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RDC-Derniers hommages : Philippe Masegabio inhumé ce mercredi à la Nécropole 1

juin 7, 2022

Une décoration à titre posthume du poète, Philippe Masegabio, est prévue par le chancelier des Ordres nationaux lors de la cérémonie funéraire à l’Hôpital du cinquantenaire, en matinée du 8 juin, à la suite de la veillée mortuaire organisée à sa résidence, la nuit du 7 au 8 juin.

Philippe Masegabio Nzanzu intervenant lors de la présentation du roman Gahi ou l'affaire autochtone (Adiac)

1 -Philippe Masegabio Nzanzu intervenant lors de la présentation du roman Gahi ou l’affaire autochtone / Adiac

Le Pr Philippe Masegabio Nzanzu est passé de vie à trépas, le 16 mai dernier, soit un mois jour pour jour après sa dernière apparition publique à l’occasion de la présentation du roman « Gahi ou l’affaire autochtone » d’Henri Djombo, le 16 avril. Intervenant à cette occasion, le critique littéraire avait alors salué l’initiative de l’auteur qui contribuait à renforcer le rapprochement des écrivains des deux rives du fleuve Congo à la bibliothèque du Centre Wallonie-Bruxelles.

Docteur en lettres et civilisation françaises formé à l’université Lovanium, l’actuelle Université de Kinshasa (Unikin), enseignant à l’Université pédagogique nationale jusqu’à sa mort, feu Philippe Masegabio était essentiellement poète et critique littéraire. Le monde littéraire congolais en deuil a perdu une de ses ferventes plumes mais aussi un brillant critique littéraire comme en a témoigné le nouvelliste Yoka Lye Mudaba. Il l’avait relevé haut et fort à la présentation du dernier essai critique du défunt, « Tchicaya U Tam’si, le feu et le chant. Une poétique de la dérision », qu’il s’était donné le plaisir de réaliser à sa demande, le 11 février 2020. Il en ressort notamment que le poète disparu a guidé ses « premiers pas de critique littéraire en herbe ». Ce, alors qu’il dirigeait la revue « Dombi » qu’il avait créée au sein de l’Office national de recherche et de développement.

Homme politique

Le Pr Yoka se souvient qu’en sa qualité de tout premier président de l’Union des écrivains zaïrois à sa création, en 1972, Masegabio l’a embarqué « dans le tout premier comité comme membre effectif », en dépit de sa fougue de « jeune Turc piaffant d’impatience et d’impertinence ». Et, vice-ministre, ministre de l’Information, puis ministre de la Culture sous le règne du maréchal Mobutu, en 1985-1986, il le «  prépare à rempiler à la tête de la Compagnie du théâtre national, afin d’y ramener la paix et une certaine rationalité managériale ». En tant qu’homme politique, il exerça également les fonctions de député, puis sénateur.Dernier essai critique de Philippe Masegabio, Tchicaya U Tam’si, le feu et le chant. Une poétique de la dérision (DR)

2 : Dernier essai critique de Philippe Masegabio, « Tchicaya U Tam’si, le feu et le chant. Une poétique de la dérision » / DR

Engagés dans un projet marquant leur engagement littéraire dans les années 2000, Yoka Lye a renseigné sur le fait qu’il avait été pensé un moyen d’unir les Congo. « Avec Masegabio ainsi que d’autres collègues et amis, nous nourrissions le vœu de construire le pont symbolique sur le Congo à partir de la littérature, et une synergie interactive, avec le pôle artistique et culturel de Lubumbashi, singulièrement de l’Unilu », a-t-il indiqué.

Spécialiste de la sémiologie littéraire et de Tchicaya U Tam’si, c’est dès lors grâce à sa thèse de doctorat défendue en 2014 à l’Unikin, qu’il confie: « j’ai pu, pour ainsi dire, faire davantage la connaissance de Tchicaya U Tam’si et me réconcilier avec sa poésie ».

Masegabio Nzanzu fut lauréat de quelques prix littéraires locaux, notamment la Médaille d’or du Mérite congolais des lettres,  deuxième prix de poésie Sébastien-Ngonso pour « Somme première » (1967), puis premier prix du concours de poésie organisé par le Goethe Institut et la Faculté des lettres de l’université Lovanium pour « Le temps des noces » (1968). Par ailleurs, l’Association internationale des parlements de langue française l’avait fait Commandeur de l’Ordre de la pléiade. La bibliographie de feu Philippe Masegabio, disparu à 77 ans, est essentiellement composée de recueils de poèmes. Parmi ses principales œuvres figurent « Somme première » (Poèmes 1967), « Le Zaïre Ecrit-Anthologie de la poésie zaïroise de langue française« (Horst Erdmann Verlag, 1976), « La Cendre Demeure« (Ed. Lokolé Dombi-Diffusion, 1983), « Fais-moi passer le lac des caïmans » (Dombi-Diffusion, 2006), « Le jour de l’Eternel : chants et méditations » (L’Harmattan, 2009), « Tchicaya U Tam’si : le feu et le chant, une poétique de la dérision » (L’Harmattan, 2017).

Avec Adiac Congo par Nioni Masela

Mort de Jean Lèques, la Nouvelle-Calédonie salue un « homme de paix »

juin 1, 2022
Mort de Jean Leques, la Nouvelle-Caledonie salue un "homme de paix"
Mort de Jean Lèques, la Nouvelle-Calédonie salue un « homme de paix »© AFP/Archives/Claudine WERY

Jean Lèques, emblématique maire de Nouméa de 1986 à 2014, est mort à l’âge de 90 ans, suscitant de nombreux hommages de la classe politique néo-calédonienne envers cet « homme de paix et de conviction », ardent défenseur du maintien de l’île dans la France.

