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L’Irak récupère une fraction des 2,5 milliards de dollars volés au fisc

novembre 27, 2022
L'Irak recupere une fraction des 2,5 milliards de dollars voles au fisc
L’Irak récupère une fraction des 2,5 milliards de dollars volés au fisc© IRAQI PRIME MINISTER’S PRESS OFFICE/AFP/-

L’Irak a récupéré « une partie » des 2,5 milliards de dollars frauduleusement retirés d’un compte bancaire du fisc, a annoncé dimanche le Premier ministre, appelant toute personne impliquée dans ce scandale à se rendre et à restituer les fonds publics subtilisés.

Mohamed Chia al-Soudani a annoncé qu’un des hommes d’affaires impliqués dans cette affaire, Nour Zouhair Jassem, avait rendu un peu plus de 125 millions de dollars, sur les plus d’un milliard de dollars qu’il a « avoué » avoir obtenus.

L’homme d’affaires sera remis en liberté sous caution, en échange de quoi il rendra le reste de l’argent volé sous deux semaines, a précisé M. Soudani.

L’affaire, médiatisée à la mi-octobre, a provoqué une vive indignation dans un Irak riche en pétrole et frappé par une corruption endémique.

Un document de l’Administration générale des impôts expliquait que ces 2,5 milliards de dollars ont été prélevés entre septembre 2021 et août 2022, via 247 chèques encaissés par cinq entreprises. L’argent a ensuite été retiré en espèces des comptes de ces sociétés, dont les propriétaires, en fuite pour la plupart, font l’objet de mandats d’arrêt.

« Les autorités compétentes ont pu récupérer une première tranche d’un montant de 182,6 milliards de dinars irakiens », soit plus de 125 millions de dollars, a annoncé M. Soudani.

Il s’exprimait lors d’une allocution télévisée, flanqué de piles de billets de banque entassés par paquets. Ces fonds ont été rendus par Nour Zouhair Jassem, arrêté fin octobre à l’aéroport de Bagdad alors qu’il tentait de quitter le pays à bord d’un jet privé.

« Personne ne sera épargné »

La justice a trouvé un « accord » avec l’accusé pour qu’il restitue l’intégralité de la somme, a précisé M. Soudani. « Il sera remis en liberté sous caution afin de faciliter le processus de restitution ».

Un autre accusé a été interpellé dans la région autonome du Kurdistan et va être livré aux autorités à Bagdad, a précisé M. Soudani.

Martelant sans cesse sa volonté de lutter contre la corruption, le Premier ministre enchaîne les annonces et les initiatives à ce sujet depuis qu’il a accédé au pouvoir en octobre.

S’agissant des 2,5 milliards, il a appelé dimanche tous les accusés « à se rendre et à restituer les sommes volées », laissant entendre qu’ils pourraient bénéficier d’accords semblables à celui trouvé avec M. Jassem.

« Nous œuvrerons avec la justice pour les aider avec les procédures judiciaires, dans le cadre de ce qui est autorisé par la loi », a-t-il promis.

« Oui, il est très important d’arrêter les voleurs et ceux qui les ont aidés », a encore dit le Premier ministre. « Mais le plus important c’est la restitution des fonds. Qu’importe si untel ou untel est en prison, si les (2,5 milliards de dollars) ne sont pas dans les caisses de l’Etat ? », a-t-il justifié.

Des responsables du fisc et des organismes de contrôle public sont impliqués, a reconnu le Premier ministre, précisant que leur identité « sera dévoilée à la fin de l’enquête ». « Nous n’épargnerons personne », a-t-il promis.

Malgré une corruption qui s’est infiltrée dans toutes les institutions étatiques et administrations publiques, si les condamnations existent en Irak elles visent souvent les échelons intermédiaires de l’Etat ou de simples exécutants, rarement le sommet de la pyramide.

Par Le Point avec AFP

Coupe du monde 2022 : les talibans auraient investi dans les chantiers du Qatar

novembre 27, 2022

Certains membres des talibans se seraient largement enrichis en louant du matériel pour construire des stades, selon « The Daily Telegraph ».

Certains dignitaires se faisaient l'equivalent de 11 000 euros par machine par mois, et pouvaient en posseder une dizaine.
Certains dignitaires se faisaient l’équivalent de 11 000 euros par machine par mois, et pouvaient en posséder une dizaine.© YOMIURI SHIMBUN / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun via AFP

Derrière les stades du Qatar, l’ombre des talibans. Selon le journal britannique The Daily Telegraph, certains responsables talibans auraient gagné des millions grâce à la Coupe du monde. Profitant de confortables salaires touchés pour être présents sur le territoire qatarien et participer à des négociations de cessez-le-feu concernant la guerre en Afghanistan, ces hauts dignitaires auraient acheté des engins qu’ils auraient ensuite loués aux constructeurs des stades. « Certains membres talibans avaient chacun entre six et dix pièces de machinerie lourde à Doha et gagnaient jusqu’à 10 000 £ (l’équivalent de plus de 11 000 €, NDLR) par machine et par mois », affirme la source de nos confrères

Parmi ces dignitaires figurerait notamment Haji Ahmad Jan, ministre du Pétrole et des Mines en Afghanistan entre 1996 et 2001. Un ancien diplomate afghan confie : « C’était un secret de polichinelle à l’ambassade d’Afghanistan à Doha que l’équipe de négociation et le bureau politique des talibans étaient bien payés par le régime qatari et ils ont investi ces salaires dans des équipements de construction pour la Coupe du monde. » Interrogés, les Qataris ont affirmé que les paiements mensuels, qui ont permis donc l’achat de machinerie, étaient « contrôlés en coordination » avec les États-Unis, « y compris les montants totaux et comment et où ils ont été dépensés ».

Des maisons de la taille de « petits châteaux »

Au Qatar, ces diplomates étaient déjà très bien lotis : les autorités qatariennes versaient une allocation mensuelle de plusieurs milliers d’euros et leur avaient fourni SUV de luxe, soins et nourritures gratuits. Ils se sont donc rajouté un salaire de quelques millions, et ont voulu partager la combine à d’autres dignitaires : « grâce à leur réseau, les talibans levaient aussi des fonds auprès d’Afghans installés dans d’autres pays arabes en leur promettant que l’argent serait investi dans les chantiers de la Coupe du monde ».

