Posts Tagged ‘Nigeria’

Nigeria: huit femmes étranglées par de mystérieux «tueurs en série»

septembre 18, 2019

 

Huit femmes ont été retrouvées étranglées en l’espace de deux mois à Port-Harcourt, dans le sud du Nigeria, a annoncé la police après la découverte de plusieurs corps dans des hôtels qui enflamme la toile depuis plusieurs semaines.

La vague de meurtres, qui a débuté en juillet, a entraîné des réactions indignées d’internautes et des manifestations pacifiques à l’initiative d’organisations de défense des droits des femmes dans le hub pétrolier de Port-Harcourt. «Au dernier comptage, nous n’avons recensé que huit cas confirmés de meurtres dans des hôtels», sur lesquels la police enquête, a déclaré le commissaire de l’Etat de Rivers, Mustapha Dandaura, dans un communiqué.

«Le tueur en série drogue ses victimes avant de les étrangler», a-t-il ajouté, estimant que dans le cas contraire, les jeunes femmes auraient été en mesure de «tirer la sonnette d’alarme». Selon le commissaire, les motivations des criminels qui attirent leurs victimes dans des hôtels pourraient être des pratiques rituelles de type magie noire.

«Après les meurtres, on a retrouvé un tissu blanc enroulé autour du cou ou de la taille des victimes» qui fait penser aux agissements d’une secte, a-t-il poursuivi. Un suspect arrêté est passé aux aveux, tandis que d’autres personnes soupçonnées d’être impliquées dans les meurtres sont toujours recherchées.

L’indignation des Nigérians avait redoublé ces derniers jours lorsque la police a accusé les victimes d’être des prostituées, une activité illégale bien que très répandue au Nigeria. «Nous devons essayer de les rééduquer et les décourager de se prostituer car c’est comme ça qu’elles sont victimes de ces crimes», avait déclaré le commissaire adjoint de la police, Chuks Enwonwu, à des médias locaux.

Les autorités ont par ailleurs imposé de nouvelles mesures de sécurité dans les hôtels de Port-Harcourt, obligeant les propriétaires à installer des caméras de surveillance.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Violences xénophobes: l’Afrique du Sud présente ses «sincères excuses» au Nigeria

septembre 16, 2019

 

Un émissaire sud-africain en visite ce lundi à Abuja a présenté ses «plus sincères excuses» au Nigeria après une vague d’attaques xénophobes à Johannesburg et ses environs, des violences à l’origine de tensions entre les deux grandes puissances du continent.

L’ancien ministre Jeff Radebe a rencontré le président nigérian Muhammadu Buhari, lui faisant savoir que son homologue sud-africain Cyril Ramaphosa réitérait «ses plus sincères excuses». «Ces événements ne représentent pas les valeurs que nous défendons», a rappelé Jeff Radebe. Le chef de l’Etat sud-africain avait été hué par la foule samedi au Zimbabwe, lors des obsèques de Robert Mugabe, et avait affirmé se «tenir ici comme un frère africain» et «présenter ses excuses et exprimer son regret». Le président Buhari, qui avait pris les rênes d’une vive réaction sur le reste du continent africain, a assuré à l’envoyé sud-africain que les «relations entre les deux pays seraient consolidées».

L’Afrique du Sud a été touchée par une vague de violences xénophobes qui ont fait une douzaine de morts et des dégâts considérables, dont des biens de Nigérians, particulièrement dans les townships et le centre-ville de Johannesburg. De nombreux pays africains ont vivement réagi et le Nigeria, qui rivalise depuis des années avec l’Afrique du Sud pour la place de première puissance économique du continent, a pris la tête du mouvement. Muhammadu Buhari et Cyril Ramaphosa devraient se rencontrer lors d’une visite d’Etat en Afrique du Sud le mois prochain. Après le Nigeria, la mission emmenée par Jeff Radebe doit faire étape au Niger, au Ghana, au Sénégal, en Tanzanie, en République démocratique du Congo et en Zambie.

