Archive for the ‘Justice’ Category

Le Chili ouvre la porte à l’avortement après 28 ans d’interdiction

août 21, 2017

Des militants pro-avortement manifestent leur joie devant le tribunal Constitutionnel, le 21 août 2017 à Santiago au Chili / © AFP / CLAUDIO REYES

Le Tribunal constitutionnel du Chili a donné lundi son feu vert à la loi dépénalisant l’avortement thérapeutique, ultime étape mettant fin à près de 30 ans d’interdiction totale de l’IVG, comme c’est encore le cas dans 18 pays à travers le monde.

La loi, fruit d’intenses débats durant deux ans et demi, avait déjà été approuvée début août par la Chambre des députés puis par le Sénat, mais la droite conservatrice avait saisi le Tribunal constitutionnel en invoquant une atteinte au principe du droit à la vie figurant dans la Constitution.

Le Tribunal constitutionnel a rejeté « les deux recours (déposés par la droite, ndlr) par six votes contre quatre », a déclaré son secrétaire général Rodrigo Pica lors d’une conférence de presse.

Jusqu’ici, l’avortement n’était autorisé au Chili dans aucune circonstance. Après ce feu vert, il reste selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) 18 pays dans le monde interdisant totalement l’avortement, parmi lesquels Haïti, le Congo et le Vatican.

Une fois que la loi sera promulguée par la présidente Michelle Bachelet, sa principale promotrice, l’avortement sera possible dans trois cas précis: pour les femmes dont la vie est en danger, pour les victimes de viols, et pour les femmes dont le foetus est jugé non viable.

Cette annonce a déclenché des cris de joie parmi les dizaines de militants rassemblés devant l’institution à Santiago.

La Corporation pour les droits sexuels et reproductifs (Miles) a qualifié cette décision d' »historique » car elle « marque un avant et un après pour les femmes chiliennes ».

« Aujourd’hui, nous les femmes conquérons de nouveaux espaces de dignité, de liberté, d’autonomie et d’égalité, car on a mis fin définitivement à l’interdiction totale de l’avortement, à la stigmatisation et aux sanctions injustes et inhumaines qui pesaient sur les personnes cherchant à interrompre leur grossesse », a-t-elle souligné dans un communiqué.

La semaine dernière, Mme Bachelet avait affirmé que cette loi était « le minimum dû par le Chili à ses femmes ».

– 70% des Chiliens favorables –

Egalement rassemblés devant le Tribunal constitutionnel, des opposants à la loi ont réagi en traitant d' »assassins » ses promoteurs. « Ils s’unissent contre la vie du juste et condamnent le sang innocent », ont repris en choeur les manifestants.

La semaine dernière, les dix juges du Tribunal constitutionnel ont entendu 135 organisations et personnalités exposer leurs arguments pour et contre cette loi, tandis que devant l’institution les anti-avortement manifestaient avec des berceaux vides ou en diffusant sur des haut-parleurs les battements de coeur d’un foetus.

Cette dépénalisation, soutenue selon des sondages par 70% de la population, marque un changement de société majeur au Chili, l’un des derniers pays développés à avoir reconnu le divorce en 2004. L’Eglise catholique y est très présente.

Jusqu’en 1989 et pendant plus de 50 ans, l’avortement était permis en cas de risque pour la mère et de foetus non viable, mais avant de quitter le pouvoir le dictateur Augusto Pinochet (1973-1990) l’avait totalement interdit.

Officiellement, le Chili enregistre chaque année quelque 30.000 avortements provoqués ou spontanés, mais les interruptions clandestines pourraient être de l’ordre de 160.000.

La dépénalisation de l’avortement thérapeutique s’inscrit dans une série de réformes sociales voulues par la présidente Bachelet pendant son second mandat, qui s’achève à la fin de l’année.

Il y a deux ans, la dirigeante socialiste, pédiatre de formation, avait obtenu que le Parlement – où elle a la majorité, mais avec des secteurs très conservateurs au sein de son parti – vote l’union civile de couples du même sexe. D’ici quelques jours, elle lancera un nouveau projet, cette fois pour légaliser le mariage homosexuel.

Romandie.com avec(©AFP / 21 août 2017 22h24)                

Pretoria a accordé l’immunité diplomatique à Grace Mugabe

août 20, 2017

 

Robert Mugabe et son épouse, Grace, à Chinhoyi, le 29 juillet 2017. © Tsvangirayi Mukwazhi/AP/SIPA

La première dame du Zimbabwe, Grace Mugabe, soupçonnée d’agression à Johannesburg, a obtenu l’immunité diplomatique auprès des autorités sud-africaines et pu rentrer dimanche à Harare.

Grace Mugabe, qui figure parmi les favoris pour succéder à son mari âgé de 93 ans, est sous le coup d’une plainte pour coups et blessures contre une mannequin.

Gabriella Engels, 20 ans, affirme avoir été agressée violemment, avec un câble et une prise, par la première dame dans un hôtel d’un quartier huppé de Johannesburg le 13 août. Selon les médias sud-africains, deux fils de Grace Mugabe se trouvaient dans le même établissement.

A la suite de cet incident, les autorités zimbabwéennes ont demandé mercredi à Pretoria l’immunité diplomatique pour Grace Mugabe, un privilège qui lui a finalement été accordé.

La chef de la diplomatie sud-africaine Maite Nkoana-Mashabane « a décidé que l’immunité diplomatique était justifiée dans ce cas particulier », a annoncé son ministère dans un communiqué dimanche.

La décision a été prise samedi et, quelques heures plus tard, Grace Mugabe quittait l’Afrique du Sud pour le Zimbabwe. « Le président Robert Mugabe, qui était accompagné de la première dame, (…) est arrivé à bord d’un vol Air Zimbabwe dimanche très tôt » à Harare, a annoncé la radio zimbabwéenne nationale.

L’affaire Grace Mugabe s’est dénouée en marge d’un sommet des chefs d’Etat de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), à Pretoria ce week-end, auquel participaient le président zimbabwéen et son homologue sud-africain Jacob Zuma.

L’organisation sud-africaine qui défend la top model Gabriella Engels, AfriForum, a dénoncé le départ « en secret » de Grace Mugabe et la « culture de l’impunité » de la part de « dirigeants corrompus qui se protègent mutuellement ».

AfriForum entend désormais saisir la justice pour obtenir une annulation de la décision d’accorder l’immunité diplomatique à la première dame du Zimbabwe. « Dans le cas où notre requête serait acceptée, la balle sera dans le camp du parquet pour poursuivre Mme Mugabe », a expliqué AfriForum dans un communiqué.

Le principal parti de l’opposition sud-africaine, l’Alliance démocratique (DA), a lui dénoncé « la complicité du gouvernement qui a permis » à Grace Mugabe « de fuir le pays, en pleine nuit, pour éviter des poursuites ».

« Voleuse »

Au Zimbabwe, la principale formation d’opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), a demandé que tout soit fait pour que Grace Mugabe réponde de ses actes devant la justice.

« Il ne devrait pas y avoir d’impunité » pour la première dame, « une voleuse et une femme violente qui a agressé de façon abominable une jeune personne innocente », a déclaré à l’AFP le porte-parole du MDC, Obert Gutu.

« Elle est une honte et elle nous doit des excuses pour avoir sali l’image de notre pays », a-t-il ajouté.

Le gouvernement zimbabwéen n’a fait aucun commentaire sur les derniers déboires de Grace Mugabe, 52 ans, connue pour ses accès de colère. Mais pour la première fois dimanche, la presse d’État a mentionné l’incident, dénonçant « l’emballement des médias locaux et étrangers » qui « n’ont rien d’important à dire ».

« Les propos du ministre sud-africain de la Police Fikile Mbalula (NDLR, qui avait notamment affirmé que la police était en « alerte rouge » pour éviter le départ de Grace Mugabe) ne sont que spéculation et désinformation », a affirmé le Sunday Mail dans un éditorial.

L’affaire Grace Mugabe a testé les relations entre l’Afrique du Sud et le Zimbabwe, qui entretiennent des liens diplomatiques et économiques étroits.

Concomitamment à ce mini scandale, un conflit a opposé les compagnies aériennes des deux pays, Air Zimbabwe et South African Airways (SAA), au sujet d’un permis de vol.

Un avion d’Air Zimbabwe s’est vu refuser l’autorisation de décoller de Johannesburg vendredi soir faute d’avoir produit le document, et tous les vols de SAA entre l’Afrique du Sud et le Zimbabwe ont été annulés samedi.

Dans la soirée de samedi, le conflit a toutefois été réglé, selon le ministère sud-africain des Transports. Quelques heures plus tard, Robert Mugabe rentrait avec son épouse à Harare, à bord d’un vol Air Zimbabwe. Et SAA a repris dimanche ses liaisons entre les deux pays.

