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Cameroun : que va faire le régime de Paul Biya de ses opposants ?

septembre 24, 2021
Maurice Kamto lors d’un meeting à Yaoundé, le 30 septembre 2018.

Un an après la répression des manifestations du 22 septembre 2020, les procédures à l’encontre des militants incarcérés piétinent. Lenteur judiciaire dans une affaire politique houleuse ou volonté de décapiter l’opposition ? La question agite l’opinion.

Étrange anniversaire que celui que les 43 militants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) détenus à la prison centrale de Kondengui ont célébré ce 22 septembre. Autour d’un généreux ndolé et d’un gâteau préparés pour l’occasion, quelques cadres du parti sont venus leur apporter un message d’encouragement de Maurice Kamto. Avant que les agents pénitentiaires ne mettent un terme aux « réjouissances ».

Comme ceux de Yaoundé, 124 autres personnes arrêtées en marge des manifestations du 22 septembre 2020 ont commémoré leur douzième mois de détention. Et dans les prisons de Mfou, Bafoussam et Douala, le triste souvenir des évènements de cette folle journée a refait surface.

Entraves à la justice

Il y a un an, des partis d’opposition et des organisations de la société civile avaient appelé à descendre dans les rues pacifiquement pour protester contre la décision du gouvernement d’organiser des élections régionales sans modifier le code électoral, contre la crise anglophone et pour demander davantage de transparence dans la gestion des fonds alloués à l’organisation de la CAN. La réaction des forces de sécurité ne s’était pas faite attendre : elles avaient fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau et arrêté près de 550 sympathisants de partis d’opposition. Parmi eux, Olivier Bibou Nissack et Alain Fogue, deux piliers de la machine politique du MRC.

LEURS AVOCATS DÉNONCENT L’ABSENCE D’INDÉPENDANCE DES JUGES ET UN REFUS MANIFESTE D’APPLIQUER LA LOI

Les personnes interpellées auront connu diverses fortunes devant les tribunaux. La majorité d’entre elles a depuis été libérée, mais 116 ont comparu devant des tribunaux militaires pour répondre de chefs d’accusation liés à leur participation à ces manifestations ou à leur activisme. Et si à Douala et à Bafoussam, l’heure est désormais aux procès, les dossiers des détenus de Yaoundé en sont encore à la phase d’instruction. Par ailleurs, huit autres accusés ont été condamnées par un tribunal civil pour des accusations similaires et purgent actuellement des peines de deux ans de prison.

Pour les avocats de ces opposants réunis au sein du collectif Me Sylvain Souop, ces procédures sont « iniques et inacceptables ». Le 9 septembre dernier, ils ont décidé de déposer leurs robes pour protester contre ce qu’ils qualifient d’entraves à la justice. « Nous ne pouvons nous associer à l’arbitraire et à l’illégalité », s’est justifié Me Hippolyte Meli dans une déclaration publique, évoquant entre autres « l’impossible accès à une justice équitable », « l’absence d’indépendance et d’équité des juges civils ou militaires en charge desdites affaires » et « le refus manifeste d’appliquer la loi ».

Au sein du MRC, beaucoup sont persuadés que l’on cherche à museler le parti. « La justice refuse de dire le droit à cause de la rancœur de ceux qui en ont contre le MRC, explique l’un de ses responsables. Notre parti est solidement implanté et son niveau d’organisation fait peur au régime de Yaoundé, qui utilise des raccourcis antidémocratiques pour essayer de briser son élan. » Notre interlocuteur en veut pour preuve le fait que Maurice Kamto a passé trois mois en résidence surveillée, dans le sillage des mêmes manifestations, sans jamais recevoir la moindre explication.

« Hostilité contre la patrie »

Depuis septembre 2020, les autorités camerounaises ont peu communiqué sur le sort des militants emprisonnés. En décembre dernier, le porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi, a insisté sur le caractère « insurrectionnel » des manifestations et indiqué que « les procédures judiciaires engagées contre les meneurs et les organisateurs […] se poursuivront ». « Plusieurs personnes arrêtées dans le cadre de ce mouvement insurrectionnel ont d’ores et déjà été relâchées. D’autres le seront au fur et à mesure de l’évolution des procédures judiciaires et en considération de leur degré d’implication et de la menace qu’ils représentent pour la société », écrivait-il dans un communiqué.

ON PARLE D’INSURRECTION, PAS D’UN PETIT LARCIN DE QUARTIER

Dans les coulisses du pouvoir, on affirme que la justice est indépendante et qu’elle doit faire son travail « avec minutie ». « Il faut savoir que les faits qui sont reprochés à ces individus sont suffisamment graves pour que la justice prenne le temps de bien enquêter dessus. Lorsqu’on parle d’hostilité contre la patrie ou d’insurrection, il ne s’agit pas d’un petit larcin de quartier », explique un cadre d’administration.

Les organisations de défense des droits humains ont, elles, commencé à s’inquiéter de la situation. « Les autorités devraient remettre en liberté, immédiatement et sans conditions, toutes les personnes arrêtées pour avoir exprimé leur point de vue politique ou pour avoir exercé leur droit à la liberté de réunion pacifique, et mettre fin à la campagne de répression contre les manifestants pacifiques et les détracteurs du gouvernement », ont insisté les ONG Amnesty international et Human Rights Watch en marge du premier anniversaire des manifestations du 22 septembre 2020.

