Posts Tagged ‘Nigeria’

Des dizaines de décès non expliqués dans un autre Etat du nord du Nigeria

mai 6, 2020

Les autorités de l’Etat de Jigawa, dans le nord du Nigeria, ont annoncé mercredi enquêter sur des dizaines de décès survenus dans cette région très pauvre, quelques jours après que l’Etat voisin de Kano a attribué au coronavirus plusieurs dizaines de «morts mystérieuses».

«Une centaine de personnes sont mortes ces 4 derniers jours. La plupart des victimes étaient des hommes âgés entre 60 et 80 ans», a expliqué à l’AFP Adamu Danwawu, un résident du district d’Hadejia, dont un membre de la famille est décédé. La majorité d’entre elles sont mortes ces quatre derniers jours à leur domicile et seulement 13 des personnes malades ont été admises à l’hôpital.

«Les 13 patients admis à l’hôpital présentaient de fortes fièvres», a indiqué un médecin de l’hôpital, le Dr Abdullahi Umar Namadi, soulignant qu’ils n’étaient pas forcément atteints du coronavirus. «Le gouvernement de Jigawa est inquiet de ces décès et a envoyé une équipe de cinq médecins pour enquêter sur la situation dans l’Etat», a fait savoir à l’AFP le Dr Mahmud Abdulwahab, qui dirige la commission d’enquête.

Mardi, son équipe a interrogé les familles des défunts pour tenter d’établir les causes de leur mort et mercredi, ils ont fait le tour des cimetières de la ville pour compter les personnes décédées récemment. «Nous souhaitons savoir si ce récent pic de mortalité est dû au Covid-19 ou pas», a affirmé le Dr Abdulwahab. «Mais à ce stade de l’enquête il est trop tôt pour tirer quelconque conclusion», a-t-il dit.

La population de l’Etat de Jigawa est estimée à 5 millions d’habitants, mais aucun recensement n’a été réalisé depuis de nombreuses années, dans cette région très reculée et pauvre, à la frontière avec le Niger. Seuls 39 cas de coronavirus y ont été officiellement recensés mais l’Etat ne dispose d’aucun laboratoire pour effectuer de tests. Les autorités de Kano, qui compte officiellement 400 cas de coronavirus dont 11 décès, ont révélé lundi que la «plupart» des dizaines de «morts mystérieuses» survenues ces dernières semaines dans l’Etat étaient dues au Covid-19.

Le Nigeria recensait mercredi près de 3.000 cas officiellement déclarés d’infection au coronavirus, et une centaine de décès, mais le pays le plus peuplé d’Afrique, effectue un nombre insignifiant de tests par rapport à ses quelque 200 millions d’habitants.

Par Le Figaro avec AFP

Nigeria : le bras droit de Muhammadu Buhari est décédé du Coronavirus

avril 18, 2020

Le président nigérian, Muhammadu Buhari, le 29 octobre 2015.

Le président nigérian, Muhammadu Buhari, le 29 octobre 2015. © Manish Swarup/AP/Sipa

 

Le directeur de cabinet et principal conseiller du chef de l’État nigérian Muhammadu Buhari est décédé après avoir contracté le nouveau coronavirus, a annoncé samedi la présidence à Abuja.

La présidence « regrette d’annoncer le décès » d’Abba Kyari, bras droit de Buhari, selon un communiqué publié dans la nuit. »Le défunt avait été testé positif au COVID-19 qui fait des ravages et recevait des soins. Mais il est décédé le vendredi 17 avril 2020″, indique le communiqué. « Que Dieu accepte son âme ».

Abba Kyari est la plus haute personnalité au Nigeria à avoir succombé au virus qui a officiellement contaminé 493 personnes, et fait 17 morts. Son âge exact n’a jamais été révélé publiquement, mais il avait vraisemblablement plus de 70 ans, et était un personnage mystérieux, une figure du premier cercle de Buhari, un ancien général de 77 ans réélu pour un second mandat en 2019. Abba Kyari contrôlait l’accès au chef de l’État. Il supervisait toutes les réunions stratégiques à la présidence et accordait les audiences du président aux ministres.

