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Tous les vaccins ne sont pas égaux, selon l’Union européenne

juillet 13, 2021

LONDRES — Après que le Dr Ifeanyi Nsofor et son épouse ont reçu deux doses du vaccin d’AstraZeneca contre le coronavirus au Nigeria, ils ont supposé qu’ils seraient libres de voyager cet été vers une destination européenne de leur choix. Ils avaient tort.

© Fournis par La Presse Canadienne

Le couple – et des millions d’autres personnes qui ont été vaccinées grâce à un effort soutenu par l’ONU – pourrait se voir interdire l’entrée de nombreux pays européens, entre autres, parce que ces pays ne reconnaissent pas la version indienne du vaccin.

Bien que le vaccin d’AstraZeneca produit en Europe ait été autorisé par l’agence de réglementation pharmaceutique du continent, le même vaccin fabriqué en Inde n’a pas reçu le feu vert.

Les régulateurs de l’Union européenne (UE) ont déclaré qu’AstraZeneca n’avait pas rempli les documents nécessaires sur l’usine indienne, y compris les détails sur ses pratiques de production et ses normes de contrôle qualité.

Mais certains experts décrivent la décision de l’UE comme discriminatoire et non scientifique, soulignant que l’Organisation mondiale de la santé a inspecté et approuvé l’usine. Les responsables de la santé affirment que la situation non seulement compliquera les voyages et nuira aux économies fragiles, mais elle sapera également la confiance dans les vaccins en semblant étiqueter certains comme étant de qualité inférieure.

Alors que la couverture vaccinale augmente en Europe et dans d’autres pays riches, les autorités soucieuses de sauver la saison touristique estivale assouplissent de plus en plus les restrictions aux frontières.

Plus tôt ce mois-ci, l’Union européenne a présenté son certificat COVID numérique, qui permet aux résidants de l’UE de se déplacer librement dans le bloc de 27 pays tant qu’ils ont été vaccinés avec l’un des quatre vaccins autorisés par l’Agence européenne des médicaments, ont un récent test négatif ou ont la preuve qu’ils se sont récemment remis du virus.

Alors que les États-Unis et la Grande-Bretagne restent largement fermés aux visiteurs extérieurs, le certificat de l’UE est considéré comme un modèle potentiel de voyage à l’ère de la COVID-19 et un moyen de stimuler les économies.

Les vaccins officiellement approuvés par l’UE incluent également ceux fabriqués par Pfizer, Moderna et Johnson & Johnson. Ils n’incluent pas le vaccin d’AstraZeneca fabriqué en Inde ni de nombreux autres vaccins utilisés dans les pays en développement, y compris ceux fabriqués en Chine et en Russie.

Les différents pays de l’UE sont libres d’appliquer leurs propres règles pour les voyageurs de l’intérieur et de l’extérieur du bloc, et leurs règles varient considérablement, créant une confusion supplémentaire pour les touristes. Plusieurs pays de l’UE, dont la Belgique, l’Allemagne et la Suisse, autorisent les personnes à entrer s’ils ont reçu des vaccins non approuvés par l’UE; plusieurs autres, dont la France et l’Italie, ne le font pas.

Pour le Dr Nsofor, la réalisation qu’il pourrait être interdit d’entrée a été «un réveil brutal». Après une année difficile de travail pendant la pandémie à Abuja, le Dr Nsofor et sa femme attendaient avec impatience des vacances européennes avec leurs deux jeunes filles, peut-être en admirant la tour Eiffel à Paris ou en visitant Salzbourg en Autriche.

Le Dr Nsofor a noté que le vaccin de fabrication indienne qu’il avait reçu avait été autorisé par l’OMS pour une utilisation d’urgence et avait été fourni par le biais de COVAX, le programme soutenu par l’ONU pour fournir des vaccins aux pays les plus pauvres du monde. L’approbation de l’OMS comprenait une visite à l’usine du Serum Institute of India pour s’assurer qu’elle avait de bonnes pratiques de fabrication et que les normes de contrôle de qualité étaient respectées.

«Nous sommes reconnaissants à l’UE d’avoir financé COVAX, mais maintenant, ils discriminent essentiellement un vaccin qu’ils ont activement financé et promu», a déploré le Dr Nsofor. «Cela ne fera que laisser place à toutes sortes de théories du complot selon lesquelles les vaccins que nous recevons en Afrique ne sont pas aussi bons que ceux qu’ils ont pour eux-mêmes en Occident.»

Avec La Presse canadienne par Maria Cheng, The Associated Press

Nigeria : l’arrestation du leader pro-Biafra Nnamdi Kanu peut-elle ramener la paix dans le Sud-Est ?

juillet 6, 2021
Nnamdi Kanu dans le jardin de sa maison d’Umuahia, dans le Sud-Est du Nigeria, en 2017

Accusé de terrorisme, le dirigeant séparatiste Nnamdi Kanu a été appréhendé et extradé vers Abuja, où il sera jugé à partir du 26 juillet. Si certains dénoncent une injustice, d’autres espèrent la fin des violences.

C’est arrivé de manière aussi soudaine qu’inattendue. Arrêté à l’étranger et ramené au Nigeria, le 29 juin, le dirigeant séparatiste pro-Briafra a aussitôt été présenté devant un juge fédéral et incarcéré à Abuja. La justice nigériane a autorisé son placement en détention jusqu’à l’ouverture de son procès pour « terrorisme », le 26 juillet.

Il y a près de quatre ans, Nnamdi Kanu avait été libéré sous caution et c’est à la faveur de cette remise en liberté qu’il avait choisi de disparaître, disant craindre pour sa vie. Détenteur de la citoyenneté britannique, il tenait depuis en échec les services de sécurité nigérians.Read this article in english on 

« Cette arrestation, c’est un coup dur pour l’Ipob [le mouvement indépendantiste Indigenous People of Biafra], décrypte Ephraim Onoja, un expert en sécurité basé dans l’État d’Imo, où se se concentre la majorité des partisans de Kanu. Le président Muhammadu Buhari envoie un message très fort. L’idée c’est que peu importe où vous êtes et peu importe le temps que cela prendra, vous finirez par être rattrapé. »

« J’aurais pu être tué »

Même si plusieurs sources pointent vers le Kenya, les autorités nigérianes n’ont pour l’instant pas dit où Kanu avait été arrêté. Le ministre de la Justice, Abubakar Malami, s’est contenté de déclarer qu’il avait été « intercepté grâce aux efforts conjoints des services de renseignement et des services de sécurité nigérians », et que son procès, qui s’était initialement ouvert en 2015, allait pouvoir reprendre.

