Archive for the ‘Culture’ Category

« Le génocide des Laris au Congo »

octobre 11, 2018

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Canada/Québec: de jeunes entrepreneurs feront l’élevage de grillons à Saint-Pascal

octobre 11, 2018

Un grillon domestique est posé sur une pierre.

Un grillon Photo : iStock/wrangel

Canada/Québec: la comédienne et animatrice Johanne Fontaine est décédée

octobre 11, 2018

De profil, Johanne Fontaine sourit.

Johanne Fontaine avait reçu un Gémeaux le 16 septembre 2018. Photo : Radio-Canada/Pascale Fontaine

Le smartphone, maillon faible de la sécurité informatique

octobre 11, 2018

Monaco – Les téléphones mobiles sont omniprésents dans nos vies, mais nous ne sommes pas encore assez conscients de leur vulnérabilité aux attaques des pirates informatiques, préviennent les spécialistes en cybersésurité.

« Il faut imaginer que le risque autour du mobile aujourd’hui, c’est le même que le risque sur l’ordinateur personnel il y a quelques années, quand démarrait toute cette problématique sécuritaire », explique Loic Guezo, de la société spécialisée japonaise Trend Micro, en marge des Assises de la cybersécurité à Monaco.

Les pirates ne font que suivre les internautes, qui privilégient de plus en plus le smartphone à l’ordinateur pour accéder aux services en ligne.

Selon RSA, le bras « cybersécurité » du constructeur informatique américain Dell, 56% des transactions marchandes sur la toile sont désormais réalisées sur téléphone portable.

« Conséquence de ces nouvelles pratiques, 71% des fraudes et escroqueries diverses ont désormais lieu » sur ces appareils, selon RSA.

Les attaquants cherchent à introduire dans les smartphones des programmes malveillants capables d’intercepter les communications, de voler des identifiants et mots de passe pour les réseaux sociaux et sites de commerce en ligne, de détourner les applications bancaires pour siphonner les comptes des utilisateurs….

« Un +login+ et un mot de passe qui fonctionnent sur des plateformes comme Amazon ou LinkedIn, ça vaut 100, voire 200 euros » sur le « dark web », la face cachée d’internet, relève Matthieu Dierick, un expert de la société de cybersécurité F5.

Parmi les moyens utilisés par les cybercriminels, l’incontournable mail de « phishing » se prévaut d’une fausse identité pour inciter le destinataire à cliquer et télécharger le code malveillant.

Mais les pirates utilisent aussi les réseaux sociaux: détournant l’avatar d’un proche de la cible, ils envoient un faux message sur un réseau social, incitant l’internaute à faire le clic fatal.

« Nous avons un client entreprise qui a interdit à ses collaborateurs d’utiliser les services comme WhatsApp ou Snapchat sur leurs smartphones », indique Bastien Bobe, de Lookout, un spécialiste américain de la sécurité des mobiles.

D’autres attaquants se sont introduits dans des régies publicitaires pour faire passer de fausses pubs, souligne Loïc Guezo.

Les cybercriminels cherchent aussi à introduire des applications « vérolées » qui, sous couvert d’un jeu par exemple, introduisent du code malveillant dans le smartphone.

Le danger vient en particulier des applications téléchargeables sur des magasins d’applications Android moins scrupuleux que le Google Play Store (où les applications sont globalement sûres).

Le lancement de la version Android du jeu vidéo à succès Fortnite a été ainsi l’occasion pour les pirates d’infecter de nombreux smartphones, explique Gauthier Vathaire, de la société de cybersécurité Bitdefender.

Epic Games, l’éditeur de Fortnite, n’a pas voulu mettre le jeu à disposition dans la boutique en ligne de Google, préférant son propre site. Du coup, des indélicats ont créé de faux sites Fortnite et de fausses applications pour attirer les internautes.

– Applications clandestines –

« Il y a beaucoup d’applications vérolées, avec la vraie application Fortnite à laquelle les pirates ont rajouté du code malveillant », indique Gauthier Vathaire. « Epic Game a réagi et essayé de lutter », « mais c’est très difficile de faire bloquer ces sites ».

