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L’Inde supplante la France comme sixième économie mondiale

juillet 10, 2018

Le Produit intérieur brut (PIB) de l’Inde a dépassé pour la première fois celui de la France en 2017, reléguant la France au septième rang des économies mondiales, selon le site de la Banque mondiale.

L’an dernier, le PIB de la sixième économie mondiale a ainsi atteint 2.597 milliards de dollars contre 2.582 milliards pour la France, selon des chiffres actualisés fin juin.

Ce chiffre confirme le rebond de l’économie indienne entamé à partir de juillet 2017, après plusieurs trimestres de ralentissement imputé à des mesures choc du gouvernement Modi.

Mais la population de l’Inde, qui talonne celle de la Chine et devrait devenir d’ici à quelques années la plus nombreuse de la planète, s’élève à 1,34 milliard d’habitants, contre 67 millions seulement pour la France.

Par habitant, le PIB en Inde reste par conséquent près de 20 fois inférieur à celui de la France, à 1.940 dollars contre 38.477 dollars, toujours selon la Banque mondiale.

La reprise de l’économie indienne ces derniers mois a été portée par l’industrie manufacturière et la demande des consommateurs, après un ralentissement imputé à la démonétisation de billets de 500 et 1.000 roupies (6,3-12,6 euros) fin 2016, suivie de la mise en œuvre chaotique d’une nouvelle TVA harmonisée.

Selon les prévisions annuelles du Fonds monétaire international (FMI), les économies émergentes et en développement d’Asie devraient connaître une croissance de 6,5% en 2018, la Chine et l’Inde tout comme les pays d’Asie du Sud-Est progressant bien au-delà de la moyenne mondiale attendue à 3,9%.

La croissance économique du géant indien est attendue à 7,4% en 2018 et 7,8% en 2019, selon le FMI. Une économie qui sera soutenue à court terme, comme pour la Chine, par une forte consommation intérieure, ainsi que par une réforme fiscale, selon le Fonds.

En l’espace de dix ans, l’Inde a doublé son PIB. A l’inverse d’une Chine dont le rythme de croissance ralentit, l’Inde devrait faire figure de nouveau moteur de la région.

Une étude du Centre for Economics and Business Research, un cabinet de consultants basé à Londres a prédit en décembre 2017 que l’Inde supplanterait le Royaume-Uni et la France pour devenir la cinquième économie mondiale dès 2018, et briguer la troisième place en 2032.

En 2017, le PIB du Royaume-Uni s’est élevé à 2.622 milliards de dollars, derrière l’Allemagne (4e), le Japon, la Chine et les Etats-Unis.

Romandie.com avec (©AFP / 10 juillet 2018 15h50)                                                        

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Des rumeurs sur WathsApp sur des rapts d’enfants déclenchent une vague d’agression en Inde

juin 27, 2018

Mohinidevi Nath montre la photo de sa cousine Shantadevi Nath, tuée par la foule qui l’avait prise pour une ravisseuse d’enfants, dans les environs d’Ahmedabad dans l’Etat indien du Gujarat, le 27 juin 2018n / © AFP / SAM PANTHAKY

La police indienne a appelé mercredi la population à ne pas croire les fausses rumeurs circulant sur WhatsApp au lendemain d’une vague d’agressions et de lynchages qui ont coûté la vie à une femme prise pour une ravisseuse d’enfants, dans ce pays où les « fake news » connaissent de plus en plus d’issues tragiques.

De fausses informations faisant état de centaines de trafiquants d’enfants au Gujarat ont déclenché cinq attaques mardi dans plusieurs villes de cet État de l’ouest de l’Inde. La fréquence de telles affaires s’accélère ces derniers temps dans cette nation d’Asie du Sud, qui dans sa modernisation adopte en masse les moyens de communication numériques.

La vague d’agressions a même poussé les forces de l’ordre du Gujarat à lancer un appel par communiqué: « Ne vous laissez pas emporter par les faux messages ou rumeurs sur les réseaux sociaux et n’attaquez personne en raison de suspicions ».

La messagerie américaine WhatsApp est un canal de communication extrêmement populaire en Inde et les rumeurs y prolifèrent hors de tout contrôle, aboutissant parfois à des lynchages. L’hystérie provoquée par des textos autour de prétendus « ravisseurs d’enfants » a d’ores et déjà coûté la vie à au moins 22 personnes en un an, d’après la presse indienne.

