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Depuis Londres, Buhari envoie un message vocal aux Nigérians pour l’Aid

juin 26, 2017

Un homme lit un journal dont la Une est consacrée au départ du président Muhammadu Buhari à Londres pour raisons médicales, le 8 mai 2017. / © AFP/Archives / PIUS UTOMI EKPEI

Malade et absent de son pays depuis des semaines, le président nigérian Muhammadu Buhari, a envoyé un message vocal pour souhaiter à ses compatriotes une joyeuse Aïd El-Fitr qui marque lundi la fin du ramadan au Nigeria, selon la présidence.

Dans le message vocal attribué au président et diffusé sur les radios nigérianes durant le week-end, une voix qui semble être la sienne, très fatiguée et hésitante, s’exprime en haoussa.

« Je suis immensément reconnaissant à Dieu pour sa miséricorde à nous guider avec succès pour achever un autre Ramadan. Mes salutations à tous les musulmans nigérians et à nos frères chrétiens à l’occasion de l’Aïd El-Fitr », affirme le message traduit en anglais par la présidence.

« Je demande encore une fois à tous les Nigérians d’éviter des déclarations ou des actions irresponsables à l’encontre de nos compatriotes », a-t-il ajouté faisant allusion aux tensions ethniques et religieuses qui ont récemment refait surface dans le pays. Le Nigeria compte près de 200 millions d’habitants avec des centaines de groupes ethniques.

« Nous devrions nous résoudre à vivre dans la paix et l’unité dans notre grand pays », a-t-il dit.

Les plus grands doutes planent sur l’état de santé de Muhammadu Buhari (74 ans), dont le Nigeria reste sans nouvelles depuis son départ à Londres début mai pour raisons médicales, même si son entourage tente de rassurer l’opinion, affirmant régulièrement qu’il n’y a pas à s’inquiéter.

Des médias locaux et les réseaux sociaux ont relayé ces derniers des rumeurs selon lesquelles le chef de l’Etat avait des diffucultés d’élocution et des trous de mémoire.

En début d’année, M. Buhari, avait déjà passé près de deux mois à Londres pour des raisons de santé. A son retour il avait confié « n’avoir jamais été aussi malade », alors que ses proches et ses porte-parole n’avaient cessé de dire qu’il était « en pleine forme ».

Les causes de sa maladie n’ont pas été dévoilées, mais il a semblé extrêmement affaibli lors de ses dernières apparitions publiques.

Romandie.com avec(©AFP / 26 juin 2017 13h52)                

ONU: Mort subite du directeur exécutif de l’Unfpa, le Dr Babatunde Osotimehin

juin 8, 2017

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Dr Babatunde Osotimehin

Le directeur exécutif du Fonds des Nations Unies pour la population (Unfpa), le Nigérian Dr Babatunde Osotimehin, est décédé subitement à son domicile, dans la nuit du dimanche 4 au lundi 5 juin 2017, à l’âge de 68 ans (il naquit le 6 février 1949 dans l’Etat d’Ogun / Sud-Ouest du Nigéria).

Ce décès a provoqué un choc au bureau de l’Unfpa en Haïti, où les activités ont été suspendues tout de suite après l’annonce de la nouvelle, indique à AlterPresse une source de l’institution.

Osotimehin était très respecté au niveau du système de l’Unfpa, poursuit-elle.

« La disparition du Dr Osotimehin est une terrible nouvelle pour l’Unfpa et pour l’ensemble des personnes, en particulier les femmes, les filles et les jeunes, auxquelles il a consacré sa vie sans relâche, depuis ses premières années comme médecin au Nigéria », indique un communiqué des Nations unies, transmis à l’agence en ligne AlterPresse.

Homme de courage et de détermination, il a mis son leadership exceptionnel au service de la santé et des droits des femmes et des filles du monde entier, et a toujours veillé à porter leurs intérêts aux plus hauts niveaux, ajoute-t-il.

Le Dr Osotimehin estimait que les 1,8 milliard de jeunes de notre planète sont le plus grand espoir de notre avenir commun, rappelle-t-il.

L’Unfpa appelle chacune et chacun à se rallier aux causes chères au Dr Osotimehin, comme l’éradication des décès maternels évitables, des pratiques néfastes envers les femmes et les filles, ainsi que la prise en charge intégrale des besoins de planification familiale, dans le but de poursuivre son œuvre.

