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Californie: l’adolescent qui a ouvert le feu dans son lycée est décédé

novembre 15, 2019

 

L’adolescent de seize ans qui avait ouvert le feu jeudi dans la cour de son lycée près de Los Angeles, tuant deux camarades et blessant trois autres avant de se tirer une balle dans la tête, est mort vendredi après-midi à l’hôpital.

Evacué vers l’hôpital en même temps que ses victimes du lycée Saugus de Santa Clarita (Californie), Nathaniel Berhow se trouvait vendredi «dans un état critique». «Il est mort à 15 heures 32», a déclaré Marvin Crowder, du bureau du shérif du comté de Los Angeles, sans donner davantage de précisions.

Boy-scout, introverti mais sociable, familier des armes sans apparemment être un passionné, le tireur est mort sans avoir pu être interrogé et n’a laissé aucune lettre permettant d’éclairer son acte. «Nous savons que l’attaque était préméditée mais nous ne connaissons pas les détails ni le mobile à ce stade», avait dit le shérif du comté de Los Angeles, Alex Villanueva, lors d’une conférence de presse avant le décès.

«Pour autant que nous sachions, il a choisi ses cibles au hasard. Nous n’avons pu déterminer aucune relation entre le suspect et les victimes», dont le seul point commun était de fréquenter le lycée Saugus de Santa Clarita où le drame s’est déroulé, a-t-il ajouté.

Rien n’indique qu’il ait eu des motivations d’ordre idéologique et le tireur ne semblait pas être un marginal ni avoir été victime de harcèlement scolaire, a dit le shérif Villanueva. «Il avait des amis, des gens venaient le chercher ou le déposer chez lui» et «je le voyais faire pas mal d’activités sportives», a confirmé au Los Angeles Times un voisin de l’adolescent à Santa Clarita, Jared Axen, 33 ans. «Il n’était pas du genre à venir engager la conversation. C’était quelqu’un de calme, de réservé, mais être introverti n’est pas si rare», a-t-il estimé.

Aidan Soto, élève du lycée Saugus, n’aurait pas soupçonné le moins du monde que son camarade, très impliqué dans le scoutisme, puisse commettre un tel crime. «C’était un gentil garçon (…) Les scouts les plus jeunes l’admiraient vraiment. Il était là quand ils avaient besoin de lui. Je suis perdu, je cherche à comprendre», raconte-t-il.

Le tireur n’avait aucun antécédent de violence mais son père, divorcé de sa mère voici quelques années, avait des problèmes liés à l’alcool et fut à un moment soupçonné de violences conjugales mais jamais poursuivi, faute de preuves. Cela n’empêchait pas Nathaniel Berhow d’être proche de lui, souligne Jared Axen, qui se souvient que l’adolescent avait été très affecté par son décès soudain, d’un arrêt cardiaque, en décembre 2017.

Le père du tireur était décrit comme un passionné de pêche et de chasse au gros gibier, et les voisins se rappellent l’avoir vu effectuer ses préparatifs dans son garage, notamment fabriquer ses propres munitions pour la chasse au wapiti, selon le LA Times. Cette connaissance des armes à feu est pour l’instant le principal lien entre le profil du suspect et la tuerie de jeudi. D’après Jared Axen, le jeune homme accompagnait parfois son père dans ses parties de chasse, et six armes à feu enregistrées au nom de ce dernier ont été découvertes au domicile familial après le drame, a indiqué le shérif Villanueva.

Mais «plusieurs» autres armes ont aussi été trouvées chez le suspect et certaines d’entre elles «n’étaient pas enregistrées du tout», a-t-il souligné, sans donner davantage de détails. Les enquêteurs ignorent encore comment Nathaniel Berhow s’est procuré le pistolet de calibre .45 qu’il a utilisé jeudi, gardant la dernière balle pour se suicider, mais les images de vidéosurveillance de la tuerie laissent penser que l’adolescent savait manier une telle arme. «En l’espace de seize secondes, il a débloqué son arme qui s’était enrayée et a été capable de tirer sur cinq personnes», a détaillé le shérif Villanueva.

Deux victimes, une jeune fille de 15 ans et un garçon de 14 ans, ont succombé à leurs blessures. Un adolescent a pu rentrer chez lui vendredi matin et deux lycéennes devraient pouvoir sortir de l’hôpital dans quelques jours, selon les médecins.

Par Le Figaro.fr avec AFP

France: une femme meurt happée par son robot multi-cuiseur

novembre 10, 2019

Une femme de 58 ans qui confectionnait un gâteau avec son fils, est morte étranglée dimanche en France lorsque son foulard s’est coincé dans son robot multi-cuiseur électrique, a-t-on appris auprès des pompiers et de la police.

