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Congo-Diaspora: Oraison funèbre en mémoire du résistant, le Lion de Makanda, par Nkounkou Baudry

juin 3, 2021

*HOMMAGE AU ROI LION DE MAKANDA*

*Le Lion n’est pas mort, il dort*

Un Grand Résistant légendaire au pouvoir de Brazzaville, un Défenseur infatigable de la paix et de la démocratie au Congo s’en est allé.

Aujourd’hui je perds un « un Grand frère », un « Ami » de lutte politique qui, aura servi la Résistance Congolaise et les Congolais avec passion toute sa vie.

Nous sommes réunis aujourd’hui pour rendre hommage à un homme dont le parcours rejoint
l’Histoire du Congo- Brazzaville, un parcours qui nous rappelle que l’Histoire est faite d’abord de cheminements individuels, de convictions pour lesquelles les hommes et les femmes se battent au prix, parfois, de leur propre vie.

Nous sommes réunis aujourd’hui pour rendre hommage à un homme qui a choisi tout au long de sa vie de mettre son génie au service du collectif, parce qu’il pensait que l’on ne progressait que comme cela.

C’est un honneur tout autant qu’une douleur d’être ici devant vous pour rendre hommage à une grande voix qui s’est éteinte dernier mais dont la République n’oubliera jamais ni le timbre, ni les messages visionnaires.

Comme beaucoup de celles et ceux qui ont vécu l’horreur de la dictature…
De l’oppression…De l’enfermement…De là Torture…De l’empoisonnement…De l’Élimination…

Notre Grand Frère Jean Pierre IBOUANGA, Alias  » LE LION DE MAKANDA » faisait montre de cette si émouvante pudeur, de cette manière de garder pour soi la souffrance personnelle, pour mieux en tirer la dimension historique et ramener l’expérience intime à l’Humain…
Il avait cette capacité de faire émerger de la mémoire des préceptes des Enseignements collectifs, au service, non de la certitude, Mais de ce qu’il appelait un horizon de vérité.
Le parcours du LION DE MAKANDA, c’est comme ouvrir un manuel de l’histoire, C’est replonger au cœur de ce qui était alors le CONGO-BRAZZA…Capitale de la France Libre…

Né en 1959… Dans le Petit  village POPO…De École Primaire de Popo,  près de  Mossendjo,
-En cm2 à l’école des fille à pointe noire…
-De la 6eme en terminale, au lycée Jean Victor Augagneur à Pointe Noire…
Un passage à la faculté de Brazzaville…
Suivra L’université Lyon 3, avec une spécialisation en Sociologie…
Un DEA en Anthropologie…les passions qui allaient forger sa vie, était accompagnée  par la musique…
Le Grand Lion de Makanda LUNDU, était un grand musicien or pair, c’est grâce à cette Passion, Que Nous nous sommes rencontrés, Moi, Sportif de Haut-niveau et lui le Sociologue…

C’est donc à Lyon que s’est manifesté tout son engagement politique. C’est là qu’il a gagné son surnom de « *Lion de Makanda* », pour sa crinière blanche aisément reconnaissable autour de sa bouche et de son menton, mais surtout pour sa ténacité lors des débats politiques.

Après le décès du Grand Marc MaPingou, la Résistance Congolaise perd encore l’une de ses grandes figures et l’une de ses rugissantes voix de notre lutte qui a occupé pendant plus de vingt ans une place centrale dans notre vie politique à Lyon, en France en Europe et au Congo.
Quand le Lion de Makanda rugissait, avec lui, les mots de Démocratie, de République, de Nation et d’Etat prenaient tout leur sens.
La Résistance Congolaise perd aujourd’hui un homme de convictions, un homme d’honneur, un homme d’une exceptionnelle intelligence qui se définissait lui même : l’intellectuel Ibouanga Loundou.
Le Lion de Makanda, avait la passion du Congo, une passion dévorante, tenace, qui le conduisait de son Non jusqu’au tribunal à Paris contre le pouvoir de Brazzaville.

Chacun d’entre nous qui le fréquentait, pressentait que dans son patriotisme obstiné il y avait en quelque sorte une part de notre Résistance nationale qui l’a conduit à animer un blog dénommé : « Demain Le Congo Brazzaville ».
Le Lion de Makanda était fier et inclassable parmi les « hommes politiques de la diaspora » achetables au Congo, fidèle aux valeurs de la démocratie et œuvrait ardemment à l’édification d’un Nouveau Congo réellement démocratique.
Un Grand légendaire Résistant ! Avec lui, la Résistance féroce au pouvoir de Brazzaville avait gardé quelque chose de vivant. Le sobriquet de Lion lui allait comme une évidence.

Cette disparition brutale est une déchirure avec peu d’années de complicité politique mais surtout personnelle avec Mon Grand! Le Lion de Makanda.
Un grand Résistant n’est plus, c’est vrai ! Le Congo et la Résistance Congolaise une fois encore sont orphelins, c’est vrai !
Le Congo est de nouveau privé d’une voix éclairée, turbulente c’est vrai !
La Résistance Congolaise vient encore d’être décapitée, c’est vrai !
Tout ceci est vrai et nous en souffrons au plus profond de notre être. Comment pourrait t-il en être autrement ?

Le Lion de Makanda va nous manquer. Il nous manque déjà terriblement. Il manquera encore plus cruellement à sa famille, sa femme, ses proches.  Aujourd’hui, en ces heures sombres, nous sommes tous de la famille de Ibouanga Loundou.
Aujourd’hui chaque Congolais épris de paix et de justice porte fièrement le nom du Lion  de Makanda. Parce que le combat de ce Grand Résistant que j’ai eu l’immense honneur de connaître c’était justement cela, la Paix et la justice pour son pays le Congo.

Mais si le Lion de Makanda n’est plus là physiquement parmi nous, son Esprit, lui, est là bien vivant. Sans doute plus fort et plus réel que jamais. Son amour pour le Congo, son engagement politique en faveur de la liberté, son intégrité, sa probité, ses convictions démocratiques, son combat pour la démocratie réelle, la justice, son respect pour tous les Congolais, quelque soit leur origine ethnique, régionale, leur croyance, leur choix politique, leur statut social….

