Russie/Assassinat de Boris Nemtsov: premières inculpations

 
Les services russes chargés de l’enquête sur le meurtre de Boris Nemtsov avaient annoncé un peu plus tôt qu’ils avaient arrêté un total de cinq suspects. L’arrestation des deux inculpés avait été annoncée samedi déjà par le service fédéral de sécurité russe (FSB).Dimanche matin, c’est Albert Barakhoïev qui annonçait à RIA Novosti que les deux hommes avaient été arrêtés en Ingouchie, en compagnie de deux autres hommes, aussi originaires de Tchétchénie, dont le jeune frère d’Anzor Goubachev. L’identité du cinquième suspect ni les circonstances de son arrestation ont été révélées.Nombreuses hypothèses
Ces arrestations et inculpations arrivent un peu plus d’une semaine après l’assassinat de l’opposant russe. Ancien vice-premier ministre de Boris Eltsine, Boris Nemtsov, 55 ans, a été abattu de quatre balles dans le dos le 27 février au pied du Kremlin.Les hypothèses sont nombreuses quant au motif de cet assassinat. Les alliés de M. Nemtsov y voient la main du Kremlin et des services spéciaux russes tandis que le président Vladimir Poutine parle de « provocation » destinée à déstabiliser le pays.

Les enquêteurs disaient en début de semaine n’écarter aucune piste. Ils envisagent tout aussi bien celle des islamistes pour le soutien de Boris Nemtsov à l’hebdomadaire satirique français « Charlie Hebdo » que celle de nationalistes russes mécontents de sa critique du rôle de la Russie dans la crise ukrainienne.

« Climat de haine »
La fille de l’opposant assassiné, Janna Nemtsova, a affirmé que le meurtre de son père était « politique ». « Je pense que maintenant, la Russie a franchi la ligne et que les gens auront peur d’exprimer des idées qui contredisent (…) le point de vue officiel », a-t-elle déclaré dans une interview accordée en Allemagne à la chaîne de télévision CNN.

Ce meurtre d’un des principaux critiques du gouvernement avait immédiatement suscité les condamnations de nombreux pays. Choquée, l’opposition russe attribue cet assassinat plus généralement au « climat de haine » instillé par les autorités dans la société et les médias officiels.

Les opposants au Kremlin y sont régulièrement qualifiés de « traîtres à la patrie », d' »agents de l’étranger » ou encore d' »ennemis de l’intérieur », des termes renvoyant à ceux de la période stalinienne.

Romandie.com

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