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Un otage britannique au Nigeria tué, trois autres libérés

novembre 6, 2017

Un Britannique, Ian Squire, retenu en otage au Nigeria a été tué, tandis que trois autres ont été libérés et ont pu rentrer chez eux, a annoncé lundi le ministère britannique des Affaires étrangères. / © AFP/Archives / Justin TALLIS

Un Britannique, Ian Squire, retenu en otage au Nigeria a été tué, tandis que trois autres ont été libérés et ont pu rentrer chez eux, a annoncé lundi le ministère britannique des Affaires étrangères.

« Nous sommes enchantés et soulagés qu’Alanna, David et Shirley soient rentrés sains et saufs. Nos pensées vont à la famille et aux amis de Ian », ont déclaré les familles des otages libérés dans un communiqué diffusé par le Foreign Office. Ian Squire, Alanna Carson, David Donovan et Shirley Donovan, avaient été enlevés le 13 octobre dans le sud du Nigeria.

« Nous sommes reconnaissants pour l’aide que nous avons reçue de la part du Haut Commissariat britannique (représentation diplomatique britannique présente dans plusieurs pays, dont le Nigeria) et des autorités nigérianes, dans la négociation de leur libération », ont-elles ajouté.

Un porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères a également exprimé sa « reconnaissance » aux autorités nigérianes.

Les quatre Britanniques, dont un mari et son épouse appartenant à une organisation caritative chrétienne, avaient été capturés près de Warri, dans l’État du Delta, où ils étaient engagés dans des actions humanitaires depuis trois ans.

Les circonstances de la mort de Ian Squire n’ont pas été communiquées.

Les enlèvements pour rançon sont très fréquents dans le sud du Nigeria, où des personnalités fortunées et leurs familles sont généralement ciblées par des gangs criminels. Les victimes sont souvent libérées après quelques jours, une fois le versement de la somme effectué.

Romandie.com avec(©AFP / 06 novembre 2017 15h44)

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Nigeria – Olusengun Obasanjo : « Un président qui s’accroche, ce n’est bon pour personne »

octobre 26, 2017

 

À Londres, le 11 février 2015. © Mark Chilvers pour TAR

Il a quitté le pouvoir il y a dix ans, mais l’ancien président du Nigeria reste une figure incontournable dans son pays comme sur le continent. Alassane Ouattara et Guillaume Soro, Paul Biya, Joseph Kabila, Patrice Talon… Le général ne mâche pas ses mots quand il s’agit de juger les dirigeants africains.

Olusegun Obasanjo, 80 ans, est un homme très pressé. Il continue à parcourir le monde, comme lorsqu’il était chef de l’État nigérian (de 1976 à 1979, puis de 1999 à 2007), comme s’il ne pouvait renoncer un seul instant à être un homme d’action. Il aime à rappeler qu’il s’est rendu en voyage officiel dans une centaine de pays.

Ce 28 septembre, à Abeokuta, son fief en pays yorouba, Obasanjo débarque au milieu de l’après-midi. Des milliers d’étudiants l’attendent dans sa bibliothèque présidentielle.

Il dirige une conférence sur l’avenir de la jeunesse. Thème qui lui est cher et qui est au cœur d’un livre qu’il vient de cosigner.

Quelques heures plus tôt, il était au Darfour, où il participait à des négociations entre belligérants à la demande des Nations unies.

À peine sorti d’un embouteillage monstre entre Lagos et Abeokuta (distantes d’une centaine de kilomètres), il salue la foule compacte et attaque son discours.

Sur tous les fronts

Quelques heures plus tard, il nous reçoit dans sa villa sans luxe ostentatoire, sur la plus belle colline surplombant la cité, Hill Top. Obasanjo est serein. Mais même à 22 heures, dans son intimité, règne une discipline militaire. « C’est un homme d’ordre, un général. Il veut être obéi », souligne l’un de ses proches. Raide dans son fauteuil, Obasanjo scrute son environnement avec acuité. Il a promis un entretien d’une heure.

Il tiendra parole. Lorsque le temps imparti est écoulé, ses hommes s’approchent brusquement. Quelques minutes de plus seront obtenues, mais de haute lutte, comme si la rigueur militaire demeurait en toutes circonstances l’ultime mot d’ordre.

Certains affirment qu’il est beaucoup plus âgé que ne le prétend son état civil.

Son téléphone recommence à sonner. Des quatre coins de l’Afrique, des appels affluent. Obasanjo suit toujours de très près la situation politique de chaque État.

Certains affirment qu’il est beaucoup plus âgé que ne le prétend son état civil. Mais il reste infatigable et rit plus souvent qu’à son tour. Comme si la comédie humaine et l’arène politique constituaient pour lui des sources inépuisables de plaisir. Et une éternelle fontaine de jouvence.

Olusegun Obasanjo entouré de (de dr. à g.) : Abdelaziz Bouteflika, Alpha Oumar Konaré, Joaquim Chissano, Omar el-Béchir, Robert Mugabe, Meles Zenawi, au siège de l’UA, à Addis-Abeba, le 25 mai 2004. © GIANLUIGI GUERCIA/AFP

Jeune Afrique : Vous avez été président de 1976 à 1979, puis de 1999 à 2007. Avec le recul, quel regard portez-vous sur la classe dirigeante africaine ?

Olusegun Obasanjo : Si on essaie d’avoir une vue d’ensemble, on peut constater que son niveau s’améliore. En règle générale, les dirigeants africains issus des indépendances n’étaient pas préparés à présider aux destinées de leur pays. C’était tout particulièrement le cas dans les anciennes colonies britanniques.

Julius Nyerere, qui fut Premier ministre de la Tanzanie de 1960 à 1961 avant d’être élu président en 1964, m’a d’ailleurs confié qu’il s’était retrouvé aux commandes sans aucune expérience, presque par hasard ! Une infime minorité avait les qualités nécessaires. En particulier le président sénégalais Léopold Sédar Senghor [au pouvoir de 1960 à 1980], et le chef de l’État ivoirien Félix Houphouët-Boigny [1960-1993].

