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États-Unis: Donald Trump déclare la guerre au sénateur républicain Mitch McConnell

février 17, 2021

Dans un long communiqué publié mardi, Donald Trump a attaqué de façon virulente le leader de la minorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, qui l’a acquitté samedi dernier tout en le blâmant pour l’assaut du Capitole. L’ex-président a aussi servi un avertissement : ses adversaires au sein du camp républicain le trouveront sur leur chemin.

Mitch McConnell a voté pour l'acquittement de Donald Trump, samedi, tout en le blâmant pour l'assaut du Capitole.

© POOL/Reuters Mitch McConnell a voté pour l’acquittement de Donald Trump, samedi, tout en le blâmant pour l’assaut du Capitole.

La rupture entre les deux hommes est bien consommée, après un mariage de raison qui aura duré quatre ans. Et le combat pour l’orientation future du parti est bien engagé.

«Le Parti républicain ne peut plus jamais être respecté ou fort avec des « leaders » politiques comme le sénateur Mitch McConnell à sa tête», a tonné d’entrée de jeu Donald Trump dans un communiqué de son comité politique Save America (Sauvons l’Amérique) au titre qui renvoie au «45e président des États-Unis».

Il a perdu la majorité au Sénat et «cela ne fera qu’empirer», a-t-il lâché, en disant regretter d’avoir soutenu sa réélection, qu’il attribue à son appui.

«Il ne fera jamais ce qui doit être fait, ou ce qui est bon pour notre pays», a avancé Donald Trump. Il a traité son ancien allié d’«arriviste austère, renfrogné et qui ne sourit pas» et lui a reproché d’être un politicien du «statu quo» à qui «la perspicacité politique, la sagesse, les compétences et la personnalité» font défaut.

Donald Trump l’a également accusé d’avoir contribué aux deux défaites sénatoriales en Georgie, le 5 janvier, parce qu’il ne s’était selon lui pas battu pour défendre l’intégrité électorale. Les deux élections avaient redonné aux démocrates le contrôle du Sénat.

M. McConnell avait au contraire estimé que les accusations de fraudes électorales lancées à répétition par l’ex-président, démenties par les faits, avaient repoussé les électeurs.

Samedi dernier, Mitch McConnell s’est rangé derrière son caucus, qui a majoritairement refusé de condamner Donald Trump, accusé d’« incitation à l’insurrection » dans la foulée de l’assaut du Capitole par ses partisans.

«Il ne fait aucun doute – aucun – que le président Trump est concrètement et moralement responsable d’avoir provoqué les événements [du 6 janvier]. Il n’y a aucun doute à ce sujet», a-t-il toutefois martelé dans l’enceinte du Sénat après l’acquittement de l’ancien président.

«Les personnes qui ont pris d’assaut ce bâtiment pensaient qu’elles agissaient selon les souhaits et les instructions de leur président», a déploré le leader républicain, qui a toutefois avancé que le Sénat n’avait pas le pouvoir de destituer un ancien président devenu «simple citoyen».

Plusieurs des autres républicains qui ont acquitté Donald Trump ont eux aussi invoqué l’argument constitutionnel.

Les sénateurs l’ont jugé coupable, à 57 voix contre 43, un seuil néanmoins insuffisant pour le faire condamner. Seuls sept républicains se sont joints aux démocrates.

Les républicains qui ont osé s’opposer à l’ancien président, que ce soit ces sept sénateurs ou les dix représentants qui ont appuyé la mise en accusation de Donald Trump, ont subi les foudres des partisans de leur parti. La base électorale de la formation affiche, très majoritairement, une loyauté sans faille à l’endroit de l’ex-président.

Plusieurs de ces élus ont fait l’objet de motions de censure adoptées par les instances républicaines locales.

Lutte pour l’orientation du parti

Donald Trump fait un signe de la main avant d'embarquer à bord de l'hélicoptère présidentiel Marine One, après avoir quitté la Maison-Blanche pour la dernière fois, peu après 8 h.

© AFP/MANDEL NGAN/Getty Images Donald Trump fait un signe de la main avant d’embarquer à bord de l’hélicoptère présidentiel Marine One, après avoir quitté la Maison-Blanche pour la dernière fois, peu après 8 h.

L’ex-président républicain a par ailleurs menacé de soutenir, «là où ce sera nécessaire et approprié», les candidats qui veulent «rendre sa grandeur à l’Amérique» (Make America Great Again, MAGA) et qui s’opposeront à des élus de la formation qui seront en campagne de réélection.

«Nous voulons un leadership brillant, fort, réfléchi et compatissant», a-t-il affirmé.

Dans une entrevue avec le Wall Street Journal publiée la veille, Mitch McConnell, lui, n’a pas exclu de s’impliquer dans le processus des élections primaires du parti en vue des élections de mi-mandat de 2022 afin d’améliorer les chances de ses troupes de reprendre le contrôle du Sénat.

Des républicains sortis victorieux lors des primaires de la formation ont ensuite perdu aux élections générales, a-t-il fait valoir.

Dans des districts qui ne sont acquis à aucun des deux camps, certains candidats, appréciés par la base républicaine, se sont ensuite heurtés à la fin de non-recevoir de l’ensemble des électeurs, qui trouvaient leurs positions trop extrêmes.

«Ce qui m’importe, c’est la capacité à être élu», a tranché le sénateur Mc Connell.

Ce dernier semble depuis les dernières semaines vouloir amener la formation à prendre ses distances avec un ancien président fort apprécié de la base électorale républicaine, mais qui a perdu deux fois le vote populaire.

Selon un reportage publié par le média The Hill avant le verdict, des sénateurs qui entendaient acquitter Donald Trump se réjouissaient cependant, sous le couvert de l’anonymat, que les démocrates l’aient mis en accusation, car ils estimaient qu’il sortirait discrédité de la procédure.