Le leader de l’Ipob a été arrêté pour la première fois cette année-là, après des années de lutte pour le Biafra. Inculpé pour terrorisme, trahison et possession illégale d’armes à feu, il a passé six mois en détention avant d’être libéré sous caution pour raisons de santé. Il était soumis à un contrôle judiciaire strict et avait notamment interdiction d’accorder des interviews ou de prendre part à des rassemblements de plus de 10 personnes.

LE PROCÈS POURRA CONTRIBUER À LE DÉMYSTIFIER OU, AU CONTRAIRE, EN FAIRE UN HÉROS

Ces conditions, Kanu ne les a pas respectées. Il a choisi de fuir après que l’armée a tenté de l’arrêter chez lui, dans l’État d’Abia, dans le sud-est du Nigeria, en novembre 2017. De retour devant la justice, vêtu d’un survêtement Fendi et sans l’assistance d’aucun de ses avocats, il a affirmé qu’à l’époque, il « aurait pu être tué » s’il était resté dans le pays.

Selon Amnesty International, 12 de ses partisans ont péri le 14 septembre 2017 lorsque les services de sécurité ont tenté de l’arrêter. Les autorités rétorquent que les personnes qui ont été tuées ce jour-là avaient résisté à leur arrestation. Quoi qu’il en soit, une répression sévère s’est abattue sur les partisans de Kanu depuis l’arrivée de Buhari au pouvoir ; plus d’une centaine d’entre eux y ont perdu la vie.

Un homme qui divise

Fin juin, après la comparution de leur client devant un juge, les avocats du leaders sécessionnistes ont publié une déclaration insistant sur le fait que « quelle que soit la gravité des infractions ou des charges retenues contre lui, l’article 36 (5) de la Constitution le présume toujours innocent ». Contacté, l’un de ses défenseurs, Maxwell Okpara, précise que lui et ses confrères n’ont pas été informés de son arrestation, encore moins de sa mise en accusation, faisant écho aux inquiétudes quant à la manière dont les autorités nigérianes ont jusqu’à présent traité le cas de Kanu.

Cet épisode « confirme que le fait que l’administration Buhari peut être rapide et méthodique lorsqu’elle est motivée – et poussée par des considérations ethniques ou religieuses », résume l’analyste Demola Olarewaju. Selon lui, le procès à venir pourra contribuer « à démystifier pour de bon le personnage ou, au contraire, contribuer à en faire un héros ».

Jusqu’à présent, les réactions à l’annonce de l’arrestation de Kanu ont surtout reflété les profondes divisions du Nigeria. Des groupes et associations du Nord, tels que le Forum consultatif d’Arewa, ont tenu à féliciter les autorités pour avoir mis la main sur un homme « qui a juré de détruire le pays », tandis que leurs homologues du Sud, tels que la Fondation pour le développement d’Alaigbo, y voient « une grave injustice de la part d’un gouvernement fédéral [qui cherche à] écraser Nnamdi Kanu et, avec lui, les partisans de l’Ipob ».

Symbole de ces divisions, Ohanaeze Ndigbo, un autre groupe qui dit défendre les intérêts des Igbo, a déclaré dans un communiqué l’arrestation de Kanu marquait « le début de la fin des violences dans le sud-est du Nigeria », ajoutant que « l’autodétermination ne [devait] pas être utilisée à des fins de fortune et de gloire » et que « le refus de Nnamdi Kanu d’adhérer aux conseils des dirigeants Igbo est à l’origine de ce qui lui est arrivé ».

Depuis sa base au Royaume-Uni et sur les ondes de Radio Biafra, porte-voix depuis Londres de la lutte sécessionniste, Kanu a contribué à l’endoctrinement de nombreux jeunes, auxquels il a répété qu’ils n’avaient pas leur place au sein de l’État fédéral et qu’ils devaient lutter pour faire du Biafra une nation. Il a lancé une branche armée de l’Ipob, officiellement pour « mettre fin à toute activité criminelle et à toute attaque terroriste contre le Biafra », et les meurtres ont triplé dans la région, selon le média local TheCable, qui souligne que ce sont des agents de sécurité qui sont le plus souvent visés.

L’IPOB NE RENONCERA PAS À SON COMBAT POUR LA LIBERTÉ DU BIAFRA

« Kanu est le cauchemar des gouverneurs et des dirigeants du Sud-Est parce qu’il pense que tout le monde est instrumentalisé », poursuit un conseiller du gouverneur d’Abia, l’État dont le leader pro-Biafra est originaire. Quand les gouverneurs ont tenté de le rencontrer après sa libération en 2017, il s’est esquivé à la dernière minute, affirmant qu’il ne voulait pas prendre le risque d’être tué. Depuis, ceux-ci ont fait interdire l’Ipob. « Les gouverneurs vont enfin pouvoir se concentrer sur le rétablissement d’une paix durable dans la région », estime la même source.

« Cela pourrait apaiser les tensions à court terme, admet Ephraim Onoja. Mais à long terme, certains des partisans de Kanu pourraient modifier leur stratégie et choisir d’intensifier la lutte pour faire pression sur le gouvernement afin qu’il le libère ou pour obtenir l’ouverture de négociations. »

Un appât pour Buhari ?

À l’approche des prochaines élections générales, l’arrestation de Kanu pourrait également devenir un instrument politique. Les analystes estiment en effet que le président Buhari et son parti, le All Progressives Congress (APC), pourraient utiliser Kanu comme appât pour conquérir le Sud-Est du pays en 2023, une région qui se sent traditionnellement marginalisée et où plusieurs voix se sont élevées pour réclamer un président igbo.

