Posts Tagged ‘Emmanuel Macron’

France: Emmanuel Macron confirme qu’il « assume totalement » ses propos sur les non-vaccinés

janvier 7, 2022

Dans une interview donnée au quotidien régional « Le Parisien » mardi, le chef de l’Etat affirmait vouloir « emmerder » les non-vaccinés. Le président de la République affirme qu’il était de « [sa] responsabilité de sonner un peu l’alarme ».

Le président de la République, Emmanuel Macron, lors de la conférence de presse conjointe donnée avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à l’Elysée, le 7 janvier 2022.
Le président de la République, Emmanuel Macron, lors de la conférence de presse conjointe donnée avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à l’Elysée, le 7 janvier 2022. AGNES DHERBEYS / MYOP POUR « LE MONDE »

Emmanuel Macron a affirmé, vendredi 7 janvier, qu’il « assum[ait] totalement » les paroles qu’il a prononcées dans une interview publiée mardi par le journal Le Parisien, où il affirme son envie d’« emmerder » les non-vaccinés, accusant certains d’entre eux de faire « de leur liberté, qui devient une irresponsabilité, un slogan ».

« Il était de ma responsabilité de sonner un peu l’alarme, c’est ce que j’ai fait cette semaine, pour que les choses puissent avancer encore plus rapidement. »

« On peut s’émouvoir sur des formes d’expression qui paraissent familières, que j’assume totalement », a déclaré le président de la République lors d’une conférence de presse donnée à l’Elysée, conjointement avec la présidente de la commission européenne, Ursula von der Leyen. Il a ajouté : « Je m’émeus de la situation dans laquelle nous sommes, la vraie fracture du pays est là, quand certains font de leur liberté, qui devient une irresponsabilité, un slogan. »

Une stratégie assumée

Le président de la République a ainsi poursuivi en affirmant que « non seulement [les non-vaccinés] mettent en danger la vie des autres, mais ils restreignent la liberté des autres et ça, je ne peux pas l’accepter ». Revenant sur le contexte de son entretien, ce dernier a toutefois avancé : « Je ne peux pas laisser prospérer dans notre pays des débats qui consisteraient à dire : “ne les soignons pas par (…) choix, non, et je l’ai dit aussi très clairement. »

Emmanuel Macron a également fait valoir sa « stratégie, qui est simple : vacciner, vacciner, vacciner », et argué que « c’est un mouvement complètement européen qui met des restrictions sur les personnes qui ne sont pas vaccinées »« Je le dis avec beaucoup de volonté et de force : nous devons le faire pour l’ensemble de nos compatriotes qui font l’effort de se faire vacciner et qui, par l’irresponsabilité de certains autres qui, parfois par des choix assumés, sont contaminés », a-t-il argumenté.

« Et nous devons le faire aussi pour nos compatriotes qui parfois se laissent prendre par des discours obscurantistes, par des discours de peur : ils ne se protègent pas eux-mêmes alors que la science, la recherche et l’excellence technologique et productive européenne leur permet », a poursuivi M. Macron. Appuyant le chef de l’Etat français, Ursula von der Leyen a estimé que « le passe vaccinal est un instrument pour protéger les vaccinés ». Pour elle, « cette discussion sur la responsabilité et la liberté est très importante dans notre société pendant une pandémie ».

Des propos qui ont déclenché la colère de l’opposition

En plein débat sur la mise en place du passe vaccinal pour lutter contre la pandémie causée par le SARS-CoV-2, Emmanuel Macron avait clairement affiché ses intentions aux lecteurs du Parisien qui l’ont interrogé sur les non-vaccinés« Moi, je ne suis pas pour emmerder les Français. Je peste toute la journée contre l’administration quand elle les bloque. Eh bien, là, les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder. Et donc, on va continuer de le faire, jusqu’au bout. C’est ça, la stratégie », avait-t-il notamment clamé.

Ces propos du chef de l’Etat avaient déclenché mardi soir la nouvelle suspension de l’examen du projet de loi transformant le passe sanitaire en passe vaccinal à l’Assemblée nationale. Alors que les députés examinaient les amendements du texte au moment de la publication de l’interview, aux alentours de 21 heures, les dires de M. Macron ont déclenché un tollé dans les bancs de l’opposition, rendant plus encore houleuse et difficile la poursuite de l’examen du texte. Les députés d’opposition ont donc voté la suspension de séance et réclamé la venue du premier ministre, Jean Castex, pour expliquer ces propos.

Ce dernier s’est rendu au Palais-Bourbon mercredi en fin d’après-midi pour répondre aux interpellations, avant que reprenne l’examen du texte, finalement adopté jeudi. Devant les députés, ainsi que plus tôt devant les sénateurs, M. Castex a défendu le chef de l’Etat, affirmant que ce dernier se place du côté de la majorité que représentent les personnes vaccinées et en affirmant que ce propos était partagé par certains Français : « Ce qu’a dit le président de la République, je l’entends partout et vous le savez. » Un argumentaire repris par l’ensemble de la majorité, qui ne cesse d’affirmer que le président de la République dit « tout haut ce que pensent tout bas les Français ».

En déplacement à Béziers ce vendredi, Marine Le Pen (Rassemblement national) a de nouveau attaqué Emmanuel Macron pour ces propos sur les non-vaccinés, le qualifiant de « pyromane qui vient faire sauter le débat » sur la gestion de la pandémie.

Avec Le Monde avec AFP

France-Présidentielle: Le Pen accuse Macron d’être « un pyromane », Zemmour le trouve « puéril » et « cynique »

janvier 7, 2022
Presidentielle: Le Pen accuse Macron d'etre "un pyromane", Zemmour le trouve "pueril" et "cynique"
Présidentielle: Le Pen accuse Macron d’être « un pyromane », Zemmour le trouve « puéril » et « cynique »© AFP/Archives/Bertrand GUAY

La candidate RN à l’élection présidentielle Marine Le Pen a accusé vendredi Emmanuel Macron d’être « un pyromane », tandis qu’Eric Zemmour trouve la situation « ridicule, puérile et cynique » après les propos du président sur les non-vaccinés.

« Avoir un pyromane qui vient faire sauter le débat en quelque sorte avec des propos qui sont d’une très grande violence ne m’apparaît pas susceptible d’améliorer les solutions pour sortir de la crise sanitaire », a déploré devant les journalistes la députée du Pas-de-Calais, sur les terres du maire Robert Ménard, qui doit lui apporter son parrainage.

« Quand on est face à une crise, quelle qu’elle soit, ce qu’il faut rechercher c’est l’unité du pays, c’est dans l’unité du pays qu’on résout les crises ( ?) et pas dans la division », a-t-elle ajouté.

« Est-ce qu’Emmanuel Macron se sert de la crise sanitaire pour entrer en campagne ? La réponse est oui, c’est un ton de candidat » qu’il a adopté dans son interview au Parisien, a-t-elle estimé.

« Est-ce que c’est utile ? La réponse est non. Est-ce que c’est efficace ? La réponse est non », a jugé la candidate du RN.

Eric Zemmour, en campagne à Châteaudun (Eure-et-Loir) a accusé le président de se faire « le champion des vaccinés », mettant ses opposants dans le camp des non vaccinés. « C’est ridicule, puéril et cynique », a-t-il déclaré.

Selon le candidat d’extrême droite, Emmanuel Macron « veut voler l’élection aux Français » en ne parlant que de la pandémie: « Je veux parler de la France aux Français […]. Je ne veux pas passer trois mois à parler du Covid ».

Vendredi, Emmanuel Macron a affirmé assumer « totalement » ses propos controversés de mardi sur les non-vaccinés, qu’il avait dit avoir envie « d’emmerder ».

A propos de la candidate LR Valérie Pécresse qui a promis jeudi de « ressortir le Kärcher » pour « nettoyer les quartiers », Marine Le Pen a affirmé qu’il s’agissait d’un « argument extrêmement faible » qui « met la lumière » sur les « promesses non tenues » du gouvernement auquel elle a participé.

« Elle pioche un peu chez nous, un peu chez Nicolas Sarkozy, elle n’a pas une pensée personnelle », a ajouté Mme Le Pen, en disant aussi son désaccord avec elle sur le rôle de l’armée qui « n’est pas faite pour rétablir l’ordre dans les banlieues ».

Par Le Point avec AFP

France: « Emmerder » les non-vaccinés, la stratégie électorale d’Emmanuel Macron?

janvier 5, 2022

À environ trois mois de l’élection présidentielle, les propos du président français sur les non-vaccinés suscitent énormément de réactions.

Emmanuel Macron en conférence de presse.

Le président français, Emmanuel Macron Photo : Reuters

Raphaël Bouvier-Auclair (accéder à la page de l’auteur)

PARIS, France – Dès la publication en ligne mardi soir de l’article du journal Le Parisien, les mots du président français ont résonné fort.

« Emmerder » les non-vaccinés, voilà la stratégie qu’Emmanuel Macron entend appliquer pour affronter cette nouvelle phase de la pandémie.

Les intentions de son gouvernement faisaient peu de doute. La pièce maîtresse de sa politique en matière de lutte contre la COVID-19 est de transformer le passeport sanitaire en passeport vaccinal.

Ainsi, il ne serait plus possible de substituer une preuve de vaccination par un résultat négatif à un récent test de dépistage pour fréquenter des lieux comme le restaurant ou utiliser le train à grande vitesse.

Mais en répondant à une lectrice du Parisien, une infirmière qui rappelait que les lits de réanimation étaient en grande partie occupés par des patients non vaccinés, le président français a partagé le fond de sa pensée comme jamais auparavant.

« Moi, je ne suis pas pour emmerder les Français. Je peste toute la journée contre l’administration quand elle les bloque. Eh bien, là, les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder. Et donc, on va continuer de le faire, jusqu’au bout. C’est ça, la stratégie. »— Une citation de  Le président Emmanuel Macron, au journal Le Parisien

Emmanuel Macron est même allé plus loin en ajoutant qu’un irresponsable n’est plus un citoyen.

À moins de 100 jours du premier tour de l’élection présidentielle, les propos du président étaient certainement calculés. Au risque de s’aliéner une partie de l’électorat, l’Élysée fait le pari que le discours du président fera écho au sentiment d’une majorité des plus de 50 millions de Français adéquatement vaccinés.

Les lecteurs, les Français qui vivent leur vie quotidienne sans être branchés en permanence sur les réseaux sociaux, ils n’ont pas du tout été choqués. Si on leur donnait la parole à eux, peut-être qu’ils utiliseraient des mots encore plus forts, disait ainsi sur les ondes de la radio RTL David Doukhan, rédacteur en chef du service politique du Parisien.

Mais les mots utilisés par le chef de l’État ont aussi suscité énormément de critiques. À droite comme à gauche, nombreux sont ceux qui accusent Emmanuel Macron d’attiser davantage les tensions au sein de la société française.

Certains analystes et politiciens n’ont par exemple pas manqué de souligner que les termes choisis entrent en contradiction avec les propos formulés par le président dans le cadre d’une entrevue à TF1 en décembre.

Il y a des mots qui peuvent blesser et c’est inacceptable, le respect fait partie de la vie politique, et je l’ai appris après, avait-il alors dit à propos de certaines de ses déclarations passées.