Affaibli depuis plusieurs années, Jean Lèques est décédé « paisiblement » à son domicile, a-t-on appris mercredi auprès de ses proches.

« Jean Léques a consacré sa vie à la #NouvelleCalédonie et en restera à jamais une éminente figure », a tweeté la ministre des Outre-mer, Yaël Braun-Pivet, saluant « la mémoire de ce grand engagé ».

Sonia Lagarde, qui lui a succédé à la mairie de Nouméa en 2014, a salué « avec le plus grand respect » son « engagement » et son « exigence au service de sa ville », tandis que les drapeaux ont été mis en berne à la mairie, au siège du gouvernement, du Congrès et de la Province Sud.

« C’est un géant de la vie politique calédonienne qui nous a quittés », a pour sa part réagi le député Philippe Dunoyer, qui va en conséquence suspendre vendredi et samedi sa campagne pour les législatives.

Dans un communiqué, le gouvernement collégial, dont Jean Lèques fut le premier président de mai 1999 à mars 2001 après la signature de l’accord de Nouméa, a de son côté rendu hommage à « un homme de convictions, d’une grande culture et d’une mémoire hors du commun », qui « vouait une vraie passion à la Nouvelle-Calédonie ».

Retiré de la vie politique depuis 2014, Jean Lèques a été l’un des signataires de cet accord qui organise la décolonisation par étapes de la Nouvelle-Calédonie.

Homme de dialogue, il avait également signé les accords de Matignon, qui ont ramené la paix dans l’archipel du Pacifique Sud en 1988.

Elu pour la première fois en 1967 à l’Assemblée territoriale, Jean Lèques a été réélu dans cette institution, rebaptisée Congrès en 1989, sans discontinuer jusqu’en 2009.

Fervent catholique, ce démocrate chrétien avait d’abord milité à l’Union Calédonienne (UC), progressiste et multiraciale, avant de rejoindre les rangs du Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR, affilié au RPR) en 1978 lorsque l’UC a pris fait et cause pour l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie.

L’un de ses derniers engagements politiques fut la présidence d’un « comité des sages », mis en place par l’ancien Premier ministre Edouard Philippe, pour veiller à la bonne tenue de la campagne du premier référendum sur l’indépendance en 2018. Ce comité a également officié lors des référendums de 2020 et 2021.

Né le 31 août 1931 dans le quartier de la Vallée du Tir à Nouméa qu’il n’a jamais quitté, Jean Lèques, surnommé « Fifils » par tous les Calédoniens, était issu d’une famille présente sur « le Caillou » depuis la fin du XIXe siècle.

Après des études de droit en métropole, ce féru d’histoire américaine avait ouvert une étude de notaire à Nouméa.

Maire honoraire de Nouméa depuis 2014, il avait été élevé au rang de grand officier de la Légion d’honneur par le président de la République Emmanuel Macron, qui lui avait remis cette décoration en mai 2018 lors d’un déplacement à Nouméa

Par Le Point avec AFP

Procès Depp-Heard : le verdict de TikTok

mai 27, 2022

Le procès opposant les acteurs Johnny Depp et Amber Heard qui tire à sa fin a abondamment été commenté sur les réseaux sociaux depuis six semaines. Un déluge de vidéos satiriques contre l’actrice cumule des millions de vues, en particulier sur TikTok.

Amber Heard, debout, à gauche de l'image. On voit à l'avant-plan, à droite, Johnny Depp.

L’actrice Amber Heard au procès pour diffamation intenté par son ex-mari Johnny Depp. Photo: AFP/Jim Lo Scalzo

Le procès en diffamation de Johnny Depp contre Amber Heard tire à sa fin; il ne manque plus que le verdict des jurés. Mais le tribunal des réseaux sociaux, lui, a déjà tranché. Depuis maintenant six semaines, les images du procès sont décortiquées quotidiennement et la vaste majorité des publications sont en appui à l’acteur de 58 ans.

TikTok a été le réseau social de prédilection pour les fans qui suivaient le procès de près, avec des milliards de vues sur des montages vidéo des images du tribunal. Les témoignages d’Amber Heard sont coupés et remontés, avec l’ajout d’effets sonores et de musique dans le but de la ridiculiser. On se moque de ses mimiques et de son jeu d’actrice. À l’opposé, on met de l’avant l’humour de Johnny Depp lors du procès.

Ce parti pris se ressent aussi dans les mots clés utilisés. #JusticepourJohnnyDepp récolte pas moins de 17 milliards de vues sur la plateforme, soit bien plus que les 53 millions obtenus pour #Justiceforamberheard. L’actrice doit aussi composer avec les 658 millions de vues récoltés pour #Amberheardisguilty, qui ne laisse planer aucun doute sur le peu de crédibilité dont elle dispose auprès de cet auditoire.

Johnny Depp poursuit en diffamation son ex-femme, l’actrice Amber Heard, avec qui il a été marié entre 2015 et 2016, pour une tribune qu’elle a publiée en 2018 dans le Washington Post. Elle y affirmait être devenue une figure publique des violences conjugales, sans toutefois mentionner le nom de Depp. Ce dernier nie fermement les allégations de son ancienne conjointe.

D’après Callum Hood, responsable de la recherche au Center for Countering Digital Hate(Nouvelle fenêtre), ONG qui lutte contre la désinformation en ligne, il est cependant difficile de distinguer le vrai du faux sur TikTok. Sur la plateforme, de très courts extraits du procès sont retenus et présentés avec un gros parti prisexplique-t-il en entrevue à CNN(Nouvelle fenêtre).

Le contenu sur TikTok, plus que sur toute autre plateforme, ajoute-t-il, est sans contexte. Nous avons tendance à en savoir moins sur le compte derrière la publication, le moment où cela a été publié, la provenance du matériel, les motivations de la personne. […] C’est vraiment difficile, avec les informations dont vous disposez dans l’application, de comprendre le contexte et d’évaluer si c’est vrai ou faux.

L’appui à Depp favorisé par les algorithmes?

La viralité du procès est en fait nourrie par les plateformes elles-mêmes, selon Simon Thibault, professeur au Département de science politique de l’Université de Montréal et spécialiste de la désinformation et de la manipulation en ligne. Les algorithmes vont chercher à nous alimenter en contenu de plus en plus spectaculaire, voire incendiaire, pour maintenir notre attention, souligne-t-il.

« Il y a de la satire, avec des mèmes, des montages vidéo et audio qui se moquent des acteurs du procès. Il y aussi beaucoup de commentaires virulents corrosifs, en particulier à l’égard d’Amber Heard. Ce sont des manifestations qui contribuent à orienter le débat en ligne entourant ce procès-là. »— Une citation de  Simon Thibault, professeur au Département de science politique de l’Université de Montréal

D’après Simon Thibault, il ne faut pas non plus minimiser les prises de position de personnalités très influentes au sujet du procès, comme Joe Rogan, animateur du balado The Joe Rogan Experience, l’un des plus populaires sur Spotify.

Il a eu des propos très durs à l’égard d’Amber Heard, explique-t-il. Et ce genre d’intervention là, ça peut contribuer à libérer la parole de certains de ses auditeurs qui vont se permettre ensuite, par émulation, de tenir des propos encore plus virulents sur les réseaux.

Des faux comptes utilisés

Un tel soutien envers Johnny Depp pourrait-il s’expliquer par l’utilisation de comptes automatisés, aussi appelés bots, des campagnes coordonnées en faveur de l’acteur?

L’équipe de Amber Heard y faisait référence en 2019, lorsque l’actrice déposait sa poursuite à la suite de la plainte en diffamation de Johnny Depp contre l’actrice. Il est notamment allégué dans des documents de cour : Dans le cadre de sa campagne de diffamation en cours, M. Depp et/ou ses agents agissant en son nom ont dirigé des comptes de médias sociaux authentiques et non authentiques, et/ou des bots contrôlés par des non-humains, pour cibler Mme Heard sur le compte Twitter et tenter d’interférer avec sa [carrière].

Mais une firme israélienne(Nouvelle fenêtre), spécialisée dans la détection de fausses informations et de faux comptes en ligne, vient en partie déconstruire cet argument. L’entreprise Cyabra a passé au crible les comptes impliqués qui participent aux échanges en ligne dans le cadre de ce procès.

Selon les données récoltées(Nouvelle fenêtre) fin avril, 11 % des 2300 comptes Twitter analysés seraient inauthentiques. Cependant, la majorité de ces faux comptes seraient en soutien à Amber Heard et non à Johnny Depp, selon le PDG de Cyabra Dan Brahmy, dans une entrevue accordée à Fox News Digital(Nouvelle fenêtre)

Pour l’expliquer, le professeur Simon Thibault fait référence à stan culture, contraction entre stalker (harceleur) et fan.

Ces données montrent qu’il y aurait des faux comptes associés à chaque camp, mais que ça serait plus du côté Amber Heard, remarque-t-il. C’est peut-être une illustration de la popularité de Johnny Depp qui, manifestement, a un groupe d’admirateurs prêts à aller très loin pour manifester leur appui et à le faire en ligne de façon très disgracieuse, voire haineuse.

Avec Radio-Canada par Aude Garachon

Prix Kourouma 2022: Osvalde Lewat succède à Blaise Ndala

mai 26, 2022

Récente intervenante au Pavillon africain lors du Festival du livre de Paris au Palais de l’Éphémère, Osvalde Lewat est consacrée au « Salon du livre en ville autre lieu Genève » pour son premier roman « Les Aquatiques », paru aux Éditions les Escales, en août de l’année dernière.

Salon du livre de Genève 2022, remise du Prix Ahmadou Kourouma à Osvalde Lewat

Remise du Prix Ahmadou-Kourouma à Osvalde Lewat au Salon du livre de Genève 2022

Après la résonnance de la truculente histoire africaine de Blaise Ndala dans son roman « Dans le ventre du Congo », la documentaliste, photographe et réalisatrice native du Cameroun, Osvalde Lewat, se distingue avec un premier roman où elle met en avant une prise de conscience œuvrant pour la liberté.

Elle entre en littérature avec cette œuvre d’une vivacité remarquable, radioscopie de la société camerounaise vue du côté de l’élite et de la grande bourgeoisie. Et ce, à travers les destins croisés de Katmé, épouse bridée d’un homme politique dévoré par l’ambition, et de Samy, le presque frère de l’héroïne, artiste engagé contre le pouvoir en place et homosexuel.

Comment cette femme parviendra-t-elle à se libérer du joug marital, à l’heure où Samy se voit dénoncé et jeté en prison pour son orientation sexuelle, puis livré à la violence des Aquatiques, ces habitants d’un quartier déshérité qu’il a photographiés ?

Tout commence par une scène d’enterrement abracadabrante, celui de la mère de Katmé. Vingt ans après, sa tombe gêne un projet d’autoroute. Qu’à cela ne tienne, son gendre en profite pour créer un événement public en sa faveur… L’auteur procède ainsi, par des situations révélatrices décrites avec humour et acuité.

Fresque sociale, aux personnages et aux dialogues convaincants, ce roman éclaire, par les questionnements d’une Katmé refusant peu à peu de vivre « au rabais de soi-même », ces sociétés africaines où le mariage « c’est entre tradition et modernité » et où la liberté, quelle qu’elle soit, se traduit par la résignation à vivre sans elle ou à en payer le prix.

« Les Aquatiques » est un roman d’apprentissage d’une femme africaine au XXe siècle, entre ombre et lumière.

«  Je n’étais jamais retournée sur la tombe de Madeleine. N’y avais jamais apporté son repas préféré, de l’huile de palme, du sel ou une cruche de vin de raphia. Madeleine, pour autant que je m’en souvienne, préférait le vin rouge. Mais enfin, le vin de raphia, c’est ce que l’on déposait sur la tombe des morts dans le Haut-Fènn « , peut-on lire.

Osvalde Lewat est née le 17 septembre 1979 à Garoua, au Cameroun. En parallèle de ses occupations, elle encourage les jeunes à développer leur vocation artistique et les rapproche également des métiers du septième art et de ceux de l’écriture.

EAN : 9782365696760

304 pages

Prix : 20,00 €

Avec Adiac-Congo par Marie Alfred Ngoma

Banque : Paul Russo nommé à la tête de Kenya Commercial Bank

mai 26, 2022

Paul Russo a succédé le 25 mai à Joshua Oigara qui, en neuf ans, a mené le groupe vers une croissance significative et en a fait le numéro deux bancaire kényan.

Paul Russo © DR

Jusqu’ici directeur général de la National Bank of Kenya – NBK, filiale de Kenya Commercial Bank depuis son rachat en 2019 –, Paul Russo, entré dans le groupe en 2014, succède à Joshua Oigara. Professionnel des ressources humaines, il a auparavant occupé des postes à responsabilité dans ce domaine chez Barclays, PwC, K-Rep Bank Limited et Kenya Breweries Ltd, filiale d’EABL.

« Au cours de son mandat à NBK, il a opéré un redressement significatif à la banque. Il a fait passer l’entreprise du statut de déficitaire à celui de rentable, la plaçant sur une trajectoire de croissance plus forte à l’avenir », a déclaré Andrew Wambari Kairu, président du groupe KCB, dans un communiqué mardi 24 mai.

En mars, le conseil d’administration prolongeait d’un an le mandat d’Oigara à la tête de KCB afin de permettre ce que la banque a appelé un « processus de sélection compétitif ». Oigara avait été nommé DG de la banque en 2013, succédant à Martin Oduor-Otieno. Quelques années auparavant, il était recruté chez Bamburi Cement en vue de préparer le processus de succession.

Plus grande banque du Kenya après Equity

Au cours des neuf années que Joshua Oigara a passées à sa tête, KCB a mené une politique d’expansion agressive et connu une croissance significative. Dans son communiqué, la banque affirme que le DG sortant a eu « un parcours fantastique… et conduit le groupe à sa croissance la plus rapide en une décennie ».

Sous la direction d’Oigara, KCB a triplé le total de ses actifs, passant de 367,4 milliards de shillings kenyans (3,1 milliards de dollars) en septembre 2012 à 1 139 milliard de shillings kenyans en 2021, ce qui en fait la deuxième plus grande banque du Kenya après Equity Bank.

En avril, KCB a organisé la fusion de sa filiale rwandaise avec sa nouvelle acquisition, la Banque populaire du Rwanda (BPR), pour former BPR Bank Rwanda PLC, désormais le deuxième plus grand prêteur du pays. Outre le Kenya et le Rwanda, la banque est également présente en Tanzanie, au Soudan du Sud, en Ouganda et au Burundi. Elle a également entrepris des démarches en Éthiopie dans l’optique de la libéralisation du secteur bancaire, et se trouverait proche d’une acquisition en RDC.

Kenya Commercial Bank reste principalement dépendante de son marché national : ses filiales ont contribué à hauteur de 47,32 millions de dollars aux 300 millions de dollars de bénéfice net du groupe en 2021.

Avec Jeune Afrique par Morris Kiruga

Médias: Patrick Bofunda Ilingo, nouveau directeur Afrique de TV5 Monde

mai 21, 2022

La chaîne de télévision française a annoncé, le 19 mai, la nomination de Patrick Bofunda Ilingo au poste de directeur Afrique au sein de la direction de la ​​​distribution, du  marketing et de la ​commercialisation.

Patrick Bofunda

La nomination qui vient d’être faite, explique TV5 Monde, parachève l’organisation de son département marketing à la suite du départ à la retraite de Jean-Luc Cronel et à la nomination de Denise Époté au poste de directrice distribution, marketing et commercialisation en janvier 2022.

Titulaire d’une licence en administration publique et d’un master en droit, Patrick Bofunda Ilingo a débuté sa carrière en 2011 en tant que secrétaire particulier de Christian Atoki Ileka, ambassadeur de la République démocratique du Congo en France. En 2018, il a été nommé assistant politique et diplomatique de l’ambassadeur. En parallèle, en 2018, il fonde, à Kinshasa, l’agence 2i Conseil, spécialisée dans la stratégie d’influence en marketing et en communication publique.

Il poursuit sa carrière en 2020 en tant que manager des affaires publiques, de la communication externe et du marketing chez PPC Barnet à Kinshasa. En 2021, Patrick Bofunda Ilingo est nommé expert et membre du groupe de travail sur le développement du G20 pour le compte de la présidence congolaise. Il intègre TV5 Monde en mai 2022 en tant que directeur Afrique.  

