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Nigeria: procès à huis clos pour 1.600 suspects de Boko Haram

septembre 29, 2017

Kano (Nigeria) – Les procès de 1.600 membres présumés du groupe jihadiste nigérian Boko Haram qui doivent s’ouvrir en octobre, se dérouleront à huis clos, a déclaré vendredi à l’AFP une source proche du dossier.

« Il n’y aura aucun accès à la presse », a expliqué cette source au sein du ministère de la Justice d’Abuja, sous le couvert de l’anonymat. La décision a été prise après des discussions entre le gouvernement et les Services de renseignements (DSS), selon elle.

« Des informations qui peuvent se révéler importantes pour la sécurité de ce pays pourront y être abordées », a-t-elle ajouté pour justifier cette décision.

Le ministère nigérian de la Justice a annoncé la semaine dernière que les procès de 1.600 jihadistes présumés commenceront le 9 octobre.

« Tout est prêt désormais pour la lecture des actes d’accusation des suspects de Boko Haram dans les différents centres de détention dans le pays », avait-il indiqué dans un communiqué.

Des milliers de membres présumés de Boko Haram ont été arrêtés et placés en détention, selon les forces de sécurité nigériane, mais les poursuites et les condamnations restent rares.

Début septembre, seules 13 personnes avaient été présentées aux juges et neuf condamnées pour leurs liens avec l’insurrection de Boko haram, qui se poursuit depuis huit ans, selon des chiffres du gouvernement.

Le ministère de la Justice a notamment mis en cause des méthodes d’investigation insuffisantes, davantage basées sur la recherche des aveux que des preuves matérielles.

Des groupes de défense des droits de l’Homme, qui dénoncent régulièrement des exécutions sommaires de jihadistes présumés et le maintien en détention des milliers de personnes sans recours à un avocat, s’inquiètent de la tenue d’un procès à huis clos, qui soulève selon eux de grandes interrogations sur la transparence du système judiciaire nigérian.

Selon la source au sein du Ministère de la Justice, le consulat britannique, l’ambassade américaine, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, ainsi que la Croix Rouge seront représentés par une délégation « d’observateurs ».

« Ils surveilleront le processus et nous garantissons la présence d’une défense », a-t-il assuré.

Les procès se dérouleront dans des installations militaires à Kainji, dans l’Etat de Kogi, ainsi qu’à New Bussa, dans l’Etat du Niger (centre du Nigeria) et à Maiduguri, capitale du Borno, épicentre du conflit contre Boko Haram.

Umar Ado, un des avocats de la défense basé à Kano, la plus grande ville du nord du Nigeria, a dénoncé cette mise à l’écart des médias.

« La liberté d’information exige que les médias aient accès aux procès parce qu’ils représentent le public qu’ils informent », a-t-il déclaré à l’AFP, estimant que les motivations sécuritaires mises en avant par les autorités sont injustifiées.

« Organiser une procédure judiciaire à huis clos revient à nier au public le droit de savoir comment le procès est mené, en envoyant un mauvais signal, que la justice n’est pas rendue ou qu’il y a des compromissions », a-t-il dit.

Romandie.com avec(©AFP / 29 septembre 2017 17h55)                                            

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Togo: Obansanjo demande le départ du Président Faure Gnassingbe

septembre 9, 2017

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L’ancien président nigérian, Olusegun Obasanjo reste la première grande personnalité du Continent à se prononcer directement sur cette crise au Togo.

Dans une interview avec la BBC, il s’est prononcé sur la crise que traverse actuellement le Togo. Obasandjo estime que Faure Gnassingbé doit faire quelque chose par rapport à la situation actuelle. Sans détour, il soutient que le Togo doit avoir une nouvelle constitution avec une limitation claire du nombre de mandat à exercer. Olusegun Obasanjo, a invité Faure Gnassingbe à démissionner «à moins qu’il n’ait quelque chose de nouveau pour son peuple».

Obasanjo a également déclaré que le pays devrait avoir une nouvelle constitution qui réduira le nombre de mandats des Présidents. Cette proposition s’inscrit dans la même dynamique que les exigences des manifestants qui demandent que la constitution du pays soir révisée pour limiter les mandats de chaque président.

M. OBasanjo affirme que le Président Gnassingbe a déjà montré toutes ses capacités et n’aurait plus rien de nouveau à offrir au peuple Togolais. «Je crois que le président devrait faire quelque chose à ce sujet». «Il faudrait une nouvelle constitution qui limite le nombre d’années à faire au pouvoir et il devrait s’y conformer. «Je pense également qu’en ce qui concerne les projets de développement, quelles qu’en soient les idées qu’il a, il les a déjà toutes montré. Sauf s’il a quelque chose de nouveau que nous ne connaissons pas », a-t-il souligné.
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Olusegun Obasandjo, a rappelé qu’il n’y a pas très longtemps, le président Dos Santos a quitté le pouvoir, et que d’autres chefs d’état devraient suivre son exemple.

«Après avoir passé douze à quinze ans et jusqu’à trente, certains dirigeants africains refusent le passer le relais à quelqu’un d’autre. Mais si vous ne quittez pas le pouvoir, le pouvoir vous quittera».

Le président Gnassingbe, qui a déjà fait 12 ans à la tête du Togo a succédé son père qui avait régné pendant 38 ans.

Abidjan.tv par by Leking

Nigeria: plus de 100.000 habitants forcés de fuir les inondations dans le sud-est

septembre 1, 2017

Des enfants rament sur un canoë le long d’une route inondée près de maisons après une forte averse à Ikorodu, au Nigeria, mercredi 26 octobre 2011. © Sunday Alamba/AP/SIPA

Plus de 100 000 personnes ont dû fuir leur foyer à cause des inondations consécutives aux fortes pluies qui se sont abattues sur le sud-est du Nigeria, a annoncé jeudi soir le président nigérian Muhammadu Buhari sur son compte Twitter.

« C’est avec une grande inquiétude que j’ai appris les inondations dans l’État de Benue, qui ont déplacé, selon les premières estimations, plus de 100 000 personnes », a écrit le président nigérian sur son compte Twitter jeudi 31 août.

« Durant les deux dernières semaines, il a beaucoup beaucoup plu », raconte Helen Teghtegh, directrice de l’ONG locale Community Links and Human Empowerment Initiative, qui a lancé un appel aux dons pour les sinistrés.

« Le niveau de la rivière Benue a beaucoup augmenté et depuis mercredi, beaucoup d’habitants de Makurdi, la capitale, ont commencé à quitter leur domicile », poursuit-elle. « Pour l’instant nous n’avons aucun chiffre précis, nous ne savons pas le nombre de victimes mais nous devrions en savoir plus demain après avoir rencontré les différents acteurs sur le terrain », explique la directrice.

La ville de Makudi sous les eaux

Les photos de Makurdi sous les eaux ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux jeudi dans la journée, montrant des hommes et des femmes qui emportaient des matelas, des sacs et leurs quelques biens à pieds.

Des voitures et des milliers de maisons ont été totalement englouties par les eaux. Deux camps ont été installés dans la capitale de l’État pour accueillir les sinistrés, mais ils ne devraient ouvrir que ce week-end.

Le président a déclaré jeudi soir avoir demandé à l’Agence nationale de gestion des urgences (NEMA) d’agir, après que de nombreuses voix se sont élevées dans les médias locaux pour dénoncer l’inaction des autorités.

En 2012, le Nigeria a été victime de terribles inondations dans 30 de ses 36 États. Des centaines de personnes avaient été tuées, et les pluies avaient fait près de 2 millions de déplacés.

Fermiers zimbabwéens expatriés au Nigeria: les derniers vétérans produisent coûte que coûte

août 27, 2017

Des employés de Valentine Chicken Hatchery trient des poussins le 12 juillet 2017 au Nigeria. © AFP/STEFAN HEUNIS

L’agriculture au Nigeria n’est pas pour les coeurs sensibles: l’électricité par intermittence oblige les générateurs à fonctionner la moitié du temps seulement, les nids de poule rendent le transport lent et coûteux, les fertilisants contrefaits ont dévasté les récoltes. Et pourtant, Piet du Toit, est resté.

« Vous voulez un peu de thé? », demande ce fermier zimbabwéen à l’air bourru, en ouvrant la porte de son jardin luxuriant dans l’état de Kwara, dans l’ouest du Nigeria.

Il y a 14 ans, après que le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, eut saisi les fermes tenues par des Blancs dans le cadre d’un programme de réforme agraire, M. du Toit s’est retrouvé sans ferme et sans avenir, expulsé de ses terres sans indemnisation.

Alors il a accepté l’offre du gouvernement local de l’Etat du Kwara au Nigeria voisin, qui souhaitait développer son agriculture et profiter des compétences des fermiers zimbabwéens, réputés notamment pour leur expérience commerciale.

