Posts Tagged ‘Opposition’

RDC: Félix Tshisekedi et Moïse Katumbi en binôme à l’international

mai 24, 2018

Moïse Katumbi et Félix Tshisekedi, à Paris en décembre 2015. © Pierre Boisselet pour JA

De l’Union européenne à l’Union africaine, les deux opposants font front commun devant les instances internationales avec un objectif : démontrer qu’ils font bloc face à Joseph Kabila. Mercredi 23 mai, ils étaient côte à côte pour une intervention devant l’Atlantic Council, à Washington.

Pour démentir les rumeurs persistantes qui, à Kinshasa, font état de son imminente nomination au poste de Premier ministre, Félix Tshisekedi a entamé une discrète tournée diplomatique au côté de son allié Moïse Katumbi. Les deux opposants se sont rendus le 16 mai à Paris, puis à Bruxelles.

Côte à côte à Washington

Ils se sont ensuite rendus en Allemagne puis à Washington, où ils ont animé une conférence au siège du think tank Atlantic Council, mercredi 23 mai. « Ce n’est pas qu’une unité d’apparence. Nous travaillons réellement ensemble », a insisté à cette occasion Félix Tshisekedi, cité dans un article du think tank américain publié suite à la conférence.

Moïse Katumbi et Félix Tshisekedi, lors de la conférence devant le think tank Atlantic Council, à Washington le 23 mai 2018. © DR / Atlantic Council/James Wholley

 

Nous avons discuté de la possibilité d’avoir un [seul] candidat de l’opposition au moment des élections

« Nous avons également discuté de la possibilité d’avoir un [seul] candidat de l’opposition au moment des élections », a-t-il ajouté, affirmant par ailleurs que le Mouvement de libération du Congo (MLC), de Jean-Pierre Bemba, était également impliqué dans ce front commun face à Joseph Kabila.

Affirmant être présent à Washington pour « sonner l’alarme », Félix Tshisekedi a plaidé devant les participants pour que les États-Unis accentuent la pression sur le gouvernement congolais. « Demain, quand la catastrophe arrivera, vous ne pouvez pas dire que vous ne saviez pas. Il est maintenant temps d’agir, de faire pression, avec des sanctions, afin que nous puissions forcer [Joseph] Kabila à ne pas briguer un troisième mandat et également permettre des élections libres et démocratiques. »

« Actuellement, Kabila fait tout pour ne pas organiser les élections », a pour sa part lancé Moïse Katumbi. « Il n’y a que les aveugles qui peuvent dire qu’il y aura des élections dans le pays (…) Kabila nous mène directement à la guerre civile », a-t-il continué.

« Fatshi » et Katumbi ont prévu de poursuivre leur campagne commune auprès de l’UA et des organisations régionales. Objectif : démontrer qu’ils font toujours bloc contre Joseph Kabila.

Jeuneafrique.com

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Congo-Diaspora: le pouvoir de Brazzaville achète 750 billets du concert de Roga Roga

mai 24, 2018

La tenue du concert de Roga Roga à Paris est un défi particulier pour le pouvoir de Brazzaville, qui compte marquer un point au détriment de ses opposants de la place de Paris. Willy Etoka, JDO, Claudia Sassou ont acheté plus de 750 billets, qu’ils offrent aux ressortissants de la RCA, et à d’autres africains.

Si Roga Roga réussi à jouer au palais de congrès de Montreuil, le pouvoir de Brazzaville se lancera dans une compagne de communication le lendemain, contre les combattants et les opposants de Paris. » Peu importe que Roga joue devant même 10 personnes, pour nous, le plus important est qu’il joue » a confié un proche de l’artiste, manifestant par là que ce concert relève bien d’un enjeu politique. C’est dans cette optique que Willy Etoka et autres membres du pouvoir ont acheté plus de 750 tickets d’entrée qu’ils sont entrain d’offrir aux centrafricains, ivoiriens, camerounais, afin de montrer à la face du monde que la salle aura fait le plein.

Mais par ailleurs, la détermination des combattants de Paris à faire annuler le concert, a poussé Jean Dominique Okemba à se payer les services de Rostel Bakwa à coup de millions, pour sécuriser le dit événement. L’organisation de ce concert a été financée intégralement par les membres du pouvoir de Brazzaville, dans le seul but de faire taire les ardeurs des combattants de Paris, qui à leurs yeux en font trop. Rendez- vous le 26 mai au palais de congrès de Montreuil

Sacer-infos.com par Stany Franck

Burundi: référendum pour permettre à Nkurunziza de se maintenir au pouvoir

mai 15, 2018

Le président burundais Pierre Nkurunziza lors du lancement de la campagne pour le référendum constitutionnel, à Gitega le 2 mai 2018 / © AFP/Archives / STR

Les Burundais se prononcent jeudi par référendum sur une réforme de la Constitution qui pourrait permettre au président Pierre Nkurunziza de rester en place jusqu’en 2034, confortant ainsi un pouvoir de plus en plus autocratique.

Avec des opposants impuissants, en exil pour la plupart, sous la coupe d’un régime brutal pour les autres, il ne fait guère de doute que le texte qui permettrait à M. Nkurunziza, 54 ans et au pouvoir depuis 2005, de briguer deux mandats de sept ans à partir de 2020, sera adopté.

Quelque 4,8 millions d’électeurs, soit environ 40% de la population, voteront pour le « oui » ou le « non » (« Ego » et « Oya », en kirundi). Peu de voix devraient manquer à l’appel, car une peine d' »un à trois ans de prison » est prévue pour quiconque appellerait à l’abstention.

Comme depuis la candidature controversée en avril 2015 de M. Nkurunziza à un troisième mandat, qui a plongé le pays dans une crise politique ayant fait au moins 1.200 morts et plus de 400.000 réfugiés, la campagne pour le référendum a été marquée par les intimidations et la répression.

Le pouvoir a prévu un fort déploiement sécuritaire, par crainte que des groupes rebelles n’essaient de perturber la consultation. Des hommes armés non identifiés et aux motivations inconnues ont ainsi tué 26 personnes samedi dans le nord-ouest du pays.

Au total, 26 partis, pour beaucoup proches du parti au pouvoir CNDD-FDD, et la coalition d’indépendants Amizero y’Abarundi (« Espoir des Burundais ») ont été autorisés à faire campagne.

Le CNDD-FDD a défendu le « oui » pour soutenir « l’indépendance et la souveraineté du Burundi », et en expliquant que « le projet de Constitution est une émanation de la volonté populaire ».

– « Arrêt de mort » –

Le Cnared, la principale plateforme de l’opposition en exil, a appelé au boycott. A ses yeux, le texte, qui introduit des modifications d’ampleur, bouleverse l’architecture institutionnelle du pays, en signant « l’arrêt de mort » de l’Accord de paix d’Arusha.

Signé en 2000, il avait ouvert la voie à la fin de la guerre civile (plus de 300.000 morts entre 1993 et 2006), en instaurant un système de partage du pouvoir entre les deux principales ethnies, Hutu et Tutsi. Il spécifie qu’aucun président ne peut diriger le Burundi plus de 10 ans.

Les partis d’opposition intérieurs et Amizero y’Abarundi, conduite par le leader des ex-rebelles hutu des FNL, Agathon Rwasa, et représentée par cinq membres au gouvernement, sont aussi opposés à cette réforme.

Mais ils appellent à voter « non » plutôt qu’au boycott, par crainte de possibles représailles. Tous ont regretté de n’avoir reçu que très tardivement le texte définitif, officiellement publié le 8 mai seulement.

Populaire, M. Rwasa a réussi à mobiliser du monde, malgré l’arrestation de 30 de ses militants pendant la campagne. Lundi, « une véritable marée humaine » selon des journalistes sur place, a déferlé dans les rues de Gitega (centre), la deuxième ville du pays, pour son dernier meeting.