Première chaîne généraliste mondiale en langue française, TV5 Monde est le deuxième réseau international de télévision diffusé auprès de 370 millions de foyers dans près de deux cents pays et territoires. L’ensemble de ses programmes, explique-t-on, rassemble une audience cumulée hebdomadaire de soixante millions de téléspectateurs uniques et trente millions en audience numérique mensuelle. Dans le cadre des vingt-cinq ans de la chaîne Afrique en 2017, elle a lancé une offre numérique gratuite, 100% Afrique et 100% mobile et enregistre déjà plus de cinq cent mille téléchargements depuis décembre de la même année.

Avec Adiac-Congo

Ousmane Sembène, cet inoubliable monstre sacré du 7e art africain

mai 19, 2022

SOUVENIR. Quinze ans après sa disparition, l’œuvre cinématographique et littéraire de Sembène Ousmane garde toute sa force faite d’authenticité et de réalisme.

Sembene Ousmane en 2002. L'oeuvre du cineaste et ecrivain continue de baigner des generations d'Africains dans des problematiques essentielles au continent.
Sembène Ousmane en 2002. L’oeuvre du cinéaste et écrivain continue de baigner des générations d’Africains dans des problématiques essentielles au continent.© Archives du 7e Art / Photo12

Le 9 juin 2007, l’étoile d’Ousmane Sembène s’éteignait à Dakar. Homme révolté et artiste engagé, il n’a eu de cesse, à travers son œuvre, de dénoncer les injustices sociales et les travers humains qui gangrènent les sociétés africaines. Ce cinéaste – et écrivain – autodidacte, internationalement reconnu, dont les combats sont d’une étonnante actualité, demeure sans conteste à ce jour l’un des maîtres du septième art du et sur le continent africain. Rien d’étonnant alors que dix ans après sa disparition, son talent et son engagement soient célébrés à la fois au Sénégal, son pays d’origine, mais aussi dans de nombreux autres pays africains.

De l’enfance à la guerre

De son vivant, Sembène Ousmane était considéré en Afrique comme l’un des écrivains les plus importants, mais aussi comme le plus grand des cinéastes. Il écrivait et filmait la rage au ventre. Une rage puisée dans une vie marquée par les blessures. Moins personnelles que collectives. De celles qui forgent les consciences et font naître les œuvres intemporelles.

Ousmane Sembène naît le 1er janvier 1923 à Ziguinchor, en Casamance au sud du Sénégal, dans une famille léboue où les hommes sont pêcheurs de père en fils. Rien ne prédestinait alors le jeune Ousmane à devenir « Monsieur Sembène ». D’abord à l’école coranique puis à l’école française qu’il fréquente dès son plus jeune âge, il développe le goût des langues et des mots. Il étrenne également un tempérament frondeur, qui préfigure l’homme révolté qui sommeille en lui. À 13 ans à peine, il est renvoyé de l’école pour avoir giflé son professeur qui voulait l’obliger à apprendre le corse. À 15 ans, il rejoint Dakar alors capitale de l’Afrique occidentale française, Saint-Louis étant alors la capitale du Sénégal.

Ousmane Sembène dans les années 70-80. ©  DR
Rien ne prédestinait Sembène Ousmane à être le grand cinéaste et écrivain qu’il est devenu, lui, le natif de Ziguinchor dans une famille de Lébous, pêcheurs de père en fils.© DR

C’est un premier tournant dans sa vie, qui va en connaître un second, en 1942. En ces temps des colonies, l’Afrique aussi vit sa guerre mondiale à côté des puissances impériales, la France et la Grande-Bretagne, en difficulté face aux troupes de l’Axe. Alors que dans l’Europe lointaine et inconnue, le conflit fait rage, le jeune Ousmane est mobilisé au sein de l’armée coloniale. Il intègre l’un des bataillons de Tirailleurs sénégalais et participe à la guerre au Niger, au Tchad, en Afrique du Nord et en Allemagne. Un moment décisif, car c’est dans la plaie de cette expérience extrême qu’Ousmane Sembène puisera, plus tard, une partie de son inspiration pour nourrir une œuvre naturaliste, à la Balzac ou à la Zola. Une sorte de néo-réalisme africain.

Après l’Europe de la guerre, celle du travail

1948 marque un autre tournant pour cet artiste qui s’ignore encore. Rentré à Dakar à la fin de la guerre, il repart aussitôt en Europe. Il y restera douze ans. Embarqué clandestinement pour la France, il a pris la direction de Paris où il travaille comme maçon et mécanicien dans les usines Citroën ; ce sera Marseille après où il sera embauché comme docker sur le port. Ce sont des années de dur labeur. L’occasion pour lui, surtout, de se forger une conscience sur sa condition d’Africain, de noir et d’ouvrier. De quoi côtoyer des idéologies qui apparaissent à l’époque comme de résistance, résistance de classe, résistance syndicale. C’est ainsi qu’il adhère à la CGT et au Parti communiste français dans ces années 50 où les mouvements d’émancipation africains sont en pleine ébullition. Sa conscience sociale et politique s’aiguisant, le voilà qui milite contre la guerre en Indochine, pour l’indépendance de l’Algérie aussi. Quand en 1960 le Sénégal devient indépendant, c’est l’heure pour Ousmane Sembène de rentrer enfin chez lui, en Afrique. C’est le début d’une nouvelle vie où ont bourgeonné les leçons des expériences passées.

L’artiste engagé éclôt derrière l’homme

Une autre vie donc qui, en réalité, a commencé quelques années plus tôt. Sembène ressent en effet depuis longtemps la nécessité de se « raconter » afin de dénoncer des injustices dont il a été la victime – parfois –, le témoin privilégié – souvent.

