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Sénégal : le Dakar culturel d’Aïsha Dème

août 3, 2021
Le centre culturel Guédiawaye Hip-Hop (GHipHop), en banlieue de Dakar, en novembre 2020.

Figure emblématique de la scène culturelle, la cofondatrice du mythique site agendakar.com, désormais directrice de l’agence Siriworo. passe en revue les lieux incontournables de la capitale.

C’est en 2009 que j’ai « basculé » dans la culture, en cofondant agendakar.com. Je l’ai quittée depuis, mais cette plateforme d’information a apporté une nouvelle manière de rendre la culture accessible, en particulier aux jeunes. À Yoff, l’un de mes lieux préférés est le « Village des arts », qui date de la présidence d’Abdou Diouf. Beaucoup de nos grands artistes y sont passés ou y œuvrent encore. J’adore me promener dans leurs ateliers, discuter avec eux,  les voir travailler…

Le cœur de la Médina abrite quant à lui une maison-galerie bouillonnante d’idées et de projets, l’Espace Médina, où l’on croise aussi nombre d’artistes, dont les disciples du défunt Joe Ouakam, mais aussi Selly Raby Kane, Douts ou Pascal.

Culture du partage

Outre le musée des Civilisations noires, près du centre-ville, et le musée Théodore-Monod d’art africain, que je fréquente assidûment, j’apprécie les rencontres amicales – expos, soirées gastronomiques… – que le photographe Antoine Tempé organise dans son loft, sur la terrasse d’un immeuble situé à la hauteur de la Médina.

J’ai aussi un faible pour la Raw Material Company, désormais installée Zone B. Sous l’impulsion de Koyo Kouoh, ce centre pour l’art contemporain est ancré dans la culture du partage : il invite de grands artistes de toutes origines, organise des résidences pour des jeunes en formation… En ce moment, sa bibliothèque – très fournie – accueille la Reading Room, une installation sur l’activisme au Sénégal.

Autres lieux de superbes expositions : Waru Studio, l’atelier de la cinéaste Fatou Kandé Senghor, à Mermoz-Sacré-Cœur, et la galerie OH d’Océane Harati, au Plateau, qui travaille avec Le Manège, la galerie dépendant de l’Institut français, où je me rends depuis mon plus jeune âge.

Scènes et salles obscures

Côté musique, j’adore la Cave de l’hôtel Djoloff (rue Nani-Fann-Hock). Réputé pour son acoustique, ce club de jazz a été décoré par des artistes et artisans sénégalais. Mais, pour moi, les meilleurs concerts restent ceux du Théâtre de verdure de l’Institut français (dont mon dernier avant la Covid, avec un Wasis Diop magistral).https://www.youtube.com/embed/aO7J5MI9xQo?feature=oembed

Sans oublier la scène slam, très active à Dakar, dans le sillage des « Vendredi Slam », un projet initié par Diofel, que j’avais rejoint dès l’origine, en 2009. Nous y avons accueilli Souleymane Diamanka, Grand Corps malade… Beaucoup de collectifs de slameurs sont nés depuis lors, de la banlieue dakaroise à la Casamance.

LE COMPLEXE OUSMANE SEMBÈNE S’EFFORCE DE METTRE EN VALEUR LE CINÉMA AFRICAIN, PAS SEULEMENT LES BLOCKBUSTERS

Le cinéma n’est pas en reste. Ces dernières années, les réalisateurs sénégalais ont remporté des prix prestigieux au Fespaco comme au festival de Cannes. À Grand Dakar, le centre culturel Yennenga forme les jeunes aux métiers du septième art, sur une initiative du réalisateur Alain Gomis. Et les salles locales, comme le complexe Ousmane Sembène (près du Magic Land), s’efforcent de mettre en valeur le cinéma africain, pas seulement les blockbusters internationaux.

Actuellement, je finalise Dakar, nid d’artistes (éd. Malika), un livre qui rend hommage aux artistes qui font vibrer notre capitale. À travers une série de promenades, ils évoquent, à leur tour, les lieux fétiches de leur Dakar.

Par  Aïsha Dème

Cofondatrice du site web AgenDakar, directrice de Siriworo, agence d’ingénierie culturelle

Congo-Sénégal: Programme des obsèques de Lotaly Moilet froidement assassinée par un sujet guinéen à Dakar

juin 15, 2021

Photo de BrazzaNews.

