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France: Macron réaffirme son soutien au droit à l’avortement

septembre 28, 2021
Macron reaffirme son soutien au droit a l'avortement
Macron réaffirme son soutien au droit à l’avortement© POOL/AFP/Ludovic MARIN

Emmanuel Macron a réaffirmé mardi qu’il serait « toujours » du côté des défenseurs du droit à l’avortement, un « droit fondamental pour toutes les femmes », à l’occasion de la journée mondiale en faveur de ce droit.

« En cette journée mondiale du droit à l’avortement, je veux redire que je serai toujours du côté de celles et ceux qui défendent ce droit fondamental pour toutes les femmes », écrit le chef d’Etat dans un tweet où il joint un extrait vidéo du discours prononcé par Simone Veil en novembre 1974 à l’Assemblée nationale pour dépénaliser l’avortement en France.

Dans une étude publiée mardi, la Drees indique que le nombre d’interruptions volontaires de grossesse avait baissé en 2020, en particulier en mai et juin, probablement en raison d’une baisse des conceptions pendant le premier confinement.

A l’approche de la fin du quinquennat, certains parlementaires, y compris de la majorité, voudraient remettre sur le métier une proposition de loi, votée à l’assemblée en octobre 2020 mais rejetée par le Sénat en janvier, qui vise à allonger le délai d’accès à l’IVG de 12 à 14 semaines de grossesse.

Dans un entretien à Elle en juin, Emmanuel Macron avait exprimé son opposition à un tel allongement, estimant que l’avortement était « plus traumatisant dans ces délais-là ».

Totalement interdit dans une minorité de pays mais soumis à des conditions extrêmement restrictives dans de nombreux autres, l’accès à l’avortement demeure très inégal dans le monde.

En Europe, l’interdiction totale est une exception. Si plusieurs pays comme l’Irlande ont assoupli l’accès à l’IVG ces dernières années, la Pologne, via une décision du tribunal constitutionnel, a restreint le 22 octobre 2020 le droit à l’IVG, interdisant les avortements en cas de malformation du foetus.

Par Le Point avec AFP

France-Pass sanitaire : le QR code d’Emmanuel Macron fuite sur Internet

septembre 21, 2021

Les pass sanitaires de deux têtes de l’exécutif circulent désormais sur Internet, après la fuite du QR code de Jean Castex il y a quelques jours, révèle Europe 1.

Une femme presente son pass sanitaire (Illustration).
Une femme présente son pass sanitaire (Illustration).© Mourad ALLILI / MAXPPP

Quelques jours après la diffusion en masse du QR code du Premier ministre Jean Castex, c’est au tour du président de la République de connaître la même mésaventure. Le pass sanitaire attribué à Emmanuel Macron circule en effet abondamment sur les réseaux sociaux depuis lundi 20 septembre 2021, révèlent nos confrères d’Europe 1 ce mardi, qui affirme avoir reçu la confirmation par l’Élysée qu’il s’agit bien du code du chef de l’État. Les informations concernant la date d’anniversaire du président né le 21 décembre 1977 ainsi que le vaccin utilisé, une dose de Pfizer, sont correctes.

D’après l’Élysée, des soignants seraient à l’origine de la fuite. Ces derniers ont en effet accès depuis septembre aux données médicales de tous les Français vaccinées, dont celles d’Emmanuel Macron. « Ce système fonctionne, mais il y a eu une « faille déontologique » de la part d’un ou de plusieurs professionnels de santé. Quelqu’un a fait une impression du QR Code et l’a fait circuler volontairement ou par négligence », a indiqué l’Élysée à BFMTV.

« Promis, je l’ai obtenu de manière légale »

Cette fuite intervient trois jours après la diffusion du QR code de Jean Castex sur Twitter. Mathis Hammel, spécialiste en sécurité informatique, affirmait, photo à l’appui, disposer du pass sanitaire du locataire de Matignon. « Promis, je l’ai obtenu de manière légale et je n’en ferai pas n’importe quoi, appelez-moi si vous voulez un coup de main en cybersécurité », commentait-il sur la célèbre plateforme de microblogging. Mathis Hammel était parvenu à mettre la main sur ce précieux sésame grâce à un cliché montrant Jean Castex en train de présenter son pass sanitaire dans un Ehpad de Clamart (Hauts-de-Seine) le 13 septembre dernier.

En plus de violer le secret médical, ces fuites peuvent permettre à une personne mal intentionnée d’utiliser le QR code d’une personne vaccinée, en l’occurrence ceux du président de la République et du Premier ministre, pour déjouer les mesures de restrictions mises en place et se rendre dans des lieux publics fermés aux non-vaccinés. L’Élysée a indiqué à Europe 1 qu’il allait prendre des « dispositions particulières » afin de limiter les conséquences néfastes de la publication du pass sanitaire du président.

Par Le Point avec AFP

France: « Magnifique » hommage de la France à Bébel, son « As des as »

septembre 9, 2021

"Magnifique" hommage de la France a Bebel, son "As des as"
« Magnifique » hommage de la France à Bébel, son « As des as »© AFP/Ludovic MARIN

« Adieu Bébel »: après l’hommage national rendu aux Invalides à Jean-Paul Belmondo, place à son public, venu parfois de loin, pour saluer l’acteur de légende qui a traversé « six décennies de vie française », selon les mots du président Macron.

