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États-Unis: S’imposer à la Chine plus tard, à la Russie tout de suite: Biden confirme sa stratégie internationale

octobre 12, 2022
S'imposer a la Chine plus tard, a la Russie tout de suite: Biden confirme sa strategie internationale
S’imposer à la Chine plus tard, à la Russie tout de suite: Biden confirme sa stratégie internationale© AFP/SAUL LOEB

S’imposer à la Chine à long terme, et contrer dans l’immédiat la Russie afin de rester la première puissance mondiale incontestée: la Maison Blanche a réaffirmé mercredi les priorités stratégiques du président Joe Biden.

« Nous sommes entrés dans une décennie décisive », a dit le principal conseiller diplomatique du président américain, Jake Sullivan, à la presse.

Il a identifié « deux défis essentiels ».

« Le premier est la compétition entre les grandes puissances pour façonner l’ordre international de demain », a dit le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche.

« Le second (…) est que nous devons affronter un ensemble de défis transnationaux qui affectent les gens où qu’ils soient, y compris aux Etats-Unis: le changement climatique, l’insécurité alimentaire, les maladies contagieuses, le terrorisme, la transition énergétique, l’inflation », a-t-il détaillé.

« Tout pour gagner »

Le « plus pressant », selon un document diffusé par l’exécutif américain, consiste à tenir tête aux régimes autoritaires.

Et d’abord à Moscou et à Pékin.

« La Russie présente une menace immédiate pour un ordre international libre et juste, en bafouant sans vergogne les règles internationales fondamentales », estime la Maison Blanche.

« La Chine, par contraste, est le seul rival qui ait à la fois la volonté de changer l’ordre international et, de plus en plus, les moyens économiques, diplomatiques, militaires et technologiques de poursuivre cet objectif », constate encore l’administration Biden.

En introduction, Joe Biden signe une déclaration imprégnée de son habituel optimisme: « Les Etats-Unis ont tout pour gagner la compétition du XXIème siècle. Nous sortons plus forts de chaque crise. Et il n’y a rien que nous ne puissions faire. »

Se livrant à une explication de texte, Jake Sullivan a assuré: « Nous n’essaierons pas de diviser le monde en blocs rigides. Nous ne cherchons pas à transformer la compétition en confrontation ou en une nouvelle +Guerre froide+ ».

« Et nous ne considérons pas chaque pays simplement comme un terrain de confrontation par procuration », a-t-il dit, en référence aux nombreuses « proxy wars », guerres à distance, menées par les Américains et les Soviétiques entre 1945 et 1989.

Ukraine

« Je ne crois pas que la guerre en Ukraine ait modifié sur le fond l’approche de Joe Biden en matière de politique étrangère, qui date de bien avant sa présidence, et elle n’a fait que se renforcer et s’amplifier depuis qu’il est en fonction », a encore dit le conseiller à la sécurité nationale.

Jake Sullivan a, sans surprise, dû répondre à de nombreuses questions sur l’Arabie saoudite, après que Joe Biden a lui-même menacé le royaume de « conséquences » pour avoir conduit l’Opep+ à une baisse drastique de ses quotas de production.

D’influents parlementaires démocrates appellent le président américain à cesser les ventes d’armement américain à Ryad, historiquement massives, après cette décision qui selon Washington sert ouvertement les intérêts de la Russie.

Le conseiller du président a indiqué qu’il n’y avait pas de décision « imminente » au sujet des exportations de défense, mais ajouté: « C’est quelque chose que nous allons examiner. »

Par Le Point avec AFP

États-Unis: Des fichiers « ultrasecrets » découverts dans la résidence de Donald Trump

septembre 2, 2022
Pour obtenir un mandat de perquisition, le FBI a dû convaincre un juge qu'il y avait une cause probable qu'un crime avait été commis, et que des agents pourraient trouver des preuves à Mar-a-Lago.

L’ancien président américain Donald Trump Photo : Getty Images/Brandon Bell

Un juge a dévoilé de nouveaux détails sur ce que les agents du FBI ont perquisitionné dans la résidence floridienne de l’ancien président américain Donald Trump le mois dernier. L’inventaire rendu public vendredi révèle que les agents du FBI ont découvert des fichiers jugés « ultrasecrets », des dossiers vides avec la mention « classifiés » ainsi que plus de 10 000 documents sans aucune inscription ni classification.

Bien que l’inventaire dévoilé par la juge Aileen Cannon ne décrive aucun des documents, il montre dans quelle mesure des informations classifiées – y compris des documents de niveau « ultra secret » – ont été conservés dans des boîtes à Mar-a-Lago mélangés avec des journaux, des magazines, des vêtements et autres objets personnels.

Le département de la Justice américain a déclaré qu’il n’y avait aucun espace sécurisé à Mar-a-Lago pour des secrets gouvernementaux aussi sensibles.

Selon le département de la Justice des États-Unis, les enquêteurs ont récupéré 33 boîtes et contenants dans un bureau et une salle d’entreposage à son domicile de Mar-a-Lago le 8 août dernier.

En tout, 18 fichiers avec la mention « ultrasecret » ont été retrouvés. C’est le plus haut niveau de classification des dossiers officiels aux États-Unis.

Également, 28 fichiers avec la mention « classifié » ou une indication qu’ils devaient être retournés ont aussi été retrouvés par les agents du FBI.

Quarante-trois classeurs vides, mais avec la mention « classifié » étaient aussi dans des boîtes. On ignore cependant ce qui était dans ces classeurs et pourquoi ils sont vides.

Radio-Canada avec les informations de Associated Press et Reuters

États-Unis: Une gynécologue visée par la justice pour avoir aidé une fillette à avorter après un viol

juillet 14, 2022
La législature d'État, à Indianapolis.

Le gouverneur républicain de l’Indiana, Eric Holcomb, a convoqué rapidement la législature pour prononcer l’interdiction de l’avortement après six semaines de grossesse. Photo : AP/Michael Conroy

Les autorités de l’Indiana ont annoncé enquêter sur une gynécologue qui a aidé une fillette de dix ans à avorter après un viol, un dossier qui cristallise les débats sur la volte-face de la Cour suprême des États-Unis.

La docteure Caitlin Bernard a rapporté, début juillet, à plusieurs médias avoir reçu la petite fille à Indianapolis après avoir été contactée par un confrère d’Ohio.

Dans cet État du Nord, voisin de l’Indiana, la décision de la Cour suprême, le 24 juin, de ne plus garantir le droit à interrompre une grossesse, a immédiatement permis l’entrée en vigueur d’une loi interdisant d’avorter après six semaines de grossesse.

Or la fillette, violée en mai par un homme qui a été arrêté mardi, avait dépassé ce terme. Elle s’est donc rendue dans l’Indiana, où les IVG restent légales jusqu’à 21 semaines de grossesse.

Mais les responsables de l’État, à majorité républicaine, sont hostiles au droit à l’avortement et envisagent d’interdire à leur tour la procédure.

Une foule de manifestants pro-avortement avec des pancartes.

Des militants pour le droit à l’avortement se sont rassemblés devant la législature d’État, à Indianapolis, au lendemain de l’annulation du jugement Roe c. Wade. Photo: AP/AJ Mast

En attendant, le procureur général de l’État s’en est pris mercredi soir à la Dre Bernard, l’accusant de ne pas avoir signalé aux autorités le dossier de la fillette, comme la loi locale l’y oblige en matière de pédophilie.

Nous avons cette militante pro-avortement, qui se prétend docteure, et qui est connue pour ne pas effectuer les signalements requis, a déclaré Todd Rokita sur la chaîne Fox News.

Donc, nous rassemblons les informations, les preuves, et nous allons nous battre jusqu’au bout, a-t-il poursuivi en menaçant de révoquer sa licence professionnelle si elle ne nous a pas informés.

Cette affaire tragique avait été citée vendredi par le président démocrate Joe Biden pour décrier l’arrêt de la Cour suprême.

« Dix ans! Violée, enceinte de six semaines, déjà traumatisée et désormais obligée de se rendre dans un autre État! »— Une citation de  Joe Biden, président des États-Unis

Mais jusqu’à l’arrestation du suspect, la presse conservatrice et plusieurs responsables de l’Ohio avaient émis des doutes sur la véracité du drame.

Désormais, les opposants à l’avortement reprochent aux défenseurs de ce droit d’utiliser la fillette pour promouvoir leur cause et imputent ses malheurs à la politique migratoire de Joe Biden, son agresseur étant un immigré guatémaltèque en situation irrégulière.

Cette situation horrible a été causée par des marxistes, des socialistes et ceux à la Maison-Blanche qui plaident pour une frontière sans loi, a ainsi lancé mercredi le procureur général de l’Indiana.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

Canada: Des députés et des employés auraient été harcelés pendant le siège d’Ottawa

juin 21, 2022
Deux personnes sur une rue saluent une troisième personne dans un camion à 18 roues. Sur le camion, il est écrit: «True North Strong & Free ».

Le sergent d’armes a raconté également qu’une employée avait été abordée par un homme qui a tenté de lui jeter ce qui semblait être un sac d’excréments humains, avant qu’un autre employé n’arrive et ne pousse l’homme au sol (archives). Photo: La Presse Canadienne/Justin Tang

Le sergent d’armes de la Chambre des communes se dit « sidéré » par la façon dont la police d’Ottawa a permis que des députés et des employés de la colline du Parlement continuent à se faire harceler pendant les manifestations contre les restrictions sanitaires en février.

Patrick McDonell, qui travaille en étroite collaboration avec le chef du Service de protection parlementaire, a déclaré mardi à un comité des Communes que les députés et les employés étaient victimes de harcèlement presque tous les jours sur la rue Wellington, au centre-ville d’Ottawa, qui relève de la police municipale.

Le Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre étudie l’opportunité d’élargir la compétence fédérale quant à la sécurité opérationnelle de la Cité parlementaire afin d’inclure des sections de la rue Wellington, où des véhicules avaient stationné durant trois semaines pendant le convoi, et de la rue Sparks, qui comprend un mail piétonnier.