Piet du Toit est parti s’installer au Nigeria pour reconstruire sa vie. « En ce qui concerne l’agriculture, il y a beaucoup de choses à faire ici », affirme cet expatrié de 64 ans, assis dans son patio à l’ombre des palmiers.

« Mais il y a beaucoup de chemin à parcourir et cela ne se fera pas du jour au lendemain. »

Il a créé une ferme de 1.000 hectares au beau milieu de la brousse vierge, à deux heures de route de la capitale de l’Etat, Ilorin.

Parmi les 13 agriculteurs zimbabwéens dépossédés de leur ferme au Zimbabwe et venus comme lui démarrer une nouvelle vie au Nigeria dans les fermes gouvernementales Shonga, seuls cinq vétérans sont encore là.

Comme dans une émission de télé-réalité, les conditions extrêmes -et les combats amers- ont eu raison de la grande majorité d’entre eux, qui ont jeté l’éponge.

Du Toit, qui cultivait du maïs et du soja, a dû se concentrer sur la volaille cette année lorsque le naira en chute libre a fait monter en flèche ses coûts de production.

Pourtant, il assure que son entreprise est en plein essor.

« C’est profitable », dit-il à propos de Valentine Chickens, en montrant ses 21 poulaillers avec fierté. « Assurément, de gros investissements arrivent dans le pays. »

Le réflexe d’importer

Le Nigeria traverse sa pire crise économique depuis 25 ans et essaie de s’affranchir d’importations coûteuses tout en diversifiant son économie pour ne plus avoir à dépendre du pétrole.

Le gouvernement du président Muhammadu Buhari présente l’agriculture comme le moteur qui permettra au Nigeria de s’en sortir. Mais la réalité est beaucoup plus complexe.

Les paysans peinent à accéder au crédit. Les prêts bancaires dans l’agriculture représentent 4% de la totalité des prêts accordés, contre 1% il y a trois ans, selon la firme bancaire d’investissement nigériane FBN Quest.

« Cela ne provoquera pas la croissance rapide de l’agro-industrie qui sous-tend les stratégies gouvernementales de substitution des importations et de diversification économique », expliquait-elle dans une récente note.

L’agriculture est dominée par le secteur informel et les petits paysans, sans véritables prix du marché ni exigences de qualité.

« Tant de maillons de la chaîne de valeur sont chaotiques dans l’agriculture », affirme Edward George, analyste à Ecobank.

La plupart de ce que le Nigeria produit va à la poubelle, faute d’avoir pu accéder au marché, selon lui.

La production alimentaire n’a pas su accompagner la croissance démographique nigériane, tandis que l’industrie pétrolière lucrative a permis aux importations de devenir un réflexe, atrophiant le secteur agricole.

« Il y a des Nigérians qui utilisent leurs portables pour importer des pizzas de Londres », s’est plaint récemment le ministre de l’agriculture Audu Ogbeh.

Poulet de contrebande

« Ne tirez pas! », demande Peter Crouch en sortant les bras en l’air d’une écloserie ultra-moderne, en simulant une arrestation.

L’ancien cultivateur de tabac a lui aussi parié gros sur ses poulets.

Il a ouvert l’écloserie en janvier avec son fils, David, dans l’optique de développer ses activités, de la production des aliments pour animaux à la distribution des poulets.

Au Nigeria, « tu dois contrôler toute la chaîne », dit-il.

Ce qui énerve vraiment M. Crouch, c’est la contrebande de poulets.

Un problème du Nigeria moderne, où le secteur informel représente un pan significatif de l’économie du mastodonte: théoriquement, l’importation de poulets est illégale, mais les volailles continuent d’arriver.

Les agriculteurs accusent le Brésil, premier fournisseur au monde, affirmant qu’il vend d’abord les meilleurs parties – la poitrine et les ailes – puis écoule les restes des carcasses à prix cassés au Nigeria.

« C’est un business sophistiqué », dit Peter Crouch en tirant une bouffée de cigarette Madison, une marque zimbabwéenne. Et « si on stoppait les importations illégales de poulet, nous ne pourrions même pas répondre » à la demande.

Alors que les fermiers zimbabwéens arrivent au crépuscule de leur carrière, la jeune génération s’apprête à reprendre la main dans les fermes Shonga.

Comfort Babajide supervise l’écloserie avec son mari.

