Archive for the ‘Justice’ Category

L’ONU condamne une nouvelle exécution d’un mineur délinquant en Iran

décembre 31, 2020

L’ONU a vivement condamné jeudi 31 décembre l’exécution en Iran d’un homme pour un crime qu’il aurait commis alors qu’il avait 16 ans, la quatrième d’un mineur délinquant cette année dans ce pays, appelant Téhéran à cesser cette pratique.

Selon l’ONU, Mohammad Hassan Rezaiee a été exécuté tôt jeudi. D’après Amnesty International, il avait été arrêté en 2007 dans le cadre d’une affaire où un homme avait été tué à coups de couteau lors d’une rixe et il a passé plus de douze ans dans le quartier des condamnés à mort.

«L’exécution de mineurs délinquants est catégoriquement prohibée par les lois internationales et l’Iran a l’obligation de respecter cette interdiction», a déclaré une porte-parole du Bureau des droits de l’homme des Nations unies à Genève, Ravina Shamdasani. La Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Michelle Bachelet, «condamne vivement cette exécution», a-t-elle ajouté.

Ravina Shamdasani a ajouté que le Bureau des droits de l’homme de l’ONU était consterné que l’exécution ait eu lieu en dépit de ses efforts pour un dialogue avec Téhéran sur cette question. «Il existe des allégations extrêmement troublantes selon lesquelles il a été condamné sur la base d’aveux extorqués sous la torture», a-t-elle dit, ajoutant qu’il y avait également «de nombreuses autres inquiétudes au sujet des violations de son droit à un procès équitable».

La porte-parole a souligné que l’exécution de Rezaiee est la quatrième d’un mineur délinquant en 2020 et intervient après une série d’exécutions récentes en Iran.L’exécution par Téhéran le 12 décembre d’un journaliste et dissident basé en France, Ruhollah Zam, avait provoqué un tollé international, des gouvernements occidentaux accusant l’Iran de l’avoir kidnappé à l’étranger avant de le juger.

Ravina Shamdasani a souligné qu’au moins huit personnes avaient été exécutées dans différentes prisons iraniennes pour la seule période entre le 19 et le 26 décembre. Elle a ajouté que selon des informations non confirmées, huit autres personnes couraient le risque d’une «exécution imminente». Plusieurs personnes condamnées pour des crimes qu’elles auraient commis alors qu’elles étaient mineures sont dans le couloir de la mort, d’après elle.

«L’ONU a appelé à plusieurs reprises l’Iran à cesser d’exécuter des mineurs délinquants, mais nous pensons qu’au moins 80 d’entre eux sont dans le couloir de la mort», a-t-elle dit. Elle a souligné que Michelle Bachelet «a exhorté les autorités iraniennes à arrêter toutes les exécutions de mineurs délinquants et à reconsidérer immédiatement leur cas conformément aux lois internationales sur les droits de l’homme.»

Par Le Figaro avec AFP

Mali : Ras Bath placé en détention provisoire pour « atteinte à la sûreté de l’État »

décembre 31, 2020
L’activiste malien Ras Bath, lors d’un rassemblement de l’opposition à IBK en août 2018.

Interpellées il y a une semaine, plusieurs personnalités poursuivies pour « atteinte à la sûreté de l’État », dont l’activiste Ras Bath, ont été présentées devant un juge qui a décidé de les placer sous mandat de dépôt.

Au terme d’une audience qui s’est tenue ce jeudi au tribunal de Bamako, le juge chargé du dossier a décidé de placer en détention préventive Mohamed Youssouf Bathily – dit Ras Bath – , ainsi que cinq de ses coprévenus. Les cinq hommes sont poursuivis dans le cadre d’une instruction judiciaire ouverte pour « atteinte à la sûreté de l’État ».

« Ils sont accusés d’atteinte à la sûreté de l’État et ont été placés sous mandat de dépôt, a confirmé à Jeune Afrique Boubacar Yalkoué, secrétaire administratif du Collectif pour la défense de la République (CDR, dont est membre Ras Bath). Nous pensions pourtant qu’au regard du fond du dossier, ils seraient libérés après avoir été entendus par le juge d’instruction. »

Il a par ailleurs précisé que les avocats des prévenus se sont réunis pour décider d’une stratégie commune dès la décision de placement sous mandat de dépôt connue, et insisté sur le fait que les actions futures s’inscriraient « dans le cadre légal ».

Flou autour des interpellations

C’est un dossier qui défraie la chronique à Bamako depuis que plusieurs personnalités ont été interpellées dans des circonstances troubles, dès lundi 21 décembre. Il avait fallu attendre le dimanche 27 septembre pour que le procureur de la République, Mamadou Kassogué, ne livre enfin les raisons qui avaient conduit à ces arrestations.

Dans un communiqué, le magistrat a alors expliqué que les mis en cause avaient été arrêtés « suite à une dénonciation des services de sécurité faisant état de faits d’atteintes à la sûreté de l’État » et qu’ils avaient été « mis à la disposition » du service d’investigation de la gendarmerie nationale « pour les besoins de l’enquête ».

Si l’affaire fait autant de bruit, c’est que les personnalités citées dans cette enquête sont, pour certaines, très connues. Outre Sékou Traoré, secrétaire général de la présidence, un statut qui lui donne le rang de ministre, on trouve en effet le polémiste Mohamed Youssouf Bathily – dit Ras Bath – , célèbre chroniqueur sur Renouveau FM, une radio sur laquelle il anime « Grands dossiers », une émission dans laquelle il s’est montré critique à l’encontre des nouvelles autorités ces derniers mois.

Sont également concernés par l’enquête Mahamadou Koné, trésorier payeur général, Vital Robert Diop, directeur général de la société PMU-Mali, Aguibou Tall, directeur général adjoint de l’AGEFAU, ainsi que Souleymane Kansaye, receveur général du district. Tous, à l’exception de Sékou Traoré, avaient été placés en détention préventive avant d’être présentés devant le juge, ce mardi.

Tous ont également été placés ce jeudi sous mandat de dépôt par le juge d’instruction. Sékou Traoré, qui a repris ses activités à la présidence, n’a quant-à lui pas été concerné par cette décision.

L’Association malienne des droits de l’homme (AMDH), qui avait auparavant dénoncé des « arrestations extrajudiciaires », a pu avoir accès aux locaux de la gendarmerie au cours du week-end dernier. L’AMDH s’était réjouie, dans un communiqué daté du 28 décembre, « de la judiciarisation des dossiers » et avait assuré que les conditions de détention des personnes mises en cause étaient correctes.

Les prévenus devaient initialement être présentés au procureur de la République dès lundi, mais, selon une source judiciaire, le magistrat a décidé de reporter la convocation en raison d’une manifestation organisée par plusieurs militants du Collectif pour la défense de la République (CDR) de Ras Bath. Une nouvelle audience devant le juge avait été programmée pour ce mercredi 30, mais avait finalement été, à nouveau, reportée.

Par Bokar Sangaré – à Bamako

Côte d’Ivoire : Pascal Affi N’Guessan remis en liberté provisoire

décembre 30, 2020
Pascal Affi N’Guessan, président du FPI, lors d’une conférence de presse le 1er novembre au domicile d’Henri Konan Bédié à Abidjan.

La justice a prononcé la remise en liberté provisoire de l’opposant ivoirien, qui avait été arrêté le 7 novembre dernier. Le président du Front populaire ivoirien (FPI) reste cependant toujours poursuivi pour « atteinte à l’autorité de l’État ».

Pascal Affi’N’Guessan va recouvrer sa liberté, mais sera soumis à un contrôle judiciaire. L’opposant, qui avait été arrêté dans la nuit du 6 au 7 novembre dernier, a été présenté ce mercredi devant un juge de la cellule judiciaire spéciale mise en place fin novembre par décret présidentiel pour traiter les dossiers relatifs à la crise pré et postélectorale.

À l’issue de l’audition, le magistrat a prononcé la remise en liberté provisoire du président officiellement reconnu du Front populaire ivoirien (FPI). Ce dernier, qui a co-fondé avec Henri Konan Bédié le Conseil national de transition (CNT), dont il fut le porte-parole, reste cependant sous le coup de poursuites pour « atteinte à l’autorité de l’État », a précisé une source judiciaire à Jeune Afrique.

Contrairement aux autres personnalités incarcérées dans le cadre des enquêtes en cours concernant la crise électorale, Pascal Affi N’Guessan n’était pas détenu à la prison de la Maca, mais était à l’isolement dans une villa de l’École de gendarmerie, dans le quartier de Cocody, à Abidjan.

Avec Jeune Afrique par Baudelaire Mieu

Quatre ans de prison pour une journaliste-citoyenne chinoise ayant couvert l’épidémie à Wuhan

décembre 28, 2020

QUATRE ANS DE PRISON POUR UNE JOURNALISTE-CITOYENNE CHINOISE AYANT COUVERT L'ÉPIDÉMIE À WUHAN

© Reuters/TYRONE SIU

SHANGHAI (Reuters) -Une journaliste-citoyenne chinoise qui a couvert l’épidémie de coronavirus au début de l’année à Wuhan, dans le centre de la Chine, a été condamnée lundi à quatre ans de prison pour « provocation de troubles », a annoncé son avocat.

Zhang Zhan, qui est âgée de 37 ans, est la première personne à avoir été jugée pour avoir informé de la situation au plus fort de la crise sanitaire, en début d’année.

Elle fait partie d’un petit groupe d’individus dont les récits sur les hôpitaux surchargés et les rues vides de Wuhan ont décrit une situation plus dramatique que ce que les autorités chinoises disaient à l’époque.

« Nous ferons probablement appel », a ajouté son avocat, Ren Quanniu. « Mme Zhang estime qu’elle est persécutée pour avoir exercé sa liberté d’expression », avait-il dit avant son procès qui s’est tenu à Shanghai sept mois après son arrestation.

Les journalistes étrangers n’ont pas eu le droit d’accéder à l’intérieur du tribunal « en raison de l’épidémie », selon l’explication officielle qui leur a été fournie.

Kenneth Roth, directeur exécutif basé à Genève de l’ONG Human Rights Watch, a souligné pour sa part que le calendrier choisi par la Chine pour ce procès était révélateur.

« Le choix de cette période assoupie entre Noël et le Nouvel An laisse entendre que Pékin est gêné de condamner la journaliste-citoyenne Zhang Zhan à quatre ans de prison pour avoir tenu la chronique d’une version non censurée de l’épidémie de coronavirus à Wuhan », a-t-il tweeté.

Ancienne avocate vivant à Shanghai, Zhang Zhan est arrivée à Wuhan, épicentre de la pandémie dans la province du Hubei, le 1er février dernier.

Elle a mis en ligne sur YouTube de courtes interviews avec des habitants mais aussi des commentaires et des images d’un crématorium, d’hôpitaux et de l’Institut de virologie de la ville.

Arrêtée à la mi-mai, elle a observé une grève de la faim à la fin du mois de juin mais, selon son avocat, a été nourrie de force. Son état de santé est préoccupant: elle souffre notamment de maux de tête, de vertiges, de douleurs au ventre et sa pression artérielle est basse.

D’autres journalistes-citoyens ont également été portés disparus en Chine, parmi lesquels Fang Bin, Chen Qiushi et Li Zehua.

Aucune information concernant Fang Bin n’est disponible. Li Zehua est réapparu en avril dans une vidéo mise en ligne sur YouTube dans laquelle il dit avoir été placé de force en quarantaine. Chen Qiushi a été libéré de prison mais selon un de ses amis vit sous surveillance et n’a plus parlé en public.

Les autorités chinoises ont censuré les témoignages et récits critiques sur leur réaction initiale à la crise sanitaire, et des avertissements ont été adressés à des médecins et à des lanceurs d’alerte.

Les médias officiels soulignent quant à eux que la Chine, sous la conduite du président Xi Jinping, a réussi à endiguer le virus.

Avec Reuters par (Brenda Goh avec Yew Lun Tian à Pékinversion française Henri-Pierre André, édité par Blandine Hénault)

Un caméraman de Reuters arrêté par la police éthiopienne

décembre 28, 2020

UN CAMERAMAN DE REUTERS ARRÊTÉ PAR LA POLICE ÉTHIOPIENNE

© Reuters/FAMILY ALBUM

NAIROBI (Reuters) – Un caméraman de Reuters, Kumerra Gemechu, a été arrêté mardi dernier à Addis Abeba, la capitale éthiopienne et a été placé en détention provisoire pendant au moins deux semaines, a-t-on appris auprès de sa famille.

Aucune raison expliquant l’arrestation n’a été donnée à sa famille et la police n’a pas répondu aux sollicitations de Reuters. Kumerra Gemechu n’a pas été inculpé.

Kumerra Gemechu, âgé de 38 ans, collabore en tant que caméraman indépendant avec Reuters depuis une dizaine d’années.

Vendredi, lors d’une audience à laquelle aucun avocat n’était présent, un juge a ordonné sa mise en détention pour une durée de 14 jours afin de donner à la police le temps de mener son enquête, a déclaré sa famille.

Dans un communiqué publié lundi, l’agence de presse Reuters a fermement condamné la mise en détention du caméraman. Cette arrestation intervient après qu’un photographe de Reuters, Tiksa Negeri, a été agressé par deux policiers éthiopiens le 16 décembre dernier.

« Les journalistes doivent pouvoir faire leur travail de collecte de l’information dans l’intérêt du public sans crainte de harcèlement ou de subir des préjudices, où qu’ils soient. Nous ne connaîtrons pas de repos tant que Kumerra ne sera pas libéré », a déclaré Stephen Adler, directeur des rédactions de Reuters.

La police a confisqué le téléphone, l’ordinateur, les clés USB ainsi que des papiers appartenant à Kumerra Gemechu, ajoute sa famille.

ARRESTATIONS DE JOURNALISTES

L’arrestation de Kumerra Gemechu intervient alors que le gouvernement fait pression sur les journalistes d’agences de presse internationales couvrant le conflit dans la région du Tigré, dans le nord de l’Ethiopie.

Kumerra Gemechu couvrait le conflit du Tigré mais Reuters n’a pu déterminer si son arrestation était liée à son travail. Aucun représentant du gouvernement n’a répondu aux questions de Reuters relatives à ce sujet.

Le Comité de protection des journalistes (CPJ) a déclaré que la détention de Kumerra Gemechu était « le dernier exemple en date montrant la vitesse à laquelle la liberté de la presse disparaît sous l’égide du Premier ministre Abiy Ahmed. »

Selon le rapport du CPJ publié début décembre sur le nombre de journalistes emprisonnés dans le monde, au moins sept journalistes étaient maintenus en détention provisoire en Ethiopie pour des raisons en lien avec leur travail.

Cinq de ces arrestations ont été faites après le déclenchement le 4 novembre de l’offensive des autorités éthiopiennes contre les forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Rectifie l’âge de Kumerra Gemechu au troisième paragraphe.

Par Reuters avec (Bureau de Nairobi; version française Camille Raynaud, édité par Blandine Hénault)

Canada/Plus de 100 personnes dans une église : le sermon interrompu par la police

décembre 28, 2020

Un sermon donné dans une église en présence de plus de 100 personnes qui ne portaient pas de masque a été interrompu par la police, samedi matin vers 11 h.Le rassemblement avait lieu dans une église de Wheatley, en Ontario. (Photo d'archives)

© /iStock Le rassemblement avait lieu dans une église de Wheatley, en Ontario. (Photo d’archives)

Un homme, qui a pris responsabilité pour le rassemblement, fait face à des accusations liées aux règlements sanitaires présentement en place.

Le sermon avait lieu dans une église mennonite de Wheatley, en Ontario, près de Leamington.

«La réglementation actuelle pour les services religieux ne permet que 10 personnes à l’intérieur. Le règlement municipal stipule également que les masques sont obligatoires pendant le culte», peut-on lire dans le communiqué émis par la police de Chatham-Kent.

Selon le communiqué, «tout le monde s’est conformé aux demandes des officiers de mettre fin tôt au service religieux et de quitter la propriété».

Un homme de 50 ans de Merlin, en Ontario, a été accusé de ne pas s’être «conformé à une ordonnance prorogée en vertu de l’article 7.0.2, contrairement à l’alinéa 10 (1) a) de la Loi de 2020 sur la réouverture de l’Ontario».

L’Ontario est en confinement panprovincial depuis samedi à minuit.