Il avait été testé positif au coronavirus fin mars, après un séjour en Allemagne, suscitant la panique au sommet de l’État et obligeant dans la foulée plusieurs hauts responsables nigérians ayant été en contact avec lui à se mettre en quarantaine. Le 29 mars, Kyari avait annoncé avoir été transféré à Lagos, la capitale économique du Nigeria pour être soigné et espérait « être de retour à (son) bureau très bientôt ».

La présidence n’a pas communiqué sur la question de savoir si Muhammadu Buhari a lui-même été testé au coronavirus, mais le chef de l’État a prononcé ces derniers jours plusieurs discours télévisés pour annoncer des mesures destinées à freiner sa propagation.

Les autorités fédérales ont imposé un confinement à Lagos et dans la capitale, Abuja, mais les gouverneurs d’autres États ont eux aussi pris des mesures comme fermer leurs frontières.Le pays le plus peuplé d’Afrique, avec 200 millions d’habitants, est particulièrement vulnérable à la crise sanitaire, en raison de son système de santé fragile et de sa forte densité de population.

Par Jeune Afrique avec AFP

Nigeria : un cas de coronavirus recensé, le premier en Afrique subsaharienne

février 28, 2020

Un homme achète un masque pour se protéger du coronavirus, en Zambie, le 6 février 2020.

Un homme achète un masque pour se protéger du coronavirus, en Zambie, le 6 février 2020. © Emmanuel Mwiche/AP/SIPA

 

Un cas de contamination au nouveau coronavirus, un ressortissant italien, a été confirmé jeudi 27 février à Lagos, la capitale économique du Nigeria. C’est le premier cas officiellement identifié en Afrique subsaharienne.

Le ministère fédéral de la Santé « confirme un cas de coronavirus (Covid-19) dans l’État de Lagos. Ce cas qui a été confirmé le 27 février 2020 est le premier à être recensé au Nigeria depuis le début de l’épidémie », a-t-il indiqué vendredi sur Twitter.

Le ministère précise qu’il s’agit d’un ressortissant italien travaillant au Nigeria et qui est revenu dans ce pays depuis la ville italienne de Milan le 25 février. Hospitalisé à Lagos, « le patient est dans un état clinique stable et ne présente pas de symptômes inquiétants »,  a assuré le ministère, sans toutefois donner de précisions sur les lieux de son hospitalisation.

Il s’agit de la première contamination confirmée et officielle en Afrique subsaharienne, jusque là apparemment préservée de l’épidémie mondiale. Deux autres cas ont été recensés ces derniers jours dans deux pays d’Afrique du Nord, l’Égypte et l’Algérie. Aucun décès n’a jusqu’à présent été signalé sur le continent.

Hub économique

Le Nigeria, pays le plus peuplé du continent avec près de 200 millions de personnes, est l’un des pays les plus vulnérables avec un système de santé fragile et une densité de population extrêmement importante (près de 7 000 habitants au km2, selon World Population Review).

De nombreux Nigérians partent en Chine pour acheter des biens qu’ils revendent ensuite sur les marchés de ce hub économique qui dessert toute l’Afrique de l’Ouest. Les autorités sanitaires du pays s’étaient déjà préparées à faire face à une potentielle contamination.

« Nous avons des centres de quarantaine à Abuja (capitale fédérale), et aussi à Lagos », avait déclaré à la mi-février le ministre de la Santé Olorumibe Mamora, assurant que le pays était « sous surveillance » et que des laboratoires pour détecter le virus ont été ouverts dans plusieurs villes du pays.

« Leçons d’Ebola »

« Nous avons tiré des leçons d’Ebola », a, de son côté, assuré le directeur général de l’Organisation Ouest africaine de Santé, Stanley Okolo. « Tous nos pays membres contribuent à un fonds de sécurité sanitaire, appelé le « fonds Ebola, et nous avons des partenaires internationaux qui contribuent aussi.La dévastation d’une épidémie a des effets sur tout le monde », a-t-il déclaré la semaine dernière, invitant tous les pays de la zone a rendre un plan stratégique de préparation.

En effet, la « principale préoccupation » de l’OMS « continue d’être le potentiel de dissémination du Covid-19 dans les pays dont les systèmes de santé sont plus précaires », a déclaré son patron, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Le Nigeria est mieux préparé à la gestion des épidémies que de nombreux autres pays de la région, selon les experts.

Jeune Afrique avec AFP

 

Nigeria: 16 membres d’une même famille brûlés vifs par des bandits

février 13, 2020

Des bandits armés ont brûlé vives 21 personnes, dont 16 membres d’une même famille, dans une opération de représailles contre un village dans le nord du Nigeria, a-t-on appris jeudi 13 février auprès d’habitants.

Des hommes armés à moto ont attaqué mardi le village de Bakali, dans l’Etat de Kaduna, tirant des coups de feu et brûlant des maisons et des véhicules pour se venger d’un raid mené contre leur camp par des membres d’une milice d’autodéfense locale, ont raconté les habitants. «Ils ont tué 21 personnes dans l’attaque», a déclaré à l’AFP un responsable local, Sani Nuhu. Les assaillants ont brûlé vifs 16 membres d’une même famille, dont six enfants, et cinq membres d’un groupe d’autodéfense local, après les avoir enfermés dans une maison, selon les habitants.

Un porte-parole de la police a indiqué avoir «reçu des informations sur une attaque par des bandits contre le village de Bakali» mais «attendre encore des détails» sur l’opération.

La zone où a eu lieu l’attaque abrite depuis des années des bandes criminelles qui volent du bétail et kidnappent des habitants en vue d’obtenir une rançon. Les habitants ont mis sur pied des groupes d’autodéfense pour se protéger sans parvenir à mettre un terme aux violences. Selon les habitants, avant l’attaque, des membres d’un groupe d’autodéfense, associés à des forces de sécurité nigérianes, avaient attaqué le camp de cette bande armée, situé dans une forêt des environs.

La semaine dernière, la police a affirmé avoir «neutralisé plus de 250 terroristes et bandits» dans le cadre d’une opération de grande ampleur dans la région. Ce bilan n’a pas pu être confirmé de source indépendante.

Par Le Figaro avec AFP

Monnaie unique : le Nigeria souhaite un report du lancement de l’eco

février 11, 2020

Muhammadu Buhari

Muhammadu Buhari © Cliff Owen/AP/SIPA

 

Dans une déclaration sur son compte Twitter, la présidence nigériane demande un report du lancement de l’eco, future monnaie unique d’Afrique de l’Ouest, et qui vise à remplacer entre autres le franc CFA. Pour Abuja, les critères de convergence établis dans la feuille de route des pays membres de la Cedeao, et nécessaires à la mise en place de l’eco, ne sont pas encore remplis.

Nouvelle étape dans la guerre de tranchées amorcée il y a plusieurs semaines quant à l’adoption d’une future monnaie unique par les États d’Afrique de l’Ouest.

Après une première réaction, mi-janvier, des ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales de la Zone monétaire ouest-africaine (ZMAO), qui ont dénoncé la décision « unilatérale » de renommer le CFA en « eco », le Nigeria réitère. « La position du Nigeria sur l’eco est que les critères de convergence (entre États) n’ont pas été atteints par la majorité des pays » devant adopter cette monnaie commune, a indiqué la présidence nigériane sur son compte Twitter dans l’après-midi du lundi 10 février. Et d’ajouter : « Il doit par conséquent y avoir un report du lancement de la monnaie unique ».

La sortie nigériane de ce lundi s’annonce comme un avant-goût de la future réunion des ministres pays anglophones qui, selon les informations de Jeune Afrique, devrait se tenir vendredi 14 février à Freetown, en Sierra Leone.

