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Venezuela: l’opposition promet sa « plus grande » manifestation samedi

mai 20, 2017

Manifestation de l’opposition à Caracas, au Venezuela, le 18 mai 2017 / © AFP / Juan BARRETO

L’opposition vénézuélienne promet de réaliser samedi sa « plus grande démonstration de force » depuis le début de la vague de protestations, début avril, qui demandent le départ du président socialiste Nicolas Maduro.

Selon le tout dernier bilan du parquet, diffusé vendredi, les incidents qui entourent ces rassemblements quasi quotidiens ont fait 47 morts, dépassant désormais les 43 décès enregistrés lors la précédente grande série de défilés anti-Maduro, survenues entre février et mai 2014.

Les manifestations dégénèrent la plupart du temps en affrontements avec les forces de l’ordre, où les projectiles en tous genres et les cocktails Molotov des uns répondent aux gaz lacrymogènes, balles en caoutchouc et canons à eau des autres.

Les tirs sont parfois réels, comme dans plusieurs de ces 47 décès, pour lesquels des fonctionnaires ont été arrêtés. A cela s’ajoutent des pillages et la violence exercée par les « colectivos », des groupes de civils armés par le gouvernement, assure l’opposition.

A l’occasion de ce 50e jour de manifestation depuis le 1er avril, les antichavistes (du nom du défunt ex-président Hugo Chavez, 1999-2013) entendent marquer les esprits.

« Pour ce 50e jour de résistance, nous allons organiser la plus grande démonstration de force de cette période », a déclaré Juan Andrés Mejia, un des jeunes députés qui dirige les manifestations.

L’objectif sera de « démontrer à ceux qui pensent qu’ils nous ont fait reculer, que nous sommes plus actifs que jamais, que le peuple est plus impliqué en faveur du changement », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse.

Depuis le début des marches anti-Maduro, on compte des centaines de blessés et quelque 2.200 personnes interpellées, selon l’ONG Foro Penal. Au moins 159 de ces civils ont été jugées et emprisonnées par des tribunaux militaires.

Les adversaires de Maduro dénoncent une « répression sauvage » du gouvernement socialiste, alors que le pouvoir accuse l’opposition de fomenter le « terrorisme » en vue d’un coup d’Etat soutenu par les Etats-Unis.

Violence et mort

Le chef de l’opposition vénézuélienne Henrique Capriles, qui a accusé jeudi les autorités de l’empêcher de quitter le pays en lui « retirant » son passeport, a annoncé qu’un de ses avocats a remis vendredi à New York un rapport sur la crise qui frappe le pays sud-américain au Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein.

M. Capriles, ancien candidat à la présidentielle, qu’il avait perdue de peu contre le chef de l’Etat actuel, devait faire le déplacement aux Etats-Unis.

Au Venezuela, la situation apparaît particulièrement tendue dans l’Etat de Tachira (ouest), à la frontière de la Colombie. Après une série de pillages et d’attaques contre des installations de la police et de l’armée, le président y a déployé 2.600 militaires.

Selon les analystes, le défi de l’opposition sera de se maintenir dans la rue de manière pacifique, après un mois et demi de manifestations quasi interrompues.

« Le succès d’un mouvement de protestation dépend du nombre et de la durée », juge l’analyste Luis Vicente Leon qui prévient que si les défilés prennent un tour violent « ils ont moins d’impact ».

Sept Vénézuéliens sur dix souhaitent le départ du président Maduro, selon les sondages, alors qu’une profonde crise économique et sociale alimente la colère populaire. Ce pays pétrolier, ruiné par la chute des cours du brut, est frappé par de graves pénuries d’aliments et de médicaments. L’inflation y est la plus élevée au monde et la criminalité incontrôlable.

L’opposition exige des élections générales anticipées et rejette la décision du chef de l’Etat de convoquer une assemblée constituante pour réformer la Constitution datant de 1999, estimant qu’il s’agit d’une manoeuvre pour repousser le scrutin présidentiel prévu fin 2018 et s’accrocher au pouvoir.

La procureure générale du Venezuela, Luisa Ortega, seule voix discordante au sein du camp présidentiel, a estimé que cette initiative du président ne ferait qu’aggraver la crise, selon une lettre envoyé au gouvernement et diffusée par la presse.

Vendredi, au cours d’une réunion publique, le chef de l’Etat a insisté sur le fait que la constituante était « le chemin pour la paix, le dialogue et le consensus », tandis que l’opposition ne proposait que « la violence et la mort ».

Romandie.com avec(©AFP / 20 mai 2017 09h12)                

Venezuela: le chef de l’opposition bloqué à l’aéroport

mai 18, 2017

Le chef de l’opposition vénézuélienne Henrique Capriles pose pour un selfie à l’aéroport international Simon Bolivar de Maiquetia, à environ 30 km de Caracas, le 18 mai 2017 / © AFP / STR

Le chef de l’opposition vénézuélienne Henrique Capriles a accusé jeudi les autorités de l’empêcher de quitter le pays, où se poursuit la vague de manifestations émaillées de violences contre le gouvernement.

Cet ancien candidat à la présidentielle, qu’il avait perdue de peu contre le chef de l’Etat actuel Nicolas Maduro, devait se rendre à New York pour y rencontrer vendredi le Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein.

« Je ne vais pas pouvoir assister à la réunion avec le Haut commissaire aux droits de l’Homme », a affirmé M. Capriles dans une vidéo diffusée en direct sur internet depuis l’aéroport international de Maiquetia, à Caracas.

Sur d’autres images diffusées en ligne, il apparaît en train de réclamer son passeport dans un bureau de l’immigration de l’aéroport. « On m’a informé que mon passeport a été annulé », dit-il. « Mon passeport est valable jusqu’en 2020. Ce qu’ils veulent, c’est que je n’aille pas aux Nations unies », affirme-t-il, assurant être « retenu » par les autorités.