En 1956, il publie son premier roman, Le Docker noir, une histoire inspirée de sa vie de prolétaire sur le port de Marseille. Une critique poignante de la condition ouvrière et des préjugés raciaux. Prolixe, il publie en 1957 Ô pays, mon beau peuple, devenu unclassique de la littérature africaine. Ousmane Sembène y relate le combat d’un homme seul, Oumar Faye, jeune Casamançais marié à une Européenne, qui lutte lui aussi, mais en Afrique cette fois-ci, contre les préjugés raciaux. Une peinture sociologique d’une vérité rare… et toujours d’actualité.

Ousmane Sembène et la couverture de son livre "Les bouts de bois de Dieu". ©  DR
Toute l’œuvre de Sembène Ousmane est engagée. Ce qui ne lui a pas toujours facilité la cohabitation avec les autorités de son pays, le Sénégal, et de son premier président, Léopold Sédar Senghor.© DR

En 1960, c’est au tour des Bouts de bois de Dieu d’être publié. Le roman raconte la grève en 1947 des cheminots africains de la ligne de chemin de fer Dakar-Niger, une ligne qui relie Dakar à Bamako. Leur objectif : accéder aux mêmes droits que leurs collègues français. Suivront un peu plus tard Voltaïque (nouvelles, 1961), L’Harmattan (roman, 1963), Le Mandat (récit, 1964), Xala (récit, 1973), Le Dernier de l’Empire (roman, 1981), Niiwam et Taaw (nouvelles, 1987).

Au total, l’œuvre littéraire d’Ousmane Sembène, humaniste et engagée, qui valorise l’histoire et la psychologie des personnages, est riche d’une dizaine de romans et d’essais dans lesquels Boniface Mongo-Mboussa, l’écrivain et critique littéraire congolais, décèle, au-delà d’une « écriture apparemment simpliste et manichéenne, une volonté de toujours donner à voir la complexité du réel, avec une lucidité et une intransigeance qui font souvent défaut aux écrivains africains contemporains ».

La naissance de Sembène, le cinéaste

Retour en 1960. Le cortège des indépendances africaines s’est ébranlé. Ousmane Sembène est rentré sur sa terre natale, à l’instar de nombre d’intellectuels africains qui entendent participer à la construction de leurs jeunes nations. Certains ne tarderont pas à déchanter. En attendant, Sembène parcourt le continent, de l’ouest au centre. C’est alors qu’une petite musique se met à trotter dans sa tête. Une musique faite d’images animées. Celles du cinéma. Voilà sa vocation. Ousmane Sembène sera cinéaste. Depuis ce jour, même s’il ne cessera jamais d’être écrivain, le septième art sera pour lui une obsession. Non pour lui-même – l’art pour l’art –, mais pour dénoncer – les injustices sociales et les travers humains – et donner à voir une autre image de l’Afrique, au-delà des clichés. Une Afrique paradoxale, en pleine mutation, tiraillée entre traditions et modernité. De quoi pour l’homme d’expérience qu’il est faire rimer talent artistique et engagement social et politique. Donc à près de 40 ans, sur le tard, Ousmane Sembène se lance dans la carrière – cinématographique. Dans une Afrique encore largement analphabétisée, il est convaincu que le cinéma, plus que la littérature qu’il chérit tant, lui permettra de toucher un public plus large. Il excellera dans la peinture d’un continent africain, transfiguré et révolté.

Une bourse et des films marquants

En 1962, cet autodidacte décroche une bourse pour étudier le cinéma aux studios Gorki à Moscou, en URSS. Quelques années et quelques courts métrages plus tard, il réalise en 1966 son premier long-métrage – le premier aussi à être réalisé par un cinéaste d’Afrique noire. La Noire de…, c’est son titre, raconte l’histoire émouvante d’une jeune nourrice sénégalaise qui quitte son pays et sa famille pour venir en France, à Antibes, travailler chez un couple. Celui-ci l’humiliera et la traitera en esclave, la poussant finalement au suicide.

Pour Ousmane Sembène, ce coup d’essai est un coup de maître, couronné par le Prix Jean Vigo. Suivront d’autres chefs-d’œuvre, tels que Le Mandat en 1968, une comédie qui croque avec une ironie mordante les travers de la nouvelle classe bourgeoise postcoloniale qui émerge au Sénégal au sortir de l’indépendance (Prix de la critique internationale au Festival de Venise).

Une scène du film "Ceddo" avec Tabata Ndiaye.  ©  Archives du 7e Art / Photo12
Images du film Ceddo de Sembène Ousmane. Avant Ceddo, Sembène Ousmane avait ouvert la voie des cinéastes africains avec des oeuvres remarquées comme La Noire de…, Le Mandat, etc.© Archives du 7e Art / Photo12

En 1979, Ousmane Sembène fait l’expérience de la censure. Dans son film Ceddo, il relate la révolte, à la fin du XVIIe siècle, de guerriers traditionnels (les Ceddos) aux convictions animistes qui refusent de se convertir aux religions monothéistes. Ousmane Sembène y pourfend le rôle de l’islam et du catholicisme dans le délitement des structures sociales traditionnelles avec la complicité de certaines élites locales. L’œuvre est frappée d’une interdiction de diffusion au Sénégal. Le président-normalien Léopold Sédar Senghor justifie cette décision par… une faute d’orthographe. Le terme « ceddo » s’écrirait, selon lui, avec un seul « d ». En réalité, le pouvoir sénégalais ne souhaite pas se mettre à dos les autorités religieuses du pays.

Censuré également, mais en France et de fait cette fois-ci, un autre de ses grands chefs d’œuvre, le magistral Camp de Thiaroye. Une dénonciation d’un des épisodes les plus sombres de l’armée coloniale française en Afrique : le massacre de Tirailleurs sénégalais par des gradés français le 1er décembre 1944 dans le camp militaire de Thiaroye, à la périphérie de Dakar. Un vibrant hommage à ces Africains « morts pour la France libre ». Le film, Grand Prix du Jury à Venise en 1988, ne sera finalement diffusé en France que bien des années plus tard.

En 2000, Ousmane Sembène s’attaque à la réalisation d’un triptyque sur l’héroïsme au quotidien. Les deux premiers opus sont une ode à la femme africaine, dont l’artiste dénonce la condition. Dans Faat Kiné (2000), il brosse le portrait croisé de trois générations de femmes qui luttent pour gagner leur autonomie et leur liberté. Dans Moolaadé (2004), il évoque le conflit de valeurs entre le droit à la protection et la « salindé », la pratique traditionnelle de l’excision. Quatre fillettes, qui fuient pour échapper à cette coutume, trouvent refuge auprès d’une femme qui leur offre l’hospitalité (le moolaadé) malgré les pressions conjointes du village et de son mari. Un long métrage sanctionné par une pluie de récompenses (Prix du meilleur film étranger décerné par la critique américaine, Prix « Un certain regard » à Cannes, prix spécial du jury au festival international de Marrakech, etc., le tout en 2004). Il n’aura pas eu le temps de finir le troisième tableau.

L'affiche du film "Mooladé" en 2004. ©  Archives du 7e Art / Photo12
Affiche de Moolaadé de Sembène Ousmane. À l’image de ses précédents films, cet opus  plonge dans des univers que les Africains peuvent reconnaître.© Archives du 7e Art / Photo12

Au final, l’œuvre cinématographique d’Ousmane Sembène, forte d’une quinzaine de films, s’est inscrit dans le prolongement de son œuvre littéraire dont elle est en partie l’écho. L’artiste y a dénoncé, avec la même verve, les conflits entre dominants et dominés (blancs-noirs, bourgeois-prolétaires, hommes-femmes) et a invité à une inlassable quête d’émancipation, pour les peuples comme pour les individus.

Un cinéaste, un promoteur du 7e art

Militant, Sembène l’est aussi quand il s’agit de promouvoir l’art cinématographique en Afrique. Tout au long de sa longue carrière, il prendra une part très active dans la promotion du Fespaco, le célèbre festival de cinéma africain. En remerciement, une avenue porte désormais son nom à Ouagadougou au Burkina Faso, où le festival se déroule chaque année. Sembène se rendra aussi régulièrement de village en village, de pays en pays, parcourant l’Afrique, pour montrer ses films et engager le débat avec les populations. En 2006, au crépuscule de sa vie, il reçoit les insignes d’officier dans l’ordre de la Légion d’honneur de la République française.

Le réalisateur Ousmane Sembène, 82 ans, pose le 18 février 2005 dans son bureau à Dakar.  ©  SEYLLOU / AFP

Une reconnaissance honorifique, mais hautement symbolique, qui vient consacrer le talent de l’artiste, mais aussi la bravoure du Tirailleur sénégalais.

Malgré les années, une source d’inspiration

Le 9 juin 2007, Ousmane Sembène s’est éteint à l’âge de 84 ans à son domicile de Yoff à Dakar. Clap de fin sur une vie d’une rare épaisseur. L’artiste laisse derrière lui une œuvre puissante, engagée, d’une étonnante actualité. Une œuvre magistrale, à la fois très africaine et universelle, à la liberté de ton, sans commune mesure aujourd’hui. Une œuvre sombre et joyeuse à la fois. « On rit beaucoup dans les œuvres de Sembène », dit son biographe, Samba Gadjigo, professeur de littérature africaine aux États-Unis. « Et après avoir ri, on se pose des questions et on avance ». Pas de doute, quinze ans après sa mort, Ousmane Sembène garde toute sa force d’inspiration.

Avec Le Point avec AFP

Émirats arabes unis : décès du président Khalifa Ben Nahyane Al Nahyane

mai 13, 2022

Âgé de 74 ans, l’émir d’Abou Dhabi et président des Émirats arabes unis s’est éteint ce 13 mai

Khalifa Ben Zayed Al Nahyane. © DR

Le président des Émirats arabes unis et émir d’Abou Dhabi, Khalifa Ben Zayed Al Nahyane, est décédé ce 13 mai, a annoncé le ministère émirati des Affaires présidentielles. Un deuil national de quarante jours sera observé dans le pays. Demi-frère de Mohammed Ben Zayed Al Nahyane (MBZ), désormais émir d’Abou Dhabi, il était président depuis 2004 et la mort de son père, Zayed Ben Sultan Al Nahyane, fondateur de l’État émirati en 1971.

Doté d’une fortune estimée par Forbes à près de 20 milliards de dollars – ce qui en faisait le deuxième homme le plus riche du Golfe –, il a largement laissé les rênes de l’État à son frère, « MBZ », depuis son accident vasculaire cérébral en 2014.

Soft power

Sous son règne, les Émirats arabes unis se sont installés comme une puissance régionale importante, notamment sur le plan militaire. C’est également lui qui a initié une politique de soft power mondial à travers ses investissements dans le monde du sport et du football.

Son fonds d’investissement Abu Dhabi United Group est ainsi devenu l’actionnaire majoritaire du club anglais de Manchester City en 2008.

Avec Jeune Afrique par Jihâd Gillon

Un autre oligarque russe meurt dans des conditions mystérieuses

mai 11, 2022

Alexander Subbotin, ancienne pointure de la compagnie pétrolière russe Lukoil, a été retrouvé mort empoisonné au venin de crapaud, rapporte « The Independent ».

