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Canada-Québec: Il serait « suicidaire » d’accueillir plus de 50 000 immigrants par an, selon Legault

septembre 28, 2022

Le chef de la CAQ a toutefois jugé que le ministre sortant de l’Immigration, Jean Boulet, ne pourrait réintégrer son poste après avoir tenu des propos controversés sur les nouveaux arrivants.

François Legault livrant un discours.

François Legault a pris la parole mercredi matin devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Photo : Radio-Canada/Mathieu Potvin

Afin de contrer la tendance du déclin du français dans la province, François Legault estime qu’il faut s’en tenir au seuil d’immigration proposé par son parti, à savoir 50 000 immigrants par an dès 2023. Il serait « un peu suicidaire » d’accepter davantage de nouveaux arrivants, selon le chef caquiste.

Le premier ministre sortant, sous qui le Québec a accueilli plus d’immigrants que jamais, a déclaré mercredi matin devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) que son parti serait plus exigeant en matière de connaissance du français chez les immigrants. On va essayer d’envoyer un plus grand pourcentage [d’immigrants] dans les régions francophones, a-t-il assuré.

« Mais tant qu’on n’aura pas stoppé le déclin du français, je pense que pour la nation québécoise qui veut protéger la langue, ce serait un peu suicidaire d’aller augmenter [le seuil]. »— Une citation de  François Legault, chef de la Coalition avenir Québec

Questionné en mêlée de presse, le chef caquiste ne s’est pas rétracté, estimant que les Québécois attendent du gouvernement des gestes concrets pour arrêter la tendance du déclin de la langue.

Au terme de sa discussion avec M. Legault, le président de la CCMM, Michel Leblanc, s’est dit en désaccord avec la position du premier ministre sortant. Dans notre esprit, ce n’est pas du tout suicidaire, a-t-il déclaré aux journalistes.

Boulet disqualifié pour le poste de ministre de l’Immigration

À cette déclaration du chef caquiste s’ajoute celle controversée de son ministre sortant de l’Immigration et du Travail, Jean Boulet, qui a refait surface après avoir été prononcée la semaine dernière lors d’un débat entre les candidats de la circonscription de Trois-Rivières.

M. Boulet y a déclaré que 80 % des immigrants s’en vont à Montréal, ne travaillent pas, ne parlent pas français ou n’adhèrent pas aux valeurs de la société québécoise.

Mercredi, le candidat caquiste dans Trois-Rivières s’est dit désolé d’avoir mal exprimé [sa] pensée, jugeant que sa déclaration aurait dû être comprise en deux temps. D’une part, 80 % des immigrants s’en vont à Montréal. D’autre part, [il y en a qui ne] travaillent pas, [ne] parlent pas français ou n’adhèrent pas aux valeurs de la société québécoise.

François Legault a pour sa part « regretté » les propos « inacceptables » de M. Boulet, assurant qu’ils ne reflétaient pas le fond de sa pensée.

Le député sortant peut toutefois faire une croix sur le ministère de l’Immigration. En entrevue à Midi info, François Legault a estimé qu’il s’agissait d’une question de perception, d’image, de confianceMalheureusement, je ne pense pas qu’il peut aspirer à retrouver son poste après cette déclaration, a-t-il expliqué.

Des propos irresponsables condamnés par les chefs

Le suicide, c’est se donner la mort. François Legault croit qu’accueillir plus d’immigrants, c’est la mort de la nation québécoise, a réagi le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, dont le parti propose d’augmenter les seuils de 60 000 à 80 000 personnes par an.

Si la CAQ souhaitait vraiment encourager la francisation au Québec, a-t-il plaidé, elle aurait ajouté des sommes à cet égard dans son cadre financier. Les propos tenus par son chef sont « blessants, grossiers et irresponsables ».

Même son de cloche du côté du Parti québécois, où le chef Paul St-Pierre Plamondon a dit qu’il était de plus en plus difficile de croire que les déclarations de la CAQ soient chaque fois […] des accidents.

Les caquistes cherchent, selon lui, à « mettre sous le tapis » le fait qu’accueillir 50 000 immigrants par année était propice au déclin du français. C’est une façon d’essayer de faire oublier la pauvreté de leur programme, la pauvreté de leur bilan et ce qu’ils ont à proposer en matière de langue française. Je trouve ça très irresponsable, a-t-il lancé.

Sa formation, qui fait de la défense du français son cheval de bataille, entend pour sa part abaisser les seuils d’immigration à 35 000 par année.

Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, a pour sa part rappelé que M. Legault n’en était pas à son premier faux pas en la matière : au cours de la campagne, il avait dû s’excuser pour des propos qui établissaient un lien entre l’immigration et la violence.

Sous son gouvernement, le Québec a accueilli 70 000 immigrants en un an, a-t-il poursuivi. Était-ce un suicide pour la CAQ? Je ne pense pas. J’ignorais qu’il jugerait son propre mandat si sévèrement, a déclaré M. Duhaime, qui s’oppose à une augmentation des seuils.

Se disant « en désaccord profond » avec la vision caquiste, la cheffe du Parti libéral du Québec Dominique Anglade, qui plaide pour une augmentation des seuils à 70 000 personnes par an, a jugé que François Legault avait fait preuve d’un « manque flagrant d’empathie ».

Alors que l’histoire tragique de la jeune Amélie Champagne, qui s’est enlevé la vie après avoir été hospitalisée, a défrayé les manchettes cette semaine, le mot est « particulièrement mal choisi », a-t-elle accusé.

Radio-Canada par Valérie Boisclair avec la collaboration de Jérôme Labbé

Education: les migrations au programme scolaire du CEGEP Edouard-Montpetit, au Canada

septembre 26, 2022

Le Collège d’enseignement général et professionnel (CEGEP) Edouard-Montpetit de Longueil, près de Montréal, dans la province du Québec, au Canada, s’appuie sur les travaux du sociologue franco-congolais Brice Arsène Mankou, professeur associé à l’ENAP, au Québec.

Photo de groupe ENAP au Canada avec Brice Arsène Mankou au milieu des apprenants

La photo de groupe ENAP au Canada avec Brice Arsène Mankou au milieu des apprenants

En appui des œuvres du Franco-Congolais, le programme propose un enseignement portant sur les migrations, leurs mouvements migratoires et les mobilités des peuples dans le monde suivant le cadre de la Démarche d’intégration des acquis en sciences humaines.

Les collégiens pourront se saisir de cette problématique et comprendre les facteurs et interactions des migrations du XXIe siècle afin de s’ouvrir à la différence et au multiculturalisme prôné au Canada.

Pour Valérie Blanc et Philippe Audette, tous deux professeurs du CEGEP de Longueil, le choix s’est porté sur les œuvres du Franco-Congolais. Ce choix s’explique par « la richesse et la densité de son œuvre sur les migrations », expliquées au cours des interventions ayant eu pour base un travail de recherche et d’analyse de l’auteur lors de conférences.

Valérie Blanc se souvient, d’ailleurs, d’avoir lu, en 2013, un de ses travaux intitulé « Calais : une prison ouverte pour les migrants », paru dans la revue scientifique « Hommes et migrations » 2013 (n°1304). Des travaux coordonnés par le Pr Catherine de Withol de Wenden, directrice de recherches émérite au Centre de recherches internationales de Sciences Po Paris, la plus grande spécialiste des migrations internationales.

Les enseignants ont inscrit des séances pratiques entre les élèves et le sociologue. Ainsi, des rencontres sont prévues entre le 31 mai et le 14 juin, à Calais, Marseille et Nice. Sur place, les élèves pourront bénéficier d’un accompagnement pour la rédaction d’un article scientifique sur les migrations en Méditerranée.

À leur retour au Québec à la rentrée 2023, ils donneront une série de conférences, tiendront des ateliers et dispenseront des cours sur les migrations du XXIsiècle au CEGEP, à Longueuil. 

Quelques livres sur les migrations de Brice Arsène Mankou – parution chez l’Harmattan

  • « Comprendre les dynamiques migratoires féminines en Afrique centrale à l’ère de la mondialisation »
  • « Genre et migrations féminines à l’ère du numérique »
  • « Migrations, décentralisation et coopération décentralisée »
  • « L’impact des TIC dans les processus migratoires féminins en Afrique centrale / Cas des cyber migrantes maritales du Cameroun »

Avec Adiac-Congo par Marie Alfred Ngoma

Canada: Des enfants d’aînés morts de la COVID-19 en résidence poursuivent Québec au civil

septembre 22, 2022
La photo d'un homme est affichée sur une porte.

Le fils d’André Dumont estime que le gouvernement n’a pas suffisamment protégé son père lors de la première vague de la pandémie. Photo : Famille Dumont

Dans le cadre d’une poursuite civile, deux familles réclament au gouvernement du Québec neuf millions de dollars en dommages pour la maltraitance présumée de leurs parents hébergés en résidence pour aînés lors de la première vague de COVID-19.

Patrick Dumont, Emmanoel Makris et sa sœur, Vickie Vassiliki Makris, réclament chacun des dommages punitifs de trois millions de dollars en raison d’un laxisme des règles sanitaires pratiquées lors de la première vague de la pandémie au printemps 2020 et d’un manque flagrant de consignes entourant la sécurité des résidents et du personnel.

Selon le document déposé à la Cour supérieure du Québec le 9 septembre dernier, cette poursuite vise la Maison Wilfrid-Grignon, le Groupe Santé Arbec, le CHSLD Pavillon Philippe-Lapointe, le CISSS des Laurentides et le Procureur général du Québec (pour le gouvernement du Québec et pour le ministère de la Santé).

Selon l’avocat au dossier, Me George Samet, on réclame ces montants en dommages punitifs d’abord et avant tout pour que ça ne recommence plus.

Le système n’a pas bien fonctionné. Il faut qu’il y ait des conséquences. On a laissé des personnes mourir dans des conditions épouvantables. On n’a pas pris de précautions, même si on savait que [le virus] était contagieux et grave, dit Me Samet.

Pour moi, ce qui est important, c’est d’obtenir justice. Tout le monde le sait, nos aînés ont été sacrifiés, dit Patrick Dumont, qui espère qu’un jugement en leur faveur poussera le gouvernement à améliorer les soins aux aînés.

M. Makris croit qu’une poursuite est la seule façon de faire en sorte que le gouvernement fasse tout en son pouvoir pour qu’une telle tragédie ne se reproduise pas.

« Je me sens comme une victime du gouvernement du Québec pour ce qu’il a fait non seulement à ma famille mais aussi à beaucoup d’autres familles à travers la province. »— Une citation de  Emmanoel Makris

Cette poursuite s’ajoute ainsi au recours collectif de 500 millions de dollars autorisé par la Cour supérieure en octobre 2019 contre le gouvernement provincial pour le traitement honteux des résidents des centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD). Lancé par le Conseil pour la protection des malades (CPM), ce recours vise le gouvernement du Québec ainsi que 22 CISSS et CIUSSS qui administrent des CHSLD.

Appelé à réagir à l’annonce de cette nouvelle poursuite, Paul G. Brunet, président-directeur général du CPM, estime qu’il n’y aura jamais assez de poursuites pour faire comprendre à l’État que ce qu’il n’offre pas aux personnes hébergées en termes de quantité et de qualité de soins et de services, il le paiera en compensations.

M. Brunet reconnaît que ce recours collectif risque de prendre plusieurs années avant d’aboutir. La grande majorité des personnes victimes de cette maltraitance seront décédées, déplore-t-il.

C’est d’ailleurs pourquoi MM. Makris et Dumont ont choisi l’avenue d’une poursuite au civil dans l’espoir qu’un jugement soit rendu plus rapidement.

Rappelons également qu’une entente de 5,5 millions de dollars a été conclue le 31 mars 2022 entre les résidents du CHSLD Herron, les membres de leurs familles et les propriétaires de cette résidence privée pour personnes âgées en perte d’autonomie.

Allégations de négligence

Une femme est assise dans un fauteuil roulant.

Despina Pafou est décédée le 17 mai 2020 des suites de la COVID-19, une infection qu’elle a contractée à la résidence Wilfrid-Gagnon. Photo : Emmanoel Markis

Le document présenté à la cour cite de nombreux reportages dans les médias qui décrivent la situation chaotique qui régnait dans de nombreux CHSLD ainsi que les témoignages de MM. Makris et Dumont.

Despina Pafou, la mère d’Emmanoel Makris, qui habitait la résidence intermédiaire Wilfrid-Gagnon, à Sainte-Adèle, a été infectée au début de mai 2020. Pourtant, dit M. Makris, la direction de cette résidence continuait de dire aux familles que tout était maîtrisé. J’ai su que la situation était affreuse quand j’ai lu des articles de journaux.

Son fils allègue que sa mère a été laissée à l’abandon lorsqu’elle a été placée en isolement dans une chambre. Les travailleurs n’avaient pas l’équipement ni le soutien nécessaires pour affronter la pandémie, déplore-t-il. Les gens avaient trop peur pour venir la voir.

M. Makris raconte qu’après plusieurs jours, sa mère, paniquée, a réussi à appeler la police. Elle leur a dit :  »J’ai froid, j’ai faim, j’ai soif, je suis enfermée dans une pièce et je ne peux pas sortir. » Selon M. Makris, les policiers auraient trouvé une résidence en plein chaos et Mme Pafou gisant par terre dans sa chambre.

Despina Pafou a été conduite à l’hôpital, où elle est décédée le 17 mai 2020. M. Makris a seulement pu constater son déclin et dire ses adieux par iPad. Elle est morte de la pire des manières que je puisse imaginer : isolée, seule, terrifiée, dit-il.

« Tout cela a ruiné ma vie et j’essaie encore de comprendre ce qui s’est passé. C’est une douleur que je ne peux pas décrire et une douleur qui est vécue par des milliers de familles. »— Une citation de  Emmanoel Makris

Mouvements de personnel infecté

Un homme est assis dans un fauteuil roulant en compagnie d'une femme qui porte un équipement de protection individuelle.

André Dumont était un usager et un résident du Pavillon Philippe-Lapointe, un CHSLD situé à Sainte-Agathe-des-Monts, depuis 2016. Photo : Famille Dumont

Le père de Patrick Dumont, André Dumont, a été infecté en avril 2020. C’est un travailleur d’une agence privée venu prêter main-forte qui a transmis le virus à plusieurs résidents.

