Archive for the ‘Culture’ Category

Invitation au jeu de mots de la langue française

novembre 13, 2019

Seul un amoureux de la langue française réussira ce test de vocabulaire
QUIZ – «Pétaudière», «fébricitant», «lupanar»… Nos dictionnaires abritent des mots tout à fait étonnants! Les connaissez-vous? Le Figaro vous propose de le découvrir.

https://www.lefigaro.fr/langue-francaise/quiz-francais/seul-un-amoureux-de-la-langue-francaise-reussira-ce-test-de-vocabulaire-20191113

Ils se cachent dans les colonnes de nos dictionnaires. Des mots rares, littéraires, familiers pour certains, qui expriment avec une précision savoureuse un état d’esprit. Ou bien, un sentiment.

Un «lucullus», par exemple, aime la bonne nourriture. Une personne qui «blézimarde» est quelqu’un qui a tendance à couper la parole. Un «agélaste» est un individu qui ne rit jamais. Celui qui a le nez «camard» a un nez aplati. Il y en a des milliers. Des termes que l’on ne connaît pas encore, que l’on croisera peut-être au détour d’une phrase, dans un livre ou une vieille revue.

Tant mieux! Dépoussiérons la langue française et dénichons-y de nouveaux (anciens) mots. Nous serions étonnés de voir à quel point ils n’ont pas pris une ride! Irez-vous jusqu’au bout de ce test de vocabulaire? Le Figaro vous propose de le découvrir…

https://www.lefigaro.fr/langue-francaise/quiz-francais/seul-un-amoureux-de-la-langue-francaise-reussira-ce-test-de-vocabulaire-20191113

Par Le Figaro.fr

États-Unis/«Il agit comme un enfant de douze ans» : un responsable de la Maison-Blanche dresse un portrait effrayant de Donald Trump

novembre 10, 2019

 

Le livre doit paraître le 19 novembre prochain. Son auteur a souhaité garder l’anonymat.

«Il insulte, s’embrouille, s’irrite facilement et a des problèmes pour synthétiser les informations, et cela n’arrive pas de temps en temps, mais régulièrement». Tout au long des 259 pages de A Warning (Un avertissement), un ouvrage à paraître le 19 novembre aux Etats-Unis, un haut-fonctionnaire anonyme de la Maison-Blanche décrit un Donald Trump cruel, inapte et représentant un danger pour la nation américaine.

Le Washington Post, qui a pu consulter l’ouvrage avant sa sortie, a réalisé un compte-rendu de ce portrait terrifiant du président des Etats-Unis. La plume acide de l’auteur, qui a souhaité conserver son anonymat, décrit un chef d’Etat amateur de blagues sexistes et racistes, familier des coups de sang et qui fait régner une atmosphère de travail pesante au sein de son administration.

Contrôler les «pires penchants» de Trump

«Il agit comme un enfant de douze ans dans une tour de contrôle, qui appuie sur tous les boutons du gouvernement sans discernement, indifférent aux avions qui dérapent sur la piste et aux vols qui s’écartent désespérément de l’aéroport». Le haut-fonctionnaire s’appuie sur ses observations et sa propre expérience au sein de l’administration Trump. Il omet toutefois sciemment des détails afin qu’il ne soit pas possible de remonter jusqu’à lui.

Toujours de manière anonyme, il avait déjà publié une tribune dans le New York Times en 2018, intitulée Je fais partie de la résistance à l’intérieur de l’administration Trump. Il assurait qu’il avait choisi de ne pas démissionner afin de contrôler le président et «ses pires penchants», affirmant même qu’il n’était pas le seul dans cette situation. Dans son ouvrage à paraître, il reconnaît avoir eu tort à propos de cette «résistance silencieuse» car Donald Trump est «qui il est», soit incapable de changer.

Des remarques sexistes et racistes

Ses anecdotes sur le caractère et les remarques sexistes et racistes du président sont glaçantes. «Il commente le maquillage, fait des blagues sur le poids et critique les tenues vestimentaires […] Il utilise des termes comme “ma chérie” pour s’adresser à des professionnelles accomplies. Un patron ne devrait pas se comporter de cette manière dans un environnement de travail».

D’après lui, le président américain a même tenté d’imiter l’accent hispanique lors d’une réunion dans le bureau ovale durant laquelle il s’en est pris à des femmes migrantes, qui tentaient de traverser la frontière : «Elles disent :Oh, s’il vous plaît, aidez-nous ! Mon mari m’a quittée !” Elles ne servent à rien. Elles ne font rien pour notre pays. Au moins, si elles venaient avec un mari, on pourrait le mettre dans les champs pour cueillir du maïs».

La porte-parole du président, Stephanie Grisham, a, elle, qualifié jeudi l’ouvrage de «mensonges» et d’«oeuvre de fiction», traitant son auteur de «lâche». Le ministère de la Justice a également averti la maison d’édition Hachette et les agents de l’auteur que ce livre pourrait violer un accord de confidentialité. En réponse, l’un des agents a accusé l’administration de tenter d’obtenir des informations sur l’auteur de ce portrait.

Par Le Figaro.fr

Prix Goncourt: les noms des quatre finalistes révélés

octobre 27, 2019

 

Les jurés, réunis à Cabourg à l’occasion du centenaire du prix remis à Marcel Proust, ont annoncé le nom des écrivains qui figurent dans la sélection finale de la prestigieuse récompense littéraire.

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JOEL SAGET/AFP

Ils ne sont plus que quatre. Les jurés Goncourt, réunis à Cabourg à l’occasion du centenaire du prix remis à Marcel Proust pour A l’ombre des jeunes filles en fleurs, ont dévoilé ce dimanche 27 octobre leur troisième sélection. Cinq romans ont été écartés: Santiago H. Amigorena (Le ghetto intérieur , P.O.L), Natacha Appanah (Le ciel par-dessus le toit , Gallimard), Dominique Barbéris (Un dimanche à Ville-d’Avray , Arléa), Léonora Miano (Rouge impératrice , Grasset) et Hubert Mingarelli (La terre invisible , Buchet-Chastel).

Quatre auteurs concourent donc toujours pour le prix Goncourt. Parmi eux, Amélie Nothomb. Elle fait figure de favorite pour son roman paru chez Albin Michel, Soif dans lequel elle se glisse dans la peau du Christ. Serait-ce bientôt la consécration? Il y a tout juste vingt ans, l’auteur recevait le Grand prix du roman de l’Académie française pour son roman Stupeur et tremblements. En 2007, elle recevait le prix de Flore pour Ni d’Eve ni d’Adam. Et en 2008, le grand prix Jean Giono pour l’ensemble de son oeuvre.

Autre favori, Jean-Paul Dubois pour son livre Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon (L’Olivier). Olivier Rolin est lui aussi en lice avec son roman Extérieur monde, publié chez Gallimard. Enfin, Jean-Luc Coatalem avec La part du fils (Stock) est également dans la course alors qu’il figure sur la deuxième liste du prix Renaudot.

Qui succédera donc à Nicolas Mathieu lauréat l’an passé avec Leurs enfants après eux, (Actes Sud)? Verdict le 4 novembre. Une chose est certaine: les éditions Grasset et P.O.L ne décrocheront pas le Goncourt cette année.

L’écrivain Santiago H. Amigorena reste dans la course pour le Médicis, le Renaudot et le prix Décembre. Tandis que Natacha Appanah figure sur la deuxième liste du Prix Renaudot. Barbéris, quant à elle, est toujours en lice pour le prix Femina.

Le Figaro.fr par Alice Develey et Claire Conruyt

À Toulouse, un hommage dansant à DJ Arafat

octobre 24, 2019

Hommage du chorégraphe camerounais James Carlès au chanteur ivoirien. © DR

Une soirée coupé-décalé, avec le chanteur ivoirien Meiway, aura lieu le 29 octobre, lors de la 21e édition du festival pluridisciplinaire Danses et continents noirs à Toulouse, dans le sud de la France.

L’enfant terrible du coupé-décalé continue d’être célébré trois mois après sa mort violente le 12 août dernier à Abidjan. À Toulouse, le festival Danses et continents noirs, qui se tient du 26 octobre au 8 novembre et fête cette année sa 21e édition, a prévu une soirée spéciale en l’honneur de l’artiste ivoirien.

Le 29 octobre, un hommage en danse et en musique sera rendu à DJ Arafat. Une première partie verra intervenir DJ Robert (de DSH Studio), puis la compagnie du chorégraphe James Carlès (fondateur et directeur du festival), avant une deuxième partie « 200 % zoblazo » avec la star ivoirienne Meiway, accompagné d’un DJ et de danseurs.

« J’avais découvert un jeune homme assez timide »

« J’ai reçu très violemment l’annonce du décès de DJ Arafat, confie James Carlès. En 2012, je m’étais rendu à Abidjan pour travailler un spectacle sur le coupé-décalé et interviewer les créateurs locaux, comme Boro Sanguy, Serge Defalet (La Jet Set), et évidemment Arafat. Chez lui, il y avait une impertinence, de la provocation, une manière d’être rebelle. Je me souviens de son côté bling, du 4×4 vert qu’il avait à l’époque. Mais lorsque je lui avais parlé loin de la foule et des concerts, j’avais découvert un jeune homme assez timide, effacé, un peu perdu. »

La star ivoirienne Meiway. © DR

Le travail de terrain, presque de reportage, mené par le chorégraphe d’origine camerounaise, aboutira en 2014 à la création, en collaboration avec la chorégraphe et danseuse sud-africaine Robyn Orlin, du spectacle « Coupé-décalé ». Il en livrera un court extrait durant la soirée du 29 octobre. « Arafat était un bon danseur. Il stimulait ses danseurs autant qu’il était stimulé par eux, il ne pouvait pas concevoir de musique sans danse, son rapport au son et au geste était fusionnel », remarque James Carlès qui observe que les danseurs de l’artiste avaient un niveau souvent quasi-professionnel. Certains, comme Ordinateur, ont d’ailleurs poursuivi leur carrière dans le circuit pro européen.

La saison 2020 déjà quasiment programmée

Le chorégraphe souligne une différence entre danseurs de coupé-décalé français et ivoiriens : « Chez les seconds, il y a peut-être moins de technique, mais il y a une urgence, un geste plus brut et incisif qui est lié au contexte de guerre dans lequel est né le coupé-décalé ». Durant la soirée hommage du 29 octobre, l’artiste Meiway s’est imposé comme une évidence. « Pour moi, il s’agit de l’un des précurseurs de la musique urbaine africaine. Il est très créatif, très inventif, et a maintenant plusieurs dizaines d’années de métier derrière lui. Je le vois comme un parrain d’Arafat, même intellectuel. »

Cette 21e édition du festival, mêlant théâtre, danse et musique, propose évidemment d’autres surprises. Notamment des spectacles de la chorégraphe américaine Carolyn Carlson, avec laquelle James Carlès entretien un rapport « de maître à élève ». Et la saison 2020, déjà quasiment programmée, sera plus étoffée. Meiway reviendra avec un orchestre ; une pièce d’un metteur en scène rwandais narrera l’histoire de l’indépendantiste camerounais Ruben Um Nyobè, tué par l’armée française en 1958, et une star ghanéenne ou nigériane viendra représenter la scène afrobeats.

Jeuneafrique.com par Léo Pajon

À Louxor, trente sarcophages de plus de trois millénaires dévoilés

octobre 19, 2019

 

Trente cercueils en bois peint de plus de 3.000 ans et en excellent état ont été présentés après leur découverte à Assasif dans la Vallée des rois, dans le sud de l’Égypte.

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Le secrétaire général du Conseil suprême des Antiquités Mostafa Waziri a fait état de la découverte de trente sarcophages dans la vallée des rois près de Louxor. KHALED DESOUKI/AFP

Trente sarcophages en bois peint de plus de 3.000 ans et en excellent état ont été dévoilés samedi après leur découverte à Assasif dans la Vallée des rois près de Louxor, dans le sud de l’Egypte. «C’est la première découverte à Assasif par une équipe égyptienne d’archéologues, conservateurs et travailleurs», a dit le secrétaire général du Conseil suprême des Antiquités Mostafa Waziri, lors d’une conférence de presse à Louxor.

Les sarcophages ont été découverts la semaine dernière à Assasif, une nécropole sur la rive occidentale du Nil, et des photos ont fuité avant même l’annonce officielle, qui a été faite samedi devant le temple de la reine Hatchepsout.

Les trente pièces en bois peint, qui ont servi de cercueils pour des hommes, des femmes et des enfants, ont été trouvées à un mètre sous terre, empilées les unes sur les autres en deux rangées. Ces sarcophages appartiendraient à une importante famille de prêtres.

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Les trente sarcophages découverts près de Louxor datent du Xe siècle avant J.C. KHALED DESOUKI/AFP

Des découvertes qui relancent le tourisme

Mostafa Waziri a souligné que les fouilles réalisées par les Occidentaux au XIXe siècle s’étaient concentrées sur les tombes de rois, tandis que les récentes fouilles égyptiennes ont révélé une «cachette des prêtres». Les trente objets retrouvés datent de la 22e dynastie, fondée il y a plus de 3.000 ans, au Xe siècle avant J.C.

Sur un fond jaune, on distingue des touches de couleur rouge ou verte, ainsi que des traits noirs. Des hiéroglyphes, diverses divinités égyptiennes, des oiseaux, des serpents ou encore des fleurs de lotus, y sont aussi représentés. «Nous avons juste effectué quelques retouches de première nécessité sur ces cercueils en très bon état. Ils sont considérés comme en bon état car il n’y avait pas d’implantation» humaine sur le site, a dit à l’AFP Salah Abdel-Galial, un restaurateur local du ministère des Antiquités, en montrant l’une des pièces.

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Deux sarcophages, dont celui d’un enfant, ont été découvert devant le temple d’Hatshepsout. KHALED DESOUKI/AFP

Selon le ministre des Antiquités Khaled El-Enany, les découvertes importantes, comme celle présentée samedi, avaient ralenti après la révolte populaire de 2011 qui a chassé Hosni Moubarak du pouvoir.

Depuis plusieurs années, les autorités égyptiennes annoncent régulièrement des découvertes archéologiques, dans le but entre autres de relancer le tourisme, mis à mal par l’instabilité politique et les attentats dans le pays depuis la révolution de 2011.

Par Le Figaro.fr et AFP agence

Dix mots d’arabe que vous employez sans le savoir

octobre 11, 2019

«Abricot», «massage», «mesquin»… Nous utilisons ces termes au quotidien sans nous douter de la richesse de leur histoire. Le Figaro vous propose de la (re)découvrir.

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Pixabay

Nous sommes loin de nous imaginer l’origine des mots que nous employons au quotidien. Des mots en apparence absolument banals, parfaitement ordinaires. «Moustache», par exemple! Le terme vient de l’italien mostacchio, lui-même issu du grec byzantin mustakhion, diminutif de mustac, «lèvre supérieure». Il y a le mot «robe» aussi. Emprunté au germain rouba, «butin» d’où «vêtement dont on a dépouillé quelqu’un», précise Le Trésor de la langue française.

Ainsi, au fil des siècles, c’est tout naturellement que des mots arabes ont, peu à peu, intégré les colonnes de nos dictionnaires. L’éminent lexicologue Jean Pruvost retrace le voyage de ces mots jusque dans le vocabulaire français dans son éclairant ouvrage Nos ancêtres les Arabes, ce que notre langue leur doit (JC Lattès). Florilège.

Les mots savoureux

Le sucre que nous versons sur nos fraises, l’abricotque nous engloutissons, le chocolat que nous dégustons. Nos assiettes sont remplies de mots arabes jusqu’à la tasse de café que nous avalons. Mais aussi, plus étonnant, les sorbets que nous léchons. «C’est une sorte de boisson agréable qui nous vient du Levant», ainsi que le définit Richelet en 1680. Dix ans plus tard, on trouve le mot dans le Dictionnaire universel de Furetière: «Sorbet. s. m. Breuvage qui est fort ordinaire chez les Turcs, auxquels le vin est deffendu. Il est composé de sucre et de chair de citron». «Sorbet», donc, vient de charbat, qui désigne une boisson. À l’origine, nous le trouvons sous la forme de chourba, un terme en arabe populaire qui, par l’intermédiaire du turc, a donné chorbet. Puis, enfin, sorbetto en italien. Le mot fait son entrée en langue française en 1544, au cours de la Renaissance. Ce n’est qu’à la fin du XVIIIe siècle, en 1782 exactement, que le «sorbet» désigne une «liqueur explicitement destinée à être convertie en glace».

Et qu’en est-il des épinards? Ce mets a fait grimacer plus d’un enfant… Ainsi que le raconte Jean Pruvost, «lorsque cette plante fut introduite par les Arabes en Espagne, il s’agissait de mettre en valeur ses vertus thérapeutiques». Puis, son utilisation devint culinaire. Rappelons néanmoins que le terme vient de l’arabe oriental asfanah, issu du persan, «puis à l’arabe d’Andalousie, isbinâkh, que l’on retrouve en latin médiéval spinachium mais aussi en espagnol, espinaca».

La mousseline, enfin. Seriez-vous étonné d’apprendre que ce mot nous vient de la ville de… Mossoul? «Au bord du Tigre, cette cité faisait entre autres commerce d’une toile très fine de coton ou de laine, qui, en transitant par l’Italie, mossolino, passa en français à la fin du XIIIe siècle, donnant naissance au mosulin, drap d’or et de soie fabriqué à Mossoul». Au milieu du XIIe siècle, et vraisemblablement par attraction avec le mot «mousse», mosulin donna «mousseline» désignant une «toile de coton délicate». Peu à peu, l’autre nom de la pâte à base de gomme adragante, additionnée de jus de citron, fut «mousseline». «C’est par assimilation que vinrent ensuite les brioches, les pommes dites mousselines, brioches ou purées très légères».

Les mots du corps

Qui n’a jamais réclamé à son cher et tendre un massage après une longue journée de travail? Sans doute serez-vous surpris de savoir que le mot nous vient de l’arabe massa, «toucher, palper». Terme qui donna le verbe «masser» attesté en français dès 1779. Il faut attendre le XIXe siècle pour que le «massage» apparaisse, notamment dans les ouvrages de médecine. Au XXe siècle, le «massage» prend une «dimension vitale». Ainsi parle-t-on, dès les années 1970, de «massage cardiaque».

Il existe un terme un peu moins doux et certainement plus familier: «niquer». Relativement récent, «il fait son entrée en 1890 en venant du sabir d’Afrique du Nord i-nik, ‘‘il fait l’amour’’, en partant de l’arabe nak, de même sens», précise Jean Pruvost. C’est par le biais de l’argot militaire que le terme a été introduit en langue française au sens de «posséder charnellement». Lorsque les militaires se faisaient inviter par les prostituées du pays, il n’était pas rare d’entendre la formule «faire nik-nik». À ne pas confondre avec l’expression «faire la nique» qui signifie»se moquer, mépriser».

Les mots des états d’âme

Il vous est sans doute déjà arrivé de qualifier quelqu’un de «maboul». Comprendre: «fou», «cinglé», «inconscient». Le terme est issu de la langue arabe d’Algérie: mabbhul signifie à l’origine «idiot». Le mot transite par l’argot d’Afrique en 1830, raconte Jean Pruvost et prend «un essor certain en langue française, immortalisé dans la poésie française, au point d’en avoir fait oublier leur origine».

Le «miskin» que nous entendons dans la bouche des plus jeunes est un mot arabe duquel vient l’adjectif «mesquin». À l’origine, miskin veut d’abord dire «être pauvre». Le mot voyage ensuite en Italie et devient meschino, avant de s’orthographier, en ancien français, meschin. Il signifie alors «jeune homme, serviteur». C’est lorsque «meschin» disparaît que «mesquin» prend davantage d’ampleur «avec tout d’abord l’idée de petitesse et de médiocrité, puis à partir du milieu du XVIIe siècle, celle d’avarice, témoignant d’une parcimonie déplaisante». En 1635 apparaît «mesquinerie» qui signifie «absence de grandeur, de générosité».