Si l’idée n’a rien d’illégal, comme le rappelle le Daily Telegraph, la participation des talibans à la construction des stades rajoute une pierre dans le jardin des polémiques dans cette Coupe du monde.

Par Le Point.fr

Canada: Des immigrants paient jusqu’à 12 mois de loyer d’avance pour signer un bail

novembre 26, 2022

Maimouna Bella Sane est assise dans sa cuisine. Elle regarde fixement la caméra. Elle a son pouce et son index de la main droite, appuyée sur ses lèvres.
En arrière-plan, on aperçoit un four et des ustensiles de cuisine.

Mme Sane s’était renseignée sur le coût de la vie à Toronto grâce aux réseaux sociaux et s’est convaincue de payer plusieurs mois de loyer d’avance pour signer son premier bail. Photo : Radio-Canada

Sans historique de crédit ni emploi, même s’ils ont des économies, de nouveaux arrivants se heurtent à des refus catégoriques lorsqu’ils tentent de louer des logements. Des familles proposent de payer des mois de loyer, parfois de 6 à 12 mois d’avance, pour avoir accès à un logement.

Maïmouna Bella Sane est arrivée en Ontario au mois de juin, avec son fils et son époux. Elle a payé 16 800 $ de loyer d’avance pour un bail d’un an.

Durant des semaines, de nombreuses offres de location ont été refusées à l’agent immobilier représentant la famille de Mme Sane. On nous disait non chaque fois, explique-t-elle. J’étais complètement stressée. Il y a des jours où j’avais envie de repartir en France, ajoute-t-elle.

Mais les choses se sont arrangées. Dès qu’on a proposé de payer 12 mois de loyer d’avance, ça a été vite un oui.

Depuis, la mère de famille sent un poids en moins sur ses épaules. Résignée, elle explique qu’il fallait rassurer les propriétaires.

Pour obtenir son permis de vacances-travail auprès d’Immigration et Citoyenneté Canada, Mme Sane ne devait justifier que 2500 dollars comme preuve de fonds pour les trois premiers mois.

Pour ceux qui s’établissent en tant que travailleurs qualifiés avec une famille de trois personnes, le gouvernement fédéral requiert 20 371 $ comme preuve de fonds.

Exigences relatives aux preuves de fonds

Nombre de membres dans la familleFond requis (en dollars canadiens)
113 310 $
216 570 $
320 371 $
424 733 $
528 052 $
631 638 $
735 224 $
Au-delà de 7, la famille doit jouter pour chaque membre supplémentaire3 586 $

Source : Immigration et Citoyenneté Canada.

Dans la région de York, Gildas Alladaye et sa famille, originaires du Cameroun, sont arrivés en Ontario il y a deux mois. M. Alladaye a également eu beaucoup de mal à louer un logement. Des propriétaires exigeaient [un bail de] 12 mois ou rien, affirme le père de famille. Pour inciter les propriétaires à me répondre [positivement], j’étais obligé de leur proposer quatre à six mois de loyer d’avance, ajoute-t-il.

Il explique que la situation a eu un effet sur sa santé mentale. Ça m’a touché psychologiquement. J’ai eu des nuits blanches, confie-t-il.

Un homme debout à l'extérieur dans un parc, un jour d'automne.

Thomas Delespierre est le fondateur de Tomadel, une entreprise qui aide à la location, l’achat, la vente et la valorisation de l’immobilier. Photo : Radio-Canada/Dean Gariepy

Thomas Delespierre, agent immobilier à Toronto, explique qu’il est illégal pour un propriétaire d’imposer des mois de loyer d’avance à un locataire potentiel. En revanche, il n’est pas illégal, en tant que locataire, de proposer de payer des mois de loyer d’avance. Ça doit vraiment venir des locataires et pas des propriétaires, souligne-t-il.

« La vérité, c’est que si un locataire ne le fait pas et qu’il n’a pas un dossier extrêmement fort […] au bout de la troisième, de la quatrième offre qui est rejetée […] s’il veut être compétitif, il offre lui-même de payer des loyers d’avance. »— Une citation de  Thomas Delespierre, agent immobilier

L’Association des francophones de la région de York (AFRY) observe aussi les difficultés de sa communauté par rapport au logement. Son directeur général, Jean Grenier Godard, affirme que les demandes illégales de paiement de loyer d’avance des propriétaires sont courantes dans la région de York. Les propriétaires sont très frileux et demandent beaucoup de garanties, dit-il.

« Si l’on arrive et qu’on n’a pas les moyens financiers de payer six mois de loyer d’un coup au minimum, ça va être très compliqué. »— Une citation de  Jean Grenier Godard, directeur général de l’Association des francophones de la région de York

Rose-Marie Nguyen, travailleuse sociale en établissement pour l’AFRY, explique qu’il est encore plus compliqué pour les familles que pour les personnes seules d’obtenir un bail. Des familles avec des enfants sont discriminées, affirme-t-elle. Ce n’est écrit nulle part sur les sites Internet, mais quand vous dites qu’il y a des enfants […] on ne peut pas louer.

En effet, Gildas Alladaye raconte que certains propriétaires ont refusé de lui louer un appartement pour les mêmes raisons. Ils m’ont dit : « Nous, on n’accepte pas les enfants. »

En Ontario, il est illégal de refuser l’accès à un logement à des familles avec enfants.

La crise du logement peut freiner un nouvel arrivant

Puiser une grande part de ses économies pour payer son loyer d’avance peut aussi pousser un nouvel arrivant à repenser son installation au Canada. C’est le cas de Yasmine Malek Menasria, qui, au bout de ses péripéties, retourne dans son pays natal, l’Algérie.

Yasmine Malek Menasria porte un casque d'écoute et sourit à la caméra. En arrière-plan, un mur et un rideau forment un écran.

