Archive for the ‘Environnement’ Category

France: La forte consommation de cuisses de grenouille met les amphibiens en péril

juin 28, 2022

Les ONG Pro Wildlife et Robin des Bois pointent du doigt le risque d’extinction de certaines espèces de grenouilles, dont raffolent les Européens.

La disparition des grenouilles serait en marche (photo d'illustration).
La disparition des grenouilles serait en marche (photo d’illustration).© BENOIT PERSONNAZ / Biosphoto / Biosphoto via AFP

Le coassement des grenouilles pourrait venir à manquer si les humains poursuivent leurs habitudes de consommation. Dans leur dernier rapport, relayé par Courrier International lundi 27 juin, les ONG Pro Wildlife et Robin des Bois tirent la sonnette d’alarme à propos des amphibiens. À force de finir dans les assiettes, principalement celles des Européens, certaines espèces de quadrupèdes pourraient être amenées à disparaître. « L’Union européenne est responsable de l’extinction en cascade des populations de grenouilles » en Europe de l’Est et dans certains territoires d’Asie, fustigent les deux organisations. Ainsi, la grenouille des marais d’Anatolie (Turquie), surexploitée, pourrait s’éteindre d’ici 2032.

Jusqu’alors, aucune restriction n’a été ordonnée par les Vingt-Sept quant à ce commerce. Les chiffres officiels évoquent une importation annuelle d’environ 4 070 tonnes de cuisses de grenouille à travers le continent. L’équivalent de 81 à 200 millions d’anoures. En Europe, les pays friands de ce mets raffiné se renvoient la balle. The Telegraph, média britannique, affirme que « les coupables sont les Allemands », mais son confrère The Guardian désigne plutôt comme coupable« l’appétit pour les cuisses de grenouille en France et en Belgique ».

Sans grenouilles, la fragilisation des écosystèmes

« La faim de viande de grenouille semble plus grande en Belgique, destinataire de 70 % des importations, mais, selon l’organisation Pro Wildlife, la plus grande partie est ensuite envoyée en France, qui en importe directement 16,7 % », argue The Guardian dans ses colonnes. En 2020, l’Allemagne « a déboursé 73 millions de livres (près de 85 millions d’euros) pour ce plat, contre une addition de 33 millions de livres (38 millions d’euros) côté français », renchérit The Telegraph.

Au-delà de ces accusations pouvant prêter à sourire, une menace réelle plane sur les grenouilles et les différents écosystèmes dont elles font partie à travers le globe. Un seul déséquilibre peut y avoir des conséquences multiples.

Par Le Point

Quand la finance africaine s’empare du défi de la biodiversité

juin 14, 2022

ALERTE. Parmi les atouts dont l’Afrique peut se prévaloir, il y a l’extrême richesse de sa biodiversité. Pour la préserver, des acteurs financiers se mobilisent.

L'Afrique a perdu 75 % des populations d'elephants de forets a cause du braconnage.
L’Afrique a perdu 75 % des populations d’éléphants de forêts à cause du braconnage.© STEEVE JORDAN / AFP

Comme partout ailleurs, la majorité des États africains ont des difficultés à fixer un cadre pour mieux protéger la biodiversité, pour d’autres le sujet est très loin dans la liste des problèmes auxquels ils sont confrontés ces dernières années. En revanche, les milieux financiers commencent tout juste à prendre conscience de l’impact des activités humaines sur l’environnement et les écosystèmes. C’est le cas de plusieurs banques et institutions financières africaines, dont FirstRand Ltd, Standard Chartered, Access Bank et Equity Group ou de l’assureur Sanlam ainsi que de la banque panafricaine Ecobank, basée au Togo. Ensemble, et sous la houlette de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique et de l’agence de développement financée par le Royaume-Uni FSD Africails, ils ont lancé l’Alliance africaine pour le capital naturel. Une initiative qui vise à investir dans le climat et la nature pour faire de la biodiversité une question financière prioritaire. 

Tout est parti d’un constat : alors que l’Afrique abrite la plus grande population mondiale de grands mammifères ainsi que le bassin du Congo, la deuxième plus grande forêt tropicale et que plus de 60 % de son produit intérieur brut dépend de la nature, juste derrière l’Indonésie et l’Inde, d’après le Forum économique mondial, il faut désormais prendre en compte le fait que la destruction de cette biodiversité représente aussi une perte financière. Le calcul n’est pas évident, mais les institutions financières s’y sont attelées pour une autre mesure, celle des émissions carbone, où des standards et des certifications ont vu le jour pour s’assurer de l’authenticité des objectifs annoncés par les entreprises pour la réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre.

Et la nécessité d’intégrer la nature dans la prise de décision financière est particulièrement aiguë en Afrique où la biodiversité décline rapidement. Entre 1970 et 2016, la population de mammifères, de poissons, d’amphibiens et de reptiles du continent a chuté de 65 %, a constaté le WWF. Résultat : la perte de biodiversité menace directement la stabilité financière.

Des défis immenses pour l’Afrique où le changement climatique frappe déjà

La gestion responsable du capital naturel de l’Afrique, y compris son eau, ses sols et ses forêts, « crée des opportunités fantastiques et contribue à la croissance et au développement du continent », a commenté Rachael Antwi, responsable du groupe ESG chez Ecobank. L’enjeu est double : d’une part, l’Alliance africaine pour le capital naturel veut concentrer ses efforts sur le transfert des flux financiers des activités qui détruisent la nature vers des pratiques plus durables et, d’autre part, influencer les normes mondiales de gestion des risques liés à la nature, afin qu’elles reflètent les contextes africains.

La tâche s’annonce ardue, car l’Afrique est déjà confrontée à la crise climatique. Quant à la lutte pour préserver la biodiversité, elle n’est pas toujours populaire sur le continent. Au Gabon, par exemple, pays qui a fait de la protection de sa biodiversité une priorité et plaide pour des « crédits biodiversité » sur le modèle des crédits carbonne, les habitants des zones reculées qui vivent de ce qu’ils plantent et de la chasse ne perçoivent pas ces enjeux de la même manière. Dans ce petit État d’Afrique centrale, les éléphants de forêt, une espèce menacée d’extinction, dont la population dans le monde a chuté de 86 % en 30 ans, a doublé en 10 ans, pour atteindre quelque 95 000 individus, dont certains ravagent régulièrement les cultures vivrières. « La perte de biodiversité et le changement climatique sont interdépendants, les solutions le sont aussi », décrypte Madeleine Ronquest, responsable des risques environnementaux, sociaux et climatiques à FirstRand Ltd. 

Des pistes de réflexion autour des financements innovants émergent.

Faire entendre la voix de l’Afrique dans le débat mondial

Selon McKinsey et Credit Suisse, le secteur de la conservation de la biodiversité souffre toujours d’un déficit de financement de 598 à 824 milliards de dollars par an. Tout le monde s’accorde à dire qu’il faut mettre plus d’argent sur la table pour protéger la biodiversité, mais les avis divergent sur les montants et la source. Le groupe africain, représenté par le Gabon, le Brésil, l’Inde, le Pakistan, l’Argentine et d’autres pays d’Amérique latine, a demandé aux pays développés « au moins 100 milliards de dollars par an dans un premier temps, puis 700 milliards de dollars par an d’ici à 2030 et au-delà » pour les pays en développement. Des pays développés sont prêts à mettre plus sur la table, mais pas autant. Ils prônent la mobilisation de toutes les ressources – nationales, aide publique au développement, fonds privés.

« Nous sommes ravis d’être l’un des membres fondateurs de l’Alliance africaine pour le capital naturel pour apporter notre expérience et notre voix à cet agenda mondial critique de la gestion des risques et des opportunités liés à la nature », a commenté le Dr James Mwangi, directeur général du groupe et PDG d’Equity Bank, alors que se prépare la COP15 sur la biodiversité à Kunming en Chine. Après l’accord de Paris de 2015 qui a demandé de rendre « les flux financiers compatibles » avec une trajectoire à faible émission de carbone, aucun engagement similaire n’est demandé pour la biodiversité. La COP15 vise à établir le même principe pour la nature. 

« La stratégie d’Equity Group, décrite dans notre Plan de relance et de résilience pour l’Afrique, est de catalyser une industrialisation de l’Afrique axée sur les ressources naturelles. Nous comprenons que la nature est un atout précieux qui stimule nos économies, mais a également un impact significatif sur nos vies et nos moyens de subsistance. Pour cette raison, nous devons sauvegarder cet atout mais aussi trouver des moyens d’utiliser notre capital naturel de manière durable pour la prospérité socio-économique des peuples d’Afrique », a ajouté James Mwangi. Cette initiative panafricaine intervient au moment où, au niveau mondial, les institutions financières se concertent de plus en plus. L’Alliance africaine pour le capital naturel est membre de la Taskforce on Nature Related Financial Disclosures (TNFD, groupe de travail sur les informations financières liées à la nature), répétant l’expérience du TCFD (Taskforce on Carbon Related Financial Disclosures) pour les émissions carbones. Elle doit publier son cadre opérationnel en 2023

Par Le Point

Jusqu’à 50 °C en Californie : une canicule record frappe les États-Unis

juin 12, 2022

Le Sud-Ouest américain est touché par une vague de chaleur inédite, avec des températures allant jusqu’à 46 °C à Phoenix, rapporte le « Guardian ».

La temperature a atteint 55 ?C, le 11 juillet 2021, dans le parc national de Death Valley, en Californie.
La température a atteint 55 °C, le 11 juillet 2021, dans le parc national de Death Valley, en Californie.
 © DAVID BECKER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Le mercure atteint des records aux États-UnisAu même titre que la France, le Sud-Ouest américain est frappé par un épisode de très fortes chaleurs ce week-end. Comme le relate le Guardian, dimanche 12 juin, plusieurs grandes villes de la région suffoquent sous des températures extrêmement élevées. C’est notamment le cas à Phoenix, où les habitants ont supporté jusqu’à 46 °C, un record depuis 1918.

Un autre record, datant de 1956, a été battu à Las Vegas. Avec 46 °C enregistrés, la température pourrait même augmenter dans les prochains jours, d’après l’agence météorologique nationale américaine. Idem dans le Colorado, à Denver, où le mercure a atteint les 38 °C. Il s’agit d’ailleurs d’un double record : celui de la plus forte température depuis 2013 et du jour le plus tôt de l’année à atteindre les 38 °C. Une chaleur presque supportable, quand on la compare au ciel de plomb de la vallée de la mort, en Californie, avec ses 50 °C enregistrés samedi.

La planète ne cesse de chauffer

Les températures élevées sont monnaie courante dans le désert américain. Pour autant, ces épisodes records de chaleur ne sont pas à prendre à la légère. Comme le rappelle le Guardian, ce phénomène cause davantage de décès que n’importe quel autre désastre environnemental, tel que les ouragans, les inondations ou les tornades. En 2021, la canicule historique de l’ouest du Canada et des États-Unis a entraîné la mort de 700 personnes, en raison de violents incendies.

Les autorités californiennes sont donc particulièrement vigilantes sur les dangers de cette nouvelle canicule alors que la quasi-totalité de l’État est en état de sécheresse, souvent extrême, voire « exceptionnelle ». Une loi devrait prochainement être adoptée en Californie pour instaurer un système généralisé d’alerte en cas de canicule extrême, comme il en existe pour les ouragans ou les tornades dans d’autres régions des États-Unis. En raison des gaz à effet de serre générés par les activités humaines, principalement par les énergies fossiles, la planète a déjà gagné environ 1,1 °C depuis l’ère pré-industrielle. En Californie, les températures moyennes au cours de l’été sont désormais supérieures de 1,6 °C à leur niveau de la fin du XIXe siècle.

