Congo/Présidence de la République : Lancement d’une série de consultations sur la vie de la Nation et de l’Etat

Le Président Denis Sassou-Nguesso (Ph. d’archives).

Les états-majors politiques et des organisations de la société civile se sont, brusquement, mis en ébullition, dès la publication, par la présidence de la République, du communiqué faisant état de l’ouverture, à partir du mercredi 20 mai 2015, d’une série de consultations des dirigeants des partis politiques, des acteurs des organisations de la société civile, des responsables des confessions religieuses, des dirigeants de certaines institutions constitutionnelles et des personnalités sur la vie de la Nation et de l’Etat.

Certains ont retourné le communiqué dans tous les sens, pour comprendre l’enjeu de cette initiative qui a un peu surpris tout le monde, d’autres s’en sont réjouis, car ils y voient l’opportunité d’une nouvelle redistribution des cartes sur l’échiquier politique national, mais d’autres demeurent critiques face à cette initiative présidentielle qu’ils considèrent comme un moyen, pour l’actuel président de la République, de manœuvrer pour sa propre survie politique. Quoiqu’il en soit, ces consultations marquent une nouvelle étape, dans le débat qui a cours autour de la question constitutionnelle, depuis quelques mois. Elles traduisent aussi la volonté du chef de l’Etat de privilégier le dialogue, dans la recherche de solutions permettant au pays de surmonter ses crises.

L’usage des deux concepts «Nation» et «Etat» n’a pas permis à tout le monde de saisir, immédiatement, les questions en jeu. A quoi fait-on allusion, en parlant de «la vie de la Nation et de l’Etat»? Que faut-il mettre dans «la vie de la Nation»: les questions sociales, celles liées au développement, à la solidarité, à la lutte contre la pauvreté, à la redistribution équitable de la rente nationale, à l’emploi des jeunes, au genre dans les postes politico-administratifs ou autres?

Et dans «la vie de l’Etat», faut-il penser aux lois, aux institutions nationales et à leur fonctionnement, à la décentralisation, etc.?

Il semble, nettement, qu’en recourant aux deux concepts, le chef de l’Etat a voulu laisser le champ largement ouvert aux interlocuteurs qu’il souhaite entendre. Chacun y va, sans doute, de ses propositions, dans l’amélioration de la gouvernance nationale. Tout le monde appelle au dialogue, le président de la République offre les consultations directes. Malgré tout, on est toujours dans le dialogue.

C’est alors le lieu de s’interroger de la suite que le chef de l’Etat entend donner à la série de consultations qu’il a entamée. S’agit-il d’enrichir son propre programme politique ou d’ouvrir son gouvernement à un spectre plus large de sensibilités? A-t-il une préoccupation particulière sur laquelle il veut entendre les avis divers de ses concitoyens?
L’on sait que depuis quelques mois, le débat sur la question constitutionnelle agite la société congolaise. Les positions sont même tranchées entre ceux qui soutiennent qu’on change la Constitution et ceux qui y sont farouchement opposés; entre ceux qui sont pour la révision constitutionnelle et ceux qui souhaitent améliorer la gouvernance électorale, espérant l’alternance démocratique, en 2016.

En même temps, il y a aussi des inquiétudes: ceux qui craignent qu’une alternance démocratique ne ramène le pays aux errements des années 90, avec leurs conflits fratricides; ceux qui redoutent un passage en force du pouvoir actuel qui ruinerait les acquis de la paix et de la démocratie enregistrés jusque-là. Bref, le Congo est à la croisée des chemins.
Une alternance démocratique paisible, grâce à une élection présidentielle transparente, juste et équitable est-elle possible, en 2016? Un changement de l’ordre constitutionnel permettant à l’actuel chef de l’Etat de revenir dans le champ politique, en se portant candidat à un troisième mandat consécutif, peut-il être accepté par tous? Un «printemps arabe» à la congolaise, comme en août 1963, comme certains l’évoquent dans les réseaux sociaux, ouvrira-t-il un avenir stable et pacifique au Congo? Autant de questions qu’on peut se poser.

En somme, le Congo cherche le chemin qui peut lui permettre, à la fois, de répondre aux exigences démocratiques et de préserver les trois valeurs fondamentales qu’il a reconquises, péniblement, à savoir: l’unité nationale, la paix et la démocratie. C’est au génie congolais de trouver la voie la meilleure, au regard de ce qui se passe dans certains pays africains, pour traverser cette période pleine d’interrogations et d’inquiétudes sur l’avenir. A l’issue de cette série de consultations, les regards seront alors tournés du côté de la présidence de la République. On devrait s’attendre à une étape décisive dans la vie de la Nation et de l’Etat.

Lasemaineafricaine.et par Joachim MBANZA

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2 Réponses to “Congo/Présidence de la République : Lancement d’une série de consultations sur la vie de la Nation et de l’Etat”

  1. Leyla Says:

    interesting post!! Happy weekend

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