Football : décès de l’ancien international ivoirien Laurent Pokou

L’ancien attaquant international ivoirien Laurent Pokou, figure emblématique du football africain qui avait également brillé au stade rennais, est décédé à l’âge de 69 ans, a annoncé ce dimanche le club breton sur son site internet.

Considéré comme le meilleur joueur de l’histoire du football ivoirien, il a longtemps détenu le record de buts inscrits en Coupe d’Afrique des nations. Ceux qui l’ont connu se souviennent de lui comme d’un footballeur d’instinct. On le savait malade, mais sa disparition a plongé le monde du football ivoirien dans la consternation.

C’est une figure du football ivoirien qui s’est éteinte. Dimanche soir, l’ancien attaquant des Éléphants, Laurent Pokou, est décédé à l’âge de 69 ans. Le quotidien français Ouest France précise que le joueur est décédé à la Polyclinique internationale de Cocody, à Abidjan.

L’information avait été dévoilée un peu plus tôt par le stade rennais, l’un des clubs qui a vu l’attaquant briller sous ses couleurs. Le club breton a rendu hommage à son ancien joueur, auteur de 52 buts en 82 matchs sous le maillot rouge et noir.

Une légende de la sélection ivoirienne

Mais c’est avec sa sélection que Laurent Pokou s’est le plus distingué. L’attaquant a en effet marqué l’histoire des Éléphants, mais aussi du football continental : il est resté pendant plusieurs décennies le meilleur buteur de l’histoire de la Coupe d’Afrique des Nations avec 14 réalisations, six en 1968, huit en 1970.

Laurent Pokou, l’enfant de Treichville, ne verra pas les Eléphants de Côte d’Ivoire défendre leur titre l’hiver prochain, lors de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2017 au Gabon.« C’est une grande douleur pour le pays. Il a marqué non seulement l’histoire du football ivoirien, mais également celui de l’Afrique.»

Laurent Pokou (maillot foncé) lors d’un Côte d'Ivoire-Tunisie en 1973.

Laurent Pokou n’a jamais gagné la CAN, une compétition qui lui a pourtant permis de se faire connaître au niveau international. Et de s’exiler sur le tard, à 27 ans seulement, car les autorités ivoiriennes ne voulaient pas le laisser partir. A l’époque, le football n’était que semi-professionnel dans le pays. Francis Ouégnin, vice-président de l’ASEC Mimosas, le grand club d’Abidjan où le prodige a passé dix ans de sa vie (1966-1973 et 1979-1982), raconte : « On faisait tout pour lui offrir les meilleures conditions de vie et il avait un bon salaire. Pokou, ce sont des titres de champion, des coupes de Côte d’Ivoire, beaucoup de buts, mais aussi un style de jeu très spectaculaire. Il était capable de faire des choses incroyables avec le ballon. Les gens se déplaçaient pour le voir. Quand un derby ASEC-Africa Sport était programmé à 16 heures, le stade était plein à midi ! »

Il quitte la Côte d’Ivoire à 27 ans

L’attaquant a finalement signé son premier contrat professionnel avec le Stade rennais en 1974. Bientôt surnommé le « Duc de Bretagne », Pokou a inscrit quarante-six buts en quatre saisons, malgré des blessures à répétition. Bertrand Marchand, qui fut son coéquipier à Rennes avant d’entamer une longue carrière d’entraîneur et de sélectionneur, notamment en Tunisie et au Maroc, était aux premières loges pour observer le talent de l’Ivoirien. « Pour lui, le foot était avant tout un plaisir. Il adorait les matches. Il pouvait gagner des rencontres à lui tout seul. C’était vraiment un footballeur qui avait du génie. Il venait de Côte d’Ivoire, où il s’entraînait deux ou trois fois par semaine, et quand il est arrivé en France, il s’est adapté aux séances quotidiennes, même s’il a plusieurs fois été blessé. C’était aussi un mec joyeux, qui aimait la vie, tout simplement. »

Il n’a été détrôné qu’en 2008, par un autre grand du foot africain : Samuel Eto’o, auteur de 16 buts en phases finales de la CAN. Autre fait d’armes notable, il est le seul joueur à avoir inscrit un quintuplé en phase finale de la CAN. C’était en 1966, à Asmara, contre l’Éthiopie. Ces performances avaient même valu à Laurent Pokou d’être adoubé par Pelé en personne. L’attaquant brésilien avait déclaré : « Jai trouvé mon successeur. Il s’appelle Laurent Pokou. Il n’a qu’un défaut, il n’est pas Brésilien. »

Laurent Pokou salue le président du Stade Rennais, Alfred Houget, en 1977.

Si l’attaquant ivoirien n’a pas autant marqué l’histoire de son sport que Pelé, il peut se consoler. Aujourd’hui, de nombreux amoureux du football le pleurent, de la Côte d’Ivoire à la Bretagne.

Après un passage manqué à Nancy (1977-septembre 1978), où il enchaîne les blessures et doit faire face à la concurrence, Laurent Pokou repasse par Rennes. Mais son retour en Bretagne se termine mal. En décembre 1978, il assène un coup de pied à l’arbitre lors d’un match de Coupe de France et est suspendu par la Fédération française de football (FFF), ce qui précipitera son retour à l’ASEC. Il y jouera encore trois ans, le temps de disputer une dernière CAN en 1980, passera par le RS Ayama, un modeste club d’Abidjan qu’il a fait monter en division 1 en 1983, et mènera ensuite une courte carrière d’entraîneur. « Le roi Pelé disait de lui le plus grand bien. Il a marqué les esprits en Côte d’Ivoire, en Afrique et en France », résume Kouadio. La date des funérailles de Laurent Pokou, marié et père de cinq enfants, n’est pas encore connue.

Jeuneafrique.com avec AFP et Lemonde.fr par Alexis Billebault

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Une Réponse to “Football : décès de l’ancien international ivoirien Laurent Pokou”

  1. La petite revue de Claire Says:

    Je ne le connaissais pas du tout

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