Avec CBC/Radio-Canada

Algérie : 15 ans de prison requis contre « Madame Maya », « fille cachée » de Bouteflika

décembre 28, 2020
Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, en Algérie, le 27 mars 2009.

Jugée en appel pour corruption depuis samedi, la richissime femme d’affaires de 66 ans était parvenue à amasser une fortune colossale en se présentant comme la fille illégitime du président déchu.

Le parquet algérien a requis quinze ans de prison ferme contre « Madame Maya », la « fille cachée » du président déchu Abdelaziz Bouteflika, jugée en appel depuis samedi 26 décembre à Tipaza, près d’Alger, selon l’agence de presse officielle APS.

Cette femme d’affaires algérienne, qui se faisait passer pour la fille de l’ex-président et dont personne n’avait entendu parler avant juillet 2019, est jugée pour corruption avec treize autres accusés. Son procès en appel s’est ouvert samedi à Tipaza avec l’audition des accusés et des témoins, et s’est poursuivi dimanche avec les plaidoiries de la défense. Le parquet a requis quinze ans de prison ferme contre elle, et dix ans contre ses deux filles, Imène et Farah.

L’influente « Madame Maya », de son vrai nom Zoulikha-Chafika Nachinache, a été condamnée en première instance, le 14 octobre, à douze ans de prison ferme, une amende de 6 millions de dinars (40 000 euros) et à la saisie de ses biens. Elle avait notamment été reconnue coupable de « blanchiment d’argent », « trafic d’influence », « dilapidation de deniers publics » et « transfert illicite de devises vers l’étranger ». Ses deux filles avaient été condamnées à cinq ans de prison.

Caverne d’Ali Baba

Inconnue du grand public avant cette affaire, « Madame Maya », 66 ans, a bâti une fortune colossale sur une rumeur qui faisait d’elle la « fille cachée » de l’ancien chef d’État. Largement relayée par l’entourage d’Abdelaziz Bouteflika, la rumeur lui a permis de bénéficier de nombreux privilèges et de la protection de hauts responsables comme l’ancien puissant patron de la police, Abdelghani Hamel.

Mais, en juillet 2019, trois mois après la démission d’Abdelaziz Bouteflika, lors d’une perquisition dans sa cossue résidence à Moretti, une station balnéaire chic de la banlieue d’Alger, les services de sécurité ont découvert une véritable caverne d’Ali Baba. Dans l’un des murs de la villa, la propriétaire avait entreposé 9,5 millions de dinars (630 000 euros), 30 000 dollars, 270 000 euros ainsi que 25 kilos d’or d’une valeur de 1,3 million d’euros.

Selon une expertise judiciaire que Jeune Afrique a pu consulter, la femme d’affaires et ses deux filles auraient également transféré illégalement vers l’étranger la bagatelle de 1,5 million d’euros. L’affaire provoque alors un mélange d’incrédulité, de dégoût et de colère au sein de l’opinion.

Implication de hauts responsables

D’autant plus que l’enquête a révélé ses liens avec plusieurs hauts responsables. Deux anciens ministres, Mohamed Ghazi et Abdelghani Zaalane, ainsi que l’ex-chef de la police ont été condamnés à dix ans de prison ferme dans cette affaire. Le parquet a requis en appel quinze ans de prison contre les deux anciens ministres et douze ans contre Abdelghani Hamel, selon l’APS.

Après la chute de l’ex-homme fort, la justice algérienne a lancé une série d’enquêtes pour corruption. Les condamnations en série à de lourdes peines de prison ont dévoilé l’ampleur des fortunes amassées par les hommes du sérail de l’ancien chef d’État.

Par Jeune Afrique avec AFP

Canada-Ontario: La COVID-19 se répand comme un feu de paille dans un pénitencier fédéral

décembre 17, 2020

  Les visites sont suspendues dans les pénitenciers ontariens depuis mercredi.

© /Shutterstock Les visites sont suspendues dans les pénitenciers ontariens depuis mercredi.

Le Service correctionnel du Canada a annoncé jeudi que 80 détenus et 4 employés de l’Établissement de Joyceville, près de Kingston, avaient contracté le coronavirus.

L’éclosion s’est par ailleurs répandue ailleurs : cinq détenus de l’Établissement de Collins Bay à Kingston et trois autres de l’Établissement de Warkworth, à 130 kilomètres de là, ont aussi été déclarés positifs.

Un porte-parole du Service correctionnel a précisé dans une déclaration écrite qu’ils avaient séjourné précédemment à Joyceville, où ils auraient vraisemblablement été infectés.

Tous les détenus qui ont été récemment transférés de Joyceville vers un autre établissement sont placés en quarantaine, pour surveiller l’apparition de symptômes.

Des tests de dépistage sont proposés à tous les employés et détenus de ces prisons.

Le Service correctionnel avait suspendu mercredi les visites dans tous ses établissements en Ontario. Les appels téléphoniques et les vidéoconférences sont toujours autorisés.

Avec CBC/Radio-Canada d’après les informations de Sarh Kester

Mexique: un ancien maire arrêté pour complicité dans l’assassinat d’une journaliste

décembre 17, 2020

Un ancien maire de l’Etat de Chihuahua, dans le nord du Mexique, a été arrêté jeudi 17 décembre pour «complicité» dans l’assassinat en 2017 de la journaliste Miroslava Breach, a indiqué le bureau du procureur général. Un tribunal de Chihuahua «est parvenu à établir la probable responsabilité» de Hugo Amed Shultz, ancien maire de la municipalité de Chinipas, pour avoir «recherché et fourni des informations à un groupe du crime organisé qui a ordonné et exécuté le meurtre», a déclaré le bureau du procureur dans un communiqué, sans apporter plus de détails.

Pour ce crime, un juge fédéral a condamné à 50 ans de prison Juan Carlos Moreno, dit «El Larry», accusé d’être l’un des auteurs matériels du meurtre de la journaliste spécialisée dans les questions de droits de l’homme, de trafic de drogue et de corruption.

Lors de l’audition de Carlos Moreno, il a été révélé que des politiciens avaient enregistré des conversations téléphoniques avec la journaliste, correspondante du quotidien La Jornada, qui auraient été remises à Hugo Amed Shultz, membre du Parti d’action nationale (PAN, conservateur). L’ancien maire de Chinipas, «avec le soutien des anciens dirigeants du PAN dans l’Etat de Chihuahua, a fait pression sur Miroslava Breach pour qu’elle révèle ses sources concernant un reportage qui indiquait que des membres de diverses organisations criminelles (…) étaient candidats à des fonctions électives», a indiqué La Jornada jeudi après l’arrestation de Hugo Amed Shultz.

La journaliste, originaire de Chinipas, a reçu huit balles dans la tête le 23 mars 2017, alors qu’elle quittait sa maison pour emmener son fils à l’école.

Le Mexique est considéré comme l’un des pays les plus dangereux pour les journalistes, avec plus d’une centaine d’assassinats depuis 2000, dont sept cette année. Plus de 90% de ces crimes restent impunis, selon les organisations de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF) et Article 19. Le dernier meurtre en date est celui d’Israel Vazquez du quotidien El Salmantino. Des inconnus ont ouvert le feu sur lui le 9 novembre alors qu’il couvrait la découverte de restes humains dans l’Etat violent de Guanajuato.

Par Le Figaro avec AFP

Japon: peine de mort pour un tueur en série qui repérait ses proies sur Twitter

décembre 15, 2020

Un Japonais de 30 ans a été condamné mardi par un tribunal de Tokyo à la peine capitale pour avoir assassiné en 2017 neuf personnes qu’il avait attirées chez lui après les avoir approchées sur Twitter.

Croquis d'audience de Masato Yamashita montrant le tueur en série Takahiro Shiraishi (C), le 30 septembre 2020 dans un tribunal de Tokyo

© Masato YAMASHITA Croquis d’audience de Masato Yamashita montrant le tueur en série Takahiro Shiraishi (C), le 30 septembre 2020 dans un tribunal de Tokyo

Takahiro Shiraishi avait admis durant son procès avoir tué et démembré dans son appartement neuf personnes âgées de 15 à 26 ans, dont huit femmes, en l’espace d’à peine deux mois.

« J’ai compris », a-t-il calmement déclaré mardi devant le tribunal quand les juges lui ont demandé s’il avait bien entendu l’énoncé du verdict.