« Le Nigeria se tourne vers l’agriculture », dit la jeune femme de 30 ans. Mais « certaines personnes croient encore davantage aux produits importés ou étrangers qu’aux produits locaux. »

« Cet endroit est un exemple, nous pouvons leur montrer que cela est possible ici au Nigeria. »

Jeuneafrique.com avec AFP

Le président Buhari peut-il toujours gouverner le pays?

août 23, 2017

Le président nigérian Mohammadu Buhari à Abuja lors de son discours à la nation du lundi 21 août 2017 / © NIGERIA STATE HOUSE/AFP / Sunday AGHAEZE

A peine rentré au Nigeria d’un congé maladie de plus de trois mois, le président nigérian Muhammadu Buhari a annulé mercredi le conseil des ministres, relançant les doutes sur ses capacités à diriger le géant ouest-africain.

La veille déjà, ses conseillers avaient prévenu que le chef d’Etat âgé de 74 ans travaillerait « depuis chez lui », non pas pour se reposer après ce long séjour à Londres où il a suivi un traitement médical dont on ignore la nature, mais parce que son bureau avait été envahi par de mystérieux « rongeurs » en son absence.

De même, aucune indication sur sa santé n’a été donnée pour expliquer l’annulation soudaine du conseil hebdomadaire des ministres.

Pourtant, dans son discours à la nation, lundi, l’ancien général Buhari apparaissait, certes très mince, mais sa voix était plus affirmée que lors de ses dernières interventions. Sa prise de parole était très courte mais plus structurée qu’à son précédent retour d’un premier séjour de soin en mars.

Assis droit dans son siège, entouré de drapeaux vert et blanc, les couleurs nationales, il a assuré maintenir le cap de ses objectifs et vouloir garantir la sécurité du pays où le climat s’est tendu.

Le Nigeria souffre de sérieux problèmes sécuritaires, dans le nord-est avec l’insurrection du groupe jihadiste Boko Haram, dans le sud-est avec les velléités indépendantistes du Biafra, et les kidnappings et violences ethniques sont en hausse à travers tout le pays.

« J’éliminerai toutes ces menaces », avait-il martelé.

Mais les premières impressions d’un retour à la normale ont été aussitôt altérées par les événements.

Amaka Anku, analyste pour Eurasia Group, un think-tank de recherche politique, écrivait dans son rapport, dès le weekend dernier, que le président « reste affaibli par la maladie, et les probabilités de le voir entreprendre toutes les responsabilités présidentielles sont faibles ».

« Il permettra sans doute au vice-président Yemi Osinbajo – qui a assuré son interim pendant ses absences répétées – de continuer avec les affaires courantes », écrit l’analyste nigériane.

– Consternation –

Sur les réseaux sociaux, le Nigeria apparaît profondément divisé entre les supporters indéfectibles du président qui le voient déjà se représenter aux prochaines élections de 2019 et la consternation provoquée par les raisons invoquées pour l’absence du président aux réunions officielles.

Mercredi matin, la photo d’une petite souris ‘photoshopée’ portant un uniforme militaire nigérian et une kalachnikov s’échangeait de portable en portable pour tourner en dérision l’équipe de communication présidentielle: « Attention, les rongeurs assiègent la Villa! », la résidence présidentielle d’Abuja.

Une plaisanterie qui n’était pas du goût de tous dans un pays dont l’histoire a été ponctuée par les coups d’État militaires et l’instabilité politique.

A Abuja, la ligne officielle reste droite: « Que personne ne puisse douter de qui dirige le pays. Le président Buhari est clairement le dirigeant », confiait mercredi l’un de ses proches à l’AFP.

« Qu’il puisse déléguer certaines fonctions au vice-président de temps en temps n’est qu’une question administrative », a poursuivi cette source qui souhaite rester anonyme, ajoutant que le vice-président Osinbajo en référerait toujours au président Buhari.

Interrogé par les journalistes mercredi, le vice-président a d’ailleurs expliqué qu’il venait de rendre un rapport à son supérieur sur une lourde affaire de corruption qui a affecté le pays en son absence.

« Le président l’étudiera et prendra les décisions », a répété M. Osinbajo, sans donner plus de détails, prenant soin de retrouver sa place de subordonné.

– ‘Seconds couteaux’ –

Ancien général, qui a déjà dirigé le Nigeria d’une main de fer (1984-1985), « le président n’est pas du genre à jouer les seconds couteaux », explique Dapo Thomas, professeur en sciences politiques à l’Université de Lagos.

Personne au Nigeria ne doute que le président veuille toujours exercer son pouvoir exécutif mais, pour les observateurs, l’annulation du conseil des ministres, le premier depuis son retour, reste un symbole fort.

