Posts Tagged ‘Opposition’

Zimbabwe: un responsable de l’opposition arrêté après des manifestations interdites

août 23, 2019

 

Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), le principal parti d’opposition au Zimbabwe, a annoncé ce vendredi qu’un de ses responsables avait été arrêté pour ne pas avoir empêché une manifestation interdite par les autorités.

Amos Chibaya, secrétaire chargé de l’organisation, a été arrêté jeudi. Il doit comparaître lundi devant un juge qui décidera de son éventuelle remise en liberté sous caution. «Le maintien en détention de Chibaya témoigne d’un programme brutal de persécution que poursuit le régime», a condamné le MDC sur Twitter.

La police a précisé que cette arrestation était liée aux manifestations du 16 août à Harare. La police anti-émeutes avait violemment dispersé des sympathisants de l’opposition descendus dans les rues d’Harare contre la dégradation de la situation économique, en dépit d’une interdiction de manifester. Une centaine de personnes avaient été arrêtées. Par ailleurs, neuf membres d’un syndicat d’enseignants et leur avocat ont été arrêtés vendredi à Harare pour avoir manifesté pour une hausse de leur salaire et une amélioration de leurs conditions de travail, selon le MDC.

Le président Mnangagwa, qui a succédé fin 2017 à Robert Mugabe, aux commandes du pays pendant trente-sept ans, s’est engagé à relancer l’économie, jusqu’à présent en vain. Le Zimbabwe est confronté à des pénuries régulières de denrées de première nécessité, comme la farine, le pain, l’huile, mais aussi les carburants. Les Zimbabwéens sont aussi soumis à de très longues coupures d’électricité.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Santé du président gabonais: la demande d’expertise sera examinée en appel

août 12, 2019

La justice gabonaise va examiner le 26 août en appel la demande par des opposants d’une expertise médicale du président Ali Bongo Ondimba, pour estimer s’il est apte à exercer ses fonctions 10 mois après un AVC, ont indiqué à l’AFP les avocats des deux parties.

Le président du Gabon n’a pas pris la parole en direct et en public depuis qu’il a prononcé quelques mots à son retour à Libreville fin mars,» LIRE AUSSI – après cinq mois de convalescence à l’étranger, un silence qui a poussé dix personnalités de l’opposition, du monde syndical et de la société civile à demander cet examen.

Le 4 mai, un tribunal avait jugé en première instance irrecevable cette requête, au motif que seule la Cour constitutionnelle saisie par le gouvernement ou les deux chambres du Parlement, peuvent constater l’empêchement. Mais la Cour d’appel de Libreville a refusé lundi de se dessaisir de cette requête spécifique d’une expertise médicale au motif qu’elle serait incompétente et a fixé l’audience au 26 août, selon les avocats des deux parties.

«C’est le début de quelque chose», se félicite Anges Kevin Nzigou, un des membres du comité de dix personnalités qui réclament l’expertise. Selon cet avocat, la justice a «pour une fois, résisté à l’appel du pouvoir» en refusant «une demande formulée par le président de la République» en faveur d’une dessaisie des juridictions ordinaires. «Cela viole toutes les règles», s’étrangle au contraire Tony Serge Ndong, avocat d’Ali Bongo. Il maintient que son client, en tant que chef de l’Etat, «ne peut pas être justiciable».

Du côté des dix plaignants, la prudence est de mise puisqu’«il n’est pas exclu que des exceptions soient soulevées» pendant la procédure de 26 août, rappelle Anges Kevin Nzigou. Si la Cour d’appel a refusé d’emblée de se dessaisir, elle ne s’est en revanche pas prononcée au fond ni sur sa capacité à juger une affaire impliquant le chef de l’Etat.

La question de l’aptitude à présider d’Ali Bongo, au pouvoir depuis dix ans après le décès de son père Omar en 2009, est brandie en permanence par ses opposants. Ils assurent qu’il ne s’est jamais remis de l’accident vasculaire cérébral (AVC) qui l’avait frappé fin octobre 2018, pendant une visite en Arabie saoudite. Des figures de l’opposition ont appelé les Gabonais à se rendre en masse samedi, pour se rendre compte par eux-mêmes, au défilé militaire de la fête de l’Indépendance du 17 août, où la présence du chef de l’Etat est annoncée à la tribune.

