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Côte d’Ivoire/Alassane Ouattara : Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé « libres de rentrer quand ils le souhaitent »

avril 7, 2021
Alassane Ouattara, lors du conseil des ministres du 7 avril 2021.

Le chef de l’État ivoirien a indiqué que l’ex-président et son ancien ministre de la Jeunesse peuvent désormais rentrer « quand ils le souhaitent » et que l’État prendra en charge les frais du retour de Laurent Gbagbo.

Une semaine après l’acquittement définitif de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, les deux hommes sont « libres de rentrer en Côte d’Ivoire quand ils le souhaitent ». C’est ce qu’a indiqué ce mercredi le chef de l’État ivoirien, Alassane Ouattara, lors du conseil des ministres, précisant que les frais de voyage de l’ancien président, ainsi que ceux de sa familles, seront pris en charge par l’État.

L’ex-président ivoirien et son ancien ministre de la Jeunesse ont été définitivement acquittés par la chambre d’appel de la Cour pénale internationale (CPI), le 31 mars, des faits de crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis entre 2010 et 2011. Début décembre, Laurent Gbagbo, qui vit actuellement en Belgique, s’était déjà vu remettre deux passeports, l’un diplomatique, l’autre ordinaire.

Statut d’ancien président

« Des dispositions seront prises pour que Laurent Gbagbo bénéficie, conformément aux textes en vigueur, des avantages et indemnités dus aux anciens présidents de la République », a par ailleurs indiqué Alassane Ouattara.

Interrogé sur la condamnation de Laurent Gbagbo,  en 2019, par la justice ivoirienne à vingt ans de réclusion et à une amende de 329 milliards de F CFA dans l’affaire du « braquage de la BCEAO », le nouveau porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a botté en touche. Il a indiqué s’en tenir aux propos du chef de l’État, « qui a dit que Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé pouvaient rentrer quand ils le voudraient ».

Faut-il alors s’attendre à une grâce présidentielle, voire à une amnistie ? Selon nos informations, des négociations sont en cours pour une levée de toutes les condamnations de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire. Alassane Ouattara « reste bienveillant quant à la situation des victimes qui continueront à bénéficier du soutien de la Côte d’Ivoire », a tenu à préciser le porte-parole du gouvernement.

Avec Jeune Afrique par Florence Richard à Abidjan

Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara met fin aux fonctions du gouvernement

mars 24, 2021
Alassane Ouattara, à son arrivée au conseil des ministres, ce mercredi 24 mars 2021.

Le chef de l’État ivoirien a « remercié » ses ministres, mettant fin à leurs fonctions dans l’attente de la désignation d’un nouveau Premier ministre. La décision a été annoncée aux membres de l’équipe exécutive sortante lors du conseil des ministres, ce mercredi 24 mars.

La décision n’a pas été officiellement annoncée, mais devrait l’être dans les heures qui viennent. Le président Alassane Ouattara a, comme prévu, mis fin aux fonctions du gouvernement dirigé par Patrick Achi, nommé Premier ministre par intérim au lendemain du décès brutal d’Hamed Bakayoko.PUBLICITÉ

L’annonce, attendue de longue date, a été délivrée lors du conseil des ministres, ce mercredi 24 mars, lors duquel a également été observé une minute de silence à la mémoire de l’ancien Premier ministre défunt.

Un Premier ministre « dans les prochains jours »

« Le président a remercié l’équipe gouvernementale et leur a indiqué qu’il s’agissait du dernier conseil des ministres, a rapporté un ministre à Jeune Afrique. Il a annoncé qu’un Premier ministre sera désigné dans les prochains jours ».

Cette démission du gouvernement, attendue depuis plusieurs jours, va notamment permettre aux ministres ayant été élus députés dans leur circonscription de siéger lors de la séance inaugurale de l’Assemblée nationale issue des dernières législatives. Dans l’hypothèse où ceux-ci serait appelés à rejoindre le futur gouvernement, ils doivent en effet siéger au moins une fois au sein de l’Assemblée avant que leur suppléant puisse prendre leur suite.

Avec Jeune Afrique par Baudelaire Mieu

Côte d’Ivoire : Hamed Bakayoko absent, Patrick Achi est nommé Premier ministre par intérim

mars 8, 2021
Patrick Achi, le secrétaire général de la présidence, à Abidjan.

