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Au Nigeria, la ruée vers le Nollywood en ligne

juin 16, 2018

Les monteurs vidéo David Adeoti (gauche) et Jolaosho Oladimeji (droite) dans les locaux de Iroko tv, pionnier de la distribution de contenus en ligne, à Lagos, le 27 mars 2014 / © AFP/Archives / PIUS UTOMI EKPEI

La blogueuse glamour Linda Ikeji, la cinéaste Chioma Ude, le startupper Jason Njoku… Ces Nigérians n’ont a priori pas grand chose en commun, si ce n’est la même ambition: devenir le futur Netflix africain en popularisant l’accès aux films de Nollywood en ligne.

Avec près de quatre milliards de dollars de revenus et près de 2.000 films produits chaque année, l’industrie cinématographique nigériane a explosé pour devenir la deuxième au monde après Bollywood et devant Hollywood.

Start-ups locales et stars de Nollywood ont compris l’intérêt de distribuer autrement ces films très populaires sur le continent africain, où les cinémas restent rares. Jusqu’ici, la création nollywoodienne se vend surtout à la sauvette, sur des DVD piratés pour un ou deux dollars, dans les embouteillages des grandes villes.

Face à un marché plein de promesse, les plateformes de vidéo à la demande fleurissent et à Lagos, capitale de la production cinématographique, la concurrence s’annonce déjà féroce.

Linda Ikeji, icone des réseaux sociaux, a lancé ce week-end en grandes pompes LITV (Linda Ikeji Tv), qui propose, pour 1.000 nairas (2,3 euros) par mois, des dizaines de films, séries et shows inspirés d’émissions américaines à la sauce Nollywood.

« Nous espérons être à l’Afrique ce que Netflix est au monde », explique l’ambitieuse blogueuse sur sa page Instagram, qui frôle les deux millions d’abonnés.

Elle promet du glamour, de la provocation et de la comédie, notamment avec des émissions de téléréalité comme « Femmes de footballeurs » ou encore « Highway Girls of Eko », une série sur la « vraie vie des prostituées de Lagos ».

– Forte progression d’utilisateurs –

La femme d’affaire de 37 ans, qui a fait fortune grâce aux revenus publicitaires de son site, où elle commente l’actualité et la vie privée des « people », affirme avoir investi « un demi-milliard de nairas » (1,2 million d’euros) sur fonds propres. Si elle achète une partie des vidéos, elle s’est également lancé la création de contenu original avec ses propres studios à Lagos.

D’ici décembre, la société nigériane Envivo, associée au géant américain des télécoms Cisco, devrait à son tour se lancer avec un projet à plus de 20 millions de dollars, a confié à l’AFP la cinéaste Chioma Ude, directrice du marketing chez Envivo.

« Cisco veut marquer son empreinte en Afrique, et en tant que partenaire technique, ils fourniront le réseau et la technologie nécessaire pour offrir le meilleur service possible », explique la fondatrice du Festival international du film africain (AFRIFF)de Lagos.

Reste à trouver un modèle économique viable pour les promoteurs du Nollywood en ligne, alors que la faible couverture de l’Internet haut débit reste un frein important.

Seuls 34% des Africains ont aujourd’hui accès à Internet, contre plus de 50% dans le reste du monde, bien que l’Afrique soit la région qui a affiché la plus forte progression d’utilisateurs d’Internet l’an dernier, notamment grâce aux téléphones portables (rapport Global Digital 2018).

The co-founder and CEO of Iroko television Jason Njoku, cofondateur et PDF d’IrokoTv, pionnier de la distribution en ligne, à Lagos, le 27 mars 2014 / © AFP/Archives / PIUS UTOMI EKPEI

Mais selon Serge

Noukoué, organisateur de la Nollywood Week à Paris, « aujourd’hui, le consommateur (africain) paye au cas par cas pour voir un film, et le moins possible ».

« Même IROKOtv, pionnier sur le continent, ne fait pas véritablement de profits (…). Ils ont eu beaucoup de succès dans les levées de fonds mais ce que rapportent réellement les abonnés est moins probant », assure-t-il.

– « Pari sur l’avenir » –

Fondé par le trentenaire nigérian Jason Njoku en 2010, Iroko a réussi à attirer au départ près de 23 millions d’euros de capital-risque étranger et s’est remplumé il y a deux ans à hauteur de 19 millions de dollars, en s’associant notamment au groupe français Canal+.

Mais il a fait l' »erreur » de miser au départ sur le streaming: « ça ne pouvait tout simplement pas marcher. Les coûts des données étaient prohibitifs tout comme l’accès au haut-débit dans de vastes zones du continent », explique Jason Njoku à l’AFP.

En 2016, la start-up a alors « complètement repensé » son offre, en créant une application moins gourmande en données, et qui permet de télécharger gratuitement des fichiers vidéos sur portable, sans passer par les opérateurs téléphoniques.

Iroko a également sous-titré ses films en français, en swahili et en zoulou, pour les rendre plus accessibles dans les autres pays africains et s’est lancé dans la production de films et d’émissions originaux.

D’autres concurrents aux offres très accessibles ont émergé ces dernières années, avec par exemple le Kenyan BuniTV (5 dollars par mois) ou depuis 2014 le Sud-africain Africa Magic Go (8 dollars par mois).

« Si les plateformes en ligne ne rapportent pas encore d’argent, elles sont un pari sur l’avenir, pour quand les connexions seront meilleures », estime Serge Noukoué. « Beaucoup de projets ont vu le jour, mais il n’y aura pas de place pour tout le monde sur le marché à terme. La concurrence va être terrible »

Les géants du secteur comme l’Américain Netflix, qui s’est lancé dans les 54 pays africains début 2016, pourraient sérieusement faire de l’ombre aux pionniers africains de la vidéo à la demande dans les prochaines années.

« Netflix n’a pas encore pas de véritable stratégie en Afrique, mais s’il se met à produire du contenu africain original, cela va bouleverser la donne », souligne M. Noukoué. « Il a des moyens considérables que les autres n’ont pas ».

Romandie.com avec(©AFP / 16 juin 2018 10h43)

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Nigeria: des millions de dollars siphonnés au nom de la lutte contre l’insécurité

mai 28, 2018

Des dizaines de recrues suivent une formation au siège de l’armée nigériane à Zaria, dans l’État de Kaduna (centre-nord du Nigeria), le 5 octobre 2017, pour contrer la menace terroriste de Boko Haram dans le nord-est du Nigeria / © AFP/Archives / PIUS UTOMI EKPEI

Des millions de dollars officiellement débloqués par le gouvernement nigérian pour lutter contre l’insécurité alimentent en réalité un vaste de système de « caisses noires » destinées à la corruption, ont dénoncé lundi des ONG, à moins d’un an de l’élection présidentielle.

Le Nigeria est le théâtre de plusieurs conflits sanglants, de l’insurrection du groupe jihadiste Boko Haram dans le Nord-Est aux affrontements incessants entre agriculteurs et éleveurs pour l’accès aux ressources dans les États du centre.

Présente sur tous les fronts, l’armée a également été déployée dans certaines régions du Nord, en proie aux gangs armés qui commettent enlèvements et vols de bétail à grande échelle, ainsi que dans le Sud-Est, où des groupes rebelles sabotent régulièrement les infrastructures pétrolières.

Alors que le budget de la Défense est estimé à environ 1,2 milliard de dollars (1,03 milliard d’euros), Transparency International et l’ONG nigériane Civil Society Legislative Advocacy Centre estiment que plus de 670 millions de dollars supplémentaires (571 millions d’euros) sont distribués chaque année dans la plus grande opacité.

Les « security votes » sont des fonds spéciaux alloués – le plus souvent en espèces – à de hauts responsables politiques pour des dépenses discrétionnaires dans le domaine de la sécurité, selon le rapport intitulé « L’argent camouflé: comment les +security votes+ (fonds spéciaux de sécurité) nourrissent la corruption au Nigeria ».

A titre de comparaison, les sommes concernées dépassent le budget actuel de l’armée nigériane, et représentent neuf fois l’aide financière américaine dans le secteur de la sécurité depuis 2012.

« Le Nigeria n’aurait sans doute pas besoin d’une telle assistance s’il réduisait l’utilisation des +security votes+ et les reprogrammait dans le budget officiel de la défense et de la sécurité du pays », affirme le rapport.

Ces fonds représentent en réalité « une forme de corruption historique au Nigeria », a affirmé Katherine Dixon, de Transparency International, citée dans le document, qui évoque « une caisse noire facile à utiliser et totalement opaque ».

« La corruption dans le secteur crucial de la défense et de la sécurité fait le jeu de ceux qui cherchent à semer les graines de l’instabilité et de la terreur », a-t-elle ajouté.

Ce phénomène, selon Mme Dixon, est en partie responsable du « sous-financement » chronique des forces armées et « nourrit des groupes qui pourraient (vouloir) déstabiliser les élections ».

– Augmentation alarmante –

Le président Muhammadu Buhari, ancien dirigeant militaire, a été élu il y a trois ans sur la promesse de vaincre Boko Haram et d’éradiquer la corruption endémique au sein de l’administration.

Il affirmait alors que sous son prédécesseur Goodluck Jonathan, les soldats manquaient d’armes et de munitions pour combattre les jihadistes, qui s’étaient emparés de pans entiers du territoire nigérian.

L’un des premiers actes de la présidence Buhari a été l’ouverture d’une vaste enquête sur les pratiques opaques dans les contrats d’armement, qui a débouché sur l’arrestation de l’ancien conseiller national à la sécurité, Sambo Dasuki.

Ce colonel est accusé d’avoir détourné du budget de la Défense quelque 2 milliards de dollars destinés à la lutte contre Boko Haram pour financer la campagne du président sortant, Goodluck Jonathan, contre Buhari en 2015.

En décembre, le gouvernement Buhari a annoncé le retrait d’un milliard de dollars dans les fonds d’excédents pétroliers (Excess Crude Account) pour faire face aux défis sécuritaires actuels au Nigeria.

Le principal parti d’opposition, le People’s Democratic Party, a, à son tour, accusé le All Progressive Congress (APC), au pouvoir, d’utiliser cet argent pour permettre à M. Buhari de se faire réélire en février prochain.

Selon Transparency International, les bénéficiaires des « security votes » ont explosé, passant de 30 dans le budget fédéral de 2016 à plus de 190 cette année, en dépit des promesses de transparence du chef de l’État.

« A l’approche des élections de 2019, cette augmentation soudaine devrait alarmer ceux qui supervisent les dépenses publiques nigérianes », affirme le rapport.

Les deux ONG demandent en outre à tous les futurs candidats à la présidentielle de s’engager à interdire la pratique et à renforcer les procédures d’examen législatif des dépenses sécuritaires.

Selon un précédent rapport de Transparency International, plus de 15 milliards de dollars ont été siphonnés des caisses de l’armée dans l’histoire moderne du Nigeria.

Romandie.com avec (©AFP / 28 mai 2018 11h43)                

États-Unis: Donald Trump recevra le président du Nigeria le 30 avril (Maison Blanche)

avril 15, 2018

Washington (Etats-Unis) – Le président du Nigeria Muhammadu Buhari rencontrera Donald Trump à Washington le 30 avril pour notamment évoquer avec lui la « lutte contre le terrorisme », a annoncé dimanche la Maison Blanche.

« Le président Trump a hâte de discuter des moyens d’accroître notre partenariat stratégique et de faire avancer nos priorités partagées : promouvoir la croissance économique et les réformes, lutter contre le terrorisme et d’autres menaces (pesant sur) la paix et la sécurité et s’appuyer sur le rôle du Nigeria en tant que leader démocratique dans la région », a souligné la présidence américaine dans un communiqué.

« Les relations entre les Etats-Unis et le Nigeria sont profondes et fortes et la croissance économique du Nigeria, sa sécurité, son leadership en Afrique profiteront à notre prospérité mutuelle », a encore écrit la Maison Blanche.

Le Nigeria, la plus grande puissance économique d’Afrique de l’Ouest, fait partie des pays combattant l’islamisme avec l’aide des Etats-Unis.

L’annonce de cette visite intervient à cet égard au lendemain du quatrième anniversaire de l’enlèvement par Boko Haram des lycéennes de Chibok (nord-est du Nigeria, le 14 avril 2014).

Cet enlèvement de masse était devenu le symbole des exactions commises par ce groupe jihadiste, qui ont fait 20.000 morts et entraîné le déplacement de 2,6 millions de personnes dans le nord-est depuis 2009. La tragédie avait déclenché une vague d’émotion mondiale avec le mouvement « Bring Back Our Girls » relayée jusqu’à la Maison Blanche par Michelle Obama, l’épouse de l’ex-président Barack Obama.

Romandie.com avec(©AFP / 15 avril 2018 21h34)                                            

Nigeria: second mandat en vue en 2019 pour le président Buhari

avril 9, 2018

Abuja – Le président nigérian Muhammadu Buhari a officiellement annoncé lundi son intention de se présenter pour un second mandat lors des élections générales prévues en février 2019, mettant un terme à des mois de spéculations dans le pays le plus peuplé d’Afrique.

« Le président Buhari vient d’annoncer son intention d’obtenir l’investiture du All progressive Congress (APC) et de concourir pour un second mandat aux élections de 2019 », a annoncé le compte officiel Twitter de la présidence.

Le chef de l’Etat, âgé de 75 ans, a fait cette annonce lors d’une réunion du Comité exécutif national du parti au pouvoir, après avoir laissé planer le suspense durant plusieurs mois et alors que de nombreux gouverneurs d’Etats, membres de l’APC, lui ont publiquement affirmé leur soutien récemment.

« La victoire est assurée par la grâce de Dieu, et ensemble nous devons continuer à assainir l’environnement politique du Nigeria », a ensuite déclaré Muhammadu Buhari, cité dans un communiqué de la présidence.

M. Buhari, un Peul originaire du nord musulman du Nigeria, avait effectué fin mars sa première visite officielle à Lagos, poumon économique du Nigeria, une visite aux accents de pré-campagne électorale. S’il espère gagner, le chef de l’Etat, populaire dans le nord, aura besoin du soutien du sud-ouest, dominé par le groupe ethnique yorouba.

De nombreuses spéculations couraient au Nigeria sur sa volonté de briguer ou non un second mandat. Le président a passé de longs mois à Londres pour se faire soigner d’une maladie non révélée au public l’an dernier. Il voyage rarement à l’extérieur d’Abuja, la capitale fédérale, et n’a visité que quelques uns des 36 Etats du Nigeria ces trois dernières années.

Alors que le premier producteur de pétrole africain a traversé l’an dernier une récession économique aggravée par la chute des cours du baril, le chef de l’Etat a été largement critiqué – jusque dans son propre parti – pour sa passivité et la rigidité de sa politique monétaire, qui a découragé les investisseurs étrangers.

L’APC devrait officiellement désigner son candidat aux primaires du parti dans la seconde partie de l’année 2018.

Romandie.com avec(©AFP / 09 avril 2018 12h33)                                            

Nigeria: 15 morts dans des attaques de banques et d’un commissariat

avril 6, 2018

Kano (Nigeria) – Des braqueurs ont attaqué deux banques et un commissariat de police, tuant quinze personnes dont neuf policiers à Offa, dans le centre du Nigeria, a-t-on appris vendredi auprès de la police.

Jeudi en fin d’après-midi, « un gang de braqueurs a envahi le quartier général de la police et des banques à Offa », a déclaré à l’AFP Ajayi Okasanmi, porte-parole de la police dans l’Etat de Kwara.

« Nous avons perdu neuf policiers et six civils. Nous avons des blessés qui sont actuellement soignés à l’hôpital », a-t-il affirmé, précisant qu’il s’agissait d' »opérations simultanées ».

Il a ajouté que les policiers avaient été attaqués par surprise, sans toutefois détailler dans quelles circonstances précises les victimes avaient été tuées.

« Cela aurait été pire si la police avait riposté avec force, mais nous aurions mis en danger la vie des civils » présents sur les lieux des attaques, a ajouté le porte-parole.

Le commissariat et les banques visés par les assaillants armés sont situés dans le quartier commerçant d’Offa, une localité d’environ 100.000 habitants dans l’Etat de Kwara.

Les autorités de Kwara ont ordonné l’ouverture d’une « enquête minutieuse » afin de permettre l’arrestation des braqueurs.

« C’est purement un acte criminel, nous ne l’attribuons à aucun groupe en particulier », a-t-il dit.

La police n’a toutefois pas pu indiquer dans l’immédiat quels montants ont été dérobés dans les banques attaquées.

Selon un témoin joint par l’AFP qui a souhaité garder l’anonymat, les braqueurs, lourdement armés, sont arrivés à une quinzaine et se sont divisés en deux groupes, l’un attaquant les banques et l’autre le commissariat, « où ils ont ouvert le feu de manière aveugle, tuant plusieurs policiers ».

