Archive for the ‘Justice’ Category

En Côte d’Ivoire, Assoa Adou (FPI) à nouveau dans le collimateur de la justice

avril 3, 2020

Assoa Adou, Abidjan le 15 janvier 2019© ISSAM ZEJLY pour JA

Assoa Adou, Abidjan le 15 janvier 2019© ISSAM ZEJLY pour JA © ISSAM ZEJLY pour JA

 

Convoqué par le préfet de police d’Abidjan à la suite de « propos séditieux » prononcés lors d’un meeting à Yamoussoukro, le secrétaire général de la branche dissidente du Front populaire ivoirien (FPI), ne s’est pas présenté.

Assoa Adou, le secrétaire général de la branche dissidente du Front populaire ivoirien (FPI), proche de l’ex-président Laurent Gbagbo, est dans le viseur de la justice ivoirienne, qui lui reproche d’avoir tenu des « propos séditieux » lors d’un meeting de la plateforme de l’opposition tenu à Yamoussoukro le 15 mars.

Assoa Adou avait invité les militants du FPI à « envahir les centres d’enrôlement » afin de s’inscrire sur les listes électorales, confient ses avocats, qui disent « ne pas comprendre le harcèlement du pouvoir ». « Assoa Adou a tenu des propos graves qui ont entraîné des violences, notamment la destruction du matériel d’enrôlement dans les centres d’enregistrement des cartes d’identités », révèle de son côté un proche du chef de l’État, qui confie la détermination de son camp « à ne pas [se] laisser déstabiliser ».

Deuxième convocation en deux semaines

Le 21 mars, le préfet de police d’Abidjan Siaka Dosso a fait transmettre à Assoa Adou une première convocation pour une audition prévue le surlendemain. Mais l’homme politique ne s’y est pas présenté. Il suivait en cela les recommandations de ses avocats, qui ont soulevé un vice de procédure et « exigé un respect de la loi » : en Côte d’Ivoire, un décret datant de juin 2005 exige en effet que seule la Cour de cassation peut autoriser des poursuites contre les anciens ministres et hautes personnalités de l’État. Une procédure que n’avait pas observée la police.

Les avocats de Assoa Adou ont donc déposé un recours devant la Cour de Cassation, qui s’est réunie le 31 mars à Abidjan. Chantal Camara, la présidente de la haute juridiction, a autorisé Richard Adou, le procureur de la république près le tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau, à diligenter des poursuites.

Le préfet de police est revenu à la charge après la décision de la Cour de cassation en convoquant à nouveau Assoa Adou pour le 2 avril. Mais là encore, le concerné ne s’est pas présenté. Ses avocats dénoncent en effet un « acharnement de la police » et précisent que le procureur est le seul habilité par la Cour de cassation à faire ce type de convocations. « Assoa Adou est la disposition de la justice », ajoutent-ils.

« Les propos d’Assoa Adou étaient publics et sont disponibles. Il invitait simplement les militants du FPI à envahir les centres d’enrôlement afin de poursuivre la lutte en faveur de la gratuité des cartes d’identité », explique un cadre du parti d’opposition.

Avec Jeuneafrique par Baudelaire Mieu – à Abidjan

Canada: La justice se fera à huis clos dès lundi au Québec

mars 16, 2020
© Fournis par La Presse canadienne
QUÉBEC — Dès lundi, le public sera exclu de toutes les salles de cour du Québec, a annoncé la ministre de la Justice et procureure générale du Québec, Sonia LeBel. Une décision qui vise à favoriser la distanciation sociale afin de limiter la propagation de la COVID-19.Dans un communiqué publié tard en soirée dimanche, la ministre déclare que «toutes les audiences devant être tenues devant un tribunal judiciaire, un tribunal administratif ou un autre organisme de l’administration publique le seront à huis clos».

La décision précise que seules les personnes essentielles au déroulement de l’audience seront admises sur place. Ce qui veut dire que seuls «les prévenus, les parties à une procédure civile ou administrative, les témoins et toutes autres personnes dont la présence aura été jugée nécessaire par le décideur chargé d’entendre l’affaire» pourront être présentes.