Alexander Subbotin, un ancien haut responsable du geant petrolier russe Lukoil, a ete retrouve mort empoisonne au venin de crapaud dans la maison d'un chaman, a Mytichtchi. (image d'illustration)
Alexander Subbotin, un ancien haut responsable du géant pétrolier russe Lukoil, a été retrouvé mort empoisonné au venin de crapaud dans la maison d’un chaman, à Mytichtchi. (image d’illustration)© NIKOLAY DOYCHINOV / AFP

Un nouveau décès d’oligarque est venu s’ajouter à la longue liste des milliardaires russes morts de manière suspecte, depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, le 24 février. Comme l’indique le quotidien britannique The Independent, Alexander Subbotin, ancien dirigeant de la compagnie pétrolière russe Lukoil, est décédé à l’âge de 43 ans des suites d’un empoisonnement au venin de crapaud. Pour soigner une soirée arrosée, le magnat russe aurait rendu visite à un chaman qu’il connaissait depuis plusieurs années, dans la ville de Mytichtchi, située en proche banlieue de Moscou.

Pour l’aider à se sentir mieux, le chaman lui aurait effectué une incision dans la peau pour y administrer quelques gouttes de venin de crapaud, explique The Independent. Après plusieurs vomissements, l’état de santé d’Alexander Subbotin aurait commencé à s’améliorer. Avant de se dégrader subitement. Après l’avoir vu développer une forte douleur thoracique, le chaman a conseillé à l’oligarque de prendre un calmant et de se reposer dans sa cave. Alexander Subbotin n’en ressortira jamais et est retrouvé mort quelques heures plus tard. Il aurait été victime d’une crise cardiaque, même si un examen médico-légal doit encore établir la cause exacte de son décès.

Six autres oligarques retrouvés morts dans des conditions obscures

Depuis fin janvier, six autres oligarques russes et leurs familles ont été retrouvés morts dans des circonstances que les enquêtes de police ne sont pas encore parvenues à éclaircir. Jugés proches du Kremlin, nombreux sont ceux à dénoncer des meurtres déguisés des autorités russes. Leonid Shulman, Alexander Tyulyakov et Vladislav Avaev, qui ont tous trois occupé par le passé des postes importants au sein de la société Gazprom, se sont suicidés en l’espace de trois mois.

Les corps de trois autres oligarques ont également été retrouvés à leur domicile et la thèse du suicide est, là encore, privilégiée pour l’heure par les enquêteurs. Mikhail Watford, magnat du pétrole, a été découvert pendu dans le garage de son manoir, au Royaume-Uni, Vasily Melnikov, ancien salarié de la société MedStom, retrouvé mort dans son appartement de Nijni Novgorod et Sergey Protosenya, l’ancien directeur général de Novatek, se serait pendu dans son jardin de sa maison en Espagne. Dans la plupart des cas, leur dépouille se trouvait aux côtés de celles de leurs femmes et enfants. Le décès d’Alexander Subbotin ne manquera sans doute pas d’intensifier les spéculations quant aux méthodes du Kremlin à l’égard des oligarques russes, depuis le début de la guerre en Ukraine.

Avec Le Point

La première dame américaine Jill Biden s’est rendue en Ukraine

mai 8, 2022
Jill Biden et Olena Zelenska.

La première dame américaine Jill Biden a rencontré l’épouse du président ukrainien, Olena Zelenska. Photo : Reuters

La première dame des États-Unis, Jill Biden, s’est rendue en Ukraine dimanche à l’occasion d’une brève visite surprise, a annoncé son porte-parole, et a rencontré son homologue ukrainienne Olena Zelenska dans une école proche de la frontière slovaque.

Je voulais venir pour la Fête des mères. Je pensais qu’il était important de montrer au peuple ukrainien que cette guerre doit s’arrêter, a-t-elle déclaré devant des journalistes, affirmant que le peuple américain se tient aux côtés du peuple ukrainien.

Jill Biden se trouvait en Slovaquie cette semaine, notamment pour rencontrer des familles de réfugiés ukrainiens et son incursion en Ukraine avait été gardée secrète jusqu’au dernier moment.

Jill Biden et Olena Zelenska se sont serrées dans les bras et la première dame des États-Unis a offert un bouquet de fleurs à l’épouse du président ukrainien.

C’est la première fois que Mme Zelenska apparaît en public depuis le début du conflit, le 24 février, a indiqué un responsable américain. Selon la même source, les deux dames ont échangé des courriers au cours des dernières semaines.

Je voulais venir à la Fête des mères, a dit Mme Biden aux journalistes qui ont assisté au début de la rencontre dans une petite salle de classe d’une école convertie en centre d’accueil pour réfugiés.

J’ai pensé qu’il était important de montrer au peuple ukrainien que cette guerre doit s’arrêter, que cette guerre était brutale et que le peuple des États-Unis est aux côtés du peuple ukrainien, a-t-elle poursuivi.

Mme Zelenska a répondu en ukrainien, ses propos étant traduits par un interprète.

Tout d’abord, je voudrais vous remercier pour un acte très courageux, a-t-elle dit.

Parce que nous comprenons ce qu’il faut pour que la première dame des États-Unis vienne ici pendant une guerre où les opérations militaires ont lieu tous les jours, où les sirènes d’alerte aérienne résonnent tous les jours, même aujourd’hui, a ajouté Olena Zelenska.

Nous ressentons tous votre soutien et nous ressentons tous le leadership du président américain, mais nous tenons à souligner que la Fête des mères est une journée très symbolique pour nous, car nous ressentons également votre amour et votre soutien lors d’une journée aussi importante, a-t-elle ajouté.

Par Radio-canada avec Agence France-Presse