Posts Tagged ‘Hommage’

Papa Wemba Forever : Abidjan et Kinshasa rendent hommage à l’icône de la rumba

avril 22, 2021

Les deux capitales africaines toutes deux très attachées à la mémoire de l’illustre chanteur disparu vont, chacune de son côté, commémorer, le 24 avril, la cinquième année du décès inopiné du « Maître d’école » sur la scène du Festival d’Anoumabo en Côte d’Ivoire.

Abidjan organise Papa Wemba Forever à Anoumabo (DR)

Photo 1 : Abidjan organise Papa Wemba Forever à Anoumabo (DR) Photo

Organisée sous le haut patronage de l’ambassade de la RDC en Côte d’Ivoire, la commémoration de cet événement aussi tragique que mémorable survenu il y a cinq ans est prévue autour d’une programmation spéciale. Diverses manifestations se tiendront à cet effet au lieu même où s’est écroulé le grand baobab de la musique congolaise, tel un vaillant soldat au front, devant son micro, chantant Est-ce que ?, un de ses anciens tubes. Lieu baptisé l’année suivante Place Papa Wemba. Vont donner le ton deux parties de foot, prévues entre 10h-11h30, opposant deux paires d’équipes. Il s’agit des Léopards d’Abidjan, composés de la communauté congolaise d’Abidjan, contre les membres de l’AARCI (Amicale des amis de la rumba en Côte d’Ivoire) et l’équipe des sapeurs contre celle des jeunes d’Anoumabo. Ce quartier de la commune Marcory plus célèbre que jamais depuis la disparition de Mwalimu sur la scène de son festival, le Femua (Festival des musiques urbaines d’Anoumabo), alors même qu’il en était la tête d’affiche et en assurait la clôture.

En plein milieu de la journée, de12h00 à 13h00 est annoncée une messe de suffrage à la Place Papa-Wemba d’Anoumabo. Et de 13h00 à 16h00 est prévu un moment convivial où le comité d’organisation entend convier les différentes équipes et ses invités au partage d’un repas et de rafraichissements avec les jeunes d’Anoumabo. Il y sera associé des activités animées par les jeunes d’Anoumabo autour des chants, danses et une parade de sapeurs.

Hommage artistique

Un hommage artistique est censé clore la journée à la suite de ceux rendus par les officiels. Les allocutions attendues à l’occasion sont celles du maire de Marcory, l’ambassadrice de la RDC en Côte d’Ivoire, le commissaire général du Femua. Et pour boucler la boucle, le mot de circonstance de Zacharie Bababaswe, chef de la délégation de Kinshasa conviée à l’événement et celui du Cardinal Ekumany, représentant à la fois de Papa Wemba et Viva La Musica en Côte d’Ivoire, souligne le programme de la célébration.Kinshasa organise une messe de suffrage en prélude à la série de manifestations à venir en commémoration des 5 ans du décès de Papa Wemba (DR)

2 : Kinshasa organise une messe de suffrage en prélude à la série de manifestations à venir en commémoration des 5 ans du décès de Papa Wemba (DR)

Cerise sur le gâteau, subséquent au dépôt de gerbes de fleurs, l’hommage artistique portera sur une interprétation du répertoire de Papa Wemba. Des artistes congolais à l’instar de Laëtitia Lokua et José Lenga mais aussi la rappeuse ivoirienne Nash qui chanta en featuring avec Papa Wemba Sapologie, un titre dédié à la sape. Une cérémonie en l’honneur au grand sapeur que fut Papa Wemba de son vivant ne peut pas s’imaginer sans une parade de sapeurs. Pas étonnant que des sapeurs soient tout naturellement aussi associés à l’événement ainsi que des humoristes. Il y aura notamment Ali Asgar, Wassala petit Mangobo, Cesar Uomo, JB Mitsiono et Ingénieur Douglas.

Du côté de Kinshasa, rien de vraiment officiel n’est prévu sinon que la famille de l’illustre disparu a, elle, choisi de faire les choses dans la sobriété le 24 avril. En matinée, à 9h, la veuve Marie-Rose Amazone, sa progéniture et la famille Shungu vont, en compagnie des membres de la Fondation Papa-Wemba ont, comme à l’accoutumée, prévu un recueillement devant sa tombe et d’y déposer des gerbes de fleurs. Ils invitent ensuite les proches et autres mélomanes à la messe de suffrage à la Paroisse Saint-Joseph de Matonge à 15h. L’office religieux sera suivi d’un cocktail dans la cour du Complexe scolaire Monseigneur Moke à quelques pas de l’église. L’on signale nénamoins qu’il s’agit là du lancement des cérémonies à venir qui se tiendront d’ici à juin pour commémorer le cinquième anniversaire de la disparition de feu Shungu Wembadio Pene-Kikhomba, alias Papa Wemba, Bakala dia Kuba.

