Archive for the ‘Justice’ Category

Canada-Québec: Un jeune homme mutilé lors d’une « nuit de torture » dans un chalet de Lévis

janvier 30, 2023
Photo générique du Service de police de la Ville de Lévis.

Le juge a qualifié de « nuit d’horreur » l’événement qui serait survenu dans un chalet de Lévis. (Photo d’archives) Photo : Radio-Canada/Marc André Turgeon

Un trio de jeunes aurait frappé, brûlé et agressé sexuellement un jeune homme à Lévis dans ce que le juge a qualifié « de véritable nuit d’horreur ».

Selon la poursuite, trois accusés auraient soumis le plaignant à une nuit de torture dans le but de lui faire avouer qu’il avait violé l’ex-copine d’un membre du groupe.

Les circonstances très particulières de cette affaire ont été révélées lors de l’enquête sur remise en liberté de Roberto Chartier-Vézina tenue la semaine dernière au palais de justice de Québec.

Le jeune homme aux cheveux longs fixe la lentille.

Roberto Chartier-Vézina fait face à de graves accusations. Photo : Facebook Roberto Vézina

Le jeune homme de 21 ans est accusé d’avoir causé des lésions à la victime en commettant des voies de fait armées et d’agression sexuelle. Lucas Lambert, 18 ans et Cédric Bérubé, 19 ans, font face aux mêmes accusations.

La victime aurait été attirée dans un chalet de fortune, dans le secteur du chemin Petit-Saint-Jean, à Saint-Étienne-de-Lauzon, en octobre dernier.

Le plaignant était fortement intoxiqué et serait tombé dans une mare en se rendant sur place.

Frappé à coups de « botte à cap »

Une fois dans le chalet, un feu a été allumé pour qu’il se réchauffe. Il s’est ensuite déshabillé.

C’est à ce moment que ses malheurs auraient commencé, selon le récit fait par le procureur de la poursuite, Me Christian Gauthier.

Roberto Chartier Vézina aurait lancé les premiers coups, en frappant la victime à coup de botte à cap aux côtes, aux jambes et au visage.

Les présumés agresseurs étaient accompagnés de deux autres personnes qui ont assisté à la scène, sans y participer, selon Me Gauthier.

Selon lui, le coup à la tête était fort. Je ne réutiliserais pas le terme donné au policier, mais c’est épeurant, décrit le procureur.

Il ajoute qu’un témoin se demandait déjà, à ce moment, si la victime allait mourir.

Marqué au fer « comme les bêtes »

Chartier-Vézina aurait par la suite saisi un tisonnier pour le chauffer sur le poêle à bois, avant de brûler le plaignant un peu comme on fait avec les bêtes , précise Me Gauthier.

Selon l’avocat de la poursuite, la victime est brûlée à la hanche, au dos et sur plusieurs endroits de son corps.

Par la suite, le plaignant sera enduit d’une huile rouge, servant pour les scies à chaîne. Cette huile sera également versée dans sa bouche alors qu’il cherchait son air, selon un témoin.

Feu, scie et étau

Les présumés bourreaux auraient ensuite utilisé un briquet pour allumer l’huile.

Les cheveux seront allumés et ses poils brûlent, dont ceux du pubis, a indiqué Me Gauthier en ajoutant que le plaignant a dû se taper dessus, pour que le feu cesse de progresser.

« Ils sont trois à vouloir faire avouer le prétendu crime au plaignant. »— Une citation de  Me Christian Gauthier, procureur du Directeur des poursuites criminelles et pénales

Une scie aurait été appliquée sur la main de la victime pour tenter de le faire avouer.

On mettra également sa main dans un étau qu’on va serrer, a aussi relaté le procureur.

Après son arrestation, Roberto Chartier-Vézina aurait lui-même avoué qu’un manche à balai avait été utilisé pour agresser sexuellement le plaignant.

Les événements se seraient déroulés pendant plusieurs heures, jusqu’au lever du soleil.

Le trio de présumés agresseurs aurait discuté de la possibilité de tuer la victime, pour éviter d’être dénoncés à la police.

Ce choix aurait été écarté et le groupe de jeune a pris le chemin du retour. Le plaignant a cependant été poussé dans un fossé rempli d’eau, où il a été abandonné.

