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Ukraine : les chefs d’État français, italien et allemand en route vers Kiev

juin 16, 2022
Emmanuel Macron, Olaf Schotlz et Mario Draghi discutent autour d'une table.

L’ambassadeur français en Ukraine, Etienne de Poncins, a partagé sur Twitter cette image d’Emmanuel Macron, Olaf Schotlz et Mario Draghi à bord d’un train vers Kiev d’abord publiée par le journal italien « La Repubblica ». Photo : La Republica via @Edeponcins (TWITTER)

Le président français Emmanuel Macron et ses homologues allemand et italien, Olaf Scholz et Mario Draghi, se dirigent vers Kiev, où ils devraient dire le soutien de l’Europe à l’Ukraine en guerre, après une aide militaire d’un milliard de dollars annoncée par les États-Unis.

Les trois hommes ont pris place ensemble à bord d’un train spécial à destination de Kiev, indiquent des médias italien et allemand.

Je pense que nous sommes à un moment où nous avons besoin d’envoyer des signaux politiques clairs, nous Union européenne, à l’égard de l’Ukraine et du peuple ukrainien dans un contexte où il résiste de manière héroïque depuis plusieurs mois, a déclaré le président français, interrogé sur un éventuel déplacement à Kiev la veille.

Ce déplacement est une première pour les dirigeants des trois principaux pays de l’Union européenne, depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine le 24 février.

Les trois hommes devraient rencontrer le président ukrainien Volodymyr Zelensky pour évoquer, outre le soutien militaire, la demande de l’Ukraine de rejoindre l’Union européenne. La France, l’Allemagne et l’Italie y sont favorables, mais dans une perspective plus ou moins lointaine.

L’Ukraine n’en attend pas moins du sommet européen des 23-24 juin la décision des Vingt-Sept sur sa demande officielle d’adhésion, début d’un processus de négociations qui peut durer plusieurs années.

Demande d’armes supplémentaires

Des soldats ukrainiens ave des pièces d'artillerie.

L’Ukraine presse depuis plusieurs jours l’Occident de lui fournir plus d’artillerie lourde. Photo : Radio-Canada/Jean-François Bélanger

Son président devrait également réitérer sa demande de nouvelles livraisons d’armes lourdes, indispensables, assure-t-il, pour contrer la puissance de feu russe.

Nous sommes avec vous, soyez avec nous, a déclaré M. Zelensky aux députés tchèques à Prague lors d’une téléconférence, citant un appel lancé par un présentateur de la radio tchécoslovaque en 1968 alors que les occupants soviétiques tentaient de couper la radio.

Aujourd’hui, alors que le peuple ukrainien lutte pour sa liberté contre l’invasion cruelle de la Russie, nous utilisons ces mots pour nous adresser à toutes les nations d’Europe et du monde démocratique, a-t-il ajouté. L’Ukraine doit obtenir tout ce qui est nécessaire pour remporter la victoire, a-t-il martelé.

Mercredi soir, M. Zelensky a dit sa gratitude à l’égard des États-Unis pour la nouvelle tranche d’aide militaire que son homologue américain Joe Biden lui a annoncé dans la soirée au téléphone.

Les États-Unis ont annoncé un nouveau renforcement de notre défense, une nouvelle tranche d’aide d’un milliard de dollars, a confirmé mercredi soir M. Zelensky dans son message vidéo quotidien.

Je veux dire ma gratitude pour ce soutien, il est particulièrement important pour notre défense dans le Donbass , la région de l’est de l’Ukraine épicentre des attaques russes actuelles.

Lloyd Austin en conférence de presse.

Le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin Photo : Getty Images/AFP/Alex Wong

L’aide américaine comprend notamment des pièces d’artillerie et des obus supplémentaires.

Mercredi, le chef du Pentagone Lloyd Austin a appelé ses alliés à intensifier les livraisons d’armes aux Ukrainiens.

L’Ukraine est confrontée à un moment charnière sur le champ de bataille, a déclaré le secrétaire américain à la Défense, lors d’une réunion au siège de l’OTAN à Bruxelles des pays du groupe de contact créé par les États-Unis pour aider l’Ukraine. Nous devons donc intensifier notre engagement commun et redoubler d’efforts pour qu’elle puisse se défendre, a-t-il ajouté.

M. Zelensky a indiqué s’être également entretenu avec le premier ministre britannique Boris Johnson, lequel a assuré sur Twitter soutenir l’Ukraine jusqu’à la victoire finale.

La bataille du Donbass

Et celle-ci passe par le Donbass, dans l’est de l’Ukraine, enjeu depuis des jours d’une bataille acharnée entre forces russes et ukrainiennes.

Depuis leur offensive avortée sur Kiev en mars, les forces russes et séparatistes prorusses, qui contrôlent partiellement cette région industrielle depuis 2014, se sont donné pour objectif d’en prendre le contrôle total.

L’ennemi a concentré ses forces de frappe principales dans le nord de la région [de Lougansk] et tente d’attaquer dans neuf directions simultanément, a déclaré mercredi soir le commandement en chef des forces armées ukrainiennes.

Un soldat prend position près d'une fenêtre.

