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Dix jours après le sommet Trump-Kim, la dénucléarisation en suspens

juin 23, 2018

Washington – Le sommet Trump-Kim s’est achevé sur un engagement de la Corée du Nord en faveur d’une « dénucléarisation complète » mais les détails ont été remis à des négociations ultérieures et dix jours après, aucune avancée concrète n’a été enregistrée.

Dans sa déclaration conjointe avec le président américain Donald Trump, le 12 juin à Singapour, le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un « a réaffirmé son engagement ferme et inébranlable envers la dénucléarisation complète de la péninsule coréenne ».

Une formulation vague qui a déçu les attentes des experts, d’autant qu’elle ne fait pas mention de la nécessité que ce processus soit aussi « vérifiable et irréversible », comme le réclamaient les Etats-Unis.

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo assure pourtant que cela reste l’objectif de Washington, et que le terme « complète » englobe « vérifiable et irréversible ».

L’administration américaine affirme d’ailleurs beaucoup de choses: que la dénucléarisation va débuter « très rapidement » (Trump, le 12 juin), qu’elle a même « déjà commencé » (Trump, le 21 juin), que Kim Jong Un « a compris l’urgence » (Pompeo, le 13 juin), que « l’essentiel du désarmement » nucléaire nord-coréen devrait intervenir d’ici fin 2020 (Pompeo, le 13 juin) et enfin qu’il « n’y a plus de menace nucléaire de la part de la Corée du Nord » (Trump, le 13 juin).

Mais cette confiance affichée repose, à ce stade, uniquement sur la parole que le dirigeant nord-coréen aurait donnée au président américain, dans le huis clos de leur tête-à-tête historique. Une confiance qui laisse sceptique plus d’un observateur.

« C’est l’une des déclarations les plus naïves jamais faites par un diplomate américain », commente Thomas Wright, de la Brookings Institution, quand Mike Pompeo explique que Kim Jong Un a pris « un engagement personnel et a mis sa réputation en jeu ». « S’il y croit vraiment, c’est effrayant », ajoute le chercheur.

– Les négociations reportées –

« Etant donné les violations répétées, par la Corée du Nord, des différents accords dans le passé, il y a très peu de raisons de leur faire confiance cette fois-ci », a renchéri Abraham Denmark, du think tank Wilson Center, lors d’une audition devant le Congrès cette semaine.

Preuve que la confiance a d’ailleurs ses limites, lorsqu’il s’agit de documents officiels, le ton change.

« Les actes et les politiques du gouvernement de Corée du Nord continuent de constituer une menace exceptionnelle et extraordinaire pour la sécurité nationale, la politique étrangère et l’économie des Etats-Unis », a écrit vendredi Donald Trump dans un avis transmis au Congrès pour justifier le maintien des sanctions contre Pyongyang et la prorogation pour une année supplémentaire de « l’état d’urgence national » décrété en 2008 à cet égard.

La déclaration de principes de Singapour doit faire l’objet de négociations de suivi pour préciser les engagements et le calendrier. Beaucoup de choses ont été évoquées à l’oral mais les discussions n’étaient pas assez avancées pour les mettre par écrit, a plaidé Mike Pompeo.

Ce dernier devait théoriquement entamer ces nouvelles négociations dès cette semaine, d’après ce qu’avait annoncé Donald Trump dans la foulée du sommet.

Mais le chef de la diplomatie américaine se borne à dire qu’il retournera « sans doute dans pas très longtemps » en Corée du Nord.

Et le département d’Etat assure qu’aucune rencontre ou déplacement ne peut être annoncé à ce stade. « Nous sommes en communication avec le gouvernement nord-coréen », dit-il seulement, « le secrétaire d’Etat Pompeo les rencontrera dès que possible ».

Les vraies négociations pour la mise en oeuvre des engagements du sommet n’ont pas démarré.

Le processus de dénucléarisation non plus, semble-t-il, malgré les déclarations du président américain.

Son ministre de la Défense Jim Mattis a ainsi confirmé mercredi que Pyongyang n’avait pris aucune mesure jusque-là pour démanteler son programme atomique. « Les négociations détaillées n’ont pas commencé, il ne faut pas s’attendre à cela pour l’instant », a-t-il expliqué.

Quid donc des « très bonnes nouvelles » parvenues « ces derniers jours » de Corée du Nord, selon Donald Trump? Mystère, et embarras dans l’administration américaine qui peine à étayer les affirmations présidentielles.

Quant aux « quatre sites d’essais » que le régime reclus aurait « déjà détruits », le président républicain faisait en réalité référence, a expliqué un porte-parole du département d’Etat à l’AFP, au site d’essais nucléaires de Punggye-ri et à ses tunnels souterrains, officiellement démantelés mais le 24 mai, près de trois semaines avant le sommet de Singapour.

