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L’armée ukrainienne continue d’avancer, Poutine table sur une « stabilisation »

octobre 5, 2022
Des soldats ukrainiens sur un véhicule blindé de transport de troupes sur une route de la région de Donetsk.

La poussée des forces ukrainiennes a permis de libérer des dizaines de localités dans l’est de l’Ukraine ces derniers jours. Photo : Getty Images/Anatolii Stepanov

Le président russe Vladimir Poutine a assuré mercredi que la situation militaire se « stabilisera » dans les territoires ukrainiens dont il revendique l’annexion mais où ses forces subissent une série de revers face à l’armée ukrainienne.

Quelques heures plus tôt, l’Ukraine avait annoncé regagner du terrain dans la région de Lougansk après ses succès dans celles de Kherson et de Kharkiv.

« Nous partons du principe selon lequel la situation va se stabiliser et que nous pourrons développer ces zones de manière pacifique. »— Une citation de  Vladimir Poutine, président russe

Il a signé un décret pour que la Russie s’approprie formellement la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijia. De son côté, le chef de l’AIEA, Rafael Grossi, a annoncé son départ pour Kiev afin de discuter du besoin plus urgent que jamais de l’établissement d’une zone de protection autour de cette centrale.

Vladimir Poutine s'adresse à des journalistes.

Le président russe Vladimir Poutine a promulgué aujourd’hui la loi qui consacre l’annexion à la Fédération de Russie des régions ukrainiennes de Donetsk, Louhansk, Kherson et Zaporijia. Photo: AP/Gavriil Grigorov

Alors même qu’elle recule sur le terrain, la Russie a proclamé l’annexion de quatre régions d’Ukraine (Donetsk, Lougansk, Kherson et Zaporijia), qu’elle contrôle partiellement, à l’issue de référendums dénoncés par Kiev et par ses alliés occidentaux.

Arrêtez de mentir

Signe d’un désarroi en Russie, les revers de l’armée ont conduit un haut responsable parlementaire à appeler celle-ci à arrêter de mentir à propos de ses défaites.

« Notre peuple n’est pas stupide. Et il voit qu’on ne veut pas lui dire ne serait-ce qu’une partie de la vérité. Cela peut entraîner une perte de crédibilité. »— Une citation de  Andreï Kartapolov, chef du Comité de défense de la Douma

Les troupes de Kiev poursuivent quant à elles leur contre-offensive, revendiquant de nouveaux gains dans l’est et le sud.

Des soldats ukrainiens tirent au canon sur la ligne de front.

Des soldats ukrainiens tirent au canon sur la ligne de front dans la région de Kharkiv, en Ukraine, le mercredi 5 octobre 2022. Photo: AP/Andrii Marienko

Dans sa communication vidéo quotidienne, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est félicité de la reprise de trois nouveaux villages dans la région de Kherson, assurant que le mouvement continue.

Plus tôt dans la journée, le gouverneur ukrainien de la région de Lougansk, jusqu’ici sous le contrôle quasi total de Moscou, avait proclamé une percée.

Maintenant, c’est officiel. La  »reconquête » de la région de Lougansk a commencé. Plusieurs localités ont déjà été libérées, a déclaré Sergiï Gaïdaï sans plus de précisions.

La quasi-totalité de la région de Kharkiv, dans le nord-est, apparaît désormais sous contrôle ukrainien, ouvrant ainsi la voie vers celle de Lougansk, bastion des séparatistes installées par Moscou depuis 2014.

Carte des zones occupées par les forces russes dans l'est et le sud de l'Ukraine.

Carte des zones occupées par les forces russes dans l’est et le sud de l’Ukraine Photo : Radio-Canada/Google

De son côté, l’armée russe a assuré mercredi avoir mené, ces dernières 24 heures, des frappes massives près de Lyman, dans la région de Donetsk, une ville récemment reprise par les forces ukrainiennes, et infliger de lourdes pertes à celles-ci.

Dans la région de Kherson, les troupes de Moscou tiennent leurs positions en repoussant les attaques de forces ennemies supérieures en nombre, a-t-elle ajouté.

Le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, a assuré que les territoires perdus seront repris.

M. Poutine avait quant à lui juré de défendre les zones annexées, quitte à utiliser des armes nucléaires, menace qui n’a arrêté ni la contre-offensive ukrainienne ni les livraisons d’armes occidentales.

L’armée russe avait reconnu à demi-mot des retraites mardi en publiant des cartes montrant que Moscou a cédé toute une partie du nord de la région de Kherson et que sa présence dans celle de Kharkiv était désormais minimale.

Près de Lyman, un nœud ferroviaire stratégique repris dans la région de Donetsk le week-end passé, un parachutiste ukrainien croisé mardi par l’AFP a reconnu que ses camarades et lui étaient à la fois épuisés et déterminés.

Un soldat de l'armée ukrainienne passe devant un convoi russe détruit.

Un attaché de presse de l’armée ukrainienne passe devant un convoi russe détruit dans la ville de Lyman, récemment reprise dans la région de Donetsk. Photo : Getty Images/Yasuyoshi Chiba

Oleksandre, 31 ans, a expliqué que les combats avaient été très durs mais qu’il leur fallait aller de l’avant.

Dans Lyman, où des journalistes de l’AFP se sont rendus mercredi, Tatiana Slavouta, une résidente de 62 ans, a dit ne pas savoir si la situation est meilleure ou pire depuis la reconquête ukrainienne.

Tous les magasins sont fermés, nous n’avons pas d’argent, nous n’avons pas de lumière. Rien, [mais] au moins maintenant, il y a le silence, pas de bombardements, explique-t-elle.

L’armée ukrainienne a repris Lyman

Vladimir Poutine a officialisé l’annexion de 4 régions d’Ukraine mercredi, mais son armée y bat en retraite. Dans le nord-est comme dans le sud, l’armée ukrainienne reprend du terrain. On en discute avec notre envoyée spéciale Marie-Eve Bédard qui est à Kharkiv.

Sur le front diplomatique, le président américain Joe Biden a annoncé mardi un nouvel envoi américain d’équipements militaires d’une valeur de 625 millions de dollars.