Elle en profite pour adresser ses plus sincères condoléances aux proches d’Osotimehin, en espérant qu’ils trouvent la force de traverser cette épreuve.

« Le monde a perdu un grand champion de la santé et du bien-être pour tous », déclare, dans la presse, le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (Onu), le Portugais Antonio Guterres.

Médecin et spécialiste de santé publique, également secrétaire général adjoint de l’Organisation des Nations unies, Osotimehin était, depuis le 1er janvier 2011, le quatrième directeur exécutif de l’Unfpa.

Avant de devenir ministre de la santé, il était directeur général de l’Agence nationale du Nigéria pour la lutte contre le Vih/Sida, chargée de coordonner les interventions de prévention et de lutte contre le Vih/Sida dans le pays.

Après avoir achevé, en 1972, ses études de médecine à l’université d’Ibadan, au Nigéria, le Dr Osotimehin a obtenu en 1979 un doctorat en médecine à l’Université de Birmingham, au Royaume-Uni.

Nommé professeur à l’université d’Ibadan en 1980, il a dirigé le département de pathologie clinique, avant d’être élu doyen de la Faculté de médecine en 1990.

En décembre 2005, il a été élevé au grade d’officier de l’Ordre du Niger, l’une des plus hautes distinctions nationales nigériennes.

Marié, père de cinq enfants et grand-père de plusieurs petits-enfants, il a également présidé plusieurs conseils, notamment au sein du Forum économique mondial.

Avec Alterpresse.org

 

 

Nord-est du Nigeria: onze morts dans une attaque de Boko Haram

juin 8, 2017

Maiduguri (Nigeria) – Onze personnes ont été tuées lors d’une attaque sur la grande ville de Maiduguri, dans le nord-est du Nigeria, lancée mercredi soir vraisemblablement par le groupe jihadiste Boko Haram, a annoncé la police locale.

Dix civils ont été tués dans trois attentats suicide coordonnés et un autre dans le quartier de Jiddari Polo, alors que les habitants tentaient de fuir les assaillants, a expliqué le commissaire de police pour l’Etat de Borno, Damian Chukwu.

Un des trois kamikazes s’est fait exploser dans le quartier de Goni-Kachallari alors que des fidèles musulmans sortaient de la mosquée. « Le kamikaze est mort, de même que six autres personnes », a-t-il indiqué.

« Le second a fait détoner sa ceinture explosive dans les locaux des Autorités pour le Développement du lac Tchad à 21H20 (20H20 GMT), faisant trois morts en plus du kamikaze », a-t-il poursuivi M. Chukwu.

Le troisième attentat suicide a fait un mort supplémentaire. En tout, 24 personnes ont été blessées.

Cette attaque sur la capitale de l’Etat du Borno intervient alors que le président par intérim Yemi Osinbajo devait inaugurer jeudi un important projet humanitaire.

Selon des témoignages d’habitants, un groupe de combattants a commencé l’attaque sur le campement d’Aridawari, dans la périphérie de Maiduguri, berceau de Boko Haram, vers 17H00.

« Les attaquants sont arrivés dans le village, ils portaient des armes lourdes et ont tiré sur les maisons », a raconté Musa Umara, un habitant d’Aridawari. Tout le monde a « pris la fuite dans toutes les directions », a-t-il ajouté.

Les insurgés se sont ensuite rendus sur une base militaire, traversant le quartier de Jiddari-Polo, tirant au hasard, selon un habitant, Salihu Abdallah. « Les soldats les ont stoppés au niveau de la caserne militaire de Giwa vers 18H30 », a-t-il expliqué.

Le mois dernier, un des cinq combattants libérés en échange de 82 lycéennes de Chibok, avait menacé de mener une attaque de grande envergure sur Maiduguri dans une vidéo.

La libération des filles de Chibok, enlevées il y a plus de trois ans par Boko Haram, ainsi que le rétablissement de la paix sur les pourtours du lac Tchad étaient les priorités du président Muhammadu Buhari élu en 2015, mais actuellement en congé maladie à Londres.

La rébellion de Boko Haram, qui a prêté allégeance au groupe Etat islamique en 2015, et sa répression par les autorités ont fait plus de 20.000 morts et 2,6 millions de déplacés depuis le début de cette insurrection en 2009.

