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Au Nigeria, fin de la commémoration des victimes de la répression à Lagos et Abuja

octobre 20, 2021
Au Nigeria, fin de la commemoration des victimes de la repression a Lagos et Abuja
Au Nigeria, fin de la commémoration des victimes de la répression à Lagos et Abuja© AFP/PIUS UTOMI EKPEI

La jeunesse nigériane a rendu hommage, un an après, aux victimes de la sanglante répression du mouvement #EndSARS contre les violences policières, à Lagos et Abuja avant d’être dispersée par la police.

A Lagos, la bouillonnante capitale économique, une petite centaine de voitures ont traversé dans la matinée le péage de Lekki, lieu emblématique de la contestation, où l’armée et la police avaient ouvert le feu le 20 octobre 2020, causant la mort d’au moins 10 personnes et mettant ainsi fin au mouvement.

A bord de 4X4 de luxe ou de simples danfo, les taxis collectifs de Lagos, les manifestants scandaient à travers les fenêtres « Qui a ordonné la tuerie ? », « Nous voulons la justice » ou encore « Justice pour un meilleur Nigeria« .

Plusieurs dizaines de manifestants sont ensuite sortis de leur voiture, et ont bloqué une partie du péage en manifestant pacifiquement. Aux alentours de 10H00 GMT, ils ont été dispersés par la police qui a tiré des gaz lacrymogènes.

Les dizaines de policiers déployés très tôt dans la matinée sur le péage ont aussi arrêté au moins six personnes, dont l’un affirme être un journaliste, ont constaté des journalistes de l’AFP.

« Je suis là pour manifester pacifiquement, regardez ce qu’ils nous font », avait lancé l’une d’entre elles derrière les barreaux d’un fourgon de police.

Les grandes figures du mouvement, dont le chanteur nigérian Falz ou l’activiste Rinu Oduala, avaient appelé les Lagossiens à défiler en voiture pour limiter le risque d’arrestation.

Depuis plusieurs semaines, les autorités avaient mis en garde contre de nouvelles manifestations organisées au nom de #EndSARS, affirmant que celles de 2020 avaient dégénéré en émeutes et pillages.

A Abuja, la capitale fédérale, entre 50 et 100 personnes se sont rassemblées dans le parc de la Fontaine de l’Unité, scandant « le peuple uni ne sera jamais vaincu », avant de se diriger vers le ministère de la Justice, où un camion de police leur a barré la route. La manifestation s’est terminée en fin de matinée dans le calme.

« Un de mes voisins est mort durant les manifestations l’année dernière », a expliqué à l’AFP Happiness Essien, une manifestante âgée de 19 ans.

« Massacre fantôme »

Au même moment, le gouvernement a réaffirmé que les militaires n’avaient pas tiré sur les manifestants réunis le 20 octobre 2020 au péage de Lekki, parlant « d’un massacre fantôme ».

« Un an après, et en dépit de multiples opportunités pour les familles des présumées victimes (…) de présenter des preuves, il n’y en a pas eu: pas de corps, pas de famille, aucune preuve tangible, rien », a déclaré le ministre de l’Information Lai Mohammed.

Dans la nuit de mardi à mercredi, l’organisation de défense des droits humains Amnesty International a réaffirmé qu’au moins 12 manifestants pacifiques avaient été tués le 20 octobre au péage de Lekki et à Alaussa, un autre quartier de Lagos

« Il est inacceptable qu’en dépit de preuves accablantes, le gouvernement continue de nier l’utilisation de balles réelles sur les manifestants au péage de Lekki », a estimé Amnesty, faisant état d’un bilan d’au moins 56 morts dans tout le pays durant ces semaines de contestation, dont « des dizaines de jeunes ».

A quelques kilomètres seulement du rassemblement à Abuja, le chef de l’Etat Muhammadu Buhari a reçu au palais présidentiel son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, en visite officielle dans le pays le plus peuplé d’Afrique.

Dans d’autres villes du Sud, comme Port Harcourt ou Nsukka, des marches en hommage aux victimes sont prévues en fin de soirée.

Le mouvement #EndSARS (« en finir avec la SARS ») avait initialement débuté la première semaine d’octobre 2020 pour dénoncer les brutalités de la SARS, une unité spéciale de la police accusée depuis des années de racket, d’arrestations illégales, de torture et même de meurtre.

Face à la pression populaire, les autorités avaient démantelé l’unité, et promis de réformer la police, mais la jeunesse, peu convaincue par les promesses du gouvernement, avait continué sa contestation.

La répression des manifestations avait ensuite été suivie par une semaine de pillages et de violences.

Une commission de justice spéciale avait ensuite été mise en place par l’Etat de Lagos pour enquêter sur les accusations de brutalités policières et sur la répression des manifestations.

Devant cette commission, l’armée avait affirmé n’avoir eu recours qu’à des balles à blanc, puis avait admis que ses soldats disposaient également de balles réelles.

La commission, qui a achevé ses consultations publiques lundi, doit prochainement communiquer au gouvernement les résultats de son enquête et des recommandations.

Par Le Point avec AFP

Nigeria-TB Joshua : malgré les critiques, sa veuve lui succède à la tête de son Église

octobre 3, 2021
TB Joshua à Lagos, le 31 décembre 2014. © PIUS UTOMI EKPEI/AFP

Plus de trois mois après le décès du célèbre prédicateur, l’Église qu’il avait fondée et qui compte plusieurs millions de fidèles à travers le monde est plus divisée que jamais. Sa femme Evelyn, qui prend officiellement sa suite, sera-t-elle à la hauteur ?

Il est presque 10h30, ce dimanche 19 septembre. À travers le monde, des dizaines de milliers de personnes sont branchées sur la chaîne de télévision de la Synagogue, l’Église de toutes les nations (SCOAN), qui rend hommage ce jour-là à TB Joshua, prédicateur aussi charismatique que controversé, décédé le 5 juin dernier. Trois mois ont passé depuis la disparition du richissime télévangéliste (en 2011, Forbes évaluait sa fortune entre 10 et 15 millions de dollars), mais ses fidèles sont toujours sous le choc. Surtout, de profondes divisions et des querelles de succession minent la méga-Église qu’il avait fondée à la fin des années 1980.

