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RDC – Mokonda Bonza: « Beaucoup d’opposants, peu de vision politique »

janvier 5, 2018

 

Le sénateur congolais Mokonda Bonza, leader de la Convention des chrétiens démocrates (CDC) et ancien directeur de cabinet de Mobutu, le 15 décembre 2017 à Paris. © Vincent Fournier/J.A.

Au moment où l’Église catholique congolaise semble avoir pris le relais de la contestation anti-Kabila, le sénateur Florentin Mokonda Bonza, ancien directeur de cabinet de Mobutu, pose son diagnostic de la classe politique de la RDC. Sans fard ni artifice.

À Kinshasa, tout le monde connaît son franc-parler. Lors de son récent passage à Paris pour des « contacts d’ordre privé », le sénateur congolais Florentin Mokonda Bonza n’a pas non plus retenu ses coups lorsqu’il est revenu pour Jeune Afrique sur la crise politique qui perdure en RDC : opposants ou membres de la coalition au pouvoir, l’ancien directeur du cabinet du président Mobutu Sese Seko n’a épargné personne.

Des pourparlers successifs n’ont pas permis au pays de se tirer de l’impasse politique due, principalement, à la non organisation des élections dans les délais constitutionnels en 2016. Inversement, beaucoup d’acteurs politiques, dans les deux camps, y ont laissé leur crédibilité.

En conséquence, d’un côté, l’opposition peine de plus en plus à mobiliser la rue, de l’autre, la coalition au pouvoir ne parvient pas à convaincre les citoyens de sa bonne foi. C’est finalement l’Église catholique, à travers un Comité laïc de coordination lancé en novembre et adoubé par le cardinal Laurent Monsengwo, archevêque de Kinshasa, qui se met débout pour exiger l’application du compromis politique signé le 31 décembre 2016.

Oui, il faut que Kabila parte, mais qu’est-ce que vous faites après ?

Jeune Afrique : L’opposition congolaise est-elle encore aujourd’hui à la hauteur des enjeux ?

Mokonda Bonza : En RDC, nous créons des partis, mais nous n’avons pas des programmes. C’ est le grand problème de la classe politique congolaise. Beaucoup d’opposants, peu de vision politique. Trop souvent, des formations politiques naissent avec le seul espoir de participer au partage de pouvoir à l’issue des pourparlers et autres négociations. C’est en effet de cette manière qu’on devient membre du gouvernement ou du conseil d’administration d’une entreprise publique en RDC.

Nous avons des problèmes sérieux au sein de l’opposition. Nous sommes tous des opposants certes, mais rares sont ceux qui détiennent un projet de société, un programme. Beaucoup d’entre nous se contentent de clamer « Kabila doit partir! ». Comme ce fut déjà le cas à l’époque de Mobutu. Oui, il faut que Kabila parte, mais qu’est-ce que vous faites après ? Trop peu poussent la réflexion ou la stratégie jusqu’à ce niveau.

Quelle marge de manœuvre reste-t-elle à l’opposition congolaise ?

Nous qui nous réclamons de l’opposition, nous avons le devoir de nous unir. Nous mettre ensemble pour faire pression sur le pouvoir, pour que la Constitution soit respectée et que des élections soient réellement organisées. Il n’est pas forcément nécessaire de créer un méga regroupement. L’essentiel, c’est de parler d’un même langage et poursuivre les mêmes objectifs.

Il y a quelques efforts dans ce sens, mais nous devons les poursuivre. Moi-même, en septembre déjà, je lançais un appel pour l’unité de l’opposition. Je reste convaincu que la lutte pour une vraie alternance démocratique en RDC requiert la mise en commun des énergies de toutes les forces politiques et sociales, sans exclusive.

Des électeurs congolais attendent de voter, lors de la présidentielle de 2011 à Kinshasa. © JEROME DELAY/AP/SIPA

L’objectif poursuivi par le camp de Kabila est celui de parvenir à créer un parti unique

Pour des élections législatives à venir, il faudra désormais atteindre ou dépasser 1 % du nombre total de suffrages valablement exprimés pour qu’une liste de partis ou de regroupements politiques puisse espérer obtenir une part de la répartition des sièges. Pourquoi ce « seuil de représentativité » continue-t-il à diviser la classe politique ?