M. Dumont raconte avoir lui aussi appris l’existence de l’éclosion en écoutant les nouvelles. Il dit que sa famille a subi énormément d’anxiété, ne sachant pas ce qui se passait. Tout était secret, c’était l’omerta. […] J’ai appelé, mais je n’ai jamais eu de retour d’appel. J’ai compris que le message était qu’il ne fallait pas en parler.

Tous les résidents du Pavillon Philippe-Lapointe ont fini par être infectés.

Le père de M. Dumont a survécu à sa première infection mais a été infecté à deux reprises avant sa mort, survenue en octobre 2021, des complications de la COVID-19.

« On leur fait confiance pour prendre soin de nos aînés. Ils n’étaient pas préparés à ça, ils manquaient d’équipement, de personnel, de formation. »— Une citation de  Patrick Dumont

Selon Me Samet, ces familles craignent par ailleurs que le rapport de la coroner Géhane Kamel sur les décès survenus en CHSLD soit relégué aux oubliettes. Dans son rapport d’enquête publique, la coroner a affirmé qu’il y a eu rupture du contrat moral et sociétal en laissant mourir des dizaines de patients en CHSLD dans des conditions épouvantables.

Le CISSS n’a pas souhaité commenter cette poursuite et Santé Arbec n’a pas répondu à nos courriels.

Demande d’excuses

Selon M. Dumont, le gouvernement, le CISSS et le système de santé ont échappé la gestion de la pandémie. Il dénonce aussi l’indifférence des autorités. Il y a eu zéro empathie, zéro compassion.

C’est d’ailleurs pourquoi M. Dumont souhaite que le premier ministre sortant François Legault présente des excuses formelles à toutes les familles d’aînés en résidence. S’il avait des couilles, ça se produirait, dit-il sans réserve.

M. Dumont s’explique mal pourquoi, pendant la campagne électorale actuelle, les partis n’osent pas parler de la situation catastrophique qui a régné dans les CHSLD à l’époque.

Je suis très étonné. On a la mémoire courte au Québec. Ils parlent du troisième lien, du tramway, de l’inflation. Ces choses sont importantes, mais on ne peut pas faire semblant que ça n’a pas existé.

Avec Radio-Canada par Mélanie Meloche-Holubowski

Canada: Première éclosion au Québec d’un super-champignon mortel

septembre 22, 2022

Résistant aux traitements, Candida auris inquiète le monde entier. Il serait favorisé par la crise climatique.

Des médecins effectuent une opération et ont des outils dans les mains.

La transmission du champignon entre les patients s’est faite dans une unité de chirurgie de l’Hôpital Pierre-Boucher. Photo: Shutterstock

Une cellule de crise nationale est mobilisée et une enquête est en cours à l’Hôpital Pierre-Boucher, à Longueuil, où le « champignon tueur » s’est propagé, a appris Radio-Canada. C’est la première fois qu’une éclosion de Candida auris survient au Québec.

La plupart des employés de l’Hôpital ignorent que cet intrus est présent dans leur établissement. Selon une source en santé publique, les autorités ont demandé aux personnes informées de faire preuve de discrétion.

Candida auris s’attaque aux malades hospitalisés, principalement ceux dont le système immunitaire est affaibli ou ceux subissant une chirurgie ou un traitement par intraveineuse. Une personne infectée a 30 à 60 % de risques de mourir.

Chronologie de l’éclosion

Dès le 8 septembre, la présence du champignon mortel a été suspectée sous les aisselles d’un patient de 65 ans, traité pour une pneumonie à Pierre-Boucher. Le cas positif a été officialisé le 15 septembre, par le Laboratoire de santé publique du Québec.

Puis, le 19 septembre, un deuxième cas a été confirmé. Il s’agissait de l’occupant de la même chambre. Celui-ci est décédé le lendemain, aux soins intensifs, d’une autre cause.

Façade de l'Hôpital Pierre-Boucher.

L’Hôpital Pierre-Boucher est situé à Longueuil. Photo: Radio-Canada/Martin Thibault

Ce qui préoccupe les autorités de santé, c’est qu’aucun des deux patients ne revenait de l’étranger. Une déclaration d’éclosion a été émise mardi, le 20 septembre, auprès du personnel de santé concerné.

Le CISSS de la Montérégie-Est a informé Radio-Canada que trois autres usagers de l’Hôpital ayant eu des contacts étroits sont sous investigation. Toutefois, selon nos sources, des dizaines de patients auraient été dépistés, sur plusieurs unités, car ils auraient eu un contact direct ou indirect avec les cas positifs.

Ça m’inquiète énormément, dit un membre du corps médical de l’établissement, informé de la situation, qui n’est pas autorisé à en parler.

« On savait qu’éventuellement le Candida auris allait s’en venir au Québec, c’était une question de temps quand on regarde ce qui se passe aux États-Unis. Je suis juste surpris qu’il soit au Québec aussi rapidement. »— Une citation de  Un membre du corps médical informé de la situation à l’Hôpital Pierre-Boucher

La super-levure préoccupe de plus en plus les autorités de santé américaines. Mercredi, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies des États-Unis (CDC) ont de nouveau émis un avertissement.

En plus d’être difficile à détecter, Candida auris résiste aux traitements antifongiques. Le problème est devenu endémique aux États-Unis, où de plus en plus de cas sont détectés dans les hôpitaux.

Nombre de cas de Candida auris identifiés aux États-Unis du 1er juin 2021 au 31 mai 2022.

Nombre de cas de Candida auris identifiés aux États-Unis du 1er juin 2021 au 31 mai 2022. Photo: CDC

On peut difficilement se débarrasser du champignon sur les surfaces qu’il occupe, jusqu’à plusieurs semaines. En 2019, à l’hôpital Mont Sinaï de New York, il a fallu retirer et remplacer des sections de murs et du plafond pour parvenir à éradiquer le champignon des parois contaminées.

Un article du New York Times(Nouvelle fenêtre) rapportait que tout était positif au C. auris autour des patients infectés : des téléphones, des portes, des poignées, des matelas, des fenêtres, etc.

Précaution accrue à Pierre-Boucher et dans un autre hôpital

Le CISSS de la Montérégie-Est assure que des mesures de précaution additionnelles ont été mises en place dès le 8 septembre, auprès des cas suspectés et [des] contacts étroits, qui ont été isolés.

À partir du 15 septembre, quand une éclosion a été suspectée, des mesures ont été ajoutées comme le port de masques, blouses et gants, ainsi que l’utilisation de produits chlorés pour désinfecter les surfaces.

« Depuis le 8 septembre, les équipes de soins concernées ont été tenues au courant des mesures à appliquer. […] Des informations supplémentaires sur le Candida auris ont été transmises au personnel concerné le 13 septembre. »— Une citation de  Caroline Doucet, porte-parole du CISSS de la Montérégie-Est

Selon nos sources, l’Hôpital Anna-Laberge de Châteauguay fait aussi l’objet d’une surveillance accrue, car le premier patient positif y a séjourné une journée cet été.

Des préposés dans un couloir d'un hôpital.

Selon l’INSPQ, le Québec avait connu dans le passé seulement trois cas isolés de Candida auris, tous des patients de retour de l’étranger. Photo: Radio-Canada/Ivanoh Demers

L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) est mobilisé dans ce dossier, aux côtés du ministère de la Santé et des Services sociaux. Selon l’INSPQ, le Québec avait connu dans le passé seulement trois cas isolés de Candida auris, tous des patients de retour de l’étranger (Afrique et États-Unis).

