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Burkina: une trentaine de morts en deux jours, la violence jihadiste s’intensifie

janvier 31, 2023
Burkina: une trentaine de morts en deux jours, la violence jihadiste s'intensifie
La violence jihadiste s’intensifie au Burkina Faso© AFP/Archives/Olympia DE MAISMONT

Quinze civils enlevés retrouvés morts lundi dans l’ouest et une dizaine de membres des forces de sécurité tuées le même jour dans le nord: les violences de jihadistes présumés s’intensifient au Burkina Faso, qui entend les combattre principalement seul.

Les actions meurtrières des groupes liés à Al-Qaïda et à l’Etat islamique ont débuté en 2015, mais n’ont cessé de se multiplier ces derniers mois et sont en partie à l’origine de deux coups d’Etat au Burkina en 2022.

Lundi, c’est dans le sud-ouest du pays, près de la Côte d’Ivoire, que quinze personnes ont été retrouvées mortes après avoir été enlevées la veille par des jihadistes présumés.

Dimanche soir, deux minibus avaient été interceptés dans le village de Linguekoro par des hommes armés, selon le gouverneur de la région, le colonel Jean-Charles Somé.

Les passagers, huit hommes et seize femmes, « ont été débarqués » des véhicules, a-t-il dit dans un communiqué. Parmi eux, « huit femmes et un homme ont été libérés et enjoints de regagner à pied Mangodara », à 30 kilomètres de Linguekoro.

Les deux minibus « ont par la suite été incendiés et les autres passagers enlevés », selon le gouverneur. Les corps des victimes retrouvées lundi présentent « des impacts de balles », selon lui.

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté mardi matin à Mangodara pour protester contre « l’insécurité » et « l’impunité » après la découverte des quinze corps, selon des habitants joints par l’AFP.

A la mi-janvier, une soixantaine de femmes avaient été enlevées par des jihadistes présumés à Arbinda, dans le nord, avant d’être retrouvées quelques jours après.

Des gendarmes et Volontaires pour la défense de la patrie (VDP, supplétifs de l’armée) stationnés dans la localité de Falagountou dans la région du Sahel (nord), ont par ailleurs subi lundi après-midi « une attaque terroriste », selon l’armée. « Le bilan provisoire enregistré fait état de douze combattants tombés, dont deux VDP », selon l’état-major qui parle également d’un civil tué.

« Au moins cinq gendarmes ont été blessés et une dizaine d’autres », disparus, sont « toujours recherchés », précise l’armée en affirmant que, « côté ennemi, une quinzaine de corps de terroristes ont été retrouvés lors des opérations de ratissage qui sont toujours en cours ».

« Souveraineté »

Ces enlèvements et attaques attribuées aux jihadistes interviennent dix jours après la décision du gouvernement burkinabè d’exiger le départ des 400 soldats français de la force Sabre basée à Ouagadougou.

La décision du Burkina est motivée par « la volonté des autorités de la transition et de l’ensemble des Burkinabè, d’être les acteurs premiers de la reconquête de notre territoire », selon le porte-parole du gouvernement, Jean-Emmanuel Ouédraogo.

« Il ne s’agit pas de la fin des relations diplomatiques entre le Burkina Faso et la France« , ajoutait-il.

La France, ex-puissance coloniale au Burkina, y est désormais régulièrement contestée.

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi en soutien au pouvoir à Ouagadougou, où le départ des troupes françaises est accueilli comme un retour à la « souveraineté ».

Depuis son arrivée au pouvoir en septembre à la faveur d’un putsch, le deuxième en huit mois, le capitaine Ibrahim Traoré et son gouvernement ont manifesté leur volonté de diversifier leurs partenariats en matière de lutte contre le jihadisme.

Les nouvelles autorités ont ces dernières semaines engagé un rapprochement avec la Russie où le Premier ministre, Appolinaire Kyélem de Tembéla, s’est discrètement rendu en décembre. La Russie est « un choix de raison », selon lui.

Ces derniers développements rappellent le précédent du Mali voisin: l’été dernier, la junte au pouvoir à Bamako avait intimé aux forces françaises de quitter le pays après neuf ans de présence. Le Mali s’est dans le même temps rapproché de la Russie. De multiples sources rapportent que la junte a fait venir à partir de la fin 2021 le groupe paramilitaire russe Wagner, aux agissements décriés dans différents pays.

Le Burkina Faso, en particulier sa partie nord, est confronté depuis 2015 aux attaques de groupes jihadistes qui ont fait des milliers de morts et au moins deux millions de déplacés.

Avec Le Point par AFP

RDC: Arrivée du Pape François à Kinshasa

janvier 31, 2023
Avec KTO

Au Liberia, George Weah candidat à un second mandat

janvier 31, 2023

Arrivé au pouvoir en 2017, le chef de l’État a annoncé qu’il se présente à l’élection présidentielle d’octobre prochain.

L’opposition libérienne reproche à George Weah (ici en novembre 2021 à Paris) de n’avoir tenu que très peu de ses promesses de campagne. © Photo by Ludovic MARIN / AFP.

Il a promis un second « mandat riche d’opportunités, un mandat pour la transformation, un mandat pour le développement », mais aussi pour « la consolidation » des acquis. Le président du Liberia George Weah a annoncé le 30 janvier qu’il briguerait un deuxième mandat consécutif à la tête du pays lors de l’élection prévue en octobre.

« Mes chers concitoyens, je viendrai sous peu vers vous pour vous demander de renouveler […] pour la deuxième fois le mandat que vous m’avez accordé il y a six ans », a déclaré l’ancienne gloire du football dans un grand tumulte approbateur à la fin du discours annuel et solennel sur la situation du pays.

Très peu de promesses tenues

Dans ce discours qu’il est tenu par la Constitution de délivrer chaque année devant les chambres du Parlement, Weah, 56 ans, a défendu son bilan. « Permettez-moi de vous assurer que notre nation est forte, notre nation est stable, notre nation est pleine de vie […] notre nation est en paix et en sécurité, et nous entendons qu’elle le reste », a-t-il dit.

Seul Ballon d’or africain à ce jour et reconverti en politique après la fin de sa carrière sportive, Weah a été élu au second tour de la présidentielle de décembre 2017 et a pris ses fonctions en janvier de l’année suivante. L’ancienne star du foot du Milan AC et du PSG a accédé à la présidence en promettant de créer des emplois et d’investir dans l’éducation. De nombreux pauvres adulaient l’ancien gamin des bidonvilles devenu vedette planétaire, puis chef d’État.

Ses détracteurs lui reprochent de n’avoir tenu que très peu de ses promesses. Ils l’accusent d’être déconnecté des réalités de ses concitoyens qui se débattent entre hausse des prix et pénurie de produits comme le carburant et de services de première nécessité.

Absence prolongée pendant la Coupe du monde

George Weah reste en butte au soupçon de n’être pas à sa place à la tête de l’État. Dernièrement, il a été attaqué pour son absence prolongée en dehors du pays, une quarantaine de jours passés de conférences en sommets, mais aussi à la Coupe du monde de foot au Qatar où son fils défendait les couleurs des États-Unis.

La présidence a invoqué le bien-fondé de ces déplacements dans l’intérêt national. Elle évoque aussi communément la lourdeur de l’héritage reçu par Weah. L’opposition impute à ce dernier la persistance d’une corruption réputée endémique qu’il s’était engagé à combattre. Il est à cet égard sous la pression du grand allié américain : Washington a sanctionné cinq hauts responsables libériens pour corruption présumée en trois ans. Les appels régulièrement lancés en faveur de la création d’un tribunal des crimes de guerre au Liberia sont jusqu’ici restés lettre morte.

Par Jeune Afrique (avec AFP)

Le Pape s’est envolé pour la RDC et le Soudan du Sud

janvier 31, 2023
Le Pape François se recueille devant le Monument aux morts de Kindu, à Fiumicino.

En arrivant à l’aéroport de Fiumicino, la voiture du Saint-Père s’est arrêtée brièvement près du Monument aux morts de Kindu

François a quitté l’aéroport de Fiumicino à 8h29, heure de Rome, à bord d’un vol ITA Airways et arrivera en République démocratique du Congo à 15h00 ce mardi 31 janvier. L’évêque de Rome sera à Kinshasa, la capitale congolaise, jusqu’au vendredi 3 février avant de décoller pour Juba, capitale sud-soudanaise, du 3 au 5 février, pour accomplir son pèlerinage de paix.

Le Pape a entamé son 40e voyage apostolique «œcuménique de paix» comme il l’a lui-même appelé dimanche 29 janvier à la fin de l’angélus, qui le conduira dans deux pays de la périphérie du monde, tous deux traversés par la très forte contradiction d’avoir un sous-sol très riche mais des populations rongées par la pauvreté et la violence. La République démocratique du Congo et le Soudan du Sud attendent le Souverain pontife après de longs mois d’attente, depuis le report de la visite initialement prévue en juillet dernier.

Rencontre avec des migrants et des réfugiés

L’Airbus A350 d’ITA Airways a décollé à 8h29, destination de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo. François, qui hier soir, à la veille de son voyage, s’est rendu en la basilique Sainte-Marie-Majeure pour prier devant l’icône de la Vierge Salus Populi Romani et lui confier son prochain voyage, avant de quitter la Maison Sainte-Marthe et de se rendre à l’aéroport, a rencontré une dizaine de migrants et de réfugiés de la République démocratique du Congo et du Soudan du Sud, accueillis et soutenus, avec leurs familles, par le Centre Astalli de Rome. Ils étaient accompagnés du préfet du dicastère pour le Service de la charité, le cardinal polonais Konrad Krajewski.

François, «un pèlerin de la paix» en RDC et au Soudan du Sud

29/01/2023

À Fiumicino, hommage aux morts de Kindu

En arrivant à l’aéroport de Fiumicino, la voiture du Saint-Père s’est arrêtée brièvement près du Monument aux morts de Kindu, dans le Maniema, à la mémoire de 13 aviateurs italiens tués au Congo le 11 novembre 1961. Aux victimes de ce massacre sanglant et à tous ceux qui ont perdu la vie en participant à des missions humanitaires et de paix, le Pape François a dédié une prière, puis s’est dirigé vers l’avion qui le conduira à Kinshasa. À partir du 3 février, François se rendra à Juba, capitale du Soudan du Sud, où il restera jusqu’au 5 février, jour de son retour à Rome.

Paix et œcuménisme

Le thème de la paix sera au cœur de la présence du Pape dans ces deux pays. La rencontre avec la chrétienté africaine sera la confirmation de l’attention que François porte à ce continent, d’abord en RDC, déchirée au fil des ans par un conflit qui voit un nombre impressionnant de guérillas, et ensuite au Soudan du Sud, un pays très jeune, né en 2011, où malgré les accords de 2018 qui ont tenté de mettre fin à la guerre civile, la paix n’est jamais arrivée, et où en plus de la violence, la pauvreté, la famine et le changement climatique dévastent le pays. Un voyage à Juba que François fera avec le primat anglican Justin Welby et le modérateur de l’assemblée générale de l’Église d’Écosse, Iain Greenschields, témoignant de l’éminente valeur œcuménique de la visite. Dans les deux pays, on s’attend à l’émotion de rencontrer des victimes dans l’est du Congo et, au Soudan du Sud, des personnes déplacées à l’intérieur du pays.

Après un vol d’une durée de 6h50 minutes, le Pape arrivera à Kinshasa à 15 heures à l’aéroport international de N’djili, où il sera accueilli par le nonce apostolique Mgr  Ettore Balestrero et le Premier ministre du pays. Après l’accueil officiel, les délégations se rendront au Palais de la Nation, où François sera accueilli par le président de la République Félix Tshisekedi Tshilombo.

Avec La Croix

France: Le recteur de la cathédrale d’Orléans démissionne après avoir trouvé l’amour

janvier 30, 2023

Après plus de vingt ans dans les ordres, Christophe Chatillon a décidé de quitter l’habit, expliquant être tombé amoureux d’une femme.

Photo d'illustration.
Photo d’illustration.© Pascal PROUST / MAXPPP / PHOTOPQR/REPUBLIQUE DU CENTRE/MA

«  Aujourd’hui je ne peux pas envisager l’avenir sans elle. » C’est par ces mots que le curé doyen du centre d’Orléans (Loiret), Christophe Chatillon, également recteur de la cathédrale Sainte-Croix de la ville depuis 2010, a décidé d’annoncer sa démission à ses fidèles dans une lettre, samedi 28 janvier, relaie France 3 Régions. « Durant six ans et demi, accompagné de mes frères prêtres et diacres, j’ai eu la joie de vivre mon ministère au service des différentes communautés qui composent la paroisse Orléans Cœur de Ville », écrit le père dans ce document.

Le prêtre y explique notamment les raisons qui l’ont poussé à quitter ses fonctions, admettant que « depuis de nombreux mois », « la charge pastorale est devenue » pour lui « de plus en plus lourde à porter, physiquement, moralement, et même spirituellement. » Évoquant les « frustrations liées au ministère presbytéral, et plus particulièrement au célibat » qu’il a pu supporter « pendant très longtemps » grâce aux « joies de la mission et de la vie fraternelle », l’homme d’Église fait le constat que « cela n’est plus le cas aujourd’hui ».

Refus de vivre une « double vie »

Christophe Chatillon précise avoir rencontré une amie qui l’a écouté et soutenu. « Aujourd’hui, je ne peux pas envisager l’avenir sans elle », ajoute-t-il, expliquant avoir « conscience » que « ce nouveau choix de vie n’est pas compatible avec l’exercice du ministère presbytéral. » Après avoir longuement réfléchi et refusé de mener « une double vie », il a fait part de sa démission à l’évêque d’Orléans. « Cette nouvelle est un choc pour beaucoup d’entre nous », a réagi Mgr Blaquart.

Avec Le Point

Canada-Québec: Des étudiantes de l’UQAM intimées de cesser l’usage de l’écriture inclusive

janvier 30, 2023

Elles demandent à l’université que cette nouvelle forme d’écriture soit acceptée par tous les professeurs.

Une étudiante écrit.

L’écriture inclusive est une pratique de rédaction consistant à éliminer la masculinisation des mots. Photo: Getty Images/Recep-BG

Deux étudiantes de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) se disent « choquées » par les corrections qu’elles ont reçues de leurs travaux. Dans un cours de science politique, on leur a intimé de cesser l’usage de l’écriture inclusive, sous prétexte que celle-ci serait proscrite. Elles exhortent l’université d’envoyer une directive à tous les professeurs pour l’autoriser.

C’est vraiment mélangeant, on ne sait plus sur quel pied danser, déplore Léa-Marie Tremblay, étudiante au baccalauréat. Alors que l’écriture inclusive est acceptée par plusieurs de ses professeurs, elle a été avertie d’arrêter d’écrire ainsi, dans un autre cours.

Dans son travail, elle a utilisé le point médian pour ne pas masculiniser les mots et les adjectifs. Par exemple, on peut lire dans sa copie « supérieur.e ». Il s’agit d’une forme d’écriture de plus en plus présente dans les universités. Mais ça n’a pas plu au correcteur.

Le correcteur a écrit à la fin de la copie : « Bon travail dans l'ensemble, attention à la mise en forme et cessez l'écriture "inclusive". »

Le correcteur a écrit à la fin de la copie : « Bon travail dans l’ensemble, attention à la mise en forme et cessez l’écriture « inclusive ». » Photo : Radio-Canada

J’ai trouvé ça super violent comme réponse, dit l’étudiante, qui affirme faire cet effort d’écriture pour une bonne cause. Ça serait bien de ne pas être pénalisées parce qu’on veut être inclusives.

« C’est une écriture qu’on utilise pour enlever la violence qu’il y a dans la langue française, qui efface les femmes et les personnes non binaires. »— Une citation de  Léa-Marie Tremblay, étudiante à l’UQAM

Dans un autre commentaire du correcteur, raturé par la suite, on peut lire : Cette forme d’écriture est proscrite. Manque de professionnalisme.

« Ce type d’écriture n’est pas acceptable. À proscrire. »

Une autre étudiante du même cours, Jessica Harnois-Ostiguy, a reçu le même genre de correction, après avoir écrit « citoyen.ne.s ».

On peut lire la correction suivante dans la marge : « Ce type d'écriture n'est pas acceptable. À proscrire. »

On peut lire la correction suivante dans la marge : « Ce type d’écriture n’est pas acceptable. À proscrire. » Photo : Radio-Canada

Les deux étudiantes se demandent si tout cela leur a coûté des points, malgré leurs bonnes notes. Ça me stresse, explique Jessica Harnois-Ostiguy.

« C’est quelque chose qui est vraiment important pour moi, donc je ne veux pas me pénaliser, mais il n’y a rien qui dit qu’on a le droit ou pas le droit. »— Une citation de  Jessica Harnois-Ostiguy, étudiante à l’UQAM

Grandes lettres UQÀM sur un édifice, vues à travers des branches d'arbres.

L’UQAM n’a pas de politique indiquant qu’un professeur doit accepter ou non l’écriture inclusive. Photo: Radio-Canada/Ivanoh Demers

À la discrétion des enseignants

L’UQAM n’a pas de politique institutionnelle sur la rédaction inclusive, explique la directrice des communications de l’Université, Caroline Tessier.

« Cet élément est donc laissé à la discrétion des enseignantes et enseignants. »— Une citation de  Caroline Tessier, directrice des communications de l’UQAM

L’Université ajoute que le fait d’utiliser la rédaction inclusive peut faire partie, ou non, de l’évaluation d’un travail ou d’un examen.

Utilisant elle-même l’écriture inclusive dans son courriel, la porte-parole rappelle que, normalement, les enseignantes et enseignants informent les personnes étudiantes des modalités d’évaluation pour la remise des travaux ou examens.

L’UQAM mentionne que les étudiants mécontents d’une note ont le droit de demander une révision auprès du département responsable du cours.

Léa-Marie et Jessica affirment qu’aucune consigne ou contre-indication n’avait été donnée par le professeur.

Des gens marchent dans un couloir de l'UQAM.

Le campus étudiant de l’UQAM à Montréal. Photo : Radio-Canada/Ivanoh Demers

« C’est un débat qui intéresse la jeunesse »

Joint par Radio-Canada, le professeur du cours de science politique, Marc Chevrier, nous a expliqué que c’est son auxiliaire d’enseignement, et non lui-même, qui a corrigé les copies.

Il dit que ces commentaires « auraient dû être raturés » et qu’il s’agit d’« un oubli ». Marc Chevrier affirme n’être ni pour ni contre l’écriture inclusive : C’est un débat qui intéresse la jeunesse.

« Je n’en ai pas fait une politique de pénaliser ou d’interdire. »— Une citation de  Marc Chevrier, professeur de science politique à l’UQAM

Le correcteur a une vision des choses dont il ne m’avait pas parlé, explique le professeur. Ce dernier assure qu’il révise les copies corrigées par son auxiliaire, mais je ne relis pas au complet le travail.

Je ne lui ai pas donné d’instruction, peut-être que je vais devoir le faire, ajoute Marc Chevrier.

Si des personnes ont des interrogations sur des évaluations qu’elles ont reçues dans l’un de mes cours, je les invite à s’adresser à moi, directement, dit le professeur, déçu d’apprendre le mécontentement de ses étudiantes par la voix d’un journaliste.

Les Presses de l’Université du Québec « se mettent au neutre »

En décembre, les Presses de l’Université du Québec (PUQ) ont annoncé qu’elles mettraient dorénavant de l’avant la rédaction inclusive dans leurs ouvrages à paraître. Un guide de rédaction inclusive(Nouvelle fenêtre) à l’intention des auteurs et des autrices a été mis en ligne, afin que tous se mettent au neutre.

En 2021, le réseau de l’Université du Québec a aussi publié un Guide de communication inclusive(Nouvelle fenêtre)destiné à toute personne qui souhaite améliorer sa façon de communiquer pour la rendre plus inclusive et respectueuse. Mais ce guide ne constitue pas une prescription.

Avec Radio-Canada par Thomas Gerbet

Canada-Québec: Un jeune homme mutilé lors d’une « nuit de torture » dans un chalet de Lévis

janvier 30, 2023
Photo générique du Service de police de la Ville de Lévis.

Le juge a qualifié de « nuit d’horreur » l’événement qui serait survenu dans un chalet de Lévis. (Photo d’archives) Photo : Radio-Canada/Marc André Turgeon

Un trio de jeunes aurait frappé, brûlé et agressé sexuellement un jeune homme à Lévis dans ce que le juge a qualifié « de véritable nuit d’horreur ».

Selon la poursuite, trois accusés auraient soumis le plaignant à une nuit de torture dans le but de lui faire avouer qu’il avait violé l’ex-copine d’un membre du groupe.

Les circonstances très particulières de cette affaire ont été révélées lors de l’enquête sur remise en liberté de Roberto Chartier-Vézina tenue la semaine dernière au palais de justice de Québec.

Le jeune homme aux cheveux longs fixe la lentille.

Roberto Chartier-Vézina fait face à de graves accusations. Photo : Facebook Roberto Vézina

Le jeune homme de 21 ans est accusé d’avoir causé des lésions à la victime en commettant des voies de fait armées et d’agression sexuelle. Lucas Lambert, 18 ans et Cédric Bérubé, 19 ans, font face aux mêmes accusations.

La victime aurait été attirée dans un chalet de fortune, dans le secteur du chemin Petit-Saint-Jean, à Saint-Étienne-de-Lauzon, en octobre dernier.

Le plaignant était fortement intoxiqué et serait tombé dans une mare en se rendant sur place.

Frappé à coups de « botte à cap »

Une fois dans le chalet, un feu a été allumé pour qu’il se réchauffe. Il s’est ensuite déshabillé.

C’est à ce moment que ses malheurs auraient commencé, selon le récit fait par le procureur de la poursuite, Me Christian Gauthier.

Roberto Chartier Vézina aurait lancé les premiers coups, en frappant la victime à coup de botte à cap aux côtes, aux jambes et au visage.

Les présumés agresseurs étaient accompagnés de deux autres personnes qui ont assisté à la scène, sans y participer, selon Me Gauthier.

Selon lui, le coup à la tête était fort. Je ne réutiliserais pas le terme donné au policier, mais c’est épeurant, décrit le procureur.

Il ajoute qu’un témoin se demandait déjà, à ce moment, si la victime allait mourir.

Marqué au fer « comme les bêtes »

Chartier-Vézina aurait par la suite saisi un tisonnier pour le chauffer sur le poêle à bois, avant de brûler le plaignant un peu comme on fait avec les bêtes , précise Me Gauthier.

Selon l’avocat de la poursuite, la victime est brûlée à la hanche, au dos et sur plusieurs endroits de son corps.

Par la suite, le plaignant sera enduit d’une huile rouge, servant pour les scies à chaîne. Cette huile sera également versée dans sa bouche alors qu’il cherchait son air, selon un témoin.

Feu, scie et étau

Les présumés bourreaux auraient ensuite utilisé un briquet pour allumer l’huile.

Les cheveux seront allumés et ses poils brûlent, dont ceux du pubis, a indiqué Me Gauthier en ajoutant que le plaignant a dû se taper dessus, pour que le feu cesse de progresser.

« Ils sont trois à vouloir faire avouer le prétendu crime au plaignant. »— Une citation de  Me Christian Gauthier, procureur du Directeur des poursuites criminelles et pénales

Une scie aurait été appliquée sur la main de la victime pour tenter de le faire avouer.

On mettra également sa main dans un étau qu’on va serrer, a aussi relaté le procureur.

Après son arrestation, Roberto Chartier-Vézina aurait lui-même avoué qu’un manche à balai avait été utilisé pour agresser sexuellement le plaignant.

Les événements se seraient déroulés pendant plusieurs heures, jusqu’au lever du soleil.

Le trio de présumés agresseurs aurait discuté de la possibilité de tuer la victime, pour éviter d’être dénoncés à la police.

Ce choix aurait été écarté et le groupe de jeune a pris le chemin du retour. Le plaignant a cependant été poussé dans un fossé rempli d’eau, où il a été abandonné.

Désorienté

Un passant qui a aperçu la victime déambulant nue et saignant du nez a alerté la police de Lévis.

Les agents ont conduit le jeune homme à l’hôpital où il a été gardé pour être soigné pendant deux jours.

Le juge Stéphane Poulin a refusé de remettre Robert Chartier-Vézina en liberté pendant le processus judiciaire, même s’il n’a pas d’antécédent judiciaire depuis sa majorité.

Le jeune homme qui a affirmé boire une trentaine de bières par jour et consommer cannabis et cocaïne voulait aller dans une maison de thérapie.

« Je doute de ses motivations, qui semblent un prétexte pour éviter momentanément sa détention. »— Une citation de  Stéphane Poulin, juge à la Cour du Québec

Son avocate a fait valoir qu’une partie de la preuve reposait sur des aveux obtenus par les policiers et que la défense comptait en demander l’exclusion. Selon l’avocate de Chartier-Vézina, les agents n’ont peut-être pas respecté les procédures.

La défense pourra faire valoir ses arguments lors du procès, mais le juge a préféré ordonner la détention du jeune homme en raison des circonstances très particulières de cette affaire qui démontrent une agressivité importante, a-t-il dit.

Les trois accusés ont été arrêtés dans le temps des Fêtes. Lucas Lambert a, lui, obtenu une remise en liberté pendant le processus judiciaire, lors d’une audience entre Noël et le jour de l’An.

Cédric Bérubé est toujours en attente de son enquête sur remise en liberté.

Les faits allégués par la poursuite restent à prouver lors d’un procès, alors que la défense pourra présenter sa preuve pour contrer les accusations.

Avec Radio-Canada par Yannick Bergeron

Le cardinal Ouellet démissionne de la Congrégation pour les évêques

janvier 30, 2023
LOuellet à la basilique Saint-Pierre de Rome.

Marc Ouellet a récemment fait l’objet d’allégations d’inconduite découlant de son mandat d’archevêque de Québec, ce qu’il a fermement démenti. (Photo d’archives) Photo: Getty Images/Andreas Solaro

Visé par des allégations d’inconduite sexuelle, le cardinal québécois Marc Ouellet ne sera plus préfet de la Congrégation pour les évêques ni président de la commission pontificale pour l’Amérique latine. Le pape François a accepté sa démission, a fait savoir le Vatican lundi dans un communiqué rédigé en latin.

Mgr Ouellet quitte ses fonctions pour cause d’atteinte de la limite d’âge, spécifie-t-on.

Âgé de 78 ans, l’ecclésiastique avait dépassé de trois ans l’âge normal de la retraite des évêques. Malgré cela, son mandat avait été prolongé pour trois ans en 2020.

Le cardinal Ouellet avait été nommé à la tête de la Congrégation pour les évêques en 2010 par Benoît XVI.

Il était l’un des rares préfets du Vatican à avoir conservé son poste depuis l’accession au trône du pape François, ce qui était largement perçu comme une marque de confiance du Saint-Père envers l’ecclésiastique québécois.

Des allégations d’inconduite sexuelle

Le départ du cardinal Ouellet survient dans un contexte controversé. Son nom est notamment apparu l’an dernier dans une action collective visant l’ensemble des agressions sexuelles qui auraient été commises par des personnes sous l’autorité du diocèse de Québec depuis 1940.

Le Vatican, qui avait déjà mené une enquête sur cette affaire, a depuis refusé d’en lancer une nouvelle.

Poursuivie en diffamation, la victime alléguée est sortie de l’ombre il y a trois semaines. Paméla Groleau accuse Marc Ouellet d’avoir posé sur elle des gestes déplacés entre 2008 et 2010, alors qu’il était archevêque de Québec.

Une plainte provenant d’une autre femme aurait également été déposée contre le cardinal québécois, a-t-on appris il y a deux semaines, ce qui a poussé le principal intéressé à sortir de son silence.

Dans les deux cas, Marc Ouellet conteste vivement les allégations, pour lesquelles il a été blanchi à deux reprises par le Vatican.

Dicastère des évêques : comment interpréter la démission de Marc Ouellet?

L’évêque américain Robert Francis Prevost a été choisi pour lui succéder, tant comme préfet de la Congrégation pour les évêques que comme président de la commission pontificale pour l’Amérique latine, a indiqué le Vatican lundi.

Né à Chicago, l’homme d’Église de 67 ans a été chef des Augustins de 2001 à 2013. Il officie actuellement à Chiclayo, au Pérou. Son entrée en fonction est prévue le 12 avril.

La Congrégation (aussi appelée « Dicastère ») pour les évêques est un comité qui conseille le pape dans la sélection des évêques. Il enquête également sur les allégations d’abus ou de négligence qui pèsent contre ceux-ci.

Originaire de La Motte, en Abitibi-Témiscamingue, Marc Ouellet a notamment été archevêque de Québec de 2002 à 2010. Il demeurera cardinal malgré sa démission de la Congrégation pour les évêques et de la commission pontificale pour l’Amérique latine.

Avec Radio-Canada

Visite du pape en RDC : le souverain pontife invité à la prison centrale de Makala

janvier 30, 2023

S’appuyant sur la demande des prisonniers et détenus de confession religieuse catholique, la Fondation Bill-Clinton pour la paix (FBCP) a appelé le pape François à visiter la prison centrale de Makala en vue de se rendre compte des conditions carcérales dans cette institution.

Le pape François/DR

« La FBCP informe l’opinion tant nationale qu’internationale que lors d’une de ses visites de monitoring des droits de l’homme à la prison centrale de Makala en date du 28 janvier 2023, les prisonniers et détenus préventifs chrétiens catholiques ont invité le pape François à la prison centrale de Makala pour aller constater leur ras-le-bol. », a fait savoir cette organisation dans un communiqué du 30 janvier.

Cette demande des pensionnaires de la principale maison carcérale de Kinshasa est motivée par la surpopulation constatée, la malnutrition, le manque de médicaments ainsi que les conditions de détention infra-inhumaines, les décès quotidiens, les conditions sanitaires déplorables et la lenteur des procédures judiciaires, etc.

La FBCP rappelle, en effet, que cette prison était construite par les colons belges avec une capacité de 1 500 places. Aujourd’hui, fait-elle savoir, elle héberge plus de 11 500 pensionnaires dont 2 750 seulement sont condamnés.

Elle indique que le 28 janvier vers 14 h, son équipe de monitoring a vu arriver plus de cent détenus, pieds nus, avec comme seul habit des culottes. « Ceci viole les articles 12 et  16 de la Constitution congolaise du 18 février 2006. Et, nous dénonçons les mauvaises conditions dans lesquelles les détenus sont transférés des parquets et cachots vers les prisons. C’est vraiment très inhumain », a-t-elle souligné.

La FBCP a souligné, par ailleurs, avoir été informée que malgré la grâce présidentielle accordée, certains bénéficiaires ne sont pas encore libérés. Elle demande au cardinal Ambongo  de transmettre cette demande des fidèles catholiques de la prison centrale de Makala au pape François. Elle attend aussi  que les autorités envisagent des sanction très sévères contre certains magistrats indisciplinés qui sont à la base de la surpopulation carcérale pour éviter le pire qui pointe à l’horizon ; l’accélération des procédures judiciaires ; l’amélioration des conditions des prisonniers et détenus préventifs dans tout le pays; l’exécution sans tarder de la mesure de grâce présidentielle.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

Dans l’est de la RDC, les islamistes ADF multiplient les attaques meurtrières

janvier 30, 2023

Les Forces démocratiques alliées, affiliées au groupe État islamique, ont mené des attaques simultanées contre trois villages d’Ituri. Au moins quinze personnes ont été tuées, selon un bilan provisoire.

Des soldats de la force régionale EAC à Goma, dans l’est de la RDC. © GLODY MURHABAZI / AFP.

Une semaine après avoir tué au moins 23 personnes dans le Nord-Kivu, les Forces démocratiques alliées (ADF) ont de nouveau frappé dans l’est de la RDC. Des attaques contre trois villages d’Ituri, attribuées aux milices affiliées au groupe État islamique (Daesh), ont fait au moins 15 morts le 29 janvier, a-t-on appris de sources locales. Un attentat à la bombe dans une église pentecôtiste du Nord-Kivu, également attribué aux ADF, avait fait au moins 14 morts le 15 janvier.

« Il y a eu des attaques simultanées ce dimanche de 04 h à 05 h dans 3 villages sur le tronçon Komanda-Luna en chefferie de Walese Vonkutu », a relaté Dieudonné Malangai, acteur de la société civile de cette chefferie en territoire d’Irumu. « Au village Manyala, nous avons retrouvé sept corps […], à Ofay, il y a huit morts dont sept femmes », a-t-il précisé, soulignant que ce bilan était provisoire.

Une source humanitaire a confirmé sept morts à Manyala et « au moins huit » à Ofay. Ils « ont aussi attaqué le village Bandibese, mais ils ont trouvé une résistance des militaires qui sont intervenus et donc là, il n’y a eu aucun civil tué », a également précisé Dieudonné Malangai.

État de siège

Pour tenter de stopper les violences, le gouvernement a placé en mai 2021 le Nord-Kivu et l’Ituri en « état de siège », une mesure exceptionnelle qui a remplacé les administrateurs civils par des policiers et militaires. Depuis la fin de 2021, une opération conjointe entre les armées congolaise et ougandaise cible par ailleurs les ADF en territoire congolais. Mais les violences continuent. Actifs dans ces deux provinces et considérés comme l’un des groupes armés les plus meurtriers de l’est de la RDC, les ADF sont présentés par le groupe jihadiste État islamique comme sa branche en Afrique centrale.

De nombreux autres groupes armés écument également ces deux provinces, notamment la milice communautaire Codeco en Ituri. Celle-ci est accusée d’avoir tendu le 27 janvier à l’armée congolaise une embuscade qui, selon l’armée, a tué cinq soldats dont deux colonels. La force de l’ONU en RDC, la Monusco, a évoqué de son côté 15 militaires tués, une source sécuritaire établissant le bilan, sous couvert d’anonymat, à 17 morts.

Par Jeune Afrique (avec AFP)