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Bénin – Décès de Rosine Soglo : hommages unanimes de la classe politique

juillet 26, 2021
Rosine Soglo, grande figure de la vie politique béninoise et femme de l’ex-président, est décédée le 25 juillet 2021, à son domicile.

L’épouse de Nicéphore Soglo, ex-président du Bénin, est décédée dimanche 25 juillet 2021, à 87 ans. La « dame de fer » laisse derrière elle une forte empreinte politique.

« C’est cette femme-là qui m’a permis d’être aussi solide », a confié Nicéphore Soglo, actuellement à Paris pour raison de santé. Terrassé, l’ancien président a tenu à saluer la mémoire de sa femme qu’il a rencontrée en 1947 en France, avant que les deux ne convolent en justes noces le 2 juillet 1958.

« Nous garderons d’elle l’image d’une femme brave et exceptionnelle », a déclaré sur sa page Facebook le président Patrice Talon dont elle avait soutenu la candidature en 2016, avant d’exprimer de fortes réserves sur sa gouvernance actuelle du pays.

Le président du parlement béninois, Louis Vlavonou se souvient également « d’une femme d’exception et de conviction dont la participation à six législatures successives laisse inéluctablement une empreinte indélébile à l’institution parlementaire et au pays tout entier ».

UNE GRANDE PERTE POUR NOTRE PAYS ET NOTRE DÉMOCRATIE

Pour Paul Hounkpè, responsable du parti des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE) et chef désigné de l’opposition, « le décès de madame Rosine Soglo, figure emblématique de la politique du Bénin depuis l’historique conférence nationale de février 1990, est une grande perte pour notre pays et notre démocratie ». « C’est une combattante intrépide pour la paix, la liberté et la démocratie au Bénin », peut-on lire dans le communiqué des FCBE. Celui-ci a été rendu public dimanche 25 juillet 2021, après le décès de l’ex-première dame à son domicile, aux environs de 16 heures. Elle avait insisté pour rentrer chez elle après trois jours d’hospitalisation à la clinique Mahouena de Cotonou – où la famille Soglo se fait habituellement soigner.

Femme courageuse, audacieuse et engagée

À Cotonou ce matin, la plupart des Béninois affichent leur « admiration » pour Rosine, « une femme courageuse », « audacieuse », « engagée », « un exemple à suivre pour les femmes en matière d’engagement politique ». De son vivant, elle a été parfois critiquée pour être restée « trop visible » dans l’entourage politique de son mari, d’avoir « trop pesée » sur les décisions de celui-ci et sur la vie de la nation pendant le quinquennat 1991-1996.

Les Béninois se demandent également si son fils aîné, Lehady Soglo, en exil en France depuis sa révocation comme maire de Cotonou le 2 août 2017, rentrera au pays pour les obsèques de sa mère. Le cadet Ganiou, qui sort de soins après avoir été blessé par balles lors d’une embuscade en février dernier, a conduit le corps de Maman à la morgue Proci de Cotonou. La date des obsèques n’est pas encore fixée.

Son parti et son association

Première femme à avoir fondé un parti politique (la Renaissance du Bénin) en 1992 à l’ère du Parti du renouveau démocratique, elle a été régulièrement députée de la 16circonscription de Cotonou, de 1999 à 2019. Plusieurs fois doyenne de l’Assemblée nationale, elle a marqué l’institution parlementaire avec ses envolées contre les régimes successifs de ces vingt dernières années : Mathieu Kérékou (1996-2006), Boni Yayi (2016) et Patrice Talon.

Parallèlement à ses activités politiques, elle a créé l’association Vidolé, pour le bien-être des enfants et des femmes. Elle a apporté, pendant des années, son appui aux familles de jumeaux, de triplets ou de quadruplets. Un sens maternel qui lui vaut sans doute d’être appelée « maman » par tous, y compris par les plus grands du pays. « Intrépide patriote, Maman a été de tous les combats… », écrit l’ancien président Boni Yayi sur sa page Facebook.

CETTE ICÔNE DE LA POLITIQUE BÉNINOISE EST NOTRE MAMAN NATIONALE

Lors d’une cérémonie d’hommage à l’ex-première dame en 2019, Célestine Zanou, candidate à la dernière présidentielle, disait alors que cette « icône de la politique béninoise » est « notre maman nationale ».

Avec Jeuen Afrique par Fiacre Vidjingninou à Cotonou

Côte d’Ivoire: Décès de Angeline Nadié

juillet 17, 2021

Par Prince TV avec Agences

Côte d’Ivoire : décès de Charles Gomis, grande figure de la diplomatie ivoirienne

juillet 17, 2021
Charles Gomis, le 10 mai 2014, lors de la visite du ministre français des Armées, Jean-Yves Le Drian, à Abidjan.

Le diplomate Charles Gomis, qui fut un proche du président Félix Houphouët-Boigny, est décédé ce 16 juillet à Paris à l’âge de 81 ans. La Côte d’Ivoire perd l’un de ses ambassadeurs les plus emblématiques.

Pour beaucoup, c’était un pilier. Une mémoire autant qu’un guide. Charles Gomis, charismatique figure de la diplomatie ivoirienne, est décédé ce vendredi 16 juillet à Paris, où il séjournait. Il avait fêté son 80e anniversaire le 5 février dernier. L’information a été confirmée à Jeune Afrique par des sources proches de la famille.

