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Canada: Neuf logements détruits par un incendie à Trois-Rivières

juillet 3, 2022

Un incendie jette à la rue neuf ménages à Trois-Rivières Photo: Radio-Canada/Julie Grenon

Un incendie majeur a complètement détruit deux immeubles à logements à Trois-Rivières la nuit dernière.

Le brasier s’est déclaré vers 1 heures 30 du matin dans un des deux bâtiments de neuf logements au total au coin des rue Sainte-Julie et Monseigneur Cooke.

Lorsque les pompiers sont arrivés sur les lieux, ils ont constaté que les flammes se propageaient rapidement à l’immeuble voisin et affectaient même la structure.

À l’arrivée des pompiers, on a procédé à une attaque agressive, mais malheureusement l’incendie a pris beaucoup d’ampleur, très rapidement. On est monté en cinquième alarme pour pouvoir avoir une bonne force de frappe. On a eu l’aide de nos voisins de Bécancour et de Saint-Étienne, explique Mathieu Ouellette, chef aux opérations à la Direction de la sécurité incendie et sécurité civile à la Ville de Trois-Rivières.

Heureusement, aucune personne n’a été blessée. Les résidents des neuf logements ont été évacués et pris en charge par la Croix-Rouge.

Un pompier a été transporté en ambulance pour traiter un coup de chaleur.

La cause de l’incendie reste encore a déterminer et une enquête est en cours. Selon des témoins, des explosions sont survenues.

Au début j’ai entendu des booms. Je pensais que c’était des feux d’artifice, mais on sortant j’ai vu que le feu était pris sur les balcons de l’immeuble voisin. On a tout de suite appelé les pompiers et on a fait le tour pour évacuer tout le monde, relate un voisin qui habite l’immeuble de l’autre côté de la rue.

Avec Radio-Canada par Raphaëlle Drouin

Canada: 600 ménages sans logis au lendemain du 1er juillet, au Québec

juillet 2, 2022
Des meubles sont empilés dans la boîte d'une camionnette stationnée devant un appartement où une affiche indique qu'il est à louer.

Sur 600 ménages sans logis, à peine une soixantaine sont dans un hébergement d’urgence, dit le FRAPRU. Photo: Radio-Canada/Ivanoh Demers

On s’attendait à un 1er juillet difficile pour les ménages locataires, et cela s’est confirmé, a expliqué d’entrée de jeu Véronique Laflamme, porte-parole du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU). Ils sont ainsi des centaines à se retrouver sans toit cette année.

« On a aujourd’hui 600 ménages locataires au Québec qui sont accompagnés par un service d’aide, là où il y en a. Ils sont toujours sans bail. »— Une citation de  Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU

Ce chiffre est la pointe de l’iceberg, poursuit Mme Laflamme.

La plupart de ces gens, dit-elle, sont hébergés temporairement par des proches. Certains ont plutôt été hébergés par les municipalités ou la Croix-Rouge.

Pâle reflet de la réalité

L’ensemble de la province est affecté par la crise. En tête de liste, Drummondville enregistre 135 ménages qui ne sont toujours pas parvenus à se trouver un logement. Ils sont suivis par l’office d’habitation local. On en compte aussi 50 à Sherbrooke, 20 à Granby et 23 à Cowansville.

Pas moins de 24 ménages vivent cette situation à Trois-Rivières, contre 10 à Rimouski et 10 à Joliette.

La Montérégie n’est pas épargnée : 15 familles sont en attente d’un hébergement à Saint-Hyacinthe et 10 dans la MRC du Roussillon, incluant Châteauguay.

À Saguenay, 13 ménages n’ayant pas réussi à signer un nouveau bail étaient toujours suivis le 1er juillet, indique le FRAPRU.

La situation n’est pas différente dans les grandes villes. De fait, même si le taux de logements inoccupés est monté à 3,7 % sur l’île de Montréal, 118 ménages y sont toujours sans toit.

À Québec, il y en a 55, détaille le FRAPRU, qui en dénombre aussi 15 à Laval. À Gatineau, alors que ce n’est pas nécessairement durant la période du 1er juillet que les ménages se trouvent en difficulté en grand nombre, 40 ménages locataires sont présentement sans bail et suivis par le service d’aide.

Le FRAPRU fait remarquer que ce nombre ne comprend pas les ménages gatinois qui sont en situation d’hébergement temporaire depuis souvent plusieurs mois, voire plus d’un an, et qui sont suivis par les organismes communautaires.

Ce n‘est pas fini, prévient le FRAPRU

Véronique Laflamme.

Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU, en point de presse Photo : Radio-Canada

En point de presse samedi, au lendemain du grand ballet du déménagement, Véronique Laflamme évoque également des révélateurs d’une crise beaucoup plus profonde, à laquelle il faudra rapidement s’attaquer pour éviter la répétition, année après année, de tels drames humains.

Les chiffres qu’on vous donne aujourd’hui pourraient augmenter dans les prochains jours, ajoute-t-elle.

La crise du logement est tellement profonde qu’on voit que cela prend de plus en plus de temps pour que les gens soient relogés. Dans certains cas, ça prend des semaines, voire des mois.

Mme Laflamme s’adresse au gouvernement pour lui demander de s’assurer que les mesures d’aide annoncées pour le 1er juillet soient en place jusqu’à ce que tout le monde soit relogé.

Elle constate aussi que les programmes d’aide destinés aux municipalités pour assister les ménages dans cette situation ne sont pas tous assez généraux.

Toujours selon Mme Laflamme, avec la période estivale, il est très difficile de trouver des logements temporaires. Sur les 600 ménages locataires sans logis et accompagnés par des services d’aide, à peine une soixantaine sont accueillis dans un hébergement d’urgence. Les autres sont chez de la famille, des proches…

Le niveau de crise est pire que jamais 

En entrevue aux Faits d’abord, Martin Blanchard, porte-parole du Regroupement des comités logement et des associations de locataires du Québec, dit que l’on voyait venir la crise, dans un contexte de spéculation immobilière, de hausse de loyers entre changements de locataires et l’apparition du phénomène de reprise de logement et des rénovations.