Avec Adiac-Congo par Nioni Masela

Congo-Disparition : hommage à Aimé Philippe Matsika

avril 22, 2021

Décédé le 2 mars dernier à Paris en France à l’âge de 87 ans, l’ancien ministre de la Justice, Aimé Philippe Matsika, sera inhumé le 23 avril à Kibouendé dans le département du Pool. Ce jeudi, le chef de l’Etat Denis Sassou N’Guesso lui a rendu un dernier hommage.

Dans l’oraison funèbre, le ministre en charge de l’Enseignement technique, Antoine Thomas Nicéphore Fylla Saint-Eudes, a rappelé qu’Aimé Philippe Matsika fut né en 1934 à Yétéla, un village de la communauté urbaine de Kibouendé, dans le département du Pool. Après un cycle primaire réussi, le jeune Matsika est inscrit à l’école populaire à Brazzaville où il fut orienté à l’école des beaux-arts. Il en sort avec la qualification de dessinateur industriel, avant d’être affecté au service cartographie de la métropole.

Chemin faisant, il abandonne sa profession de dessinateur pour devenir syndicaliste professionnel au sein de la Confédération syndicale des travailleurs. En 1955, précise l’oraison funèbre, Aimé Philippe Matsika décide de créer sa propre organisation politique, l’Union de la jeunesse congolaise (UJC). Un instrument de combat contre l’impérialisme coloniale.

En 1960, l’UJC est dissoute par le président Fulbert Youlou, bloquant en quelque sorte ses ambitions politiques. Malgré tout, il continua à militer au sein du syndicat au point de devenir secrétaire général adjoint.

Trois ans plus tard, Aimé Philippe Matsika, soutenu par quelques-uns de ses collègues syndicalistes, décrète une grève générale illimitée pour protester contre l’ambition du président Youlou, de créer un ‘’parti unique’’. Massivement suivie par les travailleurs, cette grève se solde par le mouvement des 3 glorieuses qui renverse son régime.

Lorsque Alphonse Massamba Débat devient président, il est vite repéré et nommé à double reprises, ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Aviation civile.

Elu président de la République en 1992, après la conférence nationale souveraine, Pascal Lissouba le récupère et lui confie le portefeuille de ministre d’Etat, ministre de la Justice.

Aimé Philippe Matsika sera porté en terre dans son village natal Yétéla. Il laisse une veuve et plusieurs enfants.

Avec Adiac-Congo par Firmin Oyé

Congo-Hommage : Alex Ramel nous a quittés

février 10, 2021

Alex Michel Ramel, titulaire de la pharmacie Mavré, est décédé à l’âge de 66 ans le dimanche 31 janvier à Grenoble, en France, des suites d’une longue maladie qu’il aura combattue de toutes ses forces. Cette force singulière, il la tenait de ses parents, François Ramel et Marie Baudey cultivateurs à Mieussy, village des terres de Savoie où Alex repose désormais.

À 11 ans, il prit sa valise pour ses études en pensionnat. Baccalauréat, faculté de médecine à Grenoble, pharmacie à Bordeaux puis, après son service militaire à Berlin, il part travailler aux Antilles.

À 46 ans, vient le grand départ pour Brazzaville, une aventure de 20 ans, marquée par la disponibilité envers les autres de celui qui apporta une aide constante et sans faille auprès des personnes malades ou en difficulté. Alex Ramel reprit la pharmacie Mavré où sa réputation d’homme généreux et bienveillant se forgea d’années en années en fournissant gratuitement des médicaments aux personnes sans ressources et aux femmes enceintes. Entreprenant, il fit un grand nombre d’actions caritatives et humanitaires en collaboration avec l’Ordre de Malte dont il avait été fait officier du Mérite, et qui le nomma ambassadeur de l’Ordre souverain de Malte près de la République du Congo.

