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États-Unis: Un homme lourdement armé arrêté près du Capitole

janvier 16, 2021

La police a retrouvé une arme de poing chargée et plus de 500 cartouches de munitions en possession de l’individu, qui cherchait à passer un des nombreux points de contrôles près du Capitole. Il a été arrêté dans la foulée.

Un homme lourdement armé a été arrêté vendredi 5 janvier à Washington alors qu’il cherchait à passer un des nombreux points de contrôles près du Capitole, où Joe Biden prêtera serment dans quelques jours, selon un rapport de la police.

Wesley Allen Beeler, originaire de Virginie, s’est présenté vendredi soir à un point de contrôle à quelques encablures du Capitole, détaille un rapport de police consulté samedi par l’AFP, confirmant une information de CNN. Il était muni d’une fausse accréditation pour la cérémonie d’investiture de Joe Biden.

Arme chargée et 500 cartouches de munitions

La police a retrouvé une arme de poing chargée et plus de 500 cartouches de munitions en possession de l’individu. Sur son pick-up blanc, plusieurs autocollants défendant le droit au port d’armes: «S’ils viennent prendre vos armes, filez leur vos balles d’abord.» Il a été arrêté dans la foulée.

En réaction au violent assaut contre le Capitole par des partisans pro-Trump le 6 janvier, Washington a pris ces derniers jours des allures de camp retranché avec ses blocs de béton et ses fils barbelés.

Les autorités craignent de nouveaux troubles en marge de la prestation de serment de Joe Biden. D’ordinaire, la cérémonie d’investiture est l’occasion pour des centaines de milliers d’Américains d’affluer tous les quatre ans dans la capitale, s’arracher des produits dérivés en tous genres à l’effigie de leur président, avant de le regarder prêter serment sur les marches du Capitole. Mais la fête aura cette année un goût particulier: le «National Mall», l’immense esplanade au pied du Capitole, sera fermé au public. Seules les personnes dûment accréditées seront autorisées à pénétrer dans la zone où patrouillent des milliers de militaires.

Par Le Figaro avec AFP

États-Unis: Joe Biden promet une série de décrets dès le premier jour de sa présidence

janvier 16, 2021

Tous les décrets n’ont pas été détaillés, mais ils s’articuleront autour de la lutte contre le Covid, celle contre le changement climatique, la relance de l’économie et le combat pour la justice sociale et raciale.

Joe Biden signera une série de décrets dès le premier jour de sa présidence, mercredi, notamment pour ré-engager les Etats-Unis dans l’accord de Paris sur le climat, a annoncé samedi 16 janvier son futur chef de cabinet, Ron Klain.

Le passage de ces premières mesures par décret évitera au nouveau chef de l’Etat d’en passer par le Congrès et en particulier le Sénat, qui pourrait devoir se consacrer à la procédure de destitution de Donald Trump.

Autre mesure figurant parmi la douzaine de décrets annoncés, la levée de l’interdiction d’entrée sur le territoire américain visant les ressortissants de plusieurs pays, principalement à majorité musulmane. Cette interdiction avait été promulguée quelques jours seulement après la prise de fonctions de Donald Trump, en janvier 2017.

Covid, climat, économie et justice sociale

Le chef de cabinet n’a pas détaillé tous les décrets, indiquant qu’ils concernaient les quatre priorités de Joe Biden, à savoir la lutte contre le coronavirus, celle contre le changement climatique, la relance de l’économie et le combat pour la justice sociale et raciale.

Concernant la pandémie, le 46ème président des Etats-Unis prendra un décret rendant obligatoire le port du masque dans les locaux et espaces dépendant de l’Etat fédéral, ainsi que lors des déplacements entre Etats, ce que Donald Trump s’était toujours refusé à faire. Sur le plan économique, Joe Biden prévoit aussi de prolonger le moratoire sur les expulsions et les saisies immobilières, lié à la pandémie.

Le nouveau président enchaînera sur une série d’autres décrets, tous signés d’ici au 1er février, soit durant les dix premiers jours de sa présidence, a annoncé Ron Klain dans un communiqué. «Ces mesures soulageront les millions d’Américains qui subissent ces crises», a expliqué le futur chef de cabinet. «Le président élu Biden va agir, pas seulement pour réparer les dégâts les plus sérieux du gouvernement Trump, mais aussi pour permettre au pays d’avancer.»

Par Le Figaro avec AFP

Canada: La COVID-19 a emporté plus de 9000 Québécois

janvier 16, 2021

La santé publique du Québec a rapporté samedi 2225 nouveaux cas de COVID-19, pour un total de 240 970 personnes infectées depuis le début de la pandémie. Et 67 décès se sont ajoutés au bilan provincial, portant celui-ci à 9005.

Des passants dans le centre-ville de Montréal sous une neige fine.© Graham Hughes/The Canadian Press Des passants dans le centre-ville de Montréal sous une neige fine.

Néanmoins, 210 364 personnes ont pu se rétablir.

Pour ce qui est des hospitalisations, la santé publique fait état d’une diminution de 22 patients par rapport au nombre annoncé vendredi, avec un cumul de 1474.

De ce nombre, 227 personnes se trouvant aux soins intensifs, quatre de moins que la veille.

«Continuons de limiter nos contacts et de respecter l’ensemble des mesures sanitaires pour [réduire] les cas et les hospitalisations», a déclaré sur Twitter le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé. «Pour y arriver, on a besoin de la collaboration de tous les Québécois.»

Les autorités indiquent également que les prélèvements réalisés jeudi s’élèvent à 33 778, pour un total de 5 387 908.

Quelque 10 783 doses de vaccin ont été administrées le 15 janvier, pour un total de 137 856 depuis le début de la campagne d’innoculation.

L’évolution de la COVID-19 au Québec

Avec 240 970 cas depuis le début de la pandémie, le Québec demeure la province qui compte le plus grand nombre de contaminations.

L’Ontario suit avec 234 364 cas, dont 3056 nouvelles infections enregistrées dans les dernières 24 heures.

Avec CBC/Radio-Canada 

Indonésie: les sauveteurs retrouvent une dizaine de survivants du séisme de Célèbes

janvier 16, 2021

– Au moins 46 personnes sont mortes dans le tremblement de terre de magnitude 6,2.

Les sauveteurs indonésiens ont retrouvé samedi au moins une dizaine de survivants dans les décombres sur l’île de Célèbes, frappée la veille par un fort séisme qui a fait plusieurs dizaines de morts et plus de 10.000 sans abri.

Au moins 46 personnes sont mortes dans le tremblement de terre de magnitude 6,2, selon un porte-parole de l’agence de gestion des catastrophes. Ce séisme a déclenché la panique chez les habitants de l’ouest de l’île de Célèbes, déjà frappée en 2018 par un très fort séisme suivi d’un tsumani dévastateur.

Des dizaines de corps sans vie ont été retirés des décombres de bâtiments effondrés à Mamuju, la capitale provinciale de l’ouest de Célèbes. D’autres victimes ont été retrouvées plus au sud, où une forte réplique s’est faite sentir samedi matin.

Une pénurie d’équipement lourd a ralenti les efforts des sauveteurs pour dégager les victimes, mais ils sont parvenus à extraire des ruines «au moins dix survivants», a annoncé un responsable des services de secours sur place.

Les autorités n’ont pas précisé combien de personnes pourraient encore en être prisonnières.

Ice, un habitant de Mamuju, était bloqué avec sa famille sous les décombres de sa maison quand il a entendu des jeunes qui cherchaient des survivants. «Ils criaient ‘qui est vivant?’ et après avoir répondu ‘oui je suis vivant’, on a pu ramper hors des décombres», avec l’aide des jeunes, raconte à l’AFP l’homme, qui avait le bras cassé.

Des feuilles de cocotiers pour abri

Des avions et des bateaux arrivent avec des vivres et des équipements d’urgence, et la marine a envoyé un bateau médical pour suppléer les hôpitaux encore en fonctionnement, débordés par l’afflux de blessés, selon les médias locaux.

Quelque 190 personnes sont traitées pour des blessures graves, ont précisé les autorités.

Par ailleurs, quelque 15.000 habitants ont gagné des abris temporaires, souvent de fortune comme des tentes et des cabanes de tôles, où il s’abritent des fortes pluies.

Pour éviter la propagation du Covid-19, les autorités ont séparé les groupes à haut risque et à risque plus faible.

«Nous sommes à court de nourriture. Il n’y a pas encore eu d’aide du gouvernement», dit à l’AFP Desti, 24 ans, qui a fui son domicile de Majene, près de l’épicentre du séisme. «Nous avons besoin de couvertures et de matelas. Certains dorment sur des feuilles de cocotier», explique-t-elle.

Ils sont nombreux à ne pouvoir regagner leurs habitations que le séisme a rendu inhabitables, ou par crainte de répliques ou d’un tsunami, note Desti, qui comme de nombreux Indonésiens ne porte qu’un nom.

Par ailleurs, des glissements de terrain qui ont suivi le séisme et les fortes pluies ont coupé l’accès à l’une des principales routes de la province. L’aéroport a aussi été endommagé ainsi qu’un hôtel et le siège du gouverneur alors qu’une partie de la ville reste sans électricité.

L’épicentre du tremblement de terre de magnitude 6,2 a été localisé à 36 km au sud de Mamuju, à une profondeur relativement faible de 18 km, a précisé l’USGS.

Le pape François s’est déclaré vendredi «attristé par le séisme et a fait part de »sa solidarité« à tous ceux qui sont affectés».

Une autre région d’Indonésie, Kalimantan, sur l’île de Bornéo, est frappée depuis quelques jours par de fortes inondations. Elles ont fait cinq morts et plusieurs dizaines d’habitants sont portés disparus, ont rapporté samedi les médias locaux.

L’archipel indonésien, qui se trouve sur la «ceinture de feu» du Pacifique, une zone de forte activité sismique, connaît souvent des tremblements de terre et des éruptions volcaniques.

La région de Palu, plus au nord sur l’île de Célèbes, avait été déjà frappée en septembre 2018 par un très fort tremblement de terre de magnitude 7,5 suivi d’un tsunami. Cette catastrophe avait fait plus de 4300 morts et disparus, et au moins 170.000 déplacés.

Un autre séisme dévastateur de magnitude 9,1 avait frappé au large des côtes de Sumatra en 2004, entraînant un tsunami qui avait tué 220.000 personnes dans la région, dont environ 170.000 en Indonésie

Par Le Figaro avec AFPP

Le nombre des décès liés au Covid dans le monde dépasse les 2 millions

janvier 16, 2021

 LE NOMBRE DES DÉCÈS LIÉS AU COVID DANS LE MONDE DÉPASSE LES 2 MILLIONS

© Reuters/HANNAH MCKAY 

(Reuters) – Le bilan de la pandémie de coronavirus dans le monde a dépassé les 2 million de morts vendredi, selon un décompte de Reuters, alors que les gouvernements sont engagés dans une course pour vacciner leurs populations et détecter l’apparition de nouveaux variants.

Il avait fallu neuf mois pour que ce bilan atteigne le premier million de décès mais seulement trois mois pour passer d’un à deux millions de morts, traduisant une accélération.

Compte-tenu de la vitesse de propagation de l’épidémie liée à l’apparition de nouveaux variants, l’Organisation mondiale de la Santé a prévenu que le pire pourrait être à venir.

« Nous entrons dans une deuxième année. Elle pourrait être encore plus dure compte-tenu des dynamiques de transmission et de certains éléments que nous observons », a expliqué mercredi Mike Ryan, directeur exécutif chargé de la gestion des situations d’urgence sanitaire à l’OMS.

Les Etats-Unis accusent le bilan le plus lourd avec un total de 386.000 décès. Les autres pays les plus touchés sont le Brésil, l’Inde, le Mexique et la Grande-Bretagne.

Avec Reuters par (Shaina Ahluwalia et Kavya B avec Chaithra J à Bangalore, version française Gwénaëlle Barzic)

Les États américains se préparent au pire à quatre jours de l’assermentation

janvier 16, 2021

Le Capitole de l’État de l’Arizona est entouré de deux barrières en maillon de chaîne. Les fenêtres des parlements de l’Ohio et de l’Illinois ont été barricadées. Des unités de la Garde nationale en camouflage et en gilet pare-balles ainsi des policiers lourdement armés protègent les capitales des États américains, à l’aube des manifestations prévues dimanche.

© Fournis par La Presse Canadienne

À la suite de l’avertissement de violence potentielle dans tous les capitales d’État lancé par le FBI, les symboles de la démocratie des États-Unis ressemblent davantage à des ambassades dans des pays en zone de guerre.

Les gouverneurs d’État ont déclaré des états d’urgence, ont fermé les capitoles au public et ont appelé des unités de protection supplémentaires, à l’approche de l’assermentation du président-élu Joe Biden, la semaine prochaine. Ils tentent d’éviter d’autres événements similaires à l’émeute qui a eu lieu le 6 janvier, lorsque des partisans du président Donald Trump ont pris d’assaut le Capitole des États-Unis, causant la mort de cinq personnes.

Les détails sont encore vagues, mais des manifestations sont attendues devant les capitoles d’État de dimanche à mercredi, date de la cérémonie d’assermentation de M. Biden. La sécurité a été nettement renforcée, d’Atlanta à Sacramento, pendant la semaine.

Des équipes spéciales et tactiques ont été déployées au Capitole de la Georgie. Un chien qui détecte des bombes a passé au peigne fin le Capitole du Mississipi. Des policiers d’État sont positionnés sur le toit de la maison d’État de l’Ohio

 Des clôtures autour du Capitole de la Californie ont été attachées avec des menottes. La Garde nationale patrouille autour du bâtiment et dans les rues du centre-ville de Sacramento.

– Par The Associated Press avec La Presse Canadienne

Ouganda : Yoweri Museveni réélu pour un sixième mandat

janvier 16, 2021
Museveni a fait sauter le verrou constitutionnel des deux mandats en 2005, puis supprimé en 2017 la limite d’âge, alors fixée à 75 ans, pour briguer la magistrature suprême.

Au pouvoir en Ouganda depuis 35 ans, Yoweri Museveni a été réélu pour un sixième mandat. Une réélection contestée par son principal rival, Bobi Wine, qui dénonce « une mascarade ».

Yoweri Museveni, à la tête du pays depuis 1986, a été réélu samedi pour un sixième mandat avec 58,64% des voix, a annoncé la commission électorale, sur fond d’accusations de fraude de son principal adversaire, Bobi Wine. Principal rival de l’ex-guérillero, ce dernier a obtenu 34,83% des voix, selon la commission.

La participation a été de 57,22% pour ce scrutin sous haute surveillance, durant lequel les autorités ont suspendu l’accès à internet et aux réseaux sociaux.

Bobi Wine – Robert Kyagulanyi de son vrai nom – a contesté les résultats du scrutin dès vendredi, en dénonçant « une mascarade complète » et en estimant avoir « largement remporté » l’élection.

Le domicile de Bobi Wine encerclé

Le député de 38 ans et ex-chanteur, populaire auprès de la jeunesse ougandaise, a dénoncé des fraudes massives – des bourrages d’urnes, des bulletins préremplis, des électeurs n’ayant reçu des bulletins que pour les législatives ou des agressions contre les observateurs de son parti, parfois chassés des bureaux de vote. Depuis vendredi soir, des soldats encerclent son domicile, en périphérie de la capitale, Kampala.

Les élections se sont déroulées à l’issue d’une campagne particulièrement violente, marquée par le harcèlement et les arrestations de membres de l’opposition, des agressions contre les médias et la mort d’au moins 54 personnes dans des émeutes après une énième arrestation de Bobi Wine, dont la campagne a été largement entravée au nom des restrictions anti-Covid.

Le scrutin s’est déroulé dans un calme apparent jeudi, mais sous la forte et oppressante présence de policiers anti-émeutes et de militaires, et sur fond de coupure d’internet, entrée samedi dans son 4e jour.

Par Jeune Afrique avec AFP

Le mariage d’enfants au Canada n’est pas un phénomène isolé, relèvent des chercheuses

janvier 15, 2021

 

© Fournis par La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Les mariages de filles et de garçons mineurs au Canada ne sont pas que quelques cas isolés: plus de 3600 certificats de mariage ont été délivrés pour des mineurs entre 2000 et 2018, la plupart pour des filles. Et ce chiffre n’inclut pas toutes les unions de fait qui passent sous le radar.

Plus précisément, ce sont 3687 enfants de 14 à 17 ans qui se sont officiellement mariés durant cette période, est-il rapporté dans une récente recherche de l’Université McGill. Et la très grande majorité étaient des filles (85 %).

Au Québec, ils ont été près de 600 entre 2000 et 2018, âgés de 16 et 17 ans.

Des chercheuses de l’Université McGill, Alissa Koski et Shelley Clark, ont mis en lumière ce phénomène. Leur étude, publiée dans la revue Population and Development Review, est la première à recenser la fréquence des mariages d’enfants au pays.

Un travail de moine pour les deux chercheuses qui ont décortiqué plusieurs bases de données, dont les chiffres du recensement et les registres de l’état civil de toutes les provinces et tous les territoires — et corrélé leurs résultats.

C’est en Alberta et au Manitoba, ainsi que dans les territoires, que les mariages en bonne et due forme ont été les plus nombreux. 

Aussi, les enfants nés au Canada sont un peu plus susceptibles de se marier que ceux nés à l’étranger, ont constaté les chercheuses.

Depuis 2015, il faut avoir au moins 16 ans pour se marier au Canada, et l’accord des parents est nécessaire. Mais avant cela, chaque province avait ses propres règles, et certaines le permettaient même dès l’âge de 14 ans. 

Le Québec se distingue à ce chapitre: les jeunes de 16 et 17 ans doivent obtenir l’autorisation d’un juge pour se marier.

À ce sujet, les chercheuses veulent briser un mythe. Le mariage de mineurs ne ressemble pas à cette idée romantique que l’on peut se faire d’une jeune fille qui épouse son petit ami de l’école secondaire après leur remise de diplômes. Il s’agissait le plus souvent de jeunes filles et leur époux était généralement plus âgé, un modèle conforme à ce qui se pratique partout dans le monde, précisent-elles. Le plus souvent, la différence d’âge était de cinq ans, mais elle allait jusqu’à 20 ou 30 ans de plus, a souligné Mme Koski.

Unions de fait

«Les mariages formels ne sont que la pointe de l’iceberg», a déclaré en entrevue Alissa Koski, coauteure de l’article et professeure adjointe au Département d’épidémiologie, de biostatistique et de santé au travail de l’Université McGill. Shelley Clark, elle, est titulaire de la Chaire de sociologie James-McGill.

Car avec le temps, les choses ont changé: il y a désormais plus de mineurs canadiens en unions de fait que mariés.

Il est toutefois plus difficile de cerner l’ampleur du phénomène — sans le bénéfice des certificats de mariage —, mais en décortiquant les données des recensements, Mme Koski a relevé pour une seule année (2016) un total de 2160 unions de fait impliquant un jeune de moins de 18 ans.

Pourquoi ce changement? «Nous ne pouvons le savoir avec certitude», a répondu Mme Koski. 

Mais elle émet toutefois deux hypothèses: puisque les mariages impliquant des enfants sont de plus en plus mal vus, et perçus comme nuisibles, il est possible que plusieurs se tournent vers l’union de fait.

Une autre possibilité découle des conséquences d’une politique canadienne: durant la période à l’étude, il est devenu impossible de parrainer un époux ou une épouse d’un autre pays qui a moins de 18 ans.

Une forme d’hypocrisie, juge Mme Koski: vous pouvez vous marier ici avec une fille de 16 ans, mais vous ne pouvez parrainer une épouse de 16 ans.

Les unions de fait peuvent être tout aussi dommageables que les mariages en bonne et due forme, préviennent les chercheuses. À vrai dire, elles offrent souvent une moins bonne protection sociale, juridique et économique. Au Québec, par exemple, les personnes en union de fait n’ont pas droit à la pension alimentaire ni au partage des biens en cas de rupture.

Les Nations unies ont identifié le mariage d’enfants comme l’un des indicateurs les plus importants de l’inégalité entre les sexes dans le monde, parce que ses conséquences sur la santé et le développement personnel touchent un nombre disproportionné de filles.

Pour les filles, le fait de se marier si jeunes est associé à toutes sortes de conséquences négatives: elles sont plus à risque de vivre de la violence conjugale et de contracter des ITS. Elles risquent aussi d’avoir des enfants en bas âge: elles seront ainsi plus susceptibles d’abandonner l’école jeunes, et leurs opportunités économiques en sont d’autant réduites.

«Elles en subiront les conséquences pour le reste de leur vie».

Mme Koski déplore que le mariage d’enfants retienne l’attention dans les pays en voie de développement, mais qu’un pays bien nanti comme le Canada passe en bonne partie sous le radar.

Pourtant, le gouvernement canadien déploie des efforts de politique étrangère, et alloue des fonds pour que le mariage d’enfants cesse ailleurs dans le monde.

Sur la page d’Affaires mondiales Canada, l’on peut lire que «Chaque année, on estime que 12 millions de filles âgées de moins de 18 ans sont forcées de se marier. (…) Nous informons les gens sur les effets dévastateurs des mariages d’enfants, précoces et forcés. Nous travaillons dans des pays en développement avec des filles, leur famille, leur collectivité et avec les gouvernements en vue d’éliminer cette pratique néfaste.»

Pendant ce temps, il se pratique en toute légalité au Canada, note la chercheuse.

Par Stéphanie Marin, La Presse Canadienne

Littérature: L’écrivain libanais Alexandre Najjar Grand Prix de la Francophonie

janvier 15, 2021

L’écrivain libanais Alexandre Najjar a été récompensé par le Grand Prix de la Francophonie décerné par l’Académie française, ont annoncé vendredi les éditions Plon.

« Ce prix couronne l’œuvre d’une personne physique francophone qui, dans son pays ou à l’échelle internationale, aura contribué de façon éminente au maintien et à l’illustration de la langue française », souligne le communiqué de l’éditeur.

Né en 1967 à Beyrouth, Alexandre Najjar est l’auteur d’une trentaine de romans, récits, poèmes et biographies. Il a notamment écrit « Le roman de Beyrouth », « le dictionnaire amoureux du Liban », ou encore une biographie du poète libanais Khalil Gibran.

En 2018, il avait été finaliste du prix Interallié pour « Harry et Franz » (Plon), un roman sur l’amitié d’un aumônier allemand et d’un acteur français dénoncé comme juif par jalousie de ses pairs, pendant la Seconde Guerre mondiale.  

Par Adiac-Congo avec AFP

[Chronique] WhatsApp : une grande émigration africaine ?

janvier 15, 2021
Glez

Alors que l’application mobile est la cible d’un appel au boycott, à la suite de la mise à jour de sa politique de confidentialité, le réseau mobile tente de rassurer les Africains en réaffirmant la sécurisation de ses services.

En Afrique, WhatsApp n’est pas qu’une application mobile multiplateforme qui fournit un système de messagerie instantanée via les réseaux de téléphonie et d’Internet. Depuis le milieu des années 2010, WhatsApp, propriété de Facebook, est une « religion ». Véritable révolution numérique sur un continent au taux d’équipement en smartphones de l’ordre de 50 % de la population – selon le cabinet Deloitte -, cette « appli » est la plus utilisée.

Avec la « gratuité » des télécommunications qu’elle permet, plus besoin de chronométrer son appel, lorsqu’on contacte un cousin de la diaspora, ni de squatter clandestinement la ligne téléphonique de son employeur, caché derrière le bureau à l’heure du déjeuner. Avec, en prime, la vidéo et l’impression d’être une connaissance du célébrissime Juan Gomez de Radio France internationale (RFI), que l’on peut contacter sans coup férir.

Telegram et Signal

En Afrique francophone, les écrans de mobiles sont désormais comme ceux de la télévision : quasiment allumés en permanence. Une récente polémique n’a donc pas manqué d’effaroucher les « WhatsAppeurs », dont la plupart n’en ont pourtant compris ni les tenants ni les aboutissants…

À l’occasion d’une des mises à jour de l’application, qu’on valide en général sans en lire les termes, des journalistes ont dénoncé des atteintes à la sécurité des données personnelles dans la nouvelle politique de confidentialité de WhatsApp.

Et certains animateurs de chaînes de télévision d’inciter à un réflexe pavlovien, en supprimant en direct l’appli de leur téléphone, pourtant censé être éteint à l’antenne. Deux concurrents de l’application ont pu bénéficier d’une campagne de publicité gratuite : Telegram, créée par deux frères russes, et l’américaine Signal, conçue pour être la plus sécurisée possible.

Les dirigeants de WhatsApp ont tenté de rassurer leur public via un communiqué de presse. Le nouveau partage, avec Facebook, des données des utilisateurs du service de messagerie ne concernerait que les messages à une entreprise. Protégés par un chiffrement de bout en bout, les messages et appels personnels, individuels ou en groupe, de même que les géolocalisations partagées, ne pourraient être consultés ni par WhatsApp ni par Facebook.

Sursaut paranoïaque ?

Une différence notable avec les communications téléphoniques traditionnelles dont les opérateurs conservent des historiques, en témoignent les séries télé policières et leurs fameuses « fadettes » (« factures détaillées ») de nature à confondre les brigands menteurs.

Les contacts utilisés sur WhatsApp ne seraient pas non plus partagés avec les applications sœurs proposées par Facebook Inc. Depuis novembre dernier, l’appli propose même de faire disparaître les messages que l’on qualifie de « temporaires ».

Sursaut paranoïaque ? Si son épouse bafouée n’a pas accès à toutes ses communications frivoles, le « téléphoneur » lambda n’a pas non plus à s’inquiéter des services secrets d’un régime qu’il ne menace guère, aussi autocratique celui-ci soit-il.

En revanche, il ne faudrait pas qu’une application chantre de la lutte contre les spams ne devienne pourvoyeuse de données exploitables par des publicitaires intrusifs. Et la vigilance – qui n’est pas synonyme de complotisme – est une question de principe, pour qui sait qu’il est difficile de retirer son doigt de l’engrenage de la culture « Big brother ».

Avec Jeune Afrique par  Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.