Mme Menasria espère revenir pour s’établir en Ontario. Photo: Radio-Canada

Mme Menasria a eu du mal à louer un logement dans la région de York lorsqu’elle avait un statut de résidente temporaire. Ce n’est peut-être pas de la discrimination, mais en quelque sorte la discrimination de statut de quelqu’un.

« Des propriétaires […] demandaient l’historique de crédit ou bien un an de loyer d’avance. […] Finalement, j’ai dit : « On peut vous payer juste six mois et le reste en chèques postdatés. » »— Une citation de  Yasmine Malek Menasria, Algérie

À la suite de ce compromis, la famille de trois personnes a pu s’installer un certain temps à Vaughan. Financièrement, entre autres, la situation s’est corsée, et Mme Menasria et sa famille ont dû rebrousser chemin vers l’Algérie. On a tout abandonné. On a vendu tous nos meubles, bradés.

Mme Menasria a tenté de rester stoïque, mais sa santé mentale en a pris un coup. Je suis passée par un épisode de dépression quand je suis rentrée, parce que c’était un futur qui a été imaginé, confie-t-elle.

« Autant j’étais sûre de moi, de mes compétences, de mes projets, de mes ambitions, autant maintenant j’ai peur de faire quoi que ce soit, en fait.  »— Une citation de  Yasmine Malek Menasria, Algérie

Mme Menasria souhaite qu’Immigration et Citoyenneté Canada informe davantage les nouveaux arrivants. Ce serait bien d’être informés sur nos droits au logement avant d’arriver au Canada, comme ils le font pour les permis de travail, dit-elle.

La famille de Mme Menasria se prépare à revenir au Canada l’an prochain, mieux outillée face à ce qui l’attend. Toutefois, la mère de famille admet avoir encore des appréhensions.

Avec Radio-Canada

Des milliers de Canadiens doivent toujours rembourser leur PCU reçu à tort

novembre 19, 2022
Un billet de 100$ roulé.

1,2 milliard de dollars manquent encore selon un document de l’Agence du revenu du Canada. Photo: Getty Images/Istockphoto/Bukhorova

Des milliers de Canadiens qui ont reçu une aide fédérale pendant la pandémie n’y étaient en réalité pas admissibles et n’ont toujours pas remboursé l’argent.

Parmi ses aides on compte les 2000 $ reçus par mois dans le cadre de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) et la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE).

En mai dernier, l’Agence du revenu du Canada a envoyé une note à 260 000 Canadiens à travers du pays pour leur indiquer qu’ils avaient reçu une aide qu’ils n’auraient pas dû percevoir et que, par conséquent, ils devaient rembourser.

Pourtant, en septembre seulement 19 000 personnes, soit moins d’un dixième, ont remboursé l’argent selon un document qui a été remis à la Chambre des communes plus tôt cette semaine.

Ainsi, près de 16 millions de dollars ont été remboursés, mais 1,2 milliard de dollars manquent encore selon le document.

Ron Anicich est ingénieur du son à Toronto. Il a reçu un avis pour rembourser l’argent qu’il a perçu dans le cadre de la PCU. Il dit avoir été paniqué parce qu’il pensait y être admissible.

Je suis certain que j’aurai été à la rue si je n’avais pas eu accès à la [PCU] durant cette période, affirme-t-il.

Les programmes d’aide comme la PCU étaient basés sur des attestations fournies par les demandeurs. Ces derniers devaient déterminer par eux-mêmes s’ils étaient admissibles en fonction de critères donnés.

Le gouvernement avait alors promis que les personnes qui avaient soumis leur demande de bonne foi n’auraient pas de pénalités si elles avaient fait une erreur dans leur déclaration concernant leur admissibilité. Toutefois, elles auraient à rembourser l’argent perçu par erreur.

L’ARC précise qu’il n’y a pas d’échéancier fixe pour ce remboursement et que l’agence s’engage à rester flexible.

Ron Anicich est loin d’être certain qu’il pourra rembourser l’argent rapidement.

C’est une énorme dette, je n’ai absolument aucun moyen de la payer et je ne vois pas comment je le pourrai dans un futur proche. Franchement, ça me déprime, indique-t-il.

D’autres remboursent volontairement

L’ARC indique toutefois qu’avant que l’agence envoie sa note aux personnes concernées, 341 000 Canadiens avaient déjà remboursé d’eux-mêmes près de 910 millions de dollars qu’ils n’auraient pas dû recevoir.

Le critique sur les dossiers financiers du NPD Daniel Blaikie insiste sur le fait que le gouvernement fédéral aurait dû regarder de plus près la démographie des 260 000 Canadiens qui doivent encore rembourser de l’argent. Pour lui, il faudrait déterminer si une partie d’entre eux ont de bas revenus et annuler leur dette.

On ne sait pas quelle partie de la dette est vraiment récupérable. Parce qu’avec des gens qui gagnent moins de 20 000 ou 24 000 dollars par an dans notre économie actuelle, ils n’ont pas l’argent pour rembourser le gouvernement, estime Daniel Blaikie.

Il ajoute que le gouvernement devrait se concentrer sur la recherche de fraudeurs qui ont tiré profit de l’aide fédérale.

Le député conservateur Kelly McCauley reconnaît que les personnes qui ont reçu de l’argent à tort doivent le rembourser, mais il reste ouvert quant à l’échéancier.

Je veux que cet argent des contribuables qui a été remis par erreur soit remboursé, que cela soit demain, dans un moins ou dans six mois, explique-t-il.

S’il reconnaît le caractère urgent de la mise en place des aides pendant la pandémie, il critique le fait que les Libéraux ne se soient pas servis de cette expérience afin de créer des garde-fous pour de prochains programmes.

Par Radio-Canada avec les informations de Darren Major

Après neuf mois, Hydro-Québec a déjà dépassé le bénéfice record de 2021

novembre 11, 2022

La société d’État a dégagé un bénéfice de 3,6 milliards de dollars depuis le début de l’exercice 2022, un bond de 47 % par rapport à la même période l’an dernier.

Le siège social d'Hydro-Québec

La société d’État a dégagé un bénéfice de 3,6 milliards de dollars depuis le début de l’exercice 2022, un bond de 47 % par rapport à la même période l’an dernier. Photo : Radio-Canada/Ivanoh Demers

Il n’y a pas que les pétrolières qui bénéficient de la flambée mondiale des prix de l’énergie; les Québécois y trouvent aussi indirectement leur compte par le biais d’Hydro-Québec.

Les résultats du troisième trimestre de la société d’État font état d’un bond spectaculaire du bénéfice net d’Hydro, qui atteint 3,604 milliards $ depuis le début de 2022, soit une augmentation de plus de 47,6 % par rapport au bénéfice net de 2,441 milliards $ pour les trois premiers trimestres de 2021.

Déjà, en neuf mois, Hydro-Québec a dépassé le bénéfice net record de 3,546 milliards $ qu’elle avait affiché pour l’année 2021 au complet.

Pour la seule période de juillet à septembre, soit le troisième trimestre lui-même, le bénéfice net a presque doublé, passant de 448 millions $ à 862 millions $, notamment en raison d’une augmentation de 508 millions $ des ventes hors Québec. Pour les neuf premiers mois, cette augmentation est 891 millions $.

Gonflement des prix sur le marché

Ce résultat s’explique en grande partie par le gonflement des prix sur les marchés d’exportation. Depuis le début de l’année, Hydro a obtenu en moyenne 7,6 cents du kWh, soit une augmentation de plus de 70 % par rapport aux 4,4 cents du kWh obtenus durant les neuf premiers mois de 2021.

Évidemment, Hydro-Québec subit elle-même l’impact de la flambée des prix de l’énergie. En d’autres termes, son propre résultat, aussi spectaculaire soit-il, aurait pu être encore plus élevé si ses achats d’électricité ne lui avaient pas coûté 131 millions $ de plus au troisième trimestre, pour une augmentation totale de 496 millions $ depuis le début de l’année 2022.

Les exportations n’expliquent pas à elles seules la hausse du bénéfice net de la société d’État. Les températures très froides de l’hiver dernier et la croissance de la demande domestique ont également entraîné une augmentation de 848 millions $ des ventes au Québec, qui atteignent 8,985 milliards $ depuis le début de l’année. En contrepartie, les pannes majeures, surtout celles causées par le derecho du printemps dernier, ont laissé une facture de 75 millions $ entre les mains d’Hydro.

Dans les autres faits saillants du troisième trimestre, la direction d’Hydro se félicite de l’achèvement du complexe de la Romaine et de la mise en service du deuxième et dernier groupe turbine-alternateur de la centrale de la Romaine-4 en septembre 2022.

Par Radio-Canada avec La Presse canadienne

Égypte : Sissi coincé entre le FMI et l’armée

novembre 10, 2022

Deuxième pays le plus endetté au monde, l’Égypte traverse une crise grave liée au conflit en Ukraine mais aussi à la mainmise de l’armée sur l’économie nationale. Le président Abdel Fattah al-Sissi dit vouloir régler le problème. Mais en a-t-il les moyens ?

Chantier du mégaprojet de la future nouvelle capitale administrative égyptienne, à 45 km à l’est du Caire. © Ahmed HASAN / AFP

La livre égyptienne a atteint son niveau historique le plus bas fin octobre, avec une dévaluation de moitié sur l’ensemble de l’année 2022. L’exécutif, qui vient de contracter son quatrième prêt auprès du Fonds monétaire international (FMI) et s’endette auprès de ses voisins, s’est engagé auprès de l’institution et de la Banque mondiale à porter la part du secteur privé dans l’économie égyptienne à 65 % au cours des trois prochaines années. Le gouvernement doit donc redéfinir le rôle de l’État et de l’armée, et réduire leur interventionnisme. En août dernier, le très critiqué gouverneur de la Banque centrale, Tarek Amer, a présenté sa démission.

Mais le principal problème demeure : le budget national égyptien est grevé par les dépenses de l’institution militaire, qui pèse par ailleurs sur de très nombreux secteurs de l’économie. La prise de pouvoir d’Abdel Fattah al-Sissi en 2013 a renforcé cette mainmise, l’ancien président du Conseil suprême des forces armées (CSFA) ayant misé sur des projets d’infrastructure colossaux, permettant à l’armée égyptienne d’étendre encore son influence sur l’économie.

La crise actuelle est aggravée par les conséquences du conflit militaire en Ukraine, à l’origine d’une insécurité alimentaire qui touche des dizaines de millions d’Égyptiens : 80 % des importations de blé avant le début du conflit provenaient de Russie ou d’Ukraine. Pour y remédier, le régime a mis en place un « comité de crise » dès février 2022, et l’armée est chargée de distribuer des rations de nourriture aux plus vulnérables.

Mais la pénurie de matières premières n’est pas le seul contrecoup de la guerre, puisque des investisseurs étrangers qui avaient racheté des obligations souveraines ont retiré leur argent, à hauteur de 20 millions de dollars.

Emprunts tous azimuts

Seule solution pour soutenir une économie très fragilisée, le président Abdel Fattah al-Sissi a décidé de contracter en octobre un nouvel emprunt auprès du FMI, à hauteur de 3 milliards de dollars sur quatre ans. C’est la quatrième fois depuis le coup d’État de 2013 que le président se tourne vers le FMI. L’Égypte est le deuxième pays le plus endetté auprès de l’institution internationale après l’Argentine.

Endettée à hauteur de 53 milliards d’euros auprès de diverses institutions multilatérales, l’Égypte l’est aussi auprès de ses alliés régionaux, dont les monarchies du Golfe. Préoccupé par l’instabilité économique engendrée par le conflit ukrainien, le président a emprunté, début 2022, 5 milliards de dollars à l’Arabie saoudite, 5 milliards aux Émirats arabes unis et 3 milliards au Qatar.

Le Premier ministre égyptien Mostafa al-Madbouly a par ailleurs annoncé l’obtention de 1 milliard d’euros d’aide via un fonds du FMI consacré aux pays en voie de développement, et d’une enveloppe de 5 milliards de dollars de la part d’« organisations internationales et régionales ».

