Posts Tagged ‘Québec’

Le Défi pissenlits pour que les abeilles restent en vie

mai 21, 2022
Une affiche sur laquelle est écrit : je protège les pollinisateurs est plantée sur une pelouse garnie de pissenlits.

Photo : Radio-Canada/Jean-François Fortier

Pour une deuxième année consécutive, la population est invitée à laisser pousser les pissenlits et autres fleurs printanières sur les terrains pour aider les insectes pollinisateurs, mais tous ne se sentent pas interpellés de la même façon.

Le Défi pissenlits se veut une façon de protéger les abeilles, menacées d’extinction. L’objectif du défi, initié par l’entreprise Miel et co, est de retarder la première tonte de pelouse de quelques semaines pour laisser le temps aux autres fleurs, sources de pollen et de nectar, d’éclore.

« Il faut aider les abeilles et les insectes pollinisateurs parce qu’ils sont responsables du tiers du garde-manger mondial. Les fruits, les légumes, les noix, notamment, dépendent de la pollinisation des insectes. »— Une citation de  Christina Fortin-Ménard, copropriétaire de Miel et co.

La Ville de Trois-Rivières participe également au défi. La municipalité encourage les citoyens à laisser pousser leur pelouse quelques jours, voire quelques semaines pour fournir de la nourriture aux insectes.

À la Ville, on repousse la première tonte des talus et des terrains vacants. Habituellement on la fait au mois de mai, mais cette année on a décidé de la reporter au mois de juin , affirme le porte-parole de la Ville, Mikaël Morrissette.

« C’est important pour les abeilles. Elles meurent cette année. C’est important de faire un petit geste pour les prochaines générations et pour l’avenir. »— Une citation de  Mathieu Dutil, résident de Trois-Rivières

Bien que plusieurs citoyens souhaitent faire leur part en évitant de tondre leur pelouse, certains sont moins convaincus. Selon eux, les pissenlits constituent des mauvaises herbes dont il faut se débarrasser.Gros plan d'une abeille qui s'apprête à se poser sur une fleur.

Les pissenlits sont une source de nourritures pour les abeilles. Photo : Istock/Perboge

Quand les pissenlits ont poussé au début, je les ai laissés, mais quand ils sont devenus en mousse, je les ai enlevés , raconte Constant Bourassa.

C’est certain que pour la pollinisation ça serait mieux d’avoir des pissenlits, mais mon conjoint n’est pas vraiment pour ça , explique Hélène Fontaine.

Radio-Canada avec les informations d’Anne Merline Eugène

Canada-Violence conjugale : les premiers bracelets antirapprochement déployés au Québec

mai 20, 2022
Gros plan d'une cheville portant le bracelet antirapprochement doté d'un dispositif électronique.

Le bracelet antirapprochement est porté à la cheville du contrevenant. Photo: Radio-Canada

Le Québec est devenu vendredi la première autorité au Canada et la septième dans le monde à déployer des bracelets antirapprochement, destinés à prévenir la violence conjugale et les féminicides.

Les 20 premiers bracelets ont été mis en service à partir de l’établissement de détention et du palais de justice de Québec.

Pour marquer le coup, le ministère de la Sécurité publique avait invité les représentants des médias à une démonstration du fonctionnement de l’appareil vendredi matin.

Deux parties

Le bracelet antirapprochement est un outil électronique de géolocalisation composé de deux parties : un bracelet que porte le contrevenant à la cheville et un dispositif connecté, remis à la victime.

Lorsque l’individu qui porte le bracelet s’approche de la personne protégée au-delà d’un périmètre prédéfini, un signal est émis pour alerter les autorités et, éventuellement, la victime.L'application ouverte sur l'écran montre l'état de la batterie et donne l'option d'appuyer sur une touche « panique » et une touche « support ».

La personne protégée installe une application sur son téléphone lui permettant d’être alertée en cas et de communiquer avec les policiers. Photo: Radio-Canada

Le déploiement des bracelets antirapprochement va se poursuivre jusqu’à l’automne. À la fin de l’opération, 500 appareils répartis dans les différentes régions du Québec auront été mis en service.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, est persuadée que l’utilisation des bracelets permettra de sauver des vies.

C’est révolutionnaire

Chaque féminicide est un drame de trop. On se demande à chaque fois si on aurait pu l’empêcher, mais je pense qu’une des meilleures façons de tirer quelque chose de constructif de ces drames-là, qui sont beaucoup trop nombreux depuis deux ans, c’est justement d’avoir des actions concrètes pour la sécurité des femmes et ce bracelet-là, je le répète, c’est révolutionnaire, a déclaré la ministre.

« Quand on regarde factuellement les statistiques ailleurs, il y a toutes les raisons de penser que ça va fonctionner ici et qu’on va enfin éviter des meurtres de femmes. »— Une citation de  Geneviève Guilbault, ministre québécoise de la Sécurité publique

Mme Guilbault espère maintenant que le gouvernement fédéral, qui gère les pénitenciers, va emboîter le pas au Québec.Geneviève Guilbault lors d'une mêlée de presse à l'Établissement de détention de Québec; elle est entourée d'agents des services correctionnels qui portent un couvre-visage.

Geneviève Guilbault a mentionné que le bracelet antirapprochement avait fait ses preuves là où il a été utilisé. Photo: Radio-Canada

Au Canada, les personnes devant purger une peine de prison de deux ans ou plus sont admises dans un pénitencier, un établissement de détention qui relève du fédéral.

Recommandation

Les contrevenants condamnés à une peine de moins de deux ans sont pour leur part incarcérés dans un établissement de détention administré par le provincial.

Au Québec, l’utilisation du bracelet anti-rapprochement faisait partie des recommandations formulées en décembre 2020 par le comité d’experts sur l’accompagnement des victimes d’agressions sexuelles et de violence conjugale dans son rapport intitulé Rebâtir la confiance.

Radio-Canada avec la collaboration de Pierre-Alexandre Bolduc et Camille Carpentier

Canada-Variole du singe : au moins 13 cas en cours d’examen à Montréal

mai 18, 2022

Des éclosions similaires ont récemment été recensées dans plusieurs pays d’Europe.

Des éruptions cutanées sur les mains d'un homme.

Des éruptions cutanées peuvent apparaître chez les personnes atteintes de la variole du singe. Photo : Brian W.J. Mahy

La santé publique de Montréal confirme que plusieurs cas de variole du singe sont à l’étude dans la métropole. Tout comme ce qui se passe en ce moment en Europe, cette éclosion touche surtout la communauté homosexuelle, du moins pour l’instant.

