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Présidentielle 2021 : la concertation politique de Madingou consolide la démocratie congolaise

novembre 25, 2020

Le vice-Premier ministre chargé de la Fonction publique et du Travail, Firmin Ayessa, a présidé, le 25 novembre à Madingou, chef-lieu du département de la Bouenza, la cérémonie d’ouverture  de la concertation politique placée sur le thème : « Consolidons les acquis de la démocratie par les élections libres, transparentes et apaisées ».

Photo de famille des délégués à la concertation politique de Madingou

Dans son discours d’ouverture, le vice-Premier a appelé les participants à faire des scrutins des actes citoyens qui ne doivent pas faire déchainer des passions. « L’élection constitue un haut moment de débats d’idées, de discussions et d’expressions démocratiques libres. Elle ne doit pas être l’occasion de déchirement politique, de discorde du peuple, de désunion nationale et de violence civile », a-t-il indiqué.

C’est, a-t-il renchéri, l’enjeu essentiel de la présente concertation politique  qui doit être, selon lui, l’expression forte de la volonté partagée des Congolais. Cette volonté exige, a-t-il poursuivi, d’échanger et de communiquer librement, de discuter et de débattre sans passion, en ayant pour seul point de mire : l’intérêt commun.

Par ailleurs, l’orateur a rappelé aux participants l’intérêt des précédentes concertations qui ont balisé la voie aux  différents scrutins et posé les bases de la consolidation de la démocratie. Pour l’orateur, cette tradition de dialogue consistant à organiser à la veille de chaque consultation électorale politique une table ronde, bien que l’élection elle-même soit encadrée par la loi, devrait unir les acteurs politiques et ceux de la société civile dans le but de faire le point des recommandations antérieures et envisager des perspectives nouvelles.

En outre, le vice-Premier ministre a déclaré que sans le dialogue il n’y a pas de démocratie vivante et efficace. « Nous avons besoin de la concertation pour prévenir les tensions et les conflits qui, inexorablement, conduisent au délitement de la société. Nous avons besoin du dialogue et de la concertation parce qu’ils sont les plus sûres garanties de paix et de l’unité ; parce qu’ils sont les moyens les plus efficaces de règlement des différends, de résolution des incompréhensions et des malentendus », a-t-il noté.

Une vue des participants dans la salle à l’ouverture des assises de Madingou, le 25 novembre 2020/ Adiac

Pour sa part, le préfet du département de la Bouenza, Jules Monkala Tchoumou, a félicité les pouvoirs publics pour avoir porté leur choix sur  Madingou d’abriter les présentes assises. Le département de la Bouenza, a-t-il dit, offre son hospitalité et sa disponibilité aux hôtes  qui y sont conviés. Il s’est réjoui de l’attention que le gouvernement a accordée ces cinq dernières années à Madingou en y organisant des cérémonies d’intérêt national.

De son côté, la maire de la ville de Madingou, Simone Bakoumina, à qui revenait la charge de parler au nom des populations de cette ville, a salué la libéralité des pouvoirs publics en  inscrivant  le chef-lieu du département de la Bouenza dans l’histoire politique  du Congo par l’organisation de cette concertation politique.

Prenant la parole à leur tour, les sages et notabilités du département de la Bouenza  ont sollicité,  à travers la voix de Samuel Mouandza,  la clémence des mânes et des anciens de la contrée afin que les travaux de la concertation se déroulent dans la tranquillité.

Notons que la presque totalité des acteurs politiques et de la société civile y sont représentés, précisément  plus de cent cinquante délégués, dont les plus en vue sont : Claudine Munari (Must) ; Guy Brice  Parfait Kolelas (UDH-Yuki) ;  Anné Biby (CNR de Ntumi) ; Elo Dacy (UPRN de Mathias Dzon) ; Benjamin Boukoulou (Ur) ; Joseph Kignoumbi Kia Mboungou  (La Chaine) ; Pascal Tsaty Mabiala (Upads) ; Joseph Kinfoussia et Prosper Dihoulou (UDR-Mwinda), etc.

La cérémonie a été rehaussée de la présence de quelques membres du gouvernement, notamment  Raymond Zéphirin Mboulou ;  Pierre Mabiala ; Anatole Collinet Makosso, Charles Gamfouomo et Antoine Nicéphore Fylla Saint-Eudes.

Avec Adiac-Congo par Roger Ngombé

Congo/Vie des partis : le RDD suspend sa participation à l’opposition

novembre 24, 2020

A la faveur d’une conférence de presse animée le 24 novembre à Brazzaville, le président du Rassemblement pour la démocratie et le développement (RDD), Jean-Jacques Serge Yhombi-Opango a annoncé la suspension de son parti à l’opposition politique congolaise, dirigée par Pascal Tsaty-Mabiala.

Photo : Jean-Jacques Serge Yhombi-Opango devant le presse

Parmi les raisons de cette suspension Jean-Jacques Serge Yhombi-Opango a évoqué la marginalisation du RDD par la plateforme de l’opposition politique congolaise lors de la tenue de plusieurs réunions techniques préparatoires à la concertation politique de Madingou.

La dernière en date est la rencontre des partis de l’opposition politique congolaise avec l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies François Loucény Fall. Le non rendu de manière claire des rencontres que le chef de file de l’opposition organise avec d’autres formations politiques.

« Le RDD n’est pas arrivé à l’opposition pour être un faire-valoir. On ne peut pas travailler avec quelqu’un qui ne nous respecte pas », a déclaré Jean-Jacques Serge Yhombi-Opango.

Concernant la participation du RDD à la concertation de Madingou, il a dit reconsidérer sa décision après avoir annoncé dans un communiqué publié la veille sa non-participation à cette rencontre. Ainsi, conformément au texte publié par le ministère de l’Intérieur sur la répartition des membres des délégations à ladite concertation, le RDD va avec un quota de deux délégués.

« Le RDD va à Madingou en tant que RDD. Nous allons pour faire entendre notre voix. Le parti va avec ses propres propositions. Après la concertation, le RDD se réservera le droit de collaborer avec d’autres partis défendant les valeurs et les principes de la social-démocratie », a indiqué Jean-Jacques Serge Yhombi-Opango.

Avec Adiac-Congo par Jean Jacques Koubemba

Congo: Concertation politique de Madingou, suspendue

novembre 23, 2020

Des soucis quant au démarrage des travaux !

Le compte n’y est pas encore et on ne peut pas commencer. Prévus pour démarrer lundi 23, puis mardi 24 novembre, les travaux de la concertation politique de Madingou, qui seront présidés par le Vice-Premier Ministre Firmin Ayessa, sont renvoyés au mercredi 25 novembre.

Alors, il a fallu changer les quelques banderoles déployées à Madingou, puisque la date a changé. On est en plein dans la navigation à vue. C’est la culture de gestion que d’ailleurs les politiques congolais affectionnent: la navigation à vue (pas de planification, pas d’ordre du jour, tout est déterminé séance tenante). Et voilà que les organisateurs sont débordés par une arrivée massive de gens qui, s’ils ne participent pas, veulent au moins suivre l’événement.

Pour ce qui est des participants, tout le monde n’est pas encore là. Si du côté de la Majorité présidentielle, du centre et de la société civile, les délégations invitées affichent complet à Madingou, il y a encore des tractations du côté de l’opposition. La délégation de la COPAR (Convention des Partis Républicains), en tant qu’opposition républicaine dirigée par Nick Fylla et Chrys Walembaud, est déjà à Madingou. Mais, les autres sont toujours attendues.

L’Opposition politique congolaise, du chef de file Pascal Tsaty-Mabiala, est encore dans les tractations à Brazzaville. Les quatre têtes d’affiche de cette opposition ne parlent pas le même langage: Pascal Tsaty-Mabiala, qui a été récemment reçu par le Président de la République, tente de convaincre les autres leaders d’y aller. Mais, ceux-ci disent que sans ordre du jour et sans la direction des débats par Martin Mbéri qui a constitutionnellement la responsabilité du dialogue politique dans le pays, ils ne mettront pas pied à Madingou. En tout cas, Anguios Nganguia-Engambé et Mboussi-Ngouari posent des conditions. Quant à Guy-Brice Parfait Kolélas, le candidat sorti deuxième lors de l’élection présidentielle anticipée de 2016, il n’y sera pas présent personnellement. Et les autres, l’opposition dite radicale (avec les Dzon, Moukouéké, Itadi, Munari, Michel Mampouya, etc), n’aurait pas été invitée.

A Madingou, où des journalistes sont déjà sur place, l’ambiance est à l’attente. On ne sait pas ce qui va sortir réellement de cette concertation, pourtant événement national, mais qui semble revêtir un caractère sectaire où certaines institutions de la République et d’autres forces vives de la Nation n’ont même pas été invitées. Il se dit qu’il est question de parler entre acteurs politiques choisis, de l’organisation de l’élection présidentielle de 2021.

Par Brazzanews avec Congo tribune

Présidentielle en Côte d’Ivoire: l’opposition appelle à «l’ouverture d’une transition civile»

novembre 1, 2020
Au lendemain du scrutin présidentiel en Côte d’Ivoire, l’opposition annonce qu’elle ne reconnaît pas cette élection et constate la fin du mandat du président Ouattara.

Le porte-parole de l'opposition ivoirienne, Pascal Affi N'Guessan, lors de sa conférence de presse, à Abidjan, le 1er novembre 2020.

