Archive for the ‘Poésie’ Category

Canada-Québec: Le café-bar Zénob de Trois-Rivières ferme ses portes

décembre 23, 2021
L'enseigne du Zénob à l'avant-plan et la pancarte À vendre, en arrière-plan.

Le café-bar Zénob, situé à Trois-Rivières, a été mis en vente. Photo: Radio-Canada/François Genest

Le café-bar Zénob, une institution culturelle à Trois-Rivières, ferme ses portes. Une pancarte « À vendre » a fait son apparition devant l’édifice de la rue Bonaventure, au centre-ville. Si le milieu culturel est sous le choc, l’actuel propriétaire Yves Lafrenière fait le souhait de passer le flambeau à un entrepreneur qui reprendrait la vocation artistique de l’endroit.

Yves Lafrenière ne s’en cache pas, les mesures sanitaires et le manque de personnel ont joué dans sa décision de mettre la clé sous la porte, bien avant que le gouvernement ordonne la fermeture des bars. C’était devenu un exploit, avec les normes qui changeaient à peu près toutes les semaines de pouvoir continuer à conserver la clientèle, explique-t-il en entrevue à l’émission Toujours le matin.

À la fin de l’été et avec la fermeture des terrasses, il ne restait plus beaucoup d’espace pour assurer la distanciation exigée par les mesures sanitaires. Dès qu’on est rentré en dedans, la petitesse des lieux a joué beaucoup, ajoute-t-il.

En plus des règles en vigueur, le propriétaire a fait face à différents problèmes du personnel. Certains sont tombés malades pour une période prolongée. D’autres ont eu des problèmes aux lignes frontalières. Finalement, on était juste sur la corde, mentionne Yves Lafrenière.

La pénurie de main-d’oeuvre a mis beaucoup de poids sur le dos du gérant, ce qui a fait en sorte qu’il a déserté l’établissement également.

Un lieu culte pendant 37 ans

Au fil des 37 années de son existence, le café-bar Zénob a reçu des artistes de plusieurs disciplines. En plus de devenir un lieu de diffusion privilégié pour les poètes du Festival international de la poésie de Trois-Rivières, l’établissement a aussi présenté des spectacles de musique, de l’improvisation, de la performance.

« Ce n’est pas un lieu normal, c’est un centre culturel qu’on a perdu. »— Une citation de  Guy Marchamps, poète et cofondateur de la revue Art Le SabordUn poète fait la lecture au micro devant des spectateurs au Zénob, dans le cadre du Festival international de la poésie de Trois-Rivières.

Soirée de poésie au Zénob dans le cadre du Festival international de la poésie de Trois-Rivières (archives).

Photo: Radio-Canada/Festival International De La Poésie De Trois-Rivières

En 2015, le Zénob avait même tenu une soirée d’hommage aux victimes de l’attentat au journal Charlie Hebdo en France en recevant la journaliste Zineb El Rhazoui, ainsi que le président du comité français Laïcité République Patrick Kessel. Ils avaient été invités au Québec par l’auteure Djemila Benhabib et ils avaient pris la parole au café-bar devant une salle bondée. C’est dire à quel point l’établissement était un lieu aux publics multiples.

Pour les artistes et les clients qui ont fréquenté le café-bar Zénob, les souvenirs sont nombreux. J’ai travaillé une dizaine d’années comme DJ, animateur, barman… psychologue aussi parfois!, lance le maire de Trois-Rivières Jean Lamarche. Comme plusieurs, il décrit l’endroit comme un incubateur culturel.

Jean Lamarche au micro

Jean Lamarche, maire de Trois-Rivières Photo: Radio-Canada/Michelle Raza

La popularité du Zénob tenait entre autres du fait qu’autant les jeunes que les plus vieux s’y fréquentaient. [Des gens de] tous les âges. C’était un endroit vraiment magique, se rappelle le poète Guy Marchamps, avec nostalgie.

Une personne donne une performance musicale.

Alexandre Dostie et son groupe FullBlood au Zénob. Photo: Radio-Canada/Alexandre Dostie

L’écrivain a connu la genèse du café-bar au milieu des années 1980. Moi-même, à mon époque, j’ai organisé des rencontres avec des écrivains, par exemple. J’ai invité 55 écrivains, pendant 7 ans. Donc, régulièrement, les gens pouvaient rencontrer des écrivains québécois et leur poser des questions.

Une relance possible?

Le propriétaire Yves Lafrenière espère qu’un acheteur poursuivra l’oeuvre de son frère Jean, qui a été à l’origine du projet de café-bar et qui est maintenant décédé.