Les portes des Invalides doivent s’ouvrir à partir de 19H30 à ceux qui souhaitent se recueillir devant le cercueil. Un dispositif exceptionnel qui avait déjà été mis en oeuvre après le décès de Jacques Chirac en 2019, permettant à des milliers de personnes de dire adieu à l’ancien Président.

Cet honneur fait suite à une cérémonie un peu plus solennelle, mais forte en émotion, avec personnalités du 7e art, membres du gouvernement et la famille de l’artiste.

Marseillaise jouée par la garde Républicaine, revue des troupes par Emmanuel Macron et fans émus étaient au rendez-vous pour saluer l’acteur de « Pierrot le fou ».

« Il n’a cessé de chercher le bonheur mais aussi de le donner »: tels furent les mots de Victor Belmondo, petit-fils de l’acteur, comédien lui aussi, qui a pris la parole, accompagné des autres petits-enfants de l’acteur et de sa petite dernière, Stella.

« Nous aimons Belmondo parce qu’il nous ressemblait », a salué le président Macron dans son éloge funèbre. « Flic, voyou, toujours magnifique », a-t-il poursuivi, en clin d’oeil à sa filmographie, avant de conclure « Adieu Bébel ».

Dans la cour des Invalides, près de 1.000 personnes du public ont pu assister à l’hommage, munies de leur pass sanitaire. « On t’aime Bébel », a crié a plusieurs reprises Denis Vandevyvere, 52 ans, fonctionnaire venu dès le matin de Belgique.

Grand admirateur de l’acteur, il a accumulé depuis ses 12 ans 2.500 pièces (posters, cassettes, DVD), à l’effigie de l’acteur. « C’était un grand Monsieur ».

« Il est immortel »

Pour ceux qui ne pouvaient pas entrer, des écrans géants étaient installés sur l’esplanade où la foule s’était massée. « C’était un bel hommage. Les mots étaient justes, bien choisis. C’est une page qui se tourne en espérant que celle à venir soit meilleure », a déclaré Bernadette Vincent, 64 ans, fonctionnaire à la retraite, la voix étranglée par l’émotion.

Le cercueil de l’acteur est ensuite sorti au son de « Chi Mai », musique d’Ennio Morricone dans « Le Professionnel », jouée par l’orchestre de la Garde républicaine.

Cette cérémonie avait réuni de nombreuses stars, telles Patrick Bruel, Gilles Lellouche, le couple Guillaume Canet et Marion Cotillard, le DJ Bob Sinclar, Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, ou encore Cyril Hanouna.

« Il est unique, personne ne remplacera Jean-Paul Belmondo. Comme acteur, on a tous Jean-Paul Belmondo en nous », a déclaré à la presse Jean Dujardin, peut-être un des héritiers à l’écran de Belmondo.

« Saint-Augustin disait, les morts sont des invisibles, pas des absents. Pour moi Jean-Paul, il n’est pas absent. Jean-Paul c’est comme Johnny il est là. Il n’aurait pas voulu qu’on fasse la gueule. Il est immortel, Jean-Paul, il partira jamais », a soufflé Michel Drucker, au micro de BFMTV.

« Belmondo transpirait boxe, (…) il aimait les boxeurs », a glissé de son côté Brahim Asloum, champion du noble art. Le monde sportif était aussi représenté par Luis Fernandez, ancien joueur et entraîneur du PSG.

Vendredi matin, les obsèques de Jean-Paul Belmondo se dérouleront en l’église Saint-Germain-des-Prés, dans le centre de Paris, dans l’intimité de la famille.

Figure de proue de la Nouvelle Vague (« A bout de souffle », « Pierrot le fou »), avant de devenir champion du box-office dans des comédies et des films d’action (comme « Le Marginal »), il a enchanté des générations de Français au fil de quelque 80 films, cinéphiles pointus ou amateurs de cascades spectaculaires.

L’acteur avait disparu du grand écran depuis près de 15 ans, après un AVC aux lourdes séquelles. Mais il était toujours aussi populaire.

Avec Le Point par bur-adm-ram-pgr/may/fmp/cbn

Madagascar-Rencontre Andry Rajoelina, Emmanuel Macron : renforcement de l’état de soumission

septembre 2, 2021

Dans le cadre de sa visite officielle en France, le Président de la République Andry Rajoelina s’est entretenu avec le Président français Emmanuel Macron au Palais de l’Elysée à Paris, le 27 août dernier. Il a été rapporté que l’entrevue a été axée sur le renforcement des liens d’amitié et de coopération entre les deux pays. En réalité, ce n’est qu’un renforcement de l’état de soumission de la Grande Ile. Il faut dire que l’indépendance de Madagascar n’est que sur papier et personne ne peut dire le contraire vu qu’il compte essentiellement sur les aides internationales pour bouger.

Il a été rapporté par la Présidence que la rencontre entre les deux Chefs d’Etat s’est focalisée sur les sujets économiques, diplomatiques, sanitaires, mais également sur la question relative aux Iles Eparses sans apporter  plus de précision. Bien évidemment, Madagascar ne peut rien exiger de la France qui l’appuie dans divers domaines afin de renforcer son emprise. Il est à noter que les deux homologues ont aussi abordé la coopération entre Madagascar et la France dans la lutte contre la Covid-19,  ainsi que le combat pour éradiquer la famine dans le Sud. Et oui, la France a toujours été présente  pour épauler la Grande Ile qui a toujours été en état de faiblesse hier comme aujourd’hui et demain. Comme Madagascar n’a pas les moyens d’avancer vers l’émergence tout seul, le Président français a annoncé leur engagement à accompagner le plan pour l’émergence à hauteur de 240 millions d’euros d’ici 2030. Il ne faut pas oublier que le Président Andry Rajoelina s’est engagé pour un mandat et son mandat se termine en 2023 s’il compte se représenter à sa propre succession.

Concernant les Iles Eparses, Emmanuel Macron a exprimé le souhait de poursuivre les échanges  constructifs. N’empêche que ses gestes et paroles déclarant publiquement « ici c’est la France » quand il a planté le drapeau français sur les Iles Glorieuses en disent beaucoup. Cela montre d’ores et déjà que Madagascar ne peut espérer grand-chose à part une cogestion. Cela arrange pourtant la situation de Madagascar car vu les compétences des dirigeants en détournement et autres, ils n’auront pas de mal à les mettre en vente au cas où les Iles en question seront restituées à leur véritable propriétaire. Le Président Andry Rajoelina a émis beaucoup d’enthousiasme à l’issue de la Rencontre des Entrepreneurs Francophones (REF) 2021 organisée par le Mouvement des entreprises de France (MEDEF) à Longchamp à Paris. La question est de savoir si cette rencontre aura des retombées économiques  prochaines car il a été spécifié que les investisseurs sont plus que séduits par les opportunités économiques que présente la Grande Ile.

Avec la Gazette de la Grande Ile par Jean Riana

Madagascar-France: Tête-à-tête en vue Andry Rajoelina avec Emmanuel Macron

août 16, 2021

Andry Rajoelina, Président de la République de Madagascar et Emmanuel Macron, Président français, auront un tête-à-tête ce vendredi 27 août prochain à Paris.

La raison de la rencontre est encore à découvrir, mais qu’en est-il de l’autorisation de Andry Rajoelina, à entrer dans l’Hexagone, et précisément dans la zone d’intimité du président français.

Rappelons que Andry Rajoelina a annoncé publiquement qu’il ne s’est pas fait vacciner et qu’il ne le fera pas. Il n’arrête pas de vanter l’efficacité du CVO, remède traditionnel amélioré non reconnu par les autorités françaises, mais seule arme du président malgache face à la pandémie de Covid-19.

Quelle stratégie Andry Rajoelina va-t-il utiliser afin d’entrer sur le territoire français sans être vacciné ? Il est vrai qu’un test PCR est acceptable pour y entrer, mais est-ce suffisant pour rencontrer le président Macron ?

Notons que le professeur Philippe Juvin, patron du service des urgences de l’hôpital Georges-Pompidou et maire (LR) de La Garenne-Colombe a déclaré que « toute personne pénétrant le territoire de la république française devrait être vaccinée ». Il a ajouté qu’ «  Il y a des variants qui apparaissent dans les pays en développement  et qui viendront challenger nos vaccins ». Ce qui laisse entendre que malgré la confiance totale de Rajoelina envers le CVO, il présente quand même un risque élevé de contamination.

Soit Andry Rajoelina s’est fait vacciner en secret, soit la France est assez idiote pour prendre le risque de contaminer son Président de la République avec ce tête-à-tête.

Avec La Gazette de la Grande Ile

France: Depuis la Polynésie, Emmanuel Macron fustige « l’irresponsabilité » et « l’égoïsme » de ceux qui refusent le vaccin contre le Covid-19

juillet 25, 2021

En visite à Tahiti, le chef de l’Etat a commenté les manifestations contre le passe sanitaire et l’obligation vaccinale, appelant « chacune et chacun à se faire vacciner ».

Emmanuel Macron s’adresse à des soignants du centre hospitalier de la Polynésie Française, à Papeete, samedi 24 juillet 2021.
Emmanuel Macron s’adresse à des soignants du centre hospitalier de la Polynésie Française, à Papeete, samedi 24 juillet 2021. LUDOVIC MARIN / AFP

Aussitôt après son atterrissage à Tahiti, Emmanuel Macron a exhorté les Polynésiens mais aussi l’ensemble des Français à se faire vacciner, au cours d’une visite du principal hôpital de l’archipel, samedi 24 juillet dans la soirée (dimanche matin à Paris).

« Je veux lancer un message très fort pour appeler chacune et chacun à se faire vacciner parce qu’on le voit sous toutes les latitudes : quand on est vacciné, on est protégé et on ne diffuse quasiment plus, en tout cas beaucoup moins, le virus », a martelé le chef de l’Etat face aux soignants du centre hospitalier de la Polynésie française.

Il s’est ainsi « félicité » que la France se prépare à passer « sans doute dans les prochaines heures le cap des 40 millions de primo-vaccinés », ce qui ne semblait pas possible « avant plusieurs semaines »« Il y a une forte accélération, on doit continuer car il y a encore des doses [de vaccin] disponibles », a-t-il insisté.

Arrivé de Tokyo, où il a assisté à l’ouverture des Jeux olympiques, Emmanuel Macron est également revenu, devant des journalistes, sur la nouvelle journée de mobilisation des opposants au passe sanitaire et à la vaccination obligatoire de certaines catégories professionnelles, qui a rassemblé plus de 160 000 personnes, selon le ministère de l’Intérieur. « Chacune et chacun est libre de s’exprimer dans le calme, dans le respect de l’autre », a-t-il souligné. Mais « la liberté où je ne dois rien à personne n’existe pas » et elle « repose sur un sens du devoir réciproque ».

« Si demain vous contaminez votre père, votre mère ou moi-même, je suis victime de votre liberté alors que vous aviez la possibilité d’avoir quelque chose pour vous protéger et me protéger. Et au nom de votre liberté vous allez peut-être avoir une forme grave [du virus] et vous allez arriver à cet hôpital. Ce sont tous ces personnels qui vont devoir vous prendre en charge et peut-être renoncer à prendre quelqu’un d’autre. (…) Ce n’est pas ça, la liberté, ça s’appelle l’irresponsabilité, l’égoïsme. »

Il a en outre appelé à ce que le débat parlementaire sur le passe sanitaire, qui se prolongeait dimanche, « se fasse dans l’apaisement et l’efficacité »« jusqu’à ce que [la France] a[it] un texte dûment voté, qui sera soumis au Conseil constitutionnel ».

Moins de 30 % des Polynésiens vaccinés

La directrice de l’hôpital du Taaone, Claude Panero, a expliqué à M. Macron comment l’établissement s’était réorganisé pour faire face à l’épidémie, avec notamment la construction d’une salle d’accueil sur le parking. Quelque 10 500 personnes sont passées par le parcours de soins contre le Covid-19, pour une population de 280 000 habitants dans l’ensemble de la Polynésie française. Après plusieurs mois d’accalmie, « ça remonte très très nettement depuis deux semaines », a précisé Mme Panero.

En dépit des nombreuses doses disponibles et des encouragements du gouvernement local à se faire vacciner, moins de 30 % des Polynésiens sont passés à l’acte. « Le message, c’est : vaccinez, vaccinez ! Il y a tout ce qu’il faut, on a les doses, il faut maintenant la volonté », a expliqué au président le ministre local de la santé, le docteur Jacques Raynal.

La Polynésie française est une collectivité d’outre-mer autonome en matière de santé, mais elle a pu compter sur l’aide de l’Etat, notamment avec la mobilisation de la réserve sanitaire : plusieurs dizaines d’infirmiers sont en effet venus soutenir l’hôpital au plus fort de l’épidémie.

Une représentante du personnel a souligné que les soignants étaient « fatigués » et que les renforts venus lors de la première vague montraient aujourd’hui « beaucoup moins d’enthousiasme »« J’espère juste que le personnel permanent ne va pas démissionner », s’est enfin inquiétée cette dernière.

Le Covid-19 a fait 145 morts en Polynésie française. Sa progression y est plus difficile à contrôler en raison de la dispersion des 118 îles et atolls qui composent le TOM, et de la prévalence des comorbidités, comme le diabète, l’obésité et les maladies cardiovasculaires.

Au terme de sa visite de l’hôpital, le chef de l’Etat a promis aux soignants un « renforcement de la stratégie [contre le] cancer » en Polynésie, avec de nouvelles coopérations, par exemple avec le CHU de Bordeaux. En revanche, il n’a pas annoncé de création d’un Institut du cancer, comme l’espérait le gouvernement local.

A son arrivée à l’aéroport, Emmanuel Macron, accompagné du ministre des outre-mer, Sébastien Lecornu, a été accueilli selon, la tradition locale, par deux orero, Tekava Dauphin et Tuariki Teai, des artistes spécialisés dans l’art déclamatoire en tahitien. Le président, pour qui il s’agit du premier déplacement dans cet archipel du Pacifique Sud, avait dû reporter une visite prévue en 2020 en raison de l’épidémie de Covid-19

Par Le Monde avec AFP

Pourquoi Emmanuel Macron mise sur les patrons nigérians

juillet 14, 2021
Le président Emmanuel Macron avec le businessman et économiste nigérian Tony Elumelu à Lagos en 2018.

Alors qu’il était étudiant à l’ENA, Emmanuel Macron a séjourné pendant six mois au Nigeria. Depuis son arrivée à l’Élysée en 2017, le président français met tout en œuvre pour rapprocher Paris et Lagos et encourager les investissements.

Lors du sommet Choose France, qui a réuni des chefs d’entreprise du monde entier le 28 juin à Versailles, le Nigéria était placé au centre de l’attention. En effet, la première puissance économique du continent est le seul pays à avoir eu droit à un évènement spécial, réunissant des industriels français et nigérians de premier plan.  Signe de l’importance que revêt pour Emmanuel Macron la diplomatie économique de la France au Nigeria.

Rapprochement avec l’Afrique

Le président français a une vision particulière de la relation de la France avec le continent. Il est à l’origine d’une diplomatie économique militante. Il reproche aux entreprises françaises leur timidité sur les marchés mondiaux au-delà de leurs zones de confort.

« Il y a 40 ans, la France occupait une position de premier plan au Nigeria », a déclaré le président français à Jeune Afrique/The Africa Report. « De grandes entreprises françaises occupaient des positions de premier plan dans les secteurs de la construction, de la fabrication et de la logistique. Plus de 10 000 ressortissants français vivaient au Nigéria à cette époque. »

Mais, dans les années 2000, les entreprises françaises se sont éclipsés face à la concurrence étrangère. Michelin et Peugeot, par exemple, avaient des usines emblématiques, respectivement à Port Harcourt et Kaduna, toutes deux fermées depuis.