La plupart ont essayé de compenser ce manque de préparation par le nationalisme et la volonté farouche de promouvoir leur pays au niveau international. Question idéologie, ils étaient déchirés entre le socialisme et le capitalisme. Beaucoup étaient fascinés par les avantages sociaux que le socialisme semblait pouvoir procurer. Cela a duré les deux premières décennies qui ont suivi les indépendances, jusqu’à la chute des cours des matières premières, qui a tout remis en question et conduit à de nombreux coups d’État.

Aujourd’hui, la démocratie est devenue la norme. Cela ne veut pas dire que les citoyens portent au pouvoir la personne la plus qualifiée. Cela signifie seulement qu’ils peuvent choisir la personne qui les dirige. Ce qui constitue d’ailleurs une des limites de ce système. Cependant, si l’homme issu des urnes échoue, il suffit d’attendre le prochain scrutin pour le mettre à la porte.

Senghor est resté vingt ans au pouvoir, Houphouët-Boigny trente-trois ans… La limitation du nombre de mandats présidentiels, régulièrement remise en question en Afrique, est-elle souhaitable ?

Dès lors que la Constitution prévoit une limite, elle doit être observée. La démocratie a cela de bon qu’elle permet une alternance pacifique. Après dix ou douze années au pouvoir, vous êtes à court d’idées pour faire avancer votre pays.

Le projet de réforme constitutionnelle a plongé le Togo dans une crise politique qui dure depuis plusieurs semaines. Le président Faure Gnassingbé doit-il partir ?

Tout ce que prévoit la Constitution doit être respecté. Car lorsque la population constate l’échec de son dirigeant et n’a plus d’espoir de changement, qu’elle ne peut plus se dire « dans deux ou trois ans on le fait partir par les urnes », la violence et le chaos représentent son dernier recours. Et cela n’est bon pour aucun État. Les dirigeants doivent faire preuve de bon sens et respecter leurs engagements. Leurs actions doivent être adaptées à la situation de leur pays.

Manifestation contre le président togolais Faure Gnassingbé à Lomé, le 21 septembre. © Matteo Fraschini KOFFI/AFP

Quels conseils donneriez-vous à Faure Gnassingbé ?

Il doit mettre fin à la vague de violence. Il doit écouter la voix de la raison. La violence ne peut sauver aucun leader, nulle part. Elle doit être rejetée des deux côtés.

Négocier avec l’opposition est-il une option ?

Il faut un référendum pour revenir sur une disposition constitutionnelle. Le gouvernement et l’opposition doivent donc attendre qu’il soit organisé. Le processus politique doit se poursuivre de façon pacifique.

Et si le résultat du référendum ne lui est pas favorable, que devra faire Faure Gnassingbé ?

Tout bon dirigeant politique respecte le verdict des urnes.

Vous avez été sollicité pour mener une médiation entre le président ivoirien, Alassane Ouattara, et son ancien Premier ministre Guillaume Soro. Où en êtes-vous ?

J’espère qu’ils vont se rencontrer prochainement. Alassane Ouattara et Guillaume Soro doivent se parler. Ils ont besoin d’entamer des discussions franches. Certes, Alassane Ouattara est dépositaire de l’autorité présidentielle, mais tous les faits doivent être étudiés. Lors de ces négociations, il faudra jouer cartes sur table.

On vous prête une grande influence auprès de Guillaume Soro…

Je ne vais pas dire que j’ai de l’influence sur qui que ce soit. Je parle aux uns et aux autres, j’essaie de comprendre leurs arguments et de faire valoir les miens. Si, en dialoguant, on peut éviter les conflits, c’est parfait. Si on peut obtenir un point d’accord, c’est encore mieux.

Guillaume Soro a-t-il l’étoffe d’un futur président ?

Je n’ai aucune raison de penser le contraire. Guillaume Soro a beaucoup appris, et je crois qu’il va continuer dans cette voie. Il sera bien préparé pour affronter l’avenir.

Alassane Ouattara en compagnie de Guillaume Soro à Abidjan le 4 décembre 2010. © Thibault Camus/AP/SIPA

Vous connaissez aussi très bien la situation politique en RD Congo, où vous avez été l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies en 2008. Le pays vit de multiples crises sur son territoire, notamment dans l’Est, où sévissent de nombreuses milices armées. Cela vous inquiète-t-il ?

Dans le monde actuel, c’est un peu comme si nous habitions tous dans la même maison : s’il y a une fuite d’eau dans votre chambre, cela peut affecter la mienne. Même si les difficultés d’un pays doivent être prioritairement gérées par ses citoyens, les voisins ne peuvent pas rester les bras croisés.

Lorsque j’étais en RD Congo, j’ai tout de suite compris le problème : c’est le seul pays d’Afrique comptant deux fuseaux horaires et partageant des frontières avec neuf États. Il est gigantesque, et son sous-sol est immensément riche. C’est aussi un pays qui manque cruellement d’infrastructures, où les routes et les chemins de fer ont pratiquement disparu. Le seul moyen de gérer un tel territoire, avec une telle diversité et une telle complexité, c’est le fédéralisme.

Avez-vous déjà évoqué cette question avec le président Joseph Kabila ?

Non. Je lui parle de la façon dont on peut régler des conflits. Mais je lui rapporte mes conversations avec les habitants de la région de Goma [est de la RD Congo], qui me disent par exemple : « Nous, dans l’Est, on ne sait même pas ce qui se passe à Kinshasa, la capitale ! » Et ils ont raison. Pour la RD Congo comme pour le Nigeria, qui sont des pays multinationaux, multiethniques et multireligieux, le fédéralisme est le meilleur système.

Joseph Kabila pourrait-il accepter un tel changement de régime ?

Je ne sais pas ce qu’il est prêt à accepter.

Le fédéralisme ne risque-t-il pas de conduire au séparatisme ?

Je comprends cette inquiétude. Mais voyez l’Éthiopie : c’est le seul État à avoir inscrit la possibilité de sécession dans sa Constitution, or aucune région ne l’a encore revendiquée. Grâce au fédéralisme, chaque partie peut s’exprimer sur l’avenir du pays et avancer à son propre rythme sans déranger les autres. Chacun a son propre pouvoir législatif. Chacun a son propre exécutif. Chacun a son propre système judiciaire. Mais il existe aussi une nationalité commune, une monnaie commune, une politique étrangère commune… Les peurs qu’inspire le fédéralisme ne sont pas justifiées.

Le dernier mandat de Joseph Kabila devait se terminer le 19 décembre 2016. Et le président devait conduire son pays vers les élections d’ici à la fin de cette année, mais la Commission électorale a estimé qu’elles ne pouvaient se tenir avant 2019… Selon vous, est-il prêt à céder le pouvoir ?

J’ignore ce qu’il veut faire. C’est pourtant dans son propre intérêt et dans celui de son pays. Si on arrive à lui expliquer qu’il peut quitter le pouvoir sereinement, sans risquer d’être poursuivi, il est possible qu’il accepte. Il faut lui donner des garanties. Il faut qu’il sache qu’il pourra vivre dans les meilleures conditions après avoir abandonné ses fonctions. Et en toute sécurité.

Et, pour le moment, les garanties ne sont pas réunies ?

Je ne sais pas. C’est à lui qu’il faut poser la question.

N’est-ce pas sa succession qui pose problème ? Ne veut-il pas obtenir la garantie que ses ennemis, tel Moïse Katumbi, n’accèdent pas au pouvoir ?

Ce qui compte, ce n’est pas ce que vous voulez, mais ce que votre pays veut. Ce qui compte ce n’est pas qui vous plaît ou non, mais qui plaît à votre pays. Votre vote seul importe peu. C’est celui de l’ensemble des citoyens qui compte.

Au Cameroun aussi, la situation est complexe. Paul Biya détient le pouvoir depuis 1982 et semble prêt à briguer un nouveau mandat en 2018…

Je ne peux dire ce qui va se passer. C’est à chaque pays et à chaque dirigeant de décider de ce qui est le mieux. Mais, comme je l’ai dit, après un certain temps passé au pouvoir, on ne peut plus rien mettre en place de vraiment nouveau. Quand le leader s’accroche à son poste, la violence peut émerger, ce qui n’est bon pour personne.

Vous songez aux troubles récents dans la partie anglophone du Cameroun ?

Les habitants de cette zone peuvent en effet éprouver un sentiment d’exclusion. Il revient aux autorités de faire en sorte que cette impression disparaisse. Si elle est injustifiée, il faut le démontrer. Dans le cas contraire, il faut corriger la situation au plus vite.

Le Cameroun doit-il se tourner lui aussi vers le modèle fédéral ?

Il bénéficie déjà d’une certaine forme de fédéralisme.

Certains considèrent que ce fédéralisme est surtout théorique. En tout cas, la partie anglophone n’y trouve pas son compte…

Personne ne sera jamais complètement satisfait, mais apporter ce qui peut raisonnablement contenter les populations permet de diminuer les tensions.

Seriez-vous disposé là aussi à jouer les médiateurs ?

Pourquoi pas, si cela contribue à la paix. Comme pour n’importe quel autre pays qui en ferait la demande, je suis prêt à faire les sacrifices nécessaires.

Vous vivez à Abeokuta, dans le sud-ouest du Nigeria, près de la frontière avec le Bénin. Connaissez-vous bien ce pays ?

Ce que je sais, c’est qu’il n’a pas d’usines, qu’il ne produit rien, que son PIB n’arrive même pas à la hauteur de celui de l’État d’Ogun [l’un des trente-six États de la fédération, dont Abeokuta est la capitale]. Mais il fait entrer sur notre territoire des marchandises importées, contrefaites, sans payer de droits de douane.

Vous n’appréciez pas la façon dont les autorités béninoises gèrent la frontière ?

En effet, il faudrait qu’elles contrôlent mieux ce qui rentre au Nigeria. Le Bénin ne doit pas servir de porte d’entrée à des produits de contrebande revendus ensuite chez nous. Je m’y étais déjà opposé quand j’étais président. Cela n’aide ni son économie ni la nôtre. Le Nigeria serait tout à fait capable d’absorber ce que pourrait produire le Bénin à travers des relations commerciales normales.

Le président Patrice Talon n’agit pas assez selon vous ?

Je ne sais pas. Mais, si j’étais aux affaires, je le forcerais à faire mieux, car il a fait du Bénin et du Nigeria de véritables dépotoirs !

Vous n’êtes plus aux affaires mais ne vous privez pas de donner des conseils au président nigérian, Muhammadu Buhari, comme récemment celui de dialoguer avec les partisans de Nnamdi Kanu, qui réclament la sécession du Biafra…

Je vous rappelle que c’est moi qui ai mis fin à la guerre du Biafra, en janvier 1970, quand je dirigeais les troupes fédérales. À ce moment-là, les indépendantistes ont admis que le Biafra avait cessé d’exister. Nnamdi Kanu était un bébé quand ces événements ont eu lieu ! Alors, que sait-il du Biafra ? Il faut donc entamer le dialogue avec ses partisans pour leur faire comprendre qu’ils font fausse route. Ici comme dans beaucoup de pays du continent, la jeunesse est en colère. Elle est frustrée parce qu’elle ne voit se réaliser ni les opportunités ni les espoirs qui l’ont tant fait rêver. C’est ainsi sur tout le territoire, pas uniquement au Biafra.

Le problème est donc la jeunesse ?

Si vous avez passé quatre ou cinq ans à l’université, obtenu un diplôme, et que vous n’avez pas de travail, vous ne pouvez qu’être en colère. Les jeunes Nigérians ont toutes les raisons du monde de se sentir insatisfaits. Il faut absolument leur obtenir des formations qui leur permettront de trouver un emploi. L’âge moyen de la population est inférieur à 18 ans : la démographie nigériane est une bombe à retardement.

« La jeunesse nigériane est une bombe à retardement », selon l’ex-chef d’État (ici à Ijebu Ode). © HANNIBAL/dpa/AFP

Jugez-vous que Muhammadu Buhari ne s’occupe pas assez d’elle ?

Je refuse de répondre à cette question.

Vous qui vantez les bienfaits du fédéralisme, que vous inspirent les revendications des Nigérians qui réclament la mise en place d’un « véritable fédéralisme » afin de réduire les tensions ethniques ?

Je ne crois pas à cette idée. Les gouverneurs ont déjà beaucoup de pouvoir. Ils en ont même plus que le président ! Ceux qui en réclament davantage, ou revendiquent un « véritable fédéralisme », ne savent pas de quoi ils parlent.

Vous avez fait partie des soutiens de Muhammadu Buhari en 2015. D’aucuns dans l’arène politique souhaitent qu’il soit candidat à un second mandat en 2019, malgré son âge, 74 ans, et ses soucis de santé. Quelle est votre opinion ?

Je ne vais pas répondre à cette question non plus… Bonne soirée !

(more…)

Nigeria: procès à huis clos pour 1.600 suspects de Boko Haram

septembre 29, 2017

Kano (Nigeria) – Les procès de 1.600 membres présumés du groupe jihadiste nigérian Boko Haram qui doivent s’ouvrir en octobre, se dérouleront à huis clos, a déclaré vendredi à l’AFP une source proche du dossier.

« Il n’y aura aucun accès à la presse », a expliqué cette source au sein du ministère de la Justice d’Abuja, sous le couvert de l’anonymat. La décision a été prise après des discussions entre le gouvernement et les Services de renseignements (DSS), selon elle.

« Des informations qui peuvent se révéler importantes pour la sécurité de ce pays pourront y être abordées », a-t-elle ajouté pour justifier cette décision.

Le ministère nigérian de la Justice a annoncé la semaine dernière que les procès de 1.600 jihadistes présumés commenceront le 9 octobre.

« Tout est prêt désormais pour la lecture des actes d’accusation des suspects de Boko Haram dans les différents centres de détention dans le pays », avait-il indiqué dans un communiqué.

Des milliers de membres présumés de Boko Haram ont été arrêtés et placés en détention, selon les forces de sécurité nigériane, mais les poursuites et les condamnations restent rares.

Début septembre, seules 13 personnes avaient été présentées aux juges et neuf condamnées pour leurs liens avec l’insurrection de Boko haram, qui se poursuit depuis huit ans, selon des chiffres du gouvernement.

Le ministère de la Justice a notamment mis en cause des méthodes d’investigation insuffisantes, davantage basées sur la recherche des aveux que des preuves matérielles.

Des groupes de défense des droits de l’Homme, qui dénoncent régulièrement des exécutions sommaires de jihadistes présumés et le maintien en détention des milliers de personnes sans recours à un avocat, s’inquiètent de la tenue d’un procès à huis clos, qui soulève selon eux de grandes interrogations sur la transparence du système judiciaire nigérian.

Selon la source au sein du Ministère de la Justice, le consulat britannique, l’ambassade américaine, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, ainsi que la Croix Rouge seront représentés par une délégation « d’observateurs ».

« Ils surveilleront le processus et nous garantissons la présence d’une défense », a-t-il assuré.

Les procès se dérouleront dans des installations militaires à Kainji, dans l’Etat de Kogi, ainsi qu’à New Bussa, dans l’Etat du Niger (centre du Nigeria) et à Maiduguri, capitale du Borno, épicentre du conflit contre Boko Haram.

Umar Ado, un des avocats de la défense basé à Kano, la plus grande ville du nord du Nigeria, a dénoncé cette mise à l’écart des médias.

« La liberté d’information exige que les médias aient accès aux procès parce qu’ils représentent le public qu’ils informent », a-t-il déclaré à l’AFP, estimant que les motivations sécuritaires mises en avant par les autorités sont injustifiées.

« Organiser une procédure judiciaire à huis clos revient à nier au public le droit de savoir comment le procès est mené, en envoyant un mauvais signal, que la justice n’est pas rendue ou qu’il y a des compromissions », a-t-il dit.

Romandie.com avec(©AFP / 29 septembre 2017 17h55)                                            

Togo: Obansanjo demande le départ du Président Faure Gnassingbe

septembre 9, 2017

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L’ancien président nigérian, Olusegun Obasanjo reste la première grande personnalité du Continent à se prononcer directement sur cette crise au Togo.

Dans une interview avec la BBC, il s’est prononcé sur la crise que traverse actuellement le Togo. Obasandjo estime que Faure Gnassingbé doit faire quelque chose par rapport à la situation actuelle. Sans détour, il soutient que le Togo doit avoir une nouvelle constitution avec une limitation claire du nombre de mandat à exercer. Olusegun Obasanjo, a invité Faure Gnassingbe à démissionner «à moins qu’il n’ait quelque chose de nouveau pour son peuple».

Obasanjo a également déclaré que le pays devrait avoir une nouvelle constitution qui réduira le nombre de mandats des Présidents. Cette proposition s’inscrit dans la même dynamique que les exigences des manifestants qui demandent que la constitution du pays soir révisée pour limiter les mandats de chaque président.

M. OBasanjo affirme que le Président Gnassingbe a déjà montré toutes ses capacités et n’aurait plus rien de nouveau à offrir au peuple Togolais. «Je crois que le président devrait faire quelque chose à ce sujet». «Il faudrait une nouvelle constitution qui limite le nombre d’années à faire au pouvoir et il devrait s’y conformer. «Je pense également qu’en ce qui concerne les projets de développement, quelles qu’en soient les idées qu’il a, il les a déjà toutes montré. Sauf s’il a quelque chose de nouveau que nous ne connaissons pas », a-t-il souligné.
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Olusegun Obasandjo, a rappelé qu’il n’y a pas très longtemps, le président Dos Santos a quitté le pouvoir, et que d’autres chefs d’état devraient suivre son exemple.

«Après avoir passé douze à quinze ans et jusqu’à trente, certains dirigeants africains refusent le passer le relais à quelqu’un d’autre. Mais si vous ne quittez pas le pouvoir, le pouvoir vous quittera».

Le président Gnassingbe, qui a déjà fait 12 ans à la tête du Togo a succédé son père qui avait régné pendant 38 ans.

Abidjan.tv par by Leking

Nigeria: plus de 100.000 habitants forcés de fuir les inondations dans le sud-est

septembre 1, 2017

Des enfants rament sur un canoë le long d’une route inondée près de maisons après une forte averse à Ikorodu, au Nigeria, mercredi 26 octobre 2011. © Sunday Alamba/AP/SIPA

Plus de 100 000 personnes ont dû fuir leur foyer à cause des inondations consécutives aux fortes pluies qui se sont abattues sur le sud-est du Nigeria, a annoncé jeudi soir le président nigérian Muhammadu Buhari sur son compte Twitter.

« C’est avec une grande inquiétude que j’ai appris les inondations dans l’État de Benue, qui ont déplacé, selon les premières estimations, plus de 100 000 personnes », a écrit le président nigérian sur son compte Twitter jeudi 31 août.

« Durant les deux dernières semaines, il a beaucoup beaucoup plu », raconte Helen Teghtegh, directrice de l’ONG locale Community Links and Human Empowerment Initiative, qui a lancé un appel aux dons pour les sinistrés.

« Le niveau de la rivière Benue a beaucoup augmenté et depuis mercredi, beaucoup d’habitants de Makurdi, la capitale, ont commencé à quitter leur domicile », poursuit-elle. « Pour l’instant nous n’avons aucun chiffre précis, nous ne savons pas le nombre de victimes mais nous devrions en savoir plus demain après avoir rencontré les différents acteurs sur le terrain », explique la directrice.

La ville de Makudi sous les eaux

Les photos de Makurdi sous les eaux ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux jeudi dans la journée, montrant des hommes et des femmes qui emportaient des matelas, des sacs et leurs quelques biens à pieds.

Des voitures et des milliers de maisons ont été totalement englouties par les eaux. Deux camps ont été installés dans la capitale de l’État pour accueillir les sinistrés, mais ils ne devraient ouvrir que ce week-end.

Le président a déclaré jeudi soir avoir demandé à l’Agence nationale de gestion des urgences (NEMA) d’agir, après que de nombreuses voix se sont élevées dans les médias locaux pour dénoncer l’inaction des autorités.

En 2012, le Nigeria a été victime de terribles inondations dans 30 de ses 36 États. Des centaines de personnes avaient été tuées, et les pluies avaient fait près de 2 millions de déplacés.

Fermiers zimbabwéens expatriés au Nigeria: les derniers vétérans produisent coûte que coûte

août 27, 2017

Des employés de Valentine Chicken Hatchery trient des poussins le 12 juillet 2017 au Nigeria. © AFP/STEFAN HEUNIS

L’agriculture au Nigeria n’est pas pour les coeurs sensibles: l’électricité par intermittence oblige les générateurs à fonctionner la moitié du temps seulement, les nids de poule rendent le transport lent et coûteux, les fertilisants contrefaits ont dévasté les récoltes. Et pourtant, Piet du Toit, est resté.

« Vous voulez un peu de thé? », demande ce fermier zimbabwéen à l’air bourru, en ouvrant la porte de son jardin luxuriant dans l’état de Kwara, dans l’ouest du Nigeria.

Il y a 14 ans, après que le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, eut saisi les fermes tenues par des Blancs dans le cadre d’un programme de réforme agraire, M. du Toit s’est retrouvé sans ferme et sans avenir, expulsé de ses terres sans indemnisation.

Alors il a accepté l’offre du gouvernement local de l’Etat du Kwara au Nigeria voisin, qui souhaitait développer son agriculture et profiter des compétences des fermiers zimbabwéens, réputés notamment pour leur expérience commerciale.

Piet du Toit est parti s’installer au Nigeria pour reconstruire sa vie. « En ce qui concerne l’agriculture, il y a beaucoup de choses à faire ici », affirme cet expatrié de 64 ans, assis dans son patio à l’ombre des palmiers.

« Mais il y a beaucoup de chemin à parcourir et cela ne se fera pas du jour au lendemain. »

Il a créé une ferme de 1.000 hectares au beau milieu de la brousse vierge, à deux heures de route de la capitale de l’Etat, Ilorin.

Parmi les 13 agriculteurs zimbabwéens dépossédés de leur ferme au Zimbabwe et venus comme lui démarrer une nouvelle vie au Nigeria dans les fermes gouvernementales Shonga, seuls cinq vétérans sont encore là.

Comme dans une émission de télé-réalité, les conditions extrêmes -et les combats amers- ont eu raison de la grande majorité d’entre eux, qui ont jeté l’éponge.

Du Toit, qui cultivait du maïs et du soja, a dû se concentrer sur la volaille cette année lorsque le naira en chute libre a fait monter en flèche ses coûts de production.

Pourtant, il assure que son entreprise est en plein essor.

« C’est profitable », dit-il à propos de Valentine Chickens, en montrant ses 21 poulaillers avec fierté. « Assurément, de gros investissements arrivent dans le pays. »

Le réflexe d’importer

Le Nigeria traverse sa pire crise économique depuis 25 ans et essaie de s’affranchir d’importations coûteuses tout en diversifiant son économie pour ne plus avoir à dépendre du pétrole.

Le gouvernement du président Muhammadu Buhari présente l’agriculture comme le moteur qui permettra au Nigeria de s’en sortir. Mais la réalité est beaucoup plus complexe.

Les paysans peinent à accéder au crédit. Les prêts bancaires dans l’agriculture représentent 4% de la totalité des prêts accordés, contre 1% il y a trois ans, selon la firme bancaire d’investissement nigériane FBN Quest.

« Cela ne provoquera pas la croissance rapide de l’agro-industrie qui sous-tend les stratégies gouvernementales de substitution des importations et de diversification économique », expliquait-elle dans une récente note.