Mais le FMI a posé ses conditions à l’octroi de ces crédits. Le 27 octobre, la livre était dévaluée de 17 % conformément à la demande de l’institution, atteignant sa valeur historique la plus basse.

Le problème, notent beaucoup d’experts, c’est que le pays vit, et depuis longtemps, au-dessus de ses moyens. Persuadés que l’Égypte est une puissance régionale trop importante pour que ses partenaires – en particulier les monarchies du Golfe – la laissent faire faillite, les dirigeants du Caire multiplient les projets d’infrastructures ambitieux, mais le pays produit peu et importe énormément.

Réduire le budget défense 

Pour réduire les dépenses de l’État, le président semble n’avoir d’autre choix que de se tourner vers la part du budget réservée aux investissements militaires et de développer une économie de marché ouverte au secteur privé. Ce qui implique de réduire le budget défense, mais aussi de contraindre les forces armées à céder leurs parts dans certains secteurs de l’économie.

Une gageure : selon un rapport publié en 2019 par Yezid Sayigh, chargé de recherches au Malcolm H. Kerr Carnegie Middle East Center de Beyrouth, l’institution militaire possède près de 7 % des complexes hôteliers, occupe une position dominante dans le secteur de l’énergie, est aussi présente dans la sidérurgie, l’agriculture, l’immobilier, la pêche, la santé, la production de pâtes, le ciment, l’eau minérale, les carburants…

L’idée aujourd’hui avancée, à la fois pour renflouer les caisses de l’État et pour donner des gages aux bailleurs internationaux, est donc de réduire la part de l’État, et singulièrement de l’armée dans les secteurs où elle n’a, théoriquement, pas grand chose à faire.

En avril 2022, l’exécutif a d’ailleurs annoncé devoir prendre des mesures drastiques, et notamment vouloir ouvrir avant la fin de 2022 le capital de certaines entreprises militaires et les introduire en bourse. Une liste des sociétés concernées a été élaborée, dont les stations-service du groupe Wataniya et la compagnie agro-alimentaire Safi, mais alors que la fin d’année approche, rien n’a été fait.

Difficile de se mettre l’armée à dos

Cette difficulté à mettre en pratique les ambitions affichées de désengagement a plusieurs explications. Il s’agit, d’abord, d’un virage à 180 degrés par rapport aux pratiques observées depuis l’arrivée au pouvoir Sissi, en 2013. Lui-même issu de l’armée, le maréchal devenu président n’a eu de cesse, les premières années, de s’appuyer sur les entreprises détenues par les militaires pour faire avancer sa politique économique. Vouloir aujourd’hui privilégier le privé et retirer à l’armée des sources de revenus qu’elle contrôle depuis des décennies demande volonté et courage.

Officiellement, le gouvernement a promis au FMI que le poids du secteur privé dans l’économie du pays allait doubler dans les trois années à venir, pour atteindre 65 %. Mais même du côté des possibles investisseurs privés, la prudence et les doutes persistent. Peu d’entre eux sont enclins à prendre des parts dans des entreprises qui risquent de se retrouver en concurrence frontale avec des firmes détenues par les militaires, lesquels possèdent la majorité des terres du pays, sont dispensés du paiement de nombreux impôts et taxes, et disposent, dans leurs casernes, d’une main-d’oeuvre pléthorique et payée sur le budget de l’État.

Pour Abdel Fattah al-Sissi, il est aussi très difficile de prendre le risque de se mettre à dos l’institution qui l’a formé, et qui demeure la plus influente du pays, y compris politiquement. Depuis la proclamation de la République égyptienne, le 18 juin 1953, les présidents successifs sont quasi exclusivement issus de l’armée, de Nasser à Sissi en passant par Moubarak. Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, faisait à cet égard figure d’exception, mais il a rapidement été renversé en 2013 par un coup d’État… organisé par les Forces armées nationales, dirigées par Sissi.

Avec Jeune Afrique

En 2021, la diaspora du Pool a envoyé 2 milliards au Congo, les gens de la Cuvette ont caché à l’étranger 200 milliards

novembre 8, 2022

A la sortie de la pandémie de Covid en 2021, les ressortissants du Pool éparpillés à travers le monde ont envoyé au Congo quelques 2 milliards Cfa par transfert à leurs familles alors que des dirigeants politiques de la Cuvette ont caché dans des banques à l’étranger 200 milliards cfa détournés à l’État.

C’est un rapport accablant qui circule en interne établi par des financiers et qui démontre à quel point la fuite des capitaux est loin de stopper au Congo. Une aile du régime de Mpila aurait diligenté cette enquête pour montrer au chef de l’État la différence des priorités de ses collaborateurs de la Cuvette.

Toujours en comparaison avec le département du Pool qu’ils considèrent comme leur véritable contre poids, ces financiers de la Cuvette ont conclu que pour l’année 2021, la diaspora du Pool a transféré au pays 2 milliards Cfa alors que de leur côté, les membres du régime de la Cuvette ont pu mettre à l’abri hors du pays quelques 200 milliards Cfa volés dans les caisses de l’État.

Une réalité qui prouve le paradoxe que le sentiment patriotique de certains Congolais et surtout sur la situation socio-économique.

Alors que la Banque mondiale prédisait une baisse importante des transferts d’argent en 2021, les travailleurs expatriés ont continué à massivement envoyer des fonds vers le continent. Dans certains pays, les effets de la crise sont néanmoins durement ressentis.

Réduction des salaires, suppression des travailleurs étrangers… Les prédictions de la Banque mondiale sur les transferts de fonds de  la diaspora en 2020-21 – années marquées par la pandémie de Covid-19 – n’étaient pas optimistes. Pourtant, les Africains expatriés ont envoyé à destination du continent 83,3 milliards de dollars en 2020 contre 86,2 milliards de dollars en 2019, soit une baisse de -3,4 %.

Au Congo par exemple, la diaspora du Pool a battu le record des transferts avec plus de 2 milliards. « A cause de la crise aiguë au Congo, la diaspora se saigne pour continuer d’envoyer de l’argent à leur famille», témoigne un expert financier Gabonais en poste à la BEAC de Brazzaville

L’Europe et les Etats-Unis sont les premières régions depuis lesquels les migrants envoient de l’argent dans les pays à faible revenu. Or c’est aussi là que la pandémie flambe actuellement. Les migrants, en particulier africains, sont davantage exposés à la crise. Malgré tout, la Banque mondiale a révisé le 29 octobre dernier ses estimations sur les transferts d’argent. Lors de la première vague, l’institution basée à Washington craignait que ces transferts chutent de 20% cette année. Elle table désormais sur une baisse de 7% en 2020 et de 7,5% en 2021.

«Enorme pression familiale»

Une relative bonne nouvelle qui n’étonne cet expert. Selon ses recherches, la plupart des fonds servent à couvrir des besoins de première nécessité: nourriture, médicaments, scolarisation ou frais de téléphonie et d’internet… L’argent sert donc à parer au plus urgent, plutôt qu’à favoriser le développement à long terme des pays pauvres.

«La pression familiale sur les migrants est énorme. Après un versement, on trouve un peu de tranquillité psychologique. De très nombreux Africains que j’ai interrogés ont aussi cité des raisons religieuses. Les migrants se sentent redevables envers leur communauté qui a financé et prié pour leur voyage»

Selon la Banque mondiale, les banques sont le canal le plus coûteux pour l’envoi d’argent, avec des commissions de 10,9% en moyenne. Suivent les offices postaux (8,6%), les entreprises comme Western Union (8,6%) et enfin les opérateurs de téléphonie mobile (2,8%). C’est vers l’Afrique qu’il est le plus cher d’envoyer de l’argent.

Tournant numérique?

Mais la pandémie redistribue les cartes. Des entreprises offrant des services de transfert par téléphone portable ont connu un afflux d’utilisateurs. «Je pourrais probablement être d’accord avec la Banque mondiale qui dit que le volume total des transferts d’argent va baisser, estimait récemment Dare Okoudjou, fondateur de l’entreprise MFS Africa, interrogé par l’agence Reuters. Mais quiconque dans le digital dirait qu’il gagne en volume et en parts de marché.»

En 2019, les transferts de la diaspora dans le monde avaient atteint la somme record de 548 milliards de dollars, dont 44 milliards pour l’Afrique. C’était davantage que les investissements étrangers (534 milliards de dollars) et beaucoup plus que l’aide publique au développement (166 milliards de dollars). En plus de la crise économique dans les pays d’immigration, les fermetures des frontières à cause du covid compliquent les déplacements et des migrants sont forcés de rentrer chez eux après avoir perdu leur emploi.

«En plus des considérations humanitaires, il faut soutenir les migrants qui travaillent dans les pays d’accueil en première ligne, dans les hôpitaux, les laboratoires, les fermes ou les usines, plaide Michal Rutkowski, directeur de la protection sociale à la Banque mondiale.

Avec Sacer-infos par Stany Frank

Blanchiment de fraude fiscale: Credit Suisse paie 238 millions d’euros pour éviter des poursuites pénales en France

octobre 24, 2022
Blanchiment de fraude fiscale: Credit Suisse paie 238 millions d'euros pour eviter des poursuites penales en France
Blanchiment de fraude fiscale: Credit Suisse paie 238 millions d’euros pour éviter des poursuites pénales en France© AFP/Archives/Fabrice COFFRINI

Credit Suisse, la deuxième banque helvétique, a accepté lundi de payer 238 millions d’euros en France pour éviter des poursuites pénales pour démarchage illégal de clients et blanchiment aggravé de fraude fiscale entre 2005 et 2012.

Cet accord, validé lundi par le président du tribunal de Paris, intervient une semaine après le règlement d’un litige aux Etats-Unis, concernant des titres adossés à des créances hypothécaires, et avant un point très attendu jeudi sur les projets du nouveau patron, Ulrich Körner, pour redresser le numéro deux du secteur bancaire helvétique, secoué par des scandales à répétition.

Le point sur sa stratégie donne lieu à d’intenses spéculations concernant surtout le montant d’une éventuelle augmentation de capital et sur les actifs que la banque pourrait vendre afin de trouver des fonds pour financer sa restructuration. Mais les investisseurs s’intéressent également de près aux factures pour les litiges afin d’évaluer les montants dont la banque aura besoin.

Procès évité

En acceptant de signer cette convention judiciaire d’intérêt public (Cjip) conclue avec le parquet national financier (PNF), Credit suisse AG s’évite un procès en France et solde son litige tant avec l’administration fiscale, à laquelle il versera 115 millions d’euros de dommages et intérêts, qu’avec le ministère public, en payant une amende de 123 millions d’euros.

L’enquête du parquet financier avait débuté en avril 2016 après la réception de signalements dans le cadre d’une entraide financière pour blanchiment de fraude fiscale et de démarchage bancaire illégal.

Les investigations ont révélé que 5.000 clients français disposaient d’un compte Credit Suisse depuis parfois plusieurs dizaines d’années, non déclaré à l’administration fiscale française.

Les avoirs dissimulés s’élevaient à 2 milliards d’euros, a rappelé le président du tribunal Stéphane Noël. Le fisc a imposé un redressement à l’ensemble des clients, pour un montant total de 168 millions d’euros.

« Le Credit Suisse n’envoyait aucun relevé de compte. Le démarchage ne respectait pas la législation française, les commerciaux se déplaçaient en France, en toute discrétion, « dans des hôtels, restaurants, jamais dans les locaux officiels de l’établissement français ».

Le PNF a calculé l’amende en prenant en compte des « facteurs majorants », à savoir « le caractère systémique, une période longue, la création d’outils pour dissimuler », a détaillé le procureur François-Xavier Dulin. « La banque a créé des structures offshores pour aider ses clients dans leur volonté de ne pas déclarer certains avoirs à l’administration française », a-t-il souligné.

Les montages mis en place permettaient aux clients qui le souhaitaient de rester anonymes, précise la convention judiciaire d’intérêt public.

