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États-Unis : 172.000 arrestations de migrants en mars à la frontière sud, plus haut niveau depuis 15 ans

avril 8, 2021

Les arrestations de migrants à la frontière des États-Unis avec le Mexique ont atteint en mars un niveau inédit depuis quinze ans, selon des statistiques publiées jeudi 8 avril qui accentuent la pression sur le président Joe Biden, accusé par l’opposition de minimiser la crise.

Plus de 172.000 personnes ont été appréhendées par les gardes-frontières le mois dernier après être entrées illégalement sur le sol américain, soit 71% de plus qu’en février. Parmi elles, se trouvent toujours plus de mineurs isolés, dont le nombre a doublé pour s’établir à 18.890, selon les données des services des douanes et des gardes-frontières (CPB). La hausse la plus importante concerne toutefois les migrants arrivés en famille, passés d’environ 20.000 en février à 53.823 en mars.

Ces flux, qui avaient commencé à augmenter à la fin 2020, mais ont clairement bondi depuis l’arrivée à la Maison Blanche de Joe Biden, posent un défi considérable à l’administration démocrate, qui s’est engagée à ne pas refouler les mineurs non accompagnés. À la date du 6 avril, plus de 20.000 d’entre eux se trouvaient dans des structures d’accueil gouvernementales, dont certaines peu adaptées à la prise en charge d’enfants parfois très jeunes.

«Appel d’air»

L’opposition républicaine accuse le président d’avoir causé un «appel d’air» en assouplissant les politiques migratoires de son prédécesseur Donald Trump. Il a créé «un tsunami humain en puissance», a ainsi récemment tancé le sénateur Lindsey Graham. Dès son arrivée au pouvoir, Joe Biden a suspendu les expulsions de sans-papiers, introduit un projet de loi pour leur offrir un chemin vers la citoyenneté et commencé à admettre une partie des demandeurs d’asile qui patientent depuis des mois dans des camps au Mexique.

Lors de sa première conférence de presse, le 25 mars, le démocrate a défendu son approche. «Je ne vais pas m’excuser d’avoir aboli des politiques qui violaient le droit international et la dignité humaine», a-t-il lancé, tout en relativisant la hausse des arrivées. Dans un communiqué jeudi, les gardes-frontières ont tenu un discours comparable. «Nous faisons face à une augmentation des arrivées et des arrestations, ce n’est pas nouveau», a écrit Troy Miller qui dirige actuellement ces services: «Les arrivées ont commencé à augmenter en avril 2020 et nos expériences passées nous ont préparés aux défis de cette année».

Près de 104.000 migrants ont immédiatement été refoulés en vertu de règles adoptées pour empêcher la propagation du virus Covid-19, ont souligné les gardes-frontières sans préciser ce qu’il était advenu des autres. En théorie, tous les adultes et toutes les familles sont renvoyés de l’autre côté de la frontière, mais les autorités mexicaines n’acceptent pas de reprendre toutes les familles, notamment celles ayant des enfants de moins de six ans.

La moitié de ces migrants sont originaires d’Amérique centrale, notamment du Guatemala, Honduras et El Salvador, d’où ils fuient la pauvreté et la violence des gangs de narcotrafiquants. Plus de 62.000 sont Mexicains, d’après les statistiques des CPB. Le ministre de la Sécurité intérieure Alejandro Mayorkas doit se rendre jeudi à la frontière sud pour une visite qui restera fermée à la presse. Dans ce contexte, le gouverneur du Texas Greg Abbott a réclamé mercredi la fermeture d’un centre d’accueil pour jeunes migrants situé à San Antonio, après avoir reçu des informations selon lui «crédibles» d’abus commis dans cette structure.

Par Le Figaro avec AFP

Le plus gros trafiquant français de cannabis en attente d’extradition depuis Dubaï

mars 24, 2021

Moufide Bouchibi était recherché depuis plus de vingt ans. Il avait bâti un réseau d’importation de cannabis générant jusqu’à 70 millions d’euros de chiffres d’affaires.

Sur les vingt dernières années, il aura sans doute fourni des centaines de milliers de Français plus ou moins intoxiqués au cannabis. Réputé principal importateur de «shit» du territoire, Moufide Bouchibi aurait été arrêté dimanche 21 mars à Dubaï, et attend désormais d’être extradé vers la France. Prudents, les policiers français attendent de voir le criminel en face pour enfin crier victoire, après des années de recherche et plusieurs tentatives d’arrestation.

Pour l’Office anti-stupéfiants, l’homme de 41 ans est une prise majeure. Voyageant sous une fausse identité à Dubaï, où le narcotrafiquant aurait placé une partie de sa fortune, il aurait été démasqué par les agents locaux, en compagnie d’un autre trafiquant. Selon Le Parisien , il a été formellement identifié notamment grâce aux empreintes digitales fournies par Interpol, et doit ce mercredi 24 mars être présenté à la justice afin d’être transféré en France. Déjà jugé, il y a été condamné à 20 ans de prison par le tribunal de Bordeaux en 2015. Celui qui est surnommé «Mouf» a toutefois la possibilité de refuser son extradition, ajoute l’AFP.

Jusqu’à 70 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel

L’histoire de l’intéressé – parcellaire tant l’homme reste mystérieux – ressemble à un scénario de thriller. Tout y est, de l’apprentissage du deal en cité aux villas de luxe sur la Méditerranée, en passant par le mentor trahi, les indics de police et, bien sûr, la violence exacerbée d’un milieu où tout est permis, et souvent le pire. Dans un long portrait qui lui est consacré par L’Obs et d’autres articles de presse de ces dernières années, on apprend que l’homme, né à Orsay (Essonne), avait appris le «métier» sous l’aile de Sophiane Hambli, un autre trafiquant d’envergure, membre d’un puissant réseau alsacien d’importation de cannabis. Emprisonné pour la première fois en 2002 après la découverte de 240 kilos de stupéfiants à son domicile, plusieurs tentatives d’évasion avaient été organisées au profit du jeune dealer. Son inspirateur emprisonné en Espagne en 2009, Moufide Bouchibi, s’était mis à son propre compte et rapidement opposé à Hambli. Ce dernier aurait même organisé depuis sa cellule l’enlèvement et la torture de son ancien protégé. En retour, Bouchibi se serait vengé sur deux hommes de main de Hambli qui avaient permis son enlèvement, l’un étant décédé et l’autre blessé dans différentes attaques.

À partir des années 2010, les enquêteurs remarquent le «haut niveau de professionnalisme» de Bouchibi, qui organisent des go-fast réguliers entre l’Espagne, point d’entrée des marchandises, et la France. Plusieurs saisies sont effectuées, sans stopper l’ascension spectaculaire du trafiquant, ni surtout pouvoir l’arrêter. «Mouf» se cache tour à tour au Maroc, ou en Algérie, où il aurait fait construire un hôtel pour plus de dix millions d’euros à Sétif. Il posséderait également plusieurs biens immobiliers à Agadir, Casablanca, Tanger et Marrakech et des villas sur la côte. Une source ayant témoigné auprès de L’Obs dit penser qu’«il avait un contact au sein de la police judiciaire et qu’il était tenu régulièrement au courant des investigations le concernant. En échange, Bouchibi acceptait de sacrifier de temps en temps une de ses petites équipes en donnant des informations sur ses propres convois».

Les services de François Thierry, patron des stups, montent alors un projet d’arrestation et se concentrent sur celui qui devient le plus important receleur de cannabis sur le territoire. Des infiltrations sont organisées. Son ancien partenaire Sophiane Hambli, qui a juré sa perte, est alors mis à contribution contre une remise de peine. Un élément donne l’ordre de grandeur des activités de Moufide Bouchibi au milieu de la décennie : deux semi-remorques venus de Tanger sont interceptés en 2015 par la Guardia Civil espagnole, contenant quelque… 48 tonnes de cannabis. Et la saisie semble finalement digérée par Bouchibi qui poursuit ses expéditions. Sans pouvoir vérifier précisément, on estime à environ 70 millions d’euros annuels le chiffre d’affaires généré par l’homme.

Une autre péripétie anéantira l’«opération Janissaire», destinée à faire tomber Bouchibi : les douanes françaises, qui ne sont pas au courant, saisissent des stupéfiants au pied de l’immeuble de Sophiane Hambli en octobre 2015. Les stups auraient autorisé ce transit. Mais les objectifs poursuivis n’étant pas divulgués, François Thierry n’est plus soutenu et perd son poste. Dans les années suivantes, Moufide Bouchibi aurait poursuivi son entreprise, notamment en important ses marchandises par bateau, et se développant dans la cocaïne.

Par Luc Lenoir avec Le Figaro et AFP agence

Canada-Québec: Le professeur Thierry Karsenti arrêté pour agression sexuelle d’un enfant

mars 5, 2021

BROSSARD, Qc — Le professeur Thierry Karsenti, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies de l’information et de la communication en éducation, a été arrêté et devra faire face à des accusations de contacts sexuels sur une victime âgée de moins de 16 ans.

© Fournis par La Presse Canadienne

D’après les informations obtenues auprès du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL), Thierry Karsenti, 52 ans, résidant de Brossard, a été arrêté le 23 février dernier. Un mandat d’arrêt visé avait été lancé contre lui. 

M. Karsenti a été libéré sous conditions en attendant sa comparution. Il lui est notamment interdit de communiquer avec la victime ou sa famille ou de se présenter à sa résidence. Il doit également informer les autorités de tout changement d’adresse. Sa comparution est prévue vendredi au palais de justice de Longueuil.

Dans un message publié mercredi sur son fil Twitter, le SPAL demande l’aide de la population, car on soupçonne que le prévenu aurait pu faire d’autres victimes.

«On demande aux gens qui auraient pu être victimes de Thierry Karsenti, 52 ans, résidant de Brossard, de nous appeler. Sinon, on invite aussi les gens à nous fournir des informations, s’ils en ont», a indiqué la porte-parole du SPAL Mélanie Mercille.

La victime aurait porté plainte en octobre 2019. Les circonstances entourant les gestes reprochés n’auraient aucun lien avec les activités professionnelles du prévenu. Cependant, l’Université de Montréal a «suspendu pour une période indéterminée» le professeur de sa faculté d’éducation.

L’université aurait appris l’arrestation de M. Karsenti, mercredi, au moment de la sortie publique du SPAL.

Toute personne ayant des informations à transmettre aux enquêteurs concernant cette affaire peut communiquer avec le 911 ou le 450-463-7211.

Avec Ugo Giguère, Initiative de journalisme local, La Presse Canadienne

Arrestation de Sonko : la colère tourne à l’émeute

mars 5, 2021
Un manifestants pro-Sonko, lors des heurts avec les forcs de l’ordre, le 4 mars 2021 à Dakar.

Les affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ont fait au moins un mort, jeudi 4 mars. Tandis que l’opposant doit être entendu pour répondre d’accusations de viol, une nouvelle manifestation est annoncée ce vendredi.

Un mandat d’amener a été décerné le 4 mars par le juge d’instruction chargé de l’affaire de plainte pour viol déposée contre Ousmane Sonko. Ce dernier était attendu au palais de justice de Dakar, vendredi à 9 heures, où il devait être conduit après avoir été extrait de sa cellule de la gendarmerie de Colobane.

Mercredi 3 mars au matin, alors qu’il se rendait à une convocation du juge d’instruction, il avait été interpellé pour « troubles à l’ordre public » et « participation à une manifestation non autorisée » et placé en garde à vue.

Le lendemain dans l’après-midi, il reçoit depuis sa cellule une nouvelle convocation, toujours émise dans le cadre de l’instruction pour viol. Le député la refuse : il exige que sa garde à vue soit levée pour s’y présenter. Dans la soirée, le juge d’instruction sévit et utilise une nouvelle carte : le mandat d’amener.

Double procédure

Le député Ousmane Sonko au milieu de ses partisans, le 3 mars 2021, avant d’être arrêté pour « trouble à l’ordre public ».

Il devra bien répondre aux questions du juge au sujet de la plainte d’Adji Sarr, l’employée du Sweet Beauté, un salon de massage de Dakar, qui l’accuse de l’avoir violée à plusieurs reprises.

« [Les juges] se sont empêtrés dans un amalgame juridique duquel ils ont du mal à sortir », estime son avocat, Me Koureissy Ba, dénonçant une procédure « ajuridique » et « illégale ». « Comment peut-on l’accuser de participation à une manifestation alors qu’il était resté cloîtré dans l’habitacle de son véhicule ? » s’indigne l’avocat.

Selon les conseils de Sonko, le juge Mamadou Seck s’est dessaisi jeudi du dossier, qui a été transmis au doyen des juges, Samba Sall. Ce même juge qui avait été cité par Ousmane Sonko le 25 février, lors d’une conférence de presse au cours de laquelle il l’accusait de faire partie d’un « triangle des Bermudes judiciaire » composé du procureur de la République, Bassirou Guèye, et du juge Mamadou Seck.

L’opposant reproche aux trois hommes d’avoir mis en œuvre un « complot politique » ourdi par le président Macky Sall pour l’écarter du jeu politique.

Violences

Affrontements entre étudiants et forces de l’ordre, à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, le 4 mars 2021.

À la suite de l’interpellation de Sonko mercredi, des heurts ont opposé ses partisans et les forces de l’ordre dans la capitale mercredi. Après un retour au calme jeudi matin, Dakar s’est à nouveau embrasée dans l’après-midi, les rues de la capitale devenant le théâtre de scènes de violences.

Des violences ont également été rapportées en Casamance, région d’origine d’Ousmane Sonko, où un jeune homme du nom de Cheikh Ibrahima Coly a été tué à Bignona. Une enquête a été ouverte, selon le préfet de la ville, Babacar Diagne.

À Dakar, les affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ont été intenses pendant une partie de la journée. Aux jets de pierres, les policiers ont répondu par des jets de lacrymogènes au milieu de rues bloquées par des pneus brûlés. Des scènes de pillage de magasins ont également été rapportées.

Plusieurs témoins ont également fait état de la présence de milices en civil évoluant aux côtés des forces de sécurité et s’attaquant aux manifestants. « On nous a rapporté la présence de dizaines de gros bras, dont certains sont montés à bord de voitures de l’administration sénégalaise. Ce sont des civils recrutés par le pouvoir pour violenter les citoyens », a affirmé le leader du mouvement de la société civile Y’en a marre, Aliou Sané.

Télévisions suspendues, internet perturbé

Les signaux des chaînes SenTv et Walfadjari, dont les journalistes couvraient ces émeutes, ont été coupés dans la journée par le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA). Il a été jugé que les deux médias faisaient « explicitement ou implicitement l’apologie de la violence » en diffusant des images incitant à des troubles de l’ordre public, ou « de nature à constituer une menace pour la stabilité nationale ou la cohésion sociale ».

Dans le même temps, les locaux de RFM à Dakar, un média privé, ont pour leur part été pris pour cible par des manifestants qui accusent la chaîne d’être en faveur de Macky Sall.

Plusieurs organisations spécialisées, dont NetBlocks, ont également fait état de restrictions observées sur internet, en particulier dans les services de messagerie privée tels que WhatsApp et Telegram, ainsi que dans les services de diffusion de vidéos, dont YouTube.

L’armée réquisitionnée

Lors des heurts entre pro-Sonko et forces de l’ordre, à Dakar, le 4 mars 2021.

Le gouverneur de Dakar a également fait appel à l’armée « pour le maintien et le rétablissement de l’ordre sur toute l’étendue du territoire ». Des mesures qui ont suscité l’inquiétude des organisations de la société civile. « Les militaires sont-ils formés pour le maintien et le rétablissement de l’ordre ? » s’est interrogé Seydi Gassama, le directeur d’Amnesty International au Sénégal, qui a exigé l’ouverture d’une enquête concernant les actes des forces de sécurité.

« Force restera à la loi, déclarait quant à lui le ministre de l’Intérieur, Antoine Félix Diome, sur la Radio-télévision Sénégalaise mardi soir (RTS, chaîne publique). Toutes les dispositions seront prises pour qu’il n’y ait pas de débordements dans le cadre des méthodes classiques et techniques de rétablissement de l’ordre. »

Une manifestation de soutien au député, organisée par plusieurs associations de la société civile et des mouvements politiques, doit débuter ce vendredi à 15 heures depuis la place Washington, dans le centre-ville de Dakar.

Avec Jeune Afrique par Marième Soumaré

Sénégal : Ousmane Sonko arrêté à Dakar

mars 3, 2021
Des affrontements ont éclaté entre forces de l’ordre et partisans d’Ousmane Sonko, le 3 mars 2021 à Dakar.

Convoqué par le juge d’instruction à 9 heures mercredi, l’opposant a été arrêté en début d’après-midi alors que son convoi n’avait pas encore atteint le palais de justice de Dakar.

L’opposant Ousmane Sonko a été arrêté ce mercredi par des éléments des forces de l’ordre pour « trouble à l’ordre public » alors que son convoi se trouvait dans le quartier de Mermoz, à Dakar, a annoncé l’un de ses avocats à Jeune Afrique. L’information a été confirmée également par un cadre du Pastef, le parti du député. Il a ensuite été conduit dans les locaux de la section de recherche de Colobane.

« Ousmane Sonko sera présenté devant le juge pour n’avoir pas répondu à la convocation », a affirmé l’un des membres de son équipe de défense, Me Djiby Diagne, qui attendait son client devant le palais de justice. Dénonçant « une procédure expéditive », il juge que les autorités « ont préféré inventer une infraction pour pouvoir le déferrer » au plus vite.

Ses avocats l’ont rejoint en début d’après-midi à la section de recherches de Colobane, où l’opposant s’apprêtait à être interrogé par les gendarmes. En plus de l’infraction de « trouble à l’ordre public », Ousmane Sonko est également accusé de « participation à une manifestation interdite ».

Le député avait quitté son domicile en début de matinée, escorté par une foule de partisans. Un important dispositif avait été déployé tôt le matin aux alentours du palais de justice. Vers 10 heures, le convoi de l’opposant a été bloqué par les autorités, et des affrontements sporadiques ont opposé pendant une partie de la journée les forces de l’ordre à des partisans de Sonko.

Accusé de viol et menaces de mort par l’employée d’un « salon de beauté » dakarois, le député a plusieurs fois changé d’avis quant à cette convocation. S’il avait dans un premier temps déclaré être prêt à répondre à la justice dès que son immunité parlementaire serait levée, il était ensuite revenu sur sa décision, arguant de l’illégalité de la procédure parlementaire.

Médiation

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L’opposant a par la suite fait volte-face, suite à une « médiation » de son marabout Serigne Abdou Mbacké et de personnalités de la société civile. Il a ainsi reçu mardi l’ancien directeur régional d’Amesty International, Alioune Tine. « Je viens de sortir de chez Ousmane Sonko après une discussion très fructueuse pour le conjurer, au nom des organisations de la société civile, d’aller répondre à la convocation du juge demain matin », a déclaré cette figure de la lutte pour les droits humains au Sénégal.

L’opposant a également reçu plusieurs délégations constituées de personnalités religieuses, ainsi que des membres du Front de résistance nationale [FRN, opposition] qui ont tenu un discours similaire.

Le même conseil lui avait aussi été donné par ses avocats, qui avaient convoqué mardi 2 mars la presse au cabinet de Me Bamba Cissé, coordonnateur du pool d’avocats du député. « Soucieux d’empêcher que le refus de déférer à la convocation ne soit un prétexte à des provocations dont le but serait de lui imputer des nouvelles infractions, le collectif des avocats a estimé, de conseiller à Ousmane Sonko de déférer à la convocation », a expliqué ce dernier.

« Pas d’abdication »

Ousmane Sonko s’est ensuite exprimé pour confirmer sa décision de se rendre à la convocation du juge, afin d’éviter un mandat d’amener. « Nous irons répondre et écouter le juge, a affirmé le leader du Pastef. Mais ça n’est pas une abdication et nous n’accepterons aucune injustice. »

Il en a profité pour renouveler ses attaques contre Macky Sall, « comploteur en chef », accusé d’avoir manipulé la justice afin que son adversaire  soit radié des listes électorales et bloquer sa candidature à l’élection présidentielle de 2024. Il a aussi fait fait appel au soutien aux « Sénégalais lambda », apolitiques ou membres d’autres partis d’opposition.

« Nous ne croyons pas à cette justice mais nous avons confiance en certains magistrats », a déclaré Ousmane Sonko, décrivant « la vacuité du dossier » et une « procédure viciée ». L’opposant avait perdu son immunité le 26 février à une large majorité, lors d’un vote boycotté par l’opposition. Une vingtaine de députés de l’opposition ont saisi mardi le Conseil constitutionnelle pour annuler la procédure.

Avec Jeune Afrique par Anne-Sophie Faivre Le Cadre et Marième Soumaré

Coronavirus: Des trafiquants de faux vaccins arrêtés en Chine

février 15, 2021

CORONAVIRUS: DES TRAFIQUANTS DE FAUX VACCINS ARRÊTÉS EN CHINE

© Reuters/Cindy Liu 

SHANGHAI (Reuters) – Les autorités chinoises ont procédé à l’arrestation de 70 personnes suspectées de produire et de commercialiser des faux vaccins contre le coronavirus, déclaré lundi l’agence de presse Xinhua.

Ces suspects apparaissent dans 21 affaires liées à des faux vaccins, a-t-elle ajouté, dont beaucoup ont fait surface durant les premières phases de déploiement.

Un réseau de trafiquants a réalisé un bénéfice d’environ 18 millions de yuans (2,30 million d’euros) en conditionnant une solution saline ou de l’eau minérale dans 58.000 doses de faux vaccins, a précisé Xinhua, qui a identifié son chef, arrêté le jour de Noël, uniquement par le nom de famille Kong.

Dans d’autres cas, de faux vaccins ont été vendus à des prix élevés et inclus dans des programmes de vaccination d’urgence dans les hôpitaux, ou passés en contrebande à l’étranger.

Le parquet populaire suprême de Chine a exhorté les agences régionales à coopérer avec la police pour freiner ces activités, a dit Xinhua.

La Chine, qui a annoncé mardi dernier avoir inoculé 40,52 millions de doses de vaccin à des groupes clés de personnes, a réussi à maîtriser la pandémie grâce à des mesures strictes de confinement, de tests et de traçage.

Avec Reuters par (Samuel Shen et David Kirton, version française Kate Entringer, édité par Jean-Michel Bélot)

Congo : le journaliste Raymond Malonga arrêté à l’hôpital en dehors de toute procédure légale

février 6, 2021

Poursuivi pour de simples faits présumés de diffamation, un directeur de publication a été arrêté alors qu’il était hospitalisé. Reporters sans frontières (RSF) dénonce des méthodes iniques, une détention illégale, et demande sa libération immédiate.

Difficile d’y voir autre chose qu’une mesure de représailles ciblées. Raymond Malonga, dessinateur de presse bien connu au Congo et directeur de publication de Sel-Piment, un journal satirique très critique du pouvoir, a été arrêté par des hommes en civil sur son lit d’hôpital, mardi 2 février.

Selon les informations obtenues par RSF, le journaliste était hospitalisé pour une crise de paludisme dans une clinique située près de son domicile de Brazzaville lorsque des agents de la Centrale d’intelligence et de documentation (CID, ex-DGST), ont débarqué pour l’interpeller. Il est actuellement détenu dans un espace dédié aux personnes placées en quarantaine en raison de l’épidémie de Covid-19 à la maison d’arrêt de la capitale du pays. Cette arrestation ferait suite à des convocations que le journaliste n’aurait pas honorées.

A l’origine de cette affaire, la reproduction, par le journaliste dans l’édition du 18 janvier de Sel-Piment, d’un article du site Sacer Infos Congo qui relatait des accusations de détournements de fonds de la part de Georgette Okemba, la femme de Jean-Dominique Okemba, dit “JDO”. Ce dernier est le neveu du président Denis Sassou Nguesso, qui cumule 36 années au pouvoir et qui est en lice pour un nouveau mandat à l’occasion de l’élection présidentielle prévue le 21 mars. Très puissant de par sa proximité avec le chef de l’Etat, il dirige le Conseil national de sécurité du Congo, qui coiffe l’ensemble de services civils et militaires du pays.

“Faire arrêter un journaliste sur son lit d’hôpital par des services de renseignements pour de simples faits présumés de diffamation comme s’il s’agissait d’un dangereux terroriste témoigne clairement du caractère politique et punitif de cette décision, dénonce le responsable du bureau Afrique de RSF, Arnaud Froger. Les textes au Congo sont très clairs : ils n’autorisent pas la détention de journalistes pour de simples faits de diffamation lorsque ces derniers n’ont pas déjà fait l’objet d’une condamnation définitive. A quelques semaines de la présidentielle, cette arrestation envoie un signal très négatif et confirme la grande fragilité de l’environnement dans lequel évoluent les journalistes congolais. RSF demande la libération de ce journaliste dans le respect des textes en vigueur.”

RSF a également appris, auprès de plusieurs sources, que Sel-Piment a fait l’objet d’une mesure conservatoire de la part du Conseil supérieur de la liberté de communication (CSLC). Contacté à plusieurs reprises, l’organe de régulation des médias n’a pas répondu aux sollicitations de notre organisation concernant cette décision et l’arrestation de Raymond Malonga.

Si les détentions de journalistes restent relativement peu fréquentes au Congo, elles prennent parfois une coloration très politique et reflètent l’hostilité très forte du régime contre les journalistes les plus acerbes du pays. Les circonstances de l’arrestation de Raymond Malonga rappellent tristement celles du directeur de l’hebdomadaire indépendant Talassa Ghys Fortuné Bemba dont la publication avait été suspendue à la veille de son arrestation par les services de renseignement le 11 janvier 2017. Le journaliste avait été libéré après 18 mois de détention au terme d’une intense campagne de mobilisation, notamment menée par  RSF.  A sa sortie de prison, il avait dû quitter son pays pour des raisons de sécurité. Dans son livre De l’enfer à la liberté publié en 2019, il témoignait des conditions déplorables dans lesquelles il avait été détenu : placement à l’isolement complet sans possibilité de parler avec les gardiens, absence de toilettes, d’eau et d’électricité dans sa cellule, privation de nourriture…

Le Congo occupe la 118e place sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi en 2020 par RSF.

Par RSF avec Congo-liberty

Canada-Ontario: Deux policiers blessés au couteau à Toronto; une arrestation

février 2, 2021

 Deux agents ont été blessés par un individu avec un couteau mardi, selon la police.

© Michael Wilson/CBC Deux agents ont été blessés par un individu avec un couteau mardi, selon la police.

Un suspect a été arrêté à la suite d’une attaque au couteau, mardi, dans une maison du nord-ouest de Toronto au cours de laquelle deux policiers ont été blessés dont un grièvement.

Les policiers étaient sur place pour y chercher des informations au sujet d’un quinquagénaire porté disparu, selon le chef de police James Ramer.

Les deux policiers ont été transportés à l’hôpital après avoir été attaqués, dit-il, par un individu qui serait sorti d’une des chambres de la résidence avec un couteau.

Un des agents souffre de blessures majeures par lacérations, mais on ne craint pas pour sa vie. L’autre policier aurait subi des blessures mineures.

Les policiers ont procédé à l’arrestation d’un suspect, qui n’a pas été blessé. Son mobile est inconnu pour l’instant; l’enquête se poursuit.

La Police de Toronto indique par ailleurs être toujours à la recherche de Nathaniel Brettell, 56 ans, et dit craindre pour sa vie.

Le premier ministre Doug Ford a réagi à l’attaque au couteau, qui s’est déroulée dans le secteur d’Etobicoke, non loin de sa maison familiale. Il affirme trouver la situation «inquiétante» et souhaite un «prompt rétablissement» aux deux agents.

Avec CBC/Radio-Canada

L’arrestation d’Aung San Suu Kyi réjouit les Rohingyas des camps du Bangladesh

février 1, 2021

Les musulmans rohingyas ayant fui la Birmanie pour le Bangladesh à cause d’une sanglante campagne de répression militaire il y a trois ans se réjouissaient de l’arrestation lundi 1er février par l’armée birmane d’Aung San Suu Kyi.

Quelque 740.000 Rohingyas, minorité persécutée en Birmanie à majorité bouddhiste, ont fui l’État birman de Rakhine après des attaques les visant en 2017, menées par l’armée birmane et des milices bouddhistes et qualifiées de génocide par des enquêteurs de l’ONU. Renversée lundi par un putsch militaire, Aung San Suu Kyi était la cheffe de facto du gouvernement à l’époque et a défendu l’armée birmane lors d’auditions devant la Cour pénale internationale en 2019 sur les atrocités subies par les Rohingyas, dont des viols et des meurtres.

La nouvelle de son arrestation s’est répandue rapidement lundi dans les camps de réfugiés surpeuplés du Bangladesh, où vivent aujourd’hui un million de Rohingyas. «Elle est la raison de toutes nos souffrances. Pourquoi ne devrions-nous pas nous réjouir?», a déclaré un chef communautaire, Farid Ullah, à Kutupalong, le plus grand camp de réfugiés au monde. Pour Mohammad Yusuf, un responsable du camp voisin de Balukhali, «elle était notre ultime espoir, mais elle a ignoré notre détresse et soutenu le génocide contre les Rohingyas».

Certains Rohingyas ont organisé des prières spéciales pour saluer la «justice» ayant frappé la lauréate du prix Nobel de la paix, selon Mirza Ghalib, un réfugié du camp de Nayapara. «Si les autorités du camp l’avaient autorisé, vous auriez vu des milliers de Rohingyas défiler pour faire la fête», a-t-il assuré. Maung Kyaw Miun, porte-parole de l’influent Syndicat des étudiants rohingyas, a estimé qu’il y avait aujourd’hui plus d’espoir que sa minorité puisse un jour regagner ses villages en Birmanie. «Contrairement à un gouvernement élu, ce gouvernement militaire va avoir besoin de soutien international pour tenir. Donc nous espérons qu’ils vont se pencher sur le problème des Rohingyas pour alléger la pression internationale», a-t-il expliqué.

Les autorités du Bangladesh ont indiqué qu’elles «surveillaient» la frontière de 270 km avec la Birmanie, en cas de nouvel afflux de réfugiés rohingyas. Dans un communiqué, Dacca a appelé à rétablir «le processus démocratique» en Birmanie.

Par Le Figaro avec AFP

France/Enlèvement et viol d’une mineure de 11 ans : une arrestation à Dijon

janvier 22, 2021

La jeune adolescente a été menacée au couteau et forcée de monter dans la voiture avant de se faire violer.

Un homme de 24 ans a été mis en examen à Dijon dans l’enquête sur l’enlèvement et le viol d’une collégienne de 11 ans, a indiqué vendredi 22 janvier le procureur de la République, Eric Mathais.

Le 7 janvier, la jeune fille allait à pied à son école quand, peu avant 10H00, un homme l’agrippe par ses vêtements et la force à monter à l’arrière d’un véhicule en stationnement, a raconté Mathais lors d’une conférence de presse. Il la menace d’un couteau et lui prend son téléphone avec lequel la jeune adolescente tentait d’appeler au secours puis déplace son automobile pour la garer au fond d’une impasse. Il rejoint alors l’enfant à l’arrière du véhicule et commence à l’embrasser avant de la violer, a ajouté le procureur sans vouloir être plus précis. Quinze minutes plus tard, il libère la jeune fille, lui rendant son téléphone. Elle rejoint son collège et témoigne de ce qui lui est arrivé, déclenchant une «mobilisation massive» de la police, selon Mathais.

À la suite de nombreuses analyses ADN, un rapprochement est fait avec une famille puis un jeune homme de 24 ans est identifié. Il est alors arrêté mercredi. Placé en garde à vue, il conteste d’abord l’ensemble des faits avant de finalement reconnaître l’enlèvement vendredi matin. Il demeure cependant «flou sur le reste», a ajouté le procureur. Mais son ADN correspond aux traces trouvées sur les vêtements de la jeune fille, a-t-il ajouté.

Cet homme, qui habite Dijon, n’a jamais été condamné et n’a pas d’antécédents psychiatriques connus. Il a été mis en examen pour viol sur mineur de moins de 15 ans et enlèvement ou séquestration. Il encourt un maximum de vingt ans de réclusion criminelle s’il est déclaré coupable.

Par Le Figaro avec AFP