Les possesseurs d’iPhone peuvent se sentir plus en sécurité, car ils ne peuvent télécharger en principe que des applications disponibles sur l’Apple Store officiel.

Mais il est possible que des pirates réussissent à « jailbreaker » (débloquer) un iPhone à l’insu de son utilisateur, l’ouvrant à toutes sortes d’applications clandestines, avertissent les experts.

Pour certains, les problèmes de sécurité qui se posent aujourd’hui sur les quelques 2,5 milliards de smartphones en circulation dans le monde ne font que préfigurer, à petite échelle, les problèmes de sécurité qui se poseront avec la prolifération des objets connectés.

« Dans un contexte où tous les objets sont connectés ensemble, on ne peut avoir de périmètre de sécurité bien défini », explique Bernard Ourghanlian, directeur technique et sécurité de Microsoft France.

Dans une entreprise, « le système informatique ne pourra plus faire confiance à rien et devra tout vérifier: la qualité de l’utilisateur, le contexte dans lequel les informations sont demandées, l’outil qu’il utilise… »

« Si je suis connecté via un PC de l’entreprise, via le réseau de l’entreprise, j’aurai accès à des informations qui me seront peut-être refusées si j’essaie de me connecter avec mon téléphone », explique-t-il.

Romandie.com avec(©AFP / 11 octobre 2018 13h02)                                                        

Francophonie: Le Pen et Mélenchon dénoncent le soutien français à la candidate rwandaise

octobre 11, 2018

Paris – L’extrême droite et l’extrême gauche françaises ont critiqué mercredi le soutien apporté par la France à la candidature de la Rwandaise Louise Mushikiwabo à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

« Je suis indignée que la France puisse soutenir une ministre de Kagame (le président du Rwanda, NDLR) qui est violemment anti-française, d’un pays qui a choisi de faire de l’anglais sa langue d’enseignement, sa langue d’administration, qui a tourné le dos au français », a déclaré la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen.

Mme Mushikiwabo, « de surcroît, a sur la France, des propos qui sont presque insultants », a affirmé la finaliste de la dernière élection présidentielle, sans préciser à quelles déclarations elle faisait référence.

« Que le président de la République puisse soutenir cette candidature, c’est absolument incompréhensible », a ajouté la dirigeante d’extrême droite.

Le dirigeant de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a estimé jeudi que le président français Emmanuel Macron était « l’ennemi de la francophonie » en soutenant la candidate d’un Rwanda « grossièrement anglophile ».

« Macron se fait l’ennemi de la francophonie. Il montre sa fascination morbide pour la langue du libéralisme et des États-Unis », a affirmé le député d’extrême gauche dans un communiqué.

Mme Mushikiwabo est l’actuelle ministre des Affaires étrangères du Rwanda, « c’est-à-dire une membre du régime dictatorial de Paul Kagame (…) au pouvoir depuis 18 ans », a ajouté l’ex-candidat à l’élection présidentielle française.

La France a décidé de soutenir la candidature de la ministre rwandaise, geste de réchauffement dans les relations tendues entre Paris et Kigali, près d’un quart de siècle après le guerre au Rwanda et le génocide.

Le président Kagame, dirigeant du Front patriotique rwandais (FPR) qui a pris le pouvoir à Kigali quelques jours avant la fin du génocide, accuse les autorités françaises d’avoir soutenu le pouvoir hutu et d’avoir été un acteur des tueries, ce que Paris a toujours fermement démenti.

La Francophonie, réunie à partir de jeudi à Erevan en Arménie, devrait nommer à sa tête cette diplomate rwandaise de 57 ans, consacrant ainsi la victoire d’une candidature africaine face à la sortante canadienne Michaëlle Jean. Avant Mme Jean, les deux précédents dirigeants de la Francophonie étaient africains. Le continent est le principal vivier de locuteurs francophones au monde.

