Archive for the ‘People’ Category

Près de 200 musiciens suédois dénoncent des abus sexuels

novembre 17, 2017

Stockholm – « Quand on est violée par un musicien de talent, on perd beaucoup d’amis »: 1.993 artistes suédoises ont dénoncé vendredi dans une tribune les agressions, les viols et le harcèlement dans le milieu de la musique.

Les signataires, dont les stars de la chanson Zara Larsson et Robyn, s’insurgent contre la « culture du silence » dans une industrie où le harcèlement et les agressions sont « plus la règle que l’exception ».

« Dirigeants dans le milieu de la musique, c’est votre responsabilité que personne ne soit victime de harcèlement sexuel et vous avez échoué », écrivent-elles dans le quotidien Dagens Nyheter.

Cette tribune est publiée un peu plus d’une semaine après celle de 456 comédiennes dénonçant le harcèlement, les agressions et la culture du silence dans le cinéma et le théâtre dans le pays scandinave.

Certaines de ces actrices doivent se retrouver les 19 et 20 novembre pour lire leurs témoignages sur scène.

Rassemblés sous le mot-dièze #quandlamusiquesarrete (#närmusikentystnar), des récits anonymes, dont plusieurs font état de viols, visent — sans les nommer — des artistes, producteurs et agents réputés en Suède et à l’étranger.

« Je fais semblant, comme dans un film. Je le trouve laid, il laisse un goût répugnant dans ma bouche. Il m’a enlevé la joie d’avoir enfin fait un album. Il a abusé de ma confiance », témoigne ainsi une chanteuse.

« J’ai été agressée par un musicien (…) sur scène quand on jouait », se souvient une autre artiste.

Par ailleurs 1.300 responsables politiques femmes de droite et de gauche, dont plusieurs députées, ont dénoncé vendredi les mêmes pratiques sous le mot-dièze #danslescoulissesdupouvoir.

« Nous nous sommes lancées en politique pour changer le monde et bâtir un monde meilleur. Nous avons rapidement réalisé que nous devions d’abord changer le monde politique », écrivent les signataires du manifeste.

« J’avais 15 ans », raconte l’une d’elles. « J’ai été violée par un garçon qui siégeait au bureau national du mouvement de jeunes. Il m’a envoyé des fleurs pour s’excuser. Quand j’ai écrit que ce qu’il avait fait était illégal et que j’envisageais de porter plainte il s’est tourné vers le bureau national et s’est ouvert à ses membres. Ils lui ont ensuite exprimé leur entier soutien ».

Romandie.com avec(©AFP / 17 novembre 2017 17h40)                                            

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Serena Williams se marie, discrètement, à la Nouvelle-Orléans

novembre 17, 2017

La Nouvelle-Orléans (Etats-Unis) – Les célébrités affluaient jeudi à la Nouvelle-Orléans pour le mariage de la joueuse de tennis Serena Williams dans un musée de la ville, une cérémonie très privée pour laquelle un pâté de maison de la ville du jazz et de la fête a été entièrement fermé.

La chanteuse Beyoncé, la papesse de la mode Anna Wintour, Kim Kardashian et l’actrice Eva Longoria ont été aperçues devant le Contemporary Arts Center pour une cérémonie dont le thème doit être « la Belle et la Bête », selon le site de divertissement ETonline.

Serena Williams, 36 ans, la star du tennis mondial, épouse le cofondateur de Reddit, Alexis Ohanian, 34 ans, avec qui elle a eu une petite fille, Alexis Olympia, le 1er septembre.

Malgré la frénésie médiatique, le couple n’a donné que peu de détails sur leur mariage. People Magazine et le Daily Mail assurent que 250 invités doivent assister à la cérémonie.

Plus tôt dans la journée, le marié était arrivé au musée en chemise et en short, avec des chaussures de costume à la main, tandis que des ouvriers s’affairaient à préparer les lieux pour le mariage.

Serena Williams et Alexis Ohanian ont annoncé leurs fiançailles en décembre après s’être rencontrés en 2015, à Rome.

Venus Williams, la soeur de Serena, avait été vue mercredi soir quittant le musée, tandis que le parking à côté du bâtiment était rempli de tentes et de camions déchargeant des fleurs, des tables, des tapis, des costumes et des musiciens.

Le coût de la cérémonie est estimé à plus de 1 million de dollars selon le Daily Mail et les invités auraient pour consigne de ne pas apporter leurs téléphones portables, car un accord d’exclusivité pour les photos a été signé avec le magazine Vogue.

A la Nouvelle-Orléans, les habitants se disaient enthousiastes à l’idée du mariage de la championne dans leur ville.

« On l’adore! », s’exclamait Mary Huber, qui faisait partie d’un petit groupe observant la scène.

« Nous sommes si heureux qu’elle ait trouvé le bonheur. Le petit bébé Alexis est si mignon! »

Linda Davis et Cora Riley ont conduit pendant quatre heures depuis la petite ville de DeRidder en Louisiane pour tenter d’apercevoir la championne de tennis.

« Nous l’aimons. Elle a la classe. Venus et elle, elles ne se plaignent jamais », a dit Cora Riley à l’AFP.

