Archive for the ‘Culture’ Category

Rencontre avec Marie-Léontine Tsibinda

février 6, 2023

Marie-Léontine Tsibinda est une auteure congolaise qui vit au Canada. Ses publications sont multiples. Guy Menga Chantre de la Parole est son plus récent ouvrage.  Une monographie publiée en 2022, aux Éditions +, en France qui nous présente Guy MENGA sous un nouvel angle.

Elle a bien voulu répondre à nos questions.

De quoi parle cet ouvrage qui est dédié à Guy Menga ?

Guy Menga Chantre de la Parole est un livre qui présente, en résumé, la vie de Guy Menga, l’écrivain, le journaliste. L’homme politique a aussi sa dynamique, car il fut ministre sous la transition avec André Milongo, comme président. Mais personnellement je me suis attardée sur Guy Menga « le porteur de liberté » pour reprendre la belle formule de Sony, dite lors de l’une de ses nombreuses interviews, en l’occurrence lors de sa rencontre avec Tchicaya U Tam’si au micro de Daniel Maximin, écrivain-journaliste, il y a quelques années déjà, sur Antipodes de France-Culture. C’est la marche de Guy Menga depuis son village Mankongono dans le Pool, jusqu’aux rives de la Ceinture, c’est-à-dire la Seine, (trouvaille de Tchicaya U Tam’si), en passant par celles impétueuses du puissant fleuve Congo où trônent Brazzaville et Kinshasa. C’est un livre qui s’ouvre et se veut comme un apetizer car il faudra des milliers et des milliers de pages pour présenter un Guy Menga!

Guy Menga, pseudonyme qu’il s’est donné contrairement au choix de ses parents

Alexis Menga et Martine Nsona Loko qui l’avaient nommé dès sa naissance : Bikouta-Menga Guy Gaston !

Que représente Guy Menga dans l’univers de la littérature congolaise ?

Guy Menga? Une icône de la littérature congolaise. Un pilier incontournable qui même dans sa blanche vieillesse sait réconcilier petits et grands car son monde littéraire intéresse toutes les générations. Une littérature dont les gerbes ont traversé les 342 000 kilomètres carrés de son bassin natal congolais. Guy Menga, tout comme Sony Labou Tansi, Tchicaya U Tam’si, Henri Lopes, sans oublier le doyen Jean Malonga, demeure l’un des porteurs des lettres de noblesse de notre littérature.

Quel est l’impact des écrits de Guy Menga auprès de la nouvelle génération congolaise et africaine de manière plus large?

Un pur bonheur! J’ai rencontré sur Facebook, Victor Hugo, pas celui de Les misérables, mais celui qui est piqué par le virus des livres, et qui est très émerveillé par la création littéraire africaine en général et congolaise en particulier ! Il lit, en ce moment, La case de Gaulle et Kotawali. Il est d’Algérie! Et au Congo des jeunes rencontrés sur les murs de Facebook me disent la même chose et citent L’aventure du silure qui les a subjugués et demeure comme l’élément déclencheur de leur création littéraire pour certains! 

Quels sont les ingrédients ayant conduit au succès de la pièce de théâtre La Marmite de Koka-Mbala ?

La marmite de Koka-Mbala est un trésor national qui a déjà célébré ses noces d’or (50 ans d’existence, voire plus) sans aucune ride. Elle a été jouée partout en Afrique, au festival des Arts Nègres de Dakar, chez le Président Léopold Sédar Senghor, à Kinshasa chez le Président Maréchal Mobutu Sese Seko, au palais de Brazzaville du Président Alphonse Massamba-Débat, à Kinkala, etc. Toujours avec le même succès. Le message de la marmite traversera tous les siècles car il y aura toujours des questions brûlantes tant que les vieux domineront les jeunes, voudront les marier contre leur gré. L’homme ne devrait pas dominer sur l’homme, mais sur son péché mignon! Cela étant dit, la meilleure réponse viendra de Guy Menga lui-même.

Quelle est la place du livre congolais aujourd’hui dans la littérature mondiale ?

O que j’aime cette question! Le livre congolais a de la prestance dans la littérature du monde.

Elle rafle des prix nationaux, internationaux, des prix prestigieux : Prix Renaudot, Prix des Cinq Continents, Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire, Prix UNESCO Aschberg. Les Congolais ont eu ces prix. Guy Menga en a remporté aussi. Et ses livres sont traduits en plusieurs langues. Sa pièce de théâtre La marmite de Koka Mbala est toujours d’actualité et encore jouée dans le monde.

Pourquoi un ouvrage sur Guy Menga et pas sur Sony Labou Tansi, où Tati-Loutard, que vous avez bien connus ?

J’ai rencontré Guy Menga lors de la conférence nationale de Brazzaville et il est rentré en France après son mandat ministériel sous le règne d’André Milongo. Nous nous sommes retrouvés par le biais des médias sociaux ou des amis. Je lui ai soumis mes manuscrits notamment La porcelaine de Chine, théâtre, Lady Boomerang, roman. Il a préfacé le théâtre. Il a écrit sur trois pages pour me montrer les hauts et les bas du manuscrit romanesque.

Quand je lui ai demandé une interview pour mon Blog, il a répondu sur presque 20 pages capitalisées en Guy Menga Chantre de la Parole. J’espère que ce livre rendra heureux les fans de Guy Menga, les critiques littéraires, les universitaires, les étudiants, les amoureux du livre…

Jean-Baptiste Tati Loutard, écrivain mais également ministre et il y avait une certaine distance : son grand ami Sylvain Bemba était plus proche de lui que nous autres.

Je suis en train d’écrire sur Sony Labou Tansi, Tchicaya U Tam’si et Léopold Mpindy Mamonsono, pas sur le mode classique de Guy Menga Chantre de la Parole. Un autre visage de la création littéraire. Dieu voulant, le moment venu, nous en reparlerons.

Quels sont vos rapports avec les cercles littéraires de Paris et du Congo ?

Paris c’est l’incontournable BDI voilà en quoi se résument mes rapports avec les cercles littéraires de cette ville. Mais j’ai des contacts merveilleux avec la vague des écrivains d’hier et d’aujourd’hui et c’est fantastique! Je lis les jeunes qui me font confiance et m’envoient leurs manuscrits prometteurs.

