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Des dizaines de personnes tuées par des « bandits » dans le nord du Nigeria

février 16, 2018

Kano (Nigeria) – Des dizaines de personnes ont été tuées dans une attaque menée par des « bandits » dans un village de l’Etat de Zamfara, dans le nord du Nigeria, a-t-on appris vendredi auprès de la police et des habitants.

La police a évoqué un premier bilan de 18 morts dans l’attaque qui s’est déroulée dans la nuit de mercredi à jeudi à Birani, mais deux habitants affirment que 41 corps ont été récupérés avant d’être enterrés.

« Nous avons enterré 41 personnes hier suite à l’attaque de bandits venus en moto », a affirmé Lawwali Bube, un habitant joint par téléphone.

« Ils ont commencé par attaquer un camion transportant des demoiselles d’honneur et des commerçants. Ils les ont arrêtés, ils ont sorti le conducteur et lui ont tranché la gorge, puis ils ont ouvert le feu sur le camion, tuant tout le monde », avant de se rendre au marché où ils ont également tiré sur la foule, a-t-il poursuivi.

Hussaini Abdu, un autre habitant, a donné un bilan similaire: « Nous sommes en deuil parce qu’hier, nous avons recueilli 41 cadavres ».

« Nous sommes assiégés par ces bandits qui vivent dans les zones isolées de la forêt qui nous entoure », a-t-il ajouté.

« Ils viennent, attaquent nos villages, volent nos vaches, enlèvent nos femmes (…) Nous n’avons pas d’autre choix que de former des groupes d’autodéfense », a-t-il dit, précisant que les miliciens avaient ensuite lancé des « attaques de représailles » contre les assaillants.

L’armée a été déployée en 2016 dans l’Etat de Zamfara, où les enlèvements contre rançon et les vols de bétails à grande échelle étaient devenus courants dans les communautés rurales, l’essentiel de la population, majoritairement musulmane, vivant de l’élevage, de la chasse et de l’agriculture.

Selon un porte-parole de la police de Zamfara, Mohammed Shehu, des chasseurs de Birani avaient tenter d’intercepter la veille un voleur présumé de bétail en brousse.

« L’éleveur avait alors abandonné ses animaux avant de s’enfuir en brousse (…) et de mobiliser des bandits pour venir attaquer les chasseurs », a-t-il expliqué.

« Les bandits ont alors tendu une embuscade aux chasseurs dans la brousse et il y a eu un affrontement qui a fait des morts des deux côtés », a-t-il dit, affirmant que les forces de l’ordre avaient « découvert 18 cadavres ».

Romandie.com avec(©AFP / 16 février 2018 14h21)                                            

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Cameroun: un dirigeant séparatiste anglophone détenu au Nigeria extradé

janvier 29, 2018

Yaoundé – Le président du mouvement séparatiste anglophone au Cameroun, Sisiku Ayuk Tabe, détenu au Nigeria depuis le 5 janvier, a été extradé lundi à Yaoundé avec 46 de ses partisans, a affirmé le ministre camerounais de la Communication, Issa Tchiroma Bakary.

« Un groupe de 47 terroristes, (parmi lesquels se trouve) M. Ayuk Tabe, se trouve depuis quelques heures entre les mains de la justice camerounaise », a indiqué M. Tchiroma dans une déclaration à la presse. Les 47 séparatistes étaient détenus au Nigeria, a précisé le ministre à l’AFP.

« Ils répondront de leurs crimes » devant la justice camerounaise, a souligné le ministre, réaffirmant la « détermination » du Nigeria et du Cameroun « à ne jamais tolérer que leurs territoires servent de base à des activités de déstabilisation dirigées contre l’un d’entre eux ».

Début janvier, le leader des indépendantistes camerounais, Sisiku Ayuk Tabe, et neuf de ses partisans avaient été arrêtés au Nigeria, où ils étaient depuis « détenus au secret », selon leur avocat et l’ONG Amnesty International.

Il n’était pas possible lundi de déterminer quand ont été arrêtés les autres séparatistes extradés depuis le Nigeria vers le Cameroun.

Mi-janvier, Amnesty International s’était inquiétée du sort des séparatistes détenus au Nigeria, estimant qu’ils « pourraient être menacés de torture et (s’exposer à un) procès inéquitable » s’ils étaient extradés du Nigeria.

Sisiku Ayuk Tabe milite pour que les deux régions anglophones du Cameroun se séparent de la partie francophone du pays. Le 1er octobre 2017, le mouvement avait publié un déclaration symbolique d’indépendance de l’Ambazonie, nom donné par les séparatistes à leur projet de pays.

Depuis plusieurs mois, l’armée a déployé des forces dans les deux régions anglophones pour contrecarrer des attaques de séparatistes présumés, de plus en plus nombreuses, faisant craindre l’émergence d’une « insurrection armée » dans la région.

Dans le même temps, le président Paul Biya et les autorités camerounaises ont accru la pression sécuritaire dans les régions anglophones du sud-ouest et du nord-ouest.

« Depuis l’arrestation des leaders séparatistes au Nigeria, il y a une dégradation sécuritaire et une multiplication des fronts entre séparatistes et l’armée camerounaise », expliquait fin janvier à l’AFP Hans De Marie Heungoup, chercheur au centre d’analyse International Crisis Group (ICG).