À Lagos, la sécurité a été renforcée autour du bâtiment et les agents chargés de la surveillance des lieux sont presque plus nombreux que les fidèles et les employés de l’Église, dont beaucoup ont été licenciés par la nouvelle maîtresse des lieux : Evelyn, l’épouse de TB Joshua. « Ils ont tous dû faire leurs cartons, assure une personne rencontrée sur place. Certains ont été accusés de voler de l’argent, l’un d’entre eux a même été arrêté ! » Mais notre interlocuteur en est convaincu : ces problèmes sont essentiellement dus à une querelle de « leadership ».

Décédé à l’âge de 57 ans, sans que les causes de sa mort ne soit divulguées, TB Joshua n’avait pas préparé sa succession. Dès le 5 juin, un jeu de pouvoir a donc débuté en coulisses, les membres les plus influents et les plus anciens de l’Église pesant de tout leur poids pour reprendre le flambeau. Certains soutenaient la veuve du défunt, tandis que d’autres arguaient que leur nouveau chef devait être choisi parmi les plus proches collaborateurs de TB Joshua.

Evelyn Joshua, en novembre 2020.
Twitter/@Mama__Evelyn

De fait, Evelyn n’était pas un pilier de la SCOAN. Elle n’était même pas très impliquée dans ses activités avant la mort de son époux. Mais ses soutiens ont demandé aux tribunaux d’accepter qu’elle soit nommée au conseil d’administration, ce que la justice a formellement accepté, et c’est cela qui, le 11 septembre, a permis sa désignation en tant que cheffe de l’Église.

Vive opposition

Cette séquence, les dirigeants de la SCOAN ne l’ont pas digérée, eux qui avaient veillé à la laisser dans l’ignorance des activités les plus importantes de l’organisation après le 5 juin. À peine Evelyn s’est-elle installée dans ses nouvelles fonctions qu’il est d’ailleurs apparu clairement qu’elle allait être confrontée à une vive opposition.

Une fronde est née dans les rangs de la SCOAN, lui reprochant de s’être « unilatéralement proclamée cheffe de l’Église » et contestant la régularité de sa nomination. Selon les mécontents, qui se sont réunis sous le nom de Congrès mondial de la SCOAN, Evelyn « a affirmé [qu’]une congrégation de 2 000 membres de l’Église l’avait nommée ». « C’est ridicule, poursuivent les frondeurs. Où la réunion s’est-elle tenue ? Deux mille personnes peuvent-elles choisir le leader d’une Église qui compte des millions de membres partout dans le monde et sur les cinq continents ? »

La liste de leur griefs est longue. « Le pasteur TB Joshua n’a jamais dirigé l’Église sur la base du profit. Aujourd’hui, il y a un projet de la nouvelle dirigeante auto-proclamée, Evelyn Joshua, qui veut commercialiser chaque activité de l’Église. Mais elle n’est pas pasteur. Elle n’a jamais été ointe par le pasteur Joshua. Comment peut-elle se présenter comme le nouveau leader ? »

À cette situation confuse s’ajoutent des rumeurs selon lesquelles des membres accusés de vol ont été arrêtés. La nouvelle direction de la SCOAN aurait-elle entrepris de régler ses comptes, ainsi que le laissent entendre certains ? Non, répond l’entourage d’Evelyn Joshua, qui explique qu’un audit complet des activités de l’Église depuis la mort de son époux a été ordonné « pour sécuriser certains actifs essentiels ». « De nombreux détournements ont été perpétrés au cours des derniers mois », précise James Akhigbe, chef du service juridique de la SCOAN, qui évoque des « actes inimaginables ». La Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) a officiellement été saisie pour enquêter sur les soupçons de détournement.

ILS ONT ÉTABLI UN CONSEIL D’ADMINISTRATION ET SONT ALLÉS SE SERVIR DANS LES COFFRES EN PLEINE NUIT », ASSURE UNE SOURCE

« Ces fraudes ont fait de beaucoup [des dirigeants de l’Église] des multimillionnaires après la mort de TB Joshua, accuse une source citée dans le Guardian, un journal local. Ils sont près de vingt. Ils ont ont mis la main sur les activités de l’Église juste après la mort de TB Joshua et ne voulaient pas entendre parler de sa femme. Ils ont établi un conseil d’administration et sont allés se servir dans les coffres en pleine nuit. »

Dans ses premiers déclarations en tant que nouvelle cheffe de la SCOAN, Evelyn Joshua a joué la carte de l’apaisement. « Je ne suis qu’une servante qui, sous la direction du Saint-Esprit, fera équipe avec vous tous pour diriger les affaires de ce grand ministère », a-t-elle lancé, avant de répéter que feu son mari demeurait « le fondateur et le surveillant général » de l’Église. Mais alors que l’édifice bâti par TB Joshua menace de se fissurer de toutes parts, elle va avoir fort à faire pour maintenir l’influence d’une Église qui compte encore plusieurs millions de fidèles.

Avec Jeune Afrique par Dele Yusuf – pour The Africa Report

Rwanda, Cameroun, Nigeria… S’unir ou périr

septembre 30, 2021
Commémoration du génocide des Tutsi, à Kigali, en avril 2019 © Ben Curtis/AP/SIPA

Vingt-sept ans après le génocide, Kigali créé un ministère de l’Unité nationale et de l’Engagement civique. Preuve qu’au Rwanda comme au Cameroun, au Nigeria ou en Éthiopie, les rancœurs du passé menacent toujours la cohésion sociale.

