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États-Unis: Abroger « Obamacare », promesse de Trump, divise la majorité républicaine

juin 22, 2017

Donald Trump à la Maison Blanche à Washington, le 22 juin 2017 / © AFP / NICHOLAS KAMM

Les alliés de Donald Trump sont repartis à l’offensive jeudi pour tenter d’abroger partiellement « Obamacare », la loi emblématique sur la santé de Barack Obama. Mais des conservateurs ont immédiatement annoncé leur opposition, menaçant de torpiller la réforme.

Après un passage de justesse en mai dernier à la Chambre des représentants, le projet républicain de réforme du système de santé doit franchir l’obstacle du Sénat, où la majorité républicaine est mince, avec 52 sièges sur 100.

Or le texte adopté par la Chambre est « dur » voire « méchant », selon le terme employé par le président américain, qui avait pourtant apporté un soutien sans équivoque à l’époque.

Jeudi matin, les chefs républicains du Sénat ont donc dévoilé une version légèrement amendée, censée ramener au bercail les élus modérés hésitants. L’objectif est de voter en fin de semaine prochaine.

Mais quatre sénateurs conservateurs, dont Ted Cruz et Rand Paul, ont fait savoir que cette nouvelle mouture n’était guère qu’un « Obamacare light », puisque certains pans de la loi de 2010 survivraient, notamment des subventions. Ils se sont toutefois dits prêts à négocier.

Le projet supprimerait l’obligation de s’assurer instaurée par Obamacare, au nom de la liberté individuelle. Des impôts et taxes créés pour financer la loi de 2010 seraient abrogés. Et les aides fédérales au système de santé seraient progressivement réduites, notamment à partir de 2021 pour l’assurance publique destinée aux plus pauvres, Medicaid, qui assure un Américain sur cinq.

« Il est temps d’agir car Obamacare est une attaque contre la classe moyenne », a déclaré le chef de la majorité sénatoriale, Mitch McConnell, dénonçant le coût du système actuel.

« Obamacare est un désastre », a répété Donald Trump, en admettant qu’un peu de « négociations » était encore nécessaire.

– Réduire les coûts –

Des concessions ont été introduites pour décrocher le soutien des républicains modérés.

Il n’est plus question de permettre aux assureurs de faire payer plus aux personnes ayant des antécédents médicaux. Et les aides individuelles, bien que fortement réduites par rapport à Obamacare, le sont moins que ce que les républicains envisageaient au départ.

En revanche, nombre de réglementations actuelles disparaîtraient bel et bien, notamment l’obligation absolue et nationale de couvrir dix catégories de soins, dont la maternité ou l’hospitalisation. Pour les conservateurs, les assurés doivent pouvoir souscrire une couverture allégée, moins chère, s’ils le souhaitent, au lieu de payer pour des services dont ils n’ont pas besoin. C’est la condition, selon eux, pour faire baisser les coûts extravagants du système de santé américain.

Dans cette affaire, la négociation se déroule de facto entre républicains.

L’arbitre pourrait bien être le Bureau du budget du Congrès (CBO), qui doit estimer la semaine prochaine le nombre de personnes risquant de perdre leur couverture à cause de la réforme. Le CBO avait estimé que 51 millions de personnes de moins de 65 ans, sur 280, vivraient sans couverture en 2026 si la loi de la Chambre était adoptée… contre 28 millions d’aujourd’hui, un retour en arrière inacceptable pour les modérés.

Aux Etats-Unis, les plus de 65 ans sont couverts par une assurance publique (Medicare), et la moitié des Américains le sont par leur employeur. Les plus pauvres ont Medicaid, et le reste, entrepreneurs, salariés de petites entreprises ou encore clandestins, doivent s’assurer seuls. Obamacare les aidait à le faire.

Les démocrates, minoritaires, ne peuvent guère que dénoncer une réforme profitant aux plus fortunés, tandis que des millions de pauvres seraient boutés hors du gigantesque programme Medicaid, pilier de la protection sociale américaine dans le viseur de la droite.

« Cela donne une énorme baisse d’impôts aux riches, à l’industrie pharmaceutique et au secteur des assurances, sur le dos des soins de tout le monde », a dénoncé Barack Obama dans un long texte sur sa page Facebook.

En cas d’adoption, la Chambre et le Sénat devront harmoniser leurs versions, et revoter.