Mardi soir dans la grande ville gujaratie d’Ahmedabad, persuadé d’avoir affaire à l’un de ces « gangs », un attroupement d’une centaine de personnes s’en est ainsi pris à une mendiante de quarante-cinq ans, Shantadevi Nath, ainsi qu’à trois femmes qui se trouvaient avec elle.

« Les gens dans la foule ont matraqué à coups de poings et de pieds les quatre femmes. Certains les ont même frappées avec des bâtons et les ont tirées par les cheveux, causant de graves blessures à Shantadevi », a expliqué à l’AFP le responsable policier JA Rathwa.

Secourues par un agent en charge de la circulation, les victimes ont été transportées à l’hôpital où Shantadevi Nath a été déclarée morte.

Le même message viral, selon lequel des trafiquants étaient arrivés en nombre au Gujarat pour enlever des enfants dans le but de les vendre, a causé quatre autres épisodes de violences le même jour dans cette région industrialisée.

Dans la ville de Surate, une foule en majorité masculine a notamment amené de force une femme de 45 ans et le bébé qui l’accompagnait au poste de police. Ses accusateurs disaient que l’enfant avait été enlevé.

« Toutes deux ont été amenées au commissariat où il a été mis en évidence que c’était bien la fille et la mère », a cependant indiqué un responsable policier local aux médias indiens.

– Rumeur amplifiée –

Des applications pour des réseaux sociaux, dont WhatsApp, sur un smartphone à Chennai en Inde le 22 mars 2018 / © AFP/Archives / ARUN SANKAR

Les rumeurs meurtrières ne sont pas un phénomène nouveau en Inde, comme dans de nombreux autres pays du monde, mais leur émergence est facilitée par l’accélération et la démocratisation des moyens de communication numériques.

Surfant sur la guerre des prix des opérateurs de téléphonie mobile, les réseaux sociaux pénètrent désormais jusque dans les villages les plus reculés d’Inde. Propriété de Facebook, la messagerie Whatsapp compte plus de 200 millions d’utilisateurs actifs mensuels dans ce géant de 1,25 milliard d’habitants.

« Tout le monde utilise WhatsApp et c’est la meilleure plateforme pour diffuser des +fake news+ de nos jours car l’internet mobile ne coûte presque rien et tout le monde en Inde a accès à des smartphones », a expliqué à l’AFP Pankaj Jain, du site SMHoaxSlayer.

Face à ce fléau, les experts appellent à une éducation à l’information et au bon usage des plateformes en ligne. En effet, les rumeurs sont souvent prises pour argent comptant par des internautes indiens, voire par des médias locaux peu regardants sur l’exactitude.

Le chiffrement des messages sur WhatsApp, voulu par les fondateurs du réseau pour protéger la vie privée de leurs utilisateurs, fait qu’il est presque impossible de remonter à la source d’une rumeur.

La police indienne « devrait répondre à ces messages avec des clarifications rapides. Ils devraient utiliser toutes les plateformes pour contrer les informations » de ce type, a estimé Nikhil Pahwa, rédacteur en chef du site MediaNama.

S’il n’existe aucun programme centralisé en Inde de lutte contre les « fake news », quelques initiatives officielles localisées ont eu lieu de façon ponctuelle.

Au Tamil Nadu (sud) en mai, les autorités ont ainsi recouru à des hauts-parleurs pour mettre en garde la population contre les rumeurs. En Uttar Pradesh (nord), la police utilise elle-même WhatsApp pour propager de courts messages vidéos.

Romandie.com avec(©AFP / 27 juin 2018 15h43)

Inde: des rats grignotent plus d’un million de roupies dans un distributeur

juin 21, 2018

Inde: des rats grignotent plus d’un million de roupies dans un distributeur / © AFP / NARINDER NANU

Des rats qui se sont introduits dans un distributeur de billets de banque dans l’Etat de l’Assam, dans le nord-est de l’Inde, ont grignoté des billets d’une valeur totale de 1,2 millions de roupies (18.000 dollars), a annoncé jeudi la police.

Ce cas inhabituel a été découvert après que des usagers se furent plaints que le distributeur était hors service et qu’il ne délivrait plus de billets, a indiqué à l’AFP la police du district de Tinkusia.

Les employés de la banque « sont venus contrôler le distributeur de billets la semaine dernière et ont découvert un rat mort et des billets de banque déchiquetés lorsqu’ils l’ont ouvert », a déclaré le commissaire de police Mugdhajyoti Dev Mahanta.