Mon frère était reconnu comme un poète. Il était dans toutes sortes d’activités culturelles. Il a été un pionnier au Festival de la poésie, entre autres. J’aimerais beaucoup que ça continue dans le même sens. Je travaille là-dessus présentement, indique-t-il. Yves Lafrenière n’en fait toutefois pas une condition à la vente de la bâtisse.

Bien qu’il s’agisse d’une entreprise privée, le maire de la ville croit qu’il y a encore un potentiel pour ce genre d’activités. Il demeure optimiste de voir la relance du Zénob. Il faudra que quelqu’un y voie un potentiel ou une niche à développer. Je pense que c’est encore possible. Et, il y aura toujours de la place pour de la poésie à Trois-Rivières, moi, j’en suis persuadé, conclut Jean Lamarche.

Avec Radio-Canada par Mylène Gagnon

Beau retour sur Terre

novembre 9, 2021

Sur les eaux paisibles du plateau de la Floride

Thomas Pesquet d’un sourire jovial et candide

À bord de l’ISS de la célèbre capsule Dragon

A fait très tôt mardi son amerrissage sur l’océan

Après deux cents riches jours en orbite

Pour une mission de grande réussite

L’astronaute regagne sa Terre sympathique

Avec du matériel et d’expériences scientifiques

Dans l’Espace où il nous envoyait des images

De voler comme un oiseau sans plumage

Thomas Pesquet pour sa condition physique

Doit subir une batterie d’examens toniques

À toi Thomas Pesquet, à l’ouverture de l’écoutille

Au Japonais Akihiko Hoshide autre fierté nationale

Aux Américains Shane Kimbrough et Megan Mc Arthur

Du pays de l’Aigle, vous êtes tous une fierté sûre

Bernard NKOUNKOU BOUESSO

Canada-Festival international de poésie: l’émotion est immunisée contre le virus

octobre 2, 2021

C’est à une autre édition atypique du Festival international de poésie de Trois-Rivières qu’est convié le public depuis vendredi. Une édition qui, pour une seconde année, porte le sceau de la pandémie avec l’absence de poètes étrangers, des lieux de diffusions limités en nombre et quant aux places disponibles et la liste des événements raccourcie par rapport aux sommets de 2019. Malgré le contexte, l’émotion, ingrédient essentiel de l’évènement, est bien là et peut-être plus que jamais.

Le Festival international de la poésie de Trois-Rivières a lancé ses activités vendredi avec l’inauguration du parc Herménégilde Chiasson qui portera le nom de ce poète acadien pour la durée du festival. Sur la photo on reconnaît Gaston Bellemare, président du FIPTR et la directrice générale, Maryse Baribeau.

© Sylvain Mayer Le Festival international de la poésie de Trois-Rivières a lancé ses activités vendredi avec l’inauguration du parc Herménégilde Chiasson qui portera le nom de ce poète acadien pour la durée du festival. Sur la photo on reconnaît Gaston Bellemare, président du FIPTR et la directrice générale, Maryse Baribeau.

«L’atmosphère ne sera pas la même, convient le président et fondateur Gaston Bellemare, mais il est très important qu’on le présente parce que les gens en ont besoin. Le public a compris ce que nous disons depuis le début: l’évènement est à eux. Et disons que dans les circonstances actuelles, la poésie est particulièrement précieuse.»

La gestion du FIPTR a été on ne peut plus complexe et même problématique. Les normes sanitaires ont changé et continuent de fluctuer. «Ce n’est pas compliqué, ça change d’un jour à l’autre. Là, on sait qu’il va nous falloir prévoir du personnel aux portes de chaque établissement pour s’assurer qu’on respecte partout les normes. Encore tout dernièrement, le propriétaire d’un établissement m’expliquait qu’il était heureux d’accueillir un poète dans son restaurant mais que celui-ci devrait rester assis pour lire ses poèmes parce que debout, il serait tenu de porter un masque. Peux-tu imaginer un poète en train de lire sa poésie avec un masque dans la figure?», ricane malgré tout le président.

«Ça entraîne évidemment des situations assez particulières. Au Zénob, espace déjà très restreint mais que les poètes adorent parce que l’atmosphère est toujours exceptionnelle, on va être limité à seulement 15 personnes.»

«C’est évident que tout est compliqué. On ne pourra pas recevoir de poètes de l’étranger. Mais nous, on travaille là-dessus depuis deux ans. Parce que les invités doivent recevoir l’invitation longtemps à l’avance pour être en mesure non seulement d’assurer la logistique mais aussi d’aller chercher l’aide financière de leur université ou d’autres partenaires pour venir. C’est toujours un processus très complexe et en bout de ligne, tout ce travail aura été fait pour rien.»

Par ailleurs, certains invités canadiens ont décliné l’invitation par crainte du virus ou parce qu’ils n’étaient pas adéquatement vaccinés. Il reste qu’en bout de ligne, au dernier décompte officiel, on en recevra 36.

Herménégilde Chiasson à l’honneur

C’est le poète acadien Herménégilde Chiasson qui a été choisi par la direction artistique de l’évènement pour être le poète à l’honneur pour cette 37e édition. L’artiste reçoit l’hommage avec autant de modestie que de plaisir. «J’avoue que je suis toujours mal à l’aise devant ce genre de reconnaissance, dit-il depuis Moncton, mais je suis très heureux que ça me vienne du Festival de Trois-Rivières. C’est toujours très agréable d’y participer. Gaston s’est toujours fait un point d’honneur de présenter des poètes acadiens, ce que j’apprécie vivement.»C’est le poète acadien Herménégilde Chiasson qui est le poète à l’honneur de la 37e édition du Festival international de poésie de Trois-Rivières.© Rachelle Bergeron C’est le poète acadien Herménégilde Chiasson qui est le poète à l’honneur de la 37e édition du Festival international de poésie de Trois-Rivières.

«J’avoue que la première fois que j’y ai pris part, j’ai été très impressionné. Il y avait des poètes de partout dans le monde et j’étais plutôt intimidé mais, on m’a traité comme un écrivain à part entière, sur le même pied que n’importe quel autre invité, Je l’ai beaucoup apprécié.»

Lui qui vit dans une ville, Moncton, dont la population est aux deux-tiers anglophone et où le français n’est peut-être pas toujours reconnu à sa juste valeur, il dit apprécier beaucoup ses séjours trifluviens. À preuve, il calcule être venu une quinzaine de fois au FIPTR. «C’est une grande détente pour moi de me retrouver dans un milieu complètement francophone où la poésie est célébrée. J’ai vécu trois ans à Paris à une certaine époque et le fait d’être replongé dans un milieu où le français a toute la place me fait toujours beaucoup de bien.»

«Non seulement l’accueil de l’organisation est toujours exceptionnel, mais j’aime la chaleur du public de chez vous. Je suis toujours ébloui par la grande écoute dont font preuve les spectateurs lors de nos lectures, par exemple. Ce sont souvent des endroits publics où les gens se retrouvent pour discuter et dès qu’un poète commence à lire ses poèmes, les gens lui offrent un silence et une écoute fabuleuse. C‘est très impressionnant.»

De la poésie d’Herménégilde Chiasson, Gaston Bellemare dit qu’elle part de mots simples pour véhiculer des images qui viennent du cœur et qui s’adressent au cœur. Le poète ne nie pas. «L’accessibilité est quelque chose d’important à mes yeux. Peut-être suis-je inspiré par une certaine poésie américaine qui se veut souvent narrative, qui raconte des histoires ou des moments d’une façon très proches des gens. Je trouve qu’il faut se rendre aussi accessible que possible à ceux qui nous écoutent. Quand le public lit, il peut toujours reprendre des passages à répétition mais à l’oral, on n’a pas ce luxe: il faut établir une connexion immédiate.»

La profondeur émotionnelle de ses écrits est peut-être aujourd’hui accentuée par la pandémie qui nous afflige. «J’ai longtemps eu tendance à écrire sur la politique, le vécu collectif mais la pandémie qui nous a isolés les uns des autres a fait que je me suis tourné davantage vers les petites choses du quotidien. Je suis passé du grand nous au je et j’espère arriver à rejoindre le je de ceux qui vont m’écouter.»

Pendant la durée de l’évènement, du 1er au 10 octobre, la place d’Armes de la rue des Ursulines, devant le Manoir de Tonnancour, portera le nom de parc Herménégilde Chiasson. «C’est un très grand honneur, commente celui qui fut le tout premier poète acadien invité au FIPTR. Il y a tellement d’autres poètes qui écrivent mieux que moi qui l’auraient mérité. Ça m’a fait une drôle d’impression quand Gaston m’a appelé pour me le proposer. J’en suis très fier.»

L’Acadien sera chez nous à partir du 6 octobre pour plusieurs activités de lecture et même un entretien de plus longue durée. On peut savoir où auront lieu ces évènements en consultant la programmation du FIPTR au www.fiptr.com.

