Posts Tagged ‘Emmanuel Macron’

Macron va offrir à Trump un jeune chêne pour la Maison Blanche

avril 20, 2018

Le président français Emmanuel Macron, photographié ici le 19 septembre 2017 à New York, va offrir à son homologue américain Donald Trump un jeune plant de chêne symbolisant la force des relations entre les deux pays. / © AFP / ludovic MARIN

Le président français Emmanuel Macron va offrir à son homologue américain Donald Trump un jeune plant de chêne symbolisant la force des relations entre les deux pays, a rapporté vendredi Fox News.

Il s’agit d’une « bouture d’un chêne du Nord de la France qui, espère-t-il, sera planté sur le terrain de la Maison Blanche pour symboliser la ténacité de cette amitié », a déclaré le journaliste Chris Wallace, qui a interviewé M. Macron à l’Elysée.

Dans cette interview que diffusera dimanche Fox News Sunday, Emmanuel Macron confie « ne jamais se demander » si le président Trump achèvera son mandat, selon un extrait dévoilé à l’avance.

« Je travaille avec lui car nous sommes tous les deux au service de nos pays », justifie, en anglais, le chef de l’Etat français.

M. Macron refuse par ailleurs de commenter certaines controverses entourant M. Trump, notamment l’enquête sur l’ingérence russe dans l’élection de 2016 qui pèse sur la présidence du milliardaire.

« Ce n’est pas à moi de juger ou, d’une certaine façon, d’expliquer à votre peuple ce que devrait être votre président », affirme M. Macron.

Emmanuel Macron effectue à partir de lundi une visite d’Etat de trois jours aux Etats-Unis, au cours de laquelle il sera reçu en grande pompe par M. Trump et il fera une allocution devant le Congrès.

Romandie.com avec(©AFP / 20 avril 2018 23h18)                

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Face à Macron, des manifestants en colère partout en France

avril 19, 2018

Le cortège des manifestants, jeudi 19 avril 2018 à Marseille / © AFP / BERTRAND LANGLOIS

Cheminots, personnels hospitaliers, postiers, fonctionnaires, étudiants: ils ont manifesté côte à côte jeudi partout en France à l’appel de la CGT et de Solidaires qui espèrent une « convergence des luttes » pour s’opposer à Emmanuel Macron.

Plus de 130 mobilisations étaient prévues dans toute la France.

A Marseille, selon le comptage du cabinet Occurrence réalisé pour un collectif de médias, dont l’AFP, 5.700 personnes ont manifesté. La police en a comptabilisé 5.000, la CGT 65.000.

Le gouvernement veut « tout privatiser. il faut les arrêter », a estimé Olivier Mateu, patron de la CGT des Bouches-du-Rhône, en tête du cortège marseillais mené par plusieurs centaines de cheminots. Le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon était présent.

A Paris, plusieurs milliers de manifestants se sont ébranlés à 14H30 de Montparnasse, en direction de la place d’Italie, derrière une banderole affirmant: « Public + privé + étudiants, ensemble, stoppons les régressions sociales ». En tête du défilé, le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez a demandé au gouvernement qu' »il arrête de nous prendre pour des imbéciles et nous explique ce qu’il veut ».

Comme à Marseille, en plus des chiffres « police » et « organisateurs », le collectif de médias publiera son propre comptage.

– Soutien à la ZAD –

« On est dans un bouillonnement social », a constaté Mireille Stivala, secrétaire générale de la CGT Santé. La convergence des luttes, « ça braque les projecteurs sur des sujets communs, par exemple la question de l’endettement des hôpitaux, du manque de financement de la santé, ça répond complètement au même sujet que le système ferroviaire », a déclaré Laurent Brun, secrétaire général de la CGT Cheminots.

Quelques heures plus tôt, l’intersyndicale CGT-CFDT-Sud-Unsa de la SNCF a annoncé qu’elle suspendait les concertations avec la ministre des Transports, Élisabeth Borne, et attendait du Premier ministre Édouard Philippe qu’il reprenne la main sur le dossier.

A Rennes, les manifestants étaient accompagnés de trois tracteurs de la confédération paysanne en soutien à la ZAD de Notre-Dame des Landes. A Besançon aussi le cortège affichait son soutien avec des affiches « ZAD mon amour ».

Grèves et manifestations s’accompagnent de perturbations, notamment à la SNCF où un TGV sur trois et deux TER sur cinq sont prévus. Le taux de grévistes était plus important jeudi que la veille (22,7), avec 66,4% de conducteurs à l’arrêt.

Une trentaine de cheminots ont bloqué le trafic en gare de Lille dans la matinée, en brûlant des pneus sur les voies, ce qui a poussé des passagers à descendre le long des voies pour rejoindre les quais.

Dans l’énergie, les militants CGT, qui promettaient des « coupures ciblées », ont, par exemple, arrêté l’électricité en gare de Pau, coupé les radars au Creusot (Saône-et-Loire) ou organisé un barrage filtrant sur un rond-point près de la centrale nucléaire de Bugey (Ain).

La mobilisation a affecté aussi certaines crèches et écoles, ainsi que l’audiovisuel public.

– « Mettre un certain bazar » –

Si cette journée d’actions bénéficiait d’une atmosphère estivale, la météo sociale, quant à elle, est orageuse.

Les grèves s’enchaînent dans divers secteurs: les cheminots en sont à leur huitième journée de grève depuis début avril contre la réforme ferroviaire. La grogne monte également dans le secteur de la santé, les hôpitaux et les maisons de retraite médicalisées (Ehpad), chez l’ensemble des fonctionnaires. Et le conflit salarial chez Air France est dans l’impasse.

Des facultés sont en outre occupées ou bloquées par des opposants à la réforme « Parcoursup », accusée d’instaurer une « sélection » à l’entrée à l’université.

La CGT et Solidaires espèrent construire un front unique à partir de ces colères. Une « coagulation » des « mécontentements » à laquelle ne croit pas le président Emmanuel Macron, qui estime que les différents mouvements ont « peu à voir » entre eux.

Mais la « convergence des luttes » ne fait pas l’unanimité chez les syndicats. Pour Laurent Berger (CFDT), ce mode d’action « ne fonctionne pas ». Elle « nuit à l’efficacité syndicale », a jugé aussi la CFE-CGC.

Le président du groupe LREM à l’Assemblée Richard Ferrand voit dans cette journée « une volonté de mettre un certain bazar en mobilisant toute une série de professions qui n’ont pas de revendications précises ».

Mais, selon Jean-Luc Mélenchon, c’est « la radicalité du comportement du président » qui a « poussé au rapprochement de tout le monde ».

Romandie.com avec(©AFP / 19 avril 2018 15h05)                

Intelligence artificielle: le rapport Villani rendu public mercredi

mars 27, 2018

Paris – Le rapport de Cédric Villani, mathématicien et député LREM de l’Essonne, sur l’intelligence artificielle, qui doit éclairer le gouvernement sur sa stratégie en la matière, sera rendu public mercredi soir, a-t-on appris auprès de son entourage.

Depuis septembre, le lauréat 2010 de la médaille Fields – le « prix Nobel des maths » – a mené une large réflexion sur l’intelligence artificielle (IA) qui, en donnant aux machines de nouvelles capacités d’analyse et d’apprentissage, promet de bouleverser la manière dont fonctionnent bon nombre d’industries et de services. Son rapport était initialement attendu jeudi.

Emmanuel Macron doit dévoiler jeudi un plan pour faire de la France un champion de l’intelligence artificielle.

Le chef de l’Etat accueillera mercredi soir 15 sommités mondiales du secteur, dont le Français Yann Le Cun (scientifique en chef de l’IA chez Facebook), la Japonaise Noriko Araï, qui a conçu un robot capable de réussir un examen d’entrée à l’université, ou le Britannique Demis Hassabis, fondateur de la société DeepMind rachetée par Google en 2014.

Jeudi, après avoir reçu le président du géant sud-coréen Samsung, Young Sohn, Emmanuel Macron visitera un centre de recherche sur le cancer à l’Institut Curie à Paris qui est en pointe dans les nouvelles technologies de dépistage. Puis il présentera la « stratégie nationale » pour l’IA au Collège de France, où se tiendra le « Sommet de l’intelligence artificielle ».

Romandie.com avec (©AFP / 27 mars 2018 17h32)                                            

Macron veut faire de l’Inde un « partenaire stratégique »

mars 10, 2018

Emmanuel Macron (c) se laisse photographier lors de sa visite officielle à New Delhi, le 10 mars 2018 / © AFP / Ludovic MARIN

Emmanuel Macron a multiplié samedi à New Delhi les gestes et les déclarations d’amitié envers l’Inde, avec l’ambition de faire de la France la « porte d’entrée » du géant de l’Asie du Sud en Europe.

« Le sens de cette visite est de faire de l’Inde notre premier partenaire stratégique de la région, et que la France devienne votre premier partenaire stratégique en Europe, et plus largement en Occident », a lancé samedi le président français au Premier ministre Narendra Modi, qu’il rencontrera à de multiples reprises au cours des trois jours de son déplacement.