À l’issue du procès, le gouverneur du Maryland, le républicain Larry Hogan, très critique à l’endroit de Donald Trump, a prédit une «bataille pour l’âme du parti».

L’ancienne ambassadrice américaine aux Nations unies Nikki Haley a critiqué son ancien patron. Après l’assaut du Capitole, elle a déclaré dans une entrevue au site Politico que les républicains n’auraient «pas dû le suivre […] et l’écouter» et ne devraient «jamais laisser cela recommencer.»

Tous sont loin de partager cet empressement. Des alliés de Donald Trump, comme les sénateurs Lindsey Graham et Ron Johnson, ont au contraire blâmé le leader de la minorité au Sénat pour sa sortie de samedi.

Le résident de Mar-a-Lago reste «la force la plus puissante du parti», a assuré le sénateur Graham sur les ondes de Fox News, ajoutant que le mouvement «MAGA» devait se poursuivre.

Autre signe de la force du mouvement trumpiste, la décision des républicains de se ranger derrière leur controversée collègue conspirationniste Marjorie Taylor Greene, expulsée des comités de la Chambre des représentants auxquels elle siégeait.

Mitch McConnell avait déclaré qu’elle «ne vit pas dans la réalité» et a qualifié les théories du complot de «cancer pour le Parti républicain».

Liz Cheney, une des dirigeantes du parti à la Chambre, a au contraire, après son vote en faveur de la mise en accusation, essuyé une contestation de son leadership. Elle y a cependant survécu.

Avec Radio-Canada par  Sophie-Hélène Lebeuf 

États-Unis: Le second procès en destitution de Trump débutera dans la semaine du 8 février

janvier 23, 2021

Les premiers arguments en faveur de la destitution de Donald Trump, qui est accusé « d’incitation à l’insurrection », devraient être entendus par le Sénat américain dans la semaine du 8 février.

Le leader de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a annoncé l'échéancier convenu avec le camp républicain en vue du procès en destitution de l'ex-président américain Donald Trump.

© Drew Angerer/Getty Images Le leader de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a annoncé l’échéancier convenu avec le camp républicain en vue du procès en destitution de l’ex-président américain Donald Trump.

Le chef de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, en a fait l’annonce vendredi, au terme de discussions avec le chef des républicains à la Chambre haute, Mitch McConnell.

Selon l’échéancier convenu, l’acte d’accusation sera transmis au Sénat lundi soir prochain. Les sénateurs prêteront serment le lendemain. Les deux parties auront par la suite le temps de se préparer en vue du procès.

Le 2 février, l’ex-président devra présenter sa réponse à l’acte d’accusation, tandis que les représentants de la Chambre devront dévoiler les éléments de preuve qu’ils comptent évoquer.

Viendra ensuite le tour des avocats de M. Trump, le 8 février. Le même jour, la Chambre devra présenter sa réplique à la réponse de l’ex-président.

Et le 9 février, les plaidoiries d’ouverture pourront s’amorcer.

Le procès se trouve donc repoussé d’au moins deux semaines, ce qui doit donner le temps à la Chambre haute de confirmer les nominations de Joe Biden au sein de son administration. Un argument qu’avait évoqué Mitch McConnell afin de retarder le début des débats. Le républicain avait ainsi fait valoir qu’il était dans l’intérêt de l’administration Biden d’attendre.

«La mise en accusation par la Chambre a été plus rapide et minimaliste que jamais. L’étape suivante ne peut pas être un procès insuffisant au Sénat», avait-il insisté, plaidant pour que le procès ne débute pas avant la mi-février.

Joe Biden, qui a indiqué à maintes reprises que les modalités du procès étaient entre les mains du Congrès, a réagi vendredi au consensus trouvé par les deux camps. «Plus nous avons de temps pour nous préparer, mieux c’est», a-t-il indiqué aux journalistes.

Un peu plus tôt dans la journée, la cheffe de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi, avait fait savoir que les neuf «procureurs» du camp démocrate étaient «prêts à défendre leur dossier devant les 100 sénateurs qui serviront de juges pendant le procès».

Ces «procureurs», qui sont en réalité des élus démocrates de la Chambre menés par Jamie Raskin, traverseront donc les couloirs du Congrès, lundi, pour apporter l’acte d’accusation dans l’hémicycle du Sénat, où ils le liront aux sénateurs.

Les démocrates se sont dits déterminés à boucler ce procès rapidement, jugeant qu’il ne serait peut-être même pas nécessaire d’appeler des personnes à témoigner, les procureurs ayant été eux-mêmes témoins de la tentative d’insurrection au Capitole.

L’un des procureurs, le représentant de la Californie Ted Lieu, a expliqué vendredi que les démocrates auraient préféré concentrer leurs énergies à faire adopter de nouvelles lois. «Mais nous ne pouvons pas ignorer» ce qui s’est produit le 6 janvier dernier, a-t-il déclaré.

Donald Trump est accusé d’avoir encouragé ses partisans à se lancer à l’assaut du Capitole, au moment où les élus du Congrès certifiaient la victoire de son rival démocrate à la présidentielle.

«Vous ne reprendrez jamais notre pays en étant faibles. Vous devez montrer de la force et vous devez être forts», avait-il lancé à ses partisans quelques instants avant qu’ils n’envahissent le Capitole. Cinq personnes sont mortes dans cette attaque.

Butch Bowers contre les démocrates

L'avocat de la Caroline du Sud, Butch Bowers, de son vrai nom Karl S. Bowers Jr, représentera l'ex-président Donald Trump dans son deuxième procès en destitution.

© U.S. AIR FORCE/U.S. AIR FORCE via Reuters L’avocat de la Caroline du Sud, Butch Bowers, de son vrai nom Karl S. Bowers Jr, représentera l’ex-président Donald Trump dans son deuxième procès en destitution.

