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Canada: les députés votent la légalisation du cannabis

juin 18, 2018

Rassemblement à l’occasion de la Journée internationale du cannabis devant le Parlement canadien à Ottawa, le 20 avril 2016 / © AFP/Archives / Chris Roussakis

Les députés canadiens ont adopté lundi le projet de loi pour légaliser le cannabis, ce qui ferait du Canada le premier pays du G7 à autoriser la consommation libre de cette drogue douce.

Le texte législatif a été adopté à 205 voix contre 82 et a été renvoyé au Sénat, qui l’avait amendé. En vertu de la constitution, le Sénat peut retarder l’adoption d’un projet de loi mais pas la bloquer.

Une fois cette réforme adoptée par la chambre haute, elle devra recevoir la sanction royale (signature du décret d’application). Une légalisation effective est attendue début septembre.

Le gouvernement libéral avait rejeté la semaine dernière 13 des 46 amendements proposés par le Sénat qui avait approuvé le projet de loi la semaine précédente au terme de sept mois d’étude.

L’un de ces amendements aurait laissé le choix aux provinces d’interdire la culture du cannabis à domicile, comme souhaitent le faire le Manitoba et le Québec. Mais le gouvernement s’y est fermement opposé.

« On reconnaît qu’il y a diverses perspectives à travers le pays mais nous avons fait les études et les consultations par rapport à la culture à domicile », avait déclaré le Premier ministre Justin Trudeau en justifiant la décision du gouvernement d’autoriser la culture de quatre plants de cannabis au maximum par personne.

« Dans trois ans, on pourra réviser ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas » dans la loi, avait-il dit.

Romandie.com avec(©AFP / 18 juin 2018 22h52)

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Les propos de Justin Trudeau vont coûter cher aux Canadiens, prévient Donald Trump

juin 12, 2018

 

Les propos de Justin Trudeau vont coûter cher aux Canadiens, prévient Donald Trump© Jonathan Ernst Les propos de Justin Trudeau vont coûter cher aux Canadiens, prévient Donald Trump
Questionné sur les relations commerciales tendues de son administration avec le Canada, le président Donald Trump a déclaré à Singapour que Justin Trudeau allait apprendre des erreurs qu’il a commises à l’égard des États-Unis lors du G7, mais que ça allait coûter « beaucoup d’argent aux Canadiens ».

Le président américain, qui s’adressait aux journalistes en conférence de presse à la sortie d’une première rencontre historique avec le dictateur nord-coréen Kim Jong-un , est revenu à la charge sur la question du déficit commercial de son pays avec ses partenaires commerciaux.

Selon lui, les principaux pays qui font du commerce avec les États-Unis, notamment le Canada, tirent avantage d’« énormes déficits commerciaux » qu’ils entretiennent avec son pays au détriment des Américains.

 

Une situation qu’aucun président avant lui n’a osé dénoncer et n’a osé attaquer de front, précise-t-il.

« Le Canada a un très gros avantage sur nous en termes de déficit commercial et c’est vraiment injuste pour les gens de notre pays, nos travailleurs, nos agriculteurs, nos entreprises. Ils ont d’énormes barrières au commerce », a-t-il, une fois de plus, déploré.

Justin Trudeau « va apprendre »

En ce qui a trait aux échanges de mots qu’il a eus avec le premier ministre Trudeau et sa décision de retirer son soutien à la déclaration commune du Sommet du G7 à La Malbaie, le week-end dernier, le président a renchéri en poussant sa rhétorique encore plus loin.

Se disant encore froissé par la sortie de Justin Trudeau lors de la clôture du G7, alors qu’il était en route pour assister à sa rencontre avec Kim Jong-un à Singapour, le président américain a affirmé que le premier ministre canadien a fait une erreur en pensant qu’il n’entendrait pas ses propos.

« Tout était très amical quand je suis monté dans l’avion [pour Singapour]. Je pense que Justin sait probablement qu’Air Force One a environ 20 téléviseurs. Et je vois à la télévision qu’il donne un point de presse sur le fait qu’il ne se fera pas bousculer par les États-Unis… C’était très amical, a ironisé Donald Trump. Écoutez, les pays ne peuvent pas continuer à profiter de nous sur le commerce », a-t-il prévenu.

Quant à sa relation avec Justin Trudeau, Donald Trump assure qu’elle est bonne à l’exception de cet incident qui a conduit à son refus de donner son appui à la déclaration commune des membres du G7.

Seon lui, Justin Trudeau a encore des choses à apprendre et il devra en payer le prix.

