Archive for the ‘Justice’ Category

Pakistan: la chrétienne Asia Bibi acquittée à la grande fureur des islamistes

octobre 31, 2018

Des policiers près de la Cour suprême du Pakistan à Islamabad, où a été acquittée en appel la chrétienne Asia Bibi, le 31 octobre 2018 / © AFP / AAMIR QURESHI

La Cour suprême du Pakistan a acquitté mercredi en appel la chrétienne Asia Bibi, condamnée à mort pour blasphème en 2010, suscitant la fureur des milieux religieux qui sont immédiatement descendus dans la rue.

« Elle a été acquittée de toutes les accusations », a déclaré le juge Saqib Nisar lors de l’énoncé du verdict mercredi matin, ajoutant que Mme Bibi, qui se trouve actuellement incarcérée dans une prison à Multan (centre), allait être libérée « immédiatement ».

L’avocat de Mme Bibi, Saif-ul-Mulook, a aussitôt appelé sa cliente au téléphone pour lui annoncer la nouvelle depuis le tribunal.

« Avez-vous entendu que vous êtes un être humain libre à présent ? Vous pouvez prendre votre envol et aller où vous voulez », lui a-t-il dit en présence d’un journaliste de l’AFP.

« Quoi ? vraiment ? Je ne sais pas quoi dire. J’avais rêvé que les murs de la prison s’effondrent », lui a-t-elle répondu avant de se répandre en remerciements.

« Je n’arrive pas à croire ce que j’entends. Je vais sortir ? Ils vont vraiment me laisser sortir ? », a-t-elle ensuite dit au téléphone à l’AFP.

Ashiq Masih, mari d’Asia Bibi, pointe un doigt sur une affiche figurant le portrait de sa femme, le 27 septembre 2016 / © AFP/Archives / ARIF ALI

En pratique, la libération de Mme Bibi pourrait prendre plu

sieurs jours en raison de procédures administratives, a indiqué l’avocat.

On ignore dans l’immédiat ce qu’il adviendra d’elle après sa sortie de prison alors que sa vie et celle de ses proches pourrait être menacée par des extrémistes.

« Justice a été rendue, c’est une victoire pour Asia Bibi. Le verdict montre que les pauvres, les minorités et la fraction la plus modeste de la société peuvent obtenir justice dans ce pays en dépit de ses défauts », s’est encore félicité l’avocat.

Les fondamentalistes en revanche se sont insurgés contre le verdict et sont descendus par milliers dans la rue en différents endroits du pays, bloquant des routes, brûlant des pneus et criant des menaces et des slogans hostiles aux juges et à Asia Bibi.

Ils se sont pour la plupart dispersés en fin de journée après avoir annoncé de nouvelles manifestations pour vendredi. Quelques centaines d’entre eux continuaient cependant de bloquer un échangeur autoroutier près d’Islamabad.

Des membres d’un groupe religieux opposé à l’acquittement d’Asia Bibi, qui avait dans un premier temps été condamnée pour blasphème, bloquent une voie expresse à Islamabad pour manifester leur mécontentement, le 31 octobre 2018 / © AFP / FAROOQ NAEEM

« Cette décision envers une blasphématrice n’est pas de bon augure pour le pays », a estimé Maulana Abdul Aziz, imam de la Mosquée rouge, haut lieu de l’islam radical à Islamabad.

« C’est une décision extrêmement injuste, cruelle, totalement détestable contre la shariah », a-t-il dit à l’AFP.

Dès mercredi matin, la capitale avait été placée sous haute sécurité, avec des barrages sur les routes notamment à proximité des quartiers où vivent les magistrats et la communauté diplomatique, a constaté l’AFP. Certaines écoles ont été fermées.

– Rencontres avec le pape –

Asia Bibi, mère de famille illettrée, avait été condamnée à la peine capitale à la suite d’une dispute avec des musulmanes au sujet d’un verre d’eau.

Saif-ul-Mulook, avocat de la chrétienne Asia Bibi, arrive à la Cour suprême du Pakistan à Islamabad, le 31 octobre 2018 / © AFP / AAMIR QURESHI

Son cas avait eu un retentissement international, attirant l’attention des papes Benoît XVI et François. L’une de ses filles a rencontré ce dernier à deux reprises.

Au Pakistan même, l’histoire de cette chrétienne d’origine modeste divise fortement l’opinion.

Le blasphème est un sujet extrêmement sensible dans ce pays très conservateur où l’islam est religion d’Etat. La loi prévoit jusqu’à la peine de mort pour les personnes reconnues coupables d’offense à l’islam.

Des appels à changer cette législation ont souvent donné lieu à des violences et ont été rejetés. Le nouveau Premier ministre pakistanais Imran Khan, durant la dernière campagne électorale, avait déclaré soutenir inconditionnellement la loi.

La Première ministre britannique Theresa May a pour sa part noté mercredi que la libération de Mme Bibi « sera une très bonne nouvelle pour sa famille et tous ceux (…) qui ont fait campagne pour elle ».

Hardliners march as Pakistan overturns Asia Bibi death sentence / © AFP / Daud MUHAMMAD

Elle a rappelé que la Grande-Bretagne recommande par principe « l’abolition » de la peine de mort dans le monde entier.

– « Pas rester au Pakistan » –

Un ancien gouverneur du Pendjab, Salman Taseer, qui avait pris la défense d’Asia Bibi, avait été abattu en plein coeur d’Islamabad en 2011 par son propre garde du corps. L’assassin, Mumtaz Qadri, a été pendu début 2016.

Les défenseurs des droits de l’homme voient en Asia Bibi un emblème des dérives de la loi réprimant le blasphème au Pakistan, souvent instrumentalisée, selon ses détracteurs, pour régler des conflits personnels.

« Asia ne peut pas rester (au Pakistan) avec la loi » sur le blasphème, avait estimé son mari Ashiq Masih, accueilli à Londres par l’ONG catholique Aide à l’Église en détresse (AED) et interrogé le 13 octobre par l’AFP.

« Je serai très heureuse le jour où ma mère sera libérée, je la prendrai dans mes bras, je pleurerai de la retrouver », avait de son côté souligné sa fille Esham.

Romandie.com avec(©AFP / (31 octobre 2018 14h22)

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États-Unis: un Américain exécuté lundi, comme son frère il y a 18 ans

octobre 29, 2018

Washington – Un Américain de 56 ans a été exécuté lundi par injection létale dans le Dakota du Sud, comme le fut son frère il y a 18 ans dans l’Oklahoma.

Rodney Berget avait été condamné à la peine capitale en 2012 pour le meurtre d’un gardien de prison lors d’une tentative d’évasion ratée un an plus tôt.

Il avait commis ce meurtre alors qu’il purgeait une peine de réclusion à perpétuité pour deux tentatives de meurtres et un viol.

Lors de son procès en 2012, il avait estimé « mériter la peine de mort ».

Il a finalement été exécuté lundi soir après que la Cour suprême des Etats-Unis a rejeté un dernier recours portant sur ses facultés intellectuelles.

Cette procédure de dernière minute ayant retardé de cinq heures l’éxecution, Rodney Berget a plaisanté à ce sujet avant de s’éteindre.

« Désolé pour le retard, j’étais coincé dans les bouchons », a-t-il dit, selon le témoin Don Jorgensen cité dans les médias locaux.

Il a également dit à certains membres de l’assemblée qu’il les aimait, avant d’ajouter : « Je vous retrouverai là-haut », d’après un autre témoin Dani Ferguson.

En 2000, lors de son exécution dans l’Oklahoma, son frère aîné, Roger James Berget, avait lui choisi de se taire.

Il avait aussi subi une injection létale, à l’âge de 39 ans, pour avoir tué en 1985 un professeur de mathématiques à qui il voulait voler sa voiture. Aucun membre de sa famille n’avait assisté à l’exécution, avait écrit la presse à l’époque.

Selon les médias américains, les deux hommes sont nés dans une famille dysfonctionnelle, marquée par l’alcool et la violence. Le frère aîné avait été mis à la porte par leur père avant ses 10 ans, avait plaidé en vain son avocat.

Le Dakota du Sud n’avait procédé à aucune exécution depuis 2012.

Rodney Berget est le 19e condamné à mort exécuté depuis le début de l’année aux Etats-Unis.

Romandie.com avec(©AFP / 30 octobre 2018 03h11)                                                        

États-Unis: Trump et son groupe en justice pour publicité trompeuse

octobre 29, 2018

New York – Le président Donald Trump, trois de ses enfants et son entreprise ont été assignés lundi à New York pour avoir promu, contre rémunération, une société de marketing aux promesses trompeuses, selon les particuliers à l’origine de l’action en justice.

Les quatre auteurs de l’assignation, dont les noms n’ont pas été dévoilés, demandent au tribunal fédéral de Manhattan d’autoriser une action de groupe (class-action), qui permettrait à d’autres plaignants de s’y joindre, selon le document consulté par l’AFP.

Ils reprochent aux Trump et à la Trump Organization d’avoir promu la société de marketing direct ACN, faisant miroiter des revenus conséquents qui ne se sont jamais matérialisés.

Dans des messages promotionnels, Donald Trump incitait des particuliers à rejoindre le réseau de vendeurs individuels sur lequel repose la société.

Les quatre personnes qui attaquent aujourd’hui le président et la Trump Organization disent avoir elles-mêmes rejoint ce réseau, engageant des frais conséquents sans parvenir à tirer de cette activité les revenus annoncés.

Se reposant sur des vendeurs qui travaillent depuis leur domicile, ACN est l’intermédiaire de divers services, notamment de téléphonie et connexion internet.

Selon le document de l’assignation, même si Donald Trump avait assuré ne pas promouvoir ACN « pour l’argent », il aurait reçu, sous forme de « versements secrets », « des millions de dollars » pour ses services entre 2005 et 2015.

Pour les quatre demandeurs, les pratiques de Donald Trump, de ses trois enfants et de son groupe, sont « contraires à l’éthique, oppressantes et sans scrupules ».

Contactée par l’AFP, la Trump Organization n’a pas donné suite.

ACN a indiqué de son côté que Donald Trump avait été un ambassadeur de la marque, rémunéré, de 2006 jusqu’à l’annonce de sa candidature à la présidence des Etats-Unis, en 2015.

La société a également défendu son modèle qui, selon elle, fait travailler 18,6 millions de personnes aux Etats-Unis et a permis de réaliser 35 milliards de dollars de ventes annuelles.

L’ancien magnat de l’immobilier a déjà été mis en cause pour son implication, de 2009 à 2011, dans la Trump Network, une société de marketing direct qui vendait divers produits censés améliorer la santé des clients.

Il s’en est écarté en 2011, constatant que l’activité ralentissait.

Par ailleurs, le milliardaire a également été attaqué en justice pour sa gestion de la « Trump University », un programme de formation.

Accusé de marketing mensonger, il a conclu un accord amiable avec les victimes et accepté de verser 25 millions de dollars d’indemnisation.

Romandie.com avec(©AFP / 29 octobre 2018 22h23)                                                        

Égypte: 17 condamnations à mort pour des attentats contre des églises

octobre 11, 2018

Vue générale d’une église visée par une attaque revendiquée par l’EI à Tanta, dans le nord de l’Egypte, prise le 11 avril 2017, soit deux jours après l’attentat / © AFP/Archives / KHALED DESOUKI

Dix-sept personnes ont été condamnées à mort jeudi par un tribunal militaire, pour des attentats contre des églises en 2016 et 2017 ayant fait 74 morts au total, a-t-on appris de sources judiciaire et sécuritaire.

Par ailleurs, selon les mêmes sources, 19 personnes ont été condamnées à la prison à perpétuité et 10 autres à des peines de 10 à 15 ans d’emprisonnement, dans ce dossier concernant les attentats du Caire, en décembre 2016, et de Tanta et Alexandrie (nord), en avril 2017. Ces attaques avaient été revendiquées par le groupe Etat islamique (EI).

Ces 46 accusés ont été reconnus coupable du meurtre de 74 personnes et de tentative de meurtre de 152 autres, présentes sur les lieux au moment des attentats, ont ajouté ces sources.

Les poursuites ont été abandonnées contre deux personnes, décédées pendant la procédure.

Peu après l’annonce du verdict jeudi, l’ONG Amnesty International, qui dénonce régulièrement la répression exercée en Egypte par les autorités, a réagi dans un communiqué.

Il n’y a « aucune justification » aux attentats ayant visé les églises coptes mais « prononcer une peine de mort collective après un procès militaire injuste ne dissuadera pas (les auteurs) de futurs attentats », a estimé Amnesty.

Dans un premier jugement prononcé en avril, 36 personnes avaient été condamnées à mort. Ce jugement avait alors été transmis au grand mufti, responsable religieux chargé de donner un avis non contraignant sur les peines capitales prononcées par la justice.

Jeudi, le tribunal, qui a repris l’affaire, a finalement condamné 17 personnes à la peine de mort.

Le 11 décembre 2016, un attentat suicide contre l’église copte Saint-Pierre et Saint-Paul au Caire avait fait 29 morts.

Le 9 avril 2017, en pleine célébration du dimanche des Rameaux, des kamikazes de l’EI avaient pris pour cible deux églises du nord de l’Egypte, à Tanta et à Alexandrie, faisant 45 morts.

Le président Abdel Fattah al-Sissi avait alors instauré l’état d’urgence, prolongé depuis à plusieurs reprises.

Les Coptes forment la plus importante communauté chrétienne d’Egypte, laquelle est estimée à environ 10% de la population.

Ils se plaignent de discriminations et sont victimes d’attaques régulières d’extrémistes. Depuis fin 2016, les attentats de l’EI ont tué plus d’une centaine de chrétiens.

Depuis la destitution par l’armée du président islamiste Mohamed Morsi en 2013, les autorités affrontent plusieurs groupes extrémistes, notamment dans le nord du Sinaï (est), théâtre d’une insurrection de l’EI.

Romandie.com avec(©AFP / (11 octobre 2018 15h49)

Mexique: un couple avoue le meurtre de 20 femmes

octobre 8, 2018

Vue d’Ecatepec, ville de la banlieue de Mexico, le 25 août 2016 / © AFP / MARIO VAZQUEZ

Un couple de Mexicains, arrêtés dans la banlieue de Mexico alors qu’ils transportaient des restes humains dans une poussette, a avoué avoir tué au moins 20 femmes, ont annoncé lundi les autorités judiciaires.

« Ce sont des faits vraiment inouïs, jamais nous n’avions été confrontés à une affaire de cette nature » a commenté le procureur de l’État de Mexico, Alejandro Gomez, sur Radio Formula.

Le couple, d’abord soupçonné d’avoir tué dix femmes, avait été arrêté jeudi à Ecatepec, une banlieue au nord-est de la capitale mexicaine, connue pour sa violence.

Mais l’homme a avoué le double de meurtres lors d’une première audience dans la prison où il est incarcéré. Et il a fourni des détails pour dix d’entre eux.

Le couple attirait les victimes en proposant à la vente des vêtements pour bébés. « Il s’agissait de mère célibataires (…) qui avaient besoin de vêtements à bas prix », a expliqué le procureur.

L’homme a admis avoir abusé sexuellement de plusieurs d’entre elles « avant de les tuer et de vendre leurs restes, ainsi que leurs affaires », selon M. Gomez, qui l’a qualifié de « tueur en série ».

Il aurait aussi reconnu avoir vendu le bébé de deux mois de l’une des victimes à un autre couple, qui a également été arrêté, selon le quotidien El Universal.

Le meurtrier a décrit les meurtres « avec un parfait naturel », a expliqué le procureur. « Je dirais même qu’il avait l’air content de l’avoir fait. Il veut que les gens voient sa photo, connaissent son nom ».

– Bougies et manifestations –

Les deux tueurs en série ont été identifiés comme Juan Carlos N. et sa femme Patricia N.

L’homme présente « un désordre mental avec psychose et trouble de la personnalité », tandis que la femme est « déficiente mentale depuis sa naissance, et sujette à des délires », selon un examen psychiatrique présenté au juge. « Mais les deux sont capables de distinguer le bien du mal ».

Le couple a trois enfants, dont un en bas âge.

Les enquêteurs ont fouillé leurs domiciles et découvert des restes humains, recouverts de ciment dans huit seaux d’une capacité de 20 litres chacun, ainsi que congelés dans un réfrigérateur à l’intérieur de sacs en plastique, selon un communiqué du parquet.

Les enquêteurs sont parvenus à remonter la piste des meurtriers en constatant que trois victimes avaient passé des coups de fil à un même numéro avant de disparaître.

Le fait divers a choqué les Mexicains, dans un pays pourtant habitué à la violence criminelle.

Après l’annonce de cette arrestation, des centaines de personnes ont défilé dans les rues d’Ecatepec avec des bougies et des fleurs blanches pour demander l’arrêt des féminicides.

Selon l’ONU, sept femmes sont assassinées chaque jour au Mexique. Dans l’État de Mexico, où est situé Ecatepec, 301 femmes ou jeunes filles ont été assassinées l’an dernier, selon des chiffres officiels.

