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La France fait un pas de plus vers la fin du franc CFA

mai 20, 2020

 Le président français Emmanuel Macron (d) et le président de Côte d'Ivoire Alassane Ouattara, à l'aéroport d'Abidjan, le 20 décembre 2019.

Le président français Emmanuel Macron (d) et le président de Côte d’Ivoire Alassane Ouattara, à l’aéroport d’Abidjan, le 20 décembre 2019. © AP/Sipa 

Le conseil des ministres français a adopté le 20 mai un projet de loi qui modifie son accord monétaire avec les huit pays de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa), faisant suite à la réforme surprise du franc CFA annoncée en décembre.

C’est un pas de plus vers la fin du franc CFA. À l’issue du conseil des ministres de ce 20 mai, la France a adopté le projet de loi qui valide la réforme de l’accord monétaire qui lie Paris aux huit pays de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa).

Conformément à l’annonce surprise du 21 décembre à Abidjan, le texte prévoit la fin de la centralisation des réserves de change des États d’Afrique de l’Ouest auprès du Trésor français. Autrement dit, la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) ne devra plus déposer la moitié de ses réserves de change auprès de la Banque de France, obligation qui était perçue comme une dépendance humiliante vis-à-vis de la France par les détracteurs du franc CFA.

Le document prévoit également le retrait de la France des instances de gouvernance dans lesquelles elle était présente, notamment au sein de la BCEAO.

Un « simple garant financier »

« La place de la France se transforme donc pour devenir celle d’un simple garant financier, peut-on lire dans le compte rendu du conseil des ministres. Ce nouveau positionnement permet d’accompagner l’Uemoa dans sa volonté de s’inscrire dans le projet de monnaie unique à l’échelle de la Communauté économique et monétaire des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) », indique encore le document.

Dans le cadre de cette réforme, Alassane Ouattara avait annoncé, en compagnie d’Emmanuel Macron, que les pays de l’UEMOA avaient également décidé de changer le nom de leur monnaie, le très contesté franc CFA, qui devrait désormais s’appeler l’Eco, un point qui cristallise les tensions entre les pays africains.

Début février, le Nigeria a ainsi demandé un report du lancement de l’Eco, arguant que les critères de convergence établis dans la feuille de route des pays membres de la Cedeao et nécessaires à la mise en place de la future monnaie, n’étaient pas encore remplis.

Avec Jeune Afrique par Esrelle Maussion

France: Mélenchon fait l’éloge de Philippe «l’élégant» pour mieux critiquer Macron «le bandit»

mai 6, 2020

Dans un entretien à La Tribune de Genève, le chef des Insoumis a salué les performances oratoires d’Édouard Philippe, regrettant qu’il soit contraint d’obéir à Emmanuel Macron.

Jean-Luc Mélenchon et Edouard Philippe à l'Assemblée, le 3 mars
Jean-Luc Mélenchon et Edouard Philippe à l’Assemblée, le 3 mars AFP

Constatant que la tension monte, en coulisses, entre Emmanuel Macron et son premier ministre sur la gestion de la crise, Jean-Luc Mélenchon a jugé bon d’aller apporter son petit grain de sel. Dans un entretien à La Tribune de Genève ce mercredi, le chef de file de La France Insoumise a défendu Edouard Philippe. «Tout le monde sait que c’est le président qui a choisi le 11 mai (la date du déconfinement, ndlr), seul et contre tout le monde. L’autre il obéit», a-t-il certifié. «Pourquoi douter de sa bonne volonté personnelle?», a interrogé l’ancien candidat à la présidentielle.

«Regardez le faire!»

Jean-Luc Mélenchon en a même profité – une fois n’est pas coutume – pour faire un long éloge du premier ministre. «Edouard Philippe est de droite et n’a jamais prétendu autre chose. C’est un homme élégant, d’un côtoiement agréable, un libéral assumé et qui le dit clairement», a assuré le chef de LFI. Avant d’embrayer sur la passion du locataire de Matignon pour la boxe : «Savoir le sport qu’il pratique aide à comprendre un homme politique. Lui, c’est la boxe. Regardez le faire! Quand il répond, il tourne et danse sur le ring le temps qu’il faut pour que vous baissiez la garde. À ce moment-là, il choisit le point où frapper : c’est un mot qu’il a pris dans votre discours, et il en fait ce qu’il veut, pan!», raconte-t-il. Reconnu pour ses joutes oratoires, Jean-Luc Mélenchon ajoute : «On peut aussi faire un peu d’esthétique en politique, j’y tiens».

Mélenchon n’épargne pas Macron

S’il se montre donc, à la surprise générale, grand défenseur d’Édouard Philippe, l’Insoumis ne mâche pas ses mots à l’encontre du chef de l’État. Emmanuel Macron serait, selon lui, «un bandit de grand chemin». «Lui-même dit qu’il a fait un hold-up sur le pouvoir!», rappelle Jean-Luc Mélenchon. «Il a trompé tout le monde; Il est sans foi ni loi, capable d’entrer, grâce à nous, les gens de gauche, dans la présidence de M. Hollande. Puis d’en sortir en disant qu’il n’est ni de droite ni de gauche, puis de devenir chef de la droite», déplore-t-il.

Jean-Luc Mélenchon défend par ailleurs toujours la thèse qui affirme que le président de la République aurait été à l’initiative des perquisitions au siège de La France Insoumise à l’automne 2018. À l’époque, le député de Marseille avait perdu ses nerfs devant les forces de l’ordre. Un dérapage qui l’a condamné à trois mois de prison avec sursis et 8000 euros d’amende par le tribunal correctionnel de Bobigny fin 2019. «Un libéral qui fait perquisitionner ses rivaux! C’est insupportable, cet opportunisme», conclut-il.

Avec Le Figaro par Pierre Lepelletier

France/Coronavirus : Macron va rencontrer le professeur Didier Raoult à Marseille

avril 9, 2020

Lors d’une visite dans la cité phocéenne, ce jeudi après-midi, le chef de l’Etat doit s’entretenir avec le directeur de l’IHU-Méditerranée, qui publie une étude sur l’usage de l’hydroxychloroquine.

Emmanuel Macron rencontre Didier Raoult ce jeudi à Marseille.
Emmanuel Macron rencontre Didier Raoult ce jeudi à Marseille. AFP

C’est une rencontre très symbolique qui doit avoir lieu cet après-midi à Marseille. Selon nos informations, confirmant celles de BFM-TV, le chef de l’État va profiter d’un déplacement dans la cité phocéenne pour s’entretenir avec le professeur Didier Raoult. Le directeur de l’IHU-Méditerranée continue de promouvoir l’usage de l’hydroxychloroquine pour soigner les malades atteints du coronavirus. Avec ses équipes, il finalise ce jeudi une étude réalisée sur 1000 patients traités dans son service. «On est en train de finir l’analyse. Les choses sont très rassurantes sur ce traitement sur lequel on n’a pas eu d’ennui», assurait mercredi Didier Raoult dans une vidéo postée sur Youtube.

Dans la matinée, Emmanuel Macron s’est rendu CHU du Kremlin-Bicêtre pour «rencontrer les équipes hospitalo-universitaires impliquées dans la recherche clinique contre le Covid-19», a indiqué l’Élysée. Le chef de l’Etat y a découvert les «différents essais cliniques conduits pour identifier des traitements contre le virus». «En particulier les études thérapeutiques menées sous l’égide du programme Discovery (INSERM) et l’étude Corrimuno, développée par l’APHP en lien avec le réseau REACTing», explique l’Élysée, sans évoquer la question de la chloroquine.

Didier Raoult, soutenu par de nombreux politiques, notamment au sein de LR, entretient des rapports plus ambigus avec l’exécutif. Comme Le Figaro le relatait la semaine dernière, l’ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn a longtemps boudé les avis du médecin, qui a choisi de se mettre en retrait du conseil scientifique. En s’entretenant avec le professeur Raoult, Emmanuel Macron espère le réintégrer dans la chaîne de décision et montrer que l’exécutif ne néglige aucune piste pour combattre le coronavirus.

Avec Le Figaro

Coronavirus: Emmanuel Macron annonce la réquisition des stocks et de la production des masques de protection

mars 3, 2020

Les masques de protection seront distribués aux professionnels de santé et aux Français contaminés, a indiqué le président de la république.

Emmanuel Macron a annoncé la réquisition de tous les stocks et la production de masques de protection.
Emmanuel Macron a annoncé la réquisition de tous les stocks et la production de masques de protection. PHILIPPE DESMAZES / AFP

Emmanuel Macron a annoncé ce mardi que l’État français réquisitionnait «tous les stocks et la production de masques de protection» pour les distribuer aux soignants et aux personnes atteintes du coronavirus.

«Nous réquisitionnons tous les stocks et la production de masques de protection. Nous les distribuerons aux professionnels de santé et aux Français atteints par le coronavirus», a indiqué le président de la République dans un tweet.

Par Le Figaro avec AFP

Cameroun : Emmanuel Macron calme le jeu avec Paul Biya, après une semaine sous tension

mars 3, 2020

Paul Biya et Emmanuel Macron lors d'un sommet UE/UA, le 29 novembre 2017.

Paul Biya et Emmanuel Macron lors d’un sommet UE/UA, le 29 novembre 2017. © Diomande Ble Blonde/AP/SIPA

 

Les présidents français et camerounais « se sont accordés sur la nécessité d’une enquête impartiale » sur les violences commises dans la province du Nord-Ouest, après un échange téléphonique entre les deux chefs d’État, dimanche.

Exit les déclarations controversées d’Emmanuel Macron qui avaient mis le feu aux poudre le 22 février dernier en promettant de mettre « le maximum de pression » sur Paul Biya pour que cessent « des violences au Cameroun qui sont intolérables ». Du coté des autorités françaises, l’heure est visiblement à l’apaisement.

Le communiqué laconique publié par le service de presse de l’Élysée traduit la volonté affichée par la France de faire baisser la tension qui était montée d’un cran dans les relations entre Yaoundé et Paris au cours des sept derniers jours.

Au cours de leur échange téléphonique, Paul Biya et Emmanuel Macron se sont ainsi « accordés sur la nécessité d’une enquête impartiale en réaction aux violences commises contre des populations civiles dans le village de Ngarbuh, dans la province du Nord-Ouest ». Une concession moindre pour Yaoundé qui a récemment prescrit l’ouverture d’une enquête.

Soutien de poids

Plus loin, le même communiqué indique que « les deux présidents ont convenu de rester en contact sur le suivi des initiatives politiques issues du grand dialogue national« , sans jamais évoquer la question des prisonniers politiques ni celles des négociations avec les sécessionnistes, deux tabous pour Yaoundé.

Emmanuel Macron avait pourtant assuré au leader de la Brigade anti-sardinards (BAS) Calibri Calibro, qui l’avait interpellé sur ce sujet, qu’il en parlerait au président camerounais. « Je vais appeler la semaine prochaine le président Paul Biya et on mettra le maximum de pression pour que la situation cesse », avait déclaré le chef de l’État français au sujet du massacre de Ngarbuh.

Le retour aux usages diplomatiques du président français est-il lié à la vive réaction des autorités camerounaises, qui ont usé de tous les moyens pour faire entendre leur mécontentement ? Difficile d’être affirmatif. Le bruit des chants des « jeunes badauds » qui ont battu le pavé devant l’ambassade de France, le 24 février, pour dénoncer les propos d’Emmanuel Macron, sont néanmoins parvenus au sommet de l’État à travers un rapport détaillé, qui, selon nos sources, a été transmis au Quai d’Orsay, le siège de la diplomatie française.

Au vue de la tempérance d’Emmanuel Macron, Yaoundé devrait ainsi conserver un soutien de poids dans l’interminable crise qui l’oppose aux séparatistes anglophones, et gagner encore du temps face aux acteurs internationaux qui souhaitent un dialogue direct avec les leaders de ce mouvement, actuellement incarcérés. Une bouffée d’oxygène, dans un contexte où les violences continuent de faire de nombreuses victimes civiles.

Avec Jeuneafrique par Franck Foute – à Yaoundé

 

France/ Affaire Sarah Halimi : la Cour de cassation répond à Emmanuel Macron

janvier 27, 2020

Chantal Arens et François Molins rappellent a minima que «l’indépendance de la justice est une condition du fonctionnement de la démocratie.» Le chef de l’Etat avait déclaré que le besoin d’un procès dans cette affaire était «là».

Emmanuel Macron participe à Yad Vashem à Jérusalem le 23 janvier 2020.
Emmanuel Macron participe à Yad Vashem à Jérusalem le 23 janvier 2020. REUTERS / Ronen Zvulun / Pool 

La polémique ne retombe pas. Lors de son déplacement en Israël, Emmanuel Macron avait souhaité jeudi 23 janvier un procès pour le meurtre de Sarah Halimi, dont le suspect a été déclaré pénalement irresponsable. Le chef de l’Etat a dit : «le besoin de procès est là (…) Un pourvoi en cassation a été formulé et constitue une voie possible» car «il faut que tout ce qu’un procès comporte de réparation puisse se tenir». «La justice française a reconnu le caractère antisémite de ce crime», ce que «personne ne peut remettre en cause», avait-il rappelé.

Ce lundi 27 janvier, la Cour de cassation lui répond dans un message a minima et trois jours après. Chantal Arens, première présidente et François Molins, procureur général près cette Cour «rappellent que l’indépendance de la justice, dont le Président de la République est le garant, est une condition essentielle du fonctionnement de la démocratie. Les magistrats de la Cour de cassation doivent pouvoir examiner en toute sérénité et en toute indépendance les pourvois dont ils sont saisis.»

La Cour ne pouvait pas moins faire.

Le 19 décembre, la cour d’appel de Paris a déclaré pénalement irresponsable Kobili Traoré, mis en examen pour le meurtre de cette sexagénaire juive en avril 2017, en estimant que ce consommateur de cannabis était alors en proie à une «bouffée délirante». Il ne pourra donc pas être jugé aux assises, selon la décision qui a provoqué la colère des parties civiles et de représentants de la communauté juive. La chambre de l’instruction a tranché entre les expertises psychiatriques contradictoires du dossier et conclu à l’abolition du discernement de Kobili Traoré au moment des faits.

Par Le Figaro.fr

Libye: Macron et Sissi appellent à «la plus grande retenue» face aux risques «d’escalade militaire»

décembre 30, 2019

Les présidents français Emmanuel Macron et égyptien Abdel Fattah al-Sissi ont évoqué par téléphone «les risques d’une escalade militaire» en Libye, appelant «l’ensemble des acteurs internationaux et libyens (…) à la plus grande retenue», a annoncé la présidence française ce lundi 30 décembre.

«Ils ont exprimé leur volonté qu’un accord politique soit trouvé dans le cadre des Nations unies, dans le respect des principes agréés à Paris, Palerme et Abou Dhabi, afin de restaurer l’unité et la pleine souveraineté de la Libye », a ajouté l’Elysée.

Le président Recep Tayyip Erdogan a ouvert jeudi la voie à une intervention militaire turque directe en Libye en annonçant un prochain vote au Parlement sur l’envoi de troupes pour soutenir le gouvernement de Tripoli face à l’homme fort de l’est libyen Khalifa Haftar.

Emmanuel Macron et Abdel Fattah al-Sissi prônent «un accord politique dans le cadre des Nations unies, dans le respect des principes agréés à Paris, Palerme et Abou Dhabi, afin de restaurer l’unité et la pleine souveraineté de la Libye».

Les deux chefs d’Etat ont évoqué en outre la situation en Méditerranée orientale et «estimé que le protocole d’accord conclu entre la Turquie et la Libye sur la délimitation de leurs juridictions maritimes était contraire au droit de la mer» et «sont convenus de rester en étroit contact à ce sujet».

