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France: Il y a 40 ans, Mitterrand devenait le premier président socialiste de la Ve République

mai 10, 2021
Il y a 40 ans, Mitterrand devenait le premier president socialiste de la Ve Republique
Il y a 40 ans, Mitterrand devenait le premier président socialiste de la Ve République© AFP/Archives/JEAN-CLAUDE DELMAS

Il y a quarante ans, François Mitterrand accédait à l’Elysée, offrant à la gauche la première alternance de l’histoire de la Ve République après vingt-trois ans de règne de la droite.

Le 10 mai 1981, le candidat socialiste est élu avec près de 52 % des voix face au sortant Valéry Giscard d’Estaing, qui aura cru jusqu’au bout à sa réélection.

Sa victoire est, entre autres, le fruit de dix ans d’une stratégie patiente: d’abord reconstituer un grand parti socialiste, en prendre la direction, marginaliser ses concurrents, notamment Michel Rocard, puis faire alliance avec les communistes, sans qui rien n’est possible. Au début des années 70, le PCF pèse 20 % de l’électorat et est le plus grand parti de l’opposition.

En 1972, PS et PCF signent le « programme commun de la gauche ». Cinq ans plus tard, le PCF décide de rompre son accord avec le PS. Il y aura quand même quatre ministres communistes, entre 1981 et 1984.

Paradoxalement, c’est à la fois l’union puis la désunion de la gauche qui a permis la victoire de 1981. Selon l’historien Michel Winock, « l’union a été le tremplin de la victoire, mais la rupture avec les communistes a rassuré les centristes », frange de l’électorat indispensable à toute victoire de la gauche.

La « Mitterrandie » s’est retrouvée dimanche au Creusot (Saône-et-Loire), à l’invitation du maire PS, David Marti, pour célébrer cette anniversaire: l’ancien président François Hollande, les anciens Premiers ministres Lionel Jospin et Bernard Cazeneuve, la maire de Paris Anne Hidalgo…

Le premier secrétaire du PS Olivier Faure, qui participe à la marche pour le climat à Paris, n’y était pas. Le 10 mai 1981, « c’était bien plus que l’alternance, c’était un moment de basculement, tout était possible », a affirmé M. Faure à l’AFP. « Il y avait un grand vent de liberté, on changeait d’époque ».

Réélu en 1988, François Mitterrand restera quatorze ans au pouvoir (dont quatre de cohabitation avec la droite). C’est un record, puisque le seul président, Jacques Chirac, à avoir lui aussi accompli deux mandats, y restera 12 ans, après un septennat et un quinquennat.

« L’Algérie, c’est la France »

Début 1981, quasiment personne ne croit à la victoire de la gauche. Le magazine Le Point titre même « Giscard peut-il perdre ? ».

« La gauche n’arrivait au pouvoir que dans des périodes exceptionnelles et quand elle y parvenait – en 1936 avec le Front Populaire, au lendemain de la Seconde guerre mondiale ou avec Guy Mollet, en 1956 – elle n’y restait que deux ans à peine », rappelle l’ex-président François Hollande.

« J’étais déçu » par la victoire de la gauche, « mais aujourd’hui, je pense que c’était nécessaire à la respiration de la démocratie française. Vraiment ! », confie l’ancien ministre de droite François Léotard dans un documentaire que doit diffuser France 2 le 11 mai.

Adversaire résolu à la politique de De Gaulle qu’il dénonçait dans son livre « le coup d’Etat permanent », Mitterrand va pourtant se fondre dans les institutions voulues par le père de la Ve République. « Les institutions de la Ve étaient mauvaises avant moi, elles le seront après moi », disait-il. « Mais soyons lucides, s’il n’y avait pas eu les institutions de la Ve, est-ce que ça aurait tenu sous un régime parlementaire ? Sans doute pas », affirme M. Hollande.

Elu pour la première fois en 1946 avec l’appui de la droite dans la Nièvre, Mitterrand sera onze fois ministre sous la IVe République, évoluant vers des positions de centre gauche. Mais s’il est partisan d’une décolonisation progressive (Indochine, certains territoires africains, Tunisie), il se montre « impitoyable », selon Michel Winock, pendant la guerre d’Algérie.

Lors de son passage au ministère de la Justice, entre février 1956 et mai 1957, 45 militants de la cause algérienne sont guillotinés. C’est pourtant lui qui, parvenu au pouvoir en 1981, fera abolir la peine de mort.

Il va faire ensuite sa mue politique en s’opposant radicalement en 1958 à de Gaulle, devenant le principal représentant de la gauche non communiste, et réussissant le premier exploit de mettre le général en ballottage en 1965.

Par Le Point avec AFP

Canada-Québec: Régis Labeaume se retire de la vie politique

mai 6, 2021

Imprévisible jusqu’au bout, le maire Régis Labeaume aura causé la surprise jusqu’à l’annonce de sa retraite mercredi. Après 14 ans au pouvoir, il laissera derrière lui une ville à laquelle son nom était si collé qu’on peine à l’imaginer évoluer sans lui.

«Cette réflexion, elle est mûrie, elle est réfléchie», a affirmé Régis Labeaume en conférence de presse.

© Francis Vachon Le Devoir «Cette réflexion, elle est mûrie, elle est réfléchie», a affirmé Régis Labeaume en conférence de presse.

« Mon temps est fait et j’aspire à une autre vie », a déclaré M. Labeaume mercredi dans un discours qui semblait mûrement réfléchi. « J’ai le sentiment que je quitterai une maison en ordre », a-t-il ajouté en soulignant que les finances de la ville étaient « stabilisées » malgré la pandémie et que le projet de réseau structurant « était finalement en route ».

Serein, le maire a dit avoir vécu « professionnellement les plus belles années » de sa vie à la Ville. « Je n’ai pas vécu de la politique ; j’aurai plutôt vécu pour la politique : totalement, intensément, pendant 14 ans », a lancé ce sociologue de formation en citant Max Weber.

Régis Labeaume aura entretenu le suspense jusqu’à la fin sur son avenir politique. Alors que les autres candidats à la mairie entraient en campagne ces dernières semaines, son silence à ce sujet impatientait autant les médias que ses adversaires potentiels.

La décision, a-t-il dit, était prise « depuis plus de quatre ans ». Or, ces derniers mois, il avait laissé entendre qu’elle était liée au destin du projet de tramway qui vient à peine de démarrer officiellement avec le lancement des appels de propositions, vendredi.

Véritable bête médiatique, M. Labeaume aura ainsi jusqu’à la fin su garder le contrôle sur le scénario de la vie politique municipale dont il dirige la cadence depuis 14 ans à coups de déclarations choc, de revirements et de défis lancés à ses adversaires politiques.

Un phénomène populaire

La carrière de Régis Labeaume a débuté après le décès subit d’Andrée Boucher en 2007 après moins de deux ans au pouvoir. Nouveau venu en politique, ce millionnaire associé au milieu de l’entreprenariat était méconnu quand il est entré dans la course à la mairie. Au départ, on lui attribuait à peine 5 % des appuis populaires mais il a causé la surprise en se faisant élire avec 59 % des votes.

Ce n’était qu’un début : à l’élection suivante, il allait rafler pas moins de 80 % pour s’imposer comme l’un des politiciens les plus populaires de l’histoire récente du Québec, un véritable « phénomène » politique. « En quelques mois, le maire de Québec Régis Labeaume est devenu la superstar du monde municipal », écrivions-nous à l’époque dans Le Devoir.

Un phénomène en grande partie attribuable à son absence de langue de bois et son style fort en gueule qui lui ont valu beaucoup d’amour de la population, mais aussi certains écarts de conduite.

« La politique, c’est tough. Bon, ça excuse pas tout ce que j’ai fait », a-t-il répondu à un journaliste qui le questionnait mercredi sur son fameux style. « Mais faut jouer dur dans ce milieu-là si on veut avoir des résultats. » Et d’ajouter qu’il avait besoin de se sentir libre : « Pour être bien dans ma peau, avoir de l’énergie et avoir le goût de revenir le lendemain, fallait que je me sente libre. »

On n’a pas fini par ailleurs de disserter sur son legs à la ville de Québec. Mercredi, le principal intéressé à beaucoup insisté sur l’importance du tramway pour faire de la capitale « la ville la plus attrayante au pays ». « Je crois sincèrement qu’avec un mode de transport écologique et moderne, elle le deviendra. »

Ses premières années au pouvoir auront quant à elles été marquées par la relance du 400e qu’il a réalisée en recrutant Daniel Gélinas, du Festival d’été, lequel allait livrer le spectacle légendaire de Paul McCartney sur les Plaines.

Le hockey aura quant à lui fait la pluie et le beau temps de son deuxième mandat pendant lequel Régis Labeaume allait obtenir pas moins de 200 millions de dollars du gouvernement de Jean Charest pour financer l’amphithéâtre nécessaire à la venue d’une équipe qui ne viendra finalement pas.

À ce sujet, M, Labeaume semblait malgré tout paisible, mercredi, en rappelant que la venue d’une équipe était hors de « son contrôle ».

Enfin, on en parle peu désormais, mais son troisième mandat (2013-2017) a été axé sur les relations avec les syndicats, le maire ayant milité pour augmenter leur contribution aux régimes de retraite, débat qui allait essaimer bien au-delà de la capitale et secouer l’Assemblée nationale.

Des drames marquants

Régis Labeaume aura en outre été aux premières loges de deux horribles tragédies survenues en à peine cinq ans : l’attaque à la Mosquée de Québec qui a fait six morts (2017), et celle dans le Vieux-Québec qui en a fait deux, en octobre dernier.

C’est d’ailleurs ce qu’il dit avoir trouvé le plus « difficile » à la mairie. « La Mosquée, c’était terrible. C’était surnaturel. Le 31 octobre, c’était tellement violent », a-t-il déclaré. « C’est toujours la même inquiétude, tu te demandes comment les gens vont percevoir la ville après. » Certaines personnalités ont d’ailleurs vanté le tact du maire lors de ces épisodes particulièrement délicats.

De Québec à Ottawa en passant par tout le monde municipal, les éloges et messages amicaux fusaient de partout mercredi après l’annonce. « Il laisse un legs impressionnant à notre capitale nationale », a déclaré le premier ministre François Legault. « Ça fait bizarre d’imaginer Québec sans le maire Labeaume, tellement il a marqué sa ville. »

« Ton dévouement pour la ville depuis 14 ans est remarquable », a quant à lui fait remarquer son ancien compagnon au municipal Denis Coderre. « Tu peux certainement partir avec le sentiment du devoir accompli ! »

Et maintenant ? Régis Labeaume veut d’abord « se reposer » et « dormir, dormir, dormir, dormir… ». Seul regret affiché dans son discours : il part un peu tard pour entreprendre une deuxième carrière. « Lors de ma première élection à la mairie de Québec, mon espoir le plus fou était d’y demeurer dix ans […] et entreprendre par la suite une nouvelle carrière au tournant de la soixantaine, mais c’est raté », a déclaré le politicien de 65 ans. Chose certaine, on ne le reverra pas en politique à quelque niveau que ce soit, a-t-il insisté.

Reste à savoir quel rôle il jouera dans la campagne au terme de laquelle son successeur sera élu le 7 novembre prochain. M. Labeaume n’a pas indiqué ce qui allait advenir du parti qui porte son nom — Équipe Labeaume — ni des nombreux conseillers municipaux élus sous sa bannière. Ce sera pour une prochaine annonce, a-t-il lancé. Il n’a pas non plus voulu dire s’il allait prendre position lors de la campagne. « Vous verrez ! » a-t-il précisé avant de laisser échapper un rire.

Quatre candidats sont dans la course à sa succession : l’actuel chef de l’opposition Jean-François Gosselin (Québec 21), le conseiller Jean Rousseau (Démocratie Québec), Jackie Smith (Transition Québec) et Bruno Marchand, du nouveau parti Québec forte et fière.

