DSK-Banon : le récit de la confrontation

Au cours des deux heures trente d’interrogatoire, jamais le regard de DSK n’a croisé celui de Tristane Banon.

Après deux heures et demi de confrontation, Dominique Strauss-Kahn et Tristane Banon sont sortis des locaux de la BRDP (brigade de répression de la délinquance des personnes) à Paris sans qu’aucun des protagonistes n’ait varié dans ses déclarations. «DSK est resté sur sa position et elle aussi», a expliqué Henri Leclerc, avocat de l’ancien dirigeant du FMI, tandis que David Koubbi, défenseur de Tristane Banon, répliquait: «C’est tout à fait vrai, Tristane Banon continue de dire la vérité, et DSK de mentir». Ce matin, la jeune femme est arrivée dans les locaux situés au 10e étage avant l’ancien dirigeant du FMI. Celui-ci a rejoint sa place à la droite de la jeune femme sans la saluer. L’un des cinq policiers présents jeudi avait pris place entre l’écrivain et l’homme politique, de façon à ce que les deux personnes ne s’adressent pas directement la parole. En face de la jeune femme, se tenait l’enquêtrice qui avait pris sa déposition en juin dernier. La haute hiérarchie de la police judiciaire était également mobilisée pour cette confrontation hors norme.

Profondes divergences

Les enquêteurs ont retracé le déroulé du rendez-vous litigieux, de façon chronologique, en reprenant les points contradictoires des déclarations de l’un et de l’autre. Dans sa déposition du 12 septembre dernier, DSK aurait ainsi assuré que l’entretien se serait bien déroulé au cours de la première demi-heure. Ce n’est qu’ensuite qu’il aurait tenté de l’embrasser, ayant cru sentir une «ouverture» de sa part, mais sans exercer aucune violence, selon sa déclaration. «Ma cliente a été très surprise d’apprendre qu’il a déclaré s’être senti encouragé par des regards et des sourires de sa part», explique David Koubbi. Selon les déclarations de DSK, après cette tentative infructueuse, il n’aurait pas insisté et Tristane Banon serait repartie fâchée. L’ancien directeur du FMI n’a pas gardé souvenir d’avoir envoyé des textos à la jeune femme après son départ, comme elle l’a déclaré – des message disant «je vous fais peur?», avait-elle expliqué aux policiers.

Si la jeune écrivain et l’ancien ministre s’accordent sur la date et le lieu du rendez-vous, leurs explications divergent profondément sur tout le reste. DSK a expliqué aux policiers qu’il habitait depuis quelques jours dans l’appartement dans lequel il avait donné rendez-vous à la jeune femme, pour des raisons de commodité, n’étant pas à l’Assemblée ce jour-là. Tristane Banon a quant à elle déclaré qu’elle n’avait pas aperçu d’objets personnels autres que des cassettes dans cet appartement qu’elle a souvent décrit comme «vide», et que, par ailleurs, son hôte ne savait pas faire fonctionner la machine à café.

Un homme «froid, presque arrogant»

L’ancien directeur du FMI et son accusatr
ice se sont aussi opposés ce matin sur la date de leur première rencontre, DSK estimant avoir croisé la jeune femme pour la première fois alors qu’elle accompagnait sa mère au Conseil général. Tristane Banon nie cette version, relatant, elle, une interview de l’ancien ministre réalisée en 2000 en compagnie d’un autre journaliste. Les deux protagonistes se sont accrochés lorsque la jeune femme a demandé à DSK – toujours via les enquêteurs car la règle de la confrontation interdit les questions directes entre les opposants – pourquoi il ne l’a jamais attaqué en diffamation. «Madame Banon est mal placée pour juger du bon délai pour porter plainte» aurait répliqué DSK, selon un proche du dossier, qui décrit un homme «froid, presque arrogant, le même homme qu’au 20 heures de Claire Chazal»

Pour sa défense, l’ancien directeur du FMI n’a pas pris appui cette fois sur le rapport de Cyrus Vance, mais sur le chapitre -qui n’est finalement pas paru- rédigé par l’écrivain à la suite de son entretien avec lui dans lequel elle ne fait pas état d’une tentative de viol.

La jeune femme qui avait expliqué plusieurs fois souhaiter que DSK lui dise «droit dans les yeux» qu’elle aurait menti, n’a pas croisé son regard au cours des deux heures de confrontation.

Une fois les PV relus, l’homme politique venu avec sa voiture personnelle, a décidé de repartir par la porte de devant, souriant aux photographes. Tristane Banon a été discrètement raccompagnée par des policiers.

Lefigaro.fr par Laurence De Charette

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