Romandie.com avec(©AFP / 22 juin 2017 23h27)                

Le procureur spécial sur l’affaire russe enquête désormais sur Trump (média)

juin 14, 2017

Washington – Donald Trump a-t-il fait obstruction à la justice dans l’affaire russe? Cette question fait désormais partie de l’enquête du procureur spécial qui chapeaute l’investigation sur l’ingérence présumée de Moscou dans la présidentielle américaine, affirme mercredi le Washington Post.

Le procureur indépendant Robert Mueller, ancien chef du FBI, interroge actuellement de hauts responsables du renseignement pour déterminer si le président américain a tenté de freiner ou bloquer l’enquête qui s’intéressait jusqu’ici à cette ingérence ainsi qu’à une possible collusion entre les proches de Donald Trump et la Russie, selon le quotidien qui cite des sources anonymes.

Le fait d’élargir ainsi le champ de l’enquête représente « un tournant majeur », souligne le Washington Post, qui affirme par ailleurs que les enquêteurs sont à la recherche de potentiels délits financiers chez les collaborateurs du milliardaire républicain.

« La fuite d’information du FBI concernant le président est scandaleuse, inexcusable et illégale », a réagi l’avocat de Donald Trump, Marc Kasowitz, sans se prononcer sur le fond.

Le procureur Mueller aurait sollicité des entretiens avec cinq pontes du renseignement, dont trois ont accepté d’être entendus. Il s’agit de Daniel Coats, directeur du Renseignement, Mike Rogers, directeur de l’agence d’espionnage NSA, ainsi que de son ancien adjoint, Richard Ledgett.

Ces entretiens pourraient se tenir dès cette semaine, selon le Post.

« Je reconnais que nous avons eu une rencontre avec le procureur spécial », a par ailleurs confirmé le sénateur démocrate de la commission du Renseignement, Mark Warner, confirmant que M. Mueller a rendu compte aux sénateurs de son travail.

Donald Trump, dont la jeune présidence est empoisonnée par l’ombre de cette affaire, s’était félicité la semaine dernière des déclarations de James Comey, ancien chef du FBI qu’il a limogé début mai. Ce dernier a affirmé lors d’un témoignage très à charge que le président américain ne faisait pas l’objet d’une enquête de la police fédérale dans le cadre de l’affaire russe à l’époque où il était en place.

Selon les sources du quotidien, « l’enquête sur le président pour obstruction à la justice a commencé quelques jours après que Comey a été limogé le 9 mai ». Robert Mueller avait été nommé procureur spécial pour garantir l’indépendance de l’enquête la semaine suivante, le 17 mai.

Le procureur Mueller s’intéresserait notamment à un événement survenu le 22 mars dernier, lorsque Daniel Coats a affirmé à des associés que Donald Trump, qui nie toute ingérence, lui a demandé d’intervenir auprès de James Comey pour qu’il cesse de cibler son ancien conseiller Michael Flynn, personnage central de ce dossier.

Romandie.com avec(©AFP / 15 juin 2017 01h48)                                            

Cuba: Trump veut freiner le rapprochement initié par Obama

juin 14, 2017

Des Cubains saluent un paquebot qui quitte le port de La Havane, le 20 février 2017 / © AFP/Archives / ADALBERTO ROQUE

Donald Trump avait promis un réexamen du rapprochement historique avec Cuba initié par son prédécesseur démocrate Barack Obama: il devrait annoncer vendredi, depuis Miami, des ajustements, dont la portée reste à déterminer, en particulier dans le secteur du tourisme.

Si le président américain veut envoyer des signaux à une base anti-castriste qui lui a apporté un soutien réel en Floride, il est aussi conscient que la main tendue à l’île communiste après un demi-siècle de tensions héritées de la Guerre froide fait l’objet d’un large soutien aux Etats-Unis, en particulier de la part du monde des affaires.

La Maison Blanche est, pour l’heure, restée muette sur ses projets.

Personne n’évoque des mesures radicales telles que la remise en cause du rétablissement des relations diplomatiques, effectives depuis juillet 2015. Parmi les pistes à l’étude: imposer de nouvelles restrictions sur les voyages d’Américains sur l’île, et limiter les possibilités de partenariats entre les entreprises américaines et certaines entités cubaines.

Interrogé mardi par des sénateurs, le chef de la diplomatie américaine, Rex Tillerson, a souligné sa volonté de permettre « autant que possible » la poursuite du développement des échanges commerciaux.

Mais il a aussi insisté sur la nécessité de remettre la « pression » sur La Havane: « En développant les échanges économiques et en tirant des bénéfices, n’apportons-nous pas, directement ou indirectement, un soutien au régime? Nous pensons que la réponse est +oui+ ».

