Posts Tagged ‘Opposition’

Togo: quelle stragégie pour l’opposition et la majorité au lendemain des manifestations ?

septembre 22, 2017
Manifestation de l’opposition à Lomé, au Togo, le 3 août 2013 (image d’illustration). © Erick Kaglan/AP/SIPA

Après les manifestations de mercredi et jeudi dans les rues du Togo, dernier épisode du bras de fer opposant le pouvoir et l’opposition, des voix commencent à se faire entendre pour appeler les deux camps au dialogue afin de trouver une solution consensuelle à la crise politique.

Il y avait du monde dans les rues de Lomé et de certaines villes de l’intérieur du pays les 21 et 22 septembre. Mais vraisemblablement moins que lors des manifestations des 29 août (côté pouvoir), 5 et 6 septembre (côté opposition). Alors que l’opposition appelle à de nouvelles manifestations pour les 26, 27 et 28 septembre, certains observateurs – et même des militants – commencent à se demander si la méthode de la rue est la bonne pour obtenir satisfaction.

Car, faut-il le rappeler, l’Assemblée nationale a voté le 19 septembre une proposition du gouvernement tendant à limiter désormais le mandat du président de la République à deux et instaurant un scrutin uninominal à deux tours pour l’élection présidentielle. Même si ces dispositions ont toujours été réclamées depuis une dizaine d’années par l’opposition, les leaders de la contestation estiment désormais qu’il faudrait revenir au texte originel de la Constitution de 1992, avec surtout l’alinéa 2 de l’article 5. Motif de la manœuvre : mettre Faure Gnassingbé hors jeu pour les prochaines élections présidentielles.

Boycott périlleux

Au Parlement, donc, l’opposition a adopté une stratégie de boycott laissant les députés de la majorité donner leur aval à un texte qui, bien que n’ayant pas été adopté (faute des 4/5e requis), pourra désormais être soumis à référendum. Au perchoir de l’Assemblée nationale lors de la révision constitutionnelle de 2002 (qui a notamment fait sauter le verrou de la limitation du mandat présidentiel), Fambaré Ouattara Natchaba est sorti cette semaine de son silence pour critiquer la stratégie de l’opposition.

L’ancien dauphin constitutionnel du président Eyadema rappelle que c’est précisément cette attitude de boycott qui a permis aux députés du parti au pouvoir (RPT à l’époque) de « toiletter » la texte fondamental de 1992. « C’était à la dernière réunion du Comité paritaire de suivi qui avait eu lieu le 1er mai 2002 au siège de l’Unesco à Paris. J’avais déclaré devant toutes les délégations de l’opposition et tous nos médiateurs que l’Assemblée serait dissoute conformément aux vœux de l’opposition, qu’on irait à des élections législatives anticipées. Je leur ai ensuite dit : ‘Mais si vous ne participez pas, je vous avertis que le RPT sera majoritaire et si nous nous sommes majoritaires, nous allons changer la Constitution de 1992 pour sortir de ces ambiguïtés’ ». La suite, on la connait.

Pour Mohamed Madi Djabakate, du Centre pour la gouvernance démocratique et la prévention des crises (CGDPC), « le boycott du parlement ne sera pas productif. Mais tout porte à croire que l’opposition se retrouve piégée par sa propre stratégie. Les deux partis politiques dépositaires des manifestations comme solution à la crise politique togolaise (PNP-ANC) ne peuvent plus prendre le risque d’aller à un dialogue avec le pouvoir, car ils ont commis la maladresse de faire croire à leurs militants que le dialogue ne fait pas partie des moyens de leur combat ».

Piège du référendum

Si tout semble désormais en place pour un référendum, comme le dispose l’article 144 de la Constitution, les observateurs conseillent à l’opposition de ne pas s’engager sur une voie qui risque de lui être défavorable. En tête des manifestations de ces deux derniers jours du côté de l’opposition, Gerry Taama estime qu’il faut « devenir raisonnable et négocier car Unir (au pouvoir, ndlr), aujourd’hui, a besoin aussi des réformes ». « Si le référendum passe, l’opposition perd presque tout », reconnaît-il. Et tant qu’une nouvelle Constitution n’est pas adoptée, l’actuelle reste en vigueur…