Malgré toutes leurs différences, l’Inde et la France « ont les mêmes intérêts et la même vision du monde », a assuré le chef de l’État français, qui ne cache pas son ambition de profiter du Brexit pour remplacer la Grande-Bretagne comme partenaire privilégié de New Delhi en Europe.

En attendant, Paris a engrangé quelques nouveaux contrats économiques, dont le plus important s’élève à 10 milliards d’euros en faveur du groupe aéronautique Safran (via sa coentreprise avec General Electric, CFM) et de ses partenaires pour la fourniture et la maintenance de moteurs d’avions à la compagnie aérienne à bas prix indienne SpiceJet.

Après la vente de 36 Rafale en 2016, aucun nouveau contrat n’a été annoncé dans la défense, où la France espère vendre de nouveaux avions de chasse et des sous-marins à l’Inde, devenu le premier acheteur d’armements dans le monde. Le gouvernement indien « a confirmé des commandes à venir de Rafale », a assuré M. Macron à des journalistes.

La délégation française s’est félicité d’une « avancée majeure » du projet d’une centrale nucléaire de six réacteurs de type EPR à Jaitapur, sur la côte sud-ouest de l’Inde. « Nous espérons une signature définitive d’accord avant la fin de l’année » pour ce dossier en négociation depuis une décennie, a indiqué l’Élysée.

Une série d’autres partenariats, contrats et protocoles d’accords ont été conclus dans une large diversité de secteurs, dont ceux des transports et des énergies renouvelables.

La marge de progression est importante pour la France, historiquement peu influente en Inde. Les échanges indo-français n’atteignent que 11 milliards de dollars contre 18 milliards pour ceux entre la France et la Chine, l’autre géant asiatique, où M. Macron s’est rendu en janvier.

– Accord dans l’océan Indien –

Sur le plan de la sécurité, la France et l’Inde ont signé un accord de coopération logistique dans l’océan Indien, qui permet aux forces armées indiennes d’accéder aux bases maritimes françaises (Djibouti, Emirats, Réunion), et vice versa. La France possède la plus large zone économique exclusive (9,1 millions de km2 dans la zone indo-pacifique) de ces mers en raison de ses territoires, parfois très isolés.

Quant à l’Inde, cet accord s’inscrit dans le cadre de sa politique de renforcement dans cette zone maritime stratégique, où la tracasse l’implication grandissante de la Chine.

« Nous croyons tous deux dans la paix et la stabilité du monde. La région de l’océan Indien va jouer un rôle très significatif », a déclaré Narendra Modi lors d’une allocution conjointe. Dans ce cadre, « nous considérons la France comme un de nos alliés les plus fiables », a-t-il ajouté.

« L’Inde a peur d’une hégémonie chinoise et a besoin d’une vraie sécurité », a analysé pour sa part Emmanuel Macron devant la presse.

Dans l’après-midi, le président français a tombé la veste et relevé ses manches pour s’adresser à 300 jeunes Indiens, à l’image de sa longue discussion avec de jeunes Africains à Ouagadougou en novembre.

Face à un auditoire très sérieux, il a appelé les jeunes à « inventer l’avenir » car « notre environnement actuel n’est pas soutenable ». « Please, just do it! » (« S’il vous plait, faites-le »), a-t-il conclu avant de se prêter à une séance de selfies.

Paris souhaite doubler le nombre d’étudiants indiens en France pour le porter à 10.000 « dans les deux ans ».

Romandie.com avec(©AFP / 10 mars 2018 17h39)

France: le président Macron nomme deux experts pour la restitution du patrimoine africain

mars 6, 2018

L’historienne française Bénédicte Savoy et l’écrivain sénégalais Felwine Sarr examineront les conditions dans lesquelles les œuvres pourront être rapatriées.

Le président français, Emmanuel Macron, a confié à deux experts culturels, lundi 5 mars, la mission d’étudier la restitution à des pays africains d’œuvres d’art actuellement en France, comme il s’y était engagé dans son discours de Ouagadougou fin novembre 2017. Ces deux « personnalités incontestables », l’historienne d’art Bénédicte Savoy, membre du Collège de France, et l’écrivain et universitaire sénégalais Felwine Sarr, devront rendre leur avis d’ici à novembre, a précisé le président à l’issue d’un entretien avec son homologue du Bénin, Patrice Talon, à l’Elysée.

Emmanuel Macron avait créé la surprise lors de sa tournée en Afrique de l’Ouest, en novembre 2017, en déclarant vouloir « un retour du patrimoine africain à l’Afrique ». « Le patrimoine africain […] doit être mis en valeur à Paris, mais aussi à Dakar, Lagos, Cotonou […] Ce sera l’une de mes priorités. D’ici cinq ans, je veux que les conditions soient réunies pour un retour du patrimoine africain à l’Afrique », avait-il dit dans son discours à l’université de Ouagadougou.

Ses propos avaient été particulièrement bien reçus au Bénin, dont le président, Patrice Talon, a fait la demande officielle d’une restitution d’une partie du patrimoine béninois en juillet 2016. « Ce qui nous intéresse, c’est de pouvoir présenter ce patrimoine qui est le nôtre, a expliqué lundi M. Talon. Nous le faisons non pas dans un esprit de conflit, mais de coopération avec la France pour faire du tourisme un pilier majeur de l’économie béninoise. »

Changer la loi

Selon Irénée Zevounou, ambassadeur du Bénin à l’Unesco, « entre 4 500 et 6 000 objets [béninois] sont en France, y compris dans des collections privées ». L’accaparement des trésors du royaume du Dahomey – trônes royaux, récades (sceptres royaux), portes sacrées du palais d’Abomey, statues anthropomorphes… – s’était fait lors des batailles coloniales entre 1892 et 1894, mais aussi par des missionnaires ou des missions culturelles.

Bénédicte Savoy et Felwine Sarr devront notamment examiner les conditions dans lesquelles ces œuvres pourront être rapatriées puis protégées dans leurs pays d’origine. « Nous avons la volonté ferme de bien faire les choses », a assuré M. Macron. Ces restitutions imposeraient de changer la loi française en raison des principes juridiques « d’inaliénabilité et d’imprescriptibilité […] des collections publiques ».

 

Lemonde.fr avec AFP

« Monsieur Mabanckou, vous détournez l’objet de la francophonie pour un combat personnel »

février 4, 2018

 

Le doctorant Bertrand Ollivier déplore le refus de l’écrivain de participer aux travaux sur la langue française

L’écrivain franco-congolais Alain Mabanckou, à Paris, le 6 juillet 2015. Crédits : JOËL SAGET/AFP

Tribune. Cher Monsieur Mabanckou, vous détournez l’objet de la francophonie pour un combat personnel. En amoureux des mots, d’où qu’ils viennent, et en admirateur de votre prose, j’ai sincèrement regretté que vous refusiez de participer aux travaux de réflexion sur la langue française auxquels le président Macron vous avait invité. Je l’ai d’autant plus regretté que je vous suis un fidèle lecteur et que je partage un grand nombre de vos opinions.

Alors, certes, c’est votre droit le plus entier. Mais laissez-moi déplorer que vous n’ayez pas daigné quitter votre soleil californien pour faire valoir vos pensées et vos réflexions de manière plus étayée, en terre francophone, au service du riche et fort estimable débat que vous auriez pu initier à cette occasion.

Pour justifier votre décision, dans la lettre ouverte à Emmanuel Macron publiée le 15 janvier sur le site de L’Obs, vous accusez insidieusement le président français d’observer un silence complice vis-à-vis des manquements aux rappels démocratiques que se devrait de formuler l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) à l’encontre de quelques pays africains. Vous reprochez en quelque sorte à un jeune président élu de ne pas s’immiscer dans la conduite des décisions d’une organisation internationale indépendante forte de 84 Etats membres. N’est-ce pas, pourtant, ce que les farouches dénonciateurs de la Françafrique attendent ? Vous-même indiquez que « la Francophonie est malheureusement encore perçue comme la continuation de la politique étrangère de la France dans ses anciennes colonies ».

Trouver un consensus

Vos propos sont la dernière preuve, s’il en était besoin, que le président français – qu’il s’exprime dans un cadre bilatéral ou sous couvert du multilatéralisme de la francophonie – ne dispose que d’une très faible marge de critique avant de se voir affublé d’une étiquette néocoloniale qui nuirait à l’ensemble de ses rapports avec les pays d’Afrique et, par ricochet, à la langue française, celle-là même que vous portez si haut. Vous mettez également en cause les accointances de la Francophonie institutionnelle avec quelques despotes africains.

