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En Inde, la greffe capillaire, une pratique dangereusement dévoyée par les charlatans

décembre 2, 2022
En Inde, la greffe capillaire, une pratique dangereusement devoyee par les charlatans
En Inde, la greffe capillaire, une pratique dangereusement dévoyée par les charlatans© AFP/Sajjad HUSSAIN

Jeune Indien, Athar Rasheed souffrait d’un début de calvitie. Ce cadre de direction d’une chaîne de télévision a opté pour une greffe capillaire dans l’espoir de gagner en séduction et de se marier, mais cette intervention, en principe sûre, lui a coûté la vie.

A mesure que leurs revenus disponibles augmentent, les Indiens portent une attention accrue à leur physique et font de plus en plus le choix de la greffe capillaire, lorsqu’ils ont une calvitie.

Mais le secteur de la chirurgie plastique étant peu et mal réglementé en Inde, certains s’improvisent chirurgiens après seulement des ateliers en ligne, avec des conséquences désastreuses voire létales.

Athar Rasheed avait la charge de sa famille.

Il aspirait à se marier, à acheter une maison, à marier ses deux soeurs pour les mettre à l’abri du besoin.

Mais ce trentenaire a été emporté par une septicémie à la suite d’une greffe capillaire réalisée dans une clinique louche de Delhi l’an dernier, raconte à l’AFP Asiya Begum, sa mère inconsolable.

Le calvaire d’un fils

« La fin de mon fils a été très douloureuse. Ses reins ont d’abord cessé de fonctionner, puis ce fut le tour de tous les autres organes », explique cette femme de 62 ans.

Munie de photographies du visage enflé du jeune homme et des éruptions cutanées noires qui ont recouvert son corps au cours des dernières heures de son calvaire, sa famille a décidé de porter plainte.

Quatre personnes, dont deux hommes qui ont pratiqué sa greffe, ont été arrêtées et attendent leur procès.

« Je pense à mon fils tous les jours et je meurs à petit feu », confie-t-elle, en larmes, dans la pièce qui constitue désormais son appartement de location, dans un quartier délabré de la capitale. « Je ne veux pas qu’une autre mère perde son enfant à cause de pratiques frauduleuses ».

La greffe consiste à prélever des follicules dans une zone dense en cheveux, à l’arrière de la tête par exemple, puis à les implanter sur la zone glabre.

Selon les spécialistes, les modes de vie de plus en plus sédentaires, le tabagisme, une mauvaise alimentation et le stress peuvent entraîner une perte de cheveux précoce.

Le docteur Mayank Singh pratique jusqu’à 15 interventions chirurgicales par mois dans sa clinique haut de gamme située dans un quartier chic de New Delhi.

« Les gens pensent qu’il s’agit d’une procédure mineure, alors que la durée de l’opération est assez longue, de l’ordre de six à huit heures », rappelle le médecin.

« Elle implique une importante anesthésie locale qui doit être administrée à un certain rythme. Si l’on n’a pas la connaissance de ce que nous devons faire, la procédure peut se révéler dangereuse », insiste-t-il.

La plupart de ses patients, âgés de 25 à 35 ans, misent sur leur physique, préoccupés par leur ascension et leur apparence sociales.

L’intervention coûte quelque 350.000 roupies (4.168 euros), une somme considérable dans un pays où le salaire mensuel moyen tourne autour de 200 euros.

Pratiques criminelles

Alors, les plus désargentés osent des cliniques aux prix plus modiques mais où les intervenants n’ont aucune formation.

Le docteur Singh, également secrétaire d’une Association de chirurgiens spécialistes des affections capillaires, fustige ces charlatans qui portent atteinte à la santé des patients et à la crédibilité de son secteur.

Alarmée par leur prolifération, la Commission médicale nationale indienne a émis un avertissement en septembre, en rappelant que seuls les médecins dûment diplômés sont habilités à de telles interventions.

« Suivre des ateliers sur YouTube ou des plateformes similaires ne constitue pas une formation adéquate pour se livrer à des procédures de (chirurgie) esthétique, comme la greffe capillaire », avertit cette commission.

Lakshmi Narayanan, complexé par sa calvitie, s’est privé d’activités sociales pendant des années.

« La perte de mes cheveux a commencé alors que j’avais tout juste 18 ans. J’évitais d’apparaître sur les photos et même de me regarder dans le miroir », confie-t-il à l’AFP.