Embauché en tant que stagiaire par un certain Henri Konan Bédié, alors ambassadeur de Côte d’Ivoire à Washington, Charles Gomis est devenu le directeur de cabinet de ce dernier lorsqu’il a été nommé  ministre de l’Économie et des Finances, en 1967. Le natif de Grand-Bassam, qui n’avait alors que 27 ans, restera à ce poste jusqu’en 1973.

Ce diplômé de l’Université de Californie, siègera ensuite au conseil d’administration de plusieurs entreprises publiques. Il siègera également à cette époque au conseil de surveillance de la Bourse des valeurs d’Abidjan, où il sera l’un des artisans de l’ouverture de l’économie ivoirienne à la capitalisation boursière, voulue par Houphouët-Boigny.

Washington, Brasilia, Paris…

Sa carrière de diplomate, sous Félix Houphouët-Boigny, l’a mené de Washington à Brasilia en passant par Bogota. Nommé ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement formé par Seydou Diarra après le coup d’État de Robert Gueï contre Bédié, en mars 2000, Charles Gomis quittera son poste en octobre, et rejoindra par la suite le groupe Sifca (Société immobilière et financière de la côte africaine).

Il n’en abandonnera pas pour autant son bâton de diplomate. En 2002, il rejoint la Mission des Nations unies au Congo (Monuc), dont il dirigera le bureau en Ituri, dans l’est de la RDC, en 2006 et 2007. De 2013 à 2020, il fut ambassadeur de la Côte d’Ivoire en France, au Portugal et à Monaco. Poste qu’il occupa jusqu’en 2020. Cette année-là, le président Alassane Ouattara le nomme sénateur. Charles Gomis était depuis le deuxième vice-président de la chambre haute du Parlement ivoirien.

Polyglotte, le mot toujours choisi avec soin, réputé pour son élégance, Charles Gomis était une figure particulièrement respectée en Côte d’Ivoire, notamment au sein de la classe politique. Sur ses quatre filles, Sylvie, Henriette, Evelyne et Camille-Alexandra – , deux sont mariées à des figures de la scène politique ivoirienne : Henriette est mariée à Jean-Louis Billon ; Sylvie à Thierry Tanoh. Evelyne est pour sa part mariée au financier camerounais  Cyrille Nkontchou.

Militant de longue date au Parti démocratique de Côte d’Ivoire d’Henri Konan Bédié, Charles Gomis avait, récemment, rejoint les rangs du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, de Ouattara).

Par Jeune Afrique

France: Le professeur Jean-Michel Dubernard, chirurgien pionnier des greffes, est mort

juillet 11, 2021

Il avait réalisé la première greffe au monde d’une main en 1998. Il a succombé à un malaise à l’âge 80 ans.

Le professeur Jean-Michel Dubernard à Lyon, le 25 janvier 2007.
Le professeur Jean-Michel Dubernard à Lyon, le 25 janvier 2007. DENIS CHARLET / AFP

Il avait réalisé la première greffe de main au monde en 1998. Le professeur de médecine lyonnais Jean-Michel Dubernard, un des pionniers mondiaux de la transplantation, est mort samedi 10 juillet en Turquie, a appris l’Agence France-Presse auprès d’un de ses proches.

Agé de 80 ans, celui qui fut aussi député du Rhône a succombé à un malaise, survenu à l’aéroport d’Istanbul alors qu’il voyageait en famille, selon la même source, confirmant une information du quotidien régional Le Progrès.

Après la première greffe d’une main sur le Néo-zélandais Clint Hallam, il réalisait en 2000 une nouvelle prouesse avec une greffe bilatérale des mains et avant-bras sur le Français Denis Chatelier. Cinq ans plus tard, à 64 ans, il participait aussi à la première greffe partielle du visage (le triangle formé par le nez et la bouche) sur la Française Isabelle Dinoire, défigurée par son chien.Lire aussi : Jean-Michel Dubernard, le champion de la greffe

Prix Medewar en 2008

« Ma seule motivation, c’est de faire avancer la médecine. Je le fais pour mes malades », confiait en 2005 au Monde ce chirurgien hors pair, urologue de formation, dont l’ambition était à la mesure de son talent opératoire. Né à Lyon le 17 mai 1941, Jean-Michel Dubernard avait fait toute sa carrière médicale dans la capitale des Gaules, où il avait occupé le poste de chef du service urologie et transplantations à l’hôpital Edouard-Herriot (1987-2002).

Parallèlement professeur à l’université Claude-Bernard Lyon-I et chercheur à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, il est l’auteur de quelque 500 publications médicales internationales. « J’avais à peine 11 ans quand j’ai eu la vocation, après une opération de l’appendicite et l’annonce de la première transplantation de rein », expliquait-il.

Docteur en médecine et en biologie humaine, formé également à la Harvard Medical School de Boston auprès du chirurgien américain Joseph Murray, Prix Nobel de médecine en 1990, Jean-Michel Dubernard avait réalisé avec succès la première transplantation européenne rein-pancréas en 1976.