« C’est la pire crise de logement de l’histoire récente du Québec. »— Une citation de  Martin Blanchard, porte-parole du Regroupement des comités logement et des associations de locataires du Québec

De son côté, le FRAPRU réclame un engagement clair de la part des partis politiques en lice pour les élections du 3 octobre prochain. L’organisme exige ainsi des mesures structurantes de sortie de crise, incluant un grand chantier de 50 000 logements sociaux.

Il plaide par ailleurs pour un renforcement de la protection légale des locataires et du parc de logements locatifs encore abordables.

Avec Radio-Canada par Radio-Canada

Canada: Ottawa fournira 39 blindés légers à l’Ukraine

juin 30, 2022
Un blindé léger dans un garage.

Un blindé léger construit par General Dynamics, photographié dans l’usine de l’entreprise, le 16 août 2019. Photo : La Presse Canadienne/Geoff Robins

Ottawa fournira 39 blindés légers et 6 caméras militaires pour drones à l’Ukraine, a annoncé jeudi le premier ministre Justin Trudeau au terme du sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), à Madrid, en Espagne.

Les blindés légers proviendront de l’usine de General Dynamic, à London, en Ontario. Des pièces nécessaires pour les réparations et l’entretien seront envoyées par la même occasion. Les caméras militaires pour drones viendront pour leur part de Burlington, en Ontario.

Les blindés légers étaient initialement destinés aux Forces armées canadiennes, qui recevront tout de même leur commande ultérieurement, aussi rapidement que possible, a précisé le premier ministre. Il en ira de même pour les autres équipements expédiés aux Ukrainiens, comme les obusiers et les fusils.

« [Les Ukrainiens] nous ont souligné à quel point ces caméras dans les drones sont essentielles pour le travail qu’ils font […]. Ils ont besoin de véhicules blindés pour aider avec le transport de troupes. »— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Justin Trudeau, entouré d'Anita Anand et de Mélanie Joly, sur un podium.

Le premier ministre canadien Justin Trudeau était accompagné de ses ministres de la Défense et des Affaires étrangères, Anita Anand (à gauche) et Mélanie Joly, lors de sa conférence de presse au terme du sommet de l’OTAN. Photo : La Presse Canadienne/AP/Manu Fernandez

La facture totale de ce matériel reste à déterminer, a indiqué une source gouvernementale à Radio-Canada, mais elle pourrait dépasser les 300 millions de dollars. Elle sera financée avec l’enveloppe de 500 millions de dollars pour le soutien à l’Ukraine annoncée dans le dernier budget fédéral.

La même source assure que l’annonce du gouvernement est plus que symbolique et que le matériel expédié à Kiev aura un effet réel sur le terrain.

« Vladimir Poutine voulait affaiblir l’OTAN, mais je peux vous dire que ce que j’ai vu cette semaine, c’est que nous sommes unis et déterminés à rendre notre alliance défensive encore plus forte, maintenant et pour le futur. »— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada.

Prenant la parole après M. Trudeau, le président américain Joe Biden a quant à lui annoncé que les États-Unis offriront une nouvelle aide militaire d’une valeur de plus de 800 millions de dollars au cours des prochains jours.

Le gouvernement britannique avait annoncé mercredi une aide supplémentaire d’un milliard de livres (1,55 G$ CA) à l’Ukraine, qui comprend notamment des systèmes de défense anti-aérienne et des drones.

Un centre de l’OTAN à Montréal

Le premier ministre canadien a également indiqué que le Canada a l’intention d’accueillir le bureau régional pour l’Amérique du Nord de l’accélérateur d’innovation de défense pour l’Atlantique Nord de l’OTAN.

Il s’agit de l’un des 10 accélérateurs que l’OTAN veut mettre sur pied dans les pays de l’Alliance pour s’assurer d’une avance technologique sur ses rivaux, notamment en matière d’intelligence artificielle et de technologies quantiques.

M. Trudeau a en outre confirmé que le comité militaire de l’OTAN a approuvé l’installation à Montréal du Centre d’excellence de l’OTAN pour le changement climatique et la sécurité, chargé d’étudier et de prévenir les défis stratégiques et militaires causés par des phénomènes météorologiques extrêmes.

Il a aussi rappelé que le groupement tactique de l’OTAN que le Canada dirige en Lettonie sera considérablement renforcé de manière à devenir apte au combat, et que davantage de soldats canadiens rejoindront ses rangs. Leur nombre reste toutefois à être déterminé.

« Nous serons là aussi longtemps que nécessaire pour s’assurer que la Russie ne gagne pas en Ukraine, et que les démocraties et la règle de droit prévaudront.  »— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Le Canada participera au G20 de Bali

M. Trudeau a par ailleurs indiqué que le Canada participera au sommet du G20 qui aura lieu en novembre à Bali, en Indonésie, même si le président russe Vladimir Poutine devait y participer. Le printemps dernier, M. Trudeau avait plutôt plaidé que la Russie devrait être exclue du groupe.

C’est une conversation trop importante sur l’économie mondiale pour s’en priver, a expliqué le premier ministre en conférence de presse, plaidant la nécessité de contrecarrer la voix et les mensonges que la Russie mettra peut-être de l’avant.

Il est toutefois clair que l’ordre du jour sera dominé par des enjeux comme l’insécurité alimentaire et la hausse des prix du carburant, qui sont une conséquence directe de la décision du Kremlin de déclencher une guerre illégitime et injustifiable, a-t-il ajouté.

Radio-Canada par François Messier avec les informations de Christian Noël

Canada-Québec: Les innombrables et difficiles retours au travail après la COVID-19

juin 29, 2022
Une femme se repose dans un fauteuil à l'extérieur.