Selon un décompte de l’AFP, établi sur la base des déclarations officielles, 19 militaires et policiers ont été tués depuis novembre, tandis que les réseaux sociaux pro-anglophones diffusent des photos de civils tués et de villages mis à sac par l’armée – sans qu’il soit possible d’en vérifier l’authenticité.

Fin janvier, une bombe artisanale a explosé au passage d’un véhicule de l’armée camerounaise à Ekok, non loin de la frontière nigériane, faisant deux blessés. C’était la première fois qu’un tel mode opératoire était utilisé sur une route des régions anglophones camerounaises.

Nombre d’hommes politiques anglophones dénoncent depuis début 2018 des « actes arbitraires (tueries, destructions de maison) » de l’armée camerounaise en zones anglophones.

Le Cameroun se prépare à des élections – dont la présidentielle – fin 2018. Selon les observateurs, la profonde crise socio-politique que Yaoundé traverse dans ses régions anglophones pourrait perturber ces scrutins.

Romandie.com avec(©AFP / 29 janvier 2018 18h52)                                            

Libération des quatre Canadiens et Américains enlevés au Nigeria

janvier 20, 2018

Lagos – Deux Américains et deux Canadiens enlevés cette semaine après être tombés dans une embuscade sur une route du nord du Nigeria ont été libérés samedi, a annoncé la police.

Les quatre Nord-Américains kidnappés mardi soir par des hommes armés non identifiés « sont tous en bon état de santé » et ont été pris en charge par leur ambassade respective après leur libération vers 05h00 (04H00 GMT) du matin, a expliqué à l’AFP Mukhtar Aliyu, porte-parole de l’Etat du Kaduna.

Une personne soupçonnée d’être liée à leur enlèvement a été arrêtée, a-t-il précisé.

« Ils ont été libérés grâce aux efforts de la police » qui avait déployé plusieurs unités spéciales à leurs recherche dans la brousse entourant le lieu de leur enlèvement, a ajouté le porte-parole.

Le responsable a toutefois refusé de révéler les circonstances exactes de leur libération, évoquant des « informations classifiées ».

« Je ne suis pas en mesure de confirmer s’il y a eu des négociations (en amont) ou une rançon de payée », a-t-il répondu à l’AFP.

Les deux Canadiens et deux Américains avaient été kidnappés alors qu’ils étaient en route vers la capitale fédérale Abuja, depuis Kafanchan, dans l’Etat du Kaduna, sur un axe où les enlèvements sont fréquents. Des inconnus armés les avaient enlevés lors d’une embuscade après avoir tué leur escorte policière.

Les quatre personnes – dont les identités n’ont pas été dévoilées – étaient en voyage d’affaires et les autorités américaines et canadiennes avaient indiqué travailler avec les autorités nigérianes pour les retrouver.

Le Département d’Etat américain a demandé à ses ressortissants de « reconsidérer » leurs déplacements au Nigeria, mettant en garde contre « les crimes violents », tels que les « attaques à main armée, carjackings, kidnappings » qui sont « communs à travers le pays ».

Le phénomène du kidnapping contre rançon est particulièrement répandu au Nigeria (4e pays au monde en 2016 selon Control Risks, organisation internationale de surveillance des risques) depuis une dizaine d’années.

Quatre Britanniques, dont un mari et son épouse appartenant à une organisation caritative chrétienne, avaient été enlevés le 13 octobre dernier près de Warri, dans l’État du Delta (sud-est).

Le gouvernement britannique avait annoncé en novembre qu’un des otages, Ian Squire, avait été tué lors de sa captivité, les trois autres otages ayant pu être libérés et rentrer chez eux.

Les enlèvements étaient d’abord ciblés contre des expatriés dans le sud-est du pays, région pétrolière, mais peu à peu, les riches Nigérians sont devenus les premières victimes de ces « kidnappings express ».

Les personnes enlevées sont souvent libérées après quelques jours, une fois effectué le versement d’une rançon.

Dix des 36 Etats formant le Nigeria appliquent la peine de mort pour les auteurs de kidnappings.

Romandie.com avec(©AFP / 20 janvier 2018 13h52)

Nigeria: deux Américains et deux Canadiens enlevés dans le nord du Nigeria (police)

janvier 17, 2018

Kano (Nigeria) – Deux Américains et deux Canadiens ont été enlevés lors d’une « embuscade » tendue par des hommes armés dans le nord du Nigeria, a déclaré mercredi à l’AFP un porte-parole de la police.

Les quatre expatriés étaient en route mardi soir vers la capitale fédérale, Abuja, depuis la ville de Kaduna, lorsque des « hommes armés non identifiés » leur ont tendu une « embuscade », tuant leur escorte policière, a expliqué Mukhtar Aliyu, porte-parole de l’Etat de Kaduna.

Vers 19H00 locales (18H00 GMT), les ravisseurs « ont engagé d’intenses échanges de tirs avec les deux policiers qui escortaient les expatriés et qui ont malheureusement perdu la vie », a-t-il précisé.