Vers 10 heures locales, les secours ont été appelés par le fils de la victime, âgé de 15 ans, qui se trouvait à ses côtés dans l’appartement au moment de l’accident domestique. Les secours ont vainement tenté de ranimer la quinquagénaire. Avant leur arrivée, l’adolescent avait, sur les conseils des secours, coupé l’alimentation électrique du robot ménager et tranché le foulard porté par sa mère, a-t-on précisé de mêmes sources.

D’après les premiers éléments de l’enquête, l’accident est survenu alors que la quinquagénaire confectionnait dans sa cuisine un gâteau avec son fils, à l’aide d’un robot multi-cuiseur électrique, dont la marque n’a pas été précisée.

Par Le Figaro.fr avec AFP

France-Congo: Décès de Clotilde Ngouabi , l’épouse du feu Président Marien NGOUABI

octobre 31, 2019

 

La première épouse du président Marien Ngouabi est décédée en France. Clotilde Martin, de son nom de jeune fille, avait rencontré le jeune sous-lieutenant Marien Ngouabi, étudiant congolais à l’École militaire de Saint-Cyr, en 1962.

Marien Ngouabi et Clotilde Martin se marient en 1962 à la mairie de Graffenstaden puis à l’église Saint-Nicolas de Strasbourg.

De retour au Congo, Marien Ngouabi, promu lieutenant, prend ses fonctions dans l’armée congolaise, en qualité d’adjoint au Commandant du bataillon d’infanterie de la garnison de Pointe-Noire.

Le couple a deux garçons, tous les deux nés à Pointe-Noire. L’aîné Marien Junior en 1963 et le cadet Roland en 1965, il est colonel dans la police congolaise.

Quand Marien Ngouabi devient le troisième Président de la République du Congo le 31 décembre 1968, Clotilde devient de facto la Première Dame du pays.

Lorsque Marien Ngouabi s’éprend de Céline Mvouka qui deviendra sa seconde épouse, Clotilde Martin voit rouge. L’ex-Première Dame se sépare de son mari et rentre en France. Le divorce est prononcé en 1972.

Clotilde Martin épouse Ngouabi était née à Walscheid, petite commune du canton de Sarrebourg en Moselle, en 1941.

 

Photo de BrazzaNews.
Avec Brazzanews.fr

L’obésité exacerbe plusieurs causes de décès

octobre 30, 2019
© Fournis par Canadian Press Enterprises Inc
 

MONTRÉAL — L’obésité est impliquée dans les deux tiers des décès attribuables à des maladies non transmissibles à travers le monde, et le risque associé à certaines maladies diffère pour les hommes et pour les femmes, prévient une nouvelle étude britannique publiée par le journal médical PLOS Genetics.

L’obésité ne joue donc pas uniquement un rôle dans des problèmes de santé comme le diabète et les troubles cardiovasculaires.

«Ce qui est utile dans cette étude-là, c’est la quantification de la magnitude globale de l’effet de l’obésité sur la globalité des complications cardiovasculaires. Ça confirme un peu ce dont on se doutait déjà», a commenté le docteur André Carpentier, de la faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke.

Afin d’identifier les causes de décès exacerbées par l’obésité, les chercheurs de l’Université d’Oxford ont utilisé des données génétiques et trois mesures d’obésité pour examiner les dossiers de quelque 425 000 participants à la gigantesque UK Biobank, à la recherche de liens de causalité.

Les résultats sont stupéfiants.

L’analyse démontre que l’obésité contribue à une longue liste de problèmes de santé, notamment les coronaropathies, le diabète de type 1 et 2, les accidents vasculaires cérébraux, la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), la stéatose hépatique non alcoolique, les maladies chroniques du foie, la défaillance rénale… et même le cancer du poumon.

«Cet élément-là nous démontre bien le problème avec ce genre d’études-là, a dit le docteur Carpentier. On peut déterminer un lien de causalité entre un phénomène et un autre, mais on ne peut pas en déterminer le mécanisme. On ne peut pas savoir si le fait d’être obèse modifie le comportement en regard de la cigarette, et que c’est ça le lien causal avec le cancer du poumon.»

En d’autres mots, ajoute-t-il, ce n’est pas parce qu’on sait que l’obésité cause un problème de santé qu’on est pour autant en mesure de déterminer quelle composante de l’obésité est responsable de cette maladie-là.

«Il faut mieux connaître les mécanismes, il faut être capables de les cibler, et ensuite tester si en ciblant ces mécanismes-là on prévient les maladies», a expliqué le docteur Carpentier.