Une vue lointaine de l'importance opération policière.

Une importante opération policière a permis de mettre fin à l’occupation qui a duré trois semaines (archives). Photo: AFP via Getty Images/Andrej Ivanov

Le sergent d’armes McDonell, qui est aussi directeur de la sécurité institutionnelle de la Chambre des communes depuis 2015, a indiqué mardi qu’il y avait une voiture de police tout à fait à portée de vue des incidents de harcèlement qu’il décrivait, et que des événements étaient signalés `tous les jours’ à la police d’Ottawa.

Il a raconté qu’une personne avait bloqué le passage de voitures de certains employés lorsqu’ils arrivaient sur un stationnement à proximité. Si l’employée était une femme, l’individu frappait sa voiture avant de s’écarter de sa route.

Le sergent d’armes a raconté également qu’une employée avait été abordée par un homme qui a tenté de lui jeter ce qui semblait être un sac d’excréments humains, avant qu’un autre employé n’arrive et ne pousse l’homme au sol.

Avec Radio-Canada

États-Unis: Des élus racontent les pressions de Trump pour invalider l’élection de 2020

juin 21, 2022
Des partisans du président Donald Trump assiègent le Capitole américain à Washington.

Le 6 janvier 2021, des milliers de partisans du président Donald Trump ont envahi le Capitole pour empêcher la validation de la victoire de son adversaire Joe Biden. Photo: AP/Jose Luis Magana

Pressions, intimidations, menaces… Le patron des élus républicains d’Arizona a raconté mardi les méthodes de Donald Trump et de ses avocats pour tenter de le convaincre de renverser le résultat de la présidentielle américaine de novembre 2020 dans cet État conservateur remporté par Joe Biden.

Le milliardaire républicain justifiait ses demandes par sa conviction que l’élection lui avait été volée en répétant des accusations de fraudes, dont il n’a jamais apporté la preuve et qui ont été balayées par les tribunaux.

Mais les partisans de Trump avaient pris d’assaut le Congrès américain le 6 janvier 2021 pour tenter d’empêcher la validation de la victoire du candidat démocrate, plongeant le pays dans le chaos pendant plusieurs heures.

Les affirmations de l’ancien président sur sa victoire en Arizona étaient fausses, a assuré Rusty Bowers, président de la chambre des représentants de cet État, devant la commission d’enquête sur cette attaque à Washington.

Quiconque dirait, n’importe où et n’importe quand, que j’ai dit que l’élection était truquée, ce ne serait pas vrai, a ajouté l’élu.

Il a également qualifié de fausses les allégations de l’avocat de l’ex-président, Rudy Giuliani, évoquant des centaines de milliers d’immigrants illégaux et de milliers de morts qui avaient voté pour Joe Biden.

Malgré plusieurs demandes, M. Bower a dit n’avoir jamais vu les preuves de ces allégations, évoquant une conversation avec l’ancien maire de New York.

Il a dit :  »nous avons beaucoup de théories, nous n’avons pas de preuves ». Et je ne sais pas si c’était une gaffe.

M. Bowers a refusé de convoquer l’assemblée locale pour invalider le scrutin, puis de remplacer les grands électeurs élus, chargés de certifier le résultat du vote, par des partisans de M. Trump.

Dans le système électoral américain, ce sont ces grands électeurs qui désignent le vainqueur de l’élection dans leur État.

Il a alors été inondé de plus de 20 000 courriels et de dizaines de milliers d’appels téléphoniques et de textos alors que des manifestants, parfois menaçants, se rassemblaient devant son domicile pour l’insulter, a-t-il raconté, les larmes aux yeux.

Des membres du comité en train de parler ou d'écouter.

Le comité responsable d’enquêter sur l’insurrection du Capitole est notamment composé de Bennie Thompson, élu démocrate du Mississippi à la Chambre des représentants, de Zoe Lofgren, représentante de la Californie au Congrès, et de Liz Cheney, représentante du Wyoming. Photo : Getty Images/Chip Somodevilla

L’équipe juridique de M. Trump a pourtant poursuivi son plan. Des partisans du milliardaire, choisis comme de grands électeurs parallèles dans les États clés remportés par Joe Biden, avaient renversé le résultat du scrutin au moyen de fausses attestations.

Mais le vice-président Mike Pence, qui présidait le vote, avait résisté aux pressions de la Maison-Blanche pour déclarer Donald Trump vainqueur.

J’ai juste pensé que c’était une parodie tragique, a commenté Rusty Bowers, qui avait voté pour le milliardaire en 2016 et le soutenait en 2020.

Brad Raffensperger, le secrétaire d’État de Géorgie, avait pour sa part reçu un appel téléphonique de Donald Trump lors duquel le président lui avait demandé de trouver près de 12 000 bulletins de vote à son nom, soit le nombre suffisant pour battre Joe Biden dans cet État du Sud contrôlé par les républicains.

Il avait là encore évoqué des fraudes électorales et des bourrages d’urnes, des accusations rejetées par les tribunaux.

Mais Brad Raffensperger n’avait pas cédé. Les chiffres sont les chiffres et nous ne pouvions pas recompter [les votes] parce que nous nous étions assurés d’avoir vérifié chaque allégation, a-t-il dit mardi devant la commission.

Il n’y avait aucun bulletin à trouver, le compte était exact et il a été certifié, a-t-il souligné.

Il a également été la cible de harcèlement et de menaces, comme Shaye Moss, simple agente électorale d’Atlanta qui avait participé au dépouillement des bulletins le soir de l’élection avec sa mère.

Donald Trump les avait accusées nommément d’être des arnaqueuses professionnelles.

Cela a bouleversé ma vie, a-t-elle dit mardi, racontant avoir reçu des messages racistes et des menaces de mort.

Depuis plus d’un an, la commission d’enquête – formée de sept démocrates et de deux républicains – a entendu plus de 1000 témoins, dont deux enfants de l’ancien président, pour faire la lumière sur les faits et gestes de Donald Trump avant, pendant et après l’attaque du 6 janvier.

La cinquième audition de la commission aura lieu jeudi, et se penchera sur les efforts du président pour faire pression sur le département de la Justice afin de rester au pouvoir.

Donald Trump, qui n’a jamais concédé sa défaite à la présidentielle, a dénoncé mardi sur les réseaux sociaux des voyous politiques qui ont criminalisé la justice à un niveau jamais vu auparavant dans notre pays.

Avec Radio-Canada

Aux États-Unis, accord entre républicains et démocrates sur les armes à feu

juin 12, 2022
Le Capitole à Washington.

Après de longues tractations, les sénateurs des deux partis ont conclu un accord sur les armes à feu. Photo : Istock

Des sénateurs républicains et démocrates se sont mis d’accord dimanche sur quelques mesures destinées à restreindre l’accès aux armes à feu aux États-Unis, un compromis rare mais qui demeure très en deçà des réformes réclamées par Joe Biden après de nouvelles tueries.

Lancée après le massacre d’Uvalde, qui a fait 21 morts, dont 19 enfants, dans une école primaire du Texas fin mai, l’initiative des parlementaires prévoit certaines limitations de l’accès aux armes pour des personnes jugées dangereuses, le renforcement de la sécurité des écoles et le financement de programmes spécialisés dans le domaine de la santé mentale.

Le président des États-Unis a immédiatement salué des avancées importantes, même si elles n’incluent pas tout ce qui est nécessaire pour sauver des vies.

Il s’agit néanmoins du texte le plus significatif sur le contrôle des armes à feu à être voté au Congrès depuis des décennies, a-t-il plaidé dans un communiqué.

La présence de dix sénateurs républicains parmi les signataires du communiqué qui annonce ce compromis suggère qu’une telle proposition de loi a de véritables chances de passer au Sénat si l’ensemble des 50 élus démocrates y sont favorables.

Une majorité qualifiée de 60 voix sur 100 sénateurs est nécessaire pour son adoption, ce qui a bloqué jusqu’ici toute avancée majeure vers un meilleur encadrement des armes à feu en raison de l’opposition des républicains.

« Avec un soutien des élus des deux partis, il n’y a aucune excuse pour un retard et aucune raison pour ne pas avancer rapidement au Sénat et à la Chambre des représentants. »— Une citation de  Joe Biden

Le président promet de promulguer immédiatement ce texte s’il est adopté.

La tuerie d’Uvalde et celle survenue quelques jours plus tôt à Buffalo, dans le nord-est du pays, avaient ému l’Amérique et déclenché plusieurs initiatives parlementaires.

Un groupe de sénateurs, mené par le démocrate Chris Murphy avec le républicain John Cornyn, a discrètement travaillé ces derniers jours afin de parvenir à l’accord annoncé dimanche.

Les 20 sénateurs, 10 républicains et 10 démocrates, se sont mis d’accord pour faire une proposition de bon sens, soutenue par les deux partis, afin de protéger les enfants américains, de garder nos écoles en sécurité et de réduire le danger de la violence au pays, selon le communiqué commun.

L’accord met en avant le soutien par le gouvernement fédéral de lois, État par État, qui permettraient de retirer des mains de personnes jugées dangereuses les armes qu’elles possèdent.

Il prévoit le financement de divers programmes de soutien et d’aide psychologique ainsi que le renforcement de la sécurité dans les écoles, notamment par la formation des enseignants.

Ces sénateurs souhaitent également le renforcement de la vérification des antécédents judiciaires et psychologiques pour les acheteurs d’armes âgés de 18 à 21 ans ainsi qu’un meilleur contrôle de la vente illégale d’armes.

« Notre projet sauvera des vies tout en protégeant les droits constitutionnels des Américains respectueux de la loi. »— Une citation de  Extrait du communiqué sur l’entente

Toujours dans son communiqué, le groupe énumère des propositions, mais sans présenter un véritable texte de loi pour le moment.

L’accord du jour montre l’intérêt du dialogue et de la coopération, a salué le chef des sénateurs républicains, Mitch McConnell. Dans une Amérique profondément divisée, un accord entre élus républicains et démocrates au Congrès est rare, d’autant plus sur ce sujet d’ordinaire très clivant.

Le compromis est cependant bien loin de ce que demandent de nombreux Américains, notamment des dizaines de milliers d’entre eux qui sont descendus samedi dans les rues de nombreuses villes du pays, tout particulièrement dans la capitale, Washington, pour demander des réformes fortes au Congrès.

Joe Biden avait publiquement affiché son soutien aux manifestations en énumérant les mesures qu’il souhaite voir adoptées mais qui sont absentes de l’accord de dimanche : interdiction des fusils d’assaut et des chargeurs à grande capacité, vérification des antécédents pour l’ensemble des acheteurs d’armes – et pas uniquement pour les moins de 21 ans –, obligation pour les particuliers de garder leurs armes sous clé.

La Chambre des représentants avait quant à elle voté mercredi un texte différent qui inclut l’interdiction de la vente de fusils semi-automatiques aux moins de 21 ans et celle des chargeurs à grande capacité, mais il n’a presque aucune chance de passer au Sénat.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

Les États-Unis franchissent le cap du million de morts de la COVID-19

mai 12, 2022
Un homme en civière devant une ambulance dans le stationnement d'un hôpital à Miami.

Aux États-Unis, on enregistre depuis un mois une hausse quotidienne du nombre de cas, après plusieurs mois de recul. Photo : Getty Images/AFP/Chandan Khanna

Les États-Unis ont franchi jeudi le seuil du million de morts de la COVID-19, a annoncé la Maison-Blanche, mais à l’image de New York mise à genoux en 2020, le pays veut tourner la page de la pandémie.

Nous devons rester vigilants face à cette pandémie et faire tout ce que nous pouvons afin de sauver le plus de vies possible, comme nous l’avons fait avec plus de tests, de vaccins et de traitements que jamais, a dit le président américain Joe Biden dans un communiqué, alors qu’il préside jeudi un sommet virtuel sur la vaccination dans le monde.

L’Europe a quant à elle dépassé les deux millions de morts de la maladie, nouvelle étape dévastatrice, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Aux États-Unis, officiellement pays le plus endeuillé du monde (devant le Brésil, l’Inde et la Russie), on enregistre depuis un mois une hausse quotidienne du nombre de cas, après plusieurs mois de recul.

Le pays, qui a levé l’obligation du port du masque, désormais simplement conseillé à l’intérieur, connaît un rebond du nombre de cas attribuable à des sous-variants d’Omicron.

Ses effets semblent toutefois moins graves sur une population complètement vaccinée à 66 %, et à plus de 90 % pour les plus de 65 ans, alors qu’une quatrième dose de vaccin n’est ouverte pour l’instant qu’aux plus de 50 ans.

Après plus de deux ans de pandémie et plusieurs vagues de variants, les États-Unis entendent cependant bien tourner la page de la COVID-19.

New York, épicentre de la pandémie en 2020, revient à la vie

New York, aimant économique et culturel, paraît quant à elle avoir retrouvé son effervescence légendaire.

New-Yorkais, touristes américains et étrangers reviennent dans les théâtres de Broadway, se photographient sous les enseignes publicitaires numériques géantes de Times Square, grimpent la statue de la Liberté, se baladent en carriole à Central Park, à pied et à vélo sur le pont de Brooklyn, se précipitent dans les plus beaux musées du nord de Manhattan.

Autant d’attractions qui rouvrent progressivement depuis 2021 et font la réputation mondiale de la mégapole de 8,4 millions d’âmes.Des dizaines de personnes en file pour acheter des billets de théâtre.

Les foules envahissent de nouveau Times Square, à New York, après que la ville a durement été touchée par la pandémie de COVID-19 en 2020. Photo : Getty Images/Spencer Platt

Midi et soir, la circulation est de nouveau infernale au centre de Manhattan, son poumon financier et commerçant.

Les files d’attente s’allongent devant les dizaines de milliers de restaurants, échoppes, camions de ventes à emporter pour cols blancs et cols bleus. Les terrasses les plus branchées de Manhattan et de Brooklyn sont de nouveau bondées.

Cela faisait longtemps qu’on attendait ce retour de New York, souffle Alfred Cerullo, qui dirige Grand Central Partnership, un lobby pro-entreprises de Manhattan. Sans aucun doute, dit-il à l’AFP, on ressent l’énergie des gens dans la rue.

Le contraste est saisissant avec le cauchemardesque printemps 2020.

Des répercussions irréversibles

Épicentre de la pandémie, la ville qui ne dort jamais s’était vidée pendant des semaines, désertée comme dans un film de science-fiction.

Les immenses artères de Manhattan et de Brooklyn n’étaient animées que par les sirènes anxiogènes des services de secours, avec des hôpitaux débordés et des morgues contraintes d’entreposer les corps de victimes de la COVID-19 dans des camions frigorifiques.

Janice Maloof-Tomaso, une infirmière qui travaillait à l’époque près de Boston, se rappelle que beaucoup de soignants n’avaient pas supporté de voir la mortCertains ont été traumatisés, et beaucoup sont partis.Times Square vide sous la pluie à New York.

Times Square était vide en 2020 alors que les Américains étaient invités à demeurer à la maison pour éviter la propagation de la COVID-19. Photo : Getty Images/Angela Weiss

Environ 40 000 New-Yorkais ont perdu la vie en raison de la COVID-19 depuis le printemps 2020 et tant l’île de Manhattan que les gigantesques quartiers de Brooklyn et de Queens gardent des stigmates de la pandémie.

Faute de clients pendant des mois, des milliers de petits commerces ont mis la clé sous la porte, leurs vitrines étant toujours couvertes de planches de bois ou d’affiches d’agents immobiliers.

Parmi ces patrons de petits magasins, Frank Tedesco tient une bijouterie dans le très huppé comté de Westchester, au nord du Bronx.

Il confie à l’AFP avoir sauvé sa boutique en 2020 grâce à des aides publiques et à son propre patrimoine, mais il se sent évidemment inquiet, car il ne [sait] pas ce qu’il va se passer et comment il pourrait supporter un autre choc économique provoqué par un retour de l’épidémie.

Les New-Yorkais restent sur leurs gardes. Le masque est encore très courant dans la rue et à l’intérieur – et obligatoire dans les transports.

Le télétravail est entré dans les mœurs : d’après le baromètre hebdomadaire de l’entreprise de sécurité Kastle, le taux d’occupation des bureaux à New York plafonne toujours à 38 %.

Le patron de la banque d’affaires Goldman Sachs, David Solomon, a reconnu le 2 mai que le taux de salariés de retour au bureau atteignait tout juste 50 à 60 % des effectifs, contre 80 % présents avant la COVID-19.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

Le 4 avril 1968 : le jour où Martin Luther King a été assassiné

avril 4, 2022
Les funérailles de Martin Luther King eurent lieu le 9 avril 1968, à Atlanta. © KEYSTONE Pictures USA/ZUMA/REA

Juste avant le crépuscule, au Lorraine Motel de Memphis, aux États-Unis, Martin Luther King était abattu par un ségrégationniste blanc. Extrait du dossier spécial que JA consacra les jours suivants au Prix Nobel de la paix.

Moïse Martin Luther King est mort heureux : du haut de la montagne où le Seigneur l’avait conduit, il a pu voir la terre promise. Il savait que son peuple y pénétrerait un jour. Il en a fait la confidence aux mille éboueurs en grève de Memphis, dans une ville où, étant passé par hasard, il a décidé de prendre la tête du mouvement de revendication. À ces travailleurs qui réclament la reconnaissance de leur union et 60 cents d’augmentation horaire, il n’a pas eu le temps de dire si cette terre qu’il a vue le premier serait couverte de moissons ou de ruines au moment d’en prendre possession : il a été tué le lendemain.

SA CROIX ? DEUX TRAITS SUR LA MIRE D’UN FUSIL À LUNETTE TÉLESCOPIQUE

Les prophètes meurent dans leur lit. Le Moïse assassiné a été aussitôt transformé par ses fidèles en Christ noir. « Si Jésus revenait sur terre, il faudrait le crucifier bien vite », faisait dire Faulkner à l’un des personnages des Palmiers sauvages. La croix de King : deux traits sur la mire d’un fusil Remington à lunette télescopique braqué dans les lavabos d’un hôtel crasseux par un tueur au sourire idiot. Chaque époque a le Golgotha qu’elle mérite…

Placé sur un chariot de ferme que tiraient deux vieilles mules de Géorgie, le cercueil du pasteur a été suivi dans les rues d’Atlanta par cent mille marcheurs. Bras dessus bras dessous, Noirs et Blancs ont chanté des cantiques.

« La bonté sur le trône du pouvoir »

Rien n’a manqué à cette grande parade des « justes ». Même pas la voix vibrante du disparu qu’un enregistrement a fait résonner sous les voûtes de son église, au cours de l’office. « Dites que Martin Luther King s’est efforcé de faire le don de sa vie… qu’il a essayé de donner de l’amour. Dites que j’ai essayé d’aimer et de servir. »

Amour, don, service de l’humanité, qui oserait, maintenant, faire entendre à nouveau un tel langage ? Le « Christ noir » n’en a, pour sa part, jamais employé d’autre : « La haine ne supprime pas la haine, écrivait-il. Seul l’amour y parviendra. C’est là la beauté de la non-violence : libre d’entraves, elle brise les réactions en chaîne du mal. Elle veut placer la vérité, la bonté et la beauté sur le trône du pouvoir. »

La une de JA n°380, du 15 avril 1968, consacré à l’assassinat de Martin Luther King. © Archives JA
La une de JA n°380, du 15 avril 1968, consacré à l’assassinat de Martin Luther King. © Archives JA

« Non-violence » : « C’est le Christ, disait Luther King, qui a fourni l’esprit et Gandhi la méthode. » Il l’a expérimentée, pour la première fois, il y a treize ans, à Montgomery, en Alabama. Une femme noire a été chassée de la partie d’un autobus réservée aux Blancs : King organise le boycott de la compagnie. Au bord de la faillite après 381 jours, elle doit abattre la cloison séparant les Blancs des Noirs.

C’était en décembre 1965. Dès lors, King a trouvé sa méthode : la désobéissance civile, l’illégalité dans la non-violence, qu’il va prêcher aux quatre coins des États-Unis. Douze fois les prisons d’Alabama et de Géorgie accueilleront l’homme qu’Edgar Hoover, le patron du FBI, appela « le plus grand menteur du monde ». Sa maison est deux fois dynamitée. Il ne se passe pas de jours sans que sa famille reçoive des menaces de mort. Lui accepte, pardonne toujours : « Nous devons développer et entretenir notre aptitude au pardon », dit-il.

Marche des pauvres

D’un Noir qui tient aux États-Unis des propos aussi peu inquiétants, rien vraiment n’empêche de faire un « homme de l’année ». Il l’est en 1963, l’année de la grande marche sur Washington. L’an d’après, il reçoit le prix Nobel de la paix. En août 1965, il est au Capitole lorsque Johnson signe la loi sur les droits civiques arrachée à un Congrès réticent dont six membres seulement ont la peau noire. Cela ne l’empêche pas de continuer sa route du pas tranquille de ceux qui ont trop de siècles de patience derrière eux pour se montrer pressés.

Le pasteur et son président, on ne les verra plus guère ensemble : King s’oppose à la guerre du Vietnam, ce qui apparaît comme une manifestation intolérable de « désobéissance civile ». « Je suis sûr, écrit-il à l’automne 1967, que lorsque nous aurons la volonté de le faire, nous constaterons que notre propre intérêt, en tant qu’individu comme en tant que nation, consiste à partager notre richesse et nos ressources avec les plus humbles des enfants de Dieu… »

Pour le 22 avril, il a préparé une grande « marche des pauvres » sur Washington. Il veut que Johnson accorde 10 milliards de dollars pour amorcer la solution des problèmes les plus urgents des Noirs : enseignement, revenus, logement, loisirs, santé.

Johnson a beau affirmer avec solennité le contraire dans son appel à la nation, c’est ce rêve que 100 000 personnes sont allées porter en terre, mardi dernier, à Atlanta. Il est mort avec celui qui l’avait fait. Il est même mort bien avant, sans que personne ait présentement le souci de trop le souligner, car l’abîme que sa disparition découvre donne le vertige.

Avec Jeune Afrique

États-Unis: Les démocrates au Congrès pressés d’offrir enfin une victoire à Biden

novembre 4, 2021
Les democrates au Congres presses d'offrir enfin une victoire a Biden
Les démocrates au Congrès pressés d’offrir enfin une victoire à Biden© AFP/Mandel Ngan

Enfin, un vote ? Sous pression après une défaite cuisante à une élection locale, les démocrates au Congrès s’employaient encore et toujours jeudi à accorder leurs violons pour adopter les grands plans d’investissements de Joe Biden, et relancer ainsi sa présidence.

Après des mois d’intenses tractations, les élus à la Chambre des représentants ont ouvert timidement la porte à un vote sur les deux projets d’investissements du dirigeant démocrate, censés « reconstruire » l’Amérique.

« Nous allons adopter ces deux plans », a promis jeudi la présidente démocrate de la Chambre Nancy Pelosi, sans s’avancer sur un calendrier précis.

Un vote pourrait être organisé à la hâte par la Chambre dans la soirée, mais les experts s’accordaient plutôt à dire que les négociations pourraient encore s’éterniser jusqu’à ce week-end.

Le temps presse pourtant.

Les guerres intestines entre l’aile gauche du parti de Joe Biden et les élus plus modérés privent le président d’une victoire politique dont il a désespérément besoin pour donner un nouveau souffle à sa présidence.

« Il y a urgence », a martelé une porte-parole de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre.

Les programmes de dépenses du président sont populaires auprès des Américains, selon les sondages. Et une étude du cabinet Moody’s publiée jeudi estimait à 1,5 million le nombre d’emplois que pourraient créer ces plans en dix ans.

Un an avant des élections

Mais Joe Biden, qui a vanté durant la campagne présidentielle ses talents de négociateur du fait de sa longue carrière de sénateur, bute face aux divisions de son parti et regarde, impuissant, sa cote de popularité dégringoler.

Avant sa tournée aux sommets du G20 et de la COP26, le président s’était déjà rendu deux fois sur la colline du Capitole pour accélérer le passage de ses deux projets phares:

Un plan d’abord pour rénover les routes, ponts et transports vétustes du pays. L’enveloppe de 1.200 milliards de dollars — l’équivalent du PIB de l’Espagne — est soutenue par les démocrates et certains républicains.