Par Le Figaro avec AFP

Ukraine : Macron et Merkel saluent la libération d’échange de prisonniers

décembre 29, 2019

Dimanche a eu lieu l’échange de 200 prisonniers entre Kiev et les séparatistes pro-russes de l’est de l’Ukraine.

Un prisonnier, Ivan Katyshev, retrouvant sa mère Lyudmila.
Un prisonnier, Ivan Katyshev, retrouvant sa mère Lyudmila. GENYA SAVILOV / AFP

Emmanuel Macron et Angela Merkel ont salué dimanche 29 décembre la libération et l’échange de prisonniers intervenus dans l’est de l’Ukraine entre forces gouvernementales ukrainiennes et séparatistes pro-russes. Il s’agit d’environ 200 personnes.

Les images de l’échange de prisonniers entre séparatistes pro-russes et ukrainiens
Un important échange de prisonniers entre Kiev et les séparatistes pro-russes de l’est de l’Ukraine a eu lieu le dimanche 29 décembre, a annoncé la présidence ukrainienne.

«Ce développement est conforme à l’engagement pris le 9 décembre dernier, lors du sommet de Paris en format ‘Normandie’, de faciliter la libération et l’échange de personnes faites prisonnières dans le cadre du conflit d’ici la fin de l’année», ont souligné Emmanuel Macron et Angela Merkel dans un communiqué.

Cet accord sur les prisonniers avait été conclu le 10 décembre dernier par le dirigeant russe Vladimir Poutine et le président ukrainien Volodimir Zelenski lors d’une réunion placée sous l’égide de Macron et Merkel. Conformément aux décisions du sommet de Paris, (la décision) doit désormais s’accompagner de la mise en œuvre totale et intégrale du cessez-le-feu, ainsi que le Groupe de Contact Trilatéral l’a réaffirmé le 18 décembre.

Plus tôt, le président russe Vladimir Poutine et la chancelière allemande ont jugé «positif l’échange de détenus».

La présidence ukrainienne a indiqué que 76 de ses ressortissants avaient ainsi retrouvé leurs foyers, cinq ans après le début du conflit. Les séparatistes des républiques autoproclamées de Donetsk et Lougansk ont dit pour leur part aux agences russes s’être vues respectivement remettre 61 et 63 personnes.

Les forces de Kiev combattent les séparatistes dans la région du Donbass, dans l’est de l’Ukraine depuis 2014. Ce conflit a fait plus de 13.000 morts et des combats sporadiques se poursuivent malgré un accord de cessez-le-feu.

Par Le Figaro avec Reuters

Côte d’Ivoire : Emmanuel Macron en visite à Abidjan un an avant la présidentielle de 2020

décembre 20, 2019

Emmanuel Macron en visite officielle à Abidjan, aux côtés de son homologue ivoirien Alassane Ouattara, en novembre 2017.

Emmanuel Macron en visite officielle à Abidjan, aux côtés de son homologue ivoirien Alassane Ouattara, en novembre 2017. © Ambassade de France en Côte d’Ivoire

 

Alors que le sentiment anti-français se renforce au Sahel, Emmanuel Macron effectue une visite en Côte d’Ivoire du 20 au 22 décembre. L’occasion pour le président français d’encourager son homologue Alassane Ouattara à passer la main à une nouvelle génération, même si certains y voient une forme de soutien au régime en place.

Depuis Paris, ils sont nombreux à scruter la Côte d’Ivoire de plus en plus près à mesure qu’approche la présidentielle d’octobre 2020. Avec tous le même espoir : que celle-ci se déroule sans accroc. Alors que la situation ne cesse de se dégrader au Sahel, où le ressentiment populaire contre la France est grandissant, les responsables français se passeraient volontiers d’une nouvelle crise électorale dans ce pays majeur où ils ont de nombreux intérêts. « La stabilité de la Côte d’Ivoire conditionne la stabilité du Sahel. Il est donc important de venir y adresser un message fort pour consolider notre relation », explique-t-on à l’Élysée.

Les proches d’Emmanuel Macron l’assurent : en privé, Alassane Ouattara n’a pas dit autre chose à son homologue que ce qu’il répète en public ces derniers mois, à savoir son intention de passer la main à une nouvelle génération en 2020. De son côté, le président français profitera de son déplacement à Abidjan pour l’encourager dans cette voie – et donc lui faire comprendre que l’option d’un troisième mandat, que son homologue ivoirien n’écarte pas, n’en est pas une à ses yeux. Pourtant, sur place, nombre d’opposants considèrent que cette visite en grande pompe moins d’un an avant la présidentielle est une forme de soutien au régime en place. Si l’Élysée assure être en contact avec « l’ensemble des forces politiques ivoiriennes », aucune rencontre n’est prévue avec des opposants durant le séjour de Macron sur les bords de la lagune Ébrié.

De nombreux déplacements

Outre ces questions de politique intérieure, qui seront sans doute évoquées par les deux chefs de l’État lors de leur entretien à huis clos le 21 décembre en fin d’après-midi au palais présidentiel, cette seconde visite d’Emmanuel Macron en Côte d’Ivoire sera marquée par plusieurs étapes. Après son arrivée en fin de journée, le 20 décembre, il se rendra directement à la base militaire française de Port-Bouët. Il s’y entretiendra avec des soldats rentrés de mission au Sahel, puis participera à un dîner de Noël préparé par le chef de l’Élysée, Guillaume Gomez.

Le lendemain, Macron, qui sera accompagné d’une forte délégation – plusieurs ministres, dont ceux de l’Économie et des Armées, et des personnalités ivoiriennes ou d’origine ivoirienne, comme l’écrivain Gauz ou le chanteur Vegedream – enchaînera les événements à Abidjan. Il commencera par l’inauguration d’un complexe sportif dans le quartier de Koumassi, en compagnie du footballeur ivoirien Didier Drogba. Ce projet, qui devrait être dupliqué ailleurs en Afrique de l’Ouest, s’inscrit dans le cadre du prochain sommet France-Afrique de juin 2020 à Bordeaux consacré à la « ville durable ».

Après une réception avec la communauté française à la résidence de l’ambassadeur de France, il se rendra à l’Institut national de formation des agents de santé (INFAS) d’Abidjan accompagné de Peter Sands, le directeur général du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, et y rencontrera des étudiants.

Sécurité au Sahel

La journée se terminera à la présidence, où plusieurs dossiers de coopération seront abordés. Il sera ainsi largement question de la dégradation sécuritaire au Sahel et des moyens à mettre en œuvre au niveau régional pour tenter d’inverser cette spirale négative. Au niveau bilatéral, la France et la Côte d’Ivoire signeront un protocole additionnel à leur accord de défense pour renforcer encore leur coopération militaire. L’avancée du projet d’Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT) de Jacqueville, soutenu par les autorités françaises, sera également évoquée.

Sur le plan économique, plusieurs contrats de coopération bilatérale seront signés. Beaucoup concernent le futur métro d’Abidjan dont les travaux, menés par des entreprises françaises, sont censés démarrer début 2020. Enfin, un grand dîner d’État avec les couples Ouattara et Macron sera organisé à l’hôtel Ivoire.

Dimanche 22 décembre, Alassane Ouattara et Emmanuel Macron se rendront à Bouaké, où aucun président français ne s’est rendu jusqu’à présent. Une cérémonie d’hommage aux neuf soldats français et au soldat américain tués dans le bombardement de leur camp par l’aviation ivoirienne, le 6 novembre 2004, y aura lieu. « Ce sera l’occasion de sceller la réconciliation entre nos deux pays », commente-t-on dans l’entourage du président français. Après cette séquence mémorielle symbolique, ADO et Macron poseront ensuite la première pierre du futur grand marché de la ville, qui est en partie financé par l’Agence française de développement (AFD).

