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Samuel Eto’o condamné à 22 mois de prison pour fraude fiscale en Espagne

juin 21, 2022

Le président de la Fédération camerounaise de football a plaidé coupable de fraude fiscale et conclu un accord avec le parquet espagnol afin d’éviter d’effectuer une peine de prison.

Samuel Eto’o à son domicile parisien, le 25 mars 2021. © Vincent Fournier pour JA

Selon les termes de cet accord, Samuel Eto’o, qui évoluait au moment des faits au FC Barcelone, a été condamné à une amende et à 22 mois de prison. Toutefois, ainsi que le prévoit la loi espagnole, il ne sera pas incarcéré parce que cette peine est inférieure à deux ans et qu’il n’a pas d’antécédents judiciaires en Espagne.

Le montant de l’amende que devra payer le joueur n’a pas été communiqué par le tribunal. Mais selon la presse espagnole, il s’élève à environ 1,8 million d’euros.

3,9 millions d’euros

Samuel Eto’o et José Maria Mesalles, son ex-représentant qui a pour sa part été condamné à 12 mois de prison et à une amende, devront par ailleurs rembourser au fisc espagnol la somme fraudée, soit près de 3,9 millions d’euros. Contactée par l’AFP, l’administration fiscale n’a pas souhaité faire de commentaire.

Le parquet poursuivait l’ancienne star du ballon rond, devenu fin 2021 président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), pour quatre délits contre le fisc remontant aux années 2006-2009. Eto’o évoluait alors depuis 2004 au FC Barcelone, avec qui il a gagné trois Championnats d’Espagne, une Coupe du Roi, deux Supercoupes d’Espagne et deux Ligues des champions.

Montage frauduleux

Le parquet assurait que le joueur avait mis en place un montage de sociétés afin d’éviter de déclarer une partie de ses revenus. Selon lui, Eto’o avait cédé ses droits à l’image à une société basée en Hongrie qui déclarait ses gains dans ce pays, où le taux d’imposition est un des « plus bas d’Europe ». Une deuxième société, espagnole cette fois, les déclarait en Espagne, mais ces gains étaient imposés au titre de l’impôt sur les sociétés, inférieur à l’impôt sur le revenu qui aurait dû être payé. Le Camerounais « était le vrai titulaire des droits à l’image », affirmait le parquet, selon lequel cette cession était frauduleuse et uniquement destinée à payer moins d’impôts.

Eto’o est le dernier footballeur en date à être condamné en Espagne pour fraude fiscale. Avant lui, Cristiano Ronaldo ou Lionel Messi ont notamment eu des démêlés avec le fisc et la justice.

Avec Jeune Afrique avec AFP

Cameroun : Samuel Eto’o, tacleur taclé par Mohammadou Idrissou

juin 14, 2022

Des voix s’élèvent contre le récent sermon du président de la Fédération camerounaise de football à l’équipe nationale, pourtant victorieuse face au Burundi. Un ancien coéquipier de Samuel Eto’o est même entré dans la danse.

© Damien Glez

À qui revient l’animation de la causerie de vestiaire ? Le débat agite la planète foot camerounaise depuis quelques jours, entre mélodrame existentiel et tempête dans un verre d’Eto’o.

Le jeudi 9 juin, l’équipe nationale de football du Cameroun s’impose – certes difficilement – face au Burundi, lors de la première journée de qualifications pour la CAN 2023. S’ils ont bien décroché la victoire, grâce à un but sur coup franc inscrit par Karl Toko-Ekambi, les Lions indomptés s’apprêtent à prendre une douche écossaise.

Dans des vestiaires couverts – comme il se doit au siècle 2.0 – par une captation vidéo, les footballeurs sont rejoints par un président de la fédération guère satisfait du niveau d’investissement de certains joueurs. Et Samuel Eto’o n’est pas du genre à mâcher ses mots : « Je ne suis pas du tout content. […] Personne n’a sa place assurée dans cette équipe. Si vous voulez porter le maillot, vous faites le job. Sinon, ne venez pas et je serai content. Je jouerai avec des enfants. […] Vous vous dites que je suis un salaud, mais j’ai été le meilleur étant assis là… » Et l’ancien attaquant de culpabiliser les footeux en faisant vibrer une fibre patriotique qui rimerait – chez lui plus que chez d’autres ? – avec sacrifice de sa vie…

Remontrance emphatique

Chacun sait l’emphase propre au phrasé de Samuel Eto’o. Les jours qui suivent la remontrance, c’est pourtant moins l’exagération présumée du tacle qui fait grincer des dents que la légitimité de la semonce. Ce qu’il est convenu d’appeler la « causerie de vestiaire » ne doit-il pas être l’apanage de celui qui, dans la scène filmée, reste aphasique : l’entraîneur Rigobert Song ?

Une situation qui a fait sortir du bois un ancien attaquant international ayant fréquenté les mêmes vestiaires qu’Eto’o. Via les médias camerounais, c’est un Mohammadou Idrissou « énervé » qui insiste : « Après un match, la seule personne qui devrait parler aux joueurs, c’est l’entraîneur. » Non sans préciser néanmoins être « content que Samuel soit président de la Fecafoot » – même si « le Cameroun, ce n’est pas seulement Samuel Eto’o », qui devrait « arrêter de dire “moi, moi, moi” ». Et non sans se désolidariser de la forme et du fond du prêche présidentiel : « Il y a une manière de parler à des gens qui viennent de terminer un match. […] Qu’est-ce qu’on veut : la victoire ou la manière de jouer ? »

Même si Eto’o a reçu, dans cette affaire, le soutien de personnalités comme l’ancien sélectionneur du Cameroun Jean-Paul Akono, Mohammadou Idrissou n’est pas le seul à emboucher la trompette de la critique. Plusieurs journaux africains et internationaux ont employé l’adjectif « hallucinant » pour qualifier l’exhortation du président de la fédération.

Avec Jeune Afrique

Damien Glez

Par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Cameroun : Samuel Eto’o élu à la tête de la Fecafoot

décembre 12, 2021
Samuel Eto’o, en 2018 à Paris. © Vincent FOURNIER/JEUNE AFRIQUE

L’ancien international a été élu président de la Fédération camerounaise de football ce samedi, au terme d’une campagne riche en rebondissements.

L’annonce a été saluée par une explosion de joie dans les rues de Yaoundé. La légende vivante du football camerounais, Samuel Eto’o, 40 ans, a été élu à la tête de la Fédération camerounaise de football pour un mandat de quatre ans. « C’est historique. Cette élection s’est déroulée dans un esprit démocratique et constructif », a-t-il déclaré à Jeune Afrique.

Il a obtenu 43 voix contre 31 pour son seul adversaire, le président intérimaire sortant de l’instance, Seidou Mbombo Njoya. Les cinq autres candidats s’étaient désistés en faveur de l’un ou de l’autre au fil des semaines de la campagne.

Tensions et suspicions

Retransmise en direct à la télévision, l’élection s’est tenue à Yaoundé, dans un hôtel bouclé par la police, en raison des risques de débordement. Dans la salle chauffée à blanc par des suspicions de fraude de la part de l’administration sortante, le président de la Commission électorale, le magistrat Gilbert Schlick, a eu du mal à conduire le processus.

Décontracté mais combattif, Samuel Eto’o était présent dans la salle. Lui et ses partisans ont demandé des changements dans le dispositif électoral mis en place. La Commission a concédé quelques aménagements mais a refusé de disqualifier Jules Denis Onana, dont le mandat au sein du collège électoral émis par le Syndicat national des footballeurs camerounais – soutien de Samuel Eto’o – avait été retiré la veille.

Réseaux sociaux et lobbying

Ce scrutin est l’épilogue d’une âpre campagne électorale au cours de laquelle les deux candidats rivaux ont choisi non pas de s’adresser uniquement au collège de 76 délégués électeurs, mais d’en appeler aussi à l’opinion publique, notamment par le biais d’intervention sur les télévisions et les réseaux sociaux.

Dans le même temps, les équipes des candidats ont déployé un intense lobbying pour convaincre les délégués. Ceux-ci sont des élus des ligues régionales, des représentants de présidents de clubs, de la corporation des arbitres, des syndicats de joueurs, du football féminin…

Dans cette campagne, l’ex-capitaine des Lions indomptables – que certains soupçonnent de caresser des ambitions politiques dans son pays – bénéficiait de nombreux appuis. Des alliés qui ont permis à Samuel Eto’o de remplir ce pari, deux ans après que le footballeur ai raccroché les crampons, après un dernier passage sur le terrain au Qatar.

Avec Jeune Afrique par Franck Foute et Georges Dougueli