M. Aliyu a affirmé que « la police fait tout son possible pour les secourir » et a déployé « tous les moyens à notre disposition (dont des unités spéciales anti-kidnapping) pour les retrouver vivants et arrêter les ravisseurs ».

Il n’a toutefois pas fourni davantage de détails sur l’identité des quatre otages.

Contacté par l’AFP, un porte-parole de l’ambassade des Etats-Unis n’a pas souhaité commenter ces informations. L’ambassade canadienne n’était pas joignable dans l’immédiat.

Le Nigeria est en proie depuis 2009 à l’insurrection sanglante du groupe jihadiste Boko Haram.

Mais les enlèvements pour rançon sont aussi très fréquents au Nigeria, où des personnalités fortunées et leurs familles sont généralement ciblées par des gangs criminels. Les victimes sont souvent libérées après quelques jours, une fois le versement de la somme effectué.

Quatre Britanniques, dont un mari et son épouse appartenant à une organisation caritative chrétienne, avaient été enlevés le 13 octobre dernier près de Warri, dans l’État du Delta (sud-est).

Le gouvernement britannique avait annoncé en novembre qu’un des otages, Ian Squire, avait été tué lors de sa captivité, les trois autres otages ayant pu être libérés et rentrer chez eux.

Mi-octobre, un prêtre italien, Maurizio Pallu, avait également été enlevé près de la ville de Benin, dans l’Etat d’Edo, voisin du Delta, par un groupe de miliciens armés. Il avait été libéré cinq jours plus tard.

Romandie.com avec(©AFP / 17 janvier 2018 18h26)                   

Le Nigeria paralysé par une pénurie d’essence à la pompe

décembre 26, 2017

File d’attente dans une station-service de Lagos, au Nigeria, le 21 décembre 2017 / © AFP/Archives / PIUS UTOMI EKPEI

Les files d’attente ne diminuent pas au Nigeria où les automobilistes attendent parfois plus de 24 heures avant de remplir leur réservoir, alors que le premier producteur d’or noir d’Afrique traverse une grave crise de pénurie d’essence raffinée.

« Je voulais aller passer Noël en famille dans l’Etat d’Osun (au nord de Lagos), mais j’ai dû annuler », raconte à l’AFP Tope Alake, un automobiliste devant l’une des quelques pompes encore actives à Lagos, la capitale économique du Nigeria.

« Je devrais être avec ma famille », se désespère quant à lui Alex Ogunsola, en ce jour de Boxing Day, férié au Nigeria. « Je voulais emmener mes enfants à la plage, mais je suis encore dans la file d’attente, et je ne suis même pas sûr de voir de l’essence aujourd’hui », regrette-t-il.

Des embouteillages monstre ont gâché les fêtes de Noël au Nigeria, qui se réjouissait pourtant de passer de meilleures fêtes que l’année dernière, lorsque le pays était en pleine récession économique.

Les causes de cette nouvelle pénurie de pétrole restent incertaines, chacun se renvoyant la faute. Les distributeurs affirment que la NNPC (Nigerian National Petroleum Company), responsable de la distribution de pétrole dans le pays, n’a pas assez de ressources pour faire face à la demande de ce géant de 190 millions d’habitants.

Sur ordre d’Abuja, Maikanti Baru, directeur général de la NNPC, a annoncé lundi qu’un plan national avait été mis en place pour livrer « 300 millions de litres » d’essence supplémentaire, pour « soutenir la consommation actuelle de 45 millions de litres par jour », bien plus élévée en cette période de fêtes que les « 27 à 28 millions » de litres habituels.

Il a également fait savoir que les raffineries nationales de Port Harcourt et Kaduna produisent 3,8 millions de litres de pétrole raffiné par jour, un chiffre bien maigre pour le premier exportateur de brut du continent africain (près de 2 millions de barils par jour).

M. Baru a toutefois accusé les vendeurs d’essence au marché noir de paralyser volontairement les stations essence pour faire monter les prix de vente parallèle à 400 nairas le litre, contre 120 nairas en période normale.

Du côté des consommateurs, on suspecte le gouvernement de créer ce chaos pour justifier une augmentation de l’essence et du diesel à la pompe l’année prochaine.

La crise est particulièrement grave dans ce pays, où l’électricité publique reste défaillante, et que les entreprises et les particuliers dépendent de leur générateur à diesel pour s’éclairer.

Romandie.com avec(©AFP / 26 décembre 2017 20h31)                

Un otage britannique au Nigeria tué, trois autres libérés

novembre 6, 2017

Un Britannique, Ian Squire, retenu en otage au Nigeria a été tué, tandis que trois autres ont été libérés et ont pu rentrer chez eux, a annoncé lundi le ministère britannique des Affaires étrangères. / © AFP/Archives / Justin TALLIS

Un Britannique, Ian Squire, retenu en otage au Nigeria a été tué, tandis que trois autres ont été libérés et ont pu rentrer chez eux, a annoncé lundi le ministère britannique des Affaires étrangères.

« Nous sommes enchantés et soulagés qu’Alanna, David et Shirley soient rentrés sains et saufs. Nos pensées vont à la famille et aux amis de Ian », ont déclaré les familles des otages libérés dans un communiqué diffusé par le Foreign Office. Ian Squire, Alanna Carson, David Donovan et Shirley Donovan, avaient été enlevés le 13 octobre dans le sud du Nigeria.

