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Xavier Dupont de Ligonnès: chronique de 20 heures d’emballement, de doutes et de rebondissements

octobre 12, 2019

L’homme arrêté à Glasgow vendredi 11 octobre n’est pas Xavier Dupont de Ligonnès. Passeport, empreintes, apparence physique et témoignage d’un voisin: plusieurs éléments ont semé le trouble.

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Une voiture de police est garée, le 12 octobre 2019, devant l’ancienne maison de Xavier Dupont de Ligonnès, suspecté d’avoir assasssiné sa femme et ses quatre enfants il y a huit ans.

La veille au soir, la police écossaise a arrêté un homme à l’aéroport de Glasgow, dont les empreintes correspondaient partiellement à celle du suspect. SEBASTIEN SALOM-GOMIS/AFP

Dans la soirée du 11 octobre 2019, le site du journal Le Parisien, suivi de l’AFP et de nombreux médias français (dont Le Figaro), ont annoncé l’arrestation, à l’aéroport de Glasgow en Écosse, de l’un des hommes les plus recherchés de France : Xavier Dupont de Ligonnès. Cet homme est suspecté d’avoir assassiné sa femme Agnès et leurs quatre enfants à Nantes en avril 2011. L’information émane de la police écossaise ou de sources policières françaises proches de l’enquête.

Dans la nuit qui suivra, puis dans la matinée du 12 octobre, plusieurs éléments vont toutefois semer le trouble sur cette information et la démentir. Retour sur 12 heures de rebondissements.

  • 11 octobre à 20h40: Le Parisien annonce l’arrestation de Xavier Dupont de Ligonnès

Le Parisien annonce l’arrestation de Xavier Dupont de Ligonnès à l’aéroport de Glasgow, en provenance de Roissy Charles de Gaulle. Le quotidien affirme que ce dernier voyageait sous une fausse identité grâce à un passeport volé en 2014 – cette dernière information a été démentie depuis -, qu’il a changé d’apparence et qu’il a été identifié par ses empreintes digitales. L’information est rapidement «confirmée» dans la soirée par des sources proches du dossier à de nombreux médias. L’AFP, à laquelle de nombreux sites et journaux sont abonnés, donne également l’information:

  • 11 octobre, 22h10: «dénonciation anonyme»

Un peu après 22h, une source proche de l’enquête indique à l’AFP que l’arrestation a été permise grâce à une «dénonciation anonyme». Le Figaro apprend qu’il s’agirait d’une source anglaise.

  • 11 octobre, 23h15: une perquisition en cours à Limay

Une perquisition est en cours tard dans la soirée à Limay dans les Yvelines. On apprendra plus tard que le suspect arrêté à Glasgow voyageait avec un passeport sous le nom de G. J., domicilié dans cette commune des Yvelines.

  • 11 octobre, 23h30: les premiers doutes

Le Figaro emploie désormais le conditionnel dans ses informations.

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L’article du Figaro bouclé vendredi à 23h30 LE FIGARO

  • 12 octobre, 00h26: le procureur de la République de Nantes appelle à la «prudence»

Le procureur de la République de Nantes, Pierre Sennès, appelle à la prudence quant à l’identité de l’homme interpellé à Glasgow.

«Demain (samedi NDLR) il y a des équipes d’enquêteurs du service national de recherche des fugitifs et de la police judiciaire de Nantes qui vont se rendre en Écosse», précise-t-il à l’AFP. «Ils vont donc faire des vérifications en Écosse auprès de la personne qui a été arrêtée à l’aéroport de Glasgow pour s’assurer que c’est bien M. Dupont de Ligonnès (…). Donc il convient en l’attente de ces vérifications d’être prudents».

  • 12 octobre, 00h30: l’avocat de la famille reste prudent

Interrogé par Le Parisien, Presse Océan et RTL, Me Stéphane Goldenstein, l’avocat de la mère et de l’une des sœurs (Christine) de Xavier Dupont de Ligonnès, reste prudent. Il attend «d’avoir la confirmation scientifique qu’il s’agit bien de Xavier Dupont de Ligonnès». «Si oui, est-il l’auteur du quintuple meurtre ou ne l’est-il pas? Là encore, j’attendrai de connaître ses explications», confie-t-il notamment au Parisien.

  • 12 octobre, 6h15: un témoignage sème le trouble

Tôt dans la matinée de samedi, un témoignage vient semer le doute sur l’identité réelle de l’homme arrêté à Glasgow. Interrogé par Europe 1 et France inter, Jacques, un voisin du domicile perquisitionné, qui se dit proche de l’homme y vivant, ne croit pas que le suspect interpellé en Écosse puisse être Xavier Dupont de Ligonnès: «Vendredi matin il a pris l’avion, comme il fait d’habitude. Il rentrait en Écosse, sa femme l’attendait à Glasgow. On l’a eue tout à l’heure au téléphone, et elle dit ‘voilà, ils l’ont arrêté, je n’ai pas plus de nouvelles’. Elle est effarée. Il n’a rien à voir! Même s’il a pris X années de plus, il n’a rien à voir avec cette tronche-là! C’est un homme qui est grand, visage rond, rien à voir!», a estimé Jacques. «Même avec de la chirurgie esthétique, c’est pas possible», avait-il poursuivi. «Ça fait 30 ans que je le connais ce mec-là, c’était un ami. J’ai été à son mariage en Écosse. Je leur dis (aux policiers, NDLR) ‘mais arrêtez, vous faites une boulette monstrueuse’.»

  • 12 octobre, 10h10: les empreintes digitales de l’homme arrêté à Glasgow ne correspondent que partiellement

Selon la police écossaise, la comparaison des empreintes de l’homme interpellé à Glasgow avec les deux empreintes de la fiche Interpol correspond sur 5 points avec celles de Xavier Dupont de Ligonnès, sur les 12 nécessaires selon la loi française pour établir une convergence entre les deux profils. Selon les critères écossais, toutefois, cela est suffisant pour que les deux identités correspondent.

Par ailleurs une source proche du dossier ayant vu la photo envoyée par les policiers écossais indique que le suspect ne ressemble pas au meurtrier présumé, mais à un homme âgé, au crâne dégarni portant des lunettes. D’autres détails ajoutent à la confusion: l’écart des yeux ne correspondrait pas et il manquerait un doigt à l’une des mains de l’homme interpellé.

Les deux identités ne correspondent donc que partiellement. Pour en savoir plus, il faut donc attendre les résultats des tests ADN.

  • 12 octobre, 11h20: les enquêteurs ont des doutes sur l’identité de l’homme arrêté à Glasgow

Selon les informations du Figaro, deux policiers français sont arrivés à Glasgow. Ces deux fonctionnaires sont membres de la Brigade nationale des fugitifs et procèdent à des vérifications. Ils sont munis d’un jeu d’empreintes du principal suspect dans le meurtre de la famille Dupont de Ligonnès. Les premiers relevés effectués sur place sur l’homme arrêté semblent imprécis et nécessitent des expertises supplémentaires.

  • 12 octobre, 12h: les perquisitions à Limay n’ont rien donné et l’homme interpellé nie être Dupont de Ligonnès

Selon nos informations, les perquisitions et les relevés scientifiques effectués vendredi 11 octobre à Limay ne peuvent à ce stade permettent d’identifier Xavier Dupont de Ligonnès comment étant «l’occupant des lieux».

Notre journaliste sur place, Aude Bariéty, a rencontré Marie, une riveraine. Cette dernière a cru «qu’ils tournaient un film» quand elle est passée devant les médias rassemblés sur le lieu de la perquisition. Elle «espère que c’est bien Dupont de Ligonnès qui a été arrêté» à Glasgow. «C’est horrible ce qu’il a fait», ajoute-t-elle.

Depuis le début de son audition, l’homme interpellé à Glasgow affirme habiter à Limay et ne pas connaître Xavier Dupont de Ligonnès.

Le passeport avec lequel le passager a embarqué à Roissy à destination de Glasgow était valide. L’homme avait bien déclaré la perte de ses papiers dont son passeport en 2014. Ces documents avaient donc été annulés avant qu’il en obtienne de nouveaux.

  • 12 octobre, 12h45: l’homme arrêté n’est pas Xavier Dupont de Ligonnès

Une source policière indique au Figaro samedi 12 octobre en milieu de journée que l’homme arrêté à Glasgow n’est pas Xavier Dupont de Ligonnès.

Les policiers ont établi cet élément de manière formelle grâce à une comparaison génétique entre l’homme arrêté et le fugitif.

À son arrivée en Écosse, cet homme avait été contrôlé et ses empreintes correspondaient partiellement à une notice rouge d’Interpol.

On apprendra ensuite que l’homme arrêté a 70 ans, qu’il est marié à une Ecossaise, quand Xavier Dupont de Ligonnès a 58 ans. Si toutefois il était toujours en vie. Ce que nous ne savons pas.

  • 12 octobre, 16h30: Le Parisien s’explique et s’excuse

Le journal publie sur son site un article dans lequel il indique avoir obtenu la veille 5 sources, «de niveaux hiérarchiques différents dont certaines au cœur de l’enquête». Mais qui se révèleront être «une fausse piste». Pierre Louette, PDG du groupe Les Echos – Le Parisien, présente ses excuses aux lecteurs et aux familles.

  • 12 octobre, 18h20: l’homme arrêté est relâché

La police écossaise indique avoir relâché l’homme arrêté la veille à l’aéroport de Glasgow. Le communiqué indique qu’il n’est pas l’homme «suspecté de crimes en France». Et que pour l’heure, il ne souhaitait pas s’exprimer.

Pour le moment, aucune explication de sources françaises ou écossaises n’a été fournie sur l’origine exacte de l’erreur.

Par Le Figaro.fr par Bénédicte Lutaud et Cristophe Cornevin

Allemagne: le suspect de l’attentat antisémite à Halle arrêté

octobre 9, 2019

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Deux personnes ont été tuées en pleine rue mercredi dans l’est du pays lors d’un attentat antisémite. Le tireur présumé avait diffusé son attaque sur internet.

Au moins deux personnes ont été tuées mercredi en pleine rue à Halle en Allemagne dans une attaque visant, en plein Yom Kippour, une synagogue puis un restaurant turc. Un tireur a tenté en milieu de journée de pénétrer dans la synagogue du quartier Paulus, où étaient réunies, en ce jour de fête religieuse juive, «70 à 80 personnes», a indiqué le président de la communauté juive de Halle, Max Privorotzki, au Spiegel. Mais la porte d’entrée a «résisté à l’attaque». Malgré tout, deux personnes ont été gravement blessées par balle dans cette tentative. «Ils sont en train d’être opérés», a affirmé un porte-parole de l’hôpital universitaire de la ville.

L’auteur a aussi tiré en pleine rue et sur un restaurant turc, selon des témoins. Un corps, recouvert d’une bâche bleue, a été vu étendu à proximité de la synagogue, dans le quartier de Paulus. Au moins «deux personnes ont été tuées à Halle, selon les premières constatations. Plusieurs coups de feu ont été tirés», a indiqué de son côté la police sur Twitter, ne donnant pas de détails mais demandant aux «habitants de rester chez eux». Un homme a été peu après arrêté. La police allemande a indiqué mercredi soir qu’il s’agissait bien du suspect de l’assaut, précisant qu’il avait été blessé et «soigné».

Le parquet antiterroriste s’est saisi de l’enquête. «Dans l’état actuel des choses, nous devons partir du principe qu’il s’agit d’une attaque antisémite», a déclaré dans un communiqué le ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer, ajoutant que la justice suspectait un acte «d’extrême droite». Selon le site SITE, spécialisé dans la surveillance des organisations terroristes, l’auteur présumé de l’attaque a lui-même filmé la fusillade et diffusé la vidéo sur la plateforme de streaming en direct Twitch. Dans cette vidéo de 35 minutes, cet homme affirme notamment que «l’Holocauste n’a jamais existé» et considère que les Juifs sont à l’origine de tous les problèmes, d’après SITE, qui dresse un parallèle avec une vidéo similaire filmée par l’auteur de l’attentat de Christchurch en Nouvelle-Zélande contre deux mosquées en mars dernier. «Nous avons fait au plus vite pour retirer ce contenu, et nous suspendrons tous les comptes qui posteront ou reposteront des images de cet acte abominable», a indiqué une porte-parole de Twitch interrogée par l’AFP.

Tenue militaire et fusil d’assaut

Concernant l’attaque du restaurant turc, plusieurs personnes ont fait état de tirs, dont un de grenade. «Un tireur portait un casque et des habits militaires», a témoigné un homme qui était à l’intérieur, Conrad Rössler, sur la chaîne d’information NTV. «Il a jeté une grenade sur le local. La grenade s’est écrasée sur la porte et a explosé», a ajouté ce témoin, encore sous le choc. «L’homme a ensuite tiré au moins une fois dans le magasin, l’homme qui était assis derrière moi a dû mourir. Je me suis caché dans les toilettes et j’ai verrouillé la porte», a-t-il raconté. Sur une vidéo amateur reprise par de nombreux médias et montrant manifestement un extrait de l’assaut, un homme habillé en kaki et casqué, d’apparence calme, tire au fusil d’assaut en pleine rue.

Tout le quartier a été bouclé et la gare centrale de Halle, dans l’Etat régional de Saxe-Anhalt, à 175 km au sud-ouest de Berlin, a été fermée. En début de soirée, la police de Halle a levé l’alerte, considérant que «le danger n’est plus considéré comme aigu. Nous sommes toujours sur place avec des forces importantes. Vous pouvez retourner dans les rues, les alertes sont levées». La sécurité a été renforcée devant les synagogues de plusieurs villes allemandes, dont Berlin, Leipzig et Dresde.

La mairie de Halle a évoqué une «tuerie», sans plus de précision. «C’est une terrible nouvelle», a réagi lors d’une conférence presse le porte-parole d’Angela Merkel, Steffen Seibert. La chancelière allemande, qui devait se rendre dans la synagogue de la Oranienburgerstrasse, à Berlin, a qualifié d’«attentat» cette fusillade. Cette dernière suit «le déroulement des faits après l’attentat de Halle» et exprime sa «solidarité à tous les Juifs pour ce jour de fête qu’est Yom Kippour», a-t-il déclaré sur Twitter.

L’attentat suscite «un choc profond pour tous les Juifs en Allemagne», a estimé le président du Conseil central des Juifs d’Allemagne, Josef Schuster. Le président de la communauté a également jugé «scandaleux» que le bâtiment religieux n’ait pas été protégé par la police allemande alors que les Juifs célèbrent mercredi la grande fête de Yom Kippour.

Le spectre de l’extrême droite

Cette attaque intervient quelques mois après le meurtre, en Hesse, de Walter Lübcke, un élu pro-migrants du parti conservateur de la chancelière Angela Merkel (CDU). Le principal suspect est un membre de la mouvance néonazie. Cette affaire a créé une onde de choc dans le pays, où l’extrême droite anti-migrants enchaîne les succès électoraux. Elle a réveillé la crainte d’un terrorisme d’extrême droite à l’image de celui du groupuscule néonazi NSU, responsable du meurtre d’une dizaine d’immigrés en Allemagne entre 2000 et 2007.

Outre les meurtres perpétrés par le NSU, il y a eu nombre de précédents violents: un attentat au couteau contre la maire de Cologne Henriette Reker en 2015, et deux ans plus tard contre le maire d’Altena Andreas Hollstein. Tous deux, favorables à l’accueil des migrants, en réchappent de justesse. L’Allemagne est confrontée à «une nouvelle RAF», une «RAF brune», selon le Süddeutsche Zeitung, en référence au groupe terroriste d’extrême gauche Fraction armée rouge, actif entre 1968 et 1998. Plus de 12.700 extrémistes de droite jugés dangereux sont recensés par les autorités.

Par Le Figaro avec AFP et Reuters

Au Cameroun, arrestation musclée d’un prêtre lazariste par la police

octobre 4, 2019

Cam

Les faits

Mercredi 2 octobre, Jean Baptiste Noah Balla, prêtre lazariste, a vécu une altercation brutale avec la police camerounaise.

Recherché par les forces de l’ordre après une plainte déposée contre lui par Philippe Mbarga Mboa, ministre chargé des missions à la présidence de la République, le prêtre s’est retrouvé hospitalisé au centre des urgences de Yaoundé.

Mercredi 2 octobre, la presse, puis les réseaux sociaux au Cameroun rapportaient l’arrestation musclée d’un religieux lazariste, le père Jean Baptiste Noah Balla. Stock.adobe

Le père Jean Baptiste Noah Balla « est arrivé ici vraiment amoché. Il saignait abondamment de la tête et il présentait des traumatismes sur son corps », explique le docteur Louis Joss Bitang A Matock, directeur général du Centre des urgences de Yaoundé.