Le projet de révision a été critiqué par la communauté internationale, notamment l’Union africaine qui n’a pas envoyé d’observateurs. Les organisations de défense des droits de l’Homme ont également dénoncé la répression qui accompagne ce référendum et l’absence de réel débat démocratique.

– « Campagne de terreur » –

Le pouvoir « mène depuis fin 2017 une campagne de terreur pour contraindre les Burundais(es) à voter +oui+ », constate, dans un rapport publié mardi, la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), qui dénonce les enlèvements, meurtres, passages à tabac ou arrestations arbitraires d’opposants présumés.

Ceux-ci ont été décrits, au plus haut sommet même de l’État, comme des ennemis de la Nation. Cela a amené les évêques de l’influente Église catholique à dénoncer un climat de « peur » et à juger que « le moment n’est pas opportun » pour une telle modification de la Constitution.

Pour accentuer son contrôle, le régime a aussi multiplié les mesures de rétorsion à l’égard des médias. Les radios britannique BBC et américaine VOA ont ainsi été interdites de diffusion pendant six mois.

Pour nombre d’observateurs, cette réforme risque surtout de radicaliser les positions des uns et des autres et de rendre encore plus difficile un retour au dialogue que la Communauté des États d’Afrique de l’Est (EAC) tente péniblement de favoriser depuis des mois.

Remanier la Constitution pour se maintenir au pouvoir est une pratique populaire parmi les dirigeants africains et ceux de la région des Grands lacs en particulier.

Au Rwanda, Paul Kagame, homme fort du pays depuis 1994, a été réélu président en 2017 grâce à une semblable réforme. En Ouganda, la limite d’âge pour devenir président a été changée en 2017, pour permettre à Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986, de se représenter en 2021.

Romandie.com avec (©AFP / 15 mai 2018 16h17)                

Russie: l’opposant Navalny condamné à 30 jours de prison pour une manifestation non-autorisée

mai 15, 2018

L’opposant russe Alexeï Navalny lors de son arrivée au tribunal de Moscou le 15 mai 2018 / © AFP / Kirill KUDRYAVTSEV

Le principal opposant russe Alexeï Navalny a été condamné mardi à 30 jours de détention pour avoir organisé une manifestation non-autorisée et dispersée manu militari deux jours avant l’investiture de Vladimir Poutine.

M. Navalny « est reconnu coupable en vertu de l’article 20.2 (sur l’organisation de manifestation non-autorisées) et condamné à 30 jours de rétention administrative », a indiqué le juge Dmitri Gordeïev, après environ cinq heures d’audience.

L’opposant, dont le procès a débuté le 8 mai avant d’être reporté d’une semaine, devait être en outre jugé mardi pour avoir « désobéi aux forces de l’ordre ».

Coutumier des procès, M. Navalny, 41 ans, a multiplié ces derniers mois les manifestations pour faire pression sur le Kremlin, après avoir été déclaré inéligible à l’élection présidentielle du 18 mars, remportée sans surprise par Vladimir Poutine.

Sous le mot d’ordre « Il n’est pas notre tsar », l’opposant avait appelé le 5 mai dernier ses partisans à sortir dans les rues et des milliers de personnes ont manifesté dans de nombreuses villes du pays.

Alexeï Navalny avait été interpellé à Moscou lors d’une manifestation émaillée de heurts entre ses partisans et des personnes en treillis qui scandaient des slogans pro-Kremlin. La police avait dispersé le rassemblement en employant la force.

Ce procès intervient huit jours après l’investiture de Vladimir Poutine à la présidence de la Russie pour un quatrième mandat allant jusqu’en 2024, un quart de siècle après son arrivée au pouvoir.

La dernière interpellation d’Alexeï Navalny remonte à fin février, après une manifestation similaire en janvier, qui n’avait été sanctionnée par aucune condamnation.

En octobre, l’opposant avait été condamné à 20 jours de détention pour appels à des manifestations non autorisées.