Romandie.com avec(©AFP / 23 juin 2018 10h10)                                                        

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Migrants: le Pentagone chargé d’héberger 20.000 enfants non-accompagnés

juin 21, 2018

Washington – Le ministère américain de la Santé (HHS) a demandé au Pentagone de se préparer à héberger sur des bases militaires 20.000 enfants migrants entrés sur le territoire américain non-accompagnés par des adultes, a indiqué à l’AFP un responsable américain.

« Il a été demandé au ministère de la Défense d’apporter son soutien au HHS qui a requis 20.000 lits », a indiqué ce responsable ayant requis l’anonymat.

Ces lits sont destinés aux enfants non-accompagnés, a-t-il précisé.

Dans son décret signé mercredi pour mettre un terme à la séparation à la frontière des familles de migrants clandestins, Donald Trump avait donné l’ordre au ministère de la Défense de mettre, si nécessaire, à disposition tout bâtiment pouvant être utilisé pour loger des migrants, voire de construire de nouvelles installations.

Le ministère de la Santé envisageait depuis plusieurs semaines d’utiliser certaines des nombreuses bases militaires américaines dans le sud des Etats-Unis pour y loger les migrants mineurs arrivant seuls aux Etats-Unis pour y retrouver des proches.

Quatre bases avaient été sélectionnées, dont trois au Texas et une en Arkansas.

Romandie.com avec(©AFP / 21 juin 2018 19h24)                                                        

États-Unis: Trump fait machine arrière sur la séparation des familles à la frontière

juin 20, 2018

La ministre à la Sécurité intérieure Kirstjen Nielsen et le vice-président Mike Pence regardent le président Donald Trump signant le décret qui met fin à la séparation des familles à la frontière avec le Mexique / © AFP / Mandel Ngan

Dans un spectaculaire retournement, Donald Trump a annoncé mercredi qu’il mettait fin aux séparations des familles de migrants arrivées illégalement aux États-Unis qui ont provoqué une vague d’indignation mondiale et un profond malaise au sein de son parti.

Depuis l’annonce début mai d’une politique de « tolérance zéro », plus de 2.300 enfants et jeunes migrants, fuyant pour la plupart la violence qui ronge l’Amérique centrale, ont été séparés de leurs familles après leur arrestation à la frontière.

« Cela me tient particulièrement à coeur (…) Nous n’aimons pas voir des familles séparées », a affirmé dans le Bureau ovale le président américain en signant le décret.

Le texte stipule que des poursuites pénales continueront à être engagées contre ceux qui traversent la frontière illégalement mais que parents et enfants seront détenus ensemble dans l’attente de l’examen de leur dossier.

« Nous allons avoir des frontières très fortes mais nous allons garder les familles ensemble », a encore dit M. Trump.

– Volte-face –

Cette volte-face a créé la surprise à Washington et à travers le pays: depuis plusieurs jours, la Maison Blanche répétait qu’elle ne faisait qu’appliquer la loi et que seule une modification de cette dernière par le Congrès permettrait de mettre fin aux séparations si critiquées.

Nombre d’élus et d’organisations de défense des droits de l’homme ont dénoncé le cynisme du locataire de la Maison Blanche.

« Le président s’accorde le mérite d’avoir héroïquement résolu la crise scandaleuse créée de toutes pièces par sa propre politique », a ironisé David Axelrod, ancien conseiller de Barack Obama.

L’association de défense des droits civique ACLU a déploré que cette crise ait causé « des dégâts irréparables pour des milliers de familles de migrants ». Elle a par ailleurs jugé que le décret annoncé allait remplacer une crise par une autre: « Les enfants n’ont pas leur place en prison », a-t-elle martelé.

Griffin, pédiatre qui s’occupe depuis dix ans des enfants retenus à la frontière entre le Texas et l’Etat mexicain de Chihuahua, a raconté à l’AFP le désespoir des enfants séparés.

« Les enfants tendaient les mains à travers la clôture métallique, pleurant et tentant d’atteindre leur mère », a-t-elle relaté. « C’était horrible (..) des tout-petits et des bébés sont enfermés dans ces centres ».

M. Trump, qui a une nouvelle fois appelé le Congrès à se saisir du dossier de l’immigration, a reconnu que sa femme Melania et sa fille Ivanka avaient pesé sur cette décision, soulignant que le sujet leur tenait particulièrement à cœur.

« Merci président d’avoir pris cette décision cruciale pour mettre fin aux séparations des familles à la frontière », a tweeté Ivanka Trump quelques minutes après la signature.