Toutes ces valeurs qui ont façonné sa vie et rempli son âme, lui conférant sa stature d’un Grand Résistant éclairé, sont vivantes…
C’est cela l’héritage que nous lègue Ibouanga Loundou alias le Lion de Makanda.

Le vieux MBOUTA avait une inébranlable conviction: le peuple congolais a droit à la liberté, à la justice, au développement, à la démocratie, à la paix. Le rêve d’un avenir meilleur pour tous les congolais était son combat.
«  Il faut continuer à nous battre contre la dictature pour un Congo libre et démocratique…c’est de notre avenir et celui de nos enfants dont il s’agit …

La Vraie République du Congo réellement démocratique, était le fil de la vie du Lion de Makanda. La nuit du  20/05/2021 à 20h…ce fil s’est rompu et je pense avec grande émotion à sa famille.

Rassure-toi Mon Grand MBOUTA !
Rien n’est encore fini…
La mort n’est pas une fin, c’est le début d’un épisode, c’est la suite d’une expression, la confirmation de ton talent de Résistant !
Puisse Ton combat et ta tolérance continuer à inspirer les Congolais épris de Paix au quotidien.

Paix Profonde à Ton Âme Mon Grand !AUREVOIR GRAND-FRÈRE ET MERCI…Ton Petit-frère Baudry NKOUNKOU-MALANDA 

Avec Congo-liberty

Ces « turbulentes » pionnières africaines oubliées de l’histoire

mai 16, 2021
Géraldine Faladé Touadé, à Paris, le 11 février 2020.

Dès les années 1930, des Africaines en avance sur leur temps se sont imposées dans des bastions farouchement masculins. Géraldine Faladé Touadé ranime le souvenir de ces pionnières injustement méconnues dans un essai remarquable.

Madeleine Ly, Marie Madoé Sivomey, Jeanne Martin Cissé, Sita Bella… Ces noms de femmes n’évoquent rien pour certains d’entre vous ? Ils devraient pourtant. Médecin, maire, institutrice ou journaliste, elles ont été des pionnières dans leur domaine dès les années 1930, dans des bastions jusque-là réservés aux hommes. L’ancienne journaliste Géraldine Faladé Touadé leur rend hommage dans un essai paru en septembre dernier aux éditions Présence africaine : Turbulentes ! Des Africaines en avance sur leur temps.

À 86 ans, celle qui se présente comme une « passeuse de mémoire » dresse le portrait de dix-sept « combattantes » déterminées, anticonformistes, qui ont fait bouger les lignes malgré les obstacles et parfois au péril de leur vie. À défaut d’en faire leurs modèles, Géraldine Faladé aimerait que les jeunes générations découvrent ces femmes injustement méconnues, et sachent ce qu’elles ont enduré pour leur ouvrir la voie.

Précurseuse du mouvement nappy

Première de ces guerrières placées sous les projecteurs, une « simple esthéticienne » : Josepha Jouffret, dite Josepha. « Dans les années 1960, les Parisiennes noires qui ne défrisent pas leurs cheveux dissimulent leurs tresses sous un foulard. Inconsciemment – ou peut-être pas –, elles s’ingénient à renier leur africanité. Josepha leur a appris à l’aimer et à l’assumer. Elle nous a donné envie d’être nous-mêmes », explique Géraldine Faladé Touadé.

Elle déroule ensuite la success story de cette femme née à la Martinique, mais qui se présentait toujours comme Guinéo-Sénégalaise : l’ouverture, audacieuse, au cœur du Quartier latin, du premier espace de beauté entièrement consacré à la femme noire ; la ruée du tout-Paris de la mode vers la rue Gay-Lussac, contribuant à la notoriété d’une adresse qui devient vite mythique ; la concurrence des géants de la cosmétique qui fleurent le bon filon…

ELLE NOUS APPORTAIT GLAMOUR ET STYLE ET NOUS CESSIONS D’ÊTRE DES AFRICAINES EN PEINE

À la puissance financière de ces derniers, Josepha oppose sa culture, son assurance et sa créativité. Sur les bâtons à lèvres, elle convoque le bleu et l’ambre en lieu et place du rouge écarlate, qui devient criard sur les peaux mates et alourdit les traits. Aux fonds de teint, elle attribue des noms évocateurs de peuples d’Afrique : bambara, peul… « Elle nous apportait glamour et style et nous cessions d’être des Africaines en peine. » Pour Géraldine Faladé Toundé, Josepha a ouvert la voie à la reconnaissance de la grâce particulière des femmes noires, et son mode de pensée est précurseur de mouvements d’aujourd’hui, tel le nappy.

Une des premières sage-femme d’Afrique francophone

Autre portrait marquant, celui d’Aoua Kéita, femme aux talents multiples et au caractère de feu. Son carburant ? D’abord son père, qui l’a toujours soutenue. Puis son mari, qui l’éveille à la politique avant leur séparation – la pression familiale aura raison de leur couple sans enfants. Et sans doute aussi, les déboires qu’elle rencontre sur son chemin. Née dans le Bamako colonial de 1912, Aoua Kéita est destinée à être mère au foyer. Son père l’inscrit en secret à l’école, contre l’avis de son épouse, qui tente de freiner l’enthousiasme de la gamine.

Peine perdue : brillante, elle deviendra, dans les années 1930, la première sage-femme du Soudan français (actuel Mali) – l’une des premières d’Afrique francophone – et, en 1976, la première lauréate du Grand Prix littéraire d’Afrique francophone, pour son autobiographie Femme d’Afrique. Géraldine Faladé s’est appuyée sur ledit ouvrage pour retracer le parcours de cette militante acharnée, considérée comme l’un des fers de lance du Rassemblement démocratique africain (RDA).

ELLE DÉCOUVRE QUE L’AUTORITÉ COLONIALE DISSIMULE AUX SOUDANAISES LEURS DROITS, DONT CELUI DE VOTER

L’autorité coloniale qui la catalogue comme communiste tente de la détourner de la politique à coups d’affections disciplinaires et d’humiliations. Las. À Gao, elle crée plutôt une branche féminine du RDA. Et découvre que l’autorité coloniale dissimule aux Soudanaises leurs droits, dont celui de voter. Aoua Kéita ira jusqu’à renoncer à sa citoyenneté française pour pouvoir accomplir ce devoir civique. Et finira par être expulsée du Soudan en juillet 1951. Exilée au Sénégal, elle poursuit son combat à l’échelle continentale en compagnie de la Guinéenne Jeanne Martin Cissé, autre bête noire de l’autorité coloniale mutée à Dakar car « turbulente ».

Des militantes panafricanistes

Le nom de cette dernière à lui seul symbolise le combat que les femmes ont mené contre le bastion du monde masculin dès la première moitié du XIXe siècle… Celle qui deviendra en 1972 présidente du Conseil de sécurité des Nations unies appartient en effet à la génération de combattantes qui ont œuvré à convaincre leurs sœurs de prendre part à la construction de leur pays.

Avec, entre autres, Caroline Faye Diop (députée dès 1963 et future ministre), Angie Elizabeth Brooks (future présidente de l’Assemblée générale des nations unies) et Maria Ruth Neto (sœur du président angolais Agostinho Neto), Martin Cissé et Kéita feront partie des « mères fondatrices de l’Organisation de la panafricaine des femmes ». En 1962, elles rassemblent à Dar es-Salaam des Africaines francophones, anglophones et lusophones pour une conférence, et créent, un an avant l’Organisation de l’unité africaine (OUA), cette panafricaine dont le siège est à Bamako.

LE TRAIT COMMUN À CES FEMMES D’HORIZONS DIVERS AURA ÉTÉ LEUR AMOUR POUR LE CONTINENT

Si nombre de pionnières se sont illustrées dans des combats pour la cause des femmes, Géraldine Faladé, elle, les perçoit plus comme des militantes panafricanistes que féministes. « Le trait commun à ces femmes d’horizons divers aura été leur amour pour le continent. Toutes rêvaient d’une Afrique unie et profitaient de la moindre occasion pour tenter de lui donner corps, persuadées qu’elles n’y arriveraient qu’ensemble. »

L’administration coloniale leur a fait payer leur militantisme

Selon Faladé Touadé, la plupart des pionnières n’ont pas eu les postes et les parcours qu’elles méritaient. L’administration coloniale leur a toujours fait payer leur militantisme. Elle en veut pour preuve l’exemple de sa sœur, Solange Faladé, première psychanalyste du continent. Élève et proche collaboratrice de Jacques Lacan puis partenaire de Françoise Dolto, elle brigue la chaire d’hygiène à la faculté de médecine de Dakar après son doctorat, afin de se mettre au service de l’Afrique.

L’autorité coloniale préfère un Français à celle qui fut qualifiée « d’ardente nationaliste » alors qu’elle assurait la présidence de la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (Féanf). « Un traitement d’autant plus injuste que ces femmes ne pensaient pas à leur carrière ; elles ne demandaient qu’à servir », estime Faladé Touadé.

Après les indépendances, leur sort ne s’est pas trouvé amélioré pour autant. Patriarcat – hérité de la colonisation – oblige, les postes prestigieux étaient dévolus aux hommes. « Baroudeuse, aviatrice dans l’âme, la journaliste et réalisatrice Sita Bella a été baladée tout au long de sa carrière par l’administration camerounaise et n’a jamais pu exercer pleinement son art », regrette Faladé Touadé, qui l’a très bien connue.

Un moindre mal, au regard du sort spectaculairement tragique réservé à Funmilayo Ransome-Kuti, mère de Fela, décédée quelques mois après avoir été défenestrée en raison de son activisme. « Le bonheur des femmes ordinaires était son bonheur”, écrira-t-on de cette intellectuelle formée en Angleterre, qui avait commencé par créer des Ladies Club afin d’initier les jeunes Nigérianes au mode de vie occidental.

Dans son roman Aké, son neveu Wole Soyinka résume ainsi son œuvre : « Le mouvement […] commença autour de tasses de thé et de sandwiches […] pour résoudre les problèmes de jeunes mariées, qui manquaient de manières pour se tenir en société. […] Il s’est transformé en lutte pour mettre fin au règne des Blancs dans le pays. » Mais c’est en se dressant contre les exactions d’un régime militaire post-indépendance que Funmilayo Ransome-Kuti perdra la vie.

Pour Géraldine Faladé Touadé, de nombreuses autres turbulentes restent à découvrir, telle la comédienne Lydia Ewandè. L’ex-journaliste de l’Office français de coopération radiophonique  (Ocora, ancêtre de RFI) prépare le deuxième tome de son essai.

« Turbulentes ! Des Africaines en avance sur leur temps », de Géraldine Faladé Touandé, éd. Présence Africaine, 270 pages.

Journée internationale de la femme africaine

Le 31 juillet. S’il est une date qui passe inaperçue sur le continent, c’est bien celle-là. Elle marque pourtant la Journée internationale de la femme africaine, éclipsée par le 8 mars. Créée en 1962 à Dar es-Salaam (Tanzanie), lors de la première Conférence des femmes africaines (CFA – transformée en Organisation panafricaine des femmes en 1974), elle est reconnue par l’UA et par l’ONU. En 2012, lors de son cinquantième anniversaire célébré à l’Unesco, les premières dames africaines ne s’étaient pas bousculées au portillon, à l’exception d’Antoinette Sassou N’Guesso, marraine de l’événement.

Turbulentes. Des Africaines en avance sur leur temps, de Géraldine Faladé Touandé, éd. Présence Africaine, 270 pages.

Avec Jeune Afrique par Clarisse Juompan-Yakam

Des mots du Président Abbé Fulbert Youlou et du destin national du Congo-Brazzaville dans le concert des nations (1917-1972)

mai 5, 2021

Hommage au président abbé Fulbert YOULOU, à l’occasion du quarante et neuvième anniversaire de son décès intervenu le 5 mai 1972 à Madrid en Espagne.

         Même là-haut l’abbé Fulbert YOULOU reste très attentif à l’actualité mondiale, en particulier, à celle ayant trait au devenir de son pays d’origine, le Congo/Brazzaville et à l’Afrique en général.

