Archive for the ‘People’ Category

Congo-Médias: Émile Awoué s’en est allé !

octobre 16, 2021

Il avait fait valoir ses droits à la retraite, l’ancien journaliste et Haut conseiller à la communication, Émile Awoué Ibata est décédé mardi 12 octobre à Pointe-Noire.

Émile Awoué, un nom qui continuera de marquer l’univers médiatique congolais, tant l’homme s’est construit par la force du travail, gravissant les marches les unes après les autres, au prix de l’effort et de l’abnégation, avec le ferme engagement de toujours donner le meilleur de lui-même. Des qualités humaines qui ont toujours guidé l’essentiel de son action et qu’il a toujours communiquées à ses collaborateurs.

Quand en 1985, Émile Awoué rentre de l’Institut Polytechnique de Télécommunication Osvaldo Herrera de la Havane à Cuba, il est loin de s’imaginer l’accueil enthousiaste que lui réservent ses collègues de la Voix de la Révolution Congolaise, l’actuelle Radio Congo.

Alors qu’il arrive à la radio nationale en qualité d’ingénieur, la direction de la chaîne le trouve plutôt plus utile à la Rédaction. Le correspondant de presse local qu’il était à Owando avant son départ en stage et qui rendait compte, entre autres sujets, des activités du président Marien Ngouabi s’y trouvant en séjour, a continué à marquer la corporation qui l’accueille.

Émile Awoué se plie à la volonté de sa hiérarchie en toute humilité, un des traits qui le caractérisent. Il commence comme reporter. Nagra en bandoulière, il s’adonne à la tâche avec un élan tel que son tempérament de bosseur est toujours remarqué.

En cette période où l’Union de la Jeunesse Socialiste Congolaise se renouvelle, Émile Awoué rejoint le département de la Presse, Propagande et Information du Comité central de l’UJSC. Il y occupe les fonctions de chef de la  Division « Audiovisuel ». Il est à la tête d’une équipe chargée de la production des émissions radio et télé de la jeunesse, intitulées « Jeunesse et Révolution ».

Son sens du management des équipes de communication joue désormais en sa faveur. Émile Awoué va tour à tour occuper les fonctions d’attaché de Presse au ministère de la Jeunesse (1990). Attaché de Presse au ministère de l’Agriculture et de l’Élevage (1991). Chef des programmes à Radio Pointe-Noire (1996). Directeur de Radio Pointe-Noire (1997). Directeur départemental de Télé Pointe-Noire, de 1997 à 2011.

En 2012, Émile Awoué est élu au Conseil Supérieur de la liberté de communication. Il y exercera jusqu’en 2019.

Pour de nombreux confrères moins jeunes que lui, Émile Awoué était un véritable grand frère, l’aiguillon à la vision juste.

Depuis l’annonce de son décès, les hommages affluent, notamment de la part de nombreux jeunes journalistes pour lesquels Télé Pointe-Noire où il a été directeur, aura été ce laboratoire qui les a façonné et surtout outillé, avant de continuer à exceller à la chaîne nationale à Brazzaville. Tous témoignent d’Émile Awoué, « un père qui a su donner à chacun sa chance de réussir en mettant toujours en avant le travail bien fait. »

Né le 4 juin 1950 à Itoumbi, Émile Awoué est décédé le 12 octobre 2021 à Pointe-Noire, à l’âge de 71 ans.

Adieu cher confrère, adieu Grand Frère !

Par Stany Frank avec Sacer-infos et lesechos-congobrazza.com

Le nouveau gros contrat d’Omar Sy avec Netflix

octobre 12, 2021

La plateforme américaine a annoncé ce mardi avoir signé un important contrat d’acteur et de producteur avec l’acteur français.

Il n’a pas volé ce contrat du siècle ! A l’inverse d’Arsène Lupin, le gentleman cambrioleur qu’il incarne à l’écran, Omar Sy est rentré mardi 12 octobre par la grande du cinéma mondial. Nertflix est tellement fan de l’acteur que la plateforme américaine lui confie un nouveau rôle devant et derrière la caméra. 

« Netflix s’est engagé sur un contrat pluriannuel de films avec l’acteur et comédien de premier plan Omar Sy. Cet accord verra la société de production de Sy basée à Paris et à Los Angeles développer des films orignaux pour Netflix, avec Sy comme acteur et producteur exécutif », a indiqué le géant américain dans un communiqué.

Cité dans le communiqué, Omar Sy se dit « très heureux d’avoir l’occasion de poursuivre (sa) relation » avec Netflix et a « hâte de cette prochaine étape dans (leur) aventure commune ».

Déjà connu à l’international et aux Etats-Unis depuis le succès du film Intouchables (2011), Omar Sy a été le héros en 2021 de la série Lupin, premier triomphe français sur Netflix, qui a conquis des dizaines de millions d’abonnés dans le monde.

Mi-septembre, la super star de 43 ans avait été le seul Français à figurer dans la liste des 100 personnalités les plus influentes de la planète selon le magazine américain Time.

Par Le Point avec AFP

FMI : Kristalina Georgieva, soutenue par les pays africains, sauve son poste à la tête du Fonds

octobre 12, 2021
La directrice générale Kristalina Georgieva rencontre le président de la République démocratique du Congo Felix Tshisekedi au Fonds monétaire international. © Joshua Roberts/FMI/Flickr Licence CC

Appuyée par les représentants de plusieurs États africains, mais également par la France et plusieurs pays européens, l’économiste bulgare a été maintenue, le 11 octobre, à la direction générale de l’institution multilatérale, après plusieurs semaines d’incertitude.

Dans un communiqué publié dans la nuit du 11 au 12 octobre, le Fonds monétaire international (FMI) a confirmé le maintien à son poste de Kristalina Georgieva, l’économiste et haut fonctionnaire bulgare à la tête de l’institution financière depuis le 1er octobre 2019.

« Le Conseil d’administration réaffirme sa pleine confiance dans le leadership de la directrice générale et dans sa capacité à continuer d’exercer efficacement ses fonctions. Le Conseil a confiance dans l’engagement de la directrice générale à maintenir les normes les plus élevées de gouvernance et d’intégrité au sein du FMI », indique le communiqué.

Allégations datant de son passage à la banque mondiale

Pendant plusieurs semaines et au cours de pas moins de huit sessions, le conseil d’administration du FMI a examiné le rôle joué – ou non – par l’ancienne numéro deux de la Banque mondiale dans diverses altérations supposées au classement Doing Business 2018.

À la suite d’une investigation confiée au cabinet d’avocats WilmerHale, la Banque mondiale avait annulé, le 16 septembre, la publication du rapport Doing Business, alléguant diverses manipulations commises à l’époque par les équipes sous la direction de Kristalina Georgieva, au profit notamment de la Chine. Une décision farouchement contestée par l’économiste de 68 ans.

L’EXAMEN DU RAPPORT WILMERHALE NE FOURNISSAIT PAS DE DÉTAILS SUR DES ÉLÉMENTS SUFFISAMMENT PRÉCIS

« Le Conseil d’administration a estimé que les informations présentées au cours de son examen ne démontraient pas de manière concluante que la directrice générale avait joué un rôle inapproprié concernant le rapport Doing Business 2018 lorsqu’elle était DG de la Banque mondiale », a conclu la direction du FMI.

Chasse aux sorcières

Le sort de Kristalina Georgieva, par ailleurs ancienne Commissaire européenne à la coopération internationale, faisait l’objet d’intenses spéculations ces dernières semaines, d’aucuns pointant une forte hésitation des États-Unis (16,5 % du capital du FMI) et du Japon (deuxième actionnaire avec 6,14 % du capital) à maintenir la responsable bulgare à son poste, sans un examen approfondi de son rôle à la Banque mondiale.

D’autres, parmi lesquels le prix Nobel d’économie Joseph E. Stiglitz, ont dénoncé une chasse aux sorcières et un règlement de comptes contre une dirigeante ayant bravé le conservatisme de Washington pour aider les pays du Sud face à la crise du Covid-19.

ELLE A ÉTÉ UN PARTENAIRE D’UNE VALEUR INESTIMABLE QUI A CONTRIBUÉ À NOS SUCCÈS COLLECTIFS

L’agence américaine Bloomberg rapportait récemment que selon des sources françaises (Paris détient 4,03 % des capitaux du FMI) et européennes, « l’examen du rapport WilmerHale ne fournissait pas de détails sur des éléments précis permettant de remettre directement en question la conduite de Mme Georgieva ».

Un rôle décisif

Dans un texte inédit, publié au début d’octobre par Jeune Afrique, une quinzaine de ministres africains de l’Économie et des Finances, étaient montés au créneau pour apporter leur soutien à la patronne du FMI.

« Kristalina Georgieva a joué un rôle décisif dans l’allocation générale sans précédent de droits de tirage spéciaux (DTS) équivalant à 650 milliards de dollars américains, en fournissant des liquidités et des réserves tampons à de nombreux pays qui se trouvaient dans le besoin. Elle s’est battue pour faire progresser le multilatéralisme et nous avons toujours su qu’elle était une ardente défenseure des nations en développement. Elle a été un partenaire d’une valeur inestimable qui a contribué à nos succès collectifs », ont-ils rappelé dans la tribune cosignée notamment par le Béninois Romuald Wadagni et l’Ivoirien Adama Coulibaly.

Les pays africains sont représentés au FMI par, entre autres, Ita Mary Mannathoko (Botswana), Willie Nakunyada (Zimbabwe), Osana Jackson Odonye (Nigeria) et Hossein Mirshojaeian Hosseini (Iran).

Avec Jeune Afrique par Joël Té-Lessia Assoko

Elizabeth II vue avec une canne en public

octobre 12, 2021

Elizabeth II vue avec une canne en public
Elizabeth II vue avec une canne en public© POOL/AFP/Frank Augstein

La reine Elizabeth II a été vue mardi marchant avec une canne, utilisant pour la première fois cet accessoire lors d’une apparition publique depuis 2004, lorsqu’elle avait été opérée d’un genou.

La reine de 95 ans, vêtue d’un ensemble bleu, manteau et chapeau assorti, assistait à une célébration à l’abbaye de Westminster à l’occasion du centenaire de la Royal British Legion, un organisme de soutien aux soldats et vétérans de l’armée britannique.

Pour accéder à l’abbaye, elle n’a pas emprunté l’entrée principale mais a pris une autre entrée pour raccourcir son trajet.

Le palais de Buckingham n’a pas souhaité faire de commentaires.

Devenue reine à l’âge de 25 ans, Elizabeth II compte plus de six décennies de règne.

Son époux le prince Philip est décédé le 9 avril à l’âge de 99 ans.

Par Le Point avec AFP

Canada-Québec: Économiste et directeur des opérations à l’Institut économique de Montréal… à 25 ans!

octobre 12, 2021

On entend souvent que les jeunes de la génération Y et même Z n’ont pas d’ambition et ne sont pas du genre à se tuer à la tâche. Si cette affirmation peut être véridique dans certains cas isolés, elle ne s’applique toutefois pas au Trifluvien Miguel Ouellette qui cumule depuis maintenant un an les fonctions d’économiste et de directeur des opérations à l’Institut économique de Montréal, en plus d’être chargé de cours au HEC Montréal, et ce… à seulement 25 ans!

À 25 ans seulement, Miguel Ouellette est économiste et directeur des opérations à l’Institut économique de Montréal.

© MARTIN ALARIE À 25 ans seulement, Miguel Ouellette est économiste et directeur des opérations à l’Institut économique de Montréal.

«Ce que j’aime de l’économie, c’est tout d’abord l’économie régionale et les politiques publiques et je veux m’impliquer avec la population québécoise pour faire du Québec un endroit plus libre et si je peux apporter mon grain de sel, c’est vraiment ce qui me passionne.»

Il est en effet impossible de dire que le Trifluvien qui garde un fort attachement à sa région malgré son exil pour les études, puis pour le travail, n’a pas d’ambition, lui qui a finalement trouvé sa voie comme économiste.

Mais détrompez-vous, même si le jeune homme de 25 ans est un passionné de chiffres depuis son enfance, cela ne veut pas dire que son choix de carrière a été plus facile à faire pour autant.

«J’ai toujours été captivé par l’entrepreneuriat, les chiffres et les mathématiques, mais je n’étais pas capable de mettre le doigt sur ce que je voulais faire, donc quand je suis arrivé au cégep, j’ai décidé d’aller au Collège militaire, car j’aimais beaucoup la discipline liée à l’armée, mais une fois rendu-là, j’ai découvert que je n’avais pas la liberté pour entreprendre des projets, donc j’ai décidé de sortir du Collège pour aller au Cégep de Trois-Rivières», raconte-t-il avec enthousiasme.

C’est finalement après avoir testé les rudiments de l’entrepreneuriat et de l’immobilier, puis ceux de l’administration que l’idée de devenir économiste a germé dans la tête de Miguel.

«Quand j’ai eu 18 ans, j’ai décidé d’acheter un immeuble à revenus avec l’argent que j’avais amassé pour essayer l’entrepreneuriat et l’immobilier, mais je me suis rendu compte qu’il me manquait une portion académique. J’ai donc décidé d’aller à l’UQTR en administration, mais cette fois, il me manquait le côté chiffres. C’est donc à ce moment que j’ai réalisé que c’était vraiment l’économie qui pouvait joindre tous ces aspects-là», énumère celui qui avoue que son principal problème a certainement été celui d’aimer trop de choses à la fois.

Ce nouveau chapitre de vie a ainsi amené le Trifluvien à se diriger du côté de l’Université de Montréal pour effectuer un baccalauréat en économie, avant de se diriger à Toronto quelques années plus tard pour effectuer sa maîtrise.

Une opportunité en or à l’IEDM

C’est d’ailleurs un stage à l’Institut économique de Montréal(IEDM) pendant sa première année au baccalauréat en économie qui aura permis à Miguel de se démarquer et de tranquillement tracer sa voie au sein de cette entreprise phare dans le domaine.

«Je pensais faire un doctorat après ma maîtrise, mais un matin, le président de l’IEDM, Michel, m’a écrit au début de ma maîtrise pour me demander s’il pouvait venir me rencontrer à Toronto. On a commencé à se parler et il m’a dit qu’il aimerait que je revienne à Montréal pour travailler avec eux. J’ai réfléchi à ça et j’ai décidé d’aller de l’avant. J’étais super intéressé, donc j’ai commencé comme économiste à l’été 2020 et 2-3 mois après, Michel m’offrait de me donner une autre position, soit celle du directeur des opérations. Je suis donc le bras droit de Michel en plus de mon poste d’économiste», mentionne celui qui a également la tâche de commenter certains dossiers économiques dans les médias.

Ces postes en soi sont évidemment déjà un grand pas pour le jeune homme, mais cela ne l’a pas empêché d’accepter également un poste de chargé de cours au HEC Montréal.

Si bien qu’en plus d’être le plus jeune de l’IEDM à obtenir un poste de cette envergure, Miguel Ouellette est probablement également l’un des plus jeunes à occuper un poste de chargé de cours. Cependant, le syndrome de l’imposteur, ce n’est pas pour Miguel, bien au contraire!

«Oui, je suis le plus jeune à l’IEDM et pour l’enseignement, ça ne me surprendrait pas, car j’ai plusieurs de mes étudiants qui sont plus vieux que moi, donc ça se peut très bien. Mais j’accueille ça avec humilité et au final, je n’ai pas la vérité absolue et je ne l’aurai jamais, et je pense aussi que comme professeur, j’ai beaucoup à apprendre de mes étudiants et eux aussi, donc c’est un beau défi pour moi.»

Apprendre à vitesse grand V

Si plusieurs se demandent comment un jeune de 25 ans peut gravir les échelons d’une entreprise aussi rapidement, pour Miguel Ouellette, il s’agit sans doute d’un concours de circonstances en raison de son implication dans le domaine de l’économie.

«Je pense que Michel de l’IEDM a vu en moi mon esprit entrepreneurial et quand il a vu que je faisais ma maîtrise à Toronto et qu’il n’y a pas beaucoup de gens qui font ce genre de maîtrise au Québec, il voulait m’avoir ici. Mais je crois aussi que le fait que je viens de Trois-Rivières, d’une famille de la classe moyenne, il trouvait que ça apportait une autre perspective à mon travail.»

Cela ne veut cependant pas dire que le jeune homme ne doit pas affronter des défis au quotidien depuis son entrée en poste à l’Institut économique de Montréal, tient-il à préciser.

«Évidemment, le fait que j’arrive à cet emploi très jeune, c’est un peu un monde que je dois apprendre et c’est une progression rapide. Je dois la suivre, mais en même temps ce qui me passionne, c’est d’apprendre un peu sur le tas et de passer des connaissances académiques aux connaissances pratiques.»

D’ailleurs, après plus d’un an passé à pratiquer son métier d’économiste, Miguel a encore des rêves plein la tête pour son avenir.

«C’est sûr que j’aimerais encore monter en grade, car je me plais ici à l’IEDM. Mais une autre chose que j’aimerais beaucoup, c’est de m’impliquer encore plus dans ma région pour parler aux gens, car je me considère toujours comme un Trifluvien», conclut-il.

Avec Le Nouvelliste par Amélie Houle – Le Nouvelliste

France: Hubert Germain, dernier survivant des Compagnons de la Libération, est mort

octobre 12, 2021
Hubert Germain, dernier survivant des Compagnons de la Liberation, est mort
Hubert Germain, dernier survivant des Compagnons de la Libération, est mort© POOL/AFP/Archives/Michel Euler

Le dernier Compagnon de la Libération Hubert Germain, disparu à l’âge de 101 ans, s’était donné pour objectif dans la vie de « toujours rechercher le plus difficile ».

Le 18 juin dernier, le centenaire coiffé de son béret vert était aux côtés d’Emmanuel Macron pour le 81e anniversaire de l’appel du général de Gaulle, au mémorial du Mont Valérien où il sera enterré.

Son épiphanie remontait à l’été 1940, la France est en pleine débâcle. Il est alors à Bordeaux où il passe le concours de d’entrée de l’Ecole navale. Ce colosse d’1m90, fils d’un général des troupes coloniales, n’a pas encore 20 ans.

« Au bout de cinq minutes je me suis dit +Mais qu’est-ce que tu fais là ?+ », confiait-il à l’AFP en 2017. « Je me suis levé en disant à l’examinateur: +Je pars faire la guerre+ ».

Dans le port de Saint-Jean-de-Luz, le jeune homme, né le 6 août 1920 à Paris, trouve l’Arrandora Star, qui s’apprête à convoyer des soldats polonais vers l’Angleterre. Il monte à bord avec trois camarades et arrive à Londres le 24 juin 1940.

Il y a 81 ans, ce n’est pas l’Appel du 18 juin qui l’a décidé. « On ne va pas recommencer ce cinéma-là, personne ne l’a entendu, l’appel ! (…) On a tous entendu ce laïus effrayant du maréchal Pétain, disant qu’il fallait terminer la guerre et déposer les armes. Ça a été un choc ».

Le souvenir de sa première rencontre avec de Gaulle, cet été-là, était intact: « Il s’arrête un instant, me regarde et me dit: +Je vais avoir besoin de vous+. Quand, à 18-19 ans, vous vous ramassez ça en pleine figure, dans le désastre général qui est là, il y a quelque chose qui vous émeut profondément ».

Engagé dans les premiers au sein des Forces françaises libres (FFL), Hubert Germain est affecté sur un cuirassé, où il suit les cours d’élève officier de marine. La journée, il étudie entre les alertes, la nuit il participe à la défense antiaérienne contre les raids allemands.

Au printemps 1941, il rejoint en Palestine la 1ère division française libre destinée à combattre au Levant. Il intègre ensuite la Légion étrangère et combat en Libye.

« Les braises ardentes »

« Enfant, je me disais que c’est ce que je devais toujours rechercher dans ma vie: le plus difficile », confiait-il dans « Espérer pour la France », un livre d’entretiens avec Marc Leroy paru en 2020. Chef de section antichars, il se distingue lors de la bataille de Bir-Hakeim en juin 1942 et est cité à l’ordre de l’armée.

Il combat ensuite en Egypte (El Alamein), en Tunisie et débarque en Italie. Blessé à Pontecorvo, il est évacué sur Naples, où il est décoré de la Croix de la Libération par le général de Gaulle fin juin 1944.