Le PNF a aussi pris en compte les facteurs « minorants » que sont les « mesures correctrices prises par la banque, la coopération de la banque (avec la justice), l’indemnisation de 115.000 millions » au fisc.

Une page « se tourne »

La banque a douze mois pour payer ces sommes, en trois fois. « C’est une page historique, le vestige d’une ancienne époque que vient régler la banque », a insisté lors de l’audience l’avocat de la banque, Charles-Henri Boeringer.

Dans un communiqué, Credit Suisse a rappelé que cette convention judiciaire d’intérêt public n’incluait pas une reconnaissance de culpabilité et marquait « une étape importante dans la résolution proactive » des contentieux.

Avant Credit Suisse, HSBC Private Bank, une filiale suisse du géant bancaire britannique HSBC, avait déjà accepté de payer 300 millions d’euros pour échapper à un procès en France pour blanchiment de fraude fiscale en novembre 2017.

La semaine dernière, Credit Suisse était également parvenue à un accord avec le procureur général du New Jersey pour régler un litige concernant des titres adossés à des créances hypothécaires. Il s’agissait pour Credit Suisse du dernier litige aux Etats-Unis concernant ces produits structurés qui avaient été au coeur de la crise financière de 2008.

Fortement chahutée ces dernières semaines, l’action reprenait plus de 2,3 % en milieu d’après-midi à la Bourse suisse, les investisseurs accueillant favorablement le règlement d’un litige de plus.

Mi-octobre, l’agence de notation Standard & Poor’s avait souligné que tant que ces litiges du passé ne seraient réglés ils continueraient à « obscurcir la visibilité » sur les finances de la banque.

En 2014, Credit Suisse avait dû s’acquitter d’une lourde amende de 2,6 milliards de dollars aux Etats-Unis après avoir plaidé coupable d’avoir aidé des clients à mentir aux services fiscaux américains pour cacher des avoirs et revenus dans des comptes non-déclarés.

Par Le Point avec AFP

Sam Matekane, d’homme le plus riche du Lesotho à Premier ministre

octobre 16, 2022

Six mois après avoir lancé son parti, Sam Matekane écrase la concurrence et remporte les élections générales. Il devrait devenir le prochain chef du gouvernement et continuer d’écrire la légende d’un homme à qui tout réussit.

Sam Matekane, au centre de la photographie, à Maseru le 11 octobre 2022. © MOLISE MOLISE/AFP

C’est l’histoire d’un gamin du centre du Lesotho qui grandit au sein d’une fratrie de quatorze enfants. Le septième, Samuel Ntsokoane Matekane, dit Sam, renonce à une vie d’éleveur et descend de la montagne pour aller étudier dans un lycée de la capitale. Il serait exagéré de décrire Maseru comme la ville de tous les possibles, mais Sam Matekane s’y émancipe comme personne.

L’entrepreneur en herbe se fait la main en lançant une petite usine de fabrication de parpaings en 1986. Il investit ensuite dans la construction de routes, devient sous-traitant pour l’exploitation d’une mine de diamants (2004), s’essaie à l’aviation (2009), se diversifie dans l’immobilier et se risque à la politique à l’âge de 64 ans. Un business comme un autre pour Sam Matekane, qui pense diriger le futur gouvernement comme une entreprise.

L’argent comme carte de visite

Sa dernière start-up, c’est un parti baptisé Révolution pour la prospérité (RFP). Cette formation politique voit le jour en mars 2022 et porte Sam Matekane au pouvoir six mois plus tard, lors des élections générales du 7 octobre. L’ambitieux dit être entré dans l’arène par dégoût des coalitions qui déstabilisent le Lesotho depuis 2012. Aucun gouvernement n’a tenu bien longtemps au cours de la dernière décennie. Matekane rêve de la majorité absolue pour gouverner sans concession.

Avec l’argent comme carte de visite, il se fait un nom en lettres d’or chez les Basotho. C’est « l’homme le plus riche du pays », « l’homme au premier hélicoptère » et même « l’homme au jet privé ». On ne connaît pas l’étendue de sa fortune, mais Matekane a le succès qui brille et les jeunes électeurs sont sensibles à ses signes extérieurs de richesse.

PERSONNE NE REMET SA PAROLE EN QUESTION PARCE QU’IL A RÉUSSI.

La prospérité de son empire lui confère aussi un statut de leader. « Quand il dit « je vais faire ça comme ça », personne ne remet sa parole en question parce qu’il a réussi. Et ça, c’est nouveau en politique au Lesotho », analyse Tlohang Letsie, maître de conférence en études politiques et administratives à l’université du Lesotho. « Le pays connaît l’homme d’affaires respecté, pas l’homme politique », met en garde Montoeli Masoetsa, porte-parole de la Convention de tous les Basotho (ABC), qui a remporté seulement huit sièges. « C’est un homme compétent, il peut réussir à condition de s’entourer d’hommes politiquement matures », prévient-il dans un appel du pied.

Peu bavard, Sam Matekane se raconte avec les poncifs de son milieu d’entrepreneur. En interview, il récite l’histoire d’un homme parti de rien, qui s’est construit tout seul, qui a cru en ses rêves, qui a appris de ses échecs. Ce discours – entendu ailleurs – sonne moins creux au Lesotho, où les success stories ne courent pas les rues.

Gâté par la vie, Sam Matekane consacre une partie de son temps et de sa richesse à sa communauté à travers sa fondation. L’homme fait montre de sa philanthropie en développant son village natal de Mantšonyane, où 64,6% des électeurs ont voté pour lui. « Les infrastructures y sont meilleures que celles de la capitale », prétend David Mohapi, porte-parole du RFP. Ailleurs dans le pays, on se souvient surtout de son rôle dans la lutte contre le Covid-19.