Pour le reste, le maire sortant a prévenu qu’il n’était pas encore parti et comptait bien tirer le maximum des six mois à venir. « Je suis encore à l’ouvrage pour six mois. C’est pas fini ! »

Avec Le Devoir par Isabelle Porter 

Congo-Diaspora/Marc Mapingou : 5 mai 2020 – 5 mai 2021, un an déjà !

mai 5, 2021

Déjà, un an. Que le temps passe vite.

Première année, ce 5 mai 2021, de la tragique disparition de Marc Mapingou.

Marc Mapingou, un grand esprit, homme de culture. D’une humilité et d’une générosité frappantes. L’élégance chevillée au corps, exprimée dans le verbe, l’habillement, les manières et les relations avec autrui.

Citoyen congolais, Mapingou était notre compatriote. Un des meilleurs d’entre nous, au sein de la diaspora congolaise, en France où il a vécu plusieurs années. Y a construit l’essentiel de son cursus universitaire, bâti sa vie de militant progressiste et de cadre politique influent.

Marc Mapingou, par son ouverture et son accès facile, s’est, également, tissé en France un large réseau de connaissances, dans divers milieux. Il en est parti pour Brazzaville, en 1992, devenu Directeur de campagne du candidat Pascal Lissouba aux élections présidentielles congolaises de cette année.

Grâce à la dynamique rassembleuse de l’UPADS cumulée à la parfaite stratégie de communication de Marc Mapingou et au soutien ferme des Partis alliés, Pascal Lissouba triomphera de ces élections, au terme d’un scrutin au deuxième tour, face à Mr Bernard Kolelas.

En démocrate, Marc Mapingou entretenait de nobles et légitimes ambitions pour son pays, le Congo qu’il aimait intensément. Il rêvait de le diriger. Son destin en a décidé autrement.

Ayant, au prix d’un travail méticuleux et, sans la moindre exclusive, dans un environnement sensible, comme celui de la diaspora congolaise, en France, réussi à se créer les conditions optimales de se faire écouter, accepter et aimer. Suscitant, au besoin, l’effet d’entraînement nécessaire pour des causes justes.

Depuis qu’il nous a quittés, Marc Mapingou repose, en région parisienne, dans un cimetière de Neuilly Sur Seine. Attendant d’être, le moment venu, rapatrié, selon les formes voulues par sa famille, sur les riches terres millénaires de Zanaga, son terroir natal, dans la région de la Lékoumou.

Marc Mapingou n’est plus. Il demeure, cependant, pour ces Congolais qui l’ont vu et suivi, dans sa lutte, un symbole de la résistance, un repère et un modèle de combat républicain pour une alternative nouvelle au Congo.

Représentation posthume de l’œuvre patriotique commune inachevée, Marc Mapingou est vivant dans des consciences politiques congolaises.

Son nom est sans cesse répété. Son image résiste à l’effacement, dans les réseaux sociaux. Ses paroles et sa rhétorique prises en référence, lors des échanges citoyens.

Toujours, dans nos cœurs, Marc Mapingou, par nos pensées, est proche de nous.
Nous ne l’oublions pas.


Ouabari Mariotti
Brazzaville, le 5 mai 2021

Avec Congo-liberty.com

Ouattara, Saïed, Condé, Guelleh, Bongo, Bazoum… Les hommages du continent à BBY

mai 5, 2021
Béchir Ben Yahmed lors d’une soirée de « La Revue » le 6 mai 2010, à Paris

Chefs d’État, intellectuels, lecteurs… Depuis le décès, le 3 mai à Paris, de Béchir Ben Yahmed, fondateur de « Jeune Afrique » et de « La Revue », les messages saluant sa mémoire se multiplient.

Béchir Ben Yahmed, fondateur et patron historique de Jeune Afriques’est éteint lundi à l’âge de 93 ans à l’hôpital parisien Lariboisière. Depuis l’annonce du décès de ce témoin privilégié des soubresauts de l’Afrique et du Moyen-Orient, les hommages affluent. Qu’ils soient chefs d’États, Premiers ministres, journalistes ou lecteurs émus, les témoignages de respect et d’estime se multiplient, publics comme privés.

L’un de ses amis les plus chers et les plus fidèles, Alassane Ouattara – le journaliste considérait être pour l’Ivoirien « une sorte de frère aîné » – a été l’un des premiers à réagir. « C’est avec une immense tristesse que j’apprends le décès de mon aîné Béchir Ben Yahmed, un ami depuis une quarantaine d’années, un grand intellectuel, un excellent journaliste et un infatigable entrepreneur », s’est ainsi ému le président.

Son Premier ministre, Patrick Achi, a évoqué un « homme du dialogue des cultures, des continents et des hommes ». « Créatif, généreux, exigeant, il avait le génie de la presse », a-t-il ajouté.

« C’est une certaine Afrique qui s’en est allée »

Peu après l’annonce du décès de BBY, c’est un autre chef d’État, fraîchement élu, qui a été parmi les premiers à saluer la mémoire du fondateur de JA. « C’est une certaine Afrique qui s’en est ainsi allée, à travers ce grand témoin de notre histoire, a écrit le président du Niger, Mohamed Bazoum. Mes condoléances attristées à l’équipe de Jeune Afrique. Je suis convaincu qu’elle saura porter très haut le flambeau de cette belle aventure. » Son prédécesseur, Mahamadou Issoufou, lui a emboîté le pas, rendant hommage à « un géant ». Un terme également employé par Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l’Union africaine.

« Je salue la mémoire d’un pionnier qui a mis sa plume au service du continent », a écrit pour sa part le président burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré. BBY a été un acteur de la lutte pour la cause du tiers-monde, l’indépendance des pays africains, l’État de droit et la démocratie. » Le président sénégalais, Macky Sall, a quant à lui fait part de sa peine, insistant sur le « parcours exceptionnel » du fondateur de Jeune Afrique. 

Les présidents guinéen Alpha Condégabonais Ali Bongo Ondimbabissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló, comorien Azali Assoumani ont fait part de leurs condoléances par le biais de messages personnels adressés à Danielle Ben Yahmed, l’épouse de BBY, et à ses fils, Marwane et Amir Ben Yahmed.

