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Ben Ali, l’ancien président tunisien, est mort

septembre 19, 2019

Zine El-Abidine Ben Ali en 1988. Jacques Langevin / Sygma via Getty Images

L’ex-autocrate, à la tête de son pays de 1987 à 2011, est mort jeudi 19 septembre à l’âge de 83 ans en Arabie saoudite, où il vivait en exil depuis la révolution de 2011.

Le président déchu de Tunisie, Zine El-Abidine Ben Ali, est mort jeudi 19 septembre à l’âge de 83 ans en Arabie saoudite, où il vivait en exil depuis la révolution de 2011, a indiqué à l’AFP le ministère tunisien des affaires étrangères. « Nous avons eu la confirmation de sa mort il y a trente minutes », a ajouté le ministère, sans plus de détails.

Après plus de deux décennies d’un pouvoir répressif, Ben Ali avait été renversé début 2011 par un mouvement populaire, point de départ d’une vague de révoltes dans la région connue sous le nom de « printemps arabe ».

Tigre de papier

Il aura tenu vingt-trois ans au pouvoir, mais sera tombé en moins d’un mois. De Zine El-Abidine Ben Ali, les Tunisiens garderont sans doute le souvenir de sa dernière apparition télévisée, le 13 janvier 2011 : l’homme qui les a fait trembler pendant presque un quart de siècle semble défait, presque apeuré. « Je n’étais pas au courant », « on m’a trompé », « je vous ai compris », dit-il, presque suppliant.

Mais c’est déjà trop tard : ce troisième discours en une semaine sonne comme un aveu de faiblesse. La rue ne veut plus d’un homme dont elle sait qu’il ne tient jamais ses promesses. Elle continue d’exiger sa démission. Vingt-quatre heures plus tard, Ben Ali quitte le pays pour Riyad, en Arabie saoudite, dans des conditions piteuses, en compagnie de tout son clan en pleine débandade.

Ce départ a l’allure d’une fuite et achève de ruiner son image. L’ex-autocrate apparaît soudain comme un tigre de papier. Il n’inspire plus que des sarcasmes, mais cette fois, les Tunisiens peuvent clamer haut et fort ce qu’ils disent tout bas depuis des années : ils haïssent cet homme dont l’Europe, France en tête, s’obstine à chanter les mérites, pour trois raisons au moins : sa lutte contre l’islamisme, le statut de la femme tunisienne – inégalé dans le monde arabe depuis Bourguiba – et enfin la prospérité économique de la Tunisie, petit pays dénué de ressources en hydrocarbures, à l’inverse de ses puissants voisins.

Tunisia Obit Ben Ali

Manifestation contre Ben Ali, le 14 janvier 2011, à Tunis. Il quitte le pays ce jour-là. Christophe Ena / AP

Des trois dirigeants du Maghreb, le président Ben Ali aura sans doute été le plus exécré par son peuple. Même ceux qui profitaient du système qu’il avait instauré le détestaient. Rares sont ceux qui se souviennent aujourd’hui que lors de son arrivée au pouvoir, le 7 novembre 1987, le tombeur du président Habib Bourguiba avait soulevé un immense espoir.

En destituant en douceur le père de la nation devenu sénile, celui qui est alors premier ministre libère les Tunisiens de trente ans de bourguibisme et d’une fin de règne chaotique. « L’époque que nous vivons ne peut plus souffrir ni présidence à vie ni succession automatique à la tête de l’Etat qui excluraient le peuple », annonce le nouvel homme fort du pays, dans sa première allocution à la radio nationale, ce qui provoque un enthousiasme presque incrédule.

De ce militaire de formation, par ailleurs diplômé d’électronique – son hobby –, on ne sait cependant pas grand-chose à l’époque. Le nouveau venu a 51 ans. Il est silencieux et cultive même le mystère.

