Archive for the ‘People’ Category

Un grand nombre de personnalités nous ont quitté au cours de l’année 2020

décembre 30, 2020

Vie politique

 

© Fournis par La Presse Canadienne

Michel Gauthier, mort le 30 mai à l’âge de 70 ans

Michel Gauthier a été député péquiste de la circonscription de Roberval à l’Assemblée nationale de 1981 à 1988. Au cours des quatre premières années, il était l’adjoint parlementaire du ministre des Finances Jacques Parizeau. En 1993, il fait le saut sur la scène fédérale en adhérant au Bloc québécois. Il est élu député de Roberval de 1993 à 2004, puis de Roberval-Lac-St-Jean de 2004 à 2007. À la suite du départ de Lucien Bouchard, en 1996, il devient chef du Bloc, mais il rend son tablier l’année suivante. Son successeur le nomme leader parlementaire, poste qu’il gardera jusqu’en 2007. En 2018, il annonce son adhésion au Parti conservateur.

Andrée Champagne, morte le 5 juin à l’âge de 80 ans

Andrée Champagne amorce sa carrière de comédienne en interprétant pendant 15 ans le rôle de Donalda dans le téléroman «Les Belles Histoires des Pays d’en-Haut». Elle s’impliqua dans l’Union des artistes dont elle fut successivement vice-présidente puis secrétaire générale, de 1981 à 1984, fondant notamment Le Chez-nous des artistes. En 1984, cette fédéraliste convaincue se lance en politique. Elle est élue députée progressiste-conservatrice de Saint-Hyacinthe-Bagot. Elle est brièvement ministre d’État à la Jeunesse et vice-présidente de la Chambre des communes. Défaite en 1993, elle revient aux petit et grand écrans. Elle a notamment tenu des rôles dans «Scoop», «Omertà» et «Juliette Pomerleau». Pendant une dizaine d’années, elle a aussi fait du doublage pour des films et des jeux informatiques, dans les deux langues officielles. Paul Martin la nomme au Sénat 2005.

Marc-André Bédard, mort le 25 novembre à l’âge de 85 ans

L’ancien ministre péquiste Marc-André Bédard était un fidèle parmi les fidèles de René Lévesque. Après un essai infructueux en 1970, il est élu dans la circonscription de Chicoutimi en 1973. Trois ans plus, il devient ministre de la Justice, poste qu’il occupera jusqu’en mars 1984. À ce titre, il participe à l’adoption de plusieurs réformes dont la création du Conseil de la magistrature. Sur son impulsion, de nombreux amendements sont apportés à la Charte des droits, interdisant la discrimination contre les homosexuels et les personnes handicapées. Il modifie le processus de nomination des juges, mettant fin aux mandats à vie pour les remplacer par des mandats de sept ans non renouvelables. Il participe aussi à la réforme du Code civil. M. Bédard fut l’un de ceux qui prônèrent la démarche référendaire avant d’accéder à la souveraineté.

Aussi décédés: Jean-Noël Tremblay (23 janvier); Louise Robic (13 mars); Albert Côté (18 avril); Aileen Carroll (19 avril); Francis Dufour (25 mai); Reed Scowen (28 mai); Yvon Lamarre (2 juin); David Cliche (19 juillet); Bernard Cleary (27 juillet); Joe Norton (14 août); John Turner (19 septembre); Suzanne Tremblay (26 septembre); Don Mazankowski (27 octobre); Max Gros-Louis (14 novembre); Alfonso Gagliano (12 décembre).

À l’étranger: Mike Moore (2 février); Hosni Moubarak (25 février); Javier Perez de Cuellar (4 mars); John Lewis (17 juillet); Brent Scowcroft (6 août); Pascal Lissouba (24 août); Amadou Toumani Touré (10 novembre); Valéry Giscard d’Estaing (2 décembre).

Vie financière

Roger D. Landry, mort le 1er février à l’âge de 86 ans

Celui qui est considéré comme le «père» de la mascotte Youppi a mené une longue carrière dans le secteur des relations publiques. Après avoir occupé des fonctions importantes au sein de la Sûreté du Québec et d’Expo 67, il devient vice-président aux Affaires publiques du projet de développement de Rayonier Québec sur la Côte-Nord. Les Expos de Montréal le recrutent en 1977 à titre vice-président au marketing. En 1980, il succède à Roger Lemelin au poste de président et éditeur du journal «La Presse», poste qu’il occupe jusqu’en 2000. M. Landry s’implique sur la scène politique municipale, devenant en 2005 chef de cabinet de l’ancien maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque. Il ne quittera ses fonctions que 12 ans plus tard.  

Jacques Ménard, mort le 4 février à l’âge de 74 ans

Jacques Ménard a été président des activités québécoises de la Banque de Montréal de 2001 à 2018. Il a occupé plusieurs postes d’administrateur au fil des années et a notamment présidé les conseils d’administration d’Hydro-Québec, de la Bourse de Montréal, de Trans-Canada Options Corporation et de l’Association canadienne des courtiers en valeurs mobilières. Il a également été vice-président du conseil de Gaz Métro et administrateur pour l’Orchestre symphonique de Montréal, WestJet, Claridge, Rona, Bowater, le Conseil canadien sur la reddition de comptes et plusieurs autres organismes de l’industrie des valeurs mobilières. M. Ménard a également été président de l’équipe de baseball des Expos de Montréal, et avait accepté de jouer le rôle de banquier pour George Gillett lorsque l’homme d’affaires américain a vendu, en 2009, le club de hockey Canadien de Montréal à un groupe dirigé par la famille Molson.

Claude Castonguay, mort le 12 décembre à l’âge de 91 ans

Reconnu comme le «père» de l’assurance-maladie au Québec, Claude Castonguay a laissé sa marque dans de nombreux domaines. L’un des principaux artisans de la Révolution tranquille, il devient ministre de la Santé après les élections québécoises de 1970. Non seulement il fait adopter la loi créant l’assurance-maladie, il lance une vaste réforme du système de la santé, créant notamment les CLSC. Après son passage en politique, il entre chez La Laurentienne en 1976, qu’il dirige six ans après son arrivée. Selon lui, son meilleur coup demeure l’achat de la Banque d’épargne qui deviendra la Banque Laurentienne au milieu des années 1980. Il revient sur la scène politique lorsque Brian Mulroney le nomme au Sénat en 1990. M. Castonguay est demeuré actif pendant toute sa vie, intervenant dans les débats qui l’intéressaient.

Aussi décédés: Claude Beauchamp (12 avril); Maurice LeClair (25 avril); Max Ward (2 novembre).