« La disparition de Béchir Ben Yahmed signe indubitablement le départ d’un serviteur passionné qui mit, des décennies entières, des compétences exceptionnelles d’intelligence, de créativité et de plaidoirie en faveur de la dignité et du bien-être de l’Afrique », a quant à lui écrit le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh.

Kaïs Saïed lisant l’un des numéros de sa collection de « Jeune Afrique », en septembre 2019, dans l’entre-deux tours de la présidentielle en Tunisie.

C’est également le cas de Kaïs Saïed, le président tunisien, qui a salué « l’une des figures de proue du mouvement national tunisien qui a contribué, aussi bien par son engagement politique que par sa plume, à l’indépendance de son pays natal ».

« Béchir Ben Yahmed restera à jamais gravé dans la mémoire du monde des médias tunisiens, français et africains », écrit le chef de l’État, grand lecteur de Jeune Afrique, dont il conserve chez lui des dizaines de numéros.

Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a également rendu hommage « au nom du Royaume du Maroc », à cet homme « d’une grande lucidité et d’une grande constance de conviction, ainsi que le Maroc et les Marocains peuvent en témoigner ».

De son côté, l’ambassadeur d’Algérie à Paris, Mohamed Antar Daoud, a adressé ses condoléances à la famille Ben Yahmed en saluant une figure « connue et appréciée pour ses qualités humaines et professionnelles », qui laissera « le souvenir d’un homme qui a fait siens la cause et le combat du peuple algérien pour le recouvrement de son indépendance ».

Le Premier ministre guinéen, Ibrahima Kassory Fofana, a lui aussi adressé une lettre de condoléances à Danielle Ben Yahmed. Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’État du Plan et du Développement et numéro deux du gouvernement béninois, ainsi qu’Olivier Boko, proche conseiller du président Patrice Talon, ont également présenté leurs hommages.

Daniel Ona Ondo, président de la Commission de la Cemac, a lui écrit sa « peine » après la disparition de celui qui a « réussi à faire de Jeune Afrique un puissant outil d’analyses pour la lecture et la compréhension de l’histoire contemporaine africaine ». François Fall, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique centrale, a pour sa part salué « un baobab qui aura contribué à l’éveil du continent ».

Le Béninois Serge Ékué, président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), ou encore le Sénégalais Makhtar Diop, à la tête de la Société financière internationale (IFC), ont également fait part de leurs condoléances.

L’Élysée salue « un homme de conviction »

La présidence française a longuement rendu hommage à une « plume alerte, dont la lucidité clinique n’épargnait aucun chef d’État, ni africain, ni français ». Emmanuel Macron a notamment salué « un homme de presse et de conviction qui a accompagné et éclairé les indépendances africaines, qui a insufflé une fraternité d’âme entre les États de ce continent, et qui a incarné la profondeur du lien indéfectible entre la France et l’Afrique ».

Les chefs d’État et ministres n’ont pas été les seuls à réagir. Personnalités politiques et intellectuels, artistes, écrivains, nombreux ont été celles et ceux qui ont adressé leurs condoléances de manière publique ou privée. C’est notamment le cas de Lakhdar Brahimi, ancien ministre algérien des Affaires étrangères, de Tiébilé Dramé, ancien ministre malien des Affaires étrangères, du Sénégalais Karim Wade, ex-ministre et fils de l’ancien président Abdoulaye Wade. « L’Afrique perd son plus grand patron de presse », s’est pour sa part ému le Congolais Moïse Katumbi, rendant hommage aux soixante années que BBY a passées « au service de l’information ».

Écrivains, cinéastes, journalistes…

La Prix Goncourt franco-marocaine Leïla Slimani, ancienne journaliste à Jeune Afrique, le peintre marocain Mehdi Qotbi, le cinéaste tunisien Férid Boughedir et l’ancien ministre français de la Culture Frédéric Mitterrand, qui a collaboré à La Revue, ont également adressé leurs condoléances à la famille du défunt. « C’est grâce à Béchir Ben Yahmed et à Jeune Afrique qu’une très grande partie de ma génération est née au panafricanisme, a quant à lui écrit le philosophe camerounais Achille Mbembe. Il aura eu un impact considérable sur la formation de notre conscience historique. »

Les hommages des professionnels des médias n’ont pas manqué. De l’Ivoirien Venance Konan, directeur général de Fraternité Matin, et son confrère Noël Yao, au Marocain Mohamed Khabbachi. Ce dernier, patron du site Barlamane et ancien directeur général de la MAP, salue « le parcours du combattant » d’un homme dont « le nom résonne dans toute l’Afrique et le monde arabe ».

Les anciens collaborateurs de JA ont également été nombreux à rendre hommage à Béchir Ben Yahmed : Francis Kpatindé, dans Le MondePascal Airault, dans L’OpinionChristophe Boisbouvier et Jean-Baptiste Placca, sur RFI, le Camerounais Célestin Monga, aujourd’hui enseignant à Harvard, sans oublier l’ancien rédacteur en chef de Jeune Afrique Hamid Barrada, l’une des références du journalisme au Maroc, les Sénégalais Cheikh Yérim Sow et Cécile Sow, Mohamed Selhami, fondateur de Maroc HebdoGuy Sitbon, Jean-Claude Hazena, Jean-Pierre Séréni…

Beaucoup de quotidiens et de sites d’information du continent également rendu hommage à Béchir Ben Yahmed, de Walf Quotidien (Sénégal) à Wakat Séra (Burkina Faso), en passant par Le Djely (Guinée) ou encore Les Dépêches de Brazzaville.

Par Jeune Afrique

Béchir Ben Yahmed : Emmanuel Macron salue « un homme de presse et de conviction »

mai 4, 2021
Béchir Ben Yahmed dans son bureau à Jeune Afrique, en 2007.

La présidence française a publié un long hommage à Béchir Ben Yahmed, fondateur de « Jeune Afrique » décédé le 3 mai à l’âge de 93 ans. Emmanuel Macron y salue notamment « un homme de presse et de conviction qui a accompagné et éclairé les indépendances africaines ». Voici le texte intégral.