Critères de convergence

Les quinze pays membres de la Communauté des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), dont le Nigeria est membre, avaient indiqué l’an dernier qu’ils souhaitaient lancer l’eco en 2020, après bientôt quarante ans de débats. Mais fin décembre, huit pays francophones d’Afrique de l’Ouest, qui utilisent le franc CFA, avaient annoncé leur décision de remplacer leur monnaie commune par l’eco et de distendre ainsi les liens très controversés avec la France, ancienne puissance coloniale, qui accueillait notamment la moitié de leurs réserves de changes en échange de la convertibilité du CFA avec l’euro.

L’annonce surprise avait été faite par le président ivoirien, Alassane Ouattara, lors d’une visite de son homologue français, Emmanuel Macron, au lendemain d’un sommet de la Cedeao qui avait encouragé les efforts visant à mettre en place une monnaie unique ouest-africaine d’ici à juillet.

Le Nigeria et plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, notamment anglophones, avaient en effet trois semaines plus tard dénoncé cette décision, affirmant qu’elle n’était « pas conforme » au programme adopté récemment par l’ensemble de la région pour mettre en place une monnaie unique. Pour ces pays non CFA, il n’est pas envisageable que le nom « eco » soit associé à une monnaie qui ne remplit pas les critères retenus par tous à Abuja en juin 2019. Ce que rappelle le tweet du 10 février.

Jeuneafrique.com par Aurélie M’Bida – avec AFP

Transition franc CFA-eco : derrière la contestation des anglophones, une querelle ivoiro-nigériane

janvier 17, 2020

Muhammadu Buhari et Alassane Ouattara

Muhammadu Buhari et Alassane Ouattara ©

 

La mise en place annoncée fin décembre par Alassane Ouattara d’un « eco-UEMOA », indexé sur l’euro et garanti par la France, est vue par les pays d’Afrique de l’Ouest hors zone CFA comme un parasitage de l’instauration de « l’eco-Cedeao », monnaie unique flexible que les États d’Afrique de l’Ouest ont prévu d’adopter en 2020.

C’est une gifle que viennent d’infliger à l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et au président ivoirien Ouattara les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales de Gambie, du Ghana, de Guinée, du Liberia, du Nigeria et de la Sierra Leone réunis en Conseil de convergence de la Zone monétaire de l’Afrique de l’Ouest (ZMAO).

Dans un communiqué publié le 16 janvier à l’issue de leur réunion extraordinaire à Abuja (Nigeria), ils commencent par « féliciter l’UEMOA pour sa décision de se départir du franc CFA, mais prennent note avec préoccupation de la déclaration du président de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement [le président Ouattara] de l’UEMOA, le 21 décembre 2019, de renommer unilatéralement le franc CFA « eco », d’ici 2020 ».

Ils soulignent ensuite que « cette décision n’est pas conforme avec la décision de la Conférence d’État et de gouvernement de la Cedeao (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) d’adopter « l’eco comme nom d’une monnaie unique indépendante de la Cedeao ». Ils recommandent « qu’un sommet extraordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement membres se réunisse prochainement pour examiner en profondeur cette question ».

  • Que reprochent les signataires de la ZMAO à « l’eco-UEMOA » ?

Ils estiment que l’eco annoncé par le président Ouattara n’est qu’un avatar du franc CFA, parce que celui-ci demeure adossé à l’euro, que son taux de change est garanti par la France et qu’il n’est pas flexible comme le stipulait les documents préparatoires présentés en juin à Abidjan.

  • S’agit-il d’un affrontement francophones / anglophones ?

Il ne semble pas. En effet, le 29 décembre, le président ghanéen Nana Akufo-Addo avait applaudi la transformation du franc CFA en eco, en déclarant être « déterminé à faire tout ce que nous pouvons pour rejoindre les membres de l’UEMOA dans l’utilisation de l’eco, car cela aidera à éliminer les barrières commerciales et monétaires ».