« Nous sommes reconnaissants pour l’aide que nous avons reçue de la part du Haut Commissariat britannique (représentation diplomatique britannique présente dans plusieurs pays, dont le Nigeria) et des autorités nigérianes, dans la négociation de leur libération », ont-elles ajouté.

Un porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères a également exprimé sa « reconnaissance » aux autorités nigérianes.

Les quatre Britanniques, dont un mari et son épouse appartenant à une organisation caritative chrétienne, avaient été capturés près de Warri, dans l’État du Delta, où ils étaient engagés dans des actions humanitaires depuis trois ans.

Les circonstances de la mort de Ian Squire n’ont pas été communiquées.

Les enlèvements pour rançon sont très fréquents dans le sud du Nigeria, où des personnalités fortunées et leurs familles sont généralement ciblées par des gangs criminels. Les victimes sont souvent libérées après quelques jours, une fois le versement de la somme effectué.

Romandie.com avec(©AFP / 06 novembre 2017 15h44)

Nigeria – Olusengun Obasanjo : « Un président qui s’accroche, ce n’est bon pour personne »

octobre 26, 2017

 

À Londres, le 11 février 2015. © Mark Chilvers pour TAR

Il a quitté le pouvoir il y a dix ans, mais l’ancien président du Nigeria reste une figure incontournable dans son pays comme sur le continent. Alassane Ouattara et Guillaume Soro, Paul Biya, Joseph Kabila, Patrice Talon… Le général ne mâche pas ses mots quand il s’agit de juger les dirigeants africains.

Olusegun Obasanjo, 80 ans, est un homme très pressé. Il continue à parcourir le monde, comme lorsqu’il était chef de l’État nigérian (de 1976 à 1979, puis de 1999 à 2007), comme s’il ne pouvait renoncer un seul instant à être un homme d’action. Il aime à rappeler qu’il s’est rendu en voyage officiel dans une centaine de pays.

Ce 28 septembre, à Abeokuta, son fief en pays yorouba, Obasanjo débarque au milieu de l’après-midi. Des milliers d’étudiants l’attendent dans sa bibliothèque présidentielle.

Il dirige une conférence sur l’avenir de la jeunesse. Thème qui lui est cher et qui est au cœur d’un livre qu’il vient de cosigner.

Quelques heures plus tôt, il était au Darfour, où il participait à des négociations entre belligérants à la demande des Nations unies.

À peine sorti d’un embouteillage monstre entre Lagos et Abeokuta (distantes d’une centaine de kilomètres), il salue la foule compacte et attaque son discours.

Sur tous les fronts

Quelques heures plus tard, il nous reçoit dans sa villa sans luxe ostentatoire, sur la plus belle colline surplombant la cité, Hill Top. Obasanjo est serein. Mais même à 22 heures, dans son intimité, règne une discipline militaire. « C’est un homme d’ordre, un général. Il veut être obéi », souligne l’un de ses proches. Raide dans son fauteuil, Obasanjo scrute son environnement avec acuité. Il a promis un entretien d’une heure.

Il tiendra parole. Lorsque le temps imparti est écoulé, ses hommes s’approchent brusquement. Quelques minutes de plus seront obtenues, mais de haute lutte, comme si la rigueur militaire demeurait en toutes circonstances l’ultime mot d’ordre.

Certains affirment qu’il est beaucoup plus âgé que ne le prétend son état civil.

Son téléphone recommence à sonner. Des quatre coins de l’Afrique, des appels affluent. Obasanjo suit toujours de très près la situation politique de chaque État.

Certains affirment qu’il est beaucoup plus âgé que ne le prétend son état civil. Mais il reste infatigable et rit plus souvent qu’à son tour. Comme si la comédie humaine et l’arène politique constituaient pour lui des sources inépuisables de plaisir. Et une éternelle fontaine de jouvence.

Olusegun Obasanjo entouré de (de dr. à g.) : Abdelaziz Bouteflika, Alpha Oumar Konaré, Joaquim Chissano, Omar el-Béchir, Robert Mugabe, Meles Zenawi, au siège de l’UA, à Addis-Abeba, le 25 mai 2004. © GIANLUIGI GUERCIA/AFP

Jeune Afrique : Vous avez été président de 1976 à 1979, puis de 1999 à 2007. Avec le recul, quel regard portez-vous sur la classe dirigeante africaine ?

Olusegun Obasanjo : Si on essaie d’avoir une vue d’ensemble, on peut constater que son niveau s’améliore. En règle générale, les dirigeants africains issus des indépendances n’étaient pas préparés à présider aux destinées de leur pays. C’était tout particulièrement le cas dans les anciennes colonies britanniques.

Julius Nyerere, qui fut Premier ministre de la Tanzanie de 1960 à 1961 avant d’être élu président en 1964, m’a d’ailleurs confié qu’il s’était retrouvé aux commandes sans aucune expérience, presque par hasard ! Une infime minorité avait les qualités nécessaires. En particulier le président sénégalais Léopold Sédar Senghor [au pouvoir de 1960 à 1980], et le chef de l’État ivoirien Félix Houphouët-Boigny [1960-1993].

La plupart ont essayé de compenser ce manque de préparation par le nationalisme et la volonté farouche de promouvoir leur pays au niveau international. Question idéologie, ils étaient déchirés entre le socialisme et le capitalisme. Beaucoup étaient fascinés par les avantages sociaux que le socialisme semblait pouvoir procurer. Cela a duré les deux premières décennies qui ont suivi les indépendances, jusqu’à la chute des cours des matières premières, qui a tout remis en question et conduit à de nombreux coups d’État.

Aujourd’hui, la démocratie est devenue la norme. Cela ne veut pas dire que les citoyens portent au pouvoir la personne la plus qualifiée. Cela signifie seulement qu’ils peuvent choisir la personne qui les dirige. Ce qui constitue d’ailleurs une des limites de ce système. Cependant, si l’homme issu des urnes échoue, il suffit d’attendre le prochain scrutin pour le mettre à la porte.

Senghor est resté vingt ans au pouvoir, Houphouët-Boigny trente-trois ans… La limitation du nombre de mandats présidentiels, régulièrement remise en question en Afrique, est-elle souhaitable ?

Dès lors que la Constitution prévoit une limite, elle doit être observée. La démocratie a cela de bon qu’elle permet une alternance pacifique. Après dix ou douze années au pouvoir, vous êtes à court d’idées pour faire avancer votre pays.

Le projet de réforme constitutionnelle a plongé le Togo dans une crise politique qui dure depuis plusieurs semaines. Le président Faure Gnassingbé doit-il partir ?

Tout ce que prévoit la Constitution doit être respecté. Car lorsque la population constate l’échec de son dirigeant et n’a plus d’espoir de changement, qu’elle ne peut plus se dire « dans deux ou trois ans on le fait partir par les urnes », la violence et le chaos représentent son dernier recours. Et cela n’est bon pour aucun État. Les dirigeants doivent faire preuve de bon sens et respecter leurs engagements. Leurs actions doivent être adaptées à la situation de leur pays.

Manifestation contre le président togolais Faure Gnassingbé à Lomé, le 21 septembre. © Matteo Fraschini KOFFI/AFP

Quels conseils donneriez-vous à Faure Gnassingbé ?

Il doit mettre fin à la vague de violence. Il doit écouter la voix de la raison. La violence ne peut sauver aucun leader, nulle part. Elle doit être rejetée des deux côtés.

Négocier avec l’opposition est-il une option ?

Il faut un référendum pour revenir sur une disposition constitutionnelle. Le gouvernement et l’opposition doivent donc attendre qu’il soit organisé. Le processus politique doit se poursuivre de façon pacifique.

Et si le résultat du référendum ne lui est pas favorable, que devra faire Faure Gnassingbé ?

Tout bon dirigeant politique respecte le verdict des urnes.

Vous avez été sollicité pour mener une médiation entre le président ivoirien, Alassane Ouattara, et son ancien Premier ministre Guillaume Soro. Où en êtes-vous ?

J’espère qu’ils vont se rencontrer prochainement. Alassane Ouattara et Guillaume Soro doivent se parler. Ils ont besoin d’entamer des discussions franches. Certes, Alassane Ouattara est dépositaire de l’autorité présidentielle, mais tous les faits doivent être étudiés. Lors de ces négociations, il faudra jouer cartes sur table.

On vous prête une grande influence auprès de Guillaume Soro…

Je ne vais pas dire que j’ai de l’influence sur qui que ce soit. Je parle aux uns et aux autres, j’essaie de comprendre leurs arguments et de faire valoir les miens. Si, en dialoguant, on peut éviter les conflits, c’est parfait. Si on peut obtenir un point d’accord, c’est encore mieux.

Guillaume Soro a-t-il l’étoffe d’un futur président ?

Je n’ai aucune raison de penser le contraire. Guillaume Soro a beaucoup appris, et je crois qu’il va continuer dans cette voie. Il sera bien préparé pour affronter l’avenir.

Alassane Ouattara en compagnie de Guillaume Soro à Abidjan le 4 décembre 2010. © Thibault Camus/AP/SIPA

Vous connaissez aussi très bien la situation politique en RD Congo, où vous avez été l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies en 2008. Le pays vit de multiples crises sur son territoire, notamment dans l’Est, où sévissent de nombreuses milices armées. Cela vous inquiète-t-il ?

Dans le monde actuel, c’est un peu comme si nous habitions tous dans la même maison : s’il y a une fuite d’eau dans votre chambre, cela peut affecter la mienne. Même si les difficultés d’un pays doivent être prioritairement gérées par ses citoyens, les voisins ne peuvent pas rester les bras croisés.

Lorsque j’étais en RD Congo, j’ai tout de suite compris le problème : c’est le seul pays d’Afrique comptant deux fuseaux horaires et partageant des frontières avec neuf États. Il est gigantesque, et son sous-sol est immensément riche. C’est aussi un pays qui manque cruellement d’infrastructures, où les routes et les chemins de fer ont pratiquement disparu. Le seul moyen de gérer un tel territoire, avec une telle diversité et une telle complexité, c’est le fédéralisme.