Jeuneafrique.com

États-Unis: la famille d’Africain-américain mort de soif en prison exige justice

août 15, 2017

Une plainte a été déposée contre le sherif David Clarke, ici le 23 février 2017. © Susan Walsh/AP/SIPA

La famille de Terrill Thomas, un Noir américain mort de déshydratation en prison, exige justice dans une plainte déposée lundi qui vise notamment le shérif David Clarke, proche du président Donald Trump.

Pour être trop bruyant en détention, Terrill Thomas, 38 ans, avait eu l’eau coupée durant sept jours dans sa cellule d’une prison du comté de Milwaukee, la principale ville de l’Etat septentrional du Wisconsin.

L’homme souffrant de troubles bipolaires avait sombré dans une profonde faiblesse et expiré finalement sur le sol bétonné, après avoir perdu 16 kilos.

« Durant sept jours d’affilée, du 17 avril 2016 jusqu’à son décès le 24 avril 2016, M. Thomas est resté bouclé dans sa cellule, 24 heures par jour, tandis qu’il mourait littéralement de soif », accuse le texte de la plainte consultée par l’AFP.

L’assignation en justice vise plusieurs agents pénitentiaires mais surtout un de leurs responsables hiérarchiques, le shérif de Milwaukee, David Clarke.

Selon les avocats de M. Thomas, la mesure de rétorsion consistant à couper l’eau aux prisonniers « était une pratique fréquente et répandue, approuvée en pleine connaissance par le shérif Clarke et d’autres responsables de la prison ».

Le calvaire de Terrill Thomas, dans un pays à la politique carcérale très controversée, n’a été révélé que récemment, grâce à l’enquête d’un jury indépendant.

David Clarke, un Noir ultra-conservateur au chapeau de cow-boy vissé sur le crâne, est connu pour ses interventions sur Fox News ou à la tribune de la National Rifle Association (NRA), le premier lobby des armes américain.

Il avait ardemment soutenu Donald Trump durant sa campagne présidentielle, recevant l’honneur de s’exprimer à la tribune de la convention d’investiture républicaine.

M. Trump l’avait remercié en lui proposant en mai dernier un poste clé du ministère de la Sécurité intérieure, que David clarke avait finalement refusé.

Jeuneafrique.com avec AFP

Plainte contre l’épouse de Robert Mugabe après une altercation en Afrique du Sud

août 15, 2017

Robert Mugabe et son épouse, Grace, à Chinhoyi, le 29 juillet 2017. © Tsvangirayi Mukwazhi/AP/SIPA

La première dame du Zimbabwe, Grace Mugabe, est visée par une plainte pour agression en Afrique du Sud, où elle est soupçonnée d’avoir frappé deux femmes dans un hôtel de Johannesburg, ont indiqué mardi les autorités sud-africaines.

« Une plainte pour agression a été ouverte par deux femmes » contre Grace Mugabe, a déclaré Sizakele Nkosi Malobane, ministre de la Sécurité pour la province sud-africaine du Gauteng, qui englobe Johannesburg.

« Je veux condamner ses actions et j’espère que justice sera rendue », a-t-elle ajouté sur la radio Jacaranda FM, précisant qu’une des deux jeunes femmes souffrait de « graves blessures ».

Grace Mugabe « peut être arrêtée » malgré son passeport diplomatique, a déclaré pour sa part le ministre sud-africain de la Police, Fikile Mbalula, sur les ondes de radio 702, ajoutant que ses services étaient « en train de travailler sur l’affaire ».

Une des victimes présumées, âgée de 20 ans, assure qu’elle se trouvait avec les fils de Mme Mugabe et deux amis lorsque la première dame zimbabwéenne qui se trouvait dans une chambre voisine est venue les agresser dimanche soir.

« On était tranquillement dans notre chambre et elle est arrivée pour nous frapper. J’ai le front ouvert. Je suis mannequin et je gagne de l’argent grâce à mon look », a raconté Gabriella Engels au quotidien sud-africain The Times.

« Une plainte a été déposée à la police lundi, mais je ne peux pas en dire plus sur l’identité des personnes impliquées », a déclaré à l’AFP le porte-parole de la police Vish Naidoo.

Le gouvernement zimbabwéen n’avait pas réagi mardi matin au dépôt de plainte.

Grace Mugabe se trouvait en Afrique du Sud pour soigner une blessure au pied, selon les médias zimbabwéens.

A 52 ans, elle fait partie des favorites pour succéder à son mari à la tête du Zimbabwe.

Mais pour l’heure, Robert Mugabe, âgé de 93 ans, n’a pas l’intention de céder sa place : il est d’ores et déjà candidat à sa propre succession pour les élections de 2018.