Serena Williams a remporté l’Open d’Australie 2017 alors qu’elle était enceinte, et devrait défendre son titre à Melbourne en 2018, quatre mois et demi après la naissance de sa fille.

Romandie.com avec(©AFP / 17 novembre 2017 03h20)                   

Hariri en France samedi, « libre » de partir selon Ryad

novembre 16, 2017

Photo prise le 17 novembre 2017 montrant le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian (G) et le Premier ministre libanais démissionnaire Saad Hariri (D) à Ryad / © AFP / Valérie LEROUX

Le Premier ministre libanais démissionnaire Saad Hariri sera samedi en France, a annoncé jeudi l’Elysée, après un démenti de Ryad sur une restriction de ses mouvements en Arabie saoudite.

Cette annonce a coïncidé avec une visite à Ryad du chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian qui a rencontré M. Hariri, 47 ans, un protégé de l’Arabie saoudite.

La démission surprise le 4 novembre depuis Ryad de M. Hariri, qui a notamment accusé l’Iran et son allié libanais, le Hezbollah, de « mainmise » sur le Liban, a fait craindre une escalade des tensions entre l’Arabie saoudite sunnite et l’Iran chiite, les deux puissances régionales rivales.

« L’Elysée confirme la venue en France de Saad Hariri et la rencontre avec le président de la République samedi à l’Elysée », a indiqué à l’AFP la présidence.

La France, qui entretient des liens très étroits avec le Liban, s’est récemment démenée pour trouver une issue à la crise.

Plus tôt jeudi, l’Elysée avait indiqué que M. Hariri « devrait arriver en France dans les prochains jours », à l’invitation d’Emmanuel Macron.

« M. Hariri a accepté l’invitation du président de la République », a dit M. Le Drian à des journalistes.

– ‘Quand il veut’ –

Le prince héritier Mohammed ben Salmane, l’homme fort d’Arabie saoudite qui doit se rendre à Paris début 2018, « en a été informé », a-t-il souligné.

Depuis l’annonce de la démission de M. Hariri, qui avait dit aussi craindre pour sa vie, informations et rumeurs ont circulé sur une interdiction au Premier ministre libanais de quitter le royaume saoudien après avoir été « contraint » à la démission.

Et, mercredi, le président libanais Michel Aoun n’a pas hésité à affirmer qu’il le considérait « en captivité » à Ryad.

Réfutant ces accusations, le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir a affirmé jeudi que M. Hariri était libre de quitter l’Arabie saoudite « quand il veut ».

« Hariri est un citoyen saoudien et un citoyen libanais et en tant que tel, on ne peut pas le retenir, ce sont des allégations mensongères », a affirmé M. Jubeir, le premier responsable saoudien de ce rang à clarifier publiquement le statut de M. Hariri.

M. Jubeir a en outre renouvelé les accusations contre le mouvement chiite Hezbollah, rival de M. Hariri mais avec lequel ce dernier avait formé un gouvernement il y a un an.

« Le Hezbollah est une organisation terroriste de première catégorie », a-t-il soutenu, accusant ce mouvement d’avoir « pris en otage l’Etat au Liban, d’y avoir bloqué le processus politique et d’être devenu un instrument aux mains des Gardiens de la révolution » iraniens.

– ‘Tentation hégémonique’ –

La démission de M. Hariri a été perçue comme un nouveau bras de fer entre l’Arabie saoudite et l’Iran qui s’affrontent déjà sur plusieurs dossiers régionaux, notamment les guerres au Yémen et en Syrie.

Lors de la conférence de presse, M. Le Drian –qui a rencontré les dirigeants saoudiens lors d’une visite de 24 heures– a souligné que le Liban devrait rester « à l’abri des ingérences » étrangères.

Il a abondé dans le sens de l’Arabie saoudite, dénonçant la « tentation hégémonique » de l’Iran et s’inquiétant de son programme de missiles balistiques.

Au Liban, M. Aoun a affirmé qu’il attendrait le retour de M. Hariri de Paris pour discuter de sa démission. Il a estimé que l’acceptation par M. Hariri de l’invitation à se rendre en France était « le début d’une solution ».

Le voyage attendu de Saad Hariri en France est une porte de sortie pour lui, mais il pourrait sonner le glas de sa carrière politique, selon des experts.

Pour Amal Saad, professeur de sciences politiques à l’Université libanaise, le voyage de M. Hariri signifie soit l’exil et la fin de sa carrière politique, soit un retour au Liban et des négociations avec le Hezbollah.

« Soit il devra démissionner de toute la vie politique (…) », soit « Paris est juste une escale, et il reviendra à Beyrouth négocier un deal avec le Hezbollah ».

Romandie.com avec(©AFP / 16 novembre 2017 20h41)                

Zimbabwe: Mugabe refuse de céder aux militaires et de démissionner

novembre 16, 2017

 

Un homme marche devant un véhicule blindé à Harare, le 16 novembre 2017 / © AFP / STR

Le président Robert Mugabe a catégoriquement refusé jeudi de renoncer au pouvoir sans partage qu’il exerce depuis trente-sept ans à la tête du Zimbabwe, au cours de discussions avec l’armée qui a pris le contrôle de la capitale Harare.