Toutefois, les personnes qui travaillent dans les palais de justice, les avocats, les journalistes et les professionnels du domaine de la justice auront accès aux palais de justice.

Ces nouvelles mesures s’appliquent à la Cour d’appel du Québec, la Cour supérieure du Québec, la Cour du Québec, toutes les cours municipales de la province ainsi que l’ensemble des tribunaux administratifs et des organismes de l’administration publique qui tiennent des audiences.

Par ailleurs, la ministre de la Justice et la juge en chef du Québec ont pris la décision de suspendre certains délais de prescription et de procédure civile en raison des circonstances liées à l’état d’urgence sanitaire

Avec La Pressecanadienne

Congo/Affaire mairie de Brazzaville : Christian Roger Okemba et ses présumés complices à la Maison d’arrêt

mars 14, 2020
Photo de BrazzaNews.Photo de BrazzaNews.
Christian Roger Okemba et son principal complice Nicolas Okandzi
Photo de BrazzaNews.

Récemment suspendu de ses fonctions pour « détournement présumé des fonds publics » dans la gestion de la ville, le maire de Brazzaville a été déféré le 13 mars à la Maison d’arrêt avec six de ses présumés complices, a-t-on appris.

 

Après avoir passé quelques jours en garde à vue à la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), Christian Roger Okemba va devoir répondre devant les juges. En effet, l’ancien maire de Brazzaville se trouve à la Maison d’arrêt en compagnie de ses présumés complices dont le directeur général du budget, Nicolas Okandzi.

Arrivé à la tête de la mairie de Brazzaville en 2017, Christian Roger Okemba est suspecté de détournement d’un milliard deux cent cinquante millions de francs CFA : un appui budgétaire du gouvernement destiné à la mairie qui serait versé dans un compte d’une structure privée, appartenant à sa fille.

Le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Raymond Zéphyrin Mboulou, avait, au nom du gouvernement, ordonné le blocage du compte dans lequel a été ordonné le virement, domicilié à la Banque sino-congolaise pour l’Afrique (BSCA). « Cette situation appelle à des investigations des corps de contrôle de l’Etat, conformément aux règles de transparence régissant la gestion des finances publiques. Une procédure est en cours en vue d’obtenir une ordonnance des fonds », précisait le courrier adressé au directeur général de la BSCA.

Notons que tout est parti d’une pétition signée par une soixantaine de conseillers municipaux pour dénoncer « la gabegie » et la gestion « opaque » des finances de la mairie de Brazzaville. Dans cette pétition, les élus locaux demandaient la « destitution » du maire, l’accusant d’avoir détourné des fonds destinés à réparer les routes et trottoirs de la capitale.

 

Avec Adiac-Congo par Parfait Wilfried Douniama

Accusée d’avoir « enlevé » son enfant, Rokia Traoré est incarcérée à Paris

mars 13, 2020

La chanteuse Rokia Traoré au festival de Cannes, en 2015.

La chanteuse Rokia Traoré au festival de Cannes, en 2015. © Arthur Mola/AP/SIPA

 

En conflit avec son ancien compagnon sur la garde de leur fille de 5 ans, l’artiste malienne est sous le coup d’un mandat d’arrêt européen pour enlèvement, séquestration et prise d’otage.

L’arrestation spectaculaire de Rokia Traoré à sa descente d’avion à l’aéroport de Roissy, le 10 mars, avait tout pour surprendre. Et pourtant, ces derniers mois, l’artiste malienne qui se produisait encore en janvier dernier à la Philharmonie de Paris et qui travaillait à un hommage à Miriam Makeba, avait déjà été arrêtée dans la capitale française et à Dakar avant d’être à chaque fois relâchée.

Selon les informations que Jeune Afrique a pu se procurer, elle était en effet sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis le 24 octobre 2019 par une juge d’instruction au tribunal de première instance francophone de Bruxelles.

Les faits reprochés à la grande chanteuse malienne ? Enlèvement, séquestration et prise d’otage de sa propre fille de 5 ans. Des faits pour lesquels, si sa culpabilité est prouvée, Rokia Traoré encourt une peine de 5 ans d’emprisonnement.

Attouchements sexuels

Si l’affaire est si stupéfiante, c’est aussi que l’artiste a toujours été discrète sur sa vie privée. Une très longue note rédigée sur son propre compte Facebook ainsi que les explications de son avocat, Maître Kenneth Feliho, permettent de reconstituer l’enchaînement des faits, du moins de son point de vue. Pour l’heure, l’avocat de la partie adverse est resté injoignable. Il s’agit de Frank Berton -ténor du barreau, basé à Lille – qui s’est distingué dans plusieurs affaires médiatisées, en prenant notamment la défense de Florence Cassez ou Salah Abdeslam.

Les faits, donc. Rokia Traoré a eu une petite fille de sa relation avec le dramaturge belge Jan Goossens, actuellement directeur du Festival de Marseille. L’artiste malienne a emmené rapidement avec elle cette enfant à Bamako, où elle est d’ailleurs aujourd’hui inscrite à l’école internationale américaine. Le père, quant à lui, pouvait rendre régulièrement visite à sa fille ou l’emmener en voyage dans d’autres pays européens et africains.

Mais en mars 2019, cet équilibre se rompt brutalement. Selon Rokia Traoré, son ancien compagnon aurait fait subir des attouchements sexuels à leur fille. La chanteuse dépose plainte au Mali et obtient la garde exclusive. Dans le même temps, Jan Goossens se tourne vers les tribunaux belges. Sa défense, dénonçant une contestation de l’autorité parentale, évoque une manipulation de l’enfant.

Le tribunal bruxellois a finalement donné la garde exclusive de l’enfant à son père. Mais la mère, vue la gravité des faits reprochés, a refusé de rendre l’enfant et ne s’est pas présentée devant le juge. C’est justement au moment de se rendre finalement à une audience à la Cour d’appel de Bruxelles, qu’elle a été arrêtée lors de son escale à Paris.

Audience le 18 mars

Rokia Traoré est donc actuellement détenue à la prison de Fleury-Mérogis. Une audience est prévue mercredi 18 mars à Paris pour savoir si elle sera transférée devant la justice belge.

Les réseaux sociaux, eux, ont déjà pris parti : le hashtag #FreeRokia est apparu dès que son arrestation a été dévoilée. Une pétition circule également sur change.org. Déjà signée par près de 5 000 internautes, elle reprend les arguments de l’artiste qui dénonce un procès injuste fait à une femme africaine.

Dans une note rédigée en décembre, la chanteuse déclarait en effet : « Avec effroi, je découvre que nos droits ne pèsent pas le même poids dans la balance de mère Justitia selon que nous soyons femme travailleuse ou pas, noir ou blanc du point de vue de l’Europe ou de l’Afrique. »

Elle dénonce également l’absence de reconnaissance de souveraineté du Mali, dont l’avis de justice n’a pas été pris en compte, et l’impossibilité, pour elle, de pouvoir poursuivre sa carrière internationale sous le coup d’un mandat d’arrêt.

Avec Jeuneafrique par Léo Pajon

États-Unis: Harvey Weinstein condamné à 23 ans de prison pour viol et agression sexuelle

mars 11, 2020

Harvey Weinstein arrivant au tribunal pénal de Manhattan le 23 janvier 2020, à New York.

Harvey Weinstein arrivant au tribunal pénal de Manhattan le 23 janvier 2020, à New York. TIMOTHY A. CLARY / AFP

Celui qui fut le producteur indépendant le plus puissant du monde encourait jusqu’à 29 ans de prison pour les deux chefs d’accusation dont il a été reconnu coupable.

Harvey Weinstein, reconnu coupable de viol et d’agression sexuelle, a été condamné ce mercredi à 23 ans de prison par le tribunal pénal de Manhattan, un moment très attendu par les victimes du producteur de cinéma

La sentence prononcée par le juge de Manhattan James Burke est proche du maximum prévu, soit 29 ans, pour les deux chefs d’accusation dont Harvey Weinstein avait été déclaré coupable le 24 février. Les avocats de l’ancien magnat d’Hollywood avaient demandé au juge James Burke une peine de cinq ans, soit le minimum légal selon les textes de l’Etat de New York. « Compte tenu de son âge [67 ans] », avaient-ils écrit, « toute peine supérieure au minimum légal […] équivaudrait à une condamnation à perpétuité ».

Il se dit victime de #MeToo

Les avocats avaient fait valoir que, depuis octobre 2017, leur client avait perdu sa femme, qui l’a quitté, son emploi, sa société (The Weinstein Company) et faisait encore face à des manifestations d’hostilité constantes. La défense avait mentionné aussi ses deux jeunes enfants, de 6 et 9 ans. « Il se pourrait que je ne revoie jamais mes enfants », a dit mercredi Harvey Weinstein, qui s’exprimait pour la première fois depuis le début du procès.
Durant son allocution, il s’est présenté en victime du mouvement #MeToo. « J’étais le premier exemple et maintenant, il y a des milliers d’hommes accusés ». « Je suis inquiet pour ce pays », a-t-il expliqué.

En face, il y avait les victimes, les six femmes à avoir témoigné au procès, qui se tenaient côte à côte au premier rang, une image marquante de ce procès. Deux d’entre elles, Mimi Haleyi et Jessica Mann, dont l’agression a mené à la condamnation d’Harvey Weinstein, se sont adressées au juge avant qu’il n’annonce sa décision.

« L’incident avec Harvey Weinstein a changé le cours de ma vie », a expliqué Mimi Haleyi, qui a dû s’interrompre, en pleurs, avant de reprendre son allocution. « Il a détruit une partie de moi. » « J’espère que [la peine] sera suffisamment longue pour qu’il prenne conscience de ce qu’il a fait, à moi et à d’autres, et se repente vraiment », a conclu l’ancienne assistante de production, agressée sexuellement par le producteur en 2006.

Weinstein fera appel

La procureure Joan Illuzzi-Orbon, qui a mené l’accusation durant le procès, n’avait pas demandé de peine précise, sollicitant du juge une peine qui reflète « la gravité des crimes du condamné, son absence totale de remords (…) et la nécessité de le dissuader, lui et d’autres, de commettre de nouveaux crimes ». Harvey Weinstein n’a jamais reconnu publiquement autre chose que des relations consenties avec les femmes qui l’accusent et, de fait, n’a exprimé aucun remord ni présenté d’excuses.

Les avocats d’Harvey Weinstein ont déjà indiqué que leur client ferait appel de la condamnation, ce qui ne l’empêchera pas d’être placé immédiatement en détention.

Nul ne sait, pour l’instant, dans quelle prison de l’Etat de New York le co-fondateur du studio Miramax purgera sa peine, mais sans doute pas à la tristement célèbre Rikers Island, où il est incarcéré actuellement, et plutôt destinée aux accusés en attente de procès.

Pour le mouvement #MeToo, que l’affaire Weinstein a fait naître, la victoire est déjà certaine. Elle s’est jouée avec le verdict de culpabilité, même si le jury l’a disculpé de trois des cinq chefs d’accusation, les plus sérieux. Harvey Weinstein doit encore répondre d’une autre inculpation pour deux agressions sexuelles à Los Angeles, annoncée début janvier.

Par Lexpress.fr avec AFP

Coronavirus: un activiste nigérien en garde à vue après une fausse alerte

mars 6, 2020

Une figure de la société civile au Niger, Kaka Touda, a été arrêtée par la police après avoir annoncé sur Facebook la détection d’un «cas suspect» de coronavirus à Niamey, a appris vendredi 6 mars l’AFP auprès de son association.

Naka Touda a été «convoqué hier (jeudi) après-midi et placé en garde à vue à la police judiciaire, en lien avec une publication sur la détection d un de cas de coronavirus sur Facebook » à Niamey, a précisé Moussa Tchangari, le responsable de l’Association alternative espace citoyen (AEC), où milite Kaka Touda.

Ce dernier avait écrit sur sa page Facebook : «Dernière heure: un cas suspect (Italien) de coronavirus à l’hôpital de référence à Niamey. Service des urgences fermé personne ne sort». L’hôpital avait démenti l’annonce mercredi dans un communiqué, précisant «qu’aucun cas confirmé de coronavirus n’a été détecte au Niger». Kaka Touda avait aussitôt relayé le démenti.

Un porte-parole du ministère nigérien de la Santé a expliqué à l’AFP qu’un ressortissant italien avait effectivement été admis dans cet hôpital «par précaution» mas avait pu le quitter, les tests de coronavirus étant négatifs. Pour le moment, le Niger n’a recensé aucun cas sur son territoire. L’Algérie voisine, le pays le plus touché en Afrique à ce jour, a enregistré jusqu’à présent 17 cas de coronavirus, selon le ministère de la Santé

Par Le Figaro avec AFP

La France autorise l’extradition de François Compaoré vers le Burkina Faso

mars 5, 2020

 

Le gouvernement français a autorisé l’extradition de François Compaoré vers le Burkina Faso, où ce frère de l’ancien président déchu est mis en cause dans l’enquête sur l’assassinat en 1998 d’un journaliste, a appris jeudi l’AFP auprès de Matignon. Le décret d’extradition du frère cadet de Blaise Compaoré, chassé par la rue après 27 ans au pouvoir fin octobre 2014, a été signé par le Premier ministre Edouard Philippe, selon cette source. Il doit encore être publié au Journal officiel.

Contacté par l’AFP, l’avocat de François Compaoré, Me Pierre-Olivier Sur, a refusé de faire tout commentaire pour l’heure. Ce décret reste susceptible d’un recours devant le Conseil d’Etat. En juin 2019, la Cour de Cassation avait rejeté le pourvoi de François Compaoré contre son extradition vers Ouagadougou, où le dossier Zongo, classé en 2003 après un «non-lieu» en faveur du seul inculpé, a été rouvert à la faveur de la chute de son frère, Blaise Compaoré.

Journaliste d’investigation reconnu et directeur de l’hebdomadaire L’Indépendant, Norbert Zongo avait été assassiné le 13 décembre 1998, alors qu’il enquêtait sur le meurtre du chauffeur de François Compaoré. Sa mort avait provoqué une profonde crise politique au «pays des hommes intègres». Le journaliste, âgé de 49 ans, auteur de plusieurs enquêtes retentissantes dénonçant une mauvaise gouvernance sous le régime Compaoré, avait été tué avec trois de ses compagnons. Les quatre dépouilles avaient été retrouvées calcinées dans le sud du Burkina Faso.

François Compaoré avait été arrêté à l’aéroport de Roissy en octobre 2017, en exécution d’un mandat d’arrêt émis par les autorités de Ouagadougou. Mais à ce jour, il n’est pas inculpé dans son pays, à la différence de trois ex-soldats du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l’ancienne garde prétorienne de Blaise Compaoré.

«C’est un tournant décisif qui vient d’être franchi dans la quête de la justice et la manifestation de la vérité sur cette affaire qui n’a que trop durer», a réagi Guy Zongo, fils aîné de Norbert Zongo. «C’est une autre étape importante de franchie et nous nous réjouissons que cela se passe dans le bon sens et selon les accords qui existent entre les deux pays», a-t-il dit à l’AFP. «Même si ce n’est pas aujourd’hui qu’il sera extradé puisque le décret peut faire l’objet d’un recours, tôt ou tard justice sera rendue. Nous sommes sereins sur cette fin inéluctable. Nous espérons que les choses se fassent en respect des procédures et nous avons espoir de voir enfin cette extradition se faire», a-t-il conclu.

Par Le Figaro avec AFP

États-Unis: Harvey Weinstein reconnu coupable d’agression sexuelle et de viol

février 24, 2020

À l’issue d’un procès ultra-médiatisé à New York, le producteur de cinéma a été acquitté des accusations de comportement sexuel «prédateur».

Harvey Weinstein, arrivant diminué à son procès, se tenant à un déambulateur.
Harvey Weinstein, arrivant diminué à son procès, se tenant à un déambulateur. SPENCER PLATT / AFP

Le célèbre producteur de cinéma Harvey Weinstein, âgé de 67 ans, a été reconnu coupable d’agression sexuelle et de viol à l’issue d’un premier procès à New York. Le jury de sept hommes et cinq femmes a rendu son verdict après cinq jours de délibérations, et un mois d’un procès ultra-médiatisé, emblématique du mouvement #MeToo. Il risque 25 ans de prison.