Par Le Point avec AFP

Canada-Orages violents : cinq morts et des centaines de milliers de foyers dans le noir

mai 22, 2022

Les vents ont soufflé jusqu’à 144 km/h par endroit, d’après un bilan préliminaire d’Environnement Canada.

Des pompiers et des travailleurs des services publics constate les dégâts après le passage d'une tempête, à Ottawa.

Des pompiers et des travailleurs des services publics travaillent parmi des lignes électriques, des poteaux et des feux de circulation tombés sur la chaussée et sur les automobilistes lors d’une importante tempête, sur le chemin Merivale, à Ottawa Photo : La Presse Canadienne/Justin Tang

Bon nombre de résidents du Québec et de l’Ontario sont toujours privés d’électricité après le passage d’orages violents qui ont laissé dans leur sillage au moins cinq morts de part et d’autre de la frontière interprovinciale.

Une femme de 51 ans a péri sur la rivière des Outaouais, près de Masson-Angers, après que son ponton a chaviré.

En Ontario, quatre personnes ont perdu la vie après avoir été frappées par la chute d’un arbre. À l’ouest d’Ottawa, un homme de 44 ans a été tué dans le Greater Madawaska tandis qu’un homme âgé de 59 ans est mort sur un terrain de golf situé à l’ouest de la ville, ont déclaré les autorités.

Une autre victime est décédée lorsqu’un arbre est tombé sur une roulotte de camping près du lac Pinehurst, dans la région de Waterloo, selon la Police provinciale de l’Ontario.

Aussi, la chute d’un arbre a provoqué la mort d’une femme dans la soixantaine alors qu’elle se promenait à Brampton, à l’ouest de Toronto, d’après la police régionale de Peel.

La tempête a aussi fait des blessés là où elle est passée, dont au moins trois reposent dans un état critique sur le territoire d’Ottawa.

Dimanche matin, 401 552 clients d’Hydro-Québec étaient toujours sans électricité dans les régions où les orages ont été les plus violents (la Capitale-Nationale, Lanaudière, les Laurentides, l’Estrie et l’Outaouais). Samedi, au plus fort de la tempête, ce sont 550 000 clients qui étaient privés d’électricité.

En Ontario, 276 630 clients d’Hydro One étaient privés de courant au moment d’écrire ces lignes, tout comme 176 008 foyers desservis par Hydro Ottawa.Deux femmes discutent près d'un arbre ravagé.

Deux femmes constatent les dégâts à la suite de la tempête. Photo : La Presse Canadienne/Justin Tang

Hydro-Québec indique que 350 équipes de techniciens sont à pied d’œuvre pour rétablir le courant. Il s’agit d’employés d’Hydro-Québec, mais aussi d’entrepreneurs privés.

Le courant devrait être rétabli chez la majorité des clients touchés durant la journée, à commencer dans les régions les plus durement touchées, explique le porte-parole d’Hydro-Québec Maxence Huard-Lefebvre. Mais la violence de la tempête pourrait laisser des clients dans le noir pour encore plusieurs heures.

« Malheureusement, compte tenu du nombre de gens touchés et de l’ampleur des dégâts, on peut, d’ores et déjà, dire que demain il y aura encore des gens touchés »— Une citation de  Maxence Huard-Lefebvre, Hydro-Québec

La tempête a laissé plusieurs dommages dans son sillage, du sud de l’Ontario jusqu’au centre du Québec. C’est le cas de l’église Saint-Fidèle de Fassett dont le clocher s’est effondré sous la force du vent.Les dommages sur l'église Saint-Fidèle de Fassett

L’église Saint-Fidèle de Fassett a été endommagée par les orages violents samedi Photo : Chantale Lauzon (Facebook)

Dans Lanaudière, deux écoles ont été endommagées par les intempéries. Il s’agit de l’école Sainte-Bernadette de Notre-Dame-de-Lourdes et l’école Saint-Alphonse de Saint-Alphonse-Rodriguez, selon une note publiée par le Centre de services scolaire des Samares, qui indique travailler avec des experts pour évaluer la situation et organiser le retour en classe de manière sécuritaire.

Les fortes bourrasques de vent ont aussi causé des ravages dans la région de Québec, où elles ont même arraché la toiture d’un immeuble résidentiel comptant 72 logements. Les résidants ont dû être évacués et seuls ceux des étages inférieurs ont pu réintégrer leur logement plus tard en soirée, a expliqué Alexandre Lajoie du Service de protection contre l’incendie de la Ville de Québec dans un courriel.Des voitures entourées de débris. Des pompiers sont en arrière-plan.

Les débris de la toiture du 1425, rue Isabelle-Aubert à Québec, ont été retrouvés une centaine de mètres plus loi. Photo : Steve Jolicoeur

À Val-Morin, dans les Laurentides, les autorités demandent aux résidents de réduire leur consommation d’eau potable au strict minimum. En raison de la panne d’électricité, l’approvisionnement en eau produite par nos stations de pompage est au ralenti, a écrit la municipalité sur sa page Facebook.