Il y a quelque chose d’étonnant avec le Rwanda. Il s’y passe toujours quelque chose. Ce pays est souvent, pour le meilleur ou le pire, à la une de l’actualité. Pourtant, vu de l’intérieur, on a le sentiment que l’essentiel passe au travers des radars médiatiques. Récemment, par exemple, le gouvernement a annoncé la création d’un ministère de l’Unité nationale et de l’Engagement civique. L’information a été relativement peu commentée à l’extérieur du pays. Il est vrai que le décès de la star locale du rap « Jay Polly » à la même période dans un hôpital de Kigali, où il avait été conduit en urgence alors qu’il était détenu depuis plusieurs mois dans un établissement pénitentiaire, constituait, pour les pourfendeurs du pouvoir rwandais, une occasion de tirer une nouvelle fois à boulets rouges sur un régime qui provoque chez certains une aversion irrationnelle.

Pourtant, la question de l’unité nationale est centrale dans le projet de transformation du Rwanda. Elle a occupé l’esprit des architectes de sa renaissance après le génocide perpétré contre les Tutsi. Les fameuses « discussions du village Urugwiro » qui, entre mai 1998 et mars 1999, réunirent toutes les forces vives d’une nation pas totalement pacifiée pour plancher sur les fondements de la reconstruction, identifièrent « l’unité nationale » comme l’un des socles du nouveau Rwanda. La nouvelle Constitution consacra « l’unité » comme l’un des « piliers du développement ».

Comment « faire nation » ?

L’impératif de l’unité répondait évidemment à l’histoire récente : l’instrumentalisation politique des divisions avait conduit le pays au bord de l’anéantissement. L’enjeu, sur le papier, était simple : s’unir ou périr. Dans les faits, c’était une autre histoire : comment « faire nation » avec des compatriotes dont une partie avait été actrice du génocide ? Comment faire émerger une communauté de destin dans un pays qui, depuis son indépendance, s’était précisément bâti sur l’idée de destins irréconciliables ?

Les fondateurs du nouveau Rwanda avaient visiblement conscience de la difficulté du problème. Mais ils estimaient que le pays bénéficiait d’atouts spécifiques qui, naturellement, favoriseraient l’œuvre d’unification : une langue unique, des coutumes communes, etc. Or, la présence de ces facteurs n’avait pas empêché la désintégration du pays. Dans sa fameuse conférence sur la nation, Ernest Renan rappelle à juste titre que si « la langue invite à se réunir ; elle n’y force pas. Les États-Unis et l’Angleterre, l’Amérique espagnole et l’Espagne parlent la même langue et ne forment pas une seule nation… Il y a quelque chose de supérieur à la langue : c’est la volonté ».À LIREPaul Kagame : « Le jour où j’ai fui le Rwanda pour échapper aux génocidaires »

Puisqu’il est question de « volonté », difficile de dire que les nouvelles autorités en ont manqué dans leur objectif de réconciliation du peuple rwandais après la tragédie de 1994 : des actes de vengeance de militaires issus des rangs de l’armée du FPR ont été sanctionnés ; la mention ethnique sur les cartes d’identité a été abolie, des officiers issus de l’armée du régime génocidaire ont été intégrés à la nouvelle force, des anciens miliciens Interahamwe réfugiés dans les forêts congolaises ont été réadmis dans la société, etc.

LA RÉCONCILIATION N’A PAS EMPÊCHÉ LE DÉVELOPPEMENT D’UN NÉGATIONNISME VIRULENT

Et pourtant, d’une certaine manière, la création même d’un ministère consacré à l’unité nationale, vingt-sept ans après le génocide, témoigne de ce que les efforts entrepris depuis presque trois décennies ont été insuffisants. La réconciliation par la réforme du système politique n’a pas empêché le développement d’un négationnisme virulent. Mais qui aurait pu imaginer à l’époque qu’un génocide dont toutes les preuves existent aurait pu être relativisé, contextualisé, nié ? On peut penser que dans l’esprit des cadres du Front patriotique rwandais [FPR], la question de la réconciliation des mémoires historiques ne se posait pas : le génocide contre les Tutsi était une réalité objective. Mais dès lors que, contre toute attente, des mémoires s’affrontent autour de la place et du sens de cet évènement fondamental, sur quelles bases fonder « l’unité nationale » ? Dans quelle mesure l’unité peut-elle être accomplie sans un récit historique partagé ?

Le lourd prix de l’unité

Cette question va bien au-delà du Rwanda. Au Cameroun, par exemple, la question historique est revenue au cœur du débat national avec la résurgence de « la crise anglophone ». Là aussi, l’un des enjeux est celui du récit national – et donc de l’unité du pays : peut-il y avoir cohésion nationale sans mémoire historique nationale ? Quel contrat social dans un climat de rancœurs historiques ? Au Nigeria, la parenthèse ouverte par la guerre du Biafra n’a jamais été refermée ; l’héritage de cette tragédie pose toujours la question de l’unité du pays, d’autant plus que, entre-temps, d’autres considérations politico-historiques ont conduit à l’émergence de revendications sécessionnistes dans diverses autres régions du territoire. Et que dire de l’Éthiopie, dont une terrible guerre civile menace la survie ?

Constituer une nation est difficile. Le prix de « l’unité » est souvent lourd. C’est peut-être la raison pour laquelle les gouvernements confrontés à des problèmes de cohésion nationale choisissent soit de fermer les yeux, soit d’instrumentaliser les divisions – souvent pour le pire. En raison de son histoire, le Rwanda n’a pas d’autre choix que celui d’affronter le problème, puis d’y apporter une solution – et peut-être, comme dans d’autres domaines, d’inspirer le continent.

Yann Gwet

avec Jeune Afrique par Yann Gwet

Essayiste camerounais. Diplômé de Sciences Po Paris, il vit et travaille au Rwanda.

Nigeria : sept ans après son enlèvement, une « fille de Chibok » retrouve sa famille

août 8, 2021
Les lycéennes de Chibok enlevées par Boko Haram dans une vidéo diffusée par le groupe terroriste, le 12 mai 2014.

Une des quelque 300 jeunes Nigérianes enlevées par Boko Haram dans un collège de Chibok en 2014 est libre et a retrouvé sa famille, a annoncé samedi le bureau du gouverneur de l’État de Borno au Nigeria.

