Archive for the ‘Culture’ Category

Congo-Pépinière à projets : Julles Ferry Quevin Moussoki Mitchum à Beyrouth

septembre 28, 2021

Le conteur congolais fait partie des dix-huit artistes comédiens, metteurs en scène, auteurs, scénographes, concepteurs sonores bénéficiaires de la bourse Focuna, une bourse de création. Il participe, à partir de ce 28 septembre jusqu’au 10 octobre, à un laboratoire de création artistique dans la région de Hammana, au Liban.

 

L’artiste Julles Ferry Moussoki/ DR

La participation de Jules Ferry Quevin Moussoki au projet fait suite à un appel à candidatures lancé par le Focuna, en collaboration avec Theater federatioun,  soutenu par l’Organisation internationale de la francophonie et l’espace Tiné. Durant deux semaines, le médaillé d’or en contes et les autres artistes choisis par les différents membres de la Commission internationale du théâtre francophone (CITF) vont prendre part à des échanges tant dans des cadres formels qu’informels, avec des artistes et des professionnels de la scène d’autres provenances. Ils rencontreront le public au terme de ces ateliers.

L’artiste assistera aussi à des spectacles programmés par Hammana Artist House (HAH) et des théâtres partenaires à Beyrouth. La pépinière à projets est organisée par la CITF, HAH et Valérie Cachard, artiste indépendante et co-présidente de la CITF.

Le projet pépinière a pour multiples objectifs : susciter le désir de développer des collaborations artistiques et des projets de coproduction théâtrale entre des artistes de la francophonie, contribuer à l’avancement de la pratique théâtrale grâce à des rencontres entre des artistes de la francophonie œuvrant en théâtre et en musique, susciter un échange sur les pratiques respectives de chacun et le partage des connaissances.

Ce projet a aussi entre autres objectifs, favoriser une meilleure connaissance de la création théâtrale libanaise dans toutes ses formes et dans toutes ses langues et du secteur culturel en général au Liban; favoriser une meilleure connaissance des conditions de travail et de production théâtrale dans un pays dit « du sud »; favoriser une meilleure connaissance et un rapprochement entre des artistes du Canada, d’Europe, d’Afrique et des pays du Levant; se retrouver pour pratiquer son métier de manière collective après une période d’instabilité…

Le conteur Julles Ferry Moussoki est directeur artistique du Festival international des rencontres itinérantes des arts de la parole et du langage à Brazzaville, médaillé d’or en contes et conteur aux huitièmes Jeux de la francophonie en 2017. Il participe à plusieurs festivals.

Avec Adiac-Congo par Rosalie Bindika

« Gazelle Théorie » : un manifeste féministe pour « libérer la parole en arabe »

septembre 25, 2021
Manifestantes féministes lors de la célébration de la Journée nationale de la femme à Tunis, le 13 août 2018.

Quinze ans après la parution de « King Kong Théorie » de Virginie Despentes, l’auteure franco-tunisienne Inès Orchani livre son propre manifeste féministe, résolument tourné vers l’Afrique. Entretien.

« De l’insulte “nègre” Césaire a fait la “négritude”. Du “gazellage” je m’apprête à faire Gazelle Théorie », annonce d’emblée Inès Orchani. Dans un essai où l’arabe se mêle au français, cette romancière, poétesse et traductrice franco-tunisienne déconstruit méticuleusement la métaphore qui compare depuis des siècles la femme à l’animal des steppes pour nourrir un imaginaire sexuel.

De Tunis, où elle est née en 1976, à Paris, où elle est venue étudier à l’âge de 18 ans et où elle enseigne la littérature comparée à la Sorbonne Nouvelle, elle observe les croyances et les injonctions qui pèsent sur les femmes – mais aussi sur les hommes. Un manifeste pour une société non-genrée, émancipée des rapports de force.

Dans un style parfois lyrique et toujours libérateur, sur un registre aussi intime qu’universel, Inès Orchani lève les tabous qui entourent la maternité, les mutilations génitales, les règles ou encore la nuit de noces. Donnant matière à réfléchir, et l’élan pour s’affranchir. Rencontre au cimetière parisien du Montparnasse, au pied de la tombe de Simone de Beauvoir, non loin de celles de Marguerite Duras et de la philosophe Sarah Kofman, avec celle qui s’est donné pour mission, il y a vingt ans, de traduire en français leurs consœurs arabes, May Ziadé et Nawal Saawadi.

Jeune Afrique : Le titre de votre livre fait référence à King Kong Théorie de l’écrivaine française Virginie Despentes. À son sujet, et au sujet de Bourdieu, vous dites que vous écrivez « à partir d’eux, mais non loin ». Qu’est-ce que cela signifie ?

Inès Orchani : J’ai un problème avec la notion de filiation, même en littérature. Je préfère l’idée d’auteurs qui seraient comme des îles qui communiqueraient entre elles. Et j’ai énormément de respect pour Virginie Despentes, je ne suis pas sûre qu’elle voudrait qu’on la considère comme la mère d’un nouveau féminisme. Je pense aussi que Bourdieu se voyait plus comme un éclaireur que comme un père spirituel ayant des disciples.

C’EST COMME SI, À LA MÉNOPAUSE, LES FEMMES ACQUÉRAIENT UNE PUISSANCE QUI ÉTAIT JUSQUE-LÀ CELLE DES HOMMES

Quelles sont les féministes africaines qui vous ont inspirée ?

L’une des premières que j’ai rencontrée est Mariama Bâ, quand j’avais une quinzaine d’années. Elle m’a emmenée vers d’autres féministes masculins, et notamment, au moment où je quittais la Tunisie pour la France, vers Cheikh Hamidou Kane, qui repense le rapport entre identité, genre et religion dans L’Aventure ambiguë. Je suis encore à ce croisement vingt-cinq ans plus tard. Est-on femme de la même façon dans les différentes cultures ?

Quels troubles naissent dans le genre quand on en a deux ? Et quand j’ai enfin lu des féministes femmes arabophones, dont May Ziadé et Nawal Saadawi, cela a été une expérience de perfection : tout d’un coup, cette langue arabe qui était pour moi celle de la religion, et donc celle des hommes, disait la liberté, et celle-ci était dite par des femmes. La langue était manipulée comme je ne l’avais jamais entendue.

L’auteure Inès Orchani, le 2 septembre 2021, au cimetière du Montparnasse, à Paris
Sydonie Ghayeb pour JA

Vous avez observé qu’à Paris, les femmes se désespèrent d’avoir 50 ans, mais qu’à Tunis, on s’en réjouit. Pourquoi cette différence ?

À la ménopause, les femmes tunisiennes sont débarrassées d’un certain nombre d’injonctions : « sois belle, maquille-toi, procrée ». C’est comme si elles envoyaient balader tout ça, soit parce qu’elles ont rempli une partie du contrat social, elles ont eu des enfants, soit elles ne l’ont pas rempli mais elles ne sont plus en âge de le faire. C’est comme si elles acquéraient une puissance qui était jusque-là celle des hommes. Nawal Saadawi dit même qu’à partir de ce moment-là, elle s’est vue l’égale absolue des hommes. Elle a pu par exemple manifester place Tahrir, en Égypte, sans avoir peur des hommes, parce qu’elle n’était plus un objet féminin.

Dans ce livre, vous remettez en question beaucoup de tabous qui entourent les règles, les mutilations génitales, la nuit de noces ou encore l’accouchement. Est-ce plus stigmatisant d’en parler en Afrique et dans le monde arabe qu’ailleurs ?

Je ne crois pas, j’ai même l’impression qu’un féminisme-monde émerge depuis deux ou trois ans. Que les féminismes communiquent. Ce qui a été plus difficile, c’est de parler de ces sujets en arabe, d’aller chercher les mots pour dire « vulve », « clitoris ». Ils existent mais ils sont souvent imagés. Et ils ne s’écrivent pas, ils se chuchotent…  Le défi était de pouvoir parler aussi librement en français et en arabe. Je ne voulais pas libérer ma parole que dans une seule langue.

TOUTE PRISE DE POUVOIR QUI N’EST PAS DISCUTÉE, RÉGULIÈREMENT REMISE EN QUESTION, ME PARAÎT DANGEREUSE

Ce féminisme-monde n’est-il pas compromis par les oppositions entre différents courants, qui semblent parfois irréconciliables ?

J’ai été marquée par une manifestation des Femen à Tunis. Les féministes tunisiennes focalisaient sur leurs seins nus, disaient : « C’est une honte ». Je me suis interrogée : « Comment des femmes si libres peuvent se concentrer sur cet aspect ? » Et par ailleurs, il m’a semblé que parfois quand une femme voilée prend la parole en France, on ne voit que son voile et elle devient inaudible. Pour l’instant, je ne cherche pas à réconcilier ces deux féminismes mais je voudrais qu’ils comprennent pourquoi ils n’arrivent pas à dialoguer. Si l’on doit être en désaccord, il faut au moins savoir pourquoi, pour qu’il n’y ait pas de malentendus.

Vous écrivez : « nous, femmes arabes, symbolisons tous les opprimés au nom du patriarcat ». C’est-à-dire, plus que les autres femmes ?

En réalité, j’écris cela simplement d’où je parle. Je pense que Simone de Beauvoir, petite bourgeoise du XIVe arrondissement de Paris, a aussi eu des souffrances. Mais parfois je m’exprime de façon plus lyrique, plus spontanée. Je crois que j’ai voulu me donner du courage. Qui suis-je pour parler au nom de ces femmes-là ? J’ai alors pensé à Césaire, il n’était pas né en Afrique et pourtant il a parlé de négritude, il s’est approprié une expérience du monde qu’il a chanté dans Cahier d’un retour au pays natal et je me suis dit que j’allais me mettre dans cette énergie et me donner le droit de me dire que je représente les femmes arabes.

Pour vous, le patriarcat est une convention. Il serait arrivé « par accident ». Est-ce que le pouvoir aurait pu échoir dans les mains des femmes ?

Oui, d’ailleurs des cultures matriarcales ont sans doute déjà existé dans l’histoire. Selon les archéologues, les premières déesses étaient féminines et il y avait un culte de l’utérus dans les grottes préhistoriques. Mais toute prise de pouvoir qui n’est pas discutée, régulièrement remise en question, me paraît dangereuse. Ce que j’essaye de faire avec Gazelle Théorie, ce n’est pas de renverser le patriarcat pour installer un matriarcat. Je suis pour une neutralisation des rapports de force, je ne veux plus que l’un ait de l’emprise sur l’autre. Tout le monde y gagnerait, y compris les patriarches.

Avec Jeune Afrique par Julie Gonnet

Dernier regard sur mon corps

septembre 23, 2021

Mon corps inerte amas de glace

Sur lequel ont poussé des ronces

Devenu objet de curiosité amis

Sujet de dispute de mes ennemis

Mon corps source de convoitise

Allongé dans l’institut de la bêtise

Hante, dérange et ronge la conscience

De tous ceux qui manquent de sagesse

Mon corps controverse honteuse

D’une mort à la semence douteuse

Attend la juste décision de vérité

Sous l’œil vigilant des éprouvés

Bernard NKOUNKOU BOUESSO

IXe Jeux de la francophonie : participation incertaine de la RDC

septembre 22, 2021

La liste des présélectionnés au volet culturel de l’événement tarde à être transmise au comité international faute de paiement des membres du jury

Le dossier de la participation culturelle de la République démocratique du Congo (RDC) aux IXes Jeux de la francophonie s’enlise, au point de susciter des inquiétudes dans le chef des opérateurs culturels. Les récents changements opérés à la tête du ministère de la Culture semblent avoir définitivement annihilé les chances du pays hôte à présenter un dossier conforme dans le délai. Les minutes s’égrainent et le dossier transmis au ministère de tutelle par le comité chargé de la préparation culturelle de la RDC à ces jeux ne connaît aucune avancée significative.

A quelques jours de la fin du délai imparti pour le dépôt des dossiers des présélectionnés, les jurys des différentes épreuves culturelles peinent à siéger faute de moyens. Le budget prévu pour la participation culturelle de la RDC, notamment la présélection des artistes devant représenter le pays n’a jamais été débloqué. Pire encore, aucune rencontre officielle n’a jamais été organisée entre la ministre et le comité chargé de ladite préparation dans un contexte où l’ancien secrétaire général de la Culture, Zapé Kayembe, a été démis de ses fonctions. Il avait en charge la gestion quotidienne du dossier au moment où le gouvernement Ilunkamba était réputé démissionnaire.

Le double changement opéré au ministère de la Culture, c’est-à-dire au cabinet ministériel et au secrétariat général, peut justifier la léthargie qui caractérise le dossier francophonie dans son volet culturel. D’où le cri d’alarme de l’association à but non lucratif Artiste en danger, lancé à la ministre de la Culture, Arts et Patrimoines dans une lettre lui adressée récemment. « Malheureusement, d’après les informations à notre possession, la RDC n’a pas encore envoyé la liste des présélectionnés du côté culturel, alors qu’il reste moins de deux semaines pour que le Comité international clôture cette partie », a relevé Langu Masima Tsaka Kongo, coordonnateur principal de l’association.

Le silence observé dans le chef de la ministre de la Culture et du comité en charge de la participation culturelle de la RDC aux prochains jeux de la francophonie renforce l’inquiétude dans les milieux culturels, surtout parmi les artistes ayant pris part aux épreuves qualificatives. Cela risque de compromettre la participation du pays hôte aux concours culturels. De plus en plus, les espoirs suscités par le lancement des présélections culturelles, en mars dernier, s’estompent et le désarroi gagne les esprits. « …nous sollicitons votre implication afin que notre pays ne donne une piètre image… », a écrit Tsaka Kongo.                          

Le Comité international des Jeux de la francophonie fixe plusieurs étapes avant d’avoir les Léopards pour les jeux, dans la partie culturelle dont principalement les présélections (étape en cours) et la préparation des sélectionnés. Cette deuxième phase nécessitera également un accompagnement efficace afin d’atteindre l’un des objectifs majeurs du ministère de la Culture qui consiste à obtenir un minimum de six médailles d’or sur les onze épreuves culturelles enregistrées.

En sa qualité de pays organisateur, la RDC s’est inscrite dans l’ensemble des épreuves culturelles (onze) prévues aux IXes Jeux de la francophonie. Il s’agit du hip hop, marionnette géante, jonglerie avec ballon, peinture, sculpture-installation, photographie, chanson, contes et conteurs, danse de création, littérature nouvelle et création numérique.

Avec Adiac-Congo par Jeannot Kayuba

Congo: Décès de l’artiste musicien Jacques Koyo

septembre 21, 2021

 »La nouvelle vient de tomber Chairman Jacques Koyo, artiste musicien de renom est décédé.

Connu particulièrement grâce à sa dance « ENGONDZA » vient de rendre l’âme  ».

Chairman: repose en paix !

Avec Brazzanews

Musique: Werrason interdit de se produire à Paris par crainte de violences

septembre 21, 2021

Le concert de l’artiste congolais, prévu samedi dans la capitale française, a été interdit par les autorités, qui craignent des troubles graves à l’ordre public entre les opposants au régime de Kinshasa et les spectateurs.

« Ce concert s’inscrit dans un contexte politique particulièrement tendu et violent entre partisans et opposants au régime en place », a indiqué le préfet de police Didier Lallement, dans un arrêté publié lundi.

Selon les autorités, le concert suscite « une mobilisation croissante chez les opposants radicaux congolais de la diaspora installés en France » car Werrason est « considéré comme proche » de l’ancien président, Joseph Kabila, et de son successeur, Félix Tshisekedi.

Par ailleurs, le préfet a rappelé que l’artiste, l’un des plus populaires en République démocratique du Congo, avait déjà dû annuler deux concerts à Paris en 2011 « face aux menaces de troubles ». 

En février 2020, de violents incidents ont eu lieu en marge du concert à Paris de la star congolaise, Fally Ipupa, et la tension était encore vive entre les supporters du chanteur de rumba, considéré comme proche du pouvoir et les opposants politiques congolais. Le chanteur avait dû renoncer à son dernier concert prévu dans la salle parisienne de l’Olympia en 2017, déjà par crainte de débordements.

Avec AFP

Congo : Fann Attiki, du slam à la satire politique

septembre 21, 2021

Fann Attiki, 29 ans, vient de publier son premier roman « Cave 72 », paru le 1er septembre aux éditions JC Lattès.

Ce jeune espoir originaire de Pointe-Noire a remporté le prix littéraire Voix d’Afriques pour « Cave 72 ». Un premier roman corrosif et enlevé pour un slameur engagé.

« J’ai voulu écrire une longue blague ». Tels ont été les premiers mots de Fann Attiki pour présenter son roman Cave 72 lors de la réception donnée en son honneur par les organisateurs du prix Voix d’Afriques. L’écrivain et slammeur congolais né en 1992 à Pointe-Noire est le deuxième lauréat du prix lancé par les éditions Jean-Claude Lattès et RFI, en partenariat avec la Cité internationale des arts. Son manuscrit s’est distingué parmi 350 écrits par des auteurs de moins de trente ans jamais publiés et résidant en Afrique. Le jury était présidé par l’écrivain franco-djiboutien Abdourahman Waberi.

Mécanique de l’absurde

On rit en effet beaucoup en lisant Cave 72. Le sens de la formule, le comique de situation et la mécanique de l’absurde dynamitent la narration. Portés par l’enthousiasme de leur jeunesse et des verres d’alcool généreusement offerts par leur mentor Black Mic-Mac, Didi, Ferdinand et Verdass ont pour habitude de refaire le monde dans la Cave 72. Ce débit de boisson qui occupe le trottoir est tenu par Maman Nationale.

La self-made-woman n’en est pas moins attendrie par l’intelligence et la créativité des trois bons vivants, qui ont arrêté leurs études pour fuir le conditionnement scolaire et le conformisme professionnel. Mais Black Mic-Mac meurt et voilà les trois jouisseurs accusés d’être membres d’un complot international visant à renverser le régime du Guide providentiel.

JE ME SUIS SERVI DE CE QUE JE CONNAIS, L’HISTOIRE DE MON PRÉSIDENT, CEPENDANT IL NE S’AGIT PAS QUE DE LUI

Si la ville et l’histoire du pays désignent le Congo, Fann Attiki précise : « Le Guide providentiel est l’ensemble de plusieurs dictateurs. Il est vrai que ce roman se construit dans une zone géographique qui est l’Afrique centrale et plus précisément le Congo, mais c’est un roman qui s’ouvre à l’universel. Je me suis servi de ce que je connais, l’histoire de mon président, cependant il ne s’agit pas que de lui. Denis Sassou Nguesso ne présente pas les traits psychologiques de mon personnage, il est plus calme. »

« Cave 72 » de Fann Attiki, éditions Jean-Claude Lattès, 256 pages, 19 euros.

L’humour est au service d’une satire grinçante. Des grains de sable viennent s’immiscer dans l’engrenage mis en branle par les faiseurs de complots. Plutôt que de se salir les mains, ils passent par des exécuteurs des basses œuvres qui jouent de malchance, de maladresse et de bêtise. Consacrant plus de temps à cacher la poussière sous le tapis de leurs erreurs plutôt que de s’attaquer aux racines des maux du peuple, les apprentis-sorciers échafaudent des plans menant invariablement à l’échec.

Dimension politique

Au-delà de l’efficacité du dispositif, la fable présente une dimension politique : « J’en avais besoin comme décor, pour implanter mes personnages et pour donner un sens à toute ma trame. Si ce roman en avait été exempté, je ne pense pas qu’il aurait la même force. »

CEUX QUI SUBISSENT UNE RÉPRESSION MAIS PARVIENNENT À TROUVER LA JOIE DE VIVRE VONT SE RECONNAÎTRE

Le Pouvoir au Peuple, c’est le nom du mouvement auquel sont accusés d’appartenir Verdass, Ferdinand et Didi et qui fait écho avec le parti pris du roman : « On ne doit pas se tromper, mon roman se fonde surtout sur la force des peuples d’Afrique symbolisés par le peuple congolais. Ceux qui subissent une répression mais qui parviennent malgré tout à trouver la joie de vivre vont se reconnaître. »

Et Fann Attiki de préciser : « Des pauvres sont arrêtés alors qu’ils s’expriment au nom du peuple en pointant ce qui ne va pas. Ils ne veulent que le bien de leur pays et cherchent à faire comprendre au dictateur que cela ne marche pas. Ils lui donnent la possibilité de se corriger, de s’améliorer. Mais quand on a un ego démesuré, on ne parvient pas à entendre. En considérant la réalité comme un affront, on s’arrange pour faire taire ceux qui ont la capacité de dire les choses. C’est présent dans à peu près tous les pays d’Afrique. »

Slameur engagé

La force de la jeunesse, on la retrouve dans l’action de Fann Attiki, lui-même engagé dans un mouvement citoyen : « Je travaille avec un groupe qui s’appelle Ras-le-bol. Pas pour des raisons politiques mais pour des raisons éducatives. J’anime des ateliers de slam pour les enfants. On revisite le droit des enfants, le droit humain. Il y a aussi un autre aspect qui me tient à cœur, l’engagement communautaire. Faire comprendre à ces enfants que l’arbre que nous plantons doit servir à la communauté, à l’entourage, au pays, et pourquoi pas au monde. Mon engagement consiste à m’assurer que la jeunesse pourra connaître des beaux jours, qu’elle pourra vivre dans un Congo débarrassé des corruptions, des tribalismes, des replis identitaires, de tout ce qu’on peut considérer comme négatif. Qu’il n’y aura plus de détournements de fonds, qu’il y aura une réelle démocratie. »

Fann Attiki enseigne le slam qu’il pratique. Son parcours ressemble à celui de ses personnages, qui poursuivent leurs rêves plutôt qu’un schéma professionnel tout tracé : « J’ai eu mon bac électrotechnique à l’âge de 16 ans, puis mon BTS en électronique et maintenance informatique, à l’issue duquel j’ai été obligé de travailler car la réalité – gagner de l’argent – s’est imposée à moi. J’ai travaillé dans une pharmacie en tant qu’électronicien et informaticien. Au bout de deux ans et demi, je me suis lassé et j’ai tout balancé. J’ai décidé de vivre de ce que j’aimais, de l’art, et précisément du slam. »

LA BOULIMIE DE LECTURE S’EST POURSUIVIE AVEC DES AUTEURS COMME TCHICAYA U TAM’SI, EMMANUEL DONGALA OU ALAIN MABANCKOU

De l’envie à la réalisation, il a fallu s’accrocher : « Au début, ça n’a pas été facile, mais à force de faire des petites prestations à gauche et à droite, j’ai fini par me faire remarquer. J’ai conquis un marché à Pointe-Noire, où on m’invitait régulièrement et où je gagnais ma vie grâce au slam. J’ai décidé de conquérir Brazzaville en 2016. Là aussi, les débuts ont été timides mais maintenant, je vis à part entière du slam et du théâtre. »

Flaubert, un choc littéraire

Avant ce cheminement, il y a eu un choc littéraire : « Tout est parti de Flaubert. À 17 ans, je suis tombé sur Trois contes, son œuvre posthume. J’ai lu le premier conte, “Un Cœur simple”, ça m’a vraiment plu, puis j’ai lu Légende de Saint Julien l’Hospitalier et Hérodias. J’étais vraiment bluffé par son écriture, la façon dont il décrivait les situations, son environnement, les émotions… Il réussissait à créer en moi une empathie pour les personnages. Je ressentais vraiment ses textes et je me suis dit “C’est ça, écrire”. J’ai cherché un autre de ses livres, Madame Bovary, et un tel chef-d’œuvre m’a totalement achevé. »

La boulimie de lecture s’est poursuivie avec des auteurs comme Prosper Mérimée, Tchicaya U Tam’si, Emmanuel Dongala, Alain Mabanckou… Et elle a suscité son désir de se frotter à la fiction : « J’avais déjà le slam, un premier médium pour m’exprimer, mais au fil du temps, j’ai fini par sentir que le slam ne suffisait plus, il fallait passer à autre chose. J’ai écrit beaucoup de nouvelles puis des monologues. J’ai réussi à initier la lecture de l’un d’eux, “Les derniers mots d’un affamé”. Ensuite, j’ai reçu pas mal de demandes, des gens m’ont demandé de le mettre en scène. Après les nouvelles et les monologues, je me suis dit qu’il était temps de m’essayer au roman. »

Ce qui a conduit Fann Attiki à écrire puis à présenter Cave 72 au prix Voix d’Afriques, avec le succès que l’on sait. Un prix qui porte bien son nom tant il fait découvrir un auteur dont le style imagé et incisif se met au service d’une satire politique corrosive. Un talent époustouflant s’est révélé et ce n’est pas une blague.

Avec Jeune Afrique par Mabrouck Rachedi

Prix des cinq continents de la francophonie : plus de cent romans soumis à la lecture

septembre 16, 2021

Le livre de Paule Baillargeon « Une mère suivi de trente tableaux » fait partie des ouvrages présentés à l’étape de lecture pour le concours du Prix des cinq continents dont la cérémonie de remise du prix se tiendra dans la semaine de la francophonie, qui sera célébrée le 20 mars 2022.

 

La couverture de l’ouvrage « Une mère suivi de trente tableaux »

Le prix est ouvert aux textes de fiction narratifs (roman, récit et recueil de nouvelles) publiés annuellement. Celui-ci accueille tout auteur d’expression française quelle que soit sa maturité littéraire. « Une mère suivi de trente tableaux » est une œuvre autobiographique de l’auteure dans laquelle elle raconte des moments forts de son existence. Ce livre est, en effet, le récit d’une relation douloureuse avec une femme difficile qui n’était pas disponible pour ses enfants. Une relation qui a terriblement marqué Paule, et qu’elle raconte dans son ouvrage dramatique. A travers ses trente tableaux s’entremêlent la colère et l’indignation.

En effet, Paule Baillargeon a grandi étouffée par une mère rigide; donc elle n’a pas bénéficié de l’affection maternelle. Elle a vécu dans son corps cet abandon maternel. Sa mère n’a jamais consacré son temps, ni son attention à son égard. Ce passé irrésolu gruge son corps comme une maladie. « Je n’ai aucun souvenir d’avoir été dans les bras de ma mère à aucun moment de ma vie. Elle faisait ce qu’il fallait : les repas, tenir la maison, etc. Mais elle ne nous voyait pas », a -t-elle fait savoir à la page 14 .

La méchanceté de sa mère la pousse à la détester mais, elle n’y arrive pas. « Mon problème, c’est que je voudrais détester pleinement ma mère, elle qui m’a fait tant de mal, et parfois j’y arrive vraiment, et alors cela me rend joyeuse et claire, comme le ciel bleu acier d’un hiver cinglant, je la déteste et c’est tout, je peux vivre ma vie. Mais ça ne dure jamais longtemps, toujours la culpabilité revient, et l’incertitude aussi, était-elle vraiment méchante ? », interroge-t-elle à la quatrième de couverture.

La sélection aura lieu le 21 octobre 2021. Les comités de lecture, composés de l’association Culture elongo (Brazzaville, Congo), le collectif d’écrivains de Lanaudière (Québec, Canada-Québec), l’association des écrivains du Sénégal (Dakar, Sénégal), l’association Passa Porta Fr (Bruxelles, Belgique) et l’association du Prix du Jeune écrivain (Muret, France) choisiront au cours d’une réunion les dix œuvres finalistes.

Le Prix des cinq continents de la Francophonie est un projet conçu et porté par l’Organisation internationale de la francophonie. Il permet de mettre en lumière des talents littéraires reflétant l’expression de la diversité culturelle et éditoriale en langue française sur les cinq continents et de les promouvoir sur la scène littéraire internationale comme auprès du grand public.

L’ecrivaine québécoise, Paule Baillargeon, est aussi actrice, cinéaste et peintre. Elle est auteure de plusieurs ouvrages.

Avec Adiac-Congo par Rosalie Bindika

Anthologie Bilingue sur la Nature – Bilingual Anthology on the Nature (Foragora Yikadio International–FYI)

septembre 13, 2021

BILINGUAL ANTHOLOGY ON THE NATURE

(English and French)

GREEN WORLD :

L’humain et la Planète Terre

FORAGORA YIKADIO INTERNATIONAL – FYI

Argument

The life of every man often depends on his environment: family, human and ecological. And each imprint of life leaves a mark in the daily life of this man.

Today the ecological struggle is great and endless. Many voices rise and agree that Planet Earth is sick. She needs the care of all humans to green up and breathe without blockage.

How are humans going to give the planet back its health, its beauty, its purity, its green flamboyance? How can humans preserve the forests of the Amazon, the Congo Basin, and the rest of the world? How can humans work together for tangible, beneficial and lasting results for all?

Open to the eyes of the worlds, the planet sighs, sweats, and moans to see its mistreated ozone layer, its rivers, springs, rivers, and oceans soiled by waste of all kinds such as oil spills, plastic waste, wrecks shipwrecks … How then to defuse the fires that keep burning it, the droughts that keep burning it, the earthquakes that keep moving and tearing it apart, the floods that keep drowning it, the factories which do not cease polluting it, the abusive cuts which ceaselessly strip it and the weapons of massive destruction which ceaselessly plunder and disturb its tranquility?

Planet Earth is in pain and the world is surprised at global warming which is disrupting the habits of human life and slowly killing beautiful nature. How to remedy the poaching of its fauna, protect its rarest species? The field of questions remains.

Planet Earth is the most beautiful book that man can browse at his own pace and at his ease, but if we continually desecrate it how will it return all its benefits to us? How do we read this divinely gifted book now? Today, what do our eyes say when contemplating this nature, in times of war, rain, storm or thunderstorm? How do we understand this beautiful nature that man begins to devastate in a systematic way?

However, it is not too late to do well, which is why, like bees, let’s put our intelligence and talents together to try to find a solution to the thousand evils that plague Planet Earth.

Painters can offer us paintings according to their inspiration.

With tales, short stories, reflections, poems, let’s express our “Green Heart” in the number of pages we want: 5-15 pages, but MAECB suggests 20 pages maximum.

A biographical note of fifteen lines will be necessary to accompany your texts.

We would be grateful if you could share the information around you. A text reading committee will be set up for a qualitative reading of the manuscripts.

Launched in August 2021, the opening of said pitch to a green world will end on December 31, 2021.

Written texts can be sent to the emails mentioned below :

FYI: foragorayikadio@gmail.com

CEO : sambalaug@yahoo.fr

General Secretary :  tsibinda@hotmail.com

Toronto on Aug 05, 2021

Marie Léontine Tsibinda Bilombo,

General secretary

FYI / Head Office

ANTHOLOGIE BILINGUE SUR LA NATURE

(Anglais et Français)

GREEN WORLD :

L’humain et la Planète Terre

FORAGORA YIKADIO INTERNATIONAL – FYI

Argumentaire

         La vie de tout homme dépend bien souvent de son environnement : familial, humain et écologique. Et chaque empreinte de vie laisse une trace dans le quotidien de cet homme.

Aujourd’hui le combat écologique est grand et infini. De nombreuses voix s’élèvent et s’accordent pour dire que la Planète Terre est malade. Elle a besoin des soins de tous les humains pour reverdir et respirer sans blocage.

         Comment les humains vont-ils rendre à la planète sa santé, sa beauté, sa pureté, sa verte flamboyance? Comment les humains peuvent-ils préserver les forêts de l’Amazone, du Bassin du Congo et du reste du monde? Comment des humains peuvent-ils travailler globalement pour des résultats palpables, bénéfiques et durables pour tous ?

         Ouverte aux regards des mondes, la planète soupire, transpire et gémit de voir sa couche d’ozone maltraitée, ses rivières, sources, fleuves et océans souillés, par des déchets de toutes sortes comme les marées noires, les déchets en plastique, les épaves des naufrages… Comment alors désamorcer les feux qui ne cessent de la brûler, les sècheresses qui ne cessent de la calciner, les tremblements de terre qui ne cessent de la remuer et déchirer, les inondations qui ne cessent de la noyer, les usines qui ne cessent de la polluer, les coupes abusives qui ne cessent de la dénuder et les armes de destructions massives qui ne cessent de piller et troubler sa quiétude ?

         La Planète Terre a mal et le monde s’étonne du réchauffement climatique qui perturbe les habitudes de la vie humaine et tue à petit feu la belle nature. Comment remédier au braconnage de sa faune, protéger ses espèces les plus rares ? Le champ des questions demeure.

         La Planète Terre est le livre le plus beau que l’homme peut parcourir à son rythme et à son aise, mais si nous le profanons sans cesse comment nous rendra-t-il tous ses bienfaits?  À l’heure actuelle comment lisons-nous ce livre à nous divinement offert?  Aujourd’hui, que disent nos yeux en contemplant cette nature, en temps de guerre, pluie, tempête ou orage? Comment comprenons-nous cette nature si belle et que l’homme se met à saccager de manière systématique ?

         Cependant, il n’est pas trop tard pour bien faire, c’est pourquoi, comme des abeilles, mettons ensemble nos intelligences et nos talents pour essayer de trouver une solution aux mille maux qui minent la Planète Terre.

Des peintres peuvent nous proposer des tableaux selon leur inspiration. Avec des contes, des nouvelles, des réflexions, des poèmes, exprimons notre « Cœur-Vert » dans le nombre de pages que nous désirons : 5-15 pages, mais MAECB suggère 20 pages maximum.

Une notice biographique de quinze lignes sera nécessaire pour accompagner vos textes. Nous vous serons reconnaissants de bien vouloir partager l’information autour de vous. Un comité de lecture de textes sera constitué pour une lecture qualitative des manuscrits.

Lancée en août 2021, l’ouverture dudit argumentaire sur un monde vert prendra fin le 31 décembre 2021.

Les textes rédigés peuvent être adressés aux courriels ci-dessous mentionnés :

foragorayikadio@gmail.com, l’Organisation

sambalaug@yahoo.fr;  le Président

tsibinda@hotmail.com; la Secrétaire générale

Toronto le 05 août 2021

Marie Léontine Tsibinda Bilombo,

Secrétaire générale

FYI/Siège social

Créé par Tshisekedi, le Grand prix panafricain de littérature en quête d’écrivains

septembre 13, 2021

Félix Tshisekedi est président de l’Union africaine depuis février 2021

À l’occasion de la présidence congolaise de l’Union africaine, Félix Tshisekedi a décidé de lancer un prix littéraire international, avec 30 000 dollars à la clé. Il est encore temps de participer…

Il est encore temps de participer : les organisateurs du tout nouveau Grand prix panafricain de littérature attendent les ouvrages jusqu’au 15 octobre 2021 ! Passé cette date, le comité de présélection composé d’universitaires congolais se réunira pour choisir les cinq titres qui seront soumis au « jury international », lequel se prononcera le 27 février 2021, en marge du sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine (UA), et remettra à son lauréat ou à sa lauréate la coquette somme de 30 000 dollars…

Pour cette première édition, le jury sera composé de Boubacar Boris Diop (Sénégal), Ananda Devi (Maurice), Abubakar Ibrahim (Nigéria), Abdourahman Waberi (Djibouti), Buthaina Khidir Mekki (Soudan), Fawzia Zouari (Tunisie), Julien Kilanga Musinde (RDC), Peter Kimani (Kenya), William Ndi (Cameroun) et Zukiswa Wanner (Afrique du Sud).

Ce grand prix panafricain, qui bénéficie d’une enveloppe budgétaire d’environ 200 000 dollars, est une initiative conduite par le président congolais Félix Tshisekedi à l’occasion de la présidence congolaise de l’Union africaine. Il s’agit de « considérer la culture, les arts et le patrimoine comme des leviers pour le développement de l’Afrique ».

Des textes en anglais ou en français

Sur le plan littéraire, les organisateurs attendent des livres publiés après le 1er janvier 2021, écrits par des Africains au sens large : vivant en Afrique ou appartenant aux diasporas. « Nous ne souhaitons fermer aucune porte », soutient le professeur Emmanuel Mateso Locha, membre du panel chargé d’accompagner la RDC à la présidence de l’Union africaine. Reste que sont pour l’instant exclus tous les livres publiés en langues locales, y compris le swahili, puisque ne sont sélectionnés que des textes publiés en anglais ou en français.

Les organisateurs soutiennent par ailleurs qu’aucun thème n’est imposé et qu’aucune censure ne sera exercée vis-à-vis du contenu… qui doit néanmoins, « dans toute la mesure du possible, refléter les valeurs consacrées par la charte de l’Union africaine telles que la solidarité, la cohabitation pacifique des peuples, l’émancipation et le rayonnement de l’Afrique ». Petit plus : le jury, en accord avec le comité organisateur, se réserve le droit d’accorder une mention spéciale dotée de 5 000 euros à « une ou plusieurs autres personnes physiques ou morales ».

Avec Jeune Afrique par Nicolas Michel