Et si l’obésité cause le diabète de type 2 chez les hommes comme chez les femmes, le risque est plus élevé chez les femmes, tandis que les hommes présentent un risque plus important de MPOC et de maladies chroniques du foie. Les auteurs estiment donc que différentes mesures préventives devraient cibler les hommes et les femmes.

Ultimement, l’étude conclut que l’obésité cause ou contribue à la majorité des principales causes mondiales de décès qui ne sont pas attribuables aux maladies infectieuses.

Jean-Benoit Legault, La Presse canadienne

France: Roger Taillibert, l’architecte du Parc des Princes, est mort

octobre 3, 2019

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Roger Taillibert. PASCAL PAVANI / AFP

L’architecte du Stade olympique de Montréal et du Parc des Princes, à Paris, est mort à l’âge de 93 ans.

Roger Taillibert, architecte du Stade olympique de Montréal et du Parc des Princes à Paris, est mort à Paris à l’âge de 93 ans, ont indiqué jeudi des sources concordantes françaises et canadiennes. L’information a été annoncée par Radio-Canada, suscitant rapidement au Québec et à Paris des hommages saluant un homme de «prouesses» et de «vision».

«L’architecte du Parc des Princes s’est éteint ce jeudi à Paris. À sa famille et ses proches, le club présente ses sincères condoléances», a également indiqué le Paris Saint-Germain sur Twitter. Roger Taillibert avait achevé le nouveau stade du Parc-des-Princes en 1972, mais c’est le stade olympique de Montréal (1976) qui est le plus célèbre de ses chantiers. Il lui vaudra d’être appelé en qualité d’architecte conseil pour les équipements sportifs et de loisirs à travers le monde.

Ce stade en béton de forme ellipsoïdale, avec son toit rétractable attaché par des câbles à une tour de 165 mètres, la plus haute tour inclinée au monde, est un bâtiment iconique de Montréal. Il a aussi réalisé entre autres la piscine de Deauville, le Stadium Nord de Villeneuve-d’Ascq et le Khalifa Stadium au Qatar.

Conservateur du Grand Palais

Roger Taillibert avait étudié l’art égyptien à l’École du Louvre, puis avait été à l’École des Beaux-Arts avant de devenir un spécialiste de constructions destinées au sport. Elu à l’Académie des Beaux-Arts en 1983, il avait été notamment architecte en chef et conservateur du Grand Palais, architecte en chef et conservateur du Palais de Chaillot, et architecte-Conseil des Émirats Arabes Unis et de la Ville de Tripoli au Liban.

La ministre du Tourisme du Québec, Caroline Proulx, a salué dans un communiqué «un architecte visionnaire» qui «a légué au Québec l’un de ses monuments les plus emblématiques». Laurent Petitgirard, secrétaire perpétuel de l’Académie des Beaux-Arts à Paris, a rendu hommage auprès de l’AFP à un homme qui presque jusqu’au bout «aura déployé une incroyable activité» et à «un esprit acéré, au franc parler parfois très tranchant».

«Une pensée pour Roger Taillibert, architecte unique, signature singulière de deux grands stades en contrainte béton, et surtout papa du Parc des Princes que nous aimons tant», a tweeté Jean-François Martins, adjoint aux sports de la Ville de Paris.

Par Le Figaro.fr avec AFP

[Chronique] Jacques Chirac, bien-aimé Françafricain

septembre 26, 2019

 

© Glez

L’ancien président français laissera le souvenir d’un ami sincère du continent, même si les motivations de sa politique africaine étaient « franco-centrées » et ses méthodes paternalistes contestables…

Décédé ce 26 septembre à l’âge de 86 ans, Jacques Chirac inspire des hommages émus sur un continent africain qui avait adopté le cinquième président de la cinquième République française. Ce label d’« africanité » décernée au monstre politique de la droite gaulliste et post-gaullienne se révèle une pièce à deux faces.

En visite dans près de 40 pays du continent, le grand échalas habituellement balourd en public se révélait aérien et transpirait la sincérité lorsqu’il traversait, vitres ouvertes, les capitales africaines. Sur un point, il aura, pour une fois, réconcilié les populations et les politiciens africains : « Chichi » le chaleureux méritait les accueils folkloriques et les pagnes à son effigie, bien plus que ses prédécesseurs ou successeurs donneurs de leçon, notamment Mitterrand et Sarkozy.

Lutte contre le paludisme et le sida, annulation de la dette, revalorisation des pensions des tirailleurs, promotion des arts dits « premiers » : Jacques Chirac plaidait ostensiblement pour l’Afrique et singulièrement pour les anciennes colonies de la France.