Le 14 avril 2014, une centaine de jihadistes de Boko Haram (nom qui signifie « l’éducation occidentale est un péché ») avaient enlevé 276 jeunes filles, âgées de 12 à 17 ans, dans un collège de filles de Chibok, dans l’État de Borno. Cet enlèvement avait provoqué une énorme vague d’indignation internationale et une campagne intitulée #BringBackOurGirls pour leur libération. Au fil des ans, la majorité des filles ont été relâchées ou retrouvées par l’armée, mais une centaine d’entre elles sont toujours portées disparues, avait rappelé Amnesty international en avril dernier, à l’occasion du septième anniversaire de leur enlèvement.

Dans un communiqué, le gouverneur de l’État de Borno, Babagana Umara Zulum, a précisé que Ruth Ngladar Pogu s’était présentée auprès de l’armée le mois dernier en compagnie d’une personne qu’elle a identifiée comme son mari. « Je connais le sentiment des familles de celles qui sont encore en captivité mais nous devons garder espoir, surtout après le développement d’aujourd’hui », a déclaré le gouverneur. Selon son bureau, la jeune fille s’est présentée le 28 juillet auprès de l’armée mais la nouvelle n’avait pas été rendue publique pour lui donner le temps de contacter ses parents.

Depuis le début de la rébellion du groupe islamiste radical Boko Haram en 2009 dans le nord-est du Nigeria, le conflit, qui s’est propagé aux pays voisins, a fait plus de 36 000 morts et trois millions de personnes ont dû fuir leur domicile, selon l’ONU. De nombreux autres enlèvements de masse se sont produits dans le nord du Nigeria depuis Chibok, entraînant la fermeture de centaines d’établissements scolaires. Depuis décembre, près de mille élèves ont été enlevés, principalement dans les États du nord-ouest et du centre du pays. La plupart ont été libérés, mais certains sont toujours détenus après des mois de captivité.

Par Jeune Afrique avec AFP

Tous les vaccins ne sont pas égaux, selon l’Union européenne

juillet 13, 2021

LONDRES — Après que le Dr Ifeanyi Nsofor et son épouse ont reçu deux doses du vaccin d’AstraZeneca contre le coronavirus au Nigeria, ils ont supposé qu’ils seraient libres de voyager cet été vers une destination européenne de leur choix. Ils avaient tort.

© Fournis par La Presse Canadienne

Le couple – et des millions d’autres personnes qui ont été vaccinées grâce à un effort soutenu par l’ONU – pourrait se voir interdire l’entrée de nombreux pays européens, entre autres, parce que ces pays ne reconnaissent pas la version indienne du vaccin.

Bien que le vaccin d’AstraZeneca produit en Europe ait été autorisé par l’agence de réglementation pharmaceutique du continent, le même vaccin fabriqué en Inde n’a pas reçu le feu vert.

Les régulateurs de l’Union européenne (UE) ont déclaré qu’AstraZeneca n’avait pas rempli les documents nécessaires sur l’usine indienne, y compris les détails sur ses pratiques de production et ses normes de contrôle qualité.

Mais certains experts décrivent la décision de l’UE comme discriminatoire et non scientifique, soulignant que l’Organisation mondiale de la santé a inspecté et approuvé l’usine. Les responsables de la santé affirment que la situation non seulement compliquera les voyages et nuira aux économies fragiles, mais elle sapera également la confiance dans les vaccins en semblant étiqueter certains comme étant de qualité inférieure.

Alors que la couverture vaccinale augmente en Europe et dans d’autres pays riches, les autorités soucieuses de sauver la saison touristique estivale assouplissent de plus en plus les restrictions aux frontières.

Plus tôt ce mois-ci, l’Union européenne a présenté son certificat COVID numérique, qui permet aux résidants de l’UE de se déplacer librement dans le bloc de 27 pays tant qu’ils ont été vaccinés avec l’un des quatre vaccins autorisés par l’Agence européenne des médicaments, ont un récent test négatif ou ont la preuve qu’ils se sont récemment remis du virus.

Alors que les États-Unis et la Grande-Bretagne restent largement fermés aux visiteurs extérieurs, le certificat de l’UE est considéré comme un modèle potentiel de voyage à l’ère de la COVID-19 et un moyen de stimuler les économies.

Les vaccins officiellement approuvés par l’UE incluent également ceux fabriqués par Pfizer, Moderna et Johnson & Johnson. Ils n’incluent pas le vaccin d’AstraZeneca fabriqué en Inde ni de nombreux autres vaccins utilisés dans les pays en développement, y compris ceux fabriqués en Chine et en Russie.

Les différents pays de l’UE sont libres d’appliquer leurs propres règles pour les voyageurs de l’intérieur et de l’extérieur du bloc, et leurs règles varient considérablement, créant une confusion supplémentaire pour les touristes. Plusieurs pays de l’UE, dont la Belgique, l’Allemagne et la Suisse, autorisent les personnes à entrer s’ils ont reçu des vaccins non approuvés par l’UE; plusieurs autres, dont la France et l’Italie, ne le font pas.

Pour le Dr Nsofor, la réalisation qu’il pourrait être interdit d’entrée a été «un réveil brutal». Après une année difficile de travail pendant la pandémie à Abuja, le Dr Nsofor et sa femme attendaient avec impatience des vacances européennes avec leurs deux jeunes filles, peut-être en admirant la tour Eiffel à Paris ou en visitant Salzbourg en Autriche.

Le Dr Nsofor a noté que le vaccin de fabrication indienne qu’il avait reçu avait été autorisé par l’OMS pour une utilisation d’urgence et avait été fourni par le biais de COVAX, le programme soutenu par l’ONU pour fournir des vaccins aux pays les plus pauvres du monde. L’approbation de l’OMS comprenait une visite à l’usine du Serum Institute of India pour s’assurer qu’elle avait de bonnes pratiques de fabrication et que les normes de contrôle de qualité étaient respectées.