© RFI/Romain Ferré Le porte-parole de l’opposition ivoirienne, Pascal Affi N’Guessan, lors de sa conférence de presse, à Abidjan, le 1er novembre 2020.
Avant l’annonce des résultats partiels, qui devraient être annoncés dans les prochaines heures, le porte-porte de la coalition d’opposition, Pascal Affi N’Guessan, a lu une déclaration devant une nuée de journalistes nationaux et internationaux, depuis la résidence du président du PDCI, Henri Konan Bédié. Aux côtés d’Affi N’Guessan, d’autres présidents de partis, notamment Albert Mabri Toikeusse, dont le dossier de candidature avait été jugé irrecevable par le Conseil constitutionnel. En revanche Henri Konan Bédié, lui, n’a pas assisté à la lecture du communiqué. Les journalistes l’ont cependant aperçu faire un geste de la main quelques minutes plus tôt.Sans surprise, l’opposition annonce ne pas « reconnaître l’élection présidentielle », par conséquent elle « constate la fin du mandat du président Ouattara » et « appelle à l’ouverture d’une transition civile afin de créer les conditions d’une élection présidentielle juste et transparente ».

Poursuite du blocage politique

Par la voix de Pascal Affi N’Guessan, l’opposition a aussi appelé à « la mobilisation générale » pour faire « barrage à la dictature du président Alassane Ouattara », sans toutefois donner plus d’information ou de précisions sur les modalités de cette mobilisation. Le blocage politique est donc loin d’être réglé malgré les troubles importants qui ont secoué le pays ce samedi. L’opposition déplore d’ailleurs désormais 30 personnes victimes pour la seule journée d’hier.  De son côté, le gouvernement n’a donné aucun bilan officiel à ce jour.

L’opposition a avancé d’autres chiffres : le taux de participation notamment, qu’elle estime à moins de 10%.

Par RFI avec son correspondant à AbidjanFrançois Hume-Ferkatadji

Présidentielle en Côte d’Ivoire : le gouvernement fait un pas vers l’opposition

octobre 22, 2020
Des véhicules de la police anti-émeute lors de heurts à Abidjan, le 19 octobre 2020.

À moins de dix jours du scrutin, le gouvernement promet « d’examiner favorablement » les requêtes de l’opposition sur la réforme de la commission électorale et ouvre la porte à une rencontre entre Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié.

La restructuration de la Commission électorale indépendante (CEI) avec un siège de plus pour l’opposition, l’octroi d’un poste de vice-président au Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA, d’Henri Konan Bédié) dans le bureau de l’institution électorale et la recomposition des commissions électorales locales. Mercredi, le gouvernement ivoirien a décidé de faire un pas vers l’opposition.­

Dans un communiqué signé de la main de Sidiki Diakité, le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, l’exécutif promet « d’examiner favorablement et dans les meilleurs délais » les requêtes formulées par Henri Konan Bédié et Pascal Affi N’Guessan auprès de la délégation de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), qui a rencontré les deux opposants lors de sa mission les 18 et 19 octobre.

Affi réclame « un cadre de facilitation internationale »

Cette annonce intervient au terme d’un « dialogue politique » qui s’est tenu à la Primature, sous la direction du Premier ministre, Hamed Bakayoko, et en présence d’une délégation d’observateurs de la Cedeao, précise le gouvernement ivoirien. La réforme de la CEI est l’une des revendications majeures de la coalition de l’opposition, dont les principaux représentants étaient cependant absents de cette rencontre.

Le gouvernement fait également part de la « disponibilité du chef de l’État » à rencontrer le président du PDCI-RDA, Henri Konan Bédié. Si ce dernier n’a pas, pour l’heure, réagi à cette invitation, Pascal Affi N’Guessan, le président du Front populaire ivoirien (FPI), a réaffirmé lors d’une conférence de presse qu’il rejetait tout dialogue direct avec le gouvernement, réclamant « un cadre de facilitation internationale ».

Il a aussi appelé à une intensification de la désobéissance civile « de façon pacifique » pour « contraindre Alassane Ouattara à mettre fin au coup d’État constitutionnel qu’il s’apprête à perpétuer ». La coalition de l’opposition considère en effet que la candidature du président sortant à un troisième mandat n’est pas constitutionnelle.

Au moins 9 morts à Dabou

Ces annonces interviennent dans un climat sécuritaire tendu en Côte d’Ivoire. Le bilan des violences qui ont éclaté au début de la semaine à Dabou, une ville située à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest d’Abidjan, a été revu à la hausse dans la nuit de mercredi à jeudi. Au moins neuf personnes ont été tuées et une quarantaine d’autres blessées dans ces affrontements, selon le maire Jean-Claude Yede Niangne, joint jeudi par Jeune Afrique. « Nous avons retrouvé un nouveau corps ce matin », a précisé l’élu, qui craint que le bilan ne s’alourdisse encore dans les heures à venir.

La localité a été placée sous couvre-feu jusqu’à dimanche et des renforts de gendarmerie sont arrivés de la capitale économique pour sécuriser la zone. Si la situation était calme, jeudi matin, « dans la ville et dans les villages », le maire n’en demeure pas moins inquiet, craignant de nouveaux pillages et d’affrontements entre jeunes, sur fonds de rivalités politiques et communautaires, mais aussi de délinquance.

Avec Jeune Afrique par Florence Richard – à Abidjan

                                      

Côte d’Ivoire: À Bouaké, Alassane Ouattara lance une campagne pas comme les autres

octobre 17, 2020
À Bouaké lors du lancement de la campagne d'Alassane Ouattara, le 16 octobre 2020.