Avez-vous déjà évoqué cette question avec le président Joseph Kabila ?

Non. Je lui parle de la façon dont on peut régler des conflits. Mais je lui rapporte mes conversations avec les habitants de la région de Goma [est de la RD Congo], qui me disent par exemple : « Nous, dans l’Est, on ne sait même pas ce qui se passe à Kinshasa, la capitale ! » Et ils ont raison. Pour la RD Congo comme pour le Nigeria, qui sont des pays multinationaux, multiethniques et multireligieux, le fédéralisme est le meilleur système.

Joseph Kabila pourrait-il accepter un tel changement de régime ?

Je ne sais pas ce qu’il est prêt à accepter.

Le fédéralisme ne risque-t-il pas de conduire au séparatisme ?

Je comprends cette inquiétude. Mais voyez l’Éthiopie : c’est le seul État à avoir inscrit la possibilité de sécession dans sa Constitution, or aucune région ne l’a encore revendiquée. Grâce au fédéralisme, chaque partie peut s’exprimer sur l’avenir du pays et avancer à son propre rythme sans déranger les autres. Chacun a son propre pouvoir législatif. Chacun a son propre exécutif. Chacun a son propre système judiciaire. Mais il existe aussi une nationalité commune, une monnaie commune, une politique étrangère commune… Les peurs qu’inspire le fédéralisme ne sont pas justifiées.

Le dernier mandat de Joseph Kabila devait se terminer le 19 décembre 2016. Et le président devait conduire son pays vers les élections d’ici à la fin de cette année, mais la Commission électorale a estimé qu’elles ne pouvaient se tenir avant 2019… Selon vous, est-il prêt à céder le pouvoir ?

J’ignore ce qu’il veut faire. C’est pourtant dans son propre intérêt et dans celui de son pays. Si on arrive à lui expliquer qu’il peut quitter le pouvoir sereinement, sans risquer d’être poursuivi, il est possible qu’il accepte. Il faut lui donner des garanties. Il faut qu’il sache qu’il pourra vivre dans les meilleures conditions après avoir abandonné ses fonctions. Et en toute sécurité.

Et, pour le moment, les garanties ne sont pas réunies ?

Je ne sais pas. C’est à lui qu’il faut poser la question.

N’est-ce pas sa succession qui pose problème ? Ne veut-il pas obtenir la garantie que ses ennemis, tel Moïse Katumbi, n’accèdent pas au pouvoir ?

Ce qui compte, ce n’est pas ce que vous voulez, mais ce que votre pays veut. Ce qui compte ce n’est pas qui vous plaît ou non, mais qui plaît à votre pays. Votre vote seul importe peu. C’est celui de l’ensemble des citoyens qui compte.

Au Cameroun aussi, la situation est complexe. Paul Biya détient le pouvoir depuis 1982 et semble prêt à briguer un nouveau mandat en 2018…

Je ne peux dire ce qui va se passer. C’est à chaque pays et à chaque dirigeant de décider de ce qui est le mieux. Mais, comme je l’ai dit, après un certain temps passé au pouvoir, on ne peut plus rien mettre en place de vraiment nouveau. Quand le leader s’accroche à son poste, la violence peut émerger, ce qui n’est bon pour personne.

Vous songez aux troubles récents dans la partie anglophone du Cameroun ?

Les habitants de cette zone peuvent en effet éprouver un sentiment d’exclusion. Il revient aux autorités de faire en sorte que cette impression disparaisse. Si elle est injustifiée, il faut le démontrer. Dans le cas contraire, il faut corriger la situation au plus vite.

Le Cameroun doit-il se tourner lui aussi vers le modèle fédéral ?

Il bénéficie déjà d’une certaine forme de fédéralisme.

Certains considèrent que ce fédéralisme est surtout théorique. En tout cas, la partie anglophone n’y trouve pas son compte…

Personne ne sera jamais complètement satisfait, mais apporter ce qui peut raisonnablement contenter les populations permet de diminuer les tensions.

Seriez-vous disposé là aussi à jouer les médiateurs ?

Pourquoi pas, si cela contribue à la paix. Comme pour n’importe quel autre pays qui en ferait la demande, je suis prêt à faire les sacrifices nécessaires.

Vous vivez à Abeokuta, dans le sud-ouest du Nigeria, près de la frontière avec le Bénin. Connaissez-vous bien ce pays ?

Ce que je sais, c’est qu’il n’a pas d’usines, qu’il ne produit rien, que son PIB n’arrive même pas à la hauteur de celui de l’État d’Ogun [l’un des trente-six États de la fédération, dont Abeokuta est la capitale]. Mais il fait entrer sur notre territoire des marchandises importées, contrefaites, sans payer de droits de douane.

Vous n’appréciez pas la façon dont les autorités béninoises gèrent la frontière ?

En effet, il faudrait qu’elles contrôlent mieux ce qui rentre au Nigeria. Le Bénin ne doit pas servir de porte d’entrée à des produits de contrebande revendus ensuite chez nous. Je m’y étais déjà opposé quand j’étais président. Cela n’aide ni son économie ni la nôtre. Le Nigeria serait tout à fait capable d’absorber ce que pourrait produire le Bénin à travers des relations commerciales normales.

