Archive for the ‘Poésie’ Category

L’effort envolé

octobre 3, 2022

De longues heures j’ai courbé l’échine

Pour une maison tombée vite en ruine

Sous la violence d’un ouragan dévastateur

M’ayant causé sans pitié tous les malheurs

À peine deux maigres années sous mon toit

Aujourd’hui je deviens un simple sans-logis

Quémandant une assistance municipale

Avant d’attendre la main gouvernementale

Devant la désolation des biens irrécupérables

Et de la boue couvrant mes effets personnels

Je suis sans force pour les efforts accomplis

Je me sens malheureux et complétement démuni

Bernard NKOUNKOU BOUESSO

La Conscience trahie

octobre 2, 2022

Très loin de la terre natale

Et loin du cimetière familial

Nombreux sur le sol d’accueil

Ont choisi leur repos éternel

Des amis de tout âge et des parents

Ont laissé leur volonté en testament

Pour y être inhumés dans la tranquillité

Sans disputes inutiles mais dans la dignité

Autant pour ma chère tante maternelle

Autant pour ce vieil ami de l’école

Chacun d’eux a connu la déception

Pour leurs projets sans réalisation

Et pourtant à chaque instant

Ils envoyaient de l’argent

Qui malgré eux était détourné

Par leurs parents qui les ont ruinés

Bernard NKOUNKOU BOUESSO

Trois-Rivières/Festival international de la poésie : l’écriture cathartique de Mélanie Béliveau

octobre 1, 2022
Mélanie Béliveau avec son chien.

Mélanie Béliveau vient tout juste de publier son deuxième recueil de poésie (archives). Photo : Collaboration spéciale

Fouler la scène du Festival international de la poésie de Trois-Rivières, Mélanie Béliveau en rêve depuis qu’elle est toute petite. La poétesse retrouvera la ville de son enfance lors du 38e rassemblement littéraire avec, en main, un recueil coup-de-poing qui promet d’ébranler les festivaliers.

J’ai la Mauricie dans les veines. J’étais toute petite et j’allais au festival. Je me pince et je n’arrive pas encore à y croire, s’est-elle exclamée en entrevue à l’émission En direct en marge du coup d’envoi des activités vendredi.

La prolifique écrivaine, qui porte également le sarrau de médecin de famille, a publié la semaine dernière son deuxième recueil de poésie en l’espace d’un an. Publié aux Éditions Mains libres, La femme qui meurt en juillet est le récit de sa bataille contre le cancer du sein.

Le premier recueil parlait plus de la vie sur la planète maternité avec ses hauts et ses bas. L’univers trouvait que j’avais une vie un peu trop folle, et vlan, en 2020, un cancer du sein est arrivé. Ça a foutu ma vie en l’air. Il y a un paquet de morceaux qui ont volé partout, raconte-t-elle.

C’est seulement une fois la bête terrassée que Mélanie Béliveau a pu transformer ses séquelles physiques et psychologiques en matière féconde.

Quand j’ai eu mon congé définitif [de l’hôpital], je suis allée m’acheter une bouteille de champagne et je me suis mise à pleurer […]. Les mots, c’est là qu’ils sont arrivés, raconte la poétesse. Ça m’a permis de faire la deuxième partie de la guérison, la plus importante, celle dont on parle le moins. Je dis ça et je suis moi-même médecin. Il y a un moment où l’équipe médicale te lâche la main. On lâche les pansements et les infirmières, on retourne dans la vraie vie, mais la vie n’est plus pareille.

La poétesse-médecin-accoucheuse a voulu faire sortir le méchant au cours d’un processus d’écriture qui s’est avéré cathartique. Dans La femme qui meurt en juillet, elle louvoie entre ses traitements contre le cancer et la reconquête d’une nouvelle féminité. Il y a une femme qui est dans la fleur de l’âge et elle doit mourir pour qu’une autre femme apparaisse, a-t-elle précisé au micro d’Anne-Marie Lemay.

Il en résulte des vers tantôt durs, tantôt doux, qui ne manquent pas d’émouvoir les lecteurs, soutient Mélanie Béliveau. Les gens qui l’ont lu m’ont dit : ‘’J’ai pleuré.’’ Je leur dis : ‘’Oh! je m’excuse’’ et ils me disent :  »Non, ça fait du bien. »

Elle lira ses poèmes au Café Bar Zénob, à la Maison de la culture et aux restaurants Le Lupin et Le Four à bois du 5 au 7 octobre.

Radio-Canada par Jacob Côté

Prix littéraire : Alvie Mouzita honore son pays au concours Africa poésie

juillet 15, 2022

Natif de Mindouli, en République du Congo, Alvie Mouzita est un écrivain et professeur d’anglais. Déjà lauréat du prix CipaI et du prix Pabloemma, il vient d’être plébiscité à la sixième édition du concours Africa poésie. Une joie qu’il souhaite partager avec nos lecteurs. Interview.

Alvie Mouzita/DR

Les Dépêches du Bassin du Congo (L.D.B.C.) : Vous êtes quatrième lauréat du concours Africa poésie, quelles sont vos impressions ?

Alvie Mouzita (A.M.) : Remporter un prix littéraire ou être sacré lauréat a toujours été pour moi l’un des moments les plus admirables. Mais, au-delà de cette jovialité, une certaine fierté m’habite d’avoir honoré mon pays, par-delà l’Afrique. J’ai fait entendre le cri nègre à travers mon texte intitulé « Chants des initiés » : « Il y aura l’histoire à feuilleter pour récolter une mémoire ».

L.D.B.C. : Pouvezvous nous parler des autres récipiendaires et du déroulement de l’édition de cette année ?

A.M. : Il faut noter que la sixième édition du concours Africa Poésie 2022 était assez spéciale parce qu’elle a récompensé cinq lauréats et a attribué « les félicitations du jury » à six candidats parmi les quarante-deux participants venant des pays que voici : Belgique, Cameroun, Congo, Côte d’Ivoire, France, Madagascar, Maroc, Niger, Roumanie, Sénégal, Tchad, Togo. Le jury, présidé par Daouda Mbouobouo, était international avec les membres exceptionnels comme Thierry Sajat, poète, directeur-fondateur des Editions Thierry Sajat, président de l’Académie de la poésie française; Dr Paul Yadji, poète et enseignant-chercheur de spécialité littérature africaine et anthropologie culturelle; Imene Latachi et Dr Abdias Mabard. Ce dernier a récompensé en premier « Voyage » de Jules Marcel Chientemou (Cameroun), suivi de « Gakóm Djo Si Pá » (Chant fraternel) de Harman Kamwa Kenmogne (Cameroun), « Massacre dans un village » d’Aliou Boubacar Modi (Niger), « Chants des initiés » d’Alvie Mouzita (Congo Brazza) et enfin « Élégie pour la paix » de Sara Augustine Laurence Timb (Cameroun).

L.D.B.C. : Quel est le but de ce concours  et comment y participe-t-on ?

A.M. : Le but de ce concours est de promouvoir les talents ayant un souffle poétique remarquable et de faire entendre leurs cris par-delà les frontières. La participation à ce concours n’exige aucun effort sinon le respect du règlement mis à la disposition.

L.D.B.C. : Alvie Mouzita, que peut apporter la poésie dans le monde d’aujourd’hui ?

A.M. : La poésie est d’abord un commerce d’émotions. Il faut souligner que rien ne peut se faire dans ce monde sans l’appui immédiat de la poésie, au sens large du terme, bien sûr. Car, loin de n’être que cet art qui consiste à faire des ouvrages en vers, la poésie est une motte de vie, une motte de connaissances, un chemin d’élévation de l’âme, un vent qui s’insurge, un chant qui adoucit, une toile où on se mire, une fleur d’espoir, une pluie d’amour. En fin de compte, la poésie c’est le beau.

Avec Adiac-Congo propos recueillis par Aubin Banzouzi

Congo-Livre : « Et quand nos rêves embrassent les ténèbres » à la rencontre des étudiants

juillet 11, 2022

Recueil de poèmes de 41 pages publié par les Editions Mikanda de la République démocratique du Congo, « Et quand nos rêves embrassent les ténèbres » a été au centre d’un échange, le 7 juillet, entre son auteur, Tristell Mouanda Moussoki, et les étudiants de l’Université Marien-Ngouabi.

1-Des panelistes et l’auteur, à droite, lors de la présentation du livre/Adiac

C’est au sein de la bibliothèque de la Faculté des lettres, arts et sciences humaines (Flash) que s’est déroulée la rencontre littéraire autour du recueil « Et quand nos rêves embrassent les ténèbres ». Chant ardent, mû par l’ampleur de la douleur, ce recueil est une poésie miroir qui blâme le mal pour désaliéner la marche de la société africaine et l’aider à accomplir son destin. En effet, ce que Tristell Mouanda scrute dans une tonalité tragique et pathétique aboutit très rapidement à une conscience marquée, donnant au poème toute sa densité révolutionnaire.

Dans un élan de permettre à l’assistance, dominée par la présence des étudiants, de comprendre les différents poèmes qui composent ce livre, le comédien et metteur en scène Guy Stan Matingou a ponctué les échanges par des temps de lecture de quelques extraits du livre puisés, entre autres, des pages 10,12, 14, 16, 38 et 40.

Selon Tristell Mouanda, ces extraits sont une façon pour lui de convoquer les hommes au vivre-ensemble, les jeunes à s’élever pour rencontrer la lumière. De plus, à travers quelques poèmes, il attire l’attention des Etats africains, déclarant que « la jeunesse est la racine même du rêve, c’est l’avenir d’un pays. Et, une jeunesse mal formée, mal éduquée, c’est une jeunesse délaissée ».

2- Les étudiants assistant aux échanges/Adiac

La rencontre littéraire a été également l’occasion favorable pour le public de manifester son ressenti à travers des questions à l’endroit de l’auteur. Celles-ci ont porté notamment sur le sens du titre de l’ouvrage ; le choix d’aborder les souffrances du peuple africain ; le fait que l’ensemble des poèmes n’a pas de titres, etc.  Répondant à ces interrogations, Tristell Mouanda a notifié qu’on ne peut pas être poète et ne pas s’interroger ; aussi l’émotion naît lorsqu’on est face à la nature ou à une problématique.

« Les rêves embrassent les ténèbres, c’est simplement la question de la souffrance, de la douleur. Le rêve du peuple africain est avorté et quand c’est le cas, on n’est pas dans la lumière, mais plutôt dans l’obscurité, voire l’échec. Je suis un poète de mon époque, j’essaie de voir le contour de ma société. En effet, je ne peux pas écrire sur des questions qui dépassent mon entendement. Par ailleurs, je n’ai pas titré les poèmes parce que pour moi, la poésie c’est une prière, c’est l’acheminement des idées. Quand je suis donc en transe, je n’ai pas le temps de titrer justement les poèmes », a longuement expliqué le poète.

Après l’intervention de l’auteur, le public a salué ses efforts et son travail abattu pour rédiger ce recueil de poèmes. « En tant que poète, il s’est donné une mission cardinale, celle de libérer le peuple africain et de lui permettre de quitter l’état dans lequel il se trouve afin d’atteindre l’avenir. Un avenir plus associé avec la nuit mais avec la lumière », a déclaré Prince Matoko.

Notons qu’au terme des échanges, Tristell Mouanda a dédicacé quelques exemplaires de son ouvrage. Cette cérémonie littéraire a connu la présence du responsable de la maison d’édition Mikanda, le poète Youssef Branh, directeur de la bibliothèque de la Flash, Roland Ondoumbou, et du Dr Leckaka-Peya.

Avec Adiac-Congo par Merveille Atipo et Mira Boussiengue, stagiaire

Québec: Inspiré par David Goudreault, un jeune poète de 13 ans lance son premier recueil

juin 19, 2022

David Goudreault se tourne vers Micheal en lui souriant.

David Goudreault est venu au lancement du recueil de poésie de Micheal Angel Photo : Radio-Canada

Il y a de ces rencontres qui peuvent changer le cours d’une vie. C’est grâce à une animation de David Goudreault dans sa classe que Micheal Angel de Shawinigan a eu un coup de cœur pour la poésie. Jusqu’à ce moment, le français était la bête noire de l’élève.

