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Mali : le chef du groupe État islamique au Grand Sahara tué par les forces françaises

septembre 16, 2021
Abou Walid al-Sahraoui, dans une vidéo de propagande.

Les forces françaises ont tué le chef du groupe jihadiste État islamique au Grand Sahara (EIGS), Adnan Abou Walid al-Sahraoui, un « succès majeur », a annoncé le président français Emmanuel Macron dans la nuit de mercredi à jeudi.

« Il s’agit d’un nouveau succès majeur dans le combat que nous menons contre les groupes terroristes au Sahel », a déclaré le président français sur Twitter.

Cet été, en juin et juillet, Paris avait déjà annoncé la mort ou la capture de plusieurs cadres de haut rang de l’EIGS par la force française Barkhane et ses partenaires, dans le cadre de sa stratégie de cibler les dirigeants et les cadres des organisations jihadistes. Le chef de l’EIGS « est mort à la suite d’une frappe de la force Barkhane », a tweeté de son côté la ministre française des Armées Florence Parly, en saluant également « un coup décisif contre ce groupe terroriste. Notre combat continue ».

L’EIGS, créé en 2015 par Adnan Abou Walid al-Sahraoui, ancien membre du Front Polisario, puis de la mouvance jihadiste Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), avait été désigné comme « ennemi prioritaire » au Sahel, lors du sommet de Pau (sud-ouest de la France), en janvier 2020. Il est en effet considéré comme étant à la manoeuvre de la plupart des attaques dans la région des « trois frontières », un vaste espace aux contours vagues à cheval sur le Mali, le Niger et le Burkina Faso.

Cette zone constitue la cible récurrente d’attaques de deux groupes armés jihadistes : l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al Qaïda. – « Nous poursuivrons ce combat » – L’EIGS a perpétré des attaques particulièrement meurtrières, visant civils et militaires, au Mali, au Niger et au Burkina Faso. Il avait pris pour cible des soldats américains dans une attaque meurtrière en octobre 2017, au cours de laquelle quatre soldats américains des Forces spéciales et quatre Nigériens avaient été tués dans une embuscade à Tongo Tongo, près du Mali, dans le sud-ouest du Niger.

Fin 2019, l’EIGS avait mené une série d’attaques d’ampleur contre des bases militaires au Mali et au Niger. Et le 9 août 2020, au Niger, le chef de l’EIGS avait personnellement ordonné l’assassinat de six travailleurs humanitaires français et de leurs guide et chauffeur nigériens. Cette attaque contre des jeunes engagés dans l’humanitaire avait suscité une vive émotion en France et au Niger, classé ensuite en zone rouge, soit « formellement déconseillée », à l’exception de la capitale Niamey, par le ministère français des Affaires étrangères.

Après plus de huit ans d’engagement important, Emmanuel Macron a annoncé en juin une réduction de la présence militaire française au Sahel et la fin de l’opération antijihadiste Barkhane au profit d’un dispositif resserré, recentré sur les opérations de contre-terrorisme et l’accompagnement au combat des armées locales, autour d’une alliance internationale associant des Européens. « La Nation pense ce soir à tous ses héros morts pour la France au Sahel dans les opérations Serval et Barkhane, aux familles endeuillées, à tous ses blessés. Leur sacrifice n’est pas vain. Avec nos partenaires africains, européens et américains, nous poursuivrons ce combat », a ajouté Emmanuel Macron dans un autre tweet.

Par Jeune Afrique avec AFP

Royaume-Uni: une jeune femme qui avait rejoint l’EI victime de trafic d’êtres humains, selon ses avocats

juin 18, 2021

Shamima Begum, qui avait rejoint adolescente le groupe djihadiste Etat islamique en Syrie à partir du Royaume-Uni et a été déchue de sa nationalité britannique, est une victime de la traite d’être humains, ont plaidé ses avocats lors d’une audience à Londres.

