Archive for the ‘Finances’ Category

L’éther, une cryptomonnaie victime du succès de sa blockchain

septembre 21, 2018

Londres – L’ether, la deuxième monnaie virtuelle en matière de capitalisation derrière le bitcoin, a subi une chute de son cours ces dernières semaines. En cause, des inquiétudes sur la capacité de sa blockchain, Ethereum, à faire face à son succès.

Si l’ensemble des cryptomonnaies a connu un début de mois difficile, l’ether, né en 2015 avec la blockchain Ethereum, a été particulièrement éprouvé, lâchant près de 20% en trois semaines.

Au-delà de la décision de Goldman Sachs de suspendre son projet de plateforme d’échanges, qui a pénalisé l’ensemble du secteur, l’ether a souffert de propos tenus par Vitalik Buterin, cofondateur d’Ethereum, un protocole d’échanges décentralisé et inviolable.

« L’espace de la blockchain arrive à un point où il y a un plafond en vue », a déclaré le 8 septembre à l’agence Bloomberg le programmeur russo-canadien de 24 ans, qui a depuis cherché à atténuer ses propos.

Vitalik Buterin, devenu multimillionnaire grâce à Ethereum, « ne fait pas le boulot qu’il est supposé faire: accroître la confiance des entreprises dans la technologie et leur apporter ce dont elles ont besoin, c’est-à-dire de la scalabilité », a jugé Naeem Aslam, analyste pour Think Markets et détenteur de cryptomonnaies.

– Embouteillage sur la blockchain –

Scalabilité. Ce terme, qui exprime la capacité d’une blockchain à gérer une quantité croissante d’utilisateurs, est « probablement le défi numéro un » auquel est confronté Ethereum, selon des propos tenus il y a un an par M. Buterin.

Contrairement à la blockchain Bitcoin, Ethereum n’a pas pour principale fonction de créer une seule monnaie mais d’héberger des logiciels ou des « smart contracts » (contrats intelligents).

Ces programmes permettent notamment de déclencher automatiquement des transactions lorsqu’une certaine condition est remplie. Par exemple, dans le cas de paris sportifs, l’argent misé pourrait être instantanément réparti entre les gagnants une fois le résultat connu, sans nécessiter l’intervention d’une tierce partie.

C’est également à partir d’Ethereum qu’ont été effectués plus des deux tiers des ICO (initial coin offerings), des levées de fonds en monnaies virtuelles – souvent en ether.

Le nombre d’ICO a explosé en 2017, contribuant à la hausse des cours de l’ether dont le prix a été multiplié par plus de 160 en un an, avant de commencer à s’effondrer en janvier.

Problème: l’engouement autour des ICO a parfois saturé le réseau de la blockchain.

« Plus vous avez de besoins et plus vous avez de probabilités d’engorgement du réseau », souligne auprès de l’AFP Jérôme de Tychey, président d’Asseth, une association dédiée à la promotion d’Ethereum.

Lorsque le réseau peine à faire face au nombre de transactions, les frais augmentent et il faut payer plus cher pour voir son opération traitée en priorité. Alors que les frais moyens oscillaient dernièrement autour de quelques cents, ceux-ci ont temporairement dépassé 5,50 dollars début juillet, un record, selon le site bitinfocharts.

Pour améliorer la scalabilité de la blockchain, des modifications profondes de son architecture sont prévues, mais les retards s’accumulent, explique M. de Tychey, ce qui pourrait avoir découragé certains investisseurs.

Depuis début août, l’ether a perdu plus de 50% de sa valeur et presque 75% depuis le mois de mai, faisant passer sa capitalisation d’environ 82,5 milliards de dollars à 23,12 milliards. Une chute brutale mais qui ne fait que ramener les prix au niveau observé il y a un peu plus d’un an, soit environ 220 dollars pour un ether.

Immenses réserves

Autre phénomène qui pèse sur les cours: le succès de nombreuses ICO passées.

