Archive for the ‘People’ Category

La juge à la Cour suprême américaine Ruth Bader Ginsburg est décédée

septembre 18, 2020

Ruth Bader Ginsburg est morte à la suite de complications d'un cancer du pancréas.

© Stephan Savoia/EPA Ruth Bader Ginsburg est morte à la suite de complications d’un cancer du pancréas.
L’égérie démocrate à la Cour suprême des États-Unis s’est éteinte vendredi à l’âge de 87 ans après plusieurs combats contre le cancer.Ruth Bader Ginsburg avait été nommée par Bill Clinton juge à la Cour suprême des États-Unis en 1993. Elle a été la deuxième femme à être nommée à cette instance où elle a siégé durant plus de 27 ans.

Malgré des séances bihebdomadaires de chimiothérapie pour traiter son cancer, la magistrate de 87 ans se déclarait capable de maintenir son activité quotidienne.

«J’ai souvent dit que je resterais membre de la Cour aussi longtemps que je pourrais faire le travail à plein régime», avait-elle déclaré dans un communiqué suivant la mauvaise nouvelle. «Je reste pleinement en mesure de le faire», avait-elle certifié le 17 juillet dans un communiqué de presse.

Elle était reconnue pour ses combats pour la cause des femmes, les minorités et l’environnement, capable parfois de rallier deux des juges conservateurs les plus modérés.

Ce fut le cas récemment quand la Cour suprême a infligé des revers au président Donald Trump en matière de droits des salariés homosexuels et transgenres ou en invalidant sa décision d’annuler les protections accordées à près de 700 000 jeunes migrants.

Multiples combats contre le cancer

Ces dernières années, «Notorious RBG », comme la surnommaient affectueusement ses partisans, avait subi une opération pour retirer des nodules cancéreux au poumon et avait reçu un traitement à base de radiations pour un cancer au pancréas. Elle avait également combattu quatre cancers durant les années 1990.

Ses hospitalisations récentes n’étaient pas dues au retour du cancer, mais visaient à éliminer des calculs biliaires et à traiter une infection.

Mme Bader Ginsburg était l’une des quatre juges progressistes sur les neuf que compte le Cour suprême américaine. Ses partisans craignent que son départ ne fasse pencher pour longtemps le droit américain dans le camp conservateur.

Sous l’administration de Barack Obama, des démocrates l’avait enjointe à démissionner, mais elle avait déclaré en 2013 ne pas en voir l’utilité étant donné que «les démocrates s’en sortent bien aux élections présidentielles».

Depuis son arrivée au pouvoir, le président Trump a déjà nommé deux juges favorables au port d’armes et opposés à l’avortement.

Une juriste d’une importance historique

Dans un communiqué publié vendredi, le juge en chef de la Cour suprême des États-Unis, John G Roberts, a déclaré que les États-Unis avaient perdu une juriste d’importance historique et respectée de ses collègues.

«Nous sommes en deuil, mais nous avons confiance que les générations futures se souviendront de Ruth Bader Ginsburg comme nous l’avons connue – une défenderesse infatigable et inébranlable de la justice», a-t-il déclaré.

L’ancien président George W. Bush a également réagi à son décès en soulignant qu’elle aimait son pays et la loi. «Elle a consacré plusieurs de ses 87 années à la poursuite de la justice et de l’égalité, et elle a inspiré plus d’une génération de femmes et de filles», avance-t-il dans une déclaration écrite.

Avec CBC/Radio-Canada

France: L’ancien ministre Bernard Debré est mort à 75 ans

septembre 13, 2020

DISPARITION – Fils de Michel Debré et frère jumeau de Jean-Louis Debré, le professeur de médecine est décédé des suites d’une longue maladie.

Une image familiale. Elle date de 1986. En cette année où la droite revient au pouvoir, trois Debré siègent à l’Assemblée nationale. Michel, ancien premier ministre du général de Gaulle est réélu député de la Réunion. Deux de ses fils, jumeaux, sont élus pour la première fois. Jean-Louis, magistrat, dans l’Eure ; Bernard, médecin, en Indre-et-Loire. Ils posent, ceints de leur écharpe tricolore, devant les colonnes du Palais Bourbon. Les deux fils ont quitté la vie politique en 2017. À la fin du mois, Jean-Louis fêtera seul son soixante-seizième anniversaire ; son frère Bernard est mort ce dimanche, des suites d’un cancer.

Destinée familiale hors norme que celle des Debré. Avec ses complexités et sa part de rivalité. De ces jumeaux, Jean-Louis est le plus politique, Bernard davantage pris par sa carrière d’urologue, ayant choisi la carrière médicale comme son grand-père, Robert, fondateur de la pédiatrie moderne.

Mais lorsque Michel Debré quitte son mandat de maire d’Amboise (1966-1989), c’est à Bernard qu’il passe le flambeau. Celui-ci entre donc cette année-là au conseil municipal de la ville où François Ier fit venir Léonard de Vinci et en devint le maire trois ans plus tard. Il restera à la tête d’Amboise jusqu’en 2001.

La rivalité entre les deux frères s’exprime lors de l’affrontement entre Jacques Chirac et Édouard Balladur. Le député de l’Eure est d’une fidélité filiale au maire de Paris ; celui d’Indre-et-Loire rallie le premier ministre qui le nomme ministre de la Coopération en 1994. L’expérience gouvernementale s’interrompt en 1995 pour Bernard – il n’en connaîtra plus d’autres – quand Jean-Louis devient de son côté ministre de l’Intérieur.

Durant son ascension politique, Bernard Debré n’a jamais renoncé à sa carrière médicale. Il est chef du service d’urologie de l’hôpital Cochin lorsque François Mitterrand, président de la République, s’y fait opérer d’un cancer de la prostate, en septembre 1992. Même si l’opération elle-même est effectuée par le professeur Adolphe Steg, la photo est restée du chef de l’État raccompagné à sa sortie de Cochin par le chef du ­service.

La dernière partie de la carrière politique de Bernard Debré s’est déroulée à Paris. En 2004, à la faveur d’une législative partielle, il se présente dans la circonscription couvrant le nord du 16e arrondissement. Soutenu par le député sortant Gilbert Gantier, il écrase le candidat officiel de l’UMP, Laurent ­Dominati.

Libre aussi l’égard du milieu médical

Cette victoire comme « dissident » renforce l’autonomie de cet homme résolument de droite, mais tout aussi résolument libre à l’égard des états-majors politiques. « Grande gueule » mais loyal, il se range derrière Françoise de Panafieu en 2008, après avoir rêvé d’être le candidat de la droite à la mairie de Paris ; puis derrière Brigitte Kuster en 2014, après avoir espéré lui ravir la mairie du 17e. Trois ans plus tard, c’est à elle qu’il a transmis sa circonscription, à cheval sur les 16e et 17e arrondissements.

Libre à l’égard du milieu politique, Bernard Debré l’était tout autant à l’égard du milieu médical. Il s’était attiré des remontrances de ses pairs en publiant en 2012 un Guide des 4 000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux. Il y a deux ans, il partait encore en guerre contre certains antidépresseurs. Ayant salué la loi Leonetti comme une loi d’équilibre, il était farouchement opposé à une légalisation de l’euthanasie. Il y a quelques jours encore, à propos de la demande d’Alain Lecoq au président de la République, il avait dénoncé la « dictature de l’émotionnel », donnant dans son propre combat contre le cancer le témoignage d’une mort réellement dans la dignité.

Pluie d’hommages pour Bernard Debré, gaulliste au franc-parler et à «l’esprit libre»

Décédé dimanche des suites d’un cancer à l’âge de 75 ans, Bernard Debré était issu d’une illustre famille d’homme politique.

«Il n’avait pas sa langue dans sa poche» et aimait bousculer les codes, en politique comme en médecine: l’ancien ministre et ex-député de droite Bernard Debré est décédé à l’âge de 75 ans, a indiqué sa famille à l’AFP dimanche soir, des suites d’un cancer.

Grand urologue, Bernard Debré appartenait à l’une des illustres familles du gaullisme et de la Ve République. Il est le fils de Michel, qui fut rédacteur de la Constitution de 1958 puis le premier Premier ministre du général de Gaulle, et le frère jumeau de Jean-Louis, également ancien ministre et ex-président UMP (devenu LR) de l’Assemblée nationale et du Conseil constitutionnel.

Sa mort, des suites d’un cancer, a suscité immédiatement une pluie d’hommages.

Le président Emmanuel Macron a salué un «héritier du gaullisme», qui «n’hésitait jamais à sortir des cadres et à dire le vrai dès qu’il s’agissait de l’intérêt du pays»: «de l’hôpital à la politique, Bernard Debré fut toute sa vie un homme d’action».

«Professeur et élu de la Nation, c’est avec la même énergie que Bernard Debré soignait les maux de ses patients et ceux de ses concitoyens. Cet humanisme qu’il puisait dans ses racines gaullistes ne le quittera jamais», a également souligné le Premier ministre Jean Castex

Le président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand (LREM) a rendu hommage à un «homme (ex-LR).

De nombreux dirigeants à droite ont également salué son franc-parler et son «esprit libre».

«Bernard Debré était une figure majeure de notre famille politique. Il aura servi inlassablement la France par son engagement politique comme ministre, député et maire mais aussi comme grand professeur de médecine reconnu et respecté», a souligné le patron de LR Christian Jacob.

«C’était un homme droit qui n’avait pas la langue dans sa poche, un grand médecin, un gaulliste», avait auparavant twitté le député du Vaucluse Julien Aubert (LR), le député LR Eric Ciotti saluant un «homme libre, un homme politique passionné et entier, un grand médecin reconnu de tous à travers le monde» dont le «talent» et la «liberté manqueront à la France». chaleureux et passionné» qui inspirait «le respect de tous», le patron du parti socialiste Olivier Faure saluant aussi «un homme de bien», «courtois, fin, drôle, humain et amical».

Bernard Debré fut à partir de 1986 député d’Indre-et-Loire, département dont il a été conseiller général (RPR, devenu UMP puis LR) de 1992 à 1994. Il a été également ministre de la Coopération dans le gouvernement d’Edouard Balladur (1994-1995) et maire d’Amboise de 1992 à 2001 et député de Paris.

Ave Le Figaro par Guillaume Tabard

RDC: Denis Mukwege, un Nobel sous haute protection

septembre 12, 2020
Damien Glez

Refusant de céder à la terreur imposée par les groupes armés dans l’Est, le médecin congolais est la cible de menaces. Quelques mois après leur retrait, les Casques bleus sont de retour dans sa clinique de Panzi.

Il est difficile de placer le curseur de l’héroïsme : tant de prix Nobel de la Paix – récompense pertinente mais pas suffisante – se sont éloignés de leur cause, se sont boursouflés de mondanité ou ont fracassé leur idéalisme sur le mur du réel… En Afrique ou en Asie, l’évolution du positionnement idéologique de certains récipiendaires a même inquiété.

Le docteur congolais Denis Mukwege, lui, ne s’est ni assoupi ni assagi. Le 26 juillet dernier, toujours ancré dans son Kivu natal, le co-lauréat 2018 de la distinction norvégienne dénonçait, sur Twitter, un massacre survenu à Kipupu, en territoire de Mwenga.

Une déclaration dans la droite ligne de ses prises de position récurrentes contre l’impunité qui accompagne les tueries incessantes dans l’est de la RDC. Dans cet imbroglio de violences, l’indignation du gynécologue relève bien de la persévérance à labourer le sillon du bien.

Messages haineux

Comme de bien entendu, suite à son tweet estival, Denis Mukwege et des membres de sa famille ont reçu des messages haineux truffés de menaces. Des intimidations auxquelles le médecin n’a pas manqué de répondre : « Aucune malversation intellectuelle, aucune menace, aucune utilisation de la peur, ne m’empêchera de m’exprimer sur la réalité des atrocités que vivent les populations de mon pays et dont je soigne les séquelles tous les jours dans mon hôpital à Bukavu ».

À ceux qui pensent que les râleurs des réseaux sociaux ne passent pas à l’acte ou que les stars de la société civile aiment adopter une posture paranoïaque, il convient de rappeler que Mukwege avait échappé, en octobre 2012, à un attentat qui ciblait son domicile. Son gardien avait été tué par des assaillants.
Sous protection de la Monusco
Ce mercredi 9 septembre, les soldats de la paix de la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) ont donc fait leur retour à l’hôpital de Panzi. Il y a quelques mois, en pleine pandémie de coronavirus, ils s’étaient retirés du centre de soin. Protéger, c’est le moins –mais aussi le mieux– que puissent faire les Casques bleus, tant l’écheveau congolais est indénouable dans l’Est du pays.

Bien des observateurs soulignent que le régime lui-même n’a pas toujours été un soutien enthousiaste de Mukwege. Il y a cinq ans, accusé de « salir l’image » de l’armée congolaise, le documentaire « L’homme qui répare les femmes : la colère d’Hippocrate » de Thierry Michel et Colette Braeckman était interdit en RDC. Pas plus tard que le 3 septembre dernier, les forces de sécurité ont dispersé un rassemblement de soutien au médecin.

Impuissante à faire taire les armes, la mission onusienne va donc faire ce qu’elle peut : s’interposer entre les milices et le gynécologue, afin que celui-ci n’obtienne pas un nouveau prix, posthume celui-là

Avec Jeune Afrique par Damien Glez

Nafissatou Diallo sort du silence : ce grand projet qui va faire trembler Dominique Strauss-Kahn

septembre 9, 2020

 

 L’affaire DSK a gâché ma vie »,

Nafissatou Diallo, en 2012.

 

Nafissatou Diallo fait son grand retour dans l’arène médiatique. Neuf ans après l’affaire DSK, l’ancienne employée du Sofitel New York brise le silence dans les colonnes du magazine Paris Match.

C’est le scandale qui a fait chuter Dominique Strauss-Kahn. Alors directeur général du Fonds Monétaire International, l’ancien compagnon d’Anne Sinclair avait été accusé d’agression sexuelle, tentative de viol et séquestration par Nafissatou Diallo, une femme de chambre de l’hôtel Sofitel de New York où il séjournait. Des faits qui seraient survenus le 14 mai 2011 dans la suite de l’homme politique. Placé en détention provisoire, ce dernier a toujours nié ces accusations. Les images de DSK menotté et devant la justice ont ainsi fait le tour des chaînes d’information du monde entier. Un drame pour Dominique Strauss-Kahn qui a vu tous ses espoirs de candidature à la présidentielle de 2012 partir en fumée. Libéré quelques mois plus tard, après être contraint de rester dans une résidence surveillée dans un appartement de New York, DSK a finalement terminé avec cette affaire en décembre 2012, après un très secret accord financier avec la plaignante en lui versant un pactole de 1,5 millions d’euros mais également l’abandon des charges.

« Historique »

En 2015, l’avocat de Nafissatou Diallo révélait qu’elle avait ouvert un restaurant avec « une partie de l’argent versé par Dominique Strauss-Kahn »Cinq ans plus tard, l’ancienne accusatrice de Dominique Strauss-Kahn brise enfin le silence dans les colonnes du prochain numéro de Paris Match, dont elle fait la couverture. Une première pas moins de neuf ans après les faits. « Sa confession, dans une méga-église de Brooklyn, est historique« , révèle le magazine, qui annonce également que l’ancienne femme de chambre du Sofitel « revient sur le scandale » et « l’agression sexuelle dont elle dit et maintient avoir été victime de la part de Dominique Strauss-Kahn« . « L’affaire DSK a gâché ma vie« , a-t-elle même confié à Paris Match, alors qu’elle compte bien tout dévoiler dans un livre.

Avec Voici par Sonia Ouadhi |

Quinze discours d’indépendance qui ont marqué l’histoire africaine

septembre 8, 2020
Patrice Lumumba s'exprimant lors d'un rassemblement politique au moment de l'indépendance.

Lumumba, Houphouët, Keïta, Senghor, Mba, Ahidjo… En 1960, les leaders africains se sont succédé à la tribune pour proclamer l’indépendance de leurs pays. Solennels ou militants, ces discours sont entrés dans l’histoire.

Lyriques ou factuels, apaisants ou militants, consensuels ou combatifs : les dirigeants africains qui ont pris la parole le jour de l’indépendance de leur pays l’ont fait chacun à leur façon. En relisant les propos de certains d’entre eux, on se rend compte rétrospectivement qu’ils donnaient déjà le ton de ce qui allait se passer dans les semaines, voire les années qui ont suivi l’indépendance.

Jeune Afrique a rassemblé des extraits marquants de ces discours prononcés en 1960.

Cameroun : Ahmadou Ahidjo, le 1er janvier 1960
« Nous savons tous qu’il n’y a pas de dignité pour ceux qui attendent tout des autres. Nous savons que cette indépendance que nous venons d’obtenir ne serait qu’un leurre si nous ne pouvions l’assurer dans la réalité quotidienne. Nous sommes décidés à lui donner une existence qui ne soit pas seulement de façade. Nous serons jugés sur nos actes. Le monde attend de nous que nous lui fournissions la preuve de notre sérieux, de notre capacité à nous diriger nous-mêmes. »

 

Togo : Sylvanus Olympio, le 27 avril 1960
« Depuis quelque temps déjà l’idée de l’unité africaine a fait du chemin […], mais il semble que, pour ce problème d’actualité brûlante, l’accent ait été trop souvent mis plus sur l’unité politique que sur l’unité économique. […] Je suis, pour ma part, persuadé que c’est par la coopération économique que nous pourrons dès à présent contribuer, dans une grande mesure, au bien-être des habitants de l’Afrique-Occidentale qui nous concerne directement. »

Madagascar : Philibert Tsiranana, le 26 juin 1960
« Notre État libre et indépendant, conscient de ses responsabilités, conscient aussi de sa vitalité et de ses virtualités, se range aujourd’hui, librement en toute connaissance de cause aux côtés des autres États libres dans la Communauté, pour le meilleur comme pour le pire, et pour le progrès de la civilisation. »

RDC : Patrice Emery Lumumba, le 30 juin 1960
« Cette indépendance du Congo, nul Congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier que c’est par la lutte qu’elle a été conquise, une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte dans laquelle nous n’avons ménagé ni nos forces, ni nos privations, ni nos souffrances, ni notre sang. Cette lutte, qui fut de larmes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusqu’au plus profond de nous-mêmes, car ce fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable, pour mettre fin à l’humiliant esclavage qui nous était imposé par la force. »

 

Bénin : Hubert Maga, le 1er août 1960
« C’est pour nous un jour d’allégresse, jour qui consacre l’union de tous les enfants de ce pays pour la paix et la fraternité, jour qui marquera un nouveau pas en avant de l’Afrique vers un avenir meilleur. »

Niger : Hamani Diori, le 3 août 1960
« Je veux dire ici combien les responsables des quatre États de l’Entente [Côte d’Ivoire, Dahomey, Haute-Volta, Niger] ont œuvré ensemble ; dans le sens d’une évolution commune ; en vue d’un but commun aujourd’hui atteint. […] Notre chance fut de trouver en la personne du Président Félix Houphouët-Boigny cette noblesse de caractère, ce bon sens du terroir, cette sage bonhomie, en un mot toutes les qualités qui font du Père de l’Entente le véritable artisan de notre sûre et pacifique ascension. »

Haute-Volta (Burkina Faso) : Maurice Yaméogo, le 5 août 1960
« À la France, au général de Gaulle, dont le courage et la magnifique lucidité lui valent l’immortalité devant l’Histoire, à toutes les nations qui nous assistent, au clergé qui fournit à ce pays sa première élite avec les moyens du bord, aux professeurs français, qui, patiemment, ont façonné les responsables de ce pays, à nos chefs traditionnels qui ont su sauvegarder l’intégrité de notre État contre les atteintes de l’extérieur, aux anciens combattants et anciens militaires, toujours fidèles à l’honneur, à tous nos parlementaires, aux militants politiques de tous les échelons, aux vaillants combattants qui sont morts pour le triomphe de notre liberté, j’adresse, au nom du gouvernement, l’hommage de ma profonde gratitude. »

Côte d’Ivoire : Félix Houphouët-Boigny, le 7 août 1960

Félix Houphouët Boigny, aux côtés du ministre français Louis Jacquinot, le 7 aout 1960, lors de la proclamation d’indépendance de la Côte d’Ivoire.