« Le gouvernement pourrait avoir intérêt à calmer le jeu et à trouver un accord politique pour sa libération », résume Ephraim Onoja. La tension n’est pour l’instant pas retombée. « L’Ipob ne renoncera pas [à son combat pour] la liberté du Biafra, a affirmé le mouvement dans un communiqué après l’annonce de l’arrestation de Kanu. Nous avons franchi le Rubicon dans notre lutte pour la restauration de la souveraineté du Biafra. Il n’y a pas de retour en arrière possible, quel que soit le niveau d’intimidation exercé par nos oppresseurs. »

Par Jeune Afrique – Jude Michael

Quand Buhari contre-attaque et coupe Twitter au Nigéria

juin 23, 2021
Le président Muhammadu Buhari du Nigeria lors d’une réunion avec le président Donald Trump dans le bureau ovale de la Maison Blanche, le 30 avril 2018, à Washington.

Censuré pour n’avoir pas respecté les règles édictées par Twitter, le président n’a pas hésité à recourir à des mesures de représailles qui pénalisent les 40 millions d’usagers de son pays. Une attitude qui alimente les soupçons de déni de démocratie.

Dans les années 1980, apparaissait, dans les quartiers populaires d’Abidjan, une nouvelle race de jeunes : les ziguéhis. Le muscle ferme, les articulations souples, les coups de poings et de pieds faciles, ils imposaient leur volonté par un phrasé court, percutant, qui bien évidemment souffrait peu la contradiction. Quand on a les moyens de son verbe, les débats ne sont jamais longs. Abreuvés des codes westerns (le plus rapide), des films de kung-fu (le plus fort) et de la mythologie du guerrier africain (le plus brave), ils faisaient régner un semblant d’ordre qui, en général, ne servait que leur image et leurs intérêts.

Ziguéhi un jour, ziguéhi toujours

Justement, Muhammad Buhari a pris le pouvoir au Nigeria dans les années 1980, comme un ziguéhi. D’abord par un coup d’État, ensuite en imposant un arsenal de mesures d’austérité économique et sociale à faire pâlir les fonctionnaires les plus retors du FMI. Et bien évidemment, aucune de ces mesures ne pouvait être contestée, même pas au second degré avec la plume de Wole Soyinka ou avec un saxophone sibyllin comme celui de Fela Anikulapo Kuti. Les ziguéhis abidjanais criaient : « Tenter-regretter ! » Pour Buhari 1er, c’était « Tenter-emprisonner ». Justice expéditive et prison – dans le meilleur des cas – pour tous ceux qui osaient. Mais « c’est fer qui coupe fer » : le général s’est fait balayer par un autre général.

Et puis les années ont passé. La plupart des ziguéhis sont morts avant leurs 50 ans, phénomène naturel chez les pauvres en Afrique. Buhari lui, est toujours vivant et en activité après ses 75 ans, phénomène naturel chez les politiciens en Afrique. L’homme a fait comme beaucoup d’anciens putschistes : il a troqué le treillis contre le boubou pour devenir Buhari II, président « démocratiquement élu ». Déjà, son pote Obasanjo (ils ont renversé Gowon ensemble, en 1976) avait fait pareil. Notons au passage cette spécialité nigériane de recycler de l’ancien putschiste en président de démocratie. Fela qui s’élevait contre Buhari disait « demo-crazy » (Teacher Don’t Teach Me Nonsense, 1986). Car ziguéhi un jour, ziguéhi toujours.

Formules désastreuses et simplistes

Alors, il a gardé ses anciennes « vertus » : le sens de la formule facile, péremptoire, et les allergies graves à la contradiction. La première marche bien avec Twitter, outil moderne et incontournable de communication. Tout dire en 280 signes (exactement ce qu’il y a avant cette parenthèse, vous pouvez compter) est jouissif quand il faut mettre du complexe et du subtil dans des phrases simples. Ce qui fait de Twitter un instrument puissant aux mains d’artistes, de lettrés et d’hommes de culture. Mais l’oiseau bleu est aussi idéal pour le processus inverse, c’est-à-dire simplifier les choses complexes et subtiles, parfois jusqu’à les vider de tout sens. Ce qui en fait un instrument puissant aux mains des caricaturistes et des populistes de tous bords.

AVEC LA MÊME ARDEUR À MULTIPLIER LES TWEETS RÉDUCTEURS PATINÉS DE MENACES ET DE HAINE, ON PEUT DIRE QUE BUHARI EST DE LA MÊME… TRUMP

Ces dernières années, Trump en était l’exemple le plus abouti. Il a ventilé un nombre incalculable de formules désastreuses et simplistes. Avec la même ardeur à multiplier les tweets réducteurs patinés d’acrimonie, de menaces et de haine, on peut dire que Buhari est de la même… Trump. Conséquence pour les deux : get out ! Mais leurs chemins de désormais ex-twittos divergent à partir de la deuxième « vertu » du ziguéhi. Trump, tout aussi allergique à la contradiction, était le président d’une democracy. Buhari est le chef d’une « demo-crazy ». Là où le premier s’est contenté de bouder tout rouge dans les couloirs de la Maison-Blanche, le second a vu rouge tout court et a coupé Twitter dans un pays qui compte 40 millions d’utilisateurs. C’est le jour où Trump a dû amèrement regretté de ne pas être à la tête de ce qu’il appelait tendrement shit hole country. Je dédie cet article à la mémoire de Fela Anikulapo Kuti.

Par  Gauz

Écrivain ivoirien, auteur de « Debout payé » (2014), « Camarade papa » (2018), et « Black Manoo » (2020).

Nigeria: attaque dans une université, un mort, un blessé et cinq personnes enlevées

juin 11, 2021

Des hommes armés ont attaqué jeudi soir une université dans le nord du Nigeria, tuant un étudiant et en blessant un autre, et kidnappant cinq personnes, dont trois étudiants, selon un communiqué vendredi 11 juin du syndicat des enseignants.