À l’étranger: Jacques Calvert (8 avril); Marcel Ospel (26 avril); Ian Taylor (8 juin); Nemir Kirdar (9 juin); Stuart Wheeler (23 juillet); Cesare Romiti (18 août); Sumner Redstone (11 août); Moussa Traoré (15 septembre); Alan S. Boyd (17 octobre); Charles-Henri Flammarion (9 novembre).

Vie civile

Fernard Daoust, mort le 23 janvier à l’âge de 93 ans

Fernand Daoust a marqué l’histoire du syndicalisme québécois pendant plusieurs décennies en oeuvrant à la FTQ. Dans l’esprit populaire, «le grand Fernand» est indissociable de «Ti-Louis», Louis Laberge, son «acolyte» à la tête de la plus grande centrale syndicale du Québec. Il est devenu secrétaire général de la FTQ en 1969 et a occupé cette fonction de numéro deux de la FTQ jusqu’en 1991, date à laquelle il en est devenu président. Dès la création du Fonds de solidarité FTQ en 1983, il avait été nommé premier secrétaire. M. Daoust nourrissait une autre passion : la défense de la langue française. En 1977 d’ailleurs, il devenait membre du conseil d’administration de l’Office de la langue française. Il a aussi été membre du Mouvement Québec français.

Roger Nicolet, mort le 24 janvier à l’âge de 88 ans

À titre d’ingénieur, Roger Nicolet a été étroitement associé à plusieurs réalisations grandioses, dont la pyramide du Musée du Louvre à Paris, le Village olympique, la place Montréal Trust, la Place Bonaventure, la Place Ville-Marie et le pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine. On le trouve à la tête de l’Ordre des ingénieurs du Québec de 1997 à 2002. Il a été président de la Commission chargée de faire enquête sur le désastre au Saguenay en 1996 et président de la Commission chargée d’analyser les événements relatifs à la tempête de verglas de janvier 1998. Il a aussi siégé à la Commission sur l’avenir politique et constitutionnel du Québec, souvent désignée comme la commission Bélanger-Campeau. En 2006, il est nommé à la Commission d’enquête sur l’effondrement du viaduc du boulevard de la Concorde. M. Nicolet a aussi été maire d’Austin de 1976 à 2009.

Madeleine Juneau, morte le 26 juin à l’âge de 74 ans

Figure de proue de la connaissance du patrimoine montréalais, Madeleine Juneau a grandement contribué à l’essor de la Maison Saint-Gabriel, un lieu historique. Après une carrière d’enseignante, elle devient en 1984 directrice des services éducatifs de l’établissement, avant d’en assumer la direction générale en 1997. Sous sa houlette, l’endroit est devenu un lieu fort visité. Mme Juneau a été pendant six ans présidente de la Société des directeurs des musées montréalais.

Aussi décédés: Francis Plummer (4 février); Louis-Edmond Hamelin (13 février); William Johnson (2 mars); Jean Truchon (7 avril); Sylvie Vincent (30 avril); Jean-Marc Chaput (6 juin); Deborah Zamble (6 juillet); Martial Bourassa (28 juillet); Jean-Marie Brochu (22 août); Romain Bruno Légaré (30 septembre); Louis Fortier (4 octobre); Pergy Schmeiser (13 octobre);  Michel Auger (1er novembre).

 À l’étranger: Stanley Cohen (5 février); Jean Daniel (19 février); Philip Warren Anderson (29 mars); Oliver Williamson (21 mai); Flossie Wong-Staal (8 juillet); Gisèle Halimi (28 juillet); Frances Allen (4 août); Russell Kirsch (11 août); Masahiro Koishikawa (26 août); Ruth Bader Ginsburg (18 septembre); Mario J. Molina (7 octobre); Chuck Yeager (7 décembre).

Vie culturelle

Renée Claude, morte le 12 mai à l’âge de 80 ans

Son nom seul réveille le souvenir de refrains qui ont bercé les années 1960 et 1970: «Shippagan», «Le Début d’un temps nouveau», «Ce soir, je fais l’amour avec toi», «Viens faire un tour», «C’est notre fête aujourd’hui», «La Rue de la Montagne», «Le Tour de la terre»… Renée Claude aura prêté sa voix chaude et vibrante aux paroles et aux musiques des Stéphane Venne, Michel Conte, Luc Plamondon ou André Gagnon. Sa voix ronde et claire, sans effets inutiles de prouesses lyriques, était toute destinée à servir d’écrin aux oeuvres des créateurs d’ici. Moins présente sur les palmarès à partir des années 1980, l’élégante chanteuse a prêté ensuite sa voix sublime aux chansons de Clémence Desrochers, Léo Ferré et George Brassens. Elle a aussi été de la création de l’opéra romantique «Nelligan» en 1990. 

Monique Mercure, morte le 17 mai à l’âge de 89 ans

Aussi active au cinéma qu’à la télévision et sur scène, Monique Mercure a su incarner avec autant de talent une des deux «Bonnes» de Jean Genet, une des «Deux femmes en or» de Claude Fournier ou une des deux vieilles jumelles dans «Saints-Martyrs-des-Damnés» de Robin Aubert. Elle est devenue, en 1977, la première Québécoise à remporter le prix d’interprétation féminine à Cannes pour son rôle de Rose-Aimée dans «J.A. Martin photographe». Elle a aussi tout joué au théâtre, des classiques grecs aux grands contemporains. Elle était la Rose Ouimet des «Belles-Soeurs» en 1971 au TNM, et elle a dirigé l’École nationale de théâtre, à Montréal, pendant toutes les années 1990. On l’a vue dans le téléroman «Mémoires vives», mais surtout dans «Providence» où elle incarnait Édith Beauchamp, un rôle qui lui a valu le prix Gémeaux de la meilleure interprétation féminine en 2007 et en 2009, et le prix Artis en 2008 et en 2009.

Michel Dumont, mort le 13 août  à l’âge de 79 ans

Cet acteur a joué dans plus de 75 pièces à «son» théâtre de la Place des arts, mais aussi sur d’autres scènes à Montréal et dans les tournées de la compagnie Jean-Duceppe. Il a été par ailleurs très présent à la télévision, où il a tenu des rôles de premier plan, notamment dans «Monsieur le Ministre», «Des dames de coeur», «Omerta» et plus récemment «Yamaska». Et pendant 27 ans de cette carrière très remplie, Michel Dumont occupera toujours ses fonctions de directeur artistique «chez Duceppe», où il s’est fait un point d’honneur de présenter chaque année au moins une oeuvre québécoise, de 1991 à 2017. 

Aussi décédés: Thérèse Dion (17 janvier); Marguerite Lescop (3 avril); Ghyslain Tremblay (7 avril); Jean Nicol (11 mai); Michelle Rossignol (18 mai); Yves Létourneau (26 mai); Marie-Christine Lévesque (16 juillet); Louise Renaud (19 octobre); Jacques Godin (26 octobre); Michel Mongeau (74 ans); Christian Mistral (23 novembre); André Gagnon (3 décembre).

À l’étranger: Kirk Douglas (5 février); Claire Bretécher (10 février); Clive Cussler (24 février); Manu Dibango (24 mars); Albert Uderzo (24 mars); Lee Konitz (15 avril); Idir (2 mai); Mory Kanté (22 mai); Ennio Morricone (6 juillet); Alan Parker (31 juillet); Juliette Gréco (23 septembre); Quino (30 septembre); Eddie Van Halen (6 octobre); Éric Assous (12 octobre); Sean Connery (31 octobre), John le Carré (12 décembre); Claude Brasseur (22 décembre).

Vie sportive

Henri Richard, mort le 6 mars à l’âge de 84 ans

Henri Richard est le joueur ayant remporté le plus grand nombre de coupes Stanley dans l’histoire de la LNH. Cet ancien joueur de centre était le frère cadet de Maurice «Rocket» Richard. Ce lien et sa stature de cinq pieds sept, 160 livres lui ont d’ailleurs valu le surnom de «Pocket Rocket». Capitaine du Canadien de Montréal de 1971 à 1975, après le règne de 10 ans de Jean Béliveau, Richard a joué pendant 20 saisons dans la Ligue nationale de hockey, toutes avec le Tricolore, entre 1955 et 1975. Il s’agit d’une marque d’équipe, qu’il partage avec Béliveau. Il a fait graver son nom sur le précieux trophée en 11 occasions. Malgré sa petite taille, Richard a pris part à 1256 matchs de saison régulière dans la LNH, un autre sommet dans l’histoire du Tricolore. Il a totalisé 358 buts et 688 mentions d’aide pour une récolte de 1046 points, le troisième plus haut total chez le Canadien derrière Guy Lafleur (1246) et Béliveau (1219). Richard a ajouté 129 points en 180 rencontres éliminatoires, incluant 49 buts.

Pierre Lacroix, mort le 13 décembre à l’âge de 72 ans

Ancien agent de joueur, Pierre Lacroix devient directeur général des Nordiques de Québec en 1994. À ce titre, il supervise le déménagement de la concession vers le Colorado, où il continuera d’occuper ces fonctions jusqu’en 2006. Il est ensuite devenu président de l’organisation, un rôle qu’il a joué pendant près de sept ans, avant de s’effacer en adoptant le titre de conseiller spécial. M. Lacroix aura été le grand architecte des conquêtes de la coupe Stanley par l’Avalanche du Colorado en 1996 et en 2001, réussissant à faire les acquisitions de joueurs clés comme Patrick Roy, Claude Lemieux et Raymond Bourque. 

Derek Aucoin, mort le 26 décembre à l’âge de 50 ans

Ce natif de Lachine est l’un des rares Québécois à avoir atteint les Ligues majeures de baseball, même si ce fut pour une très brève période. Il a fait partie de l’organisation montréalaise à compter de 1989, participant à deux matchs avec les Expos en 1996. En deux manches et deux tiers il a permis un point et trois coups sûrs, avec un but sur balles et un retrait au bâton. Il a aussi lancé dans les filiales des Mets de New York, en 1998. 

Aussi décédés: Pat Stapleton (8 avril); Eddie Shack (25 juillet); Dan Yochum (26 août); Dale Hawerchuk (18 août); Raymond Daviault (6 novembre); Howie Meeker (8 novembre).

À l’étranger: Kobe Bryant (26 janvier); Mickey Wright (17 février); Al Kaline (6 avril); Stirling Moss (12 avril); Don Shula (4 mai); Ashley Cooper (22 mai); Tom Seaver (30 août); Lou Brock (6 septembre); Bob Gibson (2 octobre); Paul Hornung (13 novembre); Diego Maradona (25 novembre); Paolo Rossi (9 décembre); Kevin Greene (21 décembre).

Avec La Presse Canadienne

Le couturier français d’origine italienne Pierre Cardin est mort mardi à 98 ans

décembre 29, 2020

PARIS — Le célèbre couturier français Pierre Cardin, notamment reconnu pour ses créations de prêt-à-porter, est mort mardi à l’âge de 98 ans.

 

© Fournis par La Presse Canadienne

La nouvelle, annoncée par l’Académie des Beaux-Arts, a été confirmée par des membres de sa famille à divers médias d’information français. Cependant, l’Académie, dont Pierre Cardin était membre, n’a pas révélé la cause de son décès.  

La disparition de Pierre Cardin prive désormais le monde de la mode de l’une de ses figures les plus flamboyantes et les plus prolifiques.   

Son nom a été affiché sur une multitude de créations. Au cours des années 1970 et 1980, ses produits étaient vendus dans une centaine de milliers de boutiques du monde.  

Ce nombre a toutefois grandement diminué au cours des dernières années. De plus en plus de commentateurs ont critiqué ses produits pour leur qualité de fabrication et leurs styles figés dans le temps.  

Pierre Cardin, né Pietro Cardini, avait vu le jour le 7 juillet 1922 dans une petite localité située près de Venise, en Italie, au sein d’une famille ouvrière. Alors qu’il était jeune enfant, sa famille a déménagé à Saint-Étienne, en France, où il a commencé dès l’âge de 14 ans à être l’assistant d’un tailleur.  

Il a commencé à travailler à son compte alors qu’il n’avait pas encore 30 ans.  

Au fil des décennies, Pierre Cardin est aussi devenu un homme d’affaires à succès. Ses griffes ont été apposées sur une multitude d’autres objets que des vêtements, notamment sur des meubles, des bijoux, des produits de salle de bain et d’autres accessoires de toutes sortes.

Avec La Presse Canadienne

Mali : Soumaïla Cissé est décédé

décembre 25, 2020
Soumaïla Cissé, le 15 juin 2018 à Bamako.

Évacué à Paris pour des soins médicaux, l’ancien chef de file de l’opposition malienne est décédé, ce vendredi 25 décembre, des suites du coronavirus.

Soumaïla Cissé, 71 ans, s’est éteint dans la capitale française, où il était hospitalisé depuis une dizaine de jours. Selon l’un de ses proches contacté par Jeune Afrique, il avait contracté le coronavirus.

Libéré le 8 octobre dernier alors qu’il avait été détenu pendant six mois par le Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM), Soumaïla Cissé avait confié à Jeune Afrique qu’il souhaitait prendre le temps de « se reposer et se remettre à niveau » après cette longue captivité. Il s’était déjà rendu à Paris, fin octobre, pour y subir des contrôles médicaux.

La libération de Soumaïla Cissé avait suscité de l’espoir dans sa famille politique. L’opposant n’avait pas encore formellement exprimé son intention de se lancer dans la course à la présidence, mais certains de ses partisans le voyaient déjà à Koulouba à l’issue des dix-huit mois que doit durer la transition dirigée par Bah N’Daw.

Candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2018, à l’issue de laquelle il était arrivé deuxième après Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), Soumaïla Cissé avait contesté les résultats et dénoncé des fraudes.

Ces dernières semaines, il avait effectué plusieurs voyages pour remercier les chefs d’États de la région qui se sont impliqués pour sa libération. Il avait notamment été reçu par le Sénégalais Macky Sall, par le Ghanéen Nana Akufo-Addo, par ailleurs président en exercice de la Cedeao,par le Togolais Faure Essozimna Gnassingbé et par le Nigérien Mahamadou Issoufou.

Par Jeune Afrique

Congo/Alphonse NTALOULOU « Alphonso » : Le 25 Décembre 2004 nous rappelle sa disparition

décembre 24, 2020

Bassiste émérite, doublé d’un inimitable compositeur, « Alphonso » est décédé samedi 25 décembre 2004 au C.H.U. (Centre hospitalier et universitaire) de Brazzaville à l’âge de 62 ans.

Farouche individualiste de l’expression profane afro-bantoue, Alphonse Ntaloulou en était l’une des plus fascinantes personnalités. Il était plongé dès son enfance dans la tradition, essentielle et féconde qui engendra les formes citadines de la rumba moderne les plus exigeantes.

Considéré comme l’un des plus grands bassistes de la musique congolaise moderne, il fut surtout un « musicien pour musiciens  », expérimentant avant tout le monde de nouvelles possibilités à la guitare basse, avec des sonorités électroniquement bien travaillées.

Compositeur de grand talent, cet ancien sociétaire de l’orchestre Cercul Jazz, qui a intégré Les Bantous en Septembre 1963, (en remplacement de Francis Bithsoumani « Celi Bitsou ») Alphonse Ntaloulou « Alphonso » a su s’imposer dans « Les Bantous de la Capitale », aux côtés des grands noms tels que Gerry Gérard Biyela, Joseph Samba « Mascott », Nino Malapet, Jean-Serge Essous, etc …

On lui doit plusieurs chansons à succès qui ont fait bouger le Congo et l’Afrique, dont les plus connus sont : « Mama na pesi yo melesi  », « C’est l’amour  », « Koyaka te  » et surtout celle qui a battu tous les records de vente et de popularité : « Choisis ou c’est lui ou c’est moi ». C’est sûrement sa meilleure chanson, variée et parfaitement équilibrée, elle aborde un sujet d’amour très courant dans la société congolaise.

Avec Congopage par Clément OSSINONDE

La militante pakistanaise Karima Baloch retrouvée morte à Toronto

décembre 23, 2020

La famille et un collègue de Karima Baloch ont du mal à croire la thèse de mort non-criminelle mise de l’avant par la police de Toronto, qui ont retrouvé celle-ci morte dans les eaux près du centre-ville de Toronto.

Karima Baloch avait fui le Pakistan en 2016.© Fournie par le Service de police de Toronto Karima Baloch avait fui le Pakistan en 2016.

Lateef Johar, un ami proche et collègue militant de Mme Baloch affirme qu’elle avait récemment reçu des menaces de mort et que la famille de la victime était profondément méfiante à l’égard de ce qui lui était arrivé.

«Son mari a reçu des messages d’inconnus disant qu’ils vont offrir un cadeau de Noël à Karima qu’elle n’oubliera jamais», a affirmé M. Johar.

«Nous respectons tout ce que dit la police, mais nous ne croirons jamais que c’est un accident», affirme M. Johar, «C’était une femme courageuse».

Le mari de Mme Baloch, qui selon M. Johar, arrivé du Royaume-Uni pour une visite il y a deux semaines, n’a pas pu être rejoint pour des commentaires.

Karima Baloch était à la tête de l’organisation d’étudiants qui milite pour l’indépendance des régions pakistanaises d’origine baloutche au sud-ouest du pays.

Le groupe accuse les autorités pakistanaises d’atrocités en matière de droits de l’homme dans la région, où des groupes armés baloutches ont mené pendant des années une guerre contre les forces de sécurité du Pakistan sur fond de séparatisme.

L’armée et le gouvernement pakistanais nient fermement toute violation des droits de la personne.

Mme Baloch a fui le Pakistan en 2015 sur fond d’accusations de terrorisme et de menaces de mort arrivant en novembre 2015 au Canada, où elle a demandé avec succès le statut de réfugié.

Un jour de l’évaluation de sa demande d’asile, selon M. Johar, son oncle que l’on croit avoir été enlevé par l’armée 18 mois plus tôt, a été retrouvé mort au Pakistan.

La section Asie du sud d’Amnistie internationale a qualifié la mort de Mehrab de «profondément choquante».

Dans une déclaration écrite, la police de Toronto indique que la mort de Mme Baloch «fait actuellement l’objet d’une enquête en tant que mort non criminelle et il n’y aurait pas de circonstances suspectes.»

Lundi matin vers 7 h, la police avait signalé la disparition de Mme Baloch, en indiquant s’inquiéter pour sa sécurité. Son corps a été retrouvé environ 2 h plus tard.

Son corps aurait été repêché près du centre-ville mardi.

Elle avait été vue pour la dernière fois dimanche vers 15 h près de l’intersection des rues Bay et Queens Quay West, dans le quartier Harbourfront.

Une partie des soupçons concernant la mort de Mehrab sont nés du fait qu’elle était la deuxième militante baloutche retrouvée morte cette année.

En mai, le journaliste et réfugié Sajid Hussain a été retrouvé mort dans une rivière en Suède, des semaines après sa disparition.

La police de l’époque aurait déclaré que sa mort aurait pu d’un accident ou d’un suicide, bien qu’ils ne puissent pas statuer avec certitude de l’acte criminel.

La BBC avait placé Mme Baloch dans sa liste annuelle des 100 femmes les plus inspirantes et influentes en 2016.