L’ex-président américain a choisi l’avocat Butch Bowers pour assurer sa défense. Spécialisé en processus électoral et en éthique, M. Bowers est une figure connue des cercles républicains.

Traiter un dossier d’une telle envergure constituera une première dans sa carrière.

Lors de son premier procès en destitution, M. Trump s’était entouré d’une foule d’avocats, dont Alan Dershowitz, Kenneth Starr et Jay Sekulow, qui le représentait dans l’enquête sur la Russie.

Selon ce dernier, Butch Bowers peut compter sur des années d’expérience durant lesquelles il a représenté nombre d’élus et de personnalités politiques dans la tourmente.

Parmi les causes qu’il a défendues, on trouve celle de l’ancien gouverneur de la Caroline du Sud Mark Sanford, qui a échappé à une procédure de mise en destitution.

«C’est un excellent avocat avec une excellente réputation qui comprend le droit et la politique», a assuré M. Sekulow, vendredi.

Donald Trump est devenu le premier président de l’histoire des États-Unis à être mis en accusation deux fois par la Chambre des représentants.

Le premier de ces procès avait été lancé fin 2019, après que M. Trump eut été accusé d’avoir demandé à l’Ukraine d’enquêter sur le fils de Joe Biden. Le Sénat, contrôlé par les républicains, l’avait rapidement acquitté.

Or, cette fois-ci, des élus républicains se sont montrés très critiques à l’égard de Donald Trump. Même Mitch McConnell, qui avait été l’un de ses plus solides alliés pendant sa présidence, a indiqué qu’il n’excluait pas de le juger coupable.

Selon les règles stipulées dans la Constitution, un seuil des deux tiers des voix est requis pour qu’un président soit condamné. Il faudrait donc que 17 sénateurs républicains se rallient aux 50 démocrates pour que cette majorité soit atteinte.

Si le Sénat venait à déclarer Donald Trump coupable, ce dernier ne pourrait être destitué, mais il deviendrait alors inéligible au poste de président des États-Unis; un nuage qui viendrait assombrir son projet potentiel de briguer l’investiture de la Maison-Blanche une nouvelle fois, à la présidentielle de 2024.

Avec CBC/Radio-Canada 

États-Unis: « Nous serons de retour sous une forme ou une autre », lance Trump

janvier 20, 2021

Le 45e président des États-Unis, Donald Trump, a quitté la Maison-Blanche mercredi matin au terme de son tumultueux mandat de quatre ans avant même la cérémonie d’assermentation de son successeur, Joe Biden.

Donald Trump fait un signe de la main avant d'embarquer à bord de l'hélicoptère présidentiel Marine One, après avoir quitté la Maison-Blanche pour la dernière fois, peu après 8 h.

© AFP/MANDEL NGAN/Getty Images Donald Trump fait un signe de la main avant d’embarquer à bord de l’hélicoptère présidentiel Marine One, après avoir quitté la Maison-Blanche pour la dernière fois, peu après 8 h.

M. Trump et sa femme Melania ont quitté leur résidence des quatre dernières années vers 8 h 15 pour prendre place à bord de l’hélicoptère présidentiel Marine One, qui les a transportés vers la base militaire Andrews.

Accueilli sur place par une foule clairsemée, le président Trump y est allé d’un dernier discours relativement sobre d’une dizaine de minutes, visant essentiellement à rappeler ce qu’il a accompli depuis son entrée en fonction.

«Je souhaite à la nouvelle administration beaucoup d’amour et beaucoup de succès», a lancé celui qui a déployé des efforts sans précédent depuis la présidentielle pour empêcher qu’il soit contraint de passer le flambeau.

Ce n’est pas la première fois que les élections américaines trempent dans la controverse. Dans la foulée de la course présidentielle de 2020, marquée par la peur, les menaces et de profondes divisions, voici un retour sur certains des plus grands scandales et des plus grandes polémiques jamais vues dans l’histoire de la politique américaine.

Après la brève cérémonie, qui tranche avec le décorum habituel de la transition du pouvoir, M. Trump s’est envolé vers West Palm Beach, en Floride, d’où il gagnera se résidence de Mar-A-Lago.

La cérémonie s’est déroulée en l’absence du vice-président Mike Pence, qui doit assister à la cérémonie d’assermentation de Joe Biden, qui deviendra officiellement le 46e président des États-Unis vers midi.

Avec  CBC/Radio-Canada

États-Unis: Le secrétaire à la Sécurité intérieure par intérim du Cabinet Trump quitte le navire

janvier 11, 2021

Neuf jours avant la fin du mandat du président Trump, le secrétaire à la Sécurité intérieure par intérim, Chad Wolf, a démissionné, lundi. Il devient ainsi le troisième membre de son Cabinet à partir depuis l’assaut du Capitole, il y a cinq jours.

Chad Wolf n'a pas invoqué l'irruption d'émeutiers au Capitole dans sa lettre de démission.

© Greg Nash/Associated Press Chad Wolf n’a pas invoqué l’irruption d’émeutiers au Capitole dans sa lettre de démission.

Toutefois, contrairement à ses deux collègues démissionnaires, il ne lie pas son départ à l’émeute de mercredi dernier.

Dans une lettre obtenue par plusieurs médias américains, Chad Wolf s’est dit «attristé» de prendre cette décision, affirmant que son intention était «de servir le département jusqu’à la fin de cette administration».

Jeudi, il avait d’ailleurs assuré qu’il resterait en poste jusqu’au bout, pour s’assurer que le département «concentre ses efforts sur les graves menaces qui pèsent sur notre pays et sur une transition ordonnée vers l’équipe du [département] du président désigné Biden.»

Sa démission entrera en vigueur dès minuit.