Par Le Figaro.fr avec AFP

 

Human Rights Watch exhorte le Nigeria à libérer des milliers d’enfants

septembre 10, 2019

 

Human Rights Watch a exhorté mardi le Nigeria à libérer des milliers d’enfants détenus par l’armée en raison de liens présumés avec les insurgés islamistes du groupe Boko Haram.

HRW affirme dans un rapport que des milliers d’enfants sont détenus arbitrairement dans des conditions dégradantes et inhumaines dans des cellules, en particulier dans la caserne de Giwa, dans la ville de Maiduguri, située dans le nord-est du pays. «De nombreux enfants sont détenus sans inculpation pendant des mois ou des années dans des casernes sordides et surpeuplées, sans contact avec le monde extérieur». Selon les Nations unies, 3600 enfants, dont 1617 filles, ont été détenus de janvier 2013 à mars 2019 pour leur implication présumée dans des groupes armés.

«Les enfants sont détenus dans des conditions horribles depuis des années, avec peu ou pas de preuves de liens avec Boko Haram, et sans avoir été traduits en justice», relève Jo Becker, chargé de la défense des droits des enfants à Human Rights Watch. «Beaucoup de ces enfants ont déjà survécu aux attaques de Boko Haram. Les traitements cruels infligés par les autorités aggravent leurs souffrances et les rendent encore plus vulnérables». Selon lui, les enfants touchés par le conflit ont besoin d’être scolarisés, pas emprisonnés.

Human Rights Watch demande au gouvernement nigérian de signer un accord avec les Nations unies qui garantirait le transfèrement des enfants aux autorités de protection de l’enfance pour leur réunification familiale et leur réintégration dans la communauté. «Si les autorités militaires ou les services de renseignement ont des preuves crédibles d’infractions pénales commises par des enfants, elles devraient les transférer aux autorités judiciaires civiles pour qu’elles les traitent conformément aux normes nationales et internationales en matière de justice pour mineurs», dit l’ONG.

Human Rights Watch a interrogé en juin 32 enfants détenus à la caserne de Giwa qui ont déclaré qu’ils n’avaient pas été traduits en justice. «Personne n’était au courant d’accusations contre eux. L’un d’eux a été détenu alors qu’il n’avait que cinq ans». De nombreux enfants ont dit avoir été arrêtés après avoir fui les attaques de Boko Haram contre leur village ou quand ils cherchaient refuge dans des camps de déplacés. L’un d’eux a déclaré qu’il avait été arrêté et détenu depuis plus de deux ans «pour avoir vendu des ignames à des membres de Boko Haram».

Selon HRW, plusieurs filles enlevées avaient été contraintes d’épouser des combattants de Boko Haram. Environ un tiers des enfants interrogés ont déclaré que les forces de sécurité les ont battus pendant leur interrogatoire après leur arrestation à la caserne de Giwa. L’insurrection de Boko Haram, qui dure depuis dix ans dans le nord-est du Nigeria, et sa répression par l’armée nigériane, ont tué plus de 27.000 personnes. Deux millions de personnes ont été déplacées par les attaques que Boko Haram mène également dans les pays voisins.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Nigeria : le bilan d’une attaque de Boko Haram dans le Nord-Est grimpe à 65 morts

juillet 28, 2019

 

Une attaque du groupe jihadiste Boko Haram samedi contre un groupe d’hommes revenant d’une cérémonie de funérailles, dans le nord-est du Nigeria, a fait 65 morts, soit près de trois fois plus qu’annoncé dans un premier bilan, a déclaré dimanche un responsable local.

Des dizaines de cadavres supplémentaires ont été découverts après l’attaque par des hommes armés d’un village proche de la capitale régionale Maiduguri. «Il y a 65 morts et 10 blessés», a déclaré le chef du gouvernement local Muhammed Bulama.

Plus de 20 personnes sont mortes dans l’attaque contre les participants rassemblés pour la cérémonie de funérailles et des dizaines d’autres ont été tuées alors qu’elles tentaient de poursuivre les jihadistes, a-t-il précisé.