Geneviève Marcotte, 36 ans, est incapable de retourner travailler plus d’un an après avoir contracté la COVID-19. Photo : Radio-Canada/Alexandre Duval

Ils sont vraisemblablement des milliers, au Québec, à ne pas avoir pleinement récupéré leurs capacités après avoir contracté la COVID-19. Même un an après l’infection, certains sont encore très loin d’un retour au boulot. Et la science commence à comprendre que leur réadaptation est beaucoup plus complexe et plus parsemée d’embûches qu’on le croyait.

À 36 ans, Geneviève Marcotte a dû retourner vivre chez ses parents. Jadis active et amoureuse des voyages, elle peine aujourd’hui à se tenir debout plus d’une dizaine de minutes, à cuisiner, à faire le ménage. Bref, à s’occuper d’elle-même.

Tout ça à cause de la COVID-19, qu’elle a contractée il y a 13 mois, précisément. Ma vie a changé en 24 heures. La veille du jour où j’ai attrapé la COVID, je faisais une randonnée avec des amis, j’étais engagée, j’aimais mon travail. Et 24 heures plus tard, j’ai la COVID et je ne reviens jamais à cet état-là, raconte-t-elle.

Geneviève Marcotte dans la nature, devant une chute d'eau.

Geneviève Marcotte était une femme active, amoureuse des voyages et des randonnées, avant de contracter la COVID-19. Photo : Geneviève Marcotte

Geneviève n’est en effet jamais retournée travailler à son poste de directrice des missions commerciales à l’Université Laval. Elle est étroitement suivie par une équipe de professionnels de la santé, car ses symptômes sont encore nombreux et, surtout, incapacitants.

Ma limite d’énergie est très, très basse. Je dirais que ma batterie est peut-être à 10 %. Si je dépense 12 % d’énergie, j’éprouve un malaise post-effort. C’est là que tous mes symptômes réapparaissent, mais de façon vraiment exagérée, dit-elle.

« Je vais avoir des douleurs musculaires, des sensations de brûlure, de gros maux de tête, un épuisement qui me laisse alitée […] Ce malaise-là peut durer quelques heures, quelques jours, quelques semaines, selon ma dépense énergétique excédentaire. »— Une citation de  Geneviève Marcotte, absente du travail depuis 13 mois

Pour bien se faire comprendre, elle donne l’exemple d’une séance de magasinage qui a duré moins de deux heures, récemment.

Même si elle était accompagnée d’une personne qui la poussait en fauteuil roulant, l’exposition au bruit, à la lumière et à l’ambiance des magasins lui a fait vivre une rechute. Ça m’a pris une semaine à m’en remettre, raconte-t-elle, précisant qu’elle dû être alitée pendant quelques jours.

Geneviève Marcotte regarde un ordinateur et s'adresse à quelqu'un.

Geneviève Marcotte, au cours d’un rendez-vous avec son ergothérapeute par visioconférence Photo : Radio-Canada/Alexandre Duval

Un nouveau paradigme

Des cas comme celui de Geneviève Marcotte, son ergothérapeute de la clinique Iso-Santé Réadaptation en voit beaucoup. Caroline Théberge est visiblement inquiète pour certains, qui stagnent dans leur réadaptation après la maladie.

C’est certain qu’il y en a [pour qui] c’est très dur d’améliorer leur état et […] même, des fois, après un an de suivi en réadaptation, avec tous les outils, le retour au travail est très difficile, indique-t-elle.

Pourquoi est-ce si dur? Parce que les pratiques habituelles de réadaptation ne fonctionnent pas avec les personnes qui ont des symptômes persistants de COVID-19. Les amener à se dépasser est une grave erreur, indique Mme Théberge.

« On se dit bon bien, en se réactivant, ça va aller mieux, on va remonter. Mais avec la COVID longue, c’est l’inverse qui se produit. Dès que les gens repoussent un peu trop leurs limites, ils retombent, ils empirent leurs symptômes. Les gens vivent de l’incompréhension, beaucoup de détresse, du stress. »— Une citation de  Caroline Théberge, ergothérapeute à la clinique Iso-Santé Réadaptation

Caroline Théberge en entrevue vidéo.

Caroline Théberge, ergothérapeute à la clinique Iso-Santé Réadaptation Photo: Zoom/Capture d’Écran

Les services commencent à se développer et à être plus efficaces, mais au début, les gens ne savaient pas! Il y a des endroits pleins de bonne volonté où on proposait des réadaptations plus classiques et où on empirait les cas! dit-elle.

Le professeur Simon Décary, de l’École de réadaptation de l’Université de Sherbrooke, explique que la science montre désormais toute la complexité de ces cas, qui sont encore parfois incompris.

Dans nos études cliniques, c’est la chose la plus complexe à réussir avec les patients, le retour au travail, parce qu’il y a cette balance-là entre le besoin de temps pour la récupération et l’action. Si j’essaie d’accélérer, je sais que je crée des rechutes. Et chaque rechute retarde [le retour au travail], dit-il.

Des milliers de personnes

Le phénomène des patients n’ayant pas retrouvé leur pleine capacité de travail, visiblement répandu, est toutefois difficile à quantifier.

Selon des chiffres obtenus auprès de la CNESST, 501 Québécois reçoivent une indemnisation de revenu depuis plus de six mois en raison de la COVID-19. De ce nombre, presque 80 % sont des travailleurs de la santé.

D’ailleurs, une étude de l’Institut national de santé publique du Québec s’inquiétait récemment de ces absences prolongées dans le réseau de la santé, craignant que cela finisse même par nuire aux soins offerts à la population.

Or, les chiffres de la CNESST ne sont que la pointe de l’iceberg, car ils ne concernent que les personnes ayant contracté la maladie sur leur lieu de travail.

Celles qui ont été infectées ailleurs, comme Geneviève Marcotte, sont généralement indemnisées par une compagnie d’assurances privée et ne sont pas recensées dans les statistiques.

Radio-Canada a tenté d’obtenir des estimations auprès de l’Association canadienne des compagnies d’assurances de personnes, mais ces données n’existent pas, nous a-t-on répondu.

Le professeur Décary est cependant catégorique : les gens qui sont complètement ou partiellement absents du travail en raison de symptômes persistants de COVID-19 au Québec sont très nombreux.