Alors âgée de 15 ans, Shamima Begum avait quitté en 2015 avec deux amies le Royaume-Uni, où elle est née et a grandi, pour la Syrie. Sur place, elle a épousé un djihadiste de l’organisation Etat islamique d’origine néerlandaise, de huit ans son aîné. Détenue par une milice kurde dans le camp de Roj, dans le nord de la Syrie, elle veut revenir dans son pays pour demander à récupérer sa nationalité britannique. Elle en avait été déchue en 2019 pour des raisons de sécurité nationale, un cas devenu emblématique de la situation des «revenants». Mais en février, la Cour suprême britannique a refusé son retour.

Les avocats de la jeune femme âgée aujourd’hui de 21 ans ont déclaré vendredi à un tribunal spécialisé, la Commission spéciale des recours en matière d’immigration (SIAC) que le ministère de l’Intérieur avait l’obligation légale de déterminer si elle avait été victime de trafic d’être humains. «L’unité antiterroriste avait des soupçons de coercition et de contrôle» à l’époque où Shamima Begum a quitté le Royaume-Uni, a déclaré son avocate, Samantha Knights.

Des conditions de détention «catastrophiques»

Les avocats de Shamima Begum ont souligné que le ministère de l’Intérieur n’avait pas examiné si elle était «une enfant qui a été victime de la traite et qui est restée en Syrie à des fins d’exploitation sexuelle et de mariage forcé». La défense du ministère a relevé que, dans ses interviews, Shamima Begum n’avait jamais déclaré avoir «été victime de traite». Shamima Begum souhaite également contester la déchéance de sa citoyenneté britannique au motif qu’elle l’a rendue «apatride de facto» et que la décision était inéquitable sur le plan procédural.

Son avocate, Samantha Knights a qualifié de «catastrophiques» ses conditions de détention dans le camp de Roj et demandé à la SIAC d’examiner de nouveaux motifs d’appel de sa déchéance de nationalité.

En avril, l’ONG de défense des droits Reprieve avait estimé que près des deux tiers des femmes et enfants britanniques détenus dans des camps dans le Nord-Est de la Syrie étaient des victimes de la traite d’êtres humains, et avait dénoncé leur «abandon» par Londres. L’ONG estimait qu’il restait 25 adultes et 34 enfants britanniques dans la région.

Par Le Figaro avec AFP

Mali : relâché en 2020 contre Soumaïla Cissé, un cadre de l’État islamique de nouveau capturé

juin 17, 2021
Vue depuis un hélicoptère français de l’opération Barkhane, en mai 2017 au dessus de Gao, dans le nord du Mali.

Paris annonce la capture de Dadi Ould Chouaïb, plus connu sous le nom d’Abou Dardar. Ce cadre de l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) faisait partie de l’échange de prisonniers qui a permis la libération de Soumaïla Cissé et Sophie Pétronin.

Dadi Ould Chouaïb, dit Abou Dardar, a été capturé le 11 juin à l’occasion d’un raid mené conjointement par les forces armées nigériennes et françaises. Trois autres jihadistes ont été interpellés dans cette même localité d’In Arabane, au sud de Ménaka et à proximité de la frontière avec le Niger, dans la zone dite des « Trois frontières ».

« Un homme à moto et au comportement suspect a été repéré par un hélicoptère, précise l’état-major des armées à Jeune Afrique. Une action de combat a immédiatement été menée et a permis d’interpeller l’individu qui possédait une arme automatique, une lunette de vision nocturne, un gilet de combat, un téléphone et une radio. L’intéressé s’est rendu sans résister. »

Juge islamique

Originaire d’In Arabane, Abou Dardar est « un commandant de second rang de l’EIGS [l’État islamique au Grand Sahara], moins connu que certains cadres comme Abou Walid, mais très important au niveau local », précise Héni Nsaibia, chercheur au sein de l’Armed Conflict Location and Event Data Project (Acled). « Il a apporté beaucoup de ressources humaines au sein de l’organisation et dispose d’un important réseau. Beaucoup de membres de sa tribu sont entrés dans les rangs de l’EIGS », poursuit-il.