Le président Patrice Talon n’agit pas assez selon vous ?

Je ne sais pas. Mais, si j’étais aux affaires, je le forcerais à faire mieux, car il a fait du Bénin et du Nigeria de véritables dépotoirs !

Vous n’êtes plus aux affaires mais ne vous privez pas de donner des conseils au président nigérian, Muhammadu Buhari, comme récemment celui de dialoguer avec les partisans de Nnamdi Kanu, qui réclament la sécession du Biafra…

Je vous rappelle que c’est moi qui ai mis fin à la guerre du Biafra, en janvier 1970, quand je dirigeais les troupes fédérales. À ce moment-là, les indépendantistes ont admis que le Biafra avait cessé d’exister. Nnamdi Kanu était un bébé quand ces événements ont eu lieu ! Alors, que sait-il du Biafra ? Il faut donc entamer le dialogue avec ses partisans pour leur faire comprendre qu’ils font fausse route. Ici comme dans beaucoup de pays du continent, la jeunesse est en colère. Elle est frustrée parce qu’elle ne voit se réaliser ni les opportunités ni les espoirs qui l’ont tant fait rêver. C’est ainsi sur tout le territoire, pas uniquement au Biafra.

Le problème est donc la jeunesse ?

Si vous avez passé quatre ou cinq ans à l’université, obtenu un diplôme, et que vous n’avez pas de travail, vous ne pouvez qu’être en colère. Les jeunes Nigérians ont toutes les raisons du monde de se sentir insatisfaits. Il faut absolument leur obtenir des formations qui leur permettront de trouver un emploi. L’âge moyen de la population est inférieur à 18 ans : la démographie nigériane est une bombe à retardement.

« La jeunesse nigériane est une bombe à retardement », selon l’ex-chef d’État (ici à Ijebu Ode). © HANNIBAL/dpa/AFP

Jugez-vous que Muhammadu Buhari ne s’occupe pas assez d’elle ?

Je refuse de répondre à cette question.

Vous qui vantez les bienfaits du fédéralisme, que vous inspirent les revendications des Nigérians qui réclament la mise en place d’un « véritable fédéralisme » afin de réduire les tensions ethniques ?

Je ne crois pas à cette idée. Les gouverneurs ont déjà beaucoup de pouvoir. Ils en ont même plus que le président ! Ceux qui en réclament davantage, ou revendiquent un « véritable fédéralisme », ne savent pas de quoi ils parlent.

Vous avez fait partie des soutiens de Muhammadu Buhari en 2015. D’aucuns dans l’arène politique souhaitent qu’il soit candidat à un second mandat en 2019, malgré son âge, 74 ans, et ses soucis de santé. Quelle est votre opinion ?

Je ne vais pas répondre à cette question non plus… Bonne soirée !

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Nigeria: procès à huis clos pour 1.600 suspects de Boko Haram

septembre 29, 2017

Kano (Nigeria) – Les procès de 1.600 membres présumés du groupe jihadiste nigérian Boko Haram qui doivent s’ouvrir en octobre, se dérouleront à huis clos, a déclaré vendredi à l’AFP une source proche du dossier.

« Il n’y aura aucun accès à la presse », a expliqué cette source au sein du ministère de la Justice d’Abuja, sous le couvert de l’anonymat. La décision a été prise après des discussions entre le gouvernement et les Services de renseignements (DSS), selon elle.

« Des informations qui peuvent se révéler importantes pour la sécurité de ce pays pourront y être abordées », a-t-elle ajouté pour justifier cette décision.

Le ministère nigérian de la Justice a annoncé la semaine dernière que les procès de 1.600 jihadistes présumés commenceront le 9 octobre.

« Tout est prêt désormais pour la lecture des actes d’accusation des suspects de Boko Haram dans les différents centres de détention dans le pays », avait-il indiqué dans un communiqué.

Des milliers de membres présumés de Boko Haram ont été arrêtés et placés en détention, selon les forces de sécurité nigériane, mais les poursuites et les condamnations restent rares.

Début septembre, seules 13 personnes avaient été présentées aux juges et neuf condamnées pour leurs liens avec l’insurrection de Boko haram, qui se poursuit depuis huit ans, selon des chiffres du gouvernement.

Le ministère de la Justice a notamment mis en cause des méthodes d’investigation insuffisantes, davantage basées sur la recherche des aveux que des preuves matérielles.

Des groupes de défense des droits de l’Homme, qui dénoncent régulièrement des exécutions sommaires de jihadistes présumés et le maintien en détention des milliers de personnes sans recours à un avocat, s’inquiètent de la tenue d’un procès à huis clos, qui soulève selon eux de grandes interrogations sur la transparence du système judiciaire nigérian.

Selon la source au sein du Ministère de la Justice, le consulat britannique, l’ambassade américaine, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, ainsi que la Croix Rouge seront représentés par une délégation « d’observateurs ».

« Ils surveilleront le processus et nous garantissons la présence d’une défense », a-t-il assuré.

Les procès se dérouleront dans des installations militaires à Kainji, dans l’Etat de Kogi, ainsi qu’à New Bussa, dans l’Etat du Niger (centre du Nigeria) et à Maiduguri, capitale du Borno, épicentre du conflit contre Boko Haram.