Romandie.com avec(©AFP / (09 octobre 2018 01h57)

États-Unis: le juge Kavanaugh à la Cour suprême, Donald Trump crie victoire

octobre 7, 2018

Le juge Brett Kavanaugh, le 5 septembre 2018 à Washington / © AFP/Archives / SAUL LOEB

Le Sénat américain a approuvé samedi la nomination du juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême après trois semaines de tourmente politique, offrant à Donald Trump une nouvelle victoire qui devrait satisfaire son électorat conservateur à un mois, jour pour jour, des élections parlementaires.

« J’applaudis et je félicite le Sénat pour la confirmation de notre formidable candidat », a salué sur Twitter le président américain, qui a défendu bec et ongles M. Kavanaugh.

Il doit prêter officiellement serment samedi soir lors d’une cérémonie privée à la Cour suprême, a précisé dans un communiqué l’institution.

En votant à une très courte majorité (50-48) — la plus courte depuis 1881 –, les sénateurs ont mis un terme à un processus de confirmation chaotique, marqué par des accusations d’agression sexuelle datant de plus de 30 ans contre le magistrat.

Ces accusations ont accentué les clivages au sein de la société américaine et des milliers de personnes ont protesté dans le pays contre M. Kavanaugh.

Des manifestants protestent devant le Congrès américain contre la nomination du juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême, le 6 octobre 2018 à Washingtonn / © AFP / Michael Mathes

– Foudres présidentielles –

Un millier de manifestants ont passé la journée de samedi devant la Cour suprême située à quelques dizaines de mètres du Capitole. Après le scrutin, ils ont frappé de colère à la porte du bâtiment de marbre blanc, obligeant la police à intervenir.

Et, dans l’hémicycle, le vote a été plusieurs fois interrompu par des cris de protestation.

Le Sénat, chargé de donner le feu vert pour les nominations à vie au sein du temple du droit américain, a suivi les lignes partisanes –les républicains votant pour et les démocrates contre– à l’exception d’un élu démocrate. La républicaine de l’Alaska Lisa Murkowski, qui avait annoncé qu’elle voterait non, s’est finalement abstenue.

Composition de la Cour suprême / © AFP / Gal ROMA

L’élue, qui remettra son mandat en jeu en 2022, s’est pourtant attirée les foudres du président américain. « Elle ne s’en remettra pas. Je pense que les gens de l’Alaska ne lui pardonneront jamais pour ce qu’elle a fait », a affirmé au Washington Post M. Trump, qui devait participer à une réunion électorale dans la soirée au Kansas.

A 53 ans, le juge Kavanaugh va ainsi rejoindre la plus haute juridiction des Etats-Unis, qui vérifie la constitutionnalité des lois et arbitre les conflits les plus épineux de la société américaine (droit à l’avortement, peine de mort, encadrement des armes à feu, mariage homosexuel, protection de l’environnement…).

Donald Trump peut crier victoire. Comme promis pendant la campagne, il a fait pencher l’institution dans le camp conservateur en nommant deux juges depuis son entrée en fonction. Les « progressistes » sont désormais en minorité (quatre sur neuf).

C’est un revers pour les démocrates et défenseurs des droits civiques qui s’étaient mobilisés dès sa nomination en juillet pour tenter d’empêcher sa confirmation.

Montage photo du juge Brett Kavanaugh et de Chrisine Blasey Ford, lors de leurs auditions publiques au Sénat, le 27 septembre 2018 à Washington / © POOL/AFP/Archives / SAUL LOEB

Mais la candidature de Brett Kavanaugh, un brillant magistrat formé à l’université de Yale, a déraillé quand une femme l’a accusé mi-septembre d’une tentative de viol remontant à une soirée entre lycéens en 1982.

Cette accusation a provoqué un choc, près d’un an après le lancement du mouvement #MeToo contre les violences sexuelles.

Lors d’une audition au Sénat suivie par vingt millions d’Américains, Christine Blasey Ford, universitaire de 51 ans, s’est dite sûre « à 100% » d’avoir été agressée par M. Kavanaugh alors qu’elle n’avait que 15 ans et lui 17.

En colère, le magistrat a clamé son innocence et s’est dit victime d’une campagne de dénigrement orchestrée par l’extrême gauche.

Brett Kavanaugh, candidat du président Donald Trump à la Cour suprême / © AFP / Gal ROMA

Sous la pression d’élus indécis, le Sénat a alors reporté sa décision d’une semaine.