Un soldat de l’armée ukrainienne pendant des combats sur le front à Sievierodonetsk, le 8 juin 2022 Photo : AP/ Oleksandr Rathushniak

Les combats se concentrent depuis plusieurs jours à Lyssychantsk et Sievierodonetsk, deux villes clés du Donbass. Les autorités ukrainiennes ont reconnu ces derniers jours que leurs troupes avaient été chassées du centre-ville de Sievierodonetsk, et ne plus disposer que de voies de communication compliquées avec elles après la destruction de tous les ponts vers Lyssytchansk.

Sievierodonetsk est un élément stratégique dans notre système de défense de la région de Lougansk. La ville ne peut pas être considérée autrement, a rappelé mercredi soir le commandement en chef ukrainien.

Les forces ukrainiennes sont notamment retranchées dans l’usine chimique Azot, emblématique de cette ville comptant avant la guerre quelque 100 000 habitants, avec plus de 500 civils à l’intérieur, selon le maire de Sievierodonetsk, Oleksandre Striouk.

Moscou a proposé mardi un couloir humanitaire qui permettrait d’évacuer ces civils vers des territoires contrôlés par les Russes, mais Kiev ne l’a pas confirmé.

Sur le front diplomatique, au moment où États-Unis et Europe se rassemblent autour de l’Ukraine, le président chinois Xi Jinping a réaffirmé mercredi sa proximité avec son vieil ami Vladimir Poutine, au risque de crisper les relations entre Pékin et les Occidentaux.

Radio-Canada avec Agence France-Presse

Levée du blocus d’Odessa : Macron propose de passer par l’ONU

mai 31, 2022

Moscou bloque tous les navires présents dans le port ukrainien depuis plusieurs semaines. En conséquence, l’Occident redoute une pénurie de céréales.

20 millions de tonnes de cereales sont actuellement bloquees a Odessa.
20 millions de tonnes de céréales sont actuellement bloquées à Odessa.© BENJAMIN FURST / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Le président français Emmanuel Macron a annoncé mardi 31 mai avoir proposé à Vladimir Poutine le vote d’une résolution à l’ONU pour lever le blocus russe du port d’Odessa, l’objectif étant de permettre l’exportation des céréales ukrainiennes qui y sont bloquées. « J’ai proposé, dans la discussion que nous avons eue avec (le chancelier allemand) Olaf Scholz samedi dernier, au président Poutine que nous prenions l’initiative d’une résolution aux Nations unies pour donner un cadre très clair à cette opération », a-t-il déclaré à l’issue d’un sommet européen à Bruxelles.

En effet, depuis plusieurs semaines, la Russie impose dans la mer Noire un blocus aux ports ukrainiens, en particulier à celui d’Odessa. Et ce, alors que l’Ukraine cherche désespérément à exporter les quelque 20 millions de tonnes de céréales stockées dans les silos du pays d’ici aux prochaines récoltes prévues cet été, qui nécessiteront à leur tour d’être entreposées.

« La décision dépend d’un accord de la Russie et des garanties qu’elle apporte : face au déminage (du port d’Odessa) qui est indispensable pour que les vraquiers et bateaux puissent être acheminés et prendre ces céréales, (il faut) des garanties de sécurité apportées aux Ukrainiens pour éviter qu’ils ne soient attaqués », a insisté le président français. Kiev a besoin de « garanties légitimes de sécurité, c’est le cadre des Nations unies qui nous permettra de le faire », a ajouté le chef de l’État, tout en soulignant également « le rôle très important de la Turquie, compte tenu de sa responsabilité dans la mer Noire » et de ses échanges récents avec Moscou.

Des « routes prioritaires » temporairement mises en place

« Il n’est pas question que, sous le couvert d’un corridor maritime pour des raisons humanitaires, il y ait une fragilisation de la situation sécuritaire de l’Ukraine », a renchéri devant la presse Charles Michel, président du Conseil, l’organe de représentation des États membres.

Dans l’immédiat, la Commission européenne a également proposé de mettre sur pied des « routes prioritaires » par route et par chemin de fer, en mobilisant les capacités de fret de l’UE, pour acheminer une partie des stocks de céréales bloqués. « Nous travaillons sur cette proposition de la Commission, et avons discuté lors du sommet sur les différentes possibilités pour trouver des routes alternatives, mais c’est compliqué, pour des raisons logistiques, et c’est plus onéreux », a souligné le président du Conseil européen. Ces voies alternatives par train et par route permettront au mieux de transporter un tiers des stocks de blé, a confié à l’Agence France-Presse un responsable européen.

Par Le Point avec AFP

France : Pap Ndiaye, la surprise d’Emmanuel Macron à l’Éducation

mai 20, 2022

Ce spécialiste de l’histoire sociale des États-Unis et des minorités succède à Jean-Michel Blanquer à la tête du ministère de l’Éducation nationale, a annoncé Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Elysée.

Pap Ndiaye devant le palais de la Porte Dorée, à Paris, en mars 2021 © DMITRY KOSTYUKOV/The New York Times-REDUX-REA

C’est la grosse surprise de ce nouveau gouvernement, dont la composition a finalement été annoncée ce vendredi 20 mai et dont les têtes d’affiche demeurent globalement inchangées : l’historien Pap Ndiaye, 56 ans, succède à Jean-Michel Blanquer à la tête de l’Éducation nationale, l’un des ministères les plus difficiles à gérer. Il se voit également confier le portefeuille de la Jeunesse.