«Nous sommes reconnaissants à l’UE d’avoir financé COVAX, mais maintenant, ils discriminent essentiellement un vaccin qu’ils ont activement financé et promu», a déploré le Dr Nsofor. «Cela ne fera que laisser place à toutes sortes de théories du complot selon lesquelles les vaccins que nous recevons en Afrique ne sont pas aussi bons que ceux qu’ils ont pour eux-mêmes en Occident.»

Avec La Presse canadienne par Maria Cheng, The Associated Press

Nigeria : l’arrestation du leader pro-Biafra Nnamdi Kanu peut-elle ramener la paix dans le Sud-Est ?

juillet 6, 2021
Nnamdi Kanu dans le jardin de sa maison d’Umuahia, dans le Sud-Est du Nigeria, en 2017

Accusé de terrorisme, le dirigeant séparatiste Nnamdi Kanu a été appréhendé et extradé vers Abuja, où il sera jugé à partir du 26 juillet. Si certains dénoncent une injustice, d’autres espèrent la fin des violences.

C’est arrivé de manière aussi soudaine qu’inattendue. Arrêté à l’étranger et ramené au Nigeria, le 29 juin, le dirigeant séparatiste pro-Briafra a aussitôt été présenté devant un juge fédéral et incarcéré à Abuja. La justice nigériane a autorisé son placement en détention jusqu’à l’ouverture de son procès pour « terrorisme », le 26 juillet.

Il y a près de quatre ans, Nnamdi Kanu avait été libéré sous caution et c’est à la faveur de cette remise en liberté qu’il avait choisi de disparaître, disant craindre pour sa vie. Détenteur de la citoyenneté britannique, il tenait depuis en échec les services de sécurité nigérians.Read this article in english on 

« Cette arrestation, c’est un coup dur pour l’Ipob [le mouvement indépendantiste Indigenous People of Biafra], décrypte Ephraim Onoja, un expert en sécurité basé dans l’État d’Imo, où se se concentre la majorité des partisans de Kanu. Le président Muhammadu Buhari envoie un message très fort. L’idée c’est que peu importe où vous êtes et peu importe le temps que cela prendra, vous finirez par être rattrapé. »

« J’aurais pu être tué »

Même si plusieurs sources pointent vers le Kenya, les autorités nigérianes n’ont pour l’instant pas dit où Kanu avait été arrêté. Le ministre de la Justice, Abubakar Malami, s’est contenté de déclarer qu’il avait été « intercepté grâce aux efforts conjoints des services de renseignement et des services de sécurité nigérians », et que son procès, qui s’était initialement ouvert en 2015, allait pouvoir reprendre.

Le leader de l’Ipob a été arrêté pour la première fois cette année-là, après des années de lutte pour le Biafra. Inculpé pour terrorisme, trahison et possession illégale d’armes à feu, il a passé six mois en détention avant d’être libéré sous caution pour raisons de santé. Il était soumis à un contrôle judiciaire strict et avait notamment interdiction d’accorder des interviews ou de prendre part à des rassemblements de plus de 10 personnes.

LE PROCÈS POURRA CONTRIBUER À LE DÉMYSTIFIER OU, AU CONTRAIRE, EN FAIRE UN HÉROS

Ces conditions, Kanu ne les a pas respectées. Il a choisi de fuir après que l’armée a tenté de l’arrêter chez lui, dans l’État d’Abia, dans le sud-est du Nigeria, en novembre 2017. De retour devant la justice, vêtu d’un survêtement Fendi et sans l’assistance d’aucun de ses avocats, il a affirmé qu’à l’époque, il « aurait pu être tué » s’il était resté dans le pays.

Selon Amnesty International, 12 de ses partisans ont péri le 14 septembre 2017 lorsque les services de sécurité ont tenté de l’arrêter. Les autorités rétorquent que les personnes qui ont été tuées ce jour-là avaient résisté à leur arrestation. Quoi qu’il en soit, une répression sévère s’est abattue sur les partisans de Kanu depuis l’arrivée de Buhari au pouvoir ; plus d’une centaine d’entre eux y ont perdu la vie.

Un homme qui divise

Fin juin, après la comparution de leur client devant un juge, les avocats du leaders sécessionnistes ont publié une déclaration insistant sur le fait que « quelle que soit la gravité des infractions ou des charges retenues contre lui, l’article 36 (5) de la Constitution le présume toujours innocent ». Contacté, l’un de ses défenseurs, Maxwell Okpara, précise que lui et ses confrères n’ont pas été informés de son arrestation, encore moins de sa mise en accusation, faisant écho aux inquiétudes quant à la manière dont les autorités nigérianes ont jusqu’à présent traité le cas de Kanu.

Cet épisode « confirme que le fait que l’administration Buhari peut être rapide et méthodique lorsqu’elle est motivée – et poussée par des considérations ethniques ou religieuses », résume l’analyste Demola Olarewaju. Selon lui, le procès à venir pourra contribuer « à démystifier pour de bon le personnage ou, au contraire, contribuer à en faire un héros ».

Jusqu’à présent, les réactions à l’annonce de l’arrestation de Kanu ont surtout reflété les profondes divisions du Nigeria. Des groupes et associations du Nord, tels que le Forum consultatif d’Arewa, ont tenu à féliciter les autorités pour avoir mis la main sur un homme « qui a juré de détruire le pays », tandis que leurs homologues du Sud, tels que la Fondation pour le développement d’Alaigbo, y voient « une grave injustice de la part d’un gouvernement fédéral [qui cherche à] écraser Nnamdi Kanu et, avec lui, les partisans de l’Ipob ».

Symbole de ces divisions, Ohanaeze Ndigbo, un autre groupe qui dit défendre les intérêts des Igbo, a déclaré dans un communiqué l’arrestation de Kanu marquait « le début de la fin des violences dans le sud-est du Nigeria », ajoutant que « l’autodétermination ne [devait] pas être utilisée à des fins de fortune et de gloire » et que « le refus de Nnamdi Kanu d’adhérer aux conseils des dirigeants Igbo est à l’origine de ce qui lui est arrivé ».