Copinage françafricain

Car – et c’est la deuxième face de la pièce – les liens de l’ancien président avec le continent rimaient avec pré carré francophone. L’amical compagnonnage rimait avec copinage françafricain. Qui trop embrasse (les dirigeants) mal étreint (les peuples) ? À la table de l’au-delà, Jacques Chirac devrait dîner de la tête de veau à la gauche du sulfureux Jacques Foccart et à la droite de l’équivoque Omar Bongo.

S’il arrive qu’une fois sur mille, les formulations tartes à la crème se révèlent justes, le surnom « Chirac l’Africain » pourrait être suivi d’une assertion qui résonne pourtant comme une brève de comptoir : « C’est la fin d’une époque ». Celle d’un Charles Pasqua lui-même décédé ou d’un Patrick Balkany aujourd’hui condamné, celle d’un Jean-Bedel Bokassa ou d’un Gnassingbé Eyadema, celle des approximations déontologiques, celles des soupçons de mallettes et de compromissions jugées « light » sous couvert de l’amitié intercontinentale.

Celle où le politiquement correct embryonnaire n’empêchait pas le président Chirac d’évoquer « le bruit et l’odeur » de communautés immigrées. Celle où les réseaux sociaux n’étaient pas là pour se saisir d’un tel dérapage raciste et froisser une carrière politique. En France et en Afrique, la popularité qui suinte des hommages posthumes est peut-être moins préfabriquée que d’habitude…

Jeuneafrique.com par Damien Glez est dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè

Ben Ali, l’ancien président tunisien, est mort

septembre 19, 2019

Zine El-Abidine Ben Ali en 1988. Jacques Langevin / Sygma via Getty Images

L’ex-autocrate, à la tête de son pays de 1987 à 2011, est mort jeudi 19 septembre à l’âge de 83 ans en Arabie saoudite, où il vivait en exil depuis la révolution de 2011.

Le président déchu de Tunisie, Zine El-Abidine Ben Ali, est mort jeudi 19 septembre à l’âge de 83 ans en Arabie saoudite, où il vivait en exil depuis la révolution de 2011, a indiqué à l’AFP le ministère tunisien des affaires étrangères. « Nous avons eu la confirmation de sa mort il y a trente minutes », a ajouté le ministère, sans plus de détails.

Après plus de deux décennies d’un pouvoir répressif, Ben Ali avait été renversé début 2011 par un mouvement populaire, point de départ d’une vague de révoltes dans la région connue sous le nom de « printemps arabe ».

Tigre de papier

Il aura tenu vingt-trois ans au pouvoir, mais sera tombé en moins d’un mois. De Zine El-Abidine Ben Ali, les Tunisiens garderont sans doute le souvenir de sa dernière apparition télévisée, le 13 janvier 2011 : l’homme qui les a fait trembler pendant presque un quart de siècle semble défait, presque apeuré. « Je n’étais pas au courant », « on m’a trompé », « je vous ai compris », dit-il, presque suppliant.

Mais c’est déjà trop tard : ce troisième discours en une semaine sonne comme un aveu de faiblesse. La rue ne veut plus d’un homme dont elle sait qu’il ne tient jamais ses promesses. Elle continue d’exiger sa démission. Vingt-quatre heures plus tard, Ben Ali quitte le pays pour Riyad, en Arabie saoudite, dans des conditions piteuses, en compagnie de tout son clan en pleine débandade.

Ce départ a l’allure d’une fuite et achève de ruiner son image. L’ex-autocrate apparaît soudain comme un tigre de papier. Il n’inspire plus que des sarcasmes, mais cette fois, les Tunisiens peuvent clamer haut et fort ce qu’ils disent tout bas depuis des années : ils haïssent cet homme dont l’Europe, France en tête, s’obstine à chanter les mérites, pour trois raisons au moins : sa lutte contre l’islamisme, le statut de la femme tunisienne – inégalé dans le monde arabe depuis Bourguiba – et enfin la prospérité économique de la Tunisie, petit pays dénué de ressources en hydrocarbures, à l’inverse de ses puissants voisins.

Tunisia Obit Ben Ali

Manifestation contre Ben Ali, le 14 janvier 2011, à Tunis. Il quitte le pays ce jour-là. Christophe Ena / AP

Des trois dirigeants du Maghreb, le président Ben Ali aura sans doute été le plus exécré par son peuple. Même ceux qui profitaient du système qu’il avait instauré le détestaient. Rares sont ceux qui se souviennent aujourd’hui que lors de son arrivée au pouvoir, le 7 novembre 1987, le tombeur du président Habib Bourguiba avait soulevé un immense espoir.