La police a procédé à des vérifications et n’a pas trouvé d’indices suggérant « un délit ou un complot ». « Il semble que des rats se soient introduits dans l’appareil par une petite ouverture où passent des cables », a-t-il dit.

Les rats ont grignoté une somme d’un montant total de 1,2 million de roupies (18.000 dollars), ont rapporté des medias. Des images montraient un distributeur rempli de billets de 500 et 2.000 roupies déchiquetés.

Romandie.com avec(©AFP / 21 juin 2018 16h33)

Inde: une adolescente violée puis brûlée vive, quatorze arrestations

mai 5, 2018

Manifestation de militantes du Parti du Congrès de Rahul Gandhi pour dénoncer les affaires récentes de viols en Inde. Le 29 avril 2018 à New Delhi. / © AFP / Sajjad HUSSAIN

Quatorze personnes ont été arrêtées après le viol dans l’est de l’Inde d’une adolescente qui a ensuite été brûlée vive, a-t-on annoncé samedi de source policière, dernière affaire en date dans une série d’agressions sexuelles contre les femmes dans le pays.

La jeune fille, âgée de 16 ans, a été enlevée de chez elle jeudi alors que sa famille assistait à un mariage et violée dans une forêt de l’Etat de Jharkhand, a précisé la police locale.

La famille s’est alors plainte auprès du conseil des anciens du village qui a ordonné vendredi à deux accusés d’effectuer… cent abdominaux et de verser une amende de 50.000 roupies (750 dollars).

Furieux devant cette sentence, les accusés ont roué de coups les parents de la jeune fille. « Ils se sont précipités vers la demeure (de la victime) et l’ont brûlée vive avec l’aide de complices », a expliqué à l’AFP un responsable de la police locale, Ashok Ram.

Les conseils d’anciens règlent souvent des différends, contournant le système judiciaire en Inde, long et coûteux. Même si leurs décisions n’ont pas de force juridique, leur influence sur les communautés rurales est considérable.

Ashok Ram a précisé que quatorze personnes avaient été arrêtées dans cette affaire, mais que le principal suspect était toujours en fuite.

Le Chief minister (responsable du gouvernement) de l’Etat du Jharkhand, Raghubar Das, a exprimé son émotion devant cet « incident horrible » et a réclamé des mesures les plus strictes contre les coupables.

Ce drame intervient à la suite de toute une série d’affaires de violences sexuelles en Inde, en dépit du renforcement des dispositions légales.

Selon l’agence Press Trust of India, un homme de 55 ans s’est suicidé vendredi. Il était accusé d’avoir violé une enfant de neuf ans dans l’Etat d’Andhra Pradesh, dans le sud du pays.

Le viol collectif et le meurtre d’une enfant de huit ans le mois dernier dans l’Etat du Jammu et Cachemire ont suscité de nombreuses manifestations de protestations.

Quelque 40.000 viols ont été signalés en Inde en 2016, mais leur nombre serait bien plus élevé en raison du silence entourant ces crimes dans un pays qui reste très patriarcal.

Romandie.com avec (©AFP / 05 mai 2018 14h27)                

Près de 150 morts dans les tempêtes en Inde, toujours en alerte

mai 4, 2018

Des voisins regardent le plafond qui s’est effondré sur Sunil Kumar, 24 ans, lors d’une tempête à Kheragarh dans les environs d’Agra, en Inde le 4 mai 2018. / © AFP / CHANDAN KHANNA

Dans les décombres de leurs maisons, des milliers de familles indiennes étaient sur le qui-vive vendredi face au risque de nouvelles tempêtes, après que des cieux déchaînés ont fait près de 150 morts cette semaine dans cette nation d’Asie du Sud.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, une tempête de sable d’une rare intensité a balayé le nord du pays et coûté la vie à 121 personnes. Principalement concentrée sur l’Uttar Pradesh et le Rajasthan, elle a provoqué une vague de destructions.

Les services météorologiques indiens ont prévenu vendredi que de nouvelles tempêtes pourraient frapper cette même zone au cours des prochains jours, poussant les sinistrés à s’abriter.

Dans un épisode climatique distinct dans le sud, la foudre de violents orages a par ailleurs fait 21 victimes en Andhra Pradesh et au Telangana.

Au nord, des vents soufflant jusqu’à 130 km/h ont déraciné des arbres, abattu des pans de maisons de piètre bâti et renversé des pylônes électriques.

