L’Afrique australe demande au pouvoir malgache de mettre en œuvre la réconciliation

Johannesburg – L’Afrique australe a demandé jeudi au gouvernement malgache de faire un pas vers la réconciliation nationale en autorisant le retour des exilés politiques et leur amnistie, quatre jours après le début de la crise provoquée par le retour d’exil de l’ex-président Ravalomanana.

C’est une opportunité pour le président (malgache Hery Rajaoanarimampianina) de faire progresser le processus de réconciliation nationale et de régler le problème du retour de Marc Ravalomanana dans le contexte de cette réconciliation, a souligné l’ambassadeur d’Afrique du Sud à Antananarivo, Gert Grobler, au cours d’une conférence de presse avec les responsables de l’Union africaine et de la Communauté d’Afrique australe (SADC).

L’Afrique du Sud a accueilli M. Ravalomanana sur son sol pendant son exil, depuis qu’il a été renversé en 2009 jusqu’à dimanche, mais ne semblait pas pressée de le voir revenir, préférant que le gouvernement malgache prenne ses responsabilités.

Les représentants de la SADC ont rappelé dans un communiqué que la feuille de route qui a permis à Madagascar de sortir de la crise politique prévoyait le retour à la démocratie et la possibilité de rentrer dans leur pays pour tous les exilés politiques, ainsi que leur amnistie.

Le premier point est acquis, puisque l’actuel président Hery Rajaonarimampianina a été démocratiquement élu en décembre 2013.

Mais le nouveau pouvoir, note la SADC, n’a toujours pas appliqué l’article 20 de la feuille de route (qui) prévoit le retour inconditionnel des exilés politiques, dont Marc Ravalomanana, l’application de la loi d’amnistie et la réconciliation nationale.

Un récent sommet de la SADC a appelé les autorités malgaches à se conformer à cet article, rappelle l’organisation régionale, qui note en termes très diplomatiques que Marc Ravalomana est rentré à Madagascar dimanche soir sans avertir quiconque de son retour.

Lundi matin, l’ex-président a tenu devant la presse des propos provocateurs envers le pouvoir, avant d’être arrêté quelques heures plus tard, puis déplacé vers Diego Suarez, dans le nord du pays, où il est maintenu en résidence surveillée.

Jeudi, son épouse Lalao a été autorisée à lui rendre visite. Arrivée sur un vol privé, elle était accompagnée de son fils Tojo, qui avait qualifié mardi l’arrestation de son père de kidnapping. Selon l’un des proches de la famille, M. Ravalomanana est bien traité à Diego, mais il est tenu comme un prisonnier. Sa famille a subi plusieurs fouilles avant d’arriver à sa chambre.

Personne ne sait comment il a pu gagner Madagascar lundi après six ans d’exil en Afrique du Sud, et parvenir jusqu’à son domicile d’Antananarivo, sans être intercepté ou reconnu, voyageant à l’en croire sans passeport.

Le gouvernement affirme avoir été pris de court.

Dans un discours et au cours d’un point de presse improvisés devant chez lui, M. Ravalomanana, 61 ans, s’était vanté lundi d’avoir encore beaucoup de pouvoir. Il avait aussi contesté la légitimité démocratique du président Hery Rajaonarimampianina, élu fin 2013 lors d’une scrutin considéré comme libre et démocratique.

Au pouvoir de 2002 à 2009, année de son renversement par le maire de la capitale, Andry Rajoelina, M. Ravalomanana été empêché plusieurs fois de revenir au pays par peur de débordements.

Romandie.com avec(©AFP / 16 octobre 2014 19h16)

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