Il souhaitait seulement que l’eco adopte un taux de change flexible. La volte-face du Ghana, qui a signé le texte, s’explique par des considérations politiques et non économiques et monétaires.

Les signataires s’inquiètent notamment du leadership pris par la Côte d’Ivoire et son président Alassane Ouattara dans cette affaire, d’autant plus qu’ils ne savent pas si celui-ci sera toujours au pouvoir après la prochaine élection présidentielle du 31 octobre.

  • La Cedeao, moins intégrée que l’UEMOA

Une partie du problème soulevé par la naissance de « l’eco-UEMOA » tient à la différence d’intégration entre l’UEMOA (8 membres, une seule monnaie, deux langues dont le français pour sept de ses membres et une Banque centrale commune) et la Cedeao (15 membres, huit monnaies, trois langues et pas de Banque centrale commune).

La seconde est en retard par rapport à la première, alors qu’elle a vocation à l’absorber un jour. Certains pays de l’Union ont eu envie d’accélérer le pas après trente ans de piétinement monétaire et de se débarrasser par la même occasion du fardeau politique du CFA.

Mais la transformation du franc CFA en eco suscite les critiques des autres membres de la Communauté, car elle constitue une préemption sur la future monnaie commune et ne respecte pas les principes adoptés en juillet par les Quinze, à savoir la flexibilité du taux de change, la centralisation partielle des réserves de change et la fédéralisation de la future Banque centrale.

  • La colère du Nigeria

C’est le Nigeria qui a mené la charge contre les annonces du président Ouattara. Avec ses 200 millions d’habitants, le pays pèse 70 % du produit intérieur brut de la Cedeao et est le premier contributeur au budget de la Cedeao, ce qui lui confère le rôle de pilote de la Communauté.

Il verrait bien sa monnaie, le naira, peser lourdement dans la monnaie commune et unique que sera l’eco. Mais Alassane Ouattara lui a damé le pion en transformant le franc CFA en « eco-UEMOA ».

Le handicap du Nigeria est qu’il fait figure de frein et pas de moteur d’intégration. Extrêmement protectionniste, il est hostile à l’adhésion du Maroc à la Communauté, a imposé depuis le 20 août 2019 un embargo strict aux produits en provenance de ses voisins béninois et nigériens, a cherché à monopoliser les postes au sein de la Commission de la Cedeao et a traîné les pieds pour adhérer à la Zone de libre-échange continentale africaine (Zleca).

  • La crise peut-elle dégénérer ?

Un spécialiste des questions monétaires, contacté par Jeune Afrique, ne l’envisage pas : « La mise en place de l’eco va durer tellement longtemps, compte tenu de la complexité d’une monnaie commune et des critères de convergence requis pour en faire partie, que les partenaires auront le temps de se mettre progressivement d’accord, de palabres en palabres ».

Il existe pourtant un risque, ajoute-t-il, à savoir « que la réaction des anglophones trouve un écho parmi les chefs d’État et de gouvernement de l’UEMOA qui ne sont pas vraiment convaincus par l’eco tel qu’il a été présenté par Ouattara ». Le président béninois, Patrice Talon a par exemple témoigné plus d’empressement dans ses prises de distance avec le franc CFA. Une crise de la zone monétaire de l’Union serait potentiellement grave pour la région.

Jeuneafrique.com par Alain Faujas

 

Nigeria : une vidéo de l’EI montre l’exécution de onze chrétiens à Noël

décembre 27, 2019

Ces exécutions serviraient à venger la mort d’Abou Bakr Al-Bagdhdai, le chef du groupe djihadiste.