En destituant en douceur le père de la nation devenu sénile, celui qui est alors premier ministre libère les Tunisiens de trente ans de bourguibisme et d’une fin de règne chaotique. « L’époque que nous vivons ne peut plus souffrir ni présidence à vie ni succession automatique à la tête de l’Etat qui excluraient le peuple », annonce le nouvel homme fort du pays, dans sa première allocution à la radio nationale, ce qui provoque un enthousiasme presque incrédule.

De ce militaire de formation, par ailleurs diplômé d’électronique – son hobby –, on ne sait cependant pas grand-chose à l’époque. Le nouveau venu a 51 ans. Il est silencieux et cultive même le mystère.

« Il a toujours été fragile »

Tout au long de sa carrière, Ben Ali va faire preuve d’habileté, et même de rouerie. De 1958 à 1974, il est directeur de la sécurité militaire. Après l’échec de l’union tuniso-libyenne auquel il est soupçonné d’avoir été mêlé, il est envoyé en exil comme attaché militaire à Rabat, au Maroc. Il revient trois ans plus tard à Tunis, à la direction de la sûreté. C’est sans état d’âme qu’il mate des manifestations, en janvier 1978.

Nouvel exil en avril 1980 : sous la pression de Wassila Bourguiba, l’épouse du vieux président, il est écarté de son poste de directeur de la sûreté. « En apprenant la nouvelle, il est tombé inanimé de sa chaise, dans le bureau du ministre de l’intérieur. C’est alors que j’ai mesuré sa fragilité psychologique. Il a toujours été fragile, contrairement aux apparences », raconte un témoin de la scène.

Ben Ali est alors envoyé à Varsovie comme ambassadeur. Quatre ans plus tard, il est rappelé à Tunis. Les « émeutes du pain » viennent de se produire. On a besoin de cet homme d’ordre. En octobre 1984, il est nommé secrétaire d’Etat à la sécurité nationale. « A un militaire qui le félicitait, il a riposté : “Cette fois-ci, ce sera difficile de me faire quitter le ministère de l’intérieur” », se souvient l’un de ses anciens collègues. C’est à partir de ce moment que Ben Ali tisse sa toile sur le pays.

Au milieu des années 2000, lui qui excellait à prendre le pouls du petit peuple, grâce à ses innombrables relais policiers, se retranche dans une bulle familiale

Pour arriver à ses fins, le militaire devenu policier va agiter l’épouvantail islamiste. Devenu ministre de l’intérieur en 1986, il déclare à ses collègues interloqués, lors du premier conseil des ministres auquel il participe : « Dans notre lutte contre les islamistes, nous devons recourir à deux méthodes : la désinformation et les délinquants. Nous allons les sortir de prison pour leur confier des tâches de police. » Le système Ben Ali est né. Il ne fera que se renforcer au fil du temps, jusqu’à rendre l’atmosphère irrespirable.

Après son accession au palais de Carthage, le nouveau président applique à la lettre sa stratégie. Il fait la chasse aux islamistes, avant de s’en prendre à la gauche, puis à tous les démocrates. La presse est muselée, le multipartisme interdit – à l’exception d’une opposition de décor –, la liberté d’association confisquée et la justice mise aux ordres.

Chacun vit sous le règne de l’arbitraire. Quiconque se rebiffe s’expose à des représailles de tous ordres, des plus mesquines aux plus violentes : filatures, détentions arbitraires, confiscation de passeports, tabassages en règle, lignes téléphoniques coupées, communications Internet détournées, domiciles mis à sac, locaux professionnels cambriolés, assèchement économique par le biais de licenciements, d’intimidation ou de redressements fiscaux, campagnes d’insultes ordurières contre les opposants et les militants des droits de l’homme, tortures…

Passe-droit et rackets

Des années durant, la peur va l’emporter sur la rage. Pourtant, le mécontentement grandit. La population a le sentiment qu’elle s’est fait gruger. On lui avait promis la prospérité en échange des libertés, désormais confisquées : elle estime n’avoir ni l’une ni les autres. Avec une économie diversifiée et un taux de croissance de 6 % à 8 % par an, la situation économique du pays n’est pourtant pas si mauvaise. Mais la répartition des richesses est inégale, ce qui suscite rancœurs et frustrations.

D’année en année, le problème du chômage, en particulier des jeunes, s’installe comme une bombe à retardement. Le palais de Carthage, qui utilise la délivrance des diplômes comme un outil démagogique, n’en prend pas la mesure. Dans les foyers, on rend Ben Ali responsable de tout ce qui ne va pas : la crise de l’emploi tout d’abord, mais aussi les salaires trop bas – le minimum est à 250 dinars, soit 130 euros –, les passe-droits, le racket des petits fonctionnaires, des policiers notamment. Ou encore l’obligation d’adhérer au parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), pour obtenir un travail, une bourse, un permis de construire, etc.