Avec Jeune Afrique par Franck Foute – à Yaoundé

Coronavirus au Cameroun : Paul Biya annonce la libération de certains prisonniers

avril 16, 2020

Paul Biya, le président camerounais.

Paul Biya, le président camerounais. © Lintao Zhang/AP/SIPA

 

Le chef de l’État camerounais a ordonné des commutations et des remises de peines pour certains prisonniers afin de désengorger les prisons qui font face à la menace du Covid-19. Le nombre de détenus concernés par cette décision n’a pas été communiqué.

C’était la revendication de la commission des droits de l’homme de l’ordre des avocats du Cameroun, pour qui seule « une réelle décongestion » des établissements pénitentiaires peut garantir une maîtrise de la situation en cas de présence du coronavirus.

Le 15 avril, le président Paul Biya a finalement annoncé la libération de certains prisonniers. Si le nombre de détenus concernés par ce décret présidentiel n’a pas été communiqué, les détails de son application ont été soigneusement précisés. Les prisonniers de l’opération épervier condamnés pour « détournement » ne sont pas concernés par cette mesure, encore moins ceux arrêtés dans le cadre de la crise anglophone et condamnés entre autres pour « atteinte à la sureté de l’État ».

Les personnes en attente de jugement détenues à titre préventif sont également exclues de la décision présidentielle. Cette catégorie comptait pourtant 18 435 personnes sur les 31 815 prisonniers au Cameroun en 2019, soit 58 % de la population carcérale. Une exclusion que regrettent certains avocats, dont la corporation a été en première ligne des revendications ayant conduit à l’adoption de cette mesure.

1 % de la population carcérale

Depuis Bamenda, l’avocat Fru Njoh exprime une satisfaction relative. « Si le but était de désengorger les prisons de telles sorte d’éviter une hécatombe en cas de contamination de celles-ci, c’est évidemment raté, confie-t-il. Mais nous saluons ce geste qui est avant tout humaniste ».

Dans chacune des 91 prisons que compte le pays, les premières sorties devraient intervenir au courant de cette journée du 16 avril. Selon les spécialistes des droits de l’homme au Cameroun, entre 2 000 et 3 000 personnes devraient ainsi recouvrer la liberté, soit à peine 1 % de la population carcérale totale.

Avec près de 855 cas positifs et 17 décès, le Cameroun reste le deuxième pays d’Afrique subsaharienne le plus touché après l’Afrique du Sud. La menace du Covid-19 a récemment provoqué un vent de panique au sein de la maison d’arrêt de Kondengui à Yaoundé, principale prison du pays. Des dizaines de détenus avaient alors manifesté leurs inquiétudes après la circulation de rumeurs sur la présence de cas infectés au sein du pénitencier.

Avec Jeuneafrique par Franck Foute

Cameroun : Emmanuel Macron calme le jeu avec Paul Biya, après une semaine sous tension

mars 3, 2020

Paul Biya et Emmanuel Macron lors d'un sommet UE/UA, le 29 novembre 2017.

Paul Biya et Emmanuel Macron lors d’un sommet UE/UA, le 29 novembre 2017. © Diomande Ble Blonde/AP/SIPA

 

Les présidents français et camerounais « se sont accordés sur la nécessité d’une enquête impartiale » sur les violences commises dans la province du Nord-Ouest, après un échange téléphonique entre les deux chefs d’État, dimanche.

Exit les déclarations controversées d’Emmanuel Macron qui avaient mis le feu aux poudre le 22 février dernier en promettant de mettre « le maximum de pression » sur Paul Biya pour que cessent « des violences au Cameroun qui sont intolérables ». Du coté des autorités françaises, l’heure est visiblement à l’apaisement.

Le communiqué laconique publié par le service de presse de l’Élysée traduit la volonté affichée par la France de faire baisser la tension qui était montée d’un cran dans les relations entre Yaoundé et Paris au cours des sept derniers jours.

Au cours de leur échange téléphonique, Paul Biya et Emmanuel Macron se sont ainsi « accordés sur la nécessité d’une enquête impartiale en réaction aux violences commises contre des populations civiles dans le village de Ngarbuh, dans la province du Nord-Ouest ». Une concession moindre pour Yaoundé qui a récemment prescrit l’ouverture d’une enquête.

Soutien de poids

Plus loin, le même communiqué indique que « les deux présidents ont convenu de rester en contact sur le suivi des initiatives politiques issues du grand dialogue national« , sans jamais évoquer la question des prisonniers politiques ni celles des négociations avec les sécessionnistes, deux tabous pour Yaoundé.

Emmanuel Macron avait pourtant assuré au leader de la Brigade anti-sardinards (BAS) Calibri Calibro, qui l’avait interpellé sur ce sujet, qu’il en parlerait au président camerounais. « Je vais appeler la semaine prochaine le président Paul Biya et on mettra le maximum de pression pour que la situation cesse », avait déclaré le chef de l’État français au sujet du massacre de Ngarbuh.