Le dirigeant d’une milice locale anti-Boko Haram a confirmé ce bilan, tout en faisant un récit légèrement différent de l’attaque. Vingt-trois personnes ont été tuées alors qu’elles revenaient des funérailles et « les 42 autres ont été tuées quand elles ont poursuivi les terroristes », a déclaré Bunu Bukar Mustapha à l’AFP. Des journalistes de l’AFP sur place ont vu des maisons incendiées lors de l’attaque. Des proches rassemblaient les corps des personnes tuées en vue de leur enterrement.

Selon Muhammed Bulama, l’attaque de samedi est une opération de représailles contre le meurtre de 11 combattants du groupe et la saisie de 10 fusils automatiques par des habitants il y a deux semaines, lorsque Boko Haram s’était approché de leur village. Boko Haram est actif dans le district de Nganzai où il mène régulièrement des raids contre les villages.

En septembre dernier, le groupe avait tué huit personnes et volé du bétail dans deux villages de cette zone alors que les habitants essayaient de l’empêcher de voler leurs animaux.

L’insurrection de Boko Haram dans le nord-est du Nigeria et sa répression ont fait plus de 27.000 morts et plus de deux millions de déplacés en 10 ans

Par Le Figaro.fr avec AFP

Nigeria: au moins six manifestants chiites tués dans des heurts avec la police

juillet 22, 2019

 

Au moins six manifestants chiites du Mouvement islamique du Nigeria (IMN) ont été tués dans des heurts qui ont éclaté à Abuja ce lundi, ont rapporté des témoins de la scène ainsi qu’un journaliste de l’AFP présent sur les lieux.

«Nous marchions sans violence, et lorsque nous sommes arrivés au niveau du ministère des Affaires étrangères, ils (la police) ont commencé à tirer en l’air et sur la foule», a expliqué Abdullahi Muhammed Bello, un membre de l’organisation chiite. «Il y six corps devant moi, dont un mineur», a-t-il ajouté, dans un bilan confirmé par un journaliste de l’AFP qui couvrait la manifestation.

Un photographe de l’AFP qui couvrait la manifestation a compté le même nombre de victimes. «La manifestation était d’abord pacifique», a-t-il relaté, parlant de quelques centaines de manifestants chiites. «La police a commencé à sortir en nombre et a tiré des gaz lacrymogènes, et les manifestants ont riposté en lançant des cocktails Molotov», a ajouté le photographe.

La chaîne de télévision nigériane Channels a également fait savoir que l’un de ses reporters avait reçu une balle, sans donner de détails sur son état de santé. Le porte-parole de la police, Franck Mba a publié un communiqué pour demander aux habitants d’Abuja, la capitale fédérale, de rester calme. «Il y a une manifestation violente actuellement en cours», a fait savoir le porte-parole. «La police prend des mesures adéquates de maintien de l’ordre pour garder la situation sous contrôle».

Les membres de l’IMN, une organisation chiite radicale dans le nord du Nigeria majoritairement sunnite, demandent notamment la libération de leur chef, Ibrahim Zakzaky, incarcéré depuis décembre 2015. Le groupe s’oppose depuis des années à l’autorité nigériane et ses manifestations, quasiment quotidiennes désormais, sont souvent réprimées dans le sang.

En décembre 2015, l’armée a tiré sur des manifestants à Zaria, leur fief dans le nord du Nigeria, faisant plus de 350 morts. Fin octobre, des partisans de l’IMN avaient manifesté en masse à Abuja et la répression violente de la manifestation par les forces de sécurité avait fait 47 morts selon l’IMN et les observateurs, six selon les chiffres officiels

Par Le Figaro.fr avec AFP

Mondial féminin 2019 : les matchs des huitièmes de finale

juin 22, 2019

La Norvège s’impose aux tirs au but et va en quarts

La Norvège obtient son billet pour les quarts de finale de la Coupe du monde grâce à sa victoire aux tirs au but face à l’Australie (1-1, 4-1 tab). Dominatrices, les Norvégiennes ont ouvert la marque, grâce à la réalisation d’Isabell Herlovsen (31e). Mais à l’envie et au courage, les Australiennes n’ont jamais lâché. Leur résilience a payé grâce à l’égalisation d’Elise Kellond-Knight (83e).

Sans pouvoir se départager à l’issue du temps réglementaire puis des prolongations, les Norvégiennes ont été plus solides lors de la séance des tirs au but, en inscrivant leur quatre tentatives. A la différence de Samantha Kerr, qui a manqué le cadre, avant de voir Hjelmseth s’interposer sur la deuxième tentative australienne.

En quarts de finale, la Norvège affrontera le gagnant du 8e de finale entre l’Angleterre et le Cameroun jeudi 27 juin, au Havre. Le duel entre Anglaises et Camerounaises se tiendra demain, à 17h30 à Valenciennes, avant le 8e de finale de l’équipe de France face au Brésil, au Havre (21h).

Tranquille face au Nigéria, l’Allemagne file en quarts

Efficaces, les Allemandes seront au rendez-vous des quarts de finale du Mondial 2019, en France. Elles se sont sereinement imposées face à un trop faible Nigéria ce samedi, à Grenoble (3-0), et se sont rendues le match facile en ouvrant le score par Popp en milieu de première période (20e). Les Allemandes ont ensuite profité des erreurs de la défense nigériane pour aggraver la marque. Däbritz a doublé la mise sur penalty (27e) avant que Schüller ne clôt le score en fin de rencontre (82e). Premières qualifiées pour les quarts de finale, les filles de l’équipe d’Allemagne, deuxième nation mondiale, affronteront la Suède ou le Canada le 29 juin prochain, à Rennes (18h30).

Le Figaro.fr par La Rédaction

Nigeria: plusieurs soldats tués dans une attaque de Boko Haram contre leur base

juin 14, 2019

 

La faction du groupe djihadiste Boko Haram affiliée au groupe Etat islamique a attaqué une base militaire du nord-est du Nigeria, tué «plusieurs» militaires et volé des armes, ont indiqué vendredi des sources militaires.

Les djihadistes de l’ISWAP (Etat islamique en Afrique de l’Ouest) ont lancé leur attaque à l’aube jeudi contre cette base militaire située dans le village de Kareto, à 335 km au nord de Maiduguri, la capitale de l’Etat du Borno, au cœur du conflit avec le groupe djihadiste.

«Les terroristes ont attaqué le 153e bataillon à Kareto vers 04 heures du matin (05 heures en France) et mis en défaite les soldats qui ont dû se retirer après un dur combat», a précisé à l’AFP un officier préférant rester anonyme. «Nous avons perdu plusieurs hommes», a-t-il ajouté, «mais nous sommes encore en train de compter combien. Une chose dont nous sommes sûrs, c’est que le commandant de la base, un lieutenant-colonel, fait partie des victimes». Selon lui, les djihadistes ont saccagé la base et pillé armes et véhicules.

Ils ont «pris les soldats par surprise» alors qu’ils étaient en train de réparer du matériel de communication endommagé par un orage, a précisé un autre officier, toujours anonymement. Les soldats n’ont donc pas pu appeler à l’aide les deux bases militaires situées à proximité. «On ignore encore le nombre exact de victimes mais la mort du responsable de la base a été confirmée», a-t-il lui aussi déclaré. Selon ces deux militaires, les soldats défaits ont dû battre retraite à Damask, à une trentaine de kilomètres, à la frontière avec le Niger.

Des secours passaient la zone au peigne fin vendredi pour essayer de trouver des soldats ou des corps. Le village de Kareto avait déjà été attaqué par l’ISWAP, dont les djihadistes ont attaqué des dizaines de bases militaires, tuant un grand nombre de soldats dans cette région instable. De l’autre côté de la frontière avec le Cameroun, dimanche, une attaque de l’ISWAP a fait au moins 24 morts, dont 16 soldats, selon le ministre camerounais de la Défense. Quelque 64 djihadistes ont aussi été tués, a-t-il ajouté.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Nigeria: le président Muhammadu Buhari investi pour un second mandat

mai 29, 2019

 

Le président Muhammadu Buhari a été investi mercredi à Abuja pour un second mandat, promettant une nouvelle fois de s’attaquer à l’insécurité rampante et à la corruption endémique du premier producteur de pétrole du continent africain.

«Moi, Muhammadu Buhari, je promets que je porterai allégeance à la République fédérale du Nigeria, et que j’accomplirai mes devoirs à hauteur de mes meilleures capacités, (…) en respect de la constitution», a déclaré le chef de l’Etat de 76 ans, dans une tenue traditionnelle sahélienne, et lors d’une cérémonie sobre, tenue trois mois après les élections de février, contestées par l’opposition.

Aux côtés du vice-président Yemi Osinbajo, l’ancien général est arrivé sur la scène d’un stade d’Abuja, sur un tapis rouge, accompagné par un orchestre, sous un grand chapiteau blanc et vert, couleurs du drapeau nigérian, et entouré d’un grand nombre de militaires et généraux. Aucun chef d’Etat étranger n’assistait à cette cérémonie, présentée comme «sobre» par la présidence. Une autre cérémonie devrait avoir lieu le 12 juin, qui marque depuis cette année le «Jour de la Démocratie» au Nigeria.

Cette journée marque la fin du processus électoral compliqué, qui opposait le président Buhari, du Congrès des Progressistes (APC), à Atiku Abubakar, du Parti Populaire Démocratique (PDP). Buhari a été réélu avec 56% des voix, dans un scrutin marqué par des «manquements opérationnels sérieux», selon les observateurs locaux et internationaux. Comme lors de sa première élection en 2015, qui avait à l’époque suscité un grand vent d’espoir dans la première économie d’Afrique, le président a promis de s’attaquer à l’insécurité rampante et à la corruption endémique, deux fléaux de ce pays de 190 millions d’habitants.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Nigeria : les forces de l’ordre suspectées d’être impliquées dans des agressions sexuelles

mai 4, 2019

(photo d’illustration) © Alexandre Meneghini/AP/SIPA 

Plusieurs Nigérianes affirment avoir été victimes d’agressions sexuelles – dont des viols – commises par des membres des forces de l’ordre, selon les témoignages des femmes. Des accusations auxquelles la police n’a pas encore réagi.

« Au Nigeria, être une femme, jeune, c’est déjà un crime », assène Jenny*. Interpellée il y a deux semaines à Abuja, alors qu’elle rentrait chez elle, la jeune femme affirme avoir été violée par ceux censés la protéger.

« Vers 21 h 30 ou 22 h 00, je marchais pour rentrer chez moi quand la police m’a arrêtée, m’accusant d’« être dehors tard ». Ils m’ont demandé de payer 4 000 nairas (10 euros), mais je n’avais pas d’argent sur moi », raconte à l’AFP cette maquilleuse de 25 ans.

« Ils m’ont emmenée dans des fourrés, derrière un bâtiment. Ils étaient quatre. Ils m’ont molestée, et pendant que trois me maintenaient de force, l’un d’entre eux m’a violée, sans préservatif ».

Lors de deux raids spectaculaires, les 17 et 26 avril, des dizaines de femmes ont été arrêtées dans des boites de nuit, des bars à strip-tease, des hôtels ou dans les rues de la capitale fédérale nigériane au prétexte qu’elles se prostituaient – ce que plusieurs d’entre elles ont fermement nié.

Le scandale, relayé dans la presse, a provoqué une vague d’indignation sur les réseaux sociaux et relancé le débat sur les droits des femmes dans la société nigériane.

Les témoignages recueillis par l’AFP, accablants, font état de rafles arbitraires et de multiples agressions sexuelles, par une force d’intervention spéciale mixte composée d’agents administratifs du territoire de la capitale fédérale (FCT) et de policiers.

L’avocat et activiste Martin Obono, qui se trouvait au commissariat de police d’Utako la nuit du 26 avril, a été le premier à lancer l’alerte : « J’ai vu les filles descendre des véhicules en hurlant. Certaines saignaient et m’ont dit qu’elles avaient été violées avec des objets lors de leur transfert ».