Convaincu de la pertinence des observations ou/et des analyses du président Abbé Fulbert YOULOU, le Journal du Muuntu, par le truchement de son directeur de publication taata Nduenga s’est rapproché en âme et conscience, comme par le passé, de Taata YOULOU, à l’effet de connaître ou de l’interroger sur cette actualité, en l’occurrence sur celle du Congo/Brazzaville qui, depuis la dernière élection présidentielle et la mort inopinée d’un des candidats, en la personne de Guy Brice Parfait KOLELAS, s’avère être et ce, à la fois, grave et brûlante.

LE J.M. : Bonjour vénéré père abbé ! Comment allez-vous là-haut ? Le climat socio-politique est malsain au Congo/Brazzaville et manque cruellement, de surcroît, de hauts dignitaires, comme vous l’avez été jadis, alors que pourriez-vous nous dire à ce propos ?

A.F.Y. : [ Et vous jeune homme que vous êtes comment-allez-vous ? Quant à moi, je vais bien et fort heureux de là où je suis, étant à l’abri, comme vous pouvez l’imaginer, des contraintes physiques ou existentielles propres à l’être humain ]

 [A part ça],…..Je ne peux plus me taire devant les récits que me font chaque jour les malheureux qui fuient la dictature de mes ennemis…L’Afrique a désormais son fleuve de sang, et ici comme là-bas les persécuteurs terrorisent au nom de la même idéologie monstrueuse. Pourtant le “ Monde libre” en doute et il se trouve même des gens de bonne foi pour imaginer un dialogue avec elle : c’est trahir les tyrannisés, les réduire à la passivité. Abbé F.Y. in “ J’accuse la Chine” Edition de la Table Ronde, 1966, P.13.

L’infernale machination qui a poussé l’Homme blanc à douter de la valeur de son entreprise en Afrique qui, comme toute oeuvre humaine, comporte ses grandeurs et ses seervitudes, découvre, aujourd’hui, son véritable visage qui est celui d’un impérialisme cent fois plus détestable que le colonialisme. C’est la race noire tout entière qui est menacée d’extermination sous l’occupation….A Brazzaville, de curieux savants étudient scientifiquement sur le corps de cobayes bantous les limites de résistance de l’Homme noir…voilà pourquoi je me décide à témoigner. Abbé F.Y. In “J’accuse la Chine” Op.cit P.12.

LE J.M. : Puisque vous parlez de Brazzaville, vénéré père abbé, je vous informe que Brazzaville n’est plus celle dont vous disiez, en votre temps, être le symbole de l’indépendance et de la liberté voire de la résistance. Qu’en pensez-vous père abbé ?

A.F.Y. : L’hospitalité fraternelle que mon peuple a généreusement offerte à l’homme qui, en accord et avec l’aide du Monde libre, a fait de Brazzaville le symbole de la résistance à la capitulation, confère au représentant légitime de ce peuple congolais un devoir sacré : celui de continuer le combat engagé le 18 août 1940 pour la défense du Monde libre.

Ce jour-là, en effet, le peuple congolais, qui n’était pas directement concerné par la guerre comme il l’est hélas ! Aujourd’hui, accueillait un bataillon de Français libres commandé par le capitaine Delange entouré du médecin Sice, de l’aviateur Carretier venus apporter au peuple bantou le message de liberté de mon frère africain Eboué.

Pendant des mois, Brazzaville a représenté pour la France, l’Europe et le Monde libre, l’espérance des armes, mais aussi de l’honneur et de la justice puisque ce sont des rives de notre Congo que devaient déferler les vagues si souvent détournées de la décolonisation. Pendant des mois, l’un des plus “fabuleux” acteurs de la dernière guerre mondiale allait, de cette terre qui fut très certainement le berceau de l’homme, modeler sa légende, celle de ses compagnons, qui, à force d’opiniâtreté, d’intransigeance, s’identifièrent à la France, mère de toutes libertés.

Pouvions-nous alors, dans l’euphorie de la lutte, dans l’allégresse de la victoire ensuite, imaginer que Brazza symbole d’indépendance et de liberté, tomberait, dans l’indiférence des amis d’hier, aux mains du plus abominable des colonialismes. A.F.Y. In “ J’accuse la Chine” Op cit P.11.

LE J.M. : Eh oui vénéré père abbé cette France dont vous nous parlez reste pourtant passive, inerte face à la barbarie que connaît le Congo/Brazzaville et d’autres nations africaines du monde francophone.

A.F.Y. : Hommes blancs, avez-vous bien réfléchi que vous êtes responsables de l’idée que nous nous faisons de la civilisation et que tout abandon du spirituel, toute mystification intellectuelle que vous tolérez est une erreur chance de plus pour la subversion du mal qui nous menace. Chez nous, quand un piroguier tombe dans le Congo, instinctivement il lutte contre le courant, car il sent que s’il se laisser aller là où le flot le charrie, il est perdu. Le “sens de l’Histoire”, c’est un peu l’affaire du piroguier et il me paraît aberrant que des hommes intelligents, cultivés se placent au milieu des rapides qui les emportent vers l’univers totalitaire et athée.

Voilà qui nous mène loin du Congo et de ses drames. Eh bien ! Non, car j’ai la conviction que les ennemis de la civilisdation préparent, de mon Congo occupé par les barbares, non seulement l’investissement de l’Afrique, mais celui des esprits, des coeurs et des âmes. Il faut que mon exil, mes épreuves, celles de mon peuple éclairent les Français, les Européens, les Américains et tous les hommes libres. Il fallait peut-être cette extrémité pour que je confie à la feuille blanche [ Et à vous en tant que directeur de publication du Journal du Muuntu], mes angoisses et mes certitudes, mes larmes et mes colères. Ce rideau de fer, ce fleuve de sang, qui s’est abattu entre les deux Congos concerne tous les hommes de bonne volonté. A.F.Y. In “ J’accuse la Chine” Op cit P.46.

LE J.M. : Mais vénéré père abbé, ne serait-il pas préférable de…….

A.F.Y. : Avec tout le respect que j’ai pour vous jeune homme, je vous remercie de bien vouloir me laisser aller au bout de ma réflexion, Et je vous enn serai gré !

Si vous saviez, hommes d’occident, combien dans l’épreuve où nous sommes nous avons besoin de votre sympathie dans notre lutte contre l’erreur. Résister, lutter contre le mal, c’est bien, mais il faut vaincre, et pour vaincre, il faut connaître les positions de notre ennemi. Ce sont elles que j’entreprends de dénoncer ici. Les responsabilités que j’ai assumées, l’autorité que me donne l’affection de mon peuple, les souffrances qu’il supporte, les renseignements que j’ai recueillis de la rébellion, ont regagné le troupeau, donnent à ces révélations le caractère d’un document, mais surtout d’un avertissement à la France…, à l’Europe dont nous sommes le prolongement, mais aussi à vous Américainsd, fils transplantés de cette Europe. Mais il y a plus. L’Afrique est de la même dimension que l’Amérique. Les problèmes qui se posent à nous sont ceux-là mêmes que vous avez surmontés avec tant de succès en transformant le nouveau continent. Ils sont de même taille et nécessitent des moyens exceptionnels que vous êtes, par expérience et par possibilités, en mesure de nous fournir….Vous attachez un grand prix à la liberté, à la liberté sous toutes formes, devrais-je écrire, celle de l’homme comme celle des peuples et des Etats. Votre passé le prouve. A.F.Y. In “J’accuse la Chine” Op cit P.48.

L’heure pour nous est grave, vous le savez. Les périls qui nous menacent, menacent l’Afrique, l’Europe et le Monde libre tout entier.

Au nom de mon peuple de Brazzaville opprimé, je vous dis : “Hommes libres, entendez-moi !”. A.F.Y. in “J’accuse la Chine” Op cit P.49.

LE J.M. : Merci beaucoup vénéré père abbé de vos lumières sur le regard humain, fraternel et civilisé que la France et l’occident doivent avoir vis-à-vis du Congo/Brazzaville et de l’Afrique noire en espérant qu’elles soient attentives et surtout réceptives en agissant en conséquence.

         Mais dans tout ça, quelle doit être l’attitude des Africains eux-mêmes, vénéré père abbé pour promouvoir toutes ces valeurs de liberté et d’humanité dans nos pays ?

A.F.Y. : L’élite africaine doit se mobiliser pour faire échec aux réseaux d’intoxication qui ont parfois leurs sources en Occident. Elle doit se joindre, méprisant l’accusation de néocolonialisme, aux élites occidentales luttant pour la défense d’une civilisation qui nous est commune.

Des milliers de jeunes en Europe sont tentés par cet éveil de notre continent. Il faut mobiliser nos ambassades, nos élites pour aller les convaincre que nous ne sommes pas des sauvages, des cannibales, des racistes et que leur foi, leur audace, leur compétence trouveraient, dans nos pays en voie de développement, un terrain à la mesure de leur espoir. A.F.Y. in “J’accuse la Chine” Op cit P. 120.

Propos recueillis en âme et conscience par Rudy MBEMBA-Dya-Bô-BENAZO-MBANZULU ( alias TAATA NDUENGA), coordonnateur général du cercle KI-MBAANZA ou des Amis de la Nation Congolaise ( L’A.N.C.).

Avec Congo-Liberty

Congo-Diaspora: Hommage d’un aîné à son petit frère Marc Mapingou

mai 5, 2021
Photo de BrazzaNews.

Premier anniversaire du décès de mon cher cadet Marc Mapingou

Mon très cher frère,

Il y a un an, le 5 mai 2020, aux aurores, tu tirais ta révérence à la Clinique Ambroise Paré de Neuilly-sur-Seine, ville où tu as vécu durant plusieurs années avec ton épouse Lucile, tes enfants – Thierry-Guillaume, Pascale, Marc-Aurèle et Louis-Marty. Tu habitais un appartement superbe où trônaient de magnifiques tableaux de maîtres, de remarquables photos te montrant avec des grands de ce monde: Nelson Mandela, Jacques Chirac, Pascal Lissouba, Omar Bongo et bien d’autres.
Une demeure sympathique que tu souhaitais ouverte à tous. Ton esprit cosmopolite, ta bonté, ta disponibilité et surtout ton humilité ont égayé les nombreux parents et amis durant ce court mais intense moment que tu as passé sur cette terre des hommes. Même tes adversaires ont reconnu ces qualités que tu avais chevillées au corps.
Sur le plan politique, tu ne t’es jamais départi de ton élégance et de ta courtoisie, qualités fondamentales pour tous les grands hommes en dépit des trahisons et des coups tordus.

Tolérant, ouvert sur l’universel, tu as été ma fierté, la fierté de toute la famille, de tes amis, de tous ceux et celles qui t’ont connu et aimé. Nos lectures, nos musiques, nos échanges se sont hélas brutalement arrêtés…

Je pense à nos auteurs préférés, particulièrement à Stefan Zweig que nous citions dans nos moments de doute: « Malgré ce que moi-même et mes innombrables compagnons d’infortune avons souffert d’humiliations et d’épreuves, il ne m’est pas possible de renier sans recours la foi de ma jeunesse et de désespérer d’un relèvement et d’une nouvelle renaissance. De l’abîme, de terreur où nous marchons à tâtons comme des aveugles. L’âme bouleversée et le coeur brisé, je jette encore un regard vers ses anciennes constellations qui resplendissaient sur ma jeunesse et me consolent avec la confiance héréditaire que cette décadence ne paraîtra qu’une interruption momentanée dans le rythme éternel de l’irrésistible progrès ».
Ces mots nous rassuraient sur la volonté de ne jamais désespérer. Tels furent les fondamentaux de ta rectitude et de ton engagement. Tout comme cet autre écrivain, Thomas Mann, pourchassé par les Nazis, dépité, mélancolique et désespéré, qui écrivait ceci: « J’éprouve comme une horreur irrationnelle à l’idée de reposer un jour en terre allemande, l’Allemagne ne m’a rien demandé, ni rien donné, l’Allemagne m’est devenue totalement étrangère ».