Une manifestation à Washington pour protester contre la politique de l’administration Trump d’arrêter les immigrants clandestins et de mettre les enfants dans des centres d’accueil loin de leurs parents / © AFP/Archives / Alex Edelman

En signant son décret, le milliardaire républicain ôte l' »urgence » avec laquelle les parlementaires sentaient encore ce matin qu’ils devaient agir, a reconnu le sénateur républicain Marco Rubio, tout en poussant pour qu’une loi soit tout de même approuvée afin de graver dans le marbre législatif la volonté de ne pas séparer les familles.

Le parcours parlementaire s’annonce toutefois ardu malgré la majorité républicaine au Congrès.

Dans une certaine confusion, le chef de file des républicains à la Chambre des représentants, Paul Ryan, avait annoncé quelques heures plus tôt qu’il soumettrait au vote jeudi un projet de loi afin d’empêcher ces séparations.

Mais il n’est pas encore certain qu’il parvienne à rallier toutes ses troupes autour d’un texte qui devrait inclure également d’autres volets sur l’immigration crispant ses ailes dures comme modérées (statut des « Dreamers », nette réduction de l’immigration légale).

Les démocrates eux ont déjà dits qu’ils ne voteraient pas pour cette loi. Et même si elle passe la Chambre basse, son approbation est largement compromise au Sénat, où les républicains disposent d’une très faible marge (51-49).

– Le pape donne de la voix –

Les images de ces milliers d’enfants en pleurs arrêtés puis placés dans des centres, divisés en cages grillagées ou dans des camps faits de tentes, ont fait scandale.

A New York, une chaîne de télévision a diffusé mercredi des images de cinq fillettes accompagnées d’adultes, parlant espagnol, marchant en pleine nuit vers un centre d’accueil du quartier de Harlem, suggérant que ces enfants sont placés incognito.

La Première ministre britannique Theresa May a jugé « profondément choquantes » ces images « d’enfants détenus dans ce qui semble être des cages ». « Ce qui se passe aux Etats-Unis est inacceptable », a affirmé le Premier ministre Justin Trudeau.

« La dignité de la personne ne dépend pas de son statut de citoyen, de migrant ou de réfugié. Sauver la vie de qui s’échappe de la guerre et de la misère est un acte d’humanité », a assuré le pape François sur Twitter.

Peu avant la signature du décret de Donald Trump, c’est son prédécesseur démocrate Barack Obama qui avait donné de la voix.

« Trouver un moyen d’accueillir les réfugiés et les immigrants — d’avoir suffisamment de grandeur et de sagesse pour faire respecter nos lois tout en étant fidèles à nos valeurs — fait partie de ce qui nous rend américains », avait-il écrit.

Romandie.com avec(©AFP / 21 juin 2018 01h00)

Séparation des enfants: Trudeau affirme que « c’est mal » et « inacceptable »

juin 20, 2018

Ottawa – Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a estimé mercredi que la séparation des enfants de leurs parents entrés illégalement aux États-Unis est « inacceptable ».

« Ce qui se passe aux États-Unis est inacceptable », a déclaré en français Justin Trudeau, en arrivant au Parlement, avant de juger, en anglais, que c’était « mal ».

« Je ne peux pas imaginer ce que ces familles sont en train de vivre. Évidemment, ce n’est pas comme ça qu’on fait les choses au Canada », a-t-il souligné avant une réunion avec les députés du parti libéral.

« La façon dont nous traitons les plus vulnérables définit qui nous sommes en tant que personnes, pays et communauté internationale », a-t-il indiqué en outre dans un communiqué émis mercredi à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés.

Le chef du gouvernement canadien y appelle les Canadiens et le « monde entier » à « être solidaires des réfugiés, des personnes déplacées et de tous ceux qui ont été forcés de fuir leur maison ».

La veille, le ministre de l’Immigration Ahmed Hussen s’était dit « interloqué » par la politique de « tolérance zéro » de l’administration du président américain Donald Trump, notant qu’Ottawa « surveille » le respect du droit d’asile par les autorités américaines.

« La vie des enfants est très, très précieuse et leur sécurité ainsi que leur bien-être doivent être notre préoccupation première », avait répété le ministre Hussen, qui doit gérer un afflux de migrants depuis l’arrivée à la Maison Blanche de M. Trump.

Il répondait à des députés fédéraux qui pressaient le gouvernement Trudeau de suspendre l’accord américano-canadien « sur les tiers pays sûrs » en vigueur depuis fin 2004 et qui stipule qu’une personne demandant l’asile doit déposer sa demande dans le premier pays où elle entre, soit le Canada ou les États-Unis.