Avec François Houde – Le Nouvelliste

Dernier regard sur mon corps

septembre 23, 2021

Mon corps inerte amas de glace

Sur lequel ont poussé des ronces

Devenu objet de curiosité amis

Sujet de dispute de mes ennemis

Mon corps source de convoitise

Allongé dans l’institut de la bêtise

Hante, dérange et ronge la conscience

De tous ceux qui manquent de sagesse

Mon corps controverse honteuse

D’une mort à la semence douteuse

Attend la juste décision de vérité

Sous l’œil vigilant des éprouvés

Bernard NKOUNKOU BOUESSO

Mon pauvre petit chat

août 4, 2021

Au milieu de la ferraille calcinée

Le chat avec ses pattes feutrées

Découvre stupéfait le désastre

De la maison à la fumée ocre

Premier courageux à y faire le retour

Dans cette habitation aux folles odeurs

Grande est sa désolation de ces ruines

Qui témoignent l’ampleur des fumigènes

Mon pauvre petit chat pleure en miaulant

Incapable de décrire l’état de la maison

Et de toutes ces carcasses noircies

Par la violence des flammes sans répit

Ô mon petit chat abandonné à Varympompi

Durant l’ordre d’évacuation de cet incendie

Qui brûle la forêt à Dekelia près d’Athènes

Fonde ton espoir aux pompiers et aux mânes

Bernard NKOUNKOU BOUESSO

Pour la liberté d’opinions

mai 14, 2021

Pour ta plume et ta liberté

Tu as été froidement assassiné

Pour ton devoir d’informer

Tu as été une cible à museler

Ô monde des tenants des armes

Quand allez-vous respecter l’âme

De tous ceux qui exercent ce métier

Pour le bonheur de leur communauté

Car depuis l’hémisphère de ma résidence

Où je médite instamment sur cet acte crapuleux

Je condamne l’odieuse oppression contre la presse

Pour rendre les journalistes plus libre et heureux

Bernard NKOUNKOU

Un livre sur la cuisse

mai 13, 2021

Un livre ouvert sur la cuisse

Est un moment chargé de délices

Permettant de savourer l’intrigue

Avec les ingrédients de la langue

Pour le bonheur secret de la création

Prenant le temps d’offrir la satisfaction

À l’œuvre conçue dans un esprit monastique

Qui nous invite avec des mots sympathiques

En réfléchissant sur le rôle des personnages

Lorsque notre regard se promène entre les lignes

Nous descendons les paragraphes comme la montagne

Au gré du sourire qui irradie le visage du sage

Bernard NKOUNKOU

Le jour de ton adieu

mai 12, 2021

Le jour où tu as quitté la terre des hommes

Emportant avec toi notre espoir et ta flamme

Le téléphone vibrait et sonnait sans arrêt

Comme si sur ma tête tombait un couperet

Mes oreilles ne cessaient de recevoir ces paroles :

As-tu appris le chant du hibou de la triste nouvelle?

Comme un présage déjà annoncé sur ton lit de mort

Tu nous dictais ton testament d’adieu et de départ

Ô mon frère de la jeunesse du quartier

Je te revois encore sur le balcon paternel

Mangeant la banane et les cacahuètes grillés

Que nous affectionnions comme bon régal

Bernard NKOUNKOU

Dans les profondeurs des entrailles

mai 12, 2021

Depuis les entrailles fermées de ma tombe

Ma musique résonne encore en trombe

Et fait danser les humains à la ronde

Dans un concert à la joie gourmande

Aujourd’hui dans les villes du monde

À Las Vegas, à Rio de Janeiro et Mexico

Malgré la pandémie qui vous inonde

Le déconfinement est un chant de coquerico

Chacun de vous a perdu un être cher

Durant cette crise cruciale et sanitaire

Dur moment de grisaille qui nécessite espoir

Car dans la marche de la vie il faut sourire

Bernard NKOUNKOU

Le dernier morceau du frigo

mai 10, 2021

Étudiant, quand passe les jours

Et approche la fin du mois

Commence le compte-à-rebours

De la précarité de ma pauvre vie

Dès lors, je réduis les repas

Pour ne pas faire de faux-pas

Dans la gestion de ma ration

Loin des parents de la nation

Dans cette vie estudiantine

Où la bourse est mesquine

Je n’ai pas droit à l’erreur

Pour tomber dans le malheur

Bernard NKOUNKOU