Jeuneafrique.com

Côte d’Ivoire: 20 personnes s’évadent du palais de justice d’Abidjan

août 8, 2017

Abidjan – Vingt personnes se sont évadées mardi du palais de justice d’Abidjan, en plein centre-ville de la capitale économique ivoirienne, après avoir agressé des policiers, a annoncé le procureur de la république.

« Dix (personnes) détenues et dix déférées » se sont évadées « aux environs de 11 heures » du matin, a déclaré le procureur Richard Christophe Adou dans un communiqué.

« Des détenus, extraits de la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan », qui étaient déferrés au palais de justice, « ont agressé des agents de police (…) occasionnant ainsi l’évasion de 20 personnes », précise le communiqué.

« Il s’agit bel et bien d’une évasion et non d’une attaque », ajoute le procureur.

Sept agents (d’encadrement des établissements pénitentiaires) dont « le commandant du palais (de justice) ont été relevés de leur fonction et arrêtés », a annoncé le procureur Richard Christophe Adou, sur la télévision nationale.

Selon un communiqué du directeur de l’administration pénitentiaire, les sept agents « ont manqué à leurs obligations », d’après les « premiers éléments de l’enquête ».

Mais selon une source judiciaire, l’évasion a été organisée par un commando d’hommes armés qui s’est introduit dans le palais de justice.

La question de la sécurité est brûlante en Côte d’Ivoire depuis le début de l’année, après des mutineries dans l’armée et une série d’attaques contre des postes de police et de gendarmerie.

Dimanche, cinq prisonniers s’étaient évadés de la prison de Gagnoa (centre de la Côte d’Ivoire). Quatre gardes pénitentiaires et un civil ont été arrêtés, soupçonnés de complicité, selon le maire de la ville, Bamba Medji.

Romandie.com avec(©AFP / 09 août 2017 00h26)

Corée du Sud: 12 ans de prison requis contre l’héritier de Samsung

août 7, 2017

Lee Jae-Yong, vice-président de Samsung Electronics, escorté par des gardes, se rend au tribunal à Séoul, le 2 août 2017 / © AFP/Archives / JUNG Yeon-Je

Le parquet sud-coréen a requis lundi 12 ans de réclusion à l’encontre de l’héritier de l’empire Samsung dans le vaste scandale de corruption à tiroirs qui a emporté l’ex-présidente Park Geun-Hye.

Lee Jae-Yong, vice-président de Samsung Electronics et fils du président du groupe Samsung, Lee Kun-Hee, est accusé d’avoir été « le bénéficiaire ultime » des délits commis à l’occasion de cette affaire.

Si les juges suivent les réquisitions du parquet, il s’agirait d’une des sentences les plus sévères jamais infligée à un patron de chaebol, ces énormes conglomérats qui dominent l’économie sud-coréenne.

M. Lee, 49 ans, et quatre autres cadres dirigeants de Samsung, qui pèse un cinquième du PIB sud-coréen, sont accusés d’avoir soudoyé la confidente de l’ombre de l’ex-présidente.

Ils sont soupçonnés d’avoir versé à Choi Soon-Sil des millions de dollars en échange de faveurs politiques, en particulier l’aval des autorités à une fusion controversée.

« Les prévenus entretenaient des liens rapprochés avec le pouvoir et cherchaient à obtenir des bénéfices personnels », a dit le procureur.

M. Lee était le « bénéficiaire ultime » des délits commis lors de ce scandale, a-t-il martelé. Il est également poursuivi pour abus de biens sociaux et pour avoir caché des actifs à l’étranger.

Dix ans de réclusion ont été réclamés contre trois de ses co-prévenus et sept ans de prison contre le quatrième.

– nombreux défauts –

Depuis la crise cardiaque de son père en 2014, M. Lee dirige de fait le mastodonte dont le navire amiral, Samsung Electronics, est le premier fabricant mondial de smartphones.

L’héritier dément toute malversation.

« Une fois encore, je regrette profondément et je présente mes excuses pour avoir causé une énorme déception », a-t-il dit dans sa dernière déclaration au tribunal.

M. Lee est en détention provisoire depuis six mois, période durant laquelle il a réalisé qu’il avait de « nombreux défauts » et qu’il y avait certains choses qu’il avait « omis de superviser » en tant que capitaine d’industrie.

Mais, a-t-il martelé: « je n’ai jamais recherché les faveurs de la présidente à des fins personnelles ».