Nombreux sommes-nous à «avoir le cafard», parfois. «Cafard» vient de l’arabe kâfir, «infidèle, incroyant» puis «converti à une autre religion que la religion musulmane». Ergo, la notion d’hypocrite, remarque Jean Pruvost. Si le mot a pris un sens encore plus péjoratif, c’est en raison de «sa finale assimilée au suffixe populaire -ard, et le mot devint au XIXe siècle synonyme familier de ‘‘mouchard’’, notamment dans le vocabulaire des écoliers.

Par Le Figaro.fr

Cinq mots disparus que nous ferions bien d’employer (à la place des anglicismes)

octobre 8, 2019

 

«Soporatif», «se panader»… Nombreux sont ces termes anciens à s’effacer, petit à petit, des colonnes de nos dictionnaires. Le Figaro vous propose de les découvrir grâce au lumineux ouvrage de Bernard Cerquiglini, Les mots disparus de Pierre Larousse.

The Artist de Michel Hazanavicius avec Jean Dujardin et Berenice Bejo, 2011

Rue des Archives/Rue des Archives/BCA

Il ne s’agit pas de maudire les petits nouveaux qui se fraient un chemin dans les colonnes de nos dictionnaires. Après tout, la langue française évolue. Elle se régénère, s’enrichit parfois, s’appauvrit aussi. On ne peut pas dire que les anglicismes, qui se multiplient dans nos conversations quotidiennes, soient ni particulièrement jolis, ni complètement utiles. Bien sûr, «week-end», «parking», «corner» sont indispensables. Mais «drink», «flop», «too much» le sont-ils tout autant? À ce propos, Le Figaro vous propose de (re)découvrir cinq mots disparus à réhabiliter et à employer… sans modération! Et tout cela, grâce à l’éclairant ouvrage de Bernard Cerquiglini, Les mots disparus de Pierre Larousse.

«Best of». On l’emploie à toutes les sauces. Pour parler des chansons d’un artiste, des phrases cultes des hommes d’État, des films du XXe siècle à voir absolument… Ce mot anglais, ainsi que le précise le Larousse, a pour définition: «sélection des meilleures expressions d’une œuvre ou d’un artiste». Et ses synonymes? Bien sûr, il y a l’anthologie, un florilège ou encore, une compilation. Mais si l’on parle de littérature, l’on peut également utiliser le terme d’«analecte». À savoir: «morceaux en prose ou en vers, choisis dans les ouvrages d’un ou de plusieurs auteurs», note Le Trésor de la langue française. Ce joli mot est emprunté au latin analecta qui vient lui-même du grec signifiant «choses recueillies», issu d’analego, «choisir, recueillir, ramasser». À partir du XVIIIe siècle, il est employé au sens de «recueil».

«Ce qu’il est snob ! Non mais son comportement… C’est too much !» Concernant «snob», il vient de l’anglais snobbish attesté depuis 1840 et qui s’emploie pour parler d’une personne «qui affecte et admire les manières, les opinions qui sont en vogue dans les milieux qui passent pour distingués et qui méprise tout ce qui n’est pas issu de ces milieux», lit-on dans les colonnes du Larousse. Quant à «too much», on pourrait le traduire par: «Il en fait trop». Il existe un joli verbe qui peut s’avérer utile dans les deux cas: «(se) panader». Il signifie «Marcher d’une allure majestueuse et fière avec l’ostentation d’un paon faisant la roue», ainsi que nous le lisons sur le site du CNRTL. Le verbe est dérivé du moyen français penade, «saut d’un cheval, ruade», attesté dès 1460. À la même époque, «pennader» s’emploie en tant que verbe intransitif au sens de «sauter, ruer». Il faut attendre le XVIe siècle pour qu’il prenne le sens de «marcher avec ostentation».

Qu’il est «soporatif»!