Romandie.com avec(©AFP / 08 juin 2017 14h11)                                            

Nigeria: Nnamdi Kanu, la nouvelle voix de l’indépendantisme pro-Biafra

mai 29, 2017

Des membres du mouvement indépendantiste pour les peuples indigènes du Biafra (Ipob)portant le Talit (châle de prières juif) devant la maison de leur chef Nmandi Kanu, à Umuahai, le 27 mai 2017 / © AFP / STEFAN HEUNIS

La prison n’a entamé en rien son combat au Nigeria. Elle a plutôt donné un nom au jeune leader indépendantiste biafrais Nnamdi Kanu, longtemps méconnu. Et l’a propulsé sur le devant de la scène politique.

Le pas lent, il s’avance dans la cour familiale de sa ville natale, Umuahia (sud-est du Nigeria), acclamé en « sauveur » par une foule de partisans aux couleurs rouge-noir-vert du drapeau biafrais. Lui a revêtu les oripeaux d’un chef traditionnel.

« Je suis plus déterminé que jamais », annonce tranquillement à l’AFP le chef de file du mouvement indépendantiste pour les peuples indigènes du Biafra (Ipob), libéré sous caution fin avril après dix-mois derrière les barreaux.

Encore sous le coup d’accusations de « trahison », il semble n’avoir que faire des conditions qui lui ont été imposées par la justice à sa sortie : interdiction formelle de parler à la presse et de participer à des rassemblements de plus de 10 personnes.

Pas question pour lui de rester silencieux à l’approche de la date clé: le cinquantenaire mardi de la proclamation de l’indépendance du Biafra, région déshéritée du sud-est du Nigeria qui fut le théâtre d’une sanglante guerre civile entre 1967 et 1970.

Son objectif ? La « désobéissance civile » jusqu’à l’organisation d’un référendum d’autodétermination pour la région. Il appelle pour cela au « boycott absolu » de toutes les élections.

Après la mort de plus d’un million de personnes et l’échec d’une rébellion à bout de souffle, le Biafra avait fini par réintégrer le Nigeria, mosaïque ethnique et religieuse de près de 200 millions d’habitants régulièrement secouée par des tensions intercommunautaires.

Mais en territoire igbo, le rêve d’indépendance ne s’est jamais vraiment dissipé, alimenté par le sentiment d’abandon du pouvoir nigérian.

A tour de rôle, vétérans et jeunes militants se pressent pour écouter les talents d’orateur du quadragénaire aux lunettes rondes qui a ressuscité la cause. Dans le salon où il reçoit, une peinture grandeur nature recouvrant tout un mur représente le fils prodigue dans une posture martiale.

Le leader dénonce pêle-mêle les « tueries » et les « viols » dont sont victimes les Igbos de la part des forces de sécurité, la « politique délibérée » menée par le président musulman Muhammadu Buhari « pour appauvrir » son peuple.

Son enfance passée à Umuahia, ancienne capitale du Biafra indépendant, à quelques mètres de l’ancien bunker des forces armées biafraises, n’est sans doute pas étrangère à son engagement politique.

Il était à peine né durant la guerre – il refuse de donner son âge – mais l’aîné d’une fratrie de cinq enfants est bercé très jeune par les récits de son père, qui a soutenu logistiquement la résistance.

– Tribu perdue d’Israël –

Inconnu de la plupart des Nigérians il y a encore deux ans, le militant indépendantiste a longtemps lancé ses diatribes virulentes à l’encontre du pouvoir central depuis Londres, où il s’installe à la fin de ses études, et crée la station pirate Radio Biafra en 2009.

Il travaille dans l’immobilier et milite la nuit sur les ondes de sa radio. Il rejoint pour un temps un autre groupe indépendantiste, le Mouvement pour la réalisation de l’Etat souverain du Biafra (Massob), dont il claquera la porte pour fonder l’Ipob en 2013.

Kanu franchit la ligne rouge lorsqu’il appelle ouvertement à prendre les armes deux ans plus tard, au Congrès mondial Igbo à Los Angeles: « Nous avons besoin d’armes et nous avons besoin de balles (…) Si nous n’obtenons pas (la création du) Biafra, tout le monde devra mourir ».

Il est arrêté à son hôtel en octobre 2015, lors d’une visite au Nigeria.

Cette arrestation était « inappropriée et injustifiée », estime le politologue et universitaire nigérian Fred Anibeze. « Il utilisait la cause du Biafra pour se faire de la publicité facile via la diffusion de Radio Biafra et ça a renforcé le demi-dieu qu’il est devenu depuis sa sortie », affirme-t-il à l’AFP.