De la grêle et des vents à plus de 100 km/h

En Ontario, la très forte ligne d’orages qui a balayé une bonne partie du sud de la province a pris naissance à Sarnia samedi matin et a poursuivi sa course tout au long de la journée vers Ottawa, d’après un bilan préliminaire publié dans la soirée par Environnement Canada.Des câbles électriques tombés sur une route

Plusieurs câbles électriques sont tombés sur le chemin Greenbank, à Ottawa, après le passage d’une tempête qualifiée « d’énorme » par le maire Jim Watson. Photo : Radio-Canada/Brian Morris

Le système a ensuite traversé la rivière des Outaouais et a déferlé sur le Québec selon un axe de la Haute-Gatineau jusqu’à Montmagny. Les orages ont également déversé des grêlons d’une taille de 2 à 4 centimètres par endroit, selon Environnement Canada.

L’agence fédérale a enregistré des vents soufflant de 83 à 132 km/h le long du tracé des orages. Les données au Québec sont similaires, mais c’est au lac Memphrémagog que les bourrasques ont été les plus fortes. Les données préliminaires indiquent que le vent a atteint des pointes de 144 km/h.

Vigilance en ce lendemain de tempête

Plusieurs municipalités ont fait état d’arbres tombés et de bris. Même tombés, les arbres peuvent constituer un risque, surtout si l’accident implique des poteaux et des fils électriques.

Il faut toujours considérer un fil électrique comme s’il était sous tension, rappelle Daniel Dancause, expert en mesures d’urgence.

En ce lendemain de tempête, santé et sécurité sont les mots d’ordre pour les personnes qui auront à nettoyer les terrains, y compris les bénévoles et les voisins, ajoute M. Dancause. Ce n’est pas le temps de s’improviser émondeur, insiste-t-il.

Radio-Canada avec les informations de La Presse canadienne

Le Défi pissenlits pour que les abeilles restent en vie

mai 21, 2022
Une affiche sur laquelle est écrit : je protège les pollinisateurs est plantée sur une pelouse garnie de pissenlits.

Photo : Radio-Canada/Jean-François Fortier

Pour une deuxième année consécutive, la population est invitée à laisser pousser les pissenlits et autres fleurs printanières sur les terrains pour aider les insectes pollinisateurs, mais tous ne se sentent pas interpellés de la même façon.

Le Défi pissenlits se veut une façon de protéger les abeilles, menacées d’extinction. L’objectif du défi, initié par l’entreprise Miel et co, est de retarder la première tonte de pelouse de quelques semaines pour laisser le temps aux autres fleurs, sources de pollen et de nectar, d’éclore.

« Il faut aider les abeilles et les insectes pollinisateurs parce qu’ils sont responsables du tiers du garde-manger mondial. Les fruits, les légumes, les noix, notamment, dépendent de la pollinisation des insectes. »— Une citation de  Christina Fortin-Ménard, copropriétaire de Miel et co.

La Ville de Trois-Rivières participe également au défi. La municipalité encourage les citoyens à laisser pousser leur pelouse quelques jours, voire quelques semaines pour fournir de la nourriture aux insectes.

À la Ville, on repousse la première tonte des talus et des terrains vacants. Habituellement on la fait au mois de mai, mais cette année on a décidé de la reporter au mois de juin , affirme le porte-parole de la Ville, Mikaël Morrissette.

« C’est important pour les abeilles. Elles meurent cette année. C’est important de faire un petit geste pour les prochaines générations et pour l’avenir. »— Une citation de  Mathieu Dutil, résident de Trois-Rivières

Bien que plusieurs citoyens souhaitent faire leur part en évitant de tondre leur pelouse, certains sont moins convaincus. Selon eux, les pissenlits constituent des mauvaises herbes dont il faut se débarrasser.Gros plan d'une abeille qui s'apprête à se poser sur une fleur.

Les pissenlits sont une source de nourritures pour les abeilles. Photo : Istock/Perboge

Quand les pissenlits ont poussé au début, je les ai laissés, mais quand ils sont devenus en mousse, je les ai enlevés , raconte Constant Bourassa.

C’est certain que pour la pollinisation ça serait mieux d’avoir des pissenlits, mais mon conjoint n’est pas vraiment pour ça , explique Hélène Fontaine.

Radio-Canada avec les informations d’Anne Merline Eugène

Maroc, Sénégal, Gabon… Qui sont les champions africains de la finance verte ?

mai 14, 2022

Dans une nouvelle étude, la Banque africaine de développement (BAD) distingue sept pays africains pionniers en matière de croissance verte et de financement climatique.

Dans une pépinière, à Buee, dans le sud de l’Éthiopie, en juin 2020. © Michael Tewelde/AFP

Alors que le débat sur la dette africaine fait rage, la Banque africaine de développement (BAD) a, dans une étude publiée à la fin de janvier et qui vient d’être rendue publique, évalué les nouveaux mécanismes de financement d’une croissance soucieuse de la préservation de l’environnement.

Intitulée « Croissance verte en Afrique », cette étude, menée conjointement avec l’Institut mondial de la croissance verte (GGGI), présente une cartographie des pays selon leur degré d’avancement en matière de projets verts (énergies renouvelables, parcs éco-industriels, etc.). Elle désigne des pionniers en matière de croissance verte et, surtout, de finance climatique.

  • Kenya et Rwanda, deux grands leaders

Parmi ceux qui sortent du lot, le Kenya, dont le leadership en matière de croissance verte découle d’un changement institutionnel efficace. Le Rwanda, qui, lui, a mobilisé 160 millions de dollars par le biais du Fonerwa – un fonds par lequel le financement environnemental et climatique est acheminé, décaissé et suivi –, démontre que le financement de la croissance verte peut être stimulé par un mécanisme de lutte contre le changement climatique.

Bien que la création d’emplois dans les secteurs dits verts ne soit pas systématiquement suivie au niveau national, le Fonerwa estime avoir contribué à en créer 144 858, est-il écrit dans le rapport de la BAD.

  • Maroc, Tunisie et la part des énergies renouvelables

L’étude relève que, tout comme la Tunisie, le Maroc a atteint 100% d’accès à l’électricité, ce qui se traduit par une consommation par habitant relativement élevée dans ces deux pays.