Une étude de Diar, une revue en ligne spécialisée sur les cryptoactifs, a révélé que les entreprises ayant effectué une levée de fonds avant l’explosion des cours « sont assises sur d’immenses réserves » de cryptomonnaies, supérieures pour certaines au montant de leur capitalisation.

Selon Larry Cermak, analyste pour Diar, elles détiendraient actuellement « environ 3,7% du total de la masse d’ethers » mais auraient déjà déplacé ou liquidé presque les deux tiers des montants levés.

« Si vous admettez qu’elles auront besoin de couvrir leurs dépenses d’exploitation en monnaie fiduciaire, cela signifie qu’elles vont avoir besoin de vendre leurs ethers », explique-t-il.

Depuis avril, la quantité d’ethers détenue par ces compagnies a diminué d’environ 20%, et ce mouvement de vente a mécaniquement contribué à baisser les prix.

Romancdie.com avec(©AFP / 21 septembre 2018 10h43)                                                        

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Danemark: le patron de la 1ère banque emporté par un scandale de blanchiment d’argent

septembre 19, 2018

Le patron de la première banque danoise, Danske Bank, Thomas Borgen, à Copenhague le 16 novembre 2017 / © Ritzau Scanpix/AFP/Archives / Anne BAEK

Le patron de la première banque danoise, Danske Bank, a annoncé mercredi sa démission, emporté par un scandale de blanchiment en Estonie entre 2007 et 2015 dont l’ampleur exacte reste à déterminer mais qui pourrait se chiffrer en dizaines de milliards d’euros.

« Il est évident que Danske Bank n’a pas été à la hauteur de ses responsabilités dans le cas du possible blanchiment d’argent en Estonie », a indiqué le directeur général Thomas Borgen dans un communiqué de presse alors que la banque présentait mercredi les résultats de son enquête interne.

Même si cette enquête, réalisée par un cabinet indépendant, « conclut que j’ai respecté mes obligations légales, je crois qu’il est mieux pour toutes les parties que je démissionne », ajoute M. Borgen, âgé de 54 ans et en poste depuis 2013.

Cette enquête, réalisée par un cabinet indépendant, a porté sur des flux de 1.500 milliards de couronnes danoises, soit plus de 200 milliards d’euros, ayant transité par une filiale de la banque en Estonie. A titre de comparaison, le Produit intérieur brut de l’Estonie se montait en 2017 à 23 milliards d’euros.

Sur cette somme totale de quelque 200 milliards d’euros, Danske Bank n’est pas « capable de fournir une estimation précise du montant des transactions suspectes », selon un communiqué.

– Des milliards d’euros –

Début septembre, le quotidien américain Wall Street Journal avait évoqué une somme de 150 milliards de dollars (129 milliards d’euros) provenant « d’entreprises ayant des liens avec la Russie et l’ex-Union soviétique » ayant transité par la filiale estonienne durant la période.

Un chiffre de 8,3 milliards de dollars de capitaux blanchis avait été avancé lors de l’ouverture en août d’une enquête par le parquet financier danois.

Le quotidien danois Berlingske, qui avait évoqué en 2017 des sommes d’environ 3,9 milliards de dollars (3,3 milliards d’euros), avait alors plus que doublé le chiffre après avoir consulté les relevés bancaires de vingt sociétés ayant eu des comptes dans cette filiale entre 2007 et 2015. Des relevés liés à une affaire plus ancienne révélée par l’avocat russe Sergueï Magnitsky, décédé en 2009 après un an de détention en Russie.

Danske Bank a également annoncé mercredi le versement de l’équivalent de 200 millions d’euros à une fondation indépendante qui sera créée pour soutenir les initiatives visant à combattre la criminalité financière internationale, y compris le blanchiment d’argent, « également au Danemark et en Estonie ».

Cette somme sera comptabilisée au troisième trimestre, ce qui oblige la banque à revoir à la baisse ses prévisions de bénéfice pour 2018.

