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Nigeria : les Itsekiris en émoi après le vol des couronnes royales

avril 12, 2021
La mort de l’Ogiame Ikenwoli, olu (roi) du Warri, le 5 avril, a ouvert la course à sa succession sur le trône.

Les deux couronnes ont disparu en pleine querelle de succession à la tête du royaume du Warri. Une affaire qui vient troubler la tranquillité de la ville éponyme, centre névralgique de l’industrie pétrolière du Nigeria.

C’est un véritable choc. En pleine bataille pour la succession de l’olu (roi) du Warri, les deux couronnes royales vieilles d’au moins quatre siècles se sont évaporées dans la nature.

L’une d’elles avait été portée pour la première fois par l’Ogiame Atuwatse, qui régna de 1625 à 1643. Selon des sources locales, il s’agirait d’un cadeau offert par le roi du Portugal au jeune Atuwatse (surnomé Dom Domingos par les Portugais) en 1611, au moment où ce dernier allait rentrer à Warri après un séjour éducatif dans le royaume ibérique. Depuis lors, quatorze souverains ont porté cette couronne devenue symbole de royauté chez le peuple itsekiri.

Querelle de succession

Tout débute avec l’annonce, le 5 avril, du décès de l’Ogiame Ikenwoli, olu (roi) du Warri, une nouvelle qui ouvre la course à sa succession sur le trône. Le fils du défunt, Tsola Emiko, est toutefois rapidement désigné. Mais la décision est aussitôt contestée par un groupe rival, qui estime que la procédure normale a été violée, un édit datant de 1979 disqualifiant le prince Tsola Emiko.

L’opposition au prince Tsola Emiko est menée par le Chief Ayiri Emami, proche conseiller du roi défunt. D’après l’opposition, pour être roi du Warri, il faut être né soit d’une mère originaire du royaume. Ayant remis en question la légitimité du prince Emiko à être désigné roi, le dignitaire a été suspendu de ses fonctions d’ologbotsere (sorte de Premier ministre). Il a immédiatement rejeté cette suspension, arguant que seul un roi en exercice a le pouvoir de le démettre. Emami assure que les canons de la tradition n’ont pas été respectés lors de la désignation du nouveau roi et entend poursuivre la contestation. S’exprimant dans une chaîne de télévision locale, il a déclaré n’avoir aucun problème personnel avec le prince Emiko, mais vouloir uniquement que « les traditions soient respectées ».

C’est dans ce contexte tendu que les deux couronnes ont disparu de l’Aghofe, le palais royal des Itsekiris.

CE SONT DES OBJETS DE GRANDE VALEUR, DÉCORÉS DE DIAMANT ET D’ARGENT

Ce sont des objets de grande valeur, décorés de diamant et d’argent. Hormis leur valeur matérielle, elles présentent aussi une valeur symbolique et revêtent une grande importance historique et culturelle. L’une des couronnes est destinée au roi (Ogiame), l’autre à la reine (Olori). En leur absence, impossible de procéder à l’oyoekoro, la cérémonie d’installation du nouveau monarque prévue en juillet prochain.

Muhammadu Buhari s’en mêle

L’affaire a suscité l’intervention du chef de l’État nigérian. Dans un message transmis via son cabinet, Muhammadu Buhari « appelle la nation itsekiri à résoudre les différends » liés à la désignation de son nouveau roi.

La situation géographique de Warri fait de cette crise une question importante pour le Nigeria. Le royaume, dont la création date d’avant la colonisation anglaise et la naissance du Nigeria, se confond de nos jours avec la ville portuaire éponyme, capitale de l’État du Delta. Située dans le sud-est du Nigeria, elle constitue le cœur de l’industrie pétrolière et le poumon économique du pays.

La police nigériane a lancé des recherches pour retrouver les couronnes disparues.

Avec Jeune Afrique par Patrick Nelle

Plus de 1800 détenus s’échappent après l’attaque d’une prison dans le sud-est du Nigeria

avril 5, 2021

Plus de 1800 détenus se sont échappés lundi 5 avril d’une prison de l’Etat d’Imo, dans le sud-est du Nigeria, après une attaque perpétrées par «des hommes armés», ont déclaré les services pénitentiaires nigérians.