Le producteur avait plaidé non coupable pour le viol de deux femmes, l’un commis en 2003, l’autre en 2006. Il a été disculpé des accusations de comportement sexuel «prédateur» qui lui faisaient risquer la perpétuité.

Un autre procès au pénal attend le producteur à Los Angeles.

Par Le Figaro avec AFP et Reuters

Lesotho : le Premier ministre part en Afrique du Sud à la veille de son inculpation pour meurtre

février 21, 2020

Un officier et le commissaire de police adjoint Paseka Mokete, au centre, avec des gardes de sécurité à l'extérieur de la Cour de justice de Maseru, le 21 février 202.

Un officier et le commissaire de police adjoint Paseka Mokete, au centre, avec des gardes de sécurité à l’extérieur de la Cour de justice de Maseru, le 21 février 202. © AP / Sipa 

Le Premier ministre Thomas Thabane, sur le point d’être inculpé vendredi du meurtre de sa précédente épouse, est « parti » pour l’Afrique du Sud voisine. Ses proches invoquent des « raisons médicales ».

« S’il est établi qu’il a en réalité essayé d’éviter l’inculpation, nous lancerons un mandat d’arrêt » contre le Premier ministre, a prévenu le numéro 2 de la police du Lesotho, Paseka Mokete.

Thomas Thabane devait être officiellement accusé vendredi du meurtre de sa précédente épouse, Lipolelo Thabane, assassinée le 14 juin 2017 alors qu’elle rentrait chez elle en voiture dans la capitale Maseru.

Ce crime est intervenu deux jours seulement avant la prestation de serment de Thomas Thabane au poste de Premier ministre. Le couple était alors en instance de divorce.

Après avoir piétiné pendant plus de deux ans, l’enquête s’est accélérée ces dernières semaines.

« Contrôle médical »

La nouvelle épouse de Thomas Thabane, Maesaiah, âgée de 43 ans, a été inculpée début février du meurtre de sa rivale. Elle est actuellement en liberté sous caution.

Vendredi, le Premier ministre lui-même était convoqué devant un tribunal de Maseru pour se voir notifier formellement son inculpation pour meurtre dans cette même affaire.

« Il ne vient pas au tribunal, il est parti pour un contrôle médical en Afrique du Sud », a cependant annoncé à son secrétaire, Thabo Thakalekoala, précisant que Thomas Thabane, âgé de 80 ans, était arrivé jeudi en Afrique du Sud voisine.

« C’est un contrôle de routine. Il va régulièrement en Afrique du Sud », a ajouté Thabo Thakalekoala. « Quand les médecins estimeront qu’il va bien, ils le laisseront partir », a-t-il encore dit.

« Nous avons été informés qu’il est parti pour un contrôle médical de routine », a confirmé le numéro 2 de la police, Paseka Mokete. « Selon des sources, il est en Afrique du Sud. On attend de parler avec son avocat qui doit nous dire où il se trouve exactement », a-t-il ajouté.

Appel téléphonique suspect

La police a assuré avoir « beaucoup d’éléments contre le Premier ministre ». « Son téléphone n’est pas la seule preuve que vous avons. Il y a beaucoup d’autres preuves », a affirmé Paseka Mokete sans plus de détails.

Un appel téléphonique suspect, passé depuis le téléphone portable du Premier ministre, a été localisé à l’endroit du meurtre le jour du crime, selon la police.

« La réalité est qu’à mon âge, j’ai perdu l’essentiel de mon énergie », a-t-il expliqué.

Avant de prendre ses fonctions de chef de gouvernement en juin 2017, Thomas Thabane avait déjà occupé ce poste de 2012 à 2015. Il avait été contraint momentanément à l’exil en Afrique du Sud après une tentative de coup d’Etat militaire en 2014.

Lors de sa dernière investiture, le 16 juin 2017, deux jours seulement après le meurtre de Lipolelo Thabane, Thomas Thabane avait prêté serment aux côtés de celle qui allait devenir sa nouvelle épouse, Maesaiah.

Le couple a ensuite assisté aux obsèques de Lipolelo Thabane, avant de convoler en justes noces deux mois plus tard.

Par Jeuneafrique avec AFP

Les sourds argentins victimes d’abus du clergé réclament justice au pape

février 20, 2020

Trois sourds argentins victimes d’abus sexuels commis par des prêtres dans des instituts catholiques spécialisés d’Argentine ont lancé jeudi 20 février un cri de douleur et de colère depuis la place Saint-Pierre pour demander justice et réparation à leur compatriote, le pape François.

«Nous avons beaucoup souffert. Il nous faut une loi qui oblige le Vatican à cesser de se protéger. Nous, les sourds, avons subi des abus de la part de prêtres et nous avons besoin que cela change», a expliqué en langue des signes Daniel Sgardelis, 45 ans, en route pour la place Saint-Pierre de Rome.

«Ils ont trop commis d’abus sexuels et il faut que cela cesse. Le pape est là tranquillement au Vatican sans nous donner la preuve d’un changement», a aussi déploré Ezequiel Villalonga, 19 ans, grâce à une traductrice.

«Pourquoi sommes-nous venus à Rome? Pour mettre fin aux abus sexuels partout», lance Ezequiel en brandissant un portrait de son bourreau.

Erica Labeguerie, dont la sœur de 26 ans est devenue une victime lorsqu’elle fréquentait l’un des deux Instituts catholiques Provolo pour les sourds d’Argentine, explique que son combat est pour que ces horreurs ne se répètent pas dans d’autres parties du monde.

Le drame de ces personnes handicapées est d’autant plus choquant qu’il s’agit de personnes particulièrement vulnérables qui ont été confiées à des religieux pour leur éducation.

Pas de rencontre avec le pape

Les victimes ont demandé en vain une rencontre avec le pape lors de leur séjour à Rome, du 20 au 22 février. «Nous sommes très déçus», reconnaît Erica Labeguerie, en racontant d’une voix hachée le parcours de sa famille.

«Cette lutte sert à rompre le silence, à faire en sorte que les preuves ne soient pas cachées, que le Vatican collabore», glisse-t-elle. Les victimes, accompagnées par leurs avocats, accusent le Vatican et le pape de dissimulation. Elles demandent justice, châtiment et réparation économique.

«Le pape a le pouvoir d’agir et d’éviter que cela ne se reproduise. Nous ne parlons pas du passé mais du présent que beaucoup vivent encore», assure la jeune femme.

Pour l’avocat Sergio Salinas, de l’organisation argentine humanitaire Xumex, «le pape argentin n’a rien fait pour enquêter sur les victimes ou pour les réparer».

«Nous avons besoin d’actions. Il ne suffit pas de lever le secret pontifical. L’Église doit collaborer. Le pape n’a rien dit, il ne s’est même pas excusé publiquement. Ce qui, de toute façon, n’est pas suffisant pour les victimes», a commenté pour sa part un autre avocat, Lucas Lecour.

En novembre, deux prêtres ont été condamnés à plus de 40 ans de prison pour avoir violé durant des années ces enfants dans l’institut spécialisé Provolo de Mendoza (ouest de l’Argentine). Nicola Corradi, un curé italien qui vit en Argentine depuis 1970, a été condamné à 42 ans de prison, et l’Argentin Horacio Corbacho à 45 ans.

Nicola Corradi avait été dénoncé au Vatican en 2009 pour avoir abusé sexuellement d’enfants sourds dans un institut Provolo de Vérone, dans le nord de l’Italie, avant d’être envoyé en Argentine voici cinquante ans. C’est pourquoi des sourds italiens de Vérone participeront à une veillée avec leurs compagnons d’infortune argentins, samedi dans les jardins du château de Saint-Ange, à quelque pas de la place Saint-Pierre.

Avant leur venue à Rome, les victimes argentines, qui considèrent avoir été «torturées» par leurs agresseurs, s’étaient rendues à Genève auprès du Comité de l’ONU contre la torture et du Comité des droits de l’enfant.

Par Le Figaro avec AFP