France: De nombreuses écoles seront fermées le 5 décembre

La grève risque d’être très suivie dans les institutions du public. L’enseignement privé pourrait être touché à la marge.

De nombreuses écoles maternelles et primaires publiques pourraient être fermées ou très perturbées dans leur fonctionnement le 5 décembre, jour de grève contre la réforme des retraites. Et sans doute au-delà. Des mairies risquent d’être dans l’impossibilité de proposer un service minimum. D’abord parce qu’une intersyndicale enseignante a déposé un préavis, lequel s’annonce «plutôt très bien suivi» selon les intéressés, quelle que soit la région, les professeurs étant «très inquiets au sujet de la réforme des retraites». À Paris, au moins 192 écoles sur 628 ont déjà assuré qu’elles seraient fermées, selon le Snuipp-FSU, la totalité des enseignants y faisant grève. Il n’y aura par ailleurs «très probablement, pas de service de restauration ni de service de garderie» dans la plupart des écoles, explique un directeur d’établissement.

Beaucoup de parents ont déjà anticipé le problème. À l’approche de la grève, la plateforme de garde d’enfants Yoopies constate ainsi une hausse de 87 % de la demande par rapport à un jeudi normal… Pour l’instant, les préavis déposés ne tiennent que pour la journée du 5 mais les syndicats d’enseignants ne cachent pas que la grève pourrait être reconduite le vendredi 6 et le lundi 9 décembre.

«La poursuite de la grève se décidera le 4 ou le 5 décembre», explique Frédérique Rolet, du syndicat du secondaire Snes-FSU, selon qui la grève pourrait être effectivement prolongée dans certains établissements et territoires, notamment en Seine-Saint-Denis. Philippe Vincent, responsable du syndicat des chefs d’établissement du Snpden-Unsa, ne croit pas, en revanche, à un mouvement long: «Il y aura certainement plus d’absents à cause des difficultés de transports qu’à cause de la grève. Les derniers mouvements enseignants n’ont pas donné grand-chose… Nous craignons surtout la contagion de mouvements violents autour des établissements.»

Parents furieux

Grèves ou absences, certaines écoles n’hésitent pas à annoncer la couleur: «Jusqu’au 20 décembre, l’accueil sera fortement perturbé sur les temps scolaires et périscolaires, en raison des grèves», a annoncé l’école maternelle de la rue de Bercy, dans le 12e arrondissement, écrivant aux parents furieux: «Nous comptons sur votre compréhension et votre soutien.» À tort ou à raison, certains parents anxieux ont déjà prévu d’envoyer leurs enfants «chez les grands-parents jusqu’à Noël». Ailleurs, d’autres tentent de s’organiser pour garder leur progéniture à tour de rôle entre deux séances de télétravail. «Je ne peux pas me permettre de prendre des jours, je viens de commencer un nouveau travail. Et mon conjoint est conducteur à la SNCF, réquisitionné pour assurer le service minimum! Nous n’avons pas de famille à proximité. Je ne sais pas comment nous allons faire», se désespère une mère.

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Le privé touché ici ou là

L’enseignement privé, globalement épargné, pourrait être touché ici ou là: au collège-lycée parisien Les Francs-Bourgeois, «un professeur sur dix se déclare gréviste pour le 5 décembre. Du jamais vu. Habituellement, c’est plutôt un sur cent vingt professeurs», assure l’un d’eux. «Quelques collègues se mettront en grève. Mais la fidélité à l’institution est assez importante. Ils ont envie de faire grève mais ne veulent pas pénaliser les enfants», explique Luc Viehé, du syndicat Spelc. Dans les écoles privées, c’est surtout la débrouille qui bat son plein pour épargner les familles. Le cuisinier d’une école parisienne a déjà prévu de dormir, si besoin, au sein de l’établissement pour assurer la cantine!

Ailleurs, des enseignants habitant loin ont demandé s’ils pouvaient être hébergés par les familles. «Les absences des enseignants constituent un vrai sujet de préoccupation», explique Hubert Salaün, porte-parole de la deuxième fédération de parents d’élèves de l’enseignement public qui réside à Chantilly (Oise). «Les parents peuvent se débrouiller pour aller travailler en prenant le train s’ils se lèvent très, très tôt. Mais ils seront bloqués si leurs jeunes enfants n’ont pas classe.»

Le Figaro.fr par Marie-Estelle Pech

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