Puis, en 2002, s’instaura une relation unique entre sa majesté le Makoko Gaston Nguayoulou et le Docteur Alex Ramel. Celui-ci, ayant appris les aides que ce dernier avait apportées à certains de ses sujets malades, le fit venir dans son Royaume à Mbé. Marquant sa sympathie, il mettait à sa disposition les terres d’Issala, d’une surface de 30 000 hectares pour la réalisation d’un projet de développement. Avec une âme d’entrepreneur, Alex Ramel eut alors le désir de cultiver ces terres pour la production d’huiles essentielles, avec la collaboration de parfumeurs français. Il s’entoura alors d’une équipe armée de compétence d’organisation, de connaissances scientifiques de grande qualité et d’expérience.

Bénéficiant de la confiance répétée du successeur du roi Gaston Nguayoulou, le roi Auguste Ngempio accorda son soutien à Alex Ramel. Considérant l’enjeu, et soucieux de parrainer ce projet dans le plus grand respect de la tradition Téké, le roi a voulu de manière solennelle, le 13 janvier 2018, avec les douze grands dignitaires de la cour au complet, offrir sa bénédiction, une bénédiction des terres, des protecteurs et des auteurs du projet Arômes du Congo.

Aujourd’hui, plus que jamais, l’équipe et ses partenaires se consacreront à la réalisation de ce projet tant rêvé et souhaité par son initiateur Alex ramel.

Bienveillant, entreprenant, généreux, tolérant, tels sont les mots prononcés lors des hommages rendus solennellement à Mieussy, à celui qui aurait voulu « poser sa valise » dans son pays d’adoption, le Congo.

Avec Adiac-Congo par Alex Ramel

L’armée rend hommage au soldat français tué au Mali lundi aux Invalides

juillet 26, 2020

Le décès du brigadier Tojohasina Razafintsalama porte à 43 le nombre de soldats français morts au combat dans les opérations «Serval» et «Barkhane».

Le soldat français d’origine malgache tué jeudi 23 juillet au Mali par un véhicule suicide recevra un dernier hommage lundi 27 juillet aux Invalides, à Paris, a indiqué l’armée de Terre.

«RDV demain à 16h30 sur le pont Alexandre III à Paris, ou virtuellement sur nos réseaux sociaux, pour saluer la mémoire du brigadier Tojohasina Razafintsalama», indique un tweet de l’état-major.

Le soldat, qui appartenait au 1er régiment de hussards parachutistes (RHP) de Tarbes, traversera le pont avant l’hommage aux Invalides. Une seconde cérémonie est prévue dans la semaine à Tarbes, où est basé le 1er RHP, à une date qui n’a pas encore été précisée.

Tojohasina Razafintsalama était né le 20 octobre 1994 à Mahazarivo, à Madagascar. Ce célibataire sans enfant s’était engagé avec le 1er RHP en 2018 et avait été envoyé au Mali le 14 juillet dernier.

«Neutralisation» de plusieurs dizaines de djihadistes

Son décès porte à 43 le nombre de soldats français morts au combat dans les opérations «Serval» (2013) et «Barkhane» (depuis 2014), selon l’état-major. Il intervient après celui, début mai, de deux légionnaires de la force française «Barkhane» au Sahel, qui compte quelque 5000 soldats. En novembre 2019, la France avait perdu 13 soldats dans un accident entre deux hélicoptères en opération au Mali.

Ces derniers mois, l’armée française et celles des pays du G5 Sahel ont multiplié les offensives dans la région, en particulier dans la zone dite des «trois frontières» entre Mali, Niger et Burkina Faso.

Elles ont revendiqué la «neutralisation» de plusieurs dizaines de djihadistes, dont en juin l’émir d’al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), l’Algérien Abdelmalek Droukdel, figure du djihadisme dans la région depuis 20 ans.

Par Le Figaro avec AFP

Congo: Cérémonie d’hommage de Ganga Edo au palais des Congrès de Brazzaville

juillet 22, 2020

 

Co-fondateur de l’orchestre « Les Bantous de capitale », le patriarche Edo Ganga, qui a tiré la révérence, le 7 juin au Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville, à l’âge de 87 ans, a été conduit à sa dernière demeure au cimetière du centre-ville, le 22 juillet. Peu avant, la République lui a rendu un hommage au palais des Congrès, au cours d’une cérémonie patronnée par le ministre d’État, Henri Djombo.

 

Photo 1 : Le ministre d’État Henri entouré des ministres des Affaires étrangères et celui de la Culture et art (crédit photo/ ADIAC)

Après Sambadio, Yves Saint Lazare, la mort impitoyable, a frappé à coup redoublé, Edo Ganga, légende de la musique congolaise moderne. Chanteur ténor, compositeur, arrangeur, Edo Ganga, a tiré sa révérence après une brillante carrière de soixante-sept ans, couronnée par son élévation, le 15 août 2019 à la dignité de commandeur dans l’ordre du mérite congolais, décerné par le président de la République, chef de l’Etat, grand protecteur des arts et des lettres.

Au cours de la cérémonie d’hommage qui rendue à cet artiste qui a beaucoup contribué au rayonnement de la musique congolaise, le ministre de la Culture et des arts, Dieudonné Moyongo, a dressé son portrait en quelques séquences. « Les fleurs que nous avons apportées il y a quelques semaines, sur les tombes de Sambadio et Yves Saint Lazare sont à peine fanées, qu’il nous faut aujourd’hui dire adieu à Ganga Edo, le tout dernier survivant des pères fondateurs des Bantous de la capitale, Bakolo mboka… », a déclaré le ministre.

Né le 27 octobre 1933 à Léopoldville actuelle Kinshasa, de André Mayinguidi et de Véronique Mvouala Ganga, Ganga Edouard, devenu célèbre sous l’appellation de Ganga Edo, est le petit-fils de Ganga Edouard, un instituteur dont un complexe scolaire de Brazzaville porte le nom, a rappelé le ministre. Il fréquenta la Grande école de Poto-Poto avant d’entrer à l’école professionnelle de l’Afrique équatoriale française, actuel lycée Technique du 1er Mai dans la section Menuiserie. Il sort en 1953, titulaire d’un Certificat d’aptitude professionnelle qui le destinait à une carrière prometteuse dans l’industrie du bois, malheureusement il n’y fit pas long feu. En effet, le jeune-homme fraichement recruté, semble peu absorbé par son métier, car, il s’est trouvé une nouvelle vocation, la musique. Ainsi, va-t-il faire ses premiers pas, dans les orchestres Atomique Jazz, puis Négro Jazz, qui seront ses rampes de lancement, a indiqué le ministre dans son oraison funèbre.

Le fleuve Congo, n’étant qu’un vaste boulevard flamboyant entre Léopoldville et Brazzaville, Edo Ganga le traversera régulièrement et créera avec d’autres compagnons l’orchestre Ok-Jazz en 1956 à Léopoldville, puis les Bantous de la capitale en 1959 à Brazzaville. C’est au sein de ces deux grandes écoles de la musique des deux rives du fleuve Congo, que le génie créateur de Edo Ganga va germer, étendre, bourgeonner, puis tutoyer les étoiles pour la grande jubilation des mélomanes principalement au sein des Bantous de la capitale dont il est devenu une véritable icône. Edo Ganga fut aussi membre des orchestres, Les Nzoï, Le Peuple, et les Bantous monuments.

Au plan politique, Ganga Edo, était membre du Parti congolais du travail. Il laisse une veuve, de nombreux enfants, qu’il était fier d’avoir eus, à Kinshasa de même qu’à Brazzaville, ainsi qu’une longue descendance. « Nous aurions aimé voir, et revoir encore et encore, le patriarche, notre patriarche sur scène, exhibant par son jeu de pieds magique, une danse ; et dirigeant l’orchestre les Bantous de la capitale avec cette grosse énergie qui lui était si particulière, mais hélas ! il s’en est allé. Adieu Ganga Edo, adieu patriarche, adieu l’artiste. » C’est par ces mots que le ministre de la Culture et des arts, a fini son oraison funèbre.

Rappelons que la cérémonie d’hommage à Edo Ganga s’est déroulée en présence de la délégation des artistes musiciens de la RDC conduite par leur ministre de la Culture, et de l’ambassadeur de France au Congo. L’hommage était agrémenté par la musique des Bantous de la capitale.

 

Avec Adiac-Congo par Bruno Okokana

Côte d’Ivoire/Hommage du RHDP à Amadou Gon Coulibaly: Le président Alassane Ouattara salue la mémoire de l’illustre disparu

juillet 15, 2020

 

Publiée le 15 juillet 2020 par RTI Officiel

Côte d’Ivoire: Hommage de Patrick Achi au Premier Ministre Amadou Gon Coulibaly

juillet 14, 2020

 

Avec RTI Officiel publiée le 14 juillet 2020

Congo: Hommage du ministre Ouabari Mariotti à Jean Michel BOKAMBA YAGOUMA

juin 25, 2020

 

Repose en paix, Famille. La disparition de Jean Michel Bokamba Yangouma, dans les premières heures de la matinée, du mercredi 24 juin 2020, à Brazzaville, vient s’ajouter à la longue liste des congolais qui nous quittent, faute de soins appropriés, dans les structures sanitaires du pays.