Romandie.com avec (©AFP / 15 mai 2018 16h46)

Gabon: comment Ali Bongo a semé la zizanie dans l’opposition

mai 14, 2018

Le chef de l’État et le nouveau ministre Michel Menga M’Essone après sa prestation de serment, le 7 mai 2018. © DR

Les récentes nominations de Jean De Dieu Moukagni Iwangou et de Michel Menga M’Essone au gouvernement sont loin de faire l’unanimité au sein de l’opposition : si le premier se voit menacé d’éviction, le second a déjà été suspendu de ses fonctions de secrétaire général du mouvement Héritage et Modernité…

Le 4 mai, Jean De Dieu Moukagni Iwangou, président d’Union et Solidarité (US, opposition), séjournait à Bruxelles pour raison de santé quand son nom a été cité en tant que ministre d’État chargé de l’Enseignement supérieur, lors de la lecture à la télévision de la composition du nouveau gouvernement. En septembre 2015, cet ex-magistrat avait refusé de prendre le portefeuille de l’Agriculture. Soupçonnant un nouveau coup du pouvoir, l’état-major de son parti s’est précipité au téléphone pour l’en informer. « À quel poste ? » a-t-il rétorqué avant de feindre la perturbation du réseau cellulaire, de couper la communication puis de se rendre injoignable jusqu’à la prestation de serment du 7 mai.

Évictions au sommet

Mais cette fois-ci a malgré tout été la bonne : Moukagni a bel et bien rejoint le gouvernement. À la manœuvre, Brice Laccruche Alihanga, le directeur de cabinet du président, qui l’a rencontré début 2018 à Paris. Divisée, US est au bord de l’implosion. Alors que la majorité du bureau exécutif soutient la décision de Moukagni, la présidente des Jeunes de ce parti, Elsa Boukandou, et le vice-président, Anges Kevin Nzigou, assurent qu’ils feront tout pour l’évincer conformément aux statuts.

Michel Menga M’Essone a, quant à lui, informé le directoire du mouvement Héritage et Modernité de la proposition du Premier ministre, Emmanuel Issoze Ngondet, de le nommer au portefeuille de l’Habitat, avec le titre de ministre d’État.

À l’issue de deux jours de débats houleux, Menga a accepté le poste. Signe d’un embarras perceptible, le parti a mis deux jours à publier un communiqué ménageant la chèvre et le chou, qui n’exclut pas le politicien, mais le suspend de ses fonctions de secrétaire général. D’autant qu’Alexandre Barro Chambrier, le patron d’Héritage et Modernité, avait lui-même été approché par des émissaires du pouvoir, mais n’avait pas opposé un « non » catégorique…

Jeuneafrique.com

Mozambique: décès d’Afonso Dhlakama, chef du principal parti de l’opposition

mai 3, 2018

Maputo – Afonso Dhlakama, ancien guérillero et chef du principal parti d’opposition au Mozambique, la Renamo, est décédé à l’âge de 65 ans, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

Il a succombé à une crise cardiaque, ont déclaré à l’AFP plusieurs sources du parti, alors que la chaîne de télévision locale TIM a également annoncé son décès.

Pendant trente-neuf ans, Afonso Dhlakama a dirigé la Renamo qui a combattu le parti au pouvoir Frelimo jusqu’à la fin de la guerre civile en 1992, avant de devenir un parti d’opposition.

La Renamo avait toutefois repris les armes en 2013, dans le centre du pays, pour contester la mainmise du Frelimo, au pouvoir depuis l’indépendance de 1975.

Le décès d’Afonso Dhlakama intervient à un moment crucial pour le Mozambique, alors que le chef de l’opposition et le président Filipe Nyusi étaient en plein pourparlers de paix.

Fin 2016, Afonso Dhlakama, qui vivait retranché dans les montagnes de Gorongosa (centre) depuis 2013, avait proclamé un cessez-le-feu pour faire avancer des négociations avec le pouvoir. Cette trêve est depuis largement respectée, mais aucun accord formel n’a encore été signé entre les deux parties.

Des élections générales sont prévues en octobre 2019.

Romandie.com avec(©AFP / 03 mai 2018 17h46)                                            

Madagascar: l’opposition continue d’exiger la démission du président

avril 29, 2018

 

Les partisans de Andry Rajoelina, au début d’un rassemblement antigouvernemental à Antananarivo, à Madagascar, le samedi 31 janvier 2009. (photo d’illustration) © Jerome Delay/AP/SIPA

Plus d’un millier de partisans de l’opposition se sont à nouveau réunis samedi sur la place du 13-Mai, au cœur de la capitale malgache Antananarivo pour exiger la démission immédiate du président Hery Rajaonarimampianina.

Depuis une semaine, les adversaires du chef de l’État occupent la rue pour protester contre l’adoption récente de lois électorales qu’ils jugent partiales, à sept mois des scrutins présidentiel et législatifs prévus à la toute fin de l’année.

Saisie par des députés de l’opposition, la Haute cour constitutionnelle doit se prononcer sur ces textes rapidement.

Il y a une semaine, une première manifestation de l’opposition, interdite par les autorités, a dégénéré en graves affrontements avec les forces de l’ordre. Au moins 2 protestataires ont été tués et une quinzaine d’autres blessés par la police et l’armée, accusées d’avoir tiré à balles réelles sur le cortège.

Des représentants du parti du président et de l’opposition se sont rencontrés mercredi soir sous l’égide de l’Union africaine (UA) pour trouver une issue à la crise, sans résultat.

« Dégage Rajao assassin, espèce de dangereux killer », proclamait samedi une pancarte sur la place du 13-Mai.

« Il faut enlever de nos banderoles le titre président car pour nous, Rajao n’est plus un président de la République, à la place il faut y mettre Rajao ressort », a lancé sous les applaudissements à la foule un député d’opposition, Lanto Rakotomanga.

Demande de destitution

L’opposition a déposé devant la Haute cour constitutionnelle une demande de destitution de Hery Rajaonarimampianina.

Les manifestations quotidiennes qui agitent Antananarivo depuis une semaine constitue la première fronde sérieuse visant le chef de l’État depuis son élection fin 2013.

Hery Rajaonarimampianina n’a pas encore annoncé s’il allait briguer un second mandat à la fin de l’année mais ses deux principaux opposants, Marc Ravalomanana, président de 2002 à 2009, et Andry Rajoelina, au pouvoir de 2009 à 2014, ont déjà laissé entendre qu’ils étaient prêts à se lancer.

Ces deux anciens ennemis font aujourd’hui cause commune contre le régime en place.

Jeuneafrique.com

Port de Conakry: quand l’affaire Bolloré rebondit en Guinée

avril 29, 2018

 

Alpha Condé (Guinée), président de la République à Paris, le 30 juin 2012. © Vincent Fournier/Jeune Afrique

La mise en examen de Vincent Bolloré a relancé la controverse autour de la concession du terminal à conteneurs du port de Conakry. Tandis que l’opposition en fait son miel, l’entourage du président Alpha Condé conteste le scénario privilégié par les juges d’instruction français.

Après plusieurs années de procédures, d’Abidjan à Paris, on pensait l’affaire éteinte. Mais la mise en examen de Vincent Bolloré par les juges français Serge Tournaire et Aude Buresi, au terme de 48 heures de garde à vue, a remis au cœur de l’actualité guinéenne le dossier controversé du terminal à conteneurs du port de Conakry.

À peine l’information connue, Cellou Dalein Diallo, le leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG, opposition), s’en emparait : « Beaucoup de personnes émettaient des doutes sur les conditions de l’octroi du terminal à conteneurs de Conakry […]. Mais M. Alpha Condé avait assumé en disant que [Vincent Bolloré est] son ami, et qu’il préférait ses amis. Et malheureusement, c’est la même pratique qui continue depuis qu’il est au pouvoir, avec l’octroi des grands marchés à des amis. Il n’y a jamais d’appels d’offres ! », déclarait-il à RFI le 25 avril.

Déjà, l’opposition guinéenne réclame la mise sur pieds d’une commission d’enquête parlementaire. Du côté gouvernemental, on s’abstient, pour l’heure, de commenter l’affaire publiquement. « Nous collaborerons avec la justice française », se limite à expliquer Cheikh Sakho, le ministre de la Justice, contacté par Jeune Afrique.

Saga judiciaire

Sensible, l’affaire remonte à mars 2011, trois mois à peine après la première élection d’Alpha Condé. Les employés de la société Getma, la filiale du groupe Necotrans (aujourd’hui en liquidation judiciaire) qui avait obtenu trois ans plus tôt la concession du terminal à conteneurs du port de Conakry, sont délogés par l’armée suite à un décret présidentiel. Dans la foulée, les autorités guinéennes accordent la concession du terminal tant convoité à Bolloré, arrivé en deuxième position lors de l’appel d’offres lancé en 2008.

S’ensuivra une saga judiciaire de plusieurs années entre Necotrans, l’État guinéen et le groupe Bolloré qui donnera lieu à des décisions successives de la Cour commune de justice et d’arbitrage (CCJA) de l’Ohada, du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (Cirdi, l’instance arbitrale de la Banque mondiale) mais aussi de la justice française.

À l’arrivée, une victoire en demie teinte pour Necotrans, qui voit partiellement reconnu le caractère « irrégulier » de son éviction mais pas le préjudice financier qu’invoquent ses avocats.

Un bilan mitigé, qui incite Cheikh Sakho à considérer que la victoire est guinéenne. « Nous avons eu gain de cause devant la CCJA [théoriquement seule compétente en matière arbitrale]. Même s’il s’agissait d’une question de forme, il faut savoir qu’en droit, la forme tient le fond. »

Reste que dans sa décision de première instance, la Cour d’Abidjan avait donné gain de cause, sur le fond, à Nécotrans. Le Cirdi et la justice française aussi.

A Conakry , le terminal à conteneurs est géré depuis 2011 par Bolloré Africa Logistics. © Vincent Fournier/JA

En revanche, la plainte introduite par le groupe Necotrans en 2013, dans laquelle celui-ci accusait notamment Vincent Bolloré d’avoir « financé la campagne électorale d’Alpha Condé » via l’agence de communication Euro RSCG, avait été classée sans suite par le Parquet.

Par la suite, le concurrent du groupe Bolloré ira de Charybde en Scylla. En novembre 2016, il préfère jeter l’éponge et mettre un terme à ses revendications judiciaires pour fumer le calumet de la paix avec le rival qui l’a supplanté à Conakry.

Quelques mois plus tard, Necotrans périclite et se retrouve placé en liquidation judiciaire. Une partie de ses actifs seront rachetés – à vil prix, selon certains observateurs – par Bolloré.

Rétif aux communicants

Alors qu’on pensait en avoir atteint l’épilogue, le contentieux vient donc de ressurgir à l’improviste avec la mise en examen de Vincent Bolloré et de deux de ses collaborateurs, Gilles Alix et Jean-Philippe Dorent.

Les magistrats parisiens, si l’on en croit les fuites publiées par le quotidien parisien Le Monde, disposeraient d’un lot de précieux documents dénichés lors d’une perquisition dans les locaux du groupe. Aude Buresi et Serge Tournaire soupçonnent que des prestations fournies au candidat Alpha Condé par Havas Worldwide (ex-Euro RSCG) – une filiale à 60 % de Bolloré – auraient pu être rétribuées en retour, une fois celui-ci élu président, par le sacrifice de Necotrans au profit de Bolloré.

Côté guinéen, si Alpha Condé ne s’est pas encore exprimé officiellement, son entourage n’est pas avare de confidences. Au palais de Sékoutouréya, on se montre catégorique : « Il n’y a jamais eu de contrat de communication entre Havas et Alpha Condé pour la campagne de 2010, ni d’ailleurs pour celle de 2015. Ce dernier avait sa propre équipe de campagne, et il s’est toujours montré rétif aux grandes agences de communication. »

Des documents démontreraient pourtant, dans les comptes du groupe Bolloré, des factures problématiques entre filiales. En l’occurrence, des prestations sous-facturées dont Alpha Condé aurait bénéficié pour sa campagne de 2010.

« Vincent Bolloré, qui connaissait Alpha Condé depuis l’époque où ce dernier travaillait pour Sucden, dans les années 1980, a effectivement voulu placer Jean-Philippe Dorent [responsable du pôle international de Havas] à ses côtés pour la campagne de 2010, explique une source à la présidence. Mais Dorent n’a séjourné à Conakry que pendant 48 heures, pour une session de media training du candidat qui a vite tourné court », affirme-t-on à la présidence guinéenne.

Ce livre d’entretiens a bien été pris en charge par Bolloré, à titre amical

Quant à la facilitation par Dorent d’un livre d’entretiens entre Alpha Condé et le journaliste Jean Bothorel, Un Africain engagé (Editions Jean Picollec), la présidence la confirme : « Ce livre a bien été pris en charge par Bolloré, à titre amical. » Mais selon notre source, « ces deux  »prestations » n’ont eu aucun effet sur la campagne ni sur l’élection d’Alpha Condé ». A Conakry, on affirme d’ailleurs avoir chargé l’avocat sénégalais Boucounta Diallo de préparer une plainte en dénonciation calomnieuse, à la demande d’Alpha Condé.

Selon l’entourage présidentiel, le remplacement de Getma par Bolloré ne doit rien à une quelconque faveur. Le groupe Necotrans, dirigé par Richard Talbot, disposait alors de deux « lobbyistes » de poids, très introduits à Conakry : Pierre-André Wiltzer, ancien ministre français de la Coopération et ex-conseiller de la présidence du groupe, par ailleurs ami d’Alpha Condé depuis leurs études en France ; et l’ex-président burkinabè Blaise Compaoré, lui aussi proche de son homologue guinéen.

À l’origine de la rupture, affirme-t-on à Sékoutoureya, les manquements de Getma. « L’entreprise, qui n’avait ni l’expertise ni l’envergure requises, a obtenu la concession en 2008 dans des conditions discutables. Par la suite, elle n’a procédé à aucun des investissements nécessaires, suscitant la grogne des employés du port. »

Avant Alpha Condé, pour cette raison, l’ex-président Lansana Conté puis l’officier Moussa Dadis Camara auraient, eux aussi, envisagé de rompre unilatéralement le contrat de concession. À la veille de son sacre présidentiel, Alpha Condé aurait d’ailleurs averti Blaise Compaoré de ses intentions : « Si je suis élu, je chasserai Getma. »

Retour d’ascenseur ?

Une version que récuse Pierre-André Wiltzer. Longuement interrogé par RFI le 27 avril, celui-ci allait jusqu’à qualifier l’opération de « hold-up », soutenant n’avoir jamais reçu d’explications convaincantes des autorités guinéennes : « C’est un arrangement qui s’est fait indépendamment de toute règle commerciale et juridique. C’est vraiment le fait du prince absolu, et sans explication », martelait-il.

Selon l’ancien conseiller de Necotrans, le président guinéen aurait en fait renvoyé l’ascenseur à Vincent Bolloré, son ami et… ancien mécène : « Alpha Condé avait été aidé pendant des années et des années, à l’époque où il était un opposant en Guinée », affirmait-il.

Mais Conakry conteste ce scénario : « Le président Condé n’a pas procédé à un nouvel appel d’offres car il y avait urgence à redémarrer les activités du terminal. Il a donc appliqué la règle du deuxième mieux-disant au profit de Bolloré. Si Maersk était arrivé second en 2008, nous aurions pris Maersk. »

De son côté, dans une tribune publiée ce 29 avril dans l’hebdomadaire français Le Journal du dimanche, Vincent Bolloré affirme regretter que le continent africain  soit « appréhendé comme une terre de non-gouvernance, voire de corruption ».