Héros anti-Covid

En janvier 2021, Sam Matekane lance l’organisation Sesiu Sa Letšoele Le Beta Poho (L’unité est une force), destinée à centraliser les dons du secteur privé pour acheter des vaccins et acquérir du matériel de laboratoire. Il devient l’homme de la situation, tout en mettant en évidence les manquements du pouvoir en place. « Ensemble [avec le gouvernement], on s’est dit qu’il fallait essayer de sauver la nation », rejoue Sam Matekane lors d’une interview télévisée, en août 2021. Le voilà élevé au rang de héros. La suite de son intervention est moins admirable. « Si cette nation meurt de cette pandémie, demain nous n’aurons plus de consommateurs », confesse franchement le businessman.

Verra-t-il le Lesotho comme un marché une fois Premier ministre ? À la tête de la demande publique, il pourrait être tenté de favoriser le Matekane Group of Companies (MGC). « Vous allez voir qu’il va payer ses entreprises avec des fonds publics. Elles vont continuer à travailler pour le gouvernement. C’est de la corruption au plus haut niveau », accuse par anticipation Serialong Qoo, porte-parole du Congrès démocratique (DC). Ce parti, arrivé second des élections, devrait incarner l’opposition lors de la prochaine mandature. Sam Matekane se défend de tout conflit d’intérêt et affirme qu’il va se mettre en retrait de ses affaires.

Sam Matekane sera également contraint de déléguer une partie de son pouvoir. Les élections du 7 octobre ne lui ont pas permis d’atteindre la majorité absolue qu’il visait. Après avoir obtenu 56 sièges sur 120, son parti a dû négocier avec le Mouvement pour le changement économique (MEC) et l’Alliance des démocrates (AD) pour atteindre 65 sièges. La composition du prochain gouvernement et son programme dépendront de cette coalition.

Lutter contre la corruption

Lutter contre la corruption – « la pire des maladies » – sera l’une de ses priorités, a-t-il déclaré à la BBC. Il veut aussi mieux former et dépolitiser l’armée, qui s’est illustrée par des coups d’État (en 1986 et 1991) ou par des tentatives de putsch (2014). Ce qui n’a pas empêché le magnat de couvrir la Force de défense du Lesotho (LDF) de dons, en mars dernier, au moment de lancer son parti.

Au sein de la coalition, les trois alliés se sont mis d’accord sur un programme d’austérité. Ils promettent de diminuer les dépenses du gouvernement en évitant d’utiliser les résidences et les voitures officielles. Un sacrifice moindre pour cet amateur de belles voitures. Il n’aura qu’à se tourner vers sa collection personnelle : Rolls-Royce et Aston Martin sont à disposition.

Avec Jeune Afrique par Romain Chanson – à Johannesburg

« La main de Dieu » : le ballon touché par Maradona vendu aux enchères

octobre 13, 2022

Le ballon a été estimé entre 2,9 et 3,5 millions d’euros, rapporte la « BBC ». Il sera mis en vente le 16 novembre prochain par une société britannique.

Ce but de la main de Maradona avait ete suivi, quelques minutes plus tard d'un autre but, elu "but du siecle".
Ce but de la main de Maradona avait été suivi, quelques minutes plus tard d’un autre but, élu « but du siècle ».© ANP / ANP MAG / ANP via AFP

Un ballon historique. Le 16 novembre prochain, le ballon touché par Diego Maradona pour marquer son but dit de la « Main de dieu » va être mis aux enchères, révèlent nos confrères britanniques de la BBC. Selon la société de vente aux enchères en charge de ce dossier, Graham Budd Auctions, cette part de l’histoire du football est estimée entre 2,5 et 3 millions de livres sterling, soit entre 2,9 et 3,5 millions d’euros.

« Le timing du match, l’histoire entre les deux équipes et le but à la main ont fait de ce match l’un des plus célèbres et l’un des plus émouvants de l’histoire du football. Avec l’histoire entourant le ballon, nous nous attendons à ce que ce lot soit extrêmement populaire lorsqu’il sera mis aux enchères », a reconnu Graham Budd Auctions, auprès de nos confrères.

Le ballon a été estimé entre 2,9 et 3,5 millions d’euros.© Graham Budd Auctions

Il faut dire que le match entre l’Argentine et l’Angleterre, théâtre de ce but historique, s’est tenu le 22 juin 1986 en pleine Coupe du monde au Mexique. Or, la rencontre sportive intervenait quatre ans seulement après la guerre des Malouines qui avait vu s’opposer les deux nations, durant deux mois et douze jours. Côté sportif, cette victoire de l’Argentine avait ouvert la voie à l’Albiceleste pour s’emparer du trophée, une semaine plus tard.

Vers une vente record ?

Ce qualificatif de la « main de Dieu » est apparu après avoir été utilisé par l’auteur même de cette action. En effet, à l’issue du match, Diego Maradona avait indiqué ce but avait pu être réalisé « un peu avec la tête de Maradona et un peu avec la main de Dieu », lors d’une conférence de presse.

Depuis, le ballon était conservé par l’arbitre de la rencontre, le tunisien Ali Bennaceur. Désormais, il estime que le « ballon fait partie de l’histoire du football, c’est le bon moment pour le partager avec le monde ». Quant à son arbitrage, il s’est à nouveau défendu. « Je n’ai pas pu voir clairement l’incident, les deux joueurs Peter Shilton (gardien de but anglais, ndlr) et Maradona me faisaient face par-derrière. Conformément aux règles de la Fifa, j’ai demandé au juge de ligne de confirmer la validité du but », s’est-il rappelé, en marge de cette vente.

Or, le 20 novembre prochain doit s’ouvrir la première Coupe du monde depuis le décès de Diego Maradona, en novembre 2020. Ceci expliquant, peut-être, la mise en vente de ce ballon. Cette vente aura lieu dans le cadre d’un événement commémorant justement cette compétition mondiale. Les acheteurs intéressés pourront envoyer leurs offres dès le 28 octobre, sur une plateforme en ligne dédiée.

Ce n’est pas la première que des objets ayant gravité autour de Diego Maradona sont mis en vente. En mai dernier, le maillot porté par le joueur lors de ce même match du 22 juin 1986 avait été adjugé à 8,6 millions d’euros. Il n’est pas exclu de penser que cette nouvelle relique sportive pourrait battre tous les records.

Avec Le Point