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Bob Marley : « Africa Unite », « War », « Exodus »… un message universel

mai 11, 2021
Bob Marley lors d’un concert à Paris, le 4 juillet 1980.

Musicien surdoué, promoteur du mouvement rasta créé par Leonard Percival Howell, ce rebelle qui portait l’Afrique en lui continue de faire des émules partout dans le monde. Avec un message qui parle aux exclus de la Babylone contemporaine.

Décédé le 11 mai 1981, Bob Marley était un chanteur populaire dont la renommée avait dépassé les frontières de sa petite île natale, la Jamaïque, pour s’étendre au reste du monde. Son message, universel, parlait à tous les opprimés, les sans-droits, les laissés-pour-compte, du Bronx à Soweto. À l’instar de beaucoup de Caribéens et d’Africains-Américains, la question identitaire, la quête des racines, l’émancipation étaient au cœur de ses préoccupations, exacerbées par l’histoire violente de la Jamaïque.

Cette île des Caraïbes, où Robert Nesta Marley est né d’un père blanc et d’une mère noire, existe parce que des esclaves, importés d’Afrique, l’ont fertilisée de leur sueur et de leur sang. Pour l’essentiel issus du peuple ashanti, dans l’actuel Ghana, ils étaient durs à dompter et n’éprouvaient aucune peur lorsque le maître les marquait au fer rouge. Leur volonté de rentrer un jour au pays de leurs ancêtres n’a jamais disparu, le marronnage n’étant qu’un moyen de recouvrer la liberté avant le grand retour. Un rêve que l’abolition de l’esclavage n’a pas estompé.

En grandissant, Bob Marley entend parler de cette histoire. Il entend aussi parler de son compatriote Marcus Garvey, fondateur de l’Universal Negro Improvement Association (UNIA) en 1914. Mort en 1940, Garvey prônait le retour des Noirs en Afrique, convaincu qu’« aucune sécurité, aucun succès ne viendra à l’homme noir tant qu’il sera une minorité dans la communauté particulière où il pourrait devenir industriellement et commercialement fort. » Garvey mourut sans avoir mis le pied sur le continent, mais il n’en demeure pas moins l’un des précurseurs du panafricanisme et de la conscience noire. Dans l’esprit du jeune Marley, les choses sont claires : l’Afrique représente Sion, la terre promise, alors que le monde occidental oppresseur n’est autre que la Babylone biblique.

Le retour en Éthiopie

Également nourri de la ferveur des Églises qui pullulent en Jamaïque et se qualifient d’éthiopiennes pour affirmer leur africanité, Bob Marley trouve son Dieu en ras Tafari Makonnen, devenu Haïlé Sélassié Ier, empereur d’Éthiopie, et adhère au rastafarisme. Sensible au discours sur le retour en Afrique, le négus a accordé des terres aux Noirs du monde afin qu’ils participent à la reconstruction de son pays. Ce sera à Shashemene, à 250 km au sud d’Addis-Abeba. Les premiers arrivants sont des Jamaïcains. Bob Marley n’a pas la chance de voir son idole quand le négus visite la Jamaïque en 1966 : il est alors aux États-Unis. Il ne le rencontrera jamais. Reste qu’en 1968, il enregistre son premier disque de l’ère rastafarienne : Selassie Is the Chapel.

Dans les années 1970, l’engagement du chanteur pour l’Afrique s’amplifie. À peine une décennie après les indépendances, les coups d’État se sont multipliés sur le continent, les libertés individuelles ont reculé et les partis uniques triomphent. Marley est-il au courant ? Sans doute. En 1974, il ne fait pas partie des artistes venus des Amériques pour se produire à Kinshasa en marge du combat de boxe Ali-Foreman. Et quand le négus est déposé à Addis-Abeba, puis meurt en 1975, Marley compose Jah Live  pour honorer sa mémoire. On retrouve ce thème du retour en Afrique dans Rastaman Chant et dans l’album Exodus.

C’EST LORS DE SON PREMIER VOYAGE EN AFRIQUE QU’IL ÉCRIT L’UNE DE SES CHANSONS LES PLUS CÉLÈBRES, « ZIMBABWE »

L’année 1978 est importante à plus d’un titre. Elle est marquée par la sortie d’Africa Unite, chanson avec laquelle Marley exprime sa volonté de voir le continent s’unir et affirme son soutien aux combattants de la liberté. Il précise aussi que, si sa musique s’adresse à toute l’humanité, son cœur bat pour l’Afrique. Au siège de l’ONU, à New York, il reçoit la médaille de la paix « attribuée par 500 millions d’Africains ».

Dans la chanson War, il interprète même le texte d’un discours prononcé par Haïlé Sélassié Ier à l’ONU, en 1963. Mais le plus émouvant demeure sans doute son premier voyage en Afrique. Au mois de novembre 1978, il se rend en Éthiopie, à Shashemene. Même s’il n’y passe que quatre jours, il découvre la terre africaine et retrouve les Jamaïcains qui s’y étaient installés. Il n’y donne aucun concert, mais c’est là qu’il écrit l’une de ses chansons les plus célèbres, Zimbabwe, dédiée aux guérilleros en lutte contre le régime raciste de Ian Smith, en Rhodésie du Sud. En octobre 1979, Marley participe à un concert à Harvard dont les recettes, 250 000 dollars, sont versées à l’organisation Amandla pour le financement des combattants de la liberté en Afrique.