«La prison d’Owerri (…) a été attaquée vers 02h15 du matin, lundi 5 avril, par des hommes armés non-identifiés et ont libéré de force 1.844 détenus», a indiqué Francis Enobore, le porte-parole des services pénitentiaires nigérian dans un communiqué, indiquant que les assaillants avaient utilisé des explosifs.

Par Le Figaro avec AFP

Nigeria: sept villageois et trois soldats tués par des hommes armés

mars 17, 2021

Au moins dix personnes, dont trois militaires, ont été tuées mardi dans une attaque perpétrée par des hommes armés dans un village de l’État de Zamfara, dans le nord-ouest du Nigeria, ont indiqué mercredi 17 mars des habitants à l’AFP.

Les assaillants sont arrivés à moto et ont envahi le village de Kabasa, ouvrant le feu sur ses habitants. «Les bandits ont tué sept personnes dans le village», a déclaré Saminu Usman, habitant de Kabasa. Des soldats stationnés dans la localité voisine de Magami ont été déployés dans le village pour les affronter. «Trois soldats ont été tués dans ce combat avec les bandits», a ajouté Saminu Usman. Ce bilan a été confirmé à l’AFP par un deuxième habitant, Bube Badamasi.

Les autorités locales ont confirmé à l’AFP l’attaque, déplorant la perte de vies humaines, mais sans donner le nombre exact de victimes.

«Bandits»

Depuis une dizaine d’années, des groupes criminels, appelés «bandits» par les autorités, terrorisent les populations du nord-ouest et du centre du Nigeria. Ils attaquent des villages, volent du bétail et enlèvent sur les routes des personnalités locales ou des voyageurs contre rançon. Ils rayonnent depuis des camps situés dans la forêt de Rugu qui s’étend sur les États de Zamfara, Katsina, Kaduna ainsi que sur des parties du Niger. L’armée nigériane s’est déployée dans la région en 2016 et un accord de paix avec certains de ces hommes armés a été signé en 2019 mais les exactions se sont poursuivies.

Ces derniers mois, ces gangs – qui agissent a priori pour l’appât du gain et sans raison idéologique – ont multiplié les attaques visant des écoles, provoquant l’émoi dans le monde entier. Fin février, ils avaient enlevé 279 adolescentes dans leur école située dans l’État de Zamfara, avant de les libérer quatre jours plus tard. Jeudi encore, des hommes armés ont pris d’assaut un établissement scolaire, dans l’État de Kaduna, kidnappant 39 étudiants. Une opération militaire est toujours en cours pour les secourir.

Par Le Figaro avec AFP

Libération des 42 personnes enlevées d’une école du nord du Nigeria

février 27, 2021

LAGOS, Nigéria — Les 42 personnes, dont 27 étudiantes, enlevées la semaine dernière d’une école du nord du Nigeria, ont été libérées.

© Fournis par La Presse Canadienne

C’est ce qu’a indiqué l’attachée de presse du gouverneur de l’État de Niger (à ne pas confondre avec le pays voisin), Mary Noel-Berje, à l’agence The Associated Press, samedi.

«Les otages libérés sont arrivés dans la capitale de l’État (Minna). Nous les avons accueillis», a souligné Mme Noel-Berje.

Les étudiantes, les enseignants et des membres de leur famille avaient été enlevés par des hommes armés d’une école secondaire de Kagara.  

L’annonce de leur libération survient au lendemain de l’enlèvement de 317 filles d’un pensionnat du nord du Nigeria, dans l’État de Zamfara.

Un résident a raconté que les ravisseurs avaient également attaqué une base militaire et un point de contrôle, situés à proximité, pour empêcher les militaires d’intervenir.

Plusieurs groupes armés, les «bandits» comme les surnomment le gouvernement, sont connus pour réclamer des rançons ou la libération de leurs proches de prison lors de ces kidnappings de masse.

Le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, a affirmé vendredi que la priorité de son gouvernement était d’assurer le retour des adolescentes et des autres otages, et ce, sans qu’il y ait de menace à leur vie ou à leur sécurité.

