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RDC: journée anti-Kabila contenue d’une main ferme, nouvel appel de l’ONU

novembre 15, 2017

Kinshasa – La mobilisation contre le président Joseph Kabila a été fermement contenue mercredi en République démocratique du Congo, à la grande satisfaction des autorités, de nouveau interpellées par les Nations unies sur le respect de la liberté d’expression.

Aucun incident majeur n’a marqué cette journée de mobilisation contre le calendrier électoral qui fixe les prochaines élections au 23 décembre 2018. Les organisateurs -opposition et mouvements citoyens- exigent le départ du président Joseph Kabila dès la fin de cette année.

Un « délinquant » a été blessé par balles à Kinshasa et dix-neuf manifestants ont été arrêtés à Goma (6), Lubumbashi (7) et Matadi (6), a affirmé la Police nationale dans un communiqué.

Le communiqué mentionne des incidents isolés (pneus brûlés, bus incendié…) dans plusieurs villes et salue « la maturité » des Congolais « qui n’ont pas répondu à cet appel à manifester visant la déstabilisation des institutions »

La majorité présidentielle qui soutient M. Kabila a aussi salué « la grande maturité du peuple congolais » face à la « mauvaise foi et la supercherie de ces démocrates de façade ».

Une quarantaine de manifestants ont été arrêtés dans l’est du pays, avait pour sa part indiqué le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha), à l’origine de cette journée soutenue par le Rassemblement de l’opposition.

Les forces de sécurité avaient prévenu qu’elles se montreraient inflexibles. « Tout attroupement de plus de cinq personnes sera dispersé », a averti le chef de la police de Kinshasa Sylvano Kasongo. « Sans pitié », aurait-il ajouté d’après plusieurs médias.

« Les commentaires incendiaires des autorités de police avant les manifestations d’aujourd’hui sont extrêmement alarmants », a réagi le Haut commissaire aux droits de l’homme des Nations unies, Zeid Ra’ad Al Hussein. « J’appelle le gouvernement et les forces de sécurité à oeuvrer pour désamorcer les tensions au lieu de créer les conditions favorisant la répression, la confrontation et la violence ».

Le Haut commissaire a appelé Kinshasa au « respect des droits à la liberté de réunion pacifique, d’association et d’expression », tout comme la Mission des Nations unies en RDC (Monusco) la veille.

Sur le terrain, l’appel s’est traduit dans la capitale Kinshasa non par des manifestations, mais par une activité moins dense que d’habitude.

La circulation était dans l’après-midi plus fluide qu’un jour de semaine ordinaire sur les grands boulevards 30-Juin et Lumumba, alors que la vie paraissait normale dans les quartiers. La présence des forces de sécurité était discrète.

Dans la capitale économique Lubumbashi (sud-est), la police a enregistré quelques incidents (barricades et pneus brûlés, bus incendié…). « Mon magasin est fermé, pas pour suivre le mot d’ordre des politiciens mais j’ai peur des pillages », a déclaré à l’AFP un commerçant.

Au pouvoir depuis 2001, élu deux fois en 2006 et 2011, M. Kabila ne peut plus se présenter et son mandat a pris fin le 20 décembre 2016 selon l’actuelle Constitution.

Un accord pouvoir-opposition du 31 décembre 2016 prévoyait déjà l’organisation de la présidentielle au plus tard en décembre 2017.

Cet accord étant resté lettre morte, l’opposition rejette désormais le calendrier électoral présenté le 5 novembre et demande une « transition sans Kabila » dès le 1er janvier et des élections avant le 23 décembre 2018.

Les opposants évoquaient une nouvelle journée de mobilisation le 28 novembre avant celle de mercredi.

Des manifestations pour demander des élections et le départ du président Kabila avaient fait des dizaines de morts à Kinshasa en septembre et décembre 2016.

Romandie.com avec(©AFP / 15 novembre 2017 18h00)                                            

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RDC: tensions à la veille des manifestations du 15 novembre, la Monusco met en garde Kinshasa

novembre 14, 2017

Des policiers à Kinshasa, en mai 2017, lors des évasions massives de la prison centrale. © John Bompengo/AP/SIPA

À la veille des manifestations annoncées sur toute la RDC pour protester contre le calendrier électoral, les Nations unies ont mis en garde mardi Kinshasa contre une éventuelle répression des manifestants. Au même moment, à Lubumbashi, dans le sud du pays, l’opposition dénonce déjà les « intimidations ».