Cette innovation divise parce qu’elle vient changer les règles du jeu au moment d’aller aux élections. Et ce n’est pas la première fois. En 2011, le président Joseph Kabila avait déjà utilisé sa majorité au Parlement pour modifier la Constitution, faisant passer le scrutin présidentiel de deux à un tour.

Faut-il aussi rappeler que c’est bien un avant-projet de loi que le gouvernement avait déposé à l’Assemblée nationale alors qu’il devait présenter un projet de loi débattu et adopté en conseil des ministres.

De fait, avec l’introduction de ce seuil de représentativité, l’objectif poursuivi par le camp de Kabila est celui de parvenir à créer un parti unique. Et c’est dans ce même esprit que la majorité au pouvoir tente d’imposer des machines à voter pour les prochaines élections. Dans un pays où beaucoup, dans des villages, ne savent pas utiliser des Smartphones…

Joseph Kabila, président de la RDC, à la tribune des Nations unies le 23 septembre 2017 © Craig Ruttle/AP/SIPA

Je ne crois pas à la tenue des élections en décembre 2018. Joseph Kabila n’inspire pas confiance

Dans le camp du président Kabila, on rétorque que c’est un procès d’intention…

C’est ce qu’il a toujours dit. On finit toujours par se rendre compte que ce n’est pas un procès d’intention mais que l’intention est bien réelle. Tenez, bien avant décembre 2016, nous soupçonnions déjà le pouvoir de ne pas vouloir organiser les élections. Il rétorquait : « Procès d’intention. » Plus d’une année plus tard, les scrutins ne sont toujours pas organisés.

Autrement dit, vous ne croyez pas non plus à la volonté du pouvoir de conduire le pays aux élections d’ici décembre 2018, comme prévu dans le calendrier électoral…

Je ne crois pas à la tenue des élections en décembre 2018. La raison est simple : Joseph Kabila n’inspire pas confiance. Or c’est lui le vrai maître du jeu. J’aurais bien voulu croire à l’organisation des élections cette année, mais compte tenu de ce que nous avons vécu dans le passé, je n’y crois pas. La stratégie de Kabila consiste à faire traîner les choses en longueur et d’empêcher ainsi la tenue des scrutins.

Aujourd’hui, le régime, avec un budget de quelque 4 ou 5 milliards de dollars, prétend pouvoir financer seul les élections dont le coût est estimé à 432 millions de dollars par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).

Va-t-il réellement concentrer 10 % de ce budget à l’organisation des scrutins prévus en décembre ? Je n’y crois pas. Il est certain qu’arrivera un moment où le gouvernement dira qu’il n’a pas pu mobiliser les moyens financiers nécessaires. D’ailleurs le ministre du Budget l’avait déjà laissé entendre il y a quelques mois.

Si la présidentielle se tient en décembre, serez-vous candidat comme lors de la présidentielle de 2006 ?

C’est envisageable. Pour l’instant, rien n’est encore décidé. Une élection se prépare. Il faut d’abord réunir les moyens et mobiliser les compatriotes autour d’un programme. Cette vue d’ensemble est nécessaire avant de se décider de se jeter à l’eau, ou pas.

L’hypothèse de s’aligner derrière un autre candidat serait-elle aussi envisageable ?

« Il ne faut pas dire, fontaine, je ne boirai pas de ton eau. » Au niveau de mon parti, la Convention des démocrates chrétiens (CDC) et de la la plateforme Nouvelle initiative pour le Congo (NIC) que je dirige, nous ne pouvons soutenir un candidat que s’il a une vision politique, un programme.

Nous, à la NIC, nous avons un programme mis sur la place publique depuis avril 2016. Et nous avons une vision pour reconstruire le Congo.

Jeuneafrique.com par Trésor Kibangula

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Togo: dizaines de milliers de manifestants dans les rues de Lomé

décembre 30, 2017

Lomé – Des dizaines de milliers de personnes sont à nouveau descendues dans les rues de Lomé samedi, avant-dernier jour d’une année tourmentée au Togo, pour protester contre le régime du président Faure Gnassingbé, a constaté un journaliste de l’AFP.

A l’appel de la coalition des 14 partis politiques de l’opposition, les manifestants ont sillonné plusieurs artères de la capitale togolaise, scandant des slogans hostiles au régime en place, avant de tenir un meeting en bordure de mer.