Le sénateur Marco Rubio, fils d’immigrés cubains anticastristes, qui a toujours dénoncé des concessions excessives au régime de La Havane sans réelles contreparties, espère un message clair.

« Je suis confiant dans le fait que le président tiendra ses engagements sur Cuba en faisant des changements ciblés et stratégiques qui feront avancer les aspirations du peuple cubain », a-t-il déclaré à l’approche de cette rencontre.

La Maison Blanche martèle un message: La Havane doit faire des progrès en matière de respect des droits de l’Homme. « Le peuple cubain mérite un gouvernement qui fait respecter les valeurs démocratiques », lançait Donald Trump fin mai, à l’occasion de la fête de l’indépendance cubaine.

Nombre d’observateurs soulignent l’ironie de la mise en avant de cet argument tant, à l’égard d’autres pays – Turquie, Egypte et Arabie saoudite -, l’exécutif américain a délibérément et ostensiblement décidé de mettre en sourdine ses critiques sur ce thème.

– Lettre de Cubaines à Ivanka –

Au-delà des comparaisons, un possible retour en arrière a déjà provoqué une levée de boucliers parmi les ONG de défense des droits de l’Homme.

Pour Human Rights Watch, Cuba reste un pays « très répressif », mais mettre en place de nouvelles restrictions frapperait d’abord les Cubains les plus démunis sans provoquer de changements d’ampleur.

« Le fait que l’approche d’Obama n’ait pas entraîné des réformes politiques à Cuba après quelques années seulement n’est pas une raison valable pour revenir à une politique qui a échoué – au prix fort – pendant des décennies », résume l’un de ses responsables, Daniel Wilkinson.

Sur le front économique, des voix se sont élevées des deux côtés du détroit de Floride, qui sépare les deux pays, pour mettre en garde contre un retour en arrière.

Une cinquantaine de femmes cubaines entrepreneurs ont envoyé un courrier à Ivanka Trump, fille et conseillère du président américain, l’invitant sur l’île pour constater par elle-même l’impact positif du rapprochement spectaculaire initié fin 2014.

Dans ce texte, rendu public par l’organisation Engage Cuba, qui milite pour la fin de l’embargo, elles soulignent que « des millions de Cubains » ont bénéficié de la croissance du secteur privé – hôtellerie, restauration, programmation informatique – et soulignent les conséquences potentiellement dévastatrices d’un coup de barre en sens inverse.

L’administration Obama a assoupli nombre des restrictions qui étaient imposées aux Américains souhaitant se rendre sur cette île aux infrastructures touristiques en plein développement.

Avec quelque 285.000 visiteurs en 2016 (+74% par rapport à 2015), ils sont devenus le troisième plus important groupe à la visiter, derrière les Canadiens et les Cubains installés à l’étranger. Selon des chiffres portant sur les trois premiers mois de l’année, la tendance s’est encore accélérée (+118% selon la télévision d’Etat cubaine).

Dans un rapport publié début juin, Engage Cuba estimait qu’une remise en cause du rapprochement engagé pourrait mettre en danger plus de 10.000 emplois américains dans le secteur du transport (aviation, croisières).

Romandie.com avec(©AFP / 14 juin 2017 12h14)                

États-Unis: Nouvelle plainte contre Trump pour ses revenus provenant de l’étranger

juin 12, 2017

Washington – L’Etat américain du Maryland et la capitale Washington ont assigné lundi en justice le président Donald Trump, lui reprochant d’accepter des paiements de gouvernements étrangers via son empire immobilier.

La plainte déposée lundi se fonde sur la « clause sur les émoluments », une disposition de la Constitution américaine interdisant à toute personne occupant une fonction publique d' »accepter cadeau, émoluments, fonction ou titre de quelque sorte que ce soit d’un roi, prince, ou d’un Etat étranger » sans accord du Congrès.

Pour les personnes à l’initiative de cette action judiciaire, le président Trump est coupable de conflits d’intérêt permanents, en n’ayant pas pris suffisamment de distance avec son groupe économique géré par ses fils.

« Jamais dans l’histoire de ce pays n’avons-nous eu un président à ce point engagé dans les affaires. Ou encore un président ne s’étant pas distancié de façon convenable de ses actifs », a dénoncé le procureur général de Washington, Karl Racine.

Son homologue pour l’Etat du Maryland, l’élu démocrate Brian Frosh, a souligné que le président se devait de « placer le pays en premier et non pas ses intérêts personnels en premier ».

« La clause sur les émoluments est un rempart contre la corruption du président », a-t-il déclaré.

