Archive for the ‘Culture’ Category

Marion Cotillard se confie pour la première fois sur les prédateurs sexuels auxquels elle a eu affaire

octobre 17, 2017

Marion Cotillard se confie pour la première fois sur les prédateurs sexuels auxquels elle a eu affaire

Sipa

Les langues continuent de se délier dans le monde du septième art suite à l’affaire d’Harvey Weinstein. À son tour, Marion Cotillard dénonce le harcèlement sexuel sur son compte Instagram.

Après les révélations accablantes publiées dans le New York Times, le 5 octobre dernier, les témoignages des victimes fusent contre le producteur américain, Harvey Weinstein. Près de quarante récits ont été relayés dans la presse et sur les réseaux sociaux ces derniers jours. Parmi les victimes, plusieurs actrices françaises : Emma De Caunes, Léa Seydoux ou encore Eva Green, la fille de Marlène Jobert.

Sur son compte Instagram, Marion Cotillard, elle aussi concernée par ce scandale, a tenu à s’exprimer : « Plus d’une fois dans ma carrière, j’ai été confrontée à une situation où j’ai dû esquiver des prédateurs. Toutes ces femmes courageuses qui ont parlé ouvrent, je l’espère, un nouveau chapitre. J’ai énormément de respect pour elles et je les soutiens de tout mon cœur« .

Dans ce long message, publié le 16 octobre, elle dénonce « un système horrifiant« . « Ce qui est en train de se passer aujourd’hui est très important. Pour tout le monde. Important pour Harvey Weinstein. Il doit faire face à ce qu’il a fait pendant trop longtemps, comprendre que c’est un comportement malade et criminel« , souligne-t-elle en espérant que cette affaire dissuadera d’autres hommes d’agir de la sorte.

« C’est le moment de démasquer et de détruire un horrible système. C’est le moment pour les hommes et les femmes de le dénoncer à voix haute afin de créer un profond changement et faire en sorte que ces choses terrifiantes ne se produisent plus jamais« , insiste l’actrice de 42 ans.

Révoltée par les pratiques du producteur hollywoodien, Marion Cotillard tient également à rappeler que « la vulnérabilité n’est pas une faiblesse » et que les récits de ces femmes doivent déboucher sur un changement radical.

Femmeactuelle.fr

Publicités

Mali: Yambo Ouologuem, la mauvaise conscience des lettres ouest-africaines, s’est éteint

octobre 16, 2017
Yambo Ouologuem © Capture d’écran/Youtube

L’auteur malien du Devoir de violence, tour à tour célébré – notamment avec le prix Renaudot en 1968 – et dénigré, vivait reclus depuis de nombreuses années. Il est décédé samedi 14 octobre, laissant derrière lui une oeuvre intrigante ainsi que des mystères.

Yambo Ouologuem est décédé dans la ville de Sévaré à 77 ans ce 14 octobre. Depuis plusieurs années, l’auteur malien, considéré comme une des principales figures de la littérature contemporaine francophone d’Afrique de l’Ouest, vivait à l’écart de toute vie mondaine, tourné vers l’islam.

Cet été, Jeune Afrique conseillait à ses lecteurs de relire Le Devoir de violence, publié en 1968 au Seuil à Paris et aujourd’hui épuisé. Exercice littéraire, fresque historique, le livre est aussi une charge politique étrillant de manière égale la violence du colonialisme occidental et celle des pouvoirs africains. L’auteur s’attaque aux mythologies de l’universalité européenne comme du bonheur des sociétés africaines d’avant la colonisation.

Un ouvrage emblématique

Le roman est perçu à sa parution comme une trahison vis-à-vis d’un camps par les plus grands noms, à l’instar de Léopold Sédar Senghor. Il est aussi accueilli comme un chef d’œuvre littéraire : le prix Renaudot est décerné à son auteur, qui n’a alors pas 30 ans. Il lui vaut aussi une sévère accusation de plagiat, dès 1972, qui fait encore débat aujourd’hui. À ces accusations l’auteur et ses soutiens répondent qu’il s’agit de collages, d’emprunts à Graham Greene, à Rimbaud, au Coran ou encore à de vieilles sources arabes.

