Sénégal: le président Wade en campagne dans la Casamance toujours en guerre

http://platform.twitter.com/widgets/hub.1326407570.htmlMoment fort de la campagne pour la présidentielle du 26  février, le président sénégalais Abdoulaye Wade se rendait samedi en Casamance  (sud), région en proie à une rébellion indépendantiste qu’il avait pourtant  promis de régler en « 100 jours » à son arrivée au pouvoir en 2000.

Le président Wade est arrivé par avion en fin de matinée à Cap Skirring,  ville balnéaire de Casamance, où il a été accueilli à l’aéroport par plusieurs  centaines de ses partisans avec pancartes et affiches électorales aux couleurs  de leur champion « Wade 2012 ».

Il devait ensuite se rendre par la route à Oussouye, Bignona, puis  Ziguinchor, trois chefs lieux de département où il tiendra des meetings, selon  le programme officiel de sa visite.

Alors que la campagne électorale pour la présidentielle du 26 février où M.   Wade, 85 ans, brigue un troisième mandat, bat son plein, de nombreux Sénégalais  profitent de l’occasion pour rappeler les promesses non tenues du chef de l’Etat  sortant.

Lors de sa première élection en 2000, le président Wade s’était engagé à  résoudre le conflit casamançais « en 100 jours ».  Douze ans plus tard, les  attaques se poursuivent, alternant avec les périodes de relative accalmie.

Commencée en 1982, la guerre « oubliée » de Casamance, séparée du nord du  Sénégal par la Gambie, a fait des milliers de victimes, civiles et militaires,  malgré plusieurs accords de paix entre Dakar et la rébellion indépendantiste du  Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), signés et aussitôt  caducs.

Les affrontements, braquages et embuscades entre des militaires et des  membres réels ou supposés du MFDC se poursuivent à intervalles réguliers, et se  sont même intensifiées depuis novembre 2011.

Les divisions au sein du mouvement rebelle se sont amplifiées depuis la mort  en décembre 2007 du chef historique du MFDC, l’abbé Augustin Diamacoune Senghor,  rendant plus difficiles les négociations avec Dakar, annoncées et reportées  plusieurs fois.

« rassemblements citoyens et non violents » contre la candidature Wade

Dans son message à la nation pour le Nouvel An, le président Wade a affirmé  être disposé à « poursuivre le dialogue avec le MFDC pour une solution pacifique  de la crise ».

Il s’est dit favorable à une médiation de la communauté Sant’Egidio, avec  notamment la tendance la plus radicale de la rébellion, dirigée par Salif Sadio.

Depuis le début de la campagne électorale il y a une semaine, le président  Wade enchaîne les meetings en province, faisant valoir les « avancées de son pays  vers le développement », et réclamant une réelection dès « le premier tour ».

Face à lui, le Mouvement du 23 juin (M23), qui regroupe opposition et société  civile, poursuit sa « résistance pacifique » pour obtenir le retrait de sa  candidature.

La campagne « en commun » des huit candidats du M23, dont le célèbre chanteur  Youssou Ndour, a cependant marqué le pas en fin de semaine, la presse locale  s’interrogeant sur les raisons de cette « pause » apparente.

L’unité affichée des premiers jours semble même se fissurer entre candidats  d’opposition, l’ex-Premier ministre Macky Sall mène ainsi campagne depuis une  semaine de son côté, suscitant les critiques à peine voilées d’autres candidats.

Le collectif de rappeurs Y’en a Marre a appelé à des « rassemblements citoyens  et non violents » samedi et dimanche à Dakar sur la Place de l’Obélisque,  esplanade devenue le lieu symbole de la contestation et où se sont tenues  dernièrement plusieurs manifestations contre la candidature de Wade.

Cette candidature alimente les tensions au Sénégal depuis des mois et sa  validation par le Conseil constitutionnel le 27 janvier a provoqué des violences  qui ont fait quatre morts en cinq jours.

Elle est également critiquée par les principaux partenaires occidentaux du  Sénégal, dont la France et les Etats-Unis.

Pour l’opposition, M.  Wade a épuisé ses deux mandats légaux et sa nouvelle  candidature est un « coup d’Etat constitutionnel ».  Dans le camp de M.  Wade, on  affirme que les réformes de la Constitution en 2001 et 2008 lui permettent  d’être candidat.

Jeuneafrique.com avec AFP

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