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États-Unis: « Si je n’entre pas au Canada, je vais mourir »

janvier 23, 2026

Face aux interventions de la police américaine de l’immigration, de nombreux migrants au statut menacé se dirigent désormais vers le Canada. Et des passeurs profitent de ce climat de peur mis en place par l’administration Trump.

ÉTATS-UNIS – Dans les haut-parleurs, la voix de Kristi Noem résonne. « Si vous travaillez ici illégalement, vous serez le prochain », clame la responsable du département américain de la Sécurité intérieure.

Entre deux tubes musicaux, cette publicité d’une trentaine de secondes passe en boucle sur les chaînes de radio du pays de l’Oncle Sam. On va vous trouver et on va vous expulser, promet d’un ton grave le bras droit de Donald Trump dans un message qu’on peut régulièrement entendre de San Diego à Miami.

Depuis des mois, ce type d’annonces pullulent dans les médias américains. Partez maintenant, lance également Kristi Noem à la télévision, à destination des migrants au statut irrégulier, entourée d’images mêlant des arrestations de l’ICE, la police de l’immigration, avec des criminels menottés, mis dans un avion.

Si vous refusez, vous serez arrêtés et détenus, ajoute la narratrice dans cette campagne de communication diffusée aussi sur les réseaux sociaux ou durant les pauses publicitaires des plateformes numériques comme Netflix. On y propose même un vol gratuit et un chèque de 1000 $ US pour ceux qui acceptent de se livrer aux autorités.Une femme fait de la couture.

Soinise fait partie des centaines de milliers de ressortissants haïtiens qui devraient prochainement perdre leur statut d’immigration. Photo : Radio-Canada / Romain Schué

Des centaines de milliers de personnes menacées

Je suis terrorisée, lâche au téléphone, la voix tremblante, Maude, une ressortissante haïtienne de 38 ans qui vit dans l’État de Georgie, au sud de Washington.

Maude est un nom fictif. Pour éviter d’être pourchassée par l’ICE, elle préfère utiliser un nom d’emprunt. Dès que je mets un pied dehors, je ne peux plus respirer. Je n’amène même plus ma fille à l’école, glisse, en pleurs, cette mère d’une jeune fille de 7 ans.

Je ne veux pas être la prochaine, soupire-t-elle, en faisant référence à la mort d’une citoyenne américaine, à Minneapolis, tuée par balle par un agent de l’ICE.

Je ne sors plus, même pas pour jeter les poubelles ou faire les courses. Je me cache. On vit dans la privation, dans la peur. Une citation de Maude, une ressortissante haïtienne en Georgie

Quelques centaines de kilomètres plus au sud, Soinise a les larmes aux yeux. Tout le monde a peur. Tout le monde. On est obligés de rester à la maison. On n’a pas le choix, insiste cette couturière haïtienne, rencontrée dans la cour de son petit studio du quartier de la Petite Haïti, au nord de Miami.

Quand je vois une voiture de l’ICE, je pense qu’elle va venir me prendre. Il y a même des voisins qui prennent le téléphone pour appeler les agents de l’ICE, pour dire de venir prendre les Haïtiens qui posent des problèmes dans le quartier, déplore la quinquagénaire, qui a débarqué en Floride en 2020 avec un statut de protection temporaire (TPS).

Il n’y a plus de vie ici pour nous, les Haïtiens. Une citation de Soinise, une ressortissante haïtienne en Floride

Ce statut, accordé aux ressortissants de certains pays dont la sécurité est compromise dans leur pays d’origine, arrive à échéance le 3 février. Entre 350 000 et 500 000 Haïtiens sont concernés, selon différents chiffres diffusés par l’administration américaine.

Des centaines de milliers d’autres personnes de différentes nationalités (nouvelle fenêtre), parfois au pays depuis de longues années, ont également vu leur résidence temporaire être jetée aux vidanges ou menacée par Donald Trump.

Je connais des personnes qui sont allées au marché, et puis l’ICE est venu. On a pris ces gens, on les a mis dans une prison et dans un avion. C’est la vérité, c’est réel. Ça se passe vraiment, confie Soinise, les yeux embués par la tristesse.Des commerces dans une rue.