Le retour aux usages diplomatiques du président français est-il lié à la vive réaction des autorités camerounaises, qui ont usé de tous les moyens pour faire entendre leur mécontentement ? Difficile d’être affirmatif. Le bruit des chants des « jeunes badauds » qui ont battu le pavé devant l’ambassade de France, le 24 février, pour dénoncer les propos d’Emmanuel Macron, sont néanmoins parvenus au sommet de l’État à travers un rapport détaillé, qui, selon nos sources, a été transmis au Quai d’Orsay, le siège de la diplomatie française.

Au vue de la tempérance d’Emmanuel Macron, Yaoundé devrait ainsi conserver un soutien de poids dans l’interminable crise qui l’oppose aux séparatistes anglophones, et gagner encore du temps face aux acteurs internationaux qui souhaitent un dialogue direct avec les leaders de ce mouvement, actuellement incarcérés. Une bouffée d’oxygène, dans un contexte où les violences continuent de faire de nombreuses victimes civiles.

Avec Jeuneafrique par Franck Foute – à Yaoundé

 

Présidentielle au Cameroun: Paul Biya favori, conflit en zone anglophone

octobre 7, 2018

Préparation des urnes avant l’élection présidentielle au Cameroun, le 6 octobre 2018 à Buea / © AFP / MARCO LONGARI

Le Cameroun vote dimanche à une présidentielle à un tour dont Paul Biya, tout-puissant chef de l’Etat depuis 1982 qui brigue un 7e mandat consécutif, est le favori malgré un conflit armé sans précédent dans les régions anglophones.

Quelque 6,5 millions d’électeurs – sur 25 millions d’habitants – sont appelés à voter à partir de 08H00 (07H00 GMT) jusqu’à 18h00 (17H00 GMT) et auront à choisir entre huit candidats.

Parmi eux, le président sortant Paul Biya, qui, invisible physiquement durant la campagne hormis un meeting dans l’Extrême-Nord, a été omniprésent dans les débats et sur les affiches collées par milliers partout dans le pays.

Grâce à un maillage territorial imposant et sans pareil de son parti, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), les soutiens du président-candidat ont sillonné le pays durant la campagne d’une élection qui lui semble acquise.

Mais, à 48 heures du vote, un coup de théâtre a surpris le monde politique camerounais: pour la première fois depuis la présidentielle de 1992, deux opposants de poids ont formé une coalition contre Biya.

Akere Muna, ancien bâtonnier du Cameroun, s’est désisté en faveur de Maurice Kamto, candidat majeur de l’opposition, ancien ministre délégué à la Justice (2004-2011) et transfuge du parti au pouvoir.

Un partisan du président camerounais Paul Biya, candidat à la présidentielle, le 5 octobre 2018 à Yaoundé / © AFP / ALEXIS HUGUET

Deux autres candidats sortent du lot et peuvent espérer un score significatif: Joshua Osih, candidat du Social democratic front (SDF, principal parti d’opposition) malgré une campagne timorée, et Cabral Libii, benjamin de l’élection à 38 ans, qui a fortement mobilisé dans ses meetings.

Cette présidentielle se tient dans un contexte sécuritaire inédit au Cameroun: dans trois des dix régions du pays, l’armée est déployée.

Dans la région de l’Extrême-Nord, d’abord, où les jihadistes de Boko Haram lancent des assauts répétés depuis 2014 sur les populations camerounaises, et dans les régions anglophones de l’ouest du pays.

Dans ces deux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, la guerre s’est installée depuis fin 2017, après plus d’un an de crise socio-politique qui a lentement dégénéré en conflit armé.

Des centaines de séparatistes armés, regroupés en groupes éparses dans la forêt équatoriale, combattent désormais violemment et quotidiennement l’armée camerounaise.

Cameroun : principaux candidats à la présidentielle / © AFP /

Ils réclament l’indépendance des deux régions anglophones, revendication inacceptable pour Yaoundé qui a répondu par la force, qualifiant les combattants de « terroristes ».

– La « guerre » promise –

De nombreuses exactions ont été commises par les deux camps, dans une escalade permanente de la violence.

Plus de 175 membres des forces de défense et sécurité camerounaises ont été tués ainsi que plus de 400 civils, selon les ONG. Aucun bilan n’est disponible du côté séparatiste.

Jeudi et vendredi, quatre personnes dont un prêtre ont encore été tuées dans des violences dans cette zone anglophone. Tous les jours, des échanges de tirs se font entendre dans les deux capitales régionales, Bamenda et Buea.

Des partisans de Joshua Osih, candidat du SDF à la présidentielle, lors d’un meeting de campagne, le 5 octobre 2018 à Yaoundé, au Cameroun / © AFP / ALEXIS HUGUET

La tenue du scrutin paraît très incertaine dans ces régions où plus de 300.000 personnes ont dû fuir leur domicile.

L’insécurité y a pris le pas sur la campagne: aucun candidat ne s’est rendu à Buea ou à Bamenda, et les coups de feu y ont remplacé les traditionnels avertisseurs de voitures et sonos de meetings.