Depuis sa base au Royaume-Uni et sur les ondes de Radio Biafra, porte-voix depuis Londres de la lutte sécessionniste, Kanu a contribué à l’endoctrinement de nombreux jeunes, auxquels il a répété qu’ils n’avaient pas leur place au sein de l’État fédéral et qu’ils devaient lutter pour faire du Biafra une nation. Il a lancé une branche armée de l’Ipob, officiellement pour « mettre fin à toute activité criminelle et à toute attaque terroriste contre le Biafra », et les meurtres ont triplé dans la région, selon le média local TheCable, qui souligne que ce sont des agents de sécurité qui sont le plus souvent visés.

L’IPOB NE RENONCERA PAS À SON COMBAT POUR LA LIBERTÉ DU BIAFRA

« Kanu est le cauchemar des gouverneurs et des dirigeants du Sud-Est parce qu’il pense que tout le monde est instrumentalisé », poursuit un conseiller du gouverneur d’Abia, l’État dont le leader pro-Biafra est originaire. Quand les gouverneurs ont tenté de le rencontrer après sa libération en 2017, il s’est esquivé à la dernière minute, affirmant qu’il ne voulait pas prendre le risque d’être tué. Depuis, ceux-ci ont fait interdire l’Ipob. « Les gouverneurs vont enfin pouvoir se concentrer sur le rétablissement d’une paix durable dans la région », estime la même source.

« Cela pourrait apaiser les tensions à court terme, admet Ephraim Onoja. Mais à long terme, certains des partisans de Kanu pourraient modifier leur stratégie et choisir d’intensifier la lutte pour faire pression sur le gouvernement afin qu’il le libère ou pour obtenir l’ouverture de négociations. »

Un appât pour Buhari ?

À l’approche des prochaines élections générales, l’arrestation de Kanu pourrait également devenir un instrument politique. Les analystes estiment en effet que le président Buhari et son parti, le All Progressives Congress (APC), pourraient utiliser Kanu comme appât pour conquérir le Sud-Est du pays en 2023, une région qui se sent traditionnellement marginalisée et où plusieurs voix se sont élevées pour réclamer un président igbo.

« Le gouvernement pourrait avoir intérêt à calmer le jeu et à trouver un accord politique pour sa libération », résume Ephraim Onoja. La tension n’est pour l’instant pas retombée. « L’Ipob ne renoncera pas [à son combat pour] la liberté du Biafra, a affirmé le mouvement dans un communiqué après l’annonce de l’arrestation de Kanu. Nous avons franchi le Rubicon dans notre lutte pour la restauration de la souveraineté du Biafra. Il n’y a pas de retour en arrière possible, quel que soit le niveau d’intimidation exercé par nos oppresseurs. »

Par Jeune Afrique – Jude Michael

Quand Buhari contre-attaque et coupe Twitter au Nigéria

juin 23, 2021
Le président Muhammadu Buhari du Nigeria lors d’une réunion avec le président Donald Trump dans le bureau ovale de la Maison Blanche, le 30 avril 2018, à Washington.

Censuré pour n’avoir pas respecté les règles édictées par Twitter, le président n’a pas hésité à recourir à des mesures de représailles qui pénalisent les 40 millions d’usagers de son pays. Une attitude qui alimente les soupçons de déni de démocratie.

Dans les années 1980, apparaissait, dans les quartiers populaires d’Abidjan, une nouvelle race de jeunes : les ziguéhis. Le muscle ferme, les articulations souples, les coups de poings et de pieds faciles, ils imposaient leur volonté par un phrasé court, percutant, qui bien évidemment souffrait peu la contradiction. Quand on a les moyens de son verbe, les débats ne sont jamais longs. Abreuvés des codes westerns (le plus rapide), des films de kung-fu (le plus fort) et de la mythologie du guerrier africain (le plus brave), ils faisaient régner un semblant d’ordre qui, en général, ne servait que leur image et leurs intérêts.

Ziguéhi un jour, ziguéhi toujours

Justement, Muhammad Buhari a pris le pouvoir au Nigeria dans les années 1980, comme un ziguéhi. D’abord par un coup d’État, ensuite en imposant un arsenal de mesures d’austérité économique et sociale à faire pâlir les fonctionnaires les plus retors du FMI. Et bien évidemment, aucune de ces mesures ne pouvait être contestée, même pas au second degré avec la plume de Wole Soyinka ou avec un saxophone sibyllin comme celui de Fela Anikulapo Kuti. Les ziguéhis abidjanais criaient : « Tenter-regretter ! » Pour Buhari 1er, c’était « Tenter-emprisonner ». Justice expéditive et prison – dans le meilleur des cas – pour tous ceux qui osaient. Mais « c’est fer qui coupe fer » : le général s’est fait balayer par un autre général.

Et puis les années ont passé. La plupart des ziguéhis sont morts avant leurs 50 ans, phénomène naturel chez les pauvres en Afrique. Buhari lui, est toujours vivant et en activité après ses 75 ans, phénomène naturel chez les politiciens en Afrique. L’homme a fait comme beaucoup d’anciens putschistes : il a troqué le treillis contre le boubou pour devenir Buhari II, président « démocratiquement élu ». Déjà, son pote Obasanjo (ils ont renversé Gowon ensemble, en 1976) avait fait pareil. Notons au passage cette spécialité nigériane de recycler de l’ancien putschiste en président de démocratie. Fela qui s’élevait contre Buhari disait « demo-crazy » (Teacher Don’t Teach Me Nonsense, 1986). Car ziguéhi un jour, ziguéhi toujours.

Formules désastreuses et simplistes

Alors, il a gardé ses anciennes « vertus » : le sens de la formule facile, péremptoire, et les allergies graves à la contradiction. La première marche bien avec Twitter, outil moderne et incontournable de communication. Tout dire en 280 signes (exactement ce qu’il y a avant cette parenthèse, vous pouvez compter) est jouissif quand il faut mettre du complexe et du subtil dans des phrases simples. Ce qui fait de Twitter un instrument puissant aux mains d’artistes, de lettrés et d’hommes de culture. Mais l’oiseau bleu est aussi idéal pour le processus inverse, c’est-à-dire simplifier les choses complexes et subtiles, parfois jusqu’à les vider de tout sens. Ce qui en fait un instrument puissant aux mains des caricaturistes et des populistes de tous bords.