Le Canada assiste depuis plus d’un an à une hausse de l’immigration illégale en provenance des États-Unis, notamment à la faveur d’une faille dans cette entente canado-américaine.

Si la demande d’asile est soumise au Canada en arrivant des États-Unis par un aéroport ou un poste frontalier routier, le demandeur sera renvoyé au sud de la frontière où son dossier doit être traité selon ce système du « tiers pays sûr ».

Mais si le migrant pénètre au Canada de manière clandestine, la demande d’asile pourra être prise officiellement en charge par le gouvernement canadien, dont les services d’immigration étaient avant même l’élection de Donald Trump réputés plus accueillants.

Romandie.com avec(©AFP / 20 juin 2018 15h37)                                                        

Immigration: New York passe à l’attaque face aux séparation d’enfants

juin 20, 2018

New York – Des enfants séparés de leurs parents migrants à la frontière mexico-américaine sont-ils menés incognito dans des centres d’accueil new-yorkais? La question se pose après des images filmées dans la nuit par une chaîne de télé, tandis que le gouverneur démocrate a promis d’attaquer l’administration Trump en justice pour sa politique de séparation des familles.

Alors que la colère monte chez les démocrates et les défenseurs des migrants face à cette politique que Donald Trump a revendiquée mardi au Congrès, la chaîne New York 1 a diffusé mercredi matin des images de cinq fillettes accompagnées d’adultes, parlant espagnol, marchant peu avant 01 heure du matin (05H00 GMT) en pleine nuit vers un centre d’accueil du quartier de Harlem.

Le journaliste a indiqué avoir eu des informations selon lesquelles il s’agirait d’enfants séparés de leurs parents à la frontière mexicaine, mais ne pas avoir pu les confirmer officiellement.

La chaîne a aussi montré des images d’enfants ressortant du centre une heure plus tard, la tête couverte de couvertures, impossibles à identifier.

Le centre d’accueil, identifié comme appartenant à l’association des Cayuga Centers, n’a fait aucun commentaire sur ces informations dans l’immédiat.

Sur son site web, l’association explique qu’elle place des enfants de migrants dans des familles d’accueil hispanophones, en attendant de pouvoir être confiés à des membres de leur famille installés aux Etats-Unis ou renvoyés dans leur pays d’origine.

Mardi, le gouverneur de l’Etat de New York, Andrew Cuomo, a annoncé que l’Etat allait attaquer en justice l’administration Trump pour « violation des droits constitutionnels » des enfants migrants et de leur famille.

« Nous avons maintenant connaissance de plus de 70 enfants placés dans des centres fédéraux de l’Etat de New York et l’on s’attend à ce que ce nombre augmente puisque d’autres centres ont été contactés », a-t-il indiqué dans un communiqué, évoquant 10 centres différents.

« New York va agir et assigner en justice (l’administration NDLR) pour mettre fin à cette attaque impitoyable et délibérée contre les communautés immigrées, et mettre fin à cette cruelle politique une fois pour toutes », a-t-il ajouté.

Selon le journal new-yorkais Daily News, citant une source fédérale, plus de 300 enfants auraient déjà été envoyés à New York.

New York, bastion démocrate et ville-monde qui incarne l’image de l’Amérique comme terre d’immigration, s’oppose depuis l’arrivée de Donald Trump au pouvoir à toutes les mesures de restrictions migratoires de son administration.

Tant le gouverneur que le maire de New York, Bill de Blasio, ont fermement dénoncé ces derniers jours la politique dite de « tolérance zéro » face à l’immigration illégale qui a vu plus de 2.300 enfants séparés de leurs parents depuis début mai, selon les chiffres du gouvernement fédéral.

L’association New York Immigration Coalition, qui avait été début 2017 à la pointe du combat contre le décret migratoire bloquant l’arrivée aux Etats-Unis de migrants venant de certains pays à majorité musulmane, a prévu mercredi après-midi un grand rassemblement devant le siège de l’ONU à Manhattan pour protester contre cette politique de séparation et marquer la journée mondiale des réfugiés.

Romandie.com avec(©AFP / 20 juin 2018 14h05)                                                        

Trump n’est plus le leader moral du monde libre (Conseil de l’Europe)

juin 20, 2018

Oslo – Donald Trump n’est plus le « leader moral » de la planète et « ne peut plus parler au nom du monde libre », a estimé mercredi le secrétaire général du Conseil de l’Europe, en réaction à la séparation des enfants de migrants du reste de leurs familles.

« Ce qui se passe à la frontière (américano-mexicaine) où il sépare les enfants de leurs parents est un signe qu’il n’est plus le leader moral de son pays ou de la planète », a déclaré Thorbjørn Jagland à la chaîne norvégienne TV2 à l’occasion d’un déplacement à Moscou.