« Des policiers et des militaires à bord de quatre jeeps ont encerclé ma résidence vers 13 heures [locales] alors que j’avais réuni des cadres du Rassemblement pour préparer les manifestations de ce 15 novembre. » Au bout de fil Antoine Gabriel Kyungu wa Kumwanza, leader de la principale plateforme de l’opposition congolaise dans l’ex-Katanga, reste « serein » malgré cette énième « intimidation du régime en place » à son encontre.

« Le pouvoir a peur que je rentre en contact avec la population, explique à Jeune Afrique ce vieux briscard de la politique congolaise et ancien président de l’Assemblée provinciale de l’ex-Katanga. Depuis des mois, les forces de l’ordre restreignent mes mouvements et m’empêchent même d’aller à l’église. »

Pas question pour autant d’abdiquer. « Le 15 novembre, le peuple va manifester pacifiquement, sans casse ni brutalité aucune », maintient celui qu’on appelle affectueusement « baba » (père, en swahili) dans la partie méridionale du pays.

En attendant, la réunion du Rassemblement à Kashamata, dans la banlieue lushoise, réputée être le QG du président congolais Joseph Kabila à Lubumbashi, a été interrompue par les forces de l’ordre. « J’ai été exfiltré de chez moi par les Casques bleus », soutient l’opposant Kyungu wa Kumwanza.

« Il n’y a pas eu d’opération d’exfiltration à proprement parler. Notre seule présence a suffi à calmer les esprits », indique à Jeune Afrique au sein de la  Monusco.

La Monusco prête à rapporter d’éventuelles violations

Dans un communiqué publié à Kinshasa ce mardi, Maman Sidikou, patron de la mission onusienne en RDC, met toutefois en garde les autorités congolaises contre une éventuelle répression des manifestations prévues le 15 novembre sur toute l’étendue de la RDC.

« Il est important que toutes les voix puissent s’exprimer dans le calme et de façon pacifique. Conformément à son mandat, la Monusco se réserve le droit d’observer les événements et de rapporter d’éventuelles violations des droits de l’homme », écrit-il.

« La Mission exhorte ainsi les autorités congolaises à respecter les libertés fondamentales telles que stipulées dans la Constitution congolaise, dont la liberté de réunion et de manifestation », ajoute le texte, appelant les autorités à s’abstenir de tout recours à la violence, comme ce fut le cas il y a un mois à Goma, lors de la lourde répression des manifestations qui avaient alors fait plusieurs morts.

Jeuneafrique.com par Trésor Kibangula

Togo: l’opposition dénonce une « répression sauvage » des manifestants dans le nord

novembre 8, 2017

Les forces de l’ordre ont notamment fait usage de lacrymogènes pour disperser les manifestants de l’opposition, ce 18 octobre 2017 à Lomé. © DR

Des milliers de manifestants demandant le départ du président Faure Gnassingbé sont à nouveau descendus dans les rues de Lomé et de plusieurs autres villes mercredi à l’appel de l’opposition. Ils dénoncent une « répression sauvage » dans le nord, où le gouvernement invite à ne pas manifester, des armes volées à l’armée étant selon lui en circulation.

« Faure, dégage » : le mot d’ordre est toujours le même depuis la fin août sur les pancartes brandies lors des marches de l’opposition togolaise. Cette dernière a entamé hier trois jours de rassemblements à travers le pays pour exiger notamment le retour à la Constitution du 14 octobre 1992 dans sa forme originelle, la révision du cadre électoral et l’instauration du droit de vote des Togolais de l’étranger.

Dans les rues, les manifestants ont dénoncé une « répression sauvage » ayant fait une vingtaine de blessés la veille dans le nord du pays, où les manifestations ont été interdites, malgré leur autorisation préalable par le gouvernement.

À Sokodé et Bafilo, des militaires « cagoulés et lourdement armés ont pris position » aux points de départ des marches mardi. Ils ont « dispersé à coup de bâton et de grenades lacrymogènes le moindre attroupement », a affirmé la coalition de 14 partis à l’origine de la mobilisation dans une déclaration.

Cette répression a fait, selon eux, « 16 blessés par balle et bastonnade » à Sokodé, fief de l’opposant Tikpi Atchadam, et trois blessés à Bafilo, « dont un handicapé qui a été tabassé ».

« C’est là la preuve de plus de la duplicité de ce régime à qui on ne peut faire confiance », accusent les opposants, alors que le pouvoir avait prôné l’apaisement lundi. Le gouvernement avait aussi invité l’opposition au « dialogue » et annoncé la libération de 42 personnes arrêtées lors de précédentes manifestations.