Dans le village de Mahuakhera près de la ville d’Agra, à 170 kilomètres au sud de la capitale New Delhi, Ram Bhorosi est en deuil. Ce père de famille a perdu son fils et un proche dans la destruction de leur habitation.

« Nous avions des invités à la maison et mon fils est allé à l’intérieur pour prendre une couchette lorsque la tempête a frappé. Une grosse pierre lui a fracassé la tête lorsque le toit s’est effondré », raconte-t-il à un journaliste de l’AFP.

« Une demi-douzaine d’hommes nous ont aidé à déblayer les décombres. (Les autorités) n’ont pas eu le temps de donner l’alarme, c’était si soudain. »

Rien que pour le district d’Agra, où se situe le célèbre Taj Mahal de marbre blanc, au moins 43 personnes ont péri dans ces tempêtes de sable d’une violence rarement vue. Vingt-quatre villageois ont été tués pour la seule localité de Kheragarh, a rapporté la presse indienne.

Sur place, des maisons endommagées bordent les routes poussiéreuses. Là où se dressaient des dizaines d’habitations ne restent plus que des tas de briques démolis par les vents.

Piétinant au milieu des décombres, des villageois essayaient de sauver quelques biens.

– « Furie de la nature » –

Dans la commune de Burera, Anil Kumar est encore sous le choc de n’avoir dû la vie qu’à un cheveu.

« Nous étions assis dehors lorsque les vents ont brusquement soufflé. Des débris ont enseveli quatre d’entre nous lorsque le mur est tombé. Mon grand-père est mort et les trois autres ont survécu avec des blessures », relate cet habitant à l’AFP.

Cette tempête résulte de la conjonction d’une dépression, de températures inhabituellement élevées et d’humidité apportée par les vents. Ce type d’événement violent pourrait devenir de plus en plus fréquent avec le changement climatique, d’après la presse indienne.

Les habitants de la région restent sur leurs gardes alors que les prévisions météos annoncent d’éventuelles nouvelles tempêtes jusqu’à mardi.

« Nous n’avons pas pu dormir, nous étions inquiets que la tempête frappe à nouveau. Nous avons pris des précautions et tout placé en sécurité mais rien ne peut résister à la furie de la nature », confie à l’AFP Munna Lal Jha, un résident d’Agra.

Tempêtes et orages font tous les ans des victimes en Inde mais ceux de cette semaine figurent parmi les plus meurtriers de ces dernières décennies.

Les autorités ont ainsi recensé 76 décès dans le grand État pauvre d’Uttar Pradesh, et 39 dans la région touristique voisine du Rajasthan.

La chute de 13.000 poteaux électriques a entraîné des coupures de courant dans de nombreuses zones, un retour à la normale pourrait nécessiter plusieurs jours.

Dans l’État méridional d’Andra Pradesh, où de féroces orages ont tué 14 personnes, 41.000 impacts de foudre ont été recensés pour la seule soirée de mardi.

Romandie.com avec (©AFP / 04 mai 2018 14h46)                  

Vols d’enfants en Inde: la Cour suprême veut une justice accélérée

mai 1, 2018

Manifestation à New Delhi le 29 avril 2018 à l’appel du parti du Congrès (opposition) pour protester contre de récents viols en Inde / © AFP / Sajjad HUSSAIN

La Cour suprême d’Inde a réitéré mardi la nécessité d’une procédure accélérée et le recours à des tribunaux spéciaux pour les viols d’enfants, à l’heure où une affaire retentissante secoue ce pays d’Asie du Sud.

Les autorités indiennes sont confrontées à une intense pression suite au viol et meurtre d’une fillette musulmane de huit ans attribué à des villageois hindous dans la région de Jammu (nord), un fait divers qui a déclenché un profond débat de société en Inde.

Sous le feu des critiques, notamment en raison du soutien de certains de ses partisans aux accusés, le gouvernement nationaliste hindou a le mois dernier rendu passible de peine de mort les viols d’enfants de moins de 12 ans.

Dans une décision mardi, la Cour suprême du pays a enjoint les magistrats à ne pas ajourner inutilement les procès de viols d’enfants, alors que le système judiciaire indien est d’une lenteur notoire. Des dossiers peuvent prendre des années, voire des décennies, pour être jugés en raison de la saturation des tribunaux.

La plus haute instance judiciaire de la nation a également appelé la justice à examiner ces affaires dans des délais raccourcis et incité la police à monter des unités spéciales pour de telles enquêtes. De telles dispositions existent déjà mais ne sont pas nécessairement suivies d’effet.

« Les hautes cours doivent faire des efforts pour assurer une justice favorable à l’enfant », a déclaré la Cour suprême.

Environ 11.000 viols de mineurs ont été signalés en 2015 en Inde, selon des statistiques gouvernementales.

Les observateurs estiment cependant que les chiffres officiels de viols ne sont que la partie émergée de l’iceberg en raison de la forte culture du silence qui prévaut sur ce sujet dans la société indienne.

En Inde, les procès pour viols aboutissent à des condamnations dans un quart des cas.

Romandie.com avec (©AFP / 01 mai 2018 14h46)                  

Macron veut faire de l’Inde un « partenaire stratégique »

mars 10, 2018

Emmanuel Macron (c) se laisse photographier lors de sa visite officielle à New Delhi, le 10 mars 2018 / © AFP / Ludovic MARIN

Emmanuel Macron a multiplié samedi à New Delhi les gestes et les déclarations d’amitié envers l’Inde, avec l’ambition de faire de la France la « porte d’entrée » du géant de l’Asie du Sud en Europe.

« Le sens de cette visite est de faire de l’Inde notre premier partenaire stratégique de la région, et que la France devienne votre premier partenaire stratégique en Europe, et plus largement en Occident », a lancé samedi le président français au Premier ministre Narendra Modi, qu’il rencontrera à de multiples reprises au cours des trois jours de son déplacement.

Malgré toutes leurs différences, l’Inde et la France « ont les mêmes intérêts et la même vision du monde », a assuré le chef de l’État français, qui ne cache pas son ambition de profiter du Brexit pour remplacer la Grande-Bretagne comme partenaire privilégié de New Delhi en Europe.

En attendant, Paris a engrangé quelques nouveaux contrats économiques, dont le plus important s’élève à 10 milliards d’euros en faveur du groupe aéronautique Safran (via sa coentreprise avec General Electric, CFM) et de ses partenaires pour la fourniture et la maintenance de moteurs d’avions à la compagnie aérienne à bas prix indienne SpiceJet.

Après la vente de 36 Rafale en 2016, aucun nouveau contrat n’a été annoncé dans la défense, où la France espère vendre de nouveaux avions de chasse et des sous-marins à l’Inde, devenu le premier acheteur d’armements dans le monde. Le gouvernement indien « a confirmé des commandes à venir de Rafale », a assuré M. Macron à des journalistes.

La délégation française s’est félicité d’une « avancée majeure » du projet d’une centrale nucléaire de six réacteurs de type EPR à Jaitapur, sur la côte sud-ouest de l’Inde. « Nous espérons une signature définitive d’accord avant la fin de l’année » pour ce dossier en négociation depuis une décennie, a indiqué l’Élysée.

Une série d’autres partenariats, contrats et protocoles d’accords ont été conclus dans une large diversité de secteurs, dont ceux des transports et des énergies renouvelables.

La marge de progression est importante pour la France, historiquement peu influente en Inde. Les échanges indo-français n’atteignent que 11 milliards de dollars contre 18 milliards pour ceux entre la France et la Chine, l’autre géant asiatique, où M. Macron s’est rendu en janvier.

– Accord dans l’océan Indien –

Sur le plan de la sécurité, la France et l’Inde ont signé un accord de coopération logistique dans l’océan Indien, qui permet aux forces armées indiennes d’accéder aux bases maritimes françaises (Djibouti, Emirats, Réunion), et vice versa. La France possède la plus large zone économique exclusive (9,1 millions de km2 dans la zone indo-pacifique) de ces mers en raison de ses territoires, parfois très isolés.

Quant à l’Inde, cet accord s’inscrit dans le cadre de sa politique de renforcement dans cette zone maritime stratégique, où la tracasse l’implication grandissante de la Chine.

« Nous croyons tous deux dans la paix et la stabilité du monde. La région de l’océan Indien va jouer un rôle très significatif », a déclaré Narendra Modi lors d’une allocution conjointe. Dans ce cadre, « nous considérons la France comme un de nos alliés les plus fiables », a-t-il ajouté.

« L’Inde a peur d’une hégémonie chinoise et a besoin d’une vraie sécurité », a analysé pour sa part Emmanuel Macron devant la presse.