«Malheureusement, cette action est justifiée par les événements récents, notamment les décisions des tribunaux en cours et sans fondement concernant la validité de mon autorité en tant que secrétaire par intérim», soutient-il.

«Ces événements et ces préoccupations servent de plus en plus à détourner l’attention et les ressources du travail important du ministère en cette période critique de transition du pouvoir.»

S’il incluait l’émeute de mercredi dans les «événements récents» auxquels il faisait référence, il ne l’a pas précisé, mais il l’avait critiquée avec véhémence la semaine dernière, qualifiant ces actes d’«inacceptables» et d’«inadmissibles».

Il avait entre autres publié une déclaration dans laquelle il «implorait» le président et tous les élus de «condamner avec fermeté la violence» qui a mené à la mort de cinq personnes, dont un policier.

«Ce qui s’est passé [mercredi] est tragique et écoeurant. Alors que j’ai toujours condamné la violence politique des deux camps, en particulier la violence dirigée contre les forces de l’ordre, nous voyons maintenant certains partisans du président utiliser la violence comme un moyen d’atteindre des objectifs politiques», avait-il dénoncé.

En septembre dernier, un juge fédéral avait conclu que M. Wolf avait été nommé de façon qui contrevenait à la loi.

Environ deux mois plus tard, un autre juge en était venu à la même conclusion, invalidant pour cette raison la suspension du programme de protection des jeunes arrivés clandestinement aux États-Unis lorsqu’ils étaient enfants – mieux connus sous l’appellation des «Dreamers» –, auquel Donald Trump tente de mettre fin depuis 2017.

Pendant son passage au département de la Sécurité intérieure, Chad Wolf s’est montré l’un des membres de l’administration Trump les plus loyaux, notamment lors du déploiement des agents fédéraux à Portland, en Oregon, l’été dernier.

Départ à une période très critique

Avec quelques jours à peine au mandat de Donald Trump, c’est l’administrateur de l’agence fédérale américaine de gestion des crises, Peter Gaynor, qui lui succédera de façon intérimaire, à un moment critique pour la sécurité des États-Unis. Son travail consistera à contribuer à assurer la sécurité de l’investiture du président désigné, au centre de tensions très vives.

ABC News et CNN ont tous deux mis la main sur un document interne du FBI indiquant que des manifestations avec des protestataires armés étaient planifiées non seulement au Capitole, mais aussi dans les 50 capitales des États américains, le jour de l’investiture, le 20 janvier, et les jours précédents.

Le Pentagone a annoncé lundi avoir autorisé le déploiement de 15 000 soldats de la Garde nationale à Washington pour la cérémonie d’investiture.

Elaine Chao et Betsy DeVos, qui étaient respectivement aux Transports et à l’Éducation, ont démissionné jeudi dernier, au lendemain de l’assaut du Capitole, vers lequel Donald Trump avait encouragé ses partisans à converger pour exercer des pressions sur les élus.

Dans sa lettre de démission au président, Mme Devos a écrit que l’impact de la «rhétorique» de Donald Trump sur la situation ne laissait «aucun doute». Elaine Chao, la femme du leader de la majorité républicaine du Congrès, Mitch McConnell, s’est pour sa part dite «profondément troublée» par les événements d’une façon, disait-elle, qu’elle ne pouvait «pas mettre de côté».

Leur départ coïncide avec les pressions exercées par les démocrates pour le recours au 25e amendement de la Constitution, qui peut être invoqué par le Cabinet lorsqu’un président devient inapte à exercer ses fonctions.

Outre trois secrétaires, plusieurs membres de l’administration Trump ont eux aussi démissionné.

Un taux de roulement élevé

Même s’il était en poste depuis 14 mois, Chad Wolf n’a jamais vu sa nomination soumise à une confirmation du Sénat. Il avait succédé à Kevin McAleehan, lui aussi nommé à ce poste par intérim après la démission de Kirstjen Nielsen.

Peter Gaynor deviendra le sixième titulaire du poste dans l’administration Trump, sur un total de 12 depuis les débuts du département, en 2003.

Par Sophie-Hélène Lebeuf avec AP

États-Unis: Expulsé de Twitter, où ira maintenant Donald Trump?

janvier 11, 2021

WASHINGTON — Donald Trump a été réduit au silence sur les principaux réseaux sociaux après l’assaut lancé par ses partisans contre le Capitole des États-Unis la semaine dernière. Reste maintenant à voir s’il sera capable de se procurer un nouveau mégaphone virtuel pour rejoindre ses millions de fidèles.

© Fournis par La Presse Canadienne

L’application Parler, très populaire dans les cercles de la droite, était un choix évident, du moins jusqu’à ce que Google, Apple et Amazon décident de sévir. Les deux premiers l’ont chassée de leurs boutiques numériques et le troisième l’a expulsée de ses services d’hébergement dans la nuit de dimanche à lundi.

Le PDG de Parler a indiqué que cela pourrait empêcher son application de fonctionner pendant une semaine, mais il rêve peut-être en couleurs. Même s’il déniche un nouvel hébergement pour son produit, sans moyen de l’installer sur les téléphones intelligents, on imagine difficilement Parler gagner en popularité.

Disponible depuis deux ans, Parler prétend compter 12 millions d’utilisateurs. La firme Sensor Tower évoque plutôt dix millions d’abonnés, dont huit millions aux États-Unis. En comparaison, M. Trump était suivi par 89 millions de personnes sur Twitter.

M. Trump pourrait quand même se tourner vers Parler, où ses fils Eric et Donald fils sont déjà présents. Parler a toutefois frappé un mur vendredi dernier quand Google l’a retirée de sa boutique virtuelle après la publication de messages «incitant à poursuivre la violence aux États-Unis». Apple a fait de même samedi, après avoir donné à Parler 24 heures pour répondre à des plaintes selon lesquelles elle était utilisée «planifier et organiser d’autres activités illégales et dangereuses». Ces problèmes de sécurité publique devront être résolus avant le retour de l’application, a dit Apple.