Son incarcération provoquent la colère des Igbos et plusieurs manifestations organisées pour réclamer sa libération tournent au bain de sang.

Selon Amnesty International, les forces de sécurité nigérianes ont tué « au moins 150 membres et partisans de l’organisation pro-Biafra Ipob » au cours de l’année 2016, ce qu’Abuja nie en bloc.

Kanu incarne « les aspirations d’une nouvelle génération plus militante, plus radicale » que ses aînés qui ont déjà connu la guerre, assure Don Okereke, analyste en sécurité. « Il dit aux gens exactement ce qu’ils ont envie d’entendre ».

S’il est difficile de connaitre avec précision sa capacité de mobilisation dans le sud-est du pays, ses fidèles vouent quasiment un culte à sa personne depuis sa sortie. Il faut dire que Kanu entretient la légende, en permanence protégé par un impressionnant service de sécurité, qui fouille minutieusement chacun de ses visiteurs.

La religion est omniprésente dans les discours de celui qui porte désormais le talit (le châle de prière juif) et observe le shabbat. Tout est parti d’une « vision révélatrice » lors d’un voyage à Jérusalem: les Igbo – dont l’immense majorité sont chrétiens – descendent en fait d’une tribu perdue d’Israël.

Le Biafra est la « terre promise » qu’il s’est donné pour mission de rétablir. Et à l’Ipob, on porte désormais la kippa.

Romandie.com avec(©AFP / 29 mai 2017 13h13)                

Nigeria: une autre adolescente de Chibok kidnappée par Boko Haram retrouvée

mai 17, 2017

Abuja – Le gouvernement nigérian a annoncé mercredi qu’une autre écolière de Chibok, kidnappée il y a plus de trois ans par le groupe jihadiste Boko Haram, avait été retrouvée par l’armée nigériane alors qu’elle fuyait ses ravisseurs.

Elle a été « retrouvée par des soldats de l’armée nigériane alors qu’elle s’échappait », a précisé un responsable gouvernemental.

Le vice-président nigérian, Yemi Osinbajo, a informé de cette nouvelle des ministres lors d’une réunion mercredi, selon le porte-parole de la présidence, Femi Adesina.

« Nous n’avons pas encore tous les détails, mais je peux vous garantir que c’est vrai », assuré M. Adesina.

« J’ai appris qu’elle était déjà à Abuja, mais je ne l’ai pas encore vue », a-t-il ajouté.

Bashir Ahmad, le secrétaire général de la Présidence a également confirmé la nouvelle sur son compte Twitter, déclarant: « Une #Chibokgirl qui avait pris la fuite de ses ravisseurs, a été retrouvée par les troupes nigérianes ».

Aucun détail n’a été donné sur le lieu où elle a été retrouvée, mais désormais 107 des 219 lycéennes kidnappées par Boko Haram en avril 2014 sont libres.

Début mai, 82 d’entre elles ont été libérées dans un échange avec des prisonniers suite à des négociations entre le gouvernement d’Abuja et les jihadistes. 21 autres ont été échangées de la même manière en octobre. Trois ont été retrouvées également par l’armée, aux abords de la forêt de Sambisa, le fief du groupe.

Le gouvernement a assuré récemment que des négociations étaient en cours pour libérer les 112 jeunes filles toujours détenues, l’une des promesses électorales du président Muhammadu Buhari.

Dans une vidéo publiée par le groupe la semaine dernière, l’une d’elles assure ne pas vouloir rentrer chez elle.

Le conflit entre l’armée nigériane et Boko Haram a fait plus de 20.000 morts et 2,6 millions de déplacés en huit ans.

Romandie.com avec(©AFP / 17 mai 2017 22h40)                                            

Nigeria: Tinapa, l' »éléphant blanc » à 450 millions de dollars

mai 17, 2017

Un studio de cinéma vide de la zone commerciale de Tinapa, le 26 avril 2017 à Calabar, au Nigeria / © AFP / STEFAN HEUNIS

Studios cinémas futuristes, magasins de luxe et train aérien… Tinapa devait être une vitrine du dynamisme nigérian, un hub commercial pour l’Afrique de l’ouest qui rapporterait des millions de dollars. Mais dix ans après sa création, cette ville-fantôme est devenue le symbole d’un immense gâchis.

C’est ce qu’on appelle un « éléphant blanc »: un projet démesuré qui débouche sur rien, ou pas grand chose. Tinapa a coûté quelque 450 millions de dollars (413 millions d’euros) avant de devenir un gouffre financier pour ses actionnaires.

Ses courbes majestueuses et ses coupoles avant-gardistes se dressent avec insolence au milieu de la brousse et des palmiers. A l’entrée du site, à quelques kilomètres de Calabar, capitale de l’Etat de Cross River (sud), des panneaux géants annoncent avec enthousiasme: « Tinapa (est) de retour! » Pourtant, les rares visiteurs qui s’y aventurent déchantent vite.

Hormis quelques employés désoeuvrés, il n’y a pas âme qui vive dans les interminables allées commerçantes de ces 80.000 m2 d’entrepôts et de boutiques posés au bord d’une lagune et qui devaient faire la renommée de Calabar.

« Nous n’avons pas de clients, Tinapa ressemble à un cimetière », se lamente le vendeur du magasin Da Viva, une marque de pagne populaire en Afrique. « Beaucoup ont déjà plié bagages », dit-il en montrant du doigt des locaux désaffectés.

Plongé dans l’obscurité, un immense supermarché expose encore vêtements, meubles, et toutes sortes de babioles manufacturées à l’étranger. A l’intérieur, un vieil homme somnole dans une chaleur suffocante. L’électricité a été coupée depuis longtemps.

Dubaï africain

Au début des années 2000, le Nigeria, en passe de devenir la première économie et le principal producteur de pétrole d’Afrique, était le lieu de tous les possibles. Une poignée d’hommes d’affaires et d’architectes ont alors imaginé un centre de commerce et de tourisme international implanté sur une zone franche. Les plus grandes banques nigérianes ont accouru pour financer le projet, inauguré en 2007.

« A l’époque, tout le monde était emballé, Tinapa devait booster le développement de toute la région et générer des milliers d’emplois », se souvient Bassey Ndem, premier directeur général du site et l’un de ses concepteurs.

Objectif: attirer les milliardaires nigérians s’envolant habituellement vers Dubaï ou Londres pour faire du shopping.

Un complexe hôtelier de 242 chambres cossues avec vue sur la lagune et un parc aquatique à toboggans sont ainsi construits pour accueillir ces clients prestigieux et leur progéniture.

A côté de ce tourisme de luxe, l’idée est surtout de faire de Cross River un carrefour commercial sur la côte atlantique, capable de concurrencer le port de la capitale économique Lagos -située à quelque 800 km plus au nord-ouest- en approvisionnant le Nigeria et ses voisins comme le Cameroun, le Tchad et le Niger, de marchandises importées.

« Tout allait bien au début. Au pic de l’activité, nous avons gagné sur l’année 2009 environ 30 millions de dollars », assure Bassey Ndem.

« Mais nous avons été confrontés à de fortes résistances des douanes, qui ne voulaient vraiment pas que la zone franche fonctionne », accuse-t-il.

Les marchandises étaient censées être exonérées de droits de douanes à leur entrée dans la zone franche. Mais dès les premiers mois, les douanes, réputées très corrompues, ont bloqué dans les ports du pays des dizaines de conteneurs destinés à Tinapa, paralysant le commerce naissant.

L’argent s’évapore

Bassey Ndem finit par jeter l’éponge en 2012. Aucun de ses successeurs n’a depuis réussi à faire décoller Tinapa. « Il n’y a pas eu la volonté politique suffisante » pour faire vivre le projet, dit-il, « frustré » et « en colère » face à tant de « gâchis ».

Pour l’économiste et blogueur Nonso Obikili, cet échec s’explique surtout par la faiblesse des infrastructures existantes -routes mauvaises et port de taille moyenne- pour acheminer les marchandises.

« C’était un vaste projet conçu pour aller avec un port en eaux profondes capable d’accueillir de gros navires. Celui-ci était de la responsabilité de l’Etat fédéral, mais il n’a pas vu le jour », affirme-t-il à l’AFP.

Finalement, aucun grand nom de la joaillerie ou du prêt-à-porter n’ont voulu investir dans le paradis vanté par ses promoteurs, et l’hôtel reste désespérément vide. Les studios de cinéma n’ont pas davantage attiré les stars de « Nollywood » -le Hollywood nigérian- qui ont préféré rester à Lagos.