Seule alternative désormais, un dialogue direct entre les différentes parties pour aboutir à une solution consensuelle. Dans une déclaration conjointe signée le 22 septembre, le Système des Nations Unies, la délégation de l’Union Européenne et les ambassades de France, de la  République Fédérale d’Allemagne, et des Etats-Unis d’Amérique au Togo ont déploré les violences qui se sont produites dans la ville de Mango. Ils encouragent « tous les Togolais à s’inscrire dans un dialogue pacifique en vue de l’adoption des réformes constitutionnelles qui permettront de renforcer la démocratie au Togo et de préparer sereinement les élections locales et législatives en 2018 ».
Faure Gnassingbé, dont « la neutralité peut être présumée », selon Mohamed Madi Djabakate, car n’ayant pas jusqu’ici pris la parole officiellement, pourrait « au nom de l’exécutif renvoyer un projet de réforme enrichi avec les amendements de l’opposition parlementaire au niveau de l’Assemblée nationale pour une nouvelle étude ». Le chef de l’État s’exprimera-t-il avant les prochaines manifestations de l’opposition ? Bien malin qui pourra répondre.

Jeuneafrique.com par – à Lomé

Publicités

Constitution, Kabila, accord du 31 décembre…Ce qu’il fallait retenir de la réunion organisée à New York sur la RDC

septembre 21, 2017
Le président Joseph Kabila en juin 2016 à Kindu. © John Bompengo/AP/SIPA

Une réunion de « haut niveau » consacrée à la situation en RDC a eu lieu mardi à huis clos, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. Voici point par point ce qu’il fallait en retenir.

Le respect de la Constitution

D’après le compte-rendu publié à l’issue de la rencontre, les participants ont d’emblée « salué l’engagement exprimé par les autorités de la République démocratique du Congo à respecter la Constitution ». Une allusion à l’article 71 de la Constitution, qui dispose que « le président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois », et qui interdit de facto au président Joseph Kabila de concourir pour un troisième mandat.

Autrement dit, la communauté internationale, à travers les Nations unies, l’Union africaine, l’Union européenne, la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC), la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs (CIRGL), l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et les représentants de cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité qui ont pris part à cette réunion dite de « haut niveau », s’inscrit en faux contre toute idée de prolongement du mandat de Joseph Kabila. Ceux qui, autour du chef de l’État congolais, avancent la piste d’un référendum constitutionnel sont ainsi prévenus. Petit bémol : les participants restent muets sur la proposition de l’opposition d’imposer une « transition sans Kabila » pour conduire le pays vers des élections.

Le rôle incontournable de l’accord de la Saint-Sylvestre

Les participants ont également réaffirmé le « rôle incontournable de l’accord de la Saint Sylvestre et la nécessité de sa mise en œuvre totale afin de baliser la voie pour la tenue d’élections libres, justes, pacifiques et crédibles ». D’après le texte, les scrutins présidentiels, législatifs et provinciaux doivent également se tenir « dans les délais prescrits, conformément à l’accord de la Saint-Sylvestre ». Une formulation qui se garde d’évoquer directement la fin décembre 2017 comme date butoir, ce que continue de réclamer une partie de l’opposition, laissant ainsi ouverte l’éventualité d’un report – prévu d’ailleurs par l’accord du 31 décembre.

En effet, « nous ne sommes pas partisans d’un quelconque fétichisme de date. Si la Ceni publie un calendrier réaliste qui renvoie les élections au premier trimestre de l’année prochaine et qu’il y a un consensus de la classe politique congolaise, nous ne nous y opposerons pas », explique une source occidentale basée à Kinshasa.

Des mesures de décrispation supplémentaires

Autre point saillant de cette réunion : la nécessité selon ses membres « de prendre des mesures de décrispation supplémentaires ». Déjà prévues dans l’Accord de la Saint-Sylvestre, ces mesures prévoyaient entre autres la libération des prisonniers politiques et le retour des exilés politiques. Mais le chemin à parcourir reste long : le Bureau conjoint des Nations unies aux Droits de l’Homme (BCNDH) avait recensé en juillet dernier « plus de 170 personnes détenues du fait de leurs opinions politiques ou d’activités citoyennes légitimes ». Le rapport des évêques catholiques et une lettre du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a beau demander le retour au pays, en « homme libre », de l’opposant Moïse Katumbi, Kinshasa continue de faire la sourde oreille.

Le soutien apporté à la Ceni

Les participants ont également reconnu « les progrès réalisés par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), notamment dans l’enrôlement des électeurs », sans faire mention toutefois de la polémique autour des chiffres dans certaines provinces. Sur son fil Twitter, le député du Rassemblement de l’opposition Martin Fayulu s’était ainsi étonné fin août de l’augmentation exponentielle du nombre d’électeurs inscrits dans la province du Sankuru.

Des incongruités qui n’ont pas empêché les membres de la réunion d’encourager « les bailleurs à financer le Fond multipartenaires consacré au Projet d’Appui au Cycle Électoral au Congo (PACEC) afin d’appuyer le processus électoral ». Le communiqué évoque également la mise en place « d’une équipe de coordination d’experts » afin « d’assister la Ceni et d’appuyer les préparatifs des élections ». « Mais, jusqu’ici, la Ceni ne nous a toujours pas transmis le budget détaillé des élections à venir, encore moins la chaîne des dépenses des fonds qui auraient été débloqués par l’État congolais », déplore un diplomate belge.

Jeuneafrique.com par et

Togo: 2ème jour de manifestation de l’opposition dans un climat tendu

septembre 21, 2017

Lomé – Les partisans de l’opposition se préparaient à manifester au Togo jeudi pour le deuxième jour consécutif, réclamant le départ du président Faure Gnassingbé, au lendemain de manifestations qui, selon l’opposition, ont été « sauvagement » réprimées dans le nord du pays.

En ouverture de la marche, les représentants de 14 partis d’opposition ont donné une conférence de presse dans la capitale de Lomé, lors de laquelle ils ont rappelé le décès d’un enfant de 9 ans à Mango (extrême nord), et ont regretté la répression « sauvage » des manifestations dans le « grand nord » que « le pouvoir a toujours considéré comme sa chasse gardée ».

L’opposition a recensé 77 blessés à Bafilo, où les forces de l’ordre ont tiré avec des balles en caoutchouc. Les quatre cas les plus graves « ont dû être évacués à Sokodé », la deuxième ville du pays.

« Des militaires et des miliciens (en tenue civile) ont infiltré les manifestations à Bafilo, Kara (fief de la famille du président Gnassingbé, ndlr), Mango, Sokodé et à Dapaong », pouvait-on lire dans un communiqué distribué lors de la conférence.

« A Dapaong, des militaires ont mené des expéditions punitives toute la nuit », selon cette coalition d’opposants. « La ville est en train de brûler », a souligné Brigitte Adjamagbo-Johnson de CAP 2015. « Le marché brûle en ce moment même et ça tire. »

Selon une source proche de la présidence togolaise, « 25 personnes ont été blessées à Mango, dont 10 par balles ».

Les blessures ont été causées par des « fusils de chasse » et « des fusils à balles », selon cette même source, précisant que les forces de l’ordre « ne détiennent ni l’un ni l’autre » et accusant directement les supporteurs du PNP (Parti National Panafricain) de Tikpi Atchadam d’en être responsables.

Des maisons de cadres du parti présidentiel, l’Union pour la République (Unir), ont par ailleurs été attaquées et incendiées, selon la même source, qui a insisté sur le fait qu’aucune manifestation n’avait été autorisée à Mango.

« Malgré les déclarations des autorités en faveur de l’apaisement, la répression des manifestations par les forces armées continue au Togo », a déploré François Patuel, chercheur pour l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International, dans un communiqué publié dans la nuit.

Amnesty « appelle à l’ouverture d’une enquête indépendante et impartiale sur les circonstances » de la mort de l’enfant à Mango « et l’usage excessive de la force par les forces de sécurité ».

L’internet mobile était coupé depuis plus de 24 heures dans le pays jeudi matin, tandis que le wifi fonctionnait par intermittence.

L’opposition a appelé une nouvelle fois les Togolais à descendre dans les rues afin de ne pas relâcher la pression sur le pouvoir après les marches historiques des 6 et 7 septembre, qui avaient rassemblé plus de 100.000 personnes.

Les marches organisées mercredi ont rassemblé 10.000 à 15.000 personnes à travers le pays, selon les chiffres de la police obtenues par l’AFP. L’opposition a revendiqué « des dizaines de milliers de manifestants » rien qu’à Lomé, selon Eric Dupuy, le porte-parole du principal parti d’opposition, l’Alliance nationale pour le changement (ANC).

Mardi, l’opposition a boycotté le vote au Parlement d’un projet de révision constitutionnelle soumis par le gouvernement, prévoyant notamment de limiter à deux le nombre de mandats présidentiels.

L’opposition refuse ce texte qui n’est pas rétroactif et permettrait à Faure Gnassingbé, héritier d’une famille au pouvoir au Togo depuis 50 ans et lui-même à la tête du pays depuis 2005, de se représenter en 2020 et en 2025.

Romandie.com avec(©AFP / 21 septembre 2017 14h55)                                            

Togo: pouvoir et opposition manifestent après l’échec de l’adoption des réformes constitutionnelle au parlement

septembre 20, 2017
CRS togolais face à des manifestants supportant le leader de l’opposition Jean-Pierre Fabre, à Lomé, le 9 mars 2010. © Sunday Alamba/SIPA/AP

L’opposition et le parti au pouvoir manifestent pendant deux jours à travers le pays, les uns pour réclamer le retour à la Constitution de 1992, les autres pour soutenir le chef de l’État. La veille, le Parlement a voté le projet de loi portant réforme Constitutionnelle, sans atteindre le quorum requis mais en ouvrant la voie à un référendum.

L’arithmétique est claire comme de l’eau de roche. Avec 91 inscrits, 62 voix pour, 0 contre et 1 abstention, l’Assemblée nationale est donc passée au vote à l’issue des travaux en commission, pour faire adopter le projet de loi portant réformes constitutionnelles déposé par le gouvernement quelques jours plus tôt. « Le vote est acquis à la majorité des 2/3. Cela oblige le gouvernement à en tirer toutes les conséquences, à savoir le recours au référendum afin de redonner la parole au peuple souverain », a déclaré Dama Dramani, le président de l’Assemblée nationale.

Concrètement, la loi qui n’est pas adoptée, devrait être soumise « très prochainement » à un référendum conformément à l’article 144 de la Constitution togolaise. Le texte dispose en effet que « le projet ou la proposition de révision est considéré comme adopté s’il est voté à la majorité des quatre cinquièmes des députés composant l’Assemblée nationale. À défaut de cette majorité, le projet ou la proposition de révision adoptée à la majorité des deux tiers des députés composant l’Assemblée nationale est soumis au référendum ».

La séance de mardi s’est tenue en absence des députés de l’opposition qui réclament toujours un « retour au texte originel de 1992 », notamment l’alinéa 2 de l’article 59. « Encore une fois le gouvernement et sa majorité parlementaire ont montré leur mauvaise foi en introduisant un texte bancal et provocateur, à prendre ou à laisser », a indiqué dans un communiqué Isabelle Ameganvi, présidente du groupe parlementaire de l’Alliance nationale pour le changement (ANC).

Troisième voie

« Les circonstances du vote de ce texte établissent à souhait que les partis de l’opposition ne se sont jamais situés dans la logique de réformes suivant les procédures en vigueur. Il apparaît clairement que leur stratégie est d’en appeler à l’insurrection sur fond d’incantations et de réclamations incohérentes », a indiqué à Jeune Afrique un responsable du parti au pouvoir.

Deux camps semblent désormais se distinguer au sein de l’opposition. Un qui compte sur la rue (majoritaire) et une minorité qui croit que le débat devrait se faire notamment sur la possibilité de l’actuel chef de l’État de se représenter en 2020. Entre la rue et le référendum, une troisième voie consisterait selon Gerry Taama, ancien candidat à la présidentielle, à « discuter à fond du code électoral tout en suspendant le processus en cours ».

Éviter « des violences inutiles qui plongeraient le pays dans le chaos »

Pour Mohamed Madi Djabakate, président du Conseil d’administration du Centre pour la gouvernance démocratique et la prévention des crises (CGDPC), la recherche d’un compromis entre les deux camps doit être la priorité en ce moment. « Il ne sert à rien de dépenser l’argent du contribuable pour organiser un référendum. Je suis d’avis avec plusieurs analystes que la réforme du système électoral est tout aussi importante que la révision de la Constitution, laquelle doit comporter des dispositions importantes sur la Ceni », explique-t-il.

De nombreuses voix s’élèvent ainsi pour appeler les deux camps à la retenue lors des manifestations de ces deux jours afin d’éviter « des violences inutiles qui plongeraient le pays dans le chaos ».

Jeuneafrique.com par – à Lomé

Congo/Kouilou: Décès d’André Safoux

septembre 18, 2017
Décès de M. André Safoux, Sage du Kouilou et plusieurs fois emprisonné pour ses opinions politiques.

En octobre 2015, il était présent pour défendre le changement de la constitution avec les autres leaders de l’opposition au rond-point Emery Patrice Lumumba à Pointe-Noire…

 

Homme de courage, dégageant un soleil d’estime planant depuis l’océan jusque dans les entrailles du Kouilou de ses ancêtres et ferme dans ses convictions, il laisse un vide immense pour les personnes qui le côtoyaient pour ses précieux conseils.

L’opposant Paulin Makaya, président de l’UPC, actuellement emprisonné à la Maison d’arrêt de Brazzaville pour ses opinions, en garde d’excellents souvenirs lors de sa descente dans la ville océane.

André Safoux, appelé par les intimes « Safoux Safouess » rejoint au Panthéon tous les leaders politiques du Kouilou qui ont marqué de leur empreinte cette riche et unique région bordant la mer au Congo.

Photo de BrazzaNews.
Bernard NKOUNKOU avec Brazzanews.fr

Togo: les évêques plaident pour les réformes à la veille d’une semaine de manifestations

septembre 18, 2017
CRS togolais face à des manifestants supportant le leader de l’opposition Jean-Pierre Fabre, à Lomé, le 9 mars 2010. © Sunday Alamba/SIPA/AP

Alors que la procédure parlementaire sur le projet de réforme constitutionnelle se poursuit sur fond de blocages, la Conférence des évêques du Togo s’est prononcée dimanche, pour la première fois depuis le début des événements politiques qui secouent le pays.

Leur prise de parole était attendue depuis des semaines. C’est chose faite depuis ce dimanche 17 septembre, date à laquelle dans toutes les cathédrales du pays des prières dites « de supplication en faveur de la paix, plus précisément en faveur des réformes institutionnelles et constitutionnelles », ont été organisées. L’objectif, selon les évêques, est « d’implorer la lumière de l’Esprit Saint sur les plus hautes autorités [du] pays afin qu’elles opèrent urgemment les réformes demandées par le peuple conformément à la Constitution de 1992 ».

Après avoir invité « les protagonistes à s’inscrire dans une démarche responsable, sincère et constructive », la conférence des évêques a indiqué sa préoccupation face aux « violences exercées par les forces de l’ordre et de sécurité sur les populations dans certaines localités du pays, après les manifestations des 6 et 7 septembre 2017 ».

Décrispation

Interrogé sur radio Maria Togo, Mgr Nicodème Barrigah, qui a dirigé la Commission Vérité Justice et Réconciliation (CVJR) entre 2009 et 2012, a expliqué que les évêques n’ont pas choisi « un camp contre celui du peuple ». Depuis deux ans en effet, l’Église catholique renforce sa présence dans le débat public en publiant des lettres pastorales au ton inhabituellement fort à l’endroit de l’ensemble de la classe politique du pays.

Fin avril, à l’occasion de la fête de l’Indépendance, les prélats avaient déjà posé un diagnostic sur la situation sociale et politique. « Disons-le en toute sincérité, derrière les apparences illusoires de paix, les cœurs s’endurcissent, les positions se radicalisent, les mains jadis tendues pour le dialogue et la fraternité se referment », avaient alors averti les évêques. Ces paroles prennent tout leur sens aujourd’hui au vu des récents événements dans le pays.

En ce qui concerne le débat sur les réformes, l’Église appelle les acteurs à s’entendre pour opérer les changements souhaités par le peuple. « Nous pensons qu’un débat de fond doit être mené sur cette question afin que les réformes soient faites effectivement selon la Constitution de 1992 pour décrisper la situation et qu’on puisse passer à autre chose », a indiqué Mgr Nicodème Barrigah.

Référendum

La procédure parlementaire suit cependant son cours, même si, selon les observateurs, aucun miracle n’est à attendre de ce côté-là. « Après le vote du projet de loi introduit par le gouvernement par (sic) la Commission des lois, il n’y a plus aucun doute sur la suite des événements. Ne pouvant réussir à rassembler les 4/5e des députés pour faire adopter cette révision à l’Assemblée, nous allons probablement aller vers un référendum, puisque le parti au pouvoir dispose des 2/3 des députés pour passer par cette voie. Ceci en vertu de l’article 144 de notre Constitution. Et tout ça reste légal », a fait observer l’opposant Gerry Taama.

Le blocage, rappelons-le, se situe au niveau de l’alinéa 2 de l’article 59 de la Constitution de 1992, qui dispose qu’ « en aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats ». Une phrase que ne reprend pas le projet de loi du gouvernement (tout comme la recommandation numéro 5 de la CVJR) et qui selon l’opposition devrait conduire le président Faure Gnassingbé à ne plus se représenter en 2020.

Les rues du pays seront prises d’assaut les 20 et 21 septembre prochains par les partisans des deux camps. Les Évêques demandent de leur côté aux leaders politiques « d’éviter d’organiser le même jour des manifestations antagonistes, de peur que ces rassemblements ne débouchent sur des affrontements aux conséquences imprévisibles ».

Jeuneafrique.com par – à Lomé

Kenya: Uhuru Kenyatta à l’offensive face à un Parlement déserté par l’opposition

septembre 13, 2017
Uhuru Kenyatta, lors d’un rassemblement électoral à Nairobi le 9 septembre 2017. © Ben Curtis/AP/SIPA

L’opposition kényane a boycotté mardi le discours d’Uhuru Kenyatta devant le Parlement, marquant l’ouverture officielle de la nouvelle législature. Les partisans de Raila Odinga considèrent que le président kényan, dont la victoire à l’issue des élections du 8 août dernier a été invalidée par la Cour suprême, n’avait pas la légitimité pour prononcer ce discours.

C’est devant un Parlement tout entier acquis que Uhuru Kenyatta s’est exprimé, ce mardi 12 septembre. Un discours traditionnel qui marque le début officiel de la nouvelle législature, dont les députés sont issus des élections du 8 août dernier, qui prenait cette fois un relief particulier, tant le contexte de crispation est grand.

La Constitution kényane impose en effet au président nouvellement élu de convoquer le Parlement dans les 30 jours suivant l’élection législative. Sauf que la victoire d’Uhuru Kenyatta – crédité par la Commission électorale (IEBC) de 54,27% des voix, contre 44,74% à l’opposant Raila Odinga – a été invalidée par la Cour suprême le 1er septembre. De nouvelles élections sont programmées pour le 17 octobre prochain dans le pays, où la campagne électorale bat à nouveau son plein.

L’opposition et les juges absents

Les députés de la Nasa, la coalition de partis d’opposition rangés derrière la candidature de Raila Odinga, récusant la légitimité d’Uhuru Kenyatta, ont donc boycotté le discours. Les sept juges de la Cour suprême, qui sont habituellement présents à ce discours d’ouverture, étaient eux aussi absents.


Lire aussi >>> Raila Odinga : « La communauté internationale doit s’impliquer, sinon le Kenya va glisser vers une grave crise »


« Peu importe que le bruit politique soit plus fort pendant les élections, je veux assurer chaque Kényan, et le monde, que chaque branche de ce gouvernement est en place et opérationnelle. Il n’y a pas de vide, pas de lacune », a lancé Uhuru Kenyatta devant les députés.

Même si je suis en désaccord profond avec cette décision, je l’ai acceptée

Mais là où, traditionnellement, le président élu livre un véritable discours de politique générale, Uhuru Kenyatta s’est contenté de considérations générales et de commentaires sur la situation inédite dans laquelle se trouve le pays. « Même si je suis en désaccord profond avec cette décision [de la Cour suprême], je l’ai acceptée », a-t-il assuré.

Des propos en contradiction avec ceux qu’il avait tenu au lendemain de la décision de la plus haute juridiction kényane, considérant alors que les juges avaient « décidé qu’ils avaient plus de pouvoirs que plus de 15 millions de Kényans qui ont fait la queue pour voter » et qu’il faudrait « régler le problème » une fois les nouvelles élections terminées.

Bras de fer Kenyatta-Odinga

Uhuru Kenyatta s’en est également pris directement à l’opposition, notamment concernant les accusations de la Nasa sur un piratage informatique des serveurs lors du décompte des voix. « Une marque sur un bulletin vaut plus que la technologie, plus qu’un système informatique », a-t-il lancé. « Cette marque est le choix du peuple souverain. Son choix est sacré et ne doit plus jamais être ignoré. »

Au même moment, l’opposition tenait un nouveau grand meeting dans son bastion de Kibera, le plus grand bidonville de Nairobi. Raila Odinga a raillé la cérémonie au Parlement, la qualifiant de « réunion électorale de Jubilee », le parti d’Uhuru Kenyatta. « Le Parlement ne peut être ouvert que par un président validement élu. Ce qu’il n’est pas », a martelé l’opposant.

Dans une interview accordée à Jeune Afrique, Raila Odinga a réitéré ses critiques à l’encontre de l’IEBC, dont il demande une refonte totale avant le scrutin du 17 octobre sous peine de boycotter le scrutin. « La communauté internationale doit s’impliquer, sinon le pays va glisser vers une grave crise », a-t-il également plaidé, pointant par ailleurs la responsabilité présumée de l’entreprise française OT-Morpho dans les dysfonctionnements du processus électoral. « Nous désapprouvons l’attitude de OT-Morpho au cours du processus électoral. Selon nos informations, il y a eu des collusions entre cette entreprise et le gouvernement kényan pour faciliter la fraude », a-t-il accusé.

Jeuneafrique.com avec AFP

France-Congo: Rencontre avec Clément Mierassa (IDC-Frocad CJ3M)

septembre 12, 2017

 

La Représentation en Europe de la Fédération de l’Opposition Congolaise vous convie à la communication que fera Mr Clément Mierassa, ancien Ministre, Membre du Bureau de la Fédération Congolaise de l’Opposition, sur la situation au Congo-Brazzaville.
Un échange s’en suivra.

Date: Dimanche 17 septembre 2017
Heures: De 13 à 18 h
Lieu : Centre International de Séjour Maurice Ravel
6, avenue Maurice Ravel 75012 Paris.

Accès : Station Tram Ta3 Montempoivre, ou Métro Château de Vincennes Ligne 1 : prendre le Tram 3a et descendre à la station Montempoivre.

Soyez les bienvenus !

 

Photo de BrazzaNews.
Clément Mierassa
Avec Brazzanews.fr

Kenya: ouverture de la nouvelle législature, l’opposition boycotte

septembre 12, 2017

Nairobi – Le président kényan Uhuru Kenyatta a officiellement ouvert mardi la nouvelle législature, en s’exprimant devant le Parlement issu des élections du 8 août, en l’absence de l’opposition qui a boycotté la séance après l’invalidation par la justice du scrutin présidentiel.

« Peu importe que le bruit politique soit plus fort pendant les élections, je veux assurer chaque Kényan, et le monde, que chaque branche de ce gouvernement est en place et opérationnelle. Il n’y a pas de vide, pas de lacune », a déclaré M. Kenyatta.

Le président kényan, chef de l’exécutif, prononce traditionnellement à cette occasion, devant les deux chambres du Parlement, son discours de politique générale qui lui permet de fixer le programme législatif de son gouvernement.

Mais M. Kenyatta en est resté cette fois-ci à des considérations très générales, en raison de l’annulation du scrutin présidentiel du 8 août par la Cour suprême, à l’issu duquel il avait été proclamé vainqueur avec 54,27% des voix, contre 44,74% à l’opposant Raila Odinga.

La Cour avait estimé que des « illégalités et irrégularités (avaient) affecté l’intégrité » du scrutin et ordonné qu’une nouvelle élection présidentielle ait lieu. Sa date a été fixée au 17 octobre par la Commission électorale (IEBC).

La Constitution impose normalement au président de convoquer le nouveau Parlement dans les 30 jours suivant une élection législative. Mais l’opposition estime que M. Kenyatta n’avait pas la légitimité pour le faire et a donc décidé de boycotter cette cérémonie.

Les sept juges de la Cour suprême, qui traditionnellement y assistent, n’étaient pas présents.

« Même si je suis en désaccord profond avec cette décision (d’annuler le résultat des élections), je l’ai acceptée », a répété M. Kenyatta, qui avait tenu les mêmes propos, juste après l’annonce de la Cour. Il avait changé de ton le lendemain en estimant que les juges représentent un « problème (que) nous devons régler ».

Faire respecter « la suprématie de la Constitution et de ses institutions (…) ne signifie pas que l’on fait toujours ce qu’on veut », a-t-il ajouté mardi, sous les applaudissements polis des parlementaires présents.

Près des deux tiers des 349 parlementaires kényans portent l’étiquette de Jubilee, le parti de M. Kenyatta, ou de partis affiliés.

Le président s’en est également pris à l’opposition, qui avait formulé des accusations de piratage informatique dans le processus de comptage et de transmission des résultats, en estimant « qu’une marque sur un bulletin vaut plus que la technologie, plus qu’un système informatique ».

« Cette marque est le choix du peuple souverain. Son choix est sacré et ne doit plus jamais être ignoré », a-t-il insisté.

Pendant que M. Kenyatta s’exprimait devant le Parlement, la coalition d’opposition Nasa tenait un meeting électoral à Kibera, le plus grand bidonville de Nairobi et l’un de ses bastions.

Raila Odinga y a comparé l’ouverture de la nouvelle législature à « une réunion électorale de Jubilee ». « Le Parlement ne peut être ouvert que par un président validement élu. Ce qu’il (M. Kenyatta) n’est pas. »

Comme souvent depuis que la Cour suprême a rendu son jugement, M. Odinga a menacé de boycotter l’élection du 17 octobre, si certains membres de la Commission électorale ne démissionnaient pas d’ici là.

« Nous avons dit que tous les responsables de l’IEBC qui ont participé au trucage (de l’élection) doivent être congédiés avant le 17 octobre. Et nous ne participerons pas à des élections tant que ce ne sera pas fait », a-t-il affirmé.

Le gouvernement a pour sa part exclu tout remaniement en profondeur de l’IEBC.

Romandie.com avec(©AFP / 12 septembre 2017 17h08)                                            

« Projet de déstabilisation » de la Côte d’Ivoire: Ouattarra affirme avoir des preuves et prmet des mandats d’arrêts

septembre 11, 2017
Le président ivoirien, Alassane Ouattara. © Sevi Herve Gbekide/AP/SIPA

Jeudi 7 septembre, le gouvernement accusait des pro-Gbagbo de mener des actes de déstabilisation en Côte d’Ivoire. Le président Alassane Ouattara a affirmé ce dimanche détenir « des preuves » de ces accusations et s’est dit prêt à émettre des mandats d’arrêts internationaux à leur encontre.

À la tribune du Palais des Sports d’Abidjan, dimanche 10 septembre, Alassane Ouattara s’est voulu offensif au moment d’évoquer le regain d’insécurité qui frappe la Côte d’Ivoire depuis plusieurs semaines.

« Nous n’accepterons pas que la sérénité des populations vivant en Côte d’Ivoire soit troublée à nouveau. Je veux dire à certains déstabilisateurs – qui n’ont même pas le courage de reconnaître des personnes qu’ils ont envoyées aux charbons -, je veux leur dire que c’est terminé. Mais néanmoins, ce sont des Ivoiriens. Ils peuvent rentrer et je donnerai des instructions pour que rien ne leur soit fait, sauf de passer devant les tribunaux comme tout citoyen qui ferait des dommages aux Ivoiriens et à la Côte d’Ivoire », a déclaré le chef de l’État.

Ils auront le choix de rentrer, autrement des mandats d’arrêt seront émis à leur endroit

« Nous avons libéré des gens au nom de la réconciliation et maintenant ils se livrent à des actes de déstabilisation, a précisé ADO. Quelque soit les mensonges des uns et des autres, nous avons des preuves concrètes. Elles seront transmises aux pays où résident les commanditaires. Ils auront le choix de rentrer, autrement des mandats d’arrêt seront émis à leur endroit. »

Damana Pickass et Stéphane Kipré pointé du doigt

Le 6 septembre, à l’issue d’une réunion extraordinaire du Conseil National de Sécurité (CNS) présidée par le chef de l’État, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Sidiki Diakité, avait accusé des proches de l’ancien Président Laurent Gbagbo, en procès pour crimes contre l’humanité à la Cour Pénal International (CPI) de La Haye au Pays.

Dans un discours prononcé sur le perron de la présidence ivoirienne, Sidiki Diakité avait notamment mis en cause Damana Pickass, ex-leader des jeunes du Front Populaire Ivoirien (FPI) et Stéphane Kipré, président du parti l’Union des Nouvelles Générations (UNG) et gendre de Laurent Gbagbo. Deux hommes qu’il accuse d’être parmi les commanditaires des attaques.

« Les informations recueillies au cours des enquêtes et des auditions montrent clairement que ces attaques s’inscrivent dans un projet de déstabilisation impliquant notamment des responsables politiques, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, plus particulièrement au Ghana. Ces personnes instrumentalisent et arment certains démobilisés et militaires déloyaux », avait par ailleurs affirmé Sidiki Diakité.

Damana Pickass, qui vit en exil au Ghana, et Stéphane Kipré, installé en France, ont depuis démenti ces allégations par voie de presse.

Jeuneafrique.com par