« Tout ce qu’il fait l’exclut du rôle que les présidents américains ont toujours eu », a-t-il ajouté. « Il ne peut plus parler au nom de ce qu’on appelle le monde libre ».

M. Jagland est aussi l’un des cinq membres du comité Nobel norvégien qui attribue chaque année le prix Nobel de la paix, une récompense que certains voudraient voir décernée à Donald Trump pour ses efforts de dénucléarisation de la péninsule coréenne.

La séparation des enfants de leurs parents sans-papiers, pour beaucoup fuyant la violence en Amérique centrale, fait scandale aux États-Unis, et a déclenché une pluie de critiques à l’encontre de Donald Trump.

La Première ministre britannique, Theresa May a également jugé mercredi « les images d’enfants détenus dans ce qui semble être des cages (…) profondément choquantes ».

Interrogé sur le retrait américain du Conseil des droits de l’homme de l’ONU (CDH), M. Jagland a aussi affirmé que « ce n’était pas inattendu ».

« Ce n’est qu’un exemple supplémentaire qui montre qu’il ne veut pas de traités internationaux ni d’organisations internationales basées sur la coopération ».

Les États-Unis ont annoncé mardi qu’ils se retiraient de l’organisation basée à Genève, qu’ils accusent d' »hypocrisie » et de parti pris contre Israël.

Romandie.com avec(©AFP / 20 juin 2018 13h49)                                                        

Commerce: escalade Chine-États-Unis après de nouvelles menaces de Trump

juin 19, 2018

Les présidents américain Donald Trump et chinois Xi Jinping, le 9 novembre 2017 à Pékin / © AFP/Archives / Nicolas ASFOURI

La Chine et les États-Unis étaient mardi plus proches que jamais d’une guerre commerciale, Pékin promettant des « représailles » après des menaces la veille de Donald Trump d’imposer de nouvelles taxes prohibitives sur les produits chinois importés.

La tension commerciale inquiétait les places boursières mondiales, particulièrement en Chine, où Shanghai a clôturé en repli de près de 4%, à son plus bas niveau depuis septembre 2016, tandis que la Bourse de Shenzhen, deuxième place de Chine continentale a chuté de 5,77%.

M. Trump a demandé lundi au représentant américain au commerce Robert Lighthizer « d’identifier 200 milliards de dollars de biens chinois en vue de tarifs supplémentaires de 10% ». Il entend ainsi compenser les mesures de rétorsion « inacceptables » prises par Pékin face à une première série de taxes américaines décidées vendredi.

Et le président américain pourrait aller encore plus loin: il taxera 200 milliards de dollars de biens supplémentaires « si la Chine augmente à nouveau ses tarifs douaniers » en réaction. Ces mesures pourraient porter à 450 milliards la valeur des produits chinois taxés — soit la grande majorité des importations venues de Chine.

« Ces pratiques de pression extrême et de chantage s’écartent du consensus auquel les deux parties sont parvenues à maintes reprises durant leurs consultations » ces dernières semaines, a dénoncé le ministère chinois du Commerce mardi, dans un communiqué.

« Si les Etats-Unis perdent le sens commun et publient une liste (de produits visés), la Chine se verra dans l’obligation d’adopter une combinaison de mesures quantitatives et qualitatives en forme de représailles énergiques », a-t-il mis en garde.

En annonçant vendredi des droits de douane de 25% sur 50 milliards de dollars d’importations chinoises, pour compenser selon lui le vol par la Chine de technologies et de propriété intellectuelle américaines, Donald Trump avait déjà prévenu: si Pékin venait à répliquer, il imposerait des droits de douanes additionnels.

Une menace à laquelle le géant asiatique était resté sourd puisqu’il avait annoncé dans la foulée qu’il imposerait des taxes à l’identique sur des marchandises américaines.

– ‘Pas énormément d’options’ –

« Des mesures supplémentaires doivent être prises pour encourager la Chine à changer ses pratiques déloyales et à ouvrir son marché aux biens américains », a justifié lundi soir Donald Trump dans un communiqué.

« Cette escalade dangereuse est l’ultime rappel que le Congrès doit intervenir et exercer son autorité sur la politique commerciale », a fustigé dans un communiqué la National Retail Federation, un lobby américain de la distribution.

Environ 455.000 emplois américains sont menacés par les dernières mesures punitives contre la Chine, a calculé la NRF, qui estime qu’une autre conséquence va être une hausse du prix des produits de base.