Le groupe djihadiste Etat islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) a diffusé jeudi soir 26 décembre une video d’une minute montrant l’exécution de onze hommes présentés comme des chrétiens dans le nord-est du Nigeria

Cette vidéo tournée dans un lieu non-identifié, montre ces hommes les yeux bandés exécutés par balles puis poignardés. C’est «un message aux chrétiens du monde entier» en pleine période de Noël, y affirme un homme au visage masqué. Il ajoute que ces chrétiens ont été exécutés pour venger la mort du chef de l’Etat islamique (EI), Abou Bakr Al-Bagdhdadi, lors d’une intervention américaine en octobre en Syrie. La vidéo a été postée par l’agence Amaq, organe de propagande de l’Etat islamique (EI) auquel ISWAP – issu d’une scission au sein du groupe djihadiste nigerian Boko Haram – a prêté allégeance.

Les djihadistes ont multiplié leurs actions violentes ces derniers jours dans le nord-est du Nigeria. Sept personnes ont été tuées et une adolescente enlevée la veille de Noël lors d’un raid attribué à Boko Haram visant un village chrétien près de Chibok. En outre, au moins deux civils ont été tués et 13 autres blessés lors d’une attaque de l’ISWAP contre une position militaire de la même région de l’Etat de Borno. Dimanche, ce sont six soldats nigérians qui avaient été tués par des membres de l’ISWAP lors de l’attaque d’un convoi militaire. Et le même jour, une trentaine d’autres djihadistes de ce groupe ont tué six personnes et en ont enlevé cinq après avoir bloqué un axe routier majeur.

Mardi 24 décembre, les Nations unies ont condamné «la pratique croissante des groupes armés de mettre en place des postes de contrôle ciblant les civils» dans le Nord-Est. En dix ans, l’insurrection djihadiste au Nigeria qui s’est propagée au Niger, au Tchad et au Cameroun voisins, a fait selon les derniers chiffres de l’ONU plus de 36.000 morts et deux millions de déplacés au seul Nigeria, provoquant une crise humanitaire majeure dans la région.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Nigeria: près de 1000 membres présumés de Boko Haram innocentés et libérés

novembre 27, 2019

L’armée nigériane a libéré mercredi près de 1000 détenus soupçonnés d’appartenir à Boko Haram après les avoir innocentés de tout lien supposé avec le groupe djihadiste qui mène une insurrection sanglante dans le nord-est du Nigeria, ont constaté des correspondants de l’AFP.

Un total de 983 personnes incarcérées dans une prison militaire de la ville de Maiduguri (nord-est), ont été confiées aux autorités civiles pour leur «réhabilitation et intégration». Le commandant de l’armée nigériane, Olusegun Adeniyi, a déclaré lors d’une cérémonie que les personnes libérées avaient «préalablement fait l’objet d’une enquête et innocentées». Les détenus libérés, dont cinq femmes, ont été remis au gouverneur de l’État de Borno, Babagana Umara Zulum, à la caserne militaire de Giwa. Selon le gouverneur, les personnes libérées n’étaient pas des djihadistes de Boko Haram, mais des suspects qui, après enquête, ont été «blanchis des infractions reprochées». Cela représente l’une des plus importantes libérations de détenus par l’armée en une seule fois. L’un des détenus libérés, Ibrahim Usman, a affirmé avoir été arrêté dans la rue parce qu’il n’avait pas pu fournir de pièce d’identité valide à des soldats lors d’un contrôle. «Je n’ai jamais été membre de Boko Haram, mais j’ai passé quatre ans en détention», a-t-il dit aux journalistes.

En octobre, l’armée avait libéré 25 enfants après la publication d’un rapport accablant de Human Rights Watch (HRW) accusant des militaires d’être à l’origine de maltraitance et de torture à l’encontre d’enfants détenus. Des groupes de défense des droits de l’homme ont régulièrement accusé l’armée d’avoir procédé à des arrestations massives et arbitraires de citoyens innocents au cours des dix années de lutte contre l’insurrection djihadiste. Ils ont également critiqué les conditions de vie dans les centres de détention, les qualifiant de surpeuplés et insalubres, affirmant que certains détenus avaient été torturés ou même exécutés sommairement. Le conflit dans le nord-est du Nigeria a fait 35.000 morts et deux millions de déplacés. La violence s’est étendue au Niger, au Tchad et au Cameroun voisins.