«Nous ne succomberons pas au chantage de bandits et de criminels qui ciblent des personnes innocentes dans l’espoir d’empocher d’énormes rançons, a-t-il affirmé. Que ces bandits, kidnappeurs et terroristes ne se fassent pas d’illusion. Ils ne sont pas plus puissants que le gouvernement», a ajouté le président nigérian.

Quoi qu’il en soit, le Nigeria a connu plusieurs enlèvements de masse au fil des ans, dont celui de 276 adolescentes d’une école secondaire de Chibok, dans l’État de Borno, en avril 2014 par le groupe djihadiste Boko Haram qui avait fait les manchettes. Plus d’une centaine de ces filles manquent toujours à l’appel.

En décembre dernier, 344 étudiantes d’une école secondaire de Kankara ont été enlevées puis libérées par la suite.

Par Sam Olukoya, The Associated Press. avec La Presse Canadienne

Nigeria : Tade Thompson, le psychiatre stellaire

janvier 14, 2021
Portrait de l’auteur de science-fiction anglais Tade Thompson, photographié à Londres le 20 septembre 2018.

Le prolifique auteur nigérian, dont la trilogie « Rosewater » a reçu le prix Arthur C. Clarke l’an dernier, vient de voir ses « Meurtres de Molly Southbourne » couronnés par le Grand prix de l’imaginaire.

L’œuvre de Tade Thompson n’en finit pas de remporter des distinctions. Ses Meurtres de Molly Southbourn, déjà couronnés des prix Nommo et Julia Verlanger, viennent de décrocher le Grand prix de l’imaginaire. Rosewater, sa trilogie de science-fiction, avait déjà été récompensée par le très prestigieux prix Arthur C. Clarke l’an dernier.

Né à Londres de parents yorubas, un groupe ethnique surtout présent au Nigeria, cet auteur à l’œuvre prolifique (il écrit aussi des polars, notamment Making Wolf), est avant tout psychiatre à Portsmouth, en Angleterre. Des tropismes qu’il a su marier dans Rosewater, roman haletant qui se déroule au Nigeria dans un futur proche, où la Terre a été colonisée par de mystérieux extraterrestres.

La ville de Rosewater s’est ainsi développée autour d’un étrange dôme qui s’élève vers le ciel « comme une immense masse de chair ». Une fois par an, l’imposante structure s’ouvre, et des malades incurables se découvrent mystérieusement sauvés : « Plus de tuberculose, plus de VIH, plus rien », se réjouit un personnage.

Un miracle annuel qui ressuscite quelques morts au passage, créant des cohortes de « réanimés » sans âme, errant dans les rues – et qu’il faut ensuite abattre. Le phénomène « répare » aussi parfois des blessés de façon hasardeuse, voire monstrueuse. « Un type » se retrouve ainsi avec « cinq mains gauches et trois pieds », l’« œil unique et désespéré ».

Pirate mental fortuné

Mais cette présence extraterrestre n’a pas que des effets dramatiquement grotesques. Kaaro (dont le le nom signifie « bonne journée » en yoruba) a ainsi gagné le pouvoir de lire les pensées d’autrui. Devenu « dénicheur », il retrouve les objets que les gens ont perdus. « J’ignore que ce don a une origine extraterrestre – pour moi, c’est plutôt quelque chose qui est lié au mysticisme, à la spiritualité ou au juju. »

« Adolescent télépathe sans objectif, [Kaaro devient] un pirate mental fortuné », avant que la puissante Femi Alaagomeji l’intègre à la section quarante-cinq (S45), une police secrète de l’État. Pour « lire des informations dans le cerveau des autres gens », il pénètre dans la xénosphère, « une banque de données globale [située] dans l’atmosphère elle-même » grâce à un lien psychique constitué de « filaments fongiques – qui entretiennent de nombreux liens avec des champignons que l’on trouve naturellement sur la peau humaine – et de neurotransmetteurs extraterrestres ».

Couverture du livre « Rosewater ».

