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Royaume-Uni : pourquoi les jours de Boris Johnson au 10 Downing Street sont comptés

janvier 16, 2022

Confronté à de multiples accusations portant sur le non-respect des règles du confinement au 10 Downing Street en 2020, Boris Johnson vacille malgré des excuses présentées mercredi au Parlement. Le Premier ministre est contesté par l’opposition travailliste et par des députés de son propre camp, où des Tories veulent organiser un vote de défiance pour le faire démissionner.

Bientôt la sortie pour le principal artisan du Brexit ? Boris Johnson est dans la tourmente depuis plusieurs semaines, à la suite de multiples affaires révélées par la presse britannique concernant le non-respect des règles du confinement au 10 Downing Street au printemps et à l’hiver 2020.

Dernière en date : des pots ont été organisés chaque vendredi à Downing Street pendant le confinement, a affirmé samedi 15 janvier le journal The Mirror. Photos à l’appui, le tabloïd explique que « tout au long de la pandémie, le personnel de Downing Street a organisé des ‘vendredis du vin’, Boris Johnson assistant régulièrement à ces rencontres. (…) Le Premier ministre encourageait ses collaborateurs à ‘se défouler’ malgré l’interdiction de se réunir à l’intérieur, conformément aux règles de confinement. » Et d’ajouter que ces « apéros du vendredi » étaient « programmés dans les agendas électroniques d’une cinquantaine d’employés du N° 10, entre 16 h et 19 h chaque semaine ».

Cette affaire, qui finit de fragiliser Boris Johnson, vient ponctuer un mois de révélations ayant constamment mis le Premier ministre sur le devant de la scène : la presse britannique a d’abord révélé et s’est indignée de la tenue d’une fête clandestine au 10 Downing Street en décembre 2020, au moment où les Britanniques étaient soumis à des restrictions sanitaires. Boris Johnson, qui a alors affirmé ne pas avoir été présent à cette fête, a promis des sanctions.

Une semaine plus tard, The Guardian et The Independent ont révélé que « Boris Johnson s’est joint au personnel du N° 10 pour une fête à Downing Street » en mai 2020, lors du premier confinement au Royaume-Uni. « Il s’agissait de réunions de personnes au travail parlant du travail », a justifié le Premier ministre quelques jours plus tard. 

Mais c’est la chaîne ITV qui a mis le feu aux poudres en révélant, le 10 janvier, que l’invitation à cette fête – intitulée « Apportez votre alcool » – a été envoyée « par courriel à une centaine de personnes par le secrétaire personnel de Boris Johnson, Martin Reynolds, et la fête a rassemblé une quarantaine de convives, dont le chef du gouvernement ».

« Politiquement, le Premier ministre est un mort-vivant »

Le « Partygate » a valu à Boris Johnson de présenter « du fond du cœur » ses excuses, mercredi, à la Chambre des communes, affirmant au sujet de la garden party de mai 2020 : « Je croyais implicitement que c’était un événement professionnel. »

L’opposition travailliste lui a répondu qu’il fallait qu’il démissionne. « La fête est finie, Boris Johnson », a lancé le chef de file du Labour, Keir Starmer. « Après des mois de tromperie, (voici) le spectacle pathétique d’un homme qui est arrivé au bout du chemin. Sa défense – il ne s’est pas rendu compte qu’il était à une fête – est tellement ridicule qu’elle est insultante pour le peuple britannique. »

The party is over @BorisJohnson.

Resign.— Keir Starmer (@Keir_Starmer) January 12, 2022

Face aux appels à sa démission, Boris Johnson a expliqué qu’il n’était pas en mesure d’anticiper les résultats de l’enquête interne menée par Sue Gray, secrétaire permanente du Cabinet Office, sur plusieurs événements organisés au 10 Downing Street pendant les périodes de confinement.

Cette enquête va durer au moins plusieurs semaines. « Il ne s’agit pas d’une enquête parlementaire formelle, d’une enquête menée par un juge (…), donc ce (ne sera) pas le dernier mot », estime auprès de Sky News Catherine Haddon, chargée de mission à l’Institute for Government. « Toutefois, le rapport pourrait contenir des éléments si explosifs et si accablants qu’ils provoqueraient une crise politique pour le Premier ministre. Il devra alors (…) obtenir suffisamment de soutien pour rester à la tête du pays. »

Et les soutiens se font rares actuellement pour Boris Johnson. Sa fin pourrait être précipitée avant même les conclusions de l’enquête de Sue Gray, tant certains députés de son propre camp politique semblent souhaiter sa démission. « Il me semble, j’en ai peur, que politiquement, le Premier ministre soit un mort-vivant », a déclaré le député conservateur Sir Roger Gale.

D’autres, comme le député conservateur William Wragg, considèrent que la position de Boris Johnson est « intenable ». « Il revient au Parti conservateur, si ce n’est au Premier ministre lui-même, de prendre cette décision », a aussi déclaré sur la BBC celui qui est le vice-président du Comité 1922. 

C’est d’ailleurs ce puissant comité, en charge de l’organisation parlementaire du Parti conservateur, qui pourrait pousser le Premier ministre à la démission. Plusieurs députés Tories ont déjà envoyé une lettre de défiance au Comité 1922, et il en faut au total 54 – soit 15 % des membres du groupe conservateur au Parlement – pour déclencher un vote de défiance qui conduirait probablement Boris Johnson à la démission.