Deux ans plus tard, il est invité à Libreville par Pascaline Bongo, la fille du président du Gabon, à l’occasion de l’anniversaire de son père. Le concert qu’il donne est réservé aux dignitaires… Mais en avril 1980, Marley est à Harare, au Zimbabwe, où les nationalistes africains s’apprêtent à proclamer l’indépendance. À ses frais, il y donne, les 18 et 19 avril, ses deux uniques concerts publics en Afrique. Si le premier jour les choses se passent mal au stade Rufaro à cause de l’exclusion du peuple, le lendemain, des dizaines de milliers de Zimbabwéens viennent vibrer avec celui dont la chanson Zimbabwe est devenue l’hymne de leur armée de libération. En novembre 1980, quelques mois avant sa mort, Bob Marley se fait baptiser à l’Église orthodoxe éthiopienne de New York sous le nom de Berthane Sélassié. Ultime hommage et fidélité à l’Afrique. Ce n’est pas par hasard que, le 6 février 2005, 300 000 personnes ont assisté sur Meskel Square, la plus grande place d’Addis-Abeba, à un mégaconcert à l’occasion du soixantième anniversaire de sa naissance.

Avec Jeune Afrique par Tshitenge Lubabu M.K.

Des mots du Président Abbé Fulbert Youlou et du destin national du Congo-Brazzaville dans le concert des nations (1917-1972)

mai 5, 2021

Hommage au président abbé Fulbert YOULOU, à l’occasion du quarante et neuvième anniversaire de son décès intervenu le 5 mai 1972 à Madrid en Espagne.

         Même là-haut l’abbé Fulbert YOULOU reste très attentif à l’actualité mondiale, en particulier, à celle ayant trait au devenir de son pays d’origine, le Congo/Brazzaville et à l’Afrique en général.

Convaincu de la pertinence des observations ou/et des analyses du président Abbé Fulbert YOULOU, le Journal du Muuntu, par le truchement de son directeur de publication taata Nduenga s’est rapproché en âme et conscience, comme par le passé, de Taata YOULOU, à l’effet de connaître ou de l’interroger sur cette actualité, en l’occurrence sur celle du Congo/Brazzaville qui, depuis la dernière élection présidentielle et la mort inopinée d’un des candidats, en la personne de Guy Brice Parfait KOLELAS, s’avère être et ce, à la fois, grave et brûlante.

LE J.M. : Bonjour vénéré père abbé ! Comment allez-vous là-haut ? Le climat socio-politique est malsain au Congo/Brazzaville et manque cruellement, de surcroît, de hauts dignitaires, comme vous l’avez été jadis, alors que pourriez-vous nous dire à ce propos ?

A.F.Y. : [ Et vous jeune homme que vous êtes comment-allez-vous ? Quant à moi, je vais bien et fort heureux de là où je suis, étant à l’abri, comme vous pouvez l’imaginer, des contraintes physiques ou existentielles propres à l’être humain ]

 [A part ça],…..Je ne peux plus me taire devant les récits que me font chaque jour les malheureux qui fuient la dictature de mes ennemis…L’Afrique a désormais son fleuve de sang, et ici comme là-bas les persécuteurs terrorisent au nom de la même idéologie monstrueuse. Pourtant le “ Monde libre” en doute et il se trouve même des gens de bonne foi pour imaginer un dialogue avec elle : c’est trahir les tyrannisés, les réduire à la passivité. Abbé F.Y. in “ J’accuse la Chine” Edition de la Table Ronde, 1966, P.13.

L’infernale machination qui a poussé l’Homme blanc à douter de la valeur de son entreprise en Afrique qui, comme toute oeuvre humaine, comporte ses grandeurs et ses seervitudes, découvre, aujourd’hui, son véritable visage qui est celui d’un impérialisme cent fois plus détestable que le colonialisme. C’est la race noire tout entière qui est menacée d’extermination sous l’occupation….A Brazzaville, de curieux savants étudient scientifiquement sur le corps de cobayes bantous les limites de résistance de l’Homme noir…voilà pourquoi je me décide à témoigner. Abbé F.Y. In “J’accuse la Chine” Op.cit P.12.

LE J.M. : Puisque vous parlez de Brazzaville, vénéré père abbé, je vous informe que Brazzaville n’est plus celle dont vous disiez, en votre temps, être le symbole de l’indépendance et de la liberté voire de la résistance. Qu’en pensez-vous père abbé ?

A.F.Y. : L’hospitalité fraternelle que mon peuple a généreusement offerte à l’homme qui, en accord et avec l’aide du Monde libre, a fait de Brazzaville le symbole de la résistance à la capitulation, confère au représentant légitime de ce peuple congolais un devoir sacré : celui de continuer le combat engagé le 18 août 1940 pour la défense du Monde libre.

Ce jour-là, en effet, le peuple congolais, qui n’était pas directement concerné par la guerre comme il l’est hélas ! Aujourd’hui, accueillait un bataillon de Français libres commandé par le capitaine Delange entouré du médecin Sice, de l’aviateur Carretier venus apporter au peuple bantou le message de liberté de mon frère africain Eboué.