Dadi Ould Chouaïb avait déjà été arrêté une première fois au Mali mais avait été relâché en octobre 2020 par les autorités maliennes lors de l’échange de prisonniers ayant conduit à la libération des otages Soumaïla Cissé et Sophie Pétronin.

Depuis sa libération, le jihadiste occupait au sein de l’organisation terroriste le rôle de cadis (« juge islamique »), précise Héni Nsaibia. « Il est suspecté d’avoir mutilé trois hommes le 2 mai dernier lors du marché hebdomadaire de Tin Hama », ajoute un porte-parole de l’armée française.

Deux hommes d’expérience

Si seule l’arrestation d’Abou Dardar a été officiellement confirmée, un autre cadre de la nébuleuse jihadiste aurait été arrêté lui aussi lors de l’opération selon plusieurs sources. Il s’agit d’Issa al-Sahraoui. Bien que l’on ait peu d’informations sur son rôle opérationnel, cet ancien membre du noyau dur du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), « parfois désigné comme un messager au sein de l’organisation, est très proche du numéro 1 de l’EIGS, Adnane Abou Walid al-Sahraoui », précise le chercheur de l’Acled.

Leur arrestation porte un coup à l’organisation terroriste EIGS, qui perd « des hommes d’expérience et de réseaux », conclut le chercheur. Au cours de l’opération, un soldat nigérien a été tué et deux soldats français blessés, leur pronostic vital n’est pas engagé.

Avec Jeune Afrique par Manon Laplace – à Bamako

Mozambique : à Palma, l’attaque minutieusement préparée de l’État islamique

mars 30, 2021
Des bateaux de toutes tailles ont été déroutés vers le port de Palma pour secourir les habitants réfugiés sur la plage.

Depuis le 24 mars, les terroristes du groupe Al-Shabab mènent une vaste offensive contre la ville de Palma, dans le Cabo Delgado. L’État islamique a revendiqué l’attaque et des milliers de personnes cherchent toujours à fuir la zone.

Mercredi 24 mars. Il est environ 15h30 quand la cheffe d’une entreprise de construction reçoit un appel téléphonique de ses employés. « Ils m’ont dit qu’ils venaient de quitter les bureaux, qu’il y avait une attaque », raconte-t-elle. Ce jour-là, elle-même est en déplacement à Pemba, la capitale régionale de la province du Cabo Delgado située à 400 km au sud de Palma. « Ils ne savaient pas où aller, certains étaient très paniqués. » Une heure plus tard, les télécommunications sont coupées. « Depuis, nous n’avons plus de nouvelles », soupire-t-elle, préoccupée par le sort de ses 120 employés.

Jeudi 25 mars. Pris au piège dans un hôtel avec 180 clients, un homme se filme à l’aide de son téléphone pour faire le point sur la situation au deuxième jour de l’assaut. « Ils ont commencé les attaques vers 9 heures du matin, armés de katanas, ils s’en sont pris à différentes personnes. Des attaques à l’arme à feu ont commencé à partir de 15 heures. Cela fait 24 heures que l’on est reclus dans cet hôtel. On ne sait pas comment on va sortir d’ici », relate-t-il. En fond sonore, le bruit des hélicoptères qui patrouillent au-dessus de l’hôtel.

Opération d’exfiltration

Quelques opérations de sauvetage vont pouvoir être réalisées grâce aux appareils de l’entreprise paramilitaire sud-africaine D.A.G. Sous contrat avec le gouvernement mozambicain, ses mercenaires couvrent la région depuis un an. Une vingtaine de personnes sont ainsi évacuées de l’hôtel Amarula, sur la pelouse duquel elles avaient écrit les lettres SOS. Mais la capacité en sièges et en carburant des hélicoptères est limitée. Beaucoup doivent être laissés sur place.

Vendredi 26 mars. Au troisième jour de l’assaut, une opération d’exfiltration est tentée par la route. En quittant l’Amarula, la colonne de 17 camions est attaquée par les insurgés. Sept civils sont tués, selon le porte-parole de l’armée mozambicaine. Un Britannique et un Sud-Africain font partie des victimes confirmées.

Ce dernier conduisait l’un des camions de ce convoi désespéré. Son père et son frère étaient à bord. Après avoir essuyé des tirs, ces derniers ont abandonné le camion et se sont cachés dans la végétation. Les deux miraculés ont veillé le corps de leur fils et frère une nuit entière, dissimulés dans la nature, avant d’être secourus.

En envahissant la ville, les terroristes ont également tué au moins une douzaine de personnes d’après l’armée mozambicaine, mais les liaisons téléphoniques n’ayant toujours pas été rétablies, il est difficile d’établir un bilan précis. Sans doute sera-t-il bien plus lourd.

Cible d’attaques jihadistes depuis 2017

Le groupe Al-Shabab (« les jeunes », en arabe, différent du groupe homonyme qui sévit en Somalie) mène des attaques depuis 2017 dans le Cabo Delgado. Cette province pauvre à majorité musulmane se situe à l’extrême-nord du Mozambique, près de la frontière avec la Tanzanie.

« [Beaucoup sont] des jeunes frustrés, y compris des petits commerçants et des pêcheurs pauvres, qui ont commencé à construire leurs propres mosquées dans la province de Cabo Delgado et à défier les chefs religieux qu’ils considéraient comme trop proches du pouvoir », explique International Crisis Group dans une étude qui leur est consacrée.

LE GROUPE AL-SHABAB AFFIRME AVOIR TUÉ 55 PERSONNES, DONT DES SOLDATS MOZAMBICAINS, DES CHRÉTIENS ET DES OCCIDENTAUX.

Ils s’en prennent volontiers aux bâtiments publics et aux symboles de l’État, mais n’oublient pas de piller les banques. Le groupe Al-Shabab a fait allégeance au groupe État islamique, qui a revendiqué l’attaque de Palma, le 29 mars, et affirmé avoir tué 55 personnes, dont des soldats mozambicains, des Chrétiens et des Occidentaux.

De nombreux étrangers sont présents dans la zone. Ils travaillent notamment pour les entreprises qui opèrent sur l’immense site gazier sécurisé d’Afungi, à 20 km au sud de Palma. Le français Total y développe un projet de 20 milliards de dollars pour extraire du gaz naturel liquéfié.

Le groupe avait mis ses activités en pause depuis le mois de décembre en raison de la menace terroriste. Coïncidence malheureuse, il venait d’annoncer son retour, le 24 mars, le jour de l’attaque terroriste. Depuis l’assaut, Total a fait machine arrière et réduit au strict minimum le personnel sur place. Des milliers d’employés ont été renvoyés par bateaux vers la ville de Pemba.

ENTRE 6 000 ET 10 000 PERSONNES ATTENDENT TOUJOURS D’ÊTRE ÉVACUÉES

La majorité des évacuations en cours se fait par la mer. D’après des données GPS, des bateaux de toutes tailles et de tous types ont été déroutés vers Palma pour secourir les habitants réfugiés sur la plage. La presse a comparé ces mouvements à l’opération Dynamo qui a permis l’évacuation de Dunkerque dans le nord de la France pendant la seconde guerre mondiale.

« Des pétroliers, des ferrys, des remorqueurs et des bateaux de plaisance ont secouru des gens à leurs propres risques », a commenté l’internaute qui a mis ces manœuvres en évidence. Entre 6 000 et 10 000 personnes attendent toujours d’être évacuées selon des agences d’aide internationales.

« Un gouvernement incapable de contrôler l’insurrection »

L’armée est de retour à Palma et fait face à des poches de résistances. Pourra-t-elle libérer cette ville de 75 000 habitants ? En août 2020, les forces de sécurité mozambicaines ont été contraintes d’abandonner la localité portuaire de Mocímboa da Praia, à 80 km au sud de Palma. Aujourd’hui, celle-ci serait encore en partie contrôlée par les terroristes. C’est d’ailleurs une photo prise dans les environs de Mocímboa da Praia qui illustre la revendication du groupe État islamique.

UNE ATTAQUE PAREILLE NÉCESSITE DEUX À TROIS MOIS DE PRÉPARATION

L’invasion de Palma et son évidente préparation ont de quoi inquiéter. « La plupart des Sud-Africains qui travaillent ici ont fait l’armée, raconte un témoin qui a pu échanger avec des rescapés. Selon eux, une attaque pareille nécessite deux à trois mois de préparation. Les terroristes étaient très bien armés, ils avaient beaucoup de munitions et des armes lourdes. »

Les défaites de l’armée mozambicaine ont nourri l’arsenal des terroristes. Historicoblog, spécialiste français des mouvements djihadistes, a répertorié les armes récupérées sur les forces armées nationales. Ses tableaux racontent autant les déroutes des soldats mozambicains que la montée en puissance du groupe Al-Shabab.

« Ce qu’il faut retenir de cette attaque, c’est la destruction des infrastructures, la sophistication de l’attaque et sa brutalité », résume Jasmine Opperman, analyste pour l’ONG. Mais cette spécialiste du conflit dans le Cabo Delgado veut aussi attirer l’attention sur la faillite de l’État mozambicain et sur « la mise à nue d’un gouvernement incapable de contrôler l’insurrection » : « Pour combien de temps encore, la communauté internationale va-t-elle rester sans rien dire et accepter la petite histoire qui veut que le Mozambique ne peut pas protéger sa propre souveraineté ? »

Avec Jeune Afrique Romain Chanson

La justice britannique refuse le retour en Grande-Bretagne d’une jeune femme ayant rejoint l’EI

février 26, 2021

LA JUSTICE BRITANNIQUE REFUSE LE RETOUR EN GRANDE-BRETAGNE D'UNE JEUNE FEMME AYANT REJOINT L'EI

LONDON (Reuters) – La Cour suprême britannique a rejeté vendredi le recours d’une jeune femme née en Grande-Bretagne et privée de citoyenneté britannique après avoir rejoint les rangs du groupe Etat islamique en Syrie, qui réclamait le droit de revenir au Royaume-Uni pour contester la décision des autorités.

Le tribunal a estimé que Shamima Begum, qui a 21 ans, représentait un risque pour la sécurité du pays.

Elle avait rejoint l’EI en 2015, à l’âge de 15 ans, avec deux camarades de lycée et épousé un combattant de l’organisation djihadiste.

Shamima Begum est actuellement détenue dans un camp en Syrie. Le gouvernement britannique l’a déchue de sa nationalité en 2019 pour des raisons de sécurité nationale mais la Cour d’appel avait estimé l’an dernier qu’elle ne pourrait contester cette décision qu’à la condition d’être autorisée à rentrer en Grande-Bretagne.

La Cour suprême a au contraire estimé que Shamima Begum pourrait toujours faire appel de la décision, mais pas sur le sol britannique.

Le Premier ministre Boris Johnson s’est félicité de cette décision. « Comme nous l’avons déjà dit, la priorité du gouvernement est de préserver notre sécurité nationale et les décisions de priver des individus de leur citoyenneté ne sont pas prises à la légère », a-t-il dit.

Avec Reuters par (Michael Holden; version française Jean-Stéphane Brosse, édité par Jean-Michel Bélot)

Une base militaire attaquée au Niger, au moins 25 soldats tués

janvier 9, 2020

Des assaillants soupçonnés d’appartenir à un groupe djihadiste ont tué jeudi 25 soldats et en ont blessé six autres dans une attaque menée contre un poste de l’armée du Niger dans l’ouest du pays, près de la frontière avec le Mali, a fait savoir le gouvernement dans un communiqué.