« J’espère que la confiscation du passeport d’Henrique Capriles n’est pas une mesure de représailles parce qu’il allait me rencontrer demain à l’ONU », a réagi sur Twitter le Haut commissaire.

M. Capriles avait indiqué sur le même réseau social qu’il comptait profiter de cette rencontre pour lui présenter les cas des manifestants « tombés (tués, ndlr), blessés, emprisonnés » ainsi que des preuves de la « répression » contre les manifestations hostiles au président socialiste.

Après cet épisode à l’aéroport, il a annoncé qu’il retournait à Caracas pour participer à une manifestation dans la capitale contre la « répression brutale ».

Pendant ce temps, dans la rue, les premiers manifestants criaient: « Qui sommes-nous? Le Venezuela! Que veut-on? La liberté! »

Des incidents ont éclatés entre les opposants et les forces de l’ordre lors d’un rassemblement à l’est de Caracas, alors que d’autres manifestations avaient lieu dans plusieurs villes du pays.

Honte pour l’humanité

Le Venezuela est secoué depuis le 1er avril par une vague de manifestations et de violences dont le bilan s’établit à 43 morts, autant que lors de la précédente grande série de protestations anti-Maduro entre février et mai 2014.

Déterminée à obtenir le départ du président via des élections générales anticipées, l’opposition, majoritaire au Parlement depuis fin 2015, ne faiblit pas et mobilise chaque jour des milliers de personnes.

« Nous n’allons pas cesser de dénoncer les violations des droits de l’Homme et d’exiger des élections. Nous allons continuer dans la rue », a déclaré à l’AFP Hasler Iglesias, l’un des leaders étudiants.

La colère populaire est alimentée par la profonde crise économique et sociale frappant ce pays pétrolier, ruiné par la chute des cours du brut et frappé par des pénuries d’aliments et de médicaments. L’inflation y est la plus élevée au monde et la criminalité incontrôlable.

« Ca, c’est de la résistance. On sait que l’on va être réprimés mais nous devons sortir pour protester, il y a des gens qui meurent de faim ou à cause du manque de médicaments », a confié à l’AFP un musicien de 45 ans se présentant comme Napolenrique.

Depuis le début du mouvement de protestation, les dirigeants de l’opposition dénoncent une « répression brutale » des autorités, tandis que le gouvernement accuse ses adversaires de promouvoir des « actes terroristes » en vue d’un « coup d’Etat ».

« Assassin Capriles! » a lancé M. Maduro dans la nuit de mercredi, l’accusant de diriger, avec le président de l’Assemblée nationale Julio Borges, « des bandes de terroristes ».

Dans ce climat d’extrême tension, le président a ordonné mercredi le déploiement de 2.600 militaires dans l’Etat de Tachira (ouest), près de la frontière colombienne, après des pillages et attaques contre des installations de la police et de l’armée.

La veille, il avait une nouvelle fois prolongé l’état d’urgence économique, en vigueur depuis janvier 2016, qui lui permet de restreindre les « garanties » constitutionnelles et de prendre des mesures spéciales d' »ordre social, économique, politique et juridique ».

Au niveau international, le président Donald Trump a qualifié jeudi la crise vénézuélienne de « honte pour l’humanité », tandis que la France a appelé à « l’arrêt des violences » et à une « médiation régionale ou internationale crédible ».

Romandie.com avec(©AFP / 18 mai 2017 23h49)

Au Venezuela, sit-in géant contre le président Maduro

mai 15, 2017

Manifestation contre le président Nicolas Maduro le 15 mai 2017 à Caracas / © AFP / FEDERICO PARRA

Des milliers d’opposants au président vénézuélien Nicolas Maduro bloquaient lundi les principales routes du pays, qui entrait dans sa septième semaine de protestations marquées par des violences ayant fait 38 morts.

L’opération, baptisée « grand sit-in contre la dictature », devait durer douze heures, jusqu’à 19H00 (23H00 GMT), dans une cinquantaine de points stratégiques du pays.

En début-d’après-midi à Caracas, parapluies et capes étaient de sortie sur la principale autoroute d’accès à la capitale, où les manifestants équipés de vivres et d’eau pour la journée, jouaient aux cartes, chantaient et lisaient, assis ou allongés sur le bitume.

Des groupes de manifestants cagoulés avaient disposé des barricades sur la voie, laissant craindre de nouvelles violences.

« C’est un jour de résistance, d’endurance, pour montrer (notre) organisation et (notre) force », a assuré aux journalistes Freddy Guevara, vice-président du Parlement, contrôlé depuis fin 2015 par l’opposition.

L’objectif, a-t-il souligné, est de « rendre ingouvernable » le Venezuela, déjà secoué par une profonde crise politique depuis des mois, qui s’ajoute au marasme économique de ce pays pétrolier ruiné par la chute des cours du brut.

Le président socialiste Nicolas Maduro est confronté depuis le 1er avril à une vague de manifestations hostiles et de violences qui ont déjà fait 38 morts et des centaines de blessés. Au moins 155 civils ont été emprisonnés sur ordre de tribunaux militaires, a dénoncé l’ONG Foro Penal.

« Il n’y a pas de liberté, ils nous répriment, il n’y a pas de nourriture, ou quand il y en a, c’est extrêmement cher », se lamente Miguel Martinez, un enseignant venu participer au sit-in, évoquant ainsi l’inflation galopante et les graves pénuries d’aliments et médicaments liées aux difficultés économiques.

« Je vais rester dans la rue jusqu’à ce qu’il y ait un changement », promet-il.

Tout fout le camp

« Mon père est décédé faute de médicaments (…) Ici, on te tue pour un portable. Tout fout le camp », témoigne Katty Biagioni, psychopédagogue de 43 ans, qui lit dans une tente.

