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CAN : stades déserts, bagarre, mauvais hymne… Les petites et grosses polémiques de la compétition

janvier 19, 2022
La sélection mauritanienne, au stade de Limbe, le 12 janvier 2022. © Issouf Sanogo/AFP

Comme chaque grande compétition, la CAN connaît quelques couacs. Alors que la première phase ne touche à sa fin, retour sur les principaux « bad buzz » de cette 33e édition, qui se tient au Cameroun.

Hormis l’affaire de l’arbitre zambien Janny Sikazwe, déjà évoquée dans ces colonnes, d’autres couacs ont émaillé la compétition phare du football africain. Des stades longtemps vides, des pelouses qui se dégradent rapidement, l’hymne mauritanien diffusé lors d’un match qui n’était pas le bon, des échauffourées à l’issue de la rencontre entre le Ghana et le Gabon (1-1)… Retour sur les quelques incidents qui ont marqué le premier tour de la compétition.

Mauritanie : l’hymne n’était pas le bon

Était-ce un signe ? La deuxième participation de la Mauritanie à une phase finale de la CAN risque, comme en 2019, de s’achever au premier tour après les deux défaites du pays face à la Gambie (0-1) et à la Tunisie (0-4). Avant leur premier match face aux Scorpions gambiens à Limbe, le 12 janvier, les Mourabitounes n’ont jamais pu entendre leur hymne national. Quelques notes de musique ont retenti pendant quelques secondes, avant d’être brutalement interrompues. Les joueurs mauritaniens, d’abord perplexes, n’ont pas eu plus de chance lors de la deuxième tentative.

Le speaker du stade s’est alors excusé platement, promettant la diffusion rapide de l’hymne. Après une longue minute d’attente, les mêmes notes de l’ancien hymne mauritanien (en vigueur de 1960 à 2017) ont résonné brièvement avant que les organisateurs, sans doute par souci d’éviter le running-gag, ont renoncé, et diffusé le (bon) hymne gambien. La CAF a ensuite expliqué qu’« un problème technique avait empêché l’ingénieur du son d’accéder au fichier audio correspondant. »

Stades désertés

En 2019, lors de la CAN en Égypte, trop de matchs s’étaient déroulés devant des tribunes largement dégarnies. Le problème s’est répété au Cameroun, au moins durant les premiers jours. Aucun stade n’a fait le plein, pas même celui d’Olembé pour le match d’ouverture opposant le Cameroun au Burkina Faso (2-1), le 9 janvier. Celui entre le Maroc et le Ghana, programmé le 10 janvier au stade Amadou-Ahidjo, à Yaoundé, n’a attiré tout au plus que 1 500 spectateurs, alors qu’il peut en accueillir 42 500.

Les raisons de cette désaffection massive sont multiples. Le prix des places (de 4 à 31 euros) est jugé trop élevé. Par ailleurs, le protocole sanitaire très strict qu’ont imposé la Confédération africaine de football (CAF) et l’État camerounais pour lutter contre les risques de propagation du Covid-19, dans un pays où environ 6% de la population serait vaccinée, n’a pas favorisé la fréquentation des stades, puisque toute personne souhaitant assister à un match doit présenter un passe vaccinal et un test PCR datant de moins de 48 heures.

Le gouvernement a donc décidé, non pas d’assouplir les règles, mais de modifier les horaires des activités scolaires, académiques et professionnelles, qui s’achèveront au plus tard à 14 heures. Une décision prise par Paul Biya, le chef de l’État, « pour permettre aux Camerounais de prendre une part active à cet événement continental d’envergure. » Depuis, les enceintes sont beaucoup plus garnies et vivantes…

À Douala, gazon pourri

Le stade Japoma de Douala est récent, sa pelouse est toute fraîche, mais elle ne ressemble déjà à plus grand-chose, alors que seulement quatre matchs y ont été disputés. De la teinture verte a beau avoir été appliquée sur l’aire de jeu pour cacher la misère, le résultat est là : la pelouse se détériore à vue d’œil, ce qui ne favorise pas les équipes qui essaient de développer un beau jeu.

Djamel Belmadi, le sélectionneur de l’Algérie, y a fait allusion, mais sans pour autant en faire une circonstance atténuante expliquant les piètres performances de ses joueurs face à la Sierra Leone (0-0) et la Guinée Équatoriale (0-1). Son équipe devait affronter les Équato-Guinéens sur un terrain déjà bien abimé après la rencontre entre la Côte d’Ivoire et la Sierra Leone (2-2), qui s’était achevée une heure plus tôt.

C’est dans le Stade Japoma qu’aura lieu le choc décisif entre les Fennecs et les Éléphants, le 20 janvier. Patrice Beaumelle, le coach français des Ivoiriens, a bien tenté de nuancer les nombreuses critiques, en affirmant que la pelouse « est plus que correcte » et qu’ « on a vu pire lors de certaines CAN ». Certes, mais pas sûr que cet argument suffise à atténuer un sentiment quasi-général…

Bagarre générale entre le Gabon et le Ghana

Le match entre le Ghana et le Gabon, le 14 janvier à Yaoundé, s’est terminé par une bagarre générale. Les Black Stars, qui menaient depuis la 18e minute grâce à un but d’André Ayew, ont été rejoints au score dans les dernières secondes après l’égalisation de Jim Allevinah. Alors que les Gabonais manifestaient leur joie, certains joueurs ghanéens ont disjoncté, notamment Benjamin Tetteh, auteur de plusieurs coups.

Le Ghana n’a pas digéré l’attitude des Gabonais, qui n’avaient pas rendu à leurs adversaires un ballon que ceux-ci avaient mis en touche volontairement après la blessure de l’un des leurs. André Ayew a parlé d’un comportement « très petit, une marque de petits joueurs ». La CAF, de son côté, a décidé de suspendre Tetteh pour trois matchs, et d’adresser un avertissement aux deux équipes pour « comportement antisportif. »

Avec l’élimination du Ghana et la qualification du Gabon, il n’y a heureusement plus aucun risque pour que les deux équipes se retrouvent lors des tours à élimination directe.

Avec Jeune Afrique par Alexis Billebault

La CAN innove avec un quatuor d’arbitres féminin pour Guinée-Zimbabwe

janvier 18, 2022

La Confédération africaine de football a désigné comme arbitre centrale la Rwandaise Salima Rhadia Mukansanga. Elle sera entourée d’une équipe entièrement féminine.