LA PLUPART DES GENS NE LE SAVENT PAS ; LE MONDE A CHANGÉ DE PLUSIEURS FAÇONS IMPERCEPTIBLES

« Rosewater est l’histoire d’une invasion extraterrestre extrêmement lente… par des microbes. La plupart des gens ne le savent pas ; le monde a changé de plusieurs façons imperceptibles », résume Tade Thompson. « Quand Armoise [le nom donné à la créature inconnue] apparaît, raconte un personnage, nous ne sommes même pas impressionnés, alors que nous savons qu’il s’agit de l’événement le plus fabuleux dans l’histoire de la Terre. Nous avons déjà été colonisés. C’est un peu la même chose, que les envahisseurs viennent d’un autre continent ou d’une autre planète. »

Les Africains effacés de la science-fiction

Une réaction diamétralement opposée à celle des États-Unis, dont on « n’a plus de nouvelles depuis quarante-cinq ans ». Un comble dans un genre littéraire dominé par les Américains depuis les origines. « Dans la science-fiction, les Africains ont été effacés, assène l’auteur nigérian. Sauf comme exemples du primitif, du brut, du nègre magique avec une sagesse populaire qui n’existe que pour aider le protagoniste blanc dans son voyage. »

Même s’il éprouve « une forte ambivalence à l’idée d’être présenté comme un écrivain africain, car cela crée une sous-catégorie et que ces catégories existent justement parce qu’il y a oppression », Tade Thompson affirme vouloir explorer le continent à travers l’extrapolation de la science parce qu’il n’a pas « lu beaucoup de science-fiction pure et simple venant d’Afrique ».

JE VEUX TOUT ÉCRIRE. JE VEUX FAIRE MON ROMAN POLICIER, MA FANTAISIE, MON HORREUR, MA SCIENCE-FICTION, MA PEINTURE

Il entraîne ainsi son narrateur, Kaaro, dans les « résidus de la conscience commune de [leur] nation. Le sang et la sueur des esclaves représentent une sorte de soupe, composée par leurs angoisses à l’idée d’être arrachés à leur terre natale, par la culpabilité des esclavagistes, la douleur prolongée de la colonisation, les émeutes, les manigances de la CIA, la guerre civile, le génocide des Igbos, les massacres tribaux, le terrorisme »…

Dieux yorubas et sorciers technologistes

Thompson, qui a passé son enfance au Nigeria, met le pays au premier plan et puise dans sa culture yoruba pour imaginer l’univers de Rosewater, où l’on croise, pêle-mêle, des dieux yorubas, des « sorciers technologistes » et des oiseaux cyborgs… Et même « un ectoplasme. Un vrai, avec des neurotransmetteurs et des xénoformes » – ces parasites microbiologiques qui transforment secrètement le monde.

Soit une explication parfaitement rationnelle à un phénomène habituellement qualifié de sorcellerie. Car attention, « Rosewater est totalement de la science-fiction. Ce n’est pas de la magie, il n’y a rien qui ne soit expliqué scientifiquement, rien n’y est du réalisme magique », souligne Tade Thompson. Qui se démarque ainsi clairement de sa consœur africaine-américaine Nora K. Jemisin et de ses Livres de la Terre fracturée.

Tade Thompson, psychologue de métier, projette la psyché humaine en images plus que tangibles sur les parois de cette sphère extraterrestre qu’est la xénosphère. Dans cet espace télépathique, l’agent du S45 voit « les idées jaillir en faisceaux ». Et ceux qui ne pensent pas y apparaissent « suspendus, comme figés dans l’ambre ». Chaque réceptif y navigue à travers un avatar : une « flaque de liquide couleur pêche », un serpent qui « mesure près de quatre mètres de longueur », ou un « moine avec une masse sombre sous la capuche »… Kaaro, lui, est un griffon.

Les histoires de Thompson ont ainsi beaucoup trait à l’identité et à l’aliénation. Elles questionnent la place de chacun dans le monde : « Il n’écrit jamais dans un genre pur. Il subvertit toujours les choses », s’enthousiasme Luke Speed, agent de l’auteur nigérian chez Curtis Brown. Car Thompson ne s’interdit rien : « Je veux tout écrire. Je veux faire mon roman policier, ma fantaisie, mon horreur, ma science-fiction, ma peinture. »

Avec Jeune Afrique par Sabine Clerc

Une troisième nouvelle variante du coronavirus aurait été découverte au Nigeria

décembre 25, 2020

NAIROBI, Kenya — Une autre nouvelle variante du coronavirus semble avoir émergé au Nigeria, mais une enquête plus approfondie est nécessaire pour le confirmer.

© Fournis par La Presse Canadienne

Cette découverte accroît l’inquiétude entourant la pandémie après l’annonce de nouvelles variantes similaires au Royaume-Uni et en Afrique du Sud, qui ont mené à l’imposition rapide de nouvelles restrictions sur les déplacements internationaux au cours des derniers jours.

«C’est une lignée distincte de celles Royaume-Uni et de l’Afrique du Sud», a déclaré jeudi John Nkengasong, qui dirige les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies, une agence de santé publique de l’Union africaine. 

Il a précisé que des experts au Nigeria et au Centre africain d’excellence en génomique et en maladies infectieuses analyseraient d’autres échantillons pour avoir une idée plus claire de cette potentielle nouvelle variante.

«Donnez-nous du temps. (…) Il est encore très tôt», a-t-il dit.

L’identification de cette apparente nouvelle variante s’appuie sur deux ou trois séquences génétiques, a précisé le docteur Nkengasong, mais avec la nouvelle variante découverte en Afrique du Sud la semaine dernière, cela a suffi pour déclencher une réunion d’urgence des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies cette semaine.

La variante du Nigeria, le pays le plus peuplé d’Afrique, a été trouvée dans deux échantillons de patients collectés le 3 août et le 9 octobre dans l’État d’Osun, dans le sud-ouest du pays, selon un document de travail consulté par l’Associated Press.

Contrairement à la variante analysée au Royaume-Uni, «nous n’avons pas observé une montée aussi rapide de la lignée au Nigeria et nous n’avons aucune preuve indiquant que la variante P681H contribue à une transmission accrue du virus au Nigeria. Cependant, la différence relative d’échelle de la surveillance génomique au Nigeria par rapport au Royaume-Uni peut impliquer une capacité réduite de détecter de tels changements», indique le document.

La nouvelle variante du virus en Afrique du Sud, où le nombre d’infections confirmées approche le million, est maintenant prédominante dans ce pays, selon le docteur Nkengasong. Cette variante se transmet rapidement et sa charge virale est plus élevée, mais les experts ne savent pas encore si elle provoque des symptômes plus graves, a-t-il expliqué.

«Nous pensons que cette mutation n’aura pas d’effet» sur le déploiement des vaccins contre la COVID-19 sur le continent, a-t-il cependant affirmé.

Le ministre sud-africain de la Santé a annoncé un «taux de propagation alarmant» dans le pays, avec plus de 14 000 nouveaux cas confirmés et plus de 400 décès signalés mercredi. Il s’agissait de la plus forte augmentation du nombre de cas en une seule journée dans ce pays.

«Il n’y a aucun signe pour le moment que nous ayons atteint un sommet. Il y a encore une croissance exponentielle», a affirmé le spécialiste des maladies infectieuses Richard Lessells à l’Associated Press. Il a estimé que l’Afrique du Sud devait redoubler d’efforts pour lutter contre le virus «car déjà, de nombreux hôpitaux dans de nombreuses régions du pays sont extrêmement sollicités».

Mais dans un grand nombre de pays d’Afrique, les mesures sévères imposées au début de la pandémie, qui ont causé de graves difficultés économiques à des millions de personnes travaillant dans le secteur informel, ne sont plus appliquées.

Le continent africain compte désormais plus de 2,5 millions de cas confirmés, soit 3,3 % des cas mondiaux. Les infections à travers le continent ont augmenté de 10,9 % au cours des quatre dernières semaines, selon le docteur Nkengasong, y compris une augmentation de 52 % au Nigeria et de 40 % en Afrique du Sud.