Dans les banques, ils « tiraient sur les gens qu’ils croisaient à l’intérieur, dont beaucoup dans la tête », a-t-il raconté. « Ils ont emporté l’argent des banques dans des sacs avant de fuir sur des moto-taxi arrachées à leurs conducteurs ».

Braquages et enlèvements contre rançons sont très fréquents au Nigeria, géant de 180 millions d’habitants par ailleurs touché par plusieurs conflits armés, notamment l’insurrection jihadiste de Boko Haram dans le nord-est.

L’administration du président Muhammadu Buhari, élu en 2015, a déployé ces derniers mois l’armée dans de nombreux Etats à travers le pays pour endiguer les violences et pallier l’absence de réactivité des forces de police et d’un système judiciaire efficace.

Vendredi, l’armée a affirmé dans un communiqué avoir mené plusieurs opérations pour « neutraliser des bandits armés et récupérer des armes » dans le nord du pays. Ces informations n’ont pas pu être confirmées de source indépendante.

Des soldats en patrouille ont ainsi tué « 21 bandits » dans la localité de Tunga Daji (Etat de Zamfara) mercredi, récupérant plusieurs fusils d’assaut de type kalachnikov, selon un porte-parole militaire, Texas Chukwu.

De même, l’armée déployée à Bena (Etat de Kebbi) a mené une opération « coup de poing » contre un campement cette semaine, tuant l’un d’entre eux. Les soldats sont toujours à la recherche de « nombreux bandits » en fuite dans la zone, a affirmé M. Chukwu.

Romandie.com avec(©AFP / 06 avril 2018 14h02)                                            

Nigeria: Boko Haram rend à leurs parents une centaine d’écoliers enlevées en février

mars 21, 2018

Une écolière libérée par Boko Haram est accompagnée par son père à Dapchi, le 21 mars 2018 / © AFP / STRINGER

Une centaine d’écolières enlevées le 19 février par des militants islamistes de Boko Haram à Dapchi, dans le nord-est du Nigeria, ont été ramenées mercredi matin à leur école par leurs ravisseurs.

Les autorités nigérianes ont recensé 101 enfants, des filles en immense majorité, ramenés par des membres de Boko Haram. « Le processus d’enregistrement est en cours », a expliqué le ministre de l’Information Lai Mohamed.

Les adolescentes – parmi lesquelles se trouvait au moins un garçon – ont été « déposées sur la route, d’où elles ont naturellement rejoint leur foyer », a ajouté le ministre.

« Nous étions gardés dans une pièce et ils nous apportaient des ingrédients pour que l’on puisse cuisiner », a raconté à l’AFP Fatima Gremah, 13 ans.

« Ils nous ont dit samedi de monter dans des bateaux. Nous avons passé trois jours sur l’eau et ensuite ils nous ont rassemblées sur des véhicules et nous ont dit qu’on rentrait à la maison », a expliqué la jeune fille.

Selon des sources contactées par l’AFP avant leur libération, les captives auraient été gardées sur des îles du lac Tchad, zone contrôlée par la faction reconnue par le groupe de l’Etat islamique à qui Boko Haram a prêté allégeance en 2015.

– Jeunes et musulmanes –

« Nous avons de la chance parce que nous sommes jeunes et musulmanes », confie Fatima. « Une d’entre nous, qui est chrétienne, est toujours avec eux. Ils ont dit qu’ils la libéreraient si elle se convertissait à l’Islam ».

Deux autres jeunes filles, Amira Adamu Mohammed et Aisha Alhaji Deri, 16 ans, ont expliqué à l’AFP qu’elles n’avaient « jamais été maltraitées. »

Toutefois, « cinq d’entre nous sommes mortes le jour de l’enlèvement », a rappelé Aisha.

« Quand ils nous ont relâchées, ils nous ont dit d’aller directement à la maison et pas chez les militaires, parce qu’ils diraient que ce sont eux qui nous ont sauvées », a ajouté la jeune fille avant d’être récupérée par l’agence de renseignements nigériane.

Des combattants présumés de la faction de Boko Haram affiliée au groupe de l’Etat Islamique avaient mené le 19 février un raid sur le pensionnat de l’école pour filles de Dapchi (Etat de Yobe) et étaient repartis avec 110 jeunes filles âgées de 10 à 18 ans.

– Le spectre de Chibok –

Cet enlèvement de masse, qualifié de « désastre national » par le président Muhammadu Buhari, s’est déroulé dans des circonstances quasi identiques au kidnapping de Chibok, en avril 2014, où plus de 200 lycéennes avaient été enlevées, déclenchant une vague d’émotion mondiale.

Depuis, une centaine d’entre elles se sont échappées ou ont été libérées aux termes de négociations avec le gouvernement et d’échange avec des prisonniers. Quatre ans après leur kidnapping, plus d’une centaine d’entre elles, restent introuvables.

« Les efforts du président Muhammadu Buhari épaulé par les services de sécurité pour ramener les filles enlevées à Dapchi ont porté leurs fruits », selon un communiqué du ministère de l’Information.

Le président Buhari avait déclaré la semaine dernière que le gouvernement préférait la solution d’une négociation avec les insurgés plutôt qu’une opération militaire.

« La violence et la confrontation n’auraient pas été la solution car cela aurait pu mettre en danger la vie des captives », a indiqué le ministre de l’Information Lai Mohamed, soulignant que les négociations avaient été facilitées par des « pays amis » et que leur libération avait été « inconditionnelle ».

Sur son compte Twitter, la présidence nigériane a souligné qu' »aucune rançon n’a été versée ».

Bien que l’armée et les autorités nigérianes ne cessent de répéter que Boko Haram est « techniquement vaincu », ce tragique épisode a mis en lumière les graves manquements sécuritaires dans le nord-est du pays.

Le groupe islamiste armé ne contrôle plus de larges parties du territoire nigérian, comme ce fut le cas entre 2014 et 2015, mais il mène régulièrement des attaques meurtrières contre les forces de sécurité et les civils.

Le conflit dans le nord-est a fait plus de 20.000 morts depuis 2009 et 1,6 million de personnes ne peuvent toujours pas regagner leur foyer.

Romandie.com avec(©AFP / 21 mars 2018 18h57)                

Nigeria: le patron d’Eni accusé de corruption se dit « serein »

mars 16, 2018

Rome – Claudio Descalzi, le patron du géant pétrolier et gazier italien Eni, s’est déclaré « serein » vendredi face à des accusations de corruption au Nigeria qui seront jugées le 14 mai par un tribunal de Milan (nord).

« Je suis aussi serein parce que je sais ce que nous avons fait. Maintenant nous avons la possibilité de l’expliquer car il y a un procès », a déclaré M. Descalzi lors de la présentation du nouveau plan stratégique 2018-2021 à Londres.

Quinze personnes physiques et morales figurent parmi les prévenus dans ce procès, dont le groupe italien Eni et son homologue anglo-néerlandais Shell.

Seront également jugés, outre l’actuel patron d’Eni, son prédécesseur Paolo Scaroni, d’autres dirigeants et cadres des deux groupes, ainsi que l’ex-ministre nigérian du Pétrole, Dan Etete.

La justice italienne soupçonne le versement de pots-de-vins lors de l’attribution en 2011, pour 1,3 milliard de dollars (1,1 milliard d’euros), d’une licence pour l’exploration du bloc pétrolier offshore OPL-245.

Le groupe italien avait récemment exprimé « sa pleine confiance » dans le fait que le procès « confirmera la justesse et l’intégrité de sa conduite ».

« Eni et Shell ont conclu la transaction avec le gouvernement sans l’implication d’intermédiaire. L’argent (…) a été déposé sur un compte possédé par le gouvernement nigérian », avait assuré le groupe, qui a régulièrement réaffirmé sa confiance à M. Descalzi.

Romandie.com avec(©AFP / 16 mars 2018 13h18)                                            

Des dizaines de personnes tuées par des « bandits » dans le nord du Nigeria

février 16, 2018

Kano (Nigeria) – Des dizaines de personnes ont été tuées dans une attaque menée par des « bandits » dans un village de l’Etat de Zamfara, dans le nord du Nigeria, a-t-on appris vendredi auprès de la police et des habitants.

La police a évoqué un premier bilan de 18 morts dans l’attaque qui s’est déroulée dans la nuit de mercredi à jeudi à Birani, mais deux habitants affirment que 41 corps ont été récupérés avant d’être enterrés.

« Nous avons enterré 41 personnes hier suite à l’attaque de bandits venus en moto », a affirmé Lawwali Bube, un habitant joint par téléphone.

« Ils ont commencé par attaquer un camion transportant des demoiselles d’honneur et des commerçants. Ils les ont arrêtés, ils ont sorti le conducteur et lui ont tranché la gorge, puis ils ont ouvert le feu sur le camion, tuant tout le monde », avant de se rendre au marché où ils ont également tiré sur la foule, a-t-il poursuivi.

Hussaini Abdu, un autre habitant, a donné un bilan similaire: « Nous sommes en deuil parce qu’hier, nous avons recueilli 41 cadavres ».

« Nous sommes assiégés par ces bandits qui vivent dans les zones isolées de la forêt qui nous entoure », a-t-il ajouté.

« Ils viennent, attaquent nos villages, volent nos vaches, enlèvent nos femmes (…) Nous n’avons pas d’autre choix que de former des groupes d’autodéfense », a-t-il dit, précisant que les miliciens avaient ensuite lancé des « attaques de représailles » contre les assaillants.

L’armée a été déployée en 2016 dans l’Etat de Zamfara, où les enlèvements contre rançon et les vols de bétails à grande échelle étaient devenus courants dans les communautés rurales, l’essentiel de la population, majoritairement musulmane, vivant de l’élevage, de la chasse et de l’agriculture.

Selon un porte-parole de la police de Zamfara, Mohammed Shehu, des chasseurs de Birani avaient tenter d’intercepter la veille un voleur présumé de bétail en brousse.

« L’éleveur avait alors abandonné ses animaux avant de s’enfuir en brousse (…) et de mobiliser des bandits pour venir attaquer les chasseurs », a-t-il expliqué.

« Les bandits ont alors tendu une embuscade aux chasseurs dans la brousse et il y a eu un affrontement qui a fait des morts des deux côtés », a-t-il dit, affirmant que les forces de l’ordre avaient « découvert 18 cadavres ».

Romandie.com avec(©AFP / 16 février 2018 14h21)                                            

Cameroun: un dirigeant séparatiste anglophone détenu au Nigeria extradé

janvier 29, 2018

Yaoundé – Le président du mouvement séparatiste anglophone au Cameroun, Sisiku Ayuk Tabe, détenu au Nigeria depuis le 5 janvier, a été extradé lundi à Yaoundé avec 46 de ses partisans, a affirmé le ministre camerounais de la Communication, Issa Tchiroma Bakary.

« Un groupe de 47 terroristes, (parmi lesquels se trouve) M. Ayuk Tabe, se trouve depuis quelques heures entre les mains de la justice camerounaise », a indiqué M. Tchiroma dans une déclaration à la presse. Les 47 séparatistes étaient détenus au Nigeria, a précisé le ministre à l’AFP.

« Ils répondront de leurs crimes » devant la justice camerounaise, a souligné le ministre, réaffirmant la « détermination » du Nigeria et du Cameroun « à ne jamais tolérer que leurs territoires servent de base à des activités de déstabilisation dirigées contre l’un d’entre eux ».

Début janvier, le leader des indépendantistes camerounais, Sisiku Ayuk Tabe, et neuf de ses partisans avaient été arrêtés au Nigeria, où ils étaient depuis « détenus au secret », selon leur avocat et l’ONG Amnesty International.

Il n’était pas possible lundi de déterminer quand ont été arrêtés les autres séparatistes extradés depuis le Nigeria vers le Cameroun.

Mi-janvier, Amnesty International s’était inquiétée du sort des séparatistes détenus au Nigeria, estimant qu’ils « pourraient être menacés de torture et (s’exposer à un) procès inéquitable » s’ils étaient extradés du Nigeria.

Sisiku Ayuk Tabe milite pour que les deux régions anglophones du Cameroun se séparent de la partie francophone du pays. Le 1er octobre 2017, le mouvement avait publié un déclaration symbolique d’indépendance de l’Ambazonie, nom donné par les séparatistes à leur projet de pays.

Depuis plusieurs mois, l’armée a déployé des forces dans les deux régions anglophones pour contrecarrer des attaques de séparatistes présumés, de plus en plus nombreuses, faisant craindre l’émergence d’une « insurrection armée » dans la région.

Dans le même temps, le président Paul Biya et les autorités camerounaises ont accru la pression sécuritaire dans les régions anglophones du sud-ouest et du nord-ouest.