L’agriculture est dominée par le secteur informel et les petits paysans, sans véritables prix du marché ni exigences de qualité.

« Tant de maillons de la chaîne de valeur sont chaotiques dans l’agriculture », affirme Edward George, analyste à Ecobank.

La plupart de ce que le Nigeria produit va à la poubelle, faute d’avoir pu accéder au marché, selon lui.

La production alimentaire n’a pas su accompagner la croissance démographique nigériane, tandis que l’industrie pétrolière lucrative a permis aux importations de devenir un réflexe, atrophiant le secteur agricole.

« Il y a des Nigérians qui utilisent leurs portables pour importer des pizzas de Londres », s’est plaint récemment le ministre de l’agriculture Audu Ogbeh.

Poulet de contrebande

« Ne tirez pas! », demande Peter Crouch en sortant les bras en l’air d’une écloserie ultra-moderne, en simulant une arrestation.

L’ancien cultivateur de tabac a lui aussi parié gros sur ses poulets.

Il a ouvert l’écloserie en janvier avec son fils, David, dans l’optique de développer ses activités, de la production des aliments pour animaux à la distribution des poulets.

Au Nigeria, « tu dois contrôler toute la chaîne », dit-il.

Ce qui énerve vraiment M. Crouch, c’est la contrebande de poulets.

Un problème du Nigeria moderne, où le secteur informel représente un pan significatif de l’économie du mastodonte: théoriquement, l’importation de poulets est illégale, mais les volailles continuent d’arriver.

Les agriculteurs accusent le Brésil, premier fournisseur au monde, affirmant qu’il vend d’abord les meilleurs parties – la poitrine et les ailes – puis écoule les restes des carcasses à prix cassés au Nigeria.

« C’est un business sophistiqué », dit Peter Crouch en tirant une bouffée de cigarette Madison, une marque zimbabwéenne. Et « si on stoppait les importations illégales de poulet, nous ne pourrions même pas répondre » à la demande.

Alors que les fermiers zimbabwéens arrivent au crépuscule de leur carrière, la jeune génération s’apprête à reprendre la main dans les fermes Shonga.

Comfort Babajide supervise l’écloserie avec son mari.

« Le Nigeria se tourne vers l’agriculture », dit la jeune femme de 30 ans. Mais « certaines personnes croient encore davantage aux produits importés ou étrangers qu’aux produits locaux. »

« Cet endroit est un exemple, nous pouvons leur montrer que cela est possible ici au Nigeria. »

Jeuneafrique.com avec AFP

Le président Buhari peut-il toujours gouverner le pays?

août 23, 2017

Le président nigérian Mohammadu Buhari à Abuja lors de son discours à la nation du lundi 21 août 2017 / © NIGERIA STATE HOUSE/AFP / Sunday AGHAEZE

A peine rentré au Nigeria d’un congé maladie de plus de trois mois, le président nigérian Muhammadu Buhari a annulé mercredi le conseil des ministres, relançant les doutes sur ses capacités à diriger le géant ouest-africain.

La veille déjà, ses conseillers avaient prévenu que le chef d’Etat âgé de 74 ans travaillerait « depuis chez lui », non pas pour se reposer après ce long séjour à Londres où il a suivi un traitement médical dont on ignore la nature, mais parce que son bureau avait été envahi par de mystérieux « rongeurs » en son absence.

De même, aucune indication sur sa santé n’a été donnée pour expliquer l’annulation soudaine du conseil hebdomadaire des ministres.

Pourtant, dans son discours à la nation, lundi, l’ancien général Buhari apparaissait, certes très mince, mais sa voix était plus affirmée que lors de ses dernières interventions. Sa prise de parole était très courte mais plus structurée qu’à son précédent retour d’un premier séjour de soin en mars.

Assis droit dans son siège, entouré de drapeaux vert et blanc, les couleurs nationales, il a assuré maintenir le cap de ses objectifs et vouloir garantir la sécurité du pays où le climat s’est tendu.

Le Nigeria souffre de sérieux problèmes sécuritaires, dans le nord-est avec l’insurrection du groupe jihadiste Boko Haram, dans le sud-est avec les velléités indépendantistes du Biafra, et les kidnappings et violences ethniques sont en hausse à travers tout le pays.

« J’éliminerai toutes ces menaces », avait-il martelé.

Mais les premières impressions d’un retour à la normale ont été aussitôt altérées par les événements.

Amaka Anku, analyste pour Eurasia Group, un think-tank de recherche politique, écrivait dans son rapport, dès le weekend dernier, que le président « reste affaibli par la maladie, et les probabilités de le voir entreprendre toutes les responsabilités présidentielles sont faibles ».

« Il permettra sans doute au vice-président Yemi Osinbajo – qui a assuré son interim pendant ses absences répétées – de continuer avec les affaires courantes », écrit l’analyste nigériane.

– Consternation –

Sur les réseaux sociaux, le Nigeria apparaît profondément divisé entre les supporters indéfectibles du président qui le voient déjà se représenter aux prochaines élections de 2019 et la consternation provoquée par les raisons invoquées pour l’absence du président aux réunions officielles.

Mercredi matin, la photo d’une petite souris ‘photoshopée’ portant un uniforme militaire nigérian et une kalachnikov s’échangeait de portable en portable pour tourner en dérision l’équipe de communication présidentielle: « Attention, les rongeurs assiègent la Villa! », la résidence présidentielle d’Abuja.

Une plaisanterie qui n’était pas du goût de tous dans un pays dont l’histoire a été ponctuée par les coups d’État militaires et l’instabilité politique.

A Abuja, la ligne officielle reste droite: « Que personne ne puisse douter de qui dirige le pays. Le président Buhari est clairement le dirigeant », confiait mercredi l’un de ses proches à l’AFP.

« Qu’il puisse déléguer certaines fonctions au vice-président de temps en temps n’est qu’une question administrative », a poursuivi cette source qui souhaite rester anonyme, ajoutant que le vice-président Osinbajo en référerait toujours au président Buhari.

Interrogé par les journalistes mercredi, le vice-président a d’ailleurs expliqué qu’il venait de rendre un rapport à son supérieur sur une lourde affaire de corruption qui a affecté le pays en son absence.

« Le président l’étudiera et prendra les décisions », a répété M. Osinbajo, sans donner plus de détails, prenant soin de retrouver sa place de subordonné.

– ‘Seconds couteaux’ –

Ancien général, qui a déjà dirigé le Nigeria d’une main de fer (1984-1985), « le président n’est pas du genre à jouer les seconds couteaux », explique Dapo Thomas, professeur en sciences politiques à l’Université de Lagos.

Personne au Nigeria ne doute que le président veuille toujours exercer son pouvoir exécutif mais, pour les observateurs, l’annulation du conseil des ministres, le premier depuis son retour, reste un symbole fort.

« J’y vois l’image de quelqu’un qui n’est pas rétabli à 100% », commente le consultant politique nigérian Chris Ngwodo.

« Cela signifie que Buhari n’est pas en capacité physique d’assurer ses fonctions », explique-t-il à l’AFP. « Et ce n’est pas de bonne augure, particulièrement dans cette période cruciale ».

Le géant d’Afrique de l’Ouest est entré en récession il y a un an, ne pouvant faire face à la chute du prix du baril de pétrole dont il est le premier producteur du continent avec l’Angola. L’inflation et les licenciements massifs rythment la vie des 190 millions de Nigérians.

Romandie.com avec(©AFP / 23 août 2017 18h28)                

Attentats-suicides dans le nord-est du Nigeria: 28 morts, plus de 80 blessés

août 15, 2017

Une victime des attentats-suicides dans le nord-est du Nigeria arrive en ambulance à l’hôpital de Maiduguri, le 15 août 2017 / © AFP / STRINGER, STRINGER

Trois femmes kamikazes se sont fait exploser mardi dans une ville à 25 kilomètres de Maiduguri, la capitale de l’Etat du Borno, dans le nord-est du Nigeria, faisant 28 morts et plus de 80 blessés, selon des sources locales.

« Trois femmes ont déclenché leur ceintures explosives juste à l’entrée d’un camp de déplacés (dans la ville de Mandarari) faisant 28 morts et 82 blessés », a rapporté Baba Kura, membre des milices civiles qui lutte contre le groupe jihadiste de Boko Haram.

« La première femme a déclenché sa ceinture vers 18 heures (17h00 GMT) dans le marché qui se trouve à l’entrée du camp », raconte ce témoin de la scène.

« Cela a créé de la panique, et les commerçants étaient en train de fermer leur boutique quand deux autres femmes se sont fait exploser, causant la majeure partie des morts et des blessés », poursuit M. Kura.

Ibrahim Liman, l’un des chef des milices civiles engagées dans le combat contre les jihadistes, a confirmé le triple attentat, ajoutant que « plus de 80 blessés ont été conduits à l’hôpital de Maiduguri », grande ville du nord-est du Nigeria.

Des sources à l’intérieur de l’hôpital ont fait part « d’un grand nombre de personnes qui sont arrivées » mardi en fin de journée.

Mandarari se trouve dans le district de Konduga, à quelques kilomètres de la capitale de l’Etat du Borno, district qui a été la cible récente de nombreuses attaques du groupe de Boko Haram.

Des hommes armés ont envahi le village d’Amarwa, proche de Mandarari, dans la nuit de samedi à dimanche, tirant au hasard sur les villageois et mettant le feu à toutes les habitations.

Le district de Konduga est l’un des épicentres des violences commises par le groupe jihadiste depuis que l’armée a forcé les combattants islamistes à décrocher de leur base de la forêt de Sambisa, en décembre dernier.

Il y a deux semaines, trois vendeurs de bois ont été décapités non loin de là, accusés par les combattants d’être des espions au service des forces de sécurité.

Le conflit de Boko Haram, particulièrement meurtrier dans la région du lac Tchad, a fait plus de 20.000 morts et 2,6 millions de déplacés depuis que le groupe extrémiste a pris les armes en 2009.

Romandie.com avec(©AFP / 16 août 2017 03h23)

Nigeria: 69 mors dans l’attaque d’une mission pétrolière par Boko-Haram

juillet 29, 2017

Plus de 50 personnes ont été tuées dans l’attaque menée cette semaine par Boko Haram contre une mission pétrolière dans le nord-est du Nigeria / © AFP/Archives /

Au moins 69 personnes ont trouvé la mort dans l’attaque d’un convoi de prospection pétrolière dans le nord-est du Nigeria menée par le groupe jihadiste nigérian Boko Haram, qui a diffusé pendant le week-end une vidéo de trois membres de la mission pétrolière enlevés.

« Jusqu’à présent, le bilan s’élève à 69 morts », a déclaré un travailleur humanitaire qui a pris part à la recherche des corps après l’attaque de mardi, la plus sanglante cette année.

Ce travailleur a assuré sous couvert de l’anonymat que 19 soldats, 33 membres de milices civiles et 17 civils avaient été tués.

« Le dernier corps a été retrouvé hier (vendredi) dans la brousse du district de Geidam, dans l’Etat voisin de Yobe, à plusieurs kilomètres des lieux de l’embuscade », a-t-il dit à l’AFP. « La victime, blessée par balle, est visiblement morte après avoir marché pendant longtemps. Il pourrait y avoir davantage de personnes dans le même cas retrouvées dans la brousse ».

Selon une autre source proche de l’opération de secours, « 70 personnes ou plus » sont mortes, et il n’est pas sûr que toutes les victimes aient été retrouvées.

Les circonstances de l’embuscade tendue mardi aux gardes et à l’équipe de la Nigerian National Petroleum Company (NNPC), accompagnés de géologues de l’Université de Maiduguri, de retour d’une mission d’exploration pétrolière, n’ont pas encore été éclaircies en raison du strict contrôle de l’armée sur les accès au Borno, épicentre des violences de Boko Haram.

Aucun nouveau bilan n’a été fourni par l’armée, qui avait reconnu mercredi la mort de dix personnes – neuf militaires et un civil – dans l’attaque près de Magumeri, à 50 km au nord-ouest de Maiduguri, capitale de l’Etat de Borno (nord-est). Vendredi, des sources médicales et humanitaires avaient déclaré que l’embuscade avait fait au moins une cinquantaine de morts, essentiellement parmi les soldats et miliciens escortant le convoi.

Ce bilan, particulièrement lourd, vient contredire les affirmations du gouvernement donnant Boko Haram comme très affaibli.

– Regain d’assurance de Boko Haram –

Dans la vidéo de quatre minutes diffusée par le jihadistes, trois hommes de l’Université de Maiduguri, la capitale de l’Etat du Borno, appellent le gouvernement à accéder aux exigences des jihadistes afin qu’ils soient libérés.

« Il s’agit bien de nos employés », a confirmé le porte-parole de l’Université de Maiduguri, Danjuma Gambo, tout en annonçant à l’AFP qu’une personne « manque encore à l’appel ».

« Je demande au président par intérim Yemi Osinbajo de nous venir en aide et d’accéder à leurs demandes », a déclaré l’un des hommes dans la vidéo, précisant qu’elle avait été tournée vendredi. Il a attribué l’embuscade à la faction de Boko Haram dirigée par Abou Mosab Al Barnaoui, fils du fondateur du groupe, qui a promis d’attaquer l’armée et le gouvernement.

La spectaculaire attaque « est une confirmation de l’audace et de l’assurance que Boko Haram a réussi à reprendre au cours des six dernières semaines », a commenté Yan St-Pierre, du centre de recherches Modern Security Consulting Group à Berlin. « Ils attaquent de plus en plus d’avant-postes et de convois militaires. Le fait qu’ils s’en prennent à du personnel de la NNPC montre qu’ils n’ont pas peur de représailles de l’armée ».

« Au fond, ils ont réussi à réunir assez de ressources, assez de matériel, pour planifier des embuscades visant des cibles de choix ».

Le groupe mène une insurrection sanglante depuis 2009, qui a fait au moins 20.000 morts et plus de 2,6 millions de réfugiés et déplacés. Des milliers de femmes et de filles ont été enlevées pour être mariées de force ou commettre des attentats-suicides. Les hommes et les garçons ont été forcés à se battre.

Vendredi, huit personnes ont ainsi trouvé la mort quand deux kamikazes se sont fait exploser dans un camp de déplacés à Dikwa, à 90 km à l’est de Maiduguri.

Selon Babakura Kolo, membre d’une milice civile, les hommes se sont fait passer pour des marchands venus acheter des céréales. A Bama, à 70 km au sud-est de Maiduguri, trois jeunes femmes sont mortes alors que leurs explosifs ont été déclenchés prématurément, a-t-il raconté. « Une quatrième kamikaze, une fillette de onze ans, a eu trop peur de déclencher son explosif. Elle a réussi à enlever sa veste et à pénétrer dans la ville. Elle a été trouvée et mise en détention ».

Romandie.com avec(©AFP / 29 juillet 2017 18h47)                

Boko Haram a exécuté publiquement huit villageois qui s’opposaient à l’application rigoriste de l’islam dans le nord-est du Nigeria

juillet 11, 2017

Plus de 2,1 millions de personnes ont fui Boko Haram, comme cet enfant du camp de déplacés Bakassi, dans le nord-est du Nigeria, le 7 juillet 2017 / © AFP / STEFAN HEUNIS

Boko Haram a exécuté publiquement huit villageois qui s’opposaient à l’application rigoriste de l’islam dans le nord-est du Nigeria, selon une vidéo très violente visionnée par l’AFP.

Les victimes, les yeux bandés, sont allongées face vers le sol lorsqu’elles sont abattues à bout portant par quatre hommes armés et masqués. Les images montrent une foule qui exulte en assistant à cette scène.

Juste avant l’exécution, un homme portant un turban blanc affirme à la foule que les villageois condamnés sont des « apostats (qui) ont abandonné l’islam ».

« Ces personnes ne sont pas différentes des miliciens qui nous combattent, des espions et des soldats nigérians », poursuit l’homme non identifié en haoussa, une des langues les plus parlées dans le nord du Nigeria et dans la région du lac Tchad.

Les villageois ont défié la « police de la charia » – les membres de Boko Haram qui assurent l’application d’une interprétation stricte de la loi islamique – et ont menacés de se battre, affirme l’homme au turban, avertissant que quiconque osant défier les jihadistes connaitrait un sort semblable.

Aucun indice ne permet de savoir quand ni où ces images insoutenables ont été tournées, mais la végétation luxuriante semble indiquer que c’était durant la saison des pluies en cours.

La vidéo montre d’autres violentes punitions dont une lapidation à mort pour adultère, une décapitation pour trafic de drogue, des amputations pour vol et une flagellation pour consommation d’alcool.

Le message de Boko Haram semble être conçu pour contredire les revendications de l’armée nigériane selon laquelle les jihadistes sont sur le point d’être vaincus.

Le groupe, qui a prêté allégeance à l’État islamique, avait annoncé la création d’un califat à l’apogée de sa puissance en août 2014, après s’être emparé de larges pans de territoires dans le nord-est du Nigeria.

En octobre 2014, une vidéo similaire montrait un homme condamné à mort pour adultère, une amputation pour vol et un couple fouetté pour avoir eu des relations sexuelles hors mariage.

Une autre vidéo diffusée le même mois affirmait montrer la décapitation d’un pilote de l’armée de l’air capturé après que son avion de combat ait été abattu.

Depuis le début de 2015, des opérations de contre-insurrection impliquant des troupes du Nigeria et de ses voisins (Cameroun, Tchad, Niger) ont largement affaibli le groupe jihadiste, mais le groupe reste actif, multipliant les attentat-suicides et les attaques contre les populations civiles et les positions de l’armée.

Romandie.com avec(©AFP / 11 juillet 2017 16h35)