Archive for the ‘Finances’ Category

Un grand nombre de personnalités nous ont quitté au cours de l’année 2020

décembre 30, 2020

Vie politique

 

© Fournis par La Presse Canadienne

Michel Gauthier, mort le 30 mai à l’âge de 70 ans

Michel Gauthier a été député péquiste de la circonscription de Roberval à l’Assemblée nationale de 1981 à 1988. Au cours des quatre premières années, il était l’adjoint parlementaire du ministre des Finances Jacques Parizeau. En 1993, il fait le saut sur la scène fédérale en adhérant au Bloc québécois. Il est élu député de Roberval de 1993 à 2004, puis de Roberval-Lac-St-Jean de 2004 à 2007. À la suite du départ de Lucien Bouchard, en 1996, il devient chef du Bloc, mais il rend son tablier l’année suivante. Son successeur le nomme leader parlementaire, poste qu’il gardera jusqu’en 2007. En 2018, il annonce son adhésion au Parti conservateur.

Andrée Champagne, morte le 5 juin à l’âge de 80 ans

Andrée Champagne amorce sa carrière de comédienne en interprétant pendant 15 ans le rôle de Donalda dans le téléroman «Les Belles Histoires des Pays d’en-Haut». Elle s’impliqua dans l’Union des artistes dont elle fut successivement vice-présidente puis secrétaire générale, de 1981 à 1984, fondant notamment Le Chez-nous des artistes. En 1984, cette fédéraliste convaincue se lance en politique. Elle est élue députée progressiste-conservatrice de Saint-Hyacinthe-Bagot. Elle est brièvement ministre d’État à la Jeunesse et vice-présidente de la Chambre des communes. Défaite en 1993, elle revient aux petit et grand écrans. Elle a notamment tenu des rôles dans «Scoop», «Omertà» et «Juliette Pomerleau». Pendant une dizaine d’années, elle a aussi fait du doublage pour des films et des jeux informatiques, dans les deux langues officielles. Paul Martin la nomme au Sénat 2005.

Marc-André Bédard, mort le 25 novembre à l’âge de 85 ans

L’ancien ministre péquiste Marc-André Bédard était un fidèle parmi les fidèles de René Lévesque. Après un essai infructueux en 1970, il est élu dans la circonscription de Chicoutimi en 1973. Trois ans plus, il devient ministre de la Justice, poste qu’il occupera jusqu’en mars 1984. À ce titre, il participe à l’adoption de plusieurs réformes dont la création du Conseil de la magistrature. Sur son impulsion, de nombreux amendements sont apportés à la Charte des droits, interdisant la discrimination contre les homosexuels et les personnes handicapées. Il modifie le processus de nomination des juges, mettant fin aux mandats à vie pour les remplacer par des mandats de sept ans non renouvelables. Il participe aussi à la réforme du Code civil. M. Bédard fut l’un de ceux qui prônèrent la démarche référendaire avant d’accéder à la souveraineté.

Aussi décédés: Jean-Noël Tremblay (23 janvier); Louise Robic (13 mars); Albert Côté (18 avril); Aileen Carroll (19 avril); Francis Dufour (25 mai); Reed Scowen (28 mai); Yvon Lamarre (2 juin); David Cliche (19 juillet); Bernard Cleary (27 juillet); Joe Norton (14 août); John Turner (19 septembre); Suzanne Tremblay (26 septembre); Don Mazankowski (27 octobre); Max Gros-Louis (14 novembre); Alfonso Gagliano (12 décembre).

À l’étranger: Mike Moore (2 février); Hosni Moubarak (25 février); Javier Perez de Cuellar (4 mars); John Lewis (17 juillet); Brent Scowcroft (6 août); Pascal Lissouba (24 août); Amadou Toumani Touré (10 novembre); Valéry Giscard d’Estaing (2 décembre).

Vie financière

Roger D. Landry, mort le 1er février à l’âge de 86 ans

Celui qui est considéré comme le «père» de la mascotte Youppi a mené une longue carrière dans le secteur des relations publiques. Après avoir occupé des fonctions importantes au sein de la Sûreté du Québec et d’Expo 67, il devient vice-président aux Affaires publiques du projet de développement de Rayonier Québec sur la Côte-Nord. Les Expos de Montréal le recrutent en 1977 à titre vice-président au marketing. En 1980, il succède à Roger Lemelin au poste de président et éditeur du journal «La Presse», poste qu’il occupe jusqu’en 2000. M. Landry s’implique sur la scène politique municipale, devenant en 2005 chef de cabinet de l’ancien maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque. Il ne quittera ses fonctions que 12 ans plus tard.  

Jacques Ménard, mort le 4 février à l’âge de 74 ans

Jacques Ménard a été président des activités québécoises de la Banque de Montréal de 2001 à 2018. Il a occupé plusieurs postes d’administrateur au fil des années et a notamment présidé les conseils d’administration d’Hydro-Québec, de la Bourse de Montréal, de Trans-Canada Options Corporation et de l’Association canadienne des courtiers en valeurs mobilières. Il a également été vice-président du conseil de Gaz Métro et administrateur pour l’Orchestre symphonique de Montréal, WestJet, Claridge, Rona, Bowater, le Conseil canadien sur la reddition de comptes et plusieurs autres organismes de l’industrie des valeurs mobilières. M. Ménard a également été président de l’équipe de baseball des Expos de Montréal, et avait accepté de jouer le rôle de banquier pour George Gillett lorsque l’homme d’affaires américain a vendu, en 2009, le club de hockey Canadien de Montréal à un groupe dirigé par la famille Molson.

Claude Castonguay, mort le 12 décembre à l’âge de 91 ans

Reconnu comme le «père» de l’assurance-maladie au Québec, Claude Castonguay a laissé sa marque dans de nombreux domaines. L’un des principaux artisans de la Révolution tranquille, il devient ministre de la Santé après les élections québécoises de 1970. Non seulement il fait adopter la loi créant l’assurance-maladie, il lance une vaste réforme du système de la santé, créant notamment les CLSC. Après son passage en politique, il entre chez La Laurentienne en 1976, qu’il dirige six ans après son arrivée. Selon lui, son meilleur coup demeure l’achat de la Banque d’épargne qui deviendra la Banque Laurentienne au milieu des années 1980. Il revient sur la scène politique lorsque Brian Mulroney le nomme au Sénat en 1990. M. Castonguay est demeuré actif pendant toute sa vie, intervenant dans les débats qui l’intéressaient.

Aussi décédés: Claude Beauchamp (12 avril); Maurice LeClair (25 avril); Max Ward (2 novembre).

À l’étranger: Jacques Calvert (8 avril); Marcel Ospel (26 avril); Ian Taylor (8 juin); Nemir Kirdar (9 juin); Stuart Wheeler (23 juillet); Cesare Romiti (18 août); Sumner Redstone (11 août); Moussa Traoré (15 septembre); Alan S. Boyd (17 octobre); Charles-Henri Flammarion (9 novembre).

Vie civile

Fernard Daoust, mort le 23 janvier à l’âge de 93 ans

Fernand Daoust a marqué l’histoire du syndicalisme québécois pendant plusieurs décennies en oeuvrant à la FTQ. Dans l’esprit populaire, «le grand Fernand» est indissociable de «Ti-Louis», Louis Laberge, son «acolyte» à la tête de la plus grande centrale syndicale du Québec. Il est devenu secrétaire général de la FTQ en 1969 et a occupé cette fonction de numéro deux de la FTQ jusqu’en 1991, date à laquelle il en est devenu président. Dès la création du Fonds de solidarité FTQ en 1983, il avait été nommé premier secrétaire. M. Daoust nourrissait une autre passion : la défense de la langue française. En 1977 d’ailleurs, il devenait membre du conseil d’administration de l’Office de la langue française. Il a aussi été membre du Mouvement Québec français.

Roger Nicolet, mort le 24 janvier à l’âge de 88 ans

À titre d’ingénieur, Roger Nicolet a été étroitement associé à plusieurs réalisations grandioses, dont la pyramide du Musée du Louvre à Paris, le Village olympique, la place Montréal Trust, la Place Bonaventure, la Place Ville-Marie et le pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine. On le trouve à la tête de l’Ordre des ingénieurs du Québec de 1997 à 2002. Il a été président de la Commission chargée de faire enquête sur le désastre au Saguenay en 1996 et président de la Commission chargée d’analyser les événements relatifs à la tempête de verglas de janvier 1998. Il a aussi siégé à la Commission sur l’avenir politique et constitutionnel du Québec, souvent désignée comme la commission Bélanger-Campeau. En 2006, il est nommé à la Commission d’enquête sur l’effondrement du viaduc du boulevard de la Concorde. M. Nicolet a aussi été maire d’Austin de 1976 à 2009.

Madeleine Juneau, morte le 26 juin à l’âge de 74 ans

Figure de proue de la connaissance du patrimoine montréalais, Madeleine Juneau a grandement contribué à l’essor de la Maison Saint-Gabriel, un lieu historique. Après une carrière d’enseignante, elle devient en 1984 directrice des services éducatifs de l’établissement, avant d’en assumer la direction générale en 1997. Sous sa houlette, l’endroit est devenu un lieu fort visité. Mme Juneau a été pendant six ans présidente de la Société des directeurs des musées montréalais.

Aussi décédés: Francis Plummer (4 février); Louis-Edmond Hamelin (13 février); William Johnson (2 mars); Jean Truchon (7 avril); Sylvie Vincent (30 avril); Jean-Marc Chaput (6 juin); Deborah Zamble (6 juillet); Martial Bourassa (28 juillet); Jean-Marie Brochu (22 août); Romain Bruno Légaré (30 septembre); Louis Fortier (4 octobre); Pergy Schmeiser (13 octobre);  Michel Auger (1er novembre).

 À l’étranger: Stanley Cohen (5 février); Jean Daniel (19 février); Philip Warren Anderson (29 mars); Oliver Williamson (21 mai); Flossie Wong-Staal (8 juillet); Gisèle Halimi (28 juillet); Frances Allen (4 août); Russell Kirsch (11 août); Masahiro Koishikawa (26 août); Ruth Bader Ginsburg (18 septembre); Mario J. Molina (7 octobre); Chuck Yeager (7 décembre).

Vie culturelle

Renée Claude, morte le 12 mai à l’âge de 80 ans

Son nom seul réveille le souvenir de refrains qui ont bercé les années 1960 et 1970: «Shippagan», «Le Début d’un temps nouveau», «Ce soir, je fais l’amour avec toi», «Viens faire un tour», «C’est notre fête aujourd’hui», «La Rue de la Montagne», «Le Tour de la terre»… Renée Claude aura prêté sa voix chaude et vibrante aux paroles et aux musiques des Stéphane Venne, Michel Conte, Luc Plamondon ou André Gagnon. Sa voix ronde et claire, sans effets inutiles de prouesses lyriques, était toute destinée à servir d’écrin aux oeuvres des créateurs d’ici. Moins présente sur les palmarès à partir des années 1980, l’élégante chanteuse a prêté ensuite sa voix sublime aux chansons de Clémence Desrochers, Léo Ferré et George Brassens. Elle a aussi été de la création de l’opéra romantique «Nelligan» en 1990. 

Monique Mercure, morte le 17 mai à l’âge de 89 ans

Aussi active au cinéma qu’à la télévision et sur scène, Monique Mercure a su incarner avec autant de talent une des deux «Bonnes» de Jean Genet, une des «Deux femmes en or» de Claude Fournier ou une des deux vieilles jumelles dans «Saints-Martyrs-des-Damnés» de Robin Aubert. Elle est devenue, en 1977, la première Québécoise à remporter le prix d’interprétation féminine à Cannes pour son rôle de Rose-Aimée dans «J.A. Martin photographe». Elle a aussi tout joué au théâtre, des classiques grecs aux grands contemporains. Elle était la Rose Ouimet des «Belles-Soeurs» en 1971 au TNM, et elle a dirigé l’École nationale de théâtre, à Montréal, pendant toutes les années 1990. On l’a vue dans le téléroman «Mémoires vives», mais surtout dans «Providence» où elle incarnait Édith Beauchamp, un rôle qui lui a valu le prix Gémeaux de la meilleure interprétation féminine en 2007 et en 2009, et le prix Artis en 2008 et en 2009.

Michel Dumont, mort le 13 août  à l’âge de 79 ans

Cet acteur a joué dans plus de 75 pièces à «son» théâtre de la Place des arts, mais aussi sur d’autres scènes à Montréal et dans les tournées de la compagnie Jean-Duceppe. Il a été par ailleurs très présent à la télévision, où il a tenu des rôles de premier plan, notamment dans «Monsieur le Ministre», «Des dames de coeur», «Omerta» et plus récemment «Yamaska». Et pendant 27 ans de cette carrière très remplie, Michel Dumont occupera toujours ses fonctions de directeur artistique «chez Duceppe», où il s’est fait un point d’honneur de présenter chaque année au moins une oeuvre québécoise, de 1991 à 2017. 

Aussi décédés: Thérèse Dion (17 janvier); Marguerite Lescop (3 avril); Ghyslain Tremblay (7 avril); Jean Nicol (11 mai); Michelle Rossignol (18 mai); Yves Létourneau (26 mai); Marie-Christine Lévesque (16 juillet); Louise Renaud (19 octobre); Jacques Godin (26 octobre); Michel Mongeau (74 ans); Christian Mistral (23 novembre); André Gagnon (3 décembre).

À l’étranger: Kirk Douglas (5 février); Claire Bretécher (10 février); Clive Cussler (24 février); Manu Dibango (24 mars); Albert Uderzo (24 mars); Lee Konitz (15 avril); Idir (2 mai); Mory Kanté (22 mai); Ennio Morricone (6 juillet); Alan Parker (31 juillet); Juliette Gréco (23 septembre); Quino (30 septembre); Eddie Van Halen (6 octobre); Éric Assous (12 octobre); Sean Connery (31 octobre), John le Carré (12 décembre); Claude Brasseur (22 décembre).

Vie sportive

Henri Richard, mort le 6 mars à l’âge de 84 ans

Henri Richard est le joueur ayant remporté le plus grand nombre de coupes Stanley dans l’histoire de la LNH. Cet ancien joueur de centre était le frère cadet de Maurice «Rocket» Richard. Ce lien et sa stature de cinq pieds sept, 160 livres lui ont d’ailleurs valu le surnom de «Pocket Rocket». Capitaine du Canadien de Montréal de 1971 à 1975, après le règne de 10 ans de Jean Béliveau, Richard a joué pendant 20 saisons dans la Ligue nationale de hockey, toutes avec le Tricolore, entre 1955 et 1975. Il s’agit d’une marque d’équipe, qu’il partage avec Béliveau. Il a fait graver son nom sur le précieux trophée en 11 occasions. Malgré sa petite taille, Richard a pris part à 1256 matchs de saison régulière dans la LNH, un autre sommet dans l’histoire du Tricolore. Il a totalisé 358 buts et 688 mentions d’aide pour une récolte de 1046 points, le troisième plus haut total chez le Canadien derrière Guy Lafleur (1246) et Béliveau (1219). Richard a ajouté 129 points en 180 rencontres éliminatoires, incluant 49 buts.

Pierre Lacroix, mort le 13 décembre à l’âge de 72 ans

Ancien agent de joueur, Pierre Lacroix devient directeur général des Nordiques de Québec en 1994. À ce titre, il supervise le déménagement de la concession vers le Colorado, où il continuera d’occuper ces fonctions jusqu’en 2006. Il est ensuite devenu président de l’organisation, un rôle qu’il a joué pendant près de sept ans, avant de s’effacer en adoptant le titre de conseiller spécial. M. Lacroix aura été le grand architecte des conquêtes de la coupe Stanley par l’Avalanche du Colorado en 1996 et en 2001, réussissant à faire les acquisitions de joueurs clés comme Patrick Roy, Claude Lemieux et Raymond Bourque. 

Derek Aucoin, mort le 26 décembre à l’âge de 50 ans

Ce natif de Lachine est l’un des rares Québécois à avoir atteint les Ligues majeures de baseball, même si ce fut pour une très brève période. Il a fait partie de l’organisation montréalaise à compter de 1989, participant à deux matchs avec les Expos en 1996. En deux manches et deux tiers il a permis un point et trois coups sûrs, avec un but sur balles et un retrait au bâton. Il a aussi lancé dans les filiales des Mets de New York, en 1998. 

Aussi décédés: Pat Stapleton (8 avril); Eddie Shack (25 juillet); Dan Yochum (26 août); Dale Hawerchuk (18 août); Raymond Daviault (6 novembre); Howie Meeker (8 novembre).

À l’étranger: Kobe Bryant (26 janvier); Mickey Wright (17 février); Al Kaline (6 avril); Stirling Moss (12 avril); Don Shula (4 mai); Ashley Cooper (22 mai); Tom Seaver (30 août); Lou Brock (6 septembre); Bob Gibson (2 octobre); Paul Hornung (13 novembre); Diego Maradona (25 novembre); Paolo Rossi (9 décembre); Kevin Greene (21 décembre).

Avec La Presse Canadienne

Canada: Plus de 3315 aspirants préposés aux bénéficiaires ont quitté le programme

décembre 22, 2020

Des 9866 volontaires inscrits à la formation accélérée de préposés aux bénéficiaires (PAB) en juin, seuls 6551 prêtent main-forte aujourd’hui dans les CHSLD. Ceux qui sont partis doivent rendre la bourse reçue du gouvernement, ce qui n’est pas simple.

Èva Benoit-Dragon à proximité de son nouveau travail dans un dépanneur de Saint-Jérôme.

© Ivanoh Demers/Radio-Canada Èva Benoit-Dragon à proximité de son nouveau travail dans un dépanneur de Saint-Jérôme.

La vie d’Èva Benoit-Dragon a changé depuis l’échec de sa formation de PAB. La Montréalaise de 21 ans a dû retourner vivre chez ses parents à Saint-Jérôme et elle doit travailler dans un dépanneur.

«J’ai une grosse dette et je sais que ça va prendre du temps à la rembourser.» Elle doit remettre les 6140 $ de bourse du gouvernement qu’elle a reçus durant ses deux mois d’alternance travail-études en CHSLD.

Cet argent, elle ne l’a pas. Elle en a dépensé une bonne partie pour payer son loyer des derniers mois, sa nourriture et s’occuper de son frère. «Je ne pouvais pas m’inscrire à la PCU et je n’ai pas le droit au chômage, car je n’ai pas accès à une cessation d’emploi, puisqu’il s’agit d’études», explique-t-elle.

Plusieurs syndicats de préposés nous ont fait part de situations semblables.

Remboursement obligatoire en cas d’échec ou d’abandon

Le contrat qu’elle a signé était clair : en plus de réussir la formation, les aspirants PAB doivent offrir une disponibilité d’un an. En cas d’abandon ou d’échec, ils doivent rembourser la bourse de formation, qui atteint un maximum de 9210 $.

Èva Benoit-Dragon n’a pas été jugée assez compétente par ses formateurs, mais c’est seulement deux jours avant la fin des 375 heures de formation requises qu’ils le lui ont annoncé. Juste avant qu’elle ne puisse toucher le dernier paiement de sa bourse.

«Je me sens extorquée et flouée», dit-elle.

Elle reconnaît quelques «petites erreurs» durant sa formation, comme avoir oublié de porter des gants à une reprise, mais rien ne lui laissait présager qu’elle allait être écartée du jour au lendemain. «J’ai fait les heures qu’ils m’avaient dit de faire, on me disait que je faisais des progrès.»

«Ça manque d’humanité. Elle s’est fait jeter comme une vieille chaussette», dénonce le député de Rosemont de Québec solidaire, Vincent Marissal, qui a été contacté par la jeune femme, désespérée. «Peut-être que certains auraient besoin de plus de temps de formation.»

Le député de Québec solidaire rappelle que «ces gens-là ont travaillé en CHSLD durant leur formation, ils ont quand même donné des services».

Le ministère de la Santé explique que le remboursement n’est pas requis pour un candidat qui échoue pour une raison liée à une incapacité cognitive ou une maladie. «Un traitement humain au cas par cas est donc privilégié», ajoute le porte-parole Robert Maranda.

De plus, le ministère précise que «le candidat et l’établissement de santé et services sociaux qui a octroyé la bourse peuvent convenir d’une entente de remboursement étalée sur un nombre de mois convenu entre les parties».

Enfin, le contrat signé par les aspirants PAB prévoit la possibilité de retrancher du montant total le prorata du temps travaillé. Ce n’est toutefois pas ce qui a été proposé à Èva Benoit-Dragon.

La jeune femme avait été sélectionnée au départ parmi 80 000 volontaires. Le gouvernement avait un urgent besoin de 10 000 préposés dans les CHSLD de la province. Puisque seulement 6551 sont au travail, Québec a déjà prévu la formation de nouvelles cohortes pour ajouter 3000 personnes de plus.

Avec Thomas Gerbet par Radio-Canada

RDC/Présidence du Sénat : Alexis Thambwe Mwamba prêt à rendre le tablier

décembre 16, 2020

Après la défenestration du bureau de la chambre basse du Parlement présidé par Jeanine Mabunda à la faveur d’une pétition initiée à son encontre, laquelle pétition a recueilli l’avis favorable les députés nationaux, c’est au tour des sénateurs de se mettre au pas.

Alexis Thambwe Mwamba - Alchetron, The Free Social Encyclopedia

Alexis Thambwe Mwamba

Une pétition lancée contre le président de la chambre haute, Alexis Thambwe Mwamba, poursuit son cours normal. Au stade actuel, à en croire des indiscrétions, elle aurait déjà recueilli plus de soixante-dix signatures sur les cent neuf sénateurs. Alexis Thambwe Mwamba qui ne paraît pas être ébranlé par cette pétition qu’il savait inévitable après le coup réussi à l’Assemblée nationale, s’est dit disposé à quitter le perchoir de la chambre haute dès la réception de la pétition contre lui et son bureau. Il l’a déclaré, le 15 décembre, dans son discours de clôture de la session ordinaire de septembre.

Bien qu’il se soit empêché de mettre une emphase sur la crise politique actuelle marquée par la rupture de la coalition FCC-Cach, le président du Sénat a tout de même exprimé son embarras face à l‘avenir politique immédiat du pays qui semble ne pas lui donner des signaux rassurants. Il a, de ce fait, indexé certains acteurs politiques qui se livreraient, d’après lui, à un jeu dangereux détournant l’attention des vraies attentes du peuple sur l’amélioration de son quotidien.

Ces attentes des Congolais touchent aussi bien la faible mobilisation des recettes publiques que l’insécurité chronique qui déstabilise les structures sociales et économiques dans la partie est du pays, privant ainsi le peuple congolais de la paix. Et d’ajouter que  le peuple congolais se demande : « Que va apporter cette gesticulation politique sur l’amélioration de son quotidien et que présage cette crise sur l’avenir du Congo ? ». Rien, a indiqué le speaker de la chambre haute « ne nous permet de lui réserver un tel traitement ». Poursuivant sur la même lancée, il dégaine : « Il est possible qu’effectivement quelques problèmes nous éloignent les uns des autres ou carrément nous opposent. Dans une démocratie, toutes les questions trouvent leurs réponses dans la Constitution et les lois de la République ».

A tout prendre, c’est un Alexis Thambwe Mwamba visiblement affecté par les derniers développements de l’actualité politique du pays qui s’est livré devant ses pairs arborant un profil bas tranchant avec la suffisance qu’on lui a toujours attribuée. « L’impression d’être devant des questions insolubles procède simplement de la mauvaise compréhension et définition du problème. Malheureusement, les effets de cette incertitude politique dans laquelle le pays gît sont graves et se manifestent sur différents plans de la vie nationale », a-t-il décrié.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

Le ratio d’endettement des ménages grimpe à 170,7 %, indique Statistique Canada

décembre 13, 2020

OTTAWA — Les ménages canadiens traînaient en moyenne une dette de 1,71 $ pour chaque dollar de leur revenu disponible au troisième trimestre, a indiqué vendredi Statistique Canada.

© Fournis par La Presse Canadienne

Selon l’agence fédérale, la dette des ménages exprimée en pourcentage du revenu disponible est passée à 170,7 % au troisième trimestre, comparativement à 162,8 % au deuxième trimestre. 

Ce ratio restait néanmoins inférieur à celui du quatrième trimestre de 2019, alors que les ménages devaient 1,81 $ pour chaque dollar de leur revenu disponible. 

«En ayant plus d’argent et moins de dépenses, les ménages ont été capables de rembourser une partie de leur dette à la consommation. Et même s’il y a eu une récente hausse, cela reste inférieur aux niveaux observés plus tôt cette année», a souligné Priscilla Thiagamoorthy, économiste chez BMO Marchés des capitaux, dans une note à ses clients. 

L’encours de la dette sur le marché du crédit a augmenté de 1,6 % au troisième trimestre, pendant que le revenu disponible des ménages diminuait de 3,1%, les Canadiens se remettant des pertes d’emplois attribuables à la pandémie de COVID-19, a expliqué l’agence. Les ménages à plus faible revenu avaient tendance à avoir un ratio d’endettement plus élevé, a indiqué l’agence. 

Même si l’emploi a augmenté au cours du trimestre pour se situer à moins de 3,7 % de son niveau d’avant la pandémie en février, cela n’a pas suffi pour contrebalancer la fin des programmes gouvernementaux de soutien au revenu, et cela a entraîné une réduction de près de 50 % des prestations d’assurance-emploi. 

Mais avec les restrictions liées à la COVID-19, les gens ne se sont pas beaucoup éloignés de la maison. L’épargne des ménages est restée élevée et a atteint 56,8 milliards $ au cours du trimestre, a précisé Statistique Canada, en baisse par rapport au record de 90,1 milliards $ au deuxième trimestre, puisqu’un moins grand nombre de Canadiens ont eu recours aux programmes de soutien du revenu et aux reports de paiement. 

Valeur nette des ménages en hausse 

Les ménages ont aussi profité d’une hausse «notable» de la valeur des actions de fonds communs de placement, la Bourse de Toronto ayant progressé de 3,9 % pendant la période de trois mois. Dans l’ensemble, la valeur nette des ménages canadiens a grimpé de trois pour cent à 12 300 milliards $. 

«La distribution de la richesse a tendance à être hautement inégale à travers les groupes de revenus, et en conséquence, les récents gains de la valeur nette ont profité de façon disproportionnelle aux Canadiens qui s’en sortaient déjà mieux», a observé Ksenia Bushmeneva, économiste au service d’études économiques de la Banque TD, dans une note à ses clients. 

«De façon générale, les individus les plus fortunés ont enregistré de plus fortes augmentations de leur épargne puisqu’ils étaient plus susceptibles de conserver leur emploi tout en réduisant leurs dépenses discrétionnaires, comme les voyages et les restaurants, qui n’étaient largement pas disponibles.» 

En outre, il y a eu une augmentation record des emprunts hypothécaires, a précisé Statistique Canada, et l’investissement dans le logement a atteint son plus haut niveau jamais enregistré alors que les coûts d’emprunt se sont maintenus à des niveaux historiquement bas. 

La dette hypothécaire a atteint 1630 milliards $, la demande pour les prêts hypothécaires ayant grimpé à un nouveau sommet de 28,7 milliards $. 

«Manifestement, l’argent comptant n’est pas toujours roi, et le fait d’avoir des biens — (qu’il s’agisse) d’actifs financiers ou immobiliers — a vraiment valu la peine cette année, avec la reprise des valeurs mobilières et des prix de l’immobilier», a écrit Mme Bushmeneva. 

Dans son rapport, Statistique Canada a aussi rapporté que le ratio du service de la dette des ménages — qui exprime le total des paiements obligatoires du capital et des intérêts sur la dette sur le marché du crédit en proportion du revenu disponible — avait grimpé à 13,22 %, après avoir été de 12,36 %. Il avait reculé plus tôt cette année, en raison des programmes de reports de paiements liés à la pandémie de COVID-19. Plusieurs de ces programmes ont pris à la fin du troisième trimestre, a souligné Statistique Canada. 

«Les finances des ménages canadiens sont en meilleure santé cette année, surtout grâce aux transferts gouvernementaux sans précédent qui ont gonflé les revenus d’ensemble», a noté M. Thiagamoorthy. 

Avec Anita Balakrishnan, La Presse Canadienne

Canada: Jusqu’à 150 $ l’heure pour du personnel infirmier d’agences au Québec

décembre 3, 2020

Un nombre grandissant d’infirmiers et d’infirmières quittent le réseau public pour offrir leurs services à des agences de placement. Des agences qui peuvent facturer plus de 100 $ de l’heure.

Le recours au personnel infirmier d’agences de placement s’est accentué avec la pandémie.

© Ivanoh Demers/Radio-Canada Le recours au personnel infirmier d’agences de placement s’est accentué avec la pandémie.

«Une infirmière d’agence coûte, en temps normal, 65 $ à 75 $ l’heure», explique le président du Groupe Santé Arbec, qui gère plus d’une douzaine de milieux d’hébergement, dont des CHSLD privés non conventionnés sous contrat avec le gouvernement.

Mais depuis cet automne, les règles du jeu ont changé, a-t-il constaté.

«[Les agences] nous appellent dernièrement, et ça, on n’avait jamais vu ça avant la COVID. [Elles] disent : ‘’On va rentrer en fin de semaine, on va combler vos besoins, mais à temps double!» explique Paul Arbec.

Même s’il parvient à s’entendre pour du temps et demi, le coût demeure exorbitant.

Paul Arbec, président et chef de la direction du Groupe Santé Arbec

© /Radio-Canada Paul Arbec, président et chef de la direction du Groupe Santé Arbec

«Notre modèle d’affaires n’est pas basé sur ces salaires-là, évidemment!», explique-t-il.

En septembre, M. Arbec mentionnait combler entre 15 % et 30 % de ses besoins en main-d’œuvre infirmière par l’entremise des agences.

Selon lui, «il y a une inflation considérable et, pense-t-il, un certain abus de la part des agences.»

Le gouvernement a pourtant publié, au mois de mai, un arrêté ministériel plafonnant à moins de 75 $ le tarif horaire d’un «prestataire de services» pour du personnel infirmier.

Selon la présidente de l’Association des entreprises privées en soins de santé en personnel soignant du Québec, Hélène Gravel, «s’il y a des gens qui le font (en facturant du temps double) ils trichent tout simplement, ça ne devrait pas se faire.»

Des agences populaires

Le recours au personnel infirmier d’agences de placement s’est accentué avec la pandémie.

Selon les données du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), le nombre d’heures confiées aux agences de placement, dont les infirmières, a presque doublé depuis le début de la pandémie et pourrait atteindre cette année à 13,6 millions d’heures, l’équivalent d’environ 7500 postes temps complet.

En août, le ministre Christian Dubé précisait, dans son plan d’action pour contrer une potentielle deuxième vague d’éclosions, son intention «d’éliminer la mobilité de la main-d’œuvre, incluant la main-d’œuvre indépendante (sous réserve d’une rupture de services).»

Ces jours-ci, la création de postes à temps plein et la question des ratios patients-infirmières sont au cœur des négociations d’une convention collective dans le réseau public.

On compte au Québec environ 60 000 infirmières dans le réseau public, dont 55 % à temps plein et 45 % à temps partiel.

À la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) on constate également avoir perdu aux agences des membres syndiqués de CHSLD privés.

Choisir son horaire

Julien Rainville-Lajoie est un jeune infirmier qui a choisi, il y a deux ans, de travailler pour une agence de placement privé. Il travaille présentement à l’hôpital régional de Rimouski aux soins intensifs.

Ce dernier explique avoir fait ce choix «pour la liberté des horaires.»

L'infirmier Julien Rainville-Lajoie

© /Radio-Canada L’infirmier Julien Rainville-Lajoie

«En agence, on peut refuser le temps supplémentaire obligatoire, explique M. Rainville-Lajoie. C’est nous qui décidons si on veut rester ou pas.»

«Je peux facilement avoir mon congé et je peux aussi prendre un mois de congé si j’ai envie de partir en voyage, ajoute-t-il. Je ne suis pas obligé avec les décrets de travailler à temps complet.»

Et c’est sans compter la rémunération plus élevée.

«C’est facilement le double de ce que je faisais avant, explique-t-il. On ne paie pas de cotisation au fonds de pension donc, oui, on doit cotiser nous-mêmes, mais c’est très, très faisable.»

Radio-Canada a recueilli des dizaines de témoignages d’infirmiers et infirmières qui, comme M Rainville-Lajoie, affirment avoir quitté leur poste pour améliorer leur sort en travaillant en agence.

Un petit exode que reconnaît Denis Cloutier, président du Syndicat des professionnels en soins de l’Est de l’île de Montréal (FIQ).

«Depuis l’application de l’arrêté au mois de mars, les gens sont épuisés, ils se font annuler des vacances, des congés, explique M. Cloutier. Puis, ils n’ont plus aucun droit de regard sur leurs conditions de travail, ce qui les pousse beaucoup à quitter le réseau !»

Le matin de l’entrevue, M.Cloutier venait d’apprendre que trois infirmières quittaient le CIUSSS de l’Est-de-l’ile-de-Montréal pour des agences de placement privé.

Denis Cloutier, président du Syndicat des professionnelles en soins de l'Est-de-l'Île-de-Montréal

© /Radio-Canada Denis Cloutier, président du Syndicat des professionnelles en soins de l’Est-de-l’Île-de-Montréal

Parmi les solutions, ce dernier suggère le modèle adopté en Colombie-Britannique «où on a dit :  »un réseau, un employeur ».»

«Clairement, dans une région comme Montréal, s’ils empêchaient le public d’embaucher des agences, beaucoup des infirmières des agences n’auraient pas le choix de revenir dans le réseau. Il resterait aux agences le secteur privé et les régions éloignées.»

Paul Arbec rappelle également que la bonification des contrats avec les CHSLD privés non conventionnés, attendue depuis plusieurs mois, pourrait leur permettre d’offrir des salaires concurrentiels.

«On entend qu’on s’enligne dans la bonne direction avec des négociations, […] mais c’est une situation qui ne peut pas perdurer, insiste-t-il. On peut faire des déficits pendant une période donnée, mais on ne peut pas faire des déficits à pu finir, à un moment donné on va frapper un mur.»

Avec Radio-Canada par  Daniel Boily, Davide Gentile

Afrique : 15 000 de dollars de caution pour voyager vers les USA

novembre 27, 2020

Se rendre aux USA sera désormais conditionné au paiement d’une caution allant de 5000 à 15 000 de dollars. Il est imposé par le gouvernement Trump aux ressortissants de 15 pays africains, dont le taux de violation des délais de visa dépasse les 10%.

L’administration américaine, toujours dirigée par Donald Trump jusqu’au 20 janvier 2021, vient de prendre une décision qui rendra difficiles les voyages vers les Etats-Unis pour les ressortissants de 15 pays africains. Ceux-ci seront désormais contraints de déposer une caution qui peut aller de 5000 à 15 000 de dollars en plus des frais de visa.

Cette décision est déjà critiquée par plusieurs observateurs qui dénoncent une violation des règles de l’immigration. Mais le département d’Etat américain qui est compétent en matière de services des visas explique que cette décision s’impose à des pays, dont le taux de dépassement des délais de visa sur le sol américain dépasse les 10% des voyageurs.

Rappelons que l’administration américaine a, au cours des quatre dernières années, pris de nombreuses décisions limitant l’immigration de nombreux Africains. En septembre dernier, le département de la Sécurité intérieure a fait une proposition visant à limiter à deux ans la possibilité de séjour pour certains étudiants de 59 pays dans le monde, dont 36 en Afrique.

Au tout début de son mandat, Donald Trump avait décidé de limiter les voyages pour les ressortissants de certains pays africains ; décision qui avait été étendue plus tard aux ressortissants du Nigeria, la première économie du continent en termes de PIB.

Les pays africains concernés par la présente mesure sont : l’Angola, la République démocratique du Congo, le Liberia, le Burkina Faso, Djibouti, la Libye, le Burundi, l’Erythrée, la Mauritanie, le Cap-Vert, la Gambie, Sao Tomé-et-Principe, le Tchad, la Guinée-Bissau et le Soudan.

Compte tenu du motif invoqué, il n’est pas certain que le président élu, Joe Biden, va révoquer cette décision, une fois qu’il aura effectivement pris ses fonctions. Notons qu’elle fait figure de test de six mois éventuellement renouvelable.

Avec Adiac-Congo par Josiane Mambou Loukoula

Affaire Sarkozy-Kadhafi : chronique d’un potentiel scandale d’État

novembre 23, 2020
L'ex-président français Nicolas Sarkozy et le défunt Mouammar Kadhafi.

Depuis 2011, l’ancien président français est soupçonné d’avoir usé de fonds libyens pour financer sa campagne présidentielle de 2007. Retrouvez sur cette page les dernières actualités d’une affaire hors normes, et qui pourrait déboucher sur un véritable scandale d’État.

23 novembre* : Le procès de Nicolas Sarkozy débute et durera jusqu’au 10 décembre. Jugé pour « corruption » et « trafic d’influence », l’ancien chef de l’État risque une peine de dix ans de prison et une amende de un million d’euros.

11 novembre 2020 : Dans un revirement spectaculaire, l’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takkiedine revient sur ses accusations dans une interview accordée à BFM TV et Paris Match : « Je confirme que ceci n’est pas vrai. [Nicolas] Sarkozy n’a pas eu de financement libyen pour la campagne présidentielle. [Mouammar] Kadhafi ne pouvait le faire parce qu’il ne le faisait jamais. »

« Depuis sept ans et demi, l’instruction n’a pas découvert la moindre preuve d’un quelconque financement illicite. L’information judiciaire ouverte sur les seules déclarations mensongères de Ziad Takieddine se trouve aujourd’hui dans une impasse complète. Le principal accusateur reconnaît ses mensonges. Jamais il ne m’a remis d’argent, jamais il n’y a eu de financement illégal de ma campagne de 2007 », a réagi de son côté l’ancien président français.

16 octobre 2020 : Après quatre jours d’audition par le Parquet national financier (PNF), Nicolas Sarkozy est mis en examen pour association de malfaiteurs. Sur les réseaux sociaux, l’ex-chef de l’État français évoque une « longue liste d’injustices » et assure : « Mon innocence est à nouveau bafouée. »

24 septembre 2020 : Rejet par la cour d’appel de Paris de la majorité des recours déposés par Nicolas Sarkozy, ses ministres Claude Guéant, Éric Woerth, Brice Hortefeux, et l’intermédiaire Alexandre Djouhri. Ils contestaient la validité de l’enquête sur les soupçons de financement de sa campagne par la Libye. Seul le motif de violation du code électoral a été partiellement annulé. Cela relance l’essentiel des investigations lancées huit ans plus tôt. Les protagonistes se sont pourvus en cassation.

13 février 2020 : Ziad Takieddine est condamné à 8 000 euros d’amende et 6 000 euros de dommages et intérêts par le tribunal correctionnel de Paris pour diffamation à l’encontre de Claude Guéant. Il est estimé qu’il n’a pas apporté « une base factuelle suffisante » à ses propos relayés par Mediapart en novembre 2016, et selon lesquels il aurait remis à Claude Guéant des valises d’argent libyen ainsi qu’à Nicolas Sarkozy. Ce dernier a abandonné en juillet 2020 une procédure similaire à celle de Claude Guéant. Les journalistes de Mediapart sont relaxés au titre de la « bonne foi ».

31 janvier 2020 : 

– Mise en examen de Thierry Gaubert, ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy, pour « association de malfaiteurs ». Il est soupçonné d’avoir touché des fonds du régime libyen de Kadhafi susceptibles d’avoir alimenté la campagne du candidat. Les investigations ont été élargies à des faits d’« association de malfaiteurs », ouvrant la voie à une aggravation des poursuites.

– Mise en examen et placement en détention provisoire de l’homme d’affaires franco-algérien Alexandre Djouhri pour neuf chefs d’accusation, dont « corruption active », « faux et usage de faux », « complicité et recel de détournement de fonds publics » et « blanchiment ». Considéré comme proche de Claude Guéant, il apparaît notamment dans l’enquête après la vente d’une villa sur la Côte d’Azur à un fonds libyen géré par Béchir Saleh, ex-dignitaire du régime Kadhafi.

1er août 2019 : Brice Hortefeux, ex-ministre de l’Intérieur et aux Collectivités territoriales, placé sous statut intermédiaire de témoin assisté dans l’enquête sur les accusations de financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy, échappe à une mise en examen. Les soupçons le concernant reposent sur les accusations de Ziad Takieddine et d’Abdallah Senoussi (beau-frère de Mouammar Kadhafi et ex-chef des renseignements militaires libyens).

29 mai 2018 : Mise en examen d’Éric Woerth, ex-ministre du Budget et trésorier de campagne, pour « complicité de financement de campagne ». Il lui est reproché d’avoir versé 11 000 euros aux collaborateurs de Nicolas Sarkozy. Alors qu’il assurait que ces fonds provenaient de dons anonymes par courrier, un rapprochement est fait avec les soupçons de financement libyen.

29 mars 2018 : Nicolas Sarkozy est renvoyé en correctionnelle pour « corruption active et trafic d’influence ».

21 mars 2018 : Mise en examen de Nicolas Sarkozy pour « corruption passive », « financement illégal de campagne électorale » et « recel de fonds publics libyens ».

20 mars 2018 : Placement en garde à vue et mise en examen de Nicolas Sarkozy pour « corruption passive », « recel de fonds libyens » et « financement illégal de campagne ».

6 novembre 2017 : Transmission des résultats préliminaires du rapport du procureur général de Libye aux juges d’instruction français. Après audition d’Abdallah Senoussi, Abdallah Mansour (ex-officier des renseignements intérieurs et neveu du Guide), et Baghdadi Al-Mahmoudi (ancien Premier ministre de Libye), il conclut à un soutien à Nicolas Sarkozy via des fonds transmis par l’entremise de son directeur de campagne Claude Guéant et de l’homme d’affaires Ziad Takieddine.

4 octobre 2017 : Les magistrats du Parquet national financier (PNF) demandent le renvoi en correctionnel de Nicolas Sarkozy et de Thierry Herzog. Ils ont conclu qu’il existait des charges suffisantes à leur encontre concernant les faits de « corruption » et d’ « influence » actifs pour lesquels ils ont été mis en examen.

5 septembre 2017 : L’Office anticorruption de la Police judiciaire dans son premier rapport sur l’affaire des financements libyens de Nicolas Sarkozy met en cause Éric Woerth, trésorier en 2007 et Claude Guéant, ex-directeur de campagne, et établit une circulation importante d’espèces en marge de la campagne de 2007.

9 juillet 2017 : Nicolas Sarkozy abandonne son action en diffamation contre Ziad Takieddine qui avait assuré à Mediapart en 2016 avoir remis des valises d’argent libyen à l’ex-président français. Son avocat, Thierry Herzog, considère que des éléments parus dans la presse démentent déjà les déclarations de l’homme d’affaires.

7 décembre 2016 : Mise en examen de Ziad Takieddine, homme d’affaires franco-libanais, pour complicité de trafic d’influence et de corruption d’agent public par une autorité publique étrangère, dans le cadre de l’enquête sur les soupçons de financement de la campagne de 2007.

15 novembre 2016 : L’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine affirme à Mediapart avoir remis trois valises préparées par le régime libyen contenant cinq millions d’euros à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, et à son directeur de cabinet Claude Guéant, entre fin 2006 et début 2007.

7 mars 2015 : Mise en examen de Claude Guéant, ex-ministre de l’Intérieur et secrétaire général de l’Élysée, pour « blanchiment de fraude fiscale en bande organisée » et « faux et usage de faux ». En cause : un virement de 500 000 euros effectué sur son compte en 2008. Il assure que la somme est issue de la vente de tableaux, mais elle est jugée surévaluée. Il est soupçonné d’avoir perçu cette somme d’Alexandre Djouhri en contrepartie de son intervention auprès d’EADS, afin que l’entreprise aéronautique paie une commission à l’intermédiaire dans le cadre d’une vente d’avions à la Libye.

1er juillet 2014 : Placement en garde à vue de Nicolas Sarkozy par l’office anti-corruption de la Police judiciaire et mise en examen pour « corruption active », « trafic d’influence actif » et « recel de violation du secret professionnel » dans l’affaire dite « des écoutes ».

26 février 2014 : Dans l’enquête sur un possible financement libyen de la campagne de 2007 (voir ci-dessous), l’enregistrement d’une conversation téléphonique entre Nicolas Sarkozy, placé sur écoute, et son avocat a abouti à une information judiciaire, le 26 février 2014, pour trafic d’influence et violation du secret de l’instruction. Ils sont soupçonnés d’avoir tenté d’obtenir du haut magistrat Gilbert Azibert des informations couvertes par le secret de la procédure judiciaire.

19 avril 2013 : Ouverture d’une information judiciaire contre X par le Parquet de Paris pour « corruption active et passive », « trafic d’influence », « faux et usage de faux », « abus de biens sociaux », « blanchiment, complicité et recel de ces délits ».

5 septembre 2012 : Lors de son procès en Libye, Abdallah Senoussi – beau-frère de Mouammar Kadhafi et ancien chef des renseignements militaires libyens – déclare que cinq millions d’euros ont été versés pour la campagne de Nicolas Sarkozy par le régime. Il assure avoir personnellement supervisé ce transfert via Brice Hortefeux et Ziad Takieddine.

3 mai 2012 : Via son avocat, Baghdadi al-Mahmoudi, ex-Premier ministre libyen détenu à Tunis, confirme à Mediapart l’existence d’une note rédigée sous son autorité et le déblocage de 50 millions d’euros. Cette déclaration fait suite à celle de Moustapha Abdeljalil, président du Conseil national de transition, qui met en doute l’authenticité d’un document de Mediapart attribué à l’ex-chef des services de renseignements extérieurs de la Libye Moussa Koussa, tendant à prouver un financement de la campagne de 2007 par Kadhafi. Celui-ci évoque également un faux.

28 avril 2012 : Mediapart publie une note officielle datée du 9 décembre 2006 et signée par Moussa Koussa, ex-chef des services secrets extérieurs libyens, dans laquelle la Libye s’engage à financer Nicolas Sarkozy à hauteur de 50 millions d’euros « en soutien » pour sa campagne. Ce dernier attaque le site d’information en justice pour « faux ». L’enquête du Parquet de Paris se solde par un non-lieu. Nicolas Sarkozy se pourvoit en cassation.

16 mars 2012 : Mediapart cite le démenti de Jean-Charles Brisard qui dénonce un montage et assure avoir été associé malgré lui aux révélations du journal. L’article souligne : « Après avoir communiqué des informations à la justice, puis à Mediapart, Jean-Charles Brisard, aujourd’hui sous pression, dément et dénonce un “montage”».

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15 mars 2012 : Les journalistes de Mediapart publient un article assurant que Jean-Charles Brisard leur a confirmé lors d’un entretien avoir enregistré la mention du nom de l’ancien ministre Brice Hortefeux dans sa note concernant l’affaire du financement libyen. Il y confirmerait également un montage financier via la société panaméenne liée à Brice Hortefeux, adossée à une banque suisse.

12 mars 2012 : Mediapart publie une note de synthèse attribuée à Jean-Charles Brisard, ex-membre de l’équipe de campagne d’Édouard Balladur, dirigeant d’une société de renseignement privé, qui a été versée au dossier le 8 octobre 2011. Y figurent les initiales de Nicolas Sarkozy (NS), Brice Hortefeux (BH), Ziad Takkiedine (ZT) et des entretiens avec Seïf al-Islam Kadhafi y sont évoqués. Elle stipule que les « modalités de financement de la campagne » de « NS» ont été « réglées lors de la visite Libye NS + BH » le 6 octobre 2005, avec un financement de 50 millions d’euros et indique un montage financier.

16 mars 2011 : Quelques jours avant l’intervention internationale contre la Libye décidée lors d’un sommet à Paris (à la suite de la décision de fermeture de l’espace aérien par l’ONU), Mouammar Kadhafi affirme au Figaro qu’il a « fourni des fonds » pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Seïf al-Islam Kadhafi, le fils du colonel, assure également sur la chaîne Euronews que le régime libyen a financé la campagne de l’ex-président français.

Avec Jeune Afrique par Camille Lafrance

*Cet article a initialement été publié le 24 octobre 2020. Nous le publions à nouveau à l’occasion de l’ouverture du procès.

Canada/Québec: Des dons en temps de pandémie, une aubaine pour l’UQTR

novembre 16, 2020

À l’occasion de la Journée nationale de la philanthropie dimanche, des intervenants notent l’importance de faire des dons pour la communauté en Mauricie.

L'Université du Québec à Trois-Rivières.© /Courtoisie : UQTR L’Université du Québec à Trois-Rivières.

Grâce à des dons d’entreprises et de particuliers, la Fondation de l’UQTR, notamment, a pu reverser près de 4 M$ de dollars dans la communauté universitaire pour des bourses, de l’équipement et des projets de recherche, par exemple.

Le tout en temps de pandémie, alors qu’un fonds spécial a été créé et que 400 000 dollars ont été amassés pour aider les étudiants.

On a été capable de maintenir les relations avec nos donateurs et de maintenir les promesses de dons, et c’est au grand mérite de nos donateurs.Daniel Milot, directeur général de la Fondation de l’UQTR.

Donner c’est recevoir

Pour le professeur en économie à l’UQTR, Frédéric Laurin, la philanthropie est profitable aussi pour la personne ou l’entreprise qui fait le don.

Une PME par exemple, par définition, c’est petit, ça n’a pas nécessairement toutes les ressources à l’interne. C’est mutuel, c’est-à-dire que c’est une réciprocité, on vient en aide aux autres, les autres nous viennent en aide. Il faut constamment participer, contribuer au milieu pour que le milieu puisse aussi venir nous aider.

On l’a vu pendant la pandémie, il y a eu un élan de solidarité, on a senti le besoin de se retrouver, de se rapprocher puis de s’entraider, parce que la crise touche tout le monde.Frédéric Laurin, économiste à l’UQTR.

Daniel Milot, le directeur de la Fondation de l’UQTR rappelle aussi que si la Fondation de l’UQTR est en santé, d’autres fondations de la région qui comptaient sur des événements pour remplir leurs objectifs ont moins de chance.

Il lance un appel aux gens qui avaient l’habitude de faire des dons, de renouveler l’expérience s’ils sont en mesure de le faire.

CBC/Radio-Canada d‘après le reportage de Sarah Désilets-Rousseau.

Congo: Le ministre NGanongo insulté par ses collègues, il a proposé la réduction à moitié de leurs salaires

octobre 28, 2020

Le ministre des finances du Congo Calixte NGanongo aurait selon des sources concordantes, été victime des fortes menaces de la part de ses collègues et des généraux pour avoir proposé la réduction de leurs émoluments dans le cadre de la réduction du train de vie de l’État. Il aurait suggéré que les ministres d’État passent de 15millions à 7 et le reste de 11 à 5 millions. Les généraux percevraient 1 million au lieu des 5 millions actuels, et les députés et sénateurs toucheraient désormais 2 millions. Tous, auraient bloc commun contre Calixte NGanongo.

Dans le souci de réduire le train de vie de l’État dont il a la charge la gestion des finances, le ministre Calixte NGanongo aurait suggéré au chef de l’État que les membres du gouvernement, les députés, directeurs généraux et généraux des forces armées congolaises acceptent drastiquement de revoir leurs émoluments à la baisse afin de montrer l’exemple.

Dans les négociations avec le FMI, cette problématique a été évoquée et même suggérée, et le Congo avait accepté d’y adhérer. Mais, malheureusement, le gouvernement a choisi la voie de la pression fiscale aux entreprises et particuliers pour renflouer les caisses de l’État. Parmi les décisions dénudées de tout sens adoptées par le gouvernement, figurent l’impôt parcellaire qui a échoué et actuellement l’impôt agricole.

Ces taxes que doivent payer les agriculteurs est un frein brutal à la diversification de l’économie et surtout un rouleau compresseur pour les populations qui vivent de l’informel. Pour le ministre Calixte NGanongo, il serait déconseillé de prendre des mesures qui n’encouragent pas l’envol de l’économie.

En proposant la réduction de moitié les salaires des ministres, députés, généraux et directeurs généraux,NGanongo s’est attiré leur foudre et il est vu comme un traître et ennemi. Le Congo est devenu un pays où ses responsables se servent de lui et non le contraire et ce genre de chose ne peuvent qu’énerver.

Calixe NGanongo, aurait entendu toutes les insultes du monde de ses collègues qui agiteraient des militaires contre lui. A ce ministre, il lui aurait été rappelé le sort subi par Rigobert Andely et surtout sa dernière maladie, semble-t-il de provenance mystique.

Avec Sacer-Congo par pascal Nguie

Affaire Sarkozy-Kadhafi : chronique d’un potentiel scandale d’État

octobre 24, 2020
L'ex-président français Nicolas Sarkozy et le défunt Mouammar Kadhafi.

Depuis 2011, l’ancien président français est soupçonné d’avoir usé de fonds libyens pour financer sa campagne présidentielle de 2007. JA résume une affaire aux multiples rebondissements et qui dure depuis presque dix ans.

C’est le dernier épisode en date d’une saga qui dure depuis près de dix ans : le 16 octobre, l’ex-président français Nicolas Sarkozy est mis en examen pour association de malfaiteurs dans le cadre de l’enquête sur un éventuel financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Retrouvez sur cette page les dernières actualités d’une affaire hors-norme, et qui pourrait déboucher sur un véritable scandale d’État.

17 mars-15 avril 2021 : Dates prévues du procès de Nicolas Sarkozy pour le financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012. Dans le cadre de l’affaire dite Bygmalion, il lui est reproché d’avoir plus que doublé le plafond des dépenses de campagne autorisées, par un système de double comptabilité et de fausses factures via des meetings organisés par le prestataire Bygmalion. Nicolas Sarkozy est soupçonné d’avoir engagé des dépenses supplémentaires en réclamant de nouveaux meetings alors que son budget avait déjà dépassé les limites.

23 novembre-10 décembre 2020 : Date prévue du procès des « écoutes » dans lequel Nicolas Sarkozy doit comparaître avec son avocat, Thierry Herzog.

16 octobre 2020 : Après quatre jours d’audition par le Parquet national financier (PNF), Nicolas Sarkozy est mis en examen pour association de malfaiteurs. Sur les réseaux sociaux l’ex-chef de l’État français évoque une « longue liste d’injustices » et assure : « Mon innocence est à nouveau bafouée ».

13 février 2020 : Ziad Takieddine est condamné à 8 000 euros d’amende et 6 000 euros de dommages et intérêts pour diffamation à l’encontre de Claude Guéant par le tribunal correctionnel de Paris. Il est estimé qu’il n’a pas apporté « une base factuelle suffisante » à ses propos relayés par Mediapart en novembre 2016, et selon lesquels il aurait remis à Claude Guéant des valises d’argent libyen ainsi qu’à Nicolas Sarkozy. Ce dernier a abandonné en juillet 2020 une procédure similaire à celle de Claude Guéant. Les journalistes de Mediapart sont relaxés au titre de la « bonne foi ».

31 janvier 2020 : 

– Mise en examen de Thierry Gaubert, ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy, pour « association de malfaiteurs ». Il est soupçonné d’avoir touché des fonds du régime libyen de Kadhafi susceptibles d’avoir alimenté la campagne du candidat. Les investigations ont été élargies à des faits d’« association de malfaiteurs », ouvrant la voie à une aggravation des poursuites.

– Mise en examen et placement en détention provisoire de l’homme d’affaires franco-algérien Alexandre Djouhri, pour neuf chefs d’accusation dont « corruption active », « faux et usage de faux », « complicité et recel de détournement de fonds publics » et « blanchiment ». Considéré comme proche de Claude Guéant, il apparaît notamment dans l’enquête après la vente d’une villa sur la Côte d’Azur à un fonds libyen géré par Béchir Saleh, ex-dignitaire du régime Kadhafi.

1er août 2019 : Brice Hortefeux, ex-ministre de l’Intérieur et aux Collectivités territoriales, placé sous statut intermédiaire de témoin assisté dans l’enquête sur les accusations de financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy, échappe à une mise en examen. Les soupçons le concernant reposent sur les accusations de Ziad Takieddine et d’Abdallah Senoussi (beau-frère de Mouammar Kadhafi et ex-chef des renseignements militaires libyens).

29 mai 2018 : Mise en examen d’Éric Woerth, ex-ministre du Budget et trésorier de campagne, pour « complicité de financement de campagne ». Il lui est reproché d’avoir versé 11 000 euros aux collaborateurs de Nicolas Sarkozy. Alors qu’il assurait que ces fonds provenaient de dons anonymes par courrier, un rapprochement est fait avec les soupçons de financement libyen.

29 mars 2018 : Nicolas Sarkozy est renvoyé en correctionnelle pour « corruption active et trafic d’influence ».

21 mars 2018 : Mise en examen de Nicolas Sarkozy pour « corruption passive », « financement illégal de campagne électorale » et « recel de fonds publics libyens ».

20 mars 2018 : Placement en garde à vue et mise en examen de Nicolas Sarkozy pour « corruption passive », « recel de fonds libyens » et « financement illégal de campagne ».

6 novembre 2017 : Transmission des résultats préliminaires du rapport du procureur général de Libye aux juges d’instruction français. Après audition d’Abdallah Senoussi, Abdallah Mansour (ex-officier des renseignements intérieurs et neveu du Guide), et Baghdadi Al-Mahmoudi (ancien Premier ministre de Libye), il conclut à un soutien à Nicolas Sarkozy via des fonds transmis par l’entremise de son directeur de campagne Claude Guéant et de l’homme d’affaires Ziad Takieddine.

4 octobre 2017 : Les magistrats du Parquet national financier (PNF) demandent le renvoi en correctionnel de Nicolas Sarkozy et de Thierry Herzog. Ils ont conclu qu’il existait des charges suffisantes à leur encontre concernant les faits de « corruption » et d’ « influence » actifs pour lesquels ils ont été mis en examen.

5 septembre 2017 : L’Office anticorruption de la Police judiciaire dans son premier rapport sur l’affaire des financements libyens de Nicolas Sarkozy met en cause Éric Woerth, trésorier en 2007 et Claude Guéant, ex-directeur de campagne, et établit une circulation importante d’espèces en marge de la campagne de 2007.

9 juillet 2017 : Nicolas Sarkozy abandonne son action en diffamation contre Ziad Takieddine qui avait assuré à Mediapart en 2016 avoir remis des valises d’argent libyen à l’ex-président français. Son avocat, Thierry Herzog, considère que des éléments parus dans la presse démentent déjà les déclarations de l’homme d’affaires.

7 décembre 2016 : Mise en examen de Ziad Takieddine, homme d’affaires franco-libanais, pour complicité de trafic d’influence et de corruption d’agent public par une autorité publique étrangère, dans le cadre de l’enquête sur les soupçons de financement de la campagne de 2007.

15 novembre 2016 : L’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine affirme à Mediapart avoir remis trois valises préparées par le régime libyen contenant cinq millions d’euros à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, et à son directeur de cabinet Claude Guéant, entre fin 2006 et début 2007.

7 mars 2015 : Mise en examen de Claude Guéant, ex-ministre de l’Intérieur et secrétaire général de l’Élysée, pour « blanchiment de fraude fiscale en bande organisée » et « faux et usage de faux ». En cause : un virement de 500 000 euros effectué sur son compte en 2008. Il assure que la somme est issue de la vente de tableaux, mais elle est jugée surévaluée. Il est soupçonné d’avoir perçu cette somme d’Alexandre Djouhri en contrepartie de son intervention auprès d’EADS, afin que l’entreprise aéronautique paie une commission à l’intermédiaire dans le cadre d’une vente d’avions à la Libye.

1er juillet 2014 : Placement en garde à vue de Nicolas Sarkozy par l’office anti-corruption de la Police judiciaire et mise en examen pour « corruption active », « trafic d’influence actif » et « recel de violation du secret professionnel » dans l’affaire dite « des écoutes ».

26 février 2014 : Dans l’enquête sur un possible financement libyen de la campagne de 2007 (voir ci-dessous), l’enregistrement d’une conversation téléphonique entre Nicolas Sarkozy, placé sur écoute, et son avocat a abouti à une information judiciaire, le 26 février 2014, pour trafic d’influence et violation du secret de l’instruction. Ils sont soupçonnés d’avoir tenté d’obtenir du haut magistrat Gilbert Azibert des informations couvertes par le secret de la procédure judiciaire.

19 avril 2013 : Ouverture d’une information judiciaire contre X par le Parquet de Paris pour « corruption active et passive », « trafic d’influence », « faux et usage de faux », « abus de biens sociaux », « blanchiment, complicité et recel de ces délits ».

5 septembre 2012 : Lors de son procès en Libye, Abdallah Senoussi – beau-frère de Mouammar Kadhafi et ancien chef des renseignements militaires libyens – déclare que cinq millions d’euros ont été versés pour la campagne de Nicolas Sarkozy par le régime. Il assure avoir personnellement supervisé ce transfert via Brice Hortefeux et Ziad Takieddine.

3 mai 2012 : Via son avocat, Baghdadi al-Mahmoudi, ex-Premier ministre libyen détenu à Tunis, confirme à Mediapart l’existence d’une note rédigée sous son autorité et le déblocage de 50 millions d’euros. Cette déclaration fait suite à celle de Moustapha Abdeljalil, président du Conseil national de transition, qui met en doute l’authenticité d’un document de Mediapart attribué à l’ex-chef des services de renseignements extérieurs de la Libye Moussa Koussa, tendant à prouver un financement de la campagne de 2007 par Kadhafi. Celui-ci évoque également un faux.

28 avril 2012 : Mediapart publie une note officielle datée du 9 décembre 2006 et signée par Moussa Koussa, ex-chef des services secrets extérieurs libyens, dans laquelle la Libye s’engage à financer Nicolas Sarkozy à hauteur de 50 millions d’euros « en soutien » pour sa campagne. Ce dernier attaque le site d’information en justice pour « faux ». L’enquête du Parquet de Paris se solde par un non-lieu. Nicolas Sarkozy se pourvoit en cassation.

16 mars 2012 : Mediapart cite le démenti de Jean-Charles Brisard qui dénonce un montage et assure avoir été associé malgré lui aux révélations du journal. L’article souligne : « Après avoir communiqué des informations à la justice, puis à Mediapart, Jean-Charles Brisard, aujourd’hui sous pression, dément et dénonce un “montage”».

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15 mars 2012 : Les journalistes de Mediapart publient un article assurant que Jean-Charles Brisard leur a confirmé lors d’un entretien avoir enregistré la mention du nom de l’ancien ministre Brice Hortefeux dans sa note concernant l’affaire du financement libyen. Il y confirmerait également un montage financier via la société panaméenne liée à Brice Hortefeux, adossée à une banque suisse.

12 mars 2012 : Mediapart publie une note de synthèse attribuée à Jean-Charles Brisard, ex-membre de l’équipe de campagne d’Édouard Balladur, dirigeant d’une société de renseignement privé, qui a été versée au dossier le 8 octobre 2011. Y figurent les initiales de Nicolas Sarkozy (NS), Brice Hortefeux (BH), Ziad Takkiedine (ZT) et des entretiens avec Seïf al-Islam Kadhafi y sont évoqués. Elle stipule que les « modalités de financement de la campagne » de « NS» ont été « réglées lors de la visite Libye NS + BH » le 6 octobre 2005, avec un financement de 50 millions d’euros et indique un montage financier.

16 mars 2011 : Quelques jours avant l’intervention internationale contre la Libye décidée lors d’un sommet à Paris (à la suite de la décision de fermeture de l’espace aérien par l’ONU), Mouammar Kadhafi affirme au Figaro qu’il a « fourni des fonds » pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Seïf al-Islam Kadhafi, le fils du colonel, assure également sur la chaîne Euronews que le régime libyen a financé la campagne de l’ex-président français.

Avec Jeune Afrique par Camille Lafrance