Depuis votre départ du Congo à la suite des pogroms de 1997, êtes-vous repartie sur les terres de Girard qui vous sont si chères ?

Pas encore. Comme disait Tchicaya U Tam’si, « Vous habitez le Congo mais le Congo m’habite! » J’entends toujours ma Loukoula chanter. C’est le « kadak kadak » des trains sur les rails du Chemin de Fer Congo-Océan qui ne bouscule plus les arbres séculaires du Mayombe bruissant de ma mémoire.

Peut-on s’attendre à un autre ouvrage après celui dédié à Guy Menga ?

Vous savez, l’inspiration, c’est comme le vent ou la brise qui souffle. Quand elle me visitera, je me courberai sur son passage. J’écrirai selon sa volonté et je donnerai une suite à Guy Menga Chantre de la Parole, selon ce que l’esprit me dira, me soufflant le nom d’un auteur du Congo ou du Canada ou d’ailleurs, pourquoi pas!

Qu’est-ce qui peut pousser le lecteur à acheter cet ouvrage dédié à Guy Menga ?

La curiosité de déguster cet apetizer servi sur les rives de la Gatineau, au Canada, quand Guy Menga l’intéressé vit en France sur les berges del’Eure, bien loin de la Madzia, du Djoué, de la Loufoulakari ou du puissant fleuve Congo…

Le désir de vivre son enfance, de le voir marcher avec les grands de ce monde, présidents, historiens, car un journaliste côtoie ce genre de monde. De goûter avec lui aux joies de la lecture, de découvrir ses auteurs préférés et qui l’ont ébloui. De voir que l’espace littéraire de Guy Menga ne se limite pas seulement au Congo-Brazzaville mais s’ouvre également avec majesté sur les sillons des personnalités comme l’écrivain et ethnologue malien, Amadou Hampaté Bâ qui défend la tradition orale peule, comme Joseph Ki-zerbo, historien et homme politique ou encore le dramaturge Jean-Pierre Guingané, tous deux du Burkina-Faso, et au reste du monde…

Propos recueillis par Cédric Mpindy

Canada-Québec: Des ministres se réuniront toutes les deux semaines pour sauver le français

janvier 27, 2023

LAVAL, Qc — Des ministres du gouvernement Legault se réuniront toutes les deux semaines pour sauver la langue française.

Des ministres se réuniront toutes les deux semaines pour sauver le français© Fournis par La Presse Canadienne

Le ministre de la Langue française, Jean-François Roberge, a annoncé vendredi la mise sur pied d’un groupe d’action interministériel qui se concertera ainsi pour inverser le déclin du français au Québec.

Mais le gouvernement ne sait pas encore combien de temps il faudra pour renverser la vapeur. Cela sera indiqué dans un plan d’action prévu pour l’automne prochain.  

Une campagne de publicité «de grande envergure sur plusieurs années» sera lancée, a dit le ministre sans pouvoir annoncer ses coûts. 

Il entreprendra aussi des consultations afin d’arriver à des «mesures concrètes» et il n’écarte pas l’adoption ou la modification de lois.  

«On est à la croisée des chemins», a tenu à indiquer Jean-François Roberge, au cours d’une conférence de presse dans un hôtel de Laval, en marge du caucus de deux jours des élus caquistes.

Il était accompagné de ses collègues ministres qui l’épauleront dans ce processus, dont le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, le ministre de la Culture et des Communications, Mathieu Lacombe, la ministre de l’Immigration, Christine Fréchette, et la ministre de l’Enseignement supérieur, Pascale Déry. 

«On risque de se rencontrer aux deux semaines, après, on verra la cadence en fonction du travail qu’on a à faire chacun de notre côté, a dit M. Roberge. Il va falloir travailler entre les rencontres.» 

M. Roberge a toutefois exclu d’emblée la possibilité d’étendre la loi 101 au collégial, jugeant que ce dossier est déjà clos.

Le ministre se fonde sur le recul de l’usage du français à la maison, révélé par Statistique Canada en août, afin de justifier la nécessité de prendre d’autres mesures en appui à la loi 96 pourtant adoptée en mai 2022.   

Or, depuis les années 1970, le gouvernement du Québec a plutôt insisté dans la panoplie de ses actions sur le français langue officielle dans l’espace public, et non dans l’espace privé.

Pourquoi le ministre veut-il maintenant s’attaquer à l’enjeu de la langue parlée à la maison?

«Si les gens tombent en amour avec le Québec, si les Québécois vivent en français, pensent en français, ils vont aussi s’exprimer en français à la maison. La langue qu’on utilise à la maison, c’est aussi un indicateur de la langue qu’on utilise pour  consommer des biens culturels.»

Par Patrice Bergeron, La Presse Canadienne

Congo-Salon du livre de paris: la deuxième édition s’ouvre en mars

janvier 27, 2023

La deuxième édition du salon du livre africain de Paris à la mairie du sixième arrondissement se déroulera du 17 au 19 mars 2023.

Affiche 2ème Salon du livre africain de Paris

L’affiche du deuxième Salon du livre africain de Paris

À nouveau, le rendez-vous parisien annuel inédit des amateurs de littérature et de culture africaine, lieu par excellence de rencontres des membres de la diaspora africaine, fera place durant trois jours aux auteurs, éditeurs, libraires, médias et institutions. Le pays invité d’honneur est la Guinée. À cette occasion, un hommage sera rendu à Nelson Mandela pour l’anniversaire des dix ans de sa disparition.

Pour cette nouvelle constellation d’offres culturelles, les organisateurs prévoient l’exposition de livres écrits par des auteurs résidant en Afrique et édités là-bas, mais pas seulement. Ils mettront également en avant des auteurs, quelles que soient leurs nationalités, qui ont écrit sur l’Afrique, laissant ainsi place à une diversité d’invités. 

Et, bien sûr, les auteurs et éditeurs originaires des deux Congo seront à nouveau présents à ce salon : Eugénie Opou ; Marien Fauney Ngombé ; Blaise Ndala ; Gabriel Kinsa ; Christian Keita ; Urbain Ockh, Ferréol Gassackys, l’écrivain éditeur Elvez Ngaba ; Marie Françoise Ibovi, pour ne citer que ceux-là.

Avec Adiac-Congo par Marie Alfred Ngoma

Congo-Art pictural : Dossou Makawu expose à Brazzaville

janvier 25, 2023

Le vernissage de l’exposition d’art contemporain de l’artiste Dossou Makawu a lieu ce 26 janvier à Pefaco hôtel Maya-Maya, sous le parrainage de Laurent Petit et du directeur général dudit hôtel, Alexandre Becher.

Dossou Makawu en plein travail / DR

Plusieurs tableaux mixtes seront exposés dans le hall de Pefaco hôtel Maya-Maya, à l’instar de « Me voici »; « Négociation sur l’environnement d’aujourd’hui » ; « Transmission du savoir » ; « Equilibre » ; … La démarche de Dossou Makawu n’est pas pessimiste. C’est grâce à la science autant qu’à la culture et au dialogue que les hommes seront capables de se dépasser. Il convoque l’histoire et le présent en poussant les amoureux des œuvres d’art à une réflexion joyeuse et grave sur les enjeux brûlants, dans tous les sens du terme, des questions environnementales. Son style unique, sa maîtrise du geste pictural, son talent de composition sont ses armes pacifiques pour secouer les modes de vie et valeurs des amoureux de l’art pictural.

En effet, Dossou Makawu met, dans ses dernières toiles, son talent au service de la protection de l’environnement. Ses compositions sont faites de fourches et de roues de vélo, de guidons, de selles, de pédales, mais aussi de moteurs, de calendres automobiles, de cartes électroniques ou d’autres composants d’appareils électroménagers, ou encore d’objets issus d’un quotidien moderne. Tous ces objets deviennent partie intégrante d’une sorte de paysage réaliste dans lequel la nature qui peine à être présente mais n’est jamais absente. La thématique à laquelle Dossou invite les amoureux de l’art pictural ne saurait être plus pertinente à l’époque actuelle et questionne la responsabilité de l’homme face à son environnement. A la fois réaliste et imaginaire, son art pose des questions très actuelles sur le rapport de l’humain à l’écologie. Son coup de pinceau implacable pousse à prendre position, et ses couleurs réveillent les amoureux des œuvres d’art de leur rêve de toute puissance.

Né en 1980 à Kinshasa, en République démocratique du Congo, où il vit et travaille, Dossou Makawu est détenteur du diplôme de graduat en art plastique, option peinture, obtenu à l’Académie des beaux-arts de Kinshasa. Il est également diplômé d’Etat en art plastique, option peinture.

Avec Adiac-Congo par Bruno Okokana

Les outils d’embauche intelligents peuvent développer des biais racistes ou sexistes

janvier 19, 2023

Vous avez rédigé avec soin une demande d’emploi pour un poste qui vous convenait à la perfection, mais vous n’avez jamais eu de réponse? Il y a de fortes chances qu’aucun humain n’ait jamais vu votre candidature.

Deux hommes et une femme discutent en regardant de multiples écrans d'ordinateurs.

Les algorithmes de recrutement qui orientent leurs choix au fur et à mesure du travail qu’on leur demande de faire développent des comportements discriminatoires à l’égard de certaines candidatures. Photo : Getty Images/IstockPhoto/Gorodenkoff

Avec le développement de l’intelligence artificielle (IA), de plus en plus d’entreprises confient à des robots le soin de trier les candidatures de postes pour gagner du temps et faciliter les décisions d’embauche. Mais étonnamment, les machines développent aussi des biais et des réflexes de discrimination, constatent les experts.

De plus en plus d’employeurs, surtout les grandes entreprises, ont recours aujourd’hui à de puissants outils d’intelligence artificielle pour traiter rapidement le flot de candidatures qu’elles reçoivent.

Payer des êtres humains pour faire le tri de ces demandes d’emploi est une opération coûteuse en temps et en ressources pour les entreprises, surtout en période de pénurie de main-d’œuvre.

C’est ici qu’entrent en scène des firmes qui offrent les services de robots intelligents pour faire un premier tri des candidatures avant qu’un humain n’examine les meilleures correspondances identifiées par le logiciel.

« La première chose que les travailleurs doivent comprendre est la suivante : personne ne regarde votre CV. Vous devez passer par l’IA avant d’être vu [par un humain]. »— Une citation de  Joseph Fuller, professeur de pratiques de gestion à la Harvard Business School

Or, ces systèmes de tri qui apprennent au fur et à mesure de leur travail deviennent de plus en plus intelligents.

Certaines entreprises d’IA affirment aujourd’hui que leurs plateformes peuvent non seulement repérer le candidat le plus qualifié dans une masse de CV, mais aussi prédire lequel est le plus susceptible d’exceller dans un rôle donné.

Ce type d’outil est également utilisé à l’interne afin de déterminer qui, parmi le personnel, est le plus apte à être promu à un poste supérieur.

Des candidatures échappées

Des gens attendent sur des chaises pour passer une entrevue.

Lorsqu’ils sont mal paramétrés, les logiciels de recrutement peuvent exclure des candidats hautement qualifiés en ne se concentrant que sur les besoins identifiés par l’employeur. Photo : Istock

Mais, aussi performants soient-ils, ces outils intelligents, en ne se concentrant que sur la recherche d’un type particulier de candidat, échappent des candidatures potentiellement intéressantes de la part de personnes hautement qualifiées pour les postes à pourvoir.

Selon des experts, du moment où l’algorithme a pour mission d’exclure des candidatures sur la base de critères prédéterminés, il forge des préférences pour certains types de postulants au détriment des autres, comme le ferait un être humain.

En s’adaptant constamment à ce qu’on lui demande, le logiciel de recrutement peut non seulement négliger des candidats qualifiés, mais aussi il introduira lui-même de nouveaux préjugés dans son processus d’embauche s’il n’est pas utilisé avec soin, préviennent les experts.

C’est le cas du professeur de pratiques de gestion à la Harvard Business School, Joseph Fuller, qui a cosigné une étude l’année dernière sur les candidats négligés par les entreprises lors de leur processus d’embauche, y compris leur utilisation de logiciels de recrutement.