Soixante-trois assaillants sont également morts durant l’accrochage, survenue à Chinagodrar, à 200 km environ au nord de Niamey, précisent les autorités.

Cette attaque, qui n’a pas été revendiquée, s’inscrit dans un contexte de violences croissantes dues à des groupes liés à al-Qaida et à l’organisation Etat islamique (EI), qui tentent de contraindre l’armée nigérienne de ses retirer des zones frontalières du Mali.

Le mois dernier, l’attaque d’une autre base militaire, à 150 km à l’ouest de Chinagodrar, a fait 71 morts parmi les soldats nigériens.

Par Le Figaro avec Reuters

Nigeria : une vidéo de l’EI montre l’exécution de onze chrétiens à Noël

décembre 27, 2019

Ces exécutions serviraient à venger la mort d’Abou Bakr Al-Bagdhdai, le chef du groupe djihadiste.

Le groupe djihadiste Etat islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) a diffusé jeudi soir 26 décembre une video d’une minute montrant l’exécution de onze hommes présentés comme des chrétiens dans le nord-est du Nigeria

Cette vidéo tournée dans un lieu non-identifié, montre ces hommes les yeux bandés exécutés par balles puis poignardés. C’est «un message aux chrétiens du monde entier» en pleine période de Noël, y affirme un homme au visage masqué. Il ajoute que ces chrétiens ont été exécutés pour venger la mort du chef de l’Etat islamique (EI), Abou Bakr Al-Bagdhdadi, lors d’une intervention américaine en octobre en Syrie. La vidéo a été postée par l’agence Amaq, organe de propagande de l’Etat islamique (EI) auquel ISWAP – issu d’une scission au sein du groupe djihadiste nigerian Boko Haram – a prêté allégeance.

Les djihadistes ont multiplié leurs actions violentes ces derniers jours dans le nord-est du Nigeria. Sept personnes ont été tuées et une adolescente enlevée la veille de Noël lors d’un raid attribué à Boko Haram visant un village chrétien près de Chibok. En outre, au moins deux civils ont été tués et 13 autres blessés lors d’une attaque de l’ISWAP contre une position militaire de la même région de l’Etat de Borno. Dimanche, ce sont six soldats nigérians qui avaient été tués par des membres de l’ISWAP lors de l’attaque d’un convoi militaire. Et le même jour, une trentaine d’autres djihadistes de ce groupe ont tué six personnes et en ont enlevé cinq après avoir bloqué un axe routier majeur.

Mardi 24 décembre, les Nations unies ont condamné «la pratique croissante des groupes armés de mettre en place des postes de contrôle ciblant les civils» dans le Nord-Est. En dix ans, l’insurrection djihadiste au Nigeria qui s’est propagée au Niger, au Tchad et au Cameroun voisins, a fait selon les derniers chiffres de l’ONU plus de 36.000 morts et deux millions de déplacés au seul Nigeria, provoquant une crise humanitaire majeure dans la région.

Par Le Figaro.fr avec AFP

L’Etat islamique revendique l’attaque meurtrière à Inates au Niger

décembre 12, 2019

 

Le groupe Etat islamique a revendiqué jeudi l’attaque meurtrière d’Inates, dans l’Ouest du Niger, à la frontière malienne, qui a fait 71 morts et des disparus mardi, rapporte l’organisme américain de surveillance des mouvements extrémistes SITE, citant le groupe ISWAP (Etat islamique en Afrique de l’Ouest).

«Les soldats du califat ont attaqué la base militaire d’Inates (…) les moudjahidine l’ont contrôlée pendant plusieurs heures», affirme le communiqué de l’EI qui donne un bilan de «100 tués» côté armée nigérienne.

Par Le Figaro.fr avec AFP

L’État islamique revendique l’attaque de Londres

novembre 30, 2019

L’Etat islamique a déclaré que l’attaque du London Bridge vendredi a été menée par l’un de ses combattants, a rapporté samedi l’agence de propagande du groupe. Le groupe n’a fourni aucun élément de preuve.

Londres: les images du lieu de l’attaque au couteau

Le 29 novembre, deux personnes sont mortes et plusieurs ont été blessées dans une attaque à l’arme blanche. Un homme a été abattu par les forces de l’ordre. Selon la police londonienne, il s’agit d’un acte terroriste.

La police britannique a abattu l’assaillant vendredi. Il portait alors un faux gilet explosif et avait poignardé deux personnes à mort et en a blessé cinq autres, selon les dernières informations de la police britannique..

«Les opérations de Daech reprendront tôt ou tard dans le monde»

Après la mort d’Abou Bakr al-Baghdadi, tué par les forces américaines en Syrie, Georges Malbrunot, grand reporter au Figaro, fait le point sur l’avenir du mouvement islamiste.

Le sexe, argument de recrutement des djihadistes de l’organisation Etat islamique

novembre 28, 2019

 

La vitrine d’une boutique de lingerie à l’occasion de la Saint-Valentin à Rakka, en Syrie, le 14 février. BULENT KILIC / AFP

Une chercheuse néerlandaise a interrogé des femmes ayant rejoint les militants islamistes en Syrie sur leurs motivations et leur vie au quotidien, mettant au jour l’importance du sexe et de la prostitution dans ces réseaux.

Comme beaucoup de leurs homologues, les autorités néerlandaises et belges se débattent avec le problème de l’éventuel retour des djihadistes. Le président turc Recep Tayipp Erdogan a promis de les leur renvoyer tous après avoir lancé son offensive contre les forces kurdes qui les surveillaient en Syrie.

Et le président américain Donald Trump a offert la même perspective à des Européens démunis qui, en général, se contentent d’affirmer qu’ils examinent cette « situation délicate » avec leurs partenaires. Autant dire qu’aucun plan bien défini n’existe, laissant chacun tenter de régler le moins mal possible, et dans l’urgence, cette situation pourtant très prévisible.

Spécialiste de la radicalisation, chercheuse qualifiée à l’université Erasme de Rotterdam, Marion van San a son avis sur la question. S’ils veulent assurer leur sécurité et ne pas créer, dans les dix années à venir, un risque terroriste de grande ampleur, les pays européens d’origine auraient, selon elle, intérêt à éloigner rapidement des prisons irakiennes, « foyers de radicalisation », les mères et leurs enfants. Même si, confesse-t-elle, il ne faut pas se faire d’illusions : certaines de ces femmes restent fidèles à l’organisation Etat islamique (EI), et l’espoir de les faire abandonner leurs convictions est faible.

Une alternative se dessine : organiser les retours et exercer une surveillance étroite des intéressées, ou les laisser aux mains de réseaux mafieux déjà actifs en Turquie, qui organiseront discrètement leur retour en les faisant passer sous tous les radars…

La religion comme façade

Mme van San connaît bien ces femmes dont, depuis des années, elle a cerné le profil. Elle en a tiré un livre (Kalifaatontvluchters, Ceux qui ont fui le califat, non traduit, paru aux Editions Prometheus, à Amsterdam). Et sa conclusion, après des entretiens grâce à WhatsApp, avec une vingtaine d’entre elles, est aussi claire qu’étonnante : toutes ont suivi un processus assez identique de radicalisation, mais, pour une majorité d’entre elles, la religion n’était qu’une façade : ce qu’elles cherchaient en premier lieu était l’amour.

« Elles avaient parfois atteint un âge où elles craignaient de ne plus rencontrer un homme, explique la chercheuse dans le quotidien Het Parool. Et quand elles rencontraient quelqu’un en ligne, elles décidaient de partir. L’une d’entre elles évoquait son obligation religieuse, mais ses conversations avec son partenaire portaient exclusivement sur le sexe. »

Le Monde.fr par Jean-Pierre Stroobants