Posts Tagged ‘Paul Biya’

ONU: conciliabules en aparté avec certains chefs d’États africains

octobre 3, 2017

En marge du sommet des Nations Unies, les chefs d’ États de l’ Afrique centrale se sont réunis avec le secrétaire général de l’ ONU. Acculés et menacés par les grandes puissances pour leur longévité au pouvoir, ils ont demandé des garanties à l’ ONU pour ne plus être candidats à leur propre succession. L’ ONU leur a proposé une immunité avec tous les membres de leurs familles et un salaire mensuel minimum de 6000 euros par mois, un logement , deux véhicules, un chauffeur et quatre gardes du corps chacun.

Paul BIYA 35 ans au pouvoir, a accepté ne pas se présenter en 2018, à condition qu’on ne saisisse pas ses biens en France, en Suisse et dans les paradis fiscaux.

OBIANG NGUEMA  38 ans au pouvoir,  a accepté la proposition de ne plus se présenter en 2022 tout en exigeant que sa fortune estimée à 600 millions d’euros par FORBES, ne soit pas gelée.

SASSOU NGUESSO a accepté le principe tout en restant catégorique sur un accord écrit avec la CPI pour abandonner toute tentative de poursuite pour crimes contre l’humanité.

Idriss DÉBY s’est braqué.

TRUMP a donc  décidé qu’aucun Tchadien ne mettra plus ses pieds aux États-Unis. Mis au courant qu’il allait tomber sous le coup d’un mandat d’arrêt international, DÉBY vient finalement de céder et envisage se retirer pour aller s’installer en Guinée.

Avec congomfoa.com

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Cameroun: Paul Biya ordonne le rétablissement de l’internet dans les régions anglophones

avril 20, 2017

Yaoundé – Le président camerounais Paul Biya a ordonné jeudi le rétablissement d’internet dans les deux régions anglophones du pays qui ont connu une situation inédite en Afrique avec une coupure du réseau depuis plus de trois mois.

« Instruction a été donnée (suite à une instruction du président Biya) aux opérateurs de la téléphonie de rétablir internet dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest avec effet immédiat », a déclaré à l’AFP le porte-parole du gouvernement Issa Tchiroma Bakary.

Internet a été rétabli vers 18H00 (17H00 GMT), a indiqué à l’AFP Gakwi Derick Jato, journaliste camerounais résident de la ville de Buéa, en zone anglophone.

« Les conditions ayant présidé à la suspension provisoire d’internet dans cette partie du territoire national ont fortement évolué », indique un communiqué gouvernemental signé par M. Tchiroma.

« Le niveau de la violence a baissé, les journées +ville morte+ n’ont plus lieu d’être, les étudiants sont dans classe et la vie retrouve son cours normal », a détaillé à l’AFP le porte-parole du gouvernement, interrogé sur les raisons du retour soudain du réseau.

Fin mars, la ministre des Télécommunications avait pour la première fois, reconnu à demi-mot que les autorités étaient à l’origine de la coupure, la plus longue jamais enregistrée en Afrique.

« Le gouvernement de la république se réserve le droit de prendre (…) les mesures appropriées pour éviter qu’internet ne soit utilisé à nouveau pour susciter la haine et la discorde entre Camerounais, ou pour créer des troubles à l’ordre public », ajoute le communiqué.

« Mieux vaut tard que jamais mais quel gâchis et des questions restent en suspens. Le communiqué du porte-parole du gouvernement n’est pas rassurant », a indiqué Julie Owono, responsable Afrique de l’ONG française Internet sans frontières, jointe par l’AFP à Paris.

Lancée en novembre par des professeurs et des juristes, la contestation anglophone revendique le retour au fédéralisme en faveur des deux régions ou, pour une minorité, le séparatisme, avec la création d’un nouvel Etat.

La minorité anglophone représente environ 20% des 22,5 millions d’habitants du Cameroun. Certains de ses membres occupent des postes à responsabilités dans le régime du président, Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, comme le Premier ministre, Philémon Yang. Le français et l’anglais sont les deux langues officielles du Cameroun, qui a supprimé le fédéralisme en 1972.

Romandie.com avec(©AFP / 20 avril 2017 22h05)

« Les années Biya ont fait des Camerounais un peuple qui meurt en silence »

mars 9, 2017

Crise anglophone, histoire coloniale, Fespaco, cinéma et politique : notre chroniqueur a fait parler Jean-Pierre Bekolo, cinéaste camerounais et militant.

Le cinéaste camerounais Jean-Pierre Bekolo.

Le cinéaste camerounais Jean-Pierre Bekolo. Crédits : DR
Jean-Pierre Bekolo est un splendide cinéaste camerounais, mais également un citoyen engagé et un militant au regard lucide sur son pays. Cela fait longtemps que je voulais inviter le natif de Yaoundé à me parler de son art, de ses projets, du Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou qui vient de s’achever le 5 mars, mais aussi de l’actualité camerounaise et de la crise « anglophone » qui perdure et s’enlise.

Depuis novembre 2016, la contestation a gagné le nord-ouest et le sud-ouest du Cameroun, les deux régions anglophones du pays. Cette minorité – environ 20 % de la population, estimée à 22 millions – se dit marginalisée. A la suite des manifestations en décembre et en janvier, le gouvernement a coupé Internet dans les deux régions et fait la sourde oreille aux revendications des enseignants, des avocats et de la société civile. Entretien des confins du Cameroun et de la Guinée équatoriale.

Vous êtes un cinéaste plusieurs fois primé et apprécié par la critique. Pourtant le grand public francophone vous connaît peu. Qui se cache derrière vos lunettes ?

Jean-Pierre Bekolo Commençons par mon présent, je suis actuellement au Cameroun pour produire une série portant sur l’histoire de colonisation allemande au Cameroun. Tout ce travail est autofinancé et j’ai dû créer moi-même le village dans lequel je tourne. Je suis né à Yaoundé en 1966. J’ai étudié la physique à l’université de Yaoundé. J’ai découvert ma passion avec la télévision nationale naissante, je suis parti en France pour une formation à l’Institut national de l’audiovisuel (INA). Et puis j’ai découvert le monde du cinéma ! J’y suis entré par effraction avec Quartier Mozart, mon premier film, en 1995.

Mon père était commissaire de police, mon grand-père directeur d’école, moi je suis cinéaste, il y a dans notre famille une exigence qui nous réunit, un intérêt pour l’ordre et intelligence ! L’ordre ne veut pas dire la soumission, il y a des colères froides chez moi. Je n’aime pas tout ce qui écrase ou peut écraser l’homme. Je ne supporte pas de rester les bras croisés devant une situation injuste.

D’où vient cette crise qui divise et hante le Cameroun. Pourquoi le gouvernement fait-il blocage aux revendications des anglophones ?

Pour comprendre la crise, il faut se replonger dans l’histoire de ce pays « créé » par les Allemands à la fin du XIXe siècle. La défaite allemande lors du premier conflit mondial a fait du Cameroun un butin de guerre que les Français et les Anglais se sont partagé. La crise anglophone actuelle démontre à quel point nous, les francophones du Cameroun, avons intégré le modèle colonial français et avons développé une psychologie de vaincus après une guerre de libération nationale que nous avons perdue à la fin des années 1960.

Le régime francophone a pris les armes de l’oppresseur français pour s’en servir contre les anglophones parce qu’ils ont osé remettre en question un modèle qui les a « francophonisés ». C’est une guerre étrange qui a des fondements psychiques profonds.

La crise anglophone et la francophonie du président Paul Biya, qui cumule quarante et une années au pouvoir, sont le résultat de ce long processus historique. Cette histoire désastreuse ne pouvait laisser que des souffrances chez les anglophones.

Au-delà de la crise anglophone, c’est tout le pays semble être un bateau ivre depuis des décennies…

Dans ma génération, les parents nous avaient toujours interdit de nous intéresser à la politique. Eux étaient trop occupés à savourer l’espoir des indépendances, non sans avoir la peur au ventre, car la répression n’avait pas disparu, loin de là.

En tant qu’artiste, je me considère comme un radiologue de la société. Les années Biya ont fait des Camerounais un peuple porc-épic. Comme l’animal, les gens meurent en silence. Imaginez que, dans notre pays bilingue, des Camerounais reprochent tous les jours à d’autres Camerounais d’oser crier leur mal-être parce que leur identité anglophone n’est pas respectée.

L’heure n’est plus au bilan, elle est à l’organisation d’une transition démocratique. On ne peut plus attendre je ne sais quel messie pour faire ce travail à notre place.

Votre contribution ?

Elle passe par plusieurs canaux. Je parle à mes concitoyens, j’écris des articles, je tiens un blog et je fais des films, parfois sur des sujets brûlants. Mon film, Le Président. Comment sait-on qu’il est temps de partir ? (2013) n’est pas un portrait du président Biya. C’est tout simplement une manière d’introduire la question de la fin de règne que les Camerounais, lui compris, n’osent pas aborder. Nous devons tirer les leçons de la fin désastreuse des longs règnes de Mobutu au Congo et de Houphouët en Côte d’Ivoire, pour ne citer qu’eux.

La biennale de Fespaco vient de se clore, quel est votre sentiment sur l’état du cinéma africain ?

Ouaga est toujours une belle fête, c’est pour cela que nous aimons tous le Fespaco. J’y ai obtenu l’étalon d’argent du Yennenga et le prix de la meilleure actrice en 2007 avec mon film Les Saignantes.

La difficulté que le Fespaco n’arrive pas à résoudre, c’est comment passer du discours à la pratique, réussir à monter une vraie programmation qui dépasse largement la vision des fonctionnaires de l’Etat du Burkina Faso. Le Fespaco gagnerait à inviter chaque année un directeur artistique de renommée internationale pour redonner de l’éclat à la sélection, qui reste une compilation très francophone des derniers films.