Le jeune homme, 29 ans, a eu recours au docteur Singh. Sa vie a changé. « Je peux côtoyer les autres en toute confiance désormais et chercher une partenaire de vie

Par Le Point avec AFP

Inde: les défis de l’explosion de la population urbaine à venir

novembre 8, 2022
Inde: les defis de l'explosion de la population urbaine a venir
Inde: les défis de l’explosion de la population urbaine à venir© AFP/Archives/Pawan SHARMA

L’Inde, pays de 1,4 milliard d’habitants, devrait connaître, ces prochaines décennies, une explosion de sa population urbaine avec des mégapoles déjà surpeuplées et en manque d’infrastructures essentielles, où les conditions de vie risquent de se détériorer encore davantage en raison du changement climatique.

La population de Bombay, l’une des plus grandes villes de l’Inde, a augmenté de 8 millions d’habitants ces trente dernières années, soit l’équivalent de New York. La mégapole abrite aujourd’hui 20 millions d’habitants et devrait en compter sept millions de plus d’ici 2035.

À l’instar d’autres mégapoles indiennes, le parc de logements, les réseaux routiers et les transports, la gestion de l’approvisionnement en eau et celle des déchets ne se sont pas suffisamment développés pour répondre aux véritables besoins.

Ainsi, 40 % environ de la population vit dans des bidonvilles. Surpeuplées, constituées de baraquements de fortune, ces zones de misère sont pour la plupart dépourvues d’eau courante, d’électricité et de sanitaires, dont jouissent les quartiers les plus riches de l’Inde qui, par endroit, les jouxtent.

Les banlieusards passent plusieurs heures dans les transports pour se rendre au travail à Bombay. Accrochés aux portes des trains bondés, à bord de bus pleins à craquer, de voitures ou à moto pour les plus aisés, la circulation est une épreuve de tous les instants sur de mauvaises routes embouteillées.

« Une fourmilière »

Mohammed Sartaj Khan, originaire d’un village de l’Etat de l’Uttar Pradesh (nord), est arrivé à l’âge de 16 ou 17 ans à Bombay et s’est installé dans le plus grand bidonville, Dharavi, filmé dans « Slumdog Millionaire », où s’entassent un million d’habitants.

« En arrivant ici, les gens m’ont fait l’effet de fourmis (…) comme dans une fourmilière, personne ne se soucie des autres », fait-il remarquer.

Il se souvient d’une « enfance merveilleuse passée au village » où « règne une atmosphère paisible, tout le contraire du chaos d’ici ».

Et d’ajouter : »la population n’a pas d’argent ».

Agé de 35 ans aujourd’hui, il vit toujours à Dharavi et travaille dans une tannerie.

A ses débuts, il gagnait 6.000 roupies (70 euros) par mois, mais aujourd’hui, devenu technicien, son salaire est quatre fois plus élevé. Il en destine l’essentiel à sa femme et à ses enfants qui vivent au village, regrettant d’y retourner si rarement, faute de moyens.

Eaux usées non traitées

La population mondiale atteindra huit milliards d’habitants ce mois-ci. L’ONU prévoit que celle de l’Inde s’élèvera à 1,7 milliard à partir des années 2060, avant de diminuer à 1,5 milliard en 2100.

Le nombre de citadins augmentera de 270 millions d’ici 2040, mais plus de la moitié des Indiens vivront encore en zone rurale, selon l’Agence internationale de l’énergie.

Le développement urbain entraînera une augmentation de la production d’électricité, des matériaux de sidérurgie et de construction, provoquant en conséquence davantage d’émissions de carbone.

Selon un rapport du gouvernement indien datant de 2021, environ 70 % des milliards de litres d’eaux usées produites chaque jour dans les villes ne sont pas traités.

Bangalore, qui connaît certains des pires embouteillages de l’Inde, a subi en septembre de graves inondations, imputées au développement d’immeubles du pôle technologique, sans plan d’urbanisme.

De nombreuses villes sont victimes d’inondations, y compris Madras qui a également été frappée de sécheresse à l’été 2019. Ce genre de crise est imputé à l’insuffisance des pluies et à l’expansion urbaine sur des zones humides de l’écosystème.

« Lorsque la croissance n’est pas planifiée, de nombreuses villes connaissent des inondations », déclare à l’AFP le professeur Sayeed Unisa de l’Institut international des sciences de la population à Bombay.

Planification urgente

Des millions de citadins indiens ne bénéficient pas de l’eau courante et dépendent de livraisons par camion ou par train.

Partout, y compris à Delhi, la population fore des puits, de plus en plus profonds, à mesure que le niveau des nappes phréatiques baisse.

Selon les scientifiques, il est probable que le réchauffement climatique rende les cyclones plus intenses et plus fréquents, les moussons plus irrégulières et puissantes, et provoque davantage d’épisodes de sécheresse.