Avec CBC/Radio-Canada 

Covid-19 : Diaspora congolaise à l’épreuve des mesures sanitaires

décembre 17, 2020

Au rythme des mises sous cloche, du choix des lieux de respiration et du ballet des ambulances, Motse Akanati revient sur l’impact de 2020

Motse Akanati

Photo : Motse Akanati

Alors que les rues étaient devenues quasi-désertes et sinistrement silencieuses, chargées de signaux cliniques rappelant la mort qui y rodait, la styliste devant définir comment recadrer ses priorités, s’est plongée dans la réflexion et l’action. Elle s’est mise à écouter la nature, pratiquer le sport, entretenir un bon voisinage, faire des tris, des rangements, ressortir les vieilles recettes de cuisine.

Rentrée en France, après un périple en Afrique de l’Est et l’Océan Indien, elle pensait réaliser son agenda professionnel sans écueils pour organiser l’élection de Miss humanitaire 2020 avec des stars de la mode et du football, comme durant les précédentes éditions à l’Unesco.

Nous avons dû l’organiser en septembre en comité très restreint, Covid-19 oblige !”, confie la styliste en ayant une pensée spéciale pour le professeur Manda, représentant de la RDC auprès de l’Unesco, fauché par ce virus.

Tout comme les autres membres de la diaspora, la Congolaise a été frappée par la mort en solitaire de nombre de ses amis : Manu Dibango, Cyriaque Bassoka, promoteur artistique, Jean-Marie Adoua, ambassadeur du Congo en Afrique du Sud, professeur Yaï , Béninois, ancien président du conseil exécutif à l’Unesco, Simon N’Sondé, artiste céramiste, sans oublier les sapeurs Dada et Allureux.

La Covid-19 m’a rendue plus humble, rien n’est éternel sur la terre des vivants”, résume Motse Akanati qui affirme avoir adopté la bible pour livre de chevet.

Avec Adiac-Congo par Marie Alfred Ngoma

Le célèbre auteur John le Carré est décédé

décembre 13, 2020

Le milieu littéraire perd un géant : l’auteur de romans d’espionnage John le Carré est mort samedi à l’âge de 89 ans, des suites d’une courte maladie.

John Le Carré lors de la 66e Berlinale, en Allemagne.

© John Macdougall/afp via getty images John Le Carré lors de la 66e Berlinale, en Allemagne.

Dans une annonce publiée sur Twitter, son agent littéraire pendant 15 ans, Jonny Geller, président de l’agence Curtis Brown Group, annonce que le maître britannique du roman d’espionnage, de son vrai nom David Cornwell, n’est plus. Il laisse dans le deuil sa femme, ses quatre fils, ainsi que leur famille respective.

Le Carré a travaillé pour les services secrets britanniques avant de transformer son expérience en fiction et de devenir romancier.

On lui connaît tout un univers de romans se déroulant majoritairement durant la guerre froide, notamment avec son personnage d’espion britannique George Smiley. Il combinait une prose laconique, mais lyrique, avec des récits complexes et psychologiques.

Le monde de l’espionnage était d’ailleurs pour l’auteur «une métaphore de la condition humaine».

L’espion «anti-James Bond»

Son succès planétaire vint après la parution de son troisième roman, L’espion qui venait du froid (1964), qu’il écrivit à 30 ans, «mangé par l’ennui» que ses activités de diplomate à l’ambassade britannique de Bonn en Allemagne lui procuraient. En réalité – il ne l’avouera qu’en 2000 – ce poste n’était qu’une couverture à son véritable travail d’espion pour le compte des services secrets britanniques [MI6].

Le roman, vendu à plus de 20 millions d’exemplaires dans le monde, raconte l’histoire d’Alec Leamas, un agent double britannique, passé en Allemagne de l’Est. Son adaptation au grand écran, avec Richard Burton dans le rôle-titre, marque le début d’une longue collaboration avec le cinéma et la télévision.

C’est dans les années 1970 qu’apparaît au premier plan le héros favori de Le Carré, le timide George Smiley, souvent considéré comme l’archétype de l’anti-James Bond : rigide, paranoïaque, mais à l’intelligence acérée, «il ressembl[e] à un crapaud. Court et trapu, il port[e] des lunettes à verres épais qui lui grossissent les yeux», le décrit l’écrivain dans Chandelles noires (1962).

Dans La taupe (1974), premier volet d’une trilogie dont les intrigues s’imbriquent comme des poupées russes, ce redoutable officier des renseignements va démasquer une taupe soviétique infiltrée parmi sa hiérarchie.

Les suites, Comme un collégien (1977) et Les gens de Smiley (1979), deviennent des succès de librairie et sont adaptées à la télévision par la BBC et au cinéma avec Gary Oldman dans le rôle de Smiley.

Galerie: 20 films qui n’auraient jamais du être produits (Espresso)

Il est bien facile de dire après coup qu’un long-métrage n’aurait jamais dû voir le jour, mais dans certains cas, on se demande comment certains projets ont réussi à se faufiler à travers la multitude d’étapes que comporte la création d’un film. Oui, on pense notamment à toi, Mike Myers.

La carrière de John le Carré comme agent secret est cependant rapidement ruinée par l’agent double britannique Kim Philby, qui révèle au KGB la couverture de nombre de ses compatriotes. David Cornwell, alias John le Carré, doit alors démissionner du MI6.

Mais coutumier de l’autodérision, il confessera plus tard avoir été de toute façon un mauvais espion. Il s’amuse aussi à raconter que ses supérieurs l’avaient autorisé à publier L’espion, car le livre est, prétend-il, «pure fiction du début à la fin».

Critique des travers de la mondialisation

Avec la fin de la guerre froide en 1991, John le Carré se met à brocarder les dérives du nouvel ordre mondial construit sur les ruines du mur de Berlin : mafia, trafic d’armes et de drogue, blanchiment d’argent et terrorisme.

Son 18e roman, La constance du jardinier, adapté lui aussi au cinéma, dénonce les abus des multinationales pharmaceutiques dans un Kenya postcolonial «pillé, corrompu et en pleine déliquescence».

Dans Un traître à notre goût (2011) ou encore dans une Vérité si délicate (2013), l’écrivain livre une satire féroce contre les maîtres du monde aux manœuvres depuis les salons tamisés des ambassades, des ministères et des banques.

Des secrets bien gardés

John le Carré, dont les livres occupent les têtes de gondole dans les aéroports du monde entier, était un homme jaloux de son intimité, préférant les falaises de sa maison en Cornouailles aux mondanités du monde littéraire.

Il y a quelques années, il avait engagé deux détectives dans l’idée de démarrer une autobiographie, les sommant de rassembler «un dossier» sur lui et sa famille, pour établir la vérité. «Parce que je suis un menteur, élevé pour ça, entraîné à ça par un service qui ment pour vivre» et réinventant constamment sa propre vie, dit-il leur avoir expliqué. Mais ils reviennent bredouilles.

Il se résout à l’exercice en 2016 avec la publication de quelques souvenirs dans Le tunnel aux pigeons. Il remonte ainsi à sa petite enfance pour expliquer la colère qui l’habite : né le 19 octobre 1931 à Poole, petite station balnéaire du sud de l’Angleterre, il est abandonné à 5 ans par sa mère à un père tyrannique doublé d’un escroc dont il fera le portrait à peine déguisé dans Un pur espion (1986).

«Les gens qui ont eu des enfances malheureuses sont assez bons pour s’inventer eux-mêmes», aime-t-il à dire.

Marié deux fois, il avait quatre fils et treize petits-enfants.

En 2011, il avait légué toutes ses archives à la bibliothèque de Bodley fondée au début du XVIIe siècle à Oxford, où il étudia les langues dans les années 1950.

«Pour Smiley, comme pour moi, Oxford est notre maison spirituelle», explique-t-il. «Et même si j’ai le plus grand respect pour les universités américaines, la bibliothèque de Bodley est l’endroit où je reposerais le plus heureux possible».

Avec CBC/Radio-Canada

Canada/Décès de Claude Castonguay : le Québec salue la mémoire d’« un visionnaire »

décembre 13, 2020

L’annonce de la mort du « père de l’assurance maladie », l’un des cerveaux derrière la Révolution tranquille, Claude Castonguay, a suscité de nombreuses réactions de personnalités politiques, qui ont tenu à rendre hommage à ce « grand bâtisseur du Québec ».

Claude Castonguay, alors qu'il présidait un groupe de travail sur le financement du système de santé en 2008.

© Mathieu Belanger/Reuters Claude Castonguay, alors qu’il présidait un groupe de travail sur le financement du système de santé en 2008.

Claude Castonguay, ministre de la Santé et des Affaires sociales du Québec de 1970 à 1973, est décédé samedi à l’âge de 91 ans après un combat contre le cancer.

Passé à la postérité en aidant à bâtir l’assurance maladie québécoise, il a siégé à de multiples commissions et comités gouvernementaux. Considéré comme «un grand bâtisseur du Québec», il aura aussi été un critique tenace du système de santé.

«Le Québec perd un de ses plus grands visionnaires», n’a pas tardé à réagir le premier ministre François Legault sur son compte Twitter.

«Un visionnaire qui a révolutionné l’accès aux services de santé», a également souligné l’actuel ministre de la Santé, Christian Dubé.

La commission Castonguay-Nepveu a permis la mise en place d’un revenu général d’allocations sociales pour les Québécois les moins fortunés et, surtout, la création d’un régime d’assurance maladie obligatoire et universel dans les années 1970.

Artisan du Québec moderne

Lucien Bouchard, ancien premier ministre du Québec, s’est exprimé sur les ondes d’ICI RDI en rappelant l’engagement politique et la contribution de Claude Castonguay durant la Révolution tranquille.

«C’est un des constructeurs du Québec moderne […] un Québec de l’égalité sociale», a-t-il mentionné. «Ce n’était pas un politicien traditionnel et n’avait rien de partisan. Il a toujours été intéressé par la vie publique […] et avait une grande curiosité intellectuelle», a-t-il poursuivi.

Une vision partagée par l’ex-chef de cabinet de Robert Bourassa, John Parisella, qui ne tarit pas d’éloges envers cet «homme de convictions», «très engagé», «respectueux» et «toujours à l’écoute». En entrevue à ICI RDI, M. Parisella a dit également avoir été très attristé par la nouvelle du décès de Claude Castonguay.

«C’était une personne qui voyait loin, rigoureuse et avec des valeurs. Un vrai architecte du Québec moderne. Il va nous manquer», a t-il évoqué.Claude Castonguay, en 2008, lors de la commission qui porte son nom sur les finances du réseau de la santé.

© Mathieu Belanger/Reuters Claude Castonguay, en 2008, lors de la commission qui porte son nom sur les finances du réseau de la santé.

Le livre de Pierre Maisonneuve, Claude Castonguay : un artisan du Québec moderne, retrace d’ailleurs le riche parcours de ce politicien d’exception, qui était aussi «un esprit indépendant» et «un libre penseur».

«Claude Castonguay n’était pasun homme de parti et n’a jamais été un grand mandarin de la fonction publique. C’était d’abord un expert», rappelle l’ancien animateur de Radio-Canada, en entrevue à ICI RDI.

«Il a dit oui à la politique, mais pour faire avancer ses dossiers d’expert», ajoute l’auteur.

Claude Forget, ancien ministre libéral, qui a bien connu M. Castonguay, a quant à lui évoqué l’ouverture d’esprit et la sagesse de l’homme politique, qui laisse un legs considérable à la province.

«Il s’imposait aussi par sa grande intelligence et sa volonté de déboucher sur des résultats audacieux et innovants, mais toujours avec l’assentiment des gens», explique-t-il.

«La satisfaction d’avoir servi le Québec»

Le témoignage de son beau-frère, Gaspard Fauteux, laisse entrevoir une autre facette du personnage politique. Dans sa vie privée, Claude Castonguay, aux allures si sérieuses, était considéré comme une personne drôle, avenante et «pleine d’amour pour sa famille».

«Il était fort différent de ce qu’on peut imaginer», affirme M. Fauteux en entrevue à Radio-Canada. «On le voit comme un homme froid et distant, mais il était dans notre famille d’une grande chaleur, d’un grand intérêt et d’un grand sens de l’humour.»

M. Fauteux se souvient notamment de l’époux de sa sœur comme d’un homme de conciliation et de dialogue, à l’honnêteté intellectuelle sans faille. «C’était un grand homme qui avait de grandes attentes. Mais, ses attentes n’étaient pas insurmontables, elles étaient réalistes. »

Claude Castonguay

© Mathieu Belanger / Reuters Claude Castonguay

Il ajoute que Claude Castonguay continuait d’être «en avance sur son temps» et proposait toujours ses conseils et ses réflexions avec la direction de la santé publique, et ce même durant la crise de la COVID-19.

«Cet homme aura marqué le Québec, c’est un de nos grands contemporains», conclut-il. «J’aimerais que les Québécois se rappellent de lui comme un Lévesque, un Bourassa ou d’autres grands politiciens.»

« Un immense héritage »

Plusieurs autres personnalités de la classe politique n’ont également pas tardé à réagir par voie de communiqué ou sur leur compte Twitter.