Lors de la conférence de presse de clôture du G7, samedi dernier, évoqué par Donald Trump, le premier ministre Trudeau avait déclaré après le départ de Donald Trump que les tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium que veut imposer Washington sont insultants pour les Canadiens « qui se sont battus aux côtés des soldats américains ».

Justin Trudeau avait ajouté que les Canadiens « sont polis et raisonnables », mais qu’ils ne se laisseraient pas bousculer par les États-Unis.

Piqué par ces propos, Donald Trump avait déclaré sur son compte Twitter, depuis son avion qui l’amenait vers Singapour, qu’il retirait son soutien à la déclaration commune du Sommet du G7, après avoir accusé le premier ministre canadien Justin Trudeau d’avoir dit des « faussetés » dans son dos.

Dans un autre tweet, il a reproché au premier ministre canadien d’avoir été docile pendant le sommet, puis d’avoir critiqué les tarifs douaniers américains sur l’acier et l’aluminium après son départ du G7.

Il avait par ailleurs ajouté, à l’adresse des autres participants du G7 que son pays envisageait d’imposer des taxes douanières sur les automobiles fabriquées à l’étranger qui « inondent selon lui le marché américain.

CBC/Radio-Canada

Washington accuse le Canada de « trahison » après le fiasco du G7

juin 10, 2018

/ © AFP /

Les Etats-Unis ont accusé dimanche le Canada de « trahison » lors du sommet du G7 qui s’est terminé sur un fiasco après la volte-face du président américain Donald Trump contre ses alliés qu’il a menacés de droits de douanes alourdis.

Face à ce brusque revirement, la France a dénoncé l' »incohérence » de la délégation américaine tandis que l’Allemagne a accusé M. Trump de « détruire » la confiance des alliés à coups de tweets.

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau, cible des violentes critiques américaines, a pour l’instant choisi de ne pas répondre.

Samedi, dans son avion en direction de Singapour pour son sommet avec Kim Jong Un, Donald Trump a brusquement retiré son soutien au communiqué final du sommet de deux jours à La Malbaie (Québec, est du Canada), malgré le compromis qui avait été forgé de haute lutte sur les questions commerciales quelques heures auparavant.

Le président, un habitué des réactions épidermiques, réagissait à des déclarations de Justin Trudeau. Celui-ci avait répété que les nouvelles taxes douanières américaines sur l’acier et l’aluminium frappant la Canada étaient « insultantes », au regard de l’histoire entre les deux pays. Comme l’Union européenne, il a confirmé des représailles pour juillet.

Auparavant, le Canadien avait salué le consensus trouvé par les sept (Etats-Unis, Canada, Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie, Japon). Un texte qui ne résolvait pas le conflit en cours, mais qui était considéré comme un pas vers la désescalade et le dialogue.

« C’est une trahison, il nous a doublés, pas seulement le président Trump mais aussi les autres membres du G7 », a tonné dimanche sur CNN Larry Kudlow, le principal conseiller économique de Donald Trump, qui a concentré ses attaques sur le dirigeant canadien.

« Il y a un siège réservé en enfer pour tout dirigeant étranger qui s’engage dans une diplomatie de la mauvaise foi avec Donald Trump et tente de le poignarder dans le dos quand il s’en va », a renchéri sur Fox News le conseiller présidentiel pour le commerce, Peter Navarro.

– « Incohérence » et « inconsistance » –

Selon Larry Kudlow, la réaction de Donald Trump était également destinée à ne pas « montrer de faiblesse » avant son sommet avec Kim Jong Un sur la dénucléarisation de la Corée du Nord.

Le président américain a atterri dimanche à Singapour, deux jours avant sa rencontre historique avec le dirigeant nord-coréen.

Le Premier ministre canadien, qualifié par M. Trump de personne « malhonnête et faible », s’est contenté de saluer sur Twitter un accord « historique » qui favorisera, notamment, « la prospérité des citoyens et l’économie ».

« C’est ce qui compte », a-t-il conclu.

Le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, a pour sa part accusé M. Trump de « détruire très rapidement une quantité incroyable de confiance dans un tweet », alors que Berlin a apporté son soutien au communiqué commun.

« La coopération internationale ne peut dépendre de colères ou de petits mots », a réagi la présidence française, dénonçant « l’incohérence » et « l’inconsistance » de la délégation américaine.

Le président russe Vladimir Poutine a quant à lui ironisé sur le « babillage inventif » des pays du G7, qu’il a invités à « se tourner vers les sujets concrets relevant d’une vraie coopération ».

A La Malbaie, le G7 a rejeté la proposition de Donald Trump de réintégrer dans le club la Russie, exclue en 2014 en raison de l’annexion de la Crimée, appelant Moscou à cesser de « saper les systèmes démocratiques ».