Rishi Sunak et Liz Truss évoqués pour succéder à Boris Johnson

Cette situation de plus en plus tendue au sein du camp conservateur indique au moins que le Premier ministre est tombé « en disgrâce » vis-à-vis de ses pairs, comme l’explique à RFI Sophie Loussouarn, docteure spécialiste de l’histoire politique du Royaume-Uni : « Boris Johnson connaît la disgrâce après avoir gagné une majorité de 80 sièges à la Chambre des communes lors des dernières élections législatives, c’est-à-dire la plus grande victoire pour les conservateurs depuis 1987. (…) Ce soulèvement est une humiliation pour (lui), qui a perdu la confiance d’une partie de ses députés ».

Dans sa situation actuelle, Boris Johnson est sur un siège éjectable et les conversations pour lui succéder à la tête des Tories ont démarré bien avant les accusations qu’il affronte depuis des semaines, comme l’indiquait en décembre dernier The Independent.

Deux noms reviennent avec insistance pour briguer le poste de Premier ministre : le chancelier de l’Échiquier – le ministre chargé des Finances et du Trésor – Rishi Sunak et la ministre des Affaires étrangères Liz Truss, « l’un des ministres les plus expérimentés (du gouvernement) Johnson » selon Politico.

I’ve been on a visit all day today continuing work on our #PlanForJobs as well as meeting MPs to discuss the energy situation.

The PM was right to apologise and I support his request for patience while Sue Gray carries out her enquiry.— Rishi Sunak (@RishiSunak) January 12, 2022

Absent à la Chambre des communes mercredi lorsque Boris Johnson a présenté ses excuses, Rishi Sunak est soupçonné par plusieurs médias britanniques de prendre ses distances avec le Premier ministre en lui ayant apporté un soutien timoré dans un tweet : « (Boris Johnson) a bien fait de présenter ses excuses et je soutiens sa demande de faire preuve de patience; »

Dans l’immédiat, Boris Johnson entend s’attaquer à la « culture sous-jacente » à Downing Street ayant permis des fêtes pendant des périodes de confinement. Selon le Sunday Times, le Premier ministre va bientôt annoncer des mesures « pour sauver son poste », parmi lesquelles l’interdiction de l’alcool dans les bureaux du 10 Downing Street. Dont il reste pour le moment le locataire, même dans la tourmente.

Avec France24 par Jean-Luc Mounier

Congo-Vie des partis : la Fédération de l’opposition rejette la révision de la Constitution

janvier 6, 2022

La Fédération de l’opposition congolaise regroupant l’Initiative pour la démocratie au Congo, le Front pour le respect de l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique et la Composante Jean-Marie Michel Mokoko a tenu la session ordinaire de son Conseil fédéral national le 5 janvier, à Brazzaville. A cet effet, elle a rejeté le processus de modification de la Constitution enclenchée par le gouvernement.

Clément Mierassa (au milieu) entouré de ses collègues de la plateforme, Michel Mampouya, à gauche et Charles Zacharie Bowao, à droite./Adiac

Douze points, tous adoptés, figuraient à l’ordre du jour de la session ordinaire du Conseil fédéral national de l’opposition congolaise, dirigée par son président, Clément Mierassa. L’opposition congolaise n’a pas adopté de recommandations phares à l’issue des travaux mais est revenue sur la détention de deux de ses membres influents, Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, qu’elle appelle à la libération pure et simple.

« S’agissant des prisonniers politiques, le Conseil national de l’opposition rappelle que le groupe de travail des Nations unies sur les disparitions forcées a reconnu que la détention de Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa était arbitraire. Au Mali, Sénégal, RDC, en Guinée et dans d’autres pays, des mesures d’apaisement, de réconciliation nationale et de libération des prisonniers politiques ont été prises, mais aujourd’hui, le Congo fait tristement exception », relève le communiqué final des travaux.

La Fédération de l’opposition congolaise a, par ailleurs, décortiqué, point par point, le dernier message à la nation du chef de l’Etat. Sur le sujet, l’opposition radicale a fustigé la modification en cours de la Constitution du 25 octobre 2015, notamment en son article 157 sur la durée de l’état d’urgence sanitaire. L’opposition congolaise voit derrière ce processus le début d’une manoeuvre politicienne qui pourrait s’étendre à d’autres articles de la loi fondamentale, au profit d’une infime minorité.

« Sur la révision de la Constitution du 25 octobre 2015, le Conseil national de l’opposition rappelle aux Congolais que le Congo caracole tristement au faîte des pays d’instabilité constitutionnelle. La Fédération de l’opposition congolaise désapprouve et condamne fermement cette révision qui n’est simplement qu’une manœuvre politicienne du pouvoir pour matérialiser ses ambitions politiques », a indiqué Clément Miérassa.

Mauvaise gouvernance et enrichissement illicite

Même si l’économie congolaise semble se remettre progressivement de la récession, avec une croissance qui est passée à 0,5% en 2021, contre -6,2% en 2020, Clément Mierassa estime que le Congo a de sérieux problèmes de gouvernance qu’il faille régler en urgence. Il a cité en premier la corruption pour laquelle le Congo, selon lui, ferait partie du Top 10 des pays d’Afrique les plus corrompus.

« La crise économique que le Congo traverse n’est pas tombée du ciel, elle est plutôt causée par un groupuscule de dignitaires. Si l’opposition avait une mesure à prendre, c’est de traquer tous ceux qui ont mis le Congo par terre pour qu’ils répondent afin d’être punis sévèrement conformément à la loi », a déclaré l’orateur.

Le Congo étant toujours en pleine crise multidimensionnelle, a-t-il souligné, l’opposition congolaise réitère son appel au dialogue national, qui constitue, selon lui, l’unique voie de sortie à ladite crise.

D’autres caciques de l’opposition congolaise ont pris part à cette session ordinaire, parmi lesquels Charles Zacharie Bowao et Michel Mampouya.

Avec Adiac-Congo par Firmin Oyé

Côte d’Ivoire : les raisons du report du dialogue politique

décembre 22, 2021
Patrick Achi, en août 2021, à Paris © ERIC PIERMONT/AFP

La première séance de travail entre les différents acteurs du dialogue politique ivoirien devait avoir lieu ce mardi. Elle a finalement été reportée au 27 décembre. Un délai supplémentaire a été accordé aux partis politiques afin qu’ils déposent leurs propositions de thèmes à débattre.

Faux départ pour le dialogue politique ivoirien. Prévu ce mardi 21 décembre, la première séance de travail entre les représentants des partis politiques ivoiriens est reportée au lundi 27 décembre. La raison ? Certains n’ont toujours pas transmis au gouvernement leurs propositions de thèmes à débattre, alors que la date butoir avait initialement été fixée au vendredi 17 décembre.

« Cette étape étant un préalable au démarrage des travaux en comité restreint, un cadre de discussion approfondie, les structures concernées sont invitées à mettre tout en œuvre en vue de respecter ce délai », a indiqué le ministre de l’Intérieur, Vagondo Diomandé, dans un courrier transmis aux partis.

Rencontre entre Gbagbo et HKB

Vagondo Diomandé a été désigné par le Premier ministre Patrick Achi pour représenter le gouvernement lors de cette cinquième phase du dialogue politique incluant également des organisations de la société civile. Au cours d’une cérémonie à la primature en début de semaine dernière, ce dernier s’était réjoui d’une « nouvelle étape » dans ce processus de dialogue « ouvert, transparent et inclusif » plusieurs fois interrompu ou boycotté par le passé, auquel tous les partis d’opposition ont répondu présents.

Des représentants du PPA-CI de Laurent Gbagbo et du PDCI d’Henri Konan Bédié seront autour de la table. Les deux anciens chefs de l’État se sont par ailleurs entretenus ce lundi soir à Abidjan, au domicile d’HKB. Les deux alliés ont-ils parlé de l’organisation de ce dialogue politique qui doit notamment permettre de préparer les élections locales prévues en 2023 ? Officiellement, non. Il s’agissait simplement « d’une visite fraternelle » pour se souhaiter de bonnes fêtes.

Avec Jeune Afrique Florence Richard – à Abidjan

Bénin : Reckya Madougou condamnée à 20 ans de prison

décembre 11, 2021
Reckya Madougou, à Paris, en juin 2015. © Vincent Fournier/JA

L’opposante à Patrice Talon, reconnue coupable de « financement du terrorisme », a été condamnée à 20 ans de prison. Elle dénonce un procès politique et un « virage autocratique ».

Vingt ans de prison ferme. Le verdict est tombé au petit matin, ce samedi 11 décembre, au terme de l’audience qui s’était ouverte la veille. Reckya Madougou, ancienne ministre de la Justice de Thomas Boni Yayi, qui avait vu sa candidature à la présidentielle d’avril dernier écartée faute de parrainages, a été reconnue coupable de « financement du terrorisme ».

Les juges de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), qui ont suivi les réquisitions du procureur spécial, Mario Metonou, l’ont en outre condamnée à une amende de 50 millions de francs CFA. « Cette cour a délibérément décidé de clouer au pilori une innocente, avait-elle déclaré avant que le verdict ne tombe. Je n’ai jamais été et je ne serai jamais une terroriste. »

Trois des coaccusés de l’ancienne garde des sceaux – Bio Dramane Tidjani, Sacca Zimé Georges et Mama Touré Ibrahim – ont écopé de la même peine. Le policier Mohamed Gbassiré Mora, poursuivi pour « abus de fonction », a pour sa part été condamné à cinq ans de prison et à une amende de deux millions de francs CFA. Un quatrième prévenu a été acquitté au bénéfice du doute.

Une cible « mal choisie » ?

Devant les juges de la juridiction spéciale, l’ancienne ministre de Thomas Boni Yayi, incarcérée depuis le 5 mars, s’est employée à nier en bloc les arguments de l’accusation. Reckya Madougou est accusée d’avoir financé un projet d’assassinat de deux personnalités politiques proches du pouvoir, dans le but de perturber l’élection présidentielle d’avril dernier.

LA PREMIÈRE PERSONNE À RIGOLER DE CETTE AFFAIRE EST CHARLES TOKO

Première personnalité ciblée par ce « plan », selon l’accusation : Charles Toko, ancien maire de la ville de Parakou. Réputé proche de Patrice Talon, il est aussi à la tête du groupe de presse Le Matinal. Niant avoir voulu attenter à sa vie, Reckya Madougou a affirmé qu’elle avait au contraire de bonnes relations avec lui, malgré les divergences politiques.

« La première personne à rigoler de cette affaire est Charles Toko, a-t-elle déclaré à la barre. Charles Toko a été mal choisi dans cette affaire. C’est l’une des personnalités dont je suis la plus proche dans le régime de la rupture. » Assurant qu’elle échangeait avec lui le jour de son arrestation, Reckya Madougou a ajouté que l’ancien maire de Parakou la « taquinait même sur (sa) candidature ».

Autre cible supposée de l’opération de déstabilisation que Reckya Madougou est accusée d’avoir financé : Rachidi Gbadamassi.

L’opposante a cependant assuré qu’un tel projet aurait été « contraire à ses intérêts ». Elle affirme en effet lui avoir remis 70 millions des francs CFA, dans le but que ce député du Bloc républicain, l’un des deux principaux partis de la majorité présidentielle, lui apporte son soutien. À en croire la défense, le député aurait changé d’avis in extremis. « J’ai besoin de Gbadamassi vivant pour qu’il me rembourse », a lâché Madougou à la barre.

Interrogée sur les 15 millions de francs CFA remis à son conseiller politique, Georges Saka, que l’accusation considère comme une preuve de sa volonté de financer une opération de déstabilisation, les fonds devaient servir « à l’organisation de la campagne électorale », a balayé l’accusée.

Un ancien colonel « troublé »

Le seul prévenu qui aura, au cours de l’audience devant la Criet, reconnu l’existence d’un projet d’assassinat de personnalités politiques est Ibrahim Mama Touré, un ancien colonel de l’armée. Il affirme notamment avoir reçu de l’argent de la part de Georges Saka, en vue d’assassiner une personnalité politique de premier plan. Mais il aurait finalement « pris peur » en découvrant que Charles Toko était l’une des cibles.

À la barre, l’ancien colonel est aussi revenu sur plusieurs de ses déclarations lors de l’instruction. Au procureur, qui lui demandait pourquoi il a, dans une de ses premières versions, affirmé que l’argent devait servir à acheter des armes au Togo, l’ancien militaire a peiné à répondre, assurant qu’il s’agissait alors de faire croire au commanditaire que l’assassinat était possible. Lors de l’instruction, il avait également affirmé avoir été en contact avec Reckya Madougou, avant de revenir sur ses déclarations, assurant avoir été « troublé » par le juge lors de l’audition.

Des « incohérences » et « contradictions » que n’ont pas manqué de relever les avocats de la défense. « Toutes les réquisitions du ministère public ne reposent que sur les déclarations d’Ibrahim Mama Touré. Si l’on retire ces déclarations, Reckya Madougou, Georges Saka et les autres n’ont plus rien à faire dans ce dossier », a notamment plaidé Me Nadine Dossou Sakponou, l’une des avocates de Madougou.

Tribune politique

L’avocat français Me Antoine Vey, qui avait fait le déplacement à Cotonou pour l’audience, a pour sa part claqué la porte de la salle d’audience après avoir demandé l’annulation pure et simple du procès. « Cette procédure n’est qu’un coup politique. Avant même son arrestation, tout a été orchestré », a estimé l’avocat.

« Tout le monde aura compris que dans ce procès, l’on a protégé des collaborateurs, alliés politiques, mais cloué au pilori l’innocente que je suis », a lancé l’opposante, qui a fait du prétoire une tribune politique contre ce qu’elle a qualifié de « virage autocratique ». « Je m’offre pour la démocratie, a-t-elle lancé. Si mon sacrifice peut permettre à la justice de retrouver son indépendance, alors je n’aurais pas souffert inutilement de cette terreur ».

Cette condamnation intervient quelques jours seulement après celle qui a frappé Joël Aïvo, autre opposant condamné par la même Criet à dix ans de prison pour blanchiment de capitaux et complot contre l’autorité de l’État.

Avec Jeune Afrique par Maurice Thantan

« Cuba va vivre en paix », promet Diaz-Canel face au défi d’un opposant

novembre 14, 2021
"Cuba va vivre en paix", promet Diaz-Canel face au defi d'un opposant
« Cuba va vivre en paix », promet Diaz-Canel face au défi d’un opposant© AFP/Yamil LAGE

« Cuba va vivre en paix », a promis dimanche le président Miguel Diaz-Canel devant ses partisans, rejetant le défi lancé par l’opposant Yunior Garcia, bloqué chez lui par les forces de l’ordre pour l’empêcher de défiler en solitaire à La Havane.

« Et en vivant en paix, (Cuba) va se perfectionner », a-t-il ajouté face à environ 70 étudiants communistes, qui organisent depuis vendredi soir un sit-in au Parque Central, près du Capitole, en soutien au gouvernement.

Portant un foulard rouge autour du cou comme les étudiants, le président s’est assis quelques instants en tailleur au milieu d’eux.

« Nous cherchons le perfectionnement de la société (…), en défendant le socialisme et en condamnant comme vous les campagnes pour perturber l’ordre interne, les campagnes médiatiques contre Cuba », a déclaré M. Diaz-Canel, qui accuse les Etats-Unis d’être à la manoeuvre en coulisses.

A l’autre bout de la capitale, dans le quartier populaire de la Coronela, l’opposant Yunior Garcia était lui bloqué dans son appartement.

« Aujourd’hui je me suis réveillé avec mon domicile assiégé, tout l’immeuble est cerné d’agents de la Sécurité de l’Etat habillés en civil », a-t-il annoncé dans une vidéo sur Facebook.

Une équipe de l’AFP a pu constater que sa rue était bloquée par une forte présence d’agents en civil, sur la chaussée et les toits des immeubles.

Alors que des hommes avaient déployé de gigantesques drapeaux cubains sur la façade de son immeuble, le dissident a tendu la main de sa fenêtre pour faire apparaître une rose blanche, avec laquelle il avait l’intention de défiler.

Yunior Garcia, dramaturge de 39 ans, avait appelé à une manifestation pour la libération des prisonniers politiques lundi, à La Havane et dans six provinces.

Mais, inquiet de la violence pouvant éclater ce jour-là, il a décidé de marcher seul dimanche après-midi sur une avenue havanaise. La Sécurité de l’Etat l’a prévenu qu’il serait arrêté s’il essayait.

Le groupe de débat politique sur Facebook Archipiélago, qu’il a créé, avec plus de 30.000 membres dans et en dehors de Cuba, maintient son appel à défiler lundi.

Sanctions contre Efe

Les autorités cubaines ont retiré samedi les accréditations des cinq journalistes de l’agence espagnole de presse Efe à La Havane, invoquant « la réglementation sur la presse étrangère », sans donner de raison exacte, a déclaré le chef de la rédaction Atahualpa Amerise à l’AFP.

Dimanche matin, il a annoncé sur Twitter qu’une rédactrice et le caméraman avaient récupéré leurs accréditations à l’issue de « négociations ».

A Madrid, les autorités espagnoles ont convoqué le chargé d’affaires de l’ambassade cubaine pour « demander des explications », selon des sources diplomatiques. L’ambassade espagnole à La Havane est aussi intervenue.

Reporters sans frontières a condamné « un fait gravissime ».

Selon Archipiélago, au moins six coordinateurs du groupe sont empêchés de sortir de chez eux par les forces de l’ordre. Le dissident Guillermo Fariñas a lui été arrêté dès vendredi.

La télévision d’Etat a accusé Yunior Garcia d’être un agent entraîné et financé par Washington, le montrant en train de participer à un séminaire à Madrid sur le rôle des forces armées dans un éventuel processus de transition à Cuba, et révélant des versements de petites sommes d’argent depuis l’étranger.

La manifestation de lundi, interdite par le gouvernement, coïncide avec la réouverture de l’île au tourisme international, le retour à l’école des élèves du primaire et la célébration du 502e anniversaire de La Havane.

Washington attentif

L’opposition exige la libération des prisonniers politiques, quatre mois après les manifestations historiques du 11 juillet, aux cris de « Nous avons faim » et « Liberté », qui se sont soldées par un mort, des dizaines de blessés et 1.270 personnes arrêtées, dont 658 restent détenues, selon l’ONG Cubalex.

Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a appelé « le gouvernement cubain à respecter les droits des Cubains, en les laissant se rassembler de manière pacifique ».

M. Blinken « doit apprendre une bonne fois pour toutes que le gouvernement cubain n’est redevable qu’envers son peuple et rejette en son nom l’intromission des Etats-Unis », lui a rétorqué via Twitter le ministre des Affaires étrangères Bruno Rodriguez.

La manifestation, devenue le grand sujet de conversation à Cuba, a été planifiée presque exclusivement via l’internet mobile, arrivé à Cuba fin 2018.

« Grâce aux réseaux sociaux, pour la première fois à Cuba une société civile vraiment indépendante est en train d’émerger », se félicite Yunior Garcia.

C’est sans doute pour cela que beaucoup redoutent dimanche et lundi une coupure d’internet, comme celle survenue lors des manifestations du 11 juillet.

Par Le Point avec AFP

Élection au Nicaragua : Daniel Ortega, assuré d’être réélu

novembre 7, 2021

En muselant l’opposition, le président Daniel Ortega s’est assuré de gagner de nouveau l’élection présidentielle, ce dimanche 7 novembre.

Daniel Ortega, bientot 76 ans, et sa femme, 70 ans, forment un couple fusionnel pret a tout pour conserver un pouvoir absolu qu'ils exercent d'une main de fer.
Daniel Ortega, bientôt 76 ans, et sa femme, 70 ans, forment un couple fusionnel prêt à tout pour conserver un pouvoir absolu qu’ils exercent d’une main de fer.© MAYNOR VALENZUELA / AFP

C’est un scrutin sans surprise. Le président Daniel Ortega briguera un quatrième mandat, après avoir placé ses principaux rivaux en détention. Les bureaux de vote, qui ont ouvert à 7 heures ce dimanche 7 novembre au Nicaragua, sont par ailleurs gardés par environ 30 000 soldats et militaires. Les bureaux de vote fermeront à 18 heures locales (minuit GMT), si aucun électeur n’attend plus à cette heure-là pour voter. Les premiers résultats officiels devraient être connus vers minuit (heure locale), selon le tribunal électoral.

« Une farce », « un simulacre » : Washington et l’Union européenne n’ont pas de mots assez durs pour condamner cette élection à laquelle ils dénient toute légitimité. Les journalistes de plusieurs médias internationaux, dont CNN et le Washington Post, se sont vu interdire l’accès au territoire, et le gouvernement a refusé la présence d’observateurs indépendants.

« Dimanche, restez à la maison »

Les autorités ont cependant accrédité samedi environ 200 « accompagnateurs électoraux » et journalistes triés sur le volet, des « militants sandinistes » étrangers, selon Urnas Abiertas, un observatoire indépendant. Le dernier quotidien d’opposition du pays qui paraissait encore, La Prensa, a été investi à la mi-août par la police et son directeur a été jeté en prison.

Une semaine avant le scrutin, Meta, la maison mère de Facebook, a annoncé avoir démantelé un millier de comptes Facebook et Instagram gérés par une « usine à trolls » du gouvernement du Nicaragua pour manipuler l’opinion. Décapitée, avec ses leaders en détention ou en exil, l’opposition prépare des manifestations au Costa Rica, à Miami ou Madrid et s’est mise d’accord sur un seul mot d’ordre pour les électeurs : « Dimanche, restez à la maison. »

Les Nicaraguayens ne s’y trompent pas : les cinq candidats inscrits pour affronter le chef de l’État sont des comparses, des faire-valoir compromis avec le pouvoir. C’est donc le taux d’abstention qui pourra seul donner une idée de l’adhésion réelle des Nicaraguayens au « ticket » formé par Daniel Ortega et son épouse Rosario Murillo, vice-présidente depuis 2017.

« Pourquoi j’irai voter ? Seuls les sandinistes vont voter »

Comparés à Frank et Claire Underwood, duo impitoyable de la série House of Cards, ou surnommés « Lord et Lady Macbeth », Daniel Ortega, bientôt 76 ans, et sa femme, 70 ans, forment un couple fusionnel prêt à tout pour conserver un pouvoir absolu qu’ils exercent d’une main de fer. Selon un sondage Cid-Gallup, s’ils avaient le choix, 65 % des 4,4 millions d’électeurs inscrits voteraient pour un candidat de l’opposition, contre 19 % pour le président sortant.

En revanche, pour l’institut de sondage M & R, proche du gouvernement, Daniel Ortega et les 90 candidats au Parlement présentés par le Front sandiniste de libération nationale (FSLN, au pouvoir) recueillent 70 % des intentions de vote. « Ce n’est pas que ce soit mal… C’est horrible : on ne peut pas parler, sinon on te met en prison. Pourquoi j’irai voter ? Seuls les sandinistes vont voter », dénonce José, 78 ans, qui a soutenu le FSLN pendant des décennies.

Marina Aguirre, 36 ans, elle, ira voter : « Nous avons des écoles et des hôpitaux gratuits (…) (Daniel Ortega) s’occupe que chaque enfant ait des jouets tous les ans », dit-elle. Aura Lila, à Masaya, à 35 km au sud de la capitale, restera chez elle, à honorer la mémoire de son fils Junior mort à 15 ans sur les barricades, au printemps 2018.

Plus de 100 000 Nicaraguayens ont pris le chemin de l’exil

Trois ans après la répression qui a fait plus de 300 morts parmi les manifestants qui exigeaient au printemps 2018 la démission de Daniel Ortega, et six mois avant le scrutin, la chasse aux opposants s’est en effet ouverte : 39 personnalités politiques, hommes d’affaires, paysans, étudiants et journalistes ont été arrêtés depuis juin. Parmi eux, les sept candidats potentiels susceptibles de constituer une menace pour le président sortant.

Favorite de l’opposition dans les sondages, Cristiana Chamorro, 67 ans, fille de l’ex-présidente Violeta Chamorro (1990-1997), a été la première arrêtée, le 2 juin, et placée en détention à domicile. Les opposants sont accusés, pêle-mêle, d’atteinte à la souveraineté nationale, de soutenir les sanctions internationales contre le Nicaragua, de « trahison de la patrie » ou de « blanchiment d’argent », en vertu de loi votées fin 2020 par le Parlement, acquis à l’exécutif, tout comme le pouvoir judiciaire et le tribunal électoral.

La peur court dans le petit pays d’Amérique centrale de 6,5 millions d’habitants, le plus pauvre de la région et qui est en proie depuis les troubles de 2018 à l’inflation, au chômage et à la pandémie de coronavirus, dont l’ampleur est niée par le pouvoir. Depuis les manifestations du printemps 2018, plus de 100 000 Nicaraguayens ont pris le chemin de l’exil tandis que 150 opposants sont toujours derrière les barreaux, qualifiés par Daniel Ortega de « criminels » et de « fauteurs de coup d’État » à la solde de Washington.

Par Le Point avec AFP

L’Ethiopie rappelle ses soldats retraités, l’opposition s’organise

novembre 5, 2021

L'ETHIOPIE RAPPELLE SES SOLDATS RETRAITÉS, L'OPPOSITION S'ORGANISE

© Reuters/TIKSA NEGERI

NAIROBI (Reuters) – L’armée éthiopienne a appelé vendredi ses soldats retraités à revêtir l’uniforme pour participer à la guerre contre les rebelles du Tigré, rapportent les médias officiels, alors que neuf groupes antigouvernementaux ont annoncé une alliance visant à chasser du pouvoir le Premier ministre Abiy Ahmed.L'ETHIOPIE: LES REBELLES TIGRÉENS ET LEURS ALLIÉS MENACENT D'AVANCER VERS LA CAPITALE

© Reuters/Reuters Staff L’ETHIOPIE: LES REBELLES TIGRÉENS ET LEURS ALLIÉS MENACENT D’AVANCER VERS LA CAPITALE

Appelé Front uni des forces fédérales et confédérales, la nouvelle alliance est constituée autour du Front populaire de libération du Tigré (TPLF), dont le soulèvement contre le gouvernement d’Addis-Abeba a fait des milliers de morts et plus de deux millions de déplacés depuis un an.