Bombay et Calcutta sont particulièrement exposées, et menacées aussi par la montée du niveau de la mer.

Les étés indiens sont de plus en plus torrides, notamment dans les zones urbaines bétonnées qui retiennent la chaleur. Cette année, l’Inde a connu le mois de mars le plus chaud.

La surpopulation urbaine fait davantage courir le risque de voir se propager à grande échelle les virus comme le Covid.

Selon Poonam Muttreja, de la Fondation indienne pour la population, il faudrait que l’Inde investisse dans l’économie rurale pour endiguer l’exode vers les villes et encourage la population à opter pour des centres urbains plus petits.

« Les pauvres, en particulier les migrants, dans les grandes villes, sont les plus vulnérables » aux catastrophes naturelles, rappelle M. Muttreja.

« L’Inde doit opérer un changement de paradigme. Et au lieu de se plaindre, nous devons commencer à agir. Il n’est pas encore trop tard pour lancer la planification »

Par Le Point avec AFP

Au moins 60 personnes meurent dans l’effondrement d’un pont suspendu en Inde

octobre 30, 2022
Une vue du pont en partie effondré. Des gens dans l'eau sont secourus par des personnes en bateau.

Les câbles du pont suspendu ont lâché. Photo : Reuters

Au moins 60 personnes sont mortes dimanche soir en Inde quand un pont suspendu enjambant une rivière s’est effondré dans l’État du Gujarat, a indiqué un membre du gouvernement local.

Soixante personnes sont mortes. Plus de 82 ont été secourues, a déclaré ce responsable, Brijesh Merja, à l’Agence France-Presse.

Le pont sur la rivière Machchhu, situé à Morbi, à environ 200 kilomètres à l’ouest d’Ahmedabad, la principale ville du Gujarat, datait de l’époque coloniale britannique et venait de rouvrir au public après des mois de travaux.

Les autorités ont estimé que 500 personnes, y compris des femmes et des enfants, se trouvaient sur le pont et aux alentours lorsque les câbles qui le soutenaient ont cédé.

Selon des responsables locaux cités par des médias, les personnes qui se trouvaient sur le pont se livraient à des rituels dans le cadre d’un festival religieux.

Plus de 100 personnes étaient toujours recherchées, selon des médias locaux qui ont montré des vidéos de gens se rattrapant à des débris de la structure du pont dans l’obscurité.

Une opération de sauvetage a été lancée, impliquant des plongeurs.

Le premier ministre Narendra Modi, qui se trouvait au Gujarat, dont il est originaire, a demandé la mobilisation urgente d’équipes de secours et la mise à disposition d’aides pour toutes les victimes, a tweeté son cabinet.

Des infrastructures mal entretenues

Les accidents sur des infrastructures anciennes et mal entretenues sont fréquents en Inde, notamment sur des ponts.

En 2016, la rupture d’une passerelle au-dessus d’une rue animée dans la ville de Kolkata avait causé la mort d’au moins 26 personnes.

En 2011, au moins 32 personnes avaient perdu la vie dans l’effondrement d’un pont sur lequel se trouvaient une foule de participants d’un festival dans le nord-est de l’Inde, à environ 30 kilomètres de la ville de Darjeeling.

Moins d’une semaine après, environ 30 personnes trouvaient la mort dans la rupture d’une passerelle franchissant une rivière dans l’État de l’Arunachal Pradesh.

En 2006, quelque 34 personnes avaient été tuées au moment de l’effondrement d’un pont vieux de 150 ans sur un train de passagers dans une gare de l’Etat du Bihar.

Avec Radio-Canada

A la découverte de… René Faugère Mounzeho, le Congolais champion professionnel intercontinental de Kickboxing

octobre 27, 2022

Le jeune kick boxeur congolais, qui n’est plus à présenter au niveau national, a récemment fait ses preuves en Inde où il a neutralisé, au deuxième round, son adversaire dans le cadre de la compétition internationale professionnelle nommée « Goa Alpha Event», dans la catégorie des – 60kg.

René Faugère Mounzeho dit « Seigneur Lopez » après le combat/Adiac

Le représentant congolais dans le tournoi international a frappé fort. Chétif, mince, presqu’inoffensif de par sa morphologie, René Faugère Mounzeho est un véritable dangereux sur le ring. Il a, d’ailleurs, mis K.O son adversaire dès la première minute du deuxième round, le 22 octobre, en Inde. L’homme ne fait pas de cadeau et ne préfère pas perdre du temps lorsqu’il constate des lacunes chez son adversaire. Un talent qui mérite un suivi considérable.