Toi mon frère, je te le promets, tu retrouveras ta terre natale, Zanaga, au Congo-Brazzaville, notre pays. Tu y reposeras aux côtés des siens, de ton père, Basile Jacques Mapingou, le premier député de Zanaga, avant que moi et bien d’autres vous rejoignent.
La musique, le concert du 1er janvier auquel tu voulais me convier, début 2021, parce que la musique de Johann Strauss père et fils nous séduisait. Nous l’écoutions, tous les débuts d’année, depuis 1982, sur la chaîne de télévision française Antenne 2. Trop de souvenirs cognent aujourd’hui ma tête, je ne puis tous les énumérer dans cette lettre. Je m’engage, avant de te rejoindre, à les évoquer à chaque anniversaire de ta mort. Maman est plus que jamais inconsolable, ainsi que tes frères, tes soeurs, tes amis. Je pense particulièrement à Victor Philippe Mpara, à Noël Magloire Ndoba qui ont fait des témoignages d’une forte émotion fraternelle.
Nous t’aimons et t’aimerons toujours.

Ton frère aîné Paul Alexandre Mapingou.

Avec Brazzanews

Papa Wemba Forever : Abidjan et Kinshasa rendent hommage à l’icône de la rumba

avril 22, 2021

Les deux capitales africaines toutes deux très attachées à la mémoire de l’illustre chanteur disparu vont, chacune de son côté, commémorer, le 24 avril, la cinquième année du décès inopiné du « Maître d’école » sur la scène du Festival d’Anoumabo en Côte d’Ivoire.

Abidjan organise Papa Wemba Forever à Anoumabo (DR)

Photo 1 : Abidjan organise Papa Wemba Forever à Anoumabo (DR) Photo

Organisée sous le haut patronage de l’ambassade de la RDC en Côte d’Ivoire, la commémoration de cet événement aussi tragique que mémorable survenu il y a cinq ans est prévue autour d’une programmation spéciale. Diverses manifestations se tiendront à cet effet au lieu même où s’est écroulé le grand baobab de la musique congolaise, tel un vaillant soldat au front, devant son micro, chantant Est-ce que ?, un de ses anciens tubes. Lieu baptisé l’année suivante Place Papa Wemba. Vont donner le ton deux parties de foot, prévues entre 10h-11h30, opposant deux paires d’équipes. Il s’agit des Léopards d’Abidjan, composés de la communauté congolaise d’Abidjan, contre les membres de l’AARCI (Amicale des amis de la rumba en Côte d’Ivoire) et l’équipe des sapeurs contre celle des jeunes d’Anoumabo. Ce quartier de la commune Marcory plus célèbre que jamais depuis la disparition de Mwalimu sur la scène de son festival, le Femua (Festival des musiques urbaines d’Anoumabo), alors même qu’il en était la tête d’affiche et en assurait la clôture.

En plein milieu de la journée, de12h00 à 13h00 est annoncée une messe de suffrage à la Place Papa-Wemba d’Anoumabo. Et de 13h00 à 16h00 est prévu un moment convivial où le comité d’organisation entend convier les différentes équipes et ses invités au partage d’un repas et de rafraichissements avec les jeunes d’Anoumabo. Il y sera associé des activités animées par les jeunes d’Anoumabo autour des chants, danses et une parade de sapeurs.

Hommage artistique

Un hommage artistique est censé clore la journée à la suite de ceux rendus par les officiels. Les allocutions attendues à l’occasion sont celles du maire de Marcory, l’ambassadrice de la RDC en Côte d’Ivoire, le commissaire général du Femua. Et pour boucler la boucle, le mot de circonstance de Zacharie Bababaswe, chef de la délégation de Kinshasa conviée à l’événement et celui du Cardinal Ekumany, représentant à la fois de Papa Wemba et Viva La Musica en Côte d’Ivoire, souligne le programme de la célébration.Kinshasa organise une messe de suffrage en prélude à la série de manifestations à venir en commémoration des 5 ans du décès de Papa Wemba (DR)

2 : Kinshasa organise une messe de suffrage en prélude à la série de manifestations à venir en commémoration des 5 ans du décès de Papa Wemba (DR)

Cerise sur le gâteau, subséquent au dépôt de gerbes de fleurs, l’hommage artistique portera sur une interprétation du répertoire de Papa Wemba. Des artistes congolais à l’instar de Laëtitia Lokua et José Lenga mais aussi la rappeuse ivoirienne Nash qui chanta en featuring avec Papa Wemba Sapologie, un titre dédié à la sape. Une cérémonie en l’honneur au grand sapeur que fut Papa Wemba de son vivant ne peut pas s’imaginer sans une parade de sapeurs. Pas étonnant que des sapeurs soient tout naturellement aussi associés à l’événement ainsi que des humoristes. Il y aura notamment Ali Asgar, Wassala petit Mangobo, Cesar Uomo, JB Mitsiono et Ingénieur Douglas.

Du côté de Kinshasa, rien de vraiment officiel n’est prévu sinon que la famille de l’illustre disparu a, elle, choisi de faire les choses dans la sobriété le 24 avril. En matinée, à 9h, la veuve Marie-Rose Amazone, sa progéniture et la famille Shungu vont, en compagnie des membres de la Fondation Papa-Wemba ont, comme à l’accoutumée, prévu un recueillement devant sa tombe et d’y déposer des gerbes de fleurs. Ils invitent ensuite les proches et autres mélomanes à la messe de suffrage à la Paroisse Saint-Joseph de Matonge à 15h. L’office religieux sera suivi d’un cocktail dans la cour du Complexe scolaire Monseigneur Moke à quelques pas de l’église. L’on signale nénamoins qu’il s’agit là du lancement des cérémonies à venir qui se tiendront d’ici à juin pour commémorer le cinquième anniversaire de la disparition de feu Shungu Wembadio Pene-Kikhomba, alias Papa Wemba, Bakala dia Kuba.

Avec Adiac-Congo par Nioni Masela

Congo-Disparition : hommage à Aimé Philippe Matsika

avril 22, 2021

Décédé le 2 mars dernier à Paris en France à l’âge de 87 ans, l’ancien ministre de la Justice, Aimé Philippe Matsika, sera inhumé le 23 avril à Kibouendé dans le département du Pool. Ce jeudi, le chef de l’Etat Denis Sassou N’Guesso lui a rendu un dernier hommage.

Dans l’oraison funèbre, le ministre en charge de l’Enseignement technique, Antoine Thomas Nicéphore Fylla Saint-Eudes, a rappelé qu’Aimé Philippe Matsika fut né en 1934 à Yétéla, un village de la communauté urbaine de Kibouendé, dans le département du Pool. Après un cycle primaire réussi, le jeune Matsika est inscrit à l’école populaire à Brazzaville où il fut orienté à l’école des beaux-arts. Il en sort avec la qualification de dessinateur industriel, avant d’être affecté au service cartographie de la métropole.

Chemin faisant, il abandonne sa profession de dessinateur pour devenir syndicaliste professionnel au sein de la Confédération syndicale des travailleurs. En 1955, précise l’oraison funèbre, Aimé Philippe Matsika décide de créer sa propre organisation politique, l’Union de la jeunesse congolaise (UJC). Un instrument de combat contre l’impérialisme coloniale.

En 1960, l’UJC est dissoute par le président Fulbert Youlou, bloquant en quelque sorte ses ambitions politiques. Malgré tout, il continua à militer au sein du syndicat au point de devenir secrétaire général adjoint.

Trois ans plus tard, Aimé Philippe Matsika, soutenu par quelques-uns de ses collègues syndicalistes, décrète une grève générale illimitée pour protester contre l’ambition du président Youlou, de créer un ‘’parti unique’’. Massivement suivie par les travailleurs, cette grève se solde par le mouvement des 3 glorieuses qui renverse son régime.

Lorsque Alphonse Massamba Débat devient président, il est vite repéré et nommé à double reprises, ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Aviation civile.

Elu président de la République en 1992, après la conférence nationale souveraine, Pascal Lissouba le récupère et lui confie le portefeuille de ministre d’Etat, ministre de la Justice.

Aimé Philippe Matsika sera porté en terre dans son village natal Yétéla. Il laisse une veuve et plusieurs enfants.

Avec Adiac-Congo par Firmin Oyé

Congo-Hommage : Alex Ramel nous a quittés

février 10, 2021

Alex Michel Ramel, titulaire de la pharmacie Mavré, est décédé à l’âge de 66 ans le dimanche 31 janvier à Grenoble, en France, des suites d’une longue maladie qu’il aura combattue de toutes ses forces. Cette force singulière, il la tenait de ses parents, François Ramel et Marie Baudey cultivateurs à Mieussy, village des terres de Savoie où Alex repose désormais.

À 11 ans, il prit sa valise pour ses études en pensionnat. Baccalauréat, faculté de médecine à Grenoble, pharmacie à Bordeaux puis, après son service militaire à Berlin, il part travailler aux Antilles.

À 46 ans, vient le grand départ pour Brazzaville, une aventure de 20 ans, marquée par la disponibilité envers les autres de celui qui apporta une aide constante et sans faille auprès des personnes malades ou en difficulté. Alex Ramel reprit la pharmacie Mavré où sa réputation d’homme généreux et bienveillant se forgea d’années en années en fournissant gratuitement des médicaments aux personnes sans ressources et aux femmes enceintes. Entreprenant, il fit un grand nombre d’actions caritatives et humanitaires en collaboration avec l’Ordre de Malte dont il avait été fait officier du Mérite, et qui le nomma ambassadeur de l’Ordre souverain de Malte près de la République du Congo.

Puis, en 2002, s’instaura une relation unique entre sa majesté le Makoko Gaston Nguayoulou et le Docteur Alex Ramel. Celui-ci, ayant appris les aides que ce dernier avait apportées à certains de ses sujets malades, le fit venir dans son Royaume à Mbé. Marquant sa sympathie, il mettait à sa disposition les terres d’Issala, d’une surface de 30 000 hectares pour la réalisation d’un projet de développement. Avec une âme d’entrepreneur, Alex Ramel eut alors le désir de cultiver ces terres pour la production d’huiles essentielles, avec la collaboration de parfumeurs français. Il s’entoura alors d’une équipe armée de compétence d’organisation, de connaissances scientifiques de grande qualité et d’expérience.

Bénéficiant de la confiance répétée du successeur du roi Gaston Nguayoulou, le roi Auguste Ngempio accorda son soutien à Alex Ramel. Considérant l’enjeu, et soucieux de parrainer ce projet dans le plus grand respect de la tradition Téké, le roi a voulu de manière solennelle, le 13 janvier 2018, avec les douze grands dignitaires de la cour au complet, offrir sa bénédiction, une bénédiction des terres, des protecteurs et des auteurs du projet Arômes du Congo.

Aujourd’hui, plus que jamais, l’équipe et ses partenaires se consacreront à la réalisation de ce projet tant rêvé et souhaité par son initiateur Alex ramel.

Bienveillant, entreprenant, généreux, tolérant, tels sont les mots prononcés lors des hommages rendus solennellement à Mieussy, à celui qui aurait voulu « poser sa valise » dans son pays d’adoption, le Congo.

Avec Adiac-Congo par Alex Ramel

L’armée rend hommage au soldat français tué au Mali lundi aux Invalides

juillet 26, 2020

Le décès du brigadier Tojohasina Razafintsalama porte à 43 le nombre de soldats français morts au combat dans les opérations «Serval» et «Barkhane».

Le soldat français d’origine malgache tué jeudi 23 juillet au Mali par un véhicule suicide recevra un dernier hommage lundi 27 juillet aux Invalides, à Paris, a indiqué l’armée de Terre.

«RDV demain à 16h30 sur le pont Alexandre III à Paris, ou virtuellement sur nos réseaux sociaux, pour saluer la mémoire du brigadier Tojohasina Razafintsalama», indique un tweet de l’état-major.

Le soldat, qui appartenait au 1er régiment de hussards parachutistes (RHP) de Tarbes, traversera le pont avant l’hommage aux Invalides. Une seconde cérémonie est prévue dans la semaine à Tarbes, où est basé le 1er RHP, à une date qui n’a pas encore été précisée.

Tojohasina Razafintsalama était né le 20 octobre 1994 à Mahazarivo, à Madagascar. Ce célibataire sans enfant s’était engagé avec le 1er RHP en 2018 et avait été envoyé au Mali le 14 juillet dernier.

«Neutralisation» de plusieurs dizaines de djihadistes

Son décès porte à 43 le nombre de soldats français morts au combat dans les opérations «Serval» (2013) et «Barkhane» (depuis 2014), selon l’état-major. Il intervient après celui, début mai, de deux légionnaires de la force française «Barkhane» au Sahel, qui compte quelque 5000 soldats. En novembre 2019, la France avait perdu 13 soldats dans un accident entre deux hélicoptères en opération au Mali.

Ces derniers mois, l’armée française et celles des pays du G5 Sahel ont multiplié les offensives dans la région, en particulier dans la zone dite des «trois frontières» entre Mali, Niger et Burkina Faso.

Elles ont revendiqué la «neutralisation» de plusieurs dizaines de djihadistes, dont en juin l’émir d’al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), l’Algérien Abdelmalek Droukdel, figure du djihadisme dans la région depuis 20 ans.

Par Le Figaro avec AFP

Congo: Cérémonie d’hommage de Ganga Edo au palais des Congrès de Brazzaville

juillet 22, 2020

 

Co-fondateur de l’orchestre « Les Bantous de capitale », le patriarche Edo Ganga, qui a tiré la révérence, le 7 juin au Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville, à l’âge de 87 ans, a été conduit à sa dernière demeure au cimetière du centre-ville, le 22 juillet. Peu avant, la République lui a rendu un hommage au palais des Congrès, au cours d’une cérémonie patronnée par le ministre d’État, Henri Djombo.

 

Photo 1 : Le ministre d’État Henri entouré des ministres des Affaires étrangères et celui de la Culture et art (crédit photo/ ADIAC)

Après Sambadio, Yves Saint Lazare, la mort impitoyable, a frappé à coup redoublé, Edo Ganga, légende de la musique congolaise moderne. Chanteur ténor, compositeur, arrangeur, Edo Ganga, a tiré sa révérence après une brillante carrière de soixante-sept ans, couronnée par son élévation, le 15 août 2019 à la dignité de commandeur dans l’ordre du mérite congolais, décerné par le président de la République, chef de l’Etat, grand protecteur des arts et des lettres.

Au cours de la cérémonie d’hommage qui rendue à cet artiste qui a beaucoup contribué au rayonnement de la musique congolaise, le ministre de la Culture et des arts, Dieudonné Moyongo, a dressé son portrait en quelques séquences. « Les fleurs que nous avons apportées il y a quelques semaines, sur les tombes de Sambadio et Yves Saint Lazare sont à peine fanées, qu’il nous faut aujourd’hui dire adieu à Ganga Edo, le tout dernier survivant des pères fondateurs des Bantous de la capitale, Bakolo mboka… », a déclaré le ministre.

Né le 27 octobre 1933 à Léopoldville actuelle Kinshasa, de André Mayinguidi et de Véronique Mvouala Ganga, Ganga Edouard, devenu célèbre sous l’appellation de Ganga Edo, est le petit-fils de Ganga Edouard, un instituteur dont un complexe scolaire de Brazzaville porte le nom, a rappelé le ministre. Il fréquenta la Grande école de Poto-Poto avant d’entrer à l’école professionnelle de l’Afrique équatoriale française, actuel lycée Technique du 1er Mai dans la section Menuiserie. Il sort en 1953, titulaire d’un Certificat d’aptitude professionnelle qui le destinait à une carrière prometteuse dans l’industrie du bois, malheureusement il n’y fit pas long feu. En effet, le jeune-homme fraichement recruté, semble peu absorbé par son métier, car, il s’est trouvé une nouvelle vocation, la musique. Ainsi, va-t-il faire ses premiers pas, dans les orchestres Atomique Jazz, puis Négro Jazz, qui seront ses rampes de lancement, a indiqué le ministre dans son oraison funèbre.

Le fleuve Congo, n’étant qu’un vaste boulevard flamboyant entre Léopoldville et Brazzaville, Edo Ganga le traversera régulièrement et créera avec d’autres compagnons l’orchestre Ok-Jazz en 1956 à Léopoldville, puis les Bantous de la capitale en 1959 à Brazzaville. C’est au sein de ces deux grandes écoles de la musique des deux rives du fleuve Congo, que le génie créateur de Edo Ganga va germer, étendre, bourgeonner, puis tutoyer les étoiles pour la grande jubilation des mélomanes principalement au sein des Bantous de la capitale dont il est devenu une véritable icône. Edo Ganga fut aussi membre des orchestres, Les Nzoï, Le Peuple, et les Bantous monuments.

Au plan politique, Ganga Edo, était membre du Parti congolais du travail. Il laisse une veuve, de nombreux enfants, qu’il était fier d’avoir eus, à Kinshasa de même qu’à Brazzaville, ainsi qu’une longue descendance. « Nous aurions aimé voir, et revoir encore et encore, le patriarche, notre patriarche sur scène, exhibant par son jeu de pieds magique, une danse ; et dirigeant l’orchestre les Bantous de la capitale avec cette grosse énergie qui lui était si particulière, mais hélas ! il s’en est allé. Adieu Ganga Edo, adieu patriarche, adieu l’artiste. » C’est par ces mots que le ministre de la Culture et des arts, a fini son oraison funèbre.

Rappelons que la cérémonie d’hommage à Edo Ganga s’est déroulée en présence de la délégation des artistes musiciens de la RDC conduite par leur ministre de la Culture, et de l’ambassadeur de France au Congo. L’hommage était agrémenté par la musique des Bantous de la capitale.

 

Avec Adiac-Congo par Bruno Okokana

Côte d’Ivoire/Hommage du RHDP à Amadou Gon Coulibaly: Le président Alassane Ouattara salue la mémoire de l’illustre disparu

juillet 15, 2020

 

Publiée le 15 juillet 2020 par RTI Officiel