« Il a toujours été fragile »

Tout au long de sa carrière, Ben Ali va faire preuve d’habileté, et même de rouerie. De 1958 à 1974, il est directeur de la sécurité militaire. Après l’échec de l’union tuniso-libyenne auquel il est soupçonné d’avoir été mêlé, il est envoyé en exil comme attaché militaire à Rabat, au Maroc. Il revient trois ans plus tard à Tunis, à la direction de la sûreté. C’est sans état d’âme qu’il mate des manifestations, en janvier 1978.

Nouvel exil en avril 1980 : sous la pression de Wassila Bourguiba, l’épouse du vieux président, il est écarté de son poste de directeur de la sûreté. « En apprenant la nouvelle, il est tombé inanimé de sa chaise, dans le bureau du ministre de l’intérieur. C’est alors que j’ai mesuré sa fragilité psychologique. Il a toujours été fragile, contrairement aux apparences », raconte un témoin de la scène.

Ben Ali est alors envoyé à Varsovie comme ambassadeur. Quatre ans plus tard, il est rappelé à Tunis. Les « émeutes du pain » viennent de se produire. On a besoin de cet homme d’ordre. En octobre 1984, il est nommé secrétaire d’Etat à la sécurité nationale. « A un militaire qui le félicitait, il a riposté : “Cette fois-ci, ce sera difficile de me faire quitter le ministère de l’intérieur” », se souvient l’un de ses anciens collègues. C’est à partir de ce moment que Ben Ali tisse sa toile sur le pays.

Au milieu des années 2000, lui qui excellait à prendre le pouls du petit peuple, grâce à ses innombrables relais policiers, se retranche dans une bulle familiale

Pour arriver à ses fins, le militaire devenu policier va agiter l’épouvantail islamiste. Devenu ministre de l’intérieur en 1986, il déclare à ses collègues interloqués, lors du premier conseil des ministres auquel il participe : « Dans notre lutte contre les islamistes, nous devons recourir à deux méthodes : la désinformation et les délinquants. Nous allons les sortir de prison pour leur confier des tâches de police. » Le système Ben Ali est né. Il ne fera que se renforcer au fil du temps, jusqu’à rendre l’atmosphère irrespirable.

Après son accession au palais de Carthage, le nouveau président applique à la lettre sa stratégie. Il fait la chasse aux islamistes, avant de s’en prendre à la gauche, puis à tous les démocrates. La presse est muselée, le multipartisme interdit – à l’exception d’une opposition de décor –, la liberté d’association confisquée et la justice mise aux ordres.

Chacun vit sous le règne de l’arbitraire. Quiconque se rebiffe s’expose à des représailles de tous ordres, des plus mesquines aux plus violentes : filatures, détentions arbitraires, confiscation de passeports, tabassages en règle, lignes téléphoniques coupées, communications Internet détournées, domiciles mis à sac, locaux professionnels cambriolés, assèchement économique par le biais de licenciements, d’intimidation ou de redressements fiscaux, campagnes d’insultes ordurières contre les opposants et les militants des droits de l’homme, tortures…

Passe-droit et rackets

Des années durant, la peur va l’emporter sur la rage. Pourtant, le mécontentement grandit. La population a le sentiment qu’elle s’est fait gruger. On lui avait promis la prospérité en échange des libertés, désormais confisquées : elle estime n’avoir ni l’une ni les autres. Avec une économie diversifiée et un taux de croissance de 6 % à 8 % par an, la situation économique du pays n’est pourtant pas si mauvaise. Mais la répartition des richesses est inégale, ce qui suscite rancœurs et frustrations.

D’année en année, le problème du chômage, en particulier des jeunes, s’installe comme une bombe à retardement. Le palais de Carthage, qui utilise la délivrance des diplômes comme un outil démagogique, n’en prend pas la mesure. Dans les foyers, on rend Ben Ali responsable de tout ce qui ne va pas : la crise de l’emploi tout d’abord, mais aussi les salaires trop bas – le minimum est à 250 dinars, soit 130 euros –, les passe-droits, le racket des petits fonctionnaires, des policiers notamment. Ou encore l’obligation d’adhérer au parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), pour obtenir un travail, une bourse, un permis de construire, etc.