Le président ivoirien a lancé vendredi sa campagne en vue de la présidentielle du 31 octobre dans la deuxième ville du pays, devant plusieurs milliers de personnes.

Chemise blanche siglée à son nom, Alassane Ouattara salue la foule du toit ouvrant de sa voiture. Son cortège fonce à travers Bouaké, suivi par des centaines de jeunes à moto, zigzaguant dangereusement dans les rues de la deuxième ville de Côte d’Ivoire.

Quelques minutes plus tôt, le chef de l’État ivoirien a dû écourter son meeting de lancement de campagne devant l’impossibilité du service d’ordre de contenir une foule imposante et fatiguée d’attendre depuis plusieurs heures. Pleine à craquer, la place « ADO » était prête à exploser bouleversant le protocole.

À Bouaké lors du lancement de la campagne d'Alassane Ouattara, le 16 octobre 2020.

À la tribune, pendant cinq petites minutes, Alassane Ouattara a tenu un discours offensif, haranguant la population, souvent très jeune, venue l’écouter.

« Rien qu’à Bouaké, vous êtes plus nombreux ici que tous les gens de l’opposition qui se sont réunis à Abidjan. La majorité est là. C’est le RHDP (Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix, parti au pouvoir). ADO est le seul candidat qui vaut la peine d’être voté. C’est pour ça que les autres ne veulent pas aller aux élections. Ils ont peur de perdre. S’ils sont garçons, qu’ils viennent aux élections et les Ivoiriens vont nous départager. Ils n’ont qu’à venir parler au peuple. Nous allons les battre. ADO gagnera au premier tour. Un coup KO ! »

« Boycott actif »

Le folklore électoral et l’hystérie désordonnée de la jeunesse de l’ancienne capitale de la rébellion étaient pourtant trompeurs. Ce vendredi 16 octobre, la Côte d’Ivoire ressemblait à tout sauf à une Nation en campagne. La veille, l’ancien président Henri Konan Bédié et Pascal Affi N’Guessan, deux des quatre candidats retenus pour la présidentielle du 31 octobre, ont appelé leurs militants à « empêcher la tenue de toute opération liée au scrutin et de mettre en application le mot d’ordre du boycott actif ». « Nous entrons dans la deuxième phase de la désobéissance civile », a précisé Affi N’Guessan

Un mot d’ordre suivi ce vendredi dans quelques localités où la distribution des cartes électorales fut perturbée. Daoukro, la ville natale d’Henri Konan Bédié, fut elle paralysée. À Bongouanou (Centre), la tension restait vive ce samedi. Dans la matinée, des individus ont mis le feu à la résidence d’Affi N’Guessan. La veille, des affrontements avaient éclaté entre partisans de l’opposition et du pouvoir, faisant des blessés légers et dégâts matériels. « Les deux camps se regardent en chien de faïence », confie une autorité locale.

Kouadio Konan Bertin (KKB) se tient désormais seul face à Ouattara. Le dissident du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) lançait lui aussi sa campagne ce 16 octobre à Divo. Il compte tenir de nombreux meetings. Mais ses moyens sont néanmoins dérisoires face à la machine du candidat du RHDP, dont le visage s’affiche en grand dans les rues d’Abidjan ou de Yamoussoukro.

Alors que le boycott de Bédié et Affi, qui contestent le droit à Ouattara de briguer un troisième mandat, se précise, ADO a préféré modifier son programme de campagne. Il ne participera qu’à un seul autre meeting – à Abobo le 29 octobre – laissant le Premier ministre, Hamed Bakayoko, et le secrétaire général de la présidence, Patrick Achi, occuper le terrain.

À Bouaké lors du lancement de la campagne d'Alassane Ouattara, le 16 octobre 2020.

À Bouaké, s’exprimant devant un parterre de chefs traditionnels, le chef de l’État a laissé peu d’espoirs à l’opposition, se montrant ferme sur la tenue du scrutin. « Nous avons eu un dialogue, en 2020 pour mettre en place le code électoral. Mais allons aux élections ! Nous avons créé des institutions sur lesquelles nous nous sommes mis d’accord. Et à quelques semaines des élections, j’entends des gens dire, il faut un dialogue. Un dialogue pour faire quoi ?  Nous avons des institutions, ces institutions ont décidé que nous serons quatre candidats », a-t-il déclaré.

La possibilité d’un rapprochement semble s’éloigner

Toutefois, presque au même moment, son gouvernement transmettait à Bédié et Affi une invitation officielle à une séance de travail « relative à l’organisation de l’élection du 31 octobre », présentée comme une réponse à la volonté de dialogue affichée par l’opposition. Une proposition immédiatement refusée.

La possibilité d’un rapprochement semble de plus en plus s’éloigner. Ces derniers jours, l’entourage d’Henri Konan Bédié semblait pourtant croire que ses initiatives diplomatiques porteraient leurs fruits. Les 12 et 13 octobre, le sphinx de Daoukro avait plaidé sa cause auprès du du roi des Ashantis, Otumfuo Nana Osei Tutu II, et du chef de l’État ghanéen, Nana Akufo-Addo. Son intervention n’a cependant pas permis de compromis entre Bédié et ADO. Le premier appelle à un report de l’élection, tandis que le second, inflexible, y reste opposé.

Le 15 octobre, les proches de Bédié étaient toutefois persuadés que le président en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) débarquerait dans les prochains jours à Abidjan. « J’ai lu que des chefs d’État doivent venir ici. Je les ai tous les jours au téléphone. Ils ont du travail chez eux. Personne ne vient ici pour négocier quoi que ce soit », leur a répondu Alassane Ouattara.

Avec Jeune Afrique par Vincent Duhem – Envoyé spécial à Bouaké

Présidentielle en Côte d’Ivoire : Bédié et Affi N’Guessan « pas concernés par le processus électoral »

octobre 15, 2020

Henri Konan Bédié et Pascal Affi N'Guessan, le 15 octobre 2020 à Abidjan.

Lors d’une conférence de presse conjointe, Henri Konan Bédié et Pascal Affi N’Guessan ont annoncé qu’ils demandaient à leurs militants d’« empêcher la tenue de toute opération liée au scrutin et de mettre en application le mot d’ordre du boycott actif ».

« Nous ne sommes pas du tout concernés par le processus électoral en cours, ce processus électoral est illégal parce qu’il ne répond nullement à aucun critère international », a déclaré Pascal Affi N’Guessan lors d’une conférence de presse conjointe avec Henri Konan Bédié, ce jeudi 15 octobre à Abidjan.  « Nos militants, comme les électeurs ivoiriens, doivent s’abstenir d’y participer, tant en ce qui concerne la distribution des cartes électorales, qu’en ce qui concerne la campagne électorale », a-t-il ajouté.

« Empêcher la tenue de toute opération liée au scrutin »

Appelant à « faire barrage à ce coup d’État électoral que le président Ouattara s’apprête à commettre », il a invité ses militants « à empêcher la tenue de toute opération liée au scrutin et à mettre en application le mot d’ordre du boycott actif par tous les moyens légaux à leur disposition afin que le pouvoir actuel consente à convoquer l’ensemble des forces politiques nationales [pour] trouver des solutions acceptables ».

De son côté, Bédié ne s’est pas exprimé, mais participera à une conférence de presse de l’opposition, ce vendredi matin au siège du PDCI.

Cette déclaration a été faite le jour même de l’ouverture officielle de la campagne électorale. Quelques heures plutôt, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) avait présenté le programme de son candidat, Alassane Ouattara. Le chef de l’État doit lancer sa campagne le 16 octobre à Bouaké, la deuxième ville du pays.

Les candidatures d’Henri Konan Bédié, investi par le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), et de Pascal Affi N’Guessan, du Front populaire ivoirien (FPI), ont été validées par le Conseil constitutionnel, le 14 septembre. Si ces deux candidats se retirent effectivement de l’élection présidentielle, fixée au 31 octobre, seuls resteraient en lice le président sortant, candidat à un troisième mandat sous les couleurs du RHDP, et Kouadio Konan Bertin

Par Jeune Afrique avec Vincent Duhem

Côte d’Ivoire: à Abidjan, une opposition unie contre ADO mais à la stratégie incertaine

octobre 11, 2020
Henri Konan Bédié, lors du meeting de l'opposition, le 10 octobre à Abidjan.

L’opposition ivoirienne a organisé samedi un grand meeting pour afficher son unité contre la candidature contestée d’Alassane Ouattara à un troisième mandat le 31 octobre.

C’est la fin de journée et le soleil descend doucement sur la lagune Ebrié. Davy quitte le quartier du Plateau à Abidjan où il a assisté au meeting organisé par l’ensemble de l’opposition ivoirienne. La trentaine, militant du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) depuis les années 2000, il porte un t-shirt vert en l’honneur de sa formation et de son chef, Henri Konan Bédié.

Il se dit pourtant un peu déçu : « C’était important d’être là pour dire que nous sommes opposés au 3e mandat d’Alassane Ouattara. Mais j’attendais un mot d’ordre clair. Nous sommes prêts. Mais on doit savoir exactement ce qu’on attend de nous. Nos leaders ne peuvent plus se cacher. Il faut assumer. »

Ces derniers jours, les proches et communicants de Bédié ne se cachaient pas pour l’annoncer, montrant volontiers les muscles : ce meeting allait marquer le grand début de la désobéissance civile. Après avoir lancé ce mot d’ordre le 20 septembre, Henri Konan Bédié allait enfin en préciser le contenu.

Pas de grosse annonce

Prenant la parole pour clôturer l’évènement, le chef de file de l’opposition, en sa qualité de doyen et d’ancien chef de l’État, Bédié n’a pourtant fait aucune grosse annonce. Tout juste a-t-il assuré que « la dictature du RHDP (Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix) unifié sera vaincue dans quelques jours ou quelques semaines » et appelé le « secrétaire général de l’ONU, António Guterres, à se saisir du dossier ivoirien pour la mise en place d’un organe électoral indépendant crédible avant l’élection présidentielle ».

Faut-il en déduire qu’il espère finalement y participer ? Ces derniers jours, le Sphinx de Daoukro avait laissé entendre en privé que son combat contre Alassane Ouattara passait désormais avant la question de sa candidature.

« Bédié a envie d’être candidat, mais il est coincé par la pression mise par Guillaume Soro et Laurent Gbagbo. S’il n’a pas su galvaniser les militants ce samedi, quand aura-t-il l’occasion de le faire ? Le pouvoir ne nous laissera plus nous réunir de cette manière », estime un de ses proches. L’élection est toujours prévue le 31 octobre, et la campagne doit se dérouler du 15 au 29.

Des partisans de l'opposition, réunis le 10 octobre 2020 à Abidjan.

Véhémence

Avant lui, les autres personnalités de l’opposition réunies au stade Félix Houphouët-Boigny s’étaient montrées bien plus offensives. Pascal Affi N’Guessan, dont la candidature a aussi été retenue, a appelé à une transition politique pour la renaissance de la Côte d’Ivoire ». « Demain et après demain, soyons en action sur le terrain pour le départ d’Alassane Ouattara », a poursuivi l’ancien Premier ministre, présent au côté d’Assoa Adou, représentant de la branche rivale du Front populaire ivoirien (FPI).

SELON LES INTERVENANTS, LES ATTAQUES CONTRE ALASSANE OUATTARA ONT PARFOIS EU DES RELENTS XÉNOPHOBES.

Albert Mabri Toikeusse et Marcel Amon Tanoh, dont les candidatures ont été rejetées par le Conseil constitutionnel, se sont montrés particulièrement véhéments à l’encontre du chef de l’État ivoirien, dont ils étaient les alliés il y a encore quelques mois. « Aujourd’hui, nous devons nous lever dans les villes et les villages pour barrer la route à Ouattara », a lancé l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur, évoquant « une patrie menacée par des gens sans foi ni loi », « une équipe mafieuse ».

Compagnon de route d’ADO pendant plus de trente ans, Amon Tanoh s’est adressé à celui dont il fut le directeur de cabinet et le ministre des Affaires étrangères : « Dites-lui de libérer notre pays. Nous sommes prêts à mourir pour notre pays ».

Relents xénophobes

Selon les intervenants, les attaques contre Alassane Ouattara ont parfois eu des relents xénophobes. « Nous allons le chasser de notre pays. Il va reconnaître d’« où il vient », a lancé Apollinaire N’Guessan de la plateforme Agir, à l’encontre de celui qu’il a appelé « le mosi », en référence à ses origines burkinabè. En tribune officielle, ces propos ont jeté un froid, plusieurs personnalités demandant à ce que l’intervention cesse.

S’ils n’ont pas totalement rempli le stade, les militants de l’opposition ont tout de même répondu présent. Les accès au Plateau bouclés, beaucoup ont dû marcher de longues minutes pour s’y rendre. Toute la matinée, des centaines de personnes ont ainsi défilé le long du boulevard lagunaire. Comme Ange, venu de Yopougon, tous racontaient la même histoire : « Nos véhicules sont bloqués par la police, qui veut nous faire croire que le stade est déjà plein. » Militant du FPI, Jean-Marie explique de son côté que son véhicule a été attaqué alors qu’il venait de la commune proche de Koumassi. Les organisateurs ont de leur côté annoncé que plusieurs cars de militants avaient été bloqués à Aboisso, Grand-Bassam ou Bonoua, d’autres attaqués à Yopougon ou Port-Bouët.

En cours de meeting, un jeune accusé d’être un « microbe » –  nom générique donné aux enfants en conflit avec la loi – a été lynché par une foule importante. Il ne doit sa vie qu’à l’intervention du service d’ordre.

Par Vincent Duhem – à Abidjan

Côte d’Ivoire: l’opposition dessine des horizons de report de l’élection

octobre 6, 2020

Les émissaires de la Cédéao, de l’Union africaine et des Nations unies ont poursuivi ce mardi leur mission de « diplomatie préventive » à Abidjan. Après le président, après les ministres et institutions en charge des élections hier, ils se sont entretenus mardi 6 octobre avec les candidats à la présidentielle du 31 octobre, ainsi qu’avec les partis politiques, le RHDP et l’opposition. L’opposition qui rejette toujours la candidature Ouattara qu’elle estime anticonstitutionnelle, et qui réclame toujours une nouvelle CEI, un nouveau Conseil constitutionnel, un audit de la liste électorale et le retour des exilés, Gbagbo et Soro en tête.