« Oui, je suis bel et bien en Inde présentement, j’y suis venu participer à une compétition internationale professionnelle nommée « Goa Alpha Events », représentant le Congo-Brazzaville, une compétition qui réunit trois continents, notamment l’Asie, l’Amérique et l’Afrique sur les règles du Kickboxing- K1 et MMA. J’ai affronté le représentant du continent asiatique, précisément de l’Inde, pays organisateur, Harsh Dilip Sawant. J’ai donné le meilleur de moi et mon pays a été honoré au terme du combat », a-t-il expliqué.

Ce sportif multidisciplinaire pratique divers arts martiaux malgré son penchant pour le kickboxing, depuis ses débuts dans l’univers sportif, en 2012. Il a découvert et apprécié les vertus du sport grâce à l’un de ses mentors, Claude Marvel Mabiala, qui a facilité son intégration dans le milieu sportif, particulièrement dans les arts martiaux.

Trois fois médaillé d’or au championnat départemental de full-contact kickboxing et disciplines associées dans la catégorie des -55kg, Seigneur Lopez est également médaillé de Bronze au taekwondo-WTF de la première édition de la Coupe de la ville. Il compte dans son gibecière une médaille d’or lors des sessions de sélection nationale du tournoi Émerge-WKA sur les règles Low-Kick catégorie -63kg.

Très ambitieux, il se dit prêt à atteindre des niveaux supérieurs dans la vie d’un sportif professionnel, en affrontant des champions internationaux. Pour ce faire, il demande l’accompagnement du ministère des Sports dans le processus de mise en place de la Fédération congolaise de kickboxing puisque les athlètes participent aux compétitions sous le label du Comité national de kickboxing et full contact.

Avec Adiac-Congo par Rude Ngoma

L’Inde met ses ressortissants en garde contre les crimes haineux au Canada

septembre 23, 2022
L'énorme temple blanc BAPS Shri Swaminarayan Mandir avec ses tourelles.

Le portail du temple hindou BAPS Shri Swaminarayan Mandir, à Etobicoke, a été vandalisé plus tôt ce mois-ci, indique la police. Une enquête est en cours. Photo : Twitter/@Baps_Toronto

Le gouvernement de New Delhi a publié un avertissement pour les citoyens et étudiants d’origine indienne habitant au Canada.

Il y a eu une hausse marquée des cas de crimes haineux, de violence sectaire et d’activités anti-Inde au Canada, affirme la note publiée vendredi.

Le gouvernement indien indique être en contact avec les autorités canadiennes à ce sujet, mais ajoute que les perpétrateurs de ces crimes n’ont pas été traduits en justice pour l’instant.

« Compte tenu de l’accroissement de ces crimes [haineux], nous recommandons aux ressortissants et aux étudiants indiens qui habitent au Canada et à ceux qui vont s’y rendre pour un voyage ou les études de faire preuve de prudence et de rester vigilants. »— Une citation de  Avertissement du gouvernement indien

L’avertissement ne mentionne pas d’événements en particulier, mais à Toronto, par exemple, la police enquête sur des graffitis peints plus tôt ce mois-ci sur le portail du temple hindou BAPS Shri Swaminarayan Mandir, dans l’ouest de la ville.

À l’époque, le temple s’est dit « choqué et attristé par les graffitis anti-Inde ».

Pour sa part, le député fédéral Chandra Arya a affirmé sur Twitter qu’il ne s’agissait pas d’un acte isolé. Les temples hindous au Canada ont été la cible récemment de ce genre de crimes haineux, a-t-il soutenu. Les Canadiens hindous ont raison de s’inquiéter. Il a appelé les différents ordres de gouvernement à « agir ».

En juillet, des graffitis avaient été peints sur le socle d’une statue de Mahatma Gandhi près d’un temple à Richmond Hill, en banlieue de Toronto.

Dans son avertissement, le gouvernement indien recommande à ses ressortissants de s’inscrire auprès de son ambassade à Ottawa ou de ses consulats à Toronto ou à Vancouver, pour être contactés en cas d’urgence.

Avec Radio-Canada

Inde: L’ancien président de Tata, Cyrus Mistry, est mort dans un accident de voiture

septembre 4, 2022

Le milliardaire Cyrus Mistry est mort alors qu’il se rendait à Mumbai. Une autre personne est morte, et deux passagers sont blessés, selon la BBC.

Cyrus Mistry, l'ancien patron de Tata, est mort dans un accident de la route en Inde dimanche.
Cyrus Mistry, l’ancien patron de Tata, est mort dans un accident de la route en Inde dimanche.© HARISH TYAGI / EPA

Le milliardaire et ancien patron de Tata, Cyrus Mistry, est mort dimanche dans un accident de voiture, selon la BBC. Il se rendait à Mumbai dans l’après-midi (heure locale) quand l’accident s’est produit à Palghar, au nord de sa destination, affirme la police locale. Le véhicule aurait heurté un diviseur alors qu’il traversait un pont. Une autre personne est décédée, et deux autres ont été transportées à l’hôpital. Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances de l’accident.