« Au moins 10 blessés »

Pour le ministre de la Sécurité, Yark Damehane, il serait « prudent d’éviter toute manifestation » dans la région de Sokodé. « Il y a des armes qui sont en circulation. Les deux militaires qui ont été tués (le 16 octobre, ndlr) ont vu leurs armements emportés. Jusqu’à ce jour nous ne savons pas qui les détient. Des commissariats saccagés, plus de 80 cartouches dans la nature. Est-ce raisonnable de laisser les gens manifester dans cette situation ? » a-t-il expliqué.

Dans un communiqué conjoint, l’Union européenne, les Nations Unies et les ambassades de France, des États-Unis et d’Allemagne se sont contentées mardi d’ »accueillir positivement les mesures d’apaisement annoncées par le gouvernement » tout en appelant « les manifestants à témoigner de leurs convictions par des moyens pacifiques ».

Amnesty International a de son côté dénombré « au moins 10 blessés » qui étaient encore hospitalisés à Sokodé mardi, dont un « par balle ».

L’opposition demande une limitation du nombre de mandats présidentiels à deux et la démission de Faure Gnassinbgé. Le gouvernement compte organiser un référendum pour faire adopter une réforme prévoyant notamment cette limitation des mandats présidentiels, mais la mesure n’est pas rétroactive, permettant à Faure Gnassingbé de se présenter aux scrutins de 2020 et 2025.

Jeuneafrique.com

RDC: Kabila reste au pouvoir jusqu’au début 2019, l’opposition exige son départ fin 2017

novembre 5, 2017

Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, le 23 septembre 2017 au siège de l’ONU à New York / © AFP / Bryan R. Smith

Fin de suspense en République démocratique du Congo, mais pas des tensions: sous pression, Kinshasa a annoncé dimanche un calendrier électoral permettant au président Joseph Kabila de rester au pouvoir jusqu’au début de 2019, alors que l’opposition redouble d’ardeur pour demander son départ fin 2017.

Dix jours après la visite de Nikki Haley, l’ambassadrice américaine auprès des Nations unies qui avait exigé des élections en 2018 en RDC, la Commission électorale a annoncé plusieurs scrutins, dont la présidentielle, le 23 décembre 2018.

« Ce calendrier a été élaboré sous la pression de la communauté internationale, des acteurs politiques et de la société civile congolaise », a déclaré le président de la Commission électorale, Corneille Nangaa, qui affirmait récemment ne pas pouvoir organiser d’élections avant mars-avril 2019.

Le président Joseph Kabila, dont le deuxième et dernier mandat a pris fin le 20 décembre 2016, se maintiendra au pouvoir jusqu’en janvier 2019, selon ce calendrier attendu depuis des mois par les grands partenaires de la RDC (Etats-Unis, France, Belgique, Union européenne, et bien sûr, les Nations unies, qui entretiennent dans ce pays l’une de leurs missions parmi les plus anciennes, onéreuses et pléthoriques, la Monusco).

– Géant instable –

Cette annonce n’a pas détendu la crise politique qui mine ce géant instable d’Afrique centrale (2,3 millions de km2, neuf frontières), en proie à la violence des groupes armés dans l’est, le long de ses frontières avec l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi et la Tanzanie.

« Ce régime prédateur veut prolonger instabilité et la misère du peuple. Nous n’acceptons pas ce calendrier fantaisiste. Stop. doit partir », a immédiatement réagi sur Twitter l’un des principaux responsables de l’opposition, Moïse Katumbi.

M. Katumbi, candidat à la présidence et en exil de fait en Belgique, et son allié Félix Tshisekedi, demandent une « transition sans Kabila » à compter du 1er janvier 2018 pour confier l’organisation des élections à une ou des personnalités indépendantes.

« Il (le président Kabila) n’est légitime que jusqu’au 31 décembre », a indiqué samedi à l’AFP M. Katumbi, allusion à un accord pouvoir-opposition qui prévoyait des élections dès la fin de cette année qui est resté lettre morte.

« Nous rejetons le calendrier de Corneille Nangaa (président de la commission électorale). Ce qui nous intéresse pour le moment c’est le départ de Kabila au 31 décembre 2017 », a surenchéri un porte-parole du parti de M. Tshisekedi, Augustin Kabuya.

« Les opposants attendent de prendre le pouvoir par la violence », a accusé un porte-parole de la Majorité présidentielle (MP), Célestin Tunda. « Nous prenons acte du calendrier électoral. Nous prenons ce calendrier comme tel ».

