Archive for the ‘Finances’ Category

Congo: Le ministre NGanongo insulté par ses collègues, il a proposé la réduction à moitié de leurs salaires

octobre 28, 2020

Le ministre des finances du Congo Calixte NGanongo aurait selon des sources concordantes, été victime des fortes menaces de la part de ses collègues et des généraux pour avoir proposé la réduction de leurs émoluments dans le cadre de la réduction du train de vie de l’État. Il aurait suggéré que les ministres d’État passent de 15millions à 7 et le reste de 11 à 5 millions. Les généraux percevraient 1 million au lieu des 5 millions actuels, et les députés et sénateurs toucheraient désormais 2 millions. Tous, auraient bloc commun contre Calixte NGanongo.

Dans le souci de réduire le train de vie de l’État dont il a la charge la gestion des finances, le ministre Calixte NGanongo aurait suggéré au chef de l’État que les membres du gouvernement, les députés, directeurs généraux et généraux des forces armées congolaises acceptent drastiquement de revoir leurs émoluments à la baisse afin de montrer l’exemple.

Dans les négociations avec le FMI, cette problématique a été évoquée et même suggérée, et le Congo avait accepté d’y adhérer. Mais, malheureusement, le gouvernement a choisi la voie de la pression fiscale aux entreprises et particuliers pour renflouer les caisses de l’État. Parmi les décisions dénudées de tout sens adoptées par le gouvernement, figurent l’impôt parcellaire qui a échoué et actuellement l’impôt agricole.

Ces taxes que doivent payer les agriculteurs est un frein brutal à la diversification de l’économie et surtout un rouleau compresseur pour les populations qui vivent de l’informel. Pour le ministre Calixte NGanongo, il serait déconseillé de prendre des mesures qui n’encouragent pas l’envol de l’économie.

En proposant la réduction de moitié les salaires des ministres, députés, généraux et directeurs généraux,NGanongo s’est attiré leur foudre et il est vu comme un traître et ennemi. Le Congo est devenu un pays où ses responsables se servent de lui et non le contraire et ce genre de chose ne peuvent qu’énerver.

Calixe NGanongo, aurait entendu toutes les insultes du monde de ses collègues qui agiteraient des militaires contre lui. A ce ministre, il lui aurait été rappelé le sort subi par Rigobert Andely et surtout sa dernière maladie, semble-t-il de provenance mystique.

Avec Sacer-Congo par pascal Nguie

Affaire Sarkozy-Kadhafi : chronique d’un potentiel scandale d’État

octobre 24, 2020
L'ex-président français Nicolas Sarkozy et le défunt Mouammar Kadhafi.

Depuis 2011, l’ancien président français est soupçonné d’avoir usé de fonds libyens pour financer sa campagne présidentielle de 2007. JA résume une affaire aux multiples rebondissements et qui dure depuis presque dix ans.

C’est le dernier épisode en date d’une saga qui dure depuis près de dix ans : le 16 octobre, l’ex-président français Nicolas Sarkozy est mis en examen pour association de malfaiteurs dans le cadre de l’enquête sur un éventuel financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Retrouvez sur cette page les dernières actualités d’une affaire hors-norme, et qui pourrait déboucher sur un véritable scandale d’État.

17 mars-15 avril 2021 : Dates prévues du procès de Nicolas Sarkozy pour le financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012. Dans le cadre de l’affaire dite Bygmalion, il lui est reproché d’avoir plus que doublé le plafond des dépenses de campagne autorisées, par un système de double comptabilité et de fausses factures via des meetings organisés par le prestataire Bygmalion. Nicolas Sarkozy est soupçonné d’avoir engagé des dépenses supplémentaires en réclamant de nouveaux meetings alors que son budget avait déjà dépassé les limites.

23 novembre-10 décembre 2020 : Date prévue du procès des « écoutes » dans lequel Nicolas Sarkozy doit comparaître avec son avocat, Thierry Herzog.

16 octobre 2020 : Après quatre jours d’audition par le Parquet national financier (PNF), Nicolas Sarkozy est mis en examen pour association de malfaiteurs. Sur les réseaux sociaux l’ex-chef de l’État français évoque une « longue liste d’injustices » et assure : « Mon innocence est à nouveau bafouée ».

13 février 2020 : Ziad Takieddine est condamné à 8 000 euros d’amende et 6 000 euros de dommages et intérêts pour diffamation à l’encontre de Claude Guéant par le tribunal correctionnel de Paris. Il est estimé qu’il n’a pas apporté « une base factuelle suffisante » à ses propos relayés par Mediapart en novembre 2016, et selon lesquels il aurait remis à Claude Guéant des valises d’argent libyen ainsi qu’à Nicolas Sarkozy. Ce dernier a abandonné en juillet 2020 une procédure similaire à celle de Claude Guéant. Les journalistes de Mediapart sont relaxés au titre de la « bonne foi ».

31 janvier 2020 : 

– Mise en examen de Thierry Gaubert, ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy, pour « association de malfaiteurs ». Il est soupçonné d’avoir touché des fonds du régime libyen de Kadhafi susceptibles d’avoir alimenté la campagne du candidat. Les investigations ont été élargies à des faits d’« association de malfaiteurs », ouvrant la voie à une aggravation des poursuites.

– Mise en examen et placement en détention provisoire de l’homme d’affaires franco-algérien Alexandre Djouhri, pour neuf chefs d’accusation dont « corruption active », « faux et usage de faux », « complicité et recel de détournement de fonds publics » et « blanchiment ». Considéré comme proche de Claude Guéant, il apparaît notamment dans l’enquête après la vente d’une villa sur la Côte d’Azur à un fonds libyen géré par Béchir Saleh, ex-dignitaire du régime Kadhafi.

1er août 2019 : Brice Hortefeux, ex-ministre de l’Intérieur et aux Collectivités territoriales, placé sous statut intermédiaire de témoin assisté dans l’enquête sur les accusations de financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy, échappe à une mise en examen. Les soupçons le concernant reposent sur les accusations de Ziad Takieddine et d’Abdallah Senoussi (beau-frère de Mouammar Kadhafi et ex-chef des renseignements militaires libyens).

29 mai 2018 : Mise en examen d’Éric Woerth, ex-ministre du Budget et trésorier de campagne, pour « complicité de financement de campagne ». Il lui est reproché d’avoir versé 11 000 euros aux collaborateurs de Nicolas Sarkozy. Alors qu’il assurait que ces fonds provenaient de dons anonymes par courrier, un rapprochement est fait avec les soupçons de financement libyen.

29 mars 2018 : Nicolas Sarkozy est renvoyé en correctionnelle pour « corruption active et trafic d’influence ».

21 mars 2018 : Mise en examen de Nicolas Sarkozy pour « corruption passive », « financement illégal de campagne électorale » et « recel de fonds publics libyens ».

20 mars 2018 : Placement en garde à vue et mise en examen de Nicolas Sarkozy pour « corruption passive », « recel de fonds libyens » et « financement illégal de campagne ».

6 novembre 2017 : Transmission des résultats préliminaires du rapport du procureur général de Libye aux juges d’instruction français. Après audition d’Abdallah Senoussi, Abdallah Mansour (ex-officier des renseignements intérieurs et neveu du Guide), et Baghdadi Al-Mahmoudi (ancien Premier ministre de Libye), il conclut à un soutien à Nicolas Sarkozy via des fonds transmis par l’entremise de son directeur de campagne Claude Guéant et de l’homme d’affaires Ziad Takieddine.

4 octobre 2017 : Les magistrats du Parquet national financier (PNF) demandent le renvoi en correctionnel de Nicolas Sarkozy et de Thierry Herzog. Ils ont conclu qu’il existait des charges suffisantes à leur encontre concernant les faits de « corruption » et d’ « influence » actifs pour lesquels ils ont été mis en examen.

5 septembre 2017 : L’Office anticorruption de la Police judiciaire dans son premier rapport sur l’affaire des financements libyens de Nicolas Sarkozy met en cause Éric Woerth, trésorier en 2007 et Claude Guéant, ex-directeur de campagne, et établit une circulation importante d’espèces en marge de la campagne de 2007.

9 juillet 2017 : Nicolas Sarkozy abandonne son action en diffamation contre Ziad Takieddine qui avait assuré à Mediapart en 2016 avoir remis des valises d’argent libyen à l’ex-président français. Son avocat, Thierry Herzog, considère que des éléments parus dans la presse démentent déjà les déclarations de l’homme d’affaires.

7 décembre 2016 : Mise en examen de Ziad Takieddine, homme d’affaires franco-libanais, pour complicité de trafic d’influence et de corruption d’agent public par une autorité publique étrangère, dans le cadre de l’enquête sur les soupçons de financement de la campagne de 2007.

15 novembre 2016 : L’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine affirme à Mediapart avoir remis trois valises préparées par le régime libyen contenant cinq millions d’euros à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, et à son directeur de cabinet Claude Guéant, entre fin 2006 et début 2007.

7 mars 2015 : Mise en examen de Claude Guéant, ex-ministre de l’Intérieur et secrétaire général de l’Élysée, pour « blanchiment de fraude fiscale en bande organisée » et « faux et usage de faux ». En cause : un virement de 500 000 euros effectué sur son compte en 2008. Il assure que la somme est issue de la vente de tableaux, mais elle est jugée surévaluée. Il est soupçonné d’avoir perçu cette somme d’Alexandre Djouhri en contrepartie de son intervention auprès d’EADS, afin que l’entreprise aéronautique paie une commission à l’intermédiaire dans le cadre d’une vente d’avions à la Libye.

1er juillet 2014 : Placement en garde à vue de Nicolas Sarkozy par l’office anti-corruption de la Police judiciaire et mise en examen pour « corruption active », « trafic d’influence actif » et « recel de violation du secret professionnel » dans l’affaire dite « des écoutes ».

26 février 2014 : Dans l’enquête sur un possible financement libyen de la campagne de 2007 (voir ci-dessous), l’enregistrement d’une conversation téléphonique entre Nicolas Sarkozy, placé sur écoute, et son avocat a abouti à une information judiciaire, le 26 février 2014, pour trafic d’influence et violation du secret de l’instruction. Ils sont soupçonnés d’avoir tenté d’obtenir du haut magistrat Gilbert Azibert des informations couvertes par le secret de la procédure judiciaire.

19 avril 2013 : Ouverture d’une information judiciaire contre X par le Parquet de Paris pour « corruption active et passive », « trafic d’influence », « faux et usage de faux », « abus de biens sociaux », « blanchiment, complicité et recel de ces délits ».

5 septembre 2012 : Lors de son procès en Libye, Abdallah Senoussi – beau-frère de Mouammar Kadhafi et ancien chef des renseignements militaires libyens – déclare que cinq millions d’euros ont été versés pour la campagne de Nicolas Sarkozy par le régime. Il assure avoir personnellement supervisé ce transfert via Brice Hortefeux et Ziad Takieddine.

3 mai 2012 : Via son avocat, Baghdadi al-Mahmoudi, ex-Premier ministre libyen détenu à Tunis, confirme à Mediapart l’existence d’une note rédigée sous son autorité et le déblocage de 50 millions d’euros. Cette déclaration fait suite à celle de Moustapha Abdeljalil, président du Conseil national de transition, qui met en doute l’authenticité d’un document de Mediapart attribué à l’ex-chef des services de renseignements extérieurs de la Libye Moussa Koussa, tendant à prouver un financement de la campagne de 2007 par Kadhafi. Celui-ci évoque également un faux.

28 avril 2012 : Mediapart publie une note officielle datée du 9 décembre 2006 et signée par Moussa Koussa, ex-chef des services secrets extérieurs libyens, dans laquelle la Libye s’engage à financer Nicolas Sarkozy à hauteur de 50 millions d’euros « en soutien » pour sa campagne. Ce dernier attaque le site d’information en justice pour « faux ». L’enquête du Parquet de Paris se solde par un non-lieu. Nicolas Sarkozy se pourvoit en cassation.

16 mars 2012 : Mediapart cite le démenti de Jean-Charles Brisard qui dénonce un montage et assure avoir été associé malgré lui aux révélations du journal. L’article souligne : « Après avoir communiqué des informations à la justice, puis à Mediapart, Jean-Charles Brisard, aujourd’hui sous pression, dément et dénonce un “montage”».

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15 mars 2012 : Les journalistes de Mediapart publient un article assurant que Jean-Charles Brisard leur a confirmé lors d’un entretien avoir enregistré la mention du nom de l’ancien ministre Brice Hortefeux dans sa note concernant l’affaire du financement libyen. Il y confirmerait également un montage financier via la société panaméenne liée à Brice Hortefeux, adossée à une banque suisse.

12 mars 2012 : Mediapart publie une note de synthèse attribuée à Jean-Charles Brisard, ex-membre de l’équipe de campagne d’Édouard Balladur, dirigeant d’une société de renseignement privé, qui a été versée au dossier le 8 octobre 2011. Y figurent les initiales de Nicolas Sarkozy (NS), Brice Hortefeux (BH), Ziad Takkiedine (ZT) et des entretiens avec Seïf al-Islam Kadhafi y sont évoqués. Elle stipule que les « modalités de financement de la campagne » de « NS» ont été « réglées lors de la visite Libye NS + BH » le 6 octobre 2005, avec un financement de 50 millions d’euros et indique un montage financier.

16 mars 2011 : Quelques jours avant l’intervention internationale contre la Libye décidée lors d’un sommet à Paris (à la suite de la décision de fermeture de l’espace aérien par l’ONU), Mouammar Kadhafi affirme au Figaro qu’il a « fourni des fonds » pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Seïf al-Islam Kadhafi, le fils du colonel, assure également sur la chaîne Euronews que le régime libyen a financé la campagne de l’ex-président français.

Avec Jeune Afrique par Camille Lafrance

CPI: comment les sanctions américaines affectent Fatou Bensouda

octobre 23, 2020
Fatou Bensouda, procureure générale de la Cour pénale internationale, en 2018.

Ciblée par des sanctions américaines depuis le 2 septembre, la procureure de la Cour pénale internationale a vu plusieurs de ses comptes gelés par l’administration Trump.

Le travail de la CPI constitue-t-il une « véritable menace à la sécurité nationale » des États-Unis ? C’est du moins le sentiment du président Donald Trump. Le 11 juin dernier, il ouvrait la voie à l’imposition de sanctions contre le personnel de la Cour de la Haye – une première.

Une décision provoquée par la possible enquête de la CPI sur des crimes potentiellement commis en Afghanistan, qui pourrait mettre en cause l’armée américaine. « Ce n’est pas une enquête de justice. C’est de la persécution contre nos ressortissants, déclarait le secrétaire d’État Mike Pompeo en juin. Nous savons que la CPI et le bureau de la procureure sont concernés au plus haut niveau par des faits de corruption et de fautes graves », ajoutait-il, sans donner plus de précisions sur ces accusations.

C’est sa procureure Fatou Bensouda et un membre de son équipe, le lesothan Phakiso Mochochoko, qui seront finalement visés par ces sanctions, qui comprennent le gel de leurs avoirs aux États-Unis et une interdiction de voyager.

Compte bancaire gelé

Le compte que possède Fatou Bensouda auprès de la Caisse fédérale de crédit des Nations unies, réservée au personnel de l’ONU et des organisations qui lui sont liées, a immédiatement été gelé. Ses cartes bancaires liées au système monétaire américain ont également été désactivées.

« Certaines banques n’ont pas forcément l’obligation de respecter le décret et les sanctions américaines, mais elle ont tendance à faire du zèle pour éviter toute complication », regrette un proche de Fatou Bensouda. Des virements effectués d’une banque à une autre ont ainsi été renvoyés , et des transactions en dollars bloquées.

Les difficultés liées à certains de ses comptes néerlandais ont toutefois pu être résolues rapidement.

En Gambie, un membre de sa famille s’est également vu temporairement empêché d’effectuer un virement – la situation est désormais rétablie.

Menaces

Les interdictions de voyager concernent non seulement Fatou Bensouda, mais également son époux et ses deux enfants. En principe, la procureure peut encore voyager à New York, en vertu du traité de l’accord de siège qui accorde au district administratif de l’ONU un statut particulier.

Les sanctions américaines pourraient-elles être étendues ? L’administration Trump avait prévenu : « Chaque personne ou entité qui continuerait à soutenir la procureure Bensouda and Mr Mochochoko risque de s’exposer aux sanctions ». Une menace qui n’est pas prise à la légère par l’équipe de la procureure, qui a été forcée de réorganiser son organisation afin de protéger ses membres.

Avec Jeune Afrique par Marième Soumaré

Congo/Les caisses de l’État dont quasiment vides: 2020 se termine mal, 2021 s’annonce très difficile !

octobre 23, 2020

La grande majorité des congolais pense peu ou prou qu’il existe en fait une grande lessiveuse au Trésor Public, dans laquelle l’État cache, comme nos grands-mères, son argent. Quand on en a besoin, il suffit d’aller dans la lessiveuse et de prendre une liasse de billets, une fois pour payer les salaires, une autre fois pour es paiements des retraites, une autre fois pour les bourses, etc. Non, la lessiveuse à billet n’existe pas car les banques centrales ont bloqué les vieux mécanismes de l’inflation. Je n’entrerai pas dans le détail de la création monétaire – processus complexe s’il en est – mais je voudrais m’intéresser aujourd’hui un peu à cette lessiveuse, car elle reflète en quelque sorte les relations entre l’emploi public et l’emploi marchand. Les caisses de l’Etat sont vides ! C’est une affirmation souvent correcte. Car les caisses de l’Etat sont par définition souvent… vides !

La véracité de cette affirmation dépend donc de l’instant où on l’exprime. C’est un point de rencontre entre la théorie quantique et les finances publiques. Alors comment est-ce possible ? Simple : l’Etat est la seule personne morale publique qui peut dépenser … ce qu’elle n’a pas. Comme dans la théorie quantique où un électron peut être en deux endroits à la fois, si on ne l’observe pas, l’Etat peut être pauvre et riche en même temps.

Prenons un exemple : lorsque la loi de finances de l’Etat est votée pour l’année N +1 (disons pour l’année 2021), l’Etat n’a encore aucun franc CFA dans ses caisses. Son budget est purement prévisionnel lorsqu’il est voté en recettes et en dépenses. Pourtant l’Etat peut dès le mois de janvier de l’année 2021 commencer à dépenser, il le fait alors que les recettes (fiscales, pétrolières, etc.) n’ont pas encore été perçues, c’est-à-dire encore recouvrées par le Trésor public. Il dépense donc ce qu’il n’a pas. Il continuera à dépenser conformément aux allocations budgétaires autorisés par loi des finances de l’année, mais alors d’où tire-t-il les moyens financiers dont il dispose ? En attendant que les recettes fiscales et non fiscales (emprunts, produit des dividendes, revenus du domaine, amendes etc.) entrent dans les caisses du Trésor, l’Etat empruntera pour faire face à ses dépenses domestiques (salaires notamment), parmi ces emprunts que l’on rattache à la gestion de Trésorerie, figurent les bons du Trésor, les fameux BTA et les OTA.

Les bons de trésor assimilables (BTA) sont un moyen d’acquisition d’argent frais pour le besoin de Trésorerie. En effet, les bons du Trésor sont des titres émis par l’Etat en représentation d’emprunts effectués dans le cadre de l’équilibre budgétaire. Ils participent à la fois au financement à court terme du Trésor public et à la réalisation de la politique monétaire de l’Etat, dont la moindre des manifestations est l’action sur la masse monétaire en circulation avec ses effets sur l’inflation, les taux d’intérêt, l’investissement, le crédit aux agents économiques, la liquidité monétaire etc. etc. Ce sur lequel il convient de se focaliser dessus, ce n’est pas le pouvoir tout-à-fait légal, sinon même indispensable, d’émission des bons du Trésors ou d’autres instruments d’emprunts (à moyen ou long terme), c’est la politique budgétaire de l’Etat mise en rapport avec la situation économique réelle du pays. En définitive, la caisse de l’Etat si elle peut être vide, elle ne l’est que temporairement. L’Etat disposant toujours de son droit régalien d’emprunter même de manière forcée.

Sans préjuger de l’état des finances publiques pour 2021, il convient de remarquer que celles de 2020, notamment les opérations financières de la loi de finances rectificative au 31 août 2020, elles ont été marquées par les charges de financement et de trésorerie de 807 milliards de francs CFA constituées de l’amortissement de la dette extérieure (610 milliards de francs CFA), de la dette intérieure (120 milliards de francs CFA), en dépit du moratoire sur le service accordé par certains créanciers, l’emprunt obligataire (Ecobank) de 52 milliards de francs CF, de la garantie de 25 milliards de francs CFA destinée à faire fonctionner le mécanisme d’appui aux entreprises affectées durement par les mesures de riposte à la pandémie. Mais pour faire face à toutes ces charges financières, les caisses de l’Etat n’ont que comme ressources, comme argent, 272 milliards de francs CFA, qui sont par ailleurs des emprunts, et donc de la dette… L’Etat est, rappelons-le, seul agent économique qui peut dépenser ce qu’il n’a pas, car contrairement aux autres agents économiques, l’Etat se garantit par… son existence.

Donc en 2020, l’Etat devrait encore emprunter car il subsiste un besoin de financement de 355 milliards de francs CFA auquel s’ajoute le déficit budgétaire de 2020 constaté le 31 aout 2020 de 104 milliards 703 millions de francs CFA. Il faudrait donc emprunter au total 459 milliards de francs CFA pour financer le gap de financement qui se dégage, et qui probablement augmentera au 31 décembre 2020.

Au premier janvier 2021, et si le projet de budget 2021 de l’Etat est voté sans être amendé par les parlementaires, notamment sur la réduction des dépenses publiques, alors l’Etat n’aura que 129 milliards de francs CFA, dans sa caisse. Depuis 2019, le Congo est entré en récession, et en 2021, l’Etat devrait dépenser 1615 milliards 907 millions de FCFA en 2021 contre 1630 milliards dans le budget réajusté de 2020, soit une baisse de 1%. Le hic, c’est que les dépenses de fonctionnement culminent à 1 088 milliards 550 millions de francs CFA, soit 67 % des dépenses publiques, hors charges de la dette et dépenses d’investissements. Donc la baisse de 1% des dépenses publiques est insignifiante.

Problème, selon les prévisions du projet de loi de finances pour 2021, les charges de trésorerie sont de 789 milliards 100 millions de francs CFA (570 milliards de remboursement de la dette extérieure ; 48 milliards 100 millions de remboursement d’obligation ; 156 milliards d’apurement de la dette intérieure, et 15 milliards de garantie d’Etat). Et compte tenu du peu d’argent dans les caisses, comme ressources de trésorerie (129 milliards de francs CFA), à laquelle, le gouvernement espère ajouter un excédent du solde budgétaire pour 2021 de 230 milliards 202 millions de francs CFA, cela ne suffira pas à financer la trésorerie de l’Etat, où l’Etat devrait emprunter à nouveau pour financer le gap de financement de d’environ 430 milliards de francs CFA… Que des dettes « Nde to zo boya » diront les congolais ! « L’Etat congolais à un comportement atypique par rapport au reste de la CEMAC. Les dépenses publiques du Congo n’ont aucun effet positif sur la croissance économique, et elles continuent à rester à un niveau très élevé. Chercher l’erreur !

A paraitre bientôt les grands problèmes économiques contemporains du Congo, un essai qui s’intéresse sur les politiques publiques, et formule le choix budgétaire que le Congo devrait faire pour 2021.

Avec Brazzanews par Richard Verlin

Congo : Moneygram n’a plus d’argent pour payer les transferts

octobre 14, 2020

Depuis quelques jours la société de transfert d’argent Moneygram est dans l’incapacité de procéder aux paiements si ce ne sont les envois. La société fait face à une pénurie de fonds et pointe du doigt les banques de la place. De nombreux clients avec les codes de transferts de leurs familles assiègent des journées entières les agences de Moneygram sans trouver satisfaction.

Photo de BrazzaNews.

Agence Money Gram vers le CHU de Brazzaville

Les attentes se font de plus en plus interminables dans les agences Moneygram de Brazzaville, où les clients se plaignent du non paiement de leur argent. La société évoque un manque de liquidité, une excuse que personne ne veut comprendre dans un pays où nombreuses familles vivent de l’appui financier des leurs vivant en Occident ou ailleurs.

Jeanne M, une mère de famille assiège l’agence Moneygram près du CHU depuis deux jours pour se faire payer un transfert de son fils depuis les États-Unis de 150.000 frs. Elle affirme avoir la ronde de toutes les agences de la ville sans trouver satisfaction.

Selon le personnel de Moneygram, la société tente de résoudre ce couac, en payant quelques transferts avec les fonds obtenus des envois depuis le Congo.

Avec Sacer-infos par Pascal Nguié

Fin de la prestation canadienne d’urgence : les centres d’aide à l’emploi inquiets

septembre 29, 2020

Le site de l’Agence du revenu du Canada et de la Prestation canadienne d'urgence (PCU)

© Ivanoh Demers/Radio-Canada Le site de l’Agence du revenu du Canada et de la Prestation canadienne d’urgence (PCU)

La prestation canadienne d’urgence (PCU) prenait fin dimanche. Elle est remplacée par l’assurance-emploi dont l’accès a été assoupli. Ces changements sèment toutefois l’inquiétude au sein du personnel du Carrefour Jeunesse-Emploi à Trois-Rivières, qui soutient sa clientèle depuis plusieurs mois.Plusieurs offres d’emplois non spécialisés sont affichées, mais certains prestataires peinent à trouver l’emploi qui leur convient, notamment dans le domaine des arts.

Le Carrefour reçoit également de nombreux chercheurs d’emplois qui ont décidé d’améliorer leurs conditions de travail.

«On a peur des longueurs administratives parce qu’avant le COVID, on parlait de six à huit semaines avant qu’un dossier se règle», explique la directrice générale, Mouvement action-chômage, Catherine Gendron.

«Avec cette arrivée massive, parce qu’on parle d’encore des millions de personnes qui font leur demande, est-ce que ça va prendre encore huit semaines pour être payés? Parce qu’on parle de gens sans revenus à ce moment-là. C’est notre plus grande crainte à court terme», ajoute Mme Gendron.

Le Carrefour Jeunesse-Emploi a aussi reçu plusieurs demandes de personnes qui ont un emploi, mais qui souhaitent changer d’employeur qui désirent changer de vie en vue de la deuxième vague.

Avec CBC/Radio-Canada d’après les informations de Pascale Langlois

Côte d’Ivoire: Révélations sur la supposée fortune d’Alassane Ouattara, de ses prédécesseurs et soutiens

septembre 24, 2020

Avec Chris Yapi TV Officiel publiée le 24 septembre 2020                                    

CFA-Eco : la monnaie unique de la Cedeao « différée à une date ultérieure »

septembre 8, 2020

Les chefs d’État et de gouvernement ont acté l’impossibilité de lancer d’ici la fin de l’année la nouvelle monnaie régionale.

Il ne restait plus que quatre mois pour lancer la monnaie unique de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), comme l’évoquaient régulièrement les textes depuis 2015. Un délai bien court alors qu’il restait encore à créer la banque centrale fédérale, à préciser le régime de change de la nouvelle monnaie, sans compter les nécessaires démarches administratives et informatiques liées à un changement de devise et la fabrication des pièces et billets…

Réunis le 7 septembre à Niamey, les chefs d’État et de gouvernement de la région ont donc acté le report – inéluctable – de la mesure.

Ils ont ainsi décidé de « différer, à une date ultérieure, le lancement de la monnaie unique » et ont évoqué l’élaboration d’une « nouvelle feuille de route », sans pour l’instant déterminer de nouveau calendrier.

La hache de guerre avec l’Umoa enterrée ?

Si le premier trimestre 2020 a été marqué par l’apparition de tensions entre pays de la zone franc et ZMAO, et notamment par une sourde rivalité entre Abuja et Abidjan, c’est le non respect des critères de convergence et l’impact économique du Covid-19 qui sont mis en avant pour justifier ce report.

La réunion, qui a d’ailleurs vu se succéder des discours du président ivoirien Alassane Dramane Ouattara – pour l’Umoa – et du ministre sierra-léonais des Affaires étrangères – côté ZMAO – a d’ailleurs « pris acte des transformations importantes réalisées dans la zone monétaire Umoa », mais précise que cette réforme « s’inscrit dans le cadre des actions à réaliser pour transformer le  F CFA, tout autant que les autres monnaies, en Eco, conformément à la feuille de route révisée de la Cedeao ».

Si aucune indication n’est donnée pour la mise en place de cette future monnaie, qui se fera de manière « graduelle », comme le stipulaient déjà les textes précédents, il est à noter que la Cedeao exempte ses membres du respect des critères de convergence macroéconomique en 2020.

Avec Jeune Afrique par Nelly Fualdes

Congo/Interview Augustin Rochnell Zoko: « J’ai besoin de l’appui du gouvernement »

septembre 5, 2020

Canada: Trudeau admet des retards dans la PCU de septembre, à cause de la prolongation

septembre 3, 2020
© Fournis par La Presse CanadienneOTTAWA — Justin Trudeau a admis jeudi qu’il y avait eu des retards dans la livraison de certains chèques de prestation d’urgence ce mois-ci.

En entrevue à une station de radio de Saint-Jean, Terre-Neuve-et-Labrador, le premier ministre a imputé ces retards à la prolongation récemment annoncée des programmes de soutien pour les victimes économiques de la pandémie. «Il peut y avoir quelques petits problèmes, mais nous avons dit dès le début que nous serions là pour les Canadiens et que nous continuerons d’être là pour eux», a-t-il assuré.

La Prestation canadienne d’urgence (PCU), qui verse jusqu’à 500 $ par semaine à ceux qui ont perdu leur emploi ou des heures de travail, devait expirer à la fin du mois d’août. Mais il y a deux semaines, les libéraux l’ont prolongée de quatre semaines, en promettant aux bénéficiaires une transition vers un autre programme. Or, certains bénéficiaires qui ont demandé la prestation de septembre ne l’ont pas encore reçue.

M. Trudeau effectuait jeudi une «tournée virtuelle» du Canada atlantique, après l’avoir fait la veille en Colombie-Britannique. Le premier ministre doit dévoiler le 23 septembre, dans un discours du Trône, ce qu’il présente déjà comme un «plan de relance économique audacieux». Ce discours du Trône sera soumis à un vote de confiance aux Communes, ce qui pourrait faire tomber le gouvernement libéral minoritaire, élu en octobre 2019.

Avec la possibilité d’un scrutin à l’automne, ces tournées virtuelles du pays revêtent donc un caractère hautement politique. Des députés libéraux ont d’ailleurs accompagné le premier ministre lors de visites virtuelles d’entreprises qui ont bénéficié de programmes fédéraux pour garder la tête hors de l’eau pendant la pandémie.

M. Trudeau s’est par ailleurs entretenu jeudi avec le nouveau premier ministre libéral de Terre-Neuve-et-Labrador, Andrew Furey. À la suite de cet entretien, les deux hommes ont annoncé que cette province se joindrait à l’Ontario et commencerait à utiliser l’application fédérale «Alerte COVID».

Le premier ministre Trudeau a ensuite discuté, en ligne, avec le propriétaire et les employés de Louisbourg Seafoods, en Nouvelle-Écosse, qui a utilisé la Subvention salariale d’urgence afin de poursuivre ses activités pendant la pandémie.

M. Trudeau a également fait une «visite virtuelle» dans la péninsule acadienne, à la Distillerie Fils du roy, de Petit-Paquetville, au Nouveau-Brunswick. La distillerie est passée ce printemps de la production de spiritueux à la fabrication d’un désinfectant pour les mains, avec l’aide d’un programme fédéral de prêts d’urgence.

M. Trudeau utilise normalement la pause estivale aux Communes pour sortir de la bulle d’Ottawa et parcourir le pays afin de rencontrer des dirigeants locaux et des électeurs. La pandémie de COVID-19 a mis un frein à ces tournées du premier ministre, comme d’ailleurs celles des autres chefs de partis.

Avec La Presse Canadienne