En l’absence d’Hamed Bakayoko, dont l’état de santé s’est brusquement dégradé, le chef de l’État a choisi Patrick Achi, secrétaire général à la présidence, pour le remplacer à la primature. Téné Birahima Ouattara, frère cadet d’Alassane Ouattara, est lui nommé ministre de la Défense par intérim.

Confronté à l’absence d’Hamed Bakayoko, transféré en Allemagne et dont l’état de santé est jugé préoccupant, Alassane Ouattara a remanié son gouvernement. Selon un communiqué publié à la mi-journée, le chef de l’État a signé ce lundi 8 mars deux décrets « portant intérim » du Premier ministre et ministre de la Défense, « absent pour raisons médicales ».

Patrick Achi, ministre d’État et secrétaire général de la présidence, est nommé Premier ministre à titre intérimaire. De son côté, Téné Birahima Ouattara, frère cadet du président et ministre des Affaires présidentielles, se voit confier le portefeuille de la Défense, toujours à titre intérimaire.

Selon des résultats provisoires, Patrick Achi a été élu député le 6 mars à Adzopé sous la bannière du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Ces derniers mois, il s’est imposé comme l’un des éléments essentiels du régime d’Alassane Ouattara. Secrétaire général de la présidence depuis 2017, cet ancien cadre du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) avait été promu ministre d’État après la nomination d’Hamed Bakayoko comme Premier ministre, en juillet 2020. Il est l’un des plus intimes collaborateurs du président et il travaillait étroitement avec Bakoyoko avant ses problèmes de santé.

Tené Birahima Ouattara, surnommé « Photocopie » en raison de sa ressemblance physique et de sa proximité avec Alassane Ouattara, récupère lui le sensible portefeuille de ministre de la Défense, occupé par Hamed Bakayoko depuis 2017 et une vague de mutineries qui avait secoué le pays. En tant que ministre des Affaires présidentielles, il a notamment autorité sur le Groupement de sécurité du président de la République (GSPR) et la Garde républicaine (GR). Fort de la confiance de son frère, il supervise également de nombreux dossiers sécuritaires et militaires.

Hospitalisé depuis le début du mois de mars à l’Hôpital américain de Paris, Hamed Bakayoko, 56 ans, a été transféré en Allemagne dans la matinée du 6 mars. Son état de santé, qui s’est brusquement dégradé ces derniers jours, est au centre de toutes les attentions à Abidjan

Avec Jeune Afrique par Benjamin Roger

Côte d’Ivoire : Ouattara et Bédié font vœux de « dialogue »

janvier 1, 2021
Si Alassane Ouattara (ici le 31 décembre 2020 à Abidjan) et Henri Konan Bédié (ici en 2019 à Paris) appellent tous deux au dialogue, l’opposant ivoirien refuse de reconnaître l’élection du président.

Le président ivoirien a appelé à la « réconciliation » dans son allocution télévisé de veille du Nouvel An. Son principal opposant, Henri Konan Bédié, a jugé que le dialogue était la « seule voie possible », mais refuse toujours de reconnaître la réélection d’Alassane Ouattara.

Se félicitant de la « qualité » du dialogue politique lancé depuis le 21 décembre avec l’opposition et la société civile pour « décrisper » le climat politique, le président ivoirien s’est dit, dans son allocution télévisée de veille du Nouvel An, « confiant qu’avec l’implication de tous, ce grand chantier de la réconciliation sera conduit avec succès ».

Il faut « intensifier toutes nos actions en faveur du pardon et de la concorde nationale », « nous avons tous la responsabilité de préserver la paix, de bannir la violence et d’unir nos forces pour la construction d’une nation apaisée », a plaidé Alassane Ouattara, élu le 31 octobre pour un troisième mandat jugé inconstitutionnel par l’opposition, qui a boycotté le scrutin et ne reconnaît pas sa réélection.

Dialogue et fermeté

Tout en se félicitant de la libération conditionnelle de « certains responsables » de l’opposition arrêtés après l’élection – évoquant, sans le nommer, Pascal Affi N’Guessan, remis en liberté sous contrôle judiciaire le 30 décembre, mais toujours poursuivi pour « atteinte à la sureté de l’État »  – Alassane Ouattara a également fait passer un message de fermeté, soulignant que « la justice fera son travail afin que les responsabilités soient situées et (que) la loi sera appliquée dans toute sa rigueur » dans le cadre des enquêtes sur les violences électorales qui ont fait 87 morts et près de 500 blessés.