La semaine dernière, en prenant la parole pour se défendre pour la première fois à la barre, il avait affirmé qu’il ne jouait aucun rôle dans les prises de décisions du groupe Samsung et qu’il « écoutait la plupart du temps les autres cadres ».

La fusion en cause concerne deux unités de Samsung, Cheil Industries et C&T, réalisée en 2015 après avoir reçu le feu vert de la caisse nationale de retraites, un important actionnaire de Samsung.

Elle était considérée comme une étape clé pour la transition en douceur au sommet du groupe Samsung.

Cette opération avait été dénoncée par certains actionnaires emmenés par le fonds spéculatif américain Elliott, qui estimaient que C&T avait été délibérément sous-évaluée.

– relations malsaines –

Samsung, le chaebol qui a versé les plus grosses sommes à des fondations contrôlées par l’amie de Mme Park, est aussi soupçonné d’avoir payé des millions d’euros, sous couvert de financer en Allemagne les entraînements sportifs de cavaliers sud-coréens, parmi lesquels la fille de la confidente.

Le jugement est attendu le 25 août.

Une porte-parole du groupe Samsung s’est refusée à tout commentaire sur ces réquisitions.

Malgré ce scandale et le fiasco du rappel planétaire de ses smartphones phare en 2016, l’action Samsung a grimpé régulièrement ces derniers mois, portée par l’ascension fulgurante de ses bénéfices.

Le titre Samsung a clôturé lundi en baisse de 0,25%.

Mme Park a été formellement destituée de ses fonctions en mars et est actuellement en procès.

Son amie de 40 ans, accusée de s’être servie de son influence pour se mêler des affaires de l’Etat en plus d’avoir soutiré 70 millions de dollars à des entreprises, est aussi en cours de jugement.

Une éventuelle condamnation de M. Lee porterait un coup à la défense de Mme Park.

Celle-ci est poursuivie pour 18 chefs, y compris coercition, abus de pouvoir et corruption. Elle est également accusée d’avoir permis à Mme Choi, qui n’avait aucune fonction officielle ni habilitation de sécurité, d’avoir eu son mot à dire dans les affaires du gouvernement.

Les accointances malsaines entre élites politique et économique ont été mises au jour par cette affaire. Les millions de Sud-Coréens qui étaient descendus dans la rue pour demander le départ de Mme Park réclamaient aussi l’arrestation des patrons de « chaebols ».

Romandie.com avec(©AFP / 07 août 2017 10h51)                

Viol sur ordonnance dans un tribunal du Pakistan

août 6, 2017

Vue sur la chambre où une adolescente pakistanaise a été violée sur ordonnance des anciens du village à Raja Ram, au Pakistan, le 26 juillet 2017 / © AFP / SS MIRZA

L’adolescente a été violée sur autorisation du conseil des anciens du village pour venger le crime commis par son frère: dans cette région reculée du Pakistan, la sentence a conduit les habitants à s’interroger sur la validité de la justice traditionnelle.

L’assemblée de vieux « sages », également connue comme le panchayat, ou la jirga, a ordonné à la mi-juillet à un homme de violer cette jeune fille de 16 ans pour réparer l’outrage infligé à sa soeur, âgée de 12 ans.

« Que Dieu la prenne en pitié, quelle étrange journée et quelle énorme injustice », résume Amina Bibi, une habitante de Raja Jam, en écho au trouble qui s’est emparé de cette petite localité de 3.000 âmes depuis le double viol.

« Dans notre région, on n’a ni école ni hôpital, la pauvreté et l’ignorance règnent en maîtres… Cette incident porte la marque de l’ignorance », renchérit Imtiaz Matila, 46 ans.

« C’est une tache sur le nom de ce panchayat, » affirme un sexagénaire, Manzoor Hussain.

Depuis, les deux filles ont été emmenées dans un foyer pour femmes ouvert cette année grâce à une législation progressiste adoptée en 2016 par la province, qui garantit de nouveaux droits et une meilleure protection aux femmes.

Le foyer est situé à Multan, la cinquième ville du Pakistan, à quelques kilomètres seulement de Raja Ram. Mais cette nouvelle loi et la ville paraissent à mille lieues du village.

A Raja Jam, les hommes sont assis sur les charpoy, ces banquettes traditionnelles de bois et de cordes tressées, cherchant à s’abriter de la chaleur. Les femmes sont gommées du paysage, abritées des regards par les murs de pierres qui enserrent chaque maison.