« Il y avait une mère avec son bébé de deux mois, ils ne lui ont pas permis de l’allaiter malgré ses supplications et ses pleurs jusqu’à ce qu’une femme officier intervienne », a-t-il expliqué à l’AFP.

« Péché religieux »

Ce vendredi-là, Blessing*, 22 ans, était invitée à une soirée reggae dans un hôtel d’Abuja et achetait une bouteille d’eau à la réception lorsque les forces de l’ordre ont fait irruption.

« Ils m’ont trainée dehors en me traitant de prostituée, et m’ont emmenée au commissariat d’Utako », raconte Blessing, qui décrit une opération coup de poing impliquant « de nombreux fourgons et pick-up ».

« Ils ont ramassé environ 70 filles. Les policiers venaient nous provoquer dans notre cellule, ils nous regardaient nous changer, nous touchaient la poitrine et nous ont gazé plusieurs fois » au gaz lacrymogène, assure-t-elle.

Selon Blessing, une soixantaine de filles ont finalement pu rentrer chez elles: « certaines ont payé des pots-de-vin, d’autres ont accepté de coucher avec des policiers pour être libérées. Il y a un immeuble en construction dans le commissariat. C’est là qu’ils allaient ».

Un porte-parole de la police d’Abuja a répondu à l’AFP qu’il ne serait pas disponible « avant le mois prochain ». Les multiples appels et messages envoyés à d’autres responsables de la police fédérale sont également restés sans réponse.

Le patron de la police des polices, Abayomi Shogunle, a toutefois rappelé sur son compte Twitter officiel à « ceux qui font du bruit » que « la prostitution est un crime puni par loi » au Nigeria, sans répondre des allégations de viols.

« La prostitution est un péché selon les deux religions » dominantes (islam et christianisme), a-t-il déclaré, ajoutant notamment que « la médecine dit que la prostitution propage le sida » ou que « les prostituées ne paient pas d’impôts ».

Déjà condamné

Lundi, 27 des jeunes femmes arrêtées le mois dernier ont été présentées devant un tribunal d’Abuja et ont été condamnées à un mois de prison avec sursis et à une amende de 3 000 nairas (7,4 euros) pour prostitution.

Dans une lettre ouverte, 72 intellectuels, militants et ONG de défense des droits de l’homme ont condamné la semaine dernière « l’humiliation publique, les agressions et le harcèlement sexuel de plus de cent femmes » lors de ces raids.

Ils se disent « choqués par la condamnation d’un grand nombre d’entre elles lors d’un procès inéquitable » et demandent « aux autorités fédérales (…) d’enquêter sur toutes les allégations de sévices et de violences, y compris de viols, dont ces femmes ont été victimes ».

La plupart des 27 condamnées ont en outre été « forcées de plaider coupables avant même d’avoir accès à un avocat, en échange de leur liberté », a affirmé à l’AFP Me Jennifer Ogbogu, qui a défendu plusieurs d’entre elles lors du procès. « Certaines étaient des prostituées, d’autres non, mais en aucun cas cela peut justifier que leurs droits soient ainsi bafoués ».

Ce n’est pas la première fois que les forces de l’ordre nigérianes sont accusées d’agression sexuelle sous couvert de vouloir faire respecter les bonnes moeurs.

En octobre 2017, la Cour de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest avait déjà condamné le gouvernement nigérian à payer 18 millions de nairas (45 000 euros) de dommages et intérêts à trois femmes « illégalement arrêtées, détenues et déclarées prostituées » à Abuja par la même force qui a opéré les récents raids nocturnes.

« Ils savent que nous sommes faibles, et ils ne nous considèrent pas comme des êtres humains », estime Jenny, la voix tremblante. « Tout ça doit cesser, ils doivent être punis ».

*Les prénoms ont été changés pour garantir l’anonymat des victimes

Jeuneafrique.com avec AFP

Nigeria: Buhari sera candidat à sa propre succession

octobre 7, 2018

Le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, le 1er octobre 2018 à Abuja. / © AFP / Sodiq ADELAKUN

Le président Muhammadu Buhari, candidat à sa propre succession, a été désigné samedi par son parti, le All Progressives Congress (APC) pour le représenter à l’élection présidentielle de février 2019 au Nigeria, lors de primaires où il était seul en lice.

Le Parti démocratique du peuple (PDP), principal parti de l’opposition, a également ouvert en début de journée sa convention de primaires pour choisir celui qui affrontera l’actuel chef de l’Etat.

Quelque 7.000 délégués de l’APC s’étaient rassemblés à Eagle Square, dans la capitale fédérale Abuja, pour officialiser la nomination du président Buhari, une simple formalité puisqu’il n’avait pas d’adversaire.

Cette primaire directe sans enjeu a toutefois attiré près de 15 millions de votants à travers le pays, a affirmé le gouverneur d’Ekiti, Kayode Fayemi, après l’annonce des résultats.

Selon la Constitution nigériane, le président a droit à deux mandats de quatre ans maximum.

Son porte-parole, Garba Shehu, avait affirmé plus tôt à l’AFP qu’il n’y a « rien d’extraordinaire » au fait d’accorder la priorité au président sortant s’il désire briguer un nouveau mandat.

« Toutefois, notre parti, dans une tradition de vraie démocratie, a ouvert la compétition (…), ceux qui souhaitaient concourir face au président étaient libres de le faire », avait-il dit.

Les Nigérians seront appelés aux urnes en février et mars 2019 pour élire un nouveau président, mais aussi leurs gouverneurs et députés.

Le président Buhari, un ancien général de 75 ans, est aujourd’hui très critiqué, notamment pour ses politiques économiques et son incapacité à enrayer les violences dans le pays le plus peuplé d’Afrique, avec 180 millions d’habitants.

– Serré –

Tous les regards sont désormais tournés vers la ville pétrolière de Port Harcourt (Etat de Rivers), dans le sud-est du pays, où une douzaine de candidats s’affrontent pour le ticket présidentiel du PDP.

Le PDP avait été évincé par l’APC de Buhari en 2015, après 16 ans au pouvoir, lors de la première alternance politique au Nigeria depuis le retour à la démocratie en 1999.

Selon des responsables sur place, au moins 4.000 délégués des 36 Etats et du territoire de la capitale fédérale Abuja devraient voter lors de cet événement qui s’achèvera dimanche. Le vote a démarré tard samedi, vers 21h15 locales, après l’accréditation des délégués.

Sans surprise, le vainqueur sera probablement issu du nord à majorité musulmane, selon une règle tacite au Nigeria selon laquelle la présidence doit alterner tous les deux mandats entre un candidat du nord et un candidat du sud.

Les principaux candidats en lice sont l’ancien vice-président Atiku Abubakar, 71 ans, qui s’est déjà présenté quatre fois à la présidentielle, le président du Sénat Bukola Saraki, le gouverneur de l’Etat de Sokoto (nord) Aminu Tambuwal, et Rabiu Kwankwaso, un ancien gouverneur de l’Etat de Kano (nord).

Le cabinet de conseil Eurasia a affirmé dans une note samedi que la compétition serait sans doute serrée entre Abubakar et Tambuwal, les plus à même de remporter la primaire du PDP.

Le gouverneur de Sokoto « offre la meilleure chance d’attirer l’électorat stratégique du nord-ouest et du nord-est, et sera l’adversaire le plus fort contre Buhari », a ajouté le cabinet.

« Nous attendons une très bonne convention, nous travaillons dur pour mettre en place un processus crédible, libre, juste et acceptable », a déclaré à la presse le gouverneur de l’Etat du Delta, Ifeanyi Okowa, qui préside le comité d’organisation des primaires.

Plus de 12.000 policiers ont été déployés à Port-Harcourt pour s’assurer qu’il n’y ait pas d’incident, selon le porte-parole de la police de l’Etat, Nnamdi Omoni.

Romandie.com avec(©AFP / (07 octobre 2018 05h16)