Avec Brazzanews

Championnats d’Afrique de Scrabble francophone 2021: les Congolais brillent une fois de plus à Dakar

mai 25, 2021

Les 5e Championnats d’Afrique de Scrabble Francophone qui ont eu lieu le 23 mai à Dakar au Sénégal ont pris fin avec la bonne prestation des Congolais qui ont remporté trois médailles au pays de la Teranga.

La délégation congolaise à Dakar: De Bidier, Maloki Daley, Mikolelé Cyrille, Soni Kevin Crédit photo »Adiac »

Dix pays d’Afrique francophone (Sénégal, Burkina Faso, Niger, Côté d’Ivoire, Cameroun, Bénin, Mauritanie, Togo, Mali et Congo) ont pris part à cette édition qui a regroupé près de  92 joueurs.

Comme à l’accoutumée, cinq  épreuves étaient au programme, à savoir: l’Elite, le Blitz, les Paires, le Classique et le Défi africain.

En dépit du peu d’intérêt réservé à cette discipline pourtant porteuse de lauriers à chaque compétition, les scrabbleurs congolais se comportent toujours bien à chaque sortie. Ce fut le cas encore à Dakar où le Congo a brillé de mille feux  grâce à ses cinq joueurs qui ont fait le déplacement au pays de la Teranga sur fonds propres. Au final, les valeureux Congolais ont ramené  trois médailles confirmant ainsi la bonne santé du scrabble national. À l’élite, une des épreuves majeures au Scrabble, le vétéran Soki Kévin du club Soudure de Bacongo a remporté la médaille de bronze après 7 manches haletantes.  Au Classique, autre épreuve majeure du tournoi, Cyrille Tchicaya de Pointe-Noire, meilleur joueur congolais plusieurs fois médaillé africain, a fini vice-champion perdant en finale contre le Camerounais Yann Fonkeu. Il a néanmoins remporté la médaille de bronze au défi africain dont il était détenteur du titre lors de la 4e édition jouée à Kintelé en 2019.

La fédération congolaise de scrabble que l’on peut contacter sur: fede.cg.scrabble@gmail.com. existe depuis 1996 et est affiliée au ministère de la Culture et des Arts. Elle est dirigée par M. Edson Ikouadja depuis 2017. Sous sa férule, les Diables rouges Scrabble ont remporté plusieurs titres au niveau international.

2018: vice-champion d’Afrique de Classique au Mali.

2019: champion d’Afrique au Défi et médaille de bronze à l’Elite.

2020: champion du monde de la Coupe des nations de Classique (CNC).

2021: vice-champion d’Afrique au Classique, médailles de bronze à l’Elite et au défi africain.

La fédération congolaise lance une fois de plus un appel aux autorités et à toutes les bonnes volontés pour soutenir cette discipline qui est à la fois un facteur de cohésion, un vecteur de valeur, un loisir sain, un outil pédagogique ludique pour les jeunes, un loisir sain mais surtout un vrai sport cérébral qui se pratique à l’échelle mondiale. 

Avec Adiac-Congo par Hervé Brice Mampouya

Sénégal: Assassinat de Mollet Lotaly, étudiante congolaise inscrite en Master1 à l’ESP de Dakar

mai 20, 2021

Mollet Lotaly, étudiante congolaise inscrite en Master1 à l’ESP de Dakar, a été froidement tuée dans la nuit du 19 mais à Grand Yoff.

Photo de BrazzaNews.

Mollet Lotaly, étudiante congolaise inscrit en Master1 à l’ESP de Dakar, a été froidement tuée dans la nuit du 19 mais à Grand Yoff. Le crime commis devant son immeuble, la jeune dame rentrait de son travail, lorsque ses agresseurs l’ont pris pour cible. Elle a été assenée d’une bouteille en verre au cou, qui a causé une hémorragie.

Baignant dans son sang, elle a agonisé pendant de longues minutes, en attente d’une ambulance pour la secourir. Mollet Lotaly n’a pas survécu à ses blessures, l’ambulance est arrivée trop tard. Une nouvelle accablante pour la communauté des étudiants congolais vivant au Sénégal, pour les proches et la famille de l’étudiante assassinée.