– ‘Rien de plus déshonorant’ –

Dans les villages comme Raja Ram, les panchayat sont toujours considérés comme le système de justice authentique alors que les cours pakistanaises, largement calquées sur le système britannique, sont perçues comme un ensemble exogène.

« Du temps de nos ancêtres déjà nous avions des conseils de villages », remarque Manzoor Hussain.

Les cours pakistanaises peuvent mettre des années à juger une affaire criminelle, quand les conseils villageois règlent l’affaire immédiatement.

Mais ils sont récemment devenus l’objet de critiques en raison de leurs décisions controversées concernant les femmes en particulier.

« Tout repose sur l’honneur dans ce système, or il n’y a rien de plus déshonorant pour une famille que le viol d’une fille », explique une militante féministe, Aisha Sarwari.

« Les hommes de la famille de l’agresseur doivent donc subir le même déshonneur que celui des proches de la victime ».

« C’est l’idée d’équité (ente victimes et bourreaux) dans ces communautés, qui fait que les femmes se retrouvent à servir de caution en quelque sorte », ajoute-t-elle.

Une jirga est restée dans les annales de l’infamie pour avoir ordonné en 2002 le viol collectif d’une femme nommée Mukhtar Mai dont le frère avait été, à tort, été accusé de viol.

Mukhtar Mai, qui vit dans le Pendjab (centre) à quelques heures au nord de Multan avait alors, de façon très inhabituelle, décidé de poursuivre ses violeurs en justice.

Mais ces derniers avaient été exonérés et le recours aux panchayats a continué dans la région, même si Mukhtar Mai est devenue une championne du droit des femmes.

– La loi des Jirga –

La Cour Suprême a essayé d’en finir avec ces assemblées traditionnelles, déclarées illégales en 2006.

Mais pour tenter d’accélérer le rythme de la justice, le gouvernement est revenu sur cette décision par une loi qui autorise de nouveau les jirga pour régler des conflits de villages.

La « loi des jirga » comme l’appellent les féministes, a évidemment suscité l’inquiétude compte tenu de leur passif.

« Les décisions des jirgas ont toujours un impact négatif sur la vie des femmes », estime une militante du droit des femmes, Samar Minallah, qui s’était mobilisée devant la Cour suprême en 2006 pour la loi anti-jirga.

Au moins, l’émoi suscité par la décision de Raja Ram a convaincu la justice de demander une enquête sur l’affaire.

Malgré son inquiétude, Samar Minallah compte sur cette affaire pour « rappeler à l’Etat que ces jirgas vont à l’encontre de la Constitution et de l’humanité ».

Et quoi qu’il advienne, la confiance populaire dans le système traditionnel a été ébranlée, tout au moins à Raja Ram.

« Autrefois les anciens savaient prendre de bonnes décisions », se souvient Matila. « Ils connaissaient les réalités du village. Mais maintenant, avec ces panchayat… »

Romandie.com avec(©AFP / 06 août 2017 12h27)                

Venezuela: le parquet demande l’annulation de l’installation de la Constituante

août 3, 2017

La procureure générale du Venezuela Luisa Ortega, le 31 juillet 2017 à Caracas / © AFP / JUAN BARRETO

Le Parquet général du Venezuela, dirigé par la procureure dissidente Luisa Ortega, tentait jeudi de freiner la mise en place de l’Assemblée constituante portée par le président Nicolas Maduro à la veille de son installation, durant laquelle une confrontation entre le pouvoir et l’opposition est redoutée.

Le ministère public a demandé à la justice d’annuler l’installation de la Constituante contestée par l’opposition qui l’accuse d’être « illégitime ».

Les deux camps se préparaient à un nouveau bras de fer vendredi avec de nouvelles manifestations lors des débuts de cette assemblée.

Les services de la Procureur générale, ancienne proche du pouvoir devenue une de ses principales adversaires, ont annoncé sur Twitter que cette demande, faite par les deux procureurs chargés de l’enquête, « se base sur la commission présumée de délits durant le processus électoral » dimanche.

L’ouverture de cette enquête, annoncée mercredi soir, intervient après les révélations de l’entreprise britannique chargée des opérations de vote qui estime que la différence entre la participation réelle et celle annoncée par les autorités est « d’au moins un million de votes ».

« Nous savons, sans le moindre doute, que (les chiffres de) la participation à l’élection d’une Assemblée constituante nationale ont été manipulés », a déclaré Antonio Mugicala, le PDG de SmartMatic.

Mais l’initiative du parquet a peu de chances d’aboutir, ses précédentes initiatives ayant toutes été neutralisées par la Cour suprême (TSJ), accusé par l’opposition d’être inféodé au pouvoir.