Evoquant Tinapa, l’auteure anglo-nigériane Noo Saro-Wiwa fustige l’incurie des dirigeants dans son pays d’origine, où l’immense majorité des 190 millions d’habitants n’a guère profité de 40 ans de croissance économique et continue à vivre dans un dénuement extrême.

« J’entends les discours interminables des politiciens nigérians sur les parcs à thème, les centres touristiques, les centres commerciaux et leurs +retombées+ sur l’économie », écrivait-elle dans « Transwonderland » en 2012. « Mais il n’y a pas de +retombées+ au Nigeria: l’argent coule vers le haut ou s’évapore au contact de l’air ».

Romandie.com avec(©AFP / 17 mai 2017 11h33)                

Nigeria: plusieurs dizaines de lycéennes de Chibok libérées des mains de Boko Haram

mai 6, 2017

Images tirée d’une vidéo de Boko Haram montrant des jeunes filles enlevées par le groupe islamiste à Chibok (Nigéria) en avril 2014 / © BOKO HARAM/AFP/Archives / HO

Au moins 80 lycéennes de Chibok ont été libérées des mains de Boko Haram samedi, après plus de trois ans de captivité aux mains du groupe jihadiste nigérian Boko Haram, ont indiqué un ministre, des sources de sécurité et le père de deux filles.

« Je peux confirmer qu’elles ont été libérées », a déclaré un ministre à l’AFP sous couvert de l’anonymat, tandis qu’une source militaire a affirmé qu' »au moins 80 jeunes filles de Chibok » ont été amenées à Banki (nord-est du Nigeria). Enoch Mark, père de deux jeunes filles enlevées, a dit avoir été informé.

Romandie.com avec(©AFP / 06 mai 2017 22h49)                

Nigeria: Boko Haram se prépare à enlever des étrangers

mai 6, 2017

 

Une voiture de l’armée nigériane patrouille dans la ville de Banki, dans le nord-est du Nigeria, le 26 avril 2017 / © AFP/Archives / FLORIAN PLAUCHEUR

La Grande-Bretagne a affirmé vendredi que le groupe jihadiste Boko Haram se préparait à kidnapper des étrangers dans le nord-est du Nigeria.

Le Foreign Office à Londres a dit avoir reçu des rapports selon lesquels le groupe jihadiste « planifiait activement » l’enlèvement d’étrangers travaillant dans le pays dans la région de Bama, située dans l’État de Borno au nord-est du pays.

L’ambassade américaine à Abuja a déclaré dans un message à ses ressortissants que ce rapport était « crédible ».

Dans un avis aux voyageurs, la Grande-Bretagne et les États-Unis ont indiqué que la zone concernée se situe « le long de l’axe Banki-Kumshe », à la frontière avec le Cameroun.

Depuis deux ans, les insurgés ont été chassés de la plupart des territoires dont ils s’étaient emparés en 2014 pour fonder un califat islamique. Mais malgré cet affaiblissement, les attaques et attentats-suicides continuent.

Le conflit, qui dure depuis huit ans, a fait plus de 20.000 morts et 2,6 millions de déplacés, dévastant la région et rendant des millions de personnes dépendantes de l’aide humanitaire.

Romandie.com avec(©AFP / 06 mai 2017 11h14)                

Nigeria: le président absent une nouvelle fois du conseil des ministres

mai 3, 2017

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Le président du Nigeria, Muhammadu Buhari ne s’est pas présenté mercredi au conseil des ministres pour la troisième fois consécutive, relançant une fois encore les inquiétudes sur son état de santé, malgré les déclarations rassurantes de son épouse.

Le vice-président Yemi Osinbajo a siégé à la tête du conseil hebdomadaire, après avoir assuré l’intérim de la présidence pendant plus de 8 semaines, lors d’une absence prolongée de M. Buhari, pour un congé médical à Londres, conformément à la Constitution.

La semaine dernière, le porte-parole de la présidence a assuré que M. Buhari, âgé de 74 ans, travaillait « depuis la maison » et qu’il avait besoin de se reposer après son traitement en Angleterre, sans donner davantage de précisions sur la nature de sa maladie.

S’exprimant sur Twitter, Aisha Buhari, a déclaré mardi soir que son époux « continue à remplir ses devoirs pendant toute cette période », et que son état de santé « n’est pas aussi grave que ça en a l’air ».

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Pourtant, le président ne s’est pas non plus rendu à la mosquée pour la prière hebdomadaire vendredi dernier, ni au mariage de l’un de ses petits-fils samedi, alimentant les rumeurs mais aussi les appels à sa vacance du pouvoir.