«Il y a quelques semaines encore, il était des réflexions du Québec, avec rigueur et audace. Sa trace sera durable», a évoqué le chef bloquiste dans un message publié sur Twitter.

Du côté de Québec solidaire, on a salué «l’immense héritage» de M. Castonguay. «Prenons-en soin», a notamment écrit la co-porte-parole Manon Massé.

«Chez nous, la santé fait partie du bien commun. Tout le Québec est en deuil», a pour sa part déclaré Gabriel Nadeau-Dubois.

Claude Castonguay a été décoré de l’Ordre du Canada en 1974 et fait officier puis grand officier de l’Ordre national du Québec respectivement en 1991 et en 2014.

«Grand acteur de la Révolution tranquille, passionné des politiques publiques, son legs en santé contribue grandement à garantir l’égalité des chances dans notre société», a aussi salué le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon.

Des réactions sont également venues du Parti conservateur du Canada, en la personne d’Erin O’Toole, qui a déclaré qu’il apprenait avec tristesse le décès de Claude Castonguay. «Il fut non seulement le père de l’assurance maladie, mais aussi une figure marquante de la politique québécoise», a-t-il précisé.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a quant à elle déclaré que «la métropole et le Québec tout entier perdent un pionnier et un ténor de la Révolution tranquille au legs immense».

Avec  CBC/Radio-Canada 

Portrait : Emmanuel Lubanzadio, responsable de la politique publique de Twitter pour l’Afrique subsaharienne

décembre 12, 2020

Originaire de la République démocratique du Congo et de nationalité allemande, Emmanuel Lubanzadio est, depuis janvier 2020, responsable de la politique publique de Twitter pour l’Afrique subsaharienne. À ce poste stratégique, il travaille pour l’un des réseaux sociaux les plus influents au monde mais, explique-t-on, garde la tête froide et reste discret. Par son parcours, il souhaite notamment inspirer les jeunes africains.

Basé à Dublin, Emmanuel Lubanzadio, en tant que responsable de la politique publique de Twitter pour l’Afrique subsaharienne, fait partie de l’équipe de politique publique Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA) de Twitter à Dublin.

Le travail de « Twitter Public Policy » est axé sur les problèmes de politique posés par la propagation continue de la technologie numérique et des services de communication sur le Web à travers le monde. Ces questions vont de la liberté d’expression, de la sécurité en ligne, de la propriété intellectuelle, du droit d’auteur, de la vie privée et de la liberté sur Internet. L’équipe chargée des politiques gère et dirige également le travail de responsabilité sociale des entreprises de Twitter, en collaborant avec des ONG actives dans les domaines de l’inclusion numérique, de la liberté d’expression, de la sécurité en ligne et des services d’urgence / reprise après sinistre. Dans le contexte d’événements civiques tels que les élections, Public Policy veille à ce que les acteurs politiques trouvent une place naturelle sur Twitter.

Depuis la nomination d’Emmanuel Lubanzadio, Twitter, dans le but de prévenir le suicide et l’automutilation pendant cette période de pandémie, a déployé une nouvelle fonctionnalité au Nigeria, au Kenya et en Afrique du Sud pour inciter les personnes ayant des pensées suicidaires à demander de l’aide. Commentant cette nouvelle fonctionnalité, Emmanuel Lubanzadio a déclaré que la communauté des médias sociaux peut être une source importante de soutien en temps réel pour toute personne aux prises avec des pensées d’automutilation ou suicide.

En outre, le 25 mai 2020, Twitter avait annoncé qu’il avait introduit un nouvel emoji dédié à l’Afrique, spécialement lancé à l’occasion de la Journée de l’Afrique. L’emoji représente le drapeau de l’Union africaine.« Nous sommes heureux de nous associer à l’Union africaine pour lancer cet emoji spécial commémorant la Journée de l’Afrique. Twitter est le lieu où les communautés se rassemblent et suivent les événements mondiaux. Avec cet emoji, nous voulons aider les gens à célébrer l’héritage africain et à partager leurs points de vue sur tout ce qui se passe sur le continent, tout en rendant ces conversations colorées et engageantes », avait expliqué Emmanuel Lubanzadio.

Emmanuel Lubanzadio, indique Policy Center for The New South, a grandi en Allemagne dans une famille congolaise de cinq enfants. Pendant son enfance, ses voyages en République démocratique du Congo (RDC) étaient rares, mais il a beaucoup entendu parler de la politique africaine, un sujet récurrent chez lui. Sa première rencontre avec un pays africain autre que la RDC a eu lieu en 2014 au Ghana, où il a vécu et travaillé comme « Junior Professionnal » pour Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), l’Agence allemande pour la coopération internationale (GIZ) sur un projet avec le Centre international de formation au maintien de la paix Kofi Annan. Au sein du GIZ, il a géré des projets concernant la construction de la démocratie, les soins de santé, la bonne gouvernance, la numérisation et le renforcement des capacités en Afrique et au Moyen-Orient. Il a également mené des stratégies de plaidoyer, assuré la gestion des parties prenantes et conseillé le personnel de projet, les responsables gouvernementaux et les donateurs multilatéraux, y compris l’Union européenne, l’ONU et la Banque mondiale.

L’expérience américaine

Avant d’être nommé directeur des relations gouvernementales de Frenesius en juin 2017, Emmanuel Lubanzadio a été assistant de recherche chez Fresenius Kabi, de 2015 à 2016, où il a soutenu le département des relations gouvernementales dans la gestion des relations avec les principaux acteurs politiques, mené des recherches sur le droit de la propriété intellectuelle, les politiques d’accès aux marchés et examiné l’impact des accords de libre-échange sur la disponibilité de médicaments abordables. Il a également contribué à la composition de documents de position et à d’autres activités de sensibilisation auprès des politiciens du monde entier. Le document de position est le document par lequel une organisation expose, de façon officielle, ses vues sur un sujet, dans un contexte donné. Par ailleurs, Emmanuel Lubanzadio a été plébiscité leader émergent du programme des leaders émergents d’’Atlantic Dialogues en 2019 et Atlantik Bruecke Young Leader (2019).

Mélange de réalisme et d’optimise

Interrogé par Policy Center For The New South, Emmanuel Lubanzadio a décrit sa personnalité comme un «mélange de réalisme et d’optimisme». Policy Center for the New South, anciennement OCP Policy Center, est un groupe de réflexion marocain basé à Rabat au Maroc, qui s’efforce de promouvoir le partage des connaissances et de contribuer à une riche réflexion sur les questions-clés des relations économiques et internationales.

Sur ses impressions personnelles de l’Afrique, Emmanuel Lubanzadio a rappelé : «Chaque pays est différent, même si parfois les personnes en dehors du continent perçoivent l’Afrique comme un seul pays simplement parce que la majorité de ses citoyens sont Noirs. L’Afrique est si riche de sa beauté et de sa diversité, de sa culture, de ses langues, de ses ethnies et de ses religions ». Ainsi, en ce qui concerne l’Afrique, dernière frontière de croissance du monde, il a déclaré : «Certaines régions d’Afrique peuvent voir des lacunes en matière d’infrastructures ou de soins de santé, par exemple. Bien que cela puisse paraître décourageant, les choses progressent absolument dans cette région en raison des personnes créatives, fortes et résilientes qui résident sur le continent. Les personnes qui font la grande Afrique sont sa jeunesse et la société civile en général».

Inspirer les jeunes

Les sujets qui  touchent le plus Emmanuel Lubanzadio sont la liberté d’expression, les droits numériques, le chômage des jeunes et le manque de perspectives pour de nombreux jeunes. «Le continent africain compte 200 millions de jeunes, la plus grande population de jeunes au monde, explique-t-il. C’est là que réside mon cœur, en termes de leur implication dans le processus de prise de décision dans le domaine de la politique et l’accès aux moyens de gagner sa vie », a-t-il expliqué à Policy Center For The New South.

Par son parcours, Emmanuel Lubanzadio aimerait inspirer les jeunes, en montrant qu’ il est toujours possible de «réussir». Interrogé sur ses propres modèles, Emmanuel Lubanzadio a désigné ses  parents : «J’ai le plus grand respect pour eux. Ils ont cherché une vie meilleure et ont travaillé dur pour que mes frères et sœurs et moi puissions être inspirés et avoir des opportunités ». Emmanuel Lubanzadio aime lire des biographies, comme l’Autobiographie de Malcom X, écrite par Alex Haley.

Citoyen du monde

Emmanuel Lubanzadio se considère comme un citoyen du Monde. « Je suis un Allemand avec des racines en Afrique qui a fait ses études aux États-Unis et en Europe. Des gens comme moi seront souvent aux prises avec la question de l’identité. J’ai connu de nombreux conflits culturels, mais je suis fier de mes racines. J’ai une passion pour l’Afrique et je suis également Européen, combiné à l’optimisme que j’ai appris aux États-Unis, grâce à cette idée que vous pouvez être qui vous voulez. Je trouve cela magnifique. J’ai eu ce privilège qui définit certainement qui je suis, un citoyen du monde avec des racines dans des régions où je prends le meilleur de tout », a-t-il fait savoir à Policy Center For The New South.

Avec Adiac-Congo par Patrick Ndungidi

Tidjane Thiam, nouveau « gardien » du capitalisme inclusif avec le Vatican

décembre 8, 2020
Tidjane Thiam à Davos, le 22 janvier 2019.

L’ancien patron franco-ivoirien de Credit Suisse intègre le Conseil pour un capitalisme inclusif, initié par le pape François, qui réunit une vingtaine de dirigeants mondiaux d’entreprises.

Mettre en avant la dimension morale de la vie économique pour favoriser « un développement humain intégral », tel était le vœu du souverain pontife lorsqu’il a lancé les premières consultations, fin 2019, avec une organisation américaine qui plaide pour une vision vertueuse de l’économie de marché, le Conseil pour un capitalisme inclusif.

Ce dernier annonce, ce 8 décembre, le lancement officiel d’un partenariat avec le Vatican. Concrètement, un groupe d’investisseurs et de chefs de grands groupes mondiaux, appelés « gardiens », s’engage à « réformer le capitalisme (…) pour le bien de l’humanité » et à promouvoir la dynamique auprès du secteur privé pour que capitalisme rime davantage avec justice, inclusion et développement durable.

Ces dirigeants, qui représentent plus de 10 500 milliards de dollars d’actifs sous gestion, doivent se réunir chaque année avec le pape François et le cardinal ghanéen Peter Turkson – l’un des deux cardinaux africains pressentis en 2013 pour succéder à Benoît XVI et devenir ainsi le premier « pape noir » de l’histoire – pour faire le point sur leurs actions visant à faire progresser le capitalisme inclusif.

Finance « désintéressée »

Parmi eux, l’ancien directeur général de Credit Suisse, Tidjane Thiam, dont les derniers choix dans la sphère économique témoignent d’une volonté pour celui que d’aucuns qualifient de « prodige de la finance » de partager son expérience au service du continent.

Depuis son départ de la deuxième plus grande banque helvète, le dirigeant a ainsi intégré la task force de l’Union africaine – aux côtés de Ngozi Okonjo-Iweala, Trevor Manuel et Donald Kaberuka -, chargée de trouver une solution coordonnée et continentale à la crise sanitaire.

Après une parenthèse ivoirienne, pendant la présidentielle remportée le 3 novembre par Alassane Ouattara, il est recruté par le Rwanda pour promouvoir la place financière de Kigali en intégrant le board du Rwanda Finance Limited.

Dirigeants de haut niveau

Thiam, qui siège depuis juin au conseil d’administration du numéro trois mondial du luxe, le français Kering, est par ailleurs membre du « Groupe des 30 », un organisme mondial indépendant, créé en 1978, et composé de dirigeants des secteurs public et privé.

Parmi eux, plusieurs anciens gouverneurs de banques centrales dont Jacob A. Frenkel, le président du conseil des administrateurs et ancien gouverneur de la banque centrale d’Israël, Jean-Claude Trichet, ancien gouverneur de la Banque de France puis de la Banque centrale européenne, ou encore Maria Ramos, coprésidente du groupe de travail du secrétaire général des Nations unies sur le financement numérique des objectifs de développement durable et ancienne DG d’Absa Group.À LIRE Tidjane Thiam, le banquier qui dérangeait la Suisse

Dans le cadre du Conseil pour un capitalisme inclusif, Tidjane Thiam se retrouve ainsi engagé aux côtés d’autres poids lourds mondiaux des affaires, tels le Mexicain Angel Gurria, secrétaire général de l’OCDE, l’Italo-Américain Carmine Di Sibio, PDG du géant de l’audit EY, Oliver Bäte, PDG du groupe allemand d’assurances Allianz, l’Indo-Américain Ayay Banga, PDG de Mastercard ou encore Kenneth Frazier, PDG de Merck & Co et premier dirigeant noir-américain d’un laboratoire pharmaceutique.

Avec Jeune Afrique par Aurélie M’Bida