Un message demandant un commentaire et une réaction a été envoyé à Parler dimanche.

Amazon a asséné un autre coup samedi, quand il a informé Parler qu’elle devrait se trouver un nouvel hébergement en ligne à compter de minuit, dimanche. Dans une lettre tout d’abord dévoilée par Buzzfeed, Amazon rappelle à Parler 98 exemples de messages qui «incitaient clairement à la violence», ajoutant que la plateforme représentait «un risque bien réel pour la sécurité publique».

Le PDG de Parler, John Matze, a dénoncé «une campagne coordonnée pour étouffer la concurrence. Nous avons connu trop de succès trop rapidement», a-t-il prétendu dans un message transmis samedi, ajoutant que Parler ne serait pas disponible pendant une semaine, «pendant que nous reconstruisons tout».

«(Tout le monde) nous a abandonnés la même journée», a déclaré M. Matze dimanche au réseau Fox News. La compagnie essaie de revenir en ligne le plus rapidement possible, «mais si Apple n’approuve pas et si Google n’approuve pas, personne ne veut travailler avec nous», a-t-il dit.

Perdre accès aux boutiques d’Apple et de Google, dont les systèmes sont utilisés par des centaines de millions de téléphones à travers le monde, limite grandement la portée de Parler, même si le service demeure disponible en ligne. Parler devra toutefois se trouver un nouveau logis, après la décision d’Amazon Web Services.

M. Trump pourrait décider de lancer son propre service, mais cela ne se fera pas instantanément. Des experts de la liberté d’expression anticipent aussi une pression accrue sur tous les réseaux sociaux pour combattre le discours incendiaire après l’explosion de violence de mercredi dernier, quand une foule avivée par M. Trump a pris le Capitole d’assaut, faisant cinq morts.

Le professeur Ethan Zuckerman, de l’Université du Massachusetts à Amherst, s’attend à ce que la fermeture des comptes de M. Trump sur les réseaux sociaux ait un impact important, à commencer par la fracturation du secteur le long de lignes idéologiques.

«M. Trump attirera un grand public là où il ira, a-t-il dit. Cela pourrait vouloir dire davantage de plateformes s’adressant à des publics plus isolés idéologiquement.»

– Par Frank Bajak et Barbara Ortutay, The Associated Press avec La Presse Canadienne

États-Unis: Entre Trump et Pence, la rupture

janvier 10, 2021

Les événements du Capitole ont consacré la rupture entre Donald Trump et son fidèle vice-président Mike Pence qui se prépare à assister à la prestation de serment de Joe Biden et à faciliter le transfert du pouvoir entre les deux administrations.

Mike Pence préside la cérémonie de certification des résultats de l'élection présidentielle, le 06 janvier 2021

© POOL Mike Pence préside la cérémonie de certification des résultats de l’élection présidentielle, le 06 janvier 2021

Contrairement au président républicain, qui a annoncé d’un tweet laconique qu’il ne se rendrait pas à la cérémonie d’investiture de son successeur le 20 janvier, Mike Pence a fait savoir qu’il y participerait. 

Si la présence du vice-président sortant n’est pas une surprise, Joe Biden ayant souligné qu’il était « le bienvenu », elle illustre le fossé qui s’est creusé entre le président républicain et son bras droit depuis la certification de la victoire de M. Biden, le 6 janvier.

Donald Trump et Mike Pence ne se sont pas parlé, selon la presse américaine, depuis cette journée marquée par l’intrusion violente de partisans du président au Capitole, qui a fait plusieurs morts, choqué l’Amérique et sidéré le monde. 

– « Pendez Mike Pence » –

« L’un des plus fidèles de Donald Trump est maintenant l’ennemi public numéro un dans l’univers » du président, a résumé dimanche l’élu républicain à la Chambre Adam Kinzinger, sur la chaîne ABC. 

Malgré les pressions du locataire de la Maison Blanche, Mike Pence avait annoncé mercredi dans une lettre qu’il ne s’opposerait pas devant le Congrès à la validation des résultats de l’élection présidentielle, déclenchant la fureur du président et de ses supporteurs.  

« Mike Pence n’a pas eu le courage de faire ce qu’il aurait dû faire pour protéger notre pays et notre Constitution », avait tweeté Donald Trump, alors qu’une horde de ses supporteurs envahissait le Capitole. 

Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent une foule compacte scander « Pendez Mike Pence » aux portes du Capitole. D’autres militants ont parcouru les couloirs du temple de la démocratie américaine hurlant que le vice-président était un « lâche », selon le New York Times. 

Pendant ces événements chaotiques, le vice-président était retranché dans un bunker du Capitole avec sa famille. Donald Trump ne l’aurait pas appelé pour s’enquérir de sa sécurité, selon NBC. 

– Fidèle soutien – 

Impassible et discret, Mike Pence est pourtant considéré comme l’un des plus fidèles soutiens de Donald Trump. 

Il n’a pour l’instant pas répondu aux appels de nombreux parlementaires qui le pressent d’activer le 25e amendement de la Constitution, permettant la mise à l’écart un président jugé « inapte » à exercer ses fonctions. 

Avant de se déchaîner contre lui, les partisans du président avaient pour habitude de saluer sa loyauté, et ses critiques de dénoncer sa flagornerie à l’égard du milliardaire républicain.

« Il est solide comme un roc. Il a été un vice-président fantastique », lançait à son propos Donald Trump encore l’été dernier. 

Mike Pence, 61 ans, a été pendant quatre ans une présence calme au milieu de la tempête Trump. 

Nommé à la tête de la cellule de crise sur le coronavirus en mars, il s’en est tenu toute l’année sur le sujet à des propos mesurés, loin des dérapages, approximations et provocations du président. Tout en prenant soin de ne jamais contredire frontalement ce dernier.