Avec La Presse Canadienne par Cara Anna, The Associated Press

Plus de 340 écoliers libérés au Nigeria six jours après leur enlèvement

décembre 17, 2020

PLUS DE 340 ÉCOLIERS LIBÉRÉS AU NIGERIA SIX JOURS APRÈS LEUR ENLÈVEMENT

© Reuters/AFOLABI SOTUNDE 

KATSINA, Nigeria (Reuters) – Les forces de sécurité nigérianes ont réussi à libérer plus de 340 adolescents enlevés vendredi soir dernier dans un établissement scolaire du nord du Nigeria et conduits dans une vaste forêt de la région, a annoncé le gouverneur de l’Etat de Katsina.

Les jeunes garçons, du nombre de 344 exactement, dont l’enlèvement avait été revendiqué mardi par le groupe djihadiste Boko Haram dans un message vocal, sont en route pour la ville de Katsina, a ajouté Aminu Bello Masari. Détenus dans la forêt pendant plusieurs jours, ils vont subir un examen médical et pourront retrouver leurs familles vendredi.

« Nous avons récupéré la plupart des garçons, pas tous », a précisé le gouverneur.

Lors de l’opération, les forces de sécurité ont encerclé la zone où les jeunes gens étaient détenus, avec pour instruction de ne pas tirer un seul coup de feu, a déclaré le gouverneur.

« Nous avions établi un contact indirect pour nous assurer que nous pourrions procéder à la libération sans faire de mal aux enfants », a-t-il dit.

Le rapt du 11 décembre a provoqué un choc au Nigeria et rappelé l’enlèvement de plus 270 lycéennes à Chibok en 2014.

Avec Reuters par (Afolabi Sotunde et Ismail Abba, version française Jean-Stéphane Brosse

Au moins 110 civils tués dans une attaque jihadiste au Nigeria

novembre 29, 2020
Les funérailles des personnes tuées dans une attaque à Zaabarmar, au Nigeria, le 29 novembre 2020.

Au moins 110 civils ont été tués samedi par des membres présumés de Boko Haram dans un village du nord-est du Nigeria, selon un bilan des Nations unies, ce qui en fait une des attaque les plus meurtrières dans cette région, en proie à une sanglante insurrection jihadiste.

L’attaque s’est déroulée le jour des élections locales dans cet État, les premières organisées depuis le début de l’insurrection de Boko Haram en 2009. Depuis cette date, on dénombre plus de 36 000 tués et plus de deux millions de personnes ont dû fuir leur foyer.

« Le 28 novembre, en début d’après-midi, des hommes armés sont arrivés à moto et ont mené une attaque brutale sur des hommes et des femmes qui travaillaient dans des champs à Koshobe », a déclaré dimanche le coordinateur humanitaire de l’ONU au Nigeria, Edward Kallon.

« Au moins 110 civils ont été froidement tués, et de nombreux autres blessés dans cette attaque », a-t-il ajouté.

Le communiqué de l’ONU ne mentionne pas le groupe jihadiste Boko Haram, qui multiplie les attaques dans cette région depuis plus de dix ans et contrôle une partie du territoire.

L’attaque s’est produite dans une rizière située à moins de dix kilomètres de Maiduguri, la capitale de l’État du Borno, épicentre de l’insurrection islamiste. Le mois dernier, 22 agriculteurs avaient déjà été tués dans leurs champs, non loin de cette ville.

« Egorgés »

Samedi, le responsable d’un groupe d’autodéfense pro-gouvernemental avait fait état de 43 morts.

« Nous avons retrouvé 43 corps sans vie, tous ont été égorgés », avait déclaré Babakura Kolo. « C’est sans aucun doute l’oeuvre de Boko Haram qui opère dans la région et attaque fréquemment les agriculteurs ».

Les funérailles des personnes tuées dans une attaque à Zaabarmar, au Nigeria, le 29 novembre 2020.

Ces 43 premières victimes ont été enterrées dimanche dans le village voisin de Zabarmari, en présence du gouverneur de l’État du Borno, Babaganan Umara Zulum. Les recherches d’autres victimes dans ces eaux marécageuses et difficile d’accès se poursuivaient.

Le gouverneur avait affirmé dimanche que 70 agriculteurs avaient été tués, tout en prévenant que ce bilan pourrait s’alourdir dans les prochaines heures.

