Archive for the ‘Culture’ Category

Le mathématicien français et militant communiste Jean-Pierre Kahane est mort

juin 22, 2017

Le mathématicien français et militant communiste Jean-Pierre Kahane est mort

Crédits photo : Capture d’écran Youtube

Cet ancien dirigeant du Parti communiste, dont il était encore membre, était professeur et membre de l’Académie des Sciences. Il avait appelé à «utiliser le vote Macron pour barrer la route au pire» lors de l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle.

«Je perds un camarade et un ami, la France perd un homme des Lumières.» Ce sont les mots choisis par le secrétaire national du Parti communiste Pierre Laurent pour rendre hommage à Jean-Pierre Kahane, mathématicien, professeur et membre de l’Académie des Sciences, mort ce mercredi à l’âge de 90 ans à Paris après une chute. «C’est un homme immense qui nous a quittés hier. Jean-Pierre Kahane, membre de l’Académie des Sciences, est décédé à 90 ans en ce premier jour de l’été», a déclaré dans un communiqué le secrétaire national du PCF.

Né le 11 décembre 1926 à Paris, Jean-Pierre Kahane était professeur émérite de l’université Paris-Sud. Ancien élève de l’ENS, il était membre de l’Académie des sciences, section mathématique, depuis 1998. Il était également le directeur de Progressistes, la revue du PCF consacrée aux sciences, au travail et à l’environnement.

Jean-Pierre Kahane était un ancien dirigeant du Parti communiste dont il était encore membre. «Mathématicien et communiste, communiste et académicien, c’est en militant que Jean-Pierre Kahane cherchait et enseignait, c’est en chercheur et en enseignant qu’il militait», a indiqué Pierre Laurent citant le mathématicien: «Enseigner, partager, cela faisait partie de mes devoirs. Les mathématiques doivent constituer un entraînement de l’esprit. Il est très important de les enseigner de façon accessible, ludique, intéressante.»

Jean-Pierre Kahane, avec plusieurs dizaines de scientifiques, dont le médaille Fields Cédric Villani, avaient appelé à «utiliser le vote Macron pour barrer la route au pire» lors de l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle. «RIP Jean-Pierre Kahane (1926-2017), immense mathématicien, figure historique de l’Univ Paris-Sud, militant communiste aux grands idéaux», a réagi Cédric Villani depuis son compte Twitter.

Lefigaro.fr par Juliette Mickiewicz

Humour: Dialogue entre une fille et son papa

juin 21, 2017

 La fille: papa, je  suis amoureuse d’un gars qui vit très loin d’ici. Il vit en Angleterre alors que je vis en Afrique. on s’est rencontrés sur meetic, on est devenus amis sur Facebook, on a eu de looongues chats sur whatsapp, il m’a demandé en mariage sur Skype, et la on vit une belle relation depuis 2 mois sur viber. Papa, je l’aime j’ai besoin de ta bénédiction!

Le papa: Ah bon???
Vous n’avez qu’à vous marier sur Twitter, amusez vous bien et partez en lune de miel sur instagram, achetez vos enfants sur E-bay, et envoyez les via Gmail tchiuuupppp
Et quand tu sera fatiguée de ton faux mari là, vends-le sur #Leboncoin!!!

Génération d’idiots… regarde moi ça
Et puis vous allez divorcer sur Yahoo!!!😂😂😂😂😂

Ne plus voir

juin 14, 2017

 