De Bouaké, Emmanuel Macron s’envolera directement pour Paris. Durant ce vol retour, il fera une escale de quelques heures à Niamey, au Niger. Il s’y entretiendra avec son homologue Mahamadou Issoufou, avec lequel il préparera le sommet prévu à Pau, en France, le 13 janvier, et se recueillera sur la tombe des 71 soldats nigériens tués le 10 décembre dans l’attaque de leur garnison à Inates.

Par Jeuneafrique.com par Benjamin Roger

Macron: «Le port du voile dans l’espace public n’est pas mon affaire»

octobre 24, 2019

 

À La Réunion, le président a cependant précisé que le foulard islamique pouvait servir d’instrument au séparatisme et au communautarisme.

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Emmanuel Macron à La Réunion, le 24 octobre 2019. Capture d’écran

«Le port du voile est-il “souhaitable” dans l’espace public?» C’est en ces termes, reprenant les propos de Jean-Michel Blanquer, que «Réunion la 1ère» et «Antenne Réunion» ont interrogé Emmanuel Macron, jeudi soir. Ce à quoi le président a répondu sans détour. «Le port du voile dans l’espace public n’est pas mon affaire. C’est ça la laïcité», a-t-il balayé. Avant d’ajouter: «Le port du voile dans les services publics, à l’école, quand on éduque nos enfants, c’est mon affaire. C’est ça la laïcité».

Pressé par plusieurs de ses proches, dont Gérard Collomb, de s’exprimer sur les questions relatives à l’islam et à la laïcité, le chef de l’État a d’abord tenu à rappeler la loi. «Quand on est dans un espace où le service public est rendu, il y a un devoir de neutralité des agents. Quand on éduque nos enfants – et c’est pour ça que ça vaut pour l’école maternelle, l’école, le collège, le lycée, et pas pour l’université -, on demande à ceux qui les éduquent, comme aux enfants, de ne pas avoir de signes religieux», a-t-il souligné.

Macron considère qu’on «confond» les sujets

Comme la semaine dernière, où il avait dénoncé les «amalgames » visant les musulmans, Emmanuel Macron a de nouveau fustigé «le débat qui consiste à ne stigmatiser qu’un seul signe religieux», ce qu’il «n’aime pas». «Ce qu’il se passe dans l’espace public, c’est pas l’affaire de l’État et du président de la République. La laïcité ça n’est pas cela», a-t-il répété. Et de rappeler sa conception de la loi de 1905: «La laïcité, c’est précisément de permettre de croire et de ne pas croire librement».

«Pourquoi on confond ces sujets?», s’est enfin interrogé le président, concédant qu’il lui faudrait bien affronter le sujet de l’islam de France. «Le voile, aujourd’hui, est utilisé dans certains quartiers, est utilisé dans certaines circonstances, par certains – qui ne sont pas majoritaires -, comme un élément de revendication, et comme un des instruments ou des signaux d’une forme de séparatisme dans la République, de ce qu’on appelle un communautarisme», a-t-il développé.

Le communautarisme, «cœur du problème» en France

De même, il a reconnu qu’«il y a aujourd’hui des femmes et des hommes, citoyens français, qui disent: “De par ma religion je n’adhère plus aux valeurs de la République”». Cela peut se traduire de différentes façons selon lui: «Je sors mon enfant de l’école pour le mettre peut-être à la maison ; je refuse qu’il aille se baigner avec d’autres, apprendre la musique… Et j’ai un projet de vie et de société qui n’est plus d’être ensemble dans la République mais, au nom de ma religion, de porter un autre projet politique».

«Ça, c’est un problème pour moi. Ça, c’est un communautarisme. Et dans ce cas-là, j’ai un problème avec l’utilisation, la revendication, en quelque sorte, qui devient politique, de ce séparatisme. Si on confond les sujets, à ce moment-là on se met en situation de ne pas pouvoir véritablement régler le cœur du problème qu’à la République française, qui est le communautarisme», a-t-il conclu. Selon Le Canard enchaîné, il prévoit d’ailleurs de s’exprimer mi-novembre sur le sujet

Le Figaro.fr par Arthur Berdah