Les chercheurs ont interrogé plus de 2250 cadres aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne. Ils ont constaté que plus de 90 % des entreprises utilisaient des outils tels que l’ATS pour filtrer et classer initialement les candidats.

Des préjugés dans la machine

Mais souvent, elles ne les utilisaient pas correctement. Parfois, les candidats étaient évalués par rapport à des descriptions de poste gonflées, remplies de critères inutiles et rigides, ce qui faisait que certains candidats qualifiés étaient cachés sous d’autres que le logiciel jugeait plus adaptés.

Selon la configuration de l’IA, celle-ci pouvait rétrograder ou filtrer des candidats en raison de facteurs tels que des lacunes dans leur parcours professionnel ou l’absence de diplôme universitaire, même si le poste n’exigeait pas d’études postsecondaires.

Sans surprises, les candidatures négligées étaient souvent celles de personnes qui sont généralement aussi négligées lors des processus d’embauche classiques, ont montré les travaux de M. Fuller.

« Parmi les candidats négligés, on compte notamment les immigrants, les anciens combattants, les personnes handicapées, les aidants naturels et les personnes neurodiverses. »— Une citation de  Joseph Fuller, professeur de pratiques de gestion à la Harvard Business School

C’est pourquoi les chercheurs exhortent les employeurs à rédiger de nouvelles descriptions de poste et à configurer leurs outils d’intelligence artificielle de manière à inclure les candidats dont les compétences et l’expérience répondent aux exigences fondamentales d’un rôle, plutôt que de les exclure en fonction d’autres critères.

L’erreur d’Amazon

Une employée se promène à côté de boîtes dans un entrepôt d'Amazon.

Le logiciel d’embauche d’Amazon a développé un préjugé sexiste en raison des banques de CV utilisées pour l’entraîner qui comportaient une majorité de candidatures masculines. Photo: Reuters/Carlos Jasso

L’un des cas de figure de développement de biais par un logiciel d’embauche s’est produit chez le géant du commerce en ligne Amazon, en 2018.

L’outil intelligent qu’utilisait la multinationale pour trier son flot de candidatures discriminait davantage les candidatures féminines. Pourquoi les femmes?

Lors de sa création, le logiciel intelligent avait été entraîné avec des banques de CV d’anciens candidats qui étaient très majoritairement des hommes. Dans sa logique interne, la machine s’est donc mise à rétrograder les candidats dont les CV mentionnaient la participation à des ligues sportives féminines ou l’obtention d’un diplôme dans des universités féminines.

À mesure que l’IA devient plus intelligente et s’adapte aux types de candidats qu’un employeur aime, en fonction des personnes qu’il a embauchées dans le passé, de plus en plus d’entreprises risquent de reproduire l’erreur d’Amazon, selon Susie Lindsay, avocate à la Commission du droit de l’Ontario, qui a fait des recherches sur la réglementation potentielle de l’IA au Canada.

Les pouvoirs publics réagissent

Le problème est à ce point préoccupant que le gouvernement américain a publié des directives à l’intention des employeurs sur la possibilité que les logiciels d’embauche automatisés soient discriminatoires à l’égard des candidats handicapés – même lorsque l’IA prétend être sans préjugés.

À compter d’avril 2023, les employeurs de la ville de New York, notamment, devront informer les candidats et les employés lorsqu’ils utilisent des logiciels de recrutement pour l’embauche et mieux examiner ces technologies pour y débusquer les préjugés d’embauche.

Au Canada, bien qu’il existe une politique sur l’utilisation de l’IA dans la fonction publique fédérale, il n’existe pas de règles ou de directives claires pour les autres employeurs. Toutefois, une loi actuellement devant le Parlement exigerait que les créateurs et les utilisateurs de systèmes d’IA à fort impact adoptent des mesures d’atténuation des préjudices et des préjugés.

Les détails sur ce qui est considéré comme une IA à fort impact n’ont cependant pas encore été précisés.

Pour l’instant, il revient donc aux employeurs canadiens et à leurs équipes de recrutement de comprendre comment fonctionne leur logiciel d’IA et les biais potentiels qu’il peut développer.

Je conseille aux praticiens des RH de se renseigner et d’avoir des conversations ouvertes avec leurs fournisseurs, recommande Pamela Lirio, professeure agrégée en gestion internationale des ressources humaines à l’Université de Montréal. Qu’y a-t-il dans votre système? Comment est l’algorithme? Qu’est-ce qu’il suit? Qu’est-ce qu’il me permet de faire?

Selon Mme Lirio, qui se spécialise dans les nouvelles technologies, il est également important de se demander qui a construit l’outil intelligent de recrutement et sur quelles données il a été entraîné pour éviter des erreurs comme il en est survenu chez Amazon en 2018.

Peut-on battre les robots d’embauche?

Une femme et un homme assis à un bureau lors d'une entrevue d'emploi.

Il est de plus en plus difficile de décrocher une entrevue en personne pour faire valoir sa candidature. Photo : Istock

Le phénomène des logiciels de recrutement n’étant pas nouveau en soi, les experts en recherche d’emploi ont développé avec le temps des stratégies pour tenter de franchir le mur robotique. L’un des trucs les plus répandus est de multiplier dans son CV les bons mots-clés qui permettront à l’outil de recrutement de détecter les critères qu’il recherche.

Mais les mots-clés ne sont qu’un des nombreux points de données utilisés par les systèmes d’IA qui sont de plus en plus perfectionnés. Parmi les autres, citons le nom des entreprises pour lesquelles vous avez travaillé dans le passé, le stade de votre carrière et même la distance qui vous sépare de l’organisation dans laquelle vous postulez.

Avec un système d’IA adéquat, capable de comprendre le contexte de la compétence et les relations entre les compétences [le bourrage de mots-clés] n’est tout simplement plus aussi fructueux qu’avant, explique Morgan Llewellyn, spécialiste des données à la société de technologie de recrutement Jobvite.

Au lieu d’essayer de tromper l’algorithme, les experts recommandent de postuler à des emplois qui correspondent aux compétences, aux connaissances et à l’expérience que vous possédez réellement – en gardant à l’esprit qu’un humain prend toujours la décision finale.