Le Gabon, où la forte consommation d’électricité provient des citadins nantis (40% des populations rurales n’ont pas accès à l’électricité) est également dans cette catégorie. Au Gabon, au Kenya, au Rwanda et au Mozambique, la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité est importante (entre 60% et 90%) en raison du poids de l’hydroélectricité.

  • L’exemple éthiopien

L’Éthiopie, qui tente de jeter les bases d’une industrie verte par le biais d’un parc éco-industriel, fait également office de pionnier en matière de financement de la croissance verte, souligne le rapport. Grâce à de « bonnes pratiques de gestion des terres », ce pays a inversé la courbe de la dégradation du couvert végétal, qui est passé de 5% en 2010 à 13 ou 15% trois ans plus tard. Ce qui représente une contribution monétaire d’environ 27 milliards de birr, soit 520 millions de dollars selon le cours actuel.

L’expérience éthiopienne suggère, précise le rapport, que la réussite de la croissance verte dépend en partie de l’adoption et du respect d’un processus de planification ancré localement. En Tunisie, un mécanisme de financement innovant a produit des résultats probants dans le secteur des chauffes-eau solaires grâce au programme Prosol, censé lutter contre la déforestation.

Le mécanisme financier Prosol a été lancé entre 2005-2009 afin d’installer 300 000 m2 de capteurs solaires pour développer le marché des chauffes-eau dans le secteur résidentiel.

  • Lutte contre la déforestation : le label gabonais

Enfin, le Gabon comme le Mozambique constituent des modèles dans la lutte contre la déforestation, en vue d’assurer une croissance verte. L’annulation de l’exploitation forestière sur 1,3 million d’hectares, notamment dans les sanctuaires et les parcs nationaux, ainsi que l’interdiction d’exporter du bois non transformé ont entraîné une baisse de 50% de l’exploitation forestière.

Recouvert à 98% de forêt tropicale, le pays, qui exploitait 3,5 millions de mètres cubes de bois par an il y a quinze ans, a ramené ce seuil à 1,5 million de m3. Libreville a d’ailleurs demandé à toutes les sociétés forestières présentes sur son sol de se conformer au Forest Stewardship Council (FSC), un label qui promeut une gestion durable de la forêt.

Avec Jeune Afrique par Nadoun Coulibaly

Côte d’Ivoire : une centaine de personnalités attendues à Abidjan pour la COP15

mai 7, 2022

Ce 9 mai s’ouvre la 15e Conférence des Nations unies sur la désertification et la sècheresse. Une trentaine de chefs d’État doivent lancer « L’appel d’Abidjan » pour mettre d’urgence en œuvre des solutions concrètes face à ces menaces.

Une vache coincée dans les eaux boueuses du barrage asséché de Mabwematema, à 20 km au nord de Zvishavane, au Zimbabwe, le 25 décembre 2019. © ZINYANGE AUNTONY/AFP

Une centaine de personnes, dont une trentaine de chefs d’État, sont attendues autour d’Alassane Ouattara ce lundi 9 mai à Abidjan pour participer à la COP15. Pendant une dizaine de jours, la quinzième Conférence des Nations unies sur la désertification et la sècheresse va réunir des experts et des hommes politiques issus de 196 pays pour tenter d’élaborer des solutions face à l’appauvrissement des sols cultivables.

Parmi eux, Muhammadu Buhari, le président nigérian, qui s’entretiendra avec son homologue ivoirien. Les deux hommes doivent notamment évoquer les similarités entre la COP15 et le projet de grande muraille verte lancé par la BAD.

Cette initiative soutenue par le président français, Emmanuel Macron, vise à mutualiser les investissements en vue de planter des arbres et différents végétaux sur une bande de 8 000 km à travers le Sahara et le Sahel. Une initiative qui, outre lutter contre la désertification, doit créer 10 millions d’emplois dans la région.

L’impact sur les femmes

Cette COP se penchera sur l’impact des crises des « quatre C » – climatique, Covid-19, conflits et coups d’État – sur l’avancée de la désertification et, surtout, sur leur rôle dans la baisse de la productivité en milieu rural.

Un accent particulier sera mis sur les femmes et les jeunes. Dominique Ouattara, la première dame ivoirienne, présidera un caucus sur le genre et sera entourée de femmes influentes, telle Tarja Halonen, ancienne dirigeante de la Finlande. Selon Abou Bamba, président de la COP15 désertification, les femmes sont en effet particulièrement touchées par la dégradation des sols : « 75 % des productions vivrières sont le fait des femmes. Le but de ce caucus sera de lancer une série de mesures en s’appuyant sur l’expérience de Dominique Ouattara pour relever le niveau de vie des femmes en milieu rural. »

Un « appel d’Abidjan » face à l’urgence

« L’appel d’Abidjan » doit être lancé durant cet événement, qui va faire de la Côte d’Ivoire un laboratoire de solutions au problème de la désertification. « L’idée de l’appel d’Abidjan est de s’inspirer des modèles australien, marocain ou israélien. Ils ont réussi à devenir autosuffisants malgré l’aridité de leur climat grâce à des prouesses technologiques », poursuit Abou Bamba. Un engagement à contrer l’avancement de la désertification d’ici cinq à dix ans doit être pris collectivement par les participants. Le but : parvenir à mobiliser un à deux milliards de dollars.

Il y a urgence : dans le monde, 41 % des terres sont menacées de désertification. Un taux qui atteint environ 45 % en Afrique, particulièrement touchée, dont 55 % présentent un risque très élevé. Le Sahel, le désert du Kalahari, en Afrique australe, et la Corne de l’Afrique sont les premières zones affectées mais tous les États sont concernés. En Côte d’Ivoire, un dixième des terres se sont dégradées entre 2000 et 2011, essentiellement à cause de l’agriculture intensive.