En janvier, l’ONG anti-corruption Citizens for Responsibility and Ethics in Washington, appuyée par d’éminents juristes et spécialistes de droit constitutionnel, avait déposé une plainte similaire devant un tribunal fédéral de New York en s’appuyant également sur cette clause. Mais cette nouvelle plainte est la première présentée par des entités gouvernementales.

Cette plainte vient ajouter aux ennuis de M. Trump, déjà aux prises avec des enquêtes du Congrès, du FBI et la nomination d’un procureur spécial Robert Mueller sur une possible « coordination » de son équipe de campagne avec des responsables russes.

M. Trump a par ailleurs essuyé plusieurs revers judiciaires sur son décret anti-immigration, dont un dernier lundi par une cour d’appel de Californie.

Après sa prise de fonction en janvier, Donald Trump a confié à ses fils le contrôle au jour le jour de ses affaires mais a conservé toutes ses parts dans la Trump Organization.

Parmi les éléments-clefs de l’affaire figure le Trump International Hotel ouvert l’an dernier par M. Trump près de la Maison Blanche. Outre la question des paiements étrangers, la nouvelle plainte souligne que cet hôtel pose un problème de concurrence pour les hôtels voisins.

Selon le Washington Post, plusieurs pays étrangers manifestent désormais une préférence pour cet hôtel, comme le Koweit dont l’ambassade a transféré dans l’établissement un événement prévu au départ dans un Four Seasons.

M. Trump est venu lui-même accueillir des invités dans l’hôtel depuis sa prise de fonction, selon le journal.

Romandie.com avec(©AFP / 12 juin 2017 20h23)                                            

États-Unis: Donald Trump accuse l’ex-chef du FBI James Comey de lâcheté dans un tweet

juin 11, 2017

Washington – Donald Trump a accusé dimanche l’ex-chef du FBI James Comey de lâcheté pour avoir fait fuiter à la presse des notes compromettantes sur leurs rencontres privées, révélant que le président américain lui aurait demandé d’abandonner un pan de l’enquête sur l’affaire russe.

« Je pense que les fuites de James Comey vont avoir beaucoup plus d’importance que quiconque ne l’aurait jamais pensé. Complètement illégales? Très +lâche!+ », a écrit Donald Trump dans un tweet qui laissait la porte ouverte à plusieurs interprétations.

Le président américain avait accusé James Comey de mentir vendredi, au lendemain de l’audition très suivie au Sénat de l’ex-chef du FBI, qu’il a limogé brutalement le 9 mai.

L’ancien premier policier des Etats-Unis a affirmé à cette occasion sous serment que le président lui avait demandé d’abandonner un volet de l’enquête sur de possibles ingérences russes portant sur le général Michael Flynn, son ex-conseiller à la sécurité nationale.

Lors de cette audition aux airs de pièce dramatique, James Comey a admis avoir fait fuiter à la presse en mai, via un ami, des notes dans lesquelles il avait consigné certains rendez-vous en tête à tête avec Donald Trump.

Un point dont s’est saisi l’avocat personnel du président pour menacer James Comey de poursuites. Comme Donald Trump dans son tweet dimanche, des proches de M. Trump s’étaient également rapidement emparés du fait que l’ex-chef du FBI soit passé par un ami pour dénoncer sa lâcheté présumée.

« Il a donné ses notes à un professeur de droit de (l’université de Columbia) parce qu’il n’a pas su agir en homme et donner ses notes directement aux médias quand il a voulu les transmettre aux médias », avait accusé vendredi le premier directeur de campagne de Donald Trump, Corey Lewandowski.

Romandie.com avec(©AFP / 11 juin 2017 15h07)                                            

Affaire russe: Trump contre-attaque, accuse à son tour Comey de mentir

juin 9, 2017

Le président américain Donald Trump à la Maison Blanche, le 8 juin 2017 à Washington / © AFP / NICHOLAS KAMM

Donald Trump est passé personnellement à la contre-offensive vendredi, accusant à son tour de « mensonges » l’ex-directeur du FBI James Comey, qui a révélé au Sénat la veille les pressions du président américain dans l’enquête sur la Russie.

Une accusation grave qui n’empêche pas le président de se dire conforté par le témoignage fleuve de l’ancien premier flic. M. Comey a redit que Donald Trump n’était pas visé par l’enquête sur l’ingérence présumée de la Russie dans la présidentielle américaine de 2016 et qu’il ne lui avait pas demandé de l’abandonner.