C’est donc la première fois que des Québécois sont contaminés sans avoir séjourné à l’extérieur du pays.

Une seule éclosion avait été rapportée au Canada auparavant, pour un total de 37 cas depuis 2012, incluant les derniers en date, à Longueuil. Il s’agit surtout de personnes revenant de voyage de tourisme médical à l’étranger.

Les changements climatiques intensifient Candida auris

Des études ont démontré que le super-champignon s’adapte à des températures plus élevées. Cette tolérance à la chaleur pourrait contribuer à son émergence en tant que maladie fongique chez l’humain.

Des chercheurs des États-Unis et des Pays-Bas soupçonnent que le réchauffement climatique mondial pourrait contribuer à la propagation de cette infection.

Certains scientifiques pensent même que l’expansion de C. auris pourrait être lié à l’utilisation massive de fongicides en agriculture.

Une souche agrandie au microscope d'un champignon.

Une souche de Candida auris Photo: Reuters

Le champignon indésirable est le parfait exemple d’une des grandes menaces pour l’Humanité listées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : la résistance aux antibiotiques, que ce soit de la part de bactéries, de virus ou de champignons.

Ce problème croissant pourrait causer la mort de 10 millions de personnes dans le monde en 2050, selon une étude(Nouvelle fenêtre) financée par le gouvernement du Royaume-Uni, soit plus que les décès annuels du cancer.

Avec Radio-Canada par Thomas Gerbet

Canada-Francisation, emploi qualifié : le casse-tête des Ukrainiens accueillis au Québec

septembre 18, 2022

Ils ont fui la guerre avec un permis de travail du gouvernement canadien. Pour rester au Québec, ils devront répondre aux exigences de sélection de la province. À Saint-Ferréol-les-Neiges, toute une communauté s’entraide pour les soutenir.

Un couple avec un bébé et un homme à droite qui sourit en regardant la petite famille.

Inna, Denys et la petite Karolina, l’une des familles ukrainiennes accueillies sur la Côte-de-Beaupré au Québec. Photo : Radio-Canada/Myriam Fimbry

« Ici, on entend toujours le bruit de la rivière. Quand tu sors dehors, quand tu te couches le soir, si ta fenêtre est ouverte, c’est le bruit que tu entends », dit Marc Tremblay.

Son regard enveloppe la verdure et les flots tumultueux de la rivière Sainte-Anne en contrebas. « C’est apaisant », poursuit-il, songeur. « Pour quelqu’un qui arrive d’un pays en guerre et qui cherche à se ressourcer, je pense que c’est un endroit idéal. »

Marc Tremblay habite au bout du village de Saint-Ferréol-les-Neiges dans une grande maison de campagne, avec sa conjointe Sonia Bussière et un gros chien que les enfants en visite chez eux adorent caresser.

Ils racontent comment le réseau d’entraide s’est mis en place dans la région, peu de temps après le déclenchement de la guerre en Ukraine. C’est un médecin urgentologue à Québec, Patrick Voyer, propriétaire d’un chalet dans le coin, qui a lancé le premier appel sur les réseaux sociaux. Marc et Sonia ne le connaissaient pas.

Marc Tremblay et Sonia Bussière s’engagent activement à accueillir des familles ukrainiennes à Saint-Ferréol-les-Neiges. Derrière eux, le petit chalet rénové par leurs soins pour l’une d’elles.

C’est complètement fou. On ne savait pas dans quoi on s’embarquait!, dit Sonia Bussière. Malgré des jobs à temps plein, ces deux travailleurs autonomes dans le secteur de la construction commerciale ont embarqué dans le mouvement baptisé Un toit pour l’Ukraine.

Réunions, collectes de fonds, récolte de vêtements et jouets. Il y avait six maisons prêtées pour un an par des résidents ou des entrepreneurs. Il fallait les rénover, les meubler et les équiper. Tout cela a demandé beaucoup d’énergie et de bénévolat, de tableaux Excel pour gérer les dons, de contacts à solliciter, toute une logistique.

« La générosité des gens, ça a été exceptionnel. Un élan de solidarité incroyable! »— Une citation de  Marc Tremblay, résident de Saint-Ferréol-les-neiges

Une poignée de bénévoles a même réussi à organiser un concert-bénéfice à la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré, et avec l’argent recueilli chaque famille ukrainienne reçoit maintenant un virement mensuel pour son épicerie et ses dépenses personnelles.

Un des messages qui m’a touché, c’est Anton, quand il a commencé à travailler, confie Marc Tremblay, d’un coup très ému. Il a dit : « Je peux payer mes choses, avec mon argent. » Sa voix se brise quand il pense à ce travailleur en usine, avec une famille à charge, payé 20 $ l’heure. C’était une fierté pour ce père de famille, une grande satisfaction pour lui de ne plus être dépendant financièrement. Donc, quand il a eu son premier chèque, c’est ce qu’il m’a écrit.

La carte de l’Ukraine dessinée rapidement par Denys Denysiuk pour situer sa ville d’origine, Rivne, et résumer le conflit.

Francisation : une montagne à gravir

Denys Denysiuk prend une feuille et un crayon pour dessiner grossièrement la carte de l’Ukraine. D’un trait rapide, il indique les lignes de front et les villes de Kiev, de Rivne d’où il vient, Slovyansk, et d’Odessa, un nom familier pour Suzanne, qui l’a entendu aux informations.

Cette retraitée de 72 ans offre de son temps le jeudi soir, au café communautaire près de l’église de Saint-Ferréol-les-Neiges. Elle essaie d’apprendre quelques mots de français aux Ukrainiens qui le souhaitent, en attendant les cours de francisation. Ce n’est pas suffisant, mais juste leur donner confiance, les éveiller aux sons, c’est déjà pas mal, dit-elle.

Une jeune femme avec un bébé sur les genoux à gauche, en compagnie d'Elina et de Suzanne Demers à droite, dans une salle avec des tables.

«Quel est ton nom? Combien d’enfants?» Suzanne Demers enseigne quelques questions simples à un petit groupe d’Ukrainiens. Elle a déjà travaillé une quinzaine d’années avec les immigrants. Photo : Radio-Canada/Myriam Fimbry

Ce soir-là, elle a trois élèves. Dans la poussette près de la table, un bébé resté calme pendant près d’une heure se met à pleurer. Karolina, six mois, trouve le temps long. Elle a faim. C’est un bébé né sous les bombes, glisse Suzanne Demers, attendrie.

Inna Denysiuk, 20 ans, a dû se rendre dans le sous-sol de l’hôpital de Rivne le jour de l’accouchement, le 2 mars. C’était le début de la guerre. Les alarmes partaient tout le temps. Un jour de cauchemar, résume Denys, son mari âgé de 33 ans. Deux semaines après, ils ont compris que la guerre n’allait pas s’arrêter là et ils ont décidé de quitter l’Ukraine. Denys pouvait s’en aller, plutôt que de rester combattre, grâce à une blessure au dos.

Ils sont partis vers la Pologne en voiture, ont parcouru plus de 1000 kilomètres jusqu’à Gdansk, où ils ont attendu leur visa pour Montréal. Ils sont arrivés en juin au Québec et sont maintenant bien installés à Château-Richer dans la MRC de la Côte-de-Beaupré. Leur maison, toute neuve, est prêtée pour un an par un entrepreneur de la construction.