L’opposition exige des élections générales anticipées et rejette la décision du chef de l’Etat de convoquer une assemblée constituante pour réformer le texte suprême datant de 1999, estimant qu’il s’agit d’une manoeuvre pour repousser le scrutin présidentiel prévu fin 2018 et s’accrocher au pouvoir.

Nicolas Maduro s’en est défendu ce week-end: « En 2018, qu’il pleuve, qu’il y ait du tonnerre ou des éclairs, au Venezuela il y aura une élection présidentielle », a-t-il affirmé.

Plusieurs échéances électorales sont déjà attendues, comme celle des gouverneurs régionaux, qui aurait dû avoir lieu en 2016 mais a été reportée sine die. Cette année, le pays doit organiser en outre des élections municipales.

Le ras-le-bol populaire pourrait jouer en faveur de l’opposition à chacune de ces élections, alors que 70 à 80% des habitants désapprouvent la gestion du chef de l’Etat, selon divers sondages.

Le président assure que réformer la Constitution est l’unique chemin vers la paix, mais ses adversaires y voient le moyen de façonner un texte à sa mesure.

« Il n’y a pas moyen que le Venezuela supporte ça. Tant qu’il y aura la dictature, il n’y aura pas de calme », a promis lundi M. Guevara.

Imagination

Sans relâche, l’opposition redouble d’imagination chaque jour pour maintenir la pression dans les rues: vendredi, elle a fait manifester plusieurs milliers de grands-parents à Caracas, samedi elle a organisé des cortèges de voitures, de motos, de vélos et même de chevaux à travers le pays. Dimanche, elle a réuni une nouvelle manifestation à l’occasion de la fête des mères.

L’opposition dénonce la « répression sauvage » des militaires et policiers, qui utilisent des gaz lacrymogènes et des véhicules blindés pour repousser les manifestants à chaque fois qu’ils tentent d’accéder au centre de la capitale, considéré comme un bastion chaviste (du nom du défunt ex-président Hugo Chavez, 1999-2013).

Le président Maduro, qui bénéficie de la « loyauté inconditionnelle » de l’armée, acteur crucial au Venezuela, accuse ses adversaires de mener une « insurrection armée » pour favoriser un coup d’Etat avec le soutien logistique et financier des Etats-Unis.

Dimanche, l’opposition a justement appelé à l’armée au dialogue pour trouver une « solution pacifique » à cette crise.

De son côté, Washington a fermement nié financer toute action violente, exprimant à plusieurs reprises son inquiétude quant à la situation du pays sud-américain, comme l’ont également fait l’ONU, l’Union européenne et l’Organisation des Etats américains (OEA).

Romandie.com avec(©AFP / 15 mai 2017 23h20)                

RDC : comment Kabila a dispersé l’opposition en 3 temps, 4 mouvements

mai 13, 2017

Joseph Kabila, président de la RDC, le 29 juin 2010 à Kinshasa. © Olivier Pollet/AP/SIPA

Plus de quatre mois après la fin de son second mandat constitutionnel, Joseph Kabila paraît, plus que jamais, le maître du jeu politique congolais. Sa force : une opposition divisée qu’il n’a pas eu trop de peine à fragiliser davantage.

Toujours sous-estimé, jamais mis K.-O. Joseph Kabila, bientôt 46 ans dont 16 passés à la tête de la RDC, ne flanche pas. Il y a quelques mois pourtant, son second quinquennat constitutionnel touchant à sa fin, beaucoup le voyaient comme coincé dans les cordes du ring sans pitié de la politique congolaise. Mais, le « Raïs » n’a pas jeté l’éponge pour autant.

 

Ni les pressions internationales ni les manifestations de l’opposition exigeant son départ au lendemain du 19 décembre, date de la fin théorique de son dernier mandat présidentiel, n’ont entamé sa stratégie. Au contraire. La politique de la carotte et du bâton que le chef de l’État congolais a mis en place depuis lors continue de faire des ravages au sein de l’opposition : promesses de postes ministériels à ceux qui acceptent de jouer le jeu et répression garantie à ceux qui boudent. Le tout sur fond de succession de pourparlers politiques, débouchant systématiquement sur la question du partage du gâteau.

Une opération menée en trois temps, quatre mouvements. Suivez le guide.

Temps 1 : les « concertations nationales »

Fin stratège politique et bon calculateur, Joseph Kabila est également méthodique. Dialogue après dialogue, le chef de l’État attire dans son camp, l’une après l’autre, des figures de l’opposition. La machine se met en branle dès septembre 2013 lorsque s’ouvrent à Kinshasa les « concertations nationales » initiées par le chef de l’État.

Sur le papier, le forum doit permettre de « rétablir et consolider la cohésion interne » afin de faire face, à l’époque, à la rébellion du Mouvement du 23-Mars (M23).

  • Premier mouvement : le gouvernement de cohésion nationale

À l’arrivée, un nouveau gouvernement est mis en place début décembre 2014, avec à la clé une prime accordée aux opposants qui ont participé aux travaux. Thomas Luhaka, alors secrétaire général du Mouvement de libération du Congo (MLC, parti de Jean-Pierre Bemba) est bombardé vice-Premier ministre en charge des Postes et des Télécommunications. La même formation politique est également amputée de son porte-parole, Germain Kambinga, propulsé ministre de l’Industrie. Le temps de l’opposition désormais révolu, les deux anciens cadres du MLC ont depuis créé chacun leur propre parti d’obédience… kabiliste.

Il n’y a plus d’opposition en RDC, selon Germain Kambinga.

« Le mouvement Liberté que j’ai initié est plutôt au centre : il ne s’inscrit ni dans l’opposition ni dans la majorité », tient à nuancer Germain Kambinga qui dit vouloir « travailler désormais pour le renouvellement de la classe politique et la démocratisation des formations politiques ».