L’attaque s’est déroulée entre 23H00 et 00H00, à l’Université polytechnique Nuhu Bamalli de Zaria, une localité située dans l’Etat de Kaduna. «Deux membres du personnel académique ont été kidnappés» ainsi que «trois étudiants», selon ce communiqué signé par le président du syndicat des enseignants, Aliyu Kofa.

L’épouse et deux enfants de l’un des personnels kidnappés ont également été enlevés par les ravisseurs «mais ont été libérés dans la matinée», précise ce communiqué. Lors de l’attaque, «les kidnappeurs ont tiré sur deux étudiants, l’un d’entre eux est mort ce matin tandis que l’autre est toujours pris en charge médicalement», est-il ajouté. Vendredi matin, le recteur de l’université Mohammed Kabir Abdullahi a confirmé à l’AFP l’attaque, mais il n’était pas en mesure de communiquer le nombre de personnes enlevées.

Cette attaque est la dernière d’une série d’enlèvements d’écoliers ou d’étudiants ces derniers mois dans le centre et le nord-ouest du Nigeria, où depuis une décennie des bandes armées terrorisent les populations, pillant des villages, volant le bétail et pratiquant des rapts de masse contre rançon.

Début juin, au moins 136 enfants ont été enlevés dans une école privée musulmane dans l’Etat voisin du Niger (Centre du Nigeria). Ils n’ont toujours pas été libérés par leurs ravisseurs, qui exigent le paiement d’une rançon. Depuis décembre 2020, au moins 866 enfants et adolescents ont été enlevés au Nigeria dans l’attaque de leurs établissements. Le pays le plus peuplé d’Afrique fait face à d’autres immenses défis sur le plan de la sécurité, notamment une rébellion djihadiste dans le nord-est, qui a fait plus de 40.000 morts depuis 2009.

Par Le Figaro avec AFP

Nigeria : le chef de Boko Haram est mort

juin 6, 2021

Selon un groupe djihadiste rival, le chef de Boko Haram Abubakar Shekau se serait suicidé lors de combats contre l’État islamique en Afrique de l’Ouest. 

Le chef de Boko Haram s'est suicide lors de combats contre le groupe jihadiste rival de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap), a affirme celui-ci dans un enregistrement audio diffuse deux semaines apres de premieres informations faisant etat de sa mort.
Le chef de Boko Haram s’est suicidé lors de combats contre le groupe jihadiste rival de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), a affirmé celui-ci dans un enregistrement audio diffusé deux semaines après de premières informations faisant état de sa mort.© HANDOUT / BOKO HARAM / AFP

Abubakar Shekau est mort. Le chef de Boko Haram s’est suicidé lors de combats contre le groupe jihadiste rival de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), a affirmé celui-ci dans un enregistrement audio diffusé deux semaines après de premières informations faisant état de sa mort. « Shekau a préféré l’humiliation dans l’au-delà à l’humiliation sur Terre. Il s’est donné la mort en déclenchant un explosif », déclare en langue kanuri une voix semblant être celle du chef de l’Iswap Abu Musab Al-Barnawi dans cet enregistrement remis à l’Agence France-Presse par une source relayant habituellement les messages du groupe.

Boko Haram ne s’est pas exprimé sur la mort annoncée de son chef, et l’armée nigériane dit enquêter. Dans son enregistrement, Iswap décrit comment ses troupes, envoyées dans l’enclave de Boko Haram, dans la forêt de Sambisa, ont découvert Abubakar Shekau assis dans sa maison et ont engagé le combat.

L’Iswap est né d’une scission avec Boko Haram

« Il a battu en retraite et s’est échappé, errant à travers la brousse pendant cinq jours. Néanmoins les combattants (de l’Iswap) ont continué à le chercher et à le traquer jusqu’à ce qu’ils soient capables de le localiser », raconte la voix. Après l’avoir débusqué dans la brousse, les combattants d’Iswap l’ont sommé, lui et ses partisans, de se repentir, mais Shekau a refusé et s’est donné la mort, poursuit-elle.

L’Iswap, reconnu par l’État islamique, est né en 2016 d’une scission avec Boko Haram, auquel il reproche notamment des meurtres de civils musulmans. Après être monté en puissance, il est désormais le groupe jihadiste dominant dans le nord-est du Nigeria, multipliant les attaques d’ampleur contre l’armée nigériane. « Nous sommes tellement heureux », souligne la voix, ajoutant que Abubakar Shekau est « quelqu’un qui s’est rendu coupable d’un terrorisme et d’atrocités inimaginables ».

« Peut-être pas fini »

Cette montée en puissance du groupe, qui semble désormais sur le point d’absorber les combattants de Boko Haram et de prendre possession de ses anciens territoires inquiète les analystes, car elle signifie que l’Iswap dispose désormais d’une plus grande zone sous son contrôle, mais aussi de plus de combattants et d’armes à disposition.

Les hostilités entre Boko Haram et Iswap profitaient également à l’armée nigériane. « Si l’Iswap convainc les forces de Shekau de le rejoindre, il contrôlera la majorité des forces ennemies et sera en outre présent dans l’essentiel des zones échappant au contrôle gouvernemental dans le nord-est », explique dans une note Peccavi Consulting, une société d’évaluation du risque spécialiste de l’Afrique.

Toutefois, l’Iswap va probablement devoir convaincre ou combattre d’autres factions de Boko Haram loyales à Abubakar Shekau, qui disposent encore d’importants bastions notamment de part et d’autre de la frontière avec le Cameroun à Gwoza, Pulka, et dans les montagnes de Mandara, ainsi qu’au Niger. « Ce n’est peut-être pas fini, l’Iswap va devoir soumettre ou convaincre ces groupes de s’unir à lui, pour consolider totalement son contrôle », a expliqué une source sécuritaire.

Les habitants de la région ont été chassés des îles du lac Tchad

Depuis 2019, l’armée nigériane s’est retirée des villages et bases de petite importance, pour se retrancher dans des « supercamps », une stratégie critiquée car elle permet aux jihadistes de se déplacer sans entraves dans les zones rurales.