Pendant des mois, Brazzaville a représenté pour la France, l’Europe et le Monde libre, l’espérance des armes, mais aussi de l’honneur et de la justice puisque ce sont des rives de notre Congo que devaient déferler les vagues si souvent détournées de la décolonisation. Pendant des mois, l’un des plus “fabuleux” acteurs de la dernière guerre mondiale allait, de cette terre qui fut très certainement le berceau de l’homme, modeler sa légende, celle de ses compagnons, qui, à force d’opiniâtreté, d’intransigeance, s’identifièrent à la France, mère de toutes libertés.

Pouvions-nous alors, dans l’euphorie de la lutte, dans l’allégresse de la victoire ensuite, imaginer que Brazza symbole d’indépendance et de liberté, tomberait, dans l’indiférence des amis d’hier, aux mains du plus abominable des colonialismes. A.F.Y. In “ J’accuse la Chine” Op cit P.11.

LE J.M. : Eh oui vénéré père abbé cette France dont vous nous parlez reste pourtant passive, inerte face à la barbarie que connaît le Congo/Brazzaville et d’autres nations africaines du monde francophone.

A.F.Y. : Hommes blancs, avez-vous bien réfléchi que vous êtes responsables de l’idée que nous nous faisons de la civilisation et que tout abandon du spirituel, toute mystification intellectuelle que vous tolérez est une erreur chance de plus pour la subversion du mal qui nous menace. Chez nous, quand un piroguier tombe dans le Congo, instinctivement il lutte contre le courant, car il sent que s’il se laisser aller là où le flot le charrie, il est perdu. Le “sens de l’Histoire”, c’est un peu l’affaire du piroguier et il me paraît aberrant que des hommes intelligents, cultivés se placent au milieu des rapides qui les emportent vers l’univers totalitaire et athée.

Voilà qui nous mène loin du Congo et de ses drames. Eh bien ! Non, car j’ai la conviction que les ennemis de la civilisdation préparent, de mon Congo occupé par les barbares, non seulement l’investissement de l’Afrique, mais celui des esprits, des coeurs et des âmes. Il faut que mon exil, mes épreuves, celles de mon peuple éclairent les Français, les Européens, les Américains et tous les hommes libres. Il fallait peut-être cette extrémité pour que je confie à la feuille blanche [ Et à vous en tant que directeur de publication du Journal du Muuntu], mes angoisses et mes certitudes, mes larmes et mes colères. Ce rideau de fer, ce fleuve de sang, qui s’est abattu entre les deux Congos concerne tous les hommes de bonne volonté. A.F.Y. In “ J’accuse la Chine” Op cit P.46.

LE J.M. : Mais vénéré père abbé, ne serait-il pas préférable de…….

A.F.Y. : Avec tout le respect que j’ai pour vous jeune homme, je vous remercie de bien vouloir me laisser aller au bout de ma réflexion, Et je vous enn serai gré !

Si vous saviez, hommes d’occident, combien dans l’épreuve où nous sommes nous avons besoin de votre sympathie dans notre lutte contre l’erreur. Résister, lutter contre le mal, c’est bien, mais il faut vaincre, et pour vaincre, il faut connaître les positions de notre ennemi. Ce sont elles que j’entreprends de dénoncer ici. Les responsabilités que j’ai assumées, l’autorité que me donne l’affection de mon peuple, les souffrances qu’il supporte, les renseignements que j’ai recueillis de la rébellion, ont regagné le troupeau, donnent à ces révélations le caractère d’un document, mais surtout d’un avertissement à la France…, à l’Europe dont nous sommes le prolongement, mais aussi à vous Américainsd, fils transplantés de cette Europe. Mais il y a plus. L’Afrique est de la même dimension que l’Amérique. Les problèmes qui se posent à nous sont ceux-là mêmes que vous avez surmontés avec tant de succès en transformant le nouveau continent. Ils sont de même taille et nécessitent des moyens exceptionnels que vous êtes, par expérience et par possibilités, en mesure de nous fournir….Vous attachez un grand prix à la liberté, à la liberté sous toutes formes, devrais-je écrire, celle de l’homme comme celle des peuples et des Etats. Votre passé le prouve. A.F.Y. In “J’accuse la Chine” Op cit P.48.

L’heure pour nous est grave, vous le savez. Les périls qui nous menacent, menacent l’Afrique, l’Europe et le Monde libre tout entier.

Au nom de mon peuple de Brazzaville opprimé, je vous dis : “Hommes libres, entendez-moi !”. A.F.Y. in “J’accuse la Chine” Op cit P.49.

LE J.M. : Merci beaucoup vénéré père abbé de vos lumières sur le regard humain, fraternel et civilisé que la France et l’occident doivent avoir vis-à-vis du Congo/Brazzaville et de l’Afrique noire en espérant qu’elles soient attentives et surtout réceptives en agissant en conséquence.

         Mais dans tout ça, quelle doit être l’attitude des Africains eux-mêmes, vénéré père abbé pour promouvoir toutes ces valeurs de liberté et d’humanité dans nos pays ?

A.F.Y. : L’élite africaine doit se mobiliser pour faire échec aux réseaux d’intoxication qui ont parfois leurs sources en Occident. Elle doit se joindre, méprisant l’accusation de néocolonialisme, aux élites occidentales luttant pour la défense d’une civilisation qui nous est commune.