Le chef de l’État a indiqué avoir signé un décret de grâce présidentielle pour « environ 2 000 » personnes « condamnées pour des infractions mineures », sans préciser s’il s’agissait d’infractions liées aux violences électorales.Plusieurs responsables de l’opposition sont en effet poursuivis par la justice pour avoir proclamé un régime de « transition », finalement abandonné.

Le chef de l’État a indiqué avoir signé un décret de grâce présidentielle pour « environ 2 000 » personnes « condamnées pour des infractions mineures », sans préciser s’il s’agissait d’infractions liées aux violences électorales.

Bédié dénonce « la forfaiture du 31 octobre »

Plus tôt dans l’après-midi, dans son propre message de voeux télévisés, l’ex-chef de l’État Henri Konan Bédié, principal opposant, a lui aussi renouvelé son appel au dialogue politique, se refusant cependant toujours à reconnaître la réélection du président Ouattara.https://www.youtube.com/embed/K96LSo4yB_4?feature=oembed

Une « majorité écrasante » d’Ivoiriens « ont dit non à la forfaiture du 31 octobre en s’opposant (…) à ce simulacre d’élection pour un troisième mandat inconstitutionnel et illégal », a notamment déclaré le chef du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), filmé dans sa résidence à Abidjan, encadré par les drapeaux de la Côte d’Ivoire et de son parti.

« Le dialogue national me paraît la seule voie pour sortir notre pays de l’impasse », a déclaré Bédié. Affirmant parler « au nom du PDCI et de l’opposition significative », il a par ailleurs réitéré son exigence de « la libération sans condition » des responsables et militants de l’opposition arrêtés lors de la présidentielle, « pour faciliter le dialogue national ».

La veille, Alassane Ouattara avait, lors du conseil des ministres, indiqué avoir parlé « à plusieurs reprises » avec Henri Konan Bédié, et affirmé que les deux hommes avaient « convenu de reprendre le dialogue bilatéral (…) dans la deuxième quinzaine du mois de janvier »

Par Jeune Afrique avec AFP

Côte d’Ivoire: Alassane Ouattara prête serment et invite l’opposition au dialogue

décembre 14, 2020
Le président ivoirien Alassane Ouattara prête serment pour un troisième mandat le 14 décembre 2020 à Abidjan.

Le président ivoirien Alassane Ouattara a prêté serment ce lundi à Abidjan, moins de deux mois après son élection. Il a annoncé la création d’un ministère de la Réconciliation nationale et appelé à la reprise du dialogue avec l’opposition en vue des élections législatives.

C’est au cours d’une cérémonie sobre et brève – moins de deux heures – que le président ivoirien Alassane Ouattara, réélu à un troisième mandat avec 94,27% des voix le 31 octobre, a prêté serment sur la Constitution, ce lundi matin au palais présidentiel d’Abidjan. Une première dans l’Histoire du pays.

« C’est avec beaucoup d’honneur et de responsabilité que j’ai prêté serment, je mesure l’ampleur de cette charge. Je prends à nouveau l’engagement de l’assumer pleinement au service de mes compatriotes, de tous mes compatriotes. C’est ensemble que nous devons construire un avenir plus radieux pour tous nos concitoyens et pour les générations futures », a déclaré Alassane Ouattara en introduction d’un discours d’une trentaine de minutes, se posant ainsi en rassembleur d’un pays affecté par de vives tensions.

La cérémonie a en effet été organisée au terme d’un processus électoral marqué par le boycott de l’opposition, qui ne reconnaît toujours pas le scrutin, l’arrestation de certains de ses leaders, ainsi que des violences meurtrières, notamment dans le centre du pays.

Le chef de l’État a ensuite dressé la liste de ses priorités pour les cinq prochaines années. Parmi elles : l’éduction, la formation et l’emploi des jeunes. « À compter de janvier 2021, le gouvernement et les collectivités locales prendront en charge les frais COGES, ces frais des comités de gestion des établissements scolaires supportés par les parents d’élèves », a-t-il promis.