M. Kagame, président en exercice de l’Union africaine, a jeté tout son poids derrière la candidature de Mme Mushikiwabo, qui a suscité des réserves, son pays étant dénoncé par certaines ONG pour des violations des droits de l’homme.

Romandie.com avec(©AFP / 11 octobre 2018 13h07)                               

Francophonie: Ottawa et Québec ne soutiennent plus Michaël Jean (Officiel)

octobre 9, 2018

Montréal – Le Canada et le Québec ont annoncé mardi qu’ils ne soutenaient plus la candidature de Michaëlle Jean à la direction de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), dont elle est la secrétaire générale sortante, lors du prochain sommet de l’organisation.

La Canadienne, née en Haïti, ancienne gouverneure générale et ex-journaliste vedette, sera candidate à sa succession lors du prochain sommet de l’OIF jeudi et vendredi à Erevan. Elle sera opposée à Louise Mushikiwabo, ministre des Affaires étrangères du Rwanda, soutenue par la France et l’Union africaine.

La tradition veut que le choix soit fait par consensus, plutôt que par vote formel.

« Le Canada a décidé de se rallier au consensus, comme c’est la tradition, ça a toujours été la manière de faire, on ne va pas la changer », a déclaré à l’AFP une source gouvernementale. « On a bien vu qu’elle (Michaëlle Jean) n’avait pas les appuis nécessaires, la suite lui appartient, il faut se rendre à l’évidence. »

« Pour ce qui est du poste de Secrétaire général, le Canada est prêt à se rallier au consensus, comme le veut la façon de faire en Francophonie », a confirmé dans un courriel à l’AFP Jérémy Ghio, porte-parole de la ministre canadienne de la Francophonie Mélanie Joly.

De son coté, François Legault, le nouveau Premier ministre élu du Québec, attendu mercredi à Erevan avec le Premier ministre fédéral Justin Trudeau, a lui aussi annoncé qu’il ne soutiendrait pas Mme Jean.

« Nous nous joindrons au consensus africain qui est plein de potentiel », a annoncé M. Legault dans un tweet. « Il est maintenant temps de laisser place à un nouveau style de gestion ».

François Legault, dirigeant du parti nationaliste Coalition Avenir Québec (CAQ), a été élu la semaine dernière à la tête de la province canadienne qui est avec le Canada le deuxième contributeur de l’OIF, derrière Paris.

M. Legault prend ainsi le contrepied de son prédécesseur, le libéral Philippe Couillard, qui avait émis des réserves sur la gestion de Mme Jean avant de finalement appuyer sa candidature.

Les médias québécois ont pointé les dépenses, qualifiées de « somptueuses », de la Francophonie pour Mme Jean et sa famille, comme la rénovation de sa résidence officielle pour 500.000 dollars canadiens (plus de 335.000 euros).

Selon la presse québécoise, Paris aurait proposé à Ottawa de retirer la candidature de Mme Jean, en échange d’appuis aux Nations unies, où le Canada fait campagne pour un siège non permanent au Conseil de Sécurité.

L’information a été démentie par le bureau du Premier ministre.

M. Trudeau a appelé plusieurs dirigeants africains à l’été 2017 pour tenter de les rallier à la candidature de Mme Jean, avant de renoncer in extremis faute de soutiens suffisants.

Le Canada a toutefois tenu à rendre hommage au travail de la secrétaire générale sortante.

« Nous saluons le travail de Mme Jean à la tête de la Francophonie, notamment en ce qui a trait à l’éducation des filles et à l’émancipation des femmes », a souligné le porte-parole de la ministre canadienne de la Francophonie.

Romandie.com avec(©AFP / 09 octobre 2018 22h15)                                                        

Facebook lance « Portal », son écran intelligent pour passer des appels vidéo

octobre 8, 2018

Londres – Facebook a annoncé lundi la commercialisation d’écrans connectés qui permettent de passer des appels vidéo via une caméra grand angle et dotée d’intelligence artificielle (IA), une mutation stratégique pour le réseau social en pleine tourmente.

« C’est un virage », dit à l’AFP Andrew Bosworth, vice-président des équipements de consommation chez Facebook.

Le groupe américain avait racheté en 2014 le fabricant de casques de réalité virtuelle Oculus, mais c’est la première fois que le géant de l’internet développe en interne un produit de grande consommation (« hardware »).

« Les appels vidéo ne cessent d’augmenter, sur Messenger et sur Whatsapp. Or les équipements actuels, sur téléphone ou sur ordinateur, sont trop limités. Nous avons donc réalisé que si nous voulions continuer d’accomplir notre mission, nous devions construire nos propres appareils », explique M. Bosworth.

A partir de lundi aux États-Unis, les consommateurs pourront pré-commander ces écrans HD, conçus pour être posés dans une pièce et passer des appels vidéo.

Le « Portal » existe en deux tailles (10 et 15 pouces, à 199 et 349 dollars) et fonctionne comme une enceinte connectée: l’utilisateur lui demande d’appeler un de ses contacts en commençant sa phrase par « Hey Portal ».

Les écrans permettront aussi de s’adresser à « Alexa », l’interface vocale d’Amazon, pour faire des courses ou contrôler certains appareils électroménagers.

Le « Portal » disposera en outre d’un écosystème fermé d’applications, pour jouer de la musique (Spotify), des vidéos (Facebook Watch), raconter des histoires aux enfants avec des effets de réalité augmentée (Story Time, un nouveau logiciel Facebook), connaître la météo ou les informations.

Grâce aux systèmes d’IA intégrés, la caméra dézoome automatiquement pour inclure un nouvel arrivant, ou, si on clique sur le visage d’un individu, le suit dans ses déplacements et peut favoriser le son de sa voix aux dépens des bruits ambiants.

– « Mission » –

En termes de sécurité, Facebook promet que ses écrans fonctionnent en circuit fermé, d’où un risque de piratage plus faible que sur un smartphone ou un ordinateur.

Un cache permet de bloquer la caméra, et un bouton de la désactiver, ainsi que le micro. Les appels sont cryptés, et les logiciels son et vidéo fonctionnent en local, dans l’appareil. Seuls les échanges vocaux avec « Portal » ou « Alexa » sont enregistrés sur les serveurs de Facebook ou Amazon, avec la possibilité de les consulter et de les supprimer.

Facebook, qui a subi fin septembre un piratage sur 50 millions de comptes, est empêtré depuis plusieurs mois dans le scandale Cambridge Analytica (CA), cette société britannique accusée d’avoir collecté et exploité sans leur consentement les données personnelles d’utilisateurs à des fins politiques.

Le réseau social est accusé de laxisme et d’opacité dans la gestion des montagnes de données personnelles qu’il détient, et qui alimentent son modèle économique, basé sur la publicité ciblée.

La société veut pourtant s’affirmer comme un garant du respect de la vie privée. « Franchement, je serais inquiet si ce n’était pas nous qui fabriquions ces appareils », affirme Andrew Bosworth.

« Vous devez d’emblée concevoir ces équipements pour les utilisateurs, vous devez intégrer des mesures de sécurité et de prévention des abus dès le tout début », ajoute-t-il. « C’est la mission de notre organisation plus que ça ne l’est pour d’autres. »

Les représentants de Facebook préfèrent parler de « mission » plutôt que de modèle économique et de profits. Les appels vidéo et les enceintes connectées représentent néanmoins un marché en pleine croissance. D’après les données du réseau social, il y a eu 17 milliards d’appels vidéo sur la plate-forme Messenger en 2017, soit le double de 2016. Et pour l’instant, seules deux enceintes de la gamme « Echo » d’Amazon disposent de petits écrans.

« A ce stade, personne ne gagne d’argent avec la vente de ces appareils connectés. Mais ils sont en train de devenir le centre de la vie numérique des consommateurs et du foyer », commente Tom Morrod, directeur de recherches au cabinet IHS Markit. « Stratégiquement, c’est donc important pour Facebook de se positionner. »

Pour l’analyste, cette évolution ne va pas sans poser des questions de concurrence, avec le passage d’un internet ouvert à un monde où les requêtes des consommateurs passent par des filtres biaisés. Pour Facebook et les autres géants d’internet, « il s’agit surtout d’être le point d’entrée à d’autres opportunités de faire des affaires ».