Vous devez répondre aux exigences [du rôle]. Si vous ne remplissez aucune de ces conditions, alors bien sûr un humain ou une certaine forme d’automatisation vous filtrera, assure Robert Spilak, vice-président du fournisseur de services de recrutement de personnel TalentNest.

Avec Radio-Canada d’après un texte de Laura McQuillan, de CBC

L’acteur britannique Julian Sands porté disparu en Californie

janvier 19, 2023

Julian Sands n’a plus donné de nouvelles à son entourage depuis le 13 janvier. L’acteur britannique était parti randonner dans le sud de la Californie.

Le comedien de 65 ans est notamment connu pour son role dans le film Chambre avec vue.
Le comédien de 65 ans est notamment connu pour son rôle dans le film Chambre avec vue. © Ana M. Wiggins / Avalon / MAXPPP / PHOTOSHOT/MAXPPP

L’acteur britannique Julian Sands, rendu célèbre par des films comme Chambre avec vue et Warlock, est porté disparu depuis près d’une semaine dans une chaîne de montagnes enneigée en Californie, ont indiqué jeudi les autorités, soulignant que la météo freinait les recherches. « Le vendredi 13, vers 19 h 30, un randonneur identifié comme Julian Sands, 65 ans, de North Hollywood, a été porté disparu dans la zone de Baldy Bowl, sur le mont Baldy », a indiqué à l’AFP une porte-parole du bureau du shérif du comté de San Bernardino, Mara Rodriguez.

Des équipes de sauvetage ont entamé des recherches au sol mais ont dû les suspendre samedi soir en raison de l’état des sentiers et du risque d’avalanche dans ces montagnes proches de Los Angeles. « Toutefois, nous continuons à effectuer des recherches par hélicoptère et à l’aide de drones lorsque les conditions météorologiques le permettent », a-t-elle précisé. « Nous lancerons de nouvelles recherches au sol quand la météo s’améliorera et quand la sécurité de nos équipes au sol sera assurée », a noté la porte-parole.

Des conditions météo difficiles

Les autorités du comté de San Bernardino avaient fait état de conditions météorologiques difficiles la semaine dernière sur Twitter et ont alerté mercredi sur la dangerosité des randonnées sur le mont Baldy en cette période à cause des vents violents et de la glace. Âgé de 65 ans, l’acteur britannique Julian Sands a élu domicile en Californie. Après Chambre avec vue, Julian Sands a tourné dans de nombreux autres films et séries télévisées populaires, notamment Warlock (1989), Arachnophobie (1990) et Smallville.

Avec Le Point par AFP

Esclavage-Mémoire de Loango : Lydie Pongault rencontre Jean-Marc Ayrault à Nantes

janvier 18, 2023

La rencontre de travail entre la ministre de l’Industrie culturelle, touristique, artistique et des Loisirs, Lydie Pongault, et l’ancien Premier ministre, président de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, Marc Ayrault, a été coordonnée par Alfred Gambou, président de la Maison de l’Afrique.

Lydie Pongault et Jean-Marc Ayrault à la découverte des clichés d'antan du Port de Loango lors de la rencontre du lundi 16 janvier 2023 à Nantes, France

1-Lydie Pongault et Jean-Marc Ayrault à la découverte des clichés d’antan du Port de Loango, lors de la rencontre du 16 janvier 2023 à Nantes, France / Vanessa Ng 

Dans les locaux de la Maison de l’Afrique, Jean-Marc Ayrault a ouvert le 16 janvier une importante séance de travail, en relatant son parcours dans sa volonté de faire de Nantes, premier port négrier de France au 18e siècle, un lieu de mémoire sur les questions de l’esclavage.

Situant ce devoir de mémoire et la manière d’y parvenir dans sa dimension internationale, il a exprimé son intention d’élargir, au-delà de la France, les collaborations de la fondation qu’il préside afin d’accompagner au plus près des initiatives de reconnaissance de la place de l’esclavage dans l’histoire commune.

Et, poursuivant son propos, Jean-Marc Ayrault a évoqué la Baie de Loango, site très important dans l’histoire de la traite, qui pourrait bénéficier de cet accompagnement, en tenant compte de la demande et de la spécificité de la démarche des autorités congolaises ; avec, aussi, un soutien en appui pédagogique fondé sur les arts et la littérature et, bien évidemment, du travail des historiens. « Toutes les actions contribuant à réparer les séquelles de la mémoire sont un combat de l’humanité entière », a réaffirmé le président de la fondation.

À son tour, la ministre Lydie Pongault, approuvant le propos de son hôte, lui a d’abord confié qu’elle travaille sur ce projet depuis plus d’une dizaine d’années. Aujourd’hui ministre de tutelle de ce département de l’histoire mémorielle, elle compte, avec l’appui politique du chef de l’État et du gouvernement, inscrire cette mission comme axe prioritaire. D’où sa venue à Nantes pour s’enquérir de la vitalité du travail effectué ici jusqu’à son aboutissement en mars 2012 par l’inauguration du Mémorial de l’abolition de l’esclavage sur les quais de la ville d’où sont partis les navires vers l’Afrique.

Pour la ministre congolaise, les attentes de son pays sont nombreuses dans l’objectif de réaliser le rêve d’un Mémorial à Loango. Rêve d’un lieu d’histoire et de recueillement qui permettrait l’ouverture d’espaces d’expositions destinés à garder la mémoire sur cette infamie afin que la génération de demain n’oublie pas. Afin d’y parvenir, il faut préalablement une étape incontournable : la tenue sur les terres congolaises, courant 2023, d’un colloque international sur la Baie de Loango et la traite négrière. Une rencontre qui réunira des personnalités scientifiques et des institutions de notoriété mondiale. Sa vocation sera de mettre en lumière la place et le rôle de la Baie de Loango dans l’histoire de la traite transatlantique, grâce aux travaux des chercheurs de l’Université Marien-Ngouabi et d’ailleurs.

Jean-Marc Ayrault a accepté l’invitation et renouvelé sa volonté d’accompagner la réalisation de ce projet.

Dans la continuité de ses consultations à Nantes, la ministre congolaise s’est entretenue également avec les représentants de l’association Les Anneaux de la mémoire à laquelle on doit l’exposition réalisée en 1992 au nom éponyme de l’association, et qui a profondément marqué un tournant essentiel dans le travail de mémoire mené à Nantes et au niveau international.