Les Tunisiens vivent de plus en plus mal ce maillage étouffant de la société par le RCD et ses affidés – comités de quartier et indicateurs. Les parents s’inquiètent pour leurs enfants. « Qu’allons-nous leur léguer ? Un pays où l’Etat de droit n’est qu’un mot en l’air ? », s’interrogent-ils en substance, avec anxiété et colère, tout en poussant leur progéniture à émigrer au Canada ou en Australie, faute de pouvoir traverser la Méditerranée, puisque les Européens bouclent leurs frontières.

Tunisia Obit Ben Ali

Le 16 janvier 2011, à Tunis. Christophe Ena / AP

Au fil du temps, un sujet en vient à dominer tous les autres, alimentant la frustration générale : la mainmise de la famille sur le pays. Autrement dit, la rapine exercée par « les frères, les gendres, les neveux, les Trabelsi, les Ben Ali, les Materi, tout ce clan qui ne cesse de grossir et de s’accaparer les richesses du pays », se dit-on à voix basse, avec exaspération. Le ressentiment ne cesse de grandir. Les Tunisiens n’ont que mépris pour le couple présidentiel.

A partir du milieu des années 2000, le chef de l’Etat se coupe du pays. Lui qui excellait, du fond de son palais, à prendre le pouls du petit peuple grâce à ses innombrables relais policiers, se retranche dans une bulle familiale soigneusement entretenue par sa seconde épouse, Leïla Trabelsi, une ancienne coiffeuse de vingt et un ans sa cadette, qu’il a épousée en 1992, après avoir divorcé de sa première épouse, Naima Kéfi. Tous ceux qui lui portaient la contradiction sont écartés, ne restent que les flagorneurs. S’il continue, chaque matin, de se lever tôt, Ben Ali ne travaille plus qu’à mi-temps au palais de Carthage.

L’avertissement de Gafsa

Sitôt la matinée terminée, il regagne sa résidence privée, à Sidi Bou Saïd, pour déjeuner avec le dernier de ses cinq enfants, son jeune fils, Mohammed Zine, né en 2005, qu’il adule. Sa santé est plutôt bonne. Le président souffre d’arthrose, en particulier des genoux, mais rien n’est jamais venu confirmer le cancer de la prostate que lui prête la rumeur.

En 2008, les émeutes de Gafsa, qui devraient constituer un sérieux avertissement, sont sous-estimées par le régime. Une année durant, cette région déshéritée de l’intérieur, traditionnellement frondeuse, va être secouée par des troubles, sur fond de chômage, de mauvaise qualité de vie et d’absence de perspectives

Mais c’est d’une autre province oubliée, presque plus démunie encore, que va partir la déflagration. Le 17 décembre 2010, Mohamed Bouazizi, 26 ans, s’immole par le feu devant le siège du gouvernorat de Sidi Bouzid, petite ville dans le centre du pays. La police vient de lui confisquer les fruits et légumes qu’il vendait pour faire vivre les siens, au motif qu’il n’avait pas de permis. Humiliation insupportable.

En se supprimant, ce jeune étudiant au chômage entend protester contre la hogra, ce mépris dont les jeunes se plaignent d’un bout à l’autre du Maghreb. Mohamed Bouazizi ne sait pas que son acte désespéré va entraîner le soulèvement de ses compatriotes et aboutir à la chute de Ben Ali.

Une image légèrement redorée

Après la révolution, le dictateur ne remettra jamais les pieds en Tunisie, où il est l’objet de multiples condamnations pour homicides volontaires ou malversations financières. A quelques exceptions, son clan demeure lui aussi en exil. A partir de l’année 2015, pourtant, son image se redresse légèrement au sein d’une partie de la population, exaspérée par l’instabilité politique et, surtout, la régression socio-économique. Une petite musique du type « c’était mieux avant » se glisse ainsi dans les débats publics.