Alors que les rebelles tigréens et leurs alliés menacent d’avancer vers la capitale, située à un peu plus de 300 km au sud de leurs positions actuelles, l’armée éthiopienne a appelé ses anciens soldats à revenir sous les drapeaux d’ici au 24 novembre.

Signe de leur inquiétude, le gouvernement et les autorités municipales d’Addis-Abeba ont déjà appelé cette semaine les habitants de la capitale à répertorier leurs armes et à se préparer à défendre leurs quartiers.

Face à l’escalade des violences, de nombreux pays africains et occidentaux ont lancé jeudi un appel au cessez-le-feu, qui n’a pas rencontré beaucoup d’écho jusqu’à présent.

Outre le TPLF, la nouvelle alliance antigouvernementale repose sur l’Armée de libération de l’Oromo (OLA), une ethnie dont est issu Abiy Ahmed et qui présente pour les insurgés l’intérêt d’être bien implantée autour de la capitale.

« Nous envisageons de mettre en place un régime de transition et nous sommes d’accord pour dire que le pouvoir actuel doit s’en aller au plus vite », a déclaré à Reuters Yohannes Abraha, un responsable du TPLF.

Les opposants, qui dénoncent la gestion trop centralisée d’Abiy Ahmed et la politique répressive du lauréat du prix Nobel de la Paix 2019 (pour son rapprochement avec l’Érythrée), ne discutent pas avec le gouvernement mais entendent se tourner vers des autorités et des institutions étrangères, a-t-il ajouté.

Le procureur général éthiopien, Gedion Temothewos, a qualifié de son côté l’alliance rebelle de « coup de pub » et accusé les groupes qui la composent de s’être livrés par le passé à des opérations de « nettoyage ethnique ».

Reuters par (Maggie Fick, avec George Obulutsa à Nairobi, version française Tangi Salaün, édité par Sophie Louet)

Canada: Embauche d’agents d’immigration anglophones : « Un manque de respect », dénonce Québec

novembre 4, 2021

Le gouvernement Legault, appuyé par les partis d’opposition, ne digère pas la volonté d’Immigration Canada de recruter, au Québec, des agents anglophones pour répondre aux questions des immigrants.

Le gouvernement Legault dénonce vivement la décision d'Immigration Canada d'embaucher, à Montréal, des agents unilingues anglophones.

© Sylvain Roy Roussel/Radio-Canada Le gouvernement Legault dénonce vivement la décision d’Immigration Canada d’embaucher, à Montréal, des agents unilingues anglophones.

« C’est un manque de respect », clame Simon Jolin-Barrette, ministre de la Justice et responsable de la Langue française.

Dans une déclaration transmise à Radio-Canada, l’élu caquiste ne mâche pas ses mots contre la décision d’Immigration Canada de modifier ses critères d’embauche.

Désormais, Ottawa va aller de l’avant avec le recrutement d’agents parlant exclusivement anglais pour son Centre de service à la clientèle, basé à Montréal, responsable de répondre aux questions des immigrants installés dans l’ensemble du pays.

Une mesure « inacceptable », juge Simon Jolin-Barrette.

Les critiques sont unanimes à Québec.

C’est choquant. C’est un signal vraiment honteux», affirme le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon.

Que ce soit Air Canada, Immigration Canada ou l’ensemble de la fonction publique canadienne, c’est un faux bilinguisme. C’est un bilinguisme de façade», dénonce-t-il.

Nous sommes en droit de nous attendre à ce que le gouvernement du Canada donne l’exemple quant à l’importance et à l’exigence du français à Montréal et au Québec», note la porte-parole libérale pour la protection de la langue française, Hélène David, sur Twitter.

La députée de Québec solidaire Ruba Ghazal a fait adopter unanimement, jeudi à l’Assemblée nationale, une motion visant à défendre la langue française au travail». La Charte de la langue française doit s’appliquer aux ministères fédéraux», assure l’élue montréalaise, qui doute de l’argumentation d’Immigration Canada.

Pour justifier sa décision, le ministère fédéral de l’Immigration dit avoir des difficultés pour recruter des agents qualifiés bilingues, tout en expliquant qu’une grande majorité d’appels se font en anglais.

Ça ne tient pas la route, c’est un recul incroyable», lance Mme Ghazal.

Nous ne pouvons pas croire qu’au Québec, où la majorité de la population est francophone, il soit impossible pour Immigration Canada de recruter des employés compétents maîtrisant le français», ajoute le ministre Jolin-Barrette.

Invité à réagir, le ministre fédéral et lieutenant du Québec pour le gouvernement de Justin Trudeau, Pablo Rodriguez, n’a pas caché son malaise.

Je m’attends à ce que tout francophone qui appelle [à Immigration Canada] soit servi en français. C’est clair», a-t-il déclaré sur les ondes de Midi info.

Ce dernier aura, a-t-il indiqué, une discussion» avec le nouveau ministre fédéral de l’Immigration, Sean Fraser.

Avec Radio-Canada par Romain Schué 

Opposition en Norvège : A Madagascar, rien de comparable !

septembre 16, 2021

Lors des élections législatives  du 13 septembre dernier, les partis  d’opposition dirigés par le travailliste Gahr Stoere ont  raflé 100  des 169  sièges du Parlement monocaméral du  Norvège. Sur fond  des  enjeux des  activités pétrolières, ils ont  réussi à  déloger la  coalition des conservateurs au profit  désormais  d’ «une société plus équitable». Une dépêche du journal Le Monde rapporte que  Gahr Stoere serait le «probable prochain Premier ministre après huit  ans  de règne de la droite.»   La même  source, un quotidien de  référence ajoute «pour le moment, les travaillistes semblent même en passe de décrocher une majorité absolue avec leurs alliés de prédilection, le Parti du centre et le Parti socialiste, sans avoir besoin des deux autres forces d’opposition,… »

A noter que malgré ce rapport  de  force de  fait incontournable n’a guère «empêché Madame Solberg aux manettes depuis 2013, un record pour la droite de  féliciter Jonas Gahr Stoere… ».  Voilà une mentalité et une culture politique  acquise  au  fil de l’histoire politique d’un  pays respectueux des pratiques démocratiques. Devant de  tels comportements politiciens, les agitateurs de  chez nous les groupuscules de râleurs  fanatisés des partis  TIM de Marc le pilleur de  banques  centrales  et HVM  de Hery Rajaonarimampianina ce  fou guéri ont beaucoup à apprendre avant  de  prétendre faire de l’opposition institutionnalisée.

Ironie  du  sort, à Madagascar les zizanies obsessionnelles des  acteurs politiques  tournent autour des enjeux de Madagascar Oil. Contrairement aux réalités de ce  royaume  nordique où l’or noir a aussi permis au royaume de 5,4 millions d’habitants d’amasser le plus gros fonds souverain au monde avec près de 12 000 milliards de couronnes d’actifs (1 175 milliards d’euros). Or, au pays  de feu le Pr Willy Léonard ce  chantre  et  apôtre des  Sciences  Economiques, Andry  Rajoelina l’actuel Chef de l’Etat  et  son  équipe, en misant  sur le recours à un «fonds  souverain »  sont insultés  et traités de  tous les noms par des  détracteurs, n’ont  fait qu’instituer les abus  des prérogatives  étatiques pour leurs  enrichissements personnels  comme méthode  de  gouvernement. C’est pour  vous  dire que  dans  ce pays,  opposition rime  encore  et  toujours avec démagogie. Il n’y a pas  de  quoi  être  fier.

Avec La Gazette de la Grande Ille par Noël Razafilahy

[Chronique] Réforme de la Ceni en RDC : tout ça pour ça ?

juin 14, 2021
Kash

La réforme de la Commission électorale nationale indépendante adoptée en vue de la présidentielle de 2023 est critiquée. Au cœur de la polémique : le maintien de la prédominance de la majorité sur les postes stratégiques en son sein.

C’était la réforme qui devait permettre à la RDC de dépasser enfin les accusations de manque de transparence dans les élections. La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) congolaise n’a en effet pas très bonne réputation, y compris au sein de la communauté internationale. Au point que le président sortant, Corneille Nangaa, a fait l’objet de sanctions.

Le Trésor américain – sous l’administration de Donald Trump, soit dit en passant – l’a notamment accusé d’avoir « sapé le processus électoral » lors de la dernière présidentielle. Signe on ne peut plus patent des dysfonctionnements profonds qui perturbent la Ceni : alors que son mandat se terminait officiellement le 30 juin 2019, Corneillee Nangaa est, aujourd’hui encore, en poste, en attendant que les acteurs politiques s’entendent sur un éventuel successeur…

Couper le cordon

Au-delà de la seule question de la personnalité des membres de la Ceni, c’est à propos des équilibres internes à celle-ci que le débat a le plus violemment fait rage ces dernières années. Société civile, représentants religieux, cadres de l’opposition et même diplomates occidentaux avaient un objectif en tête dès qu’était évoquée une future réforme de la commission : sa dépolitisation. En clair, couper le cordon ombilical entre l’exécutif et la Ceni, jusqu’ici nationale certes, mais dont l’indépendance était sans cesse mise en doute.

Sauf que, dans la réforme adoptée par l’Assemblée nationale, et entérinée par un vote du Sénat le 11 juin, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) estime que le compte n’y est pas. Les partis politiques obtiennent ainsi dix postes au sein de la plénière de la Ceni, contre cinq pour la société civile. Au sein du bureau, le déséquilibre est encore plus marqué : sur les sept membres, quatre sont désignés par la majorité, deux par l’opposition et un seul par la société civile.

De quoi donner du grain à moudre aux irrédentistes de Lamuka, Martin Fayulu en tête, mais aussi alimenter quelques inquiétudes au sein de la communauté internationale. Risque-t-on, en 2023, de voir à nouveau les résultats du scrutin remis en question par une partie de la classe politique et la société civile congolaise ?

Par  Kash

Caricaturiste, bédéiste, peintre, designer et publicitaire congolais installé à Kinshasa.