Des milliers de jeunes en Europe sont tentés par cet éveil de notre continent. Il faut mobiliser nos ambassades, nos élites pour aller les convaincre que nous ne sommes pas des sauvages, des cannibales, des racistes et que leur foi, leur audace, leur compétence trouveraient, dans nos pays en voie de développement, un terrain à la mesure de leur espoir. A.F.Y. in “J’accuse la Chine” Op cit P. 120.

Propos recueillis en âme et conscience par Rudy MBEMBA-Dya-Bô-BENAZO-MBANZULU ( alias TAATA NDUENGA), coordonnateur général du cercle KI-MBAANZA ou des Amis de la Nation Congolaise ( L’A.N.C.).

Avec Congo-Liberty

A propos du nom ‘’Diables-Noirs’’ de l’un des clubs de football du Congo

avril 24, 2021
A propos du nom ‘’Diables-Noirs’’ de l’un des clubs de football du Congo

Dieudonné ANTOINE-GANGA

L’équipe de football ‘’Diables-Noirs’’ de l’arrondissement 2 Bacongo de la ville de Brazzaville, la Verte, aura 71 ans en juin prochain. Plus qu’un demi-siècle d’existence !
Pour la petite histoire, les Diables-Noirs sont nés des cendres des clubs Olympic de Bacongo et Association sportive de la Mission (ASM) en 1939. Suite au différend que les dirigeants du club avaient eu avec les prêtres de la Paroisse Notre-Dame du Rosaire de Bacongo, messieurs Dominique Nzalakanda et Boniface Massengo alors dirigeants du club, donnèrent, le 23 juin 1950, le nom de ‘’Diables-Noirs’’ à l’équipe. Ce qui fut considéré comme un crime de lèse-majesté, voire comme un défi par les prêtres missionnaires. Ces derniers ne comprenaient pas que l’équipe de football, née de leurs ‘’entrailles’’ soit affublée de ce nom de diables de surcroît noirs.
Au fond, Dominique Nzalakanda et Boniface Massengo n’avaient, par cet acte, qu’officialisé le surnom de ‘’Diables-Noirs’’ dont les avaient gratifiés à Léopoldville (Kinshasa), quelques jours plus tôt, les Léopoldvillois émerveillés par le jeu des Diables-Noirs jouant seulement à 10, au Stade Reine Astrid. Ce match qui avait lieu en nocturne, avait opposé les Diables-Noirs au club Léopoldvillois Dragon. Ce dernier était jusque-là invincible en nocturne. En effet, ce fut la première fois que Dragon, avec son ballon blanc surnommé Loulou, fût battu.
D’autre part, il sied de signaler que c’est grâce à la bienveillante médiation de Monseigneur Paul Biéchy, alors vicaire apostolique de Brazzaville, et de l’abbé Fulbert Youlou, alors vicaire à la paroisse Saint François d’Assise de Brazzaville, que les prêtres missionnaires acceptèrent de ne plus avoir emprise sur le club ASM, devenu Diables-Noirs.
Les ‘’Diables-Noirs’’ demeurent l’un des clubs, le plus populaire du Congo. En 71 ans bientôt d’existence, ils ont remporté plusieurs titres de champion de la FAC (Fédération athlétique congolaise), de la sous-ligue de Brazzaville. Ils furent aussi les premiers champions du Moyen Congo en 1953, et premiers et derniers champions de l’AEF (Afrique Equatoriale française) aux dépens du FC Mocaf Tempête de Bangui, de l’Oubangui-Chari, actuelle République Centrafricaine. Comme ils furent aussi les tout-premiers champions de la jeune République du Congo, en 1961, aux dépens de l’AS Cheminots de Pointe-Noire.
Les ‘’Diables-Noirs’’ fournirent à l’équipe nationale du Congo, de joueurs talentueux tels que Boniface Massengo ‘’Professeur’’, Ange Baboutila ‘’Fantomas’’, Etienne Massengo ‘’Elastique’’, Clément Massengo ‘’Fu Manchu’’, Sangou ‘’Deladanse’’ (qui marqua au Stade Eboué, l’unique but contre les amateurs qui avaient battu la sélection euro-africaine de Brazzaville de France par 9 buts à 1 dans les années 1950), Dominique Nganga ‘’Poison’’, Joseph Mantari ‘’Défoufou’’, Adolphe Bibanzoulou ‘’Amoyen’’, Léopold Ndey ‘’Ziboulateur’’, Jean-Marie Loukoki ‘’Kopa, tombeur de Reims’’, Robert Ndouri ‘’Piantoni’’, Germain Makouezi ‘’La Flèche’’, Maxime Matsima ‘’Yachine’’, Jean-Chrysostome Bikouri ‘’Biskirou, la fusée congolaise’’, Germain Dzabana ‘’Jadot’’, Alphonse Niangou ‘’Yaoundé’’, Jonas Bahamboula-Mbemba ‘’Tostao’’, etc.
Enfin, le Gouverneur général Félix Eboué fut l’un des supporters dans les années 1940, de l’ASM, l’ancêtre des Diables-Noirs qui furent entraînés à partir de 1950, tour à tour, par deux européens, Jean Isabey et Aimé Brun. Ils pratiquaient à l’époque un jeu limpide, aéré, avec des passes précises à la ‘’Brésilienne’’. Un véritable spectacle ! Ce qui leur valut le surnom de ‘’Brésiliens du Congo’’. Au temps du Moyen Congo, pendant la colonisation, les Diables-Noirs étaient l’unique équipe de football qui eût livré des matches contre le club européen de Brazzaville, ‘’CAB’’.
Pour mémoire, les Diables-Noirs battirent au Stade Eboué l’AS Police par 20 buts à 0 et Rennaissance-Aiglons par 8 buts à 0.
Bon vent, chers Diables-Noirs !

