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Génocide des Tutsi : un rapport rwandais met en cause François Mitterrand

avril 19, 2021
Le président du Rwanda Juvenal Habyarimana reçu au Palais de l’Elysée par le président Francois Mitterrand, le 17 juillet 1992 à Paris.

Le rapport rwandais sur le rôle de la France dans le génocide des Tutsi, en 1994, a été remis officiellement au gouvernement ce 19 avril. Réalisé par un cabinet d’avocats américain, il documente l’implication française tout en s’efforçant de ne pas jeter de l’huile sur le feu, dans un contexte d’apaisement entre les deux pays.

Ceux qui s’attendaient à un tir de mortier lourd en seront pour leurs frais. Rendu public ce lundi 19 avril, le rapport d’enquête sur le rôle de la France au « pays des mille collines » durant la période 1990-1994 – avant et pendant le génocide contre les Tutsi – s’abstient de toute conclusion tapageuse susceptible de raviver les plaies, anciennes, autour d’un contentieux tragique qui aura dissuadé tout rapprochement diplomatique durable entre Kigali et Paris durant un quart de siècle.

En guise de slogan, nulle phrase-choc mais ce constat laconique, digne de l’understatement dont les Rwandais sont coutumiers : « La France a rendu possible un génocide prévisible. » Un verdict cryptique où les mots-clés tant attendus – « responsabilités », « complicité » françaises… – sont délibérément absents. « Nous n’abordons pas la question de la complicité, que d’ailleurs nous ne comprenons pas vraiment. Nous nous sommes surtout focalisés sur les faits », résume un officiel rwandais, sans plus d’explication.

Offense diplomatique

L’eau de la Kagera a coulé sous les ponts depuis la publication, en août 2008, du rapport de la Commission Mucyo, dont l’intitulé, à lui seul, sonnait comme une offense diplomatique faite à la France : « Commission nationale indépendante chargée de rassembler les éléments de preuve montrant l’implication de l’État français dans la préparation et l’exécution du génocide perpétré au Rwanda en 1994 ».

Outre des conclusions au vitriol, associant directement les autorités françaises de l’époque à la préparation puis à la mise en œuvre du génocide, cette commission de sept membres, présidée par feu Jean de Dieu Mucyo, ancien procureur général et ancien ministre de la Justice, avait en outre dressé une liste de treize personnalités politiques et de vingt militaires français dont l’implication personnelle était soulignée, ouvrant la voie à de possibles poursuites judiciaires. En France, cette première tentative rwandaise d’écrire l’histoire d’une aventure néo-coloniale sujette à controverse depuis tant d’années avait provoqué un tollé parmi les principaux protagonistes impliqués dans le dossier.

« Ce nouveau rapport constitue un acte d’accusation historique mais pas judiciaire. Il ne dédouane personne mais ne reprend pas la logique accusatoire du rapport Mucyo », résume aujourd’hui une source à la présidence rwandaise, indiquant à mots couverts que Kigali a eu le souci, dans un contexte d’apaisement diplomatique qui fait suite à l’élection d’Emmanuel Macron, en 2017, de ne pas jeter inconsidérément de l’huile sur le feu. Un parti pris qui se reflète dans la neutralité du titre du rapport : « Un génocide prévisible. Le rôle de l’État français en lien avec le génocide contre les Tutsi au Rwanda ».

DEPUIS TROP LONGTEMPS, L’ÉTAT FRANÇAIS SE DÉTOURNE DE LA VÉRITÉ

Autre innovation, et non des moindres : confier cette longue investigation (qui a débuté au début de 2017) au cabinet d’avocats américain Levy, Firestone & Muse, basé à Washington, DC. Un choix qui peut sembler paradoxal dès lors qu’une mise en cause devant la justice des protagonistes français impliqués dans ce dossier n’était pas l’objectif recherché par le gouvernement rwandais.

À Kigali, on rappelle que ce cabinet a une longue expérience en matière d’enquêtes complexes impliquant des États. Bob Muse a notamment été chargé de l’enquête du Sénat américain sur les responsabilités relatives à la gestion de l’ouragan Katrina, en 2005. Parmi les diverses références alignées sur le site du cabinet, d’autres dossiers sensibles sont mentionnés, en particulier dans le cadre d’investigations conduites par le Congrès des États-Unis : le Watergate ; l’opération Fast & Furious (des exportations d’armes illégales vers le Mexique pour lutter contre les cartels de la drogue) ; l’affaire Iran-Contra ; le « Bloody Sunday », en Irlande du Nord…

Des millions de pages

« Cette enquête a sollicité des centaines de témoins et de dépositaires de documents sur trois continents, elle a donné lieu à des entretiens avec 250 témoins en anglais, en français et en kinyarwanda, à la collecte et à l’analyse de millions de pages de documents, transcriptions et articles de journaux de l’époque, principalement dans ces trois langues », écrivent les rapporteurs. Parmi les témoins entendus « off-the-record » figurent d’ailleurs une poignée de militaires français en désaccord avec la ligne officielle alors défendue par Paris. Et le président Paul Kagame a lui-même été interviewé par les enquêteurs du cabinet d’avocats américain.

En revanche, en dépit du réchauffement diplomatique intervenu depuis plus de trois ans, les enquêteurs ont trouvé porte close à Paris. « L’État français, bien qu’ayant connaissance de cette enquête, n’a pas coopéré. (…) L’État rwandais lui a transmis plusieurs demandes de documents établissant les faits. L’État français a accusé réception de ces demandes les 29 décembre 2019, 10 juillet 2020 et 27 janvier 2021 mais n’y a pas donné suite », peut-on lire dans le rapport.

Responsabilités politiques

À l’arrivée, ce pavé de 580 pages offre un complément utile à celui rendu public le 26 mars par la commission d’historiens présidée, en France, par Vincent Duclert (qui en totalisait près de 1 000). « Même s’il n’y a eu aucune coordination entre les deux commissions, le contenu de leurs rapports respectifs va globalement dans le même sens », résume une source à la présidence rwandaise.

Une appréciation qui est toutefois partiellement contredite dans la préface du rapport livré à Kigali : « La conclusion de la commission Duclert laisse entendre que l’État français était « aveugle » face au génocide à venir. Ce n’est pas le cas. (…] L’État français n’était ni aveugle ni inconscient au sujet de ce génocide prévisible. »

UNE OPÉRATION MILITAIRE SECRÈTE AVAIT ÉTÉ LOGÉE DANS L’OPÉRATION TURQUOISE

Revendiquant leur volonté de se focaliser sur les responsabilités politiques de Paris, avant comme après le génocide, les autorités rwandaises assument n’avoir pas cherché à documenter de manière pointilleuse certains épisodes, pourtant hautement sensibles, comme l’opération Turquoise (juin-août 1994), abusivement présentée comme humanitaire mais qui a servi par ricochet à différer la défaite du camp génocidaire tout en lui offrant un corridor sécurisé pour fuir impunément vers l’ex-Zaïre. Un choix qui sera certainement considéré comme discutable par les observateurs critiques du rôle de la France, d’autant que la même source précise aussitôt que « Turquoise n’était pas monolithique : une opération militaire secrète avait été logée dans cette opération présentée comme humanitaire ».

Des miliciens hutus et des militaires français de l’opération Turquoise à Gisenyi, au Rwanda, le 27 juin 1994.

En revanche, le rapport rwandais innove en repoussant la limite de son enquête bien au-delà de la fin du génocide, en juillet 1994. « Au cours des années qui ont suivi, de nombreuses actions ont été conduites par Paris pour tenter de saboter de manière occulte l’action du nouveau régime rwandais, résume notre source à la présidence. Ces tentatives de dissimulation ont notamment impliqué les présidents Jacques Chirac et François Hollande. »

L’engagement néocolonial de Mitterrand

Mais en toute logique, c’est leur prédécesseur, François Mitterrand, qui est désigné comme le principal inspirateur de la politique anachronique et mortifère conduite au Rwanda entre 1990 et 1994 : « L’arrogance de l’engagement néocolonial du président Mitterrand au Rwanda s’est exprimée dans le fait de promouvoir les intérêts géopolitiques de l’État français en se moquant des conséquences que cela pouvait avoir pour les Tutsi au Rwanda. »

« Pour la politique française au Rwanda, le nœud du problème n’était pas le génocide qui se profilait mais plutôt le fait d’empêcher le FPR [Front patriotique rwandais] d’établir ce que le président Mitterrand a appelé, en juin 1994, un « Tutsiland » », ajoutent les avocats américains.

Normalisation

Les 18 et 19 mai, Paul Kagame est attendu à Paris où il doit participer successivement au sommet sur le financement des économies d’Afrique subsaharienne et à une rencontre portant sur le Soudan. De son côté, Emmanuel Macron devrait effectuer en mai une visite officielle à Kigali dont les dates ne sont toujours pas arrêtées officiellement.

L’occasion, pour les deux hommes, de pousser un peu plus loin la normalisation engagée depuis 2017 ? D’ores et déjà, certains se mettent à espérer que le président français pourrait, à cette occasion, sortir du déni qui a cadenassé depuis près de 27 ans toute parole de repentance de la part des représentants de l’État français. « Nous n’exigeons pas d’excuses », indique une source officielle à Kigali – jusque-là, seuls la Belgique, les États-Unis, le Vatican et l’ONU en ont présenté.

Et la même source d’ajouter qu’« Emmanuel Macron souhaite faire à cette occasion un geste solennel ».

Avec Jeune Afrique par Mehdi Ba

Le ministre de la Santé du Québec, Christian Dubé, devrait avoir mardi l’avis des experts qui recommanderont d’offrir ou non le vaccin d’AstraZeneca aux moins de 55 ans.

avril 19, 2021

Une fiole du vaccin AstraZeneca.

© Jens Schlueter/Getty Images Une fiole du vaccin AstraZeneca.

Les gouvernements de l’Ontario et de l’Alberta ont décidé de rendre le vaccin d’AstraZeneca disponible aux 40 ans et plus. Étant donné la hausse importante du nombre de cas dans ces provinces, les experts jugent que les bénéfices de la vaccination des personnes plus jeunes sont plus grands que les inconvénients.

Le Comité sur l’immunisation du Québec doit faire la même analyse.

«Le ministère nous a demandé la semaine dernière d’évaluer ça. On a notre rencontre demain après-midi. On devrait pouvoir donner la réponse à ce moment-là», affirme un des membres du Comité, médecin-épidémiologiste à l’Institut national de santé publique du Québec et professeur en épidémiologie à l’Université Laval, Gaston De Serres.

Les experts devront évaluer les coûts et les bénéfices de la vaccination des personnes de moins de 55 ans avec ce vaccin.

Les facteurs à prendre en compte sont nombreux. «Ça peut être de prévenir la maladie, mais c’est plutôt les issues graves comme être hospitalisé, être admis aux soins intensifs qui sont les problèmes les plus sérieux. Comme on parle d’un effet secondaire sérieux, on veut comparer avec des bénéfices qui sont vraiment très importants», a expliqué Gaston De Serres au micro de l’émission Première heure.

Données britanniques

Selon les données de la Grande-Bretagne, le risque de faire une thrombose cérébrale après avoir reçu une dose du vaccin d’AstraZeneca serait d’environ une personne sur 100 000, chez les 40 à 55 ans. Les femmes seraient aussi plus sujettes aux thromboses que les hommes.

Cela serait inférieur au risque de faire une thrombose cérébrale en prenant un anovulant.

Cependant, le problème, selon Gaston De Serres, c’est que les données des autres pays européens ne sont pas disponibles par groupes d’âge. Difficile, donc, de comparer les données de la Grande-Bretagne avec celles des autres pays.

«Un des problèmes qu’on a, c’est que les données européennes, ce qu’on n’a pas facilement, c’est combien de doses ont été données pour avoir ce nombre de problèmes là. Quel est le risque par 100 000 individus vaccinés? On a des données précises qui nous viennent [seulement] de Grande-Bretagne», précise-t-il.