De leur côté, les États de l’Union européenne se sont mis d’accord sur une nouvelle série de sanctions contre des organisations et des personnalités russes.

Pour sa part, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a reconnu l’Ukraine comme pays membre potentiel, la toute première étape vers un très long processus d’adhésion.

À la suite de la demande reçue du premier ministre Denys Chmygal d’entamer le processus d’adhésion de l’Ukraine à l’OCDE, le Conseil de l’OCDE a décidé de reconnaître l’Ukraine comme un pays membre potentiel, a affirmé mercredi le secrétaire général de cette organisation internationale, Mathias Cormann.

Sur ;e plan sportif, l’Espagne et le Portugal ont annoncé avoir intégré l’Ukraine à leur candidature commune pour l’organisation du Mondial 2030 de foot, ce que le président Zelensky a salué comme un symbole de victoire.

Radio-Canada avec Agence France-Presse

France-Affaire Bygmalion : le procès de Nicolas Sarkozy s’ouvrira le 8 novembre 2023

octobre 5, 2022

Accusé de financement illégal de sa campagne présidentielle en 2012, Nicolas Sarkozy sera jugé en appel. Il avait été déclaré coupable en première instance.

Nicolas Sarkozy continue d'assurer ponctuellement certaines fonctions diplomatiques, a la demande d'Emmanuel Macron.
Nicolas Sarkozy continue d’assurer ponctuellement certaines fonctions diplomatiques, à la demande d’Emmanuel Macron.© MUSTAFA YALCIN / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP

Plus de dix ans après les faits. Accusé d’avoir bénéficié de financement illégal lors de sa campagne présidentielle perdue en 2012, l’ex-président Nicolas Sarkozy sera jugé en appel dans le dossier dit « Bygmalion » à partir du 8 novembre 2023. Un procès qui devrait durer un mois à raison de trois demi-journées par semaine, les mercredis et jeudis après-midi et le vendredi matin, selon la cour d’appel de Paris. Treize autres personnes seront également jugées en appel.

En première instance, Nicolas Sarkozy avait été condamné à un an de prison ferme. En septembre 2021, le tribunal correctionnel de Paris avait déclaré Nicolas Sarkozy coupable de financement illégal de sa campagne de 2012, une peine supérieure aux réquisitions du parquet, qui avait proposé un an dont six mois avec sursis.

Le tribunal avait demandé que la peine soit directement aménagée, à domicile, sous surveillance électronique. « Je demande simplement que le droit soit appliqué pour moi comme pour n’importe quel autre justiciable », or « celui-ci a été une nouvelle fois bafoué », avait réagi l’ancien chef de l’État dans un message sur les réseaux sociaux. « J’irai jusqu’au bout dans cette quête qui dépasse mon cas personnel, car chacun peut un jour se trouver confronté à l’injustice », avait-il assuré.

Jugé coupable de « financement illégal de campagne » en première instance

Dans son jugement, le tribunal avait estimé que l’ancien locataire de l’Élysée (2007-2012) avait « poursuivi l’organisation de meetings » électoraux, demandant « un meeting par jour », alors même qu’il « avait été averti par écrit » du risque de dépassement légal, puis du dépassement effectif. L’ex-chef de l’État « connaissait le montant légal du plafond » des dépenses autorisées. « Il a volontairement omis d’exercer un quelconque contrôle sur les dépenses engagées », avait estimé le tribunal. Les dépenses de campagne s’étaient élevées à un total de 42,8 millions d’euros, près du double du plafond légal à l’époque.

Pendant la campagne pour sa réélection en 2012, Nicolas Sarkozy a été un « candidat désinvolte », et a laissé filer les dépenses sans s’en préoccuper, lui qui demandait des « shows à l’américaine » avait soutenu le parquet dans son réquisitoire. Un montage illégal entre le parti de la majorité d’alors, l’UMP – que Nicolas Sarkozy rebaptisera Les Républicains (LR) par la suite – et la société organisatrice de meetings Bygmalion aurait couvert cette campagne somptuaire.

Par Le Point avec AFP

Canada-Québec/« Comme des votes à la poubelle » : le mode de scrutin rattrape déjà François Legault

octobre 5, 2022
Francois Legault en point de presse.

Au lendemain de sa réélection, François Legault a fermé la porte à double tour à une réforme du mode de scrutin. Photo: La Presse Canadienne/Jacques Boissinot

À peine réélu, François Legault est rattrapé par sa promesse rompue de réformer le mode de scrutin. Avec l’appui de 41 % des électeurs, il a décroché « 72 % des sièges » et « 100 % des pouvoirs », une « injustice » qui doit être corrigée, plaide le Mouvement démocratie nouvelle (MDN).

Dans une campagne publicitaire dévoilée mercredi et intitulée C’est juste pas juste, le MDN demande aux Québécois de se mobiliser pour réclamer une réforme du mode de scrutin.

Le résultat des élections provinciales, lors desquelles les quatre partis d’opposition ont conjointement récolté 59 % des votes mais seulement 28 % des sièges, constitue une aberration aux yeux du président du MDN et ex-ministre péquiste, Jean-Pierre Charbonneau.

Le Parlement devient la voix d’une minorité de la population qui gouverne comme si elle était la majorité, ce qui laisse place à des débats teintés par l’arrogance, l’intransigeance et le populisme, dénonce le MDN sur un nouveau site web lancé dans le cadre de sa campagne.

« C’est comme si à chaque élection on jetait des votes à la poubelle pour avantager le vainqueur. »— Une citation de  Extrait du site web cestjustepasjuste.com

Legault dit non

Néanmoins, le premier ministre réélu François Legault ferme la porte à ressusciter la promesse d’une réforme du mode de scrutin, qu’il avait pourtant lui-même faite en 2018 avant de l’abandonner en cours de mandat.

Je ne pense pas qu’il soit mauvais, le mode de scrutin qu’on a. Pendant la campagne électorale, je me suis engagé à ne pas ouvrir ce débat-là et je vais respecter tous mes engagements, a-t-il dit mardi, au lendemain de sa victoire.

Au cours des dernières semaines, M. Legault a laissé entendre que ce sujet n’intéressait que quelques intellectuels et a répété que ce n’était pas une priorité des Québécois, après deux années de pandémie.

Mardi, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) a aussi tenu à rappeler que le résultat obtenu par son parti est de loin le meilleur de ceux de tous ses adversaires.

« On a eu 41 % du vote et notre plus proche adversaire a eu 15 % du vote. Il faut quand même garder ça en tête. »— Une citation de  François Legault, premier ministre du Québec

Sur son nouveau site web, le MDN explique comment fonctionnerait un nouveau mode de scrutin proportionnel mixte avec liste régionale.

Comment ça marche?

Avec un tel système, les électeurs seraient appelés à voter deux fois. Le premier vote serait pour le député qu’ils veulent faire élire dans leur circonscription. Le deuxième serait pour le parti qu’ils souhaitent voir former le gouvernement.

C’est à partir de ce deuxième vote, comptabilisé dans chaque région du Québec, que des députés seraient élus pour représenter leur région, explique le site web, ce qui permettrait de rétablir une juste représentation de chaque parti.

« Les résultats de l’élection et les sièges obtenus à l’Assemblée nationale représenteraient ainsi fidèlement les convictions exprimées dans la population. »— Une citation de  Extrait du site web cestjustepasjuste.com

Le Parti québécois (PQ) et Québec solidaire (QS) réclament tous deux cette réforme, tandis que la cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ) se dit simplement ouverte à ce qu’il y ait des discussions.

Une différence majeure

Mardi, Radio-Canada diffusait un reportage avec une simulation à ce sujet. Si la réforme du mode de scrutin envisagée contenue dans le défunt projet de loi 39 avait été en vigueur le soir de l’élection, la CAQ aurait vraisemblablement récolté 75 sièges plutôt que 90.

Le PLQ en aurait obtenu 16 plutôt que 21, contrairement à QS qui aurait décroché 3 sièges de plus, pour un total de 14. Pour sa part, le PQ aurait fait élire 10 députés, alors qu’il n’en a que 3 à l’heure actuelle.

Même le Parti conservateur du Québec (PCQ) aurait pu faire son entrée à l’Assemblée nationale avec un mode de scrutin proportionnel mixte avec liste régionale : ses 13 % de votes se seraient traduits par 10 sièges au Salon bleu.

Le MDN promet qu’une pétition sera bientôt lancée afin que les Québécois puissent publiquement réclamer cette réforme auprès du gouvernement Legault.

Avec Radio-Canada par Alexandre Duval

Congo: Les étudiants rentrés de Cuba en attente des stages

octobre 5, 2022

Après la formation en médecine à Cuba, la deuxième promotion des étudiants a regagné le pays en trois rotations dans la période du 29 septembre au 3 octobre. Elle attend d’être déployée dans différentes structures sanitaires du pays pour des stages d’imprégnation.

Ils sont rentrés 270 pour la première rotation, 277 pour la deuxième et 279 pour la troisième. « Je suis heureuse de revoir cette jeunesse revenir pour servir le pays », a indiqué la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation technologique, Delphine Edith Emmanuel, lors de la réception de ces étudiants congolais. Elle a rappelé les raisons pour lesquelles ils avaient été envoyés étudier la médecine à Cuba, à savoir combler le déficit du personnel soignant, répondre aux attentes sanitaires de la population car la productivité d’un peuple pour le développement, la diversification de son économie dépendent de son état de santé.

Le travail qui les attend

Les étudiants qui viennent de rentrer de Cuba mesurent visiblement le poids du devoir qui les attend au service du pays, de la population, dans le domaine sanitaire où les défis à relever sont énormes en matière d’offre de soins, en qualité et en quantité. « Nous allons apporter notre pierre à l’édifice dans le but d’améliorer le système sanitaire de notre pays en mettant en pratique nos connaissances », a fait savoir Ella Ngakosso, médecin généraliste qui dit avoir beaucoup appris de l’expérience cubaine dont la réputation mondiale en matière de santé n’est plus à démontrer.

A dire vrai, le déploiement de ces étudiants dans les structures de santé pour le stage d’imprégnation ne se fera pas en un jour. Il faut de la planification et des moyens financiers conséquents car le stage ne sera pas gratuit. Il est donc question pour les pouvoirs publics, notamment le ministère de la Santé et de la Population, de résoudre tous les préalables relatifs à leur mise en stage.

Il convient de souligner que les étudiants qui viennent de rentrer ne constituent pas la dernière.

Ave Sacer-infos par Stany Frank

RDC : à la pré-COP27, le Sud a donné de la voix

octobre 5, 2022

À Kinshasa, les pays du Sud ont tenté de mettre les plus industrialisés devant leurs responsabilités pendant les deux jours de préparation de la COP27.

Le Premier ministre de la République démocratique du Congo, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, lors de la session d’ouverture de la PreCop27, à Kinshasa, le 3 octobre 2022. © Landry Ndungi / AFP

Le 4 octobre au soir, les ministres et spécialistes de l’environnement d’une soixantaine de pays ont achevé leurs discussions sur les thèmes habituels des négociations sur le climat : adaptation, atténuation, finance, « pertes et préjudices ».

Il n’y a pas eu de déclaration finale, comme c’est toujours le cas pour ces “pré-COP”, lieux de « discussions à bâtons rompus », a rappelé Tosi Mpanu Mpanu, négociateur de la RDC aux conférences climat des Nations unies. « Les pays peuvent discuter de manière plus audacieuse, plus osée, sachant que rien ne leur serait imposé comme conclusion finale », a-t-il expliqué. Tout le monde n’est pas d’accord, mais tous ont « identifié l’urgence de l’action climatique ». « Du point de vue de la diplomatie climatique, c’est un succès », estime-t-il.

Front commun

La ministre de l’Environnement de RDC, Eve Bazaïba, à la manœuvre depuis des semaines pour piloter cette “pré-COP” co-organisée avec l’Égypte, semblait satisfaite en annonçant la formation prochaine d’un front commun des grands pays forestiers que sont la RDC, le Brésil et l’Indonésie. Il s’agit de se présenter en force aux négociations sur le climat et la biodiversité, pour parler préservation du couvert forestier mais aussi de « accès aux finances climat » et « prix de la tonne de carbone ».

Au cœur du Bassin du Congo, la RDC avait donné le ton dès l’ouverture de la pré-COP. Comme d’autres, le pays a de plus en plus de mal à « opérer un choix » entre la lutte contre « l’extrême pauvreté » et « la lourde facture à payer pour l’adaptation au changement climatique », si les pays industrialisés ne lui offrent pas « d’alternatives technologiques et financières conséquentes ». « Nous avons besoin d’oxygène, nous avons aussi besoin de pain », avait lancé Eve Bazaïba.

Le Premier ministre, Jean-Michel Sama Lukonde, s’est emporté contre ceux qui voudraient empêcher la RDC d’exploiter son pétrole, alors que des pays européens viennent de renouer avec des énergies polluantes pour compenser le déficit d’énergie provoqué par la guerre entre la Russie et l’Ukraine.

Le gouvernement congolais a lancé fin juillet des appels d’offre pour 30 blocs pétroliers et gaziers, s’attirant les critiques d’organisations de défense de l’environnement. Celles-ci font valoir que l’exploitation pétrolière dans les forêts et tourbières du Bassin du Congo risque de libérer de grandes quantités de carbone.

Sujets sensibles

Devant la presse, l’envoyé spécial américain pour le climat John Kerry a indiqué que Washington avait demandé à Kinshasa de renoncer aux blocs situés dans des zones sensibles. La veille déjà, il avait jugé possible de « trouver un équilibre entre la nécessité de protéger le Bassin du Congo et les exigences de développement et de création d’emplois ».

Les discours congolais d’ouverture des travaux ont été qualifiés de « virulents », voire de « va-t-en guerre », par certains participants à la pré-COP. Mais cette réunion a été « très utile », a estimé la ministre française de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher. Le sujet des « pertes et dommages » (ou « préjudices ») causés par le dérèglement du climat sera discuté à Charm-el-Cheikh, a poursuivi la ministre, « parce que c’est une question essentielle […] qui concerne tous les pays », confrontés à des « dégâts irréversibles du changement climatique ». Il faut être « pragmatique », « avoir des résultats » et « simplifier l’accès aux financements », plutôt selon elle que de « créer un énième fonds qui suscitera les mêmes réserves. »

Les pays en développement voudraient eux qu’il y ait « une institution pour mettre de la cohérence » dans ce qui se fait déjà, a souligné Tosi Mpanu Mpanu. « Il y a un peu de tension, tous les pays ne voient pas les choses de la même manière », a-t-il conclu.

Par Jeune Afrique (avec AFP)

Le Nobel de physique à un trio franco-austro-américain du monde quantique

octobre 4, 2022
Le Nobel de physique a un trio franco-austro-americain du monde quantique
Le Nobel de physique à un trio franco-austro-américain du monde quantique© AFP/Jonathan NACKSTRAND

Le prix Nobel de physique a couronné mardi le Français Alain Aspect, l’Américain John Clauser et l’Autrichien Anton Zeilinger, trois pionniers des mécanismes révolutionnaires de la physique quantique.

Les trio de septuagénaires est récompensé pour ses découvertes sur « l’intrication quantique », un phénomène où deux particules quantiques sont parfaitement corrélées, quelle que soit la distance qui les sépare, a annoncé le jury Nobel.

La mise en évidence de cette propriété a ouvert la voie à de nouvelles technologies dans l’informatique quantique et des communications ultra-sécurisées, ou encore les capteurs quantiques ultra-sensibles qui permettraient des mesures extrêmement précises, comme celle de la gravité dans l’espace.

Cette mécanique était prédite par la théorie quantique. Pourtant même Einstein, qui avait soulevé en premier le problème en 1935, n’y croyait pas, qualifiant l’intrication de « mouvement à distance qui fait froid dans le dos ».

Alain Aspect a dit sa fierté de rejoindre au palmarès des grands noms de la physique comme Albert Einstein, concédant à ce dernier « une partie du mérite » de la découverte de l’intrication.

« Tous ces grands noms… Bien sûr, je suis très impressionné parce que je ne suis certainement pas au niveau de ces gens qui ont complètement changé la science physique. Mais je suis fier d’être sur la même liste, bien sûr ! », a expliqué le professeur de 75 ans rattaché à l’université de Paris-Saclay et à la très prestigieuse Ecole polytechnique.

Malgré le nom de « téléportation quantique » utilisé pour le mécanisme de l’intrication, « ce n’est pas comme dans Star Trek » avec des téléportations d’objets ou a fortiori de personnes, a de son côté souligné Anton Zeilinger, joint par téléphone par le jury.

En revanche, avec l’intrication, « on peut transférer l’information sans même connaître l’information », a souligné le scientifique de 77 ans.

La mécanique quantique est une science contre-intuitive qui décrit le monde à l’échelle de l’infiniment petit, où les choses peuvent simultanément exister, ne pas exister et être quelque part entre les deux.

Sur la base de cette science, des géants de l’économie mondiale comme Google mobilisent actuellement un grand nombre de chercheurs pour façonner une prochaine génération d’ordinateurs dits « quantiques », surpuissants en calcul.

Ordinateurs quantiques

« La première révolution quantique nous a donné les transistors, les semi-conducteurs, les ordinateurs et les lasers », explique à l’AFP Mohamed Bourennane, professeur d’informatique quantique à l’Université de Stockholm.

« Mais la deuxième, fondée sur la superposition et l’intrication, va nous permettre à l’avenir d’avoir des ordinateurs quantiques, ou des inscriptions quantiques utiles pour l’imagerie ou les capteurs ».

Aspect, Clauser et Zeilinger, qui avaient déjà gagné ensemble le prestigieux prix Wolf en 2010, sont récompensés pour leurs « expériences avec des photons intriqués, établissant les violations des inégalités de Bell et ouvrant une voie pionnière vers l’informatique quantique », selon la motivation officielle du jury Nobel.

Dans une expérience restée célèbre, Alain Aspect était parvenu à intriquer pour la première fois deux photons à 12 mètres de distance, en 1981.

Les travaux de Clauser remontent eux aux années 1960, tandis que Zeilinger a nourri le domaine à partir des années 90, selon l’institut Clarivate spécialisé dans la prédiction des Nobel scientifiques.

Le prix est doté de 10 millions de couronnes suédoises (environ 920.000 euros) dans chaque discipline, à partager en cas de colauréats.

Une récompense pour la mécanique quantique était attendue depuis nombre d’années, avec les noms des vainqueurs du jour parmi les favoris en cas de sacre dans ce domaine.

Lundi, le Nobel de médecine ou de physiologie avait sacré le Suédois Svante Pääbo, découvreur de l’ADN de l’homme de Néandertal et de Denisova et fondateur de la paléogénomique.

Les Nobel de sciences se terminent mercredi avec le prix Nobel de chimie, pour ensuite laisser la place aux très attendus prix de littérature jeudi et de la paix vendredi, le seul à être décerné à Oslo.

Le prix d’économie, de création plus récente, fermera le bal lundi prochain.

Par Le Point avec AFP

Espagne : un vieil homme blanc refuse d’être perfusé par une infirmière noire

octobre 4, 2022
 Espagne : un vieil homme blanc refuse d’être perfusé par une infirmière noire

D’après le site Jetcamer, l’homme est âgé de 65 ans, il habite la capitale de la Rioja, une province Espagnole riche en vin et située au nord. Le sexagénaire a été conduit de toute urgence au centre hospitalier Logrones de San Pedro dans la banlieue de Logrono suite à une complication respiratoire.

Le sexagénaire n’a pas du tout apprécié  que son suivi soit assuré par une infirmière noire d’origine cubaine. Elena Sanchez l’infirmière noire, employée depuis plus de cinq ans dans  cet hôpital, était chargée du suivi du malade. Et quand elle s’est rapprochée du malade pour le perfuser, ce dernier a opposé un refus catégorique, mettant en doute les capacités de l’infirmière. Cette dernière a immédiatement alertée sa hiérarchie.

Arrivé en catastrophe dans la chambre d’hospitalisation du sexagénaire, le directeur de l’hôpital, le docteur Asensio, a subi toute la foudre du malade qui lui reproche sa légèreté. Selon le malade, le médecin fait preuve d’une légèreté parce qu’il laisse une noire le suivre. Mais l’hôpital de Logrones de San Pedro n’a pas donné de suite favorable à sa requête.

Le docteur Asensio a fait comprendre au malade que son infirmière Cubaine avait les mêmes compétences que toute autre infirmière opérant dans son hôpital. Qu’il comprenait ses inquiétudes, mais son suivi serait assuré par Elena, qui du reste venait d’être désignée « Infirmière du mois »

Avec Le Congolais.fr

Cameroun : des diplomates américains exigent la libération de Marafa Hamidou Yaya

octobre 4, 2022

Huit anciens ambassadeurs des États-Unis au Cameroun appellent les autorités de leur pays à faire pression pour que l’ex-ministre, âgé et malade, puisse sortir de prison. Et dénoncent la responsabilité de Julian Assange et de WikiLeaks dans cette affaire.

Marafa Hamidou Yaya à la sortie du tribunal de Yaoundé, le 16 juillet 2012, premier jour de son procès. © DR

En juin dernier, le gouvernement britannique a décidé d’extrader Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, vers les États-Unis afin qu’il y soit poursuivi pour avoir diffusé, en 2010, des centaines de milliers de documents confidentiels volés au gouvernement américain. Cette décision rapproche un peu plus l’intéressé de la reddition des comptes. Assange fera sans nul doute appel de cette décision. Je souhaite vivement qu’il perde de nouveau et qu’il comparaisse bientôt devant un tribunal américain.

Robin des Bois, une fiction

Le monde verrait – et mesurerait peut-être alors – l’ampleur des dégâts que ses agissements criminels ont infligé aux amis et alliés des États-Unis. Son procès pourrait également mettre fin à la fiction remarquablement entretenue selon laquelle les actes d’Assange n’ont causé de tort à personne, qu’ils étaient courageux, voire dignes d’admiration.

Il est grand temps de rejeter l’idée erronée selon laquelle les agissements de cet individu – dans lequel beaucoup voient un Robin des Bois des temps modernes –, ont fait progresser la liberté de la presse ou apporté une transparence bienvenue dans la gouvernance des États. Ce n’est pas le cas. Au contraire, ils ont illégalement sapé le caractère confidentiel du partage d’informations utiles au bon fonctionnement de la diplomatie et indispensables à la promotion des intérêts de l’Amérique.

J’écris cette tribune en tant que diplomate américain à la retraite, dont les rapports et notes d’ambassade, comme ceux de mes nombreux collègues, ont été compromis, il y a plus de dix ans, par la publication infâme de ces documents volés.

Nul ne semble en mesure de dire combien de personnes dans le monde, parmi lesquelles de nombreux amis de l’Amérique, ont été lésées par les publications de WikiLeaks. Mais je connais au moins un cas où un honnête homme a passé plus de dix années de sa vie en prison pour des crimes présumés, jamais prouvés devant un tribunal. Cela s’est produit au Cameroun, où j’ai été ambassadeur des États-Unis entre 2004 et 2007.

Détention arbitraire

Là-bas, peu après la publication de WikiLeaks, Marafa Hamidou Yaya, diplômé de l’université du Kansas, a été emprisonné. À l’issue d’une procédure expéditive, il a été condamné à vingt-cinq années de prison pour corruption. Sans aucune preuve.

Avant son arrestation, Marafa Hamidou Yaya avait occupé plusieurs postes ministériels, notamment celui de secrétaire général de la présidence, sans doute le deuxième poste le plus important du pays. Des représentants de notre ambassade, que dirigeait alors Robert Jackson, ont assisté à son procès et l’ont dénoncé comme étant une farce. Bien qu’aucune preuve n’ait été fournie, le prévenu a été reconnu coupable de toutes les charges retenues contre lui.

Depuis, le rapport annuel du département d’État sur les droits de l’homme, qui est soumis au Congrès des États-Unis, présente M. Marafa comme un prisonnier politique. Il est incarcéré dans une prison militaire, dans une cellule humide, où la lumière du jour ne peut filtrer. Après son arrestation, celle qui fut sa fidèle secrétaire pendant une vingtaine d’années a été sauvagement assassinée à son domicile. Quant à son épouse, elle est morte sans avoir pu lui rendre visite ne serait-ce qu’une seule fois.

Les Nations unies ont officiellement déclaré que la détention de M. Marafa était arbitraire et ont exigé sa libération immédiate, ainsi qu’une indemnisation pour les dommages qu’il a subis. Cette requête n’a pas abouti, tout comme celle présentée, à plusieurs reprises, par l’ancien ministre lui-même pour raisons de santé.

Candidature à la présidentielle

Sept anciens ambassadeurs des États-Unis au Cameroun (Frances Cook, Harriet Isom, Charles Twining, John Yates, George Staples, Janet Garvey et Robert Jackson), qui connaissent et respectent M. Marafa, ont écrit avec moi aux administrations américaines successives pour leur demander de nous aider à obtenir sa libération. En vain.

L’administration Biden est pleinement consciente de cette situation, mais, à ma connaissance, elle n’a pris aucune mesure énergique en ce sens. Or, la santé du prisonnier s’étant considérablement détériorée au cours de ses dix années de prison, il est de plus en plus urgent d’agir. Cet homme âgé a survécu au Covid-19 (dont il n’est pas vacciné) l’année dernière. Devenu presque complètement aveugle, il souffre d’un grave problème cardiaque et a absolument besoin d’un traitement qui n’est pas disponible au Cameroun.

Récemment, le Comité des droits de l’homme des Nations unies a écrit à de nombreuses reprises au gouvernement camerounais, lui enjoignant « de fournir à M. Marafa un accès immédiat à des soins médicaux adéquats, indispensables pour préserver sa vue ». Jusqu’à présent, cet appel n’a pas été entendu. M. Marafa a pourtant répété qu’il accepterait de partir en exil pour pouvoir se soigner, renonçant implicitement à tout rôle politique futur dans son pays.

Sudistes contre Nordistes ?

M. Marafa a été accusé de corruption. Mais son seul véritable crime est de m’avoir dit, en toute confidentialité en 2006, qu’il « pourrait être intéressé » par une éventuelle candidature à la présidence du Cameroun, dans l’éventualité où Paul Biya quitterait ses fonctions. La section politique de mon ambassade, que dirigeait habilement Katherine Brucker, actuelle cheffe de mission adjointe à Ottawa, avait naturellement rapporté cette information à Washington, dans un câble évoquant les scénarios possibles de la succession Biya. Lorsque ce câble a été publié par WikiLeaks, en 2010, cette confidence de M. Marafa a immédiatement fait la une des journaux camerounais. Cela a conduit directement à son arrestation, puis à son procès-spectacle l’année suivante.

Au Cameroun, où le quasi-nonagénaire Biya vient de fêter ses quarante années au pouvoir, la succession du président est un sujet si sensible que la simple évocation, par M. Marafa, de ses éventuelles ambitions a ébranlé le délicat équilibre tribal et politique du pays. De toute évidence, la coterie de M. Biya, composée essentiellement de chrétiens du Sud appartenant à la tribu Beti, s’est sentie menacée à la perspective de voir M. Marafa devenir président, au point qu’elle a décidé de le mettre définitivement sur la touche et qu’elle a manipulé le système judiciaire du pays à cette fin.

M. Marafa est un musulman du Nord, comme l’était Ahmadou Ahidjo, le seul autre président du pays depuis l’indépendance. Après avoir été pendant quarante ans les privilégiés du système, rien ne dérangerait davantage les « sudistes » que l’idée qu’un « nordiste » reprenne le pouvoir.

Confidences trahies

La publication de WikiLeaks s’est produite sous l’administration Obama-Biden. De nombreux responsables de l’administration actuelle occupaient des postes de haut niveau à l’époque. Ils sont donc parfaitement au courant de l’injustice que constitue l’incarcération de M. Marafa. Il n’est donc pas nécessaire de leur rappeler qu’il est de la responsabilité de notre gouvernement de protéger ceux qui ont pâti de la fuite massive de confidences qui avaient été partagées avec nous en toute bonne foi.

Ces responsables n’ont pourtant pas pris de mesures et n’ont même pas eu la curiosité de chercher à savoir combien d’autres « cas Marafa » existent de par le monde. Lorsque j’ai demandé au Bureau of Intelligence and Research (INR) de m’aider à rassembler les faits relatifs à cette affaire, il a décliné au motif que WikiLeaks n’était « pas une question relevant du renseignement ».

Je continue de croire que la décence élémentaire, la loyauté et le fair-play obligent les États-Unis à suivre de près le cas Marafa et des affaires similaires jusqu’à ce que justice soit réellement rendue. Non seulement ce serait la bonne chose à faire, mais cela montrerait à nos amis et collaborateurs du monde entier – y compris à ceux qui ont été affectés par WikiLeaks au point qu’ils ne veulent plus parler aux diplomates américains – que, même après avoir laissé se produire un événement aussi stupidement tragique, l’Amérique se montre à la hauteur de ses responsabilités.

En outre, je crains que les États-Unis soient en train de perdre la bataille de l’opinion mondiale sur cette affaire de WikiLeaks. Avec l’extradition d’Assange et les poursuites judiciaires qui l’attendent, le moment est venu d’expliquer pourquoi cette affaire est importante et pourquoi nous la prenons autant au sérieux. Les arguments spécieux selon lesquels Assange est un journaliste qui défend la liberté de la presse et la transparence trouvent malheureusement un écho auprès d’un trop grand nombre de citoyens, dont peu ont une idée du tort qui a été causé à Marafa. D’autres amis qui avaient fait confiance aux États-Unis ont connu un sort similaire, voire pire. Qui raconte leur histoire ? Si nous ne redoublons pas d’efforts pour expliquer tout cela, les États-Unis apparaîtront une fois de plus comme un pays tyran, qui dépasse les bornes.

Traitement médical

Si le vol et la divulgation, par WikiLeaks, de secrets gouvernementaux justifient l’extradition de Julian Assange et de le poursuivre en justice plus de dix ans après les faits, ne devrions-nous pas nous préoccuper des victimes de ce crime et prendre des mesures pour remédier à des situations telles que celle que vit M. Marafa ?

Pendant ce temps, Paul Biya dirige un Cameroun vacillant et sénescent, réprimant de manière incompétente et dans le sang la sécession anglophone, laissant Boko Haram franchir ses frontières de manière largement incontrôlée, et continuant à présider un pays richement doté qui, sous son règne, est loin d’avoir profiter de son extraordinaire potentiel.

Nul ne sait ce qu’il se passera lorsqu’il quittera enfin la scène, mais beaucoup redoutent que la transition s’accompagne d’une période de violence généralisée. Quelle occasion manquée qu’une personnalité aussi compétente que M. Marafa, qui a été éduqué aux États-Unis, ne figure plus parmi les solutions possibles au drame politique qui se profile au Cameroun !

Reste la possibilité qu’il soit libéré afin de pouvoir suivre un traitement médical en exil, et qu’il puisse ainsi vivre ses derniers jours dans la dignité et la liberté. Nous devons faire pression en faveur de cette issue, en faisant clairement savoir que le gouvernement américain le soutient et reconnaît sa responsabilité directe dans sa situation actuelle.

Il n’est pas trop tard

Voici deux choses que les lecteurs du Foreign service Journal peuvent faire pour nous aider. Premièrement, écrire à leurs représentants au Congrès, en particulier s’ils siègent à la Commission des relations extérieures du Sénat ou à la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, pour demander au département d’État et à la Maison-Blanche d’agir pour obtenir la libération de M. Marafa. Une forte expression de l’intérêt du Congrès pourrait aider le département d’État à trouver le courage qui lui fait défaut pour s’occuper de cette affaire (et n’hésitez pas à m’envoyer un courriel à nielsm@lclark.edu pour obtenir un modèle de message qui puisse facilement être collé dans un courriel adressé à votre sénateur).

Deuxièmement, si un lecteur a connaissance d’autres amis des États-Unis qui ont été affectés négativement par les révélations de WikiLeaks et qui ont besoin de l’attention de notre gouvernement, qu’il m’envoie ces informations par courriel. Je les partagerai avec l’INR, qui est, selon moi, la structure la mieux appropriée pour compiler l’ensemble des informations portant sur les effets néfastes de WikiLeaks.

Nos gouvernements successifs ont fait preuve de courte-vue et ont réagi de manière inadéquate. Notre incapacité à défendre vigoureusement les victimes de WikiLeaks durant la décennie écoulée est quasi-honteuse. Il n’est cependant pas trop tard pour que nous corrigions le tir. Pour cela, nous devons être plus nombreux à nous exprimer. Aidez-nous à le faire.

Avec Jeune Afrique

Niels Marquardt

Par Niels Marquardt

Ancien ambassadeur des États-Unis au Cameroun, en Guinée équatoriale, à Madagascar et aux Comores.

Les forces russes reculent dans les territoires annexées

octobre 4, 2022
Un missile russe est vu gisant dans le jardin d'une maison, mardi matin.

Les référendums d’annexion à la Russie n’ont pas atténué le danger pour les civils. En témoigne cette image d’un missile russe gisant dans le jardin d’une maison, dans la région de Donetsk, après une frappe effectuée mardi matin. Photo : Reuters/Zohra Bensemra

Les forces ukrainiennes poursuivent leurs percées dans les régions annexées illégalement par la Russie, consolidant leurs avancées dans l’est et progressant vers la ville de Kherson, dans le sud du pays.

Le chef de l’occupation russe à Kherson, Vladimir Saldo, a confirmé les progrès de l’armée ukrainienne, concédant notamment la perte du village de Doudtchany, situé le long du fleuve Dniepr.

Le ministère russe de la Défense a pour sa part admis que des chars militaires ukrainiens ont creusé un profond fossé au sud de Zolota Balka, un village qui marquait la précédente ligne de front.

Selon l’agence de presse Reuters, l’avancée ukrainienne vise à couper les lignes de ravitaillement de près de 25 000 soldats russes sur la rive occidentale du Dniepr.

Kiev se fait discrète sur les avancées réalisées dans le sud du pays. Dans son adresse du soir, lundi, le président Volodymyr Zelensky s’est contenté d’affirmer que de nouvelles localités ont été libérées dans plusieurs régions.

« De plus en plus d’occupants cherchent à fuir, de plus en plus de pertes sont infligées à l’armée ennemie. »— Une citation de  Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine

Des réservistes nouvellement mobilisés participent à une formation de tir dans la région de Rostov, en Russie.

Des réservistes nouvellement mobilisés participent à une formation de tir dans la région de Rostov, en Russie. Photo : Reuters/Sergey Pivarov

Moscou assure toutefois que des renforts sont à l’horizon. Le ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, a déclaré que 200 000 Russes ont été mobilisés depuis l’annonce d’une mobilisation partielle le 21 septembre dernier pour combattre en Ukraine.

Cette initiative, dictée par Vladimir Poutine, doit permettre de recruter 300 000 réservistes ayant une expérience militaire ou des compétences utiles.

L’armée ukrainienne consolide ses gains dans l’est

Pendant ce temps, à l’est, les forces ukrainiennes poursuivent leur avancée dans la région de Louhansk, l’une des quatre régions annexées par Moscou la semaine dernière, au terme d’exercices référendaires condamnés par Kiev et l’Occident.

Des rapports indiquent que les Ukrainiens se dirigent vers les villes de Kreminna et de Svatove, tenues par les Russes. Des blogueurs militaires favorables au Kremlin ont indiqué que des soldats russes avaient reçu l’ordre de battre en retraite.

Samedi, Moscou a essuyé un revers de taille lorsque Kiev a annoncé la reprise de la ville de Lyman, qui servait de base logistique pour les opérations militaires russes dans la région de Donetsk. Cette région, à l’instar de celles de Kherson, Louhansk et Zaporijia, a été annexée unilatéralement par Moscou la semaine dernière.

Or, le porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov, a déclaré lundi que Moscou n’avait toujours pas délimité les frontières des territoires nouvellement annexés.

S’il a indiqué que les régions de Louhansk et de Donetsk font maintenant partie de la Russie dans leur intégralité, il a ajouté que des consultations étaient en cours afin de déterminer les frontières exactes des régions de Kherson et Zaporijia.

Une session du Conseil de la Fédération.

Les membres du Conseil de la Fédération, la Chambre haute du Parlement russe, ont approuvé le projet de loi visant à annexer quatre territoires ukrainiens. Photo : Reuters

Malgré ces incertitudes, la Chambre haute du Parlement russe a emboîté le pas à la Douma et donné son feu vert à l’annexion de ces quatre régions, mardi, bien qu’aucune d’entre elles ne soit entièrement sous occupation russe. Le projet de loi doit maintenant être signé par le président Vladimir Poutine, une simple formalité.

Devant cette tentative d’annexion de territoires par la Russie, son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, a signé un décret formalisant l’impossibilité de négocier avec Vladimir Poutine, tout en laissant la porte ouverte à des pourparlers avec la Russie.

Le texte officialise ainsi les propos que le président ukrainien a tenus vendredi dernier, lorsqu’il a affirmé être prêt au dialogue avec un gouvernement russe dirigé par un président autre que Vladimir Poutine.

Kiev a juré de reprendre tous les territoires annexés par la Russie, y compris la Crimée, saisie par les troupes russes en 2014.

Radio-Canada par James-Patrick Cannon

Un missile balistique nord-coréen a survolé le Japon

octobre 3, 2022
Tir d'un missile.

Un missile tiré par la Corée du Nord (archives). Photo : Reuters/Kcna Kcna

La Corée du Nord a tiré mardi un missile balistique de moyenne portée qui a survolé le Japon, une première depuis 2017 constituant une nette escalade dans la campagne intensive d’essais d’armement menée par Pyongyang.

Le dernier tir de missile par Pyongyang au-dessus du Japon remonte à 2017, au plus fort de la période de feu et de fureur au cours de laquelle le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et le président américain de l’époque, Donald Trump s’échangeaient des insultes.

Mardi, l’armée sud-coréenne a déclaré avoir détecté un missile balistique présumé de moyenne portée, lancé depuis la zone de Mupyong-ri dans la province (septentrionale) de Jagang vers 7 h 23 et qui a survolé le Japon en direction de l’est.

Dans un communiqué, l’état-major interarmées a affirmé que l’armée maintenait un état de préparation complet et coopérait étroitement avec les États-Unis tout en renforçant la surveillance et la vigilance.

Tokyo a également confirmé ce tir, activant, fait inhabituel, le système d’alerte aux missiles du pays et demandant à a population concernée d’évacuer les lieux.

Un missile balistique est probablement passé au-dessus de notre pays avant de tomber dans l’océan Pacifique. Il s’agit d’un acte de violence qui fait suite aux récents tirs répétés de missiles balistiques. Nous le condamnons fermement, a déclaré le premier ministre Fumio Kishida à la presse.

Les pourparlers avec Pyongyang étant au point mort, la Corée du Nord, dotée de l’arme nucléaire, a intensifié cette année ses projets de modernisation de ses armements, procédant notamment à un nombre record de tests d’armes.

Elle a notamment lancé un missile balistique intercontinental (ICBM) pour la première fois depuis 2017 et revu sa législation pour rendre irréversible son statut de puissance nucléaire.

La semaine dernière, elle a procédé à quatre tirs de missiles balistiques de courte portée.

Ces tirs sont intervenus alors que Séoul, Tokyo et Washington ont mené le 30 septembre des exercices trilatéraux anti-sous-marins pour la première fois en cinq ans, quelques jours après que les forces navales américaines et sud-coréennes eurent conduit des manœuvres à grande échelle au large de la péninsule.

La vice-présidente américaine Kamala Harris, qui se trouvait la veille à Séoul, a visité la zone démilitarisée (DMZ) entre les deux Corées, lors d’un voyage visant à souligner l’engagement inébranlable de Washington à défendre la Corée du Sud contre le Nord.

La Corée du Nord, qui fait l’objet de sanctions de l’ONU pour ses programmes d’armement, cherche généralement à maximiser l’impact géopolitique de ses essais en choisissant le moment qui lui semble le plus opportun.

Si Pyongyang a tiré un missile au-dessus du Japon, cela pourrait représenter une escalade significative par rapport à ses récentes provocations, a déclaré Leif-Eric Easley, professeur à l’université Ewha de Séoul.

Pyongyang est toujours au milieu d’un cycle de provocations et de tests, a-t-il ajouté.

Le régime de M. Kim développe des armes telles que des ogives nucléaires tactiques et des missiles balistiques lancés par sous-marin dans le cadre d’une stratégie à long terme visant à dépasser la Corée du Sud dans une course aux armements et à semer la discorde entre les alliés des États-Unis, a-t-il ajouté.

Les responsables sud-coréens et américains préviennent depuis des mois que le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un se préparerait à effectuer un nouvel essai nucléaire.

Il pourrait être conduit après le prochain congrès du Parti communiste chinois qui débute le 16 octobre, ont indiqué ce week-end plusieurs hauts responsables du commandement américain pour l’Asie-Pacifique.

L’idée que la Corée du Nord dispose d’une arme nucléaire est d’autant plus inquiétante que, contrairement à d’autres puissances nucléaires, le régime de Pyongyang ne considère pas ce genre d’armement comme un outil de dissuasion destiné à ne jamais être utilisé.

Pyongyang a testé des bombes atomiques à six reprises depuis 2006. Le dernier essai en date, et le plus puissant, est survenu en 2017, d’une puissance estimée à 250 kilotonnes.

Radio-Canada avec Agence France-Presse