Les propos du président de la République sont des propos indignes, des propos irresponsables, des propos méprisants, a déclaré Damien Abad, député du groupe Les républicains à l’Assemblée nationale, où les débats sur le projet de loi sur le passeport vaccinal ont d’ailleurs été suspendus pour une deuxième nuit d’affilée après la publication de l’article du Parisien.

La vulgarité n’apporte rien, a ajouté le candidat de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

Ces propos ne sont pas que ceux d’un président. Ils ont aussi été tenus par un politicien qui n’a toujours pas officialisé sa candidature à l’élection, mais qui dans la même entrevue a déclaré qu’il avait envie et qu’il n’y avait pas de faux suspense.

La forme et le fond

Au-delà de la déclaration et des réactions, des questions se posent sur la stratégie choisie par le gouvernement français.

La pression exercée sur les non-vaccinés, qui une fois le projet de passeport adopté verront leur accès à des lieux publics grandement limité, sera-t-elle suffisante pour affronter l’actuelle vague de contamination?

Mardi, les autorités sanitaires françaises ont fait état de 270 000 nouvelles infections en 24 heures, après plusieurs jours à annoncer plus de 200 000 nouveaux cas quotidiens fin décembre et début janvier.

Le 27 décembre, trois jours avant que le Québec confirme la réimposition d’un couvre-feu, le gouvernement français annonçait quelles allaient être ses nouvelles mesures pour affronter la vague.

Parmi les annonces : le télétravail obligatoire trois jours par semaine pour les métiers qui le permettent, une limite fixée à 2000 personnes pour les grands rassemblements en intérieur, l’interdiction de consommer des boissons ou de la nourriture au cinéma ou dans les transports.

L’option d’un couvre-feu pour la soirée du 31 décembre, qui avait circulé dans les médias, a été écartée. Le report du retour en classe a aussi été rejeté, une décision qui a attiré des critiques au gouvernement.

La stratégie, depuis répétée par Emmanuel Macron, a été réitérée par le premier ministre Jean Castex. Priorité à la vaccination, en la complémentant de mesures adaptées, a-t-il déclaré.

En entrevue à Radio-Canada, Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France, assure que le pays a suffisamment de lits d’hôpital pour affronter la crise en ce moment. Selon l’Organisation de coopération et de développement économiquesOCDE, la France dispose de 5,8 lits pour 1000 habitants, contre 2,5 au Canada.

Cependant, le docteur Pelloux précise que le système français de santé est confronté à un autre problème d’envergure : une pénurie de personnel soignant.

« Ce n’est pas qu’il n’y a pas de lits. Les lits, on les a, ils sont équipés, on a le matériel. On a un problème à trouver du personnel pour faire tourner ces lits. »— Une citation de  Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France

Ainsi, s’il juge que les mesures récemment annoncées par le gouvernement sont nuancées, il n’écarte pas que les autorités puissent être contraintes d’aller plus loin si le système hospitalier est mis à rude épreuve.

C’est une hypothèse. Si jamais on se retrouvait avec un échappement de cette vague à cause d’Omicron, on pourrait retourner, mais ça m’étonnerait, vers un confinement. Ce que les Français auraient de la difficulté à accepter d’ailleurs, dit-il.

Avec le regain des cas de contamination, la pandémie devrait en tous cas s’inviter à tous les niveaux dans la campagne présidentielle française.

Sur la forme, avec un impact probable sur les rassemblements et un ton comme celui emprunté par Emmanuel Macron.

Mais peut-être aussi sur le fond, avec des débats sur la gestion du système de santé.

Reuters avec Radio-Canada par

Raphaël Bouvier-Auclair

Raphaël Bouvier-Auclair

Diplomatie : Emmanuel Macron sera le 20 décembre à Bamako

décembre 15, 2021

Le président français sera au Mali pour rencontrer son homologue Assimi Goïta et partager officiellement un dîner de Noël avec les soldats français. Un voyage surprise et inédit dans les relations entre la France et l’Afrique.

Depuis des mois, le patron de la junte militaire malienne, Assimi Goïta, ne prend plus Emmanuel Macron au téléphone, après que ce dernier eut dénoncé « le deuxième coup d’Etat » au Mali. A l’occasion de son déplacement à Bamako, le chef de l’Etat français va annoncer un retrait partiel de la force Barkhane sans consulter ses partenaires africains.  Son voyage interroge quant à la cohérence diplomatique de la France, après avoir réduit son effectif militaire au Mali. Les deux hautes personnalités devraient s’entretenir sur la nécessité de la transition et l’organisation des élections ; et l’opposition de Paris à la présence militaire russe au Mali. Cette visite est à risque, compte tenu de l’hostilité manifestée ces derniers mois par la population malienne face aux soldats français.

Les effectifs militaires français ont décru depuis l’annonce d’Emmanuel Macron de se désengager progressivement du Mali. « Nous étions environ 5 000 militaires au Sahel à l’été 2021, nous serons environ 3 000 à l’été 2022 », a indiqué le général Laurent Michon, commandant de l’opération Barkhane. De nouvelles réductions auront lieu d’ici à 2023.

Après le départ des soldats Barkhane installés au Mali depuis 2013, l’armée de ce pays a annoncé avoir repris la ville de Tombouctou. Les Forces maliennes vont assurer la sécurité. « On a formé les forces armées maliennes à la protection de l’emprise et au guidage aérien avant qu’ils nous relèvent », a déclaré le capitaine Florian, commandant de l’unité chargée du désengagement de Tombouctou. Alors que les Maliens goûtent peu à peu le retour de leur emprise sur leur pays, les Français eux parlent d’un désengagement planifié.

Pour autant, la France n’a pas quitté définitivement le Mali. Ses soldats sont déployés dans la région des « Trois frontières (Mali, Niger, Burkina Faso) », un zone d’influence djihadiste au Sahel.  Concernant les élections au Mali – prévues en février 2022 -, le président sénégalais, Macky Sall, n’est pas opposé à leur report, à condition que « les autorités donnent des arguments qui tiennent », a-t-il déclaré, laissant  entrevoir une possible prolongation de la transition. Il ajoute cependant : « Nous ne pouvons pas accepter que les militaires prennent le pouvoir par les armes, cela n’est pas acceptable. Nous sommes en démocratie et le pouvoir se conquiert par des élections. Les pays peuvent avoir des crises mais les coups d’Etat ne sont pas des solutions ».

Dans une communication officielle adressée à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest, les autorités maliennes font savoir qu’elles transmettront le chronogramme des élections au plus tard le 31 janvier 2022. Mais on craint que l’échéance du 27 février 2022 pour la tenue des élections ne soit pas respectée.

Avec Adiac-Congo par Noël Ndong

Macron et le prince héritier saoudien ensemble pour aider le Liban

décembre 4, 2021
Macron et le prince heritier saoudien ensemble pour aider le Liban
Macron et le prince héritier saoudien ensemble pour aider le Liban© Saudi Royal Palace/AFP/Bandar AL-JALOUD

Le président français Emmanuel Macron a terminé samedi sa tournée express dans le Golfe en lançant une initiative pour aider le Liban avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, avec lequel il affirme avoir eu une discussion « sans tabou » sur les droits de l’Homme.

Les retrouvailles avec l’homme fort de Ryad, « MBS », étaient très attendues, trois ans après le choc provoqué par l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi dans le consulat du royaume à Istanbul.

« Nous avons parlé de tout sans aucun tabou. Et nous avons pu évoquer évidemment la question des droits de l’Homme (…) et cela a été un échange direct », a déclaré Emmanuel Macron. « Les prochaines semaines et les prochains mois nous permettront de voir si nous avançons sur ce sujet. »

Ryad avait affirmé que l’assassinat de Khashoggi avait été commis par des agents saoudiens ayant agi seuls mais un rapport des services de renseignement américains accuse le prince héritier de l’avoir « validé », une accusation rejetée avec force par l’Arabie saoudite.

Emmanuel Macron a justifié sa rencontre avec le prince héritier, l’une des premières pour un dirigeant occidental depuis cette affaire, parce que « le dialogue avec l’Arabie saoudite est une nécessité » en raison de son « poids démographique, économique, historique et religieux ».

Les deux dirigeants ont, a rapporté M. Macron, « longuement parlé » du Liban au cours de leur entretien au palais royal de Jeddah (ouest) avant d’appeler ensemble au téléphone le Premier ministre libanais, Najib Mikati, pour tenter de trouver une issue à la brouille diplomatique entre Beyrouth et Ryad.

« Réengagement »

« L’Arabie saoudite et la France veulent s’engager pleinement » en vue d’un « réengagement de la relation » entre Beyrouth et le royaume.

L’Arabie saoudite a rappelé fin octobre son ambassadeur à Beyrouth et expulsé l’ambassadeur libanais à la suite de propos du ministre de l’Information George Kordahi critiquant l’intervention militaire menée par le royaume saoudien, à la tête d’une coalition, au Yémen et défendant les rebelles Houthis pro-iraniens dans ce pays.

M. Kordahi a depuis annoncé sa démission vendredi, en soulignant que c’était un souhait de la France.

Ryad a également interdit les exportations en provenance du Liban, et trois autres pays du Golfe –Bahreïn, les Emirats arabes unis et le Koweït– ont pris des mesures de rétorsion à l’égard de Beyrouth. Ce qui a encore aggravé la sévère crise économique libanaise.

MM. Macron et Ben Salmane ont également exprimé leur « volonté que le gouvernement (libanais) puisse travailler de manière normale, se réunir au plus vite, et mener les réformes utiles », a ajouté le président français, précisant qu’il appellerait dimanche son homologue libanais Michel Aoun.

Le Premier ministre libanais Najib Mikati a de son côté évoqué sur Twitter un « pas important vers la reprise des relations fraternelles historiques avec l’Arabie saoudite » après l’entretrien téléphonique.

Les autorités saoudiennes n’avaient, elles, pas communiqué sur cette initiative commune après le départ de M. Macron pour Paris.

« Voyage utile »

Ce dernier s’est déclaré satisfait de sa tournée qui l’a mené en deux jours aux Emirats, au Qatar et en Arabie Saoudite.

« C’était un voyage utile » car  » notre présence ici, dans ce moment géopolitique, était importante », a-t-il déclaré, alors que les pays du Golfe cherchent à diversifier leurs interlocuteurs avec l’attention américaine désormais tournée vers l’Asie.

Son escale à Dubaï lui a permis d’acter un accord historique pour l’acquisition par les Emirats de 80 avions de combat Rafale –commande record pour l’avion de chasse entré en service en 2004– pour 14 milliards d’euros. D’autres contrats militaires (hélicoptères et armements) ont fait grimper le total à 17 milliards d’euros.

En Arabie, Airbus fournira 26 hélicoptères civils à une société saoudienne, tandis que Veolia a remporté un contrat de gestion des services d’eau potable de Ryad, ont annoncé samedi les deux groupes.

Veolia a aussi étendu ses liens avec le géant pétrolier Saudi Aramco. Il devient son « partenaire exclusif » pour le traitement de ses déchets industriels et banals, soit 200.000 tonnes par an venant s’ajouter aux 120.000 tonnes de déchets dangereux déjà pris en charge par le groupe français.