Long terme?

L’autre inconnue, c’est l’effet de la COVID-19 à long terme.

«Parmi les gens qui ont fait la COVID, il y en a un pourcentage non négligeable qui traînent des symptômes pendant des mois. On ne connaît pas encore les conséquences à long terme de cette maladie», mentionne Gaston De Serres.

Le Comité sur l’immunisation du Québec devrait remettre ses recommandations en fin de journée mardi au ministère de la Santé, mais la décision d’offrir ou non le vaccin d’AstraZeneca reviendra au ministre de la Santé, Christian Dubé.

 Avec Jean-François Nadeau

Mauricie et au Centre-du-Québec: Une semaine déterminante pour éviter de basculer en zone rouge

avril 18, 2021

La région reviendra-t-elle en zone rouge? La question est sur toutes les lèvres depuis que le nombre de cas est reparti à la hausse au cours des derniers jours en Mauricie et au Centre-du-Québec atteignant la moyenne des 50 cas quotidiens. Pendant ce temps, le casse-tête se poursuit dans les écoles qui doivent composer avec des cas de variants.

 Ce sont 31 nouveaux cas de COVID-19 qui ont été enregistrés, dimanche, en Mauricie et au Centre-du-Québec.

© undefined Ce sont 31 nouveaux cas de COVID-19 qui ont été enregistrés, dimanche, en Mauricie et au Centre-du-Québec.

Le nombre d’hospitalisations sera également à surveiller, alors que celui-ci a doublé au cours des derniers jours, passant d’une dizaine à une vingtaine de patients traités pour la COVID-19. Avec les nouveaux cas qui se sont ajoutés au cours de la dernière semaine, les prochains jours devraient être déterminants à ce chapitre puisqu’il faut généralement un certain temps avant que les gens se retrouvent à l’hôpital.

«Si ça continue comme ça, on n’aura pas le choix, mais si les gens font attention et que le nombre de cas freine, on devrait être correct», croit le Dr Frédéric Picotte, un médecin de famille qui fait également de l’urgence, à Shawinigan, et qui fait partie des personnalités et des experts de la région qui se sont joints à la campagne «Comptez-sur moi» pour encourager la vaccination.

«Par contre, si on continue de se voir et qu’on suit plus ou moins les mesures parce qu’on est fatigué, on risque de voir le nombre d’hospitalisations augmenter de manière proportionnelle, c’est mathématique, continue-t-il. C’est vraiment au cours de la prochaine semaine que l’on va voir si ça augmente encore. Elle sera déterminante pour savoir si on se ramasse en zone rouge.»

«On voit ce qui se passe en Ontario et à Québec. On sait que quand le nombre de variants prédomine, le nombre de cas augmente. C’est un signe pour nous en Mauricie qu’il faut continuer d’appuyer les mesures, le temps qu’on vaccine le plus grand nombre de personnes, poursuit-il. Notre meilleure protection pour prévenir un nouveau variant encore plus contagieux, c’est la vaccination.»

Celui-ci se réjouit d’ailleurs de l’engouement que l’on a pu observer au cours des dernières semaines pour la vaccination, notamment avec les files d’attente que l’on a pu voir un peu partout dans la région pour recevoir une première dose d’AstraZeneca.

«Ce qui me motive beaucoup, ce sont les données scientifiques. C’est de voir que les pays qui ont mis ça à l’avant-plan et qui ont réussi à vacciner massivement leur population, ils n’ont pas eu de troisième vague. Si on regarde l’Angleterre, on voit dans les chiffres que ça fait une grosse différence, rappelle-t-il. C’est la meilleure façon de retrouver notre liberté et j’ai bien hâte que l’on retrouve une vie normale. Oui c’est important de continuer d’appliquer les mesures en attendant, mais c’est le vaccin qui va faire une différence.»

Deux fois moins de cas que la veille dans la région

Il y avait d’ailleurs quelques nouvelles encourageantes en ce qui concerne le portrait de la COVID-19 en Mauricie et au Centre-du-Québec, dimanche, alors que le nombre de nouveaux cas déclarés était deux fois moins élevé que la veille et que les hospitalisations étaient reparties à la baisse. 

Après plusieurs journées avec un nombre de cas qui demeurait élevé, le CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec a en effet déclaré 31 nouveaux cas, dimanche, soit 17 en Mauricie et 14 au Centre-du-Québec. Les nouveaux cas étaient répartis entre Drummond (5), Arthabaska (5), Shawinigan (5), Trois-Rivières (4), Maskinongé (3), Mékinac (3), des Chenaux (2), Nicolet-Yamaska (2), Bécancour (1) et L’Érable (1).[object Object]

Avec 30 nouvelles personnes qui se sont rétablies de la maladie, c’est seulement un cas actif de plus qui s’est ajouté pour un total de 370, soit 161 en Mauricie et 209 au Centre-du-Québec. La tendance de la dernière semaine avait tout de même eu une incidence sur le taux de cas actifs qui s’élève à 70,9 par 100 000 habitants. Ce qui se rapproche de l’Estrie (75,9) et du Saguenay-Lac-Saint-Jean (79,0).

Pour ce qui est des hospitalisations, on comptait 17 personnes hospitalisées, dont seulement deux se trouvaient aux soins intensifs. C’est une baisse marquée par rapport à vendredi, alors que sept patients occupaient l’un des dix lits disponibles aux soins intensifs du CHAUR de Trois-Rivières.

Le nombre de variants est toutefois beaucoup plus élevé que la veille. Ce sont en effet 404 cas présomptifs qui avaient été déclarés positifs au criblage dans la région, dimanche, ce qui représente une augmentation de 60 par rapport à samedi. Le nombre de cas confirmés comme étant de la souche britannique demeurait toutefois toujours à six, selon les données de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Pour ce qui est de la vaccination, ce sont 141 499 doses qui ont été administrées en Mauricie et au Centre-du-Québec. C’est 3517 de plus que ce qui avait été déclaré, la veille, sur le site du gouvernement du Québec.

Rappelons qu’après une pause, en fin de semaine, la vaccination sans rendez-vous avec les doses d’AstraZeneca reprendra lundi. Des cliniques auront lieu à Sainte-Tite, de 8h30 à 16h, et à Nicolet, de 12h à 19h.

Par ailleurs, pour une deuxième nuit consécutive, la police de Trois-Rivières indiquait ne pas avoir remis de constat d’infraction en lien avec le non-respect du couvre-feu, dans la nuit de samedi à dimanche.

Des cas de variants à la Riveraine

Le centre de services scolaire de la Riveraine a également fait savoir, dimanche, que des cas de variants dans certains établissements entraînent la rupture de certains parcours du transport scolaire pour une période indéterminée.

Le CSS rapporte un cas de variant à l’école primaire Jean-XXIII, à Saint-Wenceslas, ce qui implique l’isolement à la maison d’un groupe classe et de plusieurs membres du personnel jusqu’au 28 avril. Cela occasionne aussi la fermeture du service de garde pour une période indéterminée en raison d’un manque de personnel.

Un cas de variant à l’école secondaire la Découverte, à Saint-Léonard-d’Aston, oblige aussi la fermeture de tous les groupes du premier cycle (1re et 2e secondaire) du 19 au 30 avril inclusivement. 

Il y a aussi les élèves de 5e secondaire du Séminaire Saint-Joseph qui devront faire l’école à distance jusqu’au 30 avril. Selon ce qu’indiquait Radio-Canada Mauricie, dimanche, neuf enseignants doivent se placer en isolement après avoir été en contact avec un élève ayant contracté la COVID-19.

Avec  Sébastien Lacroix – Le Nouvelliste 

Guyane: difficile combat contre le variant brésilien, devenu majoritaire

avril 17, 2021
Guyane: difficile combat contre le variant bresilien, devenu majoritaire
Guyane: difficile combat contre le variant brésilien, devenu majoritaire© AFP/Archives/jody amiet

Le variant brésilien ? « Aucune idée de ce que c’est, il n’y a que les scientifiques qui le savent », sourit Gui, Guyanais de 84 ans. Contrairement à la population, les autorités locales s’inquiètent, ont renforcé les restrictions et étendu la vaccination aux plus de 30 ans.

En Guyane, département qui partage une frontière fluviale et terrestre de 730 kilomètres avec le Brésil, « Le variant P1, dit brésilien, représente aujourd’hui plus de 84 % des prélèvements positifs », a indiqué cette semaine le préfet Thierry Queffelec.

Selon les autorités sanitaires, « la couverture vaccinale de 5,32 % en Guyane reste trop limitée pour protéger le territoire », elles ont donc annoncé élargir la cible vaccinale aux personnes de plus de 30 ans, dans cette région où une personne sur deux a moins de 25 ans.

Pourtant, au centre de vaccination de l’Encre, le seul de Guyane, les patients venus recevoir leur injection ne semblent pas tous s’en inquiéter.

Outre Gui, l’octogénaire, qui se dit, en souriant, pas du tout effrayé par le variant brésilien, Thomas, 32 ans, se montre tout aussi décontracté. Il espère même pouvoir voyager au Brésil bientôt grâce au vaccin.

Le personnel de santé enchaîne les vaccins sans temps mort, « entre 60 et 100 piqûres par jour », précise l’un d’eux. Cependant, pas de bousculade, ni de file d’attente, les patients arrivent 15 minutes avant l’heure du rendez-vous, se font enregistrer et passent dans une des sept lignes de vaccination.

Hervé, 73 ans, est venu avant tout pour prémunir sa famille. En revanche, le variant l’inquiète un peu plus que les autres. « Nous sommes voisins du Brésil, où la contamination est énorme, il était nécessaire de me protéger à ce niveau-là », car il n’est pas serein: « nous n’avons pas de frontière », déplore-t-il, « on ne sait pas qui rentre et qui sort ».

Contenir le variant

La suspension des liaisons aériennes entre la France et le Brésil a braqué les projecteurs sur la Guyane voisine. Mercredi, le ministère de l’Intérieur annonçait la mise en place de tests antigéniques à l’arrivée des vols en provenance de Cayenne, en plus du test PCR négatif et du motif impérieux obligatoire pour voyager.

Le lendemain, la préfecture dévoilait un nouveau train de mesures : un couvre-feu du samedi 19H00 au lundi 05H00 dans huit communes, dont Cayenne et Kourou, un auto-test à réaliser à l’aéroport pour les voyageurs vers Paris, et un renforcement des contrôles à la frontière avec le Brésil.

A l’hôpital de Cayenne, le plan blanc a été déclenché mercredi, 18 des 23 lits de réanimation étant occupés, en majorité par des malades du Covid-19. La Guyane a connu une remontée fulgurante du taux d’incidence ces dernières semaines. Il culmine à 173 cas pour 100.000 habitants et atteint 200 à Cayenne et les communes limitrophes.

La prégnance du variant brésilien incite maintenant des personnes à se faire vacciner.

Fatoumata Traoré, infirmière au Centre Hospitalier de Cayenne, remarque que beaucoup d’institutrices viennent au centre de vaccinations. « Elles craignent d’être contaminées à la reprise des cours par des élèves qui seraient allés au Brésil pendant les vacances », explique-t-elle à l’AFP, « ces personnes n’étaient pas très motivées mais sont venues ».

Le récent arrêt des liaisons aériennes entre la France et le Brésil ne concerne pas le département, car il n’y a plus de liaisons aériennes entre la Guyane et le Brésil depuis longtemps, l’unique compagnie assurant ces vols a quitté le territoire dès le premier confinement.

Mais si la frontière terrestre est fermée depuis plus d’un an, elle reste poreuse, des piroguiers parviennent à déjouer la surveillance sur le fleuve Oyapock. Le trafic des pirogues a diminué mais n’a pas cessé. En revanche, le prix de la traversée a augmenté.

