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Somalie: à Mogadiscio, des habitants désespérés à la recherche de leurs proches

octobre 16, 2017

Sur le site d’un attentat au camion piégé, le 14 octobre 2017 à Mogadiscio / © AFP / Mohamed ABDIWAHAB

Des larmes coulent sur les joues d’Abduweli Osman, prostré dans la touffeur moite à l’extérieur d’un hôpital de Mogadiscio. Comme des dizaines d’habitants en détresse, le jeune homme a recherché son frère pendant 24 heures. Mais il est désormais persuadé de sa mort dans l’effroyable attentat ayant frappé la capitale somalienne.

La dernière fois que lui et sa famille ont eu des nouvelles d’Abdukadir Ahmed, le jeune homme avait décidé, avant de rentrer chez lui, de se rendre samedi dans un quartier commerçant et très animé de Mogadiscio, connu sous le nom de K5.

Mais il n’est jamais revenu.

Puis sa famille a entendu la terrible nouvelle: un attentat, le plus meurtrier de l’histoire de la Somalie, avait frappé ce quartier où un camion piégé avait explosé, causant la mort d’au moins 276 personnes, faisant 300 blessés et détruisant une vingtaine de bâtiments, dont un hôtel, un restaurant, une pharmacie, réduisant en cendres les petits stands de vendeurs d’essence qui ont intensifié le brasier.

Abduweli Osman a couru d’hôpital en hôpital. « On l’a cherché partout ces dernières 24 heures (…) et finalement, nous sommes persuadés qu’il est décédé, parce que nous avons retrouvé sa carte d’étudiant », confie à l’AFP Abduweli en pleurant, à l’extérieur de l’hôpital Medina.

« C’est très douloureux de perdre quelqu’un que vous aimez dans une telle tragédie et qu’il ne soit pas possible de retrouver son corps et de lui offrir un enterrement digne », lâche le trentenaire, épicier.

Autour de lui, l’hôpital est surpeuplé. Des habitants en nage courent de salle en salle dans la chaleur accablante de la capitale ou se blottissent contre leurs proches soignés pour des blessures par éclats, des brûlures, des fractures…

Les habitants de Mogadiscio sont tristement habitués à la récurrence d’attentats dans leur ville. Les islamistes somaliens shebab, liés à Al-Qaïda, lancent fréquemment des attentats-suicides dans Mogadiscio et ses environs. Ils ont juré la perte du fragile gouvernement central somalien, soutenu par la communauté internationale et par les 22.000 hommes de la force de l’Union africaine (Amisom).

Mais l’ampleur de l’attaque a choqué les Somaliens, qui sont descendus par centaines dimanche dans les rues de la capitale et ont entamé lundi trois jours de deuil.

– Des corps non identifiés déjà enterrés –

Le souffle, qui a brisé des vitres à près d’un kilomètre à la ronde, a laissé de nombreux corps calcinés ou déchiquetés.

« Je n’ai jamais vécu une explosion aussi meurtrière, c’est comme si elle avait tué tous les gens à la ronde et mis le feu à tous les véhicules autour », rapporte Moalim.

Lundi, des personnes grièvement blessées ont commencé à être évacuées par un avion militaire turc, venu également apporter de l’aide médicale à des hôpitaux débordés, pour les emmener en Turquie.

Une centaine de personnes non identifiées ont déjà été enterrées. Ces funérailles suivent le rite musulman, mais elles sont aussi organisées rapidement car le gouvernement somalien ne dispose d’aucune morgue, ni les moyens de police scientifique afin d’identifier les victimes.

« Le gouvernement a fait tout ce qui était en son pouvoir pour identifier les corps (…) mais l’opération est devenue tellement difficile que nous avons décidé de les enterrer tous en même temps », explique un responsable gouvernemental, Muhidin Ali.

« Ces corps, dans un état effroyable, avaient été acheminés dans des hôpitaux pour être identifiés par des proches, mais la plupart des familles n’ont pas réussi à les reconnaître; l’ampleur de la catastrophe est au delà de ce qu’on peut imaginer en tant qu’être humain », souligne le responsable.

Malgré cette situation, beaucoup d’habitants s’accrochaient encore lundi à l’espoir de retrouver vivants des parents et attendaient, angoissés, dans des hôpitaux. Idil Ado, mère de trois enfants, est désespérément en quête d’informations sur sa nièce, disparue depuis l’attentat. Elle attend sous un arbre avec d’autres membres de sa famille à l’extérieur de l’hôpital Medina.

« Nous l’avons cherchée dans tous les hôpitaux de la ville et nous campons ici, à l’hôpital Medina, depuis hier. On espère toujours obtenir des informations ici, même si c’est pour apprendre son décès… », souffle-t-elle.

Mais pour Ahmed Farah, un secouriste interrogé sur les lieux de l’attentat, les chances de retrouver des survivants sont quasi nulles.

« Je ne pense pas qu’on retrouvera des survivants maintenant, environ 400 soldats ont travaillé avec les équipes d’urgence pour les recherches et (…) je ne vois aucun décombre sous lesquels des gens pourraient encore être en vie », confie-t-il.

Romandie.com avec(©AFP / 16 octobre 2017 19h38)                

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Somalie: au moins 137 morts et blessés dans l’attentat de Mogadiscio

octobre 15, 2017

Au moins 137 personnes ont été tuées et 300 blessées dans l’attentat au camion piégé mené samedi dans le centre de Mogadiscio, la capitale somalienne, a-t-on appris dimanche de source policière. / © AFP / Mohamed ABDIWAHAB

Au moins 137 personnes ont été tuées et 300 blessées dans l’attentat au camion piégé mené samedi dans le centre de Mogadiscio, la capitale somalienne, a-t-on appris dimanche de source policière.

« Nous obtenons différents chiffres pour les victimes de la part des centres médicaux, mais nous avons confirmé pour l’instant 137 (morts), la plupart brûlés au point de ne pas être reconnaissables. Le bilan des morts peut être encore plus élevé, car il y a plus de 300 blessés, pour certains d’entre eux grièvement », a déclaré à l’AFP un responsable de la police, Ibrahim Mohamed.

« Il est très difficile d’avoir un chiffre précis parce que les corps des morts ont été emmenés vers différents centres médicaux, et certains d’entre eux ont été enlevés directement par leurs proches pour être enterrés », a-t-il ajouté, précisant qu’il s’agissait du « pire attentat » ayant jamais frappé la Somalie.

« Ce que j’ai vu dans les hôpitaux que j’ai visités est indicible. On continue à retrouver des corps et je demande à chacun de venir aider. Les gens sont dans une situation difficile », a pour sa part déclaré le maire de Mogadiscio, Tabid Abdi Mohamed.

« Il n’y a pas de pire tragédie que quand quelqu’un vient voir le corps d’un proche décédé et ne peut pas le reconnaître », a-t-il souligné.

Cet attentat au camion piégé est survenu en milieu d’après-midi samedi sur le carrefour PK5, situé dans le district de Hodan, un quartier commercial très animé de la capitale avec ses magasins et ses hôtels.

Cet attentat n’a pas encore été revendiqué. Mais les islamistes somaliens shebab, affiliés à Al-Qaïda, lancent fréquemment des attaques et attentats-suicides dans Mogadiscio et ses environs.

Les shebab ont juré la perte du fragile gouvernement central somalien, soutenu par la communauté internationale et par les 22.000 hommes de la force de l’Union africaine (Amisom).

Ils ont été chassés de Mogadiscio en août 2011 et ont ensuite perdu l’essentiel de leurs bastions. Mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales d’où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides, souvent dans la capitale, et contre des bases militaires, somaliennes ou étrangères.

Romandie.com avec(©AFP / 15 octobre 2017 14h57)                

États-Unis: Trump affirme que les « terroristes ratés » de Londres étaient connus des services

septembre 15, 2017

Washington – Le président américain Donald Trump a dénoncé vendredi les « terroristes ratés » ayant commis l’attentat dans le métro de Londres, affirmant qu’ils avaient été repérés par Scotland Yard avant l’attaque qui a blessé au moins 22 personnes.

« Autre attaque à Londres par un terroriste raté. Ce sont des gens malades et déments qui étaient dans la ligne de mire de Scotland Yard. Il faut être proactif! », a écrit Donald Trump au petit matin sur Twitter.

Il a ensuite ajouté dans un second tweet: « On doit s’occuper des terroristes ratés de façon beaucoup plus dure. Internet est le principal outil de recrutement qu’on doit couper et mieux utiliser! »

Les autorités britanniques n’ont encore rien révélé de l’identité des auteurs de l’attaque dans le métro de Londres, perpétrée à l’aide d’un engin explosif artisanal, selon l’unité antiterroriste de la police londonienne.

Le gouvernement britannique s’était montré furieux lorsque des fuites dans la presse américaine attribuées à des sources officielles avaient révélé des informations sur l’attentat meurtrier de Manchester, qui a fait 22 morts lors d’un concert en mai 2017.

Un ancien responsable du cabinet de la Première ministre britannique Theresa May, Nick Timothy, a rapidement réagi vendredi aux tweets de Donald Trump.

« Vrai ou pas – et je suis certain qu’il ne sait pas – ceci est vraiment malvenu de la part du dirigeant de notre allié et partenaire dans le renseignement », a-t-il asséné sur Twitter.

Après son appel à se montrer plus proactif, Donald Trump a poursuivi sa série de tweets en plaidant pour que soit étendu son décret anti-immigration très controversé et partiellement appliqué après plusieurs batailles judiciaires.

« L’interdiction de voyager aux Etats-Unis devrait être bien plus large, plus dure et plus spécifique-mais bêtement, ça ne serait pas politiquement correct! » a écrit le président américain.

Il a ensuite conclu avec un quatrième tweet en évoquant la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

« Nous avons fait plus de progrès ces derniers neufs mois contre l’EI que l’administration Obama pendant huit ans.Il faut être proactifs et méchants! »

Romandie.com avec(©AFP / 15 septembre 2017 14h10)                                            

Attentat dans le métro de Londres: « une énorme détonation » et « un mur de feu »

septembre 15, 2017

Une femme téléphone à ses proches après l’attentat du métro de Londres, le 15 septembre 2017 / © AFP / Daniel LEAL-OLIVAS

« Nous partions travailler quand nous avons entendu une énorme détonation »: près de la station de métro de Parsons Green, dans le sud-ouest de Londres, Charlie Craven est encore sonné par le nouvel attentat qui a frappé sa ville.

Comme chaque matin, le jeune homme âgé d’une trentaine d’années s’apprêtait à prendre la ligne District vers la City, coeur financier de la capitale britannique. « J’ai regardé autour de moi et la première chose que j’ai vue, c’était une sorte de feu orange, comme dans les films. Des gens se sont mis à hurler sans vraiment savoir ce qui se passait », raconte-t-il à l’AFP, les mains encore tremblantes.

« J’ai juste entendu une détonation (…) j’ai regardé autour de moi et j’ai vu ce mur de feu venir vers nous », relate aussi Lauren Hubbard, la vingtaine.

En route vers son lieu de travail, Louis Hather, 21 ans, se trouvait lui dans la rame où l’engin explosif artisanal a détonné vers 08H20 (07H20 GMT). Il décrit à l’AFP une scène de panique: « des gens qui criaient et se précipitaient dans les escaliers ».

Blessé à la jambe dans la bousculade, il a réussi à sortir dans la rue où « des gens pleuraient. Ca sentait le plastique brûlé », poursuit-il, très choqué, décrivant aussi « une femme amenée sur un brancard dans une ambulance avec des brûlures sur tout le corps ».

– Quartier bouclé –

Les alentours de Parsons Green, situé dans le quartier aisé de Fulham où de nombreuses familles françaises ont élu domicile en raison de la proximité des écoles françaises, ont été immédiatement bouclés par la police.

En début d’après-midi une dizaine de camions des forces de l’ordre stationnent sur place tandis que deux hélicoptères survolent le quartier sans relâche.

Les habitants sont hagards, à l’image de Lucy, qui promène son chien. « Je n’arrive pas à croire que cela s’est produit ici. Vous savez que ça peut arriver, mais pas à côté de chez vous », dit-elle à l’AFP.

Solidaires, des commerçants ont apposé des affichettes offrant du thé ou du café, mettant à disposition leurs toilettes ou leurs prises électriques pour charger les téléphone.

Parmi eux, Lucy, patronne d’un salon d’ostéopathie. « C’est une situation difficile, les gens sont stressés, ils ont besoin de parler avec leur famille. Nous essayons juste d’aider comme nous le pouvons », explique-t-elle avec chaleur.

Des habitants qui ne peuvent pas rentrer chez eux sont assis sur le trottoir et regardent les informations via leurs smartphones.

« Je n’arrive pas à croire que cela ait pu arriver ici, c’est un quartier tellement familial », dit Alex W. qui se réjouit d’avoir décidé de prendre son vélo plutôt que le métro .

Romandie.com avec(©AFP / 15 septembre 2017 15h46)                

Bagdad: 11 morts dans un attentat à la voiture piégée à Sadr City

août 28, 2017

Un attentat à la voiture piégée dans le quartier de Sadr City, à l’est de Bagdad, a fait au moins 11 morts et 26 blessés, le 28 août 2017 / © AFP / STRINGER

Un attentat à la voiture piégée dans le quartier de Sadr City, dans l’est de Bagdad, a fait lundi au moins 11 morts et 26 blessés, ont indiqué des responsables des services de sécurité et des sources médicales.

L’explosion du véhicule piégé garé sur un marché dans ce quartier de la capitale irakienne à majorité chiite a fait « 11 morts et 26 blessés », a indiqué à l’AFP un officier de police, sous le couvert de l’anonymat.

Des sources médicales ont confirmé ce bilan, indiquant que des membres des services de sécurité se trouvaient parmi les victimes.

L’attaque a eu lieu vers 10H30 locales (07H30 GMT) dans l’un des plus grands centres commerciaux de Bagdad, ont précisé les sources de la sécurité. Les victimes ont été évacuées vers deux hôpitaux de Sadr City.

L’attentat a causé d’importants dégâts. De nombreux magasins ont été soufflés par l’explosion, tandis qu’un marché installé devant, était désormais un tas de gravats où des légumes jonchaient le sol considérablement endommagé, a constaté un journaliste de l’AFPTV.

Des bulldozers entamaient le déblaiement à la mi-journée et évacuaient des carcasses de voitures aux vitres brisées, tandis que le véhicule qui avait probablement servi à l’attaque, gisait, totalement écrasé.

L’attentat n’a pas été revendiqué dans l’immédiat, mais il rappelle le mode opératoire du groupe jihadiste Etat islamique (EI).

L’organisation extrémiste sunnite est en passe d’être chassée de Tal Afar, son dernier fief dans la province de Ninive (nord), notamment par les unités paramilitaires du Hachd al-Chaabi, dominé par les milices chiites et dont nombre des combattants sont originaires de Sadr City.

Romandie.com avec(©AFP / 28 août 2017 13h42)

Espagne-attentats: un suspect admet que la cellule préparait une attaque plus importante

août 22, 2017

Madrid – L’un des quatre suspects encore en vie des attentats en Catalogne, Mohamed Houli Chemlal, a admis devant un juge mardi que la cellule préparait un attentat de plus grande envergure, a-t-on appris de source judiciaire.

Le suspect a confirmé devant le juge d’instruction ses déclarations en garde à vue, selon lesquelles la cellule préparait un attentat plus important que les deux attaques de Barcelone et Cambrils, jeudi et vendredi. Elles ont fait 15 morts et plus de 120 blessés.

Mohamed Houli Chemlal blessé dans la déflagration de la maison d’Alcanar où la cellule aurait préparé les attaques, est à ce titre un suspect clef pour les enquêteurs: il est le seul en vie dont on sait avec certitude qu’il avait séjourné dans cette maison et qui puisse raconter ce que les suspects y faisaient.

« Sur les quatre personnes que nous avons en garde à vue, évidemment toutes sont interrogées et certains ont apporté des informations intéressantes », avait déclaré dimanche le chef de la police de Catalogne, le major Josep Lluis Trapero, laissant entendre que certains des détenus avaient parlé.

Jusqu’à lundi, la police catalane s’était d’ailleurs bien gardée de révéler son identité et elle était restée très discrète sur lui.

Sous les décombres, les policiers avaient découvert 120 bombonnes de gaz et des traces de substances habituellement utilisées pour fabriquer du TATP, un explosif prisé par le groupe Etat islamique (EI) qui a revendiqué les attentats.

Selon la police l’explosion a peut-être privé les auteurs des attaques des moyens de perpétrer des attentats beaucoup plus sanglants.

L’AFP n’était pas en mesure mardi de contacter l’avocat du prévenu, commis d’office, et dont l’identité n’a pas été diffusée par la justice.

Romandie.com avec(©AFP / 22 août 2017 16h32)                                            

Attentats: Barcelone pleure ses morts, qui auraient pu être bien plus nombreux

août 20, 2017

Hommage aux victimes des attentats en Catalogne, le 20 août 2017 à Barcelone / © AFP / JAVIER SORIANO

Barcelone a rendu hommage dimanche, dans sa célèbre cathédrale de la Sagrada Familia, aux victimes des attentats en Catalogne, pendant que la police révélait des détails glaçants sur les assaillants, qui disposaient de 120 bonbonnes de butane.

Les auteurs des attentats de jeudi et de vendredi en Espagne s’apprêtaient à commettre « un ou plusieurs attentats » de « manière imminente », quand un raté a entraîné la déflagration qui a détruit la maison où ils préparaient les attaques, a déclaré le chef de la police catalane Josep Lluis Trapero.

Dans cette maison d’Alcanar (à 200 km au sud-ouest de Barcelone), qu’ils occupaient depuis environ six mois, les jihadistes avaient entreposé au moins 120 bonbonnes de gaz, a-t-il révélé, expliquant que la police avait fait cette découverte en inspectant les décombres.

Martine Groby, une retraitée française de 61 ans voisine de la villa, a raconté à l’AFP avoir vu depuis avril quatre hommes « qui parlaient tous français », aller et venir en déchargeant avec méfiance des marchandises.

Selon cette femme qui regrette de ne pas avoir signalé leurs activités, ils faisaient des allers-retours à deux, pendant que les deux autres restaient, soit à pied avec des sacs à dos, soit dans une camionnette blanche ou sur deux motos « puissantes » et « s’arrangeaient toujours pour que je ne voie pas ce qu’ils déchargeaient ».

L’inspection de leur repaire a aussi permis de découvrir des substances explosives, y compris des traces de TATP, explosif prisé des jihadistes du groupe Etat islamique (EI) qui a revendiqué les attentats, car il se fabrique avec des ingrédients en vente libre.

Moins de 24 heures après la déflagration qui s’est produite mercredi soir, la cellule a perpétré un double attentat au véhicule-bélier à Barcelone et à Cambrils.

– Un imam sorti de prison ? –

Parmi les suspects, un seul était encore en fuite dimanche, mais la police ignorait s’il se trouvait encore en Espagne. « Nous ne savons pas où il est », a admis Josep Lluis Trapero.

La cellule en tant que telle est « neutralisée », a cependant souligné le responsable des affaires intérieures de la région Joaquim Forn.

Le groupe comprenait 12 personnes dont un imam, a ajouté Josep Lluis Trapero, sans donner son nom.

L’imam Abdelbaki Es Satty, âgé d’une quarantaine d’années, aurait pu radicaliser la douzaine de jeunes qui auraient intégré la cellule avec lui.

« Il était très solitaire, se joignait plus à des jeunes qu’à des personnes de son âge », a déclaré à l’AFP à Ripoll un Marocain de 43 ans ayant souhaité rester anonyme.

D’après des médias espagnols, Abdelbaki Es Satty avait déjà été incarcéré pour des délits mineurs.

Selon El Pais et El Mundo, citant des sources de la lutte antiterroriste, il a fréquenté en prison, dont il est sorti en janvier 2012, des détenus ayant eu un lien avec les attentats islamistes de mars 2004 qui avaient causé la mort de 191 personnes dans des trains de banlieue à Madrid.

– Recueillement à la Sagrada Familia –

Pendant que l’enquête avançait, Barcelone a rendu dimanche hommage aux victimes.

Près de 2.000 personnes ont assisté à la « messe pour la paix et la concorde » organisée dans l’emblématique basilique de la Sagrada Familia.

Le chef du gouvernement conservateur Mariano Rajoy, était assis, protocole oblige, à côté du président de la Catalogne Carles Puigdemont avec lequel les différends se multiplient autour de ses projets indépendantistes. « L’union nous rend fort, la division nous ronge et nous détruit », a curieusement dit dans son homélie l’archevêque de Barcelone Juan-Jose Omella.

A l’extérieur s’étaient massées des centaines de personnes, sous le regard de tireurs d’élite postés sur les toits environnants.

Douze des 14 personnes tuées dans les attentats ont été formellement identifiées. Parmi elles, un petit garçon de sept ans australo-britannique dont la famille avait diffusé un avis de recherche déchirant, et un autre enfant, espagnol, de trois ans.

Dimanche après-midi dix personnes étaient encore entre la vie et la mort.

Camp Nou

Dans la soirée, les Barcelonais ont vécu un autre moment de communion, très spécial, dans leur cher Camp Nou, où le Barça a remporté un succès poignant face au Betis Séville (2-0) pour la reprise du Championnat de football d’Espagne.

Les joueurs arboraient un brassard noir et leurs noms sur les maillots avaient disparu pour laisser place à un sombre « Barcelone ».

Maarten Demunster, un spectateur Belge, de 44 ans a refusé d’annuler son billet contrairement à ce que d’autres avaient fait.

« J’ai eu peur. Forcément. (…) mais ne pas venir, c’est exactement ce qu’ils veulent », a-t-il confié à l’AFP.

« La reconquête de la normalité représente la plus grande des défaites pour ceux qui veulent porter atteinte à notre style de vie… dont fait partie le football », avait aussi déclaré le président catalan.

Romandie.com avec(©AFP / 20 août 2017 23h23)

Les musulmans de Barcelone craignent de perdre leur Espagne tolérante

août 20, 2017

Rassemblement de musulmans sur les Ramblas de Barcelone, le 19 août 2017, en soutien aux victimes des attentats de jeudi / © AFP / LLUIS GENE

L’imam Raja Miah du quartier de Raval à Barcelone a croisé moins de fidèles depuis les attentats en Catalogne. L’importante communauté musulmane du quartier se fait discrète, craignant de ne plus vivre l’harmonie entre communautés religieuses qui règne en Espagne.

« Les gens ont vraiment peur », explique le jeune Raja Miah, assis dans une pièce minuscule tandis qu’à côté, des enfants étudient le Coran dans cette modeste mosquée proche des Ramblas, l’avenue endeuillée par l’attentat où 13 personnes ont trouvé la mort jeudi.

« Dès qu’ils sortent, les gens ont peur. Ils sont peu nombreux à venir prier. D’habitude nous sommes une quarantaine, mais hier soir, nous étions quinze et ce matin, dix », expliquait samedi le jeune religieux de 23 ans, arrivé il y a neuf ans dans la capitale catalane.

La communauté musulmane du pays avait la sensation jusqu’à présent de vivre dans une petite oasis d’entente.

En Espagne, les partis d’extrême droite sont isolés. La société accepte bien la différence. Seuls 4% des citoyens estiment que l’immigration constitue un problème, selon les études d’opinion du Centre de recherches sociologiques (CIS).

Après la vague d’attentats du groupe Etat islamique (EI) en Europe, le nombre d’actes islamophobes a tout de même flambé, passant de 48 à 534 entre 2014 et 2015, selon la Plateforme citoyenne contre l’islamophobie.

– Quelque chose a changé –

Mais au Raval, où la moitié de la population est immigrée, avec de grandes communautés pakistanaise, bangladaise et marocaine, on vivait plutôt bien.

« Les Espagnols nous traitent bien, ils nous aident, ils nous font nous sentir chez nous », explique Raja.

Après les attentats cependant un silence un peu plus lourd qu’à l’accoutumée régnait dans les rues habituellement grouillantes du quartier populaire et densément peuplé.

Quelques minutes après l’attentat de Barcelone, l’imam a senti que quelque chose avait changé.

Alors qu’il avait pris peur en entendant la panique entraînée par le passage de la camionnette meurtrière, il a tenté de quitter le quartier lui aussi, mais la police l’a arrêté pour un contrôle.

« C’est normal, ils ont vu ma barbe, ma tunique, ils m’ont fouillé. Tu te sens mal », raconte-t-il.

« Ce qui se passe en France, au Royaume-Uni ou ailleurs fait peur », témoigne aussi, en évoquant la montée des partis d’extrême droite, Islam Zahid, 22 ans, gérant d’une supérette dans une petite rue où seuls résonnent les cris d’enfants jouant au football.

En remontant les Ramblas avec sa fille pour rejoindre une manifestation de musulmans condamnant les attentats, Marzouk Rouj, un Marocain de 39 ans, avoue être « submergé » par la tristesse.

Au début de l’allée touristique, en plein coeur de la ville, il rejoint une centaine de personnes, les yeux humides. « Ils ne sont pas musulmans, ils sont terroristes », « l’islam c’est la paix », scande le groupe. Certains ont déposé une couronne de fleurs en hommage aux victimes.

« J’ai passé plus de temps ici que dans mon pays. Mes enfants sont scolarisés ici et je ne veux pas qu’on les regarde de travers à cause de ces barbares », s’énerve Marzouk, qui a quitté Nador, au nord-est du Maroc, quand il avait 16 ans.

« En fin de compte, nous, les musulmans, sommes les principales victimes, aussi bien parce que nous sommes les plus nombreux à être tués dans ces attentats qu’à cause de la pression sociale », se lamente aussi Xantal Genovart, vice-présidente de l’association des femmes musulmanes de Catalogne.

Cette région du nord-est de l’Espagne, où vit un quart de la population musulmane du pays, soit un demi-million de personnes, constitue l’une des principales zones de radicalisation, selon les experts.

Mounir Benjelloun, président de la Fédération espagnole des groupes religieux islamiques, se veut optimiste : « Je pense que l’Espagne saura faire la part des choses et ne pas nous assimiler aux coupables, afin que le message xénophobe ne se répande pas ».

Vendredi, certains à Barcelone semblent lui avoir donné raison: quand une vingtaine de militants anti-islam ont tenté de manifester sur l’avenue, des passant les ont repoussés à coups de « Non aux racistes ! »

Romandie.com avec(©AFP / 20 août 2017 15h48)                

Espagne: 120 bonbonnes de gaz retrouvées pour « un ou plusieurs attenats » à Barcelone

août 20, 2017

Des bonbonnes de gaz retrouvées lors de perquisitions à Alcanar, en Espagne après l’attentat de Barcelone, le 18 août 2017 / © AFP / JOSE JORDAN

La cellule responsable des attentats en Espagne préparait « un ou plusieurs attentats » à la bombe à Barcelone avec 120 bonbonnes de butane retrouvées dans une maison à Alcanar, à 200 kilomètres au sud-ouest, a annoncé la police dimanche.

« Nous commençons à voir clairement que c’est le lieu où se préparaient les explosifs pour commettre un ou plusieurs attentats dans la ville de Barcelone », a déclaré le chef de la police de Catalogne, Josep Lluis Trapero.

Romandie.com avec(©AFP / 20 août 2017 13h08)

Attaque au Burkina: marche silencieuse contre la « barbarie »

août 19, 2017

Ouagadougou – Près d’un millier de personnes ont marché en silence samedi à Ouagadougou pour dire « Non à la barbarie! » sur l’avenue Kwame N’Krumah, principale artère de la capitale burkinabè et théâtre d’un attentat contre un café-restaurant qui a fait 19 morts le weekend dernier, selon un nouveau bilan.

A l’appel de la société civile, des personnalités culturelles et politiques, des hommes d’affaires et des leaders religieux, plusieurs centaines de personnes, majoritairement vêtues de tee-shirts blancs frappés du message « Non à la violence », ont effectué une procession sur près de 1,5 km baptisée « Burkina debout ».

Au cours de la marche encadrée par un important dispositif sécuritaire, ils ont brandi des banderoles où l’on pouvait lire: « Hommage aux victimes de l’ignominie », « le Burkina reste debout contre la barbarie, pour la démocratie et la paix » ou « non au terrorisme au Burkina et partout dans le monde ».

Les manifestants ont effectué une halte au café-restaurant Cappuccino, également situé sur l’avenue Kwame N’Krumah, principale cible de l’attaque jihadiste qui avait fait 30 morts et 71 blessés en janvier 2016, avant de se rassembler devant le restaurant Aziz Istanbul visé dimanche dernier, recouvert de tissus noirs.

Deux assaillants ont attaqué à l’arme automatique ce café-restaurant hallal du centre de Ouagadougou, faisant 19 morts selon le nouveau bilan publié samedi après la mort d’un gendarme qui figurait parmi les blessés de l’attentat qui n’a toujours pas été revendiqué.

Le maréchal des logis Sawadogo Yassia est décédé « des suites de blessures par balle, lors de l’intervention à l’attaque terroriste contre le café Aziz Istanbul le 13 aout 2017 », a déclaré le ministre burkinabè de la Défense, Jean Claude Bouda.

Il a succombé lors de son transfèrement en Tunisie pour des soins, a précisé à l’AFP une source sécuritaire.

Le nouveau bilan de l’attaque de l’Aziz Istanbul est de « 19 morts dont 10 Burkinabè et 21 blessés », selon une source proche du ministère de la Sécurité.

Lors de la manifestation de samedi, le maire de la capitale a demandé une minute de recueillement.

« Le Burkina est meurtri, les Burkinabè sont blessés dans leur chair et dans leur âme mais le pays reste debout et ne se mettra jamais à genoux devant la sauvagerie et la barbarie aveugle administrée par ceux qui ont perdu foi en Dieu et en leur propre humanité », a lancé Armand Béouindé.

Il s’agit d’une mobilisation « contre le funeste dessein de nous asservir et de nous avilir », a expliqué Harouna Kaboré, un des organisateurs de la marche, appelant à se « serrer les coudes et redresser la tête pour faire face à l’adversité ».

Des prières et des bénédictions ont également été prononcées pour le repos des âmes des victimes de l’attaque et pour le président de l’Assemblée nationale, Salifou Diallo mort samedi lors d’un déplacement à Paris.

« Nous prions pour les victimes de notre pays et d’ailleurs qui ont été touchées par cette barbarie et nous prions Dieu d’apaiser leurs coeurs », a déclaré le représentant de la communauté catholique, l’abbé Anatole Tiendrebéogo.

Avant de se disperser, les participants à la marche ont entonné, poing levé, l’hymne national en guise « de résistance au terrorisme ».

Pays sahélien pauvre d’Afrique de l’Ouest d’abord épargné par les attaques et enlèvements d’occidentaux, le Burkina est entré depuis avril 2015 dans un cycle d’enlèvements et d’attaques islamistes, surtout dans le nord du pays, frontalier du Mali et du Niger.

Romandie.com avec(©AFP / 19 août 2017 17h16)