Et d’égrainer les autres grands chantiers de son nouveau mandat : la multiplication des centres de formation professionnelle « pour garantir une seconde chance aux jeunes sortis trop tôt du système scolaire », le soutien à l’emploi des femmes, la vaccination contre le Covid-19 à partir d’avril 2021, la généralisation de la Couverture maladie universelle (CMU), l’amélioration de la qualité de l’offre des soins, le recul de la pauvreté « à travers l’émergence d’une classe moyenne » ou encore le renforcement du lien avec le secteur privé et une répression plus sévère de la corruption qui « sape les fondements même de l’état de droit et de la démocratie ».

Des violences « intolérables »

Alassane Ouattara a par ailleurs annoncé la création « dans les prochains jours » d’un ministère de la Réconciliation nationale, dont l’objectif sera « le renforcement de la cohésion nationale et la réconciliation des fils et des filles de Côte d’Ivoire ».

« L’élection présidentielle a donné lieu à des violences intolérables », a regretté le président ivoirien, les condamnant « avec la plus grande fermeté ». « Ces actes graves ne doivent pas rester impunis, il faut mettre fin à l’impunité dans notre pays, c’est une exigence pour le respect des droits humains, nul n’est au-dessus de la loi. Je veux que cela soit clair. »

Début décembre, l’ONG Human Rights Watch (HRW) avait appelé le gouvernement ivoirien à « enquêter de toute urgence sur les meurtres de plus de 50 personnes lors des violences politiques et intercommunautaires ».

Pas de réconciliation sans dialogue, a affirmé le président ivoirien. « J’ai instruit le Premier ministre, Hamed Bakayoko, de reprendre les discussions avec les partis politiques pour mettre en œuvre les recommandations de la Cedeao relatives à la Commission électorale indépendante (CEI) dans la perspective de la tenue des élections législatives dans le courant du premier trimestre 2021, a-t-il déclaré. J’invite l’ensemble des partis politiques à saisir cette nouvelle opportunité qui s’offre à tous pour aboutir à une décrispation du climat par le dialogue, afin de renforcer la paix et la stabilisé de notre pays ».

L’opposition réclame une refonte de la CEI, qu’elle estime inféodée au pouvoir. Officiellement, les négociations entamées le 11 novembre au Golf-hôtel d’Abidjan entre Alassane Ouattara et l’ancien président et opposant Henri Konan Bédié sont rompues. Le 9 décembre, ce dernier a annoncé la fin du Conseil national de transition (CNT) et appelé lui aussi à un dialogue national réunissant les forces vices de la nation sous l’égide de facilitateurs indépendants. Il maintient cependant une condition : la libération des opposants.

Un parterre de chefs d’État

Alassane Ouattara a prêté serment devant un parterre de chefs d’État de « pays frères », membres de la Cedeao, qu’il a remerciés de leur présence en les désignant chacun par des surnoms « affectueux ». « Mon jeune frère » pour Patrice Talon, Macky Sall et George Weah ; « mon neveu » pour le Burkinabè Roch Marc Christian Kaboré ; « l’empereur » pour le Congolais Denis Sassou Nguesso ; « ma chère sœur » concernant la présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde ; « double excellence » à propos de Nana Akufo-Addo, fraîchement réélu au Ghana ; « mon fils » pour le président de la transition malienne, Bah N’Daw ; « l’émir du Sahel » au sujet du Nigérien Mahamadou Issoufou et enfin « notre jeune doyen » pour le Togolais Faure Gnassingbé.

Le président mauritanien, Mohamed Ould Ghazouani, ainsi que le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat et l’ancien président français Nicolas Sarkozy avaient aussi fait le déplacement. La France était officiellement représentée par son ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

« J’ai une pensée toute particulière pour celui que j’aurais tant souhaité voir à ma place aujourd’hui, mon fils, feu le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly (décédé le 8 juillet 2020), candidat désigné le 12 mars 2018 par le RHDP pour l’élection présidentielle », a enfin souligné Alassane Ouattara à la fin de cette longue séquence de remerciements.

Par Florence Richard – à Abidjan

Guillaume Soro, persona non grata en France

novembre 22, 2020

Côte-d’Ivoire : Alassane OUATTARA octroie un passeport à Laurent GBAGBO

novembre 13, 2020

Laurent Gbagbo « a commis des erreurs mais c’est un frère», Alassane Ouattara @JDD

Réélu pour un troisième mandat, le président Alassane Ouattara a acté la remise d’un passeport diplomatique à l’ancien président, Laurent Gbagbo, selon Africaintelligent.

Alassane Ouattara vient de poser un deuxième pas vers la réconciliation nationale et la décrispation de la crise ivoirienne. Après sa main tendue à son principal opposant Henri Konan Badié, soldée par une rencontre au Golf hôtel d’Abidjan, Alassane Ouattara vient d’acter la remise d’un passeport diplomatique à l’ancien président Laurent Gbagbo.

Avec Brazzanews Source : News Bénin Web TV

Côte d’Ivoire : Paris demande à Ouattara de prendre des initiatives pour calmer le jeu

novembre 13, 2020

Le chef de la diplomatie française Jean-Yves le Drian a demandé au président ivoirien Alassane Ouattara, réélu pour un troisième mandat controversé, de «prendre des initiatives» pour favoriser le retour à la paix civile et à l’union nationale vendredi 13 novembre.

«Il importe, pour éviter des dérives et des violences, que le président Ouattara prenne les initiatives nécessaires pour que la sérénité revienne et que l’union nationale soit au rendez-vous», a déclaré le ministre sur BFM et RMC. «Je sais qu’il en a l’intention, je souhaite qu’il le fasse vite», a-t-il assuré.

Alassane Ouattara a été réélu pour un troisième mandat à l’issue d’une élection, le 31 octobre, boycottée par l’opposition qui dénonce un coup d’État constitutionnel, et dans un climat de violence. Depuis le 10 août, après l’annonce de sa candidature, 85 personnes ont été tuées et 484 blessées dans ces troubles politiques qui ont souvent dégénéré en affrontements inter-communautaires, selon des chiffres officiels. Plusieurs leaders de l’opposition, dont l’ancien premier ministre Pascal Affi N’Guessan, son porte-parole, ont été arrêtés, alors que d’autres étaient bloqués à leur domicile par les forces de l’ordre.

Dans une tentative d’apaisement, Alassane Ouattara a rencontré mercredi à Abidjan son principal opposant, l’ex-président Henri Konan Bédié. Les deux hommes ont «brisé la glace» et ont promis de se rencontrer de nouveau pour faire baisser la tension et sortir de l’impasse.

Paris était resté très silencieux depuis l’annonce d’Alassane Ouattara, 78 ans, de se présenter à un troisième mandat, revenant sur son engagement initial à ne pas le faire, salué à l’époque par le président Emmanuel Macron. La France, qui a «pris note» des résultats de l’élection, a toutefois appelé cette semaine les protagonistes de la crise à mettre fin «aux provocations et aux actes d’intimidation» et demandé la reprise du dialogue politique.

Par Le Figaro avec AFP

Côte d’Ivoire : entre Ouattara et Bédié, une rencontre pour « rétablir la confiance »

novembre 12, 2020
Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié, à l’issue de leur rencontre du 11 novembre 2020 à l’hôtel du Golf.

Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié se sont vus, mercredi 11 novembre. Leur première rencontre depuis plus de deux ans.

Ils s’étaient quittés le 8 août 2018 à l’issue d’un tête-à-tête glacial au palais présidentiel, à Abidjan. Ils se sont retrouvés plus de deux ans après dans un salon de l’hôtel du Golf, ce lieu qui forgea leur alliance contre Laurent Gbagbo. Entretemps, leurs divergences auront été à l’origine d’une nouvelle crise politique, qui a fait au moins 85 morts depuis le mois d’août, selon un bilan officiel publié ce mercredi.

Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié se sont rencontrés ce mercredi en fin de journée. Le chef de l’État ivoirien est arrivé le premier, peu avant 17h GMT, suivi de son aîné quinze minutes plus tard. « Et comment va Dominique ? », a d’abord demandé Bédié. « Dominique va bien », lui a répondu Ouattara.

Les deux anciens alliés ont échangé pendant 45 minutes en présence de Fidèle Sarrassoro, le directeur de cabinet du chef de l’État, et du général Gaston Ouassénan Koné, l’un des vice-présidents du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié se sont ensuite isolés quelques minutes avant de s’adresser à la presse.

« Nous avons brisé le mur de glace »

Le premier a évoqué « un entretien fraternel pour rétablir la confiance ». « Nous avons convenu que la paix est la chose la plus chère à tous les deux et à tous les Ivoiriens. Ceci était une première rencontre pour briser la glace pour rétablir la confiance. Nous avons convenu de nous revoir très prochainement pour continuer ce dialogue qui a bien démarré. La confiance est rétablie », a affirmé le président ivoirien.

NOUS ALLONS CONTINUER DE NOUS TÉLÉPHONER, DE NOUS RENCONTRER ».

« Par la rencontre d’aujourd’hui, nous avons brisé le mur de glace, le silence. Nous allons, dans les jours et les semaines à venir, continuer de nous téléphoner, de nous rencontrer pour que, enfin, le pays soit ce qu’il était avant », a enchaîné Bédié avant d’être raccompagné à son véhicule par le chef de l’État.

Photo de BrazzaNews.
Photo de BrazzaNews.
Photo de BrazzaNews.

Discrets intermédiaires

Selon nos sources, si le principe de la rencontre était acquis depuis au moins dix jours, tout s’est accéléré ces derniers jours sous l’impulsion de discrets intermédiaires et la pression de la communauté internationale – la France en tête. Et ce malgré les réticences de certains cadres du PDCI. Détenu depuis le 4 novembre, le neveu et chargé du protocole de Bédié, Jean-Claude N’dri, avait été libéré lundi. Le blocus imposé depuis le 3 novembre autour de la résidence de Bédié avait ensuite été levé mercredi à la mi-journée.

« Cette rencontre était avant tout symbolique, confie une source proche des négociations. C’est le début d’un long processus qui pourrait prendre plusieurs mois avant que la situation ne s’apaise complètement. »

Au lendemain du scrutin du 31 octobre, les principaux leaders de l’opposition, qui l’avaient boycotté, avaient annoncé ne pas reconnaître la victoire d’Alassane Ouattara et créé un Conseil national de transition (CNT), dirigé par l’ancien président Bédié. Cette décision avait provoqué la colère du chef de l’État ivoirien, l’ouverture d’une instruction judiciaire et l’arrestation de plusieurs personnalités, comme Pascal Affi N’Guessan, Albert Mabri Toikeusse, Maurice Kakou Guikahué ou Narcisse N’dri.

Avec Jeune Afrique par Vinecent Duhem- à Abidjan

Côte d’Ivoire: selon le PDCI, le principe d’une rencontre Bédié-Ouattara est acquis

novembre 11, 2020

 

En Côte d’Ivoire, l’ancien président Henri Konan Bédié répond favorablement à la proposition de dialogue qui lui a été faite par le chef de l’État, Alassane Ouattara. La rencontre pourrait avoir lieu ce mercredi soir ou ce jeudi.

Le président ivoirien Alassane Ouattara (g.) aux côtés d'Henri Konan Bédié, le 27 octobre 2015 (photo d'illustration).© AFP/SIA KAMBOU Le président ivoirien Alassane Ouattara (g.) aux côtés d’Henri Konan Bédié, le 27 octobre 2015 (photo d’illustration).

C’est un très proche du président Bédié qui l’annonce, le général Gaston Ouassénan Koné, vice-président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). Selon ce responsable, le principe d’une rencontre Bédié-Ouattara est acquis et celle-ci pourrait avoir lieu très rapidement.

« Vous savez, indique Gaston Ouassénan Koné à RFI, les deux présidents, à savoir le président Alassane Ouattara et le président Henri Konan Bédié sont des disciples du président Félix Houphouët-Boigny. Or le président Félix Houphouët-Boigny a toujours été un homme de dialogue et un homme de paix. De telle sorte que la proposition du président a été acceptée, et je peux vous dire que dans très peu de temps, ça peut être ce soir comme ça peut être demain, les deux vont se rencontrer, ils vont nouer le dialogue et nous espérons que cela va aboutir à la paix que le président Houphouët-Boigny a toujours recherchée. »

Selon le responsable, il ne s‘agira dans un premier temps que « d’une rencontre de contact », mais « le principe, lui, est acquis ».

Lors de l’adresse à la nation qu’il avait prononcée le lundi 9 novembre, après la proclamation des résultats définitifs de l’élection présidentielle par le Conseil constitutionnel, Alassane Ouattara avait renouvelé une invitation au dialogue à Henri Konan Bédié : « Je voudrais donc, avait-il déclaré, inviter mon aîné, le président Henri Konan Bédié, président du PDCI-RDA, à une rencontre, dans les tout prochains jours, pour un dialogue franc et sincère en vue de rétablir la confiance. »

Avec RFI