Black studies

Né de père sénégalais et de mère française, Pap Ndiaye est titulaire d’un doctorat obtenu à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et a été maître de conférences, puis professeur à Sciences Po. Il est avant tout un spécialiste reconnu de l’histoire sociale des États-Unis et des minorités, qu’il a régulièrement chroniquée dans Jeune Afrique. Il a également été l’un des premiers chercheurs français à s’intéresser aux black studiesLa Condition noire : essai sur une minorité française, publiée en 2009 aux éditions Gallimard, en est l’un des ouvrages fondateurs en France.

Personnalité engagée à gauche, il assumait par exemple avoir appelé à voter pour François Hollande en 2012. Il revendique aussi un engagement antiraciste. Il s’était notamment montré critique à l’égard de la suppression en 2018 du mot « race » de la Constitution française, redoutant que cela n’affaiblisse ce combat. « Même s’il est évident que la “race” n’existe pas d’un point de vue biologique, force est de constater qu’elle n’a pas disparu dans les mentalités : elle a survécu en tant que catégorie imaginaire historiquement construite, avec de puissants effets sociaux », s’était-il justifié dans une interview au quotidien Le Monde.

Frère de la romancière, lauréate du prix Goncourt en 2009 pour Trois femmes puissantes, Marie NDiaye, il avait été nommé directeur général du palais de la Porte-Dorée, à Paris en mars 2021, et avait pris la tête du Musée de l’histoire de l’immigration, devenant ainsi la première personne ayant des origines africaines à diriger un grand musée national français.

Le voici donc propulsé à la tête du ministère de l’Éducation nationale, un défi de taille tant la crise du Covid-19 et la réforme du baccalauréat ont alimenté le mécontentement des élèves, des enseignants et des syndicats.

Avec Jeune Afrique

France-Réélection d’Emmanuel Macron : comment les chefs d’État africains ont-ils réagi ?

avril 25, 2022

Tour d’horizon des principales réactions à la reconduction au pouvoir de celui qui, en 2017, nourrissait beaucoup d’ambitions pour le continent.

Le président ivoirien Alassane Ouattara et Emmanuel Macron au Forum de Paris sur la paix. world leaders at Inaugural dinner for the Paris Peace Forum. Alassane Ouattara, president de Cote d’Ivoire, Emmanuel Macron, president de la Republique francaise/ © Eric TSCHAEN-POOL/SIPA

Dimanche 24 avril, Emmanuel Macron a été réélu avec 58,6% des voix pour un nouveau mandat de cinq ans à la tête de la France face à Marine Le Pen, la candidate de l’extrême droite, qui réalise tout de même un score historique :  41,4%.

Communiqués officiels, tweets… Les réactions se multiplient sur le continent et permettent d’illustrer assez fidèlement l’état des relations diplomatiques entre Paris et les capitales africaines.

Abidjan, Kigali, Niamey, Dakar ne cachent pas leur joie

Sans surprise, les pays avec lesquels Emmanuel Macron entretient de bonnes relations n’ont pas tardé à réagir. À Dakar, le président Macky Sall, également à la tête de l’Union africaine, a « félicité chaleureusement le président Emmanuel Macron pour sa victoire », en lui adressant ses « meilleurs vœux de succès dans l’exercice de son second mandat ». Même ton à Libreville, où le président Ali Bongo Odimba a salué la « brillante réélection » de son homologue et exprimé sa volonté de « construire l’avenir » ensemble.

Le Nigérien Mohamed Bazoum salue quant à lui le nouveau mandat « d’un partenaire précieux dans le combat contre le terrorisme » et « son expérience des sujets internationaux en général et du Sahel en particulier ». L’enjeu est de taille pour Niamey, dont Emmanuel Macron a décidé de faire sa nouvelle place forte dans la région après le départ des troupes françaises du Mali.

Mêmes éloges en Côte d’Ivoire, où le président Alassane Ouattara a adressé ses « chaleureuses félicitations au président pour sa réélection », affirmant se « réjouir de poursuivre avec lui le renforcement des liens d’amitié et de coopération » entre leurs deux pays.

Réaction enthousiaste également à Djibouti. Dans un communiqué officiel publié immédiatement après la victoire d’Emmanuel Macron, s’adressant à « Monsieur le président et Cher ami », Ismaïl Omar Guelleh exprime ses « félicitations chaleureuses » à l’occasion de sa « brillante réélection », ainsi que ses « sincères remerciements » en raison de ses « engagements maintes fois démontrés au service de l’Afrique ».

Aucune voix pour Le Pen au Rwanda

Au Rwanda, Paul Kagamé a sans doute suivi les déclarations des candidats français sur les questions mémorielles. Si depuis son arrivée au pouvoir en 2017, Emmanuel Macron a multiplié les efforts pour tenter d’apaiser la relation entre les deux pays, son adversaire, Marine Le Pen, a pour sa part affirmé à plusieurs reprises vouloir mener une politique de « non repentance ».  C’est donc sans véritable surprise que le président Kagamé a félicité son homologue pour sa réélection, qu’il juge « bien méritée » et qu’il décrit comme le « fruit » d’une « vision et d’un leadership cherchant à unifier et non à diviser ». À noter : Marine Le Pen n’a recueilli aucune voix au Rwanda.

Au Togo, les « chaleureuses félicitations » de Faure Essozimna Gnassimbé ont été nuancées par la déclaration de son ministre des Affaires étrangères, Robert Dussey, qui a déclaré « attendre beaucoup plus de consultations, de discussions avec les dirigeants africains ».

Silence radio au Mali, en Guinée et au Burkina Faso

Il est néanmoins des capitales qui n’ont dit mot. Silence radio à Bamako, Conakry et Ouagadougou, où des colonels sont au pouvoir. Depuis les putschs intervenus ces deux dernières années dans ces trois pays, les relations avec la France se sont notablement dégradées. Bamako est même devenue ouvertement anti-française.

Ces derniers mois, le ton n’a cessé de monter, suscitant le désengagement militaire de la France,  l’expulsion de l’ambassadeur français au Mali et la conclusion d’un contrat entre la société de mercenaires russe Wagner et le Mali. Un rapprochement qui a provoqué la colère du gouvernement d’Emmanuel Macron, mais qui n’a sans doute pas déplu à la russophile Marine Le Pen. Décidément, le temps où Emmanuel Macron avait choisi Ouagadougou pour prononcer son premier discours de politique africaine semble lointain. 

Scénario comparable au Maghreb

Au Maghreb, les relations ambivalentes qu’entretiennent le président français et les autorités algériennes et, dans une moindre mesure, marocaines expliquent sans doute l’absence de réaction officielle à ce stade.

Pour rappel, lors d’une conférence de presse organisée dans l’entre-deux tour de l’élection présidentielle sur le thème de la politique internationale, Marine Le Pen avait eu l’occasion d’exposer sa vision des relations avec l’Afrique. Elle s’était notamment attardée sur l’Algérie, avec laquelle elle avait affirmé vouloir mener un dialogue « clair et décomplexé » et une politique « exactement inverse » de celle de son concurrent. C’est d’ailleurs en Algérie que la candidate avait enregistré son plus mauvais score à l’étranger en 2017, avec 3,36% des votes.

À Rabat où le premier mandat du président français a été ponctué de hauts et de bas, aucune réaction n’a été enregistrée pour l’instant, tout comme à Tunis.

Cela contraste avec la Mauritanie où le président de la République, Mohamed Ould Ghazouani a publié un vibrant message. Ce dernier a exprimé ses « chaleureuses félicitations » suite à une « brillante victoire à l’élection présidentielle française », ainsi que sa volonté de continuer à « conjuguer les efforts pour la réalisation des grands idéaux de justice et d’égalité qui fondent la culture entre les deux peuples ».

Avec Jeune Afrique par Soufiane Khabbachi

Emmanuel Macron remporte l’élection présidentielle française

avril 24, 2022
Il pose devant le palais de l'Élysée.

Le président français Emmanuel Macron a été réélu dimanche pour un second mandat de cinq ans face à sa rivale Marine Le Pen, qui réalise le plus important score de l’extrême droite à une élection présidentielle depuis le début de la Ve République, en 1958.

Le chef de l’État sortant obtient entre 57,6 % et 58,2 % des voix, selon les estimations.

Les Français ont donc choisi de reconduire un président centriste libéral et très pro-européen face à une candidate radicale qui a la priorité nationale au cœur de son projet et qui est extrêmement critique vis-à-vis de l’Union européenne.

Emmanuel Macron, 44 ans, est le premier président français à être réélu pour un second mandat en 20 ans depuis Jacques Chirac, en 2002, face au père de Marine Le Pen, Jean-Marie Le Pen.

Toutefois, cette élection s’inscrit dans un contexte d’abstention record, estimée à 27,8 % par la firme de sondage IFOP, un taux inédit pour un second tour depuis 1969 (31,3 %).

Le réflexe du front républicain ou du barrage à l’extrême droite, qui avait fonctionné il y a cinq ans, a cette fois-ci été moindre chez une partie des électeurs hostiles au président et lassés par la reprise du duel Macron-Le Pen.

À titre de comparaison, M. Macron avait remporté 66,10 % des suffrages en 2017, devançant largement Mme Le Pen (33,90 %).

Des athlètes canadiens qui tiennent des drapeaux du Canada.

Suite à sa défaite au second tour de la présidentielle française, Marine Le Pen s’est adressée à ses partisans.

Les défis de Marcon

À 53 ans, Mme Le Pen porte l’extrême droite à un niveau record en France, laissant augurer des temps difficiles pour le président réélu, dont le premier défi sera d’obtenir une majorité aux législatives de juin.

Il devra rassembler des Français divisés et répondre à une colère très prégnante depuis la crise des gilets jaunes de 2018-2019, qui n’a jamais été véritablement réglée.

Il devra aussi répondre aux angoisses suscitées par les successions de crises, de la pandémie de COVID-19 à la guerre en Ukraine.

Très discret, voire absent lors de la campagne du premier tour, M. Macron n’a pas ménagé sa peine par la suite, multipliant les déplacements, organisant de grandes réunions et s’adressant prioritairement à l’électorat de gauche, apparu comme l’arbitre du scrutin après que le tribun Jean-Luc Mélenchon est arrivé troisième au premier tour avec près de 22 % des voix.