Il participe au débarquement de Provence en août 1944. Arrivé sur la plage, il tombe dans le sable et « pleure comme un enfant »: « J’avais retrouvé mon pays ».

Puis il combat pour la libération de Toulon, de la vallée du Rhône et de Lyon, prend part aux campagnes des Vosges, d’Alsace et termine la guerre dans le sud des Alpes.

Nommé aide de camp du général Koenig, commandant les forces françaises d’occupation en Allemagne, le lieutenant Germain est démobilisé en 1946.

Le voilà attaché de direction dans une entreprise de produits chimiques, avant d’être élu maire de Saint-Chéron (Essonne) en 1953, mandat qu’il conserve jusqu’en 1965.

Devenu député de Paris en 1962, il est ministre des PTT de 1972 à 1974 et brièvement ministre chargé des relations avec le Parlement, en 1974. Il dirige ensuite la Société française de télédistribution.

« Nous étions les braises ardentes et l’Ordre de la Libération s’est donné pour mission de garder ces braises ardentes en témoignage de cette époque », disait-il à propos de cet ordre, fondé par le général de Gaulle.

« Voilà mon rôle pour le peu de temps que j’ai à vivre encore: à tous les jeunes qui aspirent à travailler pour une France belle forte, saine, je suis apte à leur en donner un message ».

Seules 1.038 personnes ont reçu le titre de compagnon de la Libération. Hubert Germain, le dernier survivant, sera inhumé au Mont-Valérien, lieu de martyre de la Résistance.

Par Le Point avec AFP

Congo: Décès de Paul Dihoulou, ce matin à Brazzaville

octobre 11, 2021


Paul Dihoulou était Secrétaire général par intérim de l’UDR- Mwinda, et membre de l’opposition politique congolaise.

Avec Brazzanews

Le prix Nobel d’économie 2021 à 3 chercheurs basés aux États-Unis, dont un Canadien

octobre 11, 2021

STOCKHOLM — Un Canadien figure parmi les trois économistes basés aux États-Unis qui sont les récipiendaires du prix Nobel d’économie de 2021.

 

© Fournis par La Presse Canadienne

Il s’agit de David Card, natif de Guelph en Ontario, qui travaille à l’Université de Californie à Berkeley. 

Les deux autres sont Joshua Angrist du Massachusetts Institute of Technology et Guido Imbens de l’Université Stanford.  

L’Académie royale des sciences de Suède explique lundi que les trois spécialistes de l’économie expérimentale ont redéfini le travail empirique en sciences économiques. Ils sont récompensés pour leurs travaux sur les impacts du salaire minimum sur le marché du travail, de même que sur l’immigration et l’éducation.

«Leurs recherches ont considérablement amélioré notre capacité à répondre aux questions clés de causalité, ce qui a été très bénéfique pour la société», a déclaré le président du Comité des sciences économiques, Peter Fredriksson. 

M. Card a travaillé sur des recherches en ayant recours à des restaurants dans le New Jersey et dans l’est de la Pennsylvanie pour mesurer les effets de l’augmentation du salaire minimum. Lui et son défunt partenaire de recherche Alan Krueger ont découvert qu’une augmentation du salaire minimum horaire n’affectait pas l’emploi, remettant en cause l’idée reçue selon laquelle une augmentation du salaire minimum entraînerait une diminution des embauches.

Le travail de l’économiste canadien a également remis en question une autre idée répandue, selon laquelle les immigrants font baisser les salaires des travailleurs nés dans le pays. Il a constaté que les revenus des natifs peuvent bénéficier de l’arrivée récente d’immigrants, alors que ceux issus d’une immigration précédente risquent d’être affectés négativement.

L’Académie attribuera à David Card la moitié de la bourse de 10 millions de couronnes suédoises, soit environ 1,426 million $ CAN. Joshua Angrist et Guido Imbens se partageront l’autre moitié.

MM. Angrist et Imbens ont été récompensés pour avoir résolu les problèmes méthodologiques qui permettent aux économistes de tirer des conclusions solides sur les causes et les effets même lorsqu’ils ne peuvent pas mener des études selon des méthodes scientifiques strictes.

Contrairement aux autres prix Nobel, le prix d’économie n’a pas été établi dans le testament d’Alfred Nobel mais par la banque centrale suédoise en sa mémoire en 1968, le premier lauréat étant sélectionné un an plus tard. Il s’agit du dernier prix annoncé chaque année.

La semaine dernière, le prix Nobel de la paix 2021 a été décerné aux journalistes Maria Ressa des Philippines et Dmitry Muratov de la Russie pour leur combat pour la liberté d’expression dans des pays où les journalistes ont été victimes d’attaques persistantes, de harcèlement et même de meurtres.

Mme Ressa était la seule femme honorée cette année dans toutes les catégories.

Le prix Nobel de littérature a été décerné à l’écrivain tanzanien basé au Royaume-Uni, Abdulrazak Gurnah, qui a été reconnu pour son interprétation «sans compromis et compatissante des effets du colonialisme et du sort des réfugiés».

Le prix de physiologie ou de médecine est allé aux Américains David Julius et Ardem Patapoutian pour leurs découvertes sur la façon dont le corps humain perçoit la température et le toucher.

Trois scientifiques ont remporté le prix de physique pour des travaux qui ont aidé à expliquer et à prédire les forces complexes de la nature, notamment en élargissant notre compréhension des changements climatiques.

Benjamin List et David W.C. MacMillan ont remporté le prix de chimie pour avoir trouvé un moyen plus simple et plus écologique de construire des molécules pouvant être utilisées pour fabriquer des composés, notamment des médicaments et des pesticides.

Avec La Presse Canadienne

Mort à 85 ans de A.Q. Khan, père de la bombe atomique au Pakistan

octobre 10, 2021
Mort a 85 ans de A.Q. Khan, pere de la bombe atomique au Pakistan
Mort à 85 ans de A.Q. Khan, père de la bombe atomique au Pakistan© AFP/Archives/Aamir QURESHI

Abdul Qadeer Khan, père de la bombe atomique au Pakistan et héros national pour ses admirateurs, est mort dimanche à 85 ans, après avoir été testé positif au Covid-19 et hospitalisé plusieurs fois depuis août.

Le scientifique pakistanais, admiré pour avoir fait du pays la première puissance nucléaire islamique mais accusé d’avoir diffusé illégalement des technologies vers l’Iran, la Corée du Nord et la Libye, est mort après avoir été transféré à l’hôpital KRL d’Islamabad pour des problèmes pulmonaires, selon la télévision publique PTV.

Le Dr Khan avait déjà été hospitalisé dans cet établissement en août après avoir été testé positif au Covid, puis renvoyé chez lui, avant que son état ne se dégrade dimanche matin, a précisé la chaîne.

Le Dr Khan avait gagné son statut de héros national en mai 1998 lorsque la République islamique du Pakistan est devenue officiellement une puissance atomique militaire, grâce à des essais conduits quelques jours après ceux de l’Inde, l’éternelle rivale.

Sa mort a généré une vague de tristesse à travers le pays.

« Je suis profondément attristé par le décès du Dr A.Q. Khan », a déclaré sur Twitter le Premier ministre Imran Khan, soulignant à quel point le scientifique nucléaire était admiré au Pakistan pour « sa contribution cruciale à faire de nous un Etat doté de l’arme nucléaire ».

« Pour le peuple pakistanais, il était une icône nationale », a-t-il ajouté.

Les funérailles du Dr Khan se sont déroulées dimanche à la grande mosquée Faisal d’Islamabad. Quelques heures après l’annonce de sa mort, une pelle mécanique orange a commencé à préparer sa tombe, alors que des fidèles arrivaient dans la mosquée géante, la 6ème plus grande au monde.

Une pluie drue a commencé à tomber au moment où le cercueil, couvert du drapeau national, est apparu, entre une mer de parapluies noirs.

Le cercueil a été conduit sous une tente où l’attendaient sa famille et les officiels, sous haute protection. Plusieurs milliers de personnes se pressaient aux alentours.

« Sauvé le pays »

Le Dr Khan était admiré pour avoir permis au Pakistan de rivaliser avec l’Inde dans le domaine du nucléaire. Mais en février 2004, il a été placé en résidence surveillée à Islamabad, accusé d’avoir diffusé illégalement des technologies dans les années 1990.

En février 2004, il a admis à la télévision s’être livré à des activités de prolifération, avant de revenir sur ses déclarations et d’obtenir le pardon du président de l’époque, le général Pervez Musharraf.

« J’ai sauvé le pays pour la première fois quand j’ai fait du Pakistan un Etat doté du nucléaire et je l’ai encore sauvé quand je l’ai admis et en ai pris l’entière responsabilité », a déclaré le Dr Khan a l’AFP dans une interview en 2008.

En 2009, un tribunal avait prononcé la fin de son placement en résidence surveillée. Depuis, il était resté soumis à une protection ultra-rapprochée.

Né le 1er avril 1936 dans la ville indienne de Bhopal, onze ans avant la partition sanglante de l’Empire britannique des Indes, le Dr Khan est également responsable du programme de développement de missiles de son pays.

Diplômé en sciences à l’université de Karachi en 1960, il est parti compléter sa formation à Berlin, puis aux Pays-Bas et en Belgique.

Sa principale contribution au programme nucléaire pakistanais a été la conception de centrifugeuses, qui ont permis d’enrichir l’uranium afin de le porter à un taux de concentration permettant la fabrication d’armes.

Il a été accusé d’avoir volé cette technologie aux Pays-Bas, pendant qu’il y travaillait pour le consortium Urenco. A son retour au Pakistan, le Premier ministre de l’époque Zulfikar Ali Bhutto l’a désigné pour diriger le programme national d’enrichissement d’uranium.

En 1978, son équipe est parvenue à l’enrichir et en 1984 ils étaient prêts à faire exploser leur première bombe atomique, a révélé plus tard le Dr Khan.

Il a admis en 1990 qu’il s’était procuré les éléments nécessaires à l’étranger. « Il ne nous était pas possible de tout fabriquer dans le pays », a-t-il justifié.

Après les premiers essais atomiques en 1998, en réponse à ceux de l’Inde, le Dr Khan a assuré que son pays « ne voulait pas développer des armes nucléaires. Il a été forcé de le faire ».