Fait notoire, Mike Pence et Donald Trump n’étaient au départ pas particulièrement proches avant que celui-ci le désigne comme son colistier en 2016.  

Donald Trump aurait même songé à changer de colistier mais avait finalement préféré miser sur les liens étroits de Mike Pence avec les électeurs blancs chrétiens, plutôt âgés, qui avaient joué un rôle-clé dans la victoire du duo en 2016. 

Avec AFP par dax/hr

États-Unis: Les démocrates veulent enclencher le processus de destitution de Trump lundi

janvier 9, 2021

La majorité à la Chambre des représentants des États-Unis préférerait ne pas attendre au 20 janvier pour changer de président.

Nancy Pelosi dans un couloir du Capitole américain, le 8 janvier 2020

© Alex Wong/Getty Images Nancy Pelosi dans un couloir du Capitole américain, le 8 janvier 2020

Selon plusieurs médias américains et internationaux, le processus de destitution de Donald Trump pourrait s’enclencher lundi avec le dépôt contre lui d’accusations dans la foulée de l’invasion du Capitole cette semaine, alors que le Congrès était réuni pour certifier l’élection de Joe Biden.

Le cas échéant, le vote de destitution pourrait avoir lieu aussi tôt que mercredi, d’après l’Associated Press. Le vice-président Mike Pence prendrait ainsi la place de Donald Trump pour assurer la transition.

Un brouillon de la mise en accusation, rédigé par le représentant David Cicilline et dont CNN a obtenu copie, reproche entre autres au président actuel d’avoir perpétré des «crimes et délits graves» en incitant ses partisans à «s’insurger contre le gouvernement des États-Unis».

Même certains républicains pourraient voter en faveur de la mise en accusation. C’est notamment le cas de la sénatrice de l’Alaska Lisa Murkowski qui, dans une entrevue au Anchorage Daily News, a appelé à son départ de tous ses vœux. «Je veux qu’il parte, a-t-elle déclaré. Il a causé assez de dégâts comme ça.»

Le sénateur du Nebraska Ben Sasse est allé dans le même sens, vendredi. «Il va de soi que je prendrai en considération les articles qui seront déposés [au Congrès], car, comme je vous l’ai déjà dit, je crois que le président n’a pas respecté son serment d’office», a-t-il déclaré à CBS.

Joe Biden, qui entrera en fonction le 20 janvier, n'entend pas se mêler de la destitution de Donald Trump.

© KEVIN LAMARQUE/Reuters Joe Biden, qui entrera en fonction le 20 janvier, n’entend pas se mêler de la destitution de Donald Trump.

Joe Biden, de son côté, laissera au Congrès la responsabilité d’ouvrir ou non une procédure de destitution contre Donald Trump. Interrogé à ce sujet lors d’une conférence de presse à Wilmington, dans le Delaware, le président désigné a clairement fait savoir qu’il n’entendait pas participer directement au processus.

«Nous allons donc nous concentrer sur notre travail, et le Congrès peut décider de la façon de procéder [face à Donald Trump]», a-t-il dit, tout en jugeant son prédécesseur «inapte» à gouverner.

Un funeste bilan

Ce n’est pas la première fois que les élections américaines trempent dans la controverse. Dans la foulée de la course présidentielle de 2020, marquée par la peur, les menaces et de profondes divisions, voici un retour sur certains des plus grands scandales et des plus grandes polémiques jamais vues dans l’histoire de la politique américaine.

L’invasion du Capitole par des partisans pro-Trump – dont plusieurs membres de l’extrême droite – a causé la mort de quatre manifestants et d’un policier, Brian Sicknick, qui a succombé à ses blessures jeudi.

Depuis, 15 personnes ont été inculpées, a annoncé le ministère de la Justice vendredi après-midi. Parmi les émeutiers accusés figure Richard Barnett, l’homme photographié dans le bureau de la présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi.

Un autre prévenu est soupçonné d’avoir déposé une bombe artisanale près du Congrès, a précisé Ken Kohl, du bureau du procureur fédéral de Washington.

Richard Barnett a pris la liberté de s'asseoir dans la chaise de la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi, mercredi.

© SAUL LOEB/Getty Images Richard Barnett a pris la liberté de s’asseoir dans la chaise de la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi, mercredi.

Par ailleurs, Donald Trump a annoncé vendredi, sur son compte Twitter, qu’il «n’assistera pas à la prestation de serment du 20 janvier». Il deviendra ainsi le premier président sortant depuis Andrew Johnson à ne pas assister à l’assermentation de son successeur.

Selon une source proche du dossier citée par Reuters, il est même question que Donald Trump quitte Washington la veille pour se rendre dans sa résidence en Floride.

Cette décision n’aurait rien d’étonnant, compte tenu du fait que Donald Trump répète depuis plusieurs semaines que la victoire lui a été volée et qu’il a été victime d’une vaste fraude électorale. Sa propre administration affirme plutôt que le vote a été juste et libre.

M. Trump a toutefois reconnu, jeudi, qu’il devait céder sa place, sans toutefois nommer ni féliciter Joe Biden pour sa victoire.

Le vice-président sortant Mike Pence devrait quant à lui assister à la cérémonie d’assermentation du président désigné le 20 janvier.

Un président « déséquilibré »

Enfin, Nancy Pelosi – qui a perdu son ordinateur portable lors de l’invasion du Capitole – a déclaré vendredi s’être entretenue avec l’armée américaine afin de s’assurer que Donald Trump – un «président déséquilibré», a-t-elle dit – ne puisse utiliser les codes nucléaires d’ici la fin de son mandat.

Joe Biden et Kamala Harris prêteront serment le 20 janvier à midi, respectivement comme président et vice-présidente des États-Unis.