Il y a à peine six mois, l’élève de 6e année à l’école Sainte-Flore ignorait tout de l’art poétique. Son enseignant, Dominic Boisvert raconte que David Goudreault a fait un petit spectacle aux élèves, il est monté sur son bureau et leur a fait une démonstration de poésie. Ç’a été un déclic pour Micheal Angel. Dans les jours qui ont suivi la rencontre avec David, il a écrit quelques poèmes dans son petit calepin […]. Puis, il m’a montré ça le lundi suivant.

Prenant la pleine mesure de son talent, l’enseignant et l’écrivain l’ont encouragé à en faire un recueil.

« Écoute, Michael c’est un talent incroyable. C’est le petit Rimbaud de la Mauricie. Passer d’un élève qui déteste le français, avec des difficultés, à un élève qui rayonne, qui mobilise la classe autour de ses textes, qui sort un livre, c’est énorme. »— Une citation de  David Goudreault, écrivain, poète et slameur

Pour le jeune poète, écrire est un geste libérateur. Il y raconte les difficultés qu’il éprouve et il y trouve une manière de se défaire de sa colère. Ça me fait beaucoup de plaisir parce qu’après je sens que je n’ai plus cette colère en moi.

Couverture du recueil intitulé Sortir de sa caverne

Le recueil intitulé Sortir de sa caverne compte une vingtaine de poèmes. Photo : Radio-Canada

Pour David Goudreault, l’histoire de Michael est une manifestation poignante du pouvoir de la poésie. En fait, la poésie et même l’art de façon plus large, c’est parfois un élément qui va raccrocher des jeunes à l’école, notamment les p’tits gars. Donc, quand on invite des poètes en classe, quand on invite des artistes même en art visuel, on ouvre des portes dans l’esprit des jeunes.

L’enseignant promet que la poésie demeurera présente tout au long de la prochaine année scolaire. Parce que c’est facile. Ça peut prendre cinq minutes sur le coin d’une feuille, sur ton bureau, dans le coin de ton cahier de mathématiques.

À l’heure des vacances scolaires, Micheal Angel conservera tout de même son calepin tout près au cas où frapperait l’inspiration. Il y a des fois où je fais des poèmes dans ma tête, mais je n’ai pas mon carnet. Je me dis que je suis toujours un peu en train d’écrire.

Par Radio-Canada avec les informations de Jacob Côté

RDC-Derniers hommages : Philippe Masegabio inhumé ce mercredi à la Nécropole 1

juin 7, 2022

Une décoration à titre posthume du poète, Philippe Masegabio, est prévue par le chancelier des Ordres nationaux lors de la cérémonie funéraire à l’Hôpital du cinquantenaire, en matinée du 8 juin, à la suite de la veillée mortuaire organisée à sa résidence, la nuit du 7 au 8 juin.

Philippe Masegabio Nzanzu intervenant lors de la présentation du roman Gahi ou l'affaire autochtone (Adiac)

1 -Philippe Masegabio Nzanzu intervenant lors de la présentation du roman Gahi ou l’affaire autochtone / Adiac

Le Pr Philippe Masegabio Nzanzu est passé de vie à trépas, le 16 mai dernier, soit un mois jour pour jour après sa dernière apparition publique à l’occasion de la présentation du roman « Gahi ou l’affaire autochtone » d’Henri Djombo, le 16 avril. Intervenant à cette occasion, le critique littéraire avait alors salué l’initiative de l’auteur qui contribuait à renforcer le rapprochement des écrivains des deux rives du fleuve Congo à la bibliothèque du Centre Wallonie-Bruxelles.

Docteur en lettres et civilisation françaises formé à l’université Lovanium, l’actuelle Université de Kinshasa (Unikin), enseignant à l’Université pédagogique nationale jusqu’à sa mort, feu Philippe Masegabio était essentiellement poète et critique littéraire. Le monde littéraire congolais en deuil a perdu une de ses ferventes plumes mais aussi un brillant critique littéraire comme en a témoigné le nouvelliste Yoka Lye Mudaba. Il l’avait relevé haut et fort à la présentation du dernier essai critique du défunt, « Tchicaya U Tam’si, le feu et le chant. Une poétique de la dérision », qu’il s’était donné le plaisir de réaliser à sa demande, le 11 février 2020. Il en ressort notamment que le poète disparu a guidé ses « premiers pas de critique littéraire en herbe ». Ce, alors qu’il dirigeait la revue « Dombi » qu’il avait créée au sein de l’Office national de recherche et de développement.

Homme politique

Le Pr Yoka se souvient qu’en sa qualité de tout premier président de l’Union des écrivains zaïrois à sa création, en 1972, Masegabio l’a embarqué « dans le tout premier comité comme membre effectif », en dépit de sa fougue de « jeune Turc piaffant d’impatience et d’impertinence ». Et, vice-ministre, ministre de l’Information, puis ministre de la Culture sous le règne du maréchal Mobutu, en 1985-1986, il le «  prépare à rempiler à la tête de la Compagnie du théâtre national, afin d’y ramener la paix et une certaine rationalité managériale ». En tant qu’homme politique, il exerça également les fonctions de député, puis sénateur.Dernier essai critique de Philippe Masegabio, Tchicaya U Tam’si, le feu et le chant. Une poétique de la dérision (DR)

2 : Dernier essai critique de Philippe Masegabio, « Tchicaya U Tam’si, le feu et le chant. Une poétique de la dérision » / DR

Engagés dans un projet marquant leur engagement littéraire dans les années 2000, Yoka Lye a renseigné sur le fait qu’il avait été pensé un moyen d’unir les Congo. « Avec Masegabio ainsi que d’autres collègues et amis, nous nourrissions le vœu de construire le pont symbolique sur le Congo à partir de la littérature, et une synergie interactive, avec le pôle artistique et culturel de Lubumbashi, singulièrement de l’Unilu », a-t-il indiqué.

Spécialiste de la sémiologie littéraire et de Tchicaya U Tam’si, c’est dès lors grâce à sa thèse de doctorat défendue en 2014 à l’Unikin, qu’il confie: « j’ai pu, pour ainsi dire, faire davantage la connaissance de Tchicaya U Tam’si et me réconcilier avec sa poésie ».

Masegabio Nzanzu fut lauréat de quelques prix littéraires locaux, notamment la Médaille d’or du Mérite congolais des lettres,  deuxième prix de poésie Sébastien-Ngonso pour « Somme première » (1967), puis premier prix du concours de poésie organisé par le Goethe Institut et la Faculté des lettres de l’université Lovanium pour « Le temps des noces » (1968). Par ailleurs, l’Association internationale des parlements de langue française l’avait fait Commandeur de l’Ordre de la pléiade. La bibliographie de feu Philippe Masegabio, disparu à 77 ans, est essentiellement composée de recueils de poèmes. Parmi ses principales œuvres figurent « Somme première » (Poèmes 1967), « Le Zaïre Ecrit-Anthologie de la poésie zaïroise de langue française« (Horst Erdmann Verlag, 1976), « La Cendre Demeure« (Ed. Lokolé Dombi-Diffusion, 1983), « Fais-moi passer le lac des caïmans » (Dombi-Diffusion, 2006), « Le jour de l’Eternel : chants et méditations » (L’Harmattan, 2009), « Tchicaya U Tam’si : le feu et le chant, une poétique de la dérision » (L’Harmattan, 2017).

Avec Adiac Congo par Nioni Masela

Canada-Québec: Le café-bar Zénob de Trois-Rivières ferme ses portes

décembre 23, 2021
L'enseigne du Zénob à l'avant-plan et la pancarte À vendre, en arrière-plan.

Le café-bar Zénob, situé à Trois-Rivières, a été mis en vente. Photo: Radio-Canada/François Genest

Le café-bar Zénob, une institution culturelle à Trois-Rivières, ferme ses portes. Une pancarte « À vendre » a fait son apparition devant l’édifice de la rue Bonaventure, au centre-ville. Si le milieu culturel est sous le choc, l’actuel propriétaire Yves Lafrenière fait le souhait de passer le flambeau à un entrepreneur qui reprendrait la vocation artistique de l’endroit.

Yves Lafrenière ne s’en cache pas, les mesures sanitaires et le manque de personnel ont joué dans sa décision de mettre la clé sous la porte, bien avant que le gouvernement ordonne la fermeture des bars. C’était devenu un exploit, avec les normes qui changeaient à peu près toutes les semaines de pouvoir continuer à conserver la clientèle, explique-t-il en entrevue à l’émission Toujours le matin.

À la fin de l’été et avec la fermeture des terrasses, il ne restait plus beaucoup d’espace pour assurer la distanciation exigée par les mesures sanitaires. Dès qu’on est rentré en dedans, la petitesse des lieux a joué beaucoup, ajoute-t-il.

En plus des règles en vigueur, le propriétaire a fait face à différents problèmes du personnel. Certains sont tombés malades pour une période prolongée. D’autres ont eu des problèmes aux lignes frontalières. Finalement, on était juste sur la corde, mentionne Yves Lafrenière.

La pénurie de main-d’oeuvre a mis beaucoup de poids sur le dos du gérant, ce qui a fait en sorte qu’il a déserté l’établissement également.

Un lieu culte pendant 37 ans

Au fil des 37 années de son existence, le café-bar Zénob a reçu des artistes de plusieurs disciplines. En plus de devenir un lieu de diffusion privilégié pour les poètes du Festival international de la poésie de Trois-Rivières, l’établissement a aussi présenté des spectacles de musique, de l’improvisation, de la performance.

« Ce n’est pas un lieu normal, c’est un centre culturel qu’on a perdu. »— Une citation de  Guy Marchamps, poète et cofondateur de la revue Art Le SabordUn poète fait la lecture au micro devant des spectateurs au Zénob, dans le cadre du Festival international de la poésie de Trois-Rivières.

Soirée de poésie au Zénob dans le cadre du Festival international de la poésie de Trois-Rivières (archives).

Photo: Radio-Canada/Festival International De La Poésie De Trois-Rivières

En 2015, le Zénob avait même tenu une soirée d’hommage aux victimes de l’attentat au journal Charlie Hebdo en France en recevant la journaliste Zineb El Rhazoui, ainsi que le président du comité français Laïcité République Patrick Kessel. Ils avaient été invités au Québec par l’auteure Djemila Benhabib et ils avaient pris la parole au café-bar devant une salle bondée. C’est dire à quel point l’établissement était un lieu aux publics multiples.

Pour les artistes et les clients qui ont fréquenté le café-bar Zénob, les souvenirs sont nombreux. J’ai travaillé une dizaine d’années comme DJ, animateur, barman… psychologue aussi parfois!, lance le maire de Trois-Rivières Jean Lamarche. Comme plusieurs, il décrit l’endroit comme un incubateur culturel.

Jean Lamarche au micro

Jean Lamarche, maire de Trois-Rivières Photo: Radio-Canada/Michelle Raza

La popularité du Zénob tenait entre autres du fait qu’autant les jeunes que les plus vieux s’y fréquentaient. [Des gens de] tous les âges. C’était un endroit vraiment magique, se rappelle le poète Guy Marchamps, avec nostalgie.

Une personne donne une performance musicale.

Alexandre Dostie et son groupe FullBlood au Zénob. Photo: Radio-Canada/Alexandre Dostie

L’écrivain a connu la genèse du café-bar au milieu des années 1980. Moi-même, à mon époque, j’ai organisé des rencontres avec des écrivains, par exemple. J’ai invité 55 écrivains, pendant 7 ans. Donc, régulièrement, les gens pouvaient rencontrer des écrivains québécois et leur poser des questions.

Une relance possible?

Le propriétaire Yves Lafrenière espère qu’un acheteur poursuivra l’oeuvre de son frère Jean, qui a été à l’origine du projet de café-bar et qui est maintenant décédé.

Mon frère était reconnu comme un poète. Il était dans toutes sortes d’activités culturelles. Il a été un pionnier au Festival de la poésie, entre autres. J’aimerais beaucoup que ça continue dans le même sens. Je travaille là-dessus présentement, indique-t-il. Yves Lafrenière n’en fait toutefois pas une condition à la vente de la bâtisse.

Bien qu’il s’agisse d’une entreprise privée, le maire de la ville croit qu’il y a encore un potentiel pour ce genre d’activités. Il demeure optimiste de voir la relance du Zénob. Il faudra que quelqu’un y voie un potentiel ou une niche à développer. Je pense que c’est encore possible. Et, il y aura toujours de la place pour de la poésie à Trois-Rivières, moi, j’en suis persuadé, conclut Jean Lamarche.

Avec Radio-Canada par Mylène Gagnon

Beau retour sur Terre

novembre 9, 2021

Sur les eaux paisibles du plateau de la Floride

Thomas Pesquet d’un sourire jovial et candide

À bord de l’ISS de la célèbre capsule Dragon

A fait très tôt mardi son amerrissage sur l’océan

Après deux cents riches jours en orbite

Pour une mission de grande réussite

L’astronaute regagne sa Terre sympathique

Avec du matériel et d’expériences scientifiques

Dans l’Espace où il nous envoyait des images

De voler comme un oiseau sans plumage

Thomas Pesquet pour sa condition physique

Doit subir une batterie d’examens toniques

À toi Thomas Pesquet, à l’ouverture de l’écoutille

Au Japonais Akihiko Hoshide autre fierté nationale

Aux Américains Shane Kimbrough et Megan Mc Arthur

Du pays de l’Aigle, vous êtes tous une fierté sûre

Bernard NKOUNKOU BOUESSO

Canada-Festival international de poésie: l’émotion est immunisée contre le virus

octobre 2, 2021

C’est à une autre édition atypique du Festival international de poésie de Trois-Rivières qu’est convié le public depuis vendredi. Une édition qui, pour une seconde année, porte le sceau de la pandémie avec l’absence de poètes étrangers, des lieux de diffusions limités en nombre et quant aux places disponibles et la liste des événements raccourcie par rapport aux sommets de 2019. Malgré le contexte, l’émotion, ingrédient essentiel de l’évènement, est bien là et peut-être plus que jamais.

Le Festival international de la poésie de Trois-Rivières a lancé ses activités vendredi avec l’inauguration du parc Herménégilde Chiasson qui portera le nom de ce poète acadien pour la durée du festival. Sur la photo on reconnaît Gaston Bellemare, président du FIPTR et la directrice générale, Maryse Baribeau.

© Sylvain Mayer Le Festival international de la poésie de Trois-Rivières a lancé ses activités vendredi avec l’inauguration du parc Herménégilde Chiasson qui portera le nom de ce poète acadien pour la durée du festival. Sur la photo on reconnaît Gaston Bellemare, président du FIPTR et la directrice générale, Maryse Baribeau.

«L’atmosphère ne sera pas la même, convient le président et fondateur Gaston Bellemare, mais il est très important qu’on le présente parce que les gens en ont besoin. Le public a compris ce que nous disons depuis le début: l’évènement est à eux. Et disons que dans les circonstances actuelles, la poésie est particulièrement précieuse.»

La gestion du FIPTR a été on ne peut plus complexe et même problématique. Les normes sanitaires ont changé et continuent de fluctuer. «Ce n’est pas compliqué, ça change d’un jour à l’autre. Là, on sait qu’il va nous falloir prévoir du personnel aux portes de chaque établissement pour s’assurer qu’on respecte partout les normes. Encore tout dernièrement, le propriétaire d’un établissement m’expliquait qu’il était heureux d’accueillir un poète dans son restaurant mais que celui-ci devrait rester assis pour lire ses poèmes parce que debout, il serait tenu de porter un masque. Peux-tu imaginer un poète en train de lire sa poésie avec un masque dans la figure?», ricane malgré tout le président.

«Ça entraîne évidemment des situations assez particulières. Au Zénob, espace déjà très restreint mais que les poètes adorent parce que l’atmosphère est toujours exceptionnelle, on va être limité à seulement 15 personnes.»

«C’est évident que tout est compliqué. On ne pourra pas recevoir de poètes de l’étranger. Mais nous, on travaille là-dessus depuis deux ans. Parce que les invités doivent recevoir l’invitation longtemps à l’avance pour être en mesure non seulement d’assurer la logistique mais aussi d’aller chercher l’aide financière de leur université ou d’autres partenaires pour venir. C’est toujours un processus très complexe et en bout de ligne, tout ce travail aura été fait pour rien.»

Par ailleurs, certains invités canadiens ont décliné l’invitation par crainte du virus ou parce qu’ils n’étaient pas adéquatement vaccinés. Il reste qu’en bout de ligne, au dernier décompte officiel, on en recevra 36.

Herménégilde Chiasson à l’honneur

C’est le poète acadien Herménégilde Chiasson qui a été choisi par la direction artistique de l’évènement pour être le poète à l’honneur pour cette 37e édition. L’artiste reçoit l’hommage avec autant de modestie que de plaisir. «J’avoue que je suis toujours mal à l’aise devant ce genre de reconnaissance, dit-il depuis Moncton, mais je suis très heureux que ça me vienne du Festival de Trois-Rivières. C’est toujours très agréable d’y participer. Gaston s’est toujours fait un point d’honneur de présenter des poètes acadiens, ce que j’apprécie vivement.»C’est le poète acadien Herménégilde Chiasson qui est le poète à l’honneur de la 37e édition du Festival international de poésie de Trois-Rivières.© Rachelle Bergeron C’est le poète acadien Herménégilde Chiasson qui est le poète à l’honneur de la 37e édition du Festival international de poésie de Trois-Rivières.

«J’avoue que la première fois que j’y ai pris part, j’ai été très impressionné. Il y avait des poètes de partout dans le monde et j’étais plutôt intimidé mais, on m’a traité comme un écrivain à part entière, sur le même pied que n’importe quel autre invité, Je l’ai beaucoup apprécié.»

Lui qui vit dans une ville, Moncton, dont la population est aux deux-tiers anglophone et où le français n’est peut-être pas toujours reconnu à sa juste valeur, il dit apprécier beaucoup ses séjours trifluviens. À preuve, il calcule être venu une quinzaine de fois au FIPTR. «C’est une grande détente pour moi de me retrouver dans un milieu complètement francophone où la poésie est célébrée. J’ai vécu trois ans à Paris à une certaine époque et le fait d’être replongé dans un milieu où le français a toute la place me fait toujours beaucoup de bien.»

«Non seulement l’accueil de l’organisation est toujours exceptionnel, mais j’aime la chaleur du public de chez vous. Je suis toujours ébloui par la grande écoute dont font preuve les spectateurs lors de nos lectures, par exemple. Ce sont souvent des endroits publics où les gens se retrouvent pour discuter et dès qu’un poète commence à lire ses poèmes, les gens lui offrent un silence et une écoute fabuleuse. C‘est très impressionnant.»

De la poésie d’Herménégilde Chiasson, Gaston Bellemare dit qu’elle part de mots simples pour véhiculer des images qui viennent du cœur et qui s’adressent au cœur. Le poète ne nie pas. «L’accessibilité est quelque chose d’important à mes yeux. Peut-être suis-je inspiré par une certaine poésie américaine qui se veut souvent narrative, qui raconte des histoires ou des moments d’une façon très proches des gens. Je trouve qu’il faut se rendre aussi accessible que possible à ceux qui nous écoutent. Quand le public lit, il peut toujours reprendre des passages à répétition mais à l’oral, on n’a pas ce luxe: il faut établir une connexion immédiate.»

La profondeur émotionnelle de ses écrits est peut-être aujourd’hui accentuée par la pandémie qui nous afflige. «J’ai longtemps eu tendance à écrire sur la politique, le vécu collectif mais la pandémie qui nous a isolés les uns des autres a fait que je me suis tourné davantage vers les petites choses du quotidien. Je suis passé du grand nous au je et j’espère arriver à rejoindre le je de ceux qui vont m’écouter.»

Pendant la durée de l’évènement, du 1er au 10 octobre, la place d’Armes de la rue des Ursulines, devant le Manoir de Tonnancour, portera le nom de parc Herménégilde Chiasson. «C’est un très grand honneur, commente celui qui fut le tout premier poète acadien invité au FIPTR. Il y a tellement d’autres poètes qui écrivent mieux que moi qui l’auraient mérité. Ça m’a fait une drôle d’impression quand Gaston m’a appelé pour me le proposer. J’en suis très fier.»

L’Acadien sera chez nous à partir du 6 octobre pour plusieurs activités de lecture et même un entretien de plus longue durée. On peut savoir où auront lieu ces évènements en consultant la programmation du FIPTR au www.fiptr.com.

Avec François Houde – Le Nouvelliste