Ne plus voir dis-tu
Détonations et folie
Écoutez : sans tam-tam
Les phalènes voltigent
Les hirondelles de mer
Arc musical attisent
Le feu de brousse qui cuit
Ce fruit si doux de l’arbre à pain
D’une lettre de pygmée à un bantou
Le dialogue des plateaux s’installe
Sur la braise des agonies fument encore
La vie et demie gicle en torrents de sang
Que ne peut contenir l’état honteux
Cœur d’Aryenne raconte l’impétuosité du fleuve
Qui charrie la légende de Mpfoumou ma mazono
Sous l’œil guilleret de Moni-Mambou
Qui fait bouillir la marmite de Koka-Mbala
Les sandales retournées « pour longtemps en vérité »
Redisent encore la mer hors la nuit hors folie
Les brûleurs d’ombre de l’envers du décor
Les témoignages les feux de la planète
De la palabre stérile des polygamiques
Vous êtes bien de ce pays dis-tu
Quand j’étais nu pour le premier baiser de ma mère
L’or des femmes invité au mariage de la fille du roi lion
Chantait la sonate de bridge water soufflée par lady boomerang
Dans un foutu monde pour un blanchisseur trop honnête
Madame gentil sous les signes du silence
Feuillette sirène des sables à la recherche
De la rue des histoires de l’exil ou la tombe
Quel coup de vieux pour Antoine m’a vendu son destin
Hein verre cassé la chambre noire livre ses secrets
La parenthèse de sang coule comme un torrent
Mes pensées pour un album des fleurs de vie
Scandent demain s’appelle liberté malgré l’impasse
Le serpent austral dans la tradition du songe
Cherche un oiseau sans arme que chante
Thaliane et les mystères du fleuve…

 

Marie Léontine Tsibinda Bilombo

En Somalie, la première fromagère du pays a du pain sur la planche

juin 13, 2017

 

Samira Mohamed Abdirahman avait fui la guerre civile il y a vingt ans en se réfugiant en Suède. Mais, nostalgique des rues de Mogadiscio, elle y a ouvert une crémerie.

somalie

Samira Mohamed Abdirahman. Crédits : Muse Mohammed pour TEDx Mogadishu

Mais que lui est-il donc passé par la tête ? Samira Mohamed Abdirahman, confortablement installée en Suède depuis vingt ans, avait une situation plus qu’enviable : un emploi stable, un mari, trois enfants, profitant à plein d’un pays égalitaire au modèle social admiré dans le monde entier. Pourquoi alors a-t-elle eu l’envie subite de retourner en Somalie, sa terre natale certes, mais aussi pays le plus corrompu de la planète, en proie à la sécheresse et à la guerre civile ?

Elle a pourtant franchi le pas en ouvrant en mars une crémerie à Mogadiscio et en devenant ainsi officiellement la première fromagère de l’histoire de la Somalie. Un parcours inédit, salué lors d’une conférence TEDx organisée dans la capitale somalienne en avril et dont elle fut l’une des révélations. Jointe par téléphone, cette femme rayonnante et coquette conte sa vie d’un trait comme si tout était écrit d’avance. Elle a pourtant subi, comme tant d’autres, les innombrables circonvolutions de l’histoire somalienne.

Un échiquier sanglant

Mogadiscio, Samira y est née il y a trente-cinq ans. Dans les années 1980, la ville vit sous la férule du dictateur de Siad Barré (1969-1991). Elle est dure mais paisible. « On se baladait sans peur. Il y avait de la musique dans les rues, des cinémas et même des touristes sur la plage du Lido ! », se souvient-elle. L’année 1991 sonne la fin de l’enfance. La Somalie sombre alors dans la guerre civile et Mogadiscio se transforme en un échiquier sanglant, ravagé par les affrontements entre clans rivaux. « On entendait tous les jours le bruit des explosions et des tirs. On n’osait plus sortir de chez soi », explique la jeune femme, qui devra jouer à cache-cache six longues années avec les bombes avant de rejoindre ses parents, déjà réfugiés en Suède.

somalievert

Dans la crémerie de Samira Mohamed Abdirahman à Mogadiscio. Crédits : TEDxMogadishu

L’ado de « Moga » s’habitue vite à la vie suédoise, en apprend la langue, se marie, étudie l’économie et travaille comme pâtissière. Mais le « pays de Pount » (nom mythique de la Somalie) lui manque. En 2015, malgré des réticences, elle s’envole pour deux semaines de vacances à Mogadiscio. « J’ai retrouvé ce sens incroyable de la solidarité, mes lieux d’enfance, mes amis, raconte-t-elle. Au moment de retourner en Suède, je ne voulais plus partir. »

En Somalie, pourtant, Samira la Suédoise est frustrée. « Au petit déjeuner, j’ai l’habitude de manger du pain avec du fromage. Mais impossible d’en trouver à Mogadiscio ! » A son retour, ni une ni deux, la jeune femme apprend sur le tas l’art de la fromagerie, achète quelques machines et s’envole à nouveau pour Mogadiscio. « J’ai vu un espace à prendre : je suis entrepreneuse, pas humanitaire ! Je veux que ce business devienne une entreprise rentable », clame-t-elle sans fausse pudeur.