« Voici arrivée, pour Toi, ô mon pays, mon Pays bien-aimé, l’heure tant attendue où ton destin t’appartient entièrement. Peuple de mon pays, laisse éclater ta joie, tu mérites cette joie. Tu as souffert plus que tout autre, en patience, mais ta souffrance n’a pas été vaine. Tu as lutté, mais pas inutilement, puisque la victoire, tu la connais aujourd’hui. Le besoin de dignité que tu portais en toi, le voilà enfin satisfait. »

Tchad : François Tombalbaye, le 11 août 1960
« Dans quelques minutes, notre peuple aura gagné le droit de disposer de lui-même, le droit de choisir lui-même sa propre voie, le droit de figurer parmi le concert des nations, égal en dignité aux plus grandes. »

Centrafrique : David Dacko, le 13 août 1960
« La République française vient de reconnaître l’indépendance et la souveraineté internationale de la République centrafricaine. Et pour cela, au nom de mon pays, je tiens à remercier le gouvernement français. La France a ainsi une fois de plus prouvé aux yeux du monde que sa mission était la protection de la liberté. »

Congo : Fulbert Youlou, le 15 août 1960
« Nous atteignons aujourd’hui notre majorité. Nous sommes comme le jeune homme qui est devenu adulte ; il acquiert la liberté de se diriger seul, comme il l’entend, comme il le désire ; il reçoit de ses parents une dot pour l’aider à démarrer dans la vie et dont il dépendra de lui qu’il l’utilise sagement, la fasse fructifier ou la dissipe. »

Gabon : Léon Mba, le 16 août 1960

Poignée de main entre Léon Mba, Premier ministre du Gabon et Michel Debré, Premier ministre français, après la signature des accords qui scellent l'Indépendance du Gabon, le 15 juillet 1960.

« Ma pensée se tourne vers la France amie avec une gratitude profonde. Au général de Gaulle, champion de l’Homme Noir et de la Communauté franco-africaine, je dis “Merci ! Merci du plus profond de notre âme passionnée de vraie fraternité !” Et je vois dans la présence à nos côtés de M. André Malraux, l’illustre chantre du courage, de la culture et de l’humaine dignité, le présage de la “voie royale” où s’engage notre pays. »

Sénégal : Léopold Sédar Senghor, le 6 septembre 1960
« Cher vieux Sénégal […], comment aimer l’Afrique sans t’aimer, comment défendre et manifester l’Afrique sans te défendre d’abord et manifester. Car l’Afrique n’est pas une idée, c’est un nœud de réalités : c’est d’abord un visage de basalte qui, à l’Occident extrême, s’ouvre à toutes les mers, à tous les vents du monde. »

Mali : Modibo Keïta, le 22 septembre 1960
« Le mot “Mali” continuera à résonner comme un gong sur la conscience de tous ceux qui ont œuvré à l’éclatement de la Fédération du Mali ou qui s’en sont réjouis. Nous restons mobilisés pour l’idée de la Fédération, qui, malgré tout, demeure une semence virile de l’unité africaine. Nous avons perdu une partie, mais nous gagnerons la manche, Inch Allah. Les puissances d’argent, les forces rétrogrades et impérialistes n’y pourront rien. »

 

Nigeria : Alhaji Abubakar Tafawa Balewa, le 1er octobre 1960
« C’est avec une fierté justifiée que nous affirmons que la réalisation de notre indépendance est sans précédent dans les annales de l’Histoire. Chaque étape de notre avancée constitutionnelle a été planifiée de manière résolue et pacifique, avec des consultations complètes et ouvertes, non seulement entre les représentants des différents intérêts du Nigeria, mais aussi en coopération harmonieuse avec la puissance administrante qui a aujourd’hui renoncé à son autorité.

Avec Jeune Afrique

États-Unis: Décès de Chadwick Boseman, star « Black Panther », terrassé par un cancer

août 29, 2020
 Chadwick Boseman, en février 2019.

L’Américain Chadwick Boseman, star du succès planétaire des studios Marvel « Black Panther », est décédé à 43 ans, après une bataille contre le cancer menée pendant quatre ans en privé, a indiqué vendredi son agent.

« Incarner le roi T’Challa dans Black Panther avait été le grand honneur de sa carrière », a affirmé sa famille dans un communiqué publié sur les comptes de Boseman sur les réseaux sociaux. « Il est mort chez lui, entouré de sa femme et de sa famille », ajoute le texte.