Un second, gigantesque volet social et climatique, baptisé « Build Back Better » (« Reconstruire en mieux »), qui prévoit de réduire les frais de garde d’enfants et d’investir 550 milliards de dollars pour réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030.

Mais ses efforts n’ont pas abouti.

De retour d’Europe, le président, visiblement impatient, a pressé ses troupes de se mettre en ordre de marche.

« Les démocrates n’ont jamais été aussi proches de finaliser et adopter » ces plans, a répondu jeudi le chef démocrate du Sénat, Chuck Schumer.

Mais leur sort est en réalité dans les mains d’un élu qui refuse pour l’instant de les soutenir, le sénateur Joe Manchin, de Virginie-Occidentale.

Au vu de la très fine majorité démocrate au Sénat, cet élu possède virtuellement un droit de veto sur ces projets.

Il a encore douché ce matin les espoirs d’un passage rapide des mesures, réitérant ses inquiétudes quant à leur impact sur la dette publique américaine et l’inflation.

Dans son Etat, l’un des plus pauvres d’Amérique, « les gens sont terrifiés par la hausse du prix de l’essence, de la nourriture, des services publics », a-t-il assuré sur CNN.

Une façon de dénoncer les dépenses jugées excessives de son parti, accusé de n’avoir pas su prendre le pouls du pays, au point d’avoir perdu mardi le contrôle de la Virginie, un Etat qui avait pourtant majoritairement voté pour Joe Biden à la présidentielle de 2020.

Un constat d’autant plus morose que cette élection faisait office de répétition générale avant de prochaines batailles politiques: le pays tout entier sera appelé aux urnes pour les élections législatives de mi-mandat en novembre 2022.

Le parti de Joe Biden pourrait alors perdre le contrôle des deux chambres, ce qui compliquerait bien plus encore le passage de toute réforme d’ampleur.

Par Le Point avec AFP

Corruption au Mozambique : Crédit Suisse devra payer 475 millions de dollars aux États-Unis et au Royaume-Uni

octobre 20, 2021
Entre 2013 et 2016, l’établissement helvétique a organisé une série de transactions, dont une partie a été déboursée sous forme de pots-de-vin. © Plaza Financiera/CC-BY-SA 2.0

Dans le cadre des poursuites liées aux crédits consentis à des entreprises publiques mozambicaines accusées de corruption, l’établissement helvétique et les autorités américaines, britanniques et suisses ont conclu un accord.

Dans le cadre des négociations liées aux poursuites diligentées à son encontre, Crédit Suisse va devoir effectuer un versement de 475 millions de dollars aux Etats-Unis et au Royaume-Uni.

Entre 2013 et 2016, l’établissement helvétique a organisé une série de transactions, dont une partie a été déboursée sous forme de pots-de-vin, alors que celles-ci étaient présentées aux investisseurs par les autorités comme un moyen de financer des projets de surveillance maritime, de pêche et de chantiers navals.

En outre, la firme suisse est accusée de ne pas avoir révélé in extenso l’étendue de l’endettement du Mozambique. Ainsi, les informations relatives aux risques de non-remboursement manquaient de transparence. Ce que les autorités considèrent comme des lacunes importantes au niveau des contrôles internes de l’établissement.

Plus grave crise financière de l’histoire du pays

Cette affaire fait partie d’un vaste scandale de crédits accordés à trois entreprises publiques mozambicaines  ProIndicus, Ematum et MAM  par le Crédit Suisse et la banque russe VTB.

MAPUTO A DÛ INTERROMPRE LE REMBOURSEMENT DE SA DETTE

L’affaire avait éclaté en 2016, lorsque le gouvernement du Mozambique avait reconnu « avoir contracté ces prêts sans prévenir le Parlement ni ses bailleurs de fonds ». À la suite de ces révélations, le FMI et la majorité des bailleurs du pays, avaient suspendu leur aide.

En raison de ce désordre dans les comptes publics, Maputo a dû interrompre le remboursement de sa dette. Sa monnaie (le metical) s’est effondrée, et le pays est entré dans la plus grave crise financière depuis son indépendance en 1975.

Succession de scandales

Ce nouveau scandale lié à l’institution helvétique succède à ceux de Greensill et Archegos, pour lesquels l’établissement financier a dû dédommager les États-Unis et le Royaume-Uni à hauteur de 547 millions de dollars d’amendes et de restitution, d’après le ministère américain de la Justice.

Pour cette affaire, Crédit Suisse devra débourser 475 millions de dollars : 200 millions à l’Autorité des services financiers britannique (Financial Conduct Authority : FCA), près de 100 millions au gendarme américain des marchés, la SEC, et 175,5 millions au ministère américain de la Justice. La banque et les autorités britanniques sont également convenues d’annuler 200 millions de dollars dus par le Mozambique.

L’établissement bancaire a parallèlement conclu un accord avec l’Autorité de surveillance du marché financier suisse (Finma), prévoyant la vérification par un tiers des mesures destinées à améliorer ses systèmes de contrôle interne et de gestion des risques à l’échelle du groupe.

Avec Jeune Afrique par Yara Rizk