La variole du singe est une maladie virale, aussi appelée orthopoxvirose simienne ou monkeypox en anglais, qui se manifeste généralement par de la fièvre, des maux de tête ou de dos, des douleurs musculaires, des ganglions lymphatiques enflés et des éruptions cutanées similaires à celles provoquées par la varicelle.

Endémique en Afrique de l’Ouest, cette maladie est plutôt rare en Europe et en Amérique du Nord. Elle se transmet généralement au contact d’animaux infectés, mais elle peut aussi être propagée par les humains. Aucun traitement n’existe, mais elle se guérit généralement d’elle-même.Une image en noir et blanc captée au microscope.

Cette image captée au microscope montre des virions matures de forme ovale de la variole du singe (à gauche) et des virions immatures sphériques (à droite), obtenus à partir d’un échantillon de peau humaine associé à l’épidémie américaine de 2003. Photo: Cynthia S. Goldsmith et Russel Regner

Or, des éclosions ont récemment été recensées au Royaume-Uni, en Espagne et au Portugal. En tout, plus de 50 cas suspects ou confirmés ont été signalés jusqu’à maintenant. Et les communautés homosexuelles et bisexuelles seraient particulièrement touchées.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le premier cas de variole du singe détecté en dehors de l’Afrique a été confirmé par les autorités britanniques le 6 mai. La personne infectée revenait d’un voyage au Nigeria.

Depuis, le Royaume-Uni a recensé huit autres cas, tous contaminés à l’intérieur du pays, ce qui fait craindre aux autorités une transmission communautaire du virus.

La variole du singe semble se propager, constate la Dre Angela Rasmussen, virologue et chercheuse à l’Université de la Saskatchewan.

Cela signifie ou bien qu’il s’agit d’une variante plus transmissible [de la maladie] que toutes celles que nous avons vues auparavant, ou bien qu’il existe des comportements associés à une transmission accrue, dit-elle.

Du Massachusets au Québec?

Mercredi, un premier cas a également été détecté aux États-Unis par le département de la Santé publique du Massachusetts, qui a indiqué que l’homme en question avait récemment voyagé au Canada. Le site web spécialisé en santé STAT News a par la suite précisé qu’il s’était rendu au Québec.

Le cas ne présente aucun risque pour le public, et la personne est hospitalisée et en forme, ont indiqué dans un communiqué les autorités du Massachussetts, qui collaborent avec les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), la principale agence sanitaire fédérale du pays.

De son côté, le ministère québécois de la Santé et des Services sociaux (MSSS) affirme avoir été avisé qu’une personne ayant eu un diagnostic [de la variole du singe] a voyagé au Québec.

Pour le moment, le Québec n’a aucun cas confirmé, a déclaré une porte-parole par courriel, mais nous enquêtons sur une dizaine de cas de lésions ulcéreuses génitales, a-t-elle précisé, sans donner davantage de détails.

Jointe par CBC, le réseau anglais de Radio-Canada, l’Agence de la santé publique du Canada a déclaré pour sa part qu’aucun cas de variole du singe ne lui avait encore été signalé.

Une annonce de la santé publique de Montréal jeudi ou vendredi

À Montréal, tous les patients ayant potentiellement contracté la maladie ont été vus dans des cliniques où on diagnostique des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) : quatre à la clinique L’Actuel, cinq à L’Agora et quatre à La Licorne.

Les résultats de leurs tests ont été envoyés dans des laboratoires pour y être analysés. Une annonce devrait être faite d’ici la fin de la semaine.

On a eu quelques cas qui sont en investigation, parce que ce n’est pas facile à diagnostiquer, explique le Dr Réjean Thomas, de la clinique L’Actuel.

« Ça peut ressembler à une syphilis, ça peut ressembler à un herpès. Ça donne des ulcères avec de gros ganglions, et là, il faut faire un prélèvement, et c’est long – avec la COVID, tout est long – avant d’avoir les résultats. »— Une citation de  Le Dr Réjean Thomas, fondateur et PDG de la clinique médicale L’Actuel

Le Dr Robert Pilarski, de la clinique La Licorne, affirme que ses patients infectés ne réagissent pas aux antibiotiques. Deux d’entre eux auraient eu des contacts avec un patient des États-Unis qui est présentement hospitalisé, dit-il.

L’infection, présentement, nous croyons qu’elle se transmet presque uniquement par le contact direct avec des personnes, explique le Dr Pilarski, soit par des lésions, soit par des vêtements contaminés.

Le temps d’incubation, précise-t-il, est de deux à trois semaines, et les symptômes peuvent [tous] apparaître en même temps.

Une maladie généralement bénigne

En 2003, une épidémie de variole du singe avait frappé les États-Unis. Quelque 70 cas avaient été recensés, mais aucun d’eux n’avait mené à un décès.Une femme touche un chien de prairie dans une cage.

Une épidémie de variole du singe, causée par des contacts entre des humains et des chiens de prairie infectés, avait frappé les États-Unis en 2003. Photo : Getty Images/Mike Roemer

La variole du singe est généralement bénigne. Il existe deux souches principales : la souche du Congo, qui est plus grave – jusqu’à 10 % de mortalité –, et la souche ouest-africaine, dont le taux de létalité est d’environ 1 %.

Selon les précisions apportées par l’OMSOrganisation mondiale de la santé mercredi, tous les cas confirmés au Royaume-Uni cette année ont été infectés par la souche ouest-africaine.

La variole du singe a été détectée pour la première fois dans les années 1950 lorsque deux épidémies se sont produites dans des colonies de singes utilisés à des fins de recherche. Le premier cas humain a été signalé en 1970 en République démocratique du Congo.

Cette maladie est souvent assimilée à une forme plus bénigne de variole, aussi appelée petite vérole, une maladie déclarée éradiquée en 1980, notamment grâce à une campagne de vaccination internationale pilotée par l’OMSOrganisation mondiale de la santé.

Le vaccin contre la variole est également efficace contre la variole du singe, mais les programmes de vaccination systématique ont pris fin au Canada au début des années 1970, ce qui a laissé les Canadiens de moins de 50 ans vulnérables à l’infection.