Aux États-Unis, le cabinet eMarketer estime à plus de 60 millions le nombre d’utilisateurs d’enceintes connectées en 2018, et en prévoit 76,5 millions pour 2020.

Le réseau social ne voit d’ailleurs pas le « Portal » comme une expérience ponctuelle. « Nous voulons continuer à investir lourdement dans les appareils, non seulement à travers Oculus, mais aussi via Facebook », déclare Andrew Bosworth.

Romandie.com avec(©AFP / 08 octobre 2018 13h00)                                                        

Russie: à Moscou, des fosses communes staliniennes identifiées grâce à la Luftwaffe

octobre 8, 2018

Une stèle à la mémoire des personnes exécutées pendant les répressions staliniennes, le 28 septembre 2018 à Kommunarka, dans le sud-ouest de Moscou / © AFP / Andrei BORODULIN

Une équipe d’historiens et d’archéologues s’est servie d’une photo aérienne de l’armée allemande datant de la Seconde Guerre mondiale pour identifier le lieu d’inhumation de milliers de personnes exécutées à Moscou pendant les répressions staliniennes.

L’existence de fosses communes dans le quartier de Kommunarka, dans le sud-ouest de Moscou, était connue depuis l’ouverture temporaire des archives du KGB, dans les derniers jours de l’URSS, mais il n’y avait pas d’informations précises sur l’emplacement des corps.

L’endroit était l’un des trois de ce type à Moscou utilisé pour faire disparaître les corps par le NKVD, les services secrets soviétiques, lors de la terreur stalinienne des années 1930.

Selon les historiens, 6.609 personnes ont été exécutées et inhumées dans les fosses communes de Kommunarka entre 1937 et 1941. Elles se trouvent dans une zone forestière fermée ayant appartenu un temps à Guenrikh Iagoda, le chef du NKVD, qui y possédait une maison de repos. Iagoda a été limogé en 1936, puis exécuté en 1938. Ironie de l’Histoire, il est probable que son corps repose à Kommunarka.

« Avant, il n’y avait rien ici (à Kommunarka), les gens venaient y cueillir des champignons », affirme Roman Romanov, le directeur du musée de l’histoire du goulag à Moscou. Selon M. Romanov, qui a codirigé les fouilles, la zone de Kommunarka a été moins étudiée que les fosses communes de plus grande envergure situées dans le quartier moscovite de Boutovo.

– « Tout le gouvernement mongol est ici » –

L’inauguration programmée d’un mémorial à Kommunarka a toutefois poussé les historiens à vouloir identifier plus précisément l’emplacement des tombes.

Des portraits de personnes disparues pendant les répressions staliniennes accrochées à des arbres, le 28 septembre 2018 à Kommunarka, dans le sud-ouest de Moscou / © AFP / Andrei BORODULIN

« Des volontaires ont dégagé la zone et un radar géologique nous accompagnaient pour détecter des anomalies dans le sol », détaille M. Romanov.

Mais c’est une photo aérienne prise par un pilote de l’Allemagne nazie survolant la zone en 1942, quand les tombes étaient « fraîches », qui s’est révélée déterminante dans le succès des fouilles.

En examinant la taille des arbres visibles sur la photo, les historiens sont arrivés à la conclusion que certains d’entre eux avaient été plantés sur les fosses communes, une tactique souvent utilisée par le NKVD pour cacher ses crimes.

La prochaine étape de l’enquête, selon M. Romanov, est d’identifier les victimes présentes dans chaque fosse. « Dans une petite fosse, il peut y avoir trente personnes, dans une autre, 100 personnes. Nous voulons savoir où est enterrée chaque personne », affirme l’historien.

Selon Ian Ratchinski, un membre de longue date de l’ONG Memorial, qui rassemble des informations sur les crimes staliniens, environ 30.000 personnes ont été exécutées à Moscou entre 1937 et 1938.

Pendant la Perestroïka, à la fin des années 1980, le KGB avait accepté temporairement d’envoyer des informations sur ces crimes aux journalistes et à Memorial. Les fiches individuelles du NKVD précisaient parfois le lieu d’exécution des victimes, dans le district de Boutovo ou au cimetière de Donskoï à Moscou. D’autres ne donnaient pas plus d’informations que « dans une fosse commune ».

Vue aérienne d’une zone forestière, le 28 septembre 2018 à Kommunarka, au sud-ouest de Moscou / © AFP / Andrei BORODULIN

« On pense que les personnes pour qui le lieu d’exécution n’est pas précisé se trouvent à Kommunarka », affirme M. Ratchinksi.

« Pratiquement tout le gouvernement mongol est ici », poursuit-il. A l’époque, la Mongolie, qui était un satellite de l’Union soviétique, a également subi la répression aveugle de Staline.

Beaucoup de hauts responsables venant des États baltes y ont également été exécutés après l’annexion de la Lituanie, de l’Estonie et de la Lettonie par l’URSS en 1940.

– Accès aux archives –

Selon M. Ratchinski, plus de 1.000 personnes supposées avoir été enterrées à Kommunarka n’ont toujours pas été identifiées car les services secrets russes ont désormais suspendu l’accès à leurs archives.

« Ils ont soudainement arrêté de nous envoyer des documents », déplore M. Ratchinski, qui accuse les autorités de ne pas s’intéresser aux crimes staliniens.

Une croix dans une zone forestier de Kommunarka, dans le sud-ouest de Moscou, le 28 septembre 2018 / © AFP / Andrei BORODULIN

« L’État est responsable de ce qu’il s’est passé ici », affirme pour sa part l’historien Sergueï Bondarenko, dont l’arrière-grand-père a été fusillé à Kommunarka. Selon lui, seul un responsable de « rang moyen » se rendra à l’inauguration du nouveau mémorial en octobre.

« Je pense que le président devrait venir car c’est l’une des plus grandes fosses communes de Moscou », avance-t-il.

Pour le directeur du musée du goulag, M. Romanov, le tableau est moins sombre. Il souligne que le président Vladimir Poutine s’était rendu l’année dernière au mémorial des victimes de la répression stalinienne, dans le centre de Moscou.

D’après l’historien, d’autres régions de Russie doivent suivre le « précédent positif » de Kommunarka et définir les « frontières exactes » des fosses communes staliniennes.

L’objectif est d’identifier un jour les tombes de toutes les victimes.

« Cela peut paraître utopique, mais c’est nécessaire ».

S’occuper des victimes staliniennes n’est pas sans risque, notamment en province.

L’historien Iouri Dmitriev, qui a passé des années à mettre au jour des charniers contenant les dépouilles de victimes de la répression stalinienne en Carélie (nord), est accusé d’agression sexuelle, une affaire montée de toutes pièces selon des militants des droits de l’homme et de nombreuse personnalités russes.

Romandie.com avec(©AFP / (08 octobre 2018 11h40)

Le prix Nobel d’économie aux Américains William Nordhaus et Paul Romer

octobre 8, 2018

Le 50e prix Nobel d’économie est attribué aux Américains William Nordhaus et Paul Romer, le 8 octobre 2018 à Stockholm / © TT News Agency/AFP / Henrik MONTGOMERY

Le 50e prix Nobel d’économie a été attribué lundi aux Américains William Nordhaus et Paul Romer, ancien économiste en chef de la Banque mondiale, pour avoir modélisé l’effet de l’activité économique sur le climat.

Favoris du Nobel depuis plusieurs années, les co-lauréats « ont mis au point des méthodes qui répondent à des défis parmi les plus fondamentaux et pressants de notre temps: conjuguer croissance durable à long terme de l’économie mondiale et bien-être de la population de la planète », a indiqué l’Académie royale des sciences.

Ils se partageront le prix de 9 millions de couronnes (environ 860.000 euros).

Professeur à l’université de Yale, William Nordhaus, 77 ans, a été le premier, dans les années 1990, à modéliser le lien entre l’activité économique et le climat en conjuguant les théories et l’expérience tirées de la physique, de la chimie et de l’économie, a motivé le jury Nobel.

Ces travaux font aujourd’hui autorité et servent à prédire ou quantifier les conséquences des politiques climatiques, par exemple la taxe carbone.

Paul Romer, 62 ans, enseignant à la Stern School of Business de l’université de New York, a posé les bases de la théorie de « la croissance endogène ».

Il a montré comment « l’accumulation d’idées soutient la croissance économique sur le long terme » et mis en avant le rôle des forces économiques et des régulations dans « l’inclination » des entreprises à innover.

Nobel d’Economie / © AFP / Jean Michel CORNU

M. Romer a démissionné avec fracas au début de l’année de son poste d’économiste en chef de la Banque mondiale sur fond de désaccord avec le président de l’institution.

Le prix Nobel d’économie était allé l’an dernier à l’Américain Richard Thaler, père de la méthode dite du « coup de pouce », censée corriger les comportements irrationnels des consommateurs, contribuables ou investisseurs.

L’économie conclut une saison Nobel amputée de son prix de littérature en raison de son report d’un an par l’Académie suédoise, affaiblie par un scandale d’agressions sexuelles et de fortes divisions internes.

Seul prix à ne pas figurer au testament de l’inventeur suédois Alfred Nobel, le prix de « sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel » a été créé en 1968 par la Banque de Suède à l’occasion de son tricentenaire et décerné pour la première fois l’année suivante.

Après les prix scientifiques dévoilés à Stockholm, le prix de la paix décerné à Oslo a couronné le combat de la Yazidie Nadia Murad, ex-esclave du groupe Etat islamique, et du médecin congolais Denis Mukwege contre les violences sexuelles utilisées comme arme de guerre.

Romandie.com avec(©AFP / (08 octobre 2018 12h51)

Le Nobel de littérature pourra être décerné

octobre 5, 2018

 

Suède L’académie suédoise a élu de nouveaux membres, ce qui permettra de décerner le prix Nobel de littérature en 2019.

 

Jila Mossaed, 70 ans, poétesse née à Téhéran, est l'une des deux personnalités élues vendredi à l'académie suédoise.

Jila Mossaed, 70 ans, poétesse née à Téhéran, est l’une des deux personnalités élues vendredi à l’académie suédoise. Image: AFP

L’académie suédoise, qui décerne le prix Nobel de littérature, a annoncé vendredi l’élection de nouveaux membres. Après un scandale sexuel, elle n’en comptait plus que dix actifs sur 18, ce qui a entraîné le report d’un an de la récompense en 2018.

Ses statuts requièrent la présence d’au moins douze sages. Les désaccords au sein de l’académie sur la manière de gérer les révélations d’agressions sexuelles d’un Français proche de l’institution, et marié à l’un de ses membres, ont suscité de graves dissensions internes. Plusieurs se sont mis en congé, dont la secrétaire perpétuelle alors en exercice, Sara Danius.

L’élection de Jila Mossaed, 70 ans, poétesse née à Téhéran, qui écrit en suédois et en persan, et celle d’Eric Runesson, né en 1960, juge à la cour suprême suédoise, permet ainsi à l’académie de retrouver son quorum indispensable. Mme Mossaed remplace l’écrivaine Kerstin Ekman, qui s’est mise en retrait de l’académie en 1989, après le refus de l’académie de condamner à l’époque une fatwa contre l’écrivain britannique Salman Rushdie.

«Nous avons fait un bon bout de chemin pour rétablir la confiance. Les choses semblent désormais différentes», s’est félicité le secrétaire perpétuel par intérim, Anders Olsson. Le roi Carl XVI Gustaf, parrain de l’institution, avait annoncé en mai une modification des statuts de l’académie: ses membres, initialement élus à vie, pourront désormais démissionner et être remplacés de leur vivant. (ats/nxp)

Tdg.ch créé: 06.10.2018, 03h31