Jean-Pierre Fabre, chef de file de l’opposition et Brigitte Adjamagbo-Johnson, coordonnatrice de la coalition, marchaient au milieu du cortège, encadré par les forces de l’ordre.

« Nous ne serons jamais fatigués. Cette fois-ci, nous irons jusqu’au bout de cette lutte que nous avons entamée depuis plusieurs mois », a lancé au milieu d’un groupe de jeunes manifestants, Alain, conducteur de taxi-moto.

« Personne ne baissera les bras, car nous voyons déjà la fin de ce régime cinquantenaire », a renchéri une manifestante, vêtue d’un tee-shirt orange, frappé de l’effigie de M. Fabre.

Aucun incident n’a été enregistré lors de cette nouvelle manifestation de l’opposition, la troisième cette semaine. Jeudi, la marche avait été dispersée par des gaz lacrymogènes, les manifestants n’ayant pas respecté l’itinéraire prévu, selon la police.

Au moins 12 personnes avaient été blessées, dont cinq grièvement, et une quinzaine arrêtées, selon l’opposition.

La coalition de l’opposition organise depuis septembre des manifestations quasi hebdomadaires contre le président, héritier d’une famille au pouvoir depuis 50 ans.

Faure Gnassingbé est à la tête du Togo depuis 2005, succédant à son père, le général Gnassingbé Eyadéma, qui a dirigé sans partage le pays pendant 38 ans.

Un projet de révision de la constitution est en cours, mais la limitation à deux mandats présidentiels n’est pas rétroactive, et autoriserait le président à se représenter en 2020 puis en 2025, ce que rejette l’opposition.

Plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, inquiets de l’instabilité que peut engendrer la crise togolaise, ont demandé des pourparlers entre le pouvoir et l’opposition, sous la médiation du président ghanéen Nana Akufo-Addo et guinéen Alpha Condé.

Mais le dialogue annoncé depuis début novembre par le gouvernement, peine à démarrer.

L’opposition exige des « mesures d’apaisement » notamment la libération des manifestants en prison et le retrait des forces de sécurité dans le Nord, avant le début des discussions.

Le 12 décembre, la coalition a boycotté des « consultation » initiées par le gouvernement, reprochant au pouvoir en place de vouloir être juge et partie.

Une délégation de l’opposition a été reçue vendredi à Accra par le président Nana Akufo-Addo.

« Nous avons rencontré le président ghanéen et ce dernier nous a affirmé que les deux médiations (ghanéenne et guinéenne) se poursuivent », a déclaré Jean-Pierre Fabre à l’AFP.

« Au lendemain du sommet de la Cédéao, le pouvoir a tenté de distiller au sein de la population des informations selon lesquelles les Togolais sont suffisamment mûrs pour discuter entre eux. Le niveau atteint par la crise exclut toute discussion des Togolais entre eux », a-t-il martelé.

Romandie.com avec(©AFP / 30 décembre 2017 19h49)

RDC: marches des chrétiens ou comment (re)faire bloc contre Kabila

décembre 30, 2017

À Kinshasa, des partisans de l’opposition se déplacent pour accueillir Étienne Tshisekedi, aujourd’hui décédé, le 27 juillet 2016. © John Bompengo/AP/SIPA

Par une lettre d’information parvenue jeudi à l’Hôtel de ville de Kinshasa, le comité laïc de coordination de l’Église catholique confirme la tenue dimanche des marches chrétiennes à travers la RDC pour réclamer la « mise en oeuvre intégrale » de l’accord de la Saint-Sylvestre. La démarche est soutenue par plusieurs forces politiques et sociales anti-Kabila.

Même des acteurs inattendus répondent présents à l’appel. C’est le cas, ce jeudi 28 décembre, des Progressistes de l’ancien Premier ministre Samy Badibanga (décembre 2016 – avril 2017). Cet ancien proche collaborateur de l’opposant historique Étienne Tshisekedi, aujourd’hui décédé, s’était pourtant rapproché du régime du président Joseph Kabila, à la sortie des pourparlers politiques de fin 2016. Il s’affiche désormais dans le camp opposé. « Il est de notre devoir en tant que citoyens et leaders politiques de dénoncer toutes situations portant atteinte à la Constitution et à l’avancement de la nation congolaise », estime le député, invitant « [ses] militants à participer massivement » aux marches des chrétiens prévues le dimanche 31 décembre à travers le pays.

Dans la capitale congolaise, « pendant la journée du dimanche prochain, 31 décembre, les chrétiens de la ville de Kinshasa marcheront pacifiquement à partir de différentes paroisses afin d’exiger des parties prenantes la mise en oeuvre intégrale et de bonne foi de l’accord politique global et inclusif du Centre interdiocésain de Kinshasa, signé le 31 décembre 2016 ».

Réclamons haut et fort cet avenir meilleur en répondant massivement à l’appel

Ce compromis prévoyait une « période préélectorale » gérée de manière consensuelle entre la majorité au pouvoir et le Rassemblement de l’opposition congolaise. Une année plus tard, le texte souffre d’une application biaisée. Des évêques catholiques, alors médiateurs des pourparlers, n’ont cessé de dénoncer des « entorses » à sa mise en œuvre.

Kamerhe, Tshisekedi fils, Katumbi… l’opposition refait bloc

Face à un pouvoir qui ne veut rien lâcher, l’opposition congolaise resserre les rangs. L’insaisissable Vital Kamerhe a pris, de nouveau, ses distances avec le pouvoir de Kabila. Lui qui avait pourtant, il y a peu, autorisé ses lieutenants de l’Union pour la nation congolaise (UNC) à prendre part au gouvernement mis en place à l’issue des négociations politiques.

Floué, il a repris contact avec Félix Tshisekedi et Moïse Katumbi, deux figures du Rassemblement. Un cliché largement partagé mi-décembre sur les réseaux sociaux. Comme pour immortaliser le premier pas du retour au bercail du fils prodigue.

Quelques semaines plus tôt, en signe de bonne foi, Vital Kamerhe s’était même séparé de son ancien conseiller et ami, Pierre Kangudia, qui a refusé de démissionner du gouvernement. À Kinshasa où il se trouve depuis le 17 décembre, après un bref séjour à Bruxelles et à Paris, l’ancien président de l’Assemblée nationale mobilise ses partisans pour la marche des chrétiens. Comme le fait également Félix Tshisekedi, président du Rassemblement, ou Martin Fayulu, candidat déclaré à la présidentielle et très engagé sur le terrain.

Depuis son exil à Bruxelles, Moïse Katumbi soutient aussi la démarche. « Ce 31 décembre 2017, il nous appartient de prendre notre destin en main ! Réclamons haut et fort cet avenir meilleur en répondant massivement à l’appel du comité laïc de coordination de l’Église catholique », a-t-il indiqué dans une déclaration rendue publique mercredi 27 décembre.

La Lucha ne fait pas bande à part

Des mouvements citoyens clament également leur adhésion aux marches des chrétiens. La Lutte pour le changement (Lucha), très actif dans l’est du pays, a même décidé d’annuler ses triples manifestations anti-Kabila, initialement prévues les 28, 29 et 30 décembre. « Nous avons eu une concertation avec le comité des laïcs catholiques et nous nous sommes convenus de tout ramener au 31 décembre », confirme à Jeune Afrique Fred Bauma, l’un de ses leaders.

Nous ne sommes pas vos ennemis !

Même son de cloche du côté des Congolais debout. « L’heure est venue de faire échec à M. Joseph Kabila, ainsi qu’à son régime de prédation, qui ne règne que par la ruse, la corruption et la répression sur le peuple congolais », dénonce l’homme d’affaires Sindika Dokolo, initiateur du mouvement, qui appelle aussi ses militants à participer aux marches annoncées.

« Action de déstabilisation des institutions » ?

Dans le camp d’en face, on crie déjà à « l’insurrection » et on appelle les forces de l’ordre et de sécurité à prendre leurs dispositions. « Il n’y a aucune marche organisée : il s’agit d’une action de déstabilisation des institutions », peste dans un forum privé un responsable du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), formation politique de Kabila.

Décidément, le bloc anti-Kabila ainsi reconstitué n’est pas du goût de tout le monde. Les risques de dérapage ne sont donc pas exclus. Sous Mobutu, le 16 février 1992, la marche des chrétiens réclamant la réouverture de la Conférence nationale souveraine, avait été réprimée dans le sang. Presque vingt-six ans plus tard, les organisateurs de ces nouvelles manifestations appellent policiers et militaires à la retenue. « Nous ne sommes pas vos ennemis ! » clament-ils.

Jeuneafrique.com par

RDC: un prêtre opposé au maintien de Kabila entendu par le parquet

décembre 27, 2017

Kinshasa – Le doyen des curés de Kinshasa a été entendu mercredi par la justice pour avoir appelé les prêtres de la capitale de la République démocratique du Congo à sonner les cloches pendant 15 minutes toutes les semaines afin d’exiger le départ du président Joseph Kabila.

« L’abbé Vincent Tshomba a été entendu par un magistrat du parquet de Kalamu pendant trois heures », a déclaré à l’AFP l’un de ses avocats, Me Georges Kapiamba. L’interrogatoire a tourné autour « de prétendus tapages nocturnes ».

Dans une plainte l’avocat d’Unana, un petit parti proche de la majorité, a écrit qu’un de ses cadres souffre de problèmes cardiaques provoqués par « des nuisances sonores » des cloches d’une paroisse catholique du centre de Kinshasa. Le parquet prévoit une confrontation entre les parties pour vendredi.

Début décembre, l’abbé Tshomba, curé d’une paroisse d’un quartier populaire du centre-ville, avait demandé aux prêtres de la capitale de sonner les cloches de leurs églises chaque jeudi pendant 15 minutes à partir de 21h00 (20h00 GMT).

Il avait pour objectif d’exiger l’application de l’accord du 31 décembre 2016 conclu par la majorité et l’opposition sous la médiation des évêques catholiques.

Cet accord prévoit la tenue de la présidentielle au plus tard « fin 2017 » et doit aboutir au départ du président Kabila, dont le mandat a expiré le 20 décembre 2016.

La Constitution lui interdit de se représenter, mais l’autorise à rester au pouvoir jusqu’à l’élection de son successeur.

Les jeudis 14 et 21 décembre, la majorité des paroisses catholiques avaient fait sonner les cloches. Au même moment, dans la majorité des quartiers de Kinshasa, la population se livrait à un concert des casseroles, de sifflets, de vuvuzela et de klaxons.

De son côté, le 17 décembre, un comité de laïcs catholiques a invité la population à une marche le 31 décembre 2017 « pour libérer l’avenir du Congo », estimant que les autorités n’ont pas répondu aux « conditions préalables » à l’organisation d’élections « réellement crédibles ».

Plusieurs partis d’opposition ont apporté leur soutien à cet appel, dont le Mouvement de libération du Congo (MLC) de l’ancien vice-président de la République, Jean-Pierre Bemba.

Le MLC a fustigé « la confusion créée par le calendrier électoral indigeste » qui prévoit la tenue de la présidentielle le 23 décembre 2018.

Jean-Pierre Bemba est détenu aux Pays-Bas où il a été condamné à 18 ans de prison par la CPI en juin 2016 pour la vague de meurtres et de viols commis par sa milice entre octobre 2002 et mars 2003, en Centrafrique.

Romandie.com avec(©AFP / 27 décembre 2017 18h44)                   

Honduras: l’opposition veut faire annuler la réélection d’Hernandez

décembre 27, 2017

Manuel Zelaya, leader de l’opposition hondurienne, le 22 décembre 2017 à Tegucigalpa / © AFP/Archives / ORLANDO SIERRA

L’opposition hondurienne a annoncé mercredi avoir déposé un recours pour « fraude » devant l’autorité électorale pour demander l’annulation de la réélection du président conservateur Juan Orlando Hernandez, vivement contestée dans le pays.

Le candidat de l’opposition Salvador Nasralla avait pourtant annoncé vendredi qu’il renonçait à disputer la victoire au chef de l’Etat sortant, après les félicitations de Washington à ce dernier.

C’est Manuel Zelaya, le coordonnateur de l’Alliance d’opposition à la dictature (gauche) qui a déposé le recours dans la nuit de mardi à mercredi, dénonçant la « fraude dans le décompte des voix et la falsification des procès-verbaux ».

Malgré son annonce de retrait, Salvador Nasralla, s’est a nouveau réuni avec Manuel Zelaya pour mettre en place une stratégie de mobilisation en cas de rejet du recours. Deux précédents recours de l’opposition ont déjà été rejetés par le Tribunal suprême électoral (TSE).

Le président Hernandez, 49 ans, a été officiellement déclaré vainqueur du scrutin du 26 novembre avec 42,95% de voix contre 41,42% à Nasralla, un populaire animateur de télévision de 64 ans, sans expérience politique.

