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Sénégal : Ousmane Sonko arrêté à Dakar

mars 3, 2021
Des affrontements ont éclaté entre forces de l’ordre et partisans d’Ousmane Sonko, le 3 mars 2021 à Dakar.

Convoqué par le juge d’instruction à 9 heures mercredi, l’opposant a été arrêté en début d’après-midi alors que son convoi n’avait pas encore atteint le palais de justice de Dakar.

L’opposant Ousmane Sonko a été arrêté ce mercredi par des éléments des forces de l’ordre pour « trouble à l’ordre public » alors que son convoi se trouvait dans le quartier de Mermoz, à Dakar, a annoncé l’un de ses avocats à Jeune Afrique. L’information a été confirmée également par un cadre du Pastef, le parti du député. Il a ensuite été conduit dans les locaux de la section de recherche de Colobane.

« Ousmane Sonko sera présenté devant le juge pour n’avoir pas répondu à la convocation », a affirmé l’un des membres de son équipe de défense, Me Djiby Diagne, qui attendait son client devant le palais de justice. Dénonçant « une procédure expéditive », il juge que les autorités « ont préféré inventer une infraction pour pouvoir le déferrer » au plus vite.

Ses avocats l’ont rejoint en début d’après-midi à la section de recherches de Colobane, où l’opposant s’apprêtait à être interrogé par les gendarmes. En plus de l’infraction de « trouble à l’ordre public », Ousmane Sonko est également accusé de « participation à une manifestation interdite ».

Le député avait quitté son domicile en début de matinée, escorté par une foule de partisans. Un important dispositif avait été déployé tôt le matin aux alentours du palais de justice. Vers 10 heures, le convoi de l’opposant a été bloqué par les autorités, et des affrontements sporadiques ont opposé pendant une partie de la journée les forces de l’ordre à des partisans de Sonko.

Accusé de viol et menaces de mort par l’employée d’un « salon de beauté » dakarois, le député a plusieurs fois changé d’avis quant à cette convocation. S’il avait dans un premier temps déclaré être prêt à répondre à la justice dès que son immunité parlementaire serait levée, il était ensuite revenu sur sa décision, arguant de l’illégalité de la procédure parlementaire.

Médiation

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L’opposant a par la suite fait volte-face, suite à une « médiation » de son marabout Serigne Abdou Mbacké et de personnalités de la société civile. Il a ainsi reçu mardi l’ancien directeur régional d’Amesty International, Alioune Tine. « Je viens de sortir de chez Ousmane Sonko après une discussion très fructueuse pour le conjurer, au nom des organisations de la société civile, d’aller répondre à la convocation du juge demain matin », a déclaré cette figure de la lutte pour les droits humains au Sénégal.

L’opposant a également reçu plusieurs délégations constituées de personnalités religieuses, ainsi que des membres du Front de résistance nationale [FRN, opposition] qui ont tenu un discours similaire.

Le même conseil lui avait aussi été donné par ses avocats, qui avaient convoqué mardi 2 mars la presse au cabinet de Me Bamba Cissé, coordonnateur du pool d’avocats du député. « Soucieux d’empêcher que le refus de déférer à la convocation ne soit un prétexte à des provocations dont le but serait de lui imputer des nouvelles infractions, le collectif des avocats a estimé, de conseiller à Ousmane Sonko de déférer à la convocation », a expliqué ce dernier.

« Pas d’abdication »

Ousmane Sonko s’est ensuite exprimé pour confirmer sa décision de se rendre à la convocation du juge, afin d’éviter un mandat d’amener. « Nous irons répondre et écouter le juge, a affirmé le leader du Pastef. Mais ça n’est pas une abdication et nous n’accepterons aucune injustice. »

Il en a profité pour renouveler ses attaques contre Macky Sall, « comploteur en chef », accusé d’avoir manipulé la justice afin que son adversaire  soit radié des listes électorales et bloquer sa candidature à l’élection présidentielle de 2024. Il a aussi fait fait appel au soutien aux « Sénégalais lambda », apolitiques ou membres d’autres partis d’opposition.

« Nous ne croyons pas à cette justice mais nous avons confiance en certains magistrats », a déclaré Ousmane Sonko, décrivant « la vacuité du dossier » et une « procédure viciée ». L’opposant avait perdu son immunité le 26 février à une large majorité, lors d’un vote boycotté par l’opposition. Une vingtaine de députés de l’opposition ont saisi mardi le Conseil constitutionnelle pour annuler la procédure.

Avec Jeune Afrique par Anne-Sophie Faivre Le Cadre et Marième Soumaré

De Casa à Dakar, un trou de 18 milliards de dollars pour les compagnies africaines

janvier 25, 2021
Un appareil de la Royal Air Maroc

13,5 milliards de dollars de pertes de chiffre d’affaires passagers en 2020 et au moins 4,7 milliards de dollars pour le premier semestre 2021. En dépit du rebond des vols domestiques, le secteur aérien africain est lourdement impacté par le Covid-19.

L’année 2020 a été terrible pour les compagnies aériennes du continent. Et ce n’est pas fini. Ce premier semestre, de Casablanca à Johannesburg en passant par Addis Abeba ou Dakar, le ciel africain devrait enregistrer des pertes de revenus passagers allant de 4,7 à 5,9 milliards de dollars par comparaison à 2019, soit -50 % à -63 %, selon les dernières estimations de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).

Pour le continent, cette nouvelle dégradation fait suite une plongée record de 13,54 milliards de dollars des revenus sur l’ensemble de 2020 (soit -68,6 %), indique l’organisation des Nations-Unies basée à Montréal.

Des vols domestiques plus résilients

La fourchette des pertes de revenus anticipées ce premier semestre 2021 correspond à plusieurs scénarios de reprise élaborés par l’OACI. Ces scénarios prennent en compte la maîtrise ou non de la pandémie, la reprise économique ou encore l’évolution des capacités en sièges et des destinations offertes par les compagnies.

Sur le continent, en 2021 comme en 2020, plus de 80 % des pertes est à mettre au compte des liaisons internationales, les vols domestiques s’avérant légèrement plus résilients.

Partant d’un niveau de 115,1 millions de passagers sur le continent en 2019, le secteur a perdu 78,1 millions de voyageurs au total l’an dernier et même 87,7 millions si l’on prend en compte la croissance potentielle perdue.

Pas de retour à la normale avant 2024

Petit facteur d’espoir, ce premier semestre, les revenus des vols domestiques en Afrique devraient rebondir de 17 à 47 % par comparaison à la même période de 2020. Cette évolution est plus incertaine pour les liaisons internationales (+5,7 % à ‐23,8 %, selon les scénarios). Au plan mondial, selon l’OACI, le secteur aérien aura perdu 2,69 milliard de passagers en 2020 générant un recul direct de l’activité de 370 milliards de dollars.

Le retour au niveau d’avant crise en termes de revenus n’interviendra pas avant 2024 dans le meilleur des cas avait, pour sa part, estimé l’Association internationale du transport aérien (IATA) dans ses dernières prévisions datées de novembre 2020. Pour l’Afrique, l’organisation avait, alors, chiffré sur 2021 à 1,7 milliard de dollars les pertes comptables directes des compagnies après 2 milliards de dollars l’an dernier.

Pas moins de 30 milliards de dollars de soutiens financiers multilatéraux ou nationaux ont été promis au secteur aérien africain, selon l’IATA, mais seule une très petite fraction de cette enveloppe a été engagée, du fait notamment des délais administratifs et de la bureaucratie.

Avec Jeune Afrique par Pierre-Olivier Rouaud

De Dakar à Lagos, les créateurs africains s’engagent dans la fabrication de masques

avril 21, 2020

Dans l’atelier de Touty Sy, à Dakar, qui propose d’offrir des masques en tissus aux personnes vulnérables, le 20 avril 2020.

Dans l’atelier de Touty Sy, à Dakar, qui propose d’offrir des masques en tissus aux personnes vulnérables, le 20 avril 2020. © Sylvain Cherkaoui pour JA

À Dakar, le collectif de créateurs de mode l’Atelier 221 collabore avec l’association Les Racines de l’espoir pour la confection et la distribution de masques en tissu. Et les initiatives se multiplient sur le continent.

« 1 Sénégalais, 1 Masque ». C’est le nom de la campagne citoyenne de distribution de masques en tissu lancée à Dakar, le 4 avril, par l’Atelier 221, collectif de créateurs fondé en mai 2019 par la styliste Touty Sy. Et ce, en collaboration avec l’association sénégalaise Les Racines de l’espoir, présidée par Sophie Gueye.

« L’idée est d’apporter une réponse sociale et économique dans la lutte contre la pandémie de Covid-19. Non seulement l’association s’occupe de distribuer gracieusement « les masques-barrières » lavables et réutilisables en sensibilisant les populations les plus exposées et vulnérables comme les talibés, mais nous, créateurs, avons la possibilité de redonner du travail aux tailleurs avec lesquels nous collaborons en temps normal », explique Touty Sy. Les différents ateliers des stylistes du collectif Atelier 221, dont font notamment partie By Pathé, Sophie Zinga ou Awa Seck (Les Moussors de Awa), sont mis à contribution.

Mille tailleurs volontaires

La créatrice de mode sénégalaise Touty Sy, en avril 2020.
La créatrice de mode sénégalaise Touty Sy, en avril 2020. © © Sylvain Cherkaoui pour JA

Depuis le début de la campagne, 2 500 masques ont ainsi été distribués dans la capitale. « Pour le moment, cela n’est pas encore possible dans les autres régions, pour des raisons sanitaires. Mais, à terme, c’est notre objectif. Ce sont mille tailleurs, dans tout le pays, qui se sont portés volontaires pour nous rejoindre », s’enthousiasme Touty Sy, qui évoque déjà l’exportation du concept au Tchad ou au Niger et espère le voir se propager ailleurs sur le continent. « Tous les pays africains sont appelés à rejoindre le mouvement !

 

L’initiative est soutenue par des ONG telles qu’ONU-Femmes – qui a déjà commandé 10 000 masques (pour une subvention d’une valeur de 10 millions de F CFA, soit 15 000 euros environ, un masque équivalant à 1 000 F CFA) –, des entreprises du secteur privé, des personnalités comme Mohamed Kagnassy, homme d’affaires malien et, accessoirement, conseiller en agrobusiness du président guinéen Alpha Condé, ainsi que par des artistes.

Elle s’ouvrira également à la fabrication de blouses afin de venir en aide au personnel de santé – à l’image de griffes de mode internationales comme Louis Vuitton.

Dans l’atelier de Touty Sy, à Dakar, le 20 avril 2020.
Dans l’Atelier 221 de Touty Sy, à Dakar, le 20 avril 2020. © Sylvain Cherkaoui pour JA

Mais les créateurs de l’Atelier 221 ne sont pas les seuls à se mobiliser dans la fabrication et la distribution de masques au Sénégal. La styliste Adama Paris a, elle aussi, lancé semblable initiative. Ses masques en coton sont fabriqués dans ses ateliers dakarois puis gracieusement distribués à la population de divers quartiers.

Ailleurs, sur le continent, on peut également évoquer les créateurs ivoiriens Ibrahim Fernandez et Loza Maléombho, qui, respectivement, confectionnent masques en coton et visières de protection.

Au Mali, la designeuse malienne Awa Meite fait fabriquer, quotidiennement, 50 à 80 masques à partir de chutes de tissu. « Nous avons commencé à recycler les chutes de tissus de mon atelier, à les laver et à en faire des cache-nez. Puis, j’ai acheté du coton en gros, afin que l’on puisse en confectionner davantage », a-t-elle expliqué à la plateforme Africa Women Experts.

Awa Meite est par ailleurs à l’initiative d’une campagne de sensibilisation citoyenne baptisée So Kadi. « Nous donnons, en plus des masques, du savon et une bouilloire pour permettre de se laver régulièrement les mains. Nous précisons aussi que l’on doit souvent laver son masque à l’eau chaude avant de le réutiliser. »

Masques ultra-branchés

Au Nigeria, la prévention est au cœur des préoccupations de nombreux créateurs de mode. Cela dit, le style également. Dès la fin du mois de mars, la créatrice Tiannah Toyin Lawani a carrément lancé toute une ligne de masques en tissu ultra-branchés (à paillettes, par exemple), non seulement pour lutter contre la maladie mais aussi parce que porter un masque assorti à ses vêtements, voire à son bikini, c’est mieux… Plus sérieusement, « plusieurs maisons de mode nigérianes consultent d’ores et déjà des médecins et se procurent du matériel pour la fabrication de masques (…), souligne-t-elle. La mode peut sauver des vies ».

C’est ce qu’a assuré Omoyemi Akerele, fondatrice de la Lagos Fashion Week, au Washington Post. Pour prévenir la contamination par le coronavirus, l’efficacité du masque fait maison est loin d’être prouvée. Mais nombreux sont ceux à le voir comme un vecteur de distanciation sociale à l’heure où le masque chirurgical est réservé au personnel soignant, ou est, purement et simplement, devenu une « denrée rare ».

Avec Jeune Afrique par Katia Dansoko Touré

Coronavirus: 74 jeunes arrêtés à Dakar pour violation du couvre-feu

avril 21, 2020

La police sénégalaise a annoncé mardi 21 avril l’interpellation dans la nuit de lundi à mardi de 74 jeunes d’un quartier populaire de Dakar pour violation du couvre-feu instauré contre le Covid-19.

«Ils sont 74 jeunes de la Médina à avoir été interpellés entre 20H00 et 06H00 pour non respect du couvre-feu. Ils traînaient dans la rue», a déclaré à l’AFP un responsable de la police. Des jeunes de la Médina, quartier jouxtant le centre de Dakar, bravent depuis plusieurs jours le couvre-feu annoncé le 23 mars par le président Macky Sall pour tout le pays. Des images circulant sur les réseaux sociaux les montrent défiant la police ou jubilant en groupe au retour de proches sortis de quarantaine.

Inquiétude autour d’une transmission «communautaire»

Le ministre sénégalais de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye avait prévenu que ces actes allaient cesser. Le Sénégal a déclaré officiellement 412 cas de contamination par le Covid-19, et cinq décès. Plusieurs cas ont été rapportés à la Médina. La pandémie est restée jusqu’alors relativement contenue au Sénégal, mais les autorités observent avec préoccupation la progression des transmissions dites «communautaires», c’est-à-dire que l’on ne peut relier à des cas connus.

Les autorités sénégalaises ont fermé les frontières et les écoles et interdit les rassemblements et les prières collectives ainsi que la circulation entre les villes. Elles ont imposé dimanche le port obligatoire du masque dans les services publics et privés, les commerces et les transports. Elles se sont gardées jusqu’alors d’imposer le confinement. Il représenterait un défi considérable dans ce pays pauvre dont une bonne partie de la population vit au jour le jour.

Par Le Figaro avec AFP

France-Afrique : Christophe Castaner à Abidjan et Dakar pour parler sécurité et migrations

mai 17, 2019

 

Christophe Castaner, le ministre français de l’Intérieur, le 28 avril 2019. © Jean-Francois Badias/AP/SIPA

 

Le ministre français de l’Intérieur se rendra à Abidjan puis à Dakar, lors d’une mini tournée en Afrique de l’Ouest du 19 au 21 mai. Objectif : renforcer la coopération bilatérale avec ces deux partenaires phares de la France dans la région.

Son déplacement a été tenu confidentiel le plus longtemps possible par les autorités françaises. Alors que les Gilets jaunes poursuivent leur mobilisation à travers l’Hexagone – avec un 27ème samedi de mobilisation consécutif le 18 mai – et que les élections européennes se tiendront le 26 mai, Christophe Castaner se rendra à Abidjan et Dakar du dimanche 19 au mardi 21 mai.

Objectif affiché de ce premier déplacement du ministre français de l’Intérieur sur le continent : renforcer la coopération avec la Côte d’Ivoire et le Sénégal en matière de sécurité et de lutte contre l’immigration clandestine.

Reçu par Alassane Ouattara et Macky Sall

À Abidjan, où il arrivera le 19 mai, Christophe Castaner sera reçu par Alassane Ouattara. Il s’entretiendra ensuite avec son homologue ivoirien, Sidiki Diakité, et avec Hamed Bakayoko, le ministre de la Défense. Une dizaine de jours après la libération au Burkina Faso des deux otages français enlevés au Bénin, nul doute qu’il sera question, lors de tous ces entretiens, de la coopération régionale en matière de lutte contre le terrorisme.

Comme l’explique une source à l’Élysée, les autorités françaises nourrissent « une inquiétude particulière » pour leurs partenaires ivoiriens, voisins du Burkina Faso, où la situation sécuritaire s’est fortement dégradée. Après celui de Grand Bassam en 2016, Paris redoute qu’un nouvel attentat frappe la Côte d’Ivoire, pays stratégique où il compte d’importants intérêts économiques et de nombreux ressortissants. Avant de quitter la lagune Ébrié, Christophe Castaner assistera à une démonstration à l’École nationale de police.

Lutte contre la menace terroriste au niveau régional

D’Abidjan, le ministre français de l’Intérieur s’envolera pour Dakar, où il est attendu lundi 20 mai en fin d’après-midi. Il sera reçu par le président Macky Sall, rentré deux jours plus tôt de Paris, puis par son homologue sénégalais, Aly Ngouille Ndiaye.

Là encore, il sera question de lutte contre la menace terroriste au niveau régional. Castaner rencontrera notamment le commandement du nouveau Groupe d’action rapide de surveillance et d’intervention (Garsi) de la gendarmerie nationale sénégalaise, chargé de renforcer le contrôle des frontières et mis en place avec l’appui de la France. Dakar se montre particulièrement vigilant le long de ses plus de 400 kilomètres de frontières avec le Mali, où les groupes jihadistes sahéliens ont établis leurs bases arrières.

Au Sénégal, Christophe Castaner abordera aussi la coopération en matière de lutte contre l’immigration clandestine. Il visitera ainsi la nouvelle Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT), en charge de la judiciarisation des réseaux de passeurs, avant de reprendre le chemin de Paris, mardi 21 mai.

Jeuneafrique.com  Par Benjamin Roger

Sénégal: qui est Soham El Wardini, première femme maire de Dakar ?

octobre 2, 2018

A 65 ans, l’ex-première ajointe de Khalifa Sall prend les rênes de la capitale sénégalaise. Elle s’inscrit dans les pas de son prédécesseur, incarcéré depuis mars 2017.

Soham El Wardini à la mairie de Dakar, en février 2018.
Soham El Wardini à la mairie de Dakar, en février 2018. Crédits : Sylvain Cherkaoui pour JA

Pour la première fois, une femme dirige Dakar. Soham El Wardini, 65 ans, n’est pas une inconnue dans la capitale sénégalaise. Depuis l’incarcération en mars 2017 du maire de Dakar Khalifa Ababacar Sall, celle qui était sa première adjointe depuis 2014 a d’abord assuré l’intérim, avant d’être confirmée dans ses fonctions, samedi 29 septembre. Elle a été élue par 64 voix contre 13 pour Moussa Sy et 11 pour Banda Diop, ses deux adversaires, membres eux aussi de la coalition Taxawu Dakar, fondée par Khalifa Sall et dissidente du Parti socialiste.

 

« Je suis fière d’être la première femme maire de la capitale du Sénégal », a-t-elle lancé à l’annonce des résultats, juste avant de réitérer son soutien à Khalifa Sall et d’affirmer qu’elle le considérait toujours comme le maire. « Les équipes vont rester inchangées. Nous allons terminer les projets commencés. L’essentiel, c’est de nous remettre au travail et de rester unis. Je vous assure que le combat continue », a-t-elle ajouté devant les « khalifistes » présents en nombre et ne cachant pas leur joie.

Visites à la prison de Rebeuss

Il ne reste que quatorze mois à Soham El Wardini avant les élections municipales de décembre 2019 pour valoriser le bilan du « maire martyr », comme l’appellent volontiers ses proches. Après avoir vu sa condamnation à cinq ans de prison ferme pour « escroquerie portant sur des fonds publics » confirmée en appel dans l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar, Khalifa Sall avait été déchu de son mandat de maire par décret présidentiel le 31 août. Cette confirmation « le prive de la capacité juridique et de l’autorité morale nécessaires à l’exercice de ses fonctions », avait alors affirmé le ministre de la gouvernance territoriale, signataire du décret.

Depuis dix-neuf mois, Soham El Wardini gère donc les affaires de la mairie avec ses collaborateurs en se rendant chaque semaine à la prison de Rebeuss pour recevoir les consignes de Khalifa Sall. Elle n’aura désormais plus à le faire même si, comme elle le dit, cette fin de mandat s’inscrit dans une « continuité ». Et si elle conserve les mêmes équipes, cela ne l’empêchera pas de marquer de son empreinte cette dernière année.

L’élue souhaite consacrer ses quelques mois de mandat à un défi majeur : faire de la capitale une métropole propre et écologique. « Je ne veux plus que Dakar soit citée parmi les villes les plus sales au monde. Elle mérite tous les sacrifices », annonce-t-elle sans préciser encore de mesures concrètes.

« Elle gère les affaires avec beaucoup de loyauté, assure Mamadou Diouf, conseiller municipal de sa coalition. Elle est d’un commerce facile et a su entretenir de bonnes relations avec l’ensemble du conseil municipal, toutes obédiences confondues. C’est un personnage rassembleur, à l’écoute, qui n’hésite pas à consulter même les plus jeunes du conseil. »

Bouillie de mil

Née en 1953 à Latmingué, commune rurale de la région de Kaolack, d’un père d’origine libanaise et d’une mère sénégalaise, Soham El Wardini a grandi entre dix frères et sœurs. Après le décès de son père, commerçant dans l’arachide, la famille a déménagé dans la ville de Kaolack où la jeune fille est allée au lycée et a poursuivi des études supérieures d’anglais pour devenir enseignante.

C’est en 1999 qu’elle franchit le pas et entre en politique, rejoignant l’Alliance des forces de progrès (AFP) de Moustapha Niasse, ancien premier ministre socialiste, aujourd’hui président de l’Assemblée nationale. Après avoir appartenu à son bureau politique, elle se détachera petit à petit du mouvement. Son éloignement fait suite à la scission, en 2012, du Parti socialiste entre les partisans d’une participation à la coalition de l’actuel président libéral Macky Sall et les dissidents, dont l’un des leaders n’est autre que Khalifa Sall. Elle rejoindra ce dernier dans sa mairie en tant qu’adjointe à la culture.

« C’est d’abord pour sa communauté qu’elle a choisi de faire de la politique », avance Antoine El Wardini, son frère, ex-colonel de l’armée sénégalaise. Une décision dans la droite ligne de son implication dans la société, explique-t-il : « Elle a toujours montré un engagement citoyen fort. On la sollicite partout, dans toutes les organisations, même religieuses. Depuis qu’elle est toute petite, c’est elle qui représente la famille. Et encore aujourd’hui nous la voyons comme une maman, patiente et éduquée. »

Miss Sénégal 1970, Soham El Wardini est la seule de sa famille à avoir nourri des ambitions politiques, tout en éduquant ses quatre enfants et en poursuivant des engagements sociaux. « Tous les vendredis matins chez elle, dans le quartier dakarois de Sicap Karack, elle sert encore la bouillie de mil au lait caillé à tout le quartier. Si elle est dans la politique aujourd’hui, c’est grâce au social », appuie encore son frère.

Cette fibre se teinte évidemment d’une pointe de féminisme, même si elle ne pousse pas ce combat aussi loin que sa jeune sœur Rose El Wardini. Gynécologue et présidente de l’ONG Medisol International, cette dernière a résumé l’élection de son aînée d’un définitif : « Aujourd’hui, les femmes doivent être sur le devant de la scène puisque les hommes ont échoué. » L’avenir dira si cet échec est provisoire ou de plus long terme. La candidature de Khalifa Sall à l’élection présidentielle de février 2019 se jouera en tout cas sur son recours en cassation. S’il est acquitté, sa campagne s’appuiera nécessairement sur son bilan de maire depuis 2009. Bilan aujourd’hui entre les mains de Soham El Wardini.

Lemonde.fr par Matteo Maillard (Dakar, correspondance)

Sénégal: Khalifa Sall perd la mairie de Dakar sur décision du président

août 31, 2018

Une banderole demandant la libération du maire de Dakar, Khalifa Sall, brandie par ses partisans dans la capitale sénégalaise, le 31 juillet 2017. / © AFP/Archives / SEYLLOU

Le président sénégalais Macky Sall a révoqué vendredi par décret de ses fonctions le maire de Dakar, Khalifa Sall, au lendemain de sa condamnation en appel à cinq ans de prison pour escroquerie sur les deniers publics, soulevant les protestations de ses avocats et de défenseurs des droits de l’homme.

« Monsieur Khalifa Ababacar Sall est révoqué de ses fonctions de maire de la Ville de Dakar », selon un décret signé par Macky Sall et par le Premier ministre, Mahammed Boune Abdallah Dionne.

La Cour d’appel de Dakar a confirmé jeudi la peine de cinq ans décidée en première instance à l’encontre du maire de Dakar, l’un des principaux opposants au chef de l’Etat et candidat déclaré à la présidentielle de février 2019.

Sa révocation a fait l’objet d’éditions spéciales à la télévision et à la radio.

« La condamnation du maire de Dakar par la Cour d’appel le prive de la capacité juridique et de l’autorité morale nécessaires à l’exercice de ses fonctions », d’après un rapport du ministre de la Gouvernance territoriale, qui a la tutelle sur les villes, et sur lequel se fonde notamment le décret.

– « Persécution » –

La révocation du maire de Dakar a été immédiatement dénoncée comme « illégale, anti-démocratique et sans fondement » par un de ses avocats, Amadou Ali Kâne, joint par téléphone par l’AFP.

« Khalifa Sall n’est pas définitivement condamné. Nous sommes dans les délais de recours et en matière pénale ceux-ci sont suspensifs. Il avait six jours à partir » de la date de sa condamnation en appel « pour se pourvoir en cassation », a déclaré Me Kâne, évoquant les textes qui organisent la Cour suprême au Sénégal.

« Le harcèlement et la persécution (contre le maire de Dakar) semblent se confirmer. Cette décision est manifestement illégale », a également déclaré sur une radio Me Assane Dioma Ndiaye, président de la Ligue sénégalaise des droits de l’homme (LSDH) et avocat de Khalifa Sall.

« C’est catastrophique à ce stade de la procédure que le président Macky Sall prenne un décret pour révoquer Khalifa Sall. C’est admettre qu’il est (définitivement) fautif alors que les voies de recours ne sont pas encore terminées », a fait remarquer Babacar Ba, du Forum du justiciable, une organisation de défense des droits de l’homme.

« Khalifa Sall est toujours présumé être innocent. Où sont les conseillers et les juristes du président de la République », s’est demandé M. Ba.

Le maire de Dakar Khalifa Sall, le 6 décembre 2010, dans la capitale sénégalaise. / © AFP/Archives / Erick-Christian AHOUNOU

La défense du maire et son entourage avaient annoncé jeudi un recours devant la Cour suprême après sa condamnation en appel et confié son intention de se présenter à la présidentielle.

– Dissident –

Le porte-parole du gouvernement sénégalais, Seydou Guèye, n’avait pas répondu vendredi en fin d’après-midi aux appels de l’AFP.

La cour d’appel a condamné Khalifa Sall à cinq ans de prison ferme et à verser « solidairement » avec trois de ses sept coaccusés la somme de 1,8 milliard de francs CFA (environ 2,75 millions d’euros) à l’Etat du Sénégal.

Khalifa Sall, en détention depuis mars 2017, avait été condamné en première instance pour « escroquerie portant sur des fonds publics » et « faux en écriture », pour le détournement d’environ 2,5 millions d’euros prélevés entre 2011 et 2015 sur les caisses de la Ville de Dakar.

Maire depuis 2009, ce dissident du Parti socialiste (PS) et de la majorité présidentielle affirme que les poursuites judiciaires à son encontre visent à l’empêcher de se présenter à la présidentielle, ce que démentent les responsables de la majorité.

Homme politique populaire de 62 ans, Khalifa Sall est considéré comme l’un des rares adversaires à pouvoir menacer dans les urnes le président sortant Macky Sall, qui devrait briguer un second mandat.

Jeudi, la Cour suprême du Sénégal avait par ailleurs rejeté jeudi le pourvoi d’un autre opposant, Karim Wade, fils et ministre de l’ex-président Abdoulaye Wade (2000-2012), contre sa radiation des listes électorales. Un décision qui constitue un revers judiciaire pour cet autre candidat déclaré à la présidentielle qui, selon son avocat, conserve néanmoins des chances de se présenter.

Romandie.com avec(©AFP / (31 août 2018 20h43)

Sénégal: la préfecture de Dakar revient sur l’interdiction des réunions maçonniques

avril 27, 2018

Quelques jours après les révélations de Jeune Afrique, la préfecture de Dakar a fait machine arrière, revenant sur l’interdiction de tout rassemblement maçonnique dans la capitale sénégalaise et ses environs…

Dans son numéro 2989-2990, Jeune Afrique révélait l’existence d’un arrêté préfectoral daté du 31 janvier, interdisant, dans le département de Dakar, « la tenue de réunions (publiques ou privées) par toute organisation nationale ou internationale d’obédience maçonnique ».

En cause : « Des menaces de troubles à l’ordre public » et « des risques d’affrontements entre organisations opposées », selon ce document signé par le préfet de Dakar. La formulation faisait alors écho au tollé provoqué dans une partie de l’opinion publique sénégalaise par l’annonce de la tenue à Dakar des 26e Rencontres humanistes et fraternelles africaines et malgaches (Rehfram), qui fait office de grand-messe de la franc-maçonnerie sur le continent.

 

Hasard du calendrier ? Trois jours après la publication de notre article, la préfecture de Dakar a publié un nouvel arrêté, daté du 25 avril, qui abroge les dispositions du précédent.

Une décision aux allures de volte-face, que la préfecture justifie par « la nécessité de sauvegarde des libertés publiques » et « la limitation d’une situation d’exception ».

Au Sénégal, la question des francs-maçons alimente régulièrement la controverse. Après leur levée de boucliers autour de la tenue des Rehfram, des associations sénégalaises – majoritairement religieuses – avaient même décrété le branle-bas de combat contre la venue au Sénégal de la chanteuse Rihanna, qu’elles soupçonnaient d’appartenance maçonnique.

Jeuneafrique.com

Sénégal/législatives: l’ex-président Wade empêché de manifester à Dakar

juillet 25, 2017

Dakar – Les forces de l’ordre ont empêché mardi l’ex-président sénégalais Abdoulaye Wade, 91 ans, et ses partisans de se rassembler dans le centre de Dakar, dans un secteur déclaré « zone interdite » par les autorités, faisant notamment usage de gaz lacrymogène.

Abdoulaye Wade, qui a pris la tête d’une liste d’opposition pour les législatives de dimanche, avait appelé à une « marche de réclamation des cartes d’électeurs ».

Celle-ci devait en principe se dérouler sur un itinéraire allant de la place de l’Indépendance au ministère de l’Intérieur, en passant devant le Palais présidentiel.

Mais l’ancien président (2000-2012), rentré au Sénégal pour faire campagne le 10 juillet après plus de deux ans d’absence, a été empêché avec ses partisans de rallier le lieu de rassemblement, dont les accès étaient bloqués par des policiers, munis pour certains de boucliers et de matraques.

« La marche n’a pas eu lieu. Des policiers ou des gendarmes ont barré la voie et nous avons rebroussé chemin, comme nous l’avions prévu », a déclaré à la presse Abdoulaye Wade après la manifestation avortée.

« Ce que nous faisons est dans l’intérêt du pays. Nous prenons nos responsabilités pour que les gens votent et pour faire partir (le président) Macky Sall, qui a détruit le Sénégal », a ajouté M. Wade depuis le quartier résidentiel de Fann, à Dakar, où il réside.

« Je l’invite à un débat mais il ne viendra pas. Il est évident que je serai élu (député) mais ma vocation n’est pas d’être élu ni de redevenir président de la République », a-t-il poursuivi, laissant entendre qu’il ne siégerait pas.

Plusieurs dizaines de partisans d’Abdoulaye Wade qui avaient tenté de s’approcher de la place de l’Indépendance ont été dispersés par des jets de gaz, ont constaté les journalistes de l’AFP, qui ont assisté à l’interpellation d’au moins six d’entre eux.

La manifestation était prévue « dans une zone interdite », avait affirmé auparavant à l’AFP le préfet de Dakar, Serigne Babacar Kâne, se référant à un arrêté du ministère de l’Intérieur de 2011 –sous la présidence d’Abdoulaye Wade– interdisant toute « manifestation à caractère politique » dans ce secteur, notamment pour des raisons de sécurité.

L’ex-président conduit une coalition menée par le Parti démocratique sénégalais (PDS), dont il est toujours le chef.

A cinq jours du scrutin, de nombreuses personnes n’ont pas encore retiré leurs cartes d’électeur dans plusieurs zones du pays et risquent d’être privées de vote, selon l’opposition.

Celle-ci accuse le gouvernement de n’avoir pas produit à temps suffisamment de cartes dans le but de priver de vote ses électeurs.

La moyenne nationale de retrait des cartes d’électeurs est de plus de 70%, a déclaré le ministre de l’Intérieur, Abdoulaye Daouda Diallo. Plus de 6,2 millions d’électeurs sont inscrits, selon les autorités.

Le président Sall a saisi lundi le Conseil constitutionnel pour autoriser les personnes qui n’auront pas retiré leurs cartes d’électeur à voter avec une autre pièce d’identité comme un passeport ou un permis de conduire, mais l’initiative a été rejetée par plusieurs partis et coalitions de l’opposition.

Les législatives sont organisées avec la participation d’un nombre record de 47 listes, contre 24 en 2012. La campagne électorale ouverte le 9 juillet s’achève vendredi.

Le scrutin vise à renouveler l’Assemblée nationale, où le nombre des sièges va passer de 150 à 165, après une révision constitutionnelle créant 15 postes de députés pour représenter la diaspora sénégalaise.

Romandie.com avec(©AFP / 25 juillet 2017 21h23)                                            

Perpétuité confirmée pour l’ex-président tchadien pour crimes contre l’humanité

avril 27, 2017

L’ex-président tchadien Hissène Habré escorté par des gardes lors de son procès en première instance à Dakar le 20 juillet 2015 / © AFP/Archives / SEYLLOU

L’ex-président tchadien Hissène Habré a définitivement été condamné jeudi à la prison à vie pour crimes contre l’humanité, un verdict rendu à l’issue de son procès en appel devant un tribunal spécial africain siégeant à Dakar.

Ce jugement confirme un jugement en première instance rendu en mai 2016 par les Chambres africaines extraordinaires (CAE), créées en vertu d’un accord entre l’Union africaine (UA) et le Sénégal, où M. Habré s’est réfugié après avoir été renversé en décembre 1990 par l’actuel président tchadien Idriss Deby Itno.

Son procès était le premier au monde dans lequel un ancien chef d’Etat est traduit devant une juridiction d’un autre pays pour violations présumées des droits de l’homme.

Une commission d’enquête tchadienne estime le bilan de la répression sous le régime d’Hissène Habré (1982-1990) à quelque 40.000 morts.

Le jugement en appel s’était déroulé en janvier devant une cour présidée par le magistrat malien Wafi Ougadèye, qui a rendu son verdict jeudi.

La Cour d’appel « confirme la décision » sur les crimes de guerre, crimes contre l’humanité et crimes de torture rendue en mai 2016, a déclaré M. Ougadèye.

M. Habré, aujourd’hui âgé de 74 ans, a en revanche été acquitté de l’accusation de viol, une « infirmation partielle (qui) ne change pas » le verdict selon le magistrat.

Hissène Habré purgera sa peine au Sénégal ou dans un autre pays de l’UA.

« Depuis plus de 26 ans, je travaille pour que Habré soit condamné pour les crimes qu’il a commis. Aujourd’hui, je suis enfin en paix », a réagi Souleymane Guengueng, président d’une association de victimes, détenu pendant plus de deux ans par la Direction de la Documentation et de la Sécurité (DDS, police politique du régime Habré).

« J’espère que tous les dictateurs en Afrique ont compris le message – personne n’est au-dessus des lois ! », a ajouté M. Guengueng dans un message électronique transmis à l’AFP.

Une immense victoire

Pour le juriste américain Reed Brody, qui travaille avec les victimes depuis 1999 et a assisté à toutes les étapes du procès depuis son ouverture, la condamnation définitive de M. Habré « représente une immense victoire pour les victimes tchadiennes ».

« Cette décision envoie un message fort : l’époque où les tyrans pouvaient brutaliser leur peuple, piller les richesses de leur pays puis s’enfuir à l’étranger pour profiter d’une vie de luxe, touche à sa fin. Ce jour restera gravé dans l’Histoire comme étant celui où un groupe de survivants déterminés l’a finalement emporté sur leur bourreau », a commenté M. Brody dans le même message.

L’audience s’était ouverte peu après 10H00 (locales et GMT), en l’absence d’Hissène Habré, sans que le président Wafi Ougadèye évoque cet aspect, selon un journaliste de l’AFP.

Peu d’affluence était notée dans la salle d’audience, où étaient cependant présents quelques partisans de M. Habré, des victimes et leurs soutiens, ainsi que des avocats des parties civiles et ceux commis d’office pour la défense.

Le 30 mai 2016, Hissène Habré avait été condamné à la perpétuité pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité, tortures et viols par le tribunal spécial puis, le 29 juillet 2016, à payer jusqu’à 20 millions de francs CFA (plus de 30.000 euros) par victime.

Tout au long du procès en première instance qui s’était ouvert le 20 juillet 2015, Hissène Habré avait refusé de s’exprimer ou d’être représenté devant une juridiction qu’il récuse. La Cour avait donc désigné trois avocats commis d’office pour assurer sa défense.

Ce sont ces trois avocats qui ont fait appel, et non les conseils désignés par lui et qui, selon ses instructions, avaient boycotté les débats. Mais jeudi, le journaliste de l’AFP a vu dans la salle un des avocats embauchés par M. Habré, le Français François Serres.

La défense commise d’office avait réclamé une annulation de sa condamnation, dénonçant notamment des erreurs affectant la validité du verdict rendu en première instance et contestant certaines accusations contre M. Habré.

Les avocats des parties civiles avaient de leur côté réclamé la confirmation du verdict.

Romandie.com avec(©AFP / 27 avril 2017 14h15)