Et de s’interroger : « Comment imaginer que des dépenses de communication de quelques centaines de milliers d’euros, comptabilisées en toute transparence […], aient déterminé des investissements de centaines de millions d’euros pour des opérations portuaires où l’exigence technique est considérable, et obtenus à l’occasion d’appels d’offres internationaux ? »

Jeuneafrique.com par

Manifestations au Nicaragua: plus de 20 morts, selon une ONG

avril 22, 2018

Affrontements entre étudiants et la police antiémeute à Managua, le 21 avril 2018 / © AFP / INTI OCON

Les violentes manifestations contre une réforme des retraites ont fait plus de vingt morts au Nicaragua, a affirmé dimanche l’ONG Centre nicaraguayen des droits de l’homme (Cenidh).

Ces manifestations ont commencé mercredi dans plusieurs villes du pays. Elles rassemblent des opposants à une réforme du gouvernement du président Daniel Ortega visant à augmenter les contributions des employeurs comme des salariés et à réduire de 5% le montant des retraites pour réduire le déficit de la Sécurité sociale.

« Nous estimons que le nombre de morts dépasse vingt, mais nous sommes en train de vérifier car il y a beaucoup de désinformation. La situation est vraiment grave et réduit nos possibilités de confirmer », a déclaré à l’AFP la présidente du Cenidh, Vilma Nuñez.

Sollicités par l’AFP pour confirmer ce chiffre, ni le gouvernement, ni la police n’ont répondu. Le dernier bilan officiel faisait état de dix morts vendredi, tandis que quotidien La Prensa a fait état de plus de 30 morts, mais sans citer de source.

Samedi soir, de nouveaux affrontements entre jeunes manifestants et policiers antiémeutes ont éclaté à Managua après un discours télévisé du président Ortega. Les protestataires ont dressé des barricades dans les rues et lancé des pierres sur les policiers qui ont riposté à l’aide de gaz lacrymogènes.

Un caméraman nicaraguayen, Miguel Ángel Gahona, est décédé samedi dans la ville de Bluefields (est), après avoir été touché par des balles alors qu’il tournait des images d’affrontements entre manifestants et policiers, ont indiqué des sources syndicales.

Selon un communiqué officiel, un policier de 33 ans a été également été tué par un coup de feu dans le secteur de l’Université Polytechnique (UPOLI) à Managua.

Les opposants à la réforme des retraites ont annoncé une nouvelle marche en direction de l’UPOLI, point névralgique de la contestation, où des centaines d’étudiants se sont retranchés.

Il s’agit des manifestations les plus violentes au Nicaragua depuis l’arrivée au pouvoir de Daniel Ortega il y a onze ans.

Le président a lancé samedi un appel au dialogue, mais a affirmé que les manifestations étaient soutenues par des groupes politiques opposés à son gouvernement et financés par des organisation extrémistes des Etats-Unis, sans toutefois les identifier.

Leur but est de « semer la terreur, semer l’insécurité », « détruire l’image du Nicaragua » après « onze ans de paix » afin de « prendre le pouvoir », a-t-il martelé à la télévision nationale.

Romandie.com avec(©AFP / 22 avril 2018 16h51)                

Madagascar: un tué, 16 blessés au cours d’une manifestation de l’opposition (hôpital)

avril 21, 2018

Antananarivo – Une personne a été tuée et 16 blessées samedi dans Antananarivo au cours de violences entre policiers et des milliers d’opposants à une nouvelle loi électorale, à quelques mois d’un scrutin général.

« Nous avons reçu 17 blessés aujourd’hui, l’un d’eux a depuis succombé », a déclaré à l’AFP Olivat Alison Aimée Rakoto, chef de l’hôpital HJRA d’Antananarivo.

La manifestation avait été interdite mardi par les autorités locales et les forces de l’ordre ont tiré des gaz lacrymogènes contre les manifestants qui ont répliqué en lançant des pierres, a constaté un journaliste de l’AFP.

L’opposition avait déclaré vouloir maintenir son initiative pour protester contre « l’adoption scandaleuse de trois lois électorales » début avril par le Parlement.

L’opposition accuse le régime du président Hery Rajaonarimampianina de vouloir la museler, à quelques mois des élections présidentielle et législatives prévues pour la fin de l’année.

Romandie.com avec(©AFP / 21 avril 2018 14h08)