Posts Tagged ‘Alassane Ouattara’

Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara annonce des libérations et des grâces de détenus de la crise électorale de 2020

août 7, 2021
Alassane Ouattara, en janvier 2020, au Palais présidentiel.

Le président ivoirien a annoncé vendredi des mesures de mise en liberté provisoire et de grâces de personnes arrêtées lors de la présidentielle d’octobre dernier, marquée par des violences meurtrières.

« Je note la mise sous contrôle judiciaire ou en liberté provisoire (…) de 69 inculpés détenus suite aux évènements survenus à l’occasion de l’élection présidentielle d’octobre 2020 », a déclaré Alassane Ouattara dans un discours télévisé prononcé à la veille de la fête de l’indépendance de son pays. Il a ajouté avoir accordé « la grâce à neuf personnes condamnées pour des infractions commises à l’occasion de ces mêmes évènements ». « L’examen de la situation d’autres personnes encore détenues se poursuit », a-t-il affirmé.

Alassane Ouattara a été réélu en octobre 2020 pour un troisième mandat controversé lors d’une présidentielle boycottée par l’opposition qui jugeait ce mandat inconstitutionnel. Cela avait provoqué une crise qui a fait une centaine de morts et un demi-millier de blessés entre août et novembre 2020. La tension est néanmoins retombée, les élections législatives de mars s’étant déroulées dans le calme et avec la participation de l’opposition.

La libération des prisonniers avait été demandée par les leaders de l’opposition, Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié, tous deux anciens présidents. Laurent Gbagbo, rentré en Côte d’Ivoire le 17 juin après avoir été définitivement acquitté de crimes contre l’humanité par la Cour pénale internationale (CPI) fin mars, avait abordé cette question lors de sa rencontre le 27 juillet avec Alassane Ouattara.À

Lors de cette première rencontre depuis la crise post-électorale de 2010-2011 qui avait fait 3 000 morts, il avait transmis au chef de l’État une liste de 110 détenus qualifiés de « politiques ». Dans cette liste figuraient des personnes arrêtées après la crise de 2010-2011, mais aussi des personnes interpellées en 2020 lors de la dernière campagne présidentielle et en juin en marge du retour en Côte d’Ivoire l’ancien président.

DIALOGUE CONSTRUCTIF

Le chef de l’État a réaffirmé son « attachement au dialogue constructif, qui permet d’apaiser davantage notre pays et d’aller de l’avant, pour son développement ». « Ce dialogue, je l’ai poursuivi moi-même avec mon ainé, le président Henri Konan Bédié, le 11 novembre 2020, et plus récemment, avec mon jeune frère, le président Laurent Gbagbo », a-t-il dit. « Rien ne doit entraver la marche de la Côte d’Ivoire vers son développement, et le bien-être de chacun », a-t-il ajouté, et « c’est pourquoi je me réjouis de toutes les initiatives visant à l’apaisement. Je ne ménagerai aucun effort pour cela, dans le respect de la loi et des Institutions ».

 Par Jeune Afrique avec AFP

Côte d’Ivoire: Les propos de Laurent Gbagbo lors de son entretien avec Alassane Ouatarra au palais présidentiel

juillet 27, 2021

Avec Ivoir Net TV

Côte d’Ivoire: La rencontre entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara

juillet 27, 2021

Avec Ivoir Net

Côte d’Ivoire-Ouattara face à Gbagbo : un rendez-vous très attendu. FRANCE 24

juillet 27, 2021

Avec France 24

Côte d’Ivoire : sous les braises, la paix

juillet 4, 2021
Laurent Gbagbo, le 20 juin, à la Cathédrale Saint Paul d’Abidjan.

Le 17 juin, l’ex-président Gbagbo, acquitté par la justice internationale, est rentré dans son pays. L’événement, aussi historique soit-il, ne suffira pas à permettre la réconciliation nationale tant attendue. Les adversaires d’hier doivent faire leur aggiornamento.