Notre cinéma dans ses structures et ses projets a beaucoup vieilli. Nous n’avons tiré aucune leçon du passé. Tout est à refaire.

Même à Nollywood ?

Malgré la pointe d’espoir que représente Nollywood dans la reconquête du public africain, le cinéma africain aujourd’hui qui marche est le cinéma qui plaît aux Européens. Nollywood semble plombé par son mimétisme de Hollywood, sans ses moyens. Enfin Nollywood n’a pas pu ou su voir venir Boko Haram, et il y a là un grand danger.

Vous avez un autre rêve, un autre projet pour le cinéma africain ?

Le cinéma africain manque de vision. Il est tiraillé entre la quête de la reconnaissance occidentale, le désir d’une adhésion populaire ramenée au plus petit dénominateur commun et les exigences du capitalisme.

Un autre défi du cinéma africain est celui de la reconstruction de nos structures psychiques marquées profondément par le déni, la violence et la honte de soi héritées de la colonisation. Le cinéma africain doit être un cinéma de la résilience, un cinéma qui nous soigne. Il doit s’attaquer aux questions qui se posent à nous au niveau psychologique et comportemental et interroger l’« agir » humain.

Enfin le cinéma africain a un défi technologique qui commence par la capacité à conserver et à rendre accessible les images du Continent. Je viens de créer à Yaoundé un centre data, FilmFabLab, qui offre aux jeunes cinéastes la possibilité de stocker leurs images. 

Tout est affaire d’esthétique chez vous…

Oui. Au commencement, il y a toujours l’esthétique, c’est-à-dire le souci du beau et du vrai. Dans n’importe quel village, dès que vous sortez votre caméra pour filmer, le premier réflexe des gens est de s’assurer qu’ils sont beaux. Et en effet ils sont beaux. Mais on ne se voit qu’à travers les yeux d’un autre. Nous sommes un peuple qui, à cause de l’aliénation coloniale, vit encore dans la honte de soi. Une image d’un corps noir nu est encore un scandale, quand elle n’est pas taxée de sorcellerie !

Nous devons travailler à faire advenir un langage cinématographique libre qui raconte notre présence au monde et lui proposent notre élan vital. Nous devons trouver ce cinéma nous permettant de nous réinventer en sortant du registre de l’autoflagellation ou des problématiques de la pauvreté, du retard et du manque. Ils ne nous manquent rien, nous sommes beaux comme les autres.

Vos projets récents et à venir ?

Depuis Le Président, j’ai réalisé un documentaire de quatre heures sur le philosophe congolais V. Y. Mudimbe, Les Choses et les Mots de Mudimbe. Il a été présenté à la sélection officielle de la Berlinale en 2015. Puis un moyen-métrage de science-fiction, Naked Reality, sorti à Durban en juin 2016. Aujourd’hui, en plus de la série pour la télévision Our wishes sur l’histoire coloniale allemande au Cameroun dont les dix épisodes sont prêts pour diffusion dès cet été à la télévision camerounaise, je suis en train de monter un nouveau long-métrage qui sera disponible avant la fin de cette année : Miraculous Weapons, qui raconte l’histoire de trois femmes amoureuses d’un condamné à mort dans les années 1960. On a tourné en Afrique du Sud et en anglais.

Abdourahman A. Waberi est né en 1965 dans l’actuelle République de Djibouti. Il vit entre Paris et les Etats-Unis, où il a enseigné les littératures francophones aux Claremont Colleges (Californie). Il est aujourd’hui professeur à George-Washington University. Auteur, entre autres, d’Aux Etats-Unis d’Afrique (éd. J.-C. Lattès, 2006), il a publié en 2015 La Divine Chanson (éd. Zulma).

Lemonde.fr par Abdourahman Waberi, chroniqueur Le Monde Afrique

« Paul Biya n’est pas le président du Cameroun réel »

janvier 6, 2017

Notre chroniqueur s’insurge contre le discours de vœux du président camerounais qu’il juge déconnecté du quotidien de ses concitoyens.

Le président camerounais Paul Biya à la trribune des Nations unies à New York le 22 septembre 2016. Crédits : Carlo Allegri/REUTERS
Deux jours avant la trente-troisième présentation des vœux présidentiels au peuple camerounais du 31 décembre 2016, je me suis rendu dans un commissariat de Douala. Ayant vendu ma voiture quelque temps auparavant, je devais, ainsi que le prévoit la loi, faire légaliser le certificat de vente de cette voiture.

Après avoir été sèchement renvoyé chez moi parce que je portais un pantacourt (la chaleur est insupportable en décembre dans le pays), je suis revenu avec un pantalon. Je m’étais assuré d’avoir toutes mes pièces justificatives et acquitté de tous les timbres requis.