En 2008, il avait reçu le prix Medewar, qui consacre les contributions exceptionnelles dans le domaine de la transplantation. Sa réputation est telle que, bien des années après, un Islandais amputé des deux bras viendra, sur ses conseils, s’établir à Lyon pour bénéficier d’une greffe. Il sera finalement opéré en janvier, dans un nouveau succès de l’école lyonnaise de transplantation.

Une deuxième carrière politique

Le Lyonnais était aussi engagé en politique sous l’étiquette du RPR depuis le début des années 1980. Vice-président du comité de soutien de Jacques Chirac pour l’élection présidentielle de 1981, le professeur Dubernard étoffait un peu plus son parcours politique en soutenant, deux ans plus tard, le gaulliste Michel Noir dans la course à la mairie de Lyon.

Adjoint au maire de Lyon de 1983 à 2001 – successivement de Francisque Collomb (UDF), de Michel Noir (RPR) puis du centriste Raymond Barre – mais aussi député de la 3e circonscription du Rhône (1986-2007), Jean-Michel Dubernard n’aura jamais de destin gouvernemental, malgré un appel en 1986 de Jacques Chirac. Le ministère de la recherche lui échappera finalement au profit du sénateur Jacques Valade.

A Lyon, pour les élections municipales de mars 2001, le médecin n’obtiendra pas non plus l’investiture de la droite pour remplacer Raymond Barre. Il se ralliera à l’UDF Michel Mercier, candidat malheureux face à son adversaire socialiste, Gérard Collomb.

A l’Assemblée nationale, le médecin, auteur du livre Sauver la Sécu et d’une épaisse encyclopédie de la chirurgie, avait également cumulé les postes de président de la commission des affaires culturelles et de premier vice-président de l’office parlementaire d’évaluation des politiques de santé.

Après un passage à la Haute Autorité de santé (2008-2017), où il a dirigé la commission de la transparence, qui évalue les médicaments ayant obtenu leur autorisation de mise sur le marché, Jean-Michel Dubernard s’était retiré de la vie publique. Il était chevalier de la Légion d’honneur, de l’ordre national du Mérite et des Palmes académiques.

Par Le Monde avec AFP

France: Le professeur Axel Kahn est mort

juillet 6, 2021

Le scientifique aux 1 000 vies s’est éteint, à l’âge de 76 ans, d’un cancer. Il avait mis en scène sa fin de vie sur Twitter.

« Jusqu’en avril, je planifiais les années civiles ; puis des saisons. Ce furent bientôt plutôt les semaines. Ce ne sont plus désormais que les aubes naissantes que je verrai, émerveillé, bleuir. Cela en vaut pourtant toujours la peine », tweetait Axel Kahn le 29 mai dernier. Le médecin et généticien, qui venait de quitter la présidence de la Ligue nationale contre le cancer, s’est éteint le 6 juillet et aura presque jusqu’au bout, sur Twitter, sur son blog, dans de nombreuses interviews écrites et télévisées, tenté de raconter ce que c’est, pour un homme, de voir arriver sa fin.

Début avril, un mois à peine après la sortie de son dernier livre* (le 30e !), l’ancien chercheur apprenait en effet l’aggravation « fulgurante » du cancer dont il souffrait jusqu’ici en secret. La mort se profilait et il le fit aussitôt connaître publiquement pour ne plus cesser, dans des messages poignants et parfois un peu déconcertants, d’évoquer l’affreux compte à rebours et d’en tirer des leçons de sagesse.

Au fond, le dernier des frères Kahn a aimé raconter sa mort presque autant qu’il goûtait à l’exercice de narrer sa vie. « Je crois fondamental de préciser quelles sont les bases culturelles et éducatives, quels sont les expériences et présupposés qui ont façonné ma personnalité morale », disait-il dans une interview donnée au Point en avril 2010. « C’est une clé de lecture essentielle et l’exercice vaudrait d’ailleurs pour tous les individus qui usent de la parole publique »… Or c’est peu dire que l’ancien chercheur et président d’université a lui-même usé de la parole publique en prenant part à d’innombrables débats sociétaux et bioéthiques et en défendant, d’après l’humanisme agnostique dont il se revendiquait, ce qui lui semblait ou non moralement acceptable.

Opposé à la GPA, pas à la PMA

Opposé au clonage comme à la légalisation de l’euthanasie ou de la gestation pour autrui, il était favorable en revanche, et depuis longtemps, à l’ouverture de l’assistance médicale à la procréation aux couples lesbiens et aux femmes célibataires. Depuis le début de la crise sanitaire, on le voyait truster les plateaux de télévision pour critiquer les mesures gouvernementales et il jurait avoir vu monter bien avant tout le monde, à la faveur des longues marches qu’il faisait à travers la France, le mouvement des Gilets jaunes… « Je me souviens d’avoir fait jusqu’à douze plateaux de radio et de télé sur certains sujets […], je suis le bon client qu’on appelle à tout bout de champ et, puisqu’on me le propose, je considère que c’est mon devoir de le faire », racontait-il au Monde fin février.

« Est-ce qu’il y a un peu de vanité… ? Sans doute, oui. » Conscient de sa valeur, il avait tout de même assez d’autodérision pour l’être aussi de sa forfanterie. « Mélange impressionnant de radicalité et de vérité […], il va droit, quelquefois il peut tomber à côté, mais c’est un honnête homme », le décrivait le discret Pr Didier Sicard, qui le côtoya au CCNE – Comité consultatif national d’éthique – auprès de Libération. « Bien sûr, il peut agacer, s’avérer content de lui. Mais il est à la hauteur de ce qu’il exprime. »

Destin familial

Ces avis tranchés, cette obsession du bon sens éthique, Axel Kahn les justifiait constamment par un destin familial et personnel qu’il exposait volontiers… Dans ses ouvrages (un par an), sur son blog, dans les innombrables portraits qui lui ont été consacrés, il avait tout raconté. D’abord le quatuor masculin brillant et plein d’assurance qu’il forma longtemps avec ses deux frères aînés, Jean-François et Olivier, et leur père, Jean Kahn : Jean est philosophe ; Jean-François, plus tourné vers l’histoire et les sciences humaines, deviendra l’homme de presse que l’on connaît, et Olivier – décédé en 1999 – est chercheur en chimie.

Reste à Axel, pour épater les trois autres, le territoire inexploité de la médecine. On connaît aussi les deux moments clés de son existence, ceux au cours desquels tout a basculé. Une promenade, à quinze ans, lors de laquelle lui qui est croyant – au point de songer à la prêtrise – revisite un à un, en marchant, les dogmes catholiques et perd brutalement la foi. Ce catholicisme dont il disait avoir gardé les principes humanistes, il continuait cependant de l’appeler joliment son « village natal »… Puis vient le cataclysme. En 1970, Jean, le père tant aimé, se suicide en sautant d’un train. On retrouvera l’Évangile de Jean dans sa poche, et il laisse, surtout, une lettre terrible à son dernier fils, et seulement à lui. Elle commence ainsi : « Mon cher Axel, je m’adresse à toi comme le plus capable de faire durement les choses nécessaires » et s’achève par l’écrasante injonction suivante : « Sois raisonnable et humain »…

Cette lettre paternelle, énigmatique et tellement encombrante, deviendra le fil rouge de l’existence d’Axel Kahn. Il ne la révélera que des années plus tard à ses frères. Et sera longtemps partagé entre le sentiment inconfortable d’être le fils « élu » et la certitude, à l’inverse, que son père s’inquiétait pour lui, et lui seul, dans la fratrie. Car lorsque Jean décède, Axel est déjà un jeune homme hyperactif et aux positions extrêmement tranchées : le message paternel est-il une invitation à plus de mesure ? Fervent militant communiste pendant des années, puis socialiste proche de Martine Aubry, il avait ensuite, comme son frère Jean-François, soutenu officiellement le MoDem. Avant le deuxième tour de 2017, il avait multiplié les tribunes appelant à voter Macron, pour avouer plus tard, une fois Macron passé contre Marine Le Pen, avoir en réalité voté blanc dans le secret de l’isoloir… Et on l’entend d’ici éclater de rire de cette facétie, au fond de cette ultime liberté…

Ce grand rire de gamin roublard, un rire tonitruant et tellement communicatif, était le même, exactement, que celui de son frère Jean-François. Jouisseur, il s’était marié trois fois, avait une multitude d’enfants et petits-enfants, et aimait plus que tout le spectacle de la nature et la marche. L’interviewant en 2010, nous lui avions demandé : « Axel Kahn, vous avez 65 ans. Jusqu’ici, avez-vous été un type bien ? » Il avait répondu : « J’ai essayé. »

Avec Le Point par Violaine de Montclos

Congo-Littérature : l’écrivain Ludovic Julien Kodia n’est plus

juin 29, 2021

L’écrivain congolais Ludovic Julien Kodia est décédé le 27 juin à Brazzaville des suites d’une longue maladie.

   

L’écrivain Ludovic Julien Kodia /DR

« La douleur est profonde et nos larmes interminables. Nous demeurons proches de toi par tes écrits. Nous échangions, je l’ignorais, nos derniers moments de gaieté. Après cela, ce fut la maladie. Après la maladie, la mort…», ont écrit les écrivains congolais sur leur page Facebook.

De son côté, l’écrivain Sauve Gérard Ngoma Malanda a fait un témoignage sur l’illustre disparu. « Avec Julien Kodia nous avons entretenu une relation de plusieurs années. Il était venu vers moi pour la première fois, comme beaucoup d’auteurs pour passer à l’émission télévisée Cultura. Je l’ai reçu pour son roman « Destin cruel » puis récemment pour son recueil de nouvelles  » L’absurdité de la vie ». Notre amitié a dépassé le cadre de la camaraderie », a-t-il dit.

« C’est tout le sens de la condition humaine. Mais, Julien Kodia, le sentimental, c’est aussi l’intrusion de la chanson dans la littérature congolaise ! Cette ballade heureuse qu’il nous fait dans son recueil de nouvelles, en convoquant des grands noms de la rumba congolaise des deux rives des années 60/70 … C’est donc un auteur qui a su décrire, sinon traduire son affection et nous nous réjouissons de ce partage ! Cet héritage littéraire qu’il nous laisse… », a-t-il ajouté.