Traditionnellement, le président sortant et le président désigné se rendent ensemble au Capitole pour incarner la transition pacifique. La cérémonie très attendue se déroule sur les marches du Congrès, devant les pelouses du National Mall.

Tous les quatre ans, des centaines de milliers de spectateurs se pressent dans la capitale fédérale américaine pour y assister, mais l’accès sera limité en raison de la pandémie de COVID-19.

Avec CBC/Radio-Canada

États-Unis: Le Capitole pris d’assaut par des partisans de Trump

janvier 6, 2021

Des partisans de Donald Trump se sont emparés du Capitole et ont affronté des policiers à l’intérieur du bâtiment, à Washington. Des détonations ont également été entendues à l’intérieur.

Des membres de la sécurité tiennent en joue avec leurs armes de service des manifestants qui tentent de briser une fenêtre pour s'introduire dans la Chambre des représentants.© J. Scott Applewhite/AP Des membres de la sécurité tiennent en joue avec leurs armes de service des manifestants qui tentent de briser une fenêtre pour s’introduire dans la Chambre des représentants.

Une femme aurait été blessée par balle dans le Capitole, selon les médias américains. Elle a été transportée à l’hôpital dans un état critique.

Les policiers du Capitole ont été débordés par les partisans de Donald Trump et plusieurs représentants de l’ordre auraient été blessés, selon des médias américains. Un policier aurait également ouvert le feu sur une manifestante.

Les États du Maryland et de la Virginie ont d’ailleurs envoyé 200 policiers chacun en renfort pour appuyer les forces de l’ordre de Washington.Des partisans de Donald Trump ont fait intrusion dans le Capitole au moment où le Congrès débattait de la certification de la victoire de Joe Biden.

© ANDREW CABALLERO-REYNOLDS/afp via getty images Des partisans de Donald Trump ont fait intrusion dans le Capitole au moment où le Congrès débattait de la certification de la victoire de Joe Biden.

Dans la foulée de l’intrusion des manifestants dans le Capitole, une image montre un membre du personnel de sécurité tenir un émeutier en joue.

Devant le chaos ambiant, la Maison-Blanche confirme que des militaires de la Garde nationale ont été envoyés au Capitole pour y rétablir l’ordre.

Le Congrès des États-Unis a dû suspendre une session destinée à certifier la victoire de Joe Biden à la présidentielle en raison l’irruption des manifestants dans le Capitole. Les membres du Congrès ont été évacués.

Le vice-président Mike Pence, qui présidait la séance, a notamment été évacué du Capitole. Il est en lieu sûr tenu secret. Il a appelé à l’arrêt «immédiat» des violences au Capitole.Un manifestant en faveur du président Trump prend la pause sur le siège du président du Sénat.© Compte Twitter de Steven Nelson, New York Post/Radio-Canada Un manifestant en faveur du président Trump prend la pause sur le siège du président du Sénat.

Un peu plus tôt, l’envahissement de l’entrée de l’enceinte par des manifestants a forcé l’évacuation de plusieurs bâtiments du Congrès.

La police a ordonné au personnel du Congrès d’évacuer le bâtiment Cannon ainsi que d’autres situés autour du Capitole, peu après la fin d’un discours de Donald Trump.Des manifestants pro-Trump ont réussi à pénétrer dans le Capitole, mercredi après-midi.

© Manuel Balce Ceneta/AP Des manifestants pro-Trump ont réussi à pénétrer dans le Capitole, mercredi après-midi.

«Nous ne concéderons jamais la défait», avait lancé Donald Trump à ses partisans dans son discours. Ces derniers, dont plusieurs militants d’extrême droite, s’étaient donné rendez-vous à Washington pour contester la certification de l’élection présidentielle américaine de novembre par le Congrès.

Le président américain a appelé ses partisans à éviter toute violence. «Soutenez la police du Capitole et les forces de l’ordre. Ils sont du côté de notre pays. Restez pacifiques!», a-t-il tweeté.

Le milliardaire républicain avait auparavant appelé ses partisans à aller protester contre la certification par les élus du Congrès de la victoire de son opposant démocrate, ayant lieu au même moment dans l’enceinte du Capitole..

Signe que la situation est très tendue, la mairesse de Washington a imposé un couvre-feu à partir de 18 h, et ce jusqu’à jeudi 6 h, heure locale.

«Je viens juste d’évacuer mon bureau à Cannon à cause d’une menace proche. Maintenant, nous voyons des manifestants attaquer la police du Capitole», a tweeté l’élue républicaine à la Chambre des représentants Nancy Mace.La police tente de retenir des partisans de Donald Trump essayant de franchir une barrière, mercredi 6 janvier 2021.

© Julio Cortez/AP La police tente de retenir des partisans de Donald Trump essayant de franchir une barrière, mercredi 6 janvier 2021.

Avec  CBC/Radio-Canada 

Trump n’est pas le bienvenu en Écosse, prévient la Première ministre

janvier 5, 2021

La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a prévenu ce mardi Donald Trump. Le confinement en vigueur dans la nation britannique, où il possède des golfs, ne lui permet pas de s’y rendre, après des informations de presse sur une possible visite à la fin de son mandat.

Selon le journal écossais Sunday Post, l’aéroport de Prestwick, dans l’est de l’Écosse, a été averti de l’arrivée du Boeing 757 qu’utilise parfois le président américain sortant pour le 19 janvier – soit la veille de l’investiture à la Maison Blanche de son successeur, le démocrate Joe Biden. Alimentant les spéculations sur une possible visite, le journal cite une intense activité sur cet aéroport d’avions de l’armée américaine, qui auraient effectué une mission de reconnaissance au Trump Turnberry, un des deux complexes de golf que le Républicain possède en Écosse. Contacté par l’AFP, l’aéroport de Prestwick a cependant affirmé via un porte-parole «ne pas attendre une visite de Donald Trump en janvier».

