Posts Tagged ‘Arrestation’

Corruption en Afrique du Sud: mandat d’arrêt contre l’un des frères Gupta(police)

février 15, 2018

Johannesburg – La police sud-africaine a annoncé jeudi avoir émis un mandat d’arrêt contre l’un des frères de la sulfureuse famille d’hommes d’affaires Gupta, proche de Jacob Zuma qui a été contraint de démissionner la veille de son poste de président de la République.

« Il y a un mandat d’arrêt qui a été émis contre Ajay Gupta » dans un vaste scandale de détournement de fonds et de corruption, a déclaré à l’AFP un porte-parole de la police, Hangwani Mulaudzi.

« Les avocats d’Ajay ont été informés qu’il est désormais considéré comme un fugitif », a-t-il ajouté. Ils « ont été prévenus qu’ils devaient le remettre à la police, faute de quoi ils s’exposeraient à des poursuites pour complicité ».

Mercredi, la police avait fait une perquisition dans une maison cossue de Johannesburg appartenant à la famille Gupta et procédé à l’arrestation de huit personnes, poursuivies pour fraude, blanchiment d’argent et vols d’argent public dans un projet d’exploitation laitière.

Ces individus ont comparu jeudi au tribunal de Bloemfontein (centre) et ont obtenu leur libération sous caution.

Les Gupta et des personnes qui leur sont associées sont soupçonnés d’avoir bénéficié frauduleusement de fonds publics versés par la province du Free State pour ce projet d’exploitation laitière qui ne s’est jamais concrétisé.

Selon la presse locale, un total de 220 millions de rands (15 millions d’euros) auraient été détournés au profit de la fratrie.

Ajay Gupta est lui recherché dans une autre affaire de corruption, selon Hangwani Mulaudzi, qui s’est refusé à donner plus de détails.

Selon un rapport de la médiatrice de la République publiée en 2016, les trois frères Gupta sont impliqués dans la gestion des affaires de l’Etat sud-africain, de la nomination de ministres aux pressions pour obtenir de juteux contrats publics.

Leur propriété de Saxonwold est devenue une sorte de présidence bis, où les frères d’origine indienne ont offert des postes de ministres, selon plusieurs témoignages recueillis par la médiatrice.

Cet immense scandale a contribué à faire chuter le président Jacob Zuma, qui a été contraint par son parti, le Congrès national africain (ANC), de remettre sa démission mercredi soir.

Il a été remplacé dès jeudi par Cyril Ramaphosa, le patron de l’ANC, qui s’est engagé à faire de la lutte anticorruption l’une de ses « priorités ».

Romandie.com avec(©AFP / 15 février 2018 15h13)                                            

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Congo/Norbert Dabira: naïf ou dupe ?

février 11, 2018

 

Photo de BrazzaNews.

Général Norbert Dabira

 

Affaire coup d’état du Général Norbert DABIRA : son téléphone livre des secret. Blanchard OKOÏ bientôt aux arrêts ?

Le téléphone portable du général Norbert Dabira, détenu depuis le 7 février dernier à la maison d’arrêt, commence à livrer ses secrets?

De sources proches de l’enquête sur le fameux vrai faux coup d’etat de Dabira et Nianga-Mbouala contre Sassou Nguesso, les fins limiers des renseignements congolais après avoir piégé le général Dabira en lui demandant de récupérer son téléphone pour soit-disant, rentrer en communication avec Sassou lui-meme, les enquêteurs en ont profité pour séquestrer son portable et le checker au cas où des informations relatives à ce coup d’etat s’y trouveraient.

De ce qui ressort, les noms de certains colonels, au nombre de quatre, risquent d’être interpellés. On parle également d’un grand bonnet qui a pignon sur rue. Les jours qui suivent, risquent d’être agités au sein des Forces Armées Congolaises avec l’interpellation et la mise aux arrêts de certains officiers.

Avec Brazzanews.fr

Espagne: 17 arrestations chez les Hells Angels après un meurtre

février 7, 2018

Barcelone – Dix-sept personnes ont été arrêtées mercredi en Espagne au cours d’une opération de police au sein de la bande de motards Hells Angels, dans le cadre d’investigations pour assassinat et trafic de drogue, ont annoncé les autorités.

Ces arrestations sont intervenues notamment à Barcelone, la ville voisine de Sabadell et dans d’autres villes de Catalogne (nord-est), où une série de perquisitions ont eu lieu au petit matin, ont indiqué les Mossos d’Esquadra, la police régionale catalane.

« Plusieurs des personnes arrêtées sont impliquées dans un assassinat en 2017 à Sabadell et aussi pour trafic de drogue », a déclaré à l’AFP un porte-parole des Mossos d’Esquadra, sans fournir plus de précisions.

Selon le quotidien barcelonais La Vanguardia, l’homme assassiné appartenait à une bande de motards rivale des Hells Angels. Tabassé à coups de batte de baseball en septembre 2017, il avait succombé à ses blessures trois mois plus tard.

Le « chapitre » des Hells Angels à Barcelone a assuré à l’AFP que « les seuls membres des Hells Angels arrêtés appartiennent en fait au chapitre … à Sabadell. »

« La majorité des personnes arrêtées ne sont même pas membres du club », a-t-il ajouté.

Connus pour leurs motos Harley Davidson et leurs tenues de cuir, les Hells Angels ont été fondés aux Etats-Unis en 1948 et comptent des branches, ou « chapitres », dans 56 pays.

Romnandie.com avec(©AFP / 07 février 2018 17h00)                                            

Les Maldives s’enfoncent dans le chaos politique

février 6, 2018

La police monte la garde devant la Cour suprême des Maldives à Male après l’instauration de l’état d’urgence, dans la nuit du 5 au 6 février 2018 / © Mihaaru/AFP / STR

Le petit archipel touristique des Maldives s’enfonçait mardi dans le chaos politique après l’arrestation du président de la Cour suprême, l’opposition appelant à une intervention internationale pour renverser le président Abdulla Yameen qui dénonce lui une « conspiration ».

Le président de la Cour suprême Abdulla Saeed et un autre juge ont été arrêtés mardi au petit jour pour « corruption » par des policiers lourdement armés, cinq jours après que la haute juridiction eut infligé un camouflet au régime maldivien en cassant les condamnations de neuf éminents opposants.

Après avoir refusé d’exécuter l’arrêt de la Cour et de libérer les prisonniers politiques incarcérés, le gouvernement a décrété lundi soir l’état d’urgence pour quinze jours.

« J’étais dans l’obligation de déclarer l’état d’urgence car il n’y avait aucun autre moyen d’enquêter sur ces juges. Nous devions d’abord suspendre leur autorité et leur immunité. Car nous devions découvrir jusqu’où va la conspiration ou le coup » d’État, s’est justifié le président Abdulla Yameen dans une allocution télévisée. Selon lui, le président de la Cour suprême œuvrait à le destituer.

Face à la volatilité de la situation, nombre de pays – dont la France, la Chine et l’Inde – ont déconseillé à leurs ressortissants de se rendre dans cet archipel de 340.000 habitants (selon le dernier recensement), dont l’image est associée aux plages paradisiaques de sable blanc et aux mers bleu turquoise.

L’ex-autocrate Maumoon Abdul Gayoom, demi-frère du président Yameen mais récemment passé dans l’opposition, a lui aussi été arrêté. Le Parlement, où l’opposition détient désormais sur le papier la majorité, est suspendu depuis samedi.

« Le président Yameen a illégalement déclaré la loi martiale et s’est emparé de l’État. Nous devons l’évincer du pouvoir. Le peuple des Maldives a une requête légitime envers les gouvernements du monde, notamment l’Inde et les États-Unis », a dénoncé l’ex-président en exil Mohamed Nasheed dans un communiqué.

– Demande d’intervention indienne –

L’ancien chef de l’État, qui figure parmi les opposants dont la condamnation a été cassée par la Cour suprême, a réclamé une intervention militaire indienne et un blocage financier américain.

« Nous voudrions que le gouvernement indien envoie un représentant, appuyé par son armée, pour libérer les juges et les détenus politiques, dont l’ancien président Maumoon Abdul Gayoom, de leur détention et les ramener chez eux. Nous demandons une présence physique », a indiqué M. Nasheed.

Condamné en 2015 à 13 ans de prison pour « terrorisme » et incarcéré, ce champion de la lutte contre le réchauffement climatique était parti l’année suivante à la faveur d’une permission médicale au Royaume-Uni où il avait obtenu l’asile.

L’Inde est déjà intervenue militairement aux Maldives par le passé. En 1988, dans le cadre de l' »opération Cactus », elle avait dépêché des troupes pour faire échouer une tentative de coup d’État contre Maumoon Abdul Gayoom.

L’opposition a par ailleurs demandé que Washington « s’assure que les institutions financières américaines interrompent toutes les transactions en dollars des responsables du régime aux Maldives ».

– ‘Purge’ –

L’instauration de l’état d’urgence vient renforcer les pouvoirs déjà très vastes des forces de sécurité pour arrêter et maintenir en détention des suspects.

Les Nations unies ont appelé mardi le gouvernement maldivien à « respecter la Constitution et la primauté du droit » et à « lever l’état d’urgence le plus rapidement possible ».

La Cour suprême avait justifié son annulation des condamnations des neuf opposants en estimant que celles-ci étaient d’une « nature contestable et politiquement motivée », et avait ordonné la tenue de nouveaux procès. Le gouvernement avait refusé d’obtempérer et qualifié l’arrêt de la Cour d’anticonstitutionnel.

La décision de la Cour a, en principe, libéré la voie à une candidature de M. Nasheed à la présidentielle qui doit se tenir cette année. Il a d’ores et déjà déclaré son intention de se présenter face au président Yameen, qui l’avait défait en 2013 dans des circonstances controversées.

« Un état d’urgence ne peut pas être utilisé pour perpétrer ce qui semble être une purge contre la Cour suprême et l’opposition », a dénoncé mardi Amnesty International en appelant à la libération des juges et des opposants politiques.

Romandie.com avec(©AFP / 06 février 2018 14h51)                

Le président des Maldives décrète l’état d’urgence, un ex-président arrêté

février 5, 2018

Le président des Maldives Abdulla Yameen, le 22 janvier 2014 à Colombo, au Sri Lanka / © AFP/Archives / LAKRUWAN WANNIARACHCHI

Le président des Maldives Abdulla Yameen a décrété l’état d’urgence pour une durée de 15 jours, avant que des forces armées n’encerclent la Cour suprême et qu’un ancien président soit arrêté, plongeant un peu plus le pays dans le chaos politique.

La répression menée contre l’opposition par le président Yameen ces dernières années a terni l’image paradisiaque de ce petit archipel comptant un peu plus de 400.000 habitants.

L’instauration de l’état d’urgence vient renforcer les pouvoirs déjà très vastes des forces de sécurité pour arrêter et maintenir en détention des suspects, et intervient alors que la Cour suprême et le gouvernement sont engagés dans un rapport de force tendu.

L’ex-président des Maldives et demi-frère d’Abdulla Yameen, Maumoon Abdul Gayoom, a été arrêté lundi par la police selon sa fille.

Agé de 80 ans, M. Gayoom qui a dirigé le pays d’une main de fer pendant 30 ans jusqu’aux premières élections démocratiques tenues en 2008, et qui s’est rangé depuis aux côtés de l’actuelle opposition menée par M. Nasheed, a été arrêté autour de minuit à son domicile de la capitale, Male, a écrit Yumna Maumoon sur Twitter.

« Je n’ai rien fait pour être arrêté », a déclaré M. Gayoom dans un message vidéo publié sur Twitter à l’intention de ses partisans, juste avant son arrestation. « Je vous demande de rester fermes et determinés également. Nous n’abandonnerons pas le travail de réforme que nous menons. »

– forces spéciales –

Un peu plus tôt, des forces lourdement armées et des unités spéciales de la police ont investi le bâtiment de la Cour suprême où le Président de la Cour Abdulla Saeed et d’autres personnes s’étaient réfugiées selon des déclarations de la Cour sur Twitter. Leur sort n’était pas connu dans l’immédiat.

Des centaines de personnes rassemblées devant la Cour de justice ont été aspergées de gaz au poivre par la police qui cherchait à les disperser.

Le président des Maldives a refusé la semaine dernière de libérer des prisonniers politiques comme le lui ordonnait la Cour suprême. Cette dernière avait cassé les condamnations en 2015 de neuf opposants, dont celle de l’ancien président Mohamed Nasheed, qui vit en exil au Royaume-Uni.

La Cour avait également ordonné jeudi la réintégration de douze députés démis de leurs mandats pour avoir fait défection du parti de M. Yameen. Cette décision permet théoriquement à l’opposition de retrouver la majorité absolue au Majlis, le parlement de l’archipel qui compte 85 sièges, et lui donnerait le pouvoir de renverser le gouvernement et le président.

Le gouvernement, qui avait déjà mis en garde la semaine dernière contre toute tentative de destitution ou d’arrestation du président, a déclaré lundi que la Cour n’était pas au-dessus de la loi.

L’intervention de la Cour suprême représente un revers majeur pour le président Abdulla Yameen et ouvre la voie au retour sur le territoire et à une candidature à la présidentielle de son grand rival, l’ancien président Nasheed, qu’il avait battu dans des circonstances controversées en 2013.

Le président Yameen a répondu en suspendant le Parlement et décrétant lundi l’état d’urgence.

Azima Shukoor, adjoint du président, a annoncé l’état d’urgence dans une allocution télévisée, après que le président Yameen eut envoyé trois lettres aux juges de la Cour suprême, leur demandant de revenir sur leur décision.

« La raison de cette déclaration est que la décision de la Cour suprême entrave le fonctionnement du gouvernement », a déclaré M. Shukoor.

– le régime sous pression –

Abdulla Yameen avait déjà décrété l’état d’urgence en novembre 2015, après une tentative d’assassinat présumée à son encontre. Le président est toutefois tenu d’informer le Parlement de toute déclaration de l’état d’urgence dans un délai de deux jours, selon des responsables.

Pour la députée de l’opposition Eva Abdulla, l’état d’urgence montre que le régime est sous pression.

« C’est un acte désespéré. Cela montre qu’il (Abdulla Yameen) a tout perdu: la confiance du peuple, du Parlement, des autres institutions et des cours des justice », a déclaré l’élue sur Twitter.

L’opposition a appelé la communauté internationale à faire pression sur le président Yameen pour qu’il respecte la décision de la Cour et mette un terme à la crise politique.

De leur côté, les Etats-Unis ont appelé lundi le gouvernement des Maldives au « respect des institutions démocratiques ».

Romandie.com avec(©AFP / 05 février 2018 22h30)                

Kenya: la police arrête un nouveau député de l’opposition

février 3, 2018

 

Raila Odinga lors de sa prestation de serment symbolique le 30 janvier dans un parc de Nairobi. © Ben Curtis/AP/SIPA

Les autorités kényanes ont arrêté samedi un nouveau responsable de l’opposition, le troisième depuis l’investiture symbolique comme « président du peuple » de l’opposant Raila Odinga, qui estime que la victoire à l’élection de 2017 lui a été volée.

Le député George Aladwa a été interpellé à l’aube par la police à son domicile à Nairobi, a indiqué à l’AFP Charles Owino, porte-parole de la police kényane.

Selon Charles Owino, le député Aladwa « fait l’objet d’une enquête » en lien avec une fusillade présumée mercredi au domicile de Kalonzo Musyoka, le colistier de Raila Odinga à la présidentielle de l’an dernier, et en lien avec la mobilisation de partisans de l’opposition vendredi pour une manifestation qui a dégénéré en affrontement avec la police.

 Contre-attaque du gouvernement

Mais de hauts responsables policiers, sous couvert de l’anonymat, ont indiqué à l’AFP que la police lui reproche surtout d’avoir organisé la mobilisation des milliers de personnes qui ont assisté à la prestation de serment symbolique de Raila Odinga le 30 janvier dans un parc du centre de Nairobi.

Son arrestation « est liée à la mobilisation des gens qui ont été à ce rassemblement et on l’accuse aussi d’avoir mobilisé pour des manifestations après les deux autres arrestations », a déclaré une de ces sources, en référence à l’interpellation mercredi du député d’opposition TJ Kajwang, et celle vendredi de l’opposant Miguna Miguna.

George Aladwa est de fait le troisième membre de l’opposition arrêté pour avoir participé à l’investiture symbolique de Raila Odinga, qui refuse de reconnaître la réélection du président Uhuru Kenyatta en 2017, accompagnée de mois de troubles qui ont fait 92 morts, selon des défenseurs des droits de l’homme.

Trois chaînes de télévision suspendues

Cette nouvelle arrestation est une des mesures prises par le gouvernement depuis « l’investiture » de Raila Odinga, des mesures qui inquiètent la communauté internationale, dont l’ONU, et sont dénoncées par la société civile comme un recul des libertés.

Les trois principales chaînes de télévision kényanes sont ainsi suspendues depuis mardi pour avoir voulu retransmettre la cérémonie de Raila Odinga et les autorités ignorent depuis jeudi une décision de justice autorisant ces chaînes – inaccessibles au petit écran mais qui continuent à diffuser sur internet – à reprendre l’antenne.

La police ignore, elle, depuis vendredi l’ordre d’un juge ayant ordonné la libération de Miguna Miguna dans l’attente d’une nouvelle comparution lundi.

Raila Odinga a lui aussi essuyé des critiques de la part de la communauté internationale en raison de son « investiture », à la suite de laquelle le ministre de l’Intérieur Fred Matiang’i a qualifié d’ »organisation criminelle » le Mouvement de résistance nationale (NRM) lancé par l’opposition pour mettre en œuvre un programme de désobéissance civile, dont cette cérémonie fait partie.

Jeunearfrique.com

Gambie: l’inculpation d’un universitaire fait craindre le retour des méthodes de Jammeh

février 1, 2018

 

L’universitaire Ismaila Ceesay, Mazzini, à Banjul ce jeudi 1er février 2018. © Anna Pujol Mazzini pour Jeune Afrique

L’arrestation et l’inculpation de Ismaila Ceesay pour « incitation à la violence » a déclenché une levée de boucliers au sein de la société civile gambienne, qui craint de voir poindre des méthodes comparables à celles de l’ancien dictateur Yahya Jammeh, un an après sa chute.

La nuit a été longue pour le Dr Ismaila Ceesay. Après des heures d’interrogation par la police et une nuit en détention, l’universitaire a été libéré tôt, ce jeudi matin, sous les cris et les chants de quelques dizaines de ses étudiants, ainsi que de journalistes et d’activistes, qui s’étaient réunis devant les quartiers de la police nationale à Banjul.

Critiques sur la défiance des militaires envers le nouveau pouvoir

La veille, Ceesay a été inculpé pour « incitation à la violence ». En cause : une interview qu’il a accordé au journal The Voice, dans laquelle l’universitaire a critiqué le manque de confiance entre le président et chef des armées, Adama Barrow, élu en décembre 2016, et les militaires.

« Il y a des soldats qui ne sont pas satisfaits et qui se sentent rejetés par l’administration. Cela peut engendrer des mutineries », a-t-il alors mis en garde.

Depuis janvier 2016, suite à l‘intervention militaire de la Cedeao face au refus de Yayah Jammeh de quitter le pouvoir après avoir été défait aux urnes en décembre 2016, la responsabilité de la sécurité du pays est en effet partagée entre l’armée gambienne et les forces régionales de la Cedeao.

Actuellement, 500 hommes sont toujours déployés sur le territoire gambien. Une présence militaire étrangère qui fait grincer des dents.

À Banjul, le palais présidentiel et ses alentours sont surveillés par les troupes sénégalaises de la Cedeao. © Sylvain Cherkaoui pour JA

 

Manifestation devant les locaux de la police

Après avoir été convoqué à un poste de police, mercredi en début d’après-midi, Ismaila Ceesay a été interrogé pendant trois heures, puis détenu jusqu’en début de soirée. Là, des étudiants et journalistes se sont réunis devant les locaux de la police pour demander des comptes.

A peine connue, la nouvelle de l’arrestation du Dr Ceesay a enflammé les réseaux sociaux. Le hashtag #FreeDrCeesay était le plus utilisé dans le pays, dans la nuit de mercredi à jeudi.

Les professeurs d’université ont alors appelé à une grève, exigeant la remise en liberté « inconditionnelle » d’Isamaila Ceesay. L’association des étudiants a pour sa part appelé à une manifestation de soutien, et exigé des « excuses » de la police. cédant à la pression, la police a accepté, mercredi soir, la remise en liberté de l’universitaire. Sauf que ce dernier a d’abord refusé de quitter les lieux sans explications ou excuses de la part des forces de police.

Jeudi matin, alors que beaucoup de membres de la société civile attendaient des explications de la part des autorités, le bureau de l’inspecteur général de police a affirmé par voie de communiqué que l’interrogatoire du Pr. Ceesay avait pour but de « clarifier des propos en liens avec une enquête en cours ».

En interpellant l’enseignant, la police a « fait son travail, car elle a de bonnes raisons de croire que la sécurité nationale est en danger », a insisté David Kujabi, son porte-parole.

Ismaila Ceesay, après sa remise en liberté, avec des militants, lors d’une réunion de soutien, le 1er février 2018 à Banjul. © Anna Pujol Mazzini pour Jeune Afrique

 

Nous croyions avoir créé une nouvelle Gambie. Mais il est toujours possible de se faire arrêter pour ses opinions

Près de quarante activistes et journalistes étaient réunis dans la banlieue de Banjul ce jeudi matin pour décider des actions à prendre pour lutter contre ce qu’ils qualifient de « violation de la liberté d’expression ». Ismaila Ceesay, présent à cette réunion après une nuit sans sommeil, se dit déçu : « Après 22 ans à lutter contre une dictature, nous croyions avoir créé une nouvelle Gambie. Mais il est toujours possible de se faire arrêter pour ses opinions. »

Pour les militants présents lors de cette réunion de soutien au Pr Ceesay, l’arrestation présente des similarités déconcertantes avec les tactiques de l’ancien président Yayah Jammeh, connu pour des arrestations arbitraires et les disparitions d’opposants. Un avis qui trouve un large écho sur les réseaux sociaux.

« Cela confirme qu’en Gambie, le système n’a pas changé », affirme ainsi Madi Jobarteh, directeur adjoint de TANGO, l’Association gambienne des organisations non-gouvernementales.

« Les gambiens doivent être préparés à se battre pour un changement réel de système, pour la protection des droits humains et de la démocratie, assène ce militant. toutes les lois qui étaient utilisées pour empiéter sur les droits humains sont toujours en place. »

Jeuneafrique.com par Jeune Afrique – Anna Pujol Mazzini, à Banjul

RDC: le général Faustin Munene arrêté au Gabon

janvier 27, 2018

Faustin Munene © DR

Les proches de l’ex-chef d’État major de la République démocratique du Congo et opposant du président Kabila, avaient perdu sa trace fin décembre. Il serait désormais au Gabon.

Il y a plus d’un an, le général Faustin Munene, accusé de tentative de putsch en République démocratique du Congo en 2010, avait été assigné à résidence à Ewo, au Congo-Brazzaville. Mi-décembre 2017, un hélicoptère, dont les occupants voulaient l’emmener à Brazza, s’y serait posé. Paniqué, il aurait refusé de les suivre.

Il serait entré au Gabon le 31 décembre – date à laquelle ses proches ont perdu le contact avec lui – avant d’y être arrêté, le 10 janvier.

Jeuneafrique.com

Nouvelle menace d’arrestation pour Puigdemont s’il va au Danemark

janvier 21, 2018

Le leader indépendantiste catalan Carles Puigdemont (c) le 12 janvier 2018 à Bruxelles / © AFP/Archives / JOHN THYS

Le parquet espagnol a menacé dimanche de demander l’arrestation de Carles Puigdemont si, comme il l’a prévu, il se rend au Danemark lundi, mettant de nouveaux bâtons dans les roues à l’indépendantiste qui tente une reconquête du pouvoir en Catalogne depuis la Belgique.

Si Carles Puigdemont participe bien lundi à un débat à l’Université de Copenhague, le parquet « agira immédiatement pour demander au juge d’instruction de la Cour suprême d’activer le mandat d’arrêt européen », prévient-il dans un communiqué.

L’annonce intervient alors qu’à Barcelone le président du parlement catalan, l’indépendantiste Roger Torrent, doit décider lundi s’il présente la candidature de Carles Puigdemont à la présidence de la région.

S’il l’officialise, un débat suivi d’un vote sur cette candidature sera organisé à la chambre à la fin du mois.

Le camp indépendantiste domine toujours le parlement régional, avec 70 élus sur 135, même si plus de 50% des Catalans votent pour des partis non indépendantistes: dans la région, la pondération des voix profite en effet aux provinces rurales, traditionnellement indépendantistes, qui ont donc plus d’élus.

Et le candidat des grandes formations séparatistes reste M. Puigdemont, qui a rendu possible la tentative de sécession, en organisant un référendum interdit suivi d’une déclaration d’indépendance unilatérale le 27 octobre.

– Gageure –

Mais d’un point de vue logistique et juridique sa candidature est hasardeuse.

S’il reste à l’étranger, il devra être investi à distance, et les services juridiques du parlement ont déjà jugé cette investiture contraire à la Constitution. Et s’il rentre, il a toutes les chances d’être arrêté.

Il doit aussi obtenir un permis de résidence en Belgique ou quitter aussi ce pays au risque de s’exposer — comme l’a bien fait savoir le parquet dimanche — à une arrestation ailleurs.

Dans le cas ou les élus indépendantistes ignorent quand même les avertissements des juristes, ils s’exposeront ensuite à la saisine de la Cour constitutionnelle par le gouvernement.

Cette cour pourrait alors suspendre leur vote, leur imposant indirectement de trouver un nouveau candidat, voire d’organiser de nouvelles élections.

« Prétendre être le président du gouvernement catalan en étant à Bruxelles est illégal », a prévenu le chef du gouvernement Mariano Rajoy samedi avant d’expliquer que dans ce cas de figure la région ne retrouverait pas l’autonomie qu’il lui avait retirée après la tentative de sécession.

Le président du parlement n’en reste pas moins face à un choix cornélien car s’il ne valide pas la candidature de Carles Puigdemont lundi il peut susciter une crise au sein de son camp, entre la liste Ensemble pour la Catalogne (centre-droite) de M. Puigdemont et l’autre grande formation, la sienne (Gauche républicaine de Catalogne, ERC).

Au sein du parti ERC, la tendance n’est cependant plus à l’affrontement direct avec Madrid, mais plutôt à une stratégie de plus long terme visant à gagner du terrain dans une société catalane très divisée.

D’autant qu’en cas de nouvelles élections, les séparatistes pourraient perdre du terrain.

« On doit mesurer les coûts et bénéfices de toutes les décisions », déclarait samedi Ernest Maragall (ERC), doyen des élus à la chambre catalane.

L’horizon semble donc complexe pour Carles Puigdemont.

En décembre, le juge espagnol Pablo Llarena avait retiré les mandats d’arrêt internationaux visant le président destitué et quatre autres anciens ministres-conseillers catalans installés à Bruxelles et poursuivis en Espagne pour « rébellion », « sédition » et « malversation de fonds ».

Il préférait éviter que la justice belge n’efface au passage les poursuites pour rébellion, pour des raisons liées au droit belge, une décision qui se serait imposée à l’Espagne.

Mais cet avantage juridique pour Carles Puigdemont n’existera pas forcément ailleurs en Europe, a admis dimanche son avocat Jaume Alonso-Cuevillas, qui estime qu’en cas de départ de Belgique « le risque d’arrestation est élevé ».

Romandie.com avec(©AFP / 21 janvier 2018 17h55)

Espagne: Puigdemont serait arrêté malgré son immunité

janvier 20, 2018

Le président catalan destitué Carles Puigdemont s’exprime lors d’une conférence de presse, le 22 décembre 2017 à Bruxelles / © AFP / EMMANUEL DUNAND

Le parquet général en Espagne a averti samedi l’ex-président indépendantiste catalan Carles Puigdemont que son immunité de député n’empêcherait pas son arrestation s’il rentrait de Belgique en Espagne pour se faire investir à la tête de la région.

M. Puigdemont s’était installé fin octobre en Belgique, juste avant d’être poursuivi par la justice espagnole pour « sédition », « rébellion » et « détournement de fonds », suite à la proclamation à Barcelone d’une « République catalane » restée sans effets. Réélu député régional le 21 décembre, il est actuellement le seul candidat à la présidence du gouvernement catalan.

« Immunité » ne signifie pas « impunité »: tel est le message que lui a envoyé le parquet général, à travers un communiqué.

« La garantie de l’immunité ne signifie pas qu’on ne puisse pas ordonner le placement en détention sur ordre judiciaire », a-t-il écrit.

Le parquet général considère que M. Puigdemont « en s’enfuyant et en défendant des agissements qui avaient culminé avec la déclaration d’indépendance, montre qu’il persiste dans son plan délictueux ».

Le parquet général fait par ailleurs valoir que d’autres indépendantistes – bénéficiant aussi de l’immunité parlementaire – sont actuellement en prison: « La Cour suprême a déjà décidé pour ces mêmes faits, compte tenu de leur extrême gravité, la mise en examen et le placement en détention de personnes ayant le même statut de député », écrit le parquet.

« Il est inadmissible qu’une interprétation du privilège d’immunité parlementaire dérive en impunité », a conclu le parquet.

Le 5 janvier, la Cour suprême avait décidé de maintenir en prison l’ancien vice-président indépendantiste catalan Oriol Junqueras. Il venait lui aussi d’être réélu député régional.

Depuis les élections du 21 décembre, les indépendantistes jouissent de nouveau de la majorité absolue en sièges au nouveau parlement catalan (70 sur 135) mais huit d’entre eux ne peuvent siéger: ils sont soit en fuite en Belgique soit en prison pour trois d’entre eux.

M. Puigdemont avait assuré vendredi pouvoir diriger la Catalogne depuis la Belgique et éviter ainsi d’être emprisonné s’il rentrait.

Son avocat Jaume Alonso-Cuevillas a cependant expliqué samedi, dans un entretien à la télévision publique catalane, que tous les scénarios étaient encore envisagés, y compris un retour de M. Puigdemont à Barcelone.

« Le président Puigdemont n’a jamais écarté la possibilité de se présenter et de se soumettre à l’investiture en personne », a assuré son avocat, tout en le disant « conscient des risques qu’il encourt ».

L’avocat avait plaidé que M. Puigemont jouissait de l’immunité parlementaire et « ne pourrait pas être arrêté » s’il se présentait à Barcelone.

Romandie.com avec(©AFP / 20 janvier 2018 15h12)