AVEC LA MÊME ARDEUR À MULTIPLIER LES TWEETS RÉDUCTEURS PATINÉS DE MENACES ET DE HAINE, ON PEUT DIRE QUE BUHARI EST DE LA MÊME… TRUMP

Ces dernières années, Trump en était l’exemple le plus abouti. Il a ventilé un nombre incalculable de formules désastreuses et simplistes. Avec la même ardeur à multiplier les tweets réducteurs patinés d’acrimonie, de menaces et de haine, on peut dire que Buhari est de la même… Trump. Conséquence pour les deux : get out ! Mais leurs chemins de désormais ex-twittos divergent à partir de la deuxième « vertu » du ziguéhi. Trump, tout aussi allergique à la contradiction, était le président d’une democracy. Buhari est le chef d’une « demo-crazy ». Là où le premier s’est contenté de bouder tout rouge dans les couloirs de la Maison-Blanche, le second a vu rouge tout court et a coupé Twitter dans un pays qui compte 40 millions d’utilisateurs. C’est le jour où Trump a dû amèrement regretté de ne pas être à la tête de ce qu’il appelait tendrement shit hole country. Je dédie cet article à la mémoire de Fela Anikulapo Kuti.

Par  Gauz

Écrivain ivoirien, auteur de « Debout payé » (2014), « Camarade papa » (2018), et « Black Manoo » (2020).

Nigeria: attaque dans une université, un mort, un blessé et cinq personnes enlevées

juin 11, 2021

Des hommes armés ont attaqué jeudi soir une université dans le nord du Nigeria, tuant un étudiant et en blessant un autre, et kidnappant cinq personnes, dont trois étudiants, selon un communiqué vendredi 11 juin du syndicat des enseignants.

L’attaque s’est déroulée entre 23H00 et 00H00, à l’Université polytechnique Nuhu Bamalli de Zaria, une localité située dans l’Etat de Kaduna. «Deux membres du personnel académique ont été kidnappés» ainsi que «trois étudiants», selon ce communiqué signé par le président du syndicat des enseignants, Aliyu Kofa.

L’épouse et deux enfants de l’un des personnels kidnappés ont également été enlevés par les ravisseurs «mais ont été libérés dans la matinée», précise ce communiqué. Lors de l’attaque, «les kidnappeurs ont tiré sur deux étudiants, l’un d’entre eux est mort ce matin tandis que l’autre est toujours pris en charge médicalement», est-il ajouté. Vendredi matin, le recteur de l’université Mohammed Kabir Abdullahi a confirmé à l’AFP l’attaque, mais il n’était pas en mesure de communiquer le nombre de personnes enlevées.

Cette attaque est la dernière d’une série d’enlèvements d’écoliers ou d’étudiants ces derniers mois dans le centre et le nord-ouest du Nigeria, où depuis une décennie des bandes armées terrorisent les populations, pillant des villages, volant le bétail et pratiquant des rapts de masse contre rançon.

Début juin, au moins 136 enfants ont été enlevés dans une école privée musulmane dans l’Etat voisin du Niger (Centre du Nigeria). Ils n’ont toujours pas été libérés par leurs ravisseurs, qui exigent le paiement d’une rançon. Depuis décembre 2020, au moins 866 enfants et adolescents ont été enlevés au Nigeria dans l’attaque de leurs établissements. Le pays le plus peuplé d’Afrique fait face à d’autres immenses défis sur le plan de la sécurité, notamment une rébellion djihadiste dans le nord-est, qui a fait plus de 40.000 morts depuis 2009.

Par Le Figaro avec AFP

Nigeria : le chef de Boko Haram est mort

juin 6, 2021

Selon un groupe djihadiste rival, le chef de Boko Haram Abubakar Shekau se serait suicidé lors de combats contre l’État islamique en Afrique de l’Ouest. 

Le chef de Boko Haram s'est suicide lors de combats contre le groupe jihadiste rival de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap), a affirme celui-ci dans un enregistrement audio diffuse deux semaines apres de premieres informations faisant etat de sa mort.
Le chef de Boko Haram s’est suicidé lors de combats contre le groupe jihadiste rival de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), a affirmé celui-ci dans un enregistrement audio diffusé deux semaines après de premières informations faisant état de sa mort.© HANDOUT / BOKO HARAM / AFP

Abubakar Shekau est mort. Le chef de Boko Haram s’est suicidé lors de combats contre le groupe jihadiste rival de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), a affirmé celui-ci dans un enregistrement audio diffusé deux semaines après de premières informations faisant état de sa mort. « Shekau a préféré l’humiliation dans l’au-delà à l’humiliation sur Terre. Il s’est donné la mort en déclenchant un explosif », déclare en langue kanuri une voix semblant être celle du chef de l’Iswap Abu Musab Al-Barnawi dans cet enregistrement remis à l’Agence France-Presse par une source relayant habituellement les messages du groupe.

Boko Haram ne s’est pas exprimé sur la mort annoncée de son chef, et l’armée nigériane dit enquêter. Dans son enregistrement, Iswap décrit comment ses troupes, envoyées dans l’enclave de Boko Haram, dans la forêt de Sambisa, ont découvert Abubakar Shekau assis dans sa maison et ont engagé le combat.

L’Iswap est né d’une scission avec Boko Haram

« Il a battu en retraite et s’est échappé, errant à travers la brousse pendant cinq jours. Néanmoins les combattants (de l’Iswap) ont continué à le chercher et à le traquer jusqu’à ce qu’ils soient capables de le localiser », raconte la voix. Après l’avoir débusqué dans la brousse, les combattants d’Iswap l’ont sommé, lui et ses partisans, de se repentir, mais Shekau a refusé et s’est donné la mort, poursuit-elle.

