Coronavirus en Amérique latine : le point sur une situation dramatique

Au Brésil, nouvel épicentre de l’épidémie, une personne meurt chaque minute. Le Mexique a franchit la barre des 1000 décès en 24 heures. Au Chili, le taux d’occupation des services de réanimation est de 88%.

En Asie, comme en Europe, l’épidémie de Covid-19 semble peu à peu disparaître au fur et à mesure que la saison estivale approche. De l’autre côté de l’Atlantique, et plus particulièrement en Amérique du Sud, la situation sanitaire est passée en quelques semaines de préoccupante à dramatique.

 

Au Mexique, le nombre de décès attribués au nouveau coronavirus a doublé en 24 heures, passant de 470 mardi à 1092 mercredi, selon le bilan officiel du gouvernement. Un chiffre alarmant qui ne dépasse pourtant pas celui du Brésil, nouvel épicentre de l’épidémie, où 1349 décès ont été enregistrés mercredi, un record.

Au total, le Covid-19 a fait 11.729 morts au Mexique, le deuxième bilan le plus lourd en Amérique latine derrière le Brésil. Un total de 101.238 cas confirmés de contamination y ont été rapportés depuis le début de la pandémie. Le responsable de la stratégie contre le Covid-19 au Mexique, Hugo Lopez-Gatell, sous-secrétaire à la Santé, a déclaré vendredi dernier à l’AFP qu’il jugeait probable que le pays atteigne un bilan de 30.000 morts.

«Ce n’est pas une crise, c’est une guerre»

Bien que celui-ci ait alerté sur la dangerosité pour les Mexicains de retourner dans l’espace public compte tenu de la situation sanitaire actuelle, le Mexique, pays de 120 millions d’habitants, amorce depuis mardi le redémarrage de son économie, le président Andrés Manuel Lopez Obrador appelant à instaurer «une nouvelle normalité dans le pays».

Nouvel épicentre de la pandémie du coronavirus, le Brésil a enregistré 1349 morts du nouveau coronavirus en 24 heures mercredi, un nouveau record pour ce pays, le plus touché en Amérique latine. Si un couvre-feu a bien été imposé dans une vingtaine de localités de l’État de Bahia (Nord-est), les mesures de confinement, vivement critiquées par Bolsonaro lui-même, s’appliquent toujours «à la carte», selon les régions. Le président appelle régulièrement à la levée des restrictions pour préserver l’économie et l’emploi.

«Si nous n’agissons pas, nous risquons d’assister à une explosion de la demande de lits en soins intensifs et nous ne pourrons pas y répondre», a prévenu le gouverneur de l’État de Bahia, Rui Costa. «Ce n’est pas une crise, c’est une guerre» a-t-il déclaré dans un tweet, appelant les politiques à oublier «les différences entre les partis» et à «travailler pour le pays et sauver des vies». «Écoutons la science !», a aussi écrit le gouverneur Costa, s’adressant de manière habile et indirecte au président Bolsonaro.

Le Brésil a déjà officiellement enregistré 32.548 morts, ce qui situe le géant latino-américain à la quatrième place mondiale pour les morts, derrière les États-Unis – qui restent de loin le pays le plus durement frappé avec 107.000 morts – le Royaume-Uni (39.728) et l’Italie (33.530).

Des services de santé proches de la saturation

Au Chili, autre pays d’Amérique du Sud frappé de plein fouet par l’épidémie, les autorités ont décidé de prolonger pour une quatrième semaine le confinement à Santiago. Depuis l’apparition d’un premier cas déclaré le 3 mars, le pays sud-américain de 18 millions d’habitants a enregistré 113.628 contaminations, dont 1275 mortelles. Au cours des dernières 24 heures, un record de 87 personnes sont mortes et 4942 ont été contaminées.

Le ministre de la Santé, Jaime Mañalich, a toutefois précisé que ces chiffres étaient dus à une nouvelle modalité de décompte, à savoir la prise en compte des cas positifs dès la première analyse virologique PCR, sans attendre le résultat final. Il a également annoncé que le confinement en vigueur depuis le 15 mai au soir dans l’ensemble de la capitale de 7 millions d’habitants serait prolongé jusqu’au 12 juin.

Selon le ministre, le confinement n’a réduit les déplacements dans la capitale que de 30% en raison des nombreuses dérogations accordées. «Il y a beaucoup de dérogations. Pour que le confinement soit efficace, il faut que la mobilité soit réduite d’au moins 50%», a insisté le ministre qui a demandé à la population de limiter au maximum les sorties afin de freiner les contagions, alors que les services de santé sont proches de la saturation. À Santiago, le taux d’occupation des services de réanimation est de 97%, et de 88% dans le reste du pays.

Les dégâts économiques provoqués par la pandémie ont poussé le Chili et le Pérou à demander des lignes de crédit au Fonds monétaire international pour un total de presque 35 milliards de dollars.

En Argentine des médecins menacés

En Argentine, pays de 44 millions d’habitants, au moins 570 personnes sont mortes du Covid-19. Au total, 18.306 cas ont été déclarés, dont 1500 chez les professionnels de santé, selon des sources syndicales. Par ailleurs depuis quelques jours l’ouverture d’une enquête à l’encontre de deux médecins argentins pour «propagation d’une maladie dangereuse» à Cordoba a suscité la colère des praticiens qui refusent de travailler sous la menace de procès en pleine pandémie de Covid-19. «Nous voulons aller travailler sereins (…) nous ne voulons pas avoir une épée de Damoclès sur la tête», a expliqué à l’AFP Jorge Esnaola, porte-parole d’un mouvement baptisé «Médecins auto-convoqués», qui se veut apolitique et sans lien avec les syndicats, et regroupe 4000 praticiens sur les 200.000 du pays.

Les deux médecins, dont l’un faisant office de directeur d’une maison de retraite située dans la province de Cordoba, à 700 km au nord de Buenos Aires, ont été mis en cause pour «responsabilité de la contagion». Le médecin encourt une peine de 3 à 15 ans de prison et son collègue directeur d’une maison de retraite une peine de six mois à cinq ans pour «négligence».

Avec Lefigaro

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  1. Bouesso Says:

    Une Amérique centrale en explosion de la pandémie

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