Abir Moussi, une ancienne hiérarque de l’ex-Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti de Ben Ali dissout en 2011, essaie de capitaliser sur ces velléités nostalgiques en développant les activités de sa formation, le Parti destourien libre (PDL). Jouant sur l’aspiration d’un segment de la population à un pouvoir fort, Mme Moussi tient un discours souverainiste et farouchement anti-islamiste. Mais son échec au premier tour de la présidentielle du 15 septembre, où elle ne recueille que 4 % des suffrages, montre bien que, malgré le désenchantement post-révolutionnaire, les Tunisiens ne sont pas prêts à adouber les héritiers de Ben Ali

 

Le Monde.fr par Florence Beaugé

 

Tunisie: mort de l’épouse du président Béji Caïd Essebsi

septembre 15, 2019

 

Chadlia Caïd Essebsi, l’épouse du président Béji Caïd Essebsi décédé le 25 juillet quelques semaines avant la fin de son mandat, est morte à son tour dimanche, jour de l’élection présidentielle anticipée, a indiqué leur fils.

«Ma mère Chadlia, veuve de Béji Caïd Essebsi, est morte, Que Dieu la bénisse», a indiqué sur Facebook leur fils Hafedh Caïd Essebsi sans préciser de quoi elle est décédée.

Mme Essebsi, 83 ans, avait accueilli en juillet les nombreux chefs d’Etat venus rendre hommage à son mari décédé à l’âge de 92 ans, après avoir été le premier président démocratiquement élu au suffrage universel en Tunisie. Elégante et discrète, elle n’aparaissait que rarement en public, contrairement aux premières dames de la Tunisie post-indépendance, Wassila Bourguiba et Leïla Ben Ali.

«On se dit tout, et il me demande toujours mon avis», avait-elle assuré dans un rare entretien accordé au magazine Leaders en novembre 2014, pendant la campagne de son époux. «Cette fois-ci, j’ai senti qu’il avait tellement envie de sauver la Tunisie que je ne pouvais pas l’en empêcher. Il faut bien faire des sacrifices, quand c’est de la patrie qu’il s’agit. Depuis lors, je réalise l’ampleur des mesures de sécurité nécessaires, mais nous essayons de garder le même rythme de vie».

Le couple a eu deux filles et deux garçons, dont Hafedh Caïd Essebsi, qui a gardé le contrôle du parti créé par son père, Nidaa Tounes, au prix de luttes de personnes qui ont décimé la formation.

Sept millions de Tunisiens sont appelés à voter dimanche en Tunisie, pays pionnier du Printemps arabe pour une élection présidentielle avancée de sept semaines en raison du décès d’Essebsi, et dont l’issue reste incertaine.

Par Le Figaro.fr avec AFP

France: Robert Frank, géant de la photographie, est mort à 94 ans

septembre 10, 2019

Robert Frank

DISPARITION – L’artiste s’est éteint à Inverness dans la province canadienne de Nouvelle-Écosse, annonce le New York Times. Ce vagabond de l’image était devenu une légende depuis la publication de The Americans, série historique en noir et blanc sur les États-Unis des années 1950 et la face cachée du rêve américain.

Il était l’un des photographes les plus influents du XXe siècle. Son livre The Americans , composés de photographies en noir et blanc capturées pendant ses traversées du Far West dans les années 1950, reste dans l’histoire comme un chef-d’œuvre de la photographie. Le vagabond de l’image Robert Frank s’est éteint lundi à Inverness, en Nouvelle-Écosse à l’âge de 94 ans annonce le New York Times . Sa mort a été confirmée par Peter MacGill de la galerie new-yorkaise Pace-MacGill, qui lui avait consacré de nombreuses expositions depuis 2005.

Né en Suisse le 9 novembre 1924, Robert Frank s’est installé à New York à l’âge de 23 ans. À tout juste 30 ans, il se lance dans un projet fou, inspiré par le mouvement beatnik: sillonner les routes des États-Unis pour prendre le pouls du Nouveau Monde, sa terre d’adoption. Lors de son périple, effectué entre avril 1955 et juin de l’année suivante, «Mr. Frank» utilisa pas moins de 700 pellicules. En quatre ans, il prit près de 28.000 clichés.

Le Manet de la photographie

Admirateur et protégé du grand Walker Evans, il vient de photographier les ouvriers des usines Ford de Detroit lorsqu’en novembre 1955, il est arrêté sur la route US 65 par la police de l’État de l’Arkansas, trouvant suspect cet individu «vêtu de manière négligée, qui a besoin d’une bonne coupe de cheveux et de se raser, sans parler d’un bain». Trois jours de prison sans autre forme de jugement pour ce «Juif» soupçonné d’être un «Rouge», raconta Magali Jauffret dans L’Humanité en 2004. Ailleurs, dans le Sud toujours d’un autre siècle, un shérif lui «donne une heure pour quitter la ville».

Robert Frank, mis à l’honneur des rencontres d’Arles. BRYAN THOMAS/AFP

En 1958, sa collection de 83 tirages est publiée sous le titre The Americans, recueil des clichés capturés entre New York et San Francisco en passant par la Nouvelle Orléans et le Midwest. Des images rentrées dans l’imaginaire américain qui a valu à Frank le surnom du «Manet de la nouvelle photographie». L’ouvrage fut préfacé par Jack Kerouac, le roi de la route en personne.