Interrogée à ce sujet lors d’une conférence de presse, la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a indiqué n’avoir «aucune idée des projets de voyage de Donald Trump», mis à part qu’elle «espère que son projet dans l’immédiat est de quitter la Maison Blanche». «Mais nous ne permettons pour le moment pas aux gens de venir en Écosse, sauf pour des voyages essentiels», a-t-elle rappelé, alors que la province britannique a durci lundi les conditions de son confinement. «Cela s’applique à lui comme à n’importe qui d’autre», a mis en garde la Première ministre, «Et venir jouer au golf est une raison que je ne considérerais pas comme essentielle».

Les spéculations vont bon train sur ce que fera Donald Trump, qui refuse toujours de reconnaître sa défaite, pour l’investiture de Joe Biden le 20 janvier. S’il ne se rendait pas à la cérémonie à Washington, il romprait avec une tradition vieille de plus d’un siècle.

Avec plus de 75.000 morts, le Royaume-Uni est l’un des pays d’Europe les plus endeuillés par le Covid-19 et la tendance s’est aggravée ces dernières semaines, en raison d’un nouveau variant plus contagieux du virus.

Par Le Figaro avec AFP

États-Unis: Bill Barr, l’allié fidèle qui a refusé de suivre Donald Trump dans sa croisade post-électorale

décembre 14, 2020

Le ministre américain de la Justice Bill Barr, qui a démissionné lundi, était un fidèle parmi les fidèles de Donald Trump, jusqu’à sa récente disgrâce pour avoir refusé de suivre le président républicain dans la contestation désespérée de sa défaite.

Donald Trump et Bill Barr le 11 juillet 2019 à Washington

© Brendan Smialowski Donald Trump et Bill Barr le 11 juillet 2019 à Washington

Comme il en a l’habitude, c’est le milliardaire qui a rendu la nouvelle publique sur Twitter, en joignant la lettre de démission de son ministre.

« Bill partira juste avant Noël pour passer les fêtes avec sa famille, le ministre de la Justice adjoint Jeff Rosen, une personne incroyable, assurera l’intérim », a écrit le président. « Notre relation a été très bonne » et M. Barr a « fait un travail exceptionnel », a-t-il ajouté.

Mais son départ était évoqué depuis quelques semaines. Il avait subi la colère de Donald Trump pour n’avoir pas dénoncé les fraudes électorales alléguées par l’hôte de la Maison Blanche et susceptibles selon lui d’invalider la victoire de Joe Biden à la présidentielle de novembre.

Les ministères de la Sécurité intérieure et de la Justice « ont enquêté et, pour l’instant, n’ont rien trouvé pour les étayer », avait-il déclaré le 1er décembre.

Donald Trump s’obstine à dénoncer des fraudes massives et refuse de reconnaître sa défaite. Mais son camp n’a jamais réussi à apporter la moindre preuve pour étayer ces accusations et les dizaines de recours en justice qu’il a présentés ont été quasiment tous rejetés, y compris ceux arrivés devant la Cour suprême.

L’ex-magnat de l’immobilier a aussi fait part ces derniers jours de sa « grande déception » car le ministre de la Justice n’a pas révélé avant l’élection de novembre l’existence d’une enquête sur la situation fiscale du fils de Joe Biden, Hunter.

Avec son air débonnaire et ses lunettes rondes, Bill Barr s’était pourtant imposé au sein du gouvernement comme l’un des plus solides défenseurs de Donald Trump et de la droite ultra-conservatrice.

– « Avocat du président » –

Ce juriste de 70 ans est un fervent partisan d’une lecture extensive des pouvoirs présidentiels, de la peine de mort, ou des pouvoirs de la police fédérale dans la gestion des manifestations contre les violences policières, mouvement historique qui traverse le pays depuis la mort de George Floyd.

A son arrivée à la tête du ministère en février 2019, cet homme calme, au ton bonhomme, jouissait d’une image assez lisse. Il avait déjà occupé ce poste au début des années 1990, un gage de sérieux dans une administration où les novices en politique étaient légion.

Mais ce relatif consensus a volé en éclat et Bill Barr s’est vite retrouvé affublé du surnom d' »avocat du président ». Il était notamment accusé d’avoir tout fait pour protéger M. Trump dans l’enquête du procureur spécial Robert Mueller sur une possible collusion entre la Russie et l’équipe de campagne du candidat républicain en 2016.

 Bill Barr le 9 avril 2019 lors d'une audition au Sénat à Washington

© SAUL LOEB Bill Barr le 9 avril 2019 lors d’une audition au Sénat à Washington

Fin 2019, il avait ainsi soutenu une théorie développée par le milliardaire, en totale contradiction avec son propre ministère.

M. Trump assurait alors que le FBI avait ouvert une enquête sur de possibles liens entre Moscou et son équipe de campagne pour des raisons politiques, une accusation balayée par l’inspecteur général, autorité indépendante au sein du ministère.

Mais Bill Barr avait préféré critiquer la police fédérale et la possible « mauvaise foi » de certains agents.

Selon ses partisans, ce natif de New York, diplômé de la prestigieuse université Columbia, ne défendait pas Donald Trump, mais la fonction présidentielle.

Il n’a eu de cesse de dénoncer l’opposition démocrate et la gauche américaine qui ont lancé selon lui « une attaque systématique des normes et de l’Etat de droit », soumettant le président à un « harcèlement constant ».

Catholique pratiquant, il a aussi déploré un déclin des valeurs religieuses aux Etats-Unis et une « campagne » des progressistes « pour détruire l’ordre moral traditionnel », tout en restant aux côtés d’un président deux fois divorcé et dont les commentaires sexistes avaient fait scandale en 2016. 

Avec AFP par bur-cyj/la