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Guerre en Ukraine : de l’inflation jusqu’en 2024, selon la Banque mondiale

avril 27, 2022

Selon les projections de l’institution, la hausse du prix des produits de base provoquée par la guerre en Ukraine sera sensible durant les deux prochaines années. Et pourrait se faire sentir encore plus longtemps si le conflit perdurait.

Début de pénurie dans un supermarché tunisois, le 8 avril 2022. © Chedly Ben Ibrahim/Bloomberg/Getty

Dans son dernier rapport sur les perspectives des marchés des produits de base, publié le 26 avril, la Banque mondiale ne se montre guère optimiste. Selon l’institution de Bretton Woods, «la guerre en Ukraine, en provoquant un choc majeur sur ces marchés, a modifié les structures mondiales des échanges, de la production et de la consommation de telle sorte que les prix resteront à des niveaux historiquement élevés jusqu’à la fin de 2024». Ce choc inflationniste durera tant sur le front énergétique que sur le front alimentaire, avec des pics jamais atteints depuis la crise pétrolière de 1973, affirme la Banque.

« Comme cela avait été le cas à l’époque, le choc est aggravé par la recrudescence des restrictions pesant sur le commerce des denrées alimentaires, des carburants et des engrais », explique Indermit Gill, vice-président de la Banque mondiale chargé de la croissance équitable, des finances et des institutions. Cette situation a « commencé à faire planer le spectre de la stagflation », ajoute-t-il, appelant « les responsables politiques à saisir toutes les occasions d’encourager, chez eux, la croissance économique et d’éviter toute action qui porterait préjudice à l’économie mondiale ».

Jamais depuis 2008 la hausse du prix des produits alimentaires – dont la Russie et l’Ukraine sont de grands producteurs – et des engrais, qui sont fabriqués à partir du gaz naturel, n’avait été aussi forte. De manière générale, la Banque mondiale estime que les prix des produits non énergétiques, notamment ceux des produits agricoles et des métaux, devraient augmenter de près de 20% en 2022 avant de se stabiliser au cours des années suivantes. Ceux des denrées alimentaires devraient rester bien supérieurs à la moyenne de ces cinq dernières années.

De même, selon les prévisions de l’institution, les prix de l’énergie augmenteront de plus de 50% en 2022 avant de s’atténuer en 2023 et 2024. Le prix du pétrole brut (Brent) devrait ainsi atteindre une moyenne de 100 dollars le baril en 2022 – son plus haut niveau depuis 2013 –, et augmenter de plus de 40% par rapport à 2021. Les prix devraient se modérer à 92 dollars en 2023, bien au-dessus de la moyenne sur cinq ans de 60 dollars le baril.

L’UTILISATION MOINDRE DES INTRANTS PÈSERA SUR LA PRODUCTION ET SUR LA QUALITÉ DES ALIMENTS

Le scénario du pire

D’après John Baffes, économiste principal au sein du groupe Prospects de la Banque mondiale, « la forte hausse du prix des intrants, tels que l’énergie et les engrais, pourrait entraîner une réduction de la production alimentaire, notamment dans les économies en développement ». « L’utilisation moindre des intrants pèsera sur la production et sur la qualité des aliments, ce qui affectera les disponibilités alimentaires, les revenus des populations rurales et les moyens de subsistance des pauvres », poursuit-il.

Ces projections ne sont toutefois pas figées. En cas de guerre prolongée ou de sanctions supplémentaires à l’encontre de la Russie, les prix pourraient être encore plus élevés et plus volatils, avertit la Banque.

Avec Jeune Afrique par Maureen Songne

Afrique subsaharienne : la Banque mondiale prévoit un ralentissement de la croissance en 2022

avril 14, 2022

La montée des cours des matières premières causée par la guerre en Ukraine s’ajoute à une longue liste de défis auxquels le continent doit faire face, dans des économies encore affectées par le Covid-19.

La hausse des prix du carburant est l’un des nombreux motifs de grogne sociale. © REUTERS/Afolabi Sotunde

Dans sa dernière édition du rapport Africa’s Pulse − une analyse semestrielle des perspectives macroéconomiques à court terme de l’Afrique subsaharienne −, la Banque mondiale prévoit une croissance de 3,6 % pour 2022, soit une baisse non négligeable par rapport à la hausse de 4 % enregistrée en 2021. Nouveaux variants du Covid-19, perturbation des chaînes d’approvisionnement et montée des cours mondiaux des matières premières viennent s’ajouter aux autres défis économiques que connaît déjà la région.

Alors que les économies subsahariennes traversaient déjà une période délicate de reprise post-Covid-19, elles sont désormais fortement impactées par les conséquences néfastes de l’invasion russe de l’Ukraine. Notamment sur les exportations de blé, d’huiles, de graines et de maïs, comme l’ont déjà illustré plusieurs analyses. D’après le rapport Africa’s Pulse, la hausse des prix du carburant et des denrées alimentaires se traduira par une inflation à la hausse sur le continent qui, dans le contexte actuel d’instabilité politique accrue, dans plusieurs pays, risque de voir éclater « davantage de troubles civils ».

Une reprise inégale et à géométrie variable

« Les politiques commerciales peuvent changer la donne en garantissant la libre circulation des denrées alimentaires à travers la région, souligne Albert Zeufack, économiste en chef de la Banque mondiale pour l’Afrique. Avec des marges budgétaires limitées, les décideurs doivent se tourner vers des options innovantes comme la baisse ou la suppression temporaire des droits à l’importation sur les denrées alimentaires de base, pour venir en aide à leurs concitoyens. »

Concernant la reprise, l’étude note que celle-ci demeure inégale et à géométrie variable à travers la région, surtout s’agissant des trois principales locomotives économiques que sont l’Angola, le Nigeria et l’Afrique du Sud. Ainsi, cette dernière devrait voir son niveau de croissance reculer de 2,8 points de pourcentage en 2022, ralenti par des contraintes structurelles persistantes. L’Angola et le Nigeria devraient quant à eux poursuivre leur trajectoire de croissance de 2022, en progression de respectivement 2,7 % et 0,2 %, grâce notamment aux prix élevés du pétrole, ainsi qu’à une bonne performance du secteur non-pétrolier.

Les pays riches en ressources, en particulier dans le secteur extractif, enregistreront une meilleure performance économique du fait des conséquences de la guerre en Ukraine, tandis que les pays ne disposant pas de ressources naturelles abondantes connaîtront un ralentissement de leur activité économique. Si l’on exclut l’Angola, le Nigeria et l’Afrique du Sud, la croissance régionale est projetée à 4,1 % pour 2022, et 4,9 % en 2023. En Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, la Banque mondiale prévoit une croissance de 4,2­ % en 2022, et de 4,6 % pour 2023. Si l’on excepte le Nigeria, la sous-région devrait croître de 4,8 % en 2022, et de 5,6 % en 2023.

Avec Jeune Afrique

Banque mondiale : pourquoi il faut sauver le rapport Doing Business 

octobre 6, 2021
Siège de la Banque mondiale à Washington © USA : World Bank in Washington , 21.05.2017 , © Rainer UNKEL/REA

Annoncé le 16 septembre dernier, l’arrêt définitif de l’enquête annuelle sur le climat des affaires est une erreur. Véritable référence pour l’analyse économique et entrepreneuriale dans 190 pays, c’est un instrument perfectible, mais indispensable.

Dans la foulée d’une enquête indépendante menée par le cabinet d’avocats WilmerHale, qui pointait les pressions inopportunes exercées par la Chine et par d’autres pays lors de la préparation de son rapport annuel Doing Business, la Banque mondiale a décidé de suspendre, purement et simplement, cette publication. C’est une mauvaise décision. Ce rapport représente en effet un bien public d’une énorme valeur, puisqu’il passe en revue les réformes favorables à la libre entreprise à travers le monde. Au lieu de l’éliminer, il aurait plutôt fallu le dissocier des méthodes de gestion de l’institution.

Données objectives

Depuis son lancement au début des années 2000, ce document a établi une approche innovante et pertinente dans l’évaluation du climat des affaires dans 190 pays. Contrairement aux sondages, sur lesquels s’appuient nombre d’exercices similaires, la méthodologie de Doing Business repose presque exclusivement sur des données objectives compilées par des intermédiaires de confiance, le plus souvent des firmes juridiques locales réputées. Par exemple, le rapport ne demande pas aux usagers ce qu’ils pensent d’une société d’électricité, mais combien de jours en moyenne nécessite un nouveau raccordement au réseau.