Placé en résidence surveillée dans la nuit de mardi à mercredi, le chef de l’Etat, 93 ans, a rencontré pour la première fois jeudi après-midi le chef de l’armée, le général Constantino Chiwenga, au siège de la présidence à Harare, a rapporté à l’AFP une source proche des militaires.

« Ils se sont rencontrés aujourd’hui. Il a refusé de démissionner, je pense qu’il essaie de gagner du temps », a déclaré cette source sous couvert de l’anonymat.

Des images diffusées par la télévision d’Etat après la rencontre ont montré le président Mugabe dans une veste bleu marine et un pantalon gris au côté du général Chiwenga, tout sourire dans son treillis.

Selon la télévision, M. Mugabe pourrait participer vendredi à une cérémonie de remise de diplômes à l’université, comme il l’avait fait par le passé. Si cela était confirmé, cela laisserait à penser que les conditions de sa résidence surveillée sont devenues moins strictes.

L’armée est intervenue quelques jours après l’éviction la semaine dernière du vice-président Emmerson Mnangagwa, qui s’était longuement opposé à la Première dame Grace Mugabe pour la succession du président.

Vétéran de la lutte pour l’indépendance et proche des militaires, M. Mnangagwa, 75 ans, faisait figure jusque-là de dauphin potentiel de M. Mugabe.

Des soldats et des blindés sont déployés depuis mercredi matin autour de plusieurs points stratégiques de la capitale.

– « Transition » –

Un porte-parole des militaires, le général Sibusiyo Moyo, a expliqué que l’opération avait pour seules cibles les « criminels » qui entourent M. Mugabe, en clair les partisans de son épouse.

Ce coup de force de l’armée, l’un des piliers du régime, fait vaciller le règne du plus vieux dirigeant en exercice de la planète.

M. Mugabe avait annoncé son intention de briguer, malgré son âge et sa santé de plus en plus fragile, un nouveau mandat lors de l’élection présidentielle prévue en 2018.

Jeudi, plusieurs voix de l’opposition se sont fait entendre pour exiger à leur tour son départ et une transition vers des élections libres.

« Dans l’intérêt du peuple zimbabwéen, Robert Mugabe doit démissionner », a déclaré Morgan Tsvangirai, le chef du Mouvement pour un changement démocratique (MDC), le principal parti de l’opposition.

« Il ne fait aucun doute qu’il nous faut un accord de transition qui doit traiter de la reprise économique et de la réforme électorale », a renchéri l’ex-vice-présidente Joice Mujuru, écartée en 2014 sur ordre, elle aussi, de Grace Mugabe.

Emblème de la fronde qui a secoué le pays en 2016, le pasteur Evan Mawarire s’est dit prêt à discuter avec l’armée. « En tant que citoyens, nous ne pouvons rester les bras croisés », a-t-il plaidé sur Facebook, « nous devons participer ».

Selon les analystes, les militaires sont déterminés à sortir rapidement de la crise.

« Ils veulent que Mugabe signe sa démission au plus vite », a commenté pour l’AFP Knox Chitiyo, du centre de réflexion britannique Chatham House. « Ensuite ils veulent un président de transition, qui serait probablement Mnangagwa ».

– « Coup d’Etat » –

La communauté internationale continue à suivre de près la situation au Zimbabwe, inquiète de l’intervention de l’armée.

« Nous n’accepterons jamais le coup d’Etat militaire », a averti jeudi le chef de l’Etat guinéen Alpha Condé, président en exercice de l’Union africaine (UA). « Nous exigeons le respect de la Constitution, le retour à l’ordre constitutionnel », a-t-il ajouté.

Fidèle soutien de M. Mugabe, le président sud-africain Jacob Zuma s’est dit dès mercredi « très préoccupé » par la situation.

A l’issue d’une réunion en urgence au Botswana jeudi, la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) qu’il préside a appelé les protagonistes de la crise « à régler les défis politiques par des moyens pacifiques » en respectant la Constitution du Zimbabwe.

L’organisation régionale a annoncé la tenue d’un « sommet extraordinaire urgent » à une date à préciser.

A Harare, l’intervention des militaires a été accueillie avec flegme par les habitants, qui ont continué jeudi à travailler ou à vaquer à leurs occupations.

Certains se sont réjouis d’entrevoir le départ du président.

« Nous espérons que le Zimbabwe sera meilleur une fois sorti de l’ère Mugabe », a confié à l’AFP Tafadzwa Masango, un chômeur de 35 ans. « Notre situation économique se dégrade de jour en jour, il n’y a plus d’emploi, plus de travail. »

Le Zimbabwe est plongé depuis le début des années 2000 dans une crise économique et financière catastrophique qui nourrit la colère de la population contre le régime.

Romandie.com avec (©AFP / 16 novembre 2017 23h38)                

Emmerson Mnangagwa: retour sur le parcours du nouvel homme fort du Zimbabwe

novembre 16, 2017

Emmerson Mnangagwa, sur l’Esplanade des Héros de l’indépendance, à Harare, le 1er novembre 2017. © Tsvangirayi Mukwazhi/AP/SIPA

Surnommé le « crocodile » pour son intransigeance, Emmerson Mnangagwa est présenté comme le probable futur successeur de Robert Mugabe. Pilier de la lutte pour l’indépendance dans les années 1960, il s’est imposé comme un des hommes les plus puissants du Zimbabwe, tant sur le plan politique qu’économique.

Son limogeage du poste de vice-président, le 6 novembre, a été l’élément déclencheur de la prise de pouvoir par l’armée au Zimbabwe. Compagnon de lutte de Robert Mugabe depuis les années 1960, pilier du régime avant d’en être écarté, Emmerson Mnangagwa est considéré comme l’un des hommes les plus riches du pays. Il pourrait devenir le nouvel homme fort de l’ère post-Mugabe.

Retour sur le parcours de celui qui est considéré comme « l’homme le plus craint du Zimbabwe derrière Mugabe ».

• Années 1960 : la formation

En 1963, Emmerson Mnangagwa intègre les rangs de la ZANU, pour participer à la guerre d’indépendance. Il fait partie des premiers combattants envoyés en Égypte, puis en Chine, pour être formé et entraîné militairement.

A son retour, il prend la tête d’un petit groupe et gagne le surnom de « crocodile », pour son intransigeance.

En 1965, la condamnation à de la prison

Avec son petit groupe de combattants, Emmerson Mnangagwa est arrêté, torturé et condamné à dix ans de prison. Selon certaines sources, c’est lors de cette incarcération qu’il crée des liens étroits avec Robert Mugabe.

Pendant quatre décennie, les deux hommes marchent ensuite main dans la main. A sa libération, Mnangagwa est expulsé vers la Zambie où il étudie le droit.

• Années 1970 : le combattant pour l’indépendance

Débutée en 1972, la guerre pour la libération du Zimbabwe prend fin en 1979 avec les accords de Lancaster House. Aux côtés de Robert Mugabe, alors chef de la guérilla contre le gouvernement de Ian Smith, Mnangagwa est un des leaders de la ZANU. En 1980, l’indépendance de la Rhodésie du Sud est proclamée. Lors des premières élections, en mars 1980, la ZANU emporte la majorité des sièges du parlement, Robert Mugabe devient premier ministre.

• Années 1980 – 1990 : un des piliers du régime Mugabe


Robert Mugabe célèbre sa victoire à la présidentielle de 1987. Emmerson Mnangagwa est à droite de l’image, en costume sombre. © DR / Archives

Dès son accession au poste de premier en ministre en 1980, puis au palais présidentiel, en 1987, Robert Mugabe fait de Mnangagwa l’un des hommes les plus puissants du régime. Ministre de façon quasi continue jusqu’en 2014 (sauf entre 2000 et 2005 où il est président du Parlement), il est d’abord chargé de la Sécurité, puis de la Justice, des Finances, du Logement rural et enfin de la Défense.

À partir de 1982 : début de la guerre civile et soupçons d’exactions

Avec la fin de l’alliance entre la ZANU de Joshua Nkomo et la ZAPU de Robert Mugabe, une sanglante guerre civile éclate. Dans la région du Matabéléland, la répression fait plus de 10 000 morts.

Ministre de la sécurité nationale, Mnangagwa était alors responsable de la Central Intelligence Organisation (CIO), le service de renseignements auteur de nombreuses exactions. Certains de ses anciens compagnons l’ont décrit comme « cruel » et intraitable.

• Années 2000 – 2010 : de dauphin désigné à vice-président limogé


Emmerson Mnangagwa et Robert Mugabe, en 2014 au palais présidentiel. © Tsvangirayi Mukwazhi/AP/SIPA

En 2008, alors que Morgan Tsvangirai devance Robert Mugabe lors du premier tour de la présidentiel, l’opposition est victime d’intimidations et de violences, faisant plusieurs dizaines de morts. Mnangagwa est considéré comme l’un des ordonnateurs de cette répression.

À partir de 2014, le successeur désigné de Mugabe

En 2014, Mwangagwa succède à Joice Mujuru au poste de Premier vice-président du Zimbabwe. Plus que jamais, le « crocodile » est considéré comme le successeur désigné du président Robert Mugabe.

6 novembre 2017, le limogeage

Le 6 novembre 2017, Mwangagwa est à son tour écarté du pouvoir par le président, notamment victime des ambitions de Grace Mugabe, la première dame. Il est limogé de son poste de vice-président mais aussi du parti au pouvoir, la Zanu-PF, pour « manque de loyauté, de respect, de malhonnêteté et de manque de sérieux .» Parti en exil, il affirme avoir été menacé, dénonce les méthodes du clan Mugabe et promet de revenir au pays pour diriger le parti présidentiel.

Le 14 novembre au soir, l’armée prend position dans des points névralgiques d’Harare, Robert Mugabe dit être « détenu » à sa résidence.

Jeuneafrique.com par

Londres: 210 accusations de « comportement déplacé » contre Kevin Spacey

novembre 16, 2017

Londres – Le théâtre londonien Old Vic a annoncé jeudi avoir recueilli 20 « témoignages personnels » accusant de « comportement déplacé » l’acteur américain Kevin Spacey, directeur artistique de cet établissement entre 2004 et 2015.

A l’issue d’une enquête interne menée par une cabinet juridique à la demande de l’Old Vic, « 20 témoignages personnels sur des comportements inappropriés présumés de Kevin Spacey » ont pu être recueillis, écrit le théâtre dans un communiqué.

Ces accusations portent sur une période allant de 1995 à 2013, la majorité d’entre elles portant sur des faits qui se seraient produits avant 2009.

L’enquête a également conclu que la « célébrité » de l’acteur américain « et son statut à l’Old Vic avaient pu empêcher les gens, et en particulier les jeunes employés et jeunes comédiens, de sentir qu’ils pouvaient parler ou demander de l’aide ».

« C’est clairement inacceptable et l’Old Vic présente sincèrement ses excuses pour ne pas avoir créé un environnement ou une culture où les gens sentaient qu’ils pouvaient parler librement », regrette le théâtre.

L’Old Vic souligne que ces plaintes n’avaient pas été signalées à l’époque, à l’exception d’une seule, et qu’il « n’a pas été possible de vérifier » leur véracité.

Le théâtre avait été accusé d’avoir fermé les yeux sur les agissements de l’acteur américain.

Dans la foulée des affaires d’agressions sexuelles liées au producteur américain Harvey Weinstein, Kevin Spacey a fait l’objet de multiples accusations de harcèlement et d’agression sexuelle.

La police britannique avait annoncé début novembre enquêter sur une accusation d’agression sexuelle commise en 2008 dans le sud de Londres par un homme, identifié par la télévision Sky News comme étant Kevin Spacey.

Ces différentes accusations ont déjà eu de lourdes conséquences sur la carrière et la réputation de l’acteur américain deux fois oscarisé, débarqué par Netflix de la série « House of Cards ».

Kevin Spacey, 58 ans, va être également remplacé par l’acteur canadien Christopher Plummer dans le prochain film policier de Ridley Scott, « Tout l’argent du monde ».

Romandie.com avec(©AFP / 16 novembre 2017 14h21)                                            

Football – Côte d’Ivoire: Marc Wilmots quitte l’équipe nationale

novembre 15, 2017

 

Le sélectionneur des Éléphants Marc Wilmots pendant l’Euro 2016, le 26 juin 2016. © Martin Meissner/AP/SIPA

Moins d’une semaine après l’échec des Éléphants à se qualifier à la prochaine Coupe du monde, le sélectionneur belge Marc Wilmots et la Fédération de football Côte d’Ivoire ont mis un terme « d’un commun accord » à la mission du sélectionneur, ont annoncé mercredi les deux parties.

« Aujourd’hui il a été décidé de mettre fin à ma collaboration avec la Fédération de football de Côte d’Ivoire », a indiqué sur son compte Twitter l’ex-sélectionneur de la Belgique, précisant qu’il s’agissait d’un »commun accord ». « Je vous souhaite le meilleur pour le futur », a ajouté Marc Wilmots, 48 ans.

Le Belge avait signé en mars un contrat de deux ans avec l’équipe ivoirienne, avec une possibilité de prolonger pour deux autres années. Sa principale mission était de qualifier l’équipe pour la Coupe du monde en Russie l’année prochaine. Mais la Côte d’Ivoire a perdu le match décisif contre le Maroc samedi et est donc éliminée de la compétition.

En janvier dernier, il avait également échoué – déjà contre le Maroc d’Hervé Renard– à qualifier les Éléphants pour les quarts de finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN). L’échec avait été d’autant plus retentissant que la Côte d’Ivoire, alors entraînée par Hervé Renard, avait remporté l’édition 2015 de la CAN.

Ambiance dégradée

Il ne suffit pas de couper une tête pour résoudre le problème

L’équipe nationale ivoirienne a confirmé le départ de Marc Wilmots, survenue après une rencontre lundi 13 novembre à Abidjan. « Les parties sont convenues de mettre fin à l’amiable à leur collaboration, tout en saluant la bonne ambiance qui a prévalu durant six mois de travail en commun », a déclaré la Fédération dans un communiqué lapidaire.

Une ambiance pourtant dégradée, selon les déclarations de Wilmots dans les médias ivoiriens ces derniers jours, dans lesquelles il s’en était pris à ses joueurs. « Nous sommes tous responsables : la fédération, les joueurs et le staff technique. Les joueurs en premier lieu parce que ce sont eux qui sont sur le terrain et moi également qui mets en place les stratégies », avait-t-il déclaré dans la presse ivoirienne. Avant d’ajouter : « Il ne suffit pas de couper une tête pour résoudre le problème ». La fédération ivoirienne en a visiblement décidé autrement.

Jeuneafrique.com avec AFP

RDC: Verckys Kiamuangana témoigne devant le cardinal Laurent Monsengwo sur sa chanson

novembre 14, 2017

 

 

Avec diaspordc.com

L’Europe, (nouvelle) ligne de fracture chez les Républicains

novembre 13, 2017

 

L’Europe, (nouvelle) ligne de fracture chez Les Républicains
Laurent Wauquiez et Alain Juppé ne sont pas d’accord sur l’Europe. Il s’agit là d’un désaccord parmi d’autres. @ Thierry Zoccolan / AFP
Alain Juppé a créé des turbulences samedi en évoquant une alliance avec Emmanuel Macron pour les Européennes de 2019. Preuve que sur ce sujet – comme sur d’autres -, les Républicains se déchirent.
 

Pas sûr que Les Républicains avaient besoin d’une nouvelle ligne de fracture. C’est pourtant bel et bien ce qu’a créé Alain Juppé, peut-être à son corps défendant, samedi en évoquant devant des journalistes un « grand mouvement central en vue » des Européennes 2019, par le biais d’une alliance avec Emmanuel Macron. Le maire de Bordeaux a depuis rétropédalé, mais le mal est fait. Le sujet est sur la table, et met en lumière le fait qu’il existe, sur l’Europe comme sur d’autres sujets, deux camps au sein des Républicains. Sauf que la prochaine échéance électorale d’importance, ce sont précisément les européennes, en 2019. Cela va arriver vite.  »

« On n’en est pas là ».

Alain Juppé a en tout cas créé un embarras certain en faisant l’éloge du président de la République. « Si Macron reste dans la ligne de son discours à la Sorbonne, je ne vois pas d’incompatibilité, a-t-il notamment déclaré ». Dimanche, il a démenti sur Twitter vouloir une alliance. « Liste commune avec E. Macron aux européennes ? On n’en est pas là », a écrit l’ancien Premier ministre. On a connu démenti plus vigoureux.

Une « erreur » pour Wauquiez.

Si Alain Juppé a ainsi reculé, c’est parce que son idée n’a pas vraiment plu dans son camp. Laurent Wauquiez, favori pour prendre la présidence des Républicains en décembre, l’a qualifiée d’ »erreur » dimanche sur France 3. « Nous ne partageons pas la même vision de l’Europe qu’Emmanuel Macron », a affirmé le président d’Auvergne-Rhône-Alpes. « C’est dangereux et contre-productif », s’alarme de son côté Geoffroy Didier, directeur de campagne de Laurent Wauquiez, dans Le Monde. « Car en donnant l’impression qu’il n’y a qu’une seule voie possible sur l’Union européenne, le macronisme, il fait de l’extrémisme la seule alternative possible. »

Même Valérie Pécresse, tenante d’une ligne modérée, comme Alain Juppé, a renvoyé dans les cordes le maire de Bordeaux. « Des pro-Européens, il y en a toujours eu à gauche et à droite. François Mitterrand était pro-Européen, je n’ai jamais voté pour une liste socialiste » aux européennes, a souligné la présidente d’Ile-de-France dimanche sur Europe 1.

Mais attention à ne pas trop critiquer Alain Juppé. Certains veillent au grain, à l’image de Dominique Bussereau. « La parole d’Alain Juppé est tellement forte qu’elle est parfois détournée par les tenants d’une ligne tellement droite qu’ils en viennent à ignorer toute nuance », écrit ainsi le président de la Charente-Maritime sur Twitter.  Démontrant par là même que le sujet est potentiellement explosif.

« On va avoir des débats sur l’Europe ».

Il l’est d’autant plus que sur le fond, les divergences sont réelles. A l’opposé d’un Alain Juppé europhile, puisque sur la même ligne qu’Emmanuel Macron,  Laurent Wauquiez est lui volontiers tenté par l’euroscepticisme. Dans un ouvrage datant de 2014, Europe, il faut tout changer, le probable futur président des Républicains disait tout le mal qu’il pendant de l’UE sous sa forme actuelle, son fonctionnement et ses traités, Schengen en tête. Le 25 octobre dernier, lors d’un meeting, il fustigeait encore « l’Europe passoire, qui assiste passive à des vagues migratoires au-delà de la raison ».

Deux lignes qui ont tout l’air d’être irréconciliables coexistent donc au sein de la droite. Et cela a parfois été destructeur dans le passé. S’il commence à être lointain, le souvenir de 1999 demeure. A l’époque, la droite s’était déchirée entre les souverainistes, incarnés par Charles Pasqua et Philippe de Villiers, et les pro-UE, incarnés par Nicolas Sarkozy. Résultat : la liste socialiste, portée par un certain François Hollande, arrivée en tête, devant les deux listes de droite. Un camouflet qui a laissé des traces.  « Ce que je dis, c’est qu’on va avoir des débats sur l’Europe », a admis, lucide, Laurent Wauquiez sur France 3. Dégager une ligne claire s’annonce coton.

D’autres fractures.

D’autant que cette fracture s’ajoute à d’autres. La plus béante concerne l’attitude à adopter vis-à-vis d’Emmanuel Macron. Avec à la clé la constitution d’un groupe à part à l’Assemblée nationale, les Constructifs, et en point d’orgue l’exclusion pure et simple, mais longtemps contestée, de personnalités tels qu’Edouard Philippe, Gérald Darmanin et Thierry Solère.

C’est sans doute la divergence la plus spectaculaire, mais pas la plus sérieuse. Car c’est sur la ligne politique que Les Républicains se déchirent. Pour beaucoup, Laurent Wauquiez penche trop à droite, et ses liens assumés avec Sens commun déragent les tenants d’une droite modérée. Alain Juppé est évidemment de ceux-là. En mettant l’Europe sur la table, l’ancien Premier ministre a mis Laurent Wauquiez en position délicate. Il n’est pas impossible que c’était là l’objectif recherché.

Europe1.fr

Côte d’Ivoire: la forteresse de Guillaume Soro

novembre 13, 2017

Guillaume Soro à son arrivée à l’aéroport Félix-Houphouët-Boigny, à Abidjan, le 22 octobre 2017. © Madia Toure

Certains l’accompagnent depuis des années. D’autres ont tenté des incursions au sein du parti présidentiel avant de faire amende honorable. Enquête sur ces hommes et ces femmes qui gravitent autour de l’ancien chef de la rébellion, Guillaume Soro et qui, ces derniers mois, ont resserré les rangs.

Ils n’auraient manqué ça pour rien au monde. Ce 22 octobre, Guillaume Soro fait son grand retour en Côte d’Ivoire après deux mois d’absence. Dans un salon privé de l’aéroport international Félix-Houphouët-Boigny d’Abidjan, une cinquantaine de personnes attendent le président de l’Assemblée nationale. On discute bruyamment, on se congratule. Au premier rang, formant une sorte de haie d’honneur, sa garde rapprochée, prête à accueillir celui qu’ils appellent le PAN, Bogota (son nom de code du temps des années de lutte estudiantine) ou même le leader éclairé.

Il y a là ceux qui l’accompagnent – fût-ce par intermittence – depuis des années : Sindou Meïté, Alain Lobognon, Sidiki Konaté, Moussa Touré, Affoussiata Bamba Lamine ou encore Fatoumata Traoré Diop. Même le colonel Issiaka Ouattara, dit Wattao, a tenu à marquer sa présence. Lui ne se tiendra pas au côté de Guillaume Soro lorsque celui-ci s’adressera à la presse quelques minutes après son arrivée. Mais il sera à la réunion improvisée dans la soirée au domicile de Soro, à Marcory.

 Garde rapprochée « nébuleuse » et hétéroclite

S’il règne, ce jour-là, une telle effervescence, c’est que depuis plusieurs semaines l’ancien chef de la rébellion est au centre de toutes les attentions. Les tensions avec le chef de l’État se sont accentuées, attisées par leurs entourages respectifs et renforcées par l’arrestation, à la mi-octobre, du chef de protocole de Soro, Souleymane Kamagaté Koné (alias Soul to Soul), accusé de « complot contre l’autorité de l’État ». Les liens entre les membres de la galaxie qui gravitent autour de Soro se sont du coup resserrés. Quand les temps sont durs, mieux vaut savoir sur qui l’on peut compter.

Au fil des années et des postes qu’il a occupés, Guillaume Soro, 45 ans, s’est constitué un cénacle hétéroclite. Une garde rapprochée que ses détracteurs qualifient volontiers de « nébuleuse », avec laquelle il aime échanger jusque tard dans la nuit et où les rôles ne sont pas forcément très bien répartis. Très secret, Soro aime cloisonner les différents cercles qui l’aident à concevoir sa stratégie. Il y a des politiques, des communicants, quelques hommes d’affaires et (surtout) des militaires. Il y a ceux qu’il expose et ceux qu’il protège.

La communication donne parfois un sentiment de cacophonie

Beaucoup furent des cadres de l’ancienne rébellion des Forces nouvelles. Vieux camarade de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci), un temps proche de la mouvance des Jeunes Patriotes, Sidiki Konaté accompagne ainsi Soro depuis les négociations interivoiriennes de 2002. Proche des confréries musulmanes, le président de la Commission défense et sécurité de l’Assemblée nationale, devenu député de Man (Ouest) sous la bannière du Rassemblement des républicains (RDR), mobilise pour lui ses réseaux politiques et religieux.

L’ancien journaliste et directeur général de Nord-Sud Quotidien, Sindou Meïté, détermine avec Soro la ligne à adopter dans les médias. Mais l’articulation de la communication donne parfois un sentiment de cacophonie et fait régulièrement l’objet de tensions internes.

C’est le cas entre Moussa Touré, un fidèle chargé de la communication officielle à l’Assemblée nationale, et l’ancien ministre Alain Lobognon, qui a longtemps été le visage médiatique de la galaxie Soro. « Il a parfois été reproché à Moussa de parler de sujets qui ne le concernaient pas », explique un proche du PAN.

Ancienne porte-parole des FN de retour dans le giron de Soro depuis sa défaite aux dernières législatives et sa sortie du gouvernement, Affoussiata Bamba-Lamine s’est également vu confier la tâche de s’exprimer dans les médias. À noter que, comme elle, Sidiki Konaté s’était rapproché de la direction du RDR avant de revenir auprès de Soro et de faire amende honorable.

Deux autres femmes occupent une place essentielle dans le dispositif de Guillaume Soro. La première, Fatoumata Traoré Diop, fut sa conseillère politique lors de la rébellion. Ancienne directrice de la RTI et ex-membre de la commission électorale, elle échoua par deux fois, en 2011 et en 2016, à se faire élire député à Bouaké.