Signalons que Les Anneaux de la mémoire collaborent déjà pour des projets menés en Afrique et aux Antilles.

Pour clore sa séance de travail, la ministre Lydie Pongault s’est entretenue avec les membres de l’association Perspective Congo. Ils lui ont présenté leur association en tant qu’acteurs en projets de co-développement en faveur de la République du Congo depuis leur ville d’accueil, Nantes, et ont tenu au courant la ministre de l’organisation, en novembre prochain, d’une rencontre du Festival TuSeo, créé en 2004 par Lauryathe Céphyse Bikouta.

Lydie Pongault s’est montrée satisfaite de sa mission, heureuse d’associer désormais une partie des acteurs-clé de son projet.

Photo de groupe de la délégation ministérielle conduite par Lydie Pongault, le lundi 16 janvier 2023 à Nantes, France

2- La photo de groupe de la délégation ministérielle conduite par Lydie Pongault, le 16 janvier 2023 à Nantes, France / Vanessa Ng

« L’histoire de la traite est à la fois connue mais pas tant que ça et il faut se battre pour la faire connaître. C’est une question de justice à l’égard de ceux qui ont été victimes de cette déportation de masse terrible qui a pillé de nombreux pays du continent africain et dont on constate les traces encore aujourd’hui dans les imaginaires et dans les consciences… Mais on ne peut pas le faire si l’on ne fait pas un travail d’histoire et de mémoire. »

Jean-Marc Ayrault

Avec Adiac-Congo par Marie Alfred Ngoma

Mort de Gina Lollobrigida : les 5 films qui ont marqué sa carrière

janvier 16, 2023

La star italienne aura baladé son peu farouche caractère partout dans le monde, illuminant de sa charismatique présence le cinéma italien, français et américain.

Gina Lollobrigida, inoubliable Esmeralda.
Gina Lollobrigida, inoubliable Esmeralda.© PANITALIA PARIS FILM PRODUCTIONS / Collection ChristopheL via AFP

Gina Lollobrigida, qui vient de nous quitter à l’âge de 95 ans, fait partie de ces actrices italiennes que l’on n’oublie pas, une fois que l’on a croisé leur regard pénétrant. Dans les années 1950, la comédienne se fait une place à Cinecittà et dans le cœur du public avec des comédies que l’on dit volontiers légères, mais qui la hissent en quelques apparitions au firmament des stars de cinéma. Parfois mésestimée à tort, Gina fait pourtant partie des grandes (en dépit de son petit mètre cinquante-deux), au même titre que Silvana Mangano, dont elle se veut la concurrente à ses débuts, et plus espiègle que la racée Sophia Loren. Une chose est certaine, l’actrice aura réussi à séduire les metteurs en scène du monde entier, de Comencini à John Huston, en passant par Carol Reed ou Jean Delannoy qui, tous, trouveront dans son regard noir et son charisme naturel une source d’inspiration.

Il faut dire que la comédienne ne manque ni de talent ni de caractère. Au début des années 1950, elle est repérée dans un roman-photo par Howard Hughes, célèbre milliardaire, aviateur et producteur dangereusement obsédé par les actrices… Le séjour hollywoodien de la jeune Romaine se passe très mal : horrifiée par les contraintes que son nouveau patron lui impose (il la cloître carrément dans une chambre d’hôtel), elle claque la porte. Retour à la case Europe où sa carrière prend son envol. Où ses passions prennent le dessus. Documentariste le temps d’une interview de Castro (son Portrait de Fidel, en 1972, fut en son temps un vrai scoop), photographe et sculptrice, elle fut aussi candidate malheureuse au Parlement européen en 1999… Mais c’est pour sa carrière d’actrice que l’on se souviendra d’elle.

Fanfan la Tulipe, de Christian-Jacque (1952)

Hasard des coproductions franco-italiennes très en vogue à l’époque, Christian-Jaque réunit à l’affiche de son film de cape et d’épée l’une des rares réussites du genre dans l’histoire du cinéma français, un couple improbable et irrésistible : Gérard Philippe, comédien poétique et cérébral, et Gina Lollobrigida, sex-symbol volcanique. Adeline, le personnage que joue la belle Romaine, feint d’être une diseuse de bonne aventure pour se jouer des hommes (elle est en réalité la fille du sergent-recruteur que joue Noël Roquevert) avant de succomber au charme de l’aventurier Fanfan. Le rôle permet à Lollobrigida de déployer son remarquable sens du tempo comique.

Pain, Amour et Fantaisie, de Luigi Comencini (1953)

Premier d’une série de délicieuses comédies italiennes intitulées Pain, Amour et…, ce film de Luigi Comencini offre à Gina Lollobrigida l’occasion de partager l’affiche avec Vittorio De Sica, irrésistible dans le rôle d’un maréchal des carabiniers séducteur qui a du mal à s’acclimater à son nouveau poste. C’est que le village (imaginaire) de Sagliena est si tranquille qu’il n’y a rien à y faire sinon à marivauder. La jeune Maria dite « La Bersaglière » que joue Gina Lollobrigida est une amoureuse éperdue, une jeune fille pleine de fougue et de malice. Le rôle (qui lui vaut plusieurs récompenses) fait beaucoup pour la réputation d’actrice de Gina Lollobrigida, jusqu’alors réduite par la profession à ses allures de pin-up.

Trapèze, de Carol Reed (1956)

Quatre ans après l’immense succès du Plus grand chapiteau du monde signé Cecil B. DeMille, Trapèze est confié au Britannique Carol Reed (Le Troisième Homme). Le film est tourné en France au Cirque d’Hiver Bouglione. Gina Lollobrigida y incarne l’arrogante Lola qui va faire tourner les têtes de Mike (Burt Lancaster), ancien trapéziste devenu accessoiriste après un grave accident, et le fringuant Tino (Tony Curtis), en passe de devenir la vedette du crirque. Ce long-métrage est produit par Lancaster, ancien trapéziste lui-même, bien décidé à tourner en Europe. Gina Lollobrigida trouve ainsi dans ce film à grand spectacle destiné à un public familial l’occasion d’offrir sa frimousse au grand public américain (trois ans après avoir tourné pour John Huston dans Plus fort que le diable aux côtés de Bogart et de Jennifer Jones), dans un rôle certes un brin ingrat, qui lui permettra cependant de tirer avantageusement son épingle du jeu. 

Notre-Dame de Paris, de Jean Delannoy (1956)

Sur un scénario et des dialogues de Jacques Prévert et Jean Aurenche, l’adaptation en 1956 – et pour la première fois en couleurs – du roman de Hugo par Jean Delannoy aura marqué les esprits. Et pour cause : le couple formé par Anthony Quinn et Gina Lollobrigida fait entrer à jamais dans la légende le couple Quasimodo-Esmeralda. L’actrice italienne offre une prestation prompte à réchauffer un film jugé parfois un peu terne. La séquence dans laquelle la belle brune danse, sensuelle, dans sa robe couleur sang, sur le parvis de Notre-Dame, sur la musique de Georges Auric, reste un moment culte du cinéma français. 

Les Aventures de Pinocchio, de Luigi Comencini (1972)

Les amoureux du roman de Carlo Collodi ne jurent que par cette adaptation très fidèle (un feuilleton pour la RAI en cinq épisodes qui sera remonté en film en 1975) signée du grand cinéaste de l’enfance qu’était Luigi Comencini. Coiffée d’une longue chevelure bleue, Gina Lollobrigida incarne la seule figure féminine de l’œuvre, la Fée, qui peut accorder à la marionnette Pinocchio son souhait de devenir « un vrai petit garçon ». Alors que dans le film, l’actrice est une présence radieuse, elle fut sur le plateau une véritable adversaire pour le petit garçon qui jouait Pinocchio, Andrea Balestri, au point d’échanger avec lui des insultes en dialecte romain.

Avec Le Point par Florence Colombani et Fabrice Dupreuilh

Congo-Disparition : Ignace Makirimbia conduit à sa dernière demeure

janvier 16, 2023

Décédé le 23 décembre 2022 à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), à l’âge de 78 ans suite à un malaise, le percussionniste des Bantous de la capitale, Ignace Makirimbia dit Mignon, a été conduit à sa dernière demeure au cimetière privé Bouka, à Kintélé. Bien avant, une cérémonie de recueillement a eu lieu au siège du cinquième arrondissement de Brazzaville, Ouenzé.

1-Le président du bureau exécutif des Bantous, Maurice Nguesso, déposant la gerbe de fleurs sur la dépouille d’ Ignace Makirimbia / Kinzenguélé

La cérémonie s’est déroulée en présence du président du bureau exécutif des Bantous de la capitale, Maurice Nguesso, des administrateurs maires de l’arrondissement 5, Marcel Nganongo, et de l’arrondissement 9 Djiri, Ida Victorine Ngampolo, du ministre honoraire Alain Akouala Atipault et bien d’autres.

Né en 1944 à Brazzaville de père originaire de la RDC et de mère de la République du Congo, Ignace Makirimbia dit Mignon, l’un des meilleurs percussionnistes des deux Congo jusqu’au dernier jour de sa vie, a passé son adolescence et sa jeunesse à Kinshasa. Après avoir longtemps évolué dans les tam-tam tékés au sein des groupes traditionnels de Brazzaville, il a tenté sa chance dans une carrière professionnelle à Kinshasa puis à Brazzaville, où il a presté dans plusieurs groupes. Moins connu du grand public, comme l’écrit Herman Bangi Bayo, il est considéré comme étant l’un des meilleurs percussionnistes des années 1960 et 1970 des deux rives du fleuve Congo.

C’est dans « Vox Africa » de Jeannot Bombenga qu’il démarre sa carrière musicale en 1966 aux côtés de Sam Mangwana, Ntessa Dalients, Papa Noël Nedule. Sa maîtrise des rythmes rumba et afro-cubains ont fait de lui la perle rare qu’il fallait avoir dans son groupe. Ainsi, après Vox Africa, il se retrouve avec Sam Mangwana dans l’African fiesta national de Rochereau de retour de Montréal, au Canada. Il est entraîné après par Sam Mangwana qui vient de quitter l’African fiesta pour le Festival des maquisards, un groupe qu’il a monté avec ses amis Guyvano, Dalienst, Lokombe, Dizzy Mandjeku, Diana. A la dislocation du Festival des maquisards, Ignace Makirimbia est à la création de l’orchestre Continental de Me Taureau Gombe en compagnie de Josky Kiambukuta, Bopaul Mansiamna, Lokasa ya Mbongo, Wuta Mayi, Tino Mwinkwa, Siran Mbenza, Eddy Mahungu dans lequel il y a joué presque toutes les chansons à succès.

En 1972, il participe à la naissance de l’orchestre Bella Bella des frères Soki et sort la chanson « Emilie Molangi« . Très proche de Sam Mangwana, Makirimbia quitte Bella Bella pour le rejoindre dans l’Afrisa international de Rochereau Tabu Ley qu’il intègre avec le statut de musicien indépendant. Malheureusement, Sam Mangwana n’y reste pas longtemps car, il le quitte pour l’Ok Jazz de Luambo Makiadi Franco. Lors d’un déplacement de l’Ok Jazz au Tchad, Luambo Makiadi Franco va débaucher Ignace Makirimbia pour les accompagner. Il joue pendant un bout de temps dans cet orchestre, avant de regagner Brazzaville où il passe dans les Trois frères avec Locko Massengo, Michel Boyimbanda et Youlou Mabiala qu’il va suivre dans l’orchestre Kamikaze Loningissa où il trouve Souza Vangu. En 2000, il séjourne quelque temps chez les Bantous de la capitale avant d’aller renforcer Bana Poto-Poto de Bienvenu Faignond et Souza Vangu aux côtés des saxophonistes Coplan et Adampot.