Avec Lasemaineafricaine par Dieudonné ANTOINE-GANGA

Russie: Gorbatchev, le dernier dirigeant soviétique, fête son 90e anniversaire sur Zoom

mars 2, 2021

RUSSIE: GORBATCHEV, LE DERNIER DIRIGEANT SOVIÉTIQUE, FÊTE SON 90E ANNIVERSAIRE SUR ZOOM

© Reuters/Reuters Photographer 

MOSCOU (Reuters) – Mikhaïl Gorbatchev, le dernier dirigeant de l’Union soviétique, devrait fêter mardi son 90e anniversaire en quarantaine sur la plateforme Zoom, et a été qualifié à cette occasion par le président russe Vladimir Poutine d' »homme d’État exceptionnel » ayant influencé le cours de l’histoire.

Mikhaïl Gorbatchev, défenseur du contrôle des armements et des réformes axées sur la démocratie dans les années 1980, a été largement crédité d’avoir contribué à mettre fin à la Guerre froide, mais critiqué pour l’éclatement, jugé par ses détracteurs russes inutile et douloureux, de l’Union soviétique en 1991.

Le lauréat du prix Nobel de la paix en 1990, qui a passé plusieurs mois isolé à l’hôpital par précaution pendant la pandémie, organisera un rassemblement virtuel avec des amis proches et le personnel de sa fondation, a déclaré son porte-parole Vladimir Polyakov.

« Nous lèverons nos verres », a-t-il dit. « Nous nous rassemblerons ici et (Gorbatchev) sera là et nous nous verrons et porterons des toasts. »

Selon Vladimir Polyakov, des messages de félicitations avaient été envoyés par des dirigeants mondiaux, notamment le Premier ministre britannique Boris Johnson, le président américain Joe Biden et la chancelière allemande Angela Merkel.

Le président russe Vladimir Poutine, qui compte parmi ceux qui ont déploré l’éclatement de l’Union soviétique, a envoyé à Mikhaïl Gorbatchev un télégramme de félicitations, publié sur le site internet du Kremlin.

« Vous appartenez à juste titre à la galaxie des gens brillants et extraordinaires, des hommes d’État exceptionnels de notre temps qui ont eu une influence significative sur le cours de l’histoire nationale et mondiale », a-t-il écrit.

L’héritage de Mikhaïl Gorbatchev a été partiellement effacé ces dernières années alors que les relations entre Moscou et Washington se détérioraient pour atteindre leur niveau de l’après-guerre froide, précipitant la disparition d’un traité qui interdisait aux deux nations de déployer des missiles balistiques terrestres d’une certaine portée.

L’annexion de la Crimée par la Russie en 2014 et les différends concernant les sanctions, les accusations d’ingérence politique et la géopolitique ont encore envenimé les relations entre les États-Unis et la Russie.

Mikhaïl Gorbatchev a mis en garde contre un retour à la guerre froide et a exhorté Moscou et Washington à poursuivre le dialogue, quelles que soient leurs divergences.

Le ministre des Affaires étrangères de Lituanie, Edgars Rinkevics, a fait état dans un tweet de la reconnaissance des Lettons envers l’ancien dirigeant soviétique.

« (Ses réformes) perestroïka et (glasnost) étaient destinées à sauver l’Union soviétique, au lieu de cela elles ont accéléré l’effondrement de l’empire communiste ouvrant la voie à la liberté pour des millions de personnes », a-t-il écrit.

Une pièce de théâtre retraçant la vie de Mikhaïl Gorbatchev mise en scène à Moscou le mois dernier a recueilli les éloges de nombreux spectateurs, admiratifs de l’homme.

« C’est un homme de son temps. Il a changé notre pays. C’est un homme audacieux », a déclaré Jamila Iskandera.

Pourtant, dans les rues de Moscou, beaucoup ont adopté une attitude plus dure envers lui.

« C’est un moulin à paroles (…) Il n’était pas prêt à guider un si grand et si éminent État », a commenté Viatcheslav Sokolov.

« Je suis né en Union soviétique et je pense que c’était une grosse erreur de ruiner l’Union soviétique », a ajouté Irina Baychenko, une autre Moscovite.

Avec Reuters (Tom Balmforth, version française Dagmarah Mackos, édité par Jean-Michel Bélot)

Un ancien combattant américain fête ses 104 ans après avoir vaincu le Covid

décembre 4, 2020

Un ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale a célébré chez lui son 104ème anniversaire dans l’Alabama, aux Etats-Unis, après avoir passé plusieurs jours à l’hôpital, où il a vaincu le Covid-19.

Major Wooten, de Madison dans l’Alabama, a été admis à l’hôpital le 24 novembre après avoir été infecté par le coronavirus, a écrit sa petite-fille Holly Wooten McDonald sur sa page Facebook. Il est finalement sorti de l’hôpital mercredi, la veille de son anniversaire.

Sur une vidéo publiée par sa petite-fille, des médecins, infirmiers et des membres de sa famille sont autour de lui pour assister à sa sortie, en fauteuil roulant, et lui souhaitent un «joyeux anniversaire».

Major Wooten, appelé «Pop Pop» par sa famille, a remercié le personnel soignant avant de rentrer chez lui. Le centenaire a servi comme simple soldat pour l’armée américaine durant la Seconde Guerre mondiale. Tout comme trois de ses frères, dont l’un a été tué pendant son service.

Wooten faisait partie d’un groupe d’anciens combattants présents en Normandie l’année dernière pour le 75ème anniversaire du Débarquement.

Par Le Figaro avec AFP

États-Unis: Joe Biden fête ses 78 ans à deux mois de son investiture à la Maison-Blanche

novembre 20, 2020

Dans deux mois jour pour jour, le démocrate deviendra le président américain le plus vieux de l’histoire des États-Unis.

Élu 46e président des États-Unis, le démocrate américain, Joe Biden, célèbre ses 78 ans vendredi 20 novembre. Le septuagénaire a battu Donald Trump dans une élection perturbée par la crise sanitaire qui touche le pays mais aussi par les accusations de fraude de la part de son adversaire et du clan républicain.

Un record vient s’ajouter à cette victoire électorale ainsi qu’à son anniversaire. Dans deux mois jour pour jour, Joe Biden deviendra le président américain le plus vieux de l’histoire des États-Unis. En effet, il prêtera serment le 20 janvier 2021 avant d’investir officiellement la Maison-Blanche. Jusqu’à ce jour, Ronald Reagan détenait ce record : le républicain quittait la Maison-Blanche le 20 janvier 1989 alors qu’il était âgé de 77 ans.

Pour l’heure, son équipe de campagne n’a annoncé aucun évènement pour célébrer l’anniversaire du président élu. Joe Biden doit rendre visite à Nancy Pelosi, réélue présidente de la Chambre des représentant et à Chuck Schumer, chef de la minorité démocrate au Sénat, dans son fief de Wilmington, au Delaware.

Avec Le Figaro par Nina Hossein

60 ans d’indépendance du Bénin : une célébration modeste en raison du Covid-19

août 1, 2020

Patrice Talon lors d'un dépôt de gerbe au monument aux morts à Xwlacodji, le 1er août pour les 60 ans d'indépendance du Bénin.

Patrice Talon lors d’un dépôt de gerbe au monument aux morts à Xwlacodji, le 1er août pour les 60 ans d’indépendance du Bénin. © DR / Présidence du Bénin 

Le Bénin a célébré samedi le soixantième anniversaire de son accession à l’indépendance sans les traditionnelles festivités. Le défilé des forces de sécurité et de défense a notamment été annulé.

C’est une première, qui n’a cependant pas suscité de réactions ni de protestations dans le pays, qui recense 1770 cas confirmés et 35 décès, selon les chiffres en date du 24 juillet.

Le gouvernement béninois avait annoncé qu’il n’y aurait aucune festivité et a annulé le traditionnel défilé des forces de sécurité et de défense, considéré comme la plus grande attraction de cette commémoration depuis 60 ans.

Une dizaine de minutes de cérémonies

Le président Patrice Talon a néanmoins procédé à une cérémonie de dépôt de gerbe sur la place du monument aux morts, après y avoir allumé la « flamme de l’espoir ».

Il a ensuite pris part à une modeste cérémonie de prise d’armes et de revue des troupes devant un léger détachement de la police républicaine, de l’armée de l’air, des forces navales, et de l’armée de l’air et de la Garde nationale, une composante nouvellement créé au sein de l’armée.

Les deux cérémonies n’ont duré qu’une dizaine de minutes.

#FierDetreBeninois

Sur les réseaux sociaux, les comptes des principales institutions du pays, dont la présidence et le gouvernement, ont lancé deux hashtags – #FiereDetreBeninoise et #FierDetreBeninois – qui ont été repris par de nombreux internautes.

La veille, le chef de l’Etat béninois avait adressé son traditionnel message à la nation diffusé à la télévision et sur les réseaux sociaux.

Crise sanitaire et économique

« La célébration de cette fête nationale intervient dans un contexte tout particulier, marqué par la pandémie de Covid-19. C’est la plus grave crise sanitaire de notre temps. Elle se double d’une crise économique tout aussi préoccupante », a indiqué Patrice Talon.

Le président béninois a par ailleurs affirmé avoir mis en oeuvre « une politique de riposte courageuse, avec des moyens financiers importants », en vue de « prévenir la propagation de la pandémie et d’assurer la prise en charge efficace des personnes affectées»

Vendredi, le gouvernement a notamment annoncé son intention de soutenir les exploitations agricoles et les petites et moyennes entreprises grâce à un plan financier de 100 milliards de francs CFA (Plus de 152 millions d’euros).

 Par Jeune Afrique avec AFP

États-Unis: Donald Trump, qui fête ses 74 ans, ce 14 juin, se défend d’être diminué physiquement

juin 14, 2020

Le président a été critiqué par des médias américains alors qu’il semblait connaître quelques difficultés à descendre la rampe d’accès lors de la remise des diplômes de l’académie militaire de West Point.

Donald Trump, qui fête ce dimanche ses 74 ans, s’est défendu d’être diminué physiquement après une vidéo très commentée dans laquelle on le voit descendre d’une scène d’un pas hésitant.

Le président américain venait de prononcer samedi lors de la cérémonie de remise des diplômes de la prestigieuse académie militaire de West Point, près de New York, un discours inhabituellement consensuel pour lui qui aime s’écarter de son prompteur. Invité à quitter la scène, il semblait connaître quelques difficultés sur la rampe d’accès, descendue à petits pas précautionneux.

Des médias américains ont également relevé qu’il avait eu besoin de ses deux mains, au milieu du même discours, pour porter un verre d’eau à ses lèvres, et qu’il avait peiné à prononcer correctement le nom du général Douglas MacArthur, héros de la Seconde Guerre mondiale.

Donald Trump s’est chargé lui-même samedi soir sur Twitter de répondre aux interrogations sur son état de santé. La rampe d’accès à la scène était «très longue et raide, n’avait pas de rambarde et, surtout, était très glissante», avance-t-il, affirmant avoir redoublé de prudence pour ne pas tomber et donner l’occasion aux médias de se moquer de lui. Il souligne par ailleurs avoir dévalé «en courant» les trois derniers mètres de la rampe.

Par Le Figaro avec AFP

Congo : Il y a soixante-dix ans que disparaissait Paulo Kamba

mars 18, 2020

 

Ce grand précurseur de la musique congolaise moderne a marqué plusieurs générations. Paulo Kamba, dit « Tata Paulo », a quitté ce monde à l’âge de 38 ans.

 

 

Né le 12 décembre 1912, à Mpouya, en République du Congo, Paul Kamba est mort le 19 mars 1950, quelques mois avant son départ en France où il était attendu pour une formation musicale dans un conservatoire français.  Le talentueux artiste chanteur, Paul Kamba, a connu un immense succès tout à fait remarquable à Brazzaville et à Léopoldville (Kinshasa). Son œuvre considérable lui a valu la décoration de « Chevalier de l’Etoile du Bénin » de la République Française.

L’artiste a ouvert la voie à toute la lignée des grands noms qui ont dominé le monde de la musique dans le grand Bassin du Congo.  Il fonde en 1941 à Brazzaville « le Victoria Brazza » qui devint un des groupes légendaires de la rumba et, passe beaucoup de temps à affiner sa musique, ce qui ne l’empêche pas de se produire régulièrement à Léopoldville (Kinshasa) et de s’imposer dans cette ville qui regorgeait d’excellents musiciens.

Paulo Kamba avait une faculté de création extraordinaire, il créa avec son groupe, un genre typique plein de charme dans lequel il s’était imposé auprès du public et des musiciens.  L’artiste n’a vécu à peine qu’une trentaine d’années, il a su élever son talent d’artiste-musicien à travers la guitare, les instruments à corde et le piano.

Ses chansons ont un tel succès régional, l’essentielle de la discographie de Paul Kamba aux Editions Ngoma : Disque n° 271 : « Victoria » – « Marie Thérèse » – Disque n°272 : « Catherine » – « Victoria ya Maria » ; Disque n°273 : « Obela Mpoko » – « Liwele ya Paulo ; Disque n°275 : « Djiguida » – « Masanga fala »

Pour cette reconnaissance, la Municipalité de Brazzaville, le Ministère de la Culture et des arts ,  chargé du Tourisme ont attribué  à plusieurs lieux son nom notamment, la rue Paul Kamba, dans le troisième arrondissement Poto-Poto ; l’Ecole nationale des Beaux-arts Paul Kamba dans l’arrondissement 1 Bacongo ; la grande compétition musicale nationale dite : « Edition Challenge Paul Kamba » ;  le buste Paul Kamba, situé à la place de la gare à Brazzaville ; l’hospice des vieillards Paul Kamba, etc.

Paulo Kamba a fait ses études à l’ecole Jeanne d’Arc de Brazzaville, à l’issue desquelles il tente sa chance à Léopoldville où il commence à travailler en qualité de commis des P.T.T. C’est là qu’il approfondit ses connaissances en musique, particulièrement à la guitare où il s’était intéressé à jouer très jeune à l’ecole Jeanne d’Arc, à Brazzaville.

De retour dans son pays natal en 1932, il occupe successivement des emplois au Service des Mines et des Affaires Economiques. « Tata Paulo » donne le meilleur de lui-même dans toutes les tâches que lui confère l’administration coloniale. Sa passion pour la musique ne l’empêche pas d’aimer le football où il fut un excellent arbitre central de l’époque où le stade Eboué de Brazzaville constituait le grand sanctuaire du football congolais.

Paulo Kamba a occupé différentes fonctions :  secrétaire général du syndicat des contractuels et auxiliaires du gouvernement général de l’A.E.F ; collaborateur du Cercle de l’union éducative et mutuelle de la jeunesse africaine. Il a, également, contribué à animer la rubrique culturelle de la revue Liaison, où il a laissé quelques partitions musicales.

Auteur -compositeur – guitariste, Paulo Kamba repose pour toujours au cimetière du centre-ville de Brazzaville. C’est depuis le mois de mars 1974 que l’UNEAC (Union nationale des écrivains et artistes congolais) a procédé à l’exhumation de sa dépouille, de l’ancien cimetière de Moukounzi-Ngouaka à Bacongo, pour le cimetière du Centre-ville.