L’action Danske Bank a décroché à la Bourse de Copenhague, perdant 8,29% à 160,40 couronnes à 9H55 GMT.

« Nous n’avons rien appris sur l’étendue du problème de blanchiment. Cela signifie que l’incertitude peut durer. La peur de fortes amendes est toujours là », a analysé Mikkel Emil Jensen de Sydbank pour l’agence locale Ritzau Finans.

Selon des informations du Wall Street Journal, Danske Bank, qui n’opère pas aux Etats-Unis mais possède des obligations en dollars, est aussi dans le collimateur du gendarme financier américain.

La banque danoise n’est pas le seul établissement financier soupçonné de blanchiment: de grandes banques européennes comme BNP Paribas et Deutsche Bank ont été condamnées à ce titre.

Début septembre, la banque néerlandaise ING a payé la somme de 775 millions d’euros dans un accord conclu avec les autorités suite à une enquête concernant du blanchiment d’argent aux Pays-Bas entre 2010 et 2016.

Romandie.com avec(©AFP / (19 septembre 2018 12h42)

Égypte: les deux fils de Moubarak arrêtés pour manipulation boursière

septembre 15, 2018

Le Caire – Les deux fils de l’ancien président égyptien Hosni Moubarak dont la révolution de 2011 avait provoqué la chute, ont été arrêtés samedi dans une affaire de « manipulation boursière », selon une source judiciaire.

Après la chute de Hosni Moubarak à la faveur du Printemps arabe, plusieurs procédures judiciaires ont été déclenchées contre l’ancien chef de l’Etat, resté 30 ans au pouvoir (1981-2011), et ses proches.

Gamal et Alaa Moubarak, ainsi que trois autres personnes, sont accusés d’avoir convenu d’acquérir la majorité des actions de plusieurs banques via des sociétés écrans, sans le déclarer en bourse, comme les y obligeait la loi.

Ils ont été arrêtés sur ordre d’un juge lors d’une audience, en leur présence, dans un tribunal pénal du Caire, et doivent être transférés en centre de détention, selon la même source judiciaire. La prochaine audience dans leur affaire a été fixée au 20 octobre.

Alaa Moubarak a confirmé samedi sur Twitter ce placement en détention, en espérant que « la vérité sera un jour révélée » dans cette affaire.

A l’époque des faits reprochés, il se tenait à l’écart de la politique mais il est accusé d’avoir amassé une fortune grâce aux réseaux de son père.

Son cadet Gamal Moubarak, à la tête du puissant comité politique du parti au pouvoir sous le régime de son père, avait lui longtemps été pressenti pour succéder à ce dernier.

Arrêtés en 2011 dans différentes affaires, ils ont été placés en détention provisoire à plusieurs reprises avant de bénéficier de remises en liberté. Ils n’avaient plus été incarcérés depuis leur dernière libération il y a trois ans.

Avec leur père, Alaa et Gamal Moubarak avaient été condamnés en mai 2015 à trois ans de prison pour avoir détourné plus de 10 millions d’euros de fonds publics alloués à l’entretien des palais présidentiels. Leurs périodes de détention provisoire avaient couvert cette peine.

Plusieurs responsables du régime de M. Moubarak, dont l’ancien chef de l’Etat lui-même, accusés dans des affaires de corruption, ont finalement été acquittés.

M. Moubarak, acquitté en mars 2017 pour le meurtre de manifestants, reste toutefois sous le coup d’une enquête pour corruption.

Les autorités sont en revanche accusées d’instrumentaliser le pouvoir judiciaire dans leur répression des opposants et des partisans de l’ex-président islamiste Mohamed Morsi, destitué par l’armée en 2013.

La semaine dernière, un tribunal du Caire a condamné à mort 75 personnes, dont des dirigeants des Frères musulmans, dans l’un des plus grands procès de masse depuis la révolte ayant secoué l’Egypte en 2011.