Les commerces de la Petite Haïti, quartier emblématique de Miami, restent régulièrement fermés, en raison de la situation actuelle. Photo : Radio-Canada / Romain Schué

Un cimetière abandonné

Non loin de là, un commerçant de la Petite Haïti soupire. Ici, c’est un cimetière abandonné. Abandonné, répète le vieil homme, le visage défait, avachi sur son comptoir.

Mais ne donne pas mon nom, je ne veux pas de problème. Ce n’est pas une plaisanterie. C’est grave ce qu’il se passe avec ce king, précise-t-il aussitôt en murmurant, afin d’éviter d’être entendu par les rares clients de son magasin.

Dans ce quartier connu pourtant pour ses rues vibrantes, de nombreuses boutiques ont baissé leur rideau de fer. Même en plein dimanche, là où, habituellement, des centaines de fidèles sortent des nombreuses églises du secteur et se réunissent dans les restaurants du coin. Seuls les klaxons lointains de circulation et quelques coqs solitaires, courant dans les jardins voisins, brisent ce troublant silence.

Jamais on n’avait éprouvé tant de craintes, tant de peur. Une citation de Walder Jules, pasteur à Miami

Les gens choisissent de se mettre à l’abri, reconnaît le pasteur Walder Jules, l’une des figures religieuses de la Petite Haïti. Ça ne vaut pas la peine de prendre le risque d’aller dans les rues.

La veille, chez mon coiffeur, précise-t-il, il a eu vent d’une descente imminente de l’ICE. Ce n’est pas une surprise, c’était annoncé, souligne le pasteur, tout en préparant son sermon pour la messe qui débute quelques minutes plus tard.

Parfois, je me demande si ça va arriver dans l’église. Mais j’ai des doutes. Ce serait mal vu. Violer le sanctuaire ici, ce serait une violation très, très grave, estime-t-il.Un pasteur en haut de son église.

Le pasteur Walder Jules est perplexe, les décisions de Donald Trump ont un fort impact sur sa communauté. Photo : Radio-Canada / Romain Schué

Des églises comme seul recours

Le pasteur Jules ne s’en cache pas : il aide volontairement tous ceux qui souhaitent rejoindre le Canada. Son église, confesse-t-il, peut financer des billets d’autobus pour se rendre, par exemple, à la frontière.

On ne peut pas nous empêcher d’aider quelqu’un économiquement, c’est la mission de l’église, se défend l’homme d’Église. Au Canada, il n’y a pas la police après vous à longueur de journée. C’est pour ça que ces gens essaient d’avoir un petit peu plus de liberté pour vivre.

Au téléphone, Maude prend un temps de respiration. Elle hésite, réfléchit, cherche ses mots. Retourner chez moi, c’est un suicide, soutient-elle, en parlant de son pays natal. C’est comme si je me rendais à la mort. Là où mes parents habitent, la zone est occupée par les bandits.

Aide-soignante et diplômée dans le domaine juridique, la mère de famille vit désormais dans la clandestinité, l’angoisse et l’incertitude. Mais chaque jour passé en Georgie la rapproche d’une rafle de la police de l’immigration, craint la trentenaire haïtienne.

Des manifestants tenant une grande banderole disant « ICE is here!! », c'est-à-dire « L'ICE est là!! », avec des empreintes de mains rouges.

Depuis la mort d’une citoyenne américaine à Minneapolis, des manifestations ont eu lieu dans différentes villes américaines pour dénoncer les actions de l’ICE. Photo : Radio-Canada / Azeb Wolde-Giorghis

J’ai pris ma décision, révèle Maude avec aplomb. Dans les prochains jours, elle prendra la direction du nord avec l’aide d’un passeur. Elle attend encore les instructions finales.

Bien sûr que je suis terrorisée, mais je n’ai pas d’autres options. Je ne veux pas être arrêtée par l’ICE, glisse-t-elle, submergée par l’émotion.

Maude jure avoir conscience des risques de traverser la frontière, la nuit, dans un froid glacial. Ces dernières semaines, une vingtaine de personnes ont été retrouvées frigorifiées par les autorités canadiennes au sud du Québec. Certaines ont dû être transportées dans des hôpitaux pour traiter des signes d’hypothermie et des engelures.

Les gens qui traversent illégalement la frontière sont souvent mal équipés et mal vêtus pour le climat. Une citation de Erique Gasse, porte-parole de la GRC

Cette traversée est extrêmement périlleuse, rappelle la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Le territoire est très difficile d’accès à certains endroits, explique un porte-parole de l’organisation fédérale.

Qu’importe, résume Maude. Je vais prendre le risque le moins élevé pour ma fille et moi. Je dois me battre pour elle. Mais j’ai ce sentiment de culpabilité, car je vais exposer mon enfant à quelque chose qu’elle n’a pas à vivre. Je prie jour et nuit pour que ça se passe bien, avoue-t-elle avec fébrilité.Un camion avec 44 personnes.

Dans la nuit du 2 au 3 août 2025, les agents de la GRC ont découvert un camion avec 44 migrants venant de traverser clandestinement la frontière, au sud du Québec. Photo : Photo fournie par la Gendarmerie royale du Canada

Une cachette pour 14 jours, promet un passeur

Comment a-t-elle trouvé son passeur? Quel sera le trajet? Lors de cette discussion téléphonique qui a lieu à la mi-janvier, Maude reste discrète. En réalité, elle ignore le parcours qu’elle devra emprunter.

Contrairement aux groupes indiens ou mexicains, souvent liés à des cartels, et qui publient fréquemment leurs offres sur les réseaux sociaux, les réseaux de passeurs liés à la communauté haïtienne fonctionnent essentiellement par le bouche-à-oreille.

Plusieurs groupes criminels s’engouffrent aussi dans cette brèche d’opportunités commerciales, profitant d’une demande de plus en plus élevée. Une recrudescence des passages irréguliers vers le Nord est en ce moment constatée, confirme la GRC.

L’été passé, un réseau de passeurs originaires de la Turquie, ayant des ramifications à Montréal et aux États-Unis, a mené plusieurs traversées illégales vers le Québec avec, essentiellement, des migrants haïtiens. Au mois d’août, les forces de l’ordre ont même intercepté, à quelques encablures de la frontière, un camion de déménagement avec 44 personnes entassées se dirigeant vers Montréal.

Selon nos informations, ces passeurs turcs opéraient depuis la métropole et la plupart d’entre eux sont arrivés au pays comme demandeurs d’asile. À ce jour, six d’entre eux ont été arrêtés (nouvelle fenêtre), mais l’enquête est toujours en cours et d’autres complices sont dans la mire des agents canadiens.Une borne identifiant United States d'un côté et Canada de l'autre.

Malgré le froid et la neige, des passeurs promettent des traversées clandestines sécuritaires. Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Peux-tu venir à Minneapolis le 6 décembre? C’est la première réponse d’un passeur d’origine somalienne qu’on a contacté en se faisant passer pour un père de famille haïtien, installé dans le Queens, à New York.

Par le biais d’une messagerie privée, ce passeur, dont les coordonnées nous ont été transmises par une source de confiance, nous parle d’une vague marche de 1 h 25 avec 5 ou 6 personnes dans les bois du nord du Minnesota, un État frontalier avec le Manitoba. Sans plus de précisions.

Un chauffeur viendra vous chercher de l’autre côté [au Canada], assure-t-il, par message, en promettant un trajet sécuritaire, malgré l’hiver. Le prix? 1500 [dollars américains] par personne, répond-il simplement. Une somme standard pour ce type de passages clandestins, selon nos constatations.

Notre interlocuteur, visiblement bien au fait des lois canadiennes, propose même de nous cacher durant 14 jours, dans l’un de leurs refuges à Winnipeg. Une durée qui n’est pas précisée par hasard.

Depuis une mise à jour des règles frontalières en 2023, la plupart des migrants arrivant des États-Unis sont renvoyés et ne peuvent déposer une demande d’asile. Seules quelques exceptions subsistent pour ceux qui ont de la famille proche au Canada ou qui sont capables de prouver leur présence au pays depuis deux semaines.

Avec ces passeurs, je joue ma dernière carte, reprend Maude.

Vivre sans espoir, c’est ne plus vivre, poursuit-elle. Ce qu’il se passe là où je suis, c’est quelque chose d’inhumain. Si je n’entre pas au Canada, je vais mourir. Il faut tenter le tout pour le tout.

Avec Radio-Canada par Romain Schué

Des Haïtiens terrifiés par l’ICE aux États-Unis prennent la route pour le Canada

janvier 21, 2026

Le nombre de passages illégaux à la frontière pourrait augmenter avec la fin du programme de protection temporaire.


Une borne frontalière à un passage frontalier non surveillé entre Saint-Armand, au Québec, et le Vermont, le 15 janvier 2025
Photo: Christinne Muschi Archives La Presse canadienne Une borne frontalière à un passage frontalier non surveillé entre Saint-Armand, au Québec, et le Vermont, le 15 janvier 2025

Frantz André dit que son téléphone sonne tous les jours et qu’il reçoit des appels d’Haïtiens effrayés aux États-Unis qui envisagent de tenter le dangereux voyage pour traverser la frontière canadienne.

À la tête d’un groupe montréalais de défense des migrants, M. André pense que le nombre de passages illégaux va augmenter avec la fin prévue le mois prochain du programme de statut de protection temporaire pour les Haïtiens aux États-Unis.

« Je peux vous garantir que, pendant que vous et moi, on se parle, il y a des gens qui sont en train de rentrer », a déclaré M. André, un Québécois d’origine haïtienne membre du Comité d’action des personnes sans statut.

« Les gens m’appellent tous les jours. Dès que je leur dis de faire attention, ils me disent : “Monsieur André, je n’ai pas le choix.” »

Depuis le jour de Noël, au moins 27 migrants d’origine haïtienne ont été arrêtés au Québec après avoir traversé la frontière à pied, tentant d’échapper aux gardes-frontières. Plusieurs d’entre eux ont dû être hospitalisés, car ils présentaient des signes d’hypothermie et d’engelures après avoir effectué le périple par grand froid.

Certains d’entre eux ont déjà été renvoyés vers les services douaniers américains, selon l’Agence des services frontaliers du Canada. La rapidité relative de leur expulsion est le résultat des modifications apportées en 2023 à un accord avec les États-Unis qui ont comblé un vide juridique ayant permis aux personnes arrivées au Canada en dehors des points d’entrée officiels de demander l’asile.

En vertu de l’accord existant entre le Canada et les États-Unis sur les tiers pays sûrs, les demandeurs d’asile doivent demander le statut de réfugié dans le premier pays sûr où ils arrivent, ce qui signifie qu’une personne se trouvant aux États-Unis ne peut pas entrer au Canada pour demander le statut de réfugié.

Il existe toutefois des exceptions, notamment si le demandeur d’asile a de la famille proche au Canada ou s’il s’agit d’un mineur non accompagné. Une autre exception à l’accord permet aux migrants qui ne sont pas détectés pendant au moins 14 jours au Canada de demander l’asile.

Ce sont ces exceptions qui donnent un peu d’espoir aux Haïtiens qui envisagent de traverser la frontière.

Un sentiment de crainte

Une Haïtienne souhaitant traverser la frontière s’est récemment confiée à La Presse canadienne sous couvert d’anonymat, craignant d’être arrêtée par l’agence américaine de contrôle de l’immigration et des douanes, connue sous le nom d’ICE.

Mère célibataire d’une fille de sept ans, elle a quitté Haïti pour les États-Unis il y a près de deux ans et dit être terrifiée par la possibilité d’être arrêtée à tout moment

« Je suis traumatisée et j’essaie de tenir le coup pour ma fille, mais honnêtement, ça empire chaque jour. Nous ne faisons que respirer, nous ne vivons plus », a-t-elle déclaré au téléphone depuis l’État de Géorgie.

Elle a expliqué être arrivée aux États-Unis dans le cadre d’un programme de libération conditionnelle humanitaire mis en place sous le gouvernement de l’ancien président Joe Biden. Lorsque le président Donald Trump a mis fin à ce programme en mai 2025, elle a demandé le statut de protection temporaire, mais elle affirme n’avoir jamais reçu de réponse. Depuis mai, elle n’a plus de statut légal aux États-Unis.

« Je ne sors presque plus de chez moi, de peur de me trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Je ne souhaite cette situation à personne, pas même à mon pire ennemi. »

La mort par balle d’une femme dans une intervention très médiatisée d’un agent de l’ICE à Minneapolis a renforcé son anxiété. « Dans une autre situation, cela aurait pu être moi. Qu’arriverait-il à mon enfant ? », s’est-elle inquiétée.

La mère a raconté avoir été témoin d’une descente de l’ICE dans un supermarché local. Elle a dit que l’expérience avait été traumatisante, voyant les agents arriver dans deux véhicules pour procéder à des arrestations. Elle s’est cachée à l’intérieur du supermarché pendant l’opération de l’ICE et n’est pas retournée dans le magasin depuis.

Casey Rollins, directrice exécutive de la branche de Springfield, en Ohio, de l’organisme de la Société de Saint-Vincent de Paul, a déclaré que l’association caritative entendait quotidiennement des craintes similaires.

Les familles haïtiennes se sentent dépassées et dans l’incertitude, avec peu de sentiment de sécurité, a expliqué Mme Rollins, ajoutant : « Je ne sais même pas quoi dire, la situation est tellement grave ici. »

La crainte des migrants est aggravée par la fin imminente du programme de statut de protection temporaire pour les Haïtiens, qui doit expirer le 3 février. Ce programme permet aux ressortissants de pays touchés par des conflits ou des catastrophes de vivre et de travailler légalement aux États-Unis sans craindre d’être expulsés.

Zachary Abraham Kohn, avocat spécialisé dans le droit de l’immigration à Washington, D.C., a affirmé dans une récente entrevue qu’il existe un recours juridique contre la fin prévue du programme de statut protégé « qui pourrait potentiellement prolonger ce délai ».

Quant à la mère haïtienne de Géorgie, elle a déclaré vouloir entamer la traversée, mais, comme elle n’a pas de famille au Canada, elle ne respecte pas les conditions requises pour y entrer, du moins légalement.

Le Devoir par Charlotte Glorieux avec La Presse canadienne

États-Unis/Femme abattue par l’ICE : consternation à Minneapolis

janvier 8, 2026

L’agence évoque un « acte de terrorisme intérieur », mais le maire de Minneapolis conteste cette version.

Selon la version des faits du département de la Sécurité intérieure, des « émeutiers » ont bloqué les agents de l’ICE, quelques moments avant le drame. Photo : Reuters / Tim Evans

Elle était aimante, indulgente et affectueuse. C’était une personne extraordinaire, a confié la mère de Renee Nicole Good, Donna Granger, au Minneapolis Star Tribune, un média local.

Les circonstances de la mort de sa fille sont tellement stupides, a-t-elle dit. Elle était probablement terrifiée.

Selon la version des faits du département de la Sécurité intérieure, des émeutiers ont bloqué les agents de l’ICE, quelques moments avant le drame. Mme Granger a assuré au journal que sa fille n’était absolument pas impliquée dans ce genre de choses.

Originaire du Colorado, Renee Nicole Good était veuve depuis 2023. Selon des voisins cités par le Minneapolis Star Tribune, elle avait emménagé récemment à quelques pâtés de maisons de l’endroit où elle a été abattue mercredi.

Des centaines de personnes se sont réunies en soirée à Minneapolis pour dénoncer la mort par balle d’une femme de 37 ans aux mains d’un agent de l’ICE. Photo : Reuters / Tim Evans

De brefs affrontements ont eu lieu jeudi matin à Minneapolis, aux États-Unis, entre forces de l’ordre et manifestants rassemblés devant un bâtiment fédéral pour protester contre la mort la veille d’une femme abattue par la police de l’immigration.

Avec Radio-Canada par Charles Séguin

Faits saillants

Une citoyenne américaine, Renee Nicole Good, 37 ans, a été abattue mercredi après-midi dans son véhicule par un agent de la police fédérale de l’immigration (ICE).

Le département de la Sécurité intérieure a évoqué un « acte de légitime défense », une version contredite par le maire de la ville, Jacob Frey, et par le gouverneur du Minnesota, Tim Walz.

En point de presse, le maire Frey a dit avoir un message pour l’ICE : « Foutez le camp de Minneapolis! »

Des manifestants se sont rassemblés dans les rues voisines de la fusillade pour protester. Certains d’entre eux ont été dispersés par des agents fédéraux.

Les écoles publiques de la ville seront fermées jeudi et vendredi, la commission scolaire évoquant des « préoccupations quant à la sécurité ».

Avec Radio-Canada