Cayenne avec (AFP) –

Royaume-Uni: L’Adieu au Prince Philip

avril 17, 2021

Avec France24

La famille Castro passe le flambeau à Cuba

avril 17, 2021

À la fin du huitième congrès du Parti communiste cubain (PCC), lundi prochain, et pour la première fois depuis 1959, Cuba n’aura plus à sa tête un Castro.

La génération historique des Castro passe le flambeau. Le secrétaire général du parti, Miguel Diaz Canel, sera le président.

© /Radio-Canada La génération historique des Castro passe le flambeau. Le secrétaire général du parti, Miguel Diaz Canel, sera le président.

La «génération historique» passe ainsi le flambeau. Le président Miguel Diaz Canel succédera à Raul Castro à titre de secrétaire général du parti.

Dans l’ombre du grand frère

Fidel Castro aura régné sans partage sur l’île communiste à compter de la révolution de 1959. Il avait cependant confié à son frère Raul la direction de l’armée, un poste clé.

Lorsqu’il tombe malade, en 2006, Fidel se retire peu à peu et cède le pouvoir à Raul, même s’il reste très présent dans les grandes affaires d’État jusqu’à sa mort, en 2016, à l’âge de 90 ans.

Raul Castro devient officiellement président en 2008 tout en étant secrétaire général du Parti communiste cubain, où réside le vrai pouvoir. Même après son arrivée officielle à la tête de l’État, il est toujours resté dans l’ombre de Fidel.

Raul Castro a été au centre du développement du tourisme à Cuba, un de ses rares succès économiques.

Fidel et Raoul Castro chantant l'Internationale socialiste.

© /Radio-Canada Fidel et Raoul Castro chantant l’Internationale socialiste.

Il cède la présidence à Miguel Diaz Canel au septième congrès du PCC en 2016, mais demeure secrétaire général.

Miguel Diaz Canel cumulera à son tour les deux postes lors de la dernière journée du congrès, lundi. Pour la première fois, Cuba sera gouverné par un civil, et les derniers membres de la génération historique du parti feront également leurs adieux.

Une situation économique catastrophique

Les Cubains ont l’impression de revivre les années noires de la «période spéciale en temps de paix» des années 1990, après la chute de l’Empire soviétique et la fin de l’aide de l’URSS.

Pénuries et files d’attente sont de nouveau à l’ordre du jour. Cette fois-ci, c’est l’aide – et surtout le pétrole – du Venezuela, pays en faillite, qui n’arrive plus. La COVID-19 a forcé la fermeture de l’île et les devises des touristes se sont taries.

Les plages sont désertées par les touristes à Cuba.

© /Radio-Canada Les plages sont désertées par les touristes à Cuba.

La détente des années de Barack Obama paraît bien loin : Donald Trump a rétabli et même renforcé les sanctions américaines que son prédécesseur avait levées. Ainsi, l’argent que les Cubains de Miami envoyaient à leurs familles sur l’île n’arrive plus.

Et malgré ses promesses, Joe Biden ne semble pas pressé de lever ces sanctions. Ce n’est pas une priorité, a-t-il fait savoir.

Des réformes difficiles

Cuba s’est résigné à lancer des réformes douloureuses et longtemps repoussées, comme l’unification des monnaies. Le CUC (Convertible Unit Currency) n’existe plus, il ne reste que le peso cubain. Au taux officiel, le dollar américain vaut 24 pesos cubains. Sur le marché noir, beaucoup plus.

La baisse du pouvoir d’achat aggrave la situation de pénurie. Le secteur privé a été ouvert à davantage de métiers et devrait déboucher sur la création de petites entreprises et l’accès à des marchés de gros.

Une rue commerçante achalandée avant la pandémie

© /Radio-Canada Une rue commerçante achalandée avant la pandémie

Petite révolution dans les campagnes : pour la première fois depuis 1963, les fermiers cubains pourront consommer et commercialiser de la viande de bœuf, qui était jusqu’ici monopole d’État, pourvu que les quotas de production soient respectés.

Les vaches étaient sacrées à Cuba et on disait même en plaisantant qu’il était moins grave d’écraser un humain qu’une vache sur les routes.

L’espoir des vaccins

La fermeture de l’île, les contrôles sanitaires stricts et les confinements ont permis à Cuba de limiter les dommages de la COVID-19.

On y recense jusqu’ici 90 000 cas et 491 décès seulement.

Un vaccin contre la COVID-19 fait à Cuba

© /Radio-Canada Un vaccin contre la COVID-19 fait à Cuba

Cuba est en train de mettre au point ses propres vaccins. Deux d’entre eux, Soberana 2 et Abdala, sont en phase 3 et ont déjà été inoculés à une partie de la population.

Ils seront fin prêts en juin et seront exportés puis offerts aux touristes, ont assuré les autorités.

Et la dissidence?

L’accès à Internet sur téléphone mobile est en train de tout changer à Cuba.

Des artistes ont formé le groupe de San Isidro et ont protesté contre le manque de liberté. Un groupe de rappeurs a composé une chanson intitulée Patria y Vida (la patrie et la vie), qui fait un malheur sur les réseaux sociaux. Elle parodie le slogan révolutionnaire cubain Patria o Muerte (la patrie ou la mort).

Les manifestations sont réprimées, mais de façon plus «légère». Elles sont considérées comme de la subversion, mais elles sont commentées et débattues dans les organes d’État, journaux et chaînes de télévision. Une première.

Jusqu’où ira la tolérance? La question est à l’ordre du jour au congrès du PCC.

Avec Radio-Canada par  Jean-Michel Leprince

Élisabeth II et son royaume ont fait leurs adieux au prince Philippe

avril 17, 2021

La famille royale britannique a fait ses adieux au prince Philippe, qui aura été aux côtés de la reine Élisabeth II pendant 73 ans. Venus se recueillir au sein de la chapelle Saint-Georges, ses proches, réunis en comité restreint, l’ont conduit dans son dernier repos.

Des membres de la Marine royale ont transporté le cercueil du prince Philippe jusqu’à l’intérieur de la chapelle Saint-Georges.

© KIRSTY WIGGLESWORTH/Getty Images Des membres de la Marine royale ont transporté le cercueil du prince Philippe jusqu’à l’intérieur de la chapelle Saint-Georges.

Au terme d’une cérémonie toute en sobriété, le cercueil du prince Philippe a été descendu dans le caveau royal, crypte où il restera jusqu’à ce que la reine l’y rejoigne. Ainsi réunis, les époux auront pour dernière demeure la chapelle du Memorial du roi George VI, père d’Élisabeth II.

Quelques jours avant son 95e anniversaire, la reine a perdu «son roc», celui qui à titre de prince consort détient le record de longévité d’un conjoint de monarque britannique. Il aurait eu 100 ans le 10 juin prochain.

Le doyen de Windsor, le pasteur David Conner, a loué l’«inébranlable loyauté» du prince Philippe envers la reine, son «courage», sa «force d’âme» et sa «foi».

L’archevêque de Canterbury Justin Welby, chef spirituel des anglicans, a donné la bénédiction qui a clos l’office.

La reine Élisabeth II était assise à l'écart du reste de la famille royale, à l'intérieur de la chapelle Saint-Georges.

© WPA Pool/Getty Images La reine Élisabeth II était assise à l’écart du reste de la famille royale, à l’intérieur de la chapelle Saint-Georges.

Tout juste avant que le cercueil soit transporté dans l’enceinte de la chapelle, une minute de silence a été observée à la mémoire du prince.

À sa suite, des membres de la famille royale ont marché solennellement, le silence rompu seulement par les tirs de la Royal Horse Artillery.

Mené par Charles, le prince héritier de la couronne, et sa sœur la princesse royale Anne, le cortège a ainsi suivi le cercueil jusqu’à la chapelle.

Derrière eux ont défilé les enfants de la reine et du prince Philippe, ainsi que leurs petits-fils William et Harry. Entre les deux frères aux relations distendues se trouvait leur cousin Peter Philips, fils de la princesse Anne.

La reine Élisabeth II a pour sa part participé au cortège funéraire à bord de sa Bentley royale.

Des membres de la famille royale composent le cortège funéraire, à la suite du Land Rover transportant le cercueil du prince Philippe.

© WPA Pool/Getty Images Des membres de la famille royale composent le cortège funéraire, à la suite du Land Rover transportant le cercueil du prince Philippe.

Transporté à bord d’un austère Land Rover vert militaire – véhicule que le duc a lui-même contribué à concevoir –, le cercueil, recouvert de l’étendard personnel du prince, de son épée, de sa casquette de la marine et d’une couronne de fleurs, a quitté en fin de matinée le château de Windsor en direction de la chapelle.

À la demande du prince Philippe, la famille royale a délaissé l’idée de tenir des funérailles nationales au profit d’une cérémonie plus intime – plus restreinte encore que le patriarche n’aurait pu l’imaginer, pandémie oblige.

En raison des règles sanitaires en vigueur en Angleterre, seuls 30 proches du duc d’Édimbourg, masqués et distancés, ont pu assister aux obsèques.

Bien que le public a été appelé à ne pas se rassembler devant les résidences royales, de nombreux Britanniques sont venus déposer des gerbes de fleurs aux abords du château de Windsor et faire leurs adieux au prince.

Le Royaume-Uni observe un deuil national depuis la mort du duc d’Édimbourg, le 9 avril dernier.

Les funérailles de prince Philippe n’ont pas manqué de refléter son passé militaire, le cortège étant formé de nombreux membres de la Marine britannique, au sein de laquelle le duc a combattu pendant la Seconde Guerre mondiale.

Des gens se rassemblent à l'entrée du château de Windsor, dans l'espoir d'apercevoir le cortège menant le prince Philippe vers son dernier repos.

© TOLGA AKMEN/Getty Images Des gens se rassemblent à l’entrée du château de Windsor, dans l’espoir d’apercevoir le cortège menant le prince Philippe vers son dernier repos.

Une première rencontre de famille

Pour les Windsor, ces funérailles sont aussi l’occasion de se réunir après les crises récentes.

C’est la première fois depuis sa mise en retrait tonitruante de la monarchie et son départ outre-Atlantique que le prince Harry retrouve en public la famille royale, marquée par l’ombre des accusations de racisme et d’indifférence que son épouse et lui-même ont portées lors d’une interview retentissante accordée à Oprah Winfrey.

Enceinte de leur deuxième enfant, l’épouse de Harry, Meghan Markle, est restée aux États-Unis sur les conseils de son médecin.

Les princes William et Harry se tenaient près du cercueil du duc d'Édimbourg, séparés par Peter Philipps, fils de la princesse Anne.

© VICTORIA JONES/Getty Images Les princes William et Harry se tenaient près du cercueil du duc d’Édimbourg, séparés par Peter Philipps, fils de la princesse Anne.

Sur le plan vestimentaire néanmoins, la famille royale britannique va présenter un front uni. Tous sont en tenue civile, une manière d’éviter de distinguer les princes Andrew et Harry, tous deux très attachés à l’armée mais en retrait de la monarchie.

L’apparition en uniforme du prince Andrew, deuxième fils de la reine et ex-pilote d’hélicoptère, aurait fait mauvais genre vu son amitié avec le défunt financier Jeffrey Epstein, poursuivi pour trafic de mineures.

Avec CBC/Radio-Canada

Génocide des Tutsi : un prêtre franco-rwandais incarcéré en France

avril 17, 2021
Exposition au Mémorial du génocide de Kigali

Un prêtre rwandais, installé depuis plus de 20 ans en France et naturalisé, est incarcéré depuis mercredi, rattrapé par des accusations sur son rôle lors du massacres de Tutsi réfugiés dans son église en avril 1994, au début du génocide.

Marcel Hitayezu, né en 1956, a été mis en examen (inculpé) mercredi, accusé d’avoir « privé de vivres et d’eau des Tutsi s’étant réfugiés dans son église » et d’avoir « fourni des vivres aux miliciens ayant attaqué les Tutsi réfugiés » dans sa paroisse de Mubuga, dans le Sud du Rwanda, a-t-on appris vendredi auprès du Parquet national antiterroriste (Pnat), également chargé du suivi des dossiers de crimes contre l’humanité.

« Marcel H. a contesté ces faits lors de son interrogatoire devant le juge d’instruction », a précisé le Pnat dans un communiqué.

Selon une source proche de l’enquête, le prêtre a été interpellé mercredi par les enquêteurs de l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité (OCLCH), à son domicile d’un village du Sud-Ouest de la France, dont il était, selon le diocèse, vicaire de la paroisse.

Génocide et complicité de crimes contre l’humanité

Cette arrestation a été ordonnée par un magistrat du pôle « Crimes contre l’humanité » du tribunal de Paris, chargé depuis le 26 juillet 2019 d’une enquête visant le prêtre, ouverte trois ans après le refus définitif de la justice française, en octobre 2016, d’extrader Marcel Hitayezu vers le Rwanda.

À l’issue de son interrogatoire, le prêtre été mis en examen, notamment pour « génocide » et « complicité de crimes contre l’humanité », puis placé en détention provisoire.

Selon le quotidien catholique français La Croix, le prêtre, après trois ans passés dans des camps de réfugiés dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), était « arrivé entre 1998 et 1999 » dans le diocèse de La Rochelle (Sud-Ouest), avant de se voir accorder le statut de réfugié en « janvier 2011 ».

« Cachée dans les cadavres »

Cette mise en examen « est une excellente nouvelle », a réagi Alain Gauthier, cofondateur du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR), partie civile dans le dossier. « L’Église doit s’interroger sur la façon de donner des responsabilités à des gens soupçonnés d’avoir participé au génocide », a-t-il estimé.

Un autre prêtre catholique réfugié en France, Wenceslas Munyeshyaka, lui aussi accusé d’avoir joué un rôle dans les massacres de 1994, a bénéficié d’un non-lieu en 2015.

En décembre, une journaliste de l’AFP, qui accompagnait Alain Gauthier dans ses enquêtes au Rwanda, a recueilli les témoignages de deux rescapées de Mubuga.

Ces deux femmes, qui ont souhaité gardé l’anonymat, ont affirmé que le prêtre avait l’habitude d’entonner devant les réfugiés terrorisés des « chants habituellement chantés pendant les veillées des morts », alors que rôdaient les « Interahamwe », milices extrémistes hutu et bras armés du génocide. « On était comme des morts-vivants », a lâché l’une d’elles.

L’une de ces rescapées, âgée de 10 ans en 1994, a raconté, secouée de pleurs, être restée dans l’église « deux semaines cachée dans les cadavres de sa famille » tant elle était effrayée après l’attaque des miliciens, jusqu’à ce qu’un bulldozer venu ramasser les corps la fasse émerger de cet abîme.

C’EST MARCEL QUI A LIVRÉ LES TUTSI QUI ÉTAIENT DANS L’ÉGLISE

Joint par téléphone vendredi au Rwanda, Bernard Kayumba, 52 ans, qui a passé trois jours dans l’église de Mubuga avant de pouvoir s’enfuir, a réagi avec émotion. « Vraiment ? », a-t-il lancé, ajoutant: « je suis très content, c’est une nouvelle très bien reçue ».

Bernard Kayumba était en 1994 étudiant au grand séminaire et connaissait l’abbé Hitayezu depuis sa paroisse natale. « J’ai été extrêmement déçu; il a montré le comportement d’un criminel », a estimé Bernard Kayumba.

« Il faisait des réunions avec les autorités génocidaires locales, avec le bourgmestre, avec les gendarmes, sous nos yeux; c’est Marcel qui a livré les Tutsi qui étaient dans l’église », a-t-il assuré, « il faut que Marcel puisse répondre de ses actes ».

Entre avril et juillet 1994, le génocide contre les Tutsi a fait entre 800 000 (selon l’ONU) et 1 million de victimes (selon Kigali).

Le sort judiciaire des suspects réfugiés en France est un des points de tension entre Paris et Kigali, relation empoisonnée par la question du rôle des autorités françaises en 1994. Le ton est désormais à l’apaisement depuis le rapport de l’historien français Vincent Duclert, qui a conclu en mars à des « responsabilités lourdes et accablantes » de Paris lors des massacres.

Sept accusés ont été renvoyés aux assises en France pour des crimes liés à ce génocide, mais seuls trois ont été déjà jugés et condamnés. Une trentaine d’enquêtes se poursuivent.

Par Jeune Afrique avec AFP

Au Panama, un chat convoyeur de drogues capturé aux abords d’une prison

avril 16, 2021

Son petit sac en tissu accroché autour de son cou avait attiré l’attention : un chat convoyeur de drogues a été capturé aux abords d’une prison du Panama, ont annoncé vendredi 16 avril les autorités du pays d’Amérique centrale. Ce «narcogato» (chat trafiquant de drogue) comme le nomment les médias panaméens, a été capturé à l’extérieur de la prison de Nueva Esperanza où sont entassés plus de 1700 détenus, dans la province caribéenne de Colon, à environ 80 kilomètres au nord de la capitale Panama.

«L’animal avait un tissu attaché autour du cou qui contenait plusieurs paquets (…) de matière végétale et des emballages en plastique transparent avec de la poudre blanche», a expliqué Andrés Gutiérrez, directeur général du système pénitentiaire panaméen. «Une enquête a été ouverte sur l’utilisation d’animaux pour le transfert de substances illicites au centre pénitentiaire de Nueva Esperanza», a annoncé le procureur de la province en charge des narcotrafics, Eduardo Rodriguez. Les stupéfiants retrouvés seraient de la cocaïne, du crack et de la marijuana.