Lexercice de regard critique sur les sociétés africaines précoloniales suscite lui aussi toujours la polémique. À une terrasse de café parisienne, le jeune auteur sénégalais Mbougar Sarr, édité par Présence Africaine, racontait quelques semaines avant l’annonce du décès de Ouologuem à Jeune Afrique à quelle point Le Devoir de violence l’avait secoué. Ouologuem est considéré comme le pionnier d’une littérature du désenchantement qui compte des auteurs comme Ahmadou Kourouma, Sony Labou Tansi et Mongo Beti. Une littérature qui tisse un fil logique entre la corruption des pouvoirs précoloniaux et la violence de la pénétration impérialiste.

Un livre érotique

L’accusation de plagiat et la violence de ses pairs à son égard n’auront pas laissé Ouloguem indemne. Déjà à l’époque, dans sa trentaine, il opérait un retrait et se faisait discret. Mais entre-temps, Ouologuem n’a pas cessé d’écrire. Dans la foulée, il publie par exemple des écrits pamphlétaires, comme Lettre à la France nègre, réédité en France en 2003. Mais aussi un deuxième roman, publié en 1969 sous le pseudonyme d’Utto Rudolf, Les Mille et Une Bibles du sexe, réédité en 2015. À la noirceur brutale du premier roman succède la violence lumineuse de ce texte érotique qui n’épargne rien à son lecteur.

Le style, parfois ampoulé et emporté, n’occulte pas le fond des récits de Ouologuem : l’auteur pénètres les soubassements de l’âme et des sociétés et y cherche nos réflexes les plus honteux, passionnés ou destructeurs.

Des textes et des questions

La carrière de Ouologuem a été fulgurante, comme son oeuvre. Sa disparition laisse intactes les besoins de réédition et les interrogations qui bruissent autour de ses motivations. Jean-Pierre Orban, éditeur qui a réédité Les Mille et Une Bibles du sexe chez Vent d’ailleurs en 2015, expliquait à Jeune Afrique son envie de voir le livre de nouveau imprimé en 2018. Bien d’autres textes continuent de dormir depuis leur première parution sous divers pseudonymes.

Jeuneafrique.com par

Unesco: la candidate française sera opposée au Qatari

octobre 13, 2017

L’ex-ministre française de la Culture Audrey Azouley à Cannes le 23 mai 2017 / © AFP/Archives / Anne-Christine POUJOULAT

Le dernier tour de l’élection très politique du prochain directeur général de l’Unesco opposera vendredi soir à Paris le représentant du Qatar Hamad bin Abdoulaziz Al-Kawari à la française Audrey Azoulay, a-t-on appris de source diplomatique.

Lors d’un vote intermédiaire en début d’après-midi, les 58 membres du Conseil exécutif de l’organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, ont préféré la candidate française à l’Egyptienne Moushira Khattab, par 31 voix contre 25 (deux votes blancs), pour affronter M. Al-Kawari à l’ultime tour de scrutin.

Ces deux candidates étaient arrivées ex-aequo jeudi soir, avec 18 suffrages chacune, derrière le candidat qatari (22 voix) qui a fait la course en tête depuis le début de processus de sélection lundi.

Ce scénario inédit a contraint l’Unesco, dont le siège est à Paris, à organiser une sorte de vote intermédiaire pour départager les deux candidates.

La bataille fait rage pour savoir qui prendra le leadership d’une organisation déjà fragilisée par ses dissensions et ses difficultés économiques, et à laquelle les Etats-Unis et Israël ont porté « un coup dur » en annonçant jeudi leur départ, selon la directrice générale sortante de l’organisation, la Bulgare Irina Bokova.

Romandie.com avec(©AFP / 13 octobre 2017 15h29)                

Espionnage: quand un antivirus devient l’œil de Moscou

octobre 12, 2017

Après l’espionne Anna Chapman, les services de renseignement russes auraient recours à un antivirus pour surveiller leurs « collègues » américains / © AFP / EMMANUEL DUNAND

Après la séduction et les satellites, la Russie aurait ajouté un outil à son arsenal d’espionnage et l’oeil de Moscou serait désormais à l’intérieur même des ordinateurs américains grâce à l’antivirus très populaire Kaspersky.

– Un logiciel modifié

Le logiciel antivirus de la société informatique russe Kaspersky Lab, qui équipe quelque 400 millions d’ordinateurs dans le monde, scanne tous les documents contenus dans un ordinateur pour détecter et bloquer les programmes malveillants. Il aurait été modifié par les services de renseignement russes pour rechercher des documents spécifiques grâce à des mots-clés, comme « top secret », ou des noms de code des programmes de surveillance des Etats-Unis, selon les médias américains.

La société russe a affirmé qu’il n’y avait aucune preuve d’une éventuelle collusion avec les services de renseignement russes, disant se retrouver « au centre d’un conflit géopolitique » entre Washington et Moscou. Une enquête interne a été ouverte sur ces allégations. Mais selon des responsables américains interrogés par le Wall Street Journal, la modification du logiciel n’a pu se faire que si la société était au courant.

Son fondateur Eugene Kaspersky a reconnu qu' »une ou deux personnes » travaillant pour le gouvernement russe avaient pu infiltrer son entreprise, qui réalise 85% de ses ventes à l’export.

– L’espion sous surveillance

Selon le New York Times, les services secrets israéliens s’étaient introduits dans les réseaux de Kaspersky début 2014 pour surveiller les négociations nucléaires entre l’Iran et les grandes puissances. Ils ont découvert que les Russes s’étaient aux-mêmes introduits dans des systèmes informatiques grâce à l’antivirus. Les Israéliens ont prévenu leurs collègues américains de l’intrusion, et l’administration Trump a ordonné en septembre que les programmes Kaspersky soient désinstallés de tous les ordinateurs gouvernementaux.

C’est en utilisant cet antivirus comme un cheval de Troie que des pirates informatiques russes ont pu mettre la main sur des documents de la NSA –l’agence de surveillance électronique américaine– déjà victime du vol de nombreux documents par Edward Snowden en 2013. Selon le NYT, les Russes ont volé en 2015 des documents classifiés qu’un employé d’une société sous-traitante de la NSA avait déposés sur son ordinateur personnel.

Un responsable américain, sous le sceau de l’anonymat, a expliqué au WSJ que les Etats-Unis ont alors commencé à rassembler des éléments de preuves contre le logiciel. De faux documents estampillés « secret » étaient par exemple enregistrés sur un ordinateur sous surveillance. L’enquête aurait donc porté ses fruits puisque l’antivirus Kaspersky n’équipe plus les ordinateurs du gouvernement.

– Tensions diplomatiques

Les relations diplomatiques entre les Etats-Unis et la Russie sont très tendues depuis plusieurs mois.

Le Congrès ainsi que le justice américaine enquêtent sur une possible ingérence russe dans la campagne électorale de l’an dernier, qui avait abouti à l’élection de Donald Trump. Ils cherchent notamment à savoir si les réseaux sociaux et moteurs de recherche ont pu servir de plateforme à de la manipulation politique et à identifier d’éventuels relais russes aux Etats-Unis, potentiellement au sein de l’équipe de campagne de Donald Trump. Le Kremlin a nié à plusieurs reprises avoir tenté de s’immiscer dans ce processus électoral.

Par ailleurs, les Etats-Unis ont ordonné à la Russie de fermer son consulat à San Francisco et ses missions commerciales à Washington et New York, en riposte à la réduction de 755 diplomates et employés, russes ou américains en poste en Russie, ordonnée fin juillet par le président Vladimir Poutine. Cette mesure avait elle-même été prise en représailles à de nouvelles sanctions économiques de Washington dans le cadre du conflit ukrainien.

Romandie.com avec(©AFP / 12 octobre 2017 18h35)                

Les États-Unis se retirent de l’Unesco, en pleine élection de son prochain dirigeant

octobre 12, 2017

Le logo de l’Unesco / © AFP / BERTRAND GUAY

Les Etats-Unis ont annoncé jeudi leur retrait de l’Unesco, l’accusant d’être anti-israélienne, au moment même où l’institution, en perte de vitesse et à la recherche d’un second souffle, s’apprête à élire son prochain directeur général.

L’actuelle directrice générale de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, la Bulgare Irina Bokova, a dit « regretter profondément » cette décision, à ses yeux préjudiciable au multilatéralisme.

Des regrets partagés par la France, qui héberge l’Unesco, et par le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres qui souligne « le rôle majeur des Etats-Unis à l’Unesco depuis sa fondation », en 1946.

Le feu couve pourtant depuis des années sur fond de positions controversées de l’Unesco sur Jérusalem et Hébron défendues par les pays arabes.

En 2011, l’admission de la Palestine au sein de l’Unesco a accentué la crise et entraîné la suspension des contributions financières d’Israël et des Etats-Unis, égales à plus de 20% du budget de l’agence.

En juillet dernier, ces derniers avaient d’ailleurs prévenu qu’ils réexaminaient leurs liens avec l’Unesco, qualifiant d' »affront à l’histoire » la décision de l’organisation de déclarer la vieille ville de Hébron, en Cisjordanie occupée, « zone protégée » du patrimoine mondial. Une décision qualifiée de « délirante » par Israël, qui a salué jeudi le retrait américain : « nous entrons dans une nouvelle ère aux Nations unies, celle où, quand on pratique la discrimination contre Israël, il faut en payer le prix ».

Après son retrait, qui ne sera effectif que fin 2018 conformément aux statuts de l’Unesco, Washington souhaite y demeurer observateur.

« Cette décision n’a pas été prise à la légère et reflète les inquiétudes des Etats-Unis concernant l’accumulation des arriérés à l’Unesco, la nécessité d’une réforme en profondeur de l’organisation, et ses partis pris anti-israéliens persistants », a expliqué le Département d’Etat dans un communiqué.

Pour François Heisbourg, conseiller de la Fondation de la recherche stratégique (FRS), « c’est une conséquence logique », compte tenu de la position américaine sur la question israélo-palestinienne.

– Cible facile –

Un tel retrait n’est pas inédit : il y eut un précédent en 1984, sous Ronald Reagan, alors motivé par l’inutilité supposée et les débordements budgétaires de l’Unesco. Ce n’est qu’en 2002 que les Etats-Unis avaient réintégré l’organisation.

« Relativement petite », « ne touchant pas des intérêts vitaux », « l’Unesco est une cible plus facile que d’autres » et « par ailleurs, elle est allée plus loin que les autres organisations du système des Nations unies en termes de reconnaissance de l’Autorité palestinienne », note M. Heisbourg.

L’annonce américaine intervient au moment même où l’élection hautement politique du successeur d’Irina Bokova entre dans une phase décisive, cristallisant d’autres tensions diplomatiques.

Les 58 pays membres du Conseil exécutif désigneront jeudi soir deux finalistes, voire le prochain dirigeant de cette organisation en mal de réformes, de dépolitisation et de consensus. Et qui doit faire en outre avec les arriérés de contribution de ses membres.

Or, depuis le début du scrutin lundi, un des vainqueurs potentiels est le candidat qatari Hamad bin Abdoulaziz Al-Kawari qui ne fait pas l’unanimité.

Les pays arabes qui ont rompu cette année leurs relations diplomatiques avec Doha, dont l’Egypte et l’Arabie saoudite, s’en inquiètent même s’ils ont largement revendiqué le poste pour leur groupe, qui ne l’a jamais occupé.

En outre, de vieux soupçons d’antisémitisme à l’encontre du candidat qatari ont resurgi ces derniers jours, relayés notamment par le Centre Simon Wiesenthal Europe et la Ligue Anti-diffamation aux Etats-Unis.

Il lui est en particulier reproché un silence présumé face à la présence de livres antisémites au cours de foires du livre lorsqu’il était ministre de la Culture.

Pour la France, le retrait américain plaide pour sa propre candidate, Audrey Azoulay, 45 ans, ancienne ministre de la Culture qui a recueilli autant de voix que lui mercredi – 18 sur les 30 nécessaires pour être élu -, comblant l’écart qui les séparait encore la veille.

« Notre candidature à la direction générale de l’Organisation prend, dans ces circonstances, une signification nouvelle », selon le gouvernement.

Suit, avec 13 suffrages mercredi, la militante des droits de l’homme égyptienne Moushira Khattab.

Si aucun n’atteint la majorité absolue jeudi, le dernier vote vendredi départagera les deux candidats arrivés en tête.

Romandie.com avec(©AFP / 12 octobre 2017 18h37)                

Côte d’Ivoire: opération renaissance pour le musée d’Abidjan

octobre 10, 2017

Un visiteur contemple un masque africain au musée des civilisations à Abidjan, le 29 septembre 2017, dans le cadre de l’exposition « Renaissance » / © AFP / ISSOUF SANOGO

C’est « un des musées d’art nègre les plus riches du monde », disait de lui l’ex-président sénégalais et fin connaisseur Leopold Sédar Senghor. Pillé en mars 2011, fermé ces deux dernières années, le musée des civilisations à Abidjan a rouvert ses portes en juillet après un important lifting.

Ce lieu dans lequel on trouve « des richesses incommensurables », selon les mots de M. Senghor lors d’une visite en Côte d’Ivoire en 1971, a fait peau neuve avec des salles et des éclairages modernes mais aussi un espace de conférence, un restaurant et un jardin extérieur.

Sa première exposition post-rénovation, baptisée « Renaissance », est une sélection très dense d’une centaine de pièces maîtresses de son important fonds, qui va du paléolithique à l’art contemporain.

« Nous pouvons nous estimer heureux d’avoir une belle collection qui est une particularité de la Côte d’Ivoire. C’est un atout. Une collection de 15.000 pièces de toutes les régions », souligne la directrice du musée, Silvie Memel Kassi, encore choquée par le pillage de 2011.

Celui-ci avait eu lieu lors de l’anarchie qui a régné pendant la crise post-électorale (3.000 morts).

« Ca nous a laissé vraiment un goût amer, parce que les (120) oeuvres pillées sont des oeuvres majeures: des pièces sacrées, des objets en cire… », explique-t-elle. « On a même fait une estimation numéraire: c’est près de quatre milliards de francs CFA (6 millions d’euros) » qui ont été perdus.

– Historique et contemporain –

Le musée prévoit d’ailleurs pour les prochains mois une exposition intitulée « La Collection fantôme », à base de photographies et de pièces similaires aux pièces disparues, pour ne pas oublier. Et, souligne Silvie Memel Kassi, pour « réfléchir à comment renforcer la lutte contre le trafic illicite » de pièces historiques, un marché financé par de nombreux collectionneurs privés souvent peu regardants sur les origines.

Fondé en 1942 par la France, l’ancienne puissance coloniale, le musée d’Abidjan est lui-même une oeuvre d’art, avec ses 20 piliers en bois sculptés.

Il ne vit toutefois pas dans le passé, faisant la part belle aux créations contemporaines avec une salle consacrée à des artistes d’aujourd’hui comme Jems Koko Bi et un jardin avec des oeuvres récentes.

« C’est à dessein qu’on parle de musée des civilisations », relève sa directrice, en soulignant que les oeuvres « anciennes » émanent d’artistes qui, à leur époque, pouvaient être considérés comme modernes.

Aujourd’hui, « nous sommes en train de vivre une renaissance (des arts) au niveau national », précise-t-elle. Et dans ce musée, « nous avons (à la fois) l’aspect ancien avec les collections du musée, et l’art contemporain avec la création des jeunes plasticiens. »

Le musée d’Abidjan prépare également une exposition montrant les liens entre Picasso et les sculptures ivoiriennes, dans le sillage de « Picasso Primitif » du musée parisien Jacques Chirac du quai Branly.

Depuis sa réouverture en juillet, il a attiré un peu plus de 10.000 visiteurs mais compte décupler ce nombre en un an, grâce notamment aux touristes, qui reviennent dans le pays après une décennie de crise politique et d’insécurité, et grâce à une politique active envers les écoles et les étudiants.

« Ce musée, c’est aussi la mémoire d’un peuple », souligne Mme Memel Kassi. « Il est important de le faire découvrir aux Ivoiriens. »

Romandie.com avec(©AFP / 10 octobre 2017 19h09)                

Dans le bateau de plaisance

octobre 8, 2017

 

Dans le bateau heureux de plaisance

Qui te conduisait vers les côtes corses

Avec le chemisier dévoilant ton torse

Tu ressemblais à un carnaval de jeunesse.

 

Au seuil unique et magnifique de Bastia

Cette porte d’entrée de la belle Corsica

Nous découvrions un patrimoine baroque

Qui étalait son havre de paix pittoresque.

 

Quand la croisière accostait Calvi

Avec ses labyrinthes et ses crêtes

Le paysage avait une forme inouïe

Aux restaurants avec ses belles fourchettes.

 

Mais à l’approche de la belle Ajaccio

Et de la splendide Porto Vecchio

Le terroir offrait des surprises inégalées

Autant de produits pour un bon déjeuner.

 

La Corse est une destination d’ambiance

Qui nous invitait pour de bonnes vacances

Un bon lieu de rêve avec ses stations

Qui conserve encore ses riches traditions.

 

Bernard NKOUNKOU

 

C’était ton choix

octobre 8, 2017

 

C’était ton choix de me suivre

Dans la ville où l’on voulait vivre

D’heureux moments sous le toit

Pour goûter à tous nos bons fruits

 

Mais un jour par une crise d’hystérie

Tu décidais de me quitter sans raison

Prenant ta valise pour t’éloigner de moi

Car tu avais trouvé un bougre de chenapan

 

Depuis lors tu n’avais jamais appelé

Pour des motifs inconnus et inavoués

Même pas pour m’annoncer tes maternités

Je devenais comme un sale pestiféré

 

Soudain, un matin frais de septembre

Le téléphone sonnait dans ma chambre

Que tu venais de quitter notre monde

Stupéfait, ton information faisait la ronde.

 

Bernard NKOUNKOU

Cuba s’en prend à « l’impérialisme » américain pour les 50 ans de la mort du « Che »

octobre 8, 2017

Des Cubains lors des 50 ans de la mort du guérillero argentin Ernesto « Che » Guevara, le 8 octobre 2017 à Cuba / © AFP / YAMIL LAGE

Cuba a fustigé dimanche « l’impérialisme » américain en rendant hommage à la figure légendaire de sa révolution, le guérillero argentin Ernesto « Che » Guevara, tué il y a 50 ans dans le maquis bolivien.

Présent au milieu d’une foule de quelque 70.000 personnes rassemblées pour l’occasion à Santa Clara (centre), le président Raul Castro a laissé la parole à son successeur probable et numéro deux du régime, Miguel Diaz-Canel.

Ce dernier a prononcé un discours offensif que n’aurait sans doute pas renié le commandant de la révolution argentin, dans un contexte de raidissement des relations cubano-américaines imposées par Donald Trump.

Mentionnant l’incident présumé des mystérieuses « attaques » contre des diplomates américains qui empoisonne les relations entre les deux pays, le vice-président cubain a notamment assuré que, comme l’affirmait le « Che », « on ne peut pas faire confiance à l’impérialisme, ne serait-ce qu’un petit peu ».

Au président Trump, qui a répété vendredi qu’il ne lèverait aucune sanction contre Cuba tant qu’une « liberté politique totale » n’est pas instaurée sur l’île, M. Diaz-Canel a répondu que Cuba « ne négocierait pas ses principes et n’accepterait pas le chantage ».

Ce civil de 57 ans, qui selon toute vraisemblance devrait succéder au cadet des Castro en février prochain, a aussi saisi l’occasion pour dénoncer les « intérêts impérialistes » qui sèment selon lui le trouble au Venezuela et les « menaces et sanctions injustes » des Etats-Unis contre ce pays ami.

En dépit de la brièveté de la cérémonie d’hommage, d’à peine une heure et demie, l’émotion était au rendez-vous dimanche matin dans cette ville située à 300 km à l’est de la capitale cubaine, et qui considère le « Che » comme un fils adoptif depuis qu’il y remporta en décembre 1958 une victoire décisive contre les troupes du dictateur Fulgencio Batista (1952-1958). Ses restes et ceux de ses compagnons d’armes y reposent depuis 20 ans.

« Pour moi le Che reste bien présent, pour sa vie, son oeuvre et son exemple », affirmait au milieu de la foule Luis Monteagudo, vétéran de la campagne du « Che » au Congo, âgé de 79 ans, vêtu d’un tee-shirt blanc orné d’un portrait du commandant.

« A mesure que l’on prend conscience de la valeur et du sens de sa lutte, sont exemple et son legs se multiplient dans le monde », assurait de son côté David Metral, un professeur d’histoire argentin de Cordoba (ouest) qui a fait le déplacement pour l’occasion.

– Les temps changent –

Signe marquant un changement d’époque, ces cérémonies étaient célébrées pour la première fois en l’absence de Fidel Castro, décédé fin 2016, mais des extraits de ses discours consacrés au « Che » ont été diffusés en ouverture de l’hommage.

« Fidel et le +Che+ seront toujours présents », a clamé M. Diaz-Canel, rendant hommage à ces « exemples inamovibles » du « souci profond des peines du monde, de la rébellion, de l’anti-impérialisme et du +latino-américanisme+ ».

L’hommage au « Che » intervient aussi au moment où, en Colombie, les dernières guérillas de gauche du continent rendent les armes (Farc) ou négocient la paix (ELN).

Ernesto Guevara a été exécuté par un soldat bolivien à 39 ans le 9 octobre 1967, mais à Cuba le jour du « guérillero héroïque » est célébré chaque 8 octobre, jour de sa capture dans un hameau andin.

Lundi, les commémorations se poursuivront en Bolivie en présence des enfants du « Che » et du président Evo Morales, qui a accusé cette semaine la CIA d’avoir « persécuté, torturé et assassiné » le « Che », mettant fin à ses 11 mois de guérilla en Bolivie.

Le corps du guérillero argentin, jeté dans une fosse en Bolivie, a été découvert et identifié en 1997 avant de retourner en grande pompe à Cuba pour un hommage national. Ses restes ont été placés dans une niche dans un mausolée sous-terrain surmonté d’une imposante statue de bronze dans « sa » ville de Santa Clara.

Né le 14 juin 1928 au sein d’une famille de la bourgeoisie argentine, médecin de formation, le jeune Ernesto Guevara parcourt très jeune à vélo et à moto l’Amérique latine où il prend conscience de la misère des plus démunis du continent, et plus particulièrement les communautés indigènes. En 1955, il fait la rencontre de Fidel Castro en exil au Mexique et rejoint les rangs des révolutionnaires cubains dans la guérilla contre Batista.

Dix ans plus tard, il s’éloignera de Cuba et des Castro pour mener de nouveaux combats, notamment en Afrique, avant que sa trajectoire révolutionnaire ne se brise en Bolivie.

Romandie.com avec(©AFP / 08 octobre 2017 21h38)

Loin de la terre des ancêtres

octobre 7, 2017

 

Loin de la terre accueillante des ancêtres,

Tu as fait le choix de ne plus paraître,

Au petit matin rythmé du chant de coq,

Et au vieux soir des premiers moustiques.

 

Maman, tu nous as pris ouvertement dans tes bras,

Et nous a fait coucher doucement dans de beaux draps.

Quand la génératrice était absente pour le travail,

Tu étais notre sûre nourrice et véritable éventail.

 

Chacun de nous est passé paisiblement sur ton dos,

Goûtant au parfum de ta sueur et de ta peau,

Quand pleurant, tu nous berçais de tes mains

Chantonnant des mélodies aimées des bambins.

 

Bernard NKOUNKOU