Radio-Canada par Jérôme Labbé et René Saint-Louis avec les informations de CBC, Reuters et Agence France-Presse

Canada -Québec-Décès en CHSLD : la coroner écorche des médecins et une PDG de CIUSSS, et épargne Blais

mai 16, 2022

Le directeur de santé publique doit être indépendant du politique, plaide la coroner Kamel, qui écorche sinon la PDG du CIUSSS dont relevait Herron ainsi que des médecins pour leur recours fréquent à la télémédecine, dans son rapport obtenu par Radio-Canada.

La façade du CHSLD Herron, à Dorval.

Des gerbes de fleurs ont été déposées devant le CHSLD Herron. Photo: Radio-Canada/Ivanoh Demers

Lors de son allocution d’ouverture, en février 2021, pour l’enquête publique sur certains des décès survenus dans des CHSLD durant la pandémie de COVID-19, la coroner Géhane Kamel s’était fait la promesse « de formuler des recommandations dans le but d’éviter d’autres décès ».

Après avoir recueilli 220 témoignages factuels et consulté des dizaines de documents, la coroner en formule deux douzaines, tant au gouvernement du Québec qu’au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), aux CISSS et CIUSSS qu’au Collège des médecins du Québec (voir l’encadré plus bas).

La coroner retient d’abord comme leçon de la pandémie que le directeur national de santé publique doit disposer d’une réelle indépendance par rapport au pouvoir, ce qui ne serait pas le cas, estime-t-elle, puisque c’est à titre de sous-ministre qu’Horacio Arruda et Luc Boileau ont tour à tour occupé le poste.

Une de ses premières recommandations, contenue dans le rapport d’enquête dont Radio-Canada a obtenu copie, vise donc à revoir le rôle du directeur national de santé publique afin que ses fonctions soient exercées en toute indépendance et sans contrainte politique.

De l’avis de la coroner, ces deux rôles sont distincts et ne sont peut-être pas compatibles.

Elle en veut pour exemple certaines consignes de la santé publique, en début de pandémie, notamment sur le port du masque qui n’était pas obligatoire en CHSLD.

Son avis aurait-il été le même s’il [Horacio Arruda] n’avait pas eu à s’inquiéter d’une éventuelle rupture de stock? J’ai tendance à croire que non. De là, à mon humble avis, le danger de porter deux chapeaux.François Legault et Horacio Arruda lors d'une conférence de presse.

François Legault et Horacio Arruda lors d’une conférence de presse. Photo : La Presse Canadienne/Jacques Boissinot

Reprenant l’expression chère à l’ex-directeur de santé publique Horacio Arruda sur l’avion qui se bâtissait en plein vol, la coroner affirme qu’un plan de vol, un radar ou d’autres instruments de vol, donnant des informations en temps réel, auraient dû être une priorité absolue [avec] une veille scientifique internationale digne de ce nom.

Dans son rapport, la coroner note également, à plusieurs reprises, l’absence des médecins en CHSLD, les premières semaines de la pandémie, et leur recours fréquent à la téléconsultation.

« Pour un coroner, que de nombreux résidents soient décédés sans avoir eu droit à une visite d’un médecin durant leur ultime maladie est non seulement triste, mais inquiétant. »— Une citation de  Coroner Géhane Kamel

Selon elle, « il est difficilement concevable que des décisions de vie ou de mort aient pu être prises sur la foi d’un relais téléphonique uniquement ».

Des médecins s’étaient par la suite portés volontaires dans les CHSLD, à la mi-avril 2020, après un appel à l’aide du premier ministre.

La coroner en fait une recommandation au Collège des médecins afin de revoir les pratiques médicales individuelles des médecins traitants des CHSLD Herron, des Moulins et Sainte-Dorothée, notamment quant à leur décision de poursuivre les soins en téléconsultation malgré le besoin de soutien et le très grand nombre de décès.

Cette recommandation pourrait ouvrir la porte à d’éventuelles fautes déontologiques pour certains médecins.

La coroner recommande également aux établissements de santé de resserrer l’encadrement nécessaire justifiant le recours aux protocoles de détresse et à la sédation palliative dans un contexte de soins aigus.

Radio-Canada avait fait état en février des dosages potentiellement excessifs liés à des protocoles de détresse respiratoire pour des patients atteints de la COVID-19.La ministre Marguerite Blais en conférence de presse.

La ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais Photo : Radio-Canada/Sylvain Roy Roussel

Marguerite Blais épargnée

Un des témoignages attendus durant les audiences fut celui de la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais.

Son témoignage est sans doute celui qui nous a permis de mieux cerner la date à laquelle tous ont vraiment pris la mesure de la crise à venir, soit autour du 9 mars 2020, estime la coroner Kamel. « C’est le témoignage le plus crédible malgré le discours formaté pour la présente enquête. »

Avant le 9 mars, l’implication de la ministre dans la gestion de crise est anecdotique […] une fois mise dans la boucle, l’apport de la ministre et de sa sous-ministre est indéniable, ajoute-t-elle.

Lors de la première vague, près des deux tiers des 5688 décès liés à la COVID-19 avaient eu lieu en CHSLD. La mise au jour par le journaliste de la Gazette Aaron Derfel des nombreux décès au CHSLD privé Herron, le 10 avril, a soulevé l’indignation populaire et mené au déclenchement d’une enquête publique de la coroner.

La PDG du CIUSSS de l’Ouest de Montréal écorchée

À quelques reprises dans le rapport, la PDG du CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal, Lynne McVey, est pointée du doigt pour sa gestion du CHSLD Herron.

La coroner qualifie, par exemple, de disgracieux les reproches de la PDG aux propriétaires du CHSLD d’avoir transféré des résidents en centre hospitalier « alors même que, dans l’urgence, ce geste était le plus sensé si l’on voulait que ces résidents aient une chance de s’en sortir ».

Elle rappelle la désorganisation de l’équipe de gestionnaires du CIUSSS et souligne que la grande majorité des décès se sont produits alors que le CIUSSS assumait déjà la gestion du CHSLD.

La coroner recommande au MSSS qu’il assure une plus grande imputabilité des gestionnaires des CISSS/CIUSSS et du MSSS.

Elle recommande de convertir rapidement les CHSLD privés en CHSLD privés conventionnés afin d’en améliorer le financement.

Le gouvernement Legault jongle avec l’idée depuis plus de deux ans.