A l’issue du scrutin, lors de la publication de résultats partiels portant sur 57% des bulletins, M. Nasralla était apparu avec une nette avance sur son adversaire. Mais M. Hernandez avait pris l’avantage après une série d’interruptions dans le système de comptage du TSE.

Après la proclamation officielle du TSE, des opposants ont bloqué des rues à travers le Honduras durant plusieurs jours et ont affronté les policiers et les militaires qui ont utilisé du gaz lacrymogène pour les disperser.

Selon le recours de M. Zelaya, 34 personnes ont été tuées au cours de ces manifestations.

Une douzaine de pays, dont les Etats-Unis, ont reconnu Hernandez comme président élu.

L’ONU et la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) ont elles condamné « l’usage excessif de la force utilisée pour disperser les manifestations » qui ont « conduit à la mort de 12 manifestants », et les brutalités commises sur les manifestants arrêtés.

Romandie.com avec(©AFP / 27 décembre 2017 15h42)

Les manifestations s’intensifient au Honduras après la réélection du président

décembre 18, 2017

Un manifestant court au milieu de gaz lacrymogènes à Tegucigalpa, le 18 décembre 2017 / © AFP / ORLANDO SIERRA

Les forces de l’ordre ont fait lundi usage de gaz lacrymogènes au Honduras pour disperser des manifestants qui protestaient contre l’annonce officielle de la victoire du président sortant Juan Orlando Hernandez lors d’un scrutin controversé.

Depuis le vote du 26 novembre, les partisans du candidat de gauche Salvador Nasralla manifestent pour dénoncer une « fraude » lors de cette élection entachée d’irrégularités selon l’opposition et une partie des observateurs internationaux.

Dimanche, l’autorité électorale a officiellement déclaré vainqueur M. Hernandez, 49 ans. Un résultat immédiatement contesté par le camp adverse qui a appelé ses partisans à descendre dans la rue.

– Décision controversée –

Le président sortant conservateur s’était prévalu d’une décision controversée du Tribunal constitutionnel pour briguer un second mandat, ce qu’interdit la Constitution hondurienne.

Les protestations ont éclaté dimanche soir avec la mise en place de barricades à travers ce pays d’Amérique centrale et se sont poursuivies dans la nuit.

Dans la capitale Tegucigalpa, les habitants se sont réveillés lundi devant des tas de pierres, pneus et autres débris fumants qui obstruaient les rues. Les forces de l’ordre ont parfois dû utiliser des engins de chantier pour les dégager.

A la sortie nord de la ville, la police a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser des protestataires. Dans le nord du Honduras, à San Pedro Sula, la police a rapporté le pillage de plusieurs magasins et l’incendie d’une agence bancaire et d’un autobus.

Des manifestations se poursuivaient en fin de journée dans plusieurs parties du pays. Les manifestants résistaient aux forces de sécurité qui tentaient de les disperser avec des grenades lacrymogènes, particulièrement dans le nord du pays et à Tegucigalpa.

« Ils ne vont pas résoudre le problème en nous tuant et en tirant des gaz lacrymogènes », a déclaré l’ancien président Manuel Zelaya, qui est à la tête de l’alliance de gauche opposée à M. Hernandez.

Un rapport d’Amnesty International publié au Mexique affirme qu’au moins 14 personnes sont mortes dans les manifestations survenues depuis le jour de l’élection présidentielle. Les autorités honduriennes ont confirmé seulement trois décès, tandis que M. Nasralla avance le chiffre de 20 morts.

Lors des obsèques de sa soeur décédée dans l’ accident d’un hélicoptère de l’armée près de Tegucigalpa, M. Hernandez a appelé les Honduriens à l’union.

« Nous sommes tous honduriens, nous pouvons penser différemment les uns des autres et nous en avons le droit, mais nous devons nous embrasser », a-t-il déclaré.

Pendant ce temps, M. Nasralla, 64 ans, animateur de télévision novice en politique, était à Washington où il a rencontré le secrétaire général de l’Organisation des Etats Américains (OEA), Luis Almagro. Il devait ensuite être reçu au département d’Etat américain.

« Nous avons présenté de très nombreuses preuves car ce vol (du scrutin) a plusieurs facettes », a déclaré M. Nasralla après son entretien avec le secrétaire général de l’OEA.

M. Almagro a estimé qu’il y avait trop de zones d’ombre dans l’élection hondurienne pour qu’elle soit valable et a appelé à un nouveau scrutin.