Aujourd’hui, il n’y a même pas un millier de citoyens français enregistrés à l’ambassade de France d’Abuja. « L’ironie, c’est que de nombreuses entreprises étrangères [non françaises] emploient aujourd’hui des ressortissants français au Nigéria », a regretté Emmanuel Macron.

LES NIGÉRIANS N’ONT PAS DE COMPLEXE D’INFÉRIORITÉ À L’ÉGARD DE LA FRANCE PARCE QUE LE PAYS N’EST PAS SUR LEUR RADAR

C’est au Nigeria que la relation d’Emmanuel Macron avec le continent a débuté. En 2002, il réalise un stage de six mois à l’ambassade de France à Abuja. Il y découvre alors un pays qui n’a rien à voir avec les repaires les plus familiers de la France en Afrique comme Abidjan, Dakar ou Libreville.

Pas de complexe d’infériorité

« Les Nigérians n’ont pas de complexe d’infériorité à l’égard de la France parce que le pays n’est pas sur leur radar », a déclaré le président français à Antoine Glaser et Pascal Airault dans un livre récent. « J’étais très heureux [au Nigeria]. Il y avait tellement de choses à faire, avec des gens extrêmement entreprenants, très créatifs, avec lesquels j’ai pu avoir une relation d’égal à égal de manière très spontanée et naturelle. »

Pourtant, à cause de l’insécurité et des mauvaises infrastructures, les entreprises nigérianes n’ont pas la vie facile.

Le quotidien nigérian The Guardian avait, en 2007, publié un éditorial résumant bien la situation. « La sortie de Michelin met en lumière un certain nombre de problèmes. L’incapacité du gouvernement à fournir un environnement favorable aux fabricants de pneus, la crise énergétique et son effet sur le coût des affaires, ainsi que l’usage abusif de dérogations présidentielles en faveur de certains Nigérians privilégiés », écrivait le journal.

Trois défauts majeurs

Les entreprises françaises sont, quant à elles, confrontées à trois autres problèmes : manque de relations personnelles, manque d’audace et un déficit de flexibilité.

Tout d’abord, les réseaux. Au cours des dernières décennies, les multinationales françaises ont fait tourner leur personnel expatrié, empêchant ces derniers de se créer de véritables réseaux. « Le business au Nigéria est principalement une affaire de personnes et de liens entre elles. Si vous n’avez pas cela, il est difficile d’opérer », déclare Jean Haas, directeur général de Relais International Consultants.

NETFLIX ET DISNEY ONT COMPRIS QUE LE PROCHAIN BLACK PANTHERS SERA « MADE IN AFRICA »

Ensuite, le manque d’audace. Le groupe de média Canal+ a investi dans le service de streaming nigérian iROKO, créé par Jason Njoku. Le groupe français, propriété de Vivendi, avait une stratégie africaine claire : se développer en Éthiopie et au Nigéria. Pourtant, lorsque ROk Studios, la branche de production d’iROKO, a été mise sur le marché, Canal+ a hésité à l’acheter, bien que le coût soit modeste.

« Les entreprises américaines ne se posent pas de questions. Netflix et Disney ont compris que le prochain Black Panthers sera « made in Africa » », explique Jacques Eliezer, associé de Procadres International dépêché par Vivendi pour redresser ROK. « Regardez Disney qui balance des millions sur un illustrateur nigérian qui n’a écrit que quelques bandes dessinées », dit-il, en faisant référence à Iwaju, la série que Disney va créer avec le studio nigéro-ougandais Kugali.

Bien sûr, toutes les entreprises françaises ne perdent pas leur sang-froid au Nigeria. TotalEnergies a, par exemple, mis en service la plus grande plateforme offshore qu’elle ait jamais construite, sur le champ en eau profonde d’Egina. À son pic de production de 200 000 barils par jour, celui-ci représente 10 % de la production pétrolière totale du Nigeria.

Pour Mike Sangster, directeur général de Total au Nigeria, « là où Total a été courageux, c’est en poursuivant » ce projet de 16 milliards de dollars après l’effondrement des prix du pétrole en 2014.

Enfin, il y a un déficit de flexibilité. En effet, il serait plus pertinent de cibler les 195 millions d’habitants avec des revenus les plus faibles, plutôt que de se concentrer sur les cinq millions de personnes aisées.

Le géant français du lait Danone a, lui aussi, voulu s’implanter dans la première économie africaine. Mais, il a été frappé par l’interdiction d’importer des produits laitiers qui fait partie de la politique d’« intégration en amont » de la Banque centrale du Nigeria. De fait, l’entreprise a dû adopter une approche plus souple. En 2016, le géant laitier français a pris le contrôle de FanMilk (100 % du capital à la fin 2019), un fabricant de crèmes glacées, de yaourts à boire et de jus de fruits. Au début de 2021, elle a annoncé qu’elle allait construire une ferme laitière phare dans l’État d’Ogun pour approvisionner FanMilk en lait nigérian.

Choose France

Pour ramener des entreprises françaises au Nigeria, le président français a lancé durant le sommet Choose France, un nouveau conseil des affaires France-Nigeria.

Ce conseil est la réincarnation d’une précédente initiative, qui n’a pas vraiment fonctionné. En 2018, lors de la tournée présidentielle d’Emmanuel Macron au Nigeria, un dialogue d’affaires franco-nigérian avait été organisé à Lagos. « Pas un seul PDG français n’est venu », a déploré le président français. « Nous devions nous impliquer […]. Au final, Abdul Samad Rabiu [BUA Group] a signé avec nous [un contrat avec la société française Axens pour la construction d’une raffinerie]. Les Américains sont furieux que nous ayons réussi à le faire balancer ».