Ludovic Julien Kodia fut auteur de plusieurs ouvrages parmi lesquels « Mes larmes coulent en silence », « Destin cruel », « De l’amour à la haine », « Le sentiment trahi », « L’absurdité de la vie ». Economiste, il était aussi membre du Centre biblique évangélique.

Avec Adiac-Congo par Rosalie Bindika 

Congo: Décès du Général Joseph Niombella-Mambula

juin 20, 2021

Décès de JIM NIOMBELLA, Un Homme, un Officier de valeur, un Officier général, un homme qui s’est converti à l’écosystème à travers son association, un Officier Général vient de nous quitter ce jour:

Il refusa d’accepter la proposition d’être l’aide de Camp du Président Marien NGOUABI, en estimant que le rôle d’un Officier formé à Saint-Cyr, « n’est pas d’ouvrir les portes des voitures.  »

Après le mouvement du 5 février 1979, il est victime de l’intolérance politique, il est radié des effectifs de l’Armée Populaire Nationale (APN) et sera affecté à notre ambassade en Italie.

Il rejoindra les rangs des Forces Armées Congolaises à la suite de la tenue de la Conférence Nationale Souveraine et nommé au grade de Colonel.

Il sera promu au grade de Général de Brigade en août 1993 par le Président Pascal LISSOUBA.

Admis à la 2ème section, il se consacre dans la vie associative dans l’écosystème.

Ayant appris la triste nouvelle de sa mort, le Général Anselme Mackoumbou-Nkouka s’est exprimé en ces termes:

« C’est avec une grande tristesse que j’apprends la disparition brutale du général Niombella. Un frère d’armes, un ami avec qui j’ai souvent passé des moments agréables, inoubliables dans son domaine de Ndjiri. Adieu Jim?« 

Dernier hommage au général Joseph Niombella Mambula

L’officier supérieur des Forces armées congolaises (FAC) à la retraite, le général Joseph Niombella Mambula, a eu droit le 23 juin aux honneurs religieux de ses frères d’armes et aux rites traditionnels de son terroir avant son inhumation, dans l’intimité familiale, à Kintélé. 

Lors de la levée du corps à la morgue municipale de Brazzaville, une poignée des fidèles catholiques et les membres de sa famille se sont recueillis à la chapelle en témoignage de son attachement à l’église et à l’illustre disparu.

Par la suite, les hauts officiers du commandement des FAC, des membres du gouvernement et les membres de sa famille se sont inclinés, tour à tour, devant la dépouille mortelle du général. L’hymne de Saint-Cyr a été entonné par les militaires parce que l’officier supérieur fut parmi les premières promotions d’élèves congolais finalistes à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr (ESM Saint-Cyr).

Le général Joseph Niombella Mambula est né le 09 décembre 1943 à Mossaka, dans le département de la Cuvette. Fils de Niombella Martin et de Saholamoyi Emilie, il s’est intéressé au métier des armes et, est engagé le 21 septembre 1963 dans l’armée populaire nationale. Il a commencé sa carrière au premier bataillon congolais pour le compte de l’unité marine.

Les mérites et les qualités de cet officier supérieur des FAC sont reconnus de tous ceux qui l’ont fréquenté. « Je l’ai connu depuis le lycée. C’était un homme qui n’aimait pas les injustices. Il était pour l’honneur, la droiture et le travail bien fait », a reconnu le professeur Honoré Mobonda.

Pour sa part, le docteur Tatiana Mobengo a ajouté : « Je l’ai découvert depuis 2006 non seulement comme un militaire, mais aussi comme un papa et un meilleur conseiller, un guide. Je venais chez lui à la maison pour qu’il me parle de sa vie et du Congo. C’est une perte pour moi et pour le pays ».

Au terme des études supérieures en France et en Russie, il était affecté au premier groupe d’artillerie en qualité d’officier adjoint et prend ses fonctions le 2 mai 1968. Le 1er août 1968, il est nommé chef de corps du 1er groupe d’artillerie tout en bénéficiant son avancement au grade de lieutenant par décret n°068 / 197 du 18 juillet 1968.

En 1972, il est devenu capitaine. En 1969, il est nommé directeur à Mantsimou cumulativement avec ses fonctions de chef de corps du 1ergroupe d’artillerie. En 1973, il est détaché auprès du ministre des Travaux publics et de l’Aviation civile en qualité de responsable permanent de l’organisation de la sécurité du port de Pointe-Noire.

Le général Joseph Niombella Mambula était promu au grade de général de brigade en août 1993 par le président Pascal Lissouba. Durant sa vie, il s’est consacré à l’écosystème à travers l’association des ressortissants du monde d’eau (Arem’Eau).

Dans  l’intimité traditionnelle, un concert de la danse rituelle Mouengué réservée aux initiés guérriers du village Sengolé, dans le district de Mossaka, a été organisé en l’honneur de l’illustre disparu.

Avec Brazzanews

Le président fondateur de la Zambie, Kenneth Kaunda, est décédé à l’âge de 97 ans

juin 18, 2021

LUSAKA, 17 juin (Reuters) – Kenneth Kaunda, président fondateur de la Zambie qui a dirigé son pays pendant 27 ans et défendu les luttes de l’Afrique contre l’apartheid et le VIH/sida, est décédé à l’âge de 97 ans.