« Les conditions (dans lesquelles s’est déroulé le scrutin) ne permettent pas d’affirmer que l’un ou l’autre des candidats est vainqueur, (…) contrairement à ce qui a été annoncé », a déclaré le secrétaire général de l’OEA.

« La seule voie possible pour que le vainqueur soit vraiment le peuple du Honduras, c’est d’appeler à de nouvelles élections générales », a-t-il déclaré.

– ‘Totalement inacceptable’ –

Deux porte-parole du Parti national (PN) de M. Hernandez, Guillermo Perez Arias et Oswaldo Ramos Soto, ont rejeté devant la presse ces déclarations de M. Almagro et exclu l’idée d’un nouveau scrutin.

« Le secrétaire général (de l’OEA) a outrepassé son mandat », a dit M. Perez Arias. « Le Parti national considère (la proposition de M. Almagro) comme totalement inacceptable, étrangère aux traités internationaux et aux compétences de l’OEA », a renchéri M. Ramos Soto.

Interrogée sur la suggestion du secrétaire général de l’OEA, la responsable de la mission d’observateurs de l’Union européenne au Honduras, la Portugaise Marisa Matias, a répondu que sa mission « ne peut pas et ne doit pas intervenir dans l’indépendance et dans l’autonomie du peuple hondurien ».

Romandie.com avec(©AFP / 19 décembre 2017 02h28)                

Venezuela: gouvernement et opposition dialoguent en République dominicaine

décembre 15, 2017

Vista general de la reunión celebrada entre representantes del gobierno de Venezuela y de la oposición, el 2 de diciembre de 2017 en Santo Domingo / © afp/AFP / Erika SANTELICES

Des représentants du gouvernement de Nicolas Maduro et de l’opposition vénézuélienne se sont réunis vendredi en République dominicaine pour dialoguer et tenter de trouver une solution à la crise politique et économique du pays.

Après de premières négociations les 1er et 2 décembre, des délégations des deux camps sont arrivées dans la matinée au ministère dominicain des Affaires étrangères, où auront lieu les discussions, ont constaté des journalistes de l’AFP.

« Nous espérons qu’aucune des deux parties ne se lèvera de la table jusqu’à ce que nous parvenions à un accord satisfaisant », a déclaré aux journalistes le chef de la délégation gouvernementale, Jorge Rodriguez.

« Nous avons bien avancé » déjà, a-t-il assuré, disant vouloir atteindre un « accord définitif » pour permettre une « cohabitation pacifique ». Les représentants de l’opposition n’ont fait aucune déclaration.

Jeudi, le négociateur de la coalition d’opposition de la Table pour l’unité démocratique (MUD) Simon Calzadilla n’a pas écarté la possibilité d’une troisième série de négociations, si aucun accord n’est trouvé vendredi.

Dans ce pays pétrolier en plein naufrage économique, le chavisme (du nom du défunt Hugo Chavez, président de 1999 à 2013) arrive renforcé à ces discussions, après avoir décroché une nouvelle victoire électorale lors du scrutin municipal de dimanche dernier, largement boycotté par l’opposition.

Ce succès conforte Nicolas Maduro dans son souhait de briguer un nouveau mandat en 2018 lors de la présidentielle prévue en décembre mais qui pourrait être avancée au premier trimestre.

Il a d’ailleurs menacé les partis d’opposition ayant refusé de participer aux municipales de les exclure de cette élection, suscitant les condamnations des Etats-Unis et du Canada notamment.

Chacun campe sur ses positions: le gouvernement exige que cesse le « sabotage » de l’économie, orchestré selon lui par l’opposition avec l’aide des Etats-Unis, tandis que la MUD demande que la présidentielle soit « transparente » après avoir dénoncé des fraudes dans plusieurs scrutins organisés ces derniers mois.

Plusieurs pays comme le Mexique, le Chili et la Bolivie accompagnent le processus de dialogue, qui survient après plusieurs tentatives ayant échoué depuis 2014 et une vague de manifestations hostiles au président Maduro qui ont fait 125 morts au printemps.

Romandie.com avec(©AFP / 15 décembre 2017 19h29)                

RDC: un mort jeudi lors des manifestations interdites

décembre 1, 2017

Kinshasa – Au moins une personne est morte en République démocratique du Congo jeudi lors des marches de l’opposition contre le président Joseph Kabila interdites et réprimées par les autorités, a-t-on appris vendredi de sources policière et civile.