Pas de commission d’enquête, mais…

Au fil des audiences de la coroner et des révélations dans les médias, les trois partis d’opposition ont réclamé en bloc en 2021 au gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) la tenue d’une commission d’enquête publique indépendante sur la gestion de la pandémie dans les CHSLD.

La coroner n’en fait pas une recommandation comme telle, mais invite le gouvernement, dans sa conclusion, à faire une rétrospective des événements par le véhicule qu’il jugera approprié portant, entre autres choses, sur la hiérarchisation des décisions, sur l’agilité du système de santé en temps de crise, sur la compréhension et l’exécution des responsabilités au sein des ministères de la Santé, des Aînés et des Proches aidants ainsi qu’au sein des CIUSSS et CISSS.

Un passage dans le rapport salue d’ailleurs le travail local du CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec qui a joint chacune des 44 familles touchées par le décès d’un proche au CHSLD Laflèche pour leur offrir soutien et condoléances.

Revoir la formation des infirmières

Autre recommandation au MSSS, revoir les formations techniques afin que les infirmières en CHSLD et, le cas échéant, les infirmières auxiliaires soient en mesure d’effectuer les techniques nécessaires aux soins de base (soins respiratoires, accès veineux et sous-cutanés, utilisation des pompes volumétriques, etc.).

Cette recommandation n’est pas sans rappeler la volonté de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) pour que les prochaines générations de professionnelles en soins obtiennent obligatoirement un diplôme universitaire.

Les 23 recommandations de la coroner Géhane Kamel

Que le gouvernement du Québec :

  • revoie le rôle du directeur national de santé publique afin que ses fonctions soient exercées en toute indépendance et sans contrainte politique;
  • évalue la possibilité de mettre en place un service civique volontaire d’urgence qui serait chapeauté par le ministère de la Sécurité publique, tout comme cela se voit parfois en cas de catastrophe naturelle;
  • revoie rapidement l’offre de service de nos aînés en convertissant tous les CHSLD privés en CHSLD privés conventionnés;
  • augmente l’offre de service pour le maintien à domicile de nos aînés;
  • s’assure d’une politique inclusive en temps de crise pour permettre qu’au moins deux proches aidants puissent visiter la personne hébergée de façon sécuritaire;
  • implante des ratios sécuritaires professionnels en soins/résidents dans les CHSLD;
  • rehausse, lorsque requis, le nombre de gestionnaires en CHSLD pour s’assurer de couvrir tous les quarts de travail (pouvoirs délégués de soir et de nuit);
  • prévoie des discussions avec les instances syndicales afin de revoir ou d’ajouter, le cas échéant, des clauses de convention collective permettant une disponibilité et un délestage accrus du personnel lors d’une urgence sanitaire;
  • planifie les nouvelles infrastructures ou les rénovations des milieux d’hébergement en s’assurant que les milieux puissent répondre aux exigences requises en matière de soins de santé notamment en temps de crise sanitaire;
  • s’assure que les milieux d’hébergement puissent offrir des chambres individuelles aux résidents.

Que le ministère de la Santé et des Services sociaux :

  • introduise le principe de précaution au centre de toute démarche d’évaluation et de gestion des risques;
  • assure une plus grande imputabilité des gestionnaires des CISSS/CIUSSS et du MSSS quant aux soins prodigués aux personnes âgées en perte d’autonomie par le suivi d’indicateurs et une obligation d’intervention en cas problèmes dans la qualité des soins;
  • s’assure de maintenir en tout temps l’approvisionnement nécessaire en équipements de protection en plus de prévoir des réserves pour subvenir aux besoins en cas de crise;
  • définisse quels soins de confort les installations en CHSLD doivent minimalement être en mesure d’offrir;
  • établisse un plan national afin de doter tous les CHSLD des équipements nécessaires pour donner ces soins;
  • revoie les formations techniques afin que les infirmières en CHSLD et, le cas échéant, les infirmières auxiliaires soient en mesure d’effectuer les techniques nécessaires aux soins de base (soins respiratoires, accès veineux et sous-cutanés, utilisation des pompes volumétriques, etc.);
  • développe un outil avec des mises en situation afin que les résidents et/ou leurs tuteurs puissent bien comprendre les implications d’un choix de niveau de soins;
  • assure une gestion dans les CHSLD qui réunisse un gestionnaire responsable, une direction des soins infirmiers et une direction médicale.

Que les CISSS et CIUSSS :

  • assurent dans les CHSLD la présence suffisante d’infirmières spécialisées en PCI afin que celles-ci puissent être présentes dans les opérations quotidiennes et qu’ils en assurent la pérennité;
  • s’assurent de planifier des simulations en lien avec les plans de pandémie de manière triennale;
  • offrent de la formation quant à la tenue des dossiers médicaux et fassent des suivis périodiques;
  • s’assurent de l’encadrement nécessaire justifiant le recours aux protocoles de détresse et à la sédation palliative dans un contexte de soins aigus.

Que le Collège des médecins du Québec :

  • revoie les pratiques médicales individuelles des médecins traitants des CHSLD Herron, des Moulins et Sainte-Dorothée, notamment quant à leur décision de poursuivre les soins en téléconsultation malgré le besoin de soutien et le très grand nombre de décès.

Avec Radio-Canada par Daniel Boily et Davide Gentile

Canada-Québec: L’écrivain François Blais est mort

mai 15, 2022
François Blais, signant un livre.

François Blais a signé son premier roman «Iphigénie en Haute-Ville» en 2006. Photo : Soumise par L’Instant Mêmée

L’écrivain François Blais est décédé, a annoncé dimanche la maison d’édition L’instant même. Il avait 49 ans.

Né à Grand-Mère, en Mauricie, l’auteur a été remarqué dès son premier roman, Iphigénie en Haute-Ville, publié en 2006 alors qu’il habitait à Québec. Celui-ci a été finaliste pour le Prix des libraires du Québec, le Prix France-Québec et le Prix Senghor de la création littéraire.

Son roman Document 1 (2012), également finaliste aux Prix des libraires du Québec, a lui aussi marqué les esprits, cristallisant son style décapant et sa tendance à mettre en scène des personnages non conformistes.

Dans une certaine mesure, nous avons un peu l’impression d’avoir grandi avec lui, invités à partager son univers à la fois cynique et tendre, a écrit L’instant même sur Facebook, qui a publié une dizaine de livres de François Blais, dont son tout premier roman.

« Le monde des lettres québécois est plus riche, plus vibrant et plus beau parce que François a osé en ébranler quelques fondations. »— Une citation de  La maison d’édition l’Instant même, sur Facebook

Le comédien Rémi-Pierre Paquin a lui aussi rendu hommage à son ami sur les réseaux sociaux.

Tu me faisais vraiment rire. Peut-être que la façon dont les fils étaient branchés dans ta tête t’amenait un peu de misère à supporter tout ça, mais ben égoïstement, ça faisait de toi un être vraiment le fun à côtoyer. Un être fascinant, brillant, lucide et crissement drôle, a-t-il écrit.Montage photo du portrait de l'auteur avec la couverture du livre.

Dans les dernières années, François Blais avait développé un goût pour la littérature jeunesse. « Lac Adélard », publié en 2019, a notamment remporté un Prix des libraires du Québec dans la catégorie 12-17 ans. Photo: La Courte Échelle, Marie Blais

Inspiré par sa région natale

François Blais, qui a également jonglé avec les métiers de traducteur et de concierge, a ancré plusieurs de ses histoires dans sa Mauricie natale, où il était retourné habiter il y a quelques années.

Mentionnons son roman La classe de madame Valérie, publié en 2013, qui raconte l’histoire d’un groupe d’élèves de l’école primaire Laflèche à Grand-mère, et qui a été finaliste au Prix des libraires du Québec.

Séduit par la littérature jeunesse en 2016, le discret romancier a aussi publié quatre livres pour enfants aux éditions Les 400 coups.

Son Livre où la poule meurt à la fin (2017), dont Valérie Boivin signe les illustrations, a d’ailleurs remporté un Prix des libraires du Québec dans la catégorie 6-11 ans. Lac Adélard (2019), illustré par Iris, a gagné le même prix, catégorie 12-17 ans, en 2021.

Au cours de sa carrière, François Blais a publié une quinzaine de livres

Avec Radio-Canada

Canada: Terminé le port du masque obligatoire au Québec à compter de minuit

mai 13, 2022
Une femme porte le masque avec son enfant dans un commerce.

À compter de minuit, la nuit prochaine, il ne sera plus obligatoire de porter un couvre-visage dans les commerces, les restaurants, les bars, les lieux de culte, les salles de sport, les salles de spectacles etc. Photo : Getty Images/Armarie

Après avoir dû porter le masque dans les lieux publics intérieurs pendant près de deux ans, les Québécois n’y seront plus tenus à compter de minuit, dans la nuit de vendredi à samedi, sauf dans les transports en commun et les établissements de soins de santé.

Il ne sera plus nécessaire de porter le couvre-visage dans les restaurants, dans les salles de spectacle, dans les bars, dans les lieux de culte, dans les centres sportifs, dans les salles d’entraînement, mais aussi dans les écoles, dans les centres de la petite enfance ainsi que dans les transports scolaires.

Tous les indicateurs suivis par les autorités sanitaires étant à la baisse (décès, infections, hospitalisations, taux de positivité, absentéisme dans le réseau de la santé et les écoles), le directeur national de santé publique par intérim, le Dr Luc Boileau, a confirmé mercredi que la sixième vague de COVID-19 tirait bel et bien à sa fin au Québec.Une infirmière masquée parle à un patient alité dans une chambre d'hôpital.

Le masque demeure obligatoire dans tous les établissements de santé ainsi que dans les transports en commun. Photo : Getty Images/Tempura

Pas la fin du masque pour autant

La santé publique continue néanmoins de recommander le port du masque pour se prémunir contre la COVID-19 et les autres virus respiratoires.

En conférence de presse, mercredi, le Dr Luc Boileau a réitéré à plusieurs reprises que la levée de l’obligation ne signifie pas pour autant son abolition. Et encore moins que la pandémie est finie, a-t-il martelé.

C’est pourquoi le port du masque demeurera obligatoire jusqu’à nouvel ordre dans les transports en commun ainsi que dans tous les établissements de santé, y compris les cliniques médicales, les RPArésidence privée pour aînés et les CHSLDCentre d’hébergement et de soins de longue durée.

Également, toutes les personnes qui désirent continuer de porter le couvre-visage pour se protéger et protéger les autres sont invitées à le faire, à commencer par les personnes âgées, malades, immunosupprimées ou dont l’état de santé les expose davantage à des complications médicales.

Le port du masque pourrait aussi être maintenu par certains employeurs pour des raisons de santé et de sécurité dans certaines usines ou dans des commerces où on offre des services personnels, comme les salons de coiffure ou les cliniques de soins esthétiques, par exemple.

Les Québécois sont par conséquent invités à respecter ceux et celles qui choisiront de continuer de porter le masque, tout comme ceux qui décideront de ne plus le faire.

Des milliers de Québécois demeurent à risque

À ce chapitre, l’Association des Patients Immunodéficients du Québec (APIQ), rappelle que les personnes qui souffrent de problèmes immunitaires devront continuer de porter le masque et prendre les précautions nécessaires pour éviter le risque de conséquences graves, voire fatales, sur leur santé.

C’est pourquoi l’association demande à la population de rester accommodante envers ces personnes.

Le lourd fardeau sur des millions de Québécois qui ont eu à adopter le port du masque régulier depuis deux ans demeure une lutte quotidienne pour les Québécois immunosupprimés et immunodéficients qui le portaient déjà couramment avant la pandémie, ajoute l’APIQ.Un Immunoclip sur un masque.

Les personnes immunodéficientes sont invitées à porter l’«Immunoclip» pour indiquer aux gens leur condition de santé particulière. Photo : Radio-Canada/Pierre-Alexandre Bolduc

Les personnes immunodéficientes sont par ailleurs incitées à porter « l’Immunoclip » sur leur masque – un indicateur arborant un i rouge qui s’attache au masque – pour indiquer aux gens leur condition de santé fragile.

665 jours plus tard…

Mine de rien, les Québécois sont tenus de porter le couvre-visage en public à l’intérieur depuis près de 22 mois.

Le décret, assorti d’amendes allant de 400 $ à 6000 $ pour les contrevenants, était entrée en vigueur le 18 juillet 2020, sur ordre du gouvernement Legault qui subissait alors d’importantes pressions médiatiques et politiques.

Le port obligatoire du masque avait été maintenu, depuis, au Québec, en dépit de son abandon dans la majorité des provinces du pays, ces derniers mois.

L’annonce de sa levée était fort attendue au Québec, d’autant plus qu’elle avait a été repoussée à deux reprises en raison du nombre élevé d’hospitalisations et de cas d’infection dans la population au sortir de l’hiver. Elle devait d’abord entrer en vigueur le 5 avril, avant d’être reportée par les autorités au 21 avril et finalement au 14 mai.

Cette fois semble la bonne

Radio-Canada par Stéphane Bordeleau

Le pape visitera Edmonton, Québec et Iqaluit en juillet

mai 13, 2022
Le pape François.

Le pape François lors de la célébration de la messe de Pâques, sur la place Saint-Pierre, au Vatican. Photo : Getty Images/Tiziana Fabi

Le pape François s’arrêtera à Edmonton, Québec et Iqaluit lors d’une visite au Canada qui aura lieu du 24 au 30 juillet, a confirmé le Vatican.

Le voyage apostolique du souverain pontife a été dévoilé dans un communiqué du directeur du service de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni.

L’archevêque Richard Smith d’Edmonton, coordinateur général du voyage pour la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), dit que ce sera une autre étape importante pour la guérison et la réconciliation.

Pour sa part, le président de la CECCConférence des évêques catholiques du Canada, Mgr Raymond Poisson, a affirmé dans un communiqué que les évêques sont ravis que le Saint-Père ait accepté l’invitation à poursuivre le chemin de la guérison et de la réconciliation avec les peuples autochtones du Canada.

Une visite applaudie

Il a souligné en entrevue que ce voyage ne devait pas être une répétition de la visite de la délégation autochtone à Rome. Cette étape-là est faite. Elle a permis à l’audience finale un message fort du Saint-Père qui s’est uni aux évêques du Canada pour des excuses. En revenant ici, c’est le même processus qui se continue, a conclu Mgr Raymond Poisson sur les ondes de RDI.

« Nous voulons être axés sur aujourd’hui et demain. »— Une citation de  Mgr Raymond Poisson, président de la CECC

Dans un communiqué, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a salué l’annonce de cette visite et le courage des communautés autochtones qui l’ont rendue possible. Sans le courage et la détermination des Survivants, des dirigeants autochtones et des jeunes qui ont raconté leur histoire, la visite prochaine de Sa Sainteté ne serait pas possible, a-t-il déclaré.

Justin Trudeau a insisté sur la nécessité que des excuses de l’Église catholique se déroulent au Canada comme la Commission de vérité et réconciliation du Canada l’a recommandé. Le communiqué ne précise pas si le premier ministre rencontrera le pape François.

C’est une très bonne nouvelle, s’est aussi félicité Jean-Charles Piétacho, chef de la communauté d’Ekuanitshit, sur la Côte-Nord, et ancien pensionnaire à Mani-utenam. Cela vient raviver l’espoir dans notre processus de guérison.L'homme et la femme de la nation innue.

Le chef Jean-Charles Piétacho du Conseil des Innus de Ekuanitshit et son épouse, Béatrice Michel Photo : Radio-Canada/Maria-Louise Nanipou

Il a indiqué sur les ondes de RDI que sa communauté s’organisait déjà pour aller voir le pape lors de son passage à Québec.

« C’est un événement historique qui va rester dans la mémoire de nos membres. »— Une citation de  Jean-Charles Piétacho, chef de la communauté d’Ekuanitshit

Une visite en collaboration avec les peuples autochtones

Les lieux de visite du pape François ont été choisis par le Vatican, et le CECCConférence des évêques catholiques du Canada signale que les problèmes de mobilité et de santé du chef de l’Église catholique ont dû être pris en compte. Le souverain pontife, qui a 85 ans, est apparu en fauteuil roulant la semaine dernière.

L’itinéraire spécifique n’a pas été dévoilé, mais les endroits visités seront choisis en collaboration avec les partenaires autochtones. Il pourrait s’arrêter au lieu historique du Pèlerinage-au-Lac-Ste. Anne, situé à 75 km au nord-ouest d’Edmonton, et visiter la Première Nation crie d’Ermineskin, à 100 km au sud de la capitale albertaine.

Edmonton compte le deuxième plus grand nombre d’Autochtones vivant dans les centres urbains au Canada. La province a par ailleurs hébergé 25 pensionnats autochtones, soit le plus grand nombre parmi les provinces et les territoires du Canada.

Iqaluit regroupe pour sa part le plus grand nombre d’Inuit au Canada. Le pape François a été personnellement invité par les délégués inuit à visiter le Nord lors de leur rencontre à la fin du mois de mars au Vatican.

La CECCConférence des évêques catholiques du Canada a ajouté que l’arrêt à Québec permettra aux Autochtones de l’est du Canada de pouvoir se déplacer plus facilement. La ville de Sainte-Anne-de-Beaupré, à une trentaine de kilomètres de Québec, est aussi un lieu de pèlerinage très populaire.

On va couvrir ainsi dans les deux sites à Sainte-Anne les rencontres possibles entre des pèlerins qui sont autochtones et non autochtones. C’est ce qu’on vise dans la réconciliation, être ensemble, a indiqué Mgr Poisson en entrevue à RDI.

Le président de la CECCConférence des évêques catholiques du Canada a évoqué le fait que la visite pourrait se dérouler dans l’ordre annoncé dans le communiqué, à savoir Edmonton en premier, puis Québec et Iqaluit en dernier. Le souverain pontife partira du Canada le 29 juillet et arrivera à Rome le 30.

Des excuses demandées en terre canadienne

Le pape avait évoqué cette visite le 1er avril durant des rencontres avec la délégation autochtone au Vatican. Il s’était alors excusé pour les gestes commis par certains membres de l’Église catholique romaine dans les pensionnats autochtones du Canada.Le pape tient dans une main un écrin contenant une sculpture et serre de l'autre main celle d'une femme.

Le pape François a remis un cadeau à la déléguée inuk Rosemary Lundrigan lors du voyage de la délégation autochtone au Vatican. Photo : Vatican via Reuters

Le pape avait également exprimé sa volonté de se rendre au Canada aux alentours de la Sainte-Anne, célébrée le 26 juillet et qui occupe une place importante dans les cultures autochtones. Il souhaitait ainsi exprimer sa proximité avec ces peuples.

Les délégués autochtones avaient, eux, rappelé qu’ils souhaitaient que le pape s’excuse lors de sa venue au Canada. C’est un premier pas historique, mais ce n’est qu’un premier pas. Le prochain est qu’il s’excuse à nos familles sur leurs terres, avait alors demandé Gerald Antoine, le chef de la délégation des Premières Nations.

Radio-Canada par Tiphanie Roquette

Canada: Le Québec accueillera un record de plus de 100 000 immigrants en 2022

mai 12, 2022
Entrée d'un bureau d'Immigration, Francisation et Intégration du Québec.

Environ 70 000 immigrants permanents seront reçus au Québec en 2022, une hausse de plus de 50 % par rapport à 2021. Photo : Radio-Canada/Ivanoh Demers

Le Québec va accueillir plus de 100 000 immigrants permanents, irréguliers et temporaires en 2022, un nombre record. De ce nombre, environ 70 000 immigrants permanents seront reçus, une hausse de plus de 50 % par rapport à 2021 en raison du rattrapage que le gouvernement Legault effectue pour compenser la baisse du nombre d’immigrants durant la pandémie.

Aux 70 000 immigrants réguliers accueillis cette année, Québec permet également l’accueil d’un nombre grandissant de travailleurs étrangers temporaires. Depuis 2017, ce nombre est en hausse d’environ 80 %. On est passé de près de 18 000 travailleurs étrangers temporaires en 2017 à environ 33 000 qui ont été autorisés en 2019 et 2020, avec une tendance semblable en 2021 et 2022.

À ces arrivées régulières et encadrées s’ajoutent aussi les demandeurs d’asile. Au cours des trois premiers mois de 2022, on signale plus de 7000 interceptions à la frontière québécoise, au chemin Roxham de Saint-Bernard-de-Lacolle, de personnes qui passent la frontière de façon irrégulière et qui demandent refuge.

Le gouvernement Legault s’attend, au rythme actuel, à l’arrivée de 30 000 à 35 000 personnes par le chemin Roxham cette année. 

Fermer le chemin Roxham : une image simpliste

Québec demande au gouvernement fédéral de « fermer le chemin Roxham ». C’est une image simpliste, que les politiciens aiment bien utiliser pour tenter de frapper l’imaginaire dans la population. Dans les faits, la demande est beaucoup plus complexe et implique à la fois le gouvernement Trudeau à Ottawa et l’administration Biden à Washington.Une famille avec des valises.

Québec s’attend, au rythme actuel, à l’arrivée de 30 000 à 35 000 personnes par le chemin Roxham en 2022. Photo: Radio-Canada/Romain Schué

Ce qui est en cause, c’est l’entente sur les tiers pays sûrs entre le Canada et les États-Unis, qui se reconnaissent mutuellement comme étant des pays d’accueil, de refuge, où les gens peuvent demander l’asile et la protection. Donc, une personne qui est en sol américain et qui veut demander l’asile au Canada ne peut pas emprunter un chemin régulier, celui de la douane. Elle doit passer par un chemin irrégulier et demander refuge auprès des autorités.

C’est ainsi que s’est formé, avec le temps, un passage informel qui est celui du chemin Roxham, facile d’accès entre l’État de New York et le Québec. Avec le temps, et le nombre de personnes qui empruntaient ce chemin, la GRC y a installé un poste pour formaliser l’accueil et encadrer ce mouvement migratoire.

Alors, vous comprenez que l’image qui est celle de fermer physiquement le chemin Roxham, d’y installer une clôture comme l’évoquait l’ancien chef du Parti québécois Jean-François Lisée en 2018 est particulièrement simpliste. Fermer un chemin, c’est en ouvrir des milliers d’autres. Autrement, il faudrait appeler, comme Donald Trump, à la construction d’un mur, immense, d’un bout à l’autre du pays.

C’est l’entente entre le Canada et les États-Unis qui doit être revue et le gouvernement Trudeau dit être en train de négocier cela avec l’administration américaine.

En attendant, la proposition du ministre Jean Boulet d’assurer un transfert ailleurs au Canada de personnes qui passent de façon irrégulière au chemin Roxham est probablement la plus appropriée dans les circonstances.

Les passages irréguliers se font pratiquement tous au chemin Roxham alors que les demandeurs d’asile se trouvent pour la plupart dans l’est des États-Unis, surtout à New York ou en Floride. L’accès à la frontière entre l’État de New York et le Québec est facile, en plusieurs endroits.

Des immigrants pour atténuer la pénurie de main-d’œuvre

Le gouvernement de François Legault semble comprendre que le Québec a besoin d’immigrants. Dans les débats en Chambre, le premier ministre accuse les libéraux de ne compter que sur l’immigration pour atténuer la pénurie de main-d’œuvre, sans tenir compte de leur intégration et de leur connaissance du français.

Mais, dans les faits, le gouvernement Legault a décidé d’accueillir un nombre record d’immigrants sur le territoire du Québec en 2022. Ces immigrants font partie des nombreuses solutions à mettre en œuvre pour tenter de réduire la pression économique que cause le manque de main-d’œuvre.

D’abord, Québec a décidé de rattraper le manque à gagner provoqué par la pandémie, qui est venue ralentir les mouvements de population. Le Québec a accueilli un peu plus de 40 000 immigrants en 2019, puis 25 000 en 2020, avant de remonter à plus de 40 000 en 2021.

En 2022, le Québec accueillera un nombre record d’environ 70 000 immigrants.

Par ailleurs, après avoir abaissé la cible d’accueil à 40 000 immigrants à son arrivée au pouvoir, François Legault a annoncé qu’il allait porter ce nombre à 50 000 par année, une hausse de 20 à 25 %. Il a indiqué qu’il voulait plafonner ce nombre à 50 000.

Le gouvernement de François Legault a aussi choisi d’augmenter de façon marquée le nombre de travailleurs immigrants étrangers temporaires en sol québécois. Au rythme actuel, le Québec en accueillera plus de 30 000 cette année, s’approchant ou dépassant, on verra bien, le record établi dans les dernières années.

Fin 2021, une entente a été conclue avec le gouvernement fédéral pour faire venir plus d’immigrants temporaires dans des emplois à plus bas salaire. De plus, les entreprises peuvent embaucher autant qu’elles le souhaitent des travailleurs temporaires pour des professions peu spécialisées. Et il y a davantage de professions qui n’ont plus besoin de passer par un affichage.

Avec Radio-Canada par Gérald Fillion

Radio-Canada: L’ex-animateur de radio André Arthur est décédé

mai 9, 2022
Photo d'André Arthur en costume devant deux drapeaux du Canada.

André Arthur alors qu’il était député à la Chambre des communes Photo : La Presse Canadienne/Jacques Boissinot

Dans une publication sur Twitter, les proches d’André Arthur ont confirmé le décès de l’ancien animateur de radio et député sur la scène fédérale.

Âgé de 78 ans, celui qui a longtemps été surnommé Le roi Arthur en raison de sa grande popularité à la radio durant de nombreuses années laisse dans le deuil ses deux enfants et trois petits-enfants.

La cause de son décès n’a pas été précisée. Il est seulement indiqué qu’il a rendu l’âme à l’Institut universitaire de cardiologie et pneumologie de Québec, anciennement l’Hôpital Laval.André Arthur.

André Arthur Photo : Radio-Canada/Archives

Carrière radiophonique

André Arthur a commencé sa carrière radiophonique à CHRC en juillet 1970 comme animateur de relève. Il demeure à l’antenne de CHRC jusqu’en 1982, année où il se joint à l’équipe de CJRP 1060.

En 1985, André Arthur fait partie des nouveaux propriétaires de la station CHRC ainsi que de la station CHOI FM.

Il a fait plusieurs collaborations et animé à Radio X jusqu’en 2016.

En septembre 2016, il est embauché par BVLD 102,1. La station le congédiera en janvier 2018 à la suite de propos controversés.

André Arthur aura dominé les ondes de la radio de Québec pendant plus de 20 ans. Ses propos controversés, sa dénonciation acharnée des élites et ses connaissances historiques et politiques approfondies faisaient partie de ses marques de commerce.

André Arthur se présentait comme le défenseur du citoyen et il incitait les contribuables à l’informer, lançant sa populaire expression À gang, on sait tout. Il faut se parler.André Arthur alors qu'il était député fédéral.

André Arthur alors qu’il était député fédéral Photo : La Presse Canadienne/Clément Allard

Carrière politique

En janvier 2006, André Arthur est élu député indépendant de la circonscription fédérale de Portneuf-Jacques-Cartier. Il a été réélu en 2008, avant d’être défait en 2011 par la vague orange.

Message posthume

J’ai eu le privilège d’avoir eu une carrière de chauffeur d’autocar, d’arbitre de sport, d’élu à la Chambre des communes comme indépendant sans allégeance à un parti, une place dans les médias qui j’espère n’a laissé personne indifférent et que j’ai réussi à vous faire rire, écrivent ses proches sur le compte Twitter de M. Arthur. Un message posthume à la première personne un peu à l’image du personnage qu’il a été.

Son passage en politique fédérale, comme indépendant dans la circonscription de Portneuf-Jacques-Cartier, s’est terminé lors de la vague orange de 2011.

L’animateur aux propos controversés a par la suite effectué un retour sur les ondes hertziennes durant environ trois ans. Il a été congédié de la station BLVD 102,1 FM, à Québec, en 2018.

Les proches d’André Arthur n’ont pas répondu à nos demandes d’entrevue.

Radio-Canada avec Audrey Paris et Jean-François Nadeau

Canada-Québec: Après la COVID-19, la grippe contribue à engorger les urgences

mai 7, 2022

Un faible taux d’efficacité du vaccin contre la grippe contribue à l’achalandage des urgences.

L’entrée de l'urgence de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont.

Le taux d’occupation des civières a frôlé 200 % à l’urgence de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Photo : Radio-Canada/Ivanoh Demers

Depuis mercredi, le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal invite la population à éviter les urgences des hôpitaux de ce secteur de la métropole, en particulier à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, où le taux d’occupation des civières a frôlé 200 %.

Diverses raisons expliquent le niveau élevé d’occupation des civières de l’urgence de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, notamment la recrudescence de l’activité virale, des maladies respiratoires, incluant la grippe, nous a dit le porte-parole de l’établissement.

Or, les premières données disponibles sur l’efficacité du vaccin contre la grippe administré depuis l’automne tendent à expliquer en partie la fréquentation des urgences.

Les données américaines suggèrent une efficacité très faible [16 %] pour protéger contre les infections des voies respiratoires, explique le Dr Pierre-Marc Gervais, directeur principal – services pharmaceutiques à l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires.

En début de semaine, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) confirmait une tendance à la hausse de l’activité grippale au Québec. Une saison de la grippe tardive, exceptionnelle à cette période-ci de l’année, a commencé au début du mois d’avril. Le virus de l’influenza A(H3N2) circule.

Les experts estiment que les bénéfices escomptés d’une vaccination contre la grippe qui serait effectuée en ce moment seraient faibles considérant le temps requis pour développer une immunité à la suite de la vaccination, explique par courriel la porte-parole du MSSSMinistère de la Santé et des Services sociaux, Marie-Claude Lacasse.

Selon le Dr Pierre-Marc Gervais, avec un vaccin plus efficace, une réflexion différente aurait eu lieu, c’est certain.

Un taux d’efficacité de 60 % aurait été considéré comme élevé. En 2019-2020, par exemple, l’efficacité vaccinale globale au Canada contre tout type d’influenza causant une consultation ambulatoire avait été de 58 %.

Plusieurs régions affichent un achalandage élevé des urgences.

1,5 million de doses

Selon les données du MSSSMinistère de la Santé et des Services sociaux, 1,5 million de doses du vaccin contre la grippe ont été administrées depuis le mois d’octobre 2021.

Plus de 500 000 doses seront vraisemblablement à nouveau jetées cette année, compte tenu des 2 millions commandées. En 2020-2021, un peu plus de 1 622 000 doses avaient été administrées et près de 20 % des doses, jetées.

Du côté des pharmaciens, plus de 580 000 doses ont été administrées (…) et au moins 120 000 doses supplémentaires auraient été administrées à des gens qui ne sont pas inclus dans le Programme de vaccination (donc gratuité) , souligne le Dr Pierre-Marc Gervais de l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires. Ces chiffres sont légèrement supérieurs à ceux de l’année dernière.

Les couvertures vaccinales contre la grippe saisonnière pour la saison 2021-2022 sont de 77,7 % chez les résidents des CHSLDCentre d’hébergement et de soins de longue durée publics et privés, de 75,4 % chez les résidents des RPArésidence privée pour aînés, de 11,6 % chez les femmes enceintes et de 23 % chez les travailleurs de la santé, révèlent les données les plus récentes du Ministère.

Avec Radio-Canada par Daniel Boily et Davide Gentile