Les Tunisiens vivent de plus en plus mal ce maillage étouffant de la société par le RCD et ses affidés – comités de quartier et indicateurs. Les parents s’inquiètent pour leurs enfants. « Qu’allons-nous leur léguer ? Un pays où l’Etat de droit n’est qu’un mot en l’air ? », s’interrogent-ils en substance, avec anxiété et colère, tout en poussant leur progéniture à émigrer au Canada ou en Australie, faute de pouvoir traverser la Méditerranée, puisque les Européens bouclent leurs frontières.

Tunisia Obit Ben Ali

Le 16 janvier 2011, à Tunis. Christophe Ena / AP

Au fil du temps, un sujet en vient à dominer tous les autres, alimentant la frustration générale : la mainmise de la famille sur le pays. Autrement dit, la rapine exercée par « les frères, les gendres, les neveux, les Trabelsi, les Ben Ali, les Materi, tout ce clan qui ne cesse de grossir et de s’accaparer les richesses du pays », se dit-on à voix basse, avec exaspération. Le ressentiment ne cesse de grandir. Les Tunisiens n’ont que mépris pour le couple présidentiel.

A partir du milieu des années 2000, le chef de l’Etat se coupe du pays. Lui qui excellait, du fond de son palais, à prendre le pouls du petit peuple grâce à ses innombrables relais policiers, se retranche dans une bulle familiale soigneusement entretenue par sa seconde épouse, Leïla Trabelsi, une ancienne coiffeuse de vingt et un ans sa cadette, qu’il a épousée en 1992, après avoir divorcé de sa première épouse, Naima Kéfi. Tous ceux qui lui portaient la contradiction sont écartés, ne restent que les flagorneurs. S’il continue, chaque matin, de se lever tôt, Ben Ali ne travaille plus qu’à mi-temps au palais de Carthage.

L’avertissement de Gafsa

Sitôt la matinée terminée, il regagne sa résidence privée, à Sidi Bou Saïd, pour déjeuner avec le dernier de ses cinq enfants, son jeune fils, Mohammed Zine, né en 2005, qu’il adule. Sa santé est plutôt bonne. Le président souffre d’arthrose, en particulier des genoux, mais rien n’est jamais venu confirmer le cancer de la prostate que lui prête la rumeur.

En 2008, les émeutes de Gafsa, qui devraient constituer un sérieux avertissement, sont sous-estimées par le régime. Une année durant, cette région déshéritée de l’intérieur, traditionnellement frondeuse, va être secouée par des troubles, sur fond de chômage, de mauvaise qualité de vie et d’absence de perspectives

Mais c’est d’une autre province oubliée, presque plus démunie encore, que va partir la déflagration. Le 17 décembre 2010, Mohamed Bouazizi, 26 ans, s’immole par le feu devant le siège du gouvernorat de Sidi Bouzid, petite ville dans le centre du pays. La police vient de lui confisquer les fruits et légumes qu’il vendait pour faire vivre les siens, au motif qu’il n’avait pas de permis. Humiliation insupportable.

En se supprimant, ce jeune étudiant au chômage entend protester contre la hogra, ce mépris dont les jeunes se plaignent d’un bout à l’autre du Maghreb. Mohamed Bouazizi ne sait pas que son acte désespéré va entraîner le soulèvement de ses compatriotes et aboutir à la chute de Ben Ali.

Une image légèrement redorée

Après la révolution, le dictateur ne remettra jamais les pieds en Tunisie, où il est l’objet de multiples condamnations pour homicides volontaires ou malversations financières. A quelques exceptions, son clan demeure lui aussi en exil. A partir de l’année 2015, pourtant, son image se redresse légèrement au sein d’une partie de la population, exaspérée par l’instabilité politique et, surtout, la régression socio-économique. Une petite musique du type « c’était mieux avant » se glisse ainsi dans les débats publics.

Abir Moussi, une ancienne hiérarque de l’ex-Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti de Ben Ali dissout en 2011, essaie de capitaliser sur ces velléités nostalgiques en développant les activités de sa formation, le Parti destourien libre (PDL). Jouant sur l’aspiration d’un segment de la population à un pouvoir fort, Mme Moussi tient un discours souverainiste et farouchement anti-islamiste. Mais son échec au premier tour de la présidentielle du 15 septembre, où elle ne recueille que 4 % des suffrages, montre bien que, malgré le désenchantement post-révolutionnaire, les Tunisiens ne sont pas prêts à adouber les héritiers de Ben Ali

 

Le Monde.fr par Florence Beaugé

 

Tunisie: mort de l’épouse du président Béji Caïd Essebsi

septembre 15, 2019

 

Chadlia Caïd Essebsi, l’épouse du président Béji Caïd Essebsi décédé le 25 juillet quelques semaines avant la fin de son mandat, est morte à son tour dimanche, jour de l’élection présidentielle anticipée, a indiqué leur fils.

«Ma mère Chadlia, veuve de Béji Caïd Essebsi, est morte, Que Dieu la bénisse», a indiqué sur Facebook leur fils Hafedh Caïd Essebsi sans préciser de quoi elle est décédée.

Mme Essebsi, 83 ans, avait accueilli en juillet les nombreux chefs d’Etat venus rendre hommage à son mari décédé à l’âge de 92 ans, après avoir été le premier président démocratiquement élu au suffrage universel en Tunisie. Elégante et discrète, elle n’aparaissait que rarement en public, contrairement aux premières dames de la Tunisie post-indépendance, Wassila Bourguiba et Leïla Ben Ali.

«On se dit tout, et il me demande toujours mon avis», avait-elle assuré dans un rare entretien accordé au magazine Leaders en novembre 2014, pendant la campagne de son époux. «Cette fois-ci, j’ai senti qu’il avait tellement envie de sauver la Tunisie que je ne pouvais pas l’en empêcher. Il faut bien faire des sacrifices, quand c’est de la patrie qu’il s’agit. Depuis lors, je réalise l’ampleur des mesures de sécurité nécessaires, mais nous essayons de garder le même rythme de vie».

Le couple a eu deux filles et deux garçons, dont Hafedh Caïd Essebsi, qui a gardé le contrôle du parti créé par son père, Nidaa Tounes, au prix de luttes de personnes qui ont décimé la formation.

Sept millions de Tunisiens sont appelés à voter dimanche en Tunisie, pays pionnier du Printemps arabe pour une élection présidentielle avancée de sept semaines en raison du décès d’Essebsi, et dont l’issue reste incertaine.

Par Le Figaro.fr avec AFP

France: Robert Frank, géant de la photographie, est mort à 94 ans

septembre 10, 2019

Robert Frank

DISPARITION – L’artiste s’est éteint à Inverness dans la province canadienne de Nouvelle-Écosse, annonce le New York Times. Ce vagabond de l’image était devenu une légende depuis la publication de The Americans, série historique en noir et blanc sur les États-Unis des années 1950 et la face cachée du rêve américain.

Il était l’un des photographes les plus influents du XXe siècle. Son livre The Americans , composés de photographies en noir et blanc capturées pendant ses traversées du Far West dans les années 1950, reste dans l’histoire comme un chef-d’œuvre de la photographie. Le vagabond de l’image Robert Frank s’est éteint lundi à Inverness, en Nouvelle-Écosse à l’âge de 94 ans annonce le New York Times . Sa mort a été confirmée par Peter MacGill de la galerie new-yorkaise Pace-MacGill, qui lui avait consacré de nombreuses expositions depuis 2005.

Né en Suisse le 9 novembre 1924, Robert Frank s’est installé à New York à l’âge de 23 ans. À tout juste 30 ans, il se lance dans un projet fou, inspiré par le mouvement beatnik: sillonner les routes des États-Unis pour prendre le pouls du Nouveau Monde, sa terre d’adoption. Lors de son périple, effectué entre avril 1955 et juin de l’année suivante, «Mr. Frank» utilisa pas moins de 700 pellicules. En quatre ans, il prit près de 28.000 clichés.