Lire aussi :   « Le Cameroun n’a pas mal à son peuple, il a mal à ses élites »

L’agent de police, une femme rugissante, n’a eu d’autre choix que de valider le document que je lui présente. J’appose enfin mon nom et ma signature dans ce gros registre bleu qui fleure bon le Moyen Age, soulagé d’en avoir terminé.

« C’est 10 000 francs ! me fait-elle tout à coup.

– Comment ça 10 000 ?

– Je dis que c’est 10 000 !

– D’accord, mais pourquoi 10 000 ? J’ai déjà effectué cette démarche et jamais je n’ai eu à débourser 10 000 francs CFA ! A quoi correspondent-ils ?

– Pourquoi tu discutes ? Ce n’est pas pour moi ! Si tu veux va te renseigner là-bas ! » Elle pointe son doigt en direction du bureau du commissaire.

Le bureau du commissaire est spacieux et climatisé, contrairement à la salle exiguë, chaude et lugubre qui sert de bureau à deux subordonnés. Il abrite une télé, en marche, et même un petit frigo. La classe. Je me présente et expose mon problème. Pourquoi ces 10 000 francs CFA [15 euros] ? Le policier me lance un regard noir, un léger frisson parcourt mon corps.

« Tu ne sais pas que c’est comme ça ? me jette l’homme en bleu.

– Euh… Non, Monsieur le Commissaire. Je n’ai jamais payé ce montant alors que j’ai fait la même démarche récemment.

– Tu as fait ça où ?

– A Bonanjo [quartier administratif de Douala]. »

Au bout de trente secondes du même regard glaçant, sans rien dire, il m’arrache le formulaire des mains, le paraphe, et me le remet dans un geste plein de mépris : « Retourne voir ma collègue. » Ladite collègue, dont le bout du nez peine à retenir un déferlement de sueur, appose son cachet. C’est gagné ! Je suis reparti victorieux mais fou de colère et de frustration devant l’ampleur de la corruption et de l’impunité dans ce pays.

Interminable liste

En écoutant le président Paul Biya, 82 ans, parler de cette jungle comme d’un « pays démocratique et un Etat de droit », se poser en protecteur des « fondements de notre vivre-ensemble », invoquer avec solennité la Constitution du pays alors qu’il est au pouvoir depuis trente-trois ans, réaffirmer avec force l’unité et l’indivisibilité du Cameroun en réponse aux « préoccupations » des enseignants et avocats en grève dans la partie anglophone du pays et rebaptisés pour l’occasion « manifestants extrémistes manipulés et instrumentalisés », j’ai eu la confirmation de ce que je sais déjà. Il y a deux Cameroun : un Cameroun officiel et un Cameroun réel.

Paul Biya est le président du Cameroun officiel, celui des profiteurs du système, celui de ce commissaire corrompu et de ses collègues complices. Mais il n’est pas le président du pays réel : celui des jeunes filles violées et traînées dans la boue par des policiers pour avoir commis le crime innommable de prendre part à des manifestations non violentes dans la région de Buéa ; celui des familles des victimes et surtout des disparus du déraillement d’Eséka, dont il est clair qu’elles ne verront jamais ni la couleur de la vérité ni celle de la justice ; celui des milliers de citoyens camerounais quotidiennement brimés, humiliés, rackettés par des agents publics censés être à leur service. 

La liste est interminable. Nous sommes nombreux à appartenir au pays réel. Et nous sommes seuls ; sans leader qui nous représente, sans Constitution qui incarne nos aspirations, sans horizon vers lequel se projeter.

Et donc, en ce début d’année 2017, à moins de deux ans de l’échéance électorale qui verra le champion du pays officiel solliciter les suffrages des citoyens du pays réel, nous devons affirmer son illégitimité et créer un horizon. Car Paul Biya bafoue la Constitution qu’il brandit par ailleurs, il viole, persécute et tue les enfants supposés appartenir à son pays et il accable d’un inacceptable mépris des citoyens dont il tire son immense pouvoir. « Le Cameroun est un et indivisible, et il le restera ! », a-t-il martelé lors de ses vœux. De quel Cameroun parlait-il ?

 

Cameroun : la limousine de Paul Biya tombe en panne en pleine fête nationale

mai 20, 2016

Voilà ce qui arrive quand on s’accroche au pouvoir… Même les véhicules de fonction disent NON!

Photo de BrazzaNews.

Cette situation assez insolite a obligé les éléments de la garde présidentielle à faire ce que l’on appelle au Cameroun « le pousse-pousse » devant un public médusé. C’est finalement à bord d’une limousine blanche que Paul Biya, chef des armées, a effectué sa traditionnelle revue des troupes.

Deux incidents de même nature étaient déjà survenus. Le 13 juillet 2015, la même limousine avait eu une défaillance technique au lieu-dit Carrefour Mvog Mbi à Yaoundé, devant des passants surpris. L’incident, qui avait duré moins de cinq minutes, n’avait pas été relayé sur les réseaux sociaux, la garde présidentielle s’étant assurée de ne laisser aucune image filtrer. Le 18 février 2010, une autre panne s’était produite alors que Paul Biya revenait de son village Mvomeka’a.