LES « NOTES PAYS » FONT AUSSI L’OBJET DE PRESSIONS SANS QU’IL SOIT QUESTION DE LES JETER À LA POUBELLE

Le classement apporte en outre une vue exhaustive sur la facilité ou non d’entreprendre, en couvrant douze thèmes. On peut certes l’accuser, comme c’est le cas en France, de faire la promotion de valeurs néo-libérales. Le rapport n’en apporte pas moins des informations très utiles. Par exemple, les États-Unis, au premier rang pour leur environnement général propice à l’entreprise, se classaient deuxième en 2020 dans le domaine de la gestion de l’insolvabilité, dix-septième en matière d’application des contrats, et seulement vingt-cinquième en ce qui concerne la facilité de payer les impôts. La Russie se classe loin derrière, nous apprend le rapport – sauf pour l’application des contrats, où elle apparaît quatre rangs plus bas que les États-Unis.

Même si son score doit maintenant être questionné, la Chine se distingue parmi les pays où il est le plus facile de faire des affaires, plus que quasiment toutes les économies à revenus intermédiaires. Et ce, alors que son climat des affaires reste bien moins favorable à celui des États-Unis et des grands pays européens.

Zone grise

Comme pour tout exercice de ce type, à la fois complexe et d’envergure – et très peu atteignent le niveau de Doing Business –, la méthodologie et les sources pour évaluer tel ou tel aspect spécifique s’avèrent questionnables. Le choix des mesures et des poids accordés à différentes variables implique inévitablement une marge discrétionnaire de la part des experts de la Banque mondiale.

Mais bien d’autres rapports sont sujets à une mesure plus ou moins lourde de pression politique, à l’instar des « notes pays » ou articles « T4 » du FMI, sans qu’il soit question de les jeter à la poubelle. Faut-il le rappeler  ? Tous les rapports à portée mondiale sont passés en revue et font l’objet d’un examen par les comités de direction des institutions qui les publient, parce qu’une zone grise prévaut toujours dans le jeu de leur élaboration, entre le travail des équipes de chercheurs et les intérêts des pays membres des institutions.

Quoi qu’il en soit, Doing Business est devenu une référence pour l’analyse économique et entrepreneuriale, une source de données pour les réflexions politiques, les présentations dans le secteur privé et les discours académiques. Plus important encore, les décideurs politiques suivent le rapport, et des dizaines de pays ont élaboré des réformes pour répondre aux faiblesses qui y sont pointées !

LE MEILLEUR MOYEN DE GÉRER UN CONFLIT D’INTÉRÊTS CONSISTE À L’ABORDER FRONTALEMENT

Bien des pays ont rationnalisé les processus pour établir une nouvelle entreprise, au bénéfice des PME comme des investisseurs étrangers. Les chefs d’État et les ministres se félicitent régulièrement des avancées de leur pays dans le rapport, et chaque année, le classement est couvert par la presse internationale. Doing Business est une référence essentielle dans les secteurs du commerce et du développement. Il a notamment relevé la forte détérioration de la situation en Afrique du Sud, passée du 41e au 84e rang entre 2014 et 2020.

Créer un département indépendant

La volonté des puissances mondiales d’utiliser leur poids et leur capital politique pour essayer de modifier leur position dans le classement en dit long sur son importance, et pourquoi il doit continuer à exister. Le cabinet WilmerHale, n’a d’ailleurs pas recommandé son élimination, ni critiqué sa méthodologie. Il a pointé un conflit d’intérêts : lorsque des pays puissants n’aiment pas les messages du rapport, ou sont en désaccord avec leur position dans classement, ils peuvent exercer des pressions sur les responsables de la Banque. Et puisque ces pays figurent parmi les plus grands actionnaires de l’institution et sont des bailleurs importants pour les initiatives de la Banque mondiale, celles-ci peuvent être difficiles à surmonter.