La Commission électorale a rappelé qu’elle attendait de la communauté internationale de l’aide pour financer les élections dans ce vaste pays qui n’a jamais connu d’alternance pacifique depuis son indépendance le 30 juin 1960.

– 750 millions de dollars évaporés –

La RDC aux immenses ressources minières est aussi sous la pression des lanceurs d’alerte, alors que deux récents rapports ont démontré que 750 millions de dollars s’étaient évaporés entre 2011 et 2014 des caisses de la principale entreprise publique du pays, la Générale des carrières et des mines (Gécamines).

Le mouvement citoyen Lucha avait aussi demandé dès dimanche matin « une position commune ferme, invariable et sans équivoque, considérant que Kabila doit quitter le pouvoir (ou cesser d’être considéré comme président de la RDC) d’ici au 31 décembre 2017 ».

L’opposition et la société civile ont-elles les moyens de leurs objectifs? Leurs appels aux journées « ville morte » n’ont rencontré qu’un succès mitigé depuis la mort le 1er février du chef historique de l’opposition, Etienne Tshisekedi.

Chaque tentative de manifestation est sévèrement réprimée, comme lundi dernier à Goma (au moins quatre civils tués et un policier).

En Belgique depuis mai 2016 en raison de sa condamnation dans une affaire immobilière dont il conteste les fondements, Moïse Katumbi annonce son retour pour décembre, alors qu’il risque la prison dès son arrivée en RDC.

Fils du leader historique de l’opposition, Félix Tshisekedi a dénoncé la répression des autorités quand il a tenté d’aller à la rencontre de ses partisans à Lubumbashi la deuxième ville du pays la semaine dernière. Et la dépouille de son père, mort le 1er février à Bruxelles, se trouve toujours en Belgique, faute d’accord sur l’organisation des obsèques.

Romandie.com avec(©AFP / 05 novembre 2017 21h43)

Les Kenyans « ne se laisseront pas gouverner par les armes », prévient Odinga

octobre 29, 2017

 

Des supporters de l’opposant Raila Odinga lors d’un meeting près de Nairobi, le 18 octobre 2017. © Ben Curtis/AP/SIPA

L’opposant kényan Raila Odinga, qui a boycotté la présidentielle de jeudi, a prévenu que les Kényans « ne se laisseraient pas gouverner par les armes », lors d’un discours dans un bidonville de Nairobi, théâtre de heurts violents entre ses partisans et la police.

Le chef de la coalition d’opposition Nasa s’est adressé à la mi-journée à plusieurs centaines de ses partisans – certains ayant grimpé sur les toits d’immeubles environnants – depuis le toit de sa voiture, après avoir assisté à une messe.

Des affrontements entre membres de différentes communautés ont eu lieu ces derniers jours dans ce quartier, où au moins une personne a été tuée par balles par la police et de nombreuses autres blessées.

« Nous disons à Uhuru (Kenyatta, le président sortant, NDLR) qu’il ne peut pas gouverner par les armes. Les Kényans ne se laisseront pas gouverner par les armes », a-t-il martelé, acclamé à plusieurs reprises par la foule.

« Vous avez vu ce qu’il s’est passé à Kisumu, Siaya et d’autres endroits (…) Vous ne pouvez pas tuer des gens parce qu’ils ne sont pas allés voter », a lancé l’opposant historique, 72 ans.

Il faisait référence aux affrontements violents cette semaine entre partisans de l’opposition et la police dans ces villes de l’ouest du pays, fief de l’opposition. Le vote pour la présidentielle n’a toujours pas pu se tenir dans ces endroits à cause de troubles sécuritaires.

Au moins neuf personnes ont été tuées par balle depuis jeudi dans ces bastions de l’opposition (bidonvilles de Nairobi et ouest du pays), selon un dernier bilan.

Au moins 49 personnes sont mortes depuis l’annulation de la présidentielle du 8 août, tuées pour la plupart dans la répression des manifestations par la police (recours aux tirs à balles réelles, gaz lacrymogènes, canons à eau).

« Je dis à Uhuru et (William) Ruto (vice-président, NDLR) d’aller devant un miroir et de se regarder dans les yeux », a poursuivi l’opposant, accusant ses rivaux de vouloir « gouverner par la force » et d’être derrière l’attaque contre le garde du corps et chauffeur de la numéro 2 de la Cour suprême, Philomena Mwilu, grièvement blessé par balles mardi dans la capitale.