Le gouvernement n’a pour l’instant donné aucune explication sur l’origine de la panne.

Lemonde.fr

« Présidents africains, pourquoi ne restez-vous pas mourir au pays ? »

avril 21, 2016

Le président du Cameroun, Paul Biya, ici à Yaoundé en avril 2016 avec deux de ses collaborateurs.

Le président du Cameroun, Paul Biya, ici à Yaoundé en avril 2016 avec deux de ses collaborateurs. Crédits : Andrew Harnik / AP
On l’a appris par un communiqué laconique du palais de Koulouba, sur les hauteurs de Bamako : le président malien Ibrahim Boubacar Keita (IBK) a été opéré, mardi 12 avril, d’une « tumeur bénigne » à l’Hôpital militaire Bégin, à Saint-Mandé (Val-de-Marne), en région parisienne. Il effectue sa convalescence à Paris et n’a pas communiqué la date de son retour au Mali. Ancien dirigeant de la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (FEANF), le camarade IBK a donc rejoint la longue liste des chefs d’Etat africains qui délaissent les hôpitaux de leur pays pour venir se soigner en Occident.

Avant le président malien, son homologue ivoirien Alassane Ouattara s’était fait opérer en février 2014 à l’Hôpital américain de Neuilly, à l’instar du Gabonais Ali Bongo Ondimba qui avait choisi, quelques années plus tôt, la clinique chic de l’Ouest parisien pour y subir une intervention chirurgicale. Le Camerounais Paul Biya, lui, se soigne à Genève où il réside une partie de l’année. Son dossier médical est aux mains de médecins suisses, alors qu’il est protégé comme un secret d’Etat au Cameroun. Son épouse, Chantal, préfère les hôpitaux parisiens où elle a passé plusieurs mois ces dernières années.

A ce jeu-là, même les chefs d’Etat maghrébins se sont fait prendre. L’Algérien Abdelaziz Bouteflika a longuement séjourné en 2013 à l’Hôpital militaire du Val-de-Grâce, puis à l’Hôtel national des Invalides pour sa rééducation. Le président algérien était d’ailleurs revenu en décembre 2015 à la Clinique d’Alembert, à Grenoble, pour effectuer un contrôle médical.

Mais le plus surprenant de cette liste non exhaustive, c’est le roi Mohamed VI qui est venu en France en 2013 pour y subir une opération chirurgicale alors que son pays reste une destination sanitaire privilégiée pour de nombreux chefs d’Etat d’Afrique subsaharienne.

Faute politique

Disons le sans ambages : délaisser les institutions sanitaires de son pays pour se soigner à l’étranger est, au bas mot, une faute pour un chef d’Etat. C’est la preuve irréfutable qu’il n’a pas réussi à bâtir sur place un système de santé digne de sa confiance.

Si, dès qu’ils sont malades, même légèrement, les présidents africains sautent dans l’avion pour Paris, Londres, Lisbonne ou Madrid afin d’y recevoir des soins, c’est aussi parce qu’ils n’ont pas favorisé chez eux le développement de l’expertise médicale nationale. Ce n’est pas une blague : il existe aujourd’hui des pays africains qui n’ont aucun spécialiste du cancer ; d’autres qui n’ont que trois ou quatre cardiologues ; d’autres encore où les quelques gynécologues n’exercent que dans la capitale.

Ces chefs d’Etat, qui ne se gênent pas pour aller se soigner à l’étranger, n’ont pas non plus érigé l’acquisition du matériel médical en priorité de leurs actions. En 2016, il est encore impossible, faute d’appareils, de pratiquer une IRM dans certains Etats d’Afrique subsaharienne. Dans d’autres, il existe un seul appareil qui tombe régulièrement en panne, pour cause de surchauffe ou de défaut de maintenance.

L’aller-retour d’un avion médicalisé pour acheminer à Paris un ministre africain malade coûte 120 000 euros, soit une vingtaine de bourses d’études en médecine à Dakar.

Pour un chef d’Etat, se soigner à l’étranger est également une énorme injustice envers le reste de la nation. En effet, pendant que leurs compatriotes sont condamnés à se rendre dans des structures de santé devenues des mouroirs, les présidents africains eux prélèvent sans vergogne sur les deniers publics pour venir en Occident recevoir des soins. Et c’est souvent une affaire de gros sous : la facture d’hospitalisation d’un dirigeant sahélien à l’Hôpital américain de Neuilly a grimpé jusqu’à 300 000 euros, soit le budget de fonctionnement annuel de l’Hôpital de Birao, en Centrafrique.

De même, l’aller-retour d’un avion médicalisé pour acheminer à Paris un ministre ouest-africain malade coûte 120 000 euros, l’équivalent d’une vingtaine de bourses d’études en médecine à Dakar.

La faute politique et l’injustice expliquent ensemble la colère d’une partie de l’opinion malienne lorsqu’elle a appris qu’IBK était venu se faire opérer à Paris.

Derrière le slogan « Tous au Val-de-Grâce », ces Maliens-là ont rappelé que leur président avait acheté en 2014 un nouvel avion pour près de 30 millions euros. Selon eux, cette somme aurait largement suffi à construire à Bamako un hôpital de référence dans lequel IBK aurait disposé d’une chambre réservée à l’année.

Triste record mondial

Pour avoir fait le choix de négliger les structures sanitaires de leur pays, convaincus qu’ils pourront toujours être évacués vers les capitales occidentales, les dirigeants africains ont mis le continent au sommet du palmarès mondial des présidents décédés à l’étranger.

Ici, on n’en citera que les plus récents : le Zambien Michael Sata, décédé en 2014 à Londres, l’Ethiopien Melès Zenawi, mort en 2012 à Bruxelles, le Bissau-Guinéen Mallam Bacai Sanha qui s’est éteint la même année à Paris tout comme le Zambien Levy Mwanassa mort en 2008 à Paris.

Le Nigérian Umaru Yar’Adua, se sentant condamné, est quant à lui rentré d’Arabie saoudite en 2010, juste à temps pour mourir parmi les siens.

Omar Bongo du Gabon (à gauche) et Gnassingbe Eyadema du Togo, décédés respectivement en 2009 et 2005, en dehors de leur pays.

Omar Bongo du Gabon (à gauche) et Gnassingbe Eyadema du Togo, décédés respectivement en 2009 et 2005, en dehors de leur pays. Crédits : AFP

De toute cette liste, les deux cas les plus scandaleux sont ceux du Gabonais Omar Bongo Ondimba et du Togolais Eyadema Gnassingbé. Le premier est mort en 2009 à Barcelone, en Espagne, après avoir dirigé son pays pendant quarante-deux ans sans avoir eu à cœur de bâtir un centre sanitaire dans lequel il rendrait son dernier souffle.

Le second est mort en 2005 dans l’avion qui le transportait de Lomé vers une capitale occidentale après trente-huit ans d’un règne au cours duquel il avait eu les moyens suffisants de doter le Togo d’un centre hospitalier qui lui aurait permis de recevoir les premiers soins avant son évacuation. Cela lui aurait peut-être sauvé la vie !

Plus de dix ans plus tard, les chefs d’Etat africains ne semblent pas avoir tiré les enseignements de l’erreur fatale d’Eyadema Gnassingbé. Hélas, ils continueront donc de mourir hors des frontières nationales.

 

Lemonde.fr par Seidik Abba (Chroniqueur, Le Monde Afrique)

Lutte contre Boko Haram: le président nigérian au Cameroun mercredi

juillet 27, 2015

Abuja – Le président nigérian Muhammadu Buhari se rendra mercredi au Cameroun pour s’entretenir avec son homologue Paul Biya de la lutte contre les insurgés islamistes de Boko Haram, a-t-on appris lundi de source officielle.

Le président Buhari se rendra au Cameroun mercredi. Il aura un entretien avec le président Biya à son arrivée mercredi et la question de Boko Haram sera au centre de leur discussion, a déclaré à l’AFP Femi Adesina, porte-parole de la présidence nigériane.

Cette visite entre dans le cadre des consultations sur l’insurrection de Boko Haram, a-t-il ajouté.

Après son investiture fin mai, le nouveau président nigérian s’était déjà rendu début juin au Niger puis au Tchad.

La visite d’une journée au Cameroun a pour but de construire une alliance régionale forte pour affronter Boko Haram, a déclaré à l’AFP un autre porte-parole présidentiel, Garba Shehu.

Sans donner de détails sur le déploiement de troupes régionales, il a assuré que le déploiement aura bien lieu à la fin du mois.

A l’issue d’une réunion de responsables militaires en juin, le déploiement de la Force d’intervention conjointe multinationale (MNJTF) avait été annnoncé d’ici au 30 juillet.

Cette force régionale, qui aurait dû être opérationnelle en novembre dernier, a son siège à N’Djamena et doit compter 8.700 militaires, policiers et civils, fournis par le Nigeria, le Cameroun, le Tchad, le Niger et le Bénin.

Un nouveau commandant devrait être désigné pour remplacer le général nigérian Tukur Yusuf Buratai, qui a été nommé mi-juillet à la tête de l’armée de terre du Nigeria.

La MNJTF est censée notamment améliorer la coordination entre les pays voisins – Nigeria, Tchad, Niger et Cameroun – qui ont lancé en début d’année une vaste opération militaire contre les islamistes, dont les fiefs sont dans le Nord-Est nigérian.

