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La vaccination est maintenant obligatoire pour les camionneurs qui entrent au Canada

janvier 15, 2022
Des camions attendent de franchir la frontière canadienne à Sarnia, en Ontario.

Depuis minuit samedi, les camionneurs qui franchissent la frontière canadienne doivent être entièrement vaccinés s’ils veulent éviter une quarantaine de deux semaines. Photo: AFP Via Getty Images/Geoff Robins

Depuis minuit samedi, les camionneurs qui franchissent la frontière canadienne doivent être entièrement vaccinés. Les camionneurs transfrontaliers canadiens qui ne le sont pas devront être placés en quarantaine, et les camionneurs américains pourront être refoulés avec leur cargaison.

L’industrie du camionnage estime que cette mesure mettra à l’écart environ 26 000 camionneurs, soit 15 % des effectifs – alors qu’il y a une pénurie de main-d’œuvre dans ce secteur.

L’impact le plus important devrait se faire sentir dans le panier d’épicerie, prévoient certains analystes. Le secteur agroalimentaire sera le plus touché par les retards de livraison dans de nombreuses épiceries.

C’est un poids de plus sur les chaînes d’approvisionnement qui sont déjà largement éprouvées, indique le professeur émérite à HEC Montréal, Jacques Nantel.

« C’est surtout dans le secteur alimentaire, notamment dans les produits frais [que] cela va avoir un impact [comme] sur les fruits et les légumes. »— Une citation de  Jacques Nantel, professeur émérite à HEC Montréal

Les consommateurs doivent s’attendre à ce que les tablettes des supermarchés soient moins remplies, et que plusieurs produits coûtent plus cher.

Cette mesure crée un fardeau supplémentaire à toute la chaîne d’approvisionnement, mentionne Mélanie Parent, directrice générale de Transports Harold Carruthers inc. et Transport Lau-Ann. Il va y avoir des délais, le transport va en subir, et donc, les entreprises et par la suite, le consommateur, poursuit-elle.

Le ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos, persiste et signe, et croit que la décision d’exiger des camionneurs transfrontaliers d’être entièrement vaccinés est nécessaire pour protéger la santé des Canadiens et des camionneurs eux-mêmes.

Mesure exagérée

Mais les camionneurs trouvent la mesure exagérée, parce qu’ils ne sont pas en contact étroit avec beaucoup de gens lorsqu’ils sont aux États-Unis, plaident-ils.

« Pourquoi est-ce que [durant] la première vague, les camionneurs étaient considérés comme des héros, et que là, avec la réalité qu’ils ont, isolés dans un habitacle, ils ne représentent pas de risque de contamination? »— Une citation de  André Durocher, responsable de la sécurité au groupe Trans-West

Alors pourquoi à ce moment-là faire une mesure qui vient pénaliser non seulement l’industrie du camionnage, mais aussi les consommateurs et la population? se demande encore M. Durocher, qui rappelle que les camionneurs ne sont pas moins nombreux que la population générale à être vaccinés contre la COVID-19.

Plus tôt cette semaine, le Conseil de la transformation alimentaire du Québec (CTAQ) avait indiqué que cette nouvelle exigence aura des répercussions dans la province, puisque ce refus d’entrée au pays représentera entre 12 000 et 16 000 camionneurs de moins sur la route, alors que l’industrie est déjà aux prises avec une grave pénurie de camionneurs.

Environ 26 000 des 160 000 conducteurs qui effectuent régulièrement des trajets transfrontaliers seront mis à l’écart en raison de l’obligation vaccinale, a prévenu l’Alliance canadienne du camionnage et l’American Trucking Association, qui croit aussi que cela entraînera des hausses de prix des marchandises, comme la nourriture ou les appareils médicaux.

Restrictions imposées par les États-Unis le 22 janvier

Les États-Unis se préparent à imposer des restrictions similaires aux camionneurs canadiens dès le 22 janvier.

Soulignons qu’il y a eu une certaine confusion cette semaine entourant la vaccination obligatoire des camionneurs qui entrent au Canada, pour éviter la quarantaine, lorsque l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a annoncé mercredi le report de la mesure.

Ottawa a fait marche arrière dès le lendemain, précisant que la règle entrerait bel et bien en vigueur à compter de ce samedi, comme annoncé en novembre dernier.

Par Radio-Canada avec des informations de Jérôme Bergeron et de La Presse canadienne

Covid-19: «On court derrière un train qui va plus vite que nous»

janvier 14, 2022
Le Dr Kobinger (sur la photo) juge que le projet du gouvernement Legault d’imposer une taxe santé aux personnes non vaccinées est guidé davantage «par la panique».
Photo: Christopher Black / Who / Agence France-Presse Le Dr Kobinger (sur la photo) juge que le projet du gouvernement Legault d’imposer une taxe santé aux personnes non vaccinées est guidé davantage «par la panique».

« Courir derrière un train en marche », c’est la stratégie peu efficace par laquelle l’humanité s’efforce, dose après dose, à lutter contre la COVID-19 après 22 mois de pandémie, plutôt que d’investir dans la mise au point de vaccins universels.

C’est l’image choisie par le Dr Gary Kobinger, expert mondial des vaccins contre les agents pathogènes infectieux émergents et nouveau directeur du laboratoire national de biodéfense (niveau de sécurité 4) de Galveston, au Texas, pour décrire l’assaut plus ou moins efficace mené actuellement contre le variant Omicron par les différents États.

« Là, on court après un train en marche qui va plus vite que nous, qu’on ne peut ni rattraper ni arrêter. Après plus de deux ans, il est temps de s’asseoir et de dire : “OK, en même temps qu’on court derrière ce train, ajoutons d’autres stratégies pour l’arrêter.” On ignore si le virus va évoluer vers une forme plus sévère ou plus contagieuse. C’est pour ça qu’on doit se préparer au pire et modifier nos stratégies vaccinales », souligne-t-il.

Le co-inventeur du vaccin contre l’Ebola et conseiller de l’Organisation mondiale de la santé sur les agents pathogènes prioritaires estime que la communauté scientifique doit, plutôt que bonifier sans arrêt les vaccins ciblés actuels, poursuivre la recherche fondamentale et collaborer pour créer des plateformes vaccinales universelles contre le SRAS-CoV-2 qui protégeraient l’humanité contre plusieurs coronavirus et divers variants.

Une grande part des fonds qui avaient été alloués à la recherche vaccinale sur la COVID-19 par les États est maintenant massivement détournée vers l’achat de milliards de millions de doses, déplore-t-il.

« Les gouvernements se disent : “À quoi bon financer d’autres avenues, puisqu’on a déjà des vaccins ?” » dit-il. Il existe des vaccins universels et polyvalents notamment contre l’influenza, qui protègent contre les souches les plus courantes des 20 dernières années.

« Développer un vaccin plus universel et plus efficace contre le coronavirus, ça veut dire retourner à la table à dessin et s’éloigner de l’approche actuelle. Ça veut dire rajouter du temps, facilement une année de travail, pour y arriver. Mais en ce moment, les décisions des gouvernements sont plus souvent basées sur la peur que sur la science. »

Une réaction de panique

Le Dr Kobinger juge que le projet du gouvernement Legault d’imposer une taxe santé aux personnes non vaccinées est guidé davantage « par la panique ». « Je ne fais pas de politique, mais je trouve que c’est une réaction précipitée à un processus tout à fait naturel qui va continuer de se produire, soit l’émergence d’un agent pathogène qui s’étend à l’échelle de la planète », affirme-t-il.

Somme toute, il est trop tard pour empêcher la réplication du SRAS-CoV-2 avec les armes actuelles. « C’est une illusion de penser que la vaccination va nous sortir de la pandémie. Elle réussit à diminuer la maladie et à sauver des vies, c’est le but. Mais cet agent pathogène s’est établi dans la population humaine et va désormais faire partie de notre environnement de maladies infectieuses », explique le Dr Kobinger.

 En ce moment, les décisions des gouvernements sont plus souvent basées sur la peur que sur la science— Le Dr Gary Kobinger

L’objectif ne doit pas être de faire disparaître le virus — un but inaccessible, selon lui —, mais plutôt de s’adapter à sa présence et de limiter sa réplication d’ampleur « nucléaire », qui, elle, permet l’émergence de souches encore plus néfastes pour l’humanité.

« On a été trop optimistes dès le départ. Il faut toujours se préparer au pire. Le virus se réplique maintenant à des niveaux stratosphériques dans des communautés où il y a de 20 à 25 % de gens immunosupprimés en raison d’une infection au VIH non traitée, où les gens vivent les uns par-dessus les autres, ou parmi des groupes de personnes déplacées à cause de conflits politiques et des changements climatiques. Voir que les doses de vaccin ne sont pas attribuées en priorité à ces sous-groupes et penser qu’on va sortir de la pandémie, ça ne tient pas sur le plan scientifique », déplore-t-il.

Cela dit, l’ex-directeur du Centre de recherche en infectiologie de l’Université Laval croit que l’humanité doit apprendre de l’histoire des coronavirus. Ceux-ci ont toujours côtoyé l’humain, et la plupart demeurent assez inoffensifs. Mais c’est la première fois, dans l’histoire connue, qu’un coronavirus se propage aussi rapidement à travers le globe, convient-il.

 C’est une illusion de penser que la vaccination va nous sortir de la pandémie— Le Dr Gary Kobinger

« Ça fait partie de l’apprentissage qu’il reste à faire, de comprendre que les maladies infectieuses ne disparaissent pas. Elles peuvent disparaître quand l’épidémie est freinée très tôt, comme ça a été le cas pour le SRAS, mais elles peuvent réémerger. On doit continuer de se préoccuper d’autres virus émergents qui continuent d’être présents, notamment du coronavirus causant le SRMO [syndrome respiratoire du Moyen-Orient], qui possède un potentiel de mortalité beaucoup plus élevé que le SRAS-CoV-2. Ça reste important d’endiguer cet autre agent pathogène, pendant qu’on a encore le temps, avant qu’il évolue vers une capacité de transmission aussi grande que le SRAS-CoV-2. »

L’infectiologue demeure relativement confiant face aux prochains mois et croit une éclaircie possible. « Le virus continuera-t-il à causer des perturbations sociales aussi grandes ? Personne ne peut l’assurer. Il évolue vers les voies respiratoires supérieures, où il cause moins de dommages, et non vers les poumons. C’est ce qui caractérise les coronavirus qui causent le rhume. Donc la propagation est accrue, mais la maladie est moins grave. Je pense qu’à l’été, on va se sortir la tête de l’eau, et que c’est probablement une des plus importantes vagues [la cinquième] qu’on aura. Mais personne ne peut l’affirmer [avec certitude]. »

Avec Le Devoir par Isabelle Paré

Des jours d’isolement pour les voyageurs de retour au Canada

janvier 13, 2022

Même adéquatement vaccinées, les personnes de retour au pays doivent parfois patienter près d’une semaine avant de recevoir le résultat de leur test de dépistage à l’aéroport.

Des voyageurs attendent près d'une clinique de dépistage à l'aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal.

Les voyageurs doivent, aléatoirement, subir un test de dépistage à leur arrivée au Canada. Photo: Radio-Canada/Ivanoh Demers

Les jours passent, l’attente s’éternise et l’impatience augmente.

Dans son appartement montréalais, Loïc Layssac tourne en rond. Doublement vacciné, il est pourtant en isolement depuis maintenant six jours. La faute au résultat d’un test de dépistage qui tarde à lui être envoyé.

Après avoir passé les fêtes de Noël en France, afin de revoir sa famille après plusieurs mois loin des siens, ce travailleur temporaire de 25 ans a obtenu un test PCR négatif pour embarquer à nouveau vers le Canada.

De retour dans la métropole québécoise, il a été contraint, à l’instar de milliers d’autres voyageurs, de faire un nouveau test de dépistage dans les locaux de l’aéroport.

On m’a annoncé que le résultat serait accessible en environ trois jours. Me retrouver confiné après six jours, je ne m’y attendais pas du tout, regrette-t-il.

« C’est ultra frustrant. C’est même aberrant qu’un laboratoire payé par le gouvernement prenne autant de temps pour envoyer un résultat de test. »— Une citation de  Loïc Layssac

Loïc Layssac est loin d’être le seul voyageur dans cette situation. Au cours des derniers jours, Radio-Canada a obtenu de nombreux témoignages similaires. Des messages identiques pullulent également sur les réseaux sociaux.

Plusieurs déplorent notamment des difficultés pour joindre Dynacare, l’entreprise responsable de ces tests à l’aéroport de Montréal.

Le comble du ridicule, c’est que je suis un travailleur de la santé. Dès que j’aurai mon résultat négatif, je pourrai aller aider à l’effort collectif pour lutter contre la pandémie. Au lieu de ça, je suis emprisonné à la maison, nous a confié un autre voyageur, qui patiente depuis cinq jours.

D’autres attendent depuis une semaine et parlent d’une galère, d’une catastrophe ou d’abus de pouvoir.

Un personnel débordé, selon Ottawa

Le laboratoire Dynacare a refusé de répondre aux questions de Radio-Canada, nous invitant à contacter le gouvernement fédéral.

Ce dernier, qui assure sur son site Internet que le résultat est normalement communiqué dans les 72 heures, dit être au fait du problème.

[On] sait que des voyageurs ne reçoivent pas le résultat de leur test de dépistage à l’arrivée dans un délai raisonnable, souligne André Gagnon, porte-parole de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC).

« Le personnel des laboratoires qui analyse ces tests continue d’être débordé compte tenu du nombre croissant de personnes qui subissent des tests dans les collectivités et de la hausse du nombre de voyageurs. »— Une citation de  André Gagnon, porte-parole de l’ASPC

Les voyageurs n’ayant eu aucun résultat après 14 jours de quarantaine […] peuvent mettre fin à leur quarantaine à condition qu’ils ne présentent pas de symptômes liés à la COVID‑19, précise-t-il.

Différents fournisseurs dans le pays

Le gouvernement fédéral a conclu plusieurs ententes avec différents fournisseurs pour réaliser ces tests de dépistage dans les aéroports. Dynacare est présent à Montréal et à Winnipeg. L’entreprise Switch Health, qui avait connu des problèmes similaires l’an passé, est présente notamment à Calgary, Edmonton, Ottawa et Toronto. Le groupe Biron est quant à lui responsable des tests à l’aéroport de Québec et pourrait bientôt venir à Montréal. Nous sommes en voie d’amorcer nos démarches pour effectuer le mandat qui nous a été confié à l’aéroport Montréal-Trudeau, confie une porte-parole.

Près de 1 % de tests positifs

À la fin du mois de novembre, le gouvernement de Justin Trudeau a pris la décision de resserrer les règles à la frontière canadienne.

Des tests de dépistageobligatoires ont été annoncés pour tous les voyageurs aériens arrivant au Canada, qu’importe leur statut vaccinal, à l’exception de ceux en provenance des États-Unis.

En réalité, ces tests ne sont pas systématiques et sont réalisés de manière aléatoire. Cependant, le volume a considérablement augmenté au fil des semaines.

Plus de 111 200 tests ont été menés dans l’ensemble des aéroports canadiens entre le 19 et le 25 décembre, contre environ 72 000 entre le 5 et le 11 décembre.

Depuis la mise en en place de cette mesure, près de 1 % des tests réalisés dans les aéroports canadiens auprès de voyageurs entièrement vaccinés se sont révélés positifs. Ce chiffre est en augmentation. Début décembre, il oscillait autour de 0,2 %. Il a ensuite grimpé à plus de 2 % durant la semaine de Noël.

Malgré ces données, la chercheuse Roxane Borgès Da Silva n’est pas convaincue de l’utilité de tels tests.

En présentant un test négatif [avant l’embarquement], on a déjà une baisse du niveau de risque, souligne la professeure de l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

« Dans un contexte où on a déjà une forte circulation du virus, c’est une mesure qu’on peut mettre en question. »— Une citation de  Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École de santé publique

Selon cette experte, l’utilisation de tests rapides antigéniques à l’arrivée au Canada serait plus utile. On pourrait ensuite investir [les sommes versées aux laboratoires pour les tests PCR] dans nos centres de dépistage, lance-t-elle.

Un avis partagé par l’épidémiologiste Nimâ Machouf. Ce serait une bonne idée, affirme-t-elle.

La prudence est cependant nécessaire, ajoute-t-elle. Ces voyageurs, s’ils ont vu de la famille, sont susceptibles d’avoir eu plusieurs contacts entre leur test PCR [pour avoir le droit d’embarquer vers le Canada] et leur arrivée dans l’avion.

Cependant, clame Mme Machouf en évoquant le contexte épidémiologique au sud de la frontière, ne pas tester les voyageurs provenant des États-Unis est épouvantable.

Des non-vaccinés peuvent toujours venir au Canada

De nouvelles exigences vont également entrer en vigueur à partir du 15 janvier. Celles-ci visent notamment les étudiants étrangers, qui devront être adéquatement vaccinés pour venir au Canada.

De telles dispositions concernaient déjà les touristes depuis cet été.

Cependant, contrairement à plusieurs annonces gouvernementales, la vaccination obligatoire n’est pas exigée pour toutes les personnes arrivant au pays.

Par exemple, les nouveaux résidents permanents, les travailleurs des secteurs de l’agriculture et de l’agroalimentaire, les réfugiés ou encore les membres d’équipage étrangers peuvent toujours entrer au Canada sans être vaccinés.

Radio-Canada par

Romain Schué

Romain Schué avec la collaboration d’Aude Garachon et de Marie Isabelle Rochon

Le Nouveau-Brunswick se confine de nouveau

janvier 13, 2022
Blaine Higgs.

Le premier ministre Blaine Higgs annoncera que la province passe en phase trois d’ici la fin de semaine. Photo: CBC/ED Hunter

Alors que le nombre d’hospitalisations continue de monter au Nouveau-Brunswick, le gouvernement passera à la phase 3 de son plan hivernal d’ici la fin de semaine. Ces mesures incluent une interdiction des rassemblements, la fermeture des commerces non essentiels et le report de la rentrée scolaire en présentiel jusqu’au 31 janvier minimalement.

Selon des sources de Radio-Canada, le premier ministre Blaine Higgs en fera l’annonce lors d’une conférence de presse à 14 h 30. Il sera accompagné de la médecin hygiéniste en chef, la Dre Jennifer Russell, mais pas de sa ministre de la Santé, Dorothy Shephard.

Ces nouvelles mesures entreraient en vigueur vendredi à 23 h 59.

Le 3 décembre dernier, la province a présenté un nouveau plan de gestion de la pandémie en trois phases. La phase trois est la plus restrictive et prévoit les mesures suivantes :

Phase 3, selon le plan hivernal du Nouveau-Brunswick

  • Bulle d’un seul ménage
  • Rassemblements publics interdits
  • Fermeture des salles à manger des restaurants
  • Seuls les commerces essentiels peuvent ouvrir
  • Gyms, spas et salons sont fermés
  • Centres de divertissements fermés
  • Services religieux seulement permis en plein air ou de façon virtuelle
  • Les sports, loisirs et activités organisées ne sont pas permis
  • L’école se poursuit en mode virtuel

Les garderies seraient ouvertes selon nos informations.

En ce qui a trait aux déplacements, la phase trois telle que décrite dans le plan hivernal les permet encore, pourvu que les voyageurs qui viennent au Nouveau-Brunswick s’enregistrent, comme c’est le cas actuellement.

Selon la santé publique, les facteurs qui dictent le passage à une phase plus sévère comprennent :

  • l’augmentation de la moyenne sur 7 jours du nombre de nouveaux cas;
  • un taux de positivité de 15 % dans la province ou dans une seule zone;
  • 100 hospitalisations actives ou 50 hospitalisations actives aux soins intensifs;
  • une augmentation de la moyenne sur 7 jours du nombre de nouvelles admissions;
  • l’incapacité pour les ressources de santé publique de maintenir et de gérer la recherche des contacts.

Un système de santé surchargé

La province a présenté mardi ses projections quant à la propagation du virus. Selon les estimations des experts, il pourrait y avoir jusqu’à 5500 nouveaux cas de la maladie et jusqu’à 220 hospitalisations d’ici la fin du mois de janvier si le niveau de contacts de la population reste le même.

Mercredi, le Nouveau-Brunswick a annoncé que 94 personnes atteintes de la COVID-19 se trouvaient à l’hôpital.Début du widget . Passer le widget?https://datawrapper.dwcdn.net/iYSZk/1/Fin du widget . Retour au début du widget?

De ce nombre, 34 personnes avaient été admises pour d’autres raisons que la COVID-19. Dix personnes étaient aux soins intensifs et on a signalé un décès.

Il y avait 369 travailleurs de la santé en isolement.

Accompagner la phase 3 d’autres mesures

La député du Parti vert Megan Mitton apprécie que le gouvernement agisse pour contenir la propagation du variant Omicron, mais espère que le passage à la phase 3 sera accompagné d’autres mesures.

Il ne faut pas seulement passer à la phase 3. Il faut améliorer [la distribution] des vaccins, il faut aller plus vite, pense-t-elle.Megan Mitton interviewée.

La députée de Memramcook-Tantramar du Parti Vert, Megan Mitton, espère que des mesures seront prises pour accélérer la campagne de vaccination. (archives) Photo: Radio-Canada

Elle se dit d’accord avec l’opinion de certains experts qui recommandent de raccourcir l’intervalle entre les doses du vaccin pour les enfants de 5 à 11 ans.

Elle pense aussi que dans le contexte où l’école se fera de façon virtuelle pour encore un moment, il serait préférable de revoir le concept de bulle familiale pour permettre aux parents et aux personnes vulnérables de pouvoir compter sur un réseau de soutien. 

Le propriétaire du restaurant Chez Ange Bistro à Shediac, Ange Ogieda-Diaz, est très inquiet de devoir fermer encore une fois son établissement.

J’ai ouvert en juillet 2020 et depuis juillet 2020 j’essaie de survivre, se désole-t-il.

Il espère que cette nouvelle étape sera accompagnée d’un soutien pour les petites entreprises touchées comme la sienne.

J’ai trois salariés et je ne sais pas ce qu’ils vont devenir […] financièrement je ne sais pas si je vais pouvoir tenir longtemps, parce que j’ai quand même un loyer à payer, s’inquiète le propriétaire.

La province devrait préciser à 14 h 30 si une aide sera offerte aux entreprises. En Nouvelle-Écosse a annoncé en décembre un programme d’aide aux entreprises qui sont touchées par les mesures sanitaires et permet à celles-ci d’obtenir une subvention entre 2500 et 7500 $.

Par Radio-Canada avec les informations de Nicolas Steinbach, Pascal Raiche-Nogue et Héloïse Rodriguez-Qizilbash

Canada: Des Québécois veulent émigrer aux États-Unis pour fuir les mesures sanitaires

janvier 13, 2022
Élodie Leslie et son conjoint sont partis vivre en Floride juste à temps pour Noël 2021.

Élodie Leslie et son conjoint sont partis vivre en Floride juste à temps pour Noël 2021. Photo: Élodie Leslie

De plus en plus de Québécois semblent rêver du doux soleil de la Floride et pas seulement pour y passer l’hiver. Excédés par la gestion de la pandémie par le gouvernement Legault, ils songent carrément à émigrer aux États-Unis. Et contrairement à ce que certains pourraient penser, ils ne sont ni complotistes ni antivaccins.

Dans le confort de sa résidence de Hollywood Beach, au nord de Miami, Élodie Leslie ne regrette pas son choix. Il y a trois semaines, la jeune femme de 31 ans, son conjoint et leurs quatre enfants ont quitté Lac-Beauport et ne comptent pas y revenir de sitôt.

On a décidé de partir juste avant Noël quand on a vu que les mesures allaient se resserrer, explique Mme Leslie. Pleinement vaccinée, tout comme son conjoint, cette bachelière en littérature française ne voulait pas d’un autre confinement pour sa famille.

En Floride, les grands rassemblements extérieurs, la plage, les activités sportives, l’absence de couvre-feu et de passeport vaccinal sont autant d’éléments qui cadrent davantage avec le style de vie que cette jeune famille veut mener.Élodie Leslie, son conjoint et deux de leurs enfants

Élodie Leslie, son conjoint et deux de leurs enfants Photo : Élodie Leslie

Mon chum étant un sportif, mes beaux-fils aussi, mes enfants ont besoin de bouger, c’est sûr que de se retrouver à la maison sans tout ça, c’est quelque chose qui nous faisait peur. C’est quelque chose qu’on n’avait pas le goût de vivre une autre fois.

« Honnêtement, le moral n’y était pas. »— Une citation de  Élodie Leslie, récemment installée à Hollywood Beach

Pour le moment, Mme Leslie et sa famille ne sont que des visiteurs qui disposent de six mois avant de devoir rentrer au Canada. Or, cette semaine, ils rencontrent une avocate spécialisée en droit de l’immigration.

Car la Floride, c’est peut-être pour de bon. Mme Leslie y songeait depuis un certain temps déjà, mais le resserrement des mesures sanitaires au Québec semble lui avoir donné l’élan dont elle avait besoin.

Ayant un jeune qui joue au football […] qui a été approché par des écoles ici en Floride, mais aussi au Minnesota, c’est sûr qu’on va en profiter de ces six mois-là pour voir pour notre plus vieux c’est quoi les possibilités au niveau de son avenir sportif, mais aussi pour nous autres, explique-t-elle.

Un mouvement qui prend de l’ampleur

Sur les réseaux sociaux, Mme Leslie et des milliers d’autres résidents de la Belle Province font partie de groupes tels que Familles en Floride 2.0 ou encore Jeunes familles québécoises en Floride.

Chaque jour, ils partagent leurs expériences, font des publications concernant les règles qui régissent le passage à la frontière canado-américaine, les meilleurs endroits pour poser ses pénates ou encore les différents types de visas pour effectuer de plus longs séjours aux États-Unis.

Maude Bélanger, une jeune entrepreneure et mère de famille de 30 ans qui réside à Lorraine, dans les Basses-Laurentides, est un autre exemple de citoyenne canadienne pleinement vaccinée selon qui le gouvernement Legault va trop loin depuis environ un an.

On est doublement vaccinés et on n’avait quand même pas le droit de voir nos familles, on ne pouvait pas sortir après 20 h, rappelle-t-elle.

« On trouvait que ce n’était pas une vie agréable, disons, surtout avec un petit bébé, on n’aimait pas ça, être coupés de notre cercle social. »— Une citation de  Maude Bélanger, résidente de Lorraine qui souhaite émigrer aux États-Unis

Achat immobilier

Ce confinement lui a fourni l’impulsion dont elle avait besoin pour amorcer la concrétisation d’un rêve qu’elle caressait depuis quelques années. En mai dernier, son conjoint et elle ont acheté une maison en Floride.Une maison en été

Maude Bélanger a acquis cette maison avec son mari en mai dernier aux USA. Photo : Maude Bélanger

Ils y ont passé une bonne partie de l’été et beaucoup de leurs proches sont allés les y rejoindre. On a eu plus de contacts avec notre famille et nos amis à l’étranger qu’ici, chez nous, au Québec!, résume-t-elle.

Depuis, Mme Bélanger a rencontré des avocats spécialisés en droit de l’immigration. Elle et son conjoint analysent présentement le meilleur moyen de quitter le Québec, une bonne fois pour toutes.

« Moi, si je pars, c’est pour le restant de mes jours. C’est vraiment à vie. C’est pour ça que ça fait un petit moment que je me renseigne sur les visas, les procédures. »— Une citation de  Maude Bélanger, résidente de Lorraine qui souhaite émigrer aux États-UnisMaude Bélanger, 30 ans, veut immigrer aux États-Unis avec son conjoint et leur bébé.

Maude Bélanger, 30 ans, veut immigrer aux États-Unis avec son conjoint et leur bébé. Photo: Radio-Canada/Facetime/Capture D’Écran

Des échos jusque dans les bureaux d’avocats

La boîte de courriels de Maxime Lapointe, avocat spécialisé en droit de l’immigration, a récemment été victime de l’attrait des États-Unis auprès des Québécois qui cherchent à fuir les mesures sanitaires.

L’avocat de Québec reçoit normalement trois ou quatre demandes par année de la part de Canadiens qui veulent se renseigner afin de quitter le pays; depuis le début 2022, il dit en avoir reçu plus d’une dizaine.

J’ai une hausse marquée de demandes de gens qui posent des questions sur les processus d’immigration vers les États-Unis, explique Me Lapointe, qui ne s’occupe pourtant pas de cette clientèle puisque son expertise concerne plutôt les étrangers qui veulent s’établir au Canada.

Le caractère unique en Amérique des mesures sanitaires actuelles au Québec semble motiver de plus en plus de gens à quitter la province, analyse-t-il.Me Maxime Lapointe, avocat spécialisé en droit de l'immigration.

Me Maxime Lapointe, avocat spécialisé en droit de l’immigration Photo: Radio-Canada/Alexandre Duval

Explosion sur Facebook

L’administratrice du groupe Jeunes familles québécoises en Floride sur Facebook, Marie-Claude Plante, constate le même phénomène.

À l’origine, son groupe créé en 2019 visait simplement à mettre en lien des familles québécoises ayant fait le choix de s’établir dans cet État américain.

Or, depuis quelques semaines, le nombre d’abonnés à son groupe a littéralement explosé. On est passé d’environ 1000 membres à 4500, illustre Mme Plante.

« Je vois que c’est directement lié avec les mesures sanitaires au Québec. Les gens sont tannés. Les gens regardent les options pour pouvoir élever leurs enfants dans un autre pays. »— Une citation de  Marie-Claude Plante, administratrice du groupe Jeunes familles québécoises en FlorideMarie-Claude Plante est administratrice du groupe Jeunes familles québécoises en Floride sur Facebook.

Marie-Claude Plante est administratrice du groupe Jeunes familles québécoises en Floride sur Facebook. Photo: Zoom/Capture D’Écran

Mme Plante précise qu’elle n’est pas avocate et qu’elle n’offre pas de conseils aux familles qui souhaitent quitter le Québec. Son groupe Facebook est simplement devenu un espace d’échanges et de partage.

La question qui revient le plus souvent, ces jours-ci, c’est : « Comment déménager aux États-Unis et plus spécifiquement en Floride? », résume-t-elle.

Craintes d’être montrés du doigt

Mme Plante a hésité avant d’accorder une entrevue à Radio-Canada. Les discussions autour des mesures sanitaires sont sensibles et des amalgames peuvent rapidement être faits, déplore-t-elle.

« Les gens ne veulent pas être vus comme des conspirationnistes, comme des « antivax ». Les gens sont juste tannés des mesures. »— Une citation de  Marie-Claude Plante, administratrice du groupe Jeunes familles québécoises en Floride

Élodie Leslie croit aussi que la peur d’être associée aux complotistes habite beaucoup de Québécois qui, comme elle, en ont simplement soupé de la manière dont la pandémie est gérée dans la province.

« Il y a des personnes qui sont doublement vaccinées, triplement vaccinées [sur les groupes Facebook], mais qui ne sont pas d’accord avec le fait que le gouvernement continue à venir nous paterner. »— Une citation de  Élodie Leslie, récemment installée à Hollywood Beach

Honnêtement, pour avoir été étiquetée par rapport à ma couleur de peau depuis que je suis arrivée au Québec quand j’avais 6 mois, je pense que c’est facile de mettre une étiquette sur quelqu’un, explique-t-elle au sujet des craintes que peuvent avoir certaines personnes à s’exposer publiquement.

Des non-vaccinés aussi

Maude Bélanger, qui fréquente également ces groupes Facebook, constate cependant que, ces derniers temps, des Québécois non vaccinés cherchent à savoir s’ils peuvent traverser aux États-Unis, même si une preuve vaccinale est requise à la frontière depuis le 8 novembre dernier.

Mme Bélanger, qui a voyagé aux États-Unis depuis l’entrée en vigueur de cette nouvelle mesure, affirme qu’elle ne semble pas être appliquée avec beaucoup de sérieux, d’après sa propre expérience.

« Les deux fois que je suis passée, c’est moi qui ai fait la proposition au douanier de lui montrer mes vaccins et les deux fois, je me suis fait répondre que non, il n’avait pas besoin de voir mes vaccins. »— Une citation de  Maude Bélanger, résidente de Lorraine qui souhaite émigrer aux États-Unis

Interrogé à ce sujet par Radio-Canada, un porte-parole des douanes et des frontières américaines s’est montré surpris. Par courriel, il a simplement réitéré les règles en vigueur.

Les voyageurs doivent être prêts à démontrer leur statut vaccinal et, sur demande, à en présenter la preuve à un agent de protection des douanes et des frontières, écrit le porte-parole Mike Niezgoda.

Avec Radio-Canada par

Alexandre Duval

Alexandre Duval

Canada-Québec: La contribution santé mal accueillie par des experts en santé publique

janvier 12, 2022
Des ambulanciers transportent un homme en civière.

Le premier ministre Legault justifie son intention d’imposer une « contribution santé » aux personnes non vaccinées en soulignant qu’elles ne représentent que 10 % de la population, mais 50 % des personnes hospitalisées aux soins intensifs. Photo : Radio-Canada/Ivanoh Demers

De nombreux experts en santé publique rejettent catégoriquement l’idée d’imposer une contribution santé aux personnes non vaccinées, comme le préconise le premier ministre du Québec, François Legault. Cette approche n’est tout simplement pas ancrée dans les principes et les valeurs reconnus en matière de santé publique, disent-ils.

Je pense qu’il faut éviter d’ouvrir cette boîte de Pandore, de taxer des comportements à risque, a notamment commenté Roxane Borgès Da Silva, professeure au Département de gestion, d’évaluation et de politique de santé à l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

Sinon, ça ouvre la porte à taxer par exemple des personnes qui ne font pas d’activités physiques – puisqu’on sait que c’est mauvais pour la santé – ou taxer des personnes qui mangent trop de « junk food », a-t-elle fait valoir en entrevue à 24/60.

Elle rappelle en outre que les personnes non vaccinées ne sont pas toutes des antivaccins. La littérature scientifique, dit-elle, montre qu’une certaine proportion d’entre elles sont plutôt des personnes défavorisées et moins scolarisées.

« Est-ce qu’on veut vraiment une plus grande précarité financière auprès de ces personnes? Et on sait que la précarité financière va amener toutes sortes de comportements, de l’anxiété, de l’angoisse, détresse, violence des femmes, etc. »— Une citation de  Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École de santé publique

Si c’est appliqué comme taxe avec un montant, ça va être extrêmement inéquitable, parce que le fardeau pour certaines personnes ne sera presque rien, tandis que pour d’autres, ce serait extrêmement élevé, souligne également sa collègue Vardit Ravitsky, professeure de bioéthique à la même École de santé publique.

Le Dr Yv Bonnier-Viger, directeur de santé publique de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, croit aussi que cette approche est viciée à la base, puisqu’elle contrevient à la Charte d’Ottawa, qui consigne les consensus scientifiques permettant de promouvoir la santé.

Pour y parvenir efficacement, y stipule-t-on, il convient d’augmenter le pouvoir d’agir des citoyens et des communautés, d’avoir des environnements et des politiques publiques favorables à la santé et d’avoir un système de santé orienté vers la promotion et la prévention, a-t-il détaillé en entrevue à Tout un matin.

En agissant comme entend le faire Québec envers les non-vaccinés, se demande-t-il, est-ce qu’on augmente leur pouvoir d’agir, leur pouvoir de décision, leur entendement de ce qui devrait être fait pour améliorer leur santé, leur bien-être? Je pense qu’on est à tout à fait à l’envers de ça. […] On induit par ça beaucoup d’inégalités sociales de santé, qui vont être augmentées.

« C’est une mesure qui va à l’encontre des valeurs de santé publique : des valeurs de bienveillance et de non-malfaisance, des valeurs aussi de solidarité, de cohésion sociale, qui nous permettent d’augmenter notre santé globale. On ne tient pas compte de ça, je pense, quand on lance cette idée. »— Une citation de  Yv Bonnier-Viger, directeur de santé publique de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine

La plupart des personnes qui sont non vaccinées, poursuit le Dr Bonnier-Viger ont choisi de le faire en raison de certaines peurs [et de] certaines expériences vécues dans le passé avec système de santé, surtout pour certaines populations récemment arrivées et certaines populations autochtones.

Si on veut vraiment être capables de les amener à se faire vacciner, c’est beaucoup plus en s’adressant aux motivations profondes qui les empêchent d’être vaccinés que d’essayer de les contraindre, croit le directeur régional de santé publique de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine.

D’autant plus qu’en imposant une somme quelconque, c’est clair qu’on ne pénalise que ceux qui n’ont pas les moyens de les payer vraiment, pour qui ça a un sens. Parce que ceux qui ont beaucoup d’argent, ça ne les dérange pas, dit-il, faisant écho à Mmes Borgès Da Silva et Ravitsky.

Élargir le recours au passeport vaccinal

Pour les deux professeures de l’École de santé publique de l’Université de Montréal, Québec fera plus de progrès en augmentant le nombre de commerces qui devraient exiger le passeport vaccinal.

Je pense que restreindre les libertés individuelles, restreindre la liberté d’accès aux commerces, [cela] va avoir un effet beaucoup plus direct, estime Roxane Borgès Da Silva, qui dit voir dans cette approche une forme de vaccination obligatoire déguisée.

« C’est ce qu’il faut vraiment encourager et pousser jusqu’au bout, comme a commencé à faire le gouvernement avec la SAQ et la SQDC. D’ailleurs on a vu que ça a eu un effet sur de nombreuses personnes, qui sont allées chercher leur première dose suite à ces mesures-là. »— Une citation de  Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École de santé publique

Ce qui est bien aujourd’hui, c’est augmenter la pression à travers l’application élargie du passeport vaccinal, croit aussi sa collègue Vardit Ravitsky. On l’exige déjà pour quelques services non essentiels, mais on peut aller jusqu’au bout, et exiger la preuve de vaccination pour avoir accès à tous les services et tous les commerces, tout ce qui n’est pas […] ou épicerie ou pharmacie.

« On a des alternatives qui répondent mieux aux principes éthiques. Il faut les choisir, les favoriser, avant […] d’ouvrir une boîte de Pandore. »— Une citation de  Vardit Ravitsky, professeure à l’École de santé publique

En entrevue à 24/60 lui aussi, l’immunologiste André Veillette a émis une opinion discordante, en disant être en faveur de toute mesure permettant d’accroître la couverture vaccinale de la population, pour autant qu’elle soit légale, éthique et efficace.

Il y a possiblement des gens chez qui ça pourrait marcher, des gens qui seraient capables de payer cette taxe, et possiblement que la mesure pourrait fonctionner chez ces gens, a avancé celui qui est également chercheur à l’Institut de recherches cliniques de Montréal.

Mais si on veut vraiment vacciner le plus de monde possible, si on veut vraiment contrôler la pandémie – et je le sais que je vais recevoir des tweets de menace ce soir – c’est de rendre la vaccination obligatoire, a-t-il ajouté un peu plus tard, en précisant ne pas croire que Québec en arrivera là.

Avec Radio-Canada

Canada-Québec: Le départ du Dr Arruda, une occasion de repenser la gestion de la pandémie

janvier 11, 2022

« Son successeur devra bénéficier de la plus grande indépendance dans ses avis pour assurer l’adhésion de la population », plaide le Collège des médecins.

Gros plan d'Horacio Arruda.

Le DNSP du Québec, le Dr Horacio Arruda, a démissionné lundi soir. Photo: Radio-Canada/Ivanoh Demers

La démission du Dr Horacio Arruda offre une occasion de revoir comment le gouvernement du Québec et la direction nationale de santé publique (DNSP) gèrent la pandémie de COVID-19, estiment des experts interrogés par Radio-Canada.

C’est notamment le cas du Dr André Veillette, immunologiste et chercheur à l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM), qui n’a pas mâché pas ses mots envers l’ancien patron de la direction nationale de santé publiqueDNSP dans une entrevue accordée à l’émission Tout un matin.

Il a été très utile pour rallier la population au combat contre la pandémie, mais avec le temps, il devenait de plus en plus fatigué et il y a certaines de ses décisions ou recommandations qui devenaient controversées. Il semblait aussi être un peu déphasé avec ce que la science internationale disait, a-t-il commenté mardi.

Alors un moment donné, ça devient évident que ces choses-là vont arriver. Je pense que l’idée, c’est de tourner la page et espérer que si on a commis des erreurs, peut-être dans la façon dont la santé publique donnait leurs avis, j’espère qu’on va prendre cette opportunité-là pour les corriger.

Au début de la pandémie, il était difficile d’asseoir des recommandations sur des données scientifiques probantes, qui n’étaient tout simplement pas au rendez-vous, concède M. Veillette. Mais les connaissances scientifiques sur la COVID-19 se sont ensuite améliorées, sans que M. Arruda n’en soit au diapason.