Lors de sa dernière grande réunion, à Marseille, il y a une semaine, M. Macron, très critiqué sur son bilan vert, a promis qu’un nouveau quinquennat sous son règne serait écologique ou ne serait pas et a promis un renouvellement de la politique.

Souvent qualifié de président des riches, M. Macron a multiplié les gestes envers cet électorat de gauche, semblant prêt à des concessions sur certains points, notamment sa controversée et emblématique réforme des retraites, qu’il n’a pas réussi à mettre en œuvre au cours de son premier mandat.

Les abstentions

Ces promesses n’ont pas suffi à faire baisser le taux d’abstention lors de ce deuxième tour, qui tombait aussi au début des vacances scolaires, ni à susciter un fort vote d’adhésion.

Ainsi, Nicolas Moreau, 44 ans, conseiller municipal à Bersée, a expliqué avoir effectué un vote par obligation. Même constat chez Véronique, une habitante de Bersée, pour qui, entre les deux choix, on essaye de choisir le moins mauvais.Marine Le Pen vote.

Marine Le Pen lors de son vote pour le deuxième tour de la présidentielle, dimanche. Photo: Getty Images/Sylvain Lefevre

Battue pour la troisième fois de sa carrière à une élection présidentielle, Mme Le Pen, 53 ans, n’a pas réussi à briser le plafond de verre que représente en France l’éventualité d’une victoire de l’extrême droite. Avec son score élevé, elle place néanmoins sa famille politique et ses idées radicales encore plus au cœur de la scène française.

« Je poursuivrai mon engagement pour la France. »— Une citation de  Marine Le Pen

Mme Le Pen récolte ainsi les fruits d’une stratégie de dédiabolisation patiemment menée depuis une décennie. Elle a lissé et adouci son discours, banalisé son image, se montrant proche des préoccupations des Français, même si, sur le fond, son programme reste aussi radical, notamment en ce qui a trait à l’immigration et aux institutions.

Le plus dur commence avec un nouveau rendez-vous électoral, celui des élections législatives, en juin, où le président tentera d’asseoir sa majorité, tandis que ses opposants tenteront de se rendre incontournables.

Radio-Canada avec Agence France-Presse

Présidentielle en France : Macron arrive en tête mais devra affronter Le Pen au 2e tour

avril 10, 2022
Le président français sortant Emmanuel Macron.

Le président sortant Emmanuel Macron s’adresse à ses partisans après des résultats qui le mette au premier rang au deuxième tour. Photo : Reuters/Benoit Tessier

Le président sortant Emmanuel Macron est arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle française dimanche, selon les premières estimations, devançant de quelques points la dirigeante de l’extrême droite Marine Le Pen qu’il affrontera le 24 avril dans un duel qui s’annonce serré.

D’après trois estimations de différents instituts, M. Macron arrive en tête avec des scores entre 28,6 et 29,7 %, à l’issue d’une campagne fortement perturbée par la pandémie et la guerre en Ukraine.

Marine Le Pen arrive deuxième, entre 23,5 et 24,7 %, selon les estimations des instituts Opinionway, Ifop et Harris, devant le chef de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon qui oscille entre 20 et 21 % des voix.

Il a d’ailleurs exhorté dimanche soir ses partisans à ne pas donner une seule voix à Marine Le Pen, le 24 avril.

Les candidats écologiste, communiste et socialiste au premier tour ont rapidement appelé à voter Emmanuel Macron au second tour, pour faire barrage à Marine Le Pen.

Ces quatre candidats représentent environ 15 % des voix du premier tour selon les estimations.

Zemmour appelle à voter Le Pen

En revanche, le candidat d’extrême droite Eric Zemmour, qui a obtenu environ 7 % des voix a appelé dimanche soir ses électeurs à voter pour sa rivale.

J’ai bien des désaccords avec Marine Le Pen. Mais il y a face à elle un homme qui a fait entrer deux millions d’immigrés, qui n’a jamais évoqué le thème de l’identité, je ne me tromperai pas d’adversaire, a déclaré M. Zemmour devant ses partisans.

Marine Le Pen a pour sa part appelé les Français à se rassembler autour d’un grand projet national et populaire.

Ce qui se jouera le 24 avril sera un choix de société et de civilisation, a lancé Mme Le Pen.

Jusqu’à 48 millions d’électeurs pouvaient exercer le droit de vote. L’abstention est particulièrement forte, entre 26,2 % et 29,1 % selon deux estimations, marquant le dédain croissant des Français vis-à-vis de leur classe politique.

C’est plus que les 22,2 % de 2017, alors que le record est de 28,4 % en 2002.

Reflet des sondages

Les sondages prédisaient que M. Macron devrait arriver en tête devant Mme Le Pen, comme lors du précédent scrutin, en 2017, avec le candidat de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon en troisième position.

Mme Le Pen et M. Mélenchon ont des positions très différentes de celles de M. Macron sur plusieurs sujets internationaux, étant beaucoup plus hostiles à l’intégration européenne, notamment, et disant vouloir sortir du commandement intégré de l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN, par exemple.

Nombre de politologues craignent que le record d’abstention de 2002 (28,4 %), le plus haut niveau jamais enregistré pour un premier tour d’une présidentielle, soit battu. Photo: AFP via Getty Images/ Thomas Samson

La parole aux électeurs

À Pantin, en région parisienne, Blandine Lehout, comédienne de 32 ans, n’a pas voté.

« C’est la première fois de ma vie, mais là, je les déteste tous. On est à un stade où ils me font peur. »— Une citation de  Blandine Lehout,

À Marseille, Carole Junique, 47 ans, qui travaille dans la fonction publique, est venue à la première heure.

En France, on a le droit de vote, c’est important de le garder. Bien sûr, on n’a qu’une voix parmi d’autres, mais si tout le monde se mobilise, ça peut changer les choses, souligne-t-elle.

Beaucoup ne cachent pas que leur choix a été difficile. Cédric Hodimont, dans la quarantaine, regrette ainsi d’avoir fait un vote par défaut.

À Paris, les électeurs patients pour voter. Photo: AFP via Getty Images/ Thomas Samson

Vers un duel serré entre Macron et Le Pen

Les différentes études d’opinion ont montré que Le Pen et Mélenchon sont depuis plusieurs jours dans une dynamique de progression, ce qui réduit substantiellement l’écart avec le président sortant, entré tardivement en campagne.

Mais l’abstention et le fait, toujours selon les sondages, qu’une part importante de l’électorat n’est pas sûre de son choix semblent laisser les jeux ouverts.

Sur les 12, j’en avais sélectionné 4 hier soir, et je me suis décidée ce matin, explique Françoise Reynaud, 55 ans, électrice marseillaise.

Derrière ce trio, les autres candidats paraissent décrochés, notamment la prétendante de la droite traditionnelle Valérie Pécresse et l’autre candidat d’extrême droite, Éric Zemmour.

Emmanuel Macron a voté au Touquet, dans le nord de la France. Photo: Pool/AFP via Getty Images/ Thibault Camus

Pour le deuxième tour, les sondages donnent M. Macron vainqueur, mais avec une très courte avance sur Mme Le Pen, dont la victoire n’est toutefois pas exclue, ce qui constituerait une double première en France, avec l’arrivée d’une femme et de l’extrême droite au pouvoir.

Ce premier tour clôture plusieurs mois d’une campagne dont les grands enjeux, en particulier le dérèglement climatique, ont été absents. Le pouvoir d’achat s’est inscrit comme la principale préoccupation des électeurs, d’autant que la guerre en Ukraine a provoqué une inflation notable.

Mme Le Pen a depuis le début axé sa campagne sur ce thème, de même que M. Mélenchon, dont la formation appelle les électeurs de gauche au vote utile en sa faveur plutôt qu’au profit des nombreux autres candidats de gauche, comme l’écologiste Yannick Jadot, la socialiste Anne Hidalgo ou le communiste Fabien Roussel.

Face à la possibilité d’une victoire de l’extrême droite, certains candidats ont déjà annoncé la position qu’ils adopteront, comme Fabien Roussel, qui fera barrage à Mme Le Pen. Valérie Pécresse ne donnera pas de consigne, mais dira pour qui elle votera.

Dans l’entourage du président, on admet que le réflexe du front républicain, dont M. Macron avait bénéficié lors de son élection en 2017, n’est plus une évidence.

Donnée finie après son échec il y a cinq ans, inquiétée par l’irruption du polémiste Éric Zemmour, Mme Le Pen a remonté la pente, allant jusqu’à se présenter, lors d’un dernier rassemblement vendredi, comme représentant la France tranquille face à un chef de l’État agressif et fébrile.

Marine Le Pen, candidate de l’extrême droite, a voté à Hénin-Beaumont, dans le nord de la France. PHOTO : AFP VIA GETTY IMAGES / DENIS CHARLET

Par un effet de vases communicants, la fille et héritière du sulfureux tribun d’extrême droite Jean-Marie Le Pen s’est retrouvée recentrée sur l’échiquier politique par l’irruption d’Éric Zemmour.

M. Macron a quant à lui joué sur son image de commandant en chef accaparé par les crises sanitaire et internationale. Une posture qui l’a d’abord servi, mais qui a ensuite pu le faire apparaître déconnecté des préoccupations quotidiennes des Français. Son image a aussi été compromise par son refus de se livrer à des débats télévisés face à ses adversaires.

Prenant conscience du danger, le président sortant a appelé, à partir de début avril, à la mobilisation contre une extrême droite banalisée, et a affirmé vendredi avoir l’esprit de conquête plutôt que l’esprit de défaite.

Radio-Canada avec AFP

France: Zemmour accusé d’avoir laissé scander « Macron assassin » condamne les propos de la foule

mars 27, 2022
Zemmour accusé d’avoir laissé scander « Macron assassin » condamne les propos de la foule© AFP/JULIEN DE ROSA

Eric Zemmour, accusé par une partie de la classe politique d’avoir laissé la foule scander « Macron assassin » pendant son meeting dimanche à Paris, a finalement « condamné » ces propos visant le chef de l’Etat, selon son entourage.