L’Union européenne a exprimé lundi son soutien aux opérations lancées contre Boko Haram. Le Cameroun, le Tchad, le Niger et le Nigeria font tous les efforts possibles pour combattre le terrorisme dans la région. L’UE soutient ces initiatives en faveur d’une collaboration bilatérale et régionale pour relever ces défis, déclare l’UE dans un communiqué.

Les insurgés ont subi de lourdes pertes au cours de ces opérations, sans pour autant être neutralisés. Désormais affiliés au groupe jihadiste Etat islamique (EI), ils multiplient les attaques dans les quatre pays riverains du lac Tchad.

Sept personnes ont été tuées depuis dimanche, dont trois décapitées, lors d’attaques des combattants islamistes dans l’Extrême-Nord du Cameroun, en proie depuis plusieurs jours à des attentats-suicides.

De violents combats opposaient lundi l’armée tchadienne aux insurgés de Boko Haram sur des îles du lac Tchad, a-t-on appris de sources concordantes.

M. Buhari sera de retour à Abuja jeudi, ont précisé ses services.

Romandie.com avec(©AFP / 28 juillet 2015 01h32)

Qui dirige vraiment le Cameroun ?

mai 27, 2015

Le chef de l'Etat camerounais, dans son bureau.
Le chef de l’Etat camerounais, dans son bureau. © Denis/REA

Le président règne de loin et supervise de haut, chargeant une poignée de fidèles d’appliquer – voire de déchiffrer – ses directives. Et depuis trente-trois ans, ça marche.

« Paul, sur quel numéro peut-on te joindre au téléphone ? » aurait demandé sur un ton de reproche feu Omar Bongo Ondimba, le défunt président gabonais, à Paul Biya, son insaisissable homologue camerounais.Selon un ancien ministre qui fut témoin de cet aparté, l’intéressé aurait répondu par une pirouette : « Omar, gouverner le Cameroun est si compliqué ! »

Difficile à joindre, souvent absent des grand-messes diplomatiques, Biya, 82 ans, oblige parfois ses collègues de la sous-région à travailler sans lui. Il en a été ainsi le 5 mai : alors qu’un sommet de la Cemac se tenait à Libreville, il a chargé Philémon Yang, son Premier ministre, de le représenter.

À en croire ses détracteurs, l’attitude distante du président camerounais fait obstacle à la coopération régionale dans la lutte contre Boko Haram, alors que son pays est lui-même en guerre contre ce mouvement jihadiste.

De fait, Biya n’a accepté de rencontrer Goodluck Jonathan, le président nigérian sortant, que dans le cadre multilatéral d’un sommet de chefs d’État convoqué par François Hollande… Vu de l’intérieur, ses absences et la rareté de sa parole donnent de lui l’image d’un chef qui certes règne, mais gouverne par à-coups.

L’inertie semble une fatalité. Les conservatismes bloquent toute réforme audacieuse. Les lenteurs administratives plombent le climat des affaires. L’économie ne crée pas assez d’emplois pour intégrer les diplômés au marché du travail.

En dépit des procès à grand spectacle, la corruption est devenue endémique. Et que dire des carences en matière d’infrastructures et d’énergie, ou de l’état des hôpitaux… « Y a-t-il un pilote dans l’avion ? »

Dans son livre, Le Choix de l’action, Marafa Hamidou Yaya, ex-secrétaire général de la présidence aujourd’hui emprisonné, estime que « la tentative de coup d’État de 1984 puis les émeutes de 1991 et de 2008 ont été vécues par le président Biya et son entourage comme une série de profonds traumatismes qui les ont enfermés dans une obsession unique : ne pas s’exposer, préserver le statu quo en ne prenant aucune initiative ».

Le président peut encore s’investir pleinement dans un dossier, mais seulement s’il l’estime nécessaire. Il en a été ainsi de la libération (dont aucun détail n’a filtré), en avril 2013, de la famille Moulin-Fournier, prise en otage deux mois plus tôt par Boko Haram.

La méthode Biya, nimbée de mystère, tient donc pour une large part à la personnalité de cet homme sans faille psychologique connue, mais « qui dissimule des gouffres intérieurs insondables », comme l’affirme Marafa, qui fut son proche collaborateur pendant deux décennies.

Elle tient aussi au régime qu’il a mis en place à partir de 1982 et dont la nature reste « introuvable », selon François Mattei, l’un de ses biographes. Paré de sa légitimité de politologue et de conseiller spécial du président, Narcisse Mouellé Kombi reconnaît que définir l’ADN de ce régime est un exercice périlleux.

Tout au plus suggère-t-il l’existence d’un « présidentialisme décentralisé »… La réalité est plus prosaïque. Pour éviter de se retrouver en première ligne, le président gouverne, mais en surplomb, dans le souci de préserver son autorité, de sacraliser sa fonction, sans doute avec l’ambition de durer.

Il s’appuie sur un appareil d’État centralisé et omniprésent. Aujourd’hui, à Yaoundé, ceux qui ont accès à son bureau – ou aux salons de la première dame – ont le pouvoir. Mais qui sont ces quelques hommes qui ont pris, par procuration, les commandes de l’avion ?

Jeuneafrique.com par Georges Dougueli

Boko Haram : Shekau menace Déby, Biya et Issoufou

janvier 21, 2015

Capture d'écran de la video diffusée par Boko Haram le 20 janvier 2015
Capture d’écran de la video diffusée par Boko Haram le 20 janvier 2015 © AFP

Dans une mise en scène vidéo dont il est coutumier, Abubakar Shekau, le chef de Boko Haram, a défié les pays voisins du Nigeria de l’attaquer, au moment où ceux-ci se sont réunis à Niamey pour discuter des moyens d’unir leurs forces contre le groupe islamiste.

« Les rois d’Afrique, je vous défie de m’attaquer ». Dans une nouvelle vidéo postée mardi 20 janvier sur YouTube, le chef de Boko Haram menace ouvertement les présidents du Tchad, du Cameroun et du Niger qu’il évoque en terme méprisants.

Ces trois états voisins étaient réunis le même jour à Niamey avec 13 autres pays pour accélérer la mise en oeuvre de la force régionale de lutte contre le groupe islamiste.

« Paul Biya, tu as peur »

A l’adresse du Tchadien Idriss Déby Itno, qui a engagé son armée la semaine dernière au Cameroun contre les islamistes, Abubakar Shekau lance ainsi: « Idriss Déby, les rois d’Afrique (…) je vous défie de m’attaquer maintenant. Je suis prêt ».

Il accuse aussi le président camerounais Paul Biya d’avoir « peur » et de « demander de l’aide » face à la multiplication des raids meurtriers de Boko Haram dans l’extrême-Nord du Cameroun, frontalier des bastions nigérians des islamistes.

« Président du Niger, tu vas voir »

A Mahamadou Issoufou, il dit: « Tu vas voir, président du Niger, tu vas voir ». « Tu fais partie de ceux qui sont allés compatir avec (le président français François) Hollande, le petit-fils de Charlie » Hebdo.

Boko Haram n’a pas encore attaqué le Niger, mais il contrôle une partie de la frontière avec le Nigeria.

Revendication de l’attaque de Baga

La diatribe de Shekau accompagnait la revendication diffusée mardi soir de l’attaque contre Baga et plusieurs localités des rives du lac Tchad début janvier. « La plus grande et la plus destructrice » des six années d’insurrection de Boko Haram selon l’ONG Amnesty International.

« Nous avons tué le peuple de Baga. Nous les avons en effet tués, comme notre Dieu nous a demandé de le faire dans Son Livre », dit Abubakar Shekau.

Un otage allemand libéré

Au lendemain de la diffusion de cette vidéo, le Cameroun a annoncé la libération d’un citoyen allemand, Nitsch Eberhard Robert, enlevé au Nigeria en juillet 2014 par le groupe islamiste.

Jeuneafrique.com avec AFP

Le groupe islamiste Boko Haram menace le président camerounais dans une vidéo

janvier 7, 2015

Kano (Nigeria) – Le chef du groupe islamiste nigérian Boko Haram, Abubakar Shekau, a menacé, dans une vidéo postée sur Youtube, le président camerounais Paul Biya de mener dans son pays des attaques à la même échelle qu’au Nigeria.

Paul Biya, si tu ne mets pas fin à ton plan maléfique, tu vas avoir droit au même sort que le Nigeria (…) Tes soldats ne peuvent rien contre nous, a déclaré M. Shekau en langue arabe dans une vidéo d’environ 17 minutes, postée le 5 janvier sur le site internet.

Les attaques du groupe jihadiste se sont multipliées, depuis début 2014, dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, contraignant l’armée camerounaise à engager des frappes aériennes contre Boko Haram à la fin du mois dernier.

Si le président camerounais a déjà été mentionné dans les précédentes vidéos de Shekau, qui s’en prend régulièrement aux chefs d’Etat africains et occidentaux, c’est le première fois que Boko Haram adresse des menaces aussi directes envers le Cameroun.

Les islamistes, qui lancent de meurtrières attaques quasi-quotidiennes dans le nord-est du Nigeria, se sont emparés ces derniers mois de plus d’une vingtaine de localités de cette région, proclamant un califat dans les zones sous son contrôle.

Le week-end dernier, le groupe s’était emparé d’une base militaire importante de l’extrême nord-est du Nigeria, sur les rives du lac Tchad, prenant ainsi le contrôle de frontières avec le Tchad, le Niger et le Cameroun.

Au Cameroun, le président Biya avait personnellement donné l’ordre à son armée d’engager des avions de chasse pour protéger une base militaire camerounaise attaquée par les islamistes le 28 décembre.

M. Biya, qui a souvent des mots très durs contre Boko Haram dans des déclarations publiques, avait promis, en octobre dernier, l’éradication totale du groupe islamiste.

Romandie.com avec(©AFP / 07 janvier 2015 14h18)