A Doha, Emmanuel Macron a « remercié » le Qatar d’avoir organisé l’évacuation de 258 Afghans de leur pays, désormais aux mains des talibans, et « menacés en raison de leurs engagements » ou « de leurs liens avec la France ». Ces réfugiés doivent être rapatriés vers l’Hexagone après être passés par l’émirat.

Par Le Point avec AFP

Emmanuel Macron et les dirigeants de l’UE rendent hommage à Giscard d’Estaing

décembre 2, 2021

Un an jour pour jour après sa disparition, le « grand capitaine » de l’Europe est mis à l’honneur au Parlement européen, à Strasbourg.

Emmanuel Macron a rendu hommage a l'ancien president mort le 2 decembre 2020.
Emmanuel Macron a rendu hommage à l’ancien président mort le 2 décembre 2020.© FREDERICK FLORIN / POOL / AFP

Le président français Emmanuel Macron, aux côtés des dirigeants de l’UE, a rendu jeudi hommage, au premier anniversaire de sa mort, à l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing, « grand capitaine du projet européen ». « Valéry Giscard d’Estaing rendit notre Union plus démocratique », « plus solide et plus solidaire » et « plus étroite », a souligné le président français dans l’hémicycle du Parlement européen à Strasbourg, précédé à la tribune des dirigeants des trois institutions européennes, le président du Parlement David Sassoli, celui du Conseil européen Charles Michel et la présidente de la Commission Ursula von der Leyen.

Pour Valéry Giscard d’Estaing, « l’Europe était plus qu’une utopie pour un avenir lointain et certainement plus qu’un vague paquet d’opportunités économiques sur le plus petit dénominateur commun politique », a insisté le président allemand Frank-Walter Steinmeier. Mais il était aussi l’« ami de l’Allemagne et des Allemands », et particulièrement du chancelier de l’époque, Helmut Schmidt, a-t-il rappelé devant l’épouse de l’ancien président, Anne-Aymone Giscard d’Estaing, ses enfants et petits-enfants.

Nicolas Sarkozy et Jean-Pierre Raffarin sur place

La cérémonie, initialement prévue le jour anniversaire de la naissance de VGE, le 2 février, a été retardée de dix mois en raison de la situation sanitaire. Elle a donc finalement eu lieu un an jour pour jour après son décès des suites du Covid-19, le 2 décembre 2020, à l’âge de 94 ans. Parmi les quelques centaines d’invités présents figuraient l’ancien président français Nicolas Sarkozy et l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. La présidente grecque, Katerina Sakellaropoulou, et les présidents portugais, Marcela Rebelo de Sousa, bulgare, Roumen Radev, et slovène, Borut Pahor, sont également venus à Strasbourg célébrer la mémoire de VGE.

« Homme d’exception à qui notre Europe doit tant » et « Européen aux mille facettes », selon les mots de David Sassoli, Valéry Giscard d’Estaing « a été architecte et artisan de l’intégration européenne tout au long de sa vie », a souligné Ursula von der Leyen. « Il est frappant aujourd’hui de constater combien les lignes de crête de son action dessinent les défis d’aujourd’hui et inspirent notre génération pour les relever », a considéré Charles Michel à la tribune du Parlement européen, au côté d’un grand portrait de l’ancien président.

Giscard d’Estaing « a fait progresser la démocratie française »

Député européen de 1989 à 1993, après son mandat présidentiel, Valéry Giscard d’Estaing est considéré comme l’un des bâtisseurs de l’Europe, ayant œuvré pour des étapes essentielles de sa construction telles la création du Conseil européen, l’élection du Parlement européen au suffrage universel direct, les prémices de l’union monétaire ou encore la fondation de l’Agence spatiale européenne, comme l’avait rappelé l’Élysée en amont de la cérémonie. Des actions rappelées par des images d’archives lors de la cérémonie. À partir de 2001, VGE présida la Convention sur l’avenir de l’Europe, engageant débats et réflexions sur l’évolution de l’Union.

Les dirigeants de l’UE ont aussi souligné à plusieurs reprises son action qui « a fait progresser la démocratie française », avec l’abaissement de la majorité à 18 ans, la dépénalisation de l’avortement ou le divorce par consentement mutuel.

« Nous vous demandons de réussir »

À moins d’un mois du début de la présidence française du Conseil de l’UE, Emmanuel Macron, accompagné de son épouse, profite de cette visite à Strasbourg pour rencontrer, à l’issue de la cérémonie, les responsables des groupes politiques du Parlement européen afin d’évoquer ses priorités pour ce semestre de présidence tournante.

À cinq mois aussi de l’élection présidentielle, le chef de l’État entend faire de cette présidence française un moment de promotion de l’Europe et d’accélération des décisions des 27 sur plusieurs sujets, comme la politique migratoire, la taxation carbone aux frontières européennes ou encore l’instauration d’un salaire minimum dans toute l’UE alors que six pays n’en disposent pas. Citant les ultimes volontés de VGE pour l’Europe, son « cri du cœur : « nous vous demandons de réussir » », Emmanuel Macron a enchaîné : « Nous n’avons pas le choix et nous y sommes prêts. » Une messe, ouverte au public, en mémoire de Valéry Giscard d’Estaing doit avoir lieu en la cathédrale de Strasbourg à 15 heures.

Par Le Point avec AFP

France: Hommage vibrant à Joséphine Baker par Emmanuel Macron au Panthéon

novembre 30, 2021

Avec France24

Conférence pour la Libye : les élections de décembre maintenues, malgré des désaccords

novembre 12, 2021
Le président français Emmanuel Macron s’entretient avec le Premier ministre libyen Abdelhamid Dbeibah (dr.) et le président du Conseil présidentiel, Mohamed Al-Manfi, en marge de la conférence sur la Libye, le 12 novembre 2021 au palais de l’Elysée, à Paris. © AFP / Yoan VALAT

La communauté internationale, réunie ce vendredi à Paris, a acté le maintien de l’organisation des élections en Libye le 24 décembre. Un pari risqué alors que de nombreux critères ne sont pas encore réunis.