Surtout, le locataire de la Maison Blanche a renouvelé sa menace de droits de douane accrus sur les voitures européennes et étrangères importées aux Etats-Unis. Un secteur qui pèse bien plus que les deux métaux jusqu’à présent frappés.

– Voitures allemandes –

Les Etats-Unis sont le premier marché étranger pour les marques européennes de voitures.

L’Allemagne est particulièrement inquiète: les automobiles représentent en valeur le quart de ce que le pays exporte vers les Etats-Unis. La part de marché des marques allemandes pour le segment des voitures haut de gamme dépasse même les 40%, selon la fédération automobile allemande (VDA).

Les droits de douane actuels sont effectivement différents entre l’UE et les Etats-Unis. L’Europe taxe les importations de voitures hors-UE, donc américaines, de 10%.

Aux Etats-Unis, les Audi, Volkswagen et autres voitures étrangères sont frappées d’une taxe de 2,5%.

Donald Trump s’est souvent plaint, en privé, de voir trop de Mercedes à New York… mais pas assez de voitures américaines dans les rues européennes.

Pour évaluer l’équité des échanges commerciaux avec ses partenaires, le milliardaire se concentre sur une seule question: tel pays a-t-il un excédent ou un déficit commercial avec les Etats-Unis?

Dans le cas de l’Allemagne, il s’agit d’un excédent.

Emmanuel Macron a fait allusion à cette façon de penser du milliardaire. Le président français a souligné que la France pratiquait le libre-échange avec l’Allemagne, mais qu’elle avait quand même un déficit commercial avec sa voisine.

Romandie.com avec (©AFP / 10 juin 2018 18h20)                  

Le G7 vire au fiasco avec un tweet de Trump qui torpille l’accord final

juin 9, 2018

/ © AFP / SAUL LOEB

Le G7 au Canada a tourné au fiasco samedi: d’un tweet rageur, Donald Trump a retiré son soutien au communiqué commun obtenu dans la douleur, rejetant la faute sur des propos du Premier ministre canadien Justin Trudeau qu’il a qualifié de « très malhonnête ».

Le président américain a tweeté depuis Air Force One: « En raison des fausses déclarations de Justin à sa conférence de presse, et du fait que le Canada impose des taxes massives sur nos agriculteurs, travailleurs et entreprises américains, j’ai demandé à nos représentants américains de retirer le soutien au communiqué, tandis que nous envisageons des tarifs sur les automobiles qui inondent le marché américain! ».

La volte-face est spectaculaire. Déjà parti au moment de la publication de ce fameux communiqué, Donald Trump avait fait savoir à la presse voyageant avec lui à bord d’Air Force One qu’il y souscrivait.

Avant de changer d’avis quelques heures plus tard après avoir pris connaissance des propos de Justin Trudeau. Un haut responsable de la Maison Blanche a confirmé que le président était « en colère ».

– Taxes « insultantes » –

Concluant deux jours de débats laborieux à La Malbaie (Québec, est du Canada), le Canadien a, lors de sa conférence de presse de clôture, réutilisé le terme d' »insultantes » pour qualifier les taxes tout juste imposées par les Etats-Unis sur l’acier et l’aluminium importés. Et il avait promis d’y répliquer « sans sourciller ».

Le cabinet du Premier ministre canadien s’est seulement fendu d’une réponse laconique: « Nous nous concentrons sur tout ce que nous avons accompli ici au sommet G7. Le premier ministre n’a rien dit qu’il n’avait pas déjà dit auparavant, autant publiquement qu’en conversations privées » avec le président américain.

De son côté, le président français Emmanuel Macron a appris la nouvelle au décollage de son avion. Ses services n’ont voulu faire aucun commentaire dans l’immédiat.

Le tweet de Donald Trump rend de facto caduque la déclaration commune sur le commerce grâce à laquelle le « Groupe des sept » (Etats-Unis, Canada, Italie, Royaume-Uni, France, Allemagne, Japon) avait tenté de sauver la face. Et ce alors que les autres dirigeants, eux-même dans l’avion pour rejoindre leurs pays respectifs, ne peuvent réagir dans l’immédiat.

Ce texte critique le « protectionnisme », qu’incarne pourtant le président américain, et s’engage à « moderniser » l’Organisation mondiale du commerce.

– Coup pour coup –

Que pesaient de toute façon ces quelques lignes difficilement négociées face à un Donald Trump prêt à toutes les confrontations pour réduire le déficit des échanges américains? Quitte à déclencher une guerre commerciale ouverte, comme le montre sa menace réitérée de taxer les importations de voiture.