Umar Ado, un des avocats de la défense basé à Kano, la plus grande ville du nord du Nigeria, a dénoncé cette mise à l’écart des médias.

« La liberté d’information exige que les médias aient accès aux procès parce qu’ils représentent le public qu’ils informent », a-t-il déclaré à l’AFP, estimant que les motivations sécuritaires mises en avant par les autorités sont injustifiées.

« Organiser une procédure judiciaire à huis clos revient à nier au public le droit de savoir comment le procès est mené, en envoyant un mauvais signal, que la justice n’est pas rendue ou qu’il y a des compromissions », a-t-il dit.

Romandie.com avec(©AFP / 29 septembre 2017 17h55)                                            

Togo: Obansanjo demande le départ du Président Faure Gnassingbe

septembre 9, 2017

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L’ancien président nigérian, Olusegun Obasanjo reste la première grande personnalité du Continent à se prononcer directement sur cette crise au Togo.

Dans une interview avec la BBC, il s’est prononcé sur la crise que traverse actuellement le Togo. Obasandjo estime que Faure Gnassingbé doit faire quelque chose par rapport à la situation actuelle. Sans détour, il soutient que le Togo doit avoir une nouvelle constitution avec une limitation claire du nombre de mandat à exercer. Olusegun Obasanjo, a invité Faure Gnassingbe à démissionner «à moins qu’il n’ait quelque chose de nouveau pour son peuple».

Obasanjo a également déclaré que le pays devrait avoir une nouvelle constitution qui réduira le nombre de mandats des Présidents. Cette proposition s’inscrit dans la même dynamique que les exigences des manifestants qui demandent que la constitution du pays soir révisée pour limiter les mandats de chaque président.

M. OBasanjo affirme que le Président Gnassingbe a déjà montré toutes ses capacités et n’aurait plus rien de nouveau à offrir au peuple Togolais. «Je crois que le président devrait faire quelque chose à ce sujet». «Il faudrait une nouvelle constitution qui limite le nombre d’années à faire au pouvoir et il devrait s’y conformer. «Je pense également qu’en ce qui concerne les projets de développement, quelles qu’en soient les idées qu’il a, il les a déjà toutes montré. Sauf s’il a quelque chose de nouveau que nous ne connaissons pas », a-t-il souligné.
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Olusegun Obasandjo, a rappelé qu’il n’y a pas très longtemps, le président Dos Santos a quitté le pouvoir, et que d’autres chefs d’état devraient suivre son exemple.

«Après avoir passé douze à quinze ans et jusqu’à trente, certains dirigeants africains refusent le passer le relais à quelqu’un d’autre. Mais si vous ne quittez pas le pouvoir, le pouvoir vous quittera».

Le président Gnassingbe, qui a déjà fait 12 ans à la tête du Togo a succédé son père qui avait régné pendant 38 ans.

Abidjan.tv par by Leking

Nigeria: plus de 100.000 habitants forcés de fuir les inondations dans le sud-est

septembre 1, 2017

Des enfants rament sur un canoë le long d’une route inondée près de maisons après une forte averse à Ikorodu, au Nigeria, mercredi 26 octobre 2011. © Sunday Alamba/AP/SIPA

Plus de 100 000 personnes ont dû fuir leur foyer à cause des inondations consécutives aux fortes pluies qui se sont abattues sur le sud-est du Nigeria, a annoncé jeudi soir le président nigérian Muhammadu Buhari sur son compte Twitter.

« C’est avec une grande inquiétude que j’ai appris les inondations dans l’État de Benue, qui ont déplacé, selon les premières estimations, plus de 100 000 personnes », a écrit le président nigérian sur son compte Twitter jeudi 31 août.

« Durant les deux dernières semaines, il a beaucoup beaucoup plu », raconte Helen Teghtegh, directrice de l’ONG locale Community Links and Human Empowerment Initiative, qui a lancé un appel aux dons pour les sinistrés.

« Le niveau de la rivière Benue a beaucoup augmenté et depuis mercredi, beaucoup d’habitants de Makurdi, la capitale, ont commencé à quitter leur domicile », poursuit-elle. « Pour l’instant nous n’avons aucun chiffre précis, nous ne savons pas le nombre de victimes mais nous devrions en savoir plus demain après avoir rencontré les différents acteurs sur le terrain », explique la directrice.

La ville de Makudi sous les eaux

Les photos de Makurdi sous les eaux ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux jeudi dans la journée, montrant des hommes et des femmes qui emportaient des matelas, des sacs et leurs quelques biens à pieds.

Des voitures et des milliers de maisons ont été totalement englouties par les eaux. Deux camps ont été installés dans la capitale de l’État pour accueillir les sinistrés, mais ils ne devraient ouvrir que ce week-end.

Le président a déclaré jeudi soir avoir demandé à l’Agence nationale de gestion des urgences (NEMA) d’agir, après que de nombreuses voix se sont élevées dans les médias locaux pour dénoncer l’inaction des autorités.

En 2012, le Nigeria a été victime de terribles inondations dans 30 de ses 36 États. Des centaines de personnes avaient été tuées, et les pluies avaient fait près de 2 millions de déplacés.