WilmerHale a fait plusieurs recommandations visant à protéger le rapport Doing Business des manipulations, en rendant ses procédures et sa méthodologie transparentes. La Banque mondiale doit poursuivre le rapport, et même aller au-delà de ces recommandations. Le meilleur moyen de gérer un conflit d’intérêts consiste à l’aborder frontalement, avec les moyens dont on dispose.
La Banque mondiale possède ainsi d’un Département d’évaluation indépendante dont le rôle est de juger de l’échec ou du succès des projets menés en lien direct avec le conseil d’administration. Ses chefs sont choisis parmi les managers les plus expérimentés et les plus chevronnés, proches de leur fin de carrière – et donc dans l’impossibilité de briguer un autre poste par la suite. L’équipe du rapport Doing Business pourrait être établie sur le même modèle, en tant que département indépendant de la Banque mondiale, afin de fournir un service essentiel à la communauté internationale.

Uri Dadush

Par Uri Dadush

Senior Fellow au Policy Center for the New South, ex-directeur de l’Economist Intelligence Unit et de la Politique économique à la Banque mondiale.

Partenariat Banque mondiale – Afrique : devenir plus forts et promouvoir la reprise

juillet 15, 2021
Un Sénégalais, dans les rues de Dakar, le 29 avril 2020. (illustration)

Alors que l’Afrique paie un lourd tribut à la pandémie, les chefs d’État de la RDC, de Guinée, du Bénin ou encore du Sénégal son attendus à Abidjan ce 15 juillet pour un sommet sur le financement de l’Association internationale de développement (IDA). Axel van Trotsenburg, directeur général des opérations de la Banque mondiale, insiste sur les enjeux cruciaux de cette rencontre pour l’avenir du continent.

Alors que leurs pays sont confrontés à une troisième vague de Covid-19 aux effets sanitaires, sociaux et économiques tragiques, plus d’une douzaine de dirigeants africains vont se réunir ce jeudi 15 juillet à Abidjan pour formuler leurs plans de reprise économique, de création d’emplois et d’investissement dans le capital humain. J’ai hâte de les y rejoindre et je réaffirmerai résolument l’attachement du Groupe de la Banque mondiale à la transformation de l’Afrique.PUBLICITÉ

41 milliards de dollars d’aides

En pleine pandémie, l’axe d’intervention de l’Association internationale de développement (IDA), l’une des institutions qui forment la Banque mondiale, est double. Nous avons entrepris de doubler l’aide d’urgence apportée à l’Afrique pour faire face à la crise, notamment en contribuant à renforcer les systèmes de santé et à financer l’acquisition et le déploiement de vaccins. Parallèlement, nous approfondissons notre soutien aux efforts déployés par les pays dans le cadre de leurs plans pour une reprise forte, verte et inclusive.

Il y a plus d’un an, lorsqu’il est devenu évident que la pandémie aurait un impact énorme sur les personnes les plus vulnérables au monde, nous avons agi rapidement pour mettre à disposition de manière précoce une très grande partie de l’aide que l’IDA offre sur un cycle de trois ans aux pays les plus pauvres de la planète. Trente-neuf des 74 pays concernés se trouvent en Afrique.

Depuis avril 2020, cette intensification de notre soutien au continent africain est sans précédent et l’aide ainsi apportée s’élève à plus de 41 milliards de dollars en fin juin. La plus grande partie de cette aide a été consacrée aux mesures visant à relever les défis posés par le Covid-19, et en particulier à sauver des vies, protéger les pauvres, créer des emplois et reconstruire en mieux à la suite de la crise. Des milliards de dollars ont ainsi été affectés à des dépenses liées à la santé.

Des vaccins pour 400 millions d’Africains

Récemment, nous avons également conclu avec l’Équipe spéciale pour l’acquisition de vaccins en Afrique de l’Union africaine (AVATT) un partenariat visant à financer l’achat de vaccins contre le Covid-19 pour pas moins de 400 millions d’Africains. Les démarches sont allées très vite : les premières doses de vaccin devraient être livrées dans les prochaines semaines.

CE NIVEAU D’APPUI FINANCIER REPRÉSENTE UN CHANGEMENT STRUCTUREL DANS LE PARTENARIAT ENTRE LA BANQUE MONDIALE ET L’AFRIQUE

L’IDA est, pour les pays africains à faible revenu, la principale source de financement. Elle accorde soit des prêts à long terme sans intérêt soit des dons, le montant de ces derniers ayant dépassé 10 milliards de dollars au cours de l’année écoulée. L’aide de l’IDA permet aux pays de faire face aux effets de la crise et de relever les défis actuels liés au développement à long terme, à la fragilité et au changement climatique.

Ce niveau d’appui financier n’est pas temporaire. Il représente un changement structurel dans le partenariat entre la Banque mondiale et l’Afrique, dans le cadre duquel le niveau d’engagement de la Banque est passé de 15 % de son programme annuel de prêts il y a 20 ans à 45 % aujourd’hui. Au cours des cinq dernières années, la Banque mondiale a engagé 106 milliards de dollars en Afrique tout en augmentant ses effectifs dans les pays africains de plus de 40 %.

Besoins en constante évolution

Les interventions de la Banque mondiale se veulent globales et sans exclusive, l’institution étant déterminée à ne jamais laisser des pays sur la touche. Le Soudan en est une bonne illustration : récemment, nous avons aidé les autorités soudanaises à mettre fin à des décennies d’isolement financier et à renouer avec la communauté internationale. Ce qui nous a permis de lancer un programme majeur de réduction de la pauvreté dans le pays et un programme global d’allégement de dette qui au bout du compte réduira la dette du Soudan de plus de 90 %.

D’une manière plus générale, nous trouvons des moyens de continuer de travailler dans les pays touchés par la fragilité et les conflits, en étroite coordination avec nos partenaires des Nations unies sur le terrain. Au lieu de nous retirer, nous avons choisi de rester aux côtés de ces pays et de leur apporter un soutien indispensable, qui a augmenté de 50 % durant l’année écoulée pour atteindre près de 15 milliards de dollars.

Si l’IDA s’investit considérablement pour aider les pays à faire face à la pandémie et à d’autres crises telles que les invasions de criquets, la sécheresse et les conflits armés, tout son appui s’inscrit dans la poursuite d’un objectif ultime, à savoir promouvoir un développement économique et social durable.

Les besoins des pays étant en constante évolution, il y a tout lieu de recueillir les idées et orientations des dirigeants africains sur la manière dont la Banque mondiale peut soutenir au mieux les ambitions à long terme des pays du continent.

Moteurs de la reprise

Nous avons avancé d’un an les négociations avec les bailleurs de fonds sur la reconstitution triennale des ressources de l’IDA. Les idées venant des partenaires africains influent considérablement sur les orientations stratégiques du prochain cycle, l’accent étant davantage mis sur plusieurs domaines cruciaux : création d’emplois, stimulation du développement du secteur privé, réduction de la fracture numérique, élargissement de l’accès à l’énergie et renforcement de l’intégration régionale.

Le sommet d’Abidjan sera l’occasion de débattre des moteurs de la reprise en Afrique et des perspectives de développement à plus long terme. Il permettra de définir les orientations des négociations menées par l’IDA, étant donné que nous prévoyons qu’environ les deux tiers des ressources du prochain cycle de refinancement de l’Association seront alloués à l’Afrique.

Par ailleurs, les discussions donneront une impulsion à l’ambition quant au montant des fonds à lever, car les besoins sont très importants et les conséquences de l’inaction pourraient sérieusement assombrir les perspectives à long terme du continent. Le défi consiste à agir maintenant, en aidant l’Afrique à se reconstruire en mieux et à améliorer la vie de ses populations.

Par  Axel van Trotsenburg

Directeur général des opérations de la Banque mondiale.

Forêt : la Banque mondiale octroie 41,8 millions de dollars au Congo

mai 4, 2021

Le montant d’environ 22,8 milliards FCFA annoncé par la Banque mondiale, le 30 avril, est destiné à réduire les émissions dues à la déforestation et à augmenter la séquestration du carbone forestier.

L’accord de financement, qui s’inscrit dans le cadre du Fonds de partenariat pour le carbone forestier (FCPF), est un mécanisme mondial œuvrant pour la réduction des émissions causées par la dégradation forestière, la conservation des stocks de carbone forestier, la gestion durable des forêts et le renforcement des stocks de carbone forestier (REDD+).  

En effet, l’accord de paiement des réductions d’émissions, encore appelé ERPA, signé entre le gouvernement congolais et l’institution de Bretton Woods va récompenser les efforts visant à diminuer de 8,4 millions de tonnes d’émissions de carbone jusqu’en 2025, à travers l’ambitieux programme de réduction des émissions de la République du Congo. 

« Cet accord marque une étape importante vers un secteur forestier plus durable au Congo. Les paiements basés sur les résultats générés par l’ERPA inciteront les entreprises, les communautés et le gouvernement (…). Notre objectif commun est d’équilibrer les avantages économiques et environnementaux de cette précieuse ressource, maintenant et pour les générations à venir », a déclaré Abdoulaye Seck, le directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Congo.

Il faut souligner que le programme de réduction des émissions du Congo sera l’un des premiers en Afrique à tester le système REDD+ à grande échelle. Il sera expérimenté dans les départements de la Sangha et de la Likouala, dans une localité couvrant plus de 12 millions d’hectares de terres et représentant près de 60 % des forêts du pays.

Ce programme va travailler avec les entreprises impliquées dans l’exploitation forestière, la production d’huile de palme et l’exploitation minière, sur des activités de réduction des émissions, telles que l’adoption de techniques d’exploitation forestière à impact réduit et l’identification et l’évitement de la conversion de forêts à haute valeur de conservation.   

Enfin, le programme comprend un plan de partage des bénéfices inclusif, élaboré par le biais de consultations approfondies des parties prenantes au niveau national et local, afin de garantir que les membres de la communauté et les partenaires locaux soient récompensés pour leur rôle dans la réduction des émissions.

Les cibles sont principalement les populations autochtones et les bénéficiaires locaux qui dépendent des forêts pour leur subsistance. Ils contribueront à la réduction des émissions de carbone et à l’augmentation de leurs propres revenus par le biais des activités agricoles durables et de liens avec les marchés, notamment la production de cacao par les petits exploitants, les systèmes agroforestiers de subsistance et les programmes de plantations satellites.

Avec Adiac-Congo par Fiacre Kombo

Niger, Guinée, Côte d’Ivoire : trio de tête de la reprise pour la Banque mondiale

avril 2, 2021
Quartier du Plateau et pont Charles-de-Gaulle à Abidjan

Moins dépendants des matières premières et relativement épargnés par la nouvelle vague de coronavirus, les pays côtiers de l’Afrique de l’Ouest devraient dépasser les 6 % de croissance en 2021.

C’est un rapport 2021 « Africa’s Pulse » sur l’état de l’économie de l’Afrique subsaharienne mi-figue mi-raisin qu’a publié le 31 mars la Banque mondiale. Une fois encore, les pays qui dépendent le moins de l’exportation de matières premières devraient connaître une reprise certaine, à l’image de la Côte d’Ivoire (+6,2%), de la Guinée (+6,6 %) ou du Niger (+6,9 %).

Les pays très dépendants notamment du pétrole comme l’Angola ou confrontés à des difficultés économiques persistantes comme l’Afrique du Sud n’accélèreront guère.

Pour Pulse, la première vague de la pandémie a relativement épargné la région. En revanche, et malgré des programmes de soutien des États, la croissance s’y est évanouie pour la première fois depuis vingt cinq ans et a reculé de 2 % en 2020.

Reprise inégale

C’est moins catastrophique qu’en Europe ou en Amérique latine, parce que le virus s’y est propagé moins vite, parce que l’agriculture y a été porteuse et parce que les prix mondiaux des produits de base se sont redressés plus rapidement que prévu grâce à la reprise des achats chinois.

Reste qu’un champion comme le Rwanda a connu sa première récession en dix ans et que l’Afrique du Sud a plongé à – 7 %. L’Organisation mondiale du tourisme (OMT) a calculé que de décembre 2019 à décembre 2020, les arrivées des touristes en Afrique subsaharienne avaient chuté de 78 %, mettant à mal les économies de Maurice, des Seychelles, du Cap Vert ou du Sénégal.

Le rapport estime que le pire est passé et table sur une reprise, mais il pense que celle-ci sera très inégale selon les pays, car l’arrivée de variants du coronavirus a augmenté de 40 % le nombre des infections dans la région.

Cette deuxième vague ne touche cependant pas tous les pays, ce qui explique que les prévisions donnent une fourchette de croissance en 2021 de +2,3 % à +3,4 %. Le Nigeria ou l’Angola risquent de connaître une convalescence molle, quand les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest comme la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Sénégal, le Togo dépasseront les 4 %.

Dépendance aux délais de vaccination

Pour les autres, « une croissance de 4 % est atteignable, note le rapport, si les pays mettent en œuvre un ensemble de mesures favorables à des investissements soutenus et à la création d’emplois et permettent au taux de change de refléter les forces du marché et d’améliorer la compétitivité ».

Cela sera aussi fonction de l’allègement du fardeau de la dette qui se discutera durant la semaine du 5 avril, lors des réunions de printemps de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI).

Mais la vigueur et la généralisation du dynamisme économique dans toute l’Afrique subsaharienne dépendront surtout de la rapidité de la vaccination des populations qui compensera la fragilité des systèmes de santé et autorisera une franche reprise des activités.

Pour l’instant, les pays riches monopolisent les doses salvatrices qui arrivent au compte-goutte en Afrique. Comme l’a regretté Ngozi Okonjo-Iweala, directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), dix pays se sont réservé 70 % des vaccins fabriqués dans le monde à ce jour… et ce ne sont pas des pays africains.

Avec Jeune Afrique par Alain Faujas

L’économie mondiale va se contracter de 5,2% en 2020, selon la Banque mondiale

juin 8, 2020

 

L’économie mondiale va se contracter de 5,2% cette année, a estimé lundi la Banque mondiale, qui a souligné que la pandémie de Covid-19 avait eu un impact «rapide et massif» en dépit des aides financières sans précédent.

Il s’agit de «la plus profonde» récession depuis la Seconde Guerre mondiale et le nombre de pays qui se retrouveront en récession cette année en fait la pire crise depuis 150 ans, relève l’institution, selon qui de 70 à 100 millions de personnes pourraient tomber dans l’extrême pauvreté.

Par Le Figaro avec AFP

Forêts tropicales : 500 millions de dollars de plus débloqués

septembre 23, 2019

UN-CLIMATE-ENVIRONMENT

Emmanuel Macron et Evo Morales, président bolivien, lundi 23 septembre à l’ONU lors d’une réunion consacrée à l’Amazonie. LUDOVIC MARIN / AFP

De «grands donateurs» internationaux, dont la Banque mondiale, la Banque interaméricaine de développement et l’ONG Conservation International, s’engagent.

De grands donateurs (Banque mondiale, Banque interaméricaine de développement, l’ONG Conservation International) ont décidé de débloquer environ 500 millions de dollars supplémentaires pour aider à protéger les forêts tropicales, dont l’Amazonie, a indiqué ce lundi 23 septembre l’Elysée.

Ces annonces devaient être faites pendant la réunion sur l’Amazonie organisée lundi à l’Assemblée générale de l’ONU à New York en présence de plusieurs chefs d’Etat dont le Français Emmanuel Macron, à l’initiative de la réunion, et les présidents du Chili, de la Colombie et de la Bolivie, mais pas du Brésil.

Trois programmes devaient être annoncés. La Banque mondiale compte mettre en place un programme « Pro Green » avec l’Allemagne et la France pour financer des projets sur le terrain et la Banque interaméricaine de développement financera des actions dans les grands Etats amazoniens. En outre l’ONG américaine Conservation International va aider des projets locaux menés par des organisations non gouvernementales, des communautés autochtones et des entreprises privées.

Cette aide s’ajoute à l’aide d’urgence d’au moins 20 millions de dollars promise fin août à Biarritz pour soutenir les pays touchés par les incendies qui ravagent l’Amazonie, par les dirigeants du G7.

Par Lae Figaro.fr avec AFP

L’OMC, le FMI et la Banque mondiale exhortent à réformer les règles du commerce mondial

septembre 30, 2018

Washington – Le manque de réformes des règles du commerce international nourrit les tensions au risque de saper la croissance de l’économie mondiale et le recul de la pauvreté, mettent en garde dimanche l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale.

Les échanges de services représentent les deux tiers du Produit intérieur brut (PIB) mondial et de l’emploi ainsi que près de la moitié du commerce mondial « mais les barrières douanières sur les services sont globalement aujourd’hui aussi élevées que celles qui étaient imposées aux biens (manufacturés) il y a 50 ans », constatent les trois organisations internationales dans un rapport conjoint.

Les changements dans la nature des échanges commerciaux n’ont ainsi pas été complètement pris en compte dans les évolutions de la réglementation internationale, ajoutent-elles.

Ce rapport est publié alors que les appels se sont multipliés ces derniers mois notamment en Europe, au Canada ou aux Etats-Unis pour réformer l’OMC, une institution basée à Genève.

Une intégration complète du commerce des biens et services « peut jouer un rôle bien plus grand en dynamisant la prospérité », poursuivent le FMI, l’OMC et la Banque mondiale sans toutefois faire de recommandations.

Elles ajoutent qu’il est nécessaire que les opportunités de commerce offertes par exemple par les technologies de l’information ou le commerce en ligne « se reflètent dans (…) la politique commerciale d’aujourd’hui ».

Ces organisations rappellent que l’ouverture du commerce international après la Seconde guerre mondiale et jusqu’au début des années 2000 a largement contribué à améliorer les modes de vie et à réduire la pauvreté dans le monde « mais celle-ci demeure incomplète » aujourd’hui.

Les taxes douanières ont diminué de manière drastique, en commençant dans les pays développés, puis dans les pays émergents et les économies en voie de développement. Elles sont passées en moyenne de 31% en 1980 à 9% en 2015 dans les pays émergents et de 10 à 4% dans les pays avancés, « grâce aux réformes » prises jusqu’au début des années 2000.

Les organisations rappellent en outre que le volume des échanges commerciaux a augmenté en moyenne de 7% pendant les années 90, un taux deux fois plus élevé que la croissance du PIB mondial mais a ensuite décéléré avec un ratio de 1,5% entre 2001 et 2007.

Ce ralentissement « est essentiellement dû à un rythme de réformes du commerce plus lent suivant les progrès remarquables réalisés à partir des années 80 jusqu’au début des années 2000 », insistent-elles.

Les organisations notent que les taxes douanières et certaines politiques nationales entravent aujourd’hui l’expansion du commerce international.

De leurs côtés, de plus en plus de pays notamment européens, le Canada et les Etats-Unis estiment que l’OMC ne répond pas de manière appropriée aux distorsions commerciales causées notamment par la Chine, accusée de subventionner massivement son économie.

Jeudi, l’OMC a abaissé sa prévision de croissance pour le commerce mondial en 2018 et 2019 (à +3,9% et 3,7%) en raison d’une « exacerbation des tensions commerciales ».

Les Etats-Unis et la Chine se livrent depuis des mois à une guerre commerciale à coups de taxes douanières supplémentaires.

Au-delà du duel entre Washington et Pékin, les Européens et d’autres grandes puissances économiques s’alarment d’une guerre commerciale généralisée alors que l’administration Trump a engagé un bras de fer avec tous les principaux partenaires des Etats-Unis.

Romandie.com avec(©AFP / 30 septembre 2018 13h11)                                                        

Congo: Quand la Banque mondiale jette un regard malicieux sur la gestion de Jean-Jacques Bouya

juin 2, 2018

 

Jean-jacques Bouya recadré par la banque mondiale avec son mensonge du boulevard énergétique imaginaire. Lisons le constat de la banque mondiale sur l’énergie au Congo, un bilan médiocre.

Photo de BrazzaNews.

La Banque mondiale estime que les investissements réalisés par le Congo-Brazzaville dans son secteur électrique, sont insuffisants et doivent être augmentés. Elle incite également le pays à se doter d’une véritable politique nationale dans le secteur électrique afin de résoudre son déficit énergétique.

En effet, révèle l’organisation, entre 2006 et 2013, le pays n’a injecté dans le secteur, qu’environ 1,2 million $. Dans le même temps, les interventions financées par les partenaires ont permis d’augmenter de près d’un tiers, la capacité énergétique nationale. « L’essentiel des investissements depuis 2006 a été financé sur ressources externes en dehors de toute politique énergétique définie», déplore la Banque mondiale. Ce qui rend difficile la coordination des interventions des partenaires extérieurs et l’évaluation des impacts de ces actions.

Si la capacité de production du pays a augmenté, 35% de ces installations ne sont pas disponibles pour production; la faiblesse des investissements ne permettant par une bonne maintenance des infrastructures.

En outre, les coûts d’exploitation et de maintenance dépassent les recettes de la Société nationale d’électricité, ce qui alimente le cercle vicieux du déficit aussi bien financier qu’électrique.

La consommation électrique nationale au Congo-Brazzaville est d’environ 110 kWh par personne par an contre une moyenne africaine de 488 kWh et mondiale de 3 100 kWh par personne.

 

Source Agence ecofin avec Brazzanews.fr