– ‘Plomb dans l’aile’ –

Cette assemblée « naît avec du plomb dans l’aile. Mais peu importe pour Maduro, il veut seulement une Constituante à sa mesure », juge l’analyste Luis Salamanca.

L’Assemblée constituante se situe au-dessus de tous les pouvoirs, y compris du chef de l’Etat, et elle est installée pour un temps indéfini. Elle aura pour mission de réécrire la Constitution du Venezuela.

Son élection dimanche, entachée par des violences qui ont fait dix morts, a suscité un tollé international. Plus de 120 personnes ont été tuées en quatre mois de manifestations contre le président.

L’opposition continue à contester le principe même de ce « super pouvoir », les leaders antichavistes (du nom du défunt Hugo Chavez, président de 1999 à 2013) évoquant son « illégitimité ».

« Pour défendre la Constitution contre la fraude, la mobilisation d’aujourd’hui (jeudi) aura lieu demain, 4 août », a écrit sur Twitter la coalition de l’opposition Table de l’unité démocratique (MUD), qui veut faire coïncider sa marche en direction du siège du Parlement avec le début des travaux de la Constituante.

« La lutte continue. La fraude que représente cette Constituante met le pays sur la voie d’une explosion sociale. Ce processus est nul. C’est le début de la fin » a déclaré Henrique Capriles, l’un des chefs de l’opposition.

Mercredi soir, Nicolas Maduro avait annoncé le report de 24 heures de la séance inaugurale de l’Assemblée, initialement prévue jeudi.

Cette séance sera « organisée dans la paix, dans la tranquillité et avec tout le protocole nécessaire vendredi prochain à 11 heures du matin » (15h00 GMT), a déclaré le dirigeant.

– ‘Ennemi international’ –

Selon les autorités, plus de 8 millions d’électeurs, soit 41,5% du corps électoral, ont participé à l’élection des membres de la Constituante. Soit un chiffre supérieur aux 7,6 millions de voix réunies par l’opposition le 16 juillet, lors d’un référendum contre le projet de Constituante.

Chaque camp conteste les chiffres de l’autre et les accusations de « manipulation » lancées par la société chargée des opérations de vote ont fait bondir les autorités.

« C’est une affirmation irresponsable basée sur des estimations sans fondement », s’est défendue la présidente de l’autorité électorale (CNE) Tibisay Lucena. Il s’agit d’une « réaction de l’ennemi international », le scrutin a été « transparent », a abondé M. Maduro.

L’opposition entend par ailleurs continuer de siéger au Parlement où elle est majoritaire. Concrètement, les deux assemblées doivent se réunir dans deux hémicycles distincts au sein du même bâtiment, séparés par une simple cour, faisant craindre de nouvelles tensions.

La Constituante, qui doit apporter la « paix » et permettre au Venezuela de se redresser économiquement, selon le chef de l’Etat, est rejetée par 72% des Vénézuéliens, d’après l’institut de sondages Datanalisis.

Les antichavistes ont boycotté le scrutin de dimanche en dénonçant sans relâche une « fraude » visant à prolonger le pouvoir de M. Maduro, dont le mandat s’achève en 2019.

Le Venezuela est au bord de l’effondrement économique et 80% des Vénézuéliens désapprouvent la gestion du président, selon Datanalisis.

Enfin, la Constituante doit lancer ses travaux dans un contexte de tensions avec les Etats-Unis, renforcé par les nombreuses condamnations internationales après l’arrestation dans la nuit de lundi à mardi de deux des figures de l’opposition, Leopoldo Lopez et le maire de Caracas Antonio Ledezma.

Le président américain Donald Trump a tenu « personnellement responsable » son homologue vénézuélien du traitement des deux opposants, condamnant « les actions de la dictature Maduro ».

(©AFP / 03 août 2017 22h57)

Venezuela: les deux chefs de l’opposition arrêtés car ils cherchaient à s’enfuir (Cour suprême)

août 1, 2017

Caracas – Les deux chefs de l’opposition vénézuélienne Leopoldo Lopez et Antonio Ledezma, qui étaient tous deux assignés à résidence, ont été arrêtés car ils cherchaient à s’enfuir et à cause de leurs déclarations politiques, a annoncé mardi la Cour suprême.

« Nous avons reçu des information des services de renseignement qui faisaient état d’un plan d’évasion », a indiqué la Cour suprême dans un communiqué où il est également précisé que les deux opposants n’ont pas respecté leurs « conditions de détention » à domicile interdisant tout « prosélytisme politique » pour l’un et toute « déclaration à un quelconque média » pour l’autre.

Leopoldo Lopez, assigné à résidence à son domicile depuis sa sortie de prison le 8 juillet après trois ans et cinq mois derrière les barreaux, et Antonio Ledezma, en résidence surveillée depuis avril 2015, sont deux chefs emblématiques de l’opposition vénézuélienne.

Ils avaient appelé la semaine dernière à ne pas participer au scrutin qui a élu dimanche dernier une Assemblée constituante voulue par M. Maduro, une élection marquée par des violences qui ont fait dix morts.

M. Lopez avait été condamné en 2014 à 14 ans de prison pour son rôle dans une vague de manifestations qui avaient fait 43 morts.

M. Ledezma, maire de Caracas, avait été accusé de corruption et d’association de malfaiteurs.

Plus de 120 personnes au total ont été tuées en quatre mois de manifestations anti-Maduro. Selon l’ONG Foro Penal, le Venezuela compte quelque 490 « prisonniers politiques ».

La coalition de l’opposition Table de l’unité démocratique (MUD) a appelé à une nouvelle manifestation mercredi à Caracas afin de dénoncer « l’illégitimité » de la nouvelle Assemblée.

Romandie.com avec(©AFP / 01 août 2017 16h28)

Burkina Faso: mandat d’arrêt international contre François Compaoré dans l’affaire Zongo

juillet 29, 2017
François Compaoré, le frère du président Blaise Compaoré, le 30 novembre 2012 à Ouagadougou, au Burkina Faso. © Ahmed Ouaba/AFP

La justice burkinabè a lancé un mandat d’arrêt international contre François, le frère cadet de l’ex-président Blaise Compaoré dans l’affaire de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo en décembre 1998, a appris vendredi l’AFP auprès de l’avocat de la famille Zongo.

« Je confirme, le mandat d’arrêt a été lancé le 5 mai 2017 suite aux réquisitions du parquet », a déclaré à l’AFP un des avocats de la famille de Norbert Zongo, Me Bénéwendé Sankara, confirmant une information révélée par un journal d’investigations, Le courrier confidentiel.

M. François Compaoré, un des personnages les plus impopulaires des 27 ans du régime Compaoré, est poursuivi pour « incitation à assassinats », a ajouté l’avocat, précisant qu’ »il y a eu quatre crimes », l’assassinat de Zongo et de trois compagnons.

Journaliste d’investigation et directeur de publication de l’hebdomadaire L’indépendant, Norbert Zongo et trois de ses compagnons ont été retrouvés morts carbonisés dans leur véhicule le 13 décembre 1998 dans le sud du Burkina.

L’affaire Zongo et le « petit président »

Auteur de plusieurs enquêtes retentissantes démontrant la mauvaise gouvernance sous le régime du président Compaoré, M. Zongo travaillait au moment de son assassinat sur la mort de David Ouédraogo, chauffeur de François Compaoré, frère cadet et conseiller économique du président Compaoré surnommé le « petit président ».

François Compaoré, personnage très influent du régime déchu, un temps inculpé de « meurtre et recel de cadavre » après la mort de son chauffeur, n’a jamais été inquiété dans le dossier Zongo.

Il s’est enfui du pays lors de l’insurrection populaire d’octobre 2014 et a obtenu en même temps que Blaise Compaoré la nationalité ivoirienne.

« Tout comme pour Blaise Compaoré, aucun n’est au-dessus de la loi, quelle que soit sa nationalité. Si tu as commis un crime, on doit te juger », a estimé Me Sankara, espérant que « la Côte d’Ivoire n’est pas le berceau de l’impunité ».

« La Côte d’Ivoire ne livre pas ses nationaux, mais elle a l’obligation de coopérer. Donc, je ne me fais pas de soucis quant au respect de ses engagements internationaux par la Côte d’Ivoire ».

Longtemps laissé dans les tiroirs, le dossier Norbert Zongo a été rouvert à la faveur de la chute de M. Compaoré fin octobre 2014, chassé par la rue après 27 ans au pouvoir.

En décembre 2015, trois ex-soldats du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l’ancienne garde prétorienne de M. Compaoré – dissoute après sa tentative de coup d’Etat mi-septembre 2015 – ont été inculpés par la justice.

Le mandat d’arrêt lancé par la justice burkinabè contre Blaise Compaoré et sa présence à Abidjan avaient envenimé les relations entre les deux voisins avant un réchauffement en 2016.

Jeuneafrique.com avec AFP