 

Avec Adiac-Congo par Rosalie Bindika

75e anniversaire de la libération d’Auschwitz : la communauté internationale se mobilise

janvier 21, 2020

Plus de 25 leaders mondiaux se retrouvent mercredi 22 janvier à Jérusalem, avant de rejoindre Auschwitz, pour le 75e anniversaire de la libération du camp.

« Le travail rend libre», célèbre inscription marquant l'entrée du camp d'extermination Auschwitz-Birkeneau, où près d'un million de Juifs furent tués.
« Le travail rend libre», célèbre inscription marquant l’entrée du camp d’extermination Auschwitz-Birkeneau, où près d’un million de Juifs furent tués. Reuters / Kacper Pempel

Vladimir Poutine, Emmanuel Macron, ainsi que leurs homologues allemand, Frank-Walter Steinmeier, italien, Sergio Mattarella, et autrichien, Alexander Van der Bellen, se rendent du 22 au 23 janvier en Israël afin de participer au plus grand rassemblement jamais organisé consacré à la lutte contre l’antisémitisme : «Souvenir de l’Holocauste, lutter contre l’ antisémitisme». Le jour de la libération d’Auschwitz, le 27 janvier, le comité gagnera le camp de concentration pour honorer la mémoire des 6 millions de juifs tués par les nazis.

Le président de la Pologne, pays sous occupation nazie où était situé le camp d’Auschwitz, a décliné l’invitation du musée commémoratif de Yad Vashem, déclarant que les organisateurs de cette commémoration n’ont pas prévu de lui donner la parole. «Ou bien la Pologne pourra prendre la parole, ou bien le président de la République ne doit pas participer à cet événement», a déclaré le président polonais Andrzej Duda, dont le pays, le premier attaqué par l’armée d’Hitler, a perdu six millions d’habitants, dont trois millions de Juifs. Les cinq principaux discours seront réservés à la France, au Royaume-Uni, à la Russie, aux États-Unis et à Israël.

75 ans après la libération du camp, des survivants d’Auschwitz racontent l’enfer
A l’occasion de la commémoration du 75e anniversaire de la libération du camp d’extermination nazi d’Auschwitz, des survivants de la Shoah établis en Israël racontent l’épreuve historique subie en Pologne.
Devoir de mémoire : 41% des Américains ne savent pas ce que représente Auschwitz

Durant cette semaine dédiée à la lutte contre l’antisémitisme, le président israélien Reuven Rivlin a déclaré que l’objectif serait principalement de «réfléchir à la manière de transmettre la mémoire de l’Holocauste aux générations qui vivront dans un monde sans survivants, et aux mesures que nous devons prendre pour assurer la sécurité des Juifs dans le monde».

Le problème de la transmission de la mémoire de l’Holocauste et son apprentissage est au cœur de cette rencontre internationale. Selon le cabinet de recherche Schoen Consulting, aux États-Unis aujourd’hui, 41% des adultes ne peuvent pas identifier ce qu’est Auschwitz, et 11% des adultes – un chiffre qui atteint plus d’un cinquième pour les adultes de 18 à 34 ans – n’ont pas entendu ou ne savent pas s’ils ont entendu parler de l’Holocauste.

«En préservant la mémoire de la Shoah et en reconnaissant l’urgence de l’éducation à la Shoah, nous pouvons nous assurer que les générations futures comprennent vraiment la haine profonde et totale ainsi que la tentative des nazis d’anéantir la communauté juive européenne et veiller à ce qu’elle ne se reproduise plus jamais», a ajouté le président du Congrès juif mondial (WJC) et de la Fondation pour la mémoire d’Auschwitz-Birkenau, Ronald S. Lauder, responsable de la commémoration le 27 janvier à Auschwitz.

Montée de l’antisémitisme liée au souvenir déclinant de la Shoah

L’enquête du Schoen Consulting a également révélé qu’un petit sous-ensemble de la population adulte américaine croit qu’il faudrait autoriser l’utilisation de slogans ou de symboles nazis aux États-Unis aujourd’hui (15 %) et qu’il est acceptable pour 11% d’entre eux d’avoir des opinions néo-nazies.

Des résultats inquiétants concernant le climat antisémite qui, selon le rabbin et président de la Conférence des rabbins européens Pinchas Goldschmidt cité dans The Times of Israel, sont directement liés au souvenir déclinant de la Shoah.

«La vie juive est de nouveau menacée en Europe», a déploré Moshe Kantor, président du Forum mondial sur la Shoah. «Elle est menacée par des agressions et un harcèlement quotidiens, dans la rue, les écoles, les universités, en ligne, et même chez les gens eux-mêmes. Elle est devenue si grave qu’une majorité écrasante de juifs d’Europe ne se sentent plus en sécurité».

En France, une étude Ifop pour la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol) et pour l’American Jewish Committe (AJC), dévoilée lundi 20 janvier par Le Parisien, montre qu’en France, ce sont 34% des juifs qui se sentent menacés. Une crainte de l’antisémitisme liée à des faits bien réels. Début décembre, une centaine de tombes étaient profanées dans un cimetière juif alsacien et, début janvier, le cimetière israélite de Bayonne a également été saccagé. «Depuis le début des années 2000, on n’a pas réussi à descendre sous la barre des 350 actes par an», s’alarme dans Le Parisien Simone Rodan, présidente de l’AJC France.

Le Figaro.fr par Margaux D’Adhémar De Cransac