Salima Rhadia Mukansanga va diriger le quatuor d'arbitres feminin du match Guinee-Zimbabwe de la CAN ce mardi 18 janvier.
Salima Rhadia Mukansanga va diriger le quatuor d’arbitres féminin du match Guinée-Zimbabwe de la CAN ce mardi 18 janvier.© AFP

Ce mardi 18 janvier est incontestablement une date qui va compter dans l’histoire du football africain. Il marque un moment où le plafond de verre de l’arbitrage des matchs autour du ballon rond va être littéralement pulvérisé. En effet, la Rwandaise Salima Rhadia Mukansanga va devenir la première femme à arbitrer un match de Coupe d’Afrique des nations (CAN). Ce sera le GuinéeZimbabwe prévu à Yaoundé.

Aux JO de Tokyo, en 2021, Salima Rhadia Mukansanga avait eu l’opportunité d’officier. © AYMAN AREF / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Alors qu’elle avait déjà figuré parmi les arbitres de champ du tournoi olympique des Jeux de Tokyo cet été, l’arbitre rwandaise de 35 ans a également été la première femme quatrième arbitre d’un match de CAN, c’était le Guinée-Malawi du 10 janvier dernier. « C’est la première fois qu’une équipe entièrement féminine arbitrera un match de la CAN », a précisé la Confédération africaine de football dans un communiqué. La Camerounaise Carine Atemzabong et la Marocaine Fatiha Jermoumi assisteront Salima Rhadia Mukansanga, et la responsable de l’arbitrage vidéo sera la Marocaine Bouchra Karboubi.

Par Le Point avec AFP

Cameroun : avec la CAN, Paul Biya a peut-être une chance d’unir le pays

janvier 10, 2022
Le président camerounais et la première dame, Chantal Biya, saluent la foule venue assister au premier match de la CAN dans le stade Paul-Biya d’Olembé, à Yaoundé, le 9 janvier 2022. © REUTERS/Mohamed Abd El Ghany

Après cinquante ans d’absence, la Coupe d’Afrique des nations fait son grand retour au Cameroun. Une occasion de retrouver un semblant d’unité nationale, si tout se passe bien.

Au pouvoir depuis quarante ans, Paul Biya, 88 ans, est connu pour ne pas aimer les apparitions publiques. Il a pourtant occupé brièvement le devant de la scène lors de la cérémonie d’ouverture de la 33e Coupe d’Afrique des nations (CAN), qui s’est déroulée dimanche 9 janvier. Le cortège du président est en effet entré dans le nouveau stade qui porte son nom pour en longer la piste d’athlétisme, lui-même et la première dame, Chantal Biya, saluant par le toit ouvert. Il a ensuite prononcé un discours de quelques phrases seulement pour lancer officiellement le début du tournoi.

Il y a dix jours, à l’occasion du Nouvel An, Paul Biya avait eu plus à dire, présentant la CAN comme la partie d’un grand plan de développement des infrastructures, avant d’appeler ses « chers Lions indomptables à tout mettre en œuvre pour qu’ils terminent cette fête en beauté le soir du 6 février 2022 ».

Un optimisme qui contrastait toutefois avec le cœur du discours, axé sur la désunion nationale. « Beaucoup de nos compatriotes restent dans les rangs des groupes armés, a-t-il souligné. Ils continuent de se livrer à des activités criminelles, multiplient les attaques à l’aide d’engins explosifs improvisés et les meurtres de civils non armés. Le récent assassinat de trois étudiants et d’un enseignant du lycée bilingue Ekondo Titi est venu s’ajouter à la longue liste de leurs exactions et atrocités. »

L’attentat perpétré dans la région du Sud-Ouest en novembre 2021 est venu rappeler que la crise anglophone, qui dure depuis cinq ans, n’est toujours pas résolue. Si cela n’a pas cette fois privé le Cameroun du statut d’organisateur de la compétition, l’humiliation subie lorsque la Confédération africaine de football (CAF) avait décidé, en 2018, de retirer le tournoi à Yaoundé et de le confier à l’Égypte pour l’édition 2019 reste encore vive. Les retards dans les préparatifs et la crise de l’Ambazonie avaient joué un rôle central.

Entraînements à Buea

Cette année, la politique n’a pas modifié l’itinéraire du groupe F – la Tunisie, le Mali, la Mauritanie et la Gambie –, qui doivent toujours s’entraîner à Buea, la capitale régionale du Sud-Ouest. Par ailleurs, huit matchs seront disputés dans la région côtière de Limbé, où une explosion a été signalée pas plus tard que le 5 janvier et où la sécurité est renforcée. Un tournoi sans incident majeur renforcerait la position officielle des autorités, selon laquelle le pire est passé.

Si le Cameroun se qualifie pour la finale au stade Paul-Biya, situé dans la banlieue de Yaoundé, les détracteurs de cette installation de 300 millions de dollars pourront toujours dénoncer le coût total du tournoi. Environ 700 millions de dollars ont été investis dans les stades et les routes. Mais le succès de l’équipe nationale à domicile tend à noyer la voix de l’opposition. Dimanche dernier, les Lions se sont remis de leur défaite contre le Burkina Faso (0-1) en profitant de deux penalties concédés à la hâte pour s’imposer 2-1.

MES FRÈRES, JE SUIS DE BAMENDA

Le Cameroun n’a pas accueilli le tournoi depuis 1972 – à l’époque, il ne comptait que huit équipes réparties en deux groupes – et possède un formidable bilan à domicile en matière de compétitions. La récente défaite de la Côte d’Ivoire dans la lutte pour la qualification à la Coupe du monde a encore accru les attentes.

En 2017, une jeune équipe de Lions qui ne suscitait guère l’enthousiasme au départ avait battu le Sénégal, le Ghana et l’Égypte, remportant le cinquième titre de champion d’Afrique du pays de manière spectaculaire. Un but tardif de Vincent Aboubakar à Libreville avait scellé un tournoi par ailleurs assez plat. La victoire du Cameroun avait également eu une résonance politique. La semaine suivante, le gardien de but Fabrice Ondoa avait exprimé à la télévision sa solidarité avec la minorité anglophone du pays. « Mes frères, je suis de Bamenda », avait déclaré la star francophone, dédiant cette victoire à la ville anglophone du Nord-Ouest dans une époque de répression continue.

Depuis ce titre, l’équipe n’a en revanche pas progressé de manière significative et a été éliminée en huitième de finale en Égypte lors de sa dernière sortie. L’Algérie, championne en titre, et le Sénégal sont un cran au-dessus en matière de forme .

L’ombre du Covid-19

La plus grande menace planant sur la CAF pourrait bien venir du Covid-19. Le tournoi, qui a vigoureusement résisté aux appels au report, doit maintenant faire face à des problèmes de santé publique, à un régime de tests complexe et, inévitablement, à des absences dans les rangs des joueurs.

Peut-être les risques s’amenuiseront-ils une fois que les équipes entrées dans le pays auront séjourné un certain temps dans leurs bulles respectives. Mais le Sénégal est déjà durement touché, avec neuf joueurs testés positifs – dont Edouard Mendy (Chelsea) et Kalidou Koulibaly (Naples) – quelques jours seulement avant son premier match contre le Zimbabwe, lundi 10 janvier. Le Gabon, le Malawi, la Côte d’Ivoire et la Tunisie ont également vu leur préparation perturbée par de nouveaux cas.

Avec seulement 2,5 % de la population doublement vaccinée, les spectateurs sont contrôlés de près. Selon la CAF, « les supporters ne peuvent entrer dans les stades que s’ils sont complètement vaccinés et s’ils sont en mesure de présenter un résultat négatif au test PCR ne datant pas de plus de 72 heures ou un résultat négatif au test antigénique ne datant pas de plus de 24 heures. » Lors des matchs du Cameroun, la capacité d’accueil est limitée à 80 % pour faciliter la distanciation sociale, et celle de toutes les autres rencontres est plafonnée à 60 %.

Samuel Eto’o, la véritable star du tournoi

Si le nom du chef de l’État figure sur le stade, la figure de proue de cette édition sera sans nul doute le nouveau président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), Samuel Eto’o. Le quadruple « footballeur africain de l’année », double vainqueur de la CAN, a misé sa réputation sur le bon déroulement du tournoi et sur une nouvelle ère pour le football national, en difficulté. Il était à l’avant-garde de la résistance au report à la fin de l’année dernière et a lancé un avertissement aux voix européennes qui cherchent à saper la crédibilité de la CAF.

« La fédération que je représente défendra fermement la compétition, a-t-il déclaré. Les matchs de l’Euro se sont déroulés au milieu de la pandémie avec des stades pleins. Pourquoi ne pourrions-nous pas jouer ? » Malgré toutes les questions politiques et les problèmes actuels, il n’y a une fois de plus aucune réponse convaincante à cette question.

Avec Jeune Afrique par Taimour Lay

CAN 2022 : le Cameroun réussit ses débuts

janvier 9, 2022

Pays hôte de la Coupe d’Afrique des Nations, le Cameroun a remporté le match d’ouverture en renversant le Burkina Faso (2-1)

Le Cameroun recoit le Burkina Faso pour le match d'ouverture de la Coupe d'Afrique des nations 2022.
Le Cameroun reçoit le Burkina Faso pour le match d’ouverture de la Coupe d’Afrique des nations 2022.© AFP / Issouf SANOG

Le Cameroun s’est fait peur. Mais le Cameroun a réussi son entrée en matière dans la Coupe d’Afrique des Nations 2022. Menés peu avant la demi-heure de jeu par un but de Gustavo Sangaré (24e), les hommes d’António Conceição ont renversé le Burkina Faso devant leur public de Yaoundé, grâce а un doublé de Vincent Aboubakar (40e, 45e+3) sur pénalty. Les Lions Indomptables prennent ainsi provisoirement la tête de leur groupe A, en attendant la rencontre entre l’Éthiopie et le Cap-Vert.

Le Cameroun renverse le Burkina Faso

L’attente fut longue. Près d’un demi-siècle sans organiser de Coupe d’Afrique des nations sur son territoire. Mais après trois ans de retard, voilà que le Cameroun lance finalement « sa » CAN au stade Olembé de Yaoundé face au Burkina Faso. Les Lions indomptables donnent alors le coup d’envoi de ce match d’ouverture et obtiennent immédiatement un bon coup franc, après une vilaine faute de Steeve Yago (1e) sanctionné d’un carton jaune. Le coup de pied arrêté ne donne rien, mais le Cameroun annonce déjà la couleur.

La première opportunité de cette rencontre est d’ailleurs pour les hommes d’António Conceição avec la tentative de Vincent Aboubakar. Bien servi aux abords de la surface, l’attaquant camerounais contrôle idéalement pour se retourner avant de percuter dans l’axe et de frapper… hors du cadre d’Hervé Koffi (8e). Quelques instants plus tard, le portier burkinabé s’aventure loin de son but pour s’interposer sur une longue relance de son homologue camerounais. Mais Hervé Koffi se fait éliminer par Karl Toko Ekambi qui, poussé dans le coin droit, ne parvient pas à redresser son centre (10e). Les situations se multiplient.

Au quart d’heure de jeu, les Lions indomptables mettent l’accent sur les côtés et cherchent à écarter le jeu. Mais ne parvenant pas à concrétiser sa domination (60 %), le Cameroun va finir par se faire punir. Au terme d’une triple situation burkinabé, Gustavo Sangaré est parfaitement servi par Bertrand Traoré au second poteau. Onana manque complètement sa sortie et l’attaquant de Quevilly-Rouen (L2) signe un plat du pied parfait dans des cages vides (24e, 0-1). Les Camerounais sont punis de leur manque de justesse.

Une ouverture du score qui douche l’enthousiasme des fans des Lions indomptables. Quelque peu abattu, le Cameroun manque de tranchant pour faire la différence. Mais les hommes d’António Conceição vont être récompensés de leurs efforts. Zambo Anguissa est fauché dans la surface de réparation par le capitaine burkinabé Bertrand Traoré. Après consultation de la VAR, Mustapha Ghorbal, l’expérimenté arbitre algérien de cette rencontre, désigne le point de pénalty. Vincent Aboubakar se présente alors face à Hervé Koffi qui, d’un contre-pied parfait, offre l’égalisation au Cameroun (40e, 1-1). Le stade Olembé exulte et les Lions relancent ce match.

Et alors que les deux équipes se rendent coup pour coup en fin de première période, les Lions vont à nouveau obtenir un pénalty. Lancé à pleine vitesse côté gauche, Nouhou Tolo pénètre dans la surface avant de subir le tacle glissé de Issoufou Dayo, complètement pris de vitesse. Le latéral gauche des Sounders de Seattle s’écroule et Mustapha Ghorbal désigne une seconde fois le point de pénalty. Là encore, Vincent Aboubakar s’illustre d’un contre-pied parfait (2-1, 45e+3). Le Cameroun renverse le Burkina Faso juste avant la pause.

Au retour des vestiaires, aucun changement n’est à signaler et le Burkina Faso donne le coup d’envoi de ce deuxième acte. Les Burkinabés portent le ballon vers l’avant et, face à la pression imposée par les hommes de Kamou Malo, le Cameroun recule. André Onana, le portier camerounais, est même contraint de s’illustrer d’un arrêt réflexe décisif. Collé à la ligne de sortie de but à droite Bertrand Traoré tire fort à ras de terre en direction du but. Le ballon revient sur Adama Guira, après un contre de Jérôme Onguéné, qui frappe à bout portant. Sur sa ligne, Onana repousse d’une main ferme le tir burkinabé (55e). Coup de chaud à Yaoundé !