Désorienté

Un passant qui a aperçu la victime déambulant nue et saignant du nez a alerté la police de Lévis.

Les agents ont conduit le jeune homme à l’hôpital où il a été gardé pour être soigné pendant deux jours.

Le juge Stéphane Poulin a refusé de remettre Robert Chartier-Vézina en liberté pendant le processus judiciaire, même s’il n’a pas d’antécédent judiciaire depuis sa majorité.

Le jeune homme qui a affirmé boire une trentaine de bières par jour et consommer cannabis et cocaïne voulait aller dans une maison de thérapie.

« Je doute de ses motivations, qui semblent un prétexte pour éviter momentanément sa détention. »— Une citation de  Stéphane Poulin, juge à la Cour du Québec

Son avocate a fait valoir qu’une partie de la preuve reposait sur des aveux obtenus par les policiers et que la défense comptait en demander l’exclusion. Selon l’avocate de Chartier-Vézina, les agents n’ont peut-être pas respecté les procédures.

La défense pourra faire valoir ses arguments lors du procès, mais le juge a préféré ordonner la détention du jeune homme en raison des circonstances très particulières de cette affaire qui démontrent une agressivité importante, a-t-il dit.

Les trois accusés ont été arrêtés dans le temps des Fêtes. Lucas Lambert a, lui, obtenu une remise en liberté pendant le processus judiciaire, lors d’une audience entre Noël et le jour de l’An.

Cédric Bérubé est toujours en attente de son enquête sur remise en liberté.

Les faits allégués par la poursuite restent à prouver lors d’un procès, alors que la défense pourra présenter sa preuve pour contrer les accusations.

Avec Radio-Canada par Yannick Bergeron

Visite du pape en RDC : le souverain pontife invité à la prison centrale de Makala

janvier 30, 2023

S’appuyant sur la demande des prisonniers et détenus de confession religieuse catholique, la Fondation Bill-Clinton pour la paix (FBCP) a appelé le pape François à visiter la prison centrale de Makala en vue de se rendre compte des conditions carcérales dans cette institution.

Le pape François/DR

« La FBCP informe l’opinion tant nationale qu’internationale que lors d’une de ses visites de monitoring des droits de l’homme à la prison centrale de Makala en date du 28 janvier 2023, les prisonniers et détenus préventifs chrétiens catholiques ont invité le pape François à la prison centrale de Makala pour aller constater leur ras-le-bol. », a fait savoir cette organisation dans un communiqué du 30 janvier.

Cette demande des pensionnaires de la principale maison carcérale de Kinshasa est motivée par la surpopulation constatée, la malnutrition, le manque de médicaments ainsi que les conditions de détention infra-inhumaines, les décès quotidiens, les conditions sanitaires déplorables et la lenteur des procédures judiciaires, etc.

La FBCP rappelle, en effet, que cette prison était construite par les colons belges avec une capacité de 1 500 places. Aujourd’hui, fait-elle savoir, elle héberge plus de 11 500 pensionnaires dont 2 750 seulement sont condamnés.

Elle indique que le 28 janvier vers 14 h, son équipe de monitoring a vu arriver plus de cent détenus, pieds nus, avec comme seul habit des culottes. « Ceci viole les articles 12 et  16 de la Constitution congolaise du 18 février 2006. Et, nous dénonçons les mauvaises conditions dans lesquelles les détenus sont transférés des parquets et cachots vers les prisons. C’est vraiment très inhumain », a-t-elle souligné.

La FBCP a souligné, par ailleurs, avoir été informée que malgré la grâce présidentielle accordée, certains bénéficiaires ne sont pas encore libérés. Elle demande au cardinal Ambongo  de transmettre cette demande des fidèles catholiques de la prison centrale de Makala au pape François. Elle attend aussi  que les autorités envisagent des sanction très sévères contre certains magistrats indisciplinés qui sont à la base de la surpopulation carcérale pour éviter le pire qui pointe à l’horizon ; l’accélération des procédures judiciaires ; l’amélioration des conditions des prisonniers et détenus préventifs dans tout le pays; l’exécution sans tarder de la mesure de grâce présidentielle.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

France: Le fils d’Eric Dupond-Moretti, soupçonné de violences conjugales, en garde à vue

janvier 27, 2023
Le fils d'Eric Dupond-Moretti, soupconne de violences conjugales, en garde a vue
Le fils d’Eric Dupond-Moretti, soupçonné de violences conjugales, en garde à vue© AFP/Archives/Ludovic MARIN

Le fils du garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti a été placé en garde à vue en Savoie pour des soupçons de violences conjugales, a indiqué vendredi une source proche du dossier, confirmant une information de TF1.

« Une enquête impliquant le fils du ministre de la Justice Dupond-Moretti est en cours pour des faits de violence conjugale », a précisé à l’AFP une autre source proche du dossier.

Selon TF1, la garde à vue de Raphaël Dupond-Moretti avait lieu à Courchevel.

Le parquet d’Albertville, qui dirige l’enquête, n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP dans l’immédiat.

« En tant que père, je suis dévasté. J’ai une pensée pour la victime. Chaque violence, quelle qu’elle soit, est intolérable », a réagi le ministre de la Justice.

« En tant que ministre, je n’ai cessé de lutter contre les violences faites aux femmes et pour que leur parole soit prise en compte. En tant que citoyen, je demande qu’on respecte ma vie familiale. Il appartient désormais à la justice de faire son travail », a-t-il ajout

Avec Le Point par AFP

Canada: À 99 ans, elle est menacée de poursuites pour avoir omis de se présenter comme jurée

janvier 21, 2023
Marion Lenko se fait nourrir par une jeune femme.

Marion Lenko reçoit des soins 24/24 au CHSLD Vigi Santé de Dollard-des-Ormeaux. Photo : Radio-Canada/Edward Ritchuk

Marion Lenko, 99 ans, demeure au CHSLD Vigi Santé de Dollard-des-Ormeaux, à Montréal. Elle est alitée, reçoit des soins 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, entend mal, et ses capacités cognitives sont diminuées. Pourtant, elle est menacée d’être poursuivie au criminel pour avoir omis de se présenter comme jurée.

L’avis de convocation pour participer le 9 janvier à une séance de sélection d’un jury a d’abord été envoyé au CHSLD Vigi Santé. Puis, une lettre a été envoyée chez son beau-fils, le mari de sa fille maintenant décédée, Edward Ritchuk.

Au début, j’ai pensé que c’était une blague!

Après avoir compris que la convocation était bien réelle, il a fait suivre la lettre au fils de Mme Lenko, qui en est le tuteur légal, mais qui vit en Floride, aux États-Unis. Il semble que ce dernier n’ait cependant jamais répondu à la convocation, omettant du même coup de demander une exemption pour sa mère.

« Enfin, cette semaine, j’ai reçu une lettre du ministère de la Justice avisant que ma belle-mère devait paraître en cour le 31 janvier sans quoi des procédures judiciaires seraient entamées contre elle. »— Une citation de  Edward Ritchuk

Edward Ritchuk assis dans son salon.

Edward Ritchuk veut aider sa belle-mère, mais doute de pouvoir le faire puisqu’il n’est pas son tuteur légal. Photo: Radio-Canada/CBC/Valeria Cori-Manocchio

Il a alors composé le numéro de téléphone fourni dans la lettre, mais est tombé sur un système automatisé et assure ne pas avoir été en mesure de parler à qui que ce soit.

De ce qu’il en comprend, quelqu’un doit aller en cour en personne, mais il ne peut pas le faire lui-même. C’est le fils de Mme Lenko, qui vit à plus de 2400 km de Montréal, qui doit représenter sa mère.

Une situation difficile pour Edward Ritchuk, qui ne veut pas abandonner sa belle-mère. Il la connaît depuis 1972 et est resté en contact avec elle après la mort de son épouse, mais il se sent coincé et ne sait pas comment l’aider.

Surtout, il a du mal à croire qu’aucune vérification sur l’état de sa belle-mère n’a été faite avant de lui envoyer une convocation pour une séance de sélection d’un jury.

Des procédures conformes à la loi

Selon la porte-parole du ministère de la Justice, Isabelle Boily, une personne peut être dispensée de ses devoirs de juré ou jurée si des circonstances l’empêchent de remplir ses obligations.

