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Burkina Faso : la coexistence religieuse à l’épreuve d’une nouvelle attaque contre une église

décembre 2, 2019

 

Un raid contre un lieu de culte protestant à Hantoukoura, dans l’est du pays, a fait quatorze victimes, dont le pasteur et cinq mineurs.

BURKINA FASO-SOCIETY-DAILY LIFE

Un automobiliste passe devant une église à Ouahigouya, dans le nord du Bukina Faso, en octobre 2018. ISSOUF SANOGO / AFP

Pour des raisons encore inconnues, les assaillants qui ont attaqué, dimanche 1er décembre, les fidèles de l’église protestante d’Hantoukoura, localité de l’est du Burkina Faso située non loin de la frontière nigérienne, ont épargné les femmes. Pas les enfants. Parmi les quatorze victimes figurent le pasteur et cinq mineurs, le plus jeune étant âgé de 12 ans. Tous portent le même patronyme, Ouoba, sans qu’on puisse confirmer que les défunts appartiennent à la même famille.

Selon des sources sécuritaires citées par l’AFP, le massacre a été perpétré par une « dizaine d’individus lourdement armés » et « signalé aux environs de 12 heures ». Une « opération de ratissage » a été lancée par le groupement militaire de Foutouri, le chef-lieu départemental, pour retrouver les « traces des assaillants », qui se sont « enfuis à bord de motocyclettes ». Aucune revendication n’a encore été formulée. Mais tant au niveau gouvernemental que pour les populations ou les observateurs de cette région, il ne fait guère de doute que la tuerie a été menée par l’un des groupes djihadistes actifs sur le territoire burkinabé.

Depuis le dimanche 28 avril, date de la première attaque recensée sur un lieu de culte chrétien (déjà une église protestante et déjà un jour d’office religieux), les chrétiens ont pu mesurer qu’ils étaient devenus des cibles désignées. Des prêtres et des fidèles ont été abattus ou enlevés. « Par ces actes ignobles, les ennemis du Burkina Faso veulent porter atteinte à notre vivre-ensemble. Nous les vaincrons », s’est empressé de déclarer sur son compte Facebook le président Roch Marc Christian Kaboré après l’« attaque barbare » de dimanche.

Des imams modérés assassinés

Comme au Mali, où ils ont su attiser les rivalités et tensions qui pouvaient exister entre ethnies, les groupes djihadistes travaillent à défaire la coexistence religieuse qui caractérise le Burkina Faso, un pays qui compte environ 60 % de musulmans, 30 % de chrétiens et 8 % d’animistes, et où les mariages intercommunautaires font partie du quotidien. Des imams considérés comme trop modérés ont également été assassinés par les islamistes armés qui prolifèrent depuis 2015.

Aux attentats lancés depuis le Mali par des cellules affiliées à Al-Qaïda sont venus s’ajouter les combattants d’Ansaroul Islam, le premier groupe djihadiste local, dirigé avant sa mort par le prédicateur Ibrahim Malam Dicko. Leurs opérations se sont concentrées dans les provinces du nord du pays, à proximité de la frontière malienne, visant en premier lieu les forces de défense et de sécurité, les représentants de l’Etat sous toutes ses formes et tous ceux considérés comme ses complices, avant de s’en prendre directement aux communautés chrétiennes et à ceux qui refusent de se plier à leur conception de la foi.

Depuis 2018, l’insécurité s’est aussi étendue aux provinces de l’est du Burkina. Des militants de l’autre grand mouvement djihadiste sahélien, l’Etat islamique au Grand Sahara (EIGS), se seraient implantés dans cette région boisée et historiquement délaissée par l’Etat, avec l’appui de dignitaires locaux. En mars, les autorités y ont lancé une opération militaire, « Otapuanu » (la foudre), et de nouveaux détachements de l’armée sont venus renforcer, en théorie, le maillage sécuritaire de la zone.

Les gens vivent « la peur au ventre »

Cependant, pour le chercheur Mahamadou Savadogo, spécialiste de la radicalisation au Sahel, « des indicateurs montrent que les djihadistes reprennent la main dans cette région : depuis septembre, nous avons noté une multiplication des attaques dans l’est, avec une moyenne d’une vingtaine d’incidents terroristes par mois ». Le plus meurtrier a eu lieu le 6 novembre, avec l’attaque de cinq bus de la compagnie canadienne Semafo, qui exploite la mine d’or de Boungou. En dépit de la protection du convoi par l’armée, l’attaque a provoqué la mort de 39 employés.

A Hantoukoura, la « première attaque contre des chrétiens dans cette zone où les églises continuaient de fonctionner » pourrait avoir été envisagée, selon le chercheur, comme un acte de vengeance sur des populations accusées d’avoir collaboré avec les soldats burkinabés lors de l’opération « Otapuanu ».

Mahamadou Savadogo s’inquiète surtout, pour l’heure, de « la situation intrareligieuse, avec la montée des deux côtés d’ailes rigoristes et radicales qui pourraient remettre en cause la coexistence » entre les cultes.

A Fada Ngourma, la grande ville de l’est où se croisent les routes à destination du Niger, du Bénin et du Togo, un enseignant relate le climat « délétère » qui règne sur place : « Un étranger ne verrait pas de prime abord nos problèmes, mais les gens vaquent à leurs occupations la peur au ventre, raconte-t-il sous couvert d’anonymat. Depuis la nuit dernière, de nouveaux déplacés arrivent des villages. Les gens parlent de l’attaque sur l’église et se demandent de quoi seront faites les fêtes de fin d’année. On se dit que si on est encore vivant, c’est qu’on n’a pas encore été désigné comme cible. »

 

Le Monde.fr par Cyril Bensimon

 

Le pape invite les fidèles en octobre contre le diable

septembre 29, 2018

Le pape lors de son audience hebdomadaire sur la place Saint-Pierre au Vatican, le 26 septembre 2018n / © AFP / Tiziana FABI

Le pape François a invité samedi les fidèles du monde entier à prier chaque jour le rosaire en octobre, afin de « protéger l’Eglise contre le diable », a indiqué le Vatican dans un communiqué.

« Le Saint Père demande aux fidèles du monde entier de prier pour que la Sainte Mère de dieu place l’Eglise sous sa protection: afin de la préserver des attaques du malin, le grand accusateur, et la rendre toujours plus consciente des coups, des erreurs et des abus commis aujourd’hui et dans le passé », précise ce texte. Le diable, peut-on lire, « cherche toujours à nous séparer de Dieu et les uns des autres ».

Cette exhortation à la prière intervient au moment où l’Eglise catholique est secouée par les révélations d’abus sexuels peprétrés par des membres du clergé, en Allemagne, aux Etats-Unis ou encore au Chili et en Australie.

La prière du rosaire est une prière répétitive qui consiste à dire plusieurs « Je vous salue Marie », une prière adressée à la mère de Jésus-Christ, et des « Notre Père », prière adressée à Dieu, en s’aidant d’un chapelet.

Romandie.com avec(©AFP / (29 septembre 2018 16h20)

États-Unis: une fusillade fait « environ » 25 morts dans une église du Texas

novembre 5, 2017

Un véhicule de police bloque la route après une fusillade à proximité, le 5 novembre 2017 à Sutherland Springs (Texas) / © AFP / SUZANNE CORDEIRO

Un homme a ouvert le feu dimanche dans une église du Texas, tuant « environ 25 personnes » en plein service religieux dans cet Etat du sud des Etats-Unis, encore sous le choc de la pire fusillade de leur histoire en octobre à Las Vegas.

Albert Gamez Jr, un responsable du comté de Wilson où se trouve la First Baptist Church de Sutherland Springs, a dit à l’AFP avoir été informé d’un bilan de « 27 morts et plus de vingt blessés », tout en précisant attendre une confirmation formelle.

Le shérif du comté de Wilson Joe Tackitt a indiqué à la chaine NBC qu' »environ 25 personnes » ont été tuées et au moins dix blessées.

« Le tireur est mort », a déclaré à l’AFP un porte-parole du bureau du shérif du comté voisin de Guadalupe, précisant qu’il n’y avait pas eu de poursuite entre lui et la police. « Il était dans son véhicule », a-t-il ajouté.

« Que Dieu soit avec les gens de Sutherland Springs, Texas », a tweeté le président américain Donald Trump, actuellement en tournée en Asie. « Je surveille la situation depuis le Japon », a-t-il poursuivi, soulignant que les enquêteurs, dont la police fédérale, se trouvaient sur place.

Le sénateur du Texas Ted Cruz et le gouverneur de l’Etat Greg Abbott ont aussi adressé sur Twitter leurs « prières » aux victimes et remercié les « courageux premiers secours » et les forces de l’ordre.

Une porte-parole du Connally Memorial Medical Center, à Floresville, chef-lieu du comté de Wilson, a dit à l’AFP que l’établissement avait reçu « huit patients blessés par balles », dont trois ont ensuite dû être « transférés à l’hôpital universitaire de San Antonio », une des grandes villes du Texas située à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest.

Selon le site internet du Dallas Morning News, un enfant de deux ans fait partie des blessés.

– Débat sur les armes –

Les tirs ont commencé vers 11H30 locales (17H30 GMT) dans la First Baptist Church de Sutherland Springs, a rapporté la chaîne locale KSAT12 sur son site internet.

Selon cette chaîne, un témoin a expliqué avoir vu un homme entrer dans l’église qui a ensuite commencé à tirer sur les paroissiens réunis pour un service religieux. Selon les médias, une cinquantaine de personnes y assistent en général.

Le 1er octobre, les Etats-Unis ont connu la pire fusillade de leur histoire, avec 58 morts et près de 550 blessés parmi le public d’un concert en plein air à Las Vegas (Nevada). Cette tuerie a été perpetrée par Stephen Paddock, un riche comptable à la retraite de 64 ans, mais l’enquête n’a à ce stade pas permis d’élucider ses motivations.

Paddock, qui s’est suicidé après le carnage, avait transporté un véritable arsenal dans sa chambre au 32e étage de l’hôtel Mandalay Bay, dans cette capitale du jeu, d’où il a tiré sur une foule de 22.000 personnes venues assister à un concert de musique country. Une revendication du groupe jihadiste Etat islamique n’a été étayée par aucun élément concret.

En juin 2015, Dylann Roof, un partisan de la suprématie blanche, a tué neuf paroissiens dans l’église de l’Emanuel à Charleston, en Caroline du Sud, symbole de la lutte des Noirs contre l’esclavage. Il a été condamné à la peine capitale en janvier.

Chaque année, plus de 33.000 décès liés aux armes à feu sont recensés aux Etats-Unis –dont 22.000 suicides–, selon une récente étude. Le débat sur la réglementation des armes, particulièrement conciliante, est relancé à chaque fusillade d’ampleur.

Malgré cela, peu de mesures concrètes ont été prises pour tenter d’endiguer ce phénomène, principalement en raison du poids du puissant lobby en faveur des armes, la National rifle association (NRA).

Romandie.com avec(©AFP / 05 novembre 2017 23h38)                

Sexe, argent et violences: les controversés « hommes-dieux » de l’Inde

août 28, 2017

Une fidèle présente des offrandes à une effigie en carton du gourou Ashutosh Maharaj, le 9 juillet 2017 dans la ville indienne de Nurmahal / © AFP/Archives / SHAMMI MEHRA

Les puissants gourous d’Inde attirent des millions de disciples dévoués mais plusieurs d’entre eux dégagent un sulfureux parfum de scandale dans un trouble mélange de spiritualité, d’argent et de pouvoir.

Dernier exemple en date: Gurmeet Ram Rahim Singh, surnommé le « gourou tape-à-l’œil » pour sa garde-robe ostentatrice et clinquante, a été condamné lundi à dix ans de prison pour le viol de deux de ses disciples femmes.

Les gourous, souvent des ascètes hindous, font depuis des siècles partie de la vie quotidienne des Indiens, qui estiment que leurs enseignements ouvrent la voie à l’éveil spirituel.

Pour leurs détracteurs, certains de ces « hommes-dieux » modernes ne sont rien d’autre que des charlatans qui se servent de la religion comme moyen d’accéder au pouvoir, à la célébrité et à la richesse.

Ces gourous trouvent souvent un créneau auprès des masses en palliant aux carences de l’Etat indien via des repas gratuits ou des services médicaux.

Mais les experts estiment que ces chefs spirituels, qui comptent aussi des fidèles parmi la classe moyenne citadine, permettent de donner un sentiment d’appartenance à une communauté et un sens à la vie dans une société en rapide mutation.

Voici quelques-uns des plus célèbres « hommes-dieux » controversés:

Rampal Maharaj

En 2014, Rampal Maharaj s’est barricadé dans son ashram gardé par des fidèles bardés de pierres, cocktails Molotov et armes pour échapper à un mandat d’arrêt.

Il a fallu plusieurs jours de siège à la police pour investir le complexe géant du gourou, qui se proclame la réincarnation d’un poète mystique indien du XVe siècle. Six personnes ont péri dans l’assaut.

Selon ses disciples, le gourou se baignait régulièrement dans du lait qui servait ensuite à faire du kheer, un riz au lait consommé comme dessert et dont certains croient qu’il peut guérir des maladies.

Ashutosh Maharaj

Ashutosh Maharaj est mort en 2014 mais ses fidèles assurent qu’il est seulement plongé dans une profonde méditation. Ils conservent donc son corps dans un congélateur dans un complexe du Pendjab (nord de l’Inde) sous haute garde.

Fondateur de la secte Divya Jyoti Jagriti Sansthan (Mission de l’éveil à la lumière divine), le leader spirituel était à la tête d’un empire commercial de plusieurs millions de dollars.

Un homme se présentant comme l’ancien chauffeur du gourou affirme que ses partisans refusent de restituer son corps car ils veulent toucher une part de sa fortune.

Asaram Bapu

Asaram Bapu, un gourou à la barbe blanche, a un jour condamné la Saint-Valentin comme incitant les jeunes à se livrer à des « comportements dégoûtants ». Il est inculpé de viols, trafic, et agressions sexuelles sur mineurs.

À la suite de son arrestation par la police en 2013, des centaines de ses partisans se sont attaqués aux équipes de télévisions et à la police.

Au moins trois témoins-clés contre le gourou ont été abattus.

Swami Nithyananda

Plusieurs accusations d’attouchements et agressions sexuelles pèsent sur Swami Nithyananda, qui n’a pas été condamné à ce jour.

Cinq femmes accusent le gourou de 40 ans d’avoir abusé d’elles dans son ashram du Karnataka, dans le sud de l’Inde. Il a effectué 53 jours en prison en 2010 après la divulgation d’une vidéo explicite, qui le montrerait en train de caresser deux femmes.

Lorsqu’une chaîne de télévision locale diffusa ces images, des villageois en colère ont attaqué son quartier-général.

Nithyananda, qui détient aussi un grand centre de méditation à Los Angeles, affirme posséder des pouvoirs paranormaux comme la lévitation.

Sathya Sai Baba

Sathya Sai Baba était l’un des gourous les plus célèbres et suivis d’Inde, connu pour son vaste empire d’œuvres de bienfaisance.

À sa mort en 2011, il a reçu des funérailles d’État, auxquelles ont assisté notamment le Premier ministre d’alors Manmohan Singh et l’icône du cricket indien Sachin Tendulkar.

Son fonds était souvent critiqué pour son opacité financière. Après son décès, 98 kilos d’or, 307 kilos d’argent et 115 millions de roupies (1,5 million d’euros) en billets ont été retrouvés dans ses appartements privés.

Romandie.com avec(©AFP / 28 août 2017 14h48)