D’ailleurs pour lui, « il n’y a plus d’opposition dans le pays ». L’élu de la Lukunga, dans le nord-est de Kinshasa, s’explique : « Aujourd’hui, à l’Assemblée nationale, tous les groupes parlementaires ont − ou ont eu − un ou plusieurs membres dans le gouvernement. »

Germain Kambinga, alors ministre congolais de l’Industrie, le 28 septembre 2016 à Paris. © Vincent Fournier/J.A.

Des proches de Léon Kengo wa Dondo, président du Sénat et autorité morale de la plateforme Opposition républicaine, ont également fait partie de cette première vague d’opposants qui ont rejoint l’équipe gouvernementale. Son gendre Frank Mwe Di Malila et le secrétaire exécutif de son parti (Union des forces du changement), Michel Bongongo, ont en effet hérité respectivement du vice-ministère à la Coopération internationale et du ministère d’État en charge du Budget.

Temps 2 : le dialogue de la Cité de l’OUA

Septembre 2016, rebelote ! Des nouveaux pourparlers politiques se tiennent à Kinshasa. Et aboutissent à la signature d’un accord, le 18 octobre de la même année, avec une partie de l’opposition politique conduite par Vital Kamerhe, ancien président de l’Assemblée nationale et président de l’Union pour la nation congolaise (UNC).

Le Rassemblement de l’opposition, rangé alors derrière Étienne Tshisekedi et Moïse Katumbi, a pour sa part boudé les négociations ,qui se sont déroulées à la Cité de l’OUA, sur les hauteurs de la capitale congolaise, sous la médiation du facilitateur et ex-Premier ministre togolais Edem Kodjo.

De g. à dr. Vital Kamerhe (opposition), Alexis Thambwe-Mwamba (majorité) et Edem Kodjo, facilitateur du dialogue en RDC, le 6 septembre 2016 à Kinshasa. © Michael Ali/Monusco/CC/Flickr

  • Deuxième mouvement : le gouvernement Samy Badibanga

On ne change pas une tactique qui paie ! Dans le cadre de ce nouveau compromis politique, les portefeuilles ministériels sont de nouveau redistribués aux opposants qui ont participé au dialogue. Samy Badibanga, chef du groupe parlementaire UDPS et alliés − première force de l’opposition au sein de l’Assemblée nationale − devient ainsi chef du gouvernement. Longtemps pressenti Premier ministre, Vital Kamerhe ne se contentera par ailleurs que de deux ministères (Budget et Commerce extérieur) et un vice-ministère (Justice) confiés à ses proches.

Étienne Tshisekedi a été très affecté par l’entrée de son médecin personnel au gouvernement

Plusieurs autres leaders des partis et personnalités d’opposition deviennent aussi des ministres : le député José Makila (Transports), l’ancien vice-président de la République Azarias Ruberwa (Décentralisation et Réformes institutionnelles), le député Jean-Lucien Bussa (Plan)… Sont aussi débauchés deux proches d’Étienne Tshisekedi : Tharcisse Loseke, son conseiller et ancien secrétaire national aux relations extérieures de l’UDPS, et Olivier Ilunga Kalenga, son médecin personnel.

L’entrée de ce dernier au gouvernement « a beaucoup affecté le vieux », nous confiait alors un collaborateur de l’opposant, décédé début février à Bruxelles.

Temps 3 : le dialogue de la Cenco

S’ouvrent enfin, le 8 décembre, des pourparlers directs entre le clan Kabila et les signataires du précédent accord d’un côté, le Rassemblement de l’opposition de l’autre. Dans le rôle des médiateurs : les évêques catholiques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco).

  • Troisième mouvement : Bruno Tshibala Premier ministre

Très vite, ce dialogue de la Cenco se cristallise, une fois de plus, sur le partage du pouvoir. Les garanties de la tenue des élections au plus tard fin décembre, soit une année après l’échéance du second mandat de Kabila, se retrouvent subitement renvoyées au second plan.

« Au sein du Rassemblement, tout le monde voulait être nommé Premier ministre par le même président Kabila qu’ils taxaient avant d’illégitime », rappelle, un brin moqueur, Adam Chalwe, coordonnateur de la jeunesse de la Majorité présidentielle (MP). « Aujourd’hui, le Rassemblement ne fait que payer ses propres divisions et sa désorganisation », soutient-il.

Pour affaiblir davantage le Rassemblement, Kabila choisit alors comme Premier ministre Bruno Tshibala, l’un des meneurs de la fronde au sein de cette plateforme de l’opposition.

Bruno Tshibala, nouveau Premier ministre de la RDC, le 17 mars 2017 à Kinshasa. © Ph. John Bompengo/Radio Okapi

Ce dernier était de surcroît porte-parole du regroupement politique avant son exclusion de l’UDPS. « C’est la marque de fabrique même du chef de l’État : à tous les échelons du pouvoir, il ne règne que sur des divisions, commente un connaisseur des arcanes du régime de Kinshasa. Ce faisant, il apparaît, aux yeux de sa cour, comme le seul élément fédérateur. »

  • Quatrième mouvement : le gouvernement issu de l’ « arrangement particulier »

Entre-temps, côté opposition, le bateau continue de se vider un peu plus chaque fois qu’est formé un nouveau gouvernement. Celui dévoilé mardi 9 mai n’a pas entraîné un bouleversement majeur certes, mais il a confirmé la tendance. Quelques dissidents du Rassemblement ont été nommés ministres. Parmi eux Jean-Pierre Lisanga Bonganga, leader de la Coalition des alliés d’Étienne Tshisekedi, Joseph Kapika, un ancien cadre de l’UDPS, le député Emery Okundji ou Freddy Kita, fraîchement demis de ses fonctions de secrétaire général de la Démocratie chrétienne (DC) − parti de l’opposant Eugène Diomi Ndongala, condamné en 2014 à dix ans de prison pour viol sur mineures −.

La RDC n’a pas d’hommes d’État, tranche le professeur Bob Kabamba

De fait, cette course effrénée aux postes ministériels en dit long sur la classe politique congolaise. « La RDC n’a pas d’hommes d’État », tranche le politologue Bob Kabamba. D’autant qu’aujourd’hui, le constat est sans appel : trop peu d’opposants tiennent encore débout sur le ring. Depuis son exil forcé, le dernier gouverneur de l’ex-Katanga, Moïse Katumbi, maintient quelques troupes en alerte, notamment ses soutiens au sein du G7 et de l’Alternance pour la République. Et à Kinshasa, il peut aussi compter sur son alliance avec Félix Tshisekedi, le fils de l’opposant historique. Ou dans l’ex-Katanga, avec le patriarche local Antoine Gabriel Kyungu wa Kumwanza, très influent dans cette partie méridionale du pays. Mais cela suffira-t-il à déjouer la tactique Kabila ?

Jeuneafrique.com par

RDC : l’élection risque d’être reportée, selon la commission électorale

mai 13, 2017

Le président Joseph Kabila en juin 2016. © John Bompengo/AP/SIPA

L’élection présidentielle en République démocratique du Congo (RDC), prévue pour fin 2017 afin de désigner un successeur à Joseph Kabila, risque d’être reportée en raison des violences de groupes armés dans le centre du pays, a annoncé vendredi la commission électorale.

Les élections, qui devaient à l’origine se tenir d’ici novembre 2016, ont été repoussées par le gouvernement, qui a dit nécessiter plus de temps pour inscrire les votants. Selon un accord conclu fin décembre, Joseph Kabila, a accepté de quitter le pouvoir après des élections organisées avant la fin 2017.

 

Risque de violences

De nombreux experts estiment qu’un second report risquerait de déclencher une nouvelle vague de manifestations violentes.

Les violences ont fait des dizaines de morts l’année dernière, après le refus de Joseph Kabila de quitter le pouvoir à la fin de son second mandat (le dernier selon la Constitution), le 19 décembre.

Le président de la commission électorale du Congo (CENI), Corneille Nangaa, a annoncé vendredi que les violences dans la province centrale du Kasaï et d’autres contraintes logistiques risquaient de compromettre l’intégrité du vote.

Une manœuvre de Kabila ? 

Organiser des élections « à la hâte », dans le but de respecter une date, risque d’affaiblir la crédibilité du scrutin et de conduire à des violences, a-t-il déclaré lors d’une interview à Kinshasa.

Les opposants de Kabila jugent que le président entend reporter les élections jusqu’à l’organisation d’un référendum lui permettant de briguer un troisième mandat, une manoeuvre utilisée par ses homologues voisins, Denis Sassou-Nguesso en République du Congo et Paul Kagame au Rwanda. Kabila dément ces accusations.

Affrontements dans le centre du pays

L’accord passé en décembre a permis d’apaiser les manifestations, mais les affrontements entre forces pro-gouvernementales et milices armées se sont intensifiés dans le centre du pays.

Plus de 20 000 personnes ont fui les combats en République démocratique du Congo le mois dernier pour trouver refuge en Angola, selon un responsable angolais.

Jeuneafrique.com avec AFP

Côte d’Ivoire : Pascal Affi N’Guessan appelle à une marche pacifique

mai 12, 2017

Pascal Affi N’Guessan à Paris, en juin 2015. © Vincent Fournier pour J.A.

Pascal Affi N’Guessan, président d’une aile du Front populaire ivoirien (FPI), a appelé jeudi 11 mai à « une marche pacifique  » le 17 juin prochain pour dénoncer la politique menée par le chef de l’État ivoirien Alassane Ouattara.

Pascal Affi N’Guessan tente de remobiliser ses troupes. Le patron du Front populaire ivoirien (FPI) – contesté par l’aile du parti menée par Aboudramane Sangaré – a appelé jeudi à « une marche pacifique » le 17 juin prochain pour protester contre la politique menée par le gouvernement ivoirien. « Tous dans la rue le 17 juin », a lancé l’ancien Premier ministre de Laurent Gbagbo lors d’une conférence de presse animée au siège du parti, à Abidjan.

 

« La faillite de l’État s’observe par les nombreux actes de défiance », a affirmé Pascal Affi N’Guessan, dénonçant tour à tour « la corruption endémique », « la complicité de l’État » dans le récent scandale de l’agrobusiness, la condamnation fin mars de l’opposant Sam l’Africain ou encore « la gestion catastrophique » des récentes mutineries dans les casernes ivoiriennes. « Nous devons réagir et crier notre colère de façon bruyante dans la rue », a-t-il conclu.

Reste que cette mobilisation, annoncée dans plus d’un mois, devrait avoir lieu sans la participation de l’aile du FPI surnommée les « Gbagbo ou rien », en rupture avec celle présidée par l’ancien Premier ministre. « Il peut marcher, nous ne nous sentons pas concernés », a réagi Boubakar Koné, porte-parole du FPI tendance Aboudramane Sangaré, qui conteste toute légitimité à Pascal Affi N’Guessan.

Jeuneafrique.com par – à Abidjan

RDC : Bruno Tshibala dévoile la liste de son gouvernement

mai 9, 2017

Joseph Kabila, président de la RDC, entouré de quelques responsables politiques, le 25 juin 2015 à Kinshasa. © John Bompengo/AP/SIPA

Près d’un mois après la nomination du Premier ministre Bruno Tshibala, une nouvelle équipe gouvernementale a été rendue publique mardi en RDC. Quelques frondeurs du Rassemblement de l’opposition en font partie, à l’instar de Lisanga Bonganga.

Pas de bouleversement majeur, mais quelques changements. Le gouvernement du nouveau Premier ministre, Bruno Tshibala, dévoilé ce 9 mai dans un communiqué lu à la télévision nationale, enregistre, comme on pouvait s’y attendre, l’entrée de transfuges de l’opposition qui l’avaient suivi dans son rapprochement avec le pouvoir.

 

C’est notamment le cas de Jean-Pierre Lisanga Bonganga, de la Coalition des alliés d’Étienne Tshisekedi, nommé ce mardi 9 mai ministre d’Etat aux Relations avec le Parlement. Autre ministre d’Etat issu des rangs de l’opposition : Joseph Kapika, un ancien de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), nommé à l’Economie. Emery Okundji, le nouveau ministre des Postes et Télécommunications, vient également de l’opposition, de même que Lumeya Dhu Maleghi (Affaire foncières) ou encore Freddy Kita, un ancien proche de l’opposant Eugène Diomi Ndongala, nommé vice-ministre à la Coopération.

Postes clés inchangés

Les postes clés demeurent toutefois inchangés : les trois vice-Premier ministres restent en place, de même que les ministres de la Défense, des Mines, des Finances, de la Justice ou encore de la Communication.

Proches de Bruno Tshibala ces dernières semaines, Joseph Oleghankoy et Raphael Katebe Katoto (le demi-frère aîné de Moïse Katumbi) ne rejoignent en revanche pas l’équipe.

En tout, le gouvernement Tshibala comporte 59 membres, soit huit de moins que celui de son prédécesseur, Samy Badibanga.


La liste complète du gouvernement :

  • Premier ministre :

Bruno Tshibala

  • Vice-Premier ministres :

Affaires étrangères et Intégration régionale : Léonard She Okitundu
Intérieur et Sécurité : Emmanuel Ramazani Shadary
Transport et Communication : José Makila

  • Ministres d’État :

Justice : Alexis Thambwe Mwamba
Plan : Modeste Bahati
Economie : Joseph Kapika
Budget : Pierre Kangudia
Décentralisation et Réformes institutionnelles : Azarias Ruberwa
Commerce extérieur : Jean-Lucien Bussa
Travail : Lambert Matuku Mena
Fonction publique : Michel Bongongo
Relations avec le Parlement : Jean-Pierre Lisanga Bonganga

  • Ministres :

Défense : Crispin Atama Tabe
Finances : Henri Yav
Communication et Médias : Lambert Mende
Portefeuille : Wivine Mumba Matipa
Potes, Télécommunications et NTIC : Emery Okundji
Mines : Martin Kabwelulu
Affaires foncières : Lumeya Dhu Maleghi
Aménagement du territoire : Félix Kabange Numbi
Infrastructures, Travaux publics et Reconstruction: Thomas Luhaka
Urbanisme et Habitat : Koko Nyangi
Hydrocarbures : Aimé Ngoy Mukena
Industrie : Marcel Ilunga
Energie et Ressources hydrauliques: Ingele Ifoto
Environnement et Développement durable : Amy Ambatobe
Tourisme : Franck Mwe Di Malila
Petites et moyennes entreprises: Bienvenu Liyota
Coopération au développement : John Kwet
Agriculture : Georges Kazadi Kabongo
Enseignement primaire, secondaire et professionnel: Gaston Musemena
Genre, enfant et Famille : Chantal Safu
Affaires sociales : Eugène Serufuli
Solidarité et action humanitaire : Biango Sango
Sport et Loisirs: Papy Niango
Enseignement supérieur et universitaire : Steve Mbakayi
Formation professionnelle, métier et artisanat : Pierrot Mweka
Recherche scientifique : Eva Mwakasa
Développement rural : Justin Bitakwira
Droits humains : Marie Ange Mushobekwa
Santé : Ilunga Kalenga
Jeunesse et Initiation à la nouvelle citoyenneté: Maguy Kiala
Pêche et élevage : Paluku Kisaka
Affaires coutumières : Guy Mikulu
Culture et Art : Astrid Madiya

Ministre délégué chargé des Congolais de l’étranger : Emmanuel Ilunga Ngoy
Ministre délégué près le Premier ministre : Tshibangu Kalala

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Affaires étrangères : Matembo Toto
Coopération internationale : Freddy Kita Bukusu
Intérieur et Sécurité : Basile Olongo
Budget: Maguy Rwakabuba
Finances : Jean-François Mukuna
Postes, Télécommunications et NTIC: Omere Egbake
Infrastructures travaux publics et reconstruction: Papy Miantezolo
Travail et Prévoyance sociale : Kabongo Kalonji
Agriculture: Noël Botakile Botanga
Urbanisme et Habitat : Willy Bolio Emina
Plan : Jean-Pierre Zepele Mondombe

 

Jeuneafrique.com par et

Venezuela: l’opposition défie Nicolas Maduro lors du défilé du 1er mai

mai 1, 2017

Le président Nicolas Maduro, le 30 avril 2017 lors d’un intervention télévisée à Caracas / © Venezuelan Presidency/AFP / HO

L’opposition vénézuélienne, qui célèbre lundi le premier mois de sa mobilisation contre le président Nicolas Maduro, va défiler de nouveau lors de cette journée de fête du Travail, en signe de défi au pouvoir qui organise traditionnellement de vastes rassemblements le 1er mai.

Les antichavistes (du nom du défunt président Hugo Chavez, au pouvoir de 1999 à 2013), qui exigent de nouvelles élections et le départ du chef de l’Etat socialiste, ont prévu de marcher dans les 24 États du pays ainsi qu’à Caracas vers les bâtiments de la Cour suprême et de l’autorité électorale.

« Le régime mise sur notre usure, c’est pourquoi, après un mois de résistance, nous devons démontrer que nous sommes encore plus forts », a déclaré Freddy Guevara, vice-président du Parlement, seul organe contrôlé par l’opposition.