Il faut alors demander une exemption en remplissant le formulaire reçu avec l’avis de convocation, a-t-elle écrit par courriel. Le formulaire doit ensuite être envoyé avec des pièces justificatives dans les 20 jours suivant la réception de la convocation.

Les personnes de 65 ans et plus peuvent aussi demander cette exemption en appelant le bureau du shérif durant la même période de 20 jours. Un membre de la famille peut appeler au nom de la personne convoquée, assure Isabelle Boily.

Selon René Verret, avocat criminaliste et ancien procureur de la Couronne, ce qui arrive à Mme Lenko est tout à fait conforme à la loi.

« C’est ce que la loi prévoit, tout simplement. Une personne qui veut être exemptée doit présenter une demande […] Il faut absolument répondre. »— Une citation de  René Verret, avocat criminaliste et ancien procureur de la Couronne, en entrevue à RDI

Il n’est toutefois pas trop tard pour la dame de 99 ans, assure-t-il. Sa famille a jusqu’au 31 janvier pour présenter une demande d’exemption.

C’est honteux

Eric Sutton, aussi avocat criminaliste, doute cependant qu’un simple appel au bureau du shérif soit suffisant. De ce que j’en comprends, la famille a tenté d’appeler, en vain.

Et maintenant, elle fait face à la possibilité de devoir payer une amende ou même d’être emprisonnée. Je l’ai vu dans les documents. C’est assez dur pour une femme de 99 ans. C’est honteux.

Aucun des deux avocats n’a précisé si Edward Ritchuk ou quelqu’un au CHSLD aurait pu répondre à l’avis de convocation ou s’il fallait absolument que ce soit son fils qui s’en occupe.

Eric Sutton souligne cependant que les convocations sont envoyées par le bureau du shérif en se basant sur la liste électorale, qui comprend tous les citoyens de 18 ans et plus, sans tenir compte de la date de naissance.

Par Radio-Canada avec les informations de CBC

Congo/Pointe-Noire : le secrétaire général de la mairie de Loandjili arrêté

janvier 18, 2023

Le secrétaire général arrêté

Naul Analuch Ngobi Lendzo, secrétaire général du quatrième arrondissement de Pointe-Noire, Loandjili, est aux arrêts depuis le 17 du mois en cours. Il est entre les mains de la Centrale d’intelligence et de documentation ex-DGST, soupçonné de trafic de documents  administratifs. Le média en ligne « Brazza Net » indique qu’il aurait délivré la nationalité congolaise aux étrangers qui ne remplissent aucun critère pour en bénéficier.

Le secrétaire général de Loandjili, actuellement aux arrêts, pourrait être transféré à Brazzaville où la direction générale de la Centrale d’intelligence et de documentation devrait creuser le dossier pour en savoir plus. Il n’est pas exclu qu’il soit par la suite transféré au Parquet. En attendant l’aboutissement de l’information ouverte, Naul Analuch Ngobi Lendzo jouit de la présomption d’innocence.

La même source indique que d’autres autorités locales, hiérarchiques, du quatrième arrondissement de Pointe-Noire, voire d’autres arrondissements de cette ville, seraient aussi impliquées.

Avec Adiac-Congo par Rominique Makaya

En Guinée équatoriale, l’un fils du président Obiang arrêté pour corruption présumée

janvier 17, 2023

Ruslan Obiang Nsue, fils du président de Guinée équatoriale, est soupçonné d’avoir vendu un avion de la compagnie aérienne nationale. Il a été arrêté sur ordre de son demi-frère, Teodorín, et placé en résidence surveillée.

Un ATR de la compagnie aérienne nationale, Ceiba Intercontinental, à l’aéroport de Malabo le 3 février 2015. © AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO

L’arrestation de Ruslan Obiang Nsue, l’un des fils du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, est inédite pour un membre de la famille présidentielle de Guinée équatoriale. Soupçonné d’avoir vendu un avion de la compagnie aérienne nationale, il a été appréhendé ce lundi 16 janvier et placé en résidence surveillée, a annoncé mardi la télévision d’État (TVGE).