Pourtant, le Cameroun est proche de faire le break. En surnombre, les Lions Indomptables mènent un contre éclair après une frappe manquée de Traoré et repoussée. Vincent Aboubakar décale alors Moumi Ngamaleu à droite, qui pénètre dans la surface et croise son tir. Hervé Koffi repousse, dans les pieds d’Aboubakar qui contre dans le but (59e). Toutefois, le capitaine ne célèbre pas son triplé car le but est refusé pour une position de hors-jeu de Ngamaleu en amont.

Il faut finalement attendre la 69e minute de jeu pour voir les premiers changements dans cette rencontre. Côté camerounais, Karl Toko Ekambi et Emmanuel Kundé sont respectivement remplacés par Clinton Njie (69e) et Éric-Maxim Choupo-Moting (69e). Quelques instants plus tard, Firmin Sanou opère à son tour du coaching avec les entrées de Mohamed Konaté à la place de Edmond Tapsoba (71e), et de Yaya Sanogo à celle de Cyrille Bayala (71e).

En fin de rencontre, le Cameroun tente de faire le break pour soigner encore davantage son entrée en matière dans la Coupe d’Afrique des Nations. Mais les Lions Indomptables ne parviennent pas à retrouver le chemin des filets. De son côté, le Burkina Faso ne réussit pas à poser le pied sur le ballon et accepte de subir. Malgré cinq minutes de temps additionnel, le score en reste là. Le Cameroun remporte le match d’ouverture de la CAN 2022 et prend provisoirement la tête de leur groupe A, en attendant la rencontre entre l’Éthiopie et le Cap-Vert.

Avec Le Point par Guillaume Paret

CAN : le Cameroun sur le pied de guerre face au Covid

janvier 9, 2022
Vente de maillots de l’équipe de football du Cameroun à Yaoundé, le 5 janvier 2022 © DANIEL BELOUMOU OLOMO/AFP

Le coup d’envoi de la compétition phare du continent est donné ce dimanche. Les autorités camerounaises assurent tout mettre en œuvre pour faire respecter le protocole sanitaire et éviter l’apparition de foyers épidémiques.

Dans d’autres circonstances, la rumeur serait sans doute passée inaperçue. Mais cette fois, il a fallu moins de 24 heures au ministre de la Santé, Manaouda Malachie, pour démentir la découverte en France d’un nouveau variant du coronavirus sur un patient ayant séjourné au Cameroun. « Cette information est une synthèse de données scientifiques non validées », a-t-il rapidement clarifié dans une communication abondamment relayée à travers le pays. Pour le gouvernement, il est hors de question que le Covid-19 vienne gâcher la fête du football africain qui débute ce dimanche 9 janvier.

Cette question de la gestion du risque Covid a été au cœur du dernier conseil des ministres, le 30 décembre, à l’issue duquel une nouvelle batterie de mesures visant à empêcher la propagation du virus a été adoptée. Après la décision de la Confédération africaine de football (CAF) de n’autoriser l’accès aux stades qu’aux personnes vaccinées, les autorités sanitaires ont aussi multiplié les points de vaccination dans les différentes villes du pays.

Nouveaux sites de vaccination

Dans la capitale, Yaoundé, l’on compte désormais 66 sites contre à peine une dizaine il y a encore un mois. Et dans le reste du pays, pas moins de 144 nouveaux points ont été ouverts pour vacciner en masse les supporteurs, dont la présence est autorisée dans les tribunes à hauteur de 60 % pour la plupart des matchs, et 80 % pour ceux disputés par le Cameroun.

Des jauges qui pourraient bien ne jamais être atteintes, tant les vaccino-sceptiques continuent de faire la résistance. « Je vais regarder les matchs à la télévision, affirme Thierry K., un riverain du stade Olembe, où se déroulera le match d’ouverture. J’ai décidé que je ne me vaccinerai pas et je ne le ferai pas pour le football. »

DEPUIS QUE LES BILLETS SONT EN VENTE, LES GENS VIENNENT PAR DIZAINES SE FAIRE VACCINER

Selon les dernières statistiques du ministère de la Santé, seuls 2,5 % des 25 millions de Camerounais se sont fait vacciner. Selon le gouvernement, ce chiffre augmente à l’approche du coup d’envoi de la compétition. « Nous passions des jours sans avoir la moindre personne, assure Mpongo Sidonie, responsable d’un centre gouvernemental de vaccination. Mais depuis que les billets sont en vente, les gens viennent par dizaines. » Pour autant, en ce début de mois de janvier, le spectre d’une CAN aux stades quasi vides n’est pas écarté.

Aubameyang et Lemina à l’isolement

Les différentes équipes engagées dans la compétition vont également devoir respecter un protocole sanitaire strict. « Nous testons déjà les joueurs toutes les 48 à 72 heures », confie une source au sein de l’encadrement de la sélection du Cameroun, actuellement en stage de préparation. Comme pour le public, la CAF a recommandé que les joueurs soient vaccinés et disposent chacun de test négatif avant chaque rencontre, et c’est exactement ce à quoi nous nous en tenons. »

Ces précautions suffiront-elles ? Plusieurs cas de contamination de joueurs ont déjà été enregistrés. Les footballeurs stars gabonais Pierre-Emerick Aubameyang et Mario Lemina ont ainsi dû être placés à l’isolement alors qu’ils venaient de fouler le sol camerounais. « Les équipes vont devoir composer avec le Covid qui fait désormais partie des aléas à prendre en compte, explique l’entraîneur François Ngoumou. Il est devenu difficile pour nous de réfléchir aux compositions probables des équipes tant elles sont influencées par la pandémie. »

Telle une épée de Damoclès, le Covid va planer sur la compétition phare du football en Afrique. Reste à savoir s’il peut menacer son bon déroulement.

Avec Jeune Afrique par Franck Foute

Coupe d’Afrique des nations : comment la CAN 2022 l’a échappé belle

janvier 8, 2022

Entre retour de la pandémie et rejet massif des clubs européens, la compétition africaine s’ouvre dans un contexte singulier, dimanche à Yaoundé (Cameroun).

Le stade Olembe, ou se tiendra notamment la ceremonie d'ouverture dimanche 9 janvier.
Le stade Olembé, où se tiendra notamment la cérémonie d’ouverture dimanche 9 janvier.© KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Plus menacée que jamais, la Coupe d’Afrique des nations (CAN) a tenu tête. Confrontée à la crispation des clubs européens, exacerbée par le retour croissant de l’épidémie de Covid-19 et dans un contexte de grandes tensions financières, la CAN 2022 a échappé à un nouveau report, et se tiendra bien du 9 janvier au 6 février 2022 au Cameroun. Un long parcours du combattant pour les Lions indomptables, organisateurs du tournoi, pour qui les défis demeurent multiples.

En janvier 2019, la Confédération africaine du football (CAF) avait estimé que le pays n’était pas prêt pour accueillir la compétition et en avait attribué l’organisation à l’Égypte. La CAN devait finalement se tenir au Cameroun en 2021, mais avait été repoussée d’un an en raison de la pandémie. Et en 2022, la gestion de l’événement par les Lions indomptables a failli connaître une funeste destinée. Mi-décembre, l’Association européenne des clubs (ECA) avait alerté la Fifa par courrier de l’absence de protocole médical et opérationnel adapté pour la compétition. Sans ce dernier, de nombreux clubs menaçaient alors de ne pas « libérer les joueurs pour le tournoi », mettant en péril la raison d’être de la compétition continentale.

Le football africain face à la grogne des clubs européens

Au-delà des difficultés d’organisation liées au Covid-19 et son nouveau variant Omicron, la CAF s’est vue confrontée à la colère de certains clubs, majoritairement anglais, qui souhaitaient pouvoir conserver leurs meilleurs éléments sur leur sol. Les joueurs africains appelés par leur sélection étaient alors en effet dans l’obligation d’effectuer une quarantaine à leur retour au Royaume-Uni, les éloignant des terrains britanniques pour une durée plus longue. Nombre d’entre eux rechignaient ainsi à laisser leurs meilleurs éléments rejoindre leur équipe nationale. Surtout sans savoir quand ils rentreront… et dans quel état de santé.

Une préoccupation partagée par le président de la Fifa, Gianni Infantino, qui avait lui-même avancé plusieurs arguments favorables au report de la compétition en 2023 : incertitudes concernant les infrastructures camerounaises (comme en 2019), dégradation de la situation sanitaire en Afrique, propagation virale du variant Omicron en Europe et possible refus des clubs de laisser partir leurs joueurs. Une posture bien différente – plus réticente – de celle adoptée lors de l’organisation de l’Euro ou encore de la Copa America en 2021, malgré une épidémie croissante et des conditions de voyages très complexes.

Yes we CAN !

Mais si le football européen a tout fait pour tenter de faire capoter la CAN 2022, c’était sans compter sur la détermination du patron du football africain, Patrice Motsepe, qui a su tenir son cap. Sommé par la Fifa et Gianni Infantino en personne de reporter ou d’annuler la Coupe d’Afrique des nations, le président de la Confédération africaine de football (CAF) s’était montré rassurant dès le mois de décembre lors de sa visite des installations à Yaoundé. « Nous serons tous présents au Cameroun dans quelques semaines. Parce que cette Coupe africaine est un tournoi pour le peuple camerounais et le peuple africain. Je suis si fier du travail effectué. On peut se rendre compte de l’ampleur des engagements pris pour que les problèmes évoqués ces derniers jours soient réglés. »

Une détermination partagée par Paul Biya (88 ans), président du Cameroun depuis près de quatre décennies, qui avait fait de l’organisation de la CAN une priorité de son nouveau mandat) malgré « l’indécence » du coût de l’organisation, dénoncé par l’opposition, dans un pays où le taux de pauvreté atteint près de 40 %. Des investissements massifs avaient ainsi été débloqués pour la construction et la rénovation de stades, avec deux infrastructures spectaculaires : les stades d’Olembe (Yaoundé) et de Japoma (Douala). Une instrumentalisation politique de l’événement, décisive pour le dirigeant autoritaire africain en vue de redorer son blason, notamment après sa victoire contestée à la présidentielle de 2018 et la répression quasi systématique de l’opposition politique dans le pays.

Le foot européen n’aura donc pas eu le dernier mot, mais aura su « emmerder » – pour reprendre un terme usité ces derniers jours – le voisin africain dans un ultime élan de panache. Les clubs du Vieux Continent, après s’être assurés qu’il n’y aurait pas de quarantaine à l’aller comme au retour, au gré d’un accord entre la CAF et la Fifa, ont ainsi pu libérer leurs joueurs le 3 janvier. Le coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des nations 2022 (Cameroun-Burkina Faso) aura donc bien lieu dimanche, à 17 heures, et sera à suivre en direct sur le site du Point. Désormais, les Lions indomptables espèrent une réussite sur le plan sportif, cinq ans après leur dernier sacre continental.

Avec Le Point par Guillaume Paret

CAN : André Onana, Sébastien Haller, Bamba Dieng… Les six joueurs qu’il faudra suivre

janvier 8, 2022
Jeune Afrique a sélectionné six joueurs particulièrement prometteurs, à observer de près lors de la CAN 2022. © Montage JA : Anthony Bibard/FEP/Icon Sport via Getty Images ; Jed Leicester//Sipa ; Ozan Kose/AFP ; Chris Brunskill/Fantasista/Getty Images ; Issouf Sanogo/AFP ; James Williamson/AMA/Getty Images

À chaque phase finale de la Coupe d’Afrique des nations, certains joueurs sont plus surveillés que d’autres. Pour eux, c’est l’occasion de se révéler, de confirmer leur statut, ou encore de briller de nouveau.

André Onana (Cameroun)

André Onana, le gardien des Lions Indomptables.
André Onana, le gardien des Lions Indomptables. © Action Foto Sport/NurPhoto via AFP

Le gardien de but des Lions Indomptables et de l’Ajax Amsterdam s’est retrouvé sur la touche durant la majeure partie de l’année 2021. Contrôlé positif lors d’un contrôle antidopage le 30 octobre 2020, André Onana (26 ans) avait expliqué avoir pris « par erreur » un diurétique appartenant à sa femme. Un argument qui n’avait pas convaincu la Fifa, laquelle l’avait suspendu pour un an, le 5 février dernier, une peine ensuite ramenée à neuf mois par le Tribunal arbitral du sport (TAS).

Le joueur formé au FC Barcelone a repris du service avec sa sélection au mois de novembre, lors du match capital face à la Côte d’Ivoire (1-0)  dans la cadre des qualifications pour la Coupe du monde 2022, qui a permis aux Lions de valider leur présence au troisième tour.

Onana, qui devrait quitter l’Ajax l’été prochain, sera sans conteste l’un des principaux atouts du Cameroun, considéré comme l’un des favoris de la CAN. Il s’est montré performant depuis son retour, malgré de longs mois passés à s’entraîner seul. Et semble vouloir tirer un trait sur sa mésaventure qui lui a fait perdre près d’un an, une éternité dans une carrière de haut niveau.

Sébastien Haller (Côte d’Ivoire)

Sébastien Haller, attaquant des Éléphants.
Sébastien Haller, attaquant des Éléphants. © Fédération ivoirienne de football

Né en France d’un père français et d’une mère ivoirienne, Sébastien Haller (27 ans) a fait le choix de jouer pour les Éléphants en novembre 2020, alors qu’il avait porté le maillot Bleu dans les différentes sélections de jeunes. Passé par Auxerre, le FC Utrecht (Pays-Bas), l’Eintracht Francfort (Allemagne) et West Ham United (Angleterre), l’attaquant est revenu aux Pays-Bas – plus précisément à l’Ajax Amsterdam – en janvier 2021.

Chez les Lanciers, l’international ivoirien (8 sélections, 3 buts) s’est particulièrement illustré,  notamment lors de la phase de groupes de la Ligue des Champions où il a inscrit 10 buts en 6 matchs.

Patrice Beaumelle, le sélectionneur français de la Côte d’Ivoire à l’origine de la décision du buteur de jouer pour le pays de sa mère, se félicite tous les jours d’avoir su le convaincre. « Il a accepté de venir car il en avait envie, ce n’était pas un choix par défaut. Il s’est bien adapté ; c’est un joueur qui apporte déjà beaucoup à la Côte d’Ivoire et qui va continuer à le faire lors des prochaines années. »

Hannibal Mejbri (Tunisie)

Hannibal Mejbri, milieu de terrain des Aigles de Carthage.
Hannibal Mejbri, milieu de terrain des Aigles de Carthage. © KARIM JAAFAR/AFP

C’est le 23 mai 2021, à l’occasion d’un match amical remporté par la Tunisie face à la RD Congo (1-0), qu’Hannibal Mejbri a porté pour la première fois le maillot des Aigles de Carthage. Il aurait pu également faire le choix de jouer pour la France, le pays où il est né en janvier 2003. Depuis cette première sélection, le jeune milieu de terrain a été régulièrement sollicité par Mondher Kebaier, le coach tunisien.

Formé à l’INF Clairefontaine puis passé par Monaco – sans n’avoir jamais évolué en Ligue 1 –, Mejbri a rejoint le prestigieux club anglais de Manchester United en 2019 pour un montant – bonus compris – d’environ 10 millions d’euros. En mai dernier, il a effectué ses débuts en Premier League anglaise et, même s’il joue essentiellement pour l’équipe des moins de 21 ans des Red Devils, Ralf Rangnick, le nouvel entraîneur, semble bien décidé à mettre plus souvent à profit son talent.

Le technicien allemand s’est dit impressionné par le jeune joueur, auteur de brillantes performances avec son pays lors de la Coupe arabe des nations en décembre dernier, où les Aigles ont atteint la finale contre l’Algérie (0-2).

Bamba Dieng (Sénégal)
Bamba Dieng, attaquant des Lions de la Téranga.
Bamba Dieng, attaquant des Lions de la Téranga. © Anthony Bibard/FEP/Icon Sport via Getty Images

L’Olympique de Marseille peut se réjouir d’avoir noué un étroit partenariat avec Diambars, le très réputé centre de formation sénégalais d’où est notamment sorti l’international  Idrissa Gueye, le milieu de terrain du PSG. Lors du mercato estival 2021, le club phocéen a recruté pour une somme très raisonnable – 400 000 euros – le prometteur attaquant Bamba Dieng (21 ans), que Diambars avait prêté à l’OM lors de la saison 2020-2021.

Remarqué en Ligue 1 et en Ligue 2 sénégalaise, le joueur s’est assez rapidement adapté à son nouvel environnement, comme le prouvent les quelques buts qu’il a inscrits en championnat (4) et en Coupe de France (1) depuis son arrivée dans l’Hexagone.

Aliou Cissé, le sélectionneur des Lions de la Teranga, l’a convoqué pour la première fois en octobre dernier, lors des qualifications pour la Coupe du monde 2022, avec comme objectif avoué de préparer un avenir radieux que le natif de Pikine incarne. Et même si Dieng n’est pas encore un titulaire à part entière, ses apparitions au Cameroun seront forcément suivies de près, puisque plusieurs clubs européens se sont déjà penchés sur son profil.

Saïd Benrahma (Algérie)
Saïd Benrahma, attaquant des Fennecs.
Saïd Benrahma, attaquant des Fennecs. © Adil Benayache/SIPA

À 26 ans, l’attaquant algérien Saïd Benrahma est l’une des très bonnes surprises de la première moitié de la saison en Angleterre. Le joueur de West Ham United aligne les bonnes performances, et Djamel Belmadi, le sélectionneur des Fennecs, le tient en haute estime. Il est aussi l’un des rares internationaux algériens à être né dans son pays, à Aïn Temouchent. Mais c’est toutefois en France, où il est arrivé à l’âge de 15 ans, qu’il a été formé, et plus précisément à l’OGC Nice.

Souvent prêté (Angers, GFC Ajaccio, Châteauroux) et rarement utilisé par Nice, Benrahma a vu sa carrière décoller lors de son transfert en 2018 à Brentford, un modeste club anglais de Championship (Ligue 2). Rapidement repéré par West Ham, l’Algérien a vite conquis les supporters des Hammers.

Avec l’Algérie, il a inscrit son premier but international en novembre dernier, lors d’une large victoire des champions d’Afrique en titre face à Djibouti (4-0), dans le cadre des qualifications pour la Coupe du monde 2022.

Ayoub El Kaabi (Maroc)
Ayoub El Kaabi, attaquant des Lions de l’Atlas.
Ayoub El Kaabi, attaquant des Lions de l’Atlas. © Robbie Jay Barratt – AMA/Getty Images

Il est l’un des attaquants les plus en forme de ces dernières semaines. Ayoub El Kaabi (27 ans) a terminé deuxième meilleur buteur du second tour des qualifications pour la Coupe du monde 2022 (5 buts) de la zone Afrique, et le Marocain se montre également efficace avec son club d’Hatayspor (Turquie), qu’il a rejoint lors du dernier mercato estival.

Le Casablancais s’était fait connaître lors de la saison 2017-2018, en collectionnant les buts avec la Renaissance Sportive de Berkane et avec la sélection nationale marocaine, avec laquelle il avait remporté le Championnat d’Afrique des Nations organisé par le royaume. Auteur de 9 buts lors de cette compétition, El Kaabi avait quelques mois plus tard signé un juteux contrat avec le club chinois de Hebei Fortune, où ses performances ne furent cependant pas à la hauteur de l’investissement consenti.

Revenu au Maroc, et plus précisément au WAC Casablanca, l’attaquant s’y est refait une santé avant de s’exiler de nouveau, en Turquie. Et Vahid Halilhodzic, le sélectionneur des Lions de l’Atlas, comptera beaucoup sur son efficacité au Cameroun.

Avec Jeune Afrique par Alexis Billebault

Cameroun, Algérie, Sénégal, Côte d’Ivoire… qui peut gagner la CAN ?

janvier 7, 2022
Panneau annonçant le lancement de la CAN, le 9 janvier 2022, sur un marché de Yaoundé. © MABOUP

Reportée pour cause de Covid-19, la 33e édition de la Coupe d’Afrique des nations se tiendra au Cameroun du 9 janvier au 6 février 2022. Avec quelques favoris, mais aussi d’autres sélections capables de créer la surprise.

Djamel Belmadi n’a pas la réputation d’être un homme excessivement superstitieux, ni de passer son temps à fouiller dans le passé pour trouver les réponses du futur. Mais dans l’entourage du pragmatique sélectionneur de l’Algérie, qui a remporté la Coupe d’Afrique des nations (CAN) en 2019, d’autres se sont peut-être chargé de consulter les archives de la compétition pour lui rappeler que seules trois sélections – le Ghana (en 1965), le Cameroun (en 2002) et l’Égypte (en 2008 et en 2010) – ont été capables de conserver leur titre.

L’Algérie est donc prévenue. Et elle ne peut par ailleurs ignorer que seules deux équipes nord-africaines ont été couronnées dans la partie subsaharienne du continent : le Maroc en Éthiopie en 1976 et l’Égypte au Burkina Faso en 1998, puis au Ghana en 2008 et enfin en Angola en 2010.

L’Algérie favorite

Malgré tout, l’Algérie est considérée comme le favori objectif de cette 33e édition de la CAN, tout simplement parce qu’elle n’a pas affiché la moindre faiblesse depuis le titre obtenu au Caire en juillet 2019 face au Sénégal (1-0). Vahid Halilhodzic, le sélectionneur du Maroc, l’a dit lui-même, en omettant soigneusement de citer le nom de l’équipe algérienne, qu’il a entrainée de 2011 à 2014, pour des raisons surtout liées à une realpolitik qui le dépasse un peu. Les Fennecs continuent en effet de bien jouer, de marquer beaucoup de buts et de ne pas perdre, portés par une armada d’individualités (Riyad Mahrez, Sofiane Feghouli, Islam Slimani et Baghdad Bounedjah) et le charisme de leur sélectionneur, qui n’a jamais dérogé à ses principes de jeu depuis la conquête de la CAN en Égypte.

Les Algériens, Djamel Belmadi en tête, assument ce statut de favori, tout en sachant que la CAN est une compétition capable de réserver des surprises de plus ou moins grande ampleur. Ils en sont la parfaite illustration, puisqu’en 2019, les coéquipiers de Mahrez n’étaient pas cités parmi les favoris, contrairement à l’Égypte, au Maroc, au Sénégal, au Cameroun ou à la Côte d’Ivoire. On se souvient également que le Cameroun avait quitté le Gabon lesté d’un trophée que personne – ou presque – n’avait songé à lui attribuer lors des concours de pronostics, et que le Zambie avait dansé sur le ventre des Eléphants ivoiriens en 2012.

Un effet Samuel Eto’o ?

Évidemment, on imagine davantage une pointure du continent s’installer au sommet du football africain le 6 février prochain qu’un outsider sorti de nulle part. On pense immédiatement au Cameroun, et pas seulement parce qu’il jouera à domicile – un atout que seule l’Égypte a su concrétiser, en 2006. Les Lions indomptables viennent d’achever une année 2021 très correcte, et sur le papier, ils ont une certaine allure. Les Camerounais misent aussi, avec ce brin de superstition qui accompagne souvent les footballeurs, sur l’effet Samuel Eto’o, élu le 11 décembre dernier président de la Fécafoot mais surtout connu pour avoir remporté la CAN à deux reprises (en 2000 et en 2002).

Parmi les autres prétendants, puisque tous les grands d’Afrique – à l’exception de l’Afrique du Sud et de la RDC (deux anciens vainqueurs) – se sont qualifiés, le Sénégal, finaliste en 2019, l’Égypte, le Maroc, la Tunisie, la Côte d’Ivoire et éventuellement le Nigeria et le Ghana sortent du lot, mais dans le désordre, puisque le concours de pronostics reste à ce jour une science subjective.

LE MALI, LE BURKINA FASO, LE GABON ET LA GUINÉE ONT LE PROFIL POUR BOUSCULER L’ORDRE ÉTABLI

Et puisque le football est le sport collectif qui sait réserver les plus grosses surprises, il n’est pas si farfelu d’égrener la liste de ceux qui pourraient, à l’instar des Zambiens en 2012, bousculer l’ordre établi : le Mali, le Burkina Faso, le Gabon et la Guinée ont le profil. Les deux premiers possèdent un collectif soudé et les autres disposent d’individualités de classe international, Pierre-Emerick  Aubameyang et Naby Keïta.

Le reste du plateau est composé d’habitués (Cap Vert, Guinée-Bissau, Zimbabwe), de quelques revenants (Sierra Leone, Malawi, Soudan, Éthiopie, Guinée équatoriale), d’une confirmation de 2019 (Mauritanie) et de deux nouveaux, la Gambie et les Comores. Les ambitions de tout ce petit monde sont évidemment très éloignées de celles des autres participants. Mais cette CAN, décalée d’un an en raison de l’épidémie de Covid-19, aura connu une préface agitée.

Préparations perturbées

Le Cameroun, qui devait organiser la compétition en 2019 et qui été plusieurs fois été poliment mais fermement invité par la Confédération africaine de football (CAF) à accélérer la cadence des travaux, a parfois tremblé face aux rumeurs d’annulation, de délocalisation (au Qatar ou en Algérie notamment) ou de report, souhaité par Gianni Infantino, le président de la FIFA. Malgré la pression exercée par certains clubs européens parmi les plus puissants, inquiets à la perspective de voir partir pendant plusieurs semaines leurs joueurs, qui ont tenté jusqu’au bout de faire capoter l’organisation du tournoi, Yaoundé a tenu bon.

Mais cela a perturbé la préparation de plusieurs équipes, obligées d’attendre le 3 janvier, et non le 27 décembre, pour disposer de tout leur effectif. La pandémie de Covid-19 a fait le reste, en précipitant l’annulation de plusieurs matches amicaux (Algérie-Gambie, Côte d’Ivoire-Comores, Gambie-Syrie notamment) à cause d’un virus très présent au sein de certaines délégations.

Enfin, quatre sélectionneurs, les Français Hubert Velud (Soudan), Didier Six (Guinée), Corentin Martins (Mauritanie) et l’Allemand Gernot Rohr (Nigeria), qui avaient pourtant qualifié leur équipe, ont été limogés quelques semaines avant la CAN. Un avant-goût de ce qui se passera une fois la compétition terminée, quand, comme en 2019, d’autres têtes tomberont.

Avec Jeune Afrique par Alexis Billebault

CAN : le Covid va-t-il gâcher la fête au Cameroun ?

janvier 6, 2022

Risques de contamination des joueurs, jauges dans les stades… La menace du coronavirus plane sur la Coupe d’Afrique des nations de football, qui doit débuter au Cameroun le 9 janvier.

L’Afrique, singulièrement le Cameroun, pousse un double « ouf ! » de soulagement. « Ouf ! », voici revenue la compétition continentale de football qui console les Africains de certaines « janvioses » et leur permet, au bureau, de tirer un peu au flanc, tout cela dans une Afrique 2022 percluse de régimes politiques déroutants, de croissance économique en berne et d’insécurité permanente. Et puis « ouf ! On avait failli ne plus y croire », à cette CAN camerounaise d’abord étiquetée « 2019 », avant d’être retirée, re-étiquetée « 2021 » puis décalée en 2022, à cause d’on ne sait quel pangolin ou quelle chauve-souris…

La certitude de la tenue de cette Coupe est d’ailleurs très récente. Des rumeurs d’impréparation – voire de chantiers « inlivrables »– ont effet circulé jusqu’en décembre. Le président de la Fifa demandait encore, le 19 du mois, le report de la compétition reine. Et les grand clubs européens menaçaient de ne pas libérer leurs joueurs par crainte de contaminations au Covid-19 et/ou de quarantaines fâcheuses.

Tests positifs et cas contacts

Que le ballon rond roule donc à pleine vitesse, que l’enjaillement soit débridé et que l’odontol de palme et de maïs coule à flot ! Mais attention à l’excès d’euphorie… Le rêve de stades bourrés à craquer lors des matchs d’équipes vedettes est déjà déçu, du fait des jauges « sanitaires » appliquées dans les stades de la CAN 2022 : 60 % de taux de remplissage sur la plupart des confrontations et 80 % pour celles du pays hôte, comme l’a annoncé, mardi, la Confédération africaine de football (CAF). « C’est mieux que rien », diront les tenants du verre à deux tiers plein.

PEU DE TEMPS APRÈS UNE CÉRÉMONIE AU PALAIS PRÉSIDENTIEL SÉNÉGALAIS, TROIS LIONS ONT ÉTÉ TESTÉS POSITIFS

Mais quelle sera la proportion des joueurs impactés, directement ou indirectement, par la circulation persistante de variants du Covid-19 ? Si chaque délégation espère bien aligner 11 joueurs sur la pelouse, le coronavirus est plus qu’une épée de Damoclès au-dessus des têtes starifiées. Des matchs de préparation ont déjà été perturbés, comme certains des Éléphants de Côte d’Ivoire, des Cœlacanthes comoriens, des Scorpions gambiens et des Fennecs algériens. À titre plus individuel, des joueurs ont subi le verdict fatal de tests positifs au Covid-19, comme quatre joueurs de la sélection camerounaise ou trois internationaux algériens. Les impératifs de quatorzaine conduisent à compter sur les doigts le nombre de jours avant tel ou tel match et à croiser ces mêmes doigts au moment des tests de contrôle…

Dans chaque délégation, l’euphorie est donc menacée de douche froide, parfois à quelques heures d’intervalle. À titre d’exemple, c’est peu de temps après une cérémonie au Palais présidentiel sénégalais, le 4 janvier, que trois Lions ont été testés positifs et que le vol pour Bafoussam a été repoussé. En leur remettant le drapeau national, l’exigeant Macky Sall – il ne réclame rien de moins que la coupe, après deux finales infructueuses – a-t-il respecté les gestes barrières ? Cas contact, il devra aussi être testé. En football, le « contact » pardonne peu…

Damien Glez

Avec Jeune Afrique par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Cameroun : 47 partisans de Maurice Kamto condamnés pour « rébellion »

décembre 28, 2021
Supporters de l’opposant Maurice Kamto saluant sa sortie de prison, à Yaoundé, le 5 octobre 2019. © AFP

Plusieurs proches du leader du MRC ont été condamnés à des peines de détention, lundi 27 décembre. Parmi eux, Alain Fogué, Olivier Bibou Nissack et Djoufo Ngabo écopent de sept ans de prison ferme.

C’est par contumace que les prévenus ont été condamnés. Pour contester « la compétence » du tribunal militaire de Yaoundé, les accusés ont boudé la salle d’audience. Aucun avocat n’était présent pour les représenter : ceux commis d’office avaient été récusés par leurs clients pour « leur incompétence à comprendre leurs opinions politiques ».

Ce climat tendu n’a pas empêché le président du tribunal, le colonel Misse Njone Jacques Beaudoin, de condamner 47 personnes, toutes militantes du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), notamment pour « rébellion ». Parmi elles, des cadres proches du leader du principal parti d’opposition, Maurice Kamto : Alain Fogué, le trésorier du MRC, Olivier Bibou Nissack, le porte-parole de Maurice Kamto, et Djoufo Ngabo, un autre cacique du parti. Tous les trois ont écopé de sept ans de prison ferme. Quatre de leurs co-accusés ont été condamnés à un an de détention et la trentaine de personnes restantes à des peines allant de cinq à six ans de prison.

124 personnes détenues, selon le MRC

Tous les accusés avaient été arrêtés suite à la manifestation du 22 septembre 2020 organisée par le MRC et plusieurs autres partis d’opposition contre le gouvernement du président Paul Biya, au pouvoir depuis près de 40 ans. La police avait très violemment dispersé des centaines de manifestants, notamment à Douala, la capitale économique. Plus de 500 personnes avaient été interpellées dans plusieurs villes du pays ; 124 sont toujours détenues, selon le MRC, qui n’a pour le moment pas souhaité réagir au verdict.

Ces condamnations interviennent alors que les responsables du parti d’opposition ont annoncé une série d’actions à venir, en vue de réclamer la libération de leurs militants

Avec Jeune Afrique par Franck Foute – à Yaoundé