Les plus grands buveurs de lait au monde

Le choc culturel est violent. « La Suède est si organisée… En Somalie, avec la bureaucratie chaotique, la corruption, les coupures d’électricité, tout est plus compliqué ! », se plaint-elle. Mais Samira tient bon, parcourt la capitale en quête de clients et fait tester ses premiers fromages au public sur les plages de la capitale.

La matière première est abondante. Car les Somaliens sont les plus grands buveurs de lait au monde : un Somalien moyen en consommerait près d’un litre par jour selon l’ONU ! « La Somalie, c’est le lait !, revendique Samira, qui se fournit sans difficulté auprès de fermiers locaux. Le nom même du pays vient de Soo maal, qui veut signifie “traire” en langue somali ! »

Somaliebaton

La fabrique de fromages Samira Soomaal. Crédits : Samira Mohamed Abdirahman

Trois mois après son ouverture, la crémerie, baptisée Samira Soomaaal, fournit chaque jour quatre hôtels renommés de la capitale en fromage, mais aussi en lait, crème, beurre et quelques pâtisseries suédoises à la cannelle. Sur le plateau, au choix : pâte dure ou molle, vache, chèvre mais aussi dromadaire ! « C’est délicieux quand c’est frais ! », assure Samira.

« M. Cheese »

Elle n’est pas la seule de la diaspora somalienne – 2 millions de personnes à travers le monde – à être revenue faire des affaires dans un pays sans Etat où l’on manque encore de tout. Mais, pour une femme, la tâche est plus ardue encore. « Les gens ici me demandent parfois ce que je fais là, pourquoi je ne reste pas à la maison à m’occuper des enfants et de mon mari, s’exaspère Samira. Je ne supporte pas ça ! Venant de Suède, il est naturel pour moi de travailler, même enceinte ! » Pour montrer l’exemple, la fromagère a déjà recruté trois femmes apprenties.

Samira Soomaal ne livre pour le moment qu’un nombre restreint d’hôtels de luxe de Mogadiscio qui vivent en vase clos, où défilent officiels et diplomates étrangers, à des années-lumière du peuple somalien. Mais la fromagère, qui partage aujourd’hui sa vie entre la Suède et la Somalie, croit en sa bonne étoile. Coïncidence ou destin ? En février, à la veille de l’ouverture de sa crémerie, était élu président en Somalie Mohamed Abdullahi Mohamed, dit « Farmajo ». Un surnom, venu de l’italien formaggio… et du latin formaticus qui ont donné notre mot fromage !

Piledefromage

Tommes de fromages au lait de dromadaire. Crédits : TEDxMogadishu

« “M. Cheese serait un grand amateur de produits laitiers ! », s’enthousiasme Samira, qui aimerait par-dessus tout attirer son président dans sa fromagerie. « Cela nous ferait une publicité extraordinaire », s’amuse-t-elle. Entrepreneuse, toujours.

Lemonde.fr par Bruno Meyerfeld (contributeur Le Monde Afrique, Nairobi)

Le sculpteur sénégalais Ndary Lo est mort

juin 9, 2017

L’artiste originaire de Tivaouane est décédé d’un cancer à l’âge de 56 ans. Son œuvre est empreinte d’une foi radieuse en Dieu et en l’humanité. 

« Marcheurs », 2011. Fer à béton soudé (H40 x L20 x P20 cm).

« Marcheurs », 2011. Fer à béton soudé (H40 x L20 x P20 cm). Crédits : Sitor Senghor
C’était un homme pieux, qui croyait en Dieu et en l’homme. Le sculpteur sénégalais Ndary Lo s’est éteint, jeudi 8 juin, à Lyon, à l’âge de 56 ans après s’être battu contre un cancer.