Fin novembre, les autorités avaient ouvert une enquête « après avoir constaté la disparition de l’appareil ATR 72-500 appartenant à la compagnie nationale », Ceiba Intercontinental, qui se trouvait depuis 2018 en révision de routine en Espagne, explique la TVGE. Selon la même source, Ruslan Obiang Nsue aurait « vendu l’avion ATR à l’entreprise BinterTechnic », spécialisée dans la maintenance aéronautique et basée à Las Palmas, sur l’île espagnole de Grande Canarie.

En décembre dernier, la nouvelle de la disparition de cet avion et sa vente présumée par Ruslan Obiang Nsue avait suscité l’indignation nationale. Ancien secrétaire d’État chargé des Sports et de la Jeunesse, Ruslan Obiang Nsue, actuel directeur de Ceiba Aéroport, a d’abord été directeur adjoint de Ceiba Intercontinental, puis son directeur général.

Mise à disposition de la justice

« Ruslan Obiang a avoué qu’il était la personne qui a vendu l’ATR de Ceiba, je ne vais pas me laisser emporter par le familialisme ou le favoritisme, c’est pourquoi j’ai ordonné son arrestation immédiate et sa mise à disposition de la justice », a indiqué sur Twitter son demi-frère, le vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue, surnommé « Teodorín ».

Teodorin Obiang a lui-même été définitivement condamné par la justice française fin juillet 2021 à trois ans de prison avec sursis et 30 millions d’euros d’amende et à la confiscation de ses biens en France pour s’y être constitué frauduleusement un luxueux patrimoine dans le cadre des affaires de « biens mal acquis ». En juillet 2021, Londres a également gelé ses actifs financiers au Royaume-Uni et l’a interdit de séjour sur son territoire au terme d’enquêtes anti-corruption. Malabo a alors fermé son ambassade dans le pays pour protester contre cette décision.

Par Jeune Afrique (avec AFP)

Le mafieux le plus recherché d’Italie arrêté à Palerme

janvier 16, 2023
Le mafieux le plus recherche d'Italie arrete a Palerme
Le mafieux le plus recherché d’Italie arrêté à Palerme© Ufficio Stampa Comando Generale Carabinieri/AFP/-

Coup dur pour la « Pieuvre » sicilienne: le parrain mafieux le plus recherché d’ItalieMatteo Messina Denaro, un tueur impitoyable, a été arrêté lundi à Palerme au bout de 30 ans de cavale.

La légende de Matteo Messina Denaro, 60 ans, égale celle des grands dirigeants historiques de Cosa Nostra, Toto Riina et Bernardo Provenzano, morts en prison respectivement en 2017 et 2016.

La cheffe du gouvernement Giorgia Meloni a immédiatement salué « une grande victoire de l’Etat qui démontre qu’il ne se rend pas face à la mafia ».

« Nous n’avons pas gagné la guerre, nous n’avons pas battu la mafia mais cette bataille était une bataille qu’il était essentiel de gagner. Et c’est un coup dur pour le crime organisé », a-t-elle dit ensuite à Palerme, où elle s’est rendue dans la foulée de l’arrestation.

Matteo Messina Denaro a été arrêté en marge d’une visite médicale à la clinique La Maddalena à Palerme, un établissement renommé où il était soigné, sous un nom d’emprunt, pour un cancer du côlon.

Il était très bien habillé et portait une montre de luxe valant entre 30 et 35.000 euros, ont précisé les enquêteurs lors d’une conférence de presse en fin de journée à Palerme.

Le chef du parquet de Palerme, Maurizio De Lucia, a décrit à cette occasion le boss comme « un chef opérationnel disposant d’une série de contacts et de ressources économiques », même si « la direction de Cosa Nostra n’a jamais été le patrimoine exclusif de Messina Denaro ».

Interpelé par le père d’une victime de la mafia présent à la conférence et voulant savoir si cette arrestation permettrait d’élucider certains crimes, il a répondu: « Nous ne nous arrêterons pas, nous ferons tout pour arriver à la vérité ».

Sur la liste dressée par le ministère de l’Intérieur des six criminels les plus recherchés en Italie, Matteo Messina Denaro, né en avril 1962 près de Trapani en Sicile, occupait la première place.

Héritier de l’époque révolue du « grand pouvoir historique de Cosa Nostra », c’est « le dernier, le plus résilient, le +plus pur+ mafieux sicilien qui restait », a rappelé à l’AFP la criminologue Anna Sergi, spécialiste des mafias.

Federico Varese, professeur de criminologie à l’université d’Oxford, a jugé « extraordinaire qu’il se trouvait encore à Palerme ».

Amateur de luxe

Ancienne gâchette de Cosa Nostra, il avait été condamné par contumace en 2000 à la réclusion criminelle à perpétuité pour meurtres, et en 2020 pour celui du juge anti-mafia Giovanni Falcone. La seule photo connue de lui remonte au début des années 1990.

Il était décrit comme grand amateur de vêtements et voitures de luxe. Des centaines de policiers et carabiniers participaient depuis de longues années à la traque du fugitif le plus connu d’Italie, qui s’est accélérée ces derniers jours grâce à la découverte qu’il avait « réservé un examen médical très spécifique ».

Depuis les années 2000, la police italienne a multiplié les arrestations et les saisies de biens dans son entourage, une stratégie d’isolement qui a mis près de 20 ans à porter ses fruits tellement son réseau de soutiens était important.

Son arrestation survient symboliquement au lendemain du 30e anniversaire de l’arrestation de Toto Riina, surnommé « la belva » (le fauve) et qui avait fait régner pendant 20 ans la terreur au sein de Cosa Nostra, dont il avait pris le contrôle à partir des années 1970.

Matteo Messina Denaro est l’une des dernières grandes figures de Cosa Nostra, largement décimée par les opérations incessantes de l’Etat après l’assassinat en 1992 des juges Giovanni Falcone et Paolo Borsellino.

« Pour moi, la journée d’aujourd’hui représente la fin, la fin de Cosa Nostra. Finalement une page est tournée. La mafia est finie. La vieille mafia des meurtres à la chaîne qui a mis à genou ce pays » est finie, a déclaré à l’AFP Giovanni Guarino, un habitant de Palerme.

Le chef du parquet de Palerme est lui d’un avis diamétralement opposé, estimant « évident que la mafia n’est pas vaincue ». « L’erreur la plus grave serait de penser que le match est fini, parce qu’il n’est pas fini », a-t-il mis en garde.

Par Le Point avec AFP

L’Iran exécute un Irano-Britannique pour espionnage

janvier 14, 2023
L'Iran execute un Irano-Britannique pour espionnage
L’Iran exécute un Irano-Britannique pour espionnage© Khabar Online/AFP/Archives/-

Téhéran a annoncé samedi avoir pendu un Irano-Britannique condamné à mort pour espionnage pour le compte des services de renseignements britanniques, provoquant la colère et le « dégoût » de Londres.

Ancien haut responsable du ministère de la Défense iranien, Alireza Akbari, 61 ans, a été condamné pour « corruption sur Terre et pour atteinte à la sécurité intérieure et extérieure du pays pour avoir transmis des renseignements » au Royaume-Uni, selon l’agence de l’Autorité judiciaire iranienne Mizan Online.

Son exécution, annoncée samedi par cette même agence, est intervenue trois jours après l’annonce de la condamnation à mort de cet homme présenté comme ayant été un « espion clé » pour le « Secret intelligence service » britannique (SIS), connu aussi comme MI6, en raison de « l’importance de sa position ».

Dans un tweet, le Premier ministre britannique, Rishi Sunak, a dénoncé une condamnation « impitoyable et lâche ».

Il s’agit d’un « acte barbare » qui « ne restera pas sans réponse », a réagi le chef de la diplomatie britannique, James Cleverly, ajoutant que « Londres allait convoquer le chargé d’affaires iranien pour lui faire part de notre dégoût ».

« Faux aveux »

Il a ensuite fait savoir que le procureur général d’IranMohammad Jafar Montazeri, avait été placé sous sanctions, sans toutefois en préciser la nature. « Nous demandons au régime (iranien) de rendre des comptes pour ses effroyables violations des droits humains », a-t-il ajouté dans un tweet.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a annoncé pour sa part avoir convoqué samedi l’ambassadeur de Royaume-Uni.

« Le gouvernement britannique doit être tenu pour responsable d’avoir établi des contacts non conventionnels » ayant représenté « une atteinte à la sécurité nationale » du pays, a-t-il indiqué.

Le Royaume-Uni, comme les Etats-Unis, avaient exhorté l’Iran à ne pas procéder à l’exécution d’Akbari.

« L’exécution d’Alireza Akbari est un acte odieux et barbare (…) Solidarité avec le Royaume-Uni. Solidarité avec le peuple iranien », a tweeté pour sa part le président français Emmanuel Macron. La France a par ailleurs convoqué le chargé d’affaires de l’ambassade d’Iran.

Le diplomate américain Vedant Patel avait fait état vendredi de « fortes préoccupations » de Washington après des informations selon lesquelles Akbari aurait été « drogué, torturé pendant sa garde à vue, interrogé pendant des milliers d’heures et contraint de faire de faux aveux ».

Des médias iraniens ont récemment diffusé une vidéo dans laquelle il raconte notamment comment il a été approché par le MI6.

Des militants des droits humains accusent régulièrement l’Iran de forcer des détenus à faire de faux aveux.

Sur Twitter, Amnesty International a dénoncé l’exécution, l’ONG appelant le gouvernement britannique à « enquêter pleinement » sur les accusations de torture dont il aurait été victime.

« Le fait que l’Iran ait procédé à cette exécution alors que le Royaume-Uni et l’UE envisagent d’inscrire le CGRI (les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, ndlr) sur des listes terroristes montre que cela fait partie de la politique diplomatique de prise d’otages » des autorités iraniennes, a déclaré à l’AFP le directeur du groupe Iran Human Rights basé à Oslo, Mahmood Amiry-Moghaddam.

« Ancien vice-ministre »

Ancien combattant de la guerre entre l’Iran et l’Irak (1980-1988), Alireza Akbari a été notamment vice-ministre de la Défense pour les Affaires étrangères, chef d’une unité dans un centre de recherche ministériel et conseiller pour le commandant de la Marine, selon l’agence officielle Irna.

En février 2019, le journal officiel du gouvernement Iran avait publié un entretien avec Alireza Akbari en le présentant comme « ancien vice-ministre de la Défense » sous la présidence de Mohammad Khatami (1997-2005).

Akbari a été arrêté entre mars 2019 et mars 2020, selon l’agence Irna, tandis que Mizan Online a affirmé qu’il avait reçu des paiements de plus de deux millions de dollars pour ses services.

L’Iran annonce régulièrement l’arrestation de personnes présentées comme travaillant pour des services de renseignements étrangers. Quatre personnes accusées de coopérer avec les services de renseignement israéliens avaient été exécutées début décembre.

L’exécution d’Akbari intervient alors que l’Iran est secoué par des manifestations déclenchées par la mort le 16 septembre de Mahsa Amini, une Kurde iranienne de 22 ans, après avoir été arrêtée pour avoir enfreint le code vestimentaire strict de la République islamique pour les femmes.

Avec Radio-Canada

La Belgique a expulsé l’imam Hassan Iquioussen vers le Maroc

janvier 13, 2023

L’imam marocain Hassan Iquioussen a été expulsé vendredi vers le Maroc par la Belgique, après son expulsion de France cet été, annoncée par Gérald Darmanin.

L’imam marocain Hassan Iquioussen, arrêté en Belgique le 30 septembre après son expulsion de la France pour des « propos incitant à la haine et à la discrimination », a été expulsé vendredi 13 janvier vers le Maroc, ont annoncé son avocate française et les autorités belges. Le prédicateur du nord de la France, dont l’expulsion a été annoncée fin juillet par le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin, a été reconduit par un avion à Casablanca, après que les autorités marocaines lui ont délivré un laissez-passer jeudi, a indiqué son avocate Me Lucie Simon.

La secrétaire d’État belge à l’Asile et la Migration, Nicole de Moor, s’est félicitée de « la bonne coopération » avec la France sur ce dossier, en confirmant le renvoi de l’intéressé vers le Maroc. « Nous ne pouvons pas permettre à un extrémiste de se promener sur notre territoire. Toute personne qui n’a pas le droit d’être ici doit être renvoyée », a commenté Nicole de Moor, citée dans un communiqué.