Le Premier ministre, Narendra Modi, a réagi sur Twitter : « La disparition prématurée de Shri Cyrus Mistry est choquante. C’était un chef d’entreprise prometteur qui croyait aux prouesses économiques de l’Inde. Son décès est une grande perte pour le monde du commerce et de l’industrie. Condoléances à sa famille et ses amis. Que son âme repose en paix. »

Cyrus Mistry avait été évincé de Tata, le plus gros groupe indien, en 2016, après avoir été critiqué sur les performances du conglomérat sous sa direction. Il avait été remplacé par Ratan Tata, qui avait été lui-même remplacé par Cyrus Mistry quatre ans plus tôt. Le licenciement du milliardaire avait secoué l’Inde et avait terminé au tribunal, qui avait statué en faveur de Tata. Cyrus Mistry est seulement le deuxième président du conglomérat à ne pas porter le nom du fondateur, éponyme du nom de l’entreprise.

Avec Le Point

Inde: la mort de trois sœurs illustre la violence conjugale liée à la dot

juin 7, 2022

Sardar Meena cherchait en vain trois de ses filles et deux de ses petits-enfants disparus depuis plusieurs jours du domicile conjugal à Dudu, village du Rajasthan en Inde, quand leurs corps ont été découverts dans un vieux puits perdu dans la campagne aride.

Kalu, 27 ans, mère d’un petit garçon de quatre ans et d’un bébé de 27 jours, ses sœurs cadettes Kamlesh, 20 ans et Mamta, 22 ans, toutes deux enceintes, étaient mariées à trois frères et vivaient à Dudu, sous le toit de la belle-famille.

La plus jeune, peu avant leur décès, avait rédigé sur sa messagerie Whatsapp un statut accusateur, transmis à l’AFP par un cousin: « la belle-famille est derrière nos cinq morts (…) nous ne voulons pas mourir mais la mort vaut mieux que les sévices ».

Quatre jours après la sinistre nouvelle, assis à même le sol, M. Meena, son épouse, leur fils aîné, leurs trois autres filles et leurs proches, pleurent les jeunes défuntes sous leurs portraits photographiques, disposés sur des étagères de l’indigente demeure familiale à Chhapya, village proche de Dudu.

Leurs décès sont traités en suicide jusqu’aux résultats des autopsies, a déclaré un officier de police de Jaipur interrogé par l’AFP.

Mais M. Meena accuse ses gendres de la maltraitance et du harcèlement moral incessants qu’ont subis ses filles des années durant.

« Tellement harcelées »

L’aînée Kalu avait été admise à l’hôpital en avril après avoir été battue par son mari et sa belle-famille.

« Mes filles subissaient leur violence, puis revenaient ici. Mais, malgré la violence, elles disaient devoir rentrer vivre au domicile conjugal et retournaient alors chez leurs maris », raconte à l’AFP le père, bouleversé.

Le divorce, considéré comme une infamie dans la plupart des familles indiennes, M. Meena les laissait repartir pour « sauver l’honneur de sa famille ».

Selon M. Meena, la belle-famille leur reprochait, notamment, leurs maigres dots.

« Ceux qui exigent une dot ne sont pas des gens bien », souligne-t-il, « ce n’est pas humain ».

Les maris des défuntes, leur belle-mère et leur belle-soeur ont été arrêtés, notamment pour harcèlement relatif à la dot et violence conjugale.

« Ils les ont tellement harcelées », témoigne Sonu, une autre fille de M. Meena, « mais mes soeurs espéraient qu’un jour les choses changeraient ».

La pratique de la dot est interdite depuis plus de 60 ans par la loi indienne qui reste amplement enfreinte.

« Dotées d’une éducation »

« Nous leur avons déjà donné tant de choses (…) », ajoute-t-il, citant des téléviseurs, un réfrigérateur, des meubles, « je suis père de six filles, il y a des limites à ce que je peux faire ».

« Je les avais dotées d’une éducation, c’était déjà difficile en soi », poursuit-il exhibant fièrement leurs cartes universitaires.

Mais les époux avaient interdit à ses filles de poursuivre leurs études et de travailler.

La presse locale rapporte quotidiennement des histoires de violence conjugale et de querelles relatives aux dots qui tournent mal.

L’an dernier, un Indien de l’État méridional du Kerala a été condamné à la prison à vie pour le meurtre, par morsures de cobra, de son épouse afin de prendre le contrôle de ses biens.