Diagnostiqué avec un cancer du colon en 2016, Chadwick Boseman n’avait jamais publiquement parlé de son état et avait continué à tourner sur les plateaux des grands films hollywoodiens tout en subissant « d’innombrables opérations et chimiothérapie », a encore précisé sa famille. « C’était un vrai combattant. Chadwick a persévéré à travers tout cela », ont ajouté ses proches dans le communiqué.

Premier super-héros noir

Avec « Black Panther » sorti en 2018, Boseman était devenu le premier super-héros noir à qui un film de la franchise Marvel était entièrement consacré. Réalisé par Ryan Coogler, « Black Panther » avait rassemblé, outre Boseman, un casting d’acteurs noirs parmi les plus prisés de Hollywood (l’oscarisée Lupita Nyong’o, Angela Bassett, Forest Whitaker, Daniel Kaluuya) et bénéficié d’un budget de production et de promotion faramineux.

Adaptation des aventures du premier super-héros noir créé par le studio Marvel Comics en 1966, le film raconte le combat mené par le roi T’Challa pour défendre sa nation de Wakanda, un pays africain prospère, accueillant des réfugiés et étendant sa technologie aux nations plus pauvres. Nominé pour l’Oscar du meilleur film – une première pour une adaptation de bande dessinée – et encensé par la critique, « Black Panther » avait généré plus d’un milliard de dollars de recettes au box-office. Ce film avait été célébré aux États-Unis comme un moment culturel important.

De Jackie Robinson à James Brown

Avant ce rôle, le plus important de sa carrière, Chadwick Boseman avait incarné la légende du baseball Jackie Robinson dans « 42 » de Brian Helgeland en 2013, le plus gros succès de l’histoire d’Hollywood pour un film de baseball. Il avait été loué aussi pour son interprétation du chanteur James Brown dans « Get on Up » de Tate Taylor en 2014.

Plus récemment, il était apparu dans « Da 5 Bloods » de Spike Lee. Il devait en outre reprendre le rôle de T’Challa dans un deuxième opus de « Black Panther » prévu pour 2022.

Né en Caroline du Sud, fils d’une infirmière et d’un petit entrepreneur, Chadwick Boseman avait aussi des origines au Sierra Leone.

« Il a inspiré plusieurs génération »

La nouvelle de sa mort a suscité des réactions émues au-delà d’Hollywood. Le candidat démocrate à l’élection présidentielle Joe Biden a aussitôt salué la mémoire de l’acteur. « Le vrai pouvoir de @chadwickboseman était supérieur à tout ce que nous avons vu à l’écran. De Black Panther à Jackie Robinson, il a inspiré plusieurs générations et leur a montré qu’on pouvait être tout ce que l’on désire – même des super-héros », a tweeté Joe Biden.

Sa colistière Kamala Harris a dit avoir « le coeur brisé » par le décès de la star, qui avait étudié comme elle à l’université Howard à Washington. « Il était brillant, bon, cultivé et humble », a-t-elle tweeté. Le dernier message posté par Boseman sur Twitter était justement, le 12 août, pour féliciter Kamala Harris de sa nomination.

La principale organisation américaine de défense des droits civiques, la NAACP, a félicité Boseman pour « avoir montré comment vaincre l’adversité avec grâce » et « marcher comme un roi, sans perdre le contact commun ».

Martin Luther King III, fils du célèbre militant pour les droits civiques, a salué un homme qui était « un superhéros pour beaucoup », tandis que la présentatrice de télévision Oprah Winfrey voyait en lui « une âme douce et douée » : « Nous montrer toute cette grandeur alors qu’il allait de chirurgies en chimiothérapies. Le courage, la force, le pouvoir qu’il faut pour faire ça. C’est ça, la dignité »

Par Jeune Afrique avec AFP

Congo-Brazzaville: l’ancien président Pascal Lissouba est décédé en France

août 24, 2020
Pascal Lissouba, président du Congo-Brazzaville entre 1992 et 1997.

L’ancien président congolais Pascal Lissouba s’est éteint en France, ce lundi matin, à l’âge de 88 ans. Il avait dirigé le pays de 1992 à 1997 avant de perdre le pouvoir à la suite de la guerre civile.

Pascal Lissouba est décédé, en début de matinée le 24 août, à Perpignan, dans le sud de la France, a confirmé à Jeune Afrique la famille de l’ancien président congolais. Son épouse, Jocelyne, et son fils, le député Jérémie Lissouba, se trouvaient à ses côtés. Il était âgé de 88 ans.

Démocratiquement élu en 1992, il avait perdu le pouvoir en octobre 1997 à la suite de la guerre civile congolaise, et s’était installé en France après un exil à Londres.

Ces dernières années, son état de santé s’était dégradé. Il souffrait de la maladie d’Alzheimer et n’était plus en mesure de mener d’activités politiques. Cela faisait longtemps qu’il ne recevait plus et qu’il ne gérait plus les affaires de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (Upads), le parti qu’il avait créé au tout début des années 1990 et dont Pascal Tsaty-Mabiala assure aujourd’hui la direction.

C’est le deuxième ancien président congolais à décéder en France cette année. Le 30 mars dernier, Jacques Joachim Yhombi-Opango, au pouvoir entre 1977 et 1979, a succombé des suites du coronavirus à Neuilly-sur-Seine, en région parisienne. Il avait 81 ans.

Avec Jeune Afrique

RDC: Cible de menaces de mort : un élan de solidarité en faveur du Dr Denis Mukwege

août 20, 2020

 

Les Etats-Unis ainsi que des organisations de la société civile condamnent « les graves menaces », qui ciblent le Prix Nobel de la paix 2018, après avoir dénoncé un massacre de civils à Kipupu dans le territoire de Mwenga dans la province du Sud-Kivu.

Dr Denis Mukwege

« Ce sont les mêmes qui continuent à tuer en RDC. Les comptes macabres de Kipupu sont dans la ligne droite des massacres qui frappent la RDC depuis 1996. Tant que l’impunité perdurera et que les recommandations du rapport Mapping des Nations unies seront ignorées, les massacres des Congolais continueront ». Ainsi écrivait le Dr Denis Mukwege dans un tweet publié le 26 juillet au lendemain du massacre de civils à Kipupu dans le territoire de Mwenga  dans la province du Sud-Kivu dans l’est de la RDC. Ces propos du gynécologue congolais ont été mal digérés dans certains milieux politico-affairistes au pays avec des ramifications dans quelques Etats voisins.

La preuve, c’est que ce tweet a donné lieu à une vague de consternation dans le camp des ennemis de la nation qui ont vite agité le spectre de l’intimidation à l’encontre du Dr Denis Mukwege. Ce dernier ainsi que les membres de sa famille biologique, à en croire les quarante-quatre organisations des droits humains signataires d’un communiqué daté du 19 août, feraient depuis un certain temps « l’objet de correspondances haineuses, d’intimidations et de menaces de mort de la part d’inconnus, qui l’accusent d’avoir un parti pris contre une communauté à l’est de la RD Congo ». Ces organisations de la société civile ont, par ailleurs, exhorté les autorités congolaises à renforcer la sécurité du gynécologue congolais et de sa famille ainsi qu’à diligenter, dans les plus brefs délais, une enquête pour les menaces de mort à son encontre.

Pour les signataires de ce communiqué, les accusations portées contre le Dr Denis Mukwege constituent, sans nul doute,  « une tentative délibérée de museler l’une des figures emblématiques de la société civile congolaise qui travaille pour mettre fin à la violence faite aux femmes et à l’usage du viol comme arme de guerre ». A la suite de ces ONG, les Etats-Unis, par le biais de leur ambassadeur Mike Hammer, se sont insurgés également contre les menaces de mort dont fait l’objet Dr Denis Mukwege les qualifiant d’inacceptables.

Rappelons que lors de sa dernière sortie médiatique, le Prix Nobel de la Paix Denis Mukwege avait plaidé pour la paix et la création d’un tribunal international à l’est du pays afin de juger les graves crimes commis entre 1993 et 2000. Le gynécologue congolais a été victime de deux tentatives d’assassinat depuis 2012 et, curieusement, aucune action judiciaire n’a été à présent entamée en vue d’identifier les coupables et de les traduire en justice.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

États-Unis: Donald Trump en deuil de son frère

août 16, 2020
Frère cadet du président, Robert Trump (à gauche sur la photo) est décédé à New York à l'âge de 72 ans.
© Diane Bondaress/AP Frère cadet du président, Robert Trump (à gauche sur la photo) est décédé à New York à l’âge de 72 ans.
Le président américain Donald Trump a perdu son frère cadet, Robert Trump, décédé samedi soir dans un hôpital de New York.

«C’est avec le coeur lourd que je vous annonce que mon merveilleux frère Robert est décédé paisiblement ce soir», a-t-il annoncé dans un communiqué.

«Il n’était pas qu’un frère il était aussi mon meilleur ami. Il va beaucoup nous manquer, mais nous nous retrouverons un jour. Son souvenir sera à jamais dans mon cœur.»

Un frère «formidable»

Donald Trump est allé visiter son frère vendredi alors qu’il se rendait au New Jersey pour la fin de semaine.

Robert Trump, 72 ans, était hospitalisé à l’hôpital New York Presbyterian à Manhattan. Depuis plusieurs mois, il souffrait d’une maladie dont les détails n’ont pas été divulgués, selon ce qu’un proche de la famille a confirmé à CNN.

Son état s’était toutefois détérioré au cours du dernier mois. Depuis les dernières semaines, il n’arrivait plus à parler au téléphone, selon ce qu’un ami de la famille a confié au New York Times.

Questionné sur l’état de santé de son frère lors de sa conférence de presse de vendredi, le président n’a pas souhaité donner d’information quant à sa maladie. «J’ai un frère formidable et nous avons une relation merveilleuse depuis toujours», a-t-il répondu aux journalistes. «J’espère qu’il s’en sortira, mais il passe des moments difficiles.»

Un allié loin des projecteurs

Bien que beaucoup moins célèbre que son frère, Robert Trump a longtemps été partie intégrante de l’empire immobilier familial. Vice-président exécutif, il était responsable des leurs casinos d’Atlantic City.

Il était d’une loyauté absolue envers le président. Il avait tenté en vain de faire interdire par la justice la publication d’un livre de sa nièce Mary Trump décrivant Donald Trump comme le produit d’une famille «toxique». Il estimait que ce livre à charge était «une honte» et avait obtenu un blocage temporaire de sa publication, mais un juge avait levé ce blocage en juillet.

Né en 1948, Robert Trump a été marié à deux reprises et n’a pas eu d’enfant

Avec CBC/Radio-Canada

États-Unis : Joe Biden choisit la sénatrice Kamala Harris comme colistière pour la présidentielle

août 11, 2020

La sénatrice sera la première femme noire à occuper la place de colistière lors d’une élection américaine.

Kamala Harris a été choisi par Joe Biden pour être sa colistière.
Kamala Harris a été choisi par Joe Biden pour être sa colistière. JEFF KOWALSKY / AFP

De Washington,

Joe Biden a choisi Kamala Harris comme candidate à la vice-présidence. « J’ai le grand honneur d’annoncer que j’ai choisi… une combattante en faveur de l’homme de la rue, et l’un des meilleurs hauts fonctionnaires du pays, comme colistière », a annoncé Joe Biden sur son compte twitter. « Ensemble, avec vous, nous allons battre Trump ».

Élue Sénateur de Californie en 2016, ancien procureur de l’État de Californie, Kamala Harris devient ainsi la troisième femme sélectionnée comme vice-présidente potentielle. Elle est aussi la première d’origine non-européenne, facteur qui semble lui avoir donné l’avantage sur les autres candidates. Cette annonce intervient une semaine avant la tenue de la convention démocrate, virtuelle cette année en raison de la pandémie de Covid-19. Elle met fin à un long suspense, même si Harris était donnée parmi les favorites.

Biden avait annoncé dès sa nomination acquise au mois de mars qu’il prendrait une femme comme colistière. Il a fallu plusieurs mois de réflexion au candidat du parti démocrate pour se décider. Dans un parti démocrate dont l’aile radicale est obsédée par les questions d’identité, et notamment raciale, le choix de l’actuelle sénatrice de Californie apparaît comme l’un des plus prudents pour Biden. Il espère apaiser ainsi la frustration de l’aile gauche du parti qui regimbe à voter pour un homme blanc septuagénaire.

Âgée de 55 ans, d’origine indo-caraïbe (son père est originaire de la Jamaïque et sa mère indienne), cette juriste diplômée de l’université de Howard à Washington et de l’Université de Californie n’a pas grandi dans un ghetto. Ses parents sont des universitaires de haut niveau, son père a été professeur d’économie à Stanford et sa mère diplômée en endocrinologie à Berkeley.

Mais Kamala Harris se considère comme afro-américaine, et a fait campagne en mettant cette caractéristique pendant les primaires démocrates. Elle avait notamment lancé une attaque virulente contre Joe Biden, l’accusant de s’être opposé à la déségrégation des écoles publiques dans les années 1970, expliquant qu’elle avait elle avait été l’une des élèves à avoir bénéficié de cette politique.

Mais l’aile radicale du parti avait critiqué Kamala Harris pour avoir été peu sensible à la question raciale quand elle était procureur général de Californie et procureur de district à San Francisco, et l’avait accusée de ne pas avoir assez pris en compte le racisme et la brutalité policière. Harris avait essayé de se défendre en se déclarant « progressiste » et favorable aux réformes des forces de l’ordre.

Harris avait finalement soutenu Biden et a fait campagne pour lui, après avoir suspendu sa propre campagne présidentielle à la fin de 2019. « On prend beaucoup de décisions importantes en tant que président », a dit Biden. « Mais la première est celle de choisir son vice-président… J’ai décidé que Kamala Harris était la meilleure personne pour m’aider à mener le combat contre Donald Trump et Mike Pence, puis à diriger ce pays à partir de janvier 2021 ».

« Nous ne sommes pas dans un moment normal », a-t-il ajouté. « J’ai besoin à mes côtés de quelqu’un d’intelligent, solide, et prêt à commander. Kamala est cette personne ».

Le choix de Harris comme colistière de Biden est un peu le reflet du tandem qu’il formait avec Barak Obama en 2008, à l’époque lui aussi un jeune sénateur récemment propulsé sur la scène politique nationale.

Donald Trump a aussitôt commenté l’annonce de ce choix en qualifiant Kamala Harris de « fausse ». « Avec Harris comme testament politique vivant de Joe Biden, il vient de donner le contrôle de notre pays aux émeutiers radicaux qui promettent d’augmenter les impôts, de couper les budgets de la police, de détruire les emplois dans l’énergie et d’ouvrir nos frontières ».

Avec Le Figaro par Adrien Jaulmes