« Le journaliste franco-tunisien Béchir Ben Yahmed, fondateur du magazine panafricain Jeune Afrique, s’est éteint ce jour, à 93 ans et pratiquement autant d’années de lutte, d’écriture et d’indépendance. Il était un grand témoin et une haute conscience de l’ère post-coloniale et des combats qui l’ont précédée.

Béchir Ben Yahmed était né en 1928 sur l’île tunisienne de Djerba, lorsque la Tunisie était sous protectorat français. Fils d’un commerçant, il creusa d’abord cette veine paternelle par des études qui le menèrent jusque sur les bancs d’HEC. Mais le jeune homme sentait grandir en lui deux vocations, la politique et le journalisme, qu’il embrassa toutes deux avant de les marier sous les auspices du journal qu’il fonda.

Jeune militant pour la souveraineté de son pays, Béchir Ben Yahmed fut de ceux qui négocièrent son autonomie puis son indépendance aux côtés de Habib Bourguiba. Nommé Secrétaire d’Etat à l’information sous le premier gouvernement de la Tunisie indépendante, à seulement 28 ans, il répondit en même temps à l’appel du journalisme en lançant L’Action en 1955, un hebdomadaire tunisien auquel il donna bientôt une envergure maghrébine mais qui fit long feu.

Indépendances africaines

En 1960, année phare des indépendances africaines, il décida de relancer le titre. Il n’avait que 10 000 francs, mais une ambition immense l’animait, une ambition aux dimensions d’un continent : créer un hebdomadaire panafricain, une agora d’encre et de papier qui puisse attiser le vent de liberté qui soufflait sur toute l’Afrique. Le 17 octobre 1960, les lecteurs francophones découvraient dans leurs kiosques le tout premier numéro d’Afrique Action, rebaptisé Jeune Afrique un an plus tard.

Le magazine était piloté par un duo : Mohamed Ben Smaïl tenait les rênes de la rédaction et Béchir Ben Yahmed dirigeait « tout le reste », de la ligne éditoriale aux relations extérieures, des recrutements aux ventes, en passant par la publicité et la diffusion. Les colonnes du titre érigèrent l’un des piliers des luttes de décolonisation. Dans ses éditos, toujours intitulés « Ce que je crois », Béchir Ben Yahmed se faisait le chantre de la cause tiersmondiste.

Journaliste sans frontières, il sillonna le monde pour faire résonner depuis les tribunes de son journal toutes les voix de l’indépendance : il avait rencontré Che Guevara à Cuba, s’était entretenu à Hanoï avec Ho Chi Minh, en pleine guerre du Vietnam, fréquentait l’Égyptien Nasser, le Ghanéen Nkrumah, le Congolais Lumumba et l’Algérien Ben Bella.

Au milieu des années 1960, en quête d’une plus grande indépendance vis-à-vis du pouvoir tunisien, il élut domicile à Paris et y installa le siège de son groupe. Depuis ses nouveaux quartiers, il fit rayonner son journal jusque sur le continent européen et auprès des communautés françaises issues de l’immigration africaine.

Fraternité d’âme

Le titre, que ses fervents lecteurs appellent simplement « JA », fut un véritable vivier où de grands auteurs aiguisèrent leur plume et leur conscience politique : Frantz Fanon, le héraut de la décolonisation algérienne et l’auteur des Damnés de la terre, Jean Daniel, le futur fondateur du Nouvel Obs, Kateb Yacine, le poète des Aurès, Amin Maalouf, l’académicien ou encore Leïla Slimani, lauréate du prix Goncourt, tous participèrent à l’une des plus grandes aventures de la presse contemporaine. Et tous ont conservé le souvenir unique de passer sous les fourches caudines d’un relecteur acharné, aussi bienveillant qu’exigeant.

Le journal, qui contribua à insuffler dans toute l’Afrique une conscience continentale, est devenu si influent au fil des décennies qu’il est parfois surnommé le 55e pays d’Afrique. À la fin des années 2000, « BBY » en avait transmis le flambeau à ses deux fils, Amir et Marwane, mais sans jamais renoncer à décrypter l’actualité africaine d’une plume alerte dont la lucidité clinique n’épargnait aucun chef d’Etat, ni africain, ni français.

Le président de la République salue un homme de presse et de conviction qui a accompagné et éclairé les indépendances africaines, qui a insufflé une fraternité d’âme entre les États de ce continent, et qui a incarné la profondeur du lien indéfectible entre la France et l’Afrique. Le président adresse ses sincères condoléances à sa famille et à ses proches, à tous ceux qui ont collaboré à Jeune Afrique, à tous ses lecteurs en particulier et à tous les francophones en général. »

Par Jeune Afrique

Béchir Ben Yahmed, fondateur de Jeune Afrique, est décédé

mai 3, 2021
Béchir Ben Yahmed, dans les locaux de Jeune Afrique, à Paris.

Le fondateur de Jeune Afrique s’est éteint ce lundi 3 mai à l’âge de 93 ans. Il était hospitalisé à Paris depuis la fin du mois de mars.

Né à Djerba le 2 avril 1928, dans une Tunisie sous protectorat français, Béchir Ben Yahmed, fondateur et patron historique de Jeune Afrique, est décédé lundi 3 mai à l’hôpital parisien Lariboisière des suites d’une contamination au Covid-19.

Militant du Néo-Destour aux côtés de Habib Bourguiba, Béchir Ben Yahmed avait été, très jeune, ministre dans le premier gouvernement de la Tunisie indépendante. Mais la tentation du journalisme l’habitait déjà : en 1956, il lançait l’hebdomadaire L’Action puis, en 1960, Afrique Action qui, un an plus tard, allait devenir Jeune Afrique.

Après avoir mené de front ses carrières ministérielle et journalistique, il avait finalement opté pour la seconde et, pour se donner les moyens de son indépendance, avait décidé en 1962 de quitter Tunis pour Rome. Puis, deux ans plus tard, pour Paris où le groupe est toujours installé.