« KK », comme on l’appelait populairement, était soigné pour une pneumonie au Maina Soko Medical Center, un hôpital militaire de Lusaka.

« Au nom de toute la nation et en mon nom personnel, je prie pour que toute la famille Kaunda soit réconfortée alors que nous pleurons notre premier président et véritable icône africaine », a déclaré le président Edgar Lungu dans un message sur sa page Facebook.

Les autorités ont déclaré 21 jours de deuil pour le héros de la libération qui a régné de 1964, après que la nation d’Afrique australe a obtenu son indépendance de la Grande-Bretagne, jusqu’en 1991.

Bien que l’économie basée sur le cuivre de la Zambie s’en soit mal tirée sous sa longue gérance, on se souviendra davantage de Kaunda pour son rôle de combattant anticolonial qui a résisté à l’Afrique du Sud dirigée par la minorité blanche.

Il a partagé une perte vécue par d’innombrables familles en Afrique lorsque son fils Masuzyo est décédé du sida en 1986, et il a commencé une croisade personnelle contre la maladie.

« C’est le plus grand défi pour l’Afrique. Nous devons lutter contre le sida et nous devons le faire maintenant », a-t-il déclaré à Reuters en 2002.

« Nous avons combattu le colonialisme. Nous devons maintenant utiliser le même zèle pour lutter contre le sida, qui menace d’anéantir l’Afrique. »Report ad

En tant que leader du premier pays de la région à rompre avec ses colonisateurs européens, Kaunda a travaillé dur pour entraîner d’autres anciennes colonies dans le sillage de la Zambie vers la règle de la majorité.

En 1991, il a été contraint de tenir les premières élections multipartites depuis 23 ans, qu’il a perdues face à un ennemi de longue date, le syndicaliste Frederick Chiluba.

Bien qu’il soit largement admiré en tant qu’homme chaleureux et émotif, les électeurs ont estimé qu’il avait dépassé son accueil au pouvoir et qu’il avait mal géré l’économie.

L’INATTENDU

Kenneth David Kaunda est né le 28 avril 1924, le plus jeune des huit enfants d’un pasteur de l’Église d’Écosse à la mission de Lubwa dans le nord reculé du pays.

Connu aussi sous son nom africain de « Buchizya » – l’inattendu – il a fait des travaux subalternes pour gagner des frais de scolarité après la mort de son père. Il a travaillé comme enseignant et agent de protection des mines et est entré en politique en 1949 en tant que membre fondateur du Congrès national africain de la Rhodésie du Nord.

Dans ses premiers jours d’agitation anticoloniale, il a fait du vélo de village en village en prêchant la règle de la majorité.

Une victoire écrasante de 1963 pour l’UNIP, qui s’était séparé de l’ANC cinq ans plus tôt, a conduit Kaunda à devenir premier ministre de la Rhodésie du Nord. À l’indépendance en 1964, il devient président de la nouvelle Zambie.

Au moment où il a perdu le pouvoir, la popularité de Kaunda s’était effondrée et les difficultés s’étaient emparées de la plupart de ses 11 millions d’habitants alors que le prix du cuivre, la principale exportation du pays, s’effondrait.

  L'ancien président zambien Kenneth Kaunda (au centre) marche avec des enfants dans le village de Ganze .  REUTERS/Joseph Okanga/Photo d'archive
L'ancien président de la Zambie, Kenneth Kaunda, s'exprime lors des funérailles de l'ancien président sud-africain Nelson Mandela à Qunu, le 15 décembre 2013. REUTERS/Odd Andersen/Pool/File Photo
L'ancien président de la Zambie Kenneth Kaunda assiste au 40e anniversaire de l'indépendance à Lusaka le 24 octobre 2004, après que le gouvernement s'est excusé publiquement de l'avoir arrêté et emprisonné sur des accusations forgées de toutes pièces en 1997. Connue sous le nom de Rhodésie du Nord sous la domination britannique, la Zambie a obtenu son indépendance de la Grande-Bretagne après négociations fructueuses avec les combattants de la liberté dirigées par Kenneth Kaunda, le président fondateur.  REUTERS/Salim Henry RSS/GB/Fichier Photo

L’ancien président de la Zambie, Kenneth Kaunda, s’exprime lors des funérailles de l’ancien président sud-africain Nelson Mandela à Qunu, le 15 décembre 2013. REUTERS/Odd Andersen/Pool/File PhotoLire la suite

Après 27 ans à enseigner à ses compatriotes africains comment construire une nation indépendante, il a été confronté à la misère dans son propre jardin et à la colère de son peuple généralement facile à vivre.

En juin 1990, le doublement du prix de la farine de maïs, l’aliment de base de la plupart des Zambiens, a déclenché une émeute de trois jours au cours de laquelle 27 personnes ont été tuées, 150 blessées et des centaines arrêtées lors de l’arrivée de l’armée.

Le même mois, un lieutenant de l’armée s’est introduit de force dans un studio de radio d’État et a annoncé que Kaunda avait été renversé, envoyant les gens se précipiter dans les rues de Lusaka pour applaudir.

Le coup d’État s’est avéré être une fiction et le lieutenant a été arrêté, mais la réaction du public avait montré à quel point la popularité de Kaunda était tombée.

PLEURER EN PUBLIC

Kaunda n’avait pas honte de pleurer en public et avait un style de parole unique, mettant l’accent sur les pensées clés en répétant des phrases entières, son mouchoir blanc caractéristique dans sa main gauche.

Il a épousé une idéologie d’« humanisme » mêlant éthique chrétienne, valeurs traditionnelles africaines et principes socialistes.

Dans les affaires étrangères, Kaunda était une figure de premier plan parmi les sept États d’Afrique australe qui ont mené la lutte contre l’apartheid, et il a laissé le Congrès national africain (ANC) de Nelson Mandela s’installer en exil à Lusaka pendant les trois décennies où il a été interdit. en Afrique du sud.

Kaunda a également joué un rôle majeur dans les pourparlers d’indépendance du Mozambique en 1975, du Zimbabwe en 1980 et de la Namibie en 1990.

Malgré les accusations de corruption contre son parti UNIP, il a obtenu le mérite d’avoir cédé aux vents du changement politique et de préférer une transition pacifique à une confrontation violente.

Il était philosophe sur sa défaite en 1991. Appelant à l’unité et à la paix, il a déclaré dans une émission : « Ceux qui entrent dans l’opposition sont toujours un catalyseur actif pour un bon gouvernement, en fait une partie intégrante d’un bon gouvernement. »

En 1996, Kaunda a tenté de faire un retour politique, mais il a été bloqué lorsque Chiluba a imposé des amendements constitutionnels qui ont déclaré l’ancien « père de la nation » un étranger parce que ses parents venaient du Malawi.

Il a été arrêté en décembre 1997 et inculpé de trahison à la suite d’une tentative de coup d’État par des officiers subalternes de l’armée deux mois plus tôt. Il a été détenu dans une prison à sécurité maximale, mais plus tard placé en résidence surveillée jusqu’à ce que l’État abandonne les charges.

Après l’assassinat de son fils et héritier politique Wezi Kaunda en octobre 1999, Kaunda a annoncé son retrait de la politique intérieure pour se concentrer sur l’arrêt de la propagation du sida par le biais de sa Fondation Kenneth Kaunda Children of Africa.

Outre Masuzyo et Wezi, Kaunda et sa femme Betty ont eu six autres enfants – quatre garçons et deux filles.

Dans ses dernières années, il mena une vie tranquille, restant la plupart du temps à la maison et n’apparaissant qu’occasionnellement à des fonctions d’État.

Lors d’une rare apparition publique en septembre 2019, à l’âge de 95 ans, il s’était élevé contre une vague d’attentats en Afrique du Sud contre des étrangers en provenance d’autres pays africains.

« Nos frères et sœurs d’Afrique du Sud devraient se rappeler que ces mêmes personnes qu’ils traitent avec cruauté sont les mêmes qui étaient des compagnons d’armes dans la lutte contre le régime brutal d’apartheid », a déclaré Kaunda.

Avec Reuters par Reportage de Chris Mfula ; Écriture de Tim Cocks; Montage par Alison Williams

Canada-Québec: Jim Girard, le père de la boxe en Mauricie, s’éteint à 83 ans

juin 18, 2021

Un monument de la boxe au Québec a rendu l’âme. Jim Girard est mort à l’âge de 83 ans des suites de problèmes de santé persistants.

Jim Girard à l'émission Plan de match en 2009.

© /Radio-Canada Jim Girard à l’émission Plan de match en 2009.

Considéré par plusieurs comme le père de la boxe en Mauricie, d’autres iront même jusqu’à dire que c’est lui qui a relancé le sport au Québec. Boxeur, promoteur et entraîneur, il a initié des ténors du sport, comme Régis Lévesque, Yvon Michel et Bernard Barré.

Né en 1938, Jean-Paul Girard, surnommé Jim, tombe dans la marmite de la boxe à l’âge de 16 ans. Il passera 12 ans dans le ring, dont quatre chez les professionnels.

Près de deux décennies après ses débuts, il ouvre son école de boxe à Trois-Rivières où des milliers d’athlètes suivront ses conseils au fil des ans.

Yvon Michel est maintenant président-directeur général du Groupe Yvon Michel (GYM).

© /Radio-Canada Yvon Michel est maintenant président-directeur général du Groupe Yvon Michel (GYM).

Comme entraîneur, il voyage partout au Canada, aux États-Unis et en Europe. Un de ses poulains, Jean-Guy Mongrain, devait même participer aux Jeux olympiques de Moscou en 1980, mais le Canada a décidé de boycotter la Grand-Messe du sport amateur.

Plus tard, Monsieur boxe» prend sous son aile le défunt boxeur Patrice L’Heureux. Ce dernier perd son titre de champion canadien des poids lourds chez les professionnels en mai 2006, alors opposé à David Cadieux lors d’un combat qui se tient à l’aréna Jacques-Plante de Shawinigan.

C’est dans la misère qu’on devient champion et je veux qu’il redevienne champion», disait Jim Girard, retenant ses larmes, après l’affrontement. L’issue sera la même quelques mois plus tard au Colisée de Trois-Rivières.