Un jeune homme est mort à Butembo dans la province agitée du Nord-Kivu, selon ces sources.

« Un jeune homme a trouvé la mort hier dans les troubles. Jusque là, nous ne savons pas comment il a été tué », a déclaré le commandant de police Richard Mbambi à l’AFP.

« Ce jeune garçon a été tué d’un tir à bout portant par les militaires déployés pour tenter d’étouffer la marche des opposants. Nous condamnons cet acte. Il n’était pas armé: pourquoi tirer sur lui? », a affirmé pour sa part un responsable de la société civile, Edgar Mateso.

Il s’agit jusqu’à présent du seul décès enregistré jeudi en RDC dans la dispersion systématique des manifestations contre le calendrier électoral, qui renvoie au 23 décembre 2018 le scrutin pour désigner le successeur du président Kabila.

Plusieurs personnes ont été blessées, dont un policier lapidé à Lubumbashi, selon la police. Le Rassemblement de l’opposition (Rassop) affirme qu’un de ses responsables dans le Kasaï-oriental (centre), Me John Mbombo, a été « enlevé, tabassé, torturé ».

D’autres manifestants ont été arrêtés, dont des élus et des cadres de l’opposition à Kinshasa, relâchés après plusieurs heures de détention. Certains ont été maltraités pendant leur détention, comme le secrétaire général de l’UDPS Jean-Marc Kabund, ont-ils dénoncé.

L’association congolaise pour l’accès à la justice (Acaj) a avancé vendredi un bilan de 78 blessés dont 15 graves, et 235 arrestations.

« Au moins 100 personnes restent en détention, dont 45 à Goma et 12 dans la capitale Kinshasa », a ajouté l’ONG de défense des droits Amnesty international dans un communiqué en anglais.

Le Rassemblement de l’opposition demande le départ du président Kabila dès la fin de l’année. Son deuxième et dernier mandat a pris fin le 20 décembre 2016 selon la Constitution, qui prévoit que le président reste en fonction jusqu’à l’installation de son successeur élu.

Le Rassemblement a appelé vendredi les Congolais à « continuer à harceler le régime Kabila ».

Vendredi, le porte-parole de la Majorité présidentielle (MP), André-Alain Atundu, a accusé l’opposition de vouloir « détruire l’économie du pays et déstructurer la pensée démocratique » du peuple congolais.

La MP « déplore et condamne la propension morbide » de ces politiques à « exploiter de façon malsaine » la situation des Congolais, a-t-il dit lors d’un point de presse.

Romandie.com avec (©AFP / 01 décembre 2017 21h23)                                            

Congo: arrestation d’un avocat suite à la marche pacifique de l’opposition à Brazzaville

novembre 27, 2017
Photo de BrazzaNews.Photo de BrazzaNews.

 

Un jeune avocat stagiaire, Steve BAGNE HERMAN a été pris de force dans son bureau par les éléments de la DGST. Il est accusé d’avoir participé à la marche pacifique de l’opposition qui réclamait la libération des prisonniers politiques.

Notons que cette arrestation est illégale. Selon la procédure congolaise le cabinet d’avocats est inviolable, et l’arrestation d’un Avocat doit se faire en présence du Bâtonnier du barreau du ressort duquel ce dernier exerce. Les forces du désordre de Sassou ont enfreint la loi. Oko Ngakala est où? Donc le seul Oko intelligent fut celui qui était dans les livres de lecture qui montra la mer à Taty?

 

Photo de BrazzaNews.
Voici les images de l’arrestation de maître Steve BAGNE HERMAN
Par ailleurs, a été aussi arrêt, un jeune handicapé, vendeur des DVD au croisement de l’avenue de la Paix et la rue Franceville. Celui-ci a été enlevé, puis conduit dans une destination inconnue par les miliciens de Ndenguet de la BSIR dans une Toyota Hilux immatriculé 153LAQ4. Il est accusé d’avoir participé à la marche de l’opposition de ce lundi 27 novembre 2017.
Avec Brazzanews.fr

Congo: Réactions de l’opposition suite à leur marche pacifique et arrestations des leaders

novembre 27, 2017

Communiqué de la Fédération de l’opposition suite à la brutalité et aux arrestations abusives de la police politique