« On est heureux d’être ici. La seule inquiétude, c’est la langue. Il faut qu’on connaisse la langue. On a peur de ne pas réussir, mais on va être capables. »— Une citation de  Inna, 20 ans, Ukrainienne

Si Denys et Inna veulent rester au Québec, ils devront apprendre le français dans un délai relativement rapide. Or, malgré un nombre croissant de demandes, il n’y a pas de classe de francisation à Beaupré. Les classes les plus proches sont à Québec, ce qui pose un défi de transport, de permis de conduire, de temps et d’argent. Sans oublier la garderie… En attendant, le gouvernement leur propose des cours en ligne.

Allo, doudoune!… Tu te réveilles? Le médecin Patrick Voyer est sous le charme de la petite Karolina, le bébé de Denys et Inna. C’est lui qui a lancé le mouvement d’entraide dans la région, Un toit pour l’Ukraine. Entre deux patients ou deux quarts de travail à l’urgence de Québec, il soutient les familles arrivées ici.

Il s’inquiète de la pression ressentie par les familles pour satisfaire les conditions d’immigration au Québec.

Le médecin urgentiste Patrick Voyer avec Karolina, petite Ukrainienne née sous les bombes au début de la guerre en Ukraine.

« Beaucoup d’Ukrainiens ne viennent pas au Québec à cause de cette pression d’apprendre la langue. J’ai plein de familles qui étaient censées venir ici, mais qui ont décidé d’aller à Winnipeg ou à Calgary. »— Une citation de  Patrick Voyer, médecin

Remplir les critères : le casse-tête

Détail important : les familles ukrainiennes accueillies au Canada n’ont pas le statut de réfugié. Elles sont venues avec un permis de travail ouvert de trois ans, accordé par le Canada. Si elles veulent rester au-delà de ce délai, elles devront présenter des demandes de résidence permanente. Et, pour pouvoir rester au Québec, répondre aux exigences de la province.

Ils doivent travailler deux ans dans un emploi qualifié. Et en plus, être à un niveau de 7 sur 12 quant à la francisation, donc être capables de communiquer de façon autonome, détaille Joany Boily, agente de liaison interculturelle à Beaupré, au Service d’accueil des nouveaux arrivants. Donc, ils ont trois ans pour atteindre ces objectifs-là, pour demander leur certificat de sélection du Québec. Ils n’ont pas le choix, pour avoir la résidence permanente au Canada.

Dans le cas des Ukrainiens, accueillis avant tout pour des raisons humanitaires, sans sélection, ce sera difficile de remplir ces exigences en si peu de temps, estime Joany Boily. C’est une pression énorme sur leurs épaules.

En particulier, le critère de l’emploi qualifié, qui s’est ajouté sous le gouvernement Legault. Eux [au gouvernement], ils ont décidé qu’ils voulaient seulement avoir des travailleurs qualifiés, alors qu’en réalité, souvent les emplois faciles à obtenir quand tu ne parles pas encore français, c’est des emplois non qualifiés, explique la jeune femme.

Les emplois ne manquent pas dans la restauration, les magasins ou les usines.

« Il y a plein d’employeurs qui veulent les engager! Des magasins ici ont fermé faute d’employés. On en a, des emplois à leur offrir! Mais trouver un emploi qualifié quand tu ne parles pas français, pas anglais, au Canada, au Québec, c’est difficile. »— Une citation de  Joany Boily, Service d’accueil des nouveaux arrivants

Un bon employé de plus!

Anton Lobiak travaille dans une usine de portes et fenêtres à Beaupré. Il s’est présenté un jeudi, et le lundi, il commençait. Il installe des thermos sur les cadres de fenêtre. Très nerveux au début à l’idée de casser une vitre, parfois aussi grande que lui, il aime néanmoins son travail.

Ce n’est pas un travail compliqué, c’est un travail répétitif, donc c’est facile à faire, dit Anton Lobiak au cours d’une entrevue traduite par un ami ukrainien arrivé au Québec il y a une douzaine d’années. Tant que j’ai deux bras, deux jambes, poursuit-il, je peux gagner mon argent, je ne veux pas rester à attendre qu’on me donne l’argent des impôts de quelqu’un d’autre.

Mais c’est un emploi non qualifié, qui ne nécessite pas d’études ou de diplôme​ particulier​ ni de grande expérience professionnelle​, alors que le Québec valorise plutôt, dans le cadre de son programme actuel de sélection, des emplois qualifiés. 

Payé 20 $ l’heure, 40 heures par semaine, il a appris rapidement le travail à faire. Son chef d’équipe, Simon Bédard, lui a tout expliqué une phrase à la fois à l’aide d’une application de traduction français-ukrainien sur son téléphone.

Maintenant ça va bien, il est rendu autonome. – Et vous avez un employé de plus! – Un bon employé de plus, corrige-t-il. Nous, peu importe d’où ils viennent, tant qu’ils sont efficaces et qu’ils veulent travailler, on est heureux.

On est enchantés de l’arrivée d’Ukrainiens dans la région. On a de la place pour eux, c’est certain, confirme Julie Bernatchez, conseillère en ressources humaines chez Caron et Guay.

Anton Lobiak vit dans la maison prêtée pour un an à sa famille, au cœur du village de Saint-Ferréol-les-Neiges, avec sa conjointe Elina, qui était professeure d’informatique, et leurs deux enfants, des jumeaux de neuf ans.

La petite Milana tend un dessin qu’elle vient de faire : une maison, la porte avec la sonnette, le petit garage et le drapeau du Canada. La fillette est très heureuse ici et ne veut plus repartir maintenant qu’elle s’est fait des amis dans le quartier.

Les parents veulent rester aussi. Je suis très content de la sécurité que ça me procure d’être ici, confie Anton. Je n’ai pas peur de laisser ma fille jouer toute seule sur le terrain qui est un peu plus loin. Ici, on a les portes d’entrée vitrées alors que chez nous, c’est des portes en métal à trois serrures.

Ce serait une perte pour le Québec

Même si la paix revenait en Ukraine, la famille ne souhaiterait pas y retourner. Tout dépend comment va se finir cette guerre-là. Et même après, au moment de la paix, savoir que tu habites à côté de ce voisin, qui est encore la Russie, ça ne m’inspire pas.

Si les règles d’immigration les incitaient à quitter le Québec pour une autre province, ce serait crève-cœur, après tant d’efforts déployés par la petite communauté pour faciliter leur intégration. C’est des gens travaillants, intelligents et ils sont prêts à rester, dit Marc Tremblay. C’est le Québec qui sera perdant s’il leur met des bâtons dans les roues!

Comment améliorer l’accueil des Ukrainiens au Québec? Selon le Service d’accueil des nouveaux arrivants Côte-de-Beaupré, il faudrait :

  • valoriser l’expérience professionnelle acquise dans un emploi non qualifié, pas seulement dans un emploi qualifié;
  • ajouter des classes de francisation à l’écart des grands centres, comme ici à Beaupré;
  • augmenter l’allocation versée pour l’apprentissage du français afin de permettre aux nouveaux arrivants de s’y consacrer et d’avoir un revenu suffisant.

