernier ouvrage publié fin 2020 Ma nuit en captivité, Christian Tumi avait réitéré sa position sur le conflit anglophone. « Je ne soutiens pas ces personnes dans la brousse, bien que le gouvernement me soupçonne d’être l’un de leurs partisans. Je ne suis pas d’accord avec ce qu’ils font (…) je ne soutiens pas la répression du gouvernement, qui a conduit à la prise d’armes. Je maintiens ma neutralité. Tout ce que je veux, c’est que les armes se taisent et que la paix revienne dans le pays », écrivait-il.

Né le 15 octobre 1930 à Kikaikelaki (Kumbo) au Cameroun, Christian Wiyghan Tumi a  été ordonné prêtre le 17 avril 1966 au diocèse de Buéa. Son parcours académique l’a conduit au Nigeria où le jeune prélat suit une formation en sciences de l’éducation puis à Londres, au Royaume-Uni. Il s’inscrit par la suite en théologie à l’Institut catholique de Lyon, en France, où il obtient une licence, puis une autre en philosophie à l’Université de Fribourg, en Suisse, suivi d’un doctorat. Le 28 juin 1988, le pape Jean-Paul II le désigne cardinal, le premier et seul cardinal camerounais.

Arrivé à la tête de l’Archidiocèse de Douala au cœur des années de braise, en 1991, Christian Tumi s’était démarqué en militant activement pour l’avènement de la démocratie. Ce qui a souvent suscité les craintes des autorités camerounaises.

Avec Jeune Afrique par Franck Fout – à Yaoundé

Madagascar : l’ancien président Didier Ratsiraka est mort

mars 28, 2021
L’ancien président de Madagasacar, Didier Ratsiraka (ici le 8 mai 2020), est décédé le 28 mars 2021 à l’âge de 84 ans.

L’ancien président malgache est décédé à l’âge de 84 ans, ce dimanche 28 mars. Il était hospitalisé depuis le début de la semaine à l’hôpital militaire de Soavinandriana, à Antananarivo.

« L’Amiral a tiré sa révérence ce matin. Il a rejoint les étoiles d’où il continuera à veiller sur nous », pouvait-on lire ce dimanche sur la page Facebook officielle de l’ancien président malgache, Didier Ratsiraka, qui devait son surnom à sa formation d’officier de marine.

Celui qui a dirigé Madagascar par deux fois – de 1975 à 1993 puis de 1997 à 2002 – est décédé tôt dans la matinée de ce dimanche 28 mars à l’hôpital militaire de Soavinandriana, à Antananarivo, où il avait été admis le lundi 22. Les causes de son décès n’ont, pour l’heure, pas été rendues publiques.

Il avait été admis, ainsi que son épouse, « à la suite d’un contrôle de routine dû à une petite grippe ». Le test PCR de dépistage du Covid-19 de l’ancien président s’était révélé négatif, selon ses proches.

« Didier Ratsiraka était un grand homme d’État. Il n’est que justice que la Nation entière soit en deuil », a déclaré Lalatiana Rakotondrazafy Andriatongarivo, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, à l’annonce de son décès.

60 ans de l’Histoire de Madagascar

Acteur et témoin privilégié de l’Histoire de Madagascar et du continent pendant près de six décennies, Didier Ratsiraka avait accordé un long entretien à Jeune Afrique en avril dernier, revenant sur ses souvenirs de militant anticolonialiste et d’homme d’État.

À la question « Quel regard portez-vous aujourd’hui sur les 60 années d’indépendance de votre pays ? », il avait répondu : « Nous avons tous les attributs de l’indépendance : le drapeau, l’hymne, le Parlement… Mais nous n’avons pas une pleine souveraineté. Les cours du café et du cacao sont décidés à Londres, tout comme celui du pétrole est fixé au siège de l’Opep, à Vienne. »

Par Jeune Afrique

CONGO : La mort du principal candidat-opposant à la présidentielle la nuit du vote

mars 24, 2021

Comme quasiment toutes les consultations électorales organisées par Sassou-Nguesso depuis son retour criminel et sanglant au pouvoir en 1997, la présidentielle de ce 21 mars, très critiquée par l’épiscopat national et d’autres forces sociales et politiques, s’est déroulée dans la confusion, avec la mort du principal candidat-opposant, tombé gravement malade deux jours auparavant, le jour du vote.

Anticipé par presque toutes les Constitutions, « l’empêchement définitif » d’un des candidats à la présidentielle, déjà validé par la juridiction constitutionnelle donc, reste un cas rare. C’est pourtant ce qui est arrivé au Congo-Brazzaville, où Parfait Kolélas, principal candidat-opposant, déclaré très gravement malade deux jours auparavant,  est décédé la nuit du vote du premier tour. Et c’est aussi ce qui va mettre à l’épreuve, une fois de plus, la justice constitutionnelle, après le triste feuilleton de la présidentielle précédente. Ici, après que la Cour constitutionnelle ait grossièrement et indécemment violé la Constitution en vigueur (notre réflexion à ce propos: « Cauchemar constitutionnel: comment des juristes ont étranglé le droit constitutionnel au Congo!« , in Mediapart, 17 septembre 2020), le principal candidat et opposant de circonstance, Jean Marie Michel Mokoko, avait été arrêté et sanctionné à vingt ans de prison pour « atteinte à la sûreté de l’État » contre un pouvoir arrivé lui-même aux affaires à la suite d’un sanglant coup d’État n’ayant pas fait moins de dix mille morts !

En l’occurrence, et précisément, avec l’empêchement sans équivoque du challenger officiel de Sassou Nguesso en 2016 et principal candidat-opposant au moins deux jours auparavant, au point qu’il n’a pas réussi à participer à son dernier grand meeting avant la fin de la campagne le vendredi 19 mars, et que de surcroît il est décédé la nuit du jour du vote, la juridiction constitutionnelle, comme en 2015-2016, s’alignera-t-elle sur la position et les intérêts exclusifs du pouvoir, confirmera-t-elle l’idée fort répandue d’une élection-formalité qui se gagne toujours au premier tour comme en 2002, 2009 et 2016, ou dira-t-elle le droit lorsqu’il lui sera donné d’apprécier les résultats de ce vote, faute d’avoir été saisie en amont par les intéressés? 

C’est sur les suites constitutionnelles de ce décès qu’il nous a été demandé notre point de vue par la chaîne de télévision TV5 Monde ce 22 mars. Les circonstances de ce décès restent insolites , au point que le parquet de Bobigny, Section criminelle, en France où le candidat est décédé tout juste à son à son arrivée dans la capitale française, a ouvert une enquête pour rechercher les causes réelles de la mort de l’opposant congolais.

Entre temps, Sassou Nguesso, égal à lui-même, vautré dans son éternel et morbide solipsisme, y compris dans la lecture des textes, se dit une fois de  plus victime d’un complot selon lequel  l’opposition veut exploiter un article de la Constitution selon lequel et selon lui, « le président de la République était autorisé à proroger son mandat et à renvoyer les élections à plus tard »! Au point d’appeler à la rescousse son incontournable complice, François Soudan pour, autant sa propagande qu’initier ses manipulations au regard des suites incertaines de « cet incident » (selon lui). Pour ceux qui n’auraient pas le fil de son esprit, suite à l’enclenchement  des terribles événements de l’été 1997, « coup d’État de Sassou Nguesso » et qui se confirmera par la suite selon le pouvoir d’alors, « résistance à l’agression du pouvoir dont il est l’objet » selon lui, et à deux mois de la présidentielle, le Conseil constitutionnel congolais avait alors décidé la prorogation du mandat présidentiel jusqu’à l’élection du nouveau président de la République, tout en pressant explicitement pouvoir et opposition de se retrouver pour fixer la date de l’élection. Cela conformément au principe antérieurement posé par l’historique Conférence nationale de 1991 selon lequel le pouvoir ne saurait plus jamais se prendre que par les urnes pour en finir avec les ruptures constitutionnelles constantes dans ce pays. Cette décision avait été farouchement critiquée par l’actuel dirigeant congolais, avant que sa Constitution imposée en 2015 (article 65, alinéa 2) mais aussi d’autres États comme la RDC ne la consacrent. En s’expliquant comme il le fait à l’occasion de ce qu’il appelle « incident », l’homme d’État congolais, manipulateur, veut signifier que c’est dans la logique ou la continuité de ce qu’il avait critiqué alors, par le refus de cette jurisprudence pourtant aujourd’hui consacrée, qu’il devrait ne pas faire comme le pouvoir d’alors !  La réalité est qu’il a toujours fait une lecture des situations et des textes selon ce qui l’arrange, comme ce fut le cas sur la crise politique et constitutionnelle de l’automne 1992. À cette occasion il faisait une lecture subjective de la Constitution dans laquelle il interprétait la majorité parlementaire de façon clairement anti-constitutionnelle, comme se tissant au sein de l’hémicycle, dans un régime semi-parlementaire (ou semi-présidentielle) où il est pourtant établi qu’elle est le monopole du souverain, et prenait « la communauté internationale à témoin contre la violation de la Constitution par le président Lissouba » qui avait opté pour la dissolution de l’assemblée et la consultation du souverain! (cf. nos réflexions: « Une expérience politique congolaise: Pascal Lissouba l’éternel accablé », Mediapart, 31 août 2020.

Ainsi fonctionnent les despotes

Avec Congo-Liberty par Felix Bankounda Mpele

Enseignant-Chercheur, Juriste et Politologue, consultant, Constitutionnaliste

Congo: la mort de l’opposant Kolélas conforte le pouvoir absolu de Sassou Nguesso

mars 22, 2021
Congo: la mort de l'opposant Kolelas conforte le pouvoir absolu de Sassou Nguesso
Congo: la mort de l’opposant Kolélas conforte le pouvoir absolu de Sassou Nguesso© AFP/Archives/MARCO LONGARI

La mort lundi de l’opposant Guy-Brice Parfait Kolélas, principal rival du sortant Denis Sassou Nguesso à la présidentielle au Congo-Brazzaville, conforte le pouvoir absolu du maître de Brazzaville, dont la réélection s’annonce déjà comme un plébiscite d’après les premières tendances officielles lundi.

Le président sortant, 36 ans au pouvoir, obtient entre 90 et 100 % des voix dans de nombreux centres de vote aux quatre coins du pays, selon les résultats provisoires dans 35 villes ou quartiers présentés par le président de la commission électorale, Henri Bouka. Les résultats provisoires définitifs devraient être connus mardi ou mercredi, a-t-il ajouté.

En 2016, M. Sassou Nguesso avait été réélu au premier tour avec 60 % des voix, devant M. Kolélas (15 %), selon des résultats violemment contestés.

Testé positif au Covid-19, Kolélas, 61 ans, est décédé en France lundi aux premières heures juste après l’arrivée de l’avion médicalisé venu le chercher à Brazzaville dimanche après-midi, avant la fermeture des bureaux de vote.

« L’avion a atterri au Bourget (aéroport au nord de Paris pour les vols privés) à 02H35 environ, il est décédé à 02H40″, a déclaré un ami proche à l’AFP.

Le parquet de Bobigny (nord-est de Paris) a annoncé à l’AFP l’ouverture d’une enquête, confiée à la section criminelle, sur la recherche des causes de la mort de l’opposant, dont le corps n’a pas encore été rapatrié.

« Je l’ai eu au téléphone lundi (15 mars), je l’avais trouvé très fatigué », a repris son ami joint à Paris, effondré. « Il m’avait dit: +C’est la campagne, j’ai le palu+. Quand il est allé à l’hôpital, ils ont découvert que c’était le Covid et c’était trop tard ».

L’opposant avait publié une vidéo samedi, à quelques heures du scrutin et de la coupure de tout accès internet décidée par les autorités, comme souvent en Afrique centrale pour éviter la diffusion des procès verbaux des résultats à la sortie des bureaux de vote.

« Mes chers compatriotes, je me bats contre la mort, mais cependant, je vous demande de vous lever. Allez voter pour le changement. Je ne me serai pas battu pour rien », affirmait-il dans cette vidéo, alité et affaibli.

« Vous aussi, battez-vous, pour votre changement. Il en va de l’avenir de vos enfants », ajoutait Guy-Brice Parfait Kolélas avant de remettre son masque d’assistance respiratoire et de se rallonger.

« Qui peut le remplacer »

Après sa mort, l’autre principal candidat de l’opposition, l’ex-ministre Mathias Dzon, a annoncé un recours auprès de la Cour constitutionnelle pour l’annulation du premier tour.

Sa mort laisse l’opposition encore plus affaiblie. Deux autres opposants, candidats en 2016, le général Jean Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, purgent une peine de 20 ans de prison pour « atteinte à la sûreté de l’État ».

Le principal parti d’opposition, l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UDAPS), avait boycotté l’élection de 2021.

Dans les quartiers sud de Brazzaville, son fief, l’ambiance était normale, la population reprenant ses activités quotidiennes au lendemain du vote.

Quelques tensions ont été enregistrés autour du siège du parti de M. Kolélas, de la part d’une frange excitée de ses partisans. C’est ici qu’un correspondant congolais de TV5 Monde, Berdy Pambou, a été agressé avec son caméraman, a-t-il indiqué. La police a dû intervenir.

« Guy-Brice Parfait Kolélas était un grand leader politique congolais. Avec lui on espérait le changement. La population congolaise est très émue. Pour le moment, on n’imagine pas qui peut le remplacer », a déclaré à l’AFP un sympathisant, Wilfrid Raoul, rencontré au marché Total, aux portes de la région du Pool, son fief.

Opposant historique, il apparaissait comme le seul vrai rival de M. Sasssou Nguesso, 77 ans, dont 36 au pouvoir, de 1979 à 1992, puis depuis 1997, à l’issue d’une guerre civile dont il est sorti victorieux.

Ce dernier lui avait souhaité un « prompt rétablissement » dimanche, avant de se féliciter de la bonne tenue du scrutin.

Aucun incident majeur n’a été enregistré lors du vote sous haute surveillance, selon les éléments que l’AFP a pu collecter sur le terrain et par SMS (également coupés dans la journée).

L’Eglise catholique a émis des réserves sur la transparence du scrutin. Ses observateurs électoraux n’ont pas obtenu d’accréditations.

En 2015, M. Sassou Nguesso a fait sauter le verrou constitutionnel qui imposait une limite d’âge et un maximum de deux mandats présidentiels.

En 2016, sa réélection contestée avait déclenché une violente rébellion dans la région du Pool.

Source AFP avec Le Point