« Malgré tant de faux témoignages et de mensonges, confirmation totale et complète… et WOW, Comey est une balance ! », a-t-il écrit sur Twitter, un réseau social dont il est familier mais qu’il s’était gardé d’utiliser pendant l’audition de M. Comey laissant à son avocat personnel le soin de communiquer.

Le président aura encore l’occasion de s’expliquer vendredi après-midi lors d’une conférence de presse commune avec le président roumain.

« J’estime qu’il m’a limogé à cause de l’enquête russe », a accusé jeudi James Comey qui s’exprimait sous serment et a répondu calmement et avec précision pendant plus de deux heures et demie aux questions des sénateurs. « Le but était de modifier la façon dont l’enquête sur la Russie était conduite. C’est très grave ».

L’ancien directeur, 56 ans, a blâmé le président pour lui avoir intimé d’abandonner un volet de l’enquête russe sur un proche, Michael Flynn. Il a accusé l’administration Trump de diffamation et de « mensonges ». Et sous-entendu que le président lui-même était un menteur.

– ‘Echange’ –

A l’issue de l’audition devant la commission du Renseignement suivie en direct par tous les grands médias américains, l’opposition démocrate a estimé que les soupçons d’entrave à la justice visant le dirigeant républicain étaient confortés par les réponses de M. Comey, limogé le 9 mai.

L’entrave à la justice est un délit majeur qui a conduit au lancement par le Congrès de procédures de destitution contre Richard Nixon et Bill Clinton.

L’ex patron du FBI a raconté en détails sa gêne lors de conversations privées avec le locataire de la Maison Blanche, minutieusement décrites dans un texte publié la veille et basé sur des notes soigneusement prises après chacune des conversations.

Il a refusé d’émettre un avis juridique, s’en remettant au procureur spécial Robert Mueller, comme lui ancien patron très respecté du FBI et qui a repris l’enquête sur la Russie.

Certes, a-t-il dit, personne ne lui a demandé explicitement d' »arrêter » l’enquête menée par le FBI sur les ingérences russes.

Mais il a confirmé que M. Trump lui avait demandé sa « loyauté », alors même qu’il supervisait les investigations sur une éventuelle collusion entre des membres de l’équipe de campagne du républicain et Moscou.

« Mon bon sens me disait qu’il voulait quelque chose en échange de m’accorder ma demande de rester à mon poste », a-t-il estimé, alors que son mandat courait jusqu’en 2023.

– ‘Comme une instruction’ –

Paul Ryan, le président républicain de la Chambre des représentants, a quant à lui laissé le bénéfice du doute au président: « Il est nouveau pour ce qui est de gouverner, donc il n’était probablement pas au fait des protocoles existant depuis longtemps établissant les relations entre le département de la Justice, le FBI et la Maison Blanche ».

Le délit d’entrave est difficile à prouver et requiert beaucoup d’informations sur « l’intention de la personne », a expliqué à l’AFP Mark Tushnet, professeur de droit à Harvard. C’est ce que les enquêtes parlementaires chercheront à établir.

James Comey a détaillé la demande de M. Trump d' »abandonner » un volet de l’enquête visant le général Michael Flynn, ex-conseiller à la sécurité nationale.

« Je l’ai interprété comme une instruction », a-t-il dit. « Il est le président des Etats-Unis, seul avec moi, il dit qu’il espère ceci, je l’ai interprété comme une demande de sa part ».

Il a accusé l’administration de l’avoir « diffamé » après son départ.

– Fuites –

M. Comey a aussi confié qu’il avait décidé dès sa première rencontre avec le président élu, en janvier, de consigner ses échanges avec lui, par crainte que Donald Trump « ne mente sur la nature » de leurs conversations.

Il a par la suite demandé à un ami de transmettre ces notes à des journalistes afin de précipiter la nomination d’un procureur spécial.

L’avocat recruté par l’ancien promoteur immobilier pour gérer la crise, Marc Kasowitz, a démenti que son client ait jamais demandé à M. Comey de mettre fin à une quelconque enquête, et évoqué d’éventuelles poursuites contre James Comey pour avoir organisé des fuites.

« Sur le fond comme sur la forme, le président n’a jamais dit à M. Comey +J’ai besoin de loyauté, je m’attends à de la loyauté+ », a-t-il déclaré.

Dans un tweet en mai, Donald Trump avait sous-entendu qu’il détenait des enregistrements de ces discussions, susceptibles de contredire la version de l’ex-policier. Mais la Maison Blanche esquive systématiquement quand la question de leur existence lui est posée.

En tout cas, « j’espère bien qu’il y a des enregistrements », a défié M. Comey, sûr de sa mémoire.

Romandie.com avec(©AFP / 09 juin 2017 14h35)                

Etats-Unis: témoignage accablant de l’ex-chef du FBI contre Trump

juin 7, 2017

James Comey (g), ex-directeur du FBI limogé par Donald Trump (d), a livré mercredi un témoignage explosif sur les interventions du président américain dans l’enquête sur la Russie, risquant d’exposer le dirigeant à des accusations d’entrave à la justice. / © AFP/Archives / Drew Angerer, Jim WATSON

James Comey, ex-directeur du FBI limogé par Donald Trump, a livré mercredi un témoignage explosif sur les interventions du président américain dans l’enquête sur la Russie, risquant d’exposer le dirigeant à des accusations d’entrave à la justice.

A la veille de son audition publique et très attendue au Sénat, M. Comey a dans une déclaration écrite de sept pages confirmé que le milliardaire lui avait demandé d’abandonner toute enquête sur Michael Flynn, son ancien conseiller à la sécurité nationale mêlé à l’affaire de l’ingérence russe dans l’élection présidentielle et évincé en février.

« J’espère que vous pourrez trouver une façon d’abandonner cela, de lâcher Flynn. C’est un homme bien », lui aurait dit le président lors d’une rencontre en tête à tête le 14 février dernier dans le Bureau ovale.

Selon M. Comey, cette requête concernait toute investigation relative aux « fausses déclarations de M. Flynn concernant ses conversations avec l’ambassadeur russe en décembre », et non l’enquête plus large sur l’éventuelle collusion entre la Russie et la campagne du républicain.

« Cela m’a beaucoup inquiété, étant donné le rôle du FBI comme service d’investigations indépendant », écrit M. Comey.

Michael Flynn est accusé d’avoir menti au vice-président en ne révélant pas qu’il avait évoqué les sanctions américaines contre Moscou dans ces échanges.

L’ancien chef du FBI raconte aussi en détails un dîner à la Maison Blanche du 27 janvier, lors duquel Donald Trump lui aurait dit: « J’ai besoin de loyauté, je m’attends à de la loyauté ».

« Je n’ai pas bougé, parlé ou changé l’expression de mon visage », écrit l’ancien grand policier, décrivant « un silence gênant ».

Et quand le président, en fin de repas, l’a relancé sur la question de la loyauté, M. Comey a répondu qu’il « aurait toujours de l’honnêteté de sa part ».

« C’est ce que je veux, de la loyauté honnête », a dit M. Trump. « J’ai fait une pause et dit: +cela, vous l’aurez+ ».

– Trump pas visé par l’enquête –

Cette déclaration a été publiée par la commission du Renseignement du Sénat, où l’ancien chef du FBI témoignera lors d’une audition publique jeudi matin à 14H00 GMT, devant les caméras du monde entier.

Il y confirme également qu’il a consigné à l’époque dans des notes le contenu de ses conversations avec le président américain, comme l’avaient rapporté plusieurs médias.

Deux autres coups de fil ont également eu lieu entre les deux hommes, le 30 mars et le 11 avril. Dans ces conversations, le locataire de la Maison Blanche a demandé au patron du FBI ce qui pouvait être fait pour « lever le nuage » de l’enquête russe, dont l’ombre l’empêcherait d’agir efficacement au nom du pays, selon ce récit.

L’ex-policier a alors confirmé que le président lui-même n’était pas visé par l’enquête. « Il m’a dit à de nombreuses reprises: +nous devons révéler ce fait+ », écrit M. Comey.

« Le président a ajouté que si certains de ses proches +satellites+ avaient fait quelque chose de mal, ce serait bien de le découvrir, mais qu’il n’avait rien fait de mal et qu’il espérait que je trouve une façon de dire que nous n’enquêtions pas sur lui », poursuit-il. « Je lui ai dit que je verrais ce que nous pourrions faire ».

Dans le coup de téléphone d’avril, le président l’a relancé.

Le récit de M. Comey est frappant par la description sans équivoque du malaise suscité par les requêtes à répétition du président.

Après son tête-à-tête du Bureau ovale, que le président avait préalablement vidé de tous ses conseillers, James Comey a « imploré » le ministre de la Justice Jeff Sessions « d’empêcher toute future communication directe entre le président et moi ».

Ces faits minutieusement détaillés confirment des informations de presse publiées depuis le limogeage soudain du 9 mai, et qui avaient conduit plusieurs élus du Congrès à soupçonner une tentative d’entrave à la justice et, pour quelques uns, à réclamer l’ouverture d’une procédure de destitution.