Après une journée de travail, quoi de plus rafraîchissant qu’un verre entre collègues? «Tu veux un p’tit drink pour te détendre?» Douche froide. Un drink signifie ici un «verre». Et souvent, un verre d’alcool. Alors, pour éviter l’anglicisme, pourquoi pas proposer un «brandevin»? Mot léger et agréable signifiant «eau-de-vie» et qui nous vient de l’Allemagne. Attesté depuis 1360 sous la forme du moyen allemand brantwin, «eau-de-vie», le terme est composé de brant, abréviation du participe passé gebrant, «brûlé» et de win, «vin». Littéralement, précise Le Trésor de la langue française, «vin brûlé, c’est-à-dire distillé».

«Tout ça pour ça! Ils ont bossé des heures et des heures! Et ça donne un flop!» Comprendre: «faire fiasco», «connaître un échec (cuisant)». Ces expressions, nous les connaissons. Mais il y en a une, quelque peu familière mais intéressante, qui exprime l’idée d’une «entreprise folle suivie d’un échec». Il s’agit d’une «cacade». Au sens premier, dans le langage populaire, le terme signifie «brusque évacuation d’excréments». Et, par métaphore, la «déchéance par effondrement soudain». «Cacade» vient du provençal cagado, «selle». La forme française «caguade» apparaît au XVIe siècle.

Imaginez ceci: vous voilà assis dans un obscur auditorium, écoutant un discours aussi long qu’inintéressant. Votre voisin, agacé, se rapproche et vous souffle dans l’oreille: «C’est so boring !» La locution s’emploie souvent pour désigner une personne, une lecture, quelque chose d’«ennuyeux». Ou bien, ce qui est «soporatif»: qui a la propriété de faire dormir. Au sens premier, on parle plutôt d’une boisson ou d’une substance soporifique. Au figuré, le terme s’emploie pour désigner ce «qui ennuie profondément au point de provoquer le sommeil». Le mot est dérivé du latin sopor, «profond sommeil», et de -fique «qui produit».

Par Le Figaro.fr

Hommage à Sony Labou Tansi (extrait Africa International n°5, rubrique Culture)

septembre 12, 2019

CULTURE : « L’intérieur est plus impitoyable que le dehors », affirmait Sony Labou Tansi. Un livre-hommage au célèbre auteur Congolais mort il y a déjà près de 25 ans (1995) vient de paraître. Caroline Bourgine nous remet en mémoire l’œuvre de l’écrivain connu pour ses citations.

Publiée le 11 sept. 2019 par MRB Networks

La Colombie-Britannique ne veut plus du changement d’heure

septembre 11, 2019

 

© Geneviève Lasalle
 

Une majorité écrasante de Britannos-Colombiens souhaite mettre fin au changement d’heure automnal, selon un sondage provincial qui révèle que 93 % des personnes interrogées veulent conserver de façon permanente l’heure d’été.

D’après l’enquête d’opinion menée par Victoria, le désir d’en finir avec le changement d’heure est partagé dans toutes les régions de la province, lit-on dans un communiqué du gouvernement provincial.

Les habitants de la Colombie-Britannique ont pris la parole et leur voix collective a été clairement exprimée.

John Horgan, premier ministre de la Colombie-Britannique

Plus du tiers des personnes interrogées considère les effets négatifs sur la santé comme étant la principale raison de leur désir de mettre un terme au changement d’heure automnal.

Plus de la moitié ont par ailleurs souligné les avantages de la lumière du jour supplémentaire pendant leurs déplacements le soir en hiver. Près de 40% ont mentionné des problèmes de sécurité.

Selon le premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan, les résultats clairs du sondage seront pris en considération dans le processus de décision.

Une décision qui devra être régionale

Or, M. Horgan avait déjà affirmé que la province ne prendrait pas de mesure pour éliminer le changement d’heure à moins d’un consensus régional. Cet avis semble partagé par une majorité de répondants, qui ont indiqué qu’il était important ou très important que l’heure de la province reste alignée avec celles des États et provinces avoisinants.

 

L'idée de mettre un terme au changement d'heure fait du chemin en Amérique du Nord. © Charles Platiau L’idée de mettre un terme au changement d’heure fait du chemin en Amérique du Nord.

 

En Alberta, le projet de loi qui aurait mis fin au changement d’heure a reçu un support considérable à l’automne 2017, mais l’Assemblée législative de cette province a rejeté l’idée, stipulant que les effets sur les entreprises seraient trop lourds à porter.

La Saskatchewan est la seule province à ne pas observer ce changement d’heure.

Une idée qui prend du galon aux États-Unis

Plus tôt cette année, des élus de Washington, de l’Oregon et de la Californie, trois États américains de la côte ouest, ont déposé des projets de loi proposant la fin du changement d’heure.

Plus de deux douzaines d’autres États américains envisagent des mesures pour éviter de changer leurs horloges deux fois par an.

Si aux États-Unis, une telle mesure nécessite l’approbation du Congrès, les provinces canadiennes peuvent choisir d’instaurer ou non le changement sans aucune implication du gouvernement fédéral.

CBC/Radio-Canada avec les informations de l’Associated Press

France: Robert Frank, géant de la photographie, est mort à 94 ans

septembre 10, 2019

Robert Frank

DISPARITION – L’artiste s’est éteint à Inverness dans la province canadienne de Nouvelle-Écosse, annonce le New York Times. Ce vagabond de l’image était devenu une légende depuis la publication de The Americans, série historique en noir et blanc sur les États-Unis des années 1950 et la face cachée du rêve américain.

Il était l’un des photographes les plus influents du XXe siècle. Son livre The Americans , composés de photographies en noir et blanc capturées pendant ses traversées du Far West dans les années 1950, reste dans l’histoire comme un chef-d’œuvre de la photographie. Le vagabond de l’image Robert Frank s’est éteint lundi à Inverness, en Nouvelle-Écosse à l’âge de 94 ans annonce le New York Times . Sa mort a été confirmée par Peter MacGill de la galerie new-yorkaise Pace-MacGill, qui lui avait consacré de nombreuses expositions depuis 2005.

Né en Suisse le 9 novembre 1924, Robert Frank s’est installé à New York à l’âge de 23 ans. À tout juste 30 ans, il se lance dans un projet fou, inspiré par le mouvement beatnik: sillonner les routes des États-Unis pour prendre le pouls du Nouveau Monde, sa terre d’adoption. Lors de son périple, effectué entre avril 1955 et juin de l’année suivante, «Mr. Frank» utilisa pas moins de 700 pellicules. En quatre ans, il prit près de 28.000 clichés.

Le Manet de la photographie

Admirateur et protégé du grand Walker Evans, il vient de photographier les ouvriers des usines Ford de Detroit lorsqu’en novembre 1955, il est arrêté sur la route US 65 par la police de l’État de l’Arkansas, trouvant suspect cet individu «vêtu de manière négligée, qui a besoin d’une bonne coupe de cheveux et de se raser, sans parler d’un bain». Trois jours de prison sans autre forme de jugement pour ce «Juif» soupçonné d’être un «Rouge», raconta Magali Jauffret dans L’Humanité en 2004. Ailleurs, dans le Sud toujours d’un autre siècle, un shérif lui «donne une heure pour quitter la ville».

Robert Frank, mis à l’honneur des rencontres d’Arles. BRYAN THOMAS/AFP

En 1958, sa collection de 83 tirages est publiée sous le titre The Americans, recueil des clichés capturés entre New York et San Francisco en passant par la Nouvelle Orléans et le Midwest. Des images rentrées dans l’imaginaire américain qui a valu à Frank le surnom du «Manet de la nouvelle photographie». L’ouvrage fut préfacé par Jack Kerouac, le roi de la route en personne.

La parution du livre, en 1958, fut perçue comme une critique de l’«American Dream» désenchanté. The Americans valu à Frank d’être taxé d’antiaméricanisme, dans un pays obsédé par la chasse aux sorcières. «C’était la première fois que je traversais ainsi le pays, confiait-il au moment d’être honoré au Tate Modern de Londres, fin 2004. Et je me suis vite aperçu, surtout dans le Sud, à quel point le racisme contre les Noirs était absurde. Pas besoin d’être juif, pas besoin d’être émigré pour voir cette injustice. Je la ressentais. Je ne travaille pas avec l’intellect, mais avec l’émotion.» L’année passée, pour les 60 ans de l’ouvrage, Frank était mis à l’honneur des Rencontres photographiques d’Arles.

Par Le Figaro.fr