De la sorte, vous mésestimez les avancées en matière de démocratisation des régimes depuis la signature des déclarations de Bamako (2000) et de Saint-Boniface (2006). Certes, les progrès sont lents, trop lents, comme toujours avec les organisations intergouvernementales. Mais comment ne pourraient-ils pas l’être lorsqu’il s’agit de trouver un consensus commun en matière démocratique entre le Canada, la République démocratique du Congo, le Cambodge et des dizaines d’Etat aux cultures antagonistes dans le respect de leurs souverainetés propres ?

Paradoxalement, vos propos prêtent à l’OIF des pouvoirs et une influence dont, par nature, elle ne dispose pas. En revanche, ils soulèvent bien la question lancinante des limites de l’universalité pour une telle organisation. Au nom de la langue française, vous appelez le président Macron à lancer des appels à la liberté aux jeunes Africains. Mais la France, éprise de son universalisme, drapée dans le linceul de sa liberté, forte de son arrogance, n’a que trop cherché à diffuser ses valeurs au sein de pays n’ayant ni son histoire, ni sa culture, ni ses ressources, au nom de principes moraux qu’elle qualifiait d’intangibles.

A l’heure où des exemples récents nous montrent que de simples changements de dirigeants ne constituent en rien la garantie d’une démocratisation des régimes, comment le président Macron pourrait-il se hasarder à lancer des appels aveugles au changement de régime qui pourrait avoir un arrière-goût d’anarchie, ou pire, comme en Libye ? Ces changements de régime, qui s’imposent de toute évidence dans certains pays, doivent résulter de mouvements populaires et massifs, à l’instar de celui qui a chassé Blaise Compaoré du pouvoir burkinabé en 2014, et en aucun cas d’appels extérieurs.

Un levier du multilinguisme

Mais vous me conduisez, Monsieur Mabanckou, sur des terrains glissants j’en conviens. Je voulais simplement vous parler de la langue française. En usant d’un prétexte politique pour refuser de contribuer aux réflexions engagées, vous détournez l’objet même de la francophonie – celui de notre langue dont il nous faut repenser le lien – pour un combat personnel à l’égard de quelques potentats que le temps et les sociétés civiles se chargeront de remplacer bien plus vite que ne pourraient le faire quelques valeureux communiqués de la Francophonie ou de l’Elysée.

Pourquoi ne pas tenter de dépassionner les débats politiques autour de cette langue. Certes, j’entends Alexandre Najjar lorsqu’il dit que « le culturel devient fatalement politique », mais tâchons collectivement de faire du français l’arène d’un dialogue interculturel apaisé, un contrepoids face à la globalisation dévorante, un levier du multilinguisme, un outil de compréhension des cultures africaines, arabes, berbères, nord-américaines, océaniques et européennes. Etendons l’art de la palabre en Europe et développons la parenté à plaisanterie dans le Maghreb. Comme le dit Leïla Sebbar, « une famille politique, c’est quoi, lorsque la famille naturelle, côté père, côté mère, est à ce point oubliée dans la parole quotidienne ? ». Le quotidien francophone, ses usages et ses expressions, ses pratiques et ses évolutions à travers les cinq continents, voilà la source d’un projet francophone porteur auquel vous pourriez insuffler mille idées.

Il est certes fort louable que votre décision s’inscrive en solidarité avec les jeunesses de pays africains en mal d’élections. Mais, malheureusement, en agissant ainsi, c’est l’ensemble de la communauté francophone mondiale que vous privez de vos lumières. C’est la place du précieux fil noir qui relie le roman francophone à ses histoires et racines multiples que vous amenuisez. C’est la parole de tous ces formidables auteurs nés hors de France, injustement méconnus, que vous n’amplifiez pas. C’est, finalement, cet imaginaire monde dont vous parlez, si vaste, si riche, fertile terrain de la nécessaire fusion des univers littéraires francophone et français, que vous refusez de partager. Indubitablement, vous manquerez à ces réflexions. Je vous prie de croire, cher Monsieur Mabanckou, en mes considérations les plus respectueuses.

Lemonde.fr par Bertrand Ollivier est doctorant au Centre Thucydide de l’université Paris-II Panthéon-Assas

Macron à Saint Louis du Sénégal promet l’aide de la France contre l’érosion

février 3, 2018

Le président sénégalais Macky Sall (à gauche), son homologue français Emmanuel Macron et le maire de Saint-Louis Cheikh Mamadou Abiboulaye Dieye devant la mer à Saint-Louis le 3 février 2018, au dernier jour de la visite de M. Macron au Sénégal. / © POOL/AFP / ludovic MARIN

Une foule impressionnante a accueilli samedi à Saint-Louis du Sénégal le président français Emmanuel Macron, qui a annoncé une aide de 15 millions d’euros pour lutter contre l’érosion côtière qui menace la ville, auxquels s’ajouteront 24 millions d’euros débloqués par la Banque Mondiale.

M. Macron a également annoncé une aide de 25 millions d’euros pour la préservation et la rénovation du patrimoine historique de l’ancienne capitale de l’Afrique-Occidentale française et du Sénégal. Ces fonds, promis par la France depuis des années, n’avaient jamais été engagés, a précisé l’Elysée.

L’assaut des vagues a déjà obligé 200 familles de Saint-Louis à déménager, soit environ 2.000 personnes, et à court terme ce sont près de 10.000 qui devront être relogées, selon Louise Cord, directrice Sénégal de la Banque Mondiale.

Samedi matin, des dizaines de milliers d’habitants ont envahi le centre de cette ville de pêcheurs du nord du pays, à l’embouchure du fleuve Sénégal, qui fut le premier établissement fondé au sud du Sahara par la France au XVIIe siècle, ont rapporté des journalistes de l’AFP.

Arrivé en avion de Dakar, où il participait la veille à une conférence sur l’éducation, Emmanuel Macron, 13 ans après la dernière visite de Jacques Chirac, était accompagné à Saint-Louis de son homologue sénégalais, Macky Sall.

Les épouses des deux présidents étaient également du voyage, dernière étape de la visite officielle du président français au Sénégal.

Après avoir annoncé vendredi la hausse de l’engagement français dans le Partenariat mondial pour l’éducation (PME) à 200 millions d’euros, contre 17 millions précédemment, M. Macron a annoncé que l’Agence française de développement (AFD) allait débloquer 15 millions d’euros pour construire « dans l’année » une digue de rochers le long de la partie sud de la Langue de Barbarie, un chantier confié au groupe français Eiffage.

Elle permettra de retarder l’effet de la montée des eaux qui ronge cette étroite bande de sable d’une trentaine de kilomètres de long, peuplée de 55.000 habitants, qui protège la ville de l’océan.

– ‘Mer inarrêtable’ –

Aux côtés d’Emmanuel Macron, le président de la Banque Mondiale, Jim Yong Kim, a pour sa part annoncé une aide d’urgence de 30 millions de dollars (24 millions d’euros) d’ici au mois de mars pour reloger 900 familles, soit environ 10.000 personnes, vivant dans les quartiers de pêcheurs les plus touchés, qui perdront leur maison à court terme.

« Les Africains ont très peu contribué aux émissions de CO2 mais subissent l’impact le plus dévastateur du changement climatique. Le monde entier a une dette envers l’Afrique, dont le Sénégal, pour reconstruire ses côtes », a lancé M. Kim devant la presse.

La construction de digues promises par la France devrait donner le temps aux familles de déménager. « Ils devront partir à terme, on ne pourra pas arrêter la mer », a déclaré à l’AFP Laurence Hart, directrice Sénégal de l’AFD.

– Patrimoine à restaurer –

Le président français a observé les dégâts de l’océan avant de rejoindre, dans une voiture décapotable roulant au pas, debout aux côtés de Macky Sall, la place du coeur de la ville où trône la statue de Louis Faidherbe, gouverneur colonial du Sénégal (1854-1861 et 1863-1865).

« Nous avons vu l’érosion côtière, les peurs, les murs qui tombent, l’activité économique détruite et la ville qui peu à peu recule devant ce que certains parfois veulent encore nier, les effets du changement climatique », a-t-il lancé lors d’un discours.

C’est le maire de Saint-Louis, Mansour Faye, qui l’avait alerté sur la situation dramatique de sa ville lors du sommet One Planet du 12 décembre à Paris. Les façades décrépies du coeur historique et les murs fissurés de sa cathédrale soulignent son déclin ces dernières années.

« J’ai été très touché de cet accueil chaleureux. Il m’oblige mais traduit beaucoup d’attentes. Nous avons donné un nouveau souffle à notre relation en appliquant ce que j’ai annoncé à Ouagadougou: une nouvelle stratégie française, ne pas arriver avec des visions toutes faites mais en soutien de projets qui nous paraissent prioritaires et portés par le gouvernement », a commenté devant la presse le président français avant de reprendre l’avion pour Paris.

Romandie.com avec(©AFP / 03 février 2018 18h34)                

Sénéga: a Dakar, Emmanuel Macron et Macky Sall vont plaider en faveur de l’éducation

février 2, 2018

 

Emmanuel Macron et Macky Sall, jeudi 1er février 2018, sur le tarmac de l’aéroport Leopold Sédar Senghor, à Dakar. © Présidence Sénégal

Emmanuel Macron et Macky Sall co-président la troisième conférence internationale de reconstitution de fonds du Partenariat mondial pour l’éducation, qui se tient à Dakar ce vendredi 2 février. L’objectif affiché est de récolter 3,1 milliards de dollars sur la période 2018-2020 pour l’éducation.

Après une visite de deux jours en Tunisie, Emmanuel Macron a atterri jeudi soir sur le tarmac de l’aéroport Léopold Sédar Senghor. Accueilli par le président Macky Sall et son épouse ainsi que des membres du gouvernement sénégalais, le chef de l’État français a entamé une visite de trois jours avec un programme chargé.

Un entretien en tête-à-tête, ce vendredi matin, entre Emmanuel Macron et son homologue sénégalais sera suivi d’une séance de travail élargie à leurs collaborateurs, selon le site de la présidence sénégalaise. Les deux chefs d’État se rendront ensuite sur le chantier du futur Train express régional de Dakar et au collège de Hann-Bel Air, un quartier de la capitale sénégalaise. Plusieurs accords doivent également être signés.

Éducation et environnement

Emmanuel Macron et Macky Sall se rendront vendredi après-midi au Centre international de conférences Abdou-Diouf de Diamniadio, à une quarantaine de kilomètres de Dakar, pour assister à la troisième conférence internationale de reconstitution de fonds du Partenariat mondial pour l’éducation, que les deux pays co-président.

Plusieurs chefs d’État, dirigeants d’agences de l’ONU, ainsi que la chanteuse Rihanna, engagée dans la promotion de l’éducation, sont annoncés à cette conférence, destinée à réduire le nombre d’enfants non scolarisés, estimé à 264 millions.

La présidente du Partenariat mondial pour l’éducation (PME), l’ex-Premier ministre australienne Julia Gillard, a appelé à enrayer le déclin, sur six années consécutives, de la part de l’éducation dans l’aide publique au développement.

La conférence vise à récolter 3,1 milliards de dollars sur la période 2018-2020, pour permettre au Partenariat de fournir deux milliards de dollars par an aux pays en développement bénéficiaires, actuellement au nombre de 65 mais qui pourraient alors passer à 89.

« Les gouvernements africains et surtout les ménages font le maximum de ce qu’ils peuvent pour leur éducation », a estimé Marie-Pierre Nicollet, directrice du département des transitions démographiques et sociales à l’Agence française de développement (AFD).

Selon un document de l’AFD, dans 15 pays d’Afrique subsaharienne, les dépenses en éducation des ménages représentent 46% de celles des États, contre par exemple 9% en France. En matière de soutien à l’éducation, « la France ne fait pas tellement mieux » que les autres pays donateurs, avec environ 2,5% de son aide publique, a reconnu Marie-Pierre Nicollet.

Une conférence de presse d’Emmanuel Macron et de Macky Sall viendra clôturer la journée. Samedi, les deux présidents s’envoleront ensuite pour Saint-Louis, dans le nord du pays.

Deux mois après le One Planet Summit organisé à Paris, le président français se rendra dans cette ville du nord du pays menacée par la montée des eaux et l’érosion côtière. Il achèvera sa visite par une conférence de presse avec Mansour Faye, maire de la ville et ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement.

Jeuneafrique.com

Donald Trump a invité Emmanuel Macron à la Maison Blanche

janvier 23, 2018

Washington – Le président américain Donald Trump déroulera cette année le tapis rouge à la Maison Blanche à son homologue français Emmanuel Macron, a indiqué mardi à l’AFP un responsable américain.

La date exacte de cette visite n’a pas encore été arrêtée, a-t-on ajouté de même source.

M. Macron devrait avoir droit à la première « visite d’Etat » organisée par le président américain depuis son arrivée au pouvoir il y a un an.

Les deux dirigeants, qui se sont rencontrés à plusieurs reprises, entretiennent de bonnes relations en dépit de nombre de désaccords de fond, en particulier sur la question du climat.

Le président français, qui a déploré la décision du locataire de la Maison Blanche de sortir de l’accord de Paris, a ouvertement exprimé l’espoir que son « ami » Trump change d’avis dans les mois ou les années à venir.

M. Macron avait reçu M. Trump en grande pompe le 14 juillet à Paris.

Ce dernier s’était déclaré particulièrement impressionné par le « formidable » défilé militaire, évoquant l’idée d’en organiser un à Washington le 4 juillet, jour de la fête nationale américaine.

Lors de leur nouvelle rencontre en septembre à l’ONU, M. Trump n’avait pas tari d’éloges sur le président français, de 31 ans son cadet.

« Il fait un super boulot en France. Il fait ce qui doit être fait », avait-il lancé. « Il est respecté par les Français et les Américains ».

Romandie.,com avec(©AFP / 23 janvier 2018 23h02)                                            

Francophonie, langue française: lettre ouverte à Emmanuel Macron

janvier 15, 2018

Mabanck

Le président de la République a proposé à Alain Mabanckou de contribuer aux « travaux de réflexion » qu’il souhaite « engager autour de la langue française et de la Francophonie ». L’auteur de « Verre cassé » lui répond.

Monsieur le Président,

Dans votre discours du 28 novembre à l’université de Ouagadougou, puis dans un courrier officiel que vous m’avez adressé le 13 décembre, vous m’avez proposé de «contribuer aux travaux de réflexion que vous souhaitez engager autour de la langue française et de la Francophonie.»

Au XIXème siècle, lorsque le mot «francophonie» avait été conçu par le géographe Onésime Reclus, il s’agissait alors, dans son esprit, de créer un ensemble plus vaste, pour ne pas dire de se lancer dans une véritable expansion coloniale. D’ailleurs, dans son ouvrage «Lâchons l’Asie, prenons l’Afrique» (1904), dans le dessein de «pérenniser» la grandeur de la France il se posait deux questions fondamentales: «Où renaître ? Comment durer ?»

Qu’est-ce qui a changé de nos jours ? La Francophonie est malheureusement encore perçue comme la continuation de la politique étrangère de la France dans ses anciennes colonies. Repenser la Francophonie ce n’est pas seulement «protéger» la langue française qui, du reste n’est pas du tout menacée comme on a tendance à le proclamer dans un élan d’auto-flagellation propre à la France. La culture et la langue françaises gardent leur prestige sur le plan mondial.

Les meilleurs spécialistes de la littérature française du Moyen-Âge sont américains. Les étudiants d’Amérique du Nord sont plus sensibilisés aux lettres francophones que leurs camarades français. La plupart des universités américaines créent et financent sans l’aide de la France des départements de littérature française et d’études francophones. Les écrivains qui ne sont pas nés en France et qui écrivent en français sont pour la plupart traduits en anglais: Ahmadou Kourouma, Anna Moï, Boualem Sansal, Tierno Monénembo, Abdourahman Waberi, Ken Bugul, Véronique Tadjo, Tahar Ben Jelloun, Aminata Sow Fall, Mariama Bâ, etc. La littérature française ne peut plus se contenter de la définition étriquée qui, à la longue, a fini par la marginaliser alors même que ses tentacules ne cessent de croître grâce à l’émergence d’un imaginaire-monde en français.

Tous les deux, nous avions eu à cet effet un échange à la Foire du livre de Francfort en octobre dernier, et je vous avais signifié publiquement mon désaccord quant à votre discours d’ouverture dans lequel vous n’aviez cité aucun auteur d’expression française venu d’ailleurs, vous contentant de porter au pinacle Goethe et Gérard de Nerval et d’affirmer que «l’Allemagne accueillait la France et la Francophonie», comme si la France n’était pas un pays francophone!

Dois-je rappeler aussi que le grand reproche qu’on adresse à la Francophonie «institutionnelle» est qu’elle n’a jamais pointé du doigt en Afrique les régimes autocratiques, les élections truquées, le manque de liberté d’expression, tout cela orchestré par des monarques qui s’expriment et assujettissent leurs populations en français? Ces despotes s’accrochent au pouvoir en bidouillant les constitutions (rédigées en français) sans pour autant susciter l’indignation de tous les gouvernements qui ont précédé votre arrivée à la tête de l’Etat.

Il est certes louable de faire un discours à Ouagadougou à la jeunesse africaine, mais il serait utile, Monsieur le Président, que vous prouviez à ces jeunes gens que vous êtes d’une autre génération, que vous avez tourné la page et qu’ils ont droit, ici et maintenant, à ce que la langue française couve de plus beau, de plus noble et d’inaliénable: la liberté.

Par conséquent, et en raison de ces tares que charrie la Francophonie actuelle – en particulier les accointances avec les dirigeants des républiques bananières qui décapitent les rêves de la jeunesse africaine –, j’ai le regret, tout en vous priant d’agréer l’expression de ma haute considération, de vous signifier, Monsieur le Président, que je ne participerai pas à ce projet.

Bibliobs.nouvelobs.com par Alain Mabanckou
Santa Monica, le 15 janvier 2018