Le Manet de la photographie

Admirateur et protégé du grand Walker Evans, il vient de photographier les ouvriers des usines Ford de Detroit lorsqu’en novembre 1955, il est arrêté sur la route US 65 par la police de l’État de l’Arkansas, trouvant suspect cet individu «vêtu de manière négligée, qui a besoin d’une bonne coupe de cheveux et de se raser, sans parler d’un bain». Trois jours de prison sans autre forme de jugement pour ce «Juif» soupçonné d’être un «Rouge», raconta Magali Jauffret dans L’Humanité en 2004. Ailleurs, dans le Sud toujours d’un autre siècle, un shérif lui «donne une heure pour quitter la ville».

Robert Frank, mis à l’honneur des rencontres d’Arles. BRYAN THOMAS/AFP

En 1958, sa collection de 83 tirages est publiée sous le titre The Americans, recueil des clichés capturés entre New York et San Francisco en passant par la Nouvelle Orléans et le Midwest. Des images rentrées dans l’imaginaire américain qui a valu à Frank le surnom du «Manet de la nouvelle photographie». L’ouvrage fut préfacé par Jack Kerouac, le roi de la route en personne.

La parution du livre, en 1958, fut perçue comme une critique de l’«American Dream» désenchanté. The Americans valu à Frank d’être taxé d’antiaméricanisme, dans un pays obsédé par la chasse aux sorcières. «C’était la première fois que je traversais ainsi le pays, confiait-il au moment d’être honoré au Tate Modern de Londres, fin 2004. Et je me suis vite aperçu, surtout dans le Sud, à quel point le racisme contre les Noirs était absurde. Pas besoin d’être juif, pas besoin d’être émigré pour voir cette injustice. Je la ressentais. Je ne travaille pas avec l’intellect, mais avec l’émotion.» L’année passée, pour les 60 ans de l’ouvrage, Frank était mis à l’honneur des Rencontres photographiques d’Arles.

Par Le Figaro.fr

Robert Mugabe, un président en noir et blanc

septembre 6, 2019

Le prince Charles (droite), le Premier ministre Robert Mugabe (gauche) et le gouverneur britannique Christopher Soames à Salisbury, le 17 avril 1980. © AP/SIPA

De la lutte héroïque pour l’indépendance à ses dernières années au pouvoir, passablement pathétiques, retour sur le parcours en dents de scie de Robert Mugabe, l’enfant de Kutuma devenu président.

Robert Mugabe n’était pas Nelson Mandela. Il a mal fini, s’accrochant au pouvoir bien au-delà de sa propre date de péremption. De ses dernières années au pouvoir, passablement pathétiques, et de la trahison de ses proches qui aujourd’hui versent sur sa dépouille des larmes de crocodile après l’avoir renversé, JA vous a tout dit ou presque, comme le démontre le dossier que nous publions ce 6 septembre.

Tout comme nous nous sommes efforcés, tout au long de ses trois décennies de règne quasi absolu, d’expliquer et d’analyser pourquoi l’enfant de Kutuma, élevé par une mère célibataire et éduqué par les jésuites, était devenu, comme il le dira un jour par défi, un « diplômé en violence ».

Lutte de libération

Avant d’être un autocrate pétrifié dans ses certitudes, Mugabe fut un héros panafricain, et à l’heure de sa mort, dans un hôpital aseptisé de Singapour où il était alité depuis près de cinq mois, c’est de cela aussi qu’il convient de se rappeler. La chimurenga, la lutte de libération qu’il mena contre le régime raciste de Ian Smith de 1966 à 1979 – et dont il paya personnellement le prix par dix ans d’emprisonnement – fut une guerre de guérilla et de contre-insurrection féroce, ponctuée de massacres de civils, de disparitions, de tortures, d’attentats et de bombardements au napalm.