Né en 1961 à Tivaouane, Ndary Lo s’est lancé dans l’art comme on entre en religion, avec une foi qui déplace les montagnes. Dans ses premiers travaux, il récupère des ossements, des têtes de poupée et des capsules en plastique multicolores. Avant d’opter presque exclusivement pour le fer à béton. « Il ne récupérait pas par économie, ou parce qu’il ne saurait pas quoi prendre, mais pour donner une nouvelle vie à un objet qui a déjà servi », précise son galeriste parisien Sitor Senghor. Ses premières sculptures, qui représentent des familles de marcheurs élancés et filiformes, ne sont pas sans rappeler les bronzes du sculpteur suisse Alberto Giacometti, dont le célèbre Homme qui marche.

Portrait de Ndary Lo posant derrière sa sculpture "Les trois hommes qui marchent", en juin 2007.
Portrait de Ndary Lo posant derrière sa sculpture « Les trois hommes qui marchent », en juin 2007. Crédits : Charles Jousselin/CC 2.0

Veilleur vigilant

Un motif apparaît souvent dans son travail : l’arbre, symbole de vie et de lutte contre la désertification. En 2008, il réalise La Muraille verte, dense forêt métallique qui remporte le Grand Prix de la Biennale de Dakar. Les branches de ses arbres se terminent parfois par des mains, allégorie d’une humanité qui doit puiser dans ses racines. Autre constante, les bras ouverts, geste qui évoque à la fois la prière et le remerciement. Un exemple monumental issu de la collection Blachère est actuellement exposé sur le parvis du Palais des papes, en Avignon, dans le cadre de l’exposition « Les éclaireurs ».

« Arbre des origines », 2013. Fer à béton soudé et mastic (H24 x L52 x P10 cm).
« Arbre des origines », 2013. Fer à béton soudé et mastic (H24 x L52 x P10 cm). Crédits : Sitor Senghor

Toujours aux aguets malgré la maladie, Ndary Lo a supervisé jusqu’au bout un catalogue que prépare la galerie Sitor. « Il s’enflammait même sur son lit d’hôpital, on pouvait discuter à bâtons rompus sur les textes du catalogue, confie Sitor Senghor. Il était vigilant, veillant à ce qu’il n’y ait pas de malentendu autour de son travail. » L’une de ses dernières œuvres représentait un groupe de marcheurs soudés, signe d’une Afrique en marche, optimiste, résolue, combative. Comme lui.

 

Congo: La scène d’hier de Claudine Munari en Bande dessinée

juin 9, 2017

La scène d’hier de la tigresse de la savane, à Brazzaville, après l’encerclement de sa résidence: Maman Claudine Munari a fait fuir les miliciens de Denis Sassou Nguesso, en mode bande dessinée.

 

Photo de BrazzaNews.
Photo de BrazzaNews.
Avec Brazzanews.fr

Jean-David Nkot : « L’Europe, c’est le cimetière des artistes africains »

juin 4, 2017

L’Afrique est à la mode en France, mais les visas que doivent demander les artistes du continent pour venir exposer ou débattre sont toujours aussi difficiles à obtenir.
        
Oeuvre du Camerounais Jean-David Nkot.
Œuvre du Camerounais Jean-David Nkot. Crédits : Galerie Carole Kvasnevski
Organisation d’un pavillon des lettres d’Afrique au Salon du livre de Paris en mars, des galeries africaines invitées à participer à la foire «Art Paris Art Fair » au Grand-Palais, des expositions mettant en avant la création du continent à La Villette, à la Fondation Louis-Vuitton… et même, dans le temple du shopping, les Galeries Lafayette, des focus Afrique annoncés aux festivals d’Avignon, de Marseille… Il n’en fallait guère plus pour que les médias français saluent un « printemps culturel africain ».

Un enthousiasme vite tempéré par le commissaire de l’exposition «Afriques Capitales ». Simon Njami, en effet, ne voit pas dans cette accumulation d’événements « un hommage à l’Afrique »– ce qui pourrait être réconfortant de croire lorsque 11 millions de personnes votent pour un parti d’extrême droite –, mais davantage une « autocélébration de ceux qui ont le sentiment d’avoir découvert quelque chose ». Et d’ajouter que « tout ceci est mêlé d’un soupçon de paternalisme ».Exagéré ?