Pascal Affi N'Guessan, le 27 août 2020 à Abidjan.
© AP Photo/Diomande Ble Blonde Pascal Affi N’Guessan, le 27 août 2020 à Abidjan.Aux émissaires de l’ONU, de l’UA et de la Cédéao, les responsables de l’opposition venus en nombre ont officiellement rappelé la liste de leurs revendications. Mais à la sortie de la rencontre, la méfiance se lisait sur leurs visages. « Nous ne sommes pas déçus, nous avons des préoccupations quand nous observons les réserves de l’Union africaine qui jusque là n’a pas condamné le fait que le gouvernement de Côte d’Ivoire ne mette pas en exécution les décisions de la Cour africaine des droits de l’homme. Si ce que nous demandons ne peut pas être obtenu dans les délais qui nous restent pour aller à la prochaine élection présidentielle, il est évident qu’il faut reporter la date du scrutin », indique Albert Toikeusse Mabri, président de l’UDPCI.

À 24 jours de la date du scrutin, la question du report prend corps dans les discours de l’opposition. Et pour la première fois une proposition concrète en ce sens a été mise sur la table, par le candidat FPI Pascal Affi N’Guessan. « Dans l’hypothèse où nous nous concentrons sur les élections : trois mois . Dans notre hypothèse où nous voulons reconstruire totalement, et c’est ce que nous avons dit à la mission, notre préférence aurait été que nous ouvrions une présidence de douze mois au moins pour mettre tout à plat. Parce que le pays a besoin de refondation. Nous pouvons le faire, mais cela est un projet politique. Si nous ne voulons pas de cette transition, alors il faut que l’on garantisse des élections véritablement transparentes et en tout cas, il faut que l’on se donne trois mois. »

L’affaire Soro bientôt aux assises

L’ex-président de l’Assemblée nationale, en exil en France depuis neuf mois, fait l’objet d’un mandat d’arrêt pour complot et tentative d’atteinte contre l’autorité de l’État. Le procureur de la République Richard Adou a annoncé mardi 6 octobre que le dossier de Guillaume Soro et d’une vingtaine de ses proches allait être transmis au procureur général en vue d’un procès devant le tribunal criminel.

C’est dans la salle des pas perdus du tribunal d’Abidjan, rapporte notre correspondant à Abidjan Sidy Yansané, que le procureur de la République Richard Adou a détaillé le bilan de l’instruction judiciaire concernant Guillaume Soro et 46 autres suspects poursuivis dans le cadre de l’enquête sur une tentative présumée de coup d’État.

Pour dix-neufs d’entre eux, les résultats de l’enquête ont conclu à un non-lieu. Huit autres, dont le député Kanigui Soro et l’ex-candidat à la mairie d’Abobo Tehfour Koné, sont renvoyés devant le tribunal correctionnel pour les délits notamment de trouble à l’ordre public et diffusion de fausses nouvelles.

Pour Guillaume Soro et les dix-neuf derniers, parmi lesquels ses deux frères Simon et Rigobert Soro, le député Alain Lobognon et Souleymane Koné Kamaraté alias Soul to Soul, pèse la menace d’un procès aux assises, depuis renommées tribunal criminel.

L’avocate Affoussy Bamba Lamine est également concernée. La conseillère de Guillaume Soro, également en France, dénonce à RFI « un montage grossier et un dossier truffé de mensonges pour empêcher la candidature de son client à la présidentielle du 31 octobre ».

Par RFI avec notre correspondant à Abidjan,  Pierre Pinto

Congo: Guy Brice Parfait Kolelas sort de sa léthargie.

août 11, 2020

 

Après une longue période d’hibernation, il sort de son silence pour un baroud d’honneur qui le mènera à sa perte définitive, à juste raison.

Député de Kinkala maintenu en place par le système sans que personne ne s’en offusque, monsieur Guy Brice Parfait Kolelas n’a jamais durant cette mandature parlementaire fait une intervention au niveau de l’Assemblée nationale afin d’éclairer la nation sur le mauvais fonctionnement de notre pays le Congo-Brazzaville.

Il s’est tu depuis lors, tout en profitant des avantages dus à sa fonction et de sa position d’opposant de façade qui permet à monsieur Sassou Nguesso d’avoir l’impression de vivre dans une démocratie.

Pourtant les problèmes n’ont pas manqué depuis l’élection de monsieur Sassou Nguesso suite à la violation de la constitution de 2002. Et voilà comme par enchantement que monsieur Guy Brice Parfait Kolelas fait une conférence de presse le 09 août 2020 pour enfoncer des portes ouvertes et nous asséner des vérités de La Palice.

Oui monsieur Guy Brice Parfait Kolelas, le Congo-Brazzaville va mal depuis la guerre civile du 05 juin 1997 qui a mis fin à notre démocratie naissante. Cela n’empêche qu’à la suite des accords entre le MCDDI (Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral) et le PCT (Parti congolais du travail), vous aviez été nommé directeur adjoint de la campagne du candidat Sassou Nguesso  à l’élection présidentielle de 2009. Vous aviez été récompensé et nommé Ministre durant son septennat jusqu’à ce que l’on vous débarque du gouvernement pour une crise d’adolescence. L’on ne coupe pas impunément la main qui vous nourrit. Il eut été plus élégant que vous démissionniez. Mais pour l’appât du gain, vous êtes resté cramponné à votre poste ministériel jusqu’à ce que votre boss, comme vous l’appeliez, siffle la fin de la récréation en vous renvoyant du gouvernement tel un malpropre.

Il est évident que vous rêviez depuis votre tendre enfance d’accéder à la magistrature suprême. Mais en tant qu’adulte, vos actes ont toujours été à l’opposé de vos désirs d’enfant. La politique ne forge pas le caractère, elle élimine celui des faibles.

Durant ce quinquennat de monsieur Sassou Nguesso, il y a eu beaucoup de scandales qui auraient mérités votre désapprobation. En tant que soi-disant opposant, ce que l’on ne peut vous renier, il eut fallu que l’on entendit votre voix dénoncer ce que tous les Congolais savaient et que vous semblez découvrir lors de votre dernière conférence de presse. Le Congo-Brazzaville n’est pas un État de droit. C’est une dictature donnant l’apparence d’une démocratie. En participant comme vous le faites à cette mascarade, vous mettez dans l’embarras et le désarroi le nombre non négligeable des militants qui vous suivent. Vous trahissez sans sourciller leur confiance par des basses manœuvres de politique politicienne. Le rôle d’un opposant c’est de croiser le fer pour défendre les intérêts de la nation. Nous avons cru un moment que vous étiez devenu boulanger tant vous rouliez tout votre monde dans la farine.

Un député de la nation participe à l’élaboration des lois de son pays et au contrôle de l’action gouvernementale. Sur ces deux points ça été le silence total de votre part. Aviez-vous pris ne fusse qu’une fois durant cette mandature la parole à l’Assemblée nationale pour défendre le peuple qui vous y a envoyé siéger et non faire la sieste ? Il serait temps que monsieur Guy Brice Parfait Kolelas ait une pensée pour la jeunesse congolaise qui désespère au lieu d’avoir tout le temps les yeux rivés sur l’élection présidentielle.

La politique ne se résume pas qu’à l’élection présidentielle. Cette élection consacre le parcours politique d’une femme ou d’un homme engagé qui durant son service s’est mis à la disposition de ses concitoyens afin de les entendre et de réaliser leurs doléances. En dehors des dons alimentaires et du rafistolage de quelques bâtisses dans votre fief, comme tout député congolais, aucun acte d’envergure de votre part n’a attiré notre attention. Vous avez tant rabaissé le niveau du débat politique qu’il en devient affligeant de vous écouter. Épargnez-nous vos jérémiades.

La manipulation de la loi électorale par le Ministre de l’Intérieur dans une dictature est un fait banal. Y accorder de l’importance c’est nous faire croire que le Congo-Brazzaville est une démocratie. C’est un jeu malsain que vous jouez à l’approche de l’élection présidentielle de mars 2021, la seule qui sied à votre plumage. Dans la configuration politique actuelle, même sans élection, monsieur Sassou Nguesso sera réélu dictateur en chef du Congo-Brazzaville.

Durant ce quinquennat, il y a eu les affaires de malversations financières des enfants Sassou Nguesso. De votre part, l’on a noté une solidarité familiale. La dissimulation de la dette nationale auprès des organismes internationaux n’a pas semblé vous ébranler. La vie misérable des Congolais qui triment tous les jours à cause de la brutalité de ce régime est le dernier de vos soucis. La disparition des 14 000 milliards de francs CFA du Fonds des générations futures est un songe pour vous. Le sort du Général Jean-Marie Michel Mokoko n’a pas semblé atteindre votre sensibilité. Quant à votre ami d’hier André Okombi Salissa c’est le silence complet. La pandémie du COVID-19, vous ne savez même pas si elle existe tant vous êtes dans votre bulle. Au niveau de l’horreur, la mort en prison du Colonel Marcel Tsourou n’a été pour vous qu’un épiphénomène. Aucun Congolais ne doit mourir pour ses opinions politiques. Aujourd’hui c’est eux, demain ce sera nous car le loup attaque toutes les brebis surtout galeuses.

Dans la vie, il y a des moments où le silence est plus important que la politique du coup de menton à l’approche de l’échéance présidentielle. Chaque opposant déploie sa plus belle parure pour plaire au maître des lieux afin de continuer à gérer le Congo-Brazzaville comme une épicerie familiale.

Pour paraphraser cette citation apocryphe, attribuée à Voltaire, je dirais « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. » C’est aussi ça l’État de droit incluant la liberté d’expression pour lequel nous nous battons. Il n’en demeure pas moins que la cohérence de la pensée et de l’action est un élément essentiel du discours politique.

Nous non plus ne sommes pas parfaits et nous l’acceptons. Mais des fois, la valeur inestimable d’une pièce dépend de son imperfection. L’on ne peut se contenter d’avoir de l’or en barre dans les mains et le transformer en barre de chocolat.

C’est Martin Luther King qui disait : « Ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants ; C’est l’indifférence des bons.»

Avec Congo-liberty.com par Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA