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Cocaïne : vaste coup de filet contre le « supercartel »

novembre 28, 2022

Europol a annoncé l’arrestation à Dubai de plusieurs « cibles de haute valeur » soupçonnées d’être à la tête du trafic de cocaïne en Europe.

L’agence européenne de sécurité Europol a annoncé lundi avoir démantelé un « supercartel » européen de la cocaïne, grâce à des opérations coordonnées menées ces derniers jours dans plusieurs pays européens et à des arrestations de plusieurs narcotrafiquants à Dubai, plaque tournante du blanchiment de l’argent de la drogue.

« Un total de 49 suspects a été arrêté au cours de l’enquête. Ceux considérés comme des « cibles de haute valeur » s’étaient réunis pour former ce que l’on appelait le « supercartel », qui contrôlait un tiers du commerce de cocaïne en Europe », déclare l’agence Europol dans son communiqué. Menée courant novembre en Espagne, aux Pays-Bas, en Belgique et en France, l’opération Lumière du désert a conduit à la saisie de biens immobiliers et financiers et à l’identification de filières d’importation de drogue.

Six arrestations de cibles prioritaires

Elle a surtout permis l’appréhension à Dubai de six cibles prioritaires des polices européennes. Certains de ces malfrats pourraient être de hauts responsables du fameux supercartel constitué en 2017. L’un des suspects liés au dossier néerlandais serait un « très gros poisson », selon une source d’Europol citée par l’Agence France-Presse. En Bosnie, la presse fait état de l’arrestation de son compatriote Gacanin, le chef du puissant gang « Tito et Dino ».

Deux des chefs du cartel, l’Irlandais Daniel Kinahan et le Bosnien Edin Gacanin, étaient toujours en cavale à Dubai jusqu’à ces derniers jours, tandis que deux autres, le Néerlandais Ridouan Taghi et l’Italien Imperiale, ont été arrêtés par la police de l’Émirat en 2019 et en 2021 et extradés vers leur pays respectif.

Les interpellations viendraient couronner des enquêtes menées ces dernières années notamment grâce au décryptage du réseau de messagerie Sky ECC, utilisé par les narcotrafiquants. Le démantèlement de ces réseaux a conduit, au total, à la confiscation de près de 30 tonnes de cocaïne en deux ans, annonce triomphalement Europol. Aux Pays-Bas, en Belgique et en France, la police visait principalement des complices de Ridouan Taghi impliqués dans des cargaisons de drogue entre les ports sud-américains et ceux de Rotterdam, Anvers et Rouen. Environ deux tonnes avaient été saisies en 2021. Deux Marocains de Belgique et un Français, originaire du Val-de-Marne, figureraient parmi les personnes arrêtées le 8 novembre à Dubai, selon des sources proches de l’enquête.

En Espagne, le coup de filet lancé à Barcelone, Madrid et Marbella a permis la saisie de nombreuses propriétés et voitures de luxe, notamment sur la Costa del Sol, où sont installés des membres du cartel.

En Belgique, les enquêteurs ont aussi révélé avoir identifié les auteurs d’un enlèvement lié à un règlement de comptes entre gangs rivaux sur le port d’Anvers. En France, trois personnes ont été mises en examen, le 11 novembre 2022, pour importation de stupéfiants en bande organisée, association de malfaiteurs, enlèvement et séquestration avec acte de torture et de barbarie en bande organisée et placées en détention provisoire. Un quatrième homme de nationalité française et interpellé en Espagne a été remis à la France, puis mis en examen et incarcéré.

Avec Le Point par Guillaume Perrier

Coup d’État déjoué à São Tomé-et-Principe : l’ex-président de l’Assemblée et un mercenaire arrêtés

novembre 25, 2022

Patrice Trovoada, le Premier ministre de l’archipel, a annoncé qu’une tentative de putsch a échoué dans la nuit de jeudi à vendredi. Quatre hommes ont été appréhendés après avoir tenté d’attaquer le quartier général de l’armée.Patrice Trovoada, le Premier ministre de l’archipel, a annoncé qu’une tentative de putsch a échoué dans la nuit de jeudi à vendredi. Quatre hommes ont été appréhendés après avoir tenté d’attaquer le quartier général de l’armée.

Le Premier ministre de São Tomé-et-Principe, Patrice Trovoada, le 5 septembre 2018 © Parker Song / POOL / AFP

« Je veux rassurer tout le monde, les forces armées ont la situation sous contrôle », a déclaré le chef du gouvernement, Patrice Trovoada, qui apparaît assis à un bureau, les traits fatigués, en tee-shirt blanc sous un vêtement de pluie bleu. « Il y a eu une tentative de coup d’État, qui a débuté autour de 00 h 40 et […] s’est terminée peu après 6 heures du matin », a-t-il poursuivi, ajoutant : « Les forces armées ont subi une attaque dans une caserne ».

Quatre hommes, dont l’ancien président de l’Assemblée nationale sortante, Delfim Neves, et un ex-mercenaire déjà auteur d’une tentative de putsch en 2009, qui ont été arrêtés, ont tenté d’attaquer le quartier général de l’armée, a précisé le Premier ministre dans une vidéo authentifiée et envoyée par la ministre de la Justice, Ilsa Maria dos Santos Amado Vaz.

En lien avec le Bataillon Buffalo

Une habitante, contactée par téléphone, a raconté sous couvert de l’anonymat qu’elle avait entendu des « tirs d’armes automatiques et d’armes plus lourdes, ainsi que des détonations, deux heures durant à l’intérieur du QG de l’armée » à Sao Tomé, la capitale. Un militaire, « pris en otage », a été blessé, « mais il pourra reprendre ses activités dans quelques jours », a précisé Patrice Trovoada.

« Un groupe de quatre personnes associé au tristement célèbre groupe Buffalo a pénétré dans la caserne, tandis qu’un autre groupe se trouvait à l’extérieur […] dans des fourgonnettes et l’état-major m’a informé avoir arrêté certaines personnes […] du premier groupe de quatre […], neutralisé », a-t-il poursuivi.

Parmi les personnes interpellées, selon lui, figure Delfim Neves. Ce dernier a perdu sa fonction de président de l’Assemblée nationale le 11 novembre lors de l’installation de la nouvelle chambre, issue des législatives du 25 septembre, remportées à la majorité absolue par l’Action démocratique indépendante (ADI), le parti de centre droit de Patrice Trovoada. Delfim Neves avait également été éliminé dès le premier tour de la présidentielle du 18 juillet 2021, finalement remportée par Carlos Vila Nova, de l’ADI.

Selon le Premier ministre, les militaires ont également arrêté dans la nuit Arlecio Costa, un ancien mercenaire du groupe sud-africain « Bataillon Buffalo », démantelé en 1993 par Pretoria. En février 2009, Arlecio Costa, alors chef d’un parti d’opposition, avait déjà été arrêté et accusé d’être le meneur d’une tentative déjouée de coup d’État 12 jours auparavant.

Alternances politiques

« La situation dans la caserne est sous contrôle, mais nous devons avoir la certitude que le pays est complètement sous contrôle », a assuré le chef du gouvernement. Il a annoncé une enquête en cours et expliqué que l’armée « a l’obligation de clarifier la situation, s’il y a eu d’autres ramifications au sein des forces armées ».

Des militaires ont été déployés dans la nuit pour sécuriser les résidences des membres du gouvernement et du président de la République, a également témoigné l’habitante contactée par téléphone, après avoir fait un tour en voiture dans la capitale. « La ville est calme, les gens vaquent à leurs occupations normales mais les écoles ont demandé aux parents de ne pas envoyer leurs enfants », dit-elle.

Deux grands partis se disputent la direction du pays depuis son indépendance en 1975 : l’ADI de Patrice Trovoada et le Mouvement de libération du Sao Tomé-et-Principe-Parti social-démocrate (MLSTP-PSD, centre gauche).

L’archipel, considéré comme un modèle de démocratie parlementaire en Afrique, est habitué aux alternances au pouvoir de ces deux formations, qui dominent la scène politique depuis l’instauration du multipartisme en 1991, après quinze années d’un régime marxiste de parti unique. À la suite de plusieurs tentatives de coup d’État – les dernières en 2003 et 2009 –, le régime parlementaire s’est affirmé dans l’ancienne colonie portugaise et a permis plusieurs alternances entre l’ADI et le MLSTP, ce dernier étant issu de l’ancien parti unique.

Par Jeune Afrique (avec AFP)

Sénégal : un journaliste arrêté pour une information contraire « à la sécurité nationale »

novembre 7, 2022

Directeur du site d’information Dakar Matin, Pape Alé Niang a été placé en garde à vue dimanche pour avoir divulgué une « information de nature à nuire » à la sécurité. Par ailleurs, une vidéaste de Buur News a été brutalisée par les forces de l’ordre, selon la Coordination des associations de presse.

Le journaliste Pape Alé Niang a été placé en garde à vue ce dimanche 6 novembre. © DR

Pape Alé Niang, qui dirige le site d’information Dakar Matin, est connu au Sénégal pour ses chroniques régulières sur l’actualité. Il a été arrêté puis placé en garde à vue ce dimanche 6 novembre à 14 heures (locales et GMT) au commissariat central de Dakar pour trois « infractions », a déclaré son avocat, Ciré Clédor Ly.

UNE MONTAGNE D’HÉRÉSIES, DES INTIMIDATIONS ET UNE TENTATIVE DE MUSELER LA PRESSE

La police lui reproche d’« avoir porté à la connaissance du public une information dont la divulgation est de nature à nuire à la défense nationale et des actes et manœuvres de nature à compromettre la sécurité publique et à occasionner des troubles ». La troisième infraction est relative à « une violation du secret professionnel », selon Me Ly, qui a dénoncé « une montagne d’hérésies, des intimidations et une tentative de museler la presse ».

En lien avec les accusations visant Ousmane Sonko ?

La Coordination des associations de presse (CAP), qui regroupe des organisations de la presse locale, a affirmé dans un communiqué qu’elle allait « apporter toute l’assistance requise » au journaliste. L’arrestation de Pape Alé Niang avait été annoncée par des médias locaux et la CAP avant d’être confirmée par une source policière.

Selon la presse locale, l’arrestation survient après des publications du journaliste ces derniers jours sur les accusations de viols visant le principal opposant sénégalais, Ousmane Sonko.

Ousmane Sonko, 48 ans, candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2024, a été inculpé pour viols et menaces de mort et placé sous contrôle judiciaire en mars 2021, après avoir été visé par la plainte d’Adji Sarr, une employée d’un salon de beauté où il allait se faire masser pour, selon lui, soigner un mal de dos. Il a été auditionné le jeudi 3 novembre pour la première fois dans cette affaire par un juge d’instruction à Dakar.

« Violence policière »

Par ailleurs, une vidéaste du site d’information Buur News, Fatou Dione, a été victime de « violence policière » samedi, lors d’une manifestation interdite à Dakar, a dénoncé la CAP dans un communiqué. La journaliste s’est « évanouie au moment où les forces de l’ordre sont venues l’évacuer avec une brutalité inouïe », a ajouté la CAP.

Une vingtaine de personnes arrêtées samedi après-midi, lors de cette manifestation interdite par le préfet de Dakar, étaient toujours en détention dimanche, selon la presse. La manifestation, à l’initiative d’un collectif formé notamment d’activistes, visait à réclamer la libération de « détenus politiques », des personnes en prison depuis plusieurs semaines et présentées dans la presse comme proches de l’opposition.

Par Jeune Afrique ( avec AFP)

Des journalistes iraniens critiquent l’arrestation de leurs collègues

octobre 30, 2022
Un homme tient un exemplaire d'un journal.

Lettre signée par 300 journalistes iraniens apparaît sur la couverture d’un journal à Téhéran. Photo: Getty Images/AFP/Atta Kenare

Des journalistes iraniens ont dénoncé dimanche l’arrestation de plusieurs de leurs collègues par les autorités sur fond de mouvement de contestation déclenché en Iran par la mort en détention de Mahsa Amini il y a plus d’un mois.

L’Iran est secoué par des protestations depuis la mort le 16 septembre de cette jeune Kurde iranienne, décédée trois jours après son arrestation à Téhéran par la police des mœurs qui lui reprochait d’avoir enfreint le code vestimentaire strict du pays, prévoyant notamment le port du voile en public.

Des dizaines de personnes, principalement des manifestants, mais aussi des membres des forces de sécurité, ont été tuées lors des manifestations qualifiées généralement d’émeutes par les autorités.

Des centaines d’autres, dont des femmes, ont été arrêtées.

Le quotidien réformateur Sazandegi a annoncé dimanche que plus de 20 journalistes sont toujours en détention, notamment à Téhéran, mais aussi dans d’autres villes. Plusieurs autres ont été convoqués par les autorités, ajoute le journal.

Détenus sans audience

Selon les médias locaux, plus de 300 journalistes et photojournalistes iraniens ont signé un communiqué afin de critiquer les autorités pour avoir arrêté leurs confrères et les avoir privés de leurs droits de citoyens après leur détention.

Ils n’ont pas eu accès à leurs avocats, ont été interrogés et accusés avant de tenir une audience publique, a ajouté le texte, appelant les autorités à libérer les journalistes.

Dans une déclaration publiée dans le journal Etemad, l’Association des journalistes de Téhéran a rejeté comme illégale et en conflit avec la liberté de la presse l’approche sécuritaire envers le métier du journalisme.

L‘Occident montré du doigt

L’association syndicale faisait allusion à un long rapport publié vendredi par des services de sécurité du pays sur les origines des manifestations et les interventions du régime américain dans les récentes émeutes en Iran.

Ils ont accusé des Occidentaux d’avoir organisé des cours de formation pour des Iraniens dans le but de renverser le pouvoir en Iran.

Le rapport accuse notamment deux journalistes, en les identifiant par leurs initiales, d’avoir reçu ces formations et d’avoir joué le rôle de sources primaires pour les médias étrangers.

Selon les médias locaux, le rapport faisait allusion à la journaliste Elaheh Mohammadi du quotidien Sazandegi et à la photographe Niloufar Hamedi du journal Shargh, qui avaient contribué à rendre publique l’affaire de Mahsa Amini et qui sont détenues depuis des semaines.

Notre journaliste et notre journal […] ont agi dans le cadre de la mission journalistique, a indiqué le directeur du quotidien Shargh, Mehdi Rahmanian, précisant que Niloufar Hamedi n’était pas la première à avoir annoncé la mort de la jeune femme. De son côté, le journal Sazandegi a critiqué le rapport décevant des services des renseignements, ajoutant que confronter les journalistes entraînerait la destruction des médias.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

Guinée : arrestation d’Étienne Soropogui après ses critiques contre le pouvoir

septembre 25, 2022

L’opposant Étienne Soropogui a été arrêté samedi 24 septembre après avoir critiqué les « dérives autoritaires » et l’« isolement total » des autorités guinéennes, a indiqué le Front national de défense de la Constitution.

L’homme politique guinéen Étienne Soropogui lors d’une manifestation à Conakry le 17 mars 2012. © Cellou BINANI/AFP

Les raisons de l’arrestation d’Étienne Soropogui, qui fut un farouche opposant de l’ancien président Alpha Condé avant d’être libéré par les militaires après leur putsch du 5 septembre 2021, n’ont pas été rendues publiques.

Il a été arrêté dans la banlieue de Conakry, selon les médias guinéens, après avoir participé dans la matinée à une populaire émission sur la radio Fim FM.

« Dérives autoritaires »

« Le peuple de Guinée-Conakry n’accepte plus ces dérives autoritaires perpétrées par la junte militaire, y a-t-il déclaré, critiquant les interpellations de journalistes et de personnalités politiques et de la société civile. Si on compte sur la force pour s’accaparer (le) pouvoir et vouloir y rester en éliminant un certain nombre de candidats potentiels (à une future présidentielle), c’est la porte ouverte au chaos. »

Une période transitoire de gouvernement par les militaires comme celle en cours a « vocation à retourner à l’ordre constitutionnel », a-t-il souligné. « Les notions creuses de refondation n’ont aucun sens », a-t-il renchéri, alors que la junte justifie son intention de diriger le pays pendant encore trois ans par la nécessité d’une  « refondation » et de réformes profondes.

« Persécution extrajudiciaire »

« La junte est dans une situation d’isolement total », a encore ajouté Étienne Soropogui à propos des mesures de rétorsion infligées aux militaires guinéens par la Cedeao.

« Des gendarmes lourdement armés et sans aucun mandat ont enlevé le leader pro-démocratie avant de le déporter à la direction centrale des investigations judiciaires » de la gendarmerie, a dit dans un communiqué le Front national de défense de la Constitution (FNDC), collectif qui porte la voix de l’opposition.

« Cette nouvelle forme d’arrestation et de persécution extrajudiciaire des activistes pro-démocratie confirme la volonté (de la junte) d’user de tous les moyens illégaux pour se maintenir au pouvoir », dit le FNDC, dont deux leaders, Oumar Sylla, alias Foniké Mangué, et Ibrahima Diallo, ont été arrêtés fin juillet.

Par Jeune Afrique avec AFP

Gabon : les mésaventures de Guy Nzouba-Ndama, placé en garde à vue à Franceville

septembre 18, 2022

L’ancien président de l’Assemblée nationale gabonaise a été arrêté, ce samedi 17 septembre, à la frontière avec le Congo-Brazzaville alors qu’il était en possession d’une forte somme d’argent.

Guy Nzouba-Ndama, à Paris le 16 juin 2016. © Vincent Fournier/JA

Président de l’Assemblée nationale entre 1997 et 2016, Guy Nzouba-Ndama a été arrêté ce samedi à la frontière avec le Congo-Brazzaville alors qu’il était en possession de valises contenant au total plus d’un milliard de francs CFA (plus de 1,5 million d’euros). L’opposant, chef du parti Les Démocrates (10 députés et 4 sénateurs), a été placé en garde à vue dans un commissariat de Franceville, où a il été interrogé.

Bagages suspects

Selon nos informations, Guy Nzouna-Ndama, 76 ans, avait passé la frontière le 17 septembre au matin pour se rendre au Congo, où il a dit aux enquêteurs s’être rendu pour des soins médicaux. Revenu le soir même au point de passage, avec des bagages qui ont attiré l’attention des forces de l’ordre, il a été appréhendé et placé en garde à vue.

Poids-lourd de la politique gabonaise, passé comme beaucoup par le Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir), il avait démissionné du perchoir en 2016 avant de créer son propre parti l’année suivante.

Il n’avait pas encore officialisé ses intentions, mais envisageait de se présenter à la prochaine élection présidentielle, prévue en août 2023. En avril 2016, il avait annoncé sa candidature à la magistrature suprême avant d’apporter son soutien au candidat Jean Ping au sein d’une alliance de l’opposition face à Ali Bongo Ondimba.

Par Jeune Afrique

Canada-Québec: Un ancien lieutenant du clan Rizzuto arrêté pour avoir escroqué des religieux

septembre 7, 2022
L'écusson de la police de Laval sur l'épaule d'un policier.

La police de Laval a arrêté hier Francisco Del Balso pour avoir menacé et tenté d’extorquer la communauté religieuse Saint-Maxime. Photo : Radio-Canada/Ivanoh Demers

Francisco Del Balso, 52 ans, qui a déjà fait la loi et l’ordre au sein du crime organisé et qui était l’un des lieutenants du clan Rizzuto, a été arrêté hier par la police de Laval pour avoir menacé et tenté d’extorquer une communauté religieuse catholique.

C’est avec stupéfaction et incrédulité que plusieurs enquêteurs qui luttent contre le crime organisé ont appris la nouvelle de l’arrestation du mafieux par la police de Laval, hier en fin de journée.

Francisco Del Balso après son arrestation dans l'opération Colisée, en 2006.

Francisco Del Balso après son arrestation dans l’opération Colisée, en 2006. Photo : Archives

Ce dernier aurait passé la nuit en interrogatoire. Il devrait comparaître au cours des prochaines heures pour faire face à des accusations de menaces et d’extorsion.

Del Balso se serait présenté à la communauté religieuse Saint-Maxime de Laval, située sur le boulevard Lévesque-Ouest. Adjacent au presbytère, Partage Saint-Maxime, un comptoir de distribution de vêtements provenant de dons du public, est accueilli par la paroisse.

C’est à cet endroit que l’ex-femme du mafieux aurait fait don de plusieurs vêtements où des bijoux auraient été laissés.