« Est-ce que je crois qu’il y a des milliers de personnes qui n’ont pas retrouvé leur pleine capacité de travail depuis l’infection? Oui, ça, j’en suis assez certain. »— Une citation de  Simon Décary, professeur à l’École de réadaptation de l’Université de Sherbrooke

Même les données de la CNESST lui paraissent sous-estimer la gravité de la situation. Quand je vois le nombre de cas qui restent [absents du travail] à six mois, d’après ce que je connais des impacts fonctionnels de cette maladie-là, je me dis qu’il y a des gens qui sont retournés au travail et qui n’étaient pas prêts.

Le jugement facile

Nathalie Belleau fait partie des cas indemnisés par la CNESST. Infirmière dans le réseau public, elle a contracté la COVID-19 en décembre 2021. Pendant trois mois, elle n’a pas pu retourner travailler du tout.

Depuis mars, elle est en retour progressif, à raison de trois demi-journées de quatre heures chacune par semaine. Difficulté à suivre les conversations, diminution de l’endurance, maux de tête, maladresse, douleurs au thorax : sa liste de symptômes est longue.

Heureusement, elle se dit bien épaulée par son équipe de professionnels de la santé, mais elle admet que, pour les gens auxquels la COVID longue n’est pas familière, tout cela peut sembler exagéré. Je pense que les gens, quand ils voient ça, ils posent rapidement un jugement, dit-elle.

Nathalie Belleau, portant son uniforme et un masque.

Nathalie Belleau, infirmière, ne peut travailler que 12 heures par semaine, divisées en trois quarts de travail. Photo : Nathalie Belleau

À titre d’ergothérapeute, Caroline Théberge est à même de témoigner de ce scepticisme, car elle l’a observé au sein même du réseau de la santé. Or, le soutien des patients est crucial, selon elle.

[Au début de la pandémie], j’avais beaucoup de clients pour lesquels il fallait écrire de longues lettres aux médecins afin d’expliquer la problématique, l’approche de réadaptation, [parce] que les gens nous disaient : « Je ne me sens pas cru, mon médecin ne me backe pas là-dedans. »

La collaboration des employeurs est aussi importante, selon Mme Théberge, parce que les modalités de retour au travail pour les personnes atteintes de la COVID longue sont parfois inhabituelles.

Quand […] on arrive avec des retours au travail de deux fois quatre heures par semaine, même si l’employeur comprend que ça peut être thérapeutique à ce stade-là de réintégrer le travail, il ne sait pas trop quoi donner comme tâches. Des fois, même la personne ne se sent pas si utile que ça, illustre-t-elle.

Un cas historique

Le professeur Simon Décary croit quant à lui que les assureurs devront aussi faire preuve de compréhension, car ils auront sans doute à verser des indemnités plus longtemps.

Cette avenue reste cependant la meilleure, selon lui, parce que si on essaie d’aller trop rapidement et qu’on transforme cette personne-là en un cas avec un handicap permanent […] ça va coûter énormément plus cher à long terme, incluant le coût sociétal, dit-il.

D’ailleurs, M. Décary croit qu’on est collectivement face à un cas historique pour ce qui est des assurances et du retour au travail et qu’on a sous-estimé les effets de la COVID-19 sur le marché de l’emploi.

« Ce n’est pas terminé. Les données scientifiques nous montrent qu’on peut avoir un cas de COVID longue à trois mois malgré une triple vaccination et une infection à Omicron. »— Une citation de  Simon Décary, professeur à l’École de réadaptation de l’Université de Sherbrooke

Un homme porte un veston et des lunettes.

Simon Décary, professeur à l’École de réadaptation de l’Université de Sherbrooke Photo : Simon Décary

En décembre dernier, le ministère de la Santé et des Services sociaux estimait qu’environ 23 000 Québécois pourraient avoir besoin de ses services dans les cliniques consacrées à la COVID longue.

Geneviève Marcotte, elle, espère qu’elle pourra reprendre le travail. Mais devant le temps qui s’étire, les questions fusent et les réponses manquent encore.

Quand je vais arriver au bout de toutes ces ressources-là, si je ne suis pas encore capable de travailler, qu’est-ce qui va se passer? Est-ce que je vais avoir du soutien? Est-ce que la société va s’occuper de moi? Ça va être quoi, mon filet?

Depuis le début de la pandémie, la CNESST a offert des indemnisations de revenu totalisant 94 millions de dollars à plus de 55 000 personnes ayant contracté la COVID sur leur lieu de travail.

Il n’a cependant pas été possible de savoir quel montant a été versé uniquement aux travailleurs qui éprouvent des symptômes persistants de COVID-19 et dont le retour au travail est partiellement ou complètement compromis.

Avec Radio-Canada par Alexandre Duval

Canada: Comment éviter de se faire saisir de la nourriture aux douanes?

juin 29, 2022

Qu’est-ce qu’il est possible de rapporter, ou pas, au pays? Répondre à cette question n’est pas si simple : les règles et les exceptions sont multiples et complexes, et peuvent varier dans le temps. L’épicerie vous aide à y voir plus clair.

Un douanier tient dans ses mains des saucissons qu'il a sortis d'une valise.

Les règles sur les aliments qu’il est possible de rapporter ou non au pays sont complexes. Photo : Radio-Canada/L’Épicerie

Chaque année, plus de 40 000 aliments sont saisis au Canada. « Ça peut sembler bénin de rapporter un fruit ou un restant de lunch qu’on a pris en France ou ailleurs. Mais les conséquences peuvent être désastreuses rapidement », prévient Maxime Sauriol, maître-chien à l’Agence des services frontaliers du Canada.

Les aliments, qu’ils soient importés par voie maritime, terrestre, aérienne ou ferroviaire, doivent être vérifiés. La surveillance des produits alimentaires s’avère primordiale pour protéger les écosystèmes de maladies, de parasites ou d’espèces envahissantes qui pourraient s’immiscer au pays.

Des chiens pour détecter les aliments interdits

Les chiens ne sont pas uniquement utiles pour détecter des drogues cachées dans des bagages. Une trentaine de chiens travaillent un peu partout au Canada afin de détecter les aliments interdits d’entrée au pays.

Un homme et un chien dans un aéroport

Maxime Sauriol, maître-chien à l’Agence des services frontaliers du Canada, en compagnie de Gonzo Photo : Agence des Services Frontaliers du Canada (ASFC)

Le chien de Maxime Sauriol, Gonzo, est entraîné pour détecter les odeurs d’aliments qui présentent un risque plus élevé : le porc, le poulet, le bœuf, les pommes, les prunes, les bulbes et la terre.

Les 10 aliments les plus saisis au pays

  1. Porc
  2. Bovin
  3. Volaille
  4. Végétaux
  5. Autres produits à base de viande
  6. Lait en poudre
  7. Beurre
  8. Autres produits animaliers
  9. Graisse de lard
  10. Viande de mouton

Des règles complexes

Les règles et les exceptions sont multiples et complexes, et elles peuvent varier dans le temps. Impossible pour les voyageurs de bien les connaître.

Ça dépend ça arrive d’où, ça va où. Ça dépend même s’il y a un transit qui est fait dans une autre province, explique l’agent des services frontaliers.

Même pour moi et pour les agents, c’est un travail de tous les jours. C’est en constante évolution, au gré des éclosions de maladies, des pandémies. C’est assez complexe.

Les éléments à retenir

De manière générale, les aliments transformés commercialement comme les bonbons, les chips, les mélanges montagnards sont sujets à moins de restrictions.

Mais quand on parle d’aliments frais en général, il y a des restrictions qui vont s’appliquer, ou à tout le moins une surveillance est faite. Les viandes fraîches, les viandes qui n’ont pas subi de transformation ou de cuisson ou qui ne sont pas stériles… Ces produits sont habituellement soumis à plus de restrictions, dit Maxime Sauriol.

Les agents vont aussi vérifier la présence de terre sur les légumes, puisque la terre est un vecteur important de maladies.

Pour les fruits, la règle est un peu contre-intuitive : si ces fruits poussent aussi au Canada, des restrictions y sont associées. La raison derrière ça, c’est qu’on ne veut pas apporter des espèces ou des insectes qui pourraient parasiter le même aliment au Canada, explique l’agent.

« Des fruits frais qui ne poussent pas au Canada, comme des papayes, des mangues, des clémentines, des dattes, ce sont des articles qui seraient admissibles sans problème. »— Une citation de  Maxime Sauriol, maître-chien, Agence des services frontaliers du Canada

Il est recommandé de garder les emballages d’origine des aliments et les factures afin de faciliter la confirmation de la provenance.

Des restrictions reliées à la grippe aviaire

En raison des foyers d’éclosion actuelle de la grippe aviaire, le poulet provenant de plusieurs États des États-Unis, qu’il soit frais, cuit, en sandwich ou sous vide est interdit. La même restriction s’applique actuellement pour les œufs des États-Unis.

Les voyageurs et les voyageuses peuvent aussi consulter le site de l’Agence des services frontaliers du Canada(Nouvelle fenêtre) pour plus d’informations.

Une personne tend son passeport aux douanes.

Dans le doute, il vaut mieux déclarer tous les aliments que l’on rapporte au pays. Photo : Getty Images/Istockphoto/Peopleimages

Une seule règle pour le voyageur : déclarer

Qu’on arrive des États-Unis ou d’ailleurs dans le monde, il y a une règle simple à suivre : déclarer. Nous, tout ce qu’on demande aux voyageurs, c’est qu’ils fassent une déclaration qui est exacte, véridique et complète, dit Maxime Sauriol.

Ne pas déclarer les produits alimentaires à votre retour au Canada peut entraîner la confiscation de l’aliment, un avertissement ou une sanction pouvant aller jusqu’à 1300 $ accompagnée ou non d’une poursuite judiciaire.

On est conscients que les voyageurs ne sont pas au courant de toutes les exigences sanitaires. Ça, c’est le travail de l’agent frontalier qui va faire la vérification par la suite, conclut l’agent.

Le reportage « Des aliments confisqués aux douanes » de Barbara Ann Gauthier et Caroline Gagnon est diffusé ce mercredi à l’émission L’épicerie, 19h30 à ICI Télé.

Par Élise Madé avec les informations de Barbara Ann Gauthier

Canada: Des Québécois se ruent vers Fredericton dans l’espoir d’obtenir un passeport

juin 27, 2022

File d'attente.

Les gens attendaient depuis longtemps devant l’édifice de la rue Regent à Fredericton. Photo : Radio-Canada/Mikaël Mayer

Des dizaines de personnes, surtout des Québécois, faisaient la queue lundi matin devant les bureaux de Service Canada à Fredericton dans l’espoir d’obtenir leur passeport.

Plusieurs voyageurs se sont installés dimanche soir dans l’espoir d’être les premiers à être servis.

Martin Labrosse, qui est originaire de la région des Laurentides, au Québec, est arrivé vers 2 h.

Martin Labrosse.

Martin Labrosse trouve la situation plus facile qu’à Laval, où se trouve le bureau le plus près de chez lui. Photo : Radio-Canada/Mikaël Mayer

« À Laval ça fait 48 h qu’ils attendent, alors on est pas pire. »— Une citation de  Martin Labrosse

Certaines personnes avaient entendu parler des péripéties de François Gamache, un Montréalais qui, après avoir attendu 30 heures en vain dans un bureau de Chicoutimi, avait obtenu son passeport au bureau néo-brunswickois en moins de 3 heures.

Il faudra voir si tous les demandeurs pourront obtenir leurs documents aussi rapidement.

Selon des témoins, dimanche soir il y avait déjà une vingtaine de personnes qui attendaient, mais la file d’attente a rapidement encerclé l’édifice aux premières heures du matin. On pouvait voir dans le stationnement de nombreuses plaques d’immatriculation de la Belle Province.

Des gens assis sur des chaises de camping.