Aucune des controverses qui ont jalonné sa carrière n’a entamé sa popularité au Pakistan. Des écoles, des universités, des hôpitaux portent son nom et son portrait illustre des affiches, des objets et des sites internet.

Par Le Point avec AFP et bur-nl-eb-mm/sg

France: Le journaliste Étienne Mougeotte est mort

octobre 7, 2021

Patron d’Europe 1, du « JDD », de « Télé 7 jours », de TF1 et du « Figaro », Étienne Mougeotte aura marqué le monde médiatique pendant 40 ans. Il avait 81 ans.

Etienne Mougeotte, ici en 2015, est decede.
Étienne Mougeotte, ici en 2015, est décédé.© PATRICK KOVARIK / AFP

Tout le monde se souvient du visage défait de Jean-Pierre Elkabbach le 10 mai 1981 à l’annonce de la victoire de François Mitterrand sur Valéry Giscard d’Estaing. On oublie qu’à côté de lui, Étienne Mougeotte, 41 ans, répète, comme pour s’en persuader, que le candidat socialiste va bien s’installer à l’Élysée. Le journaliste et directeur de l’information d’Europe 1, très marqué comme giscardien, est pris pour cible dans l’euphorie du triomphe – « Mougeotte aux chiottes ! » – et se réfugie au Journal du dimanche. Étienne Mougeotte, mort ce 7 octobre à l’âge de 81 ans, fut plus qu’un simple journaliste : rédacteur en chef, directeur d’une radio, d’un magazine, d’un quotidien et d’une chaîne. À chaque fois, il les a propulsés en tête.

Que de chemin parcouru depuis ses premiers pas à Paris Normandie au début des années 1960, lui qui envisageait d’abord une carrière politique – il a longtemps voulu passer le concours de l’ENA. D’abord correspondant à Beyrouth pour France Inter (1965), puis présentateur de journaux sur RTL et à l’ORTF, Mougeotte construit sa réputation à Europe 1, où il gravit tous les échelons et accompagne la montée en puissance de la station rachetée par Jean-Luc Lagardère. Avec sa petite bande – Charles Villeneuve, Gérard Carreyrou ou Jean-Claude Dassier –, il acquiert un savoir-faire unique dans la composition d’une antenne, associée à une facilité d’adaptation étonnante et une capacité de travail impressionnante.

Mougeotte, Elkabach, ©  GEORGES PAVUNIC / AFP
Le journaliste et directeur de l’information d’Antenne 2 Jean-Pierre Elkabbach, le président de l’Assemblée nationale Jacques Chaban-Delmas et le journaliste et directeur de l’information d’Europe n° 1 Étienne Mougeotte en 1979.© GEORGES PAVUNIC / AFP

À la tête de TF1

Après le « choc » du 10 mai 81, Mougeotte prend donc la tête du JDD, qu’il redresse, puis de Télé 7 jours, deux joyaux d’un groupe Hachette qui voit plus grand. Lagardère avait prévenu son homme de confiance : si Giscard était réélu, il aurait sa télé. L’arrivée de Mitterrand douche ses espoirs. La cohabitation cinq ans plus tard rebat les cartes. Durant la campagne des législatives, Jacques Chirac (RPR) avait promis qu’une chaîne publique serait privatisée. Ce sera TF1. Lagardère se porte candidat et dépose un dossier conçu par Mougeotte. Face à Francis Bouygues, Hachette apparaît comme l’archifavori. Que viendraient faire ces gens du BTP chez les saltimbanques ? Sauf que Bouygues, aidé par Bernard Tapie, construit son projet comme pour un appel d’offres : précis, complet, attirant. Contre toute attente, Francis Bouygues remporte en 1987 son duel contre Jean-Luc Lagardère. Et se permet même de débaucher, sur les conseils de l’un des fondateurs du Point, Jacques Duquesne, Étienne Mougeotte pour diriger SA chaîne. Victoire totale pour l’empereur du béton et nouveau défi pour le journaliste qui a porté au sommet Europe 1, Le Journal du dimanche et Télé 7 jours.

Bouygues choisit Patrick Le Lay, un de ses fidèles, décédé en février 2020, pour diriger les destinées de TF1 et lui associe Étienne Mougeotte. Là où l’ingénieur Le Lay est pointilleux et colérique, l’ancien bras droit de Lagardère est innovant et réfléchi. L’aventure commence mal. D’abord, sur le plan personnel : Mougeotte apprend qu’il est atteint d’un cancer de la gorge – Francis Bouygues et Patrick Le Lay le soutiendront et le couvriront lors de ses séances de chimiothérapie. Puis, sur un plan professionnel : la Une perd ses stars qui cèdent aux sirènes argentées de La Cinq de Berlusconi. Comme à chaque obstacle, Mougeotte fait le dos rond et sort de son chapeau des programmes populaires (l’émission Sacrée soirée, présentée par Jean-Pierre Foucault). Son règne sur le PAF peut débuter.

Le journaliste mise sur l’information, comme au temps d’Europe 1, avec Patrick Poivre d’Arvor et Claire Chazal en têtes de gondole ; le football – jusqu’à quatre matchs par semaine ! ; et les paillettes – des variétés à n’en plus compter. Les audiences s’envolent ; TF1 écrase la concurrence, une situation unique en Europe. Le cahier des charges est simple : un programme qui passe sous les 40 % de parts de marché sur les ménagères de moins de 50 ans n’a pas vocation à durer. « Ce type a d’abord une perception fine et juste de la société française. Il a fait TF1 pour elle, pas pour lui. Il aime la musique classique, mais n’a jamais proposé d’en mettre en prime time sur TF1 », expliquait, dans un portrait du Monde consacré à Mougeotte en 2007, son ami Jean-Claude Dassier, qui dirigera LCI, puis l’info de la Une.

Pas d’affect dans la gestion

En tant que patron de Télé 7 jours, Mougeotte a compris les logiques d’une grille des programmes, les dynamiques d’audience, et a renforcé son flair pour dénicher les talents… et les écarter avant même qu’ils ne soient en bout de course. Il n’y a pas d’affect chez lui : les enfants chéris d’hier deviennent rapidement les pestiférés de demain. Sabatier, Morandini, PradelDorothéeDechavanne, Risoli, Montiel… Tous seront écartés sans même un rendez-vous avec le boss – Mougeotte a horreur du conflit – au gré des orientations de TF1 et des courbes d’audience qui se tassent. Au milieu des années 1990, c’est la quête de sens : sans cesse critiquée (« la boîte à cons », dixit les Guignols), la chaîne écarte ses programmes les plus « trash ». Pour une courte durée.

Mougeotte, TF1, Le Lay, ©  PIERRE GUILLAUD / AFP
Le président-directeur général Patrick Le Lay  et le vice-président Étienne Mougeotte donnent une conférence de presse le 30 août 1990.© PIERRE GUILLAUD / AFP

Au tournant des années 2000, Mougeotte et Le Lay prennent avec succès la voie de la télé-réalité : Star AcademyL’Île de la tentationLa Ferme Célébrités, etc. Nouvelle pluie de critiques, mais les audiences sont au beau fixe, portées également par le JT de PPDA (près de 10 millions de téléspectateurs, première grand-messe d’Europe), les fictions policières (Julie Lescaut, Cordier, Navarro) et les grands événements (Coupes du monde, Euro, Miss France). Chaque matin, c’est le même rituel : après être arrivé très tôt dans son bureau de la tour TF1 quai Point-du-Jour à Boulogne, il lit toute la presse, puis décrypte une à une les courbes d’audience. Rien n’échappe à Étienne Mougeotte. Ou presque. Dans ce bilan presque parfait, deux ombres au tableau : l’échec de TPS et le virage raté de la TNT. Les deux compères quittent la chaîne en 2007. Mais impensable pour Mougeotte de s’arrêter.

Retour à la presse écrite

Il débarque au Figaro Magazine, puis prend la tête des rédactions du Figaro. Malgré une capacité de travail reconnue de tous, la greffe avec les journalistes du quotidien n’est pas sans difficulté : on reproche sa proximité avec le pouvoir en place – critique qu’on lui fait depuis 1974 alors que son parcours a commencé à gauche, à la tête de l’Unef. On accuse Mougeotte de rouler non pas pour la droite, mais pour Sarkozy, de placardiser certains journalistes (comme Éric Zemmour) et de ne pas s’adapter au numérique. En 2012, alternance oblige, il quitte le Figaro, remplacé par Alexis Brézet. Les dernières années de sa vie, loin de décrocher, il continue d’apporter conseils et savoir-faire soit chez Radio Classique, soit au groupe Valmonde (qui possède Valeurs actuelles).

Homme de pouvoir et d’influence, Étienne Mougeotte était curieux de tout. Accro aux matinales radio dès les lueurs du jour, il cherchait constamment l’info inédite, la déclaration qui ferait mouche, l’idée nouvelle, le journaliste qui sortirait du rang. Il envoyait fréquemment des SMS louangeurs à ceux qui l’avaient surpris ou intéressé à la lecture d’un papier ou en en picorant à la radio ou à la télévision. Il ne manquait jamais de fustiger ceux qui ânonnaient, plastronnaient, vivotaient ou dissertaient ad nauseam.Sponsorisé

Au début de l’année 2021, Etienne Mougeotte avait publié Pouvoirs,une autobiographie dans laquelle il revenait sur sa vie de patron de presse et de télé. Un ouvrage dans lequel, il ne levait finalement qu’une infime partie de ses secrets et de l’extraodinaire entrelac de réseaux, d’amitiés et de relations que toute sa vie il a contruit. Triste ironie, Etienne Mougeotte s’est éteint moins d’une semaine après la mort de Bernard Tapie, dont il fut un proche à la fois dubitatif et admiratif d’une personnage aux antipodes de lui-même. Affaibli depuis quelques années par un cancer qui avait récidivé et l’empêchait quasiment de se nourrir, sa « fureur de vivre » aura fait mentir de plusieurs mois les sombres pronostics de ses médecins. Journaliste jusqu’au bout des ongles, il s’est éclipsé sur la pointe des pieds…

Avec Le Point par Florent Barraco et Jérôme Béglé