Leur mariage lui avait déjà rapporté une voiture neuve et plus de 6.000 dollars.

Le mois dernier, une cour du Kerala a condamné à dix ans de prison un homme pour avoir poussé son épouse au suicide à force de harcèlement au sujet de sa dot.

« Inquiétante résignation »

Selon les données du Bureau national des archives criminelles, près de 7.000 femmes au foyer ont été tuées et 1.700 autres se sont suicidées pour des affaires de dot, en 2020.

Une enquête nationale sur la santé des familles (NFHS) révèle qu’environ 30 % des femmes mariées ont été victimes de violences conjugales, définies comme violences physiques et/ou sexuelles.

Les défenseurs des droits des femmes estiment toutefois que ces chiffres ne sont que la partie émergée de l’iceberg.

« De 30 à 40 femmes sont victimes de violence conjugale toutes les heures », déclare à l’AFP Kavita Srivastava, militante de l’organisation non gouvernementale de défense des droits humains PUCL, soulignant que ces données reposent sur les seules plaintes enregistrées par la police.

Le problème fondamental, selon elle, reste l’inertie générale de la société devant la violence conjugale en Inde: « une telle résignation est très inquiétante ».

Par Le Point avec AFP

Inde: La superstar de Bollywood Lata Mangeshkar est décédée à 92 ans

février 6, 2022
Lata Mangeshkar lors d'une cérémonie.

La chanteuse vedette a prêté sa voix à de nombreux films à succès en Inde. Photo: AFP

Surnommée « le rossignol de l’Inde », Lata Mangeshkar, qui a régné sans égale sur la musique de Bollywood pendant des décennies, est décédée à l’âge de 92 ans. Le Premier ministre indien Narendra Modi en a fait l’annonce dimanche.

Je suis bouleversé au-delà des mots. L’aimable et bienveillante Lata Didi nous a quittés. Elle laisse un vide dans notre nation qui ne peut être comblé , a-t-il écrit sur Twitter.

Née le 28 septembre 1929 à Indore, dans l’État du Madhya Pradesh, Lata Mangeshkar a enregistré son premier morceau en 1947 pour le film Majboor.

Dil mera toda, l’une des chansons du film, l’a propulsée sous les feux des projecteurs à 18 ans.

Dès lors, les superproductions de Bollywood se sont arraché sa voix incomparable tout au long des décennies suivantes. La chanteuse a marqué de nombreuses œuvres cinématographiques telles que Barsaat ou encore Mahal.

Elle a également prêté sa voix à une foule d’actrices, parfois de 50 ans ses cadettes. Certains critiques se sont même plaints que son omniprésence éclipsait de jeunes étoiles montantes.

La vedette indienne a toutefois toujours conservé un public de fanatiques qui plaçait chacun de ses titres au sommet des palmarès.Des hommes devant une photo de la chanteuse Lata Mangeshkar.

Des dirigeants du Congrès national indien rendent hommage à la chanteuse Lata Mangeshkar, à Allahabad, le 6 février 2022. Photo: AFP/Sanjay Kanojia

Toujours coiffée d’une longue natte brune, point rouge sur le front, elle a chanté dans plus de 1000 films et publié une multitude d’albums.

Elle comptait dans son répertoire quelque 27 000 chansons, interprétées dans des dizaines de langues, dont l’anglais, le russe, le néerlandais et le swahili.

Par Le Point avec Agence France-Presse

Coronavirus: le point sur la pandémie dans le monde

octobre 22, 2021
Coronavirus: le point sur la pandemie dans le monde
Coronavirus: le point sur la pandémie dans le monde© AFP/Dimitar DILKOFF

Nouvelles mesures, nouveaux bilans et faits marquants: un point sur les dernières évolutions de la pandémie de Covid-19 dans le monde.

Le Kremlin blâme les Russes

Le Kremlin a reconnu vendredi l’échec de sa campagne de vaccination anti-Covid en comparaison à l’Europe, mais a pointé du doigt la responsabilité de la population, en pleine vague épidémique meurtrière.

La Russie a enregistré vendredi de nouveaux records quotidiens de décès et de contaminations, avec 1.064 morts et 37.141 infectés recensés.

A peine un tiers des Russes se sont fait vacciner depuis décembre sur fond de méfiance à l’égard des vaccins développés par la Russie.

Record de décès en Ukraine

L’Ukraine a enregistré vendredi un record de nouvelles contaminations et de décès dus au coronavirus, pour la deuxième journée consécutive, alors que la capitale, Kiev, s’apprête à réintroduire des restrictions strictes.

Selon les chiffres du gouvernement, 23.785 nouvelles infections ont été recensées ces dernières 24 heures et 614 personnes sont mortes dans cette ex-république soviétique, dont le système de santé manque cruellement de ressources.

France: près de 600 soignants suspendus en Guadeloupe

En Guadeloupe (Antilles françaises), l’Agence régionale de santé (ARS) a annoncé que la suspension de près de 600 soignants qui refusent l’obligation vaccinale « était en cours ».

Au final, l’ARS se félicite d' »une phase plutôt positive »: environ 66 % des soignants sont désormais vaccinés en Guadeloupe, contre quelque 30 à 40 % dans les semaines précédentes.

Sur l’île, qui a connu une flambée épidémique cet été, les indicateurs sont désormais très en baisse, bien que le virus « continue de circuler », selon les autorités. En conséquence, les restrictions sanitaires devraient s’alléger.

Australie: Melbourne célèbre la fin des confinements

Les habitants de Melbourne ont profité vendredi de la réouverture de la ville après l’une des plus longues séries de confinements au monde pour se rendre dans les bars, restaurants ou chez le coiffeur.

Depuis le début de la pandémie, les cinq millions de Melbournais ont dû rester enfermés chez eux pendant plus de 260 jours au total, en six confinements. Mais maintenant que 70 % des personnes éligibles à Melbourne et dans l’État de Victoria (sud-est) sont entièrement vaccinées, les restrictions qui ont débuté le 5 août sont levées.

La pandémie, aubaine pour le vélo « made in Portugal »

Les commandes de vélos se sont envolées au Portugal, numéro un en Europe pour la fabrication de bicyclettes, avec la crise sanitaire.

Le secteur souffre toutefois des perturbations dans la chaîne d’approvisionnement mondial, les délais de livraison de composants pouvant aller « jusqu’à deux ou trois ans » de la part des fournisseurs, majoritairement asiatiques, selon le responsable export d’une usine d’assemblage de vélos dans le nord du pays.

En 2020, le Portugal a produit 2,6 millions de bicyclettes, dont la quasi-totalité a été exportée, ce qui le place au premier rang européen devant l’Italie et l’Allemagne, selon Eurostat.

Plus de 4,9 millions de morts

La pandémie du nouveau coronavirus a fait au moins 4.926.579 morts dans le monde depuis que le bureau de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en Chine a fait état de l’apparition de la maladie fin décembre 2019, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles vendredi à 10H00 GMT.

Les États-Unis sont le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas, avec 733.218 décès pour 45.301.092 cas recensés, selon le comptage de l’université Johns Hopkins.

Après les États-Unis, les pays les plus touchés sont le Brésil avec 604.679 morts, l’Inde (453.042 morts), le Mexique (285.669 morts) et la Russie (228.453 morts).

Avec AFP par burx-npk/ber/mba

Deux nouveaux variants du coronavirus sous la loupe des chercheurs à travers le monde

septembre 6, 2021

Le variant B.1.621, mieux connu sous le nom de Mu, a récemment été désigné comme « variant à suivre » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), puisqu’il pourrait résister aux anticorps, notamment ceux développés par les vaccins.

Le variant Delta reste largement prédominant et représente jusqu'à 90 % des nouvelles infections au pays, selon des données de la santé publique du Canada.

© Ben Nelms/ben nelms/cbc Le variant Delta reste largement prédominant et représente jusqu’à 90 % des nouvelles infections au pays, selon des données de la santé publique du Canada.

Un autre variant, encore connu sous le nom de C.1.2, inquiète des scientifiques en Afrique du Sud, qui étudient ses mutations pour tenter de comprendre comment il se comporte. Ces nouveaux variants représentent-ils une menace dans la lutte contre la COVID-19 au Canada?

Pour l’heure, le variant Delta, jugé extrêmement contagieux, reste largement prédominant et représente jusqu’à 90 % des nouvelles infections au pays, selon des données de la santé publique du Canada.

Ce qui ne veut pas dire que ces nouveaux variants ne méritent pas d’être soigneusement étudiés, disent les experts.

Ce que l’on sait du variant Mu

Le variant Mu a une constellation de mutations qui indiquent des propriétés potentielles d’évasion immunitaire», peut-on lire dans le bulletin épidémiologique du 30 août du l’OMS, qui catégorise le variant Mu comme variant à suivre».

Des tests préliminaires indiquent en effet que le variant Mu pourrait être résistant aux vaccins ou aux anticorps développés par les patients qui ont déjà contracté une souche antérieure du virus. L’OMS prévient toutefois que ces observations doivent être confirmées par d’autres études».

Mu a d’abord été détecté en janvier 2021 en Colombie. Il a depuis poursuivi sa progression, allant jusqu’à représenter 39 % des nouvelles infections, ce qui en fait la souche prédominante dans ce pays d’Amérique latine.

Or ce variant est pour l’instant quasiment absent du reste du globe. Pour le moment, 39 pays ont déclaré des cas liés à Mu.

Au Canada, sa présence est également à la baisse. S’il représentait à un moment un peu plus de 3 % des nouvelles infections, ce chiffre est récemment passé à 0,3 %. Il n’est pas possible de savoir pour l’instant ce qui explique cette perte de vitesse du variant.

C.1.2, le variant aux origines nébuleuses

C.1.2 n’est peut-être pas présentement sous haute surveillance par l’OMS, mais plusieurs chercheurs pressent l’organisation d’y porter une attention particulière.

Ce variant a été observé pour la première fois par des chercheurs en Afrique du Sud, mais son origine exacte reste pour l’instant indéterminée.

Richard Lessels, un spécialiste des maladies infectieuses et auteur d’une recherche préliminaire sur C.1.2 a affirmé à l’agence Reuters que le variant pourrait être encore plus résistant aux anticorps que le variant Delta.

Toutefois, on ne sait pas si C.1.2 est aussi contagieux, ou même s’il résiste autant aux vaccins qu’aux anticorps développés par une personne qui a déjà contracté la COVID-19.

Le Dr Zain Chagla, consultant en maladies infectieuses à St. Joseph's Healthcare Hamilton.

© /CBC/Craig Chivers Le Dr Zain Chagla, consultant en maladies infectieuses à St. Joseph’s Healthcare Hamilton.

Ces choses prennent du temps à étudier», affirme le docteur Zain Chagla, spécialiste en maladies infectieuses de l’Université McMaster de Hamilton. Delta est incroyablement fort et incroyablement contagieux. Il a aussi une bonne capacité à remplacer [les autres souches] de façon agressive. Rien n’indique que ce soit le cas encore [pour C.1.2].»

Doit-on s’inquiéter de ces variants?

Étant donné que le variant Delta représente la majorité des cas de COVID-19 au Canada et qu’il y a encore beaucoup d’inconnues à propos de Mu ou de C.1.2, les inquiétudes concernant ces nouveaux variants doivent être mises en contexte.

Pas besoin de s’inquiéter encore», résume Zain Chagla, qui insiste toutefois sur l’importance d’étudier et de garder à l’œil ces variants. À propos de C.1.2, il affirme qu’on a vu une hausse de transmission dans certains pays d’Afrique, mais qu’il est difficile de dire si son taux de contagion s’approche de celui de Delta.

De nombreux variants sont apparus durant cette pandémie, rappelle-t-il. Il cite par exemple les autres variants à suivre» comme Alpha, Beta, Lambda ou encore le nouveau venu Mu, et soutient qu’ils peuvent tous être supplantés par Delta ou alors s’épuiser d’eux-mêmes avec le temps».

Pour déterminer la fréquence à laquelle ces variants apparaissent au pays, l’Agence de la santé publique du Canada travaille avec les provinces, les territoires et le Réseau génomique du Canada (RCanGéCo) pour séquencer un certain pourcentage de tous les résultats de test positifs à la COVID-19.

Le séquençage dévoile le code génétique du virus et permet de savoir quel variant était à l’origine de l’infection.

Prévenir l’apparition de nouveaux variants

Depuis le début de la pandémie, de nouveaux variants apparaissent dans des populations durement touchées par une transmission non contrôlée de la COVID-19, notamment en Inde, en Amérique du Sud et en Afrique. Selon les experts, cette tendance devrait se poursuivre tant qu’une plus grande partie de la planète ne sera pas vaccinée.

[Ces nouveaux variants sont] un rappel crucial – même s’il peut s’agir de fausses alertes – de l’importance de l’équité et du partage des vaccins dans le monde», croit Zain Chagla.

Selon le chercheur, cette région du monde inquiète puisque les taux de vaccinations y sont bas, que les systèmes de santé en place sont souvent défaillants et qu’une partie importance de la population est immunosupprimée en raison du VIH, qui touche de 15 à 20 % des adultes dans certains pays.

Il s’agit en quelque sorte d’un cocktail de mauvais scénarios propice à l’émergence d’un variant… alors je ne crois pas que nous devrions être surpris de voir que quelque chose semble apparaître», avance Zain Chagla.

C’est ce que nous avons vu, et c’est ce que nous allons continuer de voir», croit-il.

Avec CBC/Radio-Canada à partir d’un texte de Lauren Pelley et Adam Miller, CBC