Les étudiants congolais du Sénégal dénoncent l’insécurité dans les quartiers de Dakar. Joint au téléphone ce matin, les responsables de l’association des congolais vivant au Sénégal lancent un appel aux autorités sénégalaises sur les actes criminels que subissent la plupart des étrangers à Dakar, vol par effraction, agressions meurtrière, et d’autres discriminations.

Avec Brazzanews

Sénégal : Ousmane Sonko arrêté à Dakar

mars 3, 2021
Des affrontements ont éclaté entre forces de l’ordre et partisans d’Ousmane Sonko, le 3 mars 2021 à Dakar.

Convoqué par le juge d’instruction à 9 heures mercredi, l’opposant a été arrêté en début d’après-midi alors que son convoi n’avait pas encore atteint le palais de justice de Dakar.

L’opposant Ousmane Sonko a été arrêté ce mercredi par des éléments des forces de l’ordre pour « trouble à l’ordre public » alors que son convoi se trouvait dans le quartier de Mermoz, à Dakar, a annoncé l’un de ses avocats à Jeune Afrique. L’information a été confirmée également par un cadre du Pastef, le parti du député. Il a ensuite été conduit dans les locaux de la section de recherche de Colobane.

« Ousmane Sonko sera présenté devant le juge pour n’avoir pas répondu à la convocation », a affirmé l’un des membres de son équipe de défense, Me Djiby Diagne, qui attendait son client devant le palais de justice. Dénonçant « une procédure expéditive », il juge que les autorités « ont préféré inventer une infraction pour pouvoir le déferrer » au plus vite.

Ses avocats l’ont rejoint en début d’après-midi à la section de recherches de Colobane, où l’opposant s’apprêtait à être interrogé par les gendarmes. En plus de l’infraction de « trouble à l’ordre public », Ousmane Sonko est également accusé de « participation à une manifestation interdite ».

Le député avait quitté son domicile en début de matinée, escorté par une foule de partisans. Un important dispositif avait été déployé tôt le matin aux alentours du palais de justice. Vers 10 heures, le convoi de l’opposant a été bloqué par les autorités, et des affrontements sporadiques ont opposé pendant une partie de la journée les forces de l’ordre à des partisans de Sonko.

Accusé de viol et menaces de mort par l’employée d’un « salon de beauté » dakarois, le député a plusieurs fois changé d’avis quant à cette convocation. S’il avait dans un premier temps déclaré être prêt à répondre à la justice dès que son immunité parlementaire serait levée, il était ensuite revenu sur sa décision, arguant de l’illégalité de la procédure parlementaire.

Médiation

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L’opposant a par la suite fait volte-face, suite à une « médiation » de son marabout Serigne Abdou Mbacké et de personnalités de la société civile. Il a ainsi reçu mardi l’ancien directeur régional d’Amesty International, Alioune Tine. « Je viens de sortir de chez Ousmane Sonko après une discussion très fructueuse pour le conjurer, au nom des organisations de la société civile, d’aller répondre à la convocation du juge demain matin », a déclaré cette figure de la lutte pour les droits humains au Sénégal.

L’opposant a également reçu plusieurs délégations constituées de personnalités religieuses, ainsi que des membres du Front de résistance nationale [FRN, opposition] qui ont tenu un discours similaire.

Le même conseil lui avait aussi été donné par ses avocats, qui avaient convoqué mardi 2 mars la presse au cabinet de Me Bamba Cissé, coordonnateur du pool d’avocats du député. « Soucieux d’empêcher que le refus de déférer à la convocation ne soit un prétexte à des provocations dont le but serait de lui imputer des nouvelles infractions, le collectif des avocats a estimé, de conseiller à Ousmane Sonko de déférer à la convocation », a expliqué ce dernier.

« Pas d’abdication »

Ousmane Sonko s’est ensuite exprimé pour confirmer sa décision de se rendre à la convocation du juge, afin d’éviter un mandat d’amener. « Nous irons répondre et écouter le juge, a affirmé le leader du Pastef. Mais ça n’est pas une abdication et nous n’accepterons aucune injustice. »

Il en a profité pour renouveler ses attaques contre Macky Sall, « comploteur en chef », accusé d’avoir manipulé la justice afin que son adversaire  soit radié des listes électorales et bloquer sa candidature à l’élection présidentielle de 2024. Il a aussi fait fait appel au soutien aux « Sénégalais lambda », apolitiques ou membres d’autres partis d’opposition.

« Nous ne croyons pas à cette justice mais nous avons confiance en certains magistrats », a déclaré Ousmane Sonko, décrivant « la vacuité du dossier » et une « procédure viciée ». L’opposant avait perdu son immunité le 26 février à une large majorité, lors d’un vote boycotté par l’opposition. Une vingtaine de députés de l’opposition ont saisi mardi le Conseil constitutionnelle pour annuler la procédure.

Avec Jeune Afrique par Anne-Sophie Faivre Le Cadre et Marième Soumaré

De Casa à Dakar, un trou de 18 milliards de dollars pour les compagnies africaines

janvier 25, 2021
Un appareil de la Royal Air Maroc

13,5 milliards de dollars de pertes de chiffre d’affaires passagers en 2020 et au moins 4,7 milliards de dollars pour le premier semestre 2021. En dépit du rebond des vols domestiques, le secteur aérien africain est lourdement impacté par le Covid-19.

L’année 2020 a été terrible pour les compagnies aériennes du continent. Et ce n’est pas fini. Ce premier semestre, de Casablanca à Johannesburg en passant par Addis Abeba ou Dakar, le ciel africain devrait enregistrer des pertes de revenus passagers allant de 4,7 à 5,9 milliards de dollars par comparaison à 2019, soit -50 % à -63 %, selon les dernières estimations de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).

Pour le continent, cette nouvelle dégradation fait suite une plongée record de 13,54 milliards de dollars des revenus sur l’ensemble de 2020 (soit -68,6 %), indique l’organisation des Nations-Unies basée à Montréal.

Des vols domestiques plus résilients

La fourchette des pertes de revenus anticipées ce premier semestre 2021 correspond à plusieurs scénarios de reprise élaborés par l’OACI. Ces scénarios prennent en compte la maîtrise ou non de la pandémie, la reprise économique ou encore l’évolution des capacités en sièges et des destinations offertes par les compagnies.

Sur le continent, en 2021 comme en 2020, plus de 80 % des pertes est à mettre au compte des liaisons internationales, les vols domestiques s’avérant légèrement plus résilients.

Partant d’un niveau de 115,1 millions de passagers sur le continent en 2019, le secteur a perdu 78,1 millions de voyageurs au total l’an dernier et même 87,7 millions si l’on prend en compte la croissance potentielle perdue.

Pas de retour à la normale avant 2024

Petit facteur d’espoir, ce premier semestre, les revenus des vols domestiques en Afrique devraient rebondir de 17 à 47 % par comparaison à la même période de 2020. Cette évolution est plus incertaine pour les liaisons internationales (+5,7 % à ‐23,8 %, selon les scénarios). Au plan mondial, selon l’OACI, le secteur aérien aura perdu 2,69 milliard de passagers en 2020 générant un recul direct de l’activité de 370 milliards de dollars.

Le retour au niveau d’avant crise en termes de revenus n’interviendra pas avant 2024 dans le meilleur des cas avait, pour sa part, estimé l’Association internationale du transport aérien (IATA) dans ses dernières prévisions datées de novembre 2020. Pour l’Afrique, l’organisation avait, alors, chiffré sur 2021 à 1,7 milliard de dollars les pertes comptables directes des compagnies après 2 milliards de dollars l’an dernier.

Pas moins de 30 milliards de dollars de soutiens financiers multilatéraux ou nationaux ont été promis au secteur aérien africain, selon l’IATA, mais seule une très petite fraction de cette enveloppe a été engagée, du fait notamment des délais administratifs et de la bureaucratie.

Avec Jeune Afrique par Pierre-Olivier Rouaud

De Dakar à Lagos, les créateurs africains s’engagent dans la fabrication de masques

avril 21, 2020

Dans l’atelier de Touty Sy, à Dakar, qui propose d’offrir des masques en tissus aux personnes vulnérables, le 20 avril 2020.

Dans l’atelier de Touty Sy, à Dakar, qui propose d’offrir des masques en tissus aux personnes vulnérables, le 20 avril 2020. © Sylvain Cherkaoui pour JA

À Dakar, le collectif de créateurs de mode l’Atelier 221 collabore avec l’association Les Racines de l’espoir pour la confection et la distribution de masques en tissu. Et les initiatives se multiplient sur le continent.

« 1 Sénégalais, 1 Masque ». C’est le nom de la campagne citoyenne de distribution de masques en tissu lancée à Dakar, le 4 avril, par l’Atelier 221, collectif de créateurs fondé en mai 2019 par la styliste Touty Sy. Et ce, en collaboration avec l’association sénégalaise Les Racines de l’espoir, présidée par Sophie Gueye.

« L’idée est d’apporter une réponse sociale et économique dans la lutte contre la pandémie de Covid-19. Non seulement l’association s’occupe de distribuer gracieusement « les masques-barrières » lavables et réutilisables en sensibilisant les populations les plus exposées et vulnérables comme les talibés, mais nous, créateurs, avons la possibilité de redonner du travail aux tailleurs avec lesquels nous collaborons en temps normal », explique Touty Sy. Les différents ateliers des stylistes du collectif Atelier 221, dont font notamment partie By Pathé, Sophie Zinga ou Awa Seck (Les Moussors de Awa), sont mis à contribution.

Mille tailleurs volontaires

La créatrice de mode sénégalaise Touty Sy, en avril 2020.
La créatrice de mode sénégalaise Touty Sy, en avril 2020. © © Sylvain Cherkaoui pour JA

Depuis le début de la campagne, 2 500 masques ont ainsi été distribués dans la capitale. « Pour le moment, cela n’est pas encore possible dans les autres régions, pour des raisons sanitaires. Mais, à terme, c’est notre objectif. Ce sont mille tailleurs, dans tout le pays, qui se sont portés volontaires pour nous rejoindre », s’enthousiasme Touty Sy, qui évoque déjà l’exportation du concept au Tchad ou au Niger et espère le voir se propager ailleurs sur le continent. « Tous les pays africains sont appelés à rejoindre le mouvement !

 

L’initiative est soutenue par des ONG telles qu’ONU-Femmes – qui a déjà commandé 10 000 masques (pour une subvention d’une valeur de 10 millions de F CFA, soit 15 000 euros environ, un masque équivalant à 1 000 F CFA) –, des entreprises du secteur privé, des personnalités comme Mohamed Kagnassy, homme d’affaires malien et, accessoirement, conseiller en agrobusiness du président guinéen Alpha Condé, ainsi que par des artistes.

Elle s’ouvrira également à la fabrication de blouses afin de venir en aide au personnel de santé – à l’image de griffes de mode internationales comme Louis Vuitton.

Dans l’atelier de Touty Sy, à Dakar, le 20 avril 2020.
Dans l’Atelier 221 de Touty Sy, à Dakar, le 20 avril 2020. © Sylvain Cherkaoui pour JA

Mais les créateurs de l’Atelier 221 ne sont pas les seuls à se mobiliser dans la fabrication et la distribution de masques au Sénégal. La styliste Adama Paris a, elle aussi, lancé semblable initiative. Ses masques en coton sont fabriqués dans ses ateliers dakarois puis gracieusement distribués à la population de divers quartiers.

Ailleurs, sur le continent, on peut également évoquer les créateurs ivoiriens Ibrahim Fernandez et Loza Maléombho, qui, respectivement, confectionnent masques en coton et visières de protection.

Au Mali, la designeuse malienne Awa Meite fait fabriquer, quotidiennement, 50 à 80 masques à partir de chutes de tissu. « Nous avons commencé à recycler les chutes de tissus de mon atelier, à les laver et à en faire des cache-nez. Puis, j’ai acheté du coton en gros, afin que l’on puisse en confectionner davantage », a-t-elle expliqué à la plateforme Africa Women Experts.

Awa Meite est par ailleurs à l’initiative d’une campagne de sensibilisation citoyenne baptisée So Kadi. « Nous donnons, en plus des masques, du savon et une bouilloire pour permettre de se laver régulièrement les mains. Nous précisons aussi que l’on doit souvent laver son masque à l’eau chaude avant de le réutiliser. »

Masques ultra-branchés

Au Nigeria, la prévention est au cœur des préoccupations de nombreux créateurs de mode. Cela dit, le style également. Dès la fin du mois de mars, la créatrice Tiannah Toyin Lawani a carrément lancé toute une ligne de masques en tissu ultra-branchés (à paillettes, par exemple), non seulement pour lutter contre la maladie mais aussi parce que porter un masque assorti à ses vêtements, voire à son bikini, c’est mieux… Plus sérieusement, « plusieurs maisons de mode nigérianes consultent d’ores et déjà des médecins et se procurent du matériel pour la fabrication de masques (…), souligne-t-elle. La mode peut sauver des vies ».

C’est ce qu’a assuré Omoyemi Akerele, fondatrice de la Lagos Fashion Week, au Washington Post. Pour prévenir la contamination par le coronavirus, l’efficacité du masque fait maison est loin d’être prouvée. Mais nombreux sont ceux à le voir comme un vecteur de distanciation sociale à l’heure où le masque chirurgical est réservé au personnel soignant, ou est, purement et simplement, devenu une « denrée rare ».

Avec Jeune Afrique par Katia Dansoko Touré

Coronavirus: 74 jeunes arrêtés à Dakar pour violation du couvre-feu

avril 21, 2020

La police sénégalaise a annoncé mardi 21 avril l’interpellation dans la nuit de lundi à mardi de 74 jeunes d’un quartier populaire de Dakar pour violation du couvre-feu instauré contre le Covid-19.

«Ils sont 74 jeunes de la Médina à avoir été interpellés entre 20H00 et 06H00 pour non respect du couvre-feu. Ils traînaient dans la rue», a déclaré à l’AFP un responsable de la police. Des jeunes de la Médina, quartier jouxtant le centre de Dakar, bravent depuis plusieurs jours le couvre-feu annoncé le 23 mars par le président Macky Sall pour tout le pays. Des images circulant sur les réseaux sociaux les montrent défiant la police ou jubilant en groupe au retour de proches sortis de quarantaine.

Inquiétude autour d’une transmission «communautaire»

Le ministre sénégalais de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye avait prévenu que ces actes allaient cesser. Le Sénégal a déclaré officiellement 412 cas de contamination par le Covid-19, et cinq décès. Plusieurs cas ont été rapportés à la Médina. La pandémie est restée jusqu’alors relativement contenue au Sénégal, mais les autorités observent avec préoccupation la progression des transmissions dites «communautaires», c’est-à-dire que l’on ne peut relier à des cas connus.

Les autorités sénégalaises ont fermé les frontières et les écoles et interdit les rassemblements et les prières collectives ainsi que la circulation entre les villes. Elles ont imposé dimanche le port obligatoire du masque dans les services publics et privés, les commerces et les transports. Elles se sont gardées jusqu’alors d’imposer le confinement. Il représenterait un défi considérable dans ce pays pauvre dont une bonne partie de la population vit au jour le jour.

Par Le Figaro avec AFP

France-Afrique : Christophe Castaner à Abidjan et Dakar pour parler sécurité et migrations

mai 17, 2019

 

Christophe Castaner, le ministre français de l’Intérieur, le 28 avril 2019. © Jean-Francois Badias/AP/SIPA

 

Le ministre français de l’Intérieur se rendra à Abidjan puis à Dakar, lors d’une mini tournée en Afrique de l’Ouest du 19 au 21 mai. Objectif : renforcer la coopération bilatérale avec ces deux partenaires phares de la France dans la région.

Son déplacement a été tenu confidentiel le plus longtemps possible par les autorités françaises. Alors que les Gilets jaunes poursuivent leur mobilisation à travers l’Hexagone – avec un 27ème samedi de mobilisation consécutif le 18 mai – et que les élections européennes se tiendront le 26 mai, Christophe Castaner se rendra à Abidjan et Dakar du dimanche 19 au mardi 21 mai.

Objectif affiché de ce premier déplacement du ministre français de l’Intérieur sur le continent : renforcer la coopération avec la Côte d’Ivoire et le Sénégal en matière de sécurité et de lutte contre l’immigration clandestine.

