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Peut-on laver ses masques chirurgicaux?

décembre 1, 2021

Les masques chirurgicaux sont considérés comme des dispositifs médicaux à usage unique. Pourtant, ils conservent leur propriété filtrante et leur respirabilité même après 10 lavages. C’est du moins ce que conclut une étude française publiée en octobre dans la revue scientifique Chemosphere. Devriez-vous mettre vos masques dans votre prochaine brassée? Pas si vite…

© Shutterstock.com

Une équipe de chercheurs démontre que les masques de propylène lavés jusqu’à 10 fois à l’eau chaude avec détergent respectent toujours les normes européennes de filtration bactérienne et de respirabilité. Plus précisément, ils conservent une capacité de filtration supérieure à 98 % des particules d’une taille de 3 microns.

Une fois lavés, ils demeurent même plus performants que les masques de tissu les plus filtrants, soit ceux certifiés de catégorie 1. Ces couvre-visages, qui sont notamment faits de coton et qui comportent généralement trois couches, doivent assurer une efficacité de filtration supérieure à 90 % pour la même taille de particules.

Pour cette raison, les auteurs de l’étude prônent la réutilisation du masque chirurgical dans les situations de contact prolongé, comme au cinéma ou dans les transports en commun.

Cette mesure aurait non seulement un avantage sanitaire et économique, mais aussi écologique. Selon les chercheurs, la réutilisation des masques chirurgicaux permettrait de diviser par 10 leur consommation.

Les propriétés perdues au lavage

Les auteurs de l’étude ne recommandent toutefois pas le lavage du masque au personnel médical travaillant en salle d’opération, puisque le matériau, une fois lavé, perd de ses propriétés de protection contre les projections de gouttelettes (de sang, par exemple). Cela ne l’empêche pas de demeurer efficace pour la population générale, d’après eux.

Par ailleurs, les résultats révèlent que, une fois lavé, le masque chirurgical perd drastiquement de son efficacité à filtrer les plus fines particules, à savoir les aérosols d’une taille inférieure à 1 micron, qui pourrait correspondre à la taille du virus.

Quand les jeter?

Si leur étude a porté sur 10 lavages, «il est possible que le masque tienne plus longtemps», expliquait au journal Le Monde Philippe Cinquin, coordinateur scientifique du Centre d’investigation clinique du CHU de Grenoble et coauteur de l’étude. Mais comment savoir quand le jeter? «La réponse est probablement “lorsqu’il ne s’adapte pas bien au visage”», écrivent les chercheurs, puisque l’ajustement est essentiel au bon fonctionnement du masque.

Ils conseillent aussi de se fier à son aspect: quand il est abîmé et présente, par exemple, des peluches, il vaut mieux le jeter. «Ce boulochage entraîne une usure inconfortable et peut définir la fin de vie du masque même si les propriétés de filtration restent efficaces», poursuivent-ils.

L’efficacité et la durée de vie du masque sont, d’après eux, surtout liées à ses points les plus fragiles, soit la barrette d’ajustement nasale et les élastiques et leurs points de soudure, des endroits que l’utilisateur doit vérifier pour déterminer si le masque peut encore être porté.

Le lavage ne passe pas la norme nord-américaine

Que penser de ces résultats? Nous avons posé la question à Loïc Wingert, spécialiste en aérosols et en filtration à l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST). Bien qu’il juge cette étude de qualité, il constate que les conclusions peuvent difficilement s’appliquer au Québec en raison de la norme de qualité nord-américaine (ASTM). Cette dernière diffère des standards européens auxquels les fabricants doivent se conformer pour mettre en marché leurs masques.

«Les normes européennes et nord-américaines ont les mêmes exigences d’efficacité de filtration bactérienne à 3 microns, de respirabilité du masque et de projection aux fluides. Mais, contrairement à l’Europe, la norme nord-américaine exige un test supplémentaire: le masque doit filtrer efficacement les particules ultrafines de 0,1 micron (ou 100 nanomètres)», explique Loïc Wingert.

Or, si l’étude montre que le lavage n’a pas d’impact sur la capacité à filtrer les particules d’une taille de 1 à 3 microns, il en est autrement pour les plus fines particules. Ces dernières ne sont plus filtrées efficacement après un seul lavage. Résultat: votre masque passé à la laveuse ne serait plus conforme à la norme ASTM exigée au Québec, comme le fait remarquer l’expert de l’IRSST.

D’autres études moins convaincantes

D’autres études récentes se sont aussi penchées sur la question du lavage des masques chirurgicaux. L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) en fait la recension dans cette revue de littérature. Il conclut que les études sont peu nombreuses, et leurs résultats, variables.

«La plupart des études tendent davantage à montrer qu’il y a une perte d’efficacité et de capacité de filtration [des particules ultrafines] après le lavage. Quand on regarde l’ensemble des données, et pas uniquement l’étude européenne, on constate qu’il est encore un peu tôt pour dire à la population qu’elle serait protégée si elle lavait ses masques», résume la Dre Chantal Sauvageau, médecin spécialiste à l’INSPQ.

Recherchez les masques réutilisables certifiés BNQ

Pour l’instant, les recommandations restent donc les mêmes: optez pour un masque de qualité, c’est-à-dire un masque chirurgical qui répond à la norme ASTM. Une fois souillé ou mouillé, ce masque doit être jeté, ou recyclé lorsque c’est possible, comme le rappelle la Dre Sauvageau.

Les masques de tissu certifiés BNQ sont aussi considérés de qualité par l’INSPQ, puisqu’ils répondent à des standards de qualité. Bien qu’encore peu répandus sur le marché, ils attestent d’une meilleure protection qu’un masque chirurgical lavé ou un couvre-visage en tissu non certifié, selon Loïc Wingert, de l’IRSST.

Par Mathilde Roy 

Variant Omicron : Gabriel Attal confirme « 13 cas suspects » en France

décembre 1, 2021

Le porte-parole du gouvernement a indiqué qu’il y aurait des « cas avérés » de variant Omicron en France dans les prochains jours. Il y en a déjà 13 suspects.

Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, a confirme la presence du variant Omicron sur le territoire francais.
Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, a confirmé la présence du variant Omicron sur le territoire français.© Sébastien Muylaert / MAXPPP

Olivier Véran avait averti : le variant Omicron circule déjà en France. Gabriel Attal a fait une déclaration en ce sens mercredi 1er décembre, à l’issue du conseil des ministres. « À l’heure à laquelle je vous parle, il y a 13 cas suspects du variant Omicron sur notre territoire, ce sont des cas suspects, c’est-à-dire pour lesquels un criblage a laissé penser qu’il y avait une possibilité de variant Omicron. Tous ces cas sont en train d’être séquencés », a expliqué le secrétaire d’État à la sortie du conseil des ministres. « Ne soyons donc ni dupes ni naïfs, il y aura très probablement des cas sur notre territoire dans les prochaines heures ou les prochains jours », a-t-il ajouté. Précisant qu’« aucune donnée consolidée ne nous permet de conclure que ce variant serait plus dangereux ou plus résistant aux vaccins », il a souligné qu’il « n’y a pas de panique, mais une vigilance maximale » sur ce sujet.

Concernant l’actuelle vague de contaminations, « la situation sanitaire s’aggrave très nettement, et très rapidement sur notre territoire », a souligné Gabriel Attal, constatant une « reprise massive de l’épidémie » avec mardi 47 177 nouveaux cas, « un niveau jamais atteint depuis le printemps ».

« La tension hospitalière augmente nettement », a-t-il aussi relevé, et, même si « elle reste heureusement plus mesurée que lors des précédentes vagues grâce au vaccin, elle pourrait rapidement devenir une contrainte forte pour l’hôpital ». « Les admissions ont augmenté de 40 % cette dernière semaine, il y a aujourd’hui 20 % de patients hospitalisés, 25 % de patients en réanimation de plus que la semaine dernière. Le nombre d’hospitalisations vient de franchir la barre des 10 000 pour la première fois depuis le mois d’août », a-t-il ajouté.

Les vols avec l’Afrique australe reprennent, sous condition

« Toutes les régions à l’exception de la Normandie sont au-dessus du seuil d’alerte maximale de 200 pour 100 000 habitants. Dans 15 départements, dont Paris, le Rhône, les Bouches-du-Rhône, le taux d’incidence dépasse 400. En Ardèche, il frôle même les 600 » dans « l’un des départements où la couverture vaccinale est nettement en dessous de la moyenne nationale », a-t-il encore détaillé.

Gabriel Attal a aussi annoncé mercredi que les vols avec dix pays de l’Afrique australe reprendront à partir de samedi avec un encadrement « drastique » qui ne permettra de voyager qu’aux Français, aux ressortissants de l’UE, aux diplomates et aux navigants. Ces voyageurs subiront en outre un test Covid à leur arrivée en France, suivi d’un isolement de sept jours en cas de résultat négatif et de dix jours si le résultat est positif. Par ailleurs, tous les voyageurs provenant d’un pays hors de l’UE, même vaccinés, devront présenter un test négatif de moins de 48 heures.

Par Le Point avec AFP

Congo : plusieurs jeunes boucantiers de Brazza et Ponton mangent du caca des inconnus pour de l’argent

décembre 1, 2021

La course a de l’argent facile prend des proportions inquiétantes au Congo, pays où la réussite est désormais liée à son appartenance à la franc-maçonnerie. Un jeune qui vient d’être délivré dans une église confie qu’ils sont nombreux à accepter des conditions impossibles pour devenir riches dans la vie. Beaucoup de jeunes qui font le boucan dans les deux grandes villes du pays mangent du caca pour le plaisir des esprits qui leur procurent de l’argent mystique. C’est l’une des conditions imposées par la Loge.

«N’enviez jamais tous ces jeunes qui vous voyez dans la ville rouler dans de belles voitures, vivre dans une belle villa et dépenser des sous à tout va! Ils vivent un calvaire quotidien» a confessé ce jeune auprès du pasteur.

Fatigué de manger du caca des inconnus au quotidien, ce jeune a décidé un bon matin de mettre terme à cette pénitence et n’a pas trouvé mieux que la maison de Dieu pour échapper aux représailles. Il a confié s’être débarrasser de toutes les richesses accumulées en mangeant du caca des inconnus. La secte dans laquelle il était lui interdit formellement de démissionner au risque des sévères représailles dont la mort.

Étant donné que Dieu reste le maître des circonstances que son amour est totalement gratuit, ce jeune s’est donc confié aux hommes de l’église pour son salut. Son pasteur et les membres de cette église affirment avoir été victime des attaques de la Loge les premiers jours des séances de délivrance de ce jeune. Un combat spirituel qu’ils ont gagné avec l’aide de Dieu.

Aujourd’hui sauvé, ce jeune tente aussi d’en faire de même avec certains de ses amis restés dans la Loge et qui continuent de manger du caca des inconnus. «J’avais une vie de rêve, toutes les belles filles de Brazzaville à mes pieds, mais Dieu m’a fait savoir que ce n’était pas celle-là ma vie et je devais le servir » affirme ce jeune la trentaine révolue.

Beaucoup de jeunes ont choisi la voie de la facilité en adhérant massivement aux Loges avec des conditions que l’on sait. Certains livrent leurs fesses, d’autres mangent du caca des inconnus et tous sacrifient les membres de leurs familles ou des innocents pour de l’argent et la réussite socio-professionnelle.

Avec Sacer-infos par Stany Frank

Canada-Québec/Enquête sur les décès en CHSLD : « On n’a pas vu venir la rapidité dans ces milieux-là »

décembre 1, 2021

La suite du volet national de l’enquête sur la gestion de la pandémie, qui s’est ouverte lundi matin à Shawinigan, a permis de mettre en lumière que la menace dans les Centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) a été largement sous-estimée en janvier 2020. L’orientation était dirigée vers les milieux de soins de courte durée, les hôpitaux, mais les milieux de soins de longue durée n’étaient pas sur le radar du comité scientifique de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Les audiences publiques se déroulent cette semaine au palais de justice de Shawinigan.

© Martin Chabot/Radio-Canada Les audiences publiques se déroulent cette semaine au palais de justice de Shawinigan.

On n’avait pas vu venir la rapidité [de propagation] dans ces milieux-là », concède d’entrée de jeu le Dr Jasmin Villeneuve, médecin-conseil à l’INSPQ, répondant sans détour à une question de la coroner Géhane Kamel. Dès le début de la pandémie, le chef d’équipe était chargé de coordonner les activités scientifiques en matière de contrôle des infections nosocomiales, de surveillance et de prévention en milieux de soins.

Lors de son témoignage, le Dr Villeneuve a indiqué qu’au tout début de l’année 2020, l’accent était mis sur la transmission dans la communauté. Le comité scientifique a observé que les aînés formaient une clientèle particulièrement touchée fin janvier, début février.

L’expert a par ailleurs indiqué que la pandémie a mis en évidence le besoin de consolider les pratiques de prévention et contrôle des infections en soins de longue durée. L’évolution rapide des connaissances a obligé les experts à s’ajuster rapidement et de façon continue. Le Dr Villeneuve estime nécessaire et toujours d’actualité d’augmenter les ratios d’infirmières spécialisées en prévention dans les milieux de soins.

Recommander le port du masque, sans céder à la pression

Le 18 mars, l’INSPQ a recommandé le port du masque en CHSLD en présence d’un cas confirmé dans un contexte où les quantités d’équipements étaient très limitées.

L’expert en infections n’a pas nié qu’il s’est exercé une certaine pression, compte tenu des bas inventaires.

Il insiste néanmoins pour dire que la pression n’a pas influencé la recommandation scientifique du port du masque. Ce n’est pas à nous de gérer le stock, c’est plate à dire, mais c’est ça .»

Une veille» des articles scientifiques

Le témoignage du Dr Villeneuve a aussi permis d’apprendre que son comité colligeait une manne d’informations dès la fin du mois de janvier 2020. L’INSPQ a procédé à une veille d’articles scientifiques, venus de partout dans le monde. Les articles étaient classés par thèmes et catégories, puis partagés quotidiennement sous forme de liste à de nombreux acteurs du milieu. Cette liste a notamment été faite pour le compte du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Le Dr Villeneuve a indiqué que le directeur national de santé publique, Dr Horacio Arruda, a demandé à avoir un résumé des articles répertoriés, ce qui a été fait sur une période d’environ un mois, en février 2020, avant qu’on y mette fin. L’exercice consommait énormément de temps et de ressources humaines », a précisé le Dr Villeneuve. Dès lors, chaque acteur était responsable d’aller chercher l’information qui l’importait.

Géhane Kamel a indiqué que la veille des articles la tracasse particulièrement.

Elle a demandé à recevoir la liste des articles de la veille scientifique répertoriés en janvier, février et mars 2020, de même que la liste des destinataires.

Concernant les travaux à venir en janvier

Géhane Kamel a tenu à faire une mise au point relativement au report du volet recommandations qui devait avoir lieu cette semaine, mais qui se tiendra plutôt en janvier. La coroner a expliqué avoir comme objectif de terminer en janvier, mais dit avoir reçu un nombre considérable de pièces documentaires à observer.

Bien qu’elle garde le cap sur l’objectif, elle ne ferme pas la porte à réentendre des témoins si elle a l’impression qu’on n’a pas bouclé la boucle », expliquant vouloir s’assurer de remplir son mandat et de répondre aux questions des familles.

Avec Radio-Canada par Marie-Ève Trudel

Congo-Revendications sociales : les retraités de la CRF pourront relancer leur sit-in au Palais des congrès

décembre 1, 2021

Les pensionnés de la Caisse de retraite des fonctionnaires (CRF) pourront renouveler leur sit-in illimité au Palais des congrès, si jamais le gouvernement ne trouve une réponse urgente à leurs revendications. Le collectif des syndicats des retraités l’a souligné, le 30 novembre à Brazzaville, à la Commission économie et finances (Ecofin) de l’Assemblée nationale.

Malgré les assurances qu’ils ont eues de la part du chef du gouvernement, Anatole Collinet Makosso, et du président du Sénat, Pierre Ngolo, les retraités de la CRF ont tenu à croiser la chambre basse du Parlement pour exposer leurs doléances. Ils ont souligné à la commission Ecofin que depuis 2016, le rythme de paiement de leurs pensions de retraite a changé. Ce qui fait qu’ils accusent à ce jour trente-huit mois d’arriérés de pensions. Dans la loi de finances 2022, ils espéraient une ligne de crédit conséquente leur permettant de retrouver le calendrier initial de paie mais hélas ! Pour cette année, le gouvernement n’a prévu que 49 milliards FCFA à cet effet, contre plus de 130 milliards de la masse annuelle.

Une somme qu’ils estiment maigre, car selon eux, elle ne représente à peine que quatre mois de pension à payer dans l’année. Ils se sont donc rapprochés de l’Assemblée nationale, garante de l’autorité budgétaire, pour espérer des ajustements à leur profit dans ladite loi de finances en examen.  

Entre-temps, les retraités menacent de renouveler leur avis de sit-in intermittent au siège du Parlement, si jamais le gouvernement ne trouve une solution idoine et définitive à leurs revendications sociales. 

« Nous sommes venus vous dire, vous qui votez les lois de la République, de trouver une issue à notre situation. Faute de quoi, nous viendrons assiéger ici, le Parlement, où vous travaillez », a prévenu Eugène Bakoula, le porte-parole des syndicats des pensionnés de la CRF.

Ayant recueilli leurs doléances, le président de la commission Ecofin de la chambre basse du Parlement a déclaré : « Nos compatriotes admis à la retraite sont venus nous présenter leurs doléances. Nous avons résolu de travailler techniquement et politiquement afin qu’une réponse durable soit trouvée à la question de paiement des pensions de nos aînés admis à la retraite. L’affaire sera débattue avant tout à la Commission économie et finances, avant d’ouvrir des débats avec le ministre des Finances, pour qu’un ajustement soit porté dans la loi de finances 2022 en examen. Cette solution sera présentée à l’ensemble des députés lors de la séance plénière qui se tiendra avant le 20 décembre », a rassuré Maurice Mavoungou, président de la commission Ecofin de l’Assemblée nationale.

Avec Adiac-Congo par Firmin Oyé

Canada-Étudiants africains francophones refusés au Québec : « C’est un scandale! »

décembre 1, 2021

Depuis plusieurs années, les cégeps et les universités du Québec se heurtent à un problème commun et constant : les demandes de permis d’études provenant d’Afrique francophone sont massivement refusées par Ottawa.

Immigration Canada rejette massivement, depuis plusieurs années, les demandes de permis d'études provenant de certains pays d'Afrique francophone, au grand désarroi de nombreux établissements québécois.

© Ivanoh Demers/Radio-Canada Immigration Canada rejette massivement, depuis plusieurs années, les demandes de permis d’études provenant de certains pays d’Afrique francophone, au grand désarroi de nombreux établissements québécois.

«C’est un scandale!», s’emporte Sylvain Blais, le directeur général du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue.

L’an passé, les cégeps ont accueilli près de 5000 étudiants étrangers, dont plus de deux tiers de Français. Un nombre en hausse constante depuis une décennie.

Le nombre d’Africains est cependant famélique. On compte par exemple autant de Camerounais accueillis dans le réseau collégial public que de Chinois, soit environ 4 % des effectifs internationaux.

«Inacceptable», «discriminatoire», «un bourbier»

Au Québec, comme l’a expliqué Radio-Canada la semaine passée, le taux de refus de ces dossiers est nettement plus élevé que dans le reste du Canada.

En moyenne, tous pays confondus, 61 % des demandes de permis d’études visant un établissement québécois, qui avait déjà donné son accord à l’étudiant, ont été rejetées en 2020. Des chiffres bien différents de l’Ontario (47 %) et de la Colombie-Britannique (37 %), les deux autres provinces qui accueillent le plus d’étudiants étrangers au pays.

Ces données varient encore lorsqu’on se penche sur la citoyenneté de ces étudiants. L’immense majorité des demandes provenant du Sénégal, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, du Togo, de la Guinée, de l’Algérie ou de la République démocratique du Congo – des pays où la langue française est couramment utilisée – sont refusées par Immigration Canada.

Le ministre Fraser troublé

Selon l’entourage du nouveau ministre fédéral de l’Immigration, Sean Fraser, ce dernier aurait été troublé par ces récentes révélations. Il est au fait de l’enjeu, il se penche sur la question et a demandé des pistes de solution, car les chiffres semblent indiquer un problème», nous a-t-on glissé.

L’ensemble des universités et des cégeps contactés par Radio-Canada ignoraient jusqu’à maintenant ces données et l’ampleur de ces refus.

«C’est inacceptable et scandaleux», affirme, avec véhémence, le président de la Fédération des cégeps, Bernard Tremblay.

«Cette situation nuit à l’image des cégeps» qui tentent de recruter des étudiants à travers le monde «pour assurer la vitalité de nos programmes», reprend-il.

«On se bat, mais on fait face à une action bureaucratique indescriptible et un bourbier qui met vraiment à mal nos efforts», reprend Bernard Tremblay.

Le Cégep de Matane recrute désormais, en grande majorité, des étudiants français.

© Boris Firquet/Radio-Canada Le Cégep de Matane recrute désormais, en grande majorité, des étudiants français.

Face à cette problématique, des établissements ont confié à Radio-Canada avoir abandonné l’idée d’attirer des étudiants africains. C’est le cas par exemple du Cégep de Matane.

«On a consacré beaucoup d’efforts en Afrique du Nord, pour très peu de résultats. On a toujours été confrontés à la difficulté d’avoir ces permis», raconte Brigitte Lavoie, qui s’occupe du développement international de l’établissement.

Même constat dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. C’était 99 % d’énergie pour 1 % de rendement», se désole France Voisine, directeur adjoint des études du Cégep de Saint-Félicien.

«C’est une aberration totale, surtout au moment où il y a des besoins de main-d’œuvre», affirme Sylvain Blais.

«C’est incohérent», souligne pour sa part Sabrina Potvin, coordonnatrice au Cégep de Jonquière. Ce dernier a récemment haussé le ton pour déplorer le refus d’Immigration Canada visant des étudiants ghanéens, qui avaient pourtant obtenu une bourse d’excellence du Québec.

«C’est un non-sens et c’est préoccupant. On a besoin d’une explication. Est-ce qu’on recrute pour rien dans certains pays? On a besoin de savoir», lance-t-elle.

Un traitement différent pour l’Inde et la Chine

Face au nombre important de demandes de résidences temporaires provenant de l’Inde et de la Chine, Immigration Canada a lancé, dès 2018, un programme d’intelligence artificielle pour traiter les demandes de visas touristiques. Ce système, qui a pour objectif d’éliminer certains biais discriminatoires, a, depuis, été élargi à l’étude des demandes de permis d’études de ces deux pays, qui se comptent, annuellement, par dizaines de milliers.

Avant la pandémie, en 2019, le taux d’acceptation des demandes de permis d’études étaient de 64 % pour l’Inde et de 85 % pour la Chine.

Ce programme d’intelligence artificielle est différent de l’outil informatique utilisé par les agents d’immigration pour analyser les dossiers provenant d’autres pays. En 2018, pour accélérer le traitement de ces demandes, Immigration Canada a lancé Chinook. Il s’agit d’un système qui réunit différentes informations dans une feuille de calcul Excel, avant que l’agent ne prenne une décision finale.

Un plan» réclamé à Immigration Canada

Plusieurs universités tiennent un discours similaire. Ce phénomène n’est pas nouveau», regrette le chancelier de l’Université de Montréal, Frantz Saintellemy.

Ce dernier cite l’un des principaux motifs de refus avancés par Immigration Canada : la crainte, par les agents, que l’étudiant ne retourne pas dans son pays d’origine. Mais dans les faits, dit-il, c’est le genre d’immigrants qu’on veut. «Il aura développé des compétences, il se sera intégré. On veut qu’ils restent le plus longtemps possible.»

Pierre Cossette, qui est recteur de l'Université de Sherbrooke, préside le Bureau de coopération interuniversitaire (BCI).

© /Radio-Canada Pierre Cossette, qui est recteur de l’Université de Sherbrooke, préside le Bureau de coopération interuniversitaire (BCI).

Il y a un manque d’arrimage dans l’application des stratégies des gouvernements provinciaux et fédéral», constate Pierre Cossette, recteur de l’Université de Sherbrooke et président du Bureau de coopération interuniversitaire.

Ce n’est pourtant pas la première fois qu’un tel problème est soulevé. Au printemps, un rapport gouvernemental du Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration avait mis en exergue cet enjeu.

Différents témoins ont relaté des exemples identiques, et les membres de ce comité avaient recommandé à Immigration Canada d’examiner les taux d’acceptation des étudiants étrangers dont les demandes sont traitées en Afrique, plus particulièrement dans les pays d’Afrique francophone» et d’élaborer un plan pour augmenter les taux d’acceptation des étudiants de cette région».

Une telle recommandation a-t-elle été suivie? Immigration Canada n’a pas répondu à nos questions.

Avec Radio-Canada par Romain Schué

Guinée : le testament de M’mah Sylla, victime de violences sexuelles 

décembre 1, 2021
M’mah Sylla, 25 ans, est décédée le 20 novembre à Tunis, où elle avait été évacuée après avoir subi plusieurs viols commis par deux hommes qui se disaient médecins en Guinée. © DR

Impunité et mauvaise gouvernance : telles sont les causes de la tragédie qui a frappé la jeune Guinéenne de 25 ans, décédée après plusieurs viols le 20 novembre dernier. Oser se dresser collectivement contre ces fléaux est le seul moyen d’honorer sa mémoire.

Nous refusons toujours de nous rendre à l’évidence. Nous continuons à faire semblant. Nous persistons à croire que les problèmes vont se régler d’eux-mêmes, comme par miracle. Pis, nous paraissons avoir abandonné notre sort entre les mains d’un messie – que je plains grandement –, pensant naïvement, et peut-être cyniquement, qu’il surgira bien de quelque part pour régler tous nos problèmes.  N’est-ce pas là, précisément, la recette la plus aboutie de l’échec ?

Tous coupables

Pourquoi nous entêtons-nous à croire qu’une personne seule trouvera la solution pour les 12 à 13 millions de Guinéens que nous sommes sans que nous ayons à jouer notre partition ? Sommes-nous à ce point anesthésiés et rendus aveugles par des décennies de laisser-faire, de pagaille, d’injustice, d’impunité et de mauvaise gouvernance ? Car, oui, pour moi, la tragédie qu’a vécue M’mah Sylla résulte de cette mauvaise gouvernance qui sévit depuis trop longtemps et qui reste largement impunie. Je la considère comme le plus grand de nos maux, le cancer de notre société. Une société si aliénée que tout ce qui est anormal ailleurs est érigé en règle chez nous et célébré comme étant l’excellence même !

L’impunité face aux violences économiques, politiques, sociales et celles basées sur le genre, dont nos populations sont victimes, a élevé le malfrat au rang de héros de tous les temps.

L’IMPUNITÉ ET LA CULTURE DES PETITS ARRANGEMENTS NOUS ONT ABÊTIS, RENDUS MESQUINS ET MÉDIOCRES

L’impunité a perverti notre système de valeurs et couvert de honte ceux d’entre nous qui ont embrassé le service public afin de servir, produire des résultats et rendre des comptes à leurs concitoyens. L’impunité et la culture des petits arrangements nous ont abêtis, rendus mesquins et médiocres. L’impunité nous a presque vidés de notre humanité ! Humanité pourtant célébrée par nos anciens dans notre belle charte du Manden. Mais à quoi sert de bomber le torse en clamant avec fierté que cette charte est l’ancêtre de la déclaration des droits de l’Homme si chaque jour, à travers nos actes et nos attitudes, nous la foulons aux pieds et la vidons de sa substance?

M’MAH EST MORTE PARCE QUE NOUS AVONS ÉTÉ SI PEU NOMBREUX À NOUS DRESSER CONTRE CETTE MAUVAISE GOUVERNANCE

M’mah est morte à cause de nous tous, parce que nous avons préféré nous adonner à d’autres passe-temps, plutôt que de régler les vrais problèmes qui, en réalité, ne sont pas si difficiles à résoudre. M’mah est morte parce que nous avons été si peu nombreux à nous dresser contre cette mauvaise gouvernance. Pourtant, pas besoin de kalachnikov pour mettre fin à l’impunité ! Il suffit de faire preuve de fermeté et d’équité.

Intérêts égoïstes

Pourquoi rechignons-nous tant à sévir ? Quand un cadre commet une faute, nous déployons moult efforts pour convaincre sa hiérarchie d’abandonner toutes formes de condamnation. Nous envoyons des délégations pour tenter de l’amadouer au-delà du bon sens et de l’objectivité, cela souvent sans même nous demander ou nous enquérir des actes commis, encore moins de leurs conséquences, parfois incommensurables, pour notre pays et nos populations. Tout cela parce que le « qu’en-dira-t-on », devenu l’aune ultime de la popularité et du succès, est depuis trop longtemps préférable au respect et à la dignité qu’imposent les décisions difficiles mais nécessaires, dont celle de punir. Tout cela parce que l’on préfère sacrifier le bien-être du plus grand nombre sur l’autel d’intérêts égoïstes d’une minorité d’hommes et de femmes, dont le seul but est d’entretenir la pérennité d’un système, savamment élaboré, de captation de ressources.

Mais tout cela à un prix. Un prix dont certains pensent pouvoir s’affranchir en se cloîtrant dans leurs îlots dorés au milieu d’océans de pauvreté qu’ils ont grandement contribué à créer ou aggraver. Ce prix a été payé par M’mah Sylla et par tant d’autres. Des victimes sont mortes plusieurs fois, lorsqu’on a refusé d’appliquer simplement les lois et les règles.

EN BRISANT LE SILENCE À VISAGE DÉCOUVERT, M’MAH SYLLA A DÉFIÉ SES BOURREAUX AINSI QU’UN OPPRESSANT SYSTÈME QUI AURAIT VITE FAIT DE L’ANÉANTIR.

Des victimes ont été bafouées, lorsqu’on a refusé de sanctionner les actes de corruption. Des victimes ont été lésées, lorsqu’on a laissé des hommes et des femmes phagocyter l’économie d’un pays au profit de leurs intérêts personnels et ceux de leurs familles. Voilà le lourd tribut à payer pour un pays comme le nôtre, si riche et pourtant si pauvre ! Mais M’mah nous a peut-être aussi lancé un défi extraordinaire. En acceptant courageusement de briser le silence, elle a défié ses ignobles bourreaux ainsi qu’un oppressant système qui aurait aussitôt fait de l’anéantir. M’mah nous laisse un testament et nous ordonne d’agir pour elle et pour toutes les victimes de violences. Il est désormais temps d’en finir avec cette impunité, pour que la honte change de camp.

Malado Kaba

Avec Jeune Afrique par Malado Kaba

Ancienne ministre guinéenne de l’Économie et des Finances (2016-2018), PCA d’Orabank Guinée. Membre de la cohorte inaugurale de l’Initiative Amujae, programme phare du Centre présidentiel Ellen Johnson Sirleaf pour les femmes et le développement.

France-Crise aux Antilles: Lecornu arrivé en Martinique après un dialogue de sourds en Guadeloupe

novembre 30, 2021
Crise aux Antilles: Lecornu arrive en Martinique apres un dialogue de sourds en Guadeloupe
Crise aux Antilles: Lecornu arrivé en Martinique après un dialogue de sourds en Guadeloupe© AFP/Alain JOCARD

Le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu est arrivé en Martinique lundi soir après une visite de 24h en Guadeloupe, achevée par un dialogue de sourds avec l’intersyndicale et où le gouvernement envoie des forces de sécurité intérieure supplémentaires pour faire face à la violence durant la crise sociale.

M. Lecornu a atterri en début de soirée en Martinique, a-t-on appris auprès de son entourage, deuxième et dernière étape d’un court séjour destiné à apaiser les tensions et tenter de sortir de la crise sociale traversée par les deux îles des Antilles françaises, distantes de 120 km et marquées par un fort taux de chômage, en particulier chez les jeunes.

Il doit être de retour mercredi à Paris.

Lundi en Guadeloupe, où il était arrivé la veille, les discussions avec l’intersyndicale et les élus locaux ont tourné court.

Le ministre a jugé qu’aucune discussion n’était possible tant que les syndicats « ne « veulent pas condamner des tentatives d’assassinat contre des policiers et des gendarmes », un « préalable pourtant évident et indispensable ».

Sa rencontre avec quatre représentants syndicaux de l’UGTG et FO s’est donc résumée à une simple remise de « documents de revendication ».

Réclamant une « prise de conscience » face aux violences, Sébastien Lecornu a annoncé lors d’un point presse l’envoi d’un escadron de 70 gendarmes mobiles et 10 membres du GIGN supplémentaires, pour « tenir ».

« Lorsqu’on tire et qu’on arrose au 9 millimètres dans les rues », c’est « un miracle qu’un enfant de 9 ou 10 ans » ne se soit pas « retrouvé sous ces balles », a-t-il insisté.

« Tout va être mis en oeuvre pour libérer les barrages » qui entravent encore par endroits la circulation sur l’île « et les renforts participent de ça », a poursuivi Sébastien Lecornu.

Lundi, le Collectif des socio-professionnels, qui rassemble plusieurs corps de métiers très différents (transporteurs, taxis, BTP, tourisme), a menacé d' »une action » d’ici 24 heures s’il n’était pas invité aux négociations.

Le collectif avait barré la Guadeloupe durant trois jours en février.

– Rapport de forces-

Né du refus de l’obligation vaccinale pour soignants et pompiers, le mouvement s’est étendu à des revendications politiques et sociales, notamment contre la vie chère, et a occasionné des violences, pillages et incendies, comme en Martinique.

Les deux îles sont placées sous couvre-feu.

Sébastien Lecornu a par ailleurs vivement critiqué les responsables syndicaux qui « ont commencé à vouloir chercher des amnisties » pour les auteurs de violences.

Côté syndicats, la délégation estime que Sébastien Lecornu « n’est pas venu pour négocier, mais parce qu’il a été forcé par le rapport de forces que nous avons installé ».

Maïté Hubert-M’Toumo, de l’UGTG, rappelle leurs revendications « prioritaires » comme « l’arrêt des suspensions des personnels et professions libérales » non-vaccinés, la « suspension des condamnations des personnes pour les violences », et un « plan d’urgence pour la qualification des jeunes et les conditions de travail des familles guadeloupéennes ».

Alors que de nombreux domaines sont gérés par les collectivités territoriales (distribution d’eau, voierie, transport, environnement, formation professionnelle), Sébastien Lecornu a également placé les élus locaux face à leurs responsabilités.

« Je veux bien me faire engueuler pour des choses que l’Etat n’a pas faites avant même que nous soyons au pouvoir ( ?.) ce qui est compliqué c’est de se faire engueuler pour des choses dont l’Etat n’est pas responsable », a-t-il affirmé.

« Il faut que chacun soit à sa place dans ce territoire », a ajouté le ministre, qui avait déclaré vendredi que le gouvernement était « prêt » à « parler » de davantage d’autonomie pour la Guadeloupe.

Plus tôt, les élus locaux guadeloupéens avaient décidé de ne pas se rendre à une rencontre prévue avec le ministre, qui a néanmoins participé à une visio-conférence avec 16 maires de l’île.

« (…) Nous ne voyons pas cet état d’esprit d’apaiser la situation et de faire en sorte que les conditions soient réunies » pour sortir de crise, a indiqué Guy Losbar, ex-président du département dont l’élection a été annulée, pour justifier le refus des élus locaux.

Sébastien Lecornu rencontrera également en Martinique les élus locaux et l’intersyndicale, qui ont signé avec l’Etat un « accord de méthode » pour tenter de sortir de la crise.

Sept thématiques (santé, jeunesse, vie chère dont prix des carburants et du gaz, transports, chlordéconomie, pêche, culture) doivent faire l’objet de discussions.

« La situation n’est en rien comparable entre la Guadeloupe et la Martinique puisqu’en Martinique, (les) préalables républicains » aux négociations « ont été remplis par les élus et l’intersyndicale » a estimé Sébastien Lecornu.

Par Le Point avec AFP

France: Hommage vibrant à Joséphine Baker par Emmanuel Macron au Panthéon

novembre 30, 2021

Avec France24

Covid-19 : une plainte contre l’UE pour violation des droits de l’homme

novembre 30, 2021

Les syndicats d’infirmières de vingt-huit pays et territoires, représentant plus de 2,5 millions d’agents de santé, ont déposé une plainte auprès du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, accusant certains pays à revenu élevé opposés à une dérogation temporaire aux Adpic à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), d’une violation des droits.

Dans une lettre soumise par Global Nurses united et Progressive International, au nom des syndicats d’infirmières au rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à la santé, Tlaleng Mofokeng, ce dernier est exhorté à entreprendre une mission pour enquêter et déterminer comment les actions de l’Union européenne (UE) et de ses États membres, du Royaume-Uni, de la Norvège, de la Suisse et de Singapour en refusant de soutenir une dérogation à l’Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (Adpic), à l’OMC, « constituent une violation continue de leurs obligations de garantir le droit à la santé physique et mentale de chacun ». Selon la lettre, « ces pays ont violé nos droits et les droits de nos patients – et ont causé la perte d’innombrables vies – d’infirmières et d’autres soignants et de ceux dont nous avons pris soin ».

Une dérogation temporaire aux Adpic permettrait aux pays de fabriquer des produits covid-19 (vaccins et traitements), pendant la pandémie sans solliciter le consentement d’un titulaire de brevet. Pour les partisans, cela aiderait à stimuler la production de technologies covid-19 et à résoudre les problèmes et les inégalités d’approvisionnement en vaccins. Mais certains pays à revenu élevé et sociétés pharmaceutiques se sont opposés à la dérogation, affirmant que les brevets ne sont pas le problème, mais que la capacité de fabrication est limitée à l’échelle mondiale. Certains ont également déclaré que la levée des brevets ne suffirait pas, compte tenu du fait que la fabrication de produits covid-19 nécessitera également des transferts de technologie de la part des sociétés d’origine.

Un appel a été lancé pour les réunions ministérielles de l’OMC cette semaine, qui a été reportée, après la détection d’une nouvelle variante de covid-19 nommée Omicron. Pour le directeur de la communication de Progressive International, James Schneider, le report de la réunion et la détection d’une nouvelle variante de covid-19 ne font que renforcer le dossier des infirmières. Il y a plus d’un an que l’Inde et l’Afrique du Sud ont soumis une proposition à l’OMC visant à  renoncer temporairement aux protections de la propriété intellectuelle pour les produits covid-19.

Malgré le soutien de plus de cent pays, dont les États-Unis, la proposition n’a pas encore été adoptée. Certains experts affirment que des investissements supplémentaires (main-d’œuvre) seraient toujours nécessaires en plus de la propriété intellectuelle. Mais d’autres soutiennent qu’il existe des moyens d’y remédier, car il existe des usines de fabrication potentielles qui peuvent être modernisées pour produire des vaccins covid-19, et  un corps d’ingénieurs à la retraite dans le monde qui pourrait fournir une expertise dans l’intervalle, a rapporté le directeur technique de Racing Point, Andrew Green.  

Avec Adiac-Congo par Noël Ndong