Vietnam: un blogueur condamné

Un blogueur et professeur franco-vietnamien, dont l’arrestation il y a un an avait inquiété la France, a été condamné mercredi à Ho Chi Minh-Ville à trois ans de prison suivis de trois ans de résidence surveillée pour tentative de renversement du gouvernement vietnamien. Les actes de Pham Minh Hoang, défenseur des droits de l’Homme de 56 ans, « étaient graves et ont sapé la sécurité nationale », a déclaré le juge Vu Phi Long à l’issue d’un procès d’à peine quelques heures.

« Nous avons donc suffisamment d’éléments pour conclure qu’il a commis le crime d’activités visant à renverser l’administration populaire », a-t-il ajouté. Ce procès intervient deux semaines après la reconduction du premier ministre, Nguyen Tan Dung, pour un second mandat de cinq ans, entérinant une puissance politique jamais vue depuis des années qui fait craindre aux défenseurs des droits de l’Homme des temps plus difficiles encore pour la dissidence.

Des diplomates français présents

Des diplomates de plusieurs pays, dont la France, ont été vus arrivant au tribunal mercredi matin avant l’ouverture de l’audience. Une journaliste de l’AFP a également été autorisée à assister au procès. Après son arrestation le 13 août 2010, la France s’était dite « sérieusement préoccupée » par la situation de Hoang, appelant « à la transparence de la procédure judiciaire » et au respect « des droits de la défense ».

Les autorités vietnamiennes ont autorisé « régulièrement » des visites consulaires en prison, a indiqué une source diplomatique française. Selon le quotidien officiel Vietnam News, Hoang était également accusé d’appartenir à Viet Tan, organisation installée aux Etats-Unis considérée comme « terroriste » par Hanoï. Le groupe affirme lui promouvoir la démocratie par des moyens pacifiques.

Entre 2002 et mai 2010, il aurait écrit sur son blog, sous le pseudonyme de Phan Kien Quoc, 29 articles « déformant les politiques et les activités de l’Etat », selon le journal. Mais dans une lettre publiée il y a quelques jours sur le site de Viet Tan, sa femme a elle estimé qu’il était poursuivi pour ses prises de position notamment contre un projet très controversé d’exploitation de la bauxite dans les Hauts-Plateaux du centre du pays. Reporters sans frontières (RSF), qui a placé le Vietnam sur sa liste des « ennemis de l’internet », a de son côté réclamé sa « libération inconditionnelle » dans une lettre au premier ministre publiée lundi sur son site internet.

Lefigaro.fr avec AFP

Étiquettes : , , , , , ,

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :