Archive for the ‘Culture’ Category

Congo – Œuvres artistiques: Denis Sassou Nguesso présidera l’exposition sur l’œuvre de Marcel Gotène lundi à Kintélé

février 16, 2018

 
 

Exposition et vernissage de l’œuvre artistique de Marcel Gotène l’activité qui s’étalera sur trois mois s’ouvre ce lundi 19 février 2018, sous le patronage du chef de l’État congolais, Denis Sassou N’Guesso.

 

Le vernissage de l’exposition sur Marcel Gotene aura pour cadre le Centre international de Conférence de Kintélé, sous le thème « Gotène au cœur du cosmos ».

Cette exposition, qui est à la fois une manière de faire connaître et de rendre international les productions artistiques de Marcel Gotène, aura, outre le coté culturel, une partie scientifique.

Le programme y relatif prévoit pour le mardi, 20 février 2018, au même lieu, un colloque international marqué par une leçon inaugurale du Professeur Théophile Obenga.

Ce colloque sera le lieu de lire à travers l’art de Gotène, au-delà des couleurs, ce que l’artiste voulait dénoncer à  travers ses tableaux.

Naviguant entre le figuratif et l’abstrait, Marcel Gotène s’est voulu original, en créant des personnages, des paysages, des atmosphères au surréalisme déroutant. Son univers est fait de blanc, de bleu, de rouge, de jaune, de noir, de vert et d’un peu de marron. Il n’hésite pas à créer des êtres monstrueux à deux têtes. Une inspiration qui a fait de lui, le Gotène auquel le Congo rend hommage par cette exposition.

La carrière de Marcel Gotène a été couronnée de nombreux prix et distinctions au Congo et à l’étranger. « Je ne suis pas venu au monde pour changer l’homme, mais j’aime le respect », aimait à répéter Marcel Gotène.

Décédé en 2013, l’homme est resté vivant et immortel à travers sa peinture, mieux son art.

Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville

Publicités

Côte d’Ivoire: la Fondation Donwahi, un havre d’art et de paix à Abidjan

février 16, 2018

 

Illa Ginette Donwahi, collectionneuse d’arts et chef d’entreprise. © Ananias lÉki Dago pour JA

Crée en 2008, dans une capitale en pleine crise, la Fondation Donwahi fait mentir les Cassandre et s’installe durablement dans le paysage artistique d’Abdijan. Avec un leitmotiv : le refus de se cantonner à un art, et une programmation qui revendique sa subjectivité.

Au milieu du vacarme abidjanais, l’imposante bâtisse ocre semble avoir le pouvoir de suspendre le temps. Le bruit entêtant des klaxons et la chaleur collante si présents de l’autre côté du mur s’évaporent dès que le visiteur pénètre dans le coquet jardin de la Fondation Donwahi. Voilà maintenant dix ans qu’Illa Ginette Donwahi a décidé de transformer les 1 500 m2 de sa maison familiale en espace dédié à l’art contemporain.

Cette collectionneuse passionnée s’associe alors avec Simon Njami, écrivain et commissaire d’exposition, figure incontournable du milieu de l’art contemporain, et Marème Samb, chef d’entreprise sénégalaise, déjà à la tête de la galerie camerounaise Mam, à Douala, pour le faire naître.

Nous sommes en 2008, la Côte d’Ivoire est en pleine crise, et les galeries ont presque toutes fermé leurs portes. « Beaucoup nous disaient que ce projet n’était pas raisonnable. En cette période de tension, l’art semblait être une affaire futile. Nous pensions au contraire qu’il était au cœur de la société », explique Illa Ginette Donwahi.

Vernissage de l’exposition « Lumières d’Afriques », en 2016. © issouf sanogo/AFP

 

Nous ne nous sentons pas obligés de ne travailler qu’avec des Africains

Puissante chef d’entreprise dans l’agroalimentaire, cette fille d’une grande famille ivoirienne – son père, Charles, était ministre de l’Agriculture et de la Coopération de Félix Houphouët-Boigny, son frère, Alain-Richard, est l’actuel ministre des Eaux et Forêts – fait alors jouer ses réseaux pour lever des fonds. Le financement, exclusivement via des mécènes, a toujours été le principal défi de la fondation, qui est une galerie mais aussi une résidence d’artiste.

Un espace ouvert à tous

Depuis l’origine, le lieu refuse de se cantonner à un art, et la programmation revendique sa subjectivité. En ce début d’année 2018, ce sont les imposantes sculptures du plasticien ivoirien Jems Koko Bi qui accueillent le visiteur. Auparavant, c’était les peintures et les graffitis du camerounais Boris Nzebo qui interrogeaient les coiffures des femmes. Puis les photographes Aida Muluneh et Ananias Léki Dago, qui comptent parmi les artistes fétiches de la galerie, seront convoqués pour rythmer cette dixième année.

Ici, on ne s’interdit rien et l’on refuse toute étiquette. « Nous ne sommes pas une galerie africaine. Nous ne nous sentons pas obligés de ne travailler qu’avec des Africains. Qui imaginerait qu’une galerie française ne doit montrer que des Français ? » s’agace Illa Ginette Donwahi.

Ouverte à tous les genres, la Fondation Donwahi tente de l’être à tous les publics. Installée en plein cœur de la capitale économique, elle propose des projections cinématographiques et a installé au premier étage un espace gratuit doté du wifi pour attirer les lycéens et étudiants.

On peut aussi y boire un verre et y manger une nourriture inventive – le jeune chef Julien Coulibaly vient d’être recruté – qui reste accessible. « On espère que les différents publics se mêleront autour d’un verre, du passionné d’art à la mère de famille qui vient se détendre. » Et que tous finiront par descendre l’escalier qui mène aux expositions.

Jeuneafrique.com par

Cancer: la nourriture à risque

février 16, 2018

Cancer : la nourriture industrielle à risque

Depuis les années 1980, une avalanche d’aliments trop salés, trop gras et trop sucrés inondent les rayons de nos supermarchés. GARO/PHANIE

Une étude portant sur 105.000 personnes pendant huit ans pointe du doigt les aliments « ultra-transformés ».

Bonbons, pizza surgelée, sauce ketchup, soda… Depuis les années 1980, les produits de l’industrie agroalimentaire inondent les rayons de nos supermarchés. Une avalanche d’aliments trop salés, trop gras et trop sucrés suspectés aujourd’hui de favoriser le développement des cancers. Dans le Bristish Medical Journal (BMJ), des chercheurs français suggèrent pour la première fois un lien entre la consommation de ces produits ultra-transformés et l’apparition de tumeurs cancéreuses.

Le concept nutritionnel d’«aliment ultra-transformé», apparu en 2009, désigne les aliments, produits par les industriels, contenant des additifs alimentaires (édulcorants, colorants, conservateurs…). «Ces denrées sont plus hyperglycémiantes et caloriques que les autres, mais aussi moins rassasiantes», décrit le Dr Anthony Fardet, chercheur au sein de l’unité de nutrition humaine de l’Institut national de recherche agronomique (Inra), qui n’a pas participé à l’article du BMJ. «Des propriétés qui font le lit du diabète, de l’obésité ou encore de la stéatose hépatique (surnommée “la maladie du foie gras”, NDLR).»

Une augmentation de 10 % de la portion d’aliments ultra-transformés (charcuterie, barres chocolatées…) dans le régime alimentaire est associée à une hausse de 12 % des risques de développer un cancer

S’agissant du cancer, la littérature scientifique montre chez l’animal que ces aliments industriels ont des effets cancérogènes. Pour étudier l’impact chez l’homme, l’Équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Eren), en partenariat avec l’Inserm et l’Inra, a analysé dans l’article scientifique, les habitudes alimentaires de 105.000 volontaires de la cohorte NutriNet-Santé, âgés en moyenne de 42 ans, dont 78 % de femmes. Au cours des huit ans de suivi, plus de 2200 cas de cancers ont été diagnostiqués, dont 739 cas de cancer du sein et 281 du cancer de la prostate.

Il ressort qu’une augmentation de 10 % de la portion d’aliments ultra-transformés (charcuterie, barres chocolatées, soupes…) dans le régime alimentaire est associée à une hausse de 12 % des risques de développer un cancer, et en particulier un cancer du sein. «Une tendance similaire est observée pour le cancer colorectal. Néanmoins, en raison du faible nombre de cas dans notre cohorte, nos résultats ne sont pas significatifs pour ce cancer», précise Bernard Srour, chercheur au sein de l’Eren. À l’inverse, les participants qui consomment davantage de produits bruts par rapport aux aliments ultra-transformés ont un risque de cancer réduit de 9 %.

Pour cerner uniquement le rôle de l’alimentation ultra-transformée, les chercheurs ont pris en compte le niveau d’étude, la consommation de tabac et d’alcool des volontaires ainsi que leur niveau d’activité physique. Ils soulignent que la cohorte est majoritairement féminine et a un niveau socio-économique élevé. «Or on sait que ces profils se préoccupent plus de leur alimentation. De ce fait, on peut imaginer que dans la population générale, la consommation de ces produits industriels est plus élevée et que le risque de cancer est lui aussi plus important», relève le Dr Fardet.

«J’ai la conviction profonde que nous avons suffisamment de preuves pour mettre en garde la population des risques de ces aliments et appliquer le principe de précaution»

Anthony Fardet , auteur de «Halte aux aliments ultra-transformés ! Mangeons vrai»

D’après les chercheurs, la moins bonne qualité nutritionnelle de ces aliments n’est pas le seul facteur impliqué dans cette relation. «Il se peut que les additifs alimentaires, les produits néoformés à la cuisson ou même les substances contenues dans les emballages, comme le bisphénol A, interviennent dans le processus», indique Bernard Srour. Son équipe va d’ailleurs évaluer l’impact des additifs alimentaires lors d’une prochaine d’étude. Ces substances ont, en effet, été mises en cause à plusieurs reprises ces derniers mois: les nitrites dans le jambon ou le dioxyde de titane, sous forme de nanoparticules, présent dans les biscuits. Ces produits ultra-transformés favoriseraient l’apparition de lésions cancéreuses chez l’animal.

En attendant que le coupable soit désigné, Anthony Fardet estime que ces travaux jettent un pavé dans la mare. «J’ai la conviction profonde que nous avons suffisamment de preuves pour mettre en garde la population des risques de ces aliments et appliquer le principe de précaution», affirme l’auteur de Halte aux aliments ultra-transformés! Mangeons vrai (Éditions Thierry Souccar). Selon l’étude NutriNet-Santé, près de 36 % des calories ingérées par les Français sont issues d’aliments produits par l’industrie agroalimentaire. «C’est énorme. Il ne faut pas qu’ils deviennent la base de l’alimentation. Ils ne devraient représenter qu’à peine 15 %, soit 2 portions par jour», ajoute ce spécialiste, qui précise que manger du pop-corn au cinéma ou un paquet de chips un soir est sans danger.

Pour les auteurs, ces travaux rejoignent les recommandations du Programme national nutrition santé (PNNS). Actualisé il y a peu, il recommande de privilégier les aliments peu raffinés (riz complet ou semi-complet par exemple) et de limiter la consommation de produits ultra-transformés.

Lefigaro.fr par 

Le jour de la Saint-Valentin

février 13, 2018

 

Valentin

 

Le jour je me lève sur la Saint-Valentin

Égrenant des lèvres mon chapelet de baratin

Quand mon souffle dégage des pétales de rose

Qui s’envolent de mes mains à peine éclosent

 

La glue de mes mots accroche une femme

Auprès de laquelle je déclare ma flamme

Qui fait trembler les boutons de son chemisier

Révélant sous sa poitrine ses seins de pommier

 

Mon regard scrute les durillons de ses tétons

Quand la pulpe de sa bouche à l’orient du désir

Avale les soupirs fantasmés des baisers lénifiants

Savoureusement délectés avec bonheur et plaisir.

 

Bernard NKOUNKOU

La justice allemande contraint Facebook à modifier ses conditions d’utilisation

février 12, 2018

Berlin – Un tribunal berlinois a condamné Facebook à modifier sous peine d’amende une partie de ses conditions d’utilisation, jugées contraires à la loi allemande sur la protection des données personnelles, a indiqué lundi une association de consommateurs.

Dans un jugement du 16 janvier dernier, consulté par l’AFP, le tribunal régional de Berlin épingle une série de réglages et de clauses imposés par le groupe, estimant que le consentement des utilisateurs à l’utilisation de leurs données s’en trouve invalidé.

Parmi les réglages par défaut jugés illégaux figure la géolocalisation pour les échanges privés via l’application mobile, ou le référencement des comptes Facebook par les moteurs de recherche, qui facilite l’accès de n’importe quel curieux aux profils personnels.

Huit clauses des conditions générales sont également censurées par les magistrats, en particulier l’obligation d’utiliser Facebook sous sa véritable identité, contraire à la « loi allemande sur les télémédias » datant de 2007.

Saisi par la Fédération allemande des organisations de consommateurs (VZBV), le tribunal berlinois condamne donc le géant américain à mettre en règle ses conditions en Allemagne, sous peine d’une amende susceptible d’aller jusqu’à 250.000 euros « pour chaque infraction constatée ».

Mais Facebook a de son côté annoncé avoir fait appel et souligne que ses « produits et conditions ont déjà beaucoup changé depuis le début de la procédure », remontant à 2015 et vont connaître « d’autres changements », selon une porte-parole interrogée par l’AFP.

Par ailleurs, le tribunal a débouté la VZBV sur d’autres griefs faits à Facebook, en particulier le célèbre slogan « Facebook est gratuit et le restera toujours », que l’organisation estime mensonger.

« En réalité, les consommateurs payent pour utiliser Facebook. Peut-être pas en euros, mais en données », maintient l’association de défense des consommateurs dans un communiqué.

Facebook compte près de 30 millions d’utilisateurs en Allemagne, dont près de 23 millions au quotidien.

En Allemagne, le réseau social était déjà dans le viseur de l’office anti-cartel qui lui avait reproché en décembre un abus de position dominante, l’accusant de collecter auprès de réseaux tiers (Whastapp et Instagram) des masses d’informations sur ses usagers à leur insu, pour en tirer des surplus de recettes publicitaires.

Le gendarme allemand de la concurrence, qui doit rendre ses conclusions définitives à l’été, pourrait contraindre Facebook à aménager ses règles d’utilisation en Allemagne, voire lui interdire de poursuivre certaines activités, mais il n’est pas question d’amende.

Un vaste chantier sur l’utilisation des données par les entreprises est par ailleurs en cours au sein de l’Union européenne, avec une nouvelle réglementation entrant en vigueur le 25 mai prochain.

L’Allemagne et l’Autriche sont considérées comme les deux seuls pays à avoir déjà anticipé et adapté leurs législations nationales à ce nouveau cadre européen.

Romandie.com avec(©AFP / 12 février 2018 14h58)                                            

Congo: la communauté des sapeurs est en deuil

février 10, 2018

 

Nous vous annonçons le décès du sapeur « Mavoula » né Descard Missamou. Cette figure de la sape très connue à Moungali nous a quittés.

Il avait même été immortalisé par Papa Wemba dans « Maître d’école ».

Les Correcteurs de la Moda Sapertique de Moukondo compatissent avec sa famille biologique ainsi que la grande famille de la sape de Moungali.

Certains l’appelaient le conseiller vestimentaire: Grand Mav. D’autres se souviennent de lui de bons moments passés ensemble au collège Nganga Édouard à Bacongo.

La veillée mortuaire se tient dans la rue Djoué à Moungali 5ème rue, après le rond-point Moungali, en allant vers la commune de Moungali.

 

Paix à son âme.

Photo de BrazzaNews.
Sapeur Mavoula
Avec Brazzanews.fr

France: un prêtre fait un lègue de 3,5 millions à la Bibliothèque municipale de Lyon

février 10, 2018
Bibliothèque municipale de Lyon (Part Dieu)

La Bibliothèque municipale de Lyon (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

3,5 millions €, la somme est bien sûr exceptionnelle, et Gilles Eboli, directeur de la BM de Lyon, réfléchit déjà aux usages qu’il sera possible d’en faire. « On est en train d’y réfléchir : est-ce que l’on va ouvrir un nouveau service aux usagers qui portera le nom de Louis Perrin ? Ou une salle dédiée ? Ou une nouvelle collection d’ouvrages ? » s’interroge-t-il auprès de LyonMag.com, qui dévoile l’information.

 

Peu d’informations ont été recueillies sur l’auteur de ce don, Louis Perrin : docteur en théologie, prêtre sans paroisse, il a indiqué dans son testament que toute sa fortune irait à la Bibliothèque municipale de Lyon, tandis que le capital de son assurance-vie reviendra à ses deux nièces.

 

Louis Perrin est également l’auteur d’un livre, Guérir et Sauver, paru aux éditions du Cerf en 1987.

Actualitte.com par Antoine Oury 

Brésil: coup d’envoi d’un carnaval de Rio contestataire

février 8, 2018

Une marionnette du maire évangélique de Rio de Janeiro, Marcelo Crivella, le 8 février 2018 à Rio, cible des critiques lors de l’ouverture vendredi du Carnaval / © AFP / MAURO PIMENTEL

Au-delà des plumes et des paillettes, le coup d’envoi du Carnaval de Rio de Janeiro va être donné vendredi sous le signe de la contestation, avec des critiques acerbes envers le maire évangélique Marcelo Crivella et la corruption généralisée qui mine le Brésil.

L’ouverture officielle aura lieu lors de la traditionnelle remise des clés de la ville au Roi Momo, monarque obèse et jovial qui symbolise l’exubérance sensuelle d’une des plus grandes fêtes populaires de la planète.

Flanqué de sublimes danseuses peu vêtues et coiffées de plumes, Momo doit régner sur Rio jusqu’au mercredi des Cendres, le carnaval ayant pour point culminant le célèbre défilé des écoles de samba, dimanche et lundi soir.

Pas vraiment la tasse de thé de M. Crivella, pasteur de l’Église universelle du règne de Dieu, accusé d’être moralisateur par ses détracteurs.

L’an dernier, l’édile avait commis une sorte de crime de lèse-majesté en boudant cette cérémonie, quelques semaines à peine après sa prise de fonctions.

Il était même devenu le premier maire à ne pas assister aux défilés au sambodrome depuis l’inauguration de ce stade en forme d’avenue entourée de gradins, en 1984.

Cette année, les critiques vont fuser quoi qu’il arrive, même s’il décide de faire honneur au roi Momo.

– ‘Crivella dehors’ –

Avec humour et créativité, les messages politiques transparaissent aussi bien sur les déguisements des fêtards du carnaval de rue que sur les chars monumentaux des écoles de samba, qui ont dû préparer leurs défilés avec moitié moins de subventions municipales cette année.

Des coupes budgétaires justifiées par l’état des comptes publics de la « Ville merveilleuse ». Mais pour de nombreux cariocas, nom donné aux habitants de Rio, la crise a bon dos alors que l’afflux massif de touristes devrait injecter environ près d’un milliard d’euros dans l’économie.

Samedi dernier, de nombreux tee-shirts avec le message « Crivella dehors! » avaient déjà été vus lors du cortège « Simpatia é quase amor » (« La sympathie, c’est presque de l’amour »), qui a attiré des dizaines de milliers de fêtards déguisés sur la célèbre plage d’Ipanema.

La colère de la rue trouvera un écho au sambodrome, notamment auprès de Mangueira, une des écoles de samba les plus traditionnelles, qui défilera sur le thème: « Avec ou sans argent, je profite du carnaval ».

« Pour la doctrine évangélique, le carnaval, c’est la fête du diable. Un croyant peut penser ça, mais pas le maire de Rio », a affirmé à l’AFP Leandro Vieira, directeur artistique de Mangueira.

M. Crivella a répondu aux critiques, à sa manière. « Je veux que le carnaval soit joyeux. Si les gens veulent critiquer le maire, pas de problème. Mais il ne faut pas boire et conduire à grande vitesse. Ni se bagarrer. C’est ça qui gâche le carnaval ».

– Un rat et un vampire –

Hormis la frilosité du maire envers les festivités, les Brésiliens ne manquent pas de sujets de moquerie pour ce carnaval au ton revendicatif.

L’école de samba « Beija Flor » a par exemple choisi le thème de Frankenstein pour faire passer l’idée que le Brésil est victime des attaques « monstre » de la corruption et de l’intolérance. Un énorme char à l’effigie d’un rat doit représenter les hommes politiques véreux.

Un autre char effrayant, à l’effigie d’un vampire, doit clore le défilé de Paraiso do Tuiti, une allusion au président conservateur Michel Temer, lui aussi accusé de corruption et dont la cote de popularité est au ras des pâquerettes.

Les organisateurs ont renforcé les normes de sécurité pour éviter que la fête ne soit gâchée comme l’an dernier par des accidents.

Un conducteur avait perdu le contrôle de son char, qui avait percuté une tribune, tuant une journaliste. Le toit d’un autre char avait cédé sous le poids des danseurs, faisant de nombreux blessés.

Le maire Crivella a promis de se rendre au sambodrome, non pas pour danser, mais pour vérifier la solidité des infrastructures. Il a aussi annoncé que les conducteurs devraient subir pour la première fois des éthylotests avant les défilés.

Romandie.com avec(©AFP / 09 février 2018 04h23)                

Les francs-maçons sortent de l’ombre

février 7, 2018

 

Symboles franc-maçons. © Pixabay, Creative Commons

La mise en orbite de la Grande Loge féminine du Cameroun en témoigne : de plus en plus d’Africaines rejoignent les rangs de cet ordre initiatique. Suscitant, comme leurs frères, nombre de fantasmes.

Douala, fin 2017, Hôtel Akwa Palace. De bruyants éclats de rire répondent aux plaisanteries plus ou moins drôles. Les accolades sont ponctuées de compliments sur les tenues des unes et des autres. Cheveux bleu roi coupés court, longue jupe noire en satin duchesse, une femme politique connue comme le loup blanc semble recueillir tous les suffrages d’une assistance fournie – pas moins de 130 participants de 40 délégations venues de tous les continents. Nous sommes à une conférence publique sur la franc-maçonnerie féminine, organisée deux jours avant l’installation de la Grande Loge féminine du Cameroun (GLFC).

Pour les deux oratrices, Marie-Thérèse Besson et Flore Édith Mongue Din, respectivement présidentes de la Grande Loge féminine de France (GLFF) et de la GLFC, il s’agit d’expliquer en quoi « la franc-maçonnerie est un chemin de vie » qui « offre un espace sans enjeu de pouvoir et de suprématie aux femmes soucieuses d’être force de proposition »…

Une institution qui suscite la méfiance

Le propos est abscons, mais le défi, lui, est clair : recruter de nouveaux membres, des profanes, pour une institution que l’opinion publique associe sans discernement à la sorcellerie, l’inceste ou l’homosexualité. Un ordre initiatique que l’on dit aussi pour une large part inféodé aux politiques en place, peu préoccupé de progrès social et de redistribution des richesses. Mais les femmes, moins souvent mises au banc des accusés que les hommes, veulent donner des raisons d’y croire.

Les franc-maçonnes africaines se voient davantage en lanceuses d’alerte du quotidien.

Alors pas un mot des divergences de vues qui ont précédé la mise en orbite de la GLFC. Les unes militaient pour une obédience nationale, chaque pays ayant à leur sens des préoccupations spécifiques. Les autres, panafricanistes, auraient préféré une obédience sous-régionale, la Grande Loge féminine d’Afrique centrale, regroupant des fédérations nationales.

Les premières ont eu gain de cause, quelques déçues ont quitté le navire. Les deux présidentes rappellent que l’obédience camerounaise ainsi créée devient partie prenante de ce qui se passe dans le pays. « Elle affirmera davantage ses positions dans des débats publics, précise Flore Édith Mongue Din, pharmacienne de son état, mais pas question de constituer un lobby franc-maçon pour influencer quelque décision que ce soit. » Les franc-maçonnes africaines se voient davantage en lanceuses d’alerte du quotidien.

Sortir de l’ombre

Dans l’assistance, on s’interroge : pourquoi ne dévoile-t-on pas son appartenance à la franc-maçonnerie ? On peut, répond la grande maîtresse, à condition que le contexte s’y prête. Sortir de l’ombre reste une décision personnelle qui dépend aussi de la culture du pays. Or le contexte ne s’y prête pas toujours. Âgée de 55 ans, Annick, la dame aux cheveux bleu roi, a bien pensé faire son « coming out ». « Pour qu’on cesse de croire que nous nous livrons à des activités ou à des pratiques que la morale réprouve. » Mais elle s’est ravisée.

Les miens pensent que les maçons boivent du sang, dorment dans des cercueils et organisent des parties fines

Résultat, peu d’Africaines sont capables d’assumer leur vie au sein de la confrérie. Annick est entrée en franc-maçonnerie il y a vingt-cinq ans, après une conférence publique, à une période où, cadre supérieure d’entreprise, elle entamait une carrière politique. « On nous rappelle que cela passe par un travail sur soi. Cela implique de mieux se connaître, d’adopter une démarche personnelle de quête de sens, en dehors de tout dogme politique ou religieux », explique-t‑elle.

C’est par le truchement de son mari que Mireille, une avocate béninoise de 44 ans, a découvert la maçonnerie. Il avait été initié avant elle. Elle a côtoyé ses frères et s’est laissé prendre au jeu, rejoignant le Phare des amazones. Mais cette mère de deux enfants ne se sent pas prête à le faire savoir à son entourage. « Les miens ont une manière si péjorative d’aborder le sujet que toute discussion est stérile. Ils pensent que les maçons boivent du sang, dorment dans des cercueils et organisent des parties fines. »

Mystification intellectuelle

Ancien ministre des Finances sous Omar Bongo Ondimba, Charles Mba est l’un des rares Africains à avouer ouvertement son appartenance à la franc-maçonnerie. Pour ce Gabonais, l’histoire de cet ordre initiatique est tellement récente en Afrique qu’il est difficile de trouver des personnes à un niveau de responsabilité suffisant leur permettant d’en parler librement. Chez les hommes comme chez les femmes.

Et, à ses yeux, démystifier la franc-maçonnerie auprès des populations du continent relève de l’impossible, d’autant que l’inculture des intellectuels à ce propos est abyssale. « D’une manière générale, la maçonnerie africaine souffre d’un climat de mystification intellectuelle, insiste-t-il. D’un côté les maçons veulent duper les profanes, de l’autre, les profanes se laissent berner parce que ça les arrange. »

Le culte du secret des maçons pousse la société à les accabler, ajoute-t-il. « Pourquoi s’exposer alors qu’on sait que l’on ne sera pas compris ? rétorque de son côté Déborah, femme politique au Cameroun. Il y a des combats plus importants que celui pour cette acceptation. Le pays est religieux, et nul n’ignore la position de ses trois principales religions sur le sujet. »

C’est à Ginette Éboué, fille de Félix Éboué et véritable initiatrice de la franc-maçonnerie africaine, qu’elle doit d’avoir franchi le pas, contribuant à la création de la première loge camerounaise, le Fako Triangle de lumière. Aujourd’hui, elle se présente comme « une femme debout », avec des objectifs précis. Cette pionnière déplore en revanche que son pays ait échoué à créer des leviers de transmission. Toutes les « historiques » sont parties. Et les jeunes ne sont pas en position de recevoir, alors que son rêve serait de pouvoir leur transmettre ses connaissances.

Gabon superpolitisé

Elle cite en exemple le Congo, où la franc-maçonnerie a plutôt le vent en poupe et a su convaincre des personnalités telles que Claudine Munari ou Jocelyne Lissouba, mais surtout le Gabon, dont les loges féminines totalisent 160 sœurs (contre 100 au Cameroun), preuve que la maçonnerie s’y renouvelle et s’adapte au contexte moderne.

Mais ce chiffre s’explique aussi par la superpolitisation du pays. « Plutôt que de parler de promotion canapé, on pourrait même parler de promotion maçonnique », s’amuse Charles Mba. De l’aveu de plusieurs d’entre elles, les Gabonaises qui entrent en franc-maçonnerie sont plutôt des femmes ambitieuses, en quête de postes à responsabilités, qui ne cultivent pas nécessairement la valeur travail.

Leur pays n’en reste pas moins l’un des rares où les femmes parviennent au plus haut niveau de la hiérarchie maçonnique. Au moins une Gabonaise occupe le 32e grade (sur 33) de l’ordre, qui plus est dans une loge mixte. Parmi les « historiques » connues figurent Paulette Missambo, proche de Jean Ping, la ministre Denise Mekam’ne et Henriette Ndiaye.

Le « manque d’enthousiasme » des Ivoiriennes

Dans le pays d’Alassane Ouattara, femmes politiques, chefs d’entreprise et mères au foyer sont sœurs de lumière au sein du Droit humain Côte d’Ivoire (une émanation du Grand Orient), lequel fait partie d’une fédération de sept pays africains. Emmanuelle, une avocate de 36 ans, assure que les femmes y sont plus nombreuses que les hommes, sans pouvoir communiquer de chiffres.

Quant au Grand Orient d’Abidjan, il accueille la gent féminine en son sein depuis quatre ans. Bien qu’elle soit non mixte, la Grande Loge de Côte d’Ivoire (GLCI) semble elle compenser en conviant régulièrement à dîner les épouses de ses membres.

En Côte d’Ivoire comme au Cameroun, on reproche aussi souvent à la franc-maçonnerie féminine son côté élitiste et les connivences qu’elle entretient

Ex-grand maître de la GLCI, le regretté Clotaire Magloire Coffie organisait de mémorables rencontres entre les familles dans un restaurant situé sur la route de Grand-Bassam, près d’Abidjan. La Grande Loge féminine de France dit vouloir bientôt rouvrir une loge dans le pays. Mais elle devra composer avec un manque d’enthousiasme des Ivoiriennes.

Celui-ci serait lié au souvenir de la répression contre les francs-maçons ordonnée par Houphouët-Boigny au début des années 1960, mais aussi avec le regain de spiritualité observé dans le pays, en particulier chez les musulmanes. « Difficile d’imaginer une musulmane dioula nous rejoindre, affirme ce frère établi à Paris. Et ce n’est pas non plus chez les Akans, fervents catholiques, qu’elles seraient légion. »

Retour à l’école

En Côte d’Ivoire comme au Cameroun, on reproche aussi souvent à la franc-maçonnerie féminine son côté élitiste et les connivences qu’elle entretient. « Pourtant, l’espoir d’étoffer son réseau est un leurre. Ce n’est pas parce qu’un chômeur est franc-maçon qu’on va créer un poste sur mesure pour lui », insiste Flore Edith Mongue Din.

Deux nouvelles obédiences devraient y voir le jour en 2019, au Congo-Brazzaville et au Bénin

En général, les femmes qui cherchent un tremplin ne restent pas. « Elles jettent l’éponge dès l’instant où il faut se mettre au travail », ironise Mireille. Elle entend encore cette danseuse de 35 ans, qui pourtant avait franchi toutes les étapes de la sélection, lui confier qu’« [elle] avait la désagréable sensation d’être retournée à l’école. »

Les adhérentes se réunissent au moins deux fois par mois, et un planning annuel définit le nombre de planches à présenter. La procédure d’admission dure entre six et douze mois. Les candidates passent des séries d’entretiens pour vérifier qu’elles sont vraiment « libres, avec de bonnes mœurs »… Des critères sélectifs qui ne freinent pourtant pas la montée en puissance de la franc-maçonnerie féminine sur le continent. Deux nouvelles obédiences devraient y voir le jour en 2019, au Congo-Brazzaville et au Bénin, une autre terre historique pour les frères et les sœurs en Afrique.

Influence française

Présente au Togo dès 1981, la Grande Loge féminine de France a depuis essaimé sur le continent. Elle compte désormais deux loges au Togo, trois au Cameroun et au Gabon, deux au Bénin, une au Sénégal, au Congo et au Maroc, et compte bien continuer son expansion.

Motus et bouches cousues

Quand nous l’avions rencontrée en décembre dernier, la GLFC s’était dite ravie de participer à une entreprise de démystification de la franc-maçonnerie sur le continent à travers notre hebdomadaire. Puis elle a changé de discours, essayant d’empêcher la publication de notre reportage. Son argument ? Trop jeune, la GLFC n’avait pas de bilan à nous présenter. Nous n’en avions pas demandé. Résultat, les personnes que nous avons interrogées ont toutes fini par demander l’anonymat.

Jeuneafrique.com par – envoyée spéciale à Douala

« Monsieur Mabanckou, vous détournez l’objet de la francophonie pour un combat personnel »

février 4, 2018

 

Le doctorant Bertrand Ollivier déplore le refus de l’écrivain de participer aux travaux sur la langue française

L’écrivain franco-congolais Alain Mabanckou, à Paris, le 6 juillet 2015. Crédits : JOËL SAGET/AFP

Tribune. Cher Monsieur Mabanckou, vous détournez l’objet de la francophonie pour un combat personnel. En amoureux des mots, d’où qu’ils viennent, et en admirateur de votre prose, j’ai sincèrement regretté que vous refusiez de participer aux travaux de réflexion sur la langue française auxquels le président Macron vous avait invité. Je l’ai d’autant plus regretté que je vous suis un fidèle lecteur et que je partage un grand nombre de vos opinions.

Alors, certes, c’est votre droit le plus entier. Mais laissez-moi déplorer que vous n’ayez pas daigné quitter votre soleil californien pour faire valoir vos pensées et vos réflexions de manière plus étayée, en terre francophone, au service du riche et fort estimable débat que vous auriez pu initier à cette occasion.

Pour justifier votre décision, dans la lettre ouverte à Emmanuel Macron publiée le 15 janvier sur le site de L’Obs, vous accusez insidieusement le président français d’observer un silence complice vis-à-vis des manquements aux rappels démocratiques que se devrait de formuler l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) à l’encontre de quelques pays africains. Vous reprochez en quelque sorte à un jeune président élu de ne pas s’immiscer dans la conduite des décisions d’une organisation internationale indépendante forte de 84 Etats membres. N’est-ce pas, pourtant, ce que les farouches dénonciateurs de la Françafrique attendent ? Vous-même indiquez que « la Francophonie est malheureusement encore perçue comme la continuation de la politique étrangère de la France dans ses anciennes colonies ».

Trouver un consensus

Vos propos sont la dernière preuve, s’il en était besoin, que le président français – qu’il s’exprime dans un cadre bilatéral ou sous couvert du multilatéralisme de la francophonie – ne dispose que d’une très faible marge de critique avant de se voir affublé d’une étiquette néocoloniale qui nuirait à l’ensemble de ses rapports avec les pays d’Afrique et, par ricochet, à la langue française, celle-là même que vous portez si haut. Vous mettez également en cause les accointances de la Francophonie institutionnelle avec quelques despotes africains.

De la sorte, vous mésestimez les avancées en matière de démocratisation des régimes depuis la signature des déclarations de Bamako (2000) et de Saint-Boniface (2006). Certes, les progrès sont lents, trop lents, comme toujours avec les organisations intergouvernementales. Mais comment ne pourraient-ils pas l’être lorsqu’il s’agit de trouver un consensus commun en matière démocratique entre le Canada, la République démocratique du Congo, le Cambodge et des dizaines d’Etat aux cultures antagonistes dans le respect de leurs souverainetés propres ?

Paradoxalement, vos propos prêtent à l’OIF des pouvoirs et une influence dont, par nature, elle ne dispose pas. En revanche, ils soulèvent bien la question lancinante des limites de l’universalité pour une telle organisation. Au nom de la langue française, vous appelez le président Macron à lancer des appels à la liberté aux jeunes Africains. Mais la France, éprise de son universalisme, drapée dans le linceul de sa liberté, forte de son arrogance, n’a que trop cherché à diffuser ses valeurs au sein de pays n’ayant ni son histoire, ni sa culture, ni ses ressources, au nom de principes moraux qu’elle qualifiait d’intangibles.

A l’heure où des exemples récents nous montrent que de simples changements de dirigeants ne constituent en rien la garantie d’une démocratisation des régimes, comment le président Macron pourrait-il se hasarder à lancer des appels aveugles au changement de régime qui pourrait avoir un arrière-goût d’anarchie, ou pire, comme en Libye ? Ces changements de régime, qui s’imposent de toute évidence dans certains pays, doivent résulter de mouvements populaires et massifs, à l’instar de celui qui a chassé Blaise Compaoré du pouvoir burkinabé en 2014, et en aucun cas d’appels extérieurs.

Un levier du multilinguisme

Mais vous me conduisez, Monsieur Mabanckou, sur des terrains glissants j’en conviens. Je voulais simplement vous parler de la langue française. En usant d’un prétexte politique pour refuser de contribuer aux réflexions engagées, vous détournez l’objet même de la francophonie – celui de notre langue dont il nous faut repenser le lien – pour un combat personnel à l’égard de quelques potentats que le temps et les sociétés civiles se chargeront de remplacer bien plus vite que ne pourraient le faire quelques valeureux communiqués de la Francophonie ou de l’Elysée.

Pourquoi ne pas tenter de dépassionner les débats politiques autour de cette langue. Certes, j’entends Alexandre Najjar lorsqu’il dit que « le culturel devient fatalement politique », mais tâchons collectivement de faire du français l’arène d’un dialogue interculturel apaisé, un contrepoids face à la globalisation dévorante, un levier du multilinguisme, un outil de compréhension des cultures africaines, arabes, berbères, nord-américaines, océaniques et européennes. Etendons l’art de la palabre en Europe et développons la parenté à plaisanterie dans le Maghreb. Comme le dit Leïla Sebbar, « une famille politique, c’est quoi, lorsque la famille naturelle, côté père, côté mère, est à ce point oubliée dans la parole quotidienne ? ». Le quotidien francophone, ses usages et ses expressions, ses pratiques et ses évolutions à travers les cinq continents, voilà la source d’un projet francophone porteur auquel vous pourriez insuffler mille idées.

Il est certes fort louable que votre décision s’inscrive en solidarité avec les jeunesses de pays africains en mal d’élections. Mais, malheureusement, en agissant ainsi, c’est l’ensemble de la communauté francophone mondiale que vous privez de vos lumières. C’est la place du précieux fil noir qui relie le roman francophone à ses histoires et racines multiples que vous amenuisez. C’est la parole de tous ces formidables auteurs nés hors de France, injustement méconnus, que vous n’amplifiez pas. C’est, finalement, cet imaginaire monde dont vous parlez, si vaste, si riche, fertile terrain de la nécessaire fusion des univers littéraires francophone et français, que vous refusez de partager. Indubitablement, vous manquerez à ces réflexions. Je vous prie de croire, cher Monsieur Mabanckou, en mes considérations les plus respectueuses.

Lemonde.fr par Bertrand Ollivier est doctorant au Centre Thucydide de l’université Paris-II Panthéon-Assas