La parution du livre, en 1958, fut perçue comme une critique de l’«American Dream» désenchanté. The Americans valu à Frank d’être taxé d’antiaméricanisme, dans un pays obsédé par la chasse aux sorcières. «C’était la première fois que je traversais ainsi le pays, confiait-il au moment d’être honoré au Tate Modern de Londres, fin 2004. Et je me suis vite aperçu, surtout dans le Sud, à quel point le racisme contre les Noirs était absurde. Pas besoin d’être juif, pas besoin d’être émigré pour voir cette injustice. Je la ressentais. Je ne travaille pas avec l’intellect, mais avec l’émotion.» L’année passée, pour les 60 ans de l’ouvrage, Frank était mis à l’honneur des Rencontres photographiques d’Arles.

Par Le Figaro.fr

Robert Mugabe, un président en noir et blanc

septembre 6, 2019

Le prince Charles (droite), le Premier ministre Robert Mugabe (gauche) et le gouverneur britannique Christopher Soames à Salisbury, le 17 avril 1980. © AP/SIPA

De la lutte héroïque pour l’indépendance à ses dernières années au pouvoir, passablement pathétiques, retour sur le parcours en dents de scie de Robert Mugabe, l’enfant de Kutuma devenu président.

Robert Mugabe n’était pas Nelson Mandela. Il a mal fini, s’accrochant au pouvoir bien au-delà de sa propre date de péremption. De ses dernières années au pouvoir, passablement pathétiques, et de la trahison de ses proches qui aujourd’hui versent sur sa dépouille des larmes de crocodile après l’avoir renversé, JA vous a tout dit ou presque, comme le démontre le dossier que nous publions ce 6 septembre.

Tout comme nous nous sommes efforcés, tout au long de ses trois décennies de règne quasi absolu, d’expliquer et d’analyser pourquoi l’enfant de Kutuma, élevé par une mère célibataire et éduqué par les jésuites, était devenu, comme il le dira un jour par défi, un « diplômé en violence ».

Lutte de libération

Avant d’être un autocrate pétrifié dans ses certitudes, Mugabe fut un héros panafricain, et à l’heure de sa mort, dans un hôpital aseptisé de Singapour où il était alité depuis près de cinq mois, c’est de cela aussi qu’il convient de se rappeler. La chimurenga, la lutte de libération qu’il mena contre le régime raciste de Ian Smith de 1966 à 1979 – et dont il paya personnellement le prix par dix ans d’emprisonnement – fut une guerre de guérilla et de contre-insurrection féroce, ponctuée de massacres de civils, de disparitions, de tortures, d’attentats et de bombardements au napalm.

Une lutte juste et exemplaire, comme le furent toutes celles qui, du Cap à Alger, délivrèrent l’Afrique de ses chaînes coloniales, et que Jeune Afrique a soutenues et accompagnées avec constance et vigilance depuis sa fondation.

Dictature autiste

L’Histoire, un jour, fera la part des choses. Elle dira la faute qui revient à Robert Mugabe dans le lent glissement de son régime sur la pente d’une dictature autiste, mais aussi la responsabilité de l’ancienne puissance britannique, qui ne respecta jamais les engagements souscrits lors des accords de Lancaster House, celle aussi d’une communauté blanche ancrée dans ses privilèges d’ex-Rhodésiens, acharnée dès le lendemain de l’indépendance à saboter l’expérience d’un État biracial.

Elle dira aussi que la réforme agraire violente et chaotique des année 2000, qui valut à Mugabe l’opprobre de la communauté internationale et des grands bailleurs de fonds, fut dans le fond – si ce n’est dans la forme – une nécessité absolue pour les centaines de milliers de petits paysans confinés dans les bantoustans agraires des Tribal Trust Land.

Et qu’elle ne fut pas toujours et partout un échec.

Révolver russe

Le Mugabe Premier ministre que j’ai rencontré un jour d’avril 1980 dans un petit bureau de ce qui ne s’appelait pas encore Harare mais Salisbury, avec sa secrétaire blanche servant le thé, ses livres de droit et d’économie marxiste empilés sur une chaise et son revolver russe posé au bord d’une cheminée décorative, était un mélange fascinant de missionnaire british et de révolutionnaire vietnamien.

C’est cette image que désormais je garderai de lui. Et tant pis si elle est en noir et blanc.

Par François Soudan, directeur de la rédaction de Jeune Afrique.