Les liens économiques entre la Chine et les Etats-Unis, entre 2007 et 2017 / © AFP / Gal ROMA

En 2017, les Etats-Unis ont exporté pour 130,4 milliards de dollars de marchandises vers le géant asiatique, deuxième puissance économique mondiale. Ils ont importé dans le même temps 505,6 milliards de biens chinois, selon les statistiques du département du Commerce. Soit un déficit de plus de 375 milliards.

Donald Trump entend forcer Pékin à réduire le déficit commercial des Etats-Unis de 200 milliards de dollars.

« La Chine n’a pas énormément d’options. Car elle importe peu des États-Unis et n’a pas davantage de marchandises à taxer », estime Christopher Balding, économiste à l’Ecole de commerce HSBC à Shenzhen (sud de la Chine).

« Elle peut lancer des enquêtes sur toutes les entreprises liées aux États-Unis, mais cela ne ferait que donner raison à Trump. A bien des égards, la Chine n’a pas beaucoup de force de frappe en matière de représailles ».

– Inquiétudes aux Etats-Unis –

« Les relations commerciales entre les États-Unis et la Chine doivent être bien plus équitables », a martelé lundi Donald Trump, qui a imposé dès fin mars des taxes de 25% sur l’acier et de 10% sur l’aluminium chinois, également au nom de la défense de la sécurité nationale.

Les annonces de vendredi ont mis fin à une trêve entre les deux premières puissances mondiales, qui avait été annoncée le 19 mai à la suite d’âpres discussions entre de hauts responsables chinois et américains, d’abord à Pékin puis dans la capitale américaine.

L’administration Trump doit en outre publier d’ici le 30 juin des mesures de restrictions aux investissements chinois.

Aux Etats-Unis, la politique commerciale américaine suscite des inquiétudes chez les agriculteurs susceptibles d’être les plus durement touchés par les mesures chinoises. Les secteurs automobile et aéronautique redoutent eux aussi les conséquences de ce conflit.

Romandie.com avec(©AFP / 19 juin 2018 14h48)

La séparation des familles à la frontière américaine

juin 18, 2018

Un ancien hypêrmarché Walmart transformé en centre d’accueil pour des enfants entrés illégalement aux Etats-Unis / © AFP/Archives / Loren ELLIOTT

En adoptant une tolérance « zéro » à l’égard des clandestins arrêtés à la frontière américaine, le gouvernement de Donald Trump sépare des milliers d’enfants de leurs parents, conséquence selon lui de l’échec de ses prédécesseurs à régler le problème.

– Qu’est-ce que la politique de « tolérance zéro » ?

Les autorités sous l’égide de M. Trump ont décidé au printemps de poursuivre systématiquement au pénal les étrangers entrés illégalement aux Etats-Unis, une possibilité offerte par une loi existante baptisée Immigration and Naturalization Act.

Les précédents gouvernements privilégiaient au contraire d’engager des poursuites au civil à l’encontre des clandestins passibles d’expulsion.

Ces poursuites permettaient de détenir durant un temps les étrangers dans des centres de rétention administrative, en famille, ou de trouver des voies alternatives à la détention, en attendant l’examen au tribunal de leur demande d’asile.

Beaucoup de ces migrants, originaires notamment de pays secoués par des violences comme le Guatemala, le Honduras ou le Salvador, affirment redouter des persécutions sur leur terre natale et, selon l’actuel gouvernement, se passent le mot.

L’administration américaine fait désormais face à un empilement de quelque 600.000 dossiers de demande d’asile.

L’immigration illégale reste élevée à la frontière avec le Mexique: de mars à mai, plus de 50.000 personnes ont été appréhendées chaque mois. Environ 15% de ces clandestins arrivent en famille et 8% sont des mineurs non accompagnés.

– Pourquoi les enfants sont-il séparés de leurs parents ?

Quand des adultes sont détenus dans le système pénitentiaire pour des délits pénaux, leurs enfants ne peuvent les suivre en prison: ils sont donc confiés à l’Office de relocalisation des réfugiés (ORR), qui dépend du ministère de la Santé et des services sociaux.

Plus de 2.300 enfants et jeunes migrants ont été séparés en cinq semaines de leurs parents accusés d’avoir franchi illégalement la frontière aux Etats-Unis.

Le gouvernement de M. Trump soutient que cette séparation a un effet dissuasif sur les candidats à l’immigration illégale.

M. Trump affirme aussi que la loi en vigueur oblige à séparer enfants et parents. C’est inexact.

Quelque 11.000 mineurs en situation illégale sont désormais pris en charge par l’ORR qui, pour la plupart, ont traversé la frontière sans leur famille.

– Les enfants pouvaient-ils être également séparés sous Barack Obama ?

Oui, mais sans comparaison avec la situation actuelle.

Sous M. Obama des enfants ont été séparés des adultes avec lesquels ils sont entrés aux Etats-Unis quand la relation filiale n’a pu être établie, en cas de suspicion de trafic de mineurs ou encore par manque de place dans les centres de rétention pour les familles.

A noter que les poursuites pénales engagées en cas de franchissement illégal de la frontière mexicaine ne sont pas une nouveauté de M. Trump.

Le gouvernement de George W. Bush l’a fait de façon localisée avec l’opération Streamline, lancée en 2005, suivi par M. Obama.

Une décision judiciaire de 1997 théoriquement toujours en vigueur, Flores v. Reno, impose aux autorités de relâcher sans délai inutile les enfants des centres de rétention migratoire, en les confiant à des parents ou en les plaçant dans une famille d’accueil.

En 2016 une cour d’appel de Californie a jugé que cette règle devait s’appliquer également aux mineurs non accompagnés, mais pas aux parents.

Les décisions des tribunaux fédéraux ont poussé le gouvernement Obama à relâcher des centaines de familles demandant l’asile, notamment après un pic d’arrivées à l’été 2014. Beaucoup de ces migrants se sont évanouis dans la nature avant leur comparution devant un juge de l’immigration, une situation vivement dénoncée par l’actuel président républicain.

A noter que Barack Obama a beaucoup plus expulsé que ses prédécesseurs, avec au moins 2,4 millions de personnes raccompagnées à la frontière ou renvoyées dans leur pays.

Romandie.com avec(©AFP / 18 juin 2018 23h50)

Grande-Bretagne: Le prince Harry a dit au père de Meghan de donner « une chance » à Trump

juin 18, 2018

Le père de Meghan Markle a affirmé lundi que son nouveau beau-fils, le prince Harry, lui avait demandé de donner une « chance » au président américain Donald Trump, des propos susceptibles d’embarrasser la famille royale britannique.

Dans sa première interview télévisée depuis le mariage de sa fille en mai, auquel il avait renoncé à se rendre à la dernière minute pour des raisons de santé, Thomas Markle a dit s’être entretenu de politique au téléphone avec le prince Harry, qu’il n’a jamais rencontré en personne.

« Je me plaignais du fait de ne pas aimer Donald Trump, il a dit +Donnez une chance à Donald Trump+ », a confié Thomas Markle, 73 ans, dans une interview accordée à la chaîne britannique ITV.

« Je ne suis pas tout à fait d’accord avec ça mais j’apprécie toujours Harry, ce sont ses opinions politiques, j’avais mes opinions », a-t-il ajouté, alors que la monarchie britannique est censée être apolitique.

Le prince Harry est-il un partisan du président américain? « J’espère pas maintenant, mais à l’époque il a pu l’être », a répondu l’ancien éclairagiste de Hollywood, dont la fille avait critiqué Donald Trump dans le passé.

A propos du Brexit, le prince Harry a dit qu’il s’agissait de « quelque chose que nous devons essayer » sans toutefois qu’il y ait de « réel engagement » de sa part, selon lui.

« Je pense qu’il était ouvert à cette expérience », a-t-il ajouté.

Le septuagénaire, qui vit au Mexique, n’a pas pu conduire sa fille à l’autel le 19 mai à Windsor, à l’ouest de Londres, en raison d’une opération du coeur.

Mais il avait surtout fait parler de lui pour avoir plongé la famille royale britannique dans l’embarras après avoir posé pour des photos de paparazzi rémunérées. « Une erreur grave », a-t-il dit à ITV.

Il a affirmé que Meghan Markle avait « pleuré » quand il lui a annoncé au téléphone ne pas pouvoir être présent. C’est finalement le beau-père de la mariée, le prince Charles, qui l’avait fait.

« J’étais très contrarié que ce ne soit pas moi » mais « je ne peux penser à meilleur remplacement que quelqu’un comme le prince Charles », a-t-il déclaré.

Concernant le moment où le prince Harry lui a demandé la main de sa fille, Thomas Markle s’est souvenu lui avoir dit au téléphone: « Vous êtes un gentleman, promettez-moi de ne jamais lever la main sur ma fille et alors bien sûr, je vous donnerai ma permission ».

Il a qualifié son gendre de « type intéressant » et a dit s’attendre à ce que le couple essaie d’avoir des enfants rapidement.

Romandie.com avec (©AFP / 18 juin 2018 14h03)                                                        

Trump se vante d’avoir « largement résolu » le problème nord-coréen

juin 15, 2018

Le président américain Donald Trump à la Maison Blanche le 8 juin 2018 / © AFP/Archives / NICHOLAS KAMM

Donald Trump a affirmé vendredi avoir « largement résolu » le problème du nucléaire nord-coréen, revendiquant haut et fort sa bonne entente personnelle avec Kim Jong Un, encore inimaginable il y a quelques semaines.

Après les critiques à son encontre, le président américain a martelé que sa rencontre historique avec le dirigeant du régime reclus et leur « bonne relation » avait permis de mettre en place un « processus très fort de vérification » du démantèlement de l’arsenal nord-coréen.

« Je lui ai donné un numéro direct où il peut m’appeler s’il a une quelconque difficulté, je peux l’appeler, nous sommes en communication. C’est une bonne chose », a révélé Donald Trump dans les jardins de la Maison Blanche.

« Nous nous sommes rencontrés, nous avons eu des atomes crochus. Il nous a beaucoup donné », s’est félicité le président américain, lors d’un long entretien improvisé avec la chaîne Fox News, suivi d’une rencontre impromptue avec des journalistes.

Donald Trump a souligné que la menace d’une guerre nucléaire avec Pyongyang avait longtemps été au sommet des préoccupations américaines, y compris lorsqu’il avait rencontré, alors fraîchement élu, son prédécesseur démocrate en novembre 2016.

« Quand je me suis réuni avec Barack Obama (…), il m’a dit que le plus gros problème des Etats-Unis, de loin, le problème le plus dangereux que nous ayons jamais eu à cause du nucléaire, était la Corée du Nord », a-t-il expliqué. « J’ai résolu ce problème, ce problème est largement résolu ».

– « Lacunes importantes » –

Avant le sommet du 12 juin, Washington avait martelé que son objectif inaltérable était la « dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible de la Corée du Nord ».

Or dans le texte signé mardi à Singapour par les deux dirigeants, l’héritier de la dynastie des Kim ne s’engage qu’à une « dénucléarisation complète de la péninsule coréenne ». Une formule vague qui reprend une promesse déjà faite et jamais tenue.

Depuis Séoul, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a réaffirmé jeudi l’objectif américain et insisté que les lourdes sanctions pesant sur Pyongyang seraient maintenues tant que la dénucléarisation complète ne sera pas achevée.

« Nous avons signé un très bon document », a encore assuré Donald Trump vendredi. « Plus important encore que le document, j’ai une bonne relation avec Kim Jong Un ».

Mais y compris dans des cercles conservateurs qui ont auparavant défendu la politique étrangère de Donald Trump, de nombreux experts à Washington concordent avec les conclusions d’un rapport du gouvernement israélien voyant des « lacunes importantes » entre les objectifs américains et le langage imprécis du document.

« Malgré les déclarations de Trump sur les changements rapides attendus dans la politique de la Corée du Nord, la voie vers un changement substantiel –si cela doit jamais arriver– est encore longue et lente », souligne le rapport.

– « Jeux de guerre » –

Lors de ces déclarations fleuves de près d’une heure, l’homme d’affaires a également adressé les nombreuses critiques provoquées aux Etats-Unis par son annonce surprise de la fin des exercices militaires « provocateurs » menés avec la Corée du Sud, confirmée jeudi.

« Je les ai détestés dès le premier jour où je suis arrivé (…) Nous payons des millions et millions de dollars pour les avions et tout ça ». Il a du même coup revendiqué l’emploi des mots « jeux de guerre » — « c’est mon expression »– que certains lui ont reproché car faisant écho à la rhétorique nord-coréenne.

Interrogé par une journaliste sur sa proximité avec Kim Jong Un malgré les atteintes aux droits de l’Homme perpétrées en Corée du Nord, Donald Trump s’est justifié par sa volonté d’éviter la guerre: « je ne veux pas voir une arme nucléaire vous détruire ou détruire votre famille ».

« Quand je suis arrivé, les gens pensaient que nous allions probablement partir en guerre contre la Corée du Nord », a-t-il souligné. « C’est en fait le contraire. (…) Nous construisons une armée si puissante que personne ne va nous chercher des problèmes mais vous savez quoi, je veux ne jamais avoir à l’utiliser ».

Donald Trump s’est également réjoui que Pyongyang ait accepté de rapatrier les dépouilles de soldats américains morts pendant la guerre de Corée (1950-53).

A un journaliste qui lui demandait si « nous étions proches de voir Kim Jong Un ici à la Maison Blanche », Donald Trump a répondu « cela pourrait arriver, oui », avant d’enchaîner sur un ton de semi-plaisanterie: « c’est un dirigeant fort. Ne laissez personne penser autre chose. Il parle et son peuple se met au garde-à-vous. Je veux que mon peuple face la même chose ».

Il a plus tard précisé aux journalistes qu’il plaisantait, s’indignant: « Vous ne comprenez pas le sarcasme ».

Romandie.com avec(©AFP / 15 juin 2018 18h49)