« Gérald Darmanin s’était beaucoup impliqué auprès de ses homologues sur ce sujet. C’est une grande victoire contre le séparatisme », a de son côté commenté l’entourage du ministre français de l’Intérieur.

Fin juillet, Gérald Darmanin avait annoncé l’expulsion de l’imam Iquioussen, lui reprochant « un discours prosélyte émaillé de propos incitant à la haine et à la discrimination et porteur d’une vision de l’islam contraire aux valeurs de la République ». Mais l’imam était introuvable au moment où l’arrêté d’expulsion avait été définitivement validé par le Conseil d’État le 31 août. Il avait fui en Belgique francophone où il a été arrêté dans la région de Mons le 30 septembre.

Son avocate « surprise » par la « volte-face des autorités marocaines »

Hassan Iquioussen avait ensuite été placé en centre fermé près de Liège (est) à la mi-novembre pour séjour illégal, visé par un ordre de quitter le territoire belge après l’échec de la procédure du mandat d’arrêt européen lancée par la France.

Son avocate française Lucie Simon s’est étonnée vendredi soir de la « volte-face » du Maroc, qui avait refusé l’été dernier à la France le laissez-passer consulaire permettant l’éloignement de l’imam dans son pays d’origine.

« Je suis surprise de la volte-face des autorités marocaines et j’estime que la vie de Hassan Iquioussen est en France », a réagi Me Lucie Simon, soulignant que les avocats n’ont pas été informés de la délivrance du document consulaire. « Nous attendons le jugement sur le fond du Tribunal administratif de Paris, si l’arrêté d’expulsion (français) était annulé, la France devra assurer son retour », a-t-elle ajouté.

Par Le Point avec AFP

Iran : Paris dénonce des exécutions « révoltantes »

janvier 7, 2023

Mohammad Mehdi Karami et Seyed Mohammad Hosseini ont été condamnés à mort dans le cadre des manifestations en Iran, provoquant la colère internationale.

Le ministère français des Affaires étrangères a jugé samedi « révoltantes » les exécutions de Mohammad Mehdi Karami et de Seyed Mohammad Hosseini, condamnés à mort dans le cadre des manifestations en Iran, et exhorté Téhéran « à entendre les aspirations légitimes du peuple iranien ».

« L’exécution de manifestants ne peut tenir lieu de réponse aux aspirations légitimes de liberté du peuple iranien », a souligné un communiqué du Quai d’Orsay, précisant que la cheffe de la diplomatie française, Catherine Colonna, l’avait « dit à son homologue iranien le 20 décembre » dernier en marge d’un sommet régional en Jordanie. « Ces exécutions, révoltantes, s’ajoutent aux nombreuses autres violations graves et inacceptables des droits et des libertés fondamentales commises par les autorités iraniennes », ajoute le ministère des Affaires étrangères.

Et la France a maintes fois dénoncé ces violations, « publiquement et directement auprès des autorités iraniennes, ainsi qu’avec ses partenaires de l’Union européenne », rappelle-t-il. Plus tôt, l’Union européenne avait exprimé sa consternation et avait appelé « une nouvelle fois les autorités iraniennes à mettre immédiatement un terme à la pratique hautement condamnable de prononcer et d’exécuter des condamnations à mort contre des manifestants ».

Justice « expéditive »

La justice iranienne a annoncé la pendaison samedi de ces deux hommes reconnus coupables d’avoir tué un paramilitaire lors des manifestations déclenchées par le décès en détention de la jeune Mahsa Amini. Un tribunal en première instance avait condamné à mort les deux hommes le 4 décembre et la Cour suprême avait confirmé le 3 janvier leurs peines, une justice qualifiée d’« expéditive » par des ONG de défense des droits humains.

Depuis le début du mouvement de contestation, 14 personnes ont été condamnées à mort en lien avec les manifestations, selon un décompte de l’Agence France-Presse basé sur des informations officielles. Parmi elles, quatre ont été exécutées, deux ont vu leur peine confirmée par la Cour suprême, six attendent de nouveaux procès et deux autres peuvent faire appel.

Par Le Point avec AFP