Mardi, des membres de la société civile nigériane se sont unis pour appeler le président à se mettre en congé du pouvoir, assurant que ses problèmes de santé ne lui permettaient plus de diriger le pays.

De nombreux hommes politiques, d’abord de l’opposition puis peu à peu du parti du président, le All Progressive Congress (APC), se sont également inquiétés de la situation de blocage que pourrait causer son absence des affaires, s’il ne délègue pas son pouvoir au vice-président comme le prévoit la Constitution, en pleine période de récession.

La question de la santé du chef de l’État est sensible au Nigeria – pays le plus peuplé d’Afrique et principale puissance pétrolière du continent avec l’Angola – depuis qu’en 2010, le président Umaru Yar’Adua est décédé de problèmes rénaux, longtemps cachés au grand public.

L’hospitalisation d’Umaru Yar’Adua à l’étranger avait déclenché des mois d’incertitude politique, jusqu’à sa mort à l’âge de 58 ans le 5 mai 2010, qui a finalement porté au pouvoir le deuxième personnage de l’État, le vice-président Goodluck Jonathan pour le reste de son mandat. M. Jonathan a ensuite remporté la présidentielle de 2011.

Si le président Buhari devait ne plus exercer le pouvoir, il serait normalement remplacé par le vice-président Osinbajo jusqu’à la prochaine élection prévue en février 2019

Romandie.com avec(©AFP / 03 mai 2017 15h04)                  

Nigeria: 53 hommes accusés d’avoir organisé un « mariage gay »

avril 20, 2017

Un attroupement devant un tribunal islamique de Bauchi au Nigeria lors du procès de personnes accusées d’homosexualité, le 22 janvier 2014 / © AFP/Archives / AMINU ABUBAKAR

Cinquante-trois Nigérians ont été traduits en justice mercredi dans l’Etat de Kaduna (nord), sous l’accusation d’avoir organisé un mariage gay, l’homosexualité pouvant entrainer 14 ans de prison dans le pays, a indiqué jeudi un greffier à l’AFP.

« Selon le dossier de l’accusation, les suspects ont été arrêtés le 15 avril dans un motel », a expliqué Mahmud Bello. « Ils sont poursuivis pour conspiration, rassemblement illégal, et appartenance à un groupe anti-social. »

Dans le dossier d’accusation, il est indiqué qu’une « équipe de police a arrêté un groupe de personnes qui préparaient la célébration d’un mariage gay dans le motel entre Faruk et Sanusi, tous deux en cavale. »

Les accusés, des hommes âgés de 20 à 30 ans pour la plupart étudiants, sont passés en première audience mercredi devant la Cour de Justice de Zaria. Ils ont été arrêtés après dénonciation, vraisemblable d’un employé de l’hôtel où se tenait le rassemblement.

Les deux « fiancés » sont toujours recherchés par la police.

Les accusés ont tous plaidé non-coupable et ont été libérés sous caution par le juge Auwal Musa Aliyu, qui a ajourné le procès au 8 mai.

L’ex-président nigérian Goodluck Jonathan, a fait voter en 2014 une loi qui bannit non seulement le mariage homosexuel, mais aussi la « cohabitation entre même sexe », et condamne de 10 à 14 ans de prison tout témoignage public de « relations amoureuses entre personnes de même sexe ».

Dans ce pays, fortement religieux et au sentiment homophobe exacerbé de la part des chrétiens et des musulmans, personne n’a jamais été condamné pour son homosexualité mais la loi en vigueur a créé « un sentiment de peur et des excès de zèle » des forces de sécurité, selon Wendy Isaack, spécialiste des questions de genre pour Human Rights Watch.

Dans certains Etats du nord musulman où est applicable la charia depuis 2000, la loi fédérale est doublée de la loi islamique, selon laquelle l’acte de sodomie peut être passible de la peine de mort. Une condamnation qui n’a jamais été appliquée jusqu’à présent, malgré de nombreux procès.

En janvier 2014, une douzaine d’hommes suspectés d’homosexualité sont passés devant une cour islamique dans la ville de Bauchi. La population avait manifesté devant le tribunal pour demander l’application de la peine de mort à leur encontre.

Les accusés, certains reconnaissant les faits reprochés, avaient été libérés sous caution, et le dossier étouffé.

Romandie.com avec(©AFP / 20 avril 2017 21h22)