Figurent notamment parmi les victimes des dizaines d’ouvriers agricoles originaires de l’État de Sokoto, à environ 1 000 km à l’ouest, qui s’étaient rendus dans l’Etat de Borno pour trouver du travail dans les rizières.

Le président du Nigeria Muhammadu Buhari a « condamné » samedi soir « le meurtre de ces agriculteurs dévoués à leur travail par des terroristes « , dans un communiqué. « Le pays entier est blessé par ces assassinats insensés », a-t-il ajouté.

« Devoir de voter »

L’attaque est survenue le jour des élections des représentants et conseillers régionaux des 27 circonscriptions de l’État du Borno, un scrutin repoussé depuis 2008 pour des raisons de sécurité.

« C’est mon devoir de venir et de voter pour les représentants et les conseillers régionaux car ils sont les responsables de ma localité », avait témoigné samedi Bukar Amar, un déplacé du conflit qui a voté pour sa localité depuis le camp de Bakassi.

Depuis plusieurs mois, les autorités encouragent les personnes déplacées à retourner dans leur village, affirmant qu’il n’est plus possible financièrement de les prendre en charge, les déplacés – qui n’ont plus accès à leurs champs – dépendant presque entièrement de l’aide humanitaire pour survivre.

Un nombre important de déplacés ont ainsi regagné leurs villages, pourtant ravagés par les violences.

Par Jeune Afrique avec AFP

Nigeria: Nouvelle manifestation contre les violences policières à Lagos

octobre 17, 2020

Des milliers de Nigérians sont à nouveau descendus dans la rue samedi à Lagos, alors que le mouvement contre les violences policières ne cesse de prendre de l’ampleur, a constaté une journaliste de l’AFP.

Plus de 10.000 personnes ont envahi les rues du centre-ville de la capitale économique du pays, la plupart brandissant des drapeaux vert et blanc du Nigeria, bloquant les principaux axes de circulation.

Cette mobilisation inédite de la jeunesse nigériane est née mi-octobre sur les réseaux sociaux, après la diffusion d’une vidéo montrant un homme tué par des agents présumés de la SARS. Cette unité de police est accusée depuis des années de racketter la population, d’arrestations illégales, de torture et même de meurtre.

Face à la pression de la rue, le gouvernement a annoncé dimanche dernier le démantèlement immédiat de cette unité spéciale et promis de réformer la police.

Mais ces annonces n’ont pas suffi à apaiser la jeunesse, qui demande désormais au gouvernement de rendre des comptes, de lutter contre la corruption et d’accorder plus de libertés.

Les premières marches ont d’abord été dispersées violemment par les forces de l’ordre. Au moins dix personnes ont été tuées et des centaines d’autres blessées, selon Amnesty International.

Vendredi soir, une foule considérable s’était rassemblée devant un péage de Lagos, devenu l’épicentre de la contestation, pour une veillée funèbre en hommage aux victimes des violences policières.

Par Le Figaro avec AFP

Nigeria: deux morts et huit blessés dans l’effondrement d’un immeuble à Lagos

juillet 11, 2020

 

Un immeuble résidentiel de deux étages en rénovation s’est effondré dans la nuit de vendredi à samedi à Lagos, la capitale économique du Nigeria, faisant deux morts et huit blessés, ont annoncé samedi les services de secours.

«L’incident s’est produit vers 02H00 du matin. Le bâtiment était en cours de rénovation par un promoteur immobilier lorsqu’il s’est effondré», a déclaré à l’AFP Ibrahim Farinloye de l’Agence nationale de gestion des urgences (NEMA). «Nous avons récupéré deux corps et sauvé huit personnes qui ont été gravement blessées par les débris», a-t-il précisé.

  1. Farinloye a estimé que le nombre de morts aurait été plus élevé si l’immeuble avait été entièrement occupé. «Seuls quelques habitants se trouvaient à l’intérieur du bâtiment quand il s’est effondré, les autres l’ayant quitté pour faciliter la rénovation», a-t-il expliqué.

Les effondrements de bâtiments sont fréquents au Nigeria, le pays le plus peuplé d’Afrique, où des millions de personnes vivent dans des immeubles délabrés et où la législation concernant la construction est régulièrement bafouée.

Par Le Figaro avec AFP