Des générations de lecteurs

Fondé pour accompagner le mouvement d’émancipation des peuples qui, à l’orée des années 1960, accèdent à l’indépendance, Jeune Afrique a pris une part active dans tous les combats qui ont depuis rythmé l’histoire du continent : contre les partis uniques et pour la démocratisation dans les années 1970-1980, pour l’indépendance économique dans les années 1990-2000 et pour l’inclusion de l’Afrique dans la mondialisation dans les années 2000-2020.

Considéré à ses origines comme une gageure, le groupe qu’il a créé célèbre cette année son soixantième anniversaire. Véritable école de journalisme où sont passés Frantz Fanon, Kateb Yacine et, plus récemment, les prix Goncourt Amin Maalouf et Leïla Slimani, « JA » a marqué des générations de lecteurs. Son influence lui a même valu d’être qualifié de « 55e État d’Afrique ».

Autour de l’hebdomadaire Jeune Afrique, un groupe s’est constitué au fil des années, s’étoffant d’autres titres, de lettres d’information, d’une maison d’édition, d’un département consacré à l’organisation d’événements et, bien sûr, de sites d’information en ligne. À la fin de la décennie 2000, Béchir Ben Yahmed avait passé les rênes du groupe à ses fils, Amir et Marwane, ainsi qu’au directeur de la rédaction, François Soudan. Son épouse Danielle, qui a joué un rôle essentiel à son côté tout au long de l’histoire du journal, avait notamment lancé la maison d’édition du groupe.

Toujours passionné par l’actualité, il s’était investi en 2003 dans un nouveau projet : La Revue, magazine de réflexion sur l’actualité internationale (et non plus seulement africaine) qui fut mensuel pendant plusieurs années avant de devenir bimestriel.

Houphouët-Boigny, Guevara, Lumumba…

Témoin privilégié de tous les soubresauts de l’Afrique et du Moyen-Orient, observateur et éditorialiste engagé, Béchir Ben Yahmed a fréquenté tout au long de sa carrière des personnalités déterminantes pour le continent : le Sénégalais Senghor, l’Ivoirien Houphouët-Boigny, le Marocain Hassan II ou encore les Français Jacques Foccart – dont il a coédité les Mémoires – et François Mitterrand.

Dans les années 1960, il avait côtoyé Che Guevara à Cuba, rencontré à Hanoï, en pleine guerre du Vietnam, Ho Chi Minh, et bien connu l’Égyptien Nasser, le Ghanéen Nkrumah, le Congolais Lumumba et l’Algérien Ben Bella.

Avec lui, c’est l’un des derniers grands témoins de l’Afrique des indépendances et de la période postcoloniale qui disparaît.

Par Jeune Afrique

Papa Wemba Forever : Abidjan et Kinshasa rendent hommage à l’icône de la rumba

avril 22, 2021

Les deux capitales africaines toutes deux très attachées à la mémoire de l’illustre chanteur disparu vont, chacune de son côté, commémorer, le 24 avril, la cinquième année du décès inopiné du « Maître d’école » sur la scène du Festival d’Anoumabo en Côte d’Ivoire.

Abidjan organise Papa Wemba Forever à Anoumabo (DR)

Photo 1 : Abidjan organise Papa Wemba Forever à Anoumabo (DR) Photo

Organisée sous le haut patronage de l’ambassade de la RDC en Côte d’Ivoire, la commémoration de cet événement aussi tragique que mémorable survenu il y a cinq ans est prévue autour d’une programmation spéciale. Diverses manifestations se tiendront à cet effet au lieu même où s’est écroulé le grand baobab de la musique congolaise, tel un vaillant soldat au front, devant son micro, chantant Est-ce que ?, un de ses anciens tubes. Lieu baptisé l’année suivante Place Papa Wemba. Vont donner le ton deux parties de foot, prévues entre 10h-11h30, opposant deux paires d’équipes. Il s’agit des Léopards d’Abidjan, composés de la communauté congolaise d’Abidjan, contre les membres de l’AARCI (Amicale des amis de la rumba en Côte d’Ivoire) et l’équipe des sapeurs contre celle des jeunes d’Anoumabo. Ce quartier de la commune Marcory plus célèbre que jamais depuis la disparition de Mwalimu sur la scène de son festival, le Femua (Festival des musiques urbaines d’Anoumabo), alors même qu’il en était la tête d’affiche et en assurait la clôture.

En plein milieu de la journée, de12h00 à 13h00 est annoncée une messe de suffrage à la Place Papa-Wemba d’Anoumabo. Et de 13h00 à 16h00 est prévu un moment convivial où le comité d’organisation entend convier les différentes équipes et ses invités au partage d’un repas et de rafraichissements avec les jeunes d’Anoumabo. Il y sera associé des activités animées par les jeunes d’Anoumabo autour des chants, danses et une parade de sapeurs.

Hommage artistique

Un hommage artistique est censé clore la journée à la suite de ceux rendus par les officiels. Les allocutions attendues à l’occasion sont celles du maire de Marcory, l’ambassadrice de la RDC en Côte d’Ivoire, le commissaire général du Femua. Et pour boucler la boucle, le mot de circonstance de Zacharie Bababaswe, chef de la délégation de Kinshasa conviée à l’événement et celui du Cardinal Ekumany, représentant à la fois de Papa Wemba et Viva La Musica en Côte d’Ivoire, souligne le programme de la célébration.Kinshasa organise une messe de suffrage en prélude à la série de manifestations à venir en commémoration des 5 ans du décès de Papa Wemba (DR)

2 : Kinshasa organise une messe de suffrage en prélude à la série de manifestations à venir en commémoration des 5 ans du décès de Papa Wemba (DR)

Cerise sur le gâteau, subséquent au dépôt de gerbes de fleurs, l’hommage artistique portera sur une interprétation du répertoire de Papa Wemba. Des artistes congolais à l’instar de Laëtitia Lokua et José Lenga mais aussi la rappeuse ivoirienne Nash qui chanta en featuring avec Papa Wemba Sapologie, un titre dédié à la sape. Une cérémonie en l’honneur au grand sapeur que fut Papa Wemba de son vivant ne peut pas s’imaginer sans une parade de sapeurs. Pas étonnant que des sapeurs soient tout naturellement aussi associés à l’événement ainsi que des humoristes. Il y aura notamment Ali Asgar, Wassala petit Mangobo, Cesar Uomo, JB Mitsiono et Ingénieur Douglas.