Famille, tel que je l’appelais, avec respect, et qu’il me le rendait, Jean Michel Bokamba Yangouma laisse, derrière lui, l’image du citoyen congolais qui aura bien marqué son temps.

C’était un homme chaleureux, à la bonne écoute, de grande humilité, d’accès facile, et qui aimait échanger, sur tous les domaines. La soif de la connaissance le tenait.

Nous savons ce que Jean Michel Bokamba Yangouma a été pour la Confédération Syndicale Congolaise, sur plusieurs années, et pour la Conférence Nationale Souveraine. Brillant Proviseur, par ailleurs, du Collège Javoueh, auparavant.

Désigné à la tête du Conseil Économique et Social, le Président Pascal Lissouba s’apprêtait à l’installer, solennellement, dans ses fonctions, lorsqu’est arrivé le coup d’État du 5 juin 1997, avec ses violences. Et le tout s’est perdu en fumé, comme les autres institutions de la République, sous Pascal Lissouba.

Jean Michel Bokamba Yangouma et les membres de Conseil Économique et Social n’auront gardé que le titre, sans exercer la fonction. N’ayant, non plus, jamais touché les indemnités y afférentes.

De lui, je garde, également, entre 2002 et 2005, les souvenirs des moments patriotiques que nous avons, ensemble passés, au sein du CODE A, puis de la CODESA, rassemblement des forces de l’opposition, où siégeaient des figures républicaines comme le Premier Ministre André Milongo, les Ministres Saturnin Okabe, Paul Ndouna, Anaclet Tsomambet et Jacques Mouanda Mpassi, Maitre Ambroire Hervé Malonga, MM Mboussa Ellah, Mahoukou, Philibert Malonga et d’autres dont les noms ne me reviennent plus.

Puisse, la mort de Jean Michel Bokamba Yangouma réveiller la conscience combattive de ces syndicats congolais qui ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes, dans un environnement social et économique où les travailleurs, déboussolés, affaiblis et appauvris ont besoin de leur soutien, face aux employeurs et à l’Etat.

Que le décès de Jean Michel Bokamba Yangouma, dans des conditions que l’on sait, réactive le sens patriotique des dirigeants congolais qui laissent se dégrader, à vue d’oeil, on s’interroge pourquoi, les infrastructures sanitaires du pays.

Enfin, que sa disparition insuffle aux congolais l’esprit de la conférence nationale qui a permis au Congo de sortir de plusieurs années de la pensée unique pour une expérience démocratique qui continue de se chercher.

Que les proches, amis et connaissances de Jean Michel Bokamba Yangouma trouvent ici l’expression de mes condoléances les plus attristées.

Famille, vas en paix, là-bas, à l’éternel infini.
Le Congo éternel ne t’oubliera jamais.
Paris le 24 juin 2020 – Ouabari Mariotti Membre de l’UPADS.

Photo de BrazzaNews.

Avec Brazzanews

Hommage- littérature : Il y a du Sony Labou Tansi chez Philippe N. NGalla

juin 16, 2020

 

Il y a vingt-cinq ans disparaissait Sony Labou Tansi, de son vrai nom Marcel Nsoni. Poète, romancier, dramaturge, il a laissé une œuvre tellement foisonnante que la postérité continue de s’en inspirer. Ainsi, Philippe N. Ngalla, fils de Dominique Ngoïe-Ngalla, vient de publier La ronde des ombres, un roman dont les procédés et le topo rappellent ceux de Sony Labou Tansi.

 

Couverture La Ronde des Ombres de Philippe N. Ngalla

Juriste de formation, Philippe N. NGalla ne s’écarte pas pour autant du parcours de son père, de ses pères devrait-on dire. Si, biologiquement, il découle de l’auteur de Lettre d’un Pygmée à un Bantou, littérairement il trace son propre chemin, se cherche un prénom. En s’inspirant en partie des anciens. Son premier roman, La ronde des ombres (Le Lys Bleu Éditions), s’inscrit, pour ainsi dire, dans la lignée de… La vie et demie. Un roman immensément psychologique ! Un disséqueur d’âmes ! Oui, quarante après Sony, les bégaiements de l’histoire aidant, Philippe N. Ngalla revient sur la figure d’un homme puissant troublé par des apparitions. « Pile au moment où il amorçait sa descente vers le sommeil, écrit-t-il, tel un brigand attendant que sa victime fût complètement dans le noir pour lui enfoncer sa lame, les ombres ressurgirent […] Transi d’angoisse, la force lui manqua pour se réveiller et planter-là son cauchemar. Cette fois, en plus d’être effrayantes, les ombres étaient agressives, recouvertes de hideuses blessures » (p. 34). De quoi s’agit-il ?

Sylvestre est un homme politique, plus redouté qu’aimé. Il est le président d’un pays d’Afrique subsaharienne. Autour de lui, un cercle de thuriféraires, de Conseillers aussi bien intéressés que cyniques. Seulement voilà, comme partout en Afrique, le pouvoir politique s’accompagne toujours d’une forte dose de métaphysique… Et le primat accordé à l’irrationnel joue parfois de sales tours. Sylvestre est assiégé par une armée d’ombres. Que peuvent vouloir signifier ces ombres ? La fin de son règne ? « Ses féticheurs n’arrêtent pas les ombres, ses méthodes d’apprivoisement de l’opposition ne fonctionnent pas » non plus. Des ombres informes surgissent à sa droite, à sa gauche, papillotements, tremblements tamisés, confettis de lumière… Sylvestre ne vit pas un drame ; il vit une tragédie. Impuissant. Sans moyens de défense.

Des ombres menaçantes, peut-être vengeresses, des cauchemars… Comment ne pas penser au fantôme de Martial dans La vie et demie de Sony Labou Tansi ?

Philippe N. Ngalla est né l’année où paraît La vie et demie. Et, sans aller jusqu’à y voir une sorte de transmission de relais, mutatis mutandis, le réalisme magique comme matériau est frappant dans les deux romans. De même que dans La vie et demie pétrifiée d’onirisme, le surnaturel, comme ancré dans un univers réel, traverse de bout en bout La ronde des ombres. Des arbres parlent, les éléments sont apprivoisés : « C’est alors qu’il se produisit quelque chose de prodigieux. Le plus grand, le plus puissant et peut-être le plus vieux des arbres se mit à parler. En fait, il grondait. » (p.22). Des personnages et des lieux incarnent le mystique : « La pièce inspirait le mystère dans son aspect effrayant. Le désordre d’objets inquiétants l’imprégnait de la lourde atmosphère des endroits malfamés. Un tissu d’un rouge vif recouvrait un pan du mur au bas duquel se trouvait une statuette au front proéminent, hérissée de clous, menaçante. Des ossements à ses pieds et les traces de sang pétrifié indiquaient les sacrifices rituels à la divinité ou à l’esprit qu’elle représentait » (p.62).

Pourtant, avec son ton grave, La ronde des ombres se démarque de la veine incisive, burlesque et satirique de Sony Labou Tansi. Mettant l’accent sur la psychologie torturée de Sylvestre, figure de l’homme universel confronté au tragique, le récit exclut d’emblée la rutilance. L’élan de sympathie suscité par les souffrances de Sylvestre, tour de force du récit, en eût été émoussé autrement. Difficile en tout cas de ne pas prendre en pitié cet homme empêtré dans une telle angoisse, fût-il un puissant « Le jour convenu pour découvrir les résultats des recherches de Mamou Cocton, Sylvestre transpirait la tristesse. Il jetait sur les choses un regard qui disait « adieu ! » (…) Son pas pesant avait l’allure d’une procession, silencieuse et grave. Il semblait le mener vers la sortie obscure d’une vie qu’il pensait terminer en apothéose. »

On peut convoquer Le commencement des douleurs, le dernier roman de Sony Labou Tansi. A Hondo-Noote, en effet, les habitants jouent avec le feu en défiant les éléments, par leur bombance. Sylvestre, dans La ronde des ombres, ne trahit-il pas les « esprits de la forêt » avant le siège des ombres ?

« Porte étendard du roman congolais, j’apprécie Sony Labou Tansi pour sa subversion sans concession et sa radicalité artistique. Affranchi de tout académisme, son art se veut l’expression de son iconoclasme et d’une imagination sans bornes. Lorsque le doute m’étreint quant à mes choix, Sony me rappelle que l’artiste ne peut exister sans acceptation de soi. C’est ainsi seulement que sa singularité peut enrichir le fonds culturel universel. Rares sont ceux qui, à travers un style fortement marqué par leurs écorchures propres (tel que le laisse entrevoir son œuvre), parviennent à se faire des émules sur plusieurs générations », estime Philippe N. Ngalla.

 

La ronde des ombres

204 Pages

Prix : 17.60

 

Avec Adiac-congo par Marie Alfred Ngoma

À Toulouse, un hommage dansant à DJ Arafat

octobre 24, 2019

Hommage du chorégraphe camerounais James Carlès au chanteur ivoirien. © DR

Une soirée coupé-décalé, avec le chanteur ivoirien Meiway, aura lieu le 29 octobre, lors de la 21e édition du festival pluridisciplinaire Danses et continents noirs à Toulouse, dans le sud de la France.

L’enfant terrible du coupé-décalé continue d’être célébré trois mois après sa mort violente le 12 août dernier à Abidjan. À Toulouse, le festival Danses et continents noirs, qui se tient du 26 octobre au 8 novembre et fête cette année sa 21e édition, a prévu une soirée spéciale en l’honneur de l’artiste ivoirien.

Le 29 octobre, un hommage en danse et en musique sera rendu à DJ Arafat. Une première partie verra intervenir DJ Robert (de DSH Studio), puis la compagnie du chorégraphe James Carlès (fondateur et directeur du festival), avant une deuxième partie « 200 % zoblazo » avec la star ivoirienne Meiway, accompagné d’un DJ et de danseurs.

« J’avais découvert un jeune homme assez timide »

« J’ai reçu très violemment l’annonce du décès de DJ Arafat, confie James Carlès. En 2012, je m’étais rendu à Abidjan pour travailler un spectacle sur le coupé-décalé et interviewer les créateurs locaux, comme Boro Sanguy, Serge Defalet (La Jet Set), et évidemment Arafat. Chez lui, il y avait une impertinence, de la provocation, une manière d’être rebelle. Je me souviens de son côté bling, du 4×4 vert qu’il avait à l’époque. Mais lorsque je lui avais parlé loin de la foule et des concerts, j’avais découvert un jeune homme assez timide, effacé, un peu perdu. »

La star ivoirienne Meiway. © DR

Le travail de terrain, presque de reportage, mené par le chorégraphe d’origine camerounaise, aboutira en 2014 à la création, en collaboration avec la chorégraphe et danseuse sud-africaine Robyn Orlin, du spectacle « Coupé-décalé ». Il en livrera un court extrait durant la soirée du 29 octobre. « Arafat était un bon danseur. Il stimulait ses danseurs autant qu’il était stimulé par eux, il ne pouvait pas concevoir de musique sans danse, son rapport au son et au geste était fusionnel », remarque James Carlès qui observe que les danseurs de l’artiste avaient un niveau souvent quasi-professionnel. Certains, comme Ordinateur, ont d’ailleurs poursuivi leur carrière dans le circuit pro européen.

La saison 2020 déjà quasiment programmée

Le chorégraphe souligne une différence entre danseurs de coupé-décalé français et ivoiriens : « Chez les seconds, il y a peut-être moins de technique, mais il y a une urgence, un geste plus brut et incisif qui est lié au contexte de guerre dans lequel est né le coupé-décalé ». Durant la soirée hommage du 29 octobre, l’artiste Meiway s’est imposé comme une évidence. « Pour moi, il s’agit de l’un des précurseurs de la musique urbaine africaine. Il est très créatif, très inventif, et a maintenant plusieurs dizaines d’années de métier derrière lui. Je le vois comme un parrain d’Arafat, même intellectuel. »

Cette 21e édition du festival, mêlant théâtre, danse et musique, propose évidemment d’autres surprises. Notamment des spectacles de la chorégraphe américaine Carolyn Carlson, avec laquelle James Carlès entretien un rapport « de maître à élève ». Et la saison 2020, déjà quasiment programmée, sera plus étoffée. Meiway reviendra avec un orchestre ; une pièce d’un metteur en scène rwandais narrera l’histoire de l’indépendantiste camerounais Ruben Um Nyobè, tué par l’armée française en 1958, et une star ghanéenne ou nigériane viendra représenter la scène afrobeats.

Jeuneafrique.com par Léo Pajon