Par Le Figaro.fr avec AFP

RDC: l’invalidation de l’élection de députés de l’opposition annulée

juillet 5, 2019

Une audience de la Cour constitutionnelle de la RDC, le 27 juillet 2015 à Kinshasa (archives). © Ph. John Bompengo/Monusco

 

La Cour constitutionnelle de la République démocratique du Congo est partiellement revenue mercredi et jeudi sur sa décision d’invalider l’élection de plusieurs députés d’opposition, une mesure qui avait ravivé les tensions politiques à Kinshasa.

La Cour a réhabilité dix-neuf des 23 députés de la coalition d’opposition Lamuka invalidés, après examen d’ « erreurs matérielles » par une chambre spéciale de cette instance judiciaire, selon un décompte de l’AFP auprès des formations politiques. Parmi les députés de l’opposition dont la victoire a finalement été confirmée par la Cour : Raphael Kibuka, Daniel Mbayo du MLC, Chérubin Okende, Daniel Safu et Mutombo Kasongo Germain  de l’AMK, Jean Claude Kibala (MS) ou encore Amato Bayubasire (UNC).

Au total les juges se sont prononcés sur 178 dossiers de contestation des résultats des législatives nationales du 30 décembre rendus par la Commission électorale et leur validation par la Cour constitutionnelle. La liste définitive des députés nationaux devait être connue jeudi, selon le greffe de cette instance judiciaire congolaise.

Parmi les parlementaires de Lamuka, au moins quatre députés proches de l’ex-gouverneur du Katanga Moïse Katumbi, ont été réhabilités par ces arrêts. Le Mouvement de libération du Congo (MLC) de l’ancien vice-président Jean-Pierre Bemba a reconnu que trois de ses élus invalidés avaient été réhabilités, dans un communiqué.

« J’ai un sentiment de satisfaction, teinté de regret étant données les péripéties qu’a connue ma validation définitive, alors que j’ai obtenu plus de 26 000 voix. L’invalidation de mes camarades de l’opposition pour des raisons inavouées me laissent aussi un goût amer » a réagit Raphael Kibuka, contacté par Jeune Afrique. « Les autorités politiques et judiciaires doivent désormais tout mettre en œuvre pour que nous ayons une justice véritable, gage de tout développement. L’appareil judiciaire devra écarter les brebis galeuses », a-t-il ajouté.

Au moins deux députés du parti de l’ancien président Joseph Kabila, le parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) précédemment validés, ont été écartés par ces décisions définitives de la Cour constitutionnelle.

Le FCC toujours majoritaire

La Cour constitutionnelle avait invalidé le 11 juin l’élection de 23 députés d’opposition, dans la plupart des cas au bénéfice de la majorité parlementaire de l’ancien président Joseph Kabila. Plusieurs ministres et gouverneurs de provinces ont vu leurs mandats validés, alors que la Commission électorale ne les avait pas proclamés élus. Le président Félix Tshisekedi avait lui-même estimé que certains arrêt de la Cour étaient « scandaleux ». L’ex-candidat Martin Fayulu avait participé dimanche à une manifestation interdite, en partie contre ces décisions.

Les décisions de la Cour constitutionnelle en RDC ne donnent normalement pas lieu à des recours. En dépit de ces annulations d’invalidations, le Front commun pour le Congo (FCC), coalition des partisans de l’ex-président Kabila, dispose de la majorité absolue à l’Assemblée nationale.

RDC: L’interdiction de la marche de l’opposition ce 30 juin signe l’échec de la démocratie

juin 30, 2019

Suivez la réaction de Martin Fayulu !

 

Publiée le 30 juin 2019 par Satellite Congolais TV

RDC : le gouverneur de Kinshasa interdit la marche de l’opposition prévue le 30 juin

juin 29, 2019

Martin Fayulu, le 10 janvier 2019 à Kinshasa. © AP/Sipa/Jerome Delay

 

Le gouverneur de Kinshasa, Gentiny Ngobila, a annoncé l’interdiction de la « marche pacifique » prévue le 30 juin à l’appel de la plateforme d’opposition Lamuka, pour le 59ème anniversaire de l’indépendance du pays.

Le gouverneur de Kinshasa s’est dit « au regret de ne pouvoir prendre acte » de la demande de manifestation dans une lettre adressée Fidèle Babala Wandu, le coordinateur de Lamuka à Kinshasa. Le 30 juin, date de l’indépendance du pays est une « date sacrée et commémorative », poursuit Gentiny Ngobila, estimant « qu’organiser des marches à cette date friserait le sabotage contre la mémoire de la République ».

Un argument qui semble ne pas avoir convaincu l’opposition. « Il n’y a aucun fondement légal pour justifier cette interdiction. Pour nous la marche est maintenue », a assuré à Jeune Afrique Fidèle Babala Wandu. « Cela montre que les choses n’ont pas vraiment changé ici », poursuit-il. Contacté, le gouverneur de Kinshasa n’a pas répondu à nos sollicitations.

Invalidation des députés

Lamuka voulait organiser « une marche pacifique pour exiger le respect de la volonté du peuple », notamment suite à l’invalidation d’une vingtaine de députés de la coalition Lamuka au profit, dans la plupart des cas, de membres du FCC de Joseph Kabila.

Cette décision de la Cour constitutionnelle a provoqué une levée de boucliers au sein de l’opposition. Martin Fayulu, candidat malheureux lors de la dernière présidentielle – dont il conteste toujours les résultats -, avait qualifié cette invalidation « d’assassinat définitif de la démocratie » en RDC et avait annoncé « la suspension des activités parlementaires de tous les parlementaires de Lamuka jusqu’à nouvel ordre ».

Les membres de la coalition doivent se réunir ce vendredi pour décider de la marche à suivre suite à l’interdiction de la marche. Dans le même temps, le vice-Premier ministre intérimaire en charge de l’Intérieur et Sécurité le Basile Olongo a confirmé, le 26 juin à Jeune Afrique, que le défilé du 30 juin, n’aura pas lieu cette année. Félix Tshisekedi adressera un « discours à la Nation » qui sera retransmis par la RTNC, la télévision nationale.

Jeuneafrique.com par Romain Gras

Mauritanie: appels à la libération de deux blogueurs détenus depuis deux mois

mai 22, 2019

 

Amnesty International a appelé mercredi les autorités mauritaniennes à libérer deux jeunes blogueurs proches de l’opposition arrêtés il y a deux mois et poursuivis pour «dénonciation calomnieuse» envers le chef de l’Etat Mohamed Ould Abdel Aziz, alors que l’élection présidentielle se tiendra le 22 juin.

De leur côté, les avocats d’Abderrahmane Ould Wedadi et Cheikh Ould Jiddou, arrêtés le 22 mars et inculpés le 27 mars, ont annoncé la saisie du Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire «afin de faire reconnaître le caractère illégal de leur détention et pour demander leur libération immédiate».

Les deux jeunes blogueurs reprenaient depuis plusieurs mois sur Facebook des informations de la presse étrangère «relatives au potentiel gel d’un compte bancaire par les autorités de Dubaï qui appartiendrait au chef de l’Etat mauritanien», ont rappelé mardi dans un communiqué les avocats, Brahim Ould Ebetty et Henri Thulliez. Le président mauritanien, interrogé le 5 mars par la presse sur cette affaire, avait affirmé qu’il «s’agissait d’une rumeur qui finira par s’estomper». Selon leurs avocats, «surtout les deux blogueurs enquêtaient depuis plusieurs années sur une escroquerie immobilière basée sur le système de Ponzi, touchant plusieurs milliers de familles et qui aurait bénéficié à des proches du président sans que l’auteur principal présumé ne soit jamais inquiété par la justice». La personne visée est un chef religieux, cheikh Ridha al-Saïdi, qui a acheté à crédit à des milliers de Mauritaniens des centaines de maisons, terrains, véhicules et bétail à des prix très supérieurs à leur valeur réelle, pour les revendre ensuite bien en-dessous du prix du marché, mais sans jamais les rembourser. Des associations de créanciers du religieux se sont constituées pour réclamer leur dû, manifestant devant sa concession située dans la banlieue nord de la capitale, sans jusqu’à présent saisir la justice.