Mercredi 2 octobre, la presse, puis les réseaux sociaux au Cameroun rapportaient l’arrestation musclée d’un religieux lazariste, le père Jean Baptiste Noah Balla. Ce que confirme l’archevêque de Yaoundé, Mgr Jean Mbarga, à La Croix Africa. « J’ai rendu visite, ce 2 octobre 2019, dans la journée, au Centre des Urgences de Yaoundé, au père Jean Baptiste Noah Balla, qui est un prêtre catholique romain de la congrégation des lazaristes, lorsque j’ai appris son hospitalisation. Ce que j’ai appris est qu’il a eu une altercation brutale avec la police. Je ne sais pas dans quelles conditions. Il faut attendre les enquêtes pour savoir ce qui s’est exactement passé ».

Guerre et faim dans l’extrême nord du Cameroun

Selon le témoignage du cousin du religieux, Pierre Balla – qui dit avoir été présent au moment de l’altercation, le 1er octobre – les faits se sont déroulés au village Nkolfoulou, dans la banlieue de Yaoundé. Il indique que le père Jean Baptiste Noah était sur la route lorsque deux policiers en civil ont barré la voie à son véhicule et sont descendus pour lui présenter une convocation avant de lui demander de les suivre. Le prêtre a alors demandé à connaître le motif de sa convocation. Face au refus des policiers de lui donner une explication, il aurait alors refusé d’obtempérer. Les deux policiers ont alors appelé du renfort.

Version du père Balla

La version du père Jean Baptiste Noah Balla sur l’origine de ses ennuis avec la police est rapportée par le journaliste camerounais Jean Claude Biyo’o sur son blog. Selon lui, la genèse du problème remonte au mois de juillet. Le prêtre raconte au journaliste être allé dire la messe au domicile d’un membre du gouvernement camerounais. « Sur l’avis de recherche qui m’a été présenté par les policiers, je me suis reconnu, tel que j’étais habillé ce jour-là », avance-t-il.

Ce « membre de gouvernement », qu’accuse le prêtre, c’est Philippe Mbarga Mboa, ministre chargé des missions à la présidence de la République, catholique pratiquant et membre influent du Conseil pour les affaires économiques du diocèse de Yaoundé.

Version de Philippe Mbarga Mboa

Joint par La Croix Africa, il rectifie. « Il n’est pas exact de dire que j’ai demandé à la police camerounaise d’arrêter qui que ce soit. Cela n’est pas possible au Cameroun. Ce que je sais, c’est que ce monsieur, qui est effectivement un prêtre catholique romain, s’est immiscé dans ma famille. Il a amadoué mon épouse et ma fille et m’a publiquement accusé devant témoins d’être un sorcier. Une accusation grave, qui est en fait de la diffamation. Je suis chrétien catholique pratiquant connu de tous. J’ai régulièrement porté plainte et il a disparu. Et je viens d’apprendre que la police l’a interpellé. Et cette interpellation se serait mal passée pour lui. Voilà la vérité. »

Pour l’heure, les supérieurs camerounais de la congrégation des lazaristes dont est membre le père Jean Baptiste Noah Balla n’ont pas souhaité réagir, « par souci d’apaisement ».

La Croix-com par Jean François Channon Denwo (à Yaoundé),

Trafic de migrants vers le Royaume-Uni : 23 arrestations

septembre 24, 2019

 

Vingt-trois personnes ont été arrêtées dans le cadre d’une enquête sur le passage illégal de migrants vers le Royaume-Uni à bord de véhicules ou de petites embarcations, a annoncé mardi le ministère britannique de l’Intérieur.

Parmi ces personnes de nationalités britannique, iranienne ou irakienne, onze sont suspectées d’avoir «facilité des traversées illégales de la Manche à bord de petits bateaux», a indiqué le ministère dans un communiqué. Ces arrestations ont été effectuées entre le 11 et le 21 septembre par les autorités britanniques, notamment l’Agence britannique chargée de la Lutte contre le Crime organisé (NCA). Douze d’entre elles ont été menées lors de contrôles des frontières dans le nord de la France, selon le ministère.

Depuis fin 2018, les tentatives de traversée de la Manche se sont multipliées malgré le danger lié à la densité du trafic, aux forts courants et à la faible température de l’eau. Plusieurs des personnes arrêtées ont été remises en liberté, mais elles restent sous le coup de l’enquête.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Ghana: arrestation après un «complot» déjoué contre la présidence

septembre 24, 2019

 

Trois suspects au moins ont été arrêtés au Ghana, soupçonnés de fomenter un «complot» visant à déstabiliser le pouvoir à Accra, selon le ministre de l’Information Kojo Oppong Nkrumah.

«L’opération conjointe visait à neutraliser un complot élaboré visant la présidence dans le but ultime de déstabiliser le pays», a déclaré Kojo Oppong Nkrumah dans un communiqué publié lundi. Parmi les personnes arrêtées vendredi se trouve un médecin exerçant à l’hôpital de la Citadelle à Accra, dont les locaux auraient été utilisés pour fabriquer des armes destinées au complot présumé.

Les agences de sécurité ont surveillé les activités des suspects au cours des 15 derniers mois, a ajouté le ministre, précisant que certains avaient été en contact avec des militaires. «Nous détenons également des membres de l’armée et un officier en rapport avec ces complots», a déclaré mardi à l’AFP Kojo Oppong Nkrumah, joint au téléphone.

Il a assuré que «les agences de sécurité de l’Etat vont rester vigilantes et s’employer à préserver la sécurité publique et nationale». Le Ghana est considéré comme un îlot de stabilité dans une région instable et turbulente.

La nation ouest-africaine est dirigée par des gouvernements élus démocratiquement depuis 1992 et se prépare à organiser de nouvelles élections en fin d’année prochaine, lors desquelles l’actuel président Nana Akufo-Addo devrait briguer un second mandat. L’annonce des arrestations et du prétendu complot a surpris beaucoup de monde au Ghana, suscitant un certain scepticisme face aux explications peu claires du gouvernement.

Un analyste en sécurité, Festus Aboagyehe, se demandait sur quelle base se sont fondées les autorités pour conclure que les suspects planifiaient de «déstabiliser» le pays. «Les agences impliquées doivent être suffisamment professionnelles pour expliquer en quoi consiste exactement ce groupe», a déclaré à la presse locale cet officier retraité de l’armée. «Je ne comprends pas exactement ce que signifie  »viser la présidence »».

Par Le Figaro.fr avec AFP

Zimbabwe: un responsable de l’opposition arrêté après des manifestations interdites

août 23, 2019

 

Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), le principal parti d’opposition au Zimbabwe, a annoncé ce vendredi qu’un de ses responsables avait été arrêté pour ne pas avoir empêché une manifestation interdite par les autorités.

Amos Chibaya, secrétaire chargé de l’organisation, a été arrêté jeudi. Il doit comparaître lundi devant un juge qui décidera de son éventuelle remise en liberté sous caution. «Le maintien en détention de Chibaya témoigne d’un programme brutal de persécution que poursuit le régime», a condamné le MDC sur Twitter.

La police a précisé que cette arrestation était liée aux manifestations du 16 août à Harare. La police anti-émeutes avait violemment dispersé des sympathisants de l’opposition descendus dans les rues d’Harare contre la dégradation de la situation économique, en dépit d’une interdiction de manifester. Une centaine de personnes avaient été arrêtées. Par ailleurs, neuf membres d’un syndicat d’enseignants et leur avocat ont été arrêtés vendredi à Harare pour avoir manifesté pour une hausse de leur salaire et une amélioration de leurs conditions de travail, selon le MDC.

Le président Mnangagwa, qui a succédé fin 2017 à Robert Mugabe, aux commandes du pays pendant trente-sept ans, s’est engagé à relancer l’économie, jusqu’à présent en vain. Le Zimbabwe est confronté à des pénuries régulières de denrées de première nécessité, comme la farine, le pain, l’huile, mais aussi les carburants. Les Zimbabwéens sont aussi soumis à de très longues coupures d’électricité.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Espagne: arrêté pour avoir filmé à la dérobée l’entrejambe de centaines de femmes

août 21, 2019

 

Un homme de 53 ans a été écroué en Espagne pour avoir diffusé sur des sites porno des vidéos de centaines de femmes dont il filmait à leur insu les fesses ou l’entrejambe, notamment dans le métro, a annoncé mercredi la police.

Cet homme de nationalité colombienne est accusé d’être un voyeur pratiquant l’«upskirting», qui consiste à «enregistrer sans autorisation des vidéos sous les jupes et les robes des femmes pour les poster sur des sites pornographiques», selon le communiqué de la police. «L’enquête a débuté en mars quand les vidéos ont été découvertes sur des pages de contenu pornographique», a expliqué à la presse le policier Rafael Fernandez, inspecteur en chef des réseaux de l’unité de cyber-délinquance.

Au terme de mois d’enquête, l’homme a été arrêté en flagrant délit dans le métro de Madrid. Il posait sur le sol son sac à dos, dans lequel était caché un téléphone portable, caméra allumée, et filmait de près fesses et sous-vêtements, mais aussi parfois le corps entier et le visage. Il a été mis en examen et placé en détention provisoire en Espagne pour «attentat à la pudeur» et «corruption, abus ou prostitution de mineures», certaines des femmes filmées à leur insu n’ayant pas 18 ans. Le quinquagénaire est soupçonné d’avoir publié 283 vidéos sur des sites pornographiques où ses images ont été vues plus d’un million de fois.

«Cinq cent cinquante-cinq femmes différentes y apparaissent, dont 29 ont pu être identifiées et entendues», a précisé Rafael Fernandez. L’homme aimait agir dans le métro et les trains de banlieue mais avait aussi suivi des femmes jusque dans des supermarchés, a relevé l’officier de police. Selon le communiqué, il agissait «de manière compulsive», étant capable de filmer près de trente femmes en cinq jours.

Ce type de voyeurisme, répandu grâce à la miniaturisation des caméras, est de plus en plus souvent dénoncé à travers le monde, notamment en Corée du Sud. En janvier, le Parlement britannique a adopté un projet de loi visant à punir de deux ans de prison le fait de prendre des photos sous les jupes des femmes. En France, la «captation d’images impudiques» est punie par une loi promulguée en 2018.

Par Le Figaro.fr avec AFP

France: Un homme arrêté en voiture avec sa femme morte dans une valise

août 18, 2019

 

Un homme a été arrêté dimanche en Haute-Savoie alors qu’il circulait en voiture avec sa femme morte dans le coffre, selon des sources proches de l’enquête, confirmant une information du Parisien.

L’interpellation a été effectuée par les gendarmes vers 05H00 à Doussard, une commune riveraine du lac d’Annecy, dans le cadre d’un avis de recherche.

Le corps de la victime a été retrouvé dans une valise. Les deux enfants, âgés de 6 et 7 ans, sont «en bonne santé», selon ces mêmes sources.

La police judiciaire a été chargée d’une enquête pour meurtre. Contacté par l’AFP, le parquet d’Annecy n’a souhaité faire aucun commentaire sur cette affaire à ce stade.

La famille rentrait d’Italie et regagnait la France où elle réside, précise le quotidien. La police qui disposait d’un renseignement impliquant le suspect, connu de la justice, avait diffusé une demande d’interpellation. L’homme, de nationalité française, a été placé en garde à vue.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Un Irakien arrêté après avoir menacé de s’immoler près du Vatican

août 11, 2019

 

Un Irakien, demandeur de protection internationale en Italie, a été interpellé samedi par la police après avoir crié Allahou Akbar et menacé de s’immoler à proximité du Vatican, selon plusieurs médias italiens citant la police.

L’homme, qui était très agité, a brandi un briquet devant des agents en uniforme en faction près de colonnade de Saint-Pierre, selon le quotidien romain Il Messagero. Il a prononcé des phrases dépourvues de sens, des témoins ont reconnu l’expression arabe Allahou Akbar (Dieu est le plus grand). Il a été rapidement plaqué au sol par deux policiers en civil. L’individu était vêtu d’un jean et d’un t-shirt noir et ne portait ni sac à dos ni bouteille incendiaire. Il a été conduit au commissariat voisin pour des vérifications, selon le Messagero, qui a diffusé des images de vidéosurveillance sur son site.

Deux minutes seulement ont passé entre le début des menaces de l’homme et son arrestation. Pendant qu’il s’adressait à eux en faisant de grands gestes, l’homme était constamment sous surveillance des agents en service devant le Vatican, a souligné le Messagero. Les deux policiers en civil sont intervenus très rapidement pour éviter d’inquiéter les touristes et pèlerins qui ont continué de passer devant la scène, comme si de rien n’était.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Côte d’Ivoire : des arrestations qui inquiètent à quinze mois de la présidentielle

juillet 26, 2019

L’activiste ivoirien David Samba (à droite), le 23 juillet à Abidjan. © DR / Copie d’écran Facebook – David Samba

 

L’interpellation et le placement en garde à vue de cinq activistes et d’un journaliste, en début de semaine, inquiète au sein des organisations de la société civile. Celles-ci pointent notamment les effets du nouveau code pénal, accusé d’être « restrictif sur les libertés individuelles ».

Mardi 23 juillet six personnes – cinq activistes et un journaliste – ont été arrêtées à quelques encablures de la Commission électorale nationale indépendante (CEI) à Cocody, à Abidjan, alors qu’ils se rendaient dans cette institution pour répondre à un rendez-vous officiel. Placés en garde à vue à la préfecture de police, ils ont été libérés vingt-quatre heures plus tard, sans qu’aucun motif précis ne leur soit signifié, ont-ils affirmé.

Samba David, président de la Coalition nationale pour le changement (CNC), qui conduisait la délégation, avait auparavant appelé à un sit-in devant le siège de la CEI, avant de faire machine arrière après avoir été invité pour « une séance de travail avec les responsables de la CEI ». Ce rendez-vous, et le report de la manifestation devant la CEI, avait été obtenu grâce à l’intervention de la magistrate Aimée Zebeyoux, secrétaire d’État aux droits de l’homme, particulièrement active lors des pourparlers autour de la CEI entre le gouvernement, la société civile et les partis politiques.

Le nouveau code pénal indexé

À quinze mois de la présidentielle d’octobre 2020, ces gardes à vue inquiètent, aussi bien au sein de la société civile que parmi les ONG internationales de défense des droits de l’homme. L’interpellation du journaliste Marcel Louoba Dézogno, du quotidien Le Temps – un journal réputé proche de Laurent Gbagbo -, a notamment été beaucoup critiquée. « Nous suivons de très près cette affaire pour que ses droits soient respectés en la matière, si tant est qu’il était dans l’exercice de ses fonctions », avait assuré mercredi le ministre Sidi Touré, porte-parole du gouvernement, affirmant par ailleurs que les procédures avaient été conformes aux textes et que les droits des personnes interpellées avaient été garantis.

« Plus tôt nous réaliserons que nous sommes sous une dictature, plus vite nous saurons comment réagir », vitupère de son côté Pulchérie Edith Gbalet, qui était au nombre de ceux qui voulaient organiser un sit-in devant le siège de la CEI. La présidente de l’Alternative citoyenne ivoirienne (ACI), particulièrement active depuis sa tentative ratée de faire naître un mouvement de « Gilets Oranges » ivoiriens en décembre 2018, était au nombre de ceux qui voulaient organiser le sit-in devant la CEI. Mais mardi, elle n’état pas présente dans la délégation.

Plus nuancé, Hervé Delmas Kokou, directeur exécutif d’Amnesty Côte d’Ivoire, ne s’en montre pas moins critique. « Nous assistons de façon récurrente à l’interpellation d’acteurs de l’opposition et de la société civile, suite à des actes relevant de leur statut. Ces arrestations sans motifs valables sont des prétextes qui portent atteinte aux droits et libertés défendus par la Constitution ivoirienne », estime le directeur de l’ONG, avant de citer « l’article 20 de la Constitution de 2016, qui dispose que “Les libertés d’association, de réunion et de manifestation pacifiques sont garanties par la loi” ».

Vers un recours devant le Conseil constitutionnel

Christophe Kouamé, président de Citoyens et participation (CIVIS Côte d’Ivoire), une association d’éducation citoyenne, appelle de son côté à une mobilisation contre le nouveau code pénal, adopté le 19 juin dernier, responsable à ses yeux des interpellations visant de ceux qu’il qualifie de « dissidents ».

« La société civile, les syndicats, les partis politiques de l’opposition doivent lire – ou relire – le nouveau code pénal ivoirien et l’intégrer dans toutes leurs actions futures, en raison de son caractère restrictif sur les libertés individuelles », assure-t-il.

Parmi les points que l’activiste soulève, il y a notamment l’obligation désormais faite à toute personne souhaitant organiser une manifestation d’obtenir au préalable une autorisation des autorités. Jusque-là, les manifestations étaient soumises au régime de la simple déclaration. Une disposition que le CIVIS  envisage de porter devant le Conseil constitutionnel pour obtenir son annulation. « Si nous n’obtenons pas gain de cause, nous irons sûrement encore devant la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples », prévient-il.

Jeuneafrique.com par André Sylver Konan – à Abidjan