Avec Jeune Afrique par Baudelaire Mieu – à Abidjan

Canada: Abattre l’ours polaire en Gaspésie, le moindre mal, selon des experts

mai 1, 2022
Un ours blanc sur une route enneigée le jour et au fond les lumières d'une voiture.

La visite d’un ours polaire sur la péninsule gaspésienne est exceptionnelle (archives). Photo: La Presse Canadienne/ Jonathan Hayward

La décision d’abattre un ours polaire qui déambulait à Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine, en Haute-Gaspésie, dimanche, était « nécessaire », compte tenu des risques pour la population et des coûts qu’auraient entraîné un déplacement de l’animal.

La décision d’abattre l’ours polaire a été prise de concert entre la Sûreté du Québec (SQ), les agents et biologistes de la protection de la faune du Québec et des responsables du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP).

Ce n’est pas la voie de la facilité, se défend le commandant du district sud-est de la protection de la faune du Québec Sylvain Marois.On aperçoit l'ours au loin dans la neige.

Les agents de la protection de la faune du Québec ont abattu, dimanche, cet ours polaire aperçu à Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine, en Haute-Gaspésie (archives). Photo: Gracieuseté de Jean Bergeron et Sophie Bonneville

Que ce soit des ours noirs, des orignaux ou des cerfs de Virginie, on est équipés. On les endort et on les déplace, parce que c’est de la faune avec laquelle on est habitués à travailler, précise-t-il.

Cette fois, l’intrusion d’un ours blanc sur la péninsule est exceptionnelle.

Sylvain Marois assure que si l’animal s’était trouvé sur la Côte-Nord, les agents de la faune auraient pu tenter de le repousser vers son habitat naturel; une chose qui s’avérait impossible sur la rive sud du fleuve.

Le biologiste et professeur à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) Dominique Berteaux, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en biodiversité nordique, confirme que la présence de l’animal aurait posé un enjeu de sécurité sur le territoire. Le mammifère marin vit proche des côtes, un secteur fréquenté par les humains.

Même si ce n’est pas un animal qui est par nature dangereux, il reste que, dans une situation comme celle-ci, les risques sont grands, souligne M. Berteaux.Dominique Berteaux sur le plateau radio de l'émission Info-réveil lors d'une sortie à l'UQAR

Le biologiste et professeur à l’UQAR Dominique Berteaux comprend la décision d’abattre l’ours polaire (archives). Photo : Radio-Canada/Luc Paradis

Pouvait-on endormir et déplacer l’animal?

Le scénario qui consistait à endormir l’ours polaire et à trouver un moyen de le déplacer a été envisagé par les équipes d’intervention.

Toutefois, l’entreprise était trop périlleuse et risquait de compromettre la sécurité publique, assure Sylvain Marois, notamment si les doses pour endormir l’animal n’étaient pas convenablement estimées.

On est habitués aux ours noirs, qui sont beaucoup plus petits, précise l’agent de protection de la faune.

« On ne pouvait pas prendre la chance d’anesthésier l’animal et de manquer notre coup. Ça aurait pu être dangereux pour la population par la suite. »— Une citation de  Sylvain Marois, commandant du district sud-est à la protection de la faune du Québec

Dominique Berteaux confirme qu’une telle opération n’est pas impossible, techniquement, mais qu’elle reste très difficile.

Pour endormir un animal, c’est sur le terrain qu’on juge. Il faut être assez proches et être dans de bonnes conditions. Après, le transport, c’est toute une aventure! assure-t-il.

Dans ces conditions particulières, en Gaspésie, il comprend la décision d’abattre le prédateur.

Le directeur général de la section québécoise de la Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec), Alain Branchaud, partage aussi cet avis.

Le biologiste de formation, qui a travaillé par le passé au développement du programme des espèces en péril d’Environnement Canada, ajoute que la décision d’aller avec une intervention vraiment très coûteuse doit tenir compte de l’état de la population [de l’espèce].

« Pour l’instant, [l’ours polaire] n’est pas une espèce menacée ou en voie de disparition. »— Une citation de  Alain Branchaud, directeur général à la Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec)Alain Branchaud, directeur général de la Société pour la Nature et les Parcs du Canada, section Québec

Alain Branchaud considère que la décision d’aller avec une intervention vraiment très coûteuse doit tenir compte de l’état de la population (archives). Photo: Radio-Canada/Laurent Boursier

Le directeur de SNAP Québec avance qu’il ne serait pas justifié de dépenser des centaines de milliers de dollars dans une entreprise très risquée pour tenter de conserver un seul animal.

Il ne faut pas que, pour un individu, on investisse collectivement des quantités d’argent qui vont [par la suite] nous empêcher d’avoir une meilleure compréhension des enjeux et de sauver l’espèce dans son ensemble, dit le biologiste.

D’après le biologiste, les populations d’ours polaires sont relativement stables, à plus de 10 000 individus au Canada. Depuis 2011, l’ours blanc est désigné comme espèce préoccupante au titre de la Loi sur les espèces en péril du Canada.

Une conséquence des changements climatiques

C’est toujours une espèce dite préoccupante, qui vit avec une épée Damoclès [au-dessus de la tête], avec les perturbations climatiques et l’avenir de la banquise, ajoute Alain Branchaud.

D’après lui, les espèces risquent d’être plus nombreuses à s’égarer en raison des changements climatiques.Un ours polaire endormi sur une banquise.

Depuis 2011, l’ours blanc est désigné comme espèce «préoccupante» au titre de la Loi sur les espèces en péril du Canada (archives). Photo: Getty Images/Andrew Peacock

Il estime que ce genre d’événement doit motiver la population à prendre des décisions individuelles et collectives pour contrer les effets des changements climatiques et assurer la survie de la biodiversité.

« L’ours polaire est devenu, à tort ou à raison, le symbole des impacts que pourraient avoir les changements climatiques sur la biodiversité. »— Une citation de  Alain Branchaud

À ce sujet, Greenpeace Canada regrette l’absence d’une législation solide en matière de protection de la biodiversité au Canada. L’organisme a d’ailleurs lancé une pétition pour faire pression sur Ottawa en ce sens.

Quand on protège un habitat, on ne protège pas une espèce, mais plusieurs. On doit donc avoir cette approche plus large, soutient le porte-parole de Greenpeace Olivier Kölmel.

L’organisme exige également de l’État la création d’un sanctuaire arctique pour cesser les forages pétroliers dans la région où vivent les ours polaires et demande l’adoption d’un traité à l’Organisation des Nations Unies (ONU) pour protéger au moins 30 % des océans.

Avec Radio-Canada par Perrine Bullant

Inondations en Afrique du Sud: près de 260 morts, une « catastrophe aux proportions énormes »

avril 13, 2022
Inondations en Afrique du Sud: pres de 260 morts, une "catastrophe aux proportions enormes"
Inondations en Afrique du Sud: près de 260 morts, une « catastrophe aux proportions énormes »© AFP/RAJESH JANTILAL

Les inondations dévastatrices en Afrique du Sud, les pires de l’histoire du pays, ont fait près de 260 morts et constituent une « catastrophe aux proportions énormes », selon le président Cyril Ramaphosa en déplacement mercredi à Durban (est), épicentre des intempéries.

Quelque 259 personnes ont été tuées, selon un dernier bilan du bureau de gestion des catastrophes de la province du Kwazulu-Natal (KZN). Les autorités locales ont déclaré faire face à un afflux de corps dans les morgues.

« Le nombre confirmé de personnes ayant péri dans cette catastrophe est de 259 à travers la province », a déclaré à l’AFP Nonala Ndlovu, porte-parole du bureau.

Les précipitations record, qui ont atteint depuis le week-end dernier un niveau jamais enregistré depuis plus de 60 ans dans cette région ouverte sur l’océan Indien, ont laissé derrière elles des paysages dévastés.

« Les ponts se sont effondrés. Les routes se sont effondrées. Des gens sont morts. Notre peuple est blessé. C’est une catastrophe aux proportions énormes », a déclaré le chef de l’Etat.

A certains endroits autour de Durban, les glissements de terrain ont laissé des brèches géantes dans la terre comme fendue par les torrents d’eau. Des dizaines de personnes sont portées disparues, les secouristes ont décrit « un cauchemar ».

Les autorités locales réclament que l’état de catastrophe naturel soit déclaré.

Lors de sa visite, M. Ramaphosa s’est rendu auprès de familles endeuillées. A Clermont, une banlieue pauvre de Durban, il a promis l’aide du gouvernement à un père de famille qui a perdu ses quatre enfants, ensevelis dans l’effondrement d’un pan de leur maison.

Les mains jointes, l’homme a raconté au chef de l’Etat l’eau qui monte au milieu de la nuit, l’électricité coupée, ses enfants endormis dans une autre pièce et qu’il n’a pas réussi à sauver.

Les pluies devraient lentement diminuer dans la soirée, selon les météorologues. Cette région, qui a connu des destructions massives lors d’une vague sans précédent d’émeutes et de pillages en juillet, enregistrait déjà moins de précipitations.

Dans une chaleur humide, certains déblayaient autour de bâtiment effondrés. Sur des routes jonchées de débris, d’autres dispersaient du sable pour combler des trous béants, a constaté un journaliste de l’AFP.

Ecoles dépeuplées

Certaines écoles ont ouvert leur portes mais les bancs sont majoritairement restés vides. A l’école primaire de la banlieue noire d’Inanda, seuls deux élèves sur 48 se sont présentés.

« En 48 heures, il est tombé plus de 450 mm d’eau dans certaines zones », a déclaré à l’AFP Dipuo Tawana, prévisionniste à l’institut météorologique national. Les spécialistes ont comparé le niveau des précipitations à celui « normalement associé aux cyclones ».

L’armée a été mobilisée pour apporter un soutien aérien pendant les évacuations. Des milliers de maisons ont été détruites, au moins 140 écoles ont été touchées, selon les autorités locales.

Depuis plusieurs jours, les principaux axes routiers sont submergés par une mélasse brunâtre, sur laquelle flottent les panneaux et les feux de signalisation.

Des montagnes de branches, bouteilles et déchets ont été charriées sur les plages de Durban habituellement prisées des touristes et des familles.

L’activité portuaire a été suspendue, des conteneurs ont été emportés par les eaux. Des pillages ont été signalés.

Les fortes précipitations ont aussi entraîné des coupures d’électricité et perturbé l’approvisionnement en eau. Les liaisons ferroviaires ont été suspendues et les habitants appelés à éviter tout déplacement.

« Nous savons que c’est le changement climatique qui s’aggrave, on est passé de tempêtes extrêmes en 2017, à des inondations supposées record en 2019 mais clairement dépassées aujourd’hui en 2022 », a mis en garde Mary Galvin, professeur d’études du développement à l’université de Johannesburg.

En 2019, des inondations dans la région et la province voisine du Cap-Oriental avaient déjà fait 70 morts et dévasté plusieurs villages côtiers dans des coulées de boue.

Par Le Point avec AFP

Environnement : le bassin du fleuve Niger au centre d’un projet exemplaire

mars 30, 2022
Pollution dans une mangrove de l’État de Rivers, au Nigeria © TIFE OWOLABI/REUTERS

Le Forum mondial de l’eau qui vient de s’achever à Dakar a permis de souligner les graves bouleversements climatiques qui touchent déjà l’Afrique. Mais aussi les solutions, comme l’initiative NB-ITTAS menée par les pays du bassin du Niger et leurs voisins.