Pour les inciter à rentrer dans la prison et faire office de convoyeur de drogue, les animaux sont généralement nourris par les prisonniers, a ajouté Eduardo Rodriguez, précisant qu’une fois l’enquête terminée le chat sera remis à un centre d’adoption. Le Panama compte plus de 18.000 détenus dans 23 prisons, dont la plupart sont surpeuplées. Ce n’est pas la première fois que des animaux sont utilisés pour transporter de la drogue dans les cellules. Le «narcogato» avait été précédé par des tentatives d’utilisation de pigeons ramiers.

Pays de transit de la cocaïne sud-américaine vers les Etats-unis, le Panama a saisi 84 tonnes de différentes drogues en 2020, principalement de la cocaïne, approchant le record de 2019 de 90 tonnes.

Par Le Figaro avec AFP

Canada: La frontière entre le Québec et l’Ontario fermée dès lundi

avril 16, 2021

Le Québec a emboîté le pas au gouvernement ontarien et a décidé de fermer lui aussi sa frontière la plus à l’ouest, vendredi soir, au moment où l’Ontario est en proie à une situation sanitaire qui n’a rien de rassurante, selon les experts. À partir de lundi, des barrages routiers seront érigés par les deux provinces pour restreindre les déplacements non-essentiels.

La ministre de la Sécurité publique du Québec, Geneviève Guilbault

© Jacques Boissinot La Presse canadienne La ministre de la Sécurité publique du Québec, Geneviève Guilbault

« Dès lundi, nous fermerons notre frontière avec l’Ontario et nous assurerons un contrôle serré des déplacements. Nous sommes en discussion avec le gouvernement ontarien pour déterminer les modalités », a annoncé la ministre de la Sécurité publique du Québec, Geneviève Guilbault, vendredi soir.

Son annonce est survenue peu après celle du premier ministre ontarien, Doug Ford, qui s’est dit inquiet de « perdre la bataille entre les variants et les vaccins ». Il a annoncé la fermeture de ses frontières avec le Québec et le Manitoba, parmi une série nouvelles mesures sanitaires.

Les seules exceptions permises pour se rendre en Ontario seront pour le travail, l’obtention de soins médicaux et le transport de marchandises. Le premier ministre Ford a également exhorté le fédéral de restreindre encore plus les déplacements internationaux.

« Si une personne n’a pas de raison valide pour se rendre en Ontario, elle devra faire demi-tour », a averti la solliciteuse générale de l’Ontario, Sylvia Jones, lors d’un point de presse, vendredi après-midi.

L’Ontario a également prolongé à six semaines son « ordonnance de rester à la maison », décrétée la semaine dernière et ayant pour but de réduire les déplacements non essentiels. La province a rejeté l’idée d’imposer un couvre-feu similaire à celui en vigueur au Québec. Elle imposera toutefois de nouvelles restrictions à la pratique de sports extérieurs, comme le golf, et interdira dès samedi les rassemblements extérieurs de personnes issues de foyers différents.

Nouveaux barrages

Les villes d’Ottawa et de Gatineau seront ainsi une nouvelle fois séparées par des barrages policiers, après une première interdiction des déplacements interprovinciaux non-essentiels au printemps dernier, imposée par le Québec. « J’espère que les raisons humanitaires seront permises. On a besoin d’exceptions », a réagi le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, peu après l’annonce de l’Ontario qui n’en faisait pas mention. Le maire invite le gouvernement Ford à tenir compte de la réalité de la région frontalière, où les résidants ont l’habitude de se déplacer d’une rive à l’autre de la rivière des Outaouais. « Mais c’est une décision qui leur appartient », conclut-il.

Le maire d’Ottawa, Jim Watson, a pour sa part critiqué plus sévèrement la mesure de son gouvernement. « Je n’ai jamais été un grand adepte des barrages », a-t-il laissé tomber, vendredi soir, dans un appel avec des journalistes. « Nous n’avons pas été consultés. C’est une loi de la province de l’Ontario, nous n’avons pas beaucoup de choix, et ça va nous coûter beaucoup d’argent pour les services policiers. »

Bientôt 15 000 cas ?

Les nouvelles mesures imposées par l’Ontario sont justifié par une importante dégradation de sa situation sanitaire, et des projections qui laissent entrevoir une catastrophe à venir. La province enregistrait vendredi un autre record de nouveaux cas de COVID-19, à 4812. Des modélisations présentées par des experts gouvernementaux vendredi ont dressé un portrait encore plus inquiétant : si des mesures fortes n’étaient pas prises par l’Ontario, le nombre de ses nouveaux cas par jour pourrait dépasser les 15 000. Déjà, tant les cas de COVID-19 et les hospitalisations sont à leur plus haut niveau depuis le début de la pandémie dans cette province.

Le premier ministre fédéral Justin Trudeau a par ailleurs offert vendredi matin au gouvernement Ford de déployer en Ontario des effectifs de la Croix-Rouge, dont des unités mobiles de vaccination et un coup de main dans les hôpitaux et les foyers de soins de longue durée. Une porte-parole du premier ministre Ford a toutefois indiqué aussitôt que le gouvernement déclinait l’offre d’Ottawa, parce qu’inutile. Selon son gouvernement, l’Ontario a besoin de plus de vaccins, pas de vaccinateurs.

Appel aux autres provinces

Le gouvernement Ford a par contre demandé à d’autres provinces de lui prêter des infirmières et d’autres travailleurs de la santé, alors que les hôpitaux sont poussés à bout, surtout aux soins intensifs, par la flambée des infections et la pénurie de personnel.

Dans une lettre à ses homologues des autres provinces et territoires, la sous-ministre de la Santé de l’Ontario, Helen Angus, explique que sa province aura besoin de 4145 infirmières de plus dans le seul secteur hospitalier au cours des quatre prochains mois. Elle demande aussi 620 autres professionnels de la santé, y compris des infirmières et des inhalothérapeutes. Le besoin est le plus aigu dans le sud de l’Ontario, plus précisément dans le Grand Toronto et les environs immédiats.

Avec La Presse canadienne par  Boris Proulx