S’il la met à exécution, le conflit commercial larvé entre les Etats-Unis et leurs partenaires tournerait à la guerre commerciale ouverte.

Donald Trump vise en particulier les taxes européennes sur les importations de voitures en provenance des pays hors UE qui s’élèvent à 10%, quand les droits de douanes américains ne s’élèvent qu’à 2,5%.

« Nous sommes la tirelire que le monde entier pille. Cela va cesser », avait déjà tempêté le milliardaire de 71 ans avant de quitter un sommet où il est passé en coup de vent.

Justin Trudeau, pris pour cible par le président américain, n’est pourtant pas le seul à rendre coup pour coup en matière tarifaire.

Le président français Emmanuel Macron a lui prévenu, lors de sa propre conférence de presse à La Malbaie, qu’il n’y avait « pas de changement » en ce qui concerne les contre-mesures européennes annoncées sur le bourbon ou les motos américaine, en riposte aux taxes américaines sur l’acier et l’aluminium.

Malgré les sourires des dirigeants à la fin du sommet, le G7 a donc été dynamité par un Donald Trump qui goûte bien plus la confrontation bilatérale brutale que les longues négociations multilatérales. Jusqu’à provoquer le fiasco final de la rencontre.

Le président américain était arrivé le dernier et reparti le premier du cossu Manoir Richelieu, surplombant le fleuve Saint-Laurent. Il a aussi séché une réunion sur le climat.

Donald Trump n’a jamais caché qu’il donnait la priorité à sa rencontre de mardi avec M. Kim. « C’est une occasion unique » d’arriver à un accord nucléaire avec Pyongyang qui « ne se représentera jamais », a-t-il assuré.

Romandie.com avec(©AFP / 10 juin 2018 02h57)                

Europe et Canada font bloc contre Trump avant le G7

juin 7, 2018

/ © AFP / ludovic MARIN

Justin Trudeau et Emmanuel Macron ont averti jeudi le président américain Donald Trump qu’ils ne se laisseraient pas intimider par ses menaces de guerre commerciale, à la veille de l’ouverture d’un sommet du G7 qui risque de s’acheminer vers un format « G6+1 ».

La rupture pourrait s’écrire noir sur blanc dans un communiqué signé seulement par le Canada, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon, à l’issue de la rencontre vendredi et samedi à La Malbaie, au Québec. Si Donald Trump ne fissure pas ce front commun.

Le président français Emmanuel Macron a assuré jeudi que les Six n’étaient « pas prêts à renoncer à tout pour avoir cette signature » de Donald Trump sur un communiqué final. Ce serait « une erreur », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse commune à Ottawa avec le Premier ministre canadien.

Ce dernier a lui qualifié de « risible » l’argument invoqué par le président américain pour justifier son offensive protectionniste, à savoir préserver la « sécurité nationale » des Etats-Unis.

M. Trump leur a répondu dans un tweet: « Merci de dire au Premier ministre Trudeau et au président Macron qu’ils font payer aux Etats-Unis d’énormes taxes et qu’ils créent des barrières non monétaires. L’excédent commercial de l’UE avec les Etats-Unis est de 151 milliards, et le Canada empêche nos agriculteurs et d’autres » d’accéder à son marché.

« J’ai hâte de les voir demain », a ajouté le président américain, mi-figue mi-raisin.

– Réunion avant le sommet –

Même le plus discret Japon, dont le Premier ministre Shinzo Abe se trouvait jeudi à la Maison Blanche, est affecté par les taxes sur l’acier et l’aluminium étrangers imposées par Donald Trump.

Quant à l’Italie, désormais gouvernée par une alliance populiste-extrême droite, le chef de l’Etat français a dit n’avoir aucun doute « sur notre alignement complet ».

Pour démontrer cette unité, Emmanuel Macron a annoncé que les dirigeants européens se réuniraient vendredi matin, quelques heures avant l’ouverture du sommet.

Avant l’élection de Donald Trump, il était de bon ton pour le communiqué final du G7 de fustiger, dans un langage aussi convenu que férocement négocié, les dangers du « protectionnisme ». Et de louer la coopération internationale en matière de diplomatie et de protection de l’environnement.

Mais comment imaginer que les Canadiens, les Européens, les Japonais et les Américains trouvent un vocabulaire commun, après que Donald Trump a quitté l’accord de Paris sur le climat, dénoncé celui sur le nucléaire iranien, et décrété de nouveaux tarifs douaniers?

C’est cette dernière offensive protectionniste qui a achevé de chauffer à blanc les alliés traditionnels des Etats-Unis, et M. Macron a qualifié ces taxes de « contre-productives » pour l’économie et pour les emplois américains.