L’Iswap, reconnu par l’État islamique, est né en 2016 d’une scission avec Boko Haram, auquel il reproche notamment des meurtres de civils musulmans. Après être monté en puissance, il est désormais le groupe jihadiste dominant dans le nord-est du Nigeria, multipliant les attaques d’ampleur contre l’armée nigériane. « Nous sommes tellement heureux », souligne la voix, ajoutant que Abubakar Shekau est « quelqu’un qui s’est rendu coupable d’un terrorisme et d’atrocités inimaginables ».

« Peut-être pas fini »

Cette montée en puissance du groupe, qui semble désormais sur le point d’absorber les combattants de Boko Haram et de prendre possession de ses anciens territoires inquiète les analystes, car elle signifie que l’Iswap dispose désormais d’une plus grande zone sous son contrôle, mais aussi de plus de combattants et d’armes à disposition.

Les hostilités entre Boko Haram et Iswap profitaient également à l’armée nigériane. « Si l’Iswap convainc les forces de Shekau de le rejoindre, il contrôlera la majorité des forces ennemies et sera en outre présent dans l’essentiel des zones échappant au contrôle gouvernemental dans le nord-est », explique dans une note Peccavi Consulting, une société d’évaluation du risque spécialiste de l’Afrique.

Toutefois, l’Iswap va probablement devoir convaincre ou combattre d’autres factions de Boko Haram loyales à Abubakar Shekau, qui disposent encore d’importants bastions notamment de part et d’autre de la frontière avec le Cameroun à Gwoza, Pulka, et dans les montagnes de Mandara, ainsi qu’au Niger. « Ce n’est peut-être pas fini, l’Iswap va devoir soumettre ou convaincre ces groupes de s’unir à lui, pour consolider totalement son contrôle », a expliqué une source sécuritaire.

Les habitants de la région ont été chassés des îles du lac Tchad

Depuis 2019, l’armée nigériane s’est retirée des villages et bases de petite importance, pour se retrancher dans des « supercamps », une stratégie critiquée car elle permet aux jihadistes de se déplacer sans entraves dans les zones rurales.

Après sa prise de la forêt de Sambisa, l’Iswap a envoyé des messages aux habitants de la région du lac Tchad, aux confins du Nigeria, du Niger, du Cameroun et du Tchad, les disant bienvenus dans son « califat » autoproclamé, a expliqué Sallau Arzika, un pêcheur de Baga, localité des rives du lac.

Les habitants de la région ont été chassés des îles du lac Tchad par l’Iswap qui les accusaient d’espionner pour le compte de l’armée. Al-Barnawi leur a indiqué qu’ils pouvaient retourner pêcher et faire du commerce, après paiement de taxes, avec l’assurance qu’ils ne leur serait fait aucun mal, a expliqué le pêcheur. Depuis le début de la rébellion du groupe islamiste radical Boko Haram en 2009 dans le nord-est du Nigeria, le conflit a fait près de 36 000 morts et deux millions de déplacés.

Par Le Point avec AFP

Le populaire prophète Nigérian TB Joshua est mort

juin 6, 2021

TB JOSHUA

Le chef et fondateur de The Synagogue, Church of All Nations (SCOAN), le pasteur Temitope Balogun Joshua, populairement connu sous le nom de T. B. Joshua, est mort.

Il est décédé samedi soir à l’âge de 57 ans à Lagos, Nigeria. La cause de sa mort reste encore inconnue au moment de la rédaction de cet article.

T.B Joshua est décédé peu de temps après avoir terminé un programme dans son église samedi. Son corps a été déposé à la morgue en attente d’une autopsie. Une publication sur sa page Facebook qui compte plus de 4 millions d’abonnés a révélé :Publicité

“PROPHETE TB JOSHUA – 12 JUIN 1963 au 5 JUIN 2021

 « Certes, le Souverain SEIGNEUR ne fait rien sans révéler son plan à ses serviteurs les prophètes. »  – Amos 3:7

 Le samedi 5 juin 2021, le prophète TB Joshua s’est exprimé lors de la réunion des partenaires d’Emmanuel TV : « Il est temps pour tout – le temps de venir ici pour la prière et le temps de rentrer à la maison après le service.

Dieu a ramené chez lui son serviteur le prophète TB Joshua – comme il se doit par volonté divine.  Ses derniers moments sur terre ont été passés au service de Dieu. C’est pour cela qu’il est né, a vécu et est mort.

 Comme le dit le prophète TB Joshua : « La meilleure façon d’utiliser la vie est de la dépenser pour quelque chose qui lui survivra ».

Le prophète TB Joshua laisse un héritage de service et de sacrifice au Royaume de Dieu qui vit depuis des générations encore à naître.

 La synagogue, l’église de toutes les nations et la famille Emmanuel TV apprécient votre amour, vos prières et votre préoccupation en ce moment et demandent un moment d’intimité pour la famille.

 Voici les derniers mots du prophète TB Joshua : « Veillez et priez. »

 Une seule vie pour Christ est tout ce que nous avons ;  une seule vie pour Christ est si chère.”

Le populaire prophète Nigérian TB Joshua est mort

La méga-église de TB Joshua dirige la chaîne de télévision Emmanuel TV de Lagos. Sa chaîne YouTube, Emmanuel TV, compte plus de 1 000 000 d’abonnés YouTube avant sa suspension en Avril dernier.

TB Joshua a régné pendant plusieurs décennies en tant que prédicateur fougueux à la télévision, utilisant sa plate-forme pour attirer un grand nombre de chrétiens du monde entier. Emmanuel TV, dirigée par la SCOAN de M. Joshua, est l’une des plus grandes stations de diffusion chrétienne du Nigeria, disponible dans le monde entier via des commutateurs numériques et terrestres.

 En 2014, son église était au centre d’une enquête multinationale à la suite de l’effondrement d’une section du siège de son église à Lagos, faisant des dizaines de morts et de nombreux autres blessés.

TB Joshua a nié les allégations de négligence et un procès sur l’incident était toujours en cours avant son décès.

Né le 12 juin 1963, il était télévangéliste et philanthrope.

Avec AfrikMag par Felicia Essan