À la conférence internationale pour la Libye, ce 12 novembre à Paris, le même message a été martelé par Emmanuel Macron et ses homologues allemand, Angela Merkel, et italien, Mario Dragui. L’enjeu principal est « d’organiser des élections présidentielle et législatives libres, régulières, inclusives et crédibles ». Les dirigeants réunis demandent donc aux candidats de respecter les droits de leurs opposants politiques et d’accepter le résultat des scrutins.

La conférence a été marquée par la présence conjointe du président Mohamed Al Menfi et du Premier ministre Abdulhamid Dabaiba, qui ont posé côte à côte à leur arrivée à la Maison de la Chimie. Cette image d’un exécutif uni à la tête de la Libye n’était pas évidente alors que se joue entre les deux hommes une bataille d’influence dans les coulisses du pouvoir, à Tripoli. Abdulhamid Dabaiba était ainsi accompagné de sa ministre des Affaires étrangères Najla Al Mangoush, qui avait pourtant été suspendue par le président le 6 novembre et interdite de voyager à l’étranger.

Mais devant le parterre de journalistes, les deux hommes ont affiché leur volonté commune de réussir à organiser les élections dans les délais impartis. Emmanuel Macron, qui s’était entretenu avec eux en amont de la conférence, ainsi qu’avec les deux représentants du comité militaire mixte libyen (5+5) comprenant 5 membres du gouvernement libyen de Tripoli et 5 membres des forces du général Khalifa Haftar, a rappelé que « la clé du processus électoral est dans le déroulement d’une organisation impliquant toutes les parties ».

Divisions sur la loi électorale

Si l’accent a été mis sur le respect du calendrier, le discours d’Abdelhamid Dabaiba laisse cependant présager de nouveaux retards. Le Premier ministre demande un amendement à la loi électorale élaborée par le Parlement libyen. « Cette loi soulève certains problèmes », confirme la ministre Najla Al Mangoush. Selon une source à l’Élysée proche du dossier, il s’agirait surtout de supprimer l’article 12 de la loi portant sur les critères de sélection des candidatures à la présidentielle.

Le retrait de cet article permettrait aussi à Abdelhamid Dabaiba de se présenter. « C’est une possibilité », reconnaît notre source. Malgré les rumeurs sur ses velléités de se porter candidat, le Premier ministre préfère éluder : « Si le processus électoral a lieu de façon honnête, je remettrai le pouvoir aux autorités élues qui auront été choisies par le peuple libyen ».

Le retrait des mercenaires

Déjà évoquée lors de la dernière conférence de Berlin en juin, la question du retrait des forces et mercenaires étrangers avance à petit pas. La chancelière Angela Merkel a rappelé que « la condition pour la bonne tenue du scrutin est la stabilité et sécurité, ce qui nécessite donc d’acter le retrait des mercenaires étrangers ». Si le départ de 300 mercenaires encadrés par le comité 5+5 a été annoncé, le plan d’action de retrait des forces étrangères reste flou.

LA RUSSIE A RECONNU QU’IL POUVAIT Y AVOIR UN PROCESSUS BASÉ SUR LA RÉCIPROCITÉ, MAIS LA TURQUIE DEMEURE RIGIDE

La Russie, dont la société paramilitaire Wagner opère aux côtés du général Khalifa Haftar, est plus ouverte sur la question. Elle a reconnu qu’il pouvait y avoir un processus basé sur la réciprocité. Mais la Turquie, ayant soutenu militairement l’ex-gouvernement de Tripoli contre l’offensive du général Haftar, demeure beaucoup plus rigide. Lors de la réunion à huis-clos, Sedat Onal, son vice-ministre des Affaires étrangères a d’ailleurs émis une réserve concernant le statut des forces étrangères.

Vers un dégel des avoirs ?

À Paris, un signal fort a été envoyé aux acteurs libyens pour les inciter à remettre de l’ordre dans la gouvernance et transparence de leurs institutions politiques et économiques. Les conclusions de la conférence mentionnent qu’en présence d’un gouvernement unifié, un dégel des avoirs pourra être envisagé par les Nations unies. Avec une nuance toutefois : il est précisé que « les avoirs seront mis à disposition pour être utilisés à une date ultérieure fixée par le Conseil de sécurité onusien ».

Sur l’aspect économique, les participants à la conférence ont rappelé l’importance de mener à bien la réunification des Banques centrales libyennes (BCL) de l’ouest et l’est. Or la BCL de Tripoli qui perçoit les recettes pétrolières, lesquelles représentent la principale manne financière de l’État, se garde toujours d’en redistribuer une partie vers les institutions de l’est du pays.

Avec Jeune Afrique par Sarah Vernhes

Marie-Cécile Zinsou : « Avec Emmanuel Macron, nous avons eu un dialogue très riche »

octobre 30, 2021
La Franco-Béninoise Marie-Cécile Zinsou, a été nommé présidente du conseil d’administration de la Villa Médicis par Emmanuel Macron, le 28 octobre 2021. © DR

La nomination de Marie-Cécile Zinsou à la présidence de la Villa Médicis a provoqué un début de polémique dans le monde de l’art contemporain. Dans un entretien à « Jeune Afrique », la Franco-Béninoise balaie les critiques et assure vouloir se concentrer sur son nouveau rôle.

Le président français a porté son choix sur la Franco-Béninoise de 39 ans quelques jours seulement après la cérémonie actant la restitution de 26 des centaines d’œuvres pillées au Bénin à l’époque de la colonisation.

Un signe supplémentaire du « nouveau narratif » que le chef de l’État français entend imprimer à la relation entre Paris et ses anciennes colonies africaines ? Comme il est de coutume lors de nominations à des postes prestigieux – et peut-être plus encore dans le cas de la Villa Médicis, qui semble attiser les appétits autant que les acrimonies – le choix de Marie-Cécile Zinsou a provoqué un début de polémique dans le petit monde de l’art contemporain.

Plusieurs commentateurs pointent notamment la proximité d’Emmanuel Macron avec son père, l’ancien Premier ministre béninois et banquier d’affaires Lionel Zinsou. D’autres évoquent le soutien sans faille qu’elle a apporté au processus de restitution qui trouvera son épilogue lorsque les œuvres béninoises prendront l’avion pour Cotonou, le 10 novembre prochain.

Actuellement à Rome, où elle vient d’arriver pour rencontrer les équipes de la Villa Médicis, en particulier son directeur Sam Stourdzé, Marie-Cécile Zinsou assure vouloir se mettre le plus vite « au service » de la prestigieuse institution qui accueille et accompagne des artistes pour de longues résidences.

Lors de l’entretien qu’elle a accordé à Jeune Afrique, entre deux réunions ce samedi dans la matinée, elle balaie les critiques, assurant que son expérience à la tête de la Fondation Zinsou, qu’elle a créée en 2005 et où elle n’a eu de cesse de multiplier les expositions audacieuses, suffit à lever les doutes sur sa légitimité en tant que toute nouvelle présidente du conseil d’administration de la Villa Médicis.

Jeune Afrique : Quand Emmanuel Macron vous a-t-il proposé la Villa Médicis ?

Marie-Cécile Zinsou : J’ai été prévenue le 21 octobre, lors de la Foire internationale d’art contemporain de Paris. J’ai eu l’occasion d’y croiser Emmanuel Macron, qui m’a demandé si j’accepterais. Il m’a expliqué que, les statuts de la Villa Médicis ayant évolué et la présidence n’étant plus réservée à des conseillers d’État, il avait pensé à moi. J’ai évidemment été très surprise, mais également très honorée.

Pourquoi, selon vous, vous a-t-il confié ce poste prestigieux ?

C’est à lui qu’il faut le demander ! Ce que je peux vous dire c’est que, en dehors d’un selfie que j’ai pris avec lui en 2015, je ne l’avais jamais vraiment rencontré jusqu’à très récemment… J’ai eu l’occasion d’échanger longuement avec lui lors du sommet Afrique-France [les 7, 8 et 9 octobre dernier]. Il est venu visiter l’exposition Cosmogonies, que la Fondation organisait au MoCo, le musée d’art contemporain de Montpellier. Je lui ai présenté les œuvres, lui ai expliqué le système de résidence que nous organisons dans le cadre de la Fondation.

Nous avons eu une vraie discussion sur ce que nous essayons d’instaurer entre les artistes, sur les expositions, sur la création africaine contemporaine… Pendant une heure, nous avons eu un dialogue très riche, sur le fond de ce qui constitue notre travail.

La nomination d’une personnalité à la présidence de la Villa Médicis donne souvent lieu à des polémiques. Votre accession à la présidence une déroge pas à la règle. Comment percevez-vous ces critiques ?

J’ai vu sur les réseaux sociaux certains commenter ma nomination sur l’air de : « Et dire qu’il font ça avec nos impôts ». Alors je voudrais rassurer tout le monde : le poste de présidente de ce lieu mythique est bénévole. Et il s’agit d’un poste non exécutif.

Je sais que cela fait rêver beaucoup de monde, c’est donc normal qu’il y ait des commentaires désagréables. Ce n’est pas bien grave. J’essaie de passer outre.

C’EST À LA FOIS MISOGYNE ET COMPLOTISTE. C’EST UNE MANIÈRE DE ME RÉSUMER À MA SEULE FILIATION

Certains estiment que vous avez été nommé en raison de la proximité de votre père, Lionel Zinsou, avec Emmanuel Macron, et pour le soutien que vous avez apporté au processus de restitution des œuvres au Bénin… Que leur répondez-vous ?

Je pense que c’est à la fois misogyne et complotiste. C’est une manière de me résumer à ma seule filiation. Oui, je suis la fille de mon père. Mais je suis aussi la fille de ma mère, Marie-Christine Zinsou !

Me résumer au seul fait que je sois la fille de mon père, c’est oublier un peu vite les plus de 15 années de travail au sein de la Fondation dans le domaine de l’art contemporain.

Sur les restitutions… Il y en a même qui prétendent que les œuvres restituées au Bénin par la France vont être conservées à la Fondation ! Alors qu’il est évidemment très clair que ce n’est pas le cas. Ce que je choisis de retenir, ce sont les gens avec lesquels j’ai travaillé au fil des années, les artistes qui m’ont adressé des messages très positifs après l’annonce de cette nomination. C’est tout ce qui compte.

LE SUJET N’EST PAS DE CRÉER UNE « PROMOTION AFRICAINE » À LA VILLA MÉDICIS

Vous arrivez à la tête d’une institution prestigieuse. Avez-vous déjà une feuille route ? Comptez-vous, par exemple, ouvrir les portes de la Villa Médicis aux artistes contemporains africains ?

Je ne suis nommé que depuis 36 heures. Pour le moment, je rencontre les équipes, ici à Rome. J’ai longuement parlé avec le directeur général, Sam Stourdzé. Je me mets à leur disposition. La Villa Médicis est un lieu unique au monde, qui offre un système exceptionnel aux artistes.

Mon rôle est de promouvoir la Villa, partout où cela sera possible, et notamment auprès des artistes avec lesquels nous travaillons avec la Fondation. Le sujet n’est pas de créer une « promotion africaine » à la Villa Médicis, mais si des artistes d’Abidjan ou de Dar es-Salaam veulent postuler, ce sera très bien.

COMME TOUS LES PREMIERS PAS, IL FAUT BIEN COMMENCER QUELQUE PART

Vous avez salué la restitution des 26 œuvres pillées dans les palais royaux d’Abomey. Mais n’est-ce pas une goutte d’eau par rapport à l’ampleur du patrimoine spolié toujours conservé en Europe et aux États-Unis ?

C’est un premier pas historique. Souvenez vous du Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, qui avait dit, en 2016, qu’au nom des « principes d’inaliénabilité, d’imprescriptibilité et d’insaisissabilité », la restitution était impossible. C’était impossible il y a quelques années et c’est devenu une réalité. Mais comme tous les premiers pas, il faut bien commencer quelque part.

Aujourd’hui, la France et le Bénin sont gagnants. Il y a d’ailleurs, au Bénin, un travail énorme sur le patrimoine qui est réalisé et qu’il faut saluer. Cela devient une vraie priorité, ce qui n’était pas le cas au lendemain de l’indépendance, période pendant laquelle il faut bien reconnaître qu’il y avait de nombreuses autres urgences. Pour moi, cette restitution permet de regarder vers l’avenir, d’ouvrir le dialogue, pour la suite.

Ne regrettez-vous pas que la France ai choisi l’option du cas par cas, plutôt que celle d’une loi cadre, qui permettrait une restitution plus globale ?

En 2006, les Béninois ont plébiscité l’exposition des œuvres « prêtées » par la France. Près de 275 000 personnes se sont précipitées pour les découvrir. Mais trois mois plus tard, la question s’est posée : pourquoi ces œuvres repartent-elles ? Je pense qu’il était important d’avancer, le plus rapidement possible.

Une loi cadre, on en parle depuis longtemps. Peut-être que cela viendra un jour. Mais le temps politique n’est pas le temps de Twitter. C’est un temps long, surtout dans un domaine où tout n’est pas réglé, loin s’en faut.

On parle énormément des restitutions d’œuvres conservées dans les collections publiques, mais très peu de celles détenues par les collectionneurs privés. Comment faire pour que ces pièces retrouvent, elles-aussi, le chemin de l’Afrique ?

C’est un sujet extrêmement complexe, sur lequel Bénédicte Savoy a beaucoup travaillé et écrit. L’exemple de la colonne Dodds [qui a mené la conquête du Bénin pour la France entre 1892 et 1894] est emblématique : il existe des inventaires très précis des armes, des ustensiles… Mais rien sur les œuvres pillées. On ne sait pas, aujourd’hui, dire avec précision ce qui a été pris, par qui, et où cela a été emmené. Mais j’avoue que, si je suis familière du marché de l’art contemporain, je connais très peu le marché des arts premiers. Je sais simplement qu’il y a, sur ce point, un travail titanesque à mener.

Avec Jeune Afrique par Matthieu Millecamps

Pologne : Emmanuel Macron a rencontré le président Andrzej Duda

octobre 27, 2021

Le chef de l’État a souhaité « la poursuite d’un dialogue approfondi » avec la Pologne dont il a reçu le président à l’occasion d’un déjeuner.

Emmanuel Macrona rencontre Andrzej Duda mercredi.
Emmanuel Macrona rencontré Andrzej Duda mercredi.© LUDOVIC MARIN / AFP

Le président français Emmanuel Macron souhaite « la poursuite d’un dialogue approfondi » avec la Pologne pour résoudre le bras de fer entre Bruxelles et Varsovie sur la primauté du droit européen, a indiqué l’Élysée mercredi après une rencontre avec le président polonais. Recevant Andrzej Duda pour un déjeuner de travail, le chef d’Etat français a lui fait part de « ses préoccupations sur l’indépendance de la justice » polonaise, selon un communiqué de l’Élysée. La Pologne est en conflit ouvert avec Bruxelles depuis plusieurs années en raison des réformes judiciaires controversées mises en oeuvre par le parti populiste de droite, Droit et Justice (PiS).

Les tensions se sont accrues depuis début octobre, quand le Tribunal constitutionnel polonais, institution proche du parti au pouvoir, a jugé dans un arrêt certains articles des traités de l’UE « incompatibles » avec la Constitution du pays. Alors que la Commission et plusieurs États membres y voient une attaque sans précédent contre la primauté du droit européen et la compétence de la Cour de justice de l’UE, des piliers fondateurs de l’Union, Emmanuel Macron a souhaité « la poursuite d’un dialogue approfondi » avec Varsovie « permettant de résoudre les difficultés posées par cet arrêt ».

Protéger la frontière avec le Bélarus

Les deux chefs d’Etat ont également abordé la question de la frontière avec le Bélarus « et la nécessité », selon l’Élysée, « d’une protection de nos frontières extérieures qui soit à la fois efficace et respectueuse de nos valeurs ». Paris a accusé mercredi la famille du président bélarusse Alexandre Loukachenko d’être derrière un trafic d’êtres humains « savamment organisé » vers l’Union européenne, via la Turquie et Dubaï.

Les Européens soupçonnent le président Loukachenko de faire venir les migrants par avion du Moyen-Orient et d’Afrique à Minsk, avant de les renvoyer vers la Lituanie, la Lettonie et la Pologne, en représailles aux sanctions économiques infligées par l’Union européenne à son régime. Sur le volet énergétique, les deux présidents ont, toujours selon l’Elysée, souligné « l’importance du recours à l’énergie nucléaire » pour à la fois limiter les émissions de gaz à effet de serre et « renforcer notre indépendance à l’égard des pays tiers ».

Par Le Point avec AFP