Vendredi, il y avait « quasiment autant de militaires, policiers et agents de renseignement que de civils » à Buea, en grande partie désertée de ses 100.000 habitants, selon une source proche des services de sécurité.

Les séparatistes ont promis « la guerre » dimanche dans ces deux régions quadrillées par l’armée.

7Vendredi, le camp de M. Kamto a accusé le pouvoir de préparer une « fraude massive » et appelé à des « réactions fermes ».

Le gouvernement a vite réagi: « En tentant d’organiser le chaos, ils risquent d’être désagréablement surpris », a prévenu le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary. Yaoundé « ne tolérera aucun désordre avant, pendant et après l’élection présidentielle ».

Romandie.com avec(©AFP / (07 octobre 2018 07h24

Cameroun: la visite de Biya dans le Sud-Ouest « pas confirmée », arrivée du président de la CAF

octobre 2, 2018

Yaoundé – La visite du président Paul Biya dans le Sud-Ouest anglophone du Cameroun en conflit n’est « pas confirmée », selon une source proche de la présidence à Yaoundé où est arrivé mardi le président de la Confédération africaine de football (CAF), Ahmad Ahmad.

Lundi, une source proche du ministère de la Communication avait annoncé à l’AFP la visite mardi du président Biya dans la capitale de la région du Sud-Ouest, Buea, où se font entendre des coups de feu quotidiennement.

« Il y a des préparatifs en cours, la tribune de la place des fêtes a été réfectionnée », a indiqué mardi matin une source proche des autorités locales de Buea.

Dans les deux régions anglophones du Cameroun, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, les combats entre l’armée et des séparatistes armés sont quotidiens. Ces derniers revendiquent l’indépendance du Cameroun anglophone vis-à-vis de Yaoundé.

Ils ont menacé de s’en prendre à toute personne qui voterait dimanche au scrutin présidentiel à un tour.

Lundi, pour le premier anniversaire de la proclamation symbolique de l’indépendance des régions anglophones, le 1er octobre 2017, un couvre-feu a été mis en place dans la plupart des grandes villes de la zone.

Les rues de Buea et Bamenda, les deux capitales régionales, étaient vides hormis les patrouilles de l’armée, selon des témoins.

Mardi, le président de la Confédération africaine de football (CAF), Ahmad Ahmad, a été reçu par Paul Biya au palais présidentiel à Yaoundé.

Le Cameroun doit accueillir la Coupe d’afrique des Nations (CAN) en 2019, mais des retards dans l’organisation ont soulevé des polémiques sur la capacité du pays à boucler les préparatifs de la compétition en temps et en heure.

« La CAF n’a pas de plan B, la CAF n’a jamais réfléchi à un retrait de la CAN au Cameroun », a déclaré M. Ahmad à sa sortie d’audience avec Paul Biya.

« C’est le Cameroun qui accueille cette compétition, c’est le Cameroun qui pourra nous dire demain +On est prêts+ (ou) +Ah non, donnez nous le temps, on n’est pas prêts+, ça dépend du Cameroun », a-t-il ajouté face à la presse.

Dimanche, neuf candidats – dont Paul Biya – s’affronteront dans les urnes pour briguer la présidence du Cameroun, dans un contexte sécuritaire tendu avec les attaques persistantes des jihadistes de Boko Haram dans le nord du pays, et le conflit armé dans les régions anglophones.

Romandie.com avec(©AFP / 02 octobre 2018 15h47)                                                        

Cameroun: Paul Biya officiellement candidat à la présidentielle

juillet 14, 2018

Paul Biya à Yaoundé, lors du scrutin présidentiel de 2011. © Sunday Alamba/AP/SIPA

 

Le président camerounais Paul Biya, 85 ans dont trente-cinq au pouvoir, a annoncé vendredi sa candidature à un septième mandat pour la présidentielle du 7 octobre prochain.

« Conscient des défis que nous devons, ensemble, relever pour un Cameroun encore plus uni, stable et prospère, j’accepte de répondre favorablement à vos appels pressants. Je serai votre candidat à la prochaine élection présidentielle ». Ce message, posté le 13 juillet sur le compte Twitter du président camerounais, est venu mettre fin au suspense. Paul Biya briguera bien un nouveau mandat lors de la présidentielle du 7 octobre prochain. Depuis plusieurs mois, des soutiens du président le présentaient comme le « candidat naturel » de la majorité.

Cette déclaration fait suite à l’annonce, le 9 juillet par décret, de la date du scrutin présidentiel. La clôture du dépôt des candidatures aura lieu le 19 juillet. La liste définitive sera ensuite officialisée le 8 août.

Parmi les principaux concurrents du président Biya figurent Joshua Osih, candidat du Social democratic front (SDF), Maurice Kamto, du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) et l’avocat et ancien vice-président de Transparency International, Akere Muna.

Crise en zone anglophone

Quatre scrutins étaient initialement prévus pour cette année 2018. Après les sénatoriales, largement remportées par le parti au pouvoir, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le gouvernement devait également organiser les élections législatives et municipales d’ici la fin de l’année. Le 2 juillet, les députés ont voté un projet de prorogation de leur mandat d’un an avant que le président Biya ne décide de reporter, par décret, les municipales.