Le slogan a été scandé sur l’esplanade du Trocadéro une dizaine de fois après que le candidat de Reconquête ! a déclaré: « Certains s’indignent de ma fermeté. Ce qui m’indigne moi, ce ne sont pas les mots et les concepts, ce sont les drames quotidiens que vous subissez. Ce qui m’indigne moi, c’est qu’on ne rendra jamais la paix à Evelyne Reybert, maman de Julien, massacré » à Romans-sur-Isère. Ce qui m’indigne, moi, c’est qu’on ne consolera jamais les enfants de Sarah Halimi ou de Mireille Knoll. On ne rendra jamais justice à tous ceux que l’Etat n’a pas su protéger ».

Eric Zemmour a alors fait une pause dans son discours tandis que montaient les cris, sans toutefois intervenir.

« Il ne l’a pas entendu » et « il condamne ce qu’a dit la foule à ce moment-là ». « Il ne reprend pas l’expression à son compte. Il n’a jamais utilisé un tel terme et ne l’a jamais laissé entendre dans son discours », a affirmé son entourage, interrogé à plusieurs reprises sur cet épisode.

« E. Zemmour laisse une foule crier +Macron assassin+. Je combats avec force le président sortant mais laisser traiter un adversaire de meurtrier, c’est dangereux pour la République », avait auparavant déploré Valérie Pécresse dans un tweet.

« Ce n’est certainement pas ça la droite ! Ce n’est pas ça ma France ! », a ajouté la candidate LR, alors qu’Eric Zemmour s’est présenté pendant son meeting comme « seul candidat de droite ».

« C’est une honte pour la démocratie et la République d’entendre de tels propos », a abondé le président des députés LR Damien Abad à propos du slogan entendu.

« Quand on veut être président de la République, on doit d’abord la faire respecter par ses propres militants ! », a renchéri le président de la région Paca Renaud Muselier, qui a quitté LR.

De Guadeloupe où elle fait campagne, Marine Le Pen, a elle estimé qu’il y avait « une forme d’outrance qui répond à une forme d’outrance ».

« C’est un propos tout à fait outrancier. C’est regrettable. On a suffisamement de choses à reprocher à Emmanuel Macron pour ne pas tomber dans ce type d’outrance », a-t-elle dit. Elle a aussi jugé « pas raisonnable » de la part de son concurrent d’extrême droite « de continuer à diviser les patriotes », critiquant une « fuite en avant d’Eric Zemmour qui perd de vue l’intérêt général, l’intérêt supérieur du pays ».

Dans la majorité présidentielle, le président du groupe LREM à l’Assemblée nationale Christophe Castaner a qualifié d' »irresponsable » l’attitude du candidat, qui « a laissé faire ». L’ancien ministre a considéré qu’il avait même « fait la démonstration cet après-midi de son empêchement présidentiel ».

Ce n’est pas non plus « la droite républicaine; jamais la droite républicaine ne ferait cela. Par contre l’extrême droite, oui, depuis longtemps », a-t-il ajouté.

L’ancien Premier ministre socialiste Manuel Valls, qui a appelé à voter Emmanuel Macron, s’est inquiété du « niveau des intentions de vote de l’extrême droite », estimant qu' »au Trocadéro un nouveau degré a été franchi » dans « la violence des discours ».

Par Le Point avec AFP

France : Isabelle Ferreira qui allait révéler aux journalistes des informations sur le Couple Présidentiel Brigitte et Emmanuel Macron, a été retrouvée noyée…

mars 26, 2022

Avec Planetes360.fr

France-Présidentielle: Macron accaparé par l’Ukraine, Pécresse positive au Covid

mars 24, 2022
Présidentielle: Macron accaparé par l’Ukraine, Pécresse positive au Covid© POOL/AFP/Brendan SMIALOWSKI
Source AFP

L’un fait à peine campagne, l’autre a contracté le Covid et doit la faire « à distance »: la journée de jeudi confirme, si besoin était, le caractère atypique de la campagne présidentielle, à un peu plus de deux semaines du scrutin.

Le président-candidat Emmanuel Macron était tout entier consacré au conflit russo-ukrainien, participant à Bruxelles jeudi et vendredi à une intense séquence diplomatique de trois sommets successifs de l’Otan, du G7 et de l’UE.

A tel point que certains dans son camp s’interrogent sur les conséquences de son absence sur le terrain dans la campagne.

Balayant les accusations disant qu’il veuille enjamber le rendez-vous de la présidentielle, la majorité n’a de cesse de répéter qu’il sera président jusqu’au dernier quart d’heure et explique sa présence réduite dans la campagne par un contexte international hors norme.

Pas de déplacements, pas de bains de foule, pas de débat télévisé, des interventions médiatiques passant largement sous les radars : cela ressemble à du service minimum pour le président-candidat, largement en tête dans les sondages, à quelque 30 % des intentions de vote au premier tour, même si une légère érosion, logique selon ses soutiens, est constatée suite à sa conférence de presse de présentation de son programme mi-mars.

Après avoir attendu la date limite pour se déclarer, le chef de l’Etat a seulement rencontré des Français lors de deux « débats » très cadrés à Poissy (Yvelines) et à Pau.

Castex en VRP

Un seul grand meeting est prévu, le 2 avril à La Défense (Hauts-de-Seine). Les autres réunions publiques se font sans lui, comme mercredi soir à Nice où se sont rassemblés des poids lourds de la macronie, tandis que les ministres sillonnent le terrain.