« Depuis l’arrestation des leaders séparatistes au Nigeria, il y a une dégradation sécuritaire et une multiplication des fronts entre séparatistes et l’armée camerounaise », expliquait fin janvier à l’AFP Hans De Marie Heungoup, chercheur au centre d’analyse International Crisis Group (ICG).

Selon un décompte de l’AFP, établi sur la base des déclarations officielles, 19 militaires et policiers ont été tués depuis novembre, tandis que les réseaux sociaux pro-anglophones diffusent des photos de civils tués et de villages mis à sac par l’armée – sans qu’il soit possible d’en vérifier l’authenticité.

Fin janvier, une bombe artisanale a explosé au passage d’un véhicule de l’armée camerounaise à Ekok, non loin de la frontière nigériane, faisant deux blessés. C’était la première fois qu’un tel mode opératoire était utilisé sur une route des régions anglophones camerounaises.

Nombre d’hommes politiques anglophones dénoncent depuis début 2018 des « actes arbitraires (tueries, destructions de maison) » de l’armée camerounaise en zones anglophones.

Le Cameroun se prépare à des élections – dont la présidentielle – fin 2018. Selon les observateurs, la profonde crise socio-politique que Yaoundé traverse dans ses régions anglophones pourrait perturber ces scrutins.

Romandie.com avec(©AFP / 29 janvier 2018 18h52)                                            

Libération des quatre Canadiens et Américains enlevés au Nigeria

janvier 20, 2018

Lagos – Deux Américains et deux Canadiens enlevés cette semaine après être tombés dans une embuscade sur une route du nord du Nigeria ont été libérés samedi, a annoncé la police.

Les quatre Nord-Américains kidnappés mardi soir par des hommes armés non identifiés « sont tous en bon état de santé » et ont été pris en charge par leur ambassade respective après leur libération vers 05h00 (04H00 GMT) du matin, a expliqué à l’AFP Mukhtar Aliyu, porte-parole de l’Etat du Kaduna.

Une personne soupçonnée d’être liée à leur enlèvement a été arrêtée, a-t-il précisé.

« Ils ont été libérés grâce aux efforts de la police » qui avait déployé plusieurs unités spéciales à leurs recherche dans la brousse entourant le lieu de leur enlèvement, a ajouté le porte-parole.

Le responsable a toutefois refusé de révéler les circonstances exactes de leur libération, évoquant des « informations classifiées ».

« Je ne suis pas en mesure de confirmer s’il y a eu des négociations (en amont) ou une rançon de payée », a-t-il répondu à l’AFP.

Les deux Canadiens et deux Américains avaient été kidnappés alors qu’ils étaient en route vers la capitale fédérale Abuja, depuis Kafanchan, dans l’Etat du Kaduna, sur un axe où les enlèvements sont fréquents. Des inconnus armés les avaient enlevés lors d’une embuscade après avoir tué leur escorte policière.

Les quatre personnes – dont les identités n’ont pas été dévoilées – étaient en voyage d’affaires et les autorités américaines et canadiennes avaient indiqué travailler avec les autorités nigérianes pour les retrouver.

Le Département d’Etat américain a demandé à ses ressortissants de « reconsidérer » leurs déplacements au Nigeria, mettant en garde contre « les crimes violents », tels que les « attaques à main armée, carjackings, kidnappings » qui sont « communs à travers le pays ».

Le phénomène du kidnapping contre rançon est particulièrement répandu au Nigeria (4e pays au monde en 2016 selon Control Risks, organisation internationale de surveillance des risques) depuis une dizaine d’années.

Quatre Britanniques, dont un mari et son épouse appartenant à une organisation caritative chrétienne, avaient été enlevés le 13 octobre dernier près de Warri, dans l’État du Delta (sud-est).

Le gouvernement britannique avait annoncé en novembre qu’un des otages, Ian Squire, avait été tué lors de sa captivité, les trois autres otages ayant pu être libérés et rentrer chez eux.

Les enlèvements étaient d’abord ciblés contre des expatriés dans le sud-est du pays, région pétrolière, mais peu à peu, les riches Nigérians sont devenus les premières victimes de ces « kidnappings express ».

Les personnes enlevées sont souvent libérées après quelques jours, une fois effectué le versement d’une rançon.

Dix des 36 Etats formant le Nigeria appliquent la peine de mort pour les auteurs de kidnappings.

Romandie.com avec(©AFP / 20 janvier 2018 13h52)