Le deuxième volet du sixième rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), paru le 28 février dernier, rappelle la fulgurante réalité des bouleversements climatiques en cours, dont les impacts seront durables en Afrique au cours des prochaines années. Dans le bassin du Niger, la question de l’eau représente un défi central, qui mérite de manière urgente une approche coordonnée, intelligente et efficace, mobilisant à la fois partenaires multilatéraux, régionaux et acteurs locaux.

Sécheresse et violences

À vrai dire, les conséquences tant redoutées sont déjà visibles à bien des endroits sur le continent. Autour du lac Tchad, qui a perdu 90 % de son volume depuis les années 1960, les tensions dégénèrent en violences meurtrières entre éleveurs et agriculteurs sur fond de stress hydrique accru. Dans les pays de la bande sahélienne, les sécheresses à répétition couplées à l’inexorable avancée du Sahara vers le sud nourrissent la précarité des populations et parfois, leurs frustrations vis-à-vis des pouvoirs publics. Le bassin du Niger, qui abrite d’importantes réserves d’eau douce ainsi que de vastes superficies de terres arables, est au centre de la stabilité du Sahel.

LES RENDEMENTS AGRICOLES ONT DIMINUÉ DE 34 % EN 50 ANS : C’EST PLUS QUE DANS TOUTE AUTRE RÉGION DU MONDE

Cette région risque d’être fortement perturbée par une forte pression démographique qui se traduit par l’amplification des migrations de populations à cause des sécheresses récurrentes. Les rendements agricoles ont quant à eux diminué de 34 % en 50 ans en raison du changement climatique : c’est plus que dans toute autre région du monde. Par ailleurs, la forte croissance des activités économiques sur l’écosystème du bassin va accentuer la pression sur ses ressources hydriques qui s’amenuisent constamment. Ces dernières années, la pollution des eaux liée à l’urbanisation et aux activités industrielles et minières a augmenté de façon préoccupante.

Plus que jamais, les acteurs africains, publics comme privés, ainsi que leurs partenaires internationaux doivent accentuer leurs efforts à travers une approche globale impliquant à la fois une mise à niveau technologique, la mobilisation de ressources financières et, bien évidemment, un niveau élevé de coordination de la gouvernance de l’eau.

C’est dans ce contexte décisif que se tient du 21 au 26 mars, à Dakar, la 9e édition du Forum mondial de l’eau (FME). Organisé pour la première fois au sud du Sahara, ce rassemblement d’acteurs institutionnels et privés offre la possibilité d’attirer l’attention du monde sur la situation de l’eau en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Il constitue également une opportunité de mettre en avant les initiatives et modèles qui fonctionnent.

Un projet commun à 11 pays africains

Le projet NB-ITTAS, qui vise à améliorer la gestion conjonctive des eaux souterraines et de surface du système aquifère d’Iullemeden-Taoudeni/Tanezrouft (ITTAS) et du bassin du Niger, est de ceux-là. Financé par le Fonds pour l’environnement mondial, il couvre 11 pays d’Afrique : les neuf pays du bassin du Niger ainsi que l’Algérie et la Mauritanie. Porté par l’ONU à travers le PNUD et le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et appuyé par l’ONU pour le développement industriel (ONUDI) et l’UNESCO, il a été lancé au bénéfice de l’Autorité du Bassin du Niger (ABN) et l’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS).

L’un des outils phares de ce projet est la méthodologie dite de Transfert de technologies écologiques rationnelles (TEST), déjà en cours de déploiement dans une vingtaine d’industries-pilotes clés dans les neuf pays du bassin du Niger. Objectif : les accompagner dans l’optimisation de leurs coûts de production (consommation en matières premières, énergie et eau) pour réduire leurs rejets de polluants. Concrètement, les entreprises-pilotes du projet TEST-Niger de NB-ITTAS sont initiées à un ensemble d’outils, de systèmes de gestion de l’environnement et de l’énergie permettant l’adoption rapide de meilleures pratiques, de nouvelles compétences et d’une nouvelle culture de gestion environnementale locale.

CE MODÈLE EFFICIENT ET ROBUSTE POUR FAIRE FACE AU CHANGEMENT CLIMATIQUE MÉRITE D’ÊTRE DUPLIQUÉ

Pour les industries partenaires, les attentes sont claires. « Le projet TEST permettra d’accéder à de nouveaux segments de marché grâce à une meilleure compétitivité et d’acquérir une meilleure maîtrise des coûts de production à travers les gains en productivité en matières premières, électricité, eau et avec un environnement sain où il fait bon vivre », affirme ainsi Massogbè Toure, PDG de la Société ivoirienne de transformation d’anacarde (SITA).

À cet engagement du secteur privé, s’ajoute un effort coordonné pour l’amélioration des politiques publiques et l’adaptation de la législation à l’échelle du bassin du Niger visant à institutionnaliser et promouvoir un nouveau cadre incitatif et inclusif. Parce qu’elle facilite la transformation et la montée en capacité du tissu industriel régional et qu’elle accompagne la mise en œuvre de procédés d’adaptation respectueux des écosystèmes, une telle approche constitue un modèle efficient et robuste pour faire face au changement climatique, qui mérite d’être dupliqué. L’approche intégrée du projet NB-ITTAS traduit également un engagement collectif fort et coordonné des acteurs publics et privés adapté aux besoins de terrain et permet d’apporter une réponse à la hauteur des défis majeurs de l’eau.

Avec Jeune Afrique par Bireme Hamid Aberahim

Secrétaire exécutif de l’Autorité du Bassin du Niger

Avec Jeune Afrique par Christian Susan

Directeur de projet, Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI)