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Libye : le Conseil de sécurité de l’ONU réclame « le retrait des forces étrangères et des mercenaires »

mars 13, 2021
Les forces loyales au gouvernement d’accord national libyen (GNA) reconnu par l’ONU font défiler un camion de système de défense aérienne Pantsir de fabrication russe dans la capitale Tripoli le 20 mai 2020, après sa capture à la base aérienne d’Al-Watiya (base aérienne d’Okba Ibn Nafa) par les forces loyales à l’homme fort libyen Khalifa Haftar, basé dans l’est du pays.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a réclamé vendredi dans une déclaration approuvée à l’unanimité « le retrait sans plus tarder de toutes les forces étrangères et des mercenaires de Libye », en saluant la validation mercredi par le Parlement du nouveau gouvernement unifié.

« Le Conseil de sécurité appelle toutes les parties à appliquer pleinement l’accord de cessez-le-feu (du 23 octobre) et exhorte les États membres à respecter et à soutenir la pleine application de l’accord », précise cette déclaration.

Selon l’ONU, environ 20 000 militaires et mercenaires se trouvaient encore fin 2020 en Libye et aucun mouvement de retrait n’a été constaté à ce jour. « Le Conseil de sécurité appelle au plein respect de l’embargo des Nations unies sur les armes par tous les États membres, conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité », indique aussi le texte.

Embargo violé

Cet embargo imposé depuis 2011 est violé régulièrement depuis des années selon les experts de l’ONU chargés de son contrôle. Leur prochain rapport annuel est attendu dans les jours à venir. Dans le passé, ces experts ont notamment dénoncé la présence en Libye de mercenaires russes, de troupes turques, et de groupes armés composés de Syriens, Tchadiens ou de Soudanais.

« Le Conseil de sécurité reconnaît la nécessité de planifier le désarmement, la démobilisation et la réintégration des groupes armés, la réforme du secteur de la sécurité et de mettre en place une architecture de sécurité inclusive et dirigée par des civils pour l’ensemble de la Libye », ajoute la déclaration.

Par Jeune Afrique avec AFP

Présidentielle au Tchad : Saleh Kebzabo, principal opposant d’Idriss Déby Itno, retire sa candidature

mars 2, 2021
l’opposant tchadien Saleh Kebzabo a retiré sa candidature à la présidentielle du 11 avril 2021.

Le principal opposant au Tchad, Saleh Kebzabo, a retiré lundi sa candidature de la présidentielle du 11 avril en accusant le président Idriss Déby Itno, grand favori pour un sixième mandat, d’intimider ses rivaux par l’usage de la force.

Candidat malheureux à quatre reprise contre Idriss Déby ItnoSaleh Kebzabo a annoncé son retrait au lendemain d’une sanglante tentative d’arrestation par l’armée de Yaya Dillo Djerou, autre candidat déclaré, qui s’est soldée par la mort d’au moins trois personnes : sa mère et deux militaires. Condamnant « l’attaque militaire du domicile de M. Yaya Dillo Djerou », le député de l’opposition a dénoncé « le climat d’insécurité qui entachera certainement la campagne électorale pour les candidats qui vont affronter M. Déby, lequel dirige le Tchad d’une main de fer depuis plus de 30 ans.

Et Saleh Kebzabo, invoquant « une militarisation évidente du climat politique », a annoncé le retrait de sa candidature, « pour ne pas avoir à servir de caution à la mascarade qui se prépare sur une grande échelle ».

Cet ancien journaliste, arrivé troisième à la présidentielle de 1996, s’était rallié au chef de l’État au second tour, avant d’entrer dans son gouvernement. Il y enchaînera les portefeuilles jusqu’à sa rupture avec Idriss Déby Itno en 1999, qu’il affrontera encore sans succès aux présidentielles de 2001, 2006 et 2016. Dimanche, la police épaulée par des militaires lourdement armés et des blindés ont tenté d’arrêter l’opposant et candidat déclaré Yaya Dillo à son domicile de N’Djamena, en vertu de deux mandats d’amener de la justice pour « diffamation et injures » à l’égard de l’épouse du chef de l’État.

Le gouvernement accuse Yaya Dillo Djerou

Le mouvement de Yaya Dillo Djerou, le Front nouveau pour le changement (FNC), a assuré dans un communiqué que cinq membres de la famille de l’opposant, dont sa mère, ont été tués par un corps d’élite de l’armée qui ont « défoncé son portail avec un char blindé ». Une version contredite lundi par le ministre des Affaires étrangères Amine Abba Sidick devant le corps diplomatique : « un tir de l’intérieur visant les forces de l’ordre a atteint mortellement la mère de Yaya Dillo », a-t-il affirmé, ajoutant que deux militaires ont été tués dans un blindé dans la cour de l’opposant.

Selon le ministre, « Dillo et cinq hommes armés de fusils de guerre » ont ouvert le feu sur les forces de l’ordre dès leur arrivée. Puis un blindé léger est entré dans la cour du domicile et a été pris d’assaut, deux membres de l’équipage ont été tués. Dans la cohue, les soldats « ont laissé partir des civils » et Yaya Dillo Djerou « s’est probablement échappé en se cachant parmi eux », a assuré le ministre. « Sa position demeure inconnue », a confirmé lundi le procureur de la République de N’Djamena Youssouf Tom.

Ancien chef rebelle et membre de la même ethnie zaghawa que Déby, Yaya Dillo Djerou avait rallié en 2007 le président tchadien, dont il était devenu ministre avant d’occuper plusieurs postes de conseiller à la présidence. Il fut ensuite représentant du Tchad à la Commission des États de l’Afrique centrale (Cemac) jusqu’en 2020, avant de rejoindre l’opposition.

Internet restreint

Lundi, quelques blindés et des membres de la garde présidentielle et de la gendarmerie étaient encore positionnés près du domicile de Yaya Dillo Djerou. L’accès à internet mobile, quasiment impossible dimanche, était encore fortement perturbé lundi.

Depuis plusieurs semaines, le gouvernement interdit systématiquement et réprime durement toute manifestation de l’opposition et de la société civile qui réclament « l’alternance et plus de justice sociale ». Amnesty international a dénoncé des « restrictions non nécessaires et disproportionnées du droit à la liberté de réunion pacifique » et des « arrestations arbitraires ».

Outre Idriss Déby Itno, une quinzaine de personnes ont annoncé leur intention de déposer leur candidature à la présidentielle, mais la Cour suprême doit publier dans les jours qui viennent la liste de celles officiellement retenues.

Par Jeune Afrique avec AFP

[Chronique] Joseph Kabila privé de sa Garde républicaine : un ex-roi nu ?

février 24, 2021
Damien Glez

Est-ce l’ultime passe d’armes entre l’ancien président et son successeur ? Alors que la Garde républicaine qui assurait la sécurité de Joseph Kabila est remplacée par des policiers, certains dénoncent une désacralisation de l’ex-chef de l’État.

Machiavel machiavelisé ? Au jeu du « je te tiens, tu me tiens par la barbichette », le clan du président Félix Tshisekedi excelle et assène des coups symboliques à l’ancien régime. Beaucoup d’observateurs riaient pourtant sous cape quand le Medvedev congolais décida de s’émanciper de son Poutine local. À l’issue de la dernière présidentielle, le chef de l’État élu apparaissait comme le bénéficiaire d’une alternance en trompe-l’œil, tout comme le candidat de l’ancien régime, Emmanuel Ramazani Shadary, ressemblait, a posteriori, à un dauphin en carton-pâte.

Dans l’ombre, aux manettes d’une majorité censément solide, confortablement installé dans son fauteuil de sénateur à vie, l’impénétrable Joseph Kabila attendait que le pouvoir lui revienne comme un boomerang.

Cheval de Troie

Mû par un regain d’orgueil, l’élu déploya patiemment sa stratégie : un cheval de Troie dans le cheval de Troie d’une majorité kabiliste qu’on croyait verrouillée. Deux ans après son accession à la magistrature suprême, au tournant de l’année 2020 et au début de 2021, « Fatshi » a fissuré patiemment le clan de son allié de circonstance.

Après avoir obtenu le départ de la présidente de l’Assemblée nationale, une majorité d’« Union sacrée de la nation » de 391 députés et le changement de Premier ministre, il restait à Tshisekedi quelques mesures symboliques à prendre, qui frisent l’humiliation de son prédécesseur…

CELUI QUI RÉGNA SUR LA RDC PENDANT DIX-HUIT ANS SERA DÉSORMAIS GARDÉ PAR 75 « SIMPLES » POLICIERS…

Quelques jours auparavant, plusieurs centaines de Gardes républicains qui protégeaient Joseph Kabila et l’ensemble des lieux où évoluait sa famille proche ont été rapatriés dans leur unité d’origine.

Il y a deux semaines déjà, à Kinshasa, étaient enlevés les barrières, voitures blindées et chars qui empêchaient l’accès au monument érigé en hommage à Laurent-Désiré Kabila et à la rue kinoise où se situe la résidence du « président honoraire » et « sénateur à vie » Joseph Kabila. Celui qui régna sur la RDC pendant dix-huit ans sera désormais gardé par 75 « simples » policiers…

Kabila désacralisé

Bien entendu, les tshisekedistes ont beau jeu de rappeler que la loi affecte la Garde républicaine à la seule protection du chef de l’État en exercice. Il n’empêche. La figure de Kabila est d’autant plus désacralisée que des badauds curieux peuvent désormais faire des selfies à proximité de sa porte d’entrée. Ce week-end, à Lubumbashi, le départ des Gardes républicains affectés aux propriétés de l’ancien président a même suscité des rumeurs…

À MALIN, MALIN ET DEMI ?

Reste à savoir si la guéguerre entre le fils d’Étienne et celui de Laurent-Désiré sera une partie de billard français à trois bandes. À malin, malin et demi ? Toujours jeune pour un dirigeant politique, Joseph Kabila sortira-t-il un ultime tour de sa besace politicienne ? Il aurait quitté sa ferme de Lubumbashi pour chercher l’inspiration en Zambie puis aux Émirats arabes unis. Objectif 2023 ?

Avec Jeune Afrique par  Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Canada-Québec/Retrait des rassemblements à Noël: une décision accueillie sans grande surprise

décembre 5, 2020

Trois-Rivières — Le recul du gouvernement du Québec concernant la tenue de rassemblements multifamiliaux durant le temps des Fêtes en raison des nombreux cas de COVID-19 ne surprend guère Richard Maziade et Jean Pellerin.

Richard Maziade

© Olivier Croteau Richard Maziade

En tant que directeur de la résidence le Jardin de Trois-Rivières et porte-parole régional de la table des résidences pour personnes âgées, M. Maziade estime que la décision annoncée jeudi par François Legault pour les zones d’alerte maximale était inévitable.

«C’est ce qu’il fallait. On ne pouvait pas permettre aux résidents de participer à un party ou de découcher sans les confiner au retour. On est pleinement d’accord avec la décision, surtout pour nos employés. Lorsqu’ils vont dans des rassemblements, le danger est là. Ce sont eux, les plus à risque.»

Selon M. Maziade, les résidents étaient majoritairement pour une période des Fêtes sans rassemblement. Leurs familles partageaient le même point de vue.

«Les familles ne voulaient pas mettre à risque leurs parents. Ils disent qu’ils vont fêter à la Saint-Valentin. Mais ce sera plus difficile pour nos employés qui aimeraient voir leurs enfants, leurs petits-enfants», mentionne M. Maziade.

Jean Pellerin préside la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières. Il reconnaît ne pas être tombé en bas de sa chaise lorsqu’il a appris la volte-face du gouvernement. Mais il s’attend à ce que celle-ci ait des retombées négatives pour des entreprises.

Jean Pellerin

© STÉPHANE LESSARD Jean Pellerin

«J’ai croisé ce matin (vendredi) un de nos entrepreneurs qui a un service de traiteur. Il me disait qu’il recevait plein d’appels pour des annulations, car des gens avaient réservé un buffet pour 10 personnes. Mais il y a d’autres clients qui gardent leur commande, mais qui demandent de placer la nourriture dans des plats séparés pour les remettre à leurs enfants. À la chambre, on comprend que le plus important est la santé. On ne peut pas être contre les mesures annoncées. Mais si on avait pu permettre de célébrer, ça aurait donné un peu d’air à nos entreprises, nos restaurants.»

Certains consommateurs pourraient aussi décider de se gâter davantage pour leur repas des Fêtes, en investissant le même montant pour moins de convives, ou de prendre cet argent pour le dépenser dans d’autres types de commerces, ajoute M. Pellerin, en rappelant l’importance de l’achat local.

«Si cet argent ne va pas à des festivités, ils vont le mettre ailleurs. Le mot d’ordre est solidarité pour tout le monde. Tous les gestes sont importants. Chaque dollar investi ici fait une différence dans tous les secteurs d’activités.»

Voyage: toujours calme

L’interdiction de tenir des rassemblements durant le temps des Fêtes ne semble pas inciter bien des gens à faire leurs bagages pour aller passer Noël dans les destinations soleil, selon Justin Bordeleau, vice-président de Voyages Arc-en-ciel. Avec les services consulaires fermés ou restreints, l’absence d’assurance annulation et interruption concernant la COVID-19 et le maintien d’un confinement de deux semaines au retour d’un voyage à l’étranger freinent l’ardeur des voyageurs.

«Il y a aussi l’aspect éthique et solidaire. On est tous dans le même bateau. Le gouvernement demande de limiter les déplacements entre régions. Ça irait à l’encontre de la santé publique», dit M. Bordeleau.

Certains voyagistes offrent pour le temps des Fêtes des forfaits tout inclus pour le Mexique et Cuba au départ de Montréal et de Québec.

Avec Le Nouvelliste par Martin Lafrenière

Somalie : Trump ordonne le retrait de la « majorité » des troupes américaines

décembre 5, 2020
Le président américain Donald Trump lors d'un déjeuner avec des dirigeants africains à New York, le 20 septembre 2017.

Le président sortant des États-Unis Donald Trump a ordonné le retrait de la « majorité » des troupes américaines de Somalie « d’ici début 2021 », c’est-à-dire juste avant son propre départ du pouvoir, a annoncé vendredi le Pentagone.

« Une partie des forces pourront être redéployées en dehors de l’Afrique de l’Est. Toutefois, le reste des forces seront repositionnées de Somalie vers les pays voisins afin de permettre des opérations transfrontalières par les États-Unis et les forces partenaires, pour maintenir la pression sur les organisations extrémistes violentes », a déclaré le ministère américain de la Défense dans un communiqué.

Quelque 700 soldats des forces spéciales américaines forment et conseillent l’armée somalienne dans ce pays de la Corne de l’Afrique face aux jihadistes shebab, affiliés à Al-Qaïda.

« Les États-Unis ne se retirent pas d’Afrique »

« Les États-Unis ne se retirent pas ni se désengagent d’Afrique », a assuré le Pentagone. « Nous continuerons d’affaiblir les organisations extrémistes violentes susceptibles de menacer notre territoire », a-t-il ajouté, promettant de « conserver la capacité de mener des opérations contreterroristes ciblées en Somalie ». Washington s’engage aussi à poursuivre ses activités de renseignement sur place.

Ces annonces répondent au souhait de Donald Trump de désengager l’US Army de ses principaux théâtres d’opérations extérieures et de « mettre fin aux guerres sans fin » de l’Amérique, à l’unisson avec une bonne partie de l’opinion. Depuis la victoire du démocrate Joe Biden à la présidentielle de novembre, le milliardaire républicain, bien qu’il n’ait toujours pas admis sa défaite, tente d’accélérer le retrait de plusieurs pays, notamment d’Afghanistan et d’Irak, avant la passation du pouvoir du 20 janvier.

Les shebab restent une menace importante en Somalie et dans la région, comme l’a encore affirmé l’inspecteur général du Pentagone dans un très récent rapport. Le groupe « continue à s’adapter, à résister, et reste capable d’attaquer les intérêts occidentaux et leurs partenaires en Somalie et en Afrique de l’Est », a-t-il noté.

Avec AFP

États-Unis: L’équipe de Donald Trump retire sa plainte dans le Michigan

novembre 19, 2020

L'ÉQUIPE DE DONALD TRUMP RETIRE SA PLAINTE DANS LE MICHIGAN© Reuters/EMILY ELCONIN L’ÉQUIPE DE DONALD TRUMP RETIRE SA PLAINTE DANS LE MICHIGAN

WASHINGTON (Reuters) – L’équipe de campagne du président sortant américain, Donald Trump, a annoncé jeudi avoir mis fin au recours engagé devant la justice de l’Etat de Michigan pour contester la certification des résultats de l’élection présidentielle du 3 novembre, remportée par Joe Biden.

Dans une plainte déposée le 11 novembre, l’équipe de Donald Trump souhaitait que les résultats ne soient pas certifiés tant que la légalité des votes ne serait pas vérifiée.

« Ce matin, nous retirons notre action en justice dans le Michigan, résultat direct de la réparation que nous souhaitions: empêcher que les élections dans le comté de Wayne ne soient prématurément certifiées avant que les habitants puissent être assurés que tout vote légal a été pris en compte et que tout vote illégal n’a pas été comptabilisé », a déclaré l’avocat de Donald Trump, Rudy Giuliani, cité dans un communiqué.

Une conférence de presse des avocats de l’actuel locataire de la Maison blanche est prévue à 17h00 GMT.

Le refus de Donald Trump d’admettre la victoire de Joe Biden empêche la mise en oeuvre d’une transition en douceur vers une nouvelle administration.

Avec Reuters par (Doina Chiacu; version française Claude Chendjou, édité par Jean-Michel Bélot)

Génocide au Rwanda : une historienne controversée se retire de la commission sur le rôle de la France

novembre 14, 2020

Emmanuel Macron et Paul Kagame, à l'Élysée, le 23 mai 2018.

Accusée de parti pris, une historienne spécialiste des questions militaires s’est « mise en retrait » de la Commission chargée de faire la lumière sur le rôle de la France lors du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994.

Une historienne militaire accusée de parti pris s’est « mise en retrait » de la Commission chargée d’examiner les archives françaises relatives au rôle joué par Paris au Rwanda entre 1990 et 1994.

Cette commission, présidée par l’historien Vincent Duclert, « a pris acte, le 25 août 2020, de la décision de Mme Julie d’Andurain, Professeure des Universités, de se mettre en retrait des travaux de la Commission », indique un bref communiqué diffusé le 14 novembre.

Le retrait de l’historienne intervient à la suite d’une intense polémique déclenchée par un article du Canard enchaîné. Le 28 octobre, l’hebdomadaire avait en effet exhumé un article écrit en 2018 par Julie d’Andurain sur l’intervention militaro-humanitaire française Turquoise, qui s’est déroulée au Rwanda et dans l’ex-Zaïre entre juin et août 1994. Publié dans le Dictionnaire des opérations extérieures de l’armée française (Ministère des Armées- ECPAD, Paris, Nouveau-monde, 2018), un ouvrage préfacé par le général d’armée François Lecointre, chef d’état-major des armées, l’historienne estimait notamment dans ce texte que l’« l’Histoire rendrait raison » au bilan de cette opération controversée.

« Négationnisme »

Les termes employés dans l’article ont aussitôt déclenché une polémique sur les réseaux sociaux. Ils ont aussi fait bondir une partie de la communauté des historiens en France, lesquels ont dénoncé les « erreurs », le « parti pris », voire « le négationnisme » du texte, et critiqué les deux principales sources de Julie d’Andurain : l’ancien secrétaire général de l’Élysée, Hubert Védrine, défenseur de la politique française au Rwanda, et le journaliste pamphlétaire Pierre Péan.

Lancée le 22 juin 1994, l’opération Turquoise (composée de plus de 2 500 hommes) a été, pour ses défenseurs, une intervention humanitaire au service des « populations civiles – sans distinction – , mais pour ses détracteurs elle avait surtout pour objectif de soutenir le gouvernement hutu génocidaire et son armée, alors en déroute face au Front patriotique rwandais (FPR).

CET ARTICLE EST UN PLAIDOYER ARDENT POUR L’ARMÉE FRANÇAISE

« Il y a dans cet article un parti pris manifeste et sans nuance pour la politique française entre 1990 et 1994 au Rwanda, c’est un plaidoyer ardent pour l’armée française. Mais ce qui est problématique, et le mot est faible, c’est la lecture que Mme d’Andurain fait du génocide, en parlant dès le début de sa notice de  »massacres entre Hutu et Tutsi » », a estimé l’historienne Hélène Dumas (CNRS), spécialiste du génocide des Tutsi.

Hélène Dumas, ainsi qu’un autre spécialiste du Rwanda, Stéphane Audouin-Rouzeau (EHESS), avaient été écartés de la Commission, créée en 2019, précisément parce que spécialistes, et au nom d’une « neutralité » revendiquée par la présidence de la République française.

Un choix qui avait suscité la critique et le scepticisme d’une partie de la communauté des chercheurs, à l’instar de l’historienne spécialiste de la Shoah, Annette Becker : « Il y a dans cette commission des gens très bien, mais pour travailler sur la question il faut connaître l’Afrique, les Grands Lacs, l’histoire coloniale, l’histoire militaire », insiste-t-elle.

Une commission de parti pris ?

La révélation des écrits de Julie d’Andurain – qui n’a pas souhaité réagir depuis le début de la polémique – a jeté une nouvelle ombre sur le travail de la Commission. « Au départ, il y avait des doutes sur les compétences mais aujourd’hui on a des questionnements sur le parti pris. C’est intenable. Nous sommes à quelques mois de la remise du travail de la Commission, et lorsqu’on découvre de telles aberrations on peut douter du sérieux du rapport à venir », ajoute Hélène Dumas.

La Société Française d’histoire des outre-mers (SFHOM), dont Mme d’Andurain est membre, a soutenu l’historienne et dénoncé une campagne « calomnieuse » contre elle, défendant « l’exigence et la rigueur dont elle fait preuve dans ses travaux ». Mais une autre association professionnelle, l’Association des historiens contemporanéistes de l’enseignement supérieur et de la recherche (AHCESR) – dont Julie d’Andurain est vice-présidente -, qui lui avait initialement apporté son soutien, s’est ensuite rétractée en expliquant n’avoir pas voulu souscrire aux analyses de sa collègue.

Mise en place en avril 2019 par le président français Emmanuel Macron, cette commission indépendante de quinze membres doit examiner les archives françaises relatives à l’implication politico-militaire de Paris au Rwanda entre 1990 et 1994.

« Cette mise en retrait volontaire signifie que Madame d’Andurain ne consulte plus d’archives, qu’elle ne participe plus aux réunions d’équipe et qu’elle ne contribue pas à la rédaction du rapport », a expliqué à Vincent Duclert à l’AFP, tout en saluant l’apport de l’historienne « à la connaissance des institutions militaires contemporaines ».

Anachronisme

Désireux d’éteindre la polémique déclenchée suite à l’article du Canard enchaîné, Vincent Duclert pourrait bien, malgré lui, avoir attisé l’incendie. Car la chronologie évoquée dans son communiqué provoque un évident scepticisme parmi les connaisseurs du dossier. Selon le président de la Commission, la « mise en retrait de Julie d’Andurain » daterait en effet du 25 août dernier. Autrement dit, Julie d’Andurain se serait mise en congé de la Commission pour convenances personnelles, sans lien aucun avec la controverse découlant de son article de 2018.

Une version anachronique que contredisent plusieurs observateurs interrogés par Jeune Afrique, qui ont notamment eu accès aux échanges de mails entre les membres  de l’AHCESR. Jusqu’en novembre, rien ne permettait en effet de penser, au vu de ces courriels, que Julie d’Andurain avait pris ses distances avec la Commission.

Interrogé par JA le 12 novembre, Vincent Duclert n’avait pas souhaité s’exprimer sur la situation de Julie d’Andurain. « Vous imaginez bien qu’on est en train de gérer la situation », avait-il éludé.

Zones d’ombre sur le rôle de la France

Le rapport préparé par la Commission doit toujours être remis le 5 avril au président Emmanuel Macron, « lequel le rendra aussitôt public avec l’intégralité des sources in extenso, comme cela a toujours été décidé et annoncé », a-t-il précisé à l’AFP.

Selon lui, les polémiques autour des écrits de Julie d’Andurain « n’affectent pas la Commission, dont l’unité se fonde sur l’adhésion au mandat de recherche scientifique qui lui a été confié », a-t-il ajouté.

Les zones d’ombres sur le rôle de la France au Rwanda restent une source récurrente de polémique en France depuis plus de 25 ans. Emmanuel Macron s’était engagé, en mai 2018, à cet accès facilité aux archives françaises lorsqu’il avait reçu son homologue rwandais Paul Kagame à l’Élysée

Par Jeune Afrique avec AFP

Canada/Inconduites: des voix s’élèvent contre le retrait des ondes de La Faille

juillet 16, 2020
Des groupes représentant des travailleurs de l’industrie de la télévision et du cinéma s’opposent au retrait des ondes des séries dans lesquelles figurent des individus qui font face à des allégations d’inconduites, car ces décisions pénalisent toutes les personnes impliquées dans la création de ces œuvres.
L’Alliance québécoise des techniciens et techniciennes de l’image et du son (AQTIS), l’Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec (ARRQ) et la Société des auteurs de radio, télévision et cinéma (SARTEC) ont publié un communiqué jeudi soir dans lequel elles déplorent le retrait des ondes d’oeuvres de fiction comme « La faille », une série dans laquelle Maripier Morin tient un rôle.

Cette décision «pénalise non seulement leur public, mais toutes les personnes impliquées dans leur création, leur production et leur diffusion. De tels retraits sont injustes et disproportionnés», peut-on lire dans le communiqué.

«Les équipes qui travaillent d’arrache-pied sur nos séries et nos films, et leur public, ne doivent pas subir de tels abandons pour les agissements d’un seul individu».

Selon leurs présidents, Dominic Pilon (AQTIS), Gabriel Pelletier (ARRQ) et Mathieu Plante (SARTEC), « le public est en mesure de faire la part des choses entre la réalité et la fiction ».

Dans la foulée des allégations visant la comédienne Maripier Morin, Vidéotron a retiré La faille du Club illico.

La chanteuse Safia Nolin a raconté la semaine dernière sur Instagram une soirée qui s’est déroulée en 2018.

Elle relate que Maripier Morin l’a touchée, lui a mordu une cuisse en plus de lui tenir des propos sexuellement explicites et racistes. Maripier Morin a présenté des excuses pour son comportement, sans reconnaître les faits spécifiques rapportés par l’auteure-compositrice-interprète. Les allégations des deux femmes n’ont pas été testées devant les tribunaux.

Dans leur communiqué, l’AQTIS, l’ARRQ et la SARTEC ont tenu à spécifier qu’elles saluaient  «le courage des victimes qui prennent la parole et dénoncent les actes répréhensibles de certains individus».

Avec La Presse canadienne

La Chine critique le retrait des États-Unis de l’OMS

juillet 8, 2020

 

LA CHINE CRITIQUE LE RETRAIT DES ETATS-UNIS DE L'OMS
© Reuters/Carlos Garcia Rawlins LA CHINE CRITIQUE LE RETRAIT DES ETATS-UNIS DE L’OMS
PEKIN (Reuters) – La Chine a critiqué mercredi le retrait annoncé des États-Unis de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), déclarant que cette décision aurait de graves conséquences pour les pays en développement.

Lors d’un point presse, Zhao Lijian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a déclaré que Pékin exhortait la communauté internationale à renforcer le soutien à l’OMS.

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, s’est parallèlement retiré à la dernière minute d’un colloque en visioconférence organisé par Chatham House à Londres auquel il devait participer ce mercredi.

Les organisateurs de l’événement ont indiqué qu’il devait prendre part à une série de réunions liées à la notification par les États-Unis de leur retrait de l’OMS. L’explication n’a pas encore été confirmée par son secrétariat à Genève.

Donald Trump a annoncé le 29 mai dernier qu’il mettait fin aux relations des États-Unis avec l’OMS à la suite de la crise du coronavirus, estimant que l’institution était devenue une « marionnette » de la Chine.

Le président américain a officiellement notifié l’Onu de sa décision. Le départ des États-Unis de l’OMS sera effectif dans un an, le 6 juillet 2021, ont annoncé mardi les Nations unies.

Reuters (Gabriel Crossley avec Kate Kelland à Londres; version française Elena Smirnova, édité par Henri-Pierre André)

Les États-Unis se retirent formellement de l’Organisation mondiale de la santé

juillet 7, 2020

 

L’administration Trump accuse l’OMS d’avoir mal géré la pandémie de coronavirus.

Les États-Unis ont confirmé mardi avoir officiellement notifié l’ONU du retrait américain de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), accusée par Washington d’avoir tardé à réagir face à la pandémie de coronavirus.

La notification sera effective au terme d’un délai d’un an, soit le 6 juillet 2021, ont précisé plusieurs responsables du gouvernement américain, plus gros contributeur de l’organisation. «Le Congrès a reçu la notification que le président a officiellement retiré les États-Unis de l’OMS au beau milieu d’une pandémie», a écrit sur Twitter Robert Menendez, membre démocrate de la Commission sénatoriale des Affaires étrangères.

Elle a été envoyée au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, «qui est le dépositaire pour l’OMS», ont-ils dit. Les Nations unies ont également confirmé avoir reçu lundi la lettre de retrait américain. Le porte-parole d’Antonio Guterres a précisé que les États-Unis, membres fondateurs de l’OMS en 1948, devaient remplir deux conditions pour se retirer de l’organisation: respecter un délai d’un an et être à jour dans leurs contributions. L’annonce a été fustigée par la Fédération des scientifiques américains. Elle intervient «au moment où on a le plus besoin de coopération internationale» et ce retrait «ne fera que nuire à la lutte mondiale contre le Covid-19», a-t-elle réagi.

Le président américain avait annoncé fin mai «mettre fin à la relation» entre son pays et l’OMS, qu’il accuse depuis le début de la pandémie de se montrer trop indulgente avec la Chine, où le coronavirus est apparu en décembre avant de se répandre sur la planète. Les États-Unis, qui apportent 15% du budget de l’agence onusienne et en sont de loin le premier bailleur de fonds, vont «rediriger ces fonds vers d’autres besoins de santé publique urgents et mondiaux qui le méritent», avait-il déclaré à la presse. La semaine dernière, un haut responsable américain de la santé avait toutefois assuré que les États-Unis continuaient de travailler au jour le jour avec l’OMS. «Je n’ai pas été rappelé, je n’ai reçu aucune instruction pour que je me retire», avait déclaré Brett Giroir, secrétaire adjoint à la Santé, et membre du conseil exécutif de l’OMS.

Par Le Figaro avec AFP