Probablement sans le sou, selon nos informations, Francisco Del Balso se serait présenté pour confronter le curé de la paroisse afin de retrouver les objets de valeur.

Selon la plainte déposée à la police de Laval, des membres de la paroisse Saint-Maxime auraient rapporté aux autorités policières que le mafieux leur avait réclamé 5000 $ par semaine pour avoir égaré les bijoux qu’il considérait toujours en être le propriétaire.

Radio-Canada par Pascal Robidas

Une ex-ambassadrice du Royaume-Uni en Birmanie et son mari arrêtés à Rangoun

août 25, 2022
Une ex-ambassadrice du Royaume-Uni en Birmanie et son mari arretes a Rangoun
Une ex-ambassadrice du Royaume-Uni en Birmanie et son mari arrêtés à Rangoun© AFP/Archives/ROMEO GACAD

Une ancienne ambassadrice du Royaume-Uni en Birmanie et son mari, un artiste passé par la prison en raison de son engagement politique, ont été arrêtés à Rangoun.

Vicky Bowman, en poste entre 2002 et 2006, a été arrêtée mercredi pour avoir omis de déclarer qu’elle ne vivait plus à l’adresse sous laquelle elle était officiellement enregistrée en tant qu’étrangère, a annoncé jeudi la junte au pouvoir dans un communiqué.

Son époux, l’artiste birman Htein Lin, ancien prisonnier politique entre 1998 et 2004, a également été interpellé, pour avoir aidé sa femme à résider à une adresse autre que celle sous laquelle elle était enregistrée, toujours selon le communiqué officiel.

Le couple, accusé d’avoir ainsi enfreint le code de l’immigration – une infraction passible d’un maximum e cinq ans de prison, a été transféré à la prison d’Insein à Rangoun, selon une source bien informée, qui a ajouté qu’une audience était prévue devant un tribunal pour le 6 septembre.

Le pays est en proie à un violent conflit depuis le coup d’Etat du 1er février 2021, et les arrestations se comptent par milliers. Les relations entre la Birmanie et la Grande-Bretagne, ancien pouvoir colonial, se sont nettement détériorées après la prise de pouvoir par la junte.

« Nous sommes inquiets de l’arrestation d’une Britannique en Birmanie », a déclaré à l’AFP un porte-parole de l’ambassade britannique, sans citer nommément Mme Bowman.

« Nous sommes en contact avec les autorités locales et nous fournissons l’assistance consulaire » nécessaire, a-t-il poursuivi.

Interrogé sur le sujet, un porte-parole de la junte n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP.

Une provocation

« C’est une provocation de la part du régime. Vicky et Htein Lin sont des personnalités très respectées qui ont beaucoup contribué pour la Birmanie pendant des décennies. Le fait que Vicky soit une ancienne ambassadrice ajoute à la gravité de l’affaire », a réagi auprès de l’AFP Richard Horsey, expert de la Birmanie auprès de l’International Crisis Group (ICG).

Vicky Bowman dirige le Centre pour l’économie responsable au Myanmar (MCRB) depuis juillet 2013. Elle a également occupé le poste de second secrétaire à l’ambassade britannique en Birmanie entre 1990 et 1993, avant de devenir ambassadrice. Elle parle couramment birman.

Elle a épousé en 2006 Htein Lin, dont les oeuvres réalisées en prison, avec du matériel entré en douce, avaient capté l’attention de l’ambassadrice.

Le peintre avait été détenu en raison de son opposition à la junte de l’époque. Etudiant, il avait également pris part au soulèvement d’août 1988.

Depuis le coup d’Etat qui a renversé la dirigeante civile Aung San Suu Kyi, l’armée au pouvoir mène une répression sanglante contre ses opposants, avec plus de 2.100 civils tués et près de 15.000 arrêtés, selon une ONG locale.

Les relations entre la Birmanie et le Royaume-Uni se sont dégradées depuis le putsch militaire.

La junte a qualifié en début d’année d' »inacceptable » la réorganisation de la représentation diplomatique en Birmanie du Royaume-Uni, qui n’envoie plus d’ambassadeur à Rangoun, mais un chargé d’affaire provisoire – auquel les autorités ont barré l’accès au pays.

Londres a annoncé jeudi, jour du cinquième anniversaire du début des exactions sanglantes de l’armée visant les Rohingyas, de nouvelles sanctions envers plusieurs entreprises et personnes liées à la junte.

Plusieurs étrangers sont détenus en Birmanie, parmi lesquels le Japonais Toru Kubota, le cinquième journaliste à avoir arrêté depuis le coup d’Etat – les autres ont tous ont fini par être libérés et expulsés du pays.

Par Le Point avec AFP

Burkina Faso : une « centaine » de terroristes « neutralisés » en un mois

août 20, 2022

Le pays, dirigé par le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba depuis janvier, fait face à une recrudescence d’attaques jihadistes ces derniers mois. Dans la région, la situation sécuritaire s’est aggravée et se propage aux pays voisins.

Une unité de l’armée burkinabè lors de l’attaque de l’état-major, à Ouagadougou, le 2 mars 2018. (Photo d’illustration) © Ludivine Laniepce/AP/SIPA.

L’armée du Burkina Faso a affirmé le 19 août avoir tué une centaine de « terroristes » lors de diverses opérations menées du 15 juillet au 15 août dans plusieurs régions du pays.

Une opération menée le 8 août contre des jihadistes présumés qui avaient tenté d’attaquer le détachement militaire de Kelbo dans la région du Nord, a d’abord permis de « neutraliser au moins 50 terroristes », selon un communiqué de l’état-major des armées. Une contre-offensive le même jour, soutenue par l’aviation, a ensuite permis de « neutraliser au moins 34 terroristes et de récupérer leur logistique « , précise le texte.

Soutien français

Quatre soldats et neuf supplétifs civils de l’armée ont également trouvé la mort lors de cette opération, selon l’armée qui précise que « la prompte contribution du partenaire français a permis l’évacuation diligente des blessés vers les centres de santé ».

Des « opérations de ciblage » conduites dans d’autres régions, dont celles du Nord, de l’Est, du Centre-est, du Sahel et du Centre-Ouest, ont permis de « neutraliser » une trentaine de « terroristes » et de détruire des bases logistiques, ajoute le communiqué.

Des ravitaillements pour contrer les blocus jihadistes

L’armée a également affirmé avoir assuré des escortes de commerçants pour approvisionner en marchandises plusieurs localités, dont certaines soumises à un blocus de groupes jihadistes.

À la fin de juillet, 130 camions de ravitaillements ont ainsi été convoyés jusqu’à Djibo, chef-lieu de la province du Soum, l’une des plus touchées par les violences jihadistes, selon l’état-major. « Grâce aux efforts des armées de l’air du Burkina Faso et du Niger, plusieurs tonnes de vivres et denrées diverses » ont été convoyées au profit d’autres localités, dont celle de Sebba, où des habitants avaient déclaré être menacés de famine, indique-t-il.

Soutien de l’UA

Le Burkina Faso, où des militaires menés par le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, actuel président de la transition, ont pris le pouvoir en janvier en promettant de faire de la lutte anti-jihadiste leur priorité, est confronté comme plusieurs pays voisins, dont le Mali, à la violence de mouvements armés jihadistes affiliés à Al-Qaïda et au groupe État islamique (Daech), qui y ont fait depuis 2015 des milliers de morts et quelque deux millions de déplacés.

Plus de 40 % du territoire y est hors du contrôle de l’État, selon des chiffres officiels, et les attaques se sont multipliées depuis le début de l’année. « Nous demandons le soutien de la communauté internationale au Burkina Faso pour faire face à tous les défis » sécuritaires, a déclaré le 19 août le commissaire aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité de l’Union africaine (UA), Bankole Adeoye, à l’issue de sa rencontre avec Damiba.

Arrivé le 17 août à Ouagadougou, Bankole Adeoye dirige une délégation de l’UA venue évaluer la conduite de la transition et la situation sécuritaire et humanitaire. Il a souligné « la nécessité d’assurer une bonne transition, crédible, transparente et juste ». « Quand nous aurons constaté des étapes claires vers une amélioration, une restauration et une pacification, l’UA élargira et accroîtra son soutien pour permettre au Burkina Faso de réaliser la stabilité et la sécurité », a-t-il affirmé.

La durée de la transition avant le retour à l’ordre constitutionnel a été fixée à deux ans. Durant son séjour qui s’achève ce 20 août, la délégation a échangé avec le Premier ministre Albert Ouédraogo et doit aussi rencontrer des acteurs de la société civile, des leaders religieux et coutumiers, ainsi que des ambassadeurs accrédités au Burkina Faso.

Retrait de Barkhane au Mali, Dubois toujours otage

Dans le Mali voisin, en proie lui aussi à une résurgence d’attaques terroristes, le dernier soldat français a quitté le pays le 15 août, après neuf ans d’engagement contre les jihadistes. La junte au pouvoir à Bamako depuis le putsch d’août 2020 s’est détournée de la France et de ses alliés pour s’allier avec la Russie.

Devant la presse, le porte-parole adjoint des Affaires étrangères, François Delmas, a assuré le 19 août que « le retrait de l’opération Barkhane du Mali ne diminue en rien la mobilisation de la France pour faire libérer Olivier Dubois » « Tous les efforts sont déployés pour obtenir la libération de notre compatriote », a-t-il déclaré, à l’approche du 500e jour de captivité d’Olivier Dubois, le 21 août.

Le journaliste indépendant, qui vit et travaille au Mali depuis 2015, a lui-même annoncé son enlèvement dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux le 5 mai 2021. Il y expliquait avoir été kidnappé le 8 avril à Gao, dans le nord du Mali, par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), principale alliance jihadiste au Sahel, liée à Al-Qaïda. Il est le seul otage français recensé dans le monde.

Par Jeune Afrique avec AFP

Le Congo arrête le chef de l’opposition Kabund

août 9, 2022
Jean-Marc Kabund, secrétaire général du principal parti d'opposition congolais l'Union pour la démocratie et le progrès social s'exprime lors d'une conférence de presse à Kinshasa

Jean-Marc Kabund, secrétaire général du principal parti d’opposition congolais, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), prend la parole lors d’une conférence de presse à Kinshasa, en République démocratique du Congo, le 8 janvier 2019. REUTERS/Baz Ratner/File Photo

KINSHASA, 9 août (Reuters) – Jean-Marc Kabund, ancien bras droit du président de la République démocratique du Congo et aujourd’hui chef de l’opposition, a été arrêté mardi, a déclaré son avocat, lors d’une polémique sur une remarque à propos de son ancien patron.

L’ancien vice-président du parlement et actuel législateur s’est disputé avec le président Félix Tshisekedi plus tôt cette année, après quoi il a lancé son propre parti politique.

Il a fait l’objet d’une enquête ces dernières semaines sur des accusations que les autorités n’ont pas précisées.

Ses avocats disent qu’il est accusé d’outrage au chef de l’Etat après un discours le qualifiant de « dangereux ».

L’avocate de Kabund, Henriette Bongwalanga, a déclaré qu’il avait été arrêté mardi après une audience au bureau du procureur général.

« Ils n’ont pas respecté la procédure. Aujourd’hui, ils sont venus après l’audience et l’ont (arrêté) malgré son immunité (parlementaire) », a-t-elle déclaré.

Le ministère de la Justice n’a pas pu être joint pour commenter et un porte-parole du gouvernement a refusé de commenter.

Une source policière a déclaré que Kabund avait été emmené à la prison centrale de Makala, à Kinshasa, la capitale du Congo.

Kabund était une figure de proue derrière la montée au pouvoir de Tshisekedi et leurs retombées ont mis en évidence les lignes de faille émergentes dans la direction du pays. Cela pourrait être synonyme d’incertitude pour l’avenir de la coalition au pouvoir de l’Union sacrée à l’approche de l’élection présidentielle de 2023, ont déclaré des analystes politiques. 

Dans une déclaration sur la procédure la semaine dernière, Kabund a déclaré que l’enquête contre lui était la preuve que les institutions congolaises étaient exploitées pour servir des intérêts politiques.

« Lutter contre le régime Tshisekedi est pour moi une nécessité absolue, peu importe le prix à payer », a-t-il écrit sur Twitter.

Avec Reuters reportage de Stanis Bujakera; Écrit par Nellie Peyton; Montage par Andrew Cawthorne