La boxe tatouée sur le cœur

Même à l’extérieur du ring, Jim Girard reste impliqué dans l’univers de la boxe. En 1984, il organise le premier Championnat canadien senior de boxe olympique à Trois-Rivières, à la Bâtisse industrielle. En 2003, l’événement a lieu dans le secteur Cap-de-la-Madeleine à l’initiative de Claude Rivard. M. Girard en est président d’honneur en 2009, lorsque le Championnat revient au parc de l’Exposition.

Jim Girard a été impliqué dans son sport bien après avoir accroché ses gants. Il a notamment gravité autour du groupe InterBox. Le voici lors d'un gala de boxe au Centre Molson en 1999.

© /Radio-Canada Jim Girard a été impliqué dans son sport bien après avoir accroché ses gants. Il a notamment gravité autour du groupe InterBox. Le voici lors d’un gala de boxe au Centre Molson en 1999.

Au tournant des années 2000, il est de tous les grands événements des débuts du groupe InterBox, où il retrouve Yvon Michel. Sa réputation dépassait largement les frontières de la Mauricie.

Élu entraîneur de l’année au Québec, il a aussi été intronisé au Temple de la renommée sportive de la Mauricie en plus d’avoir été récompensé au Gala Sport-Hommage Desjardins.

Jim Girard lors du Gala Sport-Hommage Desjardins en 2009.

© /Radio-Canada Jim Girard lors du Gala Sport-Hommage Desjardins en 2009.

Près de 35 ans après l’ouverture de son école de boxe, M. Girard passe le flambeau en 2008 aux frères Tommy et Jimmy Boisvert qui opèrent maintenant le Club Performance à la Bâtisse industrielle de Trois-Rivières.

Se décrivant comme un batailleur alors qu’il était jeune, Monsieur boxe» n’a jamais arrêté de se battre pour son sport, même après avoir accroché ses gants.

Avec Radio-Canada par

Richard Ernst, père de l’IRM et Nobel de chimie en 1991, est mort

juin 8, 2021

Richard Ernst est mort en Suisse à l’âge de 87 ans. Il vivait depuis un an et demi dans une maison de retraite de Winterthour, sa ville natale.

Richard Ernst, laureat 1991 du prix Nobel de chimie, est mort a l'age de 87 ans.
Richard Ernst, lauréat 1991 du prix Nobel de chimie, est mort à l’âge de 87 ans.© MAXPPP / PHOTOPQR/L’ALSACE

Richard Ernst est mort. Le Suisse s’est éteint vendredi à Winterthour, dans le canton de Zürich, ville où il était né le 14 août 1933. Il avait 87 ans. L’ancien professeur à la prestigieuse EPF de Zürich vivait depuis le début de l’année dernière dans une maison de retraite de sa ville natale. Il laisse une femme et trois enfants, précise l’agence d’informations suisse ATS. Richard Ernst est considéré comme le père de l’imagerie par résonance magnétique nucléaire (IRM) et lauréat 1991 du prix Nobel de chimie.

L’Académie royale des sciences de Suède avait attribué le prix Nobel de chimie au professeur suisse pour « d’importants développements de la méthodologie dans le domaine de la spectroscopie à résonance magnétique nucléaire (RMN) », qui ont permis de donner naissance à l’IRM, aujourd’hui indispensable à la médecine moderne.

Le jour de l’annonce de sa récompense, le Pr Ernst, lors d’un point de presse impromptu à New York où il venait d’arriver en provenance de Moscou, avait expliqué qu’avec « cette technique, vous pouvez enquêter sur presque tout : vous pouvez examiner le corps humain, […] les processus physiologiques, l’utiliser pour de nombreuses applications médicales. Et d’autre part, vous pouvez analyser une molécule, son apparence, sa dynamique, comment les différentes molécules se meuvent, comment elles réagissent entre elles ».

Richard Ernst avait du mal à accepter son prix Nobel

Modeste, il avait affirmé que le fait d’avoir eu le prix tout seul lui posait problème, « parce que je ne suis vraiment pas le seul à avoir apporté ma contribution dans (le) secteur » de la résonance magnétique nucléaire.

La RMN est une technique de spectroscopie appliquée à certains noyaux atomiques (en particulier celui d’hydrogène, le proton, présent en grand nombre dans les organismes vivants) qui ont la propriété de se comporter comme de petits aimants. Lorsque ces particules se retrouvent dans un champ magnétique ayant une fréquence déterminée, appelée fréquence de résonance, elles se manifestent par des effets électromagnétiques que l’on peut mesurer.

La RMN a été mise en évidence en 1945 simultanément par le Suisse Felix Bloch et l’Américain Edward Mills Purcell, travaillant tous deux aux États-Unis. Cette découverte leur a valu le prix Nobel de physique en 1952. Toutefois, au début, une difficulté fondamentale fut la sensibilité relativement faible de cette méthode.

En 1966, Richard Ernst, en collaboration avec l’Américain Weston Anderson, a réussi à accroître la sensibilité de la méthode en exposant l’échantillon à de brèves et intenses pulsations de fréquences radioélectriques. Il fallut attendre le début des années 1970, en particulier la mise au point d’aimants supraconducteurs capables de produire des champs magnétiques assez puissants, pour faire de la RMN un instrument d’étude fine des structures moléculaires dans les domaines de la physique, de la chimie et de la biologie. La première image RMN à des fins médicales a été présentée en 1973.

Par Le Point avec AFP