Le Kenya est plongé dans sa pire crise électorale depuis dix ans. Le scrutin de jeudi a été organisé après un coup de théâtre, inédit en Afrique: l’annulation le 1er septembre par la justice de l’élection du 8 août, à l’issue de laquelle M. Kenyatta avait été proclamé vainqueur face à M. Odinga.

La Cour suprême avait justifié cette décision par des irrégularités dans la transmission des résultats, faisant peser la responsabilité de ce scrutin « ni transparent, ni vérifiable » sur la Commission électorale.

Jeuneafrique.com avec AFP

Catalogne: Puigdemont appelle « à s’opposer démocratiquement » à la mise sous tutelle

octobre 28, 2017

Le président catalan Carles Puigdemont chante l’hymne catalan, après une session parlementaire et le vote du Parlement catalan en faveur de l’indépendance, le 27 octobre 2017 à Barcelone / © AFP / Josep LAGO

L’indépendantiste Carles Puigdemont, destitué par Madrid de la présidence de Catalogne, a appelé samedi à « s’opposer démocratiquement à l’application de l’article 155 » de la Constitution espagnole déclenché pour mettre la région sous tutelle.

« Nous continuerons à oeuvrer pour construire un pays libre », a-t-il ajouté lors d’un discours télévisé. La version écrite de l’allocution diffusée en parallèle est signée « Carles Puigdemont, président de la Generalitat (gouvernement) de Catalogne ».

Romandie.com avec(©AFP / 28 octobre 2017 15h04)                

RDC: l’élection présidentielle devra être organisée en 2018, prévient Nikki Haley

octobre 27, 2017

 

L’ambassadrice américaine Nikki Haley lors d’un point presse à Washington, en septembre 2017. © Carolyn Kaster/AP/SIPA

En visite en RDC, l’ambassadrice des États-Unis aux Nations unies, Nikki Haley, a appelé vendredi à l’organisation des élections en 2018, alors que la Commission électorale table sur 2019.

« Les élections doivent être organisées en 2018 [sinon], la RDC ne doit pas compter sur le soutien des États-Unis et de la communauté internationale », a déclaré Nikki Haley à l’issue d’une rencontre avec le président de la Commission électorale, Corneille Nangaa.

« Nous n’allons pas appuyer un calendrier qui ne montre pas clairement que les élections seront tenues en 2018 », a-t-elle martelé. Avant de lancer, à l’adresse des autorités congolaises : « Cela est possible si toutes les parties s’impliquent ».

Nikki Haley invite les évêques à « mettre la main à la pâte »

À l’issue d’une rencontre avec l’épiscopat congolais, Nikki Haley a invité les évêques à « mettre la main à la pâte ». L’abbé Donatien Shole, porte-parole des évêques, a pour sa part de nouveau demandé « un appui » de la part de la communauté internationale pour la tenue des « élections dans le meilleur délai », a-t-il déclaré devant la presse à l’issue de la rencontre avec l’Américaine.

Il s’agit du premier voyage en Afrique de l’ambassadrice, qui a rang de ministre dans l’administration américaine. Arrivée à Kinshasa mercredi 25 octobre, elle s’est rendue à Goma puis à Kitchanga dans la province du Nord-Kivu (est), où elle a visité un camp de personnes déplacées. Vendredi après-midi, elle doit rencontrer le président Joseph Kabila, selon les informations de Jeune Afrique.

Jeuneafrique.com avec AFP

Kenya: face aux tensions, report de l’élection dans les fiefs de l’opposition

octobre 27, 2017

Des policiers anti-émeutes opposés à des manifestants, à Nairobi, le 27 octobre 2017 / © AFP / SIMON MAINA

La crise électorale s’est encore aggravée vendredi au Kenya, où le scrutin prévu samedi dans les bastions de l’opposition a été à nouveau reporté pour des raisons sécuritaires, retardant d’autant l’annonce de la victoire attendue d’Uhuru Kenyatta à cette présidentielle boycottée par l’opposition.

Dans un nouvel épisode de cette saga présidentielle ayant causé instabilité et inquiétudes dans l’économie la plus dynamique d’Afrique de l’Est, la Commission électorale (IEBC) a décidé de reporter le vote qui devait avoir lieu samedi dans l’ouest du pays, majoritairement peuplé par l’ethnie luo, celle de l’opposant historique, Raila Odinga.

Dans ces quatre comtés de l’ouest (Homa Bay, Kisumu, Migori et Siaya) sur les 47 que compte le pays, la présidentielle de jeudi n’avait pu être organisée à cause d’une situation chaotique et des menaces sécuritaires. La plupart des bureaux de vote y étaient restés fermés, le matériel électoral n’ayant pu être acheminé et les agents électoraux craignant pour leur sécurité.

En raison des menaces pesant sur le personnel électoral, la Commission électorale (IEBC) a décidé de « reporter l’élection (…) à une date qui sera annoncée dans les jours prochains », a déclaré son chef, Wafula Chebukati.

Vies en danger

« Quand il s’agit de notre personnel (…), quand leurs vies sont en danger, nous, en tant que commission, sommes profondément préoccupés », a-t-il expliqué.

Plus la journée de vendredi avançait, plus la situation se tendait dans les bastions de l’opposition, avec des heurts dans le bidonville de Kawangware (dans la capitale, Nairobi), où des groupes de jeunes se confrontaient à la police, et dans des villes de l’Ouest.

A Kawangware, des partisans de l’opposition ont incendié plusieurs échoppes de commerçants kikuyu, l’ethnie du président Uhuru Kenyatta, majoritaire dans le pays.

Le scrutin de jeudi était organisé après un coup de théâtre et une première en Afrique: l’annulation le 1er septembre par la justice de l’élection du 8 août, à l’issue de laquelle M. Kenyatta avait été proclamé vainqueur avec 54,27% des voix, contre 44,74% à M. Odinga.

La Cour suprême avait justifié cette décision par des irrégularités dans la transmission des résultats, faisant peser la responsabilité de ce scrutin « ni transparent, ni vérifiable » sur la Commission électorale.

M. Odinga, 72 ans et trois fois candidat malheureux à la présidence (1997, 2007, 2013), a fait pression pour obtenir une réforme de cette Commission, mais l’opposition a jugés insuffisants les changements récemment mis en œuvre.

Malgré les appels à la retenue des deux camps, des affrontements violents entre partisans de l’opposition et la police ont eu lieu jeudi et vendredi dans les places fortes de l’opposition, où les frustrations et le sentiment de marginalisation ont été exacerbés depuis des années.

Le Kenya a connu depuis l’indépendance (1963) trois présidents sur quatre issus de l’ethnie kikuyu, qui domine également l’économie du pays.

Ces affrontements ont fait depuis deux jours au moins sept tués par balle et des dizaines de blessés, selon un nouveau bilan de sources hospitalière et policière.

Nombre de partisans de l’opposition avaient laissé entendre qu’ils feraient tout pour empêcher la tenue du scrutin de samedi.

Plus tôt vendredi, l’un des leaders de l’opposition, Musalia Mudavadi avait exhorté ses partisans dans l’ouest à « rester à l’écart » de ce scrutin, qu’il avait qualifié de « piège de la mort ». « Nous appelons l’IEBC à annuler ce scrutin forcé. La motivation est clairement malveillante et néfaste et le processus entier est une mascarade », avait-il martelé.

– Pire crise électorale depuis 10 ans –

Au moins 47 personnes ont été tuées depuis le scrutin présidentiel du 8 août, la plupart dans la répression brutale des manifestations par la police.

Le Kenya est plongé dans sa pire crise électorale depuis les violences politico-ethniques de 2007-2008, les pires depuis l’indépendance du pays en 1963, qui avaient fait au moins 1.100 morts et 600.000 déplacés.

Les opérations de compilation des résultats se sont poursuivies vendredi, la Commission électorale ayant reçu les procès-verbaux de plus de 36.000 des 40.883 bureaux de vote, selon M. Chebukati.

Le résultat ne fait aucun doute: Uhuru Kenyatta est assuré de l’emporter, Raila Odinga ayant décidé de ne pas participer à ce qu’il a qualifié de « mascarade » électorale.

Mais le très faible taux de participation, estimé à moins de 35%, questionne d’ores et déjà la légitimité de M. Kenyatta. S’il est confirmé, ce taux serait, de loin, le plus bas depuis les premières élections multipartites dans le pays en 1992.

Outre le boycottage de l’opposition et les menaces contre les électeurs de M. Kenyatta dans les bastions de M. Odinga, nombre de partisans traditionnels du président sortant ne se sont, semble-t-il, pas déplacés.

Un manque d’engouement qu’expliquent très probablement une lassitude de plus en plus prégnante face aux turpitudes de l’élite politique et un ras-le-bol de la gestion de la crise électorale, qui affecte durement l’économie.

Le journal The Standard synthétisait bien vendredi l’image d’un pays éprouvé, titrant à la une : « Un Kenya, deux visages ».

Romandie.com avec(©AFP / 27 octobre 2017 19h30)

Kenya: l’opposition appelle ses partisans à « rester à l’écart » du scrutin de samedi

octobre 27, 2017

Nairobi – L’opposition kényane a appelé vendredi ses partisans à « rester à l’écart » du scrutin organisé samedi dans quatre comtés de l’ouest du pays, où l’élection présidentielle n’a pu avoir lieu jeudi en raison des violences, pour éviter de mettre leur vie en danger.

« La première chose que nous voulons dire à nos partisans maintenant, c’est que nous voulons être sûrs qu’ils ne seront pas blessés lors de la répétition forcée de l’élection (samedi) », a déclaré l’un des leaders de l’opposition, Musalia Mudavadi, lors d’une conférence de presse.

« Nous leur disons de rester à l’écart, car ils pourraient marcher vers un piège dans lequel ils seraient blessés. C’est notre priorité »..

Malgré les appels à la retenue des deux camps, des affrontements violents avec la police ont eu lieu jeudi dans de nombreux bastions de l’opposition, où les frustrations et le sentiment de marginalisation ont été exacerbés depuis des années.

Dans quatre des 47 comtés du pays (Homa Bay, Kisumu, Migori et Siaya), tous acquis à l’opposition, l’élection a été reportée à samedi par la Commission électorale (IEBC).

En raison des violences, la plupart des bureaux de vote y sont restés fermés jeudi, le matériel électoral n’ayant pu être acheminé et les agents électoraux craignant pour leur sécurité.

Depuis deux jours, au moins six personnes ont été tuées par balle et des dizaines blessées dans des bidonvilles de Nairobi et l’ouest du pays, selon des sources hospitalière et policière.

Au moins 46 personnes au total ont été tuées depuis le scrutin présidentiel du 8 août, annulé par la justice, la plupart dans la répression brutale des manifestations par la police.

La coalition d’opposition Nasa s’est félicitée que ses appels au boycottage aient été entendus. Le taux de participation est estimé à moins de 35% des 19,6 millions d’électeurs sur plus de 90% des circonscriptions dépouillées, selon l’IEBC.

« Le boycottage a montré que les prétendus chiffres et pourcentages avancés tout du long par (le parti au pouvoir) Jubilee et (le président) Uhuru Kenyatta étaient frauduleux », a dit M. Mudavadi. « Uhuru a perdu les élections en août. Il a encore perdu cette parodie d’élection, lors de laquelle il concourait en fait contre lui-même ».

Le scrutin de jeudi était organisé après l’annulation le 1er septembre par la Cour suprême de l’élection du 8 août, à l’issue de laquelle M. Kenyatta avait été proclamé vainqueur avec 54,27% des voix, contre 44,74% à M. Odinga.

« Nous appelons l’IEBC à annuler ce scrutin forcé. La motivation est clairement malveillante et néfaste et le processus entier est une mascarade », a martelé M. Mudavadi.

Romandie.com avec(©AFP / 27 octobre 2017 15h22)                                           

Kenya: violences, faible participation…la présidentielle accumule les ratés

octobre 26, 2017

Des Kényans attendent pour voter lors de la présidentielle, le 26 octobre 2017 à Kiambu / © AFP / SIMON MAINA

Boycott de l’opposition, participation en berne, au moins quatre morts dans des heurts avec la police, report du scrutin à samedi dans l’ouest: l’élection présidentielle jeudi au Kenya a connu une accumulation de ratés qui laisse augurer des lendemains difficiles.

Convoquée après une première présidentielle annulée et au terme d’une crise de deux mois qui a divisé la Nation, cette élection devrait voir le président sortant Uhuru Kenyatta, 56 ans, être largement réélu, en raison du boycott de son principal opposant, Raila Odinga, 72 ans.

Mais pour le fils de Jomo Kenyatta, le père de l’indépendance, cette réélection promise apparaît comme une victoire à la Pyrrhus. Le leader de l’ethnie kikuyu, la plus nombreuse et influente du pays, a d’ores-et-déjà perdu son pari.

Après avoir tout fait pour éviter le report de l’élection souhaité par l’opposition, il comptait sur une large mobilisation des électeurs pour se redonner un peu de légitimité démocratique. Mais lassés de l’inconséquence de leurs dirigeants, ceux-ci ont massivement boudé les urnes.

La participation était estimée à 17h00 (14H00 GMT) à 48%, en forte baisse par rapport aux 79% du scrutin présidentiel du 8 août, invalidé par la justice pour « irrégularités », a annoncé en soirée le président de la Commission électorale (IEBC), Wafula Chebukati.

M. Kenyatta, dont la réélection attendue promet d’être soumise à une multitude de recours en justice, ne semble pas avoir été capable de convaincre au-delà de ses électeurs du premier scrutin.

Quelque 19,6 millions d’inscrits étaient en théorie attendus dans les bureaux de vote. Mais les files d’attente sont restées bien maigres, dans un contraste saisissant avec l’effervescence qui avait marqué les élections générales du 8 août.

Surtout, ce nouveau scrutin, marqué par des violences dans les bastions de l’opposition entre certains de ses partisans, qui ont tenté de bloquer l’accès aux bureaux de vote, et la police, a laissé apparaître un pays profondément fracturé.

– ‘Ils nous tirent dessus’ –

Au moins quatre personnes ont été tuées par balle et des dizaines d’autres blessées, selon des sources policière et hospitalière. Trois hommes sont morts dans le bidonville de Mathare à Nairobi, et les villes de Kisumu et Homa Bay, dans l’ouest. La police a précisé en soirée qu’une autre personne avait succombé à une blessure à une jambe à Kisumu.

Au moins 87% des 40.883 bureaux de vote ont ouvert, selon le chef de l’IEBC. Mais dans l’ouest, la plupart sont restés fermés, le matériel électoral n’ayant pu être acheminé et les agents électoraux craignant pour leur sécurité.

Cette situation a incité la Commission électorale à reporter le scrutin à samedi dans quatre des 47 comtés du pays (Homa Bay, Kisumu, Migori et Siaya), tous situés dans l’ouest et majoritairement peuplés par l’ethnie luo de M.Odinga.

Les mêmes difficultés risquent toutefois de se répéter samedi. « Je déclare une semaine de deuil et nous ne participerons pas à une élection si nous sommes en deuil », a ainsi lancé le gouverneur du comté de Kisumu, Anyang’ Nyong’o.

M. Odinga avait appelé ses partisans à rester « chez eux ». Mais tous n’ont pas respecté cette consigne. A Kisumu, les manifestants ont érigé très tôt des barricades, où ils faisaient brûler des pneus. En fin d’après-midi, la ville et ses alentours étaient quadrillés de dizaines de barrages.

La police a fait un usage régulier de gaz lacrymogène et parfois tiré en l’air pour disperser ces groupes. Les mêmes scènes se sont répétées à Siaya et Homa Bay, et dans des bidonvilles de Nairobi, Kibera et Mathare.

« C’est fou, ils nous tirent dessus. Nous manifestons et ils nous tirent dessus. De quel genre de pays s’agit-il? », a déclaré à l’AFP Samuel Okot, 20 ans, venu dans un hôpital de Kisumu avec son ami Joseph Ouma, blessé par balle à un genou.

– ‘Mouvement de résistance’ –

Le calme a régné dans le reste du pays, placé sous très haute sécurité après des semaines de climat politique délétère. Au moins 44 personnes ont été tuées depuis le 8 août, la plupart dans la répression des manifestations par la police.

Ce nouveau scrutin était organisé après l’annulation le 1er septembre par la Cour suprême de l’élection du 8 août, à l’issue de laquelle M. Kenyatta avait été proclamé vainqueur avec 54,27% des voix, contre 44,74% à M. Odinga.

La Cour avait justifié cette décision – une première en Afrique – par des irrégularités dans la transmission des résultats, faisant peser la responsabilité de ce scrutin « ni transparent, ni vérifiable » sur l’IEBC.

Galvanisé par ce jugement, M. Odinga, déjà trois fois candidat malheureux à la présidence (1997, 2007, 2013), a fait pression pour obtenir une réforme de cette Commission. Mais si l’IEBC a entrepris quelques timides changements, l’opposition estime qu’elle reste acquise au pouvoir.

M. Chebukati avait lui-même accrédité cette idée la semaine passée en admettant qu’il ne pensait pas l’IEBC en mesure de garantir un scrutin crédible.

Dénonçant la « dictature » qui s’est abattue sur le Kenya, Raila Odinga avait appelé de ses voeux mercredi la création d’un « Mouvement national de résistance » contre « l’autorité illégitime du gouvernement ». Ce jour d’élection pourrait avoir marqué le lancement de ce mouvement.

Cette crise, la pire depuis les violences politico-ethniques de 2007-2008 (au moins 1.100 morts), a remis en lumière les profondes divisions sociales, géographiques et ethniques qui traversent le Kenya et ses 48 millions d’habitants.

Romandie.com avec(©AFP / 26 octobre 2017 22h19)