« J’y vois l’image de quelqu’un qui n’est pas rétabli à 100% », commente le consultant politique nigérian Chris Ngwodo.

« Cela signifie que Buhari n’est pas en capacité physique d’assurer ses fonctions », explique-t-il à l’AFP. « Et ce n’est pas de bonne augure, particulièrement dans cette période cruciale ».

Le géant d’Afrique de l’Ouest est entré en récession il y a un an, ne pouvant faire face à la chute du prix du baril de pétrole dont il est le premier producteur du continent avec l’Angola. L’inflation et les licenciements massifs rythment la vie des 190 millions de Nigérians.

Romandie.com avec(©AFP / 23 août 2017 18h28)                

Attentats-suicides dans le nord-est du Nigeria: 28 morts, plus de 80 blessés

août 15, 2017

Une victime des attentats-suicides dans le nord-est du Nigeria arrive en ambulance à l’hôpital de Maiduguri, le 15 août 2017 / © AFP / STRINGER, STRINGER

Trois femmes kamikazes se sont fait exploser mardi dans une ville à 25 kilomètres de Maiduguri, la capitale de l’Etat du Borno, dans le nord-est du Nigeria, faisant 28 morts et plus de 80 blessés, selon des sources locales.

« Trois femmes ont déclenché leur ceintures explosives juste à l’entrée d’un camp de déplacés (dans la ville de Mandarari) faisant 28 morts et 82 blessés », a rapporté Baba Kura, membre des milices civiles qui lutte contre le groupe jihadiste de Boko Haram.

« La première femme a déclenché sa ceinture vers 18 heures (17h00 GMT) dans le marché qui se trouve à l’entrée du camp », raconte ce témoin de la scène.

« Cela a créé de la panique, et les commerçants étaient en train de fermer leur boutique quand deux autres femmes se sont fait exploser, causant la majeure partie des morts et des blessés », poursuit M. Kura.

Ibrahim Liman, l’un des chef des milices civiles engagées dans le combat contre les jihadistes, a confirmé le triple attentat, ajoutant que « plus de 80 blessés ont été conduits à l’hôpital de Maiduguri », grande ville du nord-est du Nigeria.

Des sources à l’intérieur de l’hôpital ont fait part « d’un grand nombre de personnes qui sont arrivées » mardi en fin de journée.

Mandarari se trouve dans le district de Konduga, à quelques kilomètres de la capitale de l’Etat du Borno, district qui a été la cible récente de nombreuses attaques du groupe de Boko Haram.

Des hommes armés ont envahi le village d’Amarwa, proche de Mandarari, dans la nuit de samedi à dimanche, tirant au hasard sur les villageois et mettant le feu à toutes les habitations.

Le district de Konduga est l’un des épicentres des violences commises par le groupe jihadiste depuis que l’armée a forcé les combattants islamistes à décrocher de leur base de la forêt de Sambisa, en décembre dernier.

Il y a deux semaines, trois vendeurs de bois ont été décapités non loin de là, accusés par les combattants d’être des espions au service des forces de sécurité.

Le conflit de Boko Haram, particulièrement meurtrier dans la région du lac Tchad, a fait plus de 20.000 morts et 2,6 millions de déplacés depuis que le groupe extrémiste a pris les armes en 2009.

Romandie.com avec(©AFP / 16 août 2017 03h23)

Nigeria: 69 mors dans l’attaque d’une mission pétrolière par Boko-Haram

juillet 29, 2017

Plus de 50 personnes ont été tuées dans l’attaque menée cette semaine par Boko Haram contre une mission pétrolière dans le nord-est du Nigeria / © AFP/Archives /

Au moins 69 personnes ont trouvé la mort dans l’attaque d’un convoi de prospection pétrolière dans le nord-est du Nigeria menée par le groupe jihadiste nigérian Boko Haram, qui a diffusé pendant le week-end une vidéo de trois membres de la mission pétrolière enlevés.

« Jusqu’à présent, le bilan s’élève à 69 morts », a déclaré un travailleur humanitaire qui a pris part à la recherche des corps après l’attaque de mardi, la plus sanglante cette année.

Ce travailleur a assuré sous couvert de l’anonymat que 19 soldats, 33 membres de milices civiles et 17 civils avaient été tués.

« Le dernier corps a été retrouvé hier (vendredi) dans la brousse du district de Geidam, dans l’Etat voisin de Yobe, à plusieurs kilomètres des lieux de l’embuscade », a-t-il dit à l’AFP. « La victime, blessée par balle, est visiblement morte après avoir marché pendant longtemps. Il pourrait y avoir davantage de personnes dans le même cas retrouvées dans la brousse ».

Selon une autre source proche de l’opération de secours, « 70 personnes ou plus » sont mortes, et il n’est pas sûr que toutes les victimes aient été retrouvées.

Les circonstances de l’embuscade tendue mardi aux gardes et à l’équipe de la Nigerian National Petroleum Company (NNPC), accompagnés de géologues de l’Université de Maiduguri, de retour d’une mission d’exploration pétrolière, n’ont pas encore été éclaircies en raison du strict contrôle de l’armée sur les accès au Borno, épicentre des violences de Boko Haram.

Aucun nouveau bilan n’a été fourni par l’armée, qui avait reconnu mercredi la mort de dix personnes – neuf militaires et un civil – dans l’attaque près de Magumeri, à 50 km au nord-ouest de Maiduguri, capitale de l’Etat de Borno (nord-est). Vendredi, des sources médicales et humanitaires avaient déclaré que l’embuscade avait fait au moins une cinquantaine de morts, essentiellement parmi les soldats et miliciens escortant le convoi.

Ce bilan, particulièrement lourd, vient contredire les affirmations du gouvernement donnant Boko Haram comme très affaibli.

– Regain d’assurance de Boko Haram –

Dans la vidéo de quatre minutes diffusée par le jihadistes, trois hommes de l’Université de Maiduguri, la capitale de l’Etat du Borno, appellent le gouvernement à accéder aux exigences des jihadistes afin qu’ils soient libérés.

« Il s’agit bien de nos employés », a confirmé le porte-parole de l’Université de Maiduguri, Danjuma Gambo, tout en annonçant à l’AFP qu’une personne « manque encore à l’appel ».

« Je demande au président par intérim Yemi Osinbajo de nous venir en aide et d’accéder à leurs demandes », a déclaré l’un des hommes dans la vidéo, précisant qu’elle avait été tournée vendredi. Il a attribué l’embuscade à la faction de Boko Haram dirigée par Abou Mosab Al Barnaoui, fils du fondateur du groupe, qui a promis d’attaquer l’armée et le gouvernement.

La spectaculaire attaque « est une confirmation de l’audace et de l’assurance que Boko Haram a réussi à reprendre au cours des six dernières semaines », a commenté Yan St-Pierre, du centre de recherches Modern Security Consulting Group à Berlin. « Ils attaquent de plus en plus d’avant-postes et de convois militaires. Le fait qu’ils s’en prennent à du personnel de la NNPC montre qu’ils n’ont pas peur de représailles de l’armée ».

« Au fond, ils ont réussi à réunir assez de ressources, assez de matériel, pour planifier des embuscades visant des cibles de choix ».

Le groupe mène une insurrection sanglante depuis 2009, qui a fait au moins 20.000 morts et plus de 2,6 millions de réfugiés et déplacés. Des milliers de femmes et de filles ont été enlevées pour être mariées de force ou commettre des attentats-suicides. Les hommes et les garçons ont été forcés à se battre.

Vendredi, huit personnes ont ainsi trouvé la mort quand deux kamikazes se sont fait exploser dans un camp de déplacés à Dikwa, à 90 km à l’est de Maiduguri.

Selon Babakura Kolo, membre d’une milice civile, les hommes se sont fait passer pour des marchands venus acheter des céréales. A Bama, à 70 km au sud-est de Maiduguri, trois jeunes femmes sont mortes alors que leurs explosifs ont été déclenchés prématurément, a-t-il raconté. « Une quatrième kamikaze, une fillette de onze ans, a eu trop peur de déclencher son explosif. Elle a réussi à enlever sa veste et à pénétrer dans la ville. Elle a été trouvée et mise en détention ».

Romandie.com avec(©AFP / 29 juillet 2017 18h47)                

Boko Haram a exécuté publiquement huit villageois qui s’opposaient à l’application rigoriste de l’islam dans le nord-est du Nigeria

juillet 11, 2017

Plus de 2,1 millions de personnes ont fui Boko Haram, comme cet enfant du camp de déplacés Bakassi, dans le nord-est du Nigeria, le 7 juillet 2017 / © AFP / STEFAN HEUNIS

Boko Haram a exécuté publiquement huit villageois qui s’opposaient à l’application rigoriste de l’islam dans le nord-est du Nigeria, selon une vidéo très violente visionnée par l’AFP.

Les victimes, les yeux bandés, sont allongées face vers le sol lorsqu’elles sont abattues à bout portant par quatre hommes armés et masqués. Les images montrent une foule qui exulte en assistant à cette scène.

Juste avant l’exécution, un homme portant un turban blanc affirme à la foule que les villageois condamnés sont des « apostats (qui) ont abandonné l’islam ».

« Ces personnes ne sont pas différentes des miliciens qui nous combattent, des espions et des soldats nigérians », poursuit l’homme non identifié en haoussa, une des langues les plus parlées dans le nord du Nigeria et dans la région du lac Tchad.

Les villageois ont défié la « police de la charia » – les membres de Boko Haram qui assurent l’application d’une interprétation stricte de la loi islamique – et ont menacés de se battre, affirme l’homme au turban, avertissant que quiconque osant défier les jihadistes connaitrait un sort semblable.

Aucun indice ne permet de savoir quand ni où ces images insoutenables ont été tournées, mais la végétation luxuriante semble indiquer que c’était durant la saison des pluies en cours.

La vidéo montre d’autres violentes punitions dont une lapidation à mort pour adultère, une décapitation pour trafic de drogue, des amputations pour vol et une flagellation pour consommation d’alcool.

Le message de Boko Haram semble être conçu pour contredire les revendications de l’armée nigériane selon laquelle les jihadistes sont sur le point d’être vaincus.

Le groupe, qui a prêté allégeance à l’État islamique, avait annoncé la création d’un califat à l’apogée de sa puissance en août 2014, après s’être emparé de larges pans de territoires dans le nord-est du Nigeria.

En octobre 2014, une vidéo similaire montrait un homme condamné à mort pour adultère, une amputation pour vol et un couple fouetté pour avoir eu des relations sexuelles hors mariage.

Une autre vidéo diffusée le même mois affirmait montrer la décapitation d’un pilote de l’armée de l’air capturé après que son avion de combat ait été abattu.

Depuis le début de 2015, des opérations de contre-insurrection impliquant des troupes du Nigeria et de ses voisins (Cameroun, Tchad, Niger) ont largement affaibli le groupe jihadiste, mais le groupe reste actif, multipliant les attentat-suicides et les attaques contre les populations civiles et les positions de l’armée.

Romandie.com avec(©AFP / 11 juillet 2017 16h35)                

Nigeria : absent depuis deux mois, Buhari à nouveau appelé à la démission

juillet 6, 2017

Muhammadu Buhari, le président du Nigeria, lors d’une visite officielle en Allemagne, en octobre 2016. © Markus Schreiber/AP/SIPA

Peter Ayodele Fayose, le gouverneur de l’État d’Ekiti, dans le sud-ouest du pays, a appelé, pour la deuxième fois, à la démission du président nigérian mercredi 5 juillet.

L’absence du président Muhammadu Buhari, en traitement médical à Londres depuis début mai, inquiète au Nigeria. L’intérim est actuellement assuré par Yemi Osinbajo, le vice-président du Nigeria, mais l’absence prolongée du président Buhari attise toutes sortes de rumeurs. Fin juin, Peter Ayodele Fayose, le gouverneur de l’État d’Ekiti, dans le sud-ouest du pays, avait affirmé à des journalistes que le président était en phase terminale, sans toutefois en apporter la preuve. Il avait alors, déjà, réclamé sa démission. Mercredi 5 juillet, Ayodele Fayose a réitéré cette demande sur Twitter. 

« Buhari doit se mettre de côté pour que le Nigeria et son peuple puissent être sauvés de cet état d’incertitude », a-t-il écrit sur le réseau social. « Le Nigeria nous appartient à tous et son intérêt collectif est supérieur à celui d’un individu ou d’un groupe. Ensemble, nous devons sauver le pays », soutien encore le gouverneur dans un message diffusé par le même canal. Et Peter Ayodele Fayose de conclure : « Tout comme Buhari a réclamé la destitution de Yar’Adua en 2010, j’insiste également sur le fait que le président doit désormais quitter son bureau. »

Avant son décès en 2010, plusieurs dirigeants de l’opposition, dont l’actuel chef de l’État, avaient en effet demandé la destitution de l’ancien président Umaru Yar’Adua. Hospitalisé pendant des semaines à l’étranger, sa maladie avait longtemps été cachée au grand public.

 Il n’est pas possible que notre président soit absent plus de cinquante jours et que personne ne sache ce qui ne va pas.

En début de semaine, l’épouse de Muhammadu Buhari a quitté le Nigeria pour rendre visite à son mari, en traitement médical à Londres. Les causes de sa maladie n’ont pour lors pas été dévoilées. Et ses proches alimentent la confusion. De janvier à février dernier, le président avait déjà passé deux mois à Londres pour des raisons de santé. À son retour, il avait confié « n’avoir jamais été aussi malade », alors que ses proches et ses porte-paroles n’avaient cessé de dire qu’il était « en pleine forme ». 

Cent jour au Nigeria depuis début 2017

À l’heure actuelle, aucune date de retour n’a été donnée. « Il n’est pas possible que notre président soit absent plus de cinquante jours et que personne ne sache ce qui ne va pas. Au total, il a passé plus de cent jours hors du Nigeria [depuis le début 2017] », s’est étonnée Idayat Hassan, directrice du Centre pour la démocratie et le développement d’Abuja auprès de l’AFP. « Le vice-président assure ses fonctions en tant que président en exercice. Ce n’est pas une raison pour que nous ne sachions pas ce que devient le président. Nous avons le droit de savoir », a-t-elle ajouté.

Pour Clement Nwankwo, chef d’une organisation de la société civile d’Abuja, le Centre de conseil juridique et politique, la maladie du président a tué toute chance de véritable changement avant la prochaine présidentielle de 2019. « Les deux dernières années ont représenté une perte de temps totale et les deux prochaines ne laissent pas espérer grand chose en terme de réalisations », a-t-il confié.

Jeuneafrique.com avec AFP

Nigeria : des combattants de Boko Haram se font passer pour des réfugiés

juillet 2, 2017

Des soldats nigérians patrouillent à Banki. © Florian Plaucheur/AFP

Des combattants du groupe jihadiste Boko Haram ont été découverts parmi des réfugiés qui venaient de passer du Cameroun au Nigeria, a annoncé samedi à l’AFP le responsable d’un organisme officiel de l’Etat du Borno (nord-est).

Selon Ahmed Satomi, chef du Borno State Emergency Management Agency, « au moins neuf insurgés de Boko Haram et 100 complices ont été trouvés parmi 920 réfugiés nigérians qui sont revenus mercredi de Marwa (Cameroun) ».

« Ils ont été arrêtés pendant des vérifications par le personnel de sécurité sur les personnes qui revenaient à la ville-frontière (nigériane) de Banki. »

Bien que les violences n’ont jamais cessé, le président nigérian Muhammadu Buhari et son administration ont régulièrement affirmé que Boko Haram était « techniquement vaincu ».

Depuis le début de l’année, le groupe islamiste a attaqué des soldats, pris d’assaut des bases militaires, tué des dizaines de civils dans des attentats-suicides et, depuis début juin, ciblé à plusieurs reprises Maiduguri, la capitale de l’Etat du Borno.

Le conflit dans le Nord-Est a tué 20.000 personnes et a forcé 2,6 millions de personnes à quitter leurs domiciles. La plupart sont resté au pays chez des proches ou dans des camps de déplacés. D’autres sont parties au Niger, au Tchad et au Cameroun près du lac Tchad.

La recrudescence des attaques de Boko Haram et l’afflux de Nigérians de retour du Cameroun augmentent la pression sur les camps de déplacés déjà surchargés dans le nord-est du Nigeria, a estimé samedi l’ONU, qui met en garde contre les retours forcés de civils dans leur pays.

Jeudi, le Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a affirmé que ces derniers jours 887 Nigérians avaient été « regroupés » dans six camions et renvoyés de force par le Cameroun « dans des conditions dangereusement non préparées pour les accueillir ».

Comme d’autres camps, Banki reste vulnérable aux attaques de Boko Haram et a été visé à plusieurs reprises par des kamikazes. Le camp se trouve à l’intérieur des murs de la ville détruite, et les gens, dans l’impossibilité de sortir en raison des insurgés actifs dans les environs, dépendent quasi entièrement de l’aide humanitaire pour survivre.

« Au cours du mois dernier, nous avons eu un retour précipité de réfugiés nigérians du Cameroun qui n’était pas nécessairement prévu », a affirmé vendredi le représentant du HCR au Nigeria, Jose Antonio Canhandula.

« Ils ont apparemment reçu des informations comme quoi la situation était bonne au Nigeria et qu’ils pouvaient rentrer ».

« Nous avons immédiatement commencé une campagne pour les informer de la situation réelle. Ce n’est pas le moment de revenir, car lorsque vous rentrez, vous vous retrouvez dans un camp avec beaucoup moins de services ».

Jeuneafrique.com avec AFP