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France: À Paris, deux policiers mis en examen pour trafic de drogue et corruption

juin 15, 2019

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CHRISTOPHE SIMON/AFP

Selon le site d’information Les Jours, les deux policiers, âgés de 45 et 38 ans, sont accusés d’avoir racketté des dealers, revendu la drogue et blanchi l’argent tiré de ce trafic.

C’est une nouvelle affaire qui vient entacher la police parisienne. Deux policiers de la Brigade anticriminalité (BAC) du XVIIIe arrondissement ont été mis en examen ce vendredi 14 juin pour trafic de «stup» et corruption, nous rapporte une source judiciaire, confirmant une information du site Les Jours. L’un d’eux a été placé en détention provisoire tandis que le second a été placé sous contrôle judiciaire. Ils sont soupçonnés d’avoir «protégé des trafiquants de stupéfiants contre rémunération» et d’avoir blanchi l’argent ainsi obtenu, a expliqué à l’AFP une source proche du dossier. «Ils revendaient des informations sur les dispositifs policiers de lutte antidrogue et rackettaient les dealers», a ajouté une source proche de l’enquête.

L’affaire, partie d’une dénonciation pour des soupçons de corruption visant l’un des deux policiers, a conduit le parquet à ouvrir une enquête préliminaire confiée à l’IGPN, puis une information judiciaire en octobre 2018. Selon Les Jours, les deux policiers, âgés de 45 et 38 ans, ont été interpellés mardi au petit matin et ont été présentés à une juge d’instruction après 72 heures de garde à vue. À l’issue de leur interrogatoire, tous deux ont été mis en examen pour des chefs de corruption passive par personne dépositaire de l’autorité publique, trafic de stupéfiants, blanchiment, vol, détournement de fichiers de police, faux en écriture publique et association de malfaiteurs. Deux autres suspects ont également été mis en examen. Si le parquet avait requis le placement en détention provisoire des quatre individus, la magistrate en a décidé autrement: «Deux individus, dont un fonctionnaire de police, ont été incarcérés et les deux autres personnes mises en examen ont été placées sous contrôle judiciaire», nous précise une source judiciaire.

Plusieurs policiers incarcérés ces derniers mois

Ce genre d’enquêtes n’est pas si rare. En 2017, la police des polices a enquêté sur 46 affaires de corruption et 107 de vols. Ces derniers, «commis au préjudice d’usagers (espèces, téléphones portables, stupéfiants…) interviennent principalement lors de perquisitions, de contrôles d’identité ou routiers. Ils peuvent également s’être déroulés à l’intérieur des services de police, lorsque des objets ont été placés officiellement sous leur responsabilité (objets trouvés, contenus de fouilles, scellés…)», précisait l’IGPN dans son rapport de 2017. Par ailleurs, 44 enquêtes concernaient des faux et usages de faux en écriture.

Soupçonnés de corruption, plusieurs policiers ont été envoyés derrière les barreaux ces derniers mois. En février, un agent de la BAC de Paris et un fonctionnaire de la Police aux frontières (PAF) de Nice ont été écroués, soupçonnés d’aider un réseau de racketteurs en entrant dans les fichiers de la police. Le mois suivant, l’ex-patron des «stups», François Thierry, a été mis en examen pour l’organisation d’une fausse garde à vue pour favoriser l’importation de drogue. Début mai, c’est un autre agent, également en poste dans le XVIIIe arrondissement, qui a été inquiété et placé en détention provisoire pour des faits de «corruption» et de «trafic d’influence». Ce fonctionnaire de police, proche de la retraite, est soupçonné d’avoir été soudoyé par des gérants de bar dont il devait contrôler les établissements, selon Le Point

Par Le Figaro.fr

Algérie: un ex-candidat à la présidentielle, le général Ghediri écroué

juin 14, 2019

 

Le général algérien à la retraite Ali Ghediri, ex-candidat déclaré contre Abdelaziz Bouteflika à la présidentielle du 18 avril finalement annulée, a été écroué jeudi pour «atteintes à l’économie nationale et au moral de l’armée», a annoncé vendredi son chargé de communication à l’AFP.

«Après avoir été entendu (jeudi) par le juge d’instruction (…), Ali Ghediri a été écroué à la prison d’El Harrach», dans la banlieue d’Alger, a déclaré Nabil Maizi. «Il est accusé de participation à la remise à des agents étrangers d’informations portant atteinte à l’économie nationale. Et de participation en temps de paix à un projet visant à porter atteinte au moral de l’armée afin de nuire à la Défense nationale», a-t-il ajouté, sans préciser quels faits lui sont reprochés.

Novice en politique et sans structure derrière lui, quasi-inconnu des Algériens, le général Ghediri avait débarqué fin 2018 de façon fracassante sur la scène politique algérienne: après avoir multiplié les déclarations, indiquant vouloir «rompre avec le système» et «édifier une IIe République», il avait déposé sa candidature à la présidentielle du 18 avril face à Abdelaziz Bouteflika. Fin 2018, il s’était attiré les foudres du chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah, après l’avoir appelé implicitement à empêcher un 5e mandat du président Bouteflika, 82 ans, affaibli les séquelles d’un AVC en 2013.

La volonté de Bouteflika, 82 ans, de briguer un 5e mandat a déclenché un mouvement populaire inédit de contestation contre le »système« au pouvoir en Algérie, qui a contraint le chef de l’Etat à renoncer, à annuler la présidentielle du 18 avril, puis finalement à démissionner le 2 avril. Depuis cette démission, la justice algérienne a lancé plusieurs enquêtes sur des faits de corruption visant surtout d’anciens proches de Bouteflika.

Elle a écroué de puissants hommes d’affaires, la plupart soupçonnés d’avoir profité de leurs liens avec l’ex-président ou son entourage pour obtenir des avantages ou des marchés publics, avant de s’attaquer plus récemment à d’ex-hauts responsables en plaçant en détention préventive deux anciens premier ministre de Bouteflika et un ancien ministre.

Par Lefigaro.fr avec AFP

Russie: un journaliste d’investigation arrêté pour détention de drogue

juin 7, 2019

 

La police russe a annoncé ce vendredi avoir arrêté un journaliste d’investigation pour détention de drogue, une affaire que son employeur, le journal en ligne indépendant Meduza, dénonce comme montée de toutes pièces pour gêner ses enquêtes.

Ivan Golounov, 36 ans, a été interpellé jeudi dans le centre de Moscou en possession de près de 4 grammes de méphédrone, une drogue de synthèse, trouvés dans son sac à dos, a affirmé un porte-parole de la police. Selon la même source, les policiers ont ensuite trouvé lors d’une perquisition à son domicile d’autres sachets avec des stupéfiants et une balance. La branche locale du ministère de l’Intérieur a diffusé des photographies de ce qu’elle présente comme des appareils artisanaux servant à fabriquer de la drogue de synthèse.

Le journaliste est soupçonné de «trafic de drogue» et encourt jusqu’à 15 ans de prison. Ivan Golounov dément les accusations portées contre lui. Selon son avocat, Dmitri Djoulaï, son client a été frappé à deux reprises lors de sa détention par les policiers, qui ont longtemps refusé qu’il ait accès à sa défense. «De nombreux éléments laissent à penser que les drogues ont été placées à son insu», a indiqué Dmitri Djoulaï. «Nous sommes convaincus qu’Ivan Golounov est innocent. De plus, nous avons des raisons de croire que Golounov est poursuivi en raison de son activité journalistique», a indiqué dans un communiqué la direction de Meduza, ajoutant que le journaliste avait «reçu des menaces ces derniers mois» en raison d’une enquête sur laquelle il travaillait.

Ivan Golounov, que son média décrit comme «l’un des journalistes d’investigation les plus connus de Russie», a notamment publié des enquêtes sur les escroqueries menées par les entreprises de microcrédits, sur la crise des déchets à Moscou, sur le partage mafieux du business des cimetières et d’autres affaires de corruption et de détournement de fonds. «La réputation professionnelle d’Ivan Golounov est sans faille. C’est un journaliste méticuleux, honnête et impartial», a ajouté la direction de Meduza, média basé à Riga pour échapper au contrôle des autorités russes.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Soudan: un chef rebelle «arrêté» dans la répression de la contestation

juin 5, 2019

 

Le chef rebelle soudanais Yasser Arman a été arrêté ce mercredi par les services de sécurité à Khartoum, où la répression contre le soulèvement populaire s’est accentuée ces derniers jours, a annoncé le porte-parole de son mouvement. Depuis la dispersion d’un sit-in de manifestants devant le QG de l’armée lundi, le chefs de la contestation dénoncent une multiplication des attaques et des exactions par les forces de sécurité.

Des hommes se disant des forces de sécurité et des renseignements «ont fait irruption dans la maison où nous résidons à Khartoum (…) et ont embarqué Yasser Amran sans préciser où ils l’emmenaient», a déclaré à l’AFP Moubarak Ardoul, porte-parole du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM). Selon M. Ardoul, ces agents ont également «battu» M. Arman et son assistant puis «détruit les caméras de surveillance de la maison».

Yasser Amran est le chef-adjoint du SPLM, la branche nordiste d’une ex-rébellion sudiste qui a régulièrement été en conflit avec le pouvoir central du président déchu Omar el-Béchir. Il était revenu au Soudan le 26 mai, alors que le pays est secoué depuis décembre 2018 par un soulèvement populaire qui a entraîné le renversement par l’armée de M. Béchir le 11 avril. Les manifestants exigent du Conseil militaire qui a pris le pouvoir qu’il le transfère aux civils.

Lundi, le sit-in devant le siège de l’armée, devenu lieu emblématique de la contestation, a été dispersé, les leaders du mouvement accusant les militaires d’avoir commis un «massacre». Selon un comité de médecins proche de la contestation, au moins 60 personnes sont mortes et des centaines ont été blessées depuis lundi. «C’est scandaleux», a réagi sur Twitter l’ambassadeur britannique à Khartoum après l’annonce de l’arrestation de Yasser Arman. «Nous avons besoin de restaurer la confiance maintenant. Pas plus d’escalade», a déclaré Irfan Siddiq, appelant à une «libération immédiate».

Par Le Figaro.fr avec AFP

France/Femme enlevée et tuée à Lille: quatre hommes dont son ex-compagnon écroués

juin 1, 2019

 

Un homme âgé de 53 ans a été mis en examen samedi à Lille et écroué, soupçonné d’avoir tué son ex-compagne et orchestré contre rémunération son enlèvement par trois hommes, eux aussi écroués, a-t-on appris de sources concordantes.

La victime âgée de 47 ans avait été enlevée à bord d’un utilitaire lundi matin sur le parking de la banque où elle travaillait à Lille. La police l’avait retrouvée décédée quelques heures plus tard dans la baignoire du domicile de son ex-compagnon à La Madeleine.

En garde à vue, trois des suspects, issus de la communauté rom âgés de 23 à 29 ans, ont reconnu «leur participation à l’enlèvement jusqu’au dépôt du corps évanoui de la victime dans la baignoire et ce, contre rémunération», a précisé dans un communiqué la police judiciaire chargée de l’enquête, appuyée par la BRI, la PAF et la DDSP.

L’ex-concubin, «connu des services de police pour des faits d’escroquerie», a lui affirmé avoir organisé l’enlèvement, avoir recruté les trois autres personnes pour le faire et les avoir rémunérées avec de l’argent liquide retiré à un distributeur avec la carte bancaire de la victime, mère de deux enfants majeurs. Il dit avoir «seul porté les coups de cutter mortels à la victime, alors qu’elle se trouvait dans la baignoire», évoquant une «séparation conflictuelle sur fond de différend financier relatif à des travaux non payés».

«Il y a manifestement des troubles psychologiques voire psychiatriques même assez importants», a affirmé l’avocat de l’ex-compagnon Me Jean-Yves Moyart. Selon lui, son client a tenté de se suicider après les faits, avait déjà tenté de le faire en février, après leur séparation, et avait été hospitalisé une semaine «contre sa volonté».

Tous ont été mis en examen notamment pour enlèvement, séquestration et meurtre en bande organisée, et écroués, selon une source policière.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Arrêté ivre au volant, un Japonais invoque le syndrome de l’auto-brasserie

mai 28, 2019

 

Le 22 mai, un électricien japonais de 28 ans a été arrêté ivre au volant de sa voiture, à Itami, au nord d’Osaka. D’après un quotidien japonais, repris pas le site Ulyces, ce dernier à invoqué le syndrome de l’auto-brasserie.

« Je suis d’une constitution unique. Lorsque je suis nerveux, mon corps produit de l’al­cool » a déclaré cet électricien aux policiers, qui l’ont tout de même arrêté.

Aucune information n’a été donnée concernant son taux d’alcool dans le sang, mais son explication est plausible. Il existe en effet une pathologie rare qui peut correspondre : le syndrome d’auto-brasserie, une infection très rare causée par un taux élevé de levures dans l’estomac.

«Paf, et j’étais bourré»

Ce fut le cas de Nick Hess, un Britannique, qui avait raconté en 2015 vomir toutes les nuits. Mais son ivresse était d’origine biologique, une maladie rare appelée syndrome d’auto-brasserie, qui a pu être traité.

Par Le Figaro.fr

Algérie: arrestation du frère d’Abdelaziz Bouteflika

mai 4, 2019

 

Said Bouteflika, ex-puissant conseiller et frère du président algérien déchu Abdelaziz Bouteflika ainsi que deux anciens patrons des services de renseignements ont été arrêtés samedi, a indiqué à l’AFP une source sécuritaire.

Cette source n’a pas précisé les raisons des arrestations de Said Bouteflika, du général Mohamed Mediene dit Toufik, patron des services secrets d’Algérie durant 25 ans et de l’ex-coordinateur des services de renseignements Athmane Tartag alias « Bachir ».

«Ils sont actuellement auditionnés par les services de la DGSI, dans le cadre de l’enquête sur leurs activités, qui ont été dénoncées par le chef d’état-major de l’ANP», avance TSA.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Angola: Arrestation du président de la Fondation Dos Santos soupçonné de fraude

septembre 30, 2018

 

Président de la fondation dos Santos, Ismael Diogo da Silva
Le président de la fondation de l’ancien chef de l’État angolais José Eduardo dos Santos a été arrêté vendredi 28 septembre à Luanda, pour une affaire de « fraudes financières » dans laquelle il serait impliqué.

Ismael Diogo da Silva est détenu depuis vendredi après-midi dans la prison de Viana à Luanda.

Le président de la Fondation Eduardo dos Santos (Fesa) a été interpellé « pour répondre à un interrogatoire », a expliqué le bureau du procureur dans un communiqué.

Il avait jusqu’à présent « ignoré plusieurs convocations de la justice » dans une affaire de détournement de 20 millions de dollars au sein du ministère des Transports, selon la source proche du parquet.

Ismael Diogo da Silva est employé de ce ministère, mais préside aussi la Fesa, créée en 1996 par José Eduardo dos Santos et qui vise à promouvoir les sciences et la culture.

Il « n’a pas répondu aux appels du procureur général de la République pour clarifier les faits, avait déconnecté ses téléphones et changé de résidence« , a encore dit la source proche du procureur.

Dans le cadre de cette affaire, l’ancien ministre des transports de l’Angola Augusto Tomás a été arrêté la semaine dernière pour mauvaise gestion, détournement de fonds et corruption active.

Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville

Égypte: les deux fils de Moubarak arrêtés pour manipulation boursière

septembre 15, 2018

Le Caire – Les deux fils de l’ancien président égyptien Hosni Moubarak dont la révolution de 2011 avait provoqué la chute, ont été arrêtés samedi dans une affaire de « manipulation boursière », selon une source judiciaire.

Après la chute de Hosni Moubarak à la faveur du Printemps arabe, plusieurs procédures judiciaires ont été déclenchées contre l’ancien chef de l’Etat, resté 30 ans au pouvoir (1981-2011), et ses proches.

Gamal et Alaa Moubarak, ainsi que trois autres personnes, sont accusés d’avoir convenu d’acquérir la majorité des actions de plusieurs banques via des sociétés écrans, sans le déclarer en bourse, comme les y obligeait la loi.

Ils ont été arrêtés sur ordre d’un juge lors d’une audience, en leur présence, dans un tribunal pénal du Caire, et doivent être transférés en centre de détention, selon la même source judiciaire. La prochaine audience dans leur affaire a été fixée au 20 octobre.

Alaa Moubarak a confirmé samedi sur Twitter ce placement en détention, en espérant que « la vérité sera un jour révélée » dans cette affaire.

A l’époque des faits reprochés, il se tenait à l’écart de la politique mais il est accusé d’avoir amassé une fortune grâce aux réseaux de son père.

Son cadet Gamal Moubarak, à la tête du puissant comité politique du parti au pouvoir sous le régime de son père, avait lui longtemps été pressenti pour succéder à ce dernier.

Arrêtés en 2011 dans différentes affaires, ils ont été placés en détention provisoire à plusieurs reprises avant de bénéficier de remises en liberté. Ils n’avaient plus été incarcérés depuis leur dernière libération il y a trois ans.

Avec leur père, Alaa et Gamal Moubarak avaient été condamnés en mai 2015 à trois ans de prison pour avoir détourné plus de 10 millions d’euros de fonds publics alloués à l’entretien des palais présidentiels. Leurs périodes de détention provisoire avaient couvert cette peine.

Plusieurs responsables du régime de M. Moubarak, dont l’ancien chef de l’Etat lui-même, accusés dans des affaires de corruption, ont finalement été acquittés.

M. Moubarak, acquitté en mars 2017 pour le meurtre de manifestants, reste toutefois sous le coup d’une enquête pour corruption.

Les autorités sont en revanche accusées d’instrumentaliser le pouvoir judiciaire dans leur répression des opposants et des partisans de l’ex-président islamiste Mohamed Morsi, destitué par l’armée en 2013.

La semaine dernière, un tribunal du Caire a condamné à mort 75 personnes, dont des dirigeants des Frères musulmans, dans l’un des plus grands procès de masse depuis la révolte ayant secoué l’Egypte en 2011.

Une commission judiciaire a annoncé mardi le gel des avoirs de plus d’un millier de membres des Frères musulmans, mouvement classé « terroriste » par Le Caire, et d’entreprises ou associations leur appartenant.

Romandie.com avec(©AFP / 15 septembre 2018 16h21)                                                        

Un Chinois arrêté pour avoir comparé le président kényan à un « singe »

septembre 6, 2018

Nairobi – Un homme d’affaires chinois a été arrêté au Kenya après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo où il compare les Kenyans et leur président Uhuru Kenyatta à des « singes », a déclaré jeudi le service de l’immigration de Nairobi.

Le ressortissant chinois, identifié comme Liu Jiaqi, va être expulsé. « Son permis de travail a été annulé et il va être expulsé pour racisme », a précisé l’immigration kényane sur son compte Twitter.

Dans une vidéo de deux minutes et demi partagée sur Twitter et ailleurs, l’homme, qui semble se disputer avec un de ses employés, profère une série d’insultes racistes.

« Tous, tous les Kényans… comme un singe, même Uhuru Kenyatta. Tous », l’entend-on dire.

Après la suggestion d’un employé de « rentrer en Chine », l’homme d’affaires réplique de plus belle en (mauvais) anglais: « Ce n’est pas ma place ici. Je n’aime pas cet endroit, des gens comme des singes, je n’aime pas leur parler, ça sent mauvais, et pauvres et stupides, et noirs. Je ne les aime pas. Pourquoi pas (comme) les Blancs, comme les Américains »?

Il ajoute ne rester au Kenya que parce que « l’argent est important ».

Des internautes ont réclamé qu’il soit poursuivi et pas seulement expulsé du Kenya.

Un porte-parole de l’ambassade de Chine au Kenya, Zhang Gang, a assuré à l’AFP que l’extrait vidéo date de juin. L’homme filmé « a déjà fait l’objet d’une sanction par sa société et s’est excusé auprès de son collègue kényan ». Les propos de cet homme « ne représentent pas l’opinion de la vaste majorité des Chinois », a tenu à ajouter la même source.

Ce n’est pas la première fois que des Chinois travaillant au Kenya sont accusés de racisme.

Il y a trois ans, un petit restaurant chinois de Nairobi avait été fermé par les autorités et son propriétaire poursuivi pour refuser de servir les Noirs après 17H00.

Cette année, ce sont des Kényans travaillant sur une nouvelle voie de chemin de fer construite par la Chine entre la ville côtière de Mombasa et Nairobi qui ont accusé du personnel et des cadres chinois de racisme et discrimination. Le gouvernement a toutefois rejeté les accusations dans le cadre de cet important projet d’infrastructure de 3,2 milliards de dollars (2,8 milliards d’euros).

Le président Kenyatta a participé cette semaine à une grande conférence sino-africaine à Pékin où la Chine a promis d’investir 60 milliards de dollars de plus sur le continent.

L’incident impliquant l’homme d’affaires chinois survient au lendemain d’une descente de police au siège africain, situé à Nairobi, de la chaîne de télévision chinoise CGTN dans le cadre d’une opération visant les étrangers en situation irrégulière.

Plusieurs journalistes ont été brièvement interpellés. L’ambassade de Chine a exprimé sa « préoccupation » après une série d’incidents où des Chinois en situation régulière ont été emmenés au poste de police pour des vérifications.

« L’ambassade de Chine au Kenya a protesté officiellement auprès des responsables kényans, et les personnes concernées ont toutes été libérées le jour-même », a déclaré jeudi Hua Chunying, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

« Le Kenya a reconnu des manières inadaptées en matière d’application de la loi et s’est excusé. Il a promis d’améliorer le comportement de ses agents de police sur le terrain afin d’éviter la répétition de ce genre de cas », a-t-elle ajouté au cours d’une conférence de presse à Pékin.

Romandie.com avec(©AFP / 06 septembre 2018 10h36)