Une plate-forme expérimentale

Une chose est sûre, ces manifestations sont l’œuvre d’initiatives privées et ne sont pas l’expression d’une volonté des pouvoirs publics français qui, parfois, sont plutôt tentés d’interdire aux femmes noires de se réunir entre elles, comme l’a démontré la maire de Paris Anne Hidalgo en s’opposant à la tenue du festival afroféministe Nyansapo, au prétexte que certains ateliers étaient «non mixtes ». Ou alors qui interdisent à des artistes africains de venir s’exprimer sur le territoire français en leur refusant un visa, quand bien même seraient-ils invités officiellement par une institution publique sous tutelle du ministère de la culture et de la communication.
C’est ce qui est arrivé le 26 mai à Jean-David Nkot, jeune plasticien camerounais prometteur né en 1989, alors qu’il avait été sélectionné pour participer au tout nouveau post-master que l’Ecole nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy (Ensapc) a lancé le 1er juin lors d’une conférence au Théâtre de la commune d’Aubervilliers réunissant chercheurs, écrivains et artistes à l’instar de Françoise Vergès, Manuel Domergue, Michel Augier, Zanele Muholi ou encore Abdellah Taïa.
    
Destiné à de jeunes artistes ou théoriciens, ce programme est une plate-forme expérimentale de recherche artistique unique, organisée en partenariat avec le centre Doual’art ainsi que l’Institut des beaux-arts de l’université de Douala, et avec le soutien de l’Institut français du Cameroun. Cette formation, devant déboucher sur une exposition, doit se dérouler en trois temps, à Cergy et à Douala. Outre Jean-David Nkot, dont le dessin ultrasensible dénonce les violences faites aux femmes et aux enfants, victimes innocentes des conflits armés mais aussi de la brutalité au sein de la cellule familiale, cinq autres artistes ont été sélectionnés sur dossier pour participer à ce post-master.

Un problème récurrent

Le thème choisi pour cette première édition : les frontières, à travers les rapports « à l’espace, au temps, aux images, aux institutions, à la politique, aux territoires, au public, à nous-mêmes »qu’elles produisent. « Le projet Moving Frontiers – faire et défaire, précise l’Ensapc, est ainsi de produire des imaginaires qui éprouvent pratiquement et théoriquement les frontières que nous rencontrons quotidiennement et avec lesquelles nous devons tous composer. »
Ce qu’aura effectivement éprouvé de manière fort peu agréable Jean-David Nkot qui, pour la troisième fois, se voit refuser un visa pour la France. La raison invoquée par les autorités consulaires françaises de Douala ? Sa « volonté de quitter le territoire des Etats membres [de l’espace Schengen] avant l’expiration du visa n’a pas pu être établie ».
    
L’invitation officielle de l’Ensapc, qui prenait en charge le déplacement et l’hébergement de Jean-David Nkot, n’aura pas suffi à convaincre le consulat français. « C’est la deuxième fois que l’on m’empêche de faire mon travail, regrette Jean-David Nkot. En 2016, Barthélémy Toguo m’avait invité à le rejoindre pour participer à l’YIA Art Fair à Paris. Même motif de refus de visa : la France pense que je veux rester là-bas, sans doute parce que ma mère y est installée. Mais, moi, j’ai fait le choix de vivre ici, au Cameroun. Je vais faire quoi là-bas ? Vendre des toiles et payer des taxes dessus ? Ça n’a pas de sens, c’est bien plus intéressant pour moi de vendre là-bas, oui, mais de rester à Douala. Ici, je vis bien, je ne meurs pas de faim, je travaille. L’Europe, c’est le cimetière des artistes africains. J’ai besoin de mon environnement pour créer, je ne veux pas perdre mon âme à partir. »
Un problème récurrent auxquels sont confrontés les artistes africains et que dénoncent aussi bien des plasticiens, à l’instar de Barthélémy Toguo, que Lina Lazaar, qui a fait de la question migratoire le thème du pavillon de la Tunisie à la Biennale de Venise 2017.
Lemonde.fr par Séverine Kodjo-Grandvaux (contributrice Le Monde Afrique, Douala)

L’écrivain espagnol Juan Goytisolo est mort

juin 4, 2017

 

Le romancier et essayiste, auteur d’une cinquantaine d’ouvrages, dont une vingtaine de romans, est mort dimanche, à l’âge de 86 ans.

Goytisolo, en avril 2015. Abraham Caro Marin / AP

Il y avait pour Juan Goytisolo, qui est mort le 4 juin, à l’âge de 86 ans, à Marrakech, deux sortes d’auteurs : les littérateurs, « ceux qui conçoivent leur tâche comme une carrière », et les écrivains, « ceux qui la vivent comme une addiction ». Se rangeant dans la seconde famille, celle des « incurables apprentis en écriture », le romancier et essayiste espagnol, auteur d’une cinquantaine d’ouvrages, dont une vingtaine de romans, avait depuis longtemps renoncé à briguer les honneurs du microcosme littéraire.

S’il accepta, en avril 2015, le prix Cervantes, la plus haute récompense littéraire espagnole, il ne la jugea pas moins comme un « coup d’épée dans l’eau (…), une célébration inutile ». Mais quel bel hommage pour cet homme, qui se disait de nationalité cervantine plus qu’espagnole.

Courant du réalisme social

Né le 6 janvier 1931 à Barcelone dans une famille bourgeoise, conservatrice et monarchiste, Juan Goytisolo grandit entre deux frères qui, comme lui, deviendront écrivains (le poète José Agustin Goytisolo et le romancier Luis Goytisolo).

Sa mère est tuée dans un bombardement de l’aviation franquiste pendant la guerre civile, alors qu’il n’a que 7 ans ; elle lui laisse une bibliothèque pleine d’auteurs (Proust, Gide, Anouilh…), qu’il dévorera à l’adolescence. Malraux, Dos Passos, Faulkner, Voltaire ou encore Dostoïevski font aussi partie de ses auteurs de chevet.

Poussé à suivre des études de droit par son père, franquiste convaincu, Goytisolo nourrit l’idée de devenir diplomate pour échapper à « l’atmosphère étouffante » du régime du Caudillo.

Ses convictions communistes sont déjà bien ancrées. Ses deux premiers romans, Jeux de mains, publié en 1955, et Deuil au paradis, paru un an plus tard, s’inscrivent dans le courant du réalisme social.

Jean Genet, mentor « moral, plus que littéraire »

Avide de liberté, menacé par la censure, Goytisolo s’exile…

Lemonde.fr par

Canada/Obama à Montréal: jusqu’à 1800 $ pour des billets en revente

juin 1, 2017

Obama

Les prix des billets pour la présence inédite au pays de l’ex-président des États-Unis ont explosé sur internet, ces deux dernières semaines. Des billets vendus 57 $ par l’organisateur étaient affichés hier entre 583 et 715 $ sur le site Billets.ca.

Barack Obama s’amène à Montréal avec l’aura d’une véritable vedette. Les 6000 billets pour sa très attendue conférence à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMC) mardi prochain se sont envolés en un clin d’oeil.

Les revendeurs font des affaires d’or. À près de 1800 $, les prix affichés hier pour l’allocution du 44e président américain surpassaient ceux du populaire groupe Coldplay ou même de la finale de la coupe Stanley. Or, la loi encadre sévèrement cette pratique, soutient un expert.

PRÈS DE 10 FOIS LE PRIX

Prix de vente initial : de 57 à 373 $

Prix sur les sites de revente hier :

  • Billets.ca : de 550 à 1759 $
  • 514-Billets : de 799 à 1599 $
  • StubHub : de 215 à 1095 $ US (de 290 à 1478 $)
  • Kijiji : de 250 à 850 $

Les prix explosent

Une paire de billets à plus de 3000 $ pour assister à la conférence du charismatique Barack Obama dans le milieu de la salle du palais des Congrès? Certains revendeurs croient visiblement être en mesure d’obtenir un tel magot pour des billets pourtant achetés 373 $.

Les prix des billets pour la présence inédite au pays de l’ex-président des États-Unis ont explosé sur internet, ces deux dernières semaines. Des billets vendus 57 $ par l’organisateur étaient affichés hier entre 583 et 715 $ sur le site Billets.ca. Une marge de profit jugée «injustifiable» par Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre et organisateur de l’évènement. «Ce qui nous préoccupe, ce n’est pas tellement qu’il y ait de la revente, c’est plutôt ennuyeux. Mais il y a eu une certaine frustration que des gens puissent payer ces prix-là», déplore-t-il.

«Assurément, on produit un évènement qui [suscite] un grand intérêt et une grande curiosité, et ça crée de la valeur. Je vois bien qu’il y a une demande, mais je ne sais pas si les billets se vendent bien à ces prix-là. Les prix affichés semblent indiquer qu’il y a une perception de valeur sur l’évènement, ça, c’est clair», affirme M. Leblanc.

Une minorité de billets

Quelque 130 à 160 billets sur 6000 sont actuellement en revente, nuance toutefois Michel Leblanc. «Ce sont des lots de trois billets, deux billets. Ça ne donne donc pas l’impression que ce sont des revendeurs qui ont acheté de très grandes séries», dit-il.

Ainsi, la grande majorité des gens qui ont acheté leurs billets dès la mise en vente sont «très heureux de les utiliser», assure-t-il. Le président de la Chambre est particulièrement préoccupé par le risque que des acheteurs soient floués par des revendeurs qui vendraient plusieurs fois le même billet électronique. «Il faut avertir le public de se méfier de ces sites-là et de la possibilité d’acheter des billets électroniques de revendeurs», soutient-il.

PRIX DE BILLETS EN REVENTE D’ÉVÈNEMENTS À VENIR

  • Jerry Seinfeld à Montréal :  de 196 à 368 $ (514-Billets)
  • Coldplay à Montréal : de 388 à 523 $ (Billets.ca)
  • 5e match de la finale de la Coupe Stanley à Pittsburgh : de 475 à 600 $ US (StubHub)
  • 1er match de la finale de la NBA à Cleveland : de 338 à 9750 $ US (StubHub)
  • Finale masculine de tennis de Roland-Garros : de 527 à 5938 $ US (StubHub)

PRIX DE BILLETS EN REVENTE D’ÉVÈNEMENTS PASSÉS

  • Finale de baseball 2016 à Chicago :  de 5000 à 40 000 $ US
  • Dernière représentation de la comédie musicale Hamilton à Broadway en 2016 :  de 1747 à 6600 $ US
  • Billet pour un match Canadien-Nordiques à Québec en 1993 vendu par un « scalper » : de 150 à 200 $

Pas d’engouement «considérable» sur Kijiji

Malgré tout, le site d’achats en ligne Kijiji n’a pas constaté d’engouement «considérable» pour la revente de billets de la conférence du président Obama, indique Christian Jasserand, directeur du service à la clientèle et de la sécurité chez Kijiji Canada.

«Il y a juste 59 annonces pour les billets à la revente sur le site», dit-il. Selon lui, les billets se font rares, non pas en raison du manque d’intérêt, mais parce que les prix sont «extrêmement élevés».

«Les prix sont à un tel niveau qu’il n’y a pas un engouement considérable. On ne voit pas de trafic considérable représentant un intérêt à l’achat pour ces billets mis à la vente sur Kijiji à l’heure actuelle», soutient M. Jasserand.

Est-ce légal?

La revente de billets de spectacles sur internet est-elle légale? Oui, mais seulement dans certaines circonstances sévèrement encadrées par la Loi sur la protection du consommateur. Dans la foulée du cri du coeur de Louis-José Houde à l’ADISQ, Québec a serré la vis en 2011 à ce lucratif commerce.

Ainsi, aucun commerçant ne peut exiger d’un consommateur un prix supérieur à celui annoncé par le vendeur autorisé, à moins qu’il n’obtienne notamment le consentement du producteur du spectacle et qu’il n’en informe clairement le consommateur, stipule l’article 236.1.

Aucun commerçant n’a obtenu une telle autorisation pour la performance de Barack Obama, assure Michel Leblanc, président de la Chambre. La Loi s’applique même pour les revendeurs de billets situés à l’extérieur du Québec, selon une décision des tribunaux.

Passibles de poursuites pénales

Ces sites ont-ils le droit de revendre un billet pour Barack Obama 1800 $? «Les revendeurs, comme Billets.ca et autres revendeurs connus et spécialisés, sont soumis à l’article 236.1. S’ils dérogent à ça, ils sont passibles de poursuite pénale de la part du DPCP [Directeur des poursuites criminelles et pénales]. […] Billets.ca et les autres sont plus qu’un intermédiaire, ce sont des vendeurs de billets. C’est plus qu’une plateforme, en mon sens», explique Pierre-Claude Lafond, professeur titulaire à la faculté de droit de l’Université de Montréal et spécialiste en droit de la consommation.

Une «question d’interprétation»

Ces sites pourraient toutefois prétendre que la conférence de Barack Obama n’est pas un «spectacle» ou un «divertissement» au sens de la loi, précise Pierre-Claude Lafond. «Ça devient une question d’interprétation», soutient-il.

D’autre part, le site Kijiji respecte la loi, selon lui, puisqu’il sert uniquement de plateforme pour permettre aux acheteurs et aux vendeurs d’effectuer eux-mêmes la transaction. «De notre point de vue, la revente de billets est légale», indique Christian Jasserand de Kijiji.

Le propriétaire de 514-Billets, Frank Leith, n’a pas rappelé La Presse hier.

 

Lapresse.ca par Louis-Samuel Perron avec la collaboration de Laura-Julie Perreault

Le roi Salmane d’Arabie saoudite, dirigeant le plus retweeté devant Trump

mai 31, 2017

Le roi Salmane d’Arabie saoudite (d) et le président américain Donald Trump (g), le 20 mai 2017 à Ryad / © AFP/Archives / MANDEL NGAN

Le dirigeant dont les tweets sont les plus répliqués est le roi Salmane d’Arabie saoudite, loin devant le président américain Donald Trump, qui vient encore de créer le buzz après un tweet énigmatique, selon une étude publiée mercredi par le cabinet de conseil Burson-Marsteller à Genève.

L’étude, appelée « Twiplomacy », analyse chaque année (de début avril à fin mai) l’utilisation des comptes Twitter par les dirigeants et autorités nationales.

Il en ressort que chacun des tweets du président américain publié durant cette période a été répliqué 13.000 fois en moyenne.

Donald Trump (@RealDonaldTrump) est connu pour ses tweets à toute heure du jour et de la nuit allant du commentaire sur une performance à la télévision de l’acteur Arnold Schwarzenegger au « déficit commercial ENORME avec l’Allemagne ». Mardi soir, il a glissé dans un tweet un drôle de mot, « covfefe », devenu très vite le sujet numéro un des conversations sur les réseaux sociaux.

Le roi Salmane (@KingSalman) utilise en revanche Twitter avec une extrême parcimonie, avec seulement 10 tweets. Mais ses écrits sur le réseau social sont répliqués près de 150.000 fois en moyenne.

Les analystes de Burson-Marsteller révèlent par ailleurs que depuis que Barack Obama, dirigeant dont le compte Twitter était le plus suivi, a quitté la Maison Blanche, c’est le Pape François (@Pontifex, 33,7 millions d’abonnés) qui a pris la tête du classement, devant le compte personnel de Donald Trump, avec 30,1 millions d’abonnés, et le compte personnel du Premier ministre indien Narendra Modi (@NarendraModi), avec 30 millions d’abonnés.

Parmi les dirigeants les plus suivis figurent également le président turc Recep Tayyip Erdogan (@RT_Erdogan, 10,3 millions d’abonnés), et la responsable de la diplomatie indienne Sushma Swaraj (@SushmaSwaraj, 8 millions d’abonnés).

Pour cette étude, Burson-Marsteller déclare avoir analysé 856 comptes officiels et personnels de chefs d’Etat, de gouvernement et de diplomatie dans 178 pays.

Au sein du G7, la chancelière allemande Angela Merkel est le seul dirigeant à ne pas tweeter.

En Europe, le compte officiel du Premier ministre britannique (@Number10gov, 5,1 millions d’abonnés) est le plus suivi. Quant au compte du nouveau président français Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron, plus d’un million d’abonnés), il est entré à la 5e place du classement des dirigeants européens, aux côtés du chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy.

Romandie.com avec(©AFP / 31 mai 2017 14h19)