Un temps en froid avec Soro, elle est désormais chargée de mobiliser les sympathisants sur le terrain, tout comme Célestine Tazere Olibe. Celle-ci occupe une place un peu particulière : militante du RDR, elle fut nommée vice-présidente de l’Assemblée nationale après les élections législatives de 2011. Originaire d’Issia, un fief bété de l’ouest du pays, elle s’est rapprochée de Soro sur le tard, et c’est sans doute ce qui explique la défiance que lui manifeste encore une partie de l’entourage du PAN.

 2020 : surexposition

Le cas de Tazere est symptomatique de la volonté de Guillaume Soro d’élargir sa galaxie pour donner corps au renouvellement de l’espace politique qu’il prône. Car même si la situation est trop incertaine pour que l’on se hasarde à dire s’il sera candidat en 2020, l’intéressé s’y prépare sérieusement depuis 2011.

Persuadé que les réseaux sociaux – où il est lui-même très actif – joueront un rôle déterminant, il s’est très tôt entouré d’une équipe de jeunes communicants chargés d’animer son site internet, sa web TV et ses différents comptes. Une surexposition vouée à compenser la faible couverture que lui consacre la télévision publique ivoirienne. Soucieux de son image, Soro a également lancé une ONG, La Vie, dont la direction a été confiée à son frère Simon et qui multiplie les activités caritatives.


La galaxie Soro. © Infographie : Jeune Afrique

 

Mouvements de soutien

Après avoir voulu transformer les Forces nouvelles en un mouvement politique, Soro y a renoncé – à la demande personnelle d’Alassane Ouattara, assurent ses proches – en espérant un jour prendre la tête du RDR. Le chef de l’État le lui avait-il promis, comme l’affirme également l’entourage de Soro ? Toujours est-il que ce dernier a fini par comprendre que le RDR lui échapperait. Il a donc fondé sa stratégie sur la multiplication des mouvements de soutien.

Soro s’est également entouré d’intellectuels africains aux profils et aux discours très hétéroclites

Au Réseau des Amis de la Côte d’Ivoire (Raci, dirigé par Soro Kanigui) sont venus s’ajouter l’Union des soroïstes (UDS) et, plus récemment, l’Amicale des Forces nouvelles (dirigée par un ancien de la Fesci, Félicien Sékongo). Au total, une trentaine de mouvements similaires ont été créés sur l’ensemble du territoire. « Dans une élection, ce type de mouvements est plus important que les partis politiques, justifie un proche de Soro. Et puis le RDR s’est constitué sur la base d’une quête identitaire qui aujourd’hui n’a plus lieu d’être. »

Soro ne veut pas être isolé. Alors il accueille tous ceux qui veulent bien le rejoindre

Depuis quelques années, Soro s’est également entouré d’intellectuels africains aux profils et aux discours très hétéroclites. Un attelage qui semble manquer de cohérence et engendre quelques tensions. « Soro ne bénéficie pas d’un dispositif homogène. Il est entouré de transfuges qui viennent d’un peu partout. Tous ces mouvements cachent de grosses dissensions. Il n’a pas d’appareil. Le reste, c’est de la communication », résume un proche du Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly.

Chefferies

« Soro ne veut pas être isolé. Alors il accueille tous ceux qui veulent bien le rejoindre », précise un observateur politique ivoirien. C’est aussi ce qui dicte sa stratégie d’alliance. Conscient qu’il n’arrivera jamais seul à la magistrature suprême, il tente de séduire tous ceux qui ont géré le pays dans un passé récent, du PDCI d’Henri Konan Bédié, dont il s’est considérablement rapproché après avoir effectué un travail important auprès des chefferies baoulées, jusqu’au FPI, notamment par le biais de ses réseaux à la Fesci. « Il est toutefois conscient que tout ce qu’il pourra obtenir du FPI, c’est au mieux un pacte de non-agression », précise un de ses intimes.

S’il veut avoir une chance de remporter un jour une élection présidentielle, Guillaume Soro sait qu’il devra s’appuyer sur de solides réseaux continentaux et internationaux. Acteur majeur de ces dix années de la crise ivoirienne, deux fois Premier ministre, ministre de la Défense, Soro a noué des relations avec de nombreuses personnalités en Afrique.

Soutiens de marque

Lors de la rébellion, Olusegun Obasanjo et Abdoulaye Wade l’ont pris sous leur aile. Blaise Compaoré l’a aidé à mûrir politiquement et a mis à sa disposition plusieurs de ses lieutenants, comme feu Salif Diallo, Gilbert Diendéré, son chef d’état-major particulier, ou son ancien conseiller politique Moustapha Chafi, toujours très lié à Soro. « Compaoré, nuance un de ses proches, a surtout été le parrain d’Alassane Ouattara. »

On lui connaît également des liens avec le roi Mohammed VI, les présidents Faure Gnassingbé et Denis Sassou Nguesso ainsi qu’avec Teodorín Obiang, le fils du chef de l’État équato-guinéen. « Mais les chefs d’État sont très prudents. Lorsqu’il y a des tensions, comme c’est le cas aujourd’hui avec Alassane Ouattara, ils ne veulent pas être accusés de prendre parti et prônent l’apaisement », précise le proche cité plus haut. Autrement dit, lien ne vaudra pas forcément soutien.

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