Afin de protéger l’indépendance de l’enquête du FBI sur la Russie et une éventuelle collusion avec les équipes de campagne Trump, la Justice a nommé un procureur spécial, Robert Mueller, le 17 mai.

Les réactions ont commencé à tomber mercredi quelques minutes après la publication du document.

« Toute cette histoire est folle », a tweeté la sénatrice Elizabeth Warren.

A l’inverse, le parti républicain a fait valoir que trois fois, en janvier et en mars, James Comey avait confirmé à Donald Trump ce que celui-ci clame haut et fort depuis des mois: à savoir qu’il n’est pas lui-même visé par les investigations russes.

Romandie.com avec(©AFP / 07 juin 2017 21h25)                

Le maire de Londres Sadiq Khan opposé à la visite de Donald Trump

juin 6, 2017

Le maire de Londres Sadiq Khan (g), critiqué par Donald Trump (d) après l’attentat de Londres, a estimé mardi que le Royaume-Uni ne devrait pas honorer l’invitation faite au président américain d’effectuer une visite d’Etat au cours de l’année. / © AFP/Archives / Odd ANDERSEN, ATEF SAFADI

Le maire de Londres Sadiq Khan, critiqué par Donald Trump après l’attentat de Londres, a estimé mardi que le Royaume-Uni ne devrait pas honorer l’invitation faite au président américain d’effectuer une visite d’Etat au cours de l’année.

« Je dis depuis longtemps que l’invitation de la Première ministre Theresa May à Donald Trump à faire une visite d’Etat est prématurée », a-t-il déclaré à l’AFPTV. « Les visites d’Etat sont adressées à des dirigeants internationaux qui se sont distingués », a-t-il estimé.

« Etant donné que beaucoup de Britanniques ne sont pas d’accord avec beaucoup des politiques de Donald Trump, nous ne devrions pas avoir de visite d’Etat », a ajouté le maire de Londres, tout en précisant qu’il fallait « naturellement continuer à parler » avec le président américain.

Ce dernier a accusé sur Twitter M. Khan de prendre le terrorisme à la légère, à la suite d’une déclaration du maire de Londres demandant aux Londoniens de ne pas « s’alarmer » de voir « une présence policière renforcée » après l’attentat de samedi soir.

« Au moins 7 morts et 48 blessés dans un attentat terroriste et le maire de Londres dit qu’il n’y a +pas de raison d’être alarmés!+ », avait écrit M. Trump sur Twitter.

Le ministre des Affaires étrangères britannique Boris Johnson, prédécesseur de M. Khan à la mairie de Londres, a estimé de son côté que cette visite d’Etat devait être maintenue, tout en apportant son soutien à l’édile londonien.

« L’invitation a été faite et acceptée et je ne vois pas de raison de changer ça », a déclaré M. Johnson sur la BBC. « Mais en ce qui concerne les déclarations de Sadiq Khan, sur les propos rassurants qu’il a adressés aux Londoniens, je crois qu’il avait raison de parler ainsi ».

La perspective d’une visite d’Etat, qui s’entoure d’un faste particulier, de Donald Trump hérisse de nombreux Britanniques.

Une pétition en ligne a réuni près de 1,8 million de personnes réclamant que ce déplacement soit ramenée au rang de simple visite afin d’éviter à la reine « l’embarras » d’une rencontre protocolaire avec le président américain.

Romandie.com avec(©AFP / 06 juin 2017 15h17)                

Affaire russe: Poutine dit à peine connaître un ancien conseiller de Trump

juin 4, 2017

Le président russe Vladimir Poutine à Saint-Petersbourg le 2 juin 2017 / © AFP / Olga MALTSEVA

Le président russe Vladimir Poutine a assuré dimanche qu’il connaissait à peine l’ancien conseiller de son homologue américain Donald Trump, Michael Flynn, au coeur de l’affaire de la collusion supposée entre Moscou et l’entourage du président des Etats-Unis.

« Vous et moi, vous et moi personnellement, nous avons une relation plus étroite que celle que j’ai avec M. Flynn », a déclaré M. Poutine à la présentatrice de NBC Megyn Kelly qui l’a interviewé en fin de semaine dernière à Saint-Pétersbourg et dont l’entretien complet a été diffusé dimanche soir aux Etats-Unis.

Le président russe était interrogé sur ses liens avec l’éphémère conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche Michael Flynn qui avait dû démissionner mi-février après trois semaines de mandat, accusé d’avoir menti sur ses relations avec des responsables russes.

Lors d’un dîner de gala à Moscou en décembre 2015 pour la chaîne de télévision Russia Today (RT), M. Flynn, un proche de M. Trump, avait prononcé un discours et était assis juste à côté de M. Poutine.

« Lorsque je me suis rendu à cet événement pour notre société, Russia Today, et que je me suis assis à la table, il y avait un gentleman assis à côté », a raconté le chef de l’Etat russe, dont les propos ont été traduits en anglais sur NBC.

« J’ai fait mon discours. Puis on a parlé d’autres sujets. Et puis je me suis levé et suis parti. Après cela, on m’a dit +vous savez, il y avait un gentleman américain, il a été impliqué dans certaines choses. Il a été dans les services de sécurité+ (…). C’est tout. Je ne lui ai pas vraiment parlé (…). C’est le niveau de connaissance que j’ai de M. Flynn », a affirmé Vladimir Poutine.

– « Absurde » –

Le président russe a également affirmé ne pas avoir eu vent d’une proposition qui aurait été faite par le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, pour établir un canal secret de communication avec le Kremlin.

Selon le Washington Post, Jared Kushner a fait cette proposition au cours d’une rencontre avec l’ambassadeur russe à Washington, Sergueï Kisliak, en décembre à la Trump Tower de New York.

« Je ne suis pas au courant de cette proposition. Aucune proposition de ce type ne m’est parvenue », a déclaré M. Poutine.

Il a ajouté que si une proposition avait été faite et jugée intéressante par les Russes, son ministre des Affaires étrangères l’aurait tenu informé.

M. Poutine a également démenti que la Russie ait eu des informations sur Donald Trump qui aurait pu permettre de l’influencer, jugeant cette allégation « absurde ».

Le président russe a aussi assuré ne pas savoir si l’ambassadeur russe à Washington a été en contact avec l’équipe de campagne de Donald Trump avant l’élection américaine de novembre.

« Est-ce que vous pensez que, depuis le monde entier et les Etats-Unis, l’ambassadeur me tient au courant chaque jour de qui il rencontre et avec qui il mange », a-t-il ironisé.

La présidence américaine est empêtrée depuis des semaines dans l’affaire tentaculaire de la collusion supposée entre des responsables russes et l’entourage de M. Trump durant la campagne présidentielle de 2016.

L’ancien directeur du FBI James Comey, limogé avec fracas le 9 mai par M. Trump, témoignera le 8 juin au Sénat sur ces éventuelles ingérences russes. Le président américain a nié toute intervention et pression contre le FBI, ainsi que toute collusion avec la Russie.

Vladimir Poutine a aussi plusieurs fois balayé ces accusations.

« Il n’y a rien de concret, il n’y a que des suppositions et des conclusions fondées sur ces suppositions. C’est tout », a-t-il encore lancé vendredi.

Romandie.com avec(©AFP / 05 juin 2017 04h36)                

États-Unis: Trump s’en prend au maire de Londres au lendemain de l’attentat

juin 4, 2017

Donald Trump le 1er juin 2017 à la Maison Blanche / © AFP/Archives / Brendan Smialowski

Donald Trump s’en est pris dimanche au maire de Londres, Sadiq Khan, l’accusant de ne pas prendre au sérieux la menace terroriste, au lendemain de l’attentat au cœur de la capitale britannique.

« Au moins 7 morts et 48 blessés dans un attentat terroriste et le maire de Londres dit qu’il n’y a +pas de raison d’être alarmés!+ », a tweeté Donald Trump à propos de Sadiq Khan.

Ce dernier avait pourtant condamné « dans les termes les plus forts possibles » l’attentat londonien, qui a replongé le Royaume-Uni dans la tourmente une semaine seulement après celui de Manchester. Le maire de Londres y a notamment vu des « actes barbares ».

« Nous devons cesser d’être politiquement corrects et nous mettre au travail sur la sécurité pour les nôtres. Si nous ne sommes pas malins, cela ne fera qu’empirer », a de son côté prévenu Donald Trump.

Samedi soir, trois assaillants ont foncé dans la foule sur le London Bridge puis attaqué des passants avec des couteaux dans ce quartier très animé, avant d’être abattus par la police.

« Avez-vous remarqué que nous n’avons pas de débat sur les armes en ce moment-même? », a conclu le président républicain. « C’est parce qu’ils ont utilisé des couteaux et un camion! »

Romandie.com avec(©AFP / 04 juin 2017 15h22)