Peut-être que, dans quelques mois, on va trouver une solution. En tout cas, j’espère! s’exclame Joany Boily, agente de liaison interculturelle. Ils veulent travailler, et nous, on a besoin d’eux. On gagne tellement à ce qu’ils soient ici!

Saint-Ferréol-les-Neiges, village de 3800 habitants sur la Côte-de-Beaupré, situé à 50 kilomètres de Québec.

Avec Radio-Canada par Myriam Fimbry

Canada-Québec: Plusieurs inondations dans le Grand Montréal après de très fortes pluies

septembre 13, 2022
Une femme sous la pluie.

Les fortes précipitations qui ont déferlé sur la grande région de Montréal ont entraîné plusieurs inondations et fermetures de routes. Photo : Radio-Canada/Daniel Thomas

De fortes précipitations s’abattent sur le Québec, ce qui rend notamment la conduite automobile difficile. Les pluies ont aussi entraîné d’importantes inondations dans le Grand Montréal, en plus de provoquer des infiltrations dans le métro.

C’est le cas de l’autoroute 19, à Montréal, qui a été fermée en début de soirée en direction nord à partir du boulevard Henri-Bourassa.

Le service de la ligne orange de la Société de transport de Montréal (STM) a également été brièvement interrompu. Il a progressivement repris vers 18 h 45, mais en raison d’une infiltration d’eau, aucun train ne s’arrête pour l’instant à la station Square-Victoria–OACI.

Toujours à Montréal, plusieurs intersections et sections de routes ont été fermées en raison des fortes pluies, notamment dans Rosemont, sur le Plateau-Mont-Royal, ainsi que dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

À Longueuil, le bureau de la mairesse Catherine Fournier a fait savoir que des inondations avaient été rapportées dans le secteur de la rue Saint-Charles Ouest, ainsi que dans le quartier Laflèche.

L’ensemble des directions de la Ville de Longueuil sont actuellement mobilisées et au travail pour résorber la situation rapidement et ainsi atténuer les dégâts, lit-on dans un tweet publié sur le compte de Mme Fournier.

Le Collège Notre-Dame-de-Lourdes, une école secondaire située chemin Tiffin, à Longueuil, est quant à lui forcé de fermer ses portes pour toute la journée de mercredi. Les fortes pluies [de mardi] après-midi ont provoqué un débordement des canalisations du système d’égouts de la ville, causant ainsi une importante inondation dans l’école, fait-on savoir dans un courriel transmis aux élèves et aux parents.

Le Collège Durocher de Saint-Lambert a également annoncé la suspension des cours, mercredi, en raison des inondations.

Jusqu’à 75 millimètres de pluie

Environnement Canada a publié des avertissements de pluie dans plusieurs secteurs du Québec, notamment pour la région métropolitaine, les Laurentides, Lanaudière, la Mauricie, le Lac-Saint-Jean, la vallée du Richelieu et Saint-Hyacinthe.

Dans ces régions, de 50 à 75 millimètres de pluie sont prévus d’ici mercredi matin, a annoncé Environnement Canada.

Son site web indique que des pluies torrentielles peuvent causer des crues soudaines et une accumulation d’eau sur les routes. Des inondations sont possibles par endroits dans les basses terres.

Radio-Canada avec les informations de La Presse canadienne

Canada-Québec: Un ancien lieutenant du clan Rizzuto arrêté pour avoir escroqué des religieux

septembre 7, 2022
L'écusson de la police de Laval sur l'épaule d'un policier.

La police de Laval a arrêté hier Francisco Del Balso pour avoir menacé et tenté d’extorquer la communauté religieuse Saint-Maxime. Photo : Radio-Canada/Ivanoh Demers

Francisco Del Balso, 52 ans, qui a déjà fait la loi et l’ordre au sein du crime organisé et qui était l’un des lieutenants du clan Rizzuto, a été arrêté hier par la police de Laval pour avoir menacé et tenté d’extorquer une communauté religieuse catholique.

C’est avec stupéfaction et incrédulité que plusieurs enquêteurs qui luttent contre le crime organisé ont appris la nouvelle de l’arrestation du mafieux par la police de Laval, hier en fin de journée.

Francisco Del Balso après son arrestation dans l'opération Colisée, en 2006.

Francisco Del Balso après son arrestation dans l’opération Colisée, en 2006. Photo : Archives

Ce dernier aurait passé la nuit en interrogatoire. Il devrait comparaître au cours des prochaines heures pour faire face à des accusations de menaces et d’extorsion.

Del Balso se serait présenté à la communauté religieuse Saint-Maxime de Laval, située sur le boulevard Lévesque-Ouest. Adjacent au presbytère, Partage Saint-Maxime, un comptoir de distribution de vêtements provenant de dons du public, est accueilli par la paroisse.

C’est à cet endroit que l’ex-femme du mafieux aurait fait don de plusieurs vêtements où des bijoux auraient été laissés.

Probablement sans le sou, selon nos informations, Francisco Del Balso se serait présenté pour confronter le curé de la paroisse afin de retrouver les objets de valeur.

Selon la plainte déposée à la police de Laval, des membres de la paroisse Saint-Maxime auraient rapporté aux autorités policières que le mafieux leur avait réclamé 5000 $ par semaine pour avoir égaré les bijoux qu’il considérait toujours en être le propriétaire.

Radio-Canada par Pascal Robidas

Canada-Québec/Pénurie de main-d’œuvre : les entreprises doivent ralentir leur croissance, croit FAB 3R

septembre 3, 2022
Des travailleurs manipulent une pièce mécanique suspendue dans une usine.

Les employés de FAB 3R sont spécialisés dans la fabrication, l’usinage et l’assemblage de pièces mécaniques de grandes dimensions. Photo : Radio-Canada

Le manque de main-d’œuvre pourrait forcer des entreprises à ralentir leur croissance dans les prochaines années, et peut-être même à décroître, selon plusieurs experts. L’entreprise trifluvienne FAB 3R a amorcé cette réflexion. Le manufacturier spécialisé en assemblage et usinage mécanique est en croissance, mais la perte d’une quarantaine d’employés le force à revoir son modèle d’affaires.

Même si j’aspirais à retrouver les 150 employés que j’avais avant la pandémie, ça n’arrivera pas, laisse tomber son directeur général, Yves Lacroix. Plusieurs travailleurs ont profité de la crise sanitaire pour partir à la retraite, raconte-t-il, et depuis, l’entreprise peine à trouver des remplaçants.

Yves Lacroix pose dans une usine.

Yves Lacroix est le directeur général de l’entreprise FAB 3R. Photo : Radio-Canada/Josée Ducharme

La concurrence entre les employeurs sera d’autant plus grande avec l’implantation prévue de nouvelles entreprises au parc industriel et portuaire de Bécancour, estime M. Lacroix. La pénurie de main-d’œuvre pourrait s’aggraver jusqu’en 2030, selon lui.

Quand j’entends des entreprises dire qu’elles cherchent de la croissance, on n’est malheureusement pas à un moment pour parler de croissance. Si je regarde autour, avec les investissements qui vont se faire sur la rive sud, où va-t-on trouver toute cette main-d’œuvre? , souligne Yves Lacroix.

Face à cette situation, FAB 3R se questionne aujourd’hui sur l’épaisseur de son carnet de commandes. Le projet s’apparente à une décroissance, mais son directeur général préfère parler d’une consolidation.