Une lutte juste et exemplaire, comme le furent toutes celles qui, du Cap à Alger, délivrèrent l’Afrique de ses chaînes coloniales, et que Jeune Afrique a soutenues et accompagnées avec constance et vigilance depuis sa fondation.

Dictature autiste

L’Histoire, un jour, fera la part des choses. Elle dira la faute qui revient à Robert Mugabe dans le lent glissement de son régime sur la pente d’une dictature autiste, mais aussi la responsabilité de l’ancienne puissance britannique, qui ne respecta jamais les engagements souscrits lors des accords de Lancaster House, celle aussi d’une communauté blanche ancrée dans ses privilèges d’ex-Rhodésiens, acharnée dès le lendemain de l’indépendance à saboter l’expérience d’un État biracial.

Elle dira aussi que la réforme agraire violente et chaotique des année 2000, qui valut à Mugabe l’opprobre de la communauté internationale et des grands bailleurs de fonds, fut dans le fond – si ce n’est dans la forme – une nécessité absolue pour les centaines de milliers de petits paysans confinés dans les bantoustans agraires des Tribal Trust Land.

Et qu’elle ne fut pas toujours et partout un échec.

Révolver russe

Le Mugabe Premier ministre que j’ai rencontré un jour d’avril 1980 dans un petit bureau de ce qui ne s’appelait pas encore Harare mais Salisbury, avec sa secrétaire blanche servant le thé, ses livres de droit et d’économie marxiste empilés sur une chaise et son revolver russe posé au bord d’une cheminée décorative, était un mélange fascinant de missionnaire british et de révolutionnaire vietnamien.

C’est cette image que désormais je garderai de lui. Et tant pis si elle est en noir et blanc.

Par François Soudan, directeur de la rédaction de Jeune Afrique.

Zimbabwe: Décès de Robert Mugabe

septembre 6, 2019

Décès de l’ex Président Zimbabwéen, Robert MUGABE, il est mort au Singapore à l’âge de 95 ans !

 

Photo de BrazzaNews.
Avec Brazzanews.fr

Congo: Décès de Placide Lenga

septembre 5, 2019
Décès de Placide Lenga, ancien Premier président de la Cour Suprême, ce 5 septembre 2019, à 9h00, en Afrique du Sud.

 

Photo de BrazzaNews.
Avec Brazzanews.fr

Mort en Thaïlande du maître tibétain controversé Sogyal Rinpoché

août 29, 2019

 

Le maître bouddhiste tibétain Sogyal Rinpoché, figure de l’enseignement du Bouddha en Occident et accusé d’abus notamment sexuels, est décédé mercredi en Thaïlande.

«La santé de Sogyal Rinpoché s’est détériorée aujourd’hui après une embolie pulmonaire et il a quitté ce monde aujourd’hui à 13h00 en Thaïlande», selon un message en anglais posté sur sa page Facebook, sur laquelle le maître bouddhiste, touché par un cancer du colon, partageait des informations sur son état de santé. L’annonce de son décès générait près de 2000 commentaires sur son compte jeudi après-midi, beaucoup exprimant une « profonde tristesse» ou appelant à son «retour prochain». Quelques-uns étaient plus critiques, comme ce message adressant ses «pensées à ses trop nombreux disciples qui ont ont été blessés par son mauvais comportement».

Né en 1947 au Tibet, Sogyal Lakar Rinpoché a été reconnu comme la réincarnation de Tertön Sogyal, un maître du 13e dalaï lama. Il est devenu dans les années 1970 l’un des principaux propagateurs de l’enseignement du Bouddha en Occident. Son «Livre tibétain de la vie et de la mort» s’est vendu à près de 3 millions d’exemplaires dans le monde depuis sa parution en 1992.

Accusé d’abus

Le maître bouddhiste avait fondé Rigpa, un réseau de 130 centres spirituels dont plusieurs en France. Parmi eux, le temple de Lérab Ling à Roqueredonde (Hérault), inauguré en 2008 par le dalaï lama, chef spirituel des Tibétains. Il avait dû quitter la direction spirituelle de Rigpa en août 2017 à la suite d’accusations d’abus.