Mais Donald Trump est en réalité plus focalisé sur son sommet avec Kim Jong Un le 12 juin. Il s’envolera directement du Québec samedi pour Singapour, cette réunion-là s’annonçant paradoxalement plus chaleureuse que celle avec les « amis » du G7…

– Manifestations à Québec –

Ce n’est pas le premier différend du groupe, dont la première réunion fut organisée par Valéry Giscard d’Estaing à Rambouillet en 1975. En 2014, la Russie de Vladimir Poutine avait été exclue du « G8 », élargi pour elle en 1998.

Mais cette fois, ce n’est pas la composition du groupe que contestent les Etats-Unis, mais le principe même d’un ordre international fondé sur la concertation multilatérale.

Ne faisant plus confiance à l’Organisation mondiale du commerce et autres institutions, Donald Trump estime que la défense des intérêts américains ne peut passer que par la confrontation bilatérale et, au besoin, par l’offensive unilatérale.

Logiquement, il tente donc de contourner l’Union européenne, premier bloc économique mondial pour l’instant uni qui va imposer des représailles commerciales à des produits américains. Mais l’UE est en proie à ses propres tensions internes, comme l’illustre l’arrivée au pouvoir en Italie du gouvernement de Giuseppe Conte, dont ce sera la première grande apparition internationale.

« Sur le commerce, mon objectif est de garder ce fort alignement européen, mais construisons aussi une coalition internationale », a dit Emmanuel Macron.

Les autres dirigeants du G7 arriveront dans la soirée de jeudi et vendredi matin sur le lieu du sommet, l’hôtel de luxe Manoir Richelieu, dans la petite ville de La Malbaie, dans la région du Charlevoix à environ 140 km de Québec.

C’est aussi à Québec que des manifestations sont prévues à partir de jeudi soir.

Romandie.com avec (©AFP / 08 juin 2018 00h37)                

Trump seul contre tous avant le G7 au Canada

juin 7, 2018

/ © AFP / Brendan SMIALOWSKI

Les dirigeants des pays riches du « Groupe des Sept » arrivent à partir de jeudi au Canada pour un sommet annuel exceptionnellement tendu, en raison des taxes douanières imposées récemment à ses alliés par Donald Trump, resté sourd aux protestations.

Après des mois de vaines rencontres bilatérales, le président américain se confrontera vendredi et samedi à La Malbaie, au Québec, directement aux dirigeants du Canada, de trois pays européens, France, Allemagne et Royaume-Uni, ainsi que du Japon, des pays amis qui craignent que la politique de « l’Amérique d’abord » ne se révèle coûteuse pour la croissance mondiale.

Dans les capitales, le sommet s’est préparé comme un match à six contre un. Après le retrait unilatéral de Washington de l’accord sur le nucléaire iranien, l’escalade tarifaire est vécue comme la négation même de la raison d’être du G7, la garantie de l’ordre international.

« Pour nous, les taxes sont illégales, ce qui complique l’élaboration d’un texte commun », grinçait cette semaine un haut responsable européen. La chancelière allemande Angela Merkel a annoncé des « controverses ».

Avec Emmanuel Macron, arrivé en avance mercredi au Canada, l’hôte du sommet Justin Trudeau n’a rien cédé sur le vocabulaire, défendant dans une déclaration conjointe « un multilatéralisme fort, responsable, transparent », une formule qu’on voit mal Washington adopter.

Le conflit sur les taxes est tel que le sommet pourrait ne pas accoucher d’une déclaration finale commune, au-delà de parties consensuelles sur la pollution des océans ou l’égalité hommes-femmes.

« Si la résistance américaine va trop loin, il ne faudra pas sacrifier nos principes, nos intérêts à une unité de façade », dit l’Elysée. Pas question, donc, de ne pas mentionner l’accord de Paris, ou d’accuser l’Iran de ne pas respecter le texte nucléaire.

Sur le commerce, la France veut aussi dire « que le commerce doit être ouvert, libre, équitable entre les Etats du G7 ».

L’Elysée a noté après un long dîner entre les dirigeants français et canadien qu’ils s’étaient accordés « pour dire que s’il n’y avait pas d’autre option ils n’hésiteraient pas à isoler les Etats-Unis ».

– « Querelle familiale » –

Mais Donald Trump n’a démontré aucune intention de mettre de l’eau dans son vin, trop heureux d’être passé à la vitesse supérieure dans sa politique néo-protectionniste, après une première année hésitante.

Il est persuadé qu’en tant que première puissance économique mondiale, il domine le rapport de force et obligera ses partenaires à céder à ses injonctions et à importer plus de produits américains. Même si pour l’instant, Canada et Union européenne résistent et ont répliqué avec des contre-tarifs.

« Il y a peut-être des désaccords, je préfère parler de querelle familiale », dit le conseiller économique du président, Larry Kudlow, qui assure que son patron exige seulement de la « réciprocité ».

Le discours officiel américain est que Donald Trump est le sauveur, et non le fossoyeur d’un ordre international désormais faussé par les tricheurs, la Chine en tête. Mais l’Allemagne et ses voitures, le Canada et son acier sont aussi jetés, à leur grande incompréhension, dans le lot des profiteurs…

Au point que le sommet de Singapour du 12 juin, entre l’Américain et le dictateur Kim Jong Un, s’annonce paradoxalement comme plus chaleureux qu’avec les « amis » du G7.

– Le bilatéralisme d’abord –

Ce n’est pas le premier différend du groupe, dont la première réunion fut organisée par Valéry Giscard d’Estaing à Rambouillet en 1975. En 2014, la Russie de Vladimir Poutine avait été exclue du « G8 », élargi pour elle en 1998.

Mais cette fois, les États-Unis cherchent une réponse en dehors du système multilatéral, ne faisant plus confiance à l’Organisation mondiale du commerce et autres institutions. Il tente aussi de contourner l’Union européenne, premier bloc économique mondial pour l’instant uni.

« Trump va utiliser toutes les ficelles pour fissurer les six autres, pour qu’ils craquent, et fassent ce que veut Trump, à savoir des négociations bilatérales », dit Laurence Nardon, de l’Institut français des relations internationales. « Jusqu’à présent les six ont tenu bon, mais Trump n’en a pas terminé ».

Le duo Trudeau-Macron aura l’occasion d’afficher ce front commun lors d’une conférence de presse jeudi matin, un jour avant le début du sommet vendredi.

Mais l’auteur de « The Art of the Deal » a démontré, en plus de 500 jours au pouvoir, qu’il était peu enclin à se laisser attendrir.

« La tendance du président, quand il est critiqué, est de contre-attaquer », rappelle William Alan Reinsch, du centre de réflexion CSIS à Washington.

Romandie.com avec (©AFP / 07 juin 2018 14h40)                

Aléna: le Canada concentré « pour l’instant » sur un accord à trois

juin 5, 2018

Ottawa – Le Canada reste concentré « pour l’instant » sur une renégociation trilatérale de l’accord de libre-échange nord-américain (Aléna), après l’appel des États-Unis à la conclusion d’un traité commercial direct entre Washington et Ottawa, a déclaré mardi à l’AFP un haut responsable canadien.

Ce haut fonctionnaire est en grande partie revenu, mais sans les démentir, sur des propos précédemment tenus par une source gouvernementale canadienne indiquant que le Canada n’excluait pas de signer un accord commercial bilatéral séparé avec les Etats-Unis face à l’enlisement de la renégociation de l’Aléna.

« Il est hors de question pour l’instant » de conclure un accord bilatéral entre le Canada et les États-Unis, a insisté ce haut responsable canadien.

« On n’est pas rendu à un point où une demande a été faite pour un accord bilatéral. (…) On demeure fortement concentré sur une renégociation trilatérale de l’Aléna » qui lie Washington, Mexico et Ottawa depuis 1994, a souligné cette source.

Canada, Etats-Unis et Mexique n’ont actuellement pas prévu de nouveau cycle de renégociation pour l’Aléna, après l’échec de la semaine dernière, a ajouté ce haut responsable canadien, notant cependant que « le contact » était maintenu entre les trois pays « par téléphone et par courriel ».

Le principal conseiller économique de la Maison Blanche Larry Kudlow avait indiqué mardi matin avoir informé le Canada de la volonté de Donald Trump de négocier un accord séparé pour remplacer le traité de libre-échange nord américain (Aléna).

« J’attends d’avoir un retour. J’ai discuté hier avec l’un de leurs plus hauts responsables, proche du Premier ministre (Justin Trudeau). Il reviendra sans doute vers moi aujourd’hui », a dit Larry Kudlow, sur Fox News.

Il a souligné avoir, à la demande de la Maison Blanche, informé Ottawa du projet de Donald Trump de négocier des accords séparés avec le Canada et le Mexique.

Il espère en outre avoir « une réponse dès que possible pour faire avancer l’ensemble du processus » vers un nouvel accord.

Donald Trump et Justin Trudeau doivent se retrouver vendredi et samedi au Québec à l’occasion du sommet du G7.

Romandie.com avec(©AFP / 05 juin 2018 18h28)

Canada/couleur de peau: une députée taxe Maxime Bernier d' »ignorant »

mai 28, 2018

La député libérale Celina Caesar-Chavannes... (PHOTO JUSTIN TANG, LA PRESSE CANADIENNE)

La député libérale Celina Caesar-Chavannes, Photo Justin Tang

 

La députée libérale Celina Caesar-Chavannes taxe d’« ignorant » le commentaire émis par Maxime Bernier sur la couleur de sa peau.

Dans un message publié en anglais sur Twitter, samedi, l’élu de Beauce avait reproché à l’élue noire de penser que « le monde gravite autour de la couleur de [sa] peau ».

La cible de cette attaque n’a pas voulu dire si elle considérait qu’il s’agissait de propos racistes, lundi, mais elle a affirmé qu’ils n’avaient « aucun sens » et que le gazouillis était « ignorant ».

« Je ne crois pas que tout tourne autour de la couleur de ma peau », a soutenu Celina Caesar-Chavannes en mêlée de presse avant la période des questions en Chambre.

« Je pense qu’il existe des enjeux de nature raciale que nous devons régler, et qu’une personne comme Maxime Bernier ne puisse le réaliser relève de la sottise », a-t-elle ajouté.

La députée libérale ontarienne a dit vouloir laisser au chef conservateur Andrew Scheer le soin de déterminer si un rappel à l’ordre s’impose.

Mais Celina Caesar-Chavannes a promis qu’elle ne se laisserait pas réduire au silence.

« Je vais continuer à dénoncer [la discrimination] quand j’en verrai, et les gens n’aimeront pas cela. Et c’est correct », a-t-elle martelé.

La réalité « est qu’il existe des barrières significatives pour les groupes vulnérables dans notre société », et que cette réalité, les législateurs doivent en tenir compte, a-t-elle insisté.

Le député Maxime Bernier était à Ottawa, lundi, mais il ne souhaitait pas accorder d’entrevue, a-t-on indiqué à son bureau.

Son collègue Gérard Deltell ne croit pas qu’on puisse accoler l’étiquette de raciste au gazouillis de samedi.

« À mon point de vue, non », a-t-il répondu lorsque la question lui a été posée.

Leur camarade de caucus Erin O’Toole a invité les élus à discuter de ce genre d’enjeu dans un forum plus approprié.

« Les gens des deux côtés devraient pouvoir débattre s’ils ont des désaccords. Mais ne le faites pas juste sur Twitter. Faites-le à la Chambre des communes », a-t-il offert en mêlée de presse.

Au bureau du chef conservateur Andrew Scheer, la porte-parole Virginie Bonneau a signalé lundi qu’il n’y aurait « pas de réaction aujourd’hui ».

Il n’y en avait pas eu dimanche non plus, lorsque La Presse canadienne en avait sollicité une.

Le Beauceron réagissait à un article du Globe and Mail dans lequel l’auteure écrit que la libérale « se concentre moins sur les politiques et davantage sur les enjeux de nature personnelle ».

Il a mis en exergue ce passage de l’article dans son gazouillis. Il est parti de cet extrait pour noter que son approche était fondamentalement différente de celle de la libérale.

Pas le premier accrochage

Ce n’est pas la première fois que les députés se livrent à une guerre de mots sur le réseau social.

Il y a eu prise de bec entre les deux en mars dernier après que le Beauceron eut critiqué la décision du gouvernement de mettre des sommes de côté au budget pour des programmes destinés aux Canadiens issus de minorités culturelles.

La députée Caesar-Chavannes lui avait conseillé « d’admettre son état de privilégié et de se taire ». Elle lui a ensuite présenté ses excuses, reconnaissant avoir eu tort de lui avoir dit de se taire, et lui a proposé d’en discuter en personne – une invitation que Maxime Bernier avait déclinée.

Dans l’article du Globe and Mail, l’élue est revenue sur cet incident et a expliqué que le « privilège » de Maxime Bernier est qu’il ne saura jamais ce que représente le fait de « vivre avec la couleur ».

« Alors tu restes assis là et tu dis que tu ne le vois pas. Eh bien tant mieux pour toi, parce que tu n’as jamais eu à le vivre, chéri », a-t-elle affirmé, selon le quotidien torontois.

Le député conservateur n’a pas apprécié le qualificatif employé par sa vis-à-vis libérale.

« En passant, je ne suis pas ton chéri », a-t-il écrit en conclusion de son gazouillis de samedi.

La Presse Canadienne

Canada: attaque à la bombe contre un restaurant indien, 15 blessés

mai 25, 2018

Ottawa – La police canadienne recherchait activement vendredi deux hommes soupçonnés d’avoir lancé une bombe la veille au soir dans un restaurant indien de la banlieue de Toronto, faisant 15 blessés dont trois graves.

A ce stade, il n’y a « aucun signe qu’il s’agisse d’un acte terroriste », a déclaré lors d’une conférence de presse la cheffe de la police locale Jennifer Evans, tout en notant que l’enquête ne faisait que débuter.

Un engin explosif improvisé a explosé jeudi soir dans un établissement de Mississauga, à l’ouest de la capitale économique du Canada, au moment où deux fêtes d’anniversaire s’y tenaient, selon la police.

« Deux hommes portant des capuches ont été vus entrant dans le restaurant avec un engin explosif improvisé, puis prenant la fuite immédiatement après l’explosion », a décrit Jennifer Evans vendredi matin.

Les deux hommes n’ont rien dit et ont seulement jeté la bombe dans le restaurant, d’après la police.

« Toutes les ressources de la police sont mobilisées en ce moment afin de retrouver les gens responsables de cet acte horrible », a dit Mme Evans.

Trois des 15 blessés –un homme de 35 ans et deux femmes de 48 et 62 ans– ont été hospitalisés dans un état critique. Ils étaient dans un état stable vendredi matin, a précisé la police.

Les autres victimes ont été traitées pour des blessures bénignes.

« C’est un crime haineux », s’est insurgée la mairesse de Mississauga, Bonnie Crombie.

La métropole de Toronto, la troisième d’Amérique du Nord, accueille une très importante communauté d’origine indienne.

Le consulat d’Inde à Toronto a proposé son aide, sans toutefois préciser la nationalité des blessés.

Romandie.com avec (©AFP / 25 mai 2018 13h20)                                                        

Pour Trudeau, légaliser le cannabis au Canada va faire boule de neige

mai 11, 2018

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau répond aux questions de journalistes de l’AFP à Ottawa, le 9 mai 2018. / © AFP / Lars Hagberg

La légalisation du cannabis au Canada, effective « dans l’été », est suivie de près par les alliés d’Ottawa qui pourraient rapidement s’en inspirer, a déclaré Justin Trudeau dans un entretien exclusif à l’AFP.

Promesse de campagne, cette mesure va faire du Canada le premier pays du G7 à autoriser la production, le commerce et la consommation de cette drogue douce, cinq ans après l’Uruguay, premier Etat de la planète à l’avoir fait.

Le Sénat canadien devrait adopter une version finale du projet de loi début juin pour une entrée en vigueur attendue « pendant l’été », a dit le Premier ministre canadien.

« Il y a beaucoup d’intérêt de nos alliés pour ce que l’on fait, ils reconnaissent que le Canada est en train d’être audacieux (…) et reconnaissent notre honnêteté, quand on avoue que le système actuel ne fonctionne pas pour empêcher nos jeunes d’avoir un accès facile au cannabis », a-t-il relevé, un mois avant le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement du G7 au Canada.

« Dans beaucoup de pays, notamment au Canada, il est plus facile (pour un mineur, NDLR) d’acheter un joint que d’acheter une bière. Ca n’a aucune logique! Et, en plus, c’est une source de revenus épouvantables pour le crime organisé », a poursuivi M. Trudeau.

Son gouvernement libéral veut croire « qu’en contrôlant et en réglementant la vente de cannabis, on va pouvoir mieux protéger nos communautés, mieux protéger nos jeunes », a expliqué le Premier ministre.

« Les alliés auxquels j’ai parlés sont intéressés de voir comment ça va se passer (…) avant de se lancer », a noté M. Trudeau, sans préciser à quels pays il faisait référence. « Si ça fonctionne bien, et je m’attends à ce que ça fonctionne bien, ça me surprendrait énormément qu’ils tardent beaucoup à étudier quel modèle pourrait fonctionner pour eux », a-t-il dit.

Une fois que le gouvernement fédéral aura légalisé le cannabis, les provinces et territoires canadiens auront la tâche d’en organiser le commerce. L’Ontario et le Québec, qui représentent plus des deux tiers de la population canadienne, ont déjà prévu un encadrement strict par des entreprises publiques spécialisées.

En termes de valeur, la production de « l’industrie du cannabis égale l’industrie de la bière » et est « plus grande que l’industrie du tabac », selon des statistiques officielles évaluant à 5,7 milliards de dollars canadiens (3,7 milliards d’euros) les dépenses des Canadiens en cannabis en 2017.

Romandie.com avec (©AFP / 11 mai 2018 13h22)