Des voyageurs espèrent mettre la main sur leur passeport rapidement. Photo : Radio-Canada/Mikaël Mayer

J’ai avancé d’un coup, mais là j’attends. Mais c’est beaucoup plus calme qu’à Montréal, où c’est plus stressant, indique Louis, qui a préféré ne pas dire son nom de famille.

Sur le site web de Service Canada, on indique que le temps d’attente lundi est de 6 heures.

Un constat d’échec

Partout au pays, mais particulièrement au Québec, la délivrance des passeports connaît d’importants délais. Des voyageurs ont indiqué avoir dû annuler leur voyage devant l’impossibilité d’obtenir leurs documents.

Ottawa a créé un groupe d’intervention pour s’attaquer aux délais, autant dans les bureaux des passeports que dans les aéroports.

Le coprésident du groupe, le ministre des Relations Couronne-Autochtones, Marc Miller, a admis que la situation actuelle est un constat d’échec.

Malgré tout, les voyageurs présents à Fredericton lundi gardent espoir. Selon des personnes présentes, le service était courtois et une employée est venue répondre aux questions de tous ceux qui en avaient besoin

Avec Radio-Canada

Canada-Québec/Troisième lien : Lévis accusée de faire une lecture tendancieuse de son étude économique

juin 27, 2022
Maquette de deux tunnels côte à côte sous le fleuve Saint-Laurent en face de la ville de Québec.

L’étude économique présentée jeudi dernier par la Ville de Lévis n’est pas crédible, selon un expert. Photo : Site du Réseau Express de la Capitale

En dévoilant une étude économique sur le troisième lien jeudi dernier, le maire de Lévis n’a pas donné l’heure juste à propos des véritables avantages du projet, dénonce un expert. Le professeur Jean-Philippe Meloche affirme même que les gains de productivité anticipés ont une « faible crédibilité » et relèvent d’une erreur méthodologique.

Selon le professeur Meloche, dont les recherches portent notamment sur les finances publiques et sur le transport urbain au Québec, présenter une étude d’impacts économiques n’est tout simplement pas pertinent pour déterminer si le tunnel Québec-Lévis constitue un bon ou un mauvais projet.

Il faut faire des études comparatives, dit-il. Mettre l’accent sur le fait que le tunnel pourrait faire croître le produit intérieur brut (PIB) de 630 millions de dollars par année dès son entrée en service, en 2032, ne nous renseigne pas adéquatement sur la valeur du projet, selon lui.

« Comme on n’a aucune étude comparative, on nous dit : « Mettre 6,5 milliards de dollars à Lévis, ça génère de l’activité économique. » C’est certain! Ça génère de l’activité économique, peu importe où on va le mettre, de n’importe quelle façon, dans n’importe quel secteur! L’étude, en soi, n’est pas pertinente. »— Une citation de  Jean-Philippe Meloche, professeur et directeur de l’École d’urbanisme et d’aménagement du paysage de l’Université de Montréal

Jean-Philippe Meloche.

Jean-Philippe Meloche, professeur et directeur de l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage de l’Université de Montréal Photo: Jean-Philippe Meloche

Le professeur Meloche estime donc que le maire Gilles Lehouillier a offert une lecture biaisée lors de la présentation de cette étude réalisée par la firme WSP à la demande de la Ville de Lévis au coût de 65 000 $ avant taxes.

D’ailleurs, dans le sommaire de l’étude, on constate que le mandat donné à la firme WSP consistait à faire ressortir les impacts positifs du tunnel dans un contexte où le projet […] a suscité plusieurs critiques et des débats sur les effets négatifs qu’il pourrait créer.

Des avantages économiques insuffisants

Une section de l’étude sur les avantages économiques du futur troisième lien pour la société dans son ensemble a cependant retenu l’attention du professeur Meloche. On y calcule les montants que les automobilistes pourraient épargner en carburant et en entretien de leur véhicule, par exemple.

On y calcule aussi les avantages économiques du troisième lien en ce qui a trait à la diminution des accidents routiers ainsi que les bienfaits environnementaux liés à la réduction des émissions de certains polluants dans l’air.

En additionnant tous ces avantages économiques, l’étude conclut que les gains s’élèveraient à un peu moins de 550 000 $ par année aux heures de pointe.

C’est encore pire que ce que je pensais, s’exclame Jean-Philippe Meloche. Même en doublant ces gains économiques pour tenir compte de l’ensemble de la journée, le total serait très loin d’égaler les sommes nécessaires à l’exploitation et à l’entretien du troisième lien, évaluées à 25,6 millions de dollars par année.

« C’est comme si je vous demandais d’investir dans un projet qui va coûter 25 fois plus cher que ce qu’il pourrait générer comme bénéfices en vous disant : « C’est un super bon projet pour notre région! » »— Une citation de  Jean-Philippe Meloche, professeur et directeur de l’École d’urbanisme et d’aménagement du paysage de l’Université de Montréal

C’est sans compter les coûts d’amortissement de l’infrastructure, ajoute le professeur. Sous l’angle d’un gestionnaire de fonds publics, il n’y a personne qui devrait trouver que c’est un bon investissement, analyse-t-il.

Invité à commenter, le directeur du développement économique et de la promotion à la Ville de Lévis rappelle que les gains du tunnel ont été calculés uniquement pour quatre secteurs, c’est-à-dire l’approche des ponts de Québec et Pierre-Laporte dans les deux directions.

C’est uniquement ça. On n’a pas extrapolé à l’ensemble de la région, soutient M. Meurant, parce que les données fournies par le Bureau de projet du troisième lien ne permettaient pas de calculer au-delà de ces secteurs précis.

« Ce sont des gains significatifs pour quatre petits secteurs, géographiquement très limités, aux abords des ponts de Québec et Laporte. »— Une citation de  Philippe Meurant, directeur du développement économique et de la promotion à la Ville de Lévis

Tirée par les cheveux

Lors de sa conférence de presse, le maire Gilles Lehouillier avait aussi souligné que le troisième lien entraînerait une hausse de la productivité des travailleurs de 0,62 $ de l’heure.

Les trois politiciens prennent la pose devant la salle de la conférence de presse.

Le préfet de la MRC de Bellechasse, Yvon Dumont, la députée de Bellechasse, Stéphanie Lachance, et le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, lors de la conférence de presse sur l’étude des impacts économiques du tunnel Québec-Lévis. Photo : Radio-Canada/Louise Boisvert

C’est notamment ce gain de productivité qui permet d’affirmer que le PIB de la grande région de Québec augmenterait avec l’entrée en service du tunnel.

La firme WSP s’est notamment basée sur une étude américaine qui démontre que les efforts d’aménagement destinés à réduire les distances parcourues en voiture peuvent avoir des effets positifs sur les économies locales.

Or, le professeur Meloche rappelle que cette étude s’applique non pas aux projets autoroutiers mais plutôt aux projets d’aménagement qui favorisent les déplacements non motorisés, notamment le vélo et la marche.

De plus, la firme WSP semble avoir calculé les gains de productivité pour Lévis en les appliquant à l’ensemble des emplois sur le territoire de la ville. C’est une autre erreur, selon le professeur Meloche, car tous les travailleurs ne verront pas leur temps de déplacement réduit par l’avènement du troisième lien.

Il donne l’exemple des cyclistes, des piétons et des automobilistes qui n’ont pas à emprunter les ponts ou qui ne circulent pas à leurs abords.

« Non seulement on cite une étude hors contexte – on reprend un résultat d’étude dans un contexte qui n’est pas approprié – mais on l’extrapole ensuite à une population qui n’est pas touchée par l’infrastructure. »— Une citation de  Jean-Philippe Meloche, professeur et directeur de l’École d’urbanisme et d’aménagement du paysage de l’Université de Montréal

L’augmentation projetée du PIB est donc tirée par les cheveux, déplore le professeur Meloche. Ce n’est pas intellectuellement très rigoureux.

Là aussi, Philippe Meurant affiche son désaccord. Selon lui, la congestion routière actuelle déborde sur les réseaux routiers municipaux des deux côtés du fleuve, ce qui justifie qu’on extrapole les gains de productivité à tous les travailleurs.

C’est évident que ça affecte les conditions de circulation, la mobilité de l’ensemble du territoire de Lévis, soutient le directeur du développement économique et de la promotion de la Ville.

« L’étude, ce qu’elle confirme, c’est que les employeurs et les employés vont bénéficier de la réalisation de ce projet parce que le temps de déplacement va être raccourci, [non seulement] la durée mais également la distance de déplacement. »— Une citation de  Philippe Meurant, directeur du développement économique et de la promotion à la Ville de Lévis

Selon lui, l’étude est même conservatrice dans son évaluation de l’augmentation de la productivité et du PIB.

Infrastructures vieillissantes

M. Meurant ajoute que l’actualité des dernières semaines avec les craintes liées à l’état des suspentes du pont Pierre-Laporte est un autre argument qui rend nécessaire le tunnel Québec-Lévis.

On ne peut pas être tributaire de deux ponts qui sont menacés pour l’un ou pour l’autre de graves conséquences étant donné l’état dans lequel ils se trouvent. On n’a pas le choix. C’est vraiment une nécessité, dit-il.

Jeudi dernier, après le dévoilement de l’étude, la Coalition Non au troisième lien avait publié un communiqué pour dénoncer les incohérences contenues dans le document.

L’analyse des retombées économiques perd en crédibilité de par l’absence de comparatif et l’inexistence d’une étude d’opportunité sur le projet de troisième lien Québec-Lévis, écrivait la Coalition.

Aux détracteurs du projet, Philippe Meurant réplique que contrairement à la Ville de Lévis, ils n’ont produit aucune étude sur le troisième lien.

Avec Radio-Canada par Alexandre Duval

Canada-Lutte contre l’inflation : « C’est normal d’être en colère contre moi », dit Freeland

juin 26, 2022
Chrystia Freeland.

Chrystia Freeland, ministre fédérale des Finances. Photo : La Presse Canadienne/Cole Burston

La ministre des Finances, Chrystia Freeland, affirme qu’elle doit trouver un équilibre entre l’aide aux Canadiens qui souffrent des effets de l’inflation et la poursuite d’une politique de restrictions budgétaires, au risque d’aggraver le problème du coût de la vie.

Dans une entrevue diffusée dimanche à l’émission Rosemary Barton Live de CBC, Mme Freeland, qui occupe également le poste de vice-première ministre, a déclaré être ouverte à d’autres mesures pour aider les Canadiens devant la hausse du coût de la vie, mais elle a aussi dit croire que les mesures en vigueur – qui totalisent une valeur de 8,9 milliards de dollars – contribuent déjà à atténuer les impacts sur les Canadiens.

Elle parle notamment de l’augmentation des prestations pour les travailleurs à faible revenu, de l’augmentation d’autres prestations indexées sur l’inflation et de la mise en œuvre des programmes gouvernementaux de garde d’enfants et de soins dentaires. L’argent de ces programmes est, selon la ministre, déjà en route vers les Canadiens.

Mais Mme Freeland a dit devoir aussi prendre en considération le fait que la Banque du Canada tente d’encourager les Canadiens à dépenser moins, afin de faire baisser l’inflation.

« Je dois trouver un équilibre. D’une part, il faut aider les Canadiens qui ont des problèmes d’accessibilité financière et, d’autre part, il faut des restrictions budgétaires, car je ne veux pas rendre le travail de la Banque du Canada plus difficile qu’il ne l’est déjà. »— Une citation de  Chrystia Freeland, ministre des Finances

La Banque du Canada a pour mandat de maintenir la cible d’inflation du Canada, qui est de 2 % (ou dans une fourchette de 1 % à 3 %) par an. Mme Freeland a déclaré que c’était la responsabilité de la Banque de s’occuper de l’inflation et qu’elle respectait son indépendance.

« C’est normal d’être en colère »

La ministre des Finances a reconnu la frustration ressentie par de nombreux Canadiens face à la hausse des prix, en particulier pour les principaux produits de consommation courante. Elle a déclaré que des amis lui ont envoyé des photos des prix à la pompe et qu’elle est consciente que les produits d’épicerie sont plus chers.

Et pour beaucoup de Canadiens, c’est une véritable épreuve. Je le comprends vraiment, a-t-elle déclaré.

Interrogée sur le malaise général que de nombreux Canadiens ressentent face à l’économie, Mme Freeland a adopté un ton similaire.

« C’est normal d’être en colère contre moi. Je comprends vraiment que c’est une période économique incroyablement difficile. C’est vraiment, vraiment difficile pour beaucoup de gens. »— Une citation de  Chrystia Freeland, ministre des Finances

L’opposition à l’attaque

En réponse au discours de Mme Freeland, les députés conservateurs Dan Albas et Gérard Deltell ont publié une déclaration critiquant ce qu’ils appellent la stratégie tax-and-spend du gouvernement.

Cette approche économique défectueuse gruge les revenus des travailleurs canadiens et ignore le principe le plus fondamental de l’économie : dépenser pendant une crise inflationniste ne fera qu’alimenter davantage l’inflation. Pourtant, les libéraux continuent sur cette voie avec un abandon insouciant, infligeant encore plus de douleur inflationniste aux Canadiens.

Le NPD, qui a soutenu que les entreprises profitent de l’inflation pour augmenter leurs profits, affirme que le gouvernement devrait imposer une taxe sur les profits excédentaires aux sociétés pétrolières et gazières et redonner de l’argent aux Canadiens par le biais du crédit pour la TPS/TVH et de la prestation pour enfants.

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh a qualifié l’approche de Mme Freeland d’absolument insultante.

Un atterrissage en douceur toujours possible

Mme Freeland a rencontré plus tôt cette semaine la secrétaire au Trésor des États-Unis, Janet Yellen, qui a récemment déclaré qu’une récession aux États-Unis n’était pas inévitable, bien que l’inflation soit inacceptable.

Le Canada a encore la possibilité d’un atterrissage en douceur, a déclaré Mme Freeland, où le pays pourrait se stabiliser économiquement après l’énorme choc de la pandémie de COVID-19, sans la grave récession redoutée par beaucoup.

Mme Freeland a maintenu un ton optimiste quant à la capacité du Canada à surmonter l’incertitude économique mondiale, surtout si on le compare aux autres pays du G7.

Le défi n’est pas encore relevé, mais je crois sincèrement que nous allons nous en sortir ensemble, a-t-elle déclaré.

Par Radio-Canada avec les informations de Christian Paas-Lang de CBC

Canada-Québec: Un homme happé mortellement à Trois-Rivières

juin 25, 2022
Une voiture sur un terrain

Accident d’auto mortel au coin des rues François-Nobert et Magnan Photo: Radio-Canada/Hugo Mercier

Un homme a perdu la vie cet après-midi à Trois-Rivières. Il a été renversé par la voiture d’une voisine qui venait de lui demander de l’aide pour transporter ses pneus d’hiver.

L’accident s’est produit sur un terrain privé, dans l’entrée d’une résidence de la rue François Nobert. Selon la Police de Trois-Rivières, la conductrice a confondu le frein et l’accélérateur.

Elle a demandé de l’aide à son voisin pour la guider vers le cabanon. Le monsieur lui a fait signe de reculer, mais la dame, de ce que l’on comprend, a confondu la pédale d’accélérateur et la pédale de frein, explique le sergent Luc Mongrain de la Police de Trois-Rivières.

La voiture a reculé sur l’homme, et a parcouru une bonne distance dans les cours arrière de résidences, enfonçant des clôtures sur son passage.

La victime est restée coincée sous le véhicule.

Selon des témoins, la conductrice a demandé de l’aide autour d’elle pour venir en aide à la victime.

La conductrice a été transportée à l’hôpital pour soigner un choc nerveux.

Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes de l’accident

Avec Radio-Canada par Julie Grenon

Canada-Québec: Monseigneur Pierre-Olivier Tremblay quitte la Mauricie

juin 24, 2022
Dans une basilique, un jeune évêque assiste à la cérémonie. Une foule se trouve derrière lui.

Monseigneur Pierre-Olivier est nommé évêque du Diocèse de Hearst-Moosonee dans le nord de l’Ontario Photo: Radio-Canada/Renaud de Repentigny

Il vient d’être nommé évêque du Diocèse de Hearst-Moosonee dans le nord de l’Ontario. C’est le Pape François qui en a fait l’annonce, jeudi matin.

Monseigneur Pierre-Olivier Tremblay a été pendant plusieurs années évêque auxiliaire du Diocèse de Trois-Rivières, assurant jusqu’en 2020 les fonctions de recteur du Sanctuaire. Il a été titulaire du poste d’administrateur du diocèse pendant un certain temps jusqu’à la nomination de Monseigneur Martin Laliberté comme évêque de Trois-Rivières.

Monseigneur Tremblay dit avoir beaucoup appris ces quatre dernières années, même si la pandémie a rendu ce moment plus pénible. Il exprime sa reconnaissance à l’endroit de Monseigneur Martin Laliberté ainsi qu’à Monseigneur Luc Bouchard qu’il a succédé à l’administration du diocèse de Trois-Rivières.

Dans une une lettre, il salue les frères et sœurs trifluviens, les invitant à demeurer dans la confiance et l’espérance.

Un homme dévoué

Le diocèse de Trois-Rivières présente le nouvel évêque comme un homme passionné et dévoué au service de l’Église et de la communauté en Mauricie.

Il souligne des qualités exceptionnelles de l’homme d’Église, dont son amour des gens et son désir d’une Église actuelle, qui constituent des faits marquants de son passage dans la région.

Le diocèse a tenu à souhaiter à Monseigneur Pierre-Olivier une suite favorable de mission dans son nouveau Diocèse.

Avec Radio-Canada par Anne Merline Eugène