Une commission judiciaire a annoncé mardi le gel des avoirs de plus d’un millier de membres des Frères musulmans, mouvement classé « terroriste » par Le Caire, et d’entreprises ou associations leur appartenant.

Romandie.com avec(©AFP / 15 septembre 2018 16h21)                                                        

Russie-Chine: Moscou et Pékin veulent moins utiliser le dollar pour leur commerce

septembre 11, 2018

Le président russe Vladimir Poutine (D) et son homologue chinois Xi Jinping, lors d’un forum économique à Vladivostok le 11 septembre 2018 / © POOL/AFP / SERGEI CHIRIKOV

Vladimir Poutine a assuré mardi que Moscou et Pékin comptaient utiliser davantage leurs monnaies nationales, et non le dollar, pour leurs échanges commerciaux en bonne voie pour atteindre un niveau record sur fond de tensions entre la Russie et les Occidentaux.

« La partie russe comme la partie chinoise ont confirmé leur intérêt à utiliser de manière plus active les monnaies nationales pour les règlements communs », a déclaré le président russe après avoir reçu son homologue chinois Xi Jiping lors d’un forum économique à Vladivostok, dans l’Extrême orient russe.

« Cela renforcera la stabilité du traitement par les banques des opérations d’import-export dans les conditions de risque persistant sur les marchés mondiaux », a-t-il ajouté.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de sanctions économiques de plus en plus dures imposées par les Occidentaux à la Russie depuis l’éclatement de la crise ukrainienne en 2014.

Les Etats-Unis ont encore durci leur arsenal ces derniers mois sur fond d’accusations d’ingérence russe dans l’élection de Donald Trump en 2016 et d’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal et de sa fille en Angleterre en mars.

De son côté, la Chine est engagée dans une guerre commerciale avec les Etats-Unis depuis l’introduction par Washington de barrières douanières sur certains produits chinois, ce à quoi Pékin a répliqué par ses propres mesures.

Les relations économiques et diplomatiques entre la Chine et la Russie se sont renforcées ces dernières années alors que des tensions surgissaient entre Moscou et les Occidentaux.

Selon M. Poutine, le volume des échanges commerciaux entre Pékin et la Chine ont augmenté d’un tiers sur un an au premier semestre, atteignant 50 milliards de dollars.

« Il y a toutes les raisons de penser que d’ici à la fin de l’année, nous arriverons au niveau record de 100 milliards de dollars », a insisté le président russe.

Dès le début de la rencontre, il avait salué « des relations de confiance en matière politique, de sécurité et dans la sphère militaire ».

« Notre amitié se renforce tout le temps », avait assuré son homologue chinois, appelant à atteindre « une nouvelle altitude » dans les relations.

Des soldats chinois participent aux exercices militaires Vostok-2018 lancés mardi par l’armée russe dans l’Extrême orient russe avec l’implication de moyens sans précédent.

Romandie.com avec(©AFP / (11 septembre 2018 13h33)

Tidjane Thiam entend rester au Crédit Suisse et exclut de se présenter à la présidentielle en Côte d’Ivoire

septembre 7, 2018

 

Le Franco-Ivoirien Tidjane Thiam a vu sa carrière décoller après son arrivée à Londres en 2002. © Michel Buholzer/AFP

 

Tidjane Thiam, directeur général du Credit Suisse, a déclaré qu’il excluait de se lancer dans une carrière politique en Côte d’Ivoire, son pays natal, où la prochaine élection présidentielle aura lieu en 2020. Il affirme vouloir rester à la tête de la banque suisse.

Interrogé sur les appels lancés en Côte d’Ivoire en faveur de sa candidature à la présidentielle de 2020, Tidjane Thiam, 56 ans, a dit au quotidien suisse Le Temps être « touché et honoré » par ces marques de soutien. Avant d’ajouter : « J’ai dit à plusieurs reprises et depuis de nombreuses années ma détermination à ne pas avoir d’activité politique. »

Dans cette déclaration, Tidjane Thiam insiste par ailleurs sur son « engagement à long terme » en tant que patron du Credit Suisse. Un engagement réaffirmé dans un communiqué publié le 6 septembre par la banque et signé par le Franco-Ivoirien.

J’entends continuer dans mon rôle de CEO du Credit Suisse

« Après trois années passées à la direction du Credit Suisse, ma tâche n’est pas achevée et j’ai bien l’intention de la poursuivre. (…) J’entends donc continuer dans mon rôle de CEO du Credit Suisse, en dirigeant le développement de nos activités après une phase de profonde restructuration. »

Né en 1962 en Côte d’Ivoire et lié par sa mère à la famille de Félix Houphouët-Boigny, Tidjane Thiam a dirigé le Bureau national d’études techniques et de développement (BNETD) dans les années 1990. Ancien ministre du Plan de Côte d’Ivoire sous la présidence d’Henri Konan Bédié et jusqu’au coup d’État de Noël 1999, il est à la tête du Credit Suisse depuis juillet 2015. En 2016, déjà, il avait démenti une rumeur lui attribuant des vues sur la direction du FMI.

Jeuneafrique.com

Congo: Western Union et Moneygram livrent à la DGST des infos sur les transferts effectués par les opposants

septembre 7, 2018

 
Une agence de Western Union

 

Les deux principales sociétés de transfert de fonds basées au Congo, fourniraient des informations à la DGST, sur les mouvements d’argent des congolais classés comme « opposants » par le régime de Brazzaville. Une base de données des personnes bénéficiaires est minutieusement scrutée par les flics périodiquement dans le seul but de la conversation du pouvoir.

Au Congo, la DGST aurait réussi à convaincre les deux principales sociétés de fonds, Western Union et Moneygram de leur transmettre le rapport de leurs transactions financières. Le but de cette manœuvre serait de cibler toutes les personnes au pays recevant de l’argent des opposants au régime, vivant hors du pays et aussi ceux à qui les opposants locaux envoient de l’argent à l’étranger.

La militarisation de la nouvelle république est l’une des causes directes de cette paranoïa qui frise le ridicule. Le pouvoir croirait ainsi contrôler les opposants dans le financement des groupuscules dormants locaux, capables de créer des troubles.

A Brazzaville, une personne de troisième âge aurait été interpellée suite aux nombreux transferts d’argent qu’elle recevrait de son neveu, installé en France et classé comme opposant dangereux.

Dans leurs ambitions démesurées de conservation du pouvoir, les sécurocrates d’Oyo se sont toujours arrangé à appauvrir ceux qui ne pensaient pas comme eux. En rendant tout le monde dépendant d’eux, ils peuvent les contrôler et s’assurer une tranquillité.

Les parents de ces supposés opposants sont indexés pour la simple raison d’avoir des membres qui pensent différemment et qui aspirent à un Congo juste et normal.

Sacer-infos.com par Stany Franck

A Londres, le début de la fin de l’argent liquide

septembre 5, 2018

La chanteuse de rue Charlotte Campbell utilise un lecteur de carte bancaire sans contact pour récolter des dons, au pied du London Eye (grande roue) à Londres le 1er septembre 2018 / © AFP / Daniel LEAL-OLIVAS

Pendant des siècles, les artistes et vendeurs de rue ont pu compter à Londres sur la menue monnaie amassée auprès des passants pour vivre. Mais avec la disparition progressive de l’usage de l’argent liquide dans la capitale britannique, la nécessité de s’adapter s’impose.

C’est ce qu’a rapidement compris la chanteuse Charlotte Campbell, l’une des premières à adopter un lecteur de carte bancaire sans contact pour faire rémunérer ses prestations à l’ombre du London Eye, surnom donné à la grande roue posée sur la rive sud de la Tamise.

« Les gens ont pris l’habitude de tout payer par carte », dit la jeune femme de 28 ans à l’AFP, une couronne de fleurs artificielles posée sur ses cheveux blonds. Or « si les gens n’ont plus de monnaie, l’art de rue risque de disparaître », ajoute-t-elle en cet après-midi de fin d’été.

Désormais, 5 à 10% de ses revenus ne proviennent plus de pièces de monnaie jetées dans sa housse de guitare mais de paiements effectués sur le petit lecteur portable de cartes, qu’elle a programmé pour débiter 2 livres (2,22 euros).

– A l’Eglise aussi –

Le lecteur de carte sans contact de la chanteuse britannique de rue Charlotte Campbell, à Londres le 1er septembre 2008 / © AFP / Daniel LEAL-OLIVAS

Les chiffres du gouvernement lui donnent raison. Selon un rapport du Trésor publié cette année, la part des paiements en liquide au Royaume-Uni est tombée de 62% en 2006 à 40% en 2016. Une proportion qui devrait chuter à 21% en 2026, pronostique le document. Le ministère encourage le mouvement en interdisant depuis janvier aux commerçants de faire payer des frais pour l’utilisation de cartes de paiement.

Autre signe que la disparition des pièces et billets de banque est en route dans la capitale britannique, un certain nombre d’adresses pour déjeuner dans la City, l’épicentre de la finance du pays, ne les acceptent plus.

Quant aux vendeurs du magazine The Big Issue, dont les recettes sont destinées à aider les personnes pauvres ou sans-abri, ils ont aussi adopté des lecteurs de cartes sans contact pour faire face à l’absence de monnaie des passants.

A l’église Christ Church East Greenwich, dans le sud-est de Londres, on utilise encore une corbeille pour la quête du dimanche, mais depuis l’an dernier, la révérende Margaret Cave a aussi déployé un lecteur sans contact.

Les dons affluent encore en pièces de monnaie pour les artistes de rue, mais aussi dorénavant par lecteur de carte sans contact. A Londres le 1er septembre 2018 / © AFP / Daniel LEAL-OLIVAS

« Les montants sont crédités de manière sûre sur votre compte bancaire, personne ne peut s’en emparer, donc c’est mieux que l’argent liquide de ce point de vue », estime-t-elle.

– « Guerre contre le cash » –

Le phénomène n’a cependant pas l’heur de plaire à tous.

« Une société sans liquide pose des problèmes de trois ordres », juge ainsi l’expert financier Brett Scott, auteur d’un guide sur la finance mondiale: « Celui de la surveillance – on sait ce que vous faites; celui de l’exclusion financière – vous pouvez être exclu du système; et la question de la cybersécurité », énumère-t-il.

A Londres, le début de la fin de l’argent liquide / © AFP / joe stenson, Kilian Fichou

Selon lui, banques, sociétés de service de paiement, gouvernement et entreprises de technologie financière sont engagés depuis deux décennies dans « une guerre froide contre le cash », essayant de convaincre le public que pièces et billets constituent un inconvénient.

« On peut envisager ça un peu comme une gentrification du paiement », estime l’analyste. « On essaie de pousser toute forme d’activité informelle ou non institutionnelle dans un enclos numérique que l’on peut surveiller et utilisable par de grandes institutions ».

Les sans-abri, les réfugiés et ceux qui ont du mal à obtenir l’ouverture d’un compte bancaire pourraient être exclus de cette nouvelle économie, met-il en garde.

L’histoire récente semble donner raison aux pourfendeurs d’une trop grande confiance placée dans les technologies de paiement par carte: au mois de juin, quelque 5,2 millions de transactions par carte Visa – dont 2,4 millions rien qu’au Royaume-Uni – avaient été bloquées pendant plusieurs heures, laissant commerçants et consommateurs bien dépourvus.

Romandie.com avec(©AFP / (05 septembre 2018 13h06)

France: le départ de la ministre des Sports lié à sa « situation fiscale »

septembre 4, 2018

Paris – La démission mardi de la ministre française des Sports, Laura Flessel, est liée à sa « situation fiscale », a affirmé à l’AFP une source proche du dossier, confirmant des informations de presse.

L’ancienne championne olympique d’escrime, qui a démissionné en invoquant « des raisons personnelles », « a décidé de partir pour des raisons liées à sa situation fiscale », a indiqué cette source.

« Elle n’a fait aucune erreur. Ce n’est pas la cause de son départ », a de son côté affirmé l’entourage de l’ex-ministre à l’AFP, précisant que le litige concerne « sa société de droits à l’image dont son mari était gérant ».

Selon le site d’information Mediapart, le fisc a récemment saisi la Commission des infractions fiscales (CIF) après avoir découvert des manquements déclaratifs de la ministre concernant cette société exploitant le droit à l’image de l’ancienne championne.

Cette société, Flessel and co, a fait l’objet d’une « dissolution anticipée » le 30 septembre 2017. D’après le procès-verbal de dissolution, dont l’AFP a eu connaissance, Laura Flessel y apparaissait propriétaire de 875 parts sur 1000, son mari, Denis Colovic, de 125 parts.

Sollicitée par l’AFP, l’administration fiscale a répondu que, « soumise au secret professionnel et fiscal, (elle ne pouvait pas) s’exprimer sur des dossiers particuliers ou en cours sans contrevenir à la loi ».

Romandie.com avec(©AFP / 04 septembre 2018 15h04)                                                        

Chine-Afrique: le président sénégalais rejette les critiques sur la dette

septembre 4, 2018

Le président du Senegal Macky Sall (au centre) parle avec son homologue chinois Xi Jinping à Pékin le 2 septembre 2018n / © POOL/AFP / Nicolas ASFOURI

Le président sénégalais Macky Sall a appelé mardi l’Afrique à ne « pas avoir la conscience perturbée » par les critiques occidentales contre la dette des pays africains vis-à-vis de Pékin, assurant que ce dossier était « parfaitement maîtrisé ».

M. Sall s’exprimait lors de la conférence de presse finale du 7e Forum sur la coopération sino-africaine (Focac). Ce sommet diplomatique et commercial a réuni pendant deux jours des dirigeants de 53 pays africains.

« Tout ce que nous faisons avec la Chine – j’insiste là-dessus – est parfaitement maîtrisé, y compris le volet financier, le volet de la dette », a souligné Macky Sall, dont le pays hérite de la coprésidence tournante du Focac.

« Nous ne devons pas avoir la conscience perturbée par les critiques faites sur la nature de nos relations avec la Chine », a-t-il martelé au côté du président chinois Xi Jinping.

La Chine est le premier partenaire commercial de l’Afrique. Elle investit annuellement plusieurs milliards de dollars sur le continent depuis 2015 dans des infrastructures (routes, chemins de fer, ports) ou des parcs industriels. Des investissements largement salués par les pays africains.

Ces initiatives chinoises suscitent toutefois des critiques croissantes venues d’institutions ou d’instituts de recherche occidentaux. Ils estiment que l’endettement de l’Afrique est en grande partie dû aux prêts généreux accordés par Pékin.

« La Chine n’a pas augmenté le niveau d’endettement de l’Afrique. Les raisons derrière la dette africaine sont complexes », a réagi mardi Xu Jinghu, la représentante spéciale du gouvernement chinois pour les Affaires africaines.

Elle incrimine les fluctuations de l’économie mondiale « qui ont accru le coût du financement pour l’Afrique » et le recul des recettes fiscales pour les pays exportateurs de matières premières à la suite de la baisse des cours mondiaux.

« Même pour les pays lourdement endettés, la Chine n’est pas le principal créancier. C’est donc insensé et infondé de mettre la dette africaine sur notre dos », a plaidé Mme Xu.

Xi Jinping a promis lundi une nouvelle enveloppe de 60 milliards de dollars dédiée au développement de l’Afrique. Elle comprend notamment des investissements et des prêts supplémentaires pour le continent.

« Nous serons très consciencieux (avec cette somme). Nous ferons une étude de faisabilité complète avant de sélectionner un projet », a souligné Xu Jinghu. « Il s’agira d’aider l’Afrique à renforcer sa capacité d’autosuffisance, et d’éviter (d’accroître) la dette ».

Romandie.com avec(©AFP / (04 septembre 2018 16h06)

Le « charbon propre » vanté par Trump, une technique coûteuse

août 22, 2018

Le président américain Donald Trump arrive sur scène à un meeting, à Charleston, en Virginie Occidentale, le 21 août 2018 / © AFP / MANDEL NGAN

Le « charbon propre » vanté par Donald Trump évoque une technique destinée à rendre l’utilisation du charbon moins polluante mais qui reste en réalité peu développée car très coûteuse.

Washington a annoncé mardi un nouveau projet de réglementation destiné à maintenir en vie des centaines de centrales au charbon, dont le président Barack Obama voulait précipiter la fermeture afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis.

Donald Trump a une nouvelle fois vanté les vertus du « charbon propre », un terme qu’il a déjà employé à plusieurs reprises par le passé, sans expliquer ce qu’il entendait exactement par là.

« D’abord, le charbon propre correspondait à un charbon débarrassé de ses impuretés et plus efficace thermiquement. Mais depuis un certain nombre d’années, on se réfère au charbon propre pour ses performances environnementales », explique Nicolas Berghmans, chercheur à l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI), interrogé par l’AFP.

Le charbon représente 37% de la production électrique dans le monde mais il est extrêmement polluant et génère environ un tiers des émissions de gaz à effet de serre.

« Il a un effet important sur le changement climatique mais aussi un impact sur la pollution locale: on a des émissions de particules fines, de SO2 (dioxyde de soufre), potentiellement de mercure, qui sont nocives pour la population autour de la centrale », rappelle Nicolas Berghmans.

La principale piste pour rendre l’utilisation du charbon moins polluante est la technique dite de séquestration et stockage du carbone, qui consiste à capter le CO2 à la sortie des cheminées pour le stocker dans le sous-sol.

L’Agence internationale de l’Energie (AIE) estime qu’une « action urgente » est nécessaire pour soutenir cette technologie afin de limiter le risque climatique.

Le charbon aux Etats-Unis / © AFP / Alain BOMMENEL

Il n’existe pourtant que deux grandes installations de séquestration et de stockage du carbone sur des centrales en opération: Petra Nova au Texas et Boundary Dam au Canada. Un autre gros projet au Mississipi a été abandonné.

Les capacités de captage de CO2 atteignent ainsi seulement 2,4 millions de tonnes par an, alors qu’il faudrait être en mesure d’atteindre les 350 millions de tonnes d’ici 2030, pour respecter les accords de Paris sur le climat, selon l’AIE.

La technologie rencontre en réalité un double obstacle: celui du choix d’un lieu pour le stockage (géologie appropriée, acceptation par les riverains) et surtout le coût. « Ça double à peu près les coûts de production d’électricité à charbon », souligne ainsi Nicolas Berghmans.

L’utilisation plus « propre » du charbon le rendrait ainsi très coûteux et encore moins compétitif en comparaison d’autres sources d’énergie bon marché aux Etats-Unis, les renouvelables et le gaz de schiste.

« La baisse de la production à charbon aux Etats-Unis n’est pas simplement due aux normes environnementales mais à l’économie de la production électrique », observe Nicolas Berghmans.

Dans un rapport récent, l’AIE jugeait aussi qu’aux Etats-Unis, « la demande d’électricité stagnante, l’offre abondante de gaz et la croissance des renouvelables devraient continuer à constituer des obstacles pour l’utilisation du charbon et limiter la perspective d’une résurgence de la construction de nouvelles centrales électriques à charbon ».

Romandie.com avec(©AFP / (22 août 2018 12h15)