Après sa prise de la forêt de Sambisa, l’Iswap a envoyé des messages aux habitants de la région du lac Tchad, aux confins du Nigeria, du Niger, du Cameroun et du Tchad, les disant bienvenus dans son « califat » autoproclamé, a expliqué Sallau Arzika, un pêcheur de Baga, localité des rives du lac.

Les habitants de la région ont été chassés des îles du lac Tchad par l’Iswap qui les accusaient d’espionner pour le compte de l’armée. Al-Barnawi leur a indiqué qu’ils pouvaient retourner pêcher et faire du commerce, après paiement de taxes, avec l’assurance qu’ils ne leur serait fait aucun mal, a expliqué le pêcheur. Depuis le début de la rébellion du groupe islamiste radical Boko Haram en 2009 dans le nord-est du Nigeria, le conflit a fait près de 36 000 morts et deux millions de déplacés.

Par Le Point avec AFP

Le populaire prophète Nigérian TB Joshua est mort

juin 6, 2021

TB JOSHUA

Le chef et fondateur de The Synagogue, Church of All Nations (SCOAN), le pasteur Temitope Balogun Joshua, populairement connu sous le nom de T. B. Joshua, est mort.

Il est décédé samedi soir à l’âge de 57 ans à Lagos, Nigeria. La cause de sa mort reste encore inconnue au moment de la rédaction de cet article.

T.B Joshua est décédé peu de temps après avoir terminé un programme dans son église samedi. Son corps a été déposé à la morgue en attente d’une autopsie. Une publication sur sa page Facebook qui compte plus de 4 millions d’abonnés a révélé :Publicité

“PROPHETE TB JOSHUA – 12 JUIN 1963 au 5 JUIN 2021

 « Certes, le Souverain SEIGNEUR ne fait rien sans révéler son plan à ses serviteurs les prophètes. »  – Amos 3:7

 Le samedi 5 juin 2021, le prophète TB Joshua s’est exprimé lors de la réunion des partenaires d’Emmanuel TV : « Il est temps pour tout – le temps de venir ici pour la prière et le temps de rentrer à la maison après le service.

Dieu a ramené chez lui son serviteur le prophète TB Joshua – comme il se doit par volonté divine.  Ses derniers moments sur terre ont été passés au service de Dieu. C’est pour cela qu’il est né, a vécu et est mort.

 Comme le dit le prophète TB Joshua : « La meilleure façon d’utiliser la vie est de la dépenser pour quelque chose qui lui survivra ».

Le prophète TB Joshua laisse un héritage de service et de sacrifice au Royaume de Dieu qui vit depuis des générations encore à naître.

 La synagogue, l’église de toutes les nations et la famille Emmanuel TV apprécient votre amour, vos prières et votre préoccupation en ce moment et demandent un moment d’intimité pour la famille.

 Voici les derniers mots du prophète TB Joshua : « Veillez et priez. »

 Une seule vie pour Christ est tout ce que nous avons ;  une seule vie pour Christ est si chère.”

Le populaire prophète Nigérian TB Joshua est mort

La méga-église de TB Joshua dirige la chaîne de télévision Emmanuel TV de Lagos. Sa chaîne YouTube, Emmanuel TV, compte plus de 1 000 000 d’abonnés YouTube avant sa suspension en Avril dernier.

TB Joshua a régné pendant plusieurs décennies en tant que prédicateur fougueux à la télévision, utilisant sa plate-forme pour attirer un grand nombre de chrétiens du monde entier. Emmanuel TV, dirigée par la SCOAN de M. Joshua, est l’une des plus grandes stations de diffusion chrétienne du Nigeria, disponible dans le monde entier via des commutateurs numériques et terrestres.

 En 2014, son église était au centre d’une enquête multinationale à la suite de l’effondrement d’une section du siège de son église à Lagos, faisant des dizaines de morts et de nombreux autres blessés.

TB Joshua a nié les allégations de négligence et un procès sur l’incident était toujours en cours avant son décès.

Né le 12 juin 1963, il était télévangéliste et philanthrope.

Avec AfrikMag par Felicia Essan

Du Nigeria à la RDC, une « épidémie de viols de guerre »

mai 31, 2021
Manifestations contre les violences dans l’Est de la RDC, à Kinshasa, en 2012.

Dans une grande enquête, la reporter britannique Christina Lamb rassemble les témoignages glaçants de survivantes de violences sexuelles en temps de conflit. Une arme de destruction massive employée en toute impunité.

« Ça a duré pendant six semaines. Ma vie n’était plus qu’un viol, tremble Rojian, 16 ans. C’est dur à raconter, mais c’est encore plus dur que les gens l’ignorent. » Ancienne esclave sexuelle aux mains de l’État islamique, cette adolescente yézidie est l’une des voix courageuses de l’enquête sur le viol de guerre réalisée dans treize pays par la reporter britannique Christina Lamb.

Près d’une décennie après avoir accompagné la militante pakistanaise des droits humains Malala Yousafzai dans la rédaction de son autobiographie, la correspondante en chef de l’hebdomadaire The Sunday Times recueille dans Nos corps, leur champ de bataille. Ce que la guerre fait aux femmes les témoignages douloureux, souvent insoutenables, de survivantes du génocide contre les Tutsi, de parents de lycéennes nigérianes enlevées par Boko Haram et mariées de force à des jihadistes, de mères de bébés violés dans les villages de RDC…

Humilier et détruire

« Cela n’a rien de sexuel, c’est une manière d’arracher son humanité à la victime et de lui montrer qu’elle n’existe pas », martèle le gynécologue Denis Mukwege, prix Nobel de la paix 2018 aux côtés de l’activiste yézidie Nadia Murad, répétant inlassablement que « tant que le poids du tabou reposera sur la victime plutôt que sur l’auteur du crime, rien ne changera »

« Moins onéreuse et tout aussi efficace qu’une balle de kalachnikov », assène Christina Lamb, l’arme est redoutable. Et les objectifs sont glaçants : humilier la femme de l’ennemi, détruire le tissu social, faire fuir la population et même féconder pour changer l’équilibre démographique.

CHAQUE FOIS QU’ON CROISAIT LE CHEMIN DES INTERAHAMWE, ILS NOUS VIOLAIENT

Plus de vingt ans après avoir ouvert son hôpital de Panzi pendant la Deuxième guerre du Congo, le Dr Mukwege continue à « réparer » des femmes profondément traumatisées et mutilées en RDC. Il tente d’étendre son action à la Guinée, au Burkina ou à la Centrafrique. Lorsqu’elle lui rend visite à Bukavu, dans le Sud-Kivu, Christina Lamb trouve un homme « très abattu » face à des cas de plus en plus graves, des enfants toujours plus jeunes.

Si les femmes étaient déjà considérées comme un butin de guerre dans la Grèce antique, et ont payé un lourd tribut dans les conflits du XXe siècle, cette grande reporter, lauréate de quatre British Press Awards et du prix Bayeux des correspondants de guerre, estime qu’une nouvelle « épidémie de viols de guerre » s’est déclarée en 2012 au moment de l’enlèvement des filles de Chibok, puis s’est répandue à travers l’Irak, la Birmanie, le Soudan du Sud et plus récemment en Éthiopie et dans sa région du Tigré.

Les pionnières du Rwanda

L’Afrique ne compte plus – et ne compte pas – ses victimes. Mais elle a vu émerger de véritables pionnières dans la lutte pour la libération de la parole et la reconnaissance du viol comme crime de guerre. « En RDC, de nombreuses femmes se sont levées pour parler de ce qu’elles avaient vécu et se soutenir les unes les autres », souligne Christina Lamb, marquée par son passage à la « Cité de la joie », une organisation fondée par la Belgo-Congolaise Christine Schuler Deschryver, qui aide de jeunes femmes de 18 à 30 ans à reprendre le contrôle de leur vie.

C’est au Rwanda, où 250 000 à 500 000 viols ont été perpétrés entre avril et juillet 1994 selon le rapporteur spécial de l’ONU, que la première victoire judiciaire contre ces crimes de masse a été remportée. À Taba, à l’ouest de Kigali, Victoire Mukambanda a perdu le compte de ses propres cauchemars : « Chaque fois qu’on croisait le chemin des Interahamwe, ils nous violaient. » Mais avec sa sœur, Serafina Mukakinani, elle a osé se présenter en 1998 devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), à Arusha, lors du procès du maire de la ville, Jean-Paul Akayesu.

Un procès historique, qui aboutira à la toute première condamnation pour viol de guerre, malgré les résistances, voire la lâcheté, des juges confrontés au récit des pires tortures, systématiques, parfois collectives, souvent perpétrées devant des proches. « Ils voulaient se boucher les oreilles pour ne plus entendre, raconte l’ancienne haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme Navi Pillay, alors seule juge femme du TPIR. Ils me disaient : “On ne sait pas quoi faire de ces preuves, alors on te les laisse”. »

LES FEMMES DE TABA ONT CHANGÉ L’HISTOIRE DU DROIT INTERNATIONAL

Si vingt-cinq ans après, les femmes de Taba – que Christina Lamb a retrouvées – luttent encore pour leur survie et sont souvent contraintes de cohabiter avec leurs bourreaux, « elles ont littéralement changé l’histoire du droit international », rappelle la journaliste. Un exemple pour les autres victimes en quête de justice, comme les Yézidies.

Une rencontre entre ces deux générations de survivantes a été organisée à New York, à l’initiative de la Free Yezidi Foundation. Les Yézidies y ont repris espoir. Les Rwandaises, elles, auraient préféré n’avoir aucune jeunesse à inspirer. « Je me suis gardée de dire qu’elles m’avaient confié être reparties abattues de voir que, malgré leur courage et tous leurs efforts, les viols continuaient », déplore Christina Lamb.

La journaliste britannique Christina Lamb a mené l’enquête dans treize pays

En toute impunité

D’autant que la voie qu’elles ont ouverte reste très étroite. En vingt ans, la Cour pénale internationale (CPI) n’a prononcé que deux condamnations pour des faits de violence sexuelle, à l’encontre de deux Congolais, l’ancien vice-président et ex-chef rebelle Jean-Pierre Bemba, en 2016 (un verdict annulé deux ans plus tard), et le seigneur de guerre Bosco Ntaganda, surnommé Terminator, en 2019. « C’est si difficile d’obtenir justice, se désespère la reporter britannique. Le viol est sans doute le crime de guerre le plus ignoré au monde. »

Dans l’immense majorité des cas, les poursuites ne sont pas même engagées. Au Nigeria, le mouvement « Bring Back Our Girls » est retombé et les jihadistes de Boko Haram continuent à enlever de jeunes filles au nord-est, à disposer de leurs corps et de leurs esprits en toute impunité. En Irak, lors des procès de jihadistes de Daech, les sévices infligés à leurs esclaves sexuelles ne font pas partie des chefs d’accusation. On intime aux victimes de se satisfaire de condamnations pour terrorisme. Ne valent-elles pas déjà aux coupables la perpétuité ou la mort ?

Mais plus qu’une peine, aussi lourde soit-elle, ces survivantes luttent pour la reconnaissance des viols, « l’une des pires atrocités », selon les juges du procès Akayesu, parce qu’elle entraîne « la destruction de l’esprit, de la volonté de vivre, et de la vie elle-même ».

Pour obtenir la justice, indispensable à la reconstruction, « il faut plus de femmes dans la police et dans les tribunaux, plaide aujourd’hui Christina Lamb. Plus de femmes dans les négociations de paix ». Et plus de femmes pour écrire l’histoire, dont certaines des pages les plus sombres sont passées sous silence par les hommes.

Nos corps, leur champ de bataille. Ce que la guerre fait aux femmes, de Christina Lamb, Harper Collins, 517 pages, 21 €

Avec Jeune Afrique par Julie Gonnet

Nigeria: Mort du chef de l’armée et de celui de Boko Haram

mai 21, 2021
Au Nigeria, le chef de l'armee meurt dans un crash d'avion
Au Nigeria, le chef de l’armée meurt dans un crash d’avion© AFP/Archives/Audu Marte

Le chef de l’armée nigériane, le lieutenant général Ibrahim Attahiru, est mort dans le crash d’un avion militaire avec dix autres officiers vendredi en fin d’après-midi autour de l’aéroport de Kaduna dans le nord du Nigeria, ont annoncé les autorités.

Le militaire âgé de 54 ans avait été nommé à la tête de l’armée le 26 janvier dernier par le président nigérian Muhammadu Buhari, sous le feu des critiques après des mois de grave détérioration de la situation sécuritaire dans le pays le plus peuplé d’Afrique, en proie notamment à une insurrection jihadiste.

L’annonce de son décès intervient alors que des informations sur la possible mort du chef du groupe jihadiste Boko Haram Abubakar Shekau, grièvement blessé mercredi soir après des affrontements avec des jihadistes rivaux, ne cessent de circuler.

Le président Buhari a exprimé « sa profonde tristesse » après le crash de l’avion militaire « qui a enlevé la vie au chef de l’armée, le lieutenant général Ibrahim Attahiru et à d’autres officiers militaires », dans un communiqué vendredi soir.

Dix autres officiers sont morts dans ce crash « qui a eu lieu peu après le décollage à l’aéroport de Kaduna à cause du mauvais temps », selon l’armée, qui précise dans un communiqué, qu’une enquête a été ouverte.

« C’est un coup mortel qui nous est porté à un moment où nos forces armés sont sur le point de mettre fin aux défis sécuritaires auxquels le pays est confronté », a ajouté le président dans son communiqué.

L’armée nigériane combat une insurrection jihadiste dans le nord-est du pays depuis 2009, un conflit qui a fait plus de 40.000 morts et a forcé à la fuite plus de deux millions de personnes.

En mai 2017, M. Attahiru avait pris la tête des opérations contre le groupe jihadiste dans le nord-est du pays, mais il avait été limogé sept mois plus tard alors que les attaques de Boko Haram n’avaient pas diminué.

Neutraliser Shekau

L’armée nigériane, sous financée et accusée de mauvaise gestion, est critiquée de toute part pour son incapacité à mettre un terme aux violences dans le pays, et particulièrement à l’insurrection jihadiste.

Depuis des années, elle tente notamment de neutraliser le leader de Boko Haram, Abubakar Shekau en vain. Elle avait même annoncé à plusieurs reprises sa mort, à tort.

Abubakar Shekau, ici en 2014 dans une vidéo de propagande de Boko Haram.

Mercredi, ce sont des jihadistes du groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap) qui ont réussi à encercler la maison où se trouvait Abubakar Shekau dans la forêt de Sambisa, dans le nord-est du Nigeria.

Selon deux sources proche des services de renseignement, le leader s’est grièvement blessé en tentant de se suicider pour éviter d’être capturé par les jihadistes rivaux liés à l’Etat islamique (EI).

L’une de ces sources a affirmé vendredi soir à l’AFP que Abubakar Shekau était finalement décédé jeudi des suites de ses blessures.

« Shekau est mort hier soir dans le village de Nainawa, il a été enterré dans la nuit, mais sa tombe n’a pas été marquée pour éviter que l’armée nigériane ou les jihadistes rivaux ne puissent l’exhumer », a affirmé à l’AFP cette source.

Un habitant de ce village, situé dans le forêt de Sambisa, a confirmé à l’AFP avoir vu une vingtaine de véhicules de Boko Haram, dont l’un transportant un corps, arriver jeudi soir dans sa localité.

« Nous avons appris aujourd’hui que c’était Shekau qui était dans le véhicule, qu’il est mort hier et qu’il a été enterré dans la nuit », a-t-il déclaré à l’AFP au téléphone.

Ni Boko Haram, ni l’Iswap n’ont pour l’heure annoncé la mort de Abubakar Shekau, mais pour plusieurs médias nigérians et spécialistes de la région, son décès ne fait plus de doute.

La perte de Shekau serait un coup dur pour Boko Haram dont il a été la figure centrale pendant onze ans, mais elle ne signifierait pas la fin de l’insurrection jihadiste.

Au contraire, la prise du fief de Shekau pourrait permettre à l’Iswap, devenu le groupe le plus puissant dans la région, de consolider son emprise sur le territoire, et de mener des attaques encore plus sophistiquées contre l’armée nigériane.

Par Le Point avec AFP

Au Nigeria, le chef de l’armée meurt dans un crash d’avion

mai 21, 2021

Le chef de l’armée nigériane, le lieutenant général Ibrahim Attahiru, est mort dans le crash d’un avion militaire avec dix autres officiers vendredi en fin d’après-midi autour de l’aéroport de Kaduna dans le nord du Nigeria, ont annoncé les autorités. Photo prise le 31 janvier 2021 montrant le chef de l'armée nigériane Ibrahim Attahiru au quartier-général du centre opérationnel Lafiya Dole à Maiduguri, Nigeria© Audu Marte Photo prise le 31 janvier 2021 montrant le chef de l’armée nigériane Ibrahim Attahiru au quartier-général du centre opérationnel Lafiya Dole à Maiduguri, Nigeria

Le militaire âgé de 54 ans avait été nommé à la tête de l’armée le 26 janvier dernier par le président nigérian Muhammadu Buhari, sous le feu des critiques après des mois de grave détérioration de la situation sécuritaire dans le pays le plus peuplé d’Afrique, en proie notamment à une insurrection jihadiste.

Photo prise le 29 janvier 2021 montrant le chef de l'armée nigériane Ibrahim Attahiru dans un lieu non précisé

© KOLA SULAIMON Photo prise le 29 janvier 2021 montrant le chef de l’armée nigériane Ibrahim Attahiru dans un lieu non précisé

L’annonce de son décès intervient alors que des informations sur la possible mort du chef du groupe jihadiste Boko Haram Abubakar Shekau, grièvement blessé mercredi soir après des affrontements avec des jihadistes rivaux, ne cessent de circuler. 

Le président Buhari a exprimé « sa profonde tristesse » après le crash de l’avion militaire « qui a enlevé la vie au chef de l’armée, le lieutenant général Ibrahim Attahiru et à d’autres officiers militaires », dans un communiqué vendredi soir. 

Dix autres officiers sont morts dans ce crash « qui a eu lieu peu après le décollage à l’aéroport de Kaduna à cause du mauvais temps », selon l’armée, qui précise dans un communiqué, qu’une enquête a été ouverte. 

« C’est un coup mortel qui nous est porté à un moment où nos forces armés sont sur le point de mettre fin aux défis sécuritaires auxquels le pays est confronté », a ajouté le président dans son communiqué.

L’armée nigériane combat une insurrection jihadiste dans le nord-est du pays depuis 2009, un conflit qui a fait plus de 40.000 morts et a forcé à la fuite plus de deux millions de personnes.

En mai 2017, M. Attahiru avait pris la tête des opérations contre le groupe jihadiste dans le nord-est du pays, mais il avait été limogé sept mois plus tard alors que les attaques de Boko Haram n’avaient pas diminué.

– Neutraliser Shekau –

L’armée nigériane, sous financée et accusée de mauvaise gestion, est critiquée de toute part pour son incapacité à mettre un terme aux violences dans le pays, et particulièrement à l’insurrection jihadiste. 

Depuis des années, elle tente notamment de neutraliser le leader de Boko Haram, Abubakar Shekau en vain. Elle avait même annoncé à plusieurs reprises sa mort, à tort. 

Mercredi, ce sont des jihadistes du groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap) qui ont réussi à encercler la maison où se trouvait Abubakar Shekau dans la forêt de Sambisa, dans le nord-est du Nigeria.

Selon deux sources proche des services de renseignement, le leader s’est grièvement blessé en tentant de se suicider pour éviter d’être capturé par les jihadistes rivaux liés à l’Etat islamique (EI). 

L’une de ces sources a affirmé vendredi soir à l’AFP que Abubakar Shekau était finalement décédé jeudi des suites de ses blessures. 

« Shekau est mort hier soir dans le village de Nainawa, il a été enterré dans la nuit, mais sa tombe n’a pas été marquée pour éviter que l’armée nigériane ou les jihadistes rivaux ne puissent l’exhumer », a affirmé à l’AFP cette source.

Un habitant de ce village, situé dans le forêt de Sambisa, a confirmé à l’AFP avoir vu une vingtaine de véhicules de Boko Haram, dont l’un transportant un corps, arriver jeudi soir dans sa localité.

« Nous avons appris aujourd’hui que c’était Shekau qui était dans le véhicule, qu’il est mort hier et qu’il a été enterré dans la nuit », a-t-il déclaré à l’AFP au téléphone. 

Ni Boko Haram, ni l’Iswap n’ont pour l’heure annoncé la mort de Abubakar Shekau, mais pour plusieurs médias nigérians et spécialistes de la région, son décès ne fait plus de doute.

La perte de Shekau serait un coup dur pour Boko Haram dont il a été la figure centrale pendant onze ans, mais elle ne signifierait pas la fin de l’insurrection jihadiste. 

Au contraire, la prise du fief de Shekau pourrait permettre à l’Iswap, devenu le groupe le plus puissant dans la région, de consolider son emprise sur le territoire, et de mener des attaques encore plus sophistiquées contre l’armée nigériane. 

Par msn avec AFP (str-cma/ob)

Boko Haram au Nigeria : Abubakar Shekau grièvement blessé lors d’une attaque

mai 21, 2021
Abubakar Shekau, ici en 2014 dans une vidéo de propagande de Boko Haram.

Des sources au sein des services de renseignements affirment que le chef du groupe jihadiste Boko Haram s’est blessé en tentant de se suicider pour éviter d’être capturé par des jihadistes rivaux.

Après une série de combats contre des membres du groupe rival État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), Abubakar Shekau – qui dirige le Jamaat Ahl Al-Sunnah Lil Dawa Wal Jihad (JAS) – et plusieurs de ses hommes se sont retrouvés encerclés mercredi 19 mai dans leur bastion de la forêt de Sambisa. « Pour éviter d’être capturé, Shekau s’est tiré une balle dans la poitrine, et elle a traversé son épaule. Il a été grièvement blessé », a affirmé une source au sein des services de renseignements.

Certains de ses combattants auraient réussi à s’enfuir en l’emmenant avec eux, a précisé la même personne. Une deuxième source issue des renseignements a déclaré à l’AFP qu’Abubakar Shekau avait été sévèrement blessé après avoir activé des explosifs dans la maison où il s’était réfugié avec ses hommes. Toutefois, l’armée et les autorités nigérianes n’ont pas encore réagi.

Boko Haram monte en puissance

Depuis le début de l’insurrection, ce chef jihadiste aussi violent qu’insaisissable a été donné pour mort à plusieurs reprises. Un temps silencieux, il avait fait une sortie remarquée en mars 2020 en se montrant menaçant, dans un enregistrement sonore, envers le président Idriss Déby Itno. Le Nigérian, s’exprimant en haoussa, y mettait en garde le chef de l’État tchadien, l’estimant incapable de « combattre ceux qui ont choisi de se battre pour le jihad ». « Il fanfaronne », avait alors commenté pour Jeune Afrique un haut responsable à N’Djamena.

En 2016, Boko Haram s’est scindé en deux factions. L’une, historique, l’Iswap, reconnu par l’organisation État islamique (EI), a son bastion autour du lac Tchad. L’autre, le JAS d’Abubakar Shekau, contrôle le région qui entoure la forêt de Sambisa.

Force est de constater que, malgré cette scission, les deux groupes montent en puissance. Ils combattent l’armée nigériane et ont étendu leurs actions jusqu’au Niger, au Tchad et au Cameroun voisins. La faction historique Iswap, elle, gagne du terrain en lançant des attaques plus sophistiquées.

Par Jeune Afrique avec AFP