On ne veut pas abandonner nos clients, mais on ne veut pas les servir de la mauvaise façon. Ce n’est pas tant qu’on choisit nos commandes, c’est qu’on regarde l’expérience et les équipements qu’on a pour avoir la parfaite adéquation entre les deux pour s’assurer qu’on est en mesure de livrer ce qu’on promet , explique M. Lacroix.

Son objectif est de bâtir une entreprise plus petite dans un horizon de deux à trois ans, pour éviter de surcharger les 110 employés restants.

Il faut plus d’immigrants, dit FAB 3R

Bien que l’entreprise ait amorcé ce processus, Yves Lacroix est convaincu que le salut des entreprises repose sur l’arrivée de travailleurs étrangers. Je pense que la meilleure solution pour le moment passe par l’immigration, parce que ce n’est pas tout le monde qui peut se permettre la robotisation. 

Il souhaite que Québec et Ottawa accélèrent le traitement des demandes d’immigration. Faisons en sorte que les délais soient plus courts. Il y a bon nombre d’entreprises qui ont des besoins criants, mais ça prend jusqu’à un an et demi, tandis qu’au Nouveau-Brunswick, ils réussissent à avoir quelqu’un à l’intérieur de quatre à cinq mois. 

Une solution à quelques coins de rue

La solution au problème de FAB 3R n’est peut-être qu’à quelques coins de rue de son usine, croit le centre d’emploi pour femme, Le Pont.

Des cohortes pour former des opératrices d’équipement de production et de montage d’équipement électroniques ont déjà été mises en place par l’organisme.

Je lance un cri du cœur. Les organismes en employabilité, c’est une des solutions, j’en suis convaincue , clame la directrice du centre, Annie Brassard.

Annie Brassard parle dans un bureau.

Annie Brassard dirige le centre d’emploi pour femme, Le Pont, situé à Trois-Rivières. Photo : Radio-Canada

Elle est convaincue que son organisme pourrait faire la même chose pour former notamment des machinistes qui pourraient œuvrer chez FAB 3R. Son équipe a d’ailleurs initié un premier contact auprès de l’entreprise, vendredi, et rapporte avoir perçu une ouverture chez le manufacturier.

Radio-Canada avec les informations de Charles-Antoine Boulanger

Canada-Québec: Quand le cœur des jeunes balance entre le travail et les études

août 31, 2022

Le marché de l’emploi n’a jamais été aussi favorable à qui veut travailler, même pour les jeunes inexpérimentés. Un contexte qui risque cependant d’encourager le décrochage scolaire, met en garde le milieu de l’éducation.

Camille, employée dans un café de Montréal

Camille, employée dans un café, préfère conserver son emploi que retourner à l’école Photo : Vincent Rességuier

Camille travaille dans un petit café au cœur du Marché Maisonneuve, dans l’est de Montréal. Un emploi qu’elle découvre et qu’elle se voit bien conserver encore quelques mois.

La jeune femme de 17 ans, dynamique et avenante, se présente comme une décrocheuse parce qu’elle n’a pas terminé son secondaire. Depuis quelques années, sa présence en classe était aléatoire. Elle avait l’intention d’intégrer une formation pour adultes cet automne, mais elle s’est ravisée en voyant sa fiche de paie.

Avec les pourboires, son salaire peut atteindre 21 $ de l’heure.

« J’ai commencé à faire beaucoup de pourboires. Je me dis qu’un temps plein, ce serait payant, ça fait que j’ai un peu mis de côté l’idée [de retourner à l’école]. En même temps, les deux sont le fun, c’est juste que quand tu goûtes à l’argent et à la liberté, tsé… »— Une citation de  Camille, 17 ans, employée dans un café

En fait, les nombreuses possibilités d’emploi ne l’encouragent pas à poursuivre ses études. Il y a des options partout en ce moment, se réjouit-elle.

Camille n’est pas la seule à céder à la tentation et à quitter l’école pour profiter de revenus réguliers.

La Fédération des cégeps, par exemple, constate une baisse de 1 % des inscriptions cet automne. Une tendance qui contraste avec les prévisions à la hausse du ministère de l’Enseignement supérieur.

Une opportunité à double tranchant

L’an dernier déjà, les données sur le décrochage scolaire à Montréal n’étaient pas encourageantes, et rien n’indique que la tendance s’est inversée. Plusieurs acteurs du milieu de l’éducation déplorent d’ailleurs que les chiffres officiels sur le décrochage scolaire à l’échelle québécoise n’aient pas été publiés depuis le début de la pandémie.

Il existe cependant des indicateurs montrant que les jeunes ont pris d’assaut le marché de l’emploi.

Selon Statistique Canada, chez les jeunes âgés de 15 et 16 ans encore aux études en juin, le taux d’emploi était de 36,6 % en juillet, soit une augmentation de 4,3 % par rapport à juillet 2019.

Et 62,1 % d’entre eux occupaient un emploi dans le commerce de détail ou dans les services d’hébergement et de restauration. Deux secteurs où le manque de main-d’œuvre est criant.

Ève Cyr, Carrefour jeunesse-emploi Hochelaga-Maisonneuve

Ève Cyr, directrice générale, Carrefour jeunesse-emploi Hochelaga-Maisonneuve Photo : Vincent Rességuier

Les jeunes sont parfaitement conscients que les portes peuvent s’ouvrir même s’ils n’ont pas beaucoup d’expérience ou une formation limitée, constate Ève Cyr, directrice générale du Carrefour jeunesse-emploi Hochelaga-Maisonneuve.

C’est qu’en ces temps de pénurie, les employeurs sont plus conciliants et vont donner une chance aux travailleurs ayant des difficultés à réaliser leurs tâches ou un temps d’apprentissage plus long.

« Normalement, au bout de deux ou trois jours, les employeurs auraient dit : ça suffit! Mais là, ils vont avoir plus de tolérance parce qu’ils ont besoin. »— Une citation de  Ève Cyr, directrice générale du Carrefour jeunesse-emploi Hochelaga-Maisonneuve

Elle prédit cependant une rentrée pleine de questionnements pour les étudiants les plus susceptibles de décrocher. Comme Camille, plusieurs vont hésiter entre réussir à l’école et conserver leur emploi.

À partir du moment où un jeune va devoir choisir entre un nouvel iPhone ou aller à l’école et vivre certaines difficultés, c’est là que c’est très risqué, conclut Mme Cyr, tout en appelant les employeurs à faciliter la conciliation travail-études.

« On reçoit plein d’appels d’employeurs qui paniquent parce que leurs entreprises sont en péril, parce qu’ils manquent d’employés. Mais on vous rappelle qu’un employé à temps partiel qui continue l’école, c’est peut-être plus positif pour la société. »— Une citation de  Ève Cyr, directrice générale du Carrefour jeunesse-emploi Hochelaga-Maisonneuve

Le dilemme de Yunhao

Travailler c’est bon, mais au-delà de 20 heures, ça peut nuire aux études, martèle de son côté Andrée Mayer Périard, directrice générale du Réseau réussite Montréal.

Elle constate que les jeunes peu motivés par l’école sont facilement happés par des activités qu’ils trouvent plus stimulantes. Un premier emploi, par exemple, peut agir comme un révélateur, surtout si la personne est appréciée et valorisée par ses collègues.