Amnesty International a pour sa part appelé dans un communiqué les autorités à «libérer immédiatement et sans condition deux célèbres blogueurs détenus depuis deux mois uniquement pour avoir dénoncé sur Facebook des faits présumés de corruption dans le pays», les appelant à «s’ouvrir aux débats et à la critique». «Le respect et la protection du droit à la liberté d’expression devraient être une de leurs priorités, l’élection présidentielle étant prévue le mois prochain», a souligné l’organisation.

Ancien général arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 2008, élu en 2009 puis réélu en 2014, Mohamed Ould Abdel Aziz ne peut se représenter au terme de son second mandat. Pour lui succéder, le parti au pouvoir a désigné comme candidat un autre ancien général, son compagnon de toujours, Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Élections en RDC: les 15 membres du Conseil de sécurité de l’ONU à Kinshasa

octobre 5, 2018

Kinshasa – Les 15 membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont rencontré la commission électorale vendredi à Kinshasa au premier jour d’une visite en République démocratique du Congo à « un moment crucial de son histoire » avant les élections prévues le 23 décembre.

Emmenés par la France, les 15 ambassadeurs ou représentants des pays-membres pourraient rencontrer d’ici la fin de leur visite dimanche le président Joseph Kabila, en plus des rendez-vous avec des candidats de l’opposition et des membres de la société civile.

« La RDC est à un moment crucial de son histoire », a déclaré à l’AFPTV l’ambassadeur de France aux Nations unies, François Delattre.

« D’un côté, il existe une première opportunité historique d’une transmission démocratique et pacifique du pouvoir. D’un autre côté, la RDC est confronté à des risques politques et sécuritaires », a-t-il ajouté.

« Notre objectif prioritaire aujourd’hui, c’est bien qu’il y ait des élections le 23 décembre, que ces élections soient crédibles, qu’elles soient transparentes, qu’elles se tiennent dans un climat apaisé », a-t-il poursuivi après la rencontre avec la commission électorale.

« Nous souhaitons, nous, membres du Conseil de sécurité, mettre tout notre poids dans la balance », a conclu M. Delattre.

« Le gouvernement a pris l’option de ne pas solliciter d’autres appuis financiers ni logistiques des partenaires », a rappelé le président de la commission électorale Corneille Nangaa.

Selon M. Nangaa, le Conseil de sécurité a rappelé que la Mission des Nations au Congo « est toujours prête en cas de besoin »: « Nous sommes ouverts et les discussions vont se poursuivre dans ce sens », a-t-il dit.

Le président Kabila a réclamé la semaine dernière devant l’Assemblée générale annuelle des Nations unies « le début effectif et substantiel du retrait » des Casques bleus présents depuis 1999 son pays, affirmant le caractère « irréversible » du scrutin présidentiel prévu le 23 décembre.

La délégation est emmenée par trois co-présidents (France, chargée de l’élaboration des résolutions sur la RDC, Guinée-Equatoriale, désignée par l’Afrique, et Bolivie, présidente en exercice) et cinq ambassadeurs (France, Koweit, Pologne, Pays-Bas, Suède), précise la Monusco.

Jusqu’à présent, la commission électorale a respecté quasi au jour près le calendrier électoral, et les partis d’opposition se cherchent un candidat unique sans parler de boycotter ces élections qui doivent organiser le départ du président Kabila après 18 ans de pouvoir.

Mais des polémiques récurrentes pèsent sur le processus électoral: refus de la « machine à voter » par l’opposition et contestation du fichier électoral.

Romandie.com avec(©AFP / 05 octobre 2018 20h01)                                                        

Élection au Cameroun: Kamto et Muna, deux opposants, forment une coalition(porte-parole de Muna)

octobre 5, 2018

L’opposant camerounais Maurice Kamto lors d’un meeting à Yaoundé le 30 septembre 2018n / © AFP/Archives / MARCO LONGARI

Deux candidats d’opposition camerounais ont formé vendredi soir une coalition, à moins de 48h de l’élection présidentielle prévue dimanche, a annoncé le porte-parole de l’un d’eux, Akere Muna, dans un communiqué reçu vendredi soir.

« Akere Muna accepte de retirer sa candidature à la Présidence de la République (…) et de soutenir Maurice Kamto », indique un communiqué signé du porte-parole d’Akere Muna, Paul Mahel.

M. Muna faisait partie des huit candidats qui affronteront dimanche le président sortant, Paul Biya, 85 ans, en poste depuis 1982 et qui brigue un 7ème mandat consécutif.

C’est la première fois depuis l’élection présidentielle de 1992 que deux opposants à Paul Biya forment une coalition contre le président sortant.

« Ce ralliement, intéressant pour la vitalité de la vie politique camerounaise, pourrait arriver trop tardivement pour créer une dynamique de fond », a déclaré à l’AFP Hans de Marie Heungoup, chercheur au centre d’analyses International Crisis Group (ICG).

Maurice Kamto, ancien ministre délégué à la Justice entre 2004 et 2011, a fondé son parti politique en 2012. Il fait figure d’opposant de poids selon les analystes.

Avocat au barreau de Paris, il a notamment négocié avec succès pour son pays le contentieux territorial avec le Nigeria sur la presqu’île de Bakassi.

Ses partisans estiment que son expérience au sein de l’appareil d’Etat est un atout quand ses détracteurs n’hésitent pas à critiquer son soutien passé à Paul Biya.

Akere Muna est l’ancien bâtonnier du Cameroun et fondateur de la branche camerounaise de l’ONG de lutte contre la corruption Transparency International.

Il faisait aussi figure d’opposant de poids à Paul Biya, malgré une campagne plus timorée.

/ © AFP/Archives / Reinnier KAZE

Le président Biya, invisible physiquement durant la campagne hormis un meeting dans la région de l’Extrême-Nord samedi, est néanmoins omniprésent : des milliers d’affiches à son effigie ont été collées partout dans le pays depuis le début de la campagne.

Cela faisait plusieurs jours que des rumeurs couraient sur la formation d’une coalition de plusieurs candidats de l’opposition.

D’autres candidats à l’élection présidentielle ont évoqué l’idée d’une coalition, notamment le candidat du principal parti d’opposition Joshua Osih, sans que cela se concrétise pour l’heure.

Vendredi matin, le camp de Kamto a accusé le pouvoir en place de préparer une « fraude massive » en vue du scrutin de dimanche.

« Nous n’accepterons aucun résultat si ce type de fraude continue », a indiqué le directeur de campagne de Maurice Kamto, Paul-Eric Kingue.

« En tentant d’organiser le chaos, ils risquent d’être désagréablement surpris », a réagi le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary.

L’élection présidentielle se tiendra dans un contexte sécuritaire tendu, avec un conflit armé dans les deux régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et les assauts répétés des jihadistes de Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord.

Romandie.com avec(©AFP / (06 octobre 2018 02h13)

Côte d’Ivoire/propos violents contre Alassane Ouattara: Justin Koua brièvement interpellé

septembre 21, 2018

Le président ivoirien, Alassane Ouattara. © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

 

Justin Koua, secrétaire national de la Jeunesse du Front populaire ivoirien (FPI de Laurent Gbagbo), a été libéré le vendredi 21 septembre après avoir passé la nuit en garde à vue, à la suite de ses propos violents contre le président Alassane Ouattara.

Les ennuis judiciaires recommencent pour Justin Koua. Ce jeune leader de la Jeunesse du Front populaire ivoirien (FPI de Laurent Gbagbo), proche d’Aboudramane Sangaré, avait déjà passé vingt-neuf mois en prison à partir de juin 2013. Coutumier des critiques souvent violentes à l’encontre du pouvoir d’Alassane Ouattara, il avait alors été condamné pour « discrédit sur une décision de justice ».

Ce 20 septembre, après avoir reçu 24 heures plus tôt une convocation de la préfecture de police du Plateau (Abidjan), Justin Koua s’est présenté devant des enquêteurs. Ces derniers l’ont interrogé durant plusieurs heures sur ses propos tenus le 15 septembre lors d’un meeting de la jeunesse d’Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS, plateforme de l’opposition dirigée par Georges Armand Ouégnin et proche de l’ex-Première dame Simone Gbagbo).

Vers une inculpation ?

Face à des partisans en liesse, Koua avait en effet tenu pendant plusieurs heures des propos violents à l’encontre du chef de l’État ivoirien. « Nous allons faire porter à Alassane Ouattara ses habits de deuil et le conduire à sa dernière demeure », avait-il lancé. Il avait ainsi provoqué la sortie prématurée du petit stade d’Anono (commune de Cocody, à Abidjan), où se tenait la rencontre de certains militants du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI d’Henri Konan Bédié) qui avaient été conviés et avec lesquels le FPI tente un difficile rapprochement.

C’est d’ailleurs en tant que témoin qu’Innocent Yao, président de la Jeunesse rurale du PDCI, qui avait pris la parole au cours du même meeting, a été invité par les services de la préfecture afin d’y être entendu. Le jeune leader du PDCI n’a pas personnellement répondu à l’invitation et s’est fait représenter par des avocats de son parti.

Il est possible qu’il soit inculpé pour appel à la haine, offense au chef de l’État ou troubles à l’ordre public », précise une source judiciaire

Justin Koua, qui a été libéré le vendredi 21 septembre après avoir passé une nuit en garde à vue, n’est pas pour autant sorti d’affaire. « Justin Koua a certes été autorisé à regagner son domicile, mais son dossier est en instruction au parquet, précise ainsi une source judiciaire à Jeune Afrique. Il est possible qu’il soit inculpé pour appel à la haine, offense au chef de l’État ou troubles à l’ordre public ».

Montée des violences verbales

Ces dernières semaines, la violence verbale a signé son retour dans les discours politiques émanant de tous les camps. De quoi faire planer des menaces sur la paix sociale, dans le contexte actuel de précampagne en vue des élections locales (municipales et régionales) du 13 octobre prochain.

Mi-septembre, Dah Sansan, le président du Rassemblement des jeunes Républicains (RJR, organisation de la jeunesse du parti présidentiel), menaçait par exemple de représailles des jeunes de l’opposition et du PDCI qui comptent organiser un sit-in devant le siège de la Commission électorale indépendante (CEI) pour réclamer sa réforme. « Non, ils n’auront même pas l’occasion de descendre dans la rue. Je crois que je vous ai parlé sagement, ils n’en auront pas l’occasion », avait-il ainsi affirmé.

Pour Christophe Kouamé, président de l’association Citoyenneté et participation (Civis-CI), le retour en force des violences verbales est la conséquence d’une « amnistie brutale [prise par le chef de l’État Alassane Ouattara le 6 août 2018 au bénéfice de 800 détenus et exilés pro-Gbagbo] qui n’a pas préparé les esprits tout comme les différents protagonistes, au vivre ensemble, à la cohésion sociale et à la responsabilité, dans un cadre de justice transitionnelle ».

Jeuneafrique.com par – à Abidjan

Interview Paris-Match avec Ferdinand Mbaou: « Pourquoi on veut me tuer »

septembre 20, 2018

 

Ferdinand Mbaou, opposant redoutable

 

Selon les révélations du Monde et du Figaro, ce général congolais aurait été la cible d’une tentative d’assassinat en France impliquant deux anciens agents de la Dgse. Ferdinand Mbaou répond aux questions de Paris Match Afrique.

Paris Match Afrique. La semaine dernière, Le Monde et Le Figaro révèlent qu’une tentative d’assassinat a été planifiée en région parisienne contre vous. Etiez-vous au courant ?