Du côté de Kinshasa, rien de vraiment officiel n’est prévu sinon que la famille de l’illustre disparu a, elle, choisi de faire les choses dans la sobriété le 24 avril. En matinée, à 9h, la veuve Marie-Rose Amazone, sa progéniture et la famille Shungu vont, en compagnie des membres de la Fondation Papa-Wemba ont, comme à l’accoutumée, prévu un recueillement devant sa tombe et d’y déposer des gerbes de fleurs. Ils invitent ensuite les proches et autres mélomanes à la messe de suffrage à la Paroisse Saint-Joseph de Matonge à 15h. L’office religieux sera suivi d’un cocktail dans la cour du Complexe scolaire Monseigneur Moke à quelques pas de l’église. L’on signale nénamoins qu’il s’agit là du lancement des cérémonies à venir qui se tiendront d’ici à juin pour commémorer le cinquième anniversaire de la disparition de feu Shungu Wembadio Pene-Kikhomba, alias Papa Wemba, Bakala dia Kuba.

Avec Adiac-Congo par Nioni Masela

Élisabeth II et son royaume ont fait leurs adieux au prince Philippe

avril 17, 2021

La famille royale britannique a fait ses adieux au prince Philippe, qui aura été aux côtés de la reine Élisabeth II pendant 73 ans. Venus se recueillir au sein de la chapelle Saint-Georges, ses proches, réunis en comité restreint, l’ont conduit dans son dernier repos.

Des membres de la Marine royale ont transporté le cercueil du prince Philippe jusqu’à l’intérieur de la chapelle Saint-Georges.

© KIRSTY WIGGLESWORTH/Getty Images Des membres de la Marine royale ont transporté le cercueil du prince Philippe jusqu’à l’intérieur de la chapelle Saint-Georges.

Au terme d’une cérémonie toute en sobriété, le cercueil du prince Philippe a été descendu dans le caveau royal, crypte où il restera jusqu’à ce que la reine l’y rejoigne. Ainsi réunis, les époux auront pour dernière demeure la chapelle du Memorial du roi George VI, père d’Élisabeth II.

Quelques jours avant son 95e anniversaire, la reine a perdu «son roc», celui qui à titre de prince consort détient le record de longévité d’un conjoint de monarque britannique. Il aurait eu 100 ans le 10 juin prochain.

Le doyen de Windsor, le pasteur David Conner, a loué l’«inébranlable loyauté» du prince Philippe envers la reine, son «courage», sa «force d’âme» et sa «foi».

L’archevêque de Canterbury Justin Welby, chef spirituel des anglicans, a donné la bénédiction qui a clos l’office.

La reine Élisabeth II était assise à l'écart du reste de la famille royale, à l'intérieur de la chapelle Saint-Georges.

© WPA Pool/Getty Images La reine Élisabeth II était assise à l’écart du reste de la famille royale, à l’intérieur de la chapelle Saint-Georges.

Tout juste avant que le cercueil soit transporté dans l’enceinte de la chapelle, une minute de silence a été observée à la mémoire du prince.

À sa suite, des membres de la famille royale ont marché solennellement, le silence rompu seulement par les tirs de la Royal Horse Artillery.

Mené par Charles, le prince héritier de la couronne, et sa sœur la princesse royale Anne, le cortège a ainsi suivi le cercueil jusqu’à la chapelle.

Derrière eux ont défilé les enfants de la reine et du prince Philippe, ainsi que leurs petits-fils William et Harry. Entre les deux frères aux relations distendues se trouvait leur cousin Peter Philips, fils de la princesse Anne.

La reine Élisabeth II a pour sa part participé au cortège funéraire à bord de sa Bentley royale.

Des membres de la famille royale composent le cortège funéraire, à la suite du Land Rover transportant le cercueil du prince Philippe.

© WPA Pool/Getty Images Des membres de la famille royale composent le cortège funéraire, à la suite du Land Rover transportant le cercueil du prince Philippe.

Transporté à bord d’un austère Land Rover vert militaire – véhicule que le duc a lui-même contribué à concevoir –, le cercueil, recouvert de l’étendard personnel du prince, de son épée, de sa casquette de la marine et d’une couronne de fleurs, a quitté en fin de matinée le château de Windsor en direction de la chapelle.

À la demande du prince Philippe, la famille royale a délaissé l’idée de tenir des funérailles nationales au profit d’une cérémonie plus intime – plus restreinte encore que le patriarche n’aurait pu l’imaginer, pandémie oblige.

En raison des règles sanitaires en vigueur en Angleterre, seuls 30 proches du duc d’Édimbourg, masqués et distancés, ont pu assister aux obsèques.

Bien que le public a été appelé à ne pas se rassembler devant les résidences royales, de nombreux Britanniques sont venus déposer des gerbes de fleurs aux abords du château de Windsor et faire leurs adieux au prince.

Le Royaume-Uni observe un deuil national depuis la mort du duc d’Édimbourg, le 9 avril dernier.

Les funérailles de prince Philippe n’ont pas manqué de refléter son passé militaire, le cortège étant formé de nombreux membres de la Marine britannique, au sein de laquelle le duc a combattu pendant la Seconde Guerre mondiale.

Des gens se rassemblent à l'entrée du château de Windsor, dans l'espoir d'apercevoir le cortège menant le prince Philippe vers son dernier repos.

© TOLGA AKMEN/Getty Images Des gens se rassemblent à l’entrée du château de Windsor, dans l’espoir d’apercevoir le cortège menant le prince Philippe vers son dernier repos.

Une première rencontre de famille

Pour les Windsor, ces funérailles sont aussi l’occasion de se réunir après les crises récentes.

C’est la première fois depuis sa mise en retrait tonitruante de la monarchie et son départ outre-Atlantique que le prince Harry retrouve en public la famille royale, marquée par l’ombre des accusations de racisme et d’indifférence que son épouse et lui-même ont portées lors d’une interview retentissante accordée à Oprah Winfrey.

Enceinte de leur deuxième enfant, l’épouse de Harry, Meghan Markle, est restée aux États-Unis sur les conseils de son médecin.

Les princes William et Harry se tenaient près du cercueil du duc d'Édimbourg, séparés par Peter Philipps, fils de la princesse Anne.

© VICTORIA JONES/Getty Images Les princes William et Harry se tenaient près du cercueil du duc d’Édimbourg, séparés par Peter Philipps, fils de la princesse Anne.

Sur le plan vestimentaire néanmoins, la famille royale britannique va présenter un front uni. Tous sont en tenue civile, une manière d’éviter de distinguer les princes Andrew et Harry, tous deux très attachés à l’armée mais en retrait de la monarchie.

L’apparition en uniforme du prince Andrew, deuxième fils de la reine et ex-pilote d’hélicoptère, aurait fait mauvais genre vu son amitié avec le défunt financier Jeffrey Epstein, poursuivi pour trafic de mineures.

Avec CBC/Radio-Canada

RDC/Nouveau gouvernement : Aminata Namasia, la plus jeune ministre

avril 13, 2021

Aminata Namasia, 28 ans, a été nommée vice-ministre de l’Enseignement primaire secondaire et technique du nouveau gouvernement de la RDC rendu public le 12 avril. Elle est la personnalité la plus jeune de ce gouvernement qui compte cinquante-sept membres, dont quatorze femmes.

Aminata Namasia

«Mes sincères remerciements au chef de l’Etat et garant du bon fonctionnement des institutions ainsi qu’au Premier ministre pour leur confiance. Loin d’être un privilège, c’est une responsabilité et un énorme défi à relever. La jeunesse a encore gagné », a déclaré la nouvelle vice-ministre sur ses réseaux sociaux. Avec sa nomination, Aminata Namasia fait désormais partie du cercle très fermé de jeunes ministres de moins de 30 ans en Afrique, avec Emma Theofelus, 24 ans, vice ministre des Technologies de l’information et de la communication de la Namibie ainsi que Yacine Oualid, 27 ans, ministre délégué aux startups dans le gouvernement algérien.

Avant d’être la plus jeune membre du nouveau gouvernement, Aminata Namasia était déjà la plus jeune députée du pays, élue à l’âge de 25 ans, lors des élections législatives du 30 décembre 2018 dans la circonscription électorale de Bambesa, dans la province du Haut-Uélé (nord-est). Cette circonscription électorale n’avait qu’un seul siège à pourvoir et comptait vingt et un candidats dont seize hommes et cinq femmes.

Membre du Parti congolais pour le développement, son statut de députée la plus jeune de l’actuelle législature lui a notamment permis d’être  deuxième assistante du président du bureau provisoire de l’Assemblée nationale, conformément à la Constitution qui stipule que ce bureau est présidé par le député le plus âgé , secondé par les deux députés les plus jeunes. Aminata Namasia y a exercé la fonction de questeur. Plus récemment, au sein du « bureau d’âge », mis en place après la déchéance de l’ancien bureau de l’Assemblée nationale, que dirigeait Jeanine Mabunda, Aminata Namasia a également occupé le poste de questeur. Aminata Namasia est diplômée en économie monétaire en 2017 de la Faculté d’administration des affaires et sciences économiques  de l’Université protestante au Congo. Elle est la présidente de la Fondation Aminata-Namasia et également ambassadrice avec le Programme alimentaire mondial pour le projet Cantine scolaire à Rutshuru au Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Avec Adiac-Congo par Patrick Ndungidi

Congo/Distinction : Francine Ntoumi congratulée par le gouvernement

avril 13, 2021

Elue présidente du Conseil scientifique de l’Institut de recherche (IRD) pour le développement de France au début de ce mois, Francine Ntoumi, dont les travaux témoignent de la capacité du Congo à produire de la science, a été congratulée par le ministre de la Recherche scientifique et de l’Innovation technologique, Martin Parfait Aimé Coussoud-Mavoungou, le 12 avril à Brazzaville au nom du gouvernement.

Francine Ntoumi élue présidente du Conseil scientifique de l’IRD

« Ma présence à la tête du conseil scientifique de l’IRD est celle de tout le Congo. Notre pays joue ainsi le rôle de porteur des aspirations des pays du sud à une connaissance pleine et valorisante de leurs capacités à la production de la science au service d’un développement durable et humain », a déclaré Francine Ntoumi, lors de la cérémonie de sa congratulation. Elue à une majorité de 76% à la tête de l’IRD, cette dernière a pour missions d’orienter et d’évaluer la politique scientifique de l’institution de recherche. Il s’agit là d’une lourde responsabilité, a-t-elle reconnu.

Justifiant l’intérêt de cette congratulation, le ministre Martin Parfait Aimé Coussoud-Mavoungou a rappelé que le mérite se félicite. « Nous devons multiplier ces exemples pour  que nos productions scientifiques soient au rendez-vous en qualité et en excellence, car peu de Congolais bénéficient de la reconnaissance internationale », a-t-il dit, lui-même commandeur dans l’ordre du mérite maritime français depuis 2017.

Abondant dans le même sens, Francine Ntoumi qui estime que les scientifiques congolais sont compétents a lancé un appel à l’unité. « Leurs talents se bonifieraient s’il existait entre eux une dynamique de synergie et de complémentarité par la mise en place en réseaux verticaux, horizontaux et transversaux, car la science et la recherche ne se pratiquent pas de manière isolée », selon elle.

Très attachée à la place de la femme dans la recherche scientifique, Francine Ntoumi, qui dirige au plan local la Fondation congolaise pour la recherche scientifique, a plusieurs distinctions à son palmarès, entre autres, le prix kwame-Nkrumah de l’Union africaine pour les femmes scientifiques en 2012, en 2015 prix scientifique Goerg Forster de la fondation Alexander-Von-Humbolt, prix Christophe Mérieux de l’Institut de France en 2016 pour ses travaux sur les maladies infectieuses en Afrique centrale.

Avec Adiac-Congo par Rominique Makaya