En face, M. Maduro sera à la tête d’un rassemblement de ses partisans sur la place Bolivar, au centre de Caracas, considérée comme un bastion du pouvoir.

« Le 1er mai appartient à la classe ouvrière. Ce n’est pas une journée pour le capitalisme, ni pour la droite », a assuré le chef de l’Etat lors de son émission dominicale.

Depuis le 1er avril, date du début des protestations, presque toutes les marches ont dégénéré en heurts, pillages et échanges de gaz lacrymogènes et de cocktails Molotov entre manifestants et forces de l’ordre. A cela s’est ajoutée la violence exercée par les « colectivos », des groupes de civils armés par le gouvernement, assure l’opposition.

L' »embuscade » d’avril

Au total, 28 personnes sont mortes dans les violences entourant ces rassemblements, selon le Parquet, et des centaines ont été blessées. Plus d’un millier de personnes ont été interpellées, la plupart brièvement.

Tandis que les opposants dénoncent la répression du gouvernement, Nicolas Maduro les accuse de commettre « des actes de terrorisme » pour faciliter un coup d’État et une intervention étrangère sous l’égide des États-Unis.

« Ce qu’ils (l’opposition) ont fait en avril est une embuscade, une saillie violente pour semer le chaos dans la société, prendre d’assaut le pouvoir politique et imposer au Venezuela une contre-révolution », a déclaré M. Maduro.

La crispation politique de ces dernières semaines au Venezuela secoue un pays pétrolier déjà frappé par la pénurie de médicaments et d’aliments et par l’inflation la plus élevée au monde, à 720% pour 2017, selon la dernière prévision du FMI.

A la veille du 1er mai, M. Maduro a annoncé dimanche une nouvelle hausse du salaire minimum de 60%: il s’élèvera désormais à un peu plus de 65.000 bolivars, soit 90 dollars au taux de change officiel le plus élevé, ou 15 dollars au marché noir.

L’aide alimentaire, versée avec le salaire, passe elle à 135.000 bolivars (188 dollars au taux officiel et 31 au marché noir).

Sept Vénézuéliens sur dix souhaitent le départ de Nicolas Maduro, dont le mandat court jusqu’en janvier 2019.

Opposition divisée ?

L’étincelle qui a déclenché ce mouvement est la décision fin mars de la Cour suprême, réputée proche de M. Maduro, de s’arroger les pouvoirs du Parlement, donnant ainsi les pleins pouvoirs au camp présidentiel.

Devant le tollé diplomatique international et les accusations de « coup d’État » de l’opposition, l’autorité judiciaire avait fait marche arrière 48 heures plus tard. Ce qui n’a pas calmé la colère des anti-Maduro, ni apaisé la pression internationale.

M. Maduro a accusé dimanche l’opposition de se soustraire à ses appels au dialogue tout en se félicitant de la proposition du pape François, qui s’est dit disposé samedi à ce que le Vatican reprenne le rôle de médiation joué en 2016, mais à « des conditions très claires » qu’il n’a pas spécifiées.

« Si je dis +dialogue+, ils (l’opposition) s’enfuient épouvantés, ils ne veulent pas de dialogue. Hier, ils s’en sont pris au pape François. Moi, je respecte les déclarations du pape François », a-t-il dit.

L’opposition a officialisé dimanche dans une lettre au pape son refus de reprendre un dialogue avec le président Maduro sans « garanties » sur les modalités de ce dialogue, écartant une objection du pape selon qui elle serait divisée.

L’un des dirigeants de la Table de l’unité démocratique (MUD, coalition de l’opposition), Henrique Capriles, avait déjà rejeté samedi l’offre du pape.

De leur côté, 8 pays latino-américains, dont le Brésil et l’Argentine, ont apporté dimanche dans une déclaration commune leur soutien à la proposition du pape, sous plusieurs conditions dont l’arrêt des violences et l’établissement d’un calendrier électoral.

Caracas, qui a initié vendredi sa sortie de l’Organisation des États Américains (OEA), cherchera un appui du côté de la Celac (Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes) lors d’une réunion extraordinaire mardi au Salvador.

Romandie.com avec(©AFP / 01 mai 2017 14h09)                

Venezuela: Maduro accuse l’opposition de refuser le dialogue

avril 30, 2017

Le 29 avril 2017 à Caracas, marche en hommage à un étudiant tué par une grenade lacrymogène le 26 avril / © AFP / JUAN BARRETO

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a accusé dimanche l’opposition de refuser le dialogue, tout en se félicitant de la proposition du pape François, qui s’est dit la veille disposé à intervenir dans la crise qui secoue le pays sud-américain.

« Si je dis +dialogue+, ils (l’opposition) partent en courant, ils ne veulent pas de dialogue. Hier, ils s’en sont pris au pape François. Moi, je respecte les déclarations du pape François », a déclaré le chef de l’Etat lors de son émission hebdomadaire.

Dans l’avion qui le ramenait d’Egypte samedi soir, le pape a assuré que le Vatican était disposé à intervenir comme « facilitateur » au Venezuela.

« Je crois que cela doit se faire avec des conditions. Des conditions très claires », a déclaré le pape, sans pour autant les préciser. Il a estimé que l’opposition était « divisée » sur cette possibilité de reprendre les négociations avec le gouvernement chaviste, du nom du défunt président vénézuélien Hugo Chavez (1999-2013).

En décembre, la coalition d’opposition de la MUD (Table pour l’unité démocratique, centre droit) avait gelé les négociations entre le gouvernement et les antichavistes, organisées depuis octobre sous l’égide du Vatican et de l’Union des nations sud-américaines (Unasur).

La vague de manifestations hostiles à M. Maduro entre lundi dans son deuxième mois et les violences autour de ces rassemblements ont fait déjà une trentaine de morts. Pour marquer le premier mois de sa mobilisation, l’opposition a appelé à de nouvelles manifestations au coeur de Caracas et dans tout le pays lundi.