Reçu par Alassane Ouattara et Macky Sall

À Abidjan, où il arrivera le 19 mai, Christophe Castaner sera reçu par Alassane Ouattara. Il s’entretiendra ensuite avec son homologue ivoirien, Sidiki Diakité, et avec Hamed Bakayoko, le ministre de la Défense. Une dizaine de jours après la libération au Burkina Faso des deux otages français enlevés au Bénin, nul doute qu’il sera question, lors de tous ces entretiens, de la coopération régionale en matière de lutte contre le terrorisme.

Comme l’explique une source à l’Élysée, les autorités françaises nourrissent « une inquiétude particulière » pour leurs partenaires ivoiriens, voisins du Burkina Faso, où la situation sécuritaire s’est fortement dégradée. Après celui de Grand Bassam en 2016, Paris redoute qu’un nouvel attentat frappe la Côte d’Ivoire, pays stratégique où il compte d’importants intérêts économiques et de nombreux ressortissants. Avant de quitter la lagune Ébrié, Christophe Castaner assistera à une démonstration à l’École nationale de police.

Lutte contre la menace terroriste au niveau régional

D’Abidjan, le ministre français de l’Intérieur s’envolera pour Dakar, où il est attendu lundi 20 mai en fin d’après-midi. Il sera reçu par le président Macky Sall, rentré deux jours plus tôt de Paris, puis par son homologue sénégalais, Aly Ngouille Ndiaye.

Là encore, il sera question de lutte contre la menace terroriste au niveau régional. Castaner rencontrera notamment le commandement du nouveau Groupe d’action rapide de surveillance et d’intervention (Garsi) de la gendarmerie nationale sénégalaise, chargé de renforcer le contrôle des frontières et mis en place avec l’appui de la France. Dakar se montre particulièrement vigilant le long de ses plus de 400 kilomètres de frontières avec le Mali, où les groupes jihadistes sahéliens ont établis leurs bases arrières.

Au Sénégal, Christophe Castaner abordera aussi la coopération en matière de lutte contre l’immigration clandestine. Il visitera ainsi la nouvelle Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT), en charge de la judiciarisation des réseaux de passeurs, avant de reprendre le chemin de Paris, mardi 21 mai.

Jeuneafrique.com  Par Benjamin Roger

Sénégal: qui est Soham El Wardini, première femme maire de Dakar ?

octobre 2, 2018

A 65 ans, l’ex-première ajointe de Khalifa Sall prend les rênes de la capitale sénégalaise. Elle s’inscrit dans les pas de son prédécesseur, incarcéré depuis mars 2017.

Soham El Wardini à la mairie de Dakar, en février 2018.
Soham El Wardini à la mairie de Dakar, en février 2018. Crédits : Sylvain Cherkaoui pour JA

Pour la première fois, une femme dirige Dakar. Soham El Wardini, 65 ans, n’est pas une inconnue dans la capitale sénégalaise. Depuis l’incarcération en mars 2017 du maire de Dakar Khalifa Ababacar Sall, celle qui était sa première adjointe depuis 2014 a d’abord assuré l’intérim, avant d’être confirmée dans ses fonctions, samedi 29 septembre. Elle a été élue par 64 voix contre 13 pour Moussa Sy et 11 pour Banda Diop, ses deux adversaires, membres eux aussi de la coalition Taxawu Dakar, fondée par Khalifa Sall et dissidente du Parti socialiste.

 

« Je suis fière d’être la première femme maire de la capitale du Sénégal », a-t-elle lancé à l’annonce des résultats, juste avant de réitérer son soutien à Khalifa Sall et d’affirmer qu’elle le considérait toujours comme le maire. « Les équipes vont rester inchangées. Nous allons terminer les projets commencés. L’essentiel, c’est de nous remettre au travail et de rester unis. Je vous assure que le combat continue », a-t-elle ajouté devant les « khalifistes » présents en nombre et ne cachant pas leur joie.

Visites à la prison de Rebeuss

Il ne reste que quatorze mois à Soham El Wardini avant les élections municipales de décembre 2019 pour valoriser le bilan du « maire martyr », comme l’appellent volontiers ses proches. Après avoir vu sa condamnation à cinq ans de prison ferme pour « escroquerie portant sur des fonds publics » confirmée en appel dans l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar, Khalifa Sall avait été déchu de son mandat de maire par décret présidentiel le 31 août. Cette confirmation « le prive de la capacité juridique et de l’autorité morale nécessaires à l’exercice de ses fonctions », avait alors affirmé le ministre de la gouvernance territoriale, signataire du décret.

Depuis dix-neuf mois, Soham El Wardini gère donc les affaires de la mairie avec ses collaborateurs en se rendant chaque semaine à la prison de Rebeuss pour recevoir les consignes de Khalifa Sall. Elle n’aura désormais plus à le faire même si, comme elle le dit, cette fin de mandat s’inscrit dans une « continuité ». Et si elle conserve les mêmes équipes, cela ne l’empêchera pas de marquer de son empreinte cette dernière année.

L’élue souhaite consacrer ses quelques mois de mandat à un défi majeur : faire de la capitale une métropole propre et écologique. « Je ne veux plus que Dakar soit citée parmi les villes les plus sales au monde. Elle mérite tous les sacrifices », annonce-t-elle sans préciser encore de mesures concrètes.

« Elle gère les affaires avec beaucoup de loyauté, assure Mamadou Diouf, conseiller municipal de sa coalition. Elle est d’un commerce facile et a su entretenir de bonnes relations avec l’ensemble du conseil municipal, toutes obédiences confondues. C’est un personnage rassembleur, à l’écoute, qui n’hésite pas à consulter même les plus jeunes du conseil. »

Bouillie de mil

Née en 1953 à Latmingué, commune rurale de la région de Kaolack, d’un père d’origine libanaise et d’une mère sénégalaise, Soham El Wardini a grandi entre dix frères et sœurs. Après le décès de son père, commerçant dans l’arachide, la famille a déménagé dans la ville de Kaolack où la jeune fille est allée au lycée et a poursuivi des études supérieures d’anglais pour devenir enseignante.

C’est en 1999 qu’elle franchit le pas et entre en politique, rejoignant l’Alliance des forces de progrès (AFP) de Moustapha Niasse, ancien premier ministre socialiste, aujourd’hui président de l’Assemblée nationale. Après avoir appartenu à son bureau politique, elle se détachera petit à petit du mouvement. Son éloignement fait suite à la scission, en 2012, du Parti socialiste entre les partisans d’une participation à la coalition de l’actuel président libéral Macky Sall et les dissidents, dont l’un des leaders n’est autre que Khalifa Sall. Elle rejoindra ce dernier dans sa mairie en tant qu’adjointe à la culture.

« C’est d’abord pour sa communauté qu’elle a choisi de faire de la politique », avance Antoine El Wardini, son frère, ex-colonel de l’armée sénégalaise. Une décision dans la droite ligne de son implication dans la société, explique-t-il : « Elle a toujours montré un engagement citoyen fort. On la sollicite partout, dans toutes les organisations, même religieuses. Depuis qu’elle est toute petite, c’est elle qui représente la famille. Et encore aujourd’hui nous la voyons comme une maman, patiente et éduquée. »

Miss Sénégal 1970, Soham El Wardini est la seule de sa famille à avoir nourri des ambitions politiques, tout en éduquant ses quatre enfants et en poursuivant des engagements sociaux. « Tous les vendredis matins chez elle, dans le quartier dakarois de Sicap Karack, elle sert encore la bouillie de mil au lait caillé à tout le quartier. Si elle est dans la politique aujourd’hui, c’est grâce au social », appuie encore son frère.

Cette fibre se teinte évidemment d’une pointe de féminisme, même si elle ne pousse pas ce combat aussi loin que sa jeune sœur Rose El Wardini. Gynécologue et présidente de l’ONG Medisol International, cette dernière a résumé l’élection de son aînée d’un définitif : « Aujourd’hui, les femmes doivent être sur le devant de la scène puisque les hommes ont échoué. » L’avenir dira si cet échec est provisoire ou de plus long terme. La candidature de Khalifa Sall à l’élection présidentielle de février 2019 se jouera en tout cas sur son recours en cassation. S’il est acquitté, sa campagne s’appuiera nécessairement sur son bilan de maire depuis 2009. Bilan aujourd’hui entre les mains de Soham El Wardini.

Lemonde.fr par Matteo Maillard (Dakar, correspondance)