Dans l’après-midi, le président français a tombé la veste et relevé ses manches pour s’adresser à 300 jeunes Indiens, à l’image de sa longue discussion avec de jeunes Africains à Ouagadougou en novembre.

Face à un auditoire très sérieux, il a appelé les jeunes à « inventer l’avenir » car « notre environnement actuel n’est pas soutenable ». « Please, just do it! » (« S’il vous plait, faites-le »), a-t-il conclu avant de se prêter à une séance de selfies.

Paris souhaite doubler le nombre d’étudiants indiens en France pour le porter à 10.000 « dans les deux ans ».

Romandie.com avec(©AFP / 10 mars 2018 17h39)

Le prix Pritzker attribué à l’architecte indien Balkrishna Doshi

mars 7, 2018

New York – Le prix Pritzker, plus prestigieuse récompense d’architecture au monde, a été attribué mercredi à Balkrishna Doshi, qui devient, à 90 ans, le lauréat le plus âgé et le premier Indien à l’emporter.

Disciple du Français Le Corbusier, Balkrishna Doshi s’est illustré par son architecture moderniste, qui tranchait avec une Inde encore très traditionnaliste, mais intégrait néanmoins les aspects de la culture du pays et ses traditions.

Il est aussi connu pour son engagement en faveur d’une architecture durable et pour des logements peu coûteux.

Parmi ses réalisations figure notamment l’ensemble Aranya, à Indore, dans l’Etat indien du Madhya Pradesh.

Il s’agit d’un projet gigantesque, ensemble de bâtiments d’un étage au plus construit dans les années 80 pour répondre à une crise du logement dans la région.

Aujourd’hui encore, quelque 80.000 personnes vivent dans l’un des 6.500 habitations construites dans le cadre de ce projet.

Balkrishna Doshi a pensé l’architecture comme une extension du corps humain, avec une volonté d’harmonie avec son environnement, qu’il s’agisse du climat, du paysage ou de l’urbanisme.

Les réalisations de Balkrishna Doshi « respectent la culture orientale tout en améliorant la qualité de vie en Inde », selon le communiqué publié mercredi par le jury du Pritzker.

« Je dois ce prix à mon gourou, Le Corbusier », a commenté le lauréat 2018, cité dans le communiqué, au sujet du Pritzker, souvent considéré comme l’équivalent du prix Nobel en architecture.

« Au fil des années, Balkrishna Doshi a toujours créé une architecture sérieuse, jamais tape-à-l’œil ou inscrite dans des tendances », a expliqué le jury du Pritzker.

« Doshi est très au fait du contexte dans lequel sont situées ses réalisations », a ajouté le jury. « Ses solutions prennent en compte les dimensions sociale, environnementale et économique et, de ce fait, son architecture est complètement en prise avec la notion de durabilité ».

Romandie.com avec(©AFP / 07 mars 2018 16h06)                                            

Justin Trudeau moqué pour sa diplomatie de la mode en Inde

février 22, 2018

Sophie Grégoire Trudeau, Ella-Grace Trudeau, Xavier Trudeau et Justin Trudeau à Amritsar en Inde le 21 février 2018 / © AFP / NARINDER NANU

Sherwani sur le pantalon churidar pour Justin Trudeau et ses fils, le sari ou le salwar kameez pour Sophie Grégoire Trudeau et sa fille, le Premier ministre canadien est moqué sur les réseaux sociaux pour sa diplomatie de la mode en Inde.

« La séance photo de mode de Justin Trudeau interrompue par la visite officielle d’Etat », raille la journaliste canadienne Kathryn Kates sur son compte Twitter.

En visite officielle en Inde depuis bientôt une semaine, le Premier ministre Trudeau apparaît plus souvent, avec sa famille, habillé de vêtements traditionnels en fonction de la région visitée que photographié avec des responsables politiques indiens.

Les images de la rencontre de la famille Trudeau, en habits traditionnels, avec la star de Bollywood Shahrukh Khan vêtu à l’occidentale, sont brocardées par des internautes canadiens.

« Cette photo résume parfaitement la visite d’Etat. La plus importante rencontre jusqu’ici est avec l’acteur Shahrukh Khan. Ce serait comme si Poutine passait 7 jours aux Etats-Unis et rencontrait seulement Tom Cruise », écrit par exemple David Jacobs, médecin et membre d’un syndicat de docteurs.

Vendredi, à la veille de reprendre l’avion pour Ottawa, Justin Trudeau devait rencontrer son homologue indien, Narendra Modi. Ce dernier, dans ce qui semble être un trait d’humour, a espéré jeudi sur son compte Twitter que « le Premier ministre Justin Trudeau et sa famille ont passé un séjour très agréable jusqu’à présent ».

« Est-ce que la diplomatie de la mode de Justin Trudeau fonctionne en Inde? », s’interroge le journal d’opinion indien The Print.

Omar Abdullah, ancien chef de la province de Jammu et Cachemire, s’amuse sur son compte Twitter avec moult photos à l’appui de voir la famille Trudeau habillée par les plus grands couturiers indiens. « Est-ce que c’est juste moi ou est-ce que cette gentillette chorégraphie est maintenant un peu trop? Et pour votre information, nous Indiens ne nous habillons pas comme cela tous les jours monsieur, même pas à Bollywood ».

Les visites répétées de temples, le rouleau à pâtisserie en mains pour faire le pain traditionnel ou fouler le terrain de cricket, Justin Trudeau a usé des symboles pour sa visite officielle sans éviter l’accroc diplomatique.

Jeudi, le Premier ministre a dû s’expliquer sur l’annulation au tout dernier moment d’une invitation faite à un extrémiste sikh, Jaspal Atwal. Ce dernier, citoyen canadien et domicilié en Colombie-Britannique (ouest) a été impliqué dans une tentative d’assassinat en 1986 sur le sol canadien d’un responsable politique indien. Condamné en première instance à 20 ans de prison, le jugement avait ensuite été infirmé en appel.

L’homme a posé cette semaine auprès de l’épouse de Justin Trudeau lors d’un événement à Bombay en marge de la visite officielle.

Romandie.com avec(©AFP / 22 février 2018 19h03)                

Manifestations d’une caste indienne défavorisée à Bombay

janvier 3, 2018

Des policiers lors de la manifestation de la caste défavorisée des dalits contre les violences à Mumbai, en Inde, le 3 janvier 2018 / © AFP / PUNIT PARANJPE

Des manifestants membres de la caste des dalits, la moins considérée en Inde, ont bloqué des routes et des voies ferrées à Bombay mercredi pour dénoncer des violences commises par des groupes nationalistes hindous lors de la commémoration d’une bataille lundi.

Des membres de la communauté dalit (autrefois appelée « intouchable ») ont barré des routes, endommagé des bus et investi des voies ferrées, perturbant le trafic ferroviaire, moyen de transport vital pour la capitale financière de l’Inde.

Les manifestations sont une réaction aux violences qui ont éclaté lundi lors d’une commémoration dans un village près de Pune (Maharastra), à environ 150 km de Bombay, et qui ont fait un mort.

Des dalits s’étaient rassemblés pour célébrer l’anniversaire de la bataille de Bhima-Koregaon en 1818, durant laquelle la communauté avait aidé les forces coloniales britanniques à vaincre la caste « supérieure » des Peshwas.

Les représentants des dalits ont accusé les nationalistes hindous d’avoir provoqué les affrontements de lundi qui se sont propagés à d’autres localités de l’Etat de Maharashtra, dont Bombay est la capitale.

Le gouvernement fédéral a ordonné une enquête judiciaire sur ces affrontements. La police de Bombay a indiqué de son côté avoir arrêté plus de 100 manifestants.

Des représentants politiques ont appelé mercredi à la fin des violences.

« Il y a une tentative de diviser la société que nous devons contrecarrer en restant unis », a déclaré Neelam Gorhe, porte-parole du parti nationaliste hindou Shiv Sena.

Si la Constitution de l’Inde indépendante a officiellement aboli la discrimination de caste, elle reste dans les faits une réalité. Les 200 millions de dalits sont souvent cantonnés à des métiers ingrats, car jugés « impurs », comme le nettoyage d’excréments ou la prise en charge de cadavres d’animaux.

Les hautes castes constituent traditionnellement l’assise électorale du Bharatiya Janata Party (BJP, au pouvoir à New Delhi), mais les nationalistes hindous courtisent les votes de la communauté dalit pour élargir leur base.

Le président indien, Ram Nath Kovind, un dalit, a été élu en juillet après avoir été adoubé par le Premier ministre Narendra Modi, membre du BJP.

Romandie.com avec(©AFP / 03 janvier 2018 15h36