Violents combats à Tripoli, Kadhafi appelle à résister

Plusieurs explosions ont retenti dans la nuit de samedi à dimanche à Tripoli où de violents affrontements ont eu lieu entre des insurgés et les forces pro-Kadhafi. Le colonel libyen s’est exprimé dans un message sonore.

• Explosions et tirs à Tripoli

Quatre puissantes explosions ont secoué tôt dimanche la capitale libyenne. Plusieurs explosions et des échanges de tirs nourris avaient déjà retenti dans la nuit à Tripoli, dont plusieurs quartiers ont été le théâtre de violents affrontements entre des insurgés et de forces loyales au régime du colonel Mouammar Kadhafi.

«La situation est désormais sous contrôle», avait pourtant assuré dans la nuit le porte-parole du gouvernement libyen, Moussa Ibrahim, dans des déclarations diffusées par la télévision officielle libyenne. Ne confirmant que des «petits affrontements» pendant une demi-heure avec de petits groupes dans des quartiers non loin du centre de la capitale, il a indiqué que les volontaires et les forces libyennes étaient venus à bout des insurgés «inflitrés».

• Message sonore de Kadhafi

Dans un message sonore diffusé pendant la nuit par la télévision officielle, le colonel Mouammar Kadhafi a exhorté ses partisans à «marcher par millions» pour «libérer les villes détruites». Qualifiant les rebelles d’«agents, de traîtres et de rats» qui «profanent les mosquées», il a ajouté qu’ils étaient «des agents de Sarkozy qui veut prendre le pétrole libyen».

Autour du dirigeant libyen, les défections se multiplient. Omran Aboukraa, ministre libyen du Pétrole, n’est pas rentré dans son pays au terme d’un séjour à l’étranger, selon une source autorisée tunisienne. L’ancien ministre du Pétrole en titre, Chokri Ghanem, avait lui-même fui, après de nombreuses années à son poste. Il s’agit du troisième haut dirigeant libyen à faire apparemment défection cette semaine : un haut responsable de la sécurité libyenne, Nasser al Mabrouk Abdoullah, avait d’abord gagné lundi par avion la Tunisie avec sa famille en provenance du Caire. Et selon les insurgés, le commandant Abdel Salam Djalloud, ex-ministre et ancien compagnon d’armes de Mouammar Kadhafi aux premières heures de la révolution de 1969, s’est rallié aux rebelles vendredi.

• Liesse à Benghazi

Alors que le «guide» libyen serait en train de négocier l’exil de sa famille, les rebelles semblent très optimistes quant à l’issue du conflit : «Tout montre que la fin est très proche», a déclaré samedi Moustapha Abdeljalil, président du Conseil national de transition (CNT), l’organe politique des rebelles.

«Je m’attends à une fin catastrophique pour lui et pour les siens. Je m’attends aussi à ce qu’il créé une situation (d’anarchie) dans Tripoli. J’espère que je me trompe», a ajouté le chef des rebelles libyens, qui appelle les habitants de la capitale à «protéger la vie et les biens de la population», mais également à «protéger les institutions et les biens publics». Moustapha Abdeljalil enjoint par ailleurs les rebelles de ne pas piller et de «traiter avec justice» tous les soldats du régime qui seront fait prisonniers ou se rendront. «Nous sommes tous Libyens», a-t-il insisté.

Dans plusieurs villes du pays, la foule a commencé samedi soir à se réjouir. Ainsi à Sabratah, à 50 km à l’ouest de Tripoli, la population massée autour des téléviseurs manifestait sa joie dans les rues, jugeant que la fin du régime était proche. À Benghazi,»capitale» rebelle dans l’est du pays, des milliers de personnes en liesse se sont rassemblées pour soutenir le «soulèvement» à Tripoli, a constaté un photographe. «Au revoir Kadhafi!», «Dieu est grand!» scandaient les manifestants.

• Recul à Brega, avancées à Zliten et Zawiya

Avant Tripoli, les rebelles libyens avaient progressé vendredi dans Brega, poste avancé des pro-Kadhafi dans l’Est, où ils auraient rencontré samedi des difficultés.«C’est une retraite stratégique et tactique, pour épargner les vies de nos combattants, et éviter plus de destructions aux infrastructures pétrolières», a assuré le porte-parole militaire de la rébellion, le colonel Ahmed Omar Bani. Vendredi, les rebelles avaient annoncé avoir pris Zliten et Zawiya. L’atout principal de cette dernière réside dans sa raffinerie, unique source d’approvisionnement de la capitale en essence, gazole et gaz.

Lefigaro.fr

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