« La tenue au cours de l’année 2018 des élections présidentielle, législatives et municipales sensiblement aux mêmes périodes rend difficile leur organisation matérielle, à cause du chevauchement des opérations électorales », avait justifié le président camerounais dans une correspondance adressée à la présidence du Parlement.

Mais au-delà d’un calendrier électoral serré, le climat politique actuel au Cameroun complique l’organisation des différentes élections. Le scrutin présidentiel se prépare dans un contexte tendu, avec des tensions à l’Extrême-Nord, toujours sous la menace de Boko Haram, et la crise en zone anglophone où séparatistes armés et forces de défense et de sécurité s’affrontent depuis fin 2017.

Alors que le gouvernement a annoncé fin juin un plan d’urgence humanitaire de 12,7 milliards de francs CFA (près de 20 millions d’euros) pour répondre à la situation dans la région, le ministre de la Défense, Joseph Beti Assomo, était jeudi 12 juillet en visite officielle dans le Sud-Ouest anglophone.

Jeuneafrique.com avec par

Cameroun: Paul Biya aurait dépensé 182 millions de dollars en voyages privés

février 22, 2018

biy

Paul Biya, président à vie du Cameroun

 

Alors que le président camerounais Paul Biya déclare gagner 271 dollars par mois, il aurait dépensé plus de 182 millions de dollars en voyages privés sur ces 35 dernières années. C’est ce que dénonce un consortium de journalistes.

Selon une enquête menée par le consortium de journalistes OCCRP, le président camerounais a passé trois fois plus de temps à partir en voyages privés plutôt qu’officiels.

Le salaire mensuel officiel de Biya est modeste avec seulement 271 $, plus les primes, mais il voyage et vit à l’étranger dans le luxe.

Selon le politologue camerounais Achille Mbembe, personne ne sait vraiment ce qu’il fait lors de ses fréquents voyages à Genève, bien que les spéculations varient entre traitements hospitaliers et virées shopping.

Alors que son palais à Yaoundé est considéré comme luxueux, Paul Biya préfèrerait passer une grande partie de ses « voyages privés » dans un hôtel cinq étoiles Intercontinental de Genève, qui offre une piscine et une vue imprenable sur le lac Léman et le Mont Blanc.

Il ne voyage pas seul. Son épouse Chantal, réputée pour ses coiffures extravagantes, l’accompagne dans presque tous les voyages, avec une cour pouvant compter jusqu’à 50 personnes, dont des ministres, des gardes du corps, des majordomes et divers autres membres du personnel.

Selon les calculs des journalistes qui ont mené l’enquête – calculs basés sur les prix des chambres d’hôtel disponibles publiquement et une compilation des voyages – la facture totale du président pour un séjour à l’hôtel Intercontinental s’élève à environ 40 000 $ par jour.

À ce rythme, le coût de tous les voyages privés du président (1.645 jours au total) s’élèverait à environ 65 millions de dollars depuis son arrivée au pouvoir, sans compter la nourriture, les divertissements et la location d’un avion privé.

Voyage en avion affrété n’est pas bon marché. Les factures de 2010, apparemment envoyées par une compagnie appelée CS Aviation au directeur du cabinet civil du président Biya et revues par l’OCCRP, facturent au Cabinet civil près de 855 000 $ pour un aller-retour de 50 passagers de Yaoundé à Genève. D’autres factures montrent qu’en 2013, l’avion a été maintenu en attente pendant deux semaines à un coût quotidien de près de 157 000 $.

À ces taux, le coût des vols de Biya depuis son arrivée au pouvoir pourrait s’élever à au moins 117 millions de dollars.

Selon le Fonds monétaire international, plus de 300 millions de dollars de recettes de la compagnie pétrolière nationale du Cameroun en 2017 n’ont pas été comptabilisés.

Le Président contrôle l’entreprise, dont les ventes de pétrole, selon un mémo diplomatique américain divulgué par WikiLeaks.

Selon Transparency International, le Cameroun est l’un des pays les plus corrompus du monde, se classant au 153e rang sur 180 pays en 2018.

AvecSacer-infos.com

Cameroun: l’armée combattra « sans état d’âme » les séparatistes anglophones

décembre 2, 2017

Yaoundé – L’armée camerounaise mettra en oeuvre « sans état d’âme » les instructions du président Paul Biya pour mettre « hors d’état de nuire » les séparatistes anglophones violents, a assuré samedi le ministre de la Défense, Joseph Beti Assomo.

« Lorsque le chef de l’Etat prend une décision politique comme celle-là (éradiquer les combattants séparatistes), nous allons la mettre en oeuvre sans état d’âme », a affirmé M. Beti Assomo dans une déclaration à la radio d’Etat.

 « Il y a des mesures qui seront mises en oeuvre immédiatement et le processus va se poursuivre jusqu’à ce que cette situation incommode que nous vivons soit éradiquée », a-t-il promis, sans préciser la nature de ces mesures.

« Le Cameroun est victime des attaques à répétition d’une bande de terroristes se réclamant d’un mouvement sécessionniste », a accusé jeudi le président Paul Biya, réagissant à l’assassinat entre mardi et jeudi dans le sud-ouest anglophone de quatre militaires et deux policiers. Le gouvernement en attribue la responsabilité aux séparatistes anglophones. M. Biya a assuré que « toutes les dispositions sont prises pour mettre hors d’état de nuire ces criminels ».

« Paul Biya vient de déclarer la guerre à ces terroristes qui prônent la sécession », a commenté la radio d’Etat.

A la demande du président, son ministre de la Défense a réuni vendredi plusieurs hauts gradés de l’armée et responsables militaire, pour évaluer la situation sécuritaire dans le pays, et analyser la dégradation du niveau de sécurité dans les régions anglophones, selon la radio.

Les actions militaires préconisées lors de cette rencontre visent à « rassurer la partie saine de la population qui est prise en étau », a assuré M. Beti Assomo, promettant que « l’intégrité du territoire va être assurée ».

« Des opérations massives de l’armée (dans les régions anglophones) sont en préparation », a confirmé à l’AFP, sans plus de précision, une source sécuritaire.

Dans un communiqué, attribué au préfet du département de la Manyu (sud-ouest, où les six militaires et policiers ont été tués), Joseph Oum Il, texte largement diffusé depuis vendredi soir et qui suscitait la controverse sur internet, les autorités locales ont ordonné aux habitants de 15 villages de quitter immédiatement les lieux, en prélude aux opérations de l’armée, sous peine d’être considérés comme « complices ou responsables des crimes commis actuellement contre les forces de sécurité ».

Dans une intervention diffusée samedi midi sur une radio locale anglophone, Radio Evangelium, le préfet Joseph Oum Il a finalement annoncé avoir « retiré » ce communiqué, appelant désormais simplement les populations locales à « coopérer ».

Le gouverneur de la province du Sud-ouest (dont dépend le département de la Manyu), Bernard Okalia Bilaï, a de son côté qualifié le communiqué de « faux ». Il s’agit d’une « manipulation » visant à « mettre la population dans la panique et compromettre les hautes mesures sécuritaires (prescrites par) le chef de l’Etat », a-t-il prétendu.

Le long de la frontière du Nigeria, les populations locales sont « otages de ces terroristes », a encore affirmé M. Okalia Bilaï. Selon lui, « des jeunes gens » sont enrôlés par des séparatistes et « formés comme combattant au Nigeria » voisin, contre l’avis de leurs parents.

Depuis novembre 2016, la minorité anglophone du Cameroun – environ 20% des 23 millions d’habitants – proteste contre sa marginalisation, certains exigeant le fédéralisme, d’autres la sécession. Le régime de Yaoundé rejette ces deux options.

A mesure que les autorités camerounaises ont accru la pression sécuritaire et la répression des manifestations séparatistes, les rangs des sécessionnistes se sont étoffés ces derniers mois, en même temps que se sont multipliés les incidents, faisant craindre, selon observateurs et analystes, l’émergence d’une « insurrection armée » dans l’ouest anglophone du pays, frontalier du Nigeria.

Romandie.com avec(©AFP / 02 décembre 2017 19h56)                                            

Le Cameroun sous la pression des replis identitaires

novembre 7, 2017
Paul Biya à Yaoundé, lors du scrutin présidentiel de 2011. © Sunday Alamba/AP/SIPA

D’un côté, une incroyable diversité. De l’autre, un malaise évident sur fond de repli communautaire et de rivalités régionalistes qu’exacerbe l’approche de la présidentielle

« Tic, tac, tic, tac… La fin de votre pouvoir est proche. Bientôt vous rendrez des comptes. » Twitter n’a jamais encouragé la subtilité et, même écrite en moins de 140 caractères, une menace éhontée produit toujours son petit effet. Le pouvoir dont cet internaute annonce la disparition, c’est celui du Sud, la région d’origine du président Paul Biya que les langues les plus acérées aiment à surnommer, non sans ironie, « le pays organisateur », et où les Bulus sont majoritaires.

Le chef de l’État, 84 ans dont trente-cinq années de pouvoir, n’a pas encore dit s’il se présenterait à l’élection présidentielle de 2018. Mais sur internet, la compétition, âpre par anticipation, bruisse déjà de rivalités ethno-régionalistes. On y parle moins de projets politiques que de l’accès d’un cousin du village à la « mangeoire » d’Etoudi.

 Les autorités ne pensent pas que l’unité camerounaise puisse véritablement se fissurer

Et les arguments sont souvent un peu courts, à l’image de ceux avancés sur Facebook par cet homme d’affaires originaire du Sud : « Nous autres sommes venus sur terre pour gouverner. » Dans une vidéo devenue virale, un autre militant du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) s’aventure encore plus loin face à un ministre médusé : « Un génocide se prépare. Dites-nous quelles dispositions nous devons prendre pour nous défendre ! »

Un grand melting-pot

Dans un Cameroun traversé par des courants contraires, aucune enquête d’opinion n’accrédite l’exacerbation de ces replis identitaires. Les autorités elles-mêmes ne semblent pas inquiètes. En dépit de la colère qui gronde depuis des mois dans les provinces anglophones, elles ne pensent pas que l’unité camerounaise puisse véritablement se fissurer.

Elles sont convaincues qu’un sentiment national a fait le ciment de ce melting-pot où cohabitent 250 langues, où deux religions monothéistes se sont accommodées de l’animisme, où les territoires colonisés par les Britanniques se sont joints à ceux administrés par les Français et où les mœurs sahéliennes du Septentrion coexistent avec celles des peuples des forêts méridionales…

Les différences culturelles n’ont jamais été un tabou au Cameroun

Et, de fait, les différences culturelles et linguistiques n’ont jamais été un tabou au Cameroun. Plusieurs générations d’humoristes en avaient d’ailleurs fait leur fonds de commerce, tel Jean-Miché Kankan brocardant sans pitié la « radinerie bamilékée », ou Essindi Mindja moquant les manières des ruraux du Nord.

Anglophones discriminés ?

Mais ces derniers mois, le modèle a montré ses limites. Les lignes de fracture sont devenues si marquées que plus personne n’a envie d’en rire. L’arbre de la nation camerounaise cache désormais une forêt de micro-nationalités. À preuve, la multitude d’associations villageoises qui geignent à longueur de temps pour réclamer leur part du gâteau.

Au sein des couches populaires comme dans l’élite, on se regroupe par affinités régionales. Les avocats originaires du Littoral se concertent au sein de Sawa juristes (Sajur), ceux de l’Ouest se retrouvent dans l’A3j et ceux du Centre et du Sud-Est au sein de l’association Agnan…

Les Anglophones se plaignent de n’avoir jamais occupé les fonctions les plus prestigieuses du pays

Ainsi va désormais le Cameroun. Les revendications ethno-régionalistes rythment la vie publique. S’estimant discriminés, les Anglophones se plaignent de n’avoir jamais occupé les fonctions les plus prestigieuses du pays. Ils n’ont « eu » ni le secrétariat général de la présidence ni les ministères clés de la Défense, de l’Administration territoriale, des Relations extérieures ou de l’Économie.

Ils n’ont dirigé ni la gendarmerie ni la police. Aucun d’entre eux n’a jamais pris la tête des grandes entreprises que sont la Société nationale des hydrocarbures (SNH), la Société nationale de raffinage (Sonara) ou le Port autonome de Douala… Ils ont la primature mais regrettent de n’avoir que peu de ministères de plein exercice ou de secrétariats d’État.

Récupération politique

« Le silence des ministres et directeurs généraux anglophones à l’égard de la crise actuelle montre bien que certains espèrent que la situation se dégrade davantage pour se poser en recours », estime le politologue Njoya Moussa. En embuscade, plusieurs proches de Paul Biya, dont Paul Atanga Nji, le secrétaire permanent du Conseil national de sécurité, qui se verrait bien en premier anglophone ministre de la Défense…

Avant lui, Peter Mafany Musonge s’était un temps rêvé à la présidence du Sénat, alors qu’il dirigeait déjà le groupe parlementaire RDPC de la Chambre basse. Erreur… Paul Biya a si peu apprécié qu’il l’a relégué en juillet à la tête de la fantomatique Commission nationale pour la promotion du bilinguisme.

Depuis l’indépendance, les présidents ont joué avec les identités pour consolider leur pouvoir

Mais les anglophones n’ont pas été les premiers à s’inquiéter de leur faible représentativité au sommet de l’État. En 2002, les trois régions du Nord entreprirent de compter les leurs dans la haute fonction publique, à la tête de l’armée et jusque dans les rangs du gouvernement. Depuis, le phénomène s’est aggravé et a montré les limites du système de distribution de la richesse nationale fondé sur une clé de répartition ethno-régionaliste.

« Ce système n’est pas nouveau, explique un sociologue qui préfère garder l’anonymat tant la question lui paraît délicate. Depuis l’indépendance, les deux présidents successifs du Cameroun ont joué avec les identités pour consolider leur pouvoir. »

Musulman et originaire de Garoua (Nord), Ahmadou Ahidjo avait constitué un bloc nordiste dominé par les Peuls, analyse-t-il. Il avait également conforté un ensemble Centre, Sud et Est autour de Yaoundé, qui rassemblait des populations « forestières » et où les Bétis étaient les mieux lotis. Le troisième grand bloc correspondait aux Grassfields des plateaux de l’Ouest, dont le centre de gravité se trouvait en pays bamiléké, dans la ville de Bafoussam.


Ahmadou Ahidjo, premier président de la République du Cameroun, était originaire du Nord. © Archives JA

 

Fragmentation des régions

Lorsqu’il arrive au pouvoir, Paul Biya change radicalement de méthode. Le Grand Nord est éclaté en trois provinces : ainsi naît l’Extrême-Nord, un réservoir électoral à la démographie galopante, constitué de populations chrétiennes et animistes kirdis, trop heureuses de se défaire de l’hégémonie peule.

L’ethnicisme n’a cessé d’inoculer son venin dans le vivre-ensemble camerounais

Il fera la même chose dans les provinces du Sud en rebattant les cartes de la géopolitique identitaire en faveur des Fangs et des Bulus au détriment des autres ethnies forestières. Sous Biya, le Cameroun est passé de sept à dix provinces (lesquelles sont officiellement devenues des régions en 2008) avec, chaque fois, un système officieux de quotas à respecter en matière d’accès à l’emploi, de ressources budgétaires et de projets de développement. Légitimant de fait les revendications régionales.

Sur cet échiquier géopolitique, Paul Biya s’illustre en maître absolu. Récompensant les uns, sanctionnant les autres, le chef de l’État manie la carotte et le bâton pour gérer le pays et neutraliser ses adversaires. Ainsi, quand John Fru Ndi arrive en deuxième position à la présidentielle de 1992, Biya nomme le cousin de celui-ci, Simon Achidi Achu, à la primature.

Résultat : le Nord-Ouest, sa région d’origine, lui en sait gré, et l’influence de Fru Ndi est contenue. Le chef de l’État s’est aussi appliqué à faire payer au Noun, l’un des huit départements qui composent l’Ouest, sa fidélité à l’Union démocratique du Cameroun (UDC), de l’opposant Adamou Ndam Njoya. Vaste mais marginalisé, le Noun ne peut revendiquer que le poste de ministre délégué aux Transports.

La stabilité repose sur la détente entre les Béti-Bulu de Biya et les populations du Nord

Risque d’explosion

Les règles qui régissent ce savant équilibre n’ont pas échappé à Janet Garvey, ancienne ambassadrice des États-Unis au Cameroun, dont les câbles diplomatiques ont été révélés par WikiLeaks. « L’équation de la stabilité du Cameroun repose sur les variables de la détente entre le groupe ethnique Béti-Bulu de Biya, majoritaire dans la région Sud, et les populations des trois régions nordistes, connues comme le Septentrion, qui sont ethniquement et culturellement distinctes du reste du pays, a-t-elle écrit.

Le Septentrion soutiendra Biya aussi longtemps qu’il voudra rester président… mais n’accepterait pas un successeur qui soit un autre Béti-Bulu ou un membre du groupe ethnique bamiléké, aux puissantes assises économiques. »

Force est aussi de constater que planent encore les fantômes de la violente purge anti-nordiste orchestrée par des officiers sudistes à la suite du coup d’État manqué du 6 avril 1984. Ces hauts gradés, dont certains sont encore en activité, redoutent une revanche des nordistes, et une partie de l’establishment y croit aussi.

Au point que, quand des combattants nigérians de Boko Haram commencent à faire des incursions dans l’Extrême-Nord, des politiciens n’hésitent pas à dénoncer – sans preuves – la naissance d’une « rébellion nordiste ». Craignant une collusion, l’état-major de l’armée hésite même à y missionner des officiers originaires de la région.

L’ethnicisme n’a cessé d’inoculer à jet continu son venin dans le vivre-ensemble camerounais. La politique lui a payé un lourd tribut. Aujourd’hui encore, dans l’esprit de ceux qui combattent le régime de Yaoundé, les préjugés n’ont pas changé. Un opposant fang, béti ou bulu sera toujours soupçonné de frayer en secret avec le pouvoir.

Cette défiance pose un problème dont on n’a pas encore trouvé la solution. Le constitutionnaliste Joseph Owona a proposé « d’inventer une alternativité régionale équitable » consistant en une rotation du pouvoir suprême entre toutes les régions du pays. Il n’a pas été suivi.

En attendant, la montée des revendications identitaires dans un contexte d’amenuisement des ressources budgétaires, à la veille d’une échéance électorale capitale, fait du Cameroun une Cocotte-Minute sous pression.

Jeuneafrique.com par

ONU: conciliabules en aparté avec certains chefs d’États africains

octobre 3, 2017

En marge du sommet des Nations Unies, les chefs d’ États de l’ Afrique centrale se sont réunis avec le secrétaire général de l’ ONU. Acculés et menacés par les grandes puissances pour leur longévité au pouvoir, ils ont demandé des garanties à l’ ONU pour ne plus être candidats à leur propre succession. L’ ONU leur a proposé une immunité avec tous les membres de leurs familles et un salaire mensuel minimum de 6000 euros par mois, un logement , deux véhicules, un chauffeur et quatre gardes du corps chacun.

Paul BIYA 35 ans au pouvoir, a accepté ne pas se présenter en 2018, à condition qu’on ne saisisse pas ses biens en France, en Suisse et dans les paradis fiscaux.

OBIANG NGUEMA  38 ans au pouvoir,  a accepté la proposition de ne plus se présenter en 2022 tout en exigeant que sa fortune estimée à 600 millions d’euros par FORBES, ne soit pas gelée.

SASSOU NGUESSO a accepté le principe tout en restant catégorique sur un accord écrit avec la CPI pour abandonner toute tentative de poursuite pour crimes contre l’humanité.

Idriss DÉBY s’est braqué.

TRUMP a donc  décidé qu’aucun Tchadien ne mettra plus ses pieds aux États-Unis. Mis au courant qu’il allait tomber sous le coup d’un mandat d’arrêt international, DÉBY vient finalement de céder et envisage se retirer pour aller s’installer en Guinée.

Avec congomfoa.com