Jeudi matin, le Premier ministre Jean Castex a arpenté les rues de Saint-Saint-Denis pendant trois heures, tracts à la main, pour défendre son candidat.

Cette ligne est-elle tenable jusqu’au premier tour du 10 avril ?

Interrogé par la presse, Jean Castex a joué l’humilité, réaffirmant qu' »une élection n’est jamais gagnée » et que « dans le monde troublé qui est le nôtre l’excès de confiance en rien ne se justifie ».

« Le premier message à faire passer, c’est voter d’abord », a-t-il ajouté, alors que le manque de rythme de la campagne fait craindre aux sondeurs une abstention record.

« Il y a peu d’intérêt pour la campagne, qui manque de magie (…). Il faut qu’Emmanuel Macron fasse un grand discours. Et montre que LREM n’est pas un vaisseau fantôme », confie même un responsable de la majorité.

« La vérité, c’est qu’Emmanuel Macron est totalement absorbé par la crise internationale. C’est très compliqué d’exister, de faire campagne », estime un autre proche du chef de l’Etat.

Pécresse positive

Déjà à la peine dans les sondages, la candidate LR à la présidentielle Valérie Pécresse a pour sa part annoncé jeudi qu’elle avait contracté le Covid-19, l’obligeant à poursuivre sa campagne « à distance ».

Valérie Pécresse devait se rendre à Bordeaux vendredi mais « le meeting sera animé par quelqu’un d’autre », a-t-on indiqué dans son entourage, sans donner plus de précisions.

Son déplacement de samedi dans les Bouches-du-Rhône « est annulé », a-t-on ajouté.

La candidate LR avait présenté jeudi matin un projet de réforme de la Constitution pour « rétablir l’ordre ». Elle devait participer en duplex jeudi soir à l’émission « Elysée 2022 » sur France 2.

A seulement 17 jours du premier tour, des dynamiques semblent se confirmer et des positions se cristalliser désormais.

La candidate du RN Marine Le Pen est bien installée à la deuxième place des intentions de vote, un sondage OpinionWay-Kéa Partners publié jeudi la créditant de 20 %, confirmant une dynamique ascendante.

Le candidat de LFI Jean-Luc Mélenchon, qui sollicite la « responsabilité morale » des électeurs pour se hisser au second tour avant un gros meeting dimanche à Marseille, est aussi sur une pente favorable: certaines études d’opinion le placent à la troisième place, autour de 14 %.

Pour le candidat d’extrême droite Eric Zemmour (Reconquête !), en revanche, l’érosion se poursuit: il passe sous la barre de 10 % des intentions de vote à 9 %, selon le sondage OpinionWay.

Le conflit en Ukraine a par ailleurs poussé les candidats à se positionner, remettant sur le devant de la scène les positions prorusses de Marine Le Pen, Eric Zemmour ou Jean-Luc Mélenchon.

L’écologiste Yannick Jadot, aux alentours de 5-6 %, a de nouveau critiqué TotalEnergies jeudi, estimant que le pétrolier voulait le « faire taire en pleine campagne présidentielle » en le poursuivant en diffamation après ses accusations de « complicité de crimes de guerre » en Ukraine.

Avec Le Point

Macron et Scholz échouent à convaincre Poutine d’arrêter la guerre en Ukraine

mars 12, 2022

Le président russe Vladimir Poutine se montre intraitable, malgré les appels à la paix de ses homologues européens. Photo: AP/Mikhail Klimentyev

Un énième échange téléphonique du président français Emmanuel Macron et du chancelier allemand Olaf Scholz avec Vladimir Poutine « n’a pas permis de déceler chez le président russe de volonté de cesser la guerre en Ukraine ».

Cette discussion de 75 minutes entre les trois hommes, la seconde en deux jours, s’est focalisée sur la demande de Paris et Berlin quant à un cessez-le-feu immédiat et l’amorce d’une solution diplomatique. Paris et Berlin qualifient de mensonges les accusations de Vladimir Poutine sur des violations flagrantes du droit humanitaire par les forces ukrainiennes.

Ces discussions ont lieu au lendemain du sommet européen de Versailles, où les 27 se sont entendus pour doubler les financements pour des armes à l’Ukraine.

Approche fondamentalement différente de Moscou

Le président Zelensky, qui a également parlé à Emmanuel Macron et Olaf Scholz, a dit constater une approche fondamentalement différente de Moscou dans les pourparlers.

Les négociateurs russes et ukrainiens, a-t-il expliqué, ont commencé à discuter de sujets concrets plutôt que de se lancer des ultimatums.

Plus tôt, le président affirmait que Moscou était en train d’envoyer des renforts en Ukraine alors que plusieurs villes étaient sous un bombardement continu des forces russes.

Il a jugé que les pays occidentaux devraient s’engager davantage dans ces négociations, saluant par la même occasion les efforts du premier ministre israélien, Naftali Bennett, pour tenter de servir de médiateur entre l’Ukraine et la Russie.

M. Zelensky a ajouté avoir suggéré à Naftali Bennett d’organiser des pourparlers à Jérusalem.

Par Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse et Reuters