Ignace Makirimbia, un artiste qui a partagé sa vie avec les autres

2- L’artiste musicien Michel Boyimbanda s’inclinant devant la dépouille mortelle du disparu / Adiac

En 2012, Ignace Makirimbia regagne les Bantous de la capitale, après la mort de Souza Vangu qui a dirigé Bana Poto-Poto suite au décès de Bienvenu Faignond. Depuis lors, il n’a jamais quitté les Bantous de la capitale jusqu’à sa mort, le 23 décembre 2022 à Kinshasa. « La disparition d’Ignace Makirimbia, surnommé Mignon par sa mère, est une énorme perte pour les Bantous de la capitale et pour la musique des deux rives, lui qui a été considéré comme le digne successeur des grands percussionnistes tels que Dessouin, Pandi Saturnin… », a déclaré le chargé de la communication du bureau exécutif des Bantous, Médard Milandou, dans son oraison funèbre. 

Bien auparavant, Horty Mabama, petite fille d’Ignace Makirimbia, a lu le mot de circonstance de la famille. Le soleil se lève chaque matin comme un héros, parcourt la terre et se couche le soir après avoir accompli sa mission, a-t-elle dit … Ta famille, tes amis, tes collègues, tous ceux qui t’ont connu t’appréciaient, tu étais un homme sympa, un homme qui a appris à partager son pain avec l’affamé, son eau avec l’assoiffé et qui donnait son vêtement à celui qui n’en avait pas, bref, tu as partagé ta vie avec les autres, a-t-il ajouté, concluant: « Nous sommes tous là, pour te rendre ce dernier hommage. Tu pars avant nous, bien trop tôt, bien trop vite. Ta disparition nous rappelle comme une évidence que nous sommes finalement bien peu des choses et qu’il faut profiter de chaque minute, de chaque seconde ici-bas, sur terre pour être prêt. Tu as été un rassembleur, un pilier pour la famille. Aujourd’hui comme le soleil qui s’est couché, tu te reposes de tous tes labeurs en héros qui a accompli sa tâche. Que tes bonnes œuvres te suivent … »  

A l’issue de l’oraison funèbre, le président du bureau exécutif des Bantous, Maurice Nguesso, a indiqué que la disparition d’Ignace Makirimbia est un regret généralisé pour tous ceux qui aiment la musique que de perdre un homme de valeur. « C’est le regret de tout le monde, il n’y a pas d’autres expressions. En tant que père de famille des Bantous de la capitale, je dis que la perte de Makirimbia est un souvenir de regret, il nous manque. En cas de guerre, ce n’est pas toujours le général qui combat, la victoire du général est couronnée par les militaires et autres. Pour le cas des Bantous de la capitale, Makirimbia nous manque beaucoup », a-t-il déclaré.

Notons que l’esplanade de la mairie de Ouenzé où les orchestres Bantous de la capitale et Mbassi-Ndzoumou ont presté sera désormais dénommé Espace Bantous de la capitale. Chaque dimanche le groupe Bantous de la capitale s’y produira, selon sa disponibilité.  L’administrateur maire de cet arrondissement, Marcel Nganongo, qui a livré l’information au public, prendra assurément une note pour entériner cette décision.

Avec Adiac-Congo par Bruno Okokana

Musique : Zao en voie d’être immortalisé par des artistes musiciens congolais

janvier 12, 2023

Dans le cadre du projet  « Célébrons nos légendes de leur vivant »,  la première édition, consacrée à l’artiste Casimir Zao, réunira  à l’espace Zola, le 25 mars prochain, plusieurs artistes musiciens.

L’affiche du concert

Le concert réunira des artistes musiciens tels Young Ace Waye, Onka, Aristote Mokoko, Fredo le musiquier, la pie d’or, Dalie Dandala, Jada Chief, Nestalia Forest,etc. La grande partie des revenus de ce concert sera remise à l’artiste Zao pour sa prise en charge médicale. Cette grande figure et icône de la musique congolaise et africaine, a dit le comité d’organisation, a œuvré tout au long de sa carrière pour le rayonnement de la musique. Ainsi, de son vivant, il mérite une attention particulière de tous les musiciens congolais. Rendre hommage à Zao, c’est reconnaître sa valeur, son engagement, son influence sur la jeune génération des artistes congolais.

« Je crois que c’est une très bonne initiative parce que Zao est l’un des grands artistes qui s’est battu et qui se bat pour le développement de la musique congolaise. En cette période où il traverse des moments difficiles de sa vie, il a plus que jamais besoin d’un soutien moral et financier. Vous savez comment c’est difficile au Congo de trouver des partenaires ou des sponsors pour accompagner souvent les artistes. Il est une évidence que tout bon Congolais amoureux de la musique en général se souvienne que depuis plus d’une vingtaine d’années, Zao a porté haut la culture congolaise par sa musique unique. Nous avons pensé qu’il faut l’immortaliser de son vivant, que son histoire soit scellée dans les annales car son existence est aujourd’hui une des expressions musicales les plus fortes au Congo et d’Afrique francophone », a expliqué Adonis Gerald K, responsable de programme et communication du Centre culturel Zola 

Par ce concert hommage, les organisateurs entendent non seulement en faire un cadre de consolidation de la cohésion sociale, du vivre-ensemble, un carrefour de rencontres, de brassage, de solidarité culturelle durable, mais aussi une invitation aux autorités publiques, aux mécènes qu’ils aient une attention et un regard différent pour ces icônes de la musique congolaise qui, durant toute leur vie, ont porté haut cette musique hors des frontières. Véritable trait d’union entre la musique d’aujourd’hui et celle d’hier, Zao rappelle avec mélancolie les légendes ou les immortels airs d’un grand kalle Jeff, voir les tubes culte des Bantous de la capitale, l’Orchestre baobab du Sénégal ou du grand Sekouba Bambino. Avant tout, c’est l’humour qui caractérise son style. Mais plus qu’un simple amuseur, Zao est un révélateur des maux et des problèmes de son continent qui, par le biais de l’ironie, fait passer des messages politisés et profondément ancrés dans son époque.

 Casimir Zoba dit Zao a remporté dès ses débuts le prix ACCP pour son titre « Sorcier ensorcelé » qui lui a ouvert les portes pour un parcours musical exemplaire, avec des chansons telles « Ancien combattant », « Soulard », « Moustique » et bien d’autres. En 2017, lors de la célébration de la Journée de la République, il est élevé au grade de commandeur dans l’ordre du mérite congolais par le président de la République, Denis Sassou N’Guesso.

Avec Adiac-Congo par Cissé Dimi