En effet, BUA Group est en train de signer un contrat avec le groupe français de construction Saint-Gobain pour la construction d’une usine de plaques de plâtre. Dans le secteur de l’énergie, le closing financier du train 7 de Nigeria LNG va entraîner un énorme investissement dans le gaz de la part de toutes les parties prenantes, y compris Total.

La relation d’affaire franco-nigériane n’est pourtant pas à sens unique. La banque nigériane Access Bank, ouvre une banque en France pour mieux servir ses clients d’Afrique francophone qui ont besoin de service de correspondances bancaires.

Plusieurs freins à l’investissement

Toutefois, pour investir au Nigeria, il faut du courage et un réel engagement avec les partenariats locaux. « Les défis sont exactement ceux dont vous avez entendu parler, mais en pire », assure Jean Haas, directeur général de Relais International consultants.

Par exemple, le détaillant sud-africain Shoprite est la dernière multinationale a avoir quitté le Nigeria, du fait des évolutions défavorables des taux de change et des interdictions d’importation qui mettent ses produits hors de portée des classes moyennes.

Pour remédier à ces problèmes, le pays mettra en service -au cours des deux prochaines années- une série de raffineries, de zones franches et de ports.

LA COMBINAISON D’UN PORT EN EAU PROFONDE ET D’UNE ZONE FRANCHE INTÉGRÉE EST UNE « SOLUTION MIRACLE »

De fait, ces installations pourraient libéraliser le véritable potentiel du pays. Pour s’en rendre compte, il suffit de monter dans une voiture et de braver les interminables embouteillages de la péninsule de Lekki, à l’est de Lagos. Les lotissements et les commerces se sont multipliés sur des dizaines de kilomètres jusqu’à Aja et au-delà. Tous les quelques centaines de mètres, on trouve une station-service, un supermarché et un centre commercial.

Plus loin, on retrouve une coentreprise entre le géant américain des céréales Kellogg’s et la société singapourienne Tolaram. En face, China Harbour Engineering est en passe de terminer le port en eau profonde de Lekki, qui sera exploité par le géant du transport maritime français CMA CGM. Pour Dinesh Rathi, directeur financier de Tolaram, la combinaison d’un port en eau profonde et d’une zone franche intégrée est « une solution miracle » pour les entreprises qui ont repéré le potentiel de la région mais qui ont reculé devant les obstacles infrastructurels d’Apapa et de Tin Can Island.

A Port Harcourt, une autre zone franche se prépare à accueillir une raffinerie de sucre qui ciblera les opportunités de la zone de libre-échange continentale africaine et concurrencera les importations de sucre du Brésil. Dans le nord du Nigeria, les plantations de sucre et les rizeries construites par les principaux conglomérats du pays servent de points d’ancrage à d’autres investisseurs.

Certes, les titres des journaux mettent en garde contre la désintégration de la nation, font état de conflits ethniques, de stagflation, de centaines d’écoliers kidnappés et de la compagnie pétrolière nationale qui affirme qu’elle sera « incapable de verser » de l’argent sur le compte de la fédération du gouvernement. Tout cela est vrai. Mais, l’adage ne dit-il pas : la chance sourit aux audacieux.

Avec Jeune Afrique Nicholas Norbrook

France/Covid-19: semaine décisive pour faire barrage à une 4e vague

juillet 11, 2021
Covid-19: semaine decisive pour faire barrage a une 4e vague
Covid-19: semaine décisive pour faire barrage à une 4e vague© AFP/Archives/MARTIN BUREAU

Vaccination obligatoire des soignants, élargissement du pass sanitaire ? Face à une recrudescence des contaminations au Covid-19, le président Macron annoncera lundi de nouvelles mesures pour éviter qu’une 4e vague ne déferle sur les hôpitaux.

Le chef de l’Etat, qui s’adressera aux Français à 20H00, devrait détailler les mesures décidées dans la matinée à l’Elysée lors d’un conseil de défense sanitaire exceptionnel. Il « parlera de la situation sanitaire et de son évolution, à la lumière des données de l’épidémie dans les autres pays et de l’importance de la vaccination », indique-t-on dans son entourage.

Objet de nombreuses concertations depuis plusieurs jours, la vaccination obligatoire des soignants devrait être à l’agenda. C’est « une hypothèse très probable et légitime », a affirmé dimanche le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes Clément Beaune lors du « Grand Rendez-vous » Europe 1/CNews/Les Echos.

Pas question en revanche de rendre obligatoire la vaccination de tous les Français de plus de 12 ans: le ministre de la Santé Olivier Véran n’y est « pas favorable », a-t-il expliqué sur Radio J, contrairement à l’Académie de médecine et à Michel Barnier, potentiel candidat LR à la présidentielle.

L’allocution présidentielle intervient moins de 15 jours après la troisième et dernière phase du déconfinement. En cause: la diffusion du variant Delta, plus contagieux, qui a fait rapidement remonter les contaminations. Dimanche, 4.256 contaminations étaient enregistrées, contre moins de 3.000 il y a une semaine.

Elles pourraient s’élever à « 6.000 dans une semaine, 10.000 dans 15 jours et monter au-dessus de 20.000 début août si nous n’agissons pas », a estimé le ministre de la Santé.

Jauge abaissée

Pour l’épidémiologiste Arnaud Fontanet, membre du Conseil scientifique, la variable qui pourrait « tout changer » « c’est la vaccination » qui protège à 95 % des formes graves du variant Delta.

L’instance, qui guide le gouvernement depuis le début de la pandémie, préconise donc de resserrer les boulons pour empêcher un tsunami à l’hôpital où, pour l’instant, la décrue continue.

Dans un avis rendu vendredi, elle recommande l' »obligation vaccinale des soignants » et « d’autres catégories, comme les +aidants+, le personnel des services à la personne ou l’ensemble des professionnels (non sanitaires) exposés et exposant à un risque pour autrui ».

« La charge hospitalière pour l’instant n’augmente pas, mais il va se passer la même chose que l’été dernier, c’est-à-dire que les jeunes vont contaminer les moins jeunes, et, parce que tout le monde n’est pas vacciné, vous allez avoir une augmentation de la pression sanitaire, une augmentation des cas graves et des hospitalisations », estime Olivier Véran.

Dimanche, le nombre de malades du Covid-19 était stable dans les hôpitaux.

Pour faciliter la vaccination des fonctionnaires, la ministre Amélie de Montchalin veut favoriser l’ouverture de « barnums » devant les préfectures, directions départementales et régionales, a indiqué son entourage, confirmant une information du JDD.

Outre l’intensification de la vaccination, Emmanuel Macron pourrait annoncer un durcissement des restrictions, via une possible extension du pass sanitaire.

Sur ce terrain, le Conseil scientifique prône un abaissement de la jauge (actuellement fixée à 1.000 personnes) pour les événements soumis à ce pass, ainsi que des « mesures partielles de restrictions » dans les zones géographiques les plus touchées, « y compris en juillet et août ».

Mieux déployer

« Il faut sans doute revenir sur un certain nombre des mesures qui ont été levées le 30 juin pour espérer revenir dans une zone plus calme, le temps qu’on puisse mieux déployer la vaccination », a avancé l’épidémiologiste Dominique Costagliola, au micro d’Europe 1.

Alors que la finale de l’Euro (ItalieAngleterre) pourrait donner lieu dimanche soir à des rassemblements et à un relâchement des gestes barrière, les mesures sanitaires sont diversement suivies dans les festivals qui battent leur plein, selon les journalistes de l’AFP sur place.

A Cannes, s’il est impossible d’échapper au contrôle du pass sanitaire, le respect du port du masque, pendant les projections notamment, et de la distanciation physique créent la polémique.

« Il n’y a pas de cluster cannois », assure néanmoins le délégué général du festival de cinéma, Thierry Frémaux.

A Avignon, où les températures dépassent les 30 degrés, le port du masque à l’extérieur (exceptionnellement obligatoire en raison de l’affluence) est largement ignoré. En revanche, il est globalement bien respecté dans les salles de théâtre, fermées ou en plein air.

En revanche, dans les festivals de musiques actuelles, les gestes barrière sont plutôt respectés car les rendez-vous qui se tiennent ont choisi des formats inhabituels. Aux Vieilles Charrues, en Bretagne, la jauge en plein air a été limitée à 5.000 personnes, au lieu de 70.000.

Par Le Point avec AFP

Macron mise sur Bazoum et fait du Niger le cœur du dispositif français au Sahel

juillet 9, 2021
Mohamed Bazoum et Emmanuel Macron, à l’Élysée, le 9 juillet 2021, lors de leur conférence de presse commune à l’issue du sommet virtuel du G5 Sahel.

Un mois après avoir annoncé la « transformation profonde » de la présence militaire française au Sahel, Emmanuel Macron a livré les grandes lignes du futur dispositif à ses homologues ouest-africains. Et Niamey y occupe une place centrale.

Quel sera le dispositif militaire français au Sahel après la fin annoncée de l’opération Barkhane ? De Paris à Bamako en passant par Niamey, la question a donné lieu à de nombreux débats et spéculations. Ce vendredi 9 juillet, à l’issue d’un sommet en visioconférence entre les chefs d’État du G5 Sahel et le président français, Emmanuel Macron a tranché : l’engagement de la France dans la zone sahélienne passera « d’une opération militaire à un dispositif de coopération », a-t-il affirmé depuis Paris, au cours d’une conférence de presse conjointe avec son homologue nigérien Mohamed Bazoum.

La présence de ce dernier, seul président du G5 Sahel à avoir fait le déplacement, ne devait d’ailleurs rien au hasard, tant le futur dispositif fait de Niamey le pilier principal de la stratégie sécuritaire française dans la Sahel.

Fermeture progressive

Emmanuel Macron a annoncé la fermeture progressive des bases militaires françaises dans le nord du Mali, un processus qui démarrera d’ici la fin de cette année. Les bases de Kidal, Tessalit et Tombouctou seront concernées « d’ici le début de l’année 2022 », a précisé le président français, confirmant les annonces de Florence Parly, sa ministre des Armées. La présence militaire française va en revanche s’appuyer sur une coopération militaire renforcée avec les armées nationales, notamment via la Task Force Takuba – qui aura sa base à Niamey – et le partenariat avec la mission de formation de l’Union européenne au Mali (EUTM).

LA NATURE DE NOTRE ENNEMI COMMANDE UNE AUTRE COOPÉRATION

Cette annonce intervient un mois après celle de la fin de l’opération Barkhane. Huit ans après son lancement, en août 2014, dans la continuité de l’opération Serval au Mali, l’opération extérieure française la plus importante du XXIe siècle a enregistré des résultats plutôt mitigés, selon de nombreux observateurs.

Le président français et son homologue nigérien avaient participé, plus tôt dans la journée, à un sommet du G5 Sahel organisé par visioconférence par le Tchadien Mahamat Idriss Déby et auquel étaient présents le Burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, le Mauritanien Mohamed Ould Ghazouani et le Malien Assimi Goïta.

« Rationalisation » de l’engagement français

« Nous ne pouvons que souscrire avec ce que la France est en train de faire, nous concevons que cette voilure soit réduite », a commenté Mohamed Bazoum. « La nature de notre ennemi commande une autre coopération », a ajouté le président nigérien, évoquant une « rationalisation » de l’engagement français avec laquelle les pays du G5 Sahel sont « absolument d’accord ».

« Niamey sera très fortement musclée. Les forces françaises présentes dans le pays vont muscler le commandement actuel de la force Takuba. Les forces qui sont associées vont être intégrées à des unités de forces spéciales », a précisé pour sa part Emmanuel Macron. « Il est important qu’on ait une connaissance du terrain dans toutes les actions de coopération et de réassurance et d’avoir des forces qui savent travailler avec les armées sahéliennes », a-t-il ajouté.

Le dispositif qui prendra la suite de Barkhane – qui compte 5 100 hommes déployés dans la zone sahélienne – représentera à terme entre 2 500 et 3 000 hommes. Il s’appuiera en outre sur les forces françaises basées en Côte d’Ivoire. Le président français a d’ailleurs insisté sur le fait que le risque terroriste « se dissémine dans l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest » et concerne désormais tous les pays du Golfe de Guinée. Les forces françaises seront donc mobilisables pour être déployées dans l’ensemble de la région, et pourront y intervenir à la demande des pays partenaires.

IL NE FAUT PAS PERMETTRE QUE DES MILITAIRES PRENNENT LE POUVOIR PARCE QU’ILS ONT DES DÉBOIRES SUR LE FRONT

Interrogé sur la situation au Mali, où le colonel Goïta a mené deux coups d’État, contre Ibrahim Boubacar Keïta, puis contre Bah N’Daw, Mohammed Bazoum a assuré que les chefs d’État ouest-africains avaient été « intraitables sur la mise en œuvre les dispositions prises par la Cedeao ». Et d’ajouter : « Il ne faut pas permettre que des militaires prennent le pouvoir parce qu’ils ont des déboires sur le front où ils devraient être et que des colonels deviennent des ministres et des chefs d’États. Qui va faire la guerre à leur place ? »

Dans leur communiqué final, au ton sensiblement moins polémique, les chefs d’État du G5 Sahel ont affirmé avoir « pris note » de la décision du président français de « transformer le dispositif militaire français déployé au Sahel ». Une décision qui « s’inscrit dans le cadre des discussions conduites depuis le sommet de Pau, en janvier 2020, et poursuivies lors du sommet de N’Djamena, en février 2021″, précise le communiqué.

Avec Jeune Afrique par Fatoumata Diallo

Le chef de l’Etat tchadien reçu à l’Elysée

juillet 5, 2021

Mahamat Idriss Déby Itno a quitté N’Djamena dimanche pour une visite d’amitié et de travail en France.

« Le président du Conseil militaire de transition, président de la République, chef de l’Etat, le général de corps d’Armée Mahamat Idriss Déby Itno, a quitté N’Djamena ce matin, à destination de Paris », pour y effectuer « une visite d’amitié et de travail », indiquait dimanche un communiqué du service de communication de la présidence tchadienne, sans livrer de détails sur le programme.

Selon Jeune Afrique, la rencontre entre Emmanuel Macron et Mahamat Idriss Déby Itno s’est tenue lundi matin en toute discrétion dans le cadre de la préparation du G5 Sahel. La date de ce nouveau sommet n’est pas encore complètement arrêtée mais la date du 9 juillet est avancée.

La France est le troisième pays visité par le chef de la junte militaire depuis qu’il a pris le pouvoir, après le Niger et le Nigeria.

Général quatre étoiles de 37 ans, Mahamat Idriss Déby Itno dirige un Conseil militaire de transition (CMT) de 15 généraux depuis l’annonce de la mort de son père, Idriss Déby Itno. Dès le 20 avril, le CMT a proclamé son chef président de la République, dissous le Parlement et le gouvernement et abrogé la Constitution. Il a promis des élections libres et transparentes après une période de transition de 18 mois renouvelable une fois. La communauté internationale, l’Union africaine (UA) et la France en tête, ont exigé que cette période n’excède pas 18 mois.

L’armée tchadienne est l’un des principaux piliers de la lutte contre les groupes jihadistes dans le Sahel. Lors des obsèques d’Idriss Déby, Emmanuel Macron était le seul chef d’Etat occidental à être allé à N’Djamena rendre un hommage appuyé au défunt et à rencontrer son fils et successeur.

Rappelons que le président français a récemment annoncé un prochain désengagement militaire progressif de la France au Sahel. La force antijihadiste française Barkhane (5.100 hommes actuellement) va disparaître au profit d’un dispositif resserré, focalisé sur la lutte antiterroriste et l’accompagnement au combat des armées locales. 

Par Julia Ndeko avec AFP