Dans une lettre ouverte, huit anciens étudiants l’accusaient d’«abus physiques, émotionnels, psychologiques» et «sexuels» et dénonçaient un mode de vie «extravagant» et «avide». Longtemps critiqué pour sa mansuétude à son égard, le dalaï lama avait fini par déclarer que son ancien «très bon ami» était désormais «disgracié», poussant Sogyal Rinpoché à la retraite forcée. Il avait également été dépeint en 2016 dans un livre de l’anthropologue Marion Dapsance comme un maître irascible, porté sur l’argent et les jeunes femmes – des «partenaires tantriques» au consentement manipulé, selon l’auteur.

Par Le Figaro.fr avec AFP

 

Hommage des artistes congolais à Fernand Mabala

août 26, 2019

Roumanie : un cinquième décès après une attaque dans un hôpital psychiatrique

août 19, 2019

 

Une femme âgée de 88 ans blessée ce week-end par un patient dans un hôpital psychiatrique de Roumanie est morte dans la nuit de dimanche à lundi, portant à cinq décès le bilan de cette attaque, a annoncé la ministre de la Santé Sorina Pintea.

«Cette patiente souffrant de plusieurs maladies est morte à la suite d’un arrêt cardiaque», a déclaré Sorina Pintea, qui a annoncé la démission de la directrice de l’établissement de Sapoca (nord-est). Une enquête a été ouverte sur cet incident, intervenu dans la nuit de samedi à dimanche. Un homme âgé de 38 ans, interné volontairement pour une cure de désintoxication, a frappé à l’aide d’un support de perfusion plusieurs patients de la salle de soins où il se trouvait, avant d’entrer dans la salle voisine et de frapper à nouveau d’autres personnes présentes. Touchées à la tête, trois des victimes ont péri sur place. Une quatrième, transférée aux urgences de la ville proche de Buzau pour un traumatisme crânien, n’a pas pu être sauvée par les médecins.

Neuf autres personnes avaient été blessées dans cette attaque. L’agresseur a tenté de fuir mais a été arrêté par un policier et placé en garde à vue. «Tout s’est passé en moins d’une minute», avait assuré la directrice de l’hôpital, Viorica Mihalascu. Toutefois, Sorina Pintea a mis en doute cette version des faits, faisant état d’une «longue série d’erreurs» de la part du personnel. «Il est impossible que personne n’ait entendu le bruit fait par l’agresseur», a-t-elle lancé, ajoutant que le support de perfusion n’aurait pas dû être laissé à la portée des malades.

Tous les hôpitaux psychiatriques du pays feront l’objet d’un contrôle du ministère à la suite de cet incident, promet le gouvernement.

Par Le Figaro.fr avec AFP

France: Un homme arrêté en voiture avec sa femme morte dans une valise

août 18, 2019

 

Un homme a été arrêté dimanche en Haute-Savoie alors qu’il circulait en voiture avec sa femme morte dans le coffre, selon des sources proches de l’enquête, confirmant une information du Parisien.

L’interpellation a été effectuée par les gendarmes vers 05H00 à Doussard, une commune riveraine du lac d’Annecy, dans le cadre d’un avis de recherche.

Le corps de la victime a été retrouvé dans une valise. Les deux enfants, âgés de 6 et 7 ans, sont «en bonne santé», selon ces mêmes sources.

La police judiciaire a été chargée d’une enquête pour meurtre. Contacté par l’AFP, le parquet d’Annecy n’a souhaité faire aucun commentaire sur cette affaire à ce stade.

La famille rentrait d’Italie et regagnait la France où elle réside, précise le quotidien. La police qui disposait d’un renseignement impliquant le suspect, connu de la justice, avait diffusé une demande d’interpellation. L’homme, de nationalité française, a été placé en garde à vue.

Par Le Figaro.fr avec AFP