C’est sûr qu’une fois qu’on a considéré ces données-là, évidemment, on peut moduler en fonction de la politique ou des besoins sociaux ou d’autres considérations. Mais d’abord et avant tout, ça devrait être basé sur de la science. On ne peut pas faire des choses à l’encontre de la science, plaide-t-il.

Et c’est là où je pense que, ces derniers temps, M. Arruda avait certaines difficultés. Moi, je préconisais qu’il devrait y avoir davantage d’avis d’experts indépendants du gouvernement qui influencent le ministère de la Santé et le premier ministre. Je pense que c’est possible de faire ça.

« Quand M. Arruda parlait de ses experts, on ne savait jamais de qui il parlait. Il disait : »mes experts m’ont dit ci, m’ont dit ça ». Je pense que ce serait plus important d’avoir plus de transparence. Qui sont les experts? »— Une citation de  Dr André Veillette, immunologiste et chercheur à l’IRCMAndré Veillette,  assis sur une chaise, devant une caméra.

L’immunologiste André Veillette, lors d’une entrevue pour l’émission Découverte (archives)

PHOTO : RADIO-CANADA / JEAN-FRANCOIS MICHAUD

De l’importance d’obtenir des avis d’experts indépendants

Selon le chercheur, il serait plus approprié qu’il y ait une certaine distance entre les experts et le gouvernement , et que ce dernier recueille l’opinion de conseillers scientifiques indépendants qui ne font partie du gouvernement, qui ne sont pas payés par le gouvernement.

Ce n’est pas juste pour le virus, c’est pour la ventilation, c’est pour la santé mentale, les comportements de la population, poursuit M. Veillette.

On a besoin de ces avis indépendants et je pense qu’il devrait y avoir quand même une certaine transparence quand ces avis sont émis. Est-ce qu’ils devraient être rendus publics ou non? Je ne le sais pas, mais ça devrait être clair qu’il y a un comité indépendant d’aviseurs.

« Je pense qu’ils doivent revoir le mécanisme d’avis d’experts. Les experts, on devrait les connaître, ça devrait être de vrais experts, […] pas des experts du gouvernement qui sont payés par le gouvernement. Vous savez, quand votre employeur vous demande votre opinion, que c’est lui qui paie votre salaire, c’est sûr que votre opinion peut être assez influencée par cette situation. »— Une citation de  Dr André Veillette, immunologiste et chercheur à l’IRCM

Le Collège des médecins du Québec a abondé dans le même sens dans un tweet où il salue le Dr Arruda pour avoir mobilisé la population pour respecter les mesures sanitaires dès le début de cette longue pandémie 

Son successeur devra bénéficier de la plus grande indépendance dans ses avis pour assurer l’adhésion de la population, plaide l’ordre professionnel des médecins québécois.Le Dr Mauril Gaudreault, en entrevue

Le président du Collège des médecins du Québec, Mauril Gaudreault (archives)

PHOTO : RADIO-CANADA

Des rôles à différencier

Maude Laberge, chercheuse au Centre de recherche du CHU de Québec pour l’axe Santé des populations et pratiques optimales en santé et professeure à l’Université Laval, est aussi de cet avis. Selon elle, il faut mieux départager les rôles du gouvernement et de la direction nationale de santé publiqueDNSP.

La science, ça peut être tenir compte de la science et des données probantes qu’on a, mais il y a aussi d’autres éléments dont le gouvernement va tenir compte que la santé ne va pas tenir compte, a-t-elle expliqué dans une entrevue accordée à l’émission Première heure.

Elle donne l’exemple de la pression que des tenanciers de bars ou des propriétaires de restaurant peuvent exercer sur le gouvernement pour ouvrir leurs portes, pour des raisons économiques. C’est tout à fait possible que ces gens fassent pression sur le gouvernement, mais par contre, [ils] ne devraient pas faire pression sur la santé publique, observe-t-elle.

« Ce n’est pas quelque chose que le directeur national de santé publique devrait nécessairement prendre en compte lorsqu’il fait ses recommandations, mais je pense que le gouvernement, le premier ministre, peut tenir compte des recommandations de la santé publique sans être calqué exactement non plus dessus dans ses décisions. »— Une citation de  Maude Laberge, chercheuse au Centre de recherche du CHU de Québec

À l’instar du Dr Veillette, elle reconnaît qu’il était pratiquement inévitable que des erreurs aient été commises au moment on construisait l’avion en plein vol. Plus récemment, Québec aurait cependant eu avantage à s’appuyer sur une diversité des opinions pour appuyer ses décisions.

Il y a un moment où la population est beaucoup plus fatiguée par rapport aux mesures, et l’adhésion est plus difficile à avoir, et donc, le discours a besoin d’être très clair. Et on a eu une certaine confusion ces derniers temps par rapport à certaines mesures, par rapport à certains revirements, observe la professeure Laberge.

Donc je pense que, parfois, dans la rapidité à prendre des décisions, il y a peut-être des acteurs clés qui n’ont pas toujours été consultés pour s’appuyer sur la diversité des opinions avant de faire une recommandation et qui peut avoir donné lieu à certaines erreurs.

La chercheuse croit qu’il serait dorénavant avantageux que le directeur national et de la santé publique et le gouvernement du Québec offrent des points de presse distincts pour s’assurer qu’on ne mélange pas la santé publique et les décisions, [qui] sont celles du gouvernement.

Il y a peut-être une transparence qui est nécessaire là [afin] de ne pas faire poser le fardeau sur la santé publique alors que ce n’est pas nécessairement le seul élément que considère le gouvernement quand il prend des décisions, souligne-t-elle.

Canada-Québec: Le Dr Horacio Arruda démissionne

janvier 10, 2022
Dr Horacio Arruda

Le directeur national de la Santé publique, le Dr Horacio Arruda, a remis sa démission lundi soir. 

Dans une lettre adressée au premier ministre, le Dr Arruda explique qu’il préférait remettre sa démission, puisque ses avis controversés sur la gestion de la pandémie commençaient, selon lui, à nuire à la crédibilité du gouvernement.

«Les propos récents tenus sur la crédibilité de nos avis et sur notre rigueur scientifique causent sans doute une certaine érosion de l’adhésion de la pollution. Dans un tel contexte, j’estime approprié de vous offrir la possibilité de me remplacer avant l’échéance du terme de mon mandat, du moins à titre de DNSP», a écrit le médecin.

«Ne voyez pas en ce geste un abandon de ma part, mais plutôt l’offre d’une opportunité pour vous de réévaluer la situation, après plusieurs vagues et dans un contexte en constante évolution», a poursuivi celui qui était à la tête de la Santé publique du Québec depuis 12 ans.

Cette annonce survient en pleine crise de la vague du variant Omicron, qui a amené le Québec a dépasser la barre des 2500 hospitalisations liées à la COVID-19 lundi.

Figure emblématique de la gestion de la pandémie qui avait suscité l’engouement des Québécois aux premiers mois de la crise en 2020, la gestion de la pandémie par le Dr Arruda était de plus en plus critiquée et les appels à son remplacement se faisaient de plus en plus nombreux, notamment en raison de ses multiples volte-face.

En effet, le gouvernement et son directeur national de la santé publique avaient dû reculer à plusieurs reprises, notamment sur le port du masque, présenté comme inutile en début de pandémie. Plus récemment, l’annonce du retour au travail du personnel de la santé infecté, mais asymptomatique, avait pris tout le monde par surprise.

«Il importe de considérer chacune de ces recommandations dans le contexte des connaissances du moment et de l’époque», a plaidé le Dr Arruda dans sa lettre en assurant avoir fait «les meilleures [recommandations] possibles» avec les connaissances qu’il avait.

Par TVA avec Agence QMI

Canada: Le Québec passe le cap des 2400 hospitalisations pour soigner la COVID-19

janvier 9, 2022
Une femme tient une boîte de masques près d'une voiture.

Une employée distribue des masques aux visiteurs du Centre hospitalier régional de Lanaudière, à Joliette, le 2 janvier. Photo: Radio-Canada/Ivanoh Demers

Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec recense dans son bilan quotidien de samedi 140 hospitalisations en plus et déplore 23 nouveaux décès en lien avec la COVID-19.

Il y a donc désormais 2436 personnes qui se trouvent à l’hôpital pour y être soignées des suites de la maladie. Vendredi, 332 personnes ont été admises dans un centre hospitalier dans ce but, et 210 ont reçu leur congé.

Aux soins intensifs, 12 personnes supplémentaires ont été admises, pour un total de 257 personnes qui connaissent de graves problèmes en raison de la COVID-19. Le record à ce titre avait été atteint le 10 janvier 2021, avec 293 personnes aux soins intensifs.

Au total, 11 940 personnes sont mortes de la maladie depuis le début de la pandémie au Québec.

Québec signale aussi que 11 007 nouveaux cas ont été déclarés par tests test d’amplification en chaîne par polymérase PCR. Depuis cette semaine, les tests test d’amplification en chaîne par polymérase PCR sont réservés uniquement pour le personnel soignant et la population à risque.

Même si les tests ne sont plus disponibles pour l’ensemble de la population, 51 374 prélèvements ont été réalisés le 8 janvier, présentant un taux de positivité de 19,7 %.

Officiellement, ce sont 739 293 Québécois qui ont été infectés par le coronavirus. Le nombre réel est vraisemblablement beaucoup plus élevé, compte tenu de l’accès limité aux tests.

Quelque 82 % des Québécois âgés de 5 ans et plus ont reçu deux doses de vaccin, et 23 % ont reçu leur troisième dose. Plus de 70 000 doses de vaccin contre la COVID-19 ont été administrées samedi, la vaste majorité étant des troisièmes doses.

Avec Radio-Canada

CAN : le Cameroun sur le pied de guerre face au Covid

janvier 9, 2022
Vente de maillots de l’équipe de football du Cameroun à Yaoundé, le 5 janvier 2022 © DANIEL BELOUMOU OLOMO/AFP

Le coup d’envoi de la compétition phare du continent est donné ce dimanche. Les autorités camerounaises assurent tout mettre en œuvre pour faire respecter le protocole sanitaire et éviter l’apparition de foyers épidémiques.

Dans d’autres circonstances, la rumeur serait sans doute passée inaperçue. Mais cette fois, il a fallu moins de 24 heures au ministre de la Santé, Manaouda Malachie, pour démentir la découverte en France d’un nouveau variant du coronavirus sur un patient ayant séjourné au Cameroun. « Cette information est une synthèse de données scientifiques non validées », a-t-il rapidement clarifié dans une communication abondamment relayée à travers le pays. Pour le gouvernement, il est hors de question que le Covid-19 vienne gâcher la fête du football africain qui débute ce dimanche 9 janvier.

Cette question de la gestion du risque Covid a été au cœur du dernier conseil des ministres, le 30 décembre, à l’issue duquel une nouvelle batterie de mesures visant à empêcher la propagation du virus a été adoptée. Après la décision de la Confédération africaine de football (CAF) de n’autoriser l’accès aux stades qu’aux personnes vaccinées, les autorités sanitaires ont aussi multiplié les points de vaccination dans les différentes villes du pays.

Nouveaux sites de vaccination

Dans la capitale, Yaoundé, l’on compte désormais 66 sites contre à peine une dizaine il y a encore un mois. Et dans le reste du pays, pas moins de 144 nouveaux points ont été ouverts pour vacciner en masse les supporteurs, dont la présence est autorisée dans les tribunes à hauteur de 60 % pour la plupart des matchs, et 80 % pour ceux disputés par le Cameroun.

Des jauges qui pourraient bien ne jamais être atteintes, tant les vaccino-sceptiques continuent de faire la résistance. « Je vais regarder les matchs à la télévision, affirme Thierry K., un riverain du stade Olembe, où se déroulera le match d’ouverture. J’ai décidé que je ne me vaccinerai pas et je ne le ferai pas pour le football. »

DEPUIS QUE LES BILLETS SONT EN VENTE, LES GENS VIENNENT PAR DIZAINES SE FAIRE VACCINER

Selon les dernières statistiques du ministère de la Santé, seuls 2,5 % des 25 millions de Camerounais se sont fait vacciner. Selon le gouvernement, ce chiffre augmente à l’approche du coup d’envoi de la compétition. « Nous passions des jours sans avoir la moindre personne, assure Mpongo Sidonie, responsable d’un centre gouvernemental de vaccination. Mais depuis que les billets sont en vente, les gens viennent par dizaines. » Pour autant, en ce début de mois de janvier, le spectre d’une CAN aux stades quasi vides n’est pas écarté.

Aubameyang et Lemina à l’isolement

Les différentes équipes engagées dans la compétition vont également devoir respecter un protocole sanitaire strict. « Nous testons déjà les joueurs toutes les 48 à 72 heures », confie une source au sein de l’encadrement de la sélection du Cameroun, actuellement en stage de préparation. Comme pour le public, la CAF a recommandé que les joueurs soient vaccinés et disposent chacun de test négatif avant chaque rencontre, et c’est exactement ce à quoi nous nous en tenons. »

Ces précautions suffiront-elles ? Plusieurs cas de contamination de joueurs ont déjà été enregistrés. Les footballeurs stars gabonais Pierre-Emerick Aubameyang et Mario Lemina ont ainsi dû être placés à l’isolement alors qu’ils venaient de fouler le sol camerounais. « Les équipes vont devoir composer avec le Covid qui fait désormais partie des aléas à prendre en compte, explique l’entraîneur François Ngoumou. Il est devenu difficile pour nous de réfléchir aux compositions probables des équipes tant elles sont influencées par la pandémie. »

Telle une épée de Damoclès, le Covid va planer sur la compétition phare du football en Afrique. Reste à savoir s’il peut menacer son bon déroulement.

Avec Jeune Afrique par Franck Foute