En matière de trajectoires politiques nationales, le pire n’est jamais sûr et le meilleur rarement garanti. Ce n’est que bien après les événements – même censément historiques comme le retour d’un ex-président acquitté par la justice internationale – que l’on constate, avec le recul, si telle ou telle période remarquable fut un véritable point d’inflexion…

Enivrée ou traumatisée par le retour au pays natal du « Christ de Mama », la Côte d’Ivoire de 2021 inaugurera-t-elle « l’Éburnie d’après » ? Après le péché originel d’un balayeur balayé. Après le retour chaotique à l’autostrade démocratique. Après les 3 000 morts d’une crise post-électorale mal digérée. Après le jugement maladroit d’un clan et le bilan tronqué des responsabilités d’un autre. Après l’élection légale d’un président à un troisième mandat qui nie la légitimité de l’arithmétique. Après le sable imbibé d’hémoglobine de Grand-Bassam. Après la mise sur la touche de fils spirituels – Guillaume Soro et Blé Goudé. Après les décès surinterprétés de deux Premiers ministres en moins de neuf mois. Après le coronavirus…

Parler moins, écouter davantage

Vœu pieux ou condition sine qua non ? Comme de bien entendu, les adversaires d’hier appellent aujourd’hui à la « réconciliation nationale ». Si d’anciennes victimes des deux camps déclarent souffrir d’un manque de cette vérité que l’on dit indispensable au pardon – vérité notamment sur les commanditaires des violences –, les cravatés psalmodient leur absence de ressentiment et appellent de leurs vœux des amnisties pourtant peu originales.

La réconciliation n’est pas qu’une incantation et ne concerne pas que le tragique dérapage du fractionnement géographique des années 2000. C’est à tous les niveaux que les gestionnaires passagers de pouvoir doivent faire leur aggiornamento. Pas seulement les trois monopolisateurs de la politique qui sont tous âgés de plus de 75 ans. Pas seulement un bloc « pro-Ouattara » et un bloc « pro-Gbagbo ». Au fil du temps, l’opportunisme politicien ivoirien a tissé toutes les combinaisons possibles – RDR-FPI, FPI-PDCI/RDA ou RHDP – et rares sont les formations politiques qui ont échappé totalement à l’attraction militariste ou aux dissensions internes.

Les politiques devront moins parler et davantage écouter ce qu’il reste de plaies mal cicatrisées et de rancœurs citoyennes parfois compréhensibles. Et ceci en s’appuyant sur les relais sociaux traditionnels que ne peuvent impressionner le trompe-l’œil inabouti d’une trop ambitieuse Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR) d’un Charles Konan Banny.

Que la richesse culturelle bigarrée des régions ivoiriennes, le talent satirique consensuel d’un Gbich !, « l’ambiance facile » conscientisée d’un Magic System ou le ressort économique manifeste du poumon économique d’Afrique de l’Ouest francophone président à l’esprit nouveau tant attendu. D’où il est, le « canonisé » Félix Houphouët-Boigny saura reconnaître les siens.

Avec Jeune Afrique par  Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Ouattara, Saïed, Condé, Guelleh, Bongo, Bazoum… Les hommages du continent à BBY

mai 5, 2021
Béchir Ben Yahmed lors d’une soirée de « La Revue » le 6 mai 2010, à Paris

Chefs d’État, intellectuels, lecteurs… Depuis le décès, le 3 mai à Paris, de Béchir Ben Yahmed, fondateur de « Jeune Afrique » et de « La Revue », les messages saluant sa mémoire se multiplient.

Béchir Ben Yahmed, fondateur et patron historique de Jeune Afriques’est éteint lundi à l’âge de 93 ans à l’hôpital parisien Lariboisière. Depuis l’annonce du décès de ce témoin privilégié des soubresauts de l’Afrique et du Moyen-Orient, les hommages affluent. Qu’ils soient chefs d’États, Premiers ministres, journalistes ou lecteurs émus, les témoignages de respect et d’estime se multiplient, publics comme privés.

L’un de ses amis les plus chers et les plus fidèles, Alassane Ouattara – le journaliste considérait être pour l’Ivoirien « une sorte de frère aîné » – a été l’un des premiers à réagir. « C’est avec une immense tristesse que j’apprends le décès de mon aîné Béchir Ben Yahmed, un ami depuis une quarantaine d’années, un grand intellectuel, un excellent journaliste et un infatigable entrepreneur », s’est ainsi ému le président.

Son Premier ministre, Patrick Achi, a évoqué un « homme du dialogue des cultures, des continents et des hommes ». « Créatif, généreux, exigeant, il avait le génie de la presse », a-t-il ajouté.

« C’est une certaine Afrique qui s’en est allée »

Peu après l’annonce du décès de BBY, c’est un autre chef d’État, fraîchement élu, qui a été parmi les premiers à saluer la mémoire du fondateur de JA. « C’est une certaine Afrique qui s’en est ainsi allée, à travers ce grand témoin de notre histoire, a écrit le président du Niger, Mohamed Bazoum. Mes condoléances attristées à l’équipe de Jeune Afrique. Je suis convaincu qu’elle saura porter très haut le flambeau de cette belle aventure. » Son prédécesseur, Mahamadou Issoufou, lui a emboîté le pas, rendant hommage à « un géant ». Un terme également employé par Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l’Union africaine.

« Je salue la mémoire d’un pionnier qui a mis sa plume au service du continent », a écrit pour sa part le président burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré. BBY a été un acteur de la lutte pour la cause du tiers-monde, l’indépendance des pays africains, l’État de droit et la démocratie. » Le président sénégalais, Macky Sall, a quant à lui fait part de sa peine, insistant sur le « parcours exceptionnel » du fondateur de Jeune Afrique. 

Les présidents guinéen Alpha Condégabonais Ali Bongo Ondimbabissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló, comorien Azali Assoumani ont fait part de leurs condoléances par le biais de messages personnels adressés à Danielle Ben Yahmed, l’épouse de BBY, et à ses fils, Marwane et Amir Ben Yahmed.

« La disparition de Béchir Ben Yahmed signe indubitablement le départ d’un serviteur passionné qui mit, des décennies entières, des compétences exceptionnelles d’intelligence, de créativité et de plaidoirie en faveur de la dignité et du bien-être de l’Afrique », a quant à lui écrit le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh.

Kaïs Saïed lisant l’un des numéros de sa collection de « Jeune Afrique », en septembre 2019, dans l’entre-deux tours de la présidentielle en Tunisie.

C’est également le cas de Kaïs Saïed, le président tunisien, qui a salué « l’une des figures de proue du mouvement national tunisien qui a contribué, aussi bien par son engagement politique que par sa plume, à l’indépendance de son pays natal ».

« Béchir Ben Yahmed restera à jamais gravé dans la mémoire du monde des médias tunisiens, français et africains », écrit le chef de l’État, grand lecteur de Jeune Afrique, dont il conserve chez lui des dizaines de numéros.

Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a également rendu hommage « au nom du Royaume du Maroc », à cet homme « d’une grande lucidité et d’une grande constance de conviction, ainsi que le Maroc et les Marocains peuvent en témoigner ».

De son côté, l’ambassadeur d’Algérie à Paris, Mohamed Antar Daoud, a adressé ses condoléances à la famille Ben Yahmed en saluant une figure « connue et appréciée pour ses qualités humaines et professionnelles », qui laissera « le souvenir d’un homme qui a fait siens la cause et le combat du peuple algérien pour le recouvrement de son indépendance ».

Le Premier ministre guinéen, Ibrahima Kassory Fofana, a lui aussi adressé une lettre de condoléances à Danielle Ben Yahmed. Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’État du Plan et du Développement et numéro deux du gouvernement béninois, ainsi qu’Olivier Boko, proche conseiller du président Patrice Talon, ont également présenté leurs hommages.

Daniel Ona Ondo, président de la Commission de la Cemac, a lui écrit sa « peine » après la disparition de celui qui a « réussi à faire de Jeune Afrique un puissant outil d’analyses pour la lecture et la compréhension de l’histoire contemporaine africaine ». François Fall, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique centrale, a pour sa part salué « un baobab qui aura contribué à l’éveil du continent ».

Le Béninois Serge Ékué, président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), ou encore le Sénégalais Makhtar Diop, à la tête de la Société financière internationale (IFC), ont également fait part de leurs condoléances.

L’Élysée salue « un homme de conviction »

La présidence française a longuement rendu hommage à une « plume alerte, dont la lucidité clinique n’épargnait aucun chef d’État, ni africain, ni français ». Emmanuel Macron a notamment salué « un homme de presse et de conviction qui a accompagné et éclairé les indépendances africaines, qui a insufflé une fraternité d’âme entre les États de ce continent, et qui a incarné la profondeur du lien indéfectible entre la France et l’Afrique ».

Les chefs d’État et ministres n’ont pas été les seuls à réagir. Personnalités politiques et intellectuels, artistes, écrivains, nombreux ont été celles et ceux qui ont adressé leurs condoléances de manière publique ou privée. C’est notamment le cas de Lakhdar Brahimi, ancien ministre algérien des Affaires étrangères, de Tiébilé Dramé, ancien ministre malien des Affaires étrangères, du Sénégalais Karim Wade, ex-ministre et fils de l’ancien président Abdoulaye Wade. « L’Afrique perd son plus grand patron de presse », s’est pour sa part ému le Congolais Moïse Katumbi, rendant hommage aux soixante années que BBY a passées « au service de l’information ».

Écrivains, cinéastes, journalistes…

La Prix Goncourt franco-marocaine Leïla Slimani, ancienne journaliste à Jeune Afrique, le peintre marocain Mehdi Qotbi, le cinéaste tunisien Férid Boughedir et l’ancien ministre français de la Culture Frédéric Mitterrand, qui a collaboré à La Revue, ont également adressé leurs condoléances à la famille du défunt. « C’est grâce à Béchir Ben Yahmed et à Jeune Afrique qu’une très grande partie de ma génération est née au panafricanisme, a quant à lui écrit le philosophe camerounais Achille Mbembe. Il aura eu un impact considérable sur la formation de notre conscience historique. »

Les hommages des professionnels des médias n’ont pas manqué. De l’Ivoirien Venance Konan, directeur général de Fraternité Matin, et son confrère Noël Yao, au Marocain Mohamed Khabbachi. Ce dernier, patron du site Barlamane et ancien directeur général de la MAP, salue « le parcours du combattant » d’un homme dont « le nom résonne dans toute l’Afrique et le monde arabe ».

Les anciens collaborateurs de JA ont également été nombreux à rendre hommage à Béchir Ben Yahmed : Francis Kpatindé, dans Le MondePascal Airault, dans L’OpinionChristophe Boisbouvier et Jean-Baptiste Placca, sur RFI, le Camerounais Célestin Monga, aujourd’hui enseignant à Harvard, sans oublier l’ancien rédacteur en chef de Jeune Afrique Hamid Barrada, l’une des références du journalisme au Maroc, les Sénégalais Cheikh Yérim Sow et Cécile Sow, Mohamed Selhami, fondateur de Maroc HebdoGuy Sitbon, Jean-Claude Hazena, Jean-Pierre Séréni…

Beaucoup de quotidiens et de sites d’information du continent également rendu hommage à Béchir Ben Yahmed, de Walf Quotidien (Sénégal) à Wakat Séra (Burkina Faso), en passant par Le Djely (Guinée) ou encore Les Dépêches de Brazzaville.

Par Jeune Afrique

Côte d’Ivoire/Alassane Ouattara : Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé « libres de rentrer quand ils le souhaitent »

avril 7, 2021
Alassane Ouattara, lors du conseil des ministres du 7 avril 2021.

Le chef de l’État ivoirien a indiqué que l’ex-président et son ancien ministre de la Jeunesse peuvent désormais rentrer « quand ils le souhaitent » et que l’État prendra en charge les frais du retour de Laurent Gbagbo.

Une semaine après l’acquittement définitif de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, les deux hommes sont « libres de rentrer en Côte d’Ivoire quand ils le souhaitent ». C’est ce qu’a indiqué ce mercredi le chef de l’État ivoirien, Alassane Ouattara, lors du conseil des ministres, précisant que les frais de voyage de l’ancien président, ainsi que ceux de sa familles, seront pris en charge par l’État.

L’ex-président ivoirien et son ancien ministre de la Jeunesse ont été définitivement acquittés par la chambre d’appel de la Cour pénale internationale (CPI), le 31 mars, des faits de crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis entre 2010 et 2011. Début décembre, Laurent Gbagbo, qui vit actuellement en Belgique, s’était déjà vu remettre deux passeports, l’un diplomatique, l’autre ordinaire.

Statut d’ancien président

« Des dispositions seront prises pour que Laurent Gbagbo bénéficie, conformément aux textes en vigueur, des avantages et indemnités dus aux anciens présidents de la République », a par ailleurs indiqué Alassane Ouattara.

Interrogé sur la condamnation de Laurent Gbagbo,  en 2019, par la justice ivoirienne à vingt ans de réclusion et à une amende de 329 milliards de F CFA dans l’affaire du « braquage de la BCEAO », le nouveau porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a botté en touche. Il a indiqué s’en tenir aux propos du chef de l’État, « qui a dit que Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé pouvaient rentrer quand ils le voudraient ».

Faut-il alors s’attendre à une grâce présidentielle, voire à une amnistie ? Selon nos informations, des négociations sont en cours pour une levée de toutes les condamnations de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire. Alassane Ouattara « reste bienveillant quant à la situation des victimes qui continueront à bénéficier du soutien de la Côte d’Ivoire », a tenu à préciser le porte-parole du gouvernement.

Avec Jeune Afrique par Florence Richard à Abidjan

Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara met fin aux fonctions du gouvernement

mars 24, 2021
Alassane Ouattara, à son arrivée au conseil des ministres, ce mercredi 24 mars 2021.

Le chef de l’État ivoirien a « remercié » ses ministres, mettant fin à leurs fonctions dans l’attente de la désignation d’un nouveau Premier ministre. La décision a été annoncée aux membres de l’équipe exécutive sortante lors du conseil des ministres, ce mercredi 24 mars.

La décision n’a pas été officiellement annoncée, mais devrait l’être dans les heures qui viennent. Le président Alassane Ouattara a, comme prévu, mis fin aux fonctions du gouvernement dirigé par Patrick Achi, nommé Premier ministre par intérim au lendemain du décès brutal d’Hamed Bakayoko.PUBLICITÉ

L’annonce, attendue de longue date, a été délivrée lors du conseil des ministres, ce mercredi 24 mars, lors duquel a également été observé une minute de silence à la mémoire de l’ancien Premier ministre défunt.

Un Premier ministre « dans les prochains jours »

« Le président a remercié l’équipe gouvernementale et leur a indiqué qu’il s’agissait du dernier conseil des ministres, a rapporté un ministre à Jeune Afrique. Il a annoncé qu’un Premier ministre sera désigné dans les prochains jours ».

Cette démission du gouvernement, attendue depuis plusieurs jours, va notamment permettre aux ministres ayant été élus députés dans leur circonscription de siéger lors de la séance inaugurale de l’Assemblée nationale issue des dernières législatives. Dans l’hypothèse où ceux-ci serait appelés à rejoindre le futur gouvernement, ils doivent en effet siéger au moins une fois au sein de l’Assemblée avant que leur suppléant puisse prendre leur suite.

Avec Jeune Afrique par Baudelaire Mieu

Côte d’Ivoire : Hamed Bakayoko absent, Patrick Achi est nommé Premier ministre par intérim

mars 8, 2021
Patrick Achi, le secrétaire général de la présidence, à Abidjan.

En l’absence d’Hamed Bakayoko, dont l’état de santé s’est brusquement dégradé, le chef de l’État a choisi Patrick Achi, secrétaire général à la présidence, pour le remplacer à la primature. Téné Birahima Ouattara, frère cadet d’Alassane Ouattara, est lui nommé ministre de la Défense par intérim.

Confronté à l’absence d’Hamed Bakayoko, transféré en Allemagne et dont l’état de santé est jugé préoccupant, Alassane Ouattara a remanié son gouvernement. Selon un communiqué publié à la mi-journée, le chef de l’État a signé ce lundi 8 mars deux décrets « portant intérim » du Premier ministre et ministre de la Défense, « absent pour raisons médicales ».

Patrick Achi, ministre d’État et secrétaire général de la présidence, est nommé Premier ministre à titre intérimaire. De son côté, Téné Birahima Ouattara, frère cadet du président et ministre des Affaires présidentielles, se voit confier le portefeuille de la Défense, toujours à titre intérimaire.

Selon des résultats provisoires, Patrick Achi a été élu député le 6 mars à Adzopé sous la bannière du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Ces derniers mois, il s’est imposé comme l’un des éléments essentiels du régime d’Alassane Ouattara. Secrétaire général de la présidence depuis 2017, cet ancien cadre du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) avait été promu ministre d’État après la nomination d’Hamed Bakayoko comme Premier ministre, en juillet 2020. Il est l’un des plus intimes collaborateurs du président et il travaillait étroitement avec Bakoyoko avant ses problèmes de santé.

Tené Birahima Ouattara, surnommé « Photocopie » en raison de sa ressemblance physique et de sa proximité avec Alassane Ouattara, récupère lui le sensible portefeuille de ministre de la Défense, occupé par Hamed Bakayoko depuis 2017 et une vague de mutineries qui avait secoué le pays. En tant que ministre des Affaires présidentielles, il a notamment autorité sur le Groupement de sécurité du président de la République (GSPR) et la Garde républicaine (GR). Fort de la confiance de son frère, il supervise également de nombreux dossiers sécuritaires et militaires.

Hospitalisé depuis le début du mois de mars à l’Hôpital américain de Paris, Hamed Bakayoko, 56 ans, a été transféré en Allemagne dans la matinée du 6 mars. Son état de santé, qui s’est brusquement dégradé ces derniers jours, est au centre de toutes les attentions à Abidjan

Avec Jeune Afrique par Benjamin Roger

Côte d’Ivoire : Ouattara et Bédié font vœux de « dialogue »

janvier 1, 2021
Si Alassane Ouattara (ici le 31 décembre 2020 à Abidjan) et Henri Konan Bédié (ici en 2019 à Paris) appellent tous deux au dialogue, l’opposant ivoirien refuse de reconnaître l’élection du président.

Le président ivoirien a appelé à la « réconciliation » dans son allocution télévisé de veille du Nouvel An. Son principal opposant, Henri Konan Bédié, a jugé que le dialogue était la « seule voie possible », mais refuse toujours de reconnaître la réélection d’Alassane Ouattara.

Se félicitant de la « qualité » du dialogue politique lancé depuis le 21 décembre avec l’opposition et la société civile pour « décrisper » le climat politique, le président ivoirien s’est dit, dans son allocution télévisée de veille du Nouvel An, « confiant qu’avec l’implication de tous, ce grand chantier de la réconciliation sera conduit avec succès ».

Il faut « intensifier toutes nos actions en faveur du pardon et de la concorde nationale », « nous avons tous la responsabilité de préserver la paix, de bannir la violence et d’unir nos forces pour la construction d’une nation apaisée », a plaidé Alassane Ouattara, élu le 31 octobre pour un troisième mandat jugé inconstitutionnel par l’opposition, qui a boycotté le scrutin et ne reconnaît pas sa réélection.

Dialogue et fermeté

Tout en se félicitant de la libération conditionnelle de « certains responsables » de l’opposition arrêtés après l’élection – évoquant, sans le nommer, Pascal Affi N’Guessan, remis en liberté sous contrôle judiciaire le 30 décembre, mais toujours poursuivi pour « atteinte à la sureté de l’État »  – Alassane Ouattara a également fait passer un message de fermeté, soulignant que « la justice fera son travail afin que les responsabilités soient situées et (que) la loi sera appliquée dans toute sa rigueur » dans le cadre des enquêtes sur les violences électorales qui ont fait 87 morts et près de 500 blessés.

Le chef de l’État a indiqué avoir signé un décret de grâce présidentielle pour « environ 2 000 » personnes « condamnées pour des infractions mineures », sans préciser s’il s’agissait d’infractions liées aux violences électorales.Plusieurs responsables de l’opposition sont en effet poursuivis par la justice pour avoir proclamé un régime de « transition », finalement abandonné.

Le chef de l’État a indiqué avoir signé un décret de grâce présidentielle pour « environ 2 000 » personnes « condamnées pour des infractions mineures », sans préciser s’il s’agissait d’infractions liées aux violences électorales.

Bédié dénonce « la forfaiture du 31 octobre »

Plus tôt dans l’après-midi, dans son propre message de voeux télévisés, l’ex-chef de l’État Henri Konan Bédié, principal opposant, a lui aussi renouvelé son appel au dialogue politique, se refusant cependant toujours à reconnaître la réélection du président Ouattara.https://www.youtube.com/embed/K96LSo4yB_4?feature=oembed

Une « majorité écrasante » d’Ivoiriens « ont dit non à la forfaiture du 31 octobre en s’opposant (…) à ce simulacre d’élection pour un troisième mandat inconstitutionnel et illégal », a notamment déclaré le chef du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), filmé dans sa résidence à Abidjan, encadré par les drapeaux de la Côte d’Ivoire et de son parti.

« Le dialogue national me paraît la seule voie pour sortir notre pays de l’impasse », a déclaré Bédié. Affirmant parler « au nom du PDCI et de l’opposition significative », il a par ailleurs réitéré son exigence de « la libération sans condition » des responsables et militants de l’opposition arrêtés lors de la présidentielle, « pour faciliter le dialogue national ».

La veille, Alassane Ouattara avait, lors du conseil des ministres, indiqué avoir parlé « à plusieurs reprises » avec Henri Konan Bédié, et affirmé que les deux hommes avaient « convenu de reprendre le dialogue bilatéral (…) dans la deuxième quinzaine du mois de janvier »

Par Jeune Afrique avec AFP