Un rapport complémentaire de la police fédérale (FBI) a toutefois conforté les républicains, qui n’y ont « rien » trouvé de compromettant. Pour les avocats de Mme Ford, ce rapport n’est pas « significatif » car ni Mme Ford ni le juge Kavanaugh n’ont été interrogés.

– « Votez » –

Donald Trump espère que ce succès politique, couplée à une ligne dure sur l’immigration et une économie en pleine croissance, poussera ses partisans à le remercier dans les urnes lors des « midterms », et à lui offrir une majorité plus confortable au Congrès. « Les républicains vont très bien s’en sortir », a-t-il dit samedi à des journalistes l’accompagnant au Kansas. « Nous bénéficions d’un dynamisme que l’on avait pas vu depuis des années ».

Les démocrates espèrent eux que cette nouvelle polémique mobilisera l’électorat féminin et leur permettra de reprendre le contrôle du Congrès.

« Nous sommes déçues. Nous sommes furieuses. Mais nous exprimerons notre colère aux élections », a mis en garde sur Twitter l’organisation d’aide aux candidates démocrates Emily’s List.

« Aux Américains, à tous les millions de gens outrés par ce qu’il s’est passé ici, il n’y a qu’une réponse: votez », avait lancé samedi avant le vote au Sénat le chef de la minorité démocrate, Chuck Schumer.

Romandie.com avec(©AFP / (07 octobre 2018 00h42)

Israël: ouverture du procès de Sara Netanyahu pour des frais de bouche

octobre 7, 2018

Sara Netanyahu, l’épouse du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, au Parlement israélien à Jérusalem, le 31 janvier 2017 / © AFP/Archives / GALI TIBBON

Sara Netanyahu, l’épouse du Premier ministre israélien, est jugée à partir de dimanche sous l’accusation d’avoir fait passer pour plus de 80.000 euros de repas aux frais du contribuable, alors que la résidence officielle disposait d’un cuisinier.

La mise en cause de Mme Netanyahu ne semble pas de nature à avoir un effet politique immédiat sur son mari, Benjamin Netanyahu, étranger au dossier. Mais elle s’ajoute aux différentes affaires de corruption présumée qui menace le long règne du Premier ministre, au pouvoir depuis 2009.

Mise en examen pour « fraude » et « abus de confiance » présumés, Mme Netanyahu, 60 ans en novembre, est soupçonnée d’avoir commandé entre septembre 2010 et mars 2013, pour elle-même, les membres de sa famille et des invités, des centaines de repas pour « plus de 350.000 shekels » (83.000 euros), selon le ministère de la Justice.

La justice lui reproche d’avoir menti en invoquant l’absence de cuisinier à la résidence du Premier ministre pour faire livrer, jusqu’à des dizaines de fois un même mois, des repas de différents restaurants de Jérusalem.

Ezra Saidoff, ancien directeur général adjoint au bureau du Premier ministre, est lui aussi mis en examen.

Selon les médias israéliens citant l’acte d’accusation, il aurait agi de concert avec Mme Netanyahu pour créer l’impression qu’aucun cuisinier n’était employé à la résidence.

Le procès doit débuter dimanche à 10H30 GMT au tribunal de première instance de Jérusalem et pourrait durer des mois.

Supervisé par un panel de trois juges en raison de la « sensibilité publique » de l’affaire, il devait initialement commencer en juillet mais a été reporté pour des raisons n’ayant pas été rendues publiques.

Des Israéliens manifestent devant la résidence officielle du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, accusé de corruption dans plusieurs affaires, le 2 mars 2018 / © AFP/Archives / AHMAD GHARABLI

– « Poursuites délirantes » –

Lors de l’annonce de sa mise en examen en juin, les avocats de Mme Netanyahu avaient qualifié les poursuites d' »absurdes et délirantes », estimant que « pour la première fois en Israël et dans le monde, l’épouse du dirigeant en place est poursuivie pour des plateaux repas ».

Cette affaire braque à nouveau les projecteurs sur une figure omniprésente et réputée influente auprès de Benjamin Netanyahu, et dont la presse israélienne éclaire régulièrement d’une lumière peu favorable les agissements personnels.

Les détracteurs des Netanyahu se gaussent depuis des mois des affaires de la résidence, où il a été question non seulement de plats de traiteurs, mais aussi de meubles de jardin achetés sur les fonds publics, de détournement du revenu de bouteilles consignées et de maltraitance du personnel.

Les médias ont déjà suivi avec avidité la bataille devant les tribunaux entre Mme Netanyahu et un ancien homme de confiance de la résidence, Meni Naftali, qui l’avait accusée de comportement tyrannique. Il avait obtenu quelque 40.000 euros en 2016 pour mauvais traitements.

Les Netanyahu ont dénoncé une campagne de calomnie. Sara Netanyahu, qui se présente régulièrement comme une victime de l’acharnement médiatique, avait déjà dit dans le passé que « son sang avait été versé publiquement ».

– Corruption présumée –

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et sa femme Sara dans leur résidence officielle à Jérusalem, le 6 juin 2017 / © AFP/Archives / Gali TIBBON

Au delà des atteintes à son image, l’affaire des frais de bouche paraît moins lourde de risques pour M. Netanyahu que les dossiers de corruption présumée qui, depuis des mois, le visent directement et suscitent des interrogations sur sa faculté à se tirer à nouveau d’affaire.

En février, la police a recommandé son inculpation dans deux enquêtes touchant l’une à des cadeaux qu’il aurait indûment reçus de riches personnalités, l’autre à un accord secret qu’il aurait tenté de conclure avec un quotidien populaire pour une couverture favorable.

Il a de nouveau été entendu par la police vendredi à Jérusalem pendant plusieurs heures. Selon les médias, il était interrogé pour la 12e fois par les enquêteurs en tant que suspect.

Une autre enquête a été ouverte dans l’affaire Bezeq, le principal groupe de télécommunications israélien. La police cherche à savoir si le couple Netanyahu a tenté de s’assurer une couverture propice de la part du site d’informations Walla en contrepartie de faveurs gouvernementales qui pourraient avoir rapporté des centaines de millions de dollars à Bezeq.

Le principal actionnaire du groupe, Shaul Elovitch, et six autres personnes dont deux proches collaborateurs de M. Netanyahu, ont été arrêtés en février dans cette affaire.

Malgré ces enquêtes, M. Netanyahu reste en bonne position dans les sondages et pourrait, après 12 ans au pouvoir -en deux fois- battre le record de longévité de l’historique David Ben Gourion.

Romandie.com avec(©AFP / (07 octobre 2018 07h25)

France-Congo: Décès de Maître Armand Robert Okoko à Rennes

octobre 7, 2018

 

Nous avons apprenons à l’instant que Maître Armand Robert Okoko, avocat au barreau de Brazzaville, fils de maître Jacques Okoko, est mort des suites d’un empoisonnement samedi 6 octobre 2018, à 12h00 au CHU de Rennes en France.

Après le procès du général Norbert Dabira, Armand Robert Okoko avait fait une crise de tension qui avait entrainé une chute dans son cabinet à Mpila, situé sur l’avenue Paul Doumer, à Brazzaville, au Congo. Puis il avait été admis à l’hôpital militaire de Brazzaville, où succomba rapidement et tristement le colonel Marcel Ntsourou.

Les médecins de Rennes sont formels, c’est lors de son court séjour à l’hôpital militaire de Brazzaville qu’on lui aurait transmis ou inoculé un poison en l’égratignant.

Nous retiendrons que Maître Armand Robert Okoko était aussi l’avocat de l’État congolais contre le général Jean-Marie Michel Mokoko qui avait été condamné à 20 ans de prison ferme, lors d’un procès où ses avocats avaient opté pour la stratégie du silence.

Après le décès de Maître Ambroise Hervé Malonga, il y a peu, toujours par empoisonnement, le barreau de Brazzaville est encore endeuillé

Adressons nos sincères condoléances à sa famille, à tous les membres de son cabinet ainsi qu’au barreau de Brazzaville

Paix à son âme !

By Breaking news

France: Benalla entendu par les juges

octobre 5, 2018

Paris – Alexandre Benalla, ancien collaborateur d’Emmanuel Macron, a été entendu vendredi par les juges dans le cadre de son inculpation pour violences contre des manifestants, un incident qui a provoqué cet été la plus grave crise politique qu’ait connue le président français.

Alexandre Benalla n’a fait aucune déclaration à sa sortie en milieu d’après-midi du tribunal de Paris, où il était arrivé cinq heures plus tôt, en compagnie de ses nouveaux avocats Jacqueline Laffont et Pierre Haïk, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Mais selon la chaîne d’information en continu BFMTV, citant son entourage, Alexandre Benalla a été entendu pendant près de 10 heures, ce qui implique que l’audition ait repris un peu plus tard dans la journée.

Le 22 juillet, Alexandre Benalla n’avait fait qu’une brève déclaration lors de son passage devant les magistrats qui l’ont inculpé pour des soupçons de violences et d’ingérence dans l’action de la police en marge d’une manifestation du 1er-Mai à Paris.

L’homme âgé de 27 ans était ressorti du bureau des juges avec des inculpations pour « violences en réunion », « immixtion dans l’exercice d’une fonction publique », « port public et sans droit d’insignes réglementés », « recel de détournement d’images issues d’un système de vidéo-protection » et « recel de violation du secret professionnel ».

Le 10 août, l’information judiciaire a été étendue à d’autres possibles violences de M. Benalla, un peu plus tôt dans la journée du 1er mai, des faits sur lesquels il n’a pas encore été interrogé et pour lesquels il n’est pas inculpé à ce stade.

Pour sa part, l’enquête des juges se concentre sur les violences du 1er-Mai et sur la fuite d’images de vidéosurveillance de la préfecture de police, dans la foulée des révélations du quotidien Le Monde le 18 juillet.

Ce jour-là, le journal avait publié des images montrant M. Benalla et un employé du parti présidentiel LREM, Vincent Crase, en train de brutaliser un couple lors d’un rassemblement de manifestants du 1er-Mai qui avait dégénéré.

Les deux hommes, qui participaient en tant qu' »observateurs » à l’opération de maintien de l’ordre, avaient ensuite remis le couple à la police pour interpellation.

Sur les images, M. Benalla est filmé, casque sur la tête, en train d’empoigner la jeune femme et de frapper son compagnon au thorax et à la tête. Il a minimisé la violence de ses gestes et a affirmé avoir agi par « devoir citoyen » pour aider à arrêter « les deux personnes les plus virulentes » du groupe de manifestants.

Le couple, qui avait reconnu des jets de projectiles sur les forces de l’ordre, a été placé en garde à vue mardi et convoqué pour son procès au tribunal correctionnel de Paris à une date ultérieure.

Romandie.com avec(©AFP / 05 octobre 2018 22h50)                                                        

Canada: On peut porter un hijab devant un tribunal du Québec, tranche la Cour d’appel

octobre 4, 2018

 

On peut porter un hidjab devant un tribunal du Québec, tranche la Cour d’appel
© Steve Rukavina Femme portant un hidjab au Québec
Rania El-Alloul, une femme qu’une juge avait refusé d’entendre il y a trois ans parce qu’elle portait un hidjab, avait le droit de porter ce vêtement devant le tribunal, a conclu la Cour d’appel du Québec dans un jugement unanime.
 

Les trois juges concluent que le code vestimentaire des tribunaux québécois n’interdit pas le port du foulard islamique si cela constitue une croyance religieuse sincère et que cela ne brime pas l’intérêt public.

L’affaire remonte à février 2015, alors que Rania El-Alloul s’était présentée au tribunal afin de récupérer sa voiture saisie par la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ).

Avant le début de l’audience, la juge Eliana Marengo a demandé à Mme El-Alloul d’enlever son hidjab si elle voulait que sa cause soit entendue.

La juge Marengo a soutenu que la salle d’audience était un espace laïque, comparant le hidjab à un chapeau et à des lunettes de soleil, des articles qui ne sont normalement pas autorisés dans une salle d’audience.

Mme El-Alloul a refusé de retirer son foulard et sa cause n’a jamais été entendue. Elle a par la suite entamé des démarches judiciaires pour obtenir un jugement qui lui permettrait de porter son hidjab en tout temps.

Elle a par la suite entamé des démarches pour qu’un tribunal déclare qu’elle avait un droit constitutionnel de porter le hidjab.

Le juge Wilbrod Claude Décarie, de la Cour supérieure, qui avait entendu la cause, avait conclu que l’interprétation de la juge Marengo était erronée, mais il avait refusé de faire la déclaration que demandait Mme El-Alloul quant à ses droits.

Un comité spécial du Conseil de la magistrature du Québec fera enquête sur la conduite de la juge Marengo à la suite de plaintes déposées par Mme El-Alloul et plusieurs autres personnes.

Radio-canada.ca avec Msn