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Covid-19 à La Réunion : contaminations records et tension sur la réanimation

janvier 26, 2022

Si, selon Gabriel Attal, la pression hospitalière diminue en métropole, ce n’est pas du tout le cas de La Réunion, où la situation est très compliquée.

Le service de reanimation du CHU de Saint-Pierre, sur l'ile de La Reunion.
Le service de réanimation du CHU de Saint-Pierre, sur l’île de La Réunion.© Richard BOUHET / AFP

Si la pression hospitalière baisse lentement en métropole, la situation n’est clairement pas la même à La Réunion, où les services hospitaliers subissent toujours une forte tension à cause de la déferlante Omicron, avec le taux d’incidence le plus élevé de France. Avec 5 480 contaminations pour 100 000 habitants au 21 janvier, La Réunion affiche le taux d’incidence le plus élevé de France, selon le site Santé publique France. Alors que l’île est placée sous couvre-feu de 21 heures à 5 heures depuis le 1er janvier, elle a totalisé près de 47 000 cas de contamination et 38 décès entre le 15 et le 21 janvier, selon les chiffres de la préfecture.

Mardi, sur 111 lits disponibles, « 65 lits de réanimation (étaient) occupés par des patients positifs au Covid-19 et 36 par des patients présentant d’autres pathologies », soit un taux d’occupation de 91 %, a indiqué la préfecture mardi soir. « En réanimation, nous arrivons quasiment au bout », a pour sa part affirmé mercredi matin Peter Von Theobald, président de la Commission médicale d’établissement du CHU de La Réunion. « La vague monte encore et on n’est pas loin de faire un tri des patients en réanimation », a-t-il ajouté.

Le Delta représente l’essentiel des hospitalisations en réanimation

Le variant Omicron est désormais majoritaire, mais, si le variant Delta ne représente plus que 7 % des contaminations, « près de 80 % des patients en réanimation relèvent encore du variant Delta au cours des derniers jours », selon un communiqué de la préfecture.

Malgré l’activation d’un plan blanc le 12 janvier et l’arrivée, le 20 janvier, de renforts en provenance de métropole, deux médecins et six infirmiers, les hospitaliers n’envisagent pas d’amélioration rapide de la situation. Hors des hôpitaux, de longues files d’attente se forment tous les jours devant les cabinets des médecins de ville, les pharmacies et les centres de dépistage. « 152 000 tests sont désormais réalisés chaque semaine » et « le taux de positivité est passé (en une semaine) de 30 à 36,6 % », a indiqué mardi l’agence régionale de santé. Plus de 180 000 personnes ont été contaminées par le virus depuis le début de l’épidémie, en mars 2020, à La Réunion et 500 patients sont décédés.

Par Le Point avec AFP

Grande-Bretagne: Boris Johnson défend son poste malgré le polémique « partygate »

janvier 26, 2022

Le gouvernement britannique est pendu aux conclusions d’une enquête interne de la haute fonctionnaire Sue Gray sur les différentes garden-parties.

Boris Johnson devant le parlement britannique, le mardi 25 janvier 2022.
Boris Johnson devant le parlement britannique, le mardi 25 janvier 2022.© JESSICA TAYLOR / AFP

Boris Johnson n’a pas fini d’entendre parler du « partygate ». Le Premier ministre britannique, dans la tourmente à cause de fêtes organisées à Downing Street quand le pays était soumis à de lourdes restrictions (notamment une interdiction de rassemblement), fait tout pour défendre son poste. Mercredi 26 janvier, il a fait face aux critiques de l’opposition, alors que sa place de Premier ministre était suspendue à la publication d’un rapport potentiellement explosif sur ces fameuses fêtes qui ont eu lieu pendant les confinements.

Westminster est en proie à une véritable guerre des nerfs en attendant les conclusions d’une enquête interne de la haute fonctionnaire Sue Gray sur différentes garden-parties, pots de départ ou fêtes d’anniversaire dans les cercles du pouvoir. Ces rassemblements ont choqué les Britanniques, contraints par la loi, à l’époque, de restreindre drastiquement leurs contacts.

Après une journée de spéculations et informations contradictoires sur le moment où sera publié ce rapport, la presse britannique estime que cela pourrait arriver dès mercredi ou jeudi, sans aucune assurance.

Boris Johnson traité de « menteur »

Accusé de mensonges et appelé à la démission lors de sa séance hebdomadaire d’explications devant les députés, le dirigeant conservateur de 57 ans a refusé de commenter l’enquête en cours et a rejeté tout départ. Il a assuré se concentrer sur la reprise économique ou encore la crise en Ukraine, haussant la voix dans une ambiance houleuse.

Le leader du Labour, Keir Starmer, l’a accusé de « mépriser » le pays et le président de la Chambre des communes, Lindsay Hoyle, a dû intervenir à plusieurs reprises pour maintenir le calme, réprimandant au passage un député travailliste qui avait qualifié Boris Johnson de « menteur ».

Ajoutant à la tension, la police s’est aussi saisie de l’affaire, annonçant mardi enquêter sur plusieurs « événements » afin d’établir s’il y a eu des « violations potentielles des règles liées au Covid-19 », passibles d’amendes. Même au sein de la majorité conservatrice de Boris Johnson, la colère gronde. S’il a jusqu’à présent échappé à un vote de défiance, qui peut être déclenché à la demande de 54 (sur 359) députés de son camp, Boris Johnson reste en position très délicate.

Certains ont déjà demandé publiquement son départ. D’autres frondeurs attendent la publication du rapport de Sue Gray pour décider de tenter ou non d’évincer leur leader. Reste à savoir s’il sera publié en totalité, photos, messages et témoignages à la clé, ou dans une version allégée.

« Erreurs commises »

Devant les députés, Boris Johnson a salué mardi l’ouverture de l’enquête policière espérant qu’elle « donnera au public la clarté dont il a besoin et aidera à mettre ces questions derrière nous ». Selon son porte-parole, il « coopérera pleinement » à ces investigations. Elles le plongent dans une tourmente jamais vue depuis son accession triomphale au pouvoir à l’été 2019, avec une popularité en chute libre et des députés de sa majorité ouvertement hostiles. Espérant rebondir, le Premier ministre a annoncé la levée des dernières restrictions liées au Covid à partir de jeudi, espérant regagner la faveur de l’opinion dans un pays soumis à de longs confinements et fortement endeuillé par la pandémie, qui y a fait plus de 154 000 morts.

Mais régulièrement, de nouvelles révélations viennent accabler le dirigeant. Dernière en date : une fête organisée par sa future épouse Carrie dans la salle du conseil des ministres à l’occasion de son anniversaire le 19 juin 2020 après-midi, lors du premier confinement. Selon ITV, jusqu’à 30 personnes y auraient participé. Une nouvelle difficile à digérer pour les Britanniques, qui s’étaient pliés aux règles. La reine Elizabeth II elle-même avait fêté son 94e anniversaire dans la discrétion, le 21 avril 2020, sans sa famille. « Le Premier ministre a présenté ses excuses pour ce qui s’est passé. Il a dit que des erreurs avaient été commises », l’a défendu mercredi sur SkyNews sa ministre des Affaires étrangères, Liz Truss. La cheffe de la diplomatie a ajouté qu’il ne faudrait plus attendre longtemps pour connaître les conclusions du rapport de Sue Gray.

Par Le Point avec AFP

Disparition: décès de Monique Blin, promotrice de l’œuvre théâtrale de Sony Labou Tansi

janvier 26, 2022

Monique Blin, ex-directrice et cofondatrice du Festival des francophonies en Limousin, amie du Congo, est décédée le 25 janvier, à Paris, des suites d’une longue maladie.

Monique Blin

Photo : Monique Blin

Avec le départ de Monique Blin, le milieu du théâtre congolais perd une activiste ayant fortement contribué à la promotion de l’œuvre de l’écrivain Sony Labou Tansi.

La triste nouvelle de son décès a été rendue publique par le court post de sa fille Véronique Saavedra lui rendant hommage, rédigé en ces termes : « Ma mère, Monique Blin, s’en est allée cette nuit vers d’autres rivages, d’autres découvertes…. Je partageais avec elle cette même passion du théâtre, des différentes formes théâtrales, de la découverte d’écritures nouvelles… Et voilà, c’est fini… Merci de vous souvenir d’elle, de penser à elle… ».

Pour le théâtre congolais, les souvenirs demeurent mémorables. Ils remontent, entre autres, à partir de 1984, année où Monique Blin était devenue directrice du Festival des francophonies de Limoges jusqu’en 1999.

Durant cette période, elle orienta ce Festival à la fois vers le théâtre, la danse et la musique. Elle le dota d’une Maison des auteurs, un lieu de résidence d’écriture pour des auteurs dramatiques francophones. Ce fut l’occasion de permettre à de nombreux metteurs en scène réputés de présenter leurs œuvres pour la première fois en France. Parmi eux, l’écrivain Sony Labou Tansi avec Rocado Zulu Théâtre.

Devenue amie du Congo, en 2015, avec son association « Ecritures en partage » créée à son initiative, elle avait organisé une lecture-spectacle à la Librairie Galerie Congo Paris, septième arrondissement, pour rendre hommage à Sony Labou Tansi, disparu vingt ans auparavant.

Lors de l’échange qui avait suivi la lecture, Monique Blin avait parlé de sa rencontre avec l’écrivain congolais, à Brazzaville, évoquant sa personnalité frappante et expliquant comment, par la suite, il fut invité plusieurs fois au Festival des francophonies de Limoges.

Considérée comme faisant partie des spécialistes européens des dramaturgies francophones au Canada et en Afrique, de Limoges en France, et longtemps après sa « retraite » toute relative, Monique Blin aura permis à plusieurs artistes de mettre les pieds à l’étrier. Elle les a accompagnés et  soutenus dans leur envie d’écrire, d’affiner leurs mises en scène, ou les inciter à se confronter aux techniques théâtrales au point de s’en emparer eux-mêmes.

La famille informe que la cérémonie religieuse pour ses obsèques aura lieu le 31 janvier à 10h30, en l’église Sainte-Rosalie, au 50, boulevard Auguste-Blanqui à Paris XIIIe. Elle sera ensuite inhumée dans le caveau familial.

Avec Adiac-Congo par Marie Alfred Ngoma

Canada-Québec: Le Dr Boileau qualifie la culture de « divertissement », le milieu culturel heurté

janvier 26, 2022
Luc Boileau parle assis à la table de presse.

Le directeur national de santé publique, le Dr Luc Boileau Photo : La Presse Canadienne/Paul Chiasson

L’annonce de la réouverture prochaine des salles de spectacle et des cinémas par le premier ministre François Legault, mardi, a été ternie par l’utilisation de certains mots, qui ont heurté plusieurs acteurs du milieu des arts de la scène québécois.

Les Québécois ont hâte de revoir leurs artistes, a déclaré en conférence de presse François Legault pour expliquer la réouverture des lieux culturels fermés depuis plus d’un mois. 

Au cours du même point de presse, le Dr Luc Boileau, le nouveau directeur de santé publique du Québec, a qualifié les activités bénéficiant d’assouplissements à partir du 7 février de divertissements

Pas juste du divertissement

Ces propos ont été mal accueillis par certains intervenants du milieu culturel. 

C’est déplorable, estime Catherine Voyer-Léger, directrice du Conseil québécois du théâtre (CQT). Il faut faire attention aux mots qu’on utilise. Cela entretient le sentiment de plusieurs personnes que les arts de la scène sont oubliés dans la gestion de la crise.

[La culture], ce n’est pas que du divertissement, a souligné de son côté Olivier Kemeid, codirecteur général et directeur artistique du théâtre le Quat’sous, à Montréal, en entrevue à l’émission Le 15-18.  

« On a un peu l’impression d’être relégués dans la case du pain et des jeux, comme si on était un club de philatélie ou un hobby. […] Être relégué comme si c’était juste un divertissement [pour] s’aérer l’esprit, ça nous fait mal. »— Une citation de  Olivier Kemeid, codirecteur général du théâtre le Quat’sous

Un sentiment que partage Marcelle Dubois, directrice générale et membre du collectif de direction artistique du Théâtre Aux Écuries à Montréal. 

À ses oreilles, la phrase de François Legault a sonné comme si le déconfinement des salles revenait à donner un bonbon à la société en lui permettant d’aller voir des artistes, et non pas comme si le gouvernement rouvrait les salles en raison de la souffrance ressentie par le milieu des arts de la scène.  

Des interrogations sur la vision du gouvernement 

Ces mots posent plusieurs questions, selon Marcelle Dubois. Quelle position le gouvernement a face à sa culture? Quelle société veut-on? Comment considérer la culture?, s’interroge-t-elle. 

Pour Olivier Kemeid, la culture remplit un rôle dans la vie démocratique. Il y a des débats ayant lieu dans les salles de spectacle qui sont peut-être plus apaisés que les débats acrimonieux auxquels on assiste [ailleurs], note-t-il. 

Je suis convaincu que l’on participe à un esprit plus sain dans la société, a-t-il ajouté. 

Les mots employés en conférence de presse viennent amplifier le sentiment que les arts de la scène ont été négligés par le gouvernement Legault. 

Ces derniers jours, le milieu avait déjà expliqué se sentir écouté et compris par le Ministère de la Culture et des Communications, mais pas par les instances gouvernementales supérieures. 

Une certaine déception était palpable dans le milieu qui espérait plus de considération.  

Avec Radio-Canada par Fanny Bourel

Arts : le Palais de Tokyo célèbre l’Ubuntu ou la continuité du vivant

janvier 26, 2022
Michael Armitage, #mydressmychoice, 2015, huile sur tissu d’écorce de lubugo. © White Cube (George Darrell)

Avec l’exposition « Six continents et plus », le musée français s’inspire de la philosophie humaniste prêchée par Nelson Mandela et Desmond Tutu pour évoquer les temps présents et faire dialoguer entre eux des artistes contemporains de tous horizons.

Il faut prendre le temps d’aller visiter les six expositions qui composent, au Palais de Tokyo à Paris, la saison artistique intitulée « Six continents et plus ». Pour une raison simple : les artistes qui y sont présentés, dans leur grande majorité, proposent un regard décentré sur le monde, un regard qui permet de s’écarter des sentiers battus pour mieux distinguer ce que nous sommes aujourd’hui, dans notre ensemble, dans nos différences tantôt fécondes, tantôt mortifères.

En un monde où les centres de décision et de pouvoir ne changent guère, quoi qu’on en dise, faire un pas de côté peut se révéler salvateur. Et c’est bien ce que propose le plasticien Serge Alain Nitegeka dès le seuil de l’une des six expositions, Ubuntu, un rêve lucide. Son œuvre Inconvenient Demarcation, monumentale installation de bois noir, force les visiteurs à contourner l’entrée habituelle de l’espace d’exposition et à ressentir, dans ce mouvement, une contrainte à la fois douce et inévitable.

ICI, NOUS SOMMES TOUS DES DÉPLACÉS, DES RÉFUGIÉS OU DES EXCLUS

Comme l’écrit Marie-Ann Yemsi, la commissaire d’Ubuntu, « Serge Alain Nitegeka joue sur la sensation déstabilisante d’enfermement, alors même que l’espace est ouvert dans les limites du lieu d’exposition. Par cette expérience métaphorique de contrainte des corps, cette installation vient rappeler le vécu de l’artiste et celui des personnes réfugiées ou déplacées. » Ici, nous sommes tous des déplacés, des réfugiés ou des exclus.

Boas sans tête et écailles de faux ongles

Si les artistes présentées dans Ubuntu sont radicalement différents, tant dans leurs approches des matériaux et des médiums que dans leurs démarches, ils ont en partage le fait d’être peu connus en France et, surtout, d’inviter au déséquilibre, à l’interrogation, à la remise en cause. Ainsi, une fois passé l’entrée de l’exposition revue et corrigée par Nitegeka, le visiteur fait face à d’énormes boas sans tête enroulés sur eux-mêmes et arborant de chatoyantes couleurs.

Dans quel monde miraculeux ou effrayant sommes-nous entrés ? Une jungle ? Un mythe biblique ? En s’approchant d’un peu plus près des œuvres de la Sud-Africaine Frances Goodman, il apparaît que les écailles de ces séduisants serpents sont des faux ongles collés les uns aux autres… Pour bien visiter Ubuntu, il faut accepter d’être sans cesse dérangé et bousculé, accepter d’être « autre ».

Frances Goodman, Endless Hours, 2020, en faux ongles, acrylique, mousse, résine et silicone.
Frances Goodman, Endless Hours, 2020, en faux ongles, acrylique, mousse, résine et silicone. © © Courtesy de l’artiste & SMAC Gallery (Le Cap, Johannesbourg, Stellenbosch)

« Dans l’exposition, écrit Marie-Ann Yemsi, le processus de mise en commun s’effectue souvent par une quête de l’intelligence sensible dans et à travers la dimension “éprouvante” de nombreuses œuvres qui opèrent en sollicitant activement le corps des visiteurs. Il s’agit pour ces artistes de s’inscrire dans une nouvelle combinatoire de l’échange et de la réciprocité, d’aménager une place, de garantir une présence, de réordonner son corps, et surtout de reconstituer une mémoire. »

LES TOILES SUTURÉES ET CICATRISÉES INVITENT À S’INTERROGER SUR CE QU’ELLES PORTENT COMME DOULEURS ENFOUIES

Si certains travaux sont assez attendus et didactiques, comme l’œuvre du Zimbabwéen Kudzanai Chiurai The Library of Things We Forgot to Remember, dénonçant les diverses formes de l’oppression occidentale, d’autres proposent des approches esthétiques et sensorielles autrement plus subtiles. C’est en particulier le cas des peintures du Kenyan Michael Armitage, très remarquées lors de la dernière Biennale de Venise (Italie), en 2019.

Réalisées sur du tissu d’écorce de lubugo, les toiles suturées et comme cicatrisées invitent à s’interroger à la fois sur ce qu’elles représentent et sur ce qu’elles portent comme douleurs enfouies. « Archiviste de faits contemporains, Michael Armitage entrelace dans ses peintures et ses dessins de multiples récits et points de vue pour explorer des “histoires culturelles parallèles”, écrit encore Marie-Ann Yemsi. L’iconographie visuelle de l’Afrique de l’Est est omniprésente dans ses paysages composés à partir de mythes, d’images glanées sur internet et de sa propre mémoire. Faits divers, faits politiques, leur lecture n’est jamais univoque. »

Kudzanai-Violet Hwami, Atom Painting #2, 2021. Peintures à l’huile et acrylique.
Kudzanai-Violet Hwami, Atom Painting #2, 2021. Peintures à l’huile et acrylique. © © Courtesy de Kudzanai-Violet Hwami et de la galerie Victoria Miro

Il en va de même pour les superbes toiles – Atom – de la Zimbabwéenne Kudzanai-Violet Hwami, constituées de quatre panneaux distincts, agencés ensemble, et d’images elles aussi glanées sur internet ou dans la vie de l’artiste. Cette dernière s’y interroge sur sa place au sein de l’humanité, sur ces autres qui font partie d’elle-même, en référence aux vers de Walt Whitman : « I celebrate myself, and sing myself, / And what I assume you shall assume / For every atom belonging to me as good belongs to you. » La philosophie à laquelle renvoie le terme d’Ubuntu pourrait ainsi être traduite par : « Nous sommes tous les atomes d’une même humanité. »

Herbier poétique et politique en broderies

Il serait possible de poursuivre plus avant la visite d’Ubuntu, un rêve lucide, mais il faut garder quelques mots pour les autres espaces d’expositions du Palais de Tokyo qui, eux aussi, invitent au pas de côté. En particulier pour la salle passionnante consacrée à la pionnière du cinéma africain Sarah Maldoror (Sarah Maldoror, Cinéma tricontinental) qui, outre des extraits de films, présente des œuvres d’artistes tels le Cubain Wifredo Lam, la Franco-Gabonaise Maya Mihindou, la Canadienne d’origine tanzanienne Kapwani Kiwanga ou la Française d’origine camerounaise Anna Tjé.

Les autres espaces sont consacrés au Guadeloupéen Jay Ramier – Keep the Fire Burning (Gadé Difé Limé) –, pionnier du hip-hop hexagonal, au Brésilien Maxwell Alexandre – New Power –, qui travaille sur la représentation des populations afro-descendantes, à la Sénégalaise Aïda Bruyère – Never Again – qui s’intéresse « aux constructions des identités dans l’espace social ». Mais s’il est une salle à ne pas manquer, c’est surtout celle consacrée au travail de l’Australien Jonathan Jones, pour sa beauté et sa puissance phénoménale.

LA VIE QU’IL S’AGIT DE PROTÉGER N’EST PAS LA SEULE VIE HUMAINE, MAIS TOUTES LES VIES SUR TERRE

Sans titre (Territoire originel) est composée notamment de broderies noires sur tissu blanc représentant un gigantesque herbier. Œuvre collaborative extrêmement émouvante, cette installation a pour point de départ l’expédition du capitaine Nicolas Baudin en territoire austral entre 1800 et 1803, commanditée par Napoléon Bonaparte. « Parmi les plantes rapportées par l’expédition et conservées à l’Herbier national (Paris), plus de 300 spécimens furent collectées à Sydney. Ces spécimens ont été reproduits en broderies réalisées à la main par des collectifs de réfugiées et de migrantes à Sydney, et sont présentés comme une nouvelle traduction de ces archives », écrivent les commissaires.

Cette œuvre polysémique, qui s’accompagne d’autres œuvres en lien avec l’occupation de l’Australie aux dépens des Aborigènes, questionne la collecte, le commerce et le transport colonial de plantes endémiques, leur acclimatation et leur utilisation ailleurs, la « colonisation des connaissances aborigènes qui leurs sont associées ».

Le travail de Jonathan Jones est sans nul doute celui qui abat le plus de frontières et qui, sans tomber dans la leçon de morale, fait écho au terme d’Ubuntu au sens où l’entend le philosophe Souleymane Bachir Diagne. « La vie qu’il s’agit de protéger n’est pas la seule vie humaine, mais toutes les vies sur terre. Car la cosmologie dans laquelle l’Ubuntu puise son sens est une cosmologie de la continuité du vivant », écrit ce dernier.

« Six continents et plus », Palais de Tokyo, à Paris, jusqu’au 20 février 2022.

Avec Jeune Afrique par Nicolas Michel

Canada: Cinq fois plus d’élèves infectés au Québec par rapport à la rentrée de janvier 2021

janvier 25, 2022

En revanche, le nombre de classes fermées est passé de 745 à 91 en raison du changement d’approche.

Des crayons dans une salle de classe vide.

L’isolement n’est plus nécessaire lorsque des camarades sont malades. Photo : CBC/David Donnelly

La rentrée scolaire de janvier 2022 ne ressemble en rien à celle de janvier 2021, sur le front de la COVID-19. Des données dévoilées par le ministre de l’Éducation du Québec montrent que plus de 11 648 élèves sont actuellement absents parce qu’ils ont obtenu un résultat de test positif, et ce nombre est largement sous-estimé.

En effet, près de 20 000 autres élèves sont déclarés absents en raison de la COVID-19 sans résultat positif. Il pourrait s’agir de cas contacts domiciliaires qui n’ont pas accès à un test de dépistage rapide ou d’élèves présentant des symptômes, mais qui n’ont pas pu subir un test. La santé publique considère ce dernier cas de figure comme un cas de COVID-19.

Par ailleurs, 30 % des écoles publiques et 15 % des écoles privées n’ont pas fourni leurs données au ministère de l’Éducation. Il pourrait donc y avoir actuellement plus de 40 000 élèves québécois infectés par la COVID-19.

À titre de comparaison, le 25 janvier 2021, une semaine après la rentrée au secondaire et deux semaines après celle au primaire, le ministère signalait que 2377 élèves avaient été infectés par le coronavirus.

Toutefois, il y a une différence majeure cette année : l’impact moindre sur l’absence des autres élèves de la classe. Il n’est en effet plus requis de s’isoler quand des camarades sont malades.

Une classe peut cependant être fermée si 60 % des élèves sont en isolement.

Ainsi, le Québec compte 91 classes fermées, en enseignement à distance, alors qu’il y en avait 745 le 25 janvier 2021.

Mieux qu’en Ontario, se félicite Québec

La cabinet du ministre de l’Éducation relativise : ces absences représentent 2,28 % des élèves, donc « 97,72% des élèves sont en classe », rappelle l’équipe de Jean-François Roberge.

Selon nos informations, certaines écoles de Montréal affichent des taux d’absence liés à la COVID-19 beaucoup plus importants, allant jusqu’à 15 %.

L’Ontario diffuse le taux d’absences par école sur une page web(Nouvelle fenêtre). Des informations qui ne sont pas disponibles au Québec.

En date de vendredi, le taux d’absentéisme scolaire en Ontario était en moyenne de 18,4 %. Environ une école ontarienne sur dix affichait un taux d’absentéisme de 30 % et plus.

En proportion, la province voisine enregistre deux fois plus d’écoles fermées qu’au Québec.

« À ce jour, nous faisons mieux que l’Ontario. Bravo à tous. »— Une citation de  Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation du Québec

Autres données fournies par Québec : 1768 enseignants et 1596 membres du personnel sont absents à cause de la COVID-19, soit environ 1 % des effectifs.

Le ministère promet de rendre publiques des données complètes et mises à jour de façon régulière.

La rentrée scolaire, qui avait été repoussée au 17 janvier, est l’objet de beaucoup de discussions depuis quelques jours. Des enseignants se plaignent de devoir ouvrir les fenêtres par grand froid parce que leurs lecteurs de CO2 affichent des niveaux de qualité de l’air supérieurs aux niveaux recommandés. D’autres ouvrent les fenêtres par précaution, puisqu’ils n’ont pas encore reçu les appareils de mesure.

Dans le guide envoyé au réseau scolaire, en octobre, le ministère indiquait qu’à un taux se situant entre 1500 et 2000 parties par million (ppm) de CO2, il fallait ouvrir les fenêtres sans égard à la température.

Vendredi, le ministère de l’Éducation a demandé aux établissements de maintenir une température confortable en classe.

Radio-Canada par

Thomas Gerbet

Thomas Gerbet

Avec la collaboration de Jean-Philippe Robillard

Canada-Le Québec se redéconfine : « Il faut y aller mollo », prévient Legault

janvier 25, 2022

Le premier ministre annonce des allègements en deux phases pour le 31 janvier et le 7 février.

Le premier ministre Legault en conférence de presse.

Le premier ministre François Legault a annoncé mardi certains allègements des mesures sanitaires, même si l’état du réseau de la santé demeure précaire. Photo : La Presse Canadienne/Grahams Hughes

Encouragé par une baisse légère, mais constante, des hospitalisations, le gouvernement du Québec permettra à nouveau à ses citoyens de se réunir en dehors de leurs bulles familiales respectives à compter de lundi prochain, dans les maisons et dans les restaurants, entre autres assouplissements des mesures sanitaires.

Le premier ministre François Legault a fait savoir mardi que les rassemblements dans les résidences privées seront permis à partir de la semaine prochaine. Mais attention : seules les réunions de quatre personnes (ou deux bulles familiales) seront autorisées.

La limite sera la même dans les restaurants, qui poussent un soupir de soulagement. Quatre personnes (ou deux bulles familiales) pourront s’asseoir à la même table. Les salles à manger seront également limitées à 50 % de leur capacité; le service sera interrompu à 23 h; et les clients devront avoir en main leur passeport vaccinal.

M. Legault a procédé à cette annonce lors d’une conférence de presse, mardi après-midi. Il était pour l’occasion accompagné du ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, et du directeur national de santé publique par intérim, le Dr Luc Boileau.

L’idée, c’est d’y aller graduellement, prudemment, a fait valoir le premier ministre, qui demeure inquiet de l’état précaire du réseau de la santé. Comme on dit en québécois, il faut y aller mollo, a-t-il soutenu.

« Je comprends que les gens sont tannés. Mais en même temps, il faut être prudents. Il faut penser chaque jour au personnel qui est au front depuis longtemps dans nos hôpitaux. Donc c’est pour ça qu’il faut y aller mollo. »— Une citation de  François Legault, premier ministre du Québec

Des allègements ont aussi été annoncés mardi dans les milieux de vie pour personnes âgées. Le nombre de visiteurs pourra augmenter à deux par jour pour les résidents des centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) et à quatre dans les résidences privées pour aînés (RPA) à partir de lundi.

M. Legault a également rappelé aux gestionnaires de milieux de vie qu’un maximum de quatre personnes pouvaient déjà s’asseoir autour d’une même table pour partager un repas dans ces établissements, et a déploré que certains d’entre eux obligent leurs résidents à manger dans leur chambre.

La pratique des sports parascolaires et civils pour les jeunes âgés de moins de 18 ans pourra en outre reprendre lundi. Toutefois, les groupes seront limités à 25 personnes et toute forme de compétition sera interdite; seuls les entraînements seront tolérés.

Cette autorisation sera également valide pour les activités parascolaires comme le théâtre ou les jeux d’échecs, a illustré le premier ministre.

Autres précisions : les concessions alimentaires des centres de ski pourront rouvrir dès lundi en fonction des mêmes modalités que celles imposées aux restaurants, et certains lieux intérieurs comme le Biodôme, le Planétarium, les aquariums, les insectariums et les jardins zoologiques pourront rouvrir à 50 % de leur capacité.

Une deuxième phase le 7 février

Quant aux salles de spectacles, aux cinémas, aux amphithéâtres et aux lieux de culte, ils devront patienter jusqu’au lundi 7 février, a indiqué François Legault, qui affirme vouloir procéder par étapes et avec prudence.

La capacité d’accueil de ces établissements sera également limitée à 50 %, avec un maximum de 500 spectateurs dans les lieux culturels et de 250 fidèles dans les lieux de culte. Le passeport vaccinal sera également exigé, sauf pour les funérailles, qui seront limitées à 50 personnes.

En ce qui concerne les gyms, les bars, les tavernes et les casinos, par contre, il est encore trop tôt pour évoquer leur réouverture.

On est sortis du tunnel, a déclaré M. Legault. Par contre, le train de la santé est magané, et il est magané depuis plusieurs années, a-t-il ajouté, réitérant l’intention de son gouvernement de présenter un vaste plan de refondation du système de santé axé sur la formation du personnel et des incitatifs au recrutement.

Ledit plan sera exposé le mois prochain, a précisé le premier ministre.Le Dr Luc Boileau en conférence de presse.

Le Dr Luc Boileau a été nommé directeur de santé publique par intérim à la suite de la démission surprise du Dr Horacio Arruda, plus tôt ce mois-ci. Photo : La Presse Canadienne/Grahams Hughes

Les mesures d’assouplissement présentées mardi constituent un premier pas, mais il ne s’agit pas de la séquence de déconfinement de la santé publique, sur laquelle le Dr Boileau travaille toujours.

« Il faut donner un espace pour permettre de vivre différemment et de continuer à vivre dans cette dimension avec le virus, tout en étant prudent. […] Je pense que c’est un calcul correct du risque de la charge hospitalière qui veut se stabiliser et du besoin pour les gens de socialiser. »— Une citation de  Dr Luc Boileau, directeur national de santé publique par intérim

Le Dr Boileau a par ailleurs annoncé mardi qu’il y aura sous peu des points de presse distincts de la santé publique par rapport au gouvernement – une demande de longue date des partis d’opposition.

Selon le bureau du premier ministre, toutefois, ces points de presse ne seront pas systématiques, et le gouvernement continuera au besoin à inviter le Dr Boileau à ses événements.Un masque médical dans la neige.

« On est tous conscients que beaucoup de Québécois sont tannés des consignes », a déclaré mardi le premier ministre François Legault.

PHOTO : RADIO-CANADA / JEAN-CLAUDE TALIANA

Pour justifier les allègements annoncés mardi, François Legault a notamment évoqué la nécessité de préserver la santé mentale des Québécois.

Cela dit, il manque toujours 12 341 travailleurs de la santé dans le réseau, dont 5719 à Montréal, et l’on compte toujours près de 3300 patients hospitalisés dans les hôpitaux de la province.

Dans son bilan de mardi, le ministère de la Santé et des Services sociaux a annoncé une légère baisse des hospitalisations (-21), mais 85 décès de plus dus à la COVID-19.

Cette tendance devrait se poursuivre, a indiqué M. Legault, qui a rencontré lundi soir des experts de l’Institut national de santé publique du Québec INSPQ, de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux INESSS et de la santé publique avec Christian Dubé. Mais il y a encore beaucoup d’incertitude, a-t-il prévenu.

Avec Radio-Canada par

Jérôme Labbé

Jérôme Labbé

Omicron : l’Occident raciste envers les scientifiques sud-africains ?

janvier 25, 2022
Damien Glez © Damien Glez

Des chercheurs d’Afrique du Sud se disent victimes de discrimination de la part des pays du Nord qui ne prennent pas leurs publications au sérieux. La preuve par le dernier variant…

Les politiques et scientifiques du Nord « multiplient-ils par zéro » l’expertise médicale quand celle-ci vient des pays du Sud, singulièrement d’Afrique ? Pour le professeur Shabir Madhi interrogé par la BBC, les pays « à revenu élevé » seraient plus prompts à « absorber les mauvaises nouvelles qui viennent de pays comme l’Afrique du Sud » que les informations encourageantes. En cause, selon l’expert en vaccins de l’université de Witwatersrand de Johannesburg : la phobie de la situation sanitaire du continent et le mépris pour le niveau académique de scientifiques africains pourtant bardés de diplômes et pétris d’expérience.

« Alerte racisme ! », semble confirmer le professeur Salim Karim, ancien chef du comité consultatif Covid du gouvernement sud-africain et vice-président du Conseil international des sciences. L’épisode du variant Omicron du Covid-19 – d’abord détecté en Afrique australe – permettrait d’étayer leur thèse.

Scepticisme et mésestime

Si les scientifiques du cru, singulièrement sud-africains, ont rapidement constaté que le nombre inhabituel de mutations du variant le rendait préoccupant du point de vue de la transmissibilité – quatre fois plus infectieux –, ils ont aussi annoncé, en moins de deux semaines, que celui-ci était « dramatiquement plus bénin » que les variants responsables des précédentes vagues de la pandémie. Autrement dit :  le risque de contracter une forme grave était moins important qu’avec les autres formes du Covid-19.

Comme si les travaux sud-africains n’étaient pas dignes de foi, le monde entier les aurait ignorés, plongeant la tête la première dans une psychose, il est vrai, source de mesures de sécurité toujours bonnes à prendre. Shabir Madhi s’étonne que l’Occident semble refuser de « croire la science parce qu’elle vient d’Afrique », perclus de scepticisme quand les nouvelles venues du continent sont bonnes. Les recherches sud-africaines étant formellement rigoureuses sur le plan scientifique, la mésestime du Sud par le Nord relèverait du racisme.

Certes, « crier au loup » est un peu la vocation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ne serait-ce qu’en respect du principe de précaution, il paraissait légitime que l’institution onusienne mette en garde contre le fait de qualifier Omicron de « bénin », craignant que le « tsunami » de contagion ne déstabilise les systèmes de santé.

De toute façon, l’OMS a l’habitude, depuis le début de la pandémie, d’être taxée d’alarmiste, en particulier en ce qui concerne le continent africain… Le scepticisme de l’Occident pourrait-il se justifier par l’âge moyen de sa population bien supérieur à celui des Sud-Africains ? Pour les scientifiques de Johannesburg, l’optimisme peut tout de même être décliné dans le Nord, l’atout de la jeunesse africaine étant contrebalancé par la prévalence plus élevée, en Afrique, d’autres comorbidités.

En Afrique du Sud, la vague Omicron devrait durer deux fois moins longtemps que les précédentes et pourrait être déclarée terminée dans les prochains jours, en dépit de la crainte suscitée par les contagions en période de réouverture des écoles.

Damien Glez

Avec Jeune Afrique par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Canada: Un enfant de 6 ans disparu au Nouveau-Brunswick

janvier 25, 2022
Kenton Murphy.

Kenton Murphy a une silhouette élancée, pèse de 18 à 22 kg (45 à 50 lb). Il a les yeux bleus et les cheveux blonds. Photo: Gracieuseté/GRC

Les services policiers du Nouveau-Brunswick recherchent un garçon de 6 ans.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) au Nouveau-Brunswick dit avoir lancé l’alerte Amber au nom du Service de police de Miramichi afin de retrouver Kenton Murphy, qui a été vu pour la dernière fois tôt lundi matin, vers 2 h 30, dans une maison de la région de Douglastown, à Miramichi.

Le garçon, selon la Gendarmerie royale du CanadaGRC, aurait été enlevé de la maison par sa mère, Ashley Rose Munn, 33 ans, entre 2 h 30 et 6 h.

Ashley Munn n’a pas la garde de Kenton Murphy, précise la Gendarmerie royale du CanadaGRC, qui dit s’inquiéter pour le bien-être de l’enfant.Ashley Rose Munn.

Ashley Rose Munn, 33 ans Photo: Gracieuseté/GRC

Ashley Munn mesure environ 168 centimètres (5 pieds 6 pouces) et pèse environ 76 kilogrammes (168 livres). Elle a les cheveux bruns et les yeux bleus. Elle a été vue pour la dernière fois au volant d’un véhicule utilitaire sport Nissan Xterra 2008 noir, immatriculé JET 685 au Nouveau-Brunswick.

Kenton Murphy a une carrure mince, il pèse de 18 à 22 kilogrammes (45 à 50 livres). Le garçon a les yeux bleus et les cheveux blond foncé. Il a été vu pour la dernière fois portant un pyjama bleu à motif camouflage.

Les policiers demandent aux gens qui les apercevraient de ne pas s’approcher d’eux. Si vous voyez Ashley Munn ou Kenton Murphy, appelez le 911 immédiatement, recommande la Gendarmerie royale du Canada GRC.

Avec Radio-Canada

Congo-Disparition : la République rend un dernier hommage à Clément Mouamba

janvier 25, 2022

En présence des corps constitués nationaux et diplomatiques, le président de la République, Denis Sassou N’Guesso, s’est incliné devant la mémoire de l’ancien Premier ministre, Clément Mouamba (2016-2021) qui sera inhumé ce 26 janvier à Sibiti, chef-lieu du département de la Lékoumou.

Le couple présidentiel rendant un dernier hommage à Clément Mouamba

« Un esprit consensuel et apaisant, chantre de la non-violence, un sens du compromis qui lui fait détester les conflits et les rivalités, Clément Mouamba a servi la République jusqu’au dernier jour de sa vie », a déclaré le secrétaire permanent de la Task force des politiques économiques et sociales, Rigobert Maboundou, donnant lecture de l’oraison funèbre d’une voix chargée d’émotion. Celui-ci fut, en effet, un des étudiants de l’illustre disparu dont il a par ailleurs été directeur de cabinet à la Primature.

L’ancien Premier ministre, Clément Mouamba, avait rendu l’âme le 29 octobre 2021 à Paris, en France, victime de la covid-19. La pandémie qu’il s’était pourtant engagé à combattre, quand il exerçait les fonctions de chef du gouvernement, a finalement eu raison de lui à l’âge de 78 ans. Le 25 janvier, en début de matinée, avant que la nation ne lui rende un dernier hommage, le Parti congolais du travail (PCT) lui a témoigné sa gratitude pour les services rendus à la nation dans une cérémonie solennelle présidée par le secrétaire général de ce parti, Pierre Moussa, en présence de nombreux responsables des formations politiques alliées, membres de la majorité présidentielle.

Parcours

La densité intellectuelle de l’illustre disparu a commencé à se constituer à l’école catholique de Moussounda où il a fait ses études primaires et secondaires, avant d’accéder au lycée technique 1er mai à Brazzaville. Clément Mouamba a ensuite obtenu une bourse pour la France où il a décroché un doctorat en sciences économiques. La Banque des Etats de l’Afrique centrale est l’institution au sein de laquelle il a passé nombre d’années de sa vie professionnelle.

De 1975-1979, il est conseiller économique du Premier ministre Henri Lopes ; de 1979-1983 Clément Mouamba a assumé les mêmes fonctions auprès du Premier ministre Louis Sylvain Ngoma. 1983-1992, il est conseiller économique et financier du président Denis Sassou N’Guesso. De septembre 1992 à juin 1993, Clément Mouamba a assumé les fonctions de ministre des Finances.

Sa longue carrière politique, faite de marxisme puis de social-démocratie, l’a conduit au PCT, sous le monopartisme, puis à l’Union panafricaine pour la démocratie sociale. Il est par la suite retourné au PCT, où il a été membre du bureau politique jusqu’à sa mort.  Le 23 avril 2016, Clément Mouamba est nommé Premier ministre, chef du gouvernement. Le tout premier de la nouvelle République après le référendum constitutionnel de 2015.

Son inhumation à Sibiti, où il est né le 13 novembre 1943, est un choix testamentaire pour son repos éternel sur la terre de ses ancêtres.

Avec Adiac-Congo par Rominique Makaya