M. Maduro a aussi annoncé dimanche une nouvelle hausse du salaire minimum de 60%: « J’ai décidé cette troisième hausse salariale de 2017 en raison du 1er mai ».

Le salaire minimum s’élèvera désormais à un peu plus de 65.000 bolivars, soit 90 dollars au taux de change officiel le plus élevé, ou 15 dollars au marché noir.

L’aide alimentaire, versée avec le salaire, passe elle à 135.000 bolivars (188 dollars au taux officiel et 31 au marché noir).

Le Venezuela traverse une grave crise économique, liée à la chute des cours du pétrole – son unique richesse -, qui a fait exploser l’inflation (720% en 2016 selon le FMI) et vidé supermarchés et pharmacies.

Le chef de l’Etat accuse l’opposition de droite d’aggraver la situation en déclarant une guerre économique au gouvernement avec le soutien des Etats-Unis.

Romandie.com avec(©AFP / 01 mai 2017 00h05)

Dialogue en RDC : signature d’un « arrangement particulier » sans le Rassemblement de l’opposition

avril 28, 2017

Entrée de Joseph Kabila, président de la RDC, dans le palais du Peuple, le 13 octobre 2012 à Kinshasa. © Baudouin Mouanda pour JA.

Près de quatre mois après la signature de l’accord de la Saint-Sylvestre, les parties prenantes ont paraphé ce jeudi à Kinshasa l’ « arrangement particulier », document additif de mise en oeuvre du compromis politique trouvé en décembre. Une « forfaiture », selon le Rassemblement de l’opposition, qui a boycotté la séance.

Cela ressemble bien à un passage en force. Faisant abstraction du Rassemblement, la principale plateforme de l’opposition congolaise, le camp du président Joseph Kabila a décidé, ce jeudi 27 avril, de conclure les tractations politiques en cours par la signature de l’ « arrangement particulier » avec les dissidents de ce regroupement politique et d’autres opposants.

Après quatre mois d’atermoiements, la Majorité présidentielle (MP) s’est en effet approprié le processus. Mercredi, son secrétaire général et président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, avec Léon Kengo wa Dondo, président du Sénat, ont invité les parties prenantes à signer, le lendemain, le document censé définir les modalités pratiques de mise en oeuvre de l’accord de la Saint-Sylvestre.

Un « grand événement », selon le camp Kabila

Un « grand événement […] qui vient ainsi couronner les efforts déployés par toute la classe politique, le chef de l’État en tête », a commenté Aubin Minaku avant la lecture en plénière du fameux « arrangement particulier » par Jean-Lucien Bussa, actuel ministre du Plan.

Le texte prévoit entre autres la formation d’un « gouvernement d’union nationale » de 54 membres, le Premier ministre Bruno Tshibala compris. La procédure de désignation de ce dernier est pourtant considérée comme une « entorse » à l’accord par les évêques catholiques, médiateurs du compromis politique du 31 décembre.

Contacté par Jeune Afrique, l’abbé Donatien Nshole, secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), a estimé par ailleurs qu’il ne voyait « pas d’inconvénient si toutes les parties prenantes se mettent d’accord pour signer l’arrangement particulier ». Problème : le Rassemblement a boycotté la séance.

Une « forfaiture », selon le Rassemblement

Dans un communiqué publié mercredi, le président de ce regroupement politique, Félix Tshisekedi, a dénoncé une « forfaiture » qui démontre « au vu et au su du monde que Joseph Kabila s’exclut du seul cadre qui lui conférait encore une certaine légitimité et rétablit les conditions d’affrontements dans le pays ».

Le Rassemblement invite le peuple à se prendre en charge

« En conséquence, et pour faire échec à ce nouveau coup de force, le Rassemblement invite le peuple à se prendre en charge conformément à l’article 64 de la Constitution [qui autorise tout Congolais à « faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions » constitutionnelles », NDRL] ».

Cela n’a toutefois pas empêché quelques dissidents du Rassemblement − Joseph Olenghankoy et Lisanga Bonganga − de signer le document pour le compte de la plateforme, sous les applaudissements nourris de l’assistance.

« Pour le Congo et face à l’urgence, nous ne cherchons pas l’unanimité absolue mais plutôt une majorité de Congolais, qui acceptent d’adhérer à l’accord », a expliqué à Jeune Afrique Tryphon Kin-Kiey Mulumba, membre du bureau politique de la MP.

Kamerhe et Kengo parmi les signataires

L’ancien ministre a condamné par ailleurs « le système d’exclusion qui règne au sein des partis politiques congolais, et qui ne vise qu’à ériger des pères fondateurs incontournables ». Allusion aux radiations successives, ces dernières semaines, de plusieurs membres du Rassemblement qui ont contesté le tandem Félix Tshisekedi-Pierre Lumbi, désignés respectivement président et président du Conseil des sages de la plateforme après la mort d’Étienne Tshisekedi.

Quant au poste de président du Conseil national de suivi de l’accord (CNSA) qui était destiné à l’opposant historique avant son décès, il ne reviendra pas nécessairement à un membre du Rassemblement, comme prévu dans l’accord. L’arrangement particulier prévoit en effet sa « désignation par consensus » par les membres du CNSA réunis autour du chef de l’État.

Présents dans la salle, Vital Kamerhe, chef de l’opposition dite « signataire de l’accord de l’OUA » et Léon Kengo wa Dondo, autorité morale de l’ « opposition républicaine », ont eux aussi apposé leur signature au bas du document.

Quant au Front pour le respect de la Constitution, plateforme regroupant le Mouvement de libération du Congo de l’opposant Jean-Pierre Bemba et ses alliés, son représentant à la plénière, Fidèle Babala, a sollicité un « court délai » avant la signature.

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