Par Le Figaro avec AFP

Nigeria: 7 soldats tués dans une embuscade tendue par des djihadistes

septembre 27, 2019

 

Au moins sept soldats nigérians ont été tués dans l’attaque de leur convoi par des djihadistes dans l’Etat de Borno, dans le nord-est du Nigeria, a annoncé vendredi 27 septembre un haut responsable militaire.

Des combattants de l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) ont attaqué mercredi à l’arme lourde et à l’aide de grenades un convoi militaire aux alentours de la ville de Gubio (nord-est), entraînant une bataille féroce entre les djihadistes et les soldats, a rapporté l’officier sous couvert de l’anonymat. «Nous avons perdu sept soldats lorsque nos hommes ont été touchés par un RPG» (lance-roquettes), a déclaré cette même source. Une autre source militaire a confirmé l’incident sans donner de bilan.

Dès jeudi, l’ISWAP avait revendiqué l’attaque, affirmant avoir tué 14 soldats et en avoir capturé deux autres, selon les informations de SITE, groupe de surveillance international des activités djihadistes, ce qui a été démenti par les sources militaires. Les insurgés ont également déclaré avoir saisi des armes et des munitions ainsi qu’un camion militaire dans l’attaque. Depuis juillet 2018, l’ISWAP intensifie ses attaques contre les bases militaires du Nord-Est et a fait des dizaines voire des centaines de morts au sein des armées régionales, et accumule un important arsenal de guerre. En 10 ans, le conflit a fait près de 35.000 morts, et plus de 2 millions de déplacés ne peuvent toujours pas regagner leur foyer.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Nigeria: des djihadistes exécutent un humanitaire retenu en otage

septembre 25, 2019

 

Un travailleur humanitaire enlevé avec cinq autres personnes par un groupe djihadiste dans le nord-est du Nigeria en juillet a été exécuté, a annoncé mercredi l’ONG française Action contre la faim (ACF).

«Le groupe armé retenant captifs une salariée d’Action contre la faim, deux chauffeurs et trois personnels du ministère de la Santé a exécuté un otage», affirme un communiqué qui «condamne (…) cet assassinat». Les cinq autres otages sont aussi de nationalité nigériane.

L’ONG se dit «particulièrement inquiète» et «totalement mobilisée pour s’assurer qu’ils puissent être en sécurité rapidement et retrouver leurs familles». Ils avaient été enlevés lors de l’attaque de leur convoi le 18 juillet, sur la route entre la capitale du Borno, Maiduguri, et la ville de Damasak. Un des chauffeurs avait été tué pendant l’embuscade.

L’Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), affilié au groupe Etat islamique (EI), a publié peu après l’enlèvement une vidéo de l’employée d’ACF demandant la libération des otages avec les cinq autres otages – des hommes – se tenant derrière elle. Iswap est particulièrement actif dans cette région reculée proche du lac Tchad et frontalière avec le Niger, où il mène depuis un an des attaques répétées contre les forces de sécurité nigérianes.

Les humanitaires sont régulièrement pris pour cible par les djihadistes, qui pratiquent les enlèvements contre rançon pour financer leurs opérations ou pour échanger avec le gouvernement nigérian leurs captifs contre des membres de leur groupe faits prisonniers, menaçant de tuer leurs victimes si leurs revendications sont pas satisfaites.

La semaine dernière, l’armée nigériane avait obligé ACF à évacuer ses bureaux de Maiduguri (Etat du Borno) et Damaturu, dans l’Etat voisin de Yobe, accusant l’organisation humanitaire «d’aider et d’encourager les terroristes» en leur fournissant nourriture et médicaments. Une source humanitaire basée dans la région avait alors confié à l’AFP que ces fermetures soudaines pouvaient être liées avec les négociations menées pour faire libérer les otages.

Par Le Figaro.fr avec AFP