Ferdinand Mbaou. Non ! Je l’ai appris en même temps que tout le monde, en lisant dans le journal que des personnes avaient été arrêtées parce qu’elles projetaient d’assassiner un opposant congolais ici en région parisienne. J’ai été surpris de lire qu’il s’agissait de ma modeste personne.

Quel sentiment avez-vous éprouvé ?

J’ai déjà échappé à une tentative d’assassinat le 10 novembre 2015 à coté de chez moi dans le Val d’Oise. On m’a tiré dessus à bout portant. J’ai encore les projectiles dans mon corps, on n’est jamais heureux de ce genre de situation, jamais aguerri. On essaye de faire avec. La différence cette fois, c’est que d’après les articles des anciens agents des services de sécurité français sont impliqués. Cela m’a fait beaucoup de peine de l’apprendre. Heureusement, d’autres agents, en fonction ceux-là, ont bien travaillé. Je tiens à les remercier et j’espère qu’ils vont continuer maintenant qu’ils ont la preuve que je suis dans la ligne de mire de ce commanditaire dont je ne veux pas citer le nom.

Saviez-vous que des personnes cherchaient à vous tuer ?

Oui je sais pourquoi on veut me tuer. Les Congolais m’ont averti et puis j’ai reçu des menaces par SMS: « on va venir te tuer aujourd’hui. » J’ai tenté d’alerter les services, mais ils n’ont pas donné suite.

La justice ne m’a informé de rien et je n’ai aucune protection policière

Bénéficiez-vous d’une sécurité rapprochée ?

Non pas du tout. La justice ne m’a pas encore informé officiellement et je n’ai aucune protection policière. Seule la presse nous a informés. D’ailleurs, je suis très heureux que cette presse utile existe en France. Chez nous au Congo, les hommes de presse qui ont dit la vérité ont fini en prison.

Vous avez été le chef de la garde présidentielle du président congolais Pascal Lissouba jusqu’en 1997 avant l’arrivée au pouvoir de l’actuel président Denis Sassou-Nguesso, pourquoi vous en voudrait-il encore autant ?

Je suis l’un de ses ennemis les plus redoutables et dans sa république un peu bananière, tout est en train de partir en lambeau. Il y a une crise politique, économique, sociale, il est isolé sur le plan international et cela qui le rend comme un chien en cage.

Est-ce que vous constituez une menace ?

Quand un peuple est opprimé, c’est l’oppresseur qui définit la nature du combat. Quand le peuple est descendu dans la rue pacifiquement il s’est fait tirer dessus. Il y a eu des morts et les gens ont a compris qu’il fallait trouver d’autres moyens plus adéquats pour renverser cet état des choses.

Est-ce la raison pour laquelle vous avez été emprisonné lors de votre retour au Congo en 2009 ?

J’étais allé au Congo pour me recueillir sur la tombe de mon père, mort dans les combats en 1997. A mon arrivée, on m’a jeté en prison pour « atteinte à la souveraineté extérieure de l’Etat » et « usurpation de grade de général ». J’ai passé 170 jours bien comptés en prison. A ma sortie, les Congolais ont exigé que je sois jugé à la Cour criminelle qui m’a acquitté sur les deux chefs d’accusation.

Avez-vous subi d’autres intimidations depuis lors ?

Oui on a gelé mes comptes et mes avoirs en France à quatre reprises. Là aussi, je me demande pourquoi ! Quand je pose la question, on me répond : « Vous voulez renverser le Président Sassou Nguesso » (réélu après des élections contestées le 16 mars 2016, ndlr). Je dis clairement : « C’est votre président, ce n’est pas le nôtre ! » J’ai toujours dit à haute voix que je considère que depuis 1997 le Congo Brazzaville vit entre parenthèses. Pour autant, je sais qu’un jour, avec notre intelligence, dans l’unité et dans la paix, nous sortirons de cette situation pour que notre pays soit comme le dit notre hymne national dans l’unité, le travail et le progrès !

Zenga-mambu.com by Laurent avec François de Labarre