C’est le cas de Yunhao, qui travaille pour une chaîne de restauration rapide depuis le début de l’été.

Le jeune homme de 17 ans, que nous avons rencontré sur son lieu de travail, a le regard qui brille dès qu’il évoque cette première expérience professionnelle. De son propre aveu, elle lui a donné confiance en lui. Avant, j’étais gêné, je ne parlais pas, je n’étais pas comme ça, dit-il avec enthousiasme.

Yunhao, 17 ans, employé dans la restauration rapide

Yunhao, 17 ans, a décroché son premier emploi au début de l’été Photo : Vincent Rességuier

À 17 ans, il entame sa 5e année de secondaire, mais pas de gaieté de cœur. L’école, ça va être compliqué, mais on va faire de notre mieux, il faut avoir un diplôme dans la vie, laisse-t-il tomber, résigné.

En fait, il a failli tout lâcher il y a quelques semaines, avant de subir, comme il le glisse dans un sourire malicieux, un CPP, un coup de pression parentale.

Après quelques jours de réflexion, il a décidé de conserver son emploi, mais de réduire ses heures pendant l’année scolaire.

L’influence des parents est décisive

Face à ce genre de dilemme, l’attitude de l’entourage immédiat est décisive, selon Andrée Mayer Périard. Mais dans le contexte économique actuel, elle redoute que certains parents n’aient pas le choix de demander à leurs adolescents de travailler.

Avec toute cette inflation galopante et la pression économique, on est très inquiets pour un certain nombre de jeunes les plus vulnérables, dit-elle. Le marché de l’emploi pourrait être un passage obligé afin de contribuer aux finances familiales, ce qui au final pourrait mettre en péril leur projet d’étude.

Un sondage réalisé en 2014 par le Réseau réussite Montréal a montré qu’un tiers des jeunes qui travaillaient plus de 20 heures par semaine le faisaient pour aider leur famille. C’était bien avant la pandémie et la flambée de l’inflation.

Andrée Mayer Périard rappelle qu’un passage sur le marché du travail est en général très positif, mais qu’à long terme, les non-diplômés rencontrent souvent des difficultés pour se replacer en cas de perte d’emploi.

Avec Radio-Canada par Vincent Rességuier

Québec-Protection du français : insatisfait de la loi 96, le PQ propose une nouvelle loi 101

août 29, 2022
Paul St-Pierre Plamondon en compagnie de Pierre Nantel lors d'un point de presse à Montréal.

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, estime qu’il faut refaire le travail de la CAQ et renforcer la loi 101. Photo : Radio-Canada

Tandis que ses adversaires ont promis de réduire le fardeau fiscal des Québécois, le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon a fait la promotion de son plan pour « renverser le déclin » de la langue française au Québec, dont le point de départ est l’adoption d’une nouvelle loi 101.

Le chef péquiste s’est engagé à déposer une nouvelle mouture de la Charte de la langue française dans les 100 premiers jours d’un éventuel gouvernement du Parti québécois. Nous sommes dans une situation critique. Il y a une réelle urgence linguistique au Québec, a-t-il lancé à quelques mètres du monument en l’honneur de Camille Laurin, père de la Charte de la langue française, à Montréal.

Le parti souhaite inverser la courbe du déclin du français afin de ramener à 82 % la proportion de Québécois qui ont le français comme langue principale d’usage.

Face aux récentes données de Statistique Canada qui indiquent un recul du français comme première langue parlée au Québec, le PQ se donne une cible de 75 % de transfert linguistique des allophones vers le français d’ici 10 ans. On sait que c’est présentement à 55 %, a souligné le chef péquiste.

S’il convient que l’indicateur le plus souvent utilisé pour mesurer la vitalité d’une langue est celui de la langue d’usage, utilisée dans l’espace public, le chef du PQ n’a pas clairement exclu de s’intéresser à la langue parlée à la maison.

La langue maternelle, la langue d’usage, la langue parlée en milieu de travail, dans les magasins, au niveau des contenus culturels et de l’enseignement supérieur sont autant d’indicateurs qu’un gouvernement péquiste mesurerait et considérerait pour s’attaquer au problème, a-t-il résumé.

M. St-Pierre Plamondon veut en outre étendre la portée la loi 101 aux cégeps, conformément à la demande de l’aile jeunesse de son parti, et imposer une immigration économique 100 % francophone. Il promet de créer un CRTC québécois, soit un Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications du Québec, et mettre sur pied un bureau faisant la promotion du contenu québécois.

Le Parti québécois compte aussi revoir le statut bilingue accordé aux municipalités qui comptent moins de 33 % de résidents anglophones. En vertu de la loi 96, adoptée par le gouvernement caquiste pour réformer la Charte de la langue française, ce statut peut être révoqué si l’anglais est la langue maternelle de moins de 50 % de la population.

Plusieurs des propositions faites par le chef du PQ faisaient partie d’un projet de loi déposé par la formation politique à l’Assemblée nationale à la fin 2021.

La CAQ, « responsable et complice » du déclin

Il ne fait pas de doute, dans l’esprit du chef du PQ, que la CAQ a sciemment consenti au déclin de la langue française au Québec. L’adoption de la loi 96 ne permettra pas de renverser la tendance, selon Paul St-Pierre Plamondon. L’opération marketing, les mesurettes de la CAQ n’ont convaincu personne, a-t-il insisté.

Questionné sur la pertinence de parler de la survie du français alors que la CAQ et le PLQ se sont engagés lundi à réduire les impôts des Québécois, Paul St-Pierre Plamondon a répété que sa campagne portera sur l’avenir du fait français en Amérique; une question qui préoccupe une grande majorité de la population, selon lui.

« Évidemment, il y a de l’appétit, et il faut refaire le travail qui a été malheureusement escamoté par la CAQ. »— Une citation de  Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

Contrairement au candidat libéral dans la circonscription de l’Acadie, André A. Morin, qui a déclaré ne pas être inquiet du recul du français au Québec, le chef du PQ estime plutôt que la survie de la nation québécoise dépend de la préservation sa langue, qui est au cœur de son identité.

Les propos entendus au sein du camp libéral n’étonnent pas M. St-Pierre Plamondon. Les climatosceptiques de la langue par excellence, a-t-il déclaré, ce sont les libéraux. Ceux-ci nient les chiffres et font la sourde oreille face aux démographes et aux experts qui s’inquiètent de la protection de la langue, a poursuivi le chef péquiste.

D’après lui, la CAQ convient que le français est en perte de vitesse, mais ne prend pas les mesures suffisantes pour y remédier. Ça aussi, c’est une forme de déni, a-t-il tranché.

Le français au Québec en chiffres

  • La proportion de personnes disant parler français de façon prédominante à la maison est passée de 79 % à 77,5 % de 2016 à 2021.
  • Sur la même période, la proportion de la population dont le français était la première langue officielle parlée a diminué dans toutes les régions du Québec, sauf dans Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine. Dans la plupart d’entre elles, le français demeure néanmoins la première langue officielle parlée de plus de 90 % de la population, à l’exception de la Montérégie, de Laval, de l’île de Montréal et du Nord-du-Québec.
  • Le nombre de personnes dont l’anglais est la première langue officielle parlée a franchi le cap du million. Elles représentent 13 % en 2021, contre 12 % en 2016.

    Source : Statistique Canada

Avec Radio-Canada par Valérie Boisclair