Dès le mois dernier, l’accusé s’était dit « prêt » à accepter un tel verdict, écartant ainsi la possibilité de faire appel.

Il n’était cependant pas certain dans l’immédiat qu’il se tienne à cette résolution.

Ses avocats avaient plaidé pour une peine de prison en arguant que ses victimes, qui avaient exprimé des pensées suicidaires sur les réseaux sociaux, lui auraient donné leur consentement pour mourir. 

Mais cette version des faits, contestée par l’accusé lui-même, a été rejetée par le tribunal, tout comme la tentative de ses avocats de mettre en avant d’éventuels troubles psychiatriques chez leur client pour tenter d’obtenir un verdict plus clément.

– Dignité « piétinée » des victimes –

« Aucune des neuf victimes n’a consenti à être tuée, même tacitement », selon des propos du juge du procès rapportés par la chaîne de télévision publique NHK.

Le juge a aussi dénoncé des faits « d’une extrême gravité » et souligné que la « dignité » des victimes avait été « piétinée ».

Takahiro Shiraishi avait démembré leurs cadavres et les avait stockés dans son petit appartement de Zama, dans la grande banlieue sud-ouest de Tokyo.

Le 31 octobre 2017, la police avait découvert chez lui une véritable maison des horreurs: 240 morceaux de restes humains cachés dans des glacières et des boîtes à outils, saupoudrés de litière pour chat pour tenter de masquer les odeurs de putréfaction.

Croquis d'audience de Masato Yamashita montrant le tueur en série Takahiro Shiraishi (C), le 30 septembre 2020 dans un tribunal de Tokyo© Masato YAMASHITA Croquis d’audience de Masato Yamashita montrant le tueur en série Takahiro Shiraishi (C), le 30 septembre 2020 dans un tribunal de Tokyo

Ciseaux, couteaux, une scie et divers outils de menuiserie avaient été retrouvés à son domicile.

Cette affaire avait choqué le Japon, pays où le taux de criminalité est très faible, et avait également eu un fort retentissement à l’international.

Car au-delà des détails particulièrement sordides de l’affaire, Takahiro Shiraishi repérait ses proies sur Twitter, un réseau social très populaire, en leur disant qu’il pouvait les aider dans leurs projets suicidaires ou même mourir à leur côté.

– « Bourreau professionnel » –

La police l’avait finalement arrêté alors qu’elle enquêtait sur la disparition inquiétante d’une jeune femme de 23 ans, dont le frère avait pu se connecter à son compte Twitter, où il avait remarqué des échanges avec un compte suspect. Lequel s’était avéré être l’un de ceux qu’utilisait M. Shiraishi pour se présenter comme un « bourreau professionnel ».

Avant de devenir un meurtrier, cet homme à l’apparence ordinaire et effacée avait travaillé pendant quelques années comme recruteur de jeunes femmes pour des clubs pour adultes à Kabukicho, le grand quartier rouge de Tokyo.

L’affaire du « tueur de Twitter », comme la presse nippone l’avait surnommé, avait ravivé au Japon des débats sur le contrôle des réseaux sociaux ainsi que sur le suicide et sa prévention.

Le Japon a le plus fort taux de suicide parmi les pays industrialisés du G7, avec environ 20.000 personnes mettant fin à leurs jours par an, sur une population totale d’environ 126 millions d’habitants.

Ces chiffres ont baissé depuis un pic atteint en 2003, mais ils sont repartis à la hausse ces derniers mois, sur fond de pandémie aggravant des situations de détresse psychologique et de solitude. 

Le Japon est l’un des rares pays industrialisés à n’avoir pas aboli la peine de mort et l’opinion publique est très majoritairement favorable à son maintien.

La peine capitale pour M. Shiraishi est « appropriée », a déclaré à la NHK le père de l’une des victimes, même si « je ne sais pas comment apaiser ma colère ».

Le Japon compte actuellement plus de 100 condamnés à mort, et de nombreuses années s’écoulent généralement entre l’énoncé de la sentence et son exécution par pendaison.

La dernière exécution au